Festival MUSIQUE & MEMOIRE 2018 : les 25 ans

musique et memoire festival 2018 les 25 ans visuel_2018Festival MUSIQUE & MEMOIRE 2018 : Les 25 ans : 13-29 juillet 2018. SidĂ©rante ! La programmation du prochain festival Musique et MĂ©moire, fleuron des festivals de musique baroque dans les Vosges du sud, est tout simplement incontournable en promettant plusieurs Ă©vĂ©nements. Du 13 au 29 juillet, soit tout au long des 3 derniers week ends de juillet 2018, le fonctionnement du festival laboratoire, – Ă©lu le plus intĂ©ressant des festivals du grand Est français par la RĂ©daction de classiquenews, confirme en 2018, un champs de recherche et d’accomplissement dĂ©fendu depuis ses dĂ©buts.
« NĂ© d’un rĂȘve au coeur du plateau majestueux des Mille Etangs, espace naturel incontournable des Vosges du Sud, le festival Musique et MĂ©moire a su se forger une identitĂ© artistique originale et sans cesse en mouvement », on ne saurait dire mieux la singularitĂ© d’un cycle de concerts et d’évĂ©nements musicaux idĂ©alement inscrit dans son territoire.

La constance aux artistes devenus « associĂ©s », le goĂ»t du risque, des effectifs vocaux et instrumentaux nouveaux, le souci du dĂ©frichement et des auteurs mĂ©connus (on l’a vu en 2016 pour la cĂ©lĂ©bration des 400 ans du gĂ©nie de Froberger), le sens critique appliquĂ© dans les options interprĂ©tatives
 rĂ©inventent aujourd’hui l’idĂ©e mĂȘme d’un festival d’étĂ©. EquilibrĂ©e, audacieuse, exigeante, la ligne artistique pilotĂ©e par le directeur fondateur Fabrice Creux reprĂ©sente haut et fort ce que doit ĂȘtre un festival de musique aujourd’hui : proche des festivaliers, riche, rythmĂ© mais Ă  Ă©chelle humaine (ce qui manque Ă  tant de festivals estivaux devenus de trop grosses machines), sachant allier surprise et relecture des piliers du rĂ©pertoire. A n’en pas douter, la nouvelle Ă©dition 2018 satisfait tous ces critĂšres.

 

 

VOSGES DU SUD : le Festival Musique & MĂ©moire diffuse l'excellence au Pays des 1000 Ă©tangs

 

 

L’an dernier, – 24Ăš Ă©dition, les festivaliers, entre autres, redĂ©couvraient l’écriture et les mondes de Jean-SĂ©bastien Bach grĂące au geste de l’ensemble Alia Mens (Olivier Spilmont, direction), dont le remarquable cd Ă©ditĂ© chez Paraty, fisait la pertinence et l’acuitĂ© sensible de la rĂ©alisation musicale – La citĂ© cĂ©leste / CLIC de CLASSIQUENEWS 2017).
Cet Ă©tĂ©, continuitĂ© de la rĂ©decouverte d’un Bach inspirĂ© voire sublime avec un autre ensemble prometteur dans ce rĂ©pertoire : VOX LUMINIS. Mais auparavant en ouverture d’une Ă©dition mĂ©morable, ce sont LES TIMBRES, jeune collectif aux talents multiples, admirables, qui poursuivent leur rĂ©sidence Ă  Musique et MĂ©moire (5Ăš annĂ©e d’une trĂšs riche coopĂ©ration), osant mĂȘme cette annĂ©e aborder l’opĂ©ra – domaine familier car ils avaient dĂ©jĂ  en 2014, rĂ©ussi un Lully exceptionnel (une Proserpine trĂšs peu connue et jouĂ©e, de surcroĂźt dans une version historique inĂ©dite de 1682).
L’enchantement est bel et bien enracinĂ© au cƓur des Vosges saĂŽnoises, grĂące au discernement et au goĂ»t du directeur Fabrice Creux : « Vivre la fĂ©erie du plus vieil opĂ©ra du monde, Ă©couter une mĂ©lodie Ă  perdre la raison, voter pour sa nation prĂ©fĂ©rĂ©e lors d’une joute musicale, flotter entre inconscience et imagination couchĂ© dans un verger, suivre une voix unique en quĂȘte de l’essentiel, dĂ©couvrir l’arme la plus puissante de l’amour, ressentir l’énergie des sonoritĂ©s entre ombre et lumiĂšre de l’orgue espagnol, expĂ©rimenter l’universalitĂ© avec Bach
. Cette Ă©dition anniversaire ose tout ! ».

En 2018, l’étĂ© sera tout aussi enivrant voire enchanteur pour les festivaliers dans les Vosges du Sud, du 13 au 29 juillet 2018.

5 temps forts 2018

 

 

Voici les 4 temps forts, avec pour chaque cycle Ă©vĂ©nement, nos raisons de ne manquer AUCUN concert et programme dĂ©fendu par l’interprĂšte ou l’ensemble invité  :

 

 

 

 

 

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MONTEVERDI : Orfeo par Les Timbres
Vendredi 13 juillet 2018, 21h

commande du festival
ENSEMBLE MAGICIEN : Les Timbres, trio enchanteurLe trio fondateur des Timbres, soit : Yoko Kawakubo, Myriam Rignol, Julien Wolfs poursuit une rĂ©sidence qui a comptĂ© dĂ©jĂ  nombre de rĂ©alisations exemplaires. L’équilibre de la proposition des Timbres (qui d’ailleurs publient en avril 2018, un remarquable cd dĂ©diĂ© au gĂ©nie de François Couperin : les Concerts Royaux), tient Ă  la nature mĂȘme des programmes et dispositions des concerts choisis : des chefs d’oeuvres connus que l’on redĂ©couvre : tel ORFEO de Monteverdi (1606), sublimĂ© par leur sens de la subtilitĂ© rĂ©jouissante, articulĂ©e, naturelle, expressive
 et trĂšs habitĂ©e. Invention, disposition Ă©locution, passion
 tout devrait couler comme une seconde langue, Ă  travers le geste collectif des Timbres. Cet Orfeo, commande du Festival pour ses 25 ans, devrait ĂȘtre un temps fort mĂ©morable dans l’Histoire de Musique et MĂ©moire. Favola in musica, 5 actes, crĂ©Ă©e au Palais Ducal de Mantoue, le 24 fĂ©vrier 1607, d’aprĂšs les MĂ©tamorphoses d’Ovide, Les Gerogiques de Virgile. Orfeo, fable musicale, n’est pas le premier opĂ©ra de l’histoire : il faut plutĂŽt attendre prĂšs de 30 ans plus tard, et du mĂȘme auteur, – mais Ă  Venise, la crĂ©ation en 1642, du Couronnement de PoppĂ©e / L’incoronazione di Poppea, vĂ©ritable drame moderne d’un rĂ©alisme sublime, alliant cruautĂ©, vĂ©ritĂ©, poĂ©sie et Ă©rotisme. VOIR notre reportage Le Couronnement de PoppĂ©e de Monteverdi par Patrice Caurier et Moshe Leiser / prĂ©sentĂ©e par Jean-Paul Davois / Angers Nantes OpĂ©ra 2017.
Encore entre deux eaux, celle du magrilisme de la Renaissance et des prĂ©mices de la dĂ©clamation baroque, – rĂ©citar cantando, Orfeo met en scĂšne l’opĂ©ra lui-mĂȘme, c’est Ă  dire la force et la puissance du chant incarnĂ©. MĂȘme s’il Ă©choue Ă  sauver Eurydice et s’unir Ă  elle (comme chez Wagner, l’élu Lohengrin et Elsa), OrphĂ©e, le poĂšte de Thrace montre qu’il est capable d’émouvoir jusqu’au dieu des enfers, Pluton ; l’inflĂ©chir et le convaincre par sa peine endeuillĂ©e que son chant a sublimé 

 

 

distribution :

Ensemble Les Timbres
Orfeo : Marc Mauillon, baryton
La Musica, Euridice : Elodie Fonnard, soprano
La Messaggera, Speranza, Proserpina : Luca Mancini, alto
Pastor, Ninfa : Paul-Antoine Bénos, contre-ténor
Appolon, Pastor, Spirito : Nicholas Scott, ténor
Pastor, Spirito : Victor Sicard, baryton
Caronte, Plutone : Lisandro Abadie, basse

Elise FerriÚre et Kenichi Mizuuchi, flûte à bec
Yoko Kawakubo et Maite Larburu, violon
Myriam Rignol, viole de gambe
Thibaut Roussel, théorbe et guitare baroque
Vincent Bernhardt et Julien Wolfs, clavecin et orgue
Emmanuel MĂ©nard, mise en espace / BenoĂźt Colardelle, lumiĂšres

17h, répétition publique

Réservation conseillée
20 €, 5 € (rĂ©duit), 15 € (adhĂ©rents Musique et MĂ©moire et de la MGEN)

 

 

 

 

4 autres concerts des Timbres

Samedi 14 juillet, 15 h
Chapelle Saint-Martin et Eglise Saint-Georges de Faucogney
Folianniversaire
25 micro-concerts-surprises pour la 25e Ă©dition du festival sur le thĂšme de la Folia
programme en création (commande du festival)
Ensemble Les Timbres
Marc Mauillon, baryton
Elise FerriÚre et Kenichi Mizuuchi, flûte à bec
Yoko Kawakubo et Maite Larburu, violon
Myriam Rignol, viole de gambe
Thibaut Roussel, théorbe et guitare baroque
Julien Wolfs, clavecin et orgue
Emmanuel Ménard, comédien
BenoĂźt Colardelle, lumiĂšres

 

 

Dimanche 15 juillet, 17 h
Eglise Notre-Dame de l’Assomption de Servance
Tournoi musical
Joute instrumentale entre l’Allemagne, l’Angleterre, la France et l’Italie
programme en création (commande du festival)
Ensembles Les Timbres et Harmonia Lenis
Yoko Kawakubo, violon
Myriam Rignol, viole de gambe
Kenichi Mizuuchi, flûtes à bec
Julien Wolfs, orgue et clavecin
BenoĂźt Colardelle, lumiĂšres

 

 

Mercredi 18 juillet, 17 h 30
Ecomusée du Pays de la Cerise de Fougerolles
Visite, dßner et concert couché
programme en création (commande du festival)
Ensemble Les Timbres
Kenichi Mizuuchi, flûte à bec
Marc Mauillon, baryton
Yoko Kawakubo et Maite Larburu, violon
Myriam Rignol, viole de gambe
Thibaut Roussel, théorbe et guitare baroque
Julien Wolfs, clavecin
BenoĂźt Colardelle, lumiĂšres

 

 

Dimanche 22 juillet, 17 h
Eglise Saint Jean-Baptiste de Corravillers
De Hambourg Ă  NĂŒremberg
Cinquante ans de sonates en trio en Allemagne du Nord
Dietrich Buxtehude, Philipp Heinrich Erlebach, Johann Philipp Krieger, Johann Sebastian Bach et Georg
Philipp Telemann
Ensemble Les Timbres
Yoko Kawakubo, violon
Myriam Rignol, viole de gambe
Julien Wolfs, orgue et clavecin
BenoĂźt Colardelle, lumiĂšres

 

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2 – PlĂ©nitude, solitude : le Chant magicien de Marc Mauillon

Vendredi 20 juillet, 21h

 

Choeur roman de Melisey
Songline, itinéraire monodique
Marc Mauillon, voix
BenoĂźt Colardelle, lumiĂšres

MARC MAUILLON, baryton enchanteurDISEUR, ORFEVRE DU VERBE MUSICAL... Son dernier cd, comme soliste, savait rendre hommage au premier bel canto de l’histoire musical, ce « recitar cantando » oĂč le texte et son articulation priment sur toute idĂ©e de virtuositĂ© vocale : d’abord le sens du mot, et le relief comme la nuance du verbe. Lire notre critique du cd les 2 orphies / Le due Orphei : Caccini / Peri
 CLIC de Classiquenews d’avril 2016. Pour Musique et MĂ©moire 2018, le barytĂ©nor Marc Mauillon retrouve les dĂ©fis d’un programme oĂč son chant incarnĂ©, expressif est au devant de la scĂšne.
CHANT ET MAGIE ES ABORIGENES AUSTRALIENS. Le spectacle s’inspire du livre Songlines (en français « Le chant des pistes ») de Bruce Chatwin, qui raconte la vibrante expĂ©rience de l’auteur Ă  la recherche des itinĂ©raires chantĂ©s des aborigĂšnes
australiens; ces itinĂ©raires chantĂ©s, vĂ©ritables cartes permettant de se repĂ©rer dans le dĂ©sert, sont l’hĂ©ritage des ancĂȘtres du « temps du rĂȘve » car dans la mythologie aborigĂšne tout ce qui existe a dĂ» ĂȘtre chantĂ© pour ĂȘtre crĂ©Ă©. AdaptĂ© au rythme de la marche, le chant est alors guide et alliĂ© dans ce milieu hostile.
VoilĂ  maintenant plus de 25 ans que le chant remplit ce mĂȘme rĂŽle dans la vie de Marc Mauillon. Le chant exprime et façonne, Ă©lĂšve l’esprit et l’ñme, guide et inspire, rassure et donne du courage, partage et rassemble
 Solo : c’est tout seul, comme ces aborigĂšnes qui partent en « walkabout » que le chanteur a dĂ©cidĂ© de prĂ©senter son itinĂ©raire, comme une initiation qui se doit d’ĂȘtre solitaire. Un bagage minimum, un rĂ©cital nomade, adaptable et Ă©volutif, avec juste cette ligne de chant pour guide, sans accompagnement.
Une quĂȘte d’essentiel, une ascĂšse qui met en valeur les infinies possibilitĂ©s de « l’instrument humain ». L’abondance dans la simplicitĂ©. La puissance aussi du chant solitaire, quand il est connectĂ© au monde et Ă  la nature.
LE CHANT, CARTE D’EXPLORATION ET DE DECOUVERTE DU MONDE
 « Songline : le titre a perdu son pluriel et devient personnel : une proposition, une direction, une seule ligne de chant. Monodie. Tout tient dans cette ligne chantĂ©e qui se suffit Ă  elle-mĂȘme et qui crĂ©e un monde en soi. L’unique portĂ©e sur la partition devient temps et espace et le voici connectĂ© Ă  ses propres ancĂȘtres du «Temps du rĂȘve », ses « ancĂȘtres » musiciens, du VIIIe au XXIe siĂšcle, avec lesquels le lien est bien vivant et le message, sacrĂ© ou profane, toujours vibrant. Il s’incarne dans un corps pensĂ© comme une matiĂšre modulable. L’incarnation est humaine, animale, vĂ©gĂ©tale. Ces chants suscitent des variations de densitĂ© du corps et crĂ©ent par ce filtre une Ă©motion. Le corps lui-mĂȘme devient une cartographie qui entre en rĂ©sonance avec ce qui l’entoure. ». Nul d oute que dans la rĂ©verbĂ©ration naturelle et dĂ©taillĂ©e pourtant du Choeur roman de Melisey, en Ă©cho Ă  la puretĂ© de son architecture minĂ©rale, la voix incantatoire, allusive, prophĂ©tique de Marc Mauillon saura fusionner le temps, l’espace, 
 en une quĂȘte de sens essentielle;

RĂ©servation obligatoire
15 €, 5 € (rĂ©duit), 12 € (adhĂ©rents Musique et MĂ©moire et de la MGEN)
Songline, Marc Mauillon / 1 CD Son an Ero, décembre 2016

 

 

 

 

3 -  PremiĂšre annĂ©e pour les TraversĂ©es Baroques 


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Samedi 21 juillet, 21h

2018 à Musique et Mémoire offre une entrée nouvelle au jeune ensemble bourguignon Les Traversées Baroques

Samedi 21 juillet, 21 h
Eglise de Saint-Barthélemy
Passions et tourments amoureux
Cantates de Barbara Strozzi (1619-1667)
Les Traversées Baroques
Anne Magouët, soprano
Stéphanie Erös , violon
Judith Pacquier, cornet Ă  bouquin
Laurent Stewart, clavecin
Florent Marie, théorbe et luth
BenoĂźt Colardelle, lumiĂšres
Muse, chanteuse, compositrice à Venise : Barbara Strozzi, une femme au destin exceptionnel


 

 

 

 

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4 — Jean-Charles Ablitzer
joue l’orgue ibĂ©rique de Grandvillars
Jeudi 26 juillet 2018

thumbnail_Orgue de Grandvillars vue gĂ©nĂ©raleMusique et MĂ©moire a su depuis ses dĂ©but inventer des formes nouvelles de concerts autour de l’orgue. Les Vosges du Sud offrent aujourd’hui une palette large d’orgues historiques, oĂč il est dĂ©sormais possible de ressusciter la musique pour orgue des XVIĂš, XVIIĂš, XVIIIĂš, tout en respectant les esthĂ©tiques des Ă©coles europĂ©ennes germaniques, françaises, ibĂ©riques Ă  prĂ©sent grĂące Ă  l’activitĂ© de l’organiste Jean-Charles Ablitzer dont l’engagement et la passion comme initiateur et interprĂšte est depuis toujours liĂ© Ă  l’aventure de Musique et MĂ©moire. Dans l’église Saint-Martin de Grandvillars, jeudi 26 juillet Ă  21h, Jean-Charles Ablitzer en complicitĂ© avec le baryton espagnol Josep CabrĂ©, joue l’orgue nouvellement installĂ© Ă  Grandvillars et inaugurĂ© au printemps 2018 : les deux interprĂštes ressuscitent Le SiĂšcle d’Or dans les Espagnes
 La splendeur de la ferveur ibĂ©rique Ă  l’époque impĂ©riale des Habsbourg, s’incarne entre vanitĂ©, Ă©pure, flamboyance et fulgurance dans l’art de Cabezon (organiste de Charles Quint) et jusqu’aux contrastes sensuels et mystique du fabuleux Cabanilles. Voix et orgue fusionnent en un concert riche en contrastes, comme l’est l’Espagne Baroque, celle qui a aimĂ© Titien, celle qui a permis l’essor inouĂŻ de Velazquez.

ƒuvres de Francisco de la Torre, Antonio de Cabezon, Manuel Rodrigues Coelho, Sebastian Aguilera de Heredia, Francisco Correa de Arauxo, Joan Prim, Pablo Bruna, Juan Hidalgo, Juan Bautista Cabanilles — Illustration : orgue Grandvillars © Jean-François Lami.

 

 

 

 

5 – Vox Luminis

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Objectif Jean-SĂ©bastien Bach
Vendredi 27, samedi 28 et dimanche 29 juillet 2018

 

 

vox luminis lionel meunier festival musique et memoire juillet 20153Ăš rĂ©sidence de l’ensemble vocal d’une remarquable cohĂ©sion sonore : Vox Luminis Ă  Musique et MĂ©moire, le cycle « Toute la lumiĂšre de Bach » promet une immersion exceptionnelle Ă  travers Motets, Magnificat, Messe en si mineur. Comment redĂ©couvrir Bach en un geste et une sonoritĂ© rĂ©inventĂ©s ? Leur dernier album « Actus Tragicus » a Ă©tĂ© saluĂ© par un CLIC de CLASSIQUENEWS, coup de cƓur de la RĂ©daction de CLASSIQUENEWS.

 

 

bach jean sebastian sebastien portrait vignette par classiquenews bach_js-jean-sebastianVendredi 27 juillet, 21 h
Eglise luthĂ©rienne d’HĂ©ricourt
Motets de Johann Sebastian Bach
Singet dem Herrn ein neues Lied BWV 225
Der Geist hilft unser Schwachheit auf BWV 226
Komm, Jesu, Komm BWV 229
Ich lasse dich nicht BWV Anh.159
Jesu meine Freude BWV 227
Vox Luminis
10 chanteurs et 3 instrumentistes (orgue, basson et viole de gambe)
Les Motets de Johann Sebastian Bach occupent une place de choix au sein du rĂ©pertoire choral. ComposĂ©s lors des premiĂšres annĂ©es Ă  Leipzig (1723-1731), les piĂšces ont d’autant plus de poids Ă  ses yeux qu’elles appartiennent Ă  un genre que sa famille pratique depuis des gĂ©nĂ©rations. En tant que cantor Ă  l’Église St Thomas (Director musices), Bach est entre autres chargĂ© de composer pour les funĂ©railles et pour les offices commĂ©moratifs. Or, dans la liturgie luthĂ©rienne, c’est au genre du motet que l’on a recours pour ce type de services funĂšbre. Les Motets de Bach exigent dextĂ©ritĂ© et virtuositĂ©, la ligne vocale « peut s’y avĂ©rer instrumentale ». Bach allie ici habilement tradition et innovation. Il applique d’une part les rĂšgles que Josquin Des PrĂ©s a fixĂ©es au XVIe siĂšcle si bien que son langage polyphonique se compose d’écriture imitative et de passages en homophonie oĂč les voix chantent simultanĂ©ment le mĂȘme texte. Il agrĂ©mente d’autre part son Ă©criture de deux pratiques italiennes : l’emploi du double choeur et l’insertion de madrigalismes visant Ă  traduire musicalement certains mots du texte.
De passage Ă  Leipzig en 1789, Mozart ne manquera pas d’ĂȘtre conquis par la somptuositĂ© de ces piĂšces qu’il s’empresse d’étudier en dĂ©tail tant il estime qu’elles sont inspirantes.
Les motets de Bach, tout en prolongeant une tradition familiale remarquablement continue et qualitative, expriment le lien viscéral du croyant à Dieu, la contemplation comme le miracle de la dévotion humble et sincÚre


 

bach jean sebastian sebastien portrait vignette par classiquenews bach_js-jean-sebastianSamedi 28 juillet, 21 h
Eglise Saint-Martin de Lure
Magnificat(s)
Johann Pachelbel (1653-1706) : Cantate Jauchzet dem Herrnalle Welt
Johann Kuhnau (1660-1722) : Magnificat
Johann Sebastian Bach : Magnificat BWV 243
Vox Luminis
31 musiciens
Le premier NoĂ«l de Bach Ă  Leipzig fut une grande responsabilitĂ©. En sa qualitĂ© de nouveau cantor de Saint-Thomas, – l’une des 2 Ă©glises dont il devait assurer le service musical, Jean-SĂ©bastien dĂ©ploie sa musique alors la plus impressionnante. Un fait remarquable, car durant sept mois, il avait Ă©crit et interprĂ©tĂ© une Ă  deux nouvelle(s) cantate(s) par semaine. Et pour cette fĂȘte de NoĂ«l, il devait faire ses preuves dans une ville qui, depuis la rĂ©cente fermeture de sa maison d’opĂ©ra, restait sur sa faim en matiĂšre de divertissements musicaux. Le Magnificat offre donc un drame majestueux dans une Ă©chelle resserrĂ©e, du moins dans la derniĂšre version de Bach avec trompettes de cĂ©rĂ©monie. Vox Luminis rĂ©tablit l’atmosphĂšre de NoĂ«l, avec le Magnificat de Kuhnau, une oeuvre que Bach a trĂšs probablement dirigĂ©e. D’Allemagne du Sud, on entendra Ă©galement une cantate de Pachelbel, aujourd’hui surtout connu pour son Canon, mais en son temps cĂ©lĂšbre pour ses talents d’organiste. Sans chef, Vox Luminis s’immerge totalement dans la musique pour en rĂ©vĂ©ler un ocĂ©an de nuances et d’intentions passionnĂ©es.

17h, Répétition publique

 

 

 

bach jean sebastian sebastien portrait vignette par classiquenews bach_js-jean-sebastianDimanche 29 juillet, 21 h
Basilique Saint-Pierre de Luxeuil-les-Bains
Messe en si BWV 232
Vox Luminis
10 chanteurs et 20 instrumentistes
Jamais jouĂ©e Ă  l’époque de Bach, sous la forme que nous lui connaissons actuellement, la Messe en si mineur est une oeuvre emblĂ©matique de la musique occidentale sacrĂ©e, le testament de toute une vie, celle de Jean-SĂ©bastien Bach. MĂȘme dans ses dimensions spectaculaires (associant trompettes Ă©clatantes et choeur en majestĂ©), la partition reste un tĂ©moignage d’une puissante et profonde ferveur, exprimant ce qui est au coeur de la piĂ©tĂ© luthĂ©rienne comme catholique, les doutes du croyant, sublimĂ©s par la rĂ©vĂ©lation de la grĂące divine. Tout le cycle alterne doxologie collective victorieuse, et sentiment d’abandon et de perte, de solitude et d’impuissance, cependant rĂ©confortĂ© par la prĂ©sence ineffable de la misĂ©ricorde divine.

L’histoire nous laisse dans l’ombre tant sur l’origine que sur la fonction de l’oeuvre. Bach aurait-il Ă©tĂ© soucieux de sa vulnĂ©rabilitĂ© ? Cette compilation puisant dans des ressources antĂ©rieures (Bach y recycle de nombreuses partitions prĂ©cĂ©demment crĂ©Ă©es dans d’autres contextes) est dotĂ©e cependant d’une ingĂ©niositĂ© sans Ă©quivoque ; elle semble vouloir donner un aperçu global de tous les styles et techniques, pleinement maitrisĂ©s Ă  l’époque de Bach. Son Ă©clectisme n’empĂȘche pas au final, une cohĂ©rence troublante. L’architecture est unique et englobe une voĂ»te et son contraire : l’ancien et le nouveau, l’objectivitĂ© grĂ©gorienne dĂ©rivĂ©e de la psalmodie et la forme baroque la plus contemporaine, les formes libres et les formes carrĂ©es, le coeur et le choeur, l’individu et l’humanitĂ©, le populaire et le spirituel, les rythmes dansĂ©s et les voix angĂ©liques. RĂ©sumer le ciel et la terre, voici l’essence mĂȘme de l’Ordinaire – la partie rĂ©currente que le croyant se doit d’invoquer Ă  l’heure de la messe et que Bach met ici en musique. MĂȘme le meilleur de la musique profane y est intĂ©grĂ© ; Qui sedes ad dextram Patris rĂ©fĂšre Ă  une Gigue, Quoniam tu solus Sanctus Ă  une Polonaise, Crucifixus Ă  une Passacaille, Et resurrexit Ă  une RĂ©jouissance.
Plus on plonge dans l’oeuvre, plus la recherche d’une abstraction universelle semblemusique et memoire festival 2018 les 25 ans visuel_2018 Ă©vidente. Une messe en latin dans un contexte luthĂ©rien allemand est en soi un choix ambivalent qui a donnĂ© Ă  l’oeuvre un caractĂšre oecumĂ©nique. Y aurait-il la volontĂ© de transgresser les convictions individuelles en vue d’un message universel, inscrit dans la musique ? En offrant la Messe en si de Bach, le 25Ăš Festival Musique et MĂ©moire offre pour sa conclusion, « une clĂŽture sur le toit du monde de la crĂ©ation artistique » . Tous les grands chefs s’y sont frottĂ©s, rĂ©cemment William Christie avec le succĂšs que l’on sait. Lire notre critique de la Messe en si de Bill Christie.

bach jean sebastian sebastien portrait vignette par classiquenews bach_js-jean-sebastianMesse en si de Jean-SĂ©bastien Bach. Collection Ă©clectique de piĂšces Ă©crites Ă  diffĂ©rentes pĂ©riodes de la vie de Jean-SĂ©bastien bach, la Messe en si nous saisit aujourd’hui par son unitĂ©, son exclamation humaine et fervente d’une vĂ©ritĂ© inĂ©puisable. Bach en achĂšve Ă  la fin des annĂ©es 1740, les derniĂšres pages alors qu’il est directeur de la musique Ă  Leipzig en particulier pour l’église de Saint-Thomas. Le raffinement de l’orchestre, le nombre important des solistes du choeur – qui fournit les chanteurs des airs solos et des duos, composent de multiples versions Ă  la fois monumentale et d’une rare Ă©loquence active, d’un caractĂšre plus individuel voire intimiste ; toujours prĂ©server selon les options musicales, l’expressivitĂ© d’une foi sereine mais Ă©clatante qui s’agissant de Leipzig, mĂȘme dans un contexte luthĂ©rien orthodoxe, n’hĂ©site pas Ă  utiliser le terme de Messe pour les occasions exceptionnelles et les cĂ©lĂ©brations importantes de l’annĂ©e. Ainsi, mĂȘme si la Messe en si que nous connaissons actuellement dans une forme jamais Ă©lobarĂ©e ainsi par Bach, rĂ©capitule toute la recherche chorale et instrumentale de Jean-SĂ©bastien, tout au long de sa vie, confrontĂ© Ă  la nĂ©cessitĂ© du dĂ©corum, mais plutĂŽt inspirĂ© par la sincĂ©ritĂ© d’une ferveur surtout individuelle. Outre ses grandes proportions, et sa solennitĂ©, la Messe en si rayonne et touche les cƓurs, par sa transparence, sa juvĂ©nilitĂ© vocale, son sens du rebond et du dĂ©tail, de la nuance et du scintillement collectif, Ă  travers son Ă©loquente humanitĂ©, son architecture plus fraternelle que spectaculaire : le sens de tout le cycle s’achevant dans une sĂ©quence finale bouleversante, oĂč tout est dit et exprimĂ© par la voix solo de l’alto et du continuo rĂ©duit Ă  l’essentiel. Programme Ă©vĂ©nement.

Pour les 25 ans de Musique et Mémoire, nul doute que les voix enchantées, enivrées et si précises et souples de Vox Luminis en proposeront une lecture caractérisée et subtilement incarnée. Concert événement.

17 h >  répétition publique

 

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INFOS & RESERVATIONS :

Festival Musique et MĂ©moire — 25 ans, du 13 au 29 juillet 2018
Informations pratiques
Pour tous renseignements 06 40 87 41 39/ festival@musetmemoire.com
Présentation détaillée sur www.musetmemoire.com

 

 

 

 

 

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