FESTIVAL INVENTIO 2022 : « Notes de VOYAGES ». Entretien avec Léo Marillier, directeur artistique

inventio-festival-edition-2022-leo-marillier-annonce-concerts-classiquenewsFESTIVAL INVENTIO 2022 : « Notes de VOYAGES ». Entretien avec Léo Marillier – En Seine-et-Marne, Léo Marillier, violoniste explorateur, réinvente la notion de Festival en cultivant “l’art de glisser des allusions, des fenêtres de découvertes dans le grand répertoire”… un vertige “qu’exacerbe la musique de chambre”. Un festival réussi est une expérience atypique qui doit susciter le vertige voire le choc. Peu de manifestations réussissent ce tour de force. Mais le Festival INVENTIO est en passe d’en devenir un modèle pour tous. Pour son directeur artistique, Léo Marillier, Ulysse est un voyageur en errance, à la fois « étranger et rattaché ». Le parcours d’Ulysse à travers la vision d’Homère et de James Joyce inspire pour le festival INVENTIO 2022, (intitulé « Notes de voyages », 7ème édition), un cycle d’« îles-concerts », chacune marquée par une forte caractérisation artistique où s’exposent les notions de familiareté et d’étrangeté, que le violoniste hors normes, en véritable explorateur des nouvelles formes et expériences musicales, présente et explicite pour CLASSIQUENEWS. Toujours il s’agit de placer le spectateur / l’auditeur en situation critique, où la découverte et la surprise posent le cadre idéal à l’enrichissement, vers le questionnement voire l’accomplissement sinon la révélation… Entretien exclusif.

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Le 19 mai dernier, pour lancer la 7è édition du Festival INVENTIO, aux côtés du comédien Vincent Morieux (à droite), Léo Marillier (à gauche) joue la “Fantaisie théâtrale” qu’il a écrit, inspirée de Joyce : “L’Autre Ulysse”, préambule manifeste au Festival 2022 (DR).

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CLASSIQUENEWS : Quelles passerelles entre « Ulysse » d’Homère et de James Joyce, figure tutélaire de cette septième édition du Festival Inventio et les concerts que vous présentez cette année ?

marillier-leo-violon-inventio-festival-rochberg-variations-classiquenews-concerts-festival-opera-annonce-critique-opera-cdLÉO MARILLIER : « Heureux qui, comme Ulysse, a beaucoup voyagé ». Heureux ? Ulysse, condamné à errer et survivre aux dix ans de son retour en son Ithaque ? Ulysse a-t-il accompli un voyage qui fait de lui un héros ou un homme ? Inventio explore en 2022 ce thème de la nostalgie, de l’endurance-errance, du plaisir, et finalement après un départ de l’édition symbolisé par la fantaisie théâtrale « L’Autre Ulysse », nous faisons escale dans des « îles-concerts ». En écho à Homère, je propose d’articuler autour de James Joyce le programme : ce dernier a réalisé avec son propre « Ulysse » une réaffirmation moderne, vive, comique, anodine et cosmique de la légende homérique. Cette variété d’épithètes pour décrire Joyce autant qu’Homère vient de ce dernier : en grec, polytropos (qui est dans le texte la première tentative pour caractériser Ulysse) signifie inventif, rusé, roublard, vif, errant, souple. Ce sont les voyages qui nous rendent ainsi, à la fois étrangers et rattachés.
De même que dans une bibliothèque, peuvent se trouver Céline à côté de Franquin, et forcer sinon à une comparaison, du moins à une réflexion, de même un programme musical doit faire cohabiter les notions subjectives de familiarité et d’étrangeté. C’est aussi l’étrange, l’étranger qui irrigue la pièce d’ouverture de l’édition : « l’Autre Ulysse » et aussi les concerts. Est-on surpris ? Est-on heureux véritablement, à l’écoute du troisième trio de Schumann ? Quelle est cette sensation de mettre l’oreille sur une pièce inconnue, nouvelle, de poser le pied sur un nouveau continent ? Comment rendre, par des moyens classiques, l’exotisme, comme le fait Jean-Philippe Rameau ? Ou bien ériger des ponts entre culture sud-américaine et Beethoven? Un concert de trio à cordes explorera la musique balkanique-méditerranéenne, cette branche si unique par sa tradition orale, son rapport natif au langage parlé. Jean Cras, navigateur et compositeur, aura sa place cette année, dans une de ses œuvres où la tendresse et la mélancolie se mêlent.
A l’instar de Joyce, dont l’Odyssée se déroule sur l’unique journée du 16 juin 1904, Janáček se propose de mettre en musique une journée (1er octobre 1905) qui aurait été oubliée sans la chronique émouvante de celle-ci. Exilés, Villa-Lobos et Ligeti se font les porte-parole de leurs héritages mariés à la musique savante. George Rochberg lui, saisit l’héritage même de la musique savante,et fait une œuvre-monde à partir du thème du 24ème caprice de Paganini, faisant-défaisant ce dernier à l’instar de la Pénélope homérique. Elliott Carter, dans sa dernière œuvre, composée à 103 ans, dresse dans ses Epigrammes, la chronique d’une vie de recherche et d’expression. Ulysse, l’Odyssée parlent aussi la langue de la nature déchaînée, des rumeurs du monde, explorées par Andrew Norman. Cette rumeur, Xenakis en a fait une science puis un art tout personnel de découverte de la nature profonde du vivant. Et au milieu de ces éléments, le retour d’Ulysse est peut-être plus puissant encore, chargé de promesses, de mémoire, d’abandon : la sonate pour piano op.110 de Beethoven vient illuminer cette édition.

En résumé, ce qui me frappe chez Joyce, et que je tente de reprendre dans la fantaisie théâtrale puis dans les concerts de l’édition « Notes de voyage », c’est l’idée de la fulgurance, de la flèche de la fantaisie, de l’objet artistique, esthétique, sur lequel les sens, l’ouïe, et l’esprit finissent presque par buter tant il est unique.

Premier cosmopolite, Joyce a beaucoup irrigué ma réflexion sur le programme 2022, sur la manière d’attirer le public vers l’inconnu, l’étrange, sur l’art de glisser des allusions, des fenêtres de découvertes dans le grand répertoire. Ce vertige, on peut le trouver avec l’intimité profonde, noyau de la musique de chambre, et le métissage cosmopolite des programmes. J’ai privilégié la rencontre, l’errance entre les époques et les répertoires. Le premier concert, par exemple, où je joue en trio avec piano, en compagnie de Raphaël Chrétien et David Saudubray, verra deux trios – apparemment proches, le second de Brahms et le troisième de Schumann -, se défaire de leurs apparences et ressemblances grâce à la jonction des superbes « Epigrams » d’Elliott Carter, épiphanies musicales s’il en est. On suivra la pianiste Yuiko Hasegawa mettant côte à côte Beethoven et Ravel, ce qui pourrait sembler risqué, mais la construction faite de dérives du reste du programme : Janáček et Ligeti ainsi que « Disparve per lo foco » (l’une de mes pièces pour piano créée pour l’édition) servent de points de ralliement. Le quintette de cuivres « Solstice » dirigé par André Feydy présentera des transcriptions de sa plume mises en regard avec des poésies sur le thème du voyage, récitées par Jacques Bonnaffé. A leur tour, Samuel Casale et Arzhel Rouxel, présenteront ce même thème à la flûte et au piano, dans des itérations plus hallucinées et intimes.

Après la création de « L’Autre Ulysse », rendez-vous pour la projection du splendide film de John Huston « The Dead », adaptation touchante de la dernière nouvelle des « Gens de Dublin » de Joyce, qui est peut-être ce qu’il a fait de plus parfait, concis et surprenant et antichambre d’ « Ulysse ».

 

En Seine-et-Marne,
Léo Marillier, traducteur et lecteur d’Ulysse, fondateur d’INVENTIO,
réinvente la notion de Festival

… l’art de glisser des allusions,
des fenêtres de découvertes
dans le grand répertoire…
un vertige qu’exacerbe la musique de chambre

 

 

CLASSIQUENEWS : Votre activité comme chambriste chevronné influence-t-elle la programmation du festival ?

Léo Marillier joue les 51 caprice variations de George ROCHBERGLÉO MARILLIER : Très certainement ; mon propre développement avec le répertoire a coïncidé avec la naissance du festival Inventio il y a sept ans, ma connaissance de ce dernier avec celle du répertoire. J’essaie de donner au festival un succédané de ce qu’une année de concerts et de réflexion me propose. C’est la raison d’être du festival que de profiter de lieux uniques pour tenter de toucher et titiller de toutes les manières l’oreille, et que la musique de chambre exacerbe. La cohabitation, ou l’entente même entre la musique contemporaine et le répertoire classique, peut, doit ouvrir les portes de la perception, l’une irriguant l’autre, la musique contemporaine pouvant refondre rétroactivement une forme sonate, une cadence parfaite ; et de même pour les interprètes, cette cohabitation permet une fraîcheur. Même travail pour rayer la différence entre musique écrite et musique de tradition orale, comme avec le duo Julia Sonoimeri à l’accordéon et Clément Roger à l’euphonium et le duo de guitares Kappes-Ramond.

 

 

CLASSIQUENEWS : Quelle expérience artistique privilégiez-vous avec vos partenaires instrumentistes à chaque édition?

LÉO MARILLIER : Je cherche un certain lâcher-prise, presque un dépaysement avec mes partenaires. Que ce soit dans la préparation, ou dans l’action du concert. Atteindre une étape de travail et de familiarité, une connaissance de l’œuvre qui permette de se défaire de soi pour arriver à n’être qu’un lien avec l’autre – parfois ce lien est étrange, selon les œuvres – mais il est toujours unique. Je bâtis les programmes selon la confiance qui fait cohabiter les instrumentistes au sein d’un même objectif – car le lâcher-prise requiert cette confiance presque aveugle mais en tout cas jamais sourde… De même l’édition 2022 offre aux festivaliers de prendre part à des ateliers de chant choral et des ateliers de musicothérapie pour engager cette question du lâcher-prise et de l’ouverture.

 

 

CLASSIQUENEWS : Quelles sont les nouvelles “pistes” musicales et artistiques que vous tentez d’explorer et de réaliser pour Inventio ?

LÉO MARILLIER : Ce qui me tient à cœur, c’est de faire participer le lieu à la construction du programme. Une salle de concert a beau avoir été traversée par tel ou tel interprète, elle n’en demeure pas moins relativement neutre. Les lieux du festival, eux, sont chargés et y pénétrer est déjà participer d’une nouvelle histoire. Les églises possèdent une aura particulière qui invite à l’écoute : cette année, l’église de Villegagnon, village du personnage exceptionnel de Villegagnon, ami de Ronsard et de Rabelais, conquérant à la carrure de héros de roman qui a tenté de concilier l’idéal chevaleresque du moyen-âge et les idées nouvelles de la Renaissance sur le monde, et sa foi ; cette conviction l’a conduit  à mener une expédition au Brésil  où l’île de la baie de Janeiro porte encore son nom…. Evidemment, les interprètes n’y sont ni à la chaire ni à l’autel, mais présentent un programme taillé pour eux-mêmes et pour le lieu. Ma piste constante est l’exploration de ces lieux, et ces dernières années j’ai voulu privilégier les ensembles hétérogènes, les œuvres qui articulent ces lieux, les structurent, rendent leur vibration possible plutôt que latente (ainsi, les flèches acérées d’un Bartok, l’ordre mobile et faisant foi de l’Art de la Fugue de Bach…). Cette considération me permet, en tant que directeur artistique de questionner le lieu, ses possibilités, dialoguer avec les interprètes à ce sujet qui le transmettent instantanément au public : c’est cette énergie qui me traverse également lorsque je joue lors du festival. Il s’agit de rendre le lieu adéquat, l’interprète et le public aussi.
Les formations faites d’instruments complémentaires et diversifiés en termes de famille m’intéressent beaucoup aussi. Comment parvenir à concentrer l’écoute, leur donner leur focus grâce à ces lieux exceptionnels et insolites transformés en scènes éphémères : la Galleria Continua Les Moulins, ancienne papeterie dont les roues hydrauliques, les charpentes et poutres métalliques apparentes, irriguée aujourd’hui par l’énergie d’œuvres monumentales de Daniel Buren, Anish Kapoor…, le Musée vivant du Chemin de Fer situé dans la rotonde de Longueville regorgeant de machines à vapeur colossales datant de 1866 à 1943, le kiosque d’Everly, lieu témoin de la modernité du compagnonnage, adossé au Parc naturel de la Bassée, et sur les bords de Marne, fait de métal, de toile, de bois, et surtout de poésie se dresse le Chapiteau de la Ferté-sous-Jouarre et sur le quai D de la gare d’Asnières-sur-Seine, le badaud n’a qu’à pousser une porte dérobée et le voilà au Théâtre du Voyageur…

 

 

ULYSSE – LÉO : d’Ulysse à l’Autre Ulysse…

 

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CLASSIQUENEWS : Les festivaliers vous ont découvert acteur et auteur dramatique lors du premier événement artistique 2022 à la Bibliothèque Sainte-Geneviève (le 19 mai dernier). Pouvez-vous nous préciser votre relation personnelle à Joyce qui a semble-t-il influencé l’écriture de votre « fantaisie théâtrale », « L’Autre Joyce » ainsi créée à Paris ?

LÉO MARILLIER :« Ulysse » de Joyce est l’ouvrage de littérature le plus audacieux, et le plus parfait qui soit dans son audace, tant sa forme est modelée par son contenu, et quel contenu ! Comme la lecture d’Ulysse peut égarer, répugner, attirer, fasciner, d’une page à l’autre, je pense que les conditions d’origine de cette expérience déterminent grandement la réception de pareille œuvre, pareil roman. Pour ma part je n’ai pas lu Ulysse en ayant connaissance des classiques : Homère et Virgile mais j’avais Dante. C’est plutôt la littérature inspirée de Joyce qui a été la source de ma curiosité pour Joyce, qui est devenu une sorte de géant caché derrière d’autres géants : Yourcenar, Beckett, Borges, Eco. J’ai halluciné la première fois que j’ai lu Ulysse. Cela pour dire que je n’ai rien compris, mais qu’une blague, en deuxième page, m’a fait continuer. Chaque lecture d’Ulysse, depuis (c’est la cinquième, actuellement) requiert de plus en plus de temps, cas unique pour un livre chez moi, non à cause de la difficulté, ni de l’érudition qui en ralentirait le flux, mais grâce au plaisir que j’y prends. Pour dédoubler cette lecture, je réalise ma propre traduction d’Ulysse.

La loi de Joyce est l’alternance, la complémentarité des points de vue : une phrase dite par l’un, la suivante pensée par l’autre puis on saute au narrateur… pour moi Joyce est à la fois ce grand manipulateur, ce grand révélateur, et cet immense facétieux, car Ulysse est un livre comique. On n’y croise aucun héros, seulement des prétendants, les dauphins de leur propre vie.

Rien ne s’y passe en apparence ; c’est un jeudi un peu chaud de juin à Dublin. Et pourtant c’est dans ce terreau d’immobilisme que Joyce a trouvé que les questions quotidiennes, les tracas, les bordels dans lesquels on se met, répondaient, étaient la réplique à la fois réduite et tellement exacerbée de ces grands gestes réalisés par Odysseus ou Achille chez Homère, Enée chez Virgile, et j’en passe. Nous sommes redevables à Joyce de nous avoir mis en face des modèles, et par là-même de nous relier à nous-mêmes, et somme toute à des modèles d’action simple, non héroïque, sociale, empathique. Oui, Joyce nous relie les uns aux autres.

Parmi la palanquée de personnages d’Ulysse, je pourrais, oui, vous dire qu’il y a des personnages principaux… il y en a que l’on suit plus longtemps que d’autres. Et pourtant, à vrai dire, je ne serais pas si convaincu que certains pour affirmer que Leopold Bloom EST Ulysse… querelle d’experts mais problème bien réel lors de la lecture du roman. La magie de Joyce est qu’il nous fait remarquer que certains jours, nous sommes le personnage secondaire, le serviteur, le commentateur de la journée, d’autres jours nous sommes le personnage principal, le roi, le héros.

Chez Ulysse, nous suivons entre autres Stephen Dedalus – l’un des deux personnages de ma pièce « l’Autre Ulysse » – qui est considéré comme l’alter ego de Joyce, son nom de plume pendant un temps, sorte de génie guidé par des appels à la grandeur, et stimulé par de multiples ébats, en prise avec la difficulté de sa vie. Dedalus est peut-être secondaire, en tous cas commentateur, il subit l’histoire du roman et son Histoire, s’en relève au fur et à mesure (à l’aide de bière), et finit son parcours dans le roman par un geste unique, violent et magnifique, jamais tenté par quelque personnage que ce soit auparavant : il quitte le roman. Il nous hisse presque avec lui, lors de son avènement hors du roman laquelle coïncide avec la présence de plus en plus choquante, rigolote, dérangeante d’effets de langue, de choix de vocabulaire, de formulations qui colorent de manière unique la trame du roman.
Ainsi, le chapitre 14 qui se déroule dans une maternité, commence en vieil anglais, traverse les époques, puis débouche sur un genre de patois du futur, alors même que l’on parle d’une femme qui donne naissance. Ces effets sont comme la patte de Joyce s’affermissant, dirigeant la lecture, lui donnant un focus comme un cinéaste donnerait un angle particulier ou un plan continu sur une séquence, un décor apparemment bigarré. Ces chapitres finaux d’Ulysse sont des exercices de lévitation littéraire – on ignore ce qui est à comprendre, la langue n’est plus érudite, elle est simplement en progrès sous nos yeux.
Cet acte de renaissance a été pour moi le point de départ de l’écriture de la fantaisie théâtrale « L’Autre Ulysse » : deux personnages exilés, Stephen extrait du roman et Personne, personnage fictif qui pense avoir été expulsé par Joyce à l’issue d’une phase d’écriture du romancier. Tous deux cherchent une parole particulière. Le gourou, le maître, dans la pièce, c’est Stephen qui pèse, soupèse les paroles de Personne qui échafaude la formulation de sa mémoire. Leurs rôles finissent presque par s’inverser, alors même qu’il semble difficile d’affirmer que quelque chose ait vraiment eu lieu, si ce n’est de l’incompréhension, ou de l’incertitude. Car c’est, l’élément qui permet de garder intact le caractère d’Ulysse au théâtre : l’incertitude. Personne est-il vraiment ce qu’il prétend être ? Stephen est-il parti pour de bon ? Molly Bloom va-t-elle continuer à tromper Leopold ? Que savons-nous de plus sur nous à la fin d’une journée par rapport à son début ? Comment passer d’une journée à l’autre alors que 97% de nos pensées restent identiques ? L’incertitude fait voyager.

 

 

Propos recueillis en mai 2022

 

 

 

 

 

 

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AGENDA : 7è Festival INVENTIO, du 19 mai au 17 septembre 2022  -  LIRE notre présentation du Festival INVENTIO 2022 : http://www.classiquenews.com/75-92-77-festival-inventio-2022-19-mai-17-sept-2022-notes-de-voyage/

 

inventio l autre ulysse joyce leo marillier fantaisie opera classiquenews inventio 2022(75, 92, 77). FESTIVAL INVENTIO 2022 : 19 mai – 17 sept 2022. Le 7 ème Festival INVENTIO a lieu de mai à septembre 2022 ; il est conçu par son directeur artistique, le violoniste LÉO MARILLIER (membre du Quatuor Diotima depuis déc 2021) dont CLASSIQUENEWS avait rendu compte du fabuleux disque dédié aux Variations de Rochberg (première mondiale enregistrée / CLIC de CLASSIQUENEWS 2022, mars 2022) : l’édition 2022 célèbre l’esprit voyageur, le mouvement des déplacements, l’expérience du changement et des rencontres. Le titre l’indique parfaitement « Notes de voyage ». Le festival 2022 propose plusieurs jalons d’une formidable odyssée ; après son ouverture (le 19 mai, à la Bibliothèque Sainte-Geneviève à PARIS, pour un spectacle théâtral conçu par Léo Marillier, dédié au Centenaire de la publication d’Ulysse de James Joyce), de juin à sept 2022 : théâtre, scène ouverte, film, replays… EN LIRE PLUS

 

 

 

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ANNONCE concert du 10 juin 2022, à Asnières sur Seine : Trios avec piano de Schumann et Brahms – 12 épigrammes de Carter :

 

inventio 2022 concert du 10 juin 2022INVENTIO 2022 : ven 10 juin (Asnières, 92). Trios avec piano : Brahms, Schumann, Carter… « Dans un lieu insolite totalement hors du temps…Sur le quai D de la gare d’Asnières-sur-Seine, le badaud n’a qu’à pousser une porte dérobée. Et le voilà au Théâtre du Voyageur ! »  -  Les germaniques Brahms et Schumann mêlent le premier romantisme, apparenté au gothique, l’éveil de l’inconscient et de la rêverie de la nature, au second romantisme, plus intime, musicalement conscient de la musique du passé. Leurs trios avec piano associent introspection et clarté ; ceux joués le 10 juin sont aux antipodes l’un de l’autre : « chez Brahms, exploration solaire ; chez Schumann, écoute de l’ombre ». Les épigrammes d’Elliott Carter, ultime œuvre d’un compositeur alors centenaire regroupent 12 miniatures inclassables,… « fusées de lucidité projetées dans l’espace

 

 

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Le dernier cd enregistré par Léo Marillier : les 51 Variations de Georg Rochberg d’après Paganini – CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2022 :

 

rochberg-georg-leo-marillier-violon-violin-caprice-variations-critique-cd-review-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-entretien-interview-leo-marillierCRITIQUE CD événement. GEORGE ROCHBERG : Caprice Variations pour violon seul. Léo MARILLIER, violon (1 cd Albany) – Le propos tient du marathon ; d’une gageure en réalité inimaginable pour un seul soliste. C’est peu dire que les 51 Variations ici enchaînées (et jouées pour l’enregistrement d’une traite) composent un défi et une performance hors normes ; il ne dépend que de l’endurance et de la concentration de l’interprète, son aptitude à traverser chaque épisode contrasté de ce cheminement aux surprises incessantes qui outre leur exigence pour l’instrumentiste, questionnent le matériau musical, la forme, l’écriture, le sens et la direction d’un développement.
A la façon de James Joyce, celui d’Ulysse, George Rochberg en 1970 dessine tout un parcours d’un constant renouvellement, qui semble ouvrir de multiples portes, chacune jouant des styles, des effets, des caractères, des nuances les plus extrêmes… La palette des émotions est infinie, mais toujours dans le geste unitaire du violoniste se précise peu à peu une volonté indéfectible ; de ce questionnement en forme de labyrinthe, serpente et prend forme la réponse jusqu’à l’élucidation finale (51è variation, qui est en réalité, la source du périple : le 24è Caprice de Paganini, celui là même que Rachmaninov a célébré lui aussi dans sa fameuse Rhapsodie de 1934), une course contre le temps et la nécessité temporelle qui se fait pensée, célébration de la liberté. LIRE la critique du cd complète ICI

 

 

 

 

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