En direct sur Internet: concert Moralès sur V. Sessions En live, jeudi 11 juin 2009 à 20h30

Philippe Herreweghe aborde Moralès en direct sur Internet


En direct sur Internet: le site V. Sessions diffuse un concert Moralès par Philippe Herreweghe et les Solistes du Collegium Vocale Gent, jeudi 11 juin 2009 à 20h30

Le site de musique en ligne V. Sessions diffuse jeudi 11 juin 2009 à 20h30, en direct, le concert Cristobal de Moralès (1500-1553) par Philippe Herreweghe et plusieurs solistes de l’Ensemble Collegium Vocale Gent.

C’est une immersion en live dans la polyphonie hypnotique de Morales :
une musique sombre en l’honneur de la Vierge Marie qui fait la synthèse
parfaite de l’épure franco-flamande et des arabesques méridionales.
Programme de cette “session”:

Cristobal de Moralès (1500 – 1553)
Emendemus in melius
Sancta Maria, succure miseris
Missa de Beata Virgine
Salve regina

Même quand il est qualifié de “luz de España en la música”, le Sévillan Cristobal de Moralès
est plutôt considéré chez lui comme un compositeur étranger. Au bon
endroit au bon moment, il séjourne à Rome comme chanteur de la Chapelle
Sixtine entre 1635 et 1645, période pendant laquelle il compose sa
Missa de Beata Vergine. En Italie, l’imprimerie moderne bat déjà son
plein et Moralès en comprend vite l’intérêt. Il organise la propre
impression de ses oeuvres, depuis le format du papier jusqu’aux modes
de diffusion à l’étranger, et prend même soin de sauvegarder ses droits
d’auteur sur contrat, pratique balbutiante à l’époque.
Son habileté à se faire connaître sur le marché international va de
pair avec un indéniable génie musical sans lequel il serait
probablement resté dans l’ombre. Il réussit à synthétiser les courants
musicaux dominants : la mélodie méditerranéenne et la pieuse polyphonie
franco-flamande. Particulièrement inspiré par le thème de Marie,
Moralès compose plusieurs messes en son honneur. Si certaines messes de
l’époque sont basées sur les thèmes de chansons paillardes, cette Missa
est basée sur des emprunts de mélodies grégoriennes — le sampling a
toujours existé. Publiée d’abord à Venise en 1540 puis à Rome en 1544,
elle est dédiée à l’employeur de Morales, le pape Paul III, grand
mélomane devant l’Eternel.

Moralès était très attaché aux rapports entre texte et musique, à la
manière dont ils s’enrichissent l’un l’autre. Il se trouve que c’est
aussi l’une des préoccupations majeures de Philippe Herreweghe.
Spirituel mais sans religion fixe, il s’est fait une spécialité de ces
oeuvres où les lignes s’entrecroisent pour mieux s’élever.

Quelle authenticité : la question du style

Philippe Herreweghe est aujourd’hui un maître respecté. Pourtant à
ses débuts, il participe, dans les années 70, à une révolution musicale
rompant avec des habitudes vieilles d’un siècle et demi. Retour en
arrière. Avant le XIXe siècle, on n’interprète pas, on exécute. Il n’y
a pas lieu d’interpréter, la musique est écrite et le style de jeu
résulte de la tradition de l’époque. Le concept d’interprétation, qui
indique l’appropriation de l’oeuvre par l’interprète, se forge au XIXe
siècle et découle des principes romantiques : l’interprète se hisse au
niveau du compositeur et devient lui-même créateur, façonnant la
musique, lui donnant son sens. Il n’y a pas de contre-indication à
interpréter une oeuvre renaissance, baroque ou classique avec la
démesure romantique. Toutes les musiques d’époques différentes sont
interprétées plus ou moins de la même manière.
En réaction à cette uniformisation, Gustav Leonhardt, Nikolaus
Harnoncourt, Philippe Herreweghe et d’autres, tentent dans les années
70 de proposer une idée puritaine de l’interprétation. Pour eux, le
sens d’une oeuvre est lié à son contexte. L’idée est donc de “revenir
aux sources”, au texte même de la partition. Le nouvel interprète
abandonne ainsi son statut de créateur pour devenir le serviteur d’une
partition.
La recherche d’une authenticité musicale est discutable et discutée. Il
existe d’étranges intégristes de l’authenticité alors que la seule
fidélité au texte ne suffit évidemment pas à faire un bon interprète.
Philippe Herreweghe n’a jamais souhaité convertir les foules : cette
histoire n’est pour lui qu’une question de goût.

V.Sessions: l’ère du concert numérique


sont filmées et enregistrées en studio ou dans un lieu choisi, et sont
diffusées en direct sur http://theVsessions.com
Deux ou trois jours plus tard, elles deviennent disponibles à la
demande. L’idée est de combiner la qualité sonore et l’intimité d’une
session d’enregistrement à la spontanéité du live. Les techniques
d’enregistrement permettent d’obtenir un son sur mesure, l’absence de
public sur place crée une atmosphère faite d’intimité, et les
conditions du direct donnent à la musique un souffle unique. Il est
possible d’assister de chez soi à toutes les sessions, en live et/ou en
différé, pour le prix d’un ticket simple (5 €) ou d’un pass (10 €) pour
les trois sessions de lancement.


Recommandations techniques
. Pour visionner vos sessions, il
est nécessaire d’avoir une connexion haut débit et d’installer
Silverlight 2.0. Vérifiez sur la page FAQ du site que votre ordinateur
est compatible. (NB : par exemple, les Mac d’avant 2006 avec un
processeur Power PC ne peuvent installer Silverlight 2.0.)

Illustrations: Philippe Herreweghe, Cristobal de Morales (DR)

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