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Chroniques trouvées: 51

Claude Debussy: Première Suite d'orchestre, La Mer. Les Siècles, François-Xavier Roth (2012, 1 cd Les Siècles Live)
Debussy sur instruments d'époque. L'âpreté mordante des timbres ciselés, leurs combinaisons tour à tour confondantes de finesse suggestive, l'intelligence d'une orchestration éloquente révèlent un Debussy ivre et sensuel, d'une prodigieuse invention sonore et organologique... il est évident que le compositeur-expérimentateur connaissait les avancées de la facture de son époque: il en a même suscité les progrès. Jamais un orchestre n'aura étincelé de cette façon...

Arvo Pärt: Adam's Lament (1 cd ECM News Series)
Création du dernier opus d'Arvo Pärt: Adam's lament. La pièce de Pärt relance continûment la tension, sachant envelopper l'action avec une maestrià évidente: coupe efficace, accentuation prosodique claire et naturel qui favorise la libre projection du texte: à la fois chanté par le chœur, la soprano et le moine. Programme magistral.

Jean-Chrétien Bach: Amadis, 1779 (Didier Talpain, 2010)
L'élégance de la direction emporte la lecture d'un bout à l'autre et justifie grandement cette résurrection discographique; très belle mise en place, écoute millimétrée (y compris dans les choeurs des captifs du II, qui ouvre le tableau fantastique d'Arcabonne au tombeau...)... la compréhension du maestro vis à vis de l'ouvrage éclaire sa structure brillante et son intelligence dramatique

Smetana: La Fiancée vendue. Harnoncourt, 2011 3 cd + 1 dvd, Festival Styriarte Edition
Harnoncourt veille au grain, préservant toujours la continuité dramatique, surtout l'élan d'une musique qui étonne par sa vivacité et ses chatoiements permanents... Du grand art (que l'on peut suivre dans la série de répétitions disponible aussi dans le dvd), au service d'un ouvrage dont la version allemande originelle est ainsi révélée en première mondiale.

Miguel Yisrael,luth:Austria,1676. Lauffensteiner,Weichenberger (2011)
A l'heure où beaucoup de joueurs pas aussi scrupuleux trompent le public en jouant théorbes et autres succédanés, infiniment plus faciles pour les doigts, Miguel Yisrael réactive la pure tradition des poètes musiciens; en lui s'incarne la génération nouvelle des luthistes souverains...

TOP CD de Noël 2011: les 10 cd de Noël à offrir
Noël approche à grands pas: qu'offrir? Que partager au moment des fêtes de fin d'année et pour célébrer l'an neuf? La Rédaction cd de classiquenews s'est concertée et vous dévoile les 10 meilleurs cd de l'année écoulée à offrir absolument...

Hérold: Concertos pour piano n°2,3,4. Neuberger, Niquet (2010)
3 concertos oubliés, révélateurs d'un jeune tempérament, Prix de Rome, déjà mature: Louis Ferdinand Hérold. Le présent disque éclaire un pan oublié d'une oeuvre encore à redécouvrir: au début de sa carrière, Hérold, pianiste compositeur, se passionne ici pour les Viennois

Venezia: Rosenmüller, Legrenzi, Stradella (Kraemer, 2010)
Kraemer est un vénitien flamboyant. Rosenmüller surprend toujours par sa fièvre dramatique, ses cabrures fantasques qui excitent l'imaginaire... Venise diverse et multiple, ne cesse de nous surprendre. Saluons la fièvre communicante des interprètes, habiles ambassadeurs, alchimistes habités...

Escaich: Les Nuits Hallucinées (Märkl, Arming, 2008, 2009)
Energie permanente voire flamboyante, sensualité formelle généreuse et heureusement accessible, l'écriture de Thierry Escaich se distingue et saisit par cet équilibre rare donc précieux, entre inspiration liée à une intense nécessité intérieure, et clarté du propos, voire évidente maestrià de la construction dramatique... Ni faussement intellectuel, toujours direct, Escaich apporte aussi, délectation comblant les hédonistes (comme nous), un raffinement des timbres souvent enivrant.

Vivaldi: Vespro a San Marco (Alarcon, 2010)
Alarcon embrase la ferveur vivaldienne... Vérité agissante, ciselure du continuo, apport caractérise et si investie des solistes féminines : jamais le Vivaldi sacré ne nous a paru aussi proche, fraternel, incarné dans une proposition musicale certes imaginaire mais totalement convaincante.

Juan Diego Florez, ténor: Santo. Chants sacrés (2010)
Avec Santo, JDF (Juan Diego Florez) s'impose comme un bel cantiste inspiré. Sa prière vocale est même irrésistible. Avec ce nouveau récital Florez atteint l'excellence. A 37 ans, il fait montre d'une santé et d'une intelligence inimitables. Il est bien le premier des ténors belcantistes, bellinien et rossinien d'exception, d'une vaillance de timbre, sincère, naturelle sidérante.

Caldara in Vienna: forgotten castrato arias (Jaroussky, Haïm, 2009)
Au lieu d'un nouvel accomplissement, ce programme de perles inédites déçoit en partie; pire, il dévoile de nouvelles limites vocales chez le contre ténor... Le chanteur aurait-il perdu le fil stylistique qui jusque là faisait l'enchantement de ses précédents disques? Tout ici n'est qu'une affaire de brio et de clinquant. Même l'orchestre du Concerto Köln semble étranger à toute nuance du sentiment, à toute vérité émotionnelle... à quelques exception près.

Pärt: Symphonie n°4 (Salonen, 2009)
Musique humaniste,- et pas sa dédicace plutôt engagée-, vibration des sphères célestes... l'écriture de l'estonien Arvo Pärt qui vit en Allemagne (l'expatrié ressent ainsi mieux les résonances qui nous dépassent?) garde toujours son mystère et sa profondeur. Sa Symphonie n°4 ne peut laisser indifférent...

Golijov: La Pasion segun San marcos (Guinand, 2008)
Passion latine... Golijov, juif d'origine d'Europe de l'Est, né en Argentine (1960), expatrié en Israël puis résident américain, nous offre une partition épicée, populaire, flamboyante et tragique où s'imposent surtout les voix et les percussions, le rituel collectif et la transe latino-africaine.

Palazzetto Bru Zane
Le Centre de musique romantique française à Venise, Palazzetto Bru Zane favorise la recherche musicologique et l'enregistrement discographique. Premier bilan sur les publications et enregistrements qu'il soutient depuis sa création en octobre 2009...

Adès : Tevot, Concentric Paths (Rattle, Adès, 2007-2009)
Florilège Adès. Dans cette compilation de diverses oeuvres, c'est moins la prestation assez monolithique de Rattle, pourtant dédicataire de Tevot, que la richesse plus allusive d'Adès dans le Concerto, puis de Paul Daniel pour les extraits de l'opéra qui nous captive.

Grétry: Andromaque (Niquet, 2009)
Révélation aux sources du romantisme français... Comme à Bruxelles et à Paris, les instrumentistes du Concert Spirituel se montrent souples et articulés. L'enregistrement réalise logiquement les apports des concerts qui l'ont précédé. Cette Andromaque de Grétry créée en 1780 est une partition époustouflante...

Henri Dutilleux: Le temps l'horloge (Ozawa, 2009)
Voici en un live légendaire, le dernier cycle vocal d'Henri Dutilleux (mai 2009): Le Temps l'horloge... Le signe distinctif de Dutilleux reste la mesure, le ténu: un équilibre souverain de la matière sonore qui par la transparence instrumentale laisse s'épanouir le chant introspectif. C'est une dramaturgie de la sensibilité qui ne s'encombre d'aucun épanchement gratuit ni aucune austérité âpre.

Rhapsodie: Fantaise : Poême (Ben Jacks, 2006, 2008)
Tout en rendant hommage aux compositeurs français, le soliste Ben Jacks sait varier effets et couleurs; sa complicité avec le chef lui aussi corniste reconnu (Cor principal au London Symphony orchestra), réussit un programme indiscutablement poétique.

Mendelssohn discoveries (Chailly, 2006-2009)
Manifeste juvénile et conquérant, le corpus ainsi ressuscité captive l'écoute. Nous sommes immergés dans le bain conceptuel, dans un magma sanguin dont l'incandescente flamme sait cependant respecter in fine le cadre formel choisi. Classicisme et romantisme, clarté et ténèbres, fougue mais équilibre... Chailly veille à l'unité des teintes convoquées en maestro supérieur

The Celtic viol, La viole Celtic (2008)
Retour ici au rythme, à la pulsion, de la danse (électricité des jigs) qui se fait transe et mystique. Entre le geste libéré et la méditation, le chant de Jordi Savall approche ce qui lui tient à coeur: la vérité humaine, celle liée à la transmission qui dans l'oralité a permis que soit préservé un jeu ancestral de très ancienne mémoire. Récital solo époustouflant, essentiel, d'une épure incandescente, Maître Savall réenchante les mélodies celtiques sur 3 dessus de viole captivants

Shadows of silence: Lutoslawski, Dalbavie, Sorensen (Andsnes, 2007)
Subtilités spectrales du Concerto pour piano de Dalbavie, tensions plus vives du Lutoslawski, miniatures introspectives de Kurtag, voici l'album le plus convaincant enregistré par le pianiste norvégien Leif Ove Andsnes, au registre contemporain. Programme percutant et fascinant

Laudes et chants soufis (Dadre, 2008)
Rencontres jubilatoires de l'Orient et de l'Occident: des chants soufis et des laudes italiennes... Vous serez saisis comme nous par la magie irrépressible de ce disque fraternel, excités par son lyrisme humaniste. Voici l'un des meilleurs disques de Doulce Mémoire

Jean-Philippe Rameau: 5 Concerts mis en Simphonie (Reyne, 2008)
Hugo Reyne réorchestre Rameau. Ce babil instrumental heureusement restitué fait paraître la grâce séditieuse, la furià imaginative, la délirante musique du plus grand compositeur orchestrateur du règne de Louis XV. 2è album Rameau de la collection Musiques à la Chabotterie, les 5 concerts "version Reyne" marquent l'interprétation ramélienne d'une croix blanche. L'enregistrement est un pur joyau.

Sonia Wieder-Atherton: Chants d'Est... (Mangou, 2007)
En suivant la course danubienne, de Vienne à Brattislava, de Belgrade à Budapest, la voyageuse violoniste traverse pays et nations en autant de paysages émotionnels, filtrés par son âme de passeuse. Le périple nous mène jusqu'en Russie: terre de coeur, toujours réinvestie comme la source cultivée d'une revitalisation nécessaire...

Antonio Vivaldi: news discoveries (Sardelli, 2008)
Geste sûr, emporté par la furià légendaire du Vivaldi prince des couleurs instrumentales comme de la scène lyrique, Sardelli se montre passionnant Vivaldien, d'autant que les instrumentistes de son ensemble Modo Antiquo répondent à ses attentes aussi analytiques que dramatiques. Opus d'autant plus jubilatoire qu'il dévoile un cycle d'inédits. Romina Basso apporte son mezzo apporte son mezzo souverain, délectable !

Abbo Abbas: polyphonies françaises et anglaises de l'an mil (Dialogos, 2006-2008)
Dialogos s'impose dans cet album dont le fort pouvoir évocatoire dessine avec précision la figure d'Abbon, abbé de Ramsay et de Fleury. Chant collectif des quatre chanteuses, chant soliste aussi comme celui passionné, ardent, et toujours lumineusement articulé de la directrice de l'ensemble, Katarina Livljanic

Gaetano Donizetti: Il Duca d'Alba (Mazzola, 2007)
Duo viril indiscutable, soprano en retrait mais basse excellente (diabolique Sandoval de Francesco d'Artegna): la résurrection de ce Duca d'Alba, dans sa version posthume, italienne validée par Ponchielli en 1882, ne manque ni de panache ni de finesse expressive. Superbe révélation

Kaija Saarihao: Mirage, Orion, Notes on light (Eschenbach, 2007,2008)
Ondine nous offre 3 pièces majeures de la compositrice actuelle d'origine finnoise, Kaija Saariaho: Notes of Light, Orion et Mirage. L'excellente tenue des interprètes, d'une richesse de nuances et d'intonations ténues, en parfaite complicité avec les solistes fait la valeur de cet enregistrement anthologique! L'un des plus beaux albums de musique contemporaine que nous ayons écoutés depuis des années...

Sofia Gubaidulina: In tempus praesens (Gergiev, 2007)
L'oreille exigeante se penchera sans délai sur l'exceptionnelle plongée fulgurante que constitue le Concerto pour violon de Sofia Gubaidulina: "In tempus praesens". L'une des partitions les plus puissantes composées à notre époque et dont le violon de Mutter exprime grandeur, vertiges, fébrilité...

André Mathieu: Concerto n°4 (Lefèvre, Hanson, 2008)
La vitalité et la diversité des climats, la virtuosité et l'intériorité de l'écriture pianistique imposent sans réserve cet enregistrement aux allures de reconstitution d'un trésor national québécois. Le pianiste Alain Lefèvre célèbre avec finesse et autorité le génie musical d'un compositeur dont il reste encore à restituer le catalogue. Le Concerto n°4 "retrouvé" ne pouvait pas trouver meilleur interprète...

Codex Caioni (Frisch, 2007)
Le Codex Caioni (XVII ème) suscite un programme enchanteur et métissé. A la façon des délices d'un Bosch, les humeurs voyageuses mais historiquement avérées de Frisch font se cotoyer Carissimi et la gaieté d'une Csardas, un Ricercare de Luzzaschi et les propres oeuvres de Caioni... Effusion sacrée (plusieurs hymnes de Caioni), fièvre et transports des danses populaires, emportées par un feu tzigane, rythmes, accents, emportent ces Noces irrésistibles.

Coffret 60 ans du Festival d'Aix en Provence (1948-2008)
Opéra mozartien, créations signées Poulenc et Messiaen, récital lyrique avec Boris Christoff, opéra français provençal grâce à Mireille de Gounod: dès les origines, entre 1950 et 1955, le Festival d'Aix sous l'impulsion de son fondateur, Gabriel Dussurget, montre une ouverture artistique en connexion avec son temps. Coffret anniversaire indispensable.

Jean-François Zygel: Improvisations (2006)
La contrainte ne s'exerce que dans la recherche de l'équilibre et de la fusion entre les instrumentistes. En préservant l'intime sur le déclaratif, Zygel nous enchante. Improvisations captivantes.

Gabriela Montero: Baroque. Improvisations (2007)
De toute évidence, cet album n'est pas pour les mélomanes soucieux d'exactitude: il ravira ceux que l'humeur personnel, les caprices d'une interprète qui ne manque pas de tempérament, ni de caractère, pourront bercer sans entrave.

Francisco Javier: La Ruta de Oriente (Savall, 2006/2007)
Jordi Savall nous invite à penser dans son universalité la démarche d'un voyageur humaniste. Autant de métissages et de curiosité fraternelle s'imposent à nous avec d'autant plus de pertinence, dans notre monde qui en bannissant les frontières, pose au centre de toute problématique, la place fondamentale de l'homme vis à vis de lui-même...

Daniel Hope: Mendelssohn (2007)
la seule version originale du Concerto suffit à donner raison aux recherches de Daniel Hope. Il est à souhaiter que cette option alternative s'impose durablement sur la scène, aux interprètes soucieux d'exactitude car en mode mineur, l'Andante central sonne divinement, d'une toute autre façon que dans sa version plus récente. Quant à l'allegro con fuoco, c'est bien toute la jeunesse éruptive d'un Mendelssohn tourné vers le soleil qui s'exprime avec contrastes et détermination. Superbe révélation

Olivier Greif: Wiener Konzert, Codex Domini... (2006)
Quatre oeuvres dont une création mondiale soulignent les palpitations vertigineuses d'un compositeur exceptionnel, Oliver Greif, décédé en 2000, à l'âge de 50 ans. Programme éblouissant pour interprètes en transe.

Lully/Cavalli: Musiques pour le mariage de Louis XIV (Reyne, 2007)
Les instrumentistes de la Simphonie du Marais qui souffle en 2007 ses 20 ans, témoignent d'une implication indiscutable: entre solennité, grandeur, ferveur (Jubilate Deo), langueurs cavaliennes, la vitalité des accents, le sens du rebond, donne chair et corps à l'orchestre du Roi, tout entier dévolu à sa grandeur. Le programme ambitieux et reparquablement servi poursuit l'oeuvre de défrichement du répertoire du Grand Siècle

David Greilsammer: "Fantaisie_Fantasme" (2007)
Le présent album tient du journal musical, immergeant l'auditeur dans un monde personnel qui aime mettre en perspective motifs, écritures, fragments et citations, enchaînements de partition réorganisées, à la façon d'un assemblage subjectif, comme un "cabinet de curiosité musical" dont chaque élément "déplacé" signifie, occupant une place spécifique dans une "composition" désormais singulière.

Cecilia Bartoli: "Maria" (Adam Fischer, 2006)
Avec "Maria", Cecilia Bartoli rend certes un hommage en miroir à Maria Malibran. La mezzo romaine signe un nouveau joyau discographique parmi les plus aboutis. Cohérence des enchaînements, implication des instrumentistes, tempérament superlatif de la soliste dont la santé vocale n'a jamais été plus rayonnante, Maria Malibran ne pouvait espérer plus bel hommage à son génie lyrique.

Steve Nieve: Welcome to the voice (Nieve, 2006)
Contrairement à son sous-titre qui en fait une oeuvre "d'improbables rencontres" (unlikely encounters), la partition écrite à deux mains par le compositeur Steve Nieve et la scénariste Muriel Teodori, est bien le fruit d'une réelle collaboration que le talent des interprètes hisse vers l'excellence

Martin Matalon: "de tiempo y de arena" (1993-2001)
Ce nouveau volume de la collection de musique contemporaine "Una Corda" chez Accord, offre une excellente entrée en matière pour découvrir l'univers électrisant du compositeur d'origine argentine (né à Buenos Aires en 1958), et vivant définitivement à Paris, depuis 1993, Martin Matalon.

Jordi Savall: Lachrimae Caravaggio (2006)
Inspiré par l'oeuvre du Caravage, le geste musical de Jordi Savall, entouré de ses musiciens familiers du Concert des Nations et d'Hesperion XXI, de son fils, le chanteur Ferran Savall, dessine plusieurs "stances" musicales, dites "Lachrimae Caravaggio", où il s'agit plus de déplorer et d'accompagner l'âme mélancolique que d'exalter, ou de fulminer. Ce nouvel album créatif impose en Jordi Savall, le musicien accompli, doué d'un humanisme somptueux et intérieur. Sublime.

Gustav Holst: Les Planètes (Rattle, 2006)
D'emblée le travail de Rattle sur la transparence et la clarté se dévoile. Bois, vents et cordes se détachent nettement des cuivres. C'est une sonorité lumineuse qui souligne et articule chaque climat pour chaque planète. La constellation de Rattle s'avère détaillée, mordante, aux caractères denses et tranchés.

Juan Crisostomo de Arriaga: Oeuvres pour orchestre (Dombrecht, 2006)
La révélation du programme est incontestablement la Symphonie à grand orchestre, en ré, d'influence Schubertienne (la 4ème spécifiquement). Une sensibilité sincère s'y déploie avec élégance, soignant les colorations des bois, la ciselure des cordes.

Lorraine Hunt Lieberson: Neruda Songs (Levine, 2005)
Décédée le 3 juillet 2006 à Santa Fe, à 52 ans, Lorraine Hunt nous laisse orphelins d'un chant intense, à la fois maternel et fraternel, d'une indicible vérité.

André Cardinal Destouches: Callirhoé, 1743 (Niquet, 2006)
Ampleur et sensualisme de l'orchestre, choeurs et solistes d'une indéniable cohérence, le Concert Spirituel renouvelle la réussite de son précédent disque consacré à Charpentier. C'est un compositeur de génie, suiveur original de Lully, qui nous est restitué, ajoutant à la valeur de l'approche : Destouches est un immense auteur lyrique. Une révélation.

Johan Casken: Golem (Bernas, 1989)
La réédition de cette version de Golem de John Casken (Londres, 1989) est d'autant plus légitime et incontournable que l'interprétation est parfaitement tenue et que le compositeur l'a validée, dans le prolongement de la création mondiale de l'oeuvre. Une oeuvre clé de l'opéra britannique, après Britten, aussi fulgurante que dense et expressionnsite.

Juan Crisóstomo de Arriaga: Oeuvres vocales
Après le succès retentissant des Ouvertures de Johann Friedrich Fasch (1688-1758), Paul Dombrecht, défricheur infatigable, sort de l’oubli ce compositeur que l’on a surnommé le Mozart espagnol. Arriaga, décédé alors qu’il n’avait pas encore vingt ans, a laissé de très belles pages musicales mises à l’honneur par Paul Dombrecht.

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