Jeu d'une subtilité poétique et magicienne, sûreté du geste, aplomb de la musicalité, assorti d'une sélection de pièces remarquable, dévoilent la maestrià singulière d'un nouveau grand du piano français: Wilhem Latchoumia. Ce nouvel album montre aujourd'hui combien l'interprète a mûri
Chant de l'âme vagabonde dans le sens d'un voyage intérieur semé de Sehnsucht et de douce et suractive nostalgie, le récital discographique que nous offre le pianiste lyonnais subjugue par sa mélodie chaloupée, ses vertiges intimes, sa douceur suggestive fait certes d'éclat et de fulgurances, grâce à une digitalisation virtuosissime (danza enfièvrée et trépidante de Ginestra, plage n°24), mais aussi, surtout, baignée d'une tendresse enchanteresse qui regarde vers l'onirisme et le désir de cette insouciance de l'enfance. "Impressoes" emprunte son titre à la première pièce du Ciclo Brasileiro: un prélude déjà irrésistible entre tendresse et sensualité, féline et sauvage. Le dernier morceau donne le ton général de ce recueil à la suave mélancolie, "Bailecito" de Guastavino dont Wilhem Latchoumia exprime les brumes rêveuses, ce caractère d'une douce ivresse envoûtée.
Lauréat de la Fondation HP dès 2004, lauréat du Concours d'Orléans 2006, Wilhem Latchoumia sait captiver grâce à son jeu d'une subtilité poétique et magicienne. Il canalise son indiscutable sensibilité et figure au sein de notre panthéon de jeunes pianistes à suivre, aux côtés de Bertrand Chamayou, David Fray... La sûreté du geste, l'aplomb de la musicalité, assorti d'une sélection de pièces remarquable, dévoilent aujourd'hui combien l'interprète a mûri. Ce recueil impose un nouveau maître du clavier français qui maîtrise son répertoire et son mode expressif. Superbe réalisation en terres latino-américaine, un champs pianistique d'autant plus fascinant qu'il reste méconnu. Jamais Villa-Lobos n'a sonné à la fois plus fièvreux et doux. Superbe toucher d'un enchanteur pianistique, désormais à suivre.
Wilhem Latchoumia, piano: "Impressoes". Heitor Villa_lobos, Camargo Mozart Guarnieri, Alberto Ginastera, Carlos Guastavino.
Carter Chris Humphray -
mardi 9 décembre 2008