Album admirable: Yundi Li aux côtés de l'incontournable et parfois claironnant Lang Lang, démontre à l'inverse de son compatriote, une sensibilité tissée de délicatesse allusive et poétique, et d'une agilité liquide à couper le souffle. son Prokofiev est un sommet, et Ravel, d'une sérénité lumineuse. Complice d'un Ozawa enchanteur, Li signe l'un de ses meilleurs récitals...
Coup de foudre pour cet album admirable qui montre l'essor actuel de l'école chinoise de piano: Yundi Li aux côtés de l'incontournable et parfois claironnant Lang Lang, démontre à l'inverse de son compatriote, une sensibilité tissée de délicatesse allusive et poétique, et d'une agilité liquide à couper le souffle. Intérieur, d'une finesse rare, mais aussi percutant, incisif et vibrant, le jeu de Yundi Li révèle un tempérament remarquable par sa maturité et son intelligence suggestive.
La distanciation percussive du Concerto de Prokofiev souligne l'assise technicienne et l'agilité poétique de l'interprète. Vision, progression, clarté, engagement limpide du soliste, direction habitée et totalement fusionnelle d'Ozawa, l'interprétation surprend, séduit, captive, en particulier dans cette maîtrise faite poésie malgré les difficultés rythmiques et de tempos exigés dans le quatrième mouvement. Voici la référence absolue, la plus récente de la discographie. Magie renouvelée dans un mode plus pudique pour
le Concerto de Ravel que certains trouveront peut-être trop "atténué", de fait, inabouti... mais l'éloquence du pianiste offre une lecture toute aussi habitée, comme le furent ses disques précédents dédiées à Chopin et Liszt (Concertos, également enregistrés chez Deutsche Grammophon). Tout au moins ce Ravel sonne-t-il plus distancié et d'une indéfectible sérénité. Récital convaincant.
Serge Prokofiev: Concerto pour piano n°2. Maurice Ravel: Concerto en sol. Yundi Li, piano. Orchestre Philharmonique de Berlin. Seiji Ozawa, direction