DVD, critique. BERNSTEIN : Wonderful Town / opéra de Toulon, janv 2018 (1 dvd Bel Air classiques)

bernstein-wonderfull-town-opera-toulon-critiqueopera-critique-opera-classiquenews-dvd-opera-janvier-2018DVD, critique. BERNSTEIN : Wonderful Town / opéra de Toulon, janv 2018 (1 dvd Bel Air classiques)… Toulon nous la joue sur un air de Broadway, affichant avec réussite des affinités maîtrisées avec l’esprit léger, séduisant, irrévérencieux et souvent critique de Bernstein, nouveau génie du musical américain, en particlier new yorkais. Pour preuve, après Folies et Sweeney Todd de Stephen Sondheim, cette création française de Wonderful Town (1953), belle offrande hexagonale à l’année du centenaire Bernstein 2018. L’opéra devance de 4 ans le sommet West Side Story, et déjà délivre une superbe déclaration amoureuse pour New York. La critique sociale poind en maints endroits, laissant se déployer le regard à la fois tendre mais aussi mordant du compositeur face à une ville qui gâche bon nombre de talents sans leur réserver un emploi adapté.
La grande pomme / «  Big apple », paraît donc à la fois idéalisée et aussi très décapée, sujet d’une sérieuse parodie… dans ce style de fausse badinerie mais de vraie dénonciation dont Bernstein, engagé et poète, a toujours eu le secret.
Le parti visuel de cette production toulonnaise s’inscrit davantage dans les 70’s que l’esprit incisif et glamour des années 1950. Plus Village People que Mad Men.

 

 

 

Wonderfull Town réussit sa création française
Broadway à Toulon

 

 

 

Duo épatant, à la fois naïf et plein d’espoir, les deux soeurs Sherwood, venues chercher fortune et carrière : Jasmine Roy (Ruth l’écrivaine, beauté brune plus introvertie mais moins superficielle) et Rafaëlle Cohen (Eileen la chanteuse blonde, sirène irrésistible), cette dernière fragile de silhouette; flûtée de voix, cédant aussi à la nostalgie de leur Ohio natal.

Séducteur, très présent et naturel, lui aussi, Maxime de Toledo (Robert Baker) a une stature dramatique indéniable qui rappelle combien ici le chant n’est rien sans les talents d’acteurs et de… danseurs. Il faut savoir bouger son corps dans toute comédie de Bernstein,… Broadway oblige. Ce que nous rappelle la majorité de la distribution réunie ici, en grande partie anglo saxonne. Et comme stimulée, excitée par la chorégraphie engageante et très bien réglée des 12 danseurs aux mouvements dessinés par le talentueux Johan Nus. Voilà qui rehausse le naturel des passages entres chaque séquence, intimiste, collective, du parlé au chanté, de la joie pure à l’esprit satirique (où Trump n’est pas épargné, sa casquette vissée sur le crâne…).

CLIC D'OR macaron 200L’Orchestre maison sait faire crépiter le swing dansant des instruments, en particulier les cuivres, très exposés et souvent entraînants. Enlevée, nerveuse, jamais épaisse ou ronflante, la direction de Larry Banks, familier de Broadway, conforte amplement l’enthousiasme suscité par le spectacle qui a donc relevé haut la main, le défi de la création française de cet opéra complet, onirique, déjanté, profond. Au final, 3 ans avant West Side Story, plus sombre et tragique, c’est tout Bernstein, protéiforme et poète qui se dévoile ici. Magistral.

 

 

 

 

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DVD, critique. BERNSTEIN : Wonderful Town / opéra de Toulon, janv 2018, 1 dvd Bel Air classiques). Leonard Bernstein (1918-1990) : Wonderful Town, comédie musicale en deux actes sur un livret de Joseph Fields et Jerome Chodorov ; lyrics de Betty Comden et Adolphe Green, d’après la pièce de Joseph Fields et Jerome Chodorov et des nouvelles de Ruth McKenney. Avec : Jasmine Roy, Ruth Sherwood ; Rafaëlle Cohen, Eileen Sherwood ; Dalia Constantin, Helen ; Lauren Van Kempen, Violet ; Alyssa Landry, Mrs Wade ; Maxime de Toledo, Robert Baker ; Franck Lopez, Lonigan ; Jacques Verzier, Appopolous/Premier éditeur ; Scott Emerson/Speedy Valenti / Guide / Deuxième éditeur / Shore Patrolman ; Sinan Bertrand, Franck Lippencott/Fletcher ; Julien Salvia, Chick Clark ; Jean-Yves Lange, un Client/un Policier ; Daniel Siccardi, Antoine Abello, Jean Delobel, Patrick Sabatier, quatre Policiers ; Grégory Garell, un Homme. Chœur et Orchestre de l’Opéra de Toulon, direction : Larry Blank / Mise en scène : Olivier Bénézech. Chorégraphie : Johan Nus.

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