DVD, COFFRET GREAT BALLETS From the Bolshoi vol. 2 (4 dvd, Bel Air classiques)

BOLSHOI ballet dvd critique classiquenews clic dec 2018 cadeaux dvd noel 2018 bac619-coffretdvd-bolshoi balletvol2-recto-365x519DVD, COFFRET GREAT BALLETS From the Bolshoi vol. 2 (4 dvd, Bel Air classiques). Voici le deuxiĂšme volume de la sĂ©rie de coffrets « Great Ballets from the Bolshoi », un Digistack-Collectr (4 Ballets) contenant les derniers grands succĂšs du Ballet du BolchoĂŻ. Deux noms accrĂ©ditent les enregistrements : l’Etoile Svetlana Zakharova et le chorĂ©graphe soviĂ©tique Yuri Grigorovich, deux figures dĂ©sormais emblĂ©matiques du style russe version Bolshoi. LA BAYADERE… (version de Youri Grigorovitch) rĂ©unit trois stars et une plĂ©iade de remarquables artistes du BolchoĂŻ. La production de 2013 Ă©voque les Indes orientales conçues, rĂȘvĂ©es par Minkus et Marius Petipa en 1877: s’y impose la grand solo de la BayadĂšre alors trahies et dĂ©laissĂ©e, et le tableau du royaume des ombres, Ă©vanescent et onirique. Svetlana Zakharova Ă©blouit dans le rĂŽle clĂ© de la vestale Nikiya. ElĂ©gance de la ligne, dĂ©tachĂ© Ă©lastique et souple composant un rubato aujourd’hui spĂ©cifique des plus romantiques, et visage digne, solaire, mais habitĂ© : voici le standard russe actuel de la danse colorĂ© par ce dĂ©tachement propre au Mariinsky ; Ă  ses cĂŽtĂ©s, perce le tempĂ©rament plus hĂ©roĂŻque de Maria Alexandrova qui offre Ă  la princesse Gamzatti une nouvelle profondeur. MĂȘme nuances pour le jeune danseur Vladislav Lantratov dont le guerrier Solor se distingue par sa finesse. Youri Grigorovitch souligne la rivalitĂ© entre les deux femmes pour le bel adolescent un rien versatile. Les sauts, jetĂ©s, alanguissements affrontĂ©s ou sols des deux ballerines emportent l’adhĂ©sion.

MARCO SPADA indique clairement l’apport du travail de Pierre Lacotte au Bolshoi. Le chorĂ©graphe français reprend et modifie la version de Noureev (1980) et affine plutĂŽt une alliance mieux Ă©quilibrĂ©e entre l’élĂ©gance française et l’imagination contrastĂ©e de l’esprit russe, en particulier la poĂ©sie typique moscovite. La volontĂ© d’effets et de variations se concentre sur le jeu des bas de jambes : vĂ©locitĂ© et souplesse soutenue qui doivent contredire la pression de l’apesanteur. RĂšgne dans ce style quand mĂȘme des plus artificiels, la grĂące aĂ©rienne de l’amĂ©ricain David Hallberg ; il fait un Spada fougueux, vrai Mercure agile malgrĂ© sa noire activitĂ© de brigand. MĂȘme joie de danser et plaisir de jouer chez les danseuses transfuges du Marrinsky : Olga Smirnova et Evgenia Obraztsova (respectivement Angela et Sampietri) ; avec une nervositĂ© prĂ©cise chez les hommes : Semyon Chudin et Igor Tsvirko (Federici et Pepinelli). La valeur de cette recrĂ©ation assez rĂ©cente (2014) tient Ă  la caractĂ©risation fortement individualisĂ©e que chacun apporte Ă  son profil dansant. Belle Ă©quipe et beaux acteurs.

LE LAC DES CYGNES. En 2015, Grigorovich incarne la conception toute Bolshoi de l’art de l’onirisme : le lac immatĂ©riel convoque la matĂ©rialitĂ© des corps aussi souples que tangibles Ă  sa surface
 Une vision qui s’écarte de ce que fait et dĂ©veloppe Noureev Ă  l’Ouest. Le premier prĂ©fĂšre le collectif et son harmonie d’ensemble ; le second lui ajoute le trouble et les conflits individuels. Des regards qui sont liĂ©s au systĂšme politique qui les portent chacun, qui sont en miroir de leur situation personnelle aussi. Donc Grigorovich sculpte littĂ©ralement l’immatĂ©rialitĂ© collective des actes blancs, dont les membres ne s’économisent jamais. La recherche de rythmes et de contrastes se rĂ©alise plutĂŽt dans ce catalogue passionnant de couleurs locales, avec dessins et motifs bien spĂ©cifiques : chien et souplesse de la danse hongroise d’Angelina Karpova ; danse espagnole Ă©ruptive d’Anna Tikhomirova ; la danse de caractĂšre Ă©blouit de tous ses feux. Tout cela valorise l’émergence de la ballerina par excellence, icĂŽne de cette Ă©lĂ©gance absolue, Ă  la fois mĂ©canique et intĂ©rioritĂ©, de la principale Svetlana Zakharova, alliant technicitĂ© et froideur mesurĂ©e. Une perfection pour l’image de la femme inaccessible, et la figure dĂ©moniaque du cygne noir. D’autant qu’à ses cĂŽtĂ©s, le frĂȘle mais trĂšs assurĂ© techniquement Denis Rodkin assure le rĂŽle du Prince enivrĂ©, dĂ©sirant. Saluons tout autant les trois « amis » de ce dernier, vĂ©ritables machines physiques, emblĂ©matique de la motricitĂ© Ă  toutes Ă©preuves propres au Bolshoi : les deux danseuses : Kristina Kretova et Elizaveta Kruteleva, et surtout le bouffon acrobate trĂšs affirmĂ© d’Igor Tsvirko (que l’on retrouve aussi dans Marco Spada en Pepinelli, lire ci dessus) : ses sauts ont un ballon impressionnant. La version affirme de façon irrĂ©sistible la haute technicitĂ© et le sens dramatique des danseurs du Bolshoi aujourd’hui.

The GOLDEN AGE / L’ñge d’or : Quand le BolchoĂŻ replonge dans sa fabuleuse histoire chorĂ©graphique, il profite ici des 90 ans du maĂźtre de ballet, Yuri Grigorovich, son ancien directeur (30 annĂ©es d’un pilotage quasi tyrannique Ă  l’époque du rĂ©gime soviĂ©tique), pour reproduire l’un de ses ballets Ă  la fois techniquement abouti et politiquement correct : L’ñge d’or (1982), vĂ©ritable manifeste apparemment nostalgique d’une certaine grandeur communiste propre Ă  l’ùre stalinienne. Le sujet exploite le souffle qui naĂźt des tableaux collectifs (que Grigorovich a toujours parfaitement organisĂ©s et rĂ©glĂ©s – cette maĂźtrise a fait le triomphe de son ballet Spartacus et surtout Ivan le terrible)
. Au crĂ©dit de cette version prĂ©sentĂ© en octobre 2016, la performance et l’engagement du danseur Ă©toile en chef maffieux, Yashka : Mikhail Lobukhin dont la maĂźtrise et la grĂące expressive restent simples, naturels, d’une Ă©vidente sincĂ©ritĂ© 
 LIRE notre compte rendu complet L’ñge d’or / The Golden Age

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DVD coffret événement, critique. GREAT BALLETS from the BOLSHOI, vol 2 (4 dvd BEL AIR classiques) :
> L’Âge d’Or (2016)
> Le Lac des Cygnes (2015)
> Marco Spada (2014)
> La BayadÚre (2013)

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