DEGAS à l’Opéra (catalogue de l’exposition)

degas a l opera catalogue livre evenement exposition degas opera musee d orsay janvier 2010 critique annonce analyse classiquenewsLivres, catalogue d’exposition, critique. Degas à l’Opéra (Musée d’Orsay). Superbe catalogue qui fait le point sur l’œuvre musical et chorégraphique de Degas, peintre solitaire, en marge de tout académisme et d’un tempérament résolument original. Même s’il se rapproche de Monsieur Ingres (la ligne serpentine inspirée de Raphaël), en Italie de Gustave Moreau qui devient un temps son mentor, Degas cultive une mise à distance de l’académisme et des institutions qu’il sait remettre en question. Mais s’il se rapproche des indépendants et des impressionnistes, de Manet avec lequel il aura des relations animées, Edgar Degas recompose tout dans son atelier ; prend des notes à l’opéra, dans la salle, les coulisses, assiste aux répétitions Salle Le Peletier surtout… puis assemble toute composition dans l’atelier, avec comme seule force recréative et organisatrice, la puissance de sa fabuleuse mémoire visuelle. Le catalogue de l’exposition « Degas à l’Opéra » analyse tous les ressorts de la thématique appliqués au dessin et à la couleur du Maître : mouvement, sujets, cadres, formats, techniques (peinture et dessin évidemment, mais aussi pastels, craie sur papier calque, monotype, sculpture…) ; le catalogue sait analyser les goûts artistiques et musicaux du peintre ; où règnent comme Berlioz, l’inestimable / l’inépuisable Gluck ; et aussi Reyer et son opéra wagnérien, « Sigurd ». Degas y admire comme nul autre la soprano Rose Caron (dans le rôle de Brunnhilde) dont il a loué le grain de la voix et la plastique des bras inoubliables.
Or sur le sujet d’une interprète adulée, tout avait commencé par le portrait d’une danseuse cocotte en vedette dès les années 1867 : « Eugénie Fiocre dans le ballet La Source » de Nuitter et Delibes.
Plus qu’une danseuse qui pose, comme il le fera ensuite en corps désarticulés, avec tutu et ruban, éreintés, suintant voire douloureux, Degas peint la Fiocre en un songe oriental et rêveur qui est pure allégorie d’une nostalgie mystérieuse. Un tour (magique et premier) qui ne manque pas encore de déconcerter. Tout est là déjà dans ce fabuleux (grand) portrait, et qu’explicitent avec érudition les textes du catalogue. Lecture incontournable, ne serait-ce que pour préparer votre visite au Musée d’Orsay. Exposition jusqu’au 19 janvier 2020.

Présentation par l’éditeur :
« Rien en art ne doit ressembler à un accident, même le mouvement. » Edgar Degas

Durant toute sa carrière, des années 1860 jusqu’aux œuvres ultimes au-delà de 1900, Degas a fait de l’Opéra le point central de ses travaux, sa « chambre à lui ». Il en explore les divers espaces – salle et scène, loges, foyer, salle de danse, s’attache à ceux qui les peuplent, danseuses, chanteurs, musiciens, spectateurs, abonnés en habit noir hantant les coulisses. Cet univers clos est un microcosme aux infinies possibilités et permet toutes les expérimentations : multiplicité des points de vue, contraste des éclairages, étude du mouvement et de la vérité du geste.

Aucun ouvrage jusqu’à présent n’avait envisagé l’Opéra dans sa globalité dans l’œuvre de Degas, étudiant tout à la fois le lien passionné qu’il avait avec cette maison, ses goûts musicaux, mais aussi les infinies ressources de cette merveilleuse « boîte a outils ». Par le prisme de l’Opéra, Henri Loyrette redessine une monographie de celui qui fut peut-être un des plus grands artistes du XIXe siècle.

Exposition organisée par les musées d’Orsay et de l’Orangerie, Paris et la National Gallery of Art, Washington où elle sera présentée du 1er mars au 5 juillet 2020, à l’occasion du trois cent cinquantième anniversaire de l’Opéra de Paris.


Exposition DEGAS A L’OPERA. PARIS, Musée d’Orsay 24 septembre 2019 – 19 janvier 2020 – Textes en français – 328 pages / 323 illustrations – Coédition Rmn-Grand Palais / Musées d’Orsay et de l’Orangerie – prix indicatif : 45 €

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