CRITIQUE, DVD événement – Opéra de Paris une saison très particulière (BelAir classiques)

Une-saison-tres-particulière belair classiques critique classiquenews dvd opera de paris hugo marchandCRITIQUE, DVD événement – Opéra de Paris une saison très particulière (BelAir classiques) – Mars 2020 fermeture et confinement : les artistes comme tous les citoyens sont tenus à résidence : les sessions collectives et donc le travail au sein du Ballet, sont interdites. Juin 2020, retour en salles de répétition… Et presque à une vie sociale normale. Le retour à la danse ensemble s’apparente à un retour à la vie : sans danse et sans mouvement, le danseur ne peut plus exprimer ni être tout simplement. C’est un athlète qui doit se reconstruire : il a perdu en cardio, en endurance, en musculature car celui qui dansait entre 7h à 10h par jour, ne dansait plus.
La caméra suit les séances de répétition où chacun retrouve son corps.
Sessions de travail, entretiens, disent ce retour à la vie normale du danseur, à son quotidien de grand sportif et d’athlète artiste.
C’est le plaisir et les sourires qui sont le vrai sujet de ce documentaire qui célèbre le mouvement et de la danse.
Diagonale de chassés plutôt que grands sauts car les contraintes sont encore là et restreignent la suractivité du groupe, comme l’enthousiasme des premières énergies.

Les défis de la Bayadère
Le retour de la troupe à son complet (soit 90 artistes en scène) se réalise avec le reprise de la production légendaire de La Bayadère ; 15 oct 2020 : premières répétitions en nombre et en masques. Noureev est l’adn de la troupe ; le chorégraphe associe technique et endurance, élégance et discipline académique. Des critères qui font depuis la singularité de la Maison parisienne.
Détachés, arabesques,.. synchronisés constituent ce collectif qui semble respirer comme un seul organe ; le corps de ballet est la star pour Noureev ; la mise en place est essentielle ; elles sont 32 danseuses mais il n’y en a qu’une seule, unies, par la même série de mouvements et de figures parfaitement synchrones.

La chorégraphie de Noureev est la plus difficile de la planète ; l’Opéra de Paris est l’école de la très haute technicité. Ailleurs on dirait comme Salieri ou Joseph II parlant de la musique de Mozart (« trop de notes ») : « trop de pas » comme le rappelle Lionel Delanoe, maître de ballet…. il convient de cacher et sublimer l’exigence de technicité extrême par la souplesse et l’élégance du naturel.

HUGO MARCHAND répète dans le rôle de Solar... Puissance et investissement sollicite le corps, marquant un crescendo dans la difficulté… « Manège de deux assemblées » exige une énergie du corps difficile à négocier … L’action mêle tragique et orientalisme à la Gérôme : la Bayadère Nikita [Amandine Abilsson] vouée au temple, aime Solar qui est promis à la fille du raja… Que peut l’amour de deux êtres contre le devoir imposé par la religion et le pouvoir ? Tout ! Solar suit Nikita dans la mort… Pur incarner avec justesse Nikita, la denseuse doit aussi dévoiler son regard, exprimer la complainte, et aussi dans la chorégraphie de Noureev, le style de la démesure lyrique, caractère propre à l’école russe…

De mars à déc 2020
Le ballet de l’Opéra de Paris à l’épreuve du confinement…

Peines et élégance, engagement et discipline
à l’école de la Grâce

Les répétition des tableaux collectifs avec le corps de ballet où tous les danseurs et les solistes dévoilent leur travail, montrent les derniers points de fragilité dans l’enchaînement du drame… Le Solo de Paul Marque en idole d’or saisit par sa puissance et sa grâce, déjà sidérantes à ce stade. Puis ce sont les répétitions en scène (27 nov), avec costumes, avec la réalité du terrain (la fameuse pente de Bastille) : un autre défi là encore, canaliser la tension, maîtriser son stress, accepter ses faiblesses ou sa perte d’attention et de concentration… mais faire de son mieux.
La Descente des 32 danseuses ou 32 arabesques qui se révèle sur scène ainsi 32 fois sur la même jambe dans la souplesse : un défi pour la première danseuse ! … une sorte de yoga d’une même figure à réaliser … 32 fois ! Ce corps décomposé en 32 danseuses parfaitement synchronisées rappelle la fascination de Noureev pour le Ballet comme protagoniste central de ses chorégraphies. Ce parcours dans les coulisses du travail dévoilant la peine, la discipline, et malgré l’engagement et le plaisir de cette école de la grâce se révèle passionnant…
Entre autres, les étoiles et ex étoiles Aurelie Dupont, Mathieu Ganio, Germain Louvet, Dorothee Gilbert … témoignent et racontent aussi cette saison (très) spéciale du Ballet de l’Opéra de Paris.

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CLIC_macaron_2014CRITIQUE, DVD, BLU RAY. Opéra de Paris, Une saison très particulière. Réalisation : Priscilla Pizzato (Bel Air classiques). PLUS D’INFOS sur le site de l’éditeur BelAir classiques :
https://belairclassiques.com/catalogue/opera-de-paris-une-saison-tres-particuliere-ballet-priscilla-pizzato-dvd-blu-ray

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TEASER vidéo :
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