CRITIQUE, concert. Festival International de Besançon, Théâtre Ledoux, le 16 septembre 2021. Orchestre National de Lyon / Alexandre Kantorow /Paul Daniel.  

besancon festival concours 2021 classiquenewsCRITIQUE, concert. Festival International de Besançon, Théâtre Ledoux, le 16 septembre 2021. Orchestre National de Lyon / Alexandre Kantorow /Paul Daniel. Cette année, le Festival International de Besançon (74ème édition) se couplait avec le fameux Concours International des jeunes chefs d’orchestre (57ème édition) et, fait assez exceptionnel, le Grand prix n’a pas été décerné, trois « Mentions spéciales » s’y substituant (LIRE notre dépêche ici : Palmarès du 57è Concours de Besançon 2021). Quant au festival proprement dit (qui se poursuit jusqu’au 25 septembre), il aligne, comme de coutume,  noms d’artistes confirmés et jeunes talents d’aujourd’hui, à l’instar de Victor-Julien Laferrière ou d’Alexandre Kantorow. Ce dernier était le centre d’intérêt du concert de ce 16 septembre – avec rien moins que l’Orchestre National de Lyon comme écrin, et le chef britannique Paul Daniel (également président du Jury du concours) à la baguette – dans un programme regroupant Saint-Saëns et Dvorak.

Le jeune pianiste français s’est fait un spécialiste des cinq concertos de Saint-Saëns dont on fête cette année le centenaire de la disparition, et dont il a enregistré les 3ème, 4ème et 5ème opus (Erato). Mais c’est ici le 2ème qui a été retenu, un ouvrage composé en seulement trois semaines en 1868 : destiné au départ à son ami Anton Rubinstein, c’est au final Saint-Saëns lui-même qui tiendra la partie de piano, tandis que Rubinstein dirigeait l’orchestre. Commençant par une improvisation sur le modèle du 4ème Concerto de Beethoven, il met en valeur les qualités de virtuose du pianiste. A ce petit jeu, pour ceux qui connaissent l’ébouriffante virtuosité du concertiste, Kantorow excelle ; il dépasse ici le côté de fantaisie brillante pour une interprétation pleine d’imagination, alternant entre romantisme, joyeuseté, légèreté ; le tout conduit par une puissante énergie. Il brille ensuite dans un bis que nous n’avons pas reconnu…

Place à l’Orchestre seul en seconde partie de concert qui est entièrement dédiée à la 8ème Symphonie de Dvorak, peut-être la plus belle de l’œuvre symphonique du compositeur, avec la fameuse 9ème dite « du Nouveau Monde ». Et c’est une version enthousiasmante que le chef britannique nous donne, avec un ONL des grands soirs. Soulignons notamment la perfection, entre finesse et légèreté, des fameuses gammes descendantes (violons puis cordes graves) dans le magnifique Adagio, le rendu délicieusement grazioso de l’Allegretto ou encore la remarquable qualité des vents, particulièrement mis en valeur dans l’Allegro final.

Mentionnons qu’en pièce d’avant-propos, nous avons pu entendre une œuvre de la jeune compositrice française Camille Pépin (en résidence au festival), « La Source d’Yggdrasil », qui avait été créée lors des dernières Victoires de la Musique classique. A son écoute, force est de constater que cette composition est à la fois immédiatement accessible et fait preuve d’un grand savoir-faire, notamment par sa dynamique pleine d’entrain, une rythmique très soutenue et un phrasé assez descriptif qui s’apparente à de la (très bonne) musique de film.

CRITIQUE, concert. Festival International de Besançon, Théâtre Ledoux, le 16 septembre 2021. Orchestre National de Lyon/Alexandre Kantorow/Paul Daniel.

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