Concert Franck, Saint-Saëns, Dvorak à l’Opéra de Tours

franck_cesar_orgue_symphonie_reTours, Grand Théâtre. Concert Franck, Saint-Saëns… les 15 et 16 février 2014. L’OSRCT (l’Orchestre Symphonique Région Centre Tours) offre un bain symphonique et concertant, associant Franck, Saint-Saëns et Dvorak. Franck fut un des professeurs de Magnard, dont l’Opéra de Tours programme début avril Bérénice. Imprégné de mysticisme, dans la lignée de la musique religieuse de Liszt, l’intermède de son oratorio Rédemption se fait rare dans les programmations, et c’est dommage. Le deuxième Concerto pour piano de Saint-Saëns est une merveille d’écriture, de pyrotechnie pianistique et de clarté dans l’élocution musicale : l’autre face de cette école française sera défendue par Carole Carniel. Déjà invitée pour Pétrouchka, la pianiste pianiste est une des animatrices de la vie musicale régionale, en particulier au sein de l’Atelier Musical de Touraine. Dirigé par Claude Schnitzler,fidèle chef invité à Tours, le programme se conclut par une des symphonies rarement jouées de Dvorak, pleine des échos de sa terre natale et portée par une écriture éclectique où s’affirment les germaniques, de Brahms à Wagner…

Interlude Rédemption
Programme alléchant car il inscrit une oeuvre très rare et pourtant éblouissante signé César Franck. Rédemption est un interlude symphonique de moins de 15 mn à l’origine conçu comme un oratorio pour mezzo seule dans un version de 1873 qui cependant ne suscita aucun enthousiasme. L’oeuvre augmentée d’un choeur dans une seconde version suscitera enfin un tonnerre d’applaudissements, mais Franck était mort avant de vivre son succès; Il y est question du salut de l’humanité sauvé par un élan fraternel (ce même sentiment qui inspire le dernier mouvement de la 9è de Beethoven). Aujourd’hui le texte de l’oratorio trop manifestement emphatique, est délaissé… pour l’interlude purement orchestral qui en a été extrait : daté de 1873, la matière de l’interlude d’un wagnérisme réassimilé, superbement original, annonce l’écriture de la Symphonie en ré, sommet symphonique beaucoup plus tardif (1889).

La Symphonie n°5 en fa majeur, op.76 de Dvorak est créé à Prague en mars 1879 affirme une puissance d’inspiration en particulier dans son ultime mouvement qui annonce la grande réussite de la Symphonie new yorkaise du Nouveau Monde n°8, créé au Carnegie Hall en décembre 1893. Dans l’Andante règne la douce et mélancolique rêverie slave (doumka) ; dans le dernier mouvement (allegro molto), Dvorak semble préparer le rayonnement d’une joie pleine et irrésistible d’autant plus expressive et saisissante que lui précède un balancement imprévisible entre ivresse, exaltation et angoisse aux racines certainement autobiographiques. La Symphonie profite de la rencontre à Vienne avec Brahms dès 1873, lequel l’inspire musicalement et l’aide concrètement à éditer ses oeuvres… C’est un période décisive pour le compositeur né en Bohême qui peu à peu gagne une stature européenne. Plus composite que celle de Smetana, l’écriture de Dvorak profite de son ouverture vers les auteurs germaniques : il fixe d’emblée le cadre et les enjeux de la symphonie tchèque, tout en cultivant la très forte spécificité slave et hongroise en rapport avec ses origines. De retour dans en Tchékoslovaquie, Dvorak accentue et colore encore davantage son écriture symphonique avec Russalka de 1900, clair manifeste d’une âme musicienne qui a la nostalgie émerveillée de sa propre culture.

César Franck
Rédemption, interlude symphonique

Camille Saint-Saëns
Concerto n°2 pour piano et orchestre en sol mineur, op.22

Antonín Dvorák
Symphonie n°5 en fa majeur, op.76

Carole Carniel, piano
Claude Schnitzler, direction
Orchestre Symphonique Région Centre-Tours

Samedi 15 février 2014 – 20h
Dimanche 16 février 2014 – 17h

conférences autour du concert
Samedi 15 février à 19h00 – Dimanche 16 février à 16h00
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

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