Compte rendu, Opéra. Tours. Opéra, le 12 octobre 2014. Mozart : Cosi fan tutte. Jean-Yves Ossonce, direction. Gilles Bouillon, mise en scène

Compte rendu, Opéra. Tours. Opéra, le 12 octobre 2014. Mozart : Cosi fan tutte. Jean-Yves Ossonce, direction. Gilles Bouillon, mise en scène. Saluons ce qui fait le charme immédiat de cette nouvelle production de l’opéra de Tours et qui ouvre très positivement sa nouvelle saison 2014-2015 : son évidence et sa vivacité théâtrale. Le travail du metteur en scène, à présent familier de la scène tourangelle, Gilles Bouillon, offre une lecture très rafraîchissante de l’opéra mozartien qui malgré sa charge comique (l’épisode de Despina maquillé en médecin appliquant les préceptes de Mesmer sur les corps apparemment empoisonnés des deux garçons à la fin du I) n’en saisit pas moins par sa justesse cynique : comédie doux-amer, Cosi fan tutte plonge dans la vérité des entiments éprouvés : la farce épingle surtout l’inconstance des coeurs amoureux. Les serments d’hier sont trahis par le désir né dans l’élan d’un nouvel instant. Terrible leçon de réalisme sentimental, marivaudage amer et sans alternative… Fiordiligi et Dorabella, deux beautés napolitaines sont inconsolables depuis le départ de leurs deux fiancés à la guerre : jeu de dupes pour mieux les rendre sensibles aux charmes de deux prétendants orientaux (en fait leurs ex amants déguisés…). Tout le drame s’appuie sur la complicité entre les hommes et le public, dont le seul but est de piéger les jeunes femmes : lesquelles résistent d’abord, puis s’offrent aux deux nouveaux venus.

 

 

 

COSI-FAN-TUTTE-opera-Tours---photo-francois-Berthon

 

 

 

D’un plateau vocal globalement homogène, se distinguent nettement la Dorabella naturellement puissante et idéalement subtile de la jeune mezzo Karine Séchaye que nous avions applaudie ici même pour un somptueux Aiglon d’Honegger ; même aplomb vocal et jeu tout en fine facétie du Guglielmo d’Alexandre Duhamel. Le baryton nous offre même en accord avec la générosité du chef, l’air si rare “Rivolgete”, pourtant essentiel dans la déroulement comique de ce Cosi très réussi. Ils sont d’autant mieux portés dans leur mouvement et leur jeu respectif grâce aux piliers Alfonso / Despina qu’incarnent respectivement Franck Leguerinel (au chant presque inaudible parfois) et Catherine Dune dont l’intelligence de l’actrice ne peut masquer l’usure de la voix.

Affûté, d’une constante sensibilité, en chef lyrique expérimenté, Jean-Yves Ossonce veille à l’équilibre plateau / fosse, ciselant un Mozart, intensément dramatique, expressivement chambriste, d’une grâce et d’une fluidité rayonnante qui elle aussi, contribue à la réussite de cette nouvelle production, vraie performance théâtrale, où le profil individuel de chaque protagoniste gagne une présence progressive ; où l’enjeu de chaque situation est évidente et parfaitement exposé. Les quintettes et les sextuors qui manifestent la suavité et le vertige des coeurs qui se dévoilent brusquement, sont subtilement conduits, faisant surgir cette tendresse désormais irrésistible et d’une sincérité singulière qui fonde la beauté et le mystère de la musique mozartienne. Très convaincante réalisation.

Illustration : Cosi fan tutte à l’Opéra de Tours en octobre 2014 © François Berthon

 

 

tours-opera-opera-de-tours-582BON PLAN à Tours (repéré/testé par CLASSIQUENEWS) : avant, après la représentation à l’Opéra de Tours, un nouveau lieu de restauration, également salon de thé, à 2 pas de l’Opéra vient d’ouvrir (face à l’entrée principale, sur le trottoir de gauche)  : “La Dînette“. Accueil et service très agréables, cadre lumineux et raffiné. La Dînette, 3 rue Corneille 37000 Tours. Tél réservation, horaires : 09 83 30 20 30.

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