COMPTE-RENDU, opéra. Saint-Etienne, le 18 nov 2018. MASSENET : Hérodiade. Elodie Hache, Ossonce / Pichon  

massenet jules portrait classiquenewsCOMPTE-RENDU, opéra. Saint-Etienne. Grand Théâtre Massenet, le 18 novembre 2018. Jules Massenet : Hérodiade. Elodie Hache, Emanuela Pascu, Florian Laconi, Christian Helmer, Nicolas Cavallier. Jean-Yves Ossonce, direction musicale. Jean-Louis Pichon, mise en scène. Ce sont les mots, empruntés au rôle d’Hérode, qu’on a envie de lancer comme des fleurs à Elodie Hache une fois le rideau tombé. Car depuis sa Blanche de la Force sur cette même scène stéphanoise voilà un an et demi, la soprano française a encore progressé dans la maîtrise de son généreux instrument, de ceux qu’on rencontre peu parmi les artistes de l’Hexagone. Dès son premier air « Il est doux, il est bon », on est impressionnés par l’ampleur de la voix et la puissance déployée sans effort apparent. En outre, l’ouragan sait se faire caresse, en de magnifiques nuances, flottantes et transparentes. Durant toute la représentation, on assiste médusés à l’affirmation progressive de cette superbe artiste, dotée qui plus est d’une très belle diction et d’une grande présence scénique, alliées à une poignante sobriété dans les effets. Par notre envoyé spécial Narcisso Fiordaliso.

 

 

 

Salomé, laisse-moi t’aimer

 

 
On souhaiterait simplement lui conseiller du prendre garde au vibrato parfois quelque peu excessif dans un haut-médium semblant moins canalisé que le reste de la tessiture, afin de pouvoir goûter le plus longtemps possibles à toutes ses immenses qualités.
A ses côtés, la mezzo roumaine Emanuela Pascu incarne une imposante et vénéneuse Hérodiade, jeune encore, plus femme que mère, dardant avec éclat le métal de sa voix sonore et osant de très beaux piani. L’écriture d’ensemble du rôle parait bien parfois un rien grave pour elle, mais, à part quelques graves à notre sens trop appuyés, la chanteuse se tire avec les honneurs de cette tessiture difficile, démontrant par ailleurs un beau travail sur le texte.
Après l’avoir chanté avec succès à Marseille voilà il y a quelques mois, Florian Laconi retrouve le rôle de Jean, dont il vient toujours à bout avec une solidité qu’on ne peut que saluer. Son air du quatrième acte est à ce titre éloquent, et s’achèvent triomphalement sur un aigu lentement enflé dans un crescendo électrisant.
Toujours noble de port et fier de ton, Nicolas Cavallier remporte tous les suffrages en Phanuel, et on est, comme à chaque fois, heureux de retrouver la basse française, de ces phares qui semblent éclairer le paysage lyrique actuel par leur auguste présence.
Face à de telles voix et autant de présences, Christian Helmer fait de son mieux pour trouver sa place, et se lance avec franchise dans la partie ardue d’Hérode, semblant souvent poussé aux limites de ses moyens. Mais il se donne tout entier, sans tricher, et son courage est à saluer.
Vitellius autoritaire, Jean-Marie Delpas prend un malin plaisir à faire tonner sa grande voix, tandis que tous les autres rôles secondaires sont tenus avec beaucoup d’efficacité. Quant au chœur, il n’appelle que des éloges grâce à une homogénéité superbe et surtout une précision superlative dans la diction.
Tout ce petit monde évolue dans la mise en scène dépouillée de Jean-Louis Pichon. Familier de l’œuvre, ce grand amoureux de l’opéra français a choisi la carte de la sobriété, enveloppant décors comme costumes d’une teinte générale ocre avec des reflets dorés, des murs formés par des lances aiguisées refermant le plateau. Si le faste manque parfois à l’appel, l’œuvre y gagne en intimité, véritable affaire de famille et on vit pleinement le drame en même temps que les personnages qui s’y débattent.
Dans la fosse, la direction apollinienne de Jean-Yves Ossonce participe de ce climat énigmatique, le chef français refusant tout clinquant excessif, dirigeant de main de maître un orchestre maison somptueux, audiblement familier de cet univers musical.
Une fois de plus, l’Opéra de Saint-Etienne se pose en référence en matière d’opéra français.

 

 
 

 

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COMPTE-RENDU, opéra. COMPTE-RENDU, opéra. Saint-Etienne, le 18 nov 2018. MASSENET : Hérodiade. Elodie Hache, Ossonce / Pichon
Saint-Etienne. Grand Théâtre Massenet, 18 novembre 2018. Jules Massenet : Hérodiade. Livret de Paul Millet et Henri Grémont, inspiré d’Hérodias de Gustave Flaubert.
Avec Hérodiade : Elodie Hache ; Salomé : Emanuela Pascu ; Jean : Florian Laconi ; Hérode : Christian Helmer ; Phanuel : Nicolas Cavallier ; Vitellius : Jean-Marie Delpas ; La Babylonienne : Catherine Séon ; Le Grand Prêtre : Bardassar Ohanian ; La Voix : Pier-Yves Tétu. Chœur Lyrique Saint-Etienne Loire ; Chef de chœur : Laurent Touche. Orchestre Symphonique Saint-Etienne Loire. Direction musicale : Jean-Yves Ossonce. Mise en scène : Jean-Louis Pichon ; Décors et costumes : Jérôme Bourdin ; Lumières : Michel Theuil ; Chorégraphie : Laurence Fanon ; Vidéo : Georges Flores
 

 

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