COMPTE-RENDU, opéra. NICE, le 2 nov 2019. OFFENBACH : La Vie parisienne. Serge Menguette / Bruno Membrey.

COMPTE-RENDU, Opéra. NICE, Théâtre de l’Opéra, le 2 novembre 2019. Jacques Offenbach : La Vie parisienne. Serge Menguette / Bruno Membrey. Pour sa 18ème édition, le Festival d’opérette de la Ville de Nice – toujours piloté par l’inénarrable et infatigable Melcha Coder –  a opté pour une comédie musicale (La Cage aux folles) en hors d’œuvre et, en dessert, La Vie parisienne de Jacques Offenbach (en cette année de bicentenaire de sa naissance). L’on y retrouve les deux mêmes maîtres d’œuvres pour servir les deux ouvrages : Serge Manguette pour la mise en scène et Bruno Membrey pour la direction musicale. Le premier a fait avec les moyens du bord et, en récupérant des costumes de la compagnie d’opérette Elena d’Angelo  et des éléments de décors dans la caverne d’Ali-Baba de l’Opéra de Nice (qui accueille le spectacle), il a réussi avec trois bouts de ficelles à monter un spectacle efficace qui tient toujours la route, l’humour étant ici le mot d’ordre. Certains dialogues ont été réécrits, comme le veut la tradition, pour faire référence à notre actualité (Macron et les Gilets jaunes etc.), et le Baron Gondremarck – s’il garde bien sa nationalité suédoise – s’exprime ici avec un accent suisse à couper au couteau !

 

 

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Bref, la soirée reste à chaque instant divertissante et rondement menée, avec des interprètes qui savent donner vie à leurs personnages. Malgré l’âge, le vétéran Michel Vaissière reste un Bobinet alerte, servi par la limpidité d’une émission et une diction parfaite. Voix bien projetée, et accents délicats, Frédéric Diquero séduit en Gardefeu attendrissant parfois, roué ce qu’il faut. Comédien-né, Jean-François Vinciguerra campe un impayable Baron de Gondremarck, tandis que Cécile Lo Bianco est une belle découverte tant l’ampleur des moyens fait forte impression. Aussi hautaine au I qu’enjôleuse eu II, Laeticia Goepfert donne à Métella une épaisseur rare. De son côté, la talentueuse Amélie Robins campe une Gabrielle de haute tenue, tant pour son chant – où les aigus ravissent – que pour son allant scénique. Assumant à la fois le Brésilien et Frick, Gilles San Juan fait un sort à chacun de ses airs, dont un hilarant « Je suis le major ! ». Enfin, Julie Moragne offre une Pauline tout en grâce et légèreté, et Richard Rittelmann un sémillant Prosper. Mais il faut nommer aussi l’excellente équipe de danseurs et danseuses du Ballet Arte Danza University, qui se dépense sans compter pour assurer le show dans les nombreuses parties chorégraphiées (assurées également par Serge Manguette).

A la tête de l’Orchestre Philharmonique de Nice et du Chœur de l’Opéra de Nice, Bruno Membrey se montre particulièrement attentif au plateau, avec une battue qui laisse à la phalange méditerranéenne, sa liberté. La réussite de cette Vie parisienne est aussi là, dans cette lecture débridée et joyeuse !

 
 

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Compte-rendu, Opéra. Nice, Théâtre de l’Opéra, le 2 novembre 2019. Jacques Offenbach : La Vie parisienne. Serge Menguette / Bruno Membrey. Illustration : DR Opéra de Nice.

 
 

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