COMPTE RENDU, GSTAAD Menuhin Festival 2018. WEEK END 1 : 13,14, 15 juillet 2018. SEASONS RECOMPOSED : Haydn, Vivaldi, Richter, Piazzolla

gstaad-festival-yehudy-menuhin-festival-academy-presentation-concerts-edition-2018-par-classiquenews-highlightsCOMPTE RENDU, GSTAAD Menuhin Festival 2018. WEEK END 1 : 13,14, 15 juillet 2018. SEASONS RECOMPOSED. Pour son premier cycle de concerts inaugurant sa 62e Ă©dition en 2018, le Gstaad Menuhin Festival (Saanenland, Suisse) a prĂ©sentĂ© un premier triptyque passionnant. Son directeur gĂ©nĂ©ral (et artistique) Christophe MĂŒller (depuis 2002) ne s’économise aucun effort ni aucune audace pour sĂ©duire et surprendre aussi un public particuliĂšrement fidĂ©lisĂ©. Chaque Ă©tĂ©, les festivaliers sur les cimes ne s’autorisent pas seulement les joies du plein air ni le vertige esthĂ©tique que les meilleurs artistes peuvent parfois procurer. Chacun ici peut mesurer la pertinence d’une programmation trĂšs habilement conçue, qui sait inscrire l’offre musicale dans un environnement unique au monde … la nature miraculeuse des paysages suisses, ses villages, chalets et Ă©glises, lacs et sentiers de randonnĂ©e, particuliĂšrement prĂ©servĂ©s, ses forĂȘts et ses arĂȘtes montagneuse dessinĂ©es comme dans une composition idyllique, y orchestrent le plus bel Ă©crin d’un festival enchanteur.

 

 

 

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L’Ă©glise de Saanen, lieu mythique, Ă©lu dĂšs 1957 par Yehudi Menuhin, pour le premier festival de musique classique © studio CLASSIQUENEWS.COM 2018

 

 

 

L’ARCADIE SUISSE. On comprend face au motif naturel combien le paysage du Saanenland est un conservatoire de la nature Ă  grande Ă©chelle. L’Arcadie chĂšre  aux poĂštes et aux artistes s’incarne ici avec un naturel et une Ă©vidence d’une exceptionnelle façon; ce d’autant mieux que le thĂšme gĂ©nĂ©rique du festival Menuhin 2018, s’intitule ” les Alpes”. Hommage Ă  la sainte Nature donc, au profil majestueux, spectaculaire comme rassurant des massifs montagneux … autant de thĂšmes et de motifs prĂ©sents et mĂȘme sublimĂ©s sous la plume de Joseph Haydn dont l’oratorio Les Saisons de 1801 donnĂ© au coeur de ce premier week end, aura marquĂ© son dĂ©roulement, comme un accomplissement majeur. On ne pouvait imaginer meilleure amorce pour des festivitĂ©s pastorales et musicales programmĂ©es jusqu’au 
 1er septembre.

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Joyau des lieux, le lac de Launen (DR / office de Tourisme GSTAAD)

 

 

 

Pour son 1er week end d’ouverture, le Festival Menuhin de Gstaad en Suisse (Saanenland) offre un somptueux triptyque : Vivaldi / Richter, Haydn, Vivaldi / Piazzolla


Sublimes saisons inaugurales Ă  Gstaad

Les 13, 14 et 15 juillet 2018

  

 

 

 

 

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MCcreesh paul gstaad menuhin festival par classiquenews 02_dsc_1701_fuer_newsticker-465Eglise de Saanen, samedi 14 juillet 2018. Avant de le jouer en France Ă  Beaune, Paul McCreesh s’affirme en dĂ©fenseur de l’oratorio Les Saisons. Le chef fondateur des Gabrieli, prĂ©sente Ă  Gstaad, un travail spĂ©cifique sur l’oeuvre de Haydn la moins connue donc la plus mĂ©sestimĂ©e. Nous n’irons pas jusqu’Ă  dĂ©clarer qu’il s’agit d’une piĂšce maĂźtresse valant le Messie de Haendel ou la 9e de Beethoven (comme s’ingĂ©nie Ă  le proclamer en introduction le maestro trĂšs enthousiaste Ă  l’idĂ©e d’interprĂ©ter plus de 3h de musique) ; mais dans la suite de son chef d’oeuvre, La CrĂ©ation (Die Shöpfung, Vienne, 1799) dont il reprend l’orchestre et le dispositif vocal (choeur omniprĂ©sent et dramatique, 3 solistes), Haydn cisĂšle 2 ans plus tard, et davantage encore, la caractĂ©risation de chaque saison, grĂące Ă  un raffinement instrumental plus riche, oĂč signe du gĂ©nie, il s’agit moins de dĂ©crire que de suggĂ©rer chaque caractĂšre climatique, comme chaque situation Ă©motionnelle et humaine qui lui est reliĂ©e. Les plus grands chefs et dans des effectifs Ă©videmment plus larges, – Bernstein, Solti, Karajan ont voulu mesurer l’imagination dĂ©bordante du dernier Haydn. Paul McCreesh leur emboĂźte leur pas, dans des effectifs rĂ©duits et une caractĂ©risation millimĂ©trĂ©e.

 

Armida de Haydn en tournĂ©eSAISONS RECOMPOSÉES, SAISONS RÉENCHANTÉES
 On reste saisi par ce travail d’orfĂšvre qui imprime Ă  la tenue continue de l’orchestre, son expressivitĂ© jaillissante et qui module et varie ses accents selon le temps de ce « drame atmosphĂ©rique » : comme un tapisserie « mille fleurs », la partition dense, Ă©lĂ©gante, est constellĂ© de joyaux musicaux. McCreesh a rĂ©Ă©crit lui mĂȘme le livret en anglais d’aprĂšs la mauvaise traduction allemande commise par le baron van Swieten (lui-mĂȘme rĂ©adaptant souvent le poĂšme anglais originel de James Thomson) ; le chef rĂ©tablit l’accord d’un texte poĂ©tique avec les nuances tĂ©nues d’une partition au fini mozartien,
 qui se souvient aussi des grandes masses comme de l’élĂ©gance haendĂ©lienne (le modĂšle absolu pour le genre oratorio et que Haydn prĂ©sent Ă  Londres a pu Ă©tudier minutieusement); l’auditeur distingue aussi des couleurs et une conception de l’Ă©quilibre sonore prĂ©figurant Schubert, dans les motifs poĂ©tiques et littĂ©raires du texte, dans le caractĂšre aussi de nombreuses sĂ©quences oĂč la tendresse et l’intime façonnent la rĂ©alisation dans le sens d’un lied: parure orchestrale millimĂ©trĂ©e, chant proche de la confession pudique et de la parole fraternelle, 
 l’intonation gĂ©nĂ©rale dĂ©fendue par le chef et ses Ă©quipes dĂ©tecte chez Haydn, le peintre inspirĂ© par son sujet, douĂ© d’une sensibilitĂ© et d’une imagination voire d’une verve sans limite. Tout l’esprit du Wanderer comme la Symphonie « Pastorale » (n°6) de Beethoven se profilent dĂ©jĂ  chez Haydn avec une Ă©tonnante justesse. Il y rĂšgne dĂ©jĂ  le souffle et l’irrĂ©pressible jubilation des oratorios romantiques de Mendelssohn et de Schumann.

Certes il y a parfois des dilutions du discours, qui sont rĂ©pĂ©titions ; voire des longueurs permises et excusĂ©es par un crĂ©ateur prolixe, mais l’Ă©lĂ©gance de l’Ă©criture sait demeurĂ©e proche de l’idĂ©al des LumiĂšres dont Haydn, avec Mozart, reste le plus grand ambassadeur. Dans l’Hiver, aprĂšs avoir dĂ©voiler comme d’une morale, le parallĂšle du cycle des saisons avec les Ă©tapes de la vie humaine, Haydn soigne son dernier choeur (plus grandiose et serein que celui de « La CrĂ©ation »), la sĂ©quence est une sublime priĂšre collective cĂ©lĂ©brant la fragilitĂ© humaine et le miracle d’une nature Ă©ternelle. Qui n’a pas ressenti ce sentiment d’humilitĂ© et d’admiration, de grandeur comme de vanité  au pied des Alpes ?

 

 

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McCreesh connaĂźt bien l’oeuvre pour la dĂ©fendre depuis au moins 2012 lorsqu’il dirigeait les Gabrieli dans un effectif plus Ă©toffĂ©. Cela rend la lecture Ă  Saanen d’autant plus intĂ©ressante sur instruments anciens et dans un format sonore scrupuleusement rĂ©glĂ© : le geste cible et obtient une transparence accrue, des couleurs nettes, et pourtant admirablement fluidifiĂ©es dans une conception d’ensemble trĂšs architecturĂ©e. Le jeu des Ă©quilibres entre solistes choeur, chant de l’orchestre perce avec une acuitĂ© comme revivifiĂ©e, dĂ©voilant avec plus de vitalitĂ© encore l’enchaĂźnement des formes et des dispositifs que Haydn assemble avec imagination : duos, trios, solos avec chƓur, mystĂ©rieux et pĂ©nĂ©trants prĂ©ludes orchestraux, amples sĂ©quences chorales (la kermesse pour les vendanges et la chasse, dans « L’Automne”), scĂšnes et situations si proche de l’opĂ©ra, 
 dĂ©signent un Haydn expĂ©rimental, facĂ©tieux et libre.
Le trio de solistes aux cĂŽtĂ©s des choeurs en verve et en prĂ©cision, renforce l’impact dramatique de chaque Ă©pisode
 au point de convoquer bien souvent l’opĂ©ra dans ce cadre oratorio si mouvant. La soprano familiĂšre de la partition, Carolyn Sampson sĂ©duit continĂ»ment, par sa grĂące inspirĂ©e et son timbre flĂ»tĂ© ; le tĂ©nor Jeremy Ovenden et la basse Ashley Riches savent toujours prĂ©server l’articulation du texte et aussi le sens de la situation, comme pour ce dernier, la morale de l’oratorio, dans son dernier air (Hiver) quand par sa voix, Haydn dĂ©voile qu’à travers le cycle des saisons, se lit les Ă©tapes d’une vie terrestre, si fragile et si vaine


VoilĂ  donc un programme particuliĂšrement bien inscrit dans le thĂšme de cette annĂ©e. Le souffle miraculeux de la nature sous tous ses aspects et Ă  travers le cycle des saisons, la tendresse (et la drĂŽlerie) des scĂšnes humaines qui en tĂ©moignent, composent une fresque passionnante Ă  suivre et Ă  vivre. La partition a diffusĂ© ainsi sa puisante Ă©nergie trouvant en Paul McCreesh son plus fervent interprĂšte. La cohĂ©rence du programme de ce soir s’inscrit aussi comme une nouvelle Ă©tape de sa « rĂ©sidence » au Gstaad Menuhin Festival… AprĂšs un concert hommage Ă  Menuhin en 2016 pour le centenaire du violoniste et pour les 60 ans du Festival, et aprĂšs, l’an dernier, un fabuleux Messiah de Handel non moins passionnant.

 

 

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SAANEN, Ă©glise, vendredi 13 juillet 2018. Pourtant, c’est devant une nef comble, que le violoniste britannique Daniel Hope inaugurait, la veille, le 62Ăš Festival, dans un programme qui Ă©clairait tout autant le thĂšme Nature et Musique. Les Saisons de Vivaldi y Ă©taient « recomposĂ©es », – et comme rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©es par le regard et l’imagination du compositeur contemporain Max Richter. Un enregistrement paru en 2012 au moment de la crĂ©ation de ses nouvelles Saisons de Vivaldi a Ă©tĂ© Ă©ditĂ© par Daniel Hope le dĂ©dicataire, chez Deutsche Grammophon.
Il existe sur Youtube un document intégral dévoilant le travail de Max Richter à partir de Vivaldi : ici.

 

 

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C’est une opĂ©ration de dĂ©construction minutieuse et de reconstruction / recomposition respectueuse (ajout d’une harpiste, pour enrichir encore la palette des timbres des cordes seules) oĂč Richter s’approprie les thĂšmes, et les cellules rythmiques dont il fait souvent le noyau de sĂ©quences rĂ©pĂ©titives qui ont la force hypnotique des oeuvres de Philip Glass. NĂ©oclassique et post romantique, minimaliste aussi on l’aura compris, l’auteur germanique nĂ© en 1966, tout en rĂ©Ă©crivant chaque saison de Vivaldi, leur apporte une nouvelle vie, un dĂ©mantĂšlement recrĂ©atif qui en interroge et exalte la profonde modernitĂ©. Jouer Vivaldi originel puis la rĂ©Ă©criture ciselĂ©e par Richter, rĂ©alise une singuliĂšre expĂ©rience oĂč l’auditeur, confrontĂ© / exposĂ© Ă  un canevas neuf et imprĂ©vu, semble (re)dĂ©couvrir ce qui fait l’impact, la force voire l’irrĂ©vĂ©rence audacieuse du matĂ©riau d’origine, et c’est tout Ă  coup, sous le feu communicatif d’un Daniel Hope, bienheureux et trĂšs communicatif Ă  l’endroit de chaque musicien du ZĂŒrcher Kammerorchester, comme si l’on Ă©coutait pour la premiĂšre fois un Vivaldi rĂ©Ă©clairĂ©, ressuscitĂ© : poĂ©tiquement vertigineux / rythmiquement rĂ©volutionnaire. Une (re)dĂ©couverte qu’on Ă©prouve face Ă  une fresque ou un tableau restaurĂ©, ayant gagnĂ© un surcroĂźt d’intensitĂ©, de contrastes, de profondeur…
D’autant que le violoniste qui a su cultiver une relation privilĂ©giĂ©e avec Yehudi Menuhin, le fondateur du Festival en 1957, dĂ©fend ici une lecture surexpressive, incarnĂ©e, parfois vive et musclĂ©e, jamais dĂ©monstrative ni exclusivement « excitĂ©e ». Relief, articulation, architecture
 tout s’inscrit dans une approche vive certes mais aussi trĂšs dĂ©taillĂ©e et caractĂ©risĂ©e de chaque saison (avec adjonction pour varier et colorer le continuo d’une guitare baroque ou d’un thĂ©orbe selon l’épisode).

 

richter max vivaldi seasons recomposed critique concert classiquenews max-888x700La « version II » signĂ©e Richter Ă©blouit elle, par le mĂȘme engagement sincĂšre, une exaltation sonore qui cristallise cette quĂȘte sombre et scintillante, – enveloppante et extatique selon sa propre sensibilitĂ© (Ă©couter son autre crĂ©ation rĂ©cente Dream III du cycle SLEEP, vĂ©ritable priĂšre / hymne Ă  la bĂ©atitude sereine, suspendue)-, en particulier toute la premiĂšre sĂ©quence, conduite comme un immense crescendo, repris ensuite dans « Autumn III », – pour nous la rĂ©invention la plus puissante conçue par l’Allemand d’aprĂšs la source vivaldienne. Belle mise en perspective, bel enrichissement en dialogue qui de Vivaldi Ă  Richter, offre pour le festivalier, une formidable expĂ©rience sensorielle. C’est moins une paraphrase qu’une relecture conçue comme une rĂ©itĂ©ration riche en irisations et sensations subjectives qui ne font, au final, que rĂ©vĂ©ler l’insondable gĂ©nie de Vivaldi.

SLEEP / Dream 3 de Max Richter :
https://www.youtube.com/watch?v=AwpWZVG5SsQ

 

 

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SAANEN, Ă©glise, dimanche 15 juillet 2018. En guise de 3Ăš (et dernier) volet du triptyque « SEASONS RECOMPOSED », c’est un (autre) passionnant chapitre que le concert « Tango Seasons », et Ă  double visage lui aussi : Vivaldi d’un cĂŽtĂ© / Piazzolla de l’autre. La confrontation des deux Ă©critures et dans le mĂȘme effectif -avec adjonction du bandonĂ©on pour les saisons de l’Argentin, s’avĂšre d’un intĂ©ressant apport car la rythmique vivaldienne dĂ©jĂ  trĂšs caractĂ©risĂ©e et changeante, trouve un Ă©cho survoltĂ© chez Piazzolla dont les effets d’abandon et de ralentis puis de frĂ©nĂ©sie parfois extatique, semble heureusement dialoguer avec l’illustre VĂ©nitien. L’investissement qu’y concentre le bandonĂ©oniste Mario Stefano Pietrodarchi- rictus et gestuelle Ă  l’avenant, fait imploser littĂ©ralement tout ce que nous avions vu et Ă©coutĂ© jusqu’alors : dans une approche chorĂ©graphiĂ©e, voire hallucinĂ©e que certains trouveront outrĂ©e et dĂ©bordante, mais qui construit pas Ă  pas, un Piazzolla d’une ivresse fiĂ©vreuse, thĂ©ĂątralisĂ©e, souvent lascive et soudainement grave comme suspendue; de ce point de vue c’est l’Hiver (chez Vivaldi comme chez Piazzolla) qui nous aura rĂ©ellement le plus convaincu. Les instrumentistes comme galvanisĂ©s par la personnalitĂ© du bandĂ©oniste, toute en inflexions et indications (des mains, du visage, des intentions expressives), osent davantage et respirent mieux.

 

 

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Curieusement alors qu’ils sont sur instruments anciens, donc cordes en boyau, les musiciens s’entĂȘtent en une sonoritĂ© lisse, avare en rebonds et aspĂ©ritĂ©s, en une Ă©mission qui comme celle du violoniste solo AndrĂšs Gabetta (le frĂšre de la violoncelliste Sol), demeure souvent petite, resserrĂ©e, dĂ©taillĂ©e certes, tĂ©nue continĂ»ment. Les musiciens de Daniel Hope ont dĂ©fendu avec plus de contrastes et de relief, l’une des partitions les plus musclĂ©es du rĂ©pertoire baroque. HĂ©las la comparaison est facile mais dans la continuitĂ© des concerts, inĂ©vitable.

 

 

PIAZZOLLA-BANDONEON-concert-gstaad-menuhin-festival-season-tango-passion-critique-concert-review-vconcert-par-classiquenews-GSTAAD-MENUHIN-festival-2018Par contre la combinaison du bandonĂ©on et des cordes quasi filigranĂ©es de la Cappella Gabetta est dans le Piazzolla, d’une meilleure qualitĂ© poĂ©tique et expressive, d’une toute autre Ă©vidence ; les musiciens classiques semblant s’approprier le tempĂ©rament- feu mordant voire hargne, langueur et abandon, du joueur de bandonĂ©on, au chant d’une lascivitĂ© quasi 
bestiale. A son contact, les musiciens baroques ont paru transfigurĂ©s, offrant dans le cas d’AndrĂšs Gabetta, une belle complicitĂ© avec le bandonĂ©on, – dans l’Hiver donc : fusion des timbres qui dialoguent aussi et dans une Ă©gale vibration.

 

 

vivaldi opera giustinoVIVALDI, SOURCE INEPUISABLE… Qu’il s’agisse de Hope ou de Gabetta, les deux concerts, dirigĂ©s par deux solides violonistes, ont permis de rĂ©Ă©couter la formidable « furia » du Pretre Rosso, dans son cycle le plus poĂ©tique et le plus innovant. Le mettre en dialogue avec Piazzolla et Richter, aiguise davantage son acuitĂ©, comme si Vivaldi confrontĂ© aux compositeurs qui lui succĂšdent, plutĂŽt que de relativiser et souligner les faiblesses de son invention, la dĂ©voilait mĂȘme sous un angle nouveau, n’atteignant en rien sa formidable unitĂ© poĂ©tique.
Christophe MĂŒller Ă  choisi les Alpes et donc la nature comme thĂšme gĂ©nĂ©ral du festival Menuhin : on ne pouvait lĂ  encore aprĂšs Hope et McCreesh, espĂ©rer meilleure cristallisation de cette intention. Les Saisons orchestrent finalement une formidable « thĂ©atralisation » du motif naturel ; changeant, Ă©ternel, douĂ© de mĂ©tamorphoses qui appellent au pur onirisme
 Ă  l’extase de Richter (romantique en cela), succĂšde la cabrure amoureuse et convulsive, viscĂ©rale et « cathartique », de Piazzolla sur le thĂšme ; car le concert de dimanche, faisant danser la musique au rythme des saisons, s’est achevĂ© dans un fracas orageux, le dĂ©chaĂźnement des Ă©lĂ©ments soudainement survoltĂ©s rĂ©pondant Ă  la transe des musiciens sur scĂšne (Piazzolla, et le dernier compositeur qui fermait ce chapitre). Musique et Nature…. Une Ă©quation qui prend tout son sens ici chaque Ă©tĂ© Ă  Gstaad. Et qui fait du Menuhin festival, un passionnant laboratoire musical, offert dans des Ă©crins champĂȘtres d’une tenace poĂ©sie. Premier week end trĂšs rĂ©ussi.

 

 

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gstaad-menuhin-festival-academy-2018-vignette-GFJUSQU’AU 1er SEPTEMBRE 2018. ENCORE de trĂšs nombreux concerts Ă  GSTAAD et dans le SAANENLAND, jusqu’au 1er septembre 2018 : de quoi organiser un sĂ©jour inoubliable en Suisse (canton de Bern) 
 ainsi recomposer l’oeuvre et l’inspiration de Brahms au bord du lac de Thoune, revivre les vertiges d’Une Symphonie alpestre / Eine Alpensinfonie de Strauss (sous la direction de Gergiev et le Mariinsky orchestra, St-Petersbourg, le 24 aoĂ»t, l’un des temps forts du Festival), sans omettre les multiples concerts jeunes talents dans les Ă©glises champĂȘtres du territoire, ni les grands rĂ©citals lyriques sous la tente, cette annĂ©e avec les tĂ©nors lĂ©gendaires, Jonas Kaufmann dans Wagner (Siegmund de La Walkyrie, Acte I, le 18 aoĂ»t) et le rossinien mozartien belcantiste de charme Juan Diego Florez (le 31 aoĂ»t, rĂ©cital « les Alpes dans l’opĂ©ra italien, avec Olga Peretyatko)
 Et si le Festival MENUHIN Ă  GSTAAD Ă©tait le meilleur des Festivals Suisses de l’étĂ© ? A suivre sur CLASSIQUENEWS, pendant tout l’étĂ©, en juillet et en aoĂ»t, les « temps forts » du Festival 2018 et les vidĂ©os de l’offre digitale, Ă©ditĂ©e par le Festival.

 

 

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TOUTES LES INFOS sur le site du Festival : GSTAAD MENUHIN Festival & Academy 2018

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Toutes les photos des concerts du Festival MENUHIN, GSTAAD / SAANEN © Raphael Faux 2018

 

 

 

 

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gstaad-menuhin-digital-festival-classiquenews-schedule-calendrier-des-captations-et-diffusions-par-classiquenewsLe FESTIVAL MENUHIN à GSTAAD sur le net
 Retrouvez aussi les moments forts du Festival MENUHIN à GSTAAD sur la chaßne digitale du Festival. Voici les prochaines diffusions depuis la plateforme dédiée du Gstaad MENUHIN Festival :
Concerts : Tango Seasons du 15 juillet 2018, Chiaroscuro Quartett du 17 juillet, Sol Gabetta du 27 juillet et Ein Deutsche Requiem de Brahms du 12 aoĂ»t. A suivre sur le site gstaad digital festival : https://www.gstaaddigitalfestival.ch – y sont prĂ©sentĂ©s entretiens d’artistes, focus sur les programmes, photos, activitĂ©s des coulisses, 


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