Compte-rendu, danse. Charleroi, Palais des Beaux-Arts, le 17 novembre 2018. Adam : Giselle. Dominic Grier / Akram Khan.

ADAM portrait giselle par classiquenews Adolphe_AdamCompte-rendu, danse. Charleroi, Palais des Beaux-Arts, le 17 novembre 2018. Adam : Giselle.  Dominic Grier / Akram Khan. CrĂ©e par l’English National Ballet en 2016, la Giselle chorĂ©graphiĂ©e par Akram Khan (nĂ© en 1974) fait halte Ă  l’OpĂ©ra des Flandres sur l’invitation du directeur du ballet Sidi Larbi Cherkaoui. Rien d’étonnant Ă  cela tant les deux valeurs montantes contemporaines de la danse se connaissent bien depuis leur crĂ©ation commune de Zero degrees en 2005, un spectacle acclamĂ© Ă  travers le monde. Akram Khan choisit cette fois de s’intĂ©resser Ă  la Giselle (dont le titre complet est Giselle, ou les Wilis) d’Adolphe Adam, l’un des ballets les plus fameux du rĂ©pertoire, crĂ©Ă©e en 1841. Las, les amateurs de musique romantique en seront pour leur frais puisque Khan ne garde de ce ballet que le livret, laissant de cĂŽtĂ© la musique d’Adam pour lui substituer celle de Vincenzo Lamagna.

C’est la deuxiĂšme fois que Khan fait appel Ă  ce compositeur basĂ© Ă  Londres, aprĂšs Until the Lions crĂ©Ă© Ă  Londres en 2016, puis Ă  Paris Ă  la Grande Halle de la Villette dans la foulĂ©e. Sa musique accessible fait appel Ă  de multiples rĂ©fĂ©rences, aussi bien bruitistes (nombreuses percussions, des bruits de verre aux chaĂźnes, etc) que tirĂ©es de mĂ©lodies traditionnelles : on remarquera que le folklore celtique est ici trĂšs prĂ©sent alors que les Wilis sont issues de la mythologie slave. Cela Ă©tant, Adam n’avait pas non plus cherchĂ© Ă  se rapprocher de cette source musicale logique. Souvent proche de la musique de film, la composition de Lamagna use et abuse de tics d’écriture fatiguant Ă  la longue, comme cet emploi des basses quasi-omniprĂ©sent, dont les ostinato inquiĂ©tants en crescendo masquent peu Ă  peu une mĂ©lodie souvent simple en contraste dans les aigus. Quelques belles idĂ©es permettent cependant un intĂ©rĂȘt constant, tel que cet emploi de la guitare Ă©lectrique en rĂ©sonnance afin de figurer la sirĂšne d’un cargo.

C’est surtout au niveau visuel que ce spectacle emporte l’adhĂ©sion, autour d’éclairages admirablement variĂ©s, dont on retient les contre-jours finement ciselĂ©s qui permettent de voir les danseurs comme des ombres fugitives dans leurs allĂ©es et venues. L’imagination de Khan permet des tableaux sans cesse renouvelĂ©s, en une Ă©nergie revigorante toujours en mouvement mais trĂšs prĂ©cise dans ses scĂšnes de groupe. C’est lĂ  l’une des grandes forces de ce spectacle intense, auquel Khan adjoint un mur en arriĂšre-scĂšne pour figurer la problĂ©matique des migrants, Ă©videmment absente de l’histoire originale. Si l’idĂ©e ne convainc qu’à moitiĂ© sur le fond, elle est traitĂ©e de maniĂšre magistrale au niveau visuel, notamment lorsque le mur tourne sur lui-mĂȘme comme suspendu dans les airs, tandis que l’ensemble de la troupe du ballet de l’OpĂ©ra des Flandres affiche un niveau superlatif, Ă  l’instar du prĂ©cĂ©dent spectacle vu l’an passĂ© Ă  Anvers (http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-danse-anvers-opera-des-flandres-le-21-octobre-2017-stravinsky-martinez-cherkaoui-pite/).

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A l’affiche de l’OpĂ©ra des Flandres jusqu’au 18 novembre 2018
Compte-rendu, danse. Charleroi, Palais des Beaux-Arts, le 17 novembre 2018. Adam : Giselle. Nancy Osbaldeston (Giselle), Claudio Cangialosi (Albrecht), Daniel Domenech (Hilarion),  Nini de Vet (Mytha). Ballet et orchestre de l’OpĂ©ra des Flandres, direction musicale, Dominic Grier / chorĂ©graphie, Akram Khan

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