Compte rendu, critique, Concert. POITIERS, TAP, le 26 avril 2018. Debussy : Orch des Champs Elysées / Louis Langrée

langree1Compte rendu, critique, Concert. POITIERS, Auditorium, le 26 avril 2018. Debussy : Prélude à l’après midi d’un faune, Nocturnes, Danse sacrée et danse profane, La mer. Orchestre des Champs Elysées, Valéria Kafelnikov, harpe. Louis Langrée, direction musicale. Claude Achille Debussy (1862-1918) est l’un des compositeurs français majeurs de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Cent ans après son décès, survenu à Paris, de multiples hommages lui sont rendus en cette année 2018. Parmi ces hommages, celui que lui rend l’Orchestre des Champs Elysées, au travers d’une série de concerts, dirigés, pour l’occasion, par le chef Louis Langrée. L’orchestre qui travaille régulièrement avec Louis Langrée depuis cinq ans, a concocté un programme de haute volée où l’on retrouve des “classiques” comme Prélude à l’après midi d’un faune et La mer aux côtés d’oeuvres, moins connues, comme les Nocturnes, Danse sacrée et Danse profane.

Louis Langrée à l’auditorium de Poitiers
Un chef poète dirige Debussy

Pour commencer, l’Orchestre des Champs Elysées nous présente Prélude à l’après midi d’un faune. La partie de flûte soliste est remarquablement assurée par Alexis Kossenko; le jeune chef de l’orchestre Les Ambassadeurs tient aussi, et avec talent, la partie de 1er flûtiste à l’Orchestre des Champs Elysées. Les autres musiciens ne sont pas en reste et sous la direction nette, précise et dynamique de Louis Langrée donnent un Faune de très belle facture. Avec les Nocturnes, nous entrons dans un univers très différent de celui du Faune mais tout aussi feutré. C’est dans le troisième nocturne que le choeur de femmes du Collegium Vocale Gent intervient tel un ensemble de sirènes sulfureuses. Intelligemment disséminées au sein de l’orchestre, les choristes, devenues invisibles au public, entonnent la mélopée du dernier nocturne avec finesse. Et cette “invisibilité” devient une force dans la mesure où le public, une fois passée la surprise de ces voix cachées, se laisse prendre au jeu, subjugué par ce qu’il entend. Louis Langrée, dont la direction reste souple, dynamique, rigoureuse, nous donne une vision poétique, très éthérée, tout en caractérisant le caractère de chacun des nocturnes si différents les uns des autres et, en même temps, si complémentaires.

Au retour de l’entracte, l’Orchestre des Champs Elysées, propose au public poitevin Danse sacrée et Danse profane avec, en soliste, la harpiste Valéria Kafelnikov dont le talent, au vu de la courte durée de l’oeuvre (neuf minutes) nous parait nettement sous employé. Néanmoins, Valéria Kafelnikov fait résonner son instrument avec grâce et naturel sous les voûtes de l’auditorium; et l’oeuvre de Debussy trouve avec des artistes aussi talentueux des défenseurs de valeur.
Mais c’est surtout avec La mer, qui clôture le concert, que Louis Langrée tire de l’Orchestre des Champs Elysées ses plus belles sonorités. Les différents “états” de la mer sont évoqués et traduits tant musicalement que poétiquement par des nuances ciselées avec art par un chef très inspiré. C’est dans la tempête, avec les trois timbaliers, très sollicités pendant tout le mouvement, le dernier des trois mouvements du chef d’oeuvre de Debussy, que l’Orchestre des Champs Elysées, ainsi canalisé, donne la pleine mesure de son talent. Les images d’une mer en furie défilent nettement sous nos yeux, tant chaque note est ciselée avec un art consommé.

Louis Langrée, qui connait parfaitement le répertoire français, dont il nous parle d’ailleurs avec beaucoup de tendresse, nous a offert, avec l’Orchestre des Champs Elysées, un concert de haute volée. Il conclut la soirée en rendant un émouvant hommage à Jean Claude Malgoire, le chef d’orchestre, récemment disparu et lui dédie au passage le bis qu’il concède au public : la 1ère gymnopédie d’Eric Satie (1866-1925) orchestrée par Debussy en 1896 et qui fut créée sous sa forme orchestrale en 1897. Le concert du mercredi 2 mai, donné au théâtre Alexandre Dumas de Saint Germain en Laye et qui comprend le même programme sera diffusé en direct sur Radio Classique à partir de 20 heures 45.

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Compte rendu, critique. Concert. Poitiers. Auditorium, le 26 avril 2018. Debussy : Prélude à l’après midi d’un faune, Nocturnes, Danse sacrée et danse profane, La mer. Orchestre des Champs Elysées, Valéria Kafelnikov, harpe. Louis Langrée, direction musicale.

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