Compte-rendu critique, concert. Poitiers, le 5 mai 2018. H Berlioz, C.W.Gluck, E Da Costa.

tap-poitiers-orphee-eurydice-gluck-concert-lycéens-orch-champs-elysees-annonce-classiquenewsCompte-rendu critique, concert. Poitiers, le 5 mai 2018. H Berlioz, C.W.Gluck, E Da Costa. Pour la cinquième année consécutive, l’Orchestre des Champs Elysées est au cÅ“ur d’un projet soutenu par le Théâtre Auditorium de Poitiers. De jeunes lycéens, tous volontaires, et leurs professeurs préparent pendant un an un programme élaboré en amont par l’Orchestre des Champs Elysées. Cette année, le fil rouge en était Hector Berlioz (1803-1869) dont on fêtera en 2019 le cent cinquantième anniversaire de la mort. Pour l’occasion Berlioz était associé au compositeur autrichien Christoph Willibald Gluck (1714-1787) dont il révisa en 1859 l’opéra Orfeo ed Euridice pour la célèbre contralto Pauline Viardot. A l’occasion de ce concert, l’Institut Français d’Art Choral (IFAC) a commandé à la jeune compositrice Emmanuelle Da Costa (née en 1988) une Å“uvre qui a été créée lors de cette soirée si particulière.

Le concert qui alterne judicieusement extraits instrumentaux et extraits vocaux débute avec l’ouverture d’Orphée et Eurydice dans la version de Berlioz qui date de 1859. La direction de Mathias Von Brenndorff, un ancien flûtiste de l’Orchestre des Champs Elysées, qui dirige l’orchestre pour l’occasion est souple, claire, précise, rigoureuse. Et si les jeunes instrumentistes ne peuvent éviter deux ou trois fausses notes en début de concert, ils sont exemplaires quant au rythme et à la maîtrise de leurs instruments. Les jeunes choristes, très bien préparés par leurs professeurs, s’engagent à exprimer, articuler, défendre une direction nette et claire, tant dans Berlioz que dans Gluck, même si nous regrettons que la diction ne soit pas toujours très nette. Avec deux extraits de «Tristia» (du latin «choses tristes») qui regroupe trois pièces pour choeur et orchestre (méditation religieuse et la mort d’Ophélie), les jeunes musiciens souligne chez Berlioz, sa justesse poétique, sa splendide simplicité.

Cependant, le moment central du concert était la création mondiale de l’oeuvre d’Emmanuelle Da Costa : « Rien qu’un souffle ». Cette Å“uvre qui est à la croisée des chemins classique et contemporain demande en effet un souffle, un rythme, une théâtralité et une concentration dont tous les musiciens, font preuve avec un professionnalisme remarquable malgré leur jeune âge et leur courte expérience ; ils démontrent ainsi qu’ils n’ont rien à envier à leurs aînés. L’accueil chaleureux qu’ils reçoivent d’ailleurs de la part du chef d’orchestre, d’Emmanuelle Da Costa et du public est une récompense méritée tant ils ont défendu avec panache une Å“uvre exigeante.

Au final, nous avons assisté à un concert de très belle facture donné par une chorale de jeunes qui ont été bien préparés par leurs professeurs. Quant à la fusion entre l’Orchestre des Champs Elysées et l’Orchestre des jeunes, elle a fonctionné à merveille malgré quelques fausses notes entendues au tout début du concert.

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Compte-rendu, critique, Concert. Poitiers. Auditorium, le 5 mai 2018. Hector Berlioz (1803-1869): Orphée et Eurydice opéra de Christoph Wilibald Gluck (1714-1787) révisé en 1859 (ouverture, Dans ce bois tranquille, Pantomine, Dans ce bois lugubre), Tristia (Méditation religieuse, La mort d’Ophélie), Christoph Wilibald Gluck (1714-1787) : Orphée et Eurydice (Scène, air des furies «Quel est l’audacieux», Emmanuelle Da Costa (née en 1988) : Sur un souffle (création mondiale). Choeur et Orchestre des jeunes, Orchestre des Champs Elysées. Mathias Von Brenndorff, direction.

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