COMPTE RENDU critique CONCERT. LILLE, Nouveau Siècle, le 25 oct 2020. ON LILLE, JC Casadesus : Ravel, Casadesus, Beethoven

COMPTE RENDU critique CONCERT. LILLE, Nouveau Siècle, le 25 oct 2020. ON LILLE, JC Casadesus : Ravel, Casadesus, Beethoven. Impatients et fidélisés, les spectateurs lillois viennent cet après midi applaudir le chef fondateur de « leur » orchestre, Jean-Claude Casadesus (JCC) qui dirige ainsi son premier concert de la nouvelle saison 2020 – 2021 ; c’est aussi son retour sur le podium depuis… plus de 6 mois. Bientôt 85 ans (début décembre prochain), le chef altier et aérien, retrouve son cher public et ses musiciens pour un concert généreux et équilibré : musique française et complicité avec un jeune soliste, ivresse concertante et énergie symphonique… En 1h (format à présent plébiscité et sanitairement conforme), le programme comble les attentes.

La Pavane (pour une infante défunte) de Ravel est miroitante et d’une étoffe magicienne qui touche aussi par la poésie de ses accents instrumentaux comme l’élégance de phrasés somptueusement articulés. Architecte raffiné, orfèvre des timbres, le Ravel de JCC est aussi un sensuel qui par ses jaillissements enchantés, retrouve la grâce de l’innocence. Le chef articule, clarifie, épure, révélant sous la parure des alliages sonores (cors / clarinettes, harpes / cordes…), l’équilibre de la structure comme le scintillement de la texture : sa transparence qui fait drame. Voilà qui rappelle comment la musique française (les révolutionnaires Debussy et Ravel) a selon le vœu de son fondateur, façonné l’identité du National lillois.

 

 

 

Altier, aérien, en orfèvre de la ciselure sonore
Jean-Claude Casadesus dirige le National de Lille

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Amorcée, pénétrante, dès Hindemith (Trauermusik composé pour la mort de Georges V en janvier 1936), la complicité entre l’altiste britannique Timothy Ridout et le chef se réalise plus encore dans les 3 mouvements courts du Concerto néo baroque qu’Henri Casadesus, le grand père du chef, écrit aussi dans les années 1930 : on y détecte l’assimilation maîtrisée de Gluck (élégie du mouvement lent central), Bach, évidemment Haendel…

Dernier volet enthousiasmant. Beethoven éblouit par son équilibre et son allure, entre ciselure et énergie, JCC nous montrant que l’un ne va pas sans l’autre, que l’un se nourrit de l’autre ; la Symphonie n°1 (créée dirigée à Vienne en 1800 à 30 ans) frappe un grand coup par ses audaces (un brin trop « martiales » ?… selon les critiques de l’époque). La partition affirme de la part du chef, une conception complète, unifiée, résolue en un tout organique grâce à la souplesse de sa direction. Roboratif voire éruptif, l’Orchestre souligne dès ce premier opus, le souffle de la machine Ludwig : une force bondissante et puissante qui séduit aussi par l’éloquence tendre de ses bois, ses vents comme le grain des percussions, le métal victorieux des cuivres. Tout sonne plein et détaillé dans l’esprit d’un galop et d’une danse. C’est un hymne furieusement instrumental qui dépasse déjà Haydn par ses élans et sa dimension (le menuet est en réalité un vrai scherzo trépidant).
La construction nous parle, l’impétuosité nous saisit, le fini instrumental captive. Le sens du relief et du rebond comme de la motricité égale les phalanges sur instruments historiques. Le geste du chef vivifie ses troupes et accomplit dans ce premier beethoven génial, un retour aux sources du symphonisme européen qui sonne comme une régénération salvatrice autant pour les auditeurs que les musiciens. Éclectique, le programme Ravel, Hindemith, Beethoven (sans omettre le pastiche scherzando du Concerto d’Henri Casadesus) confirme si l’on en doutait, la prodigieuse volubilité plastique de l’ON Lille sous la direction de son fondateur historique. Une connivence qui vaut régal. Photo : Jean-Claude Casadesus © Ugo Ponte / ON LILLE.

 

 

   

 

 

agenda

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A ne pas manquer bientôt : PARIS, Philharmonie, Jean-Claude Casadesus dirige l’orchestre du Conservatoire de Paris lundi 18 janvier à 20h30 – Grande salle Pierre Boulez : Schumann (Concerto pour piano avec David Kadouch, piano) et Mahler (Symphonie n° 4 avec Miah Persson, soprano). Infos, réservations :
https://philharmoniedeparis.fr/fr/activite/concert-symphonique/21656-romantismes?date=1610998200

casadesus_jean_claude_portrait_290Prochain concert de Jean-Claude Casadesus à la tête de l’ON LILLE Orchestre National de Lille au Nouveau Siècle à Lille : les 20 et 21 avril 2021 – au programme : 5ème Symphonie de Beethoven (couplée avec le Concerto pour violoncelle n°1 de Chostakovitch / soliste : Truls Mork).
Programme repris ensuite en région, les 22 (Boulogne sur mer) puis 23 avril (Aulnoye-Aymeries). Plus d’infos sur le site de l’Orchestre National de Lille : https://www.onlille.com/saison_20-21/concert/la-5eme-symphonie-de-beethoven/

 

 

 

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