COMPTE-RENDU, concert. Variations Classiques d’Annecy, Théâtre Bonlieu, le 31 août 2019. Orchestre Français des Jeunes, Lise de la Salle (piano), Fabien Gabel (direction).

VariationsClassiques-visuels-1080x1600-1_8_frCompte-Rendu, Concert. Variations Classiques d’Annecy, Théâtre Bonlieu, le 31 août 2019. Orchestre Français des Jeunes, Lise de la Salle (piano), Fabien Gabel (direction). Sur les cendres du prestigieux Annecy Classic Festival sont nées, il y a trois ans, Les Variations Classiques d’Annecy, que chapeaute – artistiquement parlant – Marianne Gaussiat. Mais, idée originale, cette dernière ne décide pas seule de la programmation, et elle s’entoure chaque année d’une personnalité issue du monde culturel à qui elle offre une « carte blanche ». Après Catherine Frot en 2017 et Gaspard Proust en 2018, c’est à Laurence Ferrari qu’est revenu cet honneur cette année. Sur quatre jours, entre les 28 et 31 août, la perle des Alpes françaises a certes accueilli des artistes de renommée internationale, mais la programmation 2019 était surtout basée – selon le vœu de Laurence Ferrarri – sur « la féminité et la jeunesse ». La jeunesse, on la retrouve ce soir avec l’Orchestre Français des Jeunes, et la féminité – doublée de la jeunesse – en la personne de Lise de La Salle, puisque c’est à ces artistes que revient de clôturer la 3ème édition du festival, sous la férule de Fabien Gabel (à la tête de la juvénile formation depuis 2017).

Les choses débutent très bien avec une Ouverture de Béatrice et Bénédict où le jeune chef québécois donne la bonne mesure, en offrant une battue soucieuse des multiples détails entrelacés de l’orchestration de Berlioz. Le temps d’installer le piano, et Lise de la Salle se jette (à corps perdu) dans le très romantique Concerto en La mineur op.54 de Robert Schumann, dont elle offre une version que l’on qualifiera d’une captivante inventivité. Le premier mouvement est un modèle d’entente entre chef et soliste, avec des tempi plutôt lents qui offrent à la jeune pianiste un bel espace pour son travail sur l’expression et sur l’articulation. A certains moments, grâce au parti pris de Gabel de retenir la masse orchestrale, ces recherches sont même à la limite de l’audible et, le reste du temps, c’est tout simplement envoûtant, avec une virtuosité consommée, mais toujours dominée par la fluidité du discours musical (et un son d’une richesse étourdissante !). En bis, un Nocturne de Chopin viendra suspendre le temps pendant quelques minutes, et lui vaudra un triomphe de la part du public annécien. Après l’entracte, place au finalement assez rare ballet Petrouchka de Stravinsky (en comparaison de L’Oiseau de feu et du Sacre du printemps, bien plus souvent mis à l’affiche…). Créé au Théâtre du Châtelet à Paris en juin 1911, sous la direction de Pierre Monteux pour les Ballets russes, cette pièce symphonique appartient au meilleur du catalogue du maître russe. Le court thème principal qui reviendra tout au long de la partition, précis et facilement mémorisable, assez lancinant, opère toujours un impact massif sur l’auditeur. Disons tout net que la jeune formation française y apparaît au sommet de ses capacités, et nous propose ce soir une superbe version tant elle répond idéalement aux exigences de Stravinsky : ce haut degré de réalisation doit beaucoup à l’engagement plein d’ardeur des musiciens, tout autant qu’à l’énergie farouche de Fabien Gabel. Devant l’enthousiasme du public, ils offrent en bis l’une des Valses nobles et sentimentales de Maurice Ravel, d’un tourbillonnant vertige !

Compte-Rendu, Concert. Variations Classiques d’Annecy, Théâtre Bonlieu, le 31 août 2019. Orchestre Français des Jeunes, Lise de la Salle (piano), Fabien Gabel (direction).

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