Compte-rendu, concert. Toulouse, Halle-aux-Grains, le 15 décembre 2016. Johannes Brahms : Un Requiem Allemand op.45 ; Claudia Barainsky ; Garry Magee ; Chœur Orfeon Donostiarra ; Orchestre National du Capitole de Toulouse ; Tugan Sokhiev, direction.  

Brahms johannes-brahms-1327943834-view-0Compte-rendu, concert. Toulouse, Halle-aux-Grains, le 15 décembre 2016. Johannes Brahms : Un Requiem Allemand op.45 ; Claudia Barainsky ; Garry Magee ; Chœur Orfeon Donostiarra ; Orchestre National du Capitole de Toulouse ; Tugan Sokhiev, direction.  Comptant sur le succès public rencontré à Toulouse pour le grand compositeur germanique, il a été programmé deux concerts d’Un Requiem Allemand de Brahms dans la saison de l’orchestre. On ne pose plus la question, à Toulouse, oui nous aimons Brahms ! L’association du Chœur Catalan Orfeon Donostiarra et de l’orchestre du Capitole date de l’ère Michel Plasson. Tugan Sokhiev a marqué lui aussi une très grande fidélité à cette phalange qui d’après lui, associe les qualités des professionnels et des amateurs par un engagement qui s’épanouit à chaque concert.

Tugan Sokhiev dans les pas de Michel Plasson ; le choeur Orfeon Donostiarra, souverain…
BRAHMS, UNE PASSION TOULOUSAINE

Ce soir le chœur a été au rendez-vous dans cette vaste partition où il est le roi. Tugan Sokhiev a sculpté à mains nues afin d’obtenir nuances, couleurs et phrasés d’une grande subtilité. Les pupitres ont une belle homogénéité et chacun avec une pondération exacte. Un magnifique chant choral s’est développé tout du long avec beaucoup d’émotions. Seul petit bémol, la diction a par moments été un peu exotique. Ce qui n’a pas été le cas des solistes. La soprano d’origine allemande, Claudia Barainsky veille à beaucoup de délicatesse dans son texte et son chant. La tristesse palpable a été très émouvante. La voix n’a peut être pas d’une pureté angélique mais justement son incarnation vocale forte a magnifié l’expression.  Le baryton Garry Magee, à la diction soignée, a la voix idéale : humaine, noble, joliment phrasée. Le timbre rayonne sans ostentation. Le texte est incarné dans ses émotions contrastées et le dialogue avec le chœur est très émouvant.
L’Orchestre du Capitole connaît bien cette partition et Tugan Sokhiev l’a déjà dirigée plusieurs fois. La complicité entre le chef et son orchestre permet une confiance totale. Les indications du chef sont en fait assez minimalistes envers l’orchestre.  La beauté de ses gestes à main nues qui sculptent avant tout la matière vocale dans l’espace est un spectacle à elle seule. Les tempi sont modérés et la beauté du son, la richesse des nuances et la variété des couleurs permettent à la vaste partition, de déployer ses sortilèges sans que le temps ne pèse.  Le message si humain de Brahms trouve en ses interprètes engagés une admirable réussite. « Selig sind die Toten ». La mort serait presque apprivoisée… N’en doutons pas, le lendemain le concert aura été encore plus émouvant. La nouvelle de l’attentat de Berlin alors que je termine l’écriture de cette chronique me conduit à la dédier aux victimes de la patrie amie.

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Compte-rendu, concert. Toulouse, Halle-aux-Grains, le 15 décembre 2016. Johannes Brahms (1833-1897) : Un Requiem Allemand op.45 ; Claudia Barainsky, soprano ; Garry Magee, baryton ; Chœur Orfeon Donostiarra, chef de chœur : José Antonio Sainz Alfaro ; Orchestre National du Capitole de Toulouse. Tugan Sokhiev, direction.

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