Compte rendu, concert. Poitiers. Auditorium, le 8 mars 2016. Haendel, Berlioz, Schoeller, Haydn, Mozart (bis). Gaëlle Arquez, mezzo soprano, Orchestre Poitou Charentes. Arie Van Beek, direction.

De retour au Théâtre Auditorium de Poitiers, l’Orchestre Poitou Charentes accueille, pour son premier concert de l’année 2016, la mezzo soprano saintaise Gaëlle Arquez et le chef néerlandais Arie Van Beek. Le programme de ce concert est hétéroclite puisqu’en une heure trente il balaie les quatre grandes périodes de l’histoire de la musique. Il reste néanmoins cohérent, puisque chacune des œuvres de la soirée évoque, l’eau, la nature, la forêt. Ce concert est aussi l’occasion de voir un public nombreux au sein duquel les enfants et les adolescents sont très présents. Notons la présence d’élèves de seconde venus de Montmorillon : «Ce sont des jeunes qui suivent une option «son» pendant leur année de seconde» nous dit leur professeur qui ajoute : «C’est leur première sortie au Théâtre Auditorium et c’est une organisation importante, et nous sommes satisfaits de les voir prêts à découvrir un univers qu’ils ne connaissent pas.»

L’Orchestre Poitou Charentes mené à la baguette par Arie Van Beek

BEEK arie von arie_van_beek_2_g-8Avec la suite n°3 en sol majeur du Water Music de Georg Friedrich Haendel (1685-1759), l’Orchestre Poitou Charentes donne le ton d’une soirée haute en couleurs. La dernière des suites du Water Music, celle donnée en ce mardi soir, a été composée en 1736 à l’occasion du mariage du prince de Galles. Sous la direction ferme et attentive d’Arie Van Beek, l’Orchestre Poitou Charentes en donne une lecture dynamique, vive, sans excès. C’est avec Le cycle de mélodies Les nuits d’été, d’Hector Berlioz (1803-1869) que Gaëlle Arquez revient sur la scène du Théâtre Auditorium de Poitiers. Après un Poème de l’amour et de la mer, certes très bien chanté mais à la diction aléatoire, donné avec l’Orchestre des Champs Elysées le 4 février dernier, la jeune mezzo s’engage sans compter. Arquez visiblement survoltée par le défi, c’était la première fois qu’elle interprétait ainsi Les Nuits d’été-, chante avec un plaisir évident une musique qui lui va comme un gant; et enfin la diction, qui nous avait tant manqué en février, est au rendez-vous. L’Orchestre accompagne la soliste avec générosité, Arie Van Beek veillant avec une bienveillante autorité à ne jamais couvrir la chanteuse.

Au retour de l’entracte, l’Orchestre commence par jouer le second mouvement de Tiger, Concerto pour orchestre, composé en 2012 par Philippe Schoeller (né en 1957). C’est par les vents puis les bois que Schoeller évoque la nature avec une certaine poésie; le chef, dont la battue est claire et précise, se montre enjoué et inspiré dans une œuvre pourtant peu évidente. C’est cependant avec Joseph Haydn (1732-1809) et sa symphonie N°73 «La chasse», que la nature prend ses aises, notamment avec les «scènes de chasse» du dernier mouvement, le presto final. Arie Van Beek, plus inspiré encore, survolte ses musiciens, les poussant avec fermeté dans leurs retranchements et les incitant à donner le meilleur d’eux-mêmes. Ravi, le public réserve un accueil chaleureux aux musiciens et à leur chef, qui concède en bis l’ouverture des Nozze di Figaro de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Si nous regrettons que cette ouverture soit donnée sur un tempo un peu trop vif par rapport au reste du concert, nous apprécions l’incursion symphonique / lyrique de Van Beek dans un programme très «nature».

C’est un concert de haute volée que l’Orchestre Poitou Charentes a donné au Théâtre Auditorium de Poitiers. Arie Van Beek, qui est invité de temps en temps par Jean François Heisser depuis 2001, dirige son orchestre avec un plaisir évident : «Le courant passe bien avec les musiciens; et ils sont très soudés entre eux» nous disait-il, la veille du concert, et cela transparaît pendant toute la soirée. Musiciens, chef, chanteuse formaient un ensemble solide; si solide, d’ailleurs, que le public serait volontiers resté plus longtemps pour en mesurer encore et encore la bienfaisante complicité.

Poitiers. Auditorium, le 8 mars 2016. Gerog Friedrich Haendel (1685-1759) : Water Music : suite N°3 en sol majeur, Hector Berlioz (1803-1869) : Les nuits d’été opus 7, Philippe Schoeller (né en 1957) : Tiger (2e mouvement), Joseph Haydn (1732-1809) : symphonie N°73 «La chasse», Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Le nozze di Figaro, ouverture (bis). Gaëlle Arquez, mezzo soprano, Orchestre Poitou Charentes. Arie Van Beek, direction. Illustration : Arie Van Beek © Ludovic Combe

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