Compte rendu, concert. Poitiers. Auditorium, le 25 septembre 2014. Wagner, Mahler, Brahms. Ann, Hallenberg, Orchestre des Champs Élysées. Philippe Herreweghe, direction.

Après un été bien rempli et quelques jours de congés, l’Orchestre des Champs Élysées revient au Théâtre Auditorium de Poitiers en cette fin septembre avec un programme romantique allemand; la partie vocale de ce premier concert de la saison 2014/2015 est assurée par la célèbre mezzo soprano suédoise Ann Hallenberg. La qualité du programme et des interprètes n’a cependant pas permis de remplir la salle seulement pleine aux trois quarts.

L’Orchestre des Champs Élysées démarre sa saison en fanfare

Hallenberg ann-hallenbergC’est avec Richard Wagner (1813-1873) que débute le concert. Die Meistersinger von Nürnberg (Les Maîtres chanteurs de Nuremberg) a été composé entre 1861 et 1867  (comme pour ses autres opéras Wagner a écrit lui même son livret et composé la musique) puis créé en 1868 à Munich. C’est le prélude du 3 ème acte que Philippe Herreweghe a programmé; moins flamboyant que celui du 1er acte, il n’en a pas moins, de par sa sobriété, un certain charme. C’est avec les Kindertotenlieder (Chants pour les enfants morts) que se poursuit la soirée. Ce recueil de cinq lieder a été composé par Gustav Mahler (1860-1911) entre 1901 et 1905 ; son épouse Alma devait plus tard lui reprocher d’avoir appelé le mauvais sort sur leur famille : en effet leur fille ainée Anna Maria devait mourir de la scarlatine deux ans après la publication des Kindertotenlieder. Invitée par Philippe Herreweghe, la mezzo Ann Hallenberg le cycle avec sobriété, la ligne de chant est impeccable, la diction parfaite. Le ton et l’intonation recueillis, économes, pudiques mais d’une envoûtante intensité.  Quant à l’Orchestre des Champs Élysées il accompagne la chanteuse avec efficacité et dans les moments purement instrumentaux, le chef cisèle chaque note tel l’orfèvre occupé à polir ses joyaux.

Au retour de l’entracte, l’Orchestre s’attaque à un monument de la musique symphonique : la symphonie N°4 opus 98 de Johannes Brahms (1833-1897). Brahms étant, pour cette dernière symphonie, revenu à un “modèle” plus classique, l’oeuvre a reçu un accueil mitigé à sa création. Les allusions aux grands maitres du passé sont très présentes dans les premier et troisième mouvements. Le chef interprète l’oeuvre de Brahms avec maestria; dès les premières notes Philippe Herreweghe nous entraine dans l’univers du compositeur autrichien : passion, âpreté, drammatisme intérieur, élans pudiques plus introspectifs.. La dernière de ses symphonies est à la croisée des chemins, savant amalgame d’un style si neuf … qu’il a dérangé un public peu habitué à la nouveauté.

Pour son début de saison, l’Orchestre des Champs Élysées a frappé très fort avec un programme exclusivement allemand parfaitement interprété tant par les musiciens que par Ann Hallenberg ; le mezzo a fait honneur à Mahler dont le recueil de lieder, méconnu depuis sa création en 1905, rend un émouvant hommage aux enfants disparus.

Poitiers. Auditorium, le 25 septembre 2014. Richard Wagner (1813-1873) : Les maitres chanteurs de Nuremberg, prélude de l’acte 3; Gustav Mahler (1860-1911) : Kindertotenlieder; Johannes Brahms (1833-1897) : Symphonie N°4 opus 98. Ann Hallenberg, mezzo. Orchestre des Champs Élysées. Philippe Herreweghe, direction.

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