Compte rendu, concert. Montpellier, Festival Radio France, Le Corum, Salle Pasteur, le 26 juillet 2017. Trio Busch

Compte-rendu, concert. Montpellier, Festival Radio France-Occitanie-Montpellier, Le Corum, Salle Pasteur, le 26 juillet 2017, 12 h 30. Le Trio Busch dans des Ɠuvres de Haydn, Rihm et Busch. CrĂ©Ă© Ă  Londres en 2012, le Trio Busch a choisi pour patronyme le nom d’un des plus grands violonistes de la premiĂšre moitiĂ© du XXe S, Adolf Busch, maĂźtre de Menuhin et fondateur d’un des plus illustres quatuors de tous les temps. Le frĂšre de Fritz Busch, le chef d’orchestre, se signala, en outre, par son intĂ©gritĂ© et son courage, combattant le nazisme, puis fuyant l’Allemagne pour les Etats-Unis. Il nous laisse une Ɠuvre importante et intĂ©ressante Ă  plus d’un titre. Signalons enfin que Mathieu Epstein, le violoniste joue un Guadagni de 1783 qui fut la propriĂ©tĂ© d’Adolf Busch. Nous Ă©couterons ainsi son trio avec piano, sur lequel s’achĂšvera le concert.
Trio Busch concert critique par classiquenewsL’ultime trio avec piano, le 45Ăšme, en mi bĂ©mol majeur, de Haydn, Hob. XV : 29, date de 1797. Il constitue effectivement le couronnement de son art. L’ample premier mouvement, poco allegretto, aux contrastes instrumentaux accusĂ©s, est d’une Ă©criture trĂšs riche. L’expression en est juste, chargĂ©e d’émotion contenue et de tendresse, avec une fin brillante : on est loin du divertissement lĂ©ger, voire un peu futile dont la sĂ©duction Ă©tait le premier mĂ©rite. L’andantino ed innocentemente surprend par sa tonalitĂ© (si mineur) si Ă©trangĂšre Ă  celle du premier mouvement. Sombre, attendri, c’est une sorte de regard nostalgique sur le dĂ©filement du temps. AprĂšs ce moment d’abandon et de poĂ©sie, le presto assai du finale, enjouĂ©, trĂšs enlevĂ©, renoue avec la jovialitĂ©, nerveux Ă  souhait et magistralement jouĂ© par nos trois musiciens.
Wolfgang Rihm s’est imposĂ© comme une des figures majeures de la composition contemporaine. De son Ɠuvre abondante, le trio Busch nous propose « Fremde Szene III » [ScĂšne Ă©trange ou Ă©trangĂšre, 3Ăšmepartie], de 1984. Utilisant toute l’échelle dynamique, du quadruple piano au quadruple forte, le jeu des rĂ©sonances, des ostinati martelĂ©s comme des phrases au lyrisme naturel, le langage oscille entre les audaces (de l’époque) et une sorte de post-romantisme expressionniste. L’écriture pianistique, puissante dans ses ponctuations comme dans son Ă©puisement final, retient particuliĂšrement l’attention.
Adolf Busch nous lĂšgue un seul trio avec piano, en la mineur, opus 15, de 1920, Ɠuvre ambitieuse qu’il joua rĂ©guliĂšrement avec Serkin. DĂšs le beau chant du violoncelle qui ouvre le premier mouvement on se situe dans l’hĂ©ritage brahmsien, avec un lyrisme vrai et une trame polyphonique dense. Les envolĂ©es passionnĂ©es, enfiĂšvrĂ©es, sont autant de rĂ©ussites jusqu’à l’apaisement final. Le deuxiĂšme mouvement, d’une Ă©criture savante, exaltĂ©e comme poĂ©tique, prĂ©pare bien au mouvement lent, rond, d’une plĂ©nitude singuliĂšre, rĂ©solument moderne dans le cadre tonal, avec des plages de dĂ©tente apprĂ©ciĂ©es comme autant de respirations. C’est la fugue du finale qui couronne cet ouvrage, claire, vivante, resplendissante et riche en surprise. A l’égal de Reger, Adolf Busch nous offre ici un mouvement qui, Ă  lui seul, justifierait une programmation rĂ©guliĂšre de cette Ɠuvre magistrale.
Les acclamations d’un public trùs attentif lui valent la reprise de l’andantino de Haydn.
Associant la jeunesse Ă  une maturitĂ© Ă©panouies, le trio Busch, dont la carriĂšre internationale atteste les qualitĂ©s, est promis Ă  un bel avenir. La fusion, l’homogĂ©nĂ©itĂ© des timbres, l’évidence du jeu, et l’engagement au service d’un programme audacieux. Que demander de plus ?
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Compte rendu, concert. Montpellier, Festival Radio France-Occitanie-Montpellier, Le Corum, Salle Pasteur, le 26 juillet 2017, 12 h 30. Le trio Busch dans des Ɠuvres de Haydn, Rihm et Busch
Illustration : © Trio Busch, DR

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