COMPTE-RENDU, concert. Le TOUQUET, Pianos Folies, le 20 août 2019. Récital Nikolaï Lugansky, piano.… Par notre envoyé spécial MARCEL WEISS

piano-folies-touquet-plage-2019-vignette-festival-annonce-classiquenewsCOMPTE-RENDU, concert. Le TOUQUET Paris-plage, Festival des Pianos Folies, le 20 août 2019. Récital Nikolaï Lugansky, piano.… DEBUSSY, FRANCK, RACHMANINOV… Par notre envoyé spécial MARCEL WEISS. Dès l’abord des « Deux Arabesques » de Debussy, la musicalité à nulle autre pareille de Nikolaï Lugansky est présente, dans la lumière chatoyante de la première, en contraste avec la plaisante animation de la seconde. Son jeu naturel, qui ne force jamais la voix, laisse la musique respirer, toujours dans l’élan et la surprise. Il naît organiquement d’une admirable chorégraphie digitale, conviant tout le corps de l’artiste à enrichir le son. Un jeu raffiné de couleurs et de vibrations, propice à faire entendre l’alchimie sonore des « Images » de Debussy : la résonance voilée des « Cloches à travers les feuilles», la méditation nocturne de « Et la lune descend sur le temple qui fut », le scintillement des « Poissons d’or ».

A l’éblouissement des ces Haïkus succède le triptyque de César Franck, « Prélude, Choral et Fugue ». Lugansky nous en donne une version habitée de bout en bout, dramatique sans excès, sensible à la clarté des plans sonores. Conçu originellement pour harmonium et piano, avant d’être transcrit pour orgue, le « Prélude, Fugue et Variations » de César Franck garde dans sa version pour piano de Harold Bauer tout son potentiel expressif. Lugansky en restitue toute la fragile sérénité.
Contemporaines de ses deux premières sonates, les Etudes de l’Opus 8 de Scriabine sont le reflet de ses permanentes recherches harmoniques. Même dans la célébrissime Etude n°12, le pianiste russe évite, là encore, toute grandiloquence, privilégiant le chant et le suggestif.
Toutes qualités nécessaires pour aborder Rachmaninoff, avec qui il entretient de longue date un rapport littéralement fusionnel, tant dans ses interprétations que dans ses engagements personnels, comme directeur artistique du festival qui lui est consacré à Tambov et comme familier de son Musée-domaine d’Ivanovka. Terme souvent galvaudé lorsqu’on évoque Lugansky, celui d’élégance s’impose inévitablement  à l’écoute des cinq Préludes de l’opus 23 qu’il a soigneusement choisis, mettant en lumière toutes les facettes de son art, tour à tour extatique, sensuel, exalté jusqu’à l’ivresse. C’est bien celle-là qu’il finit par nous communiquer par ses deux bis, toujours de Rachmaninov, sa transcription émue de la romance « Lilas » et l’irrésistible Prélude n°2 de l’opus 3.

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. Le TOUQUET Paris-plage, Festival des Pianos Folies, le 20 août 2019. Récital Nikolaï Lugansky, piano.… Par notre envoyé spécial MARCEL WEISS

 

 

 

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