Compte rendu, concert. La Rochelle. La coursive, le 9 octobre 2015. Gluck, Rameau. Les musiciens du Louvre; Marc Minkowski, direction.

HabituĂ© de la RĂ©gion Poitou Charentes depuis la crĂ©ation en 2011 du festival RĂ© Majeure qui se dĂ©roule sur l’Ă®le de RĂ© pour l’Ascension ou la PentecĂ´te, Les Musiciens du Louvre et Marc Minkowski posent leurs valises Ă  La Coursive le temps d’une soirĂ©e. Au programme de ce concert, Marc Minkowski a programmĂ© un rĂ©pertoire que l’orchestre connait parfaitement : des Ĺ“uvres de Christoph Willibald Gluck (1714-1787) et de Jean Philippe Rameau (1683-1764).

 

Les musiciens du Louvre jouent Gluck et Rameau Ă  La Rochelle

RAMEAU 2014 : sĂ©lection cdSi Don Juan ou le festin de pierre de Christoph Willibald Gluck (1714-1787) n’est pas son Ĺ“uvre la plus connue, en effet le public connait mieux OrphĂ©e et Erurydice ou les deux IphigĂ©nie (en Aulide et en Tauride), elle offre de très belles pages. Dès le dĂ©but de la soirĂ©e, Marc Minkowski, visiblement survoltĂ© par le succès de PlatĂ©e Ă  l’OpĂ©ra de Paris (la dernière reprĂ©sentation en avait Ă©tĂ© donnĂ©e la veille), prend les rennes du concert. Très inspirĂ© et théâtral, le public rĂ©agit d’ailleurs bien et des rires se font entendre de temps Ă  autre, il conte Don Juan ou le festin de pierre avec moult dĂ©tails. Par ailleurs, il dirige le chef d’oeuvre de Gluck d’une main ferme; et si la battue peut parfois paraĂ®tre iconoclaste aux yeux des puristes, elle est efficace, dynamique ; les musiciens la suivent avec une prĂ©cision millimĂ©trĂ©e.

Après une courte pause, Marc Minkowski revient sur scène pour diriger «Une symphonie imaginaire» de Jean Philippe Rameau (1683-1764). Avant d’entamer la seconde partie, le chef prend le temps d’expliquer ce qu’est cette «symphonie imaginaire» Ă  un public attentif et visiblement conquis : Il ne s’agit pas d’une Ĺ“uvre symphonique en elle mĂŞme mais d’un assemblage des plus belles pages instrumentales des opĂ©ras et Ĺ“uvres instrumentales de Rameau. Ainsi s’offrent Ă  la (re)dĂ©couverte, plusieurs Ĺ“uvres telles ZaĂŻs, PlatĂ©e, justement, Dardanus, Hippolyte et Aricie, Castor et Pollux, Les BorĂ©ades, Les Indes galantes, Le temple de la gloire ou La naissance d’Osiris … ; on y trouve aussi, dans cette symphonie imaginaire, un Concert, Ă©crit Ă  l’origine pour sextuor, mais transcrit ici pour orchestre. Marc Minkowski dirige avec une allĂ©gresse et une joie de vivre si communicatives que ses musiciens font danser la musique avec gourmandise. Et d’ailleurs, emportĂ© par la musique, le chef ne peut s’empĂŞcher de danser sur son podium tout comme le timbalier lorsque l’orchestre entame l’entrĂ©e des Sauvages des Indes galantes.

Ravi, le public rĂ©serve un accueil très chaleureux aux Musiciens du Louvre et Ă  leur chef qui concèdent deux bis en fin de concert : un menuet extrait de PlatĂ©e puis, lancĂ©e par le timbalier, l’entrĂ©e des Sauvages. Minkowski dirige le second bis Ă  demi tournĂ©e vers le public qui joue le jeu et frappe des mains en cadence. Les responsables de La Coursive lancent leur saison musicale sur une excellente note.

Compte rendu, concert. La Rochelle. La coursive, le 9 octobre 2015. Christoph Willibald Gluck (1714-1787) : Don Juan ou le festin de pierre; Jean Philippe Rameau (1683-1764) : Une symphonie imaginaire. Les musiciens du Louvre; Marc Minkowski, direction.

Illustration : Jean-Philippe Rameau (DR)

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