COMPTE-RENDU, concert. BOULOGNE-BILL, la Seine Musicale, le 30 nov 2019. Haendel : Glory. Le Palais Royal. Jean-Philippe Sarcos, direction

COMPTE-RENDU, concert. BOULOGNE-BILL, la Seine Musicale, le 30 nov 2019. Haendel : Glory. Le Palais Royal. Jean-Philippe Sarcos, direction. Jean-Philippe Sarcos dirige son ensemble Le Palais royal (fondĂ© en 2010) dans un programme de cĂ©lĂ©bration, Ă  caractĂšre officiel car il s’agit des musiques de circonstances composĂ©es pour ses protecteurs Georges II et son Ă©pouse la reine Caroline. Chant exclamatif et majestueux pour le couronnement des souverains (1727, Coronation Anthems), surtout enchaĂźnĂ© sans entracte, le trĂšs rare Te Deum de Dettingen, hymne ambrosien, qui cĂ©lĂšbre la victoire remportĂ©e «  Ă  l’arrache » et de façon tout Ă  fait imprĂ©vue voire rocambolesque par Georges II sur les français.

 

 

 

HAENDEL au cƓur

 

 

 

HANDEL glory corporation anthems dettingen concert critique classique news le-palais-royal-jean-philippe-sarcos-event_gallery-1Pourtant en dĂ©pit de la dĂ©claration solennelle que promet le programme, le chef insiste avec raison sur la relation particuliĂšre qui rapproche Haendel et les Souverains. Des patrons certes mais surtout des amis : Haendel a connu en Allemagne le prince de Hanovre avant qu’il ne devienne roi d’Angleterre. Le compositeur Ă©tait trĂšs proche de la souveraine Caroline. Le programme exprime cette affection particuliĂšre du musicien pour ses protecteurs. Jean-Philippe Sarcos met l‘accent sur une soirĂ©e oĂč le cƓur et le sentiment prĂ©valent. Le decorum est bien lĂ , dans les effectifs et le style grandiose, mais comme Ă  son habitude, la musique de Haendel n’écarte pas la sincĂ©ritĂ© ni la profondeur. C’est bien lĂ  ce qui explique son gĂ©nie et qu’a bien compris Jean-Philippe Sarcos.
Des Coronations Anthems (HWV 258-261), les interprĂštes insufflent respirations et Ă©nergie ; Zadok the Priest en marque le sommet telle une arche spectaculaire, et le dernier, My heart is inditing / Mon cƓur compose
 (HWV 261) est un hommage direct Ă  Caroline, sa douceur d’ñme.

La piĂšce maĂźtresse est ici le Te Deum (HWV 283), partition rarement jouĂ©e, qui immĂ©diatement dĂšs son ouverture, fait rĂ©sonner son caractĂšre solennel et martial (excellence des 3 trompettes naturelles, dont les deux principales reviennent, mais cette fois Ă©tagĂ©es dans les balcons pour l’adagio de mĂ©ditation / n°12, aprĂšs l’annonce du Jugement dernier). Le chƓur qui chante par cƓur et gagne ainsi une Ă©vidente aisance dans le geste vocal et la projection du texte souligne dans la ferveur collective le sens glorificateur de la partition, saluant le Dieu des armĂ©es, et le Christ prĂȘt au sacrifice. Parmi les solistes distinguons surtout deux personnalitĂ©s trĂšs assurĂ©es, convaincantes : la taille toujours percutante, au verbe vif, acĂ©rĂ©, de Mathias Vidal ; la soliditĂ© vocale, claire et elle aussi percutante du contre-tĂ©nor Carlo Vistoli. La voix est droite, parfaitement juste, vĂ©ritable instrument, tranchant et aiguisĂ© qui semble vouloir en dĂ©coudre.
Directeur musical impliquĂ©, Jean-Philippe Sarcos ne s’épargne aucune indication expressive pour porter et sculpter la matiĂšre vivante de son ensemble : instrumentistes et chanteurs vibrent au mĂȘme diapason d’une Ă©vidente sincĂ©ritĂ©. A travers ce programme festif et royal dans sa forme et son intention, c’est le Haendel, intime et affectueux, sa personnalitĂ© fraternelle et communicative qui nous sont intensĂ©ment rĂ©vĂ©lĂ©s. VoilĂ  qui souligne la prĂ©sence du Baroque Ă  la Seine Musicale ; un choix de programmation louable qui dĂ©fend in loco, la diversitĂ© de l’offre.

 

 

 

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 Le Palais Royal / Jean-Philippe Sarcos (DR)

 

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. BOULOGNE-BILL, la Seine Musicale, le 30 nov 2019. Haendel : Glory. Le Palais Royal. Jean-Philippe Sarcos, direction.

 
 

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