Compte-rendu, concert. Blagnac. Odyssud, le 8 avril 2018. Vivaldi : Champy-Tursun / Michel Brun

Antonio_Vivaldi grand portrait classiquenews_1Compte-rendu, concert. Blagnac. Odyssud, le 8 avril 2018. Vivaldi : Champy-Tursun. Martineau. Ensemble et ChƓur Baroque de Toulouse. Michel Brun, direction. Le programme tout Vivaldi dans cette belle programmation des Rencontres des musiques baroques et anciennes Ă  Odyssud a Ă©tĂ© un moment de rĂȘve. Michel Brun a concoctĂ© un trĂšs bel hommage au gĂ©nie si divers du PrĂȘtre Roux.

 
 

 

Et Viva Vivaldi ! Viva il sole !!

La veine mĂ©lodique si sure, le rythme si fondamental et les couleurs irisĂ©es de partitions si diverses ont rĂ©chauffĂ© un dimanche froid et pluvieux. La salle comble, a fait un vrai triomphe Ă  Michel Brun qui a su mettre en valeur chacune. D’abord dans le si Ă©mouvant Stabat Mater, la mezzo-soprano  Caroline Champy de sa voix mordorĂ©e a su rendre justice comme peu au texte si violent du Stabat Mater. Le drame a habitĂ© la cantatrice et elle n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  mettre de la douleur dans sa voix pas, pourtant toujours Ă  son aise dans la tessiture. Mais n’est-ce pas une hĂ©rĂ©sie que de chanter comme un ange sans douleurs, le texte le plus cruel de la liturgie ? Cette piĂšce si stricte et Ă©mouvante a Ă©tĂ© dirigĂ©e avec un peu trop de rigiditĂ© et de fermetĂ© par Michel Brun, c’était aussi la prise de contact avec l’acoustique sĂšche de la salle. La remarquable interprĂ©tation de Caroline Champy a envoutĂ© le public absolument charmĂ© par son art dramatique accompli.
Ensuite, deux concertos alertes et divinement dĂ©diĂ©s Ă  la mandoline ont permis Ă  l’orchestre de s’animer de l’enthousiasme le plus vif. Julien Martineau a d’avantage entrainĂ© ses collĂšgues qu’ il ne les a vĂ©ritablement dirigĂ©s. Debout devant l’orchestre avec une gestuelle gracieuse et dĂ©licatement retenue il a su maintenir le tempo exact de chaque mouvement, n’hĂ©sitant pas Ă  presser ses compagnons. Sa virtuositĂ© Ă  la mandoline est solaire et d’une lumiĂšre Ă©blouissante. Les traits sont d’une prĂ©cision fabuleuse et les nuances qu’il tire de sa petite mandoline sont incroyables. L’art de ce trĂšs grand soliste est magnifique. Il a obtenu un succĂšs enthousiaste y compris des musiciens de l’orchestre. Les bis ont  Ă©tĂ© encore plus solaires et joyeux.

Le Gloria pour chƓur et solistes fĂ©minines a terminĂ© le concert avec brio. L’ensemble vocal en grande forme a Ă©tĂ© trĂšs beau, chaque pupitre homogĂšne et Ă©quilibrĂ©. L’enthousiasme nĂ©cessaire Ă  cette partition de pur bonheur a Ă©tĂ© portĂ© avec efficacitĂ© par l’Ensemble Baroque de Toulouse. Caroline Champy a apportĂ© ses couleurs vocales et sa belle prĂ©sence dans le duo et son air. Eliette Parmentier au timbre serrĂ© et Ă  la voix fatiguĂ©e n’a pas su dialoguer avec l’aisance attendue du magnifique hautbois. L’orchestre avec trompette et a Ă©tĂ© brillant, mais c’est bien le chƓur qui a emportĂ© tous les suffrages. Son bis d’entrĂ©e a Ă©tĂ© encore plus magnifique portĂ© par une joie communicative. Un bien beau concert apportant le soleil de Venise  que notre printemps a tant de mal Ă  nous offrir.

 
 

 

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Compte-rendu concert. Blagnac. Odyssud, le 8 avril 2018. Antonio Vivaldi (1678-1741) : Concertos pour mandoline et cordes en do majeur RV 425 et RV 93 ; Stabat Mater RV 621 ; Gloria RV 589 ; Caroline Champy-Tursun, mezzo-soprano ; Eliette Parmentier, soprano ; Julien Martineau, mandoline ; Ensemble Baroque de Toulouse et ChƓur Baroque de Toulouse ; Michel Brun, direction.

 
 

 

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