Compte rendu, ballet. Paris, Opéra Garnier, le 16 avril 2016. Spectacle de l’Ecole de Danse de l’Opéra National de Paris. Bournonville,Petit…Guillermo Garcia Calvo, direction musicale.

Présentation de l’Ecole de Danse de l’Opéra National de Paris ce soir au Palais Garnier ! Les petits rats de Paris interprètent sur scène 3 chorégraphies qui mettent en valeur l’excellence et la diversité de l’école française. Les futurs virtuoses des ballets du monde entier offrent donc du Bournonville, du Petit, du Taras, en une soirée à perdre l’haleine ! Le chef espagnol Guillermo Garcia Calvo assure la direction musicale ; il est tout à fait complice de l’Orchestre des Lauréats du Conservatoire. Un événement exaltant qui a tenu ses promesses !

Les virtuoses de l’avenir

L’Ecole de Danse de l’Opéra de Paris est dirigé par Elisabeth Platel, danseuse Etoile retraitée et créatrice de maints rôles principaux des ballets classiques de Noureev ! Elle a à sa charge les 156 élèves, dont 76 sont sur scène pour les 4 représentations de ce printemps 2016. Ils ont entre 10 et 18 ans et sont les promesses de la danse à venir ! Le programme qu’elle a conçu pour ces 4 dates a tout pour plaire à tous ! La soirée commence avec un extrait de l’acte 1 du ballet « Conservatoire » par le danois Auguste Bournonville. Pour nous, il est impossible de rater quoi que ce soit en relation avec le style Bournonville, l’Ecole Danoise de Danse étant la véritable héritière de la danse académique française, remontant ses origines jusqu’à Jean-Georges Noverre, père du ballet moderne, et passant par Auguste Vestris (fils de Gaétan Vestris, lui-même créateur du rond de jambe en l’air), soit une figure légendaire véritable icône par sa virtuosité technique et la popularisation de l’entrechat.

Que dire alors des petits rats de l’opéra s’attaquant à la virtuosité danoise ? L’extrait fait référence à un cours de danse pris par Bournonville lors de son séjour parisien, cours donné par nul autre qu’Auguste Vestris. D’une grande difficulté technique, nous nous réjouissons de voir la jeunesse s’attaquer à une danse qui pousse leur potentiel. Ici, le Maître de Ballet interprété par Léo de Busserolles (1ère division), bien que d’un regard sérieux, se distingue tout de même par le professionnalisme de son exécution, … brillante. Si les jeunes danseurs ne s’abandonnent pas à la légèreté presque comique du ballet (qui est à la base très vaudevillesque), nous saluons la technique ; l’incroyable effort, le travail de bas de jambe sont impressionnants. Le moment le plus tendre de la soirée fut l’entrée des tout petits rats de la 6ème division, tous joie ; tous virtuosité, lors de leur démonstration maîtrisant des dégagés ravissants !

Vient ensuite Les Forains de Roland Petit. Créé au Théâtre des Champs Elysées en 1945, il s’agît d’un ballet narratif, vrai commentaire sur la réalité de l’artiste dans la société. Très théâtral, il raconte l’histoire des forains répétant et présentant un show. Que des solistes dont nous retenons le Clown très expressif et bondissant de Giorgio Furès (1ère division), la Vision de Loïe Fuller de Bleuenn Battistoni (1ère division), la Belle Endormie pleine de brio et de charme de Célia Drouy (même division), ou encore la présence scénique so pop star du Prestidigitateur d’Andrea Sarri (toujours la même division). La soirée se termine avec le ballet inclassable de John Taras, Piège de Lumière. Un bonheur néoclassique très particulier : il raconte l’histoire des bagnards se retrouvant dans une jungle, où ils mettent des pièges de lumière pour attirer les insectes… Et une histoire d’amour fantaisiste s’esquisse entre un jeune bagnard, fabuleusement interprété par Zino Merckx, et une morphide ou papillon des tropiques, interprété avec une prestance altière et fantastique par Nine Seropian. Remarquons également un Iphias de Gaétan Vermeulen, à la belle ligne et réussissant ses sauts, entrechats et divers pas, avec une certaine légèreté… papillonnante.

L’orchestre a fait preuve d’un sens rythmique indéniable, sachant s’adapter rapidement aux spécificités des musiques de Holger Simon Paulli, Henri Sauguet et Jean-Michel Damase. Une soirée d’espoirs et de beauté, et aussi un outil pédagogique s’inscrivant dans le légat de l’ancien Directeur du Ballet de l’Opéra de Paris, Rudolf Noureev, qui insisté sur le fait qu’aux jeunes danseurs il fallait « donner à manger », donc les faire danser ! Un spectacle heureux et des jeunes talents prometteur… Bravo aux danseurs !

Compte rendu, ballet. Paris, Opéra Garnier, le 16 avril 2016. Spectacle de l’Ecole de Danse de l’Opéra National de Paris. Auguste Bournonville, Roland Petit, John Taras, ballets. Orchestre des Lauréats du conservatoire… Guillermo Garcia Calvo, direction musicale.

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