Compte-rendu : Ars en Ré. Salle de la Prée, le 19 mai 2013. Wagner : Der Fliegende holländer … Marc Minkowski, direction (version de concert).

Wagner portraitPoursuivant leur tour de l’île de Ré, les Musiciens du Louvre s’arrêtent de nouveau à Ars, dont Marc Minkowski parle comme le point central du festival, pour un nouveau concert à la Salle de la Prée. Le chef aborde Richard Wagner (1813-1883) et profite du bicentenaire de sa naissance pour programmer l’un de ses opéras les plus joués : Le Vaisseau fantôme. Pour Der fliegende Hollander, Wagner, auteur de son propre livret, s’est basé sur “Les mémoires de monsieur de Schnabelewopski”. Si l’ensemble a été écrit et composé entre 1840 et 1841, l’oeuvre n’a été créée que le 2 janvier 1843 à Dresde sous la direction du compositeur. Wagner réécrira encore quelques corrections en 1860 pour l’étoffer. Dans la première version, dont l’argument a été vendu à l’Opéra de Paris (l’opéra qui en découle signé Dietsch vient d’être recréé), Érik s’appelle Georg, Daland se nomme Donald et l’action se passe en Écosse et non en Norvège. Marc Minkowski a réuni en version de concert, une distribution internationale et globalement assez jeune. A part Vincent Le Texier dans le rôle titre, la plupart des chanteurs effectuent une prise de rôle.

 

 

Le Vaisseau Fantôme à Ars en Ré

 

En maudit des mers, Vincent Le Texier entame la complainte du hollandais “Die frist irstum, und abermals verstrichen sind sieben jahr” sans faiblesses. Si le timbre peut parfois paraître un peu gris, la voix est ferme et couvre bien la tessiture du rôle. Mais la jeune soprano suédoise Ingela Brimberg nous surprend davantage. Elle chante Senta pour la première fois à l’occasion de Ré Majeure et elle s’empare du personnage avec une autorité confondante. Sa ballade de Senta confirme un talent naissant à suivre désormais. Le ténor américain Éric Cutler est un Georg (Érick) honorable et la basse Mika Kares, le seul à chanter par coeur, n’est pas en reste. Bernard Richter (le pilote) et Marie Ange Todorovitch complètent avec bonheur la distribution de ce Vaisseau fantôme.

Déjà sur le pont avec la récréation des Fées (Die Feen), opéra de jeunesse méconnu mis en avant par le Châtelet, Marc Minkowski retrouve Wagner … Le vaisseau fantôme est un opéra d’un autre acabit et le résultat est, dans l’ensemble excellent. La direction du chef est dynamique ; le résultat est assez peu conventionnel, sur instruments d’époque, les sonorités surprennent parfois mais le résultat est globalement assez convaincant. Le finale est joué avec une intensité très forte qui fait ressortir toute la fureur des flots et le drame qui se noue en est encore plus terrible.

Ce Fliegende holländer part en tournée en France et en Autriche, on peut regretter que la salle n’ait été qu’aux deux tiers pleine. Le déplacement vaut cependant la peine, ne fusse que pour la très belle Senta de la prometteuse soprano Ingela Brimberg.

Ars en Ré. Salle de la Prée, le 19 mai 2013. Richard Wagner (1813-1883) : Der fliegende holländer, opéra en trois actes sur un livret du compositeur tiré du livre “Les mémoires de monsieur de Schnabelewopski”. Vincent Le Texier, Le Hollandais; Ingela Brimberg, Senta; Mika Kares, Donald/Daland; Éric Cutler, Georg/Erik; Bernard Richter, Le pilote de Daland; Marie Ange Todorovitch, Mary. Estonian Philarmonic Chamber Choir; les musiciens du Louvre-Grenoble; Marc Minkowski, direction.

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