Christian Zacharias et l’ONL jouent SCHUMANN

christian_zacharias_328LILLE, les 23 et 24 juin 2017. L’ONL, Christian Zacharias jouent Schumann. C’est le concert qui conclut le cycle Schumann de l’ONL Orchestre National de Lille pour cette saison 2016-2017. Christian Zacharias au piano (pour l’Introduction et Allegro appassionato, intitulĂ© aussi Konzerstuck)) et Ă  la tĂȘte de l’Orchestre (Symphonie n°2) pilote cette derniĂšre session oĂč l’intĂ©rioritĂ© requise colore le grand lyrisme Ă©perdu, Ă©chevelĂ© de Robert Schumann. En dĂ©but de programme, l’Ouverture, Scherzo et Finale (vraie petite symphonie, que Schumann songea Ă  nommer “symphonette”), alterne passages rĂȘveurs (EusĂ©bius) et moments endiablĂ©s (Florestan), quand l’Introduction et Allegro appassionato fait dialoguer soliste et collectif orchestral en ferveur, en douceur.

Dans sa DeuxiĂšme Symphonie, Schumann rĂ©invente l’écriture symphonique mais dans un mode allusivement autobiographique, comme le feront aprĂšs lui Bruckner et Mahler
 Luttant contre le dĂ©sordre psychique qui le ronge et dĂ©rĂšgle son gĂ©nie opiniĂątre, le compositeur parle de “la rĂ©sistance manifeste de l’esprit”. Rien de mieux pour proclamer la fin du cycle.

 

Le KonzertstĂŒck pour piano s’affirme comme l’autre concerto pour piano de Schumann. Au calme Ă  Dresde de 1844 Ă  1849, hors de l’agitation agressive de la vie musicale Ă  Leipzig, Schumann trouve de nouvelle forces vitales et un apaisement de ses crises mentales pour composer une nouvelle piĂšce alliant le piano, l’instrument de son Ă©pouse adorĂ©e, Clara, et l’orchestre qu’il sait manier avec une Ă©lĂ©gance Ă©nergique spĂ©cifique.
En 1849 naĂźt le KonzertstĂŒck pour Clara, l’épouse et l’artiste; la confidente adulĂ©e, la soliste applaudie dans toute l’Europe et la mĂšre de leur 8 enfants
 La partition est crĂ©Ă©e en fĂ©vrier 1850.

L’Introduction rend compte des beautĂ©s de la miraculeuse nature, face au dĂ©sordre de l’industrie humaine (rien n’a changĂ© de nos jours, voire en pire) : les arpĂšges printaniers du piano chante l’harmonie d’un monde perdu et menacĂ©, en tout cas fragile. ContrastĂ©, l’Allegro passionnĂ© chante la vigueur conquĂ©rante du hĂ©ros, portĂ© par un orchestre raffinĂ© oĂč brille l’élan des cors et des vents souverains. DurĂ©e indicative : 15mn

 

 

 

Symphonie n°2 de Robert Schumann, présentationschumann_robert
C’est l’opus symphonique oĂč Schumann affirme sa soliditĂ© psychique, sa pleine possession psychologique, une clairvoyance affirmĂ©e, proclamĂ©e. Admirateur du Beethoven combatif lui aussi, atteint, saisi au plus profond de lui-mĂȘme, Schumann veut dire sa victoire contre la fatalitĂ© et l’adversitĂ©. La Symphonie n°2 porte et cultive ce sentiment hĂ©roĂŻque. Robert semble nous dire : non je ne suis pas fou ! 
 toujours Ă©perdu, enivrĂ© par les beautĂ©s de ce monde et les forces mises Ă  disposition pour vaincre les Ă©preuves. L’opus est crĂ©Ă© Ă  Leipzig le 6 novembre 1846 — durĂ©e indicative : 44 mn.

Le Premier mouvement Ă©nergique requiert nerf et vivacitĂ©, flux organique impĂ©tueux d’oĂč peu Ă  peu Ă©merge la force primitive d’un esprit de conquĂȘte d’une irrĂ©sistible dĂ©termination : c’est un feu volacanique presque dansant que l’orchestre saisit avec une impatience candide Ă©chevelĂ©e : toute la force de vie d’un Schumann pourtant atteint s’exprime dans ce formidable portique d’ouverture.
Le Scherzo regorge lui aussi de belle vitalitĂ© mais ici de nature chorĂ©graphique: Ă  la fois dionysiaque et promĂ©thĂ©en. OĂč le feu promĂ©thĂ©en originel est transmis irradiant aux hommes. MĂȘme accomplissement total pour l’Adagio expressivo : plus intĂ©rieurs, recueillis, au bord du gouffre, bois et cordes en fusion Ă©motionnelle, s’épanchent par contraste. L’énoncĂ© Ă  la clarinette, flĂ»te/basson, hautbois
 accorde pudeur et sensibilité  puis l’alliance cordes/cor dit l’ascension et ce dĂ©sir des cimes, d’oubli et d’anĂ©antissement. C’est le retour rĂȘvĂ© Ă  l’innocence simultanĂ©ment Ă  des blessures secrĂštes.
Enfin dans le Finale s’impose la victoire de l’esprit ; la reprise d’une conscience recouvrĂ©e reconstruit dans l’instant une prodigieuse vitalitĂ© conquĂ©rante : l’ivresse d’un crescendo progressif d’une irrĂ©sistible effervescence affirme l’équilibre et la pleine clairvoyance du hĂ©ros.

 

 

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Cycle Robert Schumann, Concert « Orages et accalmies »

SCHUMANN
Ouverture, Scherzo et Finale
Introduction et Allegro appassionato
Symphonie n°2

Orchestre National de Lille
Direction et piano, Christian Zacharias

Vendredi 23 juin 2017, 20h
Lille – Auditorium du Nouveau Siùcle

En région
Samedi 24 juin 2017, 20h
Mouchin – Salle de sports
Pas de billetterie O.N.L / billetterie extérieure

 

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