CD événement critique. SCHUBERT : Sonate D664 – Impromptus D 935. Ferenc Vizi, piano (1 cd PARATY).

schubert-ferenc-vizi-3 CLIC de CLASSIQUENEWS critique cd review piano SCHUBERTCD événement critique. SCHUBERT : Sonate D664 – Impromptus D 935. Ferenc Vizi, piano (1 cd PARATY). Ferenc Vizi sait chanter et danser son Schubert avec un évidente fluidité bienheureuse, dès le premier mouvement de la Sonate D 664 opus posthume 120, à la fois insouciant et grave, présent et mélancolique. Le balancement entre les deux caractères se réalise grâce à un rubato naturel qui sait être puissant, voire âpre mais aussi d’une tendresse enchantée. Ces 11 mn premières, primitives installent un monde viscéralement onirique, très juste. L’Andante qui suit est pure interrogation suspendue, inscrite dans l’évocation d’un rêve presque conscient qui peut n’avoir jamais existé mais qui persiste dans la matière même du clavier interrogatif. Le toucher naturel, mesuré, sobre du pianiste captive tout autant. L’allegro fait couler une eau claire, vive, nettoyée de toute connotation (et de tout effet de manche comme de maniérisme stylistique), soit une valse jouée « droite », « objective », d’une intensité lumineuse qui roule, coule et murmure, en son irrésistible candeur chorégraphique.

 

 

 

Du ruisseau et de l’abîme schubertiens…
Ferenz VIZI révèle un Schubert incandescent, fulgurant

 

 

 

CLIC_macaron_2014Les 4 Impromptus D935 saisissent autant par leur naturel expressif sans aucun effet outrancier ; le clavier de Ferenc Vizi reste simple et clair, d’une articulation naturelle, rayonnant par cette sobriété, à la fois puissante et heureuse ; plus dramatique, l’alternance des épisodes enivrés, langoureux, et ceux plus inquiets, se réalise en un flux continu jamais heurté, d’une intonation fluide (N°1). Il fait jaillir la gravité à peine douloureuse et sur un tempo résolument allegretto, légitime, la mélancolie filigranée du N°2. Le chant enchanté du N°3 « Rosamunde Andante » diffuse un rêve d’une idéale insouciance où les qualités d’articulation, et la digitalité aérienne du pianiste déploient leurs arguments enivrés. Le tact et l’intelligence de l’interprète, suggestif et tendre, se révèlent particulièrement dans les reprises de l’Impromptu aussi long que le N°1 (soit plus de 11mn) : les variations sont jouées avec un génie évident de la caractérisation, y compris dans le versant plus grave du cycle. Dans sa quête de réconciliation, par son sens du mystère, ce cheminement entre ombre et lumière, foudroie. Enfin le N°4, conclusif, convainc par son tempo vif, précis ; le toucher tendre et mesuré qui fait surgir le chant intérieur du « ruisseau schubertien », enchâssé dans un scherzo à l’indomptable énergie, à la fougue qui foudroie et exalte permet un rapprochement avec… Mozart (Symphonie en sol n°40), qui s’élève et danse, avant de sombrer, net dans l’abîme. Magistrale conception de l’interprète. CLIC de CLASSIQUENEWS de ce début 2022.

 

 

 

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CD événement critique. SCHUBERT : Sonate D664 – Impromptus D 935. Ferenc Vizi, piano (1 cd PARATY). Enregistré Salle Colonne à Paris, mai 2020. CLIC de CLASSIQUENEWS janvier 2022.

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