CD événement, annonce. STRADELLA : La Doriclea (Il Pomo d’Oro, Andrea De Carlo, 3 cd ARCANA)

stradella doriclea cd critique de marco arcana critique opera stradella critique concerts opera classiquenews musique classiqueCD événement, annonce. STRADELLA : La Doriclea (Il Pomo d’Oro, Andrea De Carlo, 3 cd ARCANA). Suite de l’intégrale des œuvres lyriques de l’immense Stradella. Installé à Gênes depuis décembre 1677, Alessandro Stradella n’en poursuit pas moins une intense activité de compositeur d’opéras pour l’élite romaine (la famille Orsini par exemple) dont plusieurs opéras vénitiens sur la scène du Teatro de Tordinona.
Ainsi sur les livrets de Lelio Orsini, Stradella compose la musique des oratorios Ester, Santa Edita et probablement San Giovanni Grisostomo : 3 ouvrages déjà réalisés et enregistrés par Andrea De Carlo dans le cadre de son cycle exemplaire STRADELLA PROJECT. Pour Stradella, Flavio Orsini fournit le texte de l’opéra Il Moro per amore et sûrement celui de la Doriclea ici enregistrée…
La composition remonterait au milieu des années 1670, et jusqu’en 1677 au moment où Stradella fuit à Venise. Avant Stradella, Cavalli a composé une Doriclea (1645); puis Vivaldi conçoit sa propre Doriclea (1716) mais à part leur titre, les autres compositions n’ont rien de commun avec l’opéra de Stradella.
STRADELLA alessandro stradellaOrsini s’inspire des drames de capes et d’épée légués par les écrivains espagnols où deux premiers couples nobles, (Doriclea, Soprano / Fidalbo, contralto ; et Lucinda, soprano et Celindo, ténor) évoquent dames et chevalier de la petite noblesse dont les profils croisent intrigues amoureuses et joutes d’honneur. Un 3ème couple, plébéien (serviteurs, gouvernante, soldats…) incarne la seconde action plus comique : ici Delfina, contralto et Giraldo, basse qui sont plus âgés, plus expérimentés et porteurs de « sagesses » et leçons de vie, souvent mordantes et savoureuses (selon le mélnages des genres et le cynisme de l’opéra vénitien du XVIIè) ; tous ont des costumes contemporains à ceux des spectateurs.
Au comble de l’illusion et des travestissements, Lindoro (Fidalbo déguisé et envoûté) manque de tuer sa bien aimée Doriclea (finale du III) , et c’est finalement la gouvernante Delfina (et son bon sens) qui déjouant les quiproquos, sauve l’héroïne Doriclea des menaces d’un amour ensorcelé. Les trois couples célèbrent l’harmonie recouvrée en fin d’action.
L’action sentimentale se déroule à la campagne (environs de Rome) devant une assemblée princière choisie et plutôt intimiste dans un cadre pastoral au printemps ou en automne. Ici Fidalbo l’agent de la folie presque meurtrière à l’air le plus complexe (Chi sa dove dimori la beltà à l’acte II). Rebondissements en tous genres, cynisme et délire parodique, réalisme poétique mais grinçant sur les passions humaines, sens du drame et raffinement musical, La Doriclea de Stradella mérite absolument ce très convaincant enregistrement. Un opus majeur au sein du STRADELLA PROJECT défendu avec art et vivacité par Andrea De Carlo. Grande critique à venir dans le mag cd dvd livres de classiquenews.

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