CD, critique. BEETHOVEN : Symph. 5 et 6 – Orchester Wiener Akademie, Martin Haselböck (1 cd Alpha 2018 – 2019)

beethoven-symphonie-5-et-6-re-sound-beethoven-14492ce1-ed79-4467-a54d-69a23c4d3802-wiener-akademie-haselbock-cd-critique-concert-classiquenews-300-finalCD, critique. BEETHOVEN : Symph. 5 et 6 – Orchester Wiener Akademie, Martin Haselböck (1 cd Alpha 2018 – 2019) – Comme une certaine version de Tosca dont chaque acte était réalisé dans les lieux fixés par l’action, ici l’Orchestre de l’Académie de Vienne / Orchester Wiener Akademie poursuit à travers son cycle « Resound Beethoven » l’intégrale des Concertos pour piano et des Symphonies enregistrés dans les lieux de leur création. Les 5è et 6è symphonies dont il est question ici concluent cette traversée patrimonialement authentique : les deux symphonies sont donc enregistrées dans le lieu de leur création le palais Niederösterreich Vienne ayant été un formidable tremplin pour la carrière du jeune Ludwig qui avait quitté Bonn sa ville natale pour étudier avec Haydn dans la capitale Habsbourg. Les qualités de ce dernier enregistrement symphonique sont les mêmes que celles déjà constatées : épanouissement sonore, ampleur et souffle de la spatialisation qui rétablit dans leur écrin viennois, la formidable vitalité et l’esprit d’autodétermination des opus. 
L’abstraite et rien qu’énergique 5è ou symphonie du destin, puis la plus narrative mais pas que descriptive 6è « pastorale » : les deux partitions rendent compte idéalement du génie orchestral beethovénien. Formidable machine rythmique et pulsionnelle de la 5è (dont tout le flux prépare à l’éruption jubilatoire de l’Allegro final) ; captivante agrégation cellulaire qui dans la 6è, au fur et à mesure de son plan dramatique et organique, organise et structure le plan climatique de la symphonie.
haselbock-martin-resound-beethoven-orchester-wiener-akademie-cd-review-critique-cd-classiquenews-beethoven-2020Le chef viennois Martin Haselböck, organiste de formation, n’hésite pas à faire rugir les timbres, s’appuyant évidemment sur la très forte identité naturelle des instruments historiques ; à forcer le trait et la caractérisation de chaque pupitre, dont surtout les vents et les bois, parfois de façon outrée, au détriment des nuances. avec certains tutti nettement et curieusement épais. Mais cela ne manque ni de nervosité ni de tempérament. L’intensité et la volonté y sont extraverties, parfois furieusement mise en avant. C’est servir franchement l’impétuosité d’un Beethoven révolutionnaire. Pour autant le poète si délicat dans l’expression de la magie pastorale de la 6è est-il également défendu et audible ici ? Saluons la prise de son, idéalement spatialisée qui confère au IIè tableau de la Pastorale par exemple (Szene am bach / scène au ruisseau – andante molto moto) sa fluidité continue dans une ambiance réellement enveloppante. Tout n’est donc pas à rejeter ici, loin de là.

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CD, critique. BEETHOVEN : Symph. 5 et 6 – Orchester Wiener Akademie, Martin Haselböck / «  resound Beethoven », vol. 8 (1 cd Alpha 2018 – 2019)

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