CARAVAGE, l’inventeur du réalisme baroque

caravage-par-voltera-portait-classiquenewsARTE, dim 22 juil 2018, 11h30. CARAVAGE : anges rebelles. En 26 mn, comment raconter le génie révolutionnaire du peintre Caravage, « né pour tuer la peinture » disait son confère et cadet, le très classique Nicolas Poussin. Il est vrai que chez Michel Angelo Merisi, dit Il Caravaggio peint en clair obscur qui sculpte les chairs, irradie les visages très réalistes, souligne la vérité des sujets, véritable portraits, quand Poussin, français vivant à Rome, réinvente l’art lui-aussi mais en idéalisant de somptueux paysages néo attiques où des frêles figures semblent perdues dans une Nature éternelle qui les dépasse. Pas de sensation du plein air chez Caravage, mais une attention particulière sur le vérisme des visages. A ses débuts, dans les années 1580 et 1590, Caravage peint de suaves voire lascifs adolescents, souvent androgynes… Ses Bacchus, malade ou non, sont des autoportraits ou la sublimation de désir interdits que certains diront homoérotiques. Ce 22 juillet 2018, à 11h30, place aux années 1593 – 1595, celles des adolescents d’une rare séduction trouble: allégories de la jeunesse, emblèmes de l’automne à son apogée (Bacchus adolescent invite à l’ivresse … des sens ?) ou portrait secret d’un amour caché ? On sait que Caravage alors adulé et prisé par les amateurs romains, demeure le protégé du cardinal Del Monte, lequel affectionnait les jeunes beautés mâles et adolescentes. C’est l’époque où Caravage démontre sa maestrià réaliste, naturaliste (sublime corbeille de fruit dont il fait un sujet propre) et attachée à service la grandeur humaine : diseuse de bonne aventure, joueurs de cartes : le peintre le plus doué de sa génération, génie et inventeur, réinvente la peinture et crée des thèmes jamais épuisés après lui : il réinvente entre autres, le sujet du concert, repris après sa mort par les meilleurs Caravagesques dont Valentin de Boulogne, Tournier, et les nordiques dont Ter Brueggen et jusqu’à Vermeer… Emergence et essor d’une vision hors norme. Poussin avait tort évidemment : Caravage n’est pas né pour tuer la peinture mais au contraire, la réinventer, la régénérer, pour sortir de l’artifice maniériste (auquel il oppose la vérité du réalisme), et réussir l’éclosion du Baroque, dans sa lumière et ses mouvements mystiques.

 

 

 

 

 

 

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ARTE, dim 22 juillet 2018, 11h30. CARAVAGE par Hector Obalk : trilogie. Volet 1 sur 3 – 26 mn. Série documentaire. A suivre.

 

 

 

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Le jeune David, vainqueur de Goliath / Caravage (DR)

 

 

 

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Le Bacchus malade (Caravage lui-même en un autoportrait caché ? – DR)

 

 

 

 

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Portrait de jeune homme en Bacchus (DR)

 

 

  

 

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David et Goliath (autoportrait de Caravage en victime décapitée, DR)

 

 

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