Cadeaux de NOËL 2015 : la sélection de classiquenews

NOEL-2015-vignette-500Sélection cadeaux de Noël 2015. Comme chaque année pour les fêtes, la Rédaction de CLASSIQUENEWS se réunit et publie sa sélection de cadeaux pour les fêtes, un moment unique où le meilleur paru dans l’année écoulée, et le publié spécialement pour la fin de l’année, sont analysés, décortiqués par nos rédacteurs : il s’agit souvent des titres couronnés pendant l’année par un CLIC de classiquenews : la marque de l’excellence. Les célébrations ont aussi leur importance et pour 2015, bien  sûr les anniversaires Scriabine et surtout Sibelius pèsent dans le palmarès final, proposant pour l’occasion des opportunités à saisir (voyez les sublimes coffrets Sibelius ci après par des interprètes engagés dont on mesure toujours et encore la veine miraculeuse… Qu’offrir pour les fêtes, sans se tromper ? Voici la sélection cd, dvd, livres établie par la Rédaction de CLASSIQUENEWS.COM ….

Jusqu’au 13 décembre 2015, découvrez ici l’ensemble des cd et coffrets, dvd et livres à offrir pour Noël : 10 cd, 10 coffrets, 10 dvd et 10 livres … Retrouvez ici notre home dédiée cd, dvd, livres (pour ne rien manquer de l’actualité de la musique classique tout au long de l’année).

noel-2015-bandeau-582

 

cover CMPHB defPréambule. Vertus des clés d’entrée… vous voulez réussir votre accès au classique, nébuleuse déroutante par sa diversité. Deutsche Grammophon joue la carte de l’accessibilité décomplexée avec 2 offres / titres pour nous incontournables : la Playlist uniquement digitale “classique mais pas has been“, et surtout l’exceptionnel coffret miraculeux de 111 cd, réunissant les 2 écrins intitulés The Collector’s Edition 1 et 2 (discothèque de base idéale pour tous les mélomanes, néophytes et connaisseurs)…

 
 

Nos 10 coffrets de Noël

 

coffret-deutsche-Grammophon-111-111-cd-review-critique-classiquenews-CLIC-de-decembre-2015CD, coffret événement, compte rendu critique. The collector’s edition 1 et 2 (Deutsche Grammophon). Pour Noël 2015, Deutsche Grammophon publie une somme incontournable, en rééditant le fleuron de ses archives, célébrant 111 personnalités parmi les interprètes qui ont fait son catalogue depuis les origines : le livret du cycle 1 (rouge) présente l’historique d el saga DG depuis 1899 jusqu’en 2009 (11ème décennie de politique artistique et de réalisation discographique). Le méga coffret des 111 ans de Deutsche Grammophon est de fait une boîte miraculeuse. En 2009, Deutsche Grammophon célébrait son 111 ème anniversaire en publiant une première Edition Collector (“111, The Collector’s edition 1″ en rouge) en 55 cd, suivie en 2010 d’un deuxième volume  (“111, The Collector’s edition 2″ en jaune)  comptant 56 cd. Le clin d’œil n’a pas échappé au mélomane averti : le nombre de disques des deux coffrets réunis s’élève à… 111. Il fallait donc pour achever l’édition les réunir en un seul. Depuis leur publication de 2009 et 2010, les 2 éditions limitées sont épuisées … mais Deutsche Grammophon réédite pour NOEL 2015, les deux cycles en un seul coffret (événement). LIRE notre critique complète du coffret The collector’s edition 1 et 2 (Deutsche Grammophon)

stravinsky complete edition deutsche grammophon review presentation account of compte rendu critique CLASSIQUENEWS CLIC de classiquenews octobre 2015Coffret Stravinsky : complete edition (30 cd Deutsche Grammophon). Simultanément aux autres coffrets événement dédiés à Martha Argerich (the complete recordings on Deutsche Grammophon) et Sibelius à l’occasion du 150 ème anniversaire du compositeur finnois, DG nous gratifie en octobre 2015 d’un troisième somptueux coffret, celui là consacré à Igor Stravinsky, regroupant l’essentiel de ses bandes prestigieuses globalement très convaincantes pour une intégrale Stravinsky qui fera date. La boîte est d’autant plus miraculeuse et appréciée qu’elle ne correspond en vérité à aucune célébration particulière… C’est de l’aveu du responsable éditorial, l’aboutissement d’un travail de recherche de plusieurs années, Roger Wright, conscient dès les années 1990, quand il collaborait activement à l’enrichissement du catalogue de la major, de la richesse exceptionnelle du fonds Stravinsky chez DG. L’idée d’une intégrale discographique a donc très rapidement germé : elle se concrétise aujourd’hui, permise grâce à un jeu d’enregistrements réalisés en divers lieux, à différentes périodes… afin de constituer à terme, une intégrale digne de son intention première. LIRE notre critique complète du coffret Stravinsky complete Edition

stravinsky sony classical complete columbia recordings review critique compte rendu coffret stravinsky cd box review classiquenews CLIC de classiquenews decembre 2015 noel 2015CD, coffret événement. Coffret Stravinsky. The complete Columbia Album collection.  Sony classical édite pour les fêtes de fin d’année 2015, un somptueux coffret regroupant tous les enregistrements que le compositeur russe Igor Stravinsky réalisa pour la Columbia de 1940 à 1967 soit 56 cd (+ 1 dvd) composant une somme essentielle pour qui apprécie son œuvre et souhaite mieux comprendre son esthétique, en s’immergeant dans le geste du compositeur devenu chef et interprète de ses propres oeuvres. Le coffret rassemble ainsi les prises mono réalisées dans les années 1940 et 1950, puis celles en stéréo à partir des années 1960. Les oeuvres sont dirigées par Stravinsky lui-même ou son assistant Robert Craft, en présence du Maître. Certaines concernent des réalisations inédites d’autres remastérisées (24 bit / 96 kHz). 1 dvd complète le formidable legs discographique, évoquant les partitions de Stravinksy destiné au cinéma à Hollywood dans les années 1940. Le livret notice comprend en outre, la présentation des partition sainsi exhumées et revalorisées, ainsi qu’un article récent du musicologue américain, spécialiste de l’oeuvre stravinskienne : Richard Taruskin (« Je suis un chef d’oeuvre », Stravinsky en studio, traduction en français). Plusieurs thématiques passionnantes y sont abordées dont les commentaires duc compositeur chef sur l’interprétation de ses œuvres : que défendre exécution ou interprétation ? Une recherche iconographique spécifique apporte un autre argument visuel rappelant aussi la collaboration de Cocteau et d’Alex Steinweiss pour les couvertures originales des enregistrements… LIRE notre présentation complète du coffret Stravinksy : The complete Columbia collection (56 cd + 1 dvd)

Elisabeth Schwarzkopf Complete Recitals  952 1974 review compte rendu account of critique cd CLASSIQUENEWS noel 2015 Warner Classics CoverCD, coffret. Compte rendu critique : Elisabeth Schwarzkopf : The complete recitals 1952-1974. 31 cd Warner classicsTimbre affûté comme un diamant, sens inouï de la nuance vocale qui en fait une immense diseuse chez Schubert, Schumann, Wolf, la soprano polonaise née en 1915 qui demanda sa carte du parti nazi, Elisabeth Schwarzkopf (1915-2006) décolle véritablement au lendemain de la guerre après son procès en dénazification soit à l’automne 1946. C’est alors que la mozartienne (divine Elvira dans Don Giovanni en 1947 à Vienne) fait une trentenaire aux aigus rayonnants, à la diction précise et fluide, d’une sophistication ultime, ciselée comme un instrument à vent. Le coffret édité par Warner classics et qui regroupe tous ces récitals avec piano et orchestre, qui comprend aussi sur un seul disque, plusieurs extraits d’un même opéra (dont Troilus and Cressida de Walton sous la direction du compositeur en mai 1955), affirme à travers ces 31 cd, une distinction royale, artificielle et hautaine pour ses détracteurs ; millimétrée, subtile, idéale pour ses admirateurs. Voici “La Schwarzkopf” dans ses récitals intimistes ou orchestraux, de 1952 à 1974, soit jusqu’à presque 60 ans, preuve que l’intelligence de l’interprète a su affirmer en plus de la qualité de la voix,  par une gestion de carrière et des prises de rôles réfléchies, une longévité légendaire. LIRE notre critique complète du coffret Elisabeth Schwarzkopf The complete récitals 1952-1974

 

sibelius-edition-sibelius-coffret-14-cd-critique-presentation-review-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-4795102_Sibelius_Edition_Packshot

CD, compte rendu critique : coffret Sibelius edition (14 cd Deutsche Grammophon). Le 8 décembre 2015 marque les 150 ans de la naissance du plus grand compositeur finlandais post romantique Jean Sibelius (1865-1957). C’est aussi après Malher, l’artisan de la plus stimulante épopée symphonique du XXème siècle, aux côtés des Français Debussy et Ravel. Auteur d’un catalogue resserré porté par une exigence formelle de plus en plus radicale, le symphoniste fait évoluer le langage musical à l’époque de Mahler et après lui : Deutsche Grammophon édite en un coffret événement, l’héritage musical détenu dans ses archives sonore. Une somme incontournable qui souligne l’accomplissement de l’écriture orchestrale pure (7 Symphonies par Bernstein, Okko Kamu et surtout Karajan qui dirige ici les Symphonies 4,5,6 et 7). C’est aussi l’occasion de mesurer l’ampleur poétique de son cycle pour orchestre, choeur et solistes (soprano et baryton) :  Kullervo opus 7 (version originale par Jorma Panula, Turku Philharmonic orch), tous les poèmes symphoniques (En saga, Rakastava, Finlandia, l’excellente Chevauchée nocturne et aurore opus 55…), évidement le Concerto pour violon par Anne Sophie Mutter et André Prévin, sans omettre les subtiles mélodies pour basse et bartyon (solistes : Kim Borg et Tom Krause) ; le coffret comprend également la musique de chambre (Quatuor Voix intimes / Voces intime opus 56 (Emerson Quartet) et bien sûr les musiques de scène dont la Suite Christian II par Neeme Järvi (Gothenburg Symphony Orch), Pelléas et Mélisande opus 46 par Horst Stein et l’Orchestre de la Suisse romande ; les Scènes historiques I et II (opus 25 et 66), Scaramouche et Le Cygne blanc opus 54, surtout les deux Suites de La Tempête (Jussi Jalas, Hungarian State Symphony Orch). Un festival orchestral varié et affûté au service d’un maître de l’écriture symphonique dans la première moitié du XXème siècle. Les amateurs seront comblés, les curieux non encore convaincus, très intéressés et mis en appétit. Coffret «  Sibelius édition » , 14 cd Deutsche Grammophon. LIRE notre compte rendu critique complet du coffret SIBELIUS édition par Deutsche Grammophon

SEIJI-OZAWA-the-complete-warner-recordings-coffret-cd-review-comte-rendu-critique-CLASSIQUENEWS-juillet-2015-CLIC-de-l-ete-2015CD, coffret événement, compte rendu critique. Seiji Ozawa : The complete Warner recordings, 25 cd). Mère chrétienne, père bouddhiste, Seiji Ozawa est la synthèse Orient Occident, né le 1er septembre 1935 en Chine (province du Mandchoukuo, la Mandchourie alors occupée par les japonais), c’est l’enfant de métissages et de cultures subtilement associées dont la force et l’acuité, la sensibilité et l’énergie ont façonné une trajectoire singulière, l’une des plus passionnantes à l’écoute de son héritage musicale parmi les chefs d’orchestre du XXème siècle. Il partage avec le regretté Frans Bruggen, la même tension féline au pupitre, soucieuse de précision et de souplesse. une leçon de communication et de maintien, pour tous les nouveaux princes de la baguette, rien qu’à les regarder. LIRE notre compte rendu critique complet du coffret Seiji OZAWA, the complete recordings

Bernstein sibelius  remasterised edition the symphonies 7 cd sony classical compte rendu critique cd classiquenews juin 2015 sony88875026142CD. Coffret événement. Sibelius : the Symphonies, remastered edition (Leonard Bernstein, 1960-1966, 7 cd Sony classical. Leonard Bernstein, – comme c’est le cas de Mahler, est le premier chef à s’intéresser spécifiquement aux Symphonies de Sibelius : voici réédité en version remastérisée, le cycle des 7 Symphonies du compositeur finnois, première intégrale enregistrée au disque par le maestro quadragénaire (Bernstein est né en 1918). Depuis Anthony Collins dans les années 1950, et surtout Serge Koussevitsky pionnier et créateur pour Sibelius, il n’existait pas de cycles symphoniques dédiés aux Symphonies de Sibelius, en particulier de corpus spécifiquement enregistré. L’épopée visionnaire et fondatrice de Leonard Bernstein pour l’intégrale des Symphonies de Sibelius, en complicité avec le Philharmonic de New York, remonte à mars 1960 (7ème) et jusqu’à mai 1967 (6ème). C’est la première intégrale de l’histoire du disque. LIRE notre compte rendu critique complet du coffret Sibelius par Bernstein chez Sony classical

callas maria complete studio recitals 14 cd review critique cd classiquenewsCD, COFFRET Compte rendu critique. Maria Callas : The complete studio recitals 14 cd Warner classics. CLIC de CLASSIQUENEWS de décembre 2015. Voici en 11 cd, un cycle de tubes et de raretés, ceux de la super diva par excellence, qui se révèle bel cantiste et verdienne, coloratoura et française d’une distinction d’une justesse de style et d’une noblesse d’intonation, irrésistibles. La sélection s’achève en 1969 (sessions sous la baguette de Nicola Rescigno). Une leçon d’engagement inégalé qui ose, parfois se trompe mais toujours émeut par l’intensité de l’intention. Maria Callas est une diva qui se brûla les ailes… mais avant que la torche se consume, combien de rôles et d’incarnations brûlés, hallucinants. Le timbre brillant et félin, au legato infini, au souffle illimité, aux couleurs diverses et précises fait miracle dans ce florilège d’airs caractérisés, accompagnés par l’orchestre et toujours, l’intériorité tragique fait la valeur de l’actrice aux côtés de la cantatrice (ainsi sa Lady Macbeth dans l’air de somnambulisme (Una Macchia… de l’acte IV, avec le même Rescigno en 1958, reprise en 1960 avec Antonio Tonini à Londres…). LIRE notre compte rendu complet du coffret Maria Callas : The complete studio recitals 14 cd Warner classics

Nos 10 cd de Noël

 

cd dvd chopin elizabeth sombart cd concertos pour piano 1 et 2 resonnance cd review critique compte rendu royal philharmonic orchestra pierre vallet direction CLIC de CLASSIQUENEWS decembre 2015CD, compte rendu critique. Chopin : Concertos n°1 et 2. Elizabeth Sombart, piano (1 cd, 1 dvd – Fondation Résonnance, Londres, mai 2014). A Londres dans les studios Abbey Road, la pianiste Elizabeth Sombart (sur un Grand Fazioli, 278)  délivre un témoignage bouleversant dans deux œuvres emblématiques de son compositeur fétiche, Frédéric Chopin. Même si le Concerto pour piano n°1 est plus connu, notre préférence va au Second, pourtant composé avant le premier (1830). C’est que le jeu et le style intérieur, à la fois profond, impliqué mais d’une sobriété essentielle, en particulier dans le mouvement central (Larghetto) s’affirme par un sens de la respiration, de l’écoute intérieure que sa complicité avec l’orchestre et le chef porte jusqu’à incandescence et dans une subtilité irrésistible. Même la valse et la mazurka du dernier mouvement sont énoncées et ciselées avec cette caresse détaillée, ce détachement infiniment allusif qui éblouissent littéralement. LIRE notre compte rendu complet Concertos pour piano de Chopin par Elizabeth Sombart

Dorothea_Ro_schmann_Mozart_Arias_Sony_Classical_Daniel_HardingCD, compte rendu critique. Dorothea Röschmann : Mozart Arias (1 cd Sony classical). Le timbre mûr, éloquent, charnel et aussi trèsinvesti de la soprano allemande Dorothea Röschmann (née en Allemagne, à Flensbourg en juin 1967) nous touche infiniment : depuis sa coopération avec René Jacobs dans des réalisations qui demeurent éblouissantes (Alessandro Scarlatti: Il Primo Omicidio, entre autres – pilier de toute discographie pour les amoureux d’oratorios et d’opéras baroques du XVIIè), la chanteuse sait colorer, phraser, nuancer et surtout articuler le texte comme peu, avec une intelligence de la situation qui éclaire son sens de la prosodie. Un chant intérieur, souvent embrasé qui la conduit naturellement aux emplois lyriques évidemment mozartiens. LIRE notre compte rendu Mozart arias avec Dorothea Röschmann

PLUHAR - Cavalli HDCD, compte rendu critique. Cavalli : L’amore innamorato. Christina Pluhar, L’Arpeggiata (1 cd, 1dvd Erato, décembre 2014). D’emblée, disons-le net : voici assurément l’un des meilleurs enregistrements de L’Arpeggiata, ensemble d’instruments anciens fondé en 2000 par la théorbiste Christina Pluhar. Les fondamentaux du collectif musicien : articulation sensuelle et voluptueuse, verbe incarné, parure instrumentale généreuse… servent ici le compositeur le plus inventif de son temps à Venise et en Europe, après l’essor de Monteverdi (son maître dans la lagune). L’Arpeggiata, 15 ans en novembre 2015, sujet d’un festival événement salle Gaveau à Paris, les 14 et 15 novembre 2015, affirme une cohérence de son,  une plénitude interprétative qui fait particulier sens à l’endroit de Cavalli, roi de l’opéra vénitien au XVIIè. Le choix des airs réalisé par Christina Pluhar prend en compte la diversité enchanteresse du génie cavallien. Ce sont mille et une nuances émotionnelles entre abandon, langueur, extase et dolorisme voluptueux, qui s’accomplissent ici, en une surabondance de rythmes, portés, pour chaque séquence, par un instrumentarium des plus raffinés, … LIRE notre compte rendu complet du cd L’Amore innamorato de Francesco Cavalli par L’Arpeggiata

 
 

chopin seong jin cho cd deutsche grammophon review cd critique compte rendu nocturne chopin opus 48 : 1 classiquenewsCHOPIN TRANSCENDANT. Seong Jin Cho peut être un coréen comblé. L’asiatique dévoile chez Frédéric Chopin, une sensibilité idéale pour l’univers si exigeant du Romantique. Le 17ème lauréat du Grand Prix du Concours Chopin deVarsovie mérite amplement la distinction qui honore son jeune talent. Né en mai 1994 soit à 21 ans, le nouveau lauréat du Concours Chopin de Varsovie successeur à cette distinction de Arguerich, Zimerman, et plus récemment Wolf ou Trifonov dévoile un tempérament hors normes une profondeur et une gravité hallucinante qui révèle chez Chopin aux côtés de sa digitalité extravagante et saisissante, cette amertume implacable, ce gouffre tragique irrésistible et indicible qui aux côtés des percées explicitement rêveuses et de fait crépusculaires, c’est c’est à dire belliniennes, déconcertent tout autant par une ampleur de vue, une conscience du fatum d’une puissance et d’une carrure inédite qui souvent est gommée chez nombre de ses compétiteurs.  Son Chopin a non seulement de la pure magie virtuose d’un toucher d’une finesse extrême mais il sait construire et bâtir des paysages d’une âpre et furieuse mélancolie. CD. Seong Jin Cho, piano. Chopin : 24 préludes, Nocturne opus 48 (1 cd Deutsche Grammophon, octobre 2015)

 
 

CLIC_macaron_2014Le Concerto pour violon de SibeliusCD, coffret. Compte rendu critique. Sibelius great performances : Collins, Gibson, Rosbaud, Beinoum, Tuxen, Monteux… (11 cd). D’emblée l’affiche promet le meilleur en effet : complément au récent coffret Warner regroupant les versions historiques propres aux années 1930 (Sibelius : Historical recordings : 1928 – 1945 7 cd, CLIC de classiquenews lui aussi) et déjà en majorité britanniques (preuve d’un engouement phénoménal pour Sibelius chez nos confrères anglo-saxons dès avant la seconde guerre mondiale), voici la preuve que la faveur anglaise pour le Finnois après la guerre ne s’est pas démentie, et comme le prouvent ces archives Decca, dans les années 1950, a même gagné une flamme exceptionnelle : les Symphonies par Anthony Collins (auteur d’une intégrale londonienne entre 1952 et 1956, ou le Concerto pour violon par l’excellent, ardent, voire incandescent et super élégant soliste Ruggiero Ricci (1958) restent des accomplissements légendaires. Comme la fièvre millimétrée d’une irrésistible élégance (Monteux), d’un dramatisme détaillé (Gibson), des autres sibéliens qui sur le métier symphonique élaboré par un génie de l’écriture orchestrale, font preuve d’une égale implication sidérante. Aux côtés du LSO, le Concertgebouw d’Amsterdam (Beinoum) et le Berliner Philharmoniker (Rosbaud) affirment eux aussi un engagement suprême au service de partitions captivantes il faut bien le reconnaître. Aucun doute, mises en perspective, tant de lectures aussi passionnantes, confirment bien, aux côtés de la richesse diverse des interprétations, l’indiscutable génie de Sébelius, le plus grand symphoniste du XXè après Ravel, Mahler, Strauss.

sibelius great performances decca box coffret review critique compte rendu 11 cd compte rendu critique classiquenews

gens veronique melodies duparc hahn chausson alpha cd critique compte rendu review account of CLASSIQUENNEWS CLIC de classiquenews octobre 2015CD, compte rendu critique. Véronique Gens : Néère, mélodies de Hahn, Duparc, Chausson (1 cd Alpha, 2015). Maturité rayonnante de la diseuse. Le timbre s’est voilé, les aigus sont moins brillants, la voix s’est installée dans un medium de fait plus large… autant de signes d’un chant mature qui cependant peut s’appuyer sur un style toujours mesuré et nuancé, cherchant la couleur exacte du verbe. Prophétesse d’une émission confidentielle, au service de superbes poèmes signés Leconte de Lisle, Goethe, Gautier, Louise Ackermann, Viau, Verlaine, Maurice Bouchor, Baudelaire et Banville…, Véronique Gens captive indiscutablement en diseuse endeuillée, sombre et grave, d’une noblesse murmurée et digne. LIRE notre compte rendu complet album Néère : Hahn, Chausson, Duparc par Véronique Gens

saint saens cd concertos 2 et 5 cd review critique compte rendu louis schwizgebel BBC symphony orchestra cd Aparte critique sur classiquenewsCd, compte rendu critique. Saint-Saëns : Concertos pour piano n°2 et n°5. Louis Schwizgebel, piano (1 cd Aparté, 2015). Voilà une nouvelle réalisation discographique qui confirme le talent du jeune pianiste eurasien sino-suisse Louis Schwizgebel, claviériste vedette de l’écurie Aparté. Évidemment le fleuron de ce programme reste la prise la plus récente (avril 2015) du Concerto l’Égyptien n°5 en fa  majeur d’une prodigieuse séduction mélodique qui berce littéralement l’entente amoureuse piano /orcheste – union  complice qui est loin de s’affirmer dans le Concerto précédent n°2 où la  virtuosité hallucinante du soliste fait souvent cavalier seul auprès d’un orchestre fracassant et péremptoire. Dans le n°5,  a contrario la tonicité enivrée soliste, chef, instrumentistes éblouit littéralement dans ce Concerto, l’un des meilleurs de Saint-Saëns … LIRE notre critique complète du cd Saint-Saëns par Louis Schwizgebel

cavalli-heroines-ricercar-marianna-flores-alarcon-lattarico-cd-presentation-review-critique-2-cd-CLASSIQUENEWS-clic-de-classiquenewsCD, compte rendu critique. Francesco Cavalli : Heroines of the venetian baroque : Héroïnes du Baroque vénitien (2 cd Ricercar). Le propre de toute somme interprétative qui compte, est de déplacer, voire repousser encore et encore les lignes… Porteur et presque investi par l’exigence des premiers baroqueux (dont un disciple comme lui argentin, – et son premier maître-, : Gabriel Garrido), Leonardo Garcia Alarcon investit de nouvelles constellations : Garrido avait déployé une sensibilité remarquable chez Monteverdi (dont un passionannt Orfeo), Alarcon, son héritier spirituel, n’hésite pas ici à provoquer : estimant l’héritage montéverdien comme un sommet “maniériste” préludant au style qui l’intéresse ici, le maestro dévoile la richesse poétique de la lyre cavallienne, son récitatif plastique et sensuell d’un relief particulier, ses airs et ariosos inféodés au seul rythme du verbe dont ils articulent le sens et l’impact émotionnel : ainsi surgit ” Cavalli le classique “… LIRE notre compte rendu critique du cd Cavalli par Leonardo Garcia Alarcon

kaufmann jonas puccini cd classical sony review presentation account of CLASSIQUENEWS clic septembre 2015 cdCD, compte rendu critique. Jonas Kaufmann. Nessun dorma : The Puccini album (1 cd Sony classical, 2014). Outre la promesse et l’élan irrésistibles portés par une voix unique au monde aujourd’hui, Jonas Kaufmann nous montre quel puccinnien il est (après ses Verdi, Wagner, Schubert, et son récent programme de chansons berlinoises des années 1920 : “Du bist die Welt für mich…”) : dans ce nouveau récital romain de septembre 2014, sa force expressive et sa subtilité émotionnelle fusionnent ici et font le miracle de son Nessun dorma et aussi, surtout, de son Dick Johnson, rôle souvent caricatural à la scène (comme l’est le baron Ochs, cousin pourtant profond de la Maréchale, dans le Chevalier à la rose de Strauss, sublime contemporain de Puccinien). LIRE notre compte rendu complet de l’album Nessun dorma par Jonas Kaufmann

 

Nos 6 livres de Noël

 

 

hersant philippe portrait, entretiens editions cecile dufaut critique compte rendu classiquenewsLivres, compte rendu critique. Philippe Hersant, portrait d’un compositeur. Entretiens avec Jean-Louis Tallon (Éditions Cécile Defaut). C’est toujours un immense apport lorsqu’un compositeur de notre temps, de surcroît l’un des plus passionnants, se prête au dialogue, au jeu des entretiens (ici réalisés en juin 2014) ; dévoilant au fil des questions des facettes jusqu’alors imprécises, comme voilées, par l’absence de textes ou d’écrits réellement pertinents sur son œuvre. Le lecteur prend donc bénéfice de la confession, l’auteur se livrant par ses propres mots, sans le masque des convenances ou le truchement des médiateurs, à un exercice qui au fond recherche l’entente et la compréhension dans le partage, autour ou en immersion dans ses partitions. De tous les compositeurs “tonaux”, depuis la disparition des Greif et Lorentz (dont il se dit proche et admirateur), Philippe Hersant (né à Rome en 1948) reprécise donc ce que nous savions déjà : sa finesse pudique, son goût pour l’allusion et l’ambivalence voire l’interrogation énigmatique et mystérieuse (en particulier pour ses conclusions musicales), un net intérêt pour la peinture (révélant des lectures régulières des historiens de l’art, une complicité aussi avec son frère, grand spécialiste de la Renaissance…), son goût de l’allemand, langue inspirante quand elle est articulée par les grands poètes romantiques que sont Goethe ou Heine ; L’homme se dévoile en filigrane, entre les lignes d’une simplicité qui touche, malgré une timidité qu’il a su contrôler, n’hésitant jamais au plaisir de la rencontre avec le public quand il s’agit d’expliquer ses oeuvres ou de présenter telle ou telle pièce.

symetrie sistema gustavo dudamel abreu venezuela enfants orchestres livre critique compte rendu classiquenews isbn_978-2-36485-036-1Livres, compte rendu critique. Changer des vies par la pratique de l’orchestre, Gustavo Dudamel et l’histoire d’El Sistema par Tricia Tunstall. Traduction de Cécile Roure (Éditions Symétrie). Symétrie édite la traduction française du texte américain « Changing lives » de Tricia Tunstall (publié en 2012 par W. W. Norton, New York). A l’automne 2015, Cécile Roure en assure non seulement une traduction engagée et personnellement investie, mais aussi toutes les notes de bas de page, un texte d’introduction relevant d’un témoignage admiratif et sincère (Prélude : Gustavo et moi)et aussi surtout, lumineuse démonstration d’un modèle musical et social qui s’exporte jusque dans l’ancien monde, une Postface (“des orchestre de jeunes en France”), qui dessine de formidables perspectives précisant la fonction salvatrice de la musique classique sur la scène sociétale européenne. Ce dernier texte, totalement rédigé par la traductrice, s’avère en fait, aussi intéressant que le texte initial américain écrit en 2012 car il dresse en 2015, un premier bilan des initiatives en France, associant pratique de la musique orchestrale et éducation des jeunes en difficulté. Il revient aux particuliers ou musiciens de la société civile de relever le défi d’un vivre ensemble désormais possible grâce à la pratique d’un instrument au sein d’un orchestre : expérience salutaire dans bien des cas, qui refonde l’estime de soi et la confiance des jeunes, leur apprend l’exercice concret du vivre ensemble, impliqués dans un projet collectif où chacun ayant sa place, participe concrètement à la société humaine ainsi organisée.

 

divas richard martet XXeme siecle buchet chastel editions review critique compte rendu classiquenews decembre 2015Livres. Compte rendu critique. Les grandes divas du XXème siècle. Par Richard Martet. Éditions Buchet Chastel. Voix de femmes. Sopranos, mezzos, contraltos… voici 50 portraits de cantatrices parmi les plus mémorables et pour certaines (voire une grande majorité) légendaires, nées avant 1946 qui ont marqué par leur chant, leur style, la justesse des rôles incarnées, l’histoire si passionnante de l’opéra au XXème siècle. Evidemment l’apport (complémentaire) du cd (jusqu’à 7 h de musique) regroupant les airs célèbres des plus séduisantes apporte le témoignage sonore à l’évocation écrite, souvent précise, documentée, qui rétablit nombre de contre vérités.s les plus anciennes, telles Géraldine Farrar (née en 1882) à celles plus récentes, comme Edita Gruberova (née en 1946, la borne chronologique), sont évoquées avec un sens poussé du détail. Chacune idéalement restituée par ses choix précis de répertoire, sa tessiture de début de début et de fin de carrière, ses extravagances aussi… En intitulant son nouveau dictionnaire : “les grandes divas du XXème siècle”, l’auteur Richard Martet (actuel rédacteur en chef du mensuel Opéra magazine) inscrit aussi chaque personnalité dans son époque et vis à vis de ses admirateurs comme de ses “rivales”, éclaircissant certaines rivalités abusivement entretenues par public, critiques et medias, telles les frictions orchestrées entre Maria Jeritza et Lotte Lehmann, Elisabeth Schwarzkopf et Lisa della Casa, Renata Tebaldi et Maria Callas, …

prunieres henry editions symetrie critique compte rendu classiquenews isbn_978-2-85357-246-0Livres. Compte rendu critique. Henry Prunières (1886-1942), un musicologue engagé dans la vie musicale de l’entre-deux-guerres (Société française de musicologie). Dans la première moitié du XXème siècle, Henry Prunières (1886-1942)incarne un goût sûr et une culture ouverte dont la curiosité le conduit à poser les jalons d’une nouvelle musicologie à la française. Quand La Laurencie fonde en 1917, la Société française de musicologie, Prunières inspiré par Romain Rolland, soucieux de défendre une érudition accessible et généreuse, fonde de son côté la fameuse Revue Musicale en 1920 (avec le concours de son mécène Henry Le Bœuf) dont l’objectif est lié à ses propres affinités comme à sa démarche scientifique : développer la recherche musicale tout en la rendant facilement accessible par le grand public. A travers les divers chapitres de cette somme incontournable sur la sensibilité d’un homme que l’on peut considérer comme le fondateur de la musicologie moderne, se dessine une pensée unique par sa finesse et sa culture, un regard droit et distancié qui s’appuyant sur d’indéfectibles amitiés (“le mentor, l’ami” Rolland ; Ravel, Dukas, De Falla…) a fait fi des querelles intestines du petit milieu des chercheurs.

 

busch adolf viloniste frer de fritz busch biographie essai roman actes sudLivres, compte rendu critique. André Tubeuf : Adolf Busch. Le premier des Justes (Éditions Actes Sud). On connaissait déjà l’exemplaire biographie très documentée et finement contextualisée, signée Tully Potter (Adolf Busch, the Life of an Honest Musician, saga originellement en anglais, éditée en plusieurs volumes en 2010). Tubeuf reprend à son compte l’image angélique et vertueuse du maître de Yehudi Menuhin, Adolf Busch, frère cadet du fameux chef d’orchestre, lui-même divin mozartien. L’essai qui en découle souligne le profil moral et inflexible du musicien qui sut résister au nazisme. C’est un « juste » qui mérite bien ce texte hommage qui ressuscite une figure exemplaire à l’heure où tant d’artistes se mettent à l’écart de tout engagement politique et militant. Hitler et Goebels tentèrent comme ils le firent des personnalités germaniques de l’époque, de séduire le divin instrumentiste et d’en faire un ambassadeur de la propagande du Reich : de fait, Busch aux yeux azuréens, avait cette blondeur aryenne très séduisante pour les dignitaires nazis. Peine perdue car Adolf était un antinazi déterminé : dès 1933, il choisit l’exil pour ne jamais revenir sur sa terre natale tant que les barbares seraient en place. Il rejoint Bâle d’abord puis les Etats Unis en 1939, dans le Vermont où il mourra en 1951. Ni clandestin, ni complaisant, Busch choisit sans réserve de ne jamais transiger avec le pouvoir nazi quand d’autres plus ambivalents, allemands de souche, ont préféré demeurer en Allemagne, convaincus qu’en place ou en poste, ils pouvaient « résister » de l’intérieur (Furtwängler, Richard Strauss…).

carlson carolyne carlson actes sudLIVRES. Compte rendu critique. Carolyn Carlson, de l’intime à l’universel par Thierry Delcourt. Actes Sud, Beaux-Arts, Hors collection. Parution : Septembre, 2015 . Thierry Delcourt, psychiatre et psychanalyste, écrit un essai biographique consacré à « sa » chorégraphe fétiche : danseuse, calligraphe, poète et pédagogue Carolyn Carlson. Le texte révèle comme un témoignage affûté et argumenté les registres et moyens utilisés par la muse et la visionnaire Carlson pour exprimer et transmettre son univers créatif. Orfèvre de l’instant, régénérant son approche des formes chorégraphiques et scéniques depuis 50 années, Carolyn Carlson est ainsi exposée, expliquée, admirée sur le ton de la curiosité et de l’analyse volontairement objective. La construction de l’ouvrage respecte une lecture chronologique de l’héritage de la danseuse chorégraphe très inspirée par le bouddhisme (le présent rien que le présent). En apôtre d’une « poésie visuelle », la créatrice  se dévoile à demi mots par le truchement des éléments biographiques transmis au témoin biographe, éléments de son existence et de ce qui l’inspire, notamment les références à ses artistes favoris, peintres, poètes, et philosophes. Un questionnement original et bien trempé certes qui cependant a pu convaincre qu’il savait se tempérer et collaborer avec un peintre tel Olivier Debré pour le sublime Signes de 1997… rare accomplissement visuel entre peinture et chorégraphie.

Comments are closed.