BUDAPEST : György Vashegyi ressuscite Isbé de Mondonville (1742)

Jean-Joseph_Cassanéa_de_Mondonville_(original_replica)_by_Maurice_Quentin_de_La_TourBUDAPEST, 6 mars 2016. Isbé de Mondonville (1742, recréation). Nouveau volet majeur des recréations baroque françaises sous la direction du chef hongrois, György Vashegyi à Budapest. Initiateur de la redécouverte de Rameau à Budapest, le chef Vashegyi, ex assistant de John Eliot Gardiner, ressuscite le 6 mars prochain l’opéra oublié du grand rival de Rameau sous le règne de Louis XV, Isbé du provençal Joseph Casséna de Mondonville, né languedocien (1711-1772) dont le caractère flamboyant et raffiné illustre aussi l’âge d’or de la musique française des Lumières.  En témoigne son opéra Isbé, jouée en version de concert, et chanté à Budapest par un plateau de chanteurs français dont les deux voix à suivre particulièrement, celles de la soprano britannique Katherine Watson (Isbé) et l’excellent baryton Thomas Dolié (Adamas). Créé en 1742, Isbé est le premier ouvrage lyrique d’un Mondonville trentenaire, dramatiquement éloquent et instrumentalement généreux dont le génie de la caractérisation, la grande séduction orchestrale comme le sens des mélodies vocales devraient convaincre à Budapest. Isbé est une partition contemporaine de l’ascension du compositeur, personnalité devenue incontournable du Versailles de Louis XV (comme Colin de Blamont ou Destouches, il compose aussi plusieurs ouvrages pour les Concerts de la Reine, ainsi Isbé est joué devant la Reine dans ses petits appartement versaillais en juin 1742, après les représentations à l’Académie royale de musique) : nommé violoniste de la Chapelle et de la chambre, puis Intendant en 1744. Isbé précède ses grands succès lyrique tels que Le Carnaval du Parnasse (en réalité ballet héroïque, 1749) et Titon et l’Aurore (1753).
On connaît ses Grands Motets, révélés par William Christie, à la fois puissant et d’une bouleversante énergie funèbre, qui font surgir à l’église, la force expressive de l’opéra. Mondonville possède le sens du drame, le sens de la grandeur et tout autant, la profondeur comme l’équilibre. Maître de chœur de la Chapelle royale de Versailles, excellent violoniste (un portrait fameux de Maurice Quentin Latour daté de 1747, fixe ses traits souriants avec l’instrument), Mondonville fournit aussi la plupart de la musique pour les concerts très prisés du Concert Spirituel. C’est une immense personnalité du monde musical de la France des Lumières qui est ainsi réestimée grâce au chef hongrois qui de réalisation en programme, ne cesse d’affirmer ses affinités avec l’art baroque français.

 

 

 

 

vashegyi Gyorgy VashegyiEVASION. Un week end à Budapest avec Isbé de Mondonville. Mondonville, Isbé à Budapest, recréation (version de concert)
Budapest, Palais des Arts / Palace of Arts
Béla Bartok National Concert Hall
Dimanche 6 mars 2016, 18h-22h

La recréation d’Isbé de Mondonville profite de quelques chanteurs vraiment convaincants dont évidemment dans le rôle titre Katherine Watson (si la soprano articule son français) et le très naturel et souple baryton français Thomas Dolié (déjà écouté à Budapest dans Les Fêtes de Polymnie de Rameau en 2015)…

Katherine Watson, Isbé,
Chantal Santon-Jeffery, Charite, la Volupté
Blandine Folio-Peres, Céphise, la Mode
Rachel Redmond, L’Amour, une Bergère, Climène, une Nymphe
Reinoud Van Mechelen, Coridon
Thomas Dolié, Adamas
Alain Buet, Iphis,  Hamadryade 3
Artavazd Sargsyan, Tircis, Hamadryade 1, un dieu des bois
Márton Komáromi, Hamadryade 2
Purcell Choir
Orfeo Orchestra
György Vashegyi, direction musicale

 

 

VOIR aussi notre reportage vidéo JOUER MONDOVILLE A RIO par Bruno Procopio (septembre 2015)

William Christie dirige Mondonville

William Christie joue les Grands Motets de Mondonville (Versailles, octobre 2014)

 

 

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