Biographie. Telemann (1681-1767)

Biographie. Telemann (1681-1767). NĂ© en 1681 et mort en 1767, Teleman vivra en 2017, son 250ème anniversaire : une opportunitĂ© pour cĂ©lĂ©brer le gĂ©nie de ce compositeur qui certes en Allemagne du nord est bien connu, Ă©toile musicale Ă  Hambourg, vĂ©ritable esprit synthĂ©tique Ă  l’Ă©poque de Jean-SĂ©bastien Bach et comme ce dernier particulièrement admirĂ©, et davantage encore que le director musices de Leipzig car Telemann fut vĂ©nĂ©rĂ© tel un dieu vivant, affirmant l’intelligence d’une pensĂ©e musicale, celle du plein baroque, avant les prĂ©mices du classicisme et du romantisme, en somme l’exact contemporain du français Rameau et comme lui, le dernier jalon marquant du baroque impĂ©tueux, expressif, universel.

 

 

Telemann, génie du Baroque germanique

 

 

TempĂ©rament puissamment original, Telemann impose sa grande culture musicale et sa pensĂ©e Ă©clectique dans l’Allemagne du nord. Il sert comme Kapellmeister dans diverses cours saxonnes puis devient surtout l’Ă©minence incontournable de la citĂ© de Hambourg, comme Kantor du Johanneum, Ă  partir de 1721, soit Ă  40 ans. En auteur avisĂ© et organisĂ©, il coordonne immĂ©diatement la parution de ses oeuvres, destinĂ©es aux amateurs et cĂ©nacles lettrĂ©s d’oĂą sa renommĂ©e europĂ©enne prĂ©coce : en homme des Lumières et personnalitĂ© musicale, Telemann correspond sa vie durant avec les grands penseurs et thĂ©oriciens de son temps : Haendel, et les Bach, père et fils, Jean-SĂ©bastien et CPE (son filleul). AutoritĂ© incontestable, Telemann incarne une manière de modèle europĂ©en, bien au dessus de JS Bach Ă  son Ă©poque, influençant toute la nouvelle gĂ©nĂ©ration qui suit : Pisendel, Fasch, Heinichen, Graupner… Ses Ă©crits thĂ©oriques marquent profondĂ©ment la recherche de Mattheson, Quantz, Agricola, entre autres.

LEIPZIG : première consĂ©cration. A 10 ans, Telemann maĂ®trise le violon, la flĂ»te, le clavier ; c’est un jeune prodige qui Ă  12 ans compose son premier opĂ©ra : Sigismundus. MalgrĂ© la profonde et tenace rĂ©ticence de sa mère, Telemann s’obstine avec raison dans la musique dont il fait sa vocation. Ses premières Ĺ“uvres dĂ©voilent une connaissance approfondie de Agostino Stefani (rĂ©cemment ressuscitĂ© par Cecilia Bartoli), comme celle de gĂ©nies du XVIIè,  RosenmĂĽller, Corelli et Caldara. Inscrit en droit Ă  Leipzig en 1701, pour plaire Ă  sa mère, Telemann n’en oublie par pour autant de recontrer le jeune Haendel Ă  Halle.
Le maire de Leipzig saisi par son Psaume chantĂ© Ă  l’Ă©glise Saint-Thomas, lui commande immĂ©diatement un cycle de cantates, au grand dam du directeur musical de la ville, Kuhnau, rĂ©cemment nommĂ©. Telemann audacieux et entrepreneur, organise une sĂ©rie de concerts publiques oĂą joue un ensemble de musiciens Ă©tudiants prĂŞts Ă  le suivre (Collegium Musicum) ; très vite, son exceptionnel talent de compositeur lui rĂ©serve offres et propositions : il devient directeur de l’OpĂ©ra de Leipzig, compose plusieurs ouvrages lyriques, embauche les Ă©tudiants hambourgeois, chante lui-mĂŞme. En 1704, Telemann abandonne son poste Ă  l’OpĂ©ra pour devenir organiste Ă  la Neukirche.

IndisposĂ© par les remontrances du jaloux Kuhnau, Telemann quitte Leipzig en 1705 pour… la Cour italianisante du Comte Erdmann II de Promnitz (Ă  Sorau, actuelle Zary) oĂą la prĂ©dominance simultanĂ©e du style français stimule le compositeur. Il se perfectionne alors dans l’ouverture Ă  la française dont il passe pour le maĂ®tre absolu. La proximitĂ© des Ă©lites et intellectuels de Berlin, le marque alors mais son sĂ©jour est interrompu lorsque sous la menace d’une invasion suĂ©doise, le Cour du Prince Promnitz est dissoute.

Bach Ă  Eisenach, 1706. Telemann rejoint alors la Cour d’Eisenach oĂą il dirige les chanteurs comme Konzertmeister. C’est lĂ , entre 1706 et 1708 qu’il rencontre Jean-SĂ©bastien Bachn bientĂ´t sur le dĂ©part pour Weimar (1708). Telemann livre alors tout un nouveau cycle de cantates et pièces de musique de chambre. Pour Eisenach, Telemann livra jusqu’en 1729, nombre de compositions, prolongeant encore sa riche participation Ă  l’activitĂ© de la ville.
A Francfort sur le Main, le compositeur dĂ©veloppe davantage son activitĂ© urbaine et mondaine comme directeur de la musique, composant nombre de musiques de circonstance, entre autres pour les concerts hebdomadaires du Collegium Musicum local. FĂ©cond, le musicien Ă©crit musiques de mariage et de cĂ©lĂ©brations diverses, oratorios et cantates; tout en poursuivant son activitĂ© de compositeurs d’opĂ©ras pour… Leipzig.
En 1717, le duc Ernst de Gotha lui offre le poste de Kapellmeister de toutes ses cours : Telemann assoit encore son statut et sa renommĂ©e. A Dresde en 1719, pour le mariage d’Auguste II et Maria Josepha d’Autriche, il retrouve Haendel et Ă©crit pour le violoniste Pisendel.

 

 

HAMBOURG, 1721. ConsĂ©cration, reconnaissance, transmission… NommĂ© directeur musical de la ville d’Hambourg, Telemann atteint une position particulièrement exposĂ©e et enviable, lui assurant prestige et confort matĂ©riel. Pour autant, ses nouvelles fonctions ne sont pas de tout repos car il doit fournir l’ordinaire musical des 5 Ă©glises de la ville (soit comme JS Bach Ă  Leipzig : 2 cantates hebdomadaires inĂ©dites, 1 Passion par an… !, assurer un service d’enseignement.
Telemann insista aussi pour Ă©crire des opĂ©ras pour le Théâtre Lyrique de la ville : son ouvrage Der Geduldige Socrates / La Patience de Socrate, pourtant admirablement construit, ne suscita pas un enthousiasme dĂ©bordant de la part des autoritĂ©s. Un violent diffĂ©rent survint et Telemann menaçant de dĂ©missionner, se prĂ©senta au concours pour le poste de directeur musical Ă  l’Ă©glise Saint-Thomas de Leipzig en 1722. Il remporta naturellement la compĂ©tition oĂą se prĂ©sentait aussi JS Bach et Graupner, finalement dĂ©boutĂ©s. Inquiète et dĂ©stabilisĂ©e, la municipalitĂ© de Hambourg sut rĂ©agir pour garder son compositeur officiel : traitement augmentĂ©, participation aux opĂ©ras : Telemann qui laissa ainsi Leipzig Ă  JS Bach, avait gagnĂ© la partie.
ConfirmĂ© et renforcĂ©, Telemann Ă  Hambourg favorise l’essor de l’activitĂ© musicale dans la citĂ© : livrant les partitions obligĂ©es par son office, mais aussi donnant un cycle multipliĂ© de concerts dans la taverne “Lower Tree-House” oĂą il prĂ©sente ses dernières crĂ©ations avec une libertĂ© crĂ©ative en liaison avec sa certitude comme artiste reconnu. Telemann prend aussi la direction de l’OpĂ©ra de Hambourg, jusqu’Ă  la fermeture de l’Ă©tablissement en 1738.  Il programme ses ouvrages mais aussi ceux de Keiser et de Haendel (un ami estimĂ© auquel il adresse des bulbes de tulipes). Eclectique et prolixe dans diverses formes, Telemann compose aussi des opĂ©ras comiques (Pimpinone de 1725).
Telemann georg philipp telemannEditeur de ses propres oeuvres, Telemann organise et coordonne la publication de ses partitions, jusqu’en 1740, participant Ă  la diffusion de son style et donc Ă  sa renommĂ©e europĂ©enne (dont en 1728, un recueil de 72 cantates…, ou un recueil imprimĂ© Ă  Paris en 1738, les Nouveaux Quatuors). Le rayonnement de son Ĺ“uvre Ă©ditĂ©e impose l’Ă©clat et le succès populaire d’une Ă©criture accessible, pourtant virtuose, aux difficultĂ©s mesurĂ©es, au caractère galant de l’inspiration… très soucieux de la dĂ©fense de ses droits (en cela prĂ©curseur de Richard Strauss), il rejoint Paris en 1737 pour y piloter directement la publication de sa musique de chambre. Les Ă©diteurs parisiens Boivin et Le Clerc furent rappelĂ©s Ă  l’ordre par le compositeur qui n’avait pas donnĂ© autorisation Ă  l’Ă©dition de ses Sonates en trio et d’autres recueils. AvisĂ©, interventionniste, Telemann publia directement ses oeuvres, unanimement apprĂ©ciĂ©es par les français, et applaudies au Concert Spirituel.
A partir de 1740, le pĂ©dagogue et thĂ©oricien supplantent l’activitĂ© du compositeur, lequel honore cependant Ă  Hambourg, les obligations de sa charge (Passions et cantates de circonstance…). Telemann s’interroge sur le moyen de la transmission (indication des ornements, interprĂ©tation des recitatifs…) autant de sujets dĂ©veloppĂ©s dans ses recueils thĂ©oriques qui offrent un Ă©clairage dĂ©cisif pour l’interprète moderne et sur la façon de jouer sa propre musique. PensĂ©e conceptuelle autant que pragmatique, Telemann Ă©crit dans la dernière dĂ©cennie de sa longue et prodigieuse carrière, plusieurs drames lyriques inspirĂ©s des oratorios de Haendel.  Nouveaux dĂ©fis qu’aima cultiver l’infatigable auteur jusqu’Ă  son dernier souffle.

 

 

 

AGENDA TELEMANN 2016
Avant l’annĂ©e commĂ©morative (2017, soit les 250 ans de la disparition du compositeur gĂ©nial), Opera Fuoco, la compagnie lyrique crĂ©Ă©e et dirigĂ©e par l’excellent David Stern prĂ©sente l’opĂ©ra mĂ©connu mais splendide Damon au Théâtre de Magdeburg (Allemagne) en version scĂ©nique (Aron stiehl, metteur en scène), les 12, 13 18 et 19 mars 2016.

DISCOGRAPHIE

telemann theatre musical les masques olivier fortin ouverture don quixoote burlesque review cd critique cd classiquenews CLIC de novembre 2016 AJ0256CD remarquable. Les Masques emportĂ©s par Olivier Fortin subliment le gĂ©nie dramatique et poĂ©tique de Telemann : cd exceptionnel intitulĂ© “Théâtre musical de Telemann”, CLIC de CLASSIQUENEWS, Ă©ditĂ© en novembre 2016. LIRE notre critique complète du cd le Théâtre musical de Telemann par Olivier Fortin et Les Masques (1 cd Alpha)

 

telemann giovanni antonini cd alpha concerto suite chalumeau review critique cd classiquenews 3760014192456_600CD, compte rendu, critique. TELEMANN : oeuvres concertantes pour flĂ»te, deux chalumeaux… Il Giardino Armonico. Giovanni Antonini (1 cd Alpha). Voici en cette fin d’annĂ©e 2016 et prĂ©ludant Ă  l’annĂ©e Telemann 2017 (250ème anniversaire de la mort : LIRE notre dossier spĂ©cial Telemann 2017), un disque miraculeux, dĂ©diĂ© aux talents multiples du compositeur de Hambourg, lequel dans sa biographie paru dans la ville hansĂ©atique en 1740, alors qu’il en est le directeur de la musique, c’est l’un des postes les plus enviables en Europe-, prĂ©cise qu’il a « appris avec enthousiasme Ă  jouer des instruments Ă  clavier, du violon, de la flĂ»te. Et Ă  prĂ©sent, je me consacre Ă  l’apprentissage du hautbois, de la flĂ»te traversière, du chalumeau, de la viole de gambe et mĂŞme de la contrebasse et du trombone ». Rien de moins. Telemann douĂ© en tout, accomplit des trĂ©sors d’inspiration et de raffinement, … En LIRE +