Glenn Gould, au-delà du temps, de Bruno Monsaingeon Arte, Lundi 13 octobre 2008 à 22h30

Glenn Gould
Au delà du temps

Arte
Lundi 13 octobre 2008
à 22h30

Documentaire de Bruno Monsaingeon (52 mn, 2006)

Qui est Glenn Gould ?

Comment expliquer la fascination que l’interprète
mais aussi l’homme ont suscité auprès d’un public qu’il a décidé, en
1964, de mettre à distance ? Bruno Monsaingeon avec lequel le pianiste
canadien a coréalisé plusieurs films essentiels pour comprendre son
approche interprétative, nous offre au travers de regards multiples,
grâce aux témoignages surtout de ses « fans », un portrait de l’homme.

Par
la voix du comédien Mathieu Amalric, Gould se raconte : sa famille, sa
mère organiste, ses premiers concerts, son travail surtout. Homme de la
nuit, homme du montage et de l’enregistrement, il n’aura cessé en
définitive de revenir toujours sur la perfection de son jeu. Sous
l’oreille attentive du micro (réglé par la firme CBS) : multiplier les
options, n’en trouver qu’une viable ; explorer le mystère de l’œuvre ;
s’identifier au compositeur et par un phénomène d’identification qui
confine à la transe, ne faire qu’un avec la pensée de l’auteur, Bach en
particulier, et transmuer l’approche de l’interprète en acte de
composition.

On ne saurait rassembler ailleurs, documents
d’archives et témoignages aussi complets et même émouvants : chacun
raconte son rapport à la musique grâce à Gould. Une expérience dont
chaque individu ne sort pas indemne : héritage actuel que l’artiste
n’aurait certainement pas renié tant son « art » ne s’adresse pas à la
foule (phénomène collectif qu’il détestait) mais à l’individu. Rapport
intime et d’introspection partagée qui atteste de sa quête originale
qui, au-delà de l’exigence technicienne et technologique, -combien de
temps passé à penser la musique, à exercer ses doigts sur le piano,
puis à monter et démonter les bandes enregistrées ?- pour obtenir du
sens.

L’homme qui a fait de l’enregistrement en studio une
seconde langue musicale, n’espérait qu’un résultat :
l’approfondissement et la réalisation d’un travail spirituel sur la
matière musicale. Lui-même convaincu de l’au-delà, tentait d’approcher
cette idée d’absolu, ce qui confère à son travail, sa signification
quasi mystique. Ses entretiens filmés, son approche en particulier des
dernières fugues de Bach, ce rituel devenu célèbre où il jouait contre
le clavier, sur une chaise basse aux pieds avant surhaussés, en
chaussettes, nourrissent le portrait sacralisé de l’interprète.
Cet
aspect mystificateur de l’homme et de son « œuvre » est à mettre en
rapport avec ce que dit Bruno Monsaingeon dans un récent entretien,
paru dans les colonnes de notre confrère Diapason (mai 2006) : « Mais
pour le plupart des gens, il y a chez Gould une dimension
philosophique, quelque chose qui dépasse de loin la sphère musicale.
Les problèmes qu’il pose sont d’ordre universel. C’est un phénomène
christique.
»

Arte rediffuse un documentaire indispensable dont le scénario exprime avec pudeur et justesse, le coeur du travail de Gould. Lire notre critique du film paru au dvd en septembre 2006 : Glenn Gould, au-delà du temps de Bruno Monsaingeon (1 dvd Idéale Audience)

Ambronay (01). Abbatiale, le 3 octobre 2008. Georg Friedrich Haendel: Theodora, 1750. Christoph Spering, direction

La constance des justes

C’est un peu l’histoire de Tristan et Yseult… mais sur le mode sacré: Theodora et Didymus forme dans l’oratorio de Haendel, un couple continûment languissant, juste et vertueux dont la constance, exemple moral, touche à l’aveuglement et les conduit à leur perte. Pas d’effets de théâtre, ni de surenchère passionnelle, mais l’intense fascination d’une intrigue fondée sur un drame chrétien plutôt contemplatif. Martyrs dans ce monde, les deux amoureux sont “libérés” par la mort; le sacrifice de leur vie, les fait “élus” et modèles absolus… s’ils ne peuvent réaliser leur quête spirituelle sur terre, Theodora et Didymus pourront dans le ciel, s’aimer sans contraintes.

On peut demeurer déconcertés par l’absence quasi totale d’action; on peut aussi être saisis par la lente et inéluctable progression de cette apologie édifiante de la dévotion chrétienne dont Haendel fait son sujet principal: princesse romaine, Theodora s’est convertie au christianisme. Sa foi inébranlable quoique parfois tourmentée par le doute au regard de la dureté des épreuves qui lui sont imposées, la glorifie et entraîne aussi ses proches (dont surtout Didymus, lequel par amour la suit jusqu’au sacrifice final). Pour eux, l’apothéose des chrétiens suppliciés et humiliés… Près de 3 heures de récitatifs et d’arias, entrecoupés par l’intervention des choeurs (païens et chrétiens), constituent donc une geste baroque fleuve, véritable fresque imposante par sa durée et sa construction plus psychologique que vraiment dramatique, dont le cours mystifie peu à peu la figure de l’héroïne. Autour d’elle, et de Didymus, paraissent leurs “adorateurs”: Irène, admirative, et dans une moindre mesure l’ami de Didymus, Septimus, qui cependant reste captivé par l’exemple de loyauté morale que lui offre à méditer le jeune romain, lui aussi converti.

Première à Ambronay pour Christoph Spering et ses instrumentistes (Das Neue Orchester, fondé en 1988), et choristes (Chorus Musicus Köl, créé en 1985) : les interprètes abordent pour la première fois l’avant dernier oratorio de Haendel (avant Jephté). D’une partition qui témoigne, et de la dernière manière du Saxon, et de son mysticisme catholique ardent (dont découla une relative incompréhension des spectateurs à la création, car la plupart était protestants), le chef et son équipe, désormais reconnus pour leur approche vivante et détaillée des textes, ajoutent un surcroît de nervosité musclée, de tension dramatique qui ne faiblissent jamais. Dans l’ascétisme musical auquel s’est conformé le compositeur, Christoph Spering impose sa manière: vive, souvent exaltée, ample et lumineuse. Chaque protagoniste est finement traité: on peut rêver Septimus moins neutre (quoique d’une fluidité vocale impeccable), mais les trois personnages principaux: Valens, Theodora, Didymus sont bien caractérisés. Dès le début où Haendel “diabolise” la laideur païenne, son intolérance et sa barbarie cruelle, le baryton-basse Johannes Weisser incarne en Valens, ce président des Antioch, haineux et agité, en proie à toutes les nuances de la méchanceté sadique. Assurance, tempérament, relief linguistique (l’oratorio est chanté en anglais), voici la figure du maléfique que Haendel sait placer en un fort contraste psychologique aux côtés de la douce, digne et vertueuse Theodora. Les autres solistes sont loin de démériter: ils imposent une présence dramatique constante, aux côtés du choeur d’un exceptionnel engagement. Rien à reprocher à ce travail impeccable dans l’accentuation comme dans les couleurs qui accrédite la lecture de Spering, en nous rappelant que nous tenons là, l’équivalent germanique, sur instruments d’époque, d’un Gardiner et d’un Herreweghe.

Ici le souci de l’articulation sert le texte et la progression de l’action psychologique: portés par l’espérance d’un miracle comme l’opéra ou la musique savent le préparer, les spectateurs attendent la clémence de Valens. Chacun souhaite une fin heureuse pour le couple des tendres chrétiens… D’autant que le dernier choeur des païens, jusque là associés au timbre “diabolique” des cors, semblent éprouver, enfin, de la compassion devant leur abnégation mystique, d’une étonnante constance. Mais c’est bien la tragédie qui imprime à la partition sa terrifiante conclusion: pas de rémission terrestre pour les justes. Theodora et Didymus périssent sans jamais douter de la foi qui les réconforte. Superbe leçon de droiture morale et spirituelle à laquelle l’équipe menée par un Spering des grands soirs, sait apporter souffle et humanité.

Ambronay (01). Abbatiale, vendredi 3 octobre 2008. Georg Friederich Haendel (1685-1759): Theodora, (Londres, Covent Garden. Le 16 mars 1750). Textes de Thomas Morell. Anna Korondi, Theodora. Juliette Galstian, Irène. Johannes Weisser, Valens. Didymus, AlexPotter. Andreas Karasiak, Septimus. Das Neue Orchester, Chorus Musicus Köln. Christoph Spering, direction.

Illustration: Christoph Spering (DR). Christoph Spering dirige Theodora de Haendel à Ambronay © Patoch, Ambronay 2008

Ambronay (01). Abbatiale, jeudi 2 octobre 2008. Sur les arbres en fleurs: Schubert, Hersant (Helldunkel: clair obscur, création mondiale). Les Solistes de Lyon. Bernard Tétu, direction.

Familier d’Ambronay

En 2008, le Festival d’Ambronay célèbre la femme tout en suscitant l’écriture contemporaine, en particulier la création d’un cycle de sept pièces pour chœur et viole de gambe de Philippe Hersant. C’est dire la vitalité d’un événement capable de se renouveler en associant poésie baroque et sensibilité de notre temps.
Le compositeur Philippe Hersant est déjà familier du Festival. On se souvient de Falling Star, mis en perspective avec Purcell, en un effet de passerelle hypnotique grâce au talent (déjà) de Bernard Tétu et de ses Solistes de Lyon. Il s’agissait en 2004 d’une oeuvre nouvelle en hommage à Olivier Greif. En 2008, même phalange chorale et solistique, dans un programme là aussi, totalement inédit qui s’inspire des poèmes de Catharina Regina von Greiffenberg, mystique du XVIIème dont l’exaltation des images, les facettes de la ferveur, indiquent une puissante prière, ciselée entre ombre et lumière. D’ailleurs, le concert est entièrement dévolu aux magnificences secrètes des contrastes, brumes suggestives, immersion dans la vie intérieure, nappe suspendue des ombres mystérieuses, éclairs exclamatifs : ainsi paraît dans l’Abbatiale, tout un monde flottant, incandescent et intime qui s’inscrit, en une cohérence stimulante, entre Schubert et Hersant. Entre ces deux sensibilités se déploie un imaginaire captivant, sensations du pli et du repli grâce tout d’abord, au jeu très affirmé du jeune pianiste, Jonas Vitaud qui remplace Bertrand Chamayou, finalement indisponible.

Schubert sacré

Pour planter le décor de la scène intérieure, rien de plus approprié qu’un Impromptu de Schubert (D 935) : l’ample nef de l’Abbatiale d’Ambronay devient caisse de résonance où s’expriment entre sentiment et souvenir, temps présent et temps de la nostalgie, les réitérations tendres (Sensucht). Mais en étroite relation avec la thématique et le lieu, Bernard Tétu sélectionne un chapelet de partitions peu écoutées qui précisent le Schubert sacré. Voici donc les étapes d’une Schubertiade fervente… jusqu’à la scène dramatique triomphale, où se détache du choeur la soprano Kiyoko Okada, dans le chant de Myriam, suggérant la noirceur punie de l’Impi, fût-il Pharaon… Voilà qui renouvèle l’image du Schubert bien sage et timide, et le fait entrer dans le monde de l’opéra. Ce sont en affinité avec le lieu patrimonial, la fervente caresse du Tantum ergo sacramentum (Un si auguste sacrement…) D 962 (à la fois chant solennel et grave) ; l’imploration pour voix féminines du Chant d funèbre des Vierges et de leurs mères dans „La Dame du lac“, D 836 (d’après Walter Scott: là encore Schubert dramaturge inspiré par la geste médiévale); et aussi, pour quatuor de femmes, la sérénité bienheureuse des croyantes apaisées du Psaume 23 „Dieu est mon berger“ (Psalm Gott ist mein Hirt): en quatuor classique, en quatuor féminin, en choeur véhément et narratif (Myriam), les Solistes de Lyon s’imposent indiscutablement par leur articulation exigeante, la précision des attaques, la suavité des accents. Aucun doute, Bernard Tétu ne cesse de perfectionner le chant palpitant et subtil du meilleur choeur de solistes de la région lyonnaise.

Un noir illuminé

Autant d’étapes et de stations d’un chemin de croix qui prépare à l’extase de Catharina Regina von Greiffenberg dont les poèmes mis en musique par Philippe Hersant, en fin de programme, étaient assurément le point majeur du concert. Nous avions été les témoins de la création d’une autre œuvre de Philippe Hersant, commande du Festival Musique à Giverny en 2007. Le compositeur qui nous a réservé un entretien vidéo à propos de sa nouvelle partition, a choisi avec scrupule chaque poème : selon la violence et l’intensité de ses images, la force de l’élan spirituel, sa capacité à faire contraste vis à vis des autres. L’écriture de la poétesse est saisissante: chaque strophe convoque visions et éblouissements, mais aussi sentiments d’un accablement dont il faut trouver la source dans la sa vie personnelle. Ce sont de sublimes mouvements, entre élévation et désespérance, lumière et ombre dont l’échelle des vertiges justifie le titre du cycle: “helldunkel”, clair-obscur. Rien d’illustratif ou de naïf, comme aurait pu le laisser paraître le titre du concert: „Sur les arbres en fleurs“… les arbres dont il s’agit sont de puissants chênes, convoquant l’âme ardente des contemplatifs mystiques; les fleurs y seraient les prières musicales dont l’efflorescence supérieure attestent d’une intense activité spirituelle.

Couleurs de la prière

Voici assurément l’une des partitions les plus éblouissantes de Philippe Hersant qui saisit et captive par son épure et ses fulgurances. On pense continûment aux tableaux classiques de Nicolas Poussin (L’Annonciation. Paris, Musée du Louvre), mais aussi plus proches du titre déclaré „clair obscur“, aux toiles de Georges de LaTour (cycle des Madeleine pénitentes, entre autres): l’ombre caresse les formes familières et fait surgir les images et les sons de l’illumination. En poète et peintre, Philippe Hersant maîtrise la concision de la forme, ne se dilue jamais: tendu, finement architecturé, chaque poème musical diffuse sa propre couleur, celle du recueillement, de la pudeur, de l’intime, du secret… La piété de C.R. von Greiffenberg est un coeur incandescent traversé par l’idée et le souffle de Dieu: à la fois, abstraction et sensualité, la ferveur incarnée offre aux solistes, un cadre propice à la projection nuancée d’un texte très imagé: „dans le livre blanc des fleurs, je recherche le premier miracle…“ .

Au préalable, c’est l’inquiétude d’un texte d’invocation (premier poème: „Lust-Liedlein bei dem Ypserfluss“: chanson des bords de l’Ybbs…): l’esprit y flotte entre les mots, tendu, introspectif, en quête; mais déjà: „Nul n’éteint la splendeur du ciel, Dans la nuit, Elle reste intacte“. Le sombre est la couleur des illuminations: tout le cycle de Philippe Hersant développe en un oxymore éloquent, ce trouble à la fois inquiétant et fascinant, où la nuit éblouit. Où le noir et l’ombre sont couleurs et lieux des révélations. Le clair et le noir, clair obscur (Helldunkell) est la forme explicite de l’accomplissement. Puis c’est le chant de l’accablement (Widertritt: contrerime), pour alto et viole de gambe, où voix et instrument explorent, hallucinés, la gravité du doute, celui d’une attente qui n’est exaucée („quand les nuages font signe… Mais nous ne voyons aucun signe“). Inquiétude vite effacée dans „über das Unausprechliche Heilige Geistes-Eingeben“ (Sur l’indicible inspiration de l’Esprit-Saint), Poème n°4, où l’inspiration musicale rehausse encore la pureté des images. Le choeur s’y fait chant des esprits, en une transe spirituelle en accord avec la lune, astre étincelant.

L’auditeur ne connaît aucun repît dans son expérience de l’action contemplative: le cycle s’achève dans la maîtrise absolue des contrastes qui fait se succéder tour à tour, les poèmes 6 et 7: chant de victoire proclamé à trois choeurs (Aud die frölich und herzliche Auferstehung Christi: Sur la joyeuse résurrection du Christ), enfin, conclusion hypnotique: Sur le paisible temps de la nuit (Auf die ruhige Nacht-Zeit), vaste et calme évocation nocturne, où l’âme de la poétesse semble enfin trouver la paix des illuminés. Une clé se dévoile: des tréfonds de la nuit surgit l’accomplissement de la prière. Murmures, déclamation suspendue, invocation hallucinée effacent toute source anxiogène: ils ouvrent „à l’heure de minuit“: une porte espérée… la prière y réalise son objet et trouve au 7ème poème, sa résolution pacifiée.

Avec le poème n°4, cet accomplissement final illustre de manière magistrale les ferments de l’écriture de Philippe Hersant, apôtre d’un style mesuré, suggestif, aux allusions respectueuses du texte, ressuscitant l’art de dire et d’exprimer, dans la langue allemande baroque, les strates du poème en un geste allusif et franc, fluide et sculpté: digne héritier de Franz Schubert. Filiation constellée de perles inoubliables. Lettré, amateur de peinture (baroque, entre autres), Philippe Hersant incarne l’une des musiques les plus accessibles et les plus habitées de notre temps. Du reste, quand et où pourrons-nous réécouter son opéra, Le moine noir?

Côté interprètes, sous la direction attentive et millimétrée de Bernard Tétu, qui a visiblement tiré bénéfice des indications du compositeur, les Solistes de Lyon façonnent depuis les profondeurs obscures, des éclairs dont le relief et la caresse transpercent le coeur. Le travail sur le texte en particulier se révèle exemplaire. En révélant le génie mystique d’une poétesse oubliée, le concert en création remplit idéalement son objet au sein de la thématique générale („Femmes, le génie interdit?“). Cette première soirée lors de notre présence au Festival d‘Ambronay, est l’un des volets majeurs de la programmation 2008. L’un des événements mémorables de la 29 ème édition.

Ambronay (01). Abbatiale, jeudi 2 octobre 2008. Sur les arbres en fleurs: Franz Schubert et Philippe Hersant (Helldunkel: clair obscur, création mondiale). Jonas Vittaud, piano. Christine Plubeau, viole de gambe. Les Solistes de Lyon. Bernard Tétu, direction.

Illustrations: photos © Jérémie Kerling (Ambronay 2008). Nicolas Poussin: L’Annonciation (Paris, Musée du Louvre). Georges de La Tour: Marie Madeleine à la bougie (DR). Bernard Tétu et Philippe Hersant (DR)

Nantes. Théâtre Graslin, dimanche 28 septembre 2008. Giacomo Puccini: Tosca, 1900. Mise en scène: Patrice Caurier et Moshe Leiser

Tosca sous tension

Rien de plus efficace dans le cas de l’opéra Tosca qu’une lecture radicale et mordante qui met en lumière (superbes éclairages): le cynisme et la manipulation, le calcul et la perversité. Tout conspire ici pour la mort du couple amoureux. C’est une lente et effrayante machinerie de l’horreur dont le spectacle présenté au Théâtre Graslin de Nantes, nous décrit chaque avancée.
La mise en scène réalise un sans fautes majeur, premier accomplissement exemplaire en ce début de saison lyrique 2008 – 2009.
Angers Nantes Opéra peut se délecter du duo convaincant, celui des deux hommes de théâtre, Patrice Caurier et Moshe Leiser, désormais familier sur ses planches (depuis, en 2007, L’Enfant et les Sortilèges de Ravel et Jenufa de Janacek).

Est-ce parce que l’opéra de Puccini profite d’un texte initialement conçu pour le théâtre, écrit par Victorien Sardou (pour Sarah Bernhardt -rien de moins- dans le rôle-titre!) qu’il se distingue par sa très forte réussite dramatique? De toute évidence, l’équipe resserre les effets scéniques… à l’essentiel. Jouant sur les espaces fermés, la lecture approche tension et étouffement. On sent au fur et à mesure de chaque tableau que tout doit forcément imploser; que le cadre classique d’une romance sentimentale, finira tôt ou tard, par voler en éclat: et tout cela, la production nous le montre idéalement.
Portés par une direction d’acteurs précise et millimétrée qui ne laisse rien au hasard, les chanteurs sans posséder de grandes voix, se révèlent captivants: justes, vraisemblables. En particulier, le duo sur lequel, en un jeu d’opposition sadomasochiste (Acte II, dans le bureau de chef de la police de Rome), repose toute la tension de l’intrigue: l’infâme et vil Scarpia (Claudio Otelli qui comme son nom ne l’indique pas a fait tout son apprentissage et le début de sa carrière à Vienne et sur les planches du Staatsoper) et la rayonnante et fidèle Tosca (tenue par la musicale soprano Nicola Beller Carbone qui vit à Florence: de fait, l’italien ne lui pose aucun problème d’articulation). On reste plus réservé quant au Cavaradossi de Giancarlo Monsalve, en constant déséquilibre vocal (intonation incertaine, voix écrasé, diction pâteuse et terne, jeu sommaire…).

Qu’importe, l’intelligence avec laquelle le binôme Caurier/Leiser inscrit un climat, rehausse l’intensité d’une situation, s’avère exemplaire. Isolons quelques épisodes dont devraient prendre acte bien des metteurs en scène et hommes de théâtre actuels, parmi les plus connus (souvent excessivement célébrés aujourd’hui): en fin d’acte I, lorsque Scarpia sème dans l’esprit de Tosca, le poison du doute et du soupçon vis à vis du peintre, un rayon de lumière jaune ambré illumine la scène. Matérialisation de l’activité manipulatrice du bourreau qui vient de choisir sa proie: dans l’esprit de la trop naïve et jalouse Floria, s’immisce désormais le venin de la jalousie). Dès lors, le spectateur comprend qu’à présent, dans ce qui va suivre, jusqu’au dénouement final, l’opposition Scarpia/Tosca prime absolument sur l’amour unissant la cantatrice, favorite de la Reine, au chevalier bonapartiste, Cavaradossi.
Au final, à la fin de ce même acte, les scénographes déstructurent complètement le cadre sacré de l’église (Sant’Andrea della Valle) où est sensée se dérouler l’action: l’atelier du peintre devient antre démoniaque d’un Scarpia blasphémateur, déversant sa haine barbare et cruelle, en empoignant la statue de la Vierge…

Plus tard, à l’acte III, après la “détente” qui est le superbe intermède romain où le jeune pâtre associé au chant des cloches de Rome, entonne sa prière angélique, Floria retrouve Mario dans une cellule souterraine où l’assassinat du prisonnier rejoint en horreur cynique, les meilleurs tableaux de Goya: vide glaçant, tueurs mafieux, cadavre expirant… devant les yeux horrifiés de Tosca. Et quand cette dernière, découvrant la supercherie finale qui fait de Scarpia, même après sa mort, le grand triomphateur de l’histoire, Tosca se suicide avec un revolver, son corps s’écrasant derrière la porte de la cellule, de sorte que le spectateur ne découvre que les jambes inertes de la jeune femme : la succession de cette descente aux enfers, trouve un accomplissement terrifiant rarement atteint: le comble du laid et de la barbarie.
Combien nous sommes loin alors, des serments d’amour chantés au I par les deux coeurs amoureux, non encore soumis à la tyrannie perverse de Scarpia.
D’ailleurs, saluons la réussite au II de la confrontation, Scarpia/Tosca: dans le bureau de celui devant lequel tout Rome tremble de peur, lieu des larmes et des tortures, la chanteuse finit en sous-vêtements, humiliée, et même violée par cet exhibitionisme outrancier, sur la table où Scarpia prenait son repas au début du tableau. Bestial et avide, le baron ne voit dans la cantatrice qui chantait
quelques heures auparavant une cantate au Palazzo Farnèse, qu’une
stripteaseuse, un corps à prendre…L es metteurs en scène n’hésitent pas un instant à faire du fameux air Vissi d’arte, vissi d’arte (grande prière désespérée de Tosca), un épisode glaçant de mise à nu, où pendant que la soprano supplie, Scarpia découpe sa robe au ciseau… La violence est à son paroxysme non pas tant à cause de ce qui est donné à voir, mais grâce là encore à une maîtrise captivante de la lumière, à un jeu théâtral particulièrement dosé.

Mise à nu


Autour des deux grands acteurs du spectacle
: Claudio Otelli (Scarpia) et Nicola Beller-Carbone (Tosca), tous les chanteurs, exceptée notre déception pour le ténor incarnant le chevalier Cavaradossi, soulignent la grande cohérence du plateau. Chacun s’approprie les options des scénographes, entre justesse et horreur. Saluons de la même façon, l’excellente prestation des instrumentistes de l’Orchestre national des Pays de la Loire qui sous la baguette de Jean-Yves Ossonce (actuel chef du Symphonique Région Centre-Tours), ont su exprimer les convulsions passionnelles de la partition, ses respirations comme ses climats poétiques (dont déjà cité, un remarquable intermède au début du III), sans maniérisme ni pathos décoratif. Une vraie direction pour une mise en scène travaillée, approfondie, des plus pertinentes.
La nouvelle saison lyrique d’Angers Nantes Opéra ne pouvait mieux commencer. L’approche sert continûment l’oeuvre en réalisant un grand moment de théâtre. Spectacle électrisant.

Nantes. Théâtre Graslin, dimanche 28 septembre 2008. Giacomo Puccini: Tosca, 1900. Mise en scène: Patrice Caurier et Moshe Leiser. Lumière: Christophe Forey. Avec Nicola Beller-Carbone, Floria Tosca. Giancarlo Monsalve, Mario Cavaradossi. Claudio Otelli, le baron Scarpia. Frédéric Caton,Cesare Angelotti. Erick Freulon,le sacristain. Emanuele Giannino,Spoletta. Guy-Etienne Giot,Sciarrone. Eric Vrain,un geôlier. Emmanuelle de Negri,un berger
Choeur d’Angers Nantes Opéra (Xavier Ribes, direction). Maîtrise de la Perverie (Gilles Gérard, direction). Orchestre national des pays de la Loire. Jean-Yves Ossonce, direction.

Dernières représentations: encore quatre soirées incontournables, le 30 septembre puis le 2 octobre 2008 à Nantes (Théâtre Graslin). Les 10 et 12 octobre 2008 à Angers (Le Quai). Tosca, nouvelle production présentée par Angers-Nantes Opéra, jusqu’au 12 octobre 2008

Photos: Jef Rabillon © Angers Nantes Opéra 2008

Paris. Théâtre de Paris, vendredi 26 septembre 2008. “Master Class”, La Leçon de chant. Avec Marie Laforêt (Maria Callas)…

New York, 1972

New York, février-mars 1972: Maria Callas, 49 ans, qui n’est plus l’excellente cantatrice qu’elle fut dans les deux décennies précédentes, donne son ultime master class. Parmi l’audience de la prestigieuse Julliard School of Music, Terence Mc Nally, futur correspondant pour le New York Times, note préceptes et conseils prodigués par la Divina (elle-même née à New York en 1923). La pièce de théâtre qui en découle, rend compte fidèlement de la personnalité de celle qui fut la “diva” du XX ème siècle.
Marie Laforêt reprend donc du service sur les planches du Théâtre de Paris. Elle connaît le texte qui s’apparente à un “one-woman show”. Après Fanny Ardant, la comédienne et actrice de cinéma, relève en 1999, le défi de cette incarnation magistrale. La femme de théâtre ressent d’autant mieux les secrets multiples de la figure plurielle et éclatée de Callas, qu’elle l’a écoutée puis approchée à deux reprises: constatant ce dilemme criant entre l’aura de la cantatrice et aussi la solitude et les déchirures de la femme.
Aussi sublime fut-elle, Callas est-elle une bonne pédagogue? A l’écoute du texte, dans ces séances de travail qui tourne à la mise à mort du candidat voire à son humiliation, on peut en douter. Mais il faut dire qu’avant d’être Callas, Maria Kalogeropoulos fut grasse, myope, empotée; qu’elle gravit les marches de la gloire et de la beauté pour devenir une icône lyrique et glamour, à force d’un travail et de sacrifices, acharnés. Portant encore la marque et l’épreuve de ses propres choix de vie, l’ancienne diva qui a dû capituler n’ayant plus la voix idéale, confrontée à une armée de vipères critiques, de plus en plus haineuses à son égard, se raconte souvent; trop: elle s’époumone, vocifère, à la fois cynique et d’une auto-dérision plutôt pathétique. Souvent sous cette école de l’exigence et de l’excellence, le masque craque et les déchirures personnelles affleurent.
A l’adresse du public, au pianiste et aux élèves chanteurs, la femme, amère, blessée, se répand: véritable show narcissique imposant ses humeurs et ses états d’âme, … aveux naturels, compréhensibles, de la part de celle qui fut le centre de toutes les oreilles et de tous les regards du monde. En ex prêtresse du chic (quand elle se métamorphose physiquement au début 1954), elle a toute légitimité de proclamer entre autres, combien le look décide de tout. Précepte visionnaire dans notre société où l’image étend sa dictature.

One woman show

En guise de séance de travail collectif, Maria accapare l’attention, se raconte ainsi, …rudoie les candidats chanteurs (certains jusqu’aux larmes), exigeant d’eux le meilleur, leur apprenant l’école qui fut la sienne: celle de la perfection. N’est pas Callas qui veut. Le talent se paye très cher: les privations personnelles, la discipline, l’auto critique… Celle qui est devenue par la force de l’esprit, la déesse lyrique que l’on sait, se confesse sans pudeur: en particulier ses liens profonds avec Aristote Onassis, un être dénaturé par l’argent, passablement vulgaire, direct. Pas un esthète: un manipulateur. Callas dit tout et au-delà des mots: c’est une leçon de vie, un cri déchirant qui dit sa profonde solitude: n’est-elle pas morte seule dans son vaste appartement parisien en 1977? Difficile de décrocher, après la renommée planétaire. Surtout quand il n’y a pas d’enfants, ni de parents (Callas ne s’est jamais entendu véritablement avec sa mère ni sa soeur, la blonde et “délicieuse” Jackie… laquelle fut plus une rivale qu’une confidente)…
Déjà aux débuts des années 1970, la divina connaît une ultime épreuve celle d’Ariane: abandonnée, trahie par son amant Onassis qui lui préfère Jackie Kennedy (les deux se marieront en octobre 1968!).

Celle qui a vécu tant d’épisodes déchirants a bien des occasions d’évoquer sa vie, exceptionnelle et singulière. Elle reste très animée à l’évocation de ses échanges sur le chant avec “Ary”, cet homme qui l’a écartée et pour lequel elle a tout donné… Quant à l’art pour lequel elle a tout sacrifié, la diva peut exiger le meilleur de la part de ces jeunes apprentis qui n’ayant connu que le nid chaud et douillet de leurs parents, se voient déjà en haut de l’affiche. Un monde les sépare… Et Callas qui n’a jamais su séparer sa vie mondaine, officielle de diva adulée, et sa vie personnelle, peut tout à fait se répandre ainsi, convertissant l’atelier du chanteur en confession impudique. Pourtant ceux qui connaissent les enregistrements de ses master classes (et que réédite fort opportunément Emi classics, lire ci après), la diva avec sa voix grave et pincée, si caractéristique, restait dans le chant: technicienne et pointilleuse, ne laissant rien passer (de la respiration, de l’articulation, de la couleur vocale, du style, de la vérité du texte…), ne s’économisant guère (chantant aussi à pleine voix), directive et autoritaire, mais souvent respectueuse de ses confrères débutants…

Marie Laforêt, diva du théâtre

Pour dire les mots de Callas, Marie Laforêt, presque septuagénaire a eu la chance d’approcher le mythe lyrique, en l’écoutant chanter, subjuguée par sa présence magnétique; puis en face à face lors d’un dîner mondain, où la chanteuse restait douce et humaine: elle comprend deux figures qui composent le personnage et lui donnent sa composante schizophrénique: la chanteuse, monstre de travail, d’autodiscipline, d’abnégation, de courage; la femme, ivre de sentiments, de passion, de sensibilité, de finesse et d’exigence aussi.
L’actrice sait imposer une Callas dominatrice et conquérante, mais aussi une individualité hypersensible, pleine de rancoeur et de ressentiment, très à l’écoute des spectateurs (son public), dont elle aime rechercher les sursauts de réactions, les rires et les applaudissements (quand elle l’a décidé). Pas exhibitionniste pour un sou, son jeu comme l’ensemble de ses tirades et monologues, s’appuient sur l’élégance et le tact d’un esprit qui ne manquait ni d’humour ni d’auto-dérision. Sublime par ses évocations nostalgiques, mais aussi radicale quand il faut tout donner au nom de l’art, Laforêt-Callas trouve souvent le ton juste. L’excellence se conquiert au prix d’un effort et de batailles, surhumains. Celle qui a conquis la montagne sait combien le chemin est long.
Parce qu’elle a tout donné et qu’au moment où se passe historiquement la masterclass, la diva n’a pas abandonné la scène: elle tentera même un “retour” très attendu (1975, tournée en duo avec le ténor Giuseppe di Stefano)… expérience qui tournera malheureusement à l’échec amer. Pour l’heure, sur les planches du Théâtre de Paris, la lionne rugit encore: celle qui s’est sacrifiée pour le chant, a raison d’exiger l’impossible de chacun de ses élèves chanteurs. A l’incarnation de Marie Laforêt revient le mérite et la subtilité de nous restituer la démesure, les blessures de ce talent mythique. A voir et à entendre sans délai.

Paris. Théâtre de Paris, vendredi 26 septembre 2008. «Master Class» de Terrence McNally. Mise en scène : Didier Long. Avec Marie Laforêt, Leïla Benhamza, Maud Darizcuren, Juan Carlos Echeverry, Olivier Hardouin et Frédéric Rubay. Marie Laforêt reprend le rôle qui la fit remarquer en 1999, à partir du 8 septembre 2008 et pour 60 représentations exceptionnelles au Théâtre de Paris. Tél. : 01 48 74 25 37 et www.theatredeparis.com.

Approfondir
Lire notre dossier Maria Callas réalisé à l’occasion des 30 ans de la mort de Maria Callas (1977-2007)

CD
Emi Classics réédite simultanément à la reprise de la pièce de théâtre “Master Class” au Théâtre de Paris, les airs d’opéras abordés dans la pièce (récit, air et cabalette d’Amina de La Sonnambula de Bellini…), alternés avec deux master classes (Casta diva et l’air de Mimi de La Bohème de Puccini), de 10 mn chacune, enregistrées en 1971 et 1972 à la Juillard School à New York. 1 cd Emi Classics

Illustrations: Marie Laforêt © Philippe Quaisse 2008. Maria Callas (DR)

Besançon. Théâtre Musical, le 20 septembre 2008. 61è Festival de Besançon. Haydn, Mantovani, Dvorak. Orchestre de la RAI de Turin. Andrew Davis, direction

Grâce à son Concours biennal de direction qui a entre autres lauréats, adoubé et lancé la carrière de chefs aussi prestigieux aujourd’hui que Seiji Ozawa, le festival de Besançon demeure à l’international, un festival reconnu pour son soutien aux jeunes prodiges de la baguette. Même si encore actuellement, la ville bisontine ne dispose pas d’un auditorium digne de son rayonnement symphonique, le festival offre chaque année l’occasion d’écouter les meilleures phalanges orchestrales de l’heure. En témoigne cette soirée stimulante, qui voit, phénomène inédit propre au festival qui sait créer l’inédit voire l’exceptionnel, la rencontre du chef britannique Andrew Davis (né en 1944, directeur musical depuis 2000, de l’Opéra de Chicago) et de l’Orchestre symphonique de la RAI de Turin.
La phalange italienne créée en 1994, doit son renom au prestige musical de ses deux fondateurs, Georges Prêtre et le regretté Giuseppe Sinopoli. De surcroît à l’initiative du Festival, c’est la première fois qu’Andrew Davis se produit à Besançon, qu’il dirige aussi la première formation symphonique italienne… Double “première”, comme le précisait le directeur du Festival, David Olivera. “Nous sommes heureux de présenter à Besançon, le temps du festival, des rencontres inédites entre chefs et orchestres. En 2008, outre le concert de l’Orchestre de la Rai de Turin dirigé par Andrew Davis, nous avons pu offrir au public bisontin un superbe concert en ouverture, de surcroît gratuit: celui de la prestigieuse Philharmonie Tchèque, sous la direction du chef associé au Festival jusqu’en 2009, Zdenek Macal“, souligne le directeur de l’événement.
En prélude au concert qui s’est tenu à l’Opéra Théâtre de Besançon, désormais intitulé Théâtre Musical de Besançon, le compositeur Bruno Mantovani présente la pièce que jouera après la Symphonie de Haydn, orchestre et chef: Time strecht (on Gesualdo): il s’agit d’étirer le temps jusqu’à son abstraction suggestive d’une partition du compositeur de la Renaissance italienne, Carlo Gesualdo (1566-1613), compositeur qui doit sa renommée au fait qu’il ait tué son épouse et son amant! L’orchestre requis pour l’interprétation de l’oeuvre de Bruno Mantovani (créée en 2006 à Bamberg) exige le même effectif que l’oeuvre pour le concours d’orchestre que le compositeur contemporain a écrit lors de sa résidence à Besançon: effectif impressionnant qui compte en particulier des cordes étoffées et tout un rang de cuivres.

Après une symphonie de Haydn, savoureuse, déroulée comme une mise en bouche, palpitante, d’une très belle assise rythmique avec cette vitalité facétieuse (en particulier dans la trio du Menuetto qui met en avant les bois dont surtout le hautbois), Andrew Davis s’attaque avec détermination et autorité à la partition contemporaine de Bruno Mantovani. L’architecture déploie une résonance du madrigal S’io non miro non moro (si je regarde pas, je ne meure pas), extrait du Livre V de madrigaux du compositeur napolitain. Inspiré autant par l’oeuvre citée (qui ne se révèle qu’à la fin de la partition) que par la vie du musicien de la Renaissance, Bruno Mantovani se délecte d’un tissu foisonnant parcouru d’éclairs et de citations fulgurantes. La battue suractive de Davis éclaire chaque frisson d’une partition traversée par une énergie fantastique, riche en contrastes instrumentaux, en épisodes fugaces. Orchestre et chef sont portés par une tension continue qui ne se résout véritablement que dans les dernières mesures, en un murmure imprévisible, d’autant plus captivant après le déploiement souvent colossal de tous les pupitres.

La direction du chef britannique se montre précise, d’une assise rythmique infaillible que la Symphonie n°6 de Dvorak confirme. De l’opus créé à Prague en mars 1881, Andrew Davis obtient de l’orchestre italien, feu et même embrasement, en particulier dans le premier furiant (danse tchèque si caractéristique que Smetana développe aussi dans son opéra La Fiancée Vendue), du Scherzo. L’activité des cordes, la précision fruitée des bois et des vents, la noblesse des cuivres, engageante et solennelle, répondent aux appels d’un chefs visiblement transporté par sa rencontre avec les musiciens italiens. Superbe soirée symphonique.

Besançon. Théâtre Musical, le 20 septembre 2008. 61è Festival de Besançon. Joseph Haydn: Symphonie n°99 en mi bémol majeur. Bruno Mantovani: Time strecht (on Gesualdo), 2006. Anton Dvorak: Symphonie n°6 en ré majeur, opus 60. Orchestre de la RAI de Turin. Andrew Davis, direction

Illustrations: © Yves Petit 2008 pour le Festival de Besançon

Besançon. Nouveau Théâtre, le 20 septembre 2008. 61 ème Festival international de musique de Besançon. Bruno Mantovani : L’enterrement de Mozart (création scénique)

Délirant enterrement

En 2008, Bruno Mantovani achève sa résidence à Besançon ( à partir de 2009, lui succède Edith Canat de Chizy). Compositeur associé en 2006, 2007 et 2008, le trentenaire (né en 1974), qui fut mis à l’honneur lors du festival Musica de Strasbourg en 2006 (où il a présenté son opéra L’Autre Côté), offrait aux spectateurs bisontins, dans la salle du Nouveau Théâtre, près du Casino et de l’ex Hôtel des Bains de Besançon, la création en version scénique de son opéra de chambre, « L’Enterrement de Mozart ».
Voici donc la poursuite d’un travail plutôt heureux et même jubilatoire, dans ce « conte baroque » (selon le librettiste) qui est l’aboutissement d’une commande passée par le Festival. L’écrivain Hubert Nyssen a proposé au compositeur, et au chef de Musicatreize, Roland Hayrabedian, la trame de son texte sur l’Enterrement de Mozart. Après écoute de la musique de Bruno Mantovani, Nyssen a réécrit plusieurs dialogues et redécouper les scènes pour une œuvre musicale et théâtrale, riche en syncopes et rebondissements.

Tout part d’une image peinte (plus précisément d’une gravure d’époque)… que Beethoven a identifié, selon la légende, comme… l’enterrement de Mozart : on y voit un convoi funéraire où derrière le cercueil ne figure qu’un pauvre petit chien… triste fin pour un génie universel. Nyssen s’écarte très vite de l’objet-tableau en édifiant une suite de scènes comico-ubuesques, à la fois loufoques et surréalistes, où le visiteur désirant acheté la toile après l’avoir vu dans la vitrine d’un galeriste parisien (de la rue de Lille), pénètre dans la dite galerie pour en connaître le prix, et rencontre plusieurs personnages de pure bouffonnerie : trois femmes (images décuplées de Lilith… ou avatars des trois dames de La Flûte Enchantée ?), le vieux galeriste, détenteur du trésor et qui n’entend rien à ce qu’on lui dit, mais réinvente la réalité à sa façon. Le visiteur qui est physicien de Strasbourg devient « musicien » de « Salzbourg… il a 25 ans… mais le galeriste comprend 35 ans… comme Mozart, l’année de sa mort (1791). Le texte et ses dialogues est tissé de jeux d’esprit, de facéties de langue, d’allusions et de gags poétiques, ainsi que de délires imaginatifs comme “le petit chien de Mozart”, qui rappelle au vieux fou, son propre chien, « Aristide », animal paralytique, qu’il promenait dans un caisson à roulettes… les deux, parlaient, comme deux compères, de philosophie. Et d’ailleurs, Aristide, lui-même disciple d’Aristote, était kantien et rêvait d’un monde libre sans collier ni maître (serait-ce une allusion là encore à la vie de Mozart, premier musicien libre de l’histoire, qui avait quitté Salzbourg pour se défaire de la tyrannie de son patron, l’infâme prince-archevêque Coloredo ?)…

La partition et son livret se jouent des mirages et des faux semblants, des lectures multiples, des doubles et triples sens… Beethoven avait-il bien raison de reconnaître dans cette image légendaire, l’Enterrement de Mozart ? Les légendes sont souvent bâties sur de pures mystifications… Qui peut savoir aujourd’hui combien de personnes suivirent le cortège funéraire du regretté Mozart ?

Qu’importe. L’œuvre fictionnelle est ici prétexte à une fable scénique et musicale totalement jubilatoire où chaque protagoniste (2 hommes et 3 femmes) s’ingénie à souligner ce théâtre libéré où s’invitent délire et imaginaire. A la truculence des mots scénographiés, à ce plaisir évident de jouer de toutes les ficelles du théâtre, répond la partition de Bruno Mantovani : riche et dense, pleine de traits mordants et sarcastiques, d’une hyperactivité de timbres et d’effets qui rehaussent encore la vitalité impertinente du propos. Ce foisonnement d’idées et de concepts, de “noumènes” décalés et combinés qui excitent l’entendement, nous plaît; comme ces allitérations et ces références gourmandes, ces constructions linguistiques, ces images réduites à l’essentiel où l’humour croise le cynisme, l’exagération et la philosophie, l’incongru et la psychanalyse (Lacan est en de nombreuses fois, cité avec une verve savoureuse), l’absurde et la poésie, qui produisent in fine à la façon de Ionesco, une scène comique et improbable, à la fois fascinante et déroutante.

Saluons l’excellent travail des musiciens et des chanteurs de Musicatreize (Victoires de la Musique classique 2007). Au terme du spectacle, l’envie de revoir ce tableau énigmatique qui a fondé une pure légende musicale, s’impose, même si le dénouement nous explique que toute l’intrigue de cet Enterrement de Mozart, version Mantovani 2008, n’est en définitive, que pure spéculation du rêve.

Besançon. Nouveau Théâtre, le 20 septembre 2008. 61 ème festival international de musique de Besançon. Bruno Mantovani (né en 1974): L’Enterrement de Mozart (2008) d’après un livret d’ Hubert Nyssen. Mise en scène : Jeanne Roth. Musicatreize. Roland Hayrabedian, direction. Co-commande du Festival de Besançon (création scénique).

Illustrations : Roland Hayrabedian (DR). Cliché de la création scénique 2008 à Besançon © Yves Petit. Gravure française, circa 1800 : « le convoi du pauvre », identifié par Beethoven comme étant « l’enterrement de Mozart » (DR.

Benjamin Lévy présente l’Orchestre de Chambre Pelléas Répertoire, sonorité, approche interprétative…

Benjamin Lévy
présente les particularités de
l’Orchestre de chambre Pelléas

Lauréat des Talents Jeunes Chefs 2008, Benjamin Lévy évoque le contexte de création de l’orchestre sur instruments modernes qu’il a fondé en 2004, l’Orchestre de chambre Pelléas. L’effectif prend modèle sur d’autres ensembles proches tels le Mahler Chamber orchestra ou l’Orchestre de chambre d’Europe, tout en impliquant très étroitement chaque instrumentiste dans la vie, le devenir et les choix artistiques de l’Orchestre. Questions d’esthétique interprétative, objectifs, fonctionnement, le jeune maestro présente ce qui fait aujourd’hui la particularité du “Pelléas”…

Benjamin Lévy &
l’Orchestre de chambre Pelléas

Saison 2008 – 2009

Offenbach: Les Brigands
8 et 9 novembre 2008 : Opéra d’Avigno Orchestre de l’opéra d’Avignon – Compagnie “Les Brigands” – Offenbach, Les Brigands

15 et 16 novembre 2008 : Opéra Théâtre de Besançon Compagnie “Les Brigands” – Offenbach, Les Brigands

La Nuit des Musiciens
5 décembre 2008 : Théâtre Trianon à Paris

Chabrier, “Une fête chez le roi”
Les 11 et 13 décembre 2008 : Nancy – Orchestre Symphonique et Lyrique de Nancy (Bourrée Fantasque, Suite Pastorale, Fête Polonaise du Roi Malgré Lui, Joyeuse Marche)

Offenbach, Chabrier
Le 31 décembre 2008 : Théâtre de Caen –
Orchestre de chambre Pelléas
Pauline Sabatier, mezzo soprano. Ronan Nédélec, baryton. Chabrier, Bourrée Fantasque; Airs, ensembles et ballets de Offenbach et Chabrier; Chabrier, Une éducation Manquée)

Stravinsky
Les 9 et 11 mars 2009: Opéra de Rouen – Orchestre de l’Opéra de Rouen
Le 13 mars 2009 à Arcachon

Ravel, Ibert, De Falla, Debussy
4 avril 2009 : Opéra de Besançon. Orchestre de chambre Pelléas
7 avril 2009 : Le Moulin du Roc, Scène Nationale de Niort
Orchestre de chambre Pelléas

Illustrations: Benjamin Lévy, l’orchestre Pelléas en concert (DR)

Saint-André (66). Eglise, le 5 septembre 2008. Chœur Saint-Alexandre Nevsky de Saint-Pétersbourg, Boris Satsenko. 26ème Festival Musique en Catalogne Romane

Ferveur russe en Catalogne

Depuis 1983, Charles Limouse, flûtiste et chef d’orchestre, porte avec une foi communicative, l’essor du plus important festival de musique de septembre en Catalogne française. Quatre Week-ends, soit 9 concerts, du 5 au 27 septembre 2008, offrent aux mélomanes locaux (et aux vacanciers présents, encore nombreux en cette période post aoûtienne) l’occasion de découvertes musicales en accord avec la beauté des églises qui les accueillent, le plus souvent romanes, du territoire (département des Pyrénées Orientales). Le festival a ses quartiers administratifs à Elne, dont la Cathédrale (avec son cloître) demeure l’un des joyaux patrimoniaux à la périphérie de Perpignan… mais le Festival Musique en Catalogne romane rayonne aussi dans les villages et bourgs lovés aux pieds des Pyrénées.
C’est d’ailleurs la pertinence du concept qui aux côtés de la qualité musicale affichée, fonde l’attrait de l’événement: parcourir la campagne catalane en recherchant les lieux méconnus qui en sont les écrins, à l’écart des pôles urbains. D’ordinaire, l’essentiel de l’offre musicale et culturelle se concentre à Perpignan. Le Festival, depuis plus de 20 ans, fait battre le coeur musical des petis bourgs et villages, chaque mois de septembre, quand les vendanges ont commencé…

Il s’agit bien d’une proposition unique, qui compte en 2008 sa 26 ème édition dont l’adéquation entre le répertoire choisi et les lieux des concerts, n’est pas le moindre attrait. « J’ai souhaité offrir en septembre aux habitants catalans et à tous les touristes de la région, une opportunité exceptionnelle qui leur offre l’occasion d’écouter des musiciens de talent dans les églises romanes parmi les plus belles de France », précise Charles Limouse.
De fait, les festivaliers peuvent y écouter entre autres, le chef à la tête de l’Orchestre baroque Catalan dans un programme Haendel, l’ensemble Barcarole (avec Freddy Eichelberger, génial claveciniste, familier des ensorcelantes Witches)…. et de nombreux autres tempéraments, dédiés à la magie baroque, tels, en effectifs intimistes, Mira Glodeanu (violon, le 19 à Saint-Génis), Bruno Cocset (violoncelle) et Bertrand Cuiller (clavecin), duo épatant des Basses Réunis (écoutés et savourés à Sablé. Le 21 au Monastir), cet autre duo choc, fer de lance du label canadien Atma, Les Voix Humaines (les gambistes, Susie Napper et Margaret Little, le 26 à Canohès), enfin les virtuoses des hanches (hautbois et basson), dénommés « Hyponcondrie », le 27 au Boulou).

Nous étions témoins le 5 septembre du concert d’ouverture de la 26è édition du festival catalan, sous la voûte médiévale et majestueuse de l’église de Saint-André (de style lombard, XIè siècle) : ancienne abbaye (Sant Andreu) édifiée sous Charlemagne, qui depuis la Révolution a perdu son cloître. Un volume idéal pour la résonance juste du chœur Nevsky de Saint-Pétersbourg, ensemble de solistes professionnels qui n’ont de moines que le nom mais dont l’exigence et la musicalité, cultivées par leur leader Boris Satsenko (ténor), responsable du chœur depuis 2000, s’entendent à merveille dans l’expression de la ferveur de la Sainte Russie. Le groupe fondé en 1996, composé à Saint-André de neuf chanteurs (2 basses, 2 barytons, 5 ténors) évoque la diversité du répertoire liturgique monacal, depuis les neumatiques du XIè, jusqu’aux chants du XIXème, dont une part dévolue aux prières et hymnes baroques : Exapostilaire de Pâques, chant Poutevoy à trois voix du XVIIè (conclusion du canon des matines); Canon de Pâques de Nikolaï Diletsky (1630-1680) ; prière pour chaque heure de Saint-Iosaf de Belgorod (1705-1754) qui d’ailleurs, conclue la soirée. La filière vocale du Nevsky provient en grande partie des classes de chant du Conservatoire Rimski-Korsakov de Saint-Pétersbourg : c’est un chant ample et puissant, et d’une précision accentuée tout aussi convaincante, jouant des effets de spacialisation dans le chevet de l’église. Face au public, devant l’autel (l’une des tables les plus admirables de la région, avec son décor spécifique à lobes et à rinceaux du XIè), dans les chapelles latérales, formant cercle, les chanteurs excellent, robes noires, mines concentrées : ils tirent de leurs voix mêlées, fusionnées, alternées, la vibration du sacré, dont des notes basses magnifiques et opulentes. L’adéquation du lieu et du programme, incarné par des interprètes visiblement inspirés, est totale. Superbe soirée.

Saint-André. Eglise, le 5 septembre 2008. 26è Festival Musique en Catalogne Française. Chants des monastères de Russie. Chœur du Monastère de la Trinité Saint Alexandre Nevsky de Saint-Pétersbourg. Boris Satsenko, direction.
Toutes les informations, les lieux et les programmes à l’affiche du 26è festival sur le site Musique en Catalogne Romane, jusqu’au 27 septembre 2008. Réservations : 04 68 22 70 90.

Illustrations: Le choeur Nevsky de Saint-Pétersbourg. Charles Limouse (DR)

30 ème Festival de Sablé Marek Stryncl dirige Lamentations et Airs de Zelenka

Festival de Sablé 2008

Marek Stryncl dirige Lamentation et Airs
de Jan Dismas Zelenka (1722-1723)

Les 30 ans du Festival de Sablé (Sarthe): Lamentations du Prophète Jérémie de Zelenka (1723)

En août 2008, le Festival de Sablé dans le département de la Sarthe, soufflait ses 30 ans. Aux côté d’autres programmes inédits, l’édition 2008 affichait la poursuite de son volet consacré aux musiciens tchèques dont Jan Dismas Zelenka. Le chef de Musica Florea, Marek Stryncl, présente les oeuvres inédites ainsi révélées: Lamentations et airs du compositeur, surnommé le Bach de Dresde, avec la collaboration du contre-ténor Philippe Jaroussky…

Le programme du concert inédit présenté à Sablé, le jeudi 21 août 2008 en l’église de Meslay a permi d’écouter plusieurs airs tirés de la musique d’école, d’inspiration sacrée, extraits du recueil Sub olea pacis et palma vistutis, ainsi que les Lamentations du prophète Jérémie, composées par Zelenka à l’automne 1723 pour le couronnement de l’emepreur Charles VI de Habsbourg, comme Roi de Bohème, à Prague.

30 ème Festival de Sablé Le Ballet des Arts de Lully (1663) : 2/3

Festival de Sablé 2008
Le Ballet des Arts de Lully (1663) : 2/3

Les 30 ans du Festival de Sablé (Sarthe): la création du ballet des Arts de Lully (1663)

En août 2008, le Festival de Sablé dans le département de la Sarthe, soufflait ses 30 ans. Aux côté d’autres programmes inédits, Le ballets des Arts de Lully était “recréée” comme au moment de sa création en 1663: ballet de cour qui mêle la danse, l’apologie de la monarchie, le chant déclamé et l’opulence de l’orchestre, la partition est aussi une somme complexe de références et de jeux d’esprit qui reflète l’art à la Cour de France…

Explications par Vincent Tavernier, metteur en scène et Marie-Geneviève Massé, chorégraphe…

Vidéo 1
Vincent Tavernier, metteur en scène expose les
enjeux esthétiques, poétiques et artistiques d’une partition complexe,
associant enchantement, lectures et références multiples…

30 ème festival de Sablé. Patrick Cohën-Akénine Reconstitution des Vingt-Quatre Violons du Roy

Festival de Sablé 2008
La reconstitution des Vingt-Quatre Violons du Roy

Les 30 ans du Festival de Sablé (Sarthe): reconstitution des Vingt-Quatre Violons du Roy

Pour le 30 ème festival de Sablé (août 2008), Patrick Cohën -Akénine, directeur musical des Folies Françoises, restitue dans son spectre instrumental d’origine, l’orchestre légendaire des Vingt-Quatre Violons du Roy…, orchestre versaillais, créé par Louis XIV en son temple terrestre qui diffuse le son glorieux du plus grand roi de l’univers. Outre sa démesure grandiose, le collectif français se singularise par une sonorité particulière; l’ensemble de la famille des violons est précisément rétabli (et reconstruit), comprenant dessus, haute-contre, tailles; surtout quintes de violons, soit une palette de timbres qui a gagné 12 instruments supplémentaires. Enjeux musicaux, apports instrumentaux, sonorité renouvelée (son plus caractérisé, moins “homogène” que celui antérieur), le musicien qui est aussi violoniste, précise l’objectif de cette reconstitution révolutionnaire… qui pourrait bien modifier notre perception de l’orchestre de Louis XIV à Versailles…

30 ème Festival de Sablé Recréation du Ballet des Arts de Lully (1663)(1/3)

Festival de Sablé 2008
Lully : recréation du Ballet des Arts (1663) : 1/3

Les 30 ans du Festival de Sablé (Sarthe) : recréation du Ballet des Arts de Jean-Baptiste Lully (1663)

En août 2008, le Festival de Sablé dans le département de la Sarthe, soufflait ses 30 ans. Au sein de la programmation artistique qui compte cette année bon nombre de programmes inédits, Le ballet des Arts de Lully par la compagnie de danse baroque L’Eventail (Marie-Geneviève Massé, direction) et Hugo Reyne, directeur de la Simphonie du Marais (Vincent Tavernier, mise en scène), constitue l’événement baroque de l’année. Après Sablé en août, l’Orangerie du château de Versailles programme en octobre 2008, l’ouvrage de Lully.

Vincent Tavernier, metteur en scène expose les enjeux esthétiques, poétiques et artistiques d’une partition complexe, associant enchantement, lectures et références multiples…

vidéo 2
En août 2008, le Festival de Sablé dans le département de la Sarthe,
soufflait ses 30 ans. Aux côté d’autres programmes inédits, Le ballets
des Arts de Lully était “recréée” comme au moment de sa création en
1663: ballet de cour qui mêle la danse, l’apologie de la monarchie, le
chant déclamé et l’opulence de l’orchestre, la partition est aussi une
somme complexe de références et de jeux d’esprit qui reflète l’art à la
Cour de France…

Explications par Vincent Tavernier, metteur en scène et Marie-Geneviève Massé, chorégraphe…

CD
Hugo Reyne avant de diriger la partition sur la scène, a enregistré l’ouvrage de jeunesse de Lully pour le disque. Et de 10! La collection chez Accord, “Lully ou le musicien du soleil“,
atteint avec ce ballets des arts du jeune Baptiste (1663), son déjà
dixième opus. L’oeuvre ainsi portée par Hugo Reyne et la Simphonie du
Marais pourrait bien être l’une des plus opiniâtres du marché actuel,
comme l’est, l’intégrale Vivaldi chez Naïve. Saluons cette constance,
dans la durée comme dans l’exigence interprétative. Nous voici aux
origines d’un genre promis à accompagner pendant tout son (long) règne,
Louis XIV: le divertissement dont il est question ici, est encore dansé
mais il associe amples épisodes instrumentaux et surtout chant et
déclamation… (1 cd Accord)

30 ème Festival de Sablé Reportage exclusif réalisé les 19 et 20 août 2008

Festival de Sablé 2008
Les 30 ans : reportage exclusif

Les 30 ans du Festival de Sablé (Sarthe)
En août 2008, le Festival de Sablé dans le département de la Sarthe, soufflait ses 30 ans. Bilan d’une scène pionnière dans le défrichement de la musique baroque. Entretien avec Jean-Bernard Meunier, directeur artistique du Festival depuis sa fondation, place des programmes inédits et des créations… Le ballets des Arts de Lully par la compagnie de danse baroque L’Eventail (Marie-Geneviève Massé, direction) et Hugo Reyne, directeur de la Simphonie du Marais (Vincent Tavernier, mise en scène), reconstitution des Vingt-Quatre Violons du Roy par Les Folies Françoises (Patrick Cohën-Akenine, direction), Musique profane à la Cour praguoise de Rodolphe II par Doulce Mémoire (Denis Raisin Dadre, direction)…

nos autres vidéos
Festivals de Sablé 2008. La place des créations et des programmes inédits. Denis Raisin Dadre, Marie-Geneviève Massé et Vincent Tavernier, Marek Stryncl et Patrick Cohën-Akenine présentent leur travail respectif, autant de démarches engagées qui renouvèlent notre connaissance des répertoires méconnus…

Recréation du Ballet des Arts de Jean-Baptiste Lully (1663)
La recréation du Ballet
des Arts,
composé en 1663, reste l’événement baroque de l’année 2008: présentée à
l’été à La Chabotterie, puis à Sablé, enfin à l’Automne, dans
l’orangerie du Château de Versailles, la production portée par Hugo
Reyne, dévoile le génie du jeune Lully dans l’rt du ballet de Cour.
Autour du jeune Louis XIV, beau, puissant, viril,
toute la Cour danse, dont les plus belles femmes du royaume: tel
Apollon célébré par les muses… Machinerie sophistiquée, politique et
sociale, la partition aux clés, lectures, et jeux d’esprits multiples
est restituée avec poésie et clarté par le trio Hugo Reyne (direction
musicale), Marie-Geneviève Massé (danse) et Vincent Tavernier (mise en
scène). Visionner nos vidéos exclusives du Ballet des Arts de Lully, réalisées au moment de la présentation du spectacle lors du Festival de Sablé (août 2008).

Jan Dismas Zelenka: Marek Stryncl dirige Lamentations et Airs (Philippe Jaroussky)
En août 2008, le Festival de Sablé dans le département de la Sarthe,
soufflait ses 30 ans. Aux côté d’autres programmes inédits, l’édition
2008 affichait la poursuite de son volet consacré aux musiciens
tchèques dont Jan Dismas Zelenka. Le chef de Musica Florea, Marek
Stryncl, présente les oeuvres inédites ainsi révélées: Lamentations et
airs du compositeur, surnommé le Bach de Dresde, avec la collaboration
du contre-ténor Philippe Jaroussky… Voir notre entretien vidéo avec Marek Stryncl, directeur musical de Musica Florea à propos de Jan Dismas Zelenka

Patrick Cohën-Akenine: Reconstitution de l’Orchestre de Louis XVI: les Vingt Quatre Violons du Roy
Autre
événement baroque de l’année 2008: la reconstitution de l’orchestre des
Vingt-Quatre Violons du Roy, institution musicale créée depuis 1630 et
que Lully perfectionne
jusqu’à l’excellence (tenue d’archet disciplinée). Patrick
Cohën-Akénine restitue l’ampleur et la richesse sonore originale de
l’orchestre versaillais, idéal pour l’interprétation des ballets,
comédies-ballets et tragédies en musique du Grand Siècle. Le programme
présenté à Versailles en octobre 2008, après Sablé, aborde plusieurs
intermèdes de la Tragicomédie Psyché (1670) afin de révéler la richesse
caractérisée et « centrée » d’une sonorité sans égale (restitution des
hautes-contre, tailles et quintes de violons). Visionner notre entretien exclusif avec Patrick Cohën-Akénine à propos de la reconstitution des Vingt-Quatre violons du Roy

Sablé. Eglise, mercredi 20 août 2008. 30 ème festival de Sablé. Prague à la Cour de l’empereur Rodolphe. Di Monte, Lasso… Doulce Mémoire (création)

Babel profane
Suite du cycle musical consacré par Doulce Mémoire à la musique à la Cour de l’Empereur Rodolphe II, ayant déplacé la résidence impériale de Vienne à Prague en regroupant autour de lui, alchimistes, peintres dont l’illustrissime Arcimboldo et surtout musiciens dont son maître de chapelle en titre, Filippo di Monte (1521-1603). Un lieu (l’ensemble palatial de Hradschin…), un mécène, un goût… Habile défricheur et même révélateur inspiré, Denis Raisin Dadre s’attache dans ce second volet (qui est aussi une nouvelle création du Festival de Sablé 2008), à ressusciter la manière majoritairement francoflamande des compositeurs qui ont directement servi l’Empereur, en son palais praguois.
Si la fin du XVIème siècle est marqué en peinture par l’assimilation critique des grands maîtres de la Renaissance grâce à une palette chromatique particulièrement subtile, la musique suit une même direction : volontiers experte en nuances infimes propres à ciseler l’architecture et les allusions multiples du mot, l’écriture polyphonique en particulier, resserre sa fine et dense texture autour du verbe. Jeu littéraire et poétique avant tout, verbe et note mêlés, réinventent un langage à facettes dont la portée imitatrice, particulièrement suggestive, offre une riche délectation des sens. En amateur des secrets, mystères et correspondances cachés de la nature, l’Empereur aimait favoriser ce jeu des compréhensions multiples, ces constructions savantes d’un impeccable fini.
En mode profane (quand le premier chapitre était exclusivement sacré : lire notre compte rendu du concert de Doulce Mémoire à Ambronay en 2006: Messe solennelle pour Rodolphe II de Habsbourg), jeu de consomnes imitant le poulailler, langueur amoureuse qui n’épargne aucune allusion directe à l’acte érotique, défi poétique de l’écriture versifiée et du mètre musical (Sistina de Del Monte) mais aussi célébration de la gloire impériale, la lecture des interprètes confirment notre impression vécue à l’audition du premier volet. Le programme est l’aboutissement d’une collaboration internationale, en particulier européenne, entre chanteurs tchèques et musiciens de Doulce Mémoire, l’ensemble de Denis Raisin Dadre. En guise de « Babel musicale », le collectif, infidèle à l’histoire biblique, touche et captive par ses combinaisons réussies, son éloquente implication, sa cohérente imagination, son sens indiscutable de la vérité dramatique. Un groupe de solistes, acteurs autant que chanteurs, qui à l’instar des vocalistes de la Renaissance formant la chapelle impériale, font souvent déborder le chant vers la comédie truculente voire picaresque (savoureuse et délirante Bomba de Flecha).

Théâtre vocal
Aux œuvres Di Monte, Denis Raisin Dadre ajoute plusieurs partitions du grand Lassus, « frère musical » de Di Monte (les deux compositeurs, proches, ont d’ailleurs, beaucoup échangé). Lassus, maître de chapelle pour le duc de Bavière, fut sollicité par Rodolphe pour diriger sa chapelle praguoise… Mais le musicien francoflamand déclina l’invitation et ce fut Di Monte qui occupa le poste. Avant Monteverdi, l’écriture madrigalesque s’accorde à la polyphonie de style francoflamande, combinant sans perdre le fil d’une caractérisation contrastée et riche, l’expression et la ligne mélodique. Ce sont des tableaux amoureux dont les blessures et les tourments resserrent une intrigue portée par les voix multiples. Non encore bâtie sur l’arc monodique de l’âge baroque, l’écriture en ces entrelacs combinés, se montre idéalement expressionniste : les huit chanteurs tchèques s’engagent dans l’individualisation comme dans la fusion du chant, soulignant la facétie du propos ou sa profondeur délirante et tragique. Le chef qui les laisse chanter seuls, soigne ce qui fait aussi la saveur singulière du programme, son spectre particulier, celui des sonorités et des timbres aimés de l’Empereur : deux ténors aigus voire aigres (parfaits pour ces fricassées d’ascendances madrigalesque), mezzos féminins, onctueux et souples…
Plusieurs perles au programme dont la déjà citée Sistina chantée à 7 voix, une partanza facétieuse de Matteo Flecha chantée en espagnol, plusieurs échappées grivoises font du programme une immersion concrète dans l’univers musical d’un Empereur dont les caprices vocaux n’avaient aucune limite. En faisant du concert, un acte dramatique, frappant par son caractère et sa vitalité, Denis Raisin Dadre se distingue là encore. Il s’est même autorisé en chercheur aimant la continuité, un clin d’œil à son dernier programme ferrarais (enregistré chez Zig Zag) : Di Monte a aussi composé pour les Trois Dames cantatrices du Duc de Ferrare (les désormais fameuses Dames de Ferrare) : les trois chanteuses ont relevé le défi de cette pièce inédite où toute la poétique amoureuse est convoquée : Parques amoureuses investissant soudain l’ample volume de l’église de Sablé, tel un théâtre all’improviso des passions languissantes…

Sablé. Eglise, mercredi 20 août 2008. 30 ème festival de Sablé. Prague à la Cour de l’Empereur Rodolphe. Une Babel musicale. Andrea Gabrielli, Camillo Zanotti, Alessandro Orologio, Matteo Flecha, Filippo Di Monte, Jaconus Gallus, Orlando di Lasso (Lassus). Barbora Sojkova, Véronique Bourin, sopranos. Daniela Tomastikova, mezzo soprano. Hasan El Dunia, ténor aigu. Tomas Kral, baryton. Jaromir Nosek, basse. Charles-Edouard Fantin, Miguel Henry, luths et guitares baroques. Elisabeth Geiger, clavecin. Doulce Mémoire. Denis Raisin Dadre, direction.

Illustrations: L’Empereur Rodolphe II de Habsbourg (DR). Denis Raisin Dadre (DR)

Sablé. Centre culturel, mercredi 20 août 2008. 30ème Festival de Sablé. L’orchestre du Roi Soleil. Reconstitution des Vingt-quatre violons du Roy. Patrick Cohën-Akenine (création)

Violons restitués

Après Hugo Reyne et l’art en devenir du Ballet Royal à l’époque de Louis XIV, (représentation du Ballet des Arts, 1663, la veille), Patrick Cohën-Akenine porte une nouvelle création présentée à Sablé en 2008. Le violoniste et chef d’orchestre dévoile, au terme d’une étude organologique continue avec la collaboration des luthiers Antoine Laulhère et Giovanna Chitto, la sonorité unique des Vingt-Quatre Violons du Roi, institution musicale emblématique de la Cour française au XVIIème siècle.
Evoquer l’orchestre français rélève d’abord un défi instrumental. Il en rêvait depuis 15 années, Patrick Cohen-Akenine a réalisé son projet : reconstituer les fameux Vingt-Quatre violons du Roy en pilotant la fabrication moderne des trois familles de violons « intermédiaires », hautes-contre, tailles et quintes de violons, chaque groupe par quatre soit un « chœur » de cordes ainsi révélé… de 12 instrumentistes. Or si l’on se souvient que ce sont les Italiens et leurs altos qui continuent encore depuis le XVIIIème d’imposer leur sonorité spécifique, nous voici précisément confrontés à une redécouverte de timbres et de couleurs, absolument passionnante. Dévoilée à Sablé, la phalange ainsi ressuscitée fera les beaux soirs et les heures futures de Versailles à partir d’octobre prochain : les nouveaux instruments seront désormais régulièrement associés aux nouveaux projets du Centre de musique baroque de Versailles.


Quelle est donc cette sonorité versaillaise ?
Plus ample, plus « résonnée », gagnant non en puissance mais en saveur et en couleurs, s’appuyant en particulier sur ce nimbe inédit qui caractérise l’orchestre français et qui lui apporte sa volumétrie et son spectre d’origine, comme un timbre plus caractérisé (qui pourrait être effectivement idéal pour la lisibilité du contrepoint et des contrastes harmoniques, à la française…). Rappelons d’ailleurs, que si l’orchestre italien est à 4 parties, son contemporain français au XVIIème est à 5 parties : la composition en avait été mesurée à l’époque d’Atys dirigé par Christie. Le son restitué s’avère idéal pour les partitions de Lully. D’ailleurs, l’ensemble du programme conçu par le chef des Folies Françoises, de Luigi Rossi à Jean-Baptiste Lully, opère une comparaison éloquente entre son italien et sonorité française. L’approche s’inscrit même au cœur de la fondation de l’ensemble en 2000 en apportant concrètement la preuve de la spécificité française sur le plan musical : Patrick Cohën-Akenine dispose d’instrumentistes dont la structure et l’organisation sont bâties pour l’interprétation de la tragédie en musique.

D’Orphée à Psyché
L’ex premier violon du Concert Spirituel, comme porté par les possibilités expressives de son orchestre sait gonfler la voile tragique : chez Rossi comme chez Lully. Vaste lamento d’Orphée dont la figure ne cesse d’exprimer d’impuissantes larmes, comme si la puissance et la poésie de la musique ne pouvait être mesurées que sur le baromètre de la déploration: même pointes amères et sombres dans le chant de la femme désolée du Premier Intermède de Psyché. Le chef a élaboré un programme en miroir: Lully assimile dans les affects versaillais, l’ancien lamento de Rossi. Eclairante confrontation des sensibilités qui distingue un peu plus l’art des contrastes et ce sens de la synthèse propre à l’esprit français.
Sur la scène du centre culturel de Sablé, le chantre de Thrace capable d’émouvoir dieux et pierres, est incarné par le « bas-dessus », Céline Ricci : engagement évident malgré des moyens limités. Dans La Naissance de Vénus, Orphée se fait haute-contre (Mathias Vidal) : mine saillante aux aigus faciles. Du reste, le chanteur avait attiré notre attention ici même en 2006 (Adraste de Sémélé de Marin Marais sous la direction de Philippe Pierlot). Pour Le Ballet des Muses, Patrick Cohën-Akénine prend son violon : aux côtés de la voix implorante, le chant de la lyre intensifie encore la souffrance du héros.

Dans Psyché
, les bénéfices des Vingt-Quatre Violons reconstitués se font davantage entendre : joués sur le thorax (quintes), les violons refabriqués recomposent toutes les nuances résonnées du sentiment. C’est une véritable architecture émotionnelle que révèle l’orchestre lequel en plus des accents de gloire martiale (trompettes des Jeux Pithiens), sait répondre aux acteurs ivres (cinquième intermède : le Bacchus de Jean-François Novelli, sachant faire l’article des délices produits par le « jus de la treille », s’impose de bout en bout par sa justesse et la ligne impeccable de son articulation). En comparaison, la basse-taille Aimery Lefèvre paraît bien terne dans un jeu dénué de toute imagination. Gageons que le programme qui passe par La Chaise-Dieu avant Versailles à l’automne 2008, devrait encore gagner en fluidité, audace théâtrale, délire expressif, en liaison avec l’intention esthétique des Folies Françoises.

En soulignant l’importance des parties intermédiaires occupées par les diverses familles de violons (à la place des altos familièrement utilisés dans les orchestres baroques actuels), Les Vingt-Quatre Violons “de Sablé” font la preuve de la justesse des recherches : c’est bien d’une redécouverte majeure dont il s’agit. Mieux qu’un énième apport en termes d’authenticité retrouvée, le chef dévoile un étagement différent, une spacialisation inédite aussi, surtout, la réforme de notre connaissance esthétique de l’art musical lullyste. Si les dessus sont doublés par flûtes et hautbois, si les basses sont associées au basson, le « chœur » médian des hautes-contre, tailles et quintes de violons, déploie quant à lui, sans l’appui des vents, une sonorité « intermédiaire » spécifique, désormais irremplaçable. Maillon manquant à présent réintégré, le groupe des violons recréés, fait l’événement du festival de Sablé 2008 : nouvelle preuve des avancées de la recherche baroqueuse. Nouvel indiscutable accomplissement pour un festival décidément à la pointe de l’innovation.

Sablé. Centre culturel, mercredi 20 août 2008. 30ème Festival de Sablé. L’orchestre du Roi Soleil. Reconstitution des Vingt-quatre violons du Roy. De l’Orfeo de Luigi Rossi à Psyché de Lully. Ana Quintans, dessus. Céline Ricci, bas-dessus. Mathias Vidal, haute-contre. Jean-François Novelli, taille. Aimery Lefèvre, basse-taille. Les Folies Françoises. Patrick Cohën-Akenine, direction.

Illustrations: salut des artistes à Sablé. Patrick Cohën-Akenine (DR)

Sablé. Centre Culturel, mardi 19 août 2008. 30ème festival de Sablé. Lully : le ballet des Arts, 1663. Hugo Reyne, direction (création). Concert d’ouverture

Ballet en miroirs
La production lyrique et chorégraphique phare présentée en ouverture du 30ème Festival de Sablé, recherche par ses options visuelles sans « déballage » de moyens (les costumes sont en papier, aucune machinerie ni projection d’aucune sorte…), en un regard multiple, souvent facétieux, le rêve et la féerie. L’approche sait jongler avec la diversité des registres poétiques sans pourtant épuiser la complexité d’un ouvrage à facettes et à clés. Citons le tableau de l’Orfèvrerie où paraît Junon habillée d’une robe aux arabesques à la Klimt avec sa coiffure façon infante d’Espagne : Louis XIV vient d’épouser en effet, l’Infante Marie-Thérèse) : l’entrée dansée qui suit évoque le profil des courtisans qui se pavanent en arborant le plumage d’un paon (oiseau emblème de Junon). Miroir critique des usages à la Cour, la danse ainsi recréée, illustre les arabesques des intrigants, superbes et dérisoires acteurs, arrogants et fiers, mais aussi serviteurs soumis à la gloire du monarque…

De surcroît, en une perspective d’allusions savoureuses, la répétition des plumages conçus en une série d’éventails, cite aussi le propre nom de la Compagnie de Marie-Geneviève Massé : L’Eventail. Ce jeu des miroirs et des citations en perspective, apporte une lecture particulière qui sait économiser effets et surprises, en un spectacle somme toute, minimaliste. Mais ici, le dispositif sait être clair et accessible. Visuel, il s’appuie en particulier sur les scènes comiques, comme dans l’entrée de la Chirurgie où la satire contre la vanité des médecins se fait acte de pure commedia dell’arte… comme dans l’entrée de la Navigation, où les acteurs dissimulés derrière des rideaux de douche en carton, minaudent, se taquinent, tour à tour belle sirène ou duo d’aguicheuses crevettes…


Aborder l’art baroque aujourd’hui, c’est le réinterpréter totalement
, dans le respect de cet esthétique avérée, de l’onirisme et de la liberté du geste poétique. C’est aussi en un regard actuel, restituer son expressivité mordante, sa cohérence qui doit faire toujours sens. Marie-Geneviève Massé et sa Compagnie en résidence à Sablé, L’Eventail, relisent tout ce que le Grand Siècle à venir, véhicule de fantasmes et de désir pour le merveilleux. Un fort désir d’enchantement partagé et vécu concrètement par le Roi et ses courtisans, acteurs des plus impliqués dans le déploiement de ces fastes typiquement français. Depuis Louis XIII et avant lui, la monarchie gauloise se représente dansante. Dans les pas réglés et la gestuelle codifiée, tout le royaume paraît en ordre millimétré, sous la domination d’un cœur axial : le souverain. Le régime politique encore incertain, s’impose dans une chorégraphie savante, spectaculaire dont l’inventivité offre un miroir idéalisé des intrigues, querelles de cour, de l’intense série des guerres menées par le Roi. Or quand le roi danse, l’art s’épanouit, non l’armée. Temps de paix recouvré pour un essor des fastes visuels, musicaux, scénographiques.

Le Ballet des Arts
( créé en 1663) est l’une des étapes d’un genre en perpétuel devenir, soucieux de démontrer la vitalité de l’expertise française en matière de divertissement. Mais un divertissement que l’exigence poétique et dramatique hisse au sommet des réalisations artistiques d’alors : en ses multiples facettes, le ballet de cour, façon Lully, est un acte politique, courtisan, une nécessité sociale, mais aussi un accomplissement artistique et culturel.

Architecture savante
Pour comprendre les enjeux d’une partition complexe, le festival qui programme chaque jour à partir de 11h, ses « jardins secrets », où les artistes expliquent leur travail aux festivaliers, sait favoriser la pédagogie et l’explicitation des oeuvres présentées. Ce qui n’est guère un luxe au regard d’un ouvrage aussi complexe que peut l’être le Ballet des Arts. Quand le Roi danse, c’est donc tout l’appareil d’Etat qui se met en branle. La machine du spectacle symbolise la vitalité des institutions monarchiques, structurées autour du Souverain qui se rêve absolu. Cette architecture « savante » affirme la maîtrise du jeune Lully de 1663. Son génie structurant devait s’épanouir l’année suivante (1664) dans le nouveau genre de la comédie-ballet, avec le concours de Molière.
Ainsi le Ballet des Arts, créé le 8 janvier 1663, à Paris (Palais Royal), fixe-t-il un premier modèle et aussi, une étape décisive dans l’écriture du Florentin. Le ballet est devenu celui du roi : il manifeste un art de vivre politique lui-même précisément hiérarchisé. Louis XIV y paraît entouré des plus belles femmes de la Cour (La Vallière, La Mortemart, future Montespan : qui furent aussi ses maîtresses). Acteur premier du cycle des 7 Arts célébrés (dont l’agriculture, la navigation, l’orfèvrerie, la peinture …), le jeune souverain, comme guide (berger) et comme protecteur (Apollon), affirme la maturité française, en particulier vis à vis de l’incontournable raffinement italien.

Un art de la synthèse et de la surprise
Œuvre totale, avant l’opéra français créé en 1673, soit 10 ans après, le Ballet émerveille grâce à la diversité des styles, des genres, des registres et des disciplines associés. Chant, théâtre, pantomine, danse, acrobatie, déclamation (sur les vers de Benserade), musique (en vérité de Lully et de son beau-père, Michel Lambert : Lully étant alors le récent époux de Madeleine Lambert depuis 1662) : tout ici compose une symphonie du spectacle typiquement française qui ayant conscience de sa grandeur, se joue des effets de miroirs et de perspectives, aime interroger sa forme et ses limites, son sens profond, ses enjeux polémiques en un labyrinthe de codes, de références, de passerelles sans fin… C’est selon le mot de Vincent Tavernier, metteur en scène : « un millefeuille d’allusions, de références à l’actualité politique de la Cour, d’évocations multiples dont les clés sont à retrouver dans l’histoire mythologique et la fable amoureuse »… Comme dans le parc de Versailles, « le spectateur peut remarquer les grands axes du jardin. Mais il est invité aussi à découvrir les perspectives invisibles d’un premier regard, l’art de la surprise et des effets variés ».
L’art français se révélerait-il dans sa construction à la fois synthétique et surprenante ? Dans cette facilité enchanteresse qui associe le particulier et le général, le souci de l’unité, de la ligne et de l’élégance, et tout autant le désir de foisonnement sémantique ?

Livret à clés
Pour expliciter davantage et rendre accessible un spectacle fort riche, le metteur en scène a conçu, comme à l’époque, un livret d’une rare invention éditoriale qui ressuscite ces fameux livrets dont la lecture, outre qu’elle était avidement demandée par les spectateurs de l’époque, permettait au public de suivre l’intrigue ou l’action de chaque tableau, au moment de leur représentation. Là encore, jeu sur le double et le triple sens des mots, acrostiches divers, multiplient les clins d’yeux, soulignent sans perdre l’esprit du spectateur, le foisonnement sémantique du spectacle. Petite réserve: il nous était malheureusement impossible pendant le ballet de consulter le dit livret: l’obscurité de la salle nous empêchant de profiter de cet apport précieux.

Sur les planches et dans la fosse
, les concepteurs-interprètes : Hugo Reyne, Marie-Geneviève Massé, Vincent Tavernier y mettent en lumière la diversité des clés qui s’offrent aux auditeurs : tout en dévoilant la richesse d’un divertissement en miroir, le trio sait surtout démontrer l’unité et la cohérence poétique de l’ouvrage. Ici pas de bougies « historiques », ni de travail spécifique sur l’articulation et la gestuelle dite baroque que défend simultanément un autre courant de l’interprétation lullyste. La relecture actualisante (jeu des lectures dans le tableau de la peinture où des peintres en bâtiment, acrobatiques, mettent en perspective la posture d’un peintre à l’époque de Louis XIV), limpidité des genres comique et tragique mêlés (admirable « acte » de la Chirurgie qui outre le talent du haute-contre Romain Champion, épatant médecin anesthésiste, sait réactiver l’acuité bouffone dont Lully était aussi capable), subtilité du français déclamé… tout s’entête à favoriser cette jouissance des sens qui a pu ravir les spectateurs de l’époque. De surcroît, en un peu moins d’une heure et trente minutes, la succession des 7 tableaux ne pèse d’aucune manière.

Dans la fosse, comme il l’a démontré dans un disque préalable (paru en juin 2008 chez Accord), Hugo Reyne confirme une évidente compréhension de l’orchestre de Louis XIV : vérité et richesse des accents, sens du panache et du solennel, poésie des récits et des airs (avec le continuo excellent composé entre autres par la basse de violon de Jean-Marie Quint, et le théorbe arachnéen de Benjamin Perrot). Le collectif s’électrise et s’enflamme dans l’évocation entre autres, de la guerre amoureuse qui se joue sur un échiquier martial (tableau final de la Guerre)…

Ce que les spectateurs du XVII ème aimaient à retrouver dans la succession des tableaux visuels du Ballet des Arts, c’est outre la confirmation de la puissance politique et cet esprit du faste monarchique, la réalité des intrigues de la Cour, le déclassement ou la montée en puissance d’une favorite ou d’un Grand… Décrypter aujourd’hui ces références du social et du politique, revient à retrouver tout ce qu’a de vivant le genre. Pour nous, il s’agit de relire et de comprendre sur le plan esthétique comment fonctionne aussi la partition des arts mêlés. Le collectif des métiers et des maîtrises ici réunis fusionne grâce à la tutelle centralisatrice du Roi : figure axiale, pilier qui en permet le déploiement et l’harmonie. Des arts désormais amoureux restituent cette nouvelle Arcadie française (comprendre en ce sens, l’entrée de la chasse où Diane danse avec un cerf-Actéon, et plus encore le premier tableau de l’agriculture qui multiplie les couples amoureux à la façon d’un Watteau…). Le roi berger et aussi solarisé (Louis XIV y est déjà l’Apollon terrestre) est le garant et le protagoniste. Jamais art et politique n’ont été si combinés, et leur union, aussi harmonieuse. A chacun de saisir l’unité et la cohérence d’un spectacle-propagande.

Sablé, scène lullyste
A Sablé, l’interprétation lullyste vit des heures heureuses. Au travail d’Hugo Reyne, succèdera celui de Patrick Cohën-Akenine, ardent défenseur de la reconstitution des fameux Vingt-Quatre Violons du Roy (programme du soir, présenté le lendemain, mercredi 20 août 2008, également au Centre Culturel). Dans le sillon du mythique Atys façon Christie, ses élèves dont Hugo Reyne est l’un des plus engagés, poursuivent l’exploration musicale. A contrario d’une lecture plus « méticuleuse » recherchant la reconstitution baroque, l’équipe réunit autour du directeur de la Simphonie du Marais, nous a offert l’un des spectacles dansés parmi les plus vivants. Sans perdre le fil dramatique entre chaque « entrée », trouvant le ton juste selon les tableaux, le spectacle s’impose par sa séduction visuelle que rehausse la superbe tenue de l’orchestre.

Sablé. Festival. Le 19 août 2008. Jean-Baptiste Lully (1632-1687) : Le Ballet des Arts, 1663. Anouska Lara, soprano. Mélodie Ruvio, mezzo-soprano. Romain Champion, haute-contre. Arnaud Richard, basse. Compagnie L’Eventail. Marie-Geneviève Massé, direction. La Simphonie du Marais. Hugo Reyne, direction. Vincent Tavernier, mise en scène.

CD. Hugo Reyne et la Simphonie du Marais ont fait paraître le disque du Ballet des Arts de Lully (1 cd chez Accord). Le même programme qui a conclu le festival Musiques à la Chabotterie 2008 (12 et 13 août 2008), est à l’affiche de la prochaine saison musicale du Centre de Musique Baroque de Versailles (Orangerie, le 2 octobre 2008).

Visionner aussi nos entretiens vidéo : Hugo Reyne évoque Lully

Illustrations: Junon découvre la poupée qui est son double (entrée de l’Orfèvrerie) ; Nymphe de l’Entrée de la Navigation © David Tonnelier pour classiquenews.com 2008. Le salut des interprètes (Vincent Tavernier, Marie-Geneviève Massé, Hugo Reyne); Hugo Reyne seul © David Tonnelier pour classiquenews.com

Festival Musique et mémoire 2008 Reportage vidéo pour les 15 ans du festival saônois (2/2)

Festival Musique et mémoire 2008
Les 15 ans du Festival (2/2)

Les 15 ans du Festival Musique et mémoire (Haute-Saône)
Chaque été, au mois de juillet, le festival Musique et mémoire depuis 15 ans, associe les répertoires contemporains et baroques en un laboratoire artistique riche et captivant. Fabrice Creux, directeur artistique, explique la ligne du festival situé au Pays des Mille étangs. Festival atypique, modèle sur le plan de sa programmation musicale et des paris défendus depuis ses débuts, Musique et mémoire témoigne de la vitalité de la scène musicale en province: “scène ancienne et scène nouvelle”, Musique et mémoire sait mêler en un festin prometteur, la vitalité audacieuse des interprètes conviés et la richesse insoupçonnée des répertoires.

En 2008, le festival a commandé deux programmes inédits dont nous étions les témoins: L’Argument de Beauté par Discantus, ensemble en résidence, d’après Gilles Binchois, et Verso Recto, nouveau spectacle imaginé et improvisé par Pascal Contet à l’accordéon, d’après la Partita n°3 de Jean-Sébastien Bach (initialement pour clavecin), avec le concours de la danseuse, Marie-Pierre Jaux….

Festival Musique et mémoire 2008 Reportage vidéo pour les 15 ans du festival saônois (1/2)

Festival Musique et mémoire 2008
Les 15 ans du Festival (1/2)

Les 15 ans du Festival Musique et mémoire (Haute-Saône)
Chaque été, au mois de juillet, le festival Musique et mémoire depuis 15 ans, associe les répertoires contemporains et baroques en un laboratoire artistique riche et captivant. Fabrice Creux, directeur artistique, explique la ligne du festival situé au Pays des Mille étangs. Festival atypique, modèle sur le plan de sa programmation musicale et des paris défendus depuis ses débuts, Musique et mémoire témoigne de la vitalité de la scène musicale en province: “scène ancienne et scène nouvelle”, Musique et mémoire sait mêler en un festin prometteur, la vitalité audacieuse des interprètes conviés et la richesse insoupçonnée des répertoires.

En 2008, le festival a commandé deux programmes inédits dont nous étions les témoins: L’Argument de Beauté par Discantus, ensemble en résidence, d’après Gilles Binchois, et Verso Recto, nouveau spectacle imaginé et improvisé par Pascal Contet à l’accordéon, d’après la Partita n°3 de Jean-Sébastien Bach (initialement pour clavecin), avec le concours de la danseuse, Marie-Pierre Jaux….

visionner la vidéo 2

Implantation du festival dans “son” territoire, en Haute-Saône, programmation militante centrée sur les musiques baroques, mises en regard avec les écritures médiévales et contemporaines, place des répertoires de “transition”… Fabrice Creux précise les chantiers porteurs d’un festival exemplaire qui en 2008, soufflait ses 15 ans.

La Chabotterie (Vendée). Le Festival Musiques à la Chabotterie Reportage “Festival baroque dans le bocage vendéen” (juillet 2008)

La Chabotterie (Vendée):
Festival Musiques à la Chabotterie

Le baroque dans le bocage vendéen
Chaque été, au mois de juillet, le Festival de musique baroque, Musiques à la Chabotterie met à l’honneur les compositeurs des XVIIème et XVIIIème siècle, dans la Cour d’honneur et dans le parc d’un superbe logis vendéen qui s’est construit du XVIème au XIXème siècle… Lully, Rameau, entre autres, y retrouvent un cadre idyllique grâce à l’activité du chef et flûtiste Hugo Reyne, directeur du Festival… reportage spécial en un lieu enchanteur, au coeur du bocage vendéen.

CD

En 2008, Hugo Reyne ressuscite les Musiques au temps de Richelieu: motets et messes célébrant la prise de la Rochelle, mais aussi Ballet de la Prospérité des Armes de France, donné devant Louis XIII, en 1641, à Paris, en son Palais Cardinal, pour célébrer les victoires françaises sur les Habsbourg… Ce programme inédit qui souligne la sélection musicale audacieuse qui caractérise le Festival à la Chabotterie, vient de paraître en cd: Musiques au temps de Richelieu (Coffret 2 cd, label Musiques à la Chabotterie)

Les Talents Chefs d’orchestre de l’Adami 2008 (4/4) Entretien vidéo avec Ariane Matiakh, lauréate 2008

Talents Chefs d’orchestre 2008. Ariane Matiakh, lauréate (4/4)
(Paris, salle Gaveau. Mardi 9 septembre 2008)

Ariane Matiakh, chef d’orchestre lauréate 2008
Le 9 septembre 2008, Salle Gaveau à Paris, l’Adami organise la première édition des Talents Chefs d’orchestre. Au cours d’une soirée exceptionnelle, les 3 lauréats, jeunes chefs d’orchestre distingués par le jury de l’Adami, dirigent l’Orchestre Colonne… Expérience en public, destinée à révéler le tempérament interprétatif de chacun d’eux. Entretien vidéo avec Ariane Matiakh : Parcours, répertoire, jardin musical, attentes et projets. Présentation de l’oeuvre jouée le 9 septembre à Paris (Symphonie n°41 “Jupiter” de Wolfgang Amadeus Mozart)…

voir la vidéo 2 de notre entretien avec Ariane Matiakh. Quelles seraient les 3 qualités pour bien diriger? A quoi un musicien doit-il s’engager? Votre modèle? Qu’attendez vous de la soirée du 9 septembre 2008? Pouvez vous nous présenter l’oeuvre que vous allez jouer au cours du concert exceptionnel à Paris (Symphonie n°41, “Jupiter” de Wolfgang Amadeus Mozart)?…

Les 3 lauréats 2008
En 2008, les 3 lauréats Talents chefs d’orchestre sont Ariane Matiakh, Debora Waldman, Benjamin Lévy. Lire notre présentation des Talents Chefs d’orchestre 2008 et la biographie des trois lauréats

sommaire des vidéos

vidéo 1: Présentation et genèse du Prix
Entretien avec Philippe Ogouz, Président de l’Adami.
Pourquoi avoir créer le Prix Talents Chefs d’orchestre? Quels en sont
les enjeux et le fonctionnement? Comment ce nouvel événement musical
s’inscrit-il dans la politique et les missions de l’Adami?

vidéo 2: Benjamin Lévy, lauréat
Entretien vidéo avec Benjamin Lévy, jeune chef d’orchestre, lauréat des
Talents Chefs d’orchestre 2008. Parcours, répertoire, jardin musical,
attentes et projets

vidéo 3: Debora Waldman, lauréate
Entretien vidéo avec Debora Waldman, jeune chef d’orchestre, lauréate des
Talents Chefs d’orchestre 2008. Parcours, répertoire, jardin musical,
attentes et projets

vidéo 4: Ariane Matiakh, lauréate
Entretien vidéo avec Ariane Matiakh, jeune chef d’orchestre, lauréate des
Talents Chefs d’orchestre 2008. Parcours, répertoire, jardin musical,
attentes et projets

Illustration: Philippe Ogouz © Thomas Bartel, Benjamin Lévy, Debora Waldman, Ariane Matiakh (DR)

Les Talents Chefs d’orchestre de l’Adami 2008 (4/4) Entretien vidéo 2 avec Ariane Matiakh, lauréate 2008

Talents Chefs d’orchestre 2008. Ariane Matiakh, lauréate (4/4)
(Paris, salle Gaveau. Mardi 9 septembre 2008)

Ariane Matiakh, chef d’orchestre lauréate 2008
Le 9 septembre 2008, Salle Gaveau à Paris, l’Adami organise la première édition des Talents Chefs d’orchestre. Au cours d’une soirée exceptionnelle, les 3 lauréats, jeunes chefs d’orchestre distingués par le jury de l’Adami, dirigent l’Orchestre Colonne… Expérience en public, destinée à révéler le tempérament interprétatif de chacun d’eux. Entretien vidéo 2 avec Ariane Matiakh : Parcours, répertoire, jardin musical, attentes et projets. Présentation de l’oeuvre jouée le 9 septembre à Paris (Symphonie n°41 “Jupiter” de Wolfgang Amadeus Mozart.

Les 3 lauréats 2008
En 2008, les 3 lauréats Talents chefs d’orchestre sont Ariane Matiakh, Debora Waldman, Benjamin Lévy. Lire notre présentation des Talents Chefs d’orchestre 2008 et la biographie des trois lauréats

sommaire des vidéos

vidéo 1: Présentation et genèse du Prix
Entretien avec Philippe Ogouz, Président de l’Adami.
Pourquoi avoir créer le Prix Talents Chefs d’orchestre? Quels en sont
les enjeux et le fonctionnement? Comment ce nouvel événement musical
s’inscrit-il dans la politique et les missions de l’Adami?

vidéo 2: Benjamin Lévy, lauréat
Entretien vidéo avec Benjamin Lévy, jeune chef d’orchestre, lauréat des
Talents Chefs d’orchestre 2008. Parcours, répertoire, jardin musical,
attentes et projets

vidéo 3: Debora Waldman, lauréate
Entretien vidéo avec Debora Waldman, jeune chef d’orchestre, lauréate des
Talents Chefs d’orchestre 2008. Parcours, répertoire, jardin musical,
attentes et projets

vidéo 4: Ariane Matiakh, lauréate
Entretien vidéo avec Ariane Matiakh, jeune chef d’orchestre, lauréate des
Talents Chefs d’orchestre 2008. Parcours, répertoire, jardin musical,
attentes et projets

Illustration: Philippe Ogouz © Thomas Bartel, Benjamin Lévy, Debora Waldman, Ariane Matiakh (DR)

Haute-Saône. 15 ème festival Musique et Mémoire. Les 1er et 2 août 2008. Ronchamp: L’argument de Beauté, Discantus. Héricourt: Pascal Contet, accordéon.

15 ans de recherche… et d’accomplissements

L’équation: magie des lieux / performance musicale, est rarement réussie. Si cette alliance qui fait tout le prix des concerts reste imprévisible, le festival Musique et Mémoire, le temps de son dernier week-end auquel nous assistions, fut mémorable. A l’inénarrable du lieu, la programmation artistique ajoute ce sentiment de transcendance grâce à un niveau artistique de très haute tenue. De surcroît, le festival saônois qui a fait de l’expérimentation et de la prise de risque, deux valeurs clés, poursuit plus qu’auparavant, son esprit défricheur et son activité de commande, demandant aux artistes programmés d’innover, de créer, de surprendre. Les deux spectacles dont nous sommes témoins, accréditent la réussite d’un événement de musique idéalement enraciné dans son territoire (le département de la Haute-Saône, en particulier son septentrion qui se déroule aux pieds des Vosges), dans cet espace naturel préservé dont le nom évoque désormais, tout un monde féerique: le pays des mille étangs.

Fabrice Creux, directeur de l’événement, tient son cap depuis 15 ans: baroque et modernité. Artistes associés (Chiara Banchini, Jean-Charles Ablitzer), ou en résidence comme cette année, Brigitte Lesne et son ensemble Discantus, oeuvres en création, passages de l’ancien au moderne, le Festival Musique et Mémoire pourrait en apprendre à beaucoup, qui le plus souvent tournent sur eux-mêmes, répétant têtes d’affiche et productions remâchées… A Lure, Luxeuil, Héricourt, Ronchamp, Faucogney … rien de tel: si le baroque est bien présent, au coeur même de la programmation, il y est toujours mis en perspective, suscitant dialogues et passerelles, confrontations et découvertes. Bach voisine avec le contemporain, la musique avec la danse, la musique elle-même avec la singularité des lieux du Pays. Pour preuve les deux concerts auxquels nous assistions, les 2 et 3 août 2008.

Discantus révèle une Angleterre qui donne le ton

Ronchamp. Notre-Dame du Haut, samedi 2 août 2008. L’Argument de beauté, titre de la production, tient en vérité autant à la musique qu’à la secrète magie de l’architecture. Le lieu est enchanteur dominant la plaine, massif sacré célébré depuis le Moyen-Age, et que Le Corbusier en 1955, a coiffé d’une nouvelle architecture à la fois ronde, organique, mais aussi légère, véritable rampe ascensionnelle pour une ferveur intense et archaïque. Comme une conque sur la colline, l’édifice permet d’y célébrer des messes à l’extérieur comme à l’intérieur, réorchestrant le rapport de l’homme et de Dieu, en une relation toujours perceptible, de l’intime et de l’universel. Ronchamp permet tout cela. Et le visiteur qui pénètre dans la chapelle est davantage saisi par le traitement du béton, matériau qui véhicule une nouvelle dynamique: voûte comme aspirée vers l’au-delà, murs constellés de perforations symboliques et chromatiques… Le Corbusier y compose une nouvelle partition entre l’ombre et la lumière, la forme et l’espace. Puits de lumière, transparence, surtout pour nous, mélomanes toujours en quête d’accomplissements, scénographie simple et essentielle où la musique, en de divines résonances, (dont le secret des dispositifs serait né d’une collaboration dès l’origine entre Xenakis et Le Corbusier), reconstruit la sensation du temps et de l’espace. Discantus nous offre l’aboutissement de sa résidence au Festival.

Beauté sur la colline

Le programme qui permet au 8 femmes chanteuses d’aborder les polyphonies du XVème siècle, donne la mesure des qualités acoustiques d’un écrin conçu en vérité, pour la musique: façonné pour la voix, caisse de résonance pour un chant de sublimation, celui qui célèbre en particulier le mystère et la divinité de Marie (Salve Regina...). En duo sur la chaire, en trio sur la tribune, en quatuor ou quintette, dans le corps résonant de la chapelle, les voix de Discantus, dont plusieurs processions autour du public, concrétisent cette spacialisation du geste musical, réalisent l’un des plus beaux concerts qu’il nous a été donné d’écouter pendant le Festival des Vosges saônoises… en réponse, en formation polychorale, autour de l’autel ou formant cercle autour du lutrin, les interprètes reproduisent le concert des voix angéliques, d’où s’est distinguée la voix soliste, incarnée, palpitante, de Brigitte Lesne (Salve Mundi). Les voix sont associées et même fusionnées au carillon parallèle des cloches à mains, non plus entrées précédant la voix mais accentuations du texte chanté: l’alliance est inédite. Le résultat sonore, stupéfiant … de beauté. Or le titre du programme indique clairement la recherche d’une esthétique concrète: outre la plénitude vécue par le spectateur enveloppé dans l’architecture, l’argument de beauté dont il s’agit, est du point de vue musical (celui des interprètes) celui militant pour la beauté … du son. Un son restitué selon son désir qui choisit d’après des règles précises, telle ou telle altération harmonique préétablie, mais dont la réalisation est laissée à son choix, afin de recréer la résonance et la vibration du monde céleste.

Binchois, anglophile et sacré


Le choix du programme est d’autant plus intéressant qu’il met en lumière la modernité des oeuvres de Gilles Binchois (1400-1460) dans le registre sacré dont l’écriture et les audaces harmoniques, véritable préimpressionnisme (avant l’heure debussyste), souligne combien ce natif de Belgique, reste émerveillé par la musique anglaise du XVème siècle: il a d’ailleurs, fait carrière en Angleterre. On demeure saisi par l’éclat, la brillance, la rondeur dans l’articulation douce du latin, du Kyrie, du Gloria… la flamboyance rentrée, à la fois émerveillement extatique et déploration, du Sanctus, l’échelle harmonique inouïe de son Agnus Dei. L’auteur des chansons bourguignones si célèbres, gagne une auréole spirituelle qu’on ne lui connaissait pas. La restitution interprétative est audacieuse: elle est surtout recréation vivante. D’autant plus que Discantus n’a que peu chanté les musiques de la Renaissance, plus familier des architectures médiévales, du XII ème au XIV ème siècle. Jamais la magie d’un lieu accordée à l’ivresse spirituelle d’un choeur féminin n’avait semblé à ce point couler de source. Chant pleinement investi, sonorité opulente et pleine, rythmique ciselée, concours des cloches millimétré, prononciation vivante du latin pour le plain chant du XVème siècle, (réalisée grâce aux recherches de Jean-Yves Haymoz, lequel vient saluer aux côtés des chanteuses à la fin de spectacle), le travail de Discantus a tiré bénéfice de sa résidence saônoise. Et le volume intérieur de la Chapelle Notre-Dame du Haut a donné corps et amplitude à cette ciselure chorale. L’ensemble poursuivait à Ronchamp une exploration sonore et spatiale déjà amorcée en 2007, avec dans ce même lieu, un programme bâti autour des musiques de Compostelle. Créé spécialement pour le Festival, L’Argument de Beauté, nouvel accomplissement du groupe, devrait tourner début 2009, et aussi être publié au disque chez Zig Zag Territoires au premier semestre 2009.

Bach en perspective à Héricourt

Le lendemain, autre lieu, autre problématique… pour une même alchimie. L’accordéoniste Pascal Contet improvise sur Bach (à partir de ses propres transcriptions de la Partita n°3 en la mineur), formant duo avec la danseuse, membre du Centre Chorégraphique National de Franche Comté (dirigé par Odile Dubosc), Marie-Pierre Jaux. Instrumentiste singulier, Pascal Contet a restitué à l’accordéon ses lettres de noblesse dans le champ vivant de la musique contemporaine. L’instrumentiste, véritable maître en son art, (avec cet autre poète du clavier à soufflets, Bruno Maurice), sait embraser l’instant grâce à un geste musical qui fait du concert et de l’improvisation, une offrande mémorable par sa vérité, son engagement, sa justesse. Visiblement inspiré par le jeu souverain de l’instrumentiste qui parvient à restituer d’infimes nuances de timbres, en un feu rythmique constant, la danseuse dessine un itinéraire improvisé, entre trois tabourets, puis sous les arcades du fort du Mont Vaudois d’Héricourt. Le militaire, le musical, la danse improvisée: rien de plus emblématique, avec le concert Binchois de la veille, que cette performance au carrefour des disciplines, mariant les improbables, permettant aux artistes d’oser se mettre en péril, affrontant le regard critique du public, jouant là encore de passerelles et des résonances immédiates: statisme des arcatures minérales désaffectées / mobilité recréative du corps dansant, sublimé par le jeu libre de l’instrumentiste, baroque atemporel d’un Bach désormais inusable / rituel magique d’une nouvelle célébration qui puise sa propre vérité dans la rencontre instantanée des deux artistes entre eux, de leur duo avec le public, des artistes et du public confrontés simultanément à une architecture patrimoniale inédite… Traverser le corps architectural pour gagner le lieu du spectacle fait aussi partie de son déroulement: le parcours, -précédant le temps du concert improvisé, fait de détours, traversant plusieurs galeries souterraines à peine éclairées-, a réalisé comme un préambule nécessaire vers l’autre monde, une préparation au dévoilement de l’action, jouée et chorégraphiée. Instant rare et jubilatoire.

Haute-Saône. 15ème Festival Musique et Mémoire. Ronchamp, Chapelle Notre-Dame du Haut. Samedi 2 août 2008. “L’argument de Beauté”. Discantus (Brigitte Lesne, direction). Création mondiale. Héricourt, Fort du Mont Vaudois. Dimanche 3 août 2008. “Bach, verso recto”. Pascal Contet, accordéon. Marie-Pierre Jaux, danse. Création mondiale.

Illustrations: Chapelle Notre-Dame du Haut à Ronchamp © David Tonnelier 2008 pour classiquenews.com. Discantus en répétition, puis interprétant l’Argument de Beauté © David Tonnelier 2008 idem. Pascal Contet (DR)

Les Talents Chefs d’orchestre de l’Adami 2008 (3/4) Entretien vidéo 2 avec Debora Waldman, lauréate 2008

Talents Chefs d’orchestre 2008. Debora Waldman, lauréate (3/4)
(Paris, salle Gaveau. Mardi 9 septembre 2008)

Debora Waldman, chef d’orchestre lauréate 2008
Le 9 septembre 2008, Salle Gaveau à Paris, l’Adami organise la première édition des Talents Chefs d’orchestre. Au cours d’une soirée exceptionnelle, les 3 lauréats, jeunes chefs d’orchestre distingués par le jury de l’Adami, dirigent l’Orchestre Colonne… Expérience en public, destinée à révéler le tempérament interprétatif de chacun d’eux. Entretien vidéo avec Debora Waldman : Parcours, répertoire, jardin musical, attentes et projets. Présentation de l’oeuvre jouée le 9 septembre à Paris (Symphonie n°4 de Mendelssohn)…

Les 3 lauréats 2008
En 2008, les 3 lauréats Talents chefs d’orchestre sont Ariane Matiakh, Debora Waldman, Benjamin Lévy. Lire notre présentation des Talents Chefs d’orchestre 2008 et la biographie des trois lauréats

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vidéo 1: Présentation et genèse du Prix
Entretien avec Philippe Ogouz, Président de l’Adami.
Pourquoi avoir créer le Prix Talents Chefs d’orchestre? Quels en sont
les enjeux et le fonctionnement? Comment ce nouvel événement musical
s’inscrit-il dans la politique et les missions de l’Adami?

vidéo 2: Benjamin Lévy, lauréat
Entretien vidéo avec Benjamin Lévy, jeune chef d’orchestre, lauréat des
Talents Chefs d’orchestre 2008. Parcours, répertoire, jardin musical,
attentes et projets

vidéo 3: Debora Waldman, lauréate
Entretien vidéo avec Debora Waldman, jeune chef d’orchestre, lauréate des
Talents Chefs d’orchestre 2008. Parcours, répertoire, jardin musical,
attentes et projets

vidéo 4: Ariane Matiakh, lauréate
Entretien vidéo avec Ariane Matiakh, jeune chef d’orchestre, lauréate des
Talents Chefs d’orchestre 2008. Parcours, répertoire, jardin musical,
attentes et projets

Illustration: Philippe Ogouz © Thomas Bartel, Benjamin Lévy, Debora Waldman, Ariane Matiakh (DR)

Les Talents Chefs d’orchestre de l’Adami 2008 (3/4) Entretien vidéo avec Debora Waldman, lauréate 2008

Talents Chefs d’orchestre 2008. Debora Waldman, lauréate (3/4)
(Paris, salle Gaveau. Mardi 9 septembre 2008)

Debora Waldman, chef d’orchestre lauréate 2008
Le 9 septembre 2008, Salle Gaveau à Paris, l’Adami organise la première édition des Talents Chefs d’orchestre. Au cours d’une soirée exceptionnelle, les 3 lauréats, jeunes chefs d’orchestre distingués par le jury de l’Adami, dirigent l’Orchestre Colonne… Expérience en public, destinée à révéler le tempérament interprétatif de chacun d’eux. Entretien vidéo avec Debora Waldman : Parcours, répertoire, jardin musical, attentes et projets. Présentation de l’oeuvre jouée le 9 septembre à Paris (Symphonie n°4 de Mendelssohn)…

voir la vidéo 2 de notre entretien avec Debora Waldman. Quelles seraient les 3 qualités pour bien diriger? A quoi un musicien doit-il s’engager? Votre modèle? Qu’attendez vous de la soirée du 9 septembre 2008? Pouvez vous nous présenter l’oeuvre que vous allez jouer au cours du concert exceptionnel à Paris (Symphonie n°4 de Félix Mendelssohn)?…

Les 3 lauréats 2008
En 2008, les 3 lauréats Talents chefs d’orchestre sont Ariane Matiakh, Debora Waldman, Benjamin Lévy. Lire notre présentation des Talents Chefs d’orchestre 2008 et la biographie des trois lauréats

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vidéo 1: Présentation et genèse du Prix
Entretien avec Philippe Ogouz, Président de l’Adami.
Pourquoi avoir créer le Prix Talents Chefs d’orchestre? Quels en sont
les enjeux et le fonctionnement? Comment ce nouvel événement musical
s’inscrit-il dans la politique et les missions de l’Adami?

vidéo 2: Benjamin Lévy, lauréat
Entretien vidéo avec Benjamin Lévy, jeune chef d’orchestre, lauréat des
Talents Chefs d’orchestre 2008. Parcours, répertoire, jardin musical,
attentes et projets

vidéo 3: Debora Waldman, lauréate
Entretien vidéo avec Debora Waldman, jeune chef d’orchestre, lauréate des
Talents Chefs d’orchestre 2008. Parcours, répertoire, jardin musical,
attentes et projets

vidéo 4: Ariane Matiakh, lauréate
Entretien vidéo avec Ariane Matiakh, jeune chef d’orchestre, lauréate des
Talents Chefs d’orchestre 2008. Parcours, répertoire, jardin musical,
attentes et projets

Illustration: Philippe Ogouz © Thomas Bartel, Benjamin Lévy, Debora Waldman, Ariane Matiakh (DR)

Les Talents Chefs d’orchestre de l’Adami 2008 (2/4) Entretien vidéo avec Benjamin Lévy, lauréat 2008

Talents Chefs d’orchestre 2008. Benjamin Lévy, lauréat
(Paris, salle Gaveau. Mardi 9 septembre 2008)

Benjamin Lévy, chef d’orchestre lauréat 2008
Le 9 septembre 2008, Salle Gaveau à Paris, l’Adami organise la première édition des Talents Chefs d’orchestre. Au cours d’une soirée exceptionnelle, les 3 lauréats, jeunes chefs d’orchestre distingués par le jury de l’Adami, dirigent l’Orchestre Colonne… Expérience en public, destinée à révéler le tempérament interprétatif de chacun d’eux.
Entretien vidéo avec Benjamin Lévy : Parcours, répertoire, jardin musical, attentes et projets

Les 3 lauréats 2008
En 2008, les 3 lauréats Talents chefs d’orchestre sont Ariane Matiakh, Debora Waldman, Benjamin Lévy. Lire notre présentation des Talents Chefs d’orchestre 2008 et la biographie des trois lauréats

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Entretien avec Philippe Ogouz, Président de l’Adami.
Pourquoi avoir créer le Prix Talents Chefs d’orchestre? Quels en sont
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vidéo 2: Benjamin Lévy, lauréat
Entretien vidéo avec Benjamin Lévy, jeune chef d’orchestre, lauréat des
Talents Chefs d’orchestre 2008. Parcours, répertoire, jardin musical,
attentes et projets

vidéo 3: Debora Waldman, lauréate
Entretien vidéo avec Debora Waldman, jeune chef d’orchestre, lauréate des
Talents Chefs d’orchestre 2008. Parcours, répertoire, jardin musical,
attentes et projets

vidéo 4: Ariane Matiakh, lauréate
Entretien vidéo avec Ariane Matiakh, jeune chef d’orchestre, lauréate des
Talents Chefs d’orchestre 2008. Parcours, répertoire, jardin musical,
attentes et projets

Illustration: Philippe Ogouz © Thomas Bartel, Benjamin Lévy, Debora Waldman, Ariane Matiakh (DR)

Les Talents Chefs d’orchestre de l’Adami 2008 (2/4) Entretien vidéo avec Benjamin Lévy, lauréat 2008

Talents Chefs d’orchestre 2008. Benjamin Lévy, lauréat (2/4)
(Paris, salle Gaveau. Mardi 9 septembre 2008)

Benjamin Lévy, chef d’orchestre lauréat 2008
Le 9 septembre 2008, Salle Gaveau à Paris, l’Adami organise la première édition des Talents Chefs d’orchestre. Au cours d’une soirée exceptionnelle, les 3 lauréats, jeunes chefs d’orchestre distingués par le jury de l’Adami, dirigent l’Orchestre Colonne… Expérience en public, destinée à révéler le tempérament interprétatif de chacun d’eux. Entretien vidéo avec Benjamin Lévy : Parcours, répertoire, jardin musical, attentes et projets

voir la vidéo 2 de notre entretien avec Benjamin Lévy. Quelles seraient les 3 qualités pour bien diriger? A quoi un musicien doit-il s’engager? Votre modèle? Qu’attendez vous de la soirée du 9 septembre 2008? Pouvez vous nous présenter l’oeuvre que vous allez jouer au cours du concert exceptionnel à Paris?…

Les 3 lauréats 2008
En 2008, les 3 lauréats Talents chefs d’orchestre sont Ariane Matiakh, Debora Waldman, Benjamin Lévy. Lire notre présentation des Talents Chefs d’orchestre 2008 et la biographie des trois lauréats

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vidéo 1: Présentation et genèse du Prix
Entretien avec Philippe Ogouz, Président de l’Adami.
Pourquoi avoir créer le Prix Talents Chefs d’orchestre? Quels en sont
les enjeux et le fonctionnement? Comment ce nouvel événement musical
s’inscrit-il dans la politique et les missions de l’Adami?

vidéo 2: Benjamin Lévy, lauréat
Entretien vidéo avec Benjamin Lévy, jeune chef d’orchestre, lauréat des
Talents Chefs d’orchestre 2008. Parcours, répertoire, jardin musical,
attentes et projets

vidéo 3: Debora Waldman, lauréate
Entretien vidéo avec Debora Waldman, jeune chef d’orchestre, lauréate des
Talents Chefs d’orchestre 2008. Parcours, répertoire, jardin musical,
attentes et projets

vidéo 4: Ariane Matiakh, lauréate
Entretien vidéo avec Ariane Matiakh, jeune chef d’orchestre, lauréate des
Talents Chefs d’orchestre 2008. Parcours, répertoire, jardin musical,
attentes et projets

Illustration: Philippe Ogouz © Thomas Bartel, Benjamin Lévy, Debora Waldman, Ariane Matiakh (DR)

Les Talents Chefs d’orchestre de l’Adami 2008 (1/4) Entretien vidéo avec Philippe Ogouz, Président de l’Adami

Talents Chefs d’orchestre 2008 (1/4)
(Paris, salle Gaveau. Mardi 9 septembre 2008)

Philippe Ogouz, Président de l’Adami présente le prix Talents chefs d’orchestre
Le 9 septembre 2008, Salle Gaveau à Paris, l’Adami organise la première édition des Talents Chefs d’orchestre. Au cours d’une soirée exceptionnelle, les 3 lauréats, jeunes chefs d’orchestre distingués par le jury de l’Adami, dirigent l’Orchestre Colonne… Expérience en public, destinée à révéler le tempérament interprétatif de chacun d’eux.
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Les 3 lauréats 2008
En 2008, les 3 lauréats Talents chefs d’orchestre sont Ariane Matiakh, Debora Waldman, Benjamin Lévy. Lire notre présentation des Talents Chefs d’orchestre 2008 et la biographie des trois lauréats

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Entretien avec Philippe Ogouz, Président de l’Adami.
Pourquoi avoir créer le Prix Talents Chefs d’orchestre? Quels en sont
les enjeux et le fonctionnement? Comment ce nouvel événement musical
s’inscrit-il dans la politique et les missions de l’Adami?

vidéo 2: Benjamin Lévy, lauréat
Entretien vidéo avec Benjamin Lévy, jeune chef d’orchestre, lauréat des
Talents Chefs d’orchestre 2008. Parcours, répertoire, jardin musical,
attentes et projets

vidéo 3: Debora Waldman, lauréate
Entretien vidéo avec Debora Waldman, jeune chef d’orchestre, lauréate des
Talents Chefs d’orchestre 2008. Parcours, répertoire, jardin musical,
attentes et projets

vidéo 4: Ariane Matiakh, lauréate
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Talents Chefs d’orchestre 2008. Parcours, répertoire, jardin musical,
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Illustration: Philippe Ogouz © Thomas Bartel, Benjamin Lévy, Debora Waldman, Ariane Matiakh (DR)

Saint-Sulpice le Verdon. 12 ème Festival Musiques à la Chabotterie, le 23 juillet 2008. Ballet de la Prospérité des armes de France, 1641. La Simphonie du Marais, Hugo Reyne

A quelques 3 heures (en train) de Paris, le Logis de la Chabotterie (moins de 1h de Nantes) est l’étape incontournable de tout séjour vendéen. Il ne s’agit pas du littoral de Vendée comptant ses escales enchanteresses tels les Sables d’Olonne, ou l’Île d’Yeu…

La Chabotterie
Il est plutôt question d’une étape bucolique en plein paysage naturel et agricole, dans ce “bocage” vendéen à nul autre pareil. Une terre où il fait bon résider, où l’art de vivre perpétue comme rarement, l’élégance et le raffinement avec les plaisirs simples du terroir. La Chabotterie, bâtiment édifié entre la Renaissance et les siècles baroques cultive cette douceur hédoniste, offrant sur le plan culturel et touristique, un exceptionnel équilibre entre architecture et nature. Propriété du Conseil Général depuis 1993, le site offre les délices d’un complexe culturel qui frappe par sa richesse: les amateurs d’histoire “vivront” le parcours historique récapitulant les épisodes spectaculaires et tragiques de la guerre de Vendée. En 20 minutes, grâce à une scénographie automatisée, chacun peut y réviser ses connaissances sur la résistance des “boquins” face aux “avancées” de la Révolution. Contre l’armée de la Convention, après la Terreur, le général Charette, héros local, y a défié avec ses hommes, les troupes républicaines, jusqu’en mars 1796… c’est même à quelques mètres de La Chabotterie que le généralissime fut arrêté (le 23 mars 1796, à 33 ans, en un lieu désormais indiqué par une immense croix de pierre, dite “croix de Charette”) puis emmené à Nantes pour y être exécuté. La table où l’illustre soldat vaincu fut soigné, se voit toujours à l’intérieur du logis.

Festival au bocage

Mais la “Chabot” (prononcez “chabotte”) a bien quelques chose de magique qui tient effectivement du conte de fée. En l’absence d’un chat botté qui y aurait pu tenir gîte, le festival “Musiques à la Chabotterie” y déploie ses enchantements baroques, grâce à l’activité du chef et flûtiste, Hugo Reyne. Devenu lui-même vendéen, le musicien pilote la programmation artistique depuis 2004, et, y a même implanté la résidence de son ensemble, La Simphonie du Marais. Chaque été, dans le cadre d’un cycle Lully, chef et orchestre donnent, entre autres oeuvres, dans la Cour d’honneur, un opéra ou un ballet du surintendant de Louis XIV, grand faiseur de spectacles. L’histoire du ballet français, et plus généralement l’apport de Lully à la musique française, sont deux sujets qui passionnent depuis toujours Hugo Reyne.

Le Ballet du Cardinal
En 2008, le département célèbre Richelieu: c’est qu’âgé de 23 ans, en 1608, le futur grand homme politique faisait son arrivée dans l’archevêché de Luçon. Le Conseil général a commandé un cycle de célébrations dont cette résurrection du ballet de la Prospérité des armes de France, donné par Richelieu en 1641 à Paris, en son Palais Cardinal, première salle italienne construite en France, ancêtre de notre Académie Royale de musique, futur opéra national. Richelieu, acteur-fondateur de notre scène française et prince mélomane ? L’information relève d’une révélation… La (re)découverte de la partition, donnée en “recréation mondiale”, en ouverture du festival Musiques à la Chabotterie, était donc un événement.

Défi musical


La tentative tient du défi: réécriture des parties manquantes du manuscrit original (conservé à la BN à Paris), restitution des bandes d’instruments, bandes des hautbois en particulier, bandes des cordes et aussi des luths, autant d’éléments désormais mieux connus de l’orchestre français du premier baroque (règne de Louis XIII), qui comprend cinq parties. Tout l’intérêt de l’approche d’Hugo Reyne réside dans l’option, arbitraire mais passionnante, du dialogue, tout au moins du jeu simultané, des deux bandes qui ne se mêlaient jamais: les hautbois et les cordes. Inimaginable métissage des timbres, les premiers, aigus, étant propres à la Grande Ecurie, les seconds jouant plus bas, réservés à la Chambre, que Lully “osera” réunir dans son orchestre, pour Louis XIV, à partir des années 1660. Du premier baroque, nous étions passés au Grand Siècle… Le fait de tenter l’expérience avec 20 ans d’avance, relève d’une incongruité qui cependant fait tout le sel de la soirée. Interprètes et historiens ont pu préciser l’ampleur de la recherche préliminaire, l’importance de l’oeuvre qui dévoile un aspect méconnu du goût de Richelieu, au cours des “Confidences baroques“, explications offertes aux festivaliers, dès 18h15, en préambule au concert de 21h.

En l’absence des chorégraphies et des danseurs prévus à l’origine, l’engagement des instrumentistes de la Simphonie du Marais, portés par leur chef, facétieux autant qu’argumenté, et même pédagogue, a exprimé ce ballet naissant, voulu par le Cardinal en 1641 et qui sonne comme la récapitulation de sa politique militaire, vis-à-vis des puissances ennemies, Autriche et Espagne: victoires des armées françaises sur terre (Cazal et Arras), sur mer également (acte III). Des cinq actes, les interprètes ne jouent que les quatre premiers: Philidor, copiste inspiré mais incomplet, n’a malheureusement pas transmis la dernière partie. Qu’importe: du tableau initial de l’Harmonie, au triomphe d’Apollon (pour lequel le chef joue son instrument, la flûte, comme à l’époque où il participait aux gravures pionnières de Leonhardt puis de Christie), la partition ressuscitée donne la mesure d’un ouvrage certes politique, mais aussi musical, et même “poétique”, comme s’est plu à le souligner Hugo Reyne pendant les Confidences Baroques.

Si le Roi ne danse pas encore dans un ballet qui célèbre sa puissance, les “grands” du royaume sont invités à assurer chaque entrée, tous (marquis de Brézé, comte de la Rocheguyon, duc de Lyunes…), paraîssant selon son rang, et surtout ses mérites: au plus loyaux, serviteurs de la gloire monarchique, l’honneur des rôles éclatants. Art et politique sont ainsi indissociables: le ballet est un acte d’allégeance, le miroir d’une société organisée, dansant autour d’un Souverain vainqueur… “Déjà avant Lully, tous les éléments sont réunis: le premier musicien de Louis XIV n’aura plus qu’à se servir...”, ajoute aussi Hugo Reyne.

L’art de mêler les bandes…


Sur le plan musical, l’esprit d’exhumation s’associe au plaisir de l’expérimentation. La bandes des hautbois, située derrière les cordes, a fait entendre ses timbres verts, mordants conférant à la soirée, la saveur unique des “premières” où s’imposent l’audace et le risque: chant bucolique d’une vitalité conquérante, parfaitement en place, (en caractère comme en gouaille) pour les Flamands et leur “pots de bière”, comme en noblesse et solennité, dès l’ouverture… Ambassadrices du livret signé Jean Desmaret de Saint-Sorlin, les quatre voix soulignent l’allégorie, moins l’action. Pas encore individualisés, comme le seront les personnages de l’opéra français à venir (1673), les solistes déclament à la façon des madrigalistes italiens, images allégoriques et vers laudatifs du texte de Saint-Sorlin.

Nous sommes bien face à une oeuvre de commande et même de propagande. Chaque début d’acte, après l’ouverture, est ponctué par un “récit”: ceux de l’Italie, laquelle implore l’aide des Français; des Trois sirènes pour l’acte II, celui des victoires navales; récit des muses enfin, au début de l’acte IV, de loin le plus poétique: déjà le père de Louis XIV, y est invité à continuer les effets de sa grandeur: “poursuivez, ô grand Roi, d’étonner l’univers/Par tant de beaux exploits, doux sujets de nos vers”… l’acte s’achève sur l’entrée d’Apollon, figure désormais emblématique des Bourbons français à l’âge baroque. Avant les ors du Grand Siècle, tout le vocabulaire et les références esthétiques sont présents. Louis XIV et Lully les magnifieront encore davantage. L’on ne saurait oublier la plainte, entre langueur et tendresse, des cinq maures esclaves à la fin de l’acte III: les compositeurs de Richelieu dont le luthiste François de Chancy (qui fut aussi son professeur), y soulignent l’humaine douleur des vaincus… subtile nuance d’un ouvrage orfèvré, plus profond qu’il n’y paraît, et dont la redécouverte se révèle légitime. Serait-ce l’effet de cette poésie à la françoise, qui affleure en maints endroits, et dont nous parlait Hugo Reyne?

Que tous ceux qui n’ont pu assister à ce premier concert de la Chabotterie se rassurent: le festival poursuit sa brillante programmation baroque jusqu’aux 12 et 13 août 2008, deux dates conclusives pour lesquelles Hugo Reyne présentera (avec danseurs) les fruits de sa nouvelle exhumation lullyste, le Ballet des Arts du jeune compositeur florentin. Classiquenews s’est déjà entretenu avec le chef à propos de cet événement que Sablé puis Versailles accueillent ensuite, en août puis en septembre 2008 (le disque du Ballet des Arts vient de paraître en juin 2008, chez Accord).

Le label discographique Musiques à la Chabotterie édite à partir du 4 août 2008, en un double album, “Musiques au temps de Richelieu”, comprenant outre le Ballet de la Prospérité, un volet de musiques sacrées à l’époque du Cardinal (2 cd Musiques à la Chabotterie. Prochaine critique dans le mag cd de classiquenews.com). Derniers disques de Hugo Reyne édités par Musiques à la Chabotterie: Ulysse de Rebel, 6 Concertos pour flûte de Haendel, deux albums critiqués par classiquenews.com

Saint-Sulpice le Verdon. 12 ème Festival Musiques à la Chabotterie, Cour d’honneur de la Chabotterie, mercredi 23 juillet 2008. Ballet de la Prospérité des armes de France, 1641. 400 ème anniversaire de l’arrivée de Richelieu à Luçon (1608-2008). Avec Dorothée Leclair, Stéphane Lévy, Thomas Van Essen, Sydney Fierro, La Simphonie du Marais. Hugo Reyne, flûte et direction.

Festival Musiques à la Chabotterie, Logis de la Chabotterie,
Saint-Sulpice-le-Verdon (Vendée). Jusqu’au 13 août. Tél. :
02-51-43-31-01. De 8 € à 18 €. Toute la programmation du Festival
Musiques à la Chabotterie: www.chabotterie.vendee.fr.

vidéo: visionner nos entretiens vidéo avec Hugo Reyne, à propos du Ballet de la prospérité des armes de France

Illustrations: Hugo Reyne (DR). La Chabotterie (DR). Deux photos du concert du mercredi 23 juillet 2008 © Accent Tonique 2008

Evasion à Salzbourg: le château d’Hellbrun (2/3) Villa italienne et jardins d’eau du prince archevêque Marcus Sitticus (1613-1619)

Evasion à Salzbourg: Hellbrun (2/3)

Evasion à Salzbourg : Villa italienne et jardins d’eau d’Hellbrun
Reportage dans la métropole musicale et culturelle autrichienne. A la périphérie de Salzbourg, le prince archevêque Marcus Sitticus a édifié à Hellbrun, avec le concours de l’architecte Santino Solari, un palais d’été, dans le style italien des villas vénitiennes de la Renaissance, entre 1613 et 1619. Le palais baroque qui comprend un vaste domaine incluant son théâtre d’eau, est l’un des ensembles les mieux préservés du premier baroque. C’est là, que l’Orfeo de Monteverdi, récemment donné à Mantoue en 1607, fut repris pour la première fois, hors d’Italie…

Entretien vidéo avec Alain Brunet, directeur du Festival d’Ambronay 29 ème Festival d’Ambronay: Femmes, le génie interdit ? (2/3)

29 ème Festival d’Ambronay (2/3)
(du 18 septembre au 12 octobre 2008)

Femmes, le génie interdit?


La thématique du 29 ème Festival d’Ambronay place dans la lumière la voix des femmes interdites, compositrices et poétesses, interprètes, cantatrices et musiciennes qui furent assujetties dans l’ombre, interdites de gloire et de reconnaissance… Artistes oubliées, interprètes cachées, chants interdits…


Présentation des programmes spécifiques

à l’édition 2008: “Dalmatica, le lointain et l’ailleurs”: Ensemble
Dialogos, Katarina Livljanic, “Les larmes de Magdalena”, oratorio de
Hasse (1730) par Akadêmia, Françoise Lasserre, donné en première
mondiale… Evocation de l’Académie Baroque Européenne qui présente en
2008 deux programmes, Triomphes sacrés de Gabrielli et l’opéra bouffe,
Les Troqueurs de Dauvergne…

Festival d’Ambronay 2008: sommaire de nos 3 vidéos

vidéo 1
Alain Brunet, directeur du Festival présente les enjeux de
l’édition 2008. Musiques baroques, mais aussi colloque et ouverture de
la programmation à la création contemporaine,

vidéo 2
Présentation des programmes spécifiques
à l’édition 2008: “Dalmatica, le lointain et l’ailleurs”: Ensemble
Dialogos, Katarina Livljanic, “Les larmes de Magdalena”, oratorio de
Hasse (1730) par Akadêmia, Françoise Lasserre, donné en première
mondiale… Evocation de l’Académie Baroque Européenne qui présente en
2008 deux programmes, Triomphes sacrés de Gabrielli et l’opéra bouffe,
Les Troqueurs de Dauvergne…

vidéo 3
Dimension européenne du Festival d’Ambronay, création du réseau européen de musique ancienne (REMA)… place et activités des 40 centres culturels de rencontre en Europe…

Lire aussi notre présentation du 29 ème Festival d’Ambronay (du 18 septembre au 12 octobre 2008)

Toutes les infos, les dates, les lieux et les programmes du 29 ème Festival d’Ambronay sur le site www.ambronay.org

Entretien vidéo avec Alain Brunet, directeur du Festival d’Ambronay 29 ème Festival d’Ambronay: Femmes, le génie interdit ? (3/3)

29 ème Festival d’Ambronay (3/3)
(du 18 septembre au 12 octobre 2008)

Femmes, le génie interdit?


La thématique du 29 ème Festival d’Ambronay place dans la lumière la voix des femmes interdites, compositrices et poétesses, interprètes, cantatrices et musiciennes qui furent assujetties dans l’ombre, interdites de gloire et de reconnaissance… Artistes oubliées, interprètes cachées, chants interdits…

Dimension européenne du Festival d’Ambronay, création du réseau
européen de musique ancienne (REMA)… place et activités des 40
centres culturels de rencontre en Europe…

Festival d’Ambronay 2008: sommaire de nos 3 vidéos

vidéo 1
Alain Brunet, directeur du Festival présente les enjeux de
l’édition 2008. Musiques baroques, mais aussi colloque et ouverture de
la programmation à la création contemporaine,

vidéo 2
Présentation des programmes spécifiques
à l’édition 2008: “Dalmatica, le lointain et l’ailleurs”: Ensemble
Dialogos, Katarina Livljanic, “Les larmes de Magdalena”, oratorio de
Hasse (1730) par Akadêmia, Françoise Lasserre, donné en première
mondiale… Evocation de l’Académie Baroque Européenne qui présente en
2008 deux programmes, Triomphes sacrés de Gabrielli et l’opéra bouffe,
Les Troqueurs de Dauvergne…

vidéo 3
Dimension européenne du Festival d’Ambronay, création du réseau européen de musique ancienne (REMA)… place et activités des 40 centres culturels de rencontre en Europe…

Lire aussi notre présentation du 29 ème Festival d’Ambronay (du 18 septembre au 12 octobre 2008)

Toutes les infos, les dates, les lieux et les programmes du 29 ème Festival d’Ambronay sur le site www.ambronay.org

Festival d’Ile de France 2008: Les Finistères Entretien vidéo avec Olivier Delsalle (3/4): Les musiques du monde

Festival d’Ile de France (3/3)
(du 5 septembre au 12 octobre 2008)


Les Finistères

Fidèle à ses humeurs exploratrices, le Festival d’Ile de France diffuse à travers le paysage francilien, en investissant lieux du patrimoine et scènes du spectacle vivant, son esprit vagabond et curieux, au carrefour des dialogues et des métissages culturels. La thématique 2008 interroge les Finistères… en un tour du monde et des cultures musicales.

Les Musiques du monde à l’affiche du festival 2008

Olivier Delsalle
, directeur adjoint, évoque l’itinéraire des musiques du monde à l’affiche du Festival d’Ile de France 2008: musiques des Caraïbes à Cuba, scènes à Villarceaux pour les artistes venus de Jamaïque, Guadeloupe, Martinique… Musiques de la Nouvelle Espagne, en provenance de Vera Cruz (Mexique), musiques corses, fado de Marisa, métissé et ouvert, influencé par les racines mozambicaines de la chanteuse portugaise, résonances celtes, musique avec l’Orchestre Andalou d’Israël…


Festival d’Ile de France 2008
: sommaire de nos 4 vidéos

Vidéo 1
Charlotte Latigrat
et Olivier Delsalle
présentent les enjeux de l’édition 2008. Musiques anciennes et baroque,
classique, romantique et contemporaine, mais aussi musiques du monde,
jazz, électro et salons de musique où dialoguent littérature et
musique: le Festival d’Ile de France offre un voyage sans limites sur
les traces des explorateurs et des voyageurs, grands découvreurs des
cultures de la planète.

Vidéo 2
Charlotte Latigrat présente les deux “séries” qui sont aussi à
l’affiche du festival 2008: les Salons de musique, et “Factory”, le
volet de la programmation dédié aux musiques actuelles et aux scènes émergentes…

Vidéo 3
Les Musiques du monde à l’affiche du festival 2008. Olivier Delsalle, directeur adjoint, évoque
l’itinéraire des musiques du monde à l’affiche du Festival d’Ile de
France 2008: musiques des Caraïbes à Cuba, scènes à Villarceaux pour
les artistes venus de Jamaïque, Guadeloupe, Martinique…


Vidéo 4
Pèlerinages et voyages intérieurs
. Dans ce dernier entretien vidéo, Charlotte Latigrat,
directrice du festival sélectionne quelques programmes de la très riche
programmation qui s’étend sur 6 semaines (36 dates, 33 projets de
musique…): au sein de la thématique, évocation des pèlerinages
(Discantus, Diabolus in musica…), concert de Doulce Mémoire à la
recherche du flamenco à la mode cubaine, voyage intérieur avec Philippe
Cassard…

Lire aussi notre présentation du Festival d’Ile de France: Les Finistères (du 5 septembre au 12 octobre 2008)

Toutes les infos, les dates, les lieux et les programmes du 29 ème Festival d’Ile de France sur le site www.festival-idf.fr

Remerciements au restaurant “Macéo” à Paris, où ont été réalisés nos entretiens vidéo.

Festival d’Ile de France 2008: Les Finistères Entretien vidéo avec Charlotte Latigrat et Olivier Delsalle (4/4)

Festival d’Ile de France (4/3)
(du 5 septembre au 12 octobre 2008)


Les Finistères

Fidèle à ses humeurs exploratrices, le Festival d’Ile de France diffuse à travers le paysage francilien, en investissant lieux du patrimoine et scènes du spectacle vivant, son esprit vagabond et curieux, au carrefour des dialogues et des métissages culturels. La thématique 2008 interroge les Finistères… en un tour du monde et des cultures musicales.

Pèlerinages et voyages intérieurs
Dans ce dernier entretien vidéo, Charlotte Latigrat
,
directrice du festival sélectionne quelques programmes de la très riche
programmation qui s’étend sur 6 semaines (36 dates, 33 projets de
musique…): au sein de la thématique, évocation des pèlerinages
(Discantus, Diabolus in musica…), concert de Doulce Mémoire à la
recherche du flamenco à la mode cubaine, voyage intérieur avec Philippe
Cassard dans un programme inédit qui met en avant les compositeurs
romantiques (Schubert, Liszt, Brahms…) avec les textes poétiques
(Baudelaire, Lamartine, Verlaine, …), musique contemporaine de
Nicolas Frize inspiré par les musiciens siffleurs chinois de Shangaï…
avec la complicité du pianiste Mu Ye Wu…


Festival d’Ile de France 2008
: sommaire de nos 4 vidéos

Vidéo 1
Charlotte Latigrat
et Olivier Delsalle
présentent les enjeux de l’édition 2008. Musiques anciennes et baroque,
classique, romantique et contemporaine, mais aussi musiques du monde,
jazz, électro et salons de musique où dialoguent littérature et
musique: le Festival d’Ile de France offre un voyage sans limites sur
les traces des explorateurs et des voyageurs, grands découvreurs des
cultures de la planète.

Vidéo 2
Charlotte Latigrat présente les deux “séries” qui sont aussi à
l’affiche du festival 2008: les Salons de musique, et “Factory”, le
volet de la programmation dédié aux musiques actuelles et aux scènes émergentes…

Vidéo 3
Les Musiques du monde à l’affiche du festival 2008. Olivier Delsalle, directeur adjoint, évoque
l’itinéraire des musiques du monde à l’affiche du Festival d’Ile de
France 2008: musiques des Caraïbes à Cuba, scènes à Villarceaux pour
les artistes venus de Jamaïque, Guadeloupe, Martinique…


Vidéo 4
Pèlerinages et voyages intérieurs
. Dans ce dernier entretien vidéo, Charlotte Latigrat,
directrice du festival sélectionne quelques programmes de la très riche
programmation qui s’étend sur 6 semaines (36 dates, 33 projets de
musique…): au sein de la thématique, évocation des pèlerinages
(Discantus, Diabolus in musica…), concert de Doulce Mémoire à la
recherche du flamenco à la mode cubaine, voyage intérieur avec Philippe
Cassard…

Lire aussi notre présentation du Festival d’Ile de France: Les Finistères (du 5 septembre au 12 octobre 2008)

Toutes les infos, les dates, les lieux et les programmes du 29 ème Festival d’Ile de France sur le site www.festival-idf.fr

Remerciements au restaurant “Macéo” à Paris, où ont été réalisés nos entretiens vidéo.

France où va ta culture ? Les Entretiens de Valois (2/3) Entretien vidéo avec Alain Brunet, directeur du Festival d’Ambronay

France, où va ta culture ? (2/3)
Entretien avec Alain Brunet, directeur du Festival d’Ambronay


Alain Brunet, directeur du Festival d’Ambronay

Au moment où Les Entretiens de Valois sont prolongés jusqu’à fin 2008, les acteurs de la culture en France répondent aux questions de classiquenews.com… Questions d’actualité: désengagement de l’Etat, évolution des festivals en France, place du mécénat, position des collectivités territoriales dans le financement des entreprises et des projets culturels… France, où va ta culture ? Entretien réalisé à Paris, en juin 2008.

France où va ta culture ? Les Entretiens de Valois (1/3) Entretien vidéo avec Charlotte Latigrat, directrice du Festival d’Ile de France

France, où va ta culture ? (1/3)
Entretien avec Charlotte Latigrat, directrice du Festival d’Ile de France


Charlotte Latigrat, directrice du Festival d’Ile de France

Au moment où Les Entretiens de Valois sont prolongés jusqu’à fin 2008, les acteurs de la culture en France répondent aux questions de classiquenews.com… Questions d’actualité: désengagement de l’Etat, évolution des festivals en France, place du mécénat, position des collectivités territoriales dans le financement des entreprises et des projets culturels… France, où va ta culture ? Entretien réalisé à Paris, en juillet 2008.

Evasion à Salzbourg: la place de Mozart dans sa ville (1/3) Reportage dans la capitale culturelle musicale autrichienne

Evasion à Salzbourg (1/3)

Evasion à Salzbourg : la place de Mozart dans sa ville
Reportage dans la capitale musicale et culturelle autrichienne. Chaque année, à l’été mais aussi pour le week end de la Pentecôte, Salzbourg se met au diapason de la musique. Si Mozart détestait sa ville natale au point de la quitter, ne supportant plus les caprices de son employeur, le Prince-Archevêque Colloredo, la ville lui doit aujourd’hui sa renommée mondiale.

Berceau du Festival estival, l’un des plus anciens festivals européens (fondé par le trio Richard Strauss, Hugo von Hofmannstal et Max Reinhardt), en 1922, la ville rend hommage aujourd’hui au compositeur classique, né en 1746 et mort en 1790… Statues, Mozarteum, devantures des boutiques et lieux historiques ou commémoratifs rappellent l’héritage inestimable que la cité doit à Mozart…

vidéo 2

Evasion à Hellbrun (un palais italien à la périphérie de Salzbourg)
Reportage dans la métropole musicale et culturelle autrichienne. A la
périphérie de Salzbourg, le prince archevêque Marcus Sitticus a édifié
à Hellbrun, avec le concours de l’architecte Santino Solari, un palais
d’été, dans le style italien des villas vénitiennes de la Renaissance,
entre 1613 et 1619. Le palais baroque qui comprend un vaste domaine
incluant son théâtre d’eau, est l’un des ensembles les mieux préservés
du premier baroque…

vidéo 3

Festival de Salzbourg: Festival de Pentecôte (Naples, Riccardo Muti)
Tous
les ans en mai, au moment du week end de la Pentecôte, Salzbourg crée
l’événement et propose un festival thématique sur 4 jours, du vendredi
soir au lundi matin: opéra, oratorio, récitals, concerts… Le duo
artistique composé par Jürgen Flimm et Markus Hinterhäuser, également
très impliqués dans la programmation du Festival estival, ont demandé
au chef Riccardo Muti, de diriger à Salzbourg avant l’été, un cycle de
concerts et d’opéras sur le thème napolitain. Entretien avec Ulla
Kalchmair, directrice du Département Presse du Festival de Salzbourg:
édition 2008 du Festival de Pentecôte, édition 2009 et travail de
Riccardo Muti sur le thème de l’Ecole napolitaine… Voir les 2 vidéos Festival de Pentecôte de Salzbourg 2008/2009

Festival d’Ile de France 2008: Les Finistères Entretien vidéo avec Charlotte Latigrat et Olivier Delsalle (2/4)

Festival d’Ile de France (2/4)
(du 5 septembre au 12 octobre 2008)


Les Finistères

Fidèle à ses humeurs exploratrices, le Festival d’Ile de France diffuse à travers le paysage francilien, en investissant lieux du patrimoine et scènes du spectacle vivant, son esprit vagabond et curieux, au carrefour des dialogues et des métissages culturels. La thématique 2008 interroge les Finistères… en un tour du monde et des cultures musicales.

Charlotte Latigrat présente les deux “séries” à l’affiche du festival 2008: les Salons de musique, et “Factory”, le volet de la programmation dédié aux musiques actuelles…


Festival d’Ile de France 2008
: sommaire de nos 4 vidéos

Vidéo 1
Charlotte Latigrat
et Olivier Delsalle
présentent les enjeux de l’édition 2008. Musiques anciennes et baroque,
classique, romantique et contemporaine, mais aussi musiques du monde,
jazz, électro et salons de musique où dialoguent littérature et
musique: le Festival d’Ile de France offre un voyage sans limites sur
les traces des explorateurs et des voyageurs, grands découvreurs des
cultures de la planète.

Vidéo 2
Charlotte Latigrat présente les deux “séries” qui sont aussi à
l’affiche du festival 2008: les Salons de musique, et “Factory”, le
volet de la programmation dédié aux musiques actuelles et aux scènes émergentes…

Vidéo 3
Les Musiques du monde à l’affiche du festival 2008. Olivier Delsalle, directeur adjoint, évoque
l’itinéraire des musiques du monde à l’affiche du Festival d’Ile de
France 2008: musiques des Caraïbes à Cuba, scènes à Villarceaux pour
les artistes venus de Jamaïque, Guadeloupe, Martinique…


Vidéo 4
Pèlerinages et voyages intérieurs
. Dans ce dernier entretien vidéo, Charlotte Latigrat,
directrice du festival sélectionne quelques programmes de la très riche
programmation qui s’étend sur 6 semaines (36 dates, 33 projets de
musique…): au sein de la thématique, évocation des pèlerinages
(Discantus, Diabolus in musica…), concert de Doulce Mémoire à la
recherche du flamenco à la mode cubaine, voyage intérieur avec Philippe
Cassard…

Lire aussi notre présentation du Festival d’Ile de France: Les Finistères (du 5 septembre au 12 octobre 2008)

Toutes les infos, les dates, les lieux et les programmes du 29 ème Festival d’Ile de France sur le site www.festival-idf.fr

Remerciements au restaurant “Macéo” à Paris, où ont été réalisés nos entretiens vidéo.

Festival d’Ile de France 2008: Les Finistères Entretien vidéo avec Charlotte Latigrat et Olivier Delsalle (1/4)

Festival d’Ile de France (1/4)
(du 5 septembre au 12 octobre 2008)

Les Finistères
Fidèle à ses humeurs exploratrices, le Festival d’Ile de France diffuse à travers le paysage francilien, en investissant lieux du patrimoine et scènes du spectacle vivant, son esprit vagabond et curieux, au carrefour des dialogues et des métissages culturels. La thématique 2008 interroge les Finistères. …


Charlotte Latigrat
et Olivier Delsalle présentent les enjeux de l’édition 2008. Musiques anciennes et baroque, classique, romantique et contemporaine, mais aussi musiques du monde, jazz, électro et salons de musique où dialoguent littérature et musique: le Festival d’Ile de France offre un voyage sans limites sur les traces des explorateurs et des voyageurs, grands découvreurs des cultures de la planète.


Festival d’Ile de France 2008
: sommaire de nos 4 vidéos

Vidéo 1
Charlotte Latigrat
et Olivier Delsalle
présentent les enjeux de l’édition 2008. Musiques anciennes et baroque,
classique, romantique et contemporaine, mais aussi musiques du monde,
jazz, électro et salons de musique où dialoguent littérature et
musique: le Festival d’Ile de France offre un voyage sans limites sur
les traces des explorateurs et des voyageurs, grands découvreurs des
cultures de la planète.

Vidéo 2
Charlotte Latigrat présente les deux “séries” qui sont aussi à
l’affiche du festival 2008: les Salons de musique, et “Factory”, le
volet de la programmation dédié aux musiques actuelles et aux scènes émergentes…

Vidéo 3
Les Musiques du monde à l’affiche du festival 2008. Olivier Delsalle, directeur adjoint, évoque
l’itinéraire des musiques du monde à l’affiche du Festival d’Ile de
France 2008: musiques des Caraïbes à Cuba, scènes à Villarceaux pour
les artistes venus de Jamaïque, Guadeloupe, Martinique…


Vidéo 4
Pèlerinages et voyages intérieurs
. Dans ce dernier entretien vidéo, Charlotte Latigrat,
directrice du festival sélectionne quelques programmes de la très riche
programmation qui s’étend sur 6 semaines (36 dates, 33 projets de
musique…): au sein de la thématique, évocation des pèlerinages
(Discantus, Diabolus in musica…), concert de Doulce Mémoire à la
recherche du flamenco à la mode cubaine, voyage intérieur avec Philippe
Cassard…

Lire aussi notre présentation du Festival d’Ile de France: Les Finistères (du 5 septembre au 12 octobre 2008)

Toutes les infos, les dates, les lieux et les programmes du 29 ème Festival d’Ile de France sur le site www.festival-idf.fr

Remerciements au restaurant “Macéo” à Paris, où ont été réalisés nos entretiens vidéo.

Entretien vidéo avec Alain Brunet, directeur du Festival d’Ambronay 29 ème Festival d’Ambronay: Femmes, le génie interdit ? (1/3)

29 ème Festival d’Ambronay (1/3)
(du 18 septembre au 12 octobre 2008)

Femmes, le génie interdit?


La thématique du 29 ème Festival d’Ambronay place dans la lumière la voix des femmes interdites, compositrices et poétesses, interprètes, cantatrices et musiciennes qui furent assujetties dans l’ombre, interdites de gloire et de reconnaissance… Artistes oubliées, interprètes cachées, chants interdits…

Alain Brunet, directeur du Festival présente les enjeux de l’édition 2008. Musiques baroques, mais aussi colloque et ouverture de la programmation à la création contemporaine, le Festival d’Ambronay 2008, ouvre de nouvelles perspectives, en des champs élargis (du XVI ème au XXI ème siècle), entre engagement et concerts, conscience critique et musique.

Festival d’Ambronay 2008: sommaire de nos 3 vidéos

vidéo 1
Alain Brunet, directeur du Festival présente les enjeux de
l’édition 2008. Musiques baroques, mais aussi colloque et ouverture de
la programmation à la création contemporaine,

vidéo 2
Présentation des programmes spécifiques à l’édition 2008: “Dalmatica, le lointain et l’ailleurs”: Ensemble Dialogos, Katarina Livljanic, “Les larmes de Magdalena”, oratorio de Hasse (1730) par Akadêmia, Françoise Lasserre, donné en première mondiale… Evocation de l’Académie Baroque Européenne qui présente en 2008 deux programmes, Triomphes sacrés de Gabrielli et l’opéra bouffe, Les Troqueurs de Dauvergne…

vidéo 3
Dimension européenne du Festival d’Ambronay, création du réseau européen de musique ancienne (REMA)… place et activités des 40 centres culturels de rencontre en Europe…

Lire aussi notre présentation du 29 ème Festival d’Ambronay (du 18 septembre au 12 octobre 2008)

Toutes les infos, les dates, les lieux et les programmes du 29 ème Festival d’Ambronay sur le site www.ambronay.org