COMPTE-RENDU, concert. SCEAUX, La Schubertiade, le 8 décembre 2018. Quatuor Modigliani : Schubert, Mozart, Debussy.

modigliani-quatuor-concert-annonce-festival-critique-concert-par-classiquenewsCOMPTE RENDU, concert. SCEAUX, La Schubertiade, le 8 dĂ©cembre 2018. Quatuor Modigliani : Schubert, Mozart, Debussy. De toute Ă©vidence, ce qui frappe avant tout chez les Modigliani, c’est la sĂ»retĂ© de leur sonoritĂ©, l’ampleur du geste en particulier dĂ©fendu par le premier violon (Amaury Coeytaux), la volontĂ© d’unir et de fusionner une respiration claire et nuancĂ©e qui emporte et prĂ©cise le caractĂšre de chaque piĂšce. Le programme rentre bien dans la thĂ©matique cultivĂ©e depuis sa premiĂšre session par La Schubertiade de Sceaux : piliers de la musique de chambre (dont surtout la prĂ©sence pour chaque concert du samedi, d’une Ɠuvre clĂ© de Schubert) et horizon stylistique trĂšs Ă©largi, car passer ainsi ce 8 dĂ©cembre, de Schubert Ă  Mozart puis Debussy, exige chez les spectateurs comme de la part des interprĂštes, une capacitĂ© de concentration Ă©gale et mĂȘme progressive, Ă  mesure que l’on passe d’une Ă©criture Ă  l’autre.

Schubert d’abord, incontournable en raison du titre mĂȘme de la saison musicale Ă  Sceaux : rien n’atteint l’appel Ă  la mystĂ©rieuse mĂ©lancolie que l’écriture schubertienne
 PlutĂŽt passionnĂ©, le Quartettsatz D 703 de 1820 est un mouvement de quatuor, sans suite, mais son intensitĂ© justifie amplement qu’il soit jouĂ© en ouverture du concert : comme un portique d’une rare activitĂ© ; les Modigliani, portĂ© par l’activitĂ© mĂ©lodique incessante du premier violon, en expriment et l’urgence et la dĂ©termination.

Quoiqu’on en dise, Ă  chaque audition de l’une de ses oeuvres, Mozart saisit par sa profondeur et sa sincĂ©ritĂ©. Il est classique et dĂ©jĂ  
romantique. Le quatuor K 465 « les dissonances » de 1785 dĂ©passe largement le cadre de son Ă©poque, celui du nĂ©oclaccisime, des LumiĂšres, Ă  quelques mois de la RĂ©volution française. La libertĂ© du geste, la fougue cependant millimĂ©trĂ©e que les Modigliani savent cultiver Ă  travers ses 4 mouvements en disent long sur l’imagination et l’ambition de l’écriture. Mozart plus sĂ»r que jamais, et visionnaire, n’a rien laissĂ© au hasard, surtout pas Ă  l’erreur, comme cela fut avancĂ© par un critique mal intentionĂ© : aucune dissonance en rĂ©alitĂ©. Ce n’est pas parce que le manuscrit comporte des ratures (si rares dans le catalogue de Mozart) qu’elles indiquent une faiblesse dans l’inspiration. Bien au contraire. Les instrumentistes, prĂ©cis, fougueux, mais toujours souples, dĂšs le dĂ©but conçu comme une marche funĂšbre voire lugubre, s’accordent en nuances tĂ©nues : dĂ©livrant immĂ©diatement cette Ă©lĂ©gance viennoise, ce ton de lĂ©gĂšretĂ© profonde, soucieux de clartĂ© comme d’articulation, en particulier dans le jeu des dialogues entre le violon I et l’alto
 L’Andante cantabile foudroie par sa gravitĂ© noire, une sorte de suspension tragique qui redouble de pudeur, comme l’expression d’une intĂ©rioritĂ© secrĂšte. Contrastant avec ce qui prĂ©cĂšde, le Menuetto (allegro) affirme une belle Ă©lasticitĂ© rythmique grĂące Ă  un jeu Ă  la fois enjouĂ© et vif. Enfin le dernier Allegro (molto) confirme l’extrĂȘme agilitĂ© du violon I, sa volubilitĂ© toujours musicale qui entraĂźne ses partenaires, 
 le sourire du violon II, la carrure du violoncelle.

AprĂšs le court entracte, place Ă  la piĂšce maĂźtresse selon nous. Celle que nous attendons. L’Ɠuvre pour laquelle nous nous sommes dĂ©placĂ©s et qui s’inscrit opportunĂ©ment dans le cycle des cĂ©lĂ©brations du centenaire Debussy 2018 : le seul Quatuor de l’auteur de PellĂ©as, une partition de jeunesse, conçue en sol mineur et datĂ©e de 1892. Debussy y fait la synthĂšse Ă  son Ă©poque des recherches les plus avancĂ©es en matiĂšre d’écriture (comme le principe cyclique cher Ă  Franck) mais c’est une offrande premiĂšre, assujettie Ă  sa passionnante et puissante personnalitĂ©, en particulier dans la conception de l’architecture harmonique. Inclassable, porteur et dĂ©fricheur d’horizons nouveaux, l’unique Quatuor de Debussy offre une traversĂ©e sertie de surprenants passages, une constellation de rythmes changeants, un caractĂšre continĂ»ment sinueux et mouvant oĂč se love comme une ondulation toujours prĂ©sente et structurante, l’expression renouvelĂ©e d’une sensualitĂ© souvent irrĂ©sistible voire enivrante qui ne cesse de modifier sa forme au cours des quatre mouvements. Ainsi les Modigliani soulignent la voluptĂ© naturelle du premier « AnimĂ© et trĂšs dĂ©cidé » / telle une danse libĂ©rĂ©e, Ă  l’énoncĂ© trĂšs inventif ; l’acuitĂ© superactive des pizz du second mouvement (« Assez vif et bien rythmé », aux effets dĂ©cuplĂ©s d’une guitare ou d’une harpe) ; la qualitĂ© introspective de l’Andantino, entre retenue sensuelle et tristesse simple, avec en fin d’épisode, une exceptionnelle qualitĂ© pudique, Ă  la fois allusive et mystĂ©rieuse. LĂ  encore le sens des nuances saisit, rappelant dĂ©sormais tout ce en quoi la partition de 1892, annonce dans climats et articulation du flux musical et mĂ©lodique, l’envoĂ»tement futur de son
 lui aussi unique, opĂ©ra : PellĂ©as (1902, soit 20 annĂ©es plus tard). Enfin le dernier et quatriĂšme mouvement ne cesse de captiver par son allant irrĂ©pressible, avec cette notation qui n’appartient qu’à la pensĂ©e d’un Debussy trĂšs amateur de poĂ©sie : « trĂšs modĂ©rĂ© puis trĂšs mouvementĂ© et avec passion » ; le tissu harmonique se densifie, s’exalte en particulier par la voix de l’alto et du violoncelle. Debussy semble y peindre une traversĂ©e hallucinĂ©e Ă  la maniĂšre de la Nuit transfigurĂ©e de Schoenberg, en un souffle Ă  la fois dĂ©sespĂ©rĂ©e et Ă©perdu, puis tout s’allĂšge et s’éclaircit comme une flamme qui s’élĂšve. De toute Ă©vidence, Debussy s’affirme dans son Quatuor avec une maĂźtrise et une sĂ»retĂ©, une ivresse sonore que les quatre cordes du Quatuor Modigliani abordent avec caractĂšre, Ă©nergie, passion et voluptĂ©. Passionnant. Encore une session de chambrisme exaltĂ© et subtil Ă  Sceaux. De surcroĂźt dans l’HĂŽtel de ville : une occasion exemplaire de permettre aux citoyens de s’approprier un lieu public, ailleurs, froid et distant. C’est Ă  Sceaux, un samedi par mois, Ă  17h, et nul par ailleurs. Lire ici toute la programmation de La Schubertiade de Sceaux, saison 1 : 2018 – 2019.

 
 
 
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COMPTE-RENDU, concert. SCEAUX, La Schubertiade, le 8 décembre 2018. Quatuor Modigliani : Schubert, Mozart, Debussy. Illustrations : © Perceval Gilles / La Schubertiade de Sceaux 2018

 
 
   
 
 

ENTRETIEN avec Alexandre BLOCH. L’IntĂ©grale Mahler en 2019

cycle-mahlerENTRETIEN avec ALEXANDRE BLOCH
 A quelques mois du dĂ©but du cycle Mahler Ă  Lille, le directeur musical de l’Orchestre national de Lille, Alexandre Bloch, alors qu’il dirigeait Ă  Innsbruck, la 7Ăš Symphonie, nous expliquait en novembre 2018, pourquoi se lancer Ă  partir du 1er fĂ©vrier 2019 dans une intĂ©grale Gustav Mahler
 Un cycle qui s’annonce dĂ©jĂ  spectaculaire et passionnant. L’aventure promet d’ĂȘtre une expĂ©rience orchestrale particuliĂšrement saisissante : Ă©tagement des pupitres, spiatialisation de l’orchestre, prĂ©sence des choeurs, de solistes, souffle opĂ©ratique, instrumentarium singulier qui dĂ©voile la recherche expĂ©rimentale d’un compositeur visionnaire… Mahler Ă  Lille est l’Ă©vĂ©nement symphonique de l’annĂ©e 2019.

 

 

 

 

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Quel est le sens du cycle dans son entier, croisé avec la vie du compositeur ?

ALEXANDRE BLOCH : Les symphonies de Mahler reconstituent le fil de sa propre vie ; chaque opus est en lien avec ses aspirations les plus profondes, son expĂ©rience, les Ă©tapes aussi de sa vie amoureuse
 en cela la rencontre avec Alma aura Ă©videmment marquĂ© l’homme et son Ɠuvre. Comme en d’autres moments de sa vie, les lettres Ă  Nathalie Bauer auront beaucoup renseignĂ© sur la composition, le processus d’écriture et de conception ; Gustav Mahler s’y dĂ©voile et explique son Ă©criture. De partition en partition, on suit l’évolution du langage ; Mahler ne cesse d’explorer toujours plus loin de nouveaux mondes sonores, il ne cesse de repousser les possibilitĂ©s de l’orchestre ; son instrumentarium est constamment modifiĂ©, renouvelĂ© ; il s’intĂ©resse aussi Ă  la place des percussions, ou Ă  la technique instrumentale
 Prenez par exemple le cas de la 7Ăš Symphonie, celle que je travaille actuellement Ă  Innsbruck, en particulier dans le Scherzo qui fait entendre un Ă©norme piz aux contrebasses, et les violoncelles qui sont notĂ©s « 5 f » : Mahler innove, et rĂ©alise dĂ©jĂ  le fameux piz bartokien.

Pour comprendre l’univers mahlĂ©rien, il est intĂ©ressant de se remettre dans le rythme de l’époque et suivre le musicien, dans sa vie de chef, de directeur d’opĂ©ra et de compositeur
 Mahler le chef dirigeait l’hiver quand le compositeur Ă©crivait l’étĂ©. Comme directeur de l’OpĂ©ra de Vienne, il a dirigĂ© nombre d’opĂ©ras et d’oeuvres symphoniques ; sa culture Ă©tait prodigieuse et sa connaissance des instruments de l’orchestre, particuliĂšrement affĂ»tĂ©e. Tout cela l’a menĂ© Ă  l’expĂ©rimentation ; il a laissĂ© des annotations trĂšs prĂ©cises et souvent ses partitions Ă©taient jugĂ©s « injouables ».
J’ai effectuĂ© un long travail de relecture des sources et des manuscrits originels, en particulier pour retrouver ce rubato viennois propre Ă  l’époque de Mahler au dĂ©but du XXĂš siĂšcle. Il est essentiel de veiller au bon tempo, Ă  l’articulation ; c’est la mission du chef de rĂ©tablir la clartĂ© du propos.

 

  

 

Intégrale événement à Lille
Les 9 Symphonies de Gustav Mahler
Un Eldorado symphonique Ă  LILLE

 

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Pourquoi avoir choisi pour premiĂšre intĂ©grale avec l’Orchestre National de Lille, les symphonies de Mahler ?

ALEXANDRE BLOCH : C’est une conjonction de plusieurs facteurs. Nous souhaitions choisir un rĂ©pertoire adaptĂ© aux dimensions de l’orchestre. L’Orchestre national de Lille permet la rĂ©alisation d’Ɠuvres gigantesques. L’échelle du gigantisme est un challenge et la source d’une excitation qui porte tous les musiciens moi compris. Cela exige beaucoup en concentration comme sur le plan physique. Et souvent, il y a des moments de grĂące et de jubilation que le public ressent aussi.
Par ailleurs, dans le cadre de Lille 3000, le thĂšme retenu en 2019 est l’Eldorado. Or chaque symphonie de Mahler dessine tout un monde sonore, et le cycle entier est une odyssĂ©e, 
 certainement la plus impressionnante et passionnante du XXĂš. Rien de mieux pour exprimer l’idĂ©e d’un Eldorado
 que l’écriture symphonique de Mahler. Nous aborderons donc les opus de façon chronologique, avec la 1Ăšre Symphonie Titan le 1er fĂ©vrier 2019, soit 130 ans aprĂšs sa crĂ©ation.

 

 

 

 

On note la place de la voix dans certaines symphonies – les 4 premiĂšres, puis la 8Ăš. Quelle en serait pour vous la signification ?

INTEGRALE MAHLER Ă  LILLEALEXANDRE BLOCH :L’opĂ©ra est prĂ©sent dans l’écriture symphonique de Mahler. Comme chef Ă  l’OpĂ©ra de Vienne, il Ă©tait familier des plus grands ouvrages de Mozart, de Wagner dont il a dirigĂ© Tristan und Isolde, opĂ©rant en tant que directeur, la rĂ©forme du concert et des conditions de reprĂ©sentation que l’on sait. La dramaturgie, la couleur de certaines sĂ©quences orchestrales sont trĂšs proches de l’opĂ©ra. Il faut toujours avoir en mĂ©moire le rythme de Mahler : chef et directeur d’opĂ©ra l’hiver, puis l’étĂ©, compositeur de symphonies. L’un et l’autre activitĂ©s se mĂȘlent, elles sont interdĂ©pendantes.
L’autre Ă©lĂ©ment qui porte les symphonies est la Nature dont il a exprimĂ© le souffle, le mystĂšre, le rugissement aussi. Mahler change constamment les tonalitĂ©s d’une mesure Ă  l’autre, avec une versatilitĂ© qui peut dĂ©sorienter, mais qui porte des Ă©tats Ă©motionnels et psychologiques d’une rare profondeur. Il y a une hypersensibilitĂ© chez Mahler qui remonte certainement Ă  son enfance ; Son Ă©pouse Alma a relatĂ© la rencontre du compositeur avec Freud. Mahler enfant aurait Ă©tĂ© marquĂ© par des scĂšnes trĂšs violentes entre ses parents ; oĂč son pĂšre frappait sa mĂšre.
Dans sa jeunesse, il cite Ă  de nombreuses reprises un joueur d’orgue de barbarie et aussi des chansons populaires
 tout cela a nourri un monde sonore liĂ© Ă  son enfance et que l’on entend dans ses Ɠuvres. Il y a un caractĂšre versatile, parodique, ironique voire schizophrĂšne chez Mahler. L’auditeur comme l’interprĂšte doivent identifier tout cela pour en mesurer la richesse. Mais le plus impressionnant chez lui, c’est le parcours Ă©laborĂ© du dĂ©but Ă  la fin, oĂč la voix quand elle est prĂ©sente semble transcender l’expĂ©rience offerte, vers une Ă©lĂ©vation, comme c’est le cas de la Symphonie n°2 « RĂ©surrection » (Ă  l’affiche Ă  Lille, le 28 fĂ©vrier 2019).

 

 

 

 

Quelles sont les grands chefs mahlériens qui vous inspirent ?

ALEXANDRE BLOCH :Il y a bien sĂ»r Leonard Bernstein pour son cĂŽtĂ© humain et gĂ©nĂ©reux, sa fraternitĂ© et son optimisme ; Rattle pour son respect de la partition, son sens du dĂ©tail, son sens de l’écoute ; Abbado pour sa profondeur et son mysticisme, une Ă©conomie qui Ă©carte toute exubĂ©rance ; enfin, et surtout Bernard Haitink dont je garde un souvenir durable de sa vision de la 7Ăš Symphonie lors du MahlerFest 1995 Ă  Amsterdam : or je dirige actuellement la partition Ă  Innsbruck. Sa vision, son mĂ©tier sont de l’or pour l’interprĂšte et le chef que je suis.

 

 

 

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Vous venez d’ĂȘtre prolongĂ© comme directeur musical de l’Orchestre National de Lille (jusqu’en 2024). Qu’apporte selon vous pour les musiciens de l’Orchestre, et aussi pour le public, cette intĂ©grale Mahler ?


©smartphony2_328px_18-19ALEXANDRE BLOCH : C’est une formidable opportunitĂ© pour moi et les musiciens de l’orchestre : nous allons mener un travail de fond. LĂ  oĂč Brahms est davantage jouĂ©, Mahler est tout autant convoitĂ©, attendu (car on sait qu’au moment de chaque concert, il va se passer quelque chose) mais terriblement exigeant. Actuellement notre phalange se renouvelle ; les nouveaux musiciens arrivants profitent de cette aventure pour adhĂ©rer au groupe. Les instrumentistes apprennent Ă  se connaĂźtre au sein de chaque pupitre. D’autant que pour notre intĂ©grale Mahler et pour chaque symphonie, nous travaillerons la cohĂ©sion de chaque pupitre, avec en moyenne des temps de rĂ©pĂ©titions prĂ©alables, supĂ©rieurs Ă  l’habitude (10 jours au lieu de 7). Il s’agit de rĂ©aliser pour chaque session, une formidable expĂ©rience symphonique pour le public. J’ai souhaitĂ© renforcer encore le lien entre les spectateurs et l’orchestre : rv le 2 fĂ©vrier Ă  18h30, pour la 2Ăš Ă©dition de « Smartphony », dĂ©diĂ©e Ă  la Symphonie n°1 que nous aurons dirigĂ©e la veille : avec son mobile allumĂ©, le spectateur rĂ©pond aux sollicitations du chef et s’immerge dans les secrets de la partition ; puis, Ă©coute la symphonie, portable Ă©teint, en connaissance de cause. Mahler se prĂȘte trĂšs bien Ă  cette nouvelle expĂ©rience qui renouvelle le format du concert et son accessibilitĂ© pour tous. A noter : 2Ăš session de Smartphony, le 2 fĂ©vrier 2019 : Ă  la dĂ©couverte de la Symphonie Titan de Gustav Mahler :
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/smartphony/

 

 

 

Entretien réalisé en novembre 2018

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APPROFONDIR
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LIRE aussi notre prĂ©sentation du cycle MAHLER par l’Orchestre National de LILLE et Alexandre BLOCH
http://www.classiquenews.com/lille-onl-lintegrale-mahler-2019/

 

 

 

LIRE aussi notre prĂ©sentation de la Symphonie n°1 TITAN par Alexandre BLOCH et l’Orchestre National de Lille / le 1er fĂ©vrier 2019 : http://www.classiquenews.com/symphonie-n1-titan-de-mahler-a-lille/

 

RESERVEZ VOTRE PLACE POUR LES CONCERTS DE
L’INTEGRALE GUSTAV MAHLER : Symphonies n°1 Ă  9
par L’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
ALEXANDRE BLOCH, direction

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Illustrations : Ugo Ponte / Orchestre National de Lille / Visitez le site ONL INSTAGRAM pour suivre en photos l’actualitĂ© de l’Ă©popĂ©e symphonique de l’Orchestre National de Lille

GOZO (Malte) : les 2 thĂ©Ăątres d’opĂ©ra Ă  VICTORIA (Astra et Aurora)

Malte Gozo Comino HD 2019GOZO (Malte), 2Ăšme Ăźle de l’Archipel Maltais, accueille chaque mois d’octobre son festival d’opĂ©ras. Les thĂ©Ăątres ASTRA et AURORA produisent chacun un spectacle de grande envergure qui implique ressources locales et musiciens professionnels : une offre unique qui concurrence aujourd’hui la programmation des scĂšnes lyriques europĂ©ennes et internationales Ă  l’automne. En 2018, le thĂ©Ăątre Astra affichait La Traviata de Verdi et le thĂ©Ăątre voisin Aurora, Tosca de Puccini… EN LIRE +

    

TOSCA teatru AURORA 13oct18GOZO est la seconde Ăźle de l’Archipel Maltais, Ă  moins de 30 mn en ferry depuis MALTE, l’üle principale. GOZO est l’üle de la nymphe Calypso qui ) pendant 7 annĂ©es, fut capable de retenir par ses charmes, Ulysse (de retour de Troie et avant de rejoindre Ithaque)
 Aujourd’hui, GOZO continue de sĂ©duire et d’enchanter par son offre culturelle d’une exceptionnelle richesse : ainsi, chaque mois d’octobre, Ă  VICTORIA, citĂ© principale de l’üle, deux thĂ©Ăątres d’opĂ©ras perpĂ©tuent la tradition de l’opĂ©ra mais en y impliquant aux cĂŽtĂ©s des musiciens et chanteurs professionnels, les communautĂ©s d’habitants : l’opĂ©ra Ă  GOZO est un genre raffinĂ©, exigeant, surtout populaire. Michael Formosa (thĂ©Ăątre ASTRA) / Matthew Sultana (thĂ©Ăątre AURORA), prĂ©sentent bĂątiments, salles, histoire des lieux ; prĂ©cisent leur genĂšse, – des sociĂ©tĂ©s de musique du XIXĂš, aux thĂ©Ăątres d’opĂ©ra actuels


 
 

GOZO Ă  l’heure de l’opĂ©ra
Les théùtres ASTRA et AURORA

 
 
 

GOZO et MALTE sont depuis toujours deux foyers lyriques importants : en tĂ©moignent la carriĂšre de la soprano gozitaine Miriam Gauchi ; du tĂ©nor maltais Joseph Calleja, star mondiale, fleuron du label Decca et qui ne cesse de partager sa passion de l’opĂ©ra depuis Malte, dans le monde (LIRE ici la critique de son dernier cd Decca VERDI)


LE PUBLIC qui suit la programmation des deux thĂ©Ăątres (gozitans et maltais, visiteurs lyricophiles
) sait combien il peut y vivre une expĂ©rience unique au moment des reprĂ©sentations d’octobre. En 2018, il s’agissait de La Tosca de Puccini (le 13 octobre), associant choristes bĂ©nĂ©voles et amateurs auprĂšs du Philharmonique de Malte et des solistes invitĂ©s pour cette nouvelle production ; de La Traviata de Verdi (avec Miriam Gauchi dans le rĂŽle titre, au Teatru ASTRA).
GRAND REPORTAGE VIDEO exclusif © studio CLASSIQUENEWS.TV 2018 / voir le sommaire détaillé au bas de la page

 
 
 

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APPROFONDIR
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LIRE notre critique du cd de JOSEPH CALLEJA / DECCA février 2018 : «  CALLEJA VERDI «
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-joseph-calleja-verdi-airs-doperas-de-giuseppe-de-verdi-1-cd-decca/

 

 

LIRE notre critique du DVD MEFISTOFELE de BOITO avec Joseph Calleja / novembre 2015 / Munich / CLIC DE CLASSIQUENEWS 2016
http://www.classiquenews.com/dvd-compte-rendu-critique-boito-mefistofele-pape-calleja-om-wellber-1-dvd-c-major-739208-2015/

 

 

LIRE notre prĂ©sentation de GOZO Ă  l’heure de l’opĂ©ra : Octobre 2018, les ThĂ©Ăątres ASTRA et AURORA – prĂ©sentation de La Traviata et de La Tosca
http://www.classiquenews.com/gozo-victoria-tosca-la-traviata-13-25-27-octobre-2018/

LIRE notre COMPTE RENDU : LA TRAVIATA de VERDI au Teatru ASTRA, le 25 octobre 2018 (GOZO)
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-victoria-gozo-malte-le-25-oct-2018-verdi-la-traviata-cauchi-aniskin-stinchelli-walsh/

 
  
 
 

AGENDA 2019
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Prochaines productions en octobre 2019 : LA BOHEME de PUCCINI au Teatru AURORA le 12 octobre 2019.

VISITEZ les sites des deux théùtres
Teatru ASTRA
Teatru AURORA

 

 

 
 
 

ORGANISEZ VOTRE SEJOUR A MALTE ________________________________________________________________________________________________

 

Malte Gozo Comino HD 2019ORGANISEZ votre sĂ©jour Ă  Gozo Ă  l’occasion des reprĂ©sentations de TOSCA et de LA TRAVIATA, 13, 25 et 27 octobre 2018
sur le site www.visitgozo.com
https://www.visitgozo.com/fr/quoi-faire/profiter/evenements-annuels/les-operas/

 
 
  
 
 
 

Les 2 thĂ©Ăątres d’opĂ©ra de GOZO (Victoria, Malte)
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DOCUMENTAIRE  : 18 mn

 
 
 

SOMMAIRE

(1) INTRO
Jusqu’à 1’38 : INTRO : MALTE – GOZO – le mois de l’opĂ©ra Ă  Victoria

 

Festival MEDITERRANEA
1’39 – 2’35 : (17Ăš Ă©dition en octobre 2018)

 

(2) Les Théùtres ASTRA et AURORA
2’36 : Les deux thĂ©Ăątres ASTRA et AURORA
2’51 : les origines, les thĂ©Ăątres d’opĂ©ra aujourd’hui

 

(3) L’ARCHITECTURE DES DEUX OPERAS
5’30 – : architecture et style
TEATRU AURORA
6’43 : TEATRU ASTRA

 

(4) FONCTIONNEMENT :
7’40 : La part des bĂ©nĂ©voles
L’OpĂ©ra Ă  Gozo : un genre populaire
10’36 : un Festival familial qui sĂ©duit les plus grands chanteurs

 

(5) PROGRAMMATION ARTISTIQUE
11’08 : la programmation artistique
Un tremplin pour les chanteurs
Les comĂ©dies musicales Ă  l’OpĂ©ra ASTRA

 

(6) LE PUBLIC
13’40 : le public des deux opĂ©ras

 

(7) CONCURRENCE ENTRE LES DEUX OPERAS
14’56 : UNE OFFRE GLOBALE UNIQUE

 

(8) DES PRODUCTIONS D’UN NIVEAU INTERNATIONAL
à 16’23

 

(9) CONCLUSION
Gozo et Malte Ă  l’heure europĂ©enne
à 16’56.

 
 
 
 
 

Approfondir : VOIR AUSSI notre reportage vidéo dédié au Festival international de musique Baroque à La Valette à MALTE

 

la-valette-malte-vignette-carreGrand reportage Ă  La Vallette pour le Festival baroque international (Janvier 2016). Depuis 2013, La Vallette capitale de Malte (le plus petit Ă©tat de l’Union EuropĂ©enne) et bientĂŽt capitale europĂ©enne de la culture (en 2018) propose son festival de musique baroque, une programmation enivrante sur deux semaines, en Ă©troite fusion avec les lieux et sites remarquables de la ville, en grande partie Ă©difiĂ©e dans les annĂ©es 1560 par le Chevalier français La Vallette. Le temps du festival maltais, les spectateurs goĂ»tent la finesse et l’engagement d’interprĂštes triĂ©s sur le volet, tout en explorant les multiples offres culturelles, touristiques et gastronomiques de l’üle de Malte. Entre Orient et Occident
 VOIR notre REPORTAGE VIDEO 

 

 

ENTRETIEN. Alain SURRANS, directeur d’ANGERS NANTES OPERA

angers nantes operaAngers Nantes OpĂ©ra. ENTRETIEN avec ALAIN SURRANS. CLASSIQUENEWS a rencontrĂ© le nouveau directeur gĂ©nĂ©ral d’ANGERS NANTES OPERA, Alain SURRANS, aux goĂ»ts Ă©clectiques, – du baroque au contemporain-, soucieux de dĂ©fendre la crĂ©ation comme toutes les actions innovantes permettant de dĂ©cloisonner le genre lyrique. A partir des temps forts de la programmation 2018 – 2019, – sa premiĂšre saison Ă  proprement parler, Alain SURRANS s’engage plus que jamais Ă  renforcer le lien de l’opĂ©ra avec la sociĂ©tĂ© et les publics
 tous les publics, y compris ceux qui sont Ă©cartĂ©s des centres urbains, culturellement plus favorisĂ©s*. L’expĂ©rience lyrique doit ĂȘtre gĂ©nĂ©rale et sans entraves, accessibles et familiĂšre. Un sacrĂ© dĂ©fi qui s’annonce passionnant, Ă  l’heure des nouvelles Ă©chelles rĂ©gionales, oĂč dĂ©sormais, ce sont trois villes qui sont invitĂ©es Ă  travailler ensemble : Angers, Nantes et 
 Rennes. Pour tous et pour que chacun puisse vivre comme il le souhaite sa propre expĂ©rience du lyrique. PremiĂšre rencontre.

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CLASSIQUENEWS : Pour cette nouvelle saison 2018 – 2019, nous avons remarquĂ© un rapprochement entre les salles lyriques Ă  l’échelle de la RĂ©gion
 Quel est concrĂštement le fonctionnement entre Angers Nantes OpĂ©ra, et l’OpĂ©ra de Rennes que vous avez dirigĂ© auparavant ?

surrans-2-benedicte-de-vanssay-240x300ALAIN SURRANS : C’est une collaboration artistique et culturelle qui permet en rĂ©alitĂ© de faire tourner une mĂȘme production sur les trois sites associĂ©s : Angers, Nantes et Rennes. Il y a une volontĂ© d’équilibre dans l’apport de chaque maison : l’OpĂ©ra de Rennes participant Ă  la production de certains spectacles. Ainsi dans ce jeu croisĂ©, et Ă©quitable, Un Bal MasquĂ© de Verdi sera crĂ©Ă© Ă  Nantes (13 mars 2019) avec l’ONPL – Orchestre National des Pays de la Loire, puis repris Ă  Rennes (le 31 mars 2019). De mĂȘme, inversement, mĂȘme esprit d’équilibre avec Le Vaisseau FantĂŽme de Wagner par l’Orchestre symphonique de Bretagne : prĂ©sentĂ© en mai 2019 Ă  Rennes (le 3), puis Ă  Angers (le 21), enfin Ă  Nantes du 5 au 13 juin 2019. Chacun des thĂ©Ăątres profitent aussi de cette mutualisation des moyens pour libĂ©rer du temps vers d’autres activitĂ©s culturelles car quand tout le thĂ©Ăątre Ă©tait immobilisĂ© pour les rĂ©pĂ©titions prĂ©alables Ă  une production, il est possible dĂ©sormais d’organiser et de produire d’autres Ă©vĂ©nements, lesdites rĂ©pĂ©titions Ă©tant rĂ©alisĂ©es dĂ©sormais dans le thĂ©Ăątre partenaire. C’est une libĂ©ration des sites qui favorise la diversitĂ© et la richesse de nos offres, tout au long de l’annĂ©e.

Il s’agit de dĂ©velopper dans l’avenir un vrai projet culturel amplifiĂ©, pas seulement centrĂ© sur l’opĂ©ra, mais pluridisciplinaire. J’en veux pour preuve cette saison, notre cycle « Voix du monde », nouvelle sĂ©rie de concerts qui fait dialoguer l’opĂ©ra et les autres formes de musiques traditionnelles, populaires ou savantes qui sollicitent la voix. Il s’agit de faire vivre autrement les thĂ©Ăątres d’opĂ©ras, d’en faire des lieux de vie, ouverts Ă  tous, prĂ©sentant divers manifestations et Ă©vĂ©nements artistiques


 
 
   
 
 

CLASSIQUENEWS : Selon quels critĂšres Ă©tablissez-vous votre programmation ?

ALAIN SURRANS : Les rencontres jouent pour beaucoup. Par exemple, le cycle d’opĂ©ras russes, rĂ©unissant Iolanta et Aleko, a Ă©tĂ© possible parce que j’avais un excellent contact avec le BolshoĂŻ de Minsk, Ă©tant membre d’un concours de chant dans la ville biĂ©lorusse. Il n’y a guĂšre que les chanteurs slaves qui puissent maĂźtriser idĂ©alement l’opĂ©ra russe, prĂ©cisĂ©ment de TchaĂŻkovski et de Rachmaninov ; ne serait-ce que par la couleur spĂ©cifique de leurs voix, Ă  la rĂ©sonance gutturale propre, dans cette projection et cette intonation Ă  la fois franches et sincĂšres. Je souhaitais offrir Ă  notre public la possibilitĂ© d’écouter les chanteurs russes dans leur rĂ©pertoire. (NDLR : lire notre compte rendu complet de ALEKO / IOLANTA prĂ©sentĂ© en octobre 2018 par Angers Nantes OpĂ©ra).

C’est aussi une question aussi de prĂ©fĂ©rences personnelles, parfois. J’ai une prĂ©dilection pour Verdi et Wagner, car Ă  l’heure Ă©poque, l’histoire de l’opĂ©ra franchit un cap dĂ©cisif ; c’est le moment essentiel oĂč le directeur de thĂ©Ăątre perd son pouvoir ; il n’est plus seul Ă  dĂ©cider. Verdi et Wagner ont pensĂ© la globalitĂ© du spectacle d’opĂ©ra. Le premier intervient dans l’élaboration des livrets ; le second Ă©crit lui-mĂȘme le texte du livret. Ils dĂ©fendent tous deux une conception nouvelle du drame lyrique. De la mĂȘme maniĂšre, j’attache aussi une grande importance au travail de JoĂ«l Pommerat, en particulier, Ă  la rĂ©flexion qu’il a menĂ© sur les contes de fĂ©es ; sur ce qui les rend toujours trĂšs actuels et contemporains. Au cours de cette saison, nous prĂ©sentons par exemple Cendrillon de Massenet (Ă  l’affiche jusqu’au 18 dĂ©cembre 2018 – LIRE notre compte rendu, reprĂ©sentation du 4 dĂ©cembre dernier Ă  Nantes), un ouvrage exemplaire dĂ©voilant la volontĂ© et la dĂ©termination d’une jeune femme. Ce combat pour la libertĂ© et l’émancipation fait Ă©cho Ă  notre actualitĂ© rĂ©cente. Vous le voyez, le conte a Ă  nous dire encore beaucoup.

 
 
   
 
 

CLASSIQUENEWS : Vous dĂ©veloppez de nombreuses actions et activitĂ©s Ă  l’attention du grand public ? Quel en est le contenu, quel en est l’enjeu ?

ALAIN SURRANS : C’est un aller-retour : il faut faire venir le plus grand nombre de spectateurs dans nos salles, et dans le mĂȘme temps, aller vers tous ceux qui se sentent Ă©loignĂ©s du spectacle et plus encore de l’opĂ©ra, hors de nos thĂ©Ăątres, et dans le territoire. Ainsi la tournĂ©e de l’oratorio San Giovanni Battista de Stradella ou The Beggar’s opera de Johan Gay et JC Pepusch ; ces deux spectacles tournent partout grĂące Ă  notre rĂ©seau de partenaires Ă  l’échelle rĂ©gionale (jusqu’au 23 janvier 2019 pour The Beggar’s opera / jusqu’au 30 avril 2019 pour le Stradella).

De la mĂȘme façon, nous avons conçu une offre pour le public que nous souhaitons sensibiliser et impliquer, grĂące Ă  la voix et au chant. Il s’agit de rendez-vous rĂ©guliers sous forme d’ateliers (intitulĂ©s « ça va mieux en le chantant
 ») pour les familles, entre amis ; soit 1h d’expĂ©rience vocale, Ă  18h et Ă  20h
 Chacun, quelque soit son niveau musical, dĂ©couvre, explore les ressources de sa voix sous la conduite des membres du ChƓur d’Angers Nantes OpĂ©ra. Chacun peut travailler sa justesse, dĂ©couvrir la sensation du chant par le corps, apprendre Ă  respirer, partager, 
 et mĂȘme chanter faux (
en dĂ©rapages contrĂŽlĂ©s). Il faut dĂ©cloisonner la pratique musicale ; Ă©largir et rendre accessible les spectacles d’opĂ©ra, enrichir l’expĂ©rience collective
 Les sites de Nantes, Angers et de Rennes sont trĂšs impliquĂ©s dans ce nouveau dispositif qui s’adresse Ă  un trĂšs large public.

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Prochain atelier  “Du surgrave au suraigu”, Angers et Nantes, les 31 janvier et 6 fĂ©vrier 2019 / http://www.angers-nantes-opera.com/la-programmation-1819/du-surgrave-au-suraigu

 
 
   
 
 

CLASSIQUENEWS : Vous avez collaborĂ© Ă  l’élaboration du livret de l’adaptation de Genitrix, – roman de François Mauriac, pour l’opĂ©ra, musique d’Honegger. Quelle expĂ©rience en avez-vous tirĂ© ?

ALAIN SURRANS : C’est un travail spĂ©cifique sur la langue et sa prosodie. Comment mettre en musique des mots, comment faire chanter un texte, lequel Ă  l’origine n’est pas conçu pour une mise en musique. Il faut donc apprendre Ă  dĂ©couper le texte, le rendre apte Ă  la prosodie, pour qu’il sonne auprĂšs du public, 
audible, accessible, naturel. L’attention se porte sur le rythme, sur l’accentuation des mots. Une redĂ©finition de la prononciation d’autant plus difficile et dĂ©licate que le français est peu accentuĂ© et plutĂŽt naturellement monotone.

Tout cela rĂ©sonne particuliĂšrement dans le travail que je dĂ©fends au profit de la crĂ©ation. Ainsi je peux d’ores et dĂ©jĂ  vous annoncer la crĂ©ation d’un nouvel opĂ©ra, Ă  l’horizon 2019 (crĂ©ation Ă  l’OpĂ©ra Comique le 27 sept 2019), d’aprĂšs L’Inondation d’Evgueni Zamiatine, nouvelle publiĂ©e en 1929. L’histoire est celle d’un couple sans enfants Ă  Saint-Petersbourg, qui adopte une orpheline alors que les eaux de La Neva ne cessent de monter
 La musique sera signĂ©e Francesco Filidei, et le livret (comme la mise en scĂšne), de JoĂ«l Pommerat. L’ouvrage aprĂšs sa crĂ©ation parisienne sera prĂ©sentĂ©e dans les salles, Ă  Nantes et Ă  Rennes, au sein de la saison lyrique 2019-2020.

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Propos recueillis en octobre 2018.

Illustration : © Bénédicte de Vanssay

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* culturellement plus favorisĂ©s. C’est relatif car tout dĂ©pend des quartiers concernĂ©s.

 
 
 

COMPTE-RENDU, opéra. NANTES, le 4 déc 2018. MASSENET : Cendrillon. Shaham, Le Roux
 Toffolutti / Schnitzler

COMPTE-RENDU, opĂ©ra. NANTES, ThĂ©Ăątre Graslin, le 4 dĂ©c 2018. MASSENET : Cendrillon. Shaham, Le Roux
 Toffolutti / Schnitzler. C’est une nouvelle (et belle) production que nous prĂ©sente Angers Nantes OpĂ©ra en ce mois de dĂ©cembre 2018 : une maniĂšre Ă©lĂ©gante et vocalement solide de souligner la veine merveilleuse d’un Massenet mĂ©connu, qui souhaite dans les faits, « Bercer » par la fable, retrouver son Ăąme d’enfant, diffuser l’onirisme du songe, la poĂ©sie du rĂȘve
 ainsi que nous le dit Pandolphe en bord de scĂšne, dans son rĂ©cit d’ouverture comme prĂ©alable au spectacle.

Mais il n’y est pas uniquement question du rĂȘve. Massenet ajoute aussi l’Ă©lan amoureux, cette passion sensuelle naissante qui colore effectivement chaque duo entre Lucette / Cendrille et son prince, sous le regard complice et protecteur de la bonne fĂ©e, marraine de la jeune femme ; d’ailleurs les trois forment Ă  deux reprises un trio rĂ©ellement enchanteur. On ne cesse de penser au compositeur alors saisi par le charme, – Ă©pris mĂȘme-, de la soprano Julia Giraudon, qui remplace la cĂ©lĂšbre crĂ©atrice de Carmen, Emma CalvĂ©, au dĂ©part pressentie pour le rĂŽle-titre. Chaque duo Cendrille / Le Prince est ainsi traversĂ© par un dĂ©sir ardent, juvĂ©nile, d’une irrĂ©pressible aspiration, tĂ©moignage autobiographique de cette passion qui Ă©lectrise Massenet lui-mĂȘme en 1899.

 
 
 

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ROI STATUE ET PRINCE DEPRESSIF
 Si le tableau d’ouverture est un peu sage voire confus : on ne comprend pas bien ce qu’est cette « chose » en fil de fer rose (???) au dĂ©but du spectacle
 (qui traverse l’ensemble du dĂ©cor comme si elle en dĂ©coupait la paroi blanche), l’immersion dans le rĂȘve nĂ©anmoins se rĂ©alise trĂšs vite affirmant son univers onirique parfois surrĂ©aliste
 ainsi le tableau oĂč paraĂźt le prince, juchĂ© sur un chapiteau corinthien inversĂ©, emblĂšme de son dĂ©sĂ©quilibre intĂ©rieur manifeste : il ne veut rien faire, surtout pas participer au dĂ©filĂ© des filles de la noblesse que son pĂšre a dĂ©cidĂ© pour qu’il trouve Ă©pouse. Parlons du roi justement : il appartient au monde des lĂ©gendes, caricatural et dĂ©jantĂ© : une icĂŽne statufiĂ©e, dĂ©bout / assis, tout amidonnĂ©e dans son ample manteau royal : truculent Olivier Naveau.
Concernant le Prince mĂ©lancolique voire dĂ©pressif
 il faut bien toute la couleur du timbre grave de Julie Robard-Gendre pour exprimer un mal-ĂȘtre certain, ce moelleux maladif. Jusqu’Ă  ce que paraisse  Lucette / Cendrille dans sa robe blanche (de style Empire). Et les sens du jeune homme se rĂ©veillent soudainement (Massenet tout enamourĂ© de sa belle et jeune Julia ?).

‹CENDRILLON ENIVRÉE
 Dans le rĂŽle-titre Rinat Shahan ici mĂȘme Ă©coutĂ©e en Octavia tragique et dĂ©sespĂ©rĂ©e (Le Couronnement de PoppĂ©e de Monteverdi), incarne une jeune femme angĂ©lique et volontaire, dont la couleur vocale fait tout le charme d’un chant simple, fluide, lumineux. Un angĂ©lisme ardent et sincĂšre qui certes ne maĂźtrise pas encore parfaitement l’intelligibilitĂ© de notre langue mais reste toujours trĂšs juste ; il n’y a guĂšre que le baryton emblĂ©matique François Le Roux qui rĂ©ussisse parfaitement l’exercice : son Ă©locution est exemplaire avec ce ton inspirĂ©, hallucinĂ©, des grands diseurs. Le chanteur donne du corps Ă  ce Pandolphe, vraie pantoufle domestique, passive et soumise
 qui finit mĂȘme par agacer tant il demeure attachĂ© Ă  sa nouvelle femme, la comtesse de La HaltiĂšre (la britannique Rosalind Plowright, dragon rageur et haineux, qui a presque 70 ans, dĂ©ploie une prĂ©sence scĂ©nique totale, dramatique et 
 sonore, vraie marĂątre dĂ©testable).

On sait Alain Surrans trĂšs soucieux de cohĂ©sion dramatique, y compris dans la dĂ©fense des Ɠuvres mĂ©connues ; le nouveau directeur d’Angers Nantes OpĂ©ra apprĂ©cie particuliĂšrement les contes, prĂ©cisĂ©ment leur force poĂ©tique capable de nous parler encore aujourd’hui, dĂ©voilant des thĂšmes qui font Ă©cho Ă  notre actualitĂ©.
C’est assurĂ©ment le cas de Cendrillon de Massenet dont la figure courageuse de Lucette / Cendrille rappelle combien la dĂ©sobĂ©issance et la volontĂ© de croire Ă  ses sentiments sont majeurs pour toute Ă©mancipation.

 
 
  
 
 

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On Ă©mettra quelques rĂ©serves nĂ©anmoins dans cette nouvelle production. Bien des aspects de la partition surtout son livret, restent marquĂ©s par cette miĂšvrerie fleurie, typique de l’extrĂȘme fin du XIXĂšme ; les rĂ©fĂ©rences Ă  la nature, le sujet de cet « avril printanier » Ă©voquĂ©s Ă  plusieurs reprises, par Lucette et son pĂšre (et jusqu’au couple que le pĂšre Ă©voque avec sa fille comme celui « d’amoureux » en promenade
) laissent un rien perplexe. On en regretterait les bienfaits de l’actualisation. Il y avait beaucoup de jeunes dans la salle ce soir Ă  Nantes : pas sĂ»r que la majoritĂ© adhĂšre Ă  un art ainsi dĂ©modĂ© voire affectĂ© par des tournures d’un autre temps qui rĂ©duisent aujourd’hui la force de l’action. AssurĂ©ment quelques coupures eussent Ă©tĂ© bĂ©nĂ©fiques.

ESSOR ONIRIQUE
 Quoiqu’il en soit, ne boudons pas notre plaisir. Le spectacle rĂ©alise en maints endroits la volontĂ© onirique de Massenet. Son invitation Ă  retrouver notre Ăąme d’enfant prend forme et se rĂ©alise. Les deux tableaux oĂč paraĂźt la fĂ©e (suave et agile Marianne Lambert malgrĂ© les redoutables arches coloratoure de sa partie), la premiĂšre fois dans sa baignoire / nacelle, permettant Ă  Lucette d’aller au bal ; quand elle trĂŽne enfin, en dĂ©esse sylvestre, parmi les chĂȘnes, 
 sont trĂšs convaincants.

Parmi les sĂ©quences les plus marquantes, ce sont bien les duos entre Cendrille et le Prince qui sont les plus inspirĂ©s (moins le couple du pĂšre et de sa fille : Pandolphe / Lucette). L’union des nouveaux amants, en particulier dans le tableau du bal (premiĂšre rencontre) puis dans celui de leurs retrouvailles au pied du chĂȘne des fĂ©es, illustre ce Massenet inspirĂ©, – dans la lignĂ©e de Gounod, Ă©perdu et tendre, – entre dĂ©votion partagĂ©e et profondeur Ă©motionnelle ; quand par exemple dans leur premier Ă©moi, Cendrille avoue sa dĂ©votion immĂ©diate et totale Ă  l’ĂȘtre tout juste rencontré   On est proche de ce ravissement dont Massenet a dĂ©jĂ  Ă©laborĂ© l’expression dans Manon Ă©videmment (rĂ©fĂ©rence Ă  « la main presse »), composĂ©e 5 ans auparavant (1884).

 
 
 

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Manon est finalement une source maintes fois citĂ©e ou exploitĂ©e ici, ne serait ce que dans le parfum nĂ©o baroque, propre Ă  ce “classicisme XIXĂšme », de l’ouverture ; Ă©galement dans l’esprit Grand SiĂšcle des ballets qui citent toujours Manon (cf. le tableau de l’OpĂ©ra dans l’opĂ©ra). Saluons enfin danseurs et membres du Choeur d’Angers Nantes OpĂ©ra ; souvent trĂšs drĂŽle, la transposition que rĂ©alise le noyau des 5 danseurs du Centre ChorĂ©graphique national de Nantes, dans la chorĂ©graphie d’Ambra Senatore : ils emmĂšnent avec eux les choristes maison dont le talent et la volontĂ© du jeu se rĂ©vĂšlent et s’affirment bel et bien, de production en production, avec chez certains, une claire rĂ©fĂ©rence Ă  Charlie Chaplin.
Enfin en fosse, l’ONPL, dirigĂ© par Claude Schnitzler, s’il sonne dur et court en dĂ©but de spectacle, se dĂ©ploie plus onctueux et suggestif Ă  mesure que l’action rĂ©alise ce passage du rĂ©el au rĂȘve. Et vice versa. Convaincant.

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COMPTE-RENDU, opĂ©ra. NANTES, le 4 dĂ©c 2018. MASSENET : Cendrillon. Shaham, Le Roux
 Toffolutti / Schnitzler - Encore Ă  l’affiche au Grand ThĂ©Ăątre d’Angers, pour 3 reprĂ©sentations incontournables, les 14, 16 et 18 dĂ©cembre 2018.

http://www.angers-nantes-opera.com/la-programmation-1819/cendrillon

LIRE aussi notre présentation annonce de la nouvelle Cendrillon présentée par Angers Nantes Opéra en décembre 2018
http://www.classiquenews.com/nouvelle-cendrillon-de-massenet-a-nantes-et-a-angers/

 
 
 

PROCHAINES productions Ă  ne pas manquer Ă  NANTES : Un Bal masquĂ© de Verdi (13 mars – 6 avril 2019)
A Nantes puis Angers : Le Vaisseau FantĂŽme de Wagner, 3 mai – 13 juin 2019

 
 
 
Illustration : Marianne Lambert (la fĂ©e) apparaĂźt Ă  Lucette / Cendrille (DR – Angers Nantes OpĂ©ra – JM Jagu 2018  
 
   
 
 

COMPTE-RENDU, concert. SCEAUX, La Schubertiade, le 10 nov 2018. « Un fil, la vie, un simple fil » Trio Atanassov / Alain Carré

Schubertiade de Sceaux Logo copiable logo 2018COMPTE-RENDU, concert. SCEAUX, La Schubertiade, le 10 nov 2018. « Un fil, la vie, un simple fil » Trio Atanassov (Perceval Gilles, Sarah Sultan et Pierre-Kaloyann Atanassov) / Alain CarrĂ©, rĂ©citant. Hommage aux soldats de la PremiĂšre Guerre. Le sujet du programme Ă©tait opportun en ce week end du 11 novembre 2018, centenaire de l’Armistice. Elisabeth Atanassov, directrice de la Schubertiade de Sceaux ajoute Ă  cette cĂ©lĂ©bration bienvenue, plusieurs piĂšces d’un violoniste virtuose, soldat enrĂŽlĂ© sur le front de la barbarie (1914-1918), devenu compositeur : Lucien Durosoir. En prĂ©sence des descendants du musicien, le concert est surtout un spectacle percutant oĂč le verbe est Ă©noncĂ©, projetĂ©, incarnĂ© par le diseur acteur Alain CarrĂ©. La vie dans les tranchĂ©es – humide, alcoolisĂ©e, nausĂ©abonde
 pour le dire d’un mot, inhumaine est ainsi Ă©voquĂ©e par le dĂ©tail et l’anecdote, Ă  travers des citations de la correspondance du soldat Durosoir Ă  sa mĂšre ; Ă  travers le tĂ©moignage complĂ©mentaire contenu dans les Carnets de guerre de Maurice MarĂ©chal.
Ponctuant le texte, plusieurs fragments musicaux sont jouĂ©s par le Trio Atanassov (Perceval Gilles, violon / Sarah Sultan, violoncelle / Pierre-Kaloyann Atanassov, piano) : on y dĂ©tecte l’intensitĂ© suggestive et qui semble recueillir les cris et l’impuissance dans la bataille, des Ɠuvres choisies signĂ©es Ravel (l’extraordinaire poĂ©tique de Pantoum, qui est le second mouvement de son sublime Trio de 1914), Beethoven, Schumann
 De cette mise en dialogue du texte et de la musique, ce sont certainement les partitions de Durosoir qui se dĂ©tachent par leur acuitĂ© Ă©motionnelle, Ă  la fois enivrante et recueillie (PriĂšre Ă  Marie de 1949, pour violon et piano : la piĂšce conclut avec beaucoup de sensibilitĂ© le programme). Comme on reste saisi par cette modernitĂ© palpitante qui porte et embrase le premier mouvement de son Trio en si mineur de 1927. Comme de nombreux auteurs marquĂ©s par la guerre, et davantage : qui ont affrontĂ© l’ignominie la plus terrifiante, Lucien Durosoir semble retisser un fil salvateur dans l’acte mĂȘme de composer ; toute son Ɠuvre qui suit ses annĂ©es de traumatisme, exprime et transcende cette Ă©preuve inimaginable.

durosoir lucien violon portrait annocne concert par classiquenewsComme le dit Debussy, la musique commence oĂč s’arrĂȘtent les mots : la formule est idĂ©ale dans le cas de Lucien Durosoir dont l’intensitĂ© et la pudeur de l’écriture musicale, en disent infiniment plus que bien des discours. La rĂ©ussite de ce « spectacle », Ă  la fois concert, Ă  la fois tĂ©moignage rĂ©citĂ© (et excellemment par l’incantatoire Alain CarrĂ©) vient de cet Ă©quilibre tĂ©nu et ici idĂ©al entre la vĂ©hĂ©mence du mot cru, et la parure musicale qui semble l’enrober, dans les fragments de musique qui ponctuent les rĂ©cits. On ne pouvait imaginer meilleure proposition, en hommage aux soldats massacrĂ©s, Ă©prouvĂ©s sur le champs de bataille entre 1914 et 1918.
A l’issue de ce deuxiĂšme rv, il apparaĂźt comme une Ă©vidence que par la qualitĂ© de l’offre musicale et la diversitĂ© des concerts dans leur forme et leur dĂ©roulement, La Schubertiade de Sceaux a dĂ©sormais trouvĂ© son rythme de croisiĂšre (dans l’HĂŽtel de Ville mĂȘme) et surtout son public. L’idĂ©e de proposer aux rĂ©sidents citoyens, un concert de musique de chambre dans les espaces municipaux, est exemplaire.
Prochain rv, samedi 8 dĂ©cembre 2018 : Quatuor Modigliani (au programme : Mozart, Schubert et surtout Debussy, pour fĂȘter le centenaire de la mort en 2018).

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COMPTE-RENDU, concert. SCEAUX, La Schubertiade, le 10 nov 2018. « Un fil, la vie, un simple fil »  / Trio Atanassov (Perceval Gilles, Sarah Sultan et Pierre-Kaloyann Atanassov / Alain Carré, récitant.

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LIRE notre compte-rendu du concert du 13 octobre 2018 : Programme Schubert par le Trio Atanassov / La Schubertiade de Sceaux
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-concert-sceaux-92-le-13-octobre-2018-la-schubertiade-de-sceaux-recital-schubert-trio-atanassov/

VISITEZ le site du Trio Atanassov : www.trioatanassov.com

LIRE aussi notre prĂ©sentation gĂ©nĂ©rale de la saison musicale La Schubertiade de Sceaux 2018 – 2019 et ses 6 concerts Ă©vĂ©nements.  
 
 

COMPTE-RENDU, opéra. Saint-Etienne, le 18 nov 2018. MASSENET : Hérodiade. Elodie Hache, Ossonce / Pichon  

massenet jules portrait classiquenewsCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. Saint-Etienne. Grand ThĂ©Ăątre Massenet, le 18 novembre 2018. Jules Massenet : HĂ©rodiade. Elodie Hache, Emanuela Pascu, Florian Laconi, Christian Helmer, Nicolas Cavallier. Jean-Yves Ossonce, direction musicale. Jean-Louis Pichon, mise en scĂšne. Ce sont les mots, empruntĂ©s au rĂŽle d’HĂ©rode, qu’on a envie de lancer comme des fleurs Ă  Elodie Hache une fois le rideau tombĂ©. Car depuis sa Blanche de la Force sur cette mĂȘme scĂšne stĂ©phanoise voilĂ  un an et demi, la soprano française a encore progressĂ© dans la maĂźtrise de son gĂ©nĂ©reux instrument, de ceux qu’on rencontre peu parmi les artistes de l’Hexagone. DĂšs son premier air « Il est doux, il est bon », on est impressionnĂ©s par l’ampleur de la voix et la puissance dĂ©ployĂ©e sans effort apparent. En outre, l’ouragan sait se faire caresse, en de magnifiques nuances, flottantes et transparentes. Durant toute la reprĂ©sentation, on assiste mĂ©dusĂ©s Ă  l’affirmation progressive de cette superbe artiste, dotĂ©e qui plus est d’une trĂšs belle diction et d’une grande prĂ©sence scĂ©nique, alliĂ©es Ă  une poignante sobriĂ©tĂ© dans les effets. Par notre envoyĂ© spĂ©cial Narcisso Fiordaliso.

 

 

 

SalomĂ©, laisse-moi t’aimer

 

 
On souhaiterait simplement lui conseiller du prendre garde au vibrato parfois quelque peu excessif dans un haut-médium semblant moins canalisé que le reste de la tessiture, afin de pouvoir goûter le plus longtemps possibles à toutes ses immenses qualités.
A ses cĂŽtĂ©s, la mezzo roumaine Emanuela Pascu incarne une imposante et vĂ©nĂ©neuse HĂ©rodiade, jeune encore, plus femme que mĂšre, dardant avec Ă©clat le mĂ©tal de sa voix sonore et osant de trĂšs beaux piani. L’écriture d’ensemble du rĂŽle parait bien parfois un rien grave pour elle, mais, Ă  part quelques graves Ă  notre sens trop appuyĂ©s, la chanteuse se tire avec les honneurs de cette tessiture difficile, dĂ©montrant par ailleurs un beau travail sur le texte.
AprĂšs l’avoir chantĂ© avec succĂšs Ă  Marseille voilĂ  il y a quelques mois, Florian Laconi retrouve le rĂŽle de Jean, dont il vient toujours Ă  bout avec une soliditĂ© qu’on ne peut que saluer. Son air du quatriĂšme acte est Ă  ce titre Ă©loquent, et s’achĂšvent triomphalement sur un aigu lentement enflĂ© dans un crescendo Ă©lectrisant.
Toujours noble de port et fier de ton, Nicolas Cavallier remporte tous les suffrages en Phanuel, et on est, comme à chaque fois, heureux de retrouver la basse française, de ces phares qui semblent éclairer le paysage lyrique actuel par leur auguste présence.
Face Ă  de telles voix et autant de prĂ©sences, Christian Helmer fait de son mieux pour trouver sa place, et se lance avec franchise dans la partie ardue d’HĂ©rode, semblant souvent poussĂ© aux limites de ses moyens. Mais il se donne tout entier, sans tricher, et son courage est Ă  saluer.
Vitellius autoritaire, Jean-Marie Delpas prend un malin plaisir Ă  faire tonner sa grande voix, tandis que tous les autres rĂŽles secondaires sont tenus avec beaucoup d’efficacitĂ©. Quant au chƓur, il n’appelle que des Ă©loges grĂące Ă  une homogĂ©nĂ©itĂ© superbe et surtout une prĂ©cision superlative dans la diction.
Tout ce petit monde Ă©volue dans la mise en scĂšne dĂ©pouillĂ©e de Jean-Louis Pichon. Familier de l’Ɠuvre, ce grand amoureux de l’opĂ©ra français a choisi la carte de la sobriĂ©tĂ©, enveloppant dĂ©cors comme costumes d’une teinte gĂ©nĂ©rale ocre avec des reflets dorĂ©s, des murs formĂ©s par des lances aiguisĂ©es refermant le plateau. Si le faste manque parfois Ă  l’appel, l’Ɠuvre y gagne en intimitĂ©, vĂ©ritable affaire de famille et on vit pleinement le drame en mĂȘme temps que les personnages qui s’y dĂ©battent.
Dans la fosse, la direction apollinienne de Jean-Yves Ossonce participe de ce climat énigmatique, le chef français refusant tout clinquant excessif, dirigeant de main de maßtre un orchestre maison somptueux, audiblement familier de cet univers musical.
Une fois de plus, l’OpĂ©ra de Saint-Etienne se pose en rĂ©fĂ©rence en matiĂšre d’opĂ©ra français.

 

 
 

 

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COMPTE-RENDU, opéra. COMPTE-RENDU, opéra. Saint-Etienne, le 18 nov 2018. MASSENET : Hérodiade. Elodie Hache, Ossonce / Pichon
Saint-Etienne. Grand ThĂ©Ăątre Massenet, 18 novembre 2018. Jules Massenet : HĂ©rodiade. Livret de Paul Millet et Henri GrĂ©mont, inspirĂ© d’HĂ©rodias de Gustave Flaubert.
Avec HĂ©rodiade : Elodie Hache ; Salomé : Emanuela Pascu ; Jean : Florian Laconi ; HĂ©rode : Christian Helmer ; Phanuel : Nicolas Cavallier ; Vitellius : Jean-Marie Delpas ; La Babylonienne : Catherine SĂ©on ; Le Grand PrĂȘtre : Bardassar Ohanian ; La Voix : Pier-Yves TĂ©tu. ChƓur Lyrique Saint-Etienne Loire ; Chef de chƓur : Laurent Touche. Orchestre Symphonique Saint-Etienne Loire. Direction musicale : Jean-Yves Ossonce. Mise en scĂšne : Jean-Louis Pichon ; DĂ©cors et costumes : JĂ©rĂŽme Bourdin ; LumiĂšres : Michel Theuil ; ChorĂ©graphie : Laurence Fanon ; VidĂ©o : Georges Flores
 

 

Compte-rendu critique, opéra. Bordeaux, le 8 nov 2018. Donizetti : Anna Bolena. Rebeka
 Daniel / Bischofberger

Compte-rendu critique, opĂ©ra. Bordeaux, Grand-ThĂ©Ăątre, le 8 novembre 2018. Gaetano Donizetti : Anna Bolena. Marina Rebeka, Ekaterina Semenchuk, Dimitry Ivashchenko, Pene Pati. Paul Daniel, direction musicale. Marie-Louise Bischofberger, mise en scĂšne. En ce mois de novembre, l’OpĂ©ra National de Bordeaux frappe un grand coup en reprenant sa production d’Anna Bolena de Donizetti, crĂ©Ă©e in loco voilĂ  quatre ans et vue depuis aussi bien Ă  Avignon et Toulon qu’à la Scala de Milan. ElĂ©gante et dĂ©pouillĂ©e mais manquant parfois de faste et tenant parfois du concert en costumes, la mise en scĂšne de Marie-Louise Bischofberger sert surtout d’écrin Ă  un plateau superlatif, digne du Metropolitan Opera de New York.
Mieux encore, chacun des artistes semble jouer sa vie ce soir-lĂ , ce qui demeure rare Ă  l’occasion d’une deuxiĂšme reprĂ©sentation, souvent considĂ©rĂ©e dans le mĂ©tier comme la moins rĂ©ussie d’une sĂ©rie. La prĂ©sence dans la salle de plusieurs importants directeurs de maisons d’opĂ©ra, Ă  l’occasion du concours international de chant Bordeaux-MĂ©doc, aurait-elle poussĂ© les interprĂštes Ă  donner le meilleur d’eux-mĂȘmes ? On a envie de le croire. COMPTE-RENDU, CRITIQUE par notre envoyĂ© spĂ©cial Narciso Fiordaliso.

 

 

 

Plateau de luxe

 
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D’autant plus que, dans la salle relativement petite du Grand-ThĂ©Ăątre, toutes ces voix au lyrisme dĂ©complexĂ© emplissent l’espace avec un plaisir non dissimulĂ©, Ă  la plus grande joie des spectateurs
 et la nĂŽtre.
A toute souveraine, tout honneur : dans le rĂŽle-titre, Marina Rebeka effectue une prise de rĂŽle fracassante, en parallĂšle de la sortie de son nouvel album Spirito, consacrĂ© aux hĂ©roĂŻnes belcantistes et paru le lendemain de la reprĂ©sentation (NDLR : LIRE notre critique complĂšte du cd SPIRITO par MARINA REBEKA, “CLIC” de CLASSIQUENEWS de novembre 2018).
La soprano lettone fait feu de tout bois et se consume littĂ©ralement en scĂšne, dĂ©ployant Ă  plaisir sa grande voix et Ă©lectrisant le public en mĂȘme temps que la reine laisse Ă©clater sa fureur. Son instrument corsĂ© et son timbre sombre font merveille dans cette partition, rendant encore plus impressionnantes les notes aiguĂ«s, en particulier le contre-rĂ© achevant la premiĂšre partie et surtout le contre-mi bĂ©mol, attaquĂ© sans respirer, sur lequel tombe le rideau Ă  l’issue de la reprĂ©sentation. Quelques nuances de plus, quelques piani plus flottants, un grave plus naturel, et on tenait lĂ  la rĂ©fĂ©rence moderne dans ce rĂŽle. Mais la chanteuse se hisse dĂ©jĂ  au niveau des meilleures, et on lui souhaite de pouvoir continuer Ă  mĂ»rir son incarnation, tant vocale que musicale.
Face à elle, Ekaterina Semenchuk impose une Seymour qui aurait des liens de parenté avec Azucena et Eboli. Certes, la vocalité torrentielle et éminemment verdienne de la mezzo russe parait parfois surdimensionnée pour le rÎle, mais comment résister à une prestation aussi généreuse, aussi proprement jouissive ?
La chanteuse se tire par ailleurs avec les honneurs de l’écriture parfois fleurie qui orne sa partie, bien que son terrain d’élection soit audiblement ailleurs.
La confrontation entre les deux femmes restera un grand moment, véritable affrontement, authentique émulation entre deux trÚs grandes chanteuses.
RĂ©vĂ©lation de la soirĂ©e, le Percy de Pene Pati marque les esprits. VĂ©ritable colosse, le tĂ©nor polynĂ©sien Ă©tonne au premier abord par sa voix en apparence lĂ©gĂšre, surtout face aux titans avec lesquels il partage le plateau. Mais au fur et Ă  mesure des notes, il emporte l’adhĂ©sion par son Ă©mission d’un naturel confondant, jamais sombrĂ©e mais au contraire toujours rayonnante, jusqu’à un contre-ut interminable d’une facilitĂ© dĂ©concertante. Sa grande scĂšne du second acte enthousiasme tout autant, Ă©mouvante autant que brillante, et couronnĂ©e par un contre-rĂ© aussi impressionnant qu’inattendu. Un vrai talent Ă  suivre, et, s’il parvient Ă  rĂ©sister aux sirĂšnes des rĂŽles trop lourds, un des grands tĂ©nors de demain.

 

 

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Moins marquant, l’Enrico de Dimitry Ivashchenko, toujours somptueux de timbre mais peu Ă  l’aise dans ce rĂ©pertoire, la basse russe semblant parfois comme encombrĂ© de son instrument imposant et paraissant souvent ne savoir que faire de son personnage, assez monolithique et finalement celui ayant visiblement le moins inspirĂ© le compositeur.
Smeaton Ă  croquer, Marion LebĂšgue donne vie avec gourmandise Ă  ce petit page, amoureux et maladroit, la superbe mezzo française laissant percevoir que, d’une certaine maniĂšre, c’est aussi par lui et malgrĂ© lui que le drame se noue.
Bien chantants et percutants, le Lord Rochefort de Guilhem Worms et le Sir Hervy de KĂ©vin Amiel font mieux que ne pas dĂ©mĂ©riter face Ă  pareils partenaires, ils savent s’imposer et capter l’attention en seulement quelques phrases.
A la tĂȘte d’un trĂšs beau chƓur et d’un excellent orchestre, le chef Paul Daniel, directeur musical de la phalange bordelaise, laisse malheureusement un sentiment plus mitigĂ©, sa direction manquant souvent de souplesse et de respiration. En outre, on dĂ©plore de trĂšs nombreuses coupures, notamment presque toutes les reprises des cabalettes, ce qui prive cette musique d’une bonne partie de son vertige et de son pouvoir de fascination.
Enthousiaste et heureux, le public s’abandonne aux ovations et fait fĂȘte Ă  toute la distribution. On le comprend.

 

 

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Bordeaux. Grand-ThĂ©Ăątre, 8 novembre 2018. Gaetano Donizetti : Anna Bolena. Livret de Felice Romani. Avec Anna Bolena : Marina Rebeka ; Giovanna Seymour : Ekaterina Semenchuk ; Enrico VIII : Dimitry Ivashchenko ; Lord Percy : Pene Pati ; Smeaton : Marion LebĂšgue ; Sir Hervey : KĂ©vin Amiel ; Lord Rochefort : Guilhem Worms. ChƓur de l’OpĂ©ra National de Bordeaux ; Chef de chƓur : Salvatore Caputo. Orchestre National Bordeaux Aquitaine. Direction musicale : Paul Daniel. Mise en scĂšne : Marie-Louise Bischofberger ; ScĂ©nographie : Erich Wonder ; Costumes : Kaspar Glarner ; LumiĂšres : Bertrand Couderc

Illustrations : © Maitetxu Etcheverria / Opéra de Bordeaux 2018

 

 

 

 

COMPTE-RENDU, opéra. VICTORIA (Gozo, Malte), le 25 oct 2018. VERDI : La Traviata. Cauchi, Aniskin, Stinchelli, Walsh.

COMPTE RENDU, opĂ©ra. GOZO (Malta), Teatru Astra, le 25 oct 2018. VERDI : La Traviata. L’OPERA comme expĂ©rience collective et populaire. Ce n’est rien d’écrire que l’opĂ©ra Ă  Gozo, Ă  travers l’offre de ses 2 thĂ©Ăątres lyriques Ă  Victoria rayonne d’un Ă©clat particulier. Ainsi dans la salle du thĂ©Ăątre (Teatru) Astra : le genre est unanimement adoptĂ© par tous. ImmĂ©diatement ce qui saisit le mĂ©lomane amateur d’opĂ©ras, habituĂ©s des salles europĂ©ennes, c’est l’ambiance bon enfant et ce goĂ»t partagĂ© naturellement par tous pour l’expĂ©rience lyrique. L’implication est au cƓur de chaque reprĂ©sentation car Ă  l’occasion de ce « festival d’opĂ©ras » (festival mĂ©diterranĂ©en / Festival Mediterranea à Victoria, sur l’üle de Gozo, la seconde de l’archipel maltaise) qui a lieu chaque mois d’octobre dans la ville de Victoria, le nombre de bĂ©nĂ©voles, incluant une grande communautĂ© de locaux, reste constant, en ferveur, en gĂ©nĂ©rositĂ©, en participation surtout : nombre d’habitants sont figurants, choristes, personnel de salle
 autant d’initiatives qui contribuent Ă  renforcer ce lien social qui manque tant en France. Et qui fait du concert, de l’opĂ©ra : une cĂ©lĂ©bration du collectif. La culture, ciment du vivre-ensemble et de la curiositĂ© vers les autres, voilĂ  une vertu que l’on redĂ©couvre dans l’Hexagone, mais qui est depuis l’aprĂšs-guerre Ă  Victoria, une activitĂ© naturelle dĂ©fendue avec passion.

De fait, nul ne s’étonne dans la salle, Ă  quelques minutes avant le spectacle, de la ferveur d’un public trĂšs passionnĂ© qui applaudit spontanĂ©ment Ă  chaque fin d’air et de tableau collectif. La chaleur se transmet du parterre Ă  la scĂšne ; un encouragement permanent pour les solistes qui chantent leur duo sur un praticable devant la fosse d’orchestre et Ă  quelques centimĂštres des premiers spectateurs. Cette proximitĂ© ajoute Ă  l’intensitĂ© de la reprĂ©sentation.

 
 

 
 

L’opĂ©ra Ă  Gozo (Malte)

La fiĂšvre du lyrique intacte au Teatru Astra de Victoria

 

 

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D’emblĂ©e, le cadre intime du Teatru ASTRA, offre une bonne acoustique qui permet de beaux Ă©quilibres entre solistes, orchestre et chƓur.

Ce soir sur les terres du tĂ©nor vedette, vĂ©ritable trĂ©sor national vivant et ambassadeur de la culture maltaise, Joseph Calleja, c’est une soprano native qui chante le rĂŽle-titre : Miriam Cauchi. La cantatrice maltaise n’a certes pas des trilles prĂ©cises mais la chaleur du timbre et la justesse de l’intention font une Violetta particuliĂšrement digne et Ă©mouvante. Elle n’a pas le physique ni la jeunesse du personnage (du reste qui pourrait chanter Ă  17 ans un rĂŽle qui exige tant de la chanteuse comme de l’actrice?), mais Miriam Cauchi sait soigner un chant crĂ©dible, incarnĂ©, qui reste, vertu de plus en plus, mesurĂ© (combien d’autres divas en mal d’effets dĂ©monstratifs, cultive un vĂ©risme hors sujet chez Verdi).

Face Ă  elle, Alfredo ne manque pas d’aplomb ; le tĂ©nor italien Giulio Pelligra a de la vaillance Ă  revendre trop peut ĂȘtre car dans ses duos avec sa partenaire, davantage d’Ă©coute de l’autre, plus de dolcezza suave auraient mieux rĂ©ussi ce qui doit exprimer la magie enivrĂ©e de leur premiĂšre rencontre (au I, par exemple, pour le Brindisi final)


 

 

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Reste l’excellent Germon pĂšre du baryton russe Maxim Aniskin qui est la vedette de la soirĂ©e tant sa prestation suscite bien des Ă©loges ; le style, la noblesse humaine, la finesse vocale de sa caractĂ©risation illustrent idĂ©alement le type du baryton verdien (il a la voix et la couleur pour chanter Boccanegra) ; l’acteur clarifie l’évolution du personnage Ă  travers sa prĂ©sence Ă  l’acte II : il est d’abord conquĂ©rant, sĂ»r et inflexible, puis au contact de la pĂ©cheresse qu’il est venu sermonner et vĂ©ritablement sacrifier (pour l’honneur familial), pĂšre Ă©mu, Ăąme noble et compatissante, saisi par la dignitĂ© sacrificielle de Violetta, cette courtisane magnifique, qui accepte de rompre avec Germont fils.

Dans le duo avec Violetta, lui troublĂ©, Ă©mu, compassionnel / elle, Ă©perdue, blessĂ©e-, le chanteur arrondit les angles, caresse chaque nuance de sa partie, s’enlace vĂ©ritablement au chant de la soprano; sans jamais la couvrir trop ; une telle musicalitĂ© accordĂ©e Ă  l’autre est exemplaire et donne enfin Ă  entendre ce chant chambriste si fin et nuancĂ© ; proche du thĂ©Ăątre et qui doit beaucoup au bel canto bellinien.
Puis son grand air oĂč il sermonne cette fois son fils en le rappelant Ă  plus de maĂźtrise et de sagesse est lĂ©gitimement plĂ©biscitĂ© : le soliste est un immense interprĂšte, dans le style, la nuance. Un rĂ©gal lyrique.

De son cĂŽtĂ©, l’Orchestre Symphonique de Malte, sous la direction de Philip Walsh, veille Ă  la couleur et au caractĂšre de chaque acte : brillant au I ; plus contrastĂ© au II (entre le sacrifice et le renoncement de Violetta, et son humiliation publique Ă  Paris) ; tragique, intimiste, crĂ©pusculaire au III. C’est au final une production nouvelle (commande du Teatru Astra) qui rĂ©alise alors un spectacle prenant, poĂ©tiquement juste avec des solistes de haut vol, plutĂŽt convaincants. Il n’y a aucun doute : la tradition de l’opĂ©ra est flamboyante Ă  Gozo, et ses manifestations, comme en cet automne 2018, particuliĂšrement sĂ©duisantes. Rendez-vous est dĂ©jĂ  pris pour l’automne 2019.

 

 

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COMPTE-RENDU, opéra. VICTORIA (Gozo, Malte), le 25 oct 2018. VERDI : La Traviata. Cauchi, Aniskin, Stinchelli, Walsh.

distribution

Violetta Valéry : Miriam Cauchi (Soprano)
Alfredo Germont : Giulio Pelligra (Tenor)
Giorgio Germont : Maxim Aniskin (Baritone)
Flora Bervoix : Oana Andra (Mezzo-soprano)
Philip Walsh, direction. Enrico Stinchelli, mise en scĂšne.
Orchestre Philharmonique de Malte / MPO Malta Philharmonic Orchestra, choeurs du Festival Méditerranée de Gozo.

 

  

 

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Reportage vidéo : ONL Orchestre National de Lille : MASS de BERNSTEIN / Alexandre Bloch (juin 2018)

mass-bernstein-lille-orchestre-national-compte-rendu-critique-classiquenews-alexandre-blochREPORTAGE VIDEO. ONL Orchestre National de Lille. BERNSTEIN : MASS (juin 2018). En hommage au gĂ©nie de Leonard Bernstein et pour son centenaire en 2018, l’ONL Orchestre National de Lille sous la direction de son directeur musical Alexandre BLOCH, frappe fort en ce mois de juin 2018 ; la phalange lilloise Ă  la laquelle se joignent les troupes musicales de la RĂ©gion (choeurs, tambours et orchestres d’harmonie
) rĂ©ussit tous les dĂ©fis d’une partition atypique, mĂ©connue et pourtant essentielle pour comprendre et mesurer l’humanisme engagĂ© du compositeur amĂ©ricain : MASS (1972). ChƓurs d’enfants angĂ©liques, Ă©merveillĂ©s (une rĂ©fĂ©rence Ă  cette innocence perdue dont a rĂȘvĂ© Bernstein toute sa vie ?), choeur solennel et parodique ; « street chorus », mordant, cynique, critique voire blasphĂ©matoire ; surtout cĂ©lĂ©brant incarnĂ© sombrant dans le doute et le dĂ©sarroi le plus vertigineux
 avant la grande rĂ©conciliation fraternelle de la fin. Bernstein ne fait pas que le procĂšs du rituel, de tous les offices religieux ; il sait les rĂ©inscrire dans une vision profondĂ©ment humaine, qui rĂ©tablit le sens profond d’une cĂ©lĂ©bration collective : le partage et le respect mutuel. Tout dogme enseignĂ© doit Ă©largir le champs de vision, renforcer l’Ă©coute de la diversitĂ©, cultiver la tolĂ©rance.

Rien ne manque dans cette partition qui cite certes l’esthĂ©tique des 70’s, mais reste atemporelle par son message pacifiste, amoureux, gĂ©nĂ©reux, humaniste. Voici assurĂ©ment le point d’orgue de l’annĂ©e BERNSTEIN 2018 en France, et la rĂ©alisation la plus significative de l’annĂ©e de cĂ©lĂ©bration. GRAND REPORTAGE VIDEO © studio CLASSIQUENEWS.TV 2018 – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre PHAM.

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LIRE aussi notre critique complĂšte de MASS de Leonard BERNSTEIN par Alexandre BLOCH (28 juin 2018) – Auditorium du Nouveau SiĂšcle, LILLE / ONL

200 personnes sur le plateau et au-dessus (s’agissant des deux jazz band, et rock band, situĂ©s chacun au dessus de la scĂšne, Ă  jardin et Ă  cour) incarnent et exaltent l’ivresse grandissante d’une partition protĂ©iforme signĂ©e Bernstein, au dĂ©but des annĂ©es 1970 : MASS. Il faut donc pour le chef savoir coordonner le geste d’une colonie Ă©parse de musiciens aux parties simultanĂ©es, et aussi prĂ©server la clartĂ© d’une oeuvre construite comme une cathĂ©drale particuliĂšrement riche en changements de rythmes et en formes musicales. GĂ©nĂ©reux, Ă©clectique, Bernstein fait montre d’une invention parfois dĂ©routante pour l’auditeur, mais tout le mĂ©rite revient au formidable engagement des chanteurs et instrumentistes, Ă  la direction Ă  la fois fiĂ©vreuse et prĂ©cise du chef Alexandre Bloch, directeur musical de l’Orchestre National de Lille ; le maestro sculpte un monument esthĂ©tique qui suit trĂšs minutieusement son parcours, sans dilution, et avec des pointes sarcastiques ou lyriques d’une indiscutable intelligence…

ZAHIR : 4 saxophones enivrés

klarthe records ZAHIR quatuor de saxos critique CLIC de classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, critique. ZAHIR (1 cd Klarthe records). ZAHIR signifie en arabe, ce qui est “visible”, ce qui occupe en permanence la vision et l’esprit
 Ce quatuor de saxos (nĂ© en 2015) Ă©cartent tous ses concurrents par son audace, la libertĂ© du geste, une virtuositĂ© naturelle et souple, sa ligne artistique, ses lumineux engagements. Velours mordant et caractĂ©risĂ© : le son du Quatuor ZAHIR enchante littĂ©ralement et berce dans l’excellente transcription du Quatuor de Borodine (rĂ©alisĂ©e par le sxo soprano Guillaume Berceau) ; un Borodine revivifiĂ©, transcript, sublimĂ© dont le charme d’esprit populaire dĂšs son premier Allegro caressant sĂ©duit immĂ©diatement par l’équilibre des quatre instruments (quatuor vocal plutĂŽt que quatuor Ă  cordes : c’est Ă  dire saxophones soprano, alto, tĂ©nor, baryton). Le souci de la caractĂ©risation, le sens du dialogue entre les parties, la trĂšs fine conception du format sonore, d’une subtilitĂ© rĂ©jouissante, la fluiditĂ© de l’écriture qui fait passer d’un instrument Ă  l’autre, de surcroĂźt dans une prise de son « tournante », ni trop proche ni trop Ă©loignĂ©e, mais ronde et presque dansante, souligne l’extrĂȘme ductilitĂ© lumineuse des Zahir (pulsion dansĂ©e, organiquement trĂšs soignĂ©e du Scherzo). La tendresse simple du Notturno seduit tout autant, jusqu’au trĂšs beau mystĂšre grave du dĂ©but du Finale avant la sĂ©quence plus vive, trĂšs animĂ©e, idĂ©alement caractĂ©risĂ©e elle aussi dans l’enchaĂźnement des sĂ©quences successives. Jaillit une expressivitĂ© assumĂ©e, jamais tendue ni outrĂ©e grĂące Ă  la recherche constante et exaucuĂ©e d’un sublime Ă©quilibre sonore.
L’audace de ce premier cd fait miroir avec une curiositĂ© tout azimut, qui fait de ZAHIR, outre un idĂ©al esthĂ©tique, un laboratoire musicale. D’oĂč une implication totale dans la dĂ©fense des partitions contemporaines. LIRE notre critique complĂšte du cd ZAHIR (Klarthe records)

COMPTE-RENDU, concert. SCEAUX (92), le 13 octobre 2018. La Schubertiade de Sceaux. RĂ©cital SCHUBERT. Trio Atanassov.

schubertiadeCOMPTE-RENDU, concert. SCEAUX (92), le 13 octobre 2018. La Schubertiade de Sceaux. RĂ©cital SCHUBERT. Trio Atanassov. En dialogue et en complicitĂ©, les trois instrumentistes du TRIO ATANASSOV ont inaugurĂ© ce 13 octobre 2018, le nouveau cycle Ă©vĂ©nement Ă  Sceaux, La Schubertiade de 
 Sceaux. Une initiative qui renoue avec le riche passĂ© musical de la citĂ© scĂ©enne oĂč la musique de chambre a son public. En jouant Ă  chaque concert une Ɠuvre de Franz Schubert, les musiciens cĂ©lĂšbrent surtout l’esprit de partage et cette fraternitĂ© heureuse et discrĂšte qui renforce ce qui fonde la paix et l’harmonie : le respect et l’estime de soi et des autres. Pour preuve, ce concert 100% Schubert, – une monographie musicale bienvenue pour lancer la nouvelle saison Ă  Sceaux, dont le prĂ©sentateur, cultivĂ© et enjouĂ©, n’est autre que FrĂ©dĂ©ric LodĂ©on, voix radiophonique qui rĂ©tablit les enjeux de chaque piĂšce, non sans humour.

En prĂ©sence de l’Ambassadeur d’Autriche Ă  Paris, les musiciens enchaĂźnent les piĂšces, toutes invitation Ă  l’introspection et au repli intime, Schubert Ă©tant passĂ© maĂźtre dans l’expression de la Sensucht, cette pensĂ©e vagabonde, humeur de l’errance et d’une indicible mĂ©lancolie ; pas suspension dĂ©pressive, mais hypersensibilitĂ© pour le songe, l’inouĂŻ, le surgissement de la poĂ©sie pure.
trio-atanassov-schuebrtiade-de-sceaux-concert-critique-par-classiquenews-la-schubertiade-de-sceauxDe style comme de nuances, les 3 instrumentistes (Perceval Gilles, Sarah Sultan et Pierre-Kaloyann Atanassov, respectivement violon, violoncelle, piano) ne manquent pas; sachant nĂ©gocier trĂšs intelligemment avec une salle qui n’est pas de concert et une acoustique plutĂŽt sĂšche, ils sont capable de convoquer et diffuser l’atmosphĂšre amicale des Schubertiades viennoises, quand Franz, entourĂ© de ses proches, cultivait l’entente musicale, et suscitait l’écoute croisĂ©e, jouant lui-mĂȘme au piano, accompagnant les chanteurs ou ses amis instrumentistes


L’esprit de famille rĂšgne aussi sur ce cycle de sĂ©quences enivrĂ©es qui bercent par leur richesse allusive : la mĂšre du pianiste, Pierre-Kaloyann Atanassov (fondateur du Trio en 2007), Elisabeth Atanassov, tourne les pages, complicitĂ© suprĂȘme d’une gĂ©nĂ©ration Ă  l’autre, qui cultive ce goĂ»t de la profondeur et de la finesse offertes en partage. Le tableau est admirable comme le programme du concert.

Ils ont déjà à leur actif, un premier cd de musique de chambre (Smetana, Dvorak). On retrouve ce soir les qualités qui distingue le Trio : clarté des intentions, sens des nuances, lisibilité du cadre, écoute supérieure entre eux.
ATANASSOV-trio-pierre-kaloyann-atanassov-entretien-par-classiquenews-la-schubertiade-de-sceaux-par-classiquenewsToutes les facettes de Schubert sont exprimĂ©es, de la Sonatensatz D 28, sa premiĂšre partition cordes / piano, – dĂ©jĂ  fĂ©brile, contrastĂ©e (Ă©crite en 1812, Ă  15 ans) ; au sublime Trio opus 100 de 1827 (un an avant sa mort), – immortalisĂ© par Stanley Kubrick dans le film Barry Lindon (suivant en cela l’usage de Fritz Lang dans Docteur Mabuse (1922), en particulier son Andante con moto, d’une vivacitĂ© rythmique, Ă  la fois percussive et hallucinĂ©e
 sereine et intense (Ă  partir de la chanson suĂ©doise « le soleil se couche », conscience chez Schubert de sa fin prochaine ?
). La mĂ©lodie Ă©noncĂ©e sonne comme un dĂ©tachement tranquille et comme la prĂ©science de la fin, une marche funĂšbre qui n’a de triste et sombre que son nom ; 
 Ă©quation indicible entre la tendresse et la mort. Sans omettre le Notturno D 897, de la mĂȘme pĂ©riode, immersion et plongĂ©e dans l’autre monde, tel un voyage sans retour
 dont le caractĂšre suspendu annonce directement l’Andante de son ultime Quintette pour violoncelle (conçu Ă  l’Automne 1828, quelques semaines avant de mourir). S’y dĂ©ploie cette nuance inexprimable, jeu d’un oxymore Ă  dĂ©chiffrer par tous les interprĂštes : adagio apassionnato. Ici la traversĂ©e est d’un autre monde, vers l’autre rive, en modulations et passages aussi divers que tĂ©nus, cheminement de l’ombre et du murmure, en clair-obscur.

Chez Schubert rĂšgne une Ă©vidence qui semble simple, mais affirme trĂšs vite une saisissante profondeur ; ce jeu entre l’insouciance feinte et le sentiment plus grave qui Ă©treint, se dĂ©ploie ici sans entrave, avec la libertĂ© de l’entente, dans le geste complice des 3 musiciens.
Une certaine Ă©loquence facĂ©tieuse dans les reprises nous a beaucoup amusĂ©, en particulier dans le dernier mouvement du Trio opus 100, Ɠuvre majeure qui a figurĂ© au programme du seul concert public comprenant Ă  Vienne (Musikverein) des piĂšces de Schubert (de surcroĂźt jouĂ©es par des interprĂštes familiers de Beethoven). On ne pouvait rĂȘver meilleur programme et interprĂštes plus engagĂ©s pour inaugurer ce nouveau festival de musique de chambre Ă  Sceaux.

schubertiade-sceaux-leaderboard-18-19-190-800-VIGNETTE-classiquenewsRendez-vous est pris pour la prochaine session de la Schubertiade de Sceaux, samedi 10 novembre (17h30) : ici mĂȘme, Ă  l’HĂŽtel de Ville de Sceaux : concert « un fil, la vie, un simple fil », oeuvres de Lucien Durosoir, concert spectacle par le Trio Atanassov et le comĂ©dien et metteur en scĂšne, Alain CarrĂ©, en rĂ©citant, Ă  partir des lettres du soldat, adressĂ©es Ă  sa mĂšre depuis le front
 Les piĂšces de Durosoir ainsi rĂ©vĂ©lĂ©es sont associĂ©es aux composition de Beethoven, Schumann, Ravel, …

LIRE notre prĂ©sentation complĂšte de la saison La SCHUBERTIADE DE SCEAUX 2018 – 2019 :
http://www.classiquenews.com/sceaux-la-schubertiade-saison-2018-2019-du-13-octobre-2018-au-30-mars-2019/

Programme du concert du samedi 10 novembre 2018, 17h30 :

EugĂšne YsaĂże : “Obsession” (1923), extrait de la Sonate pour violon seul N°2
Maurice Ravel : “Pantoum” , 2Ăšme mouvement du Trio en la (1914)
Lucien Durosoir : 1er mouvement du Trio en si mineur (1926-27)
Frank Bridge : 2Úme et 3Úme mouvements du Trio n°2 (1929)
Robert Schumann :  ”l’oiseau prophĂšte” extrait des “ScĂšnes de la forĂȘt”
Ludwig van Beethoven : 4Úme mouvement de la Sonate op.30 n°2 pour violon et piano
Robert Schumann : 2Úme et 3Úme mouvement du trio N° 1 en ré mineur
Lucien Durosoir : 2Ăšme et 3Ăšme mouvements du Trio en si mineur
Lucien Durosoir : “priĂšre Ă  Marie” (1949) pour violon et piano

COMPTE-RENDU, oratorio. NANTES, Th Graslin, le 8 octobre 2018 : K. SAARIAHO, La Passion de Simone, création française.

COMPTE-RENDU, oratorio. NANTES, Th Graslin, le 8 octobre 2018 : K. SAARIAHO, La Passion de Simone, création française.
Philosophe & martyr
 UN ORATORIO CONTEMPORAIN. TĂ©moin exemplaire de la sociĂ©tĂ©, Simone Weil (1909 – 1943) conçoit la philosophie comme un combat concret ; elle fustige la violence, les massacres, la guerre ; elle est constamment indignĂ©e, rĂ©voltĂ©e, puis croisant idĂ©es et action, martyrise son corps, s’identifie aux victimes et comme elles, s’affame (« parce que les enfants de France Ă©taient privĂ©s de lait  ») ; l’ñme Ă©corchĂ©e, Simone se sacrifie volontairement pour dĂ©noncer l’inhumanitĂ© des hommes, c’est Ă  dire moins leur « bestialité » comme il est dit de façon maladroite et Ă©quivoque Ă  notre avis, dans le livret d’Amin Maalouf, que leur barbarie. La guerre n’a rien Ă  voir avec les animaux ; c’est une dĂ©viation spĂ©cifiquement humaine ; une tare permanente qui brĂ»le et embrase le coeur et l’ñme de la pacifiste et humaniste Simone Weil.
Sa vie a tout d’un engagement radical, sociĂ©tal, politique, intellectuel voire
 spirituel.
Son itinĂ©raire a tout du martyr ; un chemin de croix du XXĂš, aiguisĂ© encore par le climat de terreur Ă  l’heure du nazisme et de la Shoa. En tant que juive française, Simone Weil vit tout cela dans sa chair : elle meurt trop affaiblie pendant le conflit en Angleterre en 1943.

VoilĂ  une vie de souffrance et de conscience, de courage et de lumiĂšre qui mĂ©ritait absolument un 
oratorio. La finlandaise Kaija Saariaho relĂšve le dĂ©fi et nous propose cette version II, rĂ©duite et chambriste (crĂ©Ă©e dĂ©jĂ  en 2013 Ă  Brattislava) Ă  partir de l’originale (pour grand orchestre et chƓur, crĂ©Ă©e en 2006 Ă  Vienne). Le sujet mordant, rugueux, continĂ»ment intranquille s’adapte parfaitement au dispositif pour petit ensemble, soprano principale et « chƓur » (quatre chanteurs) ; il creuse les stridences d’une partition qui nous semble la plus incandescente et la plus angoissĂ©e de la compositrice, si on la compare avec ses ouvrages lyriques antĂ©rieurs, tels L’Amour de loin (sur un livret du mĂȘme Malouf, 2000), Adriana Mater (Paris, Bastille, 2006), et rĂ©cemment Only sound remains (Dutch National Opera, 2016).

   

La Passion de Simone
oratorio pour une révolté, mystique, humaniste :
Simone WEIL

 
 
 

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En 15 « stations », ce chemin musical qui forme un portrait hagiographique de Simone, exalte la grandeur morale, et l’acuitĂ© poĂ©tique d’une femme qui a su exprimer ( et Ă©pingler) l’horreur et donc la barbarie ordinaire Ă  son Ă©poque. Une femme juste et admirable qui a su trouver la force et le courage de combattre personnellement l’horreur de la barbarie.
La violence de la partition foudroie littĂ©ralement le spectateur, en particulier presque en son milieu, une large sĂ©quence instrumentale qui cristallise ce climat Ă©lectrique. On y goĂ»te aussi la trĂšs fine prose d’une philosophe hypersensible, vĂ©ritable apĂŽtre de l’humanitĂ© avec un grand « H » (comme l’est aussi Anna Arendt / 1906 – 1975) : grĂące Ă  la rĂ©citante Isabelle Seleskovitch qui cite Simone dans le texte. en maints endroits, l’écrivain dĂ©voile une rĂ©flexion singuliĂšrement pertinente sur la notion de diabolisme, et sur les racines du mal. Elle est la premiĂšre certainement Ă  parler directement de l’homme inhumain, figure du mal absolu
 cette barbarie selon un terme auquel nous sommes attachĂ©s.

« Comme Dieu est impuissant Ă  faire le bien parmi les hommes sans la coopĂ©ration des hommes, de mĂȘme le dĂ©mon Ă  faire le mal ».

« Tout ce qui est soumis au contact de la force est avili, quel que soit le contact. Frapper et ĂȘtre frappĂ© c’est une seule et mĂȘme souillure ».

 

 

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GrĂące aussi Ă  la performance de la soprano solo Sayuri Araida qui Ă©voque Simone dans l’action, dans ses combats, dans sa rĂ©sistance perpĂ©tuelle. L’ouvriĂšre qui Ă©prouve l’inhumanitĂ© du travail Ă  la chaine qu’impose le productivisme ; la philosophe militante qui dĂ©nonce l’indignitĂ© de la sociĂ©tĂ©, capable de sentences foudroyantes : « Rien de ce qui existe n’est absolument digne d’amour… il faut donc aimer ce qui n’existe pas. »  Simone aimait probablement le Christ pour qui elle voue une admiration et auquel elle s’est identifiĂ©e : une sĂ©quence vidĂ©o fait paraĂźtre en gros plan le visage de ce petit bout de femme dont l’image (celle de sa carte d’usine, avec le matricule « A96630-WEIL »), comme irradiĂ©e l’assimile Ă  un suaire
 en de nombreux endroits, le texte du livret inscrit le chemin de Simone sur les pas du Christ.

 

 

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Du dĂ©but Ă  la fin, la musique ne varie pas sa course : elle crĂ©pite, fulmine souvent, se met au diapason d’une guerriĂšre humaniste, se nourrit de ses Ă©clairs poĂ©tiques d’une vĂ©ritĂ© on la dit poĂ©tique et criante, rappelant les visions des grandes mystiques foudroyĂ©es. Mais ici, une mystique profane. Voici un ouvrage dont la forme rappelle l’oratorio sacrĂ©, celui flamboyant des XVIIĂš et XVIIIĂš. Saahario sait en renouveler l’architecture et la mise en forme, portĂ© par l’engagement de la soprano soliste, qui est aidĂ©e, accompagnĂ©e par le quatuor vocal, lequel rĂ©pĂšte, souligne, anime aussi certaines sentences


PERSPECTIVES… VITALITÉ DE LA CRÉATION à Angers et Ă  Nantes. MalgrĂ© quelques faiblesses de dĂ©tail (et qui ne concerne que le livret), voilĂ  un spectacle qui nous a rappelĂ© en bien des points, la crĂ©ation de l’opĂ©ra Maria Republica, premier opĂ©ra de François Paris, en avril 2016, dont les dĂ©charges Ă©lectriques, le climat d’angoisse et de terreur sublimĂ©, la dĂ©nonciation de toutes les barbaries et de l’inhumanitĂ© croissante avaient dĂ©jĂ  marquĂ© les esprits (VOIR notre reportage vidĂ©o MARIA REPUBLICA).

Comme il nous a immĂ©diatement remĂ©morer la crĂ©ation française d’un autre drame lyrique, d’une beautĂ© foudroyante, Ă  deux voix La Rose Blanche, bouleversant hommage lyrique aux deux hĂ©ros Sophie et Hans, par Udo Zimmermann, rĂ©vĂ©lation en son temps, proposĂ©e par Angers Nantes OpĂ©ra
 fĂ©vrier 2013.

VoilĂ  qui classe Angers Nantes OpĂ©ra au nombre des scĂšnes lyriques remarquablement engagĂ©e dans la crĂ©ation, capable de choisir des sujets « difficiles » dans des mises en musique, solides et convaincantes.Quand la mise en musique renforce la pertinence du sujet, l’opĂ©ra ressort gagnant. La machine lyrique doit Ă©videmment nous faire rĂ©flĂ©chir autant que nous saisir au premier regard.

La Passion de Simone s’écoule ainsi en moins d’1h30, comme un retable moderne au rythme saisissant, distillant une Ă©tonnante musique de la souffrance et de la compassion sur un mode Ă©veillĂ©, conscient, militant. La soprano solo emprunte la voie de Simone : prenant Ă  tĂ©moin le spectateur, circulant sur scĂšne et parmi les musiciens. La rĂ©alisation est rĂ©glĂ©e par le collectif La Chambre aux Ă©chos (un titre qui convient idĂ©alement Ă  l’écriture Ă  la fois suggestive et ici Ă©ruptive de Saariaho) auquel participent les instrumentistes de l’Orchestre national des Pays de la Loire. Kaija Saariaho clĂŽt actuellement sa rĂ©sidence au sein de l’Orchestre. Captivant.

 
 

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COMPTE-RENDU, oratorio. NANTES, Th Graslin, le 8 octobre 2018 : KAIJA SAARIAHO, La Passion de Simone (version de chambre, 2013), création française.

Soprano solo : Sayuri Araida

Le chƓur :
Soprano : Sandra Darcel
Mezzo soprano : Marianne Seleskovitch
TĂ©nor : Johan Viau
Baryton : Romain Dayez

ComĂ©dienne – voix parlĂ©e : Isabelle Seleskovitch
La Chambre aux échos, compagnie de théùtre musical
Instrumentistes de l’Orchestre des Pays de La Loire

Direction musicale : Clément Mao-Takacs
Mise en scÚne et vidéo : Aleksi BarriÚre

  

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PROCHAIN OPERA prĂ©sentĂ© par Angers Nantes OpĂ©ra, Ă  Angers, Nantes, Rennes : The Beggar’s opera, ballad opera de John Gay (1685-1732) et Johann Christoph Pepusch (1667-1752) – Nouvelle version de Ian Burton et Robert Carsen, Ă  partir du 7 novembre Ă  Angers ; du 11 dĂ©cembre Ă  Nantes ; du 16 janvier Ă  Rennes
 LIRE toutes les infos sur le site d’ANGERS NANTES OPERA
http://www.angers-nantes-opera.com/la-programmation-1819/the-beggars-opera

 

 
 
 

COMPTE-RENDU, Opéra. ANGERS NANTES OPERA, le 7 octobre 2018. Aleko / Iolanta. Bolshoï Minsk

iolanta-aleko-opera-critique-opera-par-classiquenews-visuel-saison-2018-2019COMPTE-RENDU, OpĂ©ra. ANGERS NANTES OPERA, le 7 octobre 2018. Rachmaninov : Aleko / TchaĂŻkovski : Iolanta (version de concert). Solistes du BolshoĂŻ Minsk / Choeur d’Angers Nantes OpĂ©ra, Choeur MĂ©lisme(s). AndreĂŻ Galanov, direction. En une soirĂ©e, deux ouvrages lyriques s’enchaĂźnent offrant une plongĂ©e forte et franche dans l’opĂ©ra russe romantique tardif. CrĂ©Ă©s successivement en 1892 et 1893, Iolanta et Aleko partagent en dĂ©pit de la singularitĂ© de leurs gĂ©niteurs, Tchaikovski et Rachmaninov, une Ă©vidente parentĂ© sonore, expressive, vocale. La troupe invitĂ©e par Alain Surrans dĂ©fend et projette un chant passionnĂ© voire Ă©ruptif, auquel il est difficile, surtout dans la configuration requise (version de concert, dĂ©tails lire plus loin) de rester insensible. Pour l’ouverture de sa saison lyrique, Angers Nantes OpĂ©ra sait nous surprendre et nous convaincre.

D’abord ALEKO. Bain d’opĂ©ra russe pour Angers Nantes opĂ©ra dans une formule chronologique complĂ©mentaire et passionnante. Écouter aujourd’hui l’un des opĂ©ras de jeunesse de Rachmaninov Aleko et le dernier de Tchaikovski, Iolanta, relĂšve d’une intuition gĂ©nĂ©reuse, aux repĂšres esthĂ©tiques proches tant il y a bien proximitĂ© de climats jusqu’aux choix de la parure instrumentale (somptueuse) dont dans l’un et l’autre, la clarinette ou le cor anglais, au relief mordant, crĂ©pusculaire, de velours… d’emblĂ©e le dĂ©paysement est total sur le plan sonore tant du jeune Rachmaninov au dernier Tchaikovski, couleurs et ombres, harmonie et chant n’ont absolument rien de commun avec le rĂ©pertoire habituel Ă©coutĂ© en Europe ou en AmĂ©rique ; l’opĂ©ra russe est un continent Ă  part et l’on salue Alain Surrans, nouveau directeur des lieux, de nous avoir fait partager les bienfaits de cette immersion totale et rĂ©ussie en bien des aspects.

 

 

 

PremiĂšre production d’Angers Nantes OpĂ©ra
saison 2018 – 2019
SÉDUCTION & FRANCHISE DE L’OPERA RUSSE

 

 

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ALEKO est une partition, qui pourrait ĂȘtre la « soeur » de Carmen de Bizet (1875), mais postĂ©rieure (crĂ©Ă©e en mai 1893) ; les deux opus convoquent le peuple gitan (Ă©chappĂ©e exotique en vogue alors). Ils mettent en lumiĂšre la libertĂ© sauvage, radicale, passionnelle de l’amour. Si Zemfira et le jeune gitan s’aiment sans contraintes, ils en paient le prix fort car Aleko, l’Ă©poux de la jeune femme, les tuent
 tous les deux. L’histoire est en somme banale, c’est un crime passionnel comme on en voit beaucoup Ă  l’opĂ©ra, mais elle a le mĂ©rite de rĂ©vĂ©ler l’exceptionnelle invention et l’imagination orchestrale d’un jeune compositeur, alors couronnĂ© de prix au Conservatoire de Moscou, estimĂ© mĂȘme de Tchaikovski ; la filiation entre eux est avĂ©rĂ©e ; elle renforce la pertinence d’avoir programmĂ© leur ouvrages respectifs en une mĂȘme soirĂ©e.
L’action se dĂ©roule pendant une nuit entiĂšre, les cadavres gisant Ă  l’aube, dĂ©couverts par un peuple pourtant « gentil et gĂ©nĂ©reux »; et dans les faits, dĂ©concertĂ©. Qui d’ailleurs condamne la colĂšre criminelle d’Aleko car son coeur noir ne correspond pas Ă  la qualitĂ© morale du collectif ainsi magnifiĂ© par le jeune compositeur.

Sur le plan orchestral, la partition est de bout en bout captivante, conçue telle un ample notturno tragique ; sĂ©duisant voire captivant, en particulier grĂące aux couleurs fauves de l’orchestre et Ă  la participation rĂ©guliĂšre du choeur (les gitans qui sont les tĂ©moins du drame et son dĂ©roulement fatal). Si l’on rappelle les autres ouvrages lyriques du jeune Rachmaninov,- autres joyaux absolus, tels Le chevalier ladre et Francesca da Rimini,  le gĂ©nie dramatique de celui qu’avait adoubĂ© directement Tchaikovski, s’impose immĂ©diatement, par son sens du climat et des atmosphĂšres Ă©perdues et tendres, – quand paraissent les deux amants-; quand Aleko surtout Ă©voque l’amour perdu de sa femme Ă  prĂ©sent dĂ©loyale
 Mais le jeune auteur sait essentiellement construire les ensembles solistes et choeurs, solidement soutenus par un orchestre toujours souple et scintillant. En cela la direction du chef requis, AndreĂŻ Galanov s’avĂšre trĂšs efficace, exploitant de somptueux coloris en particulier chez les cuivres et l’harmonie des vents (instrumentistes de l’Orchestre Symphonique de Bretagne).

Le plateau est servi par plusieurs jeunes tempĂ©raments plutĂŽt intenses qui forcent parfois la caractĂ©risation dans le sens de la puissance moins de la psychologie, ce qui contredit souvent le travail de l’orchestre et du chef, eux tout en dĂ©tails, en nuances. Le dispositif qui place les musiciens en fond de scĂšne et place les voix au devant de la salle, favorise la projection du chant et des solistes et des choeurs ce qui comble Ă©videmment les amateurs de dĂ©cibels en particulier dans les finales. C’est aussi un relief dĂ©cuplĂ© pour le texte dont on savoure alors l’articulation et les couleurs si spĂ©cifiques.
Saluons parmi la troupe de chanteurs venus du BolshoĂŻ de Minsk, la Zemfira ardente, aussi passionnĂ©e et fĂ©line, provocatrice et mordante que Carmen (Anastassia Moskvina) ; la noblesse percutante du vieux gitan (Vladimir Petrov), l’Aleko parfois trop lisse du baryton Vladimir Gromov (en particulier dans la scĂšne des deux crimes ; photo ci dessus)


La force du spectacle se concentre sur l’exposition des voix que favorise le dispositif scĂ©nique. Pas de mise en scĂšne mais une immersion directe dans ce chant russe puissant, caverneux, guttural, taillĂ© pour l’exacerbation des passions radicales et que seuls des chanteurs familiers de ce rĂ©pertoire, savent maĂźtriser en expressivitĂ© comme en franchise. D’autant que le Choeur d’Angers Nantes OpĂ©ra et les membres de MĂ©lisme(s) relĂšvent eux aussi le dĂ©fi du style russe, se distinguant tout autant par leur implication. On est pris voire envoĂ»tĂ© par la flamboyance orchestrale, la vĂ©hĂ©mence vocale,  cette implication collective que renforce encore la troupe de chanteurs russes invitĂ©e Ă  dĂ©fendre un rĂ©pertoire qui est leur terreau naturel. Captivant.

 

 

IOLANTA. Le cas de Iolanta est plus intĂ©ressant encore car il s’agit de l’oeuvre ultime d’un compositeur sĂ»r, au parcours couronnĂ© de succĂšs et d’estime Ă  l’opĂ©ra comme au ballet. Comme pour enrichir encore la vaste galerie de portraits fĂ©minins dĂ©veloppĂ©s par nombre de compositeurs au XIXe, TchaĂŻkovski façonne un trĂšs subtile portrait de femme, sĂ©questrĂ©e, aveugle donc dĂ©pendante, tenue dans l’ombre et entiĂšrement soumise Ă  l’autoritĂ© paternelle qui choisit de la tenir ignorante de son propre handicap. Iolanta ignore ce qu’est la lumiĂšre et les couleurs ; elle pense mĂȘme que les yeux ne servent qu’à
 pleurer. Ce qu’elle fait au dĂ©but de l’action sans comprendre rĂ©ellement quelle est la cause de sa souffrance. VoilĂ  prĂ©sentĂ© le cas d’une jeune femme qui ne vit pas pour elle-mĂȘme, mais existe Ă  travers les autres.

 

 

 
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Un symbole d’emprisonnement inouĂŻ qui renvoie Ă  l’actualitĂ© la plus rĂ©cente. Le rapport au pĂšre, l’hypocrisie de son monde qui se rĂ©sume Ă  une colonie d’aimables suivantes qui l’assistent en tout, et l’endorment dans des vapeurs florales (ce qui nous vaut un tableau collectif et musical particuliĂšrement rĂ©ussi, bel emblĂšme d’angĂ©lisme trompeur dont Tchaikovski a toujours eu le secret).
La valeur de la partition tient au personnage mĂȘme de Iolanta, son parcours pendant l’action, profil suffisamment affinĂ© pour ĂȘtre aujourd’hui dĂ©fendue par les grandes sopranos de l’heure de Sonya Yoncheva Ă  Anna Netrebko, laquelle demeure seule Ă  ce jour, Ă  maĂźtriser idĂ©alement la juvĂ©nilitĂ© et la dignitĂ© comme la noblesse d’Ăąme du rĂŽle-titre. Et dans une articulation linguistique idoine.
NĂ©anmoins la soprano de ce soir (sincĂšre et franche Iryna Kuchynskaya) n’a rien Ă  envier Ă  ses consoeurs autant dans la sincĂ©ritĂ© de l’Ă©mission que le jeu progressif, qui de jeune vierge innocente devient femme volontaire dĂ©cidant malgrĂ© le pĂšre, de sa propre guĂ©rison, des risques Ă  vaincre pour s’Ă©manciper.
Le changement et le moment de bascule de l’action est sa rencontre avec VaudĂ©mont, chevalier ardent prĂȘt Ă  la sauver. Qui lui rĂ©vĂšle les limites de son monde et aussi la nature de son handicap.

Le sujet n’est pas tant la guĂ©rison elle-mĂȘme que le moment du choix, la volontĂ© de couper le cordon d’avec le pĂšre, de se voir enfin telle qu’elle est. Un instant saisissant de vĂ©ritĂ© en un effet de miroir qui dans le final est amplement dĂ©veloppĂ©: Ă  notre goĂ»t, d’une maniĂšre un peu pompier en un hymne sacrĂ© qui rend soudainement grĂące Ă  
 Dieu.

Soulignons lĂ  aussi, la soliditĂ© des voix, leur immĂ©diate vraisemblance. Un engagement de chaque mesure qui conduit aussi le choeur invitĂ© Ă  partager une mĂȘme implication.
On est d’abord convaincu par la modernitĂ© de l’ouverture uniquement pour vents et cuivres, d’une intensitĂ© intimiste et Ă©motionnelle aussi prenante que celle de Cappriccio de Richard Strauss (laquelle est pour les cordes seules). De mĂȘme, dans la construction dramatique, aprĂšs l’exposition premiĂšre de Iolanta, le duo des voix graves : entre le roi RenĂ© (la basse Andrei Valentii) et le mĂ©decin maure Ibn-Hakia, venu la soigner (le baryton Vladimir Gromov, Ă©coutĂ© dĂ©jĂ  prĂ©cĂ©demment dans le rĂŽle d’Aleko) ; puis les deux chevaliers, par lequel le changement et le dessillement (l’émancipation de l’hĂ©roĂŻne) se produisent : l’incisif VaudĂ©mont (le tĂ©nor Victor Mendelev) et son ami Robert de Bourgogne (le baryton bien timbrĂ© bien chantant Ilya Silchukou), initialement fiancĂ© Ă  Iolantha
 sont autant de sĂ©quences vocalement trĂšs intenses.

 

 

Des tempĂ©raments tranchĂ©s, vifs, percutants, emblĂ©matiques de toute la production. Ici, dispositif qui Ă©loigne l’orchestre et absence de mise en scĂšne favorisent la trĂšs proche expressivitĂ© et la prĂ©sence des voix. De fait les spectateurs du cycle, dĂ©couvrent dans toute leur force d’Ă©mission et aussi d’intonation, les atouts d’une Ă©quipe russophone celle du BolchoĂŻ de Minsk vivement engagĂ©e. C’est donc un somptueux diptyque qui ouvre la nouvelle saison d’Angers Nantes OpĂ©ra, dans deux Ɠuvres fortes et puissantes de l’Ăąme russe, dĂ©fendues par une troupe expĂ©rimentĂ©e qui nous rappelle aussi la saisissante attractivitĂ© des voix, thĂ©matique qui est au coeur du projet culturel de la maison tricĂ©phale Ă  prĂ©sent (associant Angers, Nantes, Rennes) portĂ©e par son nouveau directeur Alain Surrans.

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, OpĂ©ra. ANGERS NANTES OPERA, le 7 octobre 2018. Rachmaninov : Aleko / TchaĂŻkovski : Iolanta (version de concert). Solistes du BolshoĂŻ Minsk / Choeur d’Angers Nantes OpĂ©ra, Choeur de chambre MĂ©lisme(s). AndreĂŻ Galanov, direction.

 

Prochaines productions lyriques Ă  Angers, Nantes et Rennes : The Beggar’s opera, Ă  partir du 7 novembre ; l’oratorio San Giovanni Battista de Stradella, Ă  partir du 9 novembre 2018
 Toutes les infos, les dates, horaires, lieux sur le site d’Angers Nantes OpĂ©ra
http://www.angers-nantes-opera.com

 

 

ALEKO
de SergueĂŻ Rachmaninov
OpĂ©ra en 1 acte, sur un livret de Vladimir Nemirovitch-Dantchenko d’aprĂšs Les Tsiganes de Pouchkine
Créé le 9 mai 1893 au Théùtre du Bolchoï de Moscou

IOLANTA
de Piotr Ilitch TchaĂŻkovski
Opéra en 1 acte, sur un livret de Modeste Tchaïkovski
Créé le 18 décembre 1892 au Théùtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg

Opéras en russe avec surtitres en français
Durée estimée : 3h avec entracte

IOLANTA
René, roi de Provence : Andrei Valentii
Iolanta, sa fille aveugle : Iryna Kuchynskaya
Ibn Hakia : Vladimir Gromov
Robert, duc de Bourgogne : Ilya Silchukou
Le Chevalier Vaudémont : Victor Mendelev
Alméric : Aleksandre Gelakh
Bertrand : Vladimir Petrov
Martha : Natallia Akinina

ALEKO
Zemfira : Anastassia Moskvina
Aleko : Vladimir Gromov
Le vieux gitan : Vladimir Petrov
Le jeune gitan : Aleksandre Gelakh
La vieille gitane : Natallia Akinina

Orchestre symphonique de Bretagne
ChƓur d’Angers Nantes OpĂ©ra – Direction Xavier Ribes
ChƓur de chambre MĂ©lisme(s) – Direction Gildas Pungier
Direction musicale : Andrei Galanov

Illustrations : photos Aleko / Iolanta © L Guizard Opéra de Rennes

 

 
 

 

COMPTE-RENDU, concert. TOURS, Opéra, le 6 oct 2018. Concert DEBUSSY. Orch Symph. Région Cenre-Val de Loire / Tours. R. Houlihan.

HOULIHAN-RObert-maestro-chef-d-orchestre-concert-tours-review-compte-rendu-classiquenews-CLIC-de-decembre-Robert-Houlihan1-1COMPTE-RENDU, concert. TOURS, Grand ThĂ©Ăątre / OpĂ©ra, le 6 octobre 2018. DEBUSSY : Symphonie PellĂ©as, Printemps
 Orch Symphonique RĂ©gion Cenre-Val de Loire / Tours. Robert Houlihan, direction. Il fallait ĂȘtre Ă  Tours pour apprĂ©cier l’un des concerts Debussy parmi les mieux conçus et les plus passionnants Ă  suivre en cette annĂ©e commĂ©morative du Centenaire Debussy 2018. Un cadeau d’autant plus apprĂ©ciĂ© que ce Centenaire est fĂȘtĂ© Ă  l’échelle nationale de façon bien timide
 pour ne pas dire timorĂ©e de la part des programmateurs ; preuve que dans l’esprit et le cƓur des mĂ©lomanes comme de la part du milieu des professionnels de la musique, Debussy rebute encore : trop difficile, trop raffinĂ© ? C’est pourtant l’égal de Picasso : Debussy rĂ©alise en musique ce que Pablo a accompli en peinture : une rĂ©volution esthĂ©tique. Il a fait entrer la France et Paris, dans la modernitĂ© la plus insolente dĂšs les annĂ©es 1890
 Et plus encore avec son ouvrage lyrique PellĂ©as et MĂ©lisande crĂ©Ă© en 1902. Debussy est un monstre sacrĂ©, crĂ©ateur, novateur,
 Tours honore cet hĂ©ritage et souligne ce statut Ă  part, grĂące Ă  un programme d’une exceptionnelle pertinence.

debussy jeuneLe chef et directeur de l’OpĂ©ra, Benjamin Pionnier, invite (pour la dĂ©jĂ  troisiĂšme fois) le chef irlandais Robert Houlihan (2Ăš Prix du Concours des chefs d’orchestre de Besançon 1981 dont le prĂ©sident du jury Ă©tait l’inflexible Pierre Dervaux) ; Robert Houlihan peut Ă  prĂ©sent poursuivre un travail de fond avec les instrumentistes de l’Orchestre tourangeau ; le maestro irlandais qui parle trĂšs bien notre langue, confirme une rĂšgle dĂ©sormais Ă©tablie; ce sont souvent les anglo-saxons qui viennent en France nous (rĂ©)enseigner l’amour des Ɠuvres françaises. C’est vrai de Berlioz par un certain Colin Davis hier (aujourd’hui John Eliot Gardner) ; c’est encore vrai de Debussy, ce soir, dont la suite extraite de l’opĂ©ra PellĂ©as et MĂ©lisande, (et conçue fort bien en « Symphonie » par Marius Constant), ainsi que « Printemps » (que jouait Boulez Ă  Cleveland) sont Ă  Tours rĂ©vĂ©lĂ©s dans toute leur parure chromatique et dans leur force expressive 
imprĂ©vue. Robert Houlihan nous offre un bain de jouissance symphonique dont il a dĂ©sormais le secret avec ce goĂ»t et cette sincĂ©ritĂ© pour les Ɠuvres françaises qu’il doit Ă  son professeur George Hurst lequel a recueilli l’hĂ©ritage de Pierre Monteux.
On ne peut guĂšre rĂȘver meilleure transmission, comprĂ©hension naturelle, accomplissement,
 Les faits sont lĂ  et la direction qui se rĂ©alise ici parle pour l’Ă©vidente affinitĂ© du maestro avec les Ɠuvres choisies. C’est que le chef rĂ©ussit la gageure inscrite  dans l’écriture debussyste mĂȘme : son activitĂ© instrumentale en surface, qui fait jaillir des timbres et des couleurs inĂ©dites en vagues et nimbes sonores Ă©blouissants ; sa profonde cohĂ©sion architecturĂ©e qui soustend toute la mer d’accents et de nuances
 entre dĂ©tail et flux organique, microactivitĂ© et vue d’ensemble, la direction ne s’égare jamais ; tendue, vive, parfois vĂ©hĂ©mente, elle suit une trajectoire qu’il est passionnant d’écouter et de repĂ©rer pendant le concert.

 

 

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DÉTAIL ET ARCHITECTURE
 C’est une rĂ©ussite majeure Ă  laquelle nous assistons ; Robert Houlihan veillant au relief de chaque timbre, Ă  l’Ă©quilibre des pupitres, Ă  la sonoritĂ© de l’ensemble malgrĂ© une grande disparitĂ© de couleurs comme d’effets, 
 autant de caractĂšres, et dĂ©fauts qui Ă  l’Ă©poque mĂȘme de Debussy, et ici pour « Printemps » (Ă©crit en 1887), avait suscitĂ© le dĂ©saveu du jury destinataire de cet « envoi de Rome ». Incompris, maladroit, cet impressionnisme musical est-il si fumeux ou brumeux que cela ? C’est tout l’inverse en dĂ©finitive car Robert Houlihan dĂ©taille, scrute chaque alliance de timbres avec un soin ciselĂ©, une Ă©coute magicienne qui sait aussi rĂ©tablir l’unitĂ© profonde et souterraine des sĂ©quences.

C’est donc vrai de « Printemps », Ɠuvre de jeunesse que Henry BĂŒsser a rĂ©orchestrĂ© (en 1908 ; crĂ©Ă© en 1913) mais sans le mĂ©tier du compositeur ; il en dĂ©coule des disparitĂ©s dans les annotations et indications agogiques souvent contradictoires. Voila pourquoi de grands chefs ont veillĂ© particuliĂšrement Ă  rĂ©soudre les problĂšmes d’Ă©quilibre et de clartĂ© des timbres, en abordant la partition. Robert Houlihan convainc de bout en bout, Ă  travers les deux parties, par une sensibilitĂ© littĂ©ralement picturale, amoureux du dĂ©tail comme grand architecte d’un dĂ©veloppement parfaitement lisible.

 

 

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ÉLOGE DE LA COULEUR ET DU TIMBRE
 C’est vrai aussi de la « Symphonie PellĂ©as » (conçue par Marus Constant en 1983) dont malgrĂ© le dĂ©coupage arbitraire des extraits de l’opĂ©ra et l’assemblage parfois illogique qui en dĂ©coule, la force expressive, l’Ă©lan structurel, la profondeur des climats intĂ©rieurs surgissent sous la baguette d’un maestro dramaturge et poĂšte. Robert Houlihan insuffle Ă  l’orchestre une quiĂ©tude enveloppante, des vapeurs sombres et mystĂ©rieuses ; une sauvagerie qui soutient l’apparent scintillement de surface. PlutĂŽt que d’impressionnisme, il serait plus exact de parler d’illusionnisme car jamais la violence de Debussy qui sait mieux exprimer en dĂ©finitive la jalousie maladive de Golaud que la passion juvĂ©nile de PellĂ©as pour MĂ©lisande, ne s’est mieux dĂ©voilĂ©e dans un concert. Le dramatisme brĂ»lant que repĂšre le chef et qu’il transmet Ă  l’orchestre est percutant.
On aura vainement chercher les arabesques mĂ©lodiques si suaves et innocentes de PellĂ©as, auquel Debussy dans l’opĂ©ra rĂ©serve les plus beaux airs
 en particulier le duo amoureux, enivrĂ© de la scĂšne de la Tour (acte III); oĂč le frĂšre de Golaud s’emmĂȘle, ardent, tendu par son dĂ©sir, dans les longs cheveux de MĂ©lisande ; elles ont moins inspirĂ© Marius Constant dans son dĂ©coupage que les stridences acides et douloureuses du Golaud, fou de rage et jaloux Ă  en crever qui mĂȘme torture MĂ©lisande en l’empoigant par les cheveux (acte IV : « Absalon! En avant! en arriĂšre! Jusqu’Ă  terre! jusqu’Ă  terre »). D’ailleurs l’unique opĂ©ra de Claude ne devrait-il pas s’appeler Golaud plutĂŽt que PellĂ©as et MĂ©lisande ? Constant architecture sa premiĂšre partie en choisissant ce tableau orchestralement somptueux, suggestif et barbare pour le finale.

L’Ă©paisseur et la matiĂšre du mystĂšre se diffusent ensuite dans la mort de MĂ©lisande quand contrairement Ă  ce qui a prĂ©cĂ©dĂ©, c’est l’ascension de son Ăąme, dans l’ombre qui s’efface peu Ă  peu, au son des cloches qui sonnent hors scĂšne, comme un glas
 la tension concentre alors tout l’orchestre, dans une sonoritĂ© de plus en plus diaphane. Le MYSTÈRE jaillit. Et la musique qui exprime tout ce que les mots ne peuvent dire, atteint alors un moment de grĂące d’une indicible intensitĂ©. Dans le silence. En quelques secondes, on passe de l’absolu solitude Ă  l’Ă©vanescence la plus Ă©thĂ©rĂ©e. Quel sens de la suggestion ; quel chef tout simplement. S’y rĂ©vĂšlent, dans des effets de brumes harmoniques Ă  la fois Ă©paisses et aĂ©riennes, le souvenir Ă©videmment de Wagner, que Debussy quoiqu’on en dise, a particuliĂšrement assimilĂ© et digĂ©rĂ© : Tristan, Parsifal s’accordent Ă  la matiĂšre symphonique de PellĂ©as. Passionnante expĂ©rience.

 

 

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PERLES COMPLÉMENTAIRES
 Pertinent, le programme rappelle que c’est FaurĂ© qui mit en musique le premier (avant Debussy), la piĂšce de thĂ©Ăątre PellĂ©as et MĂ©lisande de Maeterlinck (1893), dĂšs 1898
 Ainsi jouĂ©e en ouverture du concert, sa suite PellĂ©as est abordĂ©e avec une profonde connaissance de l’Ă©criture faurĂ©enne, c’est Ă  dire, avec infiniment d’élĂ©gance ; jamais maniĂ©rĂ©e ni dĂ©corative ; mais naturelle, coulante, fluide ; plus organique qu’objective
 mais aussi Ăąpre voire rugueuse et puissante avec accents et coups de semonce, comme dans la derniĂšre sĂ©quence, celle de la mort de MĂ©lisande, l’Ă©pisode le plus prenant ce soir aprĂšs l’Ă©lĂ©giaque et suave Sicilienne et sa mĂ©lodie dĂ©ployĂ©e Ă  la flĂ»te. Du sombre et du tellurique il y en a bien, chez FaurĂ©, dans l’appel des trompettes de plus en plus sourd et prĂ©sent ; rĂ©pĂ©titif, obsĂ©dant. Et lĂ  encore la sensibilitĂ© du chef dĂ©ploie une vision Ă  la fois claire, transparente, prĂ©cise, subtilement grave, onctueusement intĂ©rieure. Ce grave lĂ  avait Ă©tĂ© jouĂ© pour les funĂ©railles de FaurĂ©. C’est dire.

Complet et jouant la carte du sensualisme le plus rĂ©volutionnaire, le programme affichait aussi PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs-midi d’un faune (1894), dont le dĂ©veloppement s’émancipe du poĂšme de MallarmĂ©, comme de son prĂ©texte chorĂ©graphique (dansĂ© et chorĂ©graphiĂ© par Nijinksi) pour atteindre Ă  un sommet de musique pure, abstraite, plus sensorielle que cĂ©rĂ©brale. Et sans la narration chorĂ©graphique, libĂ©rĂ© de sa contrainte scĂ©nique. Quoique. Le chef s’alanguit, souligne le poids naturel du silence, et dans le silence, il sait dĂ©tacher puis dĂ©ployer le fil continu qui s’écoule entre chaque sĂ©quence instrumentale, et qui rĂ©tablit la cohĂ©sion secrĂštement organique de la piĂšce. En son milieu , comme un emblĂšme, l’unisson des 3 flĂ»tes, au thĂšme clĂ© qui semble dĂ©livrer au centre de la piĂšce, le sens cachĂ© de tout l’édifice. On s’incline devant une telle intelligence interprĂ©tative. Superbe soirĂ©e, et de loin, le concert le plus captivant de ce centenaire Debussy 2018. De nouveaux rvs Ă  l’OpĂ©ra de Tours sont prĂ©vus, la saison prochaine, sous la conduite de Robert Houlihan : Ă  suivre Ă©videmment.

 

 
 

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COMPTE-RENDU, concert. TOURS, Grand ThĂ©Ăątre / OpĂ©ra, le 6 octobre 2018. DEBUSSY : Symphonie PellĂ©as, Printemps
 Orch Symphonique RĂ©gion Cenre-Val de Loire / Tours. Robert Houlihan, direction. Illustrations : Robert Houlihan Ă  la tĂȘte de l’Orch Symph RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours © OpĂ©ra de Tours 2018

 

Programme

Gabriel FAURÉ
Pelléas et Mélisande, suite Op.80

Claude DEBUSSY
Printemps, Suite symphonique

PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs-midi d’un faune

Claude DEBUSSY | Marius CONSTANT
PellĂ©as et MĂ©lisande – Symphonie (1983)

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours
Direction musicale : Robert Houlihan

 

 

 

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LIRE aussi TOURS, compte rendu critique, concert. Grand Théùtre, le 11 décembre 2016. Concert Shakespeare : Sullivan, Berlioz, Tchaikovski, Nicolaï, Sibelius, Dvorak. Orch Symphonique Région Centre Val de Loire / Tours. Robert Houlihan, direction.

 

 

http://www.classiquenews.com/tours-compte-rendu-critique-concert-grand-theatre-le-11-decembre-2016-concert-shakespeare-sullivan-berlioz-tchaikovski-nicolai-sibelius-dvorak-orch-symphonique-region-centre-val-de-loire/

 
 

 

TEASER. OPERA DE TOURS : création mondiale des Fées du Rhin de J OFFENBACH (1864)

offenbach-les-fees-opera-de-tous-annonce-presentation-crtiique-sur-classiquenewsTEASER. TOURS, OpĂ©ra. Offenbach : Les FĂ©es. Les 28, 30 septembre, 2 oct 2018. Dans Les FĂ©es, Offenbach dĂ©voile dĂ©jĂ  son gĂ©nie de la mĂ©lodie, sa puissante inspiration, un talent de dramaturge qui sait traiter le genre “noble” du grand opĂ©ra, avec chƓur omniprĂ©sent, duos amoureux, trios cyniques et diaboliques, confrontations multiples entre soldats crapuleux et villageois sans dĂ©fense, sans omettre le ballet et aussi, sujet oblige, un tableau onirique et fantastique, surnaturel et magique (le Rocher des Elfes au III). La crĂ©ation de la version française (car Les fĂ©es n’ont jamais Ă©tĂ© jouĂ©es en France du vivant de l’auteur), est en soi un Ă©vĂ©nement lyrique, rĂ©alisĂ© par l’OpĂ©ra de Tours. L’ouvrage ainsi dĂ©voilĂ©, devrait rĂ©vĂ©ler avant Les Contes d’Hoffmann, le talent d’un Offenbach dĂ©jĂ  en 1864, passionnĂ© par la fĂ©erie, les mondes parallĂšles, humains et purement poĂ©tiques, d’une exceptionnelle intensitĂ© expressive
 Il Ă©tait temps de mesurer le gĂ©nie d’Offenbach, hors des sempiternels opĂ©ras comiques qui se sont affirmĂ©s depuis au risque de le cataloguer dans un seul genre. © studio CLASSIQUENEWS 2018 – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre PHAM

LIRE aussi notre COMPTE RENDU détaillé de la production (TOURS, Opéra. Le 28 sept 2018) :
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-tours-opera-le-28-sept-2018-offenbach-les-fees-du-rhin-version-francais-originale-creation-mondiale-rousseau-pionnier/

VIDEO, reportage. OPERA DE TOURS : création mondiale des Fées du Rhin de J OFFENBACH (1864)

offenbach-les-fees-opera-de-tous-annonce-presentation-crtiique-sur-classiquenewsVIDEO, reportage. TOURS, OpĂ©ra. Offenbach : Les FĂ©es. Les 28, 30 septembre, 2 oct 2018. Dans Les FĂ©es, Offenbach dĂ©voile dĂ©jĂ  son gĂ©nie de la mĂ©lodie, sa puissante inspiration, un talent de dramaturge qui sait traiter le genre “noble” du grand opĂ©ra, avec chƓur omniprĂ©sent, duos amoureux, trios cyniques et diaboliques, confrontations multiples entre soldats crapuleux et villageois sans dĂ©fense, sans omettre le ballet et aussi, sujet oblige, un tableau onirique et fantastique, surnaturel et magique (le Rocher des Elfes au III). La crĂ©ation de la version française (car Les fĂ©es n’ont jamais Ă©tĂ© jouĂ©es en France du vivant de l’auteur), est en soi un Ă©vĂ©nement lyrique, rĂ©alisĂ© par l’OpĂ©ra de Tours. L’ouvrage ainsi dĂ©voilĂ©, devrait rĂ©vĂ©ler avant Les Contes d’Hoffmann, le talent d’un Offenbach dĂ©jĂ  en 1864, passionnĂ© par la fĂ©erie, les mondes parallĂšles, humains et purement poĂ©tiques, d’une exceptionnelle intensitĂ© expressive
 Il Ă©tait temps de mesurer le gĂ©nie d’Offenbach, hors des sempiternels opĂ©ras comiques qui se sont affirmĂ©s depuis au risque de le cataloguer dans un seul genre. REPORTAGE VIDEO, avec Benjamin Pionnier, directeur de l’OpĂ©ra de Tours et directeur musical ; Pierre-Emmanuel ROUSSEAU, metteur en scĂšne… © studio CLASSIQUENEWS 2018 – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre PHAM – durĂ©e : 12 mn : Tout savoir des FĂ©es du Rhin de Jacques Offenbach : la prĂ©sence de la Nature et du Fantastique, les Elfes, les deux personnages clĂ©s (Hedwig et Laura), l’Ă©criture d’Offenbach…

LIRE aussi notre COMPTE RENDU détaillé de la production (TOURS, Opéra. Le 28 sept 2018) :
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-tours-opera-le-28-sept-2018-offenbach-les-fees-du-rhin-version-francais-originale-creation-mondiale-rousseau-pionnier/

COMPTE RENDU, opéra. TOURS, Opéra, le 28 sept 2018. OFFENBACH : Les Fées du Rhin (version français originale), création mondiale. Rousseau / Pionnier

COMPTE RENDU, opĂ©ra. TOURS, OpĂ©ra, le 28 sept 2018. OFFENBACH : Les FĂ©es du Rhin (version français originale), crĂ©ation mondiale. P-E Rousseau / B Pionnier.  Dans les Balkans au XXĂš siĂšcle, des villageois se font attaquer puis martyriser par une horde de mercenaires sans scrupule : le capitaine Conrad et ses sbires font rĂ©gner un climat d’oppression et de peur ; la barbarie occupe tout le plateau, viols, tortures, terreur Ă  l’envi
 Pas de fleuve impĂ©tueux, ni de rĂ©pit pour le bon peuple. Mais une scĂšne fermĂ©e, asphyxiante, traitĂ©e comme un piĂšge collectif
 VoilĂ  pour le climat gĂ©nĂ©ral.

 

 

RecrĂ©ation magique Ă  l’OpĂ©ra de Tours
Barbarie et onirisme des FĂ©es du Rhin d’Offenbach

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Le metteur en scĂšne Pierre-Emmanuel Rousseau inscrit toute l’action des 4 actes dans une seule et mĂȘme forĂȘt ; le tableau le plus saisissant sur le plan visuel, Ă©tant ce fameux acte fĂ©erique, celui des elfes, oĂč paraissent en rĂ©alitĂ© sous la forme de femmes animales ou dĂ©capitĂ©es, les purs esprits des victimes sacrifiĂ©es qui cĂ©lĂšbrent en un hymne puissant le pouvoir rĂ©parateur de la Nature profonde, mystĂ©rieuse, Ă©nigmatique
 Le fantastique est ici vĂ©gĂ©tal et sylvestre, pour lequel Offenbach avant les Contes d‘Hoffmann dĂ©veloppe le fameux thĂšme de la Barcarolle, ici le chant des elfes, souverains, inaccessibles, oniriques
 le compositeur y ajoute aussi tout un ballet dont la non moins cĂ©lĂšbre valse (des elfes), au souffle enivrant, entĂȘtant qui exprime idĂ©alement ce pouvoir secret d’une nature qui Ă©chappe aux hommes.

Tout le spectacle est construit sur ce saisissant effet de contrastes : barbarie des hommes ; magie Ă©nigmatique de la Nature
 Entre ces deux mondes, progressent sans vraiment communiquer entre eux, la mĂšre Hedwig, ample mezzo de la trempe d’une Azucena (prenante Marie Gautrot), la fille Laura (somptueuse et volubile Serenad Burcu Uyar qui en outre chante la FĂ©e dans l’acte magique), Gottfried, qui aime sans retour la dite Laura, et qui de chasseur chez Offenbach, devient pope Ă  Tours
 (impeccable Guilhem Worms).

Face aux villageois, la soldatesque haineuse et inhumaine, conduite par le capitaine Conrad (cynique Jean-Luc Ballestra, vrai baryton verdien, de plus en plus convaincant Ă  la fin, dans son parcours vers l’humanisation, quand il dĂ©couvre qu’Hedwig fait partie de ses nombreuses victimes violĂ©es
 et que Laura est 
sa fille). Il y a enfin, fermant le quintette vocal des protagonistes, Franz, l’amour rĂ©el ancien ou fantasmĂ© de Laura, qui amnĂ©sique, s’est reconstruit en bĂȘte violente, qui rĂŽde encagoulĂ©, prĂȘt Ă  tuer, dominer, Ă©viscĂ©rer… (sincĂšre SĂ©bastien Droy).

Tous sont malgrĂ© les apparences, prisonniers de leur destin, pris dans les rouages d’une machine qui les dĂ©passe. Seule, en phare lumineux et d’une vocalitĂ© versatile d’une grande richesse de caractĂšres, s’affirme Laura. La jeune fille rappelle les figures fĂ©minines des Contes d’Hoffmann Ă  venir, surtout Olympia (Ă  l’acte I), et aussi Antonia
 dont elle partage cette extase du chant exacerbĂ©, jusqu’à l’ivresse Ă©perdue, mortifĂšre. En outre sa relation avec sa mĂšre Ă©maille l’ouvrage de dĂ©chirants accents, qui creusent davantage la dĂ©nonciation des victimes de guerre. Ces deux femmes lĂ  ont endurĂ© plus et davantage que ce nous pourrions imaginer.

Le spectacle est une crĂ©ation mondiale car l’ouvrage a Ă©tĂ© crĂ©Ă© mais avec coupures Ă  Vienne, en 1864, et dans une traduction allemande. C’est Ă  Montpellier en 2002 qu’avait Ă©tĂ© donnĂ© en partie, l’opĂ©ra en France (mais en allemand). Tours crĂ©e l’évĂ©nement en produisant la version française originale, jamais Ă©coutĂ©e dans l’Hexagone.

 

 

MARSEILLE : La Belle HĂ©lĂšne d'Offenbach version PisaniOFFENBACH, maĂźtre du genre romantique fĂ©erique… On n’avait jamais mesurĂ© cet Offenbach sĂ©rieux, puissamment romantique, dramatiquement aussi intense que gĂ©nĂ©reux, capable d’écrire autre chose que des piĂšces comiques dĂ©lirantes ou parodiques. En 1864, il a 45 ans, un talent certain qui produit alors aussi La Belle HĂ©lĂšne… Son gĂ©nie se dĂ©voile ainsi, parfait assimilateur des germaniques tels Weber ; annonçant Verdi, et cĂŽtĂ© français, certains autres poĂštes tels Bizet et ses PĂȘcheurs de Perles, ou Delibes et sa Lakmé  Saluons donc l’OpĂ©ra de Tours et son directeur Benjamin Pionnier, en fosse : impĂ©tueux, prĂ©cis, engagé  soucieux de rĂ©tablir ce que nous ignorions jusque lĂ  : la veine romantique et fantastique, sĂ©rieuse, violente et supĂ©rieurement onirique de Jacques Offenbach. VoilĂ  enfin ces FĂ©es du Rhin dĂ©voilĂ©es, sƓurs magiciennes des Contes d’Hoffmann auxquels elles n’ont rien Ă  envier, loin de lĂ . La barbarie et le portrait des victimes de la guerre y sont remarquablement exprimĂ©es. Comme la sainte et enivrante Nature. Magistrale rĂ©surrection.

 

 

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offenbach-les-fees-opera-de-tous-annonce-presentation-crtiique-sur-classiquenewsA l’affiche de l’OpĂ©ra de TOURS, demain dim 30 sept, puis mardi 2 octobre 2018. Incontournable pour tous les amateurs d’opĂ©ras fĂ©eriques, ou tous ceux dĂ©sirant dĂ©couvrir un joyau de l’opĂ©ra romantique français
 Illustrations : © Sandra Daveau / OpĂ©ra de TOURS 2018

 

 

 

 

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La production sera reprise Ă  l’OpĂ©ra de Bienne Soleure (Suisse) en novembre, dĂ©cembre 2018, puis janvier 2019 : plus d’infos

LIRE aussi notre prĂ©sentation L’OpĂ©ra de Tours crĂ©e Les FĂ©es du Rhin de Jacques Offenbach : les 28, 30 sept puis 2 oct 2018

Compte-rendu, concert. BLANC-MESNIL (93), La symphonie sur l’herbe, le 31 aoĂ»t 2018

blanc-mesnil-symphonie-sur-l-herbe-concert-2018-annonce-crtique-sur-classiquenewsCompte rendu, concert. BLANC-MESNIL (93), La symphonie sur l’herbe, le 31 aoĂ»t 2018. En Seine-Saint Denis loin des Ă©lites parisiennes et des salles fermĂ©es qui se sont appropriĂ©es la musique symphonique pour la dĂ©lectation des nantis, voici une expĂ©rience populaire au sens le plus noble du terme qui redĂ©finit la fonction, le sens, les valeurs d’un concert de musique classique: la magie, le partage, la dĂ©tente. C’est le classique comme on l’aime ni compassĂ© et arrogant ni low cost ou bradĂ©. La qualitĂ© et la beautĂ© sont pour tous particuliĂšrement pour ceux qui n’en sont ni habituĂ©s ni dĂ©sabusĂ©s.

Car ici sous la voĂ»te Ă©toilĂ©e, les familles et les enfants ont investis le vaste tapis qui  fait face Ă  la scĂšne ; ils sont couchĂ©s, en tailleur et de toute façon non contraints par l’Ă©tiquette sociale et mondaine qui a dĂ©crĂ©tĂ© hier que l’opĂ©ra et le classique se consommaient uniquement assis en costumes de soirĂ©e, dans des lieux rĂ©servĂ©s.

 

 

 

En plein air et gratuit,
le classique s’offre un nouvel oxygĂšne au Blanc Mesnil

 

 

C’est comme Ă  Berlin les grands rvs populaires de la WaldbĂŒhne ou Ă  Orange dans le ThĂ©Ăątre Antique sous le ciel lĂ  encore car le classique Ă  besoin de telles expĂ©riences pour repenser et enrichir sa propre expĂ©rience du spectacle, pour rĂ©Ă©crire la nature de sa relation avec le public ou plutĂŽt les publics. De spectacle il s’agit bien. Les artistes se succĂšdent comme dans une grande soirĂ©e de gala comme on en a vu et vĂ©cu de nombreuses fois ; d’autant qu’il y en a pour tous les styles : la danse style foxtrot, la guitare, le lyrique aussi… Et mĂȘme le conte musical Pierre et le loup de Prokofiev passe aussi vite qu’une apparition fabuleuse et la narratrice Julie Depardieu trouve le ton exact : celui de l’Ă©merveillement et de l’enfance, surprise elle-mĂȘme par l’enchantement des timbres instrumentaux et le raffinement sonore de l’orchestre conteur.

Ceux qui nous ont le plus Ă©bloui restent les sƓurs Bertholet, Camille et Julie, deux sirĂšnes de blanc vĂȘtues, et le jeune pianiste Peter Bence qui a le swing transcendant et rĂ©alise ce que nous sommes venus Ă©couter spĂ©cifiquement au cours d’une telle soirĂ©e face Ă  un tel dispositif : le mĂ©lange des genres, classique et cinĂ©ma, surtout classique et pop (on rĂȘve d’un symphonique rock Ă  la façon gĂ©niale des quĂ©bĂ©cois qui osent chez eux ce qui est encore impossible en France : les Rolling Stones, les Bee Gees par un orchestre symphonique…)… Le jeune Bence lui dans le parc du Blanc-Mesnil, joue au piano suivi par l’orchestre, un medley de tubes de Michael Jackson en une immersion poĂ©tique scintillante et swinguante, trĂšs convaincante.

symphonie-sur-lherbe-blanc-mesnil-2018-grand-format-concert-festival-musique-classique-par-classiquenewsÉvidemment l’orchestre (prĂšs de 80 instrumentistes classiques, placĂ©s sous la direction du chef JĂ©rĂŽme Pillement) est l’acteur majeur de ce soir qui ouvre la soirĂ©e avec le galop de l’ouverture de Guillaume Tell de Rossini, se perd dans l’adagio de la symphonie n°2 de Rachmaninov (un mauvais choix en dĂ©finitive car la tension retombe Ă  plat)  mais contexte oblige, en grand format et en plein air, les extraits de Star Wars fonctionnent immĂ©diatement et c’est une excellente idĂ©e que d’associer Ă  quelques extraits du Moussorgski retenu (les fabuleux Tableaux d’une exposition), la fĂ©erie de feux d’artifice qui nous renvoie cette fois Ă  un grand final façon Disney. Les yeux, les oreilles sont comblĂ©s. On ne peut que souscrire Ă  l’expĂ©rience qui dĂ©cloisonne dĂ©finitivement le classique, surprend la majoritĂ© des spectateurs en une fĂȘte des sens stimulĂ©s par le pouvoir Ă©vocatoire des seuls instruments : ici la beautĂ© se partage en toute dĂ©contraction. BRAVO au Maire du Blanc-Mesnil (Thierry Meignen / lire notre entretien ci dessous) dont l’action est exemplaire. En rĂ©tablissant la place de la musique classique au plus proche des habitants de la commune, c’est l’art et la magie de l’orchestre symphonique qui rĂ©enchante l’espace urbain. Ce n’est pas tant une question de choix et de partenariat artistique, c’est surtout la vision qui nous convainc. Comme il n’est pas de futur sans nature, pas d’essor dĂ©mocratique sans symphonique !

Comme un Ă©vĂ©nement majeur de l’agenda du 93, “La Symphonie sur l’herbe” est Ă  prĂ©sent ancrĂ©e dans le territoire, rv incontournable de la fin d’Ă©tĂ© de la Seine-Saint-Denis. Plus de 5000 spectateurs se sont massĂ©s cette nuit pour vivre l’expĂ©rience symphonique proposĂ©e par le Monsieur le Maire : on ne pourrait concevoir meilleur accueil, ni plus Ă©loquente validation. Rv est pris pour aoĂ»t 2019. A suivre.

 

 

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A LIRE AUSSI ….

meignen-thierry-maire-du-blanc-mesnil-symphonie-sur-l-herbe-soiree-symphonique-blanc-mesnil-annonce-entretien-exclusif-avec-le-maire-du-blanc-mesnil-Thierry-Meignen-par-classiquenewsENTRETIEN AVEC THIERRY MEIGNEN / La Symphonie sur l’Herbe au Blanc Mesnil. Entretien avec Thierry Meignen, Maire du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis). DĂ©mocratiser la musique classique n’est pas un vain mot ni un dĂ©fi de pacotille
 c’est selon le vƓu du Maire du Blanc-Mesnil, une volontĂ© sincĂšre nĂ©e de la constatation que le classique fait partie intĂ©grante de notre quotidien, que la musique classique comme la culture en gĂ©nĂ©ral, favorise le lien social. Pour l’élu, Maire du Blanc-Mesnil et dĂ©putĂ© europĂ©en, il s’agit donc de rĂ©tablir un lien naturel, rĂ©conciliant populaire et excellence artistique. VoilĂ  en engagement exemplaire qui fait bouger les lignes et dĂ©montre clairement que la culture et le classique ne sont pas rĂ©servĂ©s Ă  « l’élite ». ConcrĂštement, l’équation est rĂ©alisĂ©e le temps d’un festival unique, en particulier lors d’une soirĂ©e de plein air, ce 31 aoĂ»t : « La Symphonie sur l’herbe », Ă©vĂ©nement exceptionnel, gratuit, ouvert Ă  tous, dont le programme et les artistes invitĂ©s incarnent l’exigence artistique qui conditionne la cohĂ©rence et la haute valeur de l’évĂ©nement. Chaque spectateur y vit une expĂ©rience propice Ă  l’enrichir dans le partage et l’ouverture aux autres. En LIRE PLUS

 

COMPTE RENDU, Festival. MUSIQUE & MÉMOIRE, les 25 ans. Week end III (dernier) : les 28 et 29 juillet 2018. JS BACH par Vox Luminis.

musique et memoire festival 2018 les 25 ans visuel_2018COMPTE-RENDU, Festival. MUSIQUE & MÉMOIRE, les 25 ans. Week end III (dernier) : les 28 et 29 juillet 2018. JS BACH par Vox Luminis. Rares les festivals implantĂ©s, gĂ©nĂ©reux et ouverts, au nord de la Loire et de surcroĂźt dans l’Est rural
 AncrĂ© dans son (splendide) territoire des Vosges du Sud (Pays des 1000 Ă©tangs), voilĂ  25 ans que le Festival MUSIQUE & MEMOIRE dĂ©fend une autre idĂ©e de la culture vivante, accessible et pointue, populaire et exigeante. Ici, en trois actes (trois week ends), le meilleur du Baroque actuel permet de rĂ©couter les grandes Ɠuvres du rĂ©pertoire, capables d’ĂȘtre rĂ©inventĂ©es par les meilleures jeunes phalanges de la scĂšne d’aujourd’hui : les dĂ©sormais familiers TIMBRES (heureux invitĂ©s depuis 6 ans), Les TRAVERSEES BAROQUES (nouveaux venus cette annĂ©e), les plus reconnus, qui ne cessent d’éblouir par leur approche de la musique chorale religieuse : VOX LUMINIS
 Le premier week end (14 et 15 juillet 2018) a permis d’écouter l’ORFEO de Monteverdi dans une formulation ciselĂ©e, vivante, chambriste dĂ©fendue par LES TIMBRES et l’excellent baryton français Marc Mauillon
 Un dĂ©fi artistique que seul MUSIQUE & MEMOIRE sait relever chaque annĂ©e.

 

 

Fabrice Creux, fondateur du Festival, le plus important parmi les offres estivales en Haute-SaĂŽne, – et dans la rĂ©gion « Bourgogne France Comté », a Ă  cƓur de rĂ©inventer le principe et le fonctionnement d’un festival inscrit dans son territoire. Le Pays des Mille Ă©tangs, la couverture boisĂ©e et les miroirs d’eau impriment Ă  l’évĂ©nement qui s’est dĂ©roulĂ© dans la seconde moitiĂ© du mois de juillet 2018, son caractĂšre Ă  la fois raffinĂ© (dans le choix des interprĂštes) et simple, et mĂȘme chaleureux
 valeurs humaines incarnĂ©es par l’équipe du Festival qui sait comme au QuĂ©bec, rendre Ă©vident et naturel, l’accĂšs au concert ; rendre facile et sans chichi, l’expĂ©rience de la culture. Hors des salles de concerts et d’opĂ©ra habituelles, souvent guindĂ©es et froides, le Baroque se rĂ©invente ici, d’annĂ©e en annĂ©e, grĂące Ă  ce que vivent les festivaliers Ă  Luxeuil-les-Bains, Faucogney, Servance, Melisey, Lure, HĂ©ricourt, Fougerolles
 sites dĂ©sormais emblĂ©matiques du travail de Fabrice Creux localement. Le Festival ose et dĂ©friche ; rĂ©alise plusieurs dispositifs innovants Ă  l’adresse du public, comme la visite, le dĂźner puis le concert « couché » (Ă  l’écomusĂ©e du Pays de la cerise, en complicitĂ© avec l’ensemble associĂ©, LES TIMBRES). La pĂ©riode est Ă  l’innovation heureuse

 

 

 

Le temps de notre prĂ©sence Ă  MUSIQUE & MÉMOIRE, en ce dernier week end JS BACH (28 et 29 juillet), on mesure l’adĂ©quation parfaite entre la nature des propositions musicales et les lieux oĂč elles s’inscrivent et se dĂ©roulent ; on recueille les mĂȘmes impressions collectĂ©es au fil des annĂ©es d’une prĂ©sence rĂ©guliĂšre. C’est lĂ  que se rĂ©inventent dans un esprit d’ouverture et de simplicitĂ©, la formulation du concert, la recherche d’une ligne artistique, conçue comme une expĂ©rimentation permanente sur le long terme. A travers l’affiche baroque, majoritairement dĂ©veloppĂ©e, Fabrice Creux sait enrichir le propos, tisser des filiations antĂ©rieures ou postĂ©rieures, offrir de nouvelles pistes de rĂ©flexion et de comprĂ©hension (cf la cĂ©lĂ©bration, unique en France alors, des 400 ans de Froberger, gĂ©nie oubliĂ© du dĂ©but XVIIĂš, lĂ©gitimement fĂȘtĂ© sur le territoire oĂč il a vĂ©cu et composé  VOIR notre reportage les 400 ans de Froberger au Festival Musique & MĂ©moire 2016). C’est surtout l’expĂ©rience singuliĂšre d’un compagnonnage particuliĂšrement maĂźtrisĂ©, assurĂ© pendant plusieurs annĂ©es aux cĂŽtĂ©s des artistes : le travail artistique pendant le festival et aussi pendant l’annĂ©e auprĂšs des cibles scolaires, a1068rĂ©alisĂ© avec LES TIMBRES est en cela exemplaire ; c’est une complicitĂ© unique qui aura permis de nombreuses crĂ©ations pendant l’étĂ© (Proserpine de Lully en version chambriste originale / Musique & MĂ©moire 2015 ; Musiques au temps de Shakespeare, entre nostalgie indicible et poĂ©sie suprĂȘme sur le renoncement et la cĂ©lĂ©bration des saisons, ou donc cette annĂ©e, cet Orfeo montĂ©verdien donnĂ© lui aussi en version chambriste
). Le propre de MUSIQUE & MÉMOIRE est de se rĂ©inventer constamment, trouvant les dĂ©fis qui assurent une attraction inĂ©puisable auprĂšs des publics, et aussi les moyens de les rĂ©ussir. Ce lien qui s’est tissĂ© avec les artistes, accomplit souvent d’étonnantes rĂ©alisations.

 

 

 

Le Baroque au sommet
VOX LUMINIS à MUSIQUE & MÉMOIRE

 

 

 

VOX LUMINIS Ă  Musique & MĂ©moire
 Cette annĂ©e, pour le dernier week end des 25 ans, le festivalier a pu retrouver un ensemble dĂ©jĂ  prĂ©sent : VOX LUMINIS (crĂ©Ă© en 2004), et dans deux programmes en particulier qui rehaussent encore cette intelligence de la coopĂ©ration artistique. Fabrice Creux a invitĂ© l’ensemble belge (composĂ© de 10 chanteurs, et de 16 instrumentistes) Ă  relire les piliers du rĂ©pertoire baroque sacrĂ©, le Magnificat (Lure, samedi 28 juillet 2018) puis la Messe en si (Dimanche 29 juillet dans la Basilique Saint-Pierre de Luxeuil les Bains) de Johann Sebastian Bach : deux lectures d’une puissance ciselĂ©e exceptionnelle, – jalons dĂ©sormais mĂ©morables de cette Ă©dition des 25 ans.
37942405_2356557347904695_4808829690238205952_nA LURE (Ă©glise Saint-Martin, le 28 juil), en une extension esthĂ©tique qui rĂ©tablit la place de chacun et donc le gĂ©nie immĂ©diat, franc, fulgurant de JS Bach, les Vox Luminis chantent plusieurs partitions, avant celle de Johann Sebastian : une cantate de Pachebel, puis le Magnificat de Kuhnau, lequel prĂ©cĂ©da Bach au poste de Directeur de la musique de Leipzig. Les effectifs instrumentaux sont quasi identiques entre chaque partition. L’écoute globale rĂ©tablit ce style commun partagĂ© alors, soucieux du verbe mais aussi d’une Ă©tonnante sĂ©duction sonore (grĂące aux trompettes, flĂ»tes, hautbois)
 la souplesse de l’orchestre, en format sonore d’un Ă©quilibre idĂ©al, renforce l’impact des voix, composant deux choeurs de chaque cĂŽtĂ© des musiciens ; aux cĂŽtĂ©s du raffinement fleuri de Pachebel, on reste saisi par l’activitĂ© ciselĂ©e de Kuhnau, dont le Magnificat annonce directement l’écriture de son successeur Ă  Leipzig, Johann Sebastian. Energie, somptuositĂ©, Kuhnau Ă©blouit par sa maĂźtrise du style concertant ; d’autant que dans cette configuration, les chanteurs de Vox Luminis savent articuler avec un naturel confondant, laissant toute la place au sens du texte ; l’humilitĂ© de Marie, Ă©lue parmi les femmes, en gagne un Ă©clat de premier plan.
En comparaison, le Bach de 1723 (premiĂšre version pour sa premiĂšre grande occasion Ă  Leipzig) Ă©lectrise par sa maĂźtrise du contrepoint, son architecture souveraine qui fait entendre le son de la perfection cĂ©leste en un incroyable mouvement de jubilation collective. La vitalitĂ© de Vox Luminis se montre d’une incroyable souplesse, dans la grĂące (Et exultavit) comme dans l’introspection plus mystĂ©rieuse (Quia respexit). Comme il l’a prĂ©cĂ©demment rĂ©alisĂ© dans le cd dĂ©jĂ  enregistrĂ© (Magnificat et Dixit Dominus: lire ici notre critique du cd VOX LUMINIS : MAGNIFICAT de JS BACH / DIXIT DOMINUS de HANDEL – 1 cd Alpha), Lionel Meunier, fondateur de Vox Luminis, assume pleinement des choix de tempo jusque lĂ  jamais entendus, dont « Omnes generationes », qui semble porter l’émotion saisissant le choeur des croyants, confrontĂ©s Ă  ce qui a surgi prĂ©cĂ©demment, comme une onde miraculeuse irradiant toute l’assemblĂ©e alors Ă©mue; cette nuance qui creuse l’incise humaine, exprime toute la tendre espĂ©rance du fervent. On souscrit alors pleinement Ă  ce qu’écrivait Camille de Joyeuse, en octobre 2017, au moment de la parution du disque Alpha en particulier pour le duetto « Et misericordia » 
 « suspendu, interrogatif, c’est le plus dĂ©chirant ; il se fait priĂšre pour le Sauveur en vu de l’obtention du salut
 fine ciselure, d’une sobriĂ©tĂ© dĂ©sarmante. » Du disque au concert, tant d’intelligence et de naturel demeurent captivant tout au long du concert Ă  Lure.

 

 

 

37932214_2356562521237511_7276161975132880896_nLe lendemain, dimanche 29 juillet 2018, un cran est dĂ©passĂ© encore pour la clĂŽture du 25Ăš Festival, sous la somptueuse nef de la Basilique Saint-Pierre de Luxeuil les Bains (et devant son buffet d’orgue, magistral massif de bois sculptĂ© oĂč Pierre est racontĂ© dans des mĂ©daillons, de part et d’autres d’atlantes michelangelesques). Un Ă©crin parfaitement adaptĂ© pour l’évĂ©nement qui va s’y rĂ©aliser. Et quel dĂ©fi pour les chanteurs et les instrumentistes ; un Everest de la liturgie baroque, le monument sacrĂ© le plus difficile et le plus dĂ©licat Ă  rĂ©ussir : la Messe en si de Johann Sebastian. On ne rĂ©capitulera pas ce qui compose l’essence d’une partition Ă©laborĂ©e sur 30 ans dont le faux Ă©clectisme formel, dĂ©signe en vĂ©ritĂ© la cohĂ©rence et la pensĂ©e d’un gĂ©nie inĂ©galĂ© qui pense l’acte de ferveur au delĂ  des contingences des cultes, protestant et catholique. Puisqu’il les englobe tous les deux en une vision suprĂȘme. A la fois universelle et fraternelle.
Le parcours nous intĂ©resse : du dĂ©but Ă  la fin, c’est bien le cheminement du croyant, son expĂ©rience spirituelle, de mĂ©andres en doute, de certitude en espĂ©rance, de quĂȘte en sĂ©rĂ©nitĂ© enfin atteinte ; tout est dit, exposĂ©, exprimĂ© comme les jalons d’un pĂšlerinage qui dure toute une vie et dont les enjeux comme le sens profond interrogent la condition de l’homme.
Effectivement cet Everest musical engage celui qui croit et celui qui pense, Ă  travers un cycle de sĂ©quences qui aussi, musicalement, dĂ©montrent dans sa diversitĂ© foisonnante, la virtuositĂ© d’un Bach Ă  son sommet. Aria solo, duos, choeurs, contrepoint, et double choeur
 Johann Sebastian fait comme Monteverdi dans son Vespro della Beata Vergine (1610) : il dĂ©ploie une invention alors inĂ©galĂ©e, ose des dispositifs nouveaux, invente un genre sacrĂ©, qui tient et de l’oratorio et de l’opĂ©ra. A la façon d’un fabuleux collectionneur, Bach assemble, compose, diversifie les formes et les les effectifs.
Les 10 chanteurs de Vox Luminis nous font face, chacun exprimant individuellement et collectivement la puissance du texte. La finesse de l’intonation globale, comme l’incarnation solistique, inquiĂšte, surprend, emporte
 jusqu’à l’Agnus Dei dont le dĂ©pouillement (instrumental : rien que la voix et le continuo), dit la fulgurance de ce qui est alors rĂ©vĂ©lĂ©, en un temps oĂč l’éternitĂ© surgit ; le jeune contre-tĂ©nor Alex Chance incarne alors un moment suspendu oĂč le temps et l’espace fusionnent et se figent, vĂ©ritable chant de grĂące qui efface toutes les souffrances Ă©prouvĂ©es.
Lionel Meunier qui fut l’élĂšve Ă  La Haye de Peter Kooij, et qui chante aux cĂŽtĂ©s de ses partenaires, comme baryton, avoue qu’il attendra encore avant d’enregistrer ce qui tient dĂ©jĂ  d’une prouesse remarquable. Sans dĂ©monstration ni dĂ©clamation appuyĂ©e, sans intention artificielle, c’est essentiellement la sincĂ©ritĂ© intime du geste vocal de Vox Luminis qui nous a ce soir au sens littĂ©ral du terme, « sidĂ©ré ». Son contrepoint, son articulation, le naturel tissĂ© en humanitĂ© et en sincĂ©ritĂ©, saisissent par leur franchise et leur souplesse. L’approche est semblable Ă  une tapisserie : du dĂ©tail, de la ciselure dans chaque geste vocal, et aussi une lisibilitĂ© naturelle de l’élan choral, une claire vision de l’architecture globale. En version allĂ©gĂ©e, transparente, palpitante, – du fait de son seul effectif, la Messe en si sonne Ă  Luxeuil les Bains comme rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e par Vox Luminis. VoilĂ  qui clĂŽt de magnifique façon, l’édition des 25 ans de MUSIQUE & MÉMOIRE. Jamais en reste d’une idĂ©e, d’une nouvelle offre, ou d’un fonctionnement novateur voire visionnaire, Fabrice Creux, comme s’il avait une claire vision du Festival futur, nous annonce pour les 25 ans prochains, et dĂšs l’édition 2019, un changement de cap, et une formulation elle aussi renouvelĂ©e
. Ă  suivre. Rendez vous est dĂ©jĂ  pris en juillet prochain.

 

 

 
 

 

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Plus d’infos sur le site du Festival MUSIQUE & MÉMOIRE
http://www.musetmemoire.com
et sur la page facebook du Festival
https://www.facebook.com/festivalmusetmemoire/

Illustrations : Les Timbres : Myriam Rignol et Julien Wolfs © Myriam Rignol – Vox Luminis © Nicolas Maget

  

 

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COMPTE RENDU, festival. CANADA, Festival CLASSICA 2018 (25 mai – 16 juin 2018). 8Ăš Ă©dition. Du 30 mai au 8 juin 2018. De Schubert aux Rolling Stones, Mathieu, Debussy, Neukomm


COMPTE RENDU, festival. CANADA, Festival CLASSICA 2018 (25 mai – 16 juin 2018). 8Ăš Ă©dition. Du 30 mai au 8 juin 2018. De Schubert aux Rolling Stones, Mathieu, Debussy, Neukomm


CLASSICA-schubert-rolling-stones-classica-2018-vignetteUNE CERTAINE IDEE DU CLASSIQUE
 Ils semblerait que nos cousins d’AmĂ©rique aient beaucoup de choses Ă  nous apprendre, nous, français pĂ©tris de bonnes intentions, souvent arrogants, pĂ©trifiĂ©s dans des certitudes
 aujourd’hui dĂ©passĂ©es. Au QuĂ©bec se rĂ©invente l’esprit et le fonctionnement d’un festival de musique classique. Prenez l’exemple du Festival CLASSICA, en MontĂ©rĂ©gie (rive sud de MontrĂ©al) : une initiative portĂ©e par le baryton Marc Boucher (photo ci dessous) / DR) qui en est le directeur artistique et gĂ©nĂ©ral. 2018 en marque la dĂ©jĂ  8Ăš Ă©dition. L’idĂ©e est fĂ©dĂ©ratrice, associant plusieurs communes sur le territoire ; elle offre du classique, une image ouverte, gĂ©nĂ©reuse, dĂ©tendue, en rien compassĂ©e ni guindĂ©e 
 comme on peut le voir trop souvent en France oĂč la culture et la musique classique continuent d’ĂȘtre confisquĂ©s par la vanitĂ© d’une Ă©lite qui se croyant supĂ©rieure, entend utiliser concerts, festivals, et surtout opĂ©ra pour assoir sa soi disante supĂ©rioritĂ© : on le sait aujourd’hui, le classique en meurt et il n’est pas une institution culturelle digne de ce nom qui ne dĂ©veloppe Ă  prĂ©sent dans l’Hexagone, toutes les actions possibles pour Ă©largir ses publics, dĂ©mocratiser ses actions et ses offres musicales ; pour en dĂ©finitive, populariser au meilleur sens du terme, l’expĂ©rience de la musique classique sous toutes ses formes. Heureusement, internet pourvoit Ă  cette vision large, gĂ©nĂ©reuse, Ă©galitaire de la culture. C’est un dĂ©but et certainement, l’amorce d’une nouvelle Ăšre pour la culture dans le monde et en Europe.

 
 
 

Pourtant au QuĂ©bec donc, le classique est dĂ©jĂ  une expĂ©rience humaine fondĂ©e sur l’ouverture aux autres et sur le partage. Des valeurs qui se perdent dans l’Hexagone. Aucun dĂ©tournement d’aucune sorte au Canada francophone, oĂč l’art d’ĂȘtre ensemble imprime Ă  l’esprit du festival CLASSICA, une maniĂšre exemplaire de « fiertĂ© collective ».

 
 
 

Marc-BOUCHER baryton festival classica-200x300De toute Ă©vidence, il rĂšgne au QuĂ©bec, une joie de vivre qui n’existe pas en Europe. Ce qui compte avant tout, c’est l’engagement sincĂšre des artistes invitĂ©s, la pluralitĂ© des engagements, l’accessibilitĂ© des offres, le confort des festivaliers, la contribution simple, facile des villes partenaires et associĂ©es. Cette 8Ăšme Ă©dition aura Ă©tĂ© marquĂ©e surtout par l’affluence, certes favorisĂ©e par une mĂ©tĂ©o idĂ©ale, lors du week end des 2 et 3 juin oĂč c’est le coeur de la ville de Saint-Lambert qui Ă©tait rĂ©amĂ©nagĂ© en scĂšne vivante, alternant concerts en plein air et en accĂšs libre, et programmes payants en salles fermĂ©es, c’est Ă  dire une offre large et Ă©clectique conçue comme un menu Ă  la carte, et dans le mĂȘme pĂ©rimĂštre.

 
 
 

OUVERTURE, ACCESSIBILITÉ, INNOVATIONS
 Ainsi Ă  Saint-Lambert, 3 Ă©glises, le centre multifonctionnel municipal, la grand place et la rue principale (rue Victoria) accueillent spectacle pour enfants avec la pĂ©tillante Natalie Choquette (porte parole du Festival); spectacle Ă©clectique dĂ©lirant associant musique d’opĂ©ra et cirque (rencontre inĂ©dite et marquante entre les acrobates du cirque Eloize et plusieurs solistes dont la mĂȘme Natalie Choquette et le baryton Gino Quilico) ; concerts de musique de chambre (avec la crĂšme actuelle des jeunes solistes chambristes canadiens dont l’excellent violoncelliste StĂ©phane TĂ©treault) ; musique sacrĂ©e baroque, haendĂ©lienne sur le thĂšme de l’amour, sans omettre la grande soirĂ©e de rock symphonique, en accĂšs gratuit, sous la voĂ»te Ă©toilĂ©e cette annĂ©e sans nuages
 Croiser les genres, associer formations et programmes sans apriori ni prĂ©jugĂ©s, sont bien ici l’apanage d’une culture vivante dĂ©complexĂ©e et libre qui se vit sans tension ni malentendu. Imaginez aujourd’hui en France, un concert de rock symphonique relĂšve de l’impensable : les mĂ©lomanes puristes et la « critique » bien pensante crieraient au dĂ©tournement scandaleux, voire au vices d’un cross over Ă©hontĂ©, indĂ©cent ; l’audience plus tolĂ©rante et dĂ©tendue des concerts de rock ou de variĂ©tĂ©, serait elle plus intĂ©ressĂ©e
 On mesure le fossĂ© qui sĂ©pare encore France et QuĂ©bec sur ce point.

Comme en 2017, CLASSICA compte aussi son propre concours de mĂ©lodies françaises, contribution majeure et emblĂ©matique Ă  cette francophonie qui ne se porte pas si bien de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, quoi qu’on en dise: au QuĂ©bec, l’amour de la langue française s’expose avec une rare Ă©lĂ©gance et l’engagement sur ce terrain de Marc Boucher Ă  travers son festival CLASSICA nous paraĂźt rĂ©confortant, salutaire, voire dĂ©cisif. En France, qui se soucie de transmettre les fleurons de notre patrimoine musicale, surtout cette maĂźtrise de la langue de Hugo, Gautier, Baudelaire ? Qui s’intĂ©resse sur le plan national Ă  l’articulation du français dans le genre qui en est le joyau, la mĂ©lodie ?

La diversitĂ©, l’éclectisme, le mĂ©tissage des genres offrent ainsi un laboratoire d’expĂ©riences qui en croisant le genre classique avec diverses disciplines et de nombreux registres sans limites, rĂ©invente surtout notre expĂ©rience du genre. C’est peu dire que dans notre monde hyperconnectĂ©; oĂč les plus jeunes comme les autres sont saturĂ©s de sollicitations, le classique, genre Ă©tiquettĂ© « vieux » et « ringard », joue ici son avenir.

 
   
 
 
 

Festival CLASSICA (Montérégie)
MÉTISSAGES, GENEROSITE & LANGUE FRANCAISE…
Au Québec, le classique se réinvente et réussit

 
 
 

WEEK-END des 2 et 3 juin 2018. Pendant notre (premier sĂ©jour) Ă  CLASSICA, on aura mesurĂ© le talent du Festival pour Ă©quilibrer et diversifier une offre riche et gĂ©nĂ©reuse dont chaque Ă©vĂ©nement s’organise et se consomme comme un menu Ă  la carte, d’autant plus aisĂ©ment que tout est concentrĂ© sur le mĂȘme lieu et sur un week end. PrĂ©cisĂ©ment le premier week end des 2 et 3 juin. Ensuite, le Festival se poursuivait dans diffĂ©rentes villes partenaires, rĂ©vĂ©lant une extension territoriale impressionnante grĂące Ă  ses « concerts satellites » Ă  Boucherville, Saint-Bruno de Montarville (sublime bourgade prĂ©servĂ©e au bord du Saint-Laurent), Brossard, Saint-Jean sur Richelieu
 sans omettre le centre ville de MontrĂ©al avec le « pianothon » par 6 pianistes conviĂ©s, soit 6 h de performance rendant hommage au gĂ©nie d’AndrĂ© Mathieu, marathon musical et pianistique, organisĂ© Ă  l’initiative de Marc Boucher au Centre Phi (rue Saint-Pierre).

AU COEUR DE SAINT-LAMBERT: essor d’un village musical. Pour le Week end des 1er, 2 et 3 juin, c’est le coeur de ville de Saint-Lambert qui est investi par les concerts et les rencontres artistiques, les ateliers de toute sorte (yoga pour les enfants et pour les parents, hennĂ©, maquillage pour les plus jeunes
). Un concours de peinture est mĂȘme organisĂ© au bistrot CLASSICA, oĂč les festivaliers amateurs peuvent enchĂ©rir pour acquĂ©rir la toile de leur choix
 Catalyseur, provocateur, initiateur et novateur, CLASSICA bouillonne d’idĂ©es, explore toujours plus loin des offres artistiques autour de la musique, repousse les lignes pour fĂ©dĂ©rer le plus grand nombre autour des valeurs que suscite l’art.

julien brodyPendant ce week-end bouillonnant, on aura surtout apprĂ©ciĂ© la vitalitĂ© des expĂ©riences musicales de toute sorte, orchestrĂ©es avec un grand sens du rythme : scĂšne de la relĂšve Ă  l’extrĂ©mitĂ© de la grande rue, oĂč se succĂšdent les plus jeunes instrumentistes et les chanteurs amateurs ou dĂ©jĂ  professionnalisĂ©s. A ce titre, le talent et l’art d’une dĂ©tente pourtant trĂšs concentrĂ©e du jeune sopraniste Julien Brody retient l’attention. Ce jeune soliste enchaĂźne les standards baroques (Haendel, PergolĂšse
) comme les tubes plus rĂ©cents avec une intensitĂ© sincĂšre, engageante, dĂ©jĂ  trĂšs professionnelle. Favoriser l’émergence de jeunes tempĂ©raments, dont la vocalitĂ  radieuse de Julien Brody, voilĂ  un objectif qui prend tout son sens Ă  CLASSICA. Le jeune artiste vient de sortir un album intitulĂ© « Peace, Love and Opera », – on ne peut que souscrire Ă  un tel programme, comprenant des airs de Vivaldi, CĂ©sar Franck
, sans omettre Mozart, – et demain, on l’imagine trĂšs bien dans Bastien et Bastienne de Mozart sur les plus grandes scĂšnes lyriques-, un rĂŽle qui devrait idĂ©alement coller Ă  sa tessiture, son timbre souple et claire.
Ailleurs, alors que l’autre grande scĂšne sur la place centrale, rebaptisĂ©e place Hydro-QuĂ©bec, accueille les jeunes pianistes du CĂ©gep Saint-Laurent, comme le jeune relĂšve du Conservatoire de musique de la MontĂ©rĂ©gie, les festivaliers butinent entre les 3 Ă©glises du centre ville : Saint-Andrew ’s Presbyterian Church, Paroisse catholique, ou Saint-Lambert United Church. RĂ©cital de musique de chambre pour alto et piano, entre Schubert et Schumann par Marina Thibeault et Janelle Fung ; « violon Xtreme » par le violoniste performeur au son trĂšs affirmĂ©, intense, Alexandre Da Costa ; surtout, airs des Rolling Stones par un Quatuor classique composĂ© pour l’occasion, Ă  la demande de Marc Boucher, constituĂ© par Marc Djokic (violon), StĂ©phane TĂ©trault (violoncelle), Airat Ichmouratov (clarinette) et Elvira Misbakhova (alto), un programme inĂ©dit qui colle au thĂšme de cette annĂ©e (De Schubert aux Stones
), et que seul Marc Boucher, soucieux de mĂ©tissages comme de crĂ©ations, a l’audace d’amorcer et d’accompagner.

 
 
 

POUR TOUS LES GOÛTS
 Il y en donc pour tous les goĂ»ts, et toujours dans une qualitĂ© de rĂ©alisation rare, avec en bonus non nĂ©gligeable, la dĂ©couverte de programmes inĂ©dits. Personnellement, on aura surtout apprĂ©ciĂ© le talent de diseur d’un maĂźtre du lied, le baryton Russel Braun accompagnĂ© par son Ă©pouse au piano, en un duo poĂ©tique et allusif, serviteur des errances hallucinĂ©es / illuminĂ©es du Voyage d’Hiver de Schubert (fil rouge oblige car le thĂšme de cette annĂ©e est : « De Schubert aux Rolling Stones » ).
C’est aussi la rencontre de deux instruments, permise uniquement cette annĂ©e Ă  CLASSICA, autour du tango de Piazzolla, bandĂ©nĂ©on et violoncelle, Ă©quation magicienne grĂące au talent en complicitĂ© du mĂȘme violoncelliste StĂ©phane TĂ©trault et de Denis Plante. Autre dĂ©couverte de charme, la flĂ»tiste Nadia Labrie dans un remarquable rĂ©cital flĂ»te piano dĂ©diĂ© Ă  Schubert dont la flĂ»tiste a conçu une transposition magnĂ©tique de la Sonate Arpeggione 
 Ce dĂ©fi hautement relevĂ© et avec quelle finesse figure dans son dernier cd paru chez Analekta.
On se souviendra aussi du rĂ©cital de la pianiste Alice Ader qui rĂ©cente interprĂšte de Mompou, troque registre et Ă©poque, offrant un Schubert, sublimement distanciĂ©, aux portes de la mort, emprunt d’abandon mesurĂ©, et de renoncement serein mais si nostalgique. VoilĂ  quelques pĂ©pites vĂ©cues pendant ce 8Ăš festival CLASSICA au QuĂ©bec, mosaĂŻque d’instants inspirĂ©s, offerts en partage pour le plus grand nombre et avec une dĂ©contraction bienheureuse.


 
 
 

mathieu andre piano j p sylvestre concerto de quebec annonce par classiquenewsHOMMAGE Ă  AndrĂ© Mathieu
 Ce tour d’horizon ne serait pas complet sans l’évocation d’un autre fil rouge, structurant la programmation de cette annĂ©e : l’oeuvre du compositeur « national », AndrĂ© Mathieu dĂ©fendu aujourd’hui par le pianiste Jean-Philippe Sylvestre et Marc Boucher. Pour preuve, le concert du 31 mai, Ă  la Paroisse Saint-Constant, premier jour de notre sĂ©jour canadien : le pianiste jouait deux oeuvres en miroir, en une filiation Ă©vidente : le Concerto n°4 de Mathieu, puis Variations sur un thĂšme de Paganini de Rachmaninov. Mathieu s’étant toujours rĂ©fĂ©rĂ© comme une source exemplaire, primordiale, Ă  l’oeuvre de Rachmaninov, il Ă©tait Ă©vident de « confronter «  les deux maniĂšres au cours d’un seul concert. Le mĂ©rite de ce type de concert en Ă©glise, certes dans des conditions acoustiques parfois dĂ©licates, revient Ă  Marc Boucher qui lĂ  encore, a le souci de la diffusion des Ɠuvres, dĂ©fend une musique ouverte, fraternelle pour tous et dans une diversitĂ© de lieux du territoire qui emporte l’adhĂ©sion. Hors des salles de concerts plus habituelles dans l’espace urbain, le goĂ»t pour la musique concertante et symphonique peut s’épanouir et ĂȘtre stimulĂ©e en MontĂ©rĂ©gie.

 
 
 


Pelleas melisande festival classica critique opera par classiquenews alain buet guillaume andrieu quebec juin 2018Pour enrichir encore la valeur d’une programmation trĂšs Ă©quilibrĂ©e, CLASSICA dĂ©veloppe aussi deux autres genres : le lyrique et le symphonique, ou plus exactement le rock symphonique. Le pari Ă©tait fou Ă  l’origine : interprĂ©ter dans une Ă©glise (Saint-Bruno de Montarville), l’opĂ©ra des opĂ©ras français, PellĂ©as et MĂ©lisande de Claude Debussy (pour cĂ©lĂ©brer aussi de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, le centenaire Debussy 2018) : grĂące Ă  une distribution solide, dont l’excellent Alain Buet en Golaud – cƓur tourmentĂ© et impulsif qui souhaite (vainement et criminellement) percer l’énigme MĂ©lisande, la langue de Maeterlinck associĂ©e Ă  la somptueuse parure orchestrale de Debussy, Ă  la fois sensuelle et mystĂ©rieuse, s’est incarnĂ©e d’une Ă©loquente maniĂšre (LIRE ici l’intĂ©gralitĂ© de notre critique de PellĂ©as et MĂ©lisande de Debussy au Festival Classica 2018). L’expĂ©rience a permis que de trĂšs jeunes instrumentistes explorent la partition envoĂ»tante de Debussy. Le public quĂ©becois retrouvera le plateau (avec Marc Boucher dans le rĂŽle de Golaud) ce 29 juillet Ă  QuĂ©bec dans le cadre de son « Festival d’OpĂ©ra ».

 
 
 

entete-queenROCK SYMPHONIQUE. En ouverture comme en conclusion de l’édition 2018, place Ă  un genre trĂšs prisĂ© des quĂ©bĂ©cois : le rock symphonique. La foule rĂ©pond prĂ©sente pour ce type de concert en plein air et en accĂšs libre : ce 2 juin 2018, Ă  Saint-Lambert l’Hommage aux Rolling Stones rĂ©unit 150 interprĂštes dont les instrumentistes de l’Orchestre symphonique du Conservatoire de la MontĂ©rĂ©gie (OSCM), le trĂšs nombreux chƓur Classica, sous la direction du chef Simon Fournier, lequel a signĂ© les arrangements musicaux avec Peter Brennan : la transcription fonctionne idĂ©alement, suscitant chez les auditeurs, plusieurs vagues de satisfaction qui se traduisent par une interactivitĂ© immĂ©diate : la foule chante, danse, accompagne l’effort et l’engagement des artistes. Le concert a le mĂ©rite de rĂ©ussir une Ă©quation rarement atteint dans l’Hexagone : le classique et le populaire. Un vrai dĂ©fi pour l’Hexagone dans les annĂ©es qui viennent. Le fait mĂȘme que les spectateurs Ă©coutent, participent, coopĂšrent, dansent debout (et non assis) modifie totalement l’expĂ©rience du concert classique. Les QuĂ©becois eux, ont dĂ©jĂ  adoptĂ© ce principe qui n’a rien d’étrange ni de suspect, de ce cĂŽtĂ© ci du Saint-Laurent.
Et comme si l’expĂ©rience couverte de succĂšs (et d’affluence) ne suffisait pas, Marc Boucher a programmĂ© Ă  l’extrĂ©mitĂ© de la programmation, le 16 juin, pour la clĂŽture, un second temps fort rock et symphonique : « Hommage Ă  Queen », cette fois, dans le Parc Gerry-Boulet de St-Jean de Richelieu, – un plateau professionnel avec l’orchestre symphonique du Conservatoire de la MontĂ©rĂ©gie (OSCM), le ChƓur de l’OpĂ©ra bouffe du QuĂ©bec et le soliste Marc Martel : un pied de nez aux traditionnels et aux conservateurs qui pensent toujours que les instruments classiques sont destinĂ©s Ă  l’opĂ©ra et aux salles de thĂ©Ăątre et de concert. Ici la langue symphonique revisite avec un talent fou, les standards de Queen.

 
 
 

BERLIOZ, les BEE GEES et JEAN-CLAUDE MALGOIRE. Unique et spĂ©cifique expĂ©rience qui en 2019, se poursuit forcĂ©ment ; cette fois, la thĂ©matique annoncĂ©e par Marc Boucher, de plus en plus volontaire et serein, sera : « De Berlioz aux Bee Gees ». Cela ne se passe qu’au QuĂ©bec, avec le naturel, la dĂ©contraction et l’expertise requis. RĂ©servez dĂšs Ă  prĂ©sent votre sĂ©jour en mai et juin 2019 Ă  MontrĂ©al et en MontĂ©rĂ©gie. Le Festival CLASSICA saura vous satisfaire tout en vous surprenant. La thĂ©matique 2019 est particuliĂšrement prometteuse : outre un grand concert BERLIOZ dĂ©diĂ© Ă  La Damnation de Faust, dans un site magnifique au bord du Saint-Laurent ayant pour fond la ville mĂȘme de MontrĂ©al, Marc Boucher annonce aussi la crĂ©ation mondiale d’un opĂ©ra ambitieux, somme de toute une vie, jamais jouĂ© de son vivant, MIGUELA du fameux ThĂ©odore Dubois (1837-1924) dont un festival il y a quelques annĂ©es Ă  Venise avait semblĂ© marquĂ© la rĂ©habilitation et un regain d’intĂ©rĂȘt, bien vite Ă©touffĂ©s depuis
 Dubois est un compositeur toujours Ă©tiquettĂ© acadĂ©mique : pourtant la recrĂ©ation d’ABEN HAMET par Jean-Claude Malgoire Ă  Tourcoing, la recrĂ©ation de la version complĂšte (avec orchestre) de son Paradis Perdu, par le mĂȘme Jean-Claude Malgoire ont rĂ©cemment dĂ©montrĂ© la haute valeur d’une Ă©criture taillĂ©e pour le drame et l’opĂ©ra. MIGUELA devrait donc marquĂ© les esprits et perpĂ©tuĂ© aussi l’oeuvre pionniĂšre de Jean-Claude Malgoire, disparu en avril 2018 et dont Marc Boucher a Ă  cƓur d’honorer la mĂ©moire comme poursuivre les pistes de travail. Le directeur de CLASSICA a su inviter le fondateur de l’Atelier Lyrique de Tourcoing dĂšs les premiĂšres Ă©ditions du festival QuĂ©bĂ©cois : de leur relation privilĂ©giĂ©e et de leur amitiĂ©, un esprit de famille s’est constituĂ© : la prochaine Ă©dition de CLASSICA en 2019 en concrĂ©tise toujours l’activitĂ©. L’actualitĂ© lyrique française sera donc Ă  suivre en mai et juin 2019 au Canada francophone, grĂące au festival CLASSICA. Comptant 70 000 spectateurs en 2018, le Festival crĂ©Ă© par Marc Boucher est devenu l’évĂ©nement incontournable de chaque dĂ©but d’étĂ© : une occasion exceptionnelle pour traverser l’Atlantique et (re)dĂ©couvrir le QuĂ©bec qui ose, innove, et rĂ©ussit ce qui n’existe pas encore en France.

 
 
   
 
 

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COMPTE RENDU, festival. CANADA, Festival CLASSICA 2018 (25 mai – 16 juin 2018). 8Ăš Ă©dition. Du 30 mai au 8 juin 2018. De Schubert aux Rolling Stones, Mathieu, Debussy, Neukomm


 
 
   
 
 

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Approfondir

 
 
 

PLUS D’INFOS : visitez le site du Festival CLASSICA 2018 (du 25 mai au 16 juin 2018).

http://www.festivalclassica.com/index.html

La diversitĂ© artistique et musicale portĂ©e par le festival CLASSICA, principal festival qui lance la saison des Ă©vĂ©nements de l’étĂ© au Canada, rend compte de la vitalitĂ© musicale et artistique au QuĂ©bec. Plusieurs artistes prĂ©sents cette annĂ©e avaient simultanĂ©ment une riche actualitĂ© discographique
 Voici quelques titres Ă  dĂ©couvrir dans le prolongement du festival de ce printemps 2018.

Julien Brody, soprano. Nouvel Album « Peace, Love and Opera »

Nadia Labrie, flĂ»te. FlĂ»te passion 1. Premier cd Ă©ditĂ© chez Analekta : transcriptions d’aprĂšs Schubert dont la Sonate Arpeggionne


Caroline Gélinas : Confidences (Premier album de la mezzo québécoise) (1 cd Atma classique)

Marc Boucher : intégrale des mélodies de Gabriel Fauré (4 cd Analekta)

LIRE AUSSI notre compte rendu complet du concert du 5 juin 2018 : recrĂ©ation de l’oratorio de Neukomm : La RĂ©surrection, autre Ă©vĂ©nement du 8Ăš festival CLASSICA 2018, et bel hommage au regrettĂ© Jean-Claude Malgoire, initiateur du programme ainsi rĂ©vĂ©lĂ©.

 
 
   
 
 

 

Compte rendu, concert. LILLE, le 28 juin 2018. BERNSTEIN : MASS. Orchestre national de Lille, Alexandre Bloch.

ONL-orchestre-national-de-lille-vignette-saison-2018-2017-par-classiquenews-temps-forts-orchestre-national-de-lilleCompte rendu, concert. LILLE, le 28 juin 2018. BERNSTEIN : MASS. Orchestre national de Lille, Alexandre Bloch. FRESQUE SPECTACULAIRE
 200 personnes sur le plateau et au-dessus (s’agissant des deux jazz band, et rock band, situĂ©s chacun au dessus de la scĂšne, Ă  jardin et Ă  cour) incarnent et exaltent l’ivresse grandissante d’une partition protĂ©iforme signĂ©e Bernstein, au dĂ©but des annĂ©es 1970 : MASS. Il faut donc pour le chef savoir coordonner le geste d’une colonie Ă©parse de musiciens aux parties simultanĂ©es, et aussi prĂ©server la clartĂ© d’une oeuvre construite comme une cathĂ©drale particuliĂšrement riche en changements de rythmes et en formes musicales. GĂ©nĂ©reux, Ă©clectique, Bernstein fait montre d’une invention parfois dĂ©routante pour l’auditeur, mais tout le mĂ©rite revient au formidable engagement des chanteurs et instrumentistes, Ă  la direction Ă  la fois fiĂ©vreuse et prĂ©cise du chef Alexandre Bloch, directeur musical de l’Orchestre National de Lille ; le maestro sculpte un monument esthĂ©tique qui suit trĂšs minutieusement son parcours, sans dilution, et avec des pointes sarcastiques ou lyriques d’une indiscutable intelligence.

  

 

 MASS bernstein lille alexandre bloch orch national de lille

 

 

Chacun a pu y goĂ»ter ce qu’il aime selon son goĂ»t. Le jazz, le gospel, la comĂ©die musicale, la transe rock, l’introspection purement orchestrale (sublimes « Meditations » au souffle Ăąpre et profond digne d’un Chostakovitch ou d’un Mahler), sans omettre aussi, l’incursion de musique enregistrĂ©e (Ă  la rythmique trĂšs proche de Stravinksy) ; ni sur le plan dramatique, les danseurs prĂ©vus par le compositeur (mais ici finalement Ă©cartĂ©s) ni surtout les diffĂ©rents registres qui s’entremĂȘlent, se rĂ©pondent, tout cela pour mieux creuser la question de la foi, du verbe incarnĂ©, comme la sincĂ©ritĂ© du rituel, du sermon en son dĂ©roulement dĂ©clamatoire : en cela le personnage du Speaker / CĂ©lĂ©brant tente de prĂ©server la cohĂ©sion de l’ensemble, revient toujours au dogme, Ă  la cĂ©lĂ©bration de Dieu
 Il est « soutenu » par l’extraordinaire participation du choeur d’enfants (sĂ©raphique), du chƓur d’adultes formant l’imposant « choeur d’église » ; il est de la mĂȘme façon, et a contrario, chahutĂ© et vertement critiquĂ© par les solistes du « Street chorus », collectif laĂŻque au verbe libre et incisif : de quel Dieu s’agit-il rĂ©ellement ? Comment servir les valeurs les plus justes ? Comment ĂȘtre digne, bon, aimant ? Qu’est ce qu’ĂȘtre homme, humain, frĂšre pour les autres ? VoilĂ  profilĂ©es plusieurs thĂ©matiques qui taraudent la foi du croyant ou du simple mortel. VoilĂ  Ă©noncĂ© ce qui intĂ©resse Bernstein dans une « Messe / Mass » scrupuleusement Ă©laborĂ©e.
Au coeur du dĂ©roulement, le chaos hallucinĂ© de l’AGNUS DEI, oĂč tout se dĂ©rĂšgle et se « casse » en une transe de plus en plus appuyĂ©e et intense pour laquelle le chef descend de son pupitre et invite le public Ă  se lever et marquer le rythme de ce dĂ©lire collectif indescriptible.
On comprend qu’une telle dĂ©mesure, incorrecte, indĂ©cente, iconoclaste, impudique, ait pu heurter le public de la crĂ©ation en 1971 (en particulier un certain critique amĂ©ricain pointilleux et puritain, jugeant tel “maelstrom” particuliĂšrement indigeste) ; pourtant l’intention de Bernstein, plus pacifiste et humaniste que jamais, est trĂšs explicite : comme le dit le CĂ©lĂ©brant (sublime Brett Polegato, baryton fin aux phrasĂ©s impressionnants) : « les choses se cassent si facilement ». Le compositeur, fraternel, semble comprendre le prix d’une vie, de toutes les vies ; il appelle Ă  la rĂ©conciliation, Ă  la paix universelle. CĂ©lĂšbre surtout tout ce qui permet Ă  chacun d’élever sa condition et d’aimer les autres. C’est en dĂ©finitive une superbe leçon de tolĂ©rance et de solidaritĂ©, d’amour et de fraternitĂ©.
A plusieurs endroits du texte, dans les tĂ©moignages des solistes du Street chorus, se prĂ©cisent dĂ©jĂ  les questions de sociĂ©tĂ© et d’écologie qui nous concernent aujourd’hui. La modernitĂ© de l’oeuvre et sa furieuse, irrĂ©pressible urgence critique, n’ont pas pris une ride. L’angle et les intentions de l’oeuvre sont d’une justesse absolue.

 

 

 

 

MASS de BERNSTEIN : la conclusion Ă©blouissante
de l’Orchestre national de Lille pour finir sa saison 2017-2018
Entre transe collective et priĂšre fraternelle, un hymne d’une Ă©tonnante modernitĂ©

 

 
 

 
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bloch-alexandre-repetitions-orchestre-national-de-lille-582-390 Pour rĂ©aliser ce dĂ©voilement spirituel et fraternel qui passe par l’expĂ©rience d’une transe collective, tous les intervenants de ce « spectacle » hors normes se montrent trĂšs impliquĂ©s. Chaque groupe exprimant sa juste part, dans un vaste programme dont le sens global se rĂ©vĂšle peu Ă  peu : aprĂšs les dĂ©votions d’avant la Messe (diffusĂ©es par une bande enregistrĂ©e et spatialisĂ©e dans la salle de l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle), on distingue entre autres, le formidable marching band d’ouverture, – citant mĂȘme un air traditionnel et populaire propre au nord : le petit Quinquin-, composĂ© de l’Orchestre d’Harmonie de Lille Fives et des Tambours de la CĂŽte d’Opale : signe d’une coopĂ©ration entre les divers ensembles de musique du territoire ; puis pendant la « MASS » proprement dite, l’activitĂ© des choeurs, qu’il s’agisse des enfants (Choeur MaĂźtrisien de Conservatoire de Wasqhehal qui fournit aussi deux jeunes solistes trĂšs convaincant, en dĂ©but et fin du drame), des adultes pour le choeur d’église : leur implication vaut au moment de Dona nobis pacem, quand tout se dĂ©rĂšgle, un jeu scĂ©nique particuliĂšrement crĂ©dible sur un dĂ©mantĂšlement minutieux des paroles, dĂ©construites, hĂąchĂ©es, parfaitement dĂ©tournĂ©es. Soulignons aussi la tenue superlative des solistes chanteurs du chƓur Color, qui offrent une caractĂ©risation trĂšs fine de chaque intervention / incursion « profane », rĂ©vĂ©lant entre autres l’urgence intĂ©rieure du trope « I believe » / Je crois en Dieu, du Credo, … Ă©pisode alors fiĂ©vreux, embrasĂ© par une tension lĂ  aussi irrĂ©pressible).
Du dĂ©but Ă  la fin, l’auditeur est happĂ©, comme saisi et interloquĂ© par le sens mĂȘme de cette action en apparence dĂ©jantĂ©e, incontrĂŽlĂ©e, « monstrueuse ». Pourtant, la force des sĂ©quences enchaĂźnĂ©es, l’ivresse des passages chantĂ©s qui citent avec dĂ©lices la rythmique fiĂ©vreuse de West Side Story, le gouffre spirituel qu’ouvre immĂ©diatement l’orchestre seul dans chacune des 3 Meditations, l’incarnation saisissante que rĂ©ussit le baryton canadien Brett Polegato (prĂ©sent sur scĂšne constamment pendant les presque 2h de tension ininterrompue, et devant tout donner en fin de dĂ©roulement dans son grand monologue : « Fraction » (XVI) qui succĂšde immĂ©diatement Ă  la transe de l’Agnus Dei), 
 sont autant de jalons d’une Ɠuvre dense, parfaitement conçus, trĂšs architecturĂ©e.

De toute Ă©vidence, voilĂ  par l’Orchestre National de Lille, une conclusion Ă©blouissante de sa saison 2018-2019 ; de surcroĂźt opportune, rĂ©vĂ©lant pour le Centenaire BERNSTEIN 2018, une partition inclassable dans toute sa pertinente frĂ©nĂ©sie comme dans la rĂ©solution de son message. C’est surtout pour le spectateur de la soirĂ©e, une expĂ©rience rare, irrĂ©sistible et spectaculaire qui tĂ©moigne d’un humanisme sincĂšre et directe dont il est lui-mĂȘme une part active. La place des spectateurs auditeurs participant concrĂštement Ă  cette cĂ©lĂ©bration profane y est un Ă©lĂ©ment moteur : de quoi espĂ©rer revivre une telle performance. Les concerts participatifs sont Ă  la mode : Bernstein avait dĂ©jĂ  tout inventĂ©, conçu, mesurĂ© en 1971. Le moment mĂȘme oĂč Alexandre Bloch a fait participĂ© l’audience Ă©tait des plus justes : bel acte de partage. Merci Ă  l’Orchestre National de Lille et Ă  son chef d’avoir choisi cette oeuvre, et dans ce dispositif trĂšs rĂ©ussi. RĂ©vĂ©lation magistrale et qui vient Ă©clairer avec quelle pertinence, l’annĂ©e BERNTEIN en France.

 
 

 
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Compte rendu, concert. LILLE, le 28 juin 2018. BERNSTEIN : MASS. Orchestre national de Lille, Alexandre Bloch.

Récitant  : Brett Polegato
Street People : Ensemble Color
Grand ChƓur (choeur d’église) : Ensemble vocal Adventi, Choeur de l’Avesnois, ChƓur du Conservatoire de Cambrai, InChorus, Ă©tudiants du Conservatoire de Lille et choristes amateurs
ChƓur d’enfants ChƓur Maütrisien du Conservatoire de Wasquehal
Chef de chƓur : Pascal Adoumbou
Orchestre National de Lille
Alexandre Bloch, direction. Illustration : © Ugo Ponte / Orch National de Lille 2018 : 1 / le tableau dĂ©jantĂ© de l’AGNUS DEI / Dona nobis pacem – 2 / Brett Polegato et Alexandre Bloch aux saluts

 

 

 

CAHIER PHOTOGRAPHIQUE sur la page de l’Orchestre National de Lille / Flickr
https://www.flickr.com/photos/onlille/28244315197/

 

 

 

 

 

 

LILLE, MASS de BERNSTEIN. DerniĂšre ce soir, Ă  18h30

LILLE, MASS de BERNSTEIN : la conclusion Ă©blouissante de la saison 2018-2019. DerniĂšre ce soir, Ă  18h30. A Lille, l’Orchestre National de Lille illumine l’annĂ©e Bernstein grĂące Ă  une nouvelle production d’une partition autant mĂ©connue en France que sujet Ă  polĂ©mique en AmĂ©rique du nord
 C’est surtout pour le spectateur de la soirĂ©e, une expĂ©rience rare, irrĂ©sistible et spectaculaire qui tĂ©moigne d’un humanisme sincĂšre et directe. Celui du compositeur amĂ©ricain dont le 25 aoĂ»t 2018, marque le centenaire.

 
  
 

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Leonard Bernstein construit sa MASS apparemment inclassable, voire indigeste pour certains, comme un manifeste pour l’humanitĂ©. En mettant en scĂšne, une parodie de liturgie (avec son choeur d’église et son cĂ©lĂ©brant : fabuleux baryton Brett Polegato), le compositeur amĂ©ricain met en question la sincĂ©ritĂ© du rituel et de l’église, en particulier Ă  travers les interventions critiques, acerbes, mordantes (et d’une rare actualitĂ©) des chanteurs solistes de « Street chorus » : le chef a rĂ©uni un plateau de jeunes tempĂ©raments vocaux d’une trĂšs belle tension expressive – cf entre autres le tĂ©nor du trope « I believe » / Je crois en Dieu, du Credo, fiĂ©vreux, comme brĂ»lĂ© par une urgence irrĂ©pressible).
Dans la salle, le spectateur mĂ©dusĂ© passe du lyrisme introspectif le plus Ă©thĂ©rĂ© (a simple song) Ă  la transe collective qui se fait dĂ©lire dĂ©bridĂ© dĂ©fendu, projetĂ© par tous les chanteurs (Agnus Dei, dont le Dona nobis pacem devient sĂ©ance de fureur dĂ©boutonnĂ©e hallucinante) : l’expĂ©rience est totale et incroyablement bien Ă©laborĂ©e.
Bernstein conduit peu Ă  peu l’assemblĂ©e (public, plateau, double band : jazz et rock) vers le dĂ©voilement d’un message fraternel : il faut cĂ©lĂ©brer la vie et la fraternitĂ©. N’oublions pas que tout est fragile et tĂ©nu : « les choses se cassent si facilement » prĂ©cise trĂšs justement le cĂ©lĂ©brant.

bernstein-leonard-banniere-centenaire-bernstein-2018-sur-classiquenewsAu final, on est portĂ© par une partition protĂ©iforme dont la variĂ©tĂ© formelle (qui emprunte au marching band, au jazz, au rock, Ă  la comĂ©die musicale, mais aussi Ă  Chostakovtich et Ă  Mahler, dans les MĂ©ditations d’une profondeur Ă©purĂ©e inouĂŻe), mĂšne Ă  une cĂ©lĂ©bration intime d’une portĂ©e universelle. Si Bernstein fut croyant, c’est en apĂŽtre de la musique et de la fraternitĂ©. La communion admirablement canalisĂ©e que nous offre Ă  vivre Alexandre Bloch (notre photo) et toutes les Ă©quipes associĂ©es sous sa direction, laisse un incroyable sentiment de fiertĂ© collective, de cheminement partagĂ©. Quel plus beau cadeau peut offrir un orchestre et son chef pour conclusion Ă  leur saison musicale ? Il reste une date, ce soir, Ă  l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle, 18h30. Incontournable.

 
 
 

 
 

 

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vendredi 29 juin 20hboutonreservation
samedi 30 juin 18h30
Lille – Auditorium du Nouveau Siùcle

BILLETTERIE EN LIGNE

 

 

 

MASS BERNSTEIN / Direction : Alexandre Bloch
Récitant  : Brett Polegato
Orchestre National de Lille

Street People Ensemble Color
Grand ChƓur Ensemble vocal Adventi, Choeur de l’Avesnois, ChƓur du Conservatoire de Cambrai, InChorus, Ă©tudiants du Conservatoire de Lille et choristes amateurs
ChƓur d’enfants ChƓur Maütrisien du Conservatoire de Wasquehal
Chef de chƓur Pascal Adoumbou

Plus de 200 interprĂštes sur scĂšne

 

 
 
 

COMPTE RENDU, opéra. Festival CLASSICA, le 8 juin 2018. DEBUSSY : Pelléas et Mélisande. Buet, Andrieu, Caton / Tremblay

debussy_profil_430COMPTE RENDU, opĂ©ra. Festival CLASSICA, le 8 juin 2018 (saint-Bruno de Montarville). DEBUSSY : PellĂ©as et MĂ©lisande. Buet, Andrieu, Caton, 
 A l’initiative de Marc Boucher (qui devait chanter le rĂŽle de Golaud ce soir, mais qui le chantera aux cĂŽtĂ©s des mĂȘmes solistes partenaires, ce 29 juillet dans le cadre du festival d’opĂ©ra de QuĂ©bec), le Festival Classica accueille un plateau de rĂȘve pour un opĂ©ra mythique, le joyau du français le mieux articulĂ© et le plus onirique sur la scĂšne lyrique : PellĂ©as et MĂ©lisande de Debussy. Le festival CLASSICA au QuĂ©bec fĂȘte donc le centenaire Debussy en 2018.
L’ouvrage est un sommet sonore, surtout linguistique. Le texte ainsi chantĂ©-parlĂ©, baignĂ© dans la gangue symphonique, sublimĂ© par l’extraordinaire tissu orchestral, est un baume et aussi une expĂ©rience musicale inouĂŻe. Et l’on se fĂ©licite que mĂȘme sans dĂ©cors, et dans une Ă©glise Ă  la rĂ©verbĂ©ration parfois trop amplificatrice (pour les instrumentistes), l’Orchestre de la Francophonie dirigĂ© par Jean-Philippe Tremblay, joue TOUS les prĂ©ludes et intermĂšdes symphoniques, vĂ©ritables machines hypnotiques propres Ă  dilater le temps, reculer l’espace, en un vortex miroitant et vertigineux que seul Wagner avant Debussy avait su atteindre et dĂ©velopper. Avec les intermĂšdes marins de Britten (Peter Grimes).

L’idĂ©e de donner un opĂ©ra Ă  tort Ă©tiquettĂ© « difficile » hors des salles d’opĂ©ras traditionnelles, jouĂ© par un orchestre de trĂšs jeunes musiciens (pour certains exposĂ©s pour la premiĂšre fois Ă  l’opĂ©ra et au chef d’oeuvre de Debussy) est un dĂ©fi qui occupe aussi le festival CLASSICA : dĂ©cloisonner l’expĂ©rience et l’accĂšs de la musique, offrir sur le territoire de la rive sud de MontrĂ©al, en MontĂ©rĂ©gie, une offre lyrique qui concentre alors une distribution exemplaire. De sorte que toutes les conditions sont rĂ©unis pour goĂ»ter cette langue unique tissĂ©e par Maesterlinck et Debussy, soit un français onirique et Ă©nigmatique qui excite notre imaginaire et notre dĂ©sir poĂ©tique.

Dans les faits, deux chanteurs ici ont incarnĂ© leur personnage sur les plus grandes scĂšnes française, Ă  Paris (TCE ThĂ©Ăątre des Champs ElysĂ©es) et aussi Ă  Tourcoing, au sein de l’Atelier Lyrique quand le regrettĂ© Jean-Claude Malgoire dĂ©cidait dĂšs 2015, soit avant le centenaire Debussy 2018, de produire dans le Nord français, et dans son « thĂ©Ăątre » (Raymond Devos Ă  Tourcoing), une nouvelle production, rĂ©unissant alors la crĂšme de la crĂšme parmi les chanteurs français : Sabine Deviehle (MĂ©lisande), Guillaume Andrieu (PellĂ©as), Alain Buet (Golaud), trois prises de rĂŽles saisissante de vĂ©ritĂ© et de subtilitĂ©. Classiquenews a filmĂ© cette production reprise ensuite pour le centenaire : voir notre reportage vidĂ©o PellĂ©as et MĂ©lisande de Debussy par Jean-Claude Malgoire, 2015.

 

 

Festival CLASSICA 2018

Pelléas captivant à Saint-Bruno de Montarville

 

 

Au Canada, le Festival Classica n’oublie l’amitiĂ© et le partenariat au long cours tissĂ© avec le chef français, et c’est en toute logique que parmi les projets qui avaient Ă©tĂ© validĂ©s l’an dernier, Marc Boucher avait programmĂ© une version de PellĂ©as en concert, avec partie des chanteurs français choisis par Jean-Claude Malgoire.

LIRE aussi notre dĂ©pĂȘche Ă©ditĂ©e aprĂšs l’annonce du dĂ©cĂšs de Jean-Claude Malgoire le 14 avril 2018

Pelleas melisande festival classica critique opera par classiquenews alain buet guillaume andrieu quebec juin 2018DĂ©fricheur, le maestro qui nous a quittĂ© en avril dernier, a eu l’intuition juste en choisissant les deux chanteurs français : tendre, suave, jamais outrĂ©, mais ciselĂ©, le PellĂ©as de Guillaume Andrieu fait entendre cette lumiĂšre franche, la candeur d’un innocent qui dĂ©couvre l’amour au contact de sa belle-soeur, MĂ©lisande ; Alain Buet captive et surprend de bout en bout par son engagement et l’investissement vocal (comme physique) qu’il sait apporter au personnage si complexe de Golaud : quand d’autres en font un brutal sanguin, violent (la scĂšne d’Absalom), une bĂȘte parfois sadique (ce qu’il est mais ici malgrĂ© lui), le baryton français au verbe naturel et lui aussi ciselĂ©, rĂ©tablit toute la complexitĂ© du rĂŽle : humain surtout, doutant, dĂ©passĂ©, dĂ©concertĂ© et mis en panique par l’énigme impĂ©nĂ©trable que demeure MĂ©lisande : jusqu’au bout, l’obsession le taraude, le hante, le tue mĂȘme (au sens artificiel et non sans stratĂ©gie aussi) quand il parle de sa mort, auprĂšs d’une MĂ©lisande parvenue quant Ă  elle au terme de sa vie, en fin d’action. Le relief thĂ©Ăątral, la justesse des intonations font un Golaud superlatif, celui qui finalement est le clĂ© centrale de ce drame du silence et du non-dit : le spectateur vit l’action Ă  travers ses yeux (d’oĂč la scĂšne du voyeurisme avec le petit Yniold oĂč les yeux dĂ©multipliĂ©s de Golaud sont ceux transposĂ©s du petit garçon, placĂ© en observateur forcĂ© voire violentĂ© pour en obtenir les informations exigĂ©es). La brĂ»lure, la faiblesse mais aussi l’humanitĂ© sont remarquablement restituĂ©es dans l’incarnation que compose Alain Buet : un rĂŽle majeur dans sa carriĂšre dont la finesse et l’intelligence montrent combien le choix de Jean-Claude Malgoire Ă©tait fondĂ©.
Aux cĂŽtĂ©s des français, deux solides jeunes chanteuses quĂ©bĂ©coises relĂšvent les dĂ©fis du français de Debussy (aucune surprise Ă  cela puisque les chanteurs quĂ©bĂ©cois sont parmi les meilleurs chanteurs diseurs actuels : l’excellente GeneviĂšve de Caroline GĂ©linas, et Rosalie Lane LĂ©pine dans le rĂŽle du petit Yniold, qui a la tendresse et l’innocence du rĂŽle.
Certes l’orchestre parfois couvre les voix, et jouant trop fort, dĂ©sĂ©quilibre la projection de ce chant indĂ©finissable qui est surtout chambrisme tournĂ© vers l’intĂ©rioritĂ© Ă©nigmatique des ĂȘtres. ‹Sur ce point, la fĂ©linitĂ© mystĂ©rieuse et comme distanciĂ©e, Ă  la fois froide, fataliste mais subtilement Ă©trangĂšre Ă  toute situation, de la soprano Samantha Louis-Jean, choisie pour le rĂŽle de MĂ©lisande par Marc Boucher, ne manque pas d’impact. Son chant pose directement la question de la femme : qui-est-elle ? que penses-t-elle ? En exposant aux autres son silence et son mystĂšre, elle les invite Ă  rĂ©vĂ©ler leur nature profonde : le dĂ©sir incarnĂ© qui est PellĂ©as (auquel sont dĂ©diĂ©s les plus beaux airs, les plus suaves et les plus mĂ©lodieux) ; le doute et le soupçon pour Golaud qui en crĂšve littĂ©ralement peu Ă  peu. Pour Ă©paissir encore le mystĂšre, Maeterlinck place le personnage tutĂ©laire d’Arkel, sorte de gardien de la mĂ©moire qui fige encore les piliers de ce drame suspendu, en une sĂ©rie de sentences dĂ©finitives, Ă©ternelles comme gravĂ©es dans le marbre et qui Ă©crasent encore les personnages en les inscrivant dans un temps figĂ© oĂč rien ne semble changer : en cela, la voix droite, sĂ©pulcrale de FrĂ©dĂ©ric Caton, aux couleurs sombres, apporte un Ă©clairage tout aussi passionnant. Une version fouillĂ©e, vivante, palpitante mĂȘme Ă  Saint-Bruno de Montarville oĂč c’est toute la fascinante magie du duo Debussy / Maeterlinck qui s’est cristallisĂ©e. Saluons l’initiative de Marc Boucher d’oser ainsi (et de rĂ©ussir) la pari de l’opĂ©ra français hors des salles convenues, dans les villes de la MontĂ©rĂ©gie, la rive sud de MontrĂ©al. On retrouvera la fine Ă©quipe ce 29 juillet 2018 Ă  QuĂ©bec (Festival d’opĂ©ra), avec dans le rĂŽle de Golaud, le trĂšs attendu Marc Boucher, autre diseur maniant finesse et profondeur. A suivre.
 

 

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festival classica 2018 quebec monteregie canada par classiquenewsCompte-rendu, opéra. Festival CLASSICA (Québec), Saint Bruno de Montarville (rive sud de Montréal / Montérégie), le 8 juin 2018. DEBUSSY : Pelléas et Mélisande. Samantha Louis-Jean (Mélisande) Alain Buet (Golaud) Frédéric Caton (Arkel) Isabelle Gélinas (GeneviÚve) Rosalie Lane Lépine (Yniold) Guillaume Andrieux (Pelléas) et Martin Dagenais (le médecin). Choeur La Petite bande Montréal / Orchestre de la Francophonie / Jean-Philippe Tremblay, direction. Version de concert. Drame lyrique en cinq actes et douze tableaux composé de 1893 à 1902 par Claude Debussy
PoĂšme de Maurice Maeterlinck
CrĂ©ation Ă  l’OpĂ©ra-Comique de Paris le 30 avril 1902

Illustration : Samantha Louis-Jean (Mélisande) Alain Buet (Golaud) Frédéric Caton (Arkel) Isabelle Gélinas (GeneviÚve) Rosalie Lane Lépine (Yniold) Guillaume Andrieux (Pelléas) et Martin Dagenais ( le médecin) © Festival CLASSICA 2018

 

 
 

 

COMPTE-RENDU, concert. BOUCHERVILLE (QuĂ©bec), le 5 juin 2018. Festival Classica. Mozart, Neukomm …

boucherville festival classica 6 juin concert neukomm et mozart marc boucher baryton laetitia grimaldi spitzer soprano _generale_du_concertCOMPTE-RENDU, concert. BOUCHERVILLE (QuĂ©bec), le 5 juin 2018. Festival Classica. Mozart, Neukomm (La RĂ©surection, rĂ©crĂ©ation). Temps fort de la 8Ăš Ă©dition du Festival CLASSICA au QuĂ©bec, le concert « fermé », dans l’église trĂšs Ă©lĂ©gante de Boucherville, au bord du Saint-Laurent. Le programme devait ĂȘtre dirigĂ© par le chef Jean-Claude Malgoire, dĂ©cĂ©dĂ© brutalement en avril dernier, si grand artiste passionnĂ© par le dĂ©frichement et qui continue de marquer la redĂ©couverte actuelle de Neukomm. C’est lui qui ressuscitait dĂ©jĂ  la version du Requiem de Mozart, telle que la partition fut achevĂ©e par le compositeur autrichien (Libera me final). Neukom, bien que contemporain de Beethoven, reste hermĂ©tique aux excĂšs expressifs du grand Ludwig. Il s’engage plutĂŽt pour le dernier Mozart et sa diffusion ainsi au BrĂ©sil (lors d’un fameux sĂ©jour transatlantique rĂ©alisĂ© de 1816 Ă  1821 : la cĂ©lĂšbre mission française au BrĂ©sil). Sigismond (von) Neukomm (1778-1858), fut Ă©lĂšve de Michael Haydn, avant de servir Ă  Vienne, son frĂšre Joseph, comme confident et disciple. De ce dernier, Neukomm apprit les rudiments de son mĂ©tier, partageant avec le concepteur de la CrĂ©ation (1799), ce goĂ»t pour le travail Ă©lĂ©gant, mesurĂ©, classique, pourtant d’un raffinement absolu servant un dramatisme toujours lumineux et nerveux. Dans les faits, alors que Beethoven rĂ©volutionne le genre symphonique, Neukomm cultive et prolonge le goĂ»t et l’esprit des LumiĂšres avec un Ă©quilibre aristocratique. Ici la tempĂȘte impĂ©tueuse ; la l’élĂ©gance et le raffinement polissĂ©s. Il fut proche de La Restauration, Ă©crivant un Requiem posthume pour Louis XVI (aprĂšs le CongrĂšs de Vienne en 1815, qu’il avait rejoint comme musicien particulier de.. Talleyrand). Les derniĂšres annĂ©es de la vie de Neukomm se dĂ©roulent Ă  Paris oĂč il meurt en 1858, non sans avoir traversĂ© tout le siĂšcle romantique, et laissĂ© in loco prĂšs de 
 2000 oeuvres : un trĂ©sor aujourd’hui dĂ©posĂ© Ă  la BNF oĂč Jean-Claude Malgoire avait dĂ©nichĂ© la partition autographe, la rendant exploitable grĂące Ă  l’aide de son fidĂšle assistant Vincent Boyer.

MĂȘme s’il existe une version attestĂ©e en anglais, l’oratorio La RĂ©surrection (Christi Auferstehung) vit ce soir sa recrĂ©ation en langue allemande. Et mĂȘme sa crĂ©ation tout court en AmĂ©rique du nord. DatĂ©e de 1828, la partition prĂ©sente de nombreux atouts qui la rendent particuliĂšrement sĂ©duisante aujourd’hui. Son architecture, du grave et lugubre au dĂ©but, jusqu’à la lumiĂšre Ă©clatante de la fin, soit de l’ombre Ă  la lumiĂšre : tout indique une intelligence musicale qui sait Ă©laborer un vrai drame selon l’esthĂ©tique des LumiĂšres. La finesse de l’orchestration oĂč percent souvent la clarinette, mais aussi le fruitĂ© noble et majestueux des trombones, souligne la noblesse solennelle de l’inspiration, complĂ©tĂ©e par des sĂ©quences chorales exaltĂ©es, et les airs de solistes proprement dits, lesquels sont des monologues dont la forme libre suit et articule le sens du texte. Les solistes en comprennent l’enjeu expressif et surtout poĂ©tique, car ici, chaque aria dont le plus dĂ©veloppĂ© demeure rĂ©servĂ© au baryton, amplifie la profondeur mĂ©ditative de ce drame de chambre. Les trois chanteurs qui fusionnent en fin de partition dans un trio tendre et rayonnant de sĂ©rĂ©nitĂ© enfin recouvrĂ©e, abordent leur partie respective avec la sobriĂ©tĂ© requise.

LaurĂ©ate du rĂ©cital-concours de mĂ©lodies française organisĂ© pour sa premiĂšre Ă©dition l’an dernier (juin 2017) dans le cadre du Festival CLASSICA, la soprano Laetitia Grimaldi-Splitzer affirme une plĂ©nitude vocale ronde et grave dans un air qui Ă©voque Weber Ă  maints endroits ; morceau de bravoure et d’éloquence intĂ©rieure, le grand arioso dramatique dĂ©fendu par le baryton Marc Boucher (Ă©galement directeur du festival CLASSICA) saisit par sa justesse humaine, aux lueurs hallucinĂ©es et profondes : la voix dĂ©pouillĂ©e de tout artifice, cible l’essentiel, mĂ©dite la leçon transmise par le Christ sacrifiĂ© et bientĂŽt ressuscitĂ© : tout est lĂ , dans cette dĂ©ploration prĂ©sente et cet irrĂ©pressible miracle de la rĂ©surrection finale.
Belle prestation en mesure, intĂ©rioritĂ© et noblesse qui nous invite aussi Ă  cĂ©lĂ©brer la gĂ©nĂ©rositĂ© rayonnante de Jean-Claude Malgoire auquel la soirĂ©e est dĂ©diĂ©e comme un hommage lĂ©gitime et naturel : le chef français a longtemps participĂ© au Festival CLASSICA, – lui-mĂȘme comme on a dit, premier dĂ©fricheur de Neukomm, et mentor comme partenaire du chanteur Marc Boucher.
Percutant et mesurĂ© lui aussi, le tĂ©nor Antoine BĂ©langer, dĂ©veloppe ce goĂ»t propre Ă  Neukomm pour la ferveur rentrĂ©e, introspective dans le sillon aussi des oratorios nerveux mais souples de CPE Bach. MalgrĂ© quelques dĂ©calages que le chef commis pour remplacer Jean-Claude Malgoire, peine Ă  rĂ©parer, la structure de cette Ɠuvre puissante captive de bout en bout. La finesse de son Ă©criture, l’évolution de l’oratorio mĂ©ditatif, d’abord sombre puis Ă©clatant attestent d’une pensĂ©e compositionnelle de premier plan ; pourtant son contemporain, Neukomm s’écarte de facto de la furiĂ  humaniste d’un Beethoven, pour prolonger le climat Ă©lĂ©gantissime de son maĂźtre, Joseph Haydn, jusqu’à la fin des annĂ©es 1820.
Le choeur requis pour cette recrĂ©ation jubile, dĂ©clame avec une superbe qui dĂ©fend constamment et avec justesse lĂ  encore, la majestĂ© et la solennitĂ© du compositeur autrichien. Sa parentĂ© avec Mozart, le gĂ©nie du siĂšcle, paraĂźt naturel : il y a dans cette RĂ©surrection, de nombreuses sĂ©quences proches du Requiem mozartien, une piĂšce que Neukomm connaissait bien pour l’avoir analysĂ©e et donc achevĂ©e.
Si Neukomm aime creuser l’introspection individuelle, Mozart son ainĂ© de 22 ans, ne laisse aucune place au doute comme Ă  la langueur dans sa Messe du Couronnement, une partition qui file droit, riche en exclamation collective Ă  la doxologie triomphante et solaire, trĂšs vite, affirmĂ©e par le duo premier, entre soprano et tĂ©nor (Kyrie). Aux trois artistes prĂ©sents dĂšs le Neukomm, se joint la mezzo quĂ©bĂ©coise Caroline GĂ©linas. LĂ  encore c’est la sĂ»retĂ© du chƓur qui pose l’architecture d’une oeuvre certes circonstantielle mais touchĂ©e en maints endroits par la grĂące et la tendresse comme l’effusion collective. Ampleur du Gloria, la fermetĂ© du Credo prĂ©pare au moment tant attendu, l’Agnus Dei pour soprano solo : Laetitia Grimaldi prĂ©serve l’intensitĂ© de la projection comme la clartĂ© et la couleur rayonnante de cet air sublime car il est capable de fusionner la tendresse fervente et l’exaltation conquĂ©rante. Martin Dagenais, invitĂ© in extremis Ă  piloter ce programme, dirige La Petite Bande de MontrĂ©al depuis 2013, parfois avec une fermetĂ© dure voire un rien prĂ©cipitĂ©e, qui aurait mĂ©ritĂ© davantage d’attention Ă  la clartĂ© et l’explicitation des nuances. On attend dĂ©jĂ  la reprise de ce programme Neukomm / Mozart Ă  Tourcoing et Ă  Versailles dĂ©but 2019. Passionnant programme dont les interprĂštes devraient encore nuancer leurs apports pour les 2 concerts en France Ă  venir.

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COMPTE-RENDU, concert. BOUCHERVILLE (QuĂ©bec), le 5 juin 2018. Festival Classica. Mozart (Messe du Couronnement), Neukomm (Christi Auferstehung / RĂ©surrection du Christ) , rĂ©crĂ©ation et premiĂšre nord-amĂ©ricaine). Avec l’Orchestre de chambre de la MontĂ©rĂ©gie (OCM) et le chƓur La Petite Bande de MontrĂ©al. Solistes : Laetitia Grimaldi, soprano, Caroline GĂ©linas, mezzo-soprano, Antoine BĂ©langer, tĂ©nor, et Marc Boucher, baryton. REPRISE : ‹CONCERT repris les 11 janvier 2019 Ă  Tourcoing / Atelier Lyrique (20h), puis Ă  Versailles, Chapelle royale, le 13 janvier 2019 (17h30)

http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/la-messe-du-couronnement-la-resurrection/

Festival Classica (Québec). DEBUSSY: Pelléas et Mélisande, vend  8 juin 2018, 19h, Saint Bruno de Montarville

CLASSICA-schubert-rolling-stones-classica-2018-vignetteFestival Classica (QuĂ©bec). DEBUSSY: PellĂ©as et MĂ©lisande, vend  8 juin 2018, 19h, Saint Bruno de Montarville. C’est le nouveau temps fort de cette 8Ăšme Ă©dition du Festival Classica  en MontĂ©rĂ©gie, sur la rive sud de Montreal. Le QuĂ©bec a l’exemplaritĂ© heureuse, si confidentielle en France mĂȘme: celle de la defense de la langue  française. Alors que Paris ose Ă  peine programmer des cycles et concerts de mĂ©lodies françaises, Marc Boucher directeur du festival Classica organise, experience unique au monde, le seul concours-rĂ©cital dediĂ© exclusivement Ă  la mĂ©lodie française : ce dimanche 10 juin Ă  partir de 16h (St-Andrew’s Presbyterian church Ă  Saint-Lambert).
Pour celĂ©brer aussi le centenaire DEBUSSY 2018, le Festival Classica programme l’opĂ©ra Pelleas et MĂ©lisande, chef d’oeuvre lyrique et joyau inclassable crĂ©Ă© Ă  Paris en 1902. Marc Boucher a rĂ©uni une distribution solide dont les chanteurs français invitĂ©s spĂ©cialement pour relever ce dĂ©fi :  Guillaume Andrieu (PellĂ©as) et Alain Buet (Golaud). Les deux artistes ont chantĂ© leur role respectif  dĂšs 2015 Ă  Tourcoing et Paris sous la direction du regrettĂ© Jean-Claude Malgoire, disparu brutalement au dĂ©but de cette annĂ©e 2018. L’ombre du chef français qui a tant fait pour le patrimoine français connu et mĂ©connu, sera prĂ©sente Ă  Saint-Bruno de Montarville. Elle devrait mĂȘme inspirer les artistes pour une soirĂ©e qui promet d’ĂȘtre mĂ©morable.

 

 

 

Au Québec, le festival CLASSICA programme Debussy et la mélodie française

Pour l’amour de la langue française

 

 

 

Toute audition du seul opera de DEBUSSY est une expĂ©rience exceptionnelle car l’auditeur dĂ©couvre alors la force suggestive de l’orchestre, ses couleurs, son activitĂ© miroitante et son chant specifique; l’auditeur dĂ©couvre aussi cette langue française ciselĂ©e qui signifie moins qu’elle ne suggĂšre et interroge. Au final voici un ouvrage inouĂŻ qui rĂ©volutionne le genre lyrique : qui est MĂ©lisande rĂ©ellement? A-t-elle succombĂ© au charme du jeune PellĂ©as? Golaud, personnage central du drame, a-t-il raison d’ĂȘtre aussi jaloux? Jusqu’au terme de ce fabuleux voyage oĂč les sentiments et la rĂ©alitĂ© se troublent, le mystĂšre demeure. Audela de sa forme dĂ©routante, l’opĂ©ra de DEBUSSY sur le texte de Maurice Maeterlinck nous laisse un chef d’oeuvre dune poĂ©sie puissante et irrĂ©sistible. SoirĂ©e incontournable en MontĂ©rĂ©gie.

 

 

 

vendredi 8 juin, 19h
Paroisse de Saint-Bruno de Montarville
PELLEAS ET MELISANDE de Claude Debussy
version de concert
Solistes : Guillaume Andrieux (PellĂ©as), Samantha Louis-Jean (MĂ©lisande), Alain Buet (Golaud), FrĂ©dĂ©ric Caton (Arkel), Caroline GĂ©linas (GeneviĂšve), Rosalie Lane LĂ©pine (Yniold) et Martin Dagenais (MĂ©decin). L’Orchestre de la Francophonie, le chƓur La Petite Bande de MontrĂ©al et les solistes seront sous la direction de Jean-Philippe Tremblay. Production reprise le 29 juillet 2018 dans le cadre du festival d’opera de Quebec.

 

 

 

dimanche 10 juin 2018, 16h
Saint-Andrew’s Presbyterian Church, Saint-Lambert
2Ú récital-concours international de mélodies françaises
Dans le cadre de ce 2e rĂ©cital Ă©liminatoire, cinq nalistes chanteront un cycle de mĂ©lodies et se partageront 30 000 $ en bourses. Venez entendre les meilleurs interprĂštes nationaux et internationaux dans ce subtil rĂ©pertoire mĂȘlant poĂ©sie et art lyrique. Ce concours est ouvert, sans restriction d’ñge, aux artistes Ă©mergents, mais aussi aux artistes Ă©tablis. Soyez au cƓur de l’émotion et participez directement sur place Ă  la notation des laurĂ©ats. Tout ne sera que vĂ©ritĂ© Ă©motion- nelle et beautĂ© de l’instant prĂ©sent.

 

 

 

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CLASSICA-schubert-rolling-stones-classica-2018-vignette

BILLETTERIE
Pass familial : 185 dollars / accĂšs gratuit Ă  tous les concerts 2018
(sous conditions)
Billets et passeports
450 912 0868 poste 101
festivalclassica.com
Toutes les infos, modalités de réservation, programme complet
sur le site du festival CLASSICA : www.festivalclassica.com

 

 

 

Festival Classica 2018, temps forts

CLASSICA-schubert-rolling-stones-classica-2018-vignetteFestival Classica 2018… nos temps forts, la sĂ©lection de classiquenews. En quelques annĂ©es le festival Classica sur la rive sud du Saint Laurent face Ă  MontrĂ©al, est devenu l’Ă©vĂ©nement musical incontournable de la saison estivale. Avec lui commence officiellement le cycle des festivals de l’Ă©tĂ© mais ici, depuis son cƓur de ville historique, Ă  SaintLambert, la diversitĂ© des offres artistiques, le rythme qui invite les festivaliers Ă  parcourir les rues de la ville, ce goĂ»t spĂ©cifique des mĂ©tissages des genres, le principe rĂ©ussi d’un festival populaire et urbain trĂšs accessible renouvellent notre conception mĂȘme d’un Festival musical. Classica est mĂȘme devenu un modĂšle du genre : alternant concerts payant mais Ă  moindre coĂ»t, cĂ©lĂ©brations festives en plein air et en accĂšs gratuit, cet Ă©vĂ©nement laboratoire incarne le nouveau type de festival du XXIeme siĂšcle : Ă©clectique pour tous, accessible Ă  la carte, exigeant mais innovant, Classica inaugure pour le siĂšcle Ă  venir un cycle idĂ©al pour le maillage urbain.

C’est surtout une occasion exceptionnelle oĂč se rĂ©invente le futur de la musique classique, laquelle mĂ©tissĂ©e aux autres genres (cirque et rĂ©cital lyrique) et dans des propositions et formes innovantes (rock symphonique) peut enfin toucher un trĂšs large public en particulier la relĂšve qui demain composera les mĂ©lomanes hyperconnectĂ©s de demain. VoilĂ  plantĂ©s les enjeux et lĂ  singularitĂ© d’un Ă©vĂ©nement unique au Canada, Ă  terme le festival de musique classique populaire et urbain le plus important en AmĂ©rique du Nord.

Tout le mĂ©rite en revient Ă  son directeur Marc Boucher, personnalitĂ© visionnaire qui sait programmer les piliers du rĂ©pertoire national (AndrĂ© Mathieu, Jacques Hetu…),les grands auteurs cĂ©lĂšbres Debussy et Schubert, et les standards de la culture populaire tels les Rollings Stones cette annĂ©e, comme en 2019, sera dĂ©veloppĂ©e la thĂ©matique “De Berlioz aux Bee Gees”, Ă©tonnante Ă©quation qui produit dĂ©sormais ses rĂ©alisations spectaculaires. Et chaque annĂ©e le public est prĂ©sent qui applaudit en masse les instruments classiques jouant les tubes de la variĂ©tĂ© internationale.

Aujourd’hui vendredi 1er juin 2018, dĂ©bute Ă  17h dans le centre de Saint-Lambert le premier volet du marathon 2018, un cycle de sĂ©quences musicales en plein air et dans les Ă©glises du cƓur de ville, cĂ©lĂ©brations festives gratuites et concerts fermĂ©s payants. Le public dĂ©ambule et construit son parcours selon son goĂ»t. Un festival urbain donc dont le dĂ©cor et les lieux de partage sont la ville elle-mĂȘme.

 

 

 

 

 

Vendredi 1er juin 2018
Temps forts

 
1
Jeunes artistes sur la scĂšne de la RelĂšve de la Caisse Desjardins Charles LeMoyne
À partir de 17h

 
2
Viens valser !
ScÚne Loto Québec
Les festivaliers sont invités à danser la valse
Ă  partir de 18h30

 
3
RĂ©cital lyrique Ă  19h
Russel Braun chante Le voyage d’hiver de Schubert
Paroisse catholique de Saint-Lambert
Le célÚbre chanteur canadien cisÚle le cycle de lieder le plus justement renommé de Schubert

 
4
Saveurs méditerranéennes à 20h
Al’mira, de l’Andalousie aux Balkans
St Andrew’s presbyterian Church

 

 

 

5
stradivarius et bandoneon Ă  21h
Stéphane Tetreault, violoncelle et Denis Plante, bandoneon
Un duo de timbre inouĂŻ, permis grĂące Ă  l’invitation de Marc Boucher

 

 
6
Cirque et opéra à 21h
ScÚne Loto Québec
le Cirque Éloize prĂ©sente le cabaret Classica
Avec les chambristes de la Montérégie, les solistes Nathalie Choquette, Gino Quilico, (Soprano et baryton), Nadia Labrie (flûte).

 
 
La suite demain samedi 2 juin 2018
CƓur de ville de Saint-Lambert
À partir de 9h : Yoga pour les parents et leurs enfants…

 

 

 

Toutes les infos et le programme du festival Classica 2018
Sur le site officiel Classica 2018

 

LIRE aussi notre présentation générale du festival Classica 2018 

 

 

BESTIAIRE : duo enchanteur Revault d’Allones / Humeau

cd bestiaire stephanie humeau sabine revault d allonnes cd critique review cd classiquenews 28576551_1195465910583423_5463063621917155421_nPARIS, le 24 avril 2018 : Concert ” BESTIAIRE ” par Sabine Revault d’Allonnes et StĂ©phanie Humeau. Deux artistes françaises Sabine Revault d’Allonnes (soprano) et StĂ©phanie Humeau (piano) se frottent ici au dĂ©fi des textes et Ă©vocations poĂ©tiques inspirĂ©s par les animaux. Le concert du 24 avril prochain (Mairie du IIIÚ arrdt Ă  Paris, lire en fin d’article, la prĂ©sentation du concert) est aussi le sujet de leur nouveau album discographique. Parcours Ă©tonnant et convaincant, serti de mĂ©lodies mĂ©connues, de piĂšces pianistiques rĂ©enchantĂ©es, grĂące Ă  un trĂšs subtil travail sur le sens des textes et leur enchaĂźnement… En rĂ©alitĂ© c’est davantage qu’un bestiaire choisi … : une collection de piĂšces remarquables et intelligemment associĂ©es. Le programme convoque un jardin animalier aux postures, silhouettes, situations et paysages d’une irrĂ©sistible sĂ©duction. La sincĂ©ritĂ© et la justesse du geste rendent hommage Ă  la multiplicitĂ© des sensibilitĂ©s – compositeurs et poĂštes, retenus.
Ici, chaque piĂšce illustre Ă  sa maniĂšre un comportement ou une attitude animale. Mais l’animalitĂ© identifiĂ©e s’apparente souvent aux sentiments et passions de l’ñme humaine. Que ces oiseaux, animaux (cochons forcĂ©ment « roses ») et petit cheval, sans omettre l’irremplaçable chat sur le toit, 
 et insectes
 ont de raison (et d’enseignements) Ă  nous transmettre (Ă©couter la derniĂšre Coccinelle de Hugo mise en musique et avec quel gĂ©nie par Bizet ! : « les bĂȘtes sont au bon Dieu, mais la bĂȘtise est Ă  l’homme », sagesse hugolienne absolument bouleversante).

 

 

Célébration de la mélodie française
Sublimes portraits animaliers

 

Capture d’écran 2018-03-30 Ă  19.09.19

 

 


TĂȘtes Ă  l’envers (sur le visuel de couverture), mais engagement total et trĂšs juste, les deux interprĂštes suscitent l’adhĂ©sion dans ce programme riche et Ă©quilibrĂ©, dĂ©diĂ© aux incontournables de la mĂ©lodies, comme rĂ©vĂ©lateur de joyaux moins connus
 ; le chant / piano dialogue Ă  juste titre, permettant Ă  chacune d’exprimer dans sa palette expressive Ă©tendue, tout ce qui rapproche l’animal de l’homme : le bestiaire dont il est question servi par d’admirables talents poĂ©tiques et littĂ©raires et non des moindres (Lecomte de Lisle, Hugo, Apollinaire, Jules Renard,
) marque l’esprit et l’écoute car ces bĂȘtes lĂ  – oiseaux, poissons ou insectes (« La cigale » de Chausson / L. de Lisle) sont plus humains que les hommes eux-mĂȘmes (la Coccinelle de Hugo dĂ©jĂ  citĂ©e – en sa morale imprĂ©vue, impertinente et sincĂšre, qui referme le cycle). Le piano seul y creuse des Ă©vocations Ă  la fois lĂ©gĂšres et nostalgiques aux climats rĂȘveurs d’une absolue fantaisie, oĂč jaillissent comme des poĂ©sies uniquement musicales, de purs paysages intĂ©rieurs (les sublimes « Oiseaux tristes » de Ravel dĂ©jĂ  citĂ©s, y rĂ©pondent aux « Poissons d’or » de son contemporain et si proche en pensĂ©e et inspiration, Debussy).

L’immersion poĂ©tique est totale, magnifiquement assumĂ©e, grĂące au soprano riche, ample, incarnĂ© de Sabine Revault d’Allonnes, capable aussi de graves quasi lugubres pour l’Albatros de Chausson (d’aprĂšs Baudelaire, la seule mĂ©lodie originellement destinĂ© Ă  un alto et heureusement transposĂ© pour le rĂ©cital)… LIRE notre critique complĂšte du CD BESTIAIRE

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CLIC D'OR macaron 200CD, annonce. BESTIAIRE. StĂ©phanie Humeau, piano / Sabine Revault d’Allonnes (soprano). MĂ©lodies françaises, piĂšces pour piano : de Chopin, Chausson, Bizet et Chabrier
 Ă  Poulenc et Ravel – 1 cd ARTIE’S records — enregistrement rĂ©alisĂ© en juillet 2017 (Bourg la Reine) – DurĂ©e : 1h01. CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2018. Parution : le 9 avril 2018.

 

 

 

 

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AGENDA / CONCERT

Concert de sortie / Programme du cd ” Bestiaire “, PARIS, Mairie du IIIĂš arrdt – 2, rue EugĂšne Spuller, 75003 PARIS, le 24 avril 2018, 19h30 – INFORMATIONS et RESERVATIONS :
https://www.facebook.com/BestaireMusical/

 

bestiaire leaderboard homepage from 30 mars

REPORTAGE : Songe d’une nuit d’Ă©tĂ© de Benjamin Britten Ă  l’OpĂ©ra de TOURS (13, 15 et 17 avril 2018).

tours-opera-britten-midsummer-nights-dream-benjamin-pionnierREPORTAGE : Songe d’une nuit d’Ă©tĂ© de Benjamin Britten Ă  l’OpĂ©ra de TOURS (13, 15 et 17 avril 2018). La nouvelle production prĂ©sentĂ©e Ă  l’OpĂ©ra de Tours sous la direction de Benjamin Pionnier offre une nouvelle vision de la partition de Britten, inspirĂ©e de Shakespeare. Nuit enivrante, extatique ou cauchemar hallucinĂ© ? Un peu des deux certainement. Car le dĂ©sordre rĂšgne dans une Nature chaotique – et mĂȘme bitumineuse ici, – ; si le retour Ă  l’ordre s’opĂšre dans la reprĂ©sentation de la tragĂ©die Pyrame et ThisbĂ© par les artisans rustics, amateurs devenus acteurs (un rien parodique dĂ©lirants), le chemin parcouru depuis le dĂ©but par tous les personnages les laisse Ă©prouvĂ©s : l’ordre oui, mais Ă  quel prix ! Le spectacle est la premiĂšre mise en scĂšne de Jacques Vincey, directeur du centre dramatique rĂ©gional de Tours qui Ă  l’invitation de Benjamin Pionnier, directeur de l’OpĂ©ra de Tours, rĂ©alise ainsi une Ă©blouissante relecture de la partition, Ă  la fois, onirique et cynique – Production Ă©vĂ©nement Ă  Tours en 3 dates : les 13, 15 et 17 avril 2018. ENTRETIENS, EXPLICATIONS, PRESENTATION DES PERSONNAGES ET DES OPTIONS DE MISE EN SCENE avec Jacques Vincey et Benjamin Pionnier – rĂ©alisation : Philippe Alexandre PHAM / © studio CLASSIQUENEWS.TV 2018 – DurĂ©e : 8mn 08.

 

 

 

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BRITTEN, Un SONGE D’UNE NUIT D’ETE,
A Midsummer night’s Dream
Nouvelle production

TOURS, Opéra / Grand Théùtre
Vendredi 13 avril 2018 – 20h
Dimanche 15 avril 2018 – 15h
Mardi 17 avril 2018 – 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/a-midsummer-night-s-dream

Grand Théùtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

02.47.60.20.20
theatre-billetterie@ville-tours.f

 

 

 

benjamin_britten_vieuxTOURS, OpĂ©ra. Les 13, 15 et 17 avril 2018. BRITTEN : Songe d’une nuit d’étĂ© (A Midsummer Night’s Dream) plonge au cƓur de l’illusion amoureuse en labyrinthe des coeurs qui Ă©prouvent chaque protagonistes qu’il soit souverain, comĂ©dien, homme ou fĂ©e, voire « rustre » (rustics)
 Entre fable et drame tragique, lĂ©gende onirique et action thĂ©Ăątrale, Benjamin Britten (1913-1976) a conçu une suite musicale Ă  la piĂšce de Shakespeare (crĂ©Ă©e dans les annĂ©es 1590) d’une toute autre inspiration que celle de son prĂ©dĂ©cesseur sur le mĂȘme sujet, Mendelssohn (dont il chantait adolescent la partie d’alto). La comĂ©die amoureuse cible la gravitĂ© de l’amour manipulateur, son oeuvre illusoire ; il ne rend pas heureux, il dĂ©sespĂšre les Ăąmes Ă©prouvĂ©es, trompĂ©es, Ă©garĂ©es. Comme The Rape of Lucrezia (Le Viol de LucrĂšce), Britten approfondit encore sa propre conception de l’opĂ©ra de chambre anglais, viscĂ©ralement thĂ©Ăątral, mais d’une fausse lĂ©gĂšretĂ© dans sa rĂ©alisation : Midsummer a Ă©tĂ© conçu pour le festival d’Aldeburgh, fondĂ© 10 ans auparavant par Britten (1948). LIRE NOTRE PRESENTATION complĂšte

 

 
 

VOIR aussi notre TEASER VIDEO court : Le Songe d’une nuit d’Ă©tĂ© de Benjamin Britten Ă  l’OpĂ©ra de Tours, nouvelle production Ă©blouissante

 
  

FESTIVAL & ACADEMIE : VERAO CLASSICO à Lisbonne (édition 2017), grand reportage vidéo

verao-classico-vignette-50Reportage vidĂ©o du Festival et AcadĂ©mie VERAO CLASSICO Ă  Lisbonne : prĂ©sentation, fonctionnement, missions Ă  l’occasion de l’Ă©dition de l’Ă©tĂ© 2017. Un festival unique en Europe, favorisant l’expĂ©rience du jeu soliste et chambriste pour tous les musiciens soucieux de perfectionner leur approche et leur comprĂ©hension des rĂ©pertoires… Les jeunes Ă©tudiants y suivent les masterclasses des plus grands solistes actuels, partenaires familiers de concerts de musique de chambre… Entretien avec Filipe Pinto-Ribeiro, pianiste et fondateur de l’Ă©vĂ©nement musical portugais / Prof. Filipe Pinto-Ribeiro (Portugal) Piano – Artistic and Pedagogical Director ; avec Gary Hoffman, violoncelliste, …— rĂ©alisation : Philippe Alexandre PHAM – © studio CLASSIQUENEWS.TV 2017

 

 

 

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LIRE aussi notre compte rendu de l’Ă©dition VERAO CLASSICO Ă  Lisbonne en aoĂ»t 2017

 
 
verao-classico-2017-masterfest-concert-des-professeurs-critique-compte-rendu-par-classiquenews

 

 

Extrait de notre compte rendu critique de VERAO CLASSICO 2017 : ” UNE ECOLE DE VIE
 Le temps de notre sĂ©jour, Ă  Lisbonne, il a Ă©tĂ© possible de mesurer le degrĂ© d’implication des jeunes musiciens acadĂ©miciens (Ă  l’étĂ© 2017, plus de 150 jeunes venus de toute l’Europe, d’Asie et des AmĂ©riques
), la qualitĂ© des cours assurĂ©s par les professeurs, l’organisation des concerts proposĂ©s au public. Chacun y puise un bĂ©nĂ©fice humain, artistique, technique d’une trĂšs grande valeur. La musique de chambre exige une qualitĂ© d’écoute, une humilitĂ©, une grande ouverture d’esprit qui s’avĂšrent dans la vie elle-mĂȘme, de prĂ©cieux bagages. Rien ne remplace les apports d’une expĂ©rience musicale collective. Jouer ensemble, c’est apprendre Ă  vivre avec les autres. La mĂ©taphore montre combien le cycle et l’offre sont essentiels aujourd’hui. Au cƓur du programme, s’imposent l’enseignement et l’expĂ©rience des 4 concerts de professeurs (« les « MasterFest »), et les 6 concerts des jeunes instrumentistes acadĂ©miciens (« TalentFest »).
Aux cĂŽtĂ©s des profils internationaux, originaires du monde entier, de trĂšs nombreux jeunes musiciens portugais suivent les sessions de travail et participent aux concerts : l’école de musique de l’Orchestre MĂ©tropolitain de Lisbonne, autre ruche musicale permanente, qui accueille tous les profils de jeunes instrumentistes, est un partenaire privilĂ©giĂ© du festival acadĂ©mie du CCB : ainsi, chacun y trouve sa place selon son niveau et ses objectifs.
Les frontiĂšres s’affranchissent : une seule famille se prĂ©cise et se renforce au diapason des nationalitĂ©s associĂ©es (20 pays diffĂ©rents sont reprĂ©sentĂ©s ainsi Ă  Lisbonne), des rencontres et des Ă©changes. Rien ne saurait atteindre Ă  ce degrĂ© d’émulation collective, tant l’expĂ©rience de la musique de chambre, telle qu’elle est vĂ©cu Ă  Lisbonne, le temps du festival-acadĂ©mie Verao classico (en portugais, l’étĂ© classique) transforme les esprits, leur façon de jouer et de vivre la musique. L’expĂ©rience des autres, l’écoute des partenaires
 l’offrande finale donnĂ©e en partage aux festivaliers lors de chaque concert rĂ©active cet idĂ©al europĂ©en oĂč les nationalitĂ©s s’unissent pour bĂątir une harmonie soudainement tangible et audible. Par son fonctionnement, son but, ses rĂ©alisations, le festival acadĂ©mie VERAO CLASSICO Ă  Lisbonne est un exemple Ă  suivre. Une utopie devenue rĂ©alitĂ©.”

 

 

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PROCHAINE EDITION du festival & AcadĂ©mie VERAO CLASSICO LISBOA : du 29 juillet au 7 aoĂ»t 2018. Informations, rĂ©servations, fonctionnement, prĂ©sentation des concerts des professeurs (MasterFest) et des jeunes apprentis instrumentistes (TalentFest) – inscriptions en ligne possible : www.veraoclassico.com

VERAO CLASSICO LISBOA 2018 presentation programm par classiquenews Banner1-pt-2018

 

 

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TEASER : Songe d’une nuit d’Ă©tĂ© de Benjamin Britten Ă  l’OpĂ©ra de TOURS (13, 15 et 17 avril 2018)

tours-opera-britten-midsummer-nights-dream-benjamin-pionnierTEASER : Songe d’une nuit d’Ă©tĂ© de Benjamin Britten Ă  l’OpĂ©ra de TOURS (13, 15 et 17 avril 2018). La nouvelle production prĂ©sentĂ©e Ă  l’OpĂ©ra de Tours sous la direction de Benjamin Pionnier offre une nouvelle vision de la partition de Britten, inspirĂ©e de Shakespeare. Nuit enivrante, extatique ou cauchemar hallucinĂ© ? Un peu des deux certainement. Le spectacle est la premiĂšre mise en scĂšne de Jacques Vincey, directeur du centre dramatique rĂ©gional de Tours – Production Ă©vĂ©nement Ă  Tours en 3 dates : les 13, 15 et 17 avril 2018 – rĂ©alisation : Philippe Alexandre PHAM / © studio CLASSIQUENEWS.TV 2018

 
 
 

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BRITTEN, Un SONGE D’UNE NUIT D’ETE,
A Midsummer night’s Dream
Nouvelle production

TOURS, Opéra / Grand Théùtre
Vendredi 13 avril 2018 – 20h
Dimanche 15 avril 2018 – 15h
Mardi 17 avril 2018 – 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/a-midsummer-night-s-dream

Grand Théùtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

02.47.60.20.20
theatre-billetterie@ville-tours.f

 
 
 

benjamin_britten_vieuxTOURS, OpĂ©ra. Les 13, 15 et 17 avril 2018. BRITTEN : Songe d’une nuit d’étĂ© (A Midsummer Night’s Dream) plonge au cƓur de l’illusion amoureuse en labyrinthe des coeurs qui Ă©prouvent chaque protagonistes qu’il soit souverain, comĂ©dien, homme ou fĂ©e, voire « rustre » (rustics)
 Entre fable et drame tragique, lĂ©gende onirique et action thĂ©Ăątrale, Benjamin Britten (1913-1976) a conçu une suite musicale Ă  la piĂšce de Shakespeare (crĂ©Ă©e dans les annĂ©es 1590) d’une toute autre inspiration que celle de son prĂ©dĂ©cesseur sur le mĂȘme sujet, Mendelssohn (dont il chantait adolescent la partie d’alto). La comĂ©die amoureuse cible la gravitĂ© de l’amour manipulateur, son oeuvre illusoire ; il ne rend pas heureux, il dĂ©sespĂšre les Ăąmes Ă©prouvĂ©es, trompĂ©es, Ă©garĂ©es. Comme The Rape of Lucrezia (Le Viol de LucrĂšce), Britten approfondit encore sa propre conception de l’opĂ©ra de chambre anglais, viscĂ©ralement thĂ©Ăątral, mais d’une fausse lĂ©gĂšretĂ© dans sa rĂ©alisation : Midsummer a Ă©tĂ© conçu pour le festival d’Aldeburgh, fondĂ© 10 ans auparavant par Britten (1948). LIRE NOTRE PRESENTATION complĂšte :

 
 
 

CD événement : COUPERIN : Concerts Royaux par Les Timbres (1 cd Flora musica)

COUPERIN par les timbres cd visuel cd classiquenewsNOUVEAU CD, TEASER. Concerts Royaux (Paris 1722) par LES TIMBRES — Les Timbres jouent COUPERIN. Le 20 avril 2018 sort le nouveau disque de l’ensemble sur instruments d’époque, Les Timbres : Concerts Royaux de François COUPERIN. L’annĂ©e Couperin ne pouvait rĂȘver meilleur hommage ni accomplissement plus pertinent. TEASER vidĂ©o rĂ©alisĂ© Ă  l’occasion de l’enregistrement Ă  Frasne le ChĂąteau en juillet 2017 – Musique d’un Ă©quilibre dĂ©licat oĂč chaque partie compte, se complĂšte, s’écoute, le monde instrumental de Couperin permet aux Timbres de dĂ©voiler ce qu’ils maĂźtrisent, l’art du dialogue concertĂ©, l’harmonie collĂ©giale dont rĂȘve tout ensemble musical
 CD rĂ©compensĂ© par un “CLIC” de CLASSIQUENEWS
Réalisation : Philippe-Alexandre PHAM © studio CLASSIQUENEWS.TV 2018

 

 

 

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VOIR aussi notre REPORTAGE sur l’enregistrement des Concerts Royaux de François Couperin par LES TIMBRES : entretien avec les instrumentistes ; quel est le fonctionnement des Timbres ? Quel dĂ©fi de prĂ©sente Ă  l’interprĂšte dans le cas des Ɠuvres de François Couperin ?, etc…

 
 

REPORTAGE, vidĂ©o. Festival MUSIQUE & MÉMOIRE : ALIA MENS joue JS BACH (juil 2017)

Festival MUSIQUE ET MEMOIRE dans les Vosges du SudREPORTAGE, vidĂ©o. Festival MUSIQUE & MÉMOIRE : ALIA MENS joue JS BACH (juil 2017). Ensemble en rĂ©sidence Ă  Musique et MĂ©moire (Vosges du sud), l’ensemble baroque ALIA MENS dirigĂ© par Olivier Spilmont poursuit son exploration des mondes sonores et spirituels de JS BACH. En 2016, les cantates prĂ©sentĂ©es ont rĂ©alisĂ© un premier cd (La CitĂ© CĂ©leste, 1 cd PARATY). En juillet 2017, 2Ăš annĂ©e d’une rĂ©sidence de 3 ans, Olivier Spilmont enrichit davantage sa conception de la ferveur de Bach, et aussi de son Ă©criture pour instruments seuls (Concertos Brandebourgeois). Il en dĂ©coule un nouveau volet de rĂ©alisations musicales oĂč le geste et l’esthĂ©tique renouvellent notre comprĂ©hension du compositeur. Entretien avec Fabrice Creux, directeur du Festival Musique & MĂ©moire, avec Olivier Spilmont, crĂ©ateur et directeur musical d’Alia Mens. Reportage rĂ©alisĂ© par Philippe-Alexandre Pham / © studio CLASSIQUENEWS 2017

 

 

spilmont-olivier-concert-JS-BACH-festival-musique-et-memoire-concert-par-classiquenews-copyright-2018

 
 
 

Olivier Spilmont et Alia Mens crĂ©ent 2 programmes JS BACH en juillet 2017, commandes du Festival Musique et MĂ©moire — © studio CLASSIQUENEWS.COM 2018

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LIRE aussi notre compte rendu de la résidence ALIA MENS au Festival Musique & Mémoire / Les 29 et 30 juillet 2017 : Année 2 / 3 de la résidence

spilmont olivier alia mens copyright PA POINSIGNONDE L’EMERGENCE A L’ACCOMPLISSEMENT… Pour Alia Mens (l’autre esprit), s’agissant de Jean-SĂ©bastien Bach, la barre est plutĂŽt trĂšs Ă©levĂ©e. AprĂšs s’ĂȘtre pour nous dĂ©voilĂ© dans un programme suivi d’un cd rĂ©cemment paru (Cantates de Weimar, Ă©ditĂ© par PARATY, CLIC de classiquenews de mai 2017), intitulĂ© “La CitĂ© CĂ©leste”, lui-mĂȘme crĂ©Ă©, rodĂ© dans le cadre de son annĂ©e 1 Ă  Musique et MĂ©moire, Alia Mens confirme lors des deux concerts prĂ©sentĂ©s en crĂ©ation cet Ă©tĂ© (29 puis 30 juillet 2017), une Ă©vidente comprĂ©hension naturelle et organique de la musique du Cantor de Leipzig. A la justesse de l’interprĂ©tation, en une profondeur grave inĂ©dite, se joint l’intelligence dans la conception mĂȘme de chaque programme.
Le 29 juillet, place Ă  la cĂ©lĂ©bration de la RĂ©forme / « Soli Deo Gloria » / pour la seule gloire de Dieu, emblĂšme autographe inscrit comme une signature sur les manuscrit de Jean-SĂ©bastien (anniversaire particuliĂšrement fĂȘtĂ© de l’autre cĂŽtĂ© du Rhin en 2017), avec 2 cantates (« Mit Fried und Freud » BWV 125 de 1725, et « Ein’ Feste Burg  » BWV 80 de 1724)) parmi les mieux contrastĂ©es et les plus profondes jamais Ă©crites que Olivier Spilmont, directeur et fondateur de l’ensemble, a choisi d’encadrer par des extraits de la Missa Brevis (BWV233) : Gloria gorgĂ© de vitalitĂ© irradiante en ouverture et Cum Sancto Spirito, acte final lui-mĂȘme inscrit dans la rĂ©vĂ©lation d’une ferveur de plus en plus assurĂ©e, ciselĂ©e, extatique, rĂ©jouie. EN LIRE +

 

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LIRE aussi notre critique dĂ©veloppĂ©e du cd “La CitĂ© CĂ©leste” / JS BACH / Alia Mens, Olivier Spilmont, direction / 1 cd PARATY (mai 2017)

BACH-JS-critique-cd-review-cd-par-classiquenews-cantates-par-alia-mens-PARATY_916157_CiteCeleste_COUV_HMCD, compte rendu critique. Cantates de WEIMAR, JS BACH. Alia Mens (1 cd Paraty – Bry, septembre 2016). L’enregistrement fait suite Ă  la premiĂšre annĂ©e de rĂ©sidence au Festival Musique et MĂ©moire 2016, l’un des meilleurs festivals français baroques, ayant cours chaque mois de juillet, dans les Vosges du sud. LA CITE CELESTE est celle que le jeune Bach, fougueux, rĂ©formateur mĂȘme, exprime dĂ©jĂ  dans ces fabuleuses Cantates de Weimar ici rĂ©estimĂ©es, rĂ©vĂ©lĂ©es. En 1708, le jeune organiste (23 ans), maĂźtre de musique sacrĂ©e de MĂŒhlhausen quitte ses fonctions, avec bonheur pour servir la cour de Saxe-Weimar. C’est lĂ  que le jeune Jean-SĂ©bastien Bach, compositeur audacieux et ambitieux pour son art, exploite le fonds de la bibliothĂšque locale

 

 

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SPECIALE ” PRINTEMPS 2018 ” avec Les Timbres

CONCERT SPRING / PRINTEMPS par Les Timbres (2016). FĂȘtons le printemps 2018 avec un collectif douĂ© d’une exceptionnelle intelligence de jeu, soucieux d’articulation et de profondeur… A l’Ă©tĂ© 2016, l’ensemble sur instruments anciens Les TIMBRES poursuit sa rĂ©sidence au Festival MUSIQUE & MÉMOIRE dans un programme introspectif et sensible qui met Ă  l’honneur couleurs et vertiges de l’Ăąme baroque anglaise… celle ciselĂ©e par les compositeurs britanniques Ă  l’Ă©poque de Shakespeare : Gibbons (introduction toute en vanitĂ©), Nicholson, Byrd, Morley, Ward et un anonyme traversĂ© par le sentiment d’espĂ©rance propre au printemps. Nostalgique et plein de poĂ©sie, le volet SPRING souligne l’accord tĂ©nu entre les cordes et le clavecin, en Ă©troite connivence avec le chant de la soprano Julia Kirchner — rĂ©alisation : Philippe Alexandre PHAM © 2016

 

 

 

les timbres

 

Les Timbres, jeune ensemble de musique baroque, pour lesquels le jeu collectif s’appuie sur une solide Ă©coute, un sens du partage et de l’Ă©galitĂ© participative, sur l’alliance idĂ©ale entre connivence et personnalitĂ©s…Les Timbres sont actuellement en rĂ©sidence au Festival Musique et MĂ©moire

VIDEO, teaser. Naissance de VĂ©nus / Arsys Bourgogne / MihĂĄly Zeke (1 cd PARATY, 6 avril 2018)

Paraty117155_Naissance_de_Venus_COUV_HMVIDEO, teaser. Naissance de VĂ©nus / Arsys Bourgogne / MihĂĄly Zeke (1 cd PARATY, 6 avril 2018) - NAISSANCE DE VENUS par ARSYS B / M Zeke. Dans un nouvel album Ă©vĂ©nement Ă  paraĂźtre le 6 avril 2018, l’ensemble Arsys Bourgogne sous la direction de MihĂĄly Zeke, assume une nouvelle orientation artistique, un Ă©largissement de son rĂ©pertoire : les piĂšces chorales a cappella des compositeurs français de la premiĂšre moitiĂ© du XXĂš siĂšcle : Ravel, Debussy, Schmitt, Milhaud (dont la cantate La Naissance de VĂ©nus donne le titre du cd), Poulenc, sans omettre un Messiaen mĂ©connu plutĂŽt spectaculaire … TEASER VIDEO du cd PARATY (PIAS distribution) — Lancement le 6 avril 2018 © studio CLASSIQUENEWS.COM / RĂ©alisation : Philippe-Alexandre PHAM — Retrouvez sur classiquenews.com, la critique complĂšte du cd Naissance de VĂ©nus, avec l’obtention de la rĂ©compense suprĂȘme, “LE CLIC” de CLASSIQUENEWS du printemps 2018… Ă  suivre.

 

ENREGISTREMENT : Concerts Royaux (Paris 1722) par LES TIMBRES reportage vidéo)

COUPERIN portraitVIDEO, Reportage. Les Timbres jouent COUPERIN. Le 20 avril 2018 sort le nouveau disque de l’ensemble sur instruments d’Ă©poque, Les Timbres : Concerts Royaux de François COUPERIN. L’annĂ©e Couperin ne pouvait rĂȘver meilleur hommage ni accomplissement plus pertinent. Reportage vidĂ©o rĂ©alisĂ© pendant l’enregistrement Ă  Frasne le ChĂąteau en juillet 2017 – Qu’apportent aujourd’hui Les Timbres ? Quels sont les dĂ©fis de l’interprĂ©tation, le propre de l’Ă©criture de François Couperin, quelle est sa conception de la musique concertante ? Musique d’un Ă©quilibre dĂ©licat oĂč chaque partie compte, se complĂšte, s’Ă©coute, le monde instrumental de Couperin permet aux Timbres de dĂ©voiler davantage ce qu’ils maĂźtrisent, l’art du dialogue concertĂ©, l’harmonie collĂ©giale dont rĂȘve tout ensemble musical… CD rĂ©compensĂ© par un “CLIC” de CLASSIQUENEWS
Réalisation : Philippe-Alexandre PHAM © studio CLASSIQUENEWS.TV 2018

 

 

 

Nouveau cd Ă  paraĂźtre le 20 avril 2018 : Concerts Royaux par Les Timbres

CD “CLIC” de classiquenews, d’avril 2018 – le cd Ă©vĂ©nement de l’annĂ©e COUPERIN 2018

 
 

COUPERIN par les timbres cd visuel cd classiquenews

 
 

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Compte-rendu critique, opéra. TOURS, le 16 février 2018. GOUNOD : Philémon & Baucis, recréation en 3 actes. Pionnier / Ostini.

Compte-rendu critique, opĂ©ra. TOURS, le 16 fĂ©vrier 2018. GOUNOD : PhilĂ©mon & Baucis, recrĂ©ation en 3 actes. Pionnier / Ostini. VoilĂ  assurĂ©ment l’évĂ©nement lyrique de l’annĂ©e 2018, celle du Centenaire Debussy. Alors que les institutions parisiennes se montrent timides ou peu inspirĂ©es dans leur cĂ©lĂ©bration du gĂ©nie debussyste, l’OpĂ©ra de Tours cible juste en dĂ©voilant, de surcroĂźt dans sa version intĂ©grale (en 3 actes, dont le II comprenant le fameux et si mĂ©connu chƓur contestataire
), l’opĂ©ra comique, PhilĂ©mon & Baucis, joyau mĂ©connu crĂ©Ă© en 1860.

 

 

philemon-baucis-charles-gounod-opera-de-tours-recreation-version-integrale-compte-rendu-critique-opera-par-classiquenews

 

Norma Nahon (Baucis), fausse coquette volage au III

 
 
 

D’un format plus resserrĂ© et court que son prĂ©cĂ©dent opĂ©ra Faust, PhilĂ©mon n’en conserve pas moins la meilleure inspiration d’un Gounod qui excelle dans la caractĂ©risation de ses personnages inspirĂ©s de la fable de La Fontaine. Tout en se montrant Ă©perdu, lyrique, sentimental quand il faut dĂ©peindre l’amour fidĂšle et indĂ©fectible du couple PhilĂ©mon / Baucis, le musicien qui bientĂŽt composera son chef d’oeuvre absolu, RomĂ©o et Juliette, sait ciseler les contrastes dramatiques et psychologiques qui distinguent Jupiter et son comparse et double, Vulcain. Le mari volage batifole, se surpasse en noblesse supĂ©rieure (mais jamais arrogante ni condescendante vis Ă  vis de ses protĂ©gĂ©s PhilĂ©mon et Baucis) ; le second, perce par sa carrure brute, aigre, dĂ©sillusionnĂ©e
 en mari trompĂ© (par VĂ©nus son Ă©pouse, heureuse amante de Mars).
Ainsi le quatuor vocal excelle dans le style Ă©lĂ©gant et sincĂšre propre Ă  Gounod. Baucis tendre et sobre, Norma Nahoun, en vraie coloratoure (vocalises de la coquette au III) relĂšve les dĂ©fis de sa partie originellement conçue pour mettre en valeur l’épouse du directeur du ThĂ©Ăątre-Lyrique, et prĂ©cĂ©demment crĂ©atrice du rĂŽle de Marguerite (Faust). Fine, juste, agile, la soprano donne du corps et de la vraisemblance Ă  la jeune Baucis qui ĂągĂ©e ou juvĂ©nilisĂ©e, conserve une indĂ©fectible fidĂ©litĂ© pour son seul amour terrestre, PhilĂ©mon. Ce dernier trouve une belle ardeur grĂące au tĂ©nor SĂ©bastien Droy ; d’ailleurs, leurs duos qui traversent l’opĂ©ra (au I, en vieillards heureux, tranquilles ; au III, dans un final qui cĂ©lĂšbre leur loyautĂ© l’un Ă  l’autre), affirment une indiscutable sincĂ©ritĂ© : les deux timbres s’accordent magnifiquement, prĂ©figurant ce que seront bientĂŽt les quatre duos extatiques et sublimes de RomĂ©o et Juliette Ă  venir.
Alexandre Duhamel comprend toutes les facettes du Jupiter souverain, venu sur terre pour constater la mĂ©chancetĂ© des mortels ; en tombant sur les si accueillants PhilĂ©mon et Baucis, le dieu des dieux modĂšre son Ă©valuation et Ă©prouve mĂȘme une sĂ©rieuse compassion pour ceux qui ont su l’abriter et le nourrir Ă  la suite d’un tempĂȘte. Son air Ă  la fin du I, a tout d’un MĂ©phistophĂ©lĂšs protecteur, magicien, d’un abandon quasi voluptueux : instance protectrice, suscitant un formidable tableau nocturne. A ses cĂŽtĂ©s le Vulcain de Éric Martin-Bonnet tire aussi la couverture en rĂ©ussissant un portrait profond et vrai, celui d’un dieu trahi par son Ă©pouse et qui au III, sait s’émouvoir quand il mesure malgrĂ© les tentations, la fidĂ©litĂ© des Ă©poux PhilĂ©mon et Baucis – vrai sujet central de cet ouvrage poĂ©tique et philosophique.

La mise en scĂšne de Julien Ostini cultive la simplicitĂ© et la clartĂ© des tableaux : jeux de voiles au I ; puis de plus en plus dĂ©pouillĂ©e et vide quand il faut Ă©voquer le palais de Jupiter oĂč PhilĂ©mon et Baucis rajeunis se rĂ©veillent en protĂ©gĂ©s du dieu. Rien ne peut Ă©galer la richesse que procure un amour fidĂšle et partagĂ©, pas mĂȘme les stratagĂšmes d’un Jupiter sĂ©ducteur, Ă©pris de la belle Baucis (III) : les plaisirs divins offrent un espace froid, illimitĂ©, inhumain. Quand au final, les cintres descendent, dĂ©voilant le dispositif lumineux, les masques tombent 
 et l’essentiel paraĂźt sur scĂšne : l’omnipotence d’un amour fidĂšle. Gounod retrouve cette langue directe et franche de La Fontaine, sans rien perdre dans sa parure orchestrale, de la poĂ©sie originelle.

 

 

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Dans la fosse, veillant Ă  la finesse gĂ©nĂ©rale, Benjamin Pionnier, trĂšs inspirĂ© et en verve, a rĂ©Ă©crit avec le metteur en scĂšne, partie des dialogues parlĂ©es, Ă©maillant le texte, de rĂ©fĂ©rences Ă  la politique contemporaine : essor de la vague « en marche », dieu facĂ©tieux Ă©voquant un prĂ©sident « jupitĂ©rien »,
 La palme de cette actualisation tout en douceur et subtilitĂ©, revient Ă  la tenue de l’acte II, enfin rĂ©vĂ©lĂ©e dans sa version intĂ©grale : le tableau du chƓur, celui des mortels qui se rebellent et protestent / dĂ©filent contre le pouvoir des dieux, se rapproche des meilleures situations cocasses d’un Offenbach, mais avec une Ă©lĂ©gance de ton propre Ă  Gounod. La Bacchante rĂ©voltĂ©e, dĂ©lirante de Marion Grange apporte ce grain de folie dĂ©jantĂ©e qui souligne chez Gounod, une facette inconnue. VĂ©ritable minidrame dans le drame principal, l’acte II pourrait se jouer indĂ©pendamment : ni PhilĂ©mon ni Baucis ne sont concernĂ©s (il n’y paraissent pas). Mais sur le plan de l’écriture, Gounod se dĂ©passe, au service d’un texte sĂ©ditieux et contestataire (saluons l’implication et le travail du chƓur de l’OpĂ©ra de Tours grĂące auquel ce volet mĂ©connu Ă©blouit par sa force expressive). De quoi souligner l’apport du spectacle rĂ©vĂ©lant un aspect mĂ©connu du gĂ©nie de Gounod.
La scĂšne tourangelle confirme une belle appĂ©tence pour l’opĂ©ra romantique français : on se souvient ici mĂȘme d’une remarquable production de RomĂ©o et Juliette du mĂȘme Gounod (avec Anne-Catherine Gillet en Juliette), et plus rĂ©cemment de LakmĂ© de Delibes (avec Jodie Devos dans le rĂŽle-titre). Distributions intelligentes, mises en scĂšne claires et inventives, approches souvent lumineuses voire raffinĂ©es
 l’OpĂ©ra de Tours s’engage avec mĂ©rite dans la dĂ©fense de notre patrimoine romantique. La rĂ©ussite est totale.

 

 

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Compte rendu critique, opéra. TOURS, le 16 février 2018. GOUNOD : Philémon & Baucis, 1860, recréation, version intégrale en 3 actes. Benjamin Pionnier, direction. Julien Ostini, mise en scÚne.

 

A l’affiche les 16, 18 et 20 fĂ©vrier 2018. Prochaine production lyrique Ă  l’OpĂ©ra de Tours : L’Elisir d’amore de Gaetano Donizetti (Samuel Jean, direction), les 16, 18 et 20 mars 2018.
http://www.operadetours.fr/l-elisir-d-amore

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VOIR
Notre teaser vidĂ©o de PhilĂ©mon et Baucis de Gounod Ă  l’OpĂ©ra de Tours
Notre reportage vidĂ©o de PhilĂ©mon et Baucis de Gounod Ă  l’OpĂ©ra de Tours, entretiens avec Benjamin Pionnier (directeur de l’OpĂ©ra de Tours, directeur musical), Julien Ostini, Norma Nahoun, SĂ©bastien Droy


 

Illustrations : 1 : © OpĂ©ra de Tours / Marie PĂ©try 2018 – 2 et 3 : © studio CLASSIQUENEWS.COM

 
 
 

VIDEO, reportage. Philémon & Baucis de GOUNOD à Tours : les 16, 18, 20 février 2018

GOUNOD charles-gounod-2VIDEO, reportage. PhilĂ©mon & Baucis de GOUNOD Ă  Tours. Superbe recrĂ©ation Ă  l’OpĂ©ra de Tours : pour son centenaire en 2018, voici PhilĂ©mon & Baucis de Charles Gounod, joyau lyrique, tendre et Ă©lĂ©gant de 1860. L’OpĂ©ra de Tours et son directeur Benjamin Pionnier en dĂ©voilent l’esthĂ©tisme, la cohĂ©rence et la fine caractĂ©risation, en rĂ©alisant une nouvelle production de la version intĂ©grale en 3 actes (dont l’acte II, formidable bacchanale Ă  la saveur sĂ©ditieuse voire contestataire). Benjamin Pionnier, direction. Tout Gounod se concentre dans cet opĂ©ra comique mythologique : mais Ă  l’inverse d’Offenbach, Gounod, Prix de Rome, bientĂŽt auteur du sublime RomĂ©o et Juliette, cisĂšle son Ă©criture en lyrisme, tendresse, dramatisme piquant : la fidĂ©litĂ© amoureuse qui unit Baucis et PhilĂ©mon malgrĂ© les tentations, le couple Jupiter / Vulcain, l’acte II choral (la rĂ©volte des mortels contre les dieux)
 jalonnent un opĂ©ra qui est un chef d’oeuvre d’équilibre, de justesse poĂ©tique, d’inspiration mĂ©lodique, de caractĂ©risation
 Cette nouvelle crĂ©ation est bien l’évĂ©nement lyrique de l’annĂ©e GOUNOD 2018. 3 dates incontournables : 16, 18 et 20 fĂ©vrier 2018.
TEASER reportage – rĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham / © Classiquenews.tv 2018.

LIRE aussi notre prĂ©sentation de la nouvelle production de PhilĂ©mon & Baucis de Charles GOUNOD (1860) recrĂ©ation prĂ©sentĂ©e par l’OpĂ©ra de Tours, les 16, 18 et 20 fĂ©vrier 2018

Compte-rendu critique, concert. LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle, le 26 janvier 2018. Haydn, Attahir, Beethoven. Orchestre National de Lille. Alexandre Bloch.

bloch-alexandre-maestro-beethoven-5eme-symphonie-concert-critique-lille-compte-rendu-critique-par-classiquenewsCompte-rendu critique, concert. LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle, le 26 janvier 2018. Haydn, Attahir, Beethoven. Orchestre National de Lille. Alexandre Bloch. Rendu cohĂ©rent par sa thĂ©matique gĂ©nĂ©rale dĂ©diĂ©e au « midi », le concert de ce soir s’ouvre sur l’un des sommets de l’expĂ©rimentation orchestrale menĂ©e au dĂ©but des annĂ©es 1760 par Joseph Haydn – le pĂšre du genre symphonique-, Ă  Esterhaza. Directeur de la musique du prince Esterhazy, le compositeur inventif dispose d’un orchestre de premier plan et de virtuoses qui ne demandent qu’à le suivre dans ses recherches : ainsi la Symphonie « midi » opus 7 en ut, affirme sa facilitĂ© Ă  varier et creuser les contrastes de caractĂšres comme de formes, le rĂ©sultat favorisant d’emblĂ©e la performance individuelle d’instruments solistes, dont surtout les cordes : violon, violoncelle, contrebasse (cette derniĂšre, vedette du Menuet des plus enlevĂ©s)
 De cette symphonie concertante, – vĂ©ritable exercice de chauffe pour les solistes, c’est surtout le premier mouvement qui saisit quand le premier violon prend littĂ©ralement la parole Ă  la façon d’une scĂšne d’opĂ©ra, immergeant l’auditeur dans une sĂ©quence ayant ses propres enjeux dramatiques (recitativo adagio avec violon solo) : volubilitĂ© imprĂ©vue et d’autant apprĂ©ciĂ©e qui place l’éloquence facĂ©tieuse de la supersoliste, Ayako Tanaka, nouvellement nommĂ©e (depuis septembre dernier), au premier plan de la soirĂ©e. L’esprit du jeu, l’humour et la suprĂȘme Ă©lĂ©gance de Haydn font une sĂ©ance prĂ©liminaire idĂ©ale pour prĂ©parer Ă  la sĂ©quence contemporaine qui suit.

 

 

 

Création mondiale du Concerto pour serpent de Benjamin Attahir à Lille
DANSES & RESONANCES DU SERPENT

 

 

ATTAHIR benjamin residence orchestre national de lille concerto pour serpent creation critique par classiquenewsPREMIERE PARTITION DE BENJAMIN ATTAHIR POUR L’ONL
 C’était l’un des premiers temps forts du travail menĂ© par le nouveau compositeur en rĂ©sidence au sein de l’Orchestre National de Lille, Benjamin Attahir, laurĂ©at de la Villa Medicis, remarquĂ© par Pierre Boulez Ă  Lucerne. Le jeune compositeur, pas encore trentenaire en 2018, prĂ©sente sa premiĂšre partition composĂ©e pour l’ONL, de surcroĂźt trĂšs originale
 car Ă©crite pour le « serpent », instrument baroque, ancĂȘtre du tuba et de l’ophiclĂ©ide, jusque lĂ , surtout utilisĂ© Ă  l’église pour soutenir les pupitres des basses ; c’est aussi le premier Concerto pour serpent de l’histoire de la musique.
Le Concerto est en rĂ©alitĂ© la 2Ăš piĂšce d’un cycle en cours de 5 sections, rĂ©capitulant les 5 appels Ă  la priĂšre de l’ordinaire musulman. Cette 2Ăš Ă©tape correspond Ă  la priĂšre du midi. Si au cours de la passionnante rencontre prĂ©liminaire au concert oĂč le compositeur et son interprĂšte / crĂ©ateur (Patrick Wibart) dialoguent et prĂ©sentent leur travail, Benjamin Attahir s’est dit trĂšs intĂ©ressĂ© par le timbre (proche du cor et du trombone) et par la vocalitĂ© naturelle du Serpent, il s’est surtout montrĂ© soucieux de la structure et de l’architecture dramatique d’une piĂšce de plus de 20 mn qui nous aura sĂ©duit par son plan ambitieux, son souci des contrastes, des ruptures de caractĂšres, sa recherche constante de couleurs. A cela s’ajoute aussi une dĂ©marche particuliĂšre pour la spatialisation : 2 cors Ă©tant placĂ©s au niveau du balcon principal, permettant dans la derniĂšre partie de l’oeuvre – la plus convaincante, des effets d’échos et de rĂ©ponses entre le chant puissant et feutrĂ© du serpent soliste situĂ© sur la scĂšne, et les deux cuivres placĂ©s de part et d’autres de la galerie ; leurs rĂ©sonances mĂȘlĂ©es, dĂ©calĂ©es, dialoguĂ©es recrĂ©ent l’impression de vagues sonores enveloppantes quand les appels Ă  la priĂšre se multiplient dans l’espace urbain.

 

 

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L’écriture est majoritairement monodique : le compositeur utilise 3 airs religieux qui constituent la matĂ©riau de base mĂ©lodique de la piĂšce : chant d’appel du muezzin, air yiddish, air grĂ©gorien (Dies Irae) ; orchestre et serpent amorcent alors un cycle d’enlacements et de sĂ©quences alternĂ©es, comme la forme mĂȘme de l’instrument vedette, 
 ondulant, serpentant avec une fluiditĂ© avide de contrastes et aussi de scintillements orchestraux (oĂč se sont distinguĂ©s entre autres, des alliages de timbres Ă©tonnants associant clarinette, flĂ»te, cuivres). Selon un plan bien dĂ©fini (du tutti initial au solo murmurant, selon la progression d’une Ă©pure graduelle), Ă  mesure que la partition s’écoule, en un geste compositionnel qui efface peu Ă  peu le chant de certains pupitres, c’est le chant rond, viscĂ©ral, puissant aussi du serpent qui s’affirme alors, concluant l’Ɠuvre dans une phrase qui s’épuise et susurre finalement, comme Ă©reintĂ©e par la constante Ă©nonciation des mĂȘmes tournures mĂ©lodiques.

attahir-concerto-pour-serpent-creation-par-patrick-wibart-serpent-concert-critique-compte-rendu-crtique-lille-par-classiquenews-vue-dessus-attahir-photo-2Quand on sait quelle maĂźtrise technique, en particulier des lĂšvres sur l’embout, le jeu du serpent requiert de l’interprĂšte, on reste saisi par l’engagement quasi permanent qui s’impose au soliste, du dĂ©but Ă  la fin. L’impression est bercĂ©e par un travail particulier sur la couleur du serpent – qui relĂšve du cor, du trombone, de la sacqueboute aussi, – nuances de sons cuivrĂ©s, ronds, suaves, feutrĂ©s, mais Ă©tonnamment puissant-, cultivant d’infinis nuances dans le sombre, le grave, parfois la lugubre et une raucitĂ© mate et sourde. C’est donc associĂ© Ă  un champ spatial rĂ©investi, tout un nuancier de timbres inĂ©dits qui s’offre Ă  l’imaginaire du spectateur / auditeur.
Benjamin Attahir questionne tous les champs des possibles et de l’expĂ©rimentation musicale : Orient / Occident, Baroque / Contemporain, Espace / Timbres
 A son mĂ©rite revient aussi un regard critique sur la notion de temporalitĂ©, d’expĂ©rience de la continuitĂ© musicale, car Ă  terme, il faudrait Ă©couter d’un seul trait, et dans leur succession conçue originellement, chacune des 5 partitions / 5 appels, dans leur flux ininterrompu et dans leurs formes caractĂ©risĂ©es. La premiĂšre piĂšce pour piano et ensemble a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e Ă  Berlin en septembre 2017 (par Daniel Barenboim et le Boulez Ensemble) ; la 3Ăš qui se prolonge dans la derniĂšre note du serpent expirant, est un 
 quatuor (par les Arod). La 5Ăš devrait ĂȘtre conçue elle aussi pour l’Orchestre National de Lille.

 

 

 

 

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PROGRAMME EN EQUILIBRE
 TrĂšs Ă©quilibrĂ© dans sa proposition orchestrale, – des Viennois (classiques et prĂ©romantiques Ă  la fois, sujets d’un ressourcement toujours trĂšs profitables pour l’écoute collective), au contemporain inĂ©dit, le programme pilotĂ© par le chef Alexandre Bloch, ajoute un volet complĂ©mentaire avec la derniĂšre Ɠuvre affichĂ©e : la 5Ăš de Beethoven. AchevĂ©e en 1808, la partition remonte en rĂ©alitĂ© Ă  une pĂ©riode antĂ©rieure, dĂšs 1795 quand Ludwig en conçoit dĂ©jĂ  les premiĂšres idĂ©es force. Dans sa genĂšse, la 5Ăš est en rĂ©alitĂ© contemporaine de la 6Ăš, Pastorale, simultanĂ©itĂ© qui souligne combien le gĂ©nie beethovĂ©nien est aussi polymorphe, d’une exceptionnelle diversitĂ© formelle. En ut mineur, l’opus 67 frappe au sens premier du terme l’esprit de l’auditeur : sa franchise rĂ©pĂ©tĂ©e, son Ă©nergie radicale et rĂ©volutionnaire, la fusion des caractĂšres martiaux et conquĂ©rants, dĂ©finissent une nouvelle langue orchestrale, celle d’une absolue rupture, et aussi d’une maĂźtrise Ă©loquente, elle-mĂȘme porteuse de modernitĂ©.

Beethoven_Hornemann-500-carreDirigeant par coeur, ce qui facilite la proximitĂ© directe avec les instrumentistes, Alexandre Bloch, sans baguette, peut s’investir pleinement, ciselant les nuances, par des gestes souples et prĂ©cis, comme un peintre manie la pĂąte sur la toile, en une infinitĂ© d’indications trĂšs claires et expressives ; tout cela construit une vision globale qui architecture l’enchaĂźnement des 4 mouvements, dans le sens d’une formidable Ă©ruption, revitalisĂ©e Ă  chacun des jalons de son jaillissement par l’énoncĂ© cyclique du fameux motif rythmique initial. AcĂ©rĂ©, vif, mais jamais sec, le chef avance, articule, nuance aussi, en une danse gestuelle, nerveuse et musclĂ©e. Ce contrĂŽle rythmique se soucie des couleurs et de la profondeur : la lisibilitĂ© des bois en particulier est dĂ©lectable, Ă©vitant ce que l’on entend trop souvent ailleurs : la saturation immĂ©diate des tutti. Rien de tel ici, tant le goĂ»t pour les timbres associĂ©s (chant fraternel de la clarinette en particulier), remarquablement dĂ©taillĂ©, nous a sĂ©duit et convaincu. Brillante et dĂ©taillĂ©e, magnifiquement charpentĂ©e, animĂ©e par une Ă©nergie irrĂ©sistible, la direction du chef dĂ©voile l’ivresse conquĂ©rante de l’opus, – son affirmation frĂ©nĂ©tique, sa dĂ©termination viscĂ©rale, un jalon majeur dans la recherche de Ludwig et aussi un absolu dans l’histoire de la musique symphonique. Sachant cultiver le pilier du rĂ©pertoire – Haydn et Beethoven, prĂȘt Ă  l’inĂ©dit, dans la sensualitĂ© et les contrastes (Attahir), l’Orchestre national de Lille poursuit son exploration heureuse des Ă©critures, manifestement portĂ© par l’enthousiasme de son nouveau directeur musical, Alexandre Bloch (1). A suivre.

 

 

 

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Compte-rendu critique, concert. LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle, le 26 janvier 2018. Orchestre National de Lille. Alexandre Bloch, direction.

Haydn : Symphonie n°7 “Le Midi”

Attahir : Adh-dhohr, Concerto pour serpent et orchestre
Serpent : Patrick Wibart

Beethoven : Symphonie n°5

 

 

 

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casadesus_603x380 Ugo ponte ONLPROCHAIN CONCERT Ă©vĂ©nement de l’Orchestre National de Lille : Jeudi 15 fĂ©vrier 2018 : Brahms : Rhapsodie pour contralto / Prokofiev : Alexandre Nevski – 1936 (Jean-Claude Casadesus, direction / Elena Gabouri, mezzo-soprano / ChƓur Philharmonique TchĂšque de Brno). INFOS & RESERVATIONS :
http://www.onlille.com/saison_17-18/concert/alexandre-nevski/

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bloch-alexandre-maestro-orchestre-national-de-lille-docu-film-presentation-annonce-critique-par-classiquenews1) En janvier 2018, un film documentaire rĂ©alisĂ© par Georges Tillard raconte l’arrivĂ©e d’Alexandre Bloch, comme directeur musical, au sein de l’Orchestre National de Lille : comment le jeune chef a t il Ă©tĂ© choisi ? Comme la passation avec le chef fondateur de l’orchestre, Jean-Claude Casadesus, s’est-elle dĂ©roulĂ©e ? PrĂ©sentation du film et critique du film « Alexandre Bloch : Bienvenue Maestro ! » de Georges Tillard 


Diffusion le 29 janvier vers 23h, aprÚs Soir 3, sur France 3 hauts de Seine, puis le 2 février 2018, 8h50. LIRE notre présentation du documentaire portrait Bienvenue Maestro / Alexandre Bloch / LIRE notre critique du film documentaire Alexandre Bloch / Bienvenue Maestro

 

 

Photos : © Ugo Ponte / Orchestre national de Lille 2018

 

 

ENTRETIEN AVEC MARA DOBRESCO, Ă  propos de son disque “Soleils de nuit” (1 cd PARATY)

PIANO DE LA NUIT : les Soleils enchanteurs de MARA DOBRESCOENTRETIEN AVEC MARA DOBRESCO. Chez Paraty, la pianiste roumaine Mara Dobresco publie l’un de ses albums les plus personnels : « Soleils de nuit ». Eloge du clair-obscur, voyage des contrastes solaires et crĂ©pusculaires
 dĂ©diĂ© Ă  l’enchantement enivrĂ© de la nuit, de Notturno en berceuse et Nocturnes, voire Clair de Lune, c’est un programme serti de Soleils de nuit qui ont pour noms : les deux Schumann, Lipati, Piotr Illiytch, Claude de France, Philippe Hersant
 Vision poĂ©tique d’un interprĂšte entre songe et subtilitĂ©. Classiquenews interroge la pianiste sur le pourquoi et le comment de ce nouvel album plutĂŽt convaincant.

 

 

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CLASSIQUENEWS : Comment et selon quels critÚres avez vous choisi chaque piÚce et conçu les enchaßnements du programme Soleils de Nuit ?

MARA DOBRESCO : Les oeuvres prĂ©sentĂ©es dans cet enregistrement se sont assemblĂ©es petit Ă  petit en moi comme peuvent s’agencer des souvenirs  qui prennent progressivement sens au contact l’un de l’autre. J’aime profondĂ©ment chacune des piĂšces 
j’ai dĂ» renoncer Ă  certaine qui ne trouvaient pas leur place. Les enchaĂźnements d’une oeuvre Ă  l’autre sont trĂšs importants car ils crĂ©ent l’unitĂ© de ce voyage 
 au bout de la nuit.
Je suis trĂšs heureuse de « mettre en lumiĂšre » dans cet enregistrement le Nocturne en fa diĂšse mineur de Dinu Lipatti (oeuvre qu’il a dĂ©diĂ©e Ă  Clara Haskil). Cette piĂšce se devait de figurer dans un programme qui est une recherche de lumiĂšre dans l’obscuritĂ©. Je garde toujours Ă  l’esprit les mots qu’il avait l’habitude de rappeler Ă  ses Ă©lĂšves : “Cherche la lumiĂšre toujours plus haut chez les autres et au plus profond de toi-mĂȘme.”
Le disque se finit par l’incroyable Carillon nocturne  de George Enesco  dans lequel l’atmosphĂšre est impalpable, solennelle, songeuse, emportĂ©e, et Ă  la  fin du morceau, j’imagine comme un geste d’adieu, esquissĂ© de la main depuis le bord du monde.

 
 
 

CNC : De quelle façon ce disque reflÚte-t-il votre esthétique personnelle ?

MD : C’est un disque qui ne cherche pas Ă  « impressionner » ou Ă  « dĂ©montrer » quelque chose. Pour cette raison, c’est un disque « anti star » presque 
.qui cherche Ă  aller dans les recoins profonds de notre mĂ©moire, de notre Ăąme je dirais 
 C’est un propos intime, et une recherche trĂšs personnelle, celle de la lumiĂšre. Avec le temps, j’ai appris Ă  « faire confiance Ă  la musique » comme disait l’un de mes maĂźtres, Jean-Claude Pennetier.

 
 
 

CNC : Comment avez choisi et préparé le piano de cet enregistrement ?

MD : J’aime bien dire: « La vie fait bien les choses »  eh bien ce piano est venu vers moi! Il y a eu un souci avec le piano qui Ă©tait censĂ© ĂȘtre celui de l’enregistrement et donc j’ai du changer Ă  la derniĂšre minute.
Dinu Lipatti disait: « Il n’y a pas de mauvais piano, seulement des mauvais pianistes ! » Bon, c’est presque vrai
mais j’aime bien faire UN avec le piano, celui qui est lĂ , l’apprivoiser. C’est un trĂšs beau Steinway sur lequel j’ai enregistrĂ© et je remercie la RĂ©gie Piano pour sa rĂ©activitĂ© et son soutien. La collaboration avec Jean Michel Daudon (l’accordeur) a Ă©tĂ© Ă©galement  trĂšs importante.

Propos recueillis en janvier 2018.

 
 
 

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PIANO DE LA NUIT : les Soleils enchanteurs de MARA DOBRESCOCd événement, annonce. MARA DOBRESCO : Soleils de Nuit (1 cd PARATY 2017). 1001 nuances de la nuit

 La pianiste roumaine Mara Dobresco signe en un parcours semĂ© de scintillements nocturnes, l’un de ses programmes les plus personnels : « Notturno, Nocturne, In der Nacht, Nuit, Dans l’air du soir, Clair de lune, berceuse  »  Eloge de l’intime accordĂ© au songe de la nuit, chaque piĂšce ici rĂ©unie et enchaĂźnĂ©e, raconte toujours l’éloquence secrĂšte d’un temps suspendu, appel au rĂȘve, Ă  l’enchantement, mais aussi Ă  une Ă©coute « chopinienne » qui invite l’auditeur Ă  une vĂ©ritable Ă©coute murmurĂ©e et intĂ©rieure… EN LIRE +