BESTIAIRE : duo enchanteur Revault d’Allones / Humeau

cd bestiaire stephanie humeau sabine revault d allonnes cd critique review cd classiquenews 28576551_1195465910583423_5463063621917155421_nPARIS, le 24 avril 2018 : Concert ” BESTIAIRE ” par Sabine Revault d’Allonnes et StĂ©phanie Humeau. Deux artistes françaises Sabine Revault d’Allonnes (soprano) et StĂ©phanie Humeau (piano) se frottent ici au dĂ©fi des textes et Ă©vocations poĂ©tiques inspirĂ©s par les animaux. Le concert du 24 avril prochain (Mairie du IIIÚ arrdt Ă  Paris, lire en fin d’article, la prĂ©sentation du concert) est aussi le sujet de leur nouveau album discographique. Parcours Ă©tonnant et convaincant, serti de mĂ©lodies mĂ©connues, de piĂšces pianistiques rĂ©enchantĂ©es, grĂące Ă  un trĂšs subtil travail sur le sens des textes et leur enchaĂźnement… En rĂ©alitĂ© c’est davantage qu’un bestiaire choisi … : une collection de piĂšces remarquables et intelligemment associĂ©es. Le programme convoque un jardin animalier aux postures, silhouettes, situations et paysages d’une irrĂ©sistible sĂ©duction. La sincĂ©ritĂ© et la justesse du geste rendent hommage Ă  la multiplicitĂ© des sensibilitĂ©s – compositeurs et poĂštes, retenus.
Ici, chaque piĂšce illustre Ă  sa maniĂšre un comportement ou une attitude animale. Mais l’animalitĂ© identifiĂ©e s’apparente souvent aux sentiments et passions de l’ñme humaine. Que ces oiseaux, animaux (cochons forcĂ©ment « roses ») et petit cheval, sans omettre l’irremplaçable chat sur le toit, 
 et insectes
 ont de raison (et d’enseignements) Ă  nous transmettre (Ă©couter la derniĂšre Coccinelle de Hugo mise en musique et avec quel gĂ©nie par Bizet ! : « les bĂȘtes sont au bon Dieu, mais la bĂȘtise est Ă  l’homme », sagesse hugolienne absolument bouleversante).

 

 

Célébration de la mélodie française
Sublimes portraits animaliers

 

Capture d’écran 2018-03-30 Ă  19.09.19

 

 


TĂȘtes Ă  l’envers (sur le visuel de couverture), mais engagement total et trĂšs juste, les deux interprĂštes suscitent l’adhĂ©sion dans ce programme riche et Ă©quilibrĂ©, dĂ©diĂ© aux incontournables de la mĂ©lodies, comme rĂ©vĂ©lateur de joyaux moins connus
 ; le chant / piano dialogue Ă  juste titre, permettant Ă  chacune d’exprimer dans sa palette expressive Ă©tendue, tout ce qui rapproche l’animal de l’homme : le bestiaire dont il est question servi par d’admirables talents poĂ©tiques et littĂ©raires et non des moindres (Lecomte de Lisle, Hugo, Apollinaire, Jules Renard,
) marque l’esprit et l’écoute car ces bĂȘtes lĂ  – oiseaux, poissons ou insectes (« La cigale » de Chausson / L. de Lisle) sont plus humains que les hommes eux-mĂȘmes (la Coccinelle de Hugo dĂ©jĂ  citĂ©e – en sa morale imprĂ©vue, impertinente et sincĂšre, qui referme le cycle). Le piano seul y creuse des Ă©vocations Ă  la fois lĂ©gĂšres et nostalgiques aux climats rĂȘveurs d’une absolue fantaisie, oĂč jaillissent comme des poĂ©sies uniquement musicales, de purs paysages intĂ©rieurs (les sublimes « Oiseaux tristes » de Ravel dĂ©jĂ  citĂ©s, y rĂ©pondent aux « Poissons d’or » de son contemporain et si proche en pensĂ©e et inspiration, Debussy).

L’immersion poĂ©tique est totale, magnifiquement assumĂ©e, grĂące au soprano riche, ample, incarnĂ© de Sabine Revault d’Allonnes, capable aussi de graves quasi lugubres pour l’Albatros de Chausson (d’aprĂšs Baudelaire, la seule mĂ©lodie originellement destinĂ© Ă  un alto et heureusement transposĂ© pour le rĂ©cital)… LIRE notre critique complĂšte du CD BESTIAIRE

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CLIC D'OR macaron 200CD, annonce. BESTIAIRE. StĂ©phanie Humeau, piano / Sabine Revault d’Allonnes (soprano). MĂ©lodies françaises, piĂšces pour piano : de Chopin, Chausson, Bizet et Chabrier
 Ă  Poulenc et Ravel – 1 cd ARTIE’S records — enregistrement rĂ©alisĂ© en juillet 2017 (Bourg la Reine) – DurĂ©e : 1h01. CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2018. Parution : le 9 avril 2018.

 

 

 

 

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AGENDA / CONCERT

Concert de sortie / Programme du cd ” Bestiaire “, PARIS, Mairie du IIIĂš arrdt – 2, rue EugĂšne Spuller, 75003 PARIS, le 24 avril 2018, 19h30 – INFORMATIONS et RESERVATIONS :
https://www.facebook.com/BestaireMusical/

 

bestiaire leaderboard homepage from 30 mars

REPORTAGE : Songe d’une nuit d’Ă©tĂ© de Benjamin Britten Ă  l’OpĂ©ra de TOURS (13, 15 et 17 avril 2018).

tours-opera-britten-midsummer-nights-dream-benjamin-pionnierREPORTAGE : Songe d’une nuit d’Ă©tĂ© de Benjamin Britten Ă  l’OpĂ©ra de TOURS (13, 15 et 17 avril 2018). La nouvelle production prĂ©sentĂ©e Ă  l’OpĂ©ra de Tours sous la direction de Benjamin Pionnier offre une nouvelle vision de la partition de Britten, inspirĂ©e de Shakespeare. Nuit enivrante, extatique ou cauchemar hallucinĂ© ? Un peu des deux certainement. Car le dĂ©sordre rĂšgne dans une Nature chaotique – et mĂȘme bitumineuse ici, – ; si le retour Ă  l’ordre s’opĂšre dans la reprĂ©sentation de la tragĂ©die Pyrame et ThisbĂ© par les artisans rustics, amateurs devenus acteurs (un rien parodique dĂ©lirants), le chemin parcouru depuis le dĂ©but par tous les personnages les laisse Ă©prouvĂ©s : l’ordre oui, mais Ă  quel prix ! Le spectacle est la premiĂšre mise en scĂšne de Jacques Vincey, directeur du centre dramatique rĂ©gional de Tours qui Ă  l’invitation de Benjamin Pionnier, directeur de l’OpĂ©ra de Tours, rĂ©alise ainsi une Ă©blouissante relecture de la partition, Ă  la fois, onirique et cynique – Production Ă©vĂ©nement Ă  Tours en 3 dates : les 13, 15 et 17 avril 2018. ENTRETIENS, EXPLICATIONS, PRESENTATION DES PERSONNAGES ET DES OPTIONS DE MISE EN SCENE avec Jacques Vincey et Benjamin Pionnier – rĂ©alisation : Philippe Alexandre PHAM / © studio CLASSIQUENEWS.TV 2018 – DurĂ©e : 8mn 08.

 

 

 

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BRITTEN, Un SONGE D’UNE NUIT D’ETE,
A Midsummer night’s Dream
Nouvelle production

TOURS, Opéra / Grand Théùtre
Vendredi 13 avril 2018 – 20h
Dimanche 15 avril 2018 – 15h
Mardi 17 avril 2018 – 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/a-midsummer-night-s-dream

Grand Théùtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

02.47.60.20.20
theatre-billetterie@ville-tours.f

 

 

 

benjamin_britten_vieuxTOURS, OpĂ©ra. Les 13, 15 et 17 avril 2018. BRITTEN : Songe d’une nuit d’étĂ© (A Midsummer Night’s Dream) plonge au cƓur de l’illusion amoureuse en labyrinthe des coeurs qui Ă©prouvent chaque protagonistes qu’il soit souverain, comĂ©dien, homme ou fĂ©e, voire « rustre » (rustics)
 Entre fable et drame tragique, lĂ©gende onirique et action thĂ©Ăątrale, Benjamin Britten (1913-1976) a conçu une suite musicale Ă  la piĂšce de Shakespeare (crĂ©Ă©e dans les annĂ©es 1590) d’une toute autre inspiration que celle de son prĂ©dĂ©cesseur sur le mĂȘme sujet, Mendelssohn (dont il chantait adolescent la partie d’alto). La comĂ©die amoureuse cible la gravitĂ© de l’amour manipulateur, son oeuvre illusoire ; il ne rend pas heureux, il dĂ©sespĂšre les Ăąmes Ă©prouvĂ©es, trompĂ©es, Ă©garĂ©es. Comme The Rape of Lucrezia (Le Viol de LucrĂšce), Britten approfondit encore sa propre conception de l’opĂ©ra de chambre anglais, viscĂ©ralement thĂ©Ăątral, mais d’une fausse lĂ©gĂšretĂ© dans sa rĂ©alisation : Midsummer a Ă©tĂ© conçu pour le festival d’Aldeburgh, fondĂ© 10 ans auparavant par Britten (1948). LIRE NOTRE PRESENTATION complĂšte

 

 
 

VOIR aussi notre TEASER VIDEO court : Le Songe d’une nuit d’Ă©tĂ© de Benjamin Britten Ă  l’OpĂ©ra de Tours, nouvelle production Ă©blouissante

 
  

FESTIVAL & ACADEMIE : VERAO CLASSICO à Lisbonne (édition 2017), grand reportage vidéo

verao-classico-vignette-50Reportage vidĂ©o du Festival et AcadĂ©mie VERAO CLASSICO Ă  Lisbonne : prĂ©sentation, fonctionnement, missions Ă  l’occasion de l’Ă©dition de l’Ă©tĂ© 2017. Un festival unique en Europe, favorisant l’expĂ©rience du jeu soliste et chambriste pour tous les musiciens soucieux de perfectionner leur approche et leur comprĂ©hension des rĂ©pertoires… Les jeunes Ă©tudiants y suivent les masterclasses des plus grands solistes actuels, partenaires familiers de concerts de musique de chambre… Entretien avec Filipe Pinto-Ribeiro, pianiste et fondateur de l’Ă©vĂ©nement musical portugais / Prof. Filipe Pinto-Ribeiro (Portugal) Piano – Artistic and Pedagogical Director ; avec Gary Hoffman, violoncelliste, …— rĂ©alisation : Philippe Alexandre PHAM – © studio CLASSIQUENEWS.TV 2017

 

 

 

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LIRE aussi notre compte rendu de l’Ă©dition VERAO CLASSICO Ă  Lisbonne en aoĂ»t 2017

 
 
verao-classico-2017-masterfest-concert-des-professeurs-critique-compte-rendu-par-classiquenews

 

 

Extrait de notre compte rendu critique de VERAO CLASSICO 2017 : ” UNE ECOLE DE VIE
 Le temps de notre sĂ©jour, Ă  Lisbonne, il a Ă©tĂ© possible de mesurer le degrĂ© d’implication des jeunes musiciens acadĂ©miciens (Ă  l’étĂ© 2017, plus de 150 jeunes venus de toute l’Europe, d’Asie et des AmĂ©riques
), la qualitĂ© des cours assurĂ©s par les professeurs, l’organisation des concerts proposĂ©s au public. Chacun y puise un bĂ©nĂ©fice humain, artistique, technique d’une trĂšs grande valeur. La musique de chambre exige une qualitĂ© d’écoute, une humilitĂ©, une grande ouverture d’esprit qui s’avĂšrent dans la vie elle-mĂȘme, de prĂ©cieux bagages. Rien ne remplace les apports d’une expĂ©rience musicale collective. Jouer ensemble, c’est apprendre Ă  vivre avec les autres. La mĂ©taphore montre combien le cycle et l’offre sont essentiels aujourd’hui. Au cƓur du programme, s’imposent l’enseignement et l’expĂ©rience des 4 concerts de professeurs (« les « MasterFest »), et les 6 concerts des jeunes instrumentistes acadĂ©miciens (« TalentFest »).
Aux cĂŽtĂ©s des profils internationaux, originaires du monde entier, de trĂšs nombreux jeunes musiciens portugais suivent les sessions de travail et participent aux concerts : l’école de musique de l’Orchestre MĂ©tropolitain de Lisbonne, autre ruche musicale permanente, qui accueille tous les profils de jeunes instrumentistes, est un partenaire privilĂ©giĂ© du festival acadĂ©mie du CCB : ainsi, chacun y trouve sa place selon son niveau et ses objectifs.
Les frontiĂšres s’affranchissent : une seule famille se prĂ©cise et se renforce au diapason des nationalitĂ©s associĂ©es (20 pays diffĂ©rents sont reprĂ©sentĂ©s ainsi Ă  Lisbonne), des rencontres et des Ă©changes. Rien ne saurait atteindre Ă  ce degrĂ© d’émulation collective, tant l’expĂ©rience de la musique de chambre, telle qu’elle est vĂ©cu Ă  Lisbonne, le temps du festival-acadĂ©mie Verao classico (en portugais, l’étĂ© classique) transforme les esprits, leur façon de jouer et de vivre la musique. L’expĂ©rience des autres, l’écoute des partenaires
 l’offrande finale donnĂ©e en partage aux festivaliers lors de chaque concert rĂ©active cet idĂ©al europĂ©en oĂč les nationalitĂ©s s’unissent pour bĂątir une harmonie soudainement tangible et audible. Par son fonctionnement, son but, ses rĂ©alisations, le festival acadĂ©mie VERAO CLASSICO Ă  Lisbonne est un exemple Ă  suivre. Une utopie devenue rĂ©alitĂ©.”

 

 

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PROCHAINE EDITION du festival & AcadĂ©mie VERAO CLASSICO LISBOA : du 29 juillet au 7 aoĂ»t 2018. Informations, rĂ©servations, fonctionnement, prĂ©sentation des concerts des professeurs (MasterFest) et des jeunes apprentis instrumentistes (TalentFest) – inscriptions en ligne possible : www.veraoclassico.com

VERAO CLASSICO LISBOA 2018 presentation programm par classiquenews Banner1-pt-2018

 

 

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TEASER : Songe d’une nuit d’Ă©tĂ© de Benjamin Britten Ă  l’OpĂ©ra de TOURS (13, 15 et 17 avril 2018)

tours-opera-britten-midsummer-nights-dream-benjamin-pionnierTEASER : Songe d’une nuit d’Ă©tĂ© de Benjamin Britten Ă  l’OpĂ©ra de TOURS (13, 15 et 17 avril 2018). La nouvelle production prĂ©sentĂ©e Ă  l’OpĂ©ra de Tours sous la direction de Benjamin Pionnier offre une nouvelle vision de la partition de Britten, inspirĂ©e de Shakespeare. Nuit enivrante, extatique ou cauchemar hallucinĂ© ? Un peu des deux certainement. Le spectacle est la premiĂšre mise en scĂšne de Jacques Vincey, directeur du centre dramatique rĂ©gional de Tours – Production Ă©vĂ©nement Ă  Tours en 3 dates : les 13, 15 et 17 avril 2018 – rĂ©alisation : Philippe Alexandre PHAM / © studio CLASSIQUENEWS.TV 2018

 
 
 

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BRITTEN, Un SONGE D’UNE NUIT D’ETE,
A Midsummer night’s Dream
Nouvelle production

TOURS, Opéra / Grand Théùtre
Vendredi 13 avril 2018 – 20h
Dimanche 15 avril 2018 – 15h
Mardi 17 avril 2018 – 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/a-midsummer-night-s-dream

Grand Théùtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

02.47.60.20.20
theatre-billetterie@ville-tours.f

 
 
 

benjamin_britten_vieuxTOURS, OpĂ©ra. Les 13, 15 et 17 avril 2018. BRITTEN : Songe d’une nuit d’étĂ© (A Midsummer Night’s Dream) plonge au cƓur de l’illusion amoureuse en labyrinthe des coeurs qui Ă©prouvent chaque protagonistes qu’il soit souverain, comĂ©dien, homme ou fĂ©e, voire « rustre » (rustics)
 Entre fable et drame tragique, lĂ©gende onirique et action thĂ©Ăątrale, Benjamin Britten (1913-1976) a conçu une suite musicale Ă  la piĂšce de Shakespeare (crĂ©Ă©e dans les annĂ©es 1590) d’une toute autre inspiration que celle de son prĂ©dĂ©cesseur sur le mĂȘme sujet, Mendelssohn (dont il chantait adolescent la partie d’alto). La comĂ©die amoureuse cible la gravitĂ© de l’amour manipulateur, son oeuvre illusoire ; il ne rend pas heureux, il dĂ©sespĂšre les Ăąmes Ă©prouvĂ©es, trompĂ©es, Ă©garĂ©es. Comme The Rape of Lucrezia (Le Viol de LucrĂšce), Britten approfondit encore sa propre conception de l’opĂ©ra de chambre anglais, viscĂ©ralement thĂ©Ăątral, mais d’une fausse lĂ©gĂšretĂ© dans sa rĂ©alisation : Midsummer a Ă©tĂ© conçu pour le festival d’Aldeburgh, fondĂ© 10 ans auparavant par Britten (1948). LIRE NOTRE PRESENTATION complĂšte :

 
 
 

CD événement : COUPERIN : Concerts Royaux par Les Timbres (1 cd Flora musica)

COUPERIN par les timbres cd visuel cd classiquenewsNOUVEAU CD, TEASER. Concerts Royaux (Paris 1722) par LES TIMBRES — Les Timbres jouent COUPERIN. Le 20 avril 2018 sort le nouveau disque de l’ensemble sur instruments d’époque, Les Timbres : Concerts Royaux de François COUPERIN. L’annĂ©e Couperin ne pouvait rĂȘver meilleur hommage ni accomplissement plus pertinent. TEASER vidĂ©o rĂ©alisĂ© Ă  l’occasion de l’enregistrement Ă  Frasne le ChĂąteau en juillet 2017 – Musique d’un Ă©quilibre dĂ©licat oĂč chaque partie compte, se complĂšte, s’écoute, le monde instrumental de Couperin permet aux Timbres de dĂ©voiler ce qu’ils maĂźtrisent, l’art du dialogue concertĂ©, l’harmonie collĂ©giale dont rĂȘve tout ensemble musical
 CD rĂ©compensĂ© par un “CLIC” de CLASSIQUENEWS
Réalisation : Philippe-Alexandre PHAM © studio CLASSIQUENEWS.TV 2018

 

 

 

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VOIR aussi notre REPORTAGE sur l’enregistrement des Concerts Royaux de François Couperin par LES TIMBRES : entretien avec les instrumentistes ; quel est le fonctionnement des Timbres ? Quel dĂ©fi de prĂ©sente Ă  l’interprĂšte dans le cas des Ɠuvres de François Couperin ?, etc…

 
 

REPORTAGE, vidĂ©o. Festival MUSIQUE & MÉMOIRE : ALIA MENS joue JS BACH (juil 2017)

Festival MUSIQUE ET MEMOIRE dans les Vosges du SudREPORTAGE, vidĂ©o. Festival MUSIQUE & MÉMOIRE : ALIA MENS joue JS BACH (juil 2017). Ensemble en rĂ©sidence Ă  Musique et MĂ©moire (Vosges du sud), l’ensemble baroque ALIA MENS dirigĂ© par Olivier Spilmont poursuit son exploration des mondes sonores et spirituels de JS BACH. En 2016, les cantates prĂ©sentĂ©es ont rĂ©alisĂ© un premier cd (La CitĂ© CĂ©leste, 1 cd PARATY). En juillet 2017, 2Ăš annĂ©e d’une rĂ©sidence de 3 ans, Olivier Spilmont enrichit davantage sa conception de la ferveur de Bach, et aussi de son Ă©criture pour instruments seuls (Concertos Brandebourgeois). Il en dĂ©coule un nouveau volet de rĂ©alisations musicales oĂč le geste et l’esthĂ©tique renouvellent notre comprĂ©hension du compositeur. Entretien avec Fabrice Creux, directeur du Festival Musique & MĂ©moire, avec Olivier Spilmont, crĂ©ateur et directeur musical d’Alia Mens. Reportage rĂ©alisĂ© par Philippe-Alexandre Pham / © studio CLASSIQUENEWS 2017

 

 

spilmont-olivier-concert-JS-BACH-festival-musique-et-memoire-concert-par-classiquenews-copyright-2018

 
 
 

Olivier Spilmont et Alia Mens crĂ©ent 2 programmes JS BACH en juillet 2017, commandes du Festival Musique et MĂ©moire — © studio CLASSIQUENEWS.COM 2018

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LIRE aussi notre compte rendu de la résidence ALIA MENS au Festival Musique & Mémoire / Les 29 et 30 juillet 2017 : Année 2 / 3 de la résidence

spilmont olivier alia mens copyright PA POINSIGNONDE L’EMERGENCE A L’ACCOMPLISSEMENT… Pour Alia Mens (l’autre esprit), s’agissant de Jean-SĂ©bastien Bach, la barre est plutĂŽt trĂšs Ă©levĂ©e. AprĂšs s’ĂȘtre pour nous dĂ©voilĂ© dans un programme suivi d’un cd rĂ©cemment paru (Cantates de Weimar, Ă©ditĂ© par PARATY, CLIC de classiquenews de mai 2017), intitulĂ© “La CitĂ© CĂ©leste”, lui-mĂȘme crĂ©Ă©, rodĂ© dans le cadre de son annĂ©e 1 Ă  Musique et MĂ©moire, Alia Mens confirme lors des deux concerts prĂ©sentĂ©s en crĂ©ation cet Ă©tĂ© (29 puis 30 juillet 2017), une Ă©vidente comprĂ©hension naturelle et organique de la musique du Cantor de Leipzig. A la justesse de l’interprĂ©tation, en une profondeur grave inĂ©dite, se joint l’intelligence dans la conception mĂȘme de chaque programme.
Le 29 juillet, place Ă  la cĂ©lĂ©bration de la RĂ©forme / « Soli Deo Gloria » / pour la seule gloire de Dieu, emblĂšme autographe inscrit comme une signature sur les manuscrit de Jean-SĂ©bastien (anniversaire particuliĂšrement fĂȘtĂ© de l’autre cĂŽtĂ© du Rhin en 2017), avec 2 cantates (« Mit Fried und Freud » BWV 125 de 1725, et « Ein’ Feste Burg  » BWV 80 de 1724)) parmi les mieux contrastĂ©es et les plus profondes jamais Ă©crites que Olivier Spilmont, directeur et fondateur de l’ensemble, a choisi d’encadrer par des extraits de la Missa Brevis (BWV233) : Gloria gorgĂ© de vitalitĂ© irradiante en ouverture et Cum Sancto Spirito, acte final lui-mĂȘme inscrit dans la rĂ©vĂ©lation d’une ferveur de plus en plus assurĂ©e, ciselĂ©e, extatique, rĂ©jouie. EN LIRE +

 

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LIRE aussi notre critique dĂ©veloppĂ©e du cd “La CitĂ© CĂ©leste” / JS BACH / Alia Mens, Olivier Spilmont, direction / 1 cd PARATY (mai 2017)

BACH-JS-critique-cd-review-cd-par-classiquenews-cantates-par-alia-mens-PARATY_916157_CiteCeleste_COUV_HMCD, compte rendu critique. Cantates de WEIMAR, JS BACH. Alia Mens (1 cd Paraty – Bry, septembre 2016). L’enregistrement fait suite Ă  la premiĂšre annĂ©e de rĂ©sidence au Festival Musique et MĂ©moire 2016, l’un des meilleurs festivals français baroques, ayant cours chaque mois de juillet, dans les Vosges du sud. LA CITE CELESTE est celle que le jeune Bach, fougueux, rĂ©formateur mĂȘme, exprime dĂ©jĂ  dans ces fabuleuses Cantates de Weimar ici rĂ©estimĂ©es, rĂ©vĂ©lĂ©es. En 1708, le jeune organiste (23 ans), maĂźtre de musique sacrĂ©e de MĂŒhlhausen quitte ses fonctions, avec bonheur pour servir la cour de Saxe-Weimar. C’est lĂ  que le jeune Jean-SĂ©bastien Bach, compositeur audacieux et ambitieux pour son art, exploite le fonds de la bibliothĂšque locale

 

 

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SPECIALE ” PRINTEMPS 2018 ” avec Les Timbres

CONCERT SPRING / PRINTEMPS par Les Timbres (2016). FĂȘtons le printemps 2018 avec un collectif douĂ© d’une exceptionnelle intelligence de jeu, soucieux d’articulation et de profondeur… A l’Ă©tĂ© 2016, l’ensemble sur instruments anciens Les TIMBRES poursuit sa rĂ©sidence au Festival MUSIQUE & MÉMOIRE dans un programme introspectif et sensible qui met Ă  l’honneur couleurs et vertiges de l’Ăąme baroque anglaise… celle ciselĂ©e par les compositeurs britanniques Ă  l’Ă©poque de Shakespeare : Gibbons (introduction toute en vanitĂ©), Nicholson, Byrd, Morley, Ward et un anonyme traversĂ© par le sentiment d’espĂ©rance propre au printemps. Nostalgique et plein de poĂ©sie, le volet SPRING souligne l’accord tĂ©nu entre les cordes et le clavecin, en Ă©troite connivence avec le chant de la soprano Julia Kirchner — rĂ©alisation : Philippe Alexandre PHAM © 2016

 

 

 

les timbres

 

Les Timbres, jeune ensemble de musique baroque, pour lesquels le jeu collectif s’appuie sur une solide Ă©coute, un sens du partage et de l’Ă©galitĂ© participative, sur l’alliance idĂ©ale entre connivence et personnalitĂ©s…Les Timbres sont actuellement en rĂ©sidence au Festival Musique et MĂ©moire

VIDEO, teaser. Naissance de VĂ©nus / Arsys Bourgogne / MihĂĄly Zeke (1 cd PARATY, 6 avril 2018)

Paraty117155_Naissance_de_Venus_COUV_HMVIDEO, teaser. Naissance de VĂ©nus / Arsys Bourgogne / MihĂĄly Zeke (1 cd PARATY, 6 avril 2018) - NAISSANCE DE VENUS par ARSYS B / M Zeke. Dans un nouvel album Ă©vĂ©nement Ă  paraĂźtre le 6 avril 2018, l’ensemble Arsys Bourgogne sous la direction de MihĂĄly Zeke, assume une nouvelle orientation artistique, un Ă©largissement de son rĂ©pertoire : les piĂšces chorales a cappella des compositeurs français de la premiĂšre moitiĂ© du XXĂš siĂšcle : Ravel, Debussy, Schmitt, Milhaud (dont la cantate La Naissance de VĂ©nus donne le titre du cd), Poulenc, sans omettre un Messiaen mĂ©connu plutĂŽt spectaculaire … TEASER VIDEO du cd PARATY (PIAS distribution) — Lancement le 6 avril 2018 © studio CLASSIQUENEWS.COM / RĂ©alisation : Philippe-Alexandre PHAM — Retrouvez sur classiquenews.com, la critique complĂšte du cd Naissance de VĂ©nus, avec l’obtention de la rĂ©compense suprĂȘme, “LE CLIC” de CLASSIQUENEWS du printemps 2018… Ă  suivre.

 

ENREGISTREMENT : Concerts Royaux (Paris 1722) par LES TIMBRES reportage vidéo)

COUPERIN portraitVIDEO, Reportage. Les Timbres jouent COUPERIN. Le 20 avril 2018 sort le nouveau disque de l’ensemble sur instruments d’Ă©poque, Les Timbres : Concerts Royaux de François COUPERIN. L’annĂ©e Couperin ne pouvait rĂȘver meilleur hommage ni accomplissement plus pertinent. Reportage vidĂ©o rĂ©alisĂ© pendant l’enregistrement Ă  Frasne le ChĂąteau en juillet 2017 – Qu’apportent aujourd’hui Les Timbres ? Quels sont les dĂ©fis de l’interprĂ©tation, le propre de l’Ă©criture de François Couperin, quelle est sa conception de la musique concertante ? Musique d’un Ă©quilibre dĂ©licat oĂč chaque partie compte, se complĂšte, s’Ă©coute, le monde instrumental de Couperin permet aux Timbres de dĂ©voiler davantage ce qu’ils maĂźtrisent, l’art du dialogue concertĂ©, l’harmonie collĂ©giale dont rĂȘve tout ensemble musical… CD rĂ©compensĂ© par un “CLIC” de CLASSIQUENEWS
Réalisation : Philippe-Alexandre PHAM © studio CLASSIQUENEWS.TV 2018

 

 

 

Nouveau cd Ă  paraĂźtre le 20 avril 2018 : Concerts Royaux par Les Timbres

CD “CLIC” de classiquenews, d’avril 2018 – le cd Ă©vĂ©nement de l’annĂ©e COUPERIN 2018

 
 

COUPERIN par les timbres cd visuel cd classiquenews

 
 

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Compte-rendu critique, opéra. TOURS, le 16 février 2018. GOUNOD : Philémon & Baucis, recréation en 3 actes. Pionnier / Ostini.

Compte-rendu critique, opĂ©ra. TOURS, le 16 fĂ©vrier 2018. GOUNOD : PhilĂ©mon & Baucis, recrĂ©ation en 3 actes. Pionnier / Ostini. VoilĂ  assurĂ©ment l’évĂ©nement lyrique de l’annĂ©e 2018, celle du Centenaire Debussy. Alors que les institutions parisiennes se montrent timides ou peu inspirĂ©es dans leur cĂ©lĂ©bration du gĂ©nie debussyste, l’OpĂ©ra de Tours cible juste en dĂ©voilant, de surcroĂźt dans sa version intĂ©grale (en 3 actes, dont le II comprenant le fameux et si mĂ©connu chƓur contestataire
), l’opĂ©ra comique, PhilĂ©mon & Baucis, joyau mĂ©connu crĂ©Ă© en 1860.

 

 

philemon-baucis-charles-gounod-opera-de-tours-recreation-version-integrale-compte-rendu-critique-opera-par-classiquenews

 

Norma Nahon (Baucis), fausse coquette volage au III

 
 
 

D’un format plus resserrĂ© et court que son prĂ©cĂ©dent opĂ©ra Faust, PhilĂ©mon n’en conserve pas moins la meilleure inspiration d’un Gounod qui excelle dans la caractĂ©risation de ses personnages inspirĂ©s de la fable de La Fontaine. Tout en se montrant Ă©perdu, lyrique, sentimental quand il faut dĂ©peindre l’amour fidĂšle et indĂ©fectible du couple PhilĂ©mon / Baucis, le musicien qui bientĂŽt composera son chef d’oeuvre absolu, RomĂ©o et Juliette, sait ciseler les contrastes dramatiques et psychologiques qui distinguent Jupiter et son comparse et double, Vulcain. Le mari volage batifole, se surpasse en noblesse supĂ©rieure (mais jamais arrogante ni condescendante vis Ă  vis de ses protĂ©gĂ©s PhilĂ©mon et Baucis) ; le second, perce par sa carrure brute, aigre, dĂ©sillusionnĂ©e
 en mari trompĂ© (par VĂ©nus son Ă©pouse, heureuse amante de Mars).
Ainsi le quatuor vocal excelle dans le style Ă©lĂ©gant et sincĂšre propre Ă  Gounod. Baucis tendre et sobre, Norma Nahoun, en vraie coloratoure (vocalises de la coquette au III) relĂšve les dĂ©fis de sa partie originellement conçue pour mettre en valeur l’épouse du directeur du ThĂ©Ăątre-Lyrique, et prĂ©cĂ©demment crĂ©atrice du rĂŽle de Marguerite (Faust). Fine, juste, agile, la soprano donne du corps et de la vraisemblance Ă  la jeune Baucis qui ĂągĂ©e ou juvĂ©nilisĂ©e, conserve une indĂ©fectible fidĂ©litĂ© pour son seul amour terrestre, PhilĂ©mon. Ce dernier trouve une belle ardeur grĂące au tĂ©nor SĂ©bastien Droy ; d’ailleurs, leurs duos qui traversent l’opĂ©ra (au I, en vieillards heureux, tranquilles ; au III, dans un final qui cĂ©lĂšbre leur loyautĂ© l’un Ă  l’autre), affirment une indiscutable sincĂ©ritĂ© : les deux timbres s’accordent magnifiquement, prĂ©figurant ce que seront bientĂŽt les quatre duos extatiques et sublimes de RomĂ©o et Juliette Ă  venir.
Alexandre Duhamel comprend toutes les facettes du Jupiter souverain, venu sur terre pour constater la mĂ©chancetĂ© des mortels ; en tombant sur les si accueillants PhilĂ©mon et Baucis, le dieu des dieux modĂšre son Ă©valuation et Ă©prouve mĂȘme une sĂ©rieuse compassion pour ceux qui ont su l’abriter et le nourrir Ă  la suite d’un tempĂȘte. Son air Ă  la fin du I, a tout d’un MĂ©phistophĂ©lĂšs protecteur, magicien, d’un abandon quasi voluptueux : instance protectrice, suscitant un formidable tableau nocturne. A ses cĂŽtĂ©s le Vulcain de Éric Martin-Bonnet tire aussi la couverture en rĂ©ussissant un portrait profond et vrai, celui d’un dieu trahi par son Ă©pouse et qui au III, sait s’émouvoir quand il mesure malgrĂ© les tentations, la fidĂ©litĂ© des Ă©poux PhilĂ©mon et Baucis – vrai sujet central de cet ouvrage poĂ©tique et philosophique.

La mise en scĂšne de Julien Ostini cultive la simplicitĂ© et la clartĂ© des tableaux : jeux de voiles au I ; puis de plus en plus dĂ©pouillĂ©e et vide quand il faut Ă©voquer le palais de Jupiter oĂč PhilĂ©mon et Baucis rajeunis se rĂ©veillent en protĂ©gĂ©s du dieu. Rien ne peut Ă©galer la richesse que procure un amour fidĂšle et partagĂ©, pas mĂȘme les stratagĂšmes d’un Jupiter sĂ©ducteur, Ă©pris de la belle Baucis (III) : les plaisirs divins offrent un espace froid, illimitĂ©, inhumain. Quand au final, les cintres descendent, dĂ©voilant le dispositif lumineux, les masques tombent 
 et l’essentiel paraĂźt sur scĂšne : l’omnipotence d’un amour fidĂšle. Gounod retrouve cette langue directe et franche de La Fontaine, sans rien perdre dans sa parure orchestrale, de la poĂ©sie originelle.

 

 

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Dans la fosse, veillant Ă  la finesse gĂ©nĂ©rale, Benjamin Pionnier, trĂšs inspirĂ© et en verve, a rĂ©Ă©crit avec le metteur en scĂšne, partie des dialogues parlĂ©es, Ă©maillant le texte, de rĂ©fĂ©rences Ă  la politique contemporaine : essor de la vague « en marche », dieu facĂ©tieux Ă©voquant un prĂ©sident « jupitĂ©rien »,
 La palme de cette actualisation tout en douceur et subtilitĂ©, revient Ă  la tenue de l’acte II, enfin rĂ©vĂ©lĂ©e dans sa version intĂ©grale : le tableau du chƓur, celui des mortels qui se rebellent et protestent / dĂ©filent contre le pouvoir des dieux, se rapproche des meilleures situations cocasses d’un Offenbach, mais avec une Ă©lĂ©gance de ton propre Ă  Gounod. La Bacchante rĂ©voltĂ©e, dĂ©lirante de Marion Grange apporte ce grain de folie dĂ©jantĂ©e qui souligne chez Gounod, une facette inconnue. VĂ©ritable minidrame dans le drame principal, l’acte II pourrait se jouer indĂ©pendamment : ni PhilĂ©mon ni Baucis ne sont concernĂ©s (il n’y paraissent pas). Mais sur le plan de l’écriture, Gounod se dĂ©passe, au service d’un texte sĂ©ditieux et contestataire (saluons l’implication et le travail du chƓur de l’OpĂ©ra de Tours grĂące auquel ce volet mĂ©connu Ă©blouit par sa force expressive). De quoi souligner l’apport du spectacle rĂ©vĂ©lant un aspect mĂ©connu du gĂ©nie de Gounod.
La scĂšne tourangelle confirme une belle appĂ©tence pour l’opĂ©ra romantique français : on se souvient ici mĂȘme d’une remarquable production de RomĂ©o et Juliette du mĂȘme Gounod (avec Anne-Catherine Gillet en Juliette), et plus rĂ©cemment de LakmĂ© de Delibes (avec Jodie Devos dans le rĂŽle-titre). Distributions intelligentes, mises en scĂšne claires et inventives, approches souvent lumineuses voire raffinĂ©es
 l’OpĂ©ra de Tours s’engage avec mĂ©rite dans la dĂ©fense de notre patrimoine romantique. La rĂ©ussite est totale.

 

 

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Compte rendu critique, opéra. TOURS, le 16 février 2018. GOUNOD : Philémon & Baucis, 1860, recréation, version intégrale en 3 actes. Benjamin Pionnier, direction. Julien Ostini, mise en scÚne.

 

A l’affiche les 16, 18 et 20 fĂ©vrier 2018. Prochaine production lyrique Ă  l’OpĂ©ra de Tours : L’Elisir d’amore de Gaetano Donizetti (Samuel Jean, direction), les 16, 18 et 20 mars 2018.
http://www.operadetours.fr/l-elisir-d-amore

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VOIR
Notre teaser vidĂ©o de PhilĂ©mon et Baucis de Gounod Ă  l’OpĂ©ra de Tours
Notre reportage vidĂ©o de PhilĂ©mon et Baucis de Gounod Ă  l’OpĂ©ra de Tours, entretiens avec Benjamin Pionnier (directeur de l’OpĂ©ra de Tours, directeur musical), Julien Ostini, Norma Nahoun, SĂ©bastien Droy


 

Illustrations : 1 : © OpĂ©ra de Tours / Marie PĂ©try 2018 – 2 et 3 : © studio CLASSIQUENEWS.COM

 
 
 

VIDEO, reportage. Philémon & Baucis de GOUNOD à Tours : les 16, 18, 20 février 2018

GOUNOD charles-gounod-2VIDEO, reportage. PhilĂ©mon & Baucis de GOUNOD Ă  Tours. Superbe recrĂ©ation Ă  l’OpĂ©ra de Tours : pour son centenaire en 2018, voici PhilĂ©mon & Baucis de Charles Gounod, joyau lyrique, tendre et Ă©lĂ©gant de 1860. L’OpĂ©ra de Tours et son directeur Benjamin Pionnier en dĂ©voilent l’esthĂ©tisme, la cohĂ©rence et la fine caractĂ©risation, en rĂ©alisant une nouvelle production de la version intĂ©grale en 3 actes (dont l’acte II, formidable bacchanale Ă  la saveur sĂ©ditieuse voire contestataire). Benjamin Pionnier, direction. Tout Gounod se concentre dans cet opĂ©ra comique mythologique : mais Ă  l’inverse d’Offenbach, Gounod, Prix de Rome, bientĂŽt auteur du sublime RomĂ©o et Juliette, cisĂšle son Ă©criture en lyrisme, tendresse, dramatisme piquant : la fidĂ©litĂ© amoureuse qui unit Baucis et PhilĂ©mon malgrĂ© les tentations, le couple Jupiter / Vulcain, l’acte II choral (la rĂ©volte des mortels contre les dieux)
 jalonnent un opĂ©ra qui est un chef d’oeuvre d’équilibre, de justesse poĂ©tique, d’inspiration mĂ©lodique, de caractĂ©risation
 Cette nouvelle crĂ©ation est bien l’évĂ©nement lyrique de l’annĂ©e GOUNOD 2018. 3 dates incontournables : 16, 18 et 20 fĂ©vrier 2018.
TEASER reportage – rĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham / © Classiquenews.tv 2018.

LIRE aussi notre prĂ©sentation de la nouvelle production de PhilĂ©mon & Baucis de Charles GOUNOD (1860) recrĂ©ation prĂ©sentĂ©e par l’OpĂ©ra de Tours, les 16, 18 et 20 fĂ©vrier 2018

Compte-rendu critique, concert. LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle, le 26 janvier 2018. Haydn, Attahir, Beethoven. Orchestre National de Lille. Alexandre Bloch.

bloch-alexandre-maestro-beethoven-5eme-symphonie-concert-critique-lille-compte-rendu-critique-par-classiquenewsCompte-rendu critique, concert. LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle, le 26 janvier 2018. Haydn, Attahir, Beethoven. Orchestre National de Lille. Alexandre Bloch. Rendu cohĂ©rent par sa thĂ©matique gĂ©nĂ©rale dĂ©diĂ©e au « midi », le concert de ce soir s’ouvre sur l’un des sommets de l’expĂ©rimentation orchestrale menĂ©e au dĂ©but des annĂ©es 1760 par Joseph Haydn – le pĂšre du genre symphonique-, Ă  Esterhaza. Directeur de la musique du prince Esterhazy, le compositeur inventif dispose d’un orchestre de premier plan et de virtuoses qui ne demandent qu’à le suivre dans ses recherches : ainsi la Symphonie « midi » opus 7 en ut, affirme sa facilitĂ© Ă  varier et creuser les contrastes de caractĂšres comme de formes, le rĂ©sultat favorisant d’emblĂ©e la performance individuelle d’instruments solistes, dont surtout les cordes : violon, violoncelle, contrebasse (cette derniĂšre, vedette du Menuet des plus enlevĂ©s)
 De cette symphonie concertante, – vĂ©ritable exercice de chauffe pour les solistes, c’est surtout le premier mouvement qui saisit quand le premier violon prend littĂ©ralement la parole Ă  la façon d’une scĂšne d’opĂ©ra, immergeant l’auditeur dans une sĂ©quence ayant ses propres enjeux dramatiques (recitativo adagio avec violon solo) : volubilitĂ© imprĂ©vue et d’autant apprĂ©ciĂ©e qui place l’éloquence facĂ©tieuse de la supersoliste, Ayako Tanaka, nouvellement nommĂ©e (depuis septembre dernier), au premier plan de la soirĂ©e. L’esprit du jeu, l’humour et la suprĂȘme Ă©lĂ©gance de Haydn font une sĂ©ance prĂ©liminaire idĂ©ale pour prĂ©parer Ă  la sĂ©quence contemporaine qui suit.

 

 

 

Création mondiale du Concerto pour serpent de Benjamin Attahir à Lille
DANSES & RESONANCES DU SERPENT

 

 

ATTAHIR benjamin residence orchestre national de lille concerto pour serpent creation critique par classiquenewsPREMIERE PARTITION DE BENJAMIN ATTAHIR POUR L’ONL
 C’était l’un des premiers temps forts du travail menĂ© par le nouveau compositeur en rĂ©sidence au sein de l’Orchestre National de Lille, Benjamin Attahir, laurĂ©at de la Villa Medicis, remarquĂ© par Pierre Boulez Ă  Lucerne. Le jeune compositeur, pas encore trentenaire en 2018, prĂ©sente sa premiĂšre partition composĂ©e pour l’ONL, de surcroĂźt trĂšs originale
 car Ă©crite pour le « serpent », instrument baroque, ancĂȘtre du tuba et de l’ophiclĂ©ide, jusque lĂ , surtout utilisĂ© Ă  l’église pour soutenir les pupitres des basses ; c’est aussi le premier Concerto pour serpent de l’histoire de la musique.
Le Concerto est en rĂ©alitĂ© la 2Ăš piĂšce d’un cycle en cours de 5 sections, rĂ©capitulant les 5 appels Ă  la priĂšre de l’ordinaire musulman. Cette 2Ăš Ă©tape correspond Ă  la priĂšre du midi. Si au cours de la passionnante rencontre prĂ©liminaire au concert oĂč le compositeur et son interprĂšte / crĂ©ateur (Patrick Wibart) dialoguent et prĂ©sentent leur travail, Benjamin Attahir s’est dit trĂšs intĂ©ressĂ© par le timbre (proche du cor et du trombone) et par la vocalitĂ© naturelle du Serpent, il s’est surtout montrĂ© soucieux de la structure et de l’architecture dramatique d’une piĂšce de plus de 20 mn qui nous aura sĂ©duit par son plan ambitieux, son souci des contrastes, des ruptures de caractĂšres, sa recherche constante de couleurs. A cela s’ajoute aussi une dĂ©marche particuliĂšre pour la spatialisation : 2 cors Ă©tant placĂ©s au niveau du balcon principal, permettant dans la derniĂšre partie de l’oeuvre – la plus convaincante, des effets d’échos et de rĂ©ponses entre le chant puissant et feutrĂ© du serpent soliste situĂ© sur la scĂšne, et les deux cuivres placĂ©s de part et d’autres de la galerie ; leurs rĂ©sonances mĂȘlĂ©es, dĂ©calĂ©es, dialoguĂ©es recrĂ©ent l’impression de vagues sonores enveloppantes quand les appels Ă  la priĂšre se multiplient dans l’espace urbain.

 

 

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L’écriture est majoritairement monodique : le compositeur utilise 3 airs religieux qui constituent la matĂ©riau de base mĂ©lodique de la piĂšce : chant d’appel du muezzin, air yiddish, air grĂ©gorien (Dies Irae) ; orchestre et serpent amorcent alors un cycle d’enlacements et de sĂ©quences alternĂ©es, comme la forme mĂȘme de l’instrument vedette, 
 ondulant, serpentant avec une fluiditĂ© avide de contrastes et aussi de scintillements orchestraux (oĂč se sont distinguĂ©s entre autres, des alliages de timbres Ă©tonnants associant clarinette, flĂ»te, cuivres). Selon un plan bien dĂ©fini (du tutti initial au solo murmurant, selon la progression d’une Ă©pure graduelle), Ă  mesure que la partition s’écoule, en un geste compositionnel qui efface peu Ă  peu le chant de certains pupitres, c’est le chant rond, viscĂ©ral, puissant aussi du serpent qui s’affirme alors, concluant l’Ɠuvre dans une phrase qui s’épuise et susurre finalement, comme Ă©reintĂ©e par la constante Ă©nonciation des mĂȘmes tournures mĂ©lodiques.

attahir-concerto-pour-serpent-creation-par-patrick-wibart-serpent-concert-critique-compte-rendu-crtique-lille-par-classiquenews-vue-dessus-attahir-photo-2Quand on sait quelle maĂźtrise technique, en particulier des lĂšvres sur l’embout, le jeu du serpent requiert de l’interprĂšte, on reste saisi par l’engagement quasi permanent qui s’impose au soliste, du dĂ©but Ă  la fin. L’impression est bercĂ©e par un travail particulier sur la couleur du serpent – qui relĂšve du cor, du trombone, de la sacqueboute aussi, – nuances de sons cuivrĂ©s, ronds, suaves, feutrĂ©s, mais Ă©tonnamment puissant-, cultivant d’infinis nuances dans le sombre, le grave, parfois la lugubre et une raucitĂ© mate et sourde. C’est donc associĂ© Ă  un champ spatial rĂ©investi, tout un nuancier de timbres inĂ©dits qui s’offre Ă  l’imaginaire du spectateur / auditeur.
Benjamin Attahir questionne tous les champs des possibles et de l’expĂ©rimentation musicale : Orient / Occident, Baroque / Contemporain, Espace / Timbres
 A son mĂ©rite revient aussi un regard critique sur la notion de temporalitĂ©, d’expĂ©rience de la continuitĂ© musicale, car Ă  terme, il faudrait Ă©couter d’un seul trait, et dans leur succession conçue originellement, chacune des 5 partitions / 5 appels, dans leur flux ininterrompu et dans leurs formes caractĂ©risĂ©es. La premiĂšre piĂšce pour piano et ensemble a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e Ă  Berlin en septembre 2017 (par Daniel Barenboim et le Boulez Ensemble) ; la 3Ăš qui se prolonge dans la derniĂšre note du serpent expirant, est un 
 quatuor (par les Arod). La 5Ăš devrait ĂȘtre conçue elle aussi pour l’Orchestre National de Lille.

 

 

 

 

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PROGRAMME EN EQUILIBRE
 TrĂšs Ă©quilibrĂ© dans sa proposition orchestrale, – des Viennois (classiques et prĂ©romantiques Ă  la fois, sujets d’un ressourcement toujours trĂšs profitables pour l’écoute collective), au contemporain inĂ©dit, le programme pilotĂ© par le chef Alexandre Bloch, ajoute un volet complĂ©mentaire avec la derniĂšre Ɠuvre affichĂ©e : la 5Ăš de Beethoven. AchevĂ©e en 1808, la partition remonte en rĂ©alitĂ© Ă  une pĂ©riode antĂ©rieure, dĂšs 1795 quand Ludwig en conçoit dĂ©jĂ  les premiĂšres idĂ©es force. Dans sa genĂšse, la 5Ăš est en rĂ©alitĂ© contemporaine de la 6Ăš, Pastorale, simultanĂ©itĂ© qui souligne combien le gĂ©nie beethovĂ©nien est aussi polymorphe, d’une exceptionnelle diversitĂ© formelle. En ut mineur, l’opus 67 frappe au sens premier du terme l’esprit de l’auditeur : sa franchise rĂ©pĂ©tĂ©e, son Ă©nergie radicale et rĂ©volutionnaire, la fusion des caractĂšres martiaux et conquĂ©rants, dĂ©finissent une nouvelle langue orchestrale, celle d’une absolue rupture, et aussi d’une maĂźtrise Ă©loquente, elle-mĂȘme porteuse de modernitĂ©.

Beethoven_Hornemann-500-carreDirigeant par coeur, ce qui facilite la proximitĂ© directe avec les instrumentistes, Alexandre Bloch, sans baguette, peut s’investir pleinement, ciselant les nuances, par des gestes souples et prĂ©cis, comme un peintre manie la pĂąte sur la toile, en une infinitĂ© d’indications trĂšs claires et expressives ; tout cela construit une vision globale qui architecture l’enchaĂźnement des 4 mouvements, dans le sens d’une formidable Ă©ruption, revitalisĂ©e Ă  chacun des jalons de son jaillissement par l’énoncĂ© cyclique du fameux motif rythmique initial. AcĂ©rĂ©, vif, mais jamais sec, le chef avance, articule, nuance aussi, en une danse gestuelle, nerveuse et musclĂ©e. Ce contrĂŽle rythmique se soucie des couleurs et de la profondeur : la lisibilitĂ© des bois en particulier est dĂ©lectable, Ă©vitant ce que l’on entend trop souvent ailleurs : la saturation immĂ©diate des tutti. Rien de tel ici, tant le goĂ»t pour les timbres associĂ©s (chant fraternel de la clarinette en particulier), remarquablement dĂ©taillĂ©, nous a sĂ©duit et convaincu. Brillante et dĂ©taillĂ©e, magnifiquement charpentĂ©e, animĂ©e par une Ă©nergie irrĂ©sistible, la direction du chef dĂ©voile l’ivresse conquĂ©rante de l’opus, – son affirmation frĂ©nĂ©tique, sa dĂ©termination viscĂ©rale, un jalon majeur dans la recherche de Ludwig et aussi un absolu dans l’histoire de la musique symphonique. Sachant cultiver le pilier du rĂ©pertoire – Haydn et Beethoven, prĂȘt Ă  l’inĂ©dit, dans la sensualitĂ© et les contrastes (Attahir), l’Orchestre national de Lille poursuit son exploration heureuse des Ă©critures, manifestement portĂ© par l’enthousiasme de son nouveau directeur musical, Alexandre Bloch (1). A suivre.

 

 

 

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Compte-rendu critique, concert. LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle, le 26 janvier 2018. Orchestre National de Lille. Alexandre Bloch, direction.

Haydn : Symphonie n°7 “Le Midi”

Attahir : Adh-dhohr, Concerto pour serpent et orchestre
Serpent : Patrick Wibart

Beethoven : Symphonie n°5

 

 

 

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casadesus_603x380 Ugo ponte ONLPROCHAIN CONCERT Ă©vĂ©nement de l’Orchestre National de Lille : Jeudi 15 fĂ©vrier 2018 : Brahms : Rhapsodie pour contralto / Prokofiev : Alexandre Nevski – 1936 (Jean-Claude Casadesus, direction / Elena Gabouri, mezzo-soprano / ChƓur Philharmonique TchĂšque de Brno). INFOS & RESERVATIONS :
http://www.onlille.com/saison_17-18/concert/alexandre-nevski/

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bloch-alexandre-maestro-orchestre-national-de-lille-docu-film-presentation-annonce-critique-par-classiquenews1) En janvier 2018, un film documentaire rĂ©alisĂ© par Georges Tillard raconte l’arrivĂ©e d’Alexandre Bloch, comme directeur musical, au sein de l’Orchestre National de Lille : comment le jeune chef a t il Ă©tĂ© choisi ? Comme la passation avec le chef fondateur de l’orchestre, Jean-Claude Casadesus, s’est-elle dĂ©roulĂ©e ? PrĂ©sentation du film et critique du film « Alexandre Bloch : Bienvenue Maestro ! » de Georges Tillard 


Diffusion le 29 janvier vers 23h, aprÚs Soir 3, sur France 3 hauts de Seine, puis le 2 février 2018, 8h50. LIRE notre présentation du documentaire portrait Bienvenue Maestro / Alexandre Bloch / LIRE notre critique du film documentaire Alexandre Bloch / Bienvenue Maestro

 

 

Photos : © Ugo Ponte / Orchestre national de Lille 2018

 

 

ENTRETIEN AVEC MARA DOBRESCO, Ă  propos de son disque “Soleils de nuit” (1 cd PARATY)

PIANO DE LA NUIT : les Soleils enchanteurs de MARA DOBRESCOENTRETIEN AVEC MARA DOBRESCO. Chez Paraty, la pianiste roumaine Mara Dobresco publie l’un de ses albums les plus personnels : « Soleils de nuit ». Eloge du clair-obscur, voyage des contrastes solaires et crĂ©pusculaires
 dĂ©diĂ© Ă  l’enchantement enivrĂ© de la nuit, de Notturno en berceuse et Nocturnes, voire Clair de Lune, c’est un programme serti de Soleils de nuit qui ont pour noms : les deux Schumann, Lipati, Piotr Illiytch, Claude de France, Philippe Hersant
 Vision poĂ©tique d’un interprĂšte entre songe et subtilitĂ©. Classiquenews interroge la pianiste sur le pourquoi et le comment de ce nouvel album plutĂŽt convaincant.

 

 

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CLASSIQUENEWS : Comment et selon quels critÚres avez vous choisi chaque piÚce et conçu les enchaßnements du programme Soleils de Nuit ?

MARA DOBRESCO : Les oeuvres prĂ©sentĂ©es dans cet enregistrement se sont assemblĂ©es petit Ă  petit en moi comme peuvent s’agencer des souvenirs  qui prennent progressivement sens au contact l’un de l’autre. J’aime profondĂ©ment chacune des piĂšces 
j’ai dĂ» renoncer Ă  certaine qui ne trouvaient pas leur place. Les enchaĂźnements d’une oeuvre Ă  l’autre sont trĂšs importants car ils crĂ©ent l’unitĂ© de ce voyage 
 au bout de la nuit.
Je suis trĂšs heureuse de « mettre en lumiĂšre » dans cet enregistrement le Nocturne en fa diĂšse mineur de Dinu Lipatti (oeuvre qu’il a dĂ©diĂ©e Ă  Clara Haskil). Cette piĂšce se devait de figurer dans un programme qui est une recherche de lumiĂšre dans l’obscuritĂ©. Je garde toujours Ă  l’esprit les mots qu’il avait l’habitude de rappeler Ă  ses Ă©lĂšves : “Cherche la lumiĂšre toujours plus haut chez les autres et au plus profond de toi-mĂȘme.”
Le disque se finit par l’incroyable Carillon nocturne  de George Enesco  dans lequel l’atmosphĂšre est impalpable, solennelle, songeuse, emportĂ©e, et Ă  la  fin du morceau, j’imagine comme un geste d’adieu, esquissĂ© de la main depuis le bord du monde.

 
 
 

CNC : De quelle façon ce disque reflÚte-t-il votre esthétique personnelle ?

MD : C’est un disque qui ne cherche pas Ă  « impressionner » ou Ă  « dĂ©montrer » quelque chose. Pour cette raison, c’est un disque « anti star » presque 
.qui cherche Ă  aller dans les recoins profonds de notre mĂ©moire, de notre Ăąme je dirais 
 C’est un propos intime, et une recherche trĂšs personnelle, celle de la lumiĂšre. Avec le temps, j’ai appris Ă  « faire confiance Ă  la musique » comme disait l’un de mes maĂźtres, Jean-Claude Pennetier.

 
 
 

CNC : Comment avez choisi et préparé le piano de cet enregistrement ?

MD : J’aime bien dire: « La vie fait bien les choses »  eh bien ce piano est venu vers moi! Il y a eu un souci avec le piano qui Ă©tait censĂ© ĂȘtre celui de l’enregistrement et donc j’ai du changer Ă  la derniĂšre minute.
Dinu Lipatti disait: « Il n’y a pas de mauvais piano, seulement des mauvais pianistes ! » Bon, c’est presque vrai
mais j’aime bien faire UN avec le piano, celui qui est lĂ , l’apprivoiser. C’est un trĂšs beau Steinway sur lequel j’ai enregistrĂ© et je remercie la RĂ©gie Piano pour sa rĂ©activitĂ© et son soutien. La collaboration avec Jean Michel Daudon (l’accordeur) a Ă©tĂ© Ă©galement  trĂšs importante.

Propos recueillis en janvier 2018.

 
 
 

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PIANO DE LA NUIT : les Soleils enchanteurs de MARA DOBRESCOCd événement, annonce. MARA DOBRESCO : Soleils de Nuit (1 cd PARATY 2017). 1001 nuances de la nuit

 La pianiste roumaine Mara Dobresco signe en un parcours semĂ© de scintillements nocturnes, l’un de ses programmes les plus personnels : « Notturno, Nocturne, In der Nacht, Nuit, Dans l’air du soir, Clair de lune, berceuse  »  Eloge de l’intime accordĂ© au songe de la nuit, chaque piĂšce ici rĂ©unie et enchaĂźnĂ©e, raconte toujours l’éloquence secrĂšte d’un temps suspendu, appel au rĂȘve, Ă  l’enchantement, mais aussi Ă  une Ă©coute « chopinienne » qui invite l’auditeur Ă  une vĂ©ritable Ă©coute murmurĂ©e et intĂ©rieure… EN LIRE +

 
 
 
 
 
 

VIDEO. Les Italiens Ă  Paris : BRUNO PROCOPIO joue Piccinni, Sacchini, Cherubini Ă  SAO PAULO (nov 2017)

procopio-bruno-ao-paulo-nov-2018-IMG_4784-selfie-tweeter-portrait-entretien-par-classiquenewsREPORTAGE VIDEO. BRUNO PROCOPIO joue Sacchini, Cherubini Ă  SAO PAULO – reportage rĂ©alisĂ© en novembre 2017 En interprĂ©tant avec l’Orchestre symphonique de l’Etat de Sao PAULO, les compositeurs qui dĂšs le XVIIIĂš ont favorisĂ© l’essor de l’Ă©criture symphonique, Bruno Procopio permet aujourd’hui aux orchestres modernes de se familiariser avec les Ă©critures mĂ©connues qui remontent aux origines de l’histoire orchestrale. Salieri, Sacchini, Piccinni, et Cherubini (Ă  travers son unique Symphonie de 1815) renseignent sur la genĂšse dont sont issus Haydn, Mozart, Beethoven… Reportage, version anglais / durĂ©e : 6mn44 © studio CLASSIQUENEWS 2018 – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre PHAM

MAESTROS. Bruno Procopio : aux origines de la matiĂšre symphonique… Entretien

procopio-maestro-bruno-chef-transatlantique-par-classiquenewsMAESTROS D’AUJOURD’HUI. BRUNO PROCOPIO : retrouver les origines de la musique symphonique. Maestro entre Europe et AmĂ©rique, Bruno Procopio se dĂ©voile en vĂ©ritable chercheur de la matiĂšre orchestrale. Le jeune chef franco-brĂ©silien dĂ©fend avec passion une nouvelle approche des orchestres. Il vient de diriger fin 2017, l’Orchestre Symphonique de l’Etat de Sao Paulo, dans un programme rare de musique française lyrique et symphonique (Symphonie de Cherubini). Sur le plan artistique, il s’agit de rĂ©tablir la place dans les programmes de concerts, des compositeurs qui ont dĂšs le XVIIIĂš favorisĂ© l’essor de l’écriture symphonique. Pour les instrumentistes qu’il dirige, en AmĂ©rique du sud et en France, le jeune chef d’orchestre veille Ă  encourager les attentes des nouvelles gĂ©nĂ©rations de musiciens. Mobiles, habiles (sur instruments d’époque ou sur instruments modernes), les instrumentistes d’aujourd’hui comme les publics de plus en plus sĂ©duits par les programmes symphoniques, souhaitent se familiariser avec les compositeurs baroques, classiques et prĂ©romantiques qui ont prĂ©cĂ©dĂ© les Viennois. Or jouer Rameau ou Gossec permet de mieux comprendre Haydn, Mozart jusqu’à Beethoven. Une rĂ©volution orchestrale est en marche. Certes il y a l’apport des instruments d’époques dans la perception plus affinĂ©e des rĂ©pertoires ; Bruno Procopio apporte aussi pour les orchestres modernes, la dĂ©couverte des Ɠuvres moins connues, – baroques, classiques et prĂ©romantiques-, dont il maĂźtrise, comme chef claveciniste, la langue et l’esthĂ©tique. ENTRETIEN exclusif pour classiquenews.

 
 

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BRUNO PROCOPIO : comment l’orchestre moderne peut-il renouer avec son rĂ©pertoire premier ?
RETROUVER LES ORIGINES DE LA MUSIQUE SYMPHONIQUE

 
 
 

CNC : Vous dĂ©fendez aujourd’hui une approche rĂ©solument ouverte et novatrice de la pratique orchestrale. De quoi s’agit-il ?

BRUNO PROCOPIO : maestro transatlantique !BRUNO PROCOPIO : Deux nouvelles voies s’ouvrent Ă  nous aujourd’hui : d’une part, le dĂ©veloppement d’un orchestre plus accueillant Ă  la jeunesse et Ă  la formation professionnelle, pratiques amplement dĂ©veloppĂ©es en AmĂ©rique du Sud (SimĂłn Bolivar Symphony Orchestra of Venezuela, Brazilian Symphony Orchestra, OSESP / Orchestre symphonique de l’Etat de Sao Paulo, etc) ; et d’autre part, la redĂ©couverte d’un rĂ©pertoire souvent confiĂ© aux ensembles et orchestres spĂ©cialisĂ©s.

Le renouvellement du rĂ©pertoire pour les formations  symphoniques traditionnelles me semble trĂšs salutaire, je suis convaincu que les  rĂ©pertoires baroque, classique et mĂȘme prĂ©-romantique, souvent proposĂ©s en premiĂšre partie de programme (pour initier  un programme spĂ©cialement conçu pour une symphonie de la fin du 19 Ăšme siĂšcle et un concerto) pourraient ĂȘtre programmĂ©s pour la totalitĂ© du concert. Au cours de mes dĂ©placements, je mesure l’appĂ©tit et la curiositĂ© grandissante des publics. Je rencontre des spectateurs avides de nouveaux horizons musicaux ; je vois Ă©galement que les abonnĂ©s aux grandes formations sont ravis de dĂ©couvrir leurs orchestre sous un nouvel angle, avec d’autres sonoritĂ©s. Leur offrir une nouvelle expĂ©rience est une vraie richesse.

Les pages orchestrales de la fin du 18Ăšme siĂšcle et du dĂ©but du 19Ăšme siĂšcle sont encore Ă  dĂ©couvrir. Elles offrent  un rĂ©pertoire riche et exaltant  qui reste encore peu jouĂ©. Il y a Ă©normĂ©ment Ă  faire, des compositeurs comme Gossec, MĂ©hul, tous les italiens qui ont travaillĂ© Ă  Paris (Salieri, Piccini, Sacchini, Cherubini
), d’illustres compositeurs comme Sigismund Neukomm, dont la plupart de son Ɠuvre se trouve Ă  la BNF, 
 tous nous ont laissĂ© une musique pleine de verve, de grandeur et de poĂ©sie expressive.

La fascination pour la France est encore de mise, notamment en AmĂ©rique du Sud. J’ai constatĂ© un rĂ©el et durable enthousiasme quand je propose la musique française quasiment inĂ©dite : plusieurs formations telles que le SimĂłn Bolivar Symphony Orchestra of Venezuela, le Brazilian Symphony Orchestra, l’Orchestre Symphonique de SĂŁo Paulo OSESP, l’Orchestre Philharmonique du Minas Gerais, l’Orchestre Symphonique National du Costa Rica, entre autres formations du continent (pour ce citer que les phalanges que j’ai eu l’opportunitĂ© de diriger), 
 toutes ont embrassĂ© cette proposition avec joie et Ă©nergie. Je souhaite Ă©galement citer les orchestres europĂ©ens comme l’Orchestre Philharmonique Royal de LiĂšge, l’orchestre National des Pays de la Loire, l’Orchestre d’Auvergne qui ont, sous ma direction,  acceptĂ©  d’aborder uniquement la musique française du 18Ăšme siĂšcle.

 

 

 

CNC : À propos des orchestres modernes, quelles sont les rĂ©sistances qui se prĂ©cisent malgrĂ© votre proposition d’ouverture et d’élargissement ?

procopio-bruno-ao-paulo-nov-2018-IMG_4784-selfie-tweeter-portrait-entretien-par-classiquenewsIl est important de faire une préparation du matériel en amont, grùce, entre autres, au Centre de Musique Baroque de Versailles, un partenaire important pour moi depuis déjà trois ans ; nous disposons ainsi des partitions critiques de grande qualité. La musique de cette période peut sembler au premier abord « simple », sans prétention. Néanmoins, pour la jouer correctement dans le style et en faire ressortir toutes les beautés, il faut particuliÚrement une pré-disposition de la part des cordes. Les orchestres qui font cette démarche peuvent seuls acquérir beaucoup de connaissances et de maßtrise qui leur seront fort utiles  pour aborder le répertoire romantique.

Pour la musique française, peut-ĂȘtre plus que pour d’autres cultures musicales, plusieurs aspects techniques ne sont pas notĂ©s dans la partition (une Ă©cole Ă  part pour les coups d’archets, les ornements, l’inĂ©galité ) ; pour cette raison, j’insiste sur la rencontre, et non sur la simple invitation Ă  diriger un programme de plus dans une riche programmation trĂšs fournie.

 

 

 

 

CNC : Quels bĂ©nĂ©fices pourtant peuvent aujourd’hui en tirer les instrumentistes des orchestres et surtout le public ?

IMG_4778Les musiciens gagnent un indĂ©niable enrichissement de leur propre culture musicale, d’autant qu’il s’agit de rĂ©tablir un ordre logique selon la chronologie et l’évolution rĂ©elle de l’histoire musicale. Savoir jouer les compositeurs qui ont prĂ©cĂ©dĂ© Haydn, Mozart, Beethoven, est la clĂ© pour bien comprendre et jouer ce rĂ©pertoire central. C’est aussi accompagner et renforcer la nĂ©cessaire et dĂ©sormais inĂ©luctable flexibilitĂ© et polyvalence des jeunes instrumentistes d’ aujourd’hui ; les plus dynamiques sont capables de jouer un violon moderne et un violon d’époque.

C’est aussi, inverser l’approche habituelle qui prĂ©fĂšre interprĂ©ter Beethoven et Haydn Ă  travers la connaissance de Brahms, Bruckner, Mahler, Strauss, Wagner
 c’est Ă  dire tous les auteurs qui les ont suivis.

Pour le public, il est souhaitable de prĂ©server la diversitĂ© et la richesse des rĂ©pertoires jouĂ©s par les orchestres. Concernant les formations symphoniques traditionnelles, les baroques, les classiques et les premiers romantiques peinent Ă  occuper l’affiche des saisons ; or le contribuable a tout Ă  fait lĂ©gitimitĂ© de  pouvoir entendre tous les types d’esthĂ©tiques qu’il est possible d’interprĂ©ter aujourd’hui, comme toutes les pratiques spĂ©cifiques que l’on peut dĂ©sormais rĂ©aliser et maĂźtriser
 Pour les grandes villes culturelles dans le monde,  le problĂšme ne se pose pas, Ă©tant donnĂ© que l’offre est abondante, par contre pour les villes plus petites et pour des pays ayant plus de difficultĂ©s Ă  financer une offre riche, l’un des seuls moyens pour le public de profiter pleinement de cette diversitĂ© passe forcĂ©ment  par les formations symphoniques d’ Etat.

Les salles les plus innovantes prennent soin d’offrir Ă  leur audience toutes les esthĂ©tiques en proposant des cycles thĂ©matisĂ©s qui sont de vrais parcours artistiques restituant en une arche continue et claire, l’histoire de la musique ; de Lully Ă  Rameau, de Rameau Ă  Gossec, MĂ©hul, parfois Onslow et Haydn, Mozart et Beethoven. L’avenir du mĂ©tier et l’avenir des concerts symphoniques dĂ©pendent aujourd’hui de cette prise de conscience.

 

 

 

Propos recueillis en janvier 2018.

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APPROFONDIR

 
 

   

VOIR notre reportage vidĂ©o Bruno Procopio dirige Cherubini, Sacchini, Piccinni Ă  Sao Paulo (Les Italiens Ă  Paris), avec l’OSESP Orchestre Symphonique d’Etat de Sao Paulo, novembre 2017

 
 
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REPORTAGE VIDEO. BRUNO PROCOPIO joue Sacchini, Cherubini Ă  SAO PAULO - reportage rĂ©alisĂ© en novembre 2017 En interprĂ©tant avec l’Orchestre symphonique de l’Etat de Sao PAULO, les compositeurs qui dĂšs le XVIIIĂš ont favorisĂ© l’essor de l’Ă©criture symphonique, Bruno Procopio permet aujourd’hui aux orchestres modernes de se familiariser avec les Ă©critures mĂ©connues qui remontent aux origines de l’histoire orchestrale. Salieri, Sacchini, Piccinni, et Cherubini (Ă  travers son unique Symphonie de 1815) renseignent sur la genĂšse dont sont issus Haydn, Mozart, Beethoven… Reportage, version anglais / durĂ©e : 6mn44 © studio CLASSIQUENEWS 2018 – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre PHAM

 
 
 

GSTAAD (SUISSE), New Year Music Festival 2018.Saanen, ThĂ©Ăątre, le 7 janvier 2018. RĂ©cital lyrique de l’AcadĂ©mie & Concours Bellini

Le NEW YEAR MUSIC FESTIVAL Ă  GSTAAD !COMPTE-RENDU, critique, rĂ©cital lyrique - GSTAAD (SUISSE), New Year Music Festival 2018.Saanen, ThĂ©Ăątre, le 7 janvier 2018. RĂ©cital lyrique de l’AcadĂ©mie & Concours Bellini. Depuis 2 ans, le Festival hivernal Ă  Gstaad et ses alentours (Rougemont, Saanen, et jusqu’à Launen
 dans le Saanenland) accueille les masterclasses d’hiver du Concours Bellini, co fondĂ© par le chef Marco Guidarini et Youra Simonetti. La terre choisi par Yehudi Menuhin qui y a fondĂ© lui-mĂȘme le fameux festival estival (GSTAAD MENUHIN Festival & Academy) cultive l’art lyrique dans l’un de ses genres les plus exigeants. C’est une expĂ©rience unique qui permet aux jeunes chanteurs d’affiner encore et encore leur maĂźtrise du bel canto romantique : soit les oeuvres si difficiles de Rossini, Bellini, Donizetti. Pendant une semaine, les « acadĂ©miciens »  apprennent leur futur mĂ©tier de belcantiste : l’élĂ©gance et le raffinement du style, la puretĂ© du legato, l’articulation du texte, le sens des nuances, pour un chant incarnĂ©, Ă©thĂ©rĂ©, surtout juste et sincĂšre. Il s’agit moins de dĂ©montrer sa bravoure que d’habiter un texte, le rendre immĂ©diatement vivant en clartĂ©, contrastes et toujours
 subtilitĂ©.
Seuls les plus grands rĂ©ussissent cet art lyrique dont le style exige le plus. Callas fut une belcantiste nĂ©e : actrice autant que diseuse, expressive et si juste. Les CaballĂ©, Sutherland, aujourd’hui Gruberova (d’une longĂ©vitĂ© spectaculaire) ont montrĂ© que la virtuositĂ© pouvait fusionner avec la profondeur et la finesse. C’est aprĂšs tout, l’essentiel qu’espĂšre sans souvent le trouver, les amateurs d’opĂ©ra.

 

 

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Santiago Martinez, futur tĂ©nor rossinien d’exception ? (© classiquenews.tv 2018)

 

 

Pourtant Ă  Chateau d’Oex, oĂč ils avaient leur classe quotidienne, les chanteurs ont prouvĂ© leur aptitude dans ce style supĂ©rieur entre tous. ‹A l’école de la facĂ©tie de Donizetti, de la langueur extatique de Bellini, entre autres, deux tempĂ©raments ont offert leur remarquable engagement ; d’autant qu’ils ont dĂ©jĂ  participĂ© au Concours Bellini 2017 : le tĂ©nor argentin Santiago Martinez et la soprano espagnole Sara Baneras. Le premier a remportĂ© le Prix de la meilleure interprĂ©tation d’un air en français lors du dernier Concours Bellini qui s’est tenu en dĂ©cembre dernier Ă  VendĂŽme.

 

 

Jeunes espoirs du Bel Canto :
Santiago Martinez, Sara Baneras

 

 

Pour se perfectionner – le mĂ©tier du chanteur d’opĂ©ra n’est il pas un constant apprentissage, pour rĂ©gler toujours et encore cet instrument des plus fragiles, la voix ?-, les deux chanteurs suivent les cours du chef Marco Guidarini (matin) et de Viorica Cortez (aprĂšs-midi). L’intention, la technique, le souffle, la prĂ©cision, la justesse
 tout cela est travaillĂ© avec un acharnement patient, une attention progressive lors de masterclasses qui sont ouvertes (au premier Ă©tage de l’hĂŽtel Roc et Neige).
A la fois d’une Ă©nergie virtuose et d’une finesse naturelle, le jeune tĂ©nor argentin, dĂ©jĂ  remarquĂ© Ă  VendĂŽme en dĂ©cembre dernier, « ouvre » le rĂ©cital au ThĂ©Ăątre de Saanen ; il confirme une prĂ©sence immĂ©diate, une brillance hors normes dans l’exposĂ© du timbre, une vaillance qui rappelle Luigi Alva ou Rockwel Blake, – une couleur raffinĂ©e qui l’inscrit dans les pas actuels de Juan Diego Florez. Rien de moins. Pour autant s’il rĂšgle certains dĂ©tails de justesse, il doit encore travailler, renforcer ses assises techniques s’il veut rejoindre demain la cour des trĂšs grands. Il faut beaucoup d’audace et de panache facĂ©tieux pour rĂ©ussir l’air si rare sur scĂšne et pourtant capital dans l’affirmation du caractĂšre d’Almaviva dans Le Barbier de SĂ©ville : « Cessa di piu resistere ». D’emblĂ©e, l’adĂ©quation du chanteur avec la verve et la finesse rossiniennes s’imposent avec une insolence inouĂŻe. VoilĂ  vĂ©ritablement un tĂ©nor agile « di grazia ». Les scĂšnes du monde entier attendent un nouvel Almaviva, percutant et intĂ©rieur. Santiago Martinez a tout de cela. Rien que pour cet air premier, le soliste mĂ©rite les meilleurs Ă©loges et suscite une attention privilĂ©giĂ©e. Un immense potentiel, Ă  suivre dĂ©sormais.
MĂȘme gĂ©nĂ©rositĂ© du timbre, avec un engagement sincĂšre plus manifeste encore dans le chant trĂšs incarnĂ© de la soprano Sara Baneras : sa Lucia (« Rengava nel silenzio ») offre des couleurs pĂ©nĂ©trantes quand l’interprĂšte pense Ă  la direction et aux images du texte. D’autant que la voix est ample et charnelle. Avec davantage de stabilitĂ©, et plus de prĂ©cision comme de nuances dans les phrasĂ©s (donc avec davantage de dĂ©licatesse), la jeune diva devrait bientĂŽt elle aussi, faire parler d’elle.
Leurs duos font jaillir le feu de la farce en demi teinte, pas vraiment comique mais entre vĂ©ritĂ© et travestissement des sentiments : sous un jeu feint, celui de l’insouciance, on sent poindre dans le dernier Ă©pisode («Trallala» de l’Elisir d’amore de Donizetti), cette sincĂ©ritĂ© de l’intention qui dĂ©masque les coeurs ; ces deux lĂ  jouent l’indiffĂ©rence mais en rĂ©alitĂ© ils sont touchĂ©s Ă  vif : les faux semblants, la vraie profondeur
 inspirent aux deux juvĂ©niles, une ardeur irrĂ©sistible. La vaillance lĂ  encore du tĂ©nor, son souci de la lĂ©gĂšretĂ© ; la pĂ©tillance de la soprano, sa sincĂ©ritĂ© franche font les dĂ©lices d’une scĂšne dramatique qui met en lumiĂšre leur tempĂ©rament d’acteurs.

 

 

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Sara Baneras, Maguelone Parigot, Santiago Martinez – © classiquenews.tv 2018

 

 

La seconde partie du rĂ©cital lyrique, offre une scĂšne non moins convaincante Ă  la jeune soprano Anush Hovhannisyan, Prix du New Year Music Festival Gstaad au Concours Bellini 2016. Bel cantiste, d’un tempĂ©rament trĂšs affirmĂ©, entre noblesse et sentiment, la jeune soprano rĂ©alise un Rossini d’ouverture, d’une somptuositĂ© trĂšs convaincue (« Bel Raggio lusinghier de Semiramide »). Puis, l’interprĂšte Ă©blouit par sa maĂźtrise de la caractĂ©risation dramatique, volontiers cocasse et dĂ©lirante chez Nicolai (Les Joyeuses commĂšres de Windsor), plus intĂ©rieure et suavement colorĂ©e chez Berg (« Traumgekrönt » des Sieben FrĂŒhe Lieder). Le français de « Violon » (Poulenc) est carrĂ©ment perfectible, mais la Nymph de Rimsky-Korsakov fait valoir un timbre onctueux et mĂȘme crĂ©meux, d’une facilitĂ© virtuose, d’une justesse de ton, dĂ©jĂ  accomplies. Au piano, complice, au jeu allusif et trĂšs nuancĂ©, Maguelone Parigot sait murmurer, colorer, 
 et envelopper les voix dans le souci des Ă©quilibres ; la pianiste, sensible et imaginative, fait surgir le cadre Ă©motionnel de chaque sĂ©quence. Son soutien sonore est idĂ©al.

 

 

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Maguelone Parigot et Vanush Hovhannisyan – © classiquenews.tv 2018

 

 

Le trĂšs haut niveau des solistes ainsi rĂ©vĂ©lĂ©s par le Concours Bellini laisse l’audience quasi Ă©bahie. En offrant de vivre les premiers pas trĂšs prometteurs de trois superbes jeunes talents, le Concours Bellini (Ă  travers, Ă  Gstaad, son AcadĂ©mie d’hiver) et le New Year Music Festival rĂ©alisent les conditions dont rĂȘve tout festivalier : assister en leurs dĂ©buts Ă©tincelants, Ă  l’émergence de sensibilitĂ©s lyriques encore vertes mais prometteuses et particuliĂšrement attachantes. C’est aussi une « audition » en public dont tous les directeurs rĂȘvent en secret : dĂ©couvrir une nature musicale faite pour le thĂ©Ăątre. C’est assurĂ©ment ce qu’ont Ă©prouvĂ© les professionnels prĂ©sents au concert. DĂ©couverte mĂ©morable.

 

 

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COMPTE-RENDU, critique, rĂ©cital lyrique. GSTAAD (SUISSE), New Year Music Festival 2018.Saanen, ThĂ©Ăątre, le 7 janvier 2018. RĂ©cital lyrique de l’AcadĂ©mie & Concours Bellini. Santiago Martinez, tĂ©nor. Sara Baneras, soprano (1Ăšre partie). Anoush Hovhannisyan, soprano (2Ăš partie) – CrĂ©dits photographiques / Illustrations : © studio CLASSIQUENEWS 2018

 

 

Compte-rendu, opéra. TOURS, Opéra, LOEWE : My Fair Lady. Fabienne Conrad, Benjamin Pionnier / PE Fourny.

Compte-rendu, opĂ©ra. TOURS, OpĂ©ra, LOEWE : My Fair Lady. Fabienne Conrad, Benjamin Pionnier / PE Fourny. Pour les fĂȘtes de fin d’annĂ©e et la soirĂ©e du 31 dĂ©cembre 2017, l’OpĂ©ra de Tours affiche une production (dĂ©jĂ  vue) de l’inusable lyrique signĂ© Loewe : My Fair Lady (1956). Tout en français (dialogues et songs), l’ouvrage se prĂ©sente ainsi en 5 dates, offrant sa sĂ©duction particuliĂšre, propre au Broadway des annĂ©es 1950, entre mĂ©lodies suaves mais aussi critique vitriolĂ©e de la « bonne sociĂ©tĂ© londonienne » Ă  l’époque du puritanisme victorien. On y rit comme on y savoure un fĂ©minisme juste qui Ă©pingle l’arrogance phalocratique et machiste de la sociĂ©tĂ© britannique. L’intrigue quant Ă  elle, rĂ©alise ce basculement bien connu et toujours efficace sur la scĂšne, oĂč un parieur sĂ»r de lui, – un rien suffisant, se prend Ă  son propre piĂšge


 

 

 

Les aventures du professeur Higgins et de sa créature Eliza

Pygmalion Ă  Broadway

 

 
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L’ouverture indique clairement les intentions du chef Benjamin Pionnier, directeur du ThĂ©Ăątre : lĂ©gĂšretĂ© et efficacitĂ©, entrain et 
 profondeur. DĂšs les premiĂšres mesures, l’allant, l’humour, la finesse portent les 2 actes avec une verve bienheureuse oĂč l’on suit pas Ă  pas, les progrĂšs de la jeune vendeuse de fleurs, Eliza Doolittle vers les cimes de la sociĂ©tĂ© mondaine la plus polissĂ©e ; elle s’évertue Ă  maĂźtriser l’art du bien dire et du mieux parler, indices d’une Ăąme bien nĂ©e. Et pourtant Ă  « singer » ainsi un rang qui n’est pas le sien, la jeune hĂ©roĂŻne, aux rĂ©elles aptitudes de maintien et de dĂ©clamation aristocratiques, finit par perdre toute identitĂ© : est-elle objet ou sujet ? Qu’a-t-elle Ă  gagner dans cette (fausse ascension sociale) qui l’enchaĂźne peu Ă  peu Ă  servir l’ambition de son mentor ?

Le divertissement de façade cache en vĂ©ritĂ© une lecture satirique trĂšs pertinente sur la libertĂ© et le statut de la femme en Angleterre au XIXĂš. Et l’on demeure surpris de bout en bout par l’acuitĂ© du propos et la profondeur de l’analyse, sous le masque d’une comĂ©die musicale apparemment dĂ©corative. Ainsi Frederick Loewe et son librettiste, Alan Jay Lerner signent-ils une Ɠuvre Ă  double face, Ă  la fois sĂ©duisante et critique, parfaitement contemporaine du West Side Story de Bernstein (Broadway, 1957) : relecture tout aussi dĂ©capante voire dĂ©sespĂ©rĂ©e du mythe de RomĂ©o et Juliette.

M-Y-FAIR-LADY-loewe-opera-de-tours-critique-par-classiquenews-ballet-MFLG18-copyright-Marie-PetryDans My Fair Lady, chaque tableau collectif bĂ©nĂ©ficie d’un travail prĂ©cis de la part des chanteurs du chƓur de l’OpĂ©ra de Tours (dont plusieurs membres assurent les rĂŽles secondaires), auxquels se joignent plusieurs danseurs : l’équilibre entre thĂ©Ăątre chantĂ© et tableaux chorĂ©graphiques est trĂšs rĂ©ussi. Tout l’attrait dramatique repose sur le duo du mentor et de sa crĂ©ature, qu’il façonne Ă  sa guise : le professeur Higgins et la jeune et si vulgaire (en ses dĂ©buts) Eliza. Le premier (Jean-Louis Pichon) affine les traits du professeur phalo, misogyne, d’une rare arrogance : emblĂšme de toute la caste virile britannique victorienne, coq suffisant, trop heureux de pouvoir mettre en pratique sa domination manipulatrice. Mais Ă  ce jeu, le dĂ©miurge Pygmalion se prend Ă  son propre piĂšge. Car la subtilitĂ© et l’imagination expressive dont est capable la trĂšs convaincante soprano Fabienne Conrad dans le rĂŽle titre (Eliza Doolittle), sait se rebiffer et reprendre le contrĂŽle de sa vie aprĂšs avoir Ă©tĂ© soumise et dominĂ©e : tout est rĂ©vĂ©lĂ© dans cette progression qui se dessine
 oĂč le dominateur vacille sous les traits de plus en plus enchanteurs de sa propre crĂ©ature, Eliza. Il y a bien sĂ»r un glissement fantasmatique propre Ă  l’Angleterre victorienne dans cette relation entre deux gĂ©nĂ©rations : une jeune femme de plus en plus sĂ©duisante mais pauvre, et un vieux loup solitaire confortablement installĂ©.
La partition comporte autant d’airs savoureux, souvent irrĂ©sistibles, que de saillies amĂšres voire violentes (de la part justement d’Eliza qui se rebelle quand elle se sent incomprise / humiliĂ©e en tant qu’objet et faire valoir social). Loewe connaĂźt son Kurt Weil, et le premier air (acte I) oĂč la jeune femme oppressĂ©e imagine la mort de Higgins, surprend, en dĂ©voilant la personnalitĂ© farouche, indĂ©pendante et entiĂšre de la future jeune Lady.
Parmi les rĂŽles complĂ©mentaires, distinguons le tĂ©nor amĂ©ricain Scott Emerson (Freddy, le jeune aristo qui s’entiche d’Eliza aux courses d’Ascot) : il apporte en authentique chanteur de Broadway, la touche rafraĂźchissante, originelle, Outre-Atlantique ; comme les trĂšs engagĂ©s Oliver Grand (Doolittle pĂšre) et Philippe Lebas (le colonel Pickering, double du professeur Higgins, et initiateur du pari premier dont tout dĂ©coule).

Ainsi les vertus d’un vrai bon spectacle sont-elles rĂ©unies Ă  Tours en cette fin 2017 : verve en diable, sĂ©duction mĂ©lodique, chant incarnĂ© assurant plusieurs sĂ©quences thĂ©Ăątrales et lyriques trĂšs convaincantes. A l’affiche encore les 29, 30 et 31 dĂ©cembre 2017. Illustrations : OpĂ©ra de Tours 2017 © M PĂ©ry.

 

 

 
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TOURS, Opéra. My Fair Lady de Friedrich Loewe
ComĂ©die musicale – Paroles et livret d’Alan Jay Lerner
d’aprùs la piùce Pygmalion de George Bernard Shaw
Créée le 15 mars 1956 au Mark Hellinger Theatre de Broadway
avec Julie Andrews et Rex Harrison
Adaptation française d’Alain Marce

Mardi 26 dĂ©cembre 2017 – 20h
Mercredi 27 dĂ©cembre – 20h
Vendredi 29 dĂ©cembre – 20h
Samedi 30 dĂ©cembre – 15h
Dimanche 31 dĂ©cembre 2017 – 19h

RÉSERVEZ VOTRE PLACE

Eliza Doolittle : Fabienne Conrad
Henry Higgins : Jean-Louis Pichon
Colonel Hugh Pickering : Philippe Lebas
Alfred P.Doolittle : Olivier Grand
Freddy Eynsford-Hill : Scott Emerson
Mrs Higgins / Miss Hopkins : Coco Felgeirolles

Choeur de l’OpĂ©ra de Tours
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours

Direction musicale : Benjamin Pionnier
Mise en scĂšne & dĂ©cors : Paul-Émile Fourny

Costumes : Dominique Burté
LumiĂšres : Patrice Willaume
ChorĂ©graphies : Élodie Vella et Jean-Charles Donnay

 

 
my-fair-lady-opera-critique-compte-rendu-par-classiquenews-MFLG52HD©Marie-petry

 

 
LIRE aussi notre prĂ©sentation de My Fair Lady Ă  l’OpĂ©ra de Tours… en dĂ©cembre 2017

VIDEO. WINTER. Les Timbres / The way to Paradise (création, Festival Musique et Mémoire 2016)

timbres-winter-the-way-to-paradise-HOMEPAGE-582LES TIMBRES : WINTER. THE WAY TO PARADISE
. WINTER. Par Les Timbres. C’est l’HIVER… Dans une pĂ©nombre propice Ă  l’allusion, les instrumentistes des Timbres poursuivent leur exploration poĂ©tique sur le thĂšme des saisons. Leur programme jubilatoire crĂ©Ă© lors du Festival Musique et mĂ©moire Ă  l’étĂ© 2016, Ă©claire dans cette nouvelle partie, le temps d’hiver : un Ă©pisode d’une intĂ©rioritĂ© grave et directe, Ă  la fois intime, sombre mais d’une pudeur Ă©loquente, que rehausse le soprano de Julia Kirchner. Les instrumentistes rĂ©unis en consort de cordes uniquement, ouvragent un nuancier de teintes mordorĂ©es, explorant aussi les compositeurs anglais baroques du XVIIĂš, au temps de Shakespeare…
D’abord, Flow my tears de John Dowland laisse, Ă©tire, murmure sa plainte lacrymale, celle de l’exilĂ©e languissante, sublimĂ©e par le consort des 4 violes fraternelles. Et dĂšs avant Wagner, la muse tragique a abandonnĂ© tout espoir, s’écarte de toute lumiĂšre, toute entiĂšre traversĂ©e par son dĂ©sespoir d’une grandeur Ă  la fois tragique et douce
 « Heureux ceux qui en enfer, ne ressentent pas l’agonie de ce monde ». Lumineux rĂ©alisme aux Ă©chos contemporains.

Puis, la Fantaisia d’Orlando Gibbons, – purement instrumentale, approfondit encore le sentiment de langueur suspendue ; C’est ensuite « Come, Sable Night » de John Ward, (appel Ă  la nuit noire
), priĂšre Ă  l’ensevelissement et Ă  l’oubli Ă©ternel (pour consoler le deuil « d’Amyntas »). L’ombre gagne, le silence fait aussi partie de la succession des piĂšces choisies.
Enfin le collectif conclut la traversĂ©e (Ă  16’26) au pays des ombres par « In Paradise, d’un compositeur demeurĂ© anonyme : irradiante et solaire, la dame Ă©voquĂ©e au paradis, Ă  son lever est le sujet de ce dernier hymne Ă  la beautĂ© fĂ©minine certes terrestre mais saisissante. L’évocation illumine la derniĂšre strophe qui garde ses lueurs vacillantes et mystĂ©rieuses. A la suggestion du texte poĂ©tique, rĂ©pond le geste tout en nuance des musiciens des Timbres. Vous ne rĂȘvez pas alors : “The way to Paradise…”, vous ĂȘtes au Paradis. GrĂące Ă  l’inspiration des musiciens.

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DurĂ©e totale : 21’23 mn.
Captation rĂ©alisĂ©e par le studio CLASSIQUENEWS.TV © / son : Jean-Valbert Gobillard – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre PHAM © Classiquenews / Les Timbres

 

VOIR aussi notre “Ă©pisode” AUTUMN, l’autre saison dĂ©voilĂ©e, sublimĂ©e par Les Timbres dans leur programme THE WAY TO PARADISE…(17 mn)

COMPLETE CHAMBER MUSIC for Strings and PIANO / DSCH – SCHOSTAKOVICH ENS (Ă  venir chez Paraty au printemps 2018)

dmitri-chostakovitchParaty_logo_rouge_582VIDEO, TEASER. COMPLETE CHAMBER MUSIC for Strings and PIANO / DSCH – SCHOSTAKOVITCH ENSEMBLE / Filipe Pinto-Ribeiro / Corey Cerovsek / Cerys Jones / Isabel Charisius / Adrian Brendel (cd set box PARATY) – En avril 2018, est annoncĂ©e la parution du coffret dĂ©diĂ© Ă  l’intĂ©grale de la musique de chambre avec piano de Dmitri Schostakovitch par le DSCH – SCHOSTAKOVITCH ENSEMBLE / Filipe PINTO-Ribeiro, piano & direction artistique. L’intĂ©grale, la premiĂšre du genre, promet dĂ©jĂ  d’ĂȘtre un enregistrement de rĂ©fĂ©rence – Coup de cƓur de CLASSIQUENEWS, donc Ă©lu “CLIC de CLASSIQUENEWS”, Ă  venir au printemps 2018 – pour attendre la venue de ce coffret Ă©vĂ©nement, voici pour patienter le TEASER VIDEO par le studio CLASSIQUENEWS.COM — RĂ©alisation : Philippe-Alexandre PHAM / Lisboa, Lisbonne Ă©tĂ© 2017

FOCUS SUR L’ONL – Orchestre National de Lille. PARRA / ATTAHIR en rĂ©sidence partagĂ©e

ONL-Orch-national-de-lille-bandeau-saison-17-18-vignette-cartouche-classiquenews-saison-annonce-2017-2018FOCUS SUR L’ONL – Orchestre National de Lille. RÉSIDENCE PARTAGÉE. PARRA / ATTAHIR. Deux compositeurs en rĂ©sidence. ONL, nouvelle saison 2017 – 2018. La nouvelle saison de l’ONL Orchestre National de Lille poursuit son cours. Comme au milieu du guĂ©, nous identifions les temps forts et les particularitĂ©s d’une programmation riche et gĂ©nĂ©reuse, dont l’ouverture sait favoriser la cohĂ©rence et l’accessibilitĂ©. Au sein du Nouveau SiĂšcle, au centre de la mĂ©gapole lilloise, vĂ©ritable vaisseau conçu comme lieu de vie, l’Orchestre national de Lille, fondĂ© par Jean-Claude Casadesus, ne cesse d’évoluer, repensant comme une rĂ©flexion permanente, la place et l’activitĂ© d’un orchestre dans la citĂ©, sur le territoire, vers tous les publics.

 

 

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Avec Alexandre Bloch son nouveau directeur musical, l’Orchestre poursuit son exploration fĂ©conde entre musique et sociĂ©tĂ©, accordant la vitalitĂ© d’un orchestre polymorphe aux derniĂšres Ă©volutions de notre sociĂ©tĂ©, Ă  ses nouveaux modes de consommation culturelle. Chaque semaine, comme un feuilleton en plusieurs volets, classiquenews met l’accent sur une facette d’une programmation Ă©clectique, Ă  360°

VOLET 1 : le travail des 2 compositeurs en résidence (HÚctor Parra et Benjamin Attahir).

 

 

 

HĂšctor Parra et Benjamin Attahir
2 compositeurs en résidence
à l’Orchestre National de Lille

 

 

COMPOSITEURS EN RÉSIDENCE : Benjamin Attahir et HĂšctor Parra. L’un finit sa course lilloise, l’autre s’apprĂȘte Ă  la commencer (en janvier 2018). Depuis plusieurs saisons, les spectateurs auditeurs du Nouveau SiĂšcle l’ont remarquĂ© ; ils ont appris Ă  apprĂ©cier son sens de la clarification : les leçons de musique d’HĂšctor Parra sont devenues un temps fort de l’offre musicale au Nouveau SiĂšcle : avant le concert du soir, le compositeur en rĂ©sidence raconte la musique, qu’il s’agisse d’un point d’histoire gĂ©nĂ©rale, d’une prĂ©sentation de ses Ɠuvres, d’une prĂ©paration au concert qui va suivre
 Formidable pĂ©dagogue, HĂšctor Parra saint captiver son audience par le jeu trĂšs personnel de son Ă©criture comme compositeur.

 

 

parra-hector-portrait-orchestre-national-de-lille-presentation-par-classiquenewsLes Lillois pourront ainsi Ă©couter son ultime partition prĂ©sentĂ©e en juin 2018, en crĂ©ation mondiale, Ă  l’initiative de l’ONL, pour orchestre et ensemble, avec plusieurs musiciens (issus de l’Ensemble InterContemporain) rĂ©partis dans la salle dans l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle. La piĂšce combine instruments et musique Ă©lectronique, sollicitant les ressources technologiques du studio numĂ©rique de l’ONL. PassionnĂ© d’astrophysique (en particulier stimulĂ© par les Ă©crits et recherche de l’astrophysicien Jean-Pierre Luminet), de physique thĂ©orique comme inspirĂ© aussi par la biologie Ă©volutive, HĂšctor Parra intitule sa nouvelle partition  immersive : « Inscape » . Le compositeur admiratif de l’oeuvre peint d’El Greco et de CĂ©zanne, s’interroge dans son Ɠuvre musicale sur la forme de l’univers, celle d’un univers « chiffonné », comme repliĂ© sur lui-mĂȘme, Ă  l’extension cachĂ©e, imprĂ©vue, ignorĂ©e / Samedi 16 juin 2017, 18h30. Temps fort de la fin de la saison, Inscape, partition d’à peu prĂšs 30 mn, nĂ©cessitant toutes les forces vives de l’ONL, – orchestre, studio numĂ©rique, mais aussi ensemble d’instrumentistes spatialisĂ©s, devrait marquer un jalon important de la rĂ©sidence d’HĂšctor Parra au sein de l’Orchestre National de Lille, et comme son point d’accomplissement.
Le style de Parra est Ă  la fois brillant sur le plan de l’orchestration, vivace et dynamique, surtout accessible pour le grand public. Avant juin 2018, le mois de mars permettra d’écouter deux oeuvres majeures du compositeur franco-catalan : deux autres immersions dans ses univers si personnels, Chroma I et Chroma II (hommage Ă  CĂ©zanne et aussi Ă  la structure des paysages) / Jeudi 22 mars 2018, 20h.

 

 

ATTAHIR-benjamin-portrait-annonce-concert-orchestre-national-de-lille-par-classiquenews-Benjamin-Attahir-Nouveau-Siecle-credit-Ugo-Ponte-ONLSi Parra rĂ©alise la derniĂšre sĂ©quence de sa rĂ©sidence Ă  Lille, Benjamin ATTAHIR la dĂ©bute, avec Ă  la clĂ© au mois de janvier 2018, plusieurs rvs importants dont surtout la crĂ©ation d’une nouvelle partition pour serpent, – instrument grave de l’époque baroque, souvent utilisĂ© pour doubler les choeurs dans la musique sacrĂ©e. Comme souvent Benjamin Attahir cultive une certaine affection pour la sensualitĂ© des timbres et le goĂ»t de la couleur. Le choix de l’instrument ainsi mis en avant en janvier 2018 correspond Ă  ce travail personnel / 26 janvier 2018, 20h : le programme croise le rĂ©pertoire classique et romantique avec la recherche du compositeur contemporain en rĂ©sidence
 Haydn, Beethoven (Symphonie n°5), et donc ADH-DHOHR de Benjamin Attahir, pour serpent et orchestre (crĂ©ation mondiale – soliste : Patrick Wibart). Pensionnaire de la Villa Medicis Ă  Rome, Benjamin Attahir poursuit son travail musical au moment oĂč il amorce sa rĂ©sidence au sein de l’Orchestre National de Lille. Son Ă©criture cisĂšle l’orchestration, c’est l’un des rares auteurs contemporains (qui est violoniste de formation) dont la sensibilitĂ© pour l’orchestre se manifeste avec autant de naturel, de richesse, d’évidence.
Auparavant pour se familiariser avec l’imaginaire sonore de Benjamin Attahir, les auditeurs du Nouveau SiĂšcle pourront dĂ©couvrir son jardin personnel au cours du CONCERT FLASH du jeudi 25 janvier 2018, Ă  12h30 (« Musiques du monde », carte blanche Ă  Benjamin Attahir).

 

 

 

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AGENDA

Orchestre National de Lille / saison 2017 – 2018
RĂ©sidences d’HĂšctor Parra et de Benjamin Attahir

 

JANVIER 2018 avec Benjamin ATTAHIR

 

 

 

ONL-GLASS-REICH-concert-evenemnt-a-lille-presentation-enjeux-par-classiquenewsJeudi 11 janvier 2018, 20h
Vendredi 22 janvier 2018, 20h
Concert Glass vs Reich
ATTAHIR : Samaa Sawti Zaman
Reich : Three Movements
Glass : The American Four Seasons / Concerto pour violon n°2

Keith Lokhart, direction
Robert McDuffie, violon

RESERVER, + D’INFOS :
http://www.onlille.com/saison_17-18/concert/glass-vs-reich/

LIRE aussi notre présentation du concert GLASS versus REICH, et Benjamin Attahir...

 

 

Jeudi 25 janvier 2018
Concert Flash à 12h30 / « Musiques du monde », carte blanche à Benjamin Attahir

Berio : Folksongs
Attahir : AnchĂŽ

Direction Benjamin Attahir
Orchestre National de Lille
avec Raquel Camarinha, soprano

RESERVER, + D’INFOS :
http://www.onlille.com/saison_17-18/concert/musiques-du-monde/

 

 

 

Vendredi 26 janvier 2018
Concert Ă  20h
Haydn : Symphonie n°7 « Le midi »
Beethoven : Symphonie n°5
Attahir : Adh-dhohr, pour serpent et orchestre, création mondiale

Alexandre Bloch, direction
Patrick Wibart, serpent

RESERVER, + D’INFOS :
http://www.onlille.com/saison_17-18/concert/la-cinquieme-de-beethoven/

et Ă  18h45 : Autour du concert / Leçon de musique – prĂ©sentation du concert et de la crĂ©ation mondiale « Adh-dhohr », par Benjamin Attahir, avec le soliste Patrick Wibart / « les instruments de musique Ă©tonnants ».

A plusieurs reprises, en liaison avec le programme donné selon les dates, Benjamin Attahir assure un certain nombre de Leçons de musique :
jeudi 22 fĂ©vrier 2018 – 18h45 : « le violon concertant »
les 12 et 13 avril 2018 – 18h45 : « l’orchestration »

 

 

 

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MARS puis JUIN 2018 avec HĂšctor PARRA

Jeudi 22 mars 2018, 20h

Concert « Correspondances »
Parra : LumiĂšres abyssales – Chroma I
Ravel : Rapsodie espagnole
Parra : Karst – Chroma II
Brahms : Symphonie n°1

Alexandre Bloch, direction

RESERVER, + D’INFOS :
http://www.onlille.com/saison_17-18/concert/correspondances/

A 18h45, Leçon de musique, présentée par HÚctor Parra : « La technologie en musique et la spatialisation »
A l’issue du concert, bord de scùne avec Alexandre Bloch et Hùctor Parra

 

 

Vendredi 23 mars 2018, 12h30
Concert Flash / Carte blanche HĂšctor Parra
Tana_Studio-13-profils-582Avec le concours des membres du Quatuor Tana, Ă©lectron libre et d’une audace inouĂŻe, Ă  la fois expĂ©rimentale et visionnaire car ils savent rĂ©inventer leur propre technique selon les rĂ©pertoires investis (en tĂ©moigne leur dernier cd Ă©ditĂ© par PARATY, « VOLTS », CLIC de CLASSIQUENEWS de novembre 2017)


György Ligeti
Métamorphoses noctures , quatuor à cordes n° 1

HĂšctor Parra
Aracne, quatuor à cordes n° 3

Quatuor Tana

RESERVER, + D’INFOS :
http://www.onlille.com/saison_17-18/concert/hector-parra/

 

 

 

Samedi 16 juin 2018, 18h30

CONCERT « Immersion orchestrale »

Xenakis : Anaktoria
Parra : Inscape, création mondiale
commande de l’ONL Orchestre National de Lille

Bartok : Concerto pour orchestre

Orchestre National de Lille
Ensemble Intercontemporain
Technique IRCAM

Alexandre Bloch, direction
Concert commentĂ© : pendant le concert, le chef explique illustrations musicales Ă  l’apui la nouvelle partition de HĂšctor Parra

RESERVER, + D’INFOS :
http://www.onlille.com/saison_17-18/concert/immersion-orchestrale/

A 17h15, autour du concert / Leçon de musique par HĂšctor Parra qui prĂ©sente sa nouvelle partition en crĂ©ation mondiale, « Inscape », aboutissement de sa rĂ©sidence au sein de l’ONL Orchestre National de Lille.

Compte rendu critique, oratorio. TOURCOING, le 26 novembre 2017. Théodore DUBOIS : Le Paradis Perdu (recréation 2017). Atelier lyrique de Tourcoing. Jean-Claude Malgoire

TOURCOING : Jean-Claude Malgoire recrĂ©e l'oratorio Le PARADIS PERDU de DUBOISCompte rendu critique, oratorio. TOURCOING, le 26 novembre 2017. ThĂ©odore DUBOIS : Le Paradis Perdu (recrĂ©ation 2017). Atelier lyrique de Tourcoing. Jean-Claude Malgoire, direction. CrĂ©ation de la version pour orchestre. Si Dieu mit quelques jours pour venir Ă  bout de sa CrĂ©ation, la partition sur le mĂȘme thĂšme de ThĂ©odore Dubois a mis davantage de temps pour Ă©merger de la nuit de l’oubli ; mieux, la genĂšse de la crĂ©ation dans sa version pour orchestre relĂšve d’un roman Ă  rebondissements. Songez qu’en 2012, lorsque l’on pensait tout savoir de la partition, alors que la version pour orchestre semblait avoir disparu, une premiĂšre rĂ©alisation fut alors pilotĂ©e dans une version « allĂ©gĂ©e » : volet d’un festival ThĂ©odore Dubois orchestrĂ© depuis Venise. Mais dĂ©jĂ , la BNF possĂ©dait la version complĂšte pour orchestre
 sans le savoir. Car c’est grĂące aux descendants actuels du compositeur que fut retrouvĂ©e la preuve qu’il existait bien la partition complĂšte pour solistes, choeur et orchestre 
 en France, et de surcroĂźt
 Ă  la BN. VoilĂ  qui en dit long sur les trĂ©sors cachĂ©s dans les collections nationales, ignorĂ©s de l’Administration elle-mĂȘme : car c’est bien ici une initiative extĂ©rieure qui dĂ©montre l’existence d’un manuscrit pourtant recherchĂ© depuis des annĂ©es. Le Festival canadien Classica en juin dernier a donnĂ© dĂ©jĂ  sous la direction du fondateur de l’Atelier Lyrique de Tourcoing, une premiĂšre approche orchestrale mais pas aussi complĂšte que celle qui nous occupe ce soir. En terme d’évĂ©nement lyrique, au rayon prometteur du romantisme français, il s’agit bien d’une recrĂ©ation lyrique d’envergure. Nouveau jalon pour une meilleure estimation de l’art si controversĂ© de ThĂ©odore Dubois.

 

 

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Saluons ainsi l’intelligence astucieusement orchestrĂ©e entre Jean-Claude Malgoire et les descendants de ThĂ©odore, mais aussi le baryton Marc Boucher, directeur du Festival CLASSICA de Montreal (Canada), – interprĂšte ce soir du personnage si captivant de Satan : tous nous offrent Ă  Tourcoing la crĂ©ation de l’oratorio de Dubois, crĂ©Ă© certes en 1878, mais Ă©laborĂ© depuis bien avant, 
 dĂšs 1874. Le compositeur profitant d’un Concours de la Ville de Paris, pour proposer l’une de ses Ɠuvres les plus abouties, offrant ce que tout le monde attendait, espĂ©rait : un bain orchestral riche en rĂ©fĂ©rences et trouvailles, capables de spatialisation Ă©tonnante, agençant les choeurs avec l’aplomb d’un vĂ©ritable dramaturge. En bien des sĂ©quences, l’ouvrage et ses 4 parties nettement identifiĂ©es, s’apparente Ă  un opĂ©ra sacrĂ© oĂč perce le gĂ©nie du mĂ©lodiste, la sensibilitĂ© de l’orchestrateur, surtout l’efficacitĂ© dramatique et la grande franchise de l’architecte. Or on connaissait surtout le chambriste (dont l’excellent et sublime Quintette pour piano demeure la plus grande rĂ©vĂ©lation rĂ©cente du romantisme français).
Jean-Claude Malgoire jamais en reste d’une exhumation heureuse, dĂ©voile avec quelle finesse Dubois sait citer l’orchestre de Berlioz (celui de la Symphonie Fantastique prĂ©cisĂ©ment), tout en se souvenant pour le dĂ©but du drame – grave, mystĂ©rieux, profond, de la CrĂ©ation du monde, version Haydn dans son oratorio Ă©ponyme de 1801. Quand l’AcadĂ©mique et professoral Dubois compose un drame biblique, convoquant les hĂ©ros de la GenĂšse et donc du Paradis perdu, le thĂ©oricien adoucit et enrichit tout ce que sa culture pourrait produire de sec et de dĂ©monstratif : il en rĂ©sulte des tableaux Ă  la fois construits (au mĂ©tier sĂ»r), finement caractĂ©risĂ©s (la cohorte des anges rebelles : « laissez passer Satan »), et une tentation emblĂ©matique pour la voluptĂ© suspendue, un sentiment d’extase et de plĂ©nitude qui, pour nous, inspire Ă  l’auteur ses meilleures pages : bĂ©atitude cotoneuse et ouatĂ©e au tout dĂ©but du drame aprĂšs la CrĂ©ation du monde, dans le premier chƓur des anges bienheureux (fĂ©minin).

 

 

DUBOIS-theodore-le-paradis-perdu-jean-claude-malgoire-atelier-lyrique-de-tourcoing-Marc-Boucher-critique-compte-rendu-par-classiquenews

 

 

 

UN VERITABLE OPERA SACRÉ ET NOIR
 Ce qui frappe et saisit ici demeure la figure de Satan : admirable emploi pour un baryton dont l’écriture Ă©vite bien des caricatures, et renouvelle alors en 1878, toute une tradition noire, celle mĂ©phistophĂ©lienne, des cyniques et manipulateurs, agents de l’ombre et dĂ©mons actifs, qui offre aux compositeurs de remarquables prĂ©textes dramatiques. C’est assurĂ©ment le cas dans les deux premiĂšres parties, la RĂ©volte (des anges rebelles), puis L’Enfer, oĂč rĂšgne la grand dĂ©miurge autoproclamĂ©, rival de Dieu lui-mĂȘme, jaloux de JĂ©sus auquel comme « premier des Archanges », il s’estimait supĂ©rieur. Tout l’oratorio cible la finesse et l’intelligence, trĂšs mesurĂ©e du Diable incarnĂ©, son esprit indirect (superbe jeu allusif de Marc Boucher), sa vocalitĂ© de nĂ©gociateur d’habile trompeur, toute en suggestion : et sa premiĂšre victime, Eve, succombe Ă©videmment Ă  la tentation qu’il lui rĂ©serve (3Ăš parie : La Tentation).
L’oeuvre machiavĂ©lique est d’autant plus troublante qu’elle s’accomplit quand Dubois imagine au dĂ©but de la sĂ©quence, l’un des duos les plus extatiques que nous ayons Ă©coutĂ© ; entre Adam et Eve (« aimons nous mieux »), action de grĂące d’une ineffable tendresse, et davantage encore, d’une sincĂ©ritĂ© saisissante dont les deux interprĂštes, Magali Simard-GaldĂšs et surtout le tĂ©nor Antonio Figueroa font un sommet de la soirĂ©e ; ils Ă©lectrisent l’association naturelle de leurs timbres : belle respiration et belle Ă©coute en partage de la part des deux jeunes chanteurs ; Eve rayonne ainsi par l’angĂ©lisme lumineux, Ă©clatant de son chant agile et joliment timbrĂ© ; Adam (mĂȘme enrouĂ©), s’impose par la subtilitĂ© de son Ă©mission, une finesse de style qui le fait d’emblĂ©e belcantiste : phrasĂ©s soyeux et tenus, projection claire, surtout, qualitĂ© si rare aujourd’hui, articulation exemplaire : le voici ce chant français romantique, Ă  la fois incarnĂ©, intelligible, incandescent, raffinĂ©, tĂ©nu mais redoutablement expressif ; Jean-Claude Malgoire a rĂ©uni 3 interprĂštes irrĂ©sistibles, qui assurent aux cĂŽtĂ©s de l’orchestre complet, la grande rĂ©ussite de cette crĂ©ation. Du reste c’est bien ce duo amoureux, d’une rare puissance Ă©motionnelle qui demeure la clĂ© de voĂ»te de l’ouvrage, fusion originale entre le style de Gounod et de Massenet Ă  leur sommet. C’est dire.
Distinguons le ChƓur de chambre de Namur (prĂ©parĂ© par l’excellent Thibaut Lenaerts), prĂ©cis, vivant qui exprime tour Ă  tour toutes les facettes d’une partition vive et trĂšs colorĂ©e : les Ă©tagements, les rĂ©ponses entre les pupitres de chanteurs ; et ce jeu trĂšs juste qui place les choristes en une armĂ©e prĂȘte Ă  en dĂ©coudre, dĂ©ployĂ©e derriĂšre l’orchestre, assure leur totale intĂ©gration au drame qui s’accomplit entre l’orchestre et les solistes : sĂ©raphins primordiaux, anges rebelles, damnĂ©s plaintifs, esprits paradisiaques, chƓur final 
 L’oratorio de Dubois est un vĂ©ritable opĂ©ra nĂ©cessitant un chƓur d’une prĂ©sence exceptionnelle. Si l’on pense Ă  Berlioz dans l’ivresse libĂ©rĂ©e de l’écriture orchestrale, c’est Rameau et ses tableaux infernaux (ceux d’Hippolyte de 1733) qui s’affirment ici : d’ailleurs, les 3 archanges rebelles (Uriel, Belial, Molock) rĂ©activent dans la partie II (L’Enfer), le trio des parques en leur chant hallucinĂ©, mordant, lugubre.
Enfin voici l’orchestre de Dubois, propre Ă  la fin des annĂ©es 1870 en France, dĂ©voilant le mĂ©tier du compositeur. Bassons, trompettes et cors par 4, trombones par 3, harpe (doublant l’Archange glorieux), sans omettre l’ophiclĂ©ide
 toutes les couleurs berlioziennes s’invitent au banquet cynique, barbare de Satan manipulateur. Et l’on comprend qu’à travers la flamboyance efficace qui structure les quatre parties, c’est la Paradis qui est perdu ; agissements et manipulation fourbe de Satan inspirent Ă  Dubois, une piĂšce maĂźtresse de son Ɠuvre lyrique.
AĂ©rĂ©e et prĂ©cise, la direction souligne toutes les vertus expressives d’une partition caractĂ©risĂ©e qui sait varier ses effets. Finalement ThĂ©odore Dubois, Prix de Rome, acadĂ©micien, professeur puis directeur du Conservatoire, thĂ©oricien enfin, a toujours souffert de n’ĂȘtre pas estimĂ© comme
 compositeur. La crĂ©ation mondiale dĂ©fendue Ă  Tourcoing par les Ă©quipes du dĂ©fricheur Jean-Claude Malgoire renverse la tendance : nous voilĂ  bien confrontĂ© Ă  un ouvrage dramatiquement incontestable.

 

 

Le mĂ©rite en revient Ă  Jean-Claude Malgoire qui, pilote prĂ©cĂ©dent de la recrĂ©ation d’ABEN HAMET (opĂ©ra crĂ©Ă© en 1884, rĂ©vision de 1888, d’aprĂšs Le dernier AbencĂ©rage de Chateaubriand) paraĂźt de fait comme le dĂ©fenseur constant de ThĂ©odore Dubois. Tourcoing est bien ce centre de crĂ©ation lyrique Ă  l’indĂ©fectible ardeur : Aben Hamet hier, Le Paradis Perdu aujourd’hui
 pour tous les amateurs d’opĂ©ra comme de romantisme français, ce qui se passe Ă  Tourcoing, sous l’aile visionnaire de Jean-Claude Malgoire est plus que jamais, incontournable. Illustrations : © Antonio Figueroa 2017 (rĂ©pĂ©tition du Paradis Perdu de ThĂ©odore Dubois, recrĂ©ation mondiale Ă  Tourcoing / novembre 2017).

 

 

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Approfondir :

  ThĂ©odore DUBOIS par classiquenews.com

 

 

LIRE notre critique du cd Aben Hamet par Jean-Claude Malgoire , mars 2014 / CLIC de classiquenews.com d’avril 2015
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-dubois-aben-hamet-malgoire-2-cd-alt-mars-2014/

VOIR le clip vidĂ©o Aben Hamet par Jean-Claude Malgoire, mars 2014 / nouvelle production, rĂ©crĂ©ation, Ă  l’affiche les 14, 16 et 18 mars 2017
http://www.classiquenews.com/video-tourcoing-jean-claude-malgoire-ressuscite-aben-hamet-de-theodore-dubois-clip-video/

VOIR notre reportage vidéo complet : Aben Hamet par Jean-Claude Malgoire, mars 2014 / nouvelle production (12mn)
https://vimeo.com/91733532

 

 

Compte-rendu, concert. TOURS, Opéra. Poulenc, Escaich, St-Saëns. OSRCVLT. Thierry Escaich (orgue), Benjamin Pionnier (direction)

ESCAICH_thierry_448_escaich-6736-c-guy-vivienCompte-rendu, concert. TOURS, OpĂ©ra. Poulenc, Escaich, St-SaĂ«ns. OSRCVLT. Thierry Escaich (orgue), Benjamin Pionnier (direction). AUDACE & COHÉRENCE. On ne louera jamais assez la vitalitĂ© bien heureuse des concerts symphoniques prĂ©sentĂ©s au Grand ThĂ©Ăątre de Tours : la tradition orchestrale s’y dĂ©ploie en libertĂ© et en originalitĂ© comme en tĂ©moigne ce 12 novembre, sur la scĂšne de l’OpĂ©ra-ThĂ©Ăątre. La prĂ©sence de l’orgue dĂ©jĂ  est un prĂ©alable suffisamment Ă©loquent : signe d’une audace en terme de programmation qui sait prendre les risques de dispositifs et d’association instrumentale peu ordinaire. Or malgrĂ© sa raretĂ© au concert, la sonoritĂ© pleine, ronde et directe du clavier Ă  pĂ©dales, transporte littĂ©ralement l’écoute. D’autant que c’est l’organiste et compositeur Thierry Escaich qui est le grand invitĂ© de ce soir, prĂ©sentant comme compositeur, ses propres oeuvres Baroque Song (2007) ; puis comme interprĂšte, s’accorde Ă  la direction trĂšs dĂ©taillĂ©e et souple de Benjamin Pionnier, directeur des lieux, pour exprimer la franche puissance du Concerto de Poulenc, les vertiges hallucinants de la trĂšs romantique Symphonie de Camille Saint-SaĂ«ns. Programme copieux, vĂ©ritable manifeste d’un essor de l’activitĂ© symphonique Ă  Tours.
Programmer de la musique contemporaine apporte un enrichissement fertile, d’autant que l’écriture de Thierry Escaich est l’une des plus actives et raffinĂ©es qui soient, prenant ici prĂ©texte du contrepoint baroque, celui des chorals, pour d’amples variations et divagations aux architectures complexes, vagues sonores, exigeant le concours de tout l’orchestre. Au souci de la forme, l’auteur rĂ©pond par un tissu sonore flamboyant, aux multiples phĂ©nomĂšnes de rĂ©ponses et d’échos, assurant le plus souvent une belle cohĂ©sion dans le dĂ©veloppement.
Et c’est un luxe de pouvoir Ă©couter l’auteur lui-mĂȘme, prendre le micro Ă  l’invitation du chef Benjamin Pionnier, pour expliquer les enjeux et le sens de chaque section. L’expĂ©rience est exceptionnelle : elle rend plus vivante et surtout accessible, le concert de musique contemporaine. Son Concerto pour orgue sera jouĂ© les 25 et 26 novembre Ă  la Philharmonie de Paris.
Avant les 2 concertos pour orgue de Poulenc puis en seconde partie, de Saint-SaĂ«ns, les tourangeaux ont pu retrouver le choeur de l’OpĂ©ra (uniquement ses voix de femmes) dans les chuchotements Ă©thĂ©rĂ©s, d’une sensualitĂ© suggestive de « SirĂšnes », ultime volet du triptyque « Nocturnes » de Debussy.

Poulenc, Saint-Saëns, Escaich : équation gagnante
A Tours, Benjamin Pionnier joue l’audace et la cohĂ©rence

L’équilibre entre voix et orchestre, parfaitement rĂ©alisĂ©, augure du meilleur pour les Concertos pour orgue Ă  suivre : car il est toujours trĂšs dĂ©licat de trouver la juste balance entre la puissance non vibrĂ©e de l’orgue impĂ©rial, et la totalitĂ© voisine et scintillante de l’orchestre, que de cordes pour le Poulenc (avec timbales) ; Ă  son complet pour la 3Ăš de Saint-SaĂ«ns.
Comme le rappelle Thierry Escaich avant de se lancer dans les mĂ©andres harmoniques parfois acides, acĂ©rĂ©s de ce Concerto propres au nĂ©oclassicisme des annĂ©es 1930, c’est Maurice DuruflĂ© (disparu en 1986) qui le crĂ©a en 1939, Salle Gaveau Ă  Paris ; or en un jeu de filiation et de correspondances qui d’ailleurs augmente la grande cohĂ©rence du programme, DuruflĂ© fut organiste Ă  Saint-Etienne du Mont (Ă  partir de 1929) comme l’est actuellement son titulaire 
 Thierry Escaich. Et la boucle est bouclĂ©e.

MalgrĂ© sa franchise et son Ă©nergie, taillĂ©e au scalpel, avec cette acuitĂ© du timbre, cette efficacitĂ© pourtant sensuelle qui est le secret de Poulenc, le Concerto pour orgue reste exceptionnel au concert en France. Les mouvements enchaĂźnĂ©s, sont vivement contrastĂ©s, comme une rĂ©fĂ©rence directe Ă  la rhĂ©torique alternĂ©e du discours baroque : la volubilitĂ© aiguĂ« dont fait preuve Poulenc, rappelle (et cite aussi) JS Bach lui-mĂȘme, auquel le Français associe des vagues planantes d’une incroyable voluptĂ©, comme des couperets harmoniques qui claquent comme la lame sonore cisaille, Ă  la fin de son formidable opĂ©ra Ă  venir, « Dialogues des CarmĂ©lites (1957) ». ParticuliĂšrement en complicitĂ©, -organiste, chef et musiciens- s’entendent Ă  relancer et colorer chaque nouvel Ă©pisode, andante, allegro (variĂ©tĂ© des phrasĂ©s de l’orgue trĂšs sollicitĂ©, ferveur et rage des cordes, saisies comme dans une course
), sans omettre ces coups de sang qui fouettent le flux collectif avec un panache endiablĂ©. Le Concerto court ainsi tout au long de ses 20 minutes, comme un pur sang nerveux qui sait aussi s’alanguir. Superbe connivence, belle association.

Enfin voilĂ  le plat de consistance et pour nous l’un des sommets de la Symphonique romantique française Ă  l’heure oĂč le wagnĂ©risme bas son plein : la Symphonie avec orgue de Camille Saint-SaĂ«ns, elle aussi, en raison de sa rĂ©alisation instrumentale complexe, trĂšs peu jouĂ©e au concert. Encore une aberration que Benjamin Pionnier a su Ă©carter d’un revers de la main, pour ce premier concert de la saison symphonique Ă  l’OpĂ©ra de Tours.
Benjamin Pionnier, nouveau directeur de l'OpĂ©ra de ToursDerniĂšre symphonie (et pourtant que 3Ăš) de l’auteur de « Samson et Dalila », crĂ©Ă© en 1877, la Symphonie avec orgue synthĂ©tise tout le gĂ©nie d’orchestrateur de Saint-SaĂ«ns. Sa subtilitĂ© expressive aussi malgrĂ© l’apparente solennitĂ© du dispositif. CrĂ©Ă©s en 1886, les quatre mouvements comme soudĂ©s deux Ă  deux, semblent se rĂ©pondre, comme deux diptyques, en une symĂ©trie parfaites aux rĂ©sonances secrĂštes, trĂšs finement architecturĂ©e. L’orgue de Thierry Escaich, prĂ©sent aux second puis quatriĂšme mouvements, rĂ©alise cette mĂȘme intensitĂ© Ă  la fois simple et nuancĂ©e, mais avec une grandeur contemplative plus nettement marquĂ©e (caractĂšre de la partition oblige) que dans le Poulenc : ce qu’on appelle emphase, « absence de gĂ©nie », morceau terne et lisse, aimable et parfois solennel (donc creux), nous semble dans cette lecture Ă  la fois directe, souple et bien architecturĂ©e, a contrario et littĂ©ralement
 d’une constante inspiration : la palme revenant Ă©videmment Ă  l’Andante, second Ă©pisode (notĂ© poco adagio), oĂč se dĂ©ploie le calme (grandiose il est vrai) tout en majestĂ© intĂ©rieure de l’orgue sur les nuages des cordes
 une sĂ©quence d’une Ă©lĂ©vation inouĂŻe, – cĂ©leste, immatĂ©rielle, presque abstraite, qui nous fait traverser le ciel. Le jeu dĂ©licat, articulĂ©, jamais dĂ©monstratif de l’organiste invitĂ© se rĂ©vĂšle passionnant. D’autant que le chef veille Ă  la clartĂ© comme Ă  la transparence des pupitres, dans un rapport constant oĂč l’équilibre doit s’unir Ă  l’intensitĂ© du son. Reprenons notre dĂ©fense de l’Ɠuvre : les uns (trop critiques) disent « ennui » ; comment peut-on s’éteindre Ă  l’écoute d’une orchestration si raffinĂ©e et suractive, oĂč pointe le jeu trĂšs facĂ©tieux selon nous, du piano, complice comme un double du premier clavier (de l’orgue), et qui est aussi la rĂ©vĂ©rence autobiographique de Saint-SaĂ«ns lui-mĂȘme (qui fut un excellent pianiste). L’ascension majestueuse du dernier mouvement enchaĂźnĂ© au Scherzo, ajoute Ă  la maĂźtrise des interprĂštes, un autre dĂ©fi, celui de l’exubĂ©rance (finement architecturĂ©e lĂ  aussi, dans le format d’une double fugue). L’orchestre Ă©tincelle comme un feu d’artifice, mais son rayonnement varie ses effets en toute mesure et maitrise, avec un sens de la composition d’une Ă©loquente vivacitĂ© (Benjamin Pionnier sait allusivement rappeler dans sa direction trĂšs articulĂ©e, combien Saint-SaĂ«ns a su Ă  son Ă©poque, admirer en visionnaire, Rameau, et le dĂ©fendre avant tout autre.)
 De Rameau Ă  Saint-SaĂ«ns, une Ă©gale intelligence des mĂ©lodies fusionnĂ©es avec le souci de l’équilibre et du flux dramatique s’écoulent ainsi. Si l’on doutait (encore) du gĂ©nie original de Saint-SaĂ«ns – quelle autre symphonie avec orgue peut-on compter alors ?, le concert Ă  Tours en ce 12 novembre, montre clairement l’audace et la juvĂ©nilitĂ© d’un auteur faussement sage qu’on s’évertue Ă  minorer en le dĂ©crĂ©tant poussiĂ©reux et classique. Belle redĂ©couverte associĂ©e Ă  la sensibilitĂ© orchestrale de Thierry Escaich, le compositeur et l’organiste virtuose.

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Compte- rendu, concert. TOURS, OpĂ©ra, le 12 novembre 2017. “Jeux d’orgue” : Poulenc, Escaich, St-SaĂ«ns. OSRCVLT. Thierry Escaich (orgue), Benjamin Pionnier (direction).

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Prochain concert symphonique Ă  l’OpĂ©ra de Tours : carte blanche Ă  Paul Meyer (direction musicale), les 2 et 3 dĂ©cembre 2017. Au programme : Ouverture Les HĂ©brides, puis Symphonie n°5 « RĂ©formation » de Mendelssohn / Symphonie en ut n°9, « La Grande » de Schubert. RĂ©servations et informations : sur le site et la billetterie en ligne de l’OpĂ©ra de Tours / saison 2017-2018.

http://www.operadetours.fr/carte-blanche-a-paul-meyer-2-3-dec

Compte-rendu, concert. METZ, Arsenal, le 13 octobre 2017. Fauré, Ravel, Franck. Ph. Cassard, piano. Orch Nat de Lorraine. Jacques Mercier

Compte-rendu, concert. METZ, Arsenal, le 13 octobre 2017. FaurĂ©, Ravel, Franck. Ph. Cassard, piano. Orch Nat de Lorraine. Jacques Mercier, direction. ESSOR SYMPHONIQUE ET CONCERTANT A METZ… C’est un bain de musique française, romantique et moderne, auquel nous invite le fabuleux programme de cette soirĂ©e Ă  l’Arsenal. La salle aux proportions idĂ©ales, douĂ©e d’un acoustique trĂšs correcte pour le symphonique et le concertant, montre combien la CitĂ© messine a d’atours aujourd’hui pour sĂ©duire et mĂȘme captiver le mĂ©lomane, nĂ©ophyte ou curieux, y compris les franciliens et les parisiens, … puisqu’en train, – s’il n’y a pas de retard Ă  la SNCF, un PARIS-METZ dure moins d’1h30. Ce soir, l’Orchestre national de Lorraine, en rĂ©sidence in loco, retrouve son chef, Jacques Mercier et le pianiste Philippe Cassard, aprĂšs avoir enregistrĂ© un disque entiĂšrement dĂ©diĂ© Ă  Gabriel FaurĂ© (et qui sort le jour mĂȘme chez La Dolce Volta : grande critique Ă  venir sur classiquenews dans notre mag cd dvd livres).

 

 

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FAURE EN BALLADE
 Prolongement ou clin d’oeil Ă  cette actualitĂ© discographique sur laquelle classiquenews reviendra cette semaine dans une longue critique dĂ©diĂ©e, se distingue la premiĂšre oeuvre du programme : une raretĂ© composĂ©e par le jeune Gabriel FaurĂ© : la Ballade en fa diĂšse majeur opus 19 (1881) qui en un dĂ©veloppement libre, – proche d’une Romance intimiste et d’une fantaisie personnelle, touche par son ton de confession et de tendresse partagĂ©e.

Mais davantage qu’un intimisme assumĂ©, c’est la sensualitĂ© et la vapeur d’un temps suspendu, comme secret mais immĂ©diatement Ă©panoui, que l’auteur cultive et sait faire durer ; sous les doigts riches en souplesse et teintes suggestives de Philippe Cassard, le tissu sonore et le caractĂšre Ă©lĂ©giaque de la piĂšce se dĂ©roulent avec une fluiditĂ© engageante. En moins de 13 mn, la pensĂ©e du jeune FaurĂ© sait installer et approfondir un climat d’enchantement voluptueux et tranquille, d’une indĂ©niable magie poĂ©tique.

 

 

CASSARD-Philippe-concert-METZ-vue-du-paradis-critique-par-classiquenews-Cyrille-Guir-Arsenal-Cite-Musicale-Metz-5866

 

 

CONCERTO AMERICAIN DE RAVEL
 Du Concerto en sol de Ravel jouĂ© par cƓur, Philippe Cassard en verve et en affinitĂ©, joue la carte de la motricitĂ© nerveuse, finement contrastĂ©, sans manquer l’infinie mĂ©lancolie en particulier dans le mouvement lent dont il sait exprimer la tension et la fragile inquiĂ©tude que le chant de la flĂ»te et du cor anglais enveloppent enfin d’une douceur rĂ©confortante. Toucher prĂ©cis et voluptueux (lĂ  encore), facĂ©tieux aussi dans les trĂ©pidations rythmiques ciselĂ©es pas un Ravel « amĂ©ricanisé » (qui revient alors d’une tournĂ©e aux States outre-Atlantiques), le pianiste sĂ©duit irrĂ©sistiblement par son Ă©loquence Ă  la fois mesurĂ©e et intense.
Volubile, versatile, gĂ©nie des couleurs et des atmosphĂšres, Ravel surgit en magicien et alchimiste des changements incessants, dans ce feu et cette « sorcellerie », totalement imprĂ©visible, qui s’expriment librement sous les doigts du formidable conteur Cassard, Ă  travers la direction efficace, Ă©conome de Jacques Mercier.

Stradella de CĂ©sar Franck Ă  l'OpĂ©ra royal de Wallonie, 19-29 septembre 2012La soirĂ©e de musique française s’achĂšve en apothĂ©ose avec la RĂ© mineur de Franck, chef d’Ɠuvre du symphonisme romantique français crĂ©Ă© en 1889, c’est Ă  dire en plein wagnĂ©risme. Pourtant rien de germanique dans ce souffle et cette construction qui utilisent avec intelligence le principe cyclique, cher au compositeur nĂ© liĂ©geois (Belgique) mais français de coeur, grĂące Ă  la rĂ©itĂ©ration des mĂȘmes motifs prĂ©sents dans chaque mouvement et qui en assure la cohĂ©sion interne, comme la clĂ© fĂ©dĂ©ratrice. D’ailleurs en un jeu savant, l’auteur rend possible la combinaison fusionnĂ©e des mouvements (ainsi constituant le mouvement central, l’andante et le scherzo qui suit, d’un nombre de mesures, identique, peuvent ĂȘtre superposĂ©s et jouĂ©s simultanĂ©ment).

L’Orchestre national de Lorraine s’attaque Ă  un massif riche en atmosphĂšres et en contrepoint trĂšs savamment Ă©laborĂ© , la clĂ© Ă©tant donnĂ©e en fin de parcours dans le troisiĂšme mouvement oĂč le sublime chant de la harpe rĂ©alise l’incandescence spirituelle et libĂ©ratrice, en de graves et sombres accords arpĂ©gĂ©s.
Si Ravel regrette des poncifs « surannĂ©s Ă  la Brahms », Debussy relĂšve les procĂ©dĂ©s poĂ©tique du gĂ©nie franckiste dont nous parlons. La puissance convole avec d’indĂ©niables trouvailles d’orchestration, oĂč s’épanouissent au fil de la partition des alliages de timbres, dignes d’un opĂ©ra maudit et lugubre, Ă  mettre Ă©videment en relation avec son triptyque prĂ©cĂ©dent (ou poĂšme-symphonie), Ă©galement crĂ©Ă© Ă  Paris, mais avant en 1873, « RĂ©demption », oĂč lĂ  encore, c’est toute la fine mĂ©canique orchestrale qui est sollicitĂ©e pour que surgissent aprĂšs l’imprĂ©cision angoissante et maudite, le miracle d’une rĂ©vĂ©lation finale et l’élĂ©vation salvatrice tant espĂ©rĂ©e. En somme une construction Ă  la Liszt (l’inventeur du poĂšme symphonique) que Franck admirait et dont il reprend le principe dramaturgique : au sombre et au lugubre prĂ©alablement dĂ©veloppĂ©, succĂšde la lumiĂšre Ă©blouissante.

 

 

CASSARD-philippe-concert-a-METZ-plan-general-critique-compte-rendu-par-classiquenews-Cyrille-Guir-Arsenal-Cite-Musicale-Metz-5857

 

 

 

Remarquable soirée orchestrale et concertante à METZ

Piano et orchestre scintillants

Vers la clarté

 

Ainsi, sous la direction (sans baguette) de Jacques Mercier, s’épaissit sans lourdeur, dĂšs le dĂ©but du cycle, le poison en son mystĂšre (inquiĂ©tude des frĂ©missants violoncelles qui citent Les PrĂ©ludes de Liszt). Puis c’est toute la colonne des bois (clarinettes et bassons) qui semble comme Ă©clairer de l’intĂ©rieur, ce grouillement des enfers, prĂ©lude au dĂ©ferlement qui suit (dĂ©monisme des basson et des cors). Couleurs de l’angoisse, Gravitas forcenĂ©e mais harmoniquement variĂ©e et instrumentalement ciselĂ©e
 le travail du chef s’inscrit d’emblĂ©e dans l’intensitĂ© sonore, et profitant de l’amplification naturelle de la salle de l’Arsenal, joue sur des tutti fracassants, qui affirment immĂ©diatement le souffle incroyable de l’unique Symphonie de Franck.

Dans le mouvement central qui est Ă  la fois Andante et Scherzo, on relĂšve le climat hypnotique et lui aussi d’un lugubre berliozien, de la marche funĂšbre oĂč rit bonnement entre mĂ©lancolie et inquiĂ©tude, le chant du cor anglais sur les pizzicatis de la harpe et des cordes. Jacques Mercier trouve un ton juste entre majestĂ© et mystĂšre, secret et plĂ©nitude d’un rituel oubliĂ©. L’équilibre des pupitres, la lisibilitĂ© de chaque phrase instrumentale, passant d’un timbre Ă  l’autre, offre ce bain symphonique que l’on attendait dans une partition jamais usĂ©e. Dans le Scherzo enchaĂźnĂ©, on admire en particulier la suavitĂ© heureuse de la clarinette (si subtilement alliĂ©e au cor et Ă  la flĂ»te : tout le gĂ©nie de Franck est lĂ , dans ces dĂ©tails et prĂ©cisions d’orchestration, porteurs de magie sonore).
Aussi dĂ©taillĂ© qu’expressif, Jacques Mercier rĂ©vĂšle dans le Finale, – autre tour de force sur le plan de l’écriture-, ce jeu formel d’un Ă©quilibre structurel Ă©tonnant (qui aura Ă©chapper Ă  Ravel), oĂč tous les thĂšmes sont rĂ©itĂ©rĂ©s mais sous une forme renouvelĂ©e, gĂ©niale possibilitĂ© de la forme cyclique si chĂšre au compositeur. Le souffle hĂ©roĂŻque, la somptuositĂ© mesurĂ©e de la fanfare de cuivres (qui rappelle et Dvorak et Bruckner), les brumes wagnĂ©riennes qui diffusent juste avant l’éclosion du prodigieux effet de la harpe sonore et grave (sommet libĂ©ratoire du cycle)
 tout nous est remarquablement dĂ©voilĂ© ce soir, avec un goĂ»t pour la plasticitĂ© parfois rugissante d’un orchestre idĂ©alement tenu. Il ne faut ni trop dĂ©tailler au risque de l’éparpillement, ni trop survoler au risque du schĂ©matisme. Mais accompagner et favoriser l’élan graduel et les reprises nombreuses, et les citations renouvelĂ©es, jaillissantes dans la riche texture orchestrale
 Jacques Mercier choisit une voie mĂ©diane qui rĂ©ussit l’intensitĂ© expressive, le geste toujours sobre de l’homme de synthĂšse qui a le sens de l’architecture et maĂźtrise l’analyse des somptueux cocktails de timbres prĂ©cĂ©demment Ă©voquĂ©s. Comme la Ballade de FaurĂ© initialement restituĂ©e, la Symphonie de Franck rĂ©alise son envol, de l’ombre « vers la clarté », selon le titre du programme de ce soir. Le chef poursuit ainsi dans l’opulence et l’éclat, sa derniĂšre saison comme directeur musical de la phalange lorraine. Superbe soirĂ©e symphonique Ă  l’Arsenal.

 

 

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Compte-rendu, concert. METZ, Arsenal, le 13 octobre 2017. FaurĂ© : Ballade opus 19. Ravel : Concerto en sol majeur / Philippe Cassard, piano. FRANCK : Symphonie en rĂ© mineur (1888). Avec l’Orchestre national de Lorraine sous la direction de Jacques Mercier.

LIRE aussi notre prĂ©sentation du concert de Philippe Cassard avec l’Orchestre national de Lorraine et Jacques Mercier : http://www.classiquenews.com/metz-philippe-cassard-joue-faure-et-ravel/

 
Crédit photographique: © Cyrille GUIR / Arsenal, Cité musicale, Metz 2017

 

 

Compte rendu, opéra. MONTEVERDI : Le Couronnement de Poppée. Nantes, Opéra Graslin, le 9 octobre 2017. Capuano / Caurier et Leiser.

couronnement-de-poppee-poppea-monteverdi-busenello-critique-presentation-par-classiquenews-angers-nantes-opera-patrice-caurier-et-moshe-leiserCompte rendu, opĂ©ra. MONTEVERDI : Le Couronnement de PoppĂ©e. Nantes, OpĂ©ra Graslin, le 9 octobre 2017. Capuano / Caurier et Leiser. La nouvelle PoppĂ©e dĂ©fendue Ă  Nantes jusqu’au 17 octobre 2017, concrĂ©tise un compagnonage exemplaire entre la fine Ă©quipe des metteurs en scĂšne Patrice Caurier et Moshe Leiser et le directeur gĂ©nĂ©ral d’Angers Nantes OpĂ©ra, Jean-Paul Davois dont c’est la derniĂšre nouvelle production d’importance. AprĂšs tant d’excellentes lectures d’ouvrages divers, redĂ©couverts grĂące Ă  un regard mĂ©ticuleux et particuliĂšrement analytique sur les oeuvres (et sur chacun de leurs enjeux scĂ©niques), soit pour ceux qui nous ont le plus marquĂ© in loco, Tosca, L’Affaire Makropoulos, Le ChĂąteau de Barbe-Bleue et derniĂšrement leur deux Mozart (Les Noces et surtout Don Giovanni), cette PoppĂ©e primitive et barbare a le mĂ©rite de l’intelligence et de l’élĂ©gance, rĂ©alisant ce qui devient trĂšs trĂšs rare Ă  l’opĂ©ra aujourd’hui, la fusion totale du thĂ©Ăątre et de la musique. Il est vrai que le chef d’oeuvre de Monteverdi et son dernier opĂ©ra pour Venise, est un sommet du genre : fulgurant, juste, il sĂ©duit par sa parure sensuelle et frappe tout autant par sa cruautĂ© cinglante. La vĂ©ritĂ© est son unique ambition et le dĂ©voilement sanguinaire, parfaitement cynique que le spectacle rĂ©alise, impose cette lecture parmi les meilleures rĂ©ussites de la maison nantaise.

Louons d’abord la formidable continuitĂ© thĂ©Ăątrale qui permet au texte d’ĂȘtre projetĂ© avec une force et une violence tour Ă  tour sensuelle et violente, d’une sauvagerie inĂ©dite alors. Chaque situation dramatique ressort avec un relief clair, d’autant plus saisissant. On se fĂ©licite pendant tout le spectacle du brio de la mise en scĂšne et de l’intelligence de la direction d’acteurs
 toujours efficaces, jamais dĂ©calĂ©s, 
 parfaitement respectueux de la musique et du drame qui se joue.
Avec cette verdeur et cette ĂąpretĂ© inĂ©dites elles aussi, qu’incarnent les deux Ă©patantes nourrices, vrais personnages tragi-comiques qui fusionnent le bon sens et la philosophie, nuançant tout le drame principal de leurs maximes d’une Ă©loquente et mordante perspicacitĂ©. Il n’y a pas d’équivalents Ă  ces rĂŽles dĂ©lirants et si justes dans le thĂ©Ăątre lyrique Ă  cette Ă©poque.
IMPUISSANCE ET SOLITUDE… Monteverdi et Busenello inventent un thĂ©Ăątre parlĂ© chantĂ© singulier qui reprĂ©sente le monde, Ă©pingle la petite comĂ©die humaine, ses travers barbares, ses passions amoureuses oĂč chacun se perd totalement, irrĂ©versiblement, dĂ©finitivement. Les auteurs ont dessinĂ© des solitudes Ă©prouvĂ©es qui finissent par se consumer totalement. Et Patrice Caurier et Moshe Leiser servent idĂ©alement le texte qui dĂ©voile la profonde impuissance de chaque individu
 Tous, sans exception paient le prix de leur sentiment.
Sur ce plan, les deux auteurs expriment toutes les nuances sur toute l’étendue de la gamme Ă©motionnelle. Vous voulez du tragique dĂ©sespĂ©rĂ© et suicidaire (Ottavia), du sensuel Ă©rotique, sauvage, viscĂ©ral (Poppea et Nerone), du comique aigre et clairvoyant voire lui aussi dĂ©sespĂ©rĂ© (les deux nourrices), de l’amour naissant et turgescent (Damigella et Luciano), du philosophique lui aussi clairvoyant mais fataliste (Senecca)
 ? Vous serez servis. Le Couronnement de PoppĂ©e manifeste et reprĂ©sente tout cela avec une rare intelligence dramatique.

 

 

 

Noces Barbares, Amour sanguinaire

Patrice Caurier et Moshe Leiser réussissent
une immersion saisissante aux sources du Théùtre Baroque

 

 

NANTES : éblouissante Poppée par le duo Caurier et Leiser

 

 

Et la direction d’acteurs comme le jeu scĂ©nique articulĂ©, ajustĂ© par Patrice Caurier et Mosche Leiser Ă©blouissent par leur justesse. Nous sommes donc au cƓur de l’esthĂ©tique baroque en ce qu’elle a produit de mieux: la vĂ©ritĂ© du thĂ©Ăątre servie par une musique directe et franche.
Leur travail s’attache Ă  la vĂ©ritĂ© des gestes, le sens de chaque situation et pour chacune, la manipulation qui s’y cache. MĂȘme PoppĂ©e amoureuse enivrĂ©e, a cette voluptĂ© guerriĂšre qui n’oublie pas de faire tuer SĂ©nĂšque. Du reste, c’est peut-ĂȘtre lui qui, seul, parle librement osant rappeler non sans un courage hallucinant, les vertus de la raison Ă  l’empereur NĂ©ron. D’autant que ce dernier sombre peu Ă  peu dans une folie frĂ©nĂ©tique et sadique (scĂšne de torture Ă  l’adresse de Drusilla). Le philosophe a parfaitement mesurĂ© ce qui lui faisait face : la possession de NĂ©ron, incapable de maĂźtriser son dĂ©sir pour la nouvelle favorite. En dĂ©finitive Monteverdi est demeurĂ© fidĂšle Ă  son premier OpĂ©ra: Orfeo / OrphĂ©e Ă©crit 35 ans auparavant. C’est Ă  dire dĂ©crire en en dĂ©nonçant les ravages, l’activitĂ© des passions humaines qui submergent et dĂ©passent celui et celle qui en est l’hĂŽte impuissant. Monteverdi y montrait dĂšs 1607, le souverain dĂ©sir d’Orfeo pour Eurydice, capable de rejoindre les enfers, inflĂ©chir Pluton, mais Ă©chouer tragiquement au moment de leur remontĂ©e vers la terre


Avant Corneille et Racine, et le thĂ©Ăątre français classique, les italiens vĂ©nitiens du premier baroque abordent ce mystĂšre barbare du cƓur humain avec une intelligence inĂ©galĂ©e. L’exemplaire mise en scĂšne prĂ©sentĂ©e Ă  Nantes nous fait mesurer la rĂ©ussite de Venise en 1642, dans ce qui est bien un Ăąge d’or de l’opĂ©ra, alors rĂ©cemment « inventé » et rendu publique (depuis 1637).

Distinguons ce qui fait sens ici, portĂ© par un texte Ă©blouissant. IncarnĂ© par des chanteurs acteurs aux gestes prĂ©cis, ciselĂ©s, exacts. D’abord le couple fusionnel, enlacĂ©, Poppea et Nerone, lascifs, sublimes en leurs Ă©bats graduellement torrides (3 duos au total, les deux derniers dĂ©bouchant sur une mort). ObsĂ©dĂ©s, Ă©goĂŻstes, ils actionnent toutes les ficelles de la machine amoureuse dans un seul but introniser la jeune femme. Sur scĂšne, Chiara Skerath et Elmar Gilbertsson se complĂštent parfaitement ; aigreur tranchante et cynique du premier / ravissante sensualitĂ© de la seconde dont la souplesse ronde et chaude du soprano renforce la sĂ©duction de la « dĂ©esse terrestre » dĂ©fendue par le dieu Amour.

Piliers ensuite de la production sur le plan vocal, les deux puissances lyriques du plateau : Peter Kalman fait un SĂ©nĂšque admirable d’humanitĂ© fraternelle, face au messager de l’empereur qui lui annonce l’ordre de se tuer. AutoritĂ©, noblesse, grandeur vocale
, la basse est trĂšs convaincante ; il est bien le dernier diamant humaniste dĂ©nonçant la tyrannie Ă  l’Ɠuvre, dans une fresque parsemĂ©e d’horreurs et d’Ă©pisodes abjects.

Sa consƓur, Rinat Shaham est elle aussi sidĂ©rante de justesse et de style, affirmant pour les 3 grandes scĂšnes d’Ottavia, ce sens magistral de l’intensitĂ© tragique. Son dernier air qui est l’adieu Ă  Rome de l’impĂ©ratrice rĂ©pudiĂ©e, frappe l’auditeur par sa violence dĂ©sespĂ©rĂ©e, la vĂ©ritĂ© digne d’une victime de la terreur impĂ©riale, c’est la femme dĂ©truite qui dans l’imaginaire des metteurs en scĂšne devient figure emblĂ©matique de toutes les femmes torturĂ©es de l’histoire. Amoureuses tragiques, souveraines sacrifiĂ©es
 comme exposĂ©e, humiliĂ©e, face au micro, dĂ©noncĂ©e par une lumiĂšre crue et directe, qui en amplifie de façon quasi obscĂšne, la souffrance optimale, c’est pour nous, grĂące Ă  la sobre intensitĂ© de la cantatrice, l’une des scĂšne les plus justes du spectacle.

Puis, les deux nourrices de l’opĂ©ra trouvent respectivement en Dominique Visse (la Nourrice) et Eric Vignau (Arnalta, nourrice de PoppĂ©e), deux acteurs en verve et en Ă©clat, qui savent restituer la gravitĂ© fulgurante de chaque rĂŽle travesti. Ce qu’ils/elles disent, troublent l’entendement et suscite la rĂ©flexion par la justesse de leur message. Dominique Visse qui a tant de fois chanter le rĂŽle au point d’en ĂȘtre aujourd’hui, un « spĂ©cialiste », reconnaissait la qualitĂ© du travail rĂ©alisĂ© Ă  Nantes : voix d’une vĂ©ritĂ© dĂ©chirante, la vieille dĂ©crĂ©pite brosse un portrait bouleversant de l’impuissance humaine. En confidente d’Ottavia, Nutrice se montre d’une humanitĂ© plus vraie que vraie. DĂ©sarmante et brĂ»lante incarnation.

Dans ce jeu de manipulation et de cynisme barbare, l’Amour gagne un surcroĂźt de vraisemblance grĂące Ă  l’excellent jeune contre-tĂ©nor Logan Lopez Gonzalez (20 ans), jeune talent, aussi chanteur qu’acteur, capable d’acrobaties inouĂŻes pendant le spectacle et ouvragĂ©es avec une Ă©lĂ©gance irrĂ©sistible. DĂšs le prologue, Amour prend ainsi possession de l’espace scĂ©nique, ses prodigieuses arabesques aĂ©riennes rappelant la magie des machineries du thĂ©Ăątre baroque et l’élan des allĂ©gories de la peinture du Seicento. Tout cela est juste, prĂ©cis, vrai. Etonnant et stupĂ©fiant travail.

Tous les « seconds rĂŽles » sont intensĂ©ment dĂ©fendus ; distinguons le piquant Valetto de Gwilym Bowen, Ă  l’articulation jamais dĂ©faillante ; c’est un plaisir rĂ©el que de « goĂ»ter le texte » de Busenello Ă  travers chacune de ses scĂšnes si piquantes, rĂ©vĂ©lant l’exaspĂ©ration comme l’emportement sensuel dont est capable son personnage : quand il rudoie SĂ©nĂšque en prĂ©sence d’Octavie, dĂ©nonçant la vacuitĂ© et l’arrogance supposĂ©e du philosophe ; quand Damigella dĂ©couvre sa « poupĂ©e » d’amour, en une scĂšne au « grivois pudique » dont se souviendra Ă©videmment aprĂšs Monteverdi, son meilleur Ă©lĂšve, Cavalli (dans La Calisto entre autres). Le thĂ©Ăątre vĂ©nitien du XVIIĂš est l’un des plus libres et riches qui soient ; en mĂȘlant tragique, amoureux, comique, la scĂšne montĂ©verdienne offre un bain dramatique d’une insondable activitĂ©. Nous sommes bien ici aux sources parfaites du genre opĂ©ra, oĂč tous les registres poĂ©tiques et dramatiques sont mĂȘlĂ©s, associĂ©s, enchaĂźnĂ©s dans une continuitĂ© harmonieuse. Les metteurs en scĂšne l’ont bien compris.
Saluons aussi la performance du baryton Renato Dolcini, certes encore perfectible en son chant parfois laborieux, mais son Ottone gagne dans cette lecture, un relief Ă©tonnant qui en fait l’élĂ©ment moteur du drame : en lui s’incarnent toutes les brĂ»lures de l’amour contrariĂ© et les tenailles de l’odieuse manipulation. Amoureux Ă©cartĂ© de PoppĂ©e, il est manipulĂ© par Octavie et feint d’aimer (au dĂ©but tout au moins) Drusilla. Son parcours Ă  travers l’opĂ©ra est l’un des plus passionnants Ă  suivre. GrĂące Ă©videmment Ă  l’intelligence de la mise en scĂšne.
En fosse, seuls 11 instrumentistes (sous la direction de l’excellent Gianluca Capuano) articulent et soutiennent l’action des chanteurs. Souples et prĂ©cis, les musiciens rĂ©alisent la meilleure parure musicale pour ce tour de force d’une incroyable vĂ©ritĂ©. On s’étonne mĂȘme que cet instrumentarium qui est une proposition Ă  dĂ©faut de disposer du manuscrit autographe de Monteverdi, sonne si bien, dans l’écrin aux proportions idĂ©ales du ThĂ©Ăątre Graslin.

Saluons Angers Nantes OpĂ©ra et son directeur gĂ©nĂ©ral Jean-Paul DAVOIS dont c’est l’ultime nouvelle production, d’avoir fait le pari de cet ouvrage inclassable d’une force et d’une vĂ©ritĂ©, inouĂŻes. C’est un retour aux sources magistral. Une pĂ©riode qui indique un Ăąge d’or du nouveau genre lyrique, capable de servir un texte sublime tout en mĂȘlant les genres et rĂ©ussissant une action thĂ©Ăątrale Ă  la fois spectaculaire et profonde. Tout cela est dĂ©voilĂ©, rĂ©alisĂ© magistralement Ă  Nantes, jusqu’au 17 octobre 2017. Juste, souvent Ă©blouissante (le tableau final, mĂ©morable) : voici assurĂ©ment la production lyrique Ă©vĂ©nement de cette rentrĂ©e lyrique. Et comme derniĂšre offrande prĂ©sentĂ©e par Jean-Paul Davois, c’est une invitation qui ne se refuse pas. Magistral.

 

 

poppea-poppee-monteverdi-nantes-caurier-leiser-opera-cjoc-presentation-par-classiquenews-amour-et-le-couple-amoureux-poppea-nerone

 

 

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Compte rendu, opéra. Nantes, Théùtre Graslin, le 9 octobre 2017. MONTEVERDI : Le couronnement de Poppée.
- OPÉRA – EN UN PROLOGUE ET TROIS ACTES.
Livret de Giovanni Francesco Busenello d’aprĂšs les Annales de Tacite. CrĂ©Ă© au Teatro Grimano de Venise en 1642.
DIRECTION MUSICALE : MOSHE LEISER ET GIANLUCA CAPUANO
MISE EN SCÈNE : MOSHE LEISER ET PATRICE CAURIER

AVEC
Chiara Skerath, Poppée
Rinat Shaham, Octavie / la Fortune
Peter Kalman, SĂ©nĂšque
Eric Vignau, Arnalta
Élodie Kimmel, Drusilla / la Vertu
Sarah Aristidou, Demoiselle
Elmar Gilbertsson, NĂ©ron
Dominique Visse, la Nourrice / le Premier Familier
Renato Dolcini, Othon
Mark van Arsdale, Lucain, Libertus et le Premier Soldat
Gwilym Bowen, Valet, le Second Soldat et le Second familier
Logan Lopez Gonzalez, Amour
Agustin Perez Escalante, le Licteur
Augusto Garcia Vazquez, le TroisiĂšme Familier

ChƓur d’Angers Nantes OpĂ©ra
Direction : Xavier Ribes

 

Ensemble Il Canto di Orfeo
Direction : Gianluca Capuano

 

 
 
Illustrations : © Jef Rabillon / Angers Nantes Opéra 2017

 

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Approfondir

NANTES, Opéra Graslin, du 9 au 17 octobre 2017. 6 représentations du Couronnement de Poppée de Monteverdi et Busenello.

NANTES, THÉÂTRE GRASLINANO logo 2017 2018 vignette
6 représentations événements
lundi 9, mardi 10, jeudi 12, vendredi 13,
dimanche 15, mardi 17 octobre 2017
en semaine Ă  20h, le dimanche Ă  14h30

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OPERA. MONTEVERDI cruel et sensuel à NANTES : Poppée ou la fureur amoureuse

OPERA. MONTEVERDI cruel et sensuel Ă  NANTES. Du 9 au 17 octobre 2017, l’OpĂ©ra Graslin Ă  Nantes se met Ă  la page vĂ©nitienne : en affichant une nouvelle production du Couronnement de PoppĂ©e de Claudio Monteverdi (et Busenello, crĂ©Ă© au Carnaval de 1642), le ThĂ©Ăątre nantais confirme son exceptionnelle capacitĂ© Ă  renouveler la comprĂ©hension des oeuvres capitales du genre opĂ©ra.

couronnement-de-poppee-poppea-monteverdi-busenello-critique-presentation-par-classiquenews-angers-nantes-opera-patrice-caurier-et-moshe-leiser

 

 

 

PoppĂ©e est bien l’ouvrage le plus essentiel du XVIIĂš et un jalon important dans l’histoire de l’opĂ©ra. En traitant cet opus du premier baroque italien, le duo de metteurs en scĂšne Patrice Caurier et Moshe Leiser, partenaires familiers de la scĂšne nantaise, rĂ©active cet expressionnisme saisissant qui fait du Couronnement de PoppĂ©e un ouvrage Ă  part, Ă©blouissant par sa sensualitĂ© brĂ»lante, violent et barbare par sa justesse dans la reprĂ©sentation des passions humaines. Ici que peuvent la loi et la raison face Ă  la puissance d’un couple amoureux ? 
 Rien. Tel est le verdict explicitĂ© jusqu’au 17 octobre Ă  Nantes, et dans une production dramatiquement, visuellement passionnante.

 

 

 

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LIRE aussi notre prĂ©sentation de l’opĂ©ra Le Couronnement de PoppĂ©e de Monteverdi et Busenello par Moshe Leiser et Patrice Caurier, Nantes, OpĂ©ra Graslin, du 9 au 17 octobre 2017

NANTES, THÉÂTRE GRASLINANO logo 2017 2018 vignette
6 représentations événements
lundi 9, mardi 10, jeudi 12, vendredi 13,
dimanche 15, mardi 17 octobre 2017
en semaine Ă  20h, le dimanche Ă  14h30

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Le Couronnement de PoppĂ©e / L’Incoronazione di Poppea
Dramma in musica, en un prologue et 3 actes
Livret de Giovanni Francesco Busenello d’aprùs les Annales de Tacite.
Créé au Teatro Grimano de Venise en 1642.
[Opéra en italien avec surtitres en français]

DIRECTION MUSICALE : MOSHE LEISER ET GIANLUCA CAPUANO
MISE EN SCÈNE: MOSHE LEISER ET PATRICE CAURIER
Chiara Skerath, Poppée
Rinat Shaham, Octavie / la Fortune
Peter Kalman, SĂ©nĂšque
Élodie Kimmel, Drusilla / la Vertu
Sarah Aristidou, Demoiselle
Elmar Gilbertsson, NĂ©ron
Dominique Visse, la Nourrice / le Premier Familier
Renato Dolcini, Othon
Mark van Arsdale, Lucain / Libertus / le Second Familier / le Premier Soldat
Agustin Perez Escalante, le Licteur
Augusto Garcia Vazquez, le TroisiĂšme Familier

ChƓur d’Angers Nantes OpĂ©ra
Direction : Xavier Ribes

Ensemble I Canto di Orfeo
Direction : Gianluca Capuano

 

 

 

ANGERS NANTES OPERA : nouvelle production du Couronnement de Poppée (9-17 oct 2017)

NANTES : Ă©blouissante PoppĂ©e par le duo Caurier et LeiserAngers Nantes OpĂ©ra, nouveau Couronnement de PoppĂ©e, 9 > 17 octobre 2017. Angers Nantes OpĂ©ra aborde en octobre 2017, le thĂ©Ăątre flamboyant, barbare et sensuel tel qu’il fut conçu Ă  Venise : le Couronnement de PoppĂ©e de Monteverdi et Busenello est crĂ©Ă© en 1642. Qui mĂšne le monde ? Fortune, Vertu ou Amour ? D’une exceptionnelle acuitĂ© et justesse poĂ©tique, l’opĂ©ra qui en dĂ©coule est un sommet lyrique Ă  redĂ©couvrir. “Le premier vĂ©ritable opĂ©ra de l’Histoire” selon Jean-Paul Davois, directeur gĂ©nĂ©ral d’Angers Nantes OpĂ©ra. Un chef d’oeuvre Ă  la fois Ă©rotique, tragique, lĂ©ger voire cocasse qui en mĂȘlant les genres, sublime la reprĂ©sentation du monde.

CLIC D'OR macaron 200Pour servir un tel ouvrage, le duo de metteur en scĂšne, Moshe Leiser et Patrice Caurier cisĂšle une direction d’acteurs qui souligne l’intelligence thĂ©Ăątrale d’une Ă©tonnante partition. Attention choc visuel et musical. Voici assurĂ©ment l’Ă©vĂ©nement lyrique de la rentrĂ©e 2017, coup de cƓur donc “CLIC” de CLASSIQUENEWS

 

 

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LIRE aussi notre prĂ©sentation de l’opĂ©ra Le Couronnement de PoppĂ©e de Monteverdi et Busenello par Moshe Leiser et Patrice Caurier, Nantes, OpĂ©ra Graslin, du 9 au 17 octobre 2017

 

NANTES, THÉÂTRE GRASLINANO logo 2017 2018 vignette
6 représentations événements
lundi 9, mardi 10, jeudi 12, vendredi 13,
dimanche 15, mardi 17 octobre 2017
en semaine Ă  20h, le dimanche Ă  14h30

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Le Couronnement de PoppĂ©e / L’Incoronazione di Poppea
Dramma in musica, en un prologue et 3 actes
Livret de Giovanni Francesco Busenello d’aprùs les Annales de Tacite.
Créé au Teatro Grimano de Venise en 1642.
[Opéra en italien avec surtitres en français]

DIRECTION MUSICALE : MOSHE LEISER ET GIANLUCA CAPUANO
MISE EN SCÈNE: MOSHE LEISER ET PATRICE CAURIER
Chiara Skerath, Poppée
Rinat Shaham, Octavie / la Fortune
Peter Kalman, SĂ©nĂšque
Élodie Kimmel, Drusilla / la Vertu
Sarah Aristidou, Demoiselle
Elmar Gilbertsson, NĂ©ron
Dominique Visse, la Nourrice / le Premier Familier
Renato Dolcini, Othon
Mark van Arsdale, Lucain / Libertus / le Second Familier / le Premier Soldat
Agustin Perez Escalante, le Licteur
Augusto Garcia Vazquez, le TroisiĂšme Familier

ChƓur d’Angers Nantes OpĂ©ra
Direction : Xavier Ribes

Ensemble I Canto di Orfeo
Direction : Gianluca Capuano

 

 

 

Compte-rendu, Festival. LISBONNE, VERAO CLASSICO : 1er au 10 août 2017. Festival et Académie au Portugal

verao classico lisboa lisbonne festival presentation classiquenews 2015Compte-rendu, Festival. LISBONNE, VERAO CLASSICO : 1er au 10 aoĂ»t 2017 : Qu’est-ce qui fait aujourd’hui un bon festival de musique de chambre ? Evidemment la qualitĂ© des instrumentistes invitĂ©s, la diversitĂ© et le rythme de l’expĂ©rience musicale Ă  destination du public 
 et peut-ĂȘtre surtout comme ici Ă  Lisbonne, le dĂ©sir de renouveler et d’enrichir le genre. A toutes ces questions primordiales, le directeur artistique de l’évĂ©nement et pianiste Filipe Pinto-Ribeiro a trouvĂ© les rĂ©ponses, mais il va plus loin en assurant simultanĂ©ment aussi, l’enrichissement technique des jeunes Ă©lĂšves de l’acadĂ©mie, comme pour les festivaliers, une immersion exceptionnelle dans le mĂ©canisme du concert et de l’interprĂ©tation. A la fois festival et acadĂ©mie, Verao Classico rĂ©pond aux attentes des deux cĂŽtĂ©s de la scĂšne.

 

 

 

Lisbonne, festival et académie

VERAO CLASSICO, fleuron des nouveaux festivals de musique de chambre

 

 

verao-classico-2017-masterclass-violoncelle-par-classiquenews

 

 

AU CCB, Centre culturel de Belem
 Dans le Centre culturel de Belem, Ă  Lisbonne, spectateurs, instrumentistes en herbe, musiciens renommĂ©s qui sont professeurs animent pendant 10 jours, une vĂ©ritable ruche, – c’est Ă  dire une maniĂšre de citĂ© musicale idyllique, oĂč l’apprentissage voisine avec l’expĂ©rience du concert, oĂč surtout les apprentis peuvent Ă©couter et analyser le jeu de leurs professeurs
 eux-mĂȘmes invitĂ©s Ă  se produire devant leurs cadets et devant le public qui a accĂšs Ă  toutes les sessions. L’expĂ©rience est d’autant plus mĂ©ritante et estimable qu’il n’existe pas comme en France ou en Allemagne de tradition chambriste au Portugal. Le festival comble donc un vide criant. Tout en faisant du temps estival, un cycle d’approfondissement plus que formateur pour nombre de jeunes instrumentistes, venus parfaire leur technicitĂ© de soliste ou amĂ©liorer leurs aptitudes Ă  jouer collectivement.

L’idĂ©e d’implanter au CCB, ce festival et cette acadĂ©mie offre une opportunitĂ© unique pour les musiciens portugais et tous les jeunes instrumentistes internationaux de suivre ici les conseils avisĂ©s des plus grands concertistes, habituĂ©s aussi Ă  jouer ensemble (certains d’entre eux ont l’habitude de se retrouver Ă  l’affiche de festivals et de salles illustres dans le monde). La force de l’AcadĂ©mie Ă  Lisbonne vient des personnalitĂ©s invitĂ©es : cette annĂ©e, entre autre : les violonistes Corey Cerovsek ou Elina VĂ€hĂ€lĂ€ ; la corniste Marie-Luise Neunecker, le clarinettiste Pascal MoraguĂšs ou les violoncelliste Gary Hoffman et Kyril Zlotnikov
 Evidemment la classe du violoncelliste amĂ©ricain Gary Hoffmann, – personnalitĂ© ĂŽ combien charismatique, d’une culture et d’une sensibilitĂ© stimulantes (et qui de surcroĂźt parle un français impeccable-, ne dĂ©semplit pas ; et chacune de ses prestations en concert, en soliste et aux cĂŽtĂ©s de ses confrĂšres aussi expĂ©rimentĂ©s suscitent l’enthousiasme par sa musicalitĂ© et sa probitĂ© musicale, sans parler de son intelligence artistique. Un MaĂźtre assurĂ©ment.

 

 

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LE SENS DES ALCHIMIES MUSICALES
 Le talent de Filipe Pinto-Ribeiro est d’avoir su rĂ©unir, au sein de l’équipe pĂ©dagogique, des pointures charismatiques, qui savent aussi jouer ensemble : de sorte qu’aprĂšs la journĂ©e de cours et de rĂ©pĂ©titions intenses, chaque concert des MaĂźtres (intitulĂ© « masterfest »), est un cadeau, un phare, une source de stimulation et de dĂ©passement. Pour tous. Pour les jeunes apprentis, pour le public, pour les plus aguerris, heureux d’écouter leurs confrĂšres ou de jouer de concert dans le partage et l’estime rĂ©ciproque.

 

 

verao-classico-2017-masterfest-concert-des-professeurs-critique-compte-rendu-par-classiquenews

 

 

UNE ECOLE DE VIE
 Le temps de notre sĂ©jour, Ă  Lisbonne, il a Ă©tĂ© possible de mesurer le degrĂ© d’implication des jeunes musiciens acadĂ©miciens (Ă  l’étĂ© 2017, plus de 150 jeunes venus de toute l’Europe, d’Asie et des AmĂ©riques
), la qualitĂ© des cours assurĂ©s par les professeurs, l’organisation des concerts proposĂ©s au public. Chacun y puise un bĂ©nĂ©fice humain, artistique, technique d’une trĂšs grande valeur. La musique de chambre exige une qualitĂ© d’écoute, une humilitĂ©, une grande ouverture d’esprit qui s’avĂšrent dans la vie elle-mĂȘme, de prĂ©cieux bagages. Rien ne remplace les apports d’une expĂ©rience musicale collective. Jouer ensemble, c’est apprendre Ă  vivre avec les autres. La mĂ©taphore montre combien le cycle et l’offre sont essentiels aujourd’hui. Au cƓur du programme, s’imposent l’enseignement et l’expĂ©rience des 4 concerts de professeurs (« les « MasterFest »), et les 6 concerts des jeunes instrumentistes acadĂ©miciens (« TalentFests »).
Aux cĂŽtĂ©s des profils internationaux, originaires du monde entier, de trĂšs nombreux jeunes musiciens portugais suivent les sessions de travail et participent aux concerts : l’école de musique de l’Orchestre MĂ©tropolitain de Lisbonne, autre ruche musicale permanente, qui accueille tous les profils de jeunes instrumentistes, est un partenaire privilĂ©giĂ© du festival acadĂ©mie du CCB : ainsi, chacun y trouve sa place selon son niveau et ses objectifs.
Les frontiĂšres s’affranchissent : une seule famille se prĂ©cise et se renforce au diapason des nationalitĂ©s associĂ©es (20 pays diffĂ©rents sont reprĂ©sentĂ©s ainsi Ă  Lisbonne), des rencontres et des Ă©changes. Rien ne saurait atteindre Ă  ce degrĂ© d’émulation collective, tant l’expĂ©rience de la musique de chambre, telle qu’elle est vĂ©cu Ă  Lisbonne, le temps du festival-acadĂ©mie Verao classico (en portugais, l’étĂ© classique) transforme les esprits, leur façon de jouer et de vivre la musique. L’expĂ©rience des autres, l’écoute des partenaires
 l’offrande finale donnĂ©e en partage aux festivaliers lors de chaque concert rĂ©active cet idĂ©al europĂ©en oĂč les nationalitĂ©s s’unissent pour bĂątir une harmonie soudainement tangible et audible. Par son fonctionnement, son but, ses rĂ©alisations, le festival acadĂ©mie VERAO CLASSICO Ă  Lisbonne est un exemple Ă  suivre. Une utopie devenue rĂ©alitĂ©.

Prenez note des dates 2018 : du 29 juillet au 7 août 2018.
Toutes les infos et les modalités de réservations sur le site du festival Académie VERAO CLASSICO à Lisbonne (Portugal).

 

 

 

 

Pour rappel : l’équipe pĂ©dagogique 2017, rĂ©unie grĂące Ă  Filipe Pinto-Ribeiro en aoĂ»t 2017

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VERAO CLASSICO 2017
L’équipe pĂ©dagogique :

‚· Filipe Pinto-Ribeiro (Portugal) : Piano, Soloist and Chamber Musician, Artistic and Pedagogical Director

· Eldar Nebolsin (Russia) : Piano, Professor at Hochschule fĂŒr Musik “Hanns Eisler” Berlin
· Corey Cerovsek (Canada) : Violin, Soloist and Chamber Musician, Stradivarius “Milanollo”
· Elina VĂ€hĂ€lĂ€ (Finland) : Violin, Professor at Hochschule fĂŒr Musik Karlsruhe
· Isabel Charisius (Germany) : Viola, Professor at Lucerne University and Violist at the Alban Berg Quartet
· Gary Hoffman (USA) : Cello, Professor at Queen Elisabeth Music Chapel of Belgium
· Kyril Zlotnikov (Israel) : Cello, Soloist and Cellist of the Jerusalem Quartet
· Gunars Upatnieks (Latvia) : Double Bass, Professor at Hochschule fĂŒr Musik “Hanns Eisler” Berlin and Double Bassist in the Berliner Philharmoniker
· Ramón Ortega Quero (Spain) : Oboe, 1st Principal Oboe in the Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks
· Pascal MoraguÚs (France) : Clarinet, Professor at Conservatoire de Paris and 1st Principal Clarinet at Orchestre de Paris
· Marie-Luise Neunecker (Germany) : Horn, Professor at Hochschule fĂŒr Musik “Hanns Eisler” Berlin

 

 

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LIRE aussi notre annonce du Festival et académie VERAO CLASSICO à Lisbonne, 1er au 10 août 2017
http://www.classiquenews.com/lisbonne-verao-classico-festival-academie-1er-10-aout-2017/

 

 

TOUTES LES PHOTOS / COPYRIGHT © studio classiquenews.tv – 2017 – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre PHAM
 

GRAND ENTRETIEN avec JAY BERNFELD
 à propos de Marin Marais

Marin Marais sublimĂ©GRAND ENTRETIEN avec JAY BERNFELD
 Fin septembre 2017, le gambiste Jay Bernfeld joue son cher Marin Marais, sujet d’une amitiĂ© musicale ou d’un « compagnonage artistique » et mĂȘme humain qui s’est nourri continĂ»ment, de l’interprĂšte au compositeur, depuis 40 ans. Le disque qui en dĂ©coule, intitulĂ© « FOLIES D’ESPAGNE » sort ce 29 septembre 2017. RĂ©vĂ©lĂ© par le film Tous les matins du monde, Marin Marais avait trop Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© comme un opportuniste mondain. La valeur du geste de Jay Bernfeld, Ă  travers le programme qu’il a choisi, interroge diffĂ©remment la musique du compositeur français : l’interprĂšte en rĂ©vĂšle le goĂ»t de l’Ă©loquence intĂ©rieure. L’instrumentiste a choisi plusieurs perles issues des Livres III et V, mais aussi s’est laissĂ© sĂ©duire par la virtuositĂ© millimĂ©trĂ©e et jamais artificielle des Folies d’Espagne. TĂ©moignage d’un enregistrement qui est un retour aux sources et l’accomplissement d’un dialogue intĂ©rieur perpĂ©tuel : Jay Bernfeld exprime la pudeur et la riche vie intĂ©rieure de Marin Marais. GRAND ENTRETIEN pour CLASSIQUENEWS.

 

 

 

Vous entretenez une relation trĂšs personnelle et de longue date avec Marais, avec son instrument, la viole de gambe qui est aussi votre instrument. Quelle reprĂ©sentation vous faites-vous du musicien, de l’homme et de l’artiste ? Quels aspects de son caractĂšre et de sa personnalitĂ© ses Ɠuvres rĂ©vĂšlent-elles ?

 
Jay Bernfeld : Toute amitiĂ© est une sĂ©rie d’échanges, une sĂ©rie de « flashes », de souvenirs
 surtout une amitiĂ© qui traverse les siĂšcles comme entre Marais et moi !
Tout d’abord c’est la musique qui m’a fait « rĂ©sonner », tel un instrument. Marais est l’un de mes maĂźtres. AprĂšs avoir parcouru quelque 300 piĂšces de violes et toutes les PiĂšces en trio, une image du musicien finit par Ă©merger derriĂšre l’Ɠuvre. Marais est quelqu’un qui aime la vie, un ĂȘtre adaptĂ© Ă  toute situation, de par sa personnalitĂ© et son discours musical.
Issu d’un milieu humble, certes, mais son Ă©lĂ©gance naturelle fait de lui, l’un des musiciens les plus proches de Louis XIV, qui vit harmonieusement le va-et-vient entre une rive gauche populaire et la splendeur du Louvre et de Versailles.

Sur un plan plus anecdotique ou subjectif : il se trouve que je vis dans son quartier, tout prĂšs de la rue Mouffetard qui, ayant rĂ©sistĂ© Ă  toute haussmannisation, laisse imaginer ce qu’était le Paris de Marais, et tout prĂšs du jardin des Plantes, vrai laboratoire de l’esprit des LumiĂšres. Comme si pour ainsi dire je mettais mes pas dans les siens


 

 

La musique de Marais dĂ©signe comme un retour Ă  la source de la musique, un retour qui restructure et rĂ©gĂ©nĂšre aussi l’artiste que vous ĂȘtes. De quelle façon prĂ©cisĂ©ment ?
 
JB : Retour aux sources surtout pour moi, qui ai travaillĂ© sur l’alliance entre la parole et la musique, que de me retrouver aujourd’hui devant une musique instrumentale « pure », qui ne raconte pas d’histoire (elle va parfois jusqu’à l’évocation ou l’allusion, mais elle n’est jamais narrative).

Toute comme la vie de Marais, son Ɠuvre peut ĂȘtre scindĂ©e en deux. Les opĂ©ras ou Ɠuvres scĂ©niques sont destinĂ©s au monde sophistiquĂ© de la cour. Les piĂšces de viole, je les vois davantage comme une aventure intime, et toujours plus profondĂ©ment Livre aprĂšs Livre. Les deux premiers sont trĂšs virtuoses – Ă  preuve les Folies d’Espagne. A partir du IIIĂšme Livre, je sens Marais vraiment lui-mĂȘme, apte Ă  cerner l’essence mĂȘme de chaque danse, l’enlaçant avec la douceur de son fameux coup d’archet.
J’imagine un peu les IIIe, IVe et Ve Livres comme les jardins privĂ©s d’un compositeur destinĂ© Ă  vivre au milieu d’un jardin public


 
 
 
JAY BERNFELD joue MARIN MARAIS
 

Illustration : Jay Bernfeld et sa viole magicienne © Uit Bé studio

 
 
 

Concernant la sĂ©lection des piĂšces que vous jouez dans cet album, quels sont les critĂšres prĂ©sidant Ă  votre choix ? En quoi le cheminement des partitions, dans leur succession ainsi prĂ©sentĂ©e, tĂ©moigne-t-il de ce lien Ă©troit, profond, intime que vous Ă©prouvez Ă  l’Ă©gard de Marin Marais ?

JB : Je me suis plutĂŽt posĂ© la question de savoir ce que j’aurais regrettĂ© de ne pas inclure sur ce disque, car le rĂ©pertoire du violiste chez Marais est un ocĂ©an

Tel quel, le programme Ă©quivaut peut-ĂȘtre Ă  une double biographie du musicien et de son interprĂšte, et un livre d’or de notre longue amitiĂ©. La Suite en rĂ© a Ă©tĂ© mon premier contact discographique avec Marais, jouĂ©e par Wenzinger, ce pionnier de la viole de gambe, fondateur de la Schola Cantorum de BĂąle, l’un de mes maĂźtres.

 

 

 

Aux cĂŽtĂ©s du fastueux Lully, gĂ©nie de l’OpĂ©ra, vous dĂ©fendez l’idĂ©e d’un Marais Ă©clectique, diversifiĂ©, capable de se renouveler en permanence et d’ĂȘtre lui-mĂȘme trĂšs inspirĂ© par le thĂ©Ăątre. Pouvez-vous nous donner quelques clĂ©s rĂ©vĂ©lant cet art de Marais, qui, contrairement Ă  ce que l’on pense, n’est ni austĂšre ni exclusivement introspectif ?

Quelles piĂšces rĂ©sonnent-elles ainsi en Ă©cho Ă  ce Marais plus mondain voire courtisan (finalement trĂšs en relation avec ses innombrables charges qu’il occupa Ă  Versailles dans la proximitĂ© de Louis XIV) ?

JB : Mais ces aspects ne doivent surtout pas ĂȘtre vus comme contradictoires « Mon » Marais n’est pas austĂšre
 il n’est pas non plus mondain !
Il existe chez lui trois Tombeaux. Les deux premiers, pour Lully et pour Sainte-Colombe, hommages presque officiels, quoique extraordinairement sombres et intenses ; et celui du disque, pour Marais le Cadet, tirĂ© du Ve Livre. Un livre Ă©crit pour soi, comme s’il ne jouait sa musique qu’à lui-mĂȘme
 dans le recoin le plus cachĂ© de son jardin secret


 

 

Propos recueillis en septembre 2017

 

 

 

approfondir

 

 

LIRE aussi, notre grande critique du cd FOLIES D’ESPAGNE par JAY BERNFELD et FUOCO E CENERE – CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre et octobre 2017

 

VOIR une sélection des piÚces enregistrées par Jay Bernfeld et ses complices, instrumentistes de son ensemble Fuoco E Cenere

Compte rendu, opéra. NANTES, le 23 septembre 2017. BERLIOZ : LA DAMNATION DE FAUST. Spyres, Hunold, Alvaro, Bontoux
 Rophé.

Compte rendu, opĂ©ra. NANTES, le 23 septembre 2017. BERLIOZ : LA DAMNATION DE FAUST. Spyres, Hunold, Alvaro, Bontoux
 RophĂ©. Du choc qui naĂźt de l’équation Berlioz Goethe surgissent des pĂ©pites, vĂ©ritables joyaux de l’opĂ©ra romantique français. Cette Damnation crĂ©Ă©e en 1846, Ă©blouit Ă  chaque reprĂ©sentation, car la partition permet comme rarement Ă  l’orchestre de scintiller, murmurer et rugir, oĂč les architectures avec le chƓur impressionnent, oĂč surtout le chant affirme cette dĂ©clamation spĂ©cifique propre au Berlioz le plus exigeant, et dĂ©jĂ  ciselĂ©e comme futur jeune vainqueur du prix de Rome dans sa fameuse Cantate La mort de ClĂ©opĂątre (1829).

 

 

Une DAMNATION A SE DAMNER
Spyres, Hunold, Alvaro, Bontoux
 composent une distribution Ă©blouissante

 

NANTES : Une Damnation Ă  se damner... le 23 septembre 2017

 

 

Ce soir l’art d’un tĂ©nor anglo-saxon pourtant mis au dĂ©fi de la diction française confirme sa maĂźtrise irrĂ©prochable (Ă  quelques dĂ©tails prĂšs), il est vrai qu’il chante le rĂŽle depuis plusieurs annĂ©es et connaĂźt la partition par cƓur
 (c’est l’un des soliste Ă  chanter sans partition, entiĂšrement disponible Ă  son chant et son jeu au devant de la scĂšne) ; ce que rĂ©alise le tĂ©nor amĂ©ricain Michael Spyres (Faust) suscite en effet admiration et enthousiasme : le sens du verbe, le jeu scĂ©nique trĂšs habitĂ© (malgrĂ© l’absence de mise en scĂšne mais la lĂ©gende dramatique conçue par Berlioz n’a pas depuis sa conception intĂ©grĂ© de dĂ©cors), la prĂ©cision des diphtongues claires et jamais appuyĂ©es (une gageure pour un anglo-saxon), 
tant de maĂźtrise linguistique et d’intelligence dans la conception du personnage souligne l’art du diseur, Ă©claire le profil du hĂ©ros : sa tendresse infinie, sa solitude profonde aussi, enfin sa lumineuse humanitĂ©, sa compassion finale qui prĂ©cipite sa chute mais offre l’apothĂ©ose pour Marguerite. Le tĂ©nor s’impose dans un rĂŽle qu’il chante depuis plusieurs annĂ©es, en France dĂšs 2014 et encore rĂ©cemment au Festival Berlioz Ă  l’Ă©tĂ© 2017…
Berlioz a portraiturĂ© un contemplatif esseulĂ© Ă  jamais insatisfait, en connexion direct avec la Sainte Nature ; c’est d’ailleurs dans ses invocations au mystĂšre des Ă©lĂ©ments, au grand souffle de l’univers que Berlioz montre la mesure de son inspiration comme gĂ©nie romantique (aprĂšs les Ă©vocations amĂ©ricaines de Chateaubriand).
Plus Ă©phĂ©mĂšre (mais intensĂ©ment dramatique), sa rencontre avec Marguerite, fugace personnification de l’idĂ©e fixe, Ă©ternelle bien aimĂ©e ailleurs inaccessible (Symphonie Fantastique puis LĂ©lio), prend forme ici et s’incarne en un duo d’une exquise intelligence. Il faut reconnaĂźtre qu’en jouant l’amoureuse Ă©prise, empoisonneuse matricide malgrĂ© elle, la trĂšs noble et voluptueuse Catherine Hunold personnifie aussi bien que RĂ©gine Crespin en son heure, cette fĂ©minitĂ© ardente et digne, d’une distinction naturelle, capable de couleurs inouĂŻes, tragĂ©dienne sensuelle comme amante Ă©perdue : qu’il s’agisse de sa romance hallucinĂ©e du « roi de Thulé » (et sa coupe vermeil Ă  la mer
 prĂ©figuration des morsures empoissonnĂ©es d’un Chausson Ă  venir) ; de son duo avec Faust puis de son “ardente flamme”(grand air de la partition), la diva ici mĂȘme applaudie dans le rĂŽle de la noire Ortrud wagnĂ©rienne (Lohengrin) fait sensation en jeune femme embrasĂ©e par le dĂ©sir et la passion. Au point de regretter parfois le volume sonore de l’orchestre qui couvre les nuances millimĂ©trĂ©es que rĂ©ussit divinement la diva, vraie soprano dramatique et puissante, d’une irrĂ©sistible vĂ©ritĂ©. Inoubliable.

La direction attentive de Pascal RophĂ© paraĂźt moins convaincante dans Berlioz que la saison derniĂšre dans Wagner (Lohengrin ici mĂȘme et Ă©galement sans dĂ©cors). Plus prĂ©cautionneuse et tranquille, que vraiment traversĂ©e par le souffle du sujet diabolique et cynique
 Des tempos exagĂ©rĂ©ment ralentis (dans l’air de Marguerite justement, “d’amour l’ardente flamme”
) et surtout dans la derniĂšre partie celle de la chevauchĂ©e infernale, un manque d’Ă©quilibrage sonore (les percussions toujours systĂ©matiquement en avant), des attaques trop fortes
 rendent peu compte du raffinement exceptionnelle de la partition berliozienne. On a regrettĂ© aussi le manque de nuances comme d’expressivitĂ© du choeur fĂ©minin. Les tableaux malicieux, Ă©lectriques des esprits et crĂ©atures convoquĂ©s par MĂ©phistophĂ©lĂšs restent trop polis. Mais ce qui reste ailleurs, s’inscrit dans le souci de clartĂ© dĂ©jĂ  observĂ© dans le travail de son Lohengrin de la saison passĂ©e.
Les interventions des chƓurs associĂ©s et les jeunes chanteuses de la MaĂźtrise invitĂ©e (seconde partie, pour l’apothĂ©ose de Marguerite) ne manquent pas de panache, d’articulation oratoire (les hommes surtout pour les chƓurs dĂ©moniaques, pour le dĂ©lire Ă©lectrique des Ă©tudiants, pour la question les juges infernaux Ă  l’adresse du Mephisto finalement vainqueur
 )
Fermant le trio vocal protagoniste, le MĂ©phistophĂ©lĂšs de Laurent Alvaro est impressionnant dans la veine sarcastique ironique, cynique, sardonique, mĂȘme s’il pourrait ĂȘtre parfois plus nuancĂ© dans les intentions, et mĂȘme s’il se montre avare en aigus larges et couverts (faiblesse rĂ©duite en seconde partie cependant). Notons aussi l’excellente musicalitĂ© du baryton-basse malvoyant Bertrand Bontoux : Brander solide, habitĂ© (dans le tableau de la taverne Ă  Leipzig), et lui aussi, comme Spyres, sans partition et d’une absolue intelligibilitĂ©. Un rĂ©gal.

 
 

Ainsi s’amorce (et de la meilleure façon) la nouvelle saison d’Angers Nantes OpĂ©ra 2017-2018, qui est aussi l’ultime programmation conçue par Jean-Paul Davois. On sait que ce dernier attache une importance capitale au texte et au thĂ©Ăątre dans chaque production lyrique prĂ©sentĂ©e. Cette Damnation sans dĂ©cors ne fait d’ailleurs pas exception Ă  cette ligne artistique des plus justes : Berlioz intitule son opĂ©ra, « lĂ©gende dramatique » ; la partition orchestrale surprend et saisit par la force suggestive de l’orchestre et des choeurs. Et sa forme est davantage celle d’un oratorio dĂ©moniaque fantastique, l’une des meilleures adaptations du mythe goethĂ©en en France, qu’un opĂ©ra.

caurier-et-leiser-duo-de-metteurs-en-scene-a-lopera-par-classiquenews-pour-angers-nantes-opera-saison-2017-2018-couronnement-de-poppee-octobre-2017-Patrice-Caurier-et-Moshe-LeiserPOPPEA … prochain Ă©vĂ©nement lyrique Ă  venir en octobre 2017 Ă  Nantes. La prochaine production Ă©vĂ©nement prĂ©sentĂ©e par Jean-Paul Davois pour Angers Nantes OpĂ©ra est un absolu incontournable : sommet de l’opĂ©ra baroque vĂ©nitien du Seicento (XVIIĂš) : Le Couronnement de PoppĂ©e / L’Incoronazione di Poppea de Claudio Monteverdi. L’ourvage de 1642 est l’un des derniers du compositeur : sur le livret de Busenello, Ă©crivain poĂšte parmi les plus exigeants, l’opĂ©ra est mise en scĂšne par le duo Ă  prĂ©sentĂ© familier Ă  Nantes et Angers, les metteurs en scĂšne Patrice Caurier et Moshe Leiser, d’ailleurs ce dernier ne fait pas que rĂ©soudre la vraisemblance dramatique de la rĂ©alisation scĂ©nique, il corĂ©alise aussi la partie musicale du nouveau spectacle, en Ă©troite connivence et complicitĂ© avec le chef italien Gianluca Capuano (qui pilote ainsi Ă  quatre mains son ensemble sur instruments baroques, Il Canto di Orfeo). Prochain grand reportage vidĂ©o sur la prĂ©paration de la nouvelle production de Poppea pour Angers Nantes OpĂ©ra. A l’affiche du 9 au 17 octobre 2017 Ă  Nantes au ThĂ©Ăątre GRASLIN. C’est la prochaine nouvelle production baroque Ă©vĂ©nement de la rentrĂ©e lyrique 2017.
INFOS & RESERVATIONS SUR LE SITE d’Angers Nantes OpĂ©ra saison lyrique 2017-2018

 

 

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Compte rendu, opéra. NANTES, le 23 septembre 2017. BERLIOZ : LA DAMNATION DE FAUST. Spyres, Hunold, Alvaro, Bontoux
 Rophé.
Illustrations : ©Jef Rabillon . Angers Nantes Opéra septembre 2017

Catherine Hunold, Marguerite
Michael Spyres, Faust
Laurent Alvaro, Mephistopheles
Bertrand Bontoux, Brander

ChƓur d’Angers Nantes OpĂ©ra
Chef : Xavier Ribes
ChƓur de l’OpĂ©ra de Dijon
Chef : Anass Ismat
MaĂźtrise des Pays de la Loire
Chef : Sophie Siegler
Orchestre National des Pays de la Loire
Direction musicale : Pascal Rophé

Angers, Centre des CongrĂšs, samedi 23 septembre, 20h30

 

 

 

GSTAAD CONDUCTING ACADEMY, aoĂ»t 2017. DOCUMENTAIRE. L’AcadĂ©mie de direction Ă  Gstaad

gstaad-conducting-academy-young-maestra-girl-holly-by-classiquenewsGSTAAD festival prospekte-2017-2-465GSTAAD CONDUCTING ACADEMY, aoĂ»t 2017. Reportage vidĂ©o. Immersion dans l’école des grands chefs de demain. Chaque Ă©tĂ©, en aoĂ»t, le Yehudy Menuhin festival & Academy Ă  GSTAAD (Suisse), au sein d’une diversitĂ© toujours Ă©tonnante, crĂ©Ă©e l’évĂ©nement en organisant une acadĂ©mie unique au monde, dĂ©diĂ©e totalement Ă  la direction d’orchestre (ce n’est que l’une des 5 acadĂ©mies que pilote le Festival suisse chaque Ă©tĂ©). Cette annĂ©e aprĂšs avoir reçu prĂšs de 300 candidatures (envoi de vidĂ©os Ă  l’attention du comitĂ© de sĂ©lection), 12 jeunes chefs se sont retrouvĂ©s Ă  GSTAAD, dans le village suisse, situĂ© dans le Saanenland, lĂ  mĂȘme oĂč le violoniste lĂ©gendaire Yehudi Menuhin avait crĂ©Ă© son propre festival de musique il y a dĂ©jĂ  plus de 60 ans


 

 

gstaad-conudcting-academy-academie-de-direction-orchestre-jeunes-maestros-et-chefs-a-GSTAAD-2017-jaap-van-zweden-par-classiquenews-documentaire-par-P--Alexandre-PHAM

 
 
 

Aujourd’hui c’est pour servir l’esprit du fondateur, tant soucieux d’excellence et de transmission, que le directeur artistique et intendant du Festival, Christoph MĂŒller, renouvelle l’offre et enrichit le contenu de l’évĂ©nement, en proposant entre autres ce cycle d’apprentissage exceptionnel : pilotĂ©s par des mentors de premier plan, les jeunes chefs dirigent un orchestre impressionnant, jusqu’à 90 instrumentistes, prĂȘts Ă  rĂ©pondre au doigt et Ă  l’oeil.
GSTAAD-2017-yehudi-menuhin-festival-academy-by-classiquenews-2017-Neeme-JARVI-prize-gstaad-2017-18-8-2017-by-classiquenews-copyright-eve-kohlerCette annĂ©e, en aoĂ»t 2017, l’AcadĂ©mie de direction d’orchestre vit une nouvelle Ă©tape de son histoire en accueillant pour la premiĂšre annĂ©e, le chef nĂ©erlandais Jaap van Zweden (qui sera le prochain directeur musical du New York Philharmonic). A l’école de la prĂ©cision du geste, de la clartĂ© communicante, de l’efficience aussi, – car mĂȘme s’il s’agit d’une session de 3 semaines, chaque jeune maestro doit dĂ©montrer sa capacitĂ© Ă  intĂ©grer partitions et conseils pour leur interprĂ©tation en trĂšs peu de temps, chaque jeune maestro doit interagir, rĂ©pondre, proposer, affirmer une technique gestuelle et des intentions intelligibles pour tous
 En 2017, il s’agissait pour les 12 candidats de diriger la 5Ăš symphonie de Tchaikovski, Pavane pour une Infante dĂ©funte de Ravel, et le Concerto pour violoncelle de Lalo. Au terme du concert final (programmant les 3 Ɠuvres ci avant citĂ©es), dirigeant alors comme depuis 3 semaines, les presque 90 musiciens de l’Orchestre du Festival (le fameux GFO, Gstaad Festival Orchestra), les 12 jeunes chefs ont concouru pour obtenir le prestigieux Neeme JĂ€rvi Prize.
Au terme du concert du 18 aoĂ»t 2017, deux tempĂ©raments se sont nettement distinguĂ©s : l’autrichienne Katharina Wincor (23 ans) et le dĂ©jĂ  remarquĂ© Petr Popelka (RĂ©publique TchĂšque). DOCUMENTAIRE par le studio CLASSIQUENEWS.TV — RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham, 2017

L'Académie de direction du Festival estival de GSTAAD (SUISSE)

 

Jaap Van Zweden et l’un des laurĂ©ats du Prix Neeme JĂ€rvi, le TchĂšque Petr Popelka (illustration : © studio CLASSIQUENEWS.TV 2017)

 
 
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LIRE AUSSI notre dĂ©pĂȘche proclamant le palmarĂšs du Prix Neeme JĂ€rvi 2017 :

http://www.classiquenews.com/gstaad-menuhin-festival-academy-palmares-du-prix-neeme-jarvi-2017/

 

 

 

LES TIMBRES : THE WAY TO PARADISE, AUTUMN (17mn — Festival Musique & MĂ©moire, juillet 2016)

les-timbres-concert-the-way-to-paradise-AUTUMN-captation-video-extase-baroque-par-classiquenewsLES TIMBRES JOUENT L’AUTOMNE : THE WAY TO PARADISE, THE AUTOMN (Festival Musique & MĂ©moire, juillet 2016). Quoi de plus enchanteur et Ă©nnivrant qu’Ă©grener les saisons de l’annĂ©e en musique et poĂ©sie ? L’ensemble sur instruments anciens LES TIMBRES crĂ©Ă©e un nouveau spectacle (premiĂšre mondiale en juillet 2016) oĂč l’ivresse des sens le dispute Ă  l’Ă©vocation nostalgique, l’effusion tendre et amoureuse, l’oubli alcoolisĂ©. C’est aussi un exceptionnel concert pour consorts de cordes et soprano diseuse, Ă©vocatrice, mystĂ©rieuse… Les Timbres jouent la langueur et le raffinement poĂ©tique des compositeurs anglais du XVIIĂš (songs et instrumentaux de William White, John Ward, Thomas Ravenscroft, Robert Johnson...). Voici pour fĂȘter l’automne 2017, THE AUTOMN du spectacle THE WAY TO PARADISE, cycle des 4 saisons revisitĂ© par le collectif sur insrtuments baroque – captation intĂ©grale rĂ©alisĂ©e par le studio CLASSIQUENEWS.TV – juillet 2016 – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre PHAM © 2017

 

 

Note d’intention (Les Timbres) :

« Nous jouions, comme Musique SĂ©rieuse, des Fantaisies Ă  3, 4, 5 et 6 Parties avec l’Orgue ; EntrecoupĂ©es, de ci de lĂ , de quelques Pavanes, Allemandes, d’Airs Solennels, Doux et DĂ©licieux ; tout cela racontait, pour ainsi dire, des Histoires PathĂ©tiques, des Discours pleins de RhĂ©torique et Sublimes ; des Discussions Subtiles et Profondes, tellement AdaptĂ©es et en Accord avec les FacultĂ©s IntĂ©rieures, SecrĂštes et Intellectuelles de l’Ame et de l’Esprit, que pour les Ă©voquer en Les louant Ă  leur juste Valeur il n’y a pas de Mots assez Forts dans le Langage  »
C’est ainsi qu’est dĂ©crite la musique pratiquĂ©e du temps de sa jeunesse par Thomas Mace (Musick’s Monument, 1676).
Les Consort Songs & Music sont souvent considĂ©rĂ©s comme l’expression la plus caractĂ©ristique du langage musical anglais Ă  la fin de la Renaissance. Ils se dĂ©veloppĂšrent notamment pendant les rĂšgnes d’Elisabeth I (1558-1603) et de Jacques Ier (1603-1625).
Ce programme propose d’en parcourir le fil
 jusqu’au paradis !
Les thĂšmes abordĂ©s sont cependant souvent mĂ©ditatifs, voire mĂ©lancoliques. Mais cette mĂ©lancolie est sublimĂ©e par la beautĂ© de la composition, et au fil de la musique, on en vient Ă  aimer ĂȘtre mĂ©lancolique.
La grande souplesse d’instrumentation permet une variĂ©tĂ© de couleurs et de timbres infinie. En effet, William Byrd (1539/40-1723) explique qu’il a mis des paroles sous toutes les parties mains qu’à l’origine ces chansons Ă©taient « faites pour que des Instruments en expriment l’harmonie, et qu’une voix en Ă©nonce le texte » (Psalmes, Sonnets and Songs od Sadness and Pietie, 1588).
Cette pratique permet de renforcer le sens de la musique par le poids des mots
 et le contraire.

Nous avons dĂ©cidĂ© dans ce programme de soulever la question existentielle suivante : qu’est-ce qu’est notre vie ?
Et nous avons choisi d’y rĂ©pondre par le cycle des saisons :
du temps de la naissance avec le printemps, jusqu’à la vieillesse et la mort avec l’hiver, en passant par la jeunesse de l’Ă©tĂ© et l’Ăąge mĂ»r de l’automne
la boucle rĂ©pĂ©titive nous ramĂšnera toujours aux mĂȘmes saisons de la vie

 

 

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Aux couleurs de l’automne, extatique, bachique et onirique, Les Timbres cĂ©lĂšbrent les vertiges langoureux, les regrets suspendus des compositeurs baroques anglais du XVIIĂš (illustration : © studio classiquenews.tv)

Distribution

Julia Kirchner, soprano
Yoko Kawakubo et Maite Larburu, violons
Myriam Rignol, Mathilde Vialle, Etienne Floutier et Pau Marcos Vicens, violes de gambe
Julien Wolfs, orgue et clavecin

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L’HIVER VIENT / WINTER’s coming… et le 21 dĂ©cembre 2017, la suite de notre feuilleton vidĂ©o avec Les TIMBRES : mise en ligne du volet suivant du spectacle THE WAY TO PARADISE : WINTER par Les Timbres… Ă  venir sur classiquenews.com

REPORTAGE : Bruno Procopio et l’Orchestre National des Pays de la Loire (mars 2017, version anglais)

MAESTRO dĂ©fricheur : Bruno Procopio et l'Orchestre National des Pays de la LoireREPORTAGE : Bruno Procopio et l’Orchestre National des Pays de la Loire – “ Maestro transatlantique “ : dans un portrait vidĂ©o exclusif oĂč les Ă©quipes de CLASSIQUENEWS le suivait de Paris Ă  Rio, entre France et BrĂ©sil, ses deux pays de cƓur, le jeune maestro BRUNO PROCOPIO ne cesse de dĂ©fendre aujourd’hui l’interprĂ©tation des oeuvres symphoniques françaises, des LumiĂšres au Romantisme selon l’esthĂ©tique historiquement informĂ©e ; sa connaissance des traitĂ©s, sa pratique du clavecin dans les Ɠuvres remontant au baroque, favorisent une approche d’une rare acuitĂ© expressive. En particulier auprĂšs des orchestre sur instruments modernes : tenue d’archet spĂ©cifique, interprĂ©tation des ornements (souvent non indiquĂ©s sur les partitions), accents forts ou points d’appui
 sont autant d’élĂ©ments d’une comprĂ©hension nouvelle qui enrichit considĂ©rablement la pratique comme la culture des instrumentistes en orchestre. Pour preuve, cette expĂ©rience formatrice avec l’Orchestre National des Pays de la Loire, avec lequel Bruno Procopio, en une tournĂ©e de 7 dates en mars 2017 (7-13 mars 2017 en Pays de la Loire), dirigeait un programme entre LumiĂšres et Romantisme, c’est Ă  dire plusieurs pages emblĂ©matiques de l’évolution du goĂ»t parisien, de Rameau (Suite de Acanthe et CĂ©phise, Chaconne de Castor et Pollux) et Mozart (Ballets Les Petits Riens, Concerto pour flĂ»te et harpe), au fiĂ©vreux GOSSEC (Symphonie Ă  17 parties). Reportage vidĂ©o © classiquenews.tv — RĂ©alisation : Philippe-Alexandre PHAM 2017 – version ANGLAISE

REPORTAGE : Laurent Wauquiez et l’Orchestre d’Auvergne. Le classique pour tous (Mozart, Rameau, CPE Bach… Bruno Procopio)

PROCOPIO-bruno-vignette-582-portrait-concerts-maestro-chef-classiquenews-582-594REPORTAGE : Laurent Wauquiez et l’Orchestre d’Auvergne. Le classique pour tous (Mozart, Rameau, CPE Bach… Bruno Procopio, direction). Le 31 mars 2017 au ThĂ©Ăątre du Puy en Velay, l’Orchestre d’Auvergne invite le chef BRUNO PROCOPIO dans un programme CPE Bach, Rameau, Mozart et surtout Antoine d’Auvergne. Faire rayonner la spĂ©cificitĂ© culturelle de la rĂ©gion AUVERGNE-RHÔNE-ALPES sur le territoire et dans le monde, voilĂ  la mission dĂ©fendue par l’Orchestre de cordes seules, portĂ©, soutenu par Laurent Wauquiez, prĂ©sident de la RĂ©gion AUVERGNE-RHÔNE-ALPES. En jouant Antoine Dauvergne, compositeur gĂ©nial dans le sillon tracĂ© par Rameau, au Puy en Velay, au cƓur de l’Auvergne, par l’Orchestre d’Auvergne,… le symbole est fort. Fier d’une culture et d’une musique singuliĂšre, l’Orchestre rĂ©ussit ce pari avec d’autant plus de conviction expressive que le chef invitĂ© Bruno Procopio est grand spĂ©cialiste des styles baroque, prĂ©classique et classique, voire prĂ©romantique oĂč l’articulation, la tenue d’archer, la rĂ©alisation des ornements apportent une expĂ©rience complĂ©mentaire aux instrumentistes de l’Orchestre d’Auvergne qui jouent sur instruments modernes. REPORTAGE EXCLUSIF par le studio CLASSIQUENEWS.TV — RĂ©alisation : Philippe-Alexandre PHAM, aoĂ»t 2017

COMPTE RENDU, concert. Tente du GSTAAD Menuhin Festival & Academy, le 18 août 2017. Ravel, Lalo, Tchaikovski. Sol Gabetta. GFO Gstaad Festival Orchestra. Jaap van Zweden

GSTAAD festival prospekte-2017-2-465COMPTE RENDU, concert. Tente du GSTAAD Menuhin Festival & Academy, le 18 aoĂ»t 2017. Ravel, Lalo, Tchaikovski. Sol Gabetta, violoncelle. GFO Gstaad Festival Orchestra. Jaap van Zweden, direction. Attendu, prolongeant la formation de prĂšs de 3 semaines suivie par les 12 jeunes chefs en herbes de la Conducting Academy (acadĂ©mie de direction d’orchestre), le concert sous la tente de GSTAAD ce samedi 18 aoĂ»t Ă©tait un met de choix, promesse d’un grand bain symphonique pour le public, sĂ©quence primordiale pour les jeunes maestros car ils y Ă©coutaient concrĂštement la proposition de leur maĂźtre, le nĂ©erlandais Jaap van Zweden, aux commandes du formidable orchestre du Festival ; car, si la direction du chef suscite quelques rĂ©serves, c’est bien le niveau et l’engagement des presque 100 instrumentistes sur scĂšne (pour la 5Ăš de Tchaikovski) qui tenaient le haut de l’affiche d’une soirĂ©e mĂ©morable.
Peu de festivals en Europe peuvent compter sur les qualitĂ©s d’un orchestre maison : le GFO, GSTAAD FESTIVAL ORCHESTRA, a le brio des grandes phalanges plus rĂ©putĂ©es, mais douĂ© d’une Ă©nergie et d’une volontĂ© qui se rĂ©vĂšlent exemplaires
 quand tant d’orchestres constituĂ©s tournent en rond dans une routine souvent ennuyeuse et stĂ©rile. Ici le sens du travail, de la discipline, de l’assiduitĂ© et de la persĂ©vĂ©rance atteignent leur objectif : la rĂ©activitĂ© est sidĂ©rante et l’orchestre rĂ©agit immĂ©diatement avec une fureur stimulante aux indications du maestro (comme ce fut le cas aussi des 3 semaines de travail avec les 12 jeunes chefs apprentis de la Conducting Academy – AcadĂ©mie de direction d’orchestre Ă  GSTAAD).
De surcroĂźt, l’ampleur de la tente Ă  Gstaad laissait prĂ©voir des fortissimos permanents et une difficultĂ© naturelle Ă  respecter les nuances et les pianis les plus subtils. Rien de tel ce soir, car l’orchestre comme portĂ© par plusieurs semaines d’un travail acharnĂ©, avec le chef Zweden, avec les 12 jeunes chefs en apprentissage, s’impose par sa finesse d’intonation, ses unissons souples et onctueux, rĂ©vĂ©lant une motricitĂ© irrĂ©sistible qui rĂ©sout toutes les indications dynamiques, avec un naturel confondant.

DĂšs Pavane pour une infante dĂ©funte de Ravel, on s’étonne de l’équilibre sonore entre les pupitres, une attention ciselĂ©e Ă  la parure instrumentale, son Ă©clat irisĂ© dans la nuance, dessinĂ©, comme caressĂ©e par un Ravel pudique et recueilli ; l’intelligence expressive et mĂȘme poĂ©tique de chaque musicien rayonne. Alors surgit, en une soie orchestrale des mieux calibrĂ©es, le mystĂšre ravĂ©lien, qui est Ă  la fois enchantement et renoncement. D’emblĂ©e, la premiĂšre oeuvre inscrite au programme est une rĂ©ussite absolue.

 

 

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Les choses se gĂątent nettement dans le Concerto de Lalo, conçu entre sa Symphonie espagnole et la Rhapsoie norvĂ©gienne
 : faute en incombe au chef qui ne mesurant pas assez la formidable versatilitĂ© et flexibilitĂ© d’un orchestre fĂ©lin, surenchĂ©rit cependant dans la duretĂ© la plus brutale, dĂ©contenançant l’auditeur par une fureur sĂ©vĂšre et sĂšche quand la partition trĂšs parisienne et Ă©clectique de Lalo, brille plutĂŽt par une Ă©lĂ©gance idĂ©alement française, pleine de panache et de facĂ©tie contrastĂ©e (surtout sur le plan rythmique). Visiblement Zweden ne comprend pas la subtilitĂ© française romantique, ce qui n’est pas le cas de la magicienne Ă  ses cĂŽtĂ©s, aussi nuancĂ©e que mystĂ©rieuse et mĂȘme Ă©nigmatique, la violoncelliste Sol Gabetta que sa rĂ©putation de sirĂšne onirique ne trahit pas ce soir : quelle souplesse et quel art de la nuance, Ă  la fois enjouĂ©e, lĂ©gĂšre, 
 funambule, grave aussi (langueur sidĂ©rante et rĂȘveuse du second mouvement, un Intermezzo notĂ© andantino). La carrure diablement rythmique, les changements incessants d’épisodes expressifs, en particuliers des deux derniers mouvements emportent l’adhĂ©sion par une sensibilitĂ© ardente qui ne s’autorise aucun effet racoleur. On se souvient d’un concert Ă  Venise oĂč c’était le canadien Jean-Guihen Queyras qui savait transfigurer une partition taillĂ©e pour les plus grands interprĂštes : ce soir, mĂȘme virtuositĂ© intĂ©rieure, formidablement inspirĂ©e. A l’inverse, la fougue dĂ©monstrative du chef surprend, concevant le Concerto de Lalo de 1876, pourtant d’une finesse inĂ©dite, telle une arĂšne de boxeurs, survolant la sĂ©quence avec une autoritĂ© dĂ©bordante qui nous a semblĂ©, malgrĂ© sa prĂ©cision, souvent outrĂ©e et rien que dĂ©monstrative.

 

 

L’Orchestre du Festival (GFO), vrai hĂ©ros de la soirĂ©e Ă  Gstaad

 

gstaad japp von zweden maestro

 

PiĂšce maĂźtresse de la soirĂ©e, la saisissante 5Ăšme Symphonie de Tchaikovski, oeuvre du destin, conçue Ă  partir de mars 1888, puis crĂ©Ă©e par l’auteur en novembre suivant-, d’une profondeur autobiographique : un sommet de l’art orchestral qui dĂ©bouche directement sur la sublimation fantastique et spirituelle de la 6Ăš (laquelle traverse le miroir, offrant une saisissante conscience de la mort). Voici donc une oeuvre qui contient toute l’ambiguĂŻtĂ© de Piotr Illyitch Ă  son plus haut degrĂ© de conception. ThĂ©Ăątre tragique oĂč s’exprime puissant et inĂ©luctable le chant du fatum (dont le thĂšme en un dĂ©ploiement cyclique traverse les 4 mouvements), et aussi source d’un Ă©merveillement salvateur (l’admirable Valse de son allegro, III, faux Ă©pisode d’insouciance, mais vĂ©ritable affirmation d’une espĂ©rance secrĂšte). Il faut toute l’intelligence des plus grands pour comprendre le noeud de cette ambivalence, en particulier dans le dernier mouvement oĂč la marche devient choral, non sans balancer entre doute et ferveur. L’interrogation voire l’angoisse sont au coeur de la forge symphonique lĂ©guĂ©e par Tchaikovski dont on sait les tiraillements intimes.
On ne mettra pas en doute la formidable Ă©nergie du chef Zweden, sa capacitĂ© fĂ©dĂ©ratrice, la prĂ©cision quasi horlogĂšre de sa direction dont l’entrain et la fiĂšvre culminent Ă©videmment dans le flux contradictoire du dernier mouvement : l’intensitĂ© et l’ardeur communicatives font effectivement basculer le thĂšme cyclique en un formidable choral oĂč pointe de plus en plus rayonnante, la victorieuse foi qui force un destin d’abord hostile. MalgrĂ© l’exceptionnelle expressivitĂ©, et l’acuitĂ© motrice de la direction, on regrette cependant que dans l’intention, malgrĂ© la mĂ©canique de prĂ©cision et d’accentuation qui s’appuie sur une Ă©tonnante prĂ©paration, le geste ne tranche pas vraiment entre l’accomplissement de la tragĂ©die intime 
 et l’affirmation d’une espĂ©rance Ă  tout craint. Hors du combat spirituel, Zweden opte toujours pour une volontĂ© dĂ©monstrative d’un poli viscĂ©ralement / essentiellement 
 hĂ©doniste. Belle indiscutablement, la sonoritĂ© rayonne ; l’intensitĂ© culmine ; les contrastes claquent et rugissent. Mais quel est le sens de cette explosion suractive, instrumentalement trĂšs Ă©laborĂ©e ? Certes les forces qui s’affrontent sont bien prĂ©sentes (en une transe magistralement calibrĂ©e) mais ce sont les dĂ©fis que se lance le maestro Ă  lui-mĂȘme qui priment sur la partition plutĂŽt que la rĂ©solution de ses contradictions pourtant passionnantes (conflit et angoisse viscĂ©rale du compositeur). Sa rĂ©ussite est technique … puis musicale.
Le vrai hĂ©ros du soir demeure pour nous l’exceptionnel feu de l’orchestre du Festival, un collectif dotĂ© d’une fusion expressive souvent capable du meilleur. Les spectateurs qui attendaient ce concert comme un Ă©vĂ©nement, n’auront pas Ă©tĂ© déçus : outre les rĂ©serves que nous Ă©mettons Ă  l’endroit du chef nĂ©erlandais, rĂ©serves qui n’effacent en rien son Ă©tonnant charisme impĂ©tueux, le Concerto de Lalo puis la symphonie de Tchaikovski ont atteint des sommets d’électrisation et de magnificence orchestrale. C’est bien sous la tente Ă  GSTAAD, l’étĂ©, que se dĂ©roulent les grands instants de communion artistique. A dĂ©faut d’avoir pleinement mesurĂ© l’inquiĂ©tude profonde, spirituelle du dernier Piotr Illiytch, l’étonnante versatilitĂ© expressive du GFO, – Gstaad Festival Orchestra, nous a totalement sĂ©duit. C’est bien tout le mĂ©rite du Festival Menuhin et de son actuel directeur artistique Christoph MĂŒller que d’avoir su rassembler et conduit jusqu’à l’excellence un tel collectif de musiciens, rĂ©unis le temps d’un Ă©tĂ© en Suisse, dans l’Oberland bernois. L’aventure orchestrale devrait aussi se poursuivre, prĂ©cisĂ©ment par une tournĂ©e jusqu’Ă  Hambourg (Philharmonie de l’Elbe) : Le GFO n’est-il pas le meilleur ambassadeur de cette excellence Ă  GSTAAD chaque Ă©tĂ© ? A suivre.

 

 

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COMPTE RENDU, concert. Tente du GSTAAD Menuhin Festival & Academy, le 18 août 2017. Ravel, Lalo, Tchaikovski. Sol Gabetta, violoncelle. GFO Gstaad Festival Orchestra. Jaap van Zweden, direction.

 

 

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COMPTE RENDU, festivals 2017. GSTAAD Menuhin Festival & Academy : concerts des 14, 15, 16, 18 août 2017

GSTAAD festival prospekte-2017-2-465COMPTE RENDU, festivals 2017. GSTAAD Menuhin Festival & Academy : concerts des 14, 15, 16, 18 aoĂ»t 2017. GSTAAD, UN EDEN MUSICAL ESTIVAL
 Dans le sillon tracĂ© par la lĂ©gende Yehudi Menuhin qui l’a crĂ©Ă© il y a 61 ans,- 2016 avait marquĂ© le jubilĂ© du festival suisse dans le Saanenland, le festival estival de Gstaad (prĂ©cisĂ©ment selon la nomenclature officielle : « GSTAAD MENUHIN Festival & Academy ») poursuit la double vocation premiĂšre du cycle de concerts : partage et pĂ©dagogie. Le public vient y goĂ»ter les meilleurs interprĂštes dans une palette Ă©largie de formes musicales (musique de chambre, rĂ©citals intimistes, concerts symphoniques, opĂ©ra en version de concert.)
 Les jeunes musiciens viennent y perfectionner leur mĂ©tier le temps des 5 acadĂ©mies dont la plus impressionnantes demeure celle dĂ©diĂ©e Ă  la direction d’orchestre, cette annĂ©e pilotĂ©e par le chef nĂ©erlandais Jaap von Zweden. Un tempĂ©rament Ă©nergique volontiers dĂ©monstratif, soucieux de conduire jusqu’Ă  leurs limites ultimes, les 12 jeunes chefs en lice, candidats au prix Neeme Jarvi qui promet Ă  l’heureux Ă©lu des engagements concrets avec les orchestres partenaires (Bern, BĂąle
).

 

 

gstaad-eglise-festival-yehudi-menuhin-presentation-classiquenewsINTIMISME PRÉSERVÉ DANS LE SAANENLAND
 Mais Gstaad doit son charme irrĂ©sistible aux concerts intimistes dans les chapelles et Ă©glises du territoire (Saanenland : Saanen Ă©tant la ville noyau oĂč Yehudi Menuhin dĂšs 1957 donnait ses premiers concerts), dont l’austĂ©ritĂ© et la rusticitĂ© protestante assurent des conditions acoustiques idĂ©ales, en partie grĂące au volume bien dimensionnĂ© de leur nef central et unique, coiffĂ©e souvent d’une voĂ»te en bois, idĂ©al Ă©crin pour les concerts de musique de chambre et les rĂ©citals.

 

C’est le cas des premiers concerts auxquels nous avons assistĂ© Ă  partir du 14 aoĂ»t et jusqu’au 19 aoĂ»t 2017. Point d’orgue de cette semaine, le concert du soir du 19 indique une autre dimension pour le festival suisse, celle des grands rendez vous symphoniques (et lyriques). En effet le concert du 19 aoĂ»t reste celui attendu, sous la tente cathĂ©drale de Gstaad oĂč maestro Zweden dirige Sol Gabetta dans le Concerto de Lalo, avant d’aborder avec le mĂȘme orchestre du festival (GFO Gstaad Festival orchestra, soit prĂšs de 100 musiciens), la 5Ăšme de Tchaikovski dont le maestro faisait dĂšs les rĂ©pĂ©titions, une grande machine Philharmonique au souffle Ă©loquent et Ă©lectrique, confinant Ă  une sĂ©rie d’éruptions orchestrales d’une vĂ©hĂ©mence spectaculaire. Lire notre compte rendu complet Ă  partir du 22 aoĂ»t 2017.

Le 14 aoĂ»t 2017, place Ă  l’intimitĂ© chambriste d’un programme qui met surtout en avant le violon ardent, juvĂ©nile de Christel Lee, nommĂ©e “Menuhin heritage artiste” (Ysaye subtilement tendu et expressif).

 

Vengerov-Maxim-17Puis le 15 aoĂ»t, c’est Maxim Vengorov qui fĂȘte les 30 ans de l’AcadĂ©mie Menuhin,- international Menuhin music academy / IMMA (acadĂ©mie qu’il dirige Ă  prĂ©sent), dans un programme copieux (Mozart, Prokofiev, Brahms, Bartok) : entourĂ© par les jeunes instrumentistes acadĂ©miciens, le musicien russe (nĂ© Ă  Novossibirsk), revenu au violon rĂ©cemment, confirme bien qu’il est avec le trĂšs rare Ă  prĂ©sent Vadim Repin, le plus bon son violonistique du moment,… saisissant de puretĂ© lumineuse, en une sonoritĂ© brillante mais habitĂ©e, d’une intelligence sobre, d’une franchise expressive sans effet ni boursouflure qui illumine et porte tout le Concerto de Mozart. De surcroĂźt l’Ă©glise de Saanen est celle oĂč tout a commencĂ© quand en 1957, Menuhin lui-mĂȘme tombait sous le charme du village qui allait devenir l’Ă©picentre de la vie musicale estivale suisse. L’aventure a commencĂ© il y a plus de 60 ans et poursuit son extraordinaire pĂ©riple.

Le niveau des cordes de l’AcadĂ©mie Menuhin est reprĂ©sentĂ© ce soir aussi par les musiciens du Sextuor de Brahms dont l’écheveau contrapuntique aux harmonies parfois Ăąpres et mordantes (spĂ©cificitĂ©s de la vie intĂ©rieure et mystĂ©rieuse de Brahms) s’Ă©claircit Ă  mesure que le flux musical se dĂ©veloppe et s’accomplit. L’expĂ©rience collective semble ĂȘtre totalement comprise et assimilĂ©e. Les musiciens incarnent magnifiquement ce qui importait tant pour leur fondateur Menuhin : dĂ©passement, Ă©coute, partage.

 

 

 

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Le 16 aoĂ»t au soir, dans une autre Ă©glise du Saanenland (Zweisimmen), focus sur le nouveau projet Stradivarius d’un petit groupe de cordes du Berliner Philharmoniker, soit 6 solistes jouant sur des joyaux instrumentaux (prĂȘtĂ©s par une fondation), dont les qualitĂ©s instrumentales sont rendus harmonieusement proches grĂące aux secrets de fabrication Stradivarius dont dĂ©coulent les 6 instruments,vedettes de la soirĂ©e. La littĂ©rature musicale pour sextuor est riche; ce soir le choix se porte sur Brahms et surtout Tchaikovski (Souvenirs de Florence).
Du tissu brahmsien complexe Ă  la fois introspectif et trĂšs dense, les 6 solistes atteignent et nourrissent une vision rarement claire, Ă  l’intonation Ă©tonnamment heurtĂ©e qui manque souvent de fluiditĂ©. On sait combien documentaires nombreux Ă  l’appui, le son Stradivarius et ses soit disantes qualitĂ©s supĂ©rieures voire transcendantes relĂšvent d’une vue de l’esprit, du mythe plutĂŽt que de la rĂ©alitĂ© objective d’un phĂ©nomĂšne scientifiquement quantifiable.
Or l’engagement Ă  dĂ©faut de la cohĂ©rente synchronicitĂ© est bien souverain dans ce programme aux multiples vertus sonores.
MĂȘme vellĂ©itĂ©s de fusion chantante aux Ă©clairs intimes et pĂ©pites mĂ©lodiques dans Souvenirs de Florence : malgrĂ© une irrĂ©sistible sĂ©duction mĂ©lodique- qui assure le surgissement d’une nostalgie apaisĂ©e, la partition ne cache en rien cependant la nature angoissĂ©e et terriblement inquiĂšte de Piotr Ilyitch. Le concert de ce 16 aoĂ»t sensuellement caressĂ© par les timbres inspirĂ©s quoique souvent imprĂ©cis des 6 Stradivarius, l’a bien dĂ©montrĂ©.

 

 

 

 

COMME PILIER DE SON ACADEMIE DE DIRECTION, le GSTAAD MENUHIN Festival dispose d’un orchestre maison de premier plan

 

 

zweden jaap van gstaadL’ACADEMIE DE DIRECTION D’ORCHESTRE
 Aucun doute, Gstaad poursuit dans la diversitĂ© d’une offre Ă©quilibrĂ©e, cette attention spĂ©cifique aux cordes, rĂ©vĂ©rence renouvelĂ©e au violon de son fondateur historique Yehudi Menuhin. Vendredi 18 aoĂ»t 2017, autre lieu, autre concert, sous la tente, magnifique emblĂšme Ă  triples pointes sommitales du Gstaad moderne: des 12 jeunes maestros ayant suivi le coaching intensif du maĂźtre Jaap Von Zweden, finalement 7 dirigent lors de la finale avec orchestre. Beaucoup sont techniquement dĂ©jĂ  trĂšs prĂ©cis, peu savent fusionner la souplesse Ă©loquente des intentions Ă  une gestuelle mĂ©tronomique et rythmique impeccable. Parmi nos prĂ©fĂ©rĂ©s plus convaincants par une maĂźtrise qui s’autorise l’apparence de l’abandon mais maĂźtres d’une belle communication avec les plus de 80 musiciens, citons les trĂšs prometteurs : GONZALO FARIAS (Chili), l’autrichienne KATHARINA WINCOR qui a remportĂ© le prix : geste sobre, Ă©conome d’une belle fluiditĂ© qui incite Ă  l’intĂ©rioritĂ©.

 

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Enfin les deux corĂ©ens en lice, deux passionnantes sensibilitĂ©s pour le moins, qui mĂ©ritaient lĂ©gitimement d’ĂȘtre prĂ©sents ce soir sous la tente : la trĂšs subtile HOLLY CHOE dont le galbe de la baguette saisit immĂ©diatement autant que le nerf vif, incisif de son compatriote HEE-BEOM JEON captive par son sens affĂ»tĂ© du relief, sa fougue virile et cravachĂ©e. A la premiĂšre revenait la gestion tout en finesse de la valse de la 5Ăšme de Tchaikovski (scintillement instrumental), au second, l’Ă©nergie de conquĂȘte qui doit emporter la fiĂšvre de l’ultime sĂ©quence, forme transfigurĂ©e d’une marche finale.
RĂ©pondant Ă  la personnalitĂ© des candidats oĂč l’on regrette que pas un français ne soit prĂ©sent, s’affirme le feu collectif de l’orchestre du festival, somptueuse phalange composĂ©e des meilleurs instrumentistes issus d’un noyau primitif des orchestres suisses de BĂąle et de Bern.

 

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La prĂ©sence de cet orchestre festivalier concourt grandement au succĂšs de cette acadĂ©mie de direction d’orchestre Ă  Gstaad. Son implication, sa volontĂ©, son entrain (emmenĂ© par le premier violon d’origine roumaine « Vlad ») est un point crucial du festival estival de Gstaad.

 

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D’ailleurs les festivaliers familiers et adeptes ont immĂ©diatement mesurĂ© les progrĂšs parcourus par l’orchestre : une sonoritĂ© Ă©loquente, une fiĂšvre collective prĂȘte Ă  en dĂ©coudre, une interactivitĂ© immĂ©diate pour qui savait les stimuler. Au final, aprĂšs une sĂ©quence riche en sensibilitĂ©s maĂźtrisĂ©es, trĂšs efficacement pilotĂ©es par le pĂ©dagogue Zweden, les jeunes femmes et jeunes hommes prĂ©tendants au Prix Neeme JĂ€rvi (du nom de l’ancien chef ayant dirigĂ© cette acadĂ©mie de direction d’orchestre) ont offert une synthĂšse passionnante de ce qu’est le travail d’un chef et d’un orchestre : empathie voire charisme, prĂ©cision et clartĂ©, sensibilitĂ© et intention
 Tout passe par le geste et le regard, l’anticipation et la rĂ©activitĂ©. En cela, la Gstaad Conducting Academy propose une expĂ©rience captivante, Ă©videmment pour les candidats acadĂ©miciens, pour le public aussi, venu assister Ă  l’émergence et l’affirmation d’un tempĂ©rament fĂ©dĂ©rateur. Au terme du concert, le jury dĂ©signĂ© a distinguĂ© deux baguettes parmi les 7 : celles de Katharina Wincor (Autriche), et de Petr Popelka (RĂ©publique tchĂšque). LIRE aussi notre dĂ©pĂȘche “PalmarĂšs du Neeme JĂ€rvi Prize 2017, Gstaad Menuhin Festival & Academy”…

Prochain compte rendu, concert du 19 août 2017 sous la tente : Zweden / Gabetta / GFO (Ravel, Lalo, Tchaikovski).

 

 

neeme jarvi prize gstaad 2017 press conference gstaad 2017 by classiquenews R faux

 

 

 

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AGENDA : 3 concerts événements à GSTAAD 2017
DUO de charme et de choc : Sol Gabetta et Celilia Bartoli accordent leurs voixProchains concerts Ă©vĂ©nements Ă  GSTAAD (jusqu’au 2 septembre 2017). 3 programmes s’annoncent absolument incontournables Ă  GSTAAD : Evgueny KISSIN dans le Concerto n°2 de Bartok sous la direction de Antonio Pappano (et l’Orchestre de l’Academie Santa Cecilia Roma) le samedi 26 aoĂ»t (Tente, 19h30) ; le programme en crĂ©ation mondiale (suivi d’un enregistrement chez DECCA) : « Dolce Duello » rĂ©unissant les deux tempĂ©rements superlatifs de la violoncelliste Sol GABETTA et de la mezzo Cecilia BARTOLI (airs d’opĂ©ras, dimanche 31 aoĂ»t, Ă©glise de Saanen, 19h30) ; enfin la version de concert d’AIDA de Verdi, sous la tente de Gstaad, le 1er septembre 2017 Ă  19h30, avec Francesco Meli (remplaçant Roberto Alagna initialement programmĂ©), Kristin Lewis (Aida), Anita Rachvelishvili (AmnĂ©ris)
 sous la direction de Gianandrea Noseda et le LSO London Symphony Orchestra. Ajoutons que le pianiste Evgeny Kissin publie un nouvel album fin aoĂ»t 2017, marquant son grand retour chez Deutsche Grammophon (Sonates et Variations de LV Beethoven : « CLIC » de CLASSIQUENEWS de la rentrĂ©e 2017 / grande critique Ă  venir le 25 aoĂ»t) dans le mag cd dvd livres de classiquenews.

 

+ D’INFOS et RESERVATIONS sur le site du Festival Menuhin Ă  GSTAAD (Suisse)

 

 

 

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Illustrations : Jeunes chefs académiciens de la Conducting Academy GSTAAD 2017 : © Eve Kohler / Conférence de presse Neeme JÀrvi Prize GSTAAD 2017 en plein air : © Raphael Faux / pour le GSTAAD Menuhin festival & Academy 2017

 

 

 

 

 

 

Compte-rendu festivals 2017. Musique & MĂ©moire, les 29 et 30 juillet 2017. RĂ©sidence d’Alia Mens, annĂ©e 2/3 : Jean-SĂ©bastien Bach. Cantates, Messes, Concertos


Festival MUSIQUE ET MEMOIRE dans les Vosges du SudCompte-rendu festivals 2017. Musique & MĂ©moire, les 29 et 30 juillet 2017. RĂ©sidence d’Alia Mens, annĂ©e 2/3 : Jean-SĂ©bastien Bach. Cantates, Messes, Concertos
 L’évĂ©nement relĂšve 2 dĂ©fis : d’abord, confirmer la pertinence du geste de l’ensemble sur instruments d’époque Alia Mens chez Bach ; ce dans le prolongement du premier volet de la rĂ©sidence offerte par le festival Musique & MĂ©moire en juillet 2016 ; ensuite confirmer la justesse d’un choix de programmation du dit festival : offrir Ă  une jeune ensemble en Ă©mergence, les conditions idĂ©ales pour approfondir son approche des rĂ©pertoires, ajuster ses fonctionnements, approfondir et ciseler sonoritĂ© et style, tester, expĂ©rimenter, oser toujours, voir plus loin. Ici le temps est cultivĂ©, prĂ©servĂ©, quand ailleurs la notion de rĂ©sidence n’existe pas ou est galvaudĂ© pour un vague cycle de concerts. Ici l’engagement signifie durĂ©e : chaque rĂ©sidence dure 3 annĂ©es. Rien de moins. Dans le cas d’Alia Mens, les festivaliers ont suivi l’avancĂ©e d’un geste artistique de plus en plus sĂ»r, convaincant, enthousiasmant.

 

 

ALIA MENS : DE L’ÉMERGENCE A L’ACCOMPLISSEMENT

 

spilmont olivier alia mens copyright PA POINSIGNONPour Alia Mens (l’autre esprit), s’agissant de Jean-SĂ©bastien Bach, la barre est plutĂŽt trĂšs Ă©levĂ©e. AprĂšs s’ĂȘtre pour nous dĂ©voilĂ© dans un programme suivi d’un cd rĂ©cemment paru (Cantates de Weimar, Ă©ditĂ© par PARATY, CLIC de classiquenews de mai 2017), intitulĂ© “La CitĂ© CĂ©leste”, lui-mĂȘme crĂ©Ă©, rodĂ© dans le cadre de son annĂ©e 1 Ă  Musique et MĂ©moire, Alia Mens confirme lors des deux concerts prĂ©sentĂ©s en crĂ©ation cet Ă©tĂ© (29 puis 30 juillet 2017), une Ă©vidente comprĂ©hension naturelle et organique de la musique du Cantor de Leipzig. A la justesse de l’interprĂ©tation, en une profondeur grave inĂ©dite, se joint l’intelligence dans la conception mĂȘme de chaque programme.
Le 29 juillet, place Ă  la cĂ©lĂ©bration de la RĂ©forme / « Soli Deo Gloria » / pour la seule gloire de Dieu, emblĂšme autographe inscrit comme une signature sur les manuscrit de Jean-SĂ©bastien (anniversaire particuliĂšrement fĂȘtĂ© de l’autre cĂŽtĂ© du Rhin en 2017), avec 2 cantates (« Mit Fried und Freud » BWV 125 de 1725, et « Ein’ Feste Burg  » BWV 80 de 1724)) parmi les mieux contrastĂ©es et les plus profondes jamais Ă©crites que Olivier Spilmont, directeur et fondateur de l’ensemble, a choisi d’encadrer par des extraits de la Missa Brevis (BWV233) : Gloria gorgĂ© de vitalitĂ© irradiante en ouverture et Cum Sancto Spirito, acte final lui-mĂȘme inscrit dans la rĂ©vĂ©lation d’une ferveur de plus en plus assurĂ©e, ciselĂ©e, extatique, rĂ©jouie. Entre les deux massifs de pure jubilation, que de maĂźtrise architecturĂ©e, de respirations accordĂ©es, avec un sens naturel des jeux de timbres (on n’oubliera pas la confrontation des cordes bondissantes et dramatiques avec l’ardeur des bois et des vents (flĂ»te et hautbois fusionnĂ©s, dialoguant avec une suavitĂ© qu’il est difficile d’entendre rĂ©ellement chez Bach). Le chef porte l’édifice entier avec un allant permanent, confĂ©rant Ă  la musique, une motricitĂ© continue ; rythme pointĂ©, constructif, producteur d’expressivitĂ© comme de poĂ©sie. On est Ă  1000 lieues des rĂ©alisations soit mĂ©triquement justes mais sĂšches, soit hautement virtuoses mais exclusivement dĂ©monstratives. L’épaisseur qu’y apporte Olivier Splimont, une gravitĂ© permanente, la sincĂ©ritĂ© d’un geste qui tĂ©moigne de son propre ravissement, inspirent ici tout le collectif rĂ©uni autour de lui. Cette lecture de JS Bach vaut nouvelle exploration : elle dĂ©voile en rĂ©alitĂ© ce qui fait le sens mĂȘme de la spiritualitĂ© et de la conscience en musique.  Geste habitĂ©, clartĂ© de l’architecture, vĂ©ritĂ© de l’intention.

bach-vignette-portrait-carre-jean-sebastien-bach-582BACH CÉLESTE ET HUMAIN
 On a peu Ă©coutĂ© Bach ainsi incarnĂ©, aussi subtilement charpentĂ©. Alia Mens porte bien son nom : « l’autre esprit ». Un pur esprit habite chaque mesure, rĂ©tablit sa connexion avec l’expĂ©rience humaine et l’aspiration vers les sphĂšres. Olivier Spilmont semble Ă©clairer de l’intĂ©rieur les puissantes architectures et les perspectives inouĂŻes que recĂšle l’Ă©criture pour qui sait la comprendre la mĂ©canique souveraine, et en dĂ©rouler la prodigieuse marqueterie musicale et spirituelle.
Cela palpite et s’incarne dans un jeu de contrastes et de d’associations instrumentales, irrĂ©sistible. Une telle Ă©vidence dans le jeu, une telle intensitĂ© dans l’intention donnent l’impression que la musique se crĂ©e Ă  mesure qu’elle est jouĂ©e. Impression enivrante qui atteste d’une intelligence de jeu. Le rĂ©sultat saisit par sa force poĂ©tique, sa pulsion inextinguible et conquĂ©rante, son urgence aussi qui se dĂ©voile Ă  mesure que le temps musical se dĂ©roule : la musique devient monde, espace et temps Ă  la fois, opĂ©ra et musique pure. Intention, sens. Conscience. Une telle intelligence chez Bach saisit et marque dĂ©finitivement l’histoire exploratrice du festival laboratoire dans les Vosges du Sud. Olivier Splimont n’exprime pas tant la gravitĂ© chez Bach mais l’exigence que la perfection de sa musique nous impose. Exigence et ivresse du sens qui l’inspire.

 

 

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CONCERTOS EN URGENCE
 MĂȘme sentiment et confirmation des affinitĂ©s entre le chef d’Alia Mens et les univers en constellation d’un Bach universel et gĂ©nial, la seconde soirĂ©e, celle du dimanche 30 juillet 2017, rĂ©active les mĂȘmes arguments et qualitĂ©s expressives mais dans le registre profane et concertant. D’aucun pensent les Brandebourgeois (ici n°1 et 3) pour des Ɠuvres rien que virtuoses et rythmiquement palpitantes, en rĂ©alitĂ© il y croĂźt toute une activitĂ© souterraine, organiquement harmonieuse, secrĂštement Ă©loquente dont Olivier Spilmont semble dĂ©tenir le sens profond et cachĂ©. Toute sa direction tend vers ce geste prophĂ©tique d’une pensĂ©e incarnĂ©e dont la direction et le regard sont en connexion avec les sphĂšres. Il y a du PromothĂ©e dans ce geste de bĂątisseur et de poĂšte qui relit Bach comme personne aujourd’hui. La rĂ©vĂ©lation d’une affinitĂ© est donc totale cet Ă©tĂ© Ă  Musique et MĂ©moire.
Et si parfois la conception semble tendue (manque de temps pour des rĂ©pĂ©titions trĂšs denses), que d’Ă©lĂ©ments en articulation, en couleurs, en accents, tous porteurs d’une intention supĂ©rieure, le chef a encore Ă  nous faire entendre / comprendre.

spilmont-olivier-by-nicolas-maget-classiquenews-festival-musique-et-memoire-juillet-2017-JS-BACHLe cas des Brandebourgeois est trĂšs clair, rĂ©vĂ©lateur de cette matrice flamboyante dont Olivier Spilmon sait rĂ©organiser le mouvement, serviteur lui-mĂȘme d’une idĂ©e souveraine inscrite dans une intelligence active que la direction tend Ă  rendre explicite. Dans cet Ă©clectisme synthĂ©tique oĂč les styles germanique, allemand, italien, français
 fusionnent, s’exaltent, se mĂ©tamorphosent, l’approche nous paraĂźt davantage Ă©vidente par sa force charpentĂ©e : une clairvoyance trĂšs construite, oĂč Ă  travers le jeu des styles, le dialogue entre les instruments (cors et hautbois), souvent surenchĂšres (un rien trop accentuĂ©es du cĂŽtĂ© des hanches), resplendit l’appĂ©tence de Bach pour la diversitĂ© formelle, encore et toujours la construction, le jeu des formes, l’hyperactivitĂ© des perspectives, l’architecture musicale, tours, tourelles, amoncellement et modĂ©natures, galeries, portiques, perspectives Ă  l’infini, une vision de 
 la citĂ© cĂ©leste (cf. leur premier cd chez Paraty). « Les cors semblent s’inviter dans un salon », selon les propres mots du chef
 mais au-delĂ  du plaisir d’une dramaturgie purement instrumentale, – oĂč le dĂ©lire, la frĂ©nĂ©sie, l’humour ravageur s’imposent aussi, on dĂ©tecte chez Bach – grĂące Ă  l’ivresse maĂźtrisĂ©e du chef, ce goĂ»t de l’exacerbation crĂ©ative qui inspire le compositeur dans l’écriture pour tel ou tel instrument, jusqu’à pousser ses derniĂšres limites au bout des contraintes techniques : jeu, facĂ©tie, expĂ©rimentation.

Quelle finesse de conception de finir ce programme marquĂ© par la virtuositĂ©, par la suprĂȘme Ă©lĂ©gance d’une danse française que Bach pense comme l’aurait Ă©crite Rameau lui-mĂȘme : rien n’atteint la pure poĂ©sie, tension et abandon, raffinement et lĂ©gĂšretĂ©, badinerie et nostalgie du Menuet concluant le Concerto n°1 (BWV 1046). Le rythme danse et pense. La musique rĂ©organise le monde et rĂ©tablit les Ă©quilibres de la grande mĂ©canique cĂ©leste. La musique s’Ă©lectrise, feu, Ă©nergie, rĂ©vĂ©lation. Comme si la mathĂ©matique de Bach soudainement avait perçu, ressenti le mystĂšre fascinant des rouages cĂ©lestes qui pilotent l’univers. Olivier Spilmont nous parle cette langue. Nouveau PromethĂ©e dans les traces d’Harnoncourt, de Bruggen, de Leonhardt (ses maĂźtres et modĂšles). La dĂ©couverte de ce Bach demeure foudroyante. A Fabrice Creux directeur de musique et mĂ©moire le mĂ©rite d’avoir su mesurer l’exceptionnel potentiel de Alia Mens et la vision de son chef ainsi investi.

 

 

MUSIQUE ET MÉMOIRE : MODÈLE UNIQUE EN FRANCE D’UN FESTIVAL EXEMPLAIRE, LABORATOIRE ET PÉPINIÈRE
creux-fabrice-musique-et-memoire-festival-Fabrice-Creux,-directeur-artistiqueDe la part du Festival, et de son directeur Fabrice Creux, le fonctionnement des rĂ©sidences d’artistes ainsi rĂ©alisĂ©es sur une durĂ©e de 3 ans, porte ses fruits ; l’attente des festivaliers est rĂ©compensĂ©e face Ă  de telles explorations voire accomplissements sonores. D’annĂ©e en annĂ©e, la maturitĂ© artistique et l’intelligence des intentions se prĂ©cisent et s’enrichissent : au public de plus en plus curieux, le plaisir de suivre les jalons d’une vĂ©ritĂ© qui se fait jour. A Musique & MĂ©moire, grĂące au risque assumĂ© artistiquement, et l’implication exemplaire des artistes et ensembles invitĂ©s, le spectateur a le sentiment de vivre en 2017, ce qui se passait Ă  l’époque des premiers faiseurs de rĂȘve, ces dĂ©fricheurs, nouveaux explorateurs de continents musicaux Ă  conquĂ©rir, quand il y a 40 ans, la RĂ©volution baroqueuse savait cultiver non sans grĂące et ĂąpretĂ©, la culture de l’expĂ©rimentation, le risque du dĂ©frichement. Quand beaucoup de festivals prĂ©fĂšrent le confortable et le dĂ©jĂ  connu, Musique & MĂ©moire sĂšme le dĂ©fi du dĂ©passement, les vertiges de l’expĂ©rimentation, l’émulation qui naĂźt des « premiĂšres »  Ici, Olivier Spilmont dirige pour la premiĂšre fois, des effectifs aussi importants (33 instrumentistes et chanteurs sur scĂšne pour le programme donnĂ© en crĂ©ation, dĂ©diĂ© Ă  l’Anniversaire de la RĂ©forme). Ce goĂ»t de tous les paris produit souvent l’exceptionnel et l’inespĂ©rĂ©. Ce n’est pas la rĂ©ussite des Timbres, – autre ensemble en rĂ©sidence (VOIR notre reportage de l’ensemble Les Timbres 2015, De Proserpine de Lully au carnaval baroque des animaux…) qui dĂ©mentira ce que nous ont offert les 29 et 30 juillet derniers Alia Mens et Olivier Splimont.
CAP EN 2018 POUR LES 25 ANS ! Et ce n’est pas le programme qui s’annoncera bientĂŽt pour 2018 qui fera rupture avec de tels accomplissements. Programmation Ă  suivre sur CLASSIQUENEWS (Ă©dition Ă©vĂ©nement car il s’agit des 25 ans du premier Festival de musique ancienne et baroque dans les Vosges du Sud). Et pour tous ceux qui souhaitent dĂ©couvrir ou retrouver le son et l’engagement d’Alia Mens chez Jean-SĂ©bastien Bach, le disque rĂ©cemment Ă©ditĂ© par PARATY, « La CitĂ© cĂ©leste » saura combler vos espĂ©rances (LIRE ici notre critique complĂšte du cd La CitĂ© cĂ©leste). Alia Mens dans Bach : voilĂ  une promesse de concert qu’il ne faut pas manquer. A suivre.

 

 

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Compte-rendu, festivals Ă©tĂ© 2017. Musique & MĂ©moire, les 29 et 30 juillet 2017. RĂ©sidence d’Alia Mens, annĂ©e 2/3 : Jean-SĂ©bastien Bach. Olivier Spilmont, direction.

Samedi 29 juillet, 21 h
Basilique Saint-Pierre de Luxeuil-les-Bains

Soli Deo Gloria
Un office pour l’anniversaire de la RĂ©forme
Kyrie et Gloria – Missa brevis BWV 233
Cantate Mit Fried und Freud BWV 125, 1725 (pour la fĂȘte de la Purification)
Cantate Ein’ feste Burg ist unser Gott BWV 80, 1724 (pour la fĂȘte de la RĂ©forme)
Cum Sancto Spiritu – Missa brevis BWV 233

Alia Mens
Jenny Högström, soprano
Marie Frédérique Girod, soprano
CĂ©cile Achille, soprano
Pascal Bertin, alto
Damien Ferrante, alto
AnaĂźs Bertrand, alto
Dàvid Szigetvàri, ténor
Stéphen Collardelle, ténor
Pierre Perny, ténor
Victor Sicard, basse
Geoffroy BuffiĂšre, basse
René Ramos Premier, basse
Stéphanie Paulet, premier violo,
Fiona Emilie Poupard, violon
Varoujan Doneyan, violon
Stephan Dudermel, second violon
Benjamin Lescoat, violon
Simon Heyerick, alto
Myriam Mahnane, alto
JĂ©rĂŽme Vidaller, violoncelle
Ronan Kernoa, violoncelle
Christian Staude, contrebasse
Niels Coppalle, basson
Anna Besson, traverso
Laura Duthuillé, hautbois
Vincent Blanchard, hautbois
Nathalie Petibon, hautbois
Jeroen Billiet, cor
Yannick Maillet, cor
Eulalie Poinsignon, orgue positif
Olivier Spilmont, direction

Dimanche 30 juillet, 21 h
Basilique Saint-Pierre de Luxeuil-les-Bains
Collegium musicum II
Concerto Brandebourgeois n°1 en fa majeur BWV 1046
Concerto pour 2 violons en ré mineur BWV 1043
Concerto Brandebourgeois n°3 en sol majeur BWV 1048

Alia Mens
Stéphanie Paulet, premier violon et violon piccolo
Stéphan Dudermel, violon
Fiona Emilie Poupard, violon
Varoujan Doneyan, violon
Benjamin Lescoat , violon
Simon Heyerick, alto
Myriam Mahnane, alto
JĂ©rĂŽme Vidaller, violoncelle
Ronan Kernoa, violoncelle
Nils de Dinechin, violoncelle
Christian Staude, contrebasse
Niels Coppalle, basson
Vincent Blanchard, hautbois
Laura Duthuillé, hautbois
Nathalie Petibon, hautbois
Jeroen Billiet, cor
Yannick Maillet, cor
Eulalie Poinsignon, orgue positif et clavecin
Olivier Spilmont, clavecin et direction

Illustrations : Olivier Spilmont dirige Alia Mens à Musique et Mémoire, juillet 2017 © Nicolas Maget 2017

Compte-rendu, festivals. Saintes, Abbaye aux dames, samedi 15 juillet 2017, deux derniers concerts : Ambassadeurs, Arod

Les deux derniers concerts du 15 juillet sous la voĂ»te de l’Abbaye aux Dames renseignent sur l’Ă©cart artistique dĂ©sormais propre au festival en Saintonge : du baroque au romantisme (et mĂȘme cette annĂ©e jusqu’à Schnittke, chantĂ© pour la premiĂšre fois par le Collegium Gent).
D’abord concert Ă  19h30. PortĂ©s par la recherche d’un son nouveau lui mĂȘme habitĂ© par un sens inouĂŻ de l’articulation, les instrumentistes des Ambassadeurs relisent les partitions avec une minutie nerveuse : c’est d’abord trois mises en bouche virtuoses (Sammartini, Tartini, Vivaldi) qui dĂ©montrent l’agilitĂ© de chacun, en particulier la flĂ»te pyrotechnique du leader Alexis Kossenko: souci de la ligne et des phrasĂ©s, respiration et prĂ©cision ne sont pas chez lui de vains mots.

Le dĂ©fi monte d’un cran avec Jean-SĂ©bastien Bach. Dans les 3 Concertos Brandebourgeois (n°3, 4 et 5) cependant, la performance tourne parfois Ă  vide, l’extrĂȘme agilitĂ© et ce souci du dĂ©tail (premier violon rien que scrupuleux) diluant souvent la perception de l’architecture comme de l’intention globale.

 

 

 

Brio des Ambassadeurs,
jeunesse ardente des Arod

 

 

saintes-2017-par-classiquenews-Les-Ambassadeurs---c-Michel-Garnier

 

 

Mais il serait assurĂ©ment injuste de bouder notre bonheur tant l’extrĂȘme entrain et la permanente motricitĂ© du groupe instrumental s’implique dans l’expressivitĂ© comme le rebond : dans des gestes prestes et des mains ondulantes, le chef flĂ»tiste dessine des arabesques inspirantes pour ces troupes totalement infĂ©odĂ©es Ă  sa direction plus que chantournĂ©e.
MĂȘme si cette premiĂšre Ă  Saintes demeure intĂ©ressante par son acuitĂ© et son ambition instrumentale (les Brandebourgeois n’avaient pas Ă©tĂ© donnĂ©s sous la voĂ»te abbatiale), la performance n’atteint pas la somptueuse nostalgie, ni la fluiditĂ© Ă©nergique de Goebel et du Concerto Koln.

Plus tard dans la soirĂ©e Ă  22h, place est faite Ă  un trĂšs jeune Quatuor français, les Arod. En vĂ©ritĂ© tout s’enchaĂźne sans pause car le concert des Ambassadeurs Ă©tant retransmis en direct Ă  la radio, des temps de rĂ©glage et un claquage de cordes (premier alto) a retardĂ© toute la session, de sorte que les Arod rĂ©alisent leur 3 Ăšme et dernier Quatuor (Mendelssohn) Ă  une heure bien avancĂ©e de la nuit, ce qui n’est pas sans affecter leur jeu global.

 

 

 

saintes-2017-par-classiquenews-Quatuor-Arod-2©Michel-Garnier

 

 

 

Mais tout commence d’abord avec prĂ©cision et facĂ©tie dans le Haydn (opus 33 n°2, 1781). Puis gagne en Ă©paisseur et en gravitĂ© parfois Ăąpre dans l’admirable Quatuor de Beethoven (opus 59 n°2). Il est tard et il fait chaud dans la salle que le souffle du public rend moite. De sorte qu’aprĂšs un Ă©niĂšme rĂ©glage de l’alto, le Mendelssohn (opus 44 n°2, Leipzig, 1837)) pourtant d’une clartĂ© suractive, passionnelle certes, mais d’une remarquable lisibilitĂ© contrapuntique, sonne brumeux et opaque. Toute la charge inquiĂšte et grave qui soustend la construction du premier comme du dernier mouvement est Ă  peine explicitĂ©e. Dommage.
C’est le moins percutant des volets d’un triptyque par ailleurs efficace par son propos premier : rĂ©vĂ©ler la sonoritĂ© et la grande cohĂ©sion d’un nouveau quatuor français. TrĂšs jeunes les Arod (pas encore trentenaires ou tout juste) frappent d’emblĂ©e, par cette union sensible, force et Ă©loquence, oĂč brille la ligne ardente, fruitĂ©e du premier violon (Jordan Victoria). A suivre dĂ©sormais.

 

 

 

 

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Compte-rendu, festivals. Saintes, Abbaye aux dames, samedi 15 juillet 2017. Cocnert de 19h30 : Giovanni Battista Sammartini (vers 1700-1775) : concerto pour flûte à bec en fa majeur, Giuseppe Tartini (1693-1770) : concerto pour flûte en sol majeur, Antonio Vivaldi (1678-1741) : concerto pour flautino en sol majeur RV 443, Johann Sebastian Bach (1685-1750) : concertos brandebourgeois (concerto n°5 en ré majeur BWV 1050; concerto n°3 en sol majeur BWV 1048; concerto n°4 en sol majeur BWV 1049). Ensemble Les Ambassadeurs, Alexis Kossenko, flûte et direction. Concert de 22h : Quatuor Arod. Haydn, Beethoven, Mendelssohn

 

 

Illustrations : Festival de Saintes 2017 / © Michel Garnier

Compte rendu, festivals. SAINTES, le 15 juillet 2017. Deux premiers concerts à l’Abbaye aux Dames : Vox Luminis / JOA, Philippe Herreweghe, direction.

saintes festival 2017 festival estival de Saintes presentation selction temps forts par CLASSIQUENEWS mars 2017 Visuel-festival-2017-BDCompte rendu, festivals. SAINTES, le 15 juillet 2017. Deux premiers concerts Ă  l’Abbaye aux Dames : Vox Luminis / JOA, Philippe Herreweghe, direction. Le festival de Saintes montre Ă  nouveau cette annĂ©e son ouverture vers tous les rĂ©pertoires : foyer essentiel de l’interprĂ©tation baroque certes oĂč brille Bach principalement (ce depuis des lustres) mais aussi comme conquĂȘte pas moins passionnante vers les grands Romantiques et dans toutes les formes : en cette journĂ©e typique, comptant 4 concerts importants (samedi 15 juillet, Ă  12h30, 16h30, 19h30 puis 22h, tous dans l’église abbatiale), les festivaliers peuvent Ă©couter Tchaikovski (celui chorĂ©graphique le plus cĂ©lĂšbre comme l’immense symphoniste), et en fin de journĂ©e, Ă  la nuit tombĂ©e, un attachant concert de musique de chambre combinant Haydn Beethoven, Mendelssohn (par le jeune Quatuor Arod).
A la recherche du son le plus investi et le plus juste, soucieux de servir les manuscrits les plus authentiques, dans une interprétation historiquement informée, le festival de Saintes se réinvente chaque année, tout en élargissant les voies du défrichement et ne sacrifiant rien à la probité du geste musical.
Ce dernier passe surtout par la maĂźtrise des instruments d’Ă©poque dont aujourd’hui les jeunes instrumentes du JOA JEUNE ORCHESTRE DE L’ABBAYE constituent le fleuron actuel : rien n’Ă©gale la subtile caractĂ©risation des timbres produits par les instruments anciens
 Le concert de 16h30 en atteste dĂ©finitivement (lire ci aprĂšs).

 

 

Deux premiers concerts Ă  l’Abbaye aux Dames :

diseurs sacrés, jubilation instrumentale

(Vox Luminis et le JOA / Philippe Herreweghe)

 

 

vox luminis lionel meunier festival musique et memoire juillet 201512h30 : Concert «  La Dynastie Bach, 100 ans de motets ». Le premier concert Ă  permis de mesurer une autre finesse partagĂ©e nourrie Ă  l’Ă©chelle du collectif, celle des chanteurs de Vox Luminis qui, fidĂšles au lieu qui les aura rĂ©vĂ©lĂ©s, accompagnĂ©s, stimulĂ©s, proposent aux festivaliers fidĂšles partisans, et prĂ©sents dĂšs leur premiers concert saintais, un programme fervent et doloriste rĂ©unissant les ancĂȘtres de Jean-SĂ©bastien Bach ; motets introspectif oĂč le croyant s’adressant Ă  JĂ©sus semble mesurer l’Ă©tendue de sa solitude, de son errance face Ă  la mort. Les chanteurs vĂ©ritables diseurs en ce qu’ils savent colorer chaque phrase, chaque mot, par une intention juste, rĂ©alisent une vĂ©ritable communion individuelle, un thĂ©Ăątre sensible qui captive par d’infinies nuances dans le sentiment dĂ©ploration, d’exhortation, de compassion, de terrifiante ou sereine voire joyeuse sĂ©rĂ©nitĂ©. Le gĂ©nie de Bach a pu naĂźtre grĂące aussi Ă  cette filiation familiale qui restitue dans son propre cheminement musical, le poids, le modĂšle, la voie tracĂ©e avant lui par ces augustes prĂ©dĂ©cesseurs.
DĂ©jĂ  enregistrĂ© mais avec l’intĂ©gration de piĂšces de Bach lui-mĂȘme, le programme ne rĂ©unit ici que ses aĂźnĂ©s :Hohann et Johann Michael sans omettre Johann Christoph pour le XVIIĂš ; Johann Ludwig , Ă  la charniĂšre des XVIIĂš et XVIIIĂš.
S’y prĂ©cise et s’affirme une esthĂ©tique de la priĂšre et de l’imploration de plus en plus souple et thĂ©ĂątralisĂ©e, du piĂ©tisme allĂ©gorique au sentimentalisme le plus ciselĂ©. C’est aussi pour les partenaires de Lionel Meunier, baryton et leader du groupe, la preuve d’une continuitĂ© dans l’excellence, une maniĂšre de dire aux spectateurs et Ă  ceux qui les suivent depuis leurs dĂ©buts : non, nous n’avons pas perdu la premiĂšre maĂźtrise qui fut la nĂŽtre au service du verbe, soucieux de la poĂ©tique incarnĂ©e du texte dont chaque mot, chaque virgule et Ă©videmment chaque silence, compte.
Aujourd’hui Vox Luminis est bien l’un des rares Ă  rĂ©ussir ce rĂ©pertoire avec autant de sobriĂ©tĂ© et de sincĂ©ritĂ©, d’intime cohĂ©sion, d’impact linguistique. Classiquenews a soulignĂ© la maturitĂ© lumineuse voire Ă©blouissante de l’ensemble belge lors de la parution de son dernier cd, dĂ©diĂ© Ă  JS BACH, « Actus tragicus », auquel la RĂ©daction a dĂ©cernĂ© le convoitĂ© CLIC de classiquenews (novembre 2016).

A 16h30, mĂȘme lieu mais programme diffĂ©rent en un grand Ă©cart chronologique qui dĂ©place le curseur musical jusqu’à
 Tchaikovski. Surprenant et captivante immersion dans le raffinement orchestral le plus suave et colorĂ© qui soit ; d’abord : Suite de Casse Noisette. La rĂ©alisation accrĂ©dite encore l’engagement de la CitĂ© musicale en faveur des instruments historique. Sous la direction de Philippe Herreweghe qui en a conçu et amorcĂ© les premiĂšres manifestations, le travail s’avĂšre aussi Ă©loquent, riche que juste. L’approche permet une relecture des oeuvres qui s’apparente Ă  une redĂ©couverte de chacune. Elle engendre une sonoritĂ© et un nuancier instrumental inoubliables pour qui s’en rend perceptif : elle suppose aussi une nouvelle Ă©coute dont les festivaliers se montrent de plus en plus friands.
VoilĂ  qui explique le formidable succĂšs du JOA, – Jeune Orchestre de l’Abbaye, phalange emblĂ©matique de la CitĂ© musicale Ă  Saintes, foyer de recherche, de pratique expĂ©rimentale
 La Suite est une jubilation continue de saveurs instrumentales et de timbres prĂ©cisĂ©ment Ă©noncĂ©s, dans des jeux d’Ă©quilibres rĂ©jouissants ; leur vitalitĂ© renforce l’irrĂ©sistible invention du Tchaikovsky chorĂ©graphe (Danse des Mirlitons, sans omettre la sublime Valse des fleurs, enivrĂ©e, aĂ©rienne, Ă©chevelĂ©e, qui clĂŽt le cycle).

 

 

VERTUS DES INSTRUMENTS D’EPOQUE

Par « Petite Russie », le jeune Tchaikovski, rĂ©cent symphoniste, dĂ©signe l’Ukraine. Conçue dĂšs l’étĂ© 1872, la Symphonie n°2 touche autant par sa construction serrĂ©e, son dĂ©roulĂ© contrastĂ© que son orchestration aussi raffinĂ©e que mordante. Un terreau idĂ©al pour les talents multiples du JOA. Le compositeur trentenaire passe alors un sĂ©jour chez ses cousins Devydov, propriĂ©taires d’un vaste domaine en Ukraine.
MĂȘme s’il demeure trĂšs proche de l’esprit populaire, en cela trĂšs inspirĂ© par les motifs du folklore russe, Tchaikovski raffine l’écriture par un sentiment de noblesse et un souffle dĂ©jĂ  sombre et grave dĂšs le sublime solo de cor qui ouvre le portique orchestral. Rapidement emportĂ© (Allegro qui suit immĂ©diatement dans le premier mouvement) par un sentiment d’une irrĂ©pressible volontĂ©, le dĂ©roulement affirme ici une Ă©nergie et une frĂ©nĂ©sie mĂȘme (vĂ©ritable fureur des cordes), plus rare dans les Symphonies suivantes.
Le second Ă©pisode, – Andantino marziale, est un schĂ©ma utilisĂ© par la suite qui contraste par sa marche fĂ©dĂ©ratrice ; l’écriture semble par son rythme maĂźtrisĂ©, reconstruire l’équilibre psychique prĂ©cĂ©demment survoltĂ©. La raison s’organise et la sĂ©rĂ©nitĂ© recouvrĂ©e s’achĂšve dans le murmure et le mystĂšre.
 
TAP Poitiers : Philippe Herreweghe joue PromethĂ©eTout Tchaikovski est lĂ , dans cette versatilitĂ© constante, cette pulsation qui dĂ©roule une prodigieuse langue Ă  la fois Ă©perdue et tragique, tendre et rĂ©voltĂ©e. L’écriture et l’orchestration sont somptueuses, permettant Ă  l’orchestre de dĂ©montrer non pas tant sa haute technicitĂ©, – de cela, le JOA incarne Ă  prĂ©sent un standard plutĂŽt Ă©levĂ©, que la justesse des intonations : tout ici brĂ»le d’une lave musicale frĂ©missante et palpitante que les timbres si fins et si subtilement caractĂ©risĂ©s des instruments historiques, colorent d’une singuliĂšre et mĂ©morable façon. Les bois sont ronds et pĂ©tulants ; les cuivres, d’une majestĂ© ensorcelante ; les cordes, trĂ©pidantes, bondissantes, nerveuses, prĂ©cises, gorgĂ©es d’amertume comme d’espĂ©rance intacte.
Le souci d’articulation, la volontĂ© du sens surtout affirment le geste de Philippe Herrewghe dont classiquenews a louĂ© prĂ©cĂ©demment son sublime cd dĂ©diĂ© Ă  Brahms (avec l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es : Symphonie n°4), Ă  la fois dramatique, profond, formidablement dĂ©taillĂ© sur le plan instrumental (CLIC de CLASSIQUENEWS de juin 2017 : lire notre critique complĂšte ici).
On retiendra aussi dans le 3Ăš mouvement (Finale – Moderato assai – Allegro vivo) l’imbrication trĂšs subtile des cuivres, d’une inflexible et constante vĂ©hĂ©mence (expression du fatum de plus en plus prenant), avec le chant plus insouciant des cordes, inspirĂ© par un matĂ©riau populaire de « petite Russie ». Trouble et inquiet jusqu’à l’ivresse, le jeune Tchaikovski Symphoniste ne finit pas de fasciner par sa profonde comprĂ©hension des ressorts cachĂ©s, contradictoires pourtant exaltants de la psychĂ©.

 

saintes 2017 festival estival de saintes classiquenews presentation selection de classiquenews p1875uuee11un0kpg1drj1i9ucpl8C’est Ă  Saintes, lors de ses sessions symphoniques sous la voĂ»te abbatiale que l’on peut mesurer l’apport des instruments historiques et la pratique instrumentale que les jeunes interprĂštes apprennent ici. On espĂšre demain pouvoir rĂ©Ă©couter encore une tel accomplissement au disque ; certes formation « éphĂ©mĂšre » puisque chaque session du JOA se recompose Ă  chaque saison de nouveaux jeunes instrumentistes, l’Orchestre mĂ©rite absolument d’ĂȘtre gratifiĂ© par un disque, et ses avancĂ©es « validĂ©es » par un enregistrement. FondĂ© il y a 20 ans, depuis une dĂ©cennie, Ă  force d’assiduitĂ© et de tĂ©nacitĂ© sur la durĂ©e, le JOA dĂ©montre une maestriĂ  enivrante qui s’affirme telle l’un des apports les plus importants du monde de l’interprĂ©tation musicale actuelle. On s’étonne mĂȘme que les orchestres dits « modernes » ne s’intĂ©ressent pas davantage Ă  cette rĂ©volution du milieu symphonique et orchestral en France. Aujourd’hui, le profil d’un musicien d’orchestre, se doit d’ĂȘtre polyvalent, sachant et jouer sur instrument moderne et sur instrument d’époque. Demain, les orchestres importants s’appuieront sur un noyau constituĂ© d’interprĂštes doublement talentueux. La richesse de l’offre musicale en dĂ©pend, comme la culture et la sensibilitĂ© de l’interprĂšte, 
comme la satisfaction du spectateur dont la curiositĂ© et les attentes ne cessent de se confirmer. Avec la dextĂ©ritĂ© Ă  360 degrĂ©s des jeunes instrumentistes se joue aussi le renouvellement des publics : car l’appĂ©tence des jeunes mĂ©lomanes se forment aussi pour ce goĂ»t Ă©mergeant des sonoritĂ©s historiques. A suivre.

 
 
 

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Au soir du mĂȘme jour, nous avons assistĂ© aux concerts Tartini / JS Bach par les Ambassadeurs / Alexis Kossenko (19h30), puis le soir (Ă  22h) propice Ă  cet ouverture vers des rĂ©pertoires plus rĂ©cents, vers les grand Romantiques, ainsi Ă  22h sous la mĂȘme voĂ»te, le rĂ©cital du trĂšs jeune Quatuor français « Arod », dont c’était le premier concert Ă  Saintes dans un programme Haydn, Beethoven, Mendelssohn
 Comptes rendus Ă  venir.

 

 

Compte-rendu, Festivals. FORMAT RAISINS, PrieurĂ© de La CharitĂ©-sur-Loire, le 9 juillet 2017. « Huit », ChƓur Arsys Bourgogne. MihĂ ly Zeke, direction.

Arsys_BourgogneParis_20161109_copyrightConradSchmitz-067Compte rendu critique, festival. FORMAT RAISINS, la CharitĂ© sur Loire, PrieurĂ©, le 9 juillet 2017. Choeurs Arsys Bourgogne. « Huit », JS Bach, Scelsi, Machuel. MihĂ ly Zeke, direction. Ce dimanche 9 juillet, le PrieurĂ© de la CharitĂ© sur Loire, appelĂ© aussi « La CitĂ© du mot » accueille dans le cadre du festival Format Raisins, un concert de musique choral,
 suivi selon la tradition bien connue des festivaliers, de la dĂ©gustation d’un vin local  – parmi les 7 cĂ©pages des vins du Centre, qui sont associĂ©s ainsi au Festival depuis plusieurs annĂ©es ; parfums, couleurs, saveurs envisagent un nuancier d’accents et de teintes dont les 8 chanteurs solistes du ChƓur Arsys Bourgogne ont prĂ©alablement lors du concert de 17h, Ă©clairci et explicitĂ© le vaste spectre.

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Le programme est l’un des plus audacieux que nous ayons Ă©coutĂ©, dont les enchaĂźnements entre JS Bach et Scelsi, indiquent la prise de risque assumĂ©e et le dĂ©sir de partager une expĂ©rience inĂ©dite. La succession prĂ©cise aussi de la part du nouveau chef d’Arsys, MihĂ ly Zeke, un sens rare des rĂ©ponses et des dialogues entre les piĂšces : le dĂ©roulement des sĂ©quences cultive ainsi tout un rĂ©seau de rĂ©sonances, de correspondances qui renforcent la cohĂ©sion musicale : ici, l’appel exprimĂ© par le Machuel (Kyrie / Psaume 50 opus 25 de 2003) trouve sa rĂ©sonance conciliatrice dans le Bach qui suit immĂ©diatement : ainsi quand le tĂ©nor Martin Candela, Ă  la prosodie parfaite, exhorte « Rends moi le son de la joie et de la fĂȘte », le Motet du Cantor Ă  Leipzig qui suit immĂ©diatement (Der Geist hilft unser Schachheit auf, BWV 226 – 1729), Ă  la fois laudatif et cĂ©lĂ©bratif, exauce les aspirations du Machuel. On passe d’une partition l’autre avec un rare esprit de continuitĂ© poĂ©tique.

Alterner subtilement l’articulation et l’éloquence de Bach avec l’ombre Ă©nigmatique de Scelsi, relĂšve d’un dĂ©fi inouĂŻ pour le chanteur qui est le guide entre des mondes enchaĂźnĂ©s pourtant musicalement plus que distincts: passer de l’allemand rythmique, qui exige flexibilitĂ© et articulation, sans omettre l’intĂ©rioritĂ© d’une foi constructive,
 au travail sur la projection, la ligne vocale , l’infini du mystĂšre le plus allusif
 tels qu’ils s’affirment chez Giacinto Scelsi, exige une concentration constante, un parcours qui vĂ©cu et dĂ©fendu par le corps entier, exige toutes les ressources disponibles ; avec en prime, le risque de dispositifs divers qui varient Ă  de nombreuses reprises. Le choeur s’écarte de la frontalitĂ© du concert classique : il exploite l’ampleur du lieu, « osant » une disposition qui entoure les spectateurs.

 

 

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RĂ©partis en deux chƓurs, placĂ©s de chaque cĂŽtĂ© du public, Ă  l’avant (scĂšne) et Ă  l’arriĂšre, les 8 solistes se mĂȘlent, en duos recomposĂ©s, caractĂ©risĂ©s : sopranos et basses ; tĂ©nors et altos fĂ©minins (Bach)
 C’est un dispositif semĂ© de risques mais dĂ©jĂ  observĂ© chez Monteverdi (Vespro) ou chez Bach et certains Baroques Français du XVIIĂš (Charpentier), – quand Les Arts Florissants et William Christie relĂšvent eux aussi le dĂ©fi du mĂ©lange des timbres, crĂ©ant une mosaĂŻque sonore, aux scintillements picturaux, et tout un nuancier inĂ©dit.
Au Centre du public, le chef, pupitre parmi les spectateurs, dirige les 2 groupes de chanteurs, d’une main preste et prĂ©cise, toujours soucieux du verbe. Un dĂ©fi d’autant plus aigu dans les murs de la “CitĂ© du mot”.

 

 

Rencontre avec Mihaly Zeke, directeur artistique d'ARSYS BourgogneL’idĂ©e de tisser un parcours mĂ©ditatif et expressif mais toujours magistralement intĂ©rieur, entre Bach et Scelsi s’avĂšre saisissant : MihĂ ly Zeke construit l’édifice choral Ă  partir de 3 piĂšces majeures du compositeur italien : Tre canti sacri de 1958, chacune associĂ©e aux Motets de Bach ; soit Angelus qui ouvre le concert, puis Requiem (de loin la piĂšce la plus puissante et glaçante), enfin l’énigmatique et tendu, Gloria, Ă  la fois Ă©lectrique et Ă©trange, qui referme le programme dans l’ombre et le questionnement au delĂ  de la note et du mot. Dans une langue inouĂŻe qui est souffle, respiration, frottements
 Silence. Finalement Scelsi nous fait entrevoir l’infini invisible, Ă©prouver l’aspiration de l’inconnu.
La sensation quasi organique du verbe incarnĂ© (r roulĂ©s, sons gutturaux, rauques, graves sĂ©pulcraux, entonnĂ©s comme des trompettes tibĂ©taines
), ouvrent des gouffres inĂ©dits, façonnent une Ă©vocation fantomatique et concrĂšte oĂč les voix en accents tĂ©nus (demi-tons), aux harmonies primitives, rĂ©inventent la sonoritĂ© du lugubre et du recueillement le plus intime. ImmĂ©diatement le son devient espace, et l’espace, temps d’une rĂ©vĂ©lation suspendue. Avec d’autant plus de sourdes dĂ©flagrations qu’à l’extĂ©rieur, gronde et rĂ©sonne le tonnerre d’un formidable orage 
 un magicien au thĂ©Ăątre n’aurait pas crĂ©Ă© meilleure spacialisation. MĂ©morable.

 

 

 

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Compte rendu, Festivals. FORMAT RAISINS, PrieurĂ© de La CharitĂ©-sur-Loire, le 9 juillet 2017. « Huit », ChƓur Arsys Bourgogne. MihĂ ly Zeke, direction.

G. Scelsi / Tre canti sacri : Angelus
Johann Sebastian Bach / Lobet den Herrn, alle Heiden BWV 230
Thierry Machuel / Psaume 50
J.S. Bach / Der Geist hilft unser Schwachheit auf BWV 226
J.S. Bach / Ich lasse dich nicht, du segnest mich denn BWVAnh 159
G. Scelsi / Tre canti sacri : Requiem
J.S. Bach / Komm, Jesu, komm BWV 229
J.S. Bach / FĂŒrchte dich nicht, ich bin bei dir BWV 228
G. Scelsi / Tre canti sacri : Gloria

 

 

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Illustrations : © Choeur Arsys / Mihàly Zeke Conrad Schmitz / concert du 9 juillet 2017 © Céline Pourtier 2017 pour Format Raisins

REPORTAGE : Bruno Procopio et l’Orchestre National des Pays de la Loire (mars 2017)

procopio-maestro-bruno-chef-transatlantique-par-classiquenewsREPORTAGE : Bruno Procopio et l’Orchestre National des Pays de la Loire – “ Maestro transatlantique “ : dans un portrait vidĂ©o exclusif oĂč les Ă©quipes de CLASSIQUENEWS le suivait de Paris Ă  Rio, entre France et BrĂ©sil, ses deux pays de cƓur, le jeune maestro BRUNO PROCOPIO ne cesse de dĂ©fendre aujourd’hui l’interprĂ©tation des oeuvres symphoniques françaises, des LumiĂšres au Romantisme selon l’esthĂ©tique historiquement informĂ©e ; sa connaissance des traitĂ©s, sa pratique du clavecin dans les Ɠuvres remontant au baroque, favorisent une approche d’une rare acuitĂ© expressive. En particulier auprĂšs des orchestre sur instruments modernes : tenue d’archet spĂ©cifique, interprĂ©tation des ornements (souvent non indiquĂ©s sur les partitions), accents forts ou points d’appui
 sont autant d’élĂ©ments d’une comprĂ©hension nouvelle qui enrichit considĂ©rablement la pratique comme la culture des instrumentistes en orchestre. Pour preuve, cette expĂ©rience formatrice avec l’Orchestre National des Pays de la Loire, avec lequel Bruno Procopio, en une tournĂ©e de 7 dates en mars 2017 (7-13 mars 2017 en  Pays de la Loire), dirigeait un programme entre LumiĂšres et Romantisme, c’est Ă  dire plusieurs pages emblĂ©matiques de l’évolution du goĂ»t parisien, de Rameau (Suite de Acanthe et CĂ©phise, Chaconne de Castor et Pollux) et Mozart (Ballets Les Petits Riens, Concerto pour flĂ»te et harpe, au fiĂ©vreux GOSSEC (Symphonie Ă  17 parties). Reportage vidĂ©o © classiquenews.tv — RĂ©alisation : Philippe-Alexandre PHAM 2017

 

 

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LIRE aussi notre compte rendu critique du concert PARIS Ă  l’Ă©poque des LumiĂšres : Rameau, Mozart et Gossec par l’ONPL et Bruno Procopio (Angers, le 5 mars 2017)

 

 

VOIR aussi notre portrait vidéo : BRUNO PROCOPIO, MAESTRO TRANSATLANTIQUE, de Paris à Rio (octobre 2016)

 

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PORTRAIT VIDEO : Bruno Procopio, maestro transatlantique. Transatlantique
 telle est l’activitĂ© atypique et exemplaire d’un chef dĂ©fricheur entre deux cultures, deux continents, deux esthĂ©tiques : nĂ© au BrĂ©sil, français de cƓur et rĂ©sident non loin de Paris, le jeune maestro Bruno Procopio cultive les richesses multiples de sa double culture. Entre France et BrĂ©sil, il sait faire dialoguer les accents de chaque nation, des deux cĂŽtĂ©s de l’Atlantique. Jouer les compositeurs français, Baroques et Romantiques Ă  Rio de Janeiro ; jouer Ă  Paris, Villa-Lobos et Jobim
 au TCE, ThĂ©Ăątre des Champs ElysĂ©es. MaĂźtre des croisements fĂ©conds, porteur d’une singularitĂ© artistique visionnaire, Bruno Procopio dirige les orchestres sur instruments modernes au service de Rameau, Gossec, MĂ©hul
 Portrait d’un maestro transatlantique – grand reportage vidĂ©o / RĂ©alisation : Philippe Alexandre Pham © studio CLASSIQUENEWS 2017