CD, critique. BRUCKNER : 7Ăš Symphonie (Gewandhausorchester Leipzig / Andris Nelsons, 2018 – 1 cd DG)


bruckner 7 symphonie andris nelsons gewandhaus leipzig critique cd cd review par classiquenewsCD, critique. BRUCKNER : 7Ăš Symphonie (Gewandhausorchester Leipzig / Andris Nelsons, 2018 – 1 cd DG).
La 7Ăš de Bruckner est un sommet autant majestueux que d’une tendresse infinie, celle d’un organiste devenu par la seule force de sa volontĂ©… symphoniste de premier plan, immensĂ©ment dĂ©vouĂ© Ă  l’exemple de Wagner. Toute la 7Ăš est un hommage et une cĂ©lĂ©bration de l’oeuvre wagnĂ©rien. Bruckner sincĂšre et entier, bien que trĂšs tardivement cĂ©lĂ©brĂ© comme compositeur, – son premier succĂšs est justement la 7Ăš, acclamĂ© alors qu’il a dĂ©jĂ  60 ans, dĂ©veloppe de superbes couleurs funĂšbres et intimistes.
Andris Nelsons poursuit son intĂ©grale pour DG Deutsche Grammophon avec le sens de la grandeur (brahmsienne), du tragique spectaculaire, mais trĂšs investi par le sentiment d’une pudeur constante. La flexibilitĂ© entre passages ou se dĂ©ploient la formidable fanfare et les basses de l’harmonie, puis l’expression d’une blessure personnelle, force l’admiration : ampleur, profondeur, intĂ©rioritĂ©, humanitĂ©. On saisit ici combien Bruckner autodidacte repousse trĂšs trĂšs loin le format spatial de la sonoritĂ© orchestrale, atteignant une extension qui dĂ©passe d’une certaine façon et Wagner et Mahler : la formidable sonoritĂ© tissĂ©e comme une tension continue fait surgir le grand dragon wagnĂ©rien, et aussi le souffle supĂ©rieur d’une pensĂ©e mystique planante. C’est peu dire que le compositeur met toute sa foi dans cet acte de composition qui fĂ©dĂšre toutes ses ressources.
DĂšs l’Allegro moderato initial, on sent poindre une irrĂ©pressible tristesse prĂ©alable, celle de l’intuition de la mort de son modĂšle Wagner : filiation (car tout l’orchestre de Bruckner cite par son ampleur, sa couleur, sa spatialitĂ©, sa pleine conscience, l’opĂ©ra wagnĂ©rien, les voix en moins, ne serait ce que dans l’emploi rĂ©current par Bruckner dans cette 7Ăš commĂ©morative, de 4 fameux tubas wagnĂ©riens (cors sombres et d’un sublime lugubre). Emotion initiale et premiĂšre, dĂ©flagration spectaculaire (dont l’orchestration fait entrevoir le colossal du Wahlala) et sentiment tragique irrĂ©pressible (pleurs des cordes au I) : tout cela est magistralement exprimĂ© par le chef letton.
Il peut disposer d’un orchestre de premiĂšre classe, lui qui dĂšs 1884, date de la crĂ©ation de la symphonie applaudie, l’orchestre dĂ©jĂ  du Gewandhaus Ă©tait dirigĂ© par son fondateur et pilier de sa tradition brucknĂ©rienne, Arthur Nikisch. De Nikisch Ă  Nelsons, de 1884 Ă  2018 (mars prĂ©cisĂ©ment quand a Ă©tĂ© fixĂ© ce live au Gewandhaus), se perpĂ©tue la mĂȘme tradition comme une Ă©vidence et une culturelle native. Leur entente, instrumentistes et chef s’accomplit vĂ©ritablement dans l’Adagio qui est aussi le plus long des quatre mouvements (23 mn) : extension au legato noir mais aĂ©rien, Ă©tirĂ© jusqu’aux confins d’une douleur et d’une peine finalement apaisĂ©e : la mort n’est pas une fin, elle est passage. C’est tout le sens de cette sĂ©quence qui reprend l’épais et le colossal du mouvement initial mais allĂšge, Ă©tire, s’élĂšve jusqu’à exprimer l’immatĂ©rialitĂ© des nimbes cĂ©lestes.
CLIC D'OR macaron 200Couplée en préambule avec la mort du héros Siegfried du Crépuscule des dieux (GötterdÀmmerung) : marche funÚbre de Siegfried, au souffle aérien là aussi énoncé comme un superbe voile noir et finalement caressant, la 7Ú Symphonie trouve en Andris Nelsons et la phalange de Leipzig, des ambassadeurs actuels de premier plan. Magistral rencontre, excellent accomplissement. Intégrale en cours à suivre. Pour le moment le meilleur volet du cycle. CLIC de CLASSIQUENEWS

 
 
 
 
-

_________________________________________________________________________________________

CD, critique. BRUCKNER : 7Ăš Symphonie (Gewandhausorchester Leipzig / Andris Nelsons, 2018 – 1 cd DG)

Andris-Nelsons-Bruckner-Symphony-7-Wagner-Siegfrieds-Funeral-March-550x334

-
 
 
 
 

_________________________________________________________________________________________

APPROFONDIR

LIRE aussi notre critique des cd prĂ©cĂ©dents de l’intĂ©grale Symphonies de BRUCKNER par Andris NELSONS et l’Orch du Gewandhaus de Leipzig :

 
 
NELSONS andris cd critique cd review classiquenews CLIC de classiquenews Bruckner-Symphony-number-3-Wagner-Tannhauser-OvertureCD, compte rendu critique. BRUCKNER : Symphonie n°3, WAGNER : Ouverture de TannhĂ€user / Andris Nelsons / Gewandhausorchester Leipzig ( 1 cd Deutsche Grammophon, Leipzig juin 2016). L’expĂ©rience Ă  laquelle nous convie le chef letton Andris, – pas encore quadragĂ©naire (nĂ© Ă  Riga en Lettonie en 1978), est une immersion intelligente et rĂ©flĂ©chie, de Bruckner Ă  Wagner, d’autant plus pertinente et convaincante que l’ambition des effectifs requis ici n’écarte jamais le souci de prĂ©cision claire, de sonoritĂ© transparente et riche. C’est mĂȘme un modĂšle de finesse et d’élĂ©gance Ă  mettre Ă  prĂ©sent au crĂ©dit d’un jeune chef superbement douĂ© (on le connaĂźt davantage dans une fosse d’opĂ©ra que comme maestro symphonique), dont le parcours discographique chez DG Deutsche Grammophon devra ĂȘtre suivi Ă  prĂ©sent, avec l’attention qu’il mĂ©rite
 Le chef dĂ©bute ainsi sa coopĂ©ration Ă  Leipzig comme directeur musical du Gewandhausorchester Leipzig,- fonction dĂ©diĂ©e qu’il partage avec un poste Ă©quivalent Ă  Boston (directeur musical du Boston Symphony Orchestra). Engagement et pourtant humilitĂ©, Andris Nelsons perpĂ©tue aujourd’hui cette abnĂ©gation pour la musique comme son mentor et maĂźtre (depuis 2002) : l’immense Mariss Jansons.  
 

bruckner andris nelsons symphony n 3 gewandhaus orchester cd review critique par classiquenews 0028947975779CD, compte rendu critique. BRUCKNER : Symphonie n°4. Andris Nelsons. Gewandhausorchester Leipzig (1 cd Deutsche Grammophon 2017). La 4Ăš de Bruckner est dite « romantique » : serait-ce parce qu’elle rĂ©ussit une nouvelle sagesse ample et majestueuse malgrĂ© l’ampleur des effectifs ; le sentiment prĂ©servĂ© malgrĂ© l’esprit du colossal ? La noblesse parfois emphatique, la solennitĂ© parfois spectaculaire ne doivent jamais amoindrir l’allant altier, l’électricitĂ© souterraine qui illumine de l’intĂ©rieur, une partition toute dĂ©diĂ©e Ă  l’auteur de Tristan : l’ampleur des tutti, le clair obscur Ăąpre, mordant, violent, sauvage des contrastes, opposant, affrontant les pupitres et familles d’instruments (cordes / bois / cuivres en fanfare dĂ©ployĂ©e), enfin l’allure
 doivent immĂ©diatement sa nourrir d’une vitalitĂ© jamais Ă©teinte : continue, tendue, soutenue de haute lutte. VoilĂ  qui fait les grandes interprĂ©tations (Jochuum, Gand, et le plus rĂ©cent, de surcroĂźt sur instruments d’époque, Herreweghe avec son fabuleux orchestre des Champs-ElysĂ©es, lequel dĂ©poussiĂšre aussi de façon dĂ©cisive
 le massif brahmsien).

 
 
Cliquer sur l’image visuel du cd pour accĂ©der Ă  la critique complĂšte.
 
 

CD, critique. GOUNOD : Piano works. Roberto Prosseda, piano (Decca, mai 2017)

gounod cd piano works prosseda piano critique cd par classiquenewsCD, critique. GOUNOD : Piano works. Roberto Prosseda, piano (Decca, mai 2017). Le Gounod au piano reste peu connu : voilĂ  donc un recueil qui Ă©tait attendu. On note la facilitĂ© mĂ©lodique du compositeur romantique, l’agilitĂ© vivace facĂ©tieuse enjouĂ© de l’Impromptu (plage 2), puis l’intĂ©rioritĂ© tout en pudeur de Souvenance (Nocturne) – Ă  la grĂące un rien frĂ©tillante, deux inĂ©dits, en premiĂšres discographiques.
L’imagination opĂ©ratique et trĂšs narrative s’exprimant dans le destin plein d’effets de la marche funĂšbre d’une marionnette cg 583 – air ultra cĂ©lĂšbre utilisĂ© par un Hitchcock goguenard, laisse plus rĂ©servĂ©. La Fazioli grossit le trait dĂ©monstratif ou surexpressif.
Selon nous, Ă©tranger Ă  la subtilitĂ© de Gounod, Prosseda en affirme de façon un peu sĂšche et sarcastique, l’ironie glaçante. Ce n’est pas une marche mais le dĂ©mentĂšlement, la mise Ă  mort d’une pauvre crĂ©ature qui n’avait aucun destin
 la pointe sĂšche et rien que percussive du pianiste, tirant cette sĂ©quence pourtant tendre, vers la parodie froide et mĂ©canique, est un contre sens pour nous. Dommage. C’est Chostakovitch dans le jardin fleuri de Gounod. Coup ratĂ©.
MĂȘme dĂ©ception pour l’Ave Maria, mĂ©ditation sur le 1er PrĂ©lude de JS Bach dont le pianiste fait un exercice de brio artificiel sans aucune profondeur spirituelle. Dommage.

Les apports complĂ©mentaires de ce rĂ©cital qui Ă©tait prometteur, rĂ©vĂšle plusieurs facettes de l’inspiration pianistique de l’auteur de RomĂ©o et Juliette : en particulier les 2 cycles de 6 Ă©pisodes chacun: ROMANCES SANS PAROLES (dans le sillon tracĂ© par Mendelssohn) puis les PrĂ©ludes et Fugues. Les Romances enchaĂźnent 6 Ă©pisodes, 6 portraits sĂ©quences d’une amabilitĂ© de salon, auxquelles le pianiste accorde une attention parfois plus nuancĂ©e. Distinguons Le Calme (air en partage avec son opĂ©ra La Nonne Sanglante GC2e, inĂ©dit lui aussi au disque)
Les PrĂ©ludes revĂȘtent sur des doigts bien huilĂ©s, une Ă©nergie mĂ©canisĂ©e, absente Ă  toute attĂ©nuation et sensibilitĂ© dynamique : tout est expĂ©diĂ©. Bon an, mal an.

La Sonate Ă  quatre mains (autre premiĂšre discographique avec Enrico P Piano) en trois mouvements sous des doigts routiniers, pour ne pas dire grossiers et peu nuancĂ©s, est menĂ©e tambour battant. MĂȘme l’Adagio plus apaisĂ© et intĂ©rieur tourne Ă  un bavardage assĂ©nĂ© avec une autocĂ©lĂ©bration qui finit par agacer. En guise de rĂ©vĂ©lation, voici une autre destruction massive. Bref un disque GOUNOD dont on attendait beaucoup mais qui tombe Ă  l’eau, exprimant un Gounod artificiel, dĂ©coratif voire caricatural. Il aurait paut-ĂȘtre fallu choisir un autre piano, et d’autres interprĂštes. A oublier, ou Ă  Ă©couter Ă  titre uniquement documentaire pour connaĂźtre les Ɠuvres pour piano, souvent inconnues jusque lĂ .

———————————————————

CD, critique. GOUNOD : Piano works. Roberto Prosseda, piano (Decca, mai 2017)

CD, critique. GOUNOD : Intégrale des Quatuors (Quatuor Cambini, oct 2017)

GOUNOD cd critique par classiquenews Integrale-des-Quatuors-a-cordesCD, critique. GOUNOD : IntĂ©grale des Quatuors (Quatuor Cambini, oct 2017). L’intĂ©rĂȘt des Quatuors de Gounod est qu’ils sont d’un compositeur mĂ»r, quinquagĂ©naire, reconnu Ă  l’opĂ©ra, mais dĂ©sireux de se faire connaĂźtre aussi comme auteur pour les cordes seules. Il reste passionnant de dĂ©couvrir cette essor d’un chambrisme nĂ©oviennois (mĂȘlant Haydn, Beethoven
) dans les annĂ©es 1870 – 1890. Premier enregistrement sur instruments d’époque, ce double coffret met l’accent sur les dispositions Ă©videntes, trĂšs inspirĂ©es, de Charles Gounod dans le genre du Quatuor Ă  cordes. Le compositeur aime les cordes, et ses sĂ©jours Ă  Vienne, Ă  Berlin alimentent une passion pour le genre germanique par excellence. MĂȘme dans les opĂ©ras (Quatuor du jardin dans Faust, gravitas sombre et mĂ©lancolique dans RomĂ©o e Juliette
), les cordes sont prĂ©sentes en fosse selon ses souhaits esthĂ©tiques. Contrairement Ă  la notice du prĂ©sent coffret, on penche plus du cĂŽtĂ© de Haydn, son amabilitĂ©, son alacritĂ© courtoise et badine mais sans artifice, dont le contrepoint confine souvent Ă  l’exercice et au jeu formel. Il n’y a pas comme Mozart, cette profondeur sincĂšre, cette vĂ©ritĂ© affleurante
 mĂȘme si de fait, Gounod se disait trĂšs admirateur de Wolfgang. En fin d’Ă©criture, le compositeur s’autorise une vision plus Ă©purĂ©e, sĂ©vĂšre mĂȘme, manifestement beethovĂ©nienne (CG 565). Ses indications structurelles au jeune RenĂ© Franchomme en 1855, montre la clartĂ© d’un discours assimilĂ© qui permet Ă  Gounod de nager comme un poisson dans l’eau, avec une facilitĂ© et une rapiditĂ© Ă©tonnante. Les combinaisons, les enchaĂźnements (expositions, reprises, dĂ©veloppements, contrastes, etc
) ne lui posent aucun problĂšme. Gounod a concrĂštement bien Ă©tudiĂ© les Viennois pour transmettre Ă  son tour, une telle maĂźtrise.

5 Quatuors viennois de Charles Gounod (1870-1890)

gounod-charles-portrait-par-classiquenews-gounod-2018-vignette-2018-dossier-gounod-2018-par-classiquenewsLes Quatuors rĂ©unis ici, remontent aux annĂ©es 1870 (Petit Quatuor en ut majeur, dĂ©diĂ© aux membres du Quatuor Armengaud). Les 3 plus tardifs rĂ©unis dans le cd 1 confirment la justesse de la maniĂšre : le CG 563 (Quatuor en fa majeur en 5 mouvements) date de 1889 et cultive une volubilitĂ© trĂšs contrastĂ©e, vive, parfois BeethovĂ©nienne (premier Scherzo / mouvement second). Il est majoritairement d’une autre couleur, inĂ©dite, faisant jaillir une langueur grave, mĂ©lancolique proche de l’écƓurement. Cette profondeur dĂ©sespĂ©rĂ©, dĂ©pressive est remarquable de la part de Gounod plus familier des suavitĂ©s exquises. De ce tissu vĂ©nĂ©neux, l’écriture fait surgir des Ă©clats plus brillants d’une simplicitĂ© touchante.
En fin de parcours, comme l’accomplissement d’une frĂ©nĂ©sie premiĂšre qui se rĂ©gularise peu Ă  peu Ă  mesure que le genre passe dans ses mains et son esprit, les deux derniers mouvements du dernier Quatuor CG 564 en la mineur (crĂ©Ă© probablement en mars 1890), atteignent une belle plĂ©nitude grĂące Ă  l’équilibre d’une Ă©criture volontairement solaire et apaisĂ©e : en tĂ©moigne l’ultime accord sur la corde pincĂ©e, pizzicato, d’une dĂ©licatesse haydnienne, c’est Ă  dire d’une Ă©lĂ©gance viennoise tout Ă  fait rĂ©solue. Le dernier CG 565 en sol mineur, est clairement le plus Ă©purĂ©, beethovĂ©nien manifestement, sans sĂ©duction nĂ©o opĂ©ratique. En 1891-1892, Gounod cultive une audace ascĂ©tique nouvelle, acĂ©rĂ©e, plus franche, parfois tendue, avec dans le final, cette accent rapide fouettĂ©, mĂȘme expĂ©diĂ© du majeur, – avant le retour probable  (irrĂ©pressible ?) du mineur.

Le cd 2 rassemble les deux premiers Quatuors parvenus. Le dĂ©but du Quatuor en la majeur (CG 561, plage 5) dĂ©veloppe un climat de fĂ©brilitĂ© sensible, aiguĂ«, souvent inquiĂšte, d’un mordant vibratile de premiĂšre qualitĂ© (nĂ©o haydnienne), plus Ăąpre et Ă©lectrique que vraiment intime dans le style de Mozart. L’éloquence comme incisive, brĂ»lante, d’une volubilitĂ© affirme une agitation Ă  peine canalisĂ©e. Puis l’Allegretto du Quatuor n°2 en la majeur (crĂ©Ă© en 1887 Ă  la SociĂ©tĂ© nationale de Musique), plage 6, atteint mĂȘme Ă  une ariditĂ© et une sĂ©cheresse portĂ©es par une belle vivacitĂ© et une attention agogique trĂšs prĂ©cise du Quatuor ici rĂ©uni. Gounod dĂ©veloppe une maniĂšre de marche funambule comme un nocturne souvent grave et lugubre (procession inquiĂšte), avant un finale, clairement construit, Ă©noncĂ© comme une comĂ©die lyrique (avec trĂ©molos littĂ©ralement « vocaux »).

La vivacitĂ© et l’imagination d’un Gounod qui se renouvelle constamment, inspire les membres du Quatuor Cambini. FiĂšvreuse, prĂ©cise, mordante et profonde quand il faut l’ĂȘtre, leur lecture ne finit pas de convaincre par son engagement dĂ©taillĂ©.

Reste qu’il manque dans cette « intĂ©grale » (des oeuvres connues retrouvĂ©es), les deux ultimes de l’annĂ©e 1893, citĂ©s par un tĂ©moin fiable, Saint-SaĂ«ns, dont on sait l’admiration pour Gounod, et la passion de la musique de chambre française qu’il dĂ©fendit avec militantisme au sein de la SociĂ©tĂ© nationale de Musique. De nouvelles prochaines dĂ©couvertes ? A suivre. D’ores et dĂ©jĂ , voilĂ  un excellent coffret, opportun en cette annĂ©e GOUNOD 2018 (bicentenaire de la naissance).

————————————————————————————————

CD, critique. GOUNOD : IntĂ©grale des Quatuors (Quatuor Cambini, oct 2017 – 2 cd ApartĂ© – enregistrĂ© Ă  Paris en octobre 2017)

Compte rendu, opéra. PARIS, Opéra Comique, le 3 février 2018 / Et in Arcadia ego
 Léa Desandre, Les Talens Lyriques / Phia Ménard

Desandre-lea-et-in-arcadia-ego-opera-comique-critique-par-classiqueenwsCompte rendu, opĂ©ra. PARIS, OpĂ©ra Comique, le 3 fĂ©vrier 2018 / Et in Arcadia ego
 LĂ©a Desandre, Les Talens Lyriques / Phia MĂ©nard. Remanier une Ɠuvre est un procĂ©dĂ© trĂšs utilisĂ© Ă  la pĂ©riode baroque, Rameau lui-mĂȘme utilise plusieurs piĂšces Ă©crites pour le clavecin dans ses propres opĂ©ras. Quand une Ɠuvre ne trouvait pas son public, on la retrouvait peu de temps aprĂšs dans une nouvelle version ; plusieurs opĂ©ras du compositeur ont connu ainsi une nouvelle version. Le trio plutĂŽt expĂ©rimentĂ© : Rousset, MĂ©nard, Reinhardt (chef, metteuse en scĂšne, Ă©crivain) a crĂ©Ă© un nouveau parcours Ă  partir d’Ɠuvres dĂ©jĂ  connues de Rameau ; revoir les Ɠuvres, les apprĂ©hender autrement est toujours une expĂ©rience qui ne manque d’intĂ©rĂȘt.
Et in Arcadia Ego a été constitué comme un vrai opéra, quatre entrées ou tableaux nous racontent la vie et la mort du personnage incarné par la jeune mezzo française, récemment distinguée, Lea Desandre.

Tout commence dans une ambiance informelle, sans préparation, les lumiÚres de la salle sont encore presque totalement allumées, le public est encore bruyant et hop, on est déjà dans la (formidable) ouverture de Zaïs.
Tout au long du spectacle, nous dĂ©couvrons l’histoire grĂące au texte Ă©crit par Éric Reinhardt. Pour servir l’histoire, les paroles des airs sont revisitĂ©s Ă  chaque fois que le dramaturge veut nous guider sur le fil de son sujet. Des interludes projetĂ©s remplacent les rĂ©citatifs, – lesquels sont absents dans ce spectacle, nous aidant Ă  mieux comprendre l’état d’esprit  de Marguerite (Lea Desandre).

AprĂšs un long texte projetĂ© sur le rideau comme un prologue, le  rideau de fer est levĂ©, dĂ©couvrant  une paroi de lumiĂšre aveuglante ou presque. En tout cas, le public semble mĂ©connaĂźtre les concerts de rock, dont l’impact visuel est bien plus aveuglant. NĂ©anmoins, le dispositif aveuglant marche, le public grimasse, ronchonne  
 Il se chauffe Ă©galement par la puissance des lampes.
AprĂšs quelques longueur et tendresses orchestrales, enfin se dĂ©ploie la premiĂšre intervention du chƓur qui doit reprĂ©senter la voix de l’espace. Dommage qu’il reste cachĂ© et voilĂ© tout au long du spectacle, car sa prĂ©sence aurait vraiment apportĂ© de la force. Il faut vraiment saluer la qualitĂ© des chanteurs du chƓur, leur prĂ©cision malgrĂ© quelques petits dĂ©calages avec l’orchestre au dĂ©but du spectacle que Rousset n’est pas arrivĂ© Ă  fĂ©dĂ©rer.

DEsandre-lea-opera-comique-spectacle-opera-comique-la-critique-et-in-arcadia-ego-critique-par-classiquenews-photo-portrait-2Pour sa part, soliste vedette du spectacle, Lea Desandre incarne un personnage omniprĂ©sent, plus qu’une divinitĂ©, l’incarnation du rĂ©el qui doit retrouver sa mort annoncĂ©e, non sans nous expliquer que son parcours a Ă©tĂ© riche et que nul regret est nĂ©cessaire. Rameau, peut-ĂȘtre a Ă©prouvĂ© ce mĂȘme sentiment quand il a composĂ© Ă  l’ñgĂ© de 50 ans son premier opĂ©ra, ce vieillard savait que la partie Ă©tait  dĂ©jĂ  jouĂ©e pour lui et il a tout osĂ©, ce qui fait de lui et de sa musique un hiatus d’une telle maniĂšre que son Ɠuvre supporte toute les expĂ©riences baroques ou contemporaines sans flĂ©chir, Ă  condition que les acteurs embrassent les changements proposĂ©s par la direction scĂ©nique.

MalgrĂ© le talent de Lea Desandre et de sa prestation scĂ©nique et musicale engagĂ©e, il n’est pas facile de nous tenir sen haleine pendant une heure et demi ; il s’agit d’un pari risquĂ© quand on est encore une jeune artiste.
Tout est permis pour continuer Ă  nous prĂ©senter la merveilleuse musique de Rameau, on salue l’audace de la plasticienne, chorĂ©graphe, metteuse en scĂšne Phia Menard ; elle a cassĂ© tous les codes et a placĂ© le public comme partie intĂ©grante de ce show, au risque de recevoir une chaude huĂ©e Ă  la fin de la reprĂ©sentation. Mais on aurait aussi voulu Ă©couter l’ensemble Les Talens Lyriques plus audacieux, plus contrastĂ©, plus loquace. MalgrĂ© l’immense qualitĂ© de ce spectacle et la vive recommandation d’aller l’apprĂ©cier Ă  l’OpĂ©ra Comique afin d’avoir vos propres impressions, un sentiment Ă©trange nous submerge. Tant d’idĂ©es et de raffinement intellectuel 
 pour finalement un sentiment de n’ĂȘtre pas rassasiĂ©, quel anachronisme. Persistante frustration.

——————————-

Compte rendu, opĂ©ra. PARIS, OpĂ©ra Comique, le 3 fĂ©vrier 2018 / LĂ©a Desandre, Les Talens Lyriques / Phia MĂ©nard, crĂ©ation d’aprĂšs Rameau, jusqu’au 11 fĂ©vrier 2018.

 

NANTES. Nouvelle production du Couronnement de Poppée de Monteverdi par le duo Caurier / Leiser

ANO logo 2017 2018 vignetteNANTES, MONTEVERDI : POPPEA. 9 > 17 octobre 2017. Ce pourrait bien ĂȘtre la production Ă©vĂ©nement de cette nouvelle saison 17 – 18 d’Angers Nantes OpĂ©ra et aussi l’ultime offrande d’importance portĂ©e par son directeur gĂ©nĂ©ral, jusqu’en dĂ©cembre 2017, Jean-Paul Davois. Depuis les dĂ©buts de sa direction exemplaire, Jean-Paul Davois n’a cessĂ© de dĂ©fendre un thĂ©Ăątre lyrique soucieux du texte, du sens, en Ă©troite connexion avec la sociĂ©tĂ©. OpĂ©ra engagĂ©, – qui sait offrir en rĂ©sonance avec les tumultes inquiĂ©tants de notre sociĂ©tĂ©, de sĂ©rieuses pistes de rĂ©flexion; la notion lyrique qu’il dĂ©fend  concerne d’abord, l’action dramatique mise en musique : l’action y est prĂ©servĂ©e, dans sa cohĂ©rence, dans sa profonde unitĂ© poĂ©tique. VoilĂ  reformulĂ©e une intention qui se concrĂ©tise particuliĂšrement dans le travail des deux metteurs en scĂšne, devenus partenaires familiers Ă  Nantes et Ă  Angers, Patrice Caurier et Moshe Leiser, pour lesquels comme pour Jean-Paul Davois, thĂ©Ăątre et musique sont aussi importants dans la rĂ©ussite du spectacle, traitĂ©s ainsi Ă  parts Ă©gales. On a vu rĂ©alisĂ©s par leur soin ici mĂȘme, entre autres productions qui nous ont marquĂ© : Le ChĂąteau de Barbe-Bleue, Falstaff, et rĂ©cemment un Don Giovanni, Ăąpre, brĂ»lant, d’une violence Ă©lectrique.

 

THEATRE ET MUSIQUE…

 

 

monteverdi claudio portraitRien n’atteint l’impact du verbe incarnĂ©, en une action saisissante, oĂč le temps thĂ©Ăątral rejoint le temps musical. Avant Verdi qui en un opĂ©ra rĂ©aliste, violent, parfois sauvage et fantastique a rĂ©ussi dans cet art de l’équilibre, Monteverdi au XVIIĂš rĂ©alise dĂ©jĂ  l’équation. Pour lui le texte est servi par la musique et les deux, chant et action, s’accomplissent grĂące Ă  l’action thĂ©Ăątrale. Rien de plus manifeste dans le cas de son dernier ouvrage, Le Couronnement de PoppĂ©e, oĂč la passion soumet raison et politique (Amor vincit omnia), sommet lyrique, crĂ©Ă© Ă  Venise pour le Carnaval de 1642, grĂące Ă  une coopĂ©ration exceptionnelle avec le poĂšte Francesco Busenello.  Leur duo est restĂ© depuis lĂ©gendaire, annonçant par sa rĂ©ussite, celui de Mozart et Da Ponte, puis de Strauss (Richard) et Hofmannsthal.

 

LE DESIR DE NERON… Dans le cas du Couronnement de PoppĂ©e, compositeur et poĂšte librettiste mettent en scĂšne et en musique l’histoire romaine, mais selon le prisme de la pensĂ©e vĂ©nitienne. La RĂ©publique contre l’ordre impĂ©rial, c’est Ă  dire l’ordre tyranique. Les VĂ©nitiens se montrent particuliĂšrement critiques vis Ă  vis des hĂ©ros romains…En effet, NĂ©ron y paraĂźt en monstre infantile, ĂȘtre dĂ©pravĂ© et Ă©rotomane habitĂ©, dĂ©vorĂ© par une irrĂ©pressible soif de jouissance, en particulier pour la jeune PoppĂ©e, dont il fait sa maĂźtresse et sa nouvelle impĂ©ratrice… Beaucoup de metteurs en scĂšne ont jouĂ© sur la jeunesse troublante, et la perversitĂ© adolescente de ce couple fascinant et Ă©cƓurant : pour satisfaire son seul dĂ©sir, NĂ©ron rĂ©pudie son Ă©pouse officielle (Octavie), trahit tous les prĂ©ceptes de son mentor le philosophe SĂ©nĂšque (qu’il fait assassiner et dont Monteverdi trace un portrait plutĂŽt nĂ©gatif, lui aussi d’aprĂšs la soldatesque du dĂ©but de l’opĂ©ra, acteur Ă  la moralitĂ© douteuse). Le politique, infĂ©odĂ© au rĂšgne de l’amour, tue la raison, l’ordre, la vertu
 Rien ne peut commander Ă  la passion de l’empereur, fĂ»t-elle immorale et choquante. On ne saurait fustiger l’histoire romaine avec plus de cruautĂ© et de cynisme. Cette parodie politique, permet cependant Ă  Monteverdi d’écrire l’un de ses opĂ©ras les plus sensuels, d’une voluptĂ© mĂȘme saisissante (les duos entre Poppea et Nerone) ; et en psychologue passionnĂ© par les vertiges du sentiment, Monteverdi fait de l’impĂ©ratrice rĂ©pudiĂ©e, Ottavia, une figure hautement tragique dont l’air unique (Addio Roma / l’adieu Ă  Rome), est l’un des sommets de son oeuvre lyrique.

 

HUIT CLOS THEATRAL ET MUSICAL
 C’est un huit clos tragique et amoureux, cynique et politique qui frappe par son austĂ©ritĂ© sauvage, mais aussi trĂšs voluptueux. Un thĂ©Ăątre musical d’une intensitĂ© unique Ă  ce jour et propre au dĂ©but des annĂ©es 1640. Monteverdi lĂšgue ainsi son plus haut gĂ©nie poĂ©tique, Ă  l’époque oĂč Ă  Venise, l’opĂ©ra devient publique (1637). Aujourd’hui, comme Don Giovanni de Mozart ou Le Chevalier Ă  la rose de Strauss, – ouvrages universels, Le Couronnement de PoppĂ©e ne cesse de nous interroger. Sur la question de la folie amoureuse, de l’emprise de la passion (avant Racine) ; sur l’indignitĂ© d’un prince corrompue, avili, soucieux du seul accomplissement de son dĂ©sir


caurier-et-leiser-duo-de-metteurs-en-scene-a-lopera-par-classiquenews-pour-angers-nantes-opera-saison-2017-2018-couronnement-de-poppee-octobre-2017-Patrice-Caurier-et-Moshe-LeiserEt mĂȘme sa rĂ©alisation pose problĂšme et soulĂšve le dĂ©bat. Car les deux manuscrits encore accessibles, remontent certes au XVIIĂš mais sont d’une main ou d’un atelier qui a fixĂ© deux versions aprĂšs la mort du MaĂźtre (manuscrits conservĂ©s Ă  la bibliothĂšque Marciana de Venise et au conservatoire San Pietro a Maiella de Naples). Sans indication prĂ©cise sur les instruments obligĂ©s, le doute persiste sur la sonoritĂ© et les couleurs de « l’orchestre » d’origine, tel qu’il Ă©tait pratiquĂ© dans les thĂ©Ăątres publiques d’opĂ©ras Ă  Venise au XVII, qui est en rĂ©alitĂ© un continuo dĂ©veloppĂ©. Alors faut-il respecter la vision chambriste, intimiste – thĂ©Ăątrale d’un Gardiner ? Ou celle plus flamboyante et latine dĂ©fendue par d’autres chefs plus rĂ©cents ? Sur les traces d’un Monteverdi soucieux de dĂ©tails de mise en place sur les planches – le premier metteur en scĂšne de l’histoire ?, Patrice Caurier et Mosche Leiser nous livrent leur propre vision d’un drame et d’une partition inclassables. Dont la vĂ©ritĂ© et la justesse poĂ©tique interrogent notre modernitĂ© au thĂ©Ăątre comme Ă  l’opĂ©ra.

Que sera la nouvelle production conçue Ă  Nantes ? Plus thĂ©Ăątrale, plus musicale ? Ou les deux, 
 trĂšs probablement. RĂ©ponse Ă  partir du 9 et jusqu’au 17 octobre 2017. 6 reprĂ©sentations au ThĂ©Ăątre Graslin de Nantes.
—
—————————

NANTES, THÉÂTRE GRASLIN
6 représentations événements
lundi 9, mardi 10, jeudi 12, vendredi 13,
dimanche 15, mardi 17 octobre 2017
en semaine Ă  20h, le dimanche Ă  14h30

RESERVEZ VOTRE PLACE
ANO logo 2017 2018 vignetteLe Couronnement de PoppĂ©e / L’Incoronazione di Poppea
Dramma in musica, en un prologue et 3 actes
Livret de Giovanni Francesco Busenello d’aprĂšs les Annales de Tacite.
Créé au Teatro Grimano de Venise en 1642.
[Opéra en italien avec surtitres en français]
DIRECTION MUSICALE : MOSHE LEISER ET GIANLUCA CAPUANO
MISE EN SCÈNE: MOSHE LEISER ET PATRICE CAURIER
Chiara Skerath, Poppée
Rinat Shaham, Octavie / la Fortune
Peter Kalman, SĂ©nĂšque
Élodie Kimmel, Drusilla / la Vertu
Sarah Aristidou, Demoiselle
Elmar Gilbertsson, NĂ©ron
Dominique Visse, la Nourrice / le Premier Familier
Renato Dolcini, Othon
Mark van Arsdale, Lucain / Libertus / le Second Familier / le Premier Soldat
Agustin Perez Escalante, le Licteur
Augusto Garcia Vazquez, le TroisiĂšme Familier

ChƓur d’Angers Nantes OpĂ©ra
Direction Xavier Ribes

Ensemble I Canto di Orfeo
Direction Gianluca Capuano

Livre, compte rendu critique. PROVENCE ET LANGUEDOC A L’OPERA EN FRANCE AU XIXĂšme SIECLE (Publications de l’UniversitĂ© de Saint-Etienne, 2017)

provence-et-languedoc-e-lopera-en-france-au-XIX-gounod-saint-saens-cultures-et-representations-compte-rendu-critique-par-classiquenewsLivre, compte rendu critique. PROVENCE ET LANGUEDOC A L’OPERA EN FRANCE AU XIXĂšme SIECLE (Publications de l’UniversitĂ© de Saint-Etienne, 2017). Comme il est dĂ©tachĂ©, distinguĂ©, mis en exergue, « MĂ©ridionaux. tous PoĂštes », selon la formule positive de Flaubert dans son Dictionnaire des idĂ©es reçues. C’est un donc un prĂ©jugĂ© qui argumente opportunĂ©ment le sujet de ce livre Ă  l’ancrage aussi original que passionnant. Les Ɠuvres qui mettent scĂšne la Provence rayonnent ici d’un intĂ©rĂȘt particulier. Prolongement d’un colloque qui s’est dĂ©roulĂ© le 20 dĂ©cembre 2014 Ă  NĂźmes, le cycle de textes et interventions rassemblĂ©s ici tĂ©moignent d’un corpus indiscutable qui atteste d’une certaine vision de la culture provençale Ă  l’opĂ©ra, en particulier dans le « grand  XIXÚ », soit du Second Empire Ă  la PremiĂšre Guerre mondial. Evidemment Mireille de Gounod et Mistral (1864) incarne un premier sommet de ce goĂ»t pour le folklore rĂ©gional. D’autant plus exacerbĂ© et cultivĂ©, portĂ© par le FĂ©librige, et d’autres courants intellectuels et culturels, en rĂ©action contre le wagnĂ©risme ambiant, conquĂ©rant, inĂ©vitable. Quand Saint-SaĂ«ns cherche et trouve (cf son Concerto pour piano), une nouvelle inspiration, Ă©trangĂšre Ă  tout germanisme vĂ©nĂ©neux, en AlgĂ©rie, Egypte et dans ce proche Orient africain qu’avant lui, le peintre Delacroix a su peindre et cĂ©lĂ©brĂ©, les compositeurs français romantiques s’intĂ©ressent aux particularitĂ©s territoriales, le folklore livrant une nouvelle source dĂ©paysante. Le populaire et le traditionnel fĂ©condent la musique savante. Avec la crĂ©ation de la sociĂ©tĂ© nationale de musique (en 1871, c’est Ă  dire comme une rĂ©ponse culturelle de la France politiquement vaincue par la Prusse), il s’agit Ă  prĂ©sent de cĂ©lĂ©brer les joyaux du patrimoine français, en particulier mĂ©ridional. Ainsi serait exaucer Nietzsche aussi dont la formule de 1888, « il faut mĂ©diterranĂ©iser la musique », prenait prĂ©texte de Carmen de Bizet (1875) pour appuyer son nouveau positionnement antiwagnĂ©rien.

 

 

 

De Mireille de Gounod (1863) aux Barbares de Saint-Saëns (1901)
L’universitĂ© de Saint-Etienne publie les actes du Colloque de 2014 soulignant PROVENCE ET LANGUEDOC Ă  l’opĂ©ra en France au XIXĂš
comme sources d’une importante rĂ©gĂ©nĂ©ration du genre

Les MĂ©ridionaux Ă  l’opĂ©ra

 

 

Ainsi dans le sillon de la pensĂ©e nietzschĂ©enne, si musicale, – le poĂšte « trahi » par Wagner ne se disait-il pas compositeur autant que philosophe ?- Gounod donc, puis Ravel, Chabrier, Debussy se passionnent chacun Ă  leur tour pour les couleurs et les rythmes du midi, ligure, provençal, ibĂ©rique.
C’est aussi une cĂ©lĂ©bration des hauts lieux lyriques en Provence, oĂč l’opĂ©ra s’affirme comme le genre idoine : Mireille donc dans les ArĂȘnes de NĂźmes, puis Les Barbares de Saint-SaĂ«ns (1901) qui entend affirmer le thĂ©Ăątre antique d’Orange comme une nouvelle scĂšne opĂ©ratique majeure (malgrĂ© les critiques du compositeur sur la rĂ©alitĂ© des conditions de reprĂ©sentation). En dĂ©finitive, l’opĂ©ra sera crĂ©Ă© Ă  Paris.
Les textes attestent d’une longue tradition provençale Ă  l’opĂ©ra qui remonte aux LumiĂšres et s’affirme tout au long du XIXĂš : depuis les Feste de Thalie de Mouret (1720), et les tambourins de Rameau (Indes Galantes, 1735), Ă  Daphnis et Alcimadure, pastorale en languedocien de Mondonville (1754), puis Aline de Berton (1803), Le Roi RenĂ© d’HĂ©rold (1824), 
 SimultanĂ©ment, l’histoire gĂ©opolitique a dĂ©placĂ© le centre d’intĂ©rĂȘt vers le monde mĂ©diterranĂ©en, depuis la Campagne d’Egypte de Bonaparte (1799), avec la prise d’Alger (1830) ; l’identitĂ© mĂ©diterranĂ©enne se prĂ©cise au fil des ouvrages musicaux et lyriques au cours du XIXĂš. Elle se manifeste par des marqueurs emblĂ©matiques, liĂ©s Ă  l’esprit et Ă  la vie du lieu rural ou maritime, afin de faire « primitif voire paysan ».
Outre l’image de la MĂ©diterranĂ©e sur la scĂšne lyrique (Ă  Paris majoritairement), le livre explore aussi l’activitĂ© des foyers de crĂ©ations en Provence, phĂ©nomĂšne liĂ© Ă  l’enracinement personnel d’un compositeur sur le territoire, ou la commande d’un thĂ©Ăątre ou d’un site Ă  un auteur. Ainsi : PĂ©trarque de Duprat (1873) crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra de Marseille, comme NaĂŻs Micoulin de Bruneau (1907) crĂ©Ă© Ă  Monte Carlo ; HĂ©liogabale de SĂ©verac (1910) crĂ©Ă© Ă  BĂ©ziers ; enfin, le volet le plus intĂ©ressant concerne la genĂšse puis les conditions de crĂ©ation des Barbares (apothĂ©ose Ă  peine masquĂ©e de la civilisation gallo-romaine), nouvelle tragĂ©die de Saint-SaĂ«ns, conçue pour Orange en 1901, car l’action s’y dĂ©roule, en 105 avant JC. Mais crĂ©Ă© in fine Ă  l’OpĂ©ra de Paris : Le 10Ăš ouvrage lyrique de Saint-SaĂ«ns narre l’amour de la Vestale romaine Floria pour le germain barbare Marcomir et la tragĂ©die qui les accable : Livie, autre vestale amie de Floria poignarde le barbare car il a tuĂ© jadis son pĂšre. Dans le contexte gĂ©opolitique de Saint-SaĂ«ns, Livie tuant Marcomir, c’est la France qui se venge indirectement de l’envahisseur germanique

Pour autant, il ne suffit pas d’intĂ©grer d’authentiques danses folkoriques provençales pour rĂ©ussir un opĂ©ra provençal ; et mĂȘme si elles sont conçues, les danses peuvent ĂȘtre sine die interdites pour cause de rĂ©gionalisme indigne sur la scĂšne parisienne, comme en fait l’expĂ©rience SĂ©verac qui avait prĂ©sentĂ© la partition intĂ©grale du CƓur du moulin Ă  l’OpĂ©ra-Comique en 1910 : le directeur du thĂ©Ăątre parisien refusa net les danses du chevalet et des treilles.
L’intĂ©rĂȘt majeur de ce corpus, aux regards spĂ©cialisĂ©s, et aux textes complĂ©mentaires est de questionner les sources d’inspiration du grand genre lyrique.

 

 

 

_____________

 

 

CLIC_macaron_2014Livre, compte rendu critique. PROVENCE ET LANGUEDOC A L’OPERA EN FRANCE AU XIXĂšme SIECLE : CULTURES ET REPRESENTATIONS. Ouvrage collectif, sous la direction de Jean-Christophe Branger et Sabine Teulon Lardic. Publications de l’UniversitĂ© de Saint-Etienne, parution en juin 2017. CLIC de CLASSIQUENEWS. ISBN 978 2 86272 693 9.

 

 

 

CD, compte rendu critique. LISZT : Faust Symphonie (1857). Steve Davislim, ténor. Sine Nomine, Orchester Wiener Akademie. Martin Haselböck (1 cd Alpha, 2014-2016)

Liszt Faust symphonie symphony martin haselbock cd alpha review compte rendu critique cd classiquenewsCD, compte rendu critique. LISZT : Faust Symphonie (1857). Steve Davislim, tĂ©nor. Sine Nomine, Orchester Wiener Akademie. Martin Haselböck (1 cd Alpha, 2014-2016). Faust, Ă©ternel insatisfait inspire dans son premier volet du triptyque Faust, – vĂ©ritable opĂ©ra symphonique, un drame de l’angoisse qui naĂźt d’une aspiration non satisfaite dont la soif ne se tarit pas, bien au contraire. Le premier tableau des 3, intitulĂ© « Faust » exprime les tourments tenaillĂ©s au corps d’une Ăąme en proie au doute, le plus redoutable, vertigineux et inĂ©luctable : doute existentiel. Qui suis je ? OĂč vais-je ? Une conscience tiraillĂ©e par son inutilitĂ© mĂȘme. Liszt, lui-mĂȘme croyant exprime la reconquĂȘte parfois in extremis des dĂ©chus, perdus, maudits. Toute son oeuvre et son Ă©criture y compris pianistique, raconte (avant Mahler), le chemin, ses Ă©tapes, d’une ascension spirituelle conquise au prix d’un combat intime, viscĂ©ral. Les quatre accords de quintes, enchainĂ©s disent cette tension assoiffĂ©e et inquiĂšte,instable, dĂ©sirante. Ici le lettrĂ© et savant doute, terrorisĂ© par la conscience du nĂ©ant qui menace toutes ses croyances. Les cordes mordent, Ă©difient une arche interrogative qui inscrit l’appel au sens d’un homme fragilisĂ© : Faust au terme de ce premier Ă©pisode de plus de 20 mn, semble reconquĂ©rir sa forces vitales, toutes ascensionnelles, dans une partition inspirĂ©e du Faust de Nerval, conçue dĂšs 1854 et pleinement aboutie pour les cĂ©lĂ©brations de 1857 Ă  Weimar oĂč Ă©tait fĂȘtĂ© le gĂ©nie de Goethe. Le chant des altos et violons sur le tapis incisif des violoncelles portent l’ivresse du thĂšme d’espĂ©rance qui porte toute l’exaltation de ce mouvement initial, imprimĂ© d’une inĂ©luctable vibration de l’espoir, entre lyrisme et solennitĂ© de plus en plus palpitante, dont le chant de triomphe, final, sonne comme la victoire que porteront dans les dĂ©cennies suivantes les ballets de Tchaikovsky et qui s’achĂšve au violoncelles comme un questionnement sans rĂ©ponse.

LISZT nadar 1886 Franz_Liszt_by_Nadar,_March_1886La seconde partie, fĂ©minitĂ© de la flĂ»te associĂ© aux clarinettes, puis du hautbois, Ă©voque la figure salvatrice et sacrifiĂ©e, plus introspective et moins tourmentĂ©e, Ă©minemment romantique de Marguerite / Gretchen : le premier dĂ©veloppement plutĂŽt chambriste, Ă©voquant la psychĂ© de la jeune femme dont est Ă©pris Faust amoureux, bascule dans le souffle Ă©pique grĂące Ă  l’amorce des cors, puis flĂ»tes et harpes s’accordent pour en dĂ©voiler toutes les aspirations lumineuses qui fusionnent avec le duo ardent entre les deux coeurs passionnĂ©s. Le souci de clartĂ©, l’articulation et l’éloquence des timbres soutenus par les instrumentistes de l’orchester Wiener Akademie souligne l’angĂ©lisme et la sincĂ©ritĂ© de l’amour de Marguerite, en un tableau parmi les plus enchanteurs du cycle.

Eclairs, aspiration, transcendance du Faust de Liszt

TrĂšs habile, Liszt dĂ©ploie dans son 3Ăš et dernier volet, l’ironie cynique, destructrice de Mephistopheles dont la grimace dĂ©rive des variations dĂ©formantes des thĂšmes de Faust ( dans le mouvement I). Les flĂ»tes paraissent sous un autre jour : sardonique, aigre, dĂ©moniaque et hallucinĂ©. Auquel rĂ©pondent les cordes au timbre tendu, cynique, comme des hennissements – les accents dĂ©fendus par chef et orchestre sont jubilatoires, de fini et d’élocution justes, dans une mise en place trĂšs claire. Ce jusqu’à la fugue satanique, coeur exultant de l’opus. Pour rompre et conclure Ă  ce dĂ©chainement orgiaque (que Wagner n’aurait pas rejetĂ© pour sa propre Bacchanale de TannhĂ€user, dans version française Ă©videmment) : Liszt aspirant au miracle d’une rĂ©surrection / absolution pour son hĂ©ros vaniteux mais attachant, rĂ©soud le programme dans le Finale (IV) pour choeur d’hommes et tĂ©nor, dont le chant sĂ©raphique exprime cette unitĂ© salvatrice aprĂšs une phase de transformation, oĂč l’éternel fĂ©minin, amour sacrĂ© et subliminal par les Ă©lans et aspirations qu’il suscite dans le coeur de l’artiste et du hĂ©ros, peuvent sauver de l’enfer et de la folie.
PrĂ©cis, palpitant – dans une formidable derniĂšre partie mephistophĂ©lienne, le chef et l’orchestre accuse le relief de l’orchestre de Liszt, d’une grĂące surexpressive, dramatique et dans sa rĂ©solution, idĂ©alement divine. TrĂšs convaincant Ă©clairage sur le gĂ©nie symphonique du Liszt de Weimar, propre aux annĂ©es 1950.
Inventeur et sublimateur du genre poÚme symphonique, Liszt se révÚle dans toute sa flamboyance architecturée et poétique.

__________________________

CLIC D'OR macaron 200CD, compte rendu critique. LISZT : Une Faust Symphonie, S 108. Steve Davislim, tĂ©nor. Choeur d’hommes Sine Nomine. Orchester Wiener Akademie. Martin Haselböck, direction (2014-2016). 1 cd ALPHA 475. CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2017

Poitiers. Satie, Debussy, Schubert au TAP

Coffret cd Ă©vĂ©nement : TOUT SATIE chez EratoPOITIERS, TAP. Le 19 janvier 2017. Concert symphonique : Satie, Schubert, Debussy. Une femme chef d’orchestre dĂ©fend Ă  Poitiers compositeurs français et viennois, soit Satie, Debussy et Schubert. Marzena Diakun, chef assistante de l’Orchestre philharmonique de Radio France, entend piloter la direction d’orchestre, particuliĂšrement inspirĂ©e par la passion des sentiments. Pour elle, « les chefs d’orchestre ont le rĂŽle de faire pleurer, rendre heureux, d’exalter les gens par la plus raffinĂ©e des musiques ». Le programme, premier de 2017, au TAP Poitiers, met Ă  l’honneur ( aux cĂŽtĂ©s de Franz Schubert), la musique française du dĂ©but du XXĂšme siĂšcle : alliant dĂ©licatesse de l’orchestration et texture particuliĂšre de la pĂąte orchestrale. Children’s Corner de Debussy exprime la tendresse du pĂšre pour ses enfants, surtout la fille du compositeur qui lui a inspirĂ© ce cycle enchanteur, conçu comme une succession de scĂšnes d’enfance. SensibilitĂ© et Ă©nergie fusionnent dans la quatriĂšme symphonie (dite Tragique) d’un Schubert de 18 ans, encore trĂšs classique, mais dont l’exceptionnelle maturitĂ©, comme celle de Mozart, rĂ©alise un prodige d’accomplissement orchestral. La qualitĂ© n’attend pas ici le nombre des annĂ©es.
Enfin, climats suspendus et humeur mĂ©lancolique avec Erik Satie (notre photo ci dessus, cĂ©lĂšbres GymnopĂ©dies). Sa cantate pour tĂ©nor et orchestre, Socrate, moins connue, est d’une autre veine. Les Ă©pisodes de la vie du philosophe grec antique sont Ă©voquĂ©s avec simplicitĂ©, en une musique objective et franche qui touche par son immĂ©diate sincĂ©ritĂ©. A l’articulation du texte, le tĂ©nor Mathias Vidal, rĂ©cemment applaudi pour son excellente prestation du Pluton d’OrphĂ©e aux enfers Ă  Nantes (novembre 2016, LIRE notre compte rendu complet), en diseur captivant, rĂ©serve au public de Poitiers, son sens du relief, de la fine incarnation, de la caractĂ©risation idĂ©alement intelligible. Grande soirĂ©e de prosodie et de symphonisme, de Vienne (Schubert) Ă  Paris (Satie, Debussy).

_______________________

boutonreservationPOITIERS, Théùtre Auditorium de Poitiers / TAP
Jeudi 19 janvier 2017, 20h30
Durée : 1h40 dont entracte

RESERVEZ VOTRE PLACE
Toutes les infos et les modalités de réservation :
http://www.tap-poitiers.com/satie-schubert-debussy-1786

Programme :

Claude Debussy‹Children’s Corner orchestration Caplet (extraits)

Erik Satie
2 Gymnopédies (orchestration Debussy),
Socrate (Mathias Vidal, ténor)

Franz Schubert
Symphonie n°4 « tragique »

Orchestre Poitou-Charentes
Marzena Diakun, direction
Mathias Vidal, ténor

DVD. Einstein on the Beach (ChĂątelet, 2014). Glass, Wilson, Childs. The Lucinda Childs Dance Company, The Philip Glass ensemble (2 DVD Opus Arte)

DVD. Einstein on the Beach (Chùtelet, 2014). Glass, Wilson, Childs. The Lucinda Childs Dance Company, The Philip Glass ensemble. Enregistré au Théùtre du Chùtelet à Paris, en janvier 2014; 2 dvd OPUS ARTE BD7173 D. CLIC de CLASSIQUENEWS de novembre 2016.

glass wilson childs einstein on the beach dvd chatelet dvd review critique dvd classiquenews CLIC novembre 2016 1474030354_OA1178DCrĂ©Ă© le 25 juillet 1976 Ă  l’OpĂ©ra-ThĂ©Ăątre d’Avignon dans le cadre du Festival, l’opĂ©ra Einstein on the beach, malgrĂ© son sujet, – scientifique-, reste un jalon majeur de l’écriture moderne au XXĂš siĂšcle, touchant par son originalitĂ© formelle et sa grande invention visuelle. Un ovni onirique sans Ă©quivalent alors. Une certaine Ă©lite artistique amĂ©ricaine, rĂ©unissant comme un art total Ă  la façon des Ballets Russes au dĂ©but du siĂšcle : danse (Childs), musique (Glass), dramaturgie, mise en scĂšne, dĂ©cors (Wilson), s’imposait alors sur la scĂšne internationale aprĂšs leur consĂ©cration française en Avignon. OpĂ©ra en quatre actes, Einstein on the beach renaissait ainsi dans les annĂ©es 2010, par ses trois concepteurs re sollicitĂ©s (surtout la chorĂ©graphe Lucinda Childs invitĂ©e Ă  Ă©crire de nouveaux ballets) pour une nouvelle tournĂ©e amĂ©ricaine puis europĂ©enne passant par Montpellier (2012), puis Paris (comme ici au ChĂątelet en janvier 2014 oĂč a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© la captation vidĂ©o).

Glass signe ainsi son premier opĂ©ra « minimaliste » d’une lenteur rĂ©gĂ©nĂ©ratrice – selon les mots de Childs, aprĂšs l’explosion nihiliste de la culture pop, le minimalisme envisage une nouvelle Ăšre artistique
 soit un flux rĂ©pĂ©titif, suspendu, enivrant, hypnotique de 5h d’activitĂ© musicale. Pour rompre l’effet de lassitude, Wilson intĂšgre une voix rĂ©citante qui scande des chiffres rĂ©pĂ©tĂ©s, des notes de la gamme d’ut majeur Ă©noncĂ©es en français, des textes vaguement poĂ©tiques Ă©crits par un jeune auteur Christopher Knowles, jeune autiste repĂ©rĂ© et suivi par Wilson, et d’autres textes rĂ©digĂ©s aussi par Lucinda Childs

Le mouvement et la fusion des arts et des disciplines opĂšrent une cristallisation dans chacun des actes dont la succession ne signifie rien dans la totalitĂ© mais expriment la puissance d’un jeu formel Ă  plusieurs qui vaut rĂ©vĂ©lation. Le spectateur cherchera en vain la cohĂ©rence d’un Ă©pisode Ă  l’autre, ou l’intrigue qui relie les actes entre eux : comme l’a dit trĂšs justement les commentateurs de la premiĂšre avignonnaise, le spectacle vaut essentiellement par l’atmosphĂšre inĂ©dite, l’impact visuel qui nie et repousse les limites et frontiĂšres connues du temps et de l’espace. Tout fusionne dans une totalitĂ© plastiquent lĂ©chĂ©e. L’idĂ©e d’une histoire Ă©voquant Einstein dans sa vie n’a pas lieu.

38 ans aprÚs sa création en Avignon

Philip Glass, Robert Wilson, Lucinda Childs : retour du trio enchanteur novateur dans

Einstein on the Beach, une féerie contemporaine

FacilitĂ© grĂące aux techniques du spectacles ayant fortement Ă©voluĂ© et progressĂ© depuis 1976, le trio crĂ©ateur a pu encore affiner le projet visuel, -Wilson se fĂ©licitant mĂȘme de restituer ses croquis de la crĂ©ation avec une vĂ©ritĂ© accrue. Seule importe la cohĂ©rence plastique de chaque tableau, entendue comme des recrĂ©ation en 3 dimensions de certaines photos portraiturant Alfred Einstein. Les initiateurs avaient alors une fraĂźcheur premiĂšre – attĂ©nuĂ©e ensuite dans leurs Ɠuvres postĂ©rieures, que traduit directement des dĂ©tails humoristiques voire enfantins, d’une candeur qui touche Ă  la pure poĂ©sie (l’enfant qui jette des avions en papier
), autant de dĂ©tails qui sont depuis absents des mises en scĂšnes hyperlĂ©chĂ©es et toujours atemporelles d’un Wilson de plus en plus distanciĂ©, voire dĂ©shumanisĂ©, recyclant sous une grille conceptuelle et technique les rouages du thĂ©Ăątre japonais No.
Tout est magnifiquement rĂ©glĂ© ici comme du papier Ă  musique : le Einstein violoniste qui joue Ă©ternellement les mĂȘmes notes, les choristes Ă©grenant les mĂȘmes chiffres, la danseuse en fond de scĂšne, reculant ou avançant comme au ralenti d’une imperturbable fixitĂ©, les figurants qui miment le jeu des mains des dactylos sur d’invisibles machines Ă  Ă©crire
 chacun mĂȘlĂ© Ă©troitement Ă  la musique de Glass produit un vision hypnotique oĂč la fausse rĂ©pĂ©tition (Glass prĂ©cise bien que chaque note « rĂ©pĂ©tĂ©e » n’est jamais la mĂȘme) jalonne en vĂ©ritĂ© une action qui vaut pour sa formidable progression globale. La puissance de l’imagerie visuelle, la fĂ©erie globale du spectacle a conservĂ© intacte sa magie atemporelle, depuis 1976, soit il y a Ă  prĂ©sent
 40 ans. Longue vie au minimalisme qui n’a jamais semblĂ© plus « moderne » et visionnaire.
DVD incontournable.

CLIC_macaron_2014DVD. Einstein on the Beach (Chùtelet, 2014). Glass, Wilson, Childs. The Lucinda Childs Dance Company, The Philip Glass ensemble. Enregistré au Théùtre du Chùtelet à Paris, en janvier 2014; 2 dvd OPUS ARTE BD7173 D. CLIC de CLASSIQUENEWS de novembre 2016.

CD, coffret événement, annonce. La Musique au temps de Louis XIV(Livre disque 8 cd Ricercar)

ricercar-jerome-lejeune-coffret-8-cd-musqiue-au-temps-de-louis-XIV-review-critique-annonce-cd-classiquenewsCD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. La Musique au temps de Louis XIV(Livre disque 8 cd Ricercar). C’est d’emblĂ©e une Ă©dition capitale qui fera un excellent cadeau de NoĂ«l : rĂ©servez donc dĂšs Ă  prĂ©sent ce titre Ă©vĂ©nement parmi vos cadeaux potentiels pour les fĂȘtes de fin d’annĂ©e 2016 — on est jamais trop prĂ©voyant pour ne pas laisser passer une telle publication remarquable en tous points
 JĂ©rĂŽme Lejeune directeur du label Ricercar s’intĂ©resse dans ce prometteur coffret, Ă©ditorialement exemplaire (iconographie et textes explicatifs particuliĂšrement choisis), aux musiques du rĂšgne de Louis XIV. La recherche rĂ©cente s’est plongĂ©e plus que d’habitude dans les sources et archives autographes pour nuancer et affiner notre connaissance des musiques jouĂ©es Ă  Versailles et avant, sous l’autoritĂ© et la validation du Roi Soleil. Ainsi la musique de Louis XIV puise ses racines dans la Polyphonie hĂ©ritĂ©e de la Renaissance. Durant le rĂšgne le plus long de l’histoire de France (72 ans), la musique française se dĂ©finit, prend conscience d’elle-mĂȘme, prolongeant une ambition et une volontĂ© politique qui entendent occuper la suprĂ©matie en Europe.
De fait, alors que les souverains prĂ©cĂ©dant le Grand SiĂšcle ont rivalisĂ© et rĂ©agi par rapport au raffinement italien (l’Italie, foyer de la Renaissance europĂ©enne), Louis XIV invente la musique de la France moderne, premiĂšre force politique, et commande Ă  ses musiciens, une musique spĂ©cifiquement française : comment interprĂ©ter diffĂ©remment tout le chantier de Versailles, autrement que comme un manifeste du style gaulois le plus abouti ? La musique de la Cour Ă  Versailles impose partout dans le royaume et en Europe ses nouveaux standards bientĂŽt modĂšles du bon goĂ»t pendant l’Ăąge baroque. Les nouvelles institutions, la Chapelle, la Chambre, l’Ecurie, les Vingt-Quatre Violons du Roi (premier orchestre de cour ainsi constituĂ©), de mĂȘme que l’AcadĂ©mie royale de musique comme celle de danse, organisent l’activitĂ© musicale en France, l’une des plus actives dĂ©sormais. La Suite, l’Ouverture, la TragĂ©die en musique inventĂ©e par Lully souhaitant rivaliser et dĂ©passer le modĂšle parlé de Corneille et de Racine, comme Ă  la Chapelle, Les Grands et les Petits Motets Ă  voix seules, sont les nouveaux genres et formes Ă  la mode. Ils s’imposent alors comme les nouveaux emblĂšmes du raffinement absolu. Avec Louis XIV, l’Europe se met Ă  la maniĂšre française ; l’art de vivre et le raffinement sont dĂ©sormais versaillais. Coffret Ă©vĂ©nement.

 
 

CD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. Livre disque / 8 cd / Ricercar RIC 108 — prochaine grande critique du coffret La Musique au temps de Louis XIV dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS

 
 
 

louis-XIV-portrait-roi-soleil-king-sun-classiquenews-582-390-portrait_de_louis_xiv_en_buste28534_0

 
 
 

Extraits et ressources musicals des 8 cd :

 

cd1 — airs de cour et Ballets de Cour : Louis XIII, Gabriel Bataille, Jean Boyer, Etienne MouliniĂ©, Pierre GuĂ©dron, Michel Lambert, Joseph Chambanceau
 / Ballets des fous et des estropiĂ©s de la cervelle (Anthoine Boesset) / Bellet royal de la Nuit (Cambrefort) / Ballet d’Alcidiane et Polexandre, Ballet de Xerses (Lully).

 

cd2 — ComĂ©dies-Ballets, TragĂ©dies en musique, Cantates : (Les Plaisirs de l’üle enchantĂ©e, Cadmus et Hermione, Atys, 
 de Lully / Le Malade Imaginaire, ActĂ©on, MĂ©dĂ©e de Charpentier / Le Sommeil d’Ulysse d’Elisabeth Jacquet de la Guerre.

 

cd3 — Musique sacrĂ©e 1 : Nicolas FormĂ©, Guillaume Bouzignac, Etienne MouliniĂ©, Henry Du Mont, Lully


 

cd4 — Musique sacrĂ©e 2 : MA Charpentier, Jean Gilles, François Couperin (TroisiĂšme leçon des TĂ©nĂšbres, du Mercredy Sainct).

 

cd5 — Orgue et oratorios : Jean Titelouze, Louis Couperin, Nivers, Lebùgue, Louis Marchand, de Grigny, MA Charpentier, Du Mont


 

cd6 — Musique instrumentale 1 : MA Charpentier, Eustache du Caurroy, François Roberday, RenĂ© MĂ©sangeau, Denis Gaultier, jacques Champion, Louis Couperin, Jean-Henri d’Anglebert


 

cd7 — Musique instrumental 2 : Nicolas Hotman, Monsieur Dubuisson, Sainte-Colombe, Monsieur Degrinis, Marin Mersenne, AndrĂ©-Danican Philidor, Robert de VisĂ©e, François Couperin, Jean-Philippe Rameau, Marin Marais


 

cd8 — La Sonate française : Marain Marais, Delalande, MA Charpentier, François Duval, Jean-Fery Rebel, Jacques-Martin Hotteterre, Jacques Morel, Pierre-Danican Philidor, AndrĂ© Philidor


 
 
 

Riccardo Chailly dirige la 8Ăšme de Mahler Ă  Lucerne

arte_logo_2013ARTE. Mahler: Symphonie n°8. Dimanche 28 aoĂ»t 2016,17h30. Riccardo Chailly Ă  Lucerne, pilote les effectifs locaux dans la gigantesque et goethĂ©enne symphonie n°8, dite « des Mille », sommet symphonique et choral signĂ© par le grand Gustav en quĂȘte d’absolution. C’est le temps fort du Festival de Lucerne 2016 (Suisse). Comment parcourir les sĂ©quences vertigineuses de cette grande messe symphonique ? La 8Ăšme de Mahler est l’un des plus grands dĂ©fis qui se dressent face Ă  l’orchestre et son chef


Riccardo Chailly dirigeantL’Éternel FĂ©minin / Nous entraĂźne en haut », sur les pas de Wagner, Mahler achĂšve sur ces ultimes mots (extraits du Second Faust de Goethe), sa Symphonie n°8, l’une des plus ambitieuses jamais Ă©crites. Si le dĂ©sir masculin est vorace et sans fin, l’éternel fĂ©minin (incarnĂ© probablement par son Ă©pouse Alma) permet d’atteindre au renoncement et Ă  la paix ultime, tant recherchĂ©s. D’emblĂ©e, l’hymne du dĂ©but, ouvrant la premiĂšre partie de la Symphonie, inscrit la partition comme le parcours d’une quĂȘte surtout spirituelle voire mystique (l’Hymne de la PentecĂŽte Veni Creator Spiritus, invocation du Saint-Esprit y façonne comme au dĂ©but de la Messe en si de JS Bach, un portique d’ouverture aux proportions vertigineuses et colossales). A ceux qui lui reprochait de n’avoir pas composĂ© de cycle sacrĂ©, Mahler arguait que “sa HuitiĂšme Symphonie Ă©tait une messe”
 EnregistrĂ© Ă  Lucerne, les 12 et 13 aoĂ»t 2016.

LUCERNE FESTIVAL ORCHESTRA
ChƓur de la Radio bavaroise
Latvian Radio Choir
OrfeĂłn Donostiarra
ChƓur d’enfants de Tölz
Riccardo Chailly, direction
Ricarda Merbeth, Magna Peccatrix
Christine Goerke, Una poenitentium
Anna Lucia Richter, Mater gloriosa
Sara Mingardo, Mulier Samaritana
Mihoko Fujimura, Maria Aegyptiaca
Andreas Schager, Doctor Marianus
Peter Mattei, Pater ecstaticus
Samuel Youn, Pater profundus

Gustav Mahler (1860–1911) : Symphonie n° 8 en mi bĂ©mol majeur Symphonie des Mille . ARTE, dimanche 28 aoĂ»t 2016, 17h30. LIRE aussi la page dĂ©diĂ©e Ă  la Symphonie n°8 par Riccardo Chailly, les 12 et 13 aoĂ»t 2016 sur le site du Festival de Lucerne 2016

 

ENTRETIEN avec Mihaly Zeke, nouveau directeur musical d’Arsys Bourgogne

mihaly_zeke_7_conrad_schmitzENTRETIEN avec le chef Mihaly Zeke. En Bourgogne, le chant choral n’a jamais Ă©tĂ© aussi florissant. A une tradition dĂ©sormais bien installĂ©e, le pĂŽle d’art vocal Arsys sait aussi cultiver la diversitĂ© et la richesse des sensibilitĂ©s et des expĂ©riences pour nourrir l’activitĂ© et la pratique locale. RĂ©cemment nommĂ© directeur artistique en 2015, Mihaly Zeke (nĂ© Ă  Londres en 1982) entend poursuivre l’excellence actuelle tout en la fertilisant de nouvelles expĂ©riences, stimulantes et originales pour les chanteurs et les publics dĂ©sormais fidĂ©lisĂ©s pour chacun des cycles de concerts proposĂ©s tout au long de l’annĂ©e. Rencontre avec un jeune chef portĂ© par le dĂ©sir de dĂ©passement et d’approfondissement… en particulier dans la dĂ©fense des projets de crĂ©ation.

Le cĂ©lĂšbre ensemble vocal bourguignon, Arsys, crĂ©Ă© en 1999 et dirigĂ© pendant quinze ans par le chef luxembourgeois Pierre Cao, a su creuser son sillon dans le monde vocal europĂ©en ; la renommĂ©e du chƓur dĂ©passe largement les frontiĂšres de la RĂ©gion et la formation Ă  gĂ©omĂ©trie variable a conquis de trĂšs nombreux spectateurs dans les grandes salles europĂ©ennes sous la direction de chefs remarquables. Une sĂ©rie de rĂ©alisation qui porte Ă  l’international l’excellence et l’activitĂ© du chant choral bourguignon. La venue du jeune chef formĂ© Ă  Budapest et qui a vĂ©cu en GrĂȘce, marque en 2016, une nouvelle page de l’histoire d’Arsys.

 

 

 

Avec la nomination de Mihaly Zeke, comme directeur musical, Arsys vit une nouvelle page de sa riche histoire

Enrichir l’excellence, cultiver la crĂ©ation…

 

 

Mihaly Zeke est un jeune maestro, charismatique et pluriculturel, qui est bien conscient de l’enjeu de ses fonctions. Sans laisser de cĂŽtĂ© le rĂ©pertoire baroque et classique, volets artistiques qui ont structurĂ© et façonnĂ© la formation depuis sa crĂ©ation, Mihaly Zeke exprime la volontĂ© de nouer une forte relation avec les compositeurs d’aujourd’hui ; le maestro se montre trĂšs impliquĂ© dans la recherche d’un rĂ©pertoire taillĂ© sur mesure pour la phalange. Pour lui, une formation de cette envergure doit sans cesse repousser ses limites, oser, expĂ©rimenter… Rien de mieux dans ce cas, qu’un rapport direct avec la crĂ©ation.

 

 

Rencontre avec Mihaly Zeke, directeur artistique d'ARSYS Bourgogne

 

 

Mihaly Zeke est un artiste qui dispose de plusieurs cordes Ă  son arc:  diplĂŽmĂ© de la prestigieuse Musikhochschule de Stuttgart, il a baignĂ© depuis son enfance dans un milieu musical; fils de musiciens, il possĂšde Ă©galement une solide formation comme organiste et pianiste. Dans le prochain travail avec les chanteurs d’Arsys, Mihaly Zeke privilĂ©gie un travail millimĂ©trĂ©, au format chambriste, et focalise son action sur un groupe plus resserrĂ©, autour de 16 chanteurs, dans le but de crĂ©er un pupitre Ă  partir des voix solistes ; il laisse la force expressive de chaque voix prendre place dans un rĂ©pertoire oĂč les interventions solistes sont nombreuses. Classiquenews a assistĂ© au concert du 30 avril 2016 au Consortium de Dijon : au sein d’un programme extrĂȘmement bien conçu autour de la musique française du XXĂšme siĂšcle, le chƓur Arsys Bourgogne rĂ©alisait la crĂ©ation d’OstanĂšs le ChaldĂ©en du jeune compositeur Jean-Baptiste Masson, affirmant une belle collaboration entre la formation et la crĂ©ation.  C’est pour Mihaly Zeke, un accomplissement dĂ©sormais central dans le travail musical du chƓur ; le chef est tout a fait conscient de l’importance de cristalliser ce nouveau rĂ©pertoire, d’autant qu’Ă  terme il s’agit de travailler dans le but de rĂ©investir les plateaux d’enregistrement. Soit Ă  terme, dans les prochains mois, une nouvelle collection de jalons discographiques marquant les avancĂ©es et explorations du ChƓur en terra incognita.

 

 

logoAvec la nomination de Mihaly Zeke, c’est un air nouveau qui souffle sur VĂ©zelay, et aussi tout un cycle de promesses stimulantes par l’intensitĂ© et la profondeur musicale qui se dĂ©gagent du jeune chef. Tout cela est de bonne augure pour l’avenir de l’ensemble. L’impatience et la curiositĂ© pointent dĂ©jĂ  Ă  l’idĂ©e de suivre et connaĂźtre les nouvelles collaborations et prochains projets qu’Arsys et son nouveau leader vont aborder dans les semaines Ă  venir. A suivre sur classiquenews.

VISITEZ le site du ChƓur ARSYS Bourgogne

Illustration : Mihaly Zeke © C Schmitz

 

 

arsys

 

PARIS, MONTFERMEIL. TRAVIATA des villes et des champs…

galerie-dame-aux-camelias-12-e1444309149441PARIS, MONTFERMEIL. TRAVIATA des villes et des champs : 23 mai-2 juillet 2016. Deux productions totalement distinctes tant du point de vue artistique que sociĂ©tal et mĂȘme politique occupent simultanĂ©ment l’affiche de ce printemps et presque Ă©tĂ© 2016 : l’une, production luxueuse occupant les planches de l’OpĂ©ra Bastille avec dans le rĂŽle-titre, fidĂšle Ă  la programmation mĂ©diatique, une tĂȘte d’affiche prometteuse, rien de moins que la diva du moment, Sonya Yoncheva, qui des terres baroques (en apprentissage Ă  Ambronay pilotĂ©e alors par Leo Garcia Alarcon) s’affirme en diva dramatique, dans le chef d’oeuvre intimiste et tragique de Verdi… du 23 mai au 29 juin 2016 . Mais voilĂ  que pour le grand malheur des amateurs qui auront payĂ© le prix fort, la Yoncheva chante le rĂŽle pour quelques reprĂ©sentations (du 23 mai au 7 juin 2016) a annulĂ© ses engagements parisiens pour raisons familiales : elle est remplacĂ© par Maria Agresta, le 20 mai, puis du 11 au 29 juin 2016. Un cran plus bas quand mĂȘme.
C’est Ă  quelques km de Paris, dans le 93 : une autre expĂ©rience qui fusionne art lyrique et aventure collective Ă  l’Ă©chelle d’une ville : Montfermeil, oĂč depuis quelques annĂ©es, la municipalitĂ© propose aux citoyens rĂ©sidents et de façon bĂ©nĂ©vole, l’expĂ©rience d’une production chaque Ă©tĂ©, en un “son et lumiĂšre” qui rassemble, regroupe, fĂ©dĂšre les Ă©nergies locales. Le vivre ensemble s’organise de façon exemplaire et la culture surtout la musique, orchestrale et comme ici opĂ©ratique, par les disciplines aussi variĂ©es que complĂ©mentaires qu’elle engage, offre un Ă©crin des plus stimulants…

Giuseppe VerdiMONTFERMEIL : LA VILLE OPERA… A l’OpĂ©ra Bastille, La Traviata se dĂ©ploie dans la mise en scĂšne trĂšs conforme du rĂ©alisateur BenoĂźt Jacquot (les parisiens habituĂ©s aux grandes divas en crinolines, y ont dĂ©jĂ  applaudi Diana Damrau, dans cette scĂ©nographie qui est une reprise) ; les habitants de Montfermeil (300 personnes sur scĂšne et en coulisses) jouent “la Dame aux camĂ©lias”, en costumes historiques avec ballets de cavaliers et d’attelages… soulignant ainsi tout ce que Verdi doit au gĂ©nie d’Alexandre Dumas fils, en particulier Ă  son roman, paru en 1852, et quasi historique, inspirĂ© de la vie trop fugace d’une jeune courtisane aussi belle et irrĂ©sistible que condamnĂ©e (par la phtisie) : Alphonsine Duplessis qui meurt Ă  l’Ăąge canonique de… 23 ans en 1847.
A Paris comme Ă  Montfermeil, les auditeurs assisteront Ă  un vĂ©ritable spectacle lyrique, dĂ©fendu avec engagement par des interprĂštes impliquĂ©s. A Paris, la routine pourrait gagner certains esprits musiciens enchaĂźnant les soirĂ©es de reprĂ©sentation ; Ă  Montfermeil, rien de tel : l’idĂ©e de participer Ă  une expĂ©rience singuliĂšre et unique (une fois par an, aux portes de l’Ă©tĂ©), citoyenne et sociĂ©tale, – soulignant combien la culture doit ĂȘtre investie par chacun de nous pour redĂ©finir le vivre ensemble, pourrait galvaniser davantage les esprits rĂ©unis dans une aventure sans Ă©quivalent en France.

PARIS, Opéra Bastille
Verdi : La Traviata
reprise de la mise en scĂšne de BenoĂźt Jacquot
Jusqu’au 23 mai au 29 juin 2016
RESERVEZ

MONTFERMEILgalerie-dame-aux-camelias-12-e1444309149441
La Dame aux camĂ©lias d’aprĂšs La Traviata de Verdi
Les 23, 24, 25, 30 juin puis 1er et 2 juillet 2016
01 41 70 10 60
RESERVEZ

http://www.la-dame-aux-camelias.fr/

Devant la façade cÎté jardin du chùteau des CÚdres, demeure historique des XVIIÚ et XVIIIÚ. Le son & lumiÚre de Montfermeil existe depuis 1995.

Lucio Silla ou Mozart en ado romantique

mozart_portrait-300Mozart : LUCIO SILLA. Les 23, 25, 27 et 29 avril 2016. En 1772 aprĂšs son Ă©blouissant Mitridate le jeune Mozart adolescent  (il termine alors sa 16 Ăšme annĂ©e), s’intĂ©resse au labyrinthe amoureux faisant Ă©voluer encore et encore le genre seria dont il enrichit la forme (ajout du choeur, rĂ©citatifs soignĂ©s, orchestre raffinĂ©); qu’il acclimate Ă  un langage musical qui suit avec une acuitĂ© racinienne chaque vertige ou Ă©lan du coeur; c’est un thĂ©Ăątre sentimental d’une profondeur jamais Ă©coutĂ©e auparavant car chaque personnage y souffre et palpite avec une force nouvelle;  aucun doute alors que Goethe finit alors Les Souffrances du jeune Werther, Mozart dĂ©ploie une exceptionnelle maturitĂ© pour inventer l’opĂ©ra
 romantique: ce Lucio milanais, crĂ©Ă© en dĂ©cembre 1772 au lendemain de la NoĂ«l (soit le 26 dĂ©cembre) affirme le gĂ©nie du jeune compositeur habitĂ© par la question du sentiment et du dĂ©sir.

Lucio : c’est Mozart en ado romantique

Si le prince Lucio Silla aime Giunia, celle ci lui prĂ©fĂšre Cecilio. Les deux amants menacĂ©s fomentent un complot contre l’autoritĂ© : ils envisagent l’assassinat du despote Silla : mais leur projet est Ă©ventĂ© et se prĂ©sentant devant le tribunal, Giunia et Cecilio sont prĂȘts Ă  mourir. Devant tant de courage et de force morale, Lucio Silla
 de tyran devient tĂ©moin humanisĂ© ; il renonce Ă  Giunia et mĂȘme abandonne le pouvoir au peuple de Rome;  l’Ă©poque est alors Ă  la cĂ©lĂ©bration du prince politique Ă©clairĂ© dont la transfiguration espĂ©rĂ©e, fantasmĂ©e dans le cadre de la reprĂ©sentation, est exprimĂ©e exaltĂ©e par la musique de Mozart.

mozart_portraitChaque production de Lucio Silla doit rĂ©unir une distribution de personnalitĂ©s touchantes voire bouleversantes par la subtilitĂ© de leur caractĂ©risation. L’orchestre doit commenter, exprimer et parfois contredire ce que dit les acteurs. Jamais Mozart n’a mieux compris la vĂ©ritĂ© des passions humaines : les Ă©pisodes psychologiques y sont ciselĂ©s, affinĂ©s encore par des rĂ©citatifs particuliĂšrement audacieux – vrai dĂ©fi pour les belcantistes auto dĂ©clarĂ©s;  Lucio Silla annonce la sincĂ©ritĂ© de la trilogie Mozart et Da Ponte (Les Noces de Figaro, Don Giovanni, Cosi fan gutte), tout en abordant le thĂšme central du despote magnanime (bientĂŽt traitĂ© dans son dernier sedia de 1791, soit presque 20 ans aprĂšs Lucio), La ClĂ©mence de Titus.

Mozart: LUCIO SILLA, 1772
Insula Orchestra / Laurence Equilbey, direction
Avec Franco Fagioli (Cecilio), Paolo Fanale (Lucio Silla), Olga Pudova (Giunia)

Tournée

Le 23 avril 2016
PARIS, Philharmonie 2 / Cité de la musique, 20h30

Le 25 avril 2016
LE HAVRE, Le Volcan, 19h30

Le 27 avril 2016
VIENNE (Autriche), Theater an der Wien, 20h

Le 29 avril 2016
Aix en Provence, Grand Théùtre de Provence, 20h30

d’infos, rĂ©servations sur le site Insula Orchestra

LIRE notre compte rendu complet développé de LUCIO SILLA, présenté par ANGERS NANTES OPERA en mars 2010

Yehudi Menuhin, centenaire 2016

menuhin yehudi violon engagement review critique portrait classiquenews centenary centenaire 2016Anniversaire Yehudi Menuhin (1916-1999) : le centenaire Menuhin 2016. Musicien fraternel.  Le 22 avril 2016 marque les 100 ans du violoniste et chef amĂ©ricain Yehudi Menuhin, figure majeure de l’histoire musicale du XXĂš et pour tous les artistes et interprĂštes, un modĂšle moral d’abnĂ©gation, de gĂ©nĂ©rositĂ©, d’humanisme… PrĂ©cocitĂ©, richesse du rĂ©pertoire, souci des crĂ©ations, mais aussi finesse et intelligence voire subtilitĂ© musicale, autant de facettes dĂ©rivĂ©es de ses maĂźtres (lĂ©gendaires) dont les premiers restent Enesco (dont il est l’Ă©lĂšve dĂšs 1927 Ă  11 ans!) et Adolf Busch (aux Ă©tĂ©s 1929 et 1930), Yehudi Menuhin est la grande figure du violoniste, virtuose et humaniste. A la perfection d’une puretĂ© expressive et poĂ©tique absolue, l’interprĂšte ajoute l’Ă©vidence de la grĂące, la prĂ©sence tangible de l’Ăąme en musique ; l’enfant, l’adolescent respire musique, pense musique, vit musique ; soucieux de rĂ©vĂ©ler au monde, l’harmonie dont l’homme est capable, Yehudi Menuhin n’eut de cesse d’incarner cet idĂ©al du spirituel et du sensuel, du fraternel et de l’universel, dĂ©jĂ  par lui-mĂȘme (union / fusion esprit et corps rĂ©alisĂ©es grĂące au yoga qu’il pratiqua quotidiennement), afin d’exprimer et de communiquer tangiblement les bĂ©nĂ©fices de la musique pour tous. NĂ© en 1916, dĂ©cĂ©dĂ© en 1999, le violoniste et chef amĂ©ricain traverse tout le XXĂš, recueillant les souffrances de ses contemporains telles des sources de dĂ©passements fraternels majeurs, rĂ©vĂ©lant pour tous combien la musique est ce baume au coeur, ce medium permettant de vaincre la violence et la barbarie par une remise en ordre, en harmonie de la sociĂ©tĂ© humaine.

Comme Rostropovitch, le travail artistique de Menuhin est surtout un engagement pour l’humanitĂ©. Jouer c’est penser, communiquer, exprimer avec l’autre. Souffrir et grandir avec lui. De son enfance Ă  l’Ăąge adulte, Menuhin a su conserver son innocence et son espĂ©rance intactes. Une acuitĂ© qui relĂšve de l’omniscience comme un gardien de la puretĂ© pourtant Ă©prouvĂ©e (par les guerres et les atrocitĂ©s de la barbarie environnante).

PACIFICATEUR pour le grand pardon. Le jeune homme tolĂ©rant, apĂŽtre de la rĂ©conciliation, sut rĂ©gĂ©nĂ©rer le dernier Bartok auquel il commandait la Sonate pour violon, dernier sommet d’un crĂ©ateur accablĂ©, usĂ© ; de mĂȘme, il sut dĂ©fendre le vieux FurtwĂ€ngler, suspectĂ© de connivence passive avec le nazisme : Menuhin lui apporta un soutien indĂ©fectible pour sa dĂ©nazification (Berlin, septembre 1947). Dans l’adversitĂ©, les hommes sont touts frĂšres, se soutenant, s’Ă©paulant, se comprenant : une vision humaniste et rĂ©solument pacifique que tend Ă  affirmer et transmettre le chef Daniel Barenboim vis Ă  vis du conflit Israelo-Palestinien… C’est pourquoi dans tous les fronts oĂč Menuhin s’affirma, il faut voire et le musicien et l’homme sublime, Ă©blouissant littĂ©ralement par sa hauteur de vue et sa discipline morale. Le violon compassionnel de Yehudi Menuhin se distingue entre tous : il a souffert avec tous, quand tous aujourd’hui veulent briller individuellement en se rĂ©clamant de sa figure.

Il faut Ă©couter le violoniste sage, humaniste soucieux du sens comme du salut, dans Bach et Mozart, mais aussi comme chambriste (avec Kempff dans Beethoven) surtout pilier rayonnant d’une mĂ©canique familiale, jouant avec son fils Jeremy et sa soeur cadette Hephzibah, sa cadette, aussi voire plus musicienne encore que lui… A tout un chacun, Yehudi Menuhin aura dĂ©voilĂ© la force spirituelle de la musique pour le bienfaits des hommes, pour l’Ă©volution heureuse de nos sociĂ©tĂ©s.

PEDAGOGUE. Son activitĂ© altruiste se concrĂ©tise entre autres en Angleterre oĂč il fonde l’Ecole Menuhin Ă  Cobham (Surrey, en 1962), puis en Suisse Ă  Gstaad (il est devenu citoyen suisse en 1970) dont l’actuel Festival souhaite perpĂ©tuer sa conception de la musique, entre dĂ©passement artistique et engagement humaniste. En 1994, le violoniste anobli par la Reine (1993), crĂ©e le programme MUSE, cycle d’Ă©ducation artistique pour les enfants pour prĂ©venir les effets de la violence et du racisme comme de tous les extrĂȘmismes. Donner une voix Ă  ceux qui en sont privĂ©s, rĂ©duire l’exclusion, favoriser l’entente et le partage grĂące Ă  l’art et Ă  la musique…

En gĂ©nĂ©ral, ses concerts d’aprĂšs guerre, aprĂšs la douleur et la compassion des temps de guerre, sont les meilleurs de sa carriĂšre de rĂ©citaliste ; ainsi les programmes Beethoven Brahms, Mendelssohn des annĂ©es 1950, certains sujets d’enregistrements, sont-ils particuliĂšrement vĂ©nĂ©rĂ©s. Ouvert, tolĂ©rant, curieux, ayant comme Bernstein le goĂ»t des autres, Menuhin expĂ©rimente de nouvelles orientations musicales au grĂ© de ses rencontres ; deux seront marquantes, parce qu’elles lui apportent le bĂ©nĂ©fice d’un Ă©lĂ©ment jusque lĂ  Ă©tranger Ă  son art (dĂ©jĂ  grand) mais si essentiel pour l’harmonie de son Ăąme artistique : l’improvisation. ExpĂ©rience vĂ©cue et approfondie ainsi avec les instrumentistes Ravi Shankar et le violoniste Stephane Grappelli dont les concerts ensemble dans les annĂ©es 1980 marquent un nouvel accomplissement du mĂ©tier et de l’approche musicale et humaine.

Bilan des éditions spéciales 2016 (celles que nous avons reçues) :

 

menuhin yehudi violon rca classical victor 6 cd review presentation classiquenews compte rendu critique CLASSIQUENEWSYehudi Menuhin : the complete american Victor recordings : 6 enregistrement des dĂ©buts 1929 – 1952 — 6 cd RCA red seal / Sony classical (dont le Concerto de Bruch 1945 et 1951 respectivement avec Pierre Monteux puis Charles Munch ; sans compter l’Ă©blouissant tĂ©moignage Bartok : Concerto pour violon et Sonate avec Antal Dorati et le pianiste Adolph Baller en 1947 et 1949).

menuhin yehudi le violon du siecle 3 cd review compte rendu classiquenews review presentation centenaire MenuhinCoffret Yehudi Menuhin : le violon du siĂšcle (pour reprendre le titre du docu de Monsaingeon) : aperçu de l’art du violoniste amĂ©ricain comme concerttiste dans Bach, Vivaldi (les Quatre saisons), Viotti, Beethoven, Mendelssohn, Tchaikovski, Brahms, Paganini ; comme chambriste (Beethoven, Brahms, Schubert, Mozart, Bach, Franck, FaurĂ© … 3 cd Warner classics

Nouveau Rigoletto signĂ© Claus Guth Ă  l’OpĂ©ra Bastille

RIGOLETTO-hoempage-582-390-verdi-rigoletto-presentation-nouvelle-production-opera-classiquenews-582-390Paris, Bastille. Nouveau Rigoletto par Claus Guth : 9 avril-30 mai 2016. D’aprĂšs Le roi s’amuse de Hugo, Verdi aborde le thĂšme du politique et de l’arrogance punies dans leur propre rouage : ceux qui, intrigants crapuleux et mĂ©prisants, maudissent, punissent, invectivent ou ironisent, agressent ou ridiculisent, feraient bien re rĂ©flĂ©chir Ă  deux fois avant de dĂ©nigrer. Le bouffon nain Rigoletto paie trĂšs cher son arrogance : sa propre fille sera mĂȘme sacrifiĂ©e, dĂ©truite, immolĂ©e. Et le pauvre nain en son pouvoir dĂ©risoire n’aura en fin d’action que ses larmes pour rĂ©conforter le corps refroidi de Gilda, la fille qu’il aurait du protĂ©ger avec plus de discernement. Mais Verdi surprend ici moins dans le traitement de l’histoire hugolienne dont il respecte presque Ă  la lettre la fureur barbare, l’oeil critique qui dĂ©nonce l’horreur humaine Ă  vomir, que dans sa nouvelle conception du trio vocal romantique. Dans Rigoletto, le tĂ©nor n’est pas la victime mais le bourreau inconscient, ou plutĂŽt d’une insouciance irresponsable qui reste effrayante : le Duc de Mantoue s’il considĂšre la femme comme volage (souvent femme varie) chante en rĂ©alitĂ© pour lui-mĂȘme ; en paon superbe et narcissique, volubile et infidĂšle, sĂ©ducteur collectionneur, il viole la pauvre vierge Gilda, tristement enamourĂ©e ; la horde de serpillĂšres humaines qui lui sert de courtisans conclut le portrait de la sociĂ©tĂ© humaine : une arĂšne d’acteurs infects oĂč rĂšgne le dĂ©sir d’un prince lascif et inconsistant. Dans ces eaux opaques, Rigoletto pense encore s’en sortir.  Mais le stratagĂšme qu’il met en Ɠuvre en sollicitant le concours du tueur Ă  gages, Sparafucile, pour tuer le Duc se retourne indirectement contre lui : sa fille Gilda sera la victime d’une nuit de cauchemar (dernier acte).  Fantastique, musicalement efficace et mĂȘme fulgurante, la partition de Rigoletto impose dĂ©finitivement le gĂ©nie dramatique de Verdi, un Shakespeare lyrique.

Aux cĂŽtĂ©s du tĂ©nor inconsistant, le baryton et la soprano sont les deux victimes expiatoires d’une tragĂ©die particuliĂšrement cynique : emblĂšmes de cette relation pĂšre / fille que Verdi n’ a cessĂ© d’illustrer et d’éclaircir dans chacun de ses opĂ©ras : Stiffelio, Simon Boccanegra,


Passion Verdi sur ArteRigoletto Ă  l’opĂ©ra
 ce n’est pas la premiĂšre fois qu’un naif se fait duper et mĂȘme tondre totalement sur l’autel du pouvoir … Dans l’ombre du Duc, pensait-il qu’en singeant les autres, c’est Ă  dire en invectivant et humiliant les autres, il serait restĂ© intouchable ? Le nain croyait-il vraiment qu’il avait sa place dans la sociĂ©tĂ© des hommes ? La Cour ducale de Mantoue, le lieu oĂč se dĂ©roule le drame, semble incarner la sociĂ©tĂ© toute entiĂšre : chacun se moque de son prochain, et celui qui ridiculise, de moqueur devient moquĂ©, nouvelle dupe d’un traquenard qu’il n’avait pas bien analysé  Que donnera la nouvelle production qui tient l’affiche de l’OpĂ©ra Bastille Ă  Paris, signĂ©e Claus Guth (rĂ©putĂ© pour sa noirceur et son Ă©pure thĂ©Ăątrale – en particulier ses Mozart Ă  Salzbourg) ? Cette nouvelle production remplace le dispositif scĂ©nographiĂ© par JĂ©rĂŽme Savary, crĂ©Ă©  in loco en 1996 et repris jusqu’en 2012… RĂ©ponse Ă  partir du 9 avril 2016 et jusqu’au 30 mai 2016. A ne pas manquer, car il s’agit de la nouvelle production Ă©vĂ©nement Ă  Paris au printemps 2016.

 

 

 

Rigoletto de Verdi Ă  l’OpĂ©ra Bastille Ă  Parisboutonreservation
Du 9 avril au 30 mai 2016 — 18 reprĂ©sentations
Claus Guth, mise en scĂšne
Nicola Luisotti, direction musicale

 

Toutes les infos, les modalitĂ©s de rĂ©servations sur le site de l’OpĂ©ra Bastille Ă  Paris

 

 

 

Coffret cd, compte rendu critique. Intégrale Maurice Ravel par Lionel Bringuier (4 cd Deutsche Grammophon)

RAVEL lionel bringuier complete integrale Ravel Yuja wang ray chen review compte rendu critique cd classiquenews 4 cd deutsche grammophon 4795524Coffret cd, compte rendu critique. IntĂ©grale Ravel par Lionel Bringuier (4 cd Deutsche Grammophon). PremiĂšre saison symphonique de Lionel Brunguier Ă  ZĂŒrich... VoilĂ  une premiĂšre somme orchestrale dont tout jeune chef pourrait ĂȘtre particuliĂšrement fier, enregistrĂ© par un label prestigieux dont chaque volet enregistrĂ© sĂ©parĂ©ment, compose aujourd’hui cette intĂ©grale captivante. NĂ© niçois en septembre 1986, le maestro français Lionel Bringuier va souffler prochainement ses 30 ans. Et pourtant force est de constater une sensibilitĂ© vive et analytique, douĂ©e de respirations magiciennes dans le sillon tracĂ© par ses prĂ©dĂ©cesseurs, les premiers enchanteurs dĂ©jĂ  collaborateurs de Decca / Philips, Ă  leur Ă©poque, dĂ©fenseurs passionnĂ©s / passionnants d’un rĂ©pertoire romantique et moderne français qui s’affirmait sans qu’il soit besoin d’Ă©taler aujourd’hui presque exclusivement l’argument des instruments d’Ă©poque. La seule sensibilitĂ© instrumentale de chaque tempĂ©rament fĂ©dĂ©rateur, sa science personnelle des nuances et des dynamiques… – les Ansermet, Martinon, Cluytens et hier, Armin Jordan, suffisait alors Ă  dĂ©montrer une maĂźtrise vivante de l’Ă©loquence orchestrale symphonique Ă  la française. Le jeune Bringuier serait-il animĂ© par le mĂȘme souci d’Ă©loquence et de style ?

 

 

A Zurich, directeur musical de la Tonhalle, un chef français rĂ©alise une premiĂšre intĂ©grale ravĂ©lienne captivante…

Prodiges ravéliens de Lionel Bringuier

 

bringuier tonhalle Bringuier_Lionel__c__Priska_Ke_016d0fd013L’Ă©lĂšve de Zsolt Nagy au Conservatoire de Paris, laurĂ©at du 25Ăšme Concours de Besançon 2005 (grĂące Ă  la Valse du mĂȘme Ravel), affirme ici dans les champs ravĂ©liens, une tension ciselĂ©e souvent irrĂ©sistible, mĂȘme si la prise de son trop flatteuse souvent, exacerbe la plĂ©nitude sonore plutĂŽt que sa transparente clartĂ©. Un manque de dĂ©tail et de ciselure arachnĂ©nenne qui ne doit pas ĂȘtre attribuĂ© Ă  la direction fine, articulĂ©e, subtilement dramatique du jeune maestro. Ce sont moins les Concertos pour piano (avec le concours de l’excellente mais un rien trop technicienne pianiste chinoise Yuja Wang en avril 2015) que les pages purement orchestrales, nĂ©cessitant lyrisme, dĂ©tail, feu dramatique qui confirment le tempĂ©rament du directeur musical, assistant de Salonen Ă  Los Angeles (2007), puis chef associĂ© nommĂ© par Gustavo Dudamel.

CLIC_macaron_2014Les 4 cd édités par Deutsche Grammophon regroupent les premiÚres réalisations officielles de Lionel Bringuier comme nouveau directeur musical de la Tonhalle de Zurich, depuis septembre 2014, successeur de David Zinman. Tous, live de septembre 2014 à novembre 2015 montrent la complicité évidente entre chef et instrumentistes. Analysons les apports des cd les plus intéressants.

CD1 : ShĂ©hĂ©razade scintille de lueurs inĂ©dites, roussĂ©liennes, entre tragĂ©die, mystĂšre et texture allusive ; Tzigane souffre d’un trop plein d’ardeur (Ray Chen peu subtil) ; Le tombeau de Couperin en revanche offre un beau festin de couleurs instrumentales.
CD2 : Si le Oncerto pour piano en sol majeur est trop percutant pet pas assez allusif (pianisme incisif de la soliste chinoise, certes prĂ©cise mais peu subtile), les Valses nobles et sentimentales Ă©talent une souple et flamboyante texture ; et Ma MĂšre l’Oye convoque toute la magie et la nostalgie du Ravel conteur, prophĂšte d’un raffinement et d’une Ă©lĂ©gance exceptionnelle. Lionel Bringuier, ravĂ©lien engagĂ© et soucieux, tisse une Ă©toffe orchestrale des plus soignĂ©es, Ă  la fois, dĂ©taillĂ©e et d’une grande ductilitĂ© expressive.

bringuier lionel chef maestroLe CD 3 montre la direction sous un jour un peu trop dĂ©taillĂ© et prĂ©cautionneuse (dĂ©roulĂ© et continuitĂ© des 4 Ă©pisodes de la Rhapsodie espagnole) ; cependant que Alborada del Gracioco enchante littĂ©ralement ; mais c’est Ă©videmment La Valse – morceau de bravoure qui valut Ă  l’intĂ©ressĂ© son fameux Prix de Besançon et le dĂ©clic pour sa carriĂšre internationale qui s’impose Ă  nous : confirmation d’un beau tempĂ©rament, habile dans le fini instrumental et d’une Ă©coute attentive Ă  la progression enivrante du poĂšme chorĂ©graphique dont il souligne les Ă©clairs mordants, cyniques, l’ivresse Ă©chevelĂ©e, Ă  la fois dĂ©construite et organiquement structurĂ©e. Le travail sur les bois est en particulier flamboyant et magnifiquement ciselĂ© ; on comprend que d’une telle vision / comprĂ©hension, l’Ă©coute en sorte comme saisie par tant de contrastes maĂźtrisĂ©s, jouant sur la volubilitĂ© des instruments et l’Ă©lan collectif comme vĂ©nĂ©neux, emportant vers la transe finale. Un sacre du printemps ravĂ©lien, aux forces chtoniennes soumises au moulinet le plus raffinĂ©. Pour autant la mĂ©canique est idĂ©alement huilĂ©e, dĂ©taille tout… pourtant l’on se dit que si le technicien si douĂ© y mettait la vraie urgence, un feu irrĂ©pressible, la direction en serait non seulement magistrale mais rĂ©ellement captivante… Finalement le maestro qui ne peut que progresser nous promet de futurs accomplissements (Ă  l’opĂ©ra entre autres ? et par Richard Strauss dont les poĂšmes symphoniques pourraient ĂȘtre bonne amorce..?). De toute Ă©vidence Ă  suivre.

CD 4 : c’est le morceau de bravoure et le lieu des rĂ©vĂ©lations comme des accomplissements s’il y a lieu. Le ballet ici dans son intĂ©gralitĂ©, Daphnis et ChloĂ©, doit d’abord, enchanter, plus instinctif et d’une vibration allusive plutĂŽt que dĂ©crire ou exprimer. L’Ă©noncĂ© est certainement moins murmurĂ© et mystĂ©rieux que Philippe Jordan dans son excellente version parue en 2015, MAIS l’acuitĂ© des arĂȘtes orchestrales, l’intelligence globale, l’hĂ©donisme scintillant, bien prĂ©sent, se rĂ©vĂšlent malgrĂ© une Ă©toffe sĂ©ductrice souvent entiĂšre encore pas assez polie, ni filigranĂ©e, d’une plĂ©nitude amoureuse, manquant parfois et de tension et de lĂącher prise. Le jeune chef aurait-il dĂ» encore attendre avant d’enregistrer ce sommet de symphonisme français ? … assurĂ©ment, mais il y reviendra. Car si l’Ă©noncĂ© est parfois trop explicite, et les contours comme les passages pas assez modulĂ©s ni nuancĂ©s (Danse gracieuse de Daphnis… trop claire, trop manifeste, et mĂȘme trop appuyĂ©e ; mĂȘme traits trop Ă©pais et marquĂ©s pour l’enchantement nocturne de Pan qui clĂŽt le premier tableau…), la baguette sait danser, et mĂȘme s’enfoncer dans le mystĂšre, dans l’ivresse infinie, confinant Ă  l’immatĂ©rialitĂ© atmosphĂ©rique. Evidemment emportĂ© par le sens narratif plus facile, le chef rĂ©ussit davantage Danse gĂ©nĂ©rale, Danse grotesque de Dorcon, … tout ce qui rĂ©clame le manifeste et l’expressif (Danse guerriĂšre, Danse suppliante du II…).

 

 

Lionel Bringuier : jeune maestro Ă  suivre

 

 

L’enchantement de l’aube ouvrant le III, manque lui aussi de scintillement mĂȘme si l’on reconnaĂźt une trĂšs belle parure analytique. Le travail est nĂ©anmoins splendide, techniquement et esthĂ©tiquement convaincant, Ă  dĂ©faut d’y contenir ce supplĂ©ment d’Ăąme et de mystĂšre qui font tant dĂ©faut. Si l’on exprime nos rĂ©serves c’est que passionnĂ©s par Ravel comme le chef, nous espĂ©rons que dans un second temps, (prochain?), le maestro nous comble cette fois, au-delĂ  de l’Ă©loquence flamboyante trouvĂ©e ici malgrĂ© son jeune Ăąge. En dĂ©pit de nos rĂ©serves, le contenu de cette premiĂšre saison zĂŒrichoise de Lionel Bringuier, audacieux defenseur de la musique française s’impose Ă  nous avec force et Ă©clat. MĂȘme s’il y manque la profondeur et la subtilitĂ© espĂ©rĂ©es, le rĂ©sultat est convaincant, prometteur. C’est donc un CLIC d’encouragement et l’espĂ©rance que les prochaines rĂ©alisations iront plus loin encore dans le sens d’une absolue finesse suggestive.

 

 

 

RAVEL lionel bringuier complete integrale Ravel Yuja wang ray chen review compte rendu critique cd classiquenews 4 cd deutsche grammophon 4795524CD, coffret Maurice Ravel : intĂ©grale des Ɠuvres orchestales / complete orchestral Works. Lionel Bringuier. Tonhalle-Orchester ZĂŒrich (avec Yuja Wang, piano ; Ray Chen, violon) / 4 cd Deutsche Grammophon, live 2014-2015). CLIC de CLASSIQUENEWS.

Duo Beydts / Bernstein Ă  l’OpĂ©ra de Tours

guitry sacha yvonne printemps 019-yvonne-printemps-and-sacha-guitry-theredlistTOURS, OpĂ©ra. DoublĂ© Beydts / Bernstein : 25, 27 et 29 mars 2016. L’OpĂ©ra de Tours en cette ultime saison lyrique que dirige in poco le chef-directeur Jean-Yves Ossonce, joue la carte de l’insouciance apparente, pourtant portĂ©e par une gravitĂ© souterraine qui dĂ©fend sous le masque de la comĂ©die, une profondeur bouleversante. SubtilitĂ©, Ă©vanescence : voilĂ  l’Ă©quation qui donne sa cohĂ©rence Ă  cette nouvelle production Ă©vĂ©nement. Au programme deux piĂšces lyriques Ă  ne pas manquer : La SociĂ©tĂ© anonyme des messieurs prudents ou SADMP, joyau bouffe en un acte signĂ© Louis Beydts d’aprĂšs le livret de Sacha Guitry et crĂ©Ă© Ă  Paris en 1931. Puis, Trouble in Tahiti de Leonard Bernstein, Ă©galement en un seul acte unique, crĂ©Ă© Ă  Waltham en juin 1952. Pour unifier le diptyque, c’est la metteur en scĂšne dĂ©jĂ  apprĂ©ciĂ©e ici mĂȘme et dans une autre production double (associant La voix humaine de Pulenc et L’Heure espagnole de Ravel), Catherine Dune qui rĂ©tablit l’action thĂ©Ăątrale tout en cultivant aussi la poĂ©sie et l’humour. Guitry imagine 4 soupirants, dĂ©sormais associĂ©s en sarl pour couvrir de cadeaux « Elle », leur chĂšre idolĂątrĂ©e, au prorata de leur investissement. A la crĂ©ation, Guitry avait crĂ©Ă© le rĂŽle d’AgĂ©nor, et sa partenaire, Yvonne Printemps Ă©tait « Elle ». L’ouvrage incarne les dĂ©lices d’un drame savoureux, plein d’esprit, propre aux annĂ©es 1930. Une bouffĂ©e d’insouciance au bord du prĂ©cipice  à venir


bernstein Leonard_Bernstein_by_Jack_MitchellDans Trouble in Tahiti, Bernstein analyse avec l’acuitĂ© musicale qui lui est propre, les vertiges artificiels de la classe moyenne amĂ©ricaine, Ă  travers un petit couple, trĂšs petit bourgeois, trĂšs convenable, et pourtant si dĂ©risoire… dĂ©crit par 3 commentateurs (trio mĂąle et dĂ©lirant). 5 annĂ©es avant West Side Story, tout le Bernstein, gĂ©nie du musical, s’affirme dĂšs 1952 : suavitĂ© mĂ©lodique, parodie et satire Ă  peine voilĂ©e, emportĂ© par un swing irrĂ©sistible et une orchestration d’une finesse Ă©blouissante. Nouvelle production incontournable.

Diptyque Beydts / Bernstein Ă  l’OpĂ©ra de Tours
Vendredi 25 mars – 20h
Dimanche 27 mars – 15h
Mardi 29 mars – 20h

 

Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h00 Ă  12h00 / 13h00 Ă  17h45
02.47.60.20.20

theatre-billetterie@ville-tours.fr

LA SOCIÉTÉ ANONYME DES MESSIEURS PRUDENTS
Opéra bouffe en un acte de Louis Beydts
Livret de Sacha Guitry
Création le 3 novembre 1931 à Paris

Direction musicale : Jean-Yves Ossonce
Mise en scĂšne : Catherine Dune
DĂ©cors : Elsa Ejchenrand
Costumes : Elisabeth de Sauverzac
LumiÚres : Marc DelaméziÚre

Elle : Sophie Marin-Degor
Henri Morin : Laurent Deleuil *
Un gros commerçant : Antoine Normand
Un grand industriel : Lionel Peintre
Le Comte Agénor de Szchwyzki : Jean-Marie Frémeau

Présenté en français, surtitré en français

TROUBLE IN TAHITI
Opéra en un acte de Léonard Bernstein
Musique et Livret du compositeur
New Reduced Version – Garth Sunderland
Création le 12 juin 1952 à Waltham

Direction musicale : Jean-Yves Ossonce
Mise en scĂšne : Catherine Dune
DĂ©cors : Elsa Ejchenrand
Costumes : Elisabeth de Sauverzac
LumiÚres : Marc DelaméziÚre

Dinah : Sophie Marin-Degor
Sam : Laurent Deleuil *
Le trio : Pascale Sicaud Beauchesnais – Lionel Peintre – Antoine Normand

Présenté en anglais, surtitré en français

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours

Toutes les infos et les modalitĂ©s de rĂ©servation sur le site de l’OpĂ©ra de Tours

CD, coffret Narcisso Yepes : The complete Concertos recordings (5 cd Deutsche Grammphon)

yepes narcisso cd deutsche grammophon complete concertos recordings review compte rendu annonce critique classiquenews 028947954675-Cvr_n-240x240CD, coffret Narcisso Yepes : The complete COncertos recordings (5 cd Deutsche Grammphon). DĂ©cĂ©dĂ© en mai 1997, le guitariste espagnol (nĂ© Ă  Lorca en novembre 1927) Narcisso Yepes, incarne l’ñge d’or de la guitare classique que Deutsche Grammophon a accompagnĂ© pendant plus de 20 annĂ©es, en particulier de 1969 Ă  1979, soit une dĂ©cennie parmi ses meilleures annĂ©es comme interprĂšte. Quadra puis quinqua, Yepes, ancien Ă©lĂšve musicien au Conservatoire de Valence et d’origine plutĂŽt modeste, se rĂ©vĂšle subtile concertiste, soucieux de mettre en lumiĂšre une technicitĂ© souple et Ă©loquente que son jeu prĂ©cis, rond, chaleureux enrichit, en particulier dans plusieurs Concertos crĂ©Ă©s pour lui, et des transcriptions d’aprĂšs Vivaldi (initialement pour luth), Granados, Falla, AlbĂ©niz (initialement pour piano)
 entre autres. Le film Jeux interdits (RenĂ© ClĂ©ment, 1952, Narcisso Yepes a alors 25 ans et incarne la nouvelle gĂ©nĂ©ration d’interprĂšte) le propulse internationalement, en particulier grĂące Ă  la piĂšce de Fernando Sor, Ă  peine remaniĂ©. La musique angĂ©lique irradiante lumineuse exprime la tendresse d’une enfance sacrifiĂ©e sur l’autel de la guerre et de la barbarie humaine, enfance de la trĂšs jeune orpheline Paulette (5 ans) dont les parents on Ă©tĂ© mitraillĂ©s dans un convoi sur une route de la France de l’Exode de 1940
 L’énergie palpitante du jeu de Yepes traduit magnifiquement la poĂ©sie pure, pleine d’espĂ©rance comme de blessures que le film de RenĂ© ClĂ©ment communique. HĂ©las pas de Jeux Interdits dans le coffret mais le Concerto de Rodrigo saura tout autant traduire et transmettre le feu pudique d’un Yepes souverain en son style.

Guitare concertante chez Deutsche Grammophon : 1969-1979

Narcisso Yepes, la probitĂ© de l’art

CLIC D'OR macaron 200Celui qui inaugura sa carriĂšre officielle sous la direction du chef Ataulfo Argenta (l’élĂšve de Karl Schuricht et qui crĂ©a l’orchestre de chambre de Madrid en 1949), dans le fameux Concerto d’Aranjuez de Joaquin Rodrigo, – ample concerto nĂ©obaroque et rĂ©solument mĂ©ditatif et chambriste si proche du tempĂ©rament naturel de Yepes (piĂšce prĂ©sente ici dans deux enregistrements, celui inaugural de mai 1969 puis celui plus tardif qui clĂŽt le cycle, rĂ©alisĂ© Ă  Londres en avril 1979), s’affirma surtout pour la grande technicitĂ© avec laquelle il s’était rendu maĂźtre de sa guitare Ă  10 cordes. Un instrument que Maurice Ohana a mis en scĂšne dans le fameux Concerto (Tres graficos / Trois graphiques pour guitare et orchestre-) composĂ© spĂ©cialement pour le guitariste et ici enregistrĂ© avec le LSO et Rafael FrĂŒbeck de Burgos en janvier 1975).

Yepes-Narciso-16Le coffret Ă©ditĂ© par Deutsche Grammophon rĂ©unit en 5 cd l’intĂ©gralitĂ© de ses enregistrements de concertos effectuĂ©s entre 1969 et 1979. Outre le Rodrigo de 1969, distinguons surtout les Concertos de Giuliani (1977), Bacarisse/Halffter (1972), Ruiz-Pipo (1975), Villa-Lobos et Castel Nuoco-Tedesco (1976), auxquels le Concerto d’Aranjuez de Rodrigo (enregsitrĂ© deux fois, Ă  10 annĂ©es d’intervalle) apporte un complĂ©ment plus mĂ©ditatif et atemporel. Tout l’art de Narcisso Yepes est lĂ , concentrĂ© dans ce condensĂ© de musique baroque, nĂ©o baroque, et contemporaine : concentration mesurĂ©e, et sonoritĂ© limpide, aux cĂŽtĂ©s d’une digitalitĂ© prĂ©cise voire arachnĂ©enne. Et toujours sur chacune des pochettes de cette collection choisie, le visage concentrĂ©, simple d’un homme mĂ»r quasi chauve, dont les yeux en forme de sourire se cachent derriĂšre de grosses lunettes
 Yepes c’est la probitĂ© de l’art, qui n’a besoin ni du masque sĂ©ducteur de la jeunesse, ni d’un effet marketing dĂ©calĂ© pour affirmer sa souveraine musicalitĂ©. Modestie et mise sans prĂ©tention d’un immense interprĂšte. Coffret Ă©vĂ©nement.

CD, coffret Narcisso Yepes : The complete Concertos recordings (5 cd Deutsche Grammphon). CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2016.

LIRE aussi la présentation du coffret Narcisso Yepes sur le site du Club Deutsche Grammophon :

Livres, compte rendu critique. TimothĂ©e Picard : La Civilisation de l’OpĂ©ra (Sur les traces d’un fantĂŽme (Éditions Fayard, fĂ©vrier 2016)

timothee picard la civilisation de l opera critique compte rendu classiquenews fevrier 2016 classiquenewsLivres, compte rendu critique. TimothĂ©e Picard : La Civilisation de l’OpĂ©ra (Sur les traces d’un fantĂŽme (Éditions Fayard, fĂ©vrier 2016). Le titre de cet essai global, emprunte Ă  Nietzsche une posture partisane, celle oĂč le philosophe encore ami de Wagner, dĂ©fendait dans son propre essai, “La Naissance de la tragĂ©die grecque”, l’opĂ©ra germanique seul hĂ©ritier digne depuis l’opĂ©ra italien de Monteverdi, et comme lui vĂ©ritable prolongement critique et Ă©volutif sur la forme chant/thĂ©Ăątre. L’auteur se saisit d’un autre penseur critique, Walter Benjamin, qui dĂ©clare vis Ă  vis du roman de Gaston Leroux (paru en 1910), journaliste devenu Ă©crivain et prĂ©curseur du cinĂ©ma PathĂ©, que Le FantĂŽme de l’opĂ©ra est bien “l’un des grands romans sur le XIXĂšme siĂšcle”.
Aujourd’hui, ceux qui ont lu le livre ou sont capables d’en citer quelques chapitres, tout au moins retracer la construction de certains passages, sont bien peu nombreux (ormis peut-ĂȘtre la scĂšne oĂč le FantĂŽme monstrueux, Erik, paraĂźt au Bal, masquĂ© sous les traits de la Mort Rouge en allusion Ă  la nouvelle macabre, terrifiante de Poe-), tant l’histoire du FantĂŽme de l’OpĂ©ra, ayant survĂ©cu Ă  son origine littĂ©raire et romanesque, inspire chanteurs, auteurs de sĂ©ries tĂ©lĂ©visuelles, surtout comĂ©dies musicales dont celle signĂ©e Lloyd Webber, dĂ©passe tous les succĂšs l’ayant prĂ©cĂ©dĂ©. GĂ©nie romanesque douĂ© d’une construction astucieuse (Le MystĂšre de la chambre jaune, premier chef d’Ɠuvre de 1908), Leroux dĂ©fie les lois habituelles du genre, aimant principalement fusionner les registres poĂ©tiques : onirique, fantastique, terrifiant, spectaculaire. Avant d’ĂȘtre cinĂ©matographique, son Ă©criture est opĂ©ratique. Consciente des effets visuels et imaginaires qu’elle produit, et gĂ©niale dans sa façon de les amener comme de les agencer. Mais le texte interroge moins les clĂ©s de l’Ă©criture du dramaturge que la fascination exercĂ©e par son sujet, ce que signifie Ă  chaque Ă©poque de rĂ©ception, le choix du thĂšme opĂ©ra et comment la perception et l’esthĂ©tique de Leroux a enrichi considĂ©rablement le mythe…
D’oĂč vient cet attrait pour le roman français ? Ne serait-ce pas plutĂŽt au fond, ses personnages (dignes du trio opĂ©ratique romantique : un tĂ©nor, un baryton mĂ©chant – soit le monstre, et entre les deux, une soprano indĂ©cise ?), ou mieux : son sujet, l’OpĂ©ra, comme lieu et comme genre ?

 

 

 

Le mythe de l’opĂ©ra Ă  travers les avatars du FantĂŽme de l’OpĂ©ra…

FantĂŽmes et mythe de l’OpĂ©ra

 

LEROUX gaston G._LEROUXL’essai prend Ă  bras le corps toutes les pĂ©ripĂ©ties et les avatars nĂ©s depuis le roman de Leroux, engage un questionnement philosophique sur la question de l’opĂ©ra lui-mĂȘme : miroir, emblĂšme, “mĂ©tonymie”, symptĂŽme de la sociĂ©tĂ©, et donc par extension et rĂ©fĂ©rences, “signe” de la civilisation elle-mĂȘme, en particulier celle du XIXĂš, qui a produit le sommet de cette Ă©volution qui fusionne opĂ©ra et sociĂ©tĂ©, le Palais Garnier. Le vaisseau crĂ©Ă© par Garnier (admirateur de ThĂ©ophile Gautier et de Dumas) en 1875, prend son origine au Second Empire, luxueux et dĂ©cadent, et s’impose Ă  l’imaginaire des bons bourgeois de la IIIĂš RĂ©publique, arrogants, prĂ©tentieux, parfaitement parisiens c’est Ă  dire, fastueusement vaniteux. C’est le lieu oĂč on Ă©coute autant qu’il fait s’y faire entendre ; observer autant qu’il faut s’y faire voir… L’escalier monumental suffit Ă  rappeler que ses abords sont d’abord des espaces publics, au caractĂšre mondain et social. En somme si Stendhal a Ă©crit la chronique de l’opĂ©ra aristocratique depuis la Scala (au tout dĂ©but du XIXĂš), Leroux au dĂ©but du siĂšcle (suivant), Ă  l’Ă©poque post industrielle et impressionniste, reconstruit le mythe de l’OpĂ©ra de Paris, qui reste encore la capitale du XIXĂšme siĂšcle et concentre les caractĂšres les plus marquants de la France des Grands Magasins, des Boulevards, des gares, des chemins de fer.
Tout en restituant les nombreuses sources littĂ©raires comme les hommages de Leroux, l’auteur inventorie ce que le roman intĂšgre, n’Ă©cartant pas le contexte des Ɠuvres contemporaines (Zola, Verne…), ni l’analyse objective de sa construction dramatique comme ses personnages : Christine se laisse mĂ©lancoliquement portĂ©e au bras de Raoul dans le dĂ©dale du Palais Garnier, Ă  la fois grotte minĂ©rale et Atlantide en son lac, mais aussi se voit subjuguĂ©e d’abord par le monstre mystĂ©rieux, alors conquĂ©rant sublimĂ©, avant de le considĂ©rer pour ce qu’il est (et pour ce qu’il ambitionne petitement): un petit bourgeois (plutĂŽt qu’un vĂ©ritable hĂ©ros d’opĂ©ra), ayant creusĂ© son appartement cossu, d’un kitsch inepte, pour y sĂ©questrer sa future Ă©pouse : mari Ă©triquĂ© et confort poussiĂ©reux, l’idĂ©al et la figure hĂ©roĂŻque dĂ©moniaque perdent ainsi de leur lustre.
PlutĂŽt qu’un motif, dĂ©cor interchangeable-, l’opĂ©ra atteint grĂące au roman de Leroux, le statut d’un mythe, aux confluents des genres, entre industriel, criminel et fantastique. La Londres du XIXĂš a produit Jack l’Eventreur ; le Paris post hausmannien, celui de Garnier, recueillant le dĂ©cadent Second Empire, et aussi l’idĂ©al rĂ©publicain de la IIIĂš RĂ©publique, engendre un nouveau mĂ©tissage, le terrifiant pathĂ©tique (dans la mouvance d’Elephant man) et du surnaturel artistique : le monstre et la diva composent un duo Ă©clectique, promis Ă  bien des lĂ©gendes et des fantasmagories en sĂ©ries. La performance “monstrueuse” de la cantatrice, comme l’aspect hideux du fou masquĂ©, s’exaltent l’une l’autre.
opera fantome de l opera de gaston leroux 220px-Gaston_Leroux_-_Le_Fantome_de_l'OpĂ©raA travers toutes ses adaptations variĂ©es, c’est le mythe de l’OpĂ©ra, ses connotations fantastiques et dramatiques, tragiques et pathĂ©tiques qui se manifestent sans s’Ă©puiser. ConfrontĂ© au miroir social qu’il suscite, l’opĂ©ra pose clairement la question au centre de l’essai : qui sont les vĂ©ritables monstres et oĂč sont-ils ? ou plutĂŽt s’il y a un monstre donc un mystĂšre, je vais aimer. L’opĂ©ra aprĂšs tout ne serait pas aussi, aimer se faire peur, soit la grand thĂ©Ăątre de l’effroi ? A l’heure des sĂ©ries de plus en plus inventives sur le plan des scĂ©narios (voyez l’excellente Penny Dreadfull, sommet des registres mĂȘlĂ©s mais ici exclusivement britannique : onirisme, romantisme gothique, surnaturel satanique, fantastique et terrifiant spectaculaire oĂč sont mĂȘlĂ©s trĂšs habilement Wilde, Shelley, Frankenstein et le loup garou, jusqu’au Dracula de Stocker), le roman de Leroux s’affirme comme un modĂšle dramatique. En traitant le mythe de l’opĂ©ra, il en exposĂ© toutes les composantes d’attraction.
Porteur d’une interrogation salvatrice, l’opĂ©ra en quĂȘte de lui-mĂȘme, mĂȘme au cƓur de la culture mondialisĂ©e, standardisĂ©e, n’a jamais mieux attirĂ©, cristalisant mĂȘme toutes les attentes dans le genre du spectaculaire et du fantastique. A l’opĂ©ra, j’aime avoir peur (comme au cinĂ©ma) mais avec ce surcroĂźt de rĂ©alitĂ© que diffuse les planches, l’orchestre en fosse, le chef qui s’agite, et les chanteurs qui jouent leur voix sur la scĂšne. A celui dont on disait qu’il Ă©tait un genre Ă©litiste et mort, l’auteur consacre donc une maniĂšre d’hommage, face Ă  son pouvoir inusable, tant de fois dĂ©criĂ© (car soit disant poussiĂ©reux, codifiĂ©, ridicule), mais toujours Ă©tonnamment vivace, captivant. Le roman de Leroux a su saisir l’essence de l’opĂ©ra Ă  travers les Ăąges : son indĂ©fectible pouvoir d’attraction. L’auteur en dĂ©mĂȘle les multiples clĂ©s d’accĂšs et de comprĂ©hension. Lecture indispensable.

CLIC D'OR macaron 200Livres, compte rendu critique. TimothĂ©e Picard : La Civilisation de l’OpĂ©ra (Sur les traces d’un fantĂŽme (Éditions Fayard, fĂ©vrier 2016). EAN13: 9782213681825. 760 pages. Prix indicatif :35 €. CLIC de CLASSIQUENEWS de FĂ©vrier et mars 2016.
Le ThĂ©Ăątre Mogador Ă  Paris reprend Le FantĂŽme de l’OpĂ©ra, version Andrew Lloyd Webber, Ă  partir du 13 octobre 2016 (30Ăšme anniversaire de la crĂ©ation du spectacle, chantĂ© en français). Et dans son livre, l’auteur annonce de nombreuses nouvelles adaptations du FantĂŽme de l’OpĂ©ra de Leroux en sĂ©ries et au cinĂ©ma…

Faust’s Box au TAP de Poitiers

TAP-visuel-660-2016-poitiers-tap1Poitiers, TAP. Le 11 fĂ©vrier 2016, 20h30. Faust in the box / Faust’s Box, crĂ©ation. Nouvel objet sonore en crĂ©ation Ă  Poitiers avec cette production inclassable dans sa forme musicale mais si riche en sens et questionnement que son thĂšme suscite : Faust (dans une boĂźte) interroge la destinĂ©e humaine, le sens d’une vie terrestre. DĂ©sirs comblĂ©s au delĂ  de ses espĂ©rances, le docteur Faust n’espĂšre ni n’aspire Ă  rien. Peut-il encore vivre ? En a t il encore la volontĂ© et le vouloir ? A trop s’ĂȘtre perdu, peut-il se (re)trouver ? C’est tout l’enjeu de la nouvelle production qui met en scĂšne les multiples interrogations de Faust dans sa boĂźte.

Création au TAP de Poitiers

Faust’s Box / Faust in the box

Andrea Liberovici / Ars Nova ensemble instrumental

Faust en création à Poitiers

 

Faust est seul, enfermĂ© dans une boĂźte. Il vient d’ĂȘtre damnĂ© et il est en fuite. Non plus vers un monde extĂ©rieur mais en lui-mĂȘme. Il ne cherche plus rien sinon retrouver sa voix. S’ouvre alors un dialogue entre lui et son ombre. La chanteuse Helga Davis, remarquĂ©e dans la recrĂ©ation de Einstein on the Beach de Philip Glass et Robert Wilson, campe un Faust ni homme ni femme. Un ĂȘtre qui pense et dit Ă  la fois l’horreur et le miracle de la condition humaine. Narrateur, chanteuse et musiciens interprĂštent une partition Ă  la croisĂ©e des esthĂ©tiques, dĂ©multipliant les espaces grĂące Ă  l’électronique et ouvrant la voie Ă  de multiples illusions sonores. Andrea Liberovici signe une Ɠuvre trĂšs originale pour voix, corps, instruments, ombres en mouvement, et crĂ©e un seul et mĂȘme langage, nouveau et profondĂ©ment expressif.

liberovici-andrea-faust-creation-opera-poitiers-presentation-annonce-CLASSIQUENEWS-fevrier-2016FACE AU MIROIRAndrea Liberovici qui a conçu la musique, le texte et la mise en scĂšne du spectacle imagine Faust dans un ultime face Ă  face : lui-mĂȘme et son ombre. C’est face au miroir, le bilan d’une existence en quĂȘte de sens. Le hĂ©ros (la chanteuse Helga Davis) interroge l’enjeu et le but d’une vie terrestre Ă  travers sa propre quĂȘte. C’est un voyage intĂ©rieur et intime qui Ă  travers l’Ă©vocation de son enfance, de l’amour, du pouvoir, de l’argent, rĂ©capitule enjeux et dĂ©sirs, finalitĂ© et moralitĂ© de toute une vie, entre passion, dĂ©sir, ambition. Face au miroir de son Ăąme, que va dĂ©couvrir Faust de lui-mĂȘme ? Le spectacle d’Andrea Liberovici souligne la vacuitĂ© des existences solitaires et dĂ©sespĂ©rĂ©es oĂč le lien humain, la conscience Ă  la Nature font dĂ©faut. La force du spectacle tient Ă  la figure centrale de la chanteuse-Faust, ni homme ni femme ; au concours d’une voix off (celle de Robert Wilson, prĂ©enregistrĂ©e, sorte de “ghost-writer” ou narrateur de l’ombre dont la voix structurante mordante et juste par la pertinence des propos, organise l’action et lui apporte sa continuitĂ© dramaturgique). Avec l’apport de l’Ă©lectronique, la rĂ©alisation visuelle produit de superbes illusions sonores. Les 7 instrumentistes se fondent dans une rĂ©flexion vivante d’une tension irrĂ©sistible. Car le thĂ©Ăątre de Liberovici nous parle Ă  travers Faust du chemin qui s’offre Ă  chacun de nous. Faust, c’est nous.

Le spectacle est repris à Paris, Philharmonie, le 17 septembre 2016 ; puis du 29 nomvebre au 4 décembre 2016, au Teatro Stabile de GÚnes (Italie)

 

 

boutonreservationPoitiers, TAP. Le 11 fĂ©vrier 2016, 20h30. Faust in the box / Faust’s Box, crĂ©ation
Placement libre / Création
Andrea Liberovici, musique, texte et mise en scĂšne
Helga Davis, chant
Philippe Nahon, direction
Ars Nova ensemble instrumental (7 musiciens)
Robert Wilson, narrateur de l’ombre
Controluce – Teatro d’ombre, ombres en vidĂ©o

Autour de Faust au TAP de Poitiers

Dialogue des plateaux : Faust, une légende allemande de Murnau, dim 14 fév 11h

Pourquoi les chefs d’orchestre mĂšnent-ils tout le monde Ă  la baguette ? avec François Martel, jeu 11 fĂ©v 18h30

Une question existentielle Ă  laquelle tentera de rĂ©pondre par trois fois au cours de la saison un comĂ©dien ou metteur en scĂšne avec la complicitĂ© d’un musicien ou chef d’orchestre. Ce duo s’interrogera sur une oeuvre du rĂ©pertoire, un air connu ou un compositeur cĂ©lĂšbre, il nous ouvrira avec humour et espiĂšglerie les portes de la musique classique et contemporaine. Des « non-confĂ©rences », Ă©laborĂ©es avec nos trois orchestres associĂ©s, Ă  dĂ©guster au bar de l’auditorium.
jeudi 11 février 18h30
La rĂ©ponse de François Martel, comĂ©dien, avec la complicitĂ© d’Alain Tresallet, altiste d’Ars Nova ensemble instrumental.
En lien avec Faust in the box

 

faust-andrea-liberovici-creation-poitiers-classiquenews-fevrier-2016

 

CrĂ©ation Ă  Poitiers. Faust’s Box / Faust in the box

TAP-visuel-660-2016-poitiers-tap1Poitiers, TAP. Le 11 fĂ©vrier 2016, 20h30. Faust in the box, crĂ©ation. Nouvel objet sonore en crĂ©ation Ă  Poitiers avec cette production inclassable dans sa forme musicale mais si riche en sens et questionnement que son thĂšme suscite : Faust (dans une boĂźte) interroge la destinĂ©e humaine, le sens d’une vie terrestre. DĂ©sirs comblĂ©s au delĂ  de ses espĂ©rances, le docteur Faust n’espĂšre ni n’aspire Ă  rien. Peut-il encore vivre ? En a t il encore la volontĂ© et le vouloir ? A trop s’ĂȘtre perdu, peut-il se (re)trouver ? C’est tout l’enjeu de la nouvelle production qui met en scĂšne les multiples interrogations de Faust dans sa boĂźte.

Création au TAP de Poitiers

Faust’s Box / Faust in the box

Andrea Liberovici / Ars Nova ensemble instrumental

Faust en création à Poitiers

 

Faust est seul, enfermĂ© dans une boĂźte. Il vient d’ĂȘtre damnĂ© et il est en fuite. Non plus vers un monde extĂ©rieur mais en lui-mĂȘme. Il ne cherche plus rien sinon retrouver sa voix. S’ouvre alors un dialogue entre lui et son ombre. La chanteuse Helga Davis, remarquĂ©e dans la recrĂ©ation de Einstein on the Beach de Philip Glass et Robert Wilson, campe un Faust ni homme ni femme. Un ĂȘtre qui pense et dit Ă  la fois l’horreur et le miracle de la condition humaine. Narrateur, chanteuse et musiciens interprĂštent une partition Ă  la croisĂ©e des esthĂ©tiques, dĂ©multipliant les espaces grĂące Ă  l’électronique et ouvrant la voie Ă  de multiples illusions sonores. Andrea Liberovici signe une Ɠuvre trĂšs originale pour voix, corps, instruments, ombres en mouvement, et crĂ©e un seul et mĂȘme langage, nouveau et profondĂ©ment expressif.

liberovici-andrea-faust-creation-opera-poitiers-presentation-annonce-CLASSIQUENEWS-fevrier-2016FACE AU MIROIRAndrea Liberovici qui a conçu la musique, le texte et la mise en scĂšne du spectacle imagine Faust dans un ultime face Ă  face : lui-mĂȘme et son ombre. C’est face au miroir, le bilan d’une existence en quĂȘte de sens. Le hĂ©ros (la chanteuse Helga Davis) interroge l’enjeu et le but d’une vie terrestre Ă  travers sa propre quĂȘte. C’est un voyage intĂ©rieur et intime qui Ă  travers l’Ă©vocation de son enfance, de l’amour, du pouvoir, de l’argent, rĂ©capitule enjeux et dĂ©sirs, finalitĂ© et moralitĂ© de toute une vie, entre passion, dĂ©sir, ambition. Face au miroir de son Ăąme, que va dĂ©couvrir Faust de lui-mĂȘme ? Le spectacle d’Andrea Liberovici souligne la vacuitĂ© des existences solitaires et dĂ©sespĂ©rĂ©es oĂč le lien humain, la conscience Ă  la Nature font dĂ©faut. La force du spectacle tient Ă  la figure centrale de la chanteuse-Faust, ni homme ni femme ; au concours d’une voix off (celle de Robert Wilson, prĂ©enregistrĂ©e, sorte de “ghost-writer” ou narrateur de l’ombre dont la voix structurante mordante et juste par la pertinence des propos, organise l’action et lui apporte sa continuitĂ© dramaturgique). Avec l’apport de l’Ă©lectronique, la rĂ©alisation visuelle produit de superbes illusions sonores. Les 7 instrumentistes se fondent dans une rĂ©flexion vivante d’une tension irrĂ©sistible. Car le thĂ©Ăątre de Liberovici nous parle Ă  travers Faust du chemin qui s’offre Ă  chacun de nous. Faust, c’est nous.

Le spectacle est repris à Paris, Philharmonie, le 17 septembre 2016 ; puis du 29 nomvebre au 4 décembre 2016, au Teatro Stabile de GÚnes (Italie)

 

 

boutonreservationPoitiers, TAP. Le 11 février 2016, 20h30. Faust in the box, création
Placement libre
Création
Andrea Liberovici, musique, texte et mise en scĂšne
Helga Davis, chant
Philippe Nahon, direction
Ars Nova ensemble instrumental (7 musiciens)
Robert Wilson, narrateur de l’ombre
Controluce – Teatro d’ombre, ombres en vidĂ©o

Autour de Faust au TAP de Poitiers

Dialogue des plateaux : Faust, une légende allemande de Murnau, dim 14 fév 11h

Pourquoi les chefs d’orchestre mĂšnent-ils tout le monde Ă  la baguette ? avec François Martel, jeu 11 fĂ©v 18h30

Une question existentielle Ă  laquelle tentera de rĂ©pondre par trois fois au cours de la saison un comĂ©dien ou metteur en scĂšne avec la complicitĂ© d’un musicien ou chef d’orchestre. Ce duo s’interrogera sur une oeuvre du rĂ©pertoire, un air connu ou un compositeur cĂ©lĂšbre, il nous ouvrira avec humour et espiĂšglerie les portes de la musique classique et contemporaine. Des « non-confĂ©rences », Ă©laborĂ©es avec nos trois orchestres associĂ©s, Ă  dĂ©guster au bar de l’auditorium.
jeudi 11 février 18h30
La rĂ©ponse de François Martel, comĂ©dien, avec la complicitĂ© d’Alain Tresallet, altiste d’Ars Nova ensemble instrumental.
En lien avec Faust in the box

 

faust-andrea-liberovici-creation-poitiers-classiquenews-fevrier-2016

 

Nouvel Alcina Ă  GenĂšve

Haendel handel oratorio opera baroqueGenĂšve, Gd ThĂ©Ăątre.Haendel : Alcina. 15-29 fĂ©vrier 2016. Le Grand ThĂ©Ăątre de GenĂšve (en rĂ©alitĂ© le cadre intimiste du thĂ©Ăątre de bois de l’OpĂ©ra des Nations) accueille une nouvelle production d’Alcina de Haendel, chef d’oeuvre absolu inspirĂ© de la poĂ©sie noire et tragique de L’Arioste, oĂč la passion amoureuse conduit chevaliers et magiciennes aux bords de la folie solitaire, destructrice. Chacun ici fait l’expĂ©rience de l’impuissance, mĂȘme l’enchanteresse Alcina qui malgrĂ© ses pouvoirs, n’est pas la souveraine manipulatrice que l’on pourrait croire : son empire est celui de l’artifice et de l’illusion et gare au moment oĂč en un Ă©clair de pleine conscience, les masques tombent et la magicienne mesure la rĂ©alitĂ© dĂ©risoire de son pouvoir. Avant les Armide et les MĂ©dĂ©e de la pĂ©riode des LumiĂšres et des Romantiques, Haendel s’intĂ©resse au personnage central d’Alcina dont il fait une figure de femme surtout humaine, troublante, attachante, et formidablement dĂ©chirante. Peu Ă  peu, la magicienne humanisĂ©, sombre dans le noir de l’amertume, la rancoeur sourde d’une Ăąme blessĂ©e, dĂ©truite, dĂ©vastĂ©e. Car Renaud qu’elle aime et qu’elle a ensorcelĂ© pour qu’il l’aime en retour, en reprenant ses esprits (grĂące Ă  ses amis chevaliers et Ă  sa premiĂšre compagne venue le recherche : Bradamante), comprend qu’il a Ă©tĂ© trompĂ© ; il n’aime pas Alcina et le lui fait savoir sans mĂ©nagement. Terrible et effrayant, l’abĂźme qui se prĂ©sente alors Ă  la souveraine impuissante. Qui n’a pas su se faire aimer pour elle mĂȘme. Qui se fait aimer par magie. Mais pour si peu de temps. Les airs d’Alcina sont d’une effrayante et captivante vĂ©ritĂ© : ils mettent peu Ă  peu Ă  nu, l’Ăąme dĂ©chirĂ©e et soumise de la magicienne. Remarquable de subtile effusion, d’une vĂ©ritĂ© inouĂŻe Ă  son Ă©poque, l’Ă©criture de Haendel, en vĂ©ritable mĂ©decin des Ăąmes, grand connaisseur du sentiment humain, Ă©blouit par l’Ă©lĂ©gance d’une action fantastique qui se montre cruellement humaine.

 

 

 

boutonreservationGenÚve, Opéra des Nations
Haendel : Alcina 8 représentations
Les 15,17,19,21, 23, 25,27 et 29 février 2016
Nouvelle production
Leonardo Garcia Alarcon, direction
David Bösch, mise en scÚne
Avec Nicole Cabell, Monica Bacelli, Siobhan Stagg, Kristina Hammarström, Michael Adams… L’OpĂ©ra des Nations
La Cappella Mediterranea (continuo)

Dramma per musica en 3 actes de Georg Friedrich Haendel.‹Livret anonyme d’aprĂšs celui d’Antonio Fanzaglia pour l’opĂ©ra L’Isola d’Alcina de Riccardo Broschi, lui-mĂȘme inspirĂ© de l’Orlando furioso de L’Arioste.‹CrĂ©Ă© le 16 avril 1735 Ă  Londres, au Covent Garden Theatre.

ChantĂ© en italien avec surtitres en anglais et français ‹Billets de Fr. 44.- Ă  Fr. 199.- / Location dĂšs le 31 aoĂ»t 2015 Ă  10h

 

 

ConfĂ©rence de prĂ©sentation de l’opĂ©ra Alcina
Mercredi 10 fĂ©vrier 2016, 18h15 au ThĂ©Ăątre de l’EspĂ©rance
Diffusion sur Espace 2, samedi 2 avril 2016, 20h.

 

 

 

CD, compte rendu critique. Rossini ! Olga Peretyatko, soprano. 1 cd Sony classical

Olga Peretyatko Rossini Alberto Zedda Sony Classical CD Arias and ScenesCD, compte rendu critique. Rossini ! Olga Peretyatko, soprano. 1 cd Sony classical. On voudrait croire Ă  la magie vocale, le charisme de la soprano russe nĂ©e en 1980 Ă  Saint-PĂ©tersbourg, Olga Peretyatko (Ă©pouse Ă  la ville du chef Michele Mariotti, – depuis 2012), et qui connaĂźt depuis ces 3 derniĂšres annĂ©es, une exposition fulgurante sur la scĂšne lyrique internationale. La couverture de ce nouveau disque la met en scĂšne en nymphe lolita Ă  l’italienne, style vita Ă  la romana, dans un style rĂ©tro fifties
  L’image marketing joue Ă  fond : on comprend que les producteurs de chez Sony classical « dĂ©veloppe » l’artiste en la positionnant comme l’exacte petite soeur d’Anna Netrebko, dont pourtant « la Peretyatko » ne partage ni le timbre blessĂ© ni le mĂ©dium charnu et dĂ©licieusement sensuel. Car tout ici est une question de format : si la soprano sĂ©duit par la beautĂ© Ă  la fois ronde et perçante du timbre, ses limites dans les aigus sont vite atteintes et dĂ©voilĂ©es, comme cĂŽtĂ© style et caractĂšre, la couleur de la voix convient mieux aux hĂ©roĂŻnes alanguies qu’aux piquantes facĂ©tieuses (Il Viaggio a Reims, surtout Rosina du Barbier).  Sa Traviata diffusĂ©e sur Arte rĂ©cemment avait de fait affirmĂ© ses talents de tragĂ©dienne verdienne
 mais dans une palette d’expressions assez rĂ©duite et dans une tessiture serrĂ©e.

depuis leur coopĂ©ration Ă  Pesaro en 2006, la diva suit les conseils du chef Zedda
 

Olga Peretyatko est-elle une rossinienne d’exception ?

Pour autant, chanter Rossini, indique un dĂ©placement complet du curseur expressif et stylisique, vers ce premier XIXĂšme siĂšcle, c’est Ă  dire aux origines du romantisme italien d’avant Bellini, et qui nĂ©cessite de vraies dispositions belcantistes. D’autant que la soprano a choisi pour ce 3Ăšme album Sony, un programme magnifiquement accompagnĂ©e, ciselĂ© par un spĂ©cialiste du rĂ©pertoire, Alberto Zedda (partenaire de la diva depuis 2006, l’annĂ©e de leur rencontre au festival Rossini de Pesaro) dont on se dĂ©lecte de la subtilitĂ© du trait, de la vivacitĂ© des accents, de l’euphorie gĂ©nĂ©rale d’une baguette qui sait articuler, respirer, taquiner
 L’agilitĂ©, la prĂ©cision quasi mĂ©canique des vocalises, le style surtout positionnĂ© beau chant (bel canto) exige un talent de diseuse dotĂ© de souffle et de finesse. Le programme se dĂ©roule en deux parties, indiquant les deux veines poĂ©tiques rossiniennes : la pure agilitĂ© ouvre le bal (deux airs de Folleville et de Corinne du Voyage Ă  Reims), une priĂšre extatique hĂ©roĂŻque (Matilde de Shabran
 qui depuis des dĂ©cades fait le tremplin jusqu’aux Ă©toiles d’une certaine Edita Gruberova), puis les seria Tancredi et Semiramide (le fameux Bel raggio lusinghier adaptĂ© pour la voix lĂ©gĂšre d’Isabella Colbran) ; enfin en seconde et derniĂšre section, deux airs comiques, ou deux standards rossiniens : alliant virtuositĂ© et expressivitĂ© : Una voce poco fa – version soprano-, du barbier de SĂ©ville et L’infelice, che opprime sentira du Turc en Italie. Le rĂ©cital est consistant. Est-il pour autant idĂ©alement convaincant ?

Le timbre est beau, la technique sĂ»re (ceux d’une lyrique colorature), mais
. le format rĂ©duit et les aigus vite courts, en particulier dans les deux airs les plus exigeants : Matilde de Shabran et Semiramide. Reste Rosina : question de couleur et de caractĂšre, l’abattage et l’intonation exacte lui manquent : pas assez de mordant, de facĂ©tie, et l’italien manque parfois de tenue comme d’exactitude. MĂȘme sa Fiorilla du Turc en Italie – autre femme Ă©mancipĂ©e, libertaire Ă  la facĂ©tie grave et profonde, manque singuliĂšrement de trouble, de subtilitĂ©. Le programme suit exactement les emplois que le chef Zedda a confiĂ© depuis leur premiĂšre coopĂ©ration Ă  Pesaro Ă  la cantatrice : Folleville et Corinna, Matilde, Amenaide, Semiramide, Rosina et Fiorilla


C’est donc un programme en demi teintes avec l’impression, en guise de conclusion que la soprano a ciblĂ© trop grand, trop haut dans ce rĂ©cital surdimensionnĂ© pour ses rĂ©elles aptitudes. La palette de nuances expressives n’offre pas assez de richesse Ă©motionnelle, d’ambivalence vertigineuse aux rĂŽles que Rossini a Ă©crit pourtant dans une dĂ©concertante subtilitĂ© de tons et d’intonation.

Quoiqu’il en soit, Rossinienne, « la Peretyatko l’est bel et bien : sur la scĂšne milanaise en juillet (Scala de Milan), oĂč elle vient de chanter (4-24 juillet) Desdemona dans Otello, aux cĂŽtĂ©s de Juan Diego Florez, un rĂŽle dĂ©jĂ  abordĂ© Ă  Pesaro dĂšs 2007. Le disque mettrait-il l’accent sur ses vraies possibilitĂ©s ?

CD, compte rendu critique. Rossini ! Olga Peretyatko, soprano. 1 cd Sony classical 8887057412.

CD, annonce. TURANDOT nouvelle avec le Calaf d’Andrea Bocelli (Decca, à paraütre le 31 juillet 2015)

TURANDOT-puccini-zubin-mehta-500-cd-decca-andrea-bocelli-CD, annonce. TURANDOT nouvelle avec le Calaf d’Andrea Bocelli. AnnoncĂ© le 31 juillet 2015, un nouveau coffret Decca met Ă  l’honneur le Calaf du tĂ©nor Andrea Bocelli (nĂ© en 1958) : voix franche, Ă©mission directe et musicalement assurĂ©e, le prince futur Ă©poux de la princesse frigide Turandot gagne ici aprĂšs les Pavarotti, Carreras, Domingo, un ardent interprĂšte soucieux d’exprimer la vaillance de celui qui au mĂ©pris des risques encourus, dĂ©mĂȘle les 3 Ă©nigmes Ă©noncĂ©es par la fille de l’Empereur de Chine
 InspirĂ© de Gozzi (Turandot, 1761), et enregistrĂ© dans la Valence ibĂ©rique, l’opĂ©ra de Puccini, laissĂ© inachevĂ© en 1924 par le compositeur italien, semble une Ă©nergie narrative intacte grĂące Ă  l’instinct Ă©lectrique et fiĂ©vreux du chef requis pour conduire les troupes impressionnantes de la fresque orientale (Zubin Mehta, familier de la partition pour l’avoir entre autres dirigĂ©e Ă  PĂ©kin, Ă  la CitĂ© Interdite dans une production spectaculaire et fĂ©Ă©rique), d’autant que l’ouvrage Ă  la fois fĂ©Ă©rie sentimentale et fresque grandiose, mĂȘlant sentimental et terrifiant, nĂ©cessite un orchestre colossal et des choeurs au format hollywoodien. Face Ă  Andrea Bocelli, la soprano amĂ©ricaine Jennifer Wilson, campe une femme dĂ©jĂ  mĂ»re mais vierge, aux aigus tranchants qui cependant sait inflĂ©chir sa duretĂ© primitive et rĂ©pondre Ă  l’amour pur d’un Calaf compatissant… a presque 60 ans, le tĂ©nor Bocelli dĂ©montre qu’il peut tout chanter avec un aplomb et une musicalitĂ© toujours prĂȘts Ă  en dĂ©coudre. Prochaine critique dĂ©veloppĂ©e dans le mag cd, dvd, livres de classiquenews.com

 

CD, annonce. Une nouvelle TURANDOT avec le Calaf d’Andrea Bocelli. AnnoncĂ© le 31 juillet 2015. 2 cd Decca.

Brahms – Symphonie n°3 (partition interactive pour PIANO)

IcĂŽne_1024x1024_BrahmsBrahms – Symphonie n°3 opus 90 (partition interactive pour PIANO)  : la partition interactive pour piano. Qui n’a jamais rĂȘvĂ© de jouer la fameuse mĂ©lodie du mouvement lent de la Symphonie n°3 que Johannes Brahms composa Ă  l’Ă©tĂ© 1883 Ă  Wiesbaden ? … L’Andante est une sĂ©quence exceptionnellement tendre et sereine en ut majeur (originellement jouĂ©e par les bois)… la puretĂ© Ă©lĂ©giaque de son motif associĂ© aux autres mouvements a assurĂ© Ă  Brahms une gloire immĂ©diate dĂšs sa crĂ©ation Ă  Vienne, le 2 dĂ©cembre 1883 (sous la direction du chef Hans Richter). PrĂ©sentation vidĂ©o de l’application proposĂ©e par Tombooks : sur le pupitre du piano, la partition dĂ©file sur la tablette rendant claires et confortables, les conditions du jeu… jouer avec l’orchestre apporte une stimulation mais aussi un enrichissement dans l’apprentissage voire l’interprĂ©tation du morceau.

bouton partition

 

 
 

 

 
 

 

Niveau de difficulté : progressif
Type de partition : sans accompagnement
Prix de la partition : 4,99 euros

DĂ©mo vidĂ©o de l’adaptation de la Symphonie n°3 de Brahms, second mouvement (andante) par le pianiste Mauro lo Conte – Arrangement de Guy-François Leuenberger. 14 niveaux de difficultĂ©.

Brahms : Symphonie n°3 en fa majeur
Partition pour piano seul

 

DVD. Mozart : Don Giovanni. Schrott, Netrebko, Castronovo
 (Engelbrock, Baden Baden mai 2013, 2 dvd Sony classical)

Mozart Don Giovanni Baden Baden Netrebko Schrott 88843040109DVD compte rendu critique.  Mozart : Don Giovanni. Schrott, Netrebko, Castronovo
 (Engelbrock, Baden Baden mai 2013, 2 dvd Sony classical). Dans la mise en scĂšne intelligente et moderniste de Philipp Himmelmann, ce Don Giovanni captĂ© live en mai 2013 auFestival de Baden Baden dĂ©voile plusieurs attraits non nĂ©gligeables ; l’orchestre sur instruments d’époque d’abord de Thomas Engelbrock sevrant avec une fine caractĂ©risation chaque climat de la partition de Mozart dont on rĂ©Ă©coute avec beaucoup d’intĂ©rĂȘt chaque trouvaille et trait gĂ©nial. La sonoritĂ© sĂ©duisante (cordes Ă  l’unisson), l’équilibre caractĂ©risĂ© des pupitres s’entend dĂšs l’ouverture Ă  la belle Ă©nergie, nerveuse et d’une gravitas prenante.  Ensuite le cast fournit un autre argument : ex Ă©poux Ă  la ville, Anna Netrebko – star Ă  Baden Baden et depuis longtemps comme Ă  Salzbourg, tĂȘte d’affiche rĂ©guliĂšre, qui retrouve ainsi le baryton uruguayen Erwin Schrott. Les deux convainquent absolument chacun dans leur emploi : en nuisette rose, Anna, ardente, habitĂ©e, vraie nature tragique, cisĂšle chaque couleur de chaque situation comme si elle jouait sa vie, avec petites limites cependant, une attention pas toujours aussi raffinĂ©e Ă  l’articulation du verbe, et parfois comme on l’a vu rĂ©cemment dans un Strauss risquĂ©, une ligne en perte de justesse. Mais par ailleurs quelle intensitĂ© sensible ! Sorte de maffieux Ă  la lame facile, Erwin Schrott animal cynique et sĂ©ducteur faussement amusĂ©, semble agir comme un fĂ©lin calculateur, tirant profit de tout : l’aisance du jeu scĂ©nique et vocal sĂ©duisent. A leurs cĂŽtĂ©s, le Leporello de Pisaroni s’emballe et trĂ©pigne comme une vraie nature dramatique, sans forcer : idem pour l’Ottavio de Castronovo, toujours Ă©gal et naturellement ardent : il incarne cet embrasement progressif que le fiancĂ© de Anna Ă©prouve avec son aimĂ©e aux cĂŽtĂ©s du provocateur infĂąme… Moins convaincante Ă  force d’hystĂ©rie dans le jeu, l’Elvire de Ernman (le maillon faible de la distribution avec la Zerlina sans charme
).

Baden Baden a le chic de réunir un plateau digne de Salzbourg. Ne réfrénons donc pas notre plaisir face à cette production trÚs séduisante.

 

 

 

erwin schrott don giovanni mozart baden baden 2013 1

 

 

Mozart : Don Giovanni. Erwin Schrott, Anna Netrebko, Charles Castronovo, Malena Ernman, Luca Pisaroni, Balthasar-Neumann-Chor & Ensemble. Thomas Hengelbrock, direction. 2 dvd Sony classical 88843040109. Festival de Baden Baden, live de mai 2013. Illustration : Erwin Schrott (DR)

 

 

 

Paris, TCE, le 31 octobre 2014. Milos, guitare. Rodrigo: Concerto d’Aranjuez

milos guitare milos karadaglicParis, TCE, le 31 octobre 2014. Milos, guitare. Rodrigo: Concerto d’Aranjuez. Fin de mois ibĂ©rique et romantique pour l’Orchestre de chambre de Paris qui sous le titre d’un programme intitulĂ© « soirĂ©e Ă  Madrid » invite le guitariste Milos dans un classique du rĂ©pertoire symphonique pour guitare, le cĂ©lĂ©brissime concerto d’Aranjuez de Rodrigo, composĂ© en 1939 au cours de la derniĂšre annĂ©e de son sĂ©jour Ă  Paris et pendant la Guerre civile.

 

Programme espagnol. SurnommĂ© le « Mozart espagnol », Juan CrisĂłstomo de Arriaga compose son unique opĂ©ra, Los esclavos felices, Ă  l’ñge de 15 ans
 PrĂ©coce, le musicien meurt Ă  20 ans.  Il incarne un style virtuose, parfois fulgurant au diapason d’une vie fauchĂ©e avant l’ñge mĂ»r. Tout comme Arriaga, Manuel de Falla, un siĂšcle plus tard, Ă©tudie Ă  Paris. D’une saveur piquante, Le Magistrat et la MeuniĂšre est une premiĂšre Ă©bauche qui deviendra par la suite Le Tricorne ; c’est un mimodrame, rarement donnĂ© comme ce soir dans la version originale, pour petit ensemble. Il en va diffĂ©remment du Concerto d’Aranjuez, la piĂšce la plus cĂ©lĂšbre de Joaquin Rodrigo (1901-1999), interprĂ©tĂ©e par le guitariste nĂ© en 1983 au Montenegro, MiloĆĄ Karadaglić ou tout simplement « Milos », son nom de scĂšne dĂ©sormais : ses rĂ©fĂ©rences aux danses populaires (en particulier dans le finale – Allegro gentile-, la danse de cour associĂ©es aux rythmes ternaires
) tentent d’effacer les horreurs de la guerre civile qui dĂ©chire alors l’Espagne.

Un nouveau poĂšte de la guitare : Milos

Milos_Karadaglic_(c)_Lars_BorgesMilos a depuis son enfance une affection particuliĂšre pour le folklore et le spleen ibĂ©rique : Ă  8 ans,  il a un choc en Ă©coutant Asturias d’AlbĂ©niz (par Segovia) que lui fait dĂ©couvrir son pĂšre. ElĂšve Ă  Londres (Royal Academy of Music) de Michael Lewin, l’adolescent Milos apprend son mĂ©tier en Ă©coutant aussi le guitariste classique Julian Bream. Le jeune Milos adapte pour la guitare plusieurs piĂšces de Granados, originellement Ă©crites pour le piano. ll s’agit d’élargir le rĂ©pertoire comme approfondir la musique espagnole. Dans son premier album discographique Ă©ditĂ© chez Deutsche Grammophon « Mediterraneo » (juin 2011), Milos enregistre le cƓur du rĂ©pertoire espagnol romantique : autour d’Albeniz, Granados, TĂĄrrega, mais aussi Carlo Domeniconi
 RĂ©cemment Milos a travaillĂ© avec le compositeur Andrew Lloyd Weber pour le thĂšme principal de la comĂ©die musicale «  Theme from Stephen Ward »  En multipliant les rencontres et les formes musicales, le guitariste enrichit une expĂ©rience dĂ©jĂ  riche dans l’univers de la guitare classique.  Le MontĂ©nĂ©grin veut rendre accessible la guitare au plus grand nombre : son charme et sa constance relĂšvent aujourd’hui ce dĂ©fi. Milos connaĂźt d’autant mieux le Concerto d’Aranjuez de Rodrigo qu’il l’a enregistrĂ© (avec d’autres piĂšces du compositeur dont InvocaciĂłn y danza, Fantasia para un gentilhombre
)  sous la direction de Yannick NĂ©zet SĂ©guin.

Le concerto d’Aranjuez de Rodrigo Ă©crit Ă  Paris alors que l’Espagne s’entredĂ©chire pendant la Guerre Civile (1939) est le premier de ses 5 Concertos pour guitare. On y relĂšve l’influence des maĂźtres anciens Domenico Scarlatti, Padre Soler. Le titre renvoie au jardins (enchanteurs) du palais royal d’Aranjuez, Ă©difiĂ© pour Felipe II. C’est une partition panthĂ©iste, un hymne au miracle de la nature oĂč s’expriment directement les merveilles du jardin cĂ©lĂ©brĂ© : chant des oiseaux, ruissellement des fontaines multiples, jusqu’au parfum des magnolias en fleurs
 un Eden terrestre en temps de guerre. Au temps de la barbarie, le compositeur affirme a contrario le miracle atemporel et Ă©blouissant des fleurs et des oiseaux
 Le second mouvement (Adagio oĂč dialoguent la guitare avec les bois et les cuivres : cor anglais, basson, hautbois, cor d’harmonie
), le plus introspectif, entre sĂ©rĂ©nitĂ© et tristesse pudique n’est pas inspirĂ© des victimes du bombardement de Guernica survenu en 1937 (comme on le dit trĂšs souvent), mais de la lune de miel du compositeur avec sa femme Victoria.

Soirée à Madrid
Paris, vendredi 31 octobre 2014
Théùtre des Champs-Eysées, 20h

Orchestre de chambre de Paris
Roberto Forés Veses, direction
Miloơ Karadaglić, guitare

Programme

Arriaga : Les Esclaves heureux, ouverture
Rodrigo : Concerto d’Aranjuez, pour guitare et orchestre
De Falla : Le Magistrat et la MeuniĂšre

Rappel : critique du cd Latino de Milos par Elvire James, juin 2012

Milos, le nouveau poĂšte guitariste. En roi du tango et des mĂ©lodies populaires les plus nobles qui parlent au coeur immĂ©diatement, Carlos Gardel dont Por una cabeza Ă©crit en 1935, l’annĂ©e de sa mort, paraĂźt ici d’une suavitĂ© souveraine, lĂ©gĂšre, badine Ă  laquelle Milos apporte une distinction pudique. MĂȘme entrain pour cet autre tango trĂšs connu, La Cumparsita de l’uruguayen Gerardo Matos Rodriguez, composĂ©e en 1917: Milos souligne avec un sens des nuances personnel, le dĂ©sĂ©quilibre et les vertiges d’un air ciselĂ© entre nostalgie et tendresse
 LIRE la critique complĂšte du cd Latino par Milos (Villa-Lobos, Piazzolla, Gardel, …)

LIRE aussi la critique du cd Mediterraneo par Milos (Albeniz, Tarreaga, Granados
 )

Venezuela : les 39 ans du Sistema

FĂ©vrier 2014 Ă  Caracas, VĂ©nĂ©zuela : les 39 ans du SistemaNotre musique constitue un langage universel de paix” (Gustavo Dudamel). Concerts commĂ©moratifs pour le 39Ăšme anniversaire du Sistema fondĂ© par JosĂ© Antonio Abreu. En fĂ©vrier 2014, le VĂ©nĂ©zuela vit l’un de ses plus importants Ă©vĂ©nements artistiques de l’annĂ©e : cette semaine Ă  Caracas, le Sistema cĂ©lĂšbre son 39Ăšme anniversaire sous la baguette, toujours enflammĂ©e de Gustavo Dudamel, son fils le plus mĂ©diatisĂ© Ă  l’Ă©chelle planĂ©taire, qui dirigera quatre des grandes formation liĂ©s au Sistema, l’Orquesta SinfĂłnica SimĂłn BolĂ­var de Venezuela, la SinfĂłnica Juvenil de Lara, le ChƓur SinfĂłnico Juvenil de Lara et la SinfĂłnica Nacional Infantil de Venezuela.

La musique classique et l’expĂ©rience de l’orchestre seraient-elle des modĂšles d’intĂ©gration sociale? Le Sistema a Ă©tĂ© fondĂ© en 1975 par le maestro vĂ©nĂ©zuĂ©lien JosĂ© Antonio Abreu avec l’objectif de proposer un nouvel apprentissage Ă  la fois collectif et individuel de la musique aux plus dĂ©munis, Ă  travers les orchestres symphoniques et les chƓurs dans tout le pays. Son objectif est d’aider la jeunesse en l’accompagnant Ă  trouver sa voie personnelle et sa place dans la sociĂ©tĂ© selon une vision humaniste. Apprentissage et discipline, Ă©ducation, expĂ©rience de l’orchestre comme excellente formation au groupe, le parcours de chaque Ă©lĂšve instrumentiste est un moyen trĂšs efficace pour  son accomplissement.  Depuis ses dĂ©buts (et Ă  travers ses nombreux rĂ©sultats plutĂŽt convaincants), le Sistema est devenu un modĂšle pĂ©dagogique, artistique et social, qui a obtenu une reconnaissance internationale : c’est sans doute le plus rĂ©ussi de l’histoire du Venezuela et mĂȘme de l’AmĂ©rique du Sud.

 

 

Les 39 ans du Sistema Ă  Caracas

Tchaikovski pour célébrer les 39 ans du Sistema

 

 

Tchaikovsky est le compositeur mis Ă  l’honneur pour le 39Ăšme anniversaire du Sistema, une grande partie de son Ɠuvre symphonique sera donnĂ©e, comme une folle semaine russe Ă  Caracas. Gustavo Dudamel, Christian VĂĄsquez, Dietrich Paredes, les fleurons du Sistema dirigeront les plus importantes formations du pays.

A l’heure oĂč le manque de stratĂ©gie sociale et culturelle est la monnaie courante de beaucoup de pays, oĂč mĂȘme l’Europe fer de lance de l’histoire musicale depuis la polyphonie mĂ©diĂ©vale, ne dĂ©veloppe pas de projet similaire au Sistema pour sa jeunesse en perte de valeurs et de rĂ©fĂ©rences, il est gratifiant de suivre au Venezuela toute une gĂ©nĂ©ration de jeunes musiciens, de les voir grandir grĂące Ă  la force constructrice de l’art.

 

 

abreu-sistema-570

 

 

 

 

 

José Antonio Abreu et de jeunes instrumentistes élÚves du Sistema (DR)

 

 

agenda des célébrations du 39Úme anniversaire du Sistema au Vénézuéla

 

Sala Simon Bolivar, Centro nacional de Accion Social por la Musica
Caracas Venezuela
Concert gratuit des 39 ans du Sistema : Dimanche 16 février 2014
Symphonies n°1, 6 de Tchaikovsky
Orquesta Sinfonica Simon Bolivar de Venezuela
Gustavo Dudamel, direction

Los Angeles, Walt Disney Concert Hall
Le 21 février, 20h
Festival Tchaikovsky
Orquesta Sinfonica Simon Bolivar de Venezuela
Gustavo Dudamel, direction
Concerto pour violon (soliste : Alina Pogostkina, violon)
Symphonie n°2 ” Petite Russie “

 

+ d’infos : sur le site officiel du Sistema Ă  Caracas
Voir aussi le calendrier de tous les concerts commémoratifs des 39 ans du Sistema

 

080, huit zéro huit : le conseil hi-fi hors normes

080_home_hi-fi_290-367HI-FI. 080 : un regard avisĂ© sur le marchĂ©. Le conseil et la sĂ©lection d’ un spĂ©cialiste font souvent la diffĂ©rence. Ils savent mettre en confiance… ce que propose aujourd’hui 080 (zĂ©ro huit zĂ©ro). Le marchĂ© de la hi-fi semble parfois inondĂ© par une multitude de produits, certes de grande qualitĂ©, et par un grand nombre de magasins. Comment dĂ©celer la perle rare, le systĂšme qui Ă©pousera votre salon sans suivre aveuglement les nombreux conseils qui aboutissent, parfois, Ă  un achat coĂ»teux et impersonnel. Nous sommes ici persuadĂ©s que la rencontre avec un vendeur, de surcroĂźt passionnĂ©, aux choix personnels, assumĂ©s, est dĂ©terminant. Pour tout mĂ©lomane dĂ©sireux d’un peu d’intimitĂ© dans un local appropriĂ© Ă  l’Ă©coute et aux conseils avertis, nous conseillons ZĂ©ro Huit ZĂ©ro (Paris, 17Ăšme ardt). La marque propose un site internet qui prĂ©cise le profil du passionnĂ© Ă  l’origine de cette aventure particuliĂšre ; c’est aussi un lieu d’accueil lui aussi original qui entend partager et transmettre sa propre vision de la hi-fi.

 

 

 

la sélection hi-fi de 080

Actuellement, un sublime systĂšme montĂ© par Monsieur Romain Grandadam, l’hĂŽte des lieux, nous a semblĂ© particuliĂšrement rĂ©jouissant. L’ensemble permet une reproduction musicale d’une Ă©loquence sans Ă©gal, et pour tout type de musiques.

080_logo_110L’ampli DAC Stateline Amp 2 de Stein Music (“RĂ©fĂ©rence Achat” de Haute FidĂ©litĂ© du mois de dĂ©cembre 2013) : Un ampli d’une conception atypique d’un extrĂȘme raffinement propre en gĂ©nĂ©ral aux bons amplis Ă  tubes, intĂ©grant un DAC avec entrĂ©e USB de qualitĂ© Ă  1998 € (et version Signature Ă  2698 €).

ampli-DAC-Stateline-Amp-2-de-Stein-Music-

 

 

080_logo_110Les enceintes Ă  pavillons Prime de Tune Audio (rĂ©compensĂ©es par un “Blue Moon Award”) : ce sont actuellement les enceintes les plus vivantes et les plus expressives du marchĂ©, compatibles avec tout type d’ampli, mĂȘme peu puissant, Ă  partir de 6900 €.

 _enceintes-pavillons-Prime-de-Tune-Audio

 

 

Plus d’infos et de produits sur le site 080

 

Du lundi au samedi : 01 83 92 57 74
par email : rg@080.fr
sur facebook : 080

 

 

HI-FI. Sites à découvrir : monServeurAudio.com

HI-FI. Sites Ă  dĂ©couvrir : monServeurAudio.com. A l’adresse des pros comme du grand public, le site monServeurAudio se distingue des autres, d’abord par la richesse de son information, de surcroĂźt claire et idĂ©alement prĂ©sentĂ©e. Tous les achats s’effectuent en ligne (interface attractive via l’onglet ” mon compte “). La marque est ainsi prĂ©sente sur le Net mais elle a aussi son propre auditorium basĂ© Ă  Rennes destinĂ© Ă  rĂ©aliser tous les tests avant achats (tĂ©l.: 0972 408 307).

sites à découvrir

monServeurAudio.com

Rennes, 35

 

 

MonServeurAudio.com. L’interface du site monServeurAudio.compermet un bon repĂ©rage d’un premier abord, identifiant d’emblĂ©e le catalogue disponible par entrĂ©es : ” lecteurs rĂ©seaux “(serveurs audio, tout en un, radios…), ” DAC (convertisseur numĂ©rique / analogique “, ” dock ” (stations d’accueil…), ” accessoires ” (cette entrĂ©e comprend les casques), ” cĂąbles et filtres “, enfin un classement prĂ©alable par ” marques ” et surtout ” bonnes affaires ” (promotions), complĂštent les choix.
MonServeurAudio a retenu notre attention car il place la qualitĂ© du service, de l’Ă©coute et du conseil au premier rang de ses activitĂ©s, avec des services ” plus “,  rĂ©ellement bĂ©nĂ©fiques et concrets (“reprise de votre ancien matĂ©riel”, “un SAV mĂȘme hors garanti”…).
MonServeurAudio se dĂ©finit comme le spĂ©cialiste de l’audio numĂ©rique.
TrĂšs riche catalogue en ligne fondĂ© sur une sĂ©lection minutieuse des ” meilleurs ” produits actuellement sur le marchĂ©. Frais de port offerts Ă  partir de 120 euros d’achat. Engagements dĂ©taillĂ©s et expliquĂ©s : garanties et assurances, retours & livraisons, sĂ©curitĂ© des paiements, service aprĂšs vente …

 

Consultez le site monServeurAudio.com

 

 

Amplificateur casque USB Cambridge audio DAC Magig XS

HI-FI. L’Amplificateur casque USB Cambridge audio DAC Magig XS. Voici un produit bien utile, surtout pour les musiciens mobiles, le plus souvent en dĂ©placement. L’Amplificateur casque USB Cambridge audio DAC Magig XS est le compagnon idĂ©al des mĂ©lomanes et des professionnels qui souhaitent restituer et booster leurs Iphone et Ipod, capable de dĂ©coder des rĂ©solutions HD jusqu’à 24 bits/192 kHz et distiller 10 fois plus de puissance que la sortie casque d’un ordinateur. Que ce soit sur un PC ou un Mac, vous pourrez profiter de votre musique, des radios internet, des vidĂ©os ou des films avec une qualitĂ© de restitution remarquable.

amplificateur-casque-usb-cambridge-audio-dac-magic-xs-3257L’Amplificateur casque USB Cambridge audio DAC Magig XS fonctionne en mode Class 1 ou en mode Class 2. Pour celle-ci on utilise le pilote Windows USB 2 de Cambridge audio. Pour les ordinateurs Apple, aucun pilote n’est nĂ©cessaire. Le mode Class 2 permet de contourner le circuit audio de mauvaise qualitĂ© propre au systĂšme d’exploitation d’un ordinateur et ainsi d’obtenir une restitution audio sans distorsion. Il est alimentĂ© directement par le port USB de l’ordinateur.

Le Dac Magic XS Cambridge est l’amplificateur casque nomade par excellence. Son faible poids (100g) et sa petite taille en font un vĂ©ritable partenaire de voyage.

Plus d’informations : sur le site monserveuraudio

fiche technique :
Entrée numérique : micro USB
Sortie analogique : jack 3.5 mm
Convertisseur : ESS9023 24 bits
Taux d’échantillonnage : mode USB 1.0 : 16/24 bits, 44.1 kHz, 48 kHz, 88.2 kHz et 96 kHz
Mode USB 2.0 : 16/24 bits, 44.1 kHz, 48 kHz, 88.2 kHz, 96 kHz, 176.4 kHz et 192 kHz
Tension de sortie : 2 V
Impédance casque minimale : 12 ohms
THD : ˂0.004 %
Rapport signal/bruit : 103 dB
Impédance de sortie : 0.5 ohms
Incrément de volume : 53
Dimensions : (L x H x P) : 30 x 10 x 53.5 mm
Poids : 100 g

Lavardin technologies. Amplificateur Intégré Model IT-15

Lavardin technologies. Amplificateur IntĂ©grĂ© Model IT-15. Lavardin Technologies, excellente marque française qui depuis plusieurs annĂ©es dĂ©veloppe une gamme ciblĂ©e de produits qui sĂ©duit de plus en plus de musiciens et professionnel de la musique. Pour fĂȘter le quinziĂšme anniversaire du lĂ©gendaire Model IT (en 2013), la marque propose ici un condensĂ© de ses derniĂšres techniques et dĂ©couvertes. Attention pour vous mĂ©lomanes, c’est une sĂ©rie limitĂ©e.

Lavardin_IT-15_amplificateur_582

 

 

Amplificateur Intégré Model IT-15

 

Le Model IT-15, considĂ©rĂ© par beaucoup comme l’amplificateur parfait par sa dynamique et sa neutralitĂ© est nĂ© de l’intĂ©gration de circuits Ă  trĂšs faible distorsion de mĂ©moire, dĂ©jĂ  amplement testĂ© dans le lĂ©gendaire Model IT.

La marque reste trĂšs discrĂšte concernant ses formules et Ă©lĂ©ments internes. Je prĂ©fĂšre d’ailleurs, parler de ma toute premiĂšre expĂ©rience avec la marque : pour mes deux premiers enregistrements (Partitas de J.S.Bach – 5 Diapasons, Meilleur disque de l’annĂ©e par la revue Fanfare 2004), j’ai eu l’immense plaisir de travailler avec Philippe Perrot, ingĂ©nieur du son et grand dĂ©fendeur de la marque. DĂšs mes premiĂšres Ă©coutes, j’ai Ă©tĂ© saisi par la prĂ©cision et surtout le rĂ©alisme que cet amplificateur (Model IT) exprimait. Toute la chaleur de l’instrument et surtout le timbre boisĂ© du clavecin utilisĂ© Ă©tait lĂ  trĂšs fidĂšlement restituĂ©. Le point le plus saisissant Ă©tait la couleur des harmoniques, souvent Ă©tincelant dans d’autres appareils ou plus souvent aplati, dans ce systĂšme finement assemblĂ© autour d’un Model IT Lavardin, j’avais un rendement parfois plus riche que l’Ă©coute derriĂšre mon pupitre.
Une expĂ©rience qui m’a conduit Ă  monter mon propre label discographique et a avoir une profonde admiration envers des industries qui subliment notre art. Bruno Procopio (label Paraty).

Plus d’infos sur le site Lavardin technologies