Jean-Sébastien Bach: Messe en si mineur BWV 232. Jordi Savall2 cd, 2 dvd Alias Vox, Abbaye de Fonfroide 2011

Jean-Sébastien Bach: Messe en si (Savall, 2011).
Voici le grand projet 2011 de l’Abbaye de Fonfroide, pour lequel fut même organisée une académie musicale réunissant de jeunes chanteurs (27 au total) invités pour assurer chant collectif (quatuors, quintettes, chœurs) et parties solistes… La Messe en si version Savall touche immédiatement par sa profonde unité, sa cohérence lumineuse et sa simplicité aérienne (presque autant de vents que de cordes, sans omettre l’orgue, pilier de toute liturgie musicale de JS Bach) : l’équilibre entre les instruments et les voix y est idéal, d’une magistrale qualité expressive et d’une fluidité quasi lumineuse, s’il n’était quelques éléments moins assurés (lire ci-après).


Lumière et ferveur savalliennes

Quand Sigiswald Kuijken préfère 1 voix par pupitre ( nous l’avions encrore constaté à Ambronay en 2011), Savall favorise la communion collective avec un choeur de chanteurs dont la jeunesse des accents fervents recherche la saine articulation du verbe fait geste d’accomplissement religieux (éclatante avancée du Cum Sancto spiritu). Ici et là, aux pupitres des sopranos comme des ténors, on dénote certains décrochages, atténués par l’excellent brio des instrumentistes.
Au nombre des duos planants par cette fragilité et cette qualité de timbres, permises par la pratique informée, notons le laudamus te : Manfredo Kraemer et la soprano Yetzabel Arias Fernandez ; l’accord soprano et ténor sur le matelas aérien des flûtes : Céline Scheen et Makoto Sakurada du Domine Deus ; la noblesse impériale de la basse Stephan MacLeod en dialogue concertant avec le cor de chasse de Thomas Müller – ; tandis que le contreténor Pascal Bertin a de sérieux problème d’égalité et de tenue des lignes comme de hauteurs de sons, sans omettre le filet d’une voix détimbrée parfois… (Domine Deus Duetto ponctué de ports de voix guère propres). Dommage.

L’arche solennelle mais toujours transparente et d’une portée bondissante du Credo in unum Deum s’affirme aussi au crédit de cette lecture frappante par la hauteur naturelle et fluide de son inspiration… pour que s’accomplisse la formidable révélation collective du Patrem omnipotentem, fraternel et traversée par la joie. Pas de foudre divine ni de fracas majestueux, mais une vibrante et palpitante prière collective, d’une certitude partagée au sommet de laquelle s’accomplit elle aussi, tel le sommet du massif sacré, l’admirable et déjà mozartienne intensité du Crucifixus (superbe quatuor vocal, pas toujours très juste mais d’une sincérité à couper le souffle…) grâce surtout au geste d’une souple pudeur d’un Savall traversé par la grâce.

Voici la clé de voûte de la lecture, son offrande la plus bouleversante, un axe et un point d’accomplissement irrésistible à partir duquel ce qui suit, de l’Et in spiritum sanctum, Sanctus, à l’Agnus Dei exprime l’acte de foi inscrit en lettres d’or dans la partition du génial Bach. Le travail sur les différents caractères des choeurs: choeur favori (jusqu’à 10 solistes maximum) ou grand choeur de la chapelle (de 21 à 27 chanteurs) quand tout l’orchestre est requis, enrichit considérablement l’approche esthétiquement, si juste de la lecture.

Recueilli, introverti, d’une fluidité toute en pudeur grave et traversée par un sentiment sincère qui touche immédiatement, Jordi Savall maîtrise le monument sacré baroque du XVIIIè. S’il n’était les petites réserves vocales ou chorales perceptibles de part en part, nous touchions une nouvelle référence de la discographie.

Jean-Sébastien Bach: Messe en si, BWV 232

Solistes

Céline Scheen soprano I, Yetzabel Arias Fernández soprano
II

Pascal Bertin contreténor, Makoto Sakurada ténor

Stephan MacLeod
baryton-basse


La Capella Reial de Catalunya
Preparation ensemble vocal :
Lluís Vilamajó


Le Concert des Nations

Manfredo Kraemer,
concertino

Jordi Savall, direction

Enregistrement du concert réalisé le 19 juillet 2011, à l’Abbaye de
Fontfroide, Narbonne (France) dans le cadre du VIème édition du
Festival « Musique et Histoire pour un Dialogue Interculturel ». 2DVD DD
5.1 (zone 0) + 2SACD hybrid multichannel stereo

Roberta Invernizzi, soprano. Airs d’opéras de Vivaldi (Bonizzoni, 2011)1 cd Glossa

cd critique, compte rendu
Coup de coeur de la rédaction cd de classiquenews.com

Accents fastueux et déclamatoires – emblèmes de l’esthétique de la Cour Mantouane-, la voix, conduisant ce fameux air de bataille, rivalise avec la trompette martiale dans l’air de Lucio de Tito Manlio qui ouvre ce récital courageux; Roberta Invernizzi accomplirait-elle ici un superbe défi vocal et dramatique, dont l’intelligence et la justesse la hissent au dessus de ses contemporaines, particulièrement dédiées au bel canto baroque italien?

La diva milanaise n’en est pas à son premier opéra vivaldien ni même italien: elle qui a déjà à son actif plusieurs productions lyriques d’envergure, qui a aussi affirmé un beau tempérament défricheur avec les napolitains degli Turchini, emmenés par Antonio Florio, dans de nombreux opéras et oratorios de Leo, Provenzale et combien d’autres. Aujourd’hui la chanteuse emprunte un chemin déjà magnifiquement illustré par Cecilia Bartoli, qui en pionnière, vivaldienne avant tout le monde, marquait le renouveau pour l’opéra vivaldien également sur instruments d’époque.

S’agissant de Roberta Invernizzi, les aigus sont rayonnants (Leggi almeno de Caio dans Ottone in villa qui reste un premier opéra, source d’une poésie ineffable et caressante), le souffle intact, et l’intonation très proche du texte: (n’écoutez que la plage 13 s’il ne fallait en conserver qu’une seule: l’air de Cesare “Se mai senti spirarti sul volto” extrait de Catone in Utica s’embrase par la justesse émotionnelle de la cantatrice, dont la fluidité et l’élégance pudique font du texte vivaldien, un miracle de sincérité poétique). L’actrice se révèle sans fards avec une intensité totalement assumée; coloratoure à la prosodie enflammée et incisive (superbe Da due venti un mar turbato d’Ippolita d’Ercole sul Termodonte), la diva baroque affirme aussi un bel abattage vocal dans l’éclatant “Fra le procelle del mar turbato”: la sûreté du chant incarne la loyauté d’un coeur vertueux bravant tempêtes et mer agitée…


Diva vivaldienne


C’est cependant, grâce à sa voix élastique, aux couleurs profondes et chaudes,dans les airs de pur lamento, murmure et blessure à la fois que nous la préférons: l’air le second aria le plus long, également de Lucio (Tito Manlio): “Non ti lusinghi la crudelta” fait surgir une passion pudique, égalant les vertiges haendéliens (que Roberta Invernizzi a longuement abordé hier à travers les cantates italiennes du fier Saxon); l’inexacte réputation d’un Vivaldi, toujours abusivement décoratif et extérieur, répétitif et creux, se précise dans ce superbe air avec violon obligé où le chant exprime le pardon et l’apaisement des coeurs. Lucio tente de susciter le pardon du Consul pour sa fille (dont il est épris): sans bois ni vents, l’orchestre de cordes seules varient, articule, sculpte une palette de climats nuancés, rendant sans fondement toutes les critiques d’un Vivaldi absent à toute poésie et à toute profondeur.
Une vie ne tenant qu’à un fil, exaltée, abandonnée dans la voix cristalline et murmurée là encore, aux inflexions expressives totalement maîtrisée: voilà l’aboutissement jubilatoire du “Dite, ohimè! Ditelo, al fine”, prière brève et fulgurante où Morasto (La Fida Ninfa) balance entre mort et anéantissement… jeu de bascule dont la maestrià vocale de la diva restitue la fragilité ineffable, franche, directe.

Carressante dans l’air d’Ersilla: “Se garrisce la rondinella” (Orlando finto pazzo): intimisme et chambrisme émotionnel idéalement partagé par cordes et voix dans l’évocation sentimentale du parcours de l’hirondelle… Même sensibilité instrumentale dans l’air qui suit, énoncé sur le mode murmuré et aussi halluciné: “Ombre vane, ingiusti orrori” de Costanza (Griselda) où une âme pure est submergée par les vertiges passionnels: le sens du texte et la précision prosodique de Roberta Invernizzi s’y affirment au sommet de son évidente et exquise compréhension des textes: clarté, dramatisme, naturel, rondeur affligée du chant… auxquels répond la tenue elle aussi superlative des instruments (le clavecin mordant, cynique, en léger décalage, comme en un rire froid et glacial); sous la direction de Fabio Bonizzoni, les musiciens de La Risonanza affirment des qualités de finesse et de musicalité particulièrement délectables, sachant varier, colorer, diversifier la palette des affetti musicali d’un Vivaldi, bel et bien pair de Haendel et de Bach. Quel superbe accomplissement: le meilleur argument pour la réhabilitation des opéras de Vivaldi; cette Griselda devrait être jouée régulièrement. Même idéal expressif atteint, entre pudeur, compassion, ivresse tendre, de l’air fleuve (presque 9 mn), “Tu dormi in tante pene” de Servilia du même opéra Tito Manlio, décidément à l’honneur dans le récital (et là encore avec le violon obligé, double émotionnel de la voix).

Ambassadrice d’une grâce éperdue, au verbe ciselé, d’une clarté rayonnante
éclairant les affres des âmes amoureuses prises dans les rêts de la passion triomphante ou destructrice, Roberta Invernizzi aborde après Cecilia Bartoli, l’air célèbre, redoutable pour toute coloratura, “Gelosia” (Ottone in villa): superbe abattage et finesse des vocalises toutes timbrées idéalement, d’autant plus saisissantes car prises sur une variation de tempi inédits, particulièrement audacieux et très justes eux aussi.

La réussite de ce récital convaincant vient aussi des instrumentistes qui sous la direction du claveciniste Fabio Bonizzoni, sont capables d’un continuo jamais répétitif ni systématique, d’une variété sensible au diapason du coeur enivré, exaltant, palpitant, hypersensible de la divina Invernizzi. Bravissima Divina!

Vivaldi: airs d’opéras (Tito Manlio, Ottone in Villa, Ercole sul Termodonte, Dorilla in Tempe, Orlando finto Pazzo, La Fida Ninfa, Il Giustino, Catone in Utica, Griselda). Roberta Invernizzi, soprano. La Risonanza. Fabio Bonizzoni, direction. Enregistrement réalisé à Mondovi, en octobre 2011. 1 cd Glossa réf.: GCD 922901.

Gustav Mahler: Kindertotenlieder. Jonas KaufmannFrance Musique, jeudi 5 avril 2012 à 20h

Gustav Mahler

Kindertotenlieder

(1901-1904)

Jonas Kaufmann, ténor

Birmingham Symphony Orchestra

Andris Nalsons, direction

couplé avec:
Sibelius: Symphonie n°2
R. Strauss: lieder


Pour les enfants morts…

Eté 1907 à Maiernigg (Carinthie, Autriche): Gustav Mahler passe comme d’habitude ses vacances au contact direct de la nature. Il a déjà composé les Kindertotenlieder (1901-1904): chant des enfants morts, immersion grave et pudique dans l’affliction la plus désenchantée et pourtant digne. Une diphtérie violente emporte à Maiernigg l’aînée de ses deux filles Maria Anna, seulement âgée de 4 ans et demi…
Etrange correspondance de faits: sur les poèmes de Rückert, qui lui-même avait perdu ses deux enfants, Mahler non encore endeuillé, témoigne de sa fascination bouleversé sur le thème des enfants morts: adolescent, il a ressenti très profondément la mort de son cadet direct Ernst à 13 ans, alors qu’il en avait 14 ans: frère adoré et amèrement regretté… d’autant qu’avant lui, était décédé Isidor son aîné qu’il ne connut jamais et que Ernst fait partie des 7 jeunes frères qui s’éteindront au sein de la famille … Etrange parenté des souffrances et des expériences: le fils de Rückert hélas disparu à cause d’une diphtérie, s’appelait également.. Ernst.

La mère de Maria Anna, Alma Mahler reprocha à son époux son choix de mettre en musique des textes aussi bouleversants, y voyant dans l’épreuve tragique qu’ils durent surmonter, la marque d’une malédiction… Le destin allait frapper encore le couple Mahler: Gustav dont on diagnostique une insuffisance cardiaque aggravé en 1907 également, meurt 4 ans plus tard (1911) et Alma remariée avec l’architecte Walter Gropius perd 30 années après sa fille Manon âgée de 18 ans: c’est l’ange du célèbre Concerto pour violon de Berg, Concerto “à la mémoire d’un ange”...

France Musique
Jeudi 5 avril 2012 à 20h

Concert enregistré le 12 mars 2012, Paris, TCE

Glinka: Ruslan et Ludmila, 1842? Bolchoï 2011Arte, les 13 et 14 novembre 2011


Glinka


Ruslan et Ludmila

Moscou, Bolchoï 2011

Vladimir Jurowski, direction
Dmitri Tcherniakov, mise en scène


Arte, Dimanche 13 novembre à 14h
Lundi 14 novembre 2011 à 22h

En deux parties, diffusée chacune sur Arte, dimanche à 14h puis lundi à 22h, le chef d’oeuvre lyrique de Glinka, Ruslan et Ludmila est l’affiche de la scène rivale du Mariinski à Saint-Pétersbourg: le Bolchoï à Moscou, récemment rénové; c’est même la première production lyrique proposée sur les planches du théâtre russe. La production vaut donc inauguration.

Créé à Saint-Pétersbourg en 1842, Ruslan et Ludmila poursuit la rénovation du théâtre russe, entrepris avec son premier opus, La vie pour le Tsar de 1836. Promoteur et visionnaire d’un vrai grand opéra slave, Glinka jalonne l’histoire de l’opéra russe: La vie pour le Tsar annonce Moussorgski et Borodine; Ruslan ouvre de son côté, une autre brillante perspective celle où s’inscrivent Rimski puis Stravinski.

3 soupirants caractérisés partent à la recherche de la belle Ludmila, enlevée le jour de ses noces: le baryton vaillant Ruslan, la basse burlesque Farlaf, enfin Ratmir, rôle travesti pour une contralto. Eclectique et dramaturge équilibré, Glinka mêle sensualité purement orientale (esclaves persanes), brio délirant rossinien, ligne vocale donizettienne voire bellinienne. Les 3 heures de spectacles (en 5 actes) ouvre un grand livre d’images et de climats qui mêlent féerie, terreur, enchantement… C’est simultanément au théâtre wagnérien, une proposition de théâtre total, associant ballet, orchestre flamboyant, surtout solistes chevronnés: pas moins de 8 chanteurs acteurs d’exception. Pas facile de chanter aujourd’hui une oeuvre majeure du répertoire lyrique romantique russe prétchaïkovskien.

Pour l’inauguration du nouveau Bolchoï moscovite, le corps de ballet local est sollicité comme, outre les musiciens, le cerveau souvent trop décalé du metteur en scène Dmitri Tcherniakov: vrai homme de théâtre et de passion, mais dont les visions sur la musique sont parfois déceoncertantes… On se souvient que, à part un Onéguine anthologique présenté à Paris, son Macbeth puis son Don Giovanni (Aix) avaient mal passé l’épreuve des planches lyriques: trop de vérisme crû, de grille psychologique irrespectueuse des livrets originels, d’options visuelles et scéniques tirées par les cheveux… Qu’en sera-t-il pour Ruslan et Ludmila? L’actualisation à outrance des ouvrages romantiques ne produit-elle pas le plus souvent à défaut d’une lecture intéressante et unitaire, des dérapages brouillons et bancales?

Glinka: Ruslan et Ludmila, 1842. Shagimuratova, Petrenko, Tanovitsky, Pendatchanska, Obraztsova, Ognovenko… Choeur, ballet et orchestre du Bolchoï. Vladimir Jurowski, direction. Dmitri Tcherniakov, mise en scène

Vivaldi: Farnace, 1738. Max Emanuel CencicDiego Fasolis (3 cd Virgin classics)

Vivaldi:
Farnace, 1738
(Cencic, Fasiolis, 2010)

Rossinien surprenant (2007), Haendélien défricheur (Faramondo, 2010), et bientôt ambassadeur d’un Ezio rare de Gluck, (version de Prague, 1750: cd à venir d’ici fin octobre 2011), le contre-ténor Max Emanuel Cencic poursuit son chemin… d’excellence; un parcours qui mêle pertinence interprétative, audace des répertoires, adéquation des moyens vocaux et du profil psychologique des personnages investis. Ce Farnace ne jure pas au sein d’une discographie déjà convaincante.
Original, le divo défend la version tardive de Farnace de 1738 (composée à Ferrare et que Vivaldi ne put créer de son vivant faute d’avoir su convaincre avec son opus précédent, Siroe!); cette version contrepointe avec celle antérieure (1731) et déjà enregistrée par Savall (avec plus ou moins de bonheur car le chef catalan avait entrecalé des musiques non vivaldiennes, adjonctions perturbantes mais de mise à la Cour madrilène qui accueillait alors la création…).
Ici, bénéfice d’une version incomplète mais colmatée (Vivaldi a conçu les deux premiers actes; Fasolis a restitué le 3è et ultime acte), il s’agit d’une réalisation plus serrée donc unitaire et cohérente; l’action du souverain du Pont gagne en force expressive. Il est vrai que la direction à poigne mais aussi fruitée et souvent très fluide du chef, comme la distribution en tout point attractive, pèsent de tout leur poids pour la réussite globale de l’enregistrement.
Le maestro confirme ses affinités vivaldiennes (après Faramondo), en véritable peintre des climats psychologiques, il renforce la vitalité et l’acuité d’un Vivaldi, grand rival de Haendel. A l’opulence instrumentale, souvent dramatique et même poétique, répond l’engagement des chanteurs: embrasés sont Gauvin et Behle, Hallenberg et Donose. Au sommet de sa vocalità rugeuse et impériale, Max Emanuel Cencic redouble de finesse, d’élégance, de vérité. L’analyse des caractères, les nuances émotionnelles qui singularisent chaque personnage, chaque destin font la saveur renouvelée de la partition qui malgré son prétexte tirée de l’histoire antique, s’impose par son relief humain. Face au romain intrusif Pompée, Farnace incarne la résistance du vaincu, lion drapé dans une noblesse loyale admirable… Autour du souverain paraissent très caractérisées, de sublimes portraits féminins: Tamiri, l’épouse tendre et digne; Selinda, la soeur complice; la belle mère Berenice, autorité contraire et haineuse, qui s’est raliée à Pompée contre son gendre.. Farnace. Accomplissement superlatif et grande victoire pour ce chef d’oeuvre de Vivaldi, écarté avant d’être créé. Le disque répare les trahisons de l’histoire.


Antonio Vivaldi (1678-1741): Farnace
, Dramma per musica, en trois actes, sur un livret d’Antonio Maria Lucchini, RV 711-g (version 1738 pour le Teatro Bonacossi de Ferrara). Reconstruction de l’Acte III : Frédéric Delaméa et Diego Fasolis. Source: anuscrit autographe présent dans le lot 37 de la Collection Giordano de la Bibliothèque Nationale Universitaire de Turin.

Max Emanuel Cencic (Farnace, re di Ponto), contre-ténor
Ruxandra Donose (Tamiri, regina, sposa di Farnace), mezzo-soprano
Mary Ellen Nesi (Berenice, regina di Cappadocia, madre di Tamiri), mezzo-soprano
Ann Hallenberg (Selinda, sorella di Farnace), mezzo-soprano
Karina Gauvin (Gilade, principe del sangue reale, e capitano di Berenice), soprano
Daniel Behle (Pompeo, proconsole romano), ténor
Emiliano Gonzalez Toro (Aquilio, prefetto delle legioni romani), ténor

Coro della Radiotelevisione svizzera, Lugano. I Barocchisti. Diego Fasolis, direction

Lassus: motets. La chambre musicale d’AlbertL’Echelle (1 cd Paraty)

Réunis autour des deux fondateurs et chanteurs de l’Ensemble, Caroline Marçot et Charles Barbier, les solistes de L’Echelle (3 chanteurs et 2 à 3 instrumentistes) savent s’immerger dans le tissu polyphonique, ciselant cet art du contrepoint où toutes les parties sont égales et que Roland de Lassus (1532-1594), pensée musicale synthétique et universaliste au XVIème, a porté à un point d’excellence. La sélection des pièces est d’autant plus pertinente qu’elle souligne la finesse d’une écriture vocale (et instrumentale) exigeante et idéaliste, surtout, sur le plan du caractère, elle renseigne sur un désir d’approfondissement et une quête spirituelle non dénuée parfois d’inquiétude comme d’accents sincères, surtout sur le tard, aux portes de la mort quand dans la dernière partie de sa vie, Lassus l’européen se fixe à Munich, au service de la Cour des Ducs de Bavière, comme ténor et aussi compositeur. La Chambre d’Albert le Magnifique incarne alors l’une des chapelles les plus prestigieuses d’Europe, phare artistique à l’époque des guerres de religion. Lassus écrit en particulier pour les fils d’Albert, Ferdinand, Ernest, surtout le plus jeune, Guillaume.

En cela c’est un Roland/Orlando intimiste auquel cet album courageux rend hommage: pièces courtes en petits effectifs, séquences purement instrumentales insistent sur le génie Lassiste en 1577, en particulier dans les 12 duos en latin, interprétés ici pour la première fois dans leur intégralité. On ne boudera pas non plus son plaisir à l’écoute des pièces complémentaires dont la diversité (trios, pièces à 4 et 5 voix, diversement distribuées aux chanteurs ou aux instrumentistes), la haute vivacité elle aussi expressive et même poétique donne la mesure du génie lassiste: extension et nouvelles résonances du O bone Jesu à 3; surtout concentration extatique et rayonnante du Regina coeli à 5… qui révèle encore la maestria architecturée d’un Lassus, orfèvres des équilibres. Le visuel de couverture (montre de forme tambour de fabrication munichoise, 2ème moitié du XVIè siècle) le rappelle opportunément: sa musique se fait miroir d’une perfection à l’échelle du cosmos. La course des planètes et leur rondeur divine inspire à Lassus, une musique flamboyante et raffinée qui ne pouvait que plaire à la vanité des Grands de son époque. Mais, apport plus subtile encore, le geste interprétatif de L’Echelle défend un contenu autrement captivant où c’est l’humaine prière et l’incarnation palpitante qui suscitent l’adhésion.

Lassus le Magnifique

Les musiciens du nouvel ensemble L’Echelle regroupe les fleurons de la nouvelle génération d’interprètes, passionnés, engagés, audacieux aussi: prêts pour un premier disque à relever le défi de partitions parmi les plus virtuoses de la Renaissance. Leurs concerts à Paris (Invalides) ont montré aussi une attitude nouvelle vis à vis du public qui inscrit chant et jeu instrumental dans un rapport dynamique avec l’espace et le public.

Le soin des chanteurs dans la clarté articulée des figures et procédés de l’écriture apporte d’évidents bénéfices en particulier dans la recherche prosodique : l’éloquence des voix, leur flexibilité naturelle et franche, souvent en imitation ou en répétition, montrent combien Lassus ouvrage chaque figure contrapuntique en fonction du sens des mots; mélodie et polyphonie nourrissent les écarts et vertiges du geste vocal, l’investissent aussi d’une portée dramatique et théâtral; écoutez l’ampleur du n°6: une vivante scène riche en effets expressifs proches de l’hypotypose. C’est tout l’engagement d’un collectif à l’écoute de chaque partie qui assure la conviction de l’interprétation et en produit aussi l’extrême séduction (délices éthérés à 3 voix d’in pace in idipsum).

Le répertoire abordé est difficile, souvent austère à force d’application excessive: L’Echelle surclasse tout ce que nous connaissons jusque là; les chanteurs transportent l’acte de piété en souffle intense et lumineux, miroir d’une pensée musicale et surtout humaine, exceptionnelle. A la fin de sa vie, Lassus le catholique dépasse la simple question religieuse: en filigrane, transpercent ici au delà de la musique, aussi formellement parfaite soit-elle, les mouvements d’un esprit épris de perfection donc de doutes.

Or la contradiction profonde que sous-tend le geste accompli de L’Echelle naît de la justesse de leur approche: sous l’excellent contrepoint, serviteur du texte, bouillonne un génie curieux, interrogatif, insatiable. Grandeur et humilité; gloire et renoncement… perfection du métier (d’un équilibre harmonique proche de l’architecture vitruvienne) et tout autant… activité insatisfaite de l’homme, où malgré les hautes lumières divines, la terreur des ténèbres toujours présents, menace. On ne saurait produire meilleure compréhension de la musique du plus grand polyphoniste de la Renaissance.


La Chambre musicale d’Albert le Magnifique. Roland de Lassus (1532-1594) : motets (duos instrumentaux et vocaux, trios vocaux et quintettes). L’Echelle. Véronique Bourin (cantus), Lambert Colson, cornets. Sandie Griot, sacqueboute ténor. Emmanuel Vigneron, dulcianes. Caroline Marçot, Charles Barbier, chant (altus, ténor) direction. CD événement de la rentrée 2011: parution annoncée le 14 septembre 2011.
L’Echelle en vidéo

L’Echelle aux Invalides. Premières
images de notre grand reportage autour des concerts de l’Ensemble
L’Echelle aux Invalides. Le 14 mai 2011, pour la nuit des musées, les
chanteurs et instrumentistes de l’Echelle font dialoguer les armures
princières de l’Exposition “Sous l’égide de Mars”, avec les musiques
sacrées et profanes de la Renaissance signées Lassus, Lejeune, Goudimel,
Monteverdi, Schütz… Expérience festive et recréative entre musique et
exposition
Roland de Lassus par l’ensemble L’Echelle. Le jeune ensemble L’Echelle renouvelle notre connaissance
de l’écriture de Lassus grâce à une approche interprétative neuve et
exigeante: Charles Barbier et Caroline Marçot, directeurs artistiques de
la formation vocale et instrumentale présentent leur démarche et
expliquent la singularité artistique de l’Echelle. Grand reportage vidéo

Mojca Erdmann: Mostly MozartLa Cetra. Andrea Marcon, direction (Deutsche Grammophon)

Dès le premier air de ce récital choc (Zaïde: “Tiger! Wetze nur die Klauen”… morceau trépidant qui reste étonnamment peu connu): la jeune soprano saisit par une palette dynamique ciselée, un engagement continu apporté au texte : sa candeur, son intensité, la fraîcheur et la franchise du grain vocal séduisent immédiatement.


A star is born

Timbre brillant, abattage saisissant dont l’expressivité très musicale sait aussi affirmer une intériorité tendre, une sincérité humaine indiscutable … ce premier récital majoritairement mozartien de la soprano montante Mojca Erdmann, née Hambourgeoise, est une révélation. Son intelligence et sa finesse vocale, sa justesse interprétative s’impose indiscutablement. Non seulement l’artiste répond à tous les critères actuels du marketing people, mais elle est surtout une cantatrice dont le tempérament nous dit indiscutablement plein de choses… Sa subtilité pourrait bien atteindre même la sensibilité si délectable de sa consœur et ainée, immense mozartienne: Dorothea Röschmann. C’est dire.
Car Mojca Erdmann n’a pas seulement une technique irréprochable, une projection naturelle: elle sait aussi incarner et exprimer avec tact et style. Déjà sa Pamina s’avère bouleversante par sa simple tendresse porté par un legato souverain… Quel accomplissement! On ne souhaite qu’une chose après l’avoir ici écoutée: la voir sur scène pour découvrir son tempérament scénique.

Ce qu’elle fait chez Salieri (premier air d’Hypermnestre, des Danaïdes) est saisissant de souffle et de mesure émotionnelle. L’interprète convainc par son souci de la couleur de chaque mot, même si l’articulation de son français est encore perfectible…


Divine mozartienne

Le récitatif accompagné d’Ilia (Idomoneo) éclaire la pureté et la force d’âme de celle qui, révoltée par l’intransigeance des dieux, est prête à donner sa vie pour sauver celle d’Idomeneo.
Indiscutable de musicalité et de finesse humble, sa Susanna captive : attention au verbe, subtilité rayonnante d’une âme éveillée entre ravissement et souveraine extase… Mojca a et le chien et la beauté d’ âme de l’amoureuse en sa prière ardente.
Mozartienne au chant juste et éblouissant, la soprano hambourgeoise affectionne les joyaux oubliés; aux côtés de Salieri, la cantatrice dévoile les lueurs tendres et tragiques d’Ignaz Holzbauer, vrai classique dans la veine de Graun… dont elle sait faire palpiter le texte par un irrésistible sentiment de sincérité et un feu intérieur admirablement conduit. Le second air extrait de son opéra Günther von Schwarzburg souligne l’étonnante versatilité vocale de la soprano, passant d’aigus tragiques aux caresses les plus tendres…

Zerlina captive par la candeur lumineuse de son timbre: Vedrai, carino… Papillon ciselé prêt à être saisi en plein vol.

Autre révélation: celle du neo classique dont le génie lyrique fut une source d’inspiration pour Mozart : Johann Christian Bach. En français, la chanteuse chante la solitude délirante d’ Orianne (Amadis de Gaule)… Digne mais tendre, implorante mais jamais affectée, elle surprend là encore par la variété des nuances expressives, son intensité et sa justesse musicales.

Chapeau bas et honneurs sans réserve à une nouvelle immense interprète qui demain chantera certainement La Comtesse… des Noces.
En vrai complice, La Cetra déploie une palette étonnante de nuances expressives, de couleurs jamais surdimensionnées (cuivres admirablement polis) sous la direction précise mais jamais méticuleuse ni “serrée” d’Andrea Marcon.

Mojca Erdmann, soprano. Mozart, Salieri, JC Bach, Schwarzburg… airs d’opéras. Le Cetra. Andrea Marcon, direction.

New-York. Yamaha Piano center, le 19 novembre 2010. Programme présenté par le Centre International Albert Roussel. Raymond Berner (1899 – 1944): mélodies. Damien Top, ténor. Hélène Jeanney, piano

Situé sur la 5e Avenue, en plein centre de Manhattan, le Yamaha Piano Center est un lieu de rêve pour les pianistes. Son auditorium tout de bois vêtu permet l’organisation de concerts dans les meilleures conditions acoustiques. Présenté par le Centre International Albert Roussel, celui du 19 novembre 2010, comportait au programme trois compositeurs français.

Raymond Berner révélé

Le fil conducteur en était la Shoah et rendait hommage à Raymond Berner (1899-1944). En première partie, la basse vibrante et chaleureuse Richard Cassell interprète avec une conviction et un aplomb très musical – et presque trop opératique – trois Chants Hébraïques de Ravel. Son incursion dans le répertoire français est plus que bienvenue : voix posée, ligne intelligemment conduite, digne prestance.
Concertiste reconnu, Lutz Rath fait résonner au violoncelle la Louange à l’Eternité de Jésus, extrait du Quatuor pour la fin du temps de Messiaen. Atmosphère de recueillement suspendu en laquelle la sonorité raffinée de l’instrumentiste est par instant ternie par une justesse approximative.
La découverte qui justifiait la programmation de ce concert consiste dans la suite de mélodies du compositeur français Raymond Berner. Créé en 2008 à Dunkerque sur le Trois-mâts Duchesse Anne (lire notre compte rendu “Raymond Berner, un voyage sans retour” sur classiquenews.com), Le Voyage sans Retour voyait ce jour-là sa première exécution sur le continent américain. Rappelons le destin terrible de ce compositeur juif qui fut assassiné à Auschwitz avec son épouse en 1944. Il n’avait que 45 ans. Peu auparavant, il avait confié à son voisin quelques manuscrits (c’est pratiquement tout ce qui nous reste de lui, avec quelques harmonisations de chansons ou quelques musiques de films). Retrouvés après avoir sommeillé dans un grenier pendant plus de soixante ans, ils ont immédiatement excité l’attention du musicologue et ténor Damien Top qui décida de les ressusciter dans le cadre du « Festival International Albert Roussel » qu’il dirige dans le Nord de la France. En l’absence d’indications précises de l’auteur, l’ordre des numéros est incertain et a fait l’objet d’une reconstitution cyclique hypothétique, cependant justifiée par la logique du déroulement narratif. Ainsi assistons-nous aux épisodes successifs de l’existence des cap-horniers : adieux sur le quai, exaltation du grand large, berceuse exotique, escales, tempête, naufrage, et de leurs épouses demeurées à terre et vivant dans l’attente, l’angoisse ou le souvenir.
Malgré une articulation inexistante et une diction problématique, la mezzo Frances Devine parvient à toucher par sa fragilité et son inexpérience. Elle campe un personnage de femme-enfant qui semble moins concerné par le tragique de la vie des marins (pages fauréennes du début : Viens, la terre a des attraits) que par le charme émanant de sa personne (Mon matelot porte en son corps). Cette distanciation de l’interprète n’en donne que plus de poids à la prestation de ses partenaires.

La pianiste Hélène Jeanney puise avec une compréhensible gourmandise dans le magnifique Yamaha de concert une palette de nuances chatoyantes. Attentive aux rapides changements d’atmosphères et en adéquation avec les inflexions des chanteurs, elle déploie des pianos timbrés, un legato fluide et souplement léger, des forte éclatants. Damien Top prend peu à peu ses marques au fur et à mesure de la gradation de l’intensité des morceaux. Tout d’abord subtilement charmeuse (Dans mon sac de toile blonde), la voix s’enhardit dans les chants de marins (injonctions : « ho hisse, hé ho » très Vaisseau fantôme), en conservant une diction de grande classe, avant de se libérer et de faire preuve d’un louable engagement dans la Ballade du Roi de la Mer, laquelle conclut le programme dans un déferlement sonore wagnérien en diable, admirablement rendu par la pianiste. Il ne reste qu’à souhaiter à cette suite lyrique originale d’autres programmations afin de conquérir une plus vaste audience.

New-York. Yamaha Piano center, le 19 novembre 2010. Programme présenté par le Centre International Albert Roussel. Raymond Berner (1899-1944): mélodies. Damien Top, ténor. Hélène Jeanney, piano.

Illustration: Raymond Berner (DR)

OPERA: Jean-Paul Davois directeur d’Angers Nantes Opéra, fait Chevalier de l’Ordre National du Mérite

OPERANEWS, la lettre OPERA de classiquenews.com
Tous les événements qui font l’actualité de l’Opéra en France et dans le monde


Jean-Paul Davois

Chevalier de l’Ordre National du Mérite

Lundi 20 septembre 2010 à l’Hôtel de Ville de Nantes, à l’invitation et en présence de Jean-Marc Ayrault, Député-Maire de Nantes, Jean-Paul Davois, directeur général d’Angers Nantes Opéra, a reçu les insignes de Chevalier de l’Ordre National du Mérite des mains de Madame Irène Ajer, Inspecteur Général Honoraire du Ministère de la Culture, en reconnaissance de son parcours dans le milieu culturel, depuis la maison de la culture d’Orléans à la direction d’Angers Nantes Opéra, après la création et la codirection de l’ARCAL (Atelier de Recherche et de Création pour l’Art Lyrique), la direction du Théâtre de l’Est Parisien, les différentes études commandées par le ministère de la culture et les différentes institutions régionales et son action récurrente pour une diffusion toujours plus large et exigeante de l’opéra et du spectacle vivant.
Né en 1952 au Raincy (93), Jean-Paul Davois est depuis janvier 2003, directeur général d’Angers Nantes Opéra. La pertinence artistique des programmations réalisées, le souci de les rendre accessibles au très large public (nombreuses actions culturelles hors les murs, sensibilisation auprès des jeunes…), distinguent aujourd’hui la direction de Jean-Paul Davois. C’est à lui que nous devons la présentation en France de l’exceptionnelle production du Tristan und Isolde de Wagner d’Olivier Py, en mai et juin 2009 (qu’aucune scène parisienne ou francilienne n’a retenu à ce jour!). De la même façon, révélateur d’un travail sur la durée, -garante d’approfondissements profitables-, le directeur d’Angers Nantes Opéra a su convaincre en produisant les opéras de Leos Janacek (Jenufa en 2007, L’Affaire Makropoulos récemment en juin 2010).
En plus de l’exigence dans les choix artistiques, Jean-Paul Davois sait aussi défendre des spectacles engagés porteurs d’un regard critique sur notre société; en cela, le fait culturel gagne grâce à sa vision, un enjeu sociétal marquant, propice aux débats et rencontres.

Angers Nantes opéra, saison lyrique 2010 2011Riche, aboutie, à la fois spectaculaire et poétique, favorisant le travail des metteurs en scène les plus exigeants, la politique artistique défendue par Jean-Paul Davois n’a pas manqué de produire ses effets: progression de 65% des abonnés en 3 saisons pour Angers Nantes Opéra. Grâce à lui, le théâtre lyrique s’est de nouveau implanté dans ses territoires à Angers et à Nantes, sachant séduire et fidéliser un public de plus en plus large.



Biographie
. Jean-Paul Davois a été entre autres, directeur du Théâtre de l’Est Parisien (2001-2002); Codirecteur de l’ARCAL (Atelier de Recherche et de Création pour l’Art Lyrique, de 1983 à 1998) qu’il a cofondé avec Christian Gangneron. L’ARCAL est l’une des premières structures de production d’opéras, ayant pour objectif la formation de chanteurs et la recherche de nouveaux publics, permettant l’émergence d’un véritable réseau d’accueil de spectacles lyriques. L’ARCAL, à l’origine entreprise « itinérante », a décuplé son budget entre 1983 et 1990, produit 23 spectacles et donné 700 représentations.

Saison 2010-2011
Angers Nantes opéra

Angers Nantes opéra, saison lyrique 2010 20116 rvs composent la nouvelle saison lyrique et musicale d’Angers Nantes Opéra en 2010 et 2011: l’opéra italien romantique y occupe la place d’honneur avec le trio divin Rossini, Donizetti et surtout Verdi dont son Falstaff
délirant et déchirant, dans la mise en scène du duo choc Caurier &
Leiser, est à n’en point douter, l’un des temps forts (mars et avril
2011).
Pour identité visuelle nouvelle, Angers Nantes Opéra a choisi les photos
du photographes chinois né à Shangaï en 1972, Maleonn : illustrations
oniriques et épiques qui parlent à notre imaginaire: un masque oublié,
mi triste mi comique, parle au ciel dans le sable du désert… Rien de
plus poétique pour stimuler notre besoin d’évasion et de
transcendance…
Illustration: Jean-Paul Davois © M.Mercier

Radio France au Centquatre 9 week-endsDu 18 septembre au 2010 au 19 juin 2011

Radio France
au Centquatre

9 week end thématiques
Du 18 septembre au 2010 au 19 juin 2011
Radio France au Centquatre
Saison 2010 – 2011

A l’initiative de Marc Olivier Dupin, Radio France, outre sa saison symphonique et chorale, inaugure pour sa saison musicale 2010 – 2011, un nouveau cycle de concerts, ouverts à tous, au Centquatre (nouvel établissement public ouvert en 2009, au 104, rue d’Aubervilliers, Paris 19è ardt), en 9 week-ends. L’attrait est artistique mais aussi tarifaire: entrée unique à 5 euros pour tous les concerts et programmes.

Chaque week-end, 6 concerts en moyenne (3 le samedi, 3 le dimanche, à 14h30, 16h puis 18h) composent des après-midis riches en découvertes et mélanges des genres… L’offre musicale se veut éclectique et ouverte, destinée à tous les publics. Le “104′zic” est une formule qui s’adresse aux enfants, en particulier à “ceux qui n’y connaissent pas grand chose”, ou “qui pensent que ce n’est pas pour eux”… Les concerts proprement dits varient les combinaisons: solistes en groupes ou en solo, récital de chant, ensembles vocaux et instrumentaux. Le samedi à 18h, place aux concerts sur mesure concoctés par les instrumentistes des deux orchestres maison: Orchestres National de France, Philharmonique de Radio France. Le dimanche à 16h, jeune scène: tremplin réservé aux nouveaux talents (pianistes, chanteurs, instrumentistes divers, solistes ou ensembles à découvrir et désormais à suivre…).
Le cycle comprend aussi une fenêtre dévoilant les grands concerts historiques avec des interprètes légendaires: “Musique à voir” diffuse des archives de l’INA où paraissent les formations de Radio France.


9 week ends

Célébration Robert Schumann en ouverture pour son centenaire (Week end 1: 18 et 19 septembre 2010).

Musique russe pour le Week end 2, soit les 16 et 17 octobre 2010: compositeurs romantiques de Glinka et Moussorsgki à Prokofiev et Chostakovitch… mais aussi Stravinsky, Rachmaninov, Medtner ou Georgy Lvovitch Catoire…

Salon de musique pour le week end 3, les 20 et 21 novembre 2010, immersion à la recherche d’un temps retrouvé : évocation fin de siècle, sensuelle, grave et espiègle, des musiques exaltant les sens à Paris…

Les 18 et 19 décembre 2010 (week end 4) seront l’occasion de découvrir les espèces d’un fabuleux bestiaire animal, conçu comme un Prélude à l’Après-midi d’un faune…

En 2011, 5 autres week end s’offrent aux publics curieux de diversité, de découvertes et de partage. Le Week end 5 (15 et 16 janvier 2011): “et bien, dansons maintenant!”. Invitation à la danse, valse aristocratique, tango canaille, boston et chindia !…

Les 19 et 20 mars 2011 (Week end 6): Fantastique et féerie. Entre illusion et envoûtement, féerique ou fantastique, le dépaysement est le but du voyage musical.

Les 2 et 3 avril 2011 (Week end 7): révisez vos musiques “So British!” L’Angleterre est-elle encore une île, l’Écosse est-elle toujours une contrée bizarre, l’Irlande a-t-elle conservé la clef des musiques celtiques ?

Les 14 et 15 mai 2011 (Week end 8): Passion contemporaine sur le thème “Passion-Fusion”. Place à la création et aux rythmes et couleurs de notre temps avec un week end métissé d’inédits et de collisions, construit autour de la Passion segun San Marcos (Passion selon Saint Marc) de Osvaldo Golijov.

Les 18 et 19 juin 2010 (Week end 9): “Micro-Méga”. Parcours dans l’intime grâce à la transcription. Souvent la petite forme exalte les sens entre méditation et exaltation. Week-end chez les Jivaros !

radio france au centquatre, radio france au 104, concerts saison 2010 2011Informations: tous les programmes, les dates, les plateaux artistiques sur le site de Radio France au 104, concerts et projections, Saison 2010 – 2011

Festival de musique ancienne du Marais Paris, du 12 au 20 juin 2010

1er Festival de Musique Ancienne du Marais

Paris, du 12 au 20 juin 2010

Il manquait à Paris, un vrai grand festival de musique ancienne et baroque: pourtant les parisiens ont montré leur faveur pour les genres musicaux des XVIIè et XVIIIè. En témoigne entre autres le succès de la programmation baroque au Théâtre des Champs Elysées, véritable volet amplement plébiscité, devenu l’un des piliers de chaque saison du Théâtre de l’avenue Montaigne.

A partir de juin 2010, l’attente est satisfaite grâce au Festival de musique ancienne du Marais, du 12 au 20 juin 2010. Les champs musicaux qui s’annoncent sont larges: entendez “musique ancienne” dans son acceptation la plus étendue: le nouveau Festival parisien s’intéresse en effet aux musiques médiévales, de la Renaissance et Baroques.
Pour sa première édition, le nouveau cycle de concerts inaugure une alliance (chaque année défendue, et richement argumentée) entre musique, histoire et architecture. Qui connaît ou (re)découvre les rues étroites du quartier du Marais sait que l’actuel musée Carnavalet abritait au 17è, l’hôtel de madame de Sévigné qui y tenait salon … de musique, invitant poètes, précieuses, philosophes et écrivains sans omettre évidemment les instrumentistes dont le luthiste Charles Mouton…
Chaque programmation met en avant un interprète reconnu dans le milieu de la musique ancienne, et son instrument. En 2010, Hopkinson Smith est l’heureux élu de la première édition: le luth est donc l’instrument roi de ce premier festival parisien.
D’autant que Miguel Yisrael, directeur artistique du nouvel événement à Paris, luthiste lui aussi et… élève d’Hopkinson Smith, interprète d’un superbe récital paru chez Brilliants (“La Cour de Bavière”), entend défricher de nouveaux répertoires, favoriser des artistes peu connus en France mais célébrés hors de nos frontières, tout en leur offrant un écrin privilégié pour partager avec le public, leurs programmes personnels.

Plutôt que de proposer une thématique, Miguel Yisrael préfère jouer la carte de la passion et soutenir les artistes dans un répertoire qu’ils défendent avec passion. La ligne artistique est claire: en privilégiant l’humain et le dépassement, les prochains concerts devraient tenir leurs promesses… de surcroît dans des lieux patrimoniaux parmi les plus enchanteurs de la capitale.

Entre musique et architecture…

Au total 8 concerts sur instruments d’époque, principalement dans le 4è arrondissement, dans deux lieux historiques de la capitale, qui sont aussi deux espaces où la musique s’est depuis longtemps épanouie: l’église Saint-Merry (XV-XVIè) dont l’orgue composite réunit des éléments français, italien et allemand, et l’Hôtel de Lauzun, joyau du premier baroque français, situé sur l’île Saint-Louis, qui abrita Baudelaire: le poète devait dans les années 1840 y écrire “L’invitation au voyage”.
Hopkinson Smith, parrain de la première édition du Festival y joue à deux reprises. Mais le festival 2010 accueille aussi de nombreux autres artistes: comme les ensembles Artemandoline, Le Nouveau Mercure Galant, Delitiae Musicae, Vox Suavis, Pantagruel et l’Académie Vocale de Paris. C’est avec l’une de ces formations invitées que le festival enregistrera un disque à paraître par la suite chez le label Anima records.


agenda:
8 concerts

Samedi 12 Juin 2010 à 16h
Église St Merry – Paris IVe
Plein tarif : 20€ – Tarif réduit : 15€

Artemandoline
Sonates et Concertos pour Mandoline des XVII et XVIIIe siècles

Juan Carlos MUÑOZ – Mandoline (Espagne)
Mari Fe PAVÓN – Mandoline (Espagne)
Alla TOLKACHEVA – Mandoline et mandole (Russie)
Manuel MUÑOZ – Guitare baroque (Espagne)
Jean-Daniel HARO – Violone et viole de gambe (France)
Ruth LOPEZ – Clavecin et orgue (Espagne)

Samedi 12 Juin 2010 à 21h
Église St Merry
– Paris IVe
Plein tarif : 20€ – Tarif réduit : 15€

Le Nouveau Mercure Galant
Les 6 sonate da chiesa pour violon de Corelli

Luis BEDUSCHI, flûte à bec (Brésil)
Philippe GRISVARD, clavecin (France)
Thomas DUNFORD, archiluth et guitare baroque (France)

Dimanche
13 Juin 2010 à 16h
Église St Merry
– Paris IVe
Plein tarif : 20€ – Tarif réduit : 15€

Delitiae Musicae
Para taner juntos
Musique de la Renaissance pour deux vihuelas

Manuel MINGUILLON, vihuela (Espagne)
Jesus SANCHES, vihuela (Espagne)

Vendredi 18 Juin 2010 à 21h
Église St Merry
– Paris IVe
Plein tarif : 20€ – Tarif réduit : 15€


Vox Suavis
La Voz del Olvido
Musique traditionnelle et médiévale espagnole des XIIe et XIIIe siècles

Ana ARNAZ, soprano, percussions (Espagne)
Baptiste ROMAIN, vièle et cornemuse (France)
Tobie MILLER, flûte et vielle à roue (Canada)

Samedi 19 Juin 2010 à 16h
Église St Merry
– Paris IVe
Plein tarif : 20€ – Tarif réduit : 15€

Académie vocale de Paris
Messes et Motets de la Renaissance

Iain SIMCOCK, direction (Angleterre)
Jean-Marc LEBLANC, orgue (France)
Damien FERRANTE, ténor (France)
Neil GRAHAM, ténor (Angleterre)
Brian CUMMINGS, alto (Angleterre)
James HOBSON, basse (Angleterre)

Samedi 19 Juin 2010 à 21h
Hôtel de Lauzun
– Paris IVe
Plein tarif : 25€
Reservation recommandée.
E-mail: musiqueancienne.marais@gmail.com


Hopkinson Smith, luth
Milano / Milan
Musique Italienne et Espagnole de la Renaissance

Hopkinson SMITH, vihuela et luth renaissance (États-Unis)

Dimanche 20 Juin 2010 à 11h
Hôtel de Lauzun
– Paris IVe
Plein tarif : 25€
Reservation recommandée.
E-mail: musiqueancienne.marais@gmail.com

Hopkinson Smith, luth
Milano / Milan
Musique Italienne et Espagnole de la Renaissance

Hopkinson SMITH, vihuela et luth renaissance (États-Unis)

Dimanche 20 Juin 2010 à 16h
Église St Merry
– Paris IVe
Plein tarif : 20€ – Tarif réduit : 15€

Pantagruel
Nymphiade – La cour des fées

Ballades, airs et danses fantastiques de l’Angleterre élisabéthaine et jacobine
Anna Maria WIEROD, soprano (Danemark)
Mark WHEELER, luth, citole et guiterne (Allemagne)
Dominik SCHNEIDER, flutes, guiterne, luth basse et baryton (Allemagne)


Réservations


Tarifs des concerts: à l’église Saint-Merry (20 euros/15 euros), hôtel Lauzun (25 euros). Par courrier, accompagné du règlement et du Bon de commande. Les billets seront à retirer sur place le jour des concerts. Les règlements sont à établir à l’ordre de l’«Association Orgues et Musiques» et à retourner à : Festival de Musique Ancienne du Marais – 76 rue de la Verrerie, 75004 Paris. Consulter sur le site du festival, la page des modalités pratiques.

Toutes les informations pratiques sur le site du festival de musique ancienne du Marais

Henri Dutilleux: Tout un monde lointain France Musique, dimanche 30 mai 2010 à 10h


Henri Dutilleux

Tout un monde lointain, 1970

Oeuvre majeure du XXè français, “Tout un monde lointain” est un Concerto pour violoncelle commandé par Mstislav Rostropovitch auquel Dutilleux travaille à partir de 1968. Dutilleux recevait aussi, au même moment une commande de l’Etat français pour un ballet, d’après Charles Baudelaire. Si le compositeur décline la commande officielle, préférant s’atteler à son Concerto, il n’en écarte pas pour autant l’inspiration poétique d’après Baudelaire.

La musique est poésie…

Pour preuve le titre du Concerto dédié à Rostropovitch, mais aussi de nombreuses citations des poèmes baudelairiens, mises en épigraphes sur le manuscrit. La partition est créé le 25 juillet 1970 au Festival d’Aix en Provence par le dédicataire sous la direction de Serge Baudo.
Les 5 parties font référence à la poésie de Charles Baudelaire, comme autant d’entrées dans l’univers de l’invisible et du poétique. L’instrument soliste est ici medium entre le monde sonore et les incantations poétiques. Soucieux d’osmose interne entre les parties, Dutilleux précise que des éléments thématiques se propagent d’un mouvement à l’autre, sans qu’ils soient indissolublement liés les uns avec les autres.

1. Enigme: silence introductif, puis première activité avant le scherzo
2. Regard: climat suspendu et méditatif
3. Houles: scherzo marin, hypnotique
4. Miroirs: diffraction et reflets permanents de la matière sonore, structurés par la mélodie au violoncelle solo
5. Hymne: final vivace avec pour boucler le cycle, le retour à la citation du premier mouvement (Enigme), retour au silence primordial et à son mystère profond.

De moins de 30 minutes, le Concerto de Dutilleux est un modèle du genre: concis par sa forme, précis dans son écriture, flamboyant mais ténu et sans dilution dans son essor instrumental. Le compositeur joue des effets miroitants, des teintes lunaires, suggestives, énigmatiques. Il a rejoint le poète qui l’a inspiré, offrant à la matière sonore, l’activité et la richesse sémantique de la poésie.

France Musique

Dimanche 30 mai 2010 à 10h

La tribune des critiques de disques

Gustav Mahler: Symphonie n°2. Claudio Abbado Arte, en direct. Dimanche 6 juin 2010 à 19h10

Gustav Mahler
Symphonie n°2
Résurrection
, 1895

Claudio Abbado, direction
En direct de la Scala de Milan

Arte
Dimanche 6 juin 2010 à 19h10

Volet capital dans la maturation de l’écriture symphonique de Gustav
Mahler, la Deuxième symphonie dite « Résurrection » est la
première du genre, sollicitant voix solistes et chœur, mais aussi
inaugure une sorte de triptyque avec les deux suivantes, tant elle
exprime et approfondit un même regard singulier sur l’existence humaine.
Semé de vertigineux abîmes, le chemin mahlérien fixe son objectif, avec
amertume, cynisme, crises. Pourtant, l’issue, jamais assurée, se révèle
bel et bien, comme une ultime offrande, telle la rémission espérée. Serviteur mahlérien exceptionnel, Claudio Abbado reprend du service dans ce direct de la Scala de Milan…

Genèse.
Le premier mouvement de la Symphonie Résurrection est un
matériau ancien, composé dès 1888 à Cassel, à l’époque où l’auteur
achevait le dernier mouvement de sa Première symphonie Titan.
Mahler y composait alors un ample mouvement conçu comme une marche
funèbre, dont le titre Totenfeier laisse penser qu’il excluait de
l’intégrer dans un vaste cycle. Or à l’été 1893, le compositeur peut
enfin prendre le temps de réfléchir sur son œuvre et reprendre l’état
des matériaux à disposition. Totenfeier est intégré dans un vaste
programme, augmenté d’un deuxième, troisième puis un quatrième
mouvement. Pour le final, Mahler songe à un plus grand ensemble encore,
et même s’il devra assumer la comparaison avec la Neuvième de
Beethoven, il opte pour un chœur, deux solistes et l’orchestre à son
complet. Ne lui manque plus qu’un texte : en assistant aux funérailles
de Hans von Bülow (décédé le 12 février 1894), il a l’idée d’adapter le
poème Résurrection de Klopstock (1724-1803).
A l’été 1894, il
peut orchestrer la partition qui sera créée à Berlin, le 13 décembre
1895. Autobiographique et en cela jugé, vulgaire par la critique, la Deuxième
symphonie
est un parcours jalonné de terribles épreuves :
souffrance, misère, angoisse. Le héros doit gagner son salut au prix de
hautes luttes. C’est au terme d’une succession d’épisodes terrifiants et
vertigineux que le ciel laisse entrevoir la gloire céleste, l’apothéose
tend espérée. Confiant dans ses propres ressources, Mahler ajoute au
texte Résurrection de Klopstock : « je mourrai pour vivre ! ».
Confession de foi, et même serment énoncé à lui-même qui démontre
aussi dans le flot foisonnant de l’orchestre, la lente maturation d’une
expérience personnelle profondément mystique.

Parcours de
l’œuvre
. En cinq mouvements, la Deuxième symphonie est un
pèlerinage vécu par le croyant, au préalable soumis à des forces
titanesques qui le dépassent totalement. L’expérience des souffrances
l’amène à un effondrement des forces vitales, ce qu’exprime le premier
mouvement. Aucune issue n’est possible. Une solitude errante (hautbois),
et même meurtrie. Mais l’homme se relève dans l’Andante qui fait
suite : pause, regain de vitalité, et aussi, reprise du souffle. Le
vrai combat n’est peut-être pas tant dans l’apparente représentation
spectaculaire d’un vaste paysage à la démesure cosmique, que bel et bien
dans l’esprit du héros, en proie à mille pensées contradictoires,
amères et suicidaires. C’est pourtant de la résolution d’un conflit
personnel, du compositeur face à lui-même que jaillit la révélation de
la fin : la carrière vécue comme une tragédie suscite ses propres
sources de régénération, grâce à une ferveur quasi mystique qui se
dévoile pleinement dans les paysages célestes du dernier mouvement.

La
Symphonie Résurrection, porte en elle cette aspiration à la
sérénité et aussi à la plénitude. L’Ulricht (quatrième
mouvement), chanté par la mezzo soliste, recueille toutes les
souffrances vécues, assumées. La voix exprime, et les épreuves passées,
et les attentes à l’oeuvre. Enfin, l’ultime et cinquième mouvement
laisse s’épanouir en une déflagration cosmique, la manifestation du
ciel. Le croyant n’aura ni souffert ni vécu en vain : les paradis
éthérés lui sont désormais ouverts.


Retour d’un grand malhérien, jardinier zélé, à la Scala


Pour son retour à la Scala de Milan, le chef d’orchestre Claudio Abbado a
demandé, en guise de cachet, que soient plantés 90 000 arbres –
probablement le cachet le plus singulier de toute l’histoire de la musique.
Le temple des muses milanais avait accueilli le maestro de 1960 à 1986. Depuis,
les mélomanes de Milan, sa ville natale, en étaient réduits à guetter
ses apparitions locales, aux pupitres de l’Orchestre philharmonique
de Vienne (1988 et 1992) et de l’Orchestre philharmonique de Berlin
(1993).
Dix-sept ans plus tard, Claudio Abbado revient à la Scala. Pour
son grand retour à Milan, Claudio Abbado a choisi une oeuvre on ne peut
plus symbolique : la 2e symphonie Résurrection de Mahler. Avec près
de 90 minutes, La Résurrection est non seulement l’une des plus longues
oeuvres symphoniques, mais c’est aussi l’une des plus originales et
complexes de Mahler, qui y a travaillé plus de six ans avant la première, donnée en 1894.

La Deuxième de Mahler est
une pièce maîtresse dans la carrière de Claudio Abbado : c’est avec elle
qu’il avait fait des débuts remarqués en 1965 au festival de Salzbourg,
et qu’il s’est imposé à la Scala ; en 2003, la Résurrection fut le point
d’orgue de l’inauguration de l’orchestre du Festival de Lucerne, formé
par le maestro ; et en 2005, il a reçu le prix du chef d’orchestre de
l’année (prix ECHO Klassik) pour son enregistrement de cette même
oeuvre. Le fait que cet amoureux de la nature, et jardinier éclairé, se
serve de son retour à la Scala pour arborer sa ville natale en dit long
sur la profondeur et l’humour de l’artiste. Les 90 000 arbres doivent
être plantés dans 10 petites forêts tout autour de la capitale lombarde,
ainsi que dans plusieurs parcs de la ville. Le plan pour le «
reboisement de Milan » a été confié à Renzo Piano, architecte de renom ;
les premiers arbres doivent être plantés au printemps : un bosquet de
hêtres sur la Piazza Duomo, en face de la cathédrale, et 220 frênes le long de la Via Dante qui conduit
au Castello.

Les conditions extravagantes posées par le maestro pour son « come-back »
sont à la hauteur de l’événement retransmis en direct par ARTE :
Claudio Abbado dirigera l’Orchestre philharmonique de la Scala,
l’Orchestre Mozart, les choeurs de la Scala et de la radiodiffusion
suédoise, ainsi que le choeur Arnold Schönberg. Les solistes seront
Rachel Harnisch, soprano, et Anna Larsson, contralto

Claudio
Abbado en direct de la Scala de Milan
: Symphonie n°2,
“Résurrection”.
Concert. Réalisation : Michael Beyer. Coproduction :
ARTE, ZDF (2010, 90mn)

Janacek: L’Affaire Makropoulos, 1926 Angers Nantes Opéra, du 27 mai au 15 juin 2010

Leos Janacek

L’Affaire Makropoulos
, 1926

Angers Nantes Opéra
nouvelle production
Mark Shanahan, direction
Patrice Caurier et Moshe Leiser, mise en scène

Nantes, Théâtre Graslin
Les 27, 29 mai puis 1er, 3 et 6 juin 2010

Angers, le Quai
Les 13 puis 15 juin 2010

Patrice Caurier et Moshe Leiser forment le duo de metteurs en scène le plus captivant de la scène actuelle. Ils ont en mars 2010 réussit une approche épatante et fine de Hamlet d’Ambroise Thomas au Metropolitan Opera de New York. Depuis 30 ans, on leur doit plusieurs productions mémorables en particulier sur les planches d’Angers Nantes Opéra: sens visuel, respect des temps forts dramatiques, clarté et fulgurances de options scéniques, les deux scénographes, maîtres reconnus en matière de constructions dramaturgiques, reprennent du service et après une Tosca de braise, et un premier opéra de Leos Janacek (1854-1928), Jenufa, abordent l’avant-dernier opéra du musicien tchèque (avant De la maison des morts), et non des moindres: L’Affaire Makropoulos (1926).
Toujours au service des chanteurs et de la musique, leur lecture promet un grand moment de théâtre. La vérité psychologique et l’intensité dramatique sont souvent les traits immédiatement perceptibles de leur travail.

Dans le rôle-titre, les deux hommes de théâtre retrouvent la soprano britannique Kathryn Harries, interprète adulée de leur Didon et Enée (Lyon, 1987), qui fut aussi (surtout) une Kostelnicka irrésistible de leur Jenufa...

De L’Affaire Makropoulos, Patrice Caurier et Moshe Leiser entendent souligner l’oeuvre de la désillusion, de la perte des rêves, du désir. Emilia Marty, le personnage central de l’ouvrage, est une immortelle déçue, aigrie, fatiguée par la vie. Même si elle entend obtenir le fameux secret légué par Makropoulos, médecin de l’empereur Rodolphe II, la sirène sans âge, séduit par sa beauté, terrifie par son cynisme acide… Inhumiane barbare, celle qui incarne toutes les femmes, passées, présentes, à venir impose au préalable des intentions clandestines, seulement portée par son désir de pouvoir, de jeunesse, d’éternité.

D’après la pièce en langue tchèque de Karel Capek, Janacek tisse une action mystérieuse qui laisse dans l’ombre nombre d’événements visibles sur la scène (chacun ici confrontent des enjeux différents, souvent opposés où il est question d’héritage et d’identité masquée…). Le ton de Makropoulos n’est pas dans le réalisme mélodramatique de Jenufa, c’est une autre sorte de narration, subjective, plus inquiète et tendue, souvent hallucinée, – véritable transfiguration de la langue tchèque dans le chant-, où les angoisses premières de l’homme face à son destin, sont dévoilées et grossies comme si la musique oeuvrait telle une loupe déformante.
Janacek, au soir de sa vie, y inscrit allusivement sa propre conception de l’existence, et en particulier de la condition terrestre…

La relation en outre de Emilia au théâtre et à la musique y est très intéressante: la femme qui a vécu 300 ans ne sent bien réellement que sur une scène d’opéra: elle est cantatrice comme Tosca; mais le chant lui apporte un surcroît d’existence qui de ce fait dans la partition et au sein des noeuds dramatiques de l’Affaire Makropoulos, revêt une importance capitale. Il s’agit à la fois d’une intrigue politique mais aussi d’un conte philosophique qui peut être vécu sur les planches comme dans un rêve initiatique.
Qui est réellement Emilia Marty? Le savoir c’est percer à jour le secret d’une immortelle qui a traversé déjà plusieurs siècles… Mais usant jusqu’à l’ennui, du jeu de la séduction, des manipulations, la femme sans âge, a perdu toute identité: ne pas avoir d’âge, c’est être personne. D’acte en acte (3 au total), la divine et attirante cantatrice éprouve la quête essentielle, celle de la vérité: qui est-elle? Le sait-elle, elle-même? La longévité lui a apporté solitude inquiète, détachement cynique, aigreur dépressive… Au cours de l’action, Emilia pourtant détruite par sa vie sans attache, trouve le but ultime, donner un sens à sa vie, mourir pour exister…

Le prochain projet lyrique de Patrice Caurier et Moshe Leiser: l’opéra de Marc-André Dalbavie sur les dernières années de la vie Gesualdo.

Leos Janacek: L’Affaire Makropoulos, 1926. Opéra en trois actes.
Livret de Leoš Janáček d’après la pièce l’Affaire Makropoulos de Karel Čapek.
Créé au théâtre de Brno, le 18 décembre 1926. Angers Nantes Opéra, à partir du 27 mai (Nantes) puis les 13 et 15 juin 2010 à Angers.

Distribution

Emilia Marty, Kathrin Harries
Albert Gregor, Atilla Kiss
Le docteur Kolenatý, John Fanning
Vítek, Adrian Thompson
Kristina, Paola Gardina
Jaroslav Prus, Robert Hayward
Janek Prus, Robin Tritschler
Hauk-Šendorf, Beau Palmer
Une femme de ménage, une femme de chambre, Linda Ormiston
Le machiniste, Guy-Etienne Giot

Chœur d’Angers Nantes Opéra sous la direction de Xavier Ribes
Orchestre National des Pays de la Loire
[Opéra en tchèque avec surtitres en français]

Exposition: à l’occasion de la nouvelle production de L’affaire Makropoulos de Janacek présentée par Angers Nantes Opéra, le Théâtre Graslin à Nantes (du 20 mai au 6 juin 2010) puis le théâtre Le Quai à Angers (du 13 au 15 juin 2010) accueillent une exposition autour de l’oeuvre de Karel Capek: “Vie, mort et miracles de Karel Capek“. Le commissaire de l’exposition, Gérard-Georges Lemaire évoque l’oeuvre de l’écrivain et dramaturge tchèque. Il a aussi demandé à 5 plasticiens contemporains de réaliser chacun un travail spécifique, inspiré par l’écriture et les sujets de Karel Capek. Leurs oeuvres sont exposées pendant les dates de représentation de L’Affaire Makropoulos à Nantes et à Angers.



Pour clore sa saison lyrique 2009-2010, Angers Nantes Opéra
propose à partir du 27 mai et jusqu’au 15 juin 2010, une nouvelle
production: L’affaire Makropoulos de Leos Janacek.
Pour son avant dernier opéra, le compositeur tchèque choisit d’adapter
la comédie de son compatriote Karel Capek. A la fin de sa carrière,
Janacek offre une oeuvre en miroir, mi comique mi tragique dont le
personnage principal, Emilia Marty, sorte d’immortelle insatisfaite,
exprime sa propre vision de la condition humaine.


Oeuvre en miroir et comédie noire

Que cherche-t-elle? Qui est-elle? Le sait-elle réellement? Emilia Marty
subjugue et hypnotise tous les hommes qui croisent son chemin. La
séductrice qui est aussi cantatrice, à qui tout sourit et qui ne compte
plus ses soupirants comme ses amants, ne cesse de varier les masques.
Son rôle est de paraître et de jouer.
Pour autant la sirène irrésistible qui incarne toutes les femmes,
passées, présentes et à venir, est prisonnière de son statut. Son
éternité l’use, la fatigue, toujours séduire, toujours manipuler, sans
être vraiment.

Mais pourquoi alors chanter, se maquiller, se déguiser? Paraître sans
âge, c’est n’en avoir aucun. C’est être personne. La Voyageuse sans attaches capitule et sa dernière expérience terrestre
devient une quête d’authenticité.
Jusqu’au dévoilement final où retrouvant enfin la recette d’une nouvelle
éternité, Emilia Marty (époustouflante Kathrin Harries ci contre) renonce pourtant, et révèle sa part d’humanité.
A travers ce clown triste et déchirant, Janacek souligne ce qui fait le
prix et le sens d’une vie terrestre: la vérité plutôt que l’immortalité;
l’amour plutôt que la séduction et le mensonge.

La nouvelle production présentée par Angers Nantes Opéra saisit toutes
les facettes du chef d’oeuvre de Janacek, créé en 1926.

A la fois limpide et juste, la mise en scène de Patrice Caurier et Moshe
Leiser, scénographes familiers désormais, à Nantes et à Angers, se met
au service d’une oeuvre flamboyante qui bénéficie aussi d’une
distribution exceptionnelle (où rayonne dans le rôle clé d’Emilia Marty,
la soprano britannique Kathrin Harries, qui fut sur la même scène, une
Kostelnicka irrésistible dans Jenufa… du même Janacek.

A Nantes puis à Angers, les spectateurs peuvent aussi découvrir l’oeuvre
de l’écrivain Karel Capek grâce à l’exposition intitulée “Vie, mort
et miracles de Karel Capek”
.


sommaire des vidéos

L’Affaire Makropoulos
de Janacek,
nouvelle production présentée par
Angers Nantes Opéra, du 27 mai au 15 juin 2010. Reportage vidéo 1

affaire makropoulos opera angers nantes<br />
operaL’Affaire Makropoulos de
Janacek, nouvelle production présentée par Angers Nantes Opéra, du 27
mai au 15 juin 2010. Reportage vidéo 2

Dans le rôle-titre, les deux hommes de théâtre retrouvent la soprano
britannique Kathryn Harries, interprète adulée de leur
Didon et Enée (Lyon, 1987), qui fut aussi (surtout) une Kostelnicka
irrésistible de leur Jenufa... 7 représentations
événements

Dossier réalisé par Sylvain Giambello, Delphine Raph et Alexandre Pham

Illustration: Kathrin Harries (Emilia Marty), L’Affaire Makropoulos de Jancek présentée par Angers Nantes Opéra en mai et juin 2010 © Jeff Rabillon 2010

Collection “Apprends moi l’opéra” Deutsche Grammophon

Deutsche Grammophon
Apprends moi l’Opéra
L’opéra pour les enfants

Universal music (Deutsche Grammophon) réédite les perles de ses archives lyriques à l’attention des plus jeunes: heureuse initiative où le texte (accessible et simple), l’image (séduisante) composent une approche très alléchante pour faire aimer l’opéra… argument majeur de la collection: les versions interprétatives parmi les plus attractives voire indépassées de la discographie (les puristes regretteront cependant la conception des coffrets en 1 cd regroupant forcément dans ce format, des extraits de chaque ouvrage), mais cd de découverte, chaque galette tient son rôle: sensibiliser et divertir, tout en éduquant l’oreille car difficile de faire mieux par exemple concernant les opéras suivants, de toute évidence incontournables:

Perles lyriques

Sous la baguette de Claudio Abbado: Le Barbier de Séville (avec les représentants de l’excellence du chant rossinien: Berganza, Alva, Prey), et Cendrillon (Cenerentola, avec également Berganza et Alva…): condensé d’élégance et d’efficacité dramatique! Autres valeurs sûres avec Carmen par Agnès Baltsa et José Carreras sous la direction de Karajan, Madama Buttefly par Freni et Carreras dirigés par Sinopoli; La Traviata de Carlos Kleiber réunissant Ileana Cotrubas, Placido Domingo et Sherill Milnes. Les Mozart sont ceux de l’excellent et pétillant Karl Boehm (Les Noces de Figaro et La Flûte Enchantée, avec Dietrich Fischer Dieskau en Almaviva et Papageno…), Rigoletto par Carla Maria Giulini avec Piero Capuccilli, Placido Domingo et Ileana Cotrubas… Ne manquez pas non plus: L’Elixir d’amour de Donizetti par James Levine (Kathleen Battle et Luciano Pavarotti), La Bohème, version Leonard Bernstein et titre désigné pour les jeunes mélomanes, Hänsel en Gretel d’Umperdinck par Colin Davis avec Edita Gruberova et Ann Murray.

Collection ” Apprends moi l’Opéra “, Deutsche Grammophon. L’histoire de l’opéra adaptée pour les enfants. Chaque opéra en 1 cd. Livret illustré, en français.

Don Giovanni, naissance d’un opéra Film de Carlos Saura. Portrait de Casanova

Don Giovanni, naissance d’un opéra
Film de Carlos Saura

(au cinéma: le 12 mai 2010)

Casanova (1725-1798), fils de comédiens, s’il revêt de nombreuses identités comme violoniste, écrivain, diplomate, bibliothécaire (son dernier emploi officiel pour le Comte Waldstein, seigneur de Dux), aime à se présenter partout comme “Vénitien” (il est né rue de la Comédie, cela ne s’invente pas: actuelle “calle” Malipiero). La République qui n’aima jamais les rois et la monarchie, a su cultiver en son sein d’authentiques partisans de la libre pensée. Sa vie et l’intelligence de son esprit ont inspiré de nombreuses biographies comme celles d’André Suarès (1925), Stefan Zweig (1930), Félicien Marceau (1950), Philippe Sollers (1998)…

Il s’invente le titre de Chevalier de Seingalt et publie en français nombre de textes dont la fameuse chronique autobiographique, “Histoire de ma vie”, signés “Jacques Casanova, Chevalier de Seingalt” (1791). Le Prince de Ligne a laissé un portrait de l’homme mûr: regard perçant, laideur marquante mais esprit perspicace et charismatique… qui aimait citer jusqu’à l’abus et le dégoût, vers et citations d’Homère et d’Horace. Si l’homme dérange, provoque, raille et moque, il sait aussi à ceux qu’il admire et estime, être généreux.

C’est un séducteur, libertin, incarnation du Don Juan de Molière, sceptique, critique, esprit affûté et mordant, d’une liberté au-dessus des lois, et tout autant inscrit dans l’activité et l’entreprise. D’une certaine façon, dans sa critique du système et la facilité de sa pensée, Casanova incarne le Siècle des Lumières. S’évada-t-il réellement des Plombs de Venise (comme il en fait le récit dans un texte paru écrit à Dux en 1787 et édité à Prague en 1788: “Histoire de ma fuite des plombs”), la prison du gouvernement situé dans le Palais des Doges, rien n’est moins sûr… Homme de l’ombre et des intrigues, Casanova aurait été plutôt informateur auprès de la police vénitienne.
Il y a du mythomane chez cet homme créatif dont la verve littéraire conduit à de nombreuses affabulations, propres au vieux courtisan, amateur de jolies femmes: eut-il réellement des rapports avec sa propre fille comme il aime à l’écrire dans ses Mémoires? Retrouva-t-il dans un Casino de Venise, Bernis, ambassadeur de Louis XV pour y partager une jeune religieuse?
Ce contemporain de Voltaire, ami des lettres et de la philosophie fut bien arrêté par la Police de Venise et incarcéré deux années dans la prison du Doge. Grâce à des appuis politiques dont Bernis, Casanova rejoint Paris, abusant de la crédulité et de la richesse de Madame d’Urfé, veuve excentrique amatrice des questions occultes, auprès de qui il se faisait passer pour un maître, possédant les secrets de la Kabbale. Le manipulateur devient aventurier, traverse l’Europe, passant par Vienne puis Madrid. Il devient bibliothécaire au château de Dux en Bohème, attendant son heure, non sans cynisme repenti. Il y meurt le 4 juin 1798.

Dans le film de Carlos Saura, le Vénitien assiste non sans s’insurger au baptême des juifs convertis dont le jeune Da Ponte. Il devient d’ailleurs le mentor et le maître à penser du jeune homme, devenu abbé et comme lui, adepte d’une vie libre, sans entrave morale ni sentiments.

C’est Casanova qui inspire au jeune écrivain licencieux dont l’éditeur est condamné et châtié à sa place par l’Inquisition, l’idée d’écrire un opéra sur Don Giovanni. Au demeurant, la figure du séducteur espagnol est leur modèle à tous deux.

Franc-maçon, Casanova obtient pour son protégé, banni de Venise, d’être soutenu par Salieri à Vienne. Quant Da Ponte rencontre Mozart, Casanova ne cesse de conseiller l’écrivain devenu librettiste du compositeur: depuis Dux en Bohème, le vieil aventurier “pilote” la rédaction du livret, soucieux de donner au mythe si cher, le visage idéal, conforme à ce qu’il en attend. Mais si Casanova a fait de sa vie, le roman de ses fantasmes, Da Ponte n’aura pas la même approche de la réalité: il restera fidèle au seul amour de sa vie et convolera en justes noces.

Don Giovanni,
naissance d’un opéra. Film de Carlos Saura
avec
Lorenzo
Balducci
(Da Ponte), Lino Ganciale (Mozart), Emilia Verginelli
(Annetta), Tobias Moretti (Casanova), Ketevan Kemolidze (Adriana
Ferrarese/Elvira), Sergio Foresti (Leporello), Borja Quiza (Don
Giovanni), Cristina Giannelli (Catarina Cavalieri, Anna), Ennio
Fantastichini (Salieri)… Vittorio Storaro (directeur de la
photographie). Dans les salles de cinéma, le 12 mai 2010.

vidéo: voir la bande annonce du film de Carlos Saura, don Giovanni,
naissance d’un opéra

Illustrations: Portrait de Casanova par son frère Francesco, vers 1750-1755. Casanova dans le film de Carlos Saura, incarné par l’acteur Tobias Moretti (DR)

Gioacchino Rossini: Armida, 1817. Renée Fleming France Musique, le 1er mai 2010 à 19h

Gioacchino Rossini

Armida
, 1817

Joué partout en Italie, Rossini au tournant de l’année 1815 ne doit plus soumettre qu’un seul bastion lyrique: Naples. Ce qu’il ne tarde pas à réussir, suscitant même un engouement considérable dans la cité parténopéenne jusqu’en 1822.
Grâce au serveur de café devenu impresario lyrique et directeur de Théâtre, Domenico Barbaia (1778-1841), aux commandes des théâtres San Carlo et Teatro Nuovo à Naples (1809-1840), Rossini se voit confier le renouvellement du répertoire lyrique des deux salles napolitaines, rien de moins. Le compositeur agit avec élégance et mesure; c’est d’abord Elisabetta regina d’Inghilterra, oeuvre non dérangeante, au chant souple et virtuose qu’accompagnent les cordes de façon continu. Voilà qui plaît aussitôt au public napolitain que la sécheresse du recitativo seulement tenu par le clavecin, commençait d’ennuyer.

Opéra napolitain

A Naples, le maître impose peu à peu son écriture virtuose: Otello, en 1816 est applaudi par les Napolitains (du Teatro Fondo). Les succès créées hors de Naples: Le Barbier de Séville (Rome, Teatro Argentina, février 1816), puis La Cenerentola (Rome, janvier 1817), comme La pie voleuse (Milan, Scala, mai 1817), confirment son génie mélodique et sa pétillance rythmique.
Avant La Donna del Lago, grand succès au San Carlo, créé le 24 septembre 1819, d’après Walter Scott, Rossini réussit un préalable Armida, représenté le 11 novembre 1817, avec Isabelle Colbran, diva renommée qui est aussi l’épouse du compositeur. D’après La Jérusalem délivrée du Tasse, Armida est une enchanteresse souveraine, pourtant impuissante face à l’amour. D’abord sous-titré opera seria, l’ouvrage est renommé opéra-ballet grâce à la part exceptionnelle de sa partie chorégraphique. Ici pas moins de 6 rôles de ténor et plusieurs mélodies devenues légendaires telles l’air à variations “Amor, possente Nume”, ou le duo “Amor il dolce impero”.

Sur la scène américaine, Renée Fleming, qui fut une Alcina de Haendel éblouissante (autre rôle d’amoureuse trahie et démunie), incarne cette Armida rossinienne, avec le tact et les blessures secrètes, la soie vocale irrésistible, l’intelligence du verbe qui la distinguent.

France Musique
Samedi 1er mai 2010 à 19h
en direct du Metropolitan Opera de New York

Gioacchino Rossini
Armida

Opéra seria en 3 actes sur un livret de Giovanni Federico Schmidt

Renée Fleming, Armida
Lawrence Brownlee, Rinaldo
John Osborne, Goffredo
José-Manuel Zapata, Gernando
Barry Banks, Carlos
Kobie van Rensburg, Ubaldo
Yeghishe Manucharyan, Eustazio
Peter Volpe, Idraote
Keith Miller, Astarotte

Metropolitan Opera Chorus drigé par Donald Palumbo
Metropolitan Opera Orchestra
Direction : Riccardo Frizza

Isabelle Faust, violon France Musique, dimanche 3 janvier 2010 à 19h

Isabelle Faust

Violon

France Musique

Dimanche 3 janvier 2010 à 19h


Musique de chambre. Sonates de Beethoven

Isabelle Faust, née à Stuttgart en 1972 est l’une des violonistes les plus douées de sa génération, lauréate des Concours Leopold Mozart (Augsbourg, 1987), Paganini de Gênes (1993). Agile, inspirée, d’une élégance non dénuée de liberté inventive et surtout, toujours imaginative (sens des couleurs et du phrasé, finesse du jeu), Isabelle Faust joue un instrument digne de son immense talent, le Stradivarius daté de 1704, nommé “La Belle au bois dormant” (prêt consenti par la L-Bank Baden-Württemberg.)…

Concert donné le 11 octobre 2009, Théâtre du Châtelet à Paris

Ludwig van Beethoven
Sonate n°1 en ré Majeur op 12 n°1
Sonate n°2 en la Majeur op 12 n°2

Sonate n°3 en mi bémol Majeur op 12 n°3
Sonate n°10 en sol Majeur op 96

Isabelle Faust : violon
Alexander Melnikov : piano

Illustration: Isabelle Faust (DR)

George Onslow: Quatuors opus 54, 55, 56 Quatuor Diotima. 1 cd Naïve

Le style d’Onslow
marque l’écriture chambriste française des années 1830: souci de la
cohérence, renouvellement constant de la mélodie et des passages
harmoniques, son art est bien celui d’un grand maître du romantisme
français. Grâce au geste subtil et introspectif des Diotima, cet album
est une révélation


Le Beethoven français

Superbe révélation que ce programme en tout point jubilatoire qui nous
offre enfin ce que nous espérions: la preuve d’un chambrisme français
parfaitement original propre au début des années 1830 (1834
précisément), apport supportant ô combien la comparaison avec les opus
de Haydn et surtout du dernier… Beethoven.
La sonorité lumineuse et introspective des Diotima fait merveille dans
ce cycle tripartite d’une mordante amertume, tempérée par éclairs, de
tendres apaisements. George Onslow (1784-1853), récemment révélé lors du Premier
festival de Musique romantique à Venise présenté par le nouveau Centre
de Musique romantique Palazetto Bru-Zane (“Aux origines du Romantisme
français, octobre 2009, reportage vidéo exclusif: Symphonie n°1 de
George Onslow
), relève bien le défi d’être comparé à Beethoven. Il fut même appelé “le Beethoven français”, non sans raison.
Si le festival vénitien précédemment cité a dévoilé sa verve et son
énergie sur le plan symphonique, le cd Naïve complète le tableau en
soulignant la délicatesse profonde de son écriture chambriste,
acclimatée aux exigences de la forme quatuor (on compte pas moins de 70
Quatuors dans son catalogue!). Des 3 opus ici réunis, le dernier
s’impose par sa gravité équilibrée et lumineuse qui porte comme les
autres pièces, l’éblouissement ressenti par le Français face aux
derniers Quatuors de Beethoven, ceux de l’opus 131 et 135 (écoutés à
Paris, en 1828). Aux inflexions proches des Viennois (et aussi de
Mendelssohn son contemporain, plus évident dans l’art d’un Théodore
Gouvy), Onslow, auvergnat d’origine anglaise par son père, ajoute une
couleur spécifiquement française: la clarté, la fibre colorée, le souci
de transparence.

Défis expressifs que réussissent les Diotima grâce à un sens
remarquable du dialogue: tension incarnée, vive et palpitante du
premier mouvement (allegro maestoso e espressivo);
activité ciselée et articulée minuetto successif. Onslow fut formé par
les compositeurs germaniques dont Dussek et Reicha, alors établi à
Paris; pianiste, il compose dans le culte du genre sérieux et savant,
le quatuor. Ecoutez seulement l’adagio cantabile e sostenuto,
du même opus 56 pour mesurer son génie du repli sombre, de l’ombre vive
et exaltée, douée d’une élégance mesurée, qui chante à la façon de
Schubert, et réassimile le choc éprouvé dans la quarantaine face aux
ultimes opus de Beethoven.

Le
style d’Onslow marque l’écriture chambriste française des années 1830:
souci de la cohérence, renouvellement constant de la mélodie et des
passages harmoniques, son art est bien celui d’un grand maître du
romantisme français. Révélation. Album coup de coeur de janvier 2010.

George Onslow (1784-1853): Quatuors opus 54, 55 et 56 (1834). Quatuor Diotima. Parution: le 20 janvier 2010.

Gluck: Iphigénies en Aulide, en Tauride Bruxelles, La Monnaie. Du 1er au 20 décembre 2009

Christoph Willibald Gluck

1714-1787
Les 2 Iphigénies
2 nouvelles productions

Iphigénie en Aulide
Iphigénie en Tauride

Bruxelles, La Monnaie
Du 1er au 20 décembre 2009

Avec la présentation le même soir de deux œuvres majeures de Christoph Willibald Gluck, Iphigénie en Aulide et Iphigénie en Tauride – très peu joués à la Monnaie, il y a exactement 100 ans pour la première et en 1781 seulement pour la deuxième, juste après sa création mondiale – la Monnaie programme un “marathon” lyrique en enchaînant sur quelques soirs, les 2 opéras tragiques de Gluck. La loi et le sacrifice exigé des dieux toujours voraces, la soumission des hommes, l’âge des dieux omnipotents… sont autant de thématiques fortes qui mettent en avant celle, centrale, du pouvoir. Il s’agit aussi pour La Monnaie de Bruxelles de développer le fil artistique défendu dans la programmation de sa saison 2009-2010, autour de la mythologie grecque et en particulier de la famille des Atrides.

Incarnation du sacrifice, Iphigénie est en Aulide la victime expiatoire de la politique des hommes, au nom de la raison d’état et pour satisfaire la volonté des dieux. Transportée par la volonté de Diane en Tauride, elle devient à son tour actrice du sacrifice par un retournement cher aux dieux grecs.

Après Pelléas et Mélisande en ouverture de saison 2008-2009, le metteur en scène Pierre Audi relève le défi proposé par Peter de Caluwe, directeur de La Monnaie. Il y met en avant le jeu cruel des hommes et des dieux, l’interchangeabilité des lois et la fragilité du destin des femmes livrées à la puissance des hommes.
Pour l’unité de leur action, les 2 Iphigénies sont représentées dans un même décor, singularisées cependant par des éléments identifiants. La scène est sur la fosse, l’orchestre et certains spectateurs, sur la scène. Pour les spectateurs qui ne souhaitent pas voir les 2 opéras dans la foulée, en un seul soir, La Monnaie programme aussi chaque ouvrage séparément.

A la Monnaie, après Médée de Cherubini en 2008 et Semele de Handel, en ouverture de la saison 09_10, le claveciniste Christophe Rousset dirige pour la première fois le Symphonique de La Monnaie pour les deux ouvrages clés de Gluck.
Véronique Gens chante la jeune Iphigénie, un rôle dont elle a enregistré des extraits sous la direction de… Christophe Rousset mais qu’elle chantera pour la première fois sur scène.
Déclamation ciselée, style et élégance sans omettre une nouvelle intensité qui correspond au feu des vraies tragédiennes: son timbre intelligible devrait se distinguer dans le projet Gluck de La Monnaie. Mozartienne reconnue (Elvira, la Comtesse Almaviva, Fiordiligi…), mais aussi la récente Mélisande au Deutsche Oper de Berlin et à Munich incarne le port aristocratique de la princesse Iphigénie et sa tendresse tragique de victime…
Autre Iphigénie prometteuse, la soprano allemande Nadja Michaelqui a chanté Médée en avril 2008 à La Monnaie devrait tout autant relever le défi de la scène gluckiste. Autre tempérament à suivre, l’Oreste (en Tauride) de Stéphane Degout.


La réforme selon Gluck

Dans le sillon de Zenon au début du 18è, Gluck poursuit une réforme de l’opéra: pour renforcer l’expressivité de l’action, son déroulement efficace: réduction des personnages, simplification des situations pour davantage de caractère et de clarté, d’unité et de fulgurance… à l’instar des dramaturges Corneille et Racine, champions atemporels du théâtre parlé.
Mais vers 1750, les modèles lyriques se sont transformés: après Lully, c’est Rameau qui inspire les créateurs grâce au foisonnement de son théâtre.

Parme, Vienne, Paris…
A Parme, avec Traetta (Antigone), Gluck se sépare par exemple du style seria d’un Jommelli (qui reste de pleins pieds dans le Baroque), afin de créer le théâtre lyrique de la modernité. Il s’agit de retrouver comme à la Renaissance, l’idéal de la représentation tel qu’il est défendu par le drame grec antique. Les compositeurs se “rebellent” contre les caprices dominateurs des chanteurs: moins d’airs acrobatiques, moins de da capo mais une projection naturelle et expressive du texte, proche de la langue native. L’intrigue se restructure autour de la danse, du chant… et du choeur.
Après Parme, Gluck a commencé à s’imposer au début des années 1760 à Vienne: il y affirme l’opéra italien (Orfeo et Alceste). Mais il sait aussi exceller dans l’opéra comique à la manière de Favart: ce qui est moins connu; il fait de même au début des années 1770, à Paris, à l’appel de Marie-Antoinette. Ses 2 Iphigénies s’inscrivent dans ce contexte de rupture et de… reprises. Partout il est joué, Gluck assimile, intègre, s’adapte… toujours selon son idéal d’unité, de clarté, d’expression… et d’équilibre.

Rameau épuré, retour à Lully
Iphigénie en Aulide souligne l’abandon du récitatif secco pour le récitatif acccompagné, plus proche du rythme de la langue originelle. De Rameau, Gluck reprend l’importance des choeurs mais il en conçoit une nouvelle voix collective, épurée, volontiers homophonique (plus de complexité contrapuntique “inchantable” comme celle de l’auteur d’Hippolyte et Aricie).
Gluck renoue avec l’écoulement unique du chant (sans reprise, sans air apparent) qui mêle mélodie et récit(atif) propre à… Lully. Le chant se rapproche du langage parlé: il n’est plus le tremplin d’une vocalité virtuose, et la notion de geste déclamé, d’articulation souple et détaillée, est primordiale. Contrairement à l’opéra italien qui aime s’épancher et théâtraliser, Gluck renouvelle l’opéra français en développant surtout la justesse du sentiment, son élévation et son intensité noble et “pudique”. Pour en décupler l’impact, Gluck accompagne la voix non plus par un coeur de luths, théorbes et de clavecin (Lully) mais par l’orchestre entier. Il s’agit pour lui de dévoiler la sincérité du sentiment contre l’artifice d’une pure vocalità…

Racines napolitaines
Aulide appartient à cette veine orthodoxe de l’opéra déclamé. Tauride, qui marque la fin du séjour parisien de Gluck et demeure son oeuvre la plus applaudie, relâche sa tension et son souci du texte. Tauride est plus italien qu’Aulide: en Tauride, Gluck confirme ses attaches viscérales au syle italien car sa langue est demeurée napolitaine. Jouer les 2 ouvrages dans la continuité, ou les mettre en perspective en les programmant d’une soirée à l’autre, est un défi propre à nos jours: Gluck n’aurait pas conçu un tel dispositif. Or l’enchaînement des deux partitions montre l’évolution du personnage central d’Iphigénie: soprano en Aulide, mezzo plus sombre en Tauride, avec une métamorphose spectaculaire du rôle qui nourrit davantage le mythe…

Christophe Rousset, direction
Pierre Audi, mise en scène
Orchestre et choeur de La Monnaie

Iphigénie en Aulide & Iphigénie en Tauride
Les 1er et 22 décembre 2009 à 18h
6, 13 et 20 décembre 2009 à 15h
Iphigénie en Aulide: les 3, 8, 10 et 18 décembre 2009 à 20h
Iphigénie en Tauride: les 4, 9, 11 et 15 décembre 2009 à 20h

Illustration: Christoph Willibald Gluck (DR)

Coco & Igor. Coco Chanel et Igor Stravinsky Un film de Jan Kounen. Le 30 décembre 2009

Coco Chanel et Igor Stravinsky

Coco & Igor
de Jan Kounen

Au cinéma,
dans les salles le 30 décembre 2009

2 âmes, esprits de la rupture

Coco née en 1883 et Igor, né en 1882, sont deux âmes que tout rapproche, y compris l’âge. De la même génération, les deux créateurs portent en eux, l’idée créative de la rupture: la tentation de la nouveauté qui alimente les meilleures réalisations de modernité. Modiste et styliste hors normes, Coco Chanel détone évidemment. Stravinsky quant à lui, frappe un grand coup à Paris en 1913, lorsqu’âgé de 31 ans, le public découvre la musique du Ballet Le Sacre du printemps dans le cadre de la saison des Ballets Russes de Serge de Diaghilev.
Scandale et provocation mais musique du futur. Même oeuvre chez Chanel: écriture singulière et libertaire, indépendante et visionnaire qui concilie élégance et unicité.
Ces deux là devait forcément se rencontrer: se voir, se remarquer, puis s’aimanter en une relation passionnelle. Voilà l’intrigue du film de Jan Kounen, inspiré du roman de Chris Greenhalgh (Coco & Igor), auquel le film doit sa trame et son titre.

La touche de Karl Lagerfield

Le film permet une évocation du Paris de 1913, puis 7 ans après, date de la rencontre décisive, quand la passion embrase les deux créateurs, en particulier dans la villa de Coco, Bel Respiro, lieu central du film. Coco est alors marquée par la perte de son premier amour Boy Capel… Igor, compositeur russe réfugié à Paris, après la Révolution de 1917, recherche un asile propice à sa création. Mademoiselle Chanel lui propose alors de l’héberger dans sa villa à Garches, lui et sa famille, car le musicien est marié à Catherine…
Jan Kounen a choisi l’actrice Anna Mouglalis, par ailleurs, ambassadrice de la marque Chanel. Le cinéaste a aussi recueilli les conseils de Karl Lagerfield qui a donné son avis sur les attitudes de l’héroïne. La maison Chanel a même prêté des objets intimes de Coco, en particulier pour le tournage au Ritz.

Le Sacre reconstitué

Les amateurs de danse seront servis dès la première scène du film qui voit la reconstitution de la création explosive du Sacre au Théâtre des Champs Elysées, le 29 mai 1913. Même si le spectateur reconnaît Coco accompagnée de Misia dans l’assistance (petite liberté prise avec la vérité historique), Jan Kounen fait ressurgir les éléments exacts du ballet chorégraphié par Nijinsky: Dominique Brun qui a réalisé une reconstitution du Faune, a conçu les véritables épisodes de la création: la houle haineuse et criante des spectateurs confrontés au spectacle, Nijinsky hurlant le tempo à ses danseurs pour que le ballet se poursuive malgré le vacarme de la foule déchaînée qui couvrait l’orchestre (dirigé par l’imperturbable Pierre Monteux); le départ de Stravinsky, hors de la salle… Tout cela est recomposé, minutieusement monté entre les images prises sur place (au TCE avec près de 1000 figurants, 25 danseurs, 70 musiciens…) et les extraits en vidéo produits au moment des répétitions de l’oeuvre…
La séquence qui en découle, de près de 20 minutes, est le fruit d’un travail labyrinthique et précis, aboutissement de 3 jours de tournage au TCE puis 4 en studio. C’est la partie du film, explosive et collective, qui contraste naturellement avec la suite de la fiction, qui a demandé au cinéaste et à son équipe, le plus de travail. A l’écran, les images sont accompagnées par la version inédite du Philharmonique de Berlin sous la direction de Simon Rattle.

Coco & Igor. Coco Chanel et Igor Stravinsky, un film de Jan Kounen. Dans les salles le 30 décembre 2009.

Lire notre critique développée du film Coco Chanel & Igor Stravinsky de Jan Koonen. Au cinéma le 30 décembre 2009

Cinéma: Le Concert, un film de Radu Mihaileanu Sortie dans les salles : le 4 novembre 2009

L’orchestre du Bolchoï à Paris

Sortie dans les salles de cinéma, le 4 novembre 2009 du film de Radu Mihaileanu: Le Concert

À
l’époque de Brejnev, Andreï Filipov était le plus grand chef
d’orchestre d’Union soviétique et dirigeait le célèbre Orchestre du
Bolchoï. Après avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs, dont
son meilleur ami Sacha, il est licencié en pleine gloire.
Trente ans plus tard, il travaille toujours au Bolchoï mais… comme
homme de ménage. Un soir, alors qu’Andreï est resté très tard pour
astiquer le bureau du maître des lieux, il tombe sur un fax adressé à
la direction du Bolchoï : il s’agit d’une invitation du Théâtre du
Châtelet conviant l’orchestre à venir jouer à Paris…
Soudain, Andreï a une idée de folie : pourquoi ne pas réunir ses
anciens copains musiciens, qui vivent aujourd’hui de petits boulots, et
les emmener à Paris, en les faisant passer pour les instrumentistes de
l’Orchestre du Bolchoï ? C’est l’occasion inespérée de prendre enfin
leur revanche…




Le Concert, un film de Radu Mihaileanu. Sortie dans les salles, le 4 novembre 2009.
Avec Mélanie Laurent, François Berléand, Miou Miou, Alexeï Guskov,
Dimitri Nazarov, Valeri Barinov, Anna Kamenkova Pavlova, Lionel
Abelanski, Alexander Komissarov, Ramzy… La musique du film à été
composée par Armand Amar (Va Vis et Deviens, Indigène…).

Peter Eötvös: Hommage à Frank Zappa Paris, Maison de Radio France. Les 13,14 et 15 novembre 2009

Peter Eötvös:
Hommage à Frank Zappa

Paris, Maison de Radio France
Les 13,14 et 15 novembre 2009


Week-end Zappa à Radio France

Défricheur hors cadres, explorateur sans frontières, l’américain Frank Zappa (décédé en 1993) a mêlé tous les styles de musiques. C’est un agent créatif tout azimut, et volontiers perturbateur qu’invite le festival Présences pour son 2è week end de saison, les 13, 14 et 15 novembre 2009.
Le génial touche à tout qui fit rimer pop rock avec Stravinsky et Varèse, s’invite à Présences pour les 20 ans du Festival le plus créatif (au sens strict) de France. Présences est d’abord, le festival le plus important en matière de création contemporaine en France. Le compositeur hongrois Peter Eötvös qui a connu le rockeur explorateur iconoclaste à la fin de sa vie, dirige pour l’occasion le Philharmonique de Radio France. Il est le maître de cérémonie d’un cycle gratuit de 3 concerts événements de cette mi novembre 2009:

Vendredi 13 novembre (à 20h, salle Olivier Messiaen): pleins feux sur The perfect stranger et Dupree’s Paradise (pour grand ensemble) que Boulez avait enregistré avec l’Intercontemporain en 1984, couplés avec Seven (avec Patricia Kopatchinskaja, violon) et IMA : 2 pièces en création française de Peter Eötvös;

Samedi 14 novembre (à 18h, studio Charles Trenet), The Black page (création mondiale) renouvelée grâce à l’apport de l’électronique et la partie du percussionniste solo Florent Jodelet, également sollicité pour le Psaume 151 “in memoriam Frank Zappa” (création française);

enfin dimanche 15 novembre 2009 (à 18h, salle Olivier Messiaen), final en apothéose où Zappa (Romantic Medeley, création mondiale) est mis en perspective avec Stravinsky (4 chants paysans russes pour choeur de femmes) et Bartok (Scènes de village et autres pièces, réalisation de la suite en 9 mouvements de René Bosc), ainsi que, regards croisés et hommage obligent, avec Lévitation de Eötvös (création française), pour 2 clarinettes (Sabine et Wolfgang Meyer), cordes et accordéon.

Programme festif et stimulant. Festival parisien, incontournable et de surcroît totalement gratuit. Tous les concerts parisiens du festival Présences de Radio France ont
lieu à la Maison de Radio France (salle Olivier Messiaen, studio
Charles Trenet, studio Sacha Guitry). Entrée gratuite. Toutes les infos
sur le site du festival Présences de radio France 2009-2010


vidéo

Festival de Radio France, “Présences” :
présentation générale par René Bosc, directeur artistique. Thématique
Paris Shanghaï. 1er week end hommage à Olivier Greif (septembre 2009),
2è week end Hommage à Franck Zappa par Peter Eötvös (13, 14, 15 novembre 2009)…

Musiques pour sainte-Cécile: Purcell, Haendel, Haydn Arte, dimanche 1er novembre 2009 à 19h


Musiques pour
Sainte-Cécile

Purcell, Haendel, Haydn


Arte, maestro à 19h
Dimanche 1er novembre 2009

Purcell, Haendel et Haydn sont particulièrement fêtés en cette année 2009 (Année anniversaire de la naissance pour le premier (1659), de la mort pour le deuxième (1759) et le troisième (1809)…). Au delà des hasards de calendrier, ces compositeurs, tous trois proches du coeur musical de l’Angleterre, ont en commun d’avoir écrit une oeuvre à la gloire de Sainte Cécile, Patronne de tous les musiciens.
Purcell (1659-1695) a composé trois odes à sa gloire, dont la dernière, « Hail ! Bright Cecilia » (1692), est un véritable traité de l’expression en musique.
Haendel (1685-1759) a repris en 1739 le poème de John Dryden, un contemporain de Purcell, pour exalter l’art vocal (soprano et ténor), choral et instrumental (flûte, violoncelle).
Haydn (1732-1809) a composé une « Missa Sanctae Caeciliae » ou Missa Cellensis étourdissante aussi bien par sa forme que par ses proportions.
Le programme met en regard ces trois esthétiques musicales, en un même concert qui fut un événement tant à Paris, Londres, Bruxelles qu’ au Festival de Salzbourg en août 2009. Pour cette célébration de la musique, il s’est entouré de son ensemble «Les Musiciens du Louvre-Grenoble» et de solistes vocaux visiblement aguerris aux exigences du chant baroque et classique… dont la contralto Nathalie Stutzmann et le ténor Richard Croft.
Le film place le travail préparatoire du chanteur devant la caméra: en plus du concert, les séances d’enregistrement et les répétitions sont aussi évoquées.

Direction : Marc Minkowski. Choeur et orchestre : Les Musiciens du Louvre. Solistes: Lucy Crowe (soprano), Nathalie Stutzmann (contralto), Anders Dahlin (ténor), Richard Croft (ténor), Wilhelm Schwinghammer (baryton-basse), Sydney Fiero (baryton-basse). Réalisation : Philippe Béziat. Coproduction : Arte France, Camera lucida productions, (2009,1h28)



cd

Naïve vient de faire paraître en octobre 2009 le programme du concert des Musiciens du Louvre: “To saint-Cecilia: Purcell, Handel, Haydn” (2 cd Naïve). Les Musiciens du Louvre défendent ici au diapason 415 hz un programme
de leur cru, dont les trois oeuvres de Purcell, Haendel et Haydn
servent une même figure tutélaire: Sainte-Cécile, patronne des
musiciens. L’hommage inspire les compositeurs baroques et classiques.
Tous les 3 ont eu rapport avec l’ Angleterre dont le public les a
adulés et applaudis au-delà du raisonnable. A l’écoute du coffret
double, on ne peut que donner raison à l’histoire et reconnaître qu’en
effet, les 3 compositeurs ont été visiblement bien inspirés par Cécile…

Illustration: Sainte-Cécile de Raphaël (DR)

Georges PrĂȘtre: l’urgence de la musiqueArte, Lundi 23 novembre 2009 Ă  22h30

Georges PrĂȘtre
chef d’orchestre
L’urgence de la musique

Arte
Lundi 23 novembre 2009
Musica Ă  22h30

Réalisaton: Claire Alby (2008, 52 mn). Inédit.

Portrait d’un chef français nĂ© en 1924… mĂ©connu dans son pays mais adulĂ© par le milieu musical et en particulier en Allemagne et en Autriche oĂč il a fait toute sa carriĂšre… avant d’ĂȘtre pleinement applaudi, finalement, octogĂ©naire, … Ă  Paris.
GĂ©rard Mortier a bien raison de souligner combien celui qui fut le partenaire de Callas, le crĂ©ateur de la Voix Humaine de Poulenc a Ă©tĂ© Ă©cartĂ© sans mĂ©nagement de l’OpĂ©ra de Paris en 1963. ObligĂ© de reprendre son activitĂ© hors de l’Hexagone, PrĂȘtre qui vint Ă  la baguette aprĂšs une validation rocambolessque de Cluytens (dans une salle sans fenĂȘtre au TCE) – le jeune chef dirigeait devant le maĂźtre, sans baguette sans orchestre-, s’impose trĂšs vite en Allemagne, Ă  la Scala, aux USA (dirigeant les orchestres lĂ©gendaires tels Boston, Cleveland, Los Angeles…) puis en Autriche, oĂč il fait du Symphoniker de Vienne, aux cĂŽtĂ©s du Wiener Philharmoniker, une phalange exceptionnelle.
Au moment oĂč il dirige le concert du Nouvel An 2008, Ă  la Musikverein de Vienne, avec les prestigieux musiciens du Philharmoniker, Georges PrĂȘtre choisit la valse du Chevalier Ă  la Rose, une partition que les musiciens connaissent par coeur tant ils l’ont jouĂ©e. Or justement, le chef français casse la routine et marque sa lecture spĂ©cifique, suscitant chez les musiciens un certain dĂ©sarroi… Nuances diffĂ©rentes, caractĂšres nouveaux, distinction des 3 mĂ©lodies superposĂ©es, chacune ayant sa propre vitalitĂ©, son propre climat… Le risque est grand, le geste insolent, mais cela fonctionne. Encore une fois, le ciseleur du verbe musical a rĂ©ussi un coup de… gĂ©nie. DouĂ© pour le thĂ©Ăątre, et donc l’opĂ©ra, vĂ©ritable acteur de la baguette, aujourd’hui totalement libĂ©rĂ© (de vrais mimiques dignes de l’Actor Studio se lisent sur son visage quand il dirige), Georges PrĂȘtre enchante, captive (son enregistrement du concert du Nouvel An Ă  Vienne le 1er janvier 2008 – 1 cd Decca-, est double disque de platine!), nous offre une leçon magistrale de direction, d’engagement, de don de soi.


Français et Viennois

PhrasĂ©s superbes, sens de l’action, de la passion, souci des rĂ©citatifs autant que des airs: c’est un musicien nĂ©, dont l’intuition est phĂ©nomĂ©nale. S’il sait exactement lĂ  oĂč il veut aller, il laisse aussi aux instrumentistes la libertĂ© d’ĂȘtre non pas des exĂ©cutants, mais des artistes! VoilĂ  pourquoi des interprĂštes comme Bertrand de Billy ou Roberto Alagna (avec lequel il joue dans le film, avant Orange Ă  l’Ă©tĂ© 2009, Cavalleria Rusticana et Paillasse sur la scĂšne du Staatsoper de Vienne), l’admirent et l’aiment sans compter.
Le portrait est plein de surprises. DĂ©tonant mĂȘme car en dĂ©pit de son Ăąge vĂ©nĂ©rable, l’homme a conservĂ© une Ă©nergie astucieuse admirable, une intelligence de l’instant capable de faire feu de tout bois. Il a l’Ă©tincelle des grands interprĂštes: de Karajan qui lui a demandĂ© de diriger Faust, PrĂȘtre avoue qu’ils auraient pu devenir “copains”: mĂȘme passion des moteurs et de la technologie.
Le chef croit au mystĂšre: le magnĂ©tisme de sa relation avec Callas ne s’explique pas mais quand ces deux lĂ  Ă©taient dans la mĂȘme salle, au service de la mĂȘme partition (Bizet, Verdi…), l’Ă©lectricitĂ© de leur duo emportait le public. PrĂšs de Castres, dans sa demeure de NavĂšs dans le Tarn, PrĂȘtre se raconte. Devant la camĂ©ra, le pĂ©tillant jeune homme se rappelle les instants qui ont marquĂ© sa vie de musicienIl a la silhouette fĂ©line de Solti et sa vivacitĂ©; la sensualitĂ© exubĂ©rante et dramatique de Bernstein; la maĂźtrise et la concentration de Karajan… Longie vie Ă  Ă  vous, Georges PrĂȘtre! Superbe portrait.

Illustration: Georges PrĂȘtre (DR)

Jean-Frédéric Neuburger, piano. Récital en direct sur Internet Mercredi 21 octobre 2009 à 20h

En direct sur Internet, concert de musique classique
Récital en direct sur internet de Jean-Frédéric Neuburger

Jean-Frédéric Neuburger joue en direct de l’Auditorium du Louvre à Paris, mercredi 21 octobre 2009 à partir de 20h: Franck, Fauré, Stockhausen, Beethoven. Suivez gratuitement le récital du jeune pianiste parisien Jean-Frédéric Neuburger (né en 1986) sur www.medici.tv, en direct de l’Auditorium du Louvre.
Ce concert sera également diffusé sur www.francemusique.com (le concert est enregistré par France Musique et devrait être diffusé à l’antenne dans les semaines prochaines).
Génie du piano, qui a travaillé avec les plus grands maîtres et qui a rafflé non moins de 4 prix au Concours Marguerite Long en 2004, interprète le magnifique Prélude, Choral et Fugue de César Franck, plusieurs Nocturnes de Gabriel Fauré, et la célèbre sonate Hammerklavier de Beethoven.

Programme complet du récital de Jean-Frédéric Neuburger, piano
en direct sur internet, mercredi 21 octobre 2009 à 20h:

Cesar Franck
Prélude, Choral et Fugue en si mineur

Gabriel Fauré
Nocturnes en ré bémol majeur opus 63, en si mineur opus 119

Karlheinz Stockhausen
Klavierstück IX

Ludwig van Beethoven
Sonate en si bémol majeur opus 106, Hammerklavier

Le concert restera disponible gratuitement en VOD sur www.medici.tv pendant 60 jours.

Biographie de Jean-Frédéric Neuburger. Né en 1986 à Paris, Jean-Frédéric Neuburger étudie le piano avec Jean-François Heisser au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Il obtient en juin 2003 son prix de piano premier nommé, à l’unanimité du jury. Il poursuit sa formation dans les classes de musique de chambre, d’improvisation au clavier, d’accompagnement et d’écriture. Il a travaillé avec Jean-François Heisser, Marie-Josèphe Jude, François-Frédéric Guy, François-René Dûchable, Jacques Rouvier et Maria-Joao Pires.
Il reçoit de nombreux prix, notamment en 2001 le prix Ravel de l’Académie Maurice Ravel puis en 2002 le premier prix du Concours international Jean Françaix. Il remporte le troisième grand prix, le prix du public et le prix Sacem et de l’orchestre philharmonique de Radio France lors du concours international Long-Thibaud en 2004, le second prix Beethoven au concours international José Iturbi de Valence en Espagne, le premier prix du concours d’Ettlingen en Allemagne, le second prix du concours international de piano de Londres en 2005. La même année, il reçoit le soutien des fondations Yamaha et Accenture. En 2006, il remporte le premier prix du Young Concert Artists à New-York. Il a déjà créé de nombreuses œuvres dont il est le dédicataire.

Pour le label DiscAuvers, Jean-Frédéric Neuburger a enregistré deux disques consacrés à Chopin ainsi qu’une intégrale des sonates de Brahms et pour le label Mirare un disque consacré à L’art de délier les doigts de Czerny, ainsi qu’un concert Live enregistré au Suntory Hall de Tokyo. Chez ce même éditeur paraîtra prochainement un enregistrement de la Sonate Hammerklavier de Beethoven.

Illustration: JF Neuburger© JM Gourdon

El Sistema. La musique, avenir du Venezuela. Arte, Lundi 26 octobre 2009 à 22h45

El Sistema.
La musique,
avenir du Venezuela

Arte
Lundi 26 octobre 2009 à 22h45

La musique peut-elle sauvé notre monde? Certainement et même à n’en pas douter pour qui découvre l’oeuvre du chef vénézuelien José Antonio Abreu: “la musique engendre par nécessité et naturellement une organisation sociale. Elle produit le choeur et l’orchestre, autant de formations où chacun apprend à jouer avec l’autre. C’est une expérience capitale du vivre-ensemble. Une forme vivante et permanente de cohésion humaine et sociale. C’est la plus grande force et le meilleur moyen de lutter contre l’exclusion”.
De fait, depuis 35 ans, en fondant le Système (El Sistema), le musicien visionnaire offre aux jeunes des quartiers défavorisés, des bidonvilles, des décharges, une occasion unique de se dépasser dans la pratique régulière de la musique, au sein des innombrables orchestres d’enfants du pays.
Alors chez nous, pour nos banlieues, lieux des exclusions, de la délinquance et des violences urbaines à peine cauthérisées, bientôt des orchestres de jeunes, partout dans chaque ville?

De première puissance musicale du monde, le Vénézuela est devenu depuis quelques années, la vitrine où se joue le futur du classique, comme force d’amélioration sociale et de dépassement humain… le pays indique clairement une voie d’avenir pour le pays concerné mais aussi pour toutes les sociétés rattrapées par les conflits de classes, la misère urbaine, les gangs organisés, l’irrespect et l’absence de courtoisie citoyenne…
Les plus pauvres s’enrichissent grâce à la musique qui leur offre un espoir, une discipline, une source continue de dépassement et d’épanouissement.

Apporter à la décharge, la musique et son message d’espoir…

Aujourd’hui, près de 184 centres ou écoles de musique sur le modèle de Maracay (l’école où tout a commencé), de la Rinconada, et partout dans le pays Venezuélien, à Caracas évidemment, apportent aux plus démunis (80% des élèves sont issus des villes et agglomérations les plus pauvres) enseignement, encadrement, soutien, et davantage: c’est une famille regroupant les forces vives de la nation, avec près de 270.000 enfants mélomanes, musiciens dans les orchestres de jeunes. Et dans 5 ans, ils seront un demi million, pour atteindre 1 million dans 10 ans, voire avant.
Contre la drogue, la pornographie infantile, la violence, el Sistema apporte tout autre chose: un lieu d’espérance et une identité reconstruite pour des milliers d’enfants, exclus des circuits favorisés du pays. Le succès de ce réseau musical et social est sans précédent depuis son origine: il a bénéficié de l’assentiment immédiat des parents, trop heureux de voir leurs enfants, jouer du violon et de la trompette plutôt que de traîner dans la rue au risque de se prendre aune balle perdue, ou de participer à la délinquance.
Ici la musique sauve des âmes, défavorisées par leur naissance. Elle résout une urgence sociale. Il n’est pas de combat plus engagé et plus capital que ce que défend José Antonio Abreu au Vénézuela.
Le film suit le parcours des jeunes élèves issus des bidonvilles où règnent la violence et la peur. La caméra présente le profil de chacun, enfants et professeurs. Le Système a déjà produit ses effets: partout les orchestres de jeunes font résonner les accents d’une nouvelle paix humaine et sociale y compris comme à l’école de San Vincente, dans la décharge de Maracay, où le Réseau apporte le musique et avec elle, un message d’espoir. Devant la caméra aussi s’expliquent le fondateur José Antonio Abreu pour qui la musique est un acte social fort, mais aussi son élève le plus éloquent, Gustavo Dudamel, nouveau directeur musical du Los Angeles Philharmonic orchestra, enfant du Sistema. Eblouissant. Un modèle de culture engagée dont devrait tirer la vieille Europe dépassée par ses exclus et la délinquance urbaine.

La musique, avenir du Venezuela : El Sistema. Réalisation : Maria Stodtmeier, Paul Smaczny (2008, 1h04mn). Le 18 octobre à 19h, Arte diffuse le concert dirigé par Gustavo Dudamel donné à Los Angeles le 8 octobre à l’occasion de sa prise de fonction en tant que directeur musical du Philharmonic Los Angeles Orchestra (au programme: Mahler et John Adams).

dvd
Medici arts annonce la parution en dvd du documentaire El Sistema à partir du 5 novembre 2009 prochain. Prochaine grande critique du film dans le mag dvd de classiquenews.com

Illustrations: le fondateur José Antonio Abreu et ses élèves du Sistema au Venezuela (DR)

En direct sur Internet: concert Moralès sur V. Sessions En live, jeudi 11 juin 2009 à 20h30

Philippe Herreweghe aborde Moralès en direct sur Internet


En direct sur Internet: le site V. Sessions diffuse un concert Moralès par Philippe Herreweghe et les Solistes du Collegium Vocale Gent, jeudi 11 juin 2009 à 20h30

Le site de musique en ligne V. Sessions diffuse jeudi 11 juin 2009 à 20h30, en direct, le concert Cristobal de Moralès (1500-1553) par Philippe Herreweghe et plusieurs solistes de l’Ensemble Collegium Vocale Gent.

C’est une immersion en live dans la polyphonie hypnotique de Morales :
une musique sombre en l’honneur de la Vierge Marie qui fait la synthèse
parfaite de l’épure franco-flamande et des arabesques méridionales.
Programme de cette “session”:

Cristobal de Moralès (1500 – 1553)
Emendemus in melius
Sancta Maria, succure miseris
Missa de Beata Virgine
Salve regina

Même quand il est qualifié de “luz de España en la música”, le Sévillan Cristobal de Moralès
est plutôt considéré chez lui comme un compositeur étranger. Au bon
endroit au bon moment, il séjourne à Rome comme chanteur de la Chapelle
Sixtine entre 1635 et 1645, période pendant laquelle il compose sa
Missa de Beata Vergine. En Italie, l’imprimerie moderne bat déjà son
plein et Moralès en comprend vite l’intérêt. Il organise la propre
impression de ses oeuvres, depuis le format du papier jusqu’aux modes
de diffusion à l’étranger, et prend même soin de sauvegarder ses droits
d’auteur sur contrat, pratique balbutiante à l’époque.
Son habileté à se faire connaître sur le marché international va de
pair avec un indéniable génie musical sans lequel il serait
probablement resté dans l’ombre. Il réussit à synthétiser les courants
musicaux dominants : la mélodie méditerranéenne et la pieuse polyphonie
franco-flamande. Particulièrement inspiré par le thème de Marie,
Moralès compose plusieurs messes en son honneur. Si certaines messes de
l’époque sont basées sur les thèmes de chansons paillardes, cette Missa
est basée sur des emprunts de mélodies grégoriennes — le sampling a
toujours existé. Publiée d’abord à Venise en 1540 puis à Rome en 1544,
elle est dédiée à l’employeur de Morales, le pape Paul III, grand
mélomane devant l’Eternel.

Moralès était très attaché aux rapports entre texte et musique, à la
manière dont ils s’enrichissent l’un l’autre. Il se trouve que c’est
aussi l’une des préoccupations majeures de Philippe Herreweghe.
Spirituel mais sans religion fixe, il s’est fait une spécialité de ces
oeuvres où les lignes s’entrecroisent pour mieux s’élever.

Quelle authenticité : la question du style

Philippe Herreweghe est aujourd’hui un maître respecté. Pourtant à
ses débuts, il participe, dans les années 70, à une révolution musicale
rompant avec des habitudes vieilles d’un siècle et demi. Retour en
arrière. Avant le XIXe siècle, on n’interprète pas, on exécute. Il n’y
a pas lieu d’interpréter, la musique est écrite et le style de jeu
résulte de la tradition de l’époque. Le concept d’interprétation, qui
indique l’appropriation de l’oeuvre par l’interprète, se forge au XIXe
siècle et découle des principes romantiques : l’interprète se hisse au
niveau du compositeur et devient lui-même créateur, façonnant la
musique, lui donnant son sens. Il n’y a pas de contre-indication à
interpréter une oeuvre renaissance, baroque ou classique avec la
démesure romantique. Toutes les musiques d’époques différentes sont
interprétées plus ou moins de la même manière.
En réaction à cette uniformisation, Gustav Leonhardt, Nikolaus
Harnoncourt, Philippe Herreweghe et d’autres, tentent dans les années
70 de proposer une idée puritaine de l’interprétation. Pour eux, le
sens d’une oeuvre est lié à son contexte. L’idée est donc de “revenir
aux sources”, au texte même de la partition. Le nouvel interprète
abandonne ainsi son statut de créateur pour devenir le serviteur d’une
partition.
La recherche d’une authenticité musicale est discutable et discutée. Il
existe d’étranges intégristes de l’authenticité alors que la seule
fidélité au texte ne suffit évidemment pas à faire un bon interprète.
Philippe Herreweghe n’a jamais souhaité convertir les foules : cette
histoire n’est pour lui qu’une question de goût.

V.Sessions: l’ère du concert numérique


sont filmées et enregistrées en studio ou dans un lieu choisi, et sont
diffusées en direct sur http://theVsessions.com
Deux ou trois jours plus tard, elles deviennent disponibles à la
demande. L’idée est de combiner la qualité sonore et l’intimité d’une
session d’enregistrement à la spontanéité du live. Les techniques
d’enregistrement permettent d’obtenir un son sur mesure, l’absence de
public sur place crée une atmosphère faite d’intimité, et les
conditions du direct donnent à la musique un souffle unique. Il est
possible d’assister de chez soi à toutes les sessions, en live et/ou en
différé, pour le prix d’un ticket simple (5 €) ou d’un pass (10 €) pour
les trois sessions de lancement.


Recommandations techniques
. Pour visionner vos sessions, il
est nécessaire d’avoir une connexion haut débit et d’installer
Silverlight 2.0. Vérifiez sur la page FAQ du site que votre ordinateur
est compatible. (NB : par exemple, les Mac d’avant 2006 avec un
processeur Power PC ne peuvent installer Silverlight 2.0.)

Illustrations: Philippe Herreweghe, Cristobal de Morales (DR)

Paris. Théâtre des Champs-Elysées, le 20 mai 2009. Georg Friedrich Haendel : Athalia. Simone Kermes, Iestyn Davies, Sarah Fox. Ivor Bolton, direction

Plénitude haendelienne

Les oratorios de Haendel se démarquent singulièrement de ses œuvres scéniques par leur piété et la simplicité de leurs lignes musicales. Peu de grandes effusions, pas de virtuosité exacerbée, rien qui permette aux chanteurs de tirer la couverture à eux et de briller à outrance.
Ivor Bolton a parfaitement compris cet aspect de la musique religieuse du « caro sassone » et sait insuffler cet esprit à son orchestre, en l’occurrence le splendide Concerto Köln. Sa direction est ample et fluide, lui permettant de tirer des musiciens des sonorités pures et aériennes, d’une grande délicatesse de jeu.
Les solistes ont été judicieusement choisis pour leur aptitude à se fondre dans cette étoffe musicale, à faire corps avec la subtile écriture harmonique du compositeur et à se fondre en elle.
Iestyn Davies offre à Joad son timbre cristallin, sa projection remarquable et sa musicalité à fleur de peau. Il fait du prêtre de Jéhovah un être sensible et recueilli, tout à sa ferveur et son adoration pour son dieu.
Son épouse, Josabeth, est incarnée avec la même tendresse par Sarah Fox. La jeune soprano anglaise fait merveille dans ce rôle tendre et maternel, faisant valoir ses sonorités angéliques et sa diction remarquable.
Neal Davies se tire fort bien du rôle somme toute assez monolithique du soldat Abner. Sa voix de basse percutante, quoique légèrement engorgée, et son engagement dramatique lui permettent de dresser un portrait convaincant de son personnage, avec notamment une belle aptitude aux vocalises rapides.
Le court rôle de Mathan est efficacement servi par James Gilchrist, à la voix typique des ténors baroques anglais, légère et peu vibrée.
Johannette Zomer révèle quant à elle toute la finesse du jeune garçon Joas, proclamé roi. Son air est d’une beauté rare, soutenu par les seules cordes, et d’une grande émotion.
La reine Athalia, campée avec force et détermination par Simone Kermes, est le seul personnage réellement profane dans cette œuvre. Bien qu’ayant donné son titre à l’œuvre – comme à la pièce de Racine -, elle n’a musicalement qu’un rôle assez réduit : trois airs brefs, dont un à reprise.
La Kermes ne fait qu’une bouchée de sa partie, techniquement stupéfiante, dramatiquement plus que convaincante, bien que parfois à la limite du surjeu.
Son timbre étrange et unique confère à la terrible souveraine une grandeur impressionnante, et son agilité époustouflante achève de laisser médusé l’auditoire. N’ayant qu’un seul air dans lequel briller véritablement, elle se laisse aller dans le da capo – avec la complicité du chef – à des ornementations déjantées, avec suraigu et pichettati, proprement hors style dans le contexte de cette œuvre mais véritablement jouissives, car crânement assumées et techniquement parfaitement maîtrisées.
Le public ne s’y est pas trompé, interrompant l’action à la fin de l’air pour réserver à la cantatrice une ovation bien méritée.
Dernier protagoniste de cette œuvre : le chœur. Et quel protagoniste ! Haendel lui a réservé les plus belles lignes mélodiques. Le Balthasar Neumann Choir s’est montré digne de ce privilège. Cohésion vocale jamais prise en défaut, puissance et délicatesse entremêlées, il a prouvé une nouvelle fois ce soir, par sa perfection musicale, la place éminente qu’il occupe dans l’univers de la musique baroque. Perfection musicale partagée par tous les interprètes et saluée chaleureusement par une assistance véritablement conquise. Texte mis en ligne par S. Giambello. Rédacteur: Nicolas Grienenberger.

Paris. Théâtre des Champs-Elysées, 20 mai 2009. Georg Friedrich Haendel : Athalia. Avec Athalia : Simone Kermes ; Joad : Iestyn Davies ; Josabeth : Sarah Fox ; Mathan : James Gilchrist ; Abner : Neal Davies ; Joas : Johannette Zomer. Balthasar Neumann Choir. Concerto Köln. Ivor Bolton, direction

Massy. Opéra, le 17 mai 2009. Charles Gounod : Faust. Alfred Kim, Nicolas Courjal, Lianna Haroutounian. Dominique Rouits, direction. Paul-Émile Fourny, mise en scène

Envoûtant Faust

Déjà monté à Avignon, Saint-Etienne, Nice et Liège, le Faust imaginé par Paul-Émile Fourny étend son ombre à Massy. Loin de toute relecture, le metteur en scène se montre d’un grand respect vis-à-vis de l’œuvre de Gounod. Toute enveloppée de noirs et blancs, la scénographie prend une dimension quasi cinématographique, d’une efficacité remarquable. Les chanteurs évoluent avec un naturel confondant, impliqués de façon impressionnante dans le drame goethéen. Leurs personnages sont merveilleusement peints, tel qu’on les imagine sans doute. Seule la scène de l’Eglise déçoit par manque de force dramatique. La distribution réunie sous nos yeux est d’un excellent niveau.
Seule ombre au tableau : le Valentin d’Olivier Heyte. Si le personnage est campé de façon tout à fait crédible, la voix sonne engorgée, poussée avec effort et manque de projection, rendant le texte peu compréhensible et l’écoute parfois pénible. La Dame Marthe incarnée par la jeune mezzo-soprano Clémentine Margaine est impeccable : belle voix, musicalité, humour, présence scénique évidente, cette jeune chanteuse éloigne le rôle des poncifs habituels dont il est trop souvent affublé.
Philippe Ermelier fait bénéficier le court rôle de Wagner de sa voix percutante et de son aisance scénique.
Pouvait-on imaginer plus joli Siébel ? Magali Paliès s’approprie le rôle de cet adolescent amoureux avec une justesse rare, le rendant très proche du Chérubin mozartien. Le timbre est ravissant, parfait pour cet emploi de jeune garçon, la musicalité exquise – dans sa romance à Marguerite, notamment, véritable bijou – et la caractérisation du personnage d’un naturel épatant.
Alfred Kim offre de Faust une image quelque peu monolithique, mais convaincante. Vocalement, l’émission est serrée et pourrait gagner en détente et en hauteur, mais aucune note ne manque à l’appel, les aigus, étonnamment, étant d’une facilité totale. Ce qui frustre le plus, c’est qu’au milieu d’une distribution entièrement francophone, il soit celui à qui le style français reste le plus étranger.
Chapeau bas pour Méphisto ! Nicolas Courjal semble avoir tout saisi de son personnage diabolique. Élégant, raffiné, à l’opposé de tout histrionisme, il traduit parfaitement toute l’ironie joueuse dont Gounod a pourvu son diable. Vocalement, il est le plus parfait représentant d’un style français en voie d’extinction : diction parfaite, voix puissante, émission haute et claire, osant même des demi-teintes splendides dans l’aigu. Véritablement, un grand Méphistophélès.
Quant à l’héroïne de cet opéra, c’est une révélation, pas moins. Lianna Haroutounian, en début de carrière, donne vie à une Marguerite d’une splendeur vocale rarissime. Le timbre est somptueux, de ces voix slaves riches et corsées, la technique superlative. La place de la voix est parfaite, les aigus percutants et sonores, sans effort aucun, et les graves puissants. Française, mais née en Arménie, elle met une application toute particulière à soigner sa diction et à ciseler chaque syllabe. La scène du roi de Thulé et l’air des bijoux ont démontré toute sa maîtrise vocale, mais c’est la scène de la chambre qui a mis en lumière la délicatesse de son interprétation. Dans le tableau final, elle a pu faire étalage de son endurance et de sa puissance vocale, faisant concurrence aux musiciens de l’orchestre. Un nom à suivre, assurément, et de très près.
Les chœurs se sont montrés d’une cohésion vocale et physique superbe, et chacune de leurs interventions a emporté l’adhésion.
L’orchestre de l’Opéra de Massy a offert une prestation remarquable, soignant particulièrement le soyeux de ses cordes. Dominique Rouits, chef lyrique dans la grande tradition française, démontre qu’il existe encore des maestri attentifs aux voix et sachant tisser sous elles un tapis sonore plutôt de que de lutter contre elles, véritable accompagnateur et soutien indéfectible. Cette soirée aura illustré à merveille l’éclatante santé de l’opéra français et la perfection de ceux qui le servent, artisans passionnés dont on aurait grand besoin en haut lieu. Texte mis en ligne par S. Giambello. Rédacteur: Nicolas Grienenberger.

Massy. Opéra, 17 mai 2009. Charles Gounod : Faust. Livret de Carré et Barbier d’après Goethe. Avec Marguerite : Lianna Haroutounian ; Faust : Alfred Kim ; Méphistophélès : Nicolas Courjal ; Valentin : Olivier Heyte ; Siebel : Magali Paliès ; Wagner : Philippe Ermelier ; Dame Marthe : Clémentine Margaine. Choeur de l’Opéra-Théâtre d’Avignon et des Pays du Vaucluse ; Chef de chœur : Aurore Marchand ; Orchestre de l’Opéra de Massy. Dominique Rouits, direction ; Mise en scène et scénographie : Paul-Émile Fourny. Décors : Poppi Ranchetti ; Costumes : Véronique Bellone ; Lumières : Jacques Chatelet ; Chorégraphie : Eleonora Gori ; Chef de chant : Hélène Blanic

Paris. Théâtre des Champs-Elysées, le 15 mai 2009. Récital Barbara Hendricks. Mozart, Haydn, Ravel, Berlioz. Orchestre National d’Île de France. Gordan Nikolitch, direction


Une grande dame du chant

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Barbara Hendricks est une cantatrice aimée du public français. Elle a toujours joui dans notre pays d’une profonde affection, tant par sa voix veloutée et moirée que par ses actions humanitaires qui faisaient d’elle une diva au grand cœur.
Force est de constater que le temps semble n’avoir pas eu de prise sur cet instrument à la couleur unique et tellement chaleureuse. Certes, l’aigu s’est un peu durci, surtout dans la nuance forte, et le souffle semble plus court que par le passé, mais le corps de la voix répond toujours présent, avec la complicité de l’art de la musicienne, toujours souveraine dans la musicalité.
Après une superbe ouverture d’Idomeneo, emmenée par un orchestre d’Île de France des grands soirs, superbe de soyeux et de raffinement, la cantatrice américaine ne fait qu’une bouchée des airs d’Ilia, vocalement superbement ciselés, mais comme sans y penser, les transformant, sans doute involontairement, en échauffement vocal. Un échauffement vocal de grand luxe, certes, mais manquant d’intériorité et d’émotions vraies.
L’orchestre, dirigé durant tout le concert uniquement par le premier violon, prouesse notable, démontre ensuite une fois de plus sa virtuosité et sa précision, avec la symphonie n°96 de Joseph Haydn, véritable coup d’éclat musical, solaire et enjouée, formant, qui plus est, une parfaite transition avec les pièces mozartiennes précédentes.
Sur le papier, le septuor de Ravel avait de quoi étonner, le concert étant essentiellement consacré aux époques classique et romantique. Pourtant, il n’en est rien. Ce petit bijou ravélien, nimbé de rêve et d’onirisme, forme une introduction parfaite aux Nuits d’été, qui étaient sans conteste le point culminant de cette soirée.
On sait les affinités de Barbara Hendricks avec la musique française, et tout particulièrement avec l’art difficile, car raffiné, de la mélodie.
Ces Nuits d’été, la chanteuse les habite comme peu savent le faire. Son timbre, riche et concentré, notamment dans les piani, rend parfaitement palpable la magie qui se dégage de ces miniatures, véritables joyaux, notamment « Le spectre de la rose ». « Au cimetière » la sent moins à l’aise, sans doute à cause de l’harmonie dissonante et grinçante dont Berlioz a usé pour traduire l’atmosphère surnaturelle du texte de Theophile Gautier, « L’île inconnue » lui permettant de déployer sa puissance vocale, passant sans effort l’orchestre.
Au public, visiblement heureux et à la fête, elle offre deux bis.
Le premier, l’air de la Comtesse extrait des Noces de Figaro mozartiennes, « Dove sono », un de ses chevaux de bataille, renoue avec son glorieux passé, et démontre une fois encore, s’il était besoin, la santé de sa voix et la solidité de sa technique. Le souffle est parfaitement maîtrisé, les nuances délicieusement délicates, la reprise piano tout simplement splendide, et l’aigu triomphant.
Pour clore cette soirée, elle se lance dans un air de gospel, « Freedom », a cappella. Dans cet air, elle retrouve sa langue et ses racines. La justesse vocale est stupéfiante, la liberté vocale absolue. Sans doute l’absence de l’orchestre lui permet-elle de moduler sa voix à l’infini avec une assurance plus grande, libérée qu’elle est de ce fleuve sonore que représentaient les musiciens. L’assistance est suspendue à ses lèvres, désireuse de ne rien perdre de la magie qui opère devant elle. Les dernières notes disparues dans le noir, l’ovation réservée à la chanteuse est à l’image de son talent : immense. Texte mis en ligne par S. Giambello. Rédacteur: Nicolas Grienenberger.

Paris. Théâtre des Champs-Elysées, 15 mai 2009. Wolfang Amadeus Mozart : Idomeneo, ouverture et airs “Quando avran fine omai…padre, germani”, “Se il padre perdei”. Joseph Haydn : Symphonie n° 96 en ré majeur “Le Miracle”. Maurice Ravel : Septuor. Hector Berlioz : Les Nuits d’Été. Barbara Hendricks. Orchestre National d’Île de France. Gordan Nikolitch, direction

L’Archipel. Festival Franz Schubert: Sonates, intégrale Paris, L’Archipel. Du 18 au 29 mai 2009

L’Archipel à Paris
Saison 2008-2009


Festival Franz Schubert

Du 18 au 29 mai 2009


6
rvs de pianisme incontournable

En mai 2009, la salle parisienne met à l’honneur Franz Schubert (1797-1828) autour d’un festival dédié à ses oeuvres pour piano, défendues par les jeunes pianistes d’aujourd’hui. C’est la génération classique déjà confirmée ou montante dont Hélène Couvert, Christie Julien, Alexandre Léger, Ferenc Vizi, Sodi Braide et Rebecca Chaillot. Au programme, l’intégrale des Sonates pour piano de Schubert. 6 rvs de pianisme incontournable dans l’une des salles les plus agréables de la Capitale.

Lundi 18 mai 2009 à 20h30
Hélène Couvert, piano
Christie Julien, piano
Alexandre Léger, piano

Sonate en Mi Majeur D 157 (1815)
Sonate en Si Majeur D 575 (1817)
Sonate en La mineur D 845 (1825)

Mardi 19 mai 2009 à 20h30
Alexandre Léger, piano
Hélène Couvert, piano
Ferenc Vizi, piano

Sonate en Fa mineur D 625 (1818)
Sonate en La Majeur D 664 (1819)
Sonate en Ré Majeur D 850 (1825)

26 mai 2009 à 20h30
Ferenc Vizi, piano
Sodi Braide, piano
Hélène Couvert, piano

Sonate en Mi Majeur “Fünf Klavierstücke” D 459 (1816)
Sonate en Mi bémol Majeur D 568 (1817)
Sonate en Sol Majeur D 894 (1825)

27 mai 2009 à 20h30
Rebecca Chaillot, piano
Christie Julien, piano
Sodi Braide, piano

Sonate en La bémol Majeur D 557 (1817)
Sonate en Mi mineur D 566 (1817)
Sonate en Do mineur D 958 (1828)

Jeudi 28 mai 2009 à 20h30
Rebecca Chaillot, piano
Alexandre Léger, piano
Christie Julien, piano

Sonate en Do Majeur D 613 (1818)
Sonate en La mineur D 537 (1817)
Sonate en La Majeur D 959 (1828)

Vendredi 29 mai 2009 à 20h30
Sodi Braide, piano
Ferenc Vizi, piano
Rebecca Chaillot, piano

Sonate en Do Majeur D 840 “Relique” (1825)
Sonate en La mineur D 784 (1823)
Sonate en Si bémol Majeur D 960 (1828)

Joseph Haydn: programmation spéciale bicentenaire Mezzo, du 24 au 31 mai 2009

Joseph Haydn
Programmation spéciale bicentenaire

En mai 2009, Mezzo célèbre Joseph Haydn, grâce à une programmation spéciale: cycle des quatuors (diffusion quotidienne à 19h30, du 24 au 30 mai 2009) et rendez vous immanquable, journée anniversaire en grande pompe: de 11h à 23h, 5 programmes “Haydn” dont La Création en direct depuis Eisenstadt (le palais où le compositeur passa presque 30 ans de sa carrière comme musicien de la cour des princes Esterhazy, à 11h), la Symphonie en ré chorégraphiée par Jiri Kylian (à 17h45), surtout un oratorio peu connu, Le retour de Tobias, filmé à Poissy en 2008 (à partir de 20h30).

Mezzo
Série Quatuors
Du 24 au 30 mai 2009 à 19h30

Journée spéciale anniversaire 200 ans
Dimanche 31 mai 2009, de 11h à 23h

Les quatuors, tous les jours à 19h30, du 24 au 30 mai 2009
Tous les jours, et pendant 7 jours, soit une semaine de chambrisme
ardent, un quatuor à cordes de Haydn par le Lyndsay Quartet réalisé par
Oliver Becket et Ellen Fellmann

24/5 : quatuor à cordes en do majeur op. 20 n°2
25/5 : quatuor à cordes en fa mineur op. 20 n°5
26/5 : quatuor à cordes en do majeur op. 33 n°3
27/5 : quatuor à cordes en ré mineur op. 42 N°2
28/5 : quatuor à cordes en sol majeur Op. 54 N°1
29/5 : quatuor à cordes en do majeur op. 54 n°2
30/5 : quatuor à cordes en ré majeur op. 76 n°5

Le 31 mai 2009 : Journée anniversaire

à 11h,
En direct depuis Eisenstadt
La Création. Direct de salle Haydn du château Schloss Esterházy
à Eisenstadt (Autriche), La création de Haydn en commémoration du
bicentenaire de sa disparition. Avec : Annette Dasch, soprano ;
Christoph Strehl, tenor ; Thomas Quasthoff, baryton-basse. Vienna
Chamber Choir. Orchestre Austro-Hongrois Haydn dirigé par Adam Fischer.

à 17h,
Concert : Haydn le magnifique:
Quatuor à cordes en si bémol majeur op.76 n°4 avec le London Haydn Quartet
Duos pour violon et alto Hob.VI : 1-6 ; Giovanni Radivo, violon ; Fabrice Lamarre, alto
Sonate pour piano n°50, en ré majeur, Hob. XVI.37 ; Claire Désert, piano.

17h45,
« Symphonie en ré »,
Ballet de Jiri Kylian (sur les Symphonies n° 101 en ré et symphonie n°73 de Haydn)
Par le Nederlands Dans Theater.

18h15,
Concert Haydn à Lyon

Quatuor à cordes Op. 77 N° 1 en Sol majeur par le Quatuor Sine Nomine ;
Trio pour piano et cordes H/XV 16 en Ré Majeur avec Emmanuelle Réville, Anne Gastinel, Philippe Cassard ;
Quatuor à cordes Op. 20 N° 5 Fa mineur avec le Quatuor Sine Nomine
Trio pour cordes N° 27 H/XV 14 en la bémol majeur avec le Trio Wanderer
Trio pour cordes N° 43 H/XV 27 avec le Trio Wanderer.

20h30,
« Le retour de Tobias » de Joseph Haydn
Opéra
version concert (2008) réalisé par Michel Swierczewski
Enregistré à l’Opéra de Poissy. Orchestra of the Age of Enlightenment
dirigé par Sir Roger Norrington. Choeur Joyful Company of Singers. Avec
: Ann Hallenberg, Christopher Maltman, Andrew Kennedy, Lucy Crowe,
Grace
Davidson.

Mezzo: les temps forts de mai 2009 Journée Tous à l’opéra, Soirée Grieg, Journée et cycle Haydn


Mezzo
Les temps forts de mai 2009


En mai 2009, Mezzo ne chôme pas et poursuit ses programmations en direct ou inédites.
Samedi spécial “tous à l’opéra” (3 productions diffusées à 16h, 18h et 20h30); soirée inédite dédiée à Edvard Grieg (pour le centenaire en 2007 de la disparition du compositeur norvégien); surtout, programmation spéciale (et là encore inédite) dédiée à Joseph Haydn (portrait ci-contre) dont 2009 marque le bicentenaire de la disparition: cycle des quatuors (diffusion quotidienne à 19h30, du 24 au 30 mai 2009) et rendez vous immanquable, journée anniversaire en grande pompe: de 11h à 23h, 5 programmes “Haydn” dont La Création en direct depuis Eisenstadt (le palais où le compositeur passa presque 30 ans de sa carrière comme musicien de la cour des princes Esterhazy, à 11h), la Symphonie en ré chorégraphiée par Jiri Kylian (à 17h45), surtout un oratorio peu connu, Le retour de Tobias, filmé à Poissy en 2008 (à partir de 20h30).

1. Tous à l’opéra
Samedi 9 mai 2009 à 16h,18h, 20h30

Journée spéciale “Tous à l’Opéra”
3 opéras inédits sur la chaîne célèbrent l’opéra et le drame passionnel sur le thème “l’amour… à en mourir!”
Notez que chaque production diffusée pour la fête du lyrique en Europe, est déjà publiée en dvd et est le sujet d’une critique dans notre base “recherche dvd

16h :

« Salomé » de Richard Strauss (McVicar, Jordan. 2008)
Royal Opera House Orchestra sous la direction de Philippe Jordan
Mise en scène, David McVicar. Réalisé par Jonathan Haswell
Nadja Michael (Salomé), Michael Volle (Iokanaan), Thomas Moser (Hérode), Michaela Schuster (Hérodias), Jospeh Kaiser (Narraboth). La mise en scène de McVicar est l’autre élément
convaincant de cette superbe production: ni décalée, ni décorative:
tout se tient et sert l’évolution et la continuité de l’action. La
figure du bourreau, sabre à la main, en costume puis nu, ensanglanté,
rappelle évidemment la décollation de Saint-Jean Baptiste du Caravage,
et dès le début évoque la fin tragique du Prophète…


18h :
« Doktor Faust » de Ferrucio Busoni (Jordan, Grüber. 2007) Orchestre der Oper Zurich dirigé par Philippe Jordan.
Mise en scène, Klaus Michael Grüber. Réalisé par Felix Breisach.
Thomas Hampson, Günther Groissböck, Gregory Kunde.

Que penser de ce Faust
Busonien qui associe le trio Hampson/Grüber/Jordan? Au final, oeuvre
aussi méconnue que fascinante, interrogeant les formes et le sens de la
musique théâtrale, interprètes engagés: cette version vidéo est un
nouveau titre incontournable de cette fin d’année 2007!

Opéra de Zurich, octobre 2006. Thomas Hampson, esthète dégoûté sur la
scène du monde défie le diable, séduit la duchesse de Parme, ose
envisager l’éternité… profil de savant fou, à la fois Dracula sans
âge et Don Quichotte halluciné, le baryton américain relève le défi
d’une partition captivante et énigmatique que laissa inachevée Ferrucio
Busoni. Dans la fosse, Philippe Jordan créé la surprise. En dirigeant
la version complétée par Jarnach en 1925, sa direction architecturée et
millimétrée reste fluide, rehaussée par l’expressionnisme suggestif de
Grüber. Production événement!

20h30 :
« Roméo et Juliette » de Gounod (Salzbourg 2008)
Mozarteum Orchester Salzburg sous la direction de Yannick Nézet-Séguin. .
Mise en scène, Bartlett Sher.
Réalisé par Brian Large
Rolando Villazon, Nino Machidze, Mikhail Petrenko, Russell Braun.
Sazlbourg, été 2008: après une Traviata au sommet (Festival 2005)
grâce à la conception scénique nerveuse et tendue de Willy Decker (ce
qui est loin d’être le cas ici), le couple Netrebko / Villazon devait
enflammer l’affiche de ce Roméo et Juliette. Mais la soprano jeune
maman fut finalement remplacée par sa consoeur géorgienne Nino
Machaidze dont la beauté du timbre, sensuel et rond, voire ample, n’a
hélas pas la subtilité et la féminité rayonnante de la divine Anna…

2. Soirée Grieg
Vendredi 15 mai 2009 à 20h30

Gala Grieg (2007). En 2007, la télévision norvégienne commémorait le centenaire de la disparition d’Edvard Grieg par un concert exceptionnel de musique de chambre. Le programme propose les œuvres les plus populaires du maître danois : la Ballade, la 3e Sonate pour violon, la Sonate pour violoncelle op.36 et une série de mélodies.
Les interprètes sont Leif Ove Andsnes (piano), Julian Rachlin (violon), Truls Mørk (violoncelle) et Kerstin Avemo (soprano).

3. Programmation spéciale Haydn


Les quatuors, tous les jours à 19h30, du 24 au 30 mai 2009
Tous les jours, et pendant 7 jours, soit une semaine de chambrisme ardent, un quatuor à cordes de Haydn par le Lyndsay Quartet réalisé par Oliver Becket et Ellen Fellmann

24/5 : quatuor à cordes en do majeur op. 20 n°2
25/5 : quatuor à cordes en fa mineur op. 20 n°5
26/5 : quatuor à cordes en do majeur op. 33 n°3
27/5 : quatuor à cordes en ré mineur op. 42 N°2
28/5 : quatuor à cordes en sol majeur Op. 54 N°1
29/5 : quatuor à cordes en do majeur op. 54 n°2
30/5 : quatuor à cordes en ré majeur op. 76 n°5

Le 31 mai 2009 : Journée anniversaire

à 11h,
En direct depuis Eisenstadt
La Création. Direct de salle Haydn du château Schloss Esterházy à Eisenstadt (Autriche), La création de Haydn en commémoration du bicentenaire de sa disparition. Avec : Annette Dasch, soprano ; Christoph Strehl, tenor ; Thomas Quasthoff, baryton-basse. Vienna Chamber Choir. Orchestre Austro-Hongrois Haydn dirigé par Adam Fischer.

à 17h,
Concert : Haydn le magnifique:
Quatuor à cordes en si bémol majeur op.76 n°4 avec le London Haydn Quartet
Duos pour violon et alto Hob.VI : 1-6 ; Giovanni Radivo, violon ; Fabrice Lamarre, alto
Sonate pour piano n°50, en ré majeur, Hob. XVI.37 ; Claire Désert, piano.

17h45,
« Symphonie en ré »,
Ballet de Jiri Kylian (sur les Symphonies n° 101 en ré et symphonie n°73 de Haydn)
Par le Nederlands Dans Theater.

18h15,
Concert Haydn à Lyon

Quatuor à cordes Op. 77 N° 1 en Sol majeur par le Quatuor Sine Nomine ;
Trio pour piano et cordes H/XV 16 en Ré Majeur avec Emmanuelle Réville, Anne Gastinel, Philippe Cassard ;
Quatuor à cordes Op. 20 N° 5 Fa mineur avec le Quatuor Sine Nomine
Trio pour cordes N° 27 H/XV 14 en la bémol majeur avec le Trio Wanderer
Trio pour cordes N° 43 H/XV 27 avec le Trio Wanderer.

20h30,
« Le retour de Tobias » de Joseph Haydn
Opéra version concert (2008) réalisé par Michel Swierczewski
Enregistré à l’Opéra de Poissy. Orchestra of the Age of Enlightenment dirigé par Sir Roger Norrington. Choeur Joyful Company of Singers. Avec : Ann Hallenberg, Christopher Maltman, Andrew Kennedy, Lucy Crowe, Grace
Davidson.

Ecouteurs mp3: Radiopaq lance sa gamme d’écouteurs intelligents: “Intelligent Audio Technology” (1er avril 2009)


Radiopaq: nouveau standard pour le son nomade


Donner un son pur et adapté
à vos morceaux de musique préférés grâce à un choix de 4 écouteurs dynamiques d’un nouveau genre: voilà
le défi relevé par Radiopaq qui lance “la gamme Intelligent Audio technology”: le créateur du moteur de recherche de webradios, Radiopaq
invente un nouveau standard d’écouteurs que vous utiliserez avec votre
écouteur mp3. La technologie développée par Radiopaq agit selon la
catégorie de musique préférée: elle “booste” les fréquences perdus ou
coupées lors de la compression mp3,
ajoutant clarté et définition au spectre musical (chambre de 11 pièces
produisant un son équilibré): son chaud avec graves contrôlés (rock),
rythme et tempo soulignés (jazz), gain jusqu’au 25% en plus sur les
registres mediums et aigus (classique), gain jusqu’à 30% en plus dans
les mediums (pop).

Chaque écouteur est en métal léger, il bénéficie aussi de 3 tailles
différents pour les coussinets: smal, medium, large, afin d’assurer une
meilleure isolation du bruit environnant.
A venir au second semestre 2009, les accessoires complémentaires: sound
mix
et sound jacket, deux appareils sur lesquels vous brancherez vos
écouteurs: discrets, légers, petits, ils amplifient et analysent le
type de musique depuis votre lecteur mp3, afin de restituer le meilleur
spectre sonore: le sound mix s’imposera pour l’écoute des webradios;
sound jacket améliore de manière dynamique chaque épisode musical
sélectionné depuis votre lecteur mp3 pour offrir un son naturel, chaud
, clair, plus précis.

“La gamme Intelligent Technology n’est pas réservée aux audiophiles”,
précise Prash Vadgama, président de Radiopaq, “il s’agit d’un moyen
simple et accessible pour quiconque aime la musique d’améliorer
considérablement la qualité du son, directement et sans appareil
complexe. Nous passons tellement de temps à écouter nos lecteurs mp3,
pourquoi se contenter d’une expérience acoustique moyenne?”

Caractéristiques techniques:
Configurés par style de musique pour vous offrir la meilleure expérience. Câble anti nœud pour une simplicité d’utilisation et de rangement. Isolation du bruit (atténuation des bruits extérieurs, suppression des bruits émis). Design unique et fabriqué en métal léger pour assurer confort et une acoustique configurée par style de musique. Chambre composée de 11 différentes pièces pour une reproduction équilibrée du son. Câble audio multi cœur haute performance. Jack stéréo 3,5 mm plaqué or pour éviter la corrosion. 3 tailles (S/M/L) d’adaptateurs d’oreille ergonomiques en silicone. Tenue confortable, atténuation des bruits extérieurs, suppression des bruits émis.

Toutes les infos sur la gamme Intelligent Audio technology de Radiopaq.

Orchestre de Chambre Pelléas, Benjamin Lévy Tournée Debussy, Ravel, De Falla… Avril 2009

L’Orchestre Pelléas
au service de la musique française

Les musiciens de l’Orchestre de Chambre Pelléas, jeunes défricheurs audacieux, apportent un souffle nouveau dans le microcosme musical. Ils ont fait le rêve d’une formation au fonctionnement différent, collégial et innovant sur le plan du répertoire abordé. Ses membres réactivent l’esprit de la troupe (si rare dans le milieu orchestral) et sont tous co-propriétaires des choix et destinée du collectif. L’Orcheste est animé par un comité d’instrumentistes qui, autour du chef d’orchestre, Benjamin Lévy, en assure la direction artistique. Son geste fluide, affûté, mordant, intérieur sait capter toutes les ressources d’un orchestre prodigieux en sonorité et en transparence, en phrasé, attaque et nuance…

Depuis sa création en 2004, l’Orchestre de Chambre Pelléas (O.C.P.) redonne vie à tout un pan oublié du répertoire français des XIXème et XXème siècles. « Post-baroque », cet orchestre entend, pour les répertoires classiques et romantiques, appliquer sur les instruments modernes les découvertes faites sur les instruments d’époque (articulation, phrasé, nuances, dynamiques, …).
Il s’est produit ces dernières saisons au Théâtre du Châtelet, à l’Opéra Comique, à la Cité de la Musique, au Théâtre des Champs-Elysées, au Théâtre de l’Athénée, à l’Opéra de Vichy, à la MC2 de Grenoble, au Théâtre de Caen ainsi qu’aux Festivals de Besançon et de Radio-France à Montpellier et à La Folle Journée de Nantes : sous la direction de Marc Minkowski, parrain de l’orchestre, Benjamin Lévy et Alain Altinoglu ; en compagnie d’Alexandre Tharaud, Noël Lee, Gautier Capuçon, Marc Coppey et Emmanuelle Bertrand.
Parmi les prochains projets de l’Orchestre de chambre Pelléas : un programme de Musique Française pour orchestre de chambre déjà joué au Théâtre Musical de Besançon et en avril 2009, en Europe Centrale, une première collaboration avec le baryton Stéphane Degout; avec le violoniste Thomas Zehetmair, une nouvelle invitation par l’Opéra Comique et une iconoclaste rencontre avec les pianistes Lidija et Sanja Bizjak…


Benjamin Lévy

Benjamin Lévy a reçu en septembre 2008, la distinction « Jeune Talent – Chef d’orchestre » de l’ADAMI. Il était la «révélation musicale de l’année 2005» pour le syndicat de la critique dramatique et musicale. Il vient d’être nommé en 2009 Chef Assistant de l’Orchestre Radio-Philharmonique de Hollande.

Formé aux CNSM de Lyon (Premier Prix de percussion) et de Paris (Prix d’analyse dans la classe de Michael Levinas et classe de direction d’orchestre de Janos Fürst), Benjamin Lévy – qui est né à Paris en 1974-, étudie à l’American Academy of Conducting d’Aspen (Etats-Unis) auprès de David Zinman, Jorma Panula et Yuri Temirkanov, ainsi qu’à l’Academia Chigiana de Sienne.
Benjamin Levy a régulièrement été l’assistant de Marc Minkowski (avec le Gewandhaus de Leipzig, le Mahler Chamber Orchestra et les Musiciens du Louvre, à l’Opéra de Paris, au Théâtre des Champs Elysées et dernièrement au Festival de Salzburg).

Remarqué avec la Compagnie «Les Brigands», il défend avec cet ensemble des pièces rares du répertoire lyrique léger, alliant facétie, délire, subtilité : Barbe Bleue, Geneviève de Brabant, Les Brigands et Le Docteur Ox (Diapason d’or) de Jacques Offenbach, Ta Bouche de Maurice Yvain (Diapason d’Or) et Toi c’est Moi de Moïse Simons.

Benjamin Levy a été invité ces dernières saisons par : l’Opéra de Dijon (Rossini, La Cambiale di Matrimonio), l’Opéra de Lyon (Monsieur Choufleuri d’Offenbach mis en scène par Laurent Pelly), l’Opéra National du Rhin (Chabrier, L’Etoile), les Opéras d’Avignon et de Toulon, « Opéra Eclaté » (Cosi Fan Tutte) et l’Orchestre Colonne. Il a également dirigé l’Orchestre Symphonique de Veracruz et une production des Pêcheurs de Perles de Bizet à Colombo, Sri Lanka. Il a fondé l’Orchestre de Chambre Pelléas en 2004.

Parmi ses futurs engagements, il dirigera l’Orchestre Symphonique et Lyrique de Nancy, une tournée en Europe Centrale avec l’Orchestre de Chambre Pelléas, des concerts avec l’Orchestre des Jeunes « Simon Bolivar » de Caracas, une tournée avec l’Orchestre de l’Opéra de Rouen, une production avec l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, des concerts avec l’Orchestre Lamoureux au Théâtre des Champs Elysées et la Philharmonie de Lorraine.

agenda
Après l’avoir jouer à Besançon et à Niort, l’Orchestre de chambre Pelléas (créé en 2004), sous la direction de son chef et fondateur Benjamin Lévy interprète le 22 avril 2009, au festival Nomus (Serbie), un programme Debussy, Ravel, De Falla.

Programme

Debussy
: Prélude à l’Après midi d’un Faune (1894), réduction pour 15 instrumentistes de Takénori Némoto
Ravel : Trois poèmes de Stéphane Mallarmé (1913)
Ibert : Divertissement (Musique de Scène pour Un Chapeau de Paille d’Italie d’Eugène Labiche – 1927)
De Falla : L’Amour Sorcier – “Gitaneria” en un acte et deux tableaux
Texte de Gregorio Martìnez Sierra. Version originale (1915)

Diana Axentii, Mezzo-Soprano
Orchestre de Chambre Pelléas
Benjamin Levy, Direction

Illustrations
L’orchestre de chambre Pelléas ©Photographie : François Goizé
Benjamin Lévy (DR)

Archipel à Paris: 5è Cycle de musique contemporaine De Jolas à Levinas… du 1er avril au 4 mai 2009

Paris, L’Archipel (10è ardt)
5è Cycle de musique contemporaine

Du 1er avril au 4 mai 2009
Paris, L’Archipel (10è ardt)

6 cartes blanches à…
De Jolas à Levinas


La musique contemporaine s’installe à L’Archipel à Paris, du 1er avril au 4 mai 2009. La 5è édition du Cycle de musique contemporaine invite compositeurs et interprètes, pour une fête musicale en 6 “cartes blanches” qui mettent en avant la diversité des sensibilités de notre temps. Les déjà classiques du XXè siècle: Betsy Jolas, élève de Messiaen et Darius Milhaud (le 1er avril, 20h30, salle bleue), Charles Chaynes (le 6 avril 2009 à 20h30: création de “Paysages oubliés”), compositeur né en 1925, ex directeur de France Musique à l’Ortf (1965-1975); mais aussi Philippe Fénelon (le 8 avril: les Solistes de l’Itinéraire jouent entre autre le Quatuor à cordes n°5), Alain Louvier (le 28 avril), et Michaël Levinas, disciple de Stockhausen et Ligeti, en conclusion, le 4 mai 2009 (le compositeur et les Solistes de l’Itinéraire jouent “Froissement d’ailes”, “Arsis et Thésis ou la Chanson du souffle”, Quatuor à cordes n°1 et aussi de Debussy, des extraits du 1er Cahier des Préludes pour piano).

Parmi les plus récents, vous ne manquerez pas la carte blanche à Thierry Pécou, le 3 avril 2009 à 20h30 (ensemble Zellig: Therry Pécou joue “Après Rameau un Sarabande“. Les spectateurs pourront retrouver ou découvrir les engagements singuliers, provocateurs, impertinents de ce voyageur mobile, “humaniste et nieztzschéen”. Cycle majeur.

Toutes les infos, les horaires, les programmes sur le site de l’Archipel à Paris

Philippe Jaroussky, contre ténor. “Voix Haute”. Maestro Arte, dimanche 19 avril 2009 à 19h. Concert-portrait (2000)

Philippe Jaroussky,
contre ténor

Arte,
Dimanche 19 avril 2009 à 19h

Maestro. “Voix haute“. Concert portrait, 2000

A partir du concert d’airs baroques (mêlant Haendel, Caccini, Strozzi…) filmé au Théâtre Malraux de Rueil Malmaison en février 2000, le réalisateur assemble mélodies vocales (Jaroussky chante en duo avec la soprano Nurial Rial dans plusieurs duos haendéliens), et trop courts entretiens… où le chanteur se dévoile du bout des lèvres, sous un éclairage travaillé. Tout ici est savamment millimétré, l’image poudrée, les propos à peine audacieux…


Artifices éloquents


Le propre de l’opéra en particulier l’art des contre-ténors plonge au coeur de l’artifice et de la sophistication: tout ici approche le calcul et la manipulation sonore. En usurpateur déclaré, Philippe Jaroussky avoue passer son temps à chanter des airs qui n’étaient pas conçus pour sa voix (le grain et l’étendue vocale des mythiques castrats demeurent à jamais perdus), comme tous les contre-ténors du monde, quand les castrats à leur époque se dépensaient à prix d’or (ruinant théâtres et impresario) pour créer des airs et des rôles taillés pour leur voix spécifiques! Eloquent paradoxe qui cependant s’avère dans le cas du soliste français, des plus captivants.
Voix angélique des langueurs amoureuses et de l’extase fusionnelle, entre ravissement, pamoison mais aussi douleurs lacrymales (Eraclito amoroso de Strozzi par exemple), Philippe Jaroussky enchante, captive, saisit l’âme et touche le coeur.
Pourtant la réalisation visuelle et les multiples plans qui jouent des effets de miroirs, en plongées et contre plongées, les lumières blanches et vaporeuses, jusqu’aux couleurs en camaïeux de gris sous lesquelles paraît le soliste, soulignent ici l’effet et l’artifice… A contrario, la voix, agile, virtuose en acrobaties et vocalises, excelle à parler le langage direct et franc de l’effusion sentimentale. Illusions de la forme, vérité du chant…

Les fans seront ravis. Les plus curieux critiques tout en reconnaissant l’art de l’interprète qui après avoir chanté l’articulation italienne, “ose” le beau parler français de Fauré à Hahn en un album récent intitulé “Opium”, regretteront l’excès et la saturation des effets de caméra, dans ce concert-portrait trop maquillé, aux paroles épisodiques et calculées.

Philippe Jaroussky, voix haute. Réalisation: Christian Leblé (2008, 43 mn).

Illustration: Philippe Jaroussky (DR)

Hakim Bentchouala-Golobitch, piano Portrait et concerts 2009

Hakim Bentchouala-Golobitch
Compositeur, pianiste

Hakim Bentchouala-Golobitch est un artiste atypique. Qu’on en juge: Né à Alger, s’installant d’abord à Toulouse et aujourd’hui à Paris, il devient successivement, et souvent simultanément, brillant pianiste-concertiste, célèbre accompagnateur-compositeur de films muets, bandonéoniste au plus haut niveau du tango argentin, comédien (en français et en espagnol), acteur de cinéma, compositeur de musique de chambre, notamment pour le violon alto…
Ce bref aperçu suffit à faire comprendre que la description d’un tel artiste demanderait un acte d’écrivain rédigeant un volume complet. Car la liste de ses prestations dans ses différents domaines est d’ores et déjà impressionnante!

Le pianiste interprète/compositeur couvre un large répertoire de musique française, de Déodat de Séverac (sa région toulousaine) à Ravel, Françaix, Chaynes, Goret, Messiaen, Piazzola…; le pianiste joue sur toutes les scènes de France et à l’étranger (Etats-Unis, Mexique, Nicaragua, Brésil, Asie…) en une liste qui n’en finit plus de concerts et de masterclasses, à la radio, à la télévision, en musique de chambre, musique de film (festival Cinémémoire, Judex, Gribiche, El Dorado, la Nouvelle Babylone, Chansons d’avant-guerre, Verdun… Ce dernier film connaît aujourd’hui un succès mondial et Hakim n’en finit pas d’en jouer la partition lors de sa projection sur les écrans du monde…..
Le bandonéoniste et le tango argentin partage avec le groupe Tango Elan une passion sans limites pour les rythmes chaloupés, lesquels dépassent d’ailleurs l’Argentine pour s’occuper des tangos du monde entier, y compris finlandais..

Le comédien en français et en espagnol a à son actif de nombreuses pièces! L’Amant (H. Pinter), Un Mensonge qui dit toujours la Vérité (un one man show adapté de Jean Cocteau), Pièces en Kit (Sabrou), Mémoire d’Amnésique (Satie), Sempronio (Augustin Cuzzani, en espagnol), Entremeses, Cueva de Salamanca (Cervantes, en espagnol)…, prochainement Mémoire d’Amérique, à Sceaux, avec Christelle Rousseau…
L’acteur de cinéma dans Toutes ces belles promesses (Cyverac, prod. Arte), J’ai rêvé de l’Islande (Filhol), Blues pour un livreur, Hommage au Dr. Kleins (Steve Perret): il joue ici les trois rôles principaux.
Le compositeur de musique de chambre nous enchante avec diverses partitions pour films mais aussi en musique pure avec, nous l’avons dit, l’alto qui vient dialoguer avec le piano…

Bref, un volume n’y suffirait pas. C’est pourquoi, suivez donc notre conseil: allez voir et écouter l’un des plus grands artistes de notre temps en la personne de Hakim Bentchouala-Golobitch!


Agenda

Le 21 mai 2009 commencement des récitals de piano du Printemps du Pecq,

Les Solistes de Lyon, Bernard Tétu. West side Story Paris, Salle Gaveau. Le 25 janvier 2009 à 16h

Les Solistes de Lyon
Bernard Tétu

Saison 2008 – 2009

Leonard Bernstein
West Side Story

version Gérard Lecointe

Paris, Salle Gaveau
Dimanche 25 janvier 2009 à 16h

Avec Les Solistes de Lyon: Anne-Christine Heer-Thion, soprano. Landy Andriam, mezzo-soprano. David Lefort, ténor. Jean-Baptiste Dumora, baryton. Percussions claviers de Lyon. Gérard Lecointe, direction. Jean Lacornerie, mise en espace.


West Side, version percussive


La version pour percussions et chanteurs écrite par Gérard Lecointe, directeur fondateur des Percussions claviers de Lyon, a le mérite de proposer une lecture personnelle et originale de West Side Story, partition majeure du jeune “Lenny” Bernstein, qui a validé en 1986, l’écriture et la composition de l’ouvrage. “Associer chant et percussion m’a permis de redonner toute la puissance, toute la violence, tout le lyrisme et l’amour contenus dans cette partition, tout en transformant les numéros initialement dansés en véritable ballet musical des percussionnistes”.
De fait, la transposition n’est pas réduction ou atténuation de l’élan vital, sensuel et érotique de l’oeuvre originelle. D’autant que pour cette production, le metteur en scène Jean Lacornerie imagine une lecture vive, affûtée, “brillante” et “lunaire”, visuellement sauvage proche de la jungle urbaine conçue par Bernstein dans une partition parcourue de rythmes jazz. West Side emprunte au Roméo et Juliette, le mythe atemporel de l’amour maudit, des amants terrassés en plein envol. Sacrifice des sentiments purs, perte de l’innocence, mais énergie de l’espoir… 4 chanteurs des Solistes de Lyon, acteurs autant qu’interprètes vocaux intègrent le geste vocal dans la mise en espace de Jean Lacornerie, pour ce spectacle qui pourrait bien devenir un nouveau standard scénique. Les amateurs du metteur en scène pourront retrouver le travail convaincant qu’il a réussi autour de Lady in the dark de Kurt Weil, repris en tournée hexagonale à partir du 7 janvier 2009, par l’Orchestre des Pays de Savoie (Scott Stroman, direction).