DVD Ă©vĂ©nement critique. Les Grand mythes : L’Iliade (2 DVD Arte Ă©ditions sep 2019

les-grands-mythes-i-liade-francois-busnel-dvd-annonce-critique-dvd-serie-saison-classiquenewsDVD Ă©vĂ©nement critique. Les Grand mythes : L’Iliade (2 DVD Arte Ă©ditions sep 2019). En septembre 2019, ARTE Ă©ditions crĂ©e l’évĂ©nement en publiant sa nouvelle collection d’épisodes explicitant avec une rare intelligence et une infographie d’un rare esthĂ©tisme, les exploits des hĂ©ros de l’Iliade
 C’est une collection documentaire conçue par François Busnel. La premiĂšre « saison » inspirĂ©e des mythes grecs et intitulĂ©e «  Les grands MYTHES » avait remportĂ© un succĂšs lĂ©gitime : François Busnel y dĂ©cortiquait avec humour, intelligence et impertinence pertinente (remarquables commentaires explicatifs entre autres) les mythes des dieux et hĂ©ros de la Mythologie grecque, abordant pour chaque figure spectaculaire, tous les symboles et les thĂ©matiques qu’elle incarnait. Ici, sur les traces d’HomĂšre, mĂȘme approche complĂšte et claire, esthĂ©tique et trĂšs documentĂ©e : tous les hĂ©ros de l’Iliade, guerriers grecs et troyens, dieux et dĂ©esses de l’Olympe, y sont subtilement Ă©voquĂ©s, leurs exploits et leurs enjeux comme leur signification, analysĂ©s : Ajax et Ulysse, Patrocle tuĂ© par Hector, Hector tuĂ© par Achille, Priam et Agamemenon, sans omettre l’implication des dieux Aphrodite, AthĂ©na, ArĂšs, surtout HĂ©ra dont la ruse, piĂšge Zeus et organise la victoire finale des grecs
 AprĂšs le visionage de chacun des 10 Ă©pisodes, l’Iliade, c’est Ă  dire l’histoire de la Guerre de Troie, n’aura plus aucun secret pour vous.

IDEAL prĂ©ambule Ă  l’opĂ©ra… Le coffret est d’autant plus nĂ©cessaire que chacun des Ă©pisodes clarifie l’Ă©popĂ©e des grecs contre les troyens, de quoi mieux comprendre tous les ouvrages de musique et surtout les opĂ©ras, si nombreux, qui se sont inspirĂ©s de la formidable Ă©popĂ©e homĂ©rienne et des figures fascinantes des hĂ©ros concernĂ©s : Priam, Agamemnon, IphigĂ©nie, Hector contre Achille, Cassandre, HĂ©cube…

 

 

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CLIC D'OR macaron 200DVD Ă©vĂ©nement / sĂ©rie remarquable : Les Grands MYTHES – L’ILIADE,  10 Ă©pisodes – coffret de 2 DVD – ARTE Ă©ditions – parution annoncĂ©e le 4 septembre 2019, dans tous les magasins et sur arteboutique.com -diffusion sur ARTE fin septembre – dĂ©but octobre 2019.

 

 

 

 

APPROFONDIR
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RÉSUMÉS des 10 Ă©pisodes de la saison L’ILIADE

Les Grecs AchĂ©ens (provenant de la GrĂšce continentale) partent organiser le siĂšge de Troie afin de rĂ©cupĂ©rer la belle HĂ©lĂšne, enlevĂ©e par Paris Ă  son mari le roi de Sparte, MĂ©nĂ©las. AprĂšs un siĂšge de dix ans sous les murs de la citĂ© troyenne, la guerre tourne Ă  l’avantage des AchĂ©ens grĂące au cĂ©lĂšbre Achille.

 

 

1. LA POMME DE LA DISCORDE
Une pomme d’or destinĂ©e « Ă  la plus belle » a Ă©tĂ© envoyĂ©e sur l’Olympe par Éris, la dĂ©esse de la discorde. Zeus laisse Ă  un mortel la possibilitĂ© de dĂ©terminer la plus dĂ©sirable des trois dĂ©esses : Aphrodite, HĂ©ra ou AthĂ©na. PĂąris, le jeune fils de Priam, roi de Troie offre ainsi la pomme Ă  Aphrodite, qui lui promet, en retour, l’amour de la plus femme mortelle. Chez MĂ©nĂ©las, le roi de Sparte, PĂąris tombe amoureux d’HĂ©lĂšne, sa femme. Tous deux s’enfuient, ensorcelĂ©s par la dĂ©esse de l’amour, et rejoignent Troie. MĂ©nĂ©las, fou de colĂšre, court chez son frĂšre, le plus puissant des rois grecs, Agamemnon. HĂ©ra et AthĂ©na n’ont pas acceptĂ© le choix de PĂąris. Elles manipulent Agamemnon qui dĂ©cide la guerre contre Troie, et dirige l’armĂ©e de tous les rois grecs.

 

 

2. L’HEURES DE SACRIFICES
Parmi les rois grces qui int refusĂ© de participer Ă  la guerre contre les Troyens, deux s’obstinent. Ulysse, qui feint d’ĂȘtre fou mais est bien vite dĂ©masquĂ©. Achille, le plus grand combattant grec : il est restĂ© opposĂ© Ă  Agamemnon. Pourtant sa mĂšre, la nymphe ThĂ©tis, inflĂ©chit sa dĂ©termination : elle flatte son orgueil de jeune combattant ; la guerre contre les troyens lui permettra d’ĂȘtre le plus grand des guerriers grecs. Certes il mourra jeune mais cĂ©lĂ©brĂ©. Achille n’hĂ©site pas : il rejoint l’armĂ©e d’Agamemnon. Celle ci est bloquĂ©e par Artemis / Diane, outragĂ©e par le roi de MycĂšnes Agamemnon : le devin Calchas indique alors que si Agamemnon sacrifie sa propre fille IphigĂ©nie, ArtĂ©mis saura redevenir clĂ©mente et la flotte grecque pourra enfin partir


 

 

3. LA COLERE D’ACHILLE
Dix ans ont passĂ© depuis que l’armĂ©e grecque a dĂ©barquĂ© sur les rivages de Troie. La citĂ© aux hautes murailles rĂ©siste. Hector, le fils ainĂ© du roi Priam reproche Ă  son frĂšre PĂąris d’ĂȘtre responsable de cette guerre qui n’en finit pas. Mais PĂąris aime HĂ©lĂšne. Chez les grecs, une mystĂ©rieuse maladie fait rage depuis quelques jours. Calchas le devin rĂ©vĂšle aux rois rassemblĂ©s qu’il s’agit d’une vengeance d’Apollon. Agamemnon (encore lui) retient la belle ChrysĂ©is, la fille d’un prĂȘtre qui s’est plaint au dieu. Achille exige qu’Agamemnon rende la jeune fille Ă  son pĂšre. Agamemnon finit par accepter, mais oblige Achille Ă  lui donner en Ă©change sa protĂ©gĂ©e, BrisĂ©is. Achille, de rage, proclame alors qu’il ne combattra plus, et s’isole. Sa mĂšre, ThĂ©tis, se rend alors chez Zeus afin qu’il soutienne Achille. En souvenir de celle qu’il a aimĂ©, Zeus dĂ©cide de prendre le parti des Troyens: il envoie un songe Ă  Agamemnon pour le piĂ©gĂ©.

 

 

4. LE SANG DE LA DEESSE
Agamemnon l’a vu en rĂȘve : Troie sera prise le jour mĂȘme. Toute l’armĂ©e grecque se jette dans la bataille, sous les murailles de Troie. MĂ©nĂ©las, mari humiliĂ©, reconnait celui qui lui a dĂ©robĂ© sa femme, PĂąris. Les deux hommes s’affrontent dans un duel. Mais au moment oĂč MĂ©nĂ©las achĂšve PĂąris, Aphrodite enlĂšve son protĂ©gĂ© du champ de bataille. MalgrĂ© l’interdiction de Zeus, les dieux de l’Olympe prennent parti pour et l’autre camp. GrĂące Ă  AthĂ©na, le jeune roi DiomĂšde devient furieux, et peut voir les dieux. Il repĂšre alors la dĂ©esse Aphrodite venue dĂ©fendre son fils EnĂ©e, et la blesse Ă  la main. Puis affronte ArĂšs, le dieu de la guerre, venu dĂ©fendre l’honneur d’Aphrodite. IndiffĂ©rent aux combats, Achille joue de la lyre sous sa tente.

 

 

5. LE GLAIVE ET LA BALANCE
Le chaos qui rĂšgne entre Grecs et Troyens s’étend dĂ©sormais Ă  l’Olympe. Zeus, favorable aux troyens, dĂ©cide de foudroyer le prochain dieu qui s’impliquera dans la bataille. Sur le front, les Troyens ont repoussĂ© les Grecs qui, pour protĂ©ger campement et bateaux, ont Ă©rigĂ© un mur. Hector, le fils ainĂ© du roi de Troie, est confiant. Sa sƓur, Cassandre, beaucoup moins. Elle sait que PĂąris sera la cause du malheur des Troyens ; elle force sa mĂšre HĂ©cube Ă  le reconnaitre.
PosĂ©idon rentre dans la bataille. Les Grecs prennent conscience que sans Achille, le grand hĂ©ros grec, il ne vaincront pas. Agamemnon l’invite Ă  revenir au combat. Mais Achille qui lui est opposĂ©, acceptera-t-il ?

6. LA RUSE D’HERA
Ulysse et Ajax tentent de convaincre Achille de revenir au combat, mais ce dernier refuse. Sur le champ de bataille, Agamemnon, DiomĂšde, Ulysse sont blessĂ©s. La muraille Ă©rigĂ©e par les Grecs menace de s’effondrer. RusĂ©e, HĂ©ra, Ă©pouse de Zeus, tente un stratagĂšme : fĂąchĂ©e de ne pouvoir intervenir, elle sĂ©duit Zeus, grĂące Ă  la ceinture magique d’Aphrodite. Lorsqu’il s’endort, elle prĂ©vient PosĂ©idon, lui aussi agacĂ© par le pouvoir abusif de Zeus. Il excite le camp grec qui reprend le des- sus. Ajax attaque Hector, et le blesse mortellement


7. PATROCLE ET LES MYRMIDONS
SauvĂ© par Apollon, Hector repart au combat : il mĂšne les Troyens jusqu’aux nefs des Grecs dont la flotte va s’embraser. Patrocle, l’ami d’Achille, court le prier de revenir dans la bataille. Achille refuse mais accepte que Patrocle portant son armure, conduise Ă  sa place l’armĂ©e des Myrmidons pour sauver les Grecs. Croyant voir Achille, les Troyens battent en retraite. AprĂšs avoir tuĂ© SarpĂ©don, fils de Zeus, Patrocle, confiant, marche sur Troie. D’abord repoussĂ© par Apol- lon, il est tuĂ© par Hector, le fils ainĂ© du roi Priam. Lorsqu’il l’apprend, Achille s’effondre puis jure de venger son ami. Sa mĂšre ThĂ©tis lui promet alors qu’elle lui remettra de nouvelles armes le lendemain, au lever du soleil.

 

 

8. LA VENGEANCE D’ACHILLE
ThĂ©tis a demandĂ© Ă  HĂ©phaĂŻstos, dieu des forgerons, qu’il fabrique de nouvelles armes pour son fils Achille. A l’aube, elle lui remet les armes qui tout en le rendant lĂ©gendaire, l’enverront Ă  la mort. MĂȘme Andromaque, veuve d’Hector, tremble Ă  la vue d’Achille hors de lui, hallucinĂ© depuis la mort de son ami Patrocle. Sous le glaive d’Achille, les eaux du fleuve Scamandre deviennent rouge du sans des troyens trucidĂ©s. ChoquĂ©, le fleuve se rebelle contre Achille et l’entraĂźne dans ses flots impĂ©tueux. HĂ©ra demande Ă  Hephaistos de sauver Achille.

 

9. VAINCRE ET MOURIR
EpargnĂ© par les boules de feu lancĂ©es par le dieu HĂ©phaĂŻstos qui enflamme les berges du fleuve Scamandre, Achille rejoint le combat. AnimĂ© par l’esprit de vengeance, il choque dieux et mortels par sa colĂšre inhumaine. Hector, meurtrier de son ami Patrocle, prend peur lorsqu’il voit Achille. Avec le soutien de la dĂ©esse AthĂ©na, Achille tue Hector, attache son corps Ă  son char, et le traine sous les murailles de Troie. A la nuit tombĂ©e, le vieux roi Priam supplie Achille de lui rendre le corps de son fils. Achille, Ă©mu, accepte. Alors Ulysse trouve l’idĂ©e qui donnera la victoire aux Grecs.

10. LE CHEVAL DE TROIE
Les Troyens sont surpris : les Grecs ont prĂ©cipitamment quittĂ© le rivage, laissant sur le sable un colossal cheval de bois, aussi imposant que mystĂ©rieux. On jette une lance dans ses flancs. A l’intĂ©rieur, les guerriers grecs, dont Ulysse, qui a inventĂ© cette ruse, ne bougent pas. Les Troyens comprennent que ce cheval est une offrande Ă  AthĂ©na, Priam le fait rentrer dans la citĂ©. La nuit tombĂ©e, les Grecs sortent du cheval, ouvrent les portes de la citĂ© au reste de leur armĂ©e : le massacre des Troyens commence. MĂ©nĂ©las retrouve HĂ©lĂšne. PĂąris bmesse mortellement Achille au talon, lequel s’effondre. Zeus, impuissant (car il soutenait les Troyens), comprend que les hommes ne pourront plus croire en eux aprĂšs le massacre. Alors que la citĂ© brĂ»le encore, Ulysse reprend la mer avec ses compagnons, sans triomphalisme. A prĂšs dix ans de guerre, qui se souviendra de la guerre de Troie ?

 

 

Infos pratiques :
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les-grands-mythes-i-liade-francois-busnel-dvd-annonce-critique-dvd-serie-saison-classiquenewsLes GRANDS MYTHES / L’ILIADE
2 DVD – ‹DurĂ©e totale 260 min / 2h40 – ‹DurĂ©e des films 10 x 26 mn‹Versions française, allemande‹ – Sous-titres : Français pour sourds et malentendants Couleur – ‹Format image 16/9‹ – Son Dolby digital stĂ©rĂ©o / ‹PAL – Toutes zones – EN COMPLÉMENT : livret de 12 pages – 20€

 

 

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coffret-dvd-arte-les-grands-mythes-4-dvd-review-dvd-critique-classiquenews-compte-rendu-dvd-arte-les-grands-mythes-classiquenewsPrécédente parution DVD Arte éditions (déjà annoncée, présentée, critiquée sur classiquenews) :

Les Grands MYTHES, 20 Ă©pisodes – 4 DVD

 

Les 20 Ă©pisodes:

Zeus, la conquĂȘte du pouvoir
Les amours de Zeus
PromĂ©thĂ©e le rĂ©voltĂ© de l’Olympe
HadÚs, le roi malgré lui
Athéna, la sagesse armée
Apollon, l’ombre et la lumiùre
Aphrodite, sous la loi du désir
Dionysos, l’étranger dans la ville
HermÚs, le messager indéchiffrable
Tartare, les damnés de la terre
PsychĂ©, la belle et la bĂȘte
Persée, la mort dans les yeux
OrphĂ©e, l’amour impossible
MĂ©dĂ©e, l’amour assassin
BĂ©llĂ©rophon, l’homme qui voulait ĂȘtre dieu
ThĂ©sĂ©e, ou les ravages de l’oubli
DĂ©dale et Icare,
le rĂȘve Ă©clatĂ© HĂ©raclĂšs, l’homme qui devint dieu
Oedipe, le dĂ©chiffreur d’énigmes
Antigone, celle qui a dit non (et donc la premiĂšre fĂ©ministe de l’Histoire)

LIRE notre critique du DVD les grands MYTHES – sĂ©rie Ă©vĂ©nement Ă©ditĂ©e en 2016 / CLIC de classiquenews 2016 :

https://www.classiquenews.com/dvd-compte-rendu-critique-coffret-les-grands-mythes-4-dvd-arte-editions/

 

 

 

CD, coffret, événement, critique. BERLIOZ rediscovered / JE Gardiner (8 cd, 1 dvd Decca)

BERLIOZ-rediscovered-john-eliot-gardiner-8-cd-1-dvd-DECCA-review-critique-cd-classiquenews-dossier-BERLIOZ-2019-hector-berlioz-2019-dossier-berlioz-2019-classique-news-classiquenewsCD, coffret, Ă©vĂ©nement, critique. BERLIOZ rediscovered (8 cd, 1 dvd Decca). Pour les 150 ans du grand Berlioz, Decca exhume les enregistrements historiques rĂ©alisĂ©s par Gardiner pour Philips. Le chef a dirigĂ© Les Troyens au ChĂątelet, fait marquant de l’histoire du ThĂ©Ăątre parisien : Gardiner comme ses compatriotes et prĂ©dĂ©cesseurs Thomas Beecham ou Colin Davis, perpĂ©tue la flamme berliozienne depuis l’Angleterre. La noblesse nerveuse nĂ©oantique, nĂ©ogluckiste ici, d’Hector continue de fasciner nos voisins abonnĂ©s au Brexit. Leur culte de Berlioz (nĂ© le 11 dĂ©cembre 1803 Ă  la CĂŽte-Saint-AndrĂ© en IsĂšre ; et mort Ă  Paris le 8 mars 1869) prend une consistance particuliĂšre grĂące Ă  ce coffret Ă©vĂ©nement, regroupant 8 cd et 1 dvd. Berlioz redĂ©couvert dĂ©signe l’apport des instruments historiques, ceux de l’Orchestre RĂ©volutionnaire et Romantique sous la baguette fiĂšvreuse du Britannique John Eliot Gardiner. Depuis l’OpĂ©ra de Lyon aussi, oĂč avec l’orchestre maison, il enregistre la Damnation de Faust, en un geste aussi concis, affĂ»tĂ© qu’intense.
Les couleurs sont contrastĂ©es, vives, fouettĂ©es, mais mieux Ă©quilibrĂ©es qu’au concert, belle dynamique optimisĂ©e que permet l’enregistrement studio. Fougueux, Gardiner « ose » Berlioz davantage comme un rĂ©volutionnaire que comme un Romantique. Le compositeur qui se disait surtout « classique », dans l’adoration de Gluck, n’aurait peut-ĂȘtre pas adhĂ©rer Ă  tant de violents accents et de trĂ©pidante sensibilitĂ© musicale : n’empĂȘche, voici l’éloquente Messe Solennelle, premiĂšre partition d’envergure d’un compositeur de 22 ans (crĂ©Ă©e en 1825), restituĂ©e dans ses Ă©quilibres spatialisĂ©s d’origine, avec ce tranchant vif et ses couleurs fauves. Voici la Fantastique (la transe volcanique et bacchique de ses Ă©pisodes finaux : la Marche au supplice et du Songe d’une nuit de sabbat), Harold en Italie et Tristia, la sublime fresque shakespearienne de RomĂ©o et Juliette, enfin La Damnation de Faust, sommet de son inspiration lyrique et dramatique. Ici Berlioz Ă©ructe et colore, intensifie et enrichit le paysage sonore et orchestral : il rĂ©invente l’orchestre comme Turner rĂ©invente la peinture. En Berlioz, Gardiner voit Goya et Tintoret ; il fusionne dans le corps et l’ñme du Français, le fantastique chromatique du premier, l’élan, la construction du colossal du second. Avec Gardiner, Berlioz rime avec tempĂȘte et ouragan. Chez tous les pupitres.

MĂȘme si l’on trouve d’un certain cĂŽtĂ©, l’approche de un rien trop Ă©chevelĂ©e, moins Ă©quilibrĂ©e et raffinĂ©e qu’un Davis, sa comprĂ©hension du berlioz rĂ©formateur, affĂ»tĂ©, vindicatif grĂące au relief et au timbre des instruments d’époque, demeure indiscutablement passionnant. Gardiner reste donc la valeur sĂ»re pour cette annĂ©e 2019, cĂŽtĂ© instruments anciens. Bonus complĂ©mentaire et Ă©loquent sur la direction minutieuse et engagĂ©e de Gardiner, le DVD qui agrĂ©mente les 8 cd de ce cycle Berlioz sur instruments d’époque : Ă  l’image, sont rĂ©tablies ainsi la Fantastique et la fameuse Messe Solennelle du « gamin » gĂ©nial de 22 ans, dont certains thĂšmes mĂ©lodiques seront ensuite recyclĂ©s dans les Ɠuvres dramatiques et symphonique de la maturitĂ©.

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CD coffret, Ă©vĂ©nement, critique. BERLIOZ rediscovered – John Eliot Gardiner joue Berlioz – 8 cd, 1 dvd (DECCA)

Symphony fantastique op. 14
Symphony “Harold en Italie”
Tristia op. 18
Romeo et Juliette op. 17
La Damnation de Faust
Irlande op. 2
Le Trebuchet op. 13 No. 3
La Mort d’OphĂ©lie
8 Scenes de Faust
Messe solennelle
DVD “Berlioz Rediscovered”

GĂ©rard CaussĂ©, Catherine Robbin, Jean-Paul Fouchecourt, Gilles Cachemaille, Anne Sofie von Otter, Jean-Philippe Lafont, Fiona Wright, Robert Tear, Helen Watts, Viola Tunnard, Monteverdi Choir, Edinburgh Festival Chorus, Orchestre RĂ©volutionnaire et Romantique, Orchestre de l’OpĂ©ra National de Lyon, John Eliot Gardiner.

COMPTE-RENDU, critique, REQUIEM. Festival d’Aix en Provence le 3 juillet 2019. Requiem (d’aprùs Mozart). Pichon / Castellucci

MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsCOMPTE-RENDU, critique, REQUIEM. Festival d’Aix en Provence le 3 juillet 2019. Requiem (d’aprĂšs Mozart). Pichon / Castellucci. C’est Mozart qu’on dĂ©nature
 AprĂšs rĂ©Ă©crire le livret des opĂ©ras, quitte Ă  en modifier le sens et l’esthĂ©tique originels, voici venu le temps des Ɠuvres sacrĂ©es, modifiĂ©es, intercalĂ©es d’élĂ©ments Ă©trangers qui en modifient tout autant l’unitĂ©, le flux, la tension et la cohĂ©rence initiales. On a connu cette annĂ©e deux marqueurs importants dans notre Ă©poque des fakenews et des contrevĂ©ritĂ©s qui rongent un peu plus la frontiĂšre entre rĂ©alitĂ© / vĂ©ritĂ© et fiction / mensonge. MĂȘme porositĂ© entre rĂ©alitĂ© des partitions autographes et nouvelles versions Ă©dictĂ©es en opus convenables. Disons Ă  prĂ©sent que les metteurs en scĂšne n’hĂ©sitent plus Ă  changer ce qui les inspire quitte Ă  ne plus respecter les Ɠuvres prĂ©sentĂ©es ; que le directeurs sont prĂȘts Ă  les suivre pour crĂ©er le buzz
Voyez cette nouvelle production du “Requiem de Mozart”. En rĂ©alitĂ© il s’agit du Requiem de Romeo Castellucci, inspirĂ© du Requiem de Mozart. Car le spectacle final n’a plus rien Ă  voir avec la Messe des morts conçues en 1791 par Mozart Ă  Vienne.

Aix 2019 : tristes artifices du duo Pichon / Castellucci
MOZART DÉNATURÉ

Sur les planches aixoises, le metteur en scĂšne dĂ©poĂ©tise tout Ă©lan spirituel, Ă©carte toute ivresse onirique pour un spectacle indigent et statique, oĂč le thĂ©Ăątre devient oratorio d’images et de tableaux d’une banalitĂ© agaçante ; oĂč les chanteurs qui sont aussi danseurs (leur chant dĂ©cousu souffre des mouvements permanents), tout en blanc comme des prĂȘtres nĂ©o futuristes, s’ébrouent en gestes pseudo inspirĂ©s, en un vaste cirque folklorique venu des Balkans, qui finit pas dĂ©naturer le sens de la derniĂšre partition laissĂ©e inachevĂ©e par Mozart en 1791. Castellucci insiste sur la fin et la disparition, la grande extinction humaine annoncĂ©e, qui donne le sens de nos vies : chaque cĂ©lĂ©bration collective des Morts, chaque messe de Requiem, pour le repos des dĂ©funts, cĂ©lĂšbre en dĂ©finitive la vie et nous appelle Ă  un Ă©veil spirituel.
Alors que la musique mozartienne, comme celle des 3 derniĂšres symphonies (rĂ©cemment sublimĂ©es par Savall), n’est qu’élĂ©vation, substance poĂ©tique et abstraction spirituelle, Castellucci nous assĂšne une reprĂ©sentation lourde et simpliste, d’une laideur incongrue. Il ne s’agit pas d’énoncer de pseudo concepts (trĂšs discutables en outre), il faut encore en dĂ©duire un thĂ©Ăątre qui serve aussi le sens et la direction de la musique qui est sa source et son point de dĂ©part. Tout sonne faux ici ; rien ne fonctionne ; la danse des corps qui se projettent, sautent, s’écrasent, contredit l’élan mĂȘme de la musique du Requiem.
Castellucci multiplie aussi les sources visuelles quitte Ă  brouiller la vue d’ensemble. Les images projetĂ©es en fond de scĂšne Ă©numĂšrent tout ce qui a dĂ©jĂ  disparu : espĂšces animales, sites et constructions, artistes et leurs Ɠuvres
 si l’idĂ©e pouvait ĂȘtre intĂ©ressante, sa rĂ©alisation est indigeste dans la rĂ©pĂ©tition. Qu’en penser alors ? Devons nous indigner de ces disparitions inĂ©luctables et irrĂ©versibles ? Ou bien, dans le grand mouvement actuel de dĂ©ni collectif et de fatalisme passif, nous en rendre les tĂ©moins impuissants, comme conditionnĂ©s ? Le monde, nos sociĂ©tĂ©s humaines sont condamnĂ©es dans un terme proche : et alors ? Tout est vouĂ© Ă  la disparition n’est ce pas ? Tout doit donc disparaĂźtre. Le propos de Castellucci laisse interloquĂ© et aussi irritĂ©. tant d’imprĂ©cisions, oĂč manque la poĂ©sie, tombe Ă  plat.

Sur la musique de Mozart, ces gesticulations, ces tableaux pontifiants imposent un parfait décalage
 une équation impossible qui trahit la direction et le progression des séquences musicales.
Dans ce magma visuel d’une naĂŻvetĂ© affligeante, les instrumentistes tentent de sauver le spectacle musicalement en dĂ©fendant une unitĂ© et une continuitĂ© fragile. Le chef (RaphaĂ«l Pichon) quant Ă  lui a dĂ©cidĂ© d’entrecouper le fil mozartien de partitions Ă©trangĂšres (chant grĂ©gorien) ou de Mozart lui-mĂȘme. La proportion initiale du Requiem mozartien se dilue en un polyptique confus, rĂ©pĂ©titif, – retable aux accents lissĂ©s qui d’une sĂ©quence Ă  l’autre, se ressemble, sans contrastes vĂ©ritables, d’autant que le geste du chef comme la tenue des choristes danseurs manquent singuliĂšrement de finesse, de profondeur, de trouble, de nuance, de phrasĂ©s. Sauf les derniĂšres mesures oĂč le chƓur statique (et dĂ©nudĂ© Ă  la façon d’un Jugement dernier et ses damnĂ©s nus comme les vers) retrouve des respirations plus naturelles. Pourtant la lecture globale agace par sa lourdeur, son arche dĂ©plorative trop dilatĂ©e… jusqu’au vertige. Mais oĂč sont donc passĂ©s le nerf, l’audace, les options vaillamment dĂ©fendus par les premiers baroqueux ?

Las, tout se rĂ©vĂšle artificiel dans une mosaĂŻque dĂ©pareillĂ©e, invitation agaçante pour un paradis toujours absent. Ce Requiem est Ă  oublier mais c’est sĂ»r, il gagnera un soupçon de buzz dĂ» Ă  sa tentative anecdotique et manquĂ©e. C’est Mozart que l’on met en biĂšre ici, et de bien laide façon, entre hystĂ©rie, trahison, rupture et syncope. De toute Ă©vidence, Aix 2019 déçoit. Rendez-vous est pris pour Tosca et surtout Jacob Lenz (certes reprise mais premiĂšre en France cet Ă©tĂ©). A suivre.

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COMPTE-RENDU, critique, REQUIEM. Festival d’Aix en Provence le 3 juillet 2019. Requiem de Romeo Castellucci d’aprĂšs le Requiem de Wolfgang Amadeus Mozart. Ens Pygmalion / RaphaĂ«l Pichon. Romeo Castellucci, mise en scĂšne. A l’affiche du festival d’Aix-en-Provence (thĂ©Ăątre de l’ArchevĂȘchĂ©), jusqu’au 19 juillet 2019.

DVD, critique. WAGNER : Lohengrin – 1 dvd DEUTSCHE GRAMMOPHON (Thielemann, Beczala, Meier
 Bayreuth juillet 2018)

WAGNER LOHENGRIN THIELEMANN YUVAL SHARON DVD DEUTSCHGE GRAMMOPHON juillet 2019 bayreuth critique opera classiquenews review dvd classiquenews Waltraud meier, harteros beczala zeppenfeld critique dvd critique opera classiquenews dg0735621DVD, critique. WAGNER : Lohengrin – 1 dvd DEUTSCHE GRAMMOPHON (Thielemann, Beczala, Meier
 Bayreuth juillet 2018). Le petit milieu lyrique avait fait des gorges chaudes pour cette production de Bayreuth, inaugurant une nouvelle mise en scĂšne de Lohengrin, le chevalier cĂ©leste descendu des cintres pour sauver l’humanitĂ© indigne
 Ce devait ĂȘtre aussi une prise de rĂŽle en juillet 2018 pour Alagna. Patatras le Français abandonna et ce fut Piotr Beczala qui reprit le dĂ©fi, quasi in extremis. Dans une rĂ©alisation tout Ă  fait convenable, mĂȘme
 globalement convaincante.
D’autant que le parti est assez audacieux et contrevient Ă  l’idĂ©alisation fantasmatique qui est le propre du hĂ©ros messianique : Yuval Sharon dĂ©truit le mythe du chevalier ici, sans cygne, mais anti hĂ©ros, indĂ©cis, instable. Pire, d’un glaciale indiffĂ©rence aux dĂ©sirs de la princesse de Brabant, Elsa dont l’autoritĂ© est menacĂ©e par le couple noir Telramund / Ortrud. Il y a mĂȘme du sadisme chez celui qui de Chevalier libĂ©rateur et protecteur, devient un demi bourreau, souhaitant faire payer Ă  la naĂŻve Elsa, celle qui pose la question interdite (dĂ©voilant du mĂȘme coup osons le dire, sa stupiditĂ© et son manque de confiance) : au III, Lohengrin n’a rien d’un Ă©poux aimant et comprĂ©hensif pour la jeune oie imbĂ©cile.
certes, l’heure mĂ©diatique et l’actualitĂ© Ă©taient au mouvement pour la protection des femmes et contre le harcĂšlement professionnel (#balancetonporc)
 d’oĂč des scĂšnes de supplices infligĂ©s aux femmes en second plan ; trop opportuniste, la mise en scĂšne a pĂȘchĂ© en voulant Ă  tous prix faire coĂŻncider la trame du livret avec cette honte internationale. L’équation actualitĂ© et opĂ©ra aurait pu ĂȘtre mieux rĂ©ussi, en finesse comme en rĂ©fĂ©rences maĂźtrisĂ©es : n’est pas directeur d’acteurs-chanteurs ni metteur en scĂšne, qui veut (prĂ©sence de la centrale Ă©lectrique, pour le moins incongrue ; de mĂȘme, quel sens donner Ă  la prĂ©sence des petites ailes aux dos des personnages, que gagne Lohengrin Ă  l’issue de son combat vainqueur, contre Telramund ?
 ).

BECSALA, HARTEROS, MEIER, ZAPPENFELD

Quatuor gagnant pour le nouveau LOHENGRIN de Bayreuth

Sous la baguette, toujours active et caractĂ©risĂ©e de Christian Thielemann (dont le teutonisme sied bien au relief nĂ©ogothique du Romantique Wagner), saluons la langue contrastĂ©e, bondissante de l’orchestre, selon les tableaux) ;
Venu sauver ce qui pouvait l’ĂȘtre, le tĂ©nor polonais Piotr Beczala assume cette quasi prise de rĂŽle Ă  Bayreuth (il avait chantĂ© le rĂŽle Ă  Dresde dĂ©jĂ ) : en dĂ©pit d’aigus parfois mal couverts, tendus, imprĂ©cis, le chanteur sĂ©duit en Lohengrin, se hisse jusqu’aux traces du champion actuels (Ă  Bayreuth) : Klaus Florian Vogt, d’autant que le nouveau n’a pas la maĂźtrise naturelle de l’allemand. Face Ă  son angĂ©lisme vocal (malgrĂ© le sadisme souhaitĂ© par le metteur en scĂšne), l’Elsa de Anja Harteros sonne presque trop sombre, rĂ©vĂ©lant dans la puissance de rĂ©elles aptitudes Ă  nuancer son personnage (pourtant de godiche manipulĂ©e par Ortrud).
La production de ce Lohengrin 2018 gagne aussi de la prĂ©sence du mezzo noble et grave, trouble et fulgurant de l’immense Waltraud Meier (laquelle aura chanter tous les grands rĂŽles fĂ©minins de Wagner, d’Ortrud Ă  Isolde). Son retour Ă  Bayreuth oĂč elle a chantĂ© dĂšs 1983 (Parsifal, Kundry anthologique), affirme son charisme vocal, une prĂ©sence dramatique surtout qui souligne l’art de l’actrice et de la tragĂ©dienne, fauve analytique, jaugeant chaque partenaire avec un appĂ©tit et une tension, ultimes. Les ressources sont rĂ©duites car sa carriĂšre est derriĂšre elle, mais quelle intonation, quelle intelligence dramatique, quelle diseuse capable de faire scintiller le thĂ©Ăątre wagnĂ©rien. MĂȘme autoritĂ© et Ă©vidence musicales pour le Roi Heinrich de Georg Zeppenfeld, devenu depuis quelques annĂ©es, un familier de Bayreuth.
Saluons enfin le chƓur prĂ©parĂ© par Eberhard Friedrich qui fait mouche par sa plasticitĂ© et son engagement : un modĂšle dans le genre et la confirmation qu’ils sont pour chaque spectacle local, un pilier garant de rĂ©ussite scĂ©nique.

Malgré les incohérences de la mise en scÚne, la solidité du cast vocal sauve cette nouvelle production de Lohengrin : le quatuor principal demeure quasi exemplaire.

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DVD, critique. WAGNER : Lohengrin – 1 dvd DEUTSCHE GRAMMOPHON – Ref. N°0735621 – Bayreuth juillet 2018 / Parution le 5 juillet 2019.
OpĂ©ra romantique en trois actes – Livret du compositeur
Créé à Weimar le 28 août 1850
BAYREUTH, juillet 2018
Direction musicale : Christian Thielemann
Mise en scĂšne : Yuval Sharon
DĂ©cors et costumes : NĂ©o Rauch et Rosa Loy
LumiĂšres : Rainhard Traub

Lohengrin : Piotr Beczala
Elsa : Anja Harteros
Ortrud : Waltraud Meier
Telramund : Tomasz Konieczny
Le Roi Henri : Georg Zeppenfeld
Le HĂ©raut du Roi : Egils Silins
Les quatre nobles : Michael Gniffke, Eric Laporte, Kay Stiefermann, Timo Riihonen

Choeurs et Orchestre du Festival de Bayreuth
Chef des choeurs : Eberhard Friedrich

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. LILLE, Nouveau SiÚcle, le 28 juillet 2019. MAHLER : Symphonie n°5. Orchestre national de Lille. Alexandre Bloch, direction.

COMPTE-RENDU, concert. LILLE, Nouveau SiĂšcle, le 28 juillet 2019. MAHLER : Symphonie n°5. Orchestre national de Lille. Alexandre Bloch, direction. Le nouveau concert Mahler Ă  l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle est un jalon passionnant Ă  suivre, confirmant l’évidente affinitĂ© du chef avec l’écriture mahlĂ©rienne, comme l’éloquence collective des instrumentistes du National de Lille, en particulier aprĂšs plus d’une heure de jeu
 comme libĂ©rĂ©s, naturels, dans le dernier et 5Ăš tableau : le Rondo-Finale / Allegro, marquĂ© par l’urgence et une joie rayonnante, indĂ©fectible. Un bel engagement qui a dĂ» certainement ravir la petite fille du compositeur, prĂ©sente ce soir : Marina Mahler. Outre son sens de la spatialitĂ©, son imagination sans limites, c’est aussi la trĂšs riche palette de timbres, la recherche constante de texture et de caractĂšre qui fondent la modernitĂ© de Mahler au XXIĂš. Tout s’entend admirablement dans l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle sous la baguette du chef, directeur musical de l’Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch.

 

 

 

L’ONL et Alexandre Bloch jouent la 5Ăš de Gustav Mahler…

1001 nuances de la passion mahlérienne

 

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Le premier mouvement (mesurĂ©, sĂ©vĂšre, funĂšbre) est grave ; initiĂ© par la trompette brillante, sublime appel initial, qui introduit la riche texture de la fanfare pour qu’émerge le chant Ă  la fois tendre et douloureux des cordes ; on apprĂ©cie immĂ©diatement l’articulation intĂ©rieure de ces derniĂšres dont le chef cisĂšle et ralentit, explicite et illumine les arriĂšres plans entre blessure rentrĂ©e et sentiment tragique. Peu Ă  peu se prĂ©cise la plainte amĂšre et retenue d’une Ă©ternelle souffrance (assise des 8 contrebasses comme un mur de soutien, alignĂ©s au fond de la scĂšne).
La souplesse, le sens du dĂ©tail des timbres (clarinette, flĂ»tes, cors et bassons), l’équilibre cordes, cuivres
 tout est dĂ©tachĂ©, fusionnĂ©, soulignĂ© avec un sens de la mesure ; et de la morsure aussi. La marche funĂšbre (Trauermarsch) qui se dĂ©ploie progressivement, surgit alors avec une finesse irrĂ©sistible.
A la fois gardien de la transparence et du dĂ©tail, le chef veille aussi au relief des contrastes saisissants qui agitent en un mouvement panique tous les pupitres (dans les deux trios) ; l’activitĂ© est prĂ©cise, et toujours, l’architecture de ce premier mouvement, parfaitement exposĂ©e ; la direction, d’une clartĂ© constante, avec une direction nettement explicitĂ©e : de l’ombre tenace voire lugubre 
 Ă  la lumiĂšre finale.
Chaque reprise se colore d’une intention renouvelĂ©e, offrant des teintes tĂ©nues entre mĂ©lancolie, adieu, renoncement, espĂ©rance. Ce premier mouvement est davantage qu’une marche : c’est une mosaĂŻque de sensations et de nuances peints Ă  la maniĂšre d’un tableau tragique. Ce travail sur l’articulation, la transparence de chaque phrase, intense et spĂ©cifique dans sa parure instrumentale nous paraissent les piliers d’une approche trĂšs articulĂ©e et fine, comme modelĂ©e de l’intĂ©rieur. VoilĂ  qui instille Ă  l’ensemble de cette arche primordiale, son Ă©paisseur inquiĂšte, un voile hypersensible qui capte chaque frĂ©missement pulsionnel, et semble s’élever peu Ă  peu jusqu’à l’ultime question que pose la flĂ»te finale, vĂ©ritable agent de l’ombre et du mystĂšre (aprĂšs la trompette presque moqueuse et provocatrice) : son chant retentit comme une Ă©nigme non Ă©lucidĂ©e. De sorte que de ce premier mouvement tout en ressentiment, Alexandre Bloch Ă©lucide l’écheveau des forces antagonistes : tout y est exposĂ© en un Ă©quilibre sombre, irrĂ©solu. Tout y est clair et des plus troubles. Equation double. L’intonation est parfaite.

Le second mouvement apporte les mĂȘmes bĂ©nĂ©fices, mais en une activitĂ© versatile proche d’un chaos aussi vif qu’intranquille. Morsures, agitation Ă©perdue, perte de l’équilibre sourd du premier mouvement, on distingue la superbe phrase (par son onctuositĂ© langoureuse) des bois et piz des cordes : se prĂ©cise sous la priĂšre des cordes (violoncelles) un ardent dĂ©sir qui supporte tout l’édifice. L’élan se fait quĂȘte. Le chant wagnĂ©rien des violoncelles indique dans le murmure cette brĂ»lure et cette question qui taraude tout l’orchestre (cuivres enflammĂ©s, crĂ©pitants), et dans l’interrogation posĂ©e par le compositeur, Alexandre Bloch trouve la juste rĂ©alisation : celle d’une insatisfaction d’une indicible voluptĂ© (cor anglais) Ă  laquelle il oppose le souvenir de marches militaires qui prĂ©cipite le flux orchestral en spasmes parfois jusqu’à l’écƓurement. L’attention aux dĂ©tails et aux couleurs, – lĂ  encore, teintes et demi teintes, le nuancier du gĂ©nie MahlĂ©rien est ici infini ; il s’affirme et se dĂ©ploie sous la direction (sans baguette) du chef, trĂšs articulĂ©, faisant surgir des Ă©clairs et des textures – accents et climats (amertume des hautbois et clarinettes aux postures fĂ©lines, animales) d’une ivresse
 irrĂ©sistible. Jusqu’à l’explosion conçue comme un choral (percus et cuivres en rĂ© majeur), lente et irrĂ©pressible Ă©lĂ©vation, aspiration verticale qui annonce une victoire finale (l’orchestration est celle de Strauss ou du Wagner de TannhĂ€user et des MaĂźtres Chanteurs). Et lĂ  encore, la fin filigranĂ©e, dans le mystĂšre : piz des cordes et notes aiguĂ«s de la harpe saisissent l’esprit, par leur justesse fugace. Tout est dit, rien n’est rĂ©solu.

MAHLER-gustav-symphonie-5-orchestre-national-de-lille-Alexandre-Bloch-annonce-concert-classiquenews-critique-concertMorceau de bravoure et plus long morceau du cycle, le Scherzo (ainsi que l’écrit Mahler), recycle valse et laendler. D’une insouciance osons dire « straussienne », le solo de cor (superbe soliste) ouvre le 3Ăš mouvement; plein d’angĂ©lisme et de candeur en couleurs franches (duo de clarinettes), sur un ton dĂ©tendu, Ă©lĂ©giaque, ce chant de la nature enchante, enivre et contraste avec la couleur lugubre, saisissante des deux premiers mouvements. Pourtant Alexandre Bloch en exprime aussi le sentiment d’inquiĂ©tude qui s’immisce peu Ă  peu et finit par dĂ©construire la franchise de la construction mĂ©lodique (alarme des cors)
 vers l’inquiĂ©tude Ă©nigmatique qui rĂŽde (superbe solo de cor, pavillon bouchĂ©), avant les piz des cordes tel une guitare amoureuse mais parodique : Mahler se moquerait-il de lui-mĂȘme ? « vieux corps malade », pourrait-on dire,
 pourtant aimant comme un ado, la belle Alma (rĂ©cemment rencontrĂ©e et dont la 5Ăš symphonie tĂ©moigne de la forte sĂ©duction dans le cƓur du compositeur) ; c’est comme les Romantiques, Beethoven et Berlioz, la belle bien aimĂ©e vers laquelle s’adressent toutes ses espĂ©rances. D’oĂč l’inclusion de la valse Ă  peine Ă©noncĂ©e et dĂ©jĂ  Ă©perdue, inquiĂšte
 c’est un rĂȘve Ă©rotique, un Ă©treinte Ă©voquĂ©e juste dĂ©veloppĂ©e
 Mahler aimant manquerait-il de certitude, en proie aux vertiges du doute ?
La palette des sentiments du hĂ©ros, (versatile, changeante) est un vrai dĂ©fi pour l’orchestre ; dans une succession d’humeurs et d’émois contradictoires, en apparence dĂ©cousus, le chef garde le fil, tel un questionnement aux enjeux profonds et intimes, aux Ă©noncĂ©s polyvalents et constants.

Enfin c’est le grand bain d’oubli et de langueur suspendue pour cordes seules : l’Adagietto. Le 4Ăš mouvement adoucit, rĂ©soud tout; instant de grĂące et plĂ©nitude aĂ©riennes, d’un climat de voluptĂ© extatique et lĂ  aussi murmurĂ©e installĂ© par cordes et harpe. C’est un rĂȘve d’amour et de sensualitĂ© d’une intensitĂ© unique dans l’histoire symphonique dont Alexandre Bloch se dĂ©lecte Ă  gravir chaque Ă©chelon vers les cimes, jusqu’à la derniĂšre phrase, suspendue. ÉtirĂ©e en une ample et ultime respiration, Ă  la fois rĂąle et renaissance. S’y dĂ©ploie la mĂ©lancolie presque amĂšre des violoncelles, surtout l’ivresse bĂ©ate des hauteurs dans le chant des violons. Mahler semble y tresser des guirlandes de fleurs Ă©panouies Ă  l’adresse de sa promise, parfums enivrants et aussi capiteux
 car l’élan passionnel n’est pas dispensĂ© d’une certaine gravitĂ©. Cette ambivalence de ton est parfaitement assimilĂ©e par le chef, tout en retenue et
 tension, dĂ©sir et inquiĂ©tude.

Le dernier mouvement (5Ăš), enchaĂźnĂ© immĂ©diatement, semble dĂ©chirer le voile du rĂȘve qui a prĂ©cĂ©dĂ© : en ce sens, l’appel du cor exprime l’éveil des amoureux, – le retour Ă  la rĂ©alitĂ© aprĂšs l’extase, lĂ  encore dans une orchestration wagnĂ©rienne (Siegfried). La direction du chef se distingue par son opulence, le caractĂšre d’émerveillement de la musique : avant le contrepoint idĂ©alement Ă©clairci, articulĂ© ; l’orchestre rĂ©alise ce dernier Ă©pisode comme une sĂ©rie de proclamations positives, lumineuses, sans aucune ombre et qui s’expriment Ă  Lille, comme une irrĂ©pressible soif d’harmonie et d’équilibre, aprĂšs tant de contrariĂ©tĂ©s et d’obstacles (Scherzo).

Le naturel, l’éloquence des instrumentistes dans ce dernier Ă©pisode, profitant du flux prĂ©cĂ©demment « rĂŽdé », et qui semble couler telle une source enfin rĂ©gĂ©nĂ©ratrice, s’avĂšrent superlatifs. Mahler maĂźtrise les rebonds et le temps de la rĂ©solution selon le jeu des oppositions et des tensions qui ont prĂ©cĂ©dĂ© ; c’est un architecte et un dramaturge, mais aussi un formidable rĂ©alisateur Ă  la pensĂ©e cinĂ©matographique ; aprĂšs une telle direction claire, nuancĂ©e, unitaire, on reste frappĂ© plus d’un siĂšcle aprĂšs sa conception, par le gĂ©nie mahlĂ©rien. L’ultime mouvement dans la fusion chef / instrumentistes, rĂ©alise toutes nos espĂ©rances. On y dĂ©tecte dans cette proclamation fuguĂ©e du triomphe, une part d’ironie critique, une saveur parodique qui sous-entend malgrĂ© tout la distance de Mahler avec son sujet. Sous la baguette mesurĂ©e d’Alexandre Bloch, ce Finale en demi-teintes, gagne une grande richesse allusive.

Palmes spĂ©ciales au 1er cor et au 1er trombone, eux aussi tout en engagement constant, en finesse rĂ©jouissante : aprĂšs 1h20 de plĂ©nitude et de contrastes orchestraux, l’expĂ©rience pour les spectateurs et auditeurs Ă  Lille demeure captivante : exaltĂ©, revigorĂ©, l’esprit ainsi impliquĂ© voire Ă©prouvĂ© mettra du temps pour redescendre. VoilĂ  qui laisse augurer le meilleur pour les prochaines sessions du cycle Mahler par l’Orchestre National de Lille en 2019 (au total les 9 symphonies seront jouĂ©es d’ici fin 2019). Sous l’Ɠil attentif et le soin du chef Alexandre Bloch, chaque ouvrage semble gagner comparĂ© Ă  la session prĂ©cĂ©dente, nuances, finesse, clartĂ© dans l’ambivalence.

Ne manquez pas le prochain rv MahlĂ©rien Ă  Lille, Symphonie n°6 « Tragique », les 1er et 2 octobre 2019. ÉvĂ©nement incontournable.

RĂ©servez votre place pour la 6Ăš Symphonie
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/lodyssee-mahlerienne-continue/

 

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. LILLE, Nouveau SiÚcle, le 28 juillet 2019. MAHLER : Symphonie n°5. Orchestre national de Lille. Alexandre Bloch, direction.

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VOIR la 5ùme Symphonie de Mahler par l’ONL / Alexandre Bloch :

A revoir et à ressentir sur la chaüne YOUTUBE de l’ONL :
https://www.youtube.com/watch?v=RqzHjU5PBpI

INDEX / traclisting Symphonie n°5 de Gustav Mahler
par l’Orchestre National de Lille / Alexandre Bloch :
I. Im gemessenen Schritt / D’un pas mesurĂ© (procession funĂšbre)
StĂŒrmisch bewegt / Orageux
 Ă  37mn42
Scherzo Ă  52mn09
Adagietto Ă  1h10mn
Rondo-Finale. Allegro Ă  1h22mn

 

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CD coffret événement, critique. THE ERNST HAEFLIGER EDITION (Deutsche Grammophon, 12 cd).

ernst the ernst haefliger deutsche grammophon coffret set box  12 cd critique review  Schubert Die schine mullerin Wintereise schwanengesang critique lieder critique cd critique opera classiquenews dg4837122CD coffret Ă©vĂ©nement, critique. THE ERNST HAEFLIGER EDITION (Deutsche Grammophon, 12 cd). Pour le centenaire 2019 de sa naissance, Deutsche Grammophon rĂ©Ă©dite plusieurs perles musicales, rĂ©vĂ©lant l’art d’UN DISEUR capable de faire parler la musique
 articuler Mozart, Bach et Schubert, tout en demeurant musical et Ă©lĂ©gantissime, tel est l’exploit du tĂ©nor devenu lĂ©gendaire car son legato et son attention aux phrasĂ©s comme Ă  la direction du chant demeurent des qualitĂ©s idĂ©alement dĂ©fendues et incarnĂ©es. D’abord violoniste, Ernst Haefliger est nĂ© en 1919 ; il aurait eu 100 ans cette annĂ©e. Il nous a quittĂ© en 2007 : le tĂ©nor suisse laisse un hĂ©ritage mĂ©morable grĂące Ă  son timbre Ă©lĂ©gant er racĂ©, sa maĂźtrise du chant mozartien qui lui permet logiquement de rĂ©ussir aussi le lied : Haefliger est un diseur de grande valeur chez Schubert principalement. Il se perfectionne auprĂšs de Julius Patzak Ă  Vienne. Il est rĂ©vĂ©lĂ© par le personnage de Tiresias Ă  la crĂ©ation d’Antigone de Carlo Orff au Festival de Salzbourg 1949. Devenu membre de la troupe berlinoise du Stadtische Oper (actuel Deutsche Oper, l’opĂ©ra de Berlin Ouest) dĂšs 1952 (et jusqu’en 1974), Haefliger chante un trĂšs large rĂ©pertoire. Son style intimiste, articule l’allemand avec un soin naturel que sert son timbre raffinĂ©. Ainsi il chante chez Mozart avec une grĂące expressive marquante Belmonte (L’EnlĂšvement au SĂ©rail), Don Ottavio (Don Giovanni sous la direction du hongrois visionnaire Ferenc Fricsay). En 1951, dirigĂ© par le mĂȘme Ferenc Fricsay, Haefliger est Florestan dans un Fidelio de Beethoven. Le style, le soin du verbe, l’architecture et le sens du geste musical ne manquent jamais d’intensitĂ© et d’humanitĂ©. Un modĂšle en sorte. Bruno Walter l’appelle pour chanter Le Chant de la terre ; Franck Martin le choisit pour crĂ©er plusieurs Ɠuvres modernes. Mais en plus de Mozart, Ernst Haefliger reste un EvangĂ©liste de choix, dramatique et chantant, de premiĂšre classe dans les Passions de JS BACH.
Pour nous en convaincre (s’il Ă©tait besoin), comme pour retrouver les Ă©pisodes et tĂ©moignages les plus convaincants et emblĂ©matiques du tĂ©nor suisse, Deutsche Grammophon publie pour le centenaire Ernst Haefliger, un coffret incontournable composĂ© de 12 cd et rĂ©capitulant l’art vocal du lĂ©gendaire tĂ©nor mozartien : ses Schubert (Die Schöne MĂŒllerin, Winterreise, Schwanengesang), mais aussi Schumann (Dichterliebe), couplĂ© avec les lieder de Beethoven (An die Ferne Geliebte, ZĂ€rtliche liebe, Adelaide). MĂȘme affinitĂ©s suprĂȘmes dans les lieder de Wolf, son compatriote Schoeck, Kodaly, ou Brahms.
haefliger5Le coffret Ă©claire Ă©videmment son chant mozartien (cd10 : airs d’opĂ©ras de Mozart oĂč sont prĂ©sents tous ces grands rĂŽles) ; son engagement dramatique distinguĂ© (Rossini, Verdi, Wagner, Massenet, Adam, cd11) ; parmi les perles baroques, distinguons les airs extraits des Ɠuvres de Haendel (airs d’opĂ©ras : Serse, Giulio Cesare, Samson, Le Messie
), de JS Bach (Messe en si, Magnificat, Passions selon Saint-Matthieu, selon Saint-Jean), Telemann (extraits de Der Getreue Music-Meister). Enfin, Bruno Walter ne s’y Ă©tait pas trompĂ©, le chant MahlĂ©rien (si imprĂ©gnĂ© de l’art du lied) lui va aussi comme un gant comme en tĂ©moigne les extraits (des airs pour tĂ©nor justement) du Chant de la Terre. Coffret Majeur.

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CD coffret événement, critique. THE ERNST HAEFLIGER EDITION (Deutsche Grammophon, 12 cd). Oeuvres de Mahler · Nicolai · Verdi . Rossini · Mozart · Telemann, Machaut · Wagner · Handel
Brahms · Bruckner · Wolf, Beethoven · Schumann · Bach / Parution : 29 juin 2019. 12 cd 0289 483 7122 8 / CLIC de CLASSIQUENEWS de l’étĂ© 2019.

TOUL, 10Ăš FESTIVAL BACH, WEEK END Variations Goldberg, les 29 et 30 juin 2019

BACH festival TOUL festival BACH de toul annonce presentation programme par classiquenewsTOUL, 10Ăšme FESTIVAL BACH, jusqu’au 12 octobre 2019. En 2019, le Festival Bach de la Ville de Toul fĂȘte ses 10 ans. Noyau d’une nouvelle saison festive, soulignant les 10 ans du Festival, les Grandes Orgues de la CathĂ©drale Saint-Etienne cĂ©lĂšbrent ainsi le gĂ©nie de Jean-SĂ©bastien Bach. Comme aussi les grandes pages de la musique (signĂ©es Couperin, Mozart
 ou Haendel, autre gĂ©nie et contemproain de Jean-SĂ©bastien). Ainsi il n’y a pas qu’à Leipzig que les grandes orgues de la ville abordent l’écriture de Bach en en questionnant la portĂ©e poĂ©tique comme le souffle universel. Bach est indĂ©modable ; sa musique, une source d’inspiration intacte ; les concerts et Ă©vĂ©nement (confĂ©rences, exposition
) du Festival BACH Ă  TOUL nous le prouvent encore pour sa 10Ăš Ă©dition en 2019. D’emblĂ©e, le visuel du Festival 2019 annonce la couleur (et la figure d’un Bach intemporel comme revivifiĂ©) : perruque fluo, lunettes de soleil
 c’est un star Rock.

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Prochains concerts
WEEK END Variations Goldberg
les 29 et 30 juin 2019

Prochain concerts événements, le WEEK END Variations Goldberg, samedi 29 et dimanche 30 juin 2019 :

29 et 30 juin 2019 – MusĂ©e de Toul – CollĂ©giale Saint-Gengoult – CathĂ©drale Saint Etienne : « « Week-End des Variations Goldberg BWV 988 ». Pieter-Jan Belder, clavecin – Dimitri Vassilakis, piano – Pascal Vigneron, orgue

7 juillet 2019 – 16h – CathĂ©drale Saint Etienne
Les plus belles pages de la musique baroque et classique – Bach – Haendel – Telemann – Vivaldi – Mozart.
Orchestre de Chambre du Marais, Pascal Vigneron (direction)

14 Juillet 2019 – 15h – CathĂ©drale Saint Etienne
La classe d’Orgue du Conservatoire National SupĂ©rieur de Lyon – Professeur : François Espinasse, Emmanuel Culcasi – Yanis Dubois – Fanny Cousseau
L’oeuvre d’Orgue de J. S. Bach

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TOUL-festival-Bach-annonce-concerts-festival-presentation-BACH-A-TOUL-2019-classiquenewsENTRETIEN avec Pascal VIGNERON, organiste et directeur artistique du Festival JS BACH de TOUL. 10Ăšme Ă©dition en 2019. Autour du grand orgue Curt Schwenkedel 1963 s’est dĂ©veloppĂ©e une large et riche programmation de concerts qui compose aujourd’hui, entre Ă©clectisme et qualitĂ©, l’un des festivals europĂ©ens les plus originaux dĂ©diĂ©s Ă  l’Ɠuvre de Jean-SĂ©bastien Bach. Tour d’horizon du Festival JS BACH de TOUL


 

vigneron-pascal-organiste-festival-BACH-TOULPASCAL VIGNERON : La lĂ©gitimitĂ© du festival s’est imposĂ©e petit Ă  petit, grĂące notamment Ă  la prĂ©sence du Grand Orgue Curt Schwenkedel construit en 1963. C’est un instrument nĂ©o-baroque, dĂ©diĂ© Ă  la musique ancienne, avec une ouverture contemporaine sur le troisiĂšme clavier. C’est le plus grand opus de Curt Schwenkedel, et lorsqu’il fut construit, c’était un vĂ©ritable pari sur l’avenir. Nous l’avons entiĂšrement remis Ă  jour, grĂące au concerts de Maitre Yves Koenig, qui a compris d’emblĂ©e l’intĂ©rĂȘt d’un instrument de cette taille pour l’interprĂ©tation de l’oeuvre d’orgue de Johann Sebastian Bach. Michel Giroud, qui fut apprenti de Curt Schwenkedel apporta un concours inestimable par ses conseils. En 2009, l’inauguration de la cathĂ©drale restaurĂ©e… LIRE notre entretien avec Pascal Vigneron dans son intĂ©gralitĂ©

 

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LIRE notre présentation complÚte du 10Ú Festival BACH de TOUL :

En 10 ans, – depuis 2008, TOUL accueille le Festival Bach qui sous la direction artistique de l’organiste Pascal Vigneron marie astucieusement «  Ɠuvres populaires et programmes audacieux ». Les Festivaliers ont pu y applaudir l’approche particuliĂšre des personnalitĂ©s musicales tels l’organiste Olivier Latry, Rhoda Scott, le Quatuor Ludwig, le Choeur de l’OpĂ©ra de Stettin, le Choeur Variations de Strasbourg, l’Orchestre de Chambre du Marais 
 En 2019, les Ɠuvres majeures du Director Musices de Leipzig sont jouĂ©es, en majoritĂ© dans la CathĂ©drale Saint-Etienne de Toul : motet, cantates, grand Ricercar ; en particulier l’intĂ©grale des piĂšces pour orgue (plusieurs concerts les 23 juin, 14 juillet, 1er septembre ; Les Variations Goldberg (sujet d’un week end complet, rĂ©alisĂ©es au clavecin, Ă  l’orgue, au piano, les 29 et 30 juin 2019) ; l’intĂ©grale du Clavier bien tempĂ©rĂ©, le 7 sept, au clavecin, piano et orgue ; Concertos pour orgue (le 22 sept) ; 
 et pour conclusion de ce cycle Ă©vĂ©nement : L’Art de la fugue BWV 1080 : « Le testament musical de Johann Sebastian Bach », concert de clĂŽture le 12 octobre Ă  la CollĂ©giale Saint-Gengoult.
Les festivaliers Ă  TOUL n’omettront pas le concert Ă©vĂ©nement de l’accordĂ©oniste Richard Galliano le 15 septembre (CathĂ©drale Saint-Etienne).

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Grand orgue de la Cathédrale de Saint-Etienne à TOUL (DR)

 

 

 

 

 

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TOUL-festival-Bach-annonce-concerts-festival-presentation-BACH-A-TOUL-2019-classiquenewsPour la 10Ăšme Ă©dition 13 concerts et rendez-vous musicaux (jusqu’au 12 octobre 2019), une grande exposition inĂ©dite sur le thĂšme de Bach et la Bible (jusqu’au 22 septembre Ă  la CathĂ©drale Saint-Etienne), une confĂ©rence consacrĂ©e Ă  l’une des plus grandes Ɠuvres de Jean SĂ©bastien Bach « L’Art de la Fugue » renouvellent notre connaissance du gĂ©nie de Leipzig. Tremplin des jeunes tempĂ©raments Ă  l’orgue, le Festival Bach de Toul met aussi en lumiĂšre les nouveaux talents des classes d’orgue du CNSMD de Lyon et de l’école de musique de Stuttgart (3 concerts intitulĂ©s « Classes d’orgue »).

Le Festival n’oublie pas de sensibiliser les plus jeunes cette annĂ©e : une programmation jeune public, inscrite dans les programmes pĂ©dagogiques des Ă©coles maternelles et primaires de la Ville de TOUL, est simultanĂ©ment dĂ©veloppĂ©e (dont les 10 et 11 oct entre autres, « L’Art de la fugue expliquĂ©e aux enfants », voir calendrier ci dessous).

FESTIVAL BACH DE TOUL 2019

Directeur artistique : Pascal Vigneron

Jusqu’au 12 octobre 2019 :
13 concerts célÚbrent BACH

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TOUTES LES INFOS et les modalités pratiques pour se rendre aux concerts, événements, exposition du 10Ú Festival JS BACH de TOUL sur le site du Festival Bach de TOUL
https://www.toul.fr/?festival-bach-2019-10-ans

BACH festival TOUL festival BACH de toul annonce presentation programme par classiquenews

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CD Ă©vĂ©nement, annonce. MOZART : Symphonies n°39, 40 et 41. Les Nations. Jordi Savall (3 cd ALIA VOX, 2017 – 2018)

MOZART-testament-symphonique-symphonies-39-40-41-jordi-savall-alia-vox-cd-critique-3-cd-alia-vox-les-nations-classiquenews-cd-critique-classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, annonce. MOZART : Symphonies n°39, 40 et 41. Les Nations. Jordi Savall (3 cd ALIA VOX, 2017 – 2018). MOZART MON FRERE. L’équation que reprĂ©sente les 3 ultimes symphonies de Mozart s’apparente Ă  un rĂ©bus musical que les plus grands chefs abordent avec un sĂ©rieux et une humilitĂ©, une profondeur et une « sagesse » quasi philosophique. D’aucun en sont particuliĂšrement Ă©mus et mĂȘme saisis, d’autant plus qu’ils sont eux aussi au sommet de leur carriĂšre comme de leur expĂ©rience humaine. Mozart permet cela : exprimer le caractĂšre le plus noble de l’ñme humaine, dans sa dĂ©tresse, sa grandeur, ses souffrances. Une rencontre que les interprĂštes les mieux inspirĂ©s savent mesurer et ciseler. En dĂ©tails comme en profondeur.

Ainsi le dernier Harnoncourt qui en faisait un « oratorio instrumental » d’une portĂ©e bouleversante pour tous ceux Ă©pris d’humanitĂ© ; le cas rĂ©cent du jeune maestro Mathieu Herzog, chambriste inspirĂ©, est plus rare, rĂ©vĂ©lant une prodigieuse maturitĂ© sur le sujet. Le cas de Jordi Savall ici au travail en 2017 et 2018 s’inscrit dans une lignĂ©e plutĂŽt convaincante, elle aussi sur instruments anciens ; aucun doute, la rĂ©volution instrumentale actuelle concerne bel et bien les orchestres dont les timbres revivifiĂ©s selon le format sonore d’époque et l’intensitĂ© expressive proche de l’original rĂ©vĂšlent de nouvelles avancĂ©es artistiques profitables
 qui supplantent dans bien des cas, l’épaisseur tonitruante et spectaculaire des orchestres modernes.

Dans un format intimiste proche de l’humain, l’orchestre les Nations de Savall dĂ©ploie de solides arguments : Ă©quilibre des pupitres, clartĂ© structurelle, surtout dans un scintillement millimĂ©trĂ© des timbres trĂšs caractĂ©risĂ©s, Ă©tonnante expressivitĂ© qui balance entre profondeur voire gravitĂ© et ivresse joyeuse
 voire jubilation gĂ©nĂ©reuse. Le tact et le style du chef catalan prennent naturellement leur essor sur le sujet conçu par un Mozart qui en 1788 Ă  Vienne connait dĂ©sespoir, dĂ©pression malgrĂ© une clairvoyance humaine exceptionnelle. Sa sincĂ©ritĂ© qui nous parle de fraternitĂ© et d’espoir déçus mais vivaces bouleverse et l’on est convaincu de la prodigieuse intelligence qui unifie les 3 symphonies en un retable symphonique parmi les plus modernes du XVIIIĂš – l’équivalent de ce qu’a rĂ©alisĂ© Rameau en France au dĂ©but des annĂ©es 1760 : une rĂ©volution du langage musical, un goĂ»t pour les timbres instrumentaux oĂč percent Ă©videmment chez Mozart, les sons maçonniques (le compositeur rĂ©servant Ă  la clarinette un solo anthologique dans le volet central, la Symphonie n°40 en sol mineur (la plus personnelle).

Symphonies 39, 40 et 41 « Jupiter » de Mozart
Jordi Savall Ă©claire l’humanitĂ© fraternelle
d’un Mozart, fils des Lumiùres

Mozart sur France MusiqueEn effet, on distingue la grande ouverture qui ouvre la 39, Ă©lĂ©ment premier absent des deux suivantes ; l’absence d’un rĂ©el mouvement de dĂ©but dans la 40, ce qui la place d’emblĂ©e comme un mouvement central ; enfin la fugue derniĂšre de la 41, dont la dimension, le souffle, l’ambition dans la joie et la noblesse lui donnent avec raison, selon le mot de l’impresario et violoniste Johann Peter Salomon Ă  Londres, son titre postmozartien de « Jupiter ». Les 3 opus s’inscrivent ainsi dans cette unitĂ© qui les rend complĂ©mentaires.
Jordi Savall dans un texte fondamental Ă  notre avis (livret du prĂ©sent triple coffret), prĂ©cise les enjeux humains des 3 partitions : tout ce qui prend racine ici dans la vie misĂ©rable et dĂ©chirante de Wolfgang alors en galĂšre Ă  Vienne. EcartĂ© de toute commande officielle d’importance, (- le futur Empereur Habsbourg Leopold II ne l’apprĂ©ciera guĂšre et c’est un doux euphĂ©misme), victime de l’humeur volatile, glissante des Viennois sur son Ă©criture et son style (Ă  la diffĂ©rence des Praguois qui l’adulent), sans ressources dignes, surtout endettĂ© jusqu’à la moelle, Wolfgang Ă  l’étĂ© 1788 (32 ans) atteint les gouffres de l’existence terrestre alors qu’il est au sommet de son expĂ©rience artistique.
mozart1790Comme le dit trĂšs justement Jordi Savall, Mozart est un artiste crĂ©ateur libre, indĂ©pendant, douĂ© d’une conscience hors normes : il a dĂ©montrĂ© son idĂ©al de libertĂ© dans L’EnlĂšvement au sĂ©rail ; d’égalitĂ© dans Les Noces de Figaro d’aprĂšs Beaumarchais ; de fraternitĂ© bientĂŽt, dans La FlĂ»te enchantĂ©e. Ce pur esprit des LumiĂšres, comme le sera Beethoven au dĂ©but du siĂšcle suivant et lui aussi Ă  Vienne, affirme une profondeur qui est gravitĂ© et espoir. La lecture de Jordi Savall Ă©claire la vĂ©ritĂ© et la grande sincĂ©ritĂ© des partitions, rĂ©ussissant sur le plan formel un modĂšle de symphonisme classique
. dĂ©jĂ  romantique.
CLIC D'OR macaron 200C’est donc une lecture fondamentale et magistrale qui rĂ©volutionne de facto notre connaissance des Symphonies derniĂšres de Mozart. Le « testament symphonique » de Wolfgang est rĂ©vĂ©lĂ©. La vision est aussi Ă©blouissante que celles antĂ©rieures et relativement rĂ©centes de Nikolaus Harnoncourt et de Mathieu Herzog. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com / Coffret Ă©lu “CLIC de CLASSIQUENEWS” de l’Ă©tĂ© 2019.

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LIRE notre critique du cd Symphonies n°39, 40 et 41 de MOZART par l’orchestre Appassionato et Mathieu Herzog:
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-mozart-symphonies-n39-40-et-41-jupiter-appassionato-mathieu-herzog-direction-1-cd-naive/

LIRE notre critique des Symphonies 39, 40, 41 de Mozart / «  Instrumental Oratorium «  par Nikolaus Harnoncourt (déc 2012 2 cd Sony classical)
http://www.classiquenews.com/cd-mozart-3-dernieres-symphonies-n3940-41-nikolaus-harnoncourt-concentus-musicus-wien-decembre-2012-2-cd-sony-classical/

CD, CARNET DE VOYAGE: CRAS / BEETHOVEN, Quatuors. Quatuor MIDI-MINUIT (1 cd Klarthe records / enr. 2018)

midi-minuit-quatuor-midi-minuit-jean-cras-a-ma-bretagne-quatuor-3-beethoven-lobkovitz-annonce-concert-critique-cd-classiquenews-critique-opera-critique-festivals-classiquenewsCD, CARNET DE VOYAGE: CRAS / BEETHOVEN, Quatuors. Quatuor MIDI-MINUIT (1 cd Klarthe records / enr. 2018). Grave et presque dĂ©sespĂ©rĂ©, mais exaltĂ© (et d’une ultime force), le premier mouvement (Lent – Allegro) du Quatuor de Jean Cras (nĂ© brestois en 1879 – mort en 1932) donne le ton : traversĂ©es sombres, solitaires, oĂč tout se dĂ©lite et s’effondre malgrĂ© une innocence qu’affiche bon grĂ© malgrĂ© le premier violon, aux accents dissonants, acides, Ă©perdus, hyperactifs. Entre dĂ©sir et renoncement, agitation panique et recul critique, l’écriture trouve un cheminement juste. Tout le mĂ©rite en revient aux quatre musiciens qui en offrent ici une somptueuse lecture, palpitante, acĂ©rĂ©e, vibrante
 Jean Cras l’officier de la Marine (plus jeune capitaine de vaisseau de France Ă  44 ans) et l’éternel voyageur, explorateur et observateur (finalement proche d’Albert ROUSSEL son contemporain) se dĂ©voile ici en maĂźtre de la langue classique, d’une grande sĂ©duction par sa mesure et son sens des Ă©quilibres, et tout autant par une urgence intĂ©rieure qui est l’emblĂšme des compositeurs accomplis.

 

Cras / Beethoven

exaltantes filiations

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De Cras Ă  Beethoven, se dĂ©roule et s’affirme la mĂȘme conscience formelle, une mĂȘme exigence musicale qui sait affronter crĂąnement les brĂ»lures multiples de l’existence (agitation trĂšs opĂ©ratique de ce premier Ă©pisode). Le Quatuor MIDI-MINUIT offre une sonoritĂ© Ă  la fois Ăąpre et amoureuse qui Ă©pouse sans affĂšteries, l’écriture trĂšs ardente d’un Cras introspectif et passionnĂ©, lequel aimait Ă©couter encore et toujours Beethoven, « avant de prendre son quart »  Filiation sĂ©duisante qui prend tout son sens dans cette rĂ©alisation fouillĂ©e et dĂ©taillĂ©e, au nombreux crĂ©pitements intĂ©rieurs. Les instrumentistes savent enflammer une sensibilitĂ© vive qui ne s’autorise aucune sĂ©duction gratuite. MĂȘme le mouvement lent (« Calme ») berce mais son enveloppe attĂ©nuĂ©e se colore tout autant de gravitĂ© presque inquiĂšte.
Ce premier Quatuor « A ma Bretagne » de 1909 ne manque ni de profondeur ni de couleur ni de caractĂšre atmosphĂ©rique voire maritime : les interprĂštes en exaltent le parfum des embruns, le chant vivace d’une houle intranquille, l’état permanent de mouvement souterrain comme celui de flots impĂ©tueux qui sommeillent, Ă©trangement agiles voire facĂ©tieux, « hermĂ©tiques » (au sens que lui donne les Ă©mules d’HermĂšs). L’approche des quatre instrumentistes en restituent la matiĂšre incandescente, jaillissante et brute (somptueux 3Ăš mouvement « vite et lĂ©ger » puis « modĂ©ré »).
CLIC D'OR macaron 200« L’entente » musicale avec le 3Ăš Quatuor de Beethoven est
 naturelle : passion, intensitĂ©, puissante architecture, refus de toute sĂ©duction artificielle : la partition dĂ©diĂ©e au Prince Lobkowitz en 1798, est un autre manifeste d’un tempĂ©rament hors normes qui ici n’hĂ©site pas Ă  « écrabouiller » la sacro sainte forme sonate, lĂ©guĂ©e, stabilisĂ©e par le bon papa Haydn. Sur le mode expĂ©rimental, Beethoven fait table rase de tout ce qui a prĂ©cĂ©dĂ©, infĂ©odant son Ă©criture Ă  sa puissante imagination, encore exacerbĂ©e et affĂ»tĂ©e par la surditĂ© qui s’intensifie. Le Finale mis Ă  part, les 3 mouvements qui prĂ©cĂšdent exaltent pourtant l’intĂ©rioritĂ©, en un « calme Ă©ruptif », c’est Ă  dire une sĂ©rĂ©nitĂ© prĂȘte Ă  rugir, – la partition est contemporaine de la PathĂ©tique. Beethoven refuse toute virtuositĂ© d’une voix sur les autres ; il en ressort un langage concertant, un riche tissu polyphonique qui compose Ă  partir des 4 instruments Ă©galement servis : d’oĂč cette tension collective, cet essor contrapuntique que les membres du Quatuor MIDI-MINUIT expriment avec la force et la conviction de la sincĂ©ritĂ©. Le rapprochement CRAS / BEETHOVEN s’avĂšre des plus inattendus et Ă  l’écoute, d’une Ă©vidence trĂšs convaincante. Le titre du prĂ©sent cd prĂ©cise « Livre I » : serons nous exaucĂ©s de nouveaux opus aussi convaincants ? A suivre. CLIC de CLASSIQUENEWS de juin 2019.

 

 

 

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CD, CARNET DE VOYAGE: CRAS / BEETHOVEN, Quatuors. Quatuor MIDI-MINUIT (1 cd Klarthe records) – enregistrĂ© en nov 2018.

https://www.klarthe.com/index.php/fr/enregistrements/carnet-de-voyage-livre-1-beethoven-cras-detail

Ludwig Van BEETHOVEN**  / Quatuor opus 18 n°3

Jean CRAS*  / Premier quatuor « À ma Bretagne »

violons
Fabienne Taccola (* vl. 1)
Jacques Bonvallet (** vl. 1)

alto
Delphine Anne

violoncelle
Christophe Oudin

Carmen par l’ONL Orchestre National de Lille / Alexandre BLOCH

BLOCH-alexandre-portrait-2019-chef-orchestre-national-de-lille-annonce-concert-opera-classiquenewsLILLE, ONL. BIZET : Carmen. Les 9, 11, 12 juillet 2019. Il laisse sa baguette de chef symphonique affĂ»tĂ©, mordant, prĂ©cis (cf le cycle actuel dĂ©diĂ© aux symphonies de Gustav Mahler, en cours jusqu’à fin 2019), Alexandre Bloch, directeur musical de l’ONL Orchestre National de Lyon s’engage en juillet sur le registre lyrique et romantique. AprĂšs la rĂ©ussite des PĂȘcheurs de Perles, opĂ©ra de jeunesse (1863), oĂč l’orientalisme s’exprimait en teintes et en couleurs d’un rare sensualisme, voici l’opĂ©ra des opĂ©ras, Carmen, d’aprĂšs HalĂ©vy, crĂ©Ă© en 1875, Ă  l’époque oĂč les impressionnistes ont conquis l’affection des amateurs et collectionneurs grĂące Ă  leur premiĂšre exposition (1874). De Monet Ă  Bizet, les frontiĂšres sont tĂ©nues : nuances, passages somptueux et subtils dans la couleur, mĂ©lodies suaves et rythmes hispanisants, 
 comme Manet et son ibĂ©risme affichĂ©, Bizet quelques mois avant de mourir, compose sa Carmen : une cigariĂšre libre et torride qui a le passion dans le sang, collectionne les amants, dont le brigadier JosĂ© (pourtant fiancĂ© Ă  MicaĂ«la), le dĂ©laisse bientĂŽt pour un autre mĂąle plus lumineux encore, et vrai vedette des arĂšnes, le tueur de taureaux, Escamillo.
A la rage libertaire et finalement fatale de la brune Carmen ose s’opposer le rĂȘve faussement angĂ©lique de la blonde MicaĂ«la. Entre elles, JosĂ© est tiraillĂ©, entre le devoir Ă  sa mĂšre Ă  laquelle il avait promis d’épouser la jeune blonde ; et le noir regard de Carmen qui, comme un sortilĂšge irrĂ©sistible, lui a jetĂ© la fleur d’amour (habanera : « L ‘amour est un enfant rebelle »). Le brigadier dĂ©passĂ© s’accroche, suit Carmen : Ă  ses cĂŽtĂ©s, il apprend la passion et l’amour sauvage. Trop tard, Carmen en aime dĂ©jĂ  un autre.

Alexandre Bloch, directeur de l’Orchestre National de Lille rĂ©unit une distribution prometteuse et cohĂ©rente, dont le tempĂ©rament des chanteurs sert immĂ©diatement le profil de chaque personnage. DejĂ  prĂ©sent lors des reprĂ©sentations (et de l’enregistrement discographiques) des PĂȘcheurs de perles : le baryton Florian Sempey (Escamillo)


 

 
 

 

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BIZET: CARMEN
Lille – Auditorium du Nouveau Siùcle
Version semi-scénique

MARDI 9 JUILLET 2019 ‱ 20hcarmen-bizet-alexandre-bloch-opera-lille-onl-orchestre-national-de-lille-annonce-opera-critique-opera-classiquenews-juillet-2019
JEUDI 11 JUILLET 2019 ‱ 20h
VENDREDI 12 JUILLET ‱ 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE ici
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/carmen/

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DIRECTION MUSICALE : ALEXANDRE BLOCH
RÉCITANT : ALEX VIZOREK

CARMEN : AUDE EXTRÉMO
DON JOSÉ : ANTOINE BÉLANGER
MICAËLA : LAYLA CLAIRE
ESCAMILLO : FLORIAN SEMPEY
FRASQUITA : PAULINE TEXIER
MERCÉDÈS: ADELAÏDE ROUYER
LE DANCAÏRE : JÉRÔME BOUTILLIER
LE REMENDADO : ANTOINE CHENUET
ZUNIGA : BERTRAND DUBY
MORALÈS: PHILIPPE-NICOLAS MARTIN

CHƒUR DE L’OPÉRA DE LILLE
CHEF DE CHƒUR YVES PARMENTIER

CHƒUR MAÎTRISIEN DU CONSERVATOIRE DE WASQUEHAL
CHEF DE CHƒUR : PASCALE DIEVAL-WILS

ASSISTANT À LA DIRECTION MUSICALE : LÉO MARGUE
CHEF DE CHANT : PHILIP RICHARDSON

ILLUSTRATION ET ANIMATIONS : GRÉGOIRE PONT

 

 
 

 
 

 

CD critique. TRIO ZADIG : Bernstein, Attahir, Ravel / « Something in Between » (1 cd Fuga Libera)

cd-trio-zadig-ravel-bernstein-attahir-trio-zadig-cd-critique-par-classiquenews-mars-2019CD critique. TRIO ZADIG : Bernstein, Attahir, Ravel / « Something in Between » (1 cd Fuga Libera). Avec Asfar, Benjamin Attahir nous assĂšne une partition de plus de 16mn, riche en coupes et syncopes alla Chostakovitch, rythmes nerveux, fouettĂ©s, menĂ©s tambour battant, sans guĂšre de pause jusqu’à 7mn50 : virĂ©e en enfer, ou chevauchĂ©e folle qui Ă 10’30 attĂ©nue sa course effrĂ©nĂ©e et recherche en suspensions incertaines, un nouveau souffle. La traversĂ©e se fait alors plus intĂ©rieure et presque hallucinĂ©e entre deux mondes. Avant la reprise du motif initial qui prĂ©pare la fin, plus tendue et ivre, syncopĂ©e comme une mĂ©canique endiablĂ©e, machine en dĂ©route qui s’est bloquĂ©e en mode panique
 jusqu’à son dernier rictus un rien grimaçant.
Le compositeur aujourd’hui en rĂ©sidence Ă  l’Orchestre National de Lille ne manque pas de tempĂ©rament, interrogeant le sens d’un dĂ©veloppement formel sur le plan d’une tension / et sa dĂ©tente oĂč la question du sens et de la direction, s’embrase littĂ©ralement. Mis en perspective avec le choix du visuel de couverture, nous sommes bien lĂ  dans l’esprit d’un road trip, traversĂ©e vertigineuse et intĂ©rieure sur la route, avec comme seul cap et repĂšres, la ligne jaune ou blanche et les feux des voitures dans le rĂ©tro. Cela file Ă  toute allure, en une nuit qui vacille et dĂ©route.

 

 

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POITIERS : grand concert RAVEL au TAPOn ne saurait trop souligner avec quelle dĂ©licatesse et profondeur le Trio aborde la piĂšce maĂźtresse de Ravel (Trio en la, Ă©crit Ă  Saint-Jean de Luz, 1914), sommet chambriste du XXĂš. Une brĂšve recherche sur internet les trouve, apprentis, Ă  l’école de la finesse et de la subtilitĂ© sous l’Ɠil et l’oreille perspicace du pianiste Menahem Presler dont chacun recueille les conseils avisĂ©s, de l’allusion la plus tĂ©nue, Ă  l’ivresse accentuĂ©e, de l’intĂ©rioritĂ© Ă  la gravitĂ© tendre. Il en rĂ©sulte l’or de cette lecture, parmi les plus riches et troublantes qui soient. Ne serait-ce que le premier mouvement, – le plus intime et secret « ModĂ©ré », piĂšce si difficile au dĂ©part (aussi la plus longue du cycle) et dĂ©jĂ  rĂ©vĂ©latrice de la sonoritĂ© et de l’expĂ©rience de tous les groupes. Le geste et le son de Zadig nous offrent l’une des meilleures lectures du Trio ravĂ©llien. Du modĂšle lĂ©guĂ© par Saint-SaĂ«ns, Ravel Ă©difie une cathĂ©drale de l’allusion la plus raffinĂ©e, entre tendresse et profonde blessure : piano Ă©perdu et toujours murmurĂ©, comme emperlĂ© ; cordes aux intervalles orchestraux qui creusent l’onde et la rĂ©sonance du souvenir et d’une mĂ©moire comme ivre et endolorie.

Le Trio Zadig comprend tout autant la coupe propre Ă  la poĂ©sie malaise, du second mouvement « Pantoum » : sorte de Scherzo aux pointes sardoniques et pourtant brillantes Ă  la Scarbo
 Idem pour la Passacaille (largo ample, noble et grave) et au panache revivifiĂ©, jamais artificiel. Ici, dans une proximitĂ© qui rappelle Ma MĂšre l’Oye, le geste en trio atteint Ă  un dĂ©pouillement poĂ©tique d’une tendresse absolue. Enfin, la pulsion « basque » du Finale-animĂ© (rythmes diffĂ©renciĂ©s 5/4, 7/4) exalte davantage et de façon explicite la caractĂ©risation pittoresque de ce dernier mouvement, plus mordant et plus lumineux que les deux qui l’ont prĂ©cĂ©dĂ©.

 

CLIC D'OR macaron 200Comme pour dĂ©montrer le potentiel dramatique et rythmique de leur coopĂ©ration Ă  trois, les Zadig expriment toute la verve opĂ©ratique et dramatique dĂšs l’ouverture (synthĂšse) de Candide de Bersntein, puis dans la transcription d’aprĂšs West side Story du mĂȘme Bernstein : on ne saurait distinguer aujourd’hui meilleure complicitĂ© chambriste au sein de la nouvelle gĂ©nĂ©ration de musiciens. Volubiles, Ă©loquents, en complicitĂ© subtile, les 3 instrumentistes Zadig Ă©blouissent d’un bout Ă  l’autre de ce programme passionnant.

 

 

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CD critique. TRIO ZADIG : Bernstein, Attahir, Ravel / « Something in Between » (1 cd Fuga Libera) – CLIC de CLASSIQUENEWS de juin 2019

 

 

 

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Approfondir

Masterclass Menahem Presler / Trio Zadig (fĂ©vrier 2017) : jouer le Trio de Ravel : dĂ©fis, nuances, Ă©coute, … quelle approche ?

https://www.youtube.com/watch?v=ZKwA9V4U63w

 

 

 

 

CD Ă©vĂ©nement, annonce. CLAIRS DE LUNE : QUATUOR MANFRED. Nuits d’étĂ© de Berlioz, MĂ©lodies de FaurĂ© : transcriptions. Quatuor de FaurĂ© (1 cd PARATY)

CD Ă©vĂ©nement, annonce. CLAIRS DE LUNE : QUATUOR MANFRED. Nuits d’étĂ© de Berlioz, MĂ©lodies de FaurĂ© : transcriptions. Quatuor de FaurĂ© (1 cd PARATY) – Le Quatuor Manfred « ose » transcrire Ă  4 cordes seules (auxquelles rĂ©pond le chanteur soliste Jean-Paul FauchĂ©court), les mĂ©lodies de Berlioz : Les Nuits d’étĂ© en sortent sublimĂ©es. Le rĂ©sultat est un miracle de musicalitĂ© concertante et textuelle. La fine texture instrumentale restitue les couleurs de l’imaginaire berliozien, tout en prĂ©servant l’acuitĂ© et le relief du verbe poĂ©tique.
BERLIOZ FAURE CLAIRS DE LUNE CD PARATY critique annonce cd paraty critique review cd classiquenews mai juin 2019Franchise de l’émission, sincĂ©ritĂ© de l’intonation, le tĂ©nor ne calcule rien, Ă©vite toute affectation comme toute posture pour nĂ©gocier la trĂšs juste dĂ©clamation berliozienne. Les Nuits d’étĂ© forment le modĂšle absolu de la mĂ©lodie française accompagnĂ©e, et sans le concours de l’orchestre au complet, mais dans l’intimitĂ© Ă©loquente du quatuor Ă  cordes, en son Ă©conomie Ă©purĂ©e, essentielle, chaque sĂ©quence gagne une profondeur, une vĂ©ritĂ© accrue. Les Manfred rĂ©alisent ici l’un de leur meilleur album : derriĂšre la couleur berliozienne, s’écoute aussi ce qui fait leur parcours identitaire, comme un arriĂšre plan chantant : leur intĂ©grale des Quatuors de Haydn, de Schubert
 La couleur, le son, l’écoute et cet Ă©quilibre des timbres forment le plus pur halo rĂ©sonant autour de la voix soliste, riche en connotations et perspectives oniriques (pleurs et amertume sans minauderie du lamento endeuillĂ© « Sur les lagunes » ) : la mĂ©lodie atteint un sommet de la souffrance assumĂ©e, avant la profonde solitude Ă©prouvĂ©e face Ă  l’Absence (de l’aimĂ©e) de la mĂ©lodie qui suit : il faut un legato infini (aigus tenus, non vibrĂ©s, clairs et droits), et une articulation prĂ©cise et naturelle pour rĂ©ussir les dĂ©fis expressifs : Jean-Paul FauchĂ©court rĂ©ussit tout cela, dĂ©livrant une leçon de prosodie subtile et sensible. Tout s’accomplit entre allusion et Ă©vanouissement dans « Au cimetiĂšre », Ă©noncĂ© comme le dernier rĂąle d’une vie d’amour et de tendresse exaucĂ©s
 comme une vision narrĂ©e, entre rĂ©alitĂ© et songe ivre. La fusion sonore des instruments et de la voix se rĂ©vĂšle particuliĂšrement convaincante ici. La simplicitĂ© et l’articulation du chanteur font toute la valeur de sa lecture des 6 mĂ©lodies de Berlioz d’aprĂšs Gautier.

Les transcriptions de l’altiste du Quatuor Manfred, Emmanuel Haratyk saisissent par l’intelligence et l’extrĂȘme sensibilitĂ© de la conception, produisant la souplesse dĂ©taillĂ©e du geste, des options, de toutes les nuances instrumentales dont les 4 instrumentistes ont dĂ©sormais le secret. Tout relĂšve ici de l’alchimie expressive et des Ă©quilibres tĂ©nus. L’intonation et la sonoritĂ© des cordes s’avĂšrent mĂȘme miraculeuse tellement leur travail colle Ă  l’articulation de la voix. Travail d’accentuation et de correspondances instruments / voix / texte, d’une extrĂȘme dĂ©licatesse : le rĂ©sultat est saisissant : en cela « Au cimetiĂšre » est l’acmĂ© du cycle : « son clair de lune » respire la langueur enveloppante de Schubert ; diffuse l’extase empoisonnĂ©e de Wagner. La musicalitĂ© qui s’en dĂ©gage est irrĂ©sistible. Et l’espĂ©rance qui naĂźt dans « L’üle inconnue » se pare de cette mĂȘme torpeur hallucinĂ©e, couleur du rĂȘve et de l’enchantement qui unit toute l’approche.Remarquable.

CLIC D'OR macaron 200Les Nuits sont couplĂ©es avec le Quatuor de FaurĂ© : nourri Ă  la mĂȘme source, d’une vive et ardente vie intĂ©rieure, parsemĂ©e d’éclairs et de douceur triste. Comme inspirĂ© par son sujet, Emmanuel Haratyk ajoute 6 transcriptions d’aprĂšs 6 mĂ©lodies du mĂȘme FaurĂ© dont La chanson du pĂȘcheur d’aprĂšs ThĂ©ophile Gautier fait le lien avec les 6 Berlioz miraculeux qui ont prĂ©cĂ©dĂ©. Au geste allusif, introspectif ou vĂ©hĂ©ment des cordes en grĂące, rĂ©pond la voix du tĂ©nor, faite, simplicitĂ©, naturel, poĂ©sie. Magistral. D’autant plus opportun en cette annĂ©e BERLIOZ 2019 (dossier spĂ©cial classiquenews : BERLIOZ 2019 : sĂ©lection concerts festivals opĂ©ras, cd et livres BERLIOZ 2019).

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BERLIOZ FAURE CLAIRS DE LUNE CD PARATY critique annonce cd paraty critique review cd classiquenews mai juin 2019CD Ă©vĂ©nement, annonce. CLAIRS DE LUNE : QUATUOR MANFRED. Nuits d’étĂ© de Berlioz, MĂ©lodies de FaurĂ© : transcriptions. Quatuor de FaurĂ© (1 cd PARATY – enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Paris en mai 2018) – Parution le 31 mai 2019. Grande critique Ă  venir dans le mag cd dvd livres de classiquenews – CLIC de CLASSIQUENEWS de mai et juin 2019

CD, critique. RAVEL l’exotique. MUSICA NIGELLA (1 cd Klarthe records)

RAVEL exotique musica nigella critique cd annonce concerts classiquenews klarthe records critique classiquenews KLA083couv_lowCD, critique. RAVEL l’exotique. MUSICA NIGELLA (1 cd Klarthe records) – Belles transcriptions (signĂ©es TakĂ©nori NĂ©moto, leader de l’ensemble) dĂ©fendues par le collectif Musica Nigella : d’abord le triptyque ShĂ©hĂ©razade (1903) affirment ses couleurs exotiques fantasmĂ©es, tissĂ©es, articulĂ©es, soutenant, enveloppant le chant suave et corsĂ© de la soprano Marie Lenormand (que l’on a quittĂ©e en mai dans la nouvelle production des 7 pĂ©chĂ©s de Weill Ă  l’OpĂ©ra de Tours). En dĂ©pit d’une prise mate, chaque timbre se dessine et se distingue dans un espace contenu, intime, rĂ©vĂ©lant la splendeur de l’orchestration ravĂ©lienne ; dĂ©sir d’Asie ; onirisme de La FlĂ»te enchantĂ©e ; sensualitĂ© frustrĂ©e de L’indiffĂ©rent. La soliste convainc par son intelligibilitĂ© et la souplesse onctueuse de son instrument.

La sensualitĂ© aĂ©rienne, oxygĂ©nĂ©e de Ravel s’affirme dans l’introduction et allegro de 1905 – enchantement et sortilĂšges de la harpe ; volet central du cycle, les Trois poĂšmes d’aprĂšs MallarmĂ©, partitions de maturitĂ© de 1913 qui tĂ©moignent de l’extrĂȘme sensibilitĂ© du compositeur dans le choix de ses textes, eux-mĂȘmes porteurs d’un exotisme au delĂ  des clichĂ©s folkloriques. Solistes et instrumentistes en expriment le climat d’extase et d’adieu, la souplesse grave et amĂšre, parfois suspendue Ă©nigmatique (harmonies chromatiques de « Placet futile »), jusqu’au mystĂšre planant du dernier « Surgi de la croupe et du bond», Ă  la dĂ©clamation hallucinĂ©e comme une invocation « étrange »(dixit Ravel), vers l’autre monde
 Dommage nĂ©anmoins que le livret ne publie pas les textes complets.

Puis c’est le balancement lancinant de Tzigane (1924), Ă©noncĂ© comme une mĂ©lopĂ©e elle aussi Ă©trange, venue d’ailleurs, capable de dĂ©flagrations d’une sensualitĂ© torride dont la transcription ici exprime la texture brute, bel effet de timbres, et rĂ©vĂ©rence Ă  nouveau au talent du Ravel magicien des couleurs et des mĂ©lodies enchantĂ©es.

Illustrant le thĂšme d’un exotisme colorĂ©, la derniĂšre piĂšce Rhapsodie espagnole (1907), contemporaine de L’heure espagnole, plonge en plein rĂȘve ibĂ©rique de Ravel : chaque instrumentiste veille aux Ă©quilibres de l’émission, selon le caractĂšre de chacune des 4 sĂ©quences : langueur un rien inquiĂšte du PrĂ©lude Ă  la nuit ; Ă©noncĂ© subtil (arachnĂ©en) de la courte Malagueña ; qui comme la Habanera qui suit, exprime l’exquise tentation de Ravel pour l’allusion la plus onirique. Jamais strictement narratifs ou illustratifs, les instrumentistes de Musica Nigella savent mesurer ce qui se joue sous chaque note : l’éclosion d’un soupir, la respiration d’un court sentiment. Tout Ravel est lĂ  dans ce jeu des Ă©quilibres et des nuances, entre langueur, enchantement, ivresse et jubilation instrumentale. Superbe programme qui est donc comme une cĂ©lĂ©bration de l’invention et de la rĂ©volution ravĂ©liennes.

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CD, critique. RAVEL l’exotique. MUSICA NIGELLA (1 cd Klarthe records) – enregistrement rĂ©alisĂ© en juin 2018 en Pas-de-Calais.

Shéhérazade
Introduction et allegro
Trois poÚmes de Stéphane Mallarmé
Tzigane, Rapsodie de concert
Rapsodie espagnole

Ensemble Musica Nigella
Takénori Némoto, direction musicale et transcription
Marie Lenormand, mezzo-soprano
Pablo Schatzman, violon
Iris Torossian, harpe

https://www.klarthe.com/index.php/fr/enregistrements/ravel-lexotique-detail

Emidy Project : tournée Africaine, 11-15 juin 2019

emidy-project-diana-baroni-tunde-jegede-video-annonce-clic-de-classiquenews-mai-2018EMIDY PROJECT en tournĂ©e en AFRIQUE (11,12,14,15 juin 2019). Conçu et Ă©crit par Tunde Jegede et Diana Baroni, The Emidy Project est un spectacle fabuleux, composĂ© comme un voyage initiatique, qui raconte en musique et en images l’odyssĂ©e de Joseph Antonio Emidy. Il est nĂ© libre, a vĂ©cu en esclave, est devenu violoniste et compositeur ; il a conquis sa libertĂ© Ă  force de volontĂ© et d’épreuves
 Les chroniques ressuscitĂ©es par le joueur de cora et compositeur nigĂ©rian Tunde Jegede, nous emmĂšnent au XVIIIe siĂšcle, retraçant le destin extraordinaire de cet esclave guinĂ©en, violoniste et compositeur, entre Europe, Afrique, AmĂ©rique du Sud.
The Emidy Project Ă©voque la confrontation des mondes et des cultures, Ă©pingle les humiliations de l’esclavage et du racisme, Ă  travers la danse, la vidĂ©o (somptueuses images poĂ©tiques de Sunara Begum) et les musiques tant « savantes » que traditionnelles, dĂ©fendues par le collectif et surtout la voix et la flĂ»te de Diana Baroni.

LabellisĂ© par l’UNESCO au sein du programme «La route de l’esclave». L’histoire de Joseph Antonio Emidy demeure un exemple admirable de dignitĂ© humaine ; il est une figure de la rĂ©sistance contre la dĂ©shumanisation. Le spectacle pluridisciplinaire s’adresse au grand public ; il rencontre aussi les objectifs pĂ©dagogiques et d’éveil des consciences du projet «La Route de l’esclave de l’UNESCO». Diffuser auprĂšs du grand public le destin extraordinaire d’Emidy est essentiel : il est un hĂ©ros oubliĂ©, source d’admiration et de dĂ©passement. Emidy cristallise les objectifs de la DĂ©cennie internationale des personnes d’ascendance africaine (2015-2024) proclamĂ©e par l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies sous le thĂšme « Reconnaissance, Justice et DĂ©veloppement ».

 

 

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EMIDY PROJECT en tournée en AFRIQUE (11,12,14,15 juin 2019)
4 dates événements

AFRICAN TOUR / NIGERIA, BENIN, TOGO
THE EMIDY PROJECT : OdysĂ©e d’un esclave musicien
Création musique, film & danse

 

 

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4 dates événements /  Afrique

 

 

 

 

# Mardi 11 JUIN 2019, 20h30
The Jazz Hole
168 Awolowo road
Ikoyi LAGOS
Info : +234 702 559 5697

 

 

# Mercredi 12 JUIN 2019, 18h00
Alliance Française de Lagos
Mike Adenuga Centre
9 Osborne Road
Ikoyi LAGOS

 

 

# Vendredi 14 JUIN 2019, 20h30
Centre Culturel Français
2233 avenue Jean-Paul II
COTONOU

 

 

# Samedi 15 JUIN 2019, 20h30
Institut Français
Avenue General de Gaulle
LOME

 

 

Sur la scĂšne :
Tunde Jegede, kora, violoncelle, voix, compositions, direction
Diana Baroni, chant, traverso, flûte en sol
Simon Drappier, arpeggione, voix
Rafael Guel, vihuela, flûtes, percussions, voix
Ishimwa Muhimanyi, danse
Sunara Begum, création vidéo

Avec le soutien de l’Institut Français du Nigeria, une production de Papilio Collection & Turquoise Prod.

 

 

 

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LIRE aussi notre critique du spectacle EMIDY, le 23 mai 2019 Ă  Saint-Denis / Salle Ligne 13 / Festival METIS 2019

 

LIRE aussi notre prĂ©sentation du spectacle EMIDY lors de son lancement en 2018 : l’esclave devenu violoniste et compositeur

Musiques en FĂȘte : les 150 ans du ThĂ©Ăątre antique d’Orange

france3 logo 2019 2019FRANCE 3, merc 19 juin 2019, 21h. MUSIQUES EN FETE. Depuis le thĂ©Ăątre antique d’Orange dont 2019 marque les 150 ans, France TĂ©lĂ©visions met les petits plats dans les grands et nous offre une soirĂ©e lyrique sous les Ă©toiles, et dans l’un des sites patrimoniaux les plus anciens de France, lĂ©guĂ© par l’occupation romaine : le thĂ©Ăątre antique d’Orange qui est le lieu du festival des ChorĂ©gies d’Orange. Son acoustique continue de surprendre et de convaincre, et mĂȘme si le spectacle ce soir est sonorisĂ©, l’architecture antique constitue un dĂ©cor majestueux qui est absolument tĂ©lĂ©gĂ©nique. Pour fĂȘter la musique, France 3 invite de nombreux chanteurs, lyriques et de variĂ©tĂ© ; devant huit mille spectateurs, se produisent les solistes habituĂ©s Ă  la performance : Roberto Alagna, KĂ©vin Amiel, Thomas Bettinger, Sara Blanch Freixes, Erminie Blondel, JĂ©rĂŽme Boutillier, Florian Cafiero, ChloĂ© Chaume, Patrizia Ciofi, Fabienne Conrad, Thomas Dear, Armelle Khourdoian, AngĂ©lique Kidjo, Florian Laconi, Valentine Lemercier, AmĂ©lie Robins, Marc Scoffoni, BĂ©atrice Uria-Monzon (la mezzo qui chante soprano Ă  prĂ©sent).
200 musiciens, composant les orchestres rĂ©gional Avignon-Provence et rĂ©gional de Cannes-Provence-Alpes-CĂŽte d’Azur, dirigĂ©s par les chefs Luciano Acocella et Didier Benetti interprĂštent les plus grands airs d’opĂ©ra, d’opĂ©rette, de comĂ©dies musicales, ainsi que des musiques traditionnelles et des chansons françaises.
De Bizet Ă  Donizetti, de Massenet Ă  Puccini, plusieurs airs et mĂ©lodies incontournables sont interprĂ©tĂ©s en direct sur France 3 et en simultanĂ© sur France Musique, au cƓur du plus ancien festival d’art lyrique de France.
Avec Ă©galement :
Les Artistes du ChƓur de Parme dirigĂ©s par Stefano Visconti
La MaĂźtrise de l’OpĂ©ra d’Avignon dirigĂ©e par Florence Pogemberg
Les Danseurs de l’OpĂ©ra d’Avignon, sous la direction d’Éric Belaud
Les jeunes talents de Pop the Opera, rĂ©unissant une centaine de collĂ©giens et de lycĂ©ens issus d’établissements scolaires de la rĂ©gion Provence-Alpes-CĂŽte d’Azur (dans une sĂ©quence unique, oĂč ils rĂ©interprĂštent un succĂšs de la musique  populaire.

‹‹SoirĂ©e animĂ©e par Cyril FĂ©raud et Judith Chaine – 9Ăš Ă©dition de Musiques en fĂȘte.

 

 

 

 

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PROGRAMME INDICATIF

Georges Bizet
Carmen ; Ouverture

Charles Aznavour
La bohĂšme
(Par Roberto Alagna)

Giuseppe Verdi
La Traviata
Sempre libera
(Par Erminie Blondel et Florian Cafiero)

Giuseppe Verdi
La Traviata
Dite alla giovine
(Par Armelle KhourdoĂŻan et Marc Scoffoni)

Giuseppe Verdi
AĂŻda
Gloria all’Egitto
(ChƓur)

POP OPERA
Extraits de chansons
Ruggero Leoncavallo
I Pagliacci ; Vesti la giubba
(Par Roberto Alagna)

Vincenzo Bellini
I Capuleti e i Montecchi
Oh quante volte
(Par Patrizia Ciofi)

Franz Lehar
Le Pays du sourire
Je t’ai donnĂ© mon cƓur
(Par KĂ©vin Amiel, Erminie Blondel, Marc Scoffoni)

Giacomo Puccini
Tosca ; E lucevan le stelle
(Par Florian Cafiero)

Giacomo Puccini
Gianni Schicchi ; O mio babbino caro
(Par Chloé Chaume)

Jacques Offenbach
La Vie parisienne
Le Brésilien
(Par Roberto Alagna)

Johann Strauss
La Chauve-Souris
Mon cher marquis
(Par Amélie Robins)

Giuseppe Verdi
Nabucco
Come notte
(Par Thomas Dear/ChƓur)

Jules Massenet
Le Cid
“Ô Souverain, Ô juge, Ô pĂšre …”
(Par Roberto Alagna/Choeur)

Leonard Bernstein
West Side Story
Mambo
(Danseurs de l’OpĂ©ra d’Avignon)

Leonard Bernstein
West Side Story
Tonight
(Par Fabienne Conrad et Florian Laconi)

Gaetano Donizetti
Lucia di Lammermoor
Finale de l’acte II
(Patrizia Ciofi, Valentine Lemercier, KĂ©vin Amiel, Thomas Bettinger, JĂ©rĂŽme Boutillier, Thomas Dear/Choeur)

Pietro Mascagni
Cavalleria rusticana
Ave Maria
(Par BĂ©atrice Uria-Monzon)

Lucio Dalla
Caruso
(Par Florian Cafiero)

Michel Legrand
Hommage Ă  Michel Legrand
(Par JĂ©rĂŽme Boutillier, Erminie Blondel, Valentine Lemercier, AmĂ©lie Robins, KĂ©vin Amiel, Thomas Bettinger/ Danseurs de l’OpĂ©ra d’Avignon)

Vincenzo Bellini
Norma
Casta Diva
(Par Fabienne Conrad/ChƓur)

Gaetano Donizetti
Lucia di Lammermoor
Quando rapito in estasi
(Par Sara Blanch Freixes)

Michel Berger
Starmania
Le blues du businessman
(Par Florian Laconi)

Giacomo Puccini
La BohĂšme
Che gelida manina
(Par KĂ©vin Amiel)

Giacomo Puccini
La BohĂšme
Quando men vo’
(Par Armelle KhourdoĂŻan)

Jacques Offenbach
La Grande Duchesse de Gerolstein
Ah que j’aime les militaires
(Par Valentine Lemercier)

Jacques Offenbach
Les Contes d’Hoffmann
La chanson de Kleinzach
(Par Florian Laconi/Choeur)

Franz Lehar
La Veuve joyeuse
Heure exquise
(Par Armelle KhourdoĂŻan et Marc Scoffoni)

Ennio Morricone
Il Ă©tait une fois dans l’Ouest
(Par AmĂ©lie Robins/MaĂźtrise de l’OpĂ©ra d’Avignon)

Jules Massenet
Werther
Pourquoi me réveiller
(Par Thomas Bettinger)

Georges Bizet
Carmen :
Air du toréador
(Par JĂ©rĂŽme Boutillier/Choeur)

Georges Bizet
Carmen :
ScĂšne finale
(Par BĂ©atrice Uria-Monzon et Roberto Alagna)

CĂ©lia Cruz
La vida es un carnaval
(Par AngĂ©lique Kidjo/ChƓur)

Jacques Offenbach
Orphée aux Enfers
Ce bal est original
(Tutti/ChƓur/Danseurs de l’OpĂ©ra d’Avignon)

Giuseppe Verdi
La Traviata
Libiamo ne’ lieti calici
(Par Patrizia Ciofi et Roberto Alagna/ChƓur)

La MaĂźtrise de l’OpĂ©ra d’Avignon, direction : Florence Pogemberg
Les Artistes du chƓur de Parme, direction : Stefano Visconti

Avec L’Orchestre rĂ©gional Avignon-Provence
et l’Orchestre rĂ©gional de Cannes-Provence-Alpes-CĂŽte d’Azur
Direction musicale : Luciano Acocella et Didier Benetti

CD, annonce. LISE DAVIDSEN, soprano (Wagner, R. Strauss – 1 cd Decca)

davidsen-lise-soprano-cd-wagner-strauss-review-cd-critique-cd-classiquenews-annonce-Decca-critique-operaCD, annonce. LISE DAVIDSEN, soprano (Wagner, R. Strauss – 1 cd Decca). NĂ©e en 1987, la soprano dramatique norvĂ©gienne Lise Davidsen dĂ©ploie un timbre mĂ©tallique et corsĂ© somptueusement ourlĂ©, taillĂ© comme un diamant prĂȘt Ă  Ă©blouir dans la priĂšre d’Elisabeth (TannhaĂŒser de Wagner, un rĂŽle qu’elle chante sur scĂšne) ; son Ă©mission franche, directe, Ă  peine vibrĂ©e (ce qui est mieux) saisit immĂ©diatement l’écoute. Ses Strauss (Ariadne ivre et passionnelle, au bord de la panique Ă©motionnelle), les lieder avec orchestre (« Ruhe, meine Seele ») imposent un sens dramatique impĂ©rieux, affirmĂ© grĂące Ă  un legato solide et tenu jusqu’à la fin des phrases. Il y a du mĂ©tal et de l’incandescence dans son timbre, et une belle intelligence tendue dans l’émission et l’intonation. LaurĂ©ate du Prix Birgit Nilson et du Prix du public Operalia en 2015, Lise Davidsen sĂ©duit irrĂ©sistiblement car elle chante droit, douĂ©e d’aigus clairs et puissants, comme un instrument. Tandis que pour son premier cd chez Decca, les Quatre derniers lieder confirment son tempĂ©rament et sa grande assurance vocale : un vrai talent dramatique, sĂ»r et franc, doublĂ© d’une technique saine (elle les chantera Ă  la Philharmonie de Paris les 16 et 17 oct 2019). A suivre. Prochaine grande critique du cd Lise Davidsen Ă©ditĂ© par Decca, dans le mag cd dvd livres de classiquenews

 

 

CD, annonce. LISE DAVIDSEN, soprano (Wagner, R. Strauss – 1 cd Decca) – Philharmonia Orchestra / Esa-Pekka Salonen – Parution : 31 mai 2019.

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PLUS d’infos sur le site de Lise Davidsen
https://lisedavidsen.com

Prochains rĂŽles
Leonora (FIDELIO de Beethoven), Montréal
25, 27 oct 2019
puis, 1er – 17 mars 2020, Londres, Royal Opera House

Lisa (Dame de Pique de Tchaikovski), New York, MET
2 – 21 dĂ©c 2019

Sieglinde (Walkyrie, acte I) DR Koncerthuset (Danemark)
16 et 17 janvier 2020

 

 

 

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VIDEO de Lise Davidsen dans les 4 derniers lieder de STRAUSS
https://www.youtube.com/watch?v=PZB7E7IQhcA#action=share

CD, critique. Francesco Tristano, piano : TOKYO Stories (1 cd SONY classical, sept 2018).

FRANCESCO-TRISTANO-cd-critique-piano-critique-classiquenews-sony-mai-2019-francesco-tristano-piano-ft_tokyo_stories_cover600CD, critique. Francesco Tristano : Tokyo Stories (1 cd SONY, Tokyo, oct 2018). Au registre piano, Sony classical mise sur deux « jeunes » figures, affirmant la sainte vertu (marketing?) de l’équation : juvĂ©nilitĂ© et inspiration. Aux cĂŽtĂ©s de la pĂ©taradante et parfois surexpressive Khatia Buniatishvili, Francesco Tristano (nĂ© en 1981) relĂšve d’une inspiration autre, plus subtile Ă  notre avis, essentiellement intĂ©rieure, et ici, Ă©poque digitale et people oblige (voir l’activitĂ© des rĂ©seaux twitter, instagram et autres, plus image que texte, c’est Ă  dire humeur que sens), d’une autocĂ©lĂ©bration qui confine au narcissisme. Mais l’époque n’est-elle pas Ă  l’intimisme exhibitioniste, au jardin secret (qui ne l’est plus)
 aussi le beau pianiste, au look rock androgyne (quand d’autres cultivent le baroque plus prĂ©cieux, ou le classicisme austĂšre intemporel) Ă©crit donc ses chroniques intimes
 Ă  Tokyo. Il en rĂ©sulte un choix apparemment Ă©clectique voire chaotique de piĂšces disparates que seul l’humeur et le goĂ»t de celui qui les a sĂ©lectionnĂ©es, unifie et tend Ă  la cohĂ©rence. Pour autant tout cela a-t-il du sens ? Du sens justement notre Ă©poque hystĂ©rique / Ă©pidermique, rien qu’émotionnelle et spectaculaire
 en manque terriblement. De ce point de vue, le prĂ©sent disque reflĂšte un travers contemporain.
L’itinĂ©raire prend donc la route d’une Ă©vocation personnelle, soit 16 stations musicales, entre compositions personnelles pour piano, rĂ©fĂ©rences et filiations Ă©vocatrices, toutes centrĂ©es autour de l’affection que porte le jeune pianiste compositeur pour la capitale nippone (visitĂ©e, aimĂ©e dĂšs 2000 Ă  18 ans).

 

 

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Retour en 2009, entre autres, soit aprĂšs 40 voyages Ă  Tokyo, l’interprĂšte auteur se raconte en « une bande-son » plus qu’intime : personnelle. Ce qui ne manquera pas de dĂ©ranger les puristes du clavier.
Le piano y est prĂ©parĂ©, fusionnĂ© Ă  l’électro, aux percussions, selon un sĂ©quençage remixĂ© qui se joue des assemblages, des citations, des effets de sonorisations. Tristano dĂ©place le curseur hors classique, en une temporalitĂ© et une mĂ©trique qui se laisse pĂ©nĂ©trĂ©es par les courants musicaux actuels des nuits branchĂ©es, du jazz aux DJs, avec un goĂ»t prononcĂ© (systĂ©matique ?) pour la syncope et la pulsion hĂąchĂ©e, un rien hystĂ©rique (« Electric mirror »).
Heureusement la plage 8, « Insomnia » envisage des univers planants plus intĂ©ressants, entre impro et colorations. MĂȘme ivresse plus canalisĂ©e avec le concours de la clarinette basse de Michel Portal dans l’évocation du cafĂ© Shinjuku. Les 16 tableaux revendiquent une introspection allusive, dont la source reste Tokyo. A chacun de se retrouver dans cette jungle personnelle oĂč les traces d’un Japon revisitĂ© certes, sont prĂ©sentes, incarnĂ©es, justifiĂ©es par le concours des artistes japonais Keiichiro Shibuya (Gate of entry, plage 13), ou Hiroshi Watanabe, dans Bokeh tomorrow (plage 15, la plus enivrante Ă  notre avis et clairement extrĂȘme-orientale dans ses recherches de timbres et de spatialisation avec le dernier “hommage Ă  Tokyo” : Kusakabe-san)
 Voici l’un des albums les plus personnels du jeune pianiste luxembourgeois Francesco Tristano. Le trentenaire ne finit pas de nous surprendre. Ce qui n’est pas si mal, au sein de la multitude de pianistes classiques qui sont rares Ă  rĂ©ussir leurs essais comme compositeurs / arrangeurs. A suivre.

 

 

 

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CD, critique. Francesco Tristano, piano : TOKYO Stories (1 cd SONY classical, sept 2018).

CD, critique. JS BACH : Celebration cantatas / «  Entfliehet, ihr Sorgen » : BWV 205a, BWV 249a – Deutsche Hofmusik. Alexander Grychtolik (1 cd DHM Deutsche Harmonia Mundi / 2018)

DEUTSCH-HOFMUSIK-GRYCHTOLIK-alexander-DHM-cantates-JS-BACH-249b-BWV-205a-critique-review-cd-critique-cd-classiquenews-baroque-cantatesCD, critique. JS BACH : Celebration cantatas / «  Entfliehet, ihr Sorgen » : BWV 205a, BWV 249a – Deutsche Hofmusik. Alexander Grychtolik (1 cd DHM Deutsche Harmonia Mundi / 2018). Mai 2019 marque l’agenda baroque grĂące Ă  ce programme enregistrĂ© Ă  Berlin en 2018 par le jeune ensemble allemand Deutsche Hofmusik encore mĂ©connu en France. Ce qui devrait Ă©voluer sous peu si les directeurs de festivals et de salles cultivent un minimum de curiositĂ© extrafrançaise. Le harpiste et chef Alexander Grychtolik dĂ©veloppe ici un sens du texte prĂ©cis, une mĂ©trique ciselĂ©e avec des tempis souvent ralentis mais porteurs d’une belle articulation, au service de deux Cantates profanes, de “cĂ©lĂ©bration” (comme il est prĂ©cisĂ© sur la couverture), dont surtout la 249a, dite « Cantates des bergers », qui cĂ©lĂšbrent ses patrons, en l’occurrence l’anniversaire du duc de Saxe Weissenfels, Christian (en ce 25 fĂ©v 1725). La BWV 205a est Ă©crite pour le sacre d’Auguste III de Pologne.

 

 

 

PrĂ©cis, expurgĂ©, millimĂ©tré 
Le BACH profane d’Alexander Grychtolik

 

 

 

Alors que la France d’avant Rameau cultive un goĂ»t suave et italien, « galant », la Saxe de Bach apprĂ©cie l’articulation du verbe allemand, Ă  la façon d’une dramaturgie du verbe, parfaitement dĂ©fendue par les solistes rĂ©unis : en particulier la basse Stephan Macleod (dĂšs son air dans la BWV 2015a), le tĂ©nor Daniel Johannsen, au style intelligible et impeccable de fluiditĂ© timbrĂ©e ; sans omettre le soprano mĂ©tallique et brillant, droit comme une trompette, et jamais vibrĂ© de Miriam Feuersinger. Chacun dĂ©fend une prĂ©cision, un allant et une expressivitĂ© au service d’un seul Ă©lĂ©ment (essentiel chez Bach) : le texte.
Voilà qui donne la clé de la recherche : si JS BACH avait écrit des opéras, ces deux cantates en auraient été les prémices directs.
L’éloquence incarnĂ©e, le sens du verbe donc, l’articulation des instruments aussi (superbe sinfonia de la BWV 249a, avec hautbois obligĂ© : n’est ce pas la Cantate dite « des bergers »?) soulignent le souci du Bach dramatique autant que poĂ©tique. La couleur de chaque situation est magnifiquement restituĂ©e grĂące au geste ultra prĂ©cis du chef, harpiste de formation.
On ne peut que souscrire Ă  l’intelligence oratoire et poĂ©tique de l’approche : voilĂ  le BACH profane idĂ©alement restituĂ©. Le travail du chef Alexander Grychtolik s’avĂšre particuliĂšrement convaincante. C’est donc le CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2019 pour ce programme en tout point stimulant.

 

 

 
 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD, critique. JS BACH : Celebration cantatas / «  Entfliehet, ihr Sorgen » : BWV 205a, BWV 249a – Deutsche Hofmusik. Alexander Grychtolik. Stephan Macleod (basse), Miriam Feuersinger (soprano), Elvira Bill (alto), Daniel Johannsen (tĂ©nor) – Deutsche Hofmusik, alexander Grychtolik (direction) – 1 cd DHM Deutsche Harmonia Mundi / Berlin, sept 2018). CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2019.

 

 

 
 

 

 

Baroque italien : aux origines de l’opĂ©ra, le mythe d’OrphĂ©e

Monteverdi 2017 claudio monteverdi dossier biographie 2017 510_claudio-monteverdi-peint-par-bernardo-strozzi-vers-1640.jpg.pagespeed.ce.FhMczcVnmyARTE, dim 2 juin 2019, 18h. Baroque italien Ă  Versailles. La naissance de l’opĂ©ra italien, au XVIIĂš (Seicento) dans les cours de Florence et de Mantoue, sous les ors de la Galerie des Glaces. ƒuvres de Monteverdi, Caccini, Malvezzi
 En 1607 est crĂ©Ă© le premier opĂ©ra « moderne » de l’histoire musicale, L’Orfeo de Claudio Monteverdi pour l’ouverture du carnaval Ă  Mantoue, une Ɠuvre pionniĂšre, ovni lyrique, entre Renaissance et recitar cantando, dont la puissance ne cesse de fasciner musiciens et mĂ©lomanes plus de quatre cents ans plus tard.

Dans quel contexte un tel chef-d’Ɠuvre a-t-il pu naĂźtre ? La question et la rĂ©ponse qu’elle appelle, est Ă  l’origine de ce concert. PrĂ©sentation par ARTE : « L’Italie du XVIĂšme siĂšcle est un vĂ©ritable laboratoire de recherche musicale : recherche sur l’espace sonore et la spatialisation du son, travail en commun des poĂštes et des compositeurs! L’époque est follement libre, et tout est fait pour provoquer la stupĂ©faction et l’émerveillement sur l’auditoire. Les cours rivalisent en inventant des fĂȘtes toujours plus luxueuses, oĂč tous les arts sont rĂ©unis. Pour les compositeurs, ces Ă©vĂ©nements reprĂ©sentent l’occasion unique de faire entendre leurs derniĂšres innovations musicales.C’est ainsi que tous les ingrĂ©dients sont en place pour la naissance d’un nouveau genre, l’opĂ©ra ! ».

dossier spĂ©cial OrphĂ©e / OrfeoLe spectacle pluridisciplinaire “Stravaganza d’Amore!” Ă©voque les splendeurs et le raffinement du spectacle de cour entourant les prĂ©mices de l’opĂ©ra italien : y dialoguent Monteverdi et ses contemporains oubliĂ©s Malvezzi, Da Gagliano, et tous les autres
 Le programme trĂšs variĂ© mĂȘle les formes diverses (intermĂšdes lyriques, Sinfonia et Toccata, madrigaux, opĂ©ras) recomposĂ©es tel un nouvel opĂ©ra imaginaire autour de la fable d’OrphĂ©e : le poĂšte de Thrace qui s’accompagnait de sa lyre, dĂ©clamait avec une telle sĂ©duction
 qu’il rĂ©ussit Ă  Ă©mouvoir jusqu’au dieu des enfers Pluton (en rĂ©alitĂ© l’épouse de ce dernier, Proserpine). OrphĂ©e put ainsi rĂ©cupĂ©rer sa femme, Eurydice. Le mythe orphique est donc indissociable de la naissance de l’opĂ©ra. Dans le chant d’OrphĂ©e, sa plainte, dĂ©ploration et dĂ©claration,expose dĂ©sormais ses propres sentiments (affetti), au cƓur des recherches des compositeurs de la Renaissance et des premiers auteurs lyriques Ă  Florence


Dimanche 2 juin 2019
18h15 : SOIREE BAROQUE ITALIENNE A VERSAILLES STRAVAGANZA D’AMORE 

(2019-43’) Avec les jeunes espoirs du chant français baroque : Lea Desandre, Eva ZaĂŻcik, Lucile Richardot ,Davy Cornillot, Emiliano Gonzalez Toro, Zachary Wilder, Nicolas Brooymans / Pygmalion, direction RaphaĂ«l Pichon. FilmĂ© Ă  la Galerie des Glaces du ChĂąteau de Versailles, le 11 fĂ©vrier 2019 .

CD Ă©vĂ©nement, critique. TROIS FRERES DE L’ORAGE : Quatuors de Schulhoff et Haas, ThĂšme et Variations de KrĂĄsa – Quatuor BĂ©la (1 cd Klarthe records)

haas schulhoff krasa quatuors theme et variations par le quatuor BELA critique cd annonce cd par classiquenews clic de classiquenews review cd critique cdCD Ă©vĂ©nement, critique. TROIS FRERES DE L’ORAGE : Quatuors de Schulhoff et Haas, ThĂšme et Variations de KrĂĄsa – Quatuor BĂ©la (1 cd Klarthe records). En rendant hommage au gĂ©nie de 3 compositeurs juifs martyrisĂ©s par les nazis, les quatre instrumentistes du Quatuor BĂ©la, plutĂŽt inspirĂ©s, signent ici l’un de leurs meilleurs albums. L’auditeur saisi prendra bĂ©nĂ©fice Ă  Ă©couter et rĂ©Ă©couter les 3 piĂšces magistrales (en Ă©loquence expressive comme en gravitĂ© hyperĂ©lĂ©gante) qui composent ce programme inĂ©dit. Saluons derechef le label Klarthe de soutenir une initiative courageuse et dĂ©fricheuse qui nourrit encore le rĂ©pertoire pour quatuor Ă  cordes. Car il s’agit bien de 3 Ɠuvres au fort pouvoir attractif. D’abord le titre : « Trois frĂšres de l’orage »  On aura donc compris que les trois frĂšres sont ici compositeurs, et que l’orage dont il est question, plonge au cƓur de l’enfer terrestre, les camps de dĂ©portation et d’extermination nazis. Comme 3 lotus Ă©mergeant des eaux (troubles), jaillissent la matiĂšre et la texture somptueuse de 3 partitions des plus subtiles.

De Erwin Schulhoff – musicien prĂ©coce encouragĂ© par Dvorak, c’est surtout l’Allegretto con moto qui saisit par son caractĂšre de rĂȘve hallucinĂ©, Ă  la fois enchantĂ© et aussi inquiet (« con malincolia grotesca) ; le grotesque presque grimaçant s’entend aussi dans la cadence alla slovacca de l’Allegro qui suit, et qui affirme la mĂȘme capacitĂ© du compositeur (mort dans les camps en 1942), Ă  caractĂ©riser dans la profondeur et la fausse insouciance. Ce double registre est magnifiquement exprimĂ© par les quatre instrumentistes du Quatuor BĂ©la. Il reste hallucinant au sens strict de penser Ă  la richesse poĂ©tique de ce premier Quatuor Ă  cordes de 1924 – donc Ă©crit Ă  30 ans, Ă  la fois enivrĂ©, Ă©perdu, enchantĂ©, d’une sourde inquiĂ©tude qui Ă©carte tout dĂ©coratif et tout Ă©panchement artificiel. L’idĂ©e de l’Andante pour conclusion ne laisse pas d’interroger sur le sens profond de cette partition en tout point captivante et idĂ©alement dĂ©fendue. La ligne prĂ©cise, nerveuse, lumineuse comme la braise, Ă©lectrise sa texture secrĂšte et suractive. Belle rĂ©vĂ©lation. Ce dernier morceau est un nocturne semĂ© d’éclairs, de blessures, d’angoissantes aspĂ©ritĂ©s, de tenaces questions : faudrait-il percevoir dans ces entrelacs harmoniques et mĂ©lodiques, Ă  la fois dĂ©sirants et intimes, intranquilles et comme en attente
 , l’annonce des conditions abjectes de la mort de son auteur, dĂ©cĂ©dĂ© de tuberculose en dĂ©portation (Ă  Weißenburg, BaviĂšre) ?

HAAS pavelMĂȘmes paysages et tableaux riches en climats contrastĂ©s, et souvent d’une souterraine inquiĂ©tude chez Pavel Haas, mort en 1944 (dans les chambres Ă  gaz d’Auschwitz), dont tĂ©moigne la riche narrativitĂ© de son Quatuor n°2 de 1925. Haas fait partie des musiciens juifs du camp de Terezin dĂšs 1941, rejoint par KrĂĄsa en aoĂ»t 1942. Terezin est cette barbarie incarnĂ©e, tenue, exploitĂ©e par les nazis comme “camp modĂšle” oĂč les artistes juifs assurent malgrĂ© leur dĂ©tention et leur souffrance, une activitĂ© musicale dĂ©bordante, d’un incomparable Ă©clat : chacun y a tracĂ© son chant du cygne, au bord du prĂ©cipice. Mais 20 ans avant sa disparition, Haas Ă©blouit dĂ©jĂ  par la profondeur Ă©tincelante et scintillante de son Ă©criture, entre impressionnisme et expressionnisme (syncopes quasi humaine de « CalĂšche, cocher, cheval » dont la course s’apparente Ă  une foulĂ©e  infernale, dansante aux stridences 
 frĂ©nĂ©tiques). S’y concentre et s’y dĂ©ploie une sensibilitĂ© active presque Ăąpre, curieuse des phĂ©nomĂšnes naturels (campagne, oiseaux, lune) et des grands bouleversements intimes (nuit de plaisir : « nuit sauvage », son ultime mouvement) : la franchise et la sincĂ©ritĂ© de l’écriture touchent directement ; d’autant que le Quatuor BĂ©la trouve constamment le ton juste, l’intonation ciselĂ©e et intĂ©rieure (rĂȘverie voluptueuse et mystĂ©rieuse de « La lune et moi »), mais aussi articulĂ©e, exprimant les vertiges et les espĂ©rances d’une partition Ă  la fois Ă©blouissante et profonde, sombre et incandescente. On reste constamment sĂ©duits, captivĂ©s par la riche pĂąte sonore, onctueuse, mordante des BĂ©la, manifestement inspirĂ©s par l’écriture de Haas.

Le « ThĂšme et Variations 1 Ă  6 » de Hans KrĂĄsa de 1936 (composĂ©s Ă  37 ans) exprime une mĂȘme maĂźtrise de la forme, enrichie par un goĂ»t aigu du timbre, de la vivacitĂ© rythmique (culture Ă©loquente des ruptures, des articulations et des accents diffĂ©renciĂ©s, renouvelĂ©s, en contrastes et surprise constante). La finesse du son des BĂ©la, leur agilitĂ© funambule font merveille dans une partition trĂšs sĂ©duisante par le fini de sa forme, et le soin Ă  varier les climats comme les effets expressifs. Pour autant, l’Ɠuvre mĂȘle hauteur onirique et sourde inquiĂ©tude quant Ă  son sens et sa finitude : KrĂĄsa la retrouva de mĂ©moire Ă  Terezin en 1944 oĂč elle fut jouĂ©e ainsi l’annĂ©e de son assassinat Ă  Auschwitz. L’horreur qui sous-tend chaque accent dans chaque sĂ©quence, ajoute Ă  l’expressionnisme glaçant de l’oeuvre, comme sublimĂ©e encore par l’articulation somptueuse et le surcroĂźt de sincĂ©ritĂ© et d’humanitĂ© que savent lui apporter les quatre instrumentistes. Superbe rĂ©alisation pour un programme bouleversant. Evidemment le CLIC de CLASSIQUENEWS.

 

 

 

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD Ă©vĂ©nement, critique. TROIS FRERES DE L’ORAGE : Quatuors de Schulhoff et Haas, ThĂšme et Variations de KrĂĄsa – Quatuor BĂ©la (1 cd Klarthe records). CLIC de classiquenews d’avril 2019.

CD Ă©vĂ©nement,critique. 3FRERES DE L’ORAGE: Schulhoff, Haas, KrĂĄsa – Quatuor BĂ©la (1cd Klarthe).@CLASSIQUENEWS

 

 

 

 

Poitiers : Haendel, Connesson, Schumann au TAP

G._ConnessonPOITIERS, TAP, le 7 mai 2019. Haendel, Connesson, Schumann. Le concert de Poitiers ambitionne un programme original qui fait dialoguer le Baroque de Haendel, son Ă©cho contemporain conçu par Guillaume Connesson, et un pilier du rĂ©pertoire symphonique romantique, signĂ© Schumann
 Le concerto grosso, forme orchestrale concertante, Ă©tait au XVIIIĂš siĂšcle un concerto pour plusieurs instruments : l’écriture fait alterner le petiti orchestre (ripieno) avec l’ensemble (tutti). Le feu, le rythme, les contrastes dĂ©veloppent un pur esprit du mouvement et du dialogue. Le chef Arie van Beek (qui a assurĂ© la crĂ©ation de nombreuses partitions contemporaines signĂ©es Kaija Saariaho, Aulis Sallinen, MichaĂ«l Levinas
) met en perspective la partition de Haendel et celle de Guillaume Connesson (photo ci dessus : Compositeur de l’annĂ©e aux Victoires de la musique classique de fĂ©vrier 2019), CythĂšre, concerto pour quatuor de percussions et orchestre, claire rĂ©fĂ©rence par ses cadences, sa rythmicitĂ©, une Ă©nergie dansante parfois frĂ©nĂ©tique
 au Bernstein de West Side Story. La partition contemporaine alterne les tutti de l’orchestre avec le groupe instrumental rĂ©duit de percussions
 Dans cette piĂšce crĂ©e en 2014, l’Orchestre de Chambre Nouvelle-Aquitaine s’associe au Quatuor Beat, laurĂ©at de nombreux prix internationaux, pour qui Guillaume Connesson a Ă©crit ce concerto grosso du XXIĂš siĂšcle.
En conclusion de ce programme, la Symphonie n° 2 de Robert Schumann : fresque énergisante elle aussi, porté par la fiÚvre lumineuse du compositeur romantique.

 

 

 

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Haendel, Connesson, SchumannPOITIERS arie van beek maestro chef -concert-TAP-connesson-schumann-haendel-van-Beek-annonce-concert-opera-classiquenews
Orchestre Nouvelle Aquitaine
Mardi 7 mai 2019, 20h30
Poitiers, TAP
Théùtre Auditorium Poitiers
1h30 avec entracte

 

 

 

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.tap-poitiers.com/spectacle/haendel-connesson-schumann/

 

 

 

 

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Arie van Beek, direction
Quatuor Beat‹ : Gabriel Benlolo, Adrien Pineau, JĂ©rĂŽme Guicherd, Laurent Fraiche, percussions

> Georg Friedrich Haendel : Concerto grosso op. 3 n° 2 HWV 313
> Guillaume Connesson : CythĂšre, concerto pour quatuor de percussions et orchestre
> Robert Schumann : Symphonie n° 2 en do majeur op. 61

 

 

 

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La Symphonie n°2 de Robert Schumann

schumann_2441248bC’est l’opus symphonique oĂč Robert Schumann affirme sa soliditĂ© psychique, sa pleine possession psychologique, une clairvoyance affirmĂ©e, proclamĂ©e. Admirateur du Beethoven combatif lui aussi, atteint, saisi au plus profond de lui-mĂȘme, Schumann veut dire sa victoire contre la fatalitĂ© et l’adversitĂ©. La Symphonie n°2 porte et cultive ce sentiment hĂ©roĂŻque. Robert semble nous dire : non je ne suis pas fou ! 
 toujours Ă©perdu, enivrĂ© par les beautĂ©s de ce monde et les forces mises Ă  disposition pour vaincre les Ă©preuves. L’opus est crĂ©Ă© Ă  Leipzig le 6 novembre 1846 — durĂ©e indicative : 44 mn.
Le Premier mouvement Ă©nergique requiert nerf et vivacitĂ©, flux organique impĂ©tueux d’oĂč peu Ă  peu Ă©merge la force primitive d’un esprit de conquĂȘte d’une irrĂ©sistible dĂ©termination : c’est un feu volcanique presque dansant que l’orchestre saisit avec une impatience candide Ă©chevelĂ©e : toute la force de vie d’un Schumann pourtant atteint s’exprime dans ce formidable portique d’ouverture.
Le Scherzo regorge lui aussi de belle vitalitĂ© mais ici de nature chorĂ©graphique: Ă  la fois dionysiaque et promĂ©thĂ©en. OĂč le feu de PromĂ©thĂ©e est transmis irradiant aux hommes. MĂȘme accomplissement total pour l’Adagio expressivo : plus intĂ©rieurs, recueillis, au bord du gouffre, bois et cordes en fusion Ă©motionnelle, s’épanchent par contraste. L’énoncĂ© Ă  la clarinette, flĂ»te/basson, hautbois
 accorde pudeur et sensibilité  puis l’alliance cordes/cor dit l’ascension et ce dĂ©sir des cimes, d’oubli et d’anĂ©antissement. C’est le retour rĂȘvĂ© Ă  l’innocence simultanĂ©ment Ă  des blessures secrĂštes.
Enfin dans le Finale s’impose la victoire de l’esprit ; la reprise d’une conscience recouvrĂ©e reconstruit dans l’instant une prodigieuse vitalitĂ© conquĂ©rante : l’ivresse d’un crescendo progressif d’une irrĂ©sistible effervescence affirme l’équilibre et la pleine clairvoyance du hĂ©ros.

 

 

 

Haendel, Connesson, Schumann Ă  Poitiers

G._ConnessonPOITIERS, TAP, le 7 mai 2019. Haendel, Connesson, Schumann. Le concert de Poitiers ambitionne un programme original qui fait dialoguer le Baroque de Haendel, son Ă©cho contemporain conçu par Guillaume Connesson, et un pilier du rĂ©pertoire symphonique romantique, signĂ© Schumann
 Le concerto grosso, forme orchestrale concertante, Ă©tait au XVIIIĂš siĂšcle un concerto pour plusieurs instruments : l’écriture fait alterner le petiti orchestre (ripieno) avec l’ensemble (tutti). Le feu, le rythme, les contrastes dĂ©veloppent un pur esprit du mouvement et du dialogue. Le chef Arie van Beek (qui a assurĂ© la crĂ©ation de nombreuses partitions contemporaines signĂ©es Kaija Saariaho, Aulis Sallinen, MichaĂ«l Levinas
) met en perspective la partition de Haendel et celle de Guillaume Connesson (photo ci dessus : Compositeur de l’annĂ©e aux Victoires de la musique classique de fĂ©vrier 2019), CythĂšre, concerto pour quatuor de percussions et orchestre, claire rĂ©fĂ©rence par ses cadences, sa rythmicitĂ©, une Ă©nergie dansante parfois frĂ©nĂ©tique
 au Bernstein de West Side Story. La partition contemporaine alterne les tutti de l’orchestre avec le groupe instrumental rĂ©duit de percussions
 Dans cette piĂšce crĂ©e en 2014, l’Orchestre de Chambre Nouvelle-Aquitaine s’associe au Quatuor Beat, laurĂ©at de nombreux prix internationaux, pour qui Guillaume Connesson a Ă©crit ce concerto grosso du XXIĂš siĂšcle.
En conclusion de ce programme, la Symphonie n° 2 de Robert Schumann : fresque énergisante elle aussi, porté par la fiÚvre lumineuse du compositeur romantique.

 

 

 

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Haendel, Connesson, Schumann
Orchestre Nouvelle Aquitaine
Mardi 7 mai 2019, 20h30
Poitiers, TAP
Théùtre Auditorium Poitiers
1h30 avec entracte

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.tap-poitiers.com/spectacle/haendel-connesson-schumann/

 

 

 

 

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Arie van Beek, direction
Quatuor Beat‹ : Gabriel Benlolo, Adrien Pineau, JĂ©rĂŽme Guicherd, Laurent Fraiche, percussions

> Georg Friedrich Haendel : Concerto grosso op. 3 n° 2 HWV 313
> Guillaume Connesson : CythĂšre, concerto pour quatuor de percussions et orchestre
> Robert Schumann : Symphonie n° 2 en do majeur op. 61

 

 

 

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La Symphonie n°2 de Robert Schumann

schumann_2441248bC’est l’opus symphonique oĂč Robert Schumann affirme sa soliditĂ© psychique, sa pleine possession psychologique, une clairvoyance affirmĂ©e, proclamĂ©e. Admirateur du Beethoven combatif lui aussi, atteint, saisi au plus profond de lui-mĂȘme, Schumann veut dire sa victoire contre la fatalitĂ© et l’adversitĂ©. La Symphonie n°2 porte et cultive ce sentiment hĂ©roĂŻque. Robert semble nous dire : non je ne suis pas fou ! 
 toujours Ă©perdu, enivrĂ© par les beautĂ©s de ce monde et les forces mises Ă  disposition pour vaincre les Ă©preuves. L’opus est crĂ©Ă© Ă  Leipzig le 6 novembre 1846 — durĂ©e indicative : 44 mn.
Le Premier mouvement Ă©nergique requiert nerf et vivacitĂ©, flux organique impĂ©tueux d’oĂč peu Ă  peu Ă©merge la force primitive d’un esprit de conquĂȘte d’une irrĂ©sistible dĂ©termination : c’est un feu volcanique presque dansant que l’orchestre saisit avec une impatience candide Ă©chevelĂ©e : toute la force de vie d’un Schumann pourtant atteint s’exprime dans ce formidable portique d’ouverture.
Le Scherzo regorge lui aussi de belle vitalitĂ© mais ici de nature chorĂ©graphique: Ă  la fois dionysiaque et promĂ©thĂ©en. OĂč le feu de PromĂ©thĂ©e est transmis irradiant aux hommes. MĂȘme accomplissement total pour l’Adagio expressivo : plus intĂ©rieurs, recueillis, au bord du gouffre, bois et cordes en fusion Ă©motionnelle, s’épanchent par contraste. L’énoncĂ© Ă  la clarinette, flĂ»te/basson, hautbois
 accorde pudeur et sensibilité  puis l’alliance cordes/cor dit l’ascension et ce dĂ©sir des cimes, d’oubli et d’anĂ©antissement. C’est le retour rĂȘvĂ© Ă  l’innocence simultanĂ©ment Ă  des blessures secrĂštes.
Enfin dans le Finale s’impose la victoire de l’esprit ; la reprise d’une conscience recouvrĂ©e reconstruit dans l’instant une prodigieuse vitalitĂ© conquĂ©rante : l’ivresse d’un crescendo progressif d’une irrĂ©sistible effervescence affirme l’équilibre et la pleine clairvoyance du hĂ©ros.

 

 

 

TOURCOING, Atelier Lyrique : 17 – 21 mai 2019. ROSSINI : L’occasione fa il ladro

atelier lyrique tourcoing logo_siteTOURCOING, Atelier Lyrique : 17 – 21 mai 2019. ROSSINI : L’occasione fa il ladro. L’occasion fait le larron
 A 20 ans, Rossini compose 5 farces lyriques (burletta, burla ou encore burlettina) en 1812 pour la scĂšne vĂ©nitienne, le thĂ©Ăątre San MoisĂš : ainsi naissent La Cambiale di matrimonio, L’Inganno felice, La Scala di seta, Il Signor Bruschino et L’Occasione fa il ladro. Ces petits opĂ©ras miniature sont jouĂ©s comme intermĂšdes entre les actes d’un opĂ©ra seria.
GĂ©nie prĂ©coce, rĂ©formateur audacieux, insolent, Rossini cultive ce qui relance toujours la tension et les surprises du drame : quiproquos, travestissements, Ă©changes d’identitĂ©, fĂ©minisme avant l’heure (BĂ©rĂ©nice chante ici sa dĂ©termination comme plus tard Rosina, habile Ă  rĂ©ussir son Ă©mancipation
). Et sur le plan de l’écriture, ivresse des mĂ©lodies, virtuositĂ© vocale et bau chant
 car Rossini demeure le maĂźtre des Ă©lĂ©gances, y compris dans le registre comique, dĂ©lurĂ©, dĂ©lirant.

Parmenione / Berenice
USURPATEURS, OPPORTUNS & DÉLURÉS


rossini_portraitL’HISTOIRE
 : Avec son serviteur Martino,  Don Parmenione part Ă  la recherche de la sƓur d’un de ses amis ; les deux complices fuient une tempĂȘte et se rĂ©fugient dans une auberge. Ils y rencontre le jeune Comte Alberto, sur la route pour Ă©pouser sa future femme (BĂ©rĂ©nice), jamais vue. Par mĂ©garde, les deux compĂšres prennent la valise d’Albert dans laquelle se trouve un portrait
 serait ce la fameuse qu’ils recherchent ? Alors Parmenione prend l’identitĂ© d’Alberto et se passe comme tel vis Ă  vis de la belle BĂ©rĂ©nice Ă  Naples
 qui entre temps, mĂ©fiante devant son mariage arrangĂ©, a demandĂ© Ă  sa servante, Ernestina, de prendre sa place
 ainsi le faux Alberto s’pĂ©rend de la fausse BĂ©rĂ©nice. Qui est qui ? Qui trompe qui ? Dans ce jeu d’usurpateur, la vĂ©ritĂ© jaillit, inspirĂ©e par la sincĂ©ritĂ© des cƓurs Ă©pris (ou piĂ©gĂ©s)


Laurent Serrano met en scĂšne cette burla rossinienne en soulignant sa nature musicale burlesque (burletta per musica), et rappelle combien le livret de Rossini s’inspire d’une piĂšce française, Ă  succĂšs – Le PrĂ©tendu par hasard– du poĂšte EugĂšne Scribe, alors gĂ©nie du vaudeville. Le metteur en scĂšne promet de polir et ciseler sa lecture de la verve et du dĂ©lire rossiniens, d’autant qu’il retrouve ainsi en mai 2019, la mĂȘme Ă©quipe Ă  Tourcoing, celle de l’Atelier lyrique dĂ©jĂ  dirigĂ©e pour La cambiale di matrimonio, un autre sommet rossinien, mis en scĂšne en janvier 2017. Nouvelle production Ă©vĂ©nement Ă  Tourcoing, confirmant la belle continuitĂ© de l’Atelier lyrique de Tourcoing, toujours pertinente, dĂ©fricheuse, surprenante


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TOURCOING, Théùtre Municipal Raymond Devos
Gioacchino Rossini (1792-1868) : L’Occasione fa il ladro,
DU 17 AU 21 MAI 2019

RESERVEZ VOTRE PLACE ici /
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/loccasione-fa-il-ladro/

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CRÉATION
DĂšs 8 ans – 1h30
ITALIEN SURTITRE FRANÇAIS
L’Occasion fait le larron ou L’Échange de valise
Burletta per musica (farce en musique)
en un acte, créée au Teatro san MoisÚ de Venise le 24 novembre 1812
Livret de Luigi Prividalli
BasĂ© sur le vaudeville d’EugĂšne Scribe le prĂ©tendu par hasard, ou l’occasion fait le larron

QUÉBEC, Saint-Lambert : 3ù RÉCITAL-CONCOURS INTERNATIONAL DE MÉLODIES FRANÇAISES 2019 (14 et 16 juin 2019)

fc-2019-bandeau-rm-fr-9900000000079e3cQUÉBEC, Saint-Lambert : 3Ăš RÉCITAL-CONCOURS DE MÉLODIES FRANÇAISES 2019. APPEL A CANDIDATURES. Chanteurs de tous les pays, passionnĂ©s de mĂ©lodies françaises, jeunes tempĂ©raments, professionnels dĂ©jĂ  reconnus, prĂ©sentez votre candidature pour la 3Ăš Ă©dition du RÉCITAL-CONCOURS INTERNATIONAL DE MÉLODIES FRANÇAISES Ă  Saint-Lambert au QuĂ©bec (Canada). Volet du formidable festival de printemps, CLASSICA, portĂ© par son directeur, le baryton Marc Boucher (9Ăš Ă©dition en 2019 – du 24 mai au 16 juin 2019), le RĂ©cital-Concours de Saint-Lambert dĂ©fend le rĂ©pertoire français et la langue française, en distinguant chaque printemps, le/la/ meilleur(e) interprĂšte, habile diseur(euse), capable d’articuler et d’enchanter chez Berlioz, FaurĂ©, Debussy, Massenet
 Au final, aprĂšs sĂ©lection, 10 finalistes se prĂ©senteront Ă  Saint-Lambert, les 14 juin (demi-finale) puis 5 candidats le 16 juin 2019, pour la finale Ă  16h. Tous les candidats sont invitĂ©s Ă  interprĂ©tĂ© un cycle de mĂ©lodies françaises. Cette annĂ©e, nuance d’importance : les Ă©preuves se dĂ©roulent avec un PIANO ERARD de concert 1854 (accordĂ© au diapason 435 Hz), note d’élĂ©gance et musicalement d’importance. L’intimisme et la sonoritĂ© propre aux salons, Ă©crins habituels des mĂ©lodies françaises au XIXĂš, sont ainsi respectĂ©s. Une touche Ă  la fois historique et Ă©lĂ©gante qui accrĂ©dite davantage la valeur artistique du Concours en langue française au QuĂ©bec.

 

 

 

APPEL A CANDIDATURES
sans restriction d’ñge
Dotation des prix : 40 000 dollars canadiens
Grand Prix : 10 000 dollars canadiens

3Ăš RECITAL CONCOURS INTERNATIONAL
DE MELODIE FRANCAISE

 

Vendredi 14 juin 2019
DEMI FINALE

Dimanche 16 juin 2019
FINALE

INSCRIPTIONS EN LIGNE
jusqu’au dimanche 31 MARS 2019

 

 

 
Le public sera appelé à voter, ce vote comptant pour 50 % de la note finale accordée à chaque participant.

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PRIX
Des bourses totalisant 40 000 $ CA seront attribuées. Le jury décernera treize prix
dont un GRAND PRIX d’une valeur de 10 000 $
et douze autres prix rĂ©partis comme suit : 7 500 $, 5 500 $, deux prix de 3 000 $, cinq prix de 1 000 $, un prix spĂ©cial de 3 000 $ au meilleur(e) pianiste, un prix de 2 000 $ pour la meilleure mĂ©lodie canadienne ainsi qu’un prix de 1 000 $ pour l’artiste Ă©mergent.

Les critĂšres d’admissibilitĂ© sont disponibles sur le site Internet du Festival Classica Ă 
http://www.festivalclassica.com/recital-concours.html.

DVD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. TEATRO LA FENICE – 4 OPERAS (COFFRET 4 DVD, Ă©ditions Montparnasse)

dvd-editions-montparnasse-la-fenice-la-fenice-di-venezia-alceste-tannhauser-la-flute-enchantee-l-africaine-meyerbeer-dvd-critique-classiquenews-critique-opera-3346030029312DVD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. TEATRO LA FENICE – 4 OPERAS (COFFRET 4 DVD, Ă©ditions Montparnasse). InaugurĂ©e en 1772 de style nĂ©o-classique, le thĂ©Ăątre La Fenice de Venise, maintes fois reconstruite, – elle ne porte pas son nom pour rien (le phĂ©nix qui renaĂźt de ses cendres) offre aujourd’hui l’une des salles les plus prestigieuses du monde
 Rossini, Bellini, Verdi et Donizetti, 
 y ont crĂ©Ă© leurs ouvrages parmi les plus importants, tel La Traviata de Verdi
 qui y fut pourtant dĂ©criĂ© (Ă  sa crĂ©ation en 1853). Les Ă©ditions Montparnasse ont sĂ©lectionnĂ© 4 productions qui montrent aussi l’ouverture vers tous les styles que dĂ©fend l’auguste institution. Le coffret Ă©laborĂ© par les Ă©ditions Montparnasse regroupe 2 piliers du rĂ©pertoire (TannhĂ€user et la FlĂ»te EnchantĂ©e) et deux raretĂ©s pourtant signĂ©es par deux compositeurs majeurs : Alceste de Gluck et L’Africaine de Giacomo Meyerbeer. Choix Ă©quilibrĂ© qui fait la valeur du prĂ©sent coffret de 4 dvd.
- Alceste : la version italienne, rarement jouĂ©e, prĂ©sentĂ©e Ă  l’occasion du tricentenaire de la naissance du compositeur germanique, professeur de marie-Antoinette Ă  Vienne, Christoph Willibald Gluck (Chef d’orchestre : Guillaume Tournaire / Mise en scĂšne : Pier Luigi Pizzi).
- TannhĂ€user: c’est l’opĂ©ra romantique allemand par excellence, conçu par Wagner , champion de l’opĂ©ra de l’avenir, dont le modernisme passe surtout par le chant de l’orchestre et la figure du poĂšte dans laquelle se confond aussi l’idĂ©al dĂ©fendu par Wagner lui-mĂȘme (Chef d’orchestre : Omer Meir Wellber / Mise en scĂšne : Calixto Bieito).
- La FlĂ»te EnchantĂ©e : Ɠuvre Ă  clĂ©s : rituel populaire ou inititiation philosophique, l’opĂ©ra de Mozart, en allemand, est aussi l’un des plus accessibles et des oniriques (Chef d’orchestre : Antonello Manacorda / Mise en scĂšne : Damiano Michieletto).
- L’Africaine : une Ɠuvre rarement jouĂ©e qui appartient au genre du grand opĂ©ra français, un registre que l’on classifie Ă  torts comme poussiĂ©reux et pompeux : rient de tel en vĂ©ritĂ©, mais du drame et des passions exacerbĂ©es selon la vision souvent terrifiante et noire de Meyerbeer (Chef d’orchestre : Emmanuel Villaume / Mise en scĂšne : Leo Muscato).

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DVD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. TEATRO LA FENICE – 4 OPERAS (COFFRET 4 DVD) – Prix indicatif : 40 € – Editions Montparnasse / 4 productions lyrique Ă  La Fenice : Gluck, TannhaĂŒser, Mozart, Meyerbeer
 de StĂ©phane VĂ©ritĂ©, Nicolas Foulon, avec Marlin Miller; Carmela Remigio; Pavlo Balakin; Stefan Vinke; Goran Juric; Antonio Poli; Luca dall’Amico; Davide Ruberti. Prochaine grand critique du DVD La Fenice des Ă©ditions Montparnasse dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

CD, Ă©vĂ©nement, critique. Maurice Ravel : 1875-1937 : Ma mĂšre l’Oye / ShĂ©hĂ©razade / Le Tombeau de Couperin, Orchestre Les SiĂšcles, FX Roth – (1 CD – Harmoni mundi / – Avril 2018)

ravel mamere loye oye critique cd review cd les siecles fx roth maestro clic de classiquenews compte rendu critique cd classqiue news musique classique newsCD, Ă©vĂ©nement, critique. Maurice Ravel : 1875-1937 : Ma mĂšre l’Oye / ShĂ©hĂ©razade / Le Tombeau de Couperin, Orchestre Les SiĂšcles, FX Roth – (1 CD – 56 mn – Harmoni mundi / HMM905281 – Avril 2018). Ma MĂšre L’Oye, ici, dans sa version complĂšte est ce ballet fĂ©erique dont chef et instrumentistes soulignent la richesse inouĂŻe, appelant le rĂȘve, l’innocence et l’émerveillement total ; les interprĂštes montrent combien Ravel inscrit la fable instrumentale dans l’intimitĂ© et la pudeur les plus ciselĂ©es, dans cette sensibilitĂ© active dont il a le secret. Rien n’est dit : tout est suggĂ©rĂ© et nuancĂ© avec le goĂ»t le plus discret mais le plus prĂ©cis.
La partition de 1912 marque une rĂ©volution dans l’esthĂ©tique symphonique française, – marquante par la cohĂ©rence et l’ambition du langage instrumental, marquante surtout par l’extrĂȘme raffinement de l’écriture qui explore et rĂ©invente, aprĂšs Rameau, Berlioz, les notions de couleurs, de nuances, de phrasĂ©s. Ravel est un peintre, d’une Ă©loquence vive, soucieux de drame comme de sensualitĂ© dans la forme. Il veille aussi Ă  la spatialitĂ© des pupitres, imagine de nouveaux rapports instrumentaux : c’est tout cela que l’étonnante lecture des SiĂšcles et de leur chef fondateur François-Xavier Roth nous invite Ă  mesurer et comprendre.

Ravel enchante les contes de Perrault
Magie des instruments historiques

 

ravel-maurice-portrait-compositeur-dossier-ravel-classiquenewsDĂšs le dĂ©but, l’orchestre chante l’onirisme par ses couleurs dĂ©taillĂ©s, la pudeur des secrets par des nuances infimes et murmurĂ©es ; cette Ă©lĂ©gance dans l’intonation qui fait de Maurice Ravel, le souverain français du rĂ©cit et du conte. La douceur magicienne se dĂ©voile avec une puissance d’évocation irrĂ©sistible (par la seule magie des bois : Pavane puis Entretiens de la Belle et de la BĂȘte) ; ainsi se prĂ©cise cette Ă©nigme poĂ©tique qui est au coeur de la musique, dans les plis et replis d’une Valse, claire et immĂ©diate Ă©vocation d’un passĂ© harmonique rĂ©volu ?, en sa voluptĂ© languissante et dansante.
Le geste du chef, les attaques des instrumentistes cultivent la transparence, la clartĂ©, un nouvel Ă©quilibre sonore qui transforment le flux en musical en respirations, Ă©lans, dĂ©sirs caressĂ©s, pensĂ©es, souvenirs
 FX Roth sur le sillon tracĂ© par Ravel fait surgir l’activitĂ© des choses enfouies qui ne demandaient qu’à ressusciter sous un feu aussi amoureusement sculptĂ©. MĂȘme tendresse et mystĂšre ineffable de « Petit Poucet » (hautbois puis cor anglais nostalgiques, prĂ©cĂ©dant les bruits de la nature la nuit,
 trĂšs court tableau qui prĂ©figure ce que Ravel dĂ©veloppera dans L’Enfant et les sortilĂšges). MĂȘme climat du rĂȘve pour « Laideronnette, impĂ©ratrice des Pagodes », autre songe enivrĂ© dont la matiĂšre annonce la texture de Daphnis et Chloé 
Voici assurĂ©ment une page emblĂ©matique de cet Ăąge d’or des la facture française des instruments Ă  vents (Roussel Ă©crit Ă  la mĂȘme pĂ©riode Le Festin de l’AraignĂ©e ; et Stravinksyn bientĂŽt son Sacre printanier, lui aussi si riche en couleurs et rythmes mais dans un caractĂšre tout opposĂ© Ă  la pudeur ravĂ©lienne).

La direction de François-Xavier Roth Ă©blouit par sa constance dĂ©taillĂ©e, murmurĂ©e, enveloppante et caressante : un idĂ©al de couleurs sensuelles et de nuances tĂ©nues, d’une pudeur enivrante.
D’un tempĂ©rament suggestif et allusif, Ravel atteint dans la version pour orchestre et dans le finale « ApothĂ©ose / le jardin fĂ©erique », un autre climat idĂ©al, berceau d’interprĂ©tations multiples, entre plĂ©nitude et ravissement. La concrĂ©tisation d’un rĂȘve oĂč l’innocence et l’enfance s’incarnent dans le solo du violon
 cĂ©leste, d’une tendresse enfouie (avant l’explosion de timbres en une conclusion orgiaque).

Magistral apport des instruments d’époque. A tel point dĂ©sormais que l’on ne peut guĂšre imaginer Ă©couter ce chef d’Ɠuvre absolu, sans le concours d’un orchestre avec cordes en boyau, bois et cuivres historiques.

Plus onctueuse encore et d’une lĂ©gĂšretĂ© badine qui enchante par la finesse de son intonation, la suite d’orchestre « Le Tombeau de Couperin », saisit elle aussi par la justesse du geste comme de la conception globale. L’orchestre se fait aussi arachnĂ©en et prĂ©cis qu’un
 clavecin du XVIIIĂš français, mais avec ce supplĂ©ment de couleurs et d’harmonies qui sont propres Ă  un orchestre raffinĂ©, d’autant plus suggestif sur instruments historiques. Le caractĂšre de chaque danse hĂ©ritĂ©e du siĂšcle de Rameau (Forlane, Menuet, surtout le Rigaudon final qui est rĂ©vĂ©rence Ă  Charbier et sa Danse villageoise
) s’inscrit dans une Ă©toffe filigranĂ©, intensifiant le timbre et l’élĂ©gance dans la suggestion. LĂ  encore, exigence esthĂ©tique de Ravel, le retour aux danses baroques s’accompagnent aussi d’une rĂ©vĂ©rence aux amis dĂ©cĂ©dĂ©s, comme un portrait musical et cachĂ© : Ă  chaque danse, l’ĂȘtre auquel pense Ravel. D’oĂč l’orthodoxie musicale du compositeur vis Ă  vis du genre : le Tombeau est bien cet hommage posthume au dĂ©funt estimĂ© (« tombĂ© sur le champs de bataille »). On peine Ă  croire que ces piĂšces initialement pour piano, trouve ainsi dans la parure orchestrale, une nouvelle vie. Leur identitĂ© propre, magnifiĂ©e par le chatoiement nuancĂ© des instruments historiques. Magistrale rĂ©alisation. Avec le cd Daphnis et ChloĂ©, l’un des meilleurs (Ă©galement saluĂ© par un CLIC de CLASSIQUENEWS).

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CLIC D'OR macaron 200CD, Ă©vĂ©nement, critique. Maurice Ravel : 1875-1937 : Ma mĂšre l’Oye / ShĂ©hĂ©razade / Le Tombeau de Couperin. 1 CD – 56 mn – Harmoni mundi / HMM905281 – Avril 2018 – CLIC de CLASSIQUENEWS.COM de mars 2019.

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tracklisting :

Ma mĂšre l’Oye
Ballet (1911-12)
1 – PrĂ©lude. TrĂšs lent / 3’05
2 – Premier tableau : Danse du rouet et scĂšne. Allegro / 1’58
3 – Interlude. Un peu moins animĂ© / 1’15
4 – DeuxiĂšme tableau : Pavane de la Belle au bois dormant. Lent / 1’38
5 – Interlude. Plus lent / 0’50
6 – TroisiĂšme tableau : Les Entretiens de la Belle et de la BĂȘte. Mouvement de valse modĂ©rĂ© / 4’00
7 – Interlude. Lent / 0’40
8 – QuatriĂšme tableau : Petit Poucet. TrĂšs modĂ©rĂ© / 3’32
9 – Interlude. Lent / 1’20
10 – CinquiĂšme tableau : Laideronnette, impĂ©ratrice des pagodes. Mouvement de marche / 3’24
11 – Interlude. Allegro / 1’07
12 – ApothĂ©ose : le jardin fĂ©erique. Lent et grave / 3’35

13 – ShĂ©hĂ©razade : Ouverture de fĂ©erie (1898) / 13’13

Le Tombeau de Couperin
Suite d’orchestre (1914-1917)
14 – I. PrĂ©lude. Vif : 3’00
15 – II. Forlane. Allegretto : 5’39
16 – III. Menuet. Allegro moderato : 4’42
17 – IV. Rigaudon. Assez vif : 3’16

CD Ă©vĂ©nement, critique. RAVEL : Daphnis et ChloĂ© – Les SiĂšcles, FX ROTH (1 cd HM Harmonia Mundi, 2016)

RAVEL daphnis chloe les siecles francois xavier roth orchestre classiquenews critique musique classique critique cd cd review classiquenews clic de classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, critique. RAVEL : Daphnis et ChloĂ© (1 cd HM Harmonia Mundi, 2016). On ne cesse grĂące Ă  l’orchestre français Les SiĂšcles de mesurer l’apport et le bĂ©nĂ©fice des instruments d’époque : timbres intenses, mordants mieux caractĂ©risĂ©s, couleurs magnifiĂ©es, format sonore repensĂ©, Ă©quilibre et balance rĂ©Ă©valuĂ©s, rĂ©Ă©nergisĂ©s
 le spectre musical paraĂźt miraculeusement rĂ©gĂ©nĂ©rĂ© et notre Ă©coute donc notre connaissance des Ɠuvres s’en trouvent modifiĂ©es. Le bĂ©nĂ©fice nous semble essentiel, le plus grand apport en rĂ©alitĂ© depuis ces derniĂšres annĂ©es, s’agissant de la musique romantique et de la musique du XXĂš en France. De Berlioz Ă  Ravel, les champs nouvellement investis s’en trouvent prodigieusement ressuscitĂ©s. Et c’est Berlioz qui y gagne une expressivitĂ© dĂ©cuplĂ©e et donc un surcroĂźt de pertinence. Ce nouvel album Ravel confirme la justesse de la dĂ©marche interprĂ©tative et artistique des SiĂšcles tant en termes de couleurs, d’accents, de nuances, la partition en sort magnifiĂ©e et sa signification poĂ©tique, son architecture dramatique, revivifiĂ©es.
Berlioz, Ravel
 sont les champs investis et rĂ©ussis par Les SiĂšcles. On se souvient d’un album rĂ©jouissant dĂ©diĂ© au Sacre du Printemps de Stravinksy avec l’instrumentarium propre Ă  Paris au dĂ©but du XXĂš, instrumentarium pour lequel a composĂ© spĂ©cifiquement le compositeur russe ; ou encore un album superlatif rĂ©vĂ©lant comme une nouvelle Ɠuvre, La Mer de Debussy.

FX ROTH montre Ă  prĂ©sent tout ce que les timbres Ă©noncĂ©s par les instruments de facture historique apportent Ă  la comprĂ©hension des partitions : immĂ©diatement le gain en terme de transparence et de clartĂ©, d’activitĂ© intĂ©rieure, de lumiĂšre souterraine, d’architecture simultanĂ©e
 se prĂ©cise et s’affirme. Que l’on parle ici et lĂ  d’un Ravel rĂ©volutionnaire et pictural, coloriste et sensuel ; tout prend sens ici : les Ă©quilibres entre pupitres, la caractĂ©risation nuancĂ©e de chaque timbre et alliage de timbres, les phrasĂ©s, l’intention et la direction de la musique, la formidable spatialisation entre cordes, bois, cuivres, s’en trouvent Ă©lucidĂ©s, mieux dĂ©finis ; et c’est tout l’esthĂ©tisme de Raveil qui surgit sans sa fabuleuse verve magicienne. D’autant que l’orchestre rĂ©uni pour le ballet Daphnis et ChloĂ© est l’un des plus importants conçus par Maurice Ravel, fier Ă©quivalent de Richard Strauss
 mais dans cette ivresse scintillante et sonore qui lui est propre. A l’extase plurielle des timbres, – cette palette mobile et continuellement chamarĂ©e, rĂ©pond aussi le geste mĂȘme du chef et des instrumentistes : plus caractĂ©risĂ©, plus fragile, plus raffinĂ© dans la projection sonore, mais naturellement expressif
 chaque Ă©pisode dramatique gagne un tension supplĂ©mentaire et dĂšs le dĂ©but nous baignons dans la texture opalescente et colorĂ©e d’un orchestre aĂ©rien, suspendu, d’une voluptĂ©, somptueusement chantante.

ravel-maurice-portrait-compositeur-dossier-ravel-classiquenewsDans la transparence et la prĂ©cision, l’orchestre Les SiĂšcle dĂ©voile le gĂ©nie du Ravel poĂšte quand il narre ; jamais dĂ©coratif ou dĂ©monstratif : purement poĂ©tique, cristallisant des instants d’intense Ă©motion. PanthĂ©iste, forge paĂŻenne dont le souffle est celui mĂȘme de la Nature enchanteresse, la partition en 3 parties, est portĂ©e par une vivacitĂ© primitive, essentiellement dansante. Le ballet dans son Ă©coulement est un Ă©cho du Sacre de Stravinsky (partition postĂ©rieure de 1913, dont il partage le goĂ»t des instruments parisiens alors superlatifs au dĂ©but du XXĂš), mais en plus tendre et en plus onctueux, oĂč surgit des accents d’une profonde et fugace fragilitĂ©. AprĂšs la danse grotesque (et raillĂ©e) de Dorcon le jaloux; aprĂšs l’éloquence enivrante de Daphnis; le duo Daphnis et ChloĂ©, puis la danse de Lyceion, s’étire et se dĂ©ploie la grande voile onirique du soir, vaisseau orchestral porteur de mystĂšre
 Tout Ravel est lĂ  dans cette plongĂ©e irrĂ©elle et viscĂ©ralement magicienne (oĂč les nymphes rendent hommage au dieu Pan). A travers l’union des amants, l’éternitĂ© de leur amour fusionnel, Ravel fait surgir l’énigme absolue du dĂ©sir en partage et aussi l’écrin qui le prĂ©serve, le chant langoureux, – antique- d’une Nature omniprĂ©sente, perceptible dans la succession ininterrompue des Ă©pisodes contrastĂ©s.

 
 
 

FX Roth dĂ©voile la magie des timbres d’époque

Ravel panthĂ©iste, jusqu’à l’ivresse


 
 
 

Comme un peintre douĂ© pour les atmosphĂšres les plus tĂ©nues, Ravel a composĂ© une partition chatoyante et climatique aux changements et mĂ©tamorphoses permanents. L’instrumentation y est prodigieusement raffinĂ©e (mĂȘme si D’Indy, sĂ»rement jaloux reproche Ă  Ravel, l’usage systĂ©matisĂ© de la 4Ăš trompette !)
 c’est un rĂȘve ou un songe comme vĂ©cu Ă©veillĂ©, auquel le chant vocalisĂ© (non articulĂ© et sans texte) du chƓur apporte une couleur extatique propre (a capella dans la partie centrale : invocatrice, implorative, hallucinĂ©e
), creusant encore les effets de spatialisation (depuis la coulisse). Roth et les couleurs / timbres rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s de l’orchestre Les SiĂšcles, prĂ©cisent de nouvelles filiations ravĂ©liennes, celles-lĂ  mĂȘme qui convoquent dans un collectif flamboyant les grands poĂštes russes : Moussorgski, Rimsky et Stravinsky
 la culture, le gĂ©nie et l’intelligence des climats, l’hypersensiblitĂ© instrumentale du compositeur se dĂ©voilent sous un nouveau jour. Avec dans la rĂ©alisation poĂ©tique, le surgissement de l’effroyablement expressif et de l’étrangetĂ© presque exotique (« Lent », conclusion du II, avec ses Ă©lĂ©ments « insolites »). 
 
 

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Tout semble prĂ©parer Ă  la magie pure du lever du jour (plage 15), hymne irrĂ©sistible au miracle d’une Nature enfin harmonisĂ©e, magicienne lĂ  aussi : bercĂ©e par son propre rĂȘve (flĂ»te, clarinette
), l’orchestre atteint Ă  l’ivresse sonore, en une texture claire, transparente, scintillante, Ă  la fois profilĂ©e et enveloppante.

Langoureux, d’une Ă©motivitĂ© Ă  fleur de peau, dans des pianissimi Ă  peine perceptibles (Nocturne, 9, avec machine Ă  vent), mais idĂ©alement suggestifs, l’orchestre ne dĂ©crit pas, n’évoque pas : il exprime chaque enjeu de la partition, qu’il s’agisse de la puretĂ© amoureuse ; de l’ivresse onirique, de l’enchantement miraculeux (lever du jour au III, plage 15). De cette pure extase chorale et orchestrale, le chef nous mĂšne avec son orchestre scintillant jusqu’à l’orgie et la transe organique de la danse finale : la palette sonore est Ă©blouissante et subtilement investie.

CLIC D'OR macaron 200Voilà une nouvelle version désormais de référence, tant dans le raffinement de sa réalisation instrumentale, le chef sait repréciser les enjeux esthétiques et la poétique essentielle de la partition conçue par Ravel et créée sous la direction de Pierre Monteux, pour les Ballets Russes, en 1912.

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CD, Ă©vĂ©nement. MAURICE RAVEL (1875-1937) : Daphnis et ChloĂ©, ballet intĂ©gral. Les SiĂšcles ; Ensemble Aedes ; Marion Ralincourt, flĂ»te. François-Xavier Roth, direction. 1 CD Harmonia Mundi. Enregistrements live, 2016 Ă  la Philharmonie de Paris, Ă  la CitĂ© de la Musique de Soissons, au ThĂ©Ăątre ImpĂ©rial de CompiĂšgne
 DurĂ©e : 55mn. CLIC de CLASSIQUENEWS

 
 
 
 
 
 

CD Ă©vĂ©nement, critique. ERNEST CHAUSSON : PoĂšme de l’amour et de la Mer, Symphonie opus 20 (Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch / VĂ©ronique Gens – 1 cd Alpha 2018)

chausson poeme amour et mer alexandre bloch gens orchestre national de lille cd annonce critique cd review cd classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, critique. ERNEST CHAUSSON : PoĂšme de l’amour et de la Mer, Symphonie opus 20 (Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch / VĂ©ronique Gens – 1 cd Alpha 2018). Comme une houle puissante et transparente Ă  la fois, l’orchestre pilotĂ© par Alexandre Bloch sculpte dans la matiĂšre musicale ; en fait surgir la profonde langueur, parfois mortifĂšre et lugubre, toujours proche du texte (dans les 2 volets prosodiĂ©s, chantĂ©s du « PoĂšme de l’amour et de la mer » opus 19) : on y sent et le poison introspectif wagnĂ©rien et la subtile texture debussyste et mĂȘme ravĂ©lienne dans un raffinement inouĂŻ de l’orchestration. D’une couleur plus sombre, d’un medium plus large, la soprano VĂ©ronique Gens a le caractĂšre idoine, l’articulation naturelle et sĂ©pulcrale (« La mort de l’amour » : dĂ©tachĂ©e, prĂ©cise, l’articulation flotte et dessine des images bercĂ©es par une voluptĂ© brumeuse et cotonneuse, mais dont le dessin et les images demeurent toujours prĂ©sent dans l’orchestre, grĂące Ă  sa diction exemplaire : quel rĂ©gal).

 

 

 

L’Orchestre National de Lille et Alexandre Bloch

CHAUSSON sublimé
Parure chatoyante du symphonisme romantique et tragique

 

 

 

L’intelligibilitĂ© de la cantatrice, le poids qu’elle prĂ©serve et assure Ă  chaque vers poĂ©tique (rĂ©agencĂ© par Chausson Ă  partir des textes de Bouchor) sert admirablement le flux orchestral, ses enchantements harmoniques qui bercent et hypnotisent, jusqu’à l’extase et l’abandon. Remarquable Ă©quilibre entre suggestion et allant dramatique. « Le temps des Lilas et le temps des roses ne reviendra plus   » regaillardit Ă  la fin une succession de paysages mornes et Ă©teints mais d’une sourde activitĂ©. Le beautĂ© fragile qui s’efface Ă  mesure qu’elle se dĂ©ploie et se consume trouve une expression caressante et sensuelle dans le chant de l’orchestre, rĂ©signĂ© mais dĂ©terminĂ© (« Et toi que fais-tu ? »). Chausson offre un prolongement Ă  la langueur endeuillĂ©e du Wagner tristanesque : sa fine Ă©criture produit une grĂące assumĂ©e qui contient aussi sa propre rĂ©mission dans sa conscience de la mort. L’élan mĂ©lancolique et le deuil des choses Ă©teintes font le prix de leur Ă©vocation qui les ressuscite toujours indĂ©finiment, dans une sorte de rĂ©itĂ©ration magique, comme ritualisĂ©e, mais jamais artificielle.
Toujours trĂšs articulĂ© et d’une intonation simple, le chef dĂ©ploie les mĂȘmes qualitĂ©s qui avaient fondĂ© sa lecture des PĂȘcheurs de perles du jeune Bizet (opĂ©ra jouĂ© et enregistrĂ© Ă  l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle Ă  Lille / mai 2017).

 

MĂȘme geste nuancĂ© pour le flux de la Symphonie en si bĂ©mol majeur (1891) qui dĂ©livre le mĂȘme sentiment d’irrĂ©pressible malĂ©diction. Le premier mouvement saisit par son souffle tragique (tchaikovskien : on pense Ă  la 4Ăš symphonie) et Ă©videmment l’immersion dans la psychĂ© wagnĂ©rienne la plus sombre et la plus rĂ©signĂ© (avant l’essor de l’Allegro vivo). Chausson est un grand romantique tragique qui cependant Ă©gale par son orchestration scintillante et colorĂ©e, ses Ă©clairs rythmiques, les grands opus de Ravel comme de Debussy.

VoilĂ  qui inscrit le compositeur fauchĂ© en 1899, – trop tĂŽt, dans un sillon prestigieux, celui des grands symphonistes romantiques français : Berlioz, Lalo, Ă©videmment Franck, mais aussi Dukas
 Le « TrĂšs lent », volet central, s’immerge dans le pur dĂ©sespoir, fier hĂ©ritier des prĂ©ludes de Tristan und Isolde de Wagner (mĂȘme couleur d’une douleur foudroyĂ©e), lĂ  encore. Comme s’il reprenait son souffle et sa respiration avec difficultĂ© (en un « effet » volontaire, maĂźtrisĂ©), l’orchestre, clair et prĂ©cis, fluide et ondulant, plonge en eaux profondes. Lamento de la douleur inĂ©narrable, l’épisode de presque 9 mn, Ă©tire sa langueur dĂ©sespĂ©rĂ©e que la parure orchestrale recharge et Ă©nergise cependant constamment : en cela, la direction du chef se montre trĂšs efficace : jamais Ă©paisse, toujours transparente : elle fait respirer chaque pupitre. DĂ©voilant des trĂ©sors d’harmonies rares, et d’alliages de timbres
 d’une ivresse gĂ©niale.
Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille ouvrent de larges perspectives dont l’ampleur nous terrifie comme elle nous captive : faisant surgir les guirlandes mĂ©lodiques sur un nuage brumeux de plus en plus menaçant et lĂ©tal (aprĂšs le motif du « temps des lilas » au cor anglais, rĂ©miniscence de Tristan). Le III applique Ă  la lettre le principe cyclique de son maĂźtre Franck, rĂ©capitulation des motifs prĂ©cĂ©dents mais harmonisĂ©s diffĂ©remment, et dans un climat d’agitation voire de panique au dĂ©but primitif. Alexandre Bloch exprime l’énergie brute, comme Ă  vif, comme incandescente, son ivresse primitive, sa noirceur large et enveloppante (wagnĂ©rienne), tout en se souciant de l’intelligibilitĂ© de la texture (bois, cordes, cuivres sont d’une couleur toute française).
L’architecture des fanfare, Ă©rigĂ©es comme de vastes portiques de plus en plus majestueux (dans l’esprit d’un choral) est Ă©noncĂ©e avec clartĂ© et une rigueur presque luthĂ©rienne. Et le miracle du dernier Ă©pisode,- salvateur, rassĂ©rĂ©nĂ© (formulĂ© comme la clĂ© du rĂ©bus prĂ©cĂ©dent, comme dans la Symphonie en rĂ© de Franck), peut s’accomplir en un geste d’une formidable hauteur (Ă©noncĂ©e comme l’ascension sur l’arche Ă©voquĂ©e ou comme le repli des eaux), et d’une noblesse infinie qui garde son secret. Magnifique rĂ©alisation : riche, trouble, ambivalente, grave et lumineuse : l’écriture de Ernest Chausson y gagne un surcroĂźt d’éloquence, d’intelligence, de prodigieuse activitĂ©. PortĂ© par son directeur musical, l’Orchestre national de Lille confirme une Ă©tonnante et salutaire comprĂ©hension du grand symphonisme romantique français. A suivre. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2019. Les intĂ©ressĂ©s poursuivent actuellement un cycle majeur dĂ©diĂ© aux 9 symphonies de Gustav Mahler (tout au long de l’annĂ©e 2019).

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD Ă©vĂ©nement, critique. ERNEST CHAUSSON : PoĂšme de l’amour et de la Mer, Symphonie opus 20 (Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch / VĂ©ronique Gens – 1 cd Alpha – enregistrĂ© Ă  Lille en novembre 2018)

 

 
 

 

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LIRE aussi notre annonce du CD Ă©vĂ©nement. ERNEST CHAUSSON : PoĂšme de l’amour et de la Mer, Symphonie opus 20 (Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch / VĂ©ronique Gens – 1 cd Alpha)

https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-ernest-chausson-poeme-de-lamour-et-de-la-mer-symphonie-opus-20-orchestre-national-de-lille-alexandre-bloch-veronique-gens-1-cd-alpha/

FESTIVALS été 2019 : GSTAAD MENUHIN FESTIVAL : focus SOL GABETTA. Du 18 juillet au 6 septembre 2019

FESTIVALS Ă©tĂ© 2019 : GSTAAD MENUHIN FESTIVAL : focus SOL GABETTA. Du 18 juillet au 6 septembre 2019, le premier festival de musique classique en Suisse crĂ©Ă©e l’évĂ©nement grĂące Ă  unr formule dĂ©sormais bien connue et identifiĂ©e : paysages alpins saisissants, Ă©glises rustiques, grands concerts sous la tente de Gstaad
 Gstaad Ă©crit son Ă©popĂ©e qui impressionne par le profil des artistes qu’invite son intendant gĂ©nĂ©ral Christoph Muller
 Le directeur sait cultiver les connivences et les amitiĂ©s avec les tempĂ©raments de premier plan.

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SOL GABETTA, le violoncelle enchanté de Gstaad

 

C’est dĂ©jĂ  une longue histoire entre la violoncelliste SOL GABETTA, passion et musicalitĂ© incarnĂ©es, et le festival suisse le GSTAAD MENUHIN Festival, Ă©vĂ©nement estival fondĂ© il a plus de 60 ans par lel Ă©gendaire violoniste Yehudi Menuhin. En 2019, le Festival fĂȘte PARIS, son esprit lumineux, mĂȘlant Ă©lĂ©gance et flamboyance. Au sein d’une programmation riche et diverse, SOL GABETTA prĂ©sente Ă  Gstaad cet Ă©tĂ©, pas moins de cinq concerts de musique de chambre Ă  l’Ă©glise de Saanen, en compagnie de Betrand Chamayou, d’Andreas Ottensamer et Alina Ibragimova, ainsi que de Polina Leschenko et Patricia Kopatchinskaja. La soliste excelle dans l’excercie tĂ©nu de la musique de chmabre, exigeant Ă©coute, complicitĂ©, fusion complĂ©mentaire
 un dĂ©fi que la jeune femme n’ a cessĂ© de porter au sommet Ă  chaque Ă©dition du GSTAAD Menuhin Festival dont elle est devenue une ambassadrice irrĂ©sistible
 
 

RETROUVEZ ICI les concerts SOL GABETTA au GSTAAD MENUHIN Festival 2019
https://www.gstaaddigitalfestival.ch/fr/search?term=sol%20gabetta

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RĂ©trospective SOL GABETTA au GSTAAD MENUHIN Festival : retrouvez ici les grands moments qui ont scellĂ© l’histoire d’une relation singuliĂšre entre le Festival estival suisse et la violoncelliste Sol Gabetta :

Parmi les temps forts de cette collaboration artistique impressionnante, distinguons entre autres : rĂ©cital Beethoven avec le pianiste Rudolf Buchbinder (en couplage la prĂ©sentation par Sol Gabetta de la Sonatine en rĂ© majeur de Franz Schubert dans un arrangement pour violoncelle) ; Sol Gabetta et Polina Leschenko jouent le Sonate pour violoncelle et piano de Prokofiev (1948) ; autre document vidĂ©o, l’évocation par Sol Gabetta et Patricia Kopatchinskaja de leurs enregistrements studio et live
 Autant de contenus vidĂ©o Ă  dĂ©couvrir et revoir sur la plateforme du GSTAAD DIGITAL FESTIVAL

 
 

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Autres artistes à suivre cet été à GSTAAD : Vilde Frang, Gaëlle Arquez, Yuja Wang, Klaus Florian Vogt
 à découvrir, la programmation complÚte du GSTAAD MENUHIN Festival 2019
https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr

 

LIRE AUSSI notre PRESENTATION GENERALE DU GSTAAD MENUHIN FESTIVAL 2019

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CD, critique. SPONTINI : Olympie (version 1826). Aldrich, Vidal, 
 J Rhorer (2 cd 2016 — Pal. Bru-Zane)

spontini olympie vidal aldrich cd critique classiquenews bru zane bz1035CD, critique. Gaspare SPONTINI : Olimpie (version 1826). Gauvin, Aldrich, Vidal, Rhorer (2 cd juin 2016 — Pal. Bru-Zane, collection « opĂ©ra français). Si Cassandre chez Berlioz (Les Troyens) fille de Priam, assiste sans issue ni espĂ©rance, Ă  la chute de Troie, Cassandre chez Gaspare Spontini (1774-1851) dans Olimpie (1819) est
 un homme, comme d’ailleurs Antigone. Autre Ɠuvre, autre genre. Mais Spontini s’inspire de la piĂšce de Voltaire (1761). Tous deux s’opposent pour l’amour d’AmĂ©naĂŻs / Olimpie, fille d’Alexandre le grand. C’est d’ailleurs Cassandre qui la sauve Ă  Babylone, et la jeune femme aime son sauveur
 Mais la mĂšre de la princesse, Statira refuse une telle union : pour elle, Cassandre a tuĂ© Alexandre. Spontini manie le sublime tragique (avant Meyerbeer) avec un gĂ©nie que Berlioz fut le premier Ă  applaudir. Ainsi dans la version de 1819, Olimpie et Statira, la filel et la mĂšre se suicident avant que Antigone ne soit reconnu comme le meurtrier d’Alexandre. Laissant Cassandre innocentĂ©, dĂ©muni et tragiquement esseulĂ©.
Dans la version de 1821, retour au lieto finale et les deux amants, Olimpie et son sauveur peuvent se marier sous la bénédiction de la mÚre.
De Rossini, Spontini maĂźtrise l’élĂ©gance seria ; de Gluck, il prolonge la tension tragique, d’une inĂ©luctable souffrance, d’un inflexible dignitĂ©. Comme ses prĂ©dĂ©cesseurs au carrefour du XVIIIĂš et du XIXĂš prĂ©romantique (Gossec, Piccini, Sacchini, 
), Spontini embrase son orchestre d’accents guerriers (les trombones et les cors sont mĂȘme « trop utilisĂ©s » selon Berlioz). On note l’usage pour la premiĂšre fois du tuba historique ou ophiclĂ©ĂŻde.
La force de l’opĂ©ra revient Ă  ses fabuleux contrastes, en rĂšgle Ă  l’heure baroque, et qui ici, relance constamment la lyre tragique. Il en dĂ©coule des enchaĂźnements qui pourront heurter une Ă©coute trop passive
Ainsi l’air de Cassandre (tĂ©nor) « Oh souvenir Ă©pouvantable » encadrĂ© de deux duos (avec Antigone), et surtout au dĂ©but du II, la priĂšre de Statira, entrecoupĂ©, commentĂ© par de soudaines intrusions du prĂȘtre HiĂ©rophante (Patrick Bolleire, basse) et surtout du chƓur, d’une noblesse irrĂ©sistible. Tout cela intĂšgre le collectif et les destinĂ©es individuelles avec un sens remarquable du drame et des Ă©quilibres poĂ©tiques.

Dans ce sens, la direction de JĂ©rĂ©mie Rhorer et son Cercle de l’Harmonie, manque singuliĂšrement d’équilibre, de clartĂ©, d’architecture, de nerveuse prĂ©cision. Cela sonne sec, parfois brutal. Ce qui rĂ©duit Ă©videmment les champs expressifs et les plans poĂ©tiques d’une oeuvre qui certes est tragique et spectaculaire mais pas moins humaine et profondĂ©ment raffinĂ©e (ne serait-ce que dans le portrait de la fille et de la mĂšre, de leur relation trouble et contradictoire : cf. subtile et superbe confrontation Olimpie-Statira au II ).
Voix du peuple Ă  ÉphĂšse, le ChƓur de la radio flamande par contre s’impose indiscutablement par des nuances linguistiques qui captivent. CĂŽtĂ© solistes, distinguons la mĂšre Statira dont Kate Aldrich cisĂšle chaque facette, celle de la mĂšre tendre et inflexible, et aussi de la veuve haineuse et vengeresse. Sur les traces de la crĂ©atrice, la lĂ©gendaire Caroline Branchu aux qualitĂ©s de tragĂ©dienne immenses, la chanteuse amĂ©ricaine trouve le ton et le style justes. Dans le rĂŽle-titre, Karina Gauvin ne parvient pas Ă  rendre son personnage rĂ©ellement passionnant, – un ĂȘtre capable de fureur, de tendresse (mozartienne), de vĂ©rité  qui ici Ă©chappe au concert. Saluons aussi l’excellente intelligibilitĂ© de Josef Wagner dans le rĂŽle du noir et jaloux Antigone. Remplaçant Charles Castronovo, dans le rĂŽle de Cassandre, rĂŽle clĂ© tant il est riche en registres Ă©motionnels, Mathias Vidal dĂ©ploie un talent rare de diseur et de tragĂ©dien, trouvant par contre les Ă©lĂ©ments psychologiques et les intonations idĂ©ales pour exprimer dĂ©sirs et dĂ©sillusions du prince hĂ©roĂŻque. L’ambitus de la tessiture est constamment sollicitĂ©, offrant au chanteur, une partie digne du thĂ©Ăątre. Rien ne semble flĂ©chir dans son chant tendu, nerveux, lui aussi trĂšs respectueux du texte. tant de nuances et de maĂźtrise contredisent souvent la brutalitĂ© dĂ©jĂ  relevĂ©e de l’orchestre. Dommage. VoilĂ  qui comble mais de façon dĂ©sĂ©quilibrĂ©e notre connaissance d’Olimpie, aux cĂŽtĂ©s des autes ouvrages du maĂźtre adulĂ© de Berlioz : La Vestale, Fernand Cortez (1809), commande de NapolĂ©on, ou AgnĂšs von Hauhenstanden (1829).

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spontini olympie vidal aldrich cd critique classiquenews bru zane bz1035CD, critique. Gaspare SPONTINI : Olimpie (version 1826). TragĂ©die lyrique en trois actes. Livret d’Armand-Michel Dieulafoy et Charles Brifaut, d’aprĂšs la piĂšce de Voltaire. Karina Gauvin, Kate Aldrich, Mathias Vidal, Josef Wagner, Patrick Bolleire, Philippe Sauvagie. ChƓur de la Radio flamande. Cercle de l’Harmonie, JĂ©rĂ©mie Rhorer, direction (2 cd juin 2016 — Pal. Bru-Zane, collection « opĂ©ra français)

LIRE aussi notre prĂ©sentation de l’opĂ©ra Olympie de Spontini (1819) : http://www.classiquenews.com/olympie-de-spontini-1819/

POITIERS, TAP. Le 20 mars 2019. FAURE : Requiem, Pelléas

sargent-faure-gabriel-portrait-1280px-John_Singer_Sargent_-_Gabriel_Faure-livres-homepage-magazine-livres-classiquenews-582POITIERS, TAP. Le 20 mars 2019. FAURE : Requiem, PellĂ©as. C’est la concrĂ©tisation attendue d’un projet rĂ©alisĂ© entre l’Orchestre des Champs ElysĂ©es et le TAP. Depuis sa crĂ©ation en 2014, ChƓur et orchestre des jeunes implique des jeunes du territoire poitevin, issus de divers horizons. Cette annĂ©e les lycĂ©ens d’établissement d’enseignements gĂ©nĂ©ral, technologique, professionnel et agricole, et les Ă©lĂšves des conservatoires sont rejoints par des jeunes en situation de handicap sans pratique musicale rĂ©guliĂšre. Une expĂ©rience de rencontre et de partage, de sensibilisation et de transmission, autour d’une ambition commune. Au programme de cette 6Ăšme Ă©dition, le Requiem de FaurĂ©, Ɠuvre majeure du compositeur qui frappe par sa paradoxale douceur et son appel Ă  l’espĂ©rance, et la crĂ©ation d’un jeune compositeur (Louis Daval Frerot The unquestioned answer), auquel l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es a passĂ© commande.

Au cƓur de l’expĂ©rience, associant jeunes chanteurs et musiciens sur instruments d’époque de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es, l’Ɠuvre raffinĂ©e, profonde mais si mesurĂ©e voire pudique de Gabriel FaurĂ©, qu’il faut jouer avec clartĂ©, transparence et un art des nuances, consommĂ©. Le Requiem version pour grand orchestre de 1900, est couplĂ© avec la suite PellĂ©as, vĂ©ritable manifeste de musique française propre Ă  l’extrĂȘme fin du XIXĂš (1898) : FaurĂ© Ă©crivant cette musique de scĂšne aprĂšs que Debussy eut dĂ©clinĂ© la commande Ă©noncĂ©e par l’actrice Mrs Patrick Campbell. Dans sa version pour orchestre, – sans mise en scĂšne, FaurĂ© a lui-mĂȘme orchestrĂ© (la partition pour le thĂ©Ăątre ayant Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e par son Ă©lĂšve Charles Koechlin) ; la dĂ©licatesse de l’orchestration n’empĂȘche pas une certaine ampleur proche des climats souterrains, marins du poĂšme initial de Maeterlinck.

 

 

 

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POITIERS, TAPboutonreservation
Mercredi 20 mars 2019, 19h30
Gabriel Fauré  : Requiem op. 48 (version pour grand orchestre de 1900), Pélléas et Mélisande
Louis Daval Frerot : The unquestioned answer
ChƓur et orchestre des jeunes
Orchestre des Champs-Elysées
Mathieu Romano, direction

 

 

 

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https://www.tap-poitiers.com/spectacle/choeur-et-orchestre-des-jeunes-4/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

COMPTE-RENDU, opéra. SAINT-ETIENNE, Théùtre Massenet, le 10 mars 2019. GODARD : Dante. Gaugler, Marin-Degor
 Vesperini / Gerts.

dante-godard-opera-critique-annonce-opera-benjamin-godard-opera-de-saint-etienne-annonce-critique-opera-classiquenewsCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. SAINT-ETIENNE, ThĂ©Ăątre Massenet, le 10 mars 2019. GODARD : Dante. Gaugler, Marin-Degor
 Vesperini / Gerts. SAINT-ETIENNE confirme son Ă©tonnante disposition Ă  dĂ©voiler des trĂ©sors oubliĂ©s de notre patrimoine. Pour ce Dante dont il n’existe q’un enregistrement (assez inĂ©gal en raison de chanteurs peu nuancĂ©s voire inintelligibles et d’un orchestre « routinier »), voici sur la scĂšne stĂ©phanoise, impliquant tous les ateliers de fabrication locaux (dĂ©cors, costumes, machinerie), la version scĂ©nique de l’ouvrage. Une rĂ©crĂ©ation mondiale car l’opĂ©ra de Benjamin Godard n’avait pas Ă©tĂ© produit sur les planches depuis sa crĂ©ation (malheureuse) en 1890. La rĂ©vĂ©lation est majeure car elle souligne un gĂ©nie du drame et de l’onirisme noir, souvent sombre, dont l’orchestre et le chƓur sont constamment sollicitĂ©s, en teintes expressives, raffinĂ©es, particuliĂšrement oniriques. L’écriture de Godard synthĂ©tise le meilleur Ă  son Ă©poque, Massenet et Verdi pour le drame, Gounod, Berlioz pour la distinction, sans omettre des couleurs et des harmonies puissantes qui rappellent Tchaikovski et annonce bientĂŽt la transparence d’un Ravel. C’est dire.
En outre l’architecture de l’opĂ©ra est claire ; les deux premiers actes (Ă  Florence) Ă©voquent l’ambition et la chute politique de Dante qui fut dans les faits, et de façon trĂšs fugace, Prieur de la capitale toscane ; puis Ă  partir de l’acte III, et le fameux « songe de Dante », la rĂ©alisation de l’idĂ©al artistique et poĂ©tique de l’artiste ; une cĂ©lĂ©bration qui vaut aussi identification pour Godard. Comme Wagner, le Français aborde le thĂšme de l’artiste et de la sociĂ©tĂ©, en prĂ©cisant la grandeur du destin du premier ; la violence stĂ©rile de la seconde (guerre Gibelins / Guelfes).

 
 
 

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Le continuum dramatique est assurĂ© par les options du metteur en scĂšne Jean-Romain Vesperini qui, -ouf, et pour notre plaisir, Ă©carte toute tentation vidĂ©o, prĂ©fĂ©rant la magie d’une machinerie XIXĂš, somptueux dispositif de passerelles et d’escaliers en colimaçon, sur une tournette centrale. L’esthĂ©tique de l’ensemble (changements Ă  vue) renforce la force de la vision de l’acte III.
Confirmant Dante sur son chemin de gloire, afin qu’il accomplisse sa vocation poĂ©tique, BĂ©atrice, la femme aimĂ©e, convoitĂ©e, devient sa muse ; et Virgile qui apparaĂźt sur la colline napolitaine lui rĂ©vĂšle la vision des enfers : de fait, Godard nous livre une puissante et mordante figuration infernale qui n’a rien Ă  envier aux opĂ©ras baroques ni aux Ă©vocations fantastiques d’un Berlioz. Tout concourt d’ailleurs Ă  la sublimation de la vocation artistique du hĂ©ros : l’opĂ©ra incarne son apothĂ©ose, ce que confirme la derniĂšre scĂšne qui voit le poĂšte Dante Ă  prĂ©sent conscient et sĂ»r de son Ɠuvre Ă  venir (La Divine ComĂ©die).
La sĂ©duction des mĂ©lodies (Gounod n’est pas loin), la couleur ombrĂ©e gĂ©nĂ©rale, la puissance du chƓur, surtout l’orchestre de Godard affirment un trĂšs grand talent taillĂ© pour l’opĂ©ra.

Les costumes et leurs couleurs hĂ©raldiques dĂ©veloppent une vision « rĂ©trofuturiste » qui modernise le Moyen-Âge selon le goĂ»t de Godard. La poĂ©sie (lumiĂšres vaporeuses) est constante et continue de dessiner le profil du poĂšte artiste face Ă  la sauvagerie de la sociĂ©tĂ©.

dante-paul-gaugler-opera-benjamin-godard-opera-reportage-partition-opera-evenement-saint-etienne-operaLe plateau vocal est globalement convaincant. L’émission du tĂ©nor Paul Gaugler dans le rĂŽle-titre pourra en rebuter plus d’un, mais son articulation, son sens du texte, ses phrasĂ©s proches de la mĂ©lodie, comme ses aigus en force, composent in fine un Dante, crĂ©dible, consistant qui souffre et trouve enfin sa vocation de poĂšte (prĂȘt Ă  immortaliser son amour et sa quĂȘte). A ses cĂŽtĂ©s, la muse justement et l’ñme-sƓur, Sophie Marin-Degor affirme une vĂ©ritĂ© stylistique qui Ă©claire de façon immĂ©diate la noblesse de cette Ăąme amoureuse et loyale : c’est elle qui verrouille le destin poĂ©tique de Dante (« pour ĂȘtre aimĂ©, fais ton devoir », tout est dit dĂšs l’acte I). Godard dans le dernier acte, celui oĂč elle est cloĂźtrĂ©e, et juste avant de succomber sur l’épaule de son aimĂ©, lui rĂ©serve un air bouleversant : l’enfant se rebelle contre la volontĂ© de son pĂšre (qui l’a promise Ă  un autre
 Bardi, le rival de Dante), et l’amoureuse radicale y expose clairement l’intensitĂ© de son sacrifice. S’il est maudit sur cette terre, Dante immortalisera leur amour.

Le compositeur renforce le chant soliste par un second couple, plus sombre et noir ; celui de Simeone Bardi dont l’esprit de haine et la jalousie prĂ©cipite la chute du Dante politique Ă  Florence (valeureux et intelligible JĂ©rĂŽme Boutillier) ; tandis que dans le rĂŽle de Gemma, la confidente de BĂ©atrice (et qui aime elle aussi Dante), AurhĂ©lia Varak rĂ©serve un timbre sĂ©duisant, digne d’une Dalila, mais l’articulation demeure imprĂ©cise.
L’excellent FrĂ©dĂ©ric Caton (basse ample et articulĂ©e) rayonne en Virgile dans le songe de Dante. Le ChƓur lyrique Saint-Etienne Loire dĂ©fend chaque partie, d’autant que l’énergie du chef estonien Mihhail Gerts montre combien ce Dante vaut bien des Werther de Massenet (mĂȘme librettiste) ou des Faust de Gounod. Vite, d’autres dates et une reprise de ce chef d’Ɠuvre oubliĂ©, enfin ressuscitĂ©, de l’OpĂ©ra romantique français. Il reste une derniĂšre date Ă  Saint-Etienne, demain mardi 12 mars 2019. Must absolu.

 
 
 
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COMPTE-RENDU, opéra. SAINT-ETIENNE, Théùtre Massenet, le 10 mars 2019. GODARD : Dante. Gaugler, Marin-Degor
 Vesperini / Gerts.

Mise en scĂšne : Jean-Romain Vesperini
DĂ©cors : Bruno de LavenĂšre
Costumes : CĂ©dric Tirado

Dante : Paul gaugler
BĂ©atrice : Sophie Marin-Degor
Bardi : JĂ©rĂŽme Boutillier
Gemma : Aurhélia Varak
Un vieillard / Virgile : Frédéric Caton
L’écolier : Diana Axentii
Un héraut : Jean-François Novelli

ChƓur lyrique Saint-Etienne Loire
Laurent Touche, direction

Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire
Mihhail Gerts, direction. Photos grands formats © C Cauvet / Opéra de Saint-Etienne 2019

 
 
 
 
 
 

CD Ă©vĂ©nement, critique. STRADELLA : La Doriclea (Il Pomo d’Oro, Andrea De Carlo, 3 cd ARCANA 2017)

stradella doriclea cd critique de marco arcana critique opera stradella critique concerts opera classiquenews musique classiqueCD Ă©vĂ©nement, critique. STRADELLA : La Doriclea (Il Pomo d’Oro, Andrea De Carlo, 3 cd ARCANA 2017). Suite de l’intĂ©grale des Ɠuvres lyriques de l’immense Stradella. InstallĂ© Ă  GĂȘnes depuis dĂ©cembre 1677, Alessandro Stradella n’en poursuit pas moins une intense activitĂ© de compositeur d’opĂ©ras pour l’Ă©lite romaine (la famille Orsini par exemple) dont plusieurs opĂ©ras vĂ©nitiens sur la scĂšne du Teatro de Tordinona. La langue romaine de Stradella se pĂąme souvent, se tend et se dĂ©tend mais avec un souci constant du legato : son thĂ©Ăątre a le souci du verbe, de sa cohĂ©rence, d’un tableau Ă  l’autre
 comme Monteverdi Ă  Venise ; Doriclea est un opĂ©ra textuel et linguistique ; rien n’y peut s’y rĂ©soudre sans une complĂšte maestriĂ  du rĂ©citatif, comme des airs (lesquels sont particuliĂšrement courts, Ă  peine dĂ©veloppĂ©s : on est loin des arie da capo, propre Ă  l’opĂ©ra du XVIIIĂš). En ce 17Ăš triomphant, – Seicento Ă  son acmĂ©, Stradella rĂ©alise dans les annĂ©es 1670, une Ă©criture essentiellement palpitante qui Ă©merveille et enchante souvent par la riche palette des nuances Ă©motionnelles contenues dans le texte.
L’interprĂ©tation qu’en propose Andrea De Carlo est passionnante : la caractĂ©risation du continuo, parfaitement canalisĂ©e et bien enveloppante des voix solistes, Ă©claire ce jeu thĂ©Ăątral, des intrigues et registres mĂȘlĂ©s, dont le mĂ©tissage dĂ©rive directement du thĂ©Ăątre littĂ©raire espagnol. La tension expressive du dĂ©but Ă  la fin, Ă  travers rĂ©citatifs (primordiaux ici) et airs, rend justice Ă  cette esthĂ©tique psychologique, qui sous le masque de la diversitĂ©, des contrastes incessants, de la volubilitĂ© de caractĂšres et d’humeurs, Ă©pinglent l’inconstante maladive des cƓurs, la folie que sait instiller partout l’Amour, insolent, facĂ©tieux, dĂ©routant, celui qui sĂšme la jalousie et le dĂ©sir fulgurant.
Andrea De Carlo affirme une belle intelligence de ce genre lyrique, en rĂ©alitĂ© si proche du thĂ©Ăątre. Mais avec cette distinction et cette sensualitĂ© qui justifient amplement la mise en musique du livret riche en rĂ©fĂ©rences poĂ©tiques, signĂ© d’un lettrĂ© et patricien de Rome, Flavio Orsini.

Parmi les chanteurs acteurs, notons le bon niveau gĂ©nĂ©ral mais un tempĂ©rament se dĂ©tache par l’articulation palpitante du verbe : la mezzo soprano Giuseppina Bridelli qui incarne Lucinda, soulignant vertiges et dĂ©sirs d’un cƓur ardent ; tandis qu’à musicalitĂ© et onctuositĂ© expressive Ă©gales, la Doriclea / Lindoro d’Emöke Barath, soprano hongroise vedette (entre autres rĂ©vĂ©lĂ©e dans le cadre des recrĂ©ations Rameau et Mondonville pilotĂ©es par l’excellent chef György Vashegyi Ă  Budapest) n’atteint pas Ă  cette caractĂ©risation nuancĂ©e, Ă  cette intelligibilitĂ© naturelle de Bridelli ; cette derniĂšre donne chair et vie aux rĂ©citatifs dont la dĂ©clamation est ici fondamentale. Et il faut beaucoup de souplesse comme d’imagination allusive pour vivifier et Ă©clairer les rĂ©citatifs ; Stradella comme ses contemporains VĂ©nitiens, cisĂšle un thĂ©Ăątre oĂč la langue doit demeurer constamment intelligible. Giuseppina Bridelli est de ce point de vue exemplaire (Ă©coutez ces deux airs dans l’acte III : « le dolent Spera mio core ; le plus ardent, mordant, voire conquĂ©rant : « Da un bel ciglo. » 
Rien Ă  dire non plus de la part des voix les plus graves (celles du couple comique, plein de rĂ©alisme populaire et douĂ© d’un bon sens raisonnable) : le contralto de Gabriella Martellacci, prĂ©sente, dĂ©terminĂ©e ; comme le Giraldo un rien comique, dĂ©lurĂ© du baryton impeccable Riccardo Novaro dont la verve et lui aussi l’intelligibilitĂ© prĂ©servĂ©e, annoncent ce type de baryton bouffe d’esprit vĂ©nitien, dĂ©jĂ  prĂ©rossinien (annonçant les masques fantaisistes de tous les buffas napolitains du XVIIIĂš).

Lui rĂ©pond le continuo articulĂ©, mordant lui aussi d’Il Pomo d’Oro, superbement Ă©quilibrĂ© et bondissant car veille Ă  la prĂ©cision comme aux rebonds expressifs, le chef Andrea De Carlo. C’est Ă  lui que nous devons la moisson rĂ©cente d’excellents opus Stradelliens, sujets d’enregistrements d’une indiscutable intĂ©rĂȘt musical. Doriclea est le 5Ăš volume du Stradella Project. Voici donc au sein d’une intĂ©grale lyrique en cours, l’un des opus les plus rĂ©ussis, comblant une lacune scientifique absurde. Stradella est bien l’un des gĂ©nies de l’opĂ©ra italien du XVIIĂš. Cette premiĂšre mondiale est une rĂ©vĂ©lation, servie par un chef, des instrumentistes et plusieurs chanteurs de premiĂšre valeur.

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CLIC D'OR macaron 200CD, Ă©vĂ©nement. STRADELLA : DORICLEA (Rome, vers 1670). EmƑke BarĂĄth (Doriclea), Giuseppina Bridelli (Lucinda), Gabriella Martellacci (Delfina),(Riccardo Novaro (Giraldo), Xavier Sabata (Fidalbo), Luca Cervoni (Celindo) – Il Pomo d’Oro. Andrea De Carlo, direction (3 cd ARCANA / OUTHERE – enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Caprorola, Italie / sept 2017) – CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2019.

Cette premiÚre sortie discographique mondiale de La Doriclea est une réalisation majeure pour The Stradella Project, qui signe ainsi le cinquiÚme volume de la série.

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Approfondir

Retrouvez la mezzo Giuseppina Bridelli en tournĂ©e avec Le CONCERT DE L’HOSTEL DIEU : dans un programme DUEL HANDEL / PORPORA, ou l’ñge d’or de la volcaitĂ  Ă  Londres au XVIIIĂš (annĂ©es 1730) – nouveau cycle

LIRE aussi notre présentation annonce du coffret DORICLEA de STRADELLA, premiÚre discographique piloté par Andrea De Carlo 

VOIR aussi le reportage STRADELLA PROJECT initiĂ© par le chef et musicologue ANDREA DE CARLO, engagĂ© Ă  rĂ©tablir aujourd’hui le gĂ©nie de Stradella / en liaison avec le Festival de NEPI : FESTIVAL BARROCCO Alessandro Stradella
http://www.festivalstradella.org/photos-videos/

Focus on Doriclea : tĂ©moignages des chanteurs, du chef entre autres sur la nĂ©cessitĂ© de l’éloquence, du texte, Ă©lĂ©ment moteur du chant baroque stradellien :
https://www.youtube.com/watch?v=ZjlKNkLA4O8

COMPTE RENDU, concert. LILLE, ONL, le 28 fév 2019. MAHLER : Symphonie n°2 « Résurrection ». Orch National de Lille / Alexandre Bloch.

cycle-mahlerCOMPTE RENDU, concert. LILLE, ONL, Nouveau SiĂšcle, le 28 fĂ©vrier 2019. MAHLER : Symphonie n°2 « RĂ©surrection ». Orchestre National de Lille. Alexandre Bloch. La premiĂšre Symphonie Titan marquait dĂ©jĂ  l’ampleur d’une Ă©criture trĂšs inspirĂ©e. Premier essai, premier coup de gĂ©nie (1). Dans la 2Ăš Symphonie, l’architecture s’élĂšve encore : du tumulte initial, l’énergie gravit peu Ă  peu la montagne, jusqu’à Ă©difier une cathĂ©drale
 spirituelle et mystique. Alexandre Bloch nous conduit dans ce cheminement qui fait de la Symphonie n°2 une symphonie de compassion, de dĂ©livrance, une formidable machine cathartique et salvatrice.

 
 
 

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Le premier mouvement marque d’emblĂ©e l’échelle du cadre symphonique : colossale voire abyssale. Le souffle, la dimension n’ont jamais Ă©tĂ© Ă  ce point aussi grandioses, – les contrastes enchaĂźnĂ©s, aussi vertigineux… dans la pensĂ©e, autant que dans les nouvelles sonoritĂ©s et trouvailles esthĂ©tiques requises pour en exprimer l’énergie. Au dĂ©but, le chant Ăąpre des contrebasses mĂšne la danse (comme le dĂ©but de la Walkyrie de Wagner en une sorte de chevauchĂ©e nocturne, ivre, panique), puis c’est la priĂšre des hautbois Ă  l’élĂ©gance toute racĂ©e ; ainsi s’affirme le balancement jamais rĂ©solu entre dĂ©sarroi dĂ©pressif et viscĂ©rale espĂ©rance d’un Mahler accablĂ© par le destin. Les cuivres clament cette prise de conscience supĂ©rieure qui se fait onctueuse douceur aux cordes, clarinettes et cors.
Alexandre Bloch fait surgir comme un matrice bouillonnante le mouvement des forces contraires et pourtant concomitantes, avec une franchise de ton et la volontĂ© d’en dĂ©coudre aprĂšs avoir exposĂ© toutes les cartes d’un jeu trouble Ă  son dĂ©but. Fureur contre l’adversitĂ©, impuissance face aux Ă©lĂ©ments contraires et dĂ©pression profonde (marche des harpes), et pourtant, toujours, indĂ©fectible foi
 Tout est lĂ , Ă  la fois d’une clartĂ© lugubre et d’une tendresse terrorisĂ©e mais tenace. C’est d’ailleurs cette rĂ©sistance coĂ»te que coĂ»te, et cette opiniĂątretĂ© qui cimentent toute la construction comme elle inspire la formidable Ă©nergie du chef.

 
 
 
 
 
 

Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille rĂ©alisent la prodigieuse mĂ©tamorphose Ă  l’Ɠuvre dans la 2Ăš Symphonie de Mahler


SAUVAGERIE, COMPASSION, RESURRECTION

 
 
 
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CritiquĂ© vertement par son modĂšle, Hans von Bulow (le crĂ©ateur de Tristan) et grand dĂ©fenseur alors de Richard Strauss, Mahler qui lui avait fait Ă©coutĂ© l’esquisse de la 2Ăš (en son premier mouvement dĂ©nommĂ© Totenfeier, « fĂȘte des morts », mouvement indĂ©pendant achevĂ© dĂšs 1888), ne se laisse pas dĂ©courager. Bien au contraire. ChevillĂ© au corps, l’exercice de composition est une nĂ©cessitĂ© vitale.
Ce combat pour s’affirmer, cette clairvoyance pleinement assumĂ©e se prĂ©cisent dans la magma de la 2Ăš, dĂšs son premier mouvement initial (Allegro maestoso), vĂ©ritable cathĂ©drale sonore oĂč s’affrontent toutes les forces en prĂ©sence, apparentes puissances contradictoires, en fait pilier d’un monde symphonique nouveau oĂč Mahler dans les faits, fusionne et Wagner, et Bruckner, et toutes les narrations symphoniques connues jusque lĂ , organisant peu Ă  peu le chaos du dĂ©but, rĂ©capitulant, architecturant son grand Ɠuvre en devenir
 afin d’éclairer l’orchestre par sa propre voix.

C’est dans ce bain primordial, cet Ă©lan en structuration que nous convie Alexandre Bloch, exploitant toutes les riches alliances de timbres, les frottements de sonoritĂ©s d’une page blanche, dont l’essence est expĂ©rimentale. Le chef aime piloter les instrumentistes jusque dans leurs retranchements sonores ultimes : caresses des cordes, Ă  l’ivresse Ă©perdue dont les cors amoureux se font l’écho

La palette est infinie et suscite bien des climats contrastĂ©s, dont l’apparente insouciance (tapisserie miroitante de l’harmonie des vents et des bois) n’écarte jamais un soubresaut d’angoisse sourde, souterraine (carillon des harpes). Ici rĂšgnent l’abandon espĂ©rĂ© et le sentiment d’une terreur prĂ©sente, profonde, non encore clairement Ă©lucidĂ©e. VoilĂ  qui est posĂ©, franchement, dans ce premier mouvement oĂč tout est dit, condensĂ©, en une flamboyante sauvagerie.

Le second mouvement (Andante moderato) dĂ©bute aprĂšs une pause marquĂ©e selon le voeu de Mahler lui-mĂȘme (Ă  32mn44), comme pour mieux absorber la charge terrible du premier mouvement (mouvement indĂ©pendant en soi, du fait de l’histoire de sa genĂšse). L’allant flexible et chantant de cette nouvelle sĂ©quence est plus calme (flĂ»te et harpe), mais n’écarte pas non plus l’accent Ă  peine canalisĂ© de nouvelles menaces. Mais ici rĂšgne le miel rĂ©confortant d’une grande guitare (pizz des cordes, soulignĂ©s par la flĂ»te), source d’un rĂ©confort imprĂ©vu (glissandi amoureux des cordes).

Le 3Ăš, Scherzo (43mn31) est ciselĂ© comme un balancement hypnotique d’une souplesse qui se convulse et est prĂȘte Ă  dĂ©raper. Un dĂ©sĂ©quilibre prĂȘt Ă  rompre le fil et l’équilibre : le hĂ©ros reprend son chemin, comme enivrĂ© par son propre enthousiasme (rondeur souple des clarinettes, vivacitĂ© des flĂ»tes, Ă  laquelle rĂ©pond la joie des hautbois
). Le promeneur fanfaronne et l’orchestre s’éveille Ă  la grandeur du paysage et des cimes qui se prĂ©cisent : comme saisi et surpris par l’ampleur du paysage qui l’environne soudain, le marcheur contemple la dĂ©mesure des forces auxquelles il doit se confronter. Ce vertige, Alexandre Bloch nous le fait ressentir avec des dĂ©charges millimĂ©trĂ©es, une attention spĂ©cifique aux petits dĂ©tails de l’orchestration, toujours savoureuse.
D’un oeil cinĂ©matographique, jouant sur les Ă©chelles, le chef demeure Ă  l’affĂ»t de la moindre inflexion contenue dans la partition, et qui dĂ©voile le relief du paysage. Ses parts d’ombre, ses contours annonces de la vie cĂ©leste


Puis Ă  53mn57, est enchainĂ© l’Urlicht : texte entonnĂ© par la mezzo (Christianne Stotijn) dont le cuivre vocal rĂ©pond Ă  la fanfare lointaine qui redessine un paysage assagi, claire rĂ©fĂ©rence Ă  un choral d’apaisement. La soliste rĂ©pand ce baume qui efface toute douleur, toute dĂ©tresse, laissant envisager ce qui Ă©tait jusque lĂ  refusĂ© : l’ascension vers le ciel (Ă©lĂ©vation des corps exprimĂ© par le hautbois qui s’enlace Ă  la voix). Ici surgit l’extase mystique d’un Mahler spirituel : « De dieu je viens et veux retourner Ă  Dieu ».

Alexandre Bloch fait entendre alors le tumulte du cosmos, dĂ©chirure, dĂ©flagration qui sonne comme une porte qui s’ouvre (Ă  la façon de la scĂšne de rĂ©vĂ©lation de la Femme sans ombre de Richard Strauss)
 De fait, nous ne sommes pas loin de l’opĂ©ra ; du moins dans cette scĂšne, aux jalons mystiques d’une intensitĂ© irrĂ©sistible, Mahler Ă©crit son oratorio le plus inspirĂ©. A 1h01mn18 : les cuivres expriment enfin l’échelle du cĂ©leste qui rejoint la terre et lui permet de gravir la passerelle vers l’éternitĂ© (marches Ă©noncĂ©es par la harpe)


Les 30 derniĂšres minutes de ce Finale grandiose, apothĂ©ose ultime de l’architecture ascensionnelle dĂ©crivent la citĂ© idĂ©ale qui paraĂźt alors au pĂšlerin, les plaintes de ce dernier, sa priĂšre face au CrĂ©ateur ; la perte de l’espoir, et le vertige de l’abandon
 (1h05mn puis 1h09m50).

 
 
 

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Alors s’exprime la promesse de la RĂ©surrection pour celui qui a cheminĂ© aussi durement. C’est la rĂ©mission tant espĂ©rĂ©e (1h06mn19) qui se profile (rĂ©bus et rĂ©solution de l’énigme aux trombones / bassons majestueux)
L’immense clameur d’espĂ©rance surgit et se renforce , puis la paix se profile (1h16mn), l’éternitĂ© rĂ©pond (fanfare Ă  1h17mn43)


Enfin le chƓur (1h20mn04) murmurant Ă©nonce la dĂ©livrance et la bĂ©atitude espĂ©rĂ©e
 Par la voix de la soprano (Kate Royal Ă  1h21mn49) -, enfin tout est exaucĂ©, pardonnĂ©, permis : « Tu ressusciteras mon corps »
Ce Ă  quoi Mahler rĂ©pond par la voix de la mezzo (1h26mn57), dans un texte qui est de lui : « Ce Ă  quoi tu as aspirĂ©, est Ă  toi / A toi ce que tu as aimĂ©, ce que tu as conquis », sublime Ă©mancipation, ultime courage contre l’adversité  et rĂ©confort pour les ĂȘtres douĂ©s d’une volontĂ© supĂ©rieure (« Ce que tu as endurĂ© te portera vers Dieu »). L’Ɠuvre de compassion se rĂ©alise enfin par le cri du chƓur qui droit aux cĂŽtĂ©s des deux anges intercesseurs, Ă©lĂšve le pĂȘcheur terrassĂ©.

Le Paradis est donc au bout du chemin. Mais avant, 
 quelles Ă©preuves et quel dĂ©couragement, quelles angoisses et quelles paniques faut-il Ă©prouver. Le grand bain orchestral, forge et matrice exutoires nous le font entendre, dans un fracas expressif que la direction d’Alexandre Bloch enveloppe d’une tension toute humaine, et mĂȘme dans sa rĂ©solution progressive (au sein du Finale bouleversant), fraternelle et si naturellement familiĂšre.

 
 
 

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Solistes au verbe incarnĂ©, chƓur dĂ©chirant, machine orchestrale en mĂ©tamorphose, chef soucieux des Ă©quilibres, et surtout de l’intelligibilitĂ© du texte final
 l’expĂ©rience aux dimensions colossales a passĂ© et rĂ©vĂ©lĂ© sa couleur et sa vibration humaine. Jusqu’au carillon ultime, de dĂ©livrance et de lĂ©vitation d’un magnĂ©tisme inoubliable. C’est peu dire que Mahler fait partie des gĂšnes de l’Orchestre lillois. Cette session nous le montre encore. Alexandre Bloch s’inscrit dans la lignĂ©e du mahlĂ©rien Jean-Claude Casadesus dont classiquenews avait distinguĂ© l’enregistrement de la 2Ăš (Lire notre critique : Mahler : Symphonie n°2 (Jean-Claude Casadesus, Orchestre national de Lille, novembre 2015, 1 cd Ă©vidence classics) : http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-mahler-symphonie-n2-jean-claude-casadesus-orchestre-national-de-lille-novembre-2015-1-cd-evidence-classics/

Belle continuitĂ© entre les deux chefs et pour Alexandre Bloch la confirmation d’une sensibilitĂ© naturelle, convaincante qui annonce la suite de son cycle Mahler sous les meilleurs auspices


Aucun doute, l’intĂ©grale des 9 symphonies mahlĂ©riennes est bien l’évĂ©nement orchestral de cette annĂ©e. A suivre Ă  Lille. Prochaine session, la 3Ăš Symphonie, le 3 avril 2019 (programme intitulĂ© « l’éveil du printemps ») : http://www.classiquenews.com/lille-onl-lintegrale-mahler-2019/

 
 
 

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Les indications de timing renvoient au direct live diffusĂ© sur la chaĂźne YOU TUBE de l’ONL :
https://www.youtube.com/watch?v=guPAE1FX2Ds

 
 
 

VOIR la Symphonie n°2 de Mahler ” RĂ©surrection “

https://youtu.be/guPAE1FX2Ds

 
 
   
 
 

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Symphonie n°2, « Résurrection » / Symphony No. 2, « Auferstehung » : Gustav Mahler

Direction : Alexandre Bloch
Soprano : Kate Royal
Mezzo-soprano : Christianne Stotijn
ChƓur : Philharmonia Chorus
Chef de chƓur : Gavin Carr

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE

I. [Todtenfeier] Allegro maestoso. Mit durchaus ernstem und feierlichem Ausdruck [D’un bout à l’autre avec une expression grave et solennelle]
II. Andante moderato. Sehr gemÀchlich [TrÚs modéré]
III. [Scherzo] In ruhig fliessender Bewegung [En un mouvement tranquille et coulant] – attacca
IV. « Urlicht » [LumiÚre originelle]. Sehr feierlich, aber schlicht [TrÚs solennel, mais modeste]
V. Im Tempo des Scherzo. Wild herausfahrend [Dans le tempo du scherzo. Explosion sauvage]

EnregistrĂ© Ă  l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle de Lille / France – 28 fĂ©vrier 2019

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Plus d’images de la RĂ©surrection par l’Orchestre National de Lille et Alexandre BLOCH sur le site
https://www.flickr.com/photos/onlille/sets/72157676883219187
Toutes les photos © Ugo PONTE ONL fev 2019

 
 
   
 
 

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(1) LIRE notre compte rendu critique de la Symphonie n°1 TITAN de Gustav Mahler, le 2 fĂ©vrier 2018 par l’Orchestre national de Lille et Alexandre BLOCH, lancement de l’intĂ©grale des 9 symphonies de Mahler Ă  Lille 2019 – 2010 :
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-concert-lille-nouveau-siecle-le-2-fevv-2019-mahler-symphonie-n1-titan-orch-national-de-lille-a-bloch/

 
 
   
 
   
 
 

CD, critique. REFLETS : récital de Julien Hardy, basson (1 cd KLARTHE records, 2017)

reflets julien hardy cd critique annonce concert classiquenews kla032couv_lowCD, critique. REFLETS : rĂ©cital de Julien Hardy, basson (1 cd KLARTHE) – En 50 mn, voici un tour d’horizon de la vitalitĂ© crĂ©ative française, au dĂ©but du XXĂš, rĂ©servĂ©e Ă  la musique de chambre avec basson. Capable d’un timbre fruitĂ©, rond, grave, – d’un remarquable flexibilitĂ© expressive, voire somptueusement lugubre, le basson concertant fait un excellent partenaire chambriste. Le goĂ»t et la musicalitĂ© du bassoniste Julien Hardy (instrumentiste au sein du Mahler Chamber Orchestra et aussi, entre autres, basson solo du Philharmonique de Radio France) aurait certainement retenu l’attention du divin Rameau, premier maĂźtre inspirĂ© pour l’instrument (dans l’orchestre certes). ExposĂ© mais d’une maĂźtrise absolue, le soliste s’ingĂ©nie Ă  colorer et articuler chaque sĂ©quence dans cette collection de piĂšces inspirĂ©es (Saint-SaĂ«ns, Dutilleux
) ou plus sĂ©duisante voire dĂ©corative (FaurĂ©, surtout Romance et Tarentelle d’un D’Ollone, Prix de Rome prĂ©coce, au style plutĂŽt salonier et acadĂ©mique). Mais la finesse et la sensibilitĂ© agogique de l’interprĂšte par sa grande inventivitĂ© en nuances (ce qui n’empĂȘche pas une belle franchise d’émission) sait rĂ©vĂ©ler toutes les pĂ©pites de cette collection de mĂ©lodies, comme le caractĂšre de chaque Ă©criture. L’attention Ă  l’intonation, la souplesse dans le raffinement expressif indique un jeu et une technique d’excellence, emblĂ©matique de cette approche française des vents, si dĂ©licate et puissante Ă  la fois. Du tempĂ©rament et de la dĂ©licatesse, du brio comme de l’intĂ©rioritĂ©. Belle Ă©quilibre.
Le choix de Koechlin se montre profitable dans ce panorama qui n’aurait Ă©tĂ© que valeureux par son Ă©clectisme rĂ©jouissant : la Sonate opus 71 et les Trois piĂšces opus 34 tĂ©moignent Ă  la fois de l’enthousiasme du compositeur pour les ressources de l’instrument, mais aussi de sa grande connaissance technique du basson. Parlant de leur soliditĂ© et de leur ineffable expressivitĂ©, le compositeur sait aussi ciseler un son, qui bascule vers le mystĂšre et la profondeur opulente. Un caractĂšre d’épanouissement sonore qui contraste avec ses emplois grotesques ou sardoniques, plus frĂ©quents (mais rĂ©ducteurs). L’onirisme parfois suspendu qui s’en dĂ©gage souligne davantage la finesse allusive du jeu de Julien Hardy. C’est aussi la confirmation de l’engagement de l’Ă©diteur Klarthe pour l’Ă©cole française et les instrumentistes concertistes, dĂ©tenteurs d’une prodigieuse expĂ©rience et sensibilitĂ©. Pas Ă  pas, de recueils en programmes, Klarthe Ă©difie une bibliothĂšque exemplaire de tempĂ©raments, qu’ils soient solistes ou chambristes. Le spectre est large, les profils variĂ©s ; la dĂ©couverte et de belles surprises, souvent au rendez-vous.
Au diapason de la sensibilitĂ© du bassoniste, le piano de Simon Zaoui (partenaire de longue date et Ă©lĂšve de Naoumoff), emprunte les mĂȘmes cheminements crĂ©pitants, suggestifs, d’un fini envoĂ»tant (Dutilleux). Remarquable rĂ©cital.

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CLIC D'OR macaron 200CD, critique. REGARDS : Julien HARDY, basson. Camille Saint-SaĂ«ns (1835-1921) : Sonate opus 168. Charles Koechlin (1867-1950) : Sonate opus 71 ; Trois piĂšces opus 34 ; Gabriel FaurĂ© (1845-1924) : PiĂšce. Henri Dutilleux (1916-2013) : Sarabande et cortĂšge. Paul Jeanjean (1874-1929) : PrĂ©lude et scherzo. Max d’Ollone (1875-1959) : Romance et Tarentelle. Julien Hardy, basson. Simon Zaoui, piano. 1 CD Klarthe records. Enregistrement rĂ©alisĂ© en fĂ©vrier 2017, Ă  Paris (Temple Saint Marcel). Notice bilingue (français-anglais). DurĂ©e : 55mn. CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2019.

En 2016 déjà, CLASSIQUENEWS distinguait déjà Julien Hardy dans un récital à trois instruments : programme intitulé « Inspirations », également édité par Klarthe :

http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-inspirations-ensemble-inspirations-frederic-tardy-hautbois-julien-hardy-basson-1-cd-klarthe/

 

SAINT-ETIENNE : Dante de Godard au Grand Théùtre Massenet

DANTE-benjamin-godard-opera-saint-etienne-annonce-evenement-opera-classiquenewsSAINT-ETIENNE, OpĂ©ra. GODARD : DANTE, 8, 10, 12 mars 2019. Chef d’oeuvre du romantisme français, plutĂŽt fin XIXĂš, c’est Ă  dire Ă  l’époque du wagnĂ©risme triomphant, l’opĂ©ra Dante de Benjamin Godard (crĂ©Ă© en 1890) Ă©lectrise la lyre amoureuse et tragique et s’intĂ©resse Ă  la rivalitĂ© entre Simeone Bardi et Dante Alighieri pour l’amour de la belle Beatrice. Le librettiste Edouard Blau adapte librement l’Enfer de Dante, quand Godard (1849-1895) Ă©voque l’époque des guerres entre Guelfes et Gibelins, la Florence du poĂšte Dante, entre Ă©vocations infernales et quĂȘte ardente de l’amour idĂ©al
 RĂ©cente rĂ©vĂ©lation, Benjamin Godard sait construire un drame puissant et poĂ©tique dont la rĂ©ussite passe par la maĂźtrise des constructions chorales. Les aspirations du hĂ©ros offrent de somptueux tableaux sonores dignes de la peinture d’histoire de l’époque.
UN AMOUR INFERNAL… DANTE sur les traces de Beatrice. En coloriste, voire en narrateur Ă©pique, rĂ©inventant le surnaturel et le fantastique, Godard Ă©crit un ouvrage dans la tradition visionnaire de Berlioz : orchestralement raffinĂ©, formellement audacieux
 comme en tĂ©moigne au sein d’une partition gĂ©nĂ©reuse, certains Ă©pisodes particuliĂšrement rĂ©ussis, Ă  la thĂ©ĂątralitĂ© accomplie comme le dernier tableau au couvent, ou plus onirique, exploitant les ressources contrastantes du rĂȘve, dans le cĂ©lĂšbre « RĂȘve de Dante. La production de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne offre la premiĂšre mise en scĂšne en France. Nouvelle production in loco, le spectacle est un Ă©vĂ©nement.

    

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GODARD : DANTE
Nouvelle production

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théùtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

    

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GODARD : DANTE  -  LIVRET D’ÉDOUARD BLAU d’aprĂšs L’Enfer de Dante

CRÉATION LE 7 MAI 1890
À PARIS (OPÉRA COMIQUE)

DIRECTION MUSICALE : MIHHAIL GERTS
MISE EN SCÈNE : JEAN-ROMAIN VESPERINI

DÉCORS
BRUNO DE LAVENÈRE

COSTUMES
CÉDRIC TIRADO

LUMIÈRES
CHRISTOPHE CHAUPIN

DANTE
PAUL GAUGLER

BÉATRICE
SOPHIE MARIN-DEGOR

BARDI
JÉRÔME BOUTILLIER

GEMMA
AURHÉLIA VARAK

L’OMBRE DE VIRGILE, UN VIEILLARD
FRÉDÉRIC CATON

L’ÉCOLIER
DIANA AXENTII

UN HÉRAUT D’ARMES
JEAN-FRANÇOIS NOVELLI

ORCHESTRE SYMPHONIQUE
SAINT-ÉTIENNE LOIRE

CHƒUR LYRIQUE
SAINT-ÉTIENNE LOIRE

NOUVELLE PRODUCTION
DE L’OPÉRA DE SAINT-ÉTIENNE

DÉCORS ET COSTUMES RÉALISÉS PAR
LES ATELIERS DE L’OPÉRA DE SAINT-ÉTIENNE

  

Opéra de SAINT-ETIENNE : Dante, l'opéra infernal de Godard

    

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Approfondir  
LIRE notre critique du CD GODARD : DANTE (Gens, Montvidas
 / 2 cd – collection «  opĂ©ra français » – P B Zane, 2016)

GODARD benjamin DANTE cd presentation cd critique compte rendu par classiquenewsCD, critique. GODARD : DANTE (2 cd P Bru Zane, 2016). Le dramatisme de Benjamin Godard (1849-1895) surgit parfois dans cet oratorio annoncĂ©, datant de 1890, mais au dramatisme parfois copieux et d’une clartĂ© dramatique pas toujours Ă©gale. Au sein d’une partition gĂ©nĂ©reuse, percent certains Ă©pisodes plus rĂ©ussis, d’une thĂ©ĂątralitĂ© accomplie comme le dernier tableau au couvent, ou plus onirique, exploitant les ressources contrastantes du rĂȘve, dans le cĂ©lĂšbre « RĂȘve de Dante. Pas sĂ»r pour autant que l’équipe artistique rĂ©unie ne se montre digne des finesses de la partition : dĂ©sĂ©quilibres et outrances persistent (dont le manque de caractĂšre de l’orchestre
 sur instruments modernes). CĂŽtĂ© voix, cela manque lĂ  aussi de cohĂ©sion et d’unitĂ©. En abordant en musique, la poĂ©tique de Dante, sa quĂȘte de l’aimĂ©e inaccessible (la belle et fantasmĂ© BĂ©atrice), Godard maĂźtrise les climats de l’épopĂ©e fantastique qui pilote et conduit le PoĂšte / hĂ©ros jusqu’aux Enfers, grĂące Ă  l’entremise initiatrice de Virgile. Visions infernales, tension amoureuse
 tous les Ă©lĂ©ments sont lĂ  pour produire une fantasmagorie musicale prenante


http://www.classiquenews.com/cd-critique-godard-dante-2-cd-p-bru-zane-2016/

  

CD, critique. FRANCK : Quintette et PrĂ©ludes (Dalberto, Novus – oct 2018, 1 cd ApartĂ©).

franck prĂ©ludes quintette pour piano novus quartet critique cd classiquenews musique classique musique classique critique dalberto3000-700x700CD, critique. FRANCK : Quintette et PrĂ©ludes (Dalberto, Novus – oct 2018, 1 cd ApartĂ©). Il a beau dĂ©fendre sa passion et son amour indĂ©fectible pour l’écriture de Franck, « l’égal de Bach et Beethoven » au XIXĂš (du moins pour la bande Ă  Franck, rĂ©unissant ses fidĂšles Ă©lĂšves, Duparc, Chausson, D’Indy), le pianiste Michel Dalberto (qui joue un Bösendorfer Vienna concert 20) déçoit dans son exposition des champs multiples d’un Franck effectivement colossal et intime. Les Ɠuvres pour piano seul du LiĂ©geois sont parmi les plus complexes, souvent caricaturĂ©es par mĂ©connaissance profonde. Or rien de tel ici, mais, une duretĂ© du son, qui dĂ©fend une conception esthĂ©tique, moins caressante que dĂ©monstrative et toujours surpuissante (Ă  notre avis) dont la tension rĂ©duit l’intime et le dĂ©veloppement allusif autant qu’intime, au cƓur pourtant de l’imaginaire franckiste. Les deux PrĂ©ludes, en leur modernitĂ© rĂ©capitulative, surtout le PrĂ©lude, choral et fugue, qui rĂ©capitule tout le romantisme musical, de l’écoulement tendre schumannien, Ă  l’éloquence spirituelle de Liszt, sans omettre la soliditĂ© de la clartĂ© beethovĂ©nienne, sont Ă  notre avis trop martelĂ©s, pas assez nuancĂ©s. Il faut absolument rĂ©Ă©couter ce qu’en dit Benjamin Grosvenor pour comprendre le sens du secret dans la rĂ©itĂ©ration des motifs cycliques pour atteindre et entrevoir les mondes parallĂšles, Ă©nigmatiques de ce Franck inatteignable.
Evidemment, la passion Ă©ruptive, voire incandescente, plus narrative du Quintette, met plus Ă  son aise le pianiste qui joue forte d’un bout Ă  l’autre. L’équilibre dans le Lento, aux climats vers l’indicible et le flottant, est plus chantant : mieux accordĂ© et concordant, d’autant que le brio des instrumentistes se plaĂźt davantage dans ce mouvement central notĂ© extraverti : « con molto sentimento ». De fait, les 5 instrumentistes jouent souvent la saturation trop vite, trop dure

MalgrĂ© un engagement ardent, la perte de tout un Ă©ventail de nuances (ces contrechamps et arriĂšres plans proustĂ©ens sont absents : Franck n’est-il pas le plus proche du Vinteuil de la Sonate de Proust ?), le pianiste et ses jeunes partenaires asiatiques (corĂ©ens) du Quatuor Novus / Novus Quartet ne convainquent pas totalement. Ce poison, cette aspiration Ă  l’évanescence qui fonde le wagnĂ©risme rĂ©gĂ©nĂ©rĂ© de Franck, le plus captivant dans la sphĂšre française, est Ă  peine exprimĂ©. Dommage. Pour nous la lecture est trop schĂ©matique et sans mystĂšre. VoilĂ  qui aurait donnĂ© raison Ă  Saint-SaĂ«ns guĂšre tendre vis Ă  vis des Ɠuvres de son confrĂšre.

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CD, critique. FRANCK : Préludes, Quintette (Dalberto, Novus Quartet, octo 2018, 1 cd Aparté).

Michel Dalberto, piano / Novus Quartet
Jaeyoung Kim, violin
Young-Uk Kim, violin
Kyuhyun Kim, viola
Woongwhee Moon, cello

Prelude, Choral & Fugue in B-minor, M21
1. Prelude Moderato
2. Choral Poco piĂč lento – Poco allegro
3. Fugue Tempo I

Prelude, Aria & Final in E-Major, M23
4. Prelude Allegro moderato e maestoso‹5. Aria Lento‹6. Final Allegro molto ed agitato

Piano Quintet in F-minor, M7
7. Molto moderato quasi lento‹8. Lento, con molto sentimento 10’05
9. Allegro non troppo, ma con fuoco 8’53

10. Prelude Andantino‹(from Prelude, Fugue & Variation in B-minor, M30 – arrangement Bauer/Dalberto)

LIVRE, critique. C. GINOT-SLACIK / M. NICCOLAI : Musiques dans l’Italie fasciste (1922-1943) – FAYARD

Ginot-SLACIK musiques italie fasciste 1922 1943 fayard livre evenement classiquenews 9782213704975-001-TLIVRE, critique. C. GINOT-SLACIK / M. NICCOLAI : Musiques dans l’Italie fasciste (1922-1943) – FAYARD. Les deux auteures prĂ©sentent un panorama dĂ©taillĂ© de l’activitĂ© musicale en Italie pendant le rĂ©gime fasciste de Mussolini, soit de 1922 (marche sur Rome), Ă  1943 (chute du duce). La pĂ©riode est longue et modifie en profondeur l’organisation de la culture en Italie Ă  seule fin de glorifier l’histoire nationale et ce qui fonde le prestige de l’art italien (rĂ©forme de l’enseignement de la musique
). « Aviateurs et tyrans de la Rome antique hantent alors les scĂšnes d’opĂ©ra, tandis que musiques de film et chansons se font l’écho des conquĂȘtes coloniales. Ni les musiques savantes ni les genres populaires ne sont Ă©trangers au fascisme  : sans imposer de canons esthĂ©tiques, le rĂ©gime accompagne la rĂ©forme des conservatoires et subventionne des Ă©vĂ©nements majeurs tels la Biennale de Venise ou le Mai musical florentin. »
Ainsi s’affirment comme « PrĂ©misses – 1918 – 1924 », les dĂ©clarations d’intention de Gabriele d’Annunzio, la glorification d’un passĂ© prestigieux oĂč se distingue le gĂ©nie du VĂ©nitien Monteverdi, revisitĂ©, rĂ©interprĂ©tĂ© par Malipiero)

Il reste encore actifs plusieurs Ă©vĂ©nements culturels qui attestent encore du rayonnement de l’art italien aujourd’hui : Maggio fiorentino

A l’époque du totalitarisme mussolinien, la majoritĂ© des compositeurs cultive une ambiguitĂ© permanente dans sa relation au pouvoir afin de continuer Ă  ĂȘtre jouĂ©s et Ă  composer (ainsi l’activitĂ© des Carri di Tespi Lirici jusqu’en 1942 ; l’activitĂ© parfois zĂ©lĂ©e de Malipiero et de Casella). « L’opĂ©ra sous le rĂ©gime » met Ă  l’honneur les oeuvres de Mascagni, entre autres ; des sujets s’affirment Rome impĂ©riale plutĂŽt la GrĂȘce Antique ; la figure libĂ©ratrice, d’une virilitĂ© triomphante celle de l’aviateur fasciste, avec Ă  la clĂ© l’exaltation de la Guerre d’Ethiopie, le renouveau de l’oratorio
 les musiques de films et mĂȘme la chanson comme l’opĂ©rette ne sont pas omises ; autant de vecteurs d’une propagande parfaitement affinĂ©e par le pouvoir de Rome pour crĂ©er le hĂ©ros italien.

Cependant, entre autres, certains auteurs Dallapiccola (Le Prisonnier) ou Petrassi (Coro di Morti) font rupture et s’écartent de l’allĂ©geance avec l’adoption des lois antisĂ©mites. Au final, de maniĂšre profitable, l’auteure offre une vision Ă©largie de la pĂ©riode Ă  travers l’analyse des profils de chaque compositeur : sensibilitĂ©s particuliĂšres, genres musicaux (essor du poĂšme symphonique
 avec trame narrative prĂ©cise ; rĂ©gĂ©nĂ©ration du madrigalisme
), commentaires sur des partitions emblĂ©matiques (« Le Prisonnier : une charge politique » / L’Inquisition comme mĂ©taphore du rĂ©gime fasciste).
Il s’agit de mesurer l’admiration suscitĂ©e par le fascisme puis les divisions que le rĂ©gime politique dans ses applications suscite au sein de la nation italienne. La conclusion mesure les manifestations toujours vivaces de cette « mĂ©moire problĂ©matique ». Lumineux.

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CLIC_macaron_2014LIVRE, critique. C. GINOT-SLACIK / M. NICCOLAI : Musiques dans l’Italie fasciste (1922-1943) – Ă©ditions FAYARD.  – EAN :
9782213704975 – Prix 24 euros – Parution : fĂ©vrier 2019.

https://www.fayard.fr/musique/musiques-dans-litalie-fasciste-1922-1943-9782213704975

 
 
 

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Les auteures Charlotte GINOT-SLACIK et Michela NICCOLAI. Biographies prĂ©sentĂ©es par l’éditeur Fayard. Titulaire d’un doctorat en musicologie, Charlotte Ginot-Slacik est actuellement professeur au Conservatoire national supĂ©rieur de Musique et de Danse de Lyon, et collabore rĂ©guliĂšrement avec l’Orchestre national du Capitole de Toulouse, l’OpĂ©ra de Lyon, la Philharmonie de Paris


AprĂšs un double cursus de doctorat en Musicologie Ă  Saint-Étienne et Ă  CrĂ©mone,  Michela Niccolai a effectuĂ© deux post-doctorats Ă  l’UniversitĂ© de Pavie et Ă  l’UniversitĂ© de MontrĂ©al. Elle enseigne Ă  l’UniversitĂ© Paris 4 et Ă  Paris 3 et est membre associĂ© au laboratoire IHRIM (Lyon2) et au LaM (ULB).

Bourse d’écriture 2016 de la Fondation Francis et Mica Salabert

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LYON, Concert Hostel-Dieu: DUEL, Handel / Porpora.

Nicola_Antonio_PorporaLYON, CHD: DUEL, Handel / Porpora. 7 avril 2019. La Salle MoliĂšre Ă  Lyon affiche un programme prometteur, dĂ©diĂ© Ă  l’opĂ©ra italien en Angleterre oĂč s’affrontent deux compositeurs renommĂ©s de la scĂšne lyrique. S’ils sont Ă  Londres, redoutables rivaux, prĂȘts Ă  dĂ©montrer la virtuositĂ© et l’expressivitĂ© juste de leur Ă©criture respective, le plus italien des compositeurs germaniques du XVIIIĂš, le saxon Handel, et son contemporain le plus europĂ©en des compositeurs Napolitains, Porpora (portrait ci contre), s’associent dans ce rĂ©cital Ă  deux visages, mais grĂące au geste du Concert de l’Hostel-Dieu, en une joute des plus apaisĂ©es.

 

 

Handel ou Porpora ?
LONDRES, temple de l’opĂ©ra italien
.

 

 

LE CONCERT DE L'HOSTEL-DIEU : DUEL Porpora / Handel

 

 

haendel handel londres oratorio anglaisAinsi : « En janvier 1733, souhaitant contrer l’hĂ©gĂ©monie haendĂ©lienne de la Royal Academy of music, un groupe d’investisseurs issu de la noblesse londonienne crĂ©e L’Opera of the Nobility, et choisissent le « maĂźtre des castrats », Nicolo Porpora, mentor des Farinelli, Senesino, Porporino. Les londoniens se passionnent depuis longtemps pour l’opĂ©ra italien, en particulier napolitain, et ses voix agiles, virtuoses, expressives, oĂč la vocalise de plus en plus vite et de plus en plus aiguĂ«, exprime vertiges et palpitation de l’ñme humaine. Le public entre les deux thĂ©Ăątres, applaudit alors les plus grands ouvrages jamais composĂ©s dans l’histoire de l’opĂ©ra italien au XVIIIĂš dont le Polifemo de Porpora ou Ariodante d’Handel (portrait ci contre).
Soucieux de porter le chant expressif et tragique de la mezzo Giuseppina Bridelli, les instrumentistes du Concert de l’Hostel-Dieu ressuscitent ainsi les heures les plus intenses de l’opĂ©ra italien Ă  Londres, dans les annĂ©es 1730
 Le programme est l’objet d’une tournĂ©e internationale et aussi d’un nouveau cd de l’ensemble (parution annoncĂ©e le 12 avril 2019.

 

 CONCERT DE L'HOSTEL DIEU : saison 2018 - 2019

 

 

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G.-F. Handel : arias et instrumentaux extraits des opéras Alcina, Ariodante, Tolomeo, Cantone in utica

N. Porpora : arias et ouvertures extraits des opéras Polifemo, Mitridate, Arianna in Naxo, David e Bersabea

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Giuseppina Bridelli, mezzo-soprano

‹Le Concert de l’Hostel Dieu,
Reynier Guerrero, premier violon
Franck-Emmanuel Comte, direction‹ / Stefano Aresi, musicologue

 

 

PORPORA HANDEL concert hostel dieu bridelli opera italien classiquenews

 

 

 

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30 mars 2019
Felicia Blumental International Festival de Tel Aviv (Israël)

7 avril 2019
Salle MoliĂšre Ă  Lyon (69)

8 avril 2019
London Handel Festival (UK)

12 avril 2019
Sortie du disque (Arcana/Outhere)

9 juin 2019‹ : HĂ€ndel-Festspiele Ă  Halle (Allemagne)

11 août 2019
Festival Bach de Saint-Donat (26)

 

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PrĂ©sentation et enjeux du programme DUEL : PORPORA vs HANDEL par le Concert de l’HOSTEL-DIEU. Franck-Emmanuel COMTE et les instrumentistes du Concert de l’Hostel-Dieu reviennent Ă  leurs premiĂšres amours, l’éloquence dramatique de Haendel, prĂ©sentĂ©e donc en concert avec la complicitĂ© de l’étonnante mezzo soprano italienne Giuseppina BRIDELLI, mais aussi en studio, puisque parallĂšlement Ă  la tournĂ©e des concerts, musiciens et chefs ont enregistrĂ© le programme et sortent le disque prĂ©vu ce 12 avril 2019.
Les airs d’oratorios et d’opĂ©ra de Haendel lancent un dĂ©fi Ă  tout ensemble de musique baroque : il y faut de la prĂ©cision, des nuances, un Ă©quilibre idĂ©al entre voix et instruments, de la finesse expressive comme de la profondeur. Autant de qualitĂ©s qui distinguent le gĂ©nie de Haendel de tous les autres. C’est aussi pour Franck-Emmanuel Comte, le prolongement de son travail comme directeur du Concours de Froville dont la mission est l’émergence des jeunes chanteurs baroques. LaurĂ©ate du Concours, Giuseppina BRIDELLI retrouve ainsi les instrumentistes du CHD Concert de l’Hostel-Dieu et enregistre avec eux un premier disque Haendel qui sera suivi d’autres opus (dont le prochain avec la soprano Sophie Junker), car Haendel reste un pilier dans le rĂ©pertoire de l’ensemble fondĂ© par Franck-Emmanuel Comte.

VOCALITA et ORNEMENTS DE HAENDEL

handel-haendel-portrait-classiquenewsCe premier programme Haendel, au disque comme au concert permet de dĂ©couvrir les qualitĂ©s de la voix de la soliste (qu’il s’agisse d’airs fameux comme « Scherza infida » d’Ariodante) : voix longue et flexible, agile et colorĂ©e sur toute la tessiture, taillĂ© pour des incarnations dramatiques, tragiques ou implorantes comme Haendel a su les concevoir. De quoi promettre un relecture du texte dans la subtilitĂ© et la sensibilitĂ©. Chanteuse et chef ont particuliĂšrement travaillĂ© sur les reprises des da capo pour certains airs dont la notation des vocalises a Ă©tĂ© notĂ©e depuis l’époque de Haendel : il s’agira de redĂ©couvrir ainsi les ornements tels qu’ils auraient pu ĂȘtre rĂ©alisĂ©s du vivant de Haendel selon la technique de ses chanteurs.

 

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Plus d’infos sur le site du CHD Concert de l’HOSTEL-DIEU
http://www.concert-hosteldieu.com/diffusion/baroque-et-18eme/duel-porpora-handel/

VIDEO Handel versus Porpora
https://www.youtube.com/watch?v=HJy7jckJw18

 

 

CRITIQUE DU CD HANDEL PORPORA / DUEL – CLIC DE CLASSIQUENEWS

duel-concert-de-l-hostel-dieu-franck-emmanuel-comte-giuseppina-bridelli-opera-cd-evenement-critique-cd-cd-review-opera-musique-classique-news-classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, critique. DUEL : Porpora / Handel in London. Le Concert de l’Hostel Dieu / Giuseppina Bridelli / Franck-Emmanuel COMTE, direction (1 cd ARCANA, juin 2018). Londres : 1733-1737. Les annĂ©es 1730 marquent l’essor du seria italien Ă  Londres. Au point que les spectateurs londoniens arbitrent une Ă©mulation inĂ©dite entre deux crĂ©ateurs, d’un thĂ©Ăątre Ă  l’autre, chacun selon ses ressources propres. Deux compositeurs, deux goĂ»ts, deux esthĂ©tiques
 Porpora le napolitain, Haendel / Handel le Saxon prĂ©sentent simultanĂ©ment Ă  Londres leurs ouvrages respectifs, dans un esprit dĂ©fricheur et d’estime rĂ©ciproque, dont tĂ©moignent leurs opĂ©ras « italiens », goĂ»tĂ©s par l’élite et le public londoniens. La guerre n’aura pas lieu, d’ailleurs comme le rappelle les interprĂštes ici, elle n’eut jamais lieu.
« Stille amare », extrait du Tolomeo de Handel Ă©tait trĂšs admirĂ© de Porpora
 dont les cantates opus 1 Ă©taient bien connues et plutĂŽt trĂšs apprĂ©ciĂ©es de Haendel. Estime rĂ©ciproque avĂ©rĂ©e vous disait-on. De fait, le geste de Franck-Emmanuel Comte, fondateur de son ensemble sur instruments historiques, Le Concert de l’Hostel Dieu, souligne la noblesse des Ă©critures, surtout leur plasticitĂ© expressive et leur essence dramatique. LIRE notre critique complĂšte DUEL / Handel, Porpora par Le Concert de l’HOSTEL-DIEU, Giuseppina Bridelli

TOURS, Opéra. Les LumiÚres de la ville de Charlie CHAPLIN

chaplin-charlie-lumieres-de-la-ville-opera-de-tours-annonce-critique-concert-orchestre-opera-classiquenewsTOURS, OpĂ©ra. Les 30, 31 mars 2019 : CHARLIE CHAPLIN : Les LumiĂšres de la ville / City Lights (1931). Alors que Chaplin Ă©tait plongĂ© dans la conception de son film muet LES LUMIÈRES DE LA VILLE, Hollywood enclenchait sa rĂ©volution du cinĂ©ma sonore. AprĂšs des mois de rĂ©flexion, il dĂ©cide tout de mĂȘme de finir son film en y ajoutant une partition musicale. Le film mĂ©lodramatique est reconnu comme Ă©tant un des meilleurs films de Chaplin, combinant le pathos, le burlesque et la comĂ©die. C’est un hommage Ă  l’art du langage corporel. Encore proche du cinĂ©ma muet, le film de 1931 comprend des intertitres et une bande musicale qui accompagne, articule et commente l’action filmĂ©e. Le regard de Chaplin tort le cou aux biensĂ©ances sociales. En pleine crise amĂ©ricaine (Krach boursier de 1929), avant que des lois puritaines ne censurent certains mots ou thĂšmes, jugĂ©s « inconvenants » Ă  la moralitĂ© sociale, Chaplin rĂ©alise son long mĂ©trage avec une libertĂ© de ton et une poĂ©sie satirique, franche et audacieuse. Le gĂ©nie de Chaplin tient Ă  la simplicitĂ© du scĂ©nario qui prend pour hĂ©ros un pauvre mendiant sans le sou Charlot ; mais il a un cƓur pur et croise de nombreux personnages fantasques, plutĂŽt superficiels. Chaplin Ă©crit l’histoire mais aussi la musique de son film.

Charlie est Charlot, poĂšte, funambule, amoureux

Chaplin met en scĂšne les tribulations d’un vagabond (surpris en pleine inauguration d’une nouvelle statue (« la paix et la prospĂ©rité ») oĂč il avait Ă©lu domicile pour dormir. Le sdf erre dans les rues de la ville, rencontre une jeune fleuriste aveugle dont il tombe amoureux
 le rĂ©alisateur et acteur (qui joue le rĂŽle du vagabond un brin poĂšte Ă  la mine rĂȘveuse, parfois loufoque : nombreux gags) Ă©voque la vie citadine des petites gens, des misĂ©reux qui tentent bon an mal an de survivre

Puis le vagabond sauve du suicide un homme portĂ© sur l’alcool, plutĂŽt fortunĂ©, dĂ©sespĂ©rĂ© depuis que sa femme l’a quitté  Les deux hommes habillĂ©s en frac rejoignent une boĂźte de nuit, puis se sĂ©parent car le milllionaire fantasque, devient amnĂ©sique Ă  jeun et ne se souvient pas de celui qui lui a pourtant sauvĂ© la vie.
Redevenu saoul, l’homme fortunĂ© propose au vagabond Chaplin de rejoindre une partie oĂč ayant avalĂ© un sifflet, notre hĂ©ros empĂȘche un chanteur d’opĂ©ra d’interprĂ©ter son air (gag du hoquet siffleur).

Charlie vagabond (Charlot) devient ensuite boxeur, dans des paris truquĂ©s, puis aprĂšs moult avatars, finit Ă©talĂ©, assommĂ© par son propre gant. Charlot retrouve alors son ami riche, mais celui ci lunatique l’entraĂźne dans une sĂ©rie de quiproquos qui emmĂšne Charlot en prison. Cependant le vagabond a rĂ©ussi Ă  aider sa jeune DulcinĂ©e aveugle, qui dĂ©sormais grĂące Ă  l’argent qu’il lui a remis, a recouvrĂ© la vue, achetĂ© une nouvelle boutique et attend son bienfaiteur

Les mois passent, c’est l’automne. Charlot plus pauvre que jamais, erre dans les rues de la ville. Tombe sur la devanture de la boutique : celle dont il Ă©tait Ă©pris comprend qu’il est son sauveur.

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LES LUMIÈRES DE LA VILLEboutonreservation
(titre original City Lights)
Film et musique de Charlie Chaplin
Samedi 30 mars – 20h00
Dimanche 31 mars – 17h00
RESERVEZ VOS PLACES ici
http://www.operadetours.fr/charlie-chaplin-30-31-mars

ComĂ©die – États-Unis – 1931
Musique de Charlie Chaplin, restaurée par Tim Brock
Durée : 1h20mn

Distribution :
Charlie Chaplin
Virginia Cherill
Florence Lee
Harry Myers

Direction musicale : Gwennolé Rufet
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours

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Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h30 Ă  13h00 / 14h00 Ă  17h45

02.47.60.20.20
theatre-billetterie@ville-tours.fr

Grand Théùtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours - 02.47.60.20.00