LYON, Concert Hostel-Dieu: DUEL, Handel / Porpora.

Nicola_Antonio_PorporaLYON, CHD: DUEL, Handel / Porpora. 7 avril 2019. La Salle MoliĂšre Ă  Lyon affiche un programme prometteur, dĂ©diĂ© Ă  l’opĂ©ra italien en Angleterre oĂč s’affrontent deux compositeurs renommĂ©s de la scĂšne lyrique. S’ils sont Ă  Londres, redoutables rivaux, prĂȘts Ă  dĂ©montrer la virtuositĂ© et l’expressivitĂ© juste de leur Ă©criture respective, le plus italien des compositeurs germaniques du XVIIIĂš, le saxon Handel, et son contemporain le plus europĂ©en des compositeurs Napolitains, Porpora (portrait ci contre), s’associent dans ce rĂ©cital Ă  deux visages, mais grĂące au geste du Concert de l’Hostel-Dieu, en une joute des plus apaisĂ©es.

 

 

 

Handel ou Porpora ?
LONDRES, temple de l’opĂ©ra italien
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haendel handel londres oratorio anglaisAinsi : « En janvier 1733, souhaitant contrer l’hĂ©gĂ©monie haendĂ©lienne de la Royal Academy of music, un groupe d’investisseurs issu de la noblesse londonienne crĂ©e L’Opera of the Nobility, et choisissent le « maĂźtre des castrats », Nicolo Porpora, mentor des Farinelli, Senesino, Porporino. Les londoniens se passionnent depuis longtemps pour l’opĂ©ra italien, en particulier napolitain, et ses voix agiles, virtuoses, expressives, oĂč la vocalise de plus en plus vite et de plus en plus aiguĂ«, exprime vertiges et palpitation de l’ñme humaine. Le public entre les deux thĂ©Ăątres, applaudit alors les plus grands ouvrages jamais composĂ©s dans l’histoire de l’opĂ©ra italien au XVIIIĂš dont le Polifemo de Porpora ou Ariodante d’Handel (portrait ci contre).
Soucieux de porter le chant expressif et tragique de la mezzo Giuseppina Bridelli, les instrumentistes du Concert de l’Hostel-Dieu ressuscitent ainsi les heures les plus intenses de l’opĂ©ra italien Ă  Londres, dans les annĂ©es 1730
 Le programme est l’objet d’une tournĂ©e internationale et aussi d’un nouveau cd de l’ensemble (parution annoncĂ©e le 12 avril 2019.

 

 CONCERT DE L'HOSTEL DIEU : saison 2018 - 2019

 

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G.-F. Handel : arias et instrumentaux extraits des opéras Alcina, Ariodante, Tolomeo, Cantone in utica

N. Porpora : arias et ouvertures extraits des opéras Polifemo, Mitridate, Arianna in Naxo, David e Bersabea

 

 

 

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Giuseppina Bridelli, mezzo-soprano

‹Le Concert de l’Hostel Dieu,
Reynier Guerrero, premier violon
Franck-Emmanuel Comte, direction‹ / Stefano Aresi, musicologue

 

 

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30 mars 2019
Felicia Blumental International Festival de Tel Aviv (Israël)

7 avril 2019
Salle MoliĂšre Ă  Lyon (69)

8 avril 2019
London Handel Festival (UK)

12 avril 2019
Sortie du disque (Arcana/Outhere)

9 juin 2019‹ : HĂ€ndel-Festspiele Ă  Halle (Allemagne)

11 août 2019
Festival Bach de Saint-Donat (26)

 

 

 

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Plus d’infos sur le site du CHD Concert de l’HOSTEL-DIEU
http://www.concert-hosteldieu.com/diffusion/baroque-et-18eme/duel-porpora-handel/

VIDEO Handel versus Porpora
https://www.youtube.com/watch?v=HJy7jckJw18

TOURS, Opéra. Les LumiÚres de la ville de Charlie CHAPLIN

chaplin-charlie-lumieres-de-la-ville-opera-de-tours-annonce-critique-concert-orchestre-opera-classiquenewsTOURS, OpĂ©ra. Les 30, 31 mars 2019 : CHARLIE CHAPLIN : Les LumiĂšres de la ville / City Lights (1931). Alors que Chaplin Ă©tait plongĂ© dans la conception de son film muet LES LUMIÈRES DE LA VILLE, Hollywood enclenchait sa rĂ©volution du cinĂ©ma sonore. AprĂšs des mois de rĂ©flexion, il dĂ©cide tout de mĂȘme de finir son film en y ajoutant une partition musicale. Le film mĂ©lodramatique est reconnu comme Ă©tant un des meilleurs films de Chaplin, combinant le pathos, le burlesque et la comĂ©die. C’est un hommage Ă  l’art du langage corporel. Encore proche du cinĂ©ma muet, le film de 1931 comprend des intertitres et une bande musicale qui accompagne, articule et commente l’action filmĂ©e. Le regard de Chaplin tort le cou aux biensĂ©ances sociales. En pleine crise amĂ©ricaine (Krach boursier de 1929), avant que des lois puritaines ne censurent certains mots ou thĂšmes, jugĂ©s « inconvenants » Ă  la moralitĂ© sociale, Chaplin rĂ©alise son long mĂ©trage avec une libertĂ© de ton et une poĂ©sie satirique, franche et audacieuse. Le gĂ©nie de Chaplin tient Ă  la simplicitĂ© du scĂ©nario qui prend pour hĂ©ros un pauvre mendiant sans le sou Charlot ; mais il a un cƓur pur et croise de nombreux personnages fantasques, plutĂŽt superficiels. Chaplin Ă©crit l’histoire mais aussi la musique de son film.

Charlie est Charlot, poĂšte, funambule, amoureux

Chaplin met en scĂšne les tribulations d’un vagabond (surpris en pleine inauguration d’une nouvelle statue (« la paix et la prospĂ©rité ») oĂč il avait Ă©lu domicile pour dormir. Le sdf erre dans les rues de la ville, rencontre une jeune fleuriste aveugle dont il tombe amoureux
 le rĂ©alisateur et acteur (qui joue le rĂŽle du vagabond un brin poĂšte Ă  la mine rĂȘveuse, parfois loufoque : nombreux gags) Ă©voque la vie citadine des petites gens, des misĂ©reux qui tentent bon an mal an de survivre

Puis le vagabond sauve du suicide un homme portĂ© sur l’alcool, plutĂŽt fortunĂ©, dĂ©sespĂ©rĂ© depuis que sa femme l’a quitté  Les deux hommes habillĂ©s en frac rejoignent une boĂźte de nuit, puis se sĂ©parent car le milllionaire fantasque, devient amnĂ©sique Ă  jeun et ne se souvient pas de celui qui lui a pourtant sauvĂ© la vie.
Redevenu saoul, l’homme fortunĂ© propose au vagabond Chaplin de rejoindre une partie oĂč ayant avalĂ© un sifflet, notre hĂ©ros empĂȘche un chanteur d’opĂ©ra d’interprĂ©ter son air (gag du hoquet siffleur).

Charlie vagabond (Charlot) devient ensuite boxeur, dans des paris truquĂ©s, puis aprĂšs moult avatars, finit Ă©talĂ©, assommĂ© par son propre gant. Charlot retrouve alors son ami riche, mais celui ci lunatique l’entraĂźne dans une sĂ©rie de quiproquos qui emmĂšne Charlot en prison. Cependant le vagabond a rĂ©ussi Ă  aider sa jeune DulcinĂ©e aveugle, qui dĂ©sormais grĂące Ă  l’argent qu’il lui a remis, a recouvrĂ© la vue, achetĂ© une nouvelle boutique et attend son bienfaiteur

Les mois passent, c’est l’automne. Charlot plus pauvre que jamais, erre dans les rues de la ville. Tombe sur la devanture de la boutique : celle dont il Ă©tait Ă©pris comprend qu’il est son sauveur.

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LES LUMIÈRES DE LA VILLEboutonreservation
(titre original City Lights)
Film et musique de Charlie Chaplin
Samedi 30 mars – 20h00
Dimanche 31 mars – 17h00
RESERVEZ VOS PLACES ici
http://www.operadetours.fr/charlie-chaplin-30-31-mars

ComĂ©die – États-Unis – 1931
Musique de Charlie Chaplin, restaurée par Tim Brock
Durée : 1h20mn

Distribution :
Charlie Chaplin
Virginia Cherill
Florence Lee
Harry Myers

Direction musicale : Gwennolé Rufet
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours

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Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h30 Ă  13h00 / 14h00 Ă  17h45

02.47.60.20.20
theatre-billetterie@ville-tours.fr

Grand Théùtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours - 02.47.60.20.00

ARTE… Jakob Orlinski chante Vivaldi

orlinski-jakob-contre-tenor-portrait-chant-concert-annonce-critique-opera-par-classiquenewsorlinski-jkob-contre-tenor-portrait-cd-annonce-critique-classiquenewsARTE, Dim 3 Mars 2019 : 18h30. Jeunes talents. Le tĂ©nor franco-mexicain Rolando VillazĂłn convie Ă  Berlin de jeunes artistes promis Ă  une brillante carriĂšre internationale : la soprano finlandaise Tuuli Takala, le Polonais Jakub Jozef Orlinski, contre-tĂ©nor et danseur de breakdance, le jeune quatuor 4 Times Baroque. Un coup d’envoi sous le signe du baroque pour l’Ă©mission de Rolando VillazĂłn, qui invite deux jeunes chanteurs passionnĂ©s par ce rĂ©pertoire exigeant, ainsi que le chef d’orchestre Elias Grandy. La soprano finlandaise Tuuli Takala entonne le cĂ©lĂšbre air “Pur ti miro” de Claudio Monteverdi en duo avec Rolando VillazĂłn (duo final concluant l’opĂ©ra cynique et aigre de Claudio Monteverdi crĂ©Ă© Ă  Venise en 1643 : L’incoronazione di Poppea / Le Couronnement de PoppĂ©e). Autre jeune star de la soirĂ©e, le polonais Jakub Jozef Orlinski, contre-tĂ©nor et danseur de breakdance, Ă  la belle gueule d’ange, et au physique athlĂ©tique, offre une interprĂ©tation intĂ©rieure et habitĂ©e du “VedrĂČ con mio diletto” de Vivaldi, accompagnĂ© par le jeune quatuor 4 Times Baroque.

arte_logo_2013Rolando Villazon prĂ©sente les talents de demain
 RĂ©alisation : Elisabeth Malzer
Avec : Tuuli Takala (soprano)
Jakub JĂłzef OrliƄski (contre-tĂ©nor)
4 Times Baroque

Les compositeurs joués :
Georg Friedrich HĂ€ndel
Antonio Vivaldi
Claudio Monteverdi
Francesco Nicola Fago

Direction musicale :
Elias Grandy

Orchestre :
Junge Sinfonie Berlin

Présentation :
Rolando VillazĂłn
Allemagne, 2018

REMBRANDT 2019 : les 350 ans de sa mort en octobre 2019

REMBRANDT-2019-dossier-350eme-anniversaire-de-la-mort-classiquenews-homepageREMBRANDT 2019
 Mort en 1669, Rembrandt Van Rijn (nĂ© en 1606) est Ă  la fĂȘte le 4 octobre 2019 qui marque le 350 Ăšme anniversaire de sa mort. Amsterdam sa ville natale souligne le gĂ©nie du peintre baroque capable de renouveler la leçon tĂ©nĂ©briste (clair obscur) du Caravage et d’offrir un nouveau type de portrait (cadrage, Ă©clairage, proximitĂ© sujet/spectateur) grĂące entre autres Ă  une technique picturale virtuose et franche qui perfectionne le principe des empĂątements. Le relief et cette impression de « 3D » s’en trouvent accentuĂ©s, assimilant les autoportraits de l’artiste aux ancĂȘtres de nos selfies sur instagram
 rien de moins : c’est du moins ce que les commentateurs et les spĂ©cialistes du peintre hollandais, soucieux de moderniser son image, veulent nous faire accroire. Il y a mĂȘme des chercheurs rĂ©cents qui ayant percer le mystĂšre technique de Rembrandt identifient les ingrĂ©dients de sa palette texturĂ©e et nacrĂ©e : (Rembrandt utilisait la plombonacrite : soit un mĂ©lange d’oxyde de plomb et d’huile de lin particuliĂšrement siccative qui produisent cet effet de relief en 3 D… ). A la fin de sa vie, au dĂ©but des annĂ©es 1660, seul dans sa maison, Renbrandt devient ce viel « hibou » solitaire, ami d el’ombre nocturne qui peint l’obscur et le mystĂšre des visages
 La pĂąte, la texture, les effets visibles du pinceau Ă  la surface font aujourd’hui de Rembrandt un gĂ©nie cĂ©lĂ©brĂ© de la sensualitĂ© picturale, – un maĂźtre qui aprĂšs Titien, tisse concrĂštement un enchevĂȘtrement de matiĂšre sur la surface des tableaux. Son art est avant tout sensuel et organique, rĂ©aliste et dramatique. Et le nombre d’autoportraits sidĂšre par le questionnement sur la reprĂ©sentation, le sens de la peinture, l’illusion du mĂ©tier pictural que le principe / l’exercice suscite.

 
 
 

Un peintre baroque visionnaire : Rembrandt 2019

Rembrandt, génie de la pùte, précurseur du selfy

 
 
 

Dans son Ɠuvre les sujets liĂ©s Ă  la musique sont rares. Ce qui n’est pas le cas de son contemporain Vermeer, lui aussi marquĂ© par la question du rĂ©alisme et du clair obscur, mais ans un touche plus sage, et lus discrĂšte, et dans une palette plus colorĂ©e.
MĂȘme s’il reste surtout rĂ©aliste, Rembrandt qui a abondamment peint son quotidien, ses amis, ses proches, a peu frĂ©quentĂ© les musiciens quand Vermeer ou Ter Borch en ont fait leur quasi spĂ©cialitĂ© (nombreux concerts). Dans l’oeuvre de Rembrandt Ă  peine quelque portraits thĂ©ĂątralisĂ©s oĂč l’instrument est surtout un accessoire qui sert la franchise du portrait concernĂ©. Chez Rembrandt, pas de poĂ©sie musicale comme chez Vermeer, mais le questionnement permanent sur la rĂ©alitĂ© de la prĂ©sence humaine. 
 
 

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AMSTERDAM
 Pour cĂ©lĂ©brer le 350Ăšme anniversaire de la mort de Rembrandt, vous irez visiter la rĂ©trospective organisĂ©e par le Rijksmuseum, rĂ©unissant l’ensemble de l’oeuvre de Rembrandt dans les collections hollandaises. Un must absolu pour les connaisseurs : «  2019 : The Year of Rembrandt «
Plus d’infos : https://www.rijksmuseum.nl/en/the-year-of-rembrandt / avec la restauration de la fresque sociale, fleuron des collections du Rijksmuseum, La ronde de nuit (1642)

https://www.rijksmuseum.nl/en/restoration-nightwatch

 
 
 

 
 
 

Judith Triumphans de Vivaldi

Antonio_VivaldiRADIO,NPO radio4, VIVALDI : Judith triumphans, sam 16 fev 2019, 19h. VoilĂ  un nouvel exemple de la furiĂ  vivaldienne dans le registre de l’oratorio. Judith triomphante est le seul des trois oratorios qui nous soit parvenu. CrĂ©Ă© Ă  l’Ospedale de La PiĂšta en 1716, la partition concentre le meilleur du gĂ©nie lyrique et dramatique vivaldien. La genĂšse et le concert de crĂ©ation sont assez bien documentĂ©s car l’Ɠuvre participe Ă  une cĂ©lĂ©bration politique, la victoire de Petrovaradin, terme victorieux de la 6Ăš guerre contre les turcs. VĂ©ritable drame sacrĂ©, l’oratorio de Vivaldi se prĂȘte trĂšs bien Ă  une mise en scĂšne, tant l’explicitation des situations, la diversitĂ© des airs et des caractĂšres qui sont exprimĂ©s, se rapprochent de l’opĂ©ra.
OccupĂ©e par les troupes de Nabuchodonosor, que dirige le gĂ©nĂ©ral Holopherne, la ville juive de BĂ©thulie implore la pitiĂ© des conquĂ©rants : l’une de ses citoyennes, la plus courageuse, la jeune veuve Judith, entreprend de sĂ©duire Holopherne et vaincre les troupes d’assiĂ©geants. Vivaldi raconte musicalement, la visite de Judith chez Holopherne, lequel tombant amoureux d’elle, organise illico un banquet. Profitant du sommeil du gĂ©nĂ©ral (Partie II), la veuve le dĂ©capite, aidĂ©e par sa fidĂšle servante, Abra. A l’ardeur fragile de la jeune femme rĂ©pond l’expĂ©rience de la femme plus mĂ»re, selon un canevas contrastĂ© que les peintres dont Caravage, ont approfondi au dĂ©but du XVIIĂš.
Le personnage hĂ©roĂŻque de Judith, en rĂ©alitĂ© la ville de Venise, triomphatrices des turcs, est exaltĂ©, commentĂ©, encouragĂ© par le grand prĂȘtre hĂ©breu Ozais ; mais aussi cĂ©lĂ©brĂ© par le chƓur des vierges de BĂ©thulie qui souligne le courage exceptionnel de celle qui va libĂ©rer la ville des Babyloniens.
En Judith s’incarne l’esprit de rĂ©sistance face au tyran et Ă  toute forme d’oppression. D’abord fĂ©minine et proie du doute, le jeune femme s’endurcit et guerriĂšre, rĂ©vĂšle sa nature de combattante.

 

 

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judith holopherne vivaldi caravage oratorio concert critique classiquenewsA Amsterdam, Andrea Marcon dirige son ensemble sur instruments d’époque, La Cetra Barockorchester Basel. La mezzo Gaelle Arquez chante le rĂŽle de Judith, et Teresa Iervolino, celui d’Holopherne. Le metteur en scĂšne Floris Visser transpose l’action Ă  l’époque de la seconde guerre mondiale : ici Holopherne est un officier de la Wermacht; il cite mĂȘme le tableau de Caravage « Judith et Holopherne » dans le dĂ©cor. Distribution complĂšte : Gaelle Arquez (Judith) / Teresa Iervolino (Holopherne), Vasilisa Berzhanskaya (Vagaus), Francesca Ascioti (Ozias), Polly Leech (Abra). La Cetra Barockorchester Basel (direction : Andrea Marcon)

  

 

LIRE aussi sur le site du DNO Dutsch National Opera / Opéra national Néerlandais, Amsterdam, la présentation de cette nouvelle production de Judith de Vivaldi mis en scÚne : https://www.operaballet.nl/nl/opera/2018-2019/voorstelling/juditha-triumphans

 
 

 

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RADIO, NPO4 radio : VIVALDI, Judith Triumphans, Amsterdam, Dutch National Opera & Ballet, 2019 (durée 2h50) et à partir du jeudi 28 février, sur Operavision

 

 

NPO4 radio :
https://www.nporadio4.nl/ntroperalive/uitzendingen/624531:2019-02-16-ntr-opera-live

 

 

OPERA VISION
https://operavision.eu/fr/bibliotheque/spectacles/operas/juditha-triumphans

 

 

LIVRE événement, annonce. Lisa Della Casa par Christophe Capacci (Editions Avant ScÚne Opéra ASO, mars 2019)

lisa-della-casa-a-paraitre-en-mars-2019LIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. Lisa Della Casa par Christophe Capacci (Editions Avant ScĂšne OpĂ©ra ASO, mars 2019). Lisa Della Casa (1919-2012) demeure une soprano lĂ©gendaire au xxe siĂšcle, l’égale des divas Schwarzkof, Seefried, Pop, Maria Callas. Exceptionnelle interprĂšte de Mozart et de Richard Strauss, Lisa Della Casa marqua le monde de l’opĂ©ra par son Ă©lĂ©gance et son naturel, son charme mi-latin, mi-aristocratique. NĂ©e en Suisse, la soprano avait des origines italiennes. PrĂ©sentation par l’éditeur :‚« MalgrĂ© sa beautĂ© qui lui valut le surnom d’Arabellissima, malgrĂ© une reconnaissance internationale incontestĂ©e, elle resta une femme pudique et discrĂšte, antithĂšse de la diva. TĂŽt retirĂ©e de la scĂšne et fuyant les interviews, elle devint une artiste culte, «Garbo lyrique» dont chaque trace sonore est prĂ©cieuse Ă  ses admirateurs et qui sĂ©duit tant par son mystĂšre que par la magie inĂ©galĂ©e de sa voix.

 

« Lisa Garbo », la diva straussienne

 

 

En 1990, l’auteur Christophe Capacci a eu la chance d’ĂȘtre l’hĂŽte de Lisa Della Casa qui, chose exceptionnelle, accepta de lui confier ses souvenirs au cours de longs entretiens. Ce volume – le premier en français consacrĂ© Ă  la soprano – s’en nourrit. »
La publication qui en rĂ©sulte, est davantage qu’une “Ă©vocation”, c’est un portrait subtil et intime d’une diva authentique.

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LISA DELLA CASA soprano portrait livre capacci critique cd opera critique livre par classiquenews

Lisa della Casa dans le rĂŽle d’Arabella (Richard Strauss) DR

 SOMMAIRE

‹‹I. À Gottlieben‹Souvenirs de deux sĂ©jours suisses (et inespĂ©rĂ©s) en 1990

‹‹II. L’instant de la dĂ©cision‹1950-1973 : Arabella ou le rĂŽle d’une vie

III. Un pùre. Un mari‹, Enfance. Apprentissage. Amours

‹‹IV. Une carriùre suisse‹1943-1950 : en troupe à Zurich. Premiers pas à Salzbourg et à Vienne

V. Die Cebo
Avec Maria Cebotari (1910-1949) : admiration et filiation
L’amitiĂ© d’Anneliese Rothenberger et d’Inge Borkh

VI. Trois saisons du vivant de Richard Strauss, et au-delĂ 
1943-1973 : dix rÎles straussiens en trois décennies

VII. Mozart en temps de paix
1943-1971 : un parcours mozartien ininterrompu et contrasté

VIII. « Gut’n Abend, Meister ! »‚1951-1972 : l’invitĂ©e de Munich. Du cĂŽtĂ© de Wagner

IX. Vienne, ville de la mĂ©disance. Salzbourg, festival de l’ingratitude
1947-1973 : heurs et malheurs d’une chanteuse de cour

‹‹X. New York, un second foyer
1953-1967 : les saisons amĂ©ricaines d’un soprano europĂ©en

‹‹XI. Des lieder et mĂȘme les derniers lieder
Seule avec son pianiste : le versant méconnu de la carriÚre

‹‹XII. « Ist dies etwa der Tod ? »
1990-2012 : un crĂ©puscule Ă  l’écart du monde

Discographie
Chronologie des rĂŽles
Index des noms

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lisa-della-casa-a-paraitre-en-mars-2019LIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. LISA DELLA CASA par Christophe Capacci (Ă©ditions ASO Avant ScĂšne OPERA). Parution : mars 2019 – ISBN : 978-2-84385-494-1 – 192 pages – Prix indicatif : 32 euros – INFOS sur le site AVANT SCENE OPERA ASO : https://www.asopera.fr/fr/hors-collection/3443-lisa-della-casa-a-paraitre-en-mars-2019.html

 

CPH4DF

LILLE : l’Orchestre National joue la RĂ©surrection de Mahler

MAHLER Symphonies symphonies critique review classiquenews _gustav-mahler-grandhotel-toblach-dobbiaco_c36864daebLILLE, ONL. 28 fĂ©v 2019 : MAHLER : RĂ©surrection. La Symphonie n°2 de Gustav Mahler est un prolongement naturel de la 9Ăš de Beethoven : pour solistes et choeur, l’arche orchestrale exprime la vie restaurĂ©e, une rĂ©mission espĂ©rĂ©e, attendue ardemment par un compositeur qui nous invite Ă  en parcourir tout le cheminement, de jalon en jalon, – Ă  travers les 5 mouvements, explicitĂ©s par le texte (Ă©crit par Mahler lui-mĂȘme) qui un hymne Ă©perdu Ă  la grĂące divine, rĂ©confortant le pĂšlerin, perdu, Ă©prouvĂ© sur la route de l’existence.
La partition est achevĂ© en juin 1895 : Mahler l’a affinĂ©e comme chaque Ă©tĂ©, dans sa cabane de Steinbach, son fameux « Hauschen » (la cabane), le spectacle de la miraculeuse nature lui insufflant les germes de l’inspiration, comme le cri de 2 corneilles lui ont soufflĂ© la mĂ©lodie du Finale : on ne saurait imaginer plus Ă©troite connivence entre le crĂ©ateur et la nature, les oiseaux.

BERLIN, 1895 : Symphonie de l’élĂ©vation
L’ivresse des hauteurs aprùs l’Apocalypse

mahler gustav profil gustav mahler classiquenewsC’est l’époque oĂč Mahler rencontre Brahms puis Ă  Bayreuth Ă  l’invitation de Cosima, assiste au reprĂ©sentation de Parsifal, Lohengrin, TannhĂ€user (sous la direction de Richard Strauss). L’orchestration du Finale de la Symphonie RĂ©surrection est rĂ©alisĂ©e dans ce contexte musical. L’ouvrage est crĂ©Ă© Ă  ses frais et dans son intĂ©gralitĂ© Ă  Berlin le 13 dĂ©cembre 1895. Pour se faire il choisit lui-mĂȘme la cloche qui doit rĂ©sonner dans le dernier mouvement, celui de libĂ©ration et d’apothĂ©ose dans la lumiĂšre. Le public boude le concert et il a fallu distribuer des billets gratuitement pour remplir la salle. Musiciens et Ă©lĂšves du conservatoire assistent mĂ©dusĂ©s au Finale, le chant de l’oiseau de la mort qui plane, puis les premiers murmures du chƓur final en sa sublime priĂšre ultime, vraie Ă©lĂ©vation, de la terre au paradis. Ainsi les Ă©preuves passĂ©es sont le tremplin au salut, le passage vers l’éternitĂ© bienheureuse.
Si les spectateurs sont touchĂ©s, les critiques fustigent en gĂ©nĂ©ral une Ă©criture pompeuse, grandoliquente qui manque de personnalitĂ©, empruntant trop aux anciens Meyerbeer et Wagner en tĂȘte. Les contrastes « durs », les vertiges spectaculaires dĂ©concertent et mĂȘme agacent une bonne partie des soit disants spĂ©cialistes
lesquels ne dĂ©tectent pas la modernitĂ© d’une Ă©criture dont ils dĂ©noncent la « fausse nouveauté ». Rare, Humperdinck, que Mahler avait invitĂ©, adresse au compositeur, une lettre admirative.

Itinéraire de la Symphonie n°2 « Résurrection »
Mahler a laissĂ© un texte qui explique le sens de sa symphonie de 1895. On peut y retrouver les Ă©lans et passions qui ont inspirĂ© sa symphonie n°1 Titan. Le premier mouvement Ă©voque les funĂ©railles du hĂ©ros qui s’est battu – il Ă©voque son bonheur terrestre (2Ăš mouvement), mais aussi l’incrĂ©dulitĂ© et l’esprit de nĂ©gation qui l’ont saisi jusqu’à douter de tout mĂȘme de Dieu (Scherzo). Mais l’espoir revient (4Ăš mouvement). Et le Finale (5Ăš et dernier mouvement) dĂ©cide de son sort car il Ă©voque avec terreur et vertige l’Apocalypse, les dĂ©chus et les damnĂ©s qui hurlent, la chute de tous les hommes trop corrompus et lĂąches
 (fracas et cri des cuivres) ; puis dans le silence, se prĂ©cise le chant de l’oiseau (le rossignol porteur de la vie terrestre) et le chƓur des anges qui chante l’ivresse salvatrice de la rĂ©surrection (« tu ressusciteras! ») : l’amour submerge le cƓur des Ă©lus et des mĂ©ritants ; le bonheur Ă©ternel apparaĂźt comme une porte cĂ©leste attendue, espĂ©rĂ©e.

PortĂ©s par le cycle des 9 symphonies de Mahler, amorcĂ© au dĂ©but de ce mois de fĂ©vrier par la Symphonie n°1 Titan (LIRE notre critique / concert du 1er fĂ©vrier 2019), Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille relisent avec une rare ardeur, l’écriture de Mahler, gĂ©nie symphonique du XXĂš. Cet unique concert le dernier soir de fĂ©vrier 2019 s’annonce comme un nouveau jalon majeur du cycle Mahler par l’Orchestre National de Lille et son directeur musical, Alexandre Bloch. 2Ăš volet du cycle Mahler Ă  Lille, incontournable.

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LILLE, Nouveau SiĂšcleboutonreservation
Jeudi 28 février 2019, 20h

MAHLER : Symphonie n°2 « Résurection »
Miah Persson, soprano / Christianna Stotijn, mezzo-soprano
Orchestre National de Lille
Philharmonia Chorus
Alexandre Bloch, direction

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/resurrection/

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A 18h45, rencontre mahlérienne insolite
entrée libre muni du billet du concert de 20h

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APPROFONDIR
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LIRE AUSSI notre prĂ©sentation du cycle GUSTAV MAHLER par Alexandre BLOCH et l’Orchestre National de Lille 
 

LIRE aussi notre critique de la Symphonie TITAN par Kubelik (1979) :
http://www.classiquenews.com/gustav-mahler-symphonie-n1-titan-kubelik/

LIRE aussi notre compte rendu de la Symphonie TITAN par Ph Herreweghe et le JOA (Saintes, 2013, sur instruments d’époque)
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-saintes-abbatiale-festival-le-13-juillet-2013-gustav-mahler-symphonie-n1-titan-joa-jeune-orchestre-atlantique-philippe-herreweghe-direction/

9Ăšme Symphonie de Gustav Mahler Ă  l'OpĂ©ra de ToursVOIR notre reportage VIDEO : Le JOA, Philippe Herreweghe jouent (sur instruments d’époque) la Symphonie n°1 de Gustav Mahler (Ă©tĂ© 2013, Saintes)
http://www.classiquenews.com/reportage-video-le-joa-jeune-orchestre-atlantique-interprete-la-titan-de-mahler-sous-la-direction-de-philippe-herreweghe-juillet-2013/
Le JOA Jeune Orchestre atlantique interprĂšte la Symphonie Titan de Gustav Mahler. Le festival de Saintes 2013 s’ouvre avec un rendez vous symphonique incontournable : jouer Mahler sur instrument d’époque. Philippe Herreweghe pionnier des relectures historiques conquiert les sonoritĂ©s Ă©tranges et familiĂšres, Ă  la fois autobiographiques donc intĂ©rieures et aussi cosmiques soit flamboyantes, si spĂ©cifiques aux univers de Mahler, en assurant aux jeunes instrumentistes choisis du JOA Jeune Orchestre Symphonique, une approche trĂšs attendue des textures et Ă©tagements malhĂ©riens. A Saintes, lieu de rĂ©sidence habituelle du collectif de jeunes musiciens, le travail se rĂ©alise sur une partition majeure du 
 XXĂšme siĂšcle. L’oeuvre date de 1889, ses espaces, horizons, perspectives qu’elle trace immĂ©diatement, ainsi au diapason d’une subjectivitĂ© Ă  l’échelle du cosmos, Ă©tablissent de nouvelles rĂšgles qui abolissent les limites de l’espace, du temps, du son 
 en route pour la modernitĂ© complexe et si riche, captivante et vertigineuse du XXĂšme siĂšcle ! Concert incontournable. Grand reportage vidĂ©o CLASSIQUENEWS.COM

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Musiciens Baltes (Janson, Nelson, Garança…)

Andris-Nelsons-Bruckner-Symphony-7-Wagner-Siegfrieds-Funeral-March-550x334ARTE, dim 17 fĂ©v 2019 : 23:40. Du CrĂ©puscule Ă  l’aube. ESCAPADE BALTE, VIRÉE MUSICALE EN PAYS BALTES. Un territoire, ses musiciens
 et quels tempĂ©raments. Ils ont pour noms : Andris Nelsons, Mariss Janson, Mirga Grazinyte-Tyla, Paavo JĂ€rvi (lui-mĂȘme fils de Neeme JĂ€rvi) pour les chefs d’orchestre ; ou encore Gidon Kremer (violoniste), Arvö PĂ€rt (compositeur contemporain)
 Sans omettre le mezzo le plus voluptueux de l’heure, Elina Garança
 Tous sont lettons, estoniens ou lituaniens. Mais d‘oĂč vient cette concentration de talents propres au pays Baltes ? Entre est et Ouest, les cultures baltes cultiveraient-elles une prĂ©disposition et un goĂ»t prononcĂ© pour l’excellence musicale ? ARTE propose un portrait de ces 3 « petits » Ă©tats, immenses par leur activitĂ© culturelle, artistique et musicale
 (Docu, 2018, 53 mn). Les programmes de musique classique se faisant de plus en plus rares Ă  l’antenne d’Arte, ne manquez pas ceux qui mĂ©ritent d’ĂȘtre visionnĂ©s.

 

 

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ARTE, dim 17 fĂ©v 2019 : 23:40. Du CrĂ©puscule Ă  l’aube. ESCAPADE MUSICALE EN PAYS BALTES.

 

 

 

 

DVD Ă©vĂ©nement, critique. ADES : The exterminating Angel (1 dvd Erato – nov 2017)

ades-opera-the-exterminating-angel-opera-dvd-review-critique-opera-dvd-par-classiquenews-erato-2017DVD Ă©vĂ©nement, critique. ADES : The exterminating Angel (1 dvd Erato – nov 2017) – Dans Powder her face, il osait reprĂ©senter une fellation sur la scĂšne. Le compositeur britannique Thomas AdĂšs suscite toujours un scandale qui s’intĂ©resse surtout Ă  l’affiche anecdotique sans poser la question du comment et du pourquoi. Son approche sensible et critique de l’oeuvre fantastique et surrĂ©aliste lĂ©guĂ©e par Luis Bunuel (1962) ne manque pas de profondeur ni de saveur polĂ©mique. La production avait suscitĂ© un tollĂ© Ă  l’annonce que des moutons seraient portĂ©s sur les planches, pour la crĂ©ation de son 3Ăš opĂ©ra Ă  Salzbourg Ă  l’étĂ© 2016 (repris Ă  Covent Garden Ă  Londres en 2017). CaptĂ© au Metropolitan opera Ă  New York (octobre 2018), l’opĂ©ra dĂ©ploie ses sortilĂšges : oĂč brillent timbres et couleurs des bois, percus et ondes martenot pour exprimer le mystĂšre et l’énigme persistante.
Le livret de Cairns synthĂ©tise et respecte l’esprit du film de Bunuel : le dĂ©voilement de la vĂ©ritĂ© humaine, aprĂšs la dissolution de l’hypocrisie bourgeoise. Le masque du mensonge Ă©tant tombĂ©, la perversitĂ© barbare de l’ñme humaine est rĂ©vĂ©lĂ©e comme si le compositeur tendait le miroir au public. Encore une Ɠuvre amĂšre, clinique, mordante qui cible la saloperie humaine capable de toutes les forfaitures pourvu que chcun pour soi sauve sa peau avant celle des autres.

 

 

 

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Le plateau qui rĂ©unit Audrey Luna (la cantatrice), Joseph Kaiser et Amanda Echalaz (les maĂźtres de maison dĂ©bordĂ©s par l’aprĂšs dĂźner), Sally Matthews et Iestyn Davies (la sƓur et le frĂšre incestueux), Alice Coote (l’hystĂ©rique), Sir John Tomlinson (le mĂ©decin vainement pacificateur), Sophie Bevan et David Portillo (jeunes mariĂ©s trop naĂŻfs
), sans omettre Christine Rice et Rod Gilfry (les musiciens) ou FrĂ©dĂ©ric Antoun (l’explorateur)
 atteint l’excellence. Les chanteurs sont des acteurs. Et le metteur en scĂšne Tom Cairns qui signe aussi le livret exploite de telles qualitĂ©s. Chacun caractĂ©rise son profil psychologique (bien chargĂ©, en particulier dans le solo qui est leur autoportrait) ; chacun dĂ©crypte les allusions souterraines d’une partition fourmillante et juste dans sa dĂ©nonciation scrupuleuse. Rien de scandaleux dans cette nouvelle production car le sens global de l’ouvrage sonne vrai, pertinent, implacable. Chacun des solistes incarne ce parlĂ© chantĂ© fludie et continu qui rapproche l’opĂ©ra de la scĂšne rĂ©elle, le chant de la parole en un sprachegesang, parfois hypnotique. Le cast est impressionnant en nombre comme en qualitĂ© : c’est du thĂ©Ăątre lyrique que les ensembles renforce encore. Le dĂ©cor est discret mais bien prĂ©sent, symbolisĂ© par un portique gĂ©ant qui entrave le groupe des gens bien comme il faut. L’intensitĂ© et la justesse du jeu comme du chant Ă©claboussent cet opĂ©ra dont l’envoĂ»tement musical accrĂ©dite davantage l’intelligence de Thomas AdĂšs sur la scĂšne lyrique. CrĂ©ation majeure.

 

 

 

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DVD, critique. ADES : The Exterminating Angel (Metropolitan Opera, 2017 – 1 dvd ERATO)

The Metropolitan Opera Orchestra and Chorus
Thomas AdĂšs (direction)
CLIC D'OR macaron 200Audrey Luna (Leticia Maynar), Amanda Echalaz (LucĂ­a de Nobile), Sally Matthews (Silvia de Ávila), Sophie Bevan (Beatriz), Alice Coote (Leonora Palma), Christine Rice (Blanca Delgado), Iestyn Davies (Francisco de Ávila), Joseph Kaiser (Edmundo de Nobile), FrĂ©dĂ©ric Antoun (RaĂșl Yebenes), David Portillo (Eduardo), David Adam Moore (Colonel Álvaro GĂłmez), Rod Gilfry (Alberto Roc), Kevin Burdette (Señor Russell), Christian Van Horn (Julio) & John Tomlinson (Doctor Carlos Conde) – captation Live from the Met – octobre 2018.
Durée : 2h22mn
CLIC de CLASSIQUENEWS de février 2019.

 

 

 

Teaser vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=ItTIIIPwcvQ

 

 

 

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LILLE, ONL. STAR WARS, Un nouvel espoir, 14 et 15 fév 2019. Ciné-concert

lille-ONL-star-wars-un-nouvel-espoir-new-hope-lucas-orchestre-national-de-lille-cine-concert-fevrier-2019-annonce-critique-concert-musique-classique-orchestre-classiquenews-fev-2019LILLE, ONL. STAR WARS, 14 et 15 fĂ©v 2019. CinĂ©-concert de rĂȘve Ă  Lille
 La saga Star Wars de George Lucas n’aurait jamais eu son retentissement ni sa puissance dramatique sans le chant de l’orchestre qui sert de rĂ©sonateur, d’amplificateur Ă  sa formidable action interstellaire. John Wiliams a composĂ© l’une des musiques de films les plus envoĂ»tantes, inscrites dans le mystĂšre voire la terreur (quand l’infĂąme Dark Vador paraĂźt), mais aussi dans le drame et l’onirisme des Ă©toiles
 L’Orchestre National de Lille joue la carte du grand Ă©cran et de la magie orchestrale en proposant pendant deux soirs, les 14 et 15 fĂ©vrier prochains; la projection sur grand Ă©cran et la prĂ©sence de l’Orchestre National en direct sur la scĂšne du Nouveau SiĂšcle. C’est une nouvelle expĂ©rience symphonique de premier plan associant le souffle des images cinĂ©matographiques et les couleurs de l’orchestre.

DĂšs la semaine prochaine (jeudi 14 et vendredi 15 fĂ©vrier), l’Orchestre National de Lille se lance dans la saga interstellaire Star Wars. Pour cette premiĂšre expĂ©rience, Ă©pisode 1 (Un Nouvel Espoir) est proposĂ© en cinĂ©-concert Ă  l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle. Au programme, l’épopĂ©e cinĂ©matographique et le son symphonique, mais aussi de nombreuses surprises au public, dont les interventions d’une quinzaine de cosplayers bĂ©nĂ©voles (agrĂ©Ă©s par Lucas Film) : la « Garnison 501 » (avec possibilitĂ© de selfies et autres pour les plus grands fans
).

UN NOUVEL ESPOIR : film de George Lucas / Musique originale de John Williams. PrĂ©sentation du film en cinĂ© concert par l’ONL : “ Les mĂ©lodies de John Williams sont cĂ©lĂšbres dans le monde entier. Leur Ă©nergie communicative et leur majestĂ© Ă©clatent de la plus splendide des maniĂšres dans Star Wars Episode IV, le tout premier film de la saga. Pour illustrer la quĂȘte de Luke Skywalker, Williams a une idĂ©e de gĂ©nie : le leitmotiv wagnĂ©rien (un motif musical symbolise un personnage prĂ©cis). Tout en multipliant les rĂ©fĂ©rences au rĂ©pertoire symphonique, le compositeur amĂ©ricain invente donc un thĂšme pour chaque protagoniste, neuf au total, qu’il enchaĂźne avec une maestria vertigineuse. Si on y ajoute un gĂ©nie de l’orchestration qui parvient toujours Ă  trouver l’instrument idĂ©al pour donner du galbe Ă  un dĂ©cor
 ce premier cinĂ©-concert du cycle promet de nous propulser dans les Ă©toiles.”

 

 

 

 

DES PLACES en vente le soir du concert… Les sĂ©ances sont complĂštes, seuls quelques billets pourront ĂȘtre remis en vente le soir mĂȘme suite Ă  des dĂ©sistements. (tarifs de 29 Ă  68€) : www.onlille.com

 

 

 

Orchestre National de Lille
Ernst van Tiel, direction

Lille, auditorium du Nouveau SiĂšcle, 20hboutonreservation
Jeudi 14 février 2019
Vendredi 15 février 2019

INFORMATIONS sur le site de l’Orchestre National de Lille – ONL ici :
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/star-wars-episode-iv/

 

 

 

vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=dKHNx4gfrok

 

 

 

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La suite en mars 2019

Ciné concert épisode 2 :

star-wars-un-nouvel-espoir-e-new-hope-orchestre-national-de-lille-cine-concert-annonce-concert-critique-concert-actualites-musique-classique-opera-classiquenews-fevrier-2019Prochains rvs, les 13 et 14 mars 2019, au Nouveau SiĂšcle Ă  20h : CinĂ© concert Ă©pisode 2 : STAR WARS : L’Empire contre-attaque (film de Irvin Kershner, 1908 / Musique originale de John Williams). Avec l’Orchestre National de Lille – Kevin Griffiths, direction. Projection sur grand Ă©cran et orchestre en direct. Irvin Kershner signe un volet noir et complexe, Ă  l’écriture shakespearienne, oĂč l’action s’ enrichit de destins individuels torturĂ©s et douloureux. La musique magnifie l’image par sa partition fantastique et onirique lĂ  encore (thĂšme de Dark Vador ; thĂšme de Yoda, le sage dĂ©tenteur, transmetteur, rĂ©vĂ©lateur de la force enfouie et dormante
). Un must absolu.

RESERVATIONS sur le site de l’Orchestre National de Lille – ONL ici :
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/star-wars-episode-v/

 

 

 

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En 2020, l’Orchestre National de Lille prĂ©sentera deux autres Ă©pisodes en cinĂ©-concerts : le Retour du Jedi  en fĂ©vrier / le RĂ©veil de la Force en avril. Places en vente pour ces spectacles dĂšs le 1er juillet 2019 ou vers la mi-mai au moment de l’ouverture des abonnements 2019-2020 de l’Orchestre. A suivre de prĂšs. Que la force soit avec toi. A suivre


 

 

 

CD Ă©vĂ©nement, annonce. Alessandro SCARLATTI : L’Assunzione della Beata Vergine (EB Monaco, M PeyrĂšgne – 1 cd PARATY, nov 2017)

A-SCARALTTI-cd-critique-actus-infos-musique-classique-baroque-classiquenews-ENSbar_Monaco_COUV_HM-300x300CD Ă©vĂ©nement, annonce. Alessandro SCARLATTI : L’Assunzione della Beata Vergine (EB Monaco, M PeyrĂšgne – 1 cd PARATY, nov 2017)
 RESURRECTION MAJEURES
 PortĂ© par le chanteur et chef, Mathieu PeyrĂšgne, l’Ensemble Baroque de Monaco Ă©dite chez PARATY, un oratorio marquĂ© par l’incandescence dramatique et la sensualitĂ© brĂ»lante telles que seul le Baroque italien fut capable de le ciseler Ă  la fin du XVIIĂš par un Caldara (cf son oratorio Ă©blouissant et trĂšs proche Il Primo Omicidio) ou le premier pilier de la dynastie Scarlatti, Alessandro qui incarne la puretĂ© du style napolitain le plus sĂ©duisant, proche des VĂ©nitiens par sa flexibilitĂ© et sa suavitĂ© dramatique, avant les sĂ©cheresses du plein XVIIIĂš. Oratorio, opĂ©ra, l’Ɠuvre ainsi restituĂ©e en premiĂšre mondiale est les deux en rĂ©alitĂ© car les climats Ă©motionnels, l’architecture de la partition (diverse, cultivant solos et duos entre l’épouse, l’époux – deux sopranos-, Amour et EternitĂ©), exploite toutes les ressources signifiantes d’un texte souvent dĂ©chirant, incarnĂ© par le chant Ă  la fois articulĂ© et expressif de la soprano Aurora Peña, pilier vocal de cette partition Ă©blouissante en particulier dans les rĂ©citatifs 
 embrasĂ©s, ardents, dĂ©clamĂ©s, habitĂ©s.
La prĂ©sente rĂ©vĂ©lation souligne le patronage et le goĂ»t musical Prince Antoine 1er de Grimaldi (1661 – 1731) « qui fut un grand passionnĂ© de musique Ă  la fin du XVIIĂšme siĂšcle ». Alessandro Scarlatti (contemporain du Prince) a crĂ©Ă© l’oratorio L’Assunzione della Beata Vergine lors de l’intronisation du Prince, Ă  la succession de son pĂšre Louis 1er Grimaldi (1701).
SCARLATTI-alessandro-portrait-opera-oratorio-classiquenews-actualites-annonce-infos-classiquenews-musique-classique-scarlatti_alessandroIl s’agit donc de la rĂ©surrection d’un chef d’oeuvre de dĂ©votion et de ferveur, propre au contexte monĂ©gasque du tout dĂ©but XVIIIĂš. Linguistique, dramatique, la partition Ă©claire surtout un texte original sur le thĂšme de l’amour de Marie et de son Ă©poux, Ă©clairĂ© par une langue lumineuse et directe. VoilĂ  qui accrĂ©dite l’admiration de Debussy pour Alessandro, « l’Orpheus italien » (Monsieur Croche, 1921), 
 Ă©gal enfin rĂ©vĂ©lĂ© d’un Purcell et aussi d’un Haendel. Concernant l’éditeur, PARATY reprend le flambeau des labels qui hier audacieux, inspirĂ©s, savaient diffuser le meilleur des recherches musicologiques les plus rĂ©centes dans le champs aujourd’hui Ă©teint du Baroque. Une recrĂ©ation mondiale majeure qui ressuscite ce goĂ»t pour les trĂ©sors oubliĂ©s des XVIIĂš et XVIIIĂš. Ce Scarlatti fulgurant, palpitant est l’écho des grandes dĂ©couvertes musicologiques et discographiques de ce qui fit hier l’ñge d’or de la rĂ©volution baroqueuse des annĂ©es 1970, 1980, 1990
 Ce disque essentiel souligne la force du tempĂ©rament lyrique et dramatique d’Alessandro (1660-1725), fondateur de l’école napolitaine, Ă©gal des suiveurs et disciples de la grande leçon de Monteverdi : Cesti, Cavalli,
 Alessandro fait la synthĂšse de Carissimi et Monteverdi, de Stradella et Legrenzi ; Ă  Rome, Alessandro est proche de Corelli ; les deux sont protĂ©gĂ©s par la Reine Christine de SuĂšde. Par sa diversitĂ© et son raffinement, l’oeuvre d’Alessandro Scaralatti annonce celle de Mozart. On comprend donc la valeur de la partition ainsi ressuscitĂ©e, quand tous les opĂ©ras de l’auteur , sans omettre ses nombreuses partitions sacrĂ©es, demeurent encore oubliĂ©es, Ă©cartĂ©s… non jouĂ©es.

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD Ă©lu CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2019 : Grande critique Ă  venir du cd Alessandro SCARLATTI : L’Assunzione della Beata Vergine par l’Ensemble Baroque de Monaco, Mathieu PeyrĂšgne, dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS.

 

 

 

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Plus D’INFOS sur le site de PARATY :
http://paraty.fr/portfolio/lassunzione-della-beata-virgine-alessandro-scarlatti/

 

 

 

 

 

 

CD, critique. MAURIZIO POLLINI : CHOPIN (Nocturnes opus 55, Mazurkas opus 56, Sonate opus 58 – 1 cd Deutsche Grammophon – 2018)

CHOPIN sonate opus 58 dg maurizio pollini cd critique cd review par classiquenews actualites infos musique classique cd 028948364756-CvrbCD, critique. MAURIZIO POLLINI : CHOPIN (Nocturnes opus 55, Mazurkas opus 56, Sonate opus 58 – 1 cd Deutsche Grammophon – 2018). Alors que simultanĂ©ment sort aussi le nouveau et 4Ăš cd du jeune Lisiecki dans un Mendelssohn sans nuance et plutĂŽt linĂ©airement martelĂ© (Ă©galement Ă©ditĂ© par DG), voici le « nouveau » Chopin d’un vĂ©tĂ©ran que l’expĂ©rience, le recul, et le bĂ©nĂ©fice d’une sensibilitĂ© ciselĂ©e, elle intĂ©rieure naturellement, exaltent, inspirent au plus juste ; le pianiste dĂ©ploie d’irrĂ©sistible arguments. Indiscutable, MAURIZIO POLLINI illumine les 7 partitions ici rĂ©unies qui semblent comme rĂ©capituler une vie dĂ©diĂ©e Ă  la rĂ©flexion et le sens de la musique. Son cadet aurait mĂ©rite d’enrichir ainsi Ă  son Ă©coute, un jeu trop scolaire.
Les Nocturnes font surgir le tragique et l’angoisse d’une Ăąme inquiĂšte et dĂ©semparĂ©e grĂące au toucher et au rubato d’une formulation ronde et prĂ©cise, nuancĂ©e et profonde, comprenant les chants et les contrechants. Chaque rĂ©itĂ©ration sonne comme une blessure pudiquement ourlĂ©e ; chaque sĂ©quence s’écoule avec un secret, une infinie douceur sombre. MĂȘme le second plus ardent, plus conquĂ©rant (quoique) resplendit par une tendresse caressante, un moelleux naturel qui enchante et berce. Le travail de l’énonciation, l’architecture qui soigne les galbes et le relief poli des arĂȘtes affirment une maturitĂ© et une comprĂ©hension saisissante de la langueur de Chopin : langueur mĂ©lancolique et aussi furieusement puissante (le rubato Ă  la fois ralenti et magnifiquement articulĂ©).
La respiration Ă©lĂ©giaque, enveloppĂ©e dans une ouate suspendue de la Berceuse (opus 57), fait elle seule, la magie de ce rĂ©cital de premiĂšre inspiration ; oĂč les harmonies se mĂȘlent, s’enlacent, sur un chĂąssis rythmique lui-mĂȘme suspendu Ă  ce tempo, ralenti, Ă©vanescent, dĂ©sarticulĂ©, articulé  d’une valse lente. Le jeu des miroitements intĂ©rieurs, Ă  plusieurs plans, Ă©tagĂ©s dans l’espace musical font toute l’ivresse de cette sĂ©quence
 littĂ©ralement magicienne. Du trĂšs grand art pianistique. Dans l’énoncĂ©, la projection, la conception poĂ©tique, l’écoute intĂ©rieure. C’est un Chopin Ă  l’infini pictural, d’un Ă©quilibre absolu et d’une paix fondamentale qui se dĂ©ploie et s’affirme et berce alors. Magistral.

Construite en des contours plus net et tranchĂ©s, la Sonate opus 58 exprime une toute autre activitĂ© ; radicale, et puissante, manifestes de cette puissance (certes souvent rentrĂ©e) qui Ă©lectrise le chant Chopinien. Autant de matelas harmoniquement dense, pour que surgisse la sublime mĂ©lodie bellinienne du premier mouvement. CharpentĂ© et chantant. Pollini n’oublie dans cette rondeur murmurĂ©e, ce galbe toujours souverain, l’aspect « maestoso » de l’Allegro initial. Quelle comprĂ©hension naturelle de la texture chopinienne. A la fois viscĂ©rale et chtonienne, la fluiditĂ© de Chopin, se dĂ©ploie souple et aĂ©rienne dans un flux Ă  l’onctueuse matĂ©rialitĂ©.
pollini-piano-maurizio-chopin-portrait-critique-cd-classiquenews-piano-majeur-actualites-piano-par-classiquenewsDans cet Ă©panouissement ultime du premier mouvement, l’agilitĂ© souple et caressante du toucher fait oublier la matĂ©rialitĂ© de la mĂ©canique, comme la frappe des touches ; et que dire de l’élasticitĂ© sidĂ©rante du second mouvement, plus doux et agile lui aussi : ce Scherzo atteint une texture pure, au delĂ  de toute matĂ©rialitĂ© du clavier ; un pur son Ă  la fois moelleux et mordant d’un Ă©quilibre idĂ©al. Un tel galbe rehausse l’éclat Ă©lectrique de l’écriture, son Ă©nergie lumineuse et flamboyante dont la fugacitĂ©, Ă©perdue, foudroyĂ©e (« molto vivace ») contraste avec l’ampleur architecturĂ©e du premier Allegro. Belle couleur liquide du Largo, plus droit, objectif, avec des assises graves idĂ©alement Ă©noncĂ©es lĂ  aussi. Enfin le dernier Finale / Presto non tanto confirme tout ce que l’on pensait du pianiste italien chez Chopin : l’énergie de la matiĂšre qui crĂ©pite et s’embrase en une urgence organique, dĂ©veloppe chez Chopin, cette ardeur brillante qui est aussi puissance de feu – un aspect que l’on Ă©carte trop souvent ; concernant Maurizio Pollini, c’est un acrobate et un athlĂšte au muscle intact d’une rondeur caressante, d’une grĂące allusive exemplaire qui affirme et la marche tragique et l’effusion pudique d’une dĂ©claration personnelle. En maĂźtre de la structure, le pianiste capte et prĂ©cise le sens et la direction de la digitalitĂ© qui s’accomplit : sous la crĂ©pitement virtuose du jeu proprement dit (en soi dĂ©jĂ  impressionnant), l’interprĂšte marque un cap, cible directement le mouvement essentiel, rĂ©vĂ©lant l’ossature globale. La vision est captivante et sa formulation, scintillante. Magistral rĂ©cital Chopin : sa sensualité  cultive et l’éloquence et l’énigme, en un clair / obscur rĂ©jouissant, captivant. Bel oxymore. Mais familier pour ce poĂšte du clavier. CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2019.

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CLIC D'OR macaron 200CD, critique. MAURIZIO POLLINI : CHOPIN (Nocturnes opus 55, Mazurkas opus 56, Sonate opus 58 – 1 cd Deutsche Grammophon – durĂ©e : 53 mn, 2018) – CLIC de CLASSIQUENEWS

CD, critique. DEBUSSY : MĂ©lodies, Sonates… Syntonia (2 cd KARTHE records 2018)

Debussy thon that tiet cd klarthe cd review critique cd par classiquenews couv_low1CD, critique. DEBUSSY par Syntonia (2 cd KARTHE records 2018). Les musiciens du quintette Syntonia explorent le DEBUSSY, poĂšte impressionniste, grand orfĂšvre des mondes intĂ©rieurs
 Somptueux rĂ©cital conçu pour le salon plutĂŽt que la salle de concert : l’intimitĂ© que convoque, l’écoute particularisĂ©e qu’exige la collection de perles musicales ici rĂ©unies, alternant mĂ©lodies et partitions instrumentales, montrent et l’élargissement du rĂ©pertoire de l’ensemble SYNTONIA, mais aussi
 sa maturitĂ©. Dans l’éloquence et la complicitĂ©, les instrumentistes et chanteuse cĂ©lĂšbrent le gĂ©nie d’un Debussy poĂšte.

 

 

 

Debussy poĂšte
Au cƓur du poùme musical

 

 

 

Pour nous la piĂšce maĂźtresse demeure la transcription trĂšs rĂ©ussie de PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs-midi d’un Faune, belle expĂ©rience de conversation instrumentale (arrangement pour quintette de BenoĂźt Menut) oĂč compte surtout l’écoute des autres et donc l’équilibre sonore comme l’articulation de chaque timbre, selon ce souci d’équilibre des dynamiques simultanĂ©es. Un vrai travail d’ajustement qui captive. La lecture sans les vents, souligne en rĂ©alitĂ© l’effusion suave qui excite le dĂ©sir du jeune fauve
 L’articulation est scrupuleuse mais naturelle. PrĂ©cise et d’un fini… globalement coloriste.
BenoĂźt Menut, compositeur qui a Ă©crit par ailleurs pour Syntonia en particulier pour le violoncelle solo Patrick Langot (prochain cd Ă  venir : intitulĂ© « Praeludio », annoncĂ© en mai 2019) respecte le format concentrĂ© et la texture vibratile du poĂšme musical d’aprĂšs MallarmĂ©. La dĂ©fi ici est de soigner la clartĂ© de l’articulation de chaque partie sans rompre l’effet orchestral (originel), cette brume indĂ©finissable, matelas suspendu du climat ouatĂ© et sensuel du poĂšte symboliste : de ce point de vue l’écoute entre chacun des musiciens de Syntonia est idĂ©ale : allusive, elle aussi suspendue, semblant chercher au delĂ  et derniĂšre les notes. Cette couleur sensuelle, d’enlacement permanent, profonde, immatĂ©rielle mais prĂ©sente et continue que Debussy a su dĂ©ployer en respectant le climat de MallarmĂ©, se dĂ©ploie avec une grande musicalitĂ©.

Ce Debussy, allusif et Ă©rotique, entre en dialogue lui-mĂȘme avec la piĂšce contemporaine de TĂŽn-ThĂąt TiĂȘt qui en serait comme la rĂ©sonance en un effet de miroir, Ă  la fois rĂ©flexif et critique
 (ultime sĂ©quence du cd 2).  ” Regards dans la brume ” (2014) pour quatuor Ă  cordes et piano
 regarde avec distance sa source debussyste. La piĂšce contemporaine tisse un Ă©cho lointain, brumeux et a perdu tout idĂ©e du signe moelleux et rassurant. L’écriture exprime un Ă©tat de veille inquiĂšte voire d’urgence panique oĂč la lente mĂ©lopĂ©e au piano redessine encore le climat tendu, fait suspendre le tableau initial. La brĂȘve accalmie (IIĂšme Ă©pisode oĂč les cordes Ă©tirent l’air comme au dĂ©but du PrĂ©lude de Debussy), n’est que de (trop) courte durĂ©e : en une sirĂšne murmurĂ©e affolĂ©e, aux Ă©clats lancinants, tendus, les instruments se crispent. Le mouvement le plus dĂ©veloppĂ© (plus de 8 mn) : Ă©paissit la clameur hallucinĂ©e, en une interrogation qui cible le repli, exprime presque l’élucidation de l’énigme angoissĂ©e qui a Ă©tĂ© prĂ©cĂ©demment Ă©noncĂ©, sans vĂ©ritablement Ă©claircir ni rĂ©soudre la question. Le III, creuse encore ce climat d’incertitude et d’intranquillitĂ© qui scintille entre anxiĂ©tĂ©, agitation et 
 folie. Ces « regards » dans la brume nourrissent autant de questions laissĂ©es sans rĂ©ponse, en une nuĂ©e Ă  la fois immatĂ©rielle et Ă©paisse presque insupportable ; ils sont proches d’un cauchemar Ă©veillĂ©.

De son cĂŽtĂ©, trĂšs engagĂ©e Ă  peindre chaque nuance du verbe musical, le doux soprano de Maya Villanueva (dĂ©jĂ  remarquĂ©e dans un cd prĂ©cĂ©dent Ginastera également Ă©ditĂ© chez KLARTHE) cultive une Ă©mission feutrĂ©e, et mĂȘme suave comme millimĂ©trĂ©e. Les MĂ©lodies sont autant de piĂšces personnelles voire intimes qui tĂ©moignent de la vie amoureuse de Debussy ; certaines Ă©tant de fait, des offrandes hommages Ă  l’ĂȘtre aimĂ©e : Marie Vasnier et Emma Bardac ; toutes deux Ă©taient chanteuses et ont interprĂ©tĂ© les mĂ©lodies de leur compagnon trĂšs Ă©pris.
Dans ce recueil double, la cantatrice sait trouver les inflexions justes et parfois enivrĂ©es dans une succession de perles mĂ©lodiques, d’un Debussy, jeune (Nuits d’étoiles, l’offrande d’unadolescent de quasi
 18 ans en 1880) ; l’idĂ©e de suivre chronologiquement l’inspiration du Debussy mĂ©lodiste est claire, parfaitement explicitĂ©e, musicalement s’entend, quoique aussi musicologique, comme le rĂ©alise le texte trĂšs dĂ©veloppĂ© du livret.
L’attention aux mots, l’évidente curiositĂ© pour exprimer chaque situation du poĂšme offrent une Ă©loquente vision sur l’écriture debussyste : coloriste, atmosphĂ©rique mĂȘme, sans aucun maniĂ©risme ni affĂšterie acadĂ©mique.

CrĂ©Ă©es en 1904 chez madame Edouard Colonne, les mĂ©lodies de FĂȘtes galantes sur des poĂšmes de Verlaine (1869) racontent cette intimitĂ© qui fusionne les deux cƓurs (Emma pour le Livre II
 qui n’est pas abordĂ© ici). En poĂšte musicien, Debussy cultive ce goĂ»t de l’étuve emperlĂ©e, des images enivrĂ©es Ă©nigmatiques ou plus dramatiques. Ainsi le triptyque des FĂȘtes Galantes (Livre I) : « Fantoches » est expressif, narratif, furtif et percutant quand « Clair de lune » (ses « masques et bergamasques ») diffuse un scintillement plus langoureux et Ă©vanescent, son Ă©nonciation portĂ©e par une candeur blessĂ©e et tendre. « Le jet d’eau » d’aprĂšs Baudelaire (arrangement pour soprano et quintette par BenoĂźt Menut) intĂ©resse par ce miroitement instrumental qui enveloppe le chant ; et les interprĂštes rĂ©alisent et rĂ©ussissent l’énigme et le climat de secret enchantĂ© des PoĂšmes d’aprĂšs MallarmĂ©, parfois incertains et sombres mĂȘme en leurs harmonies raffinĂ©es et tendues (« Soupir ») ; ou pures invitations Ă  l’extase (dernier poĂšme du triptyque,  « Eventail »). La fragilitĂ© du timbre bien articulĂ© ressuscite la chair diaphane, sensuelle, souvent murmurĂ©e de la poĂ©tique debussyste.

CLIC D'OR macaron 200MĂȘme grande sincĂ©ritĂ© pour le pianisme rĂ©glĂ© sur le mĂȘme mode intimiste et intĂ©rieur de Romain David (Images) ; auquel le violoncelle souple et trĂšs nuancĂ© de Patrick Langot apporte une rĂ©sonance spĂ©cifiquement grave (Sonate pour violoncelle et piano) propre Ă  la partition conçue pendant la guerre (comme la Sonate pour violon avec la violoniste StĂ©phanie Moraly). Double cd enivrant.

 

 

 

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debussy melodies prelude aprĂšs midi faune ensemble syntonie ton that tient cd klarthe records critiqueCD, DEBUSSY / TĂŽn-that TiĂȘt : MĂ©lodies, Sonate, PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs midi d’un Faune (2 cd Klarthe records) – Claude Debussy (1862-1918) : MĂ©lodies, Sonates pour violon et piano, pour violoncelle et piano. PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs-midi d’un faune (arrangement pour quintette avec piano par Benoit Menut). TĂŽn-ThĂąt TiĂȘt (nĂ© en 1933) : Regards dans la brume pour quatuor Ă  cordes et piano (Trois regards sur le PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs-midi d’un faune). Maya Villanueva, soprano. Quintette Syntonia. 2 CD Klarthe records. EnregistrĂ© en janvier 2018. DurĂ©e totale : 1h56mn – CLIC de CLASSIQUENEWS

 

 

 

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CD 1    > Claude DEBUSSY (1862-1918)

    1 :   Nuit d’Ă©toiles (1880)
2  :  La belle au bois dormant (1890)

        Images [oubliées] (1894)
3  :  III. Quelques aspects de «Nous n’irons plus au bois» parce qu’il fait un temps insupportable
4  :  Les angélus (1892)

        Images (DeuxiÚme Série, 1907)
5  :  I. Cloches à travers les feuille
6  :  Minstrels pour violon et piano* (1914)
7  :  Pantomime (1883)
8  :  Scherzo pour violoncelle et piano du «Nocturne et Scherzo» (1882)
9  :  Voici que le printemps (1884)

        Images (DeuxiÚme Série, 1907)
10  :  II. Et la lune descend sur le temple qui fut
11   : Les papillons (1881) – Images (DeuxiĂšme SĂ©rie, 1907)
12  :  III. Poissons d’or
13  :  Romance  «Silence ineffable de l’heure» (1883)
14   : Apparition (1884)

        Sonate pour violon et piano* (1916-17)
15   : I. Allegro vivo
16   : II. IntermÚde. Fantasque et léger
17    :III. Finale. TrÚs animé

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    CD 2    > Claude DEBUSSY 

    1  :  PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs-midi d’un faune (1894) – arr. pour quintette avec piano de BenoĂźt Menut

        FĂȘtes galantes (Premier livre, 1892)
2  : I. En sourdine
3  : II. Fantoches
4  : III. Clair de lune
5  : NoĂ«l des enfants qui n’ont plus de maison (1915) – arr. pour soprano et quintette avec piano de BenoĂźt Menut

        Sonate pour violoncelle et piano (1915)
6  :  I. Prologue. Lent, sostenuto e molto risoluto
7  :  II. Sérénade. Modérément animé
8  :  III. Final. Animé, léger et nerveux

        Cinq poĂšmes de Charles Baudelaire (1889) – arr. pour soprano et quintette avec piano de
BenoĂźt Menut
9  :  II. Le jet d’eau

        Trois poÚmes de Stéphane Mallarmé (1913)
10  :  I. Soupir
11  :  II. Placet futile
12  :  III. Éventail

        > TÔN-THÂT TiĂȘt (nĂ© en 1933)
Regards dans la brume  pour quatuor à cordes et piano (2013-2014)
Trois regards sur le «PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs-midi d’un faune»

 

 

 

Maya VILLANUEVA,  soprano  /  QUINTETTE SYNTONIA
Stéphanie MORALY* et Thibault NOALLY,  violons / Caroline DONIN,  alto /
Patrick LANGOT,  violoncelle / Romain DAVID,  piano

Couverture  du cd : Vaslav Nijinski dans l’AprĂšs-midi d’un faune. Aquarelle (1912) de LĂ©on Bakst

 

 

 

COMPTE-RENDU, opéra. PARIS, Bastille, le 30 janvier 2019. BERLIOZ : Les Troyens : Tcherniakov / Jordan

COMPTE-RENDU, opĂ©ra. PARIS, Bastille, le 30 janvier 2019. BERLIOZ : Les Troyens : Tcherniakov / Jordan. Troyens dĂ©senchantĂ©s
 et rĂ©Ă©crits. FidĂšle Ă  sa grille de lecture Ă  l’opĂ©ra, le russe agent du scandale, Dmitri Tcherniakov rĂ©Ă©crit Ă  prĂ©sent tous les opĂ©ras qu’il met en scĂšne ; c’est Ă©videmment le cas des Troyens, osant par exemple faire d’EnĂ©e, un traĂźtre Ă  sa patrie ; de Priam, un pĂšre incestueux et un dictateur ordinaire ; de Cassandre surtout, figure magistrale voire sublime dans la premiĂšre partie (La prise de Troie), une fumeuse traumatisĂ©e, qui a la haine de son pĂšre (violeur), soit une Ăąme dĂ©senchantĂ©e, dĂ©structurĂ©e, au cynisme glacial et distancĂ©. Les spectateurs et connaisseurs de Berlioz apprĂ©cieront. Si le metteur en scĂšne a libertĂ© de mettre en scĂšne toute partition, est-il juste de rĂ©Ă©crire le profil des personnages et couper dans les sĂ©quences de l’action au risque de trahir l’unitĂ© et la cohĂ©rence originelle voulues par le compositeur ? Ainsi ne faut il pas plutĂŽt Ă©crire pour prĂ©senter la production :

 
  

LES TROYENS DE TCHERNIAKOV d’aprĂšs BERLIOZ…

 
 

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Est-il utile / lĂ©gitime de rĂ©Ă©crire le livret et la conception des personnages de Berlioz pour afficher en 2019 son grand opĂ©ra inspirĂ© de Virgile ? En soi, la libertĂ© des artistes est souveraine. Maisil faudrait ĂȘtre honnĂȘte
 et ne plus annoncer Les Troyens de Berlioz. PlutĂŽt « Les troyens de Tcherniakov, d’aprĂšs Berlioz ». Les spectateurs achetant leurs places seraient mieux informĂ©s de ce qu’ils vont Ă©couter, dĂ©couvrir, 
 comme nous, bien peu apprĂ©cier. Serait ce que nous aimons trop Berlioz pour le voir ainsi trahi ?

Mais doit-on s’en plaindre depuis que le mĂȘme russe a rĂ©Ă©crit de la mĂȘme maniĂšre la fin de Carmen de Bizet ? faisant dĂ©jĂ  du protagoniste (Don JosĂ©), un sujet psychiatrique appelĂ© Ă  suivre une cure thĂ©rapeutique
 DĂ©jĂ  les jeux de rĂŽles avaient cours pour tenir la cure. Vous les aimiez dans Carmen ; les revoici dans ces Troyens « actualisĂ©s » selon le regard d’un metteur en scĂšne qui applique systĂ©matiquement la mĂȘme grille sur chaque opĂ©ra: raconter une histoire de famille (au dĂ©but, chaque personnage est prĂ©sentĂ© au public, grands titres projetĂ©s, explicitant prĂ©nom, fonction, filiation
); soit des individus dĂ©calĂ©s, gris, souvent caricaturaux, aux postures qui relĂšvent souvent de l’asile. Chacun apprĂ©ciera. L’angle pourrait ĂȘtre original, si ici les dĂ©cors n’avaient pas un air de dĂ©jĂ  vu ; les mouvements de foule, une confusion agaçante quand le chƓur n’est pas statique et comme figĂ©.
Evidemment dans cette adaptation proche du blasphĂšme, les berlioziens de la premiĂšre heure regretteront l’absence de noblesse antique, de grĂące comme de poĂ©sie ciselant cette dĂ©clamation française et romantique propre au Berlioz qui Ă©crit lui-mĂȘme ses textes
 OĂč est l’onirisme Ă©pique de Virgile ? On le recherche encore vainement. Cela n’est pas une question des costumes modernes. Sans toges et sans drapĂ©s, comme sans colonnes, et ici sans cheval spectaculaire, l’AntiquitĂ© magnifiĂ©e par Berlioz mĂ©ritait une toute autre rĂ©alisation, plus proche du caractĂšre d’origine.

 
   
  

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Plus dĂ©cevant, le fait d’avoir Ă©cartĂ© tout ce qui fait de l’auteur de la Damnation de Faust un adepte de Gluck : l’immersion dans le fantastique et la terreur. Le premier volet des Troyens, narrant la chute des troyens bernĂ©s par les grecs, reste marquĂ© par l’expression de la dĂ©ploration collective, qui ici soude tout un peuple. Avant que le cheval colossal ne pĂ©nĂštre jusqu’au pallatium de la citĂ© troyenne (son coeur urbain), Berlioz imagine en une sĂ©quence oĂč tous les solistes (octuor) et le choeur chantent, l’affliction la plus noire voire terrifiĂ©e quand on apprend la mort du prĂȘtre Laoccon qui s’est opposĂ© Ă  l’entrĂ©e du cheval grec ; deux serpents l’ont tuĂ© et dĂ©vorĂ©. Le rĂ©cit fantastique (chantĂ© par EnĂ©e : Brandon Jovanovich, honnĂȘte mais pas saisissant) fait surgir un sentiment gĂ©nĂ©ral de terreur qui glace la scĂšne. La froideur et la laideur des dĂ©cors contredisent totalement le caractĂšre de la scĂšne qui sombre dans l’épouvante.
De mĂȘme, ce sont les innombrables coupures dans le texte de Berlioz qui posent problĂšme, privilĂ©giant contre l’unitĂ© souhaitĂ©e par le compositeur, la cohĂ©rence du metteur en scĂšne (que l’on cherche toujours).
Las, on Ă©mettra nos rĂ©serves confrontĂ©s Ă  un spectacle souvent dĂ©concertant, sans poĂ©sie aucune ni grandeur virgilienne qui sacrifie la partition originelle, son unitĂ© tant dĂ©fendue par Berlioz de son vivant quand mĂȘme, en faveur de la confusion d’une pseudo mise en scĂšne. L’oeuvre avait inaugurĂ© il y a 30 ans en 1990, le nouvel opĂ©ra Bastille, mais en une production plus respectueuse de l’opĂ©ra originel. Sans sombrer dans le pastiche kitch de carton pĂąte, style peplum, il aurait Ă©tĂ© moins abrupt de choisir une mise en scĂšne Ă©purĂ©e, qui respecte l’histoire et la partition originelle (l’hĂŽpital encombrĂ© de la seconde partie cumule les sĂ©quences anecdotiques).

A l’époque des fakenews, Ă  l’heure oĂč il faut crĂ©er du buzz, on ne doit plus s’étonner Ă  prĂ©sent que le plus grand opĂ©ra romantique français soit ainsi tronquĂ© et dĂ©vitalisĂ© de son essence poĂ©tique, de son unitĂ© et de ses Ă©quilibres d’origine.

 
   
  

doustrac-cassandre-troyens-berlioz-bastille-critiqueopera-par-classiquenewsHeureusement pour les spectateurs qui avaient payĂ© leur place, le plateau vocal mĂ©ritait les meilleurs dispositions ; sans avoir le volume vocal idĂ©al, celui des grandes tragĂ©diennes, le mezzo affĂ»tĂ© mais parfois court (y compris dans les graves) de StĂ©phanie d’Oustrac (qui a chantĂ© Carmen Ă  Aix en 2017 sous la direction de Tcherniakov) semble se satisfaire des incongruitĂ©s de la mise en scĂšne et incarne une Cassandre embrasĂ©e, illuminĂ©e, au bord Ă©videmment de la folie : son premier grand air, est rĂ©Ă©crit comme un entretien face Ă  une Ă©quipe de reporters : comme une interview, on aurait alors pris plaisir Ă  « voir » l’entretien en grand format sur grand Ă©cran dans cette mise en scĂšne conçue comme une chaĂźne d’info continue 
mais le « dĂ©lire »de Cassandre, grandissant, convulsif, finit par interrompre la sĂ©quence et eux aussi, dĂ©contenancer les journalistes sur scĂšne.
Face Ă  elle, second pilier de cette premiĂšre partie, le ChorĂšbe de StĂ©phane Degout, seigneurial et aimant, force parfois, et ne paraĂźt pas aussi Ă  l’aise que sa partenaire.

 
   
  

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La seconde partie finit par ennuyer et agacer tout autant par ses trouvailles dĂ©calĂ©es, et la confusion qui rĂšgne sur scĂšne ; d’autant que dans cette cure thĂ©rapeutique oĂč c’est EnĂ©e qui pourrait trouver son salut (malgrĂ© ses voix intĂ©rieures), la Didon d’Ekaterina Semenchuk force et grossit elle aussi le trait, plus dĂ©mente que royale, – (ne possĂ©dant pas l’épaisseur ni la vĂ©ritĂ© d’une JosĂ©phine Veasey dans la version lĂ©gendaire de Colin Davis en 1969) ; la soprano trouve cependant dans sa mort, un semblant de dignitĂ© poignante enfin rĂ©vĂ©lĂ©e (aprĂšs quelques rĂ©actions hystĂ©riques Ă  l’endroit d’EnĂ©e).
Parmi les seconds rÎles, le français impeccable de MichÚle Losier et de Cyrille Dubois surtout, convoque par leur courte participation, ce Berlioz inspiré, grand alchimiste dramatique, digne auteur de Virgile et de Gluck.

Dans la fosse, la direction de Philippe Jordan sans ĂȘtre aussi Ă©lectrique et affĂ»tĂ©e qu’elle le fut dans La Damnation de Faust (ici mĂȘme) avance, adoucit et amoindrit les scories visuelles du spectacle ; Ă  mesure que l’on traverse tableaux et ballets (originels) lesquels offrent la scĂšne Ă  un groupe des plus statiques (le comble de cette production), la volontĂ© d’actualisation brouille toute lisibilitĂ©, confĂ©rant Ă  l’action, une petitesse anecdotique hĂ©las, en contre-sens avec ce que dit le texte et la situation voulue par Berlioz. Alors vision rĂ©gĂ©nĂ©ratrice ou colosse romantique dĂ©sossĂ© ? A chacun de choisir selon sa sensibilitĂ©.

 

A l’OpĂ©ra Bastille, jusqu’au 12 fĂ©vrier 2019. Pour nous, voilĂ  qui commence mal l’annĂ©e des cĂ©lĂ©brations Berlioz pour les 150 ans de sa mort.

Illustrations : Vincent Pontet 2019 / ONP © Opéra national de Paris

 
   
   
  

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LIRE aussi notre critique de Carmen de Bizet par Tcherniakov Ă  Aix en Provence, Ă©tĂ© 2017 
  
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-aix-en-provence-grand-theatre-de-provence-bizet-carmen-le-8-juillet-2017-doustrac-heras-casado-tcherniakov/

 
 
  
 

CD, critique. VERS L’AILLEURS. GASPARD DEHAENE, piano. Schubert, Liszt, Bruneau-Boulmier (1 cd Collection 1001 Notes – nov 2018)

Vers-lailleurs-Gaspard-Dehaene-Collection-1001-NotesCD, critique. VERS L’AILLEURS. GASPARD DEHAENE, piano. Schubert, Liszt, Bruneau-Boulmier (1 cd Collection 1001 Notes – nov 2018). ITINERANCES POETIQUES
 Le pianiste Gaspard Dehaene confirme une sensibilitĂ© Ă  part ; riche de filiations intimes. C’est un geste explorateur, qui ose des passerelles enivrantes entre Schubert, Liszt et la piĂšce contemporaine de Rodolphe Bruneau-Boulmier. Ce 2Ăš cd est une belle rĂ©ussite. AprĂšs son premier (Fantaisie – Ă©galement Ă©ditĂ© par 1001 Notes), le pianiste français rĂ©cidive dans la poĂ©sie et l’originalitĂ©. Il aime prendre son temps ; un temps intĂ©rieur pour concevoir chaque programme ; pour mesurer aussi dans quelle mesure chaque piĂšce choisie signifie autant que les autres, dans une continuitĂ© qui fait sens. La cohĂ©rence poĂ©tique de ce second cd Ă©blouit immĂ©diatement par sa justesse, sa sobre profondeur et dans l’éloquence du clavier maĂźtrisĂ©, sa souple Ă©lĂ©gance. Les filiations inspirent son jeu allusif : la premiĂšre relie ainsi Schubert cĂ©lĂ©brĂ© par Liszt. La seconde engage le pianiste lui-mĂȘme dans le sillon qui le mĂšne Ă  son grand pĂšre, Henri QueffĂ©lec, Ă©crivain de la mer, et figure inspirant ce cheminement entre terre et mer, « vers l’Ailleurs ». En somme, c’est le songe mobile de Schubert, – le wanderer / voyageur, dont l’errance est comme rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e et superbement rĂ©investis, sous des doigts complices et fraternels.

 

 

 

VERS L’AILLEURS
Les itinérances poétiques de Gaspard Dehaene

2Ăš cd magistral

 

 

 

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Les escales jalonnent un voyage personnel dont l’aboutissement / accomplissement est la sublime Sonate D 959 en la majeur de Franz Schubert (avant dernier opus datĂ© de sept 1828). Au terme de la traversĂ©e, les champs parcourus, Ă©prouvĂ©s enrichissent encore l’exquise mĂ©lancolie et la tendresse chantante du dernier Schubert.

Les deux premiers Ă©pisodes dĂ©montrent le soin et l’affinitĂ© de Liszt pour son devancier Schubert. Le premier a rĂ©alisĂ© les arrangements des morceaux pour piano. Grave et lumineux, « Aufenthalt »ouvre le programme et amorce le voyage. C’est une gravitĂ© comme exaltĂ©e mais digne dans ses emportements que le pianiste exprime ; avec une respiration idĂ©ale, un naturel sobre et mĂȘme Ă©lĂ©gant, Gaspard Dehaene exprime la force et la puissance, l’ivresse intĂ©rieure d’une partition qui saisit par son tragique intime. D’une carrure presque Ă©gale, « Auf dem wasser zu singen » fait surgir au cƓur d’un vortex allant, la langueur et la mĂ©lancolie d’un Schubert enivrĂ©, au lyrisme Ă©perdu. L’énonciation du piansite se fait fraternelle et tendre ; il transmet un chant Ă©perdu qui est appel au renoncement et dĂ©chirante nostalgie. L’acuitĂ© du jeu, souligne dans les passages harmoniques, d’un ton Ă  l’autre, la douceur du fluc musical Ă  la fois entĂȘtant et aussi salvateur ; Ă  chaque variation, correspond un Ă©clat distinct, une facette caractĂ©risĂ©e que le pianiste sĂ»r, inscrit dans une tempĂȘte intĂ©rieure de plus en plus rageuse et irrĂ©pressible. DĂ©taillĂ©e et viscĂ©rale, l’engagement de l’interprĂšte convainc de bout en bout.

Puis la MĂ©lodie hongroise s’affirme tout autant en une Ă©locution simple et intimiste. Le pianiste affiche une Ă©lĂ©gance altiĂšre, celle d’un un cavalier au trot, souple et acrobatique auquel le jeu restitue toutes les aspĂ©ritĂ©s et les nuances intĂ©rieures. La gestion et le rĂšglages des nuances se rĂ©vĂšlent bĂ©nĂ©fiques : tous les arriĂšres plans et tous les contrechamps restituent chaque souvenir convoquĂ©. Le rubato est riche de toutes ses connotations en perspective ; le toucher veille au veloutĂ© de la nostalgie : chaque nuance fait surgir un souvenir dont le moelleux accompagne dans le murmure l’éloquente fin pianissimo. Quel remarquable ouvrage.

Autant Schubert brille par l’éclat de ses nuances intimes, pudiques et crĂ©pusculaires. Autant Liszt crĂ©pite aussi mais en contrastes plus dĂ©clamĂ©s.
Le Liszt recompose le paysage schubertien et s’éloigne quand mĂȘme, de cette sublimation du souvenir qui devient caresse et renoncement ; ici, la digitalitĂ© se fait plus vindicative et vibratile ; le claviern d’organique et dramatique, bascule dans une marche priĂšre qui peu Ă  peu s’Ă©lectrise dans l’Ă©noncĂ© du motif principal. Evidemment l’écriture rhapsodique revendique clairement une libĂ©ration de l’écriture et un foisonnement polyphonique dont Gaspard Dehane exprime bien le chant plus martelĂ© et comme conquĂ©rant ; il en dĂ©fend le lyrisme des divagations ; Ă©clairant chez Liszt, ce dĂ©bordement expressif, sa verve dĂ©lirante dont la spiritualitĂ© aime surprendre, dans la virtuositĂ© de son clavier orchestre.
A 8’14, le chant libre bascule dans une sorte de rĂ©flexion critique, douĂ©e d’une nouvelle ivresse plus souple et lyrique, exprimant la quĂȘte des cimes dans l’aigu jusqu’au vertige extatique. Puis le final se prĂ©cipite en une course vertigineuse (11’38), jusqu’au bord de la syncope et d’une frĂ©nĂ©sie panique. Le jeu est d’autant plus percutant qu’il reste dans cet agitato que beaucoup d’autres pianistes exacerbent, clair, prĂ©cis, nuancĂ©, Ă©clatant.

AprĂšs la filiation Schubert / Liszt, Gaspard Dehaere cultive une entente intime avec le texte de son grand pĂšre, – Henri QueffĂ©lec, « quand la terre fait naufrage ». A cette source, s’abreuve l’inspiration du compositeur Rodolphe Bruneau-Boulmier qui reprend le mĂȘme intitulĂ© : fluide et sĂ©quentiel, et pourtant jamais heurtĂ© ni sec, le jeu du pianiste joue des transparences et des scintillements flottants, expression d’une inquiĂ©tude sourde qui se diffuse et se rĂ©tracte dans un tapis sonore qui croĂźt et se replie. AInsi s’affirme le climat incertain d’intranquillitĂ©, propre Ă  beaucoup d’Ɠuvres contemporaines d’aujourd’hui dont la nappe harmonique se rĂ©pand progressivement en crescendo de plus en plus forte, jusqu’à son milieu oĂč le mystĂšre assĂšne comme un carillon funĂšbre, son murmure dans le noir et le nĂ©ant
 de la mer. Ainsi se prĂ©cise comme seule bouĂ©e d’un monde en chaos, le glas d’une « cathĂ©drale engloutie », cri bien prĂ©sent et d’une morne voluptĂ©. Les couleurs et les nuances du pianiste se rĂ©vĂšlent primordiales ici.

 

 

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A mi chemin de la traversĂ©e (au mi temps du cd), nous voici plus riches, d’une Ă©coute mieux affĂ»tĂ©e encore pour mesurer les tableaux intĂ©rieurs de la D 959  (prise live) : d’autant que l’interprĂšte se montre d’une Ă©loquence intĂ©rieure, mobile, explorant sur le motif schubertien lui-mĂȘme, toutes les nuances du souvenir ou de climats imaginaires. L’intelligence sensible est vive : elle ressuscite mille et un mouvement de l’introspection rĂȘveuse, nostalgique, grave souvent, toujours ardente. Voici les temps forts de cette lecture profonde et riche, concçue / vĂ©cue tel un formidable voyage intĂ©rieur.

Le portique d’ouverture affirmĂ©, Ă  l’assise parfaite inscrit ce premier mouvement dans une dĂ©claration prĂ©liminaire absolument sereine et dĂ©jĂ  le pianiste en exprime les fondations qui se dĂ©robent, en un flux ambivalent, Ă  la fois intranquille et comme prĂȘt Ă  vaciller. Ce trouble en arriĂšre plan finit par atteindre le motif principal dont il fait une confession pleine de tendresse.
Le cantabile et le legato feutrĂ© captivent dĂšs ce premier mouvement ; le motif principal n’y est jamais clairement Ă©noncĂ© ; toujours voilĂ©, dĂ©robĂ© tel le tremplin au repli et au secret, en une cantilĂšne aux subtiles Ă©clats / Ă©clairs intĂ©rieurs. Le compositeur cultive le surgissement de cette ineffable aspiration Ă  l’innocence, la perte de toute gravitĂ©. C’est ce qui transpire dans la rĂ©itĂ©ration du motif rĂ©exposĂ© avec une douceur sublime inscrite dans l’absolu de la tendresse.

Plus court, l’andantino peint l’infini de la solitude, un accablement sans issue et pourtant conçu comme une berceuse intĂ©rieure qui sauve, berce, calme. Le pianiste inscrit son jeu dans l’allusion et le percussif avec une intelligence globale des climats, sachant faire jaillir toute l’impulsion spontanĂ©e, plus viscĂ©rale de la sĂ©quence plus agitĂ©e et profonde.
A 5’38, tout Ă©tant dit, la rĂ©exposition frĂŽle l’hallucination et le rĂȘve flottant. L’Ă©conomie du jeu restitue la charge Ă©motionnelle et la profondeur ineffable de la conclusion, entre retrait et renoncement, bĂ©atitude morne et dĂ©sespoir absolu
Quel contraste assumĂ© avec le Scherzo, plus insouciant et mĂȘme frĂ©tillant.
L’Allegretto final est enveloppĂ© dans la douceur, dans un moelleux sonore qui dit l’appel Ă  la rĂ©solution de tout conflit. La lĂ©gĂšretĂ© et l’insouciance clairement affichĂ©es, assumĂ©es chantent littĂ©ralement sous les doigts caressants du pianiste. Il joue comme un frĂšre, la confession d’une espĂ©rance coĂ»te que coĂ»te. VoilĂ  qui nous rend Schubert plus bienveillant, d’une humanitĂ© reconstruite, restaurĂ©e, enfin rĂ©conciliĂ©e. Dont le chant apaise et guĂ©rit. Superbe lecture.

 

 

 

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CLIC_macaron_2014CD, critique. VERS L’AILLEURS. GASPARD DEHAENE,1001-NOTES-festival-concerts-annonce-critique-sur-classiquenews piano. Schubert, Liszt, Bruneau-Boulmier (1 cd Collection 1001 Notes – programme durĂ©e : 1h12 enregistrĂ© Ă  Limoges en nov 2018). CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2019. Photos et illustrations : © Martin Trillaud – WAM

 

 

 

 

 

 

VIDEOS
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VOIR aussi le teaser du CD Vers l’Ailleurs par Gaspard Dehaene :

 

https://www.youtube.com/watch?v=KoAlipMdBYQ

dehaene-gaspard-cd-vers-l-ailleurs-cd-clic-de-classiquenews-critique-cd-review-cd-annonce-cd-concert

 

 

 

 VOIR le CLIP vidéo ANDANTINO de la Sonate D959 de Franz SCHUBERT par Gaspard Dehaere

 

dehaene-gaspard-schubert-andantino-d959-sonate-film-video-cd-review-critique-cd-par-classiquenews

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Programme VERS L’AILLEURS

 

FRANZ SCHUBERT (Arr. FRANZ LISZT)
« Aufenthalt »
« Auf dem Wasser zu singen »

FRANZ SCHUBERT
MĂ©lodie Hongroise

FRANZ LISZT
Rhapsodie Espagnole

RODOLPHE BRUNEAU-BOULMIER
« Quand la terre fait naufrage »

FRANZ SCHUBERT
Sonate D 959 en la Majeur (Live)
Allegro / Andantino / Scherzo : allegro vivace / Allegretto

 

Prise de son, mixage et mastering : Baptiste Chouquet – B media
Photos : Martin Trillaud – WAM
Création graphique : Gaëlle Delahaye
Production : Collection 1001 Notes
Piano : GĂ©rard Fauvin

CD – EnregistrĂ© en novembre 2018 Ă  Limoges

www.gasparddehaene.com

 

 
 
PROCHAINS CONCERTS 2019
de Gaspard DEHAENE

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12 avril : Narbonne – Violoncelle et piano, avec le violoncelliste Damien Ventula
14 avril : Bruxelles, Belgique – Concert en sonate piano / alto, avec l’altiste Adrien Boisseau
‹‹3 juin : Les Invalides, Paris – Concert partagĂ© avec Anne QueffĂ©lec
‹‹5 juin : Maison du Japon, Paris
23 juin : Festival de Nohant
‹‹12-14 juillet : Folle JournĂ©e Ă  Ekaterinburg, Russie
25 septembre : Carnegie Hall, New York
‹‹2 octobre : Tokyo, Japon – RĂ©cital au Toyosu civic center hall

PLUS D’INFOS :
https://festival1001notes.com/collection/projet/vers-lailleurs

CD critique. DEBUSSY par VĂ©ronique BONNECAZE, piano (1 cd PARATY 2018)

bonnecaze vĂ©ronique cd debussy classiquenews annonce critique cdCD critique. DEBUSSY par VĂ©ronique BONNECAZE, piano (1 cd PARATY 2018). Somptueuse leçon de piano, le DEBUSSY de VĂ©ronique Bonnecaze captive autant par la rĂ©alisation musicale que la justesse poĂ©tique. Le choix du Bechstein 1900 est pertinent et trĂšs fĂ©cond, rappelant combien la sonoritĂ© est une question de toucher mais aussi de mĂ©canique, l’équilibre entre les deux, rĂ©vĂ©lant Ă©videmment le tempĂ©rament des plus grands. A notre connaissance aucun des plus grands interprĂštes internationaux ne partage avec VĂ©ronique Bonnecaze cette rĂ©flexion (et cette audace) sur le choix de l’instrument, en affinitĂ© avec le rĂ©pertoire et l’esthĂ©tique concernĂ©s. Tous les plus mĂ©diatisĂ©s, d’Argerich Ă  Pollini et Freire, sans omettre les talents de la nouvelle gĂ©nĂ©ration, de Grosvenor Ă  Trifonov (Malofeev a encore du temps pour polir davantage son propre son), et l’on ne parle pas des lolitas people (telles Yuja Wang ou Alice Sara Ott): tous sans exception jouent sur Steinway ou Yamaha voire Fazioli. Notre Ă©poque est donc au formatage sonore. VoilĂ  donc dans le choix du piano, une approche qui se distingue
 nĂ©e d’un soin spĂ©cifique qui relĂšve d’une approche artisanale. Et elle fonctionne admirablement.
VĂ©ronique Bonnecaze a elle-mĂȘme soulignĂ© combien grĂące au Bechstein, une marque apprĂ©ciĂ©e par Claude Debussy, les mĂ©langes et superpositions des harmonies sont comme « rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©es » grĂące au piano d’époque. Cela profite aussi Ă  cette quĂȘte spĂ©cifique du timbre qui ouvre de nouveaux espaces, cultive des sensations inĂ©dites, rĂ©invente l’expĂ©rience de l’auditeur.
La maĂźtrise technique et la hauteur de vue sur le plan poĂ©tique Ă©clatent dĂšs « Clair de lune », extrait de Suite Bergamasque, d’aprĂšs Verlaine et qui est une piĂšce de jeunesse (1890) : techniquement assez aisĂ©e, la sĂ©quence cĂ©lĂšbre en trĂšs peu de notes, l’évasion vers la sensualitĂ© suspendue, porte des imaginaires ; en un jeu intĂ©rieur, c’est un nocturne amoureux, ou un souvenir intime dont la caresse produit une extase toujours renouvelĂ©e. Le jeu de VĂ©ronique Bonnecaze montre tout ce qui compose le gĂ©nie de Debussy : son sens de la construction, son goĂ»t de la couleur, tout infĂ©odĂ©s Ă  l’intensitĂ© du souvenir qui ressuscite ; c’est comme la madeleine de Proust : une sensation qui s’électrise Ă  mesure qu’elle est rĂ©itĂ©rĂ©e. On y retrouve dans les bĂ©mols (5 Ă  la clĂ©), la puissance harmonique des climats de PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs-midi d’un faune : autre voluptĂ© souveraine. Magnifique entrĂ©e en matiĂšre pour ce programme idĂ©alement conçu.
SĂ©quence plus lumineuse encore, L’Isle joyeuse (1904) s’inscrit pleinement dans le choix du Bechstein : la mĂ©canique maĂźtrisĂ©e exprime cet Ă©lan vers la vie, cet appel fluide et continument ondulant Ă  l’extase
 amoureuse elle aussi car Debussy sur l’üle de Jersey cĂ©lĂšbre alors sa passion pour Emma Bardac, avec laquelle il partage dĂ©sormais sa vie. La matiĂšre sonore s’électrise lĂ  aussi, mais en s’allĂ©geant, immatĂ©rielle et climatique, fusionnant l’image de l’üle et le vent marin qui glisse et s’évade. VĂ©ronique Bonnecaze convoque idĂ©alement ce Debussy poĂšte, ivre de la sensation, collectionneur des climats, grand alchimiste des Ă©lĂ©ments mĂȘlĂ©s et sublimĂ©s.

Avec Images de 1907 (2Ăš sĂ©rie), nous sommes encore dans l’enivrement des sens, servi par une technique de plus en plus allusive, picturale, et 
 quasi abstraite. « Poissons d’or » dĂ©signe les poissons scintillants dans l’onde (les « Goldfishes » des anglais) dont l’écriture exprime l’immatĂ©rialitĂ© active, la sensation fugitive des Ă©cailles et de l’oeil du poisson, en mouvement permanent, que le jeu de la pianiste embrase littĂ©ralement par sa digitalitĂ© lĂ  encore picturale, essentielle, vibratile. PrĂ©cise, la palette des nuances ainsi restituĂ©e renvoie au panneau laquĂ© chinois que possĂ©dait Debussy et qui reprĂ©sentait des poissons de nacre et d’or. Davantage qu’une description, c’est la sensation mĂȘme su sujet ; l’impressionnisme de Debussy cristallise la forme Ă©vanescente du poisson dont le piano exprime la station mobile, le mouvement lui-mĂȘme.
On relĂšve cette mĂȘme qualitĂ© vibratile du toucher dans « Et la lune descend sur le temple qui fut » dont l’orientalisme Ă©grĂšne sa matiĂšre cristalline et presque froide en une Ă©vocation qui suscite lĂ  aussi la vision poĂ©tique et picturale.
La force de l’évocation chez Debussy est de fusionner le temps et l’espace Ă  travers un tissu sonore d’une voluptĂ© harmonique Ă  la fois dense et vaporeuse. VĂ©ronique Bonnecaze nous fait Ă©couter tout cela ; au compositeur poĂšte et peintre, l’interprĂšte dĂ©tecte et rĂ©vĂšle aussi le visionnaire cinĂ©aste, car Debussy compose en images et en mouvement, avec un sens de la composition qui cite immĂ©diatement des cadrages prĂ©cis.

debussy-portrait-dossier-centenaire-2018C’est Ă©videmment le cas des PrĂ©ludes (Premier Livre : 1909-1910), aux titres Ă©vocateurs qui sont autant d’épisodes immĂ©diatement caractĂ©risĂ©s, de vrais tableaux riches en timbres, couleurs, harmonies rares et changeantes, porteuses de nuances sonores jamais conçues jusque lĂ  avec autant de force et de raffinement. Le compositeur stimule notre imaginaire : le vif argentĂ© et foudroyant des Collines d’Anacapri ; le tumulte incisif, puissant et ciselĂ© de Ce qu’a vu le vent d’Ouest (encore un Ă©pisode qui fusionne mouvement et image) ; la respiration allusive flattant l’archaĂŻsme feutrĂ© de la Fille aux cheveux de lin ; les trois derniers PrĂ©ludes enchantent par leur identitĂ© et leur violence maĂźtrisĂ©es. Debussy fait surgir sa CathĂ©drale engloutie au lever du soleil (pour ensuite s’enfoncer dans la mer) : en une sĂ©rie d’arches et de portiques qui gagnent Ă  chaque passage l’épaisseur et le poids du mystĂšre ; l’ampleur du monument jaillit, se dessine Ă  mesure qu’il s’enfonce. Il y a ces deux mouvements simultanĂ©s qui pourtant se rĂ©alisent dans l’immatĂ©rialitĂ© du secret : l’ampleur sonore comme un jeu d’orgue fusionne aussi ici l’air et l’eau.

Puis VĂ©ronique Bonnecaze, synthĂ©tisant la fantaisie illimitĂ©e et libre de Mendelssohn inspirĂ© par Shakespeare (Songe d’une nuit d’étĂ©), exprime l’humeur de Puck, le lutin espiĂšgle et aĂ©rien, Ă  la fois capricieux et fantasque qui avec ObĂ©ron, manipule, trompe, envoĂ»te les amants perdus, Ă©garĂ©s
 En un jeu comme fugace et magistralement esquissĂ©, la pianiste convoque ce monde nocturne enchantĂ© et d’une subtilitĂ© arachnĂ©enne qui s’accomplit dans la derniĂšre phrase telle une ultime esquive Ă  peine perceptible.

Du chien, du caractĂšre et du panache,  l’esprit taquin de Minstrels rĂ©sonne dans sa succession quasi heurtĂ©e et finalement trĂšs jazzy de formules Ă  la Satie. La vitalitĂ© rythmique qui souligne aussi le goĂ»t du jeu, une facĂ©tie quasi enfantine chez Debussy, transparaĂźt clairement dans la lecture de VĂ©ronique Bonnecaze.

CLIC_macaron_2014Fluide, ondulante, La plus que lente (1910) dĂ©ploie ce somptueux abandon mais avec un sens de la retenue et du caprice
 digne de Ravel. LĂ  encore le style est Ă©lĂ©gantissime, et le toucher caressant, amusĂ©. On ne saurait imaginer meilleur rĂ©cital concluant ainsi l’annĂ©e Debussy en France. Magistral rĂ©cital.

 

 

 

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VOIR  le TEASER vidéo du cd DEBUSSY / Bechstein 1900 par Véronique Bonnecaze (1 cd PARATY)

http://www.classiquenews.com/video-teaser-veronique-bonnecaze-joue-debussy-bechstein-1900-1-cd-paraty/

 

 

 

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AGENDA / CONCERT

Dimanche 3 février 2019 // 16h
A la Ferme de Villefavard, Limousin
2, impasse de la Cure de l’Église – 87190 Villefavard

 

 

 

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PROGRAMME DEBUSSY par VĂ©ronique Bonnecaze

1. Clair de lune (1890)
2. L’Isle Joyeuse (1903-1904)
Images, 2e série (1907)
3. Cloches Ă  travers les feuilles
4. Et la lune descend sur le temps qui fut
5. Poissons d’or
Préludes, Livre I (1909-1910)
6. I. Danseuses de Delphes
7.II. Voiles
8. III. Le Vent dans la plaine
9. IV. « Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir »
10.V. Les Collines d’Anacapri
11. VI. Des pas sur la neige
12. VII. Ce qu’a vu le vent d’Ouest
13. VIII. La Fille aux cheveux de lin
14. IX. La Sérénade interrompue
15. X. La Cathédrale engloutie
16. XI. La Danse de Puck
17. XII. Minstrels
18. XIII. La plus que lente L.121 (1910)
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Enregistrement réalisé en mars 2018 à la Ferme de Villefavard sur piano C. Bechstein 1900 - Prise de son, montage, mastering : Cyrille Métivier
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LIRE aussi notre présentation du CD DEBUSSY / Bechstein 1900 par Véronique Bonnecaze (1 cd PARATY)

http://www.classiquenews.com/veronique-bonnecaze-joue-debussy/

VENDÔME (41) : MASTERCLASS de BELCANTO : 7 – 10 fĂ©vrier 2019

academie-vincenzo-bellini-vendome-2018-presentation-par-classiquenews-affiche-concert VENDÔME (41) : MASTERCLASS de BELCANTO : 7 – 10 fĂ©vrier 2019. La Vincenzo Bellini Belcanto AcadĂ©mie s’implante Ă  nouveau Ă  VendĂŽme (Campus Monceau Assurances), du 7 au 10 fĂ©vrier 2019. En rĂ©sidence depuis 2016 au Campus de Monceau Assurances, l’AcadĂ©mie lyrique a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e dans le sillage du prestigieux Concours International de Belcanto Vincenzo Bellini ; cette nouvelle session de formation du chanteur Ă  l’art si dĂ©licat du bel canto (de Mozart Ă  Bellini, Rossini et Donizetti), est placĂ©e sous la houlette du chef d’orchestre Marco GUIDARINI et de la cĂ©lĂšbre mezzo-soprano Viorica CORTEZ.

 

 

marco guidarini viorica cortez concours bellini concert opera critique annonce par classiquenews

 

 

Dans un cadre calme, propice Ă  la concentration, l’AcadĂ©mie Bellini (atelier lyrique du Concours international Bellini) permet aux jeunes chanteurs (souvent dĂ©jĂ  prĂ©sents sur les scĂšnes internationales ou laurĂ©ats de grands Concours lyriques), de suivre les cours magistraux de Marco GUIDARINI et de Viorica CORTEZ (technique, interprĂ©tation, connaissance et analyse des rĂ©pertoires concernĂ©s : travail spĂ©cifique sur les opĂ©ras de Rossini, Bellini, Donizetti…).

Les cours collectifs et individuels ont lieu chaque matin et aprĂšs midi. HĂ©bergement et restauration en demi-pension inclus dans le prix du stage.

 

 

 

Académie BELLINI,
VendĂŽme (41),

Du 7 au 10 février 2019

( 40 min en TGV  de Paris /  gare Montparnasse )

Concert de clĂŽture en fin de stage :
Dimanche 10 février 2019, 17h

Auditorium Monceau Assurances
1 avenue des CitĂ©s Unies d’Europe
41 100 VENDÔME (face à la gare TGV de Vendîme)

 

 

Les  bulletins d’inscription pour l’Atelier lyrique / AcadĂ©mie Bellini sont Ă  demander par mail à :

musicarte-org@live.fr

ou par tél : 06 09 58 85 97
Attention places limitées !

 

Plus d’informations sur la page AcadĂ©mie BELLINI du site dĂ©diĂ© au CONCOURS INTERNATIONAL DE BEL CANTO VINCENZO BELLINI
https://www.bellinibelcanto-internationalcompetition.com/l-academie
demande de formulaire accessible sur cette page Ă©galement

 
 

 

 

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VOIR notre reportage sur l’AcadĂ©mie BELLINI Ă  VendĂŽme (session 2017)

Une immersion unique au cƓur du style bel cantiste /

Comment maßtriser le style des Romantiques Italiens et Français ?

  

 

bellini-academie-video-ete-vendome-2016-et-presentation-concert-de-cloture-fin-de-stage-8-aout-2017-par-classiquenews

 

 

https://www.bellinibelcanto-internationalcompetition.com/l-academie

 

 

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LIRE AUSSI le PalmarĂšs du dernier CONCOURS BELLINI 2018 (8Ăš Ă©dition Ă  VendĂŽme, nov 2018) :

8Ăšme CONCOURS BELLINI Ă  VENDÔME (41)VENDÔME, PalmarĂšs du 8Ăš CONCOURS BELLINI 2018. VoilĂ  longtemps que l’on n’avait pas vĂ©cu une telle Finale : des tempĂ©raments marquants, de nombreuses voix dotĂ©es d’un timbre trĂšs sĂ©duisant (y compris chez les hommes), une maĂźtrise partagĂ©e du legato et du phrasĂ©, et souvent des airs choisis parmi les plus difficles et exigeants de la scĂšne belcantiste (Lucrezia Borgia, Il Pirata, Anna Bolena, Lucia di Lammermoor, Norma, I Puritani
)
  A VendĂŽme (Campus Monceau Assurances), s’est dĂ©roulĂ© le dernier tour du 8Ăš CONCOURS BELLINI (samedi 17 novembre 2018), compĂ©tition unique au monde en ce qu’elle sĂ©lectionne les talents belcantistes, ceux capables de chanter Rossini, Bellini, Donizetti (et aussi Mozart). Une nouvelle Ă©toile lyrique est nĂ©e : NOMBELULO YENDE (Afrique du Sud), la soprano au timbre d’or… 

 
 
 

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Marco Guidarini, chef charismatique qui maĂźtrise comme peu l’art du bel canto – co fondateur du CONCOURS BELLINI, avec Youra Nymoff-Simonetti, la seule compĂ©tition au monde Ă  dĂ©fendre l’art du bel canto, Marco Guidarini prĂ©side au Concours, sĂ©lectionne les candidats pour chaque session : une compĂ©tition qui a distinguĂ© depuis sa crĂ©ation en France en 2010, les divas d’aujourd’hui, telles Pretty Yende, Anna Kassian, et rĂ©cemment l’exceptionnelle jeune cantatrice Nombelulo Yende, sƓur aussi douĂ©e que son aĂźnĂ©e dĂ©jĂ  couronnĂ©e… Pretty Yende (DR)

 

  

 

Les Troyens de Berlioz sur ARTE

berlioz-BERLIOZ-2019-bicentenaire-berlioz-2019-classiquenewsARTE, jeudi 31 janv 2019 : BERLIOZ : LES TROYENS, 22h50. Premier Ă©vĂ©nement lyrique de l’annĂ©e 2019, et pour les 150 ans de la mort de son auteur Hector Berlioz, Arte diffuse depuis l’OpĂ©ra Bastille, son Ɠuvre spectaculaire et hĂ©roĂŻque : Les Troyens, fresque mythologique, comprenant La Chute de Troie, puis les Troyens Ă  Carthage, et que Berlioz ne put jamais voir intĂ©gralement montĂ© de son vivant. Il y a le Ring de Wagner ; il y a Les troyens de Berlioz. A chacun, son style et sa source ; Ă  tous deux nĂ©anmoins, l’ambition de marquer l’histoire de l’opĂ©ra romantique. Berlioz reste inspirĂ© par MĂ©hul, Spontini, Lesueur (qui fut son maĂźtre, avec Reicha) ; il avoue ĂȘtre proche de Weber et de Beethoven? S’interroge sur le sens du thĂ©Ăątre chantĂ© et de la place de l’orchestre, comme Kreutzer.

Et comme Wagner, Berlioz Ă©crit lui-mĂȘme son livret. InspirĂ© d’HomĂšre et de Virgile.

Que vaudra cette nouvelle production ? Avouons nos rĂ©serves dĂšs l’annonce du metteur en scĂšne : Dmitri Tcherniako. Lequel n’avait pas Ă©hsitĂ© Ă  Aix rĂ©cemment, Ă  rĂ©viser et Ă  rĂ©Ă©crire la fin de Carmen. BlasphĂšme ridicule et arrogant vis Ă  vis de l’auteur Bizet (et de MĂ©rimĂ©e) ; ou gĂ©nial relecture
 A chacun de juger.

Qu’en sera-t-il sur la scùne de Bastille ?
berlioz-troyens-tcherniakov-opera-bastille-berlioz-2019-classiquenews-opera-musique-classique-newsPas facile de respecter l’Ɠuvre, sa profondeur poĂ©tique, psychologique, et fantastique, malgrĂ© sa dĂ©mesure apparente. Avec Tcherniakov, au nom d’une soi disante rĂ©alitĂ© et actualisation rĂ©gĂ©nĂ©ratrice, l’obligation des costumes actuels, l’absence des rĂ©fĂ©rences Ă  l’AntiquitĂ© et au monde hĂ©roĂŻque et virgilien, qui a tant inspirĂ© Berlioz, imposent au spectateur / auditeur, un spectacle d’un terne dĂ©poĂ©tisĂ©, sans ivresse ni lyrisme aucun, car rien ne prime que ce qui est propre au metteur en scĂšne… le thĂ©Ăątre. Est-il raisonnable toujours de dĂ©naturer ainsi la magie de l’opĂ©ra romantique français inspirĂ© des grands classiques et antiques, de Virgile Ă  Gluck ? Reconnaissons que les mises en scĂšne actuelles prennent un malin plaisir Ă  dĂ©cortiquer la chose lyrique en la dĂ©vitalisant… Ainsi Les Troyens de Berlioz version Tcherniakov ne ressembleront pas aux hĂ©ros du songe d’Ossian, mais Ă  des nĂ©oados en sweat et tee shirts, nouveaux manifestants portant pancartes et inscriptions, simples et claires… l’opĂ©ra 2019 doit ĂȘtre comprĂ©hensible.

En 1990, l’OpĂ©ra Bastille, fraĂźchement inaugurĂ©, lançait sa premiĂšre saison avec les Troyens – une version lĂ©gendaire conduite par Myun Whun Chung dans le prolongement du bicentenaire de la RĂ©volution française et l’inauguration de la salle neuve. Aujourd’hui, l’OpĂ©ra national de Paris renouvelle le spectacle, rĂ©unissant de solides solistes
 des voix françaises (StĂ©phanie d’Oustrac, VĂ©ronique Gens, StĂ©phane Degout), la mezzo-sporano Ekaterina Semenchuk en place Elina Garanca, initalement prĂ©vue, et le tĂ©nor amĂ©ricain Brandon Jovanovich (EnĂ©e).

Dans la fosse, on retrouve Philippe Jordan, directeur musical de l’OpĂ©ra national de Paris, trĂšs amateur du langage « visionnaire » de Berlioz. Sa sensibilitĂ© instrumentale et intĂ©rieure pourrait Ă©clairer cette facette mĂ©connue du compositeur, sa psychologique inquiĂšte, ses Ă©clairs Ă©motionnels, si percutants et structurant mĂȘme dans la Symphonie Fantastique de 1830.

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Les Troyens
OpĂ©ra en cinq actes d’Hector Berlioz (France, 2019, 4h)
Livret : Hector Berlioz, d’aprĂšs L’ÉnĂ©ide de Virgile
Mise en scÚne et décors : Dmitri Tcherniakov

Direction musicale : Philippe Jordan
Direction des chƓurs : JosĂ© Luis Basso

Avec : Ekaterina Semenchuk (Didon), StĂ©phanie d’Oustrac (Cassandre), Brandon Jovanich (ÉnĂ©e), VĂ©ronique Gens (HĂ©cube), StĂ©phane Degout (ChorĂšbe), Cyrille Dubois (Iopas), l’Orchestre et les ChƓurs de l’OpĂ©ra national de Paris – RĂ©alisation : Andy Sommer

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Antiquite-athena-grece-mythologieSYNOPSIS… AprĂšs le retrait de leurs troupes, les Grecs ont laissĂ© au cƓur de la ville de Troie un Ă©trange prĂ©sent : un immense cheval de bois. Pressentant qu’un malheur va s’abattre, Cassandre – la troyenne illuminĂ©e qui voit tout mais que personne n’écoute, ne parvient pas Ă  cacher son angoisse. ChorĂšbe, son amant, est impuissant Ă  la rassurer

A Carthage, EnĂ©e rentre de Troie et croise le regard de la belle reine Didon. Le grec magnifique se laisse aller quelque temps Ă  l’extase amoureuse (superbe scĂšne nocturne). Mais le devoir appelle EnĂ©e en Italie, oĂč il doit fonder Rome. Devoir ou amour ? Que choisera EnĂ©e ? Didon ou la gloire ?

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LIRE aussi notre grand dossier HECTOR BERLIOZ 2019

arte_logo_2013ARTE, Les Troyens de Berlioz – nouvelle production
depuis l’OpĂ©ra Bastille Ă  Paris
Jeudi 31 janvier 2019 à 22h50‹sur ARTE et ARTE Concert
et en replay jusqu’au 24 avril 2019 sur arteconcert.com

CD, Ă©vĂ©nement, critique. SEIJI OZAWA : BEETHOVEN 9 – Mito Chamber Orchestra (1 cd Decca)

OZAWA SEIJI BEETHOVEN 9 MITO chamber orchestra concert cd critique cd review classiquenews 4832566_SO_B9_A_FC-240x240CD, Ă©vĂ©nement, critique. SEIJI OZAWA : BEETHOVEN 9 – Mito Chamber Orchestra (1 cd Decca). 45 ans aprĂšs son tout premier enregistrement pour Philips, le vĂ©tĂ©ran lĂ©gendaire, maestro Seiji Ozawa relit le sommet des symphonies romantiques germaniques : la 9Ăš de Beethoven; Ă  l’ñge de 83 ans, Ă  la tĂȘte du Mito Chamber Orchestra (fondĂ© en 1990), le chef – directeur musical de l’orchestre nippon Ă  partir de 2012-, montre en dĂ©pit d’une longue maladie dont il sort petit Ă  petit, une Ă©nergie nerveuse prĂȘte Ă  dĂ©coudre avec le massif beethovĂ©nien.

Le premier mouvement, frĂ©missant, tendu, incandescent reconnecte le sentiment tragique Ă  l’univers ; on y lit dans cette lecture nerveuse, mordante, Ă©ruptive, acĂ©rĂ©e et incisive, la volontĂ© d’en dĂ©coudre ou de faire surgir coĂ»te que coĂ»te, et en urgence, une rĂ©solution au conflit. C’est la rĂ©itĂ©ration de plus en plus prĂ©cise, claire d’une phrase qui rĂ©capitule toutes les guerres et leur essence tragique, extinction, barbarie, enfin reformulĂ©e de façon dĂ©finitive et enfin claire Ă  16mn : Ozawa, pilotant un effectif chambriste, sculpte la matiĂšre orchestrale avec une prĂ©cision de fauve, de loup en panique, pressĂ© par l’obligation et l’urgence de rĂ©solution. L’engagement des instrumentistes produit une tension d’ensemble, une motricitĂ© collective qui fait feu de tout bois. Quand enfin dans les derniĂšres mesures, s’énonce l’équation rĂ©ponse qui est une dĂ©claration affirmĂ©e, le sentiment de rĂ©solution peut s’accomplir. Tout est dit : tout est clair.

Le 2Ăš mouvement est d’une Ă©nergie primitive, Ă©purĂ©e, sautillante, vrai ballet, Ă  la fois pulsation pure, et ciselure cristalline, vif-argent, enfin sans contrainte ; une nouvel Ă©lan, celui d’un espoir neuf
 Si dans le premier mouvement il s’agissait de regretter et pleurer les morts et les victimes colatĂ©rales des batailles, ici, le courage recouvrĂ©, et l’espoir revivifiĂ©, transcendĂ© (cor, basson
), la volontĂ© de victoire, irrĂ©pressible et comme Ă©lectrisĂ©e, animent toutes les troupes pour un nouveau combat (le dernier?)/ timbales, piccolos indiquent la marche heureuse (inconsciente ?), Ă©nivrĂ©e, Ă©perdue. Ozawa redouble de nervositĂ© dĂ©taillĂ©e, d’une frĂ©nĂ©sie primitive, Ă©noncĂ©e avec l’urgence d’une force juvĂ©nile. Le travail du chef dans les nuances, l’élan, la clartĂ© de l’architecture y paraĂźt le plus manifeste et intelligible. C’est un concert parfaitement Ă©quilibrĂ© qui gagne un relief dĂ©cuplĂ© dans cette version recentrĂ©e sur un effectif essentiel (chambriste). La motricitĂ© et le souci de dĂ©tail sont superlatifs.
Voyez comme Ă  7:51 : une Ă©tape est franchie soudainement, dans le sens d’une organisation et d’un objectif nouveau, plus trĂ©pidant encore qui reprend la frĂ©nĂ©sie du dĂ©part, une armĂ©e se met en mouvement.

Dans l’Adagio, sans s’alanguir vraiment, Ozawa fait chanter cordes et bois, en un Ă©noncĂ© plus feutrĂ©, rentrĂ©, priĂšre fraternelle qui devient appel au renoncement accompagnĂ© des pleurs aux violons, un rien maniĂ©rĂ© (8:40) ; Beethoven aprĂšs l’évocation de la barbarie en un souffle tragique, ayant repris possession d’un espoir inespĂ©rĂ©, exprime ici une confession intime qui dans le sens de la fraternitĂ©, indique clairement l’espoir d’un monde nouveau. Il y manque certainement l’ampleur d’enivrement d’autres versions ; Ozawa semble demeurĂ© dans les instruments, Ă  hauteur de pupitre, dans les cordes spĂ©cifiquement. Il lui manque un soupçon de distance rĂ©conciliatrice, de souffle poĂ©tique.

 
 
 

Du chant des armes
à la priùre des cƓurs
OZAWA plus fraternel que jamais

 
 
 

OZAWA maestro felin CLASSIQUENEWS portrait juillet août 2015 Le-chef-d-orchestre-Seiji-Ozawa-de-retour_article_landscape_pm_v8

 
 
 

Le destin frappe alors dans le 4Ú mouvement « Presto »: urgence nouvelle qui est trÚs ralentie, exposée avec lenteur par les contrebasses.

On comprend bien la construction de ce massif ultime du gĂ©nie beethovĂ©nien : conscience foudroyĂ©e d’abord, puis reconstruction humaniste.

En passant par le chant du chƓur des homms d’abord puis des femmes, en s’incarnant par la voix des solistes, baryton qui exhorte, puis tĂ©nor qui invoque et prie, la parole de l’orchestre, s’apparentait Ă  celle des armes (premier mouvement) ; dĂ©sormais s’il y a levĂ©e de boucliers et chant de guerre, ils ne peuvent se rĂ©aliser que dans le sens d’une humanisation gĂ©nĂ©rale. Quelle vision prophĂ©tique qui vaut pour notre siĂšcle (XXIĂš) celui ultime et dĂ©cisif de tous les dĂ©fis : climatique et Ă©cologique, sociĂ©tal et politique
 Quelles valeurs voulons nous dĂ©fendre ? C’est bien ce rapport dĂ©sormais vital et dernier auquel nous invite Beethoven. VoilĂ  qui fait sa modernitĂ© et ses vertus cathartiques aussi. Car Ă  dĂ©faut d’en retrouver traces dans la rĂ©alitĂ© sociĂ©tale actuelle, le spectateur vit dĂ©jĂ  dans l’écoulement de la symphone, cette expĂ©rience salutaire et clairvoyante qui lui restitue ce qui n’a aucun prix et vaut d’ĂȘtre dĂ©fendu : le combat de l’homme pour l’homme.

Ozawa comprend les enjeux et la situation : c’est un cataclysme organisĂ©, un nouveau chaos produisant une Ăšre nouvelle qui s’accomplit alors, illuminĂ© par l’humanisme fraternel du chant des solistes et du choeur.
CLIC_macaron_2014L’appel Ă  l’amour universel et l’étreinte pacifique unit orchestre, chef et solistes en une course effrĂ©nĂ©e portĂ©e par l’urgence et la volontĂ© de l’esprit initial. Ivre de son exaltation, le compositeur dĂ©miurge s’adresse dĂšs lors au CrĂ©ateur divin, dans l’espoir de toucher sa misĂ©ricorde car il aurait dĂ©montrer que sa crĂ©ature (humaine) s’est enfin montrĂ©e digne de son crĂ©ateur. Dans ce sens, l’ultime Ă©lectrisation de tout l’orchestre, vĂ©ritable orgie et transe collective saisit par sa justesse, sa vĂ©ritĂ©. A 80 ans, Ozawa se montre d’une sincĂ©ritĂ© dĂ©sarmante ; son appĂ©tit, sa gourmandise affĂ»tĂ©e (quitte Ă  forcer parfois le trait, dans les tutti de la derniĂšre sĂ©quence chorale), son intelligence fĂ©line font le miel et le nerf de cette lecture en tout point captivante.

 
 
 

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CD, critique. SEIJI OZAWA : Symphonie n°9 de BEETHOVEN. Mito chamber Orchestra – Rie Miyake (soprano), Mihoko Fujimura (mezzo-soprano), Kei Fukui (tenor), Markus Eiche (baritone) – 1 cd Decca

 
 
 

Approfondir
En savoir plus sur http://www.clubdeutschegrammophon.com/albums/beethoven-9/#M1JfhPiFJeRPb6QQ.99

 
 
 

CD, critique. FOLIA. Le Concert de l’HOSTEL-DIEU, Franck-Emmanuel Comte, direction (1 cd 1001 NOTES, 2018).

FOLIA-concert-hostel-dieu-franck-emmanuel-comte-cd-review-critique-cd-classiquenews-mourad-merzouki-critique-balletCD, critique. FOLIA. Le Concert de l’HOSTEL-DIEU, Franck-Emmanuel Comte, direction (1 cd 1001 NOTES, 2018). Voici un programme musical qui malgrĂ© son « prĂ©texte » chorĂ©graphique s’écoute avec plaisir, tant la sonoritĂ©, le geste, l’implication des musiciens du Concert de l’Hostel-Dieu savent incarner chaque sĂ©quence choisie, en un cycle dont l’unitĂ© fait sens, et ses contrastes, rĂ©activent continument la tension et la vitalitĂ©.
D’abord, s’inscrit un temps suspendu entre mer et air, un espace imprĂ©cis, flottant, avec infrabasses et chant des baleines pour une narration musicale qui se nourrit et s’enrichit Ă  mesure que les instruments prennent la parole (thĂ©orbe, guitare) ; le ton est donnĂ© avec la premiĂšre Tarentelle extraite du Codex Salivar de Mexico : transe et ivresse sonore, oĂč le rythme quasi obsessionnel et la mĂ©lodie qui enlace et caresse, relĂšvent de la mise au chaos et de la reconstruction salvatrice dans le mĂȘme mouvement. Tel est le fil de ce programme de piĂšces remarquablement enchaĂźnĂ©es : une cĂ©lĂ©bration du pouvoir hypnotique et fĂ©dĂ©ratrice de la musique, mais aussi du pouvoir cathartique et curatif de la danse, car il s’agit d’un ballet conçu de concert par Le Concert de l’Hostel-Dieu et son directeur Franck-Emmnuel Comte, et le chorĂ©graphe Mourad Merzouki.
Ceux qui ont aimĂ© le ballet (filmĂ© au Festival de FourviĂšre Ă  l’étĂ© 2018) ont Ă©tĂ© fascinĂ©s par la place Ă©ruptive, expressive, languissante des piĂšces baroques mises Ă  l’honneur par Franck Emmanuel Comte.
Puis, s’énonce « Yo soy la locura », Je suis la Folie d’Henry Le Bailly, chanson sussurrĂ©e comme une priĂšre elle aussi languissante et de plus en plus enivrante. Cette une vĂ©ritĂ© Ă©noncĂ©e avec pudeur mais terrifiante justesse. Si la Folie inspire joie, plaisir, douceur et joie du monde, aucun mortel, aucun homme ne se pense fou

Le programme a cette sĂ©duction d’offrir une collection de danses napolitaines, Tarentelles principalement, particuliĂšrement nuancĂ©es, aux climats contrastĂ©s

 

IVRESSE NAPOLITAINES, LANGUEURS VIVALDIENNES

 

Rythmes trĂ©pidants plus percutants dans la Tarentelle qui suit Le Bailly ; puis langueur presque mĂ©lancolique de La Carpinese, tarentelle envoĂ»tante ; sa piqĂ»re ensorcĂšle mais plus insidieusement, pour cette priĂšre dont le texte est d’un Ă©rotisme franc, cĂ©lĂ©brant aussi, surtout, la libertĂ© du plaisir fĂ©minin.
Le ton change encore Ă  mi parcours (plage 5) avec les arĂȘtes rythmiques plutĂŽt affĂ»tĂ©es voire tranchantes d’un Vivaldi plus poĂšte que jamais, et allusif en diable : lui aussi suspendu et viscĂ©ralement « climatique », proche, et de Purcell (pour son grand air du froid) et des Quatre Saisons : l’Adagio du Concerto RV 578 saisit par sa coupe nette ; puis le mixage du Nisi Dominus (« Cum dederit ») et ses longues phrases vocales Ă©noncĂ©es, suspend lui aussi le temps, l’étire (sur des gammes harmoniquement ascendantes, totalement aĂ©riennes) et le dilate en mĂȘme temps sur les paroles qui cĂ©lĂšbrent les dĂ©lices accordĂ©s par Dieu Ă  ses protĂ©gĂ©s. Un autre instant d’effusion et de plĂ©nitude sensuelle qui montre combien le sacrĂ© et le profane se mĂȘlent et sont proches Ă  l’époque baroque.

Enigmatique, sur un rythme aux accents furieusement jazzy, la tarentelle textuellement plus dĂ©veloppĂ©e (5 strophes), La Cicerenella exige un bel abattage de la soprano et aussi une caractĂ©risation instrumentale qui sont ici, l’un et l’autre idĂ©alement tenus. Le franc parler, l’érotisme Ă  peine couvert, la cĂ©lĂ©bration lĂ  encore du corps plantureux de la femme captivent et enrichissent de façon emblĂ©matique un programme qui cultive les caractĂšres les plus divers, jouant sur leurs scintillants contrastes. Cette inclusion agit comme un filtre mordant, agaçant, divin perturbateur. D’ailleurs il relance la frĂ©nĂ©sie du rythme et dans le spectacle, l’éloquence de la danse.

Ainsi, essentiellement instrumentales, et pour cordes, les « Variations sur la Follia » RV63 du mĂȘme Vivaldi dont le gĂ©nie de la surenchĂšre critique s’exprime librement dans cette nouvelle sĂ©quence qui fusionne musique pure et incandescence chorĂ©graphique.
L’idĂ©e d’intĂ©grer enfin l’opĂ©ra est gagnante ; outre qu’ils rappellent la verve de Vivaldi dans le monde de l’opĂ©ra, – trĂšs actif Ă  Venise au dĂ©but du XVIIIĂš, les extraits choisis mettent en avant la dĂ©licieuse complicitĂ© entre la soprano et les cordes de l’ensemble de Franck-Emmanuel Comte : le « Sento in seno » de Tieteberga RV 737 dĂ©montre l’intensitĂ© du poĂšte compositeur capable d’exprimer les tourments amoureux les plus douloureux mais avec une pudeur d’intonation totalement bouleversante ; du Mozart avant l’heure en somme, qui couplĂ© avec les percus, gagne dans cette version, une acuitĂ© Ă©motionnelle, Ă©purĂ©e, enivrante, jubilatoire. Voici l’une des piĂšces musicales les plus intenses, les mieux inspirĂ©es. Quel contraste avec le rythme pointĂ©, la syncope de l’air qui suit, dĂ©terminĂ©, conquĂ©rant (« Si fulgida », dont l’entrain sonne comme un emblĂšme de la Judith triomphante RV 644).

CLIC D'OR macaron 200Le programme est avant une fĂȘte et une cĂ©lĂ©bration collective et c’est justement dans l’esprit d’un engagement fraternel que le dernier air pĂ©ruvien (Codex Martinez Compañon) est entonnĂ© par tous, danseurs, instrumentistes et soliste, soulignant la force inĂ©vitable, enivrante de celle qui rĂ©git le monde
 La fluiditĂ© chaloupĂ©e du continuo, l’engagement de son approche viscĂ©ralement dansant font la rĂ©ussite de ce dernier morceau qui emporte et embrasse en mĂȘme temps : fabuleuse comprĂ©hension des musiciens pour un rĂ©pertoire des plus envoĂ»tants dont ils relancent et articulent le dĂ©lire cathartique. SonoritĂ© maĂźtrisĂ©e, geste tout en nuances, cohĂ©rence du cycle dans ses enchaĂźnements et son parcours dramatique (avec l’ajout des musiques Ă©lectroniques de GrĂ©goire Durrande), le CONCERT DE L’HOSTEL DIEU en conteur imaginatif et passeur argumentĂ©, signe l’un de ses meilleurs cd. Hautement recommandable. CLIC de classiquenews de janvier 2019.

 

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CD, critique. FOLIA. Le Concert de l’HOSTEL-DIEU / Heather Newhouse, soprano. Franck-Emmanuel Comte, direction (1 cd 1001 NOTES, Ă©tĂ© 2018 – durĂ©e : 51 mn)

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APPROFONDIR

LIRE aussi notre compte-rendu, ballet. La Folia de Mourad Merzouki et Franck-Emmanuel Comte. Le Concert de l’Hostel-Dieu / Franck Emmanuel Comte (direction). Les Nuits de Fourviùre, le 4 juin 2018.
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-ballet-la-folia-de-mourad-merzouki-le-concert-de-lhostel-dieu-franck-emmanuel-comte-direction-les-nuits-de-fourviere-le-4-juin-2018/

folia-mourad-merzouki-franck-emmanuel-comte-danse-spectacle-critique-par-classiquenews-juin2018COMPTE RENDU, ballet. La Folia de Mourad Merzouki. Le Concert de l’Hostel-Dieu / Franck Emmanuel Comte (direction). Les Nuits de FourviĂšre, le 4 juin 2018. AprĂšs un prĂ©lude cosmique, la basse obligĂ©e prend la parole et organise en rythmes baroques ce qui semblait ĂȘtre jusqu’alors une colonie mĂȘlĂ©e, confuse
 de corps et de sphĂšres. Mais si le verbe agit, la musique envoĂ»te et sĂ©duit
 elle canalise le flux et bientĂŽt tout s’organise par la danse, vĂ©ritable transe souveraine qui dĂ©sormais dirige les mouvements du corps de danseurs : la chorĂ©graphie peut naĂźtre et s’épanouir.
 
 

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AGENDA

Le ballet FOLIA est repris cet Ă©tĂ© au ZENITH de LIMOGES, le samedi 20 juillet 2019, 20h. Comment hop hop et baroque produisent une totalitĂ© onirique inoubliable… 

Réservations et informations pour ce spectacle événement sur le site de 1001 NOTES / LIMOUSIN

 

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FOLIA-ballet-evenement-critique-opera-danse-evenement-classiquenews

CD, coffret, critique. YVONNE LORIOD : the complete recordings VEGA 1956 – 1963 (13 cd DECCA)

loriod yvonne complete vega recordings 1956 1963 cd review critique cd coffret par classiquenews32581947378CD, coffret, critique. YVONNE LORIOD : the complete recordings VEGA 1956 – 1963 (13 cd DECCA) – La reine Yvonne pour le roi des instruments, clavier majeur Ă  l’ùre romantique aux cĂŽtĂ©s du piano. NĂ©e Ă  Houilles en janvier 1924, dĂ©cĂ©dĂ©e le 17 mai 2010 Ă  Saint-Denis, Yvonne Loriod fut l’élĂšve de Lazare LĂ©vy, Darius Milhaud et surtout de Messiaen (en analyse musicale) au Conservatoire de Paris, Ă©pousant ce dernier. Pianiste Ă  la rĂ©putation internationale, contemporaine d’Alicia de Larrocha (nĂ©e en 1923), crĂ©ant de son mari, les Visions de l’Amen en (1943), les Vingt Regards sur l’Enfant-JĂ©sus en 1944. Soucieuse de dĂ©fendre les Ɠuvres du XXĂš, la pianiste rĂ©gĂ©nĂšre la lecture et le comprĂ©hension des Ɠuvres choisies, celles contemporaines Ă©videmment (cd 6 Ă  cd 13 : 8 cd dĂ©diĂ©s au XXĂš, de Webern, Boulez, BarraquĂ©, Berg, et surtout Messiaen, du cd 7 au cd 13 : comprenant Visions de l’Amen, Oiseaux exotiques, Vingt regards sur l’Enfant 19loriodimg-popupJĂ©sus, Catalogue d’oiseaux, Livres I, II, V, VI, VII), Sept Haikai / esquisses japonaises, sans omettre la Turangalila Symphonie
 A cette ouverture d’esprit et la proximitĂ© des Ă©critures modernes, se rĂ©affirme aussi une connaissance profonde du rĂ©pertoire classique, rĂ©Ă©clairant Mozart (nombreuses Fantasias, Concertos K37, K39, K40, K41, Sonates alla Turca,
) ; parmi les Romantiques, distinguons de Robert Schumann : 8 Novelletten ; Liszt (Sonate en si) ; Albeniz (Iberia : Cahiers 1- 4)
 La fluiditĂ© de son Schumann, la clartĂ© sobre de ses Mozart, l’énergie de son Chopin (12 Etudes), attestent d’une sensibilitĂ© maĂźtrisĂ©e, dĂ©notant un tempĂ©rament taillĂ© pour l’architecture, et les nuances. Beau tempĂ©rament qui mĂ©rite Ă©videmment la rĂ©Ă©dition de ses archives VĂ©ga.

 

 Loriod yvonne organiste orgue cd coffret LORIOD VEGA critique cd classiquenews

 

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CD, coffret, critique. YVONNE LORIOD : the complete VÉGA recordings 1956 – 1963 (13 cd DECCA 48170692).

 

 

 

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Compositeurs :

Alban Berg
Anton Webern
Arnold Schoenberg
Franz Liszt
Frédéric Chopin
Igor Stravinsky
Jean Barraqué
Manuel de Falla
Olivier Messiaen
Pierre Boulez
Robert Schumann
Wolfgang Amadeus Mozart

 

 

 

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DĂ©tail de chaque cd :

Supporto 1
1 Fantasia for Violin & Piano in C Minor K.396 (Arr. for Piano by Maximilian Stadler)
07:47 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
2 1. Prelude [Prelude and Fugue in C, K.394]
04:25 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
3 2. Fugue [Prelude and Fugue in C, K.394]
04:18 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
4 Fantasia in C Minor, K.475
11:08 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer/Author: Wolfgang Amadeus Mozart
5 Fantasia in D Minor, K.397
04:54 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
6 Rondo In D, K.485
04:23 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
7 1. Allegro [Piano Concerto No.1 in F, K.37]
05:06 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
8 2. Andante [Piano Concerto No.1 in F, K.37]
05:54 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
9 3. Rondo – Allegro [Piano Concerto No.1 in F, K.37]
06:15 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
10 1. Allegro spiritoso [Piano Concerto No. 2 in B-Flat Major, K.39]
04:40 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
11 2. Andante staccato [Piano Concerto No. 2 in B-Flat Major, K.39]
06:32 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
12 3. Molto allegro [Piano Concerto No. 2 in B-Flat Major, K.39]
03:32 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart

Supporto 2
1 1. Allegro maestoso [Piano Concerto No. 3 in D major, K.40]
05:29 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
2 2. Andante [Piano Concerto No. 3 in D major, K.40]
04:16 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
3 3. Presto [Piano Concerto No. 3 in D major, K.40]
03:26 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
4 1. Allegro [Piano Concerto No.4 in G, K.41]
05:13 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
5 2. Andante [Piano Concerto No.4 in G, K.41]
04:42 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
6 3. Allegro [Piano Concerto No.4 in G, K.41]
03:31 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
7 1. Tema (Andante grazioso) con variazioni [Piano Sonata No.11 In A, K.331 -"Alla Turca"]
07:20 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
8 2. Menuetto [Piano Sonata No.11 In A, K.331 -"Alla Turca"]
05:44 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
9 3. Rondo alla Turca [Piano Sonata No.11 In A, K.331 -"Alla Turca"]
03:28 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
10 Piano sonata In B minor, S.178
28:50 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Franz Liszt

Supporto 3
1 No.1 in A flat major [12 Etudes, Op. 25]
02:55 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
2 No.12 in C minor [12 Etudes, Op. 10]
02:33 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
3 No.8 in D flat major [12 Etudes, Op. 25]
01:29 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
4 No.5 in G flat major [12 Etudes, Op. 10]
01:48 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
5 No.9 in G flat major [12 Etudes, Op. 25]
01:09 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
6 No.6 in G sharp minor [12 Etudes, Op.25]
02:11 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
7 Etude in A flat major, Op. posthumous No. 3
02:03 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
8 No.2 in F minor [12 Etudes, Op. 25]
01:38 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
9 No.3 in F major [12 Etudes, Op.25]
01:56 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
10 No.8 in F Major [12 Etudes, Op. 10]
02:24 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
11 No.5 in E minor [12 Etudes, Op. 25]
04:00 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
12 No.11 in A minor [12 Etudes, Op. 25]
03:42 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
13 No.1 in F : Markiert und krÀftig [Noveletten, Op.21]
05:04 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Robert Schumann
14 No.2 in D : Äusserst rasch und mit Bravour – Intermezzo. Etwas langsamer, durchaus zart [Noveletten, Op.21]
06:21 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Robert Schumann
15 No. 3 in D: Leicht und mit Humor – Intermezzo. Rasch und wild [Noveletten, Op.21]
04:57 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Robert Schumann
16 No.4 in D : BallmĂ€ssig. Sehr munter – Noch schneller [Noveletten, Op.21]
03:33 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Robert Schumann
17 No.5 in D : Rauschend und festlich – Sehr lebhaft [Noveletten, Op.21]
09:19 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Robert Schumann
18 No.6 in A : Sehr lebhaft, mit vielem Humor [Noveletten, Op.21]
04:07 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Robert Schumann
19 No.7 in E : Äussert rasch – Etwas langsamer [Noveletten, Op.21]
02:52 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Robert Schumann
20 No.8 in F sharp minor : Sehr lebhaft – Fortsetzung und Schluss. Munter, nicht zu rasch [Noveletten, Op.21]
12:03 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Robert Schumann

Supporto 4
1 1. EvocaciĂłn [Iberia, B.47 / Book 1]
04:29 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
2 2. El Puerto [Iberia, B.47 / Book 1]
03:39 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
3 3. El Corpus Christi en Sevilla [Iberia, B.47 / Book 1]
08:45 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
4 4. Rondeña [Iberia, B.47 / Book 2]
06:10 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
5 5. Almeria [Iberia, B.47 / Book 2]
08:46 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
6 6. Triana [Iberia, B.47 / Book 2]
05:16 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
7 7. El AlbaicĂ­n [Iberia, B.47 / Book 3]
07:22 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
8 8. El Polo [Iberia, B.47 / Book 3]
07:52 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
9 9. Lavapiés [Iberia, B.47 / Book 3]
06:39 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod

Supporto 5
1 10. MĂĄlaga [Iberia, B.47 / Book 4]
05:48 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
2 11. JĂ©rez [Iberia, B.47 / Book 4]
10:57 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
3 12. Eritaña [Iberia, B.47 / Book 4]
06:38 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
4 1. En el generalife [Noches en los jardines de España]
11:26 Yvonne Loriod, Orchestre du ThĂ©Ăątre National de l’OpĂ©ra de Paris, Manuel Rosenthal
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre du ThĂ©Ăątre National de l’OpĂ©ra de Paris – Conductor: Manuel Rosenthal – Composer: Manuel de Falla
5 2. Danza lejana [Noches en los jardines de España]
04:48 Yvonne Loriod, Orchestre du ThĂ©Ăątre National de l’OpĂ©ra de Paris, Manuel Rosenthal
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre du ThĂ©Ăątre National de l’OpĂ©ra de Paris – Conductor: Manuel Rosenthal – Composer: Manuel de Falla
6 3. En los jardines de la Sierra de Cordoba [Noches en los jardines de España]
09:12 Yvonne Loriod, Orchestre du ThĂ©Ăątre National de l’OpĂ©ra de Paris, Manuel Rosenthal
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre du ThĂ©Ăątre National de l’OpĂ©ra de Paris – Conductor: Manuel Rosenthal – Composer: Manuel de Falla
7 1. Ouverture. Allegretto. Sehr flott [Suite, Op. 29]
07:01 Jacques Ghestem, Marcel Naulais, Guy Deplus, Louis Montaigne, Luben Yordanoff, Serge Collot, Jean Huchot, Pierre Boulez
Piano: Jacques Ghestem – Clarinet: Marcel Naulais – Clarinet: Guy Deplus – Bass Clarinet: Louis Montaigne – Violin: Luben Yordanoff – Viola: Serge Collot – Cello: Jean Huchot – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Arnold Schoenberg
8 2. Tanzschritte [Suite, Op. 29]
06:13 Jacques Ghestem, Marcel Naulais, Guy Deplus, Louis Montaigne, Luben Yordanoff, Serge Collot, Jean Huchot, Pierre Boulez
Piano: Jacques Ghestem – Clarinet: Marcel Naulais – Clarinet: Guy Deplus – Bass Clarinet: Louis Montaigne – Violin: Luben Yordanoff – Viola: Serge Collot – Cello: Jean Huchot – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Arnold Schoenberg
9 3. Thema mit Variationen [Suite, Op. 29]
05:03 Jacques Ghestem, Marcel Naulais, Guy Deplus, Louis Montaigne, Luben Yordanoff, Serge Collot, Jean Huchot, Pierre Boulez
Piano: Jacques Ghestem – Clarinet: Marcel Naulais – Clarinet: Guy Deplus – Bass Clarinet: Louis Montaigne – Violin: Luben Yordanoff – Viola: Serge Collot – Cello: Jean Huchot – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Arnold Schoenberg
10 4. Gigue [Suite, Op. 29]
06:12 Jacques Ghestem, Marcel Naulais, Guy Deplus, Louis Montaigne, Luben Yordanoff, Serge Collot, Jean Huchot, Pierre Boulez
Piano: Jacques Ghestem – Clarinet: Marcel Naulais – Clarinet: Guy Deplus – Bass Clarinet: Louis Montaigne – Violin: Luben Yordanoff – Viola: Serge Collot – Cello: Jean Huchot – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Arnold Schoenberg
11 Concerto per il Marigny
06:31 Yvonne Loriod, Rudolf Albert, Orchestre Du Domaine Musical
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Conductor: Rudolf Albert – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Composer/Author: Hans Werner Henze

Supporto 6
1 1. Sehr mĂ€ĂŸig [Variations for Piano, Op.27]
01:37 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Anton Webern
2 2. Sehr schnell [Variations for Piano, Op.27]
00:39 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Anton Webern
3 3. Ruhig fließend [Variations for Piano, Op.27]
03:02 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Anton Webern
4 1. ExtrĂȘmement rapide [Piano Sonata No.2]
07:09 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Pierre Boulez
5 2. Lent [Piano Sonata No.2]
11:03 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Pierre Boulez
6 3. Modéré, presque vif [Piano Sonata No.2]
02:39 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Pierre Boulez
7 4. Vif [Piano Sonata No.2]
11:38 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Pierre Boulez
8 Pt. 1 [Sonate pour piano]
08:00 Yvonne Loriod
Producer: Jean BarraquĂ© – Piano: Yvonne Loriod – Recording Engineer: Pierre Rosenwald – Composer: Jean BarraquĂ©
9 Pt. 2 [Sonate pour piano]
23:48 Yvonne Loriod
Producer: Jean BarraquĂ© – Piano: Yvonne Loriod – Recording Engineer: Pierre Rosenwald – Composer: Jean BarraquĂ©
10 Piano sonata in B Minor, Op. 1
08:18 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Alban Berg

Supporto 7
1 1. Amen de la Création [Visions de l'Amen]
04:31 Yvonne Loriod, Olivier Messiaen
Piano: Yvonne Loriod – Piano: Olivier Messiaen – Composer: Olivier Messiaen
2 2. Amen des Ă©toiles, de la planĂšte Ă  l’anneau [Visions de l'Amen]
05:23 Yvonne Loriod, Olivier Messiaen
Piano: Yvonne Loriod – Piano: Olivier Messiaen – Composer: Olivier Messiaen
3 3. Amen de l’agonie de JĂ©sus [Visions de l'Amen]
07:04 Yvonne Loriod, Olivier Messiaen
Piano: Yvonne Loriod – Piano: Olivier Messiaen – Composer: Olivier Messiaen
4 4. Amen du désir [Visions de l'Amen]
10:39 Yvonne Loriod, Olivier Messiaen
Piano: Yvonne Loriod – Piano: Olivier Messiaen – Composer: Olivier Messiaen
5 5. Amen des anges, des saintes, du chant des oiseaux [Visions de l'Amen]
08:11 Yvonne Loriod, Olivier Messiaen
Piano: Yvonne Loriod – Piano: Olivier Messiaen – Composer: Olivier Messiaen
6 6. Amen du Jugement [Visions de l'Amen]
02:41 Yvonne Loriod, Olivier Messiaen
Piano: Yvonne Loriod – Piano: Olivier Messiaen – Composer: Olivier Messiaen
7 7. Amen de la Consommation [Visions de l'Amen]
08:17 Yvonne Loriod, Olivier Messiaen
Piano: Yvonne Loriod – Piano: Olivier Messiaen – Composer: Olivier Messiaen
8 Cantéyodjayù
12:02 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
9 Oiseaux exotiques
13:53 Yvonne Loriod, Rudolf Albert, Orchestre Du Domaine Musical
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Conductor: Rudolf Albert – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Composer: Olivier Messiaen

Supporto 8
1 1. Regard du PĂšre [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
05:00 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
2 2. Regard de l’Ă©toile [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
02:52 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
3 3. L’Ă©change [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
03:24 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
4 4. Regard de la Vierge [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
05:00 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
5 5. Regard du Fils sur le Fils [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
05:51 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
6 6. Par Lui tout a été fait [Vingt regards sur l'Enfant-Jésus]
10:52 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
7 7. Regard de la Croix [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
03:44 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
8 8. Regard des hauteurs [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
02:31 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
9 9. Regard du temps [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
03:30 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
10 10. Regard de l’Esprit de joie [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
08:32 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
11 11. PremiĂšre communion de la Vierge [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
07:23 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
12 12. La Parole toute puissante [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
02:39 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
13 13. Noël [Vingt regards sur l'Enfant-Jésus]
04:25 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
14 14. Regard des anges [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
05:31 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen

Supporto 9
1 15. Le baiser de l’Enfant-JĂ©sus [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
10:41 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
2 16. Regard des prophĂštes, des bergers et des mages [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
03:03 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
3 17. Regard du silence [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
05:33 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
4 18. Regard de l’Onction terrible [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
07:30 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
5 19. Je dors, mais mon cƓur veille [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
09:27 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
6 20. Regard de l’Église d’amour [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
14:07 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
7 1. Le chocard des Alpes [Catalogue d'oiseaux / Book 1]
08:51 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
8 2. Le loriot [Catalogue d'oiseaux / Book 1]
07:05 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
9 3. Le merle bleu [Catalogue d'oiseaux / Book 1]
12:27 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen

Supporto 10
1 4. Le traquet stapazin [Catalogue d'oiseaux / Book 2]
14:36 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
2 5. La chouette hulotte [Catalogue d'oiseaux / Book 3]
06:23 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
3 6. L’alouette lulu [Catalogue d'oiseaux / Book 3]
06:41 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
4 7. La rousserolle effarvatte [Catalogue d'oiseaux / Book 4]
29:43 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
5 8. L’alouette calandrelle [Catalogue d'oiseaux / Book 5]
05:34 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
6 9. La bouscarle [Catalogue d'oiseaux / Book 5]
10:15 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen

Supporto 11
1 10. Le merle de roche [Catalogue d'oiseaux / Book 6]
18:35 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
2 11. La buse variable [Catalogue d'oiseaux / Book 7]
10:12 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
3 12. Le traquet rieur [Catalogue d'oiseaux / Book 7]
09:06 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
4 13. Le courlis cendré [Catalogue d'oiseaux / Book 7]
09:35 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
5 1. Introduction [Sept haĂŻkaĂŻ, esquisses japonaises pour piano solo et petit orchestre]
01:54 Yvonne Loriod, Les Percussions De Strasbourg, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Piano: Yvonne Loriod – Ensemble: Les Percussions De Strasbourg – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Olivier Messiaen
6 2. Le parc de Nara et les lanternes de pierre [Sept haĂŻkaĂŻ, esquisses japonaises pour piano solo et petit orchestre]
01:34 Yvonne Loriod, Les Percussions De Strasbourg, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Piano: Yvonne Loriod – Ensemble: Les Percussions De Strasbourg – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Olivier Messiaen
7 3. Yamanaka-cadenza [Sept haĂŻkaĂŻ, esquisses japonaises pour piano solo et petit orchestre]
03:46 Yvonne Loriod, Les Percussions De Strasbourg, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Piano: Yvonne Loriod – Ensemble: Les Percussions De Strasbourg – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Olivier Messiaen
8 4. Gagaku [Sept haĂŻkaĂŻ, esquisses japonaises pour piano solo et petit orchestre]
03:00 Yvonne Loriod, Les Percussions De Strasbourg, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Piano: Yvonne Loriod – Ensemble: Les Percussions De Strasbourg – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Olivier Messiaen
9 5. Miyajima et le torii dans la mer [Sept haĂŻkaĂŻ, esquisses japonaises pour piano solo et petit orchestre]
01:26 Yvonne Loriod, Les Percussions De Strasbourg, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Piano: Yvonne Loriod – Ensemble: Les Percussions De Strasbourg – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Olivier Messiaen
10 6. Les oiseaux de Karuizawa [Sept haĂŻkaĂŻ, esquisses japonaises pour piano solo et petit orchestre]
05:41 Yvonne Loriod, Les Percussions De Strasbourg, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Piano: Yvonne Loriod – Ensemble: Les Percussions De Strasbourg – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Olivier Messiaen
11 7. Coda [Sept haĂŻkaĂŻ, esquisses japonaises pour piano solo et petit orchestre]
01:53 Yvonne Loriod, Les Percussions De Strasbourg, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Piano: Yvonne Loriod – Ensemble: Les Percussions De Strasbourg – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Olivier Messiaen

etc
.
VOIR le tracklisting complet du cd 1 au cd 13
https://www.universalmusic.it/musica-classica/album/the-complete-vega-recordings-1956-1963_32581947378/

VENDÔME (41) : MASTERCLASS de BELCANTO : 7 – 10 fĂ©vrier 2019

academie-vincenzo-bellini-vendome-2018-presentation-par-classiquenews-affiche-concert VENDÔME (41) : MASTERCLASS de BELCANTO : 7 – 10 fĂ©vrier 2019. La Vincenzo Bellini Belcanto AcadĂ©mie s’implante Ă  nouveau Ă  VendĂŽme (Campus Monceau Assurances), du 7 au 10 fĂ©vrier 2019. En rĂ©sidence depuis 2016 au Campus de Monceau Assurances, l’AcadĂ©mie lyrique a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e dans le sillage du prestigieux Concours International de Belcanto Vincenzo Bellini ; cette nouvelle session de formation du chanteur Ă  l’art si dĂ©licat du bel canto (de Mozart Ă  Bellini, Rossini et Donizetti), est placĂ©e sous la houlette du chef d’orchestre Marco GUIDARINI et de la cĂ©lĂšbre mezzo-soprano Viorica CORTEZ.

 

 

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Dans un cadre calme, propice Ă  la concentration, l’AcadĂ©mie Bellini (atelier lyrique du Concours international Bellini) permet aux jeunes chanteurs (souvent dĂ©jĂ  prĂ©sents sur les scĂšnes internationales ou laurĂ©ats de grands Concours lyriques), de suivre les cours magistraux de Marco GUIDARINI et de Viorica CORTEZ (technique, interprĂ©tation, connaissance et analyse des rĂ©pertoires concernĂ©s : travail spĂ©cifique sur les opĂ©ras de Rossini, Bellini, Donizetti…).

Les cours collectifs et individuels ont lieu chaque matin et aprĂšs midi. HĂ©bergement et restauration en demi-pension inclus dans le prix du stage.

 

 

 

Académie BELLINI,
VendĂŽme (41),

Du 7 au 10 février 2019

( 40 min en TGV  de Paris /  gare Montparnasse )

Concert de clĂŽture en fin de stage :
Dimanche 10 février 2019, 17h

Auditorium Monceau Assurances
1 avenue des CitĂ©s Unies d’Europe
41 100 VENDÔME (face à la gare TGV de Vendîme)

 

 

Les  bulletins d’inscription pour l’Atelier lyrique / AcadĂ©mie Bellini sont Ă  demander par mail à :

musicarte-org@live.fr

ou par tél : 06 09 58 85 97
Attention places limitées !

 

Plus d’informations sur la page AcadĂ©mie BELLINI du site dĂ©diĂ© au CONCOURS INTERNATIONAL DE BEL CANTO VINCENZO BELLINI
https://www.bellinibelcanto-internationalcompetition.com/l-academie
demande de formulaire accessible sur cette page Ă©galement

 
 

 

 

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VOIR notre reportage sur l’AcadĂ©mie BELLINI Ă  VendĂŽme (session 2017)

Une immersion unique au cƓur du style bel cantiste /

Comment maßtriser le style des Romantiques Italiens et Français ?

  

 

bellini-academie-video-ete-vendome-2016-et-presentation-concert-de-cloture-fin-de-stage-8-aout-2017-par-classiquenews

 

 

https://www.bellinibelcanto-internationalcompetition.com/l-academie

 

 

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LIRE AUSSI le PalmarĂšs du dernier CONCOURS BELLINI 2018 (8Ăš Ă©dition Ă  VendĂŽme, nov 2018) :

8Ăšme CONCOURS BELLINI Ă  VENDÔME (41)VENDÔME, PalmarĂšs du 8Ăš CONCOURS BELLINI 2018. VoilĂ  longtemps que l’on n’avait pas vĂ©cu une telle Finale : des tempĂ©raments marquants, de nombreuses voix dotĂ©es d’un timbre trĂšs sĂ©duisant (y compris chez les hommes), une maĂźtrise partagĂ©e du legato et du phrasĂ©, et souvent des airs choisis parmi les plus difficles et exigeants de la scĂšne belcantiste (Lucrezia Borgia, Il Pirata, Anna Bolena, Lucia di Lammermoor, Norma, I Puritani
)
  A VendĂŽme (Campus Monceau Assurances), s’est dĂ©roulĂ© le dernier tour du 8Ăš CONCOURS BELLINI (samedi 17 novembre 2018), compĂ©tition unique au monde en ce qu’elle sĂ©lectionne les talents belcantistes, ceux capables de chanter Rossini, Bellini, Donizetti (et aussi Mozart). Une nouvelle Ă©toile lyrique est nĂ©e : NOMBELULO YENDE (Afrique du Sud), la soprano au timbre d’or… 

 
 
 

guidarini-marco-maestro-concert-operas-festivals-annonce-concerts-et-critique-operas-concerts-classiquenews

 
 

Marco Guidarini, chef charismatique qui maĂźtrise comme peu l’art du bel canto – co fondateur du CONCOURS BELLINI, avec Youra Nymoff-Simonetti, la seule compĂ©tition au monde Ă  dĂ©fendre l’art du bel canto, Marco Guidarini prĂ©side au Concours, sĂ©lectionne les candidats pour chaque session : une compĂ©tition qui a distinguĂ© depuis sa crĂ©ation en France en 2010, les divas d’aujourd’hui, telles Pretty Yende, Anna Kassian, et rĂ©cemment l’exceptionnelle jeune cantatrice Nombelulo Yende, sƓur aussi douĂ©e que son aĂźnĂ©e dĂ©jĂ  couronnĂ©e… Pretty Yende (DR)

 

  

 

OFFENBACH 2019 : dossier pour le bicentenaire 2019

offenbach-violoncelle-jacques-offenbach-anniversaire-2019-par-classiquenews-dossier-OFFENBACH-2019OFFENBACH 2019. Dossier Jacques Offenbach 2019. Classiquenews accompagne l’actualitĂ© des anniversaires et rend hommage au gĂ©nie de Jacques Offenbach dont 2019, marque le bicentenaire de la naissance (nĂ© le 20 juin 1819). Il est temps de faire le point sur le profil esthĂ©tique et l’apport lyrique d’un gĂ©nie du drame parodique et dĂ©lirant dont la verve ne se rĂ©duit pas, de loin, aux opĂ©ras bouffes potaches et aux pantalonnades de salon. En auteur critique sur le genre thĂ©Ăątral et lyrique, Offenbach ne fait pas qu’amuser la galerie, c’est Ă  dire le bon bourgeois et le prince dĂ©sabusĂ© du Second Empire. il rĂ©invente l’espace thĂ©Ăątral, lui trouve de nouveaux genres entre la fĂ©erie (dĂ©jĂ  approchĂ© dans Les FĂ©es du Rhin de 1864, qui n’écarte pas la violence ni le dĂ©senchantement), et le fantastique comme en tĂ©moigne son dernier grand Ɠuvre, enfin reconstituĂ©, Les Contes d’Hofmann, sommet transmis Ă  tire posthume, et qui souligne ce gĂ©nie poĂ©tique et lyrique que nous continuons Ă  lui refuser – prĂ©fĂ©rant ne voir que La PĂ©richole et le si justement parodique OrphĂ©e aux Enfers. Offenbach ne se rĂ©duit pas Ă  l’étiquette lĂ©ger et fantasque; il rĂšgne dans son oeuvre une libertĂ© poĂ©tique inouĂŻe et inĂ©galĂ©e Ă  son Ă©poque.

Jacob (Jacques) Offenbach (1819-1880) est nĂ© d’un pĂšre juif, Ă  Cologne. Il se voue d’abord Ă  une carriĂšre de violoncelliste professionnel : il est douĂ© et rejoint bientĂŽt le Conservatoire de Paris (1833 : aprĂšs avoir Ă©tĂ© auditionnĂ© par l’inflexible Cherubini). Il est instrumentiste dans l’orchestre de l’OpĂ©ra-Comique (1835), frĂ©quente les salons Ă  la mode dont celui de la Comtesse de Vaux (c’est lĂ  qu’il rencontre le fondateur du Figaro, Hippolyte de Villemessant qui sera un fidĂšle et indĂ©fectible soutien). Il compose pour son violoncelle (Concerto militaire), des romances
 Et tente rapidement de se faire un nom comme auteur pour la scĂšne lyrique. C’est sa vocation et sa passion. Le chef et compositeur cĂ©lĂ©brĂ© Fromental HalĂ©vy, de confession juive Ă©galement, le prend sous sa coupe et lui donne des leçons d’orchestration et de composition. En 1844, le violoncelliste virtuose part en tournĂ©e, se fait un nom et un compte en banque qui lui permet d’épouser Herminie Alcain, aprĂšs qu’il ait Ă©pousĂ© aussi la religion catholique.
L’apprentissage musical se poursuit : dans le salon de la comtesse de Vaux, Offenbach Ă©blouit ses auditeurs en parodiant le DĂ©sert de FĂ©licien David. Une prouesse qui souligne son tempĂ©rament irrĂ©vĂ©rencieux, facĂ©tieux, comme gĂ©nie du dĂ©calage et comme dramaturge inspirĂ©.
Pendant la révolution de 1848, le couple Offenbach repart à Cologne.

APRES 1848… Puis Ă  son retour dans la capitale, le directeur de l’Institution thĂ©Ăątrale, ArsĂšne Houssaye, le nomme directeur musical de la ComĂ©die Française dont il rĂ©organise l’orchestre, et livre une dizaine des musiques de scĂšnes, de 1850 Ă  1855. Offenbach s’est forgĂ© un nom, une rĂ©putation comme musicien pour la scĂšne : ni l’OpĂ©ra-Comique, ni l’OpĂ©ra de Paris ne lui commandent d’ouvrages.
HervĂ© (Florimond Ronger) inventeur de l’opĂ©rette (il a son propre thĂ©Ăątre : Les Folies-Nouvelles depuis 1852), encourage Offenbach Ă  faire de mĂȘme. Auparavant, il assure la crĂ©ation de l’opĂ©rette en un acte Oyayaye ou la Reine des Ăźles, le 26 juin 1855 : succĂšs. Offenbach qui n’attend plus de se faire jouer Ă  l’OpĂ©ra-Comique, inaugure sa propre scĂšne parisienne, encore intimiste (300 places) : Les Bouffes-Parisiens (1855, ex Salle Lacaze), qui situĂ©e juste en face du Palais de l’Industrie et de l’Exposition Universelle, attire les foules.

GENIE PARODIQUE ET FANTASTIQUE… A partir de cette Ă©poque, s’affirme peu Ă  peu le gĂ©nie d’un violoncelliste, compositeur taillĂ© pour la comĂ©die dĂ©lirante et poĂ©tique, la parodie bouffe : se succĂšdent malgrĂ© les vicissitudes politiques, de nombreux chefs d’oeuvres dont la rĂ©ussite encore inĂ©puisĂ©e, fait de Jacques Offenbach, l’un des compositeurs les plus jouĂ©s dans le monde, aux cĂŽtĂ©s de Bizet (Carmen), Mozart, Wagner, Puccini, et l’indĂ©tronable Verdi.
En tĂ©moignent les ouvrages suivants, entre autres : OrphĂ©e aux Enfers (1858), Barkouf (1860 qui marque enfin une crĂ©ation produite salle Favart, mais qui reste un Ă©chec amer…), La Belle HĂ©lĂšne (1864), La Vie parisienne (1866), La Grande-Duchesse de GĂ©rolstein (1867), Les Brigands (1869)


La carriĂšre d’Offenbach Ă  Paris est aussi celle d’un compositeur impresario et directeur de thĂ©Ăątre qui comme Vivaldi Ă  Venise au dĂ©but du XVIIIĂš, tente de se forger un nom, une rĂ©putation, une gloire. AprĂšs Les Bouffes-Parisiens, Offenbach Ă©prouve de nouveaux lieux, de nouvelle salles
 dont La GaĂźtĂ© (juillet 1873) dont il devient le directeur, conquĂ©rant un public nombreux avec la reprise d’OrphĂ©e aux enfers, son opĂ©ra fĂ©tiche. Mais malgrĂ© une contribution avec Victorien Sardou (GeneviĂšve de Brabant qui est un Ă©chec), le compositeur doit Ă©ponger des dettes rĂ©pĂ©tĂ©es, et abandonne ses fonctions de directeur.

 

 

offenbach-jacques-concerts-opera-presentation-par-classiquenews-Jacques_Offenbach_by_Nadar


 

 

APRES 1870… Les opĂ©ras qui suivent 1870, annĂ©e de la dĂ©faite française et de la chute du second Empire, sont l’Ɠuvre d’un compositeur Ă  nouveau inquiĂ©tĂ© et vilipendĂ© en raison de sa naissance « prussienne » – son origine allemande constituant dans le contexte propre aux annĂ©es 1870, une source de soupçons. Offenbach le traitre est devenu suspect.
Sa verve ne tarit pas bien au contraire et les derniers opĂ©ras, jusqu’aux Contes d’Hoffmann, laissĂ© inachevĂ© et dans un ordre incertain, dĂ©montrent l’évolution d’une Ă©criture maĂźtrisĂ©e et jaillissante : La PĂ©richole (crĂ©Ă©e en 2 actes en 1868 ; puis en 1874 avec 3 actes), La Fille du tambour-major (1879), enfin l’opĂ©ra fantastique Les Contes d’Hoffmann, sommet lyrique posthume.

 

 

 

 

 

 

FOCUS sur quelques Ɠuvres
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MADAME FAVART (1878)

OpĂ©ra dĂ©voilĂ© en 2019, Madame Favart sort de l’ombre et permet aussi Ă  son auteur de jouir d’un plaisir qu’il ne connut qu’exceptionnellement de son vivant : ĂȘtre jouĂ© Ă  l’OpĂ©ra-Comique. Or Offenbach a rĂ©alisĂ© son but : revivifier l’opĂ©ra-comique comme un genre noble, inventif, enraient de seconde zone… CrĂ©Ă© le 30 dĂ©cembre 1878, Madame Favart, est un opĂ©ra-comique en trois actes / paroles de MM. Alfred Duru et Henry Chivot / musique de Jacques Offenbach. Offenbach s’éprend de la silhouette et de la voix de l’actrice et cantatrice Mademoiselle de Chantilly (vedette de la ComĂ©die Italienne dans les rĂŽles de bergĂšres alanguies), qui fit tourner la tĂȘte avec Jacques, Ă  son mari, Ă  son public, et au grand Maurice de Saxe, MarĂ©chal glorieux qui ne pouvait se passer du talent de l’actrice y compris sur le champs de bataille
 Cochin l’a dessinĂ©e en 1753 : profil charmant et doucereux Ă  la piquante excentricitĂ© de lolita XVIIIĂš. certes Ă©gratignĂ©e par Grimm qui, rĂ©duisant son chant n’en fit qu’une danseuse vulgaire en sabots. Le compositeur prend possession de son sujet pour en dĂ©duire un ouvrage emblĂ©matique de son Ă©criture et inspiration : une comĂ©die dĂ©jantĂ©e, dĂ©lirante, fertile en quiproquos, travestissements et sĂ©quences burlesques. C’est surtout aux cĂŽtĂ©s de Madame, le personnage de son mari Favart qui lui vole presque la vedette. Musicalement, Offenbach redouble de franche et suave gaietĂ©, un naturel enjouĂ© et facĂ©tieux qui le caractĂ©rise dans la maniĂšre de portraiturer ses hĂ©ros (et son hĂ©roĂŻne). Bizet aurait sa Carmen ; Offenbach Ă  sa PĂ©richole, sa Gerolstein et sa 
 Favart. D’autant que pour mieux caractĂ©riser Madame Favart, Offenbach s’y affirme en roi du couplet et de la chanson, Ă  succĂšs : ainsi Favart elle-mĂȘme au XVIIIĂš avait subjuguĂ© par une certaine gouaille chansonniĂšre. Pour la crĂ©ation, Mademoiselle Girard dĂ©fendit avec cƓur et expressivitĂ© une partition qui semblait ciselĂ©e pour elle.

 

 

 

LES CONTES D’HOFFMANN (1877-…)

La composition remonte au dĂ©but 1877
 La premiĂšre reprĂ©sentation complĂšte a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e Ă  l’OpĂ©ra-Comique (version en 5 actes) en novembre 1911. Le livret reprend la piĂšce originelle coĂ©crite par Jules Barbier et Michel CarrĂ© en 1851. A la source, les Ă©crits du compositeur romantique allemand Ernst Theodor Amadeus Hoffmann. IcĂŽne du romantisme allemand, sombre, fantastique, Ă©nigmatique mais onirique, Hoffmann tĂ©moigne de ses Ă©checs amoureux, de tavernes en palais Ă  Venise; audacieux, expĂ©rimental, le gĂ©nie d’Offenbach est d’abord de se renouveler : il le dĂ©montre dans cet ouvrage qui l’occupe pendant sa derniĂšre dĂ©cennie : le sujet est sombre, noir mĂȘme, car y perce et se rĂ©pĂšte la malĂ©diction du poĂšte, impuissant, dĂ©muni. Offenbach meurt pendant les rĂ©pĂ©titions de 1880. L’orchestration et certains rĂ©citatifs sont complĂ©tĂ©s par Ernest Guiraud. Trop longue finalement, la partition proposĂ©e Ă  la crĂ©ation est rĂ©duite d’un tiers. Depuis sa redĂ©couverte, la partition ne cesse d’ĂȘtre le sujet de nouvelles hypothĂšses quant Ă  sa reconstruction fidĂšle au plan de l’auteur.

Pourtant, en dĂ©pĂźt de sa nature instable, la partition en l’état ne cesse de subjuguer : qui pourrait rĂ©sister Ă  la tension dramatique ainsi crĂ©Ă©e autour des 3 visages fĂ©minins cĂ©lĂ©brĂ©s par Hoffmann / Offenbach : Olympia, la poupĂ©e mĂ©canique plus vraie que nature / Antonia, la jeune cantatrice morte de trop chanter / Giuletta, sirĂšne vaporeuse et vĂ©nitienne
 au charme envoĂ»tant (cf la barcarolle « Belle nuit, ĂŽ nuit d’amour »). Offenbach signe ainsi son Ɠuvre Ă  la fois la plus Ă©nigmatique et la plus sensuelle.

 

 

 

 

 

 

Approfondir

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Retrouvez ici les réalisations les plus marquantes en liaison avec le bicentenaire JACQUES OFFENBACH 2019 : 

 

 

 

L'OpĂ©ra de TOURS rĂ©ussit la crĂ©ation mondiale des FĂ©es du Rhin d'OffenbachLes FĂ©es de Jacques Offenbach prĂ©sentĂ© par l’OPERA DE TOURS
Benjamin Pionnier crĂ©e l’évĂ©nement à TOURS en septembre 2018 et bien avant l’annĂ©e Offenbach 2019 (bicentenaire de la naissance en 1819) : grĂące au chef et directeur de l’OpĂ©ra, voici (enfin) la crĂ©ation mondiale de l’opĂ©ra Les FĂ©es de Jacques Offenbach, une offrande conçu par l’auteur des Contes d’Hoffmann, Ă  la fois onirique et violente, fantastique et dĂ©senchantĂ©e qui est ici en 2018, restituĂ© en français – l’original avait Ă©tĂ© donnĂ© Ă  Vienne en Allemand, depuis lors jamais repris dans sa version originelle. Production Ă©vĂ©nement qui marque d’une pierre blanche les projets OFFENBACH, d’autant plus attendus en 2019. VOIR notre reportage vidĂ©o et LIRE notre comtpe rendu des FĂ©es d’Offenbach, crĂ©ation mondiale Ă  l’OpĂ©ra de Tours

 

 

 

offenbach jacques biographie bleu nuit editeur jean philippe biojout critique annonce classiquenewsLIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Jean-Philippe Biojout : OFFENBACH (Bleu Nuit Ă©diteur). Pour l’annĂ©e OFFENBACH, en 2019 pour le bicentenaire de sa naissance (1819), Bleu Nuit dĂ©gaine une biographie complĂšte et trĂšs accessible qui rappelle combien au sujet du Mozart des Boulevards (parisiens), il reste de nombreuses et dommageables imprĂ©cisions et contre vĂ©ritĂ©s. Ainsi, parmi d’autres, Jacques Offenbach n’a pas Ă©crit d’opĂ©rettes (il faut les restituer Ă  l’inventeur du genre : HervĂ© qui sera son concurrent dans les annĂ©es 1850), mais des opĂ©ras-bouffes, ou selon ses propres termes, des « pastiches d’opĂ©ras Ă  la mode »  oĂč rayonnent dĂ©lire, fantasque, surrĂ©alisme avant l’heure, humour dĂ©bridĂ©, comique loufoque, arlequinades et pantomimes en tous genres
). Il a connu aussi les honneurs de l’OpĂ©ra de Paris, non pour son grand opĂ©ra Les FĂ©es du Rhin, rĂ©cemment restituĂ©es en français par l’OpĂ©ra de Tours (crĂ©ation mondiale en sept 2018), mais grĂące au gĂ©nie de sa musique chorĂ©graphique (Les Papillons, ballet-pantomime jouĂ© in loco pendant 2 annĂ©es!).  Coup de cƓur de CLASSIQUENEWS / CLIC DE CLASSIQUENEWS de janvier 2019

 

 

 

offenbach figaro lettres offenbachnous ecrit actes sud critique compte rendu livreLIVRE, critique. M. OFFENBACH nous Ă©crit (Actes Sud / Pal Bru-Zane). L’annĂ©e OFFENBACH 2019 commence trĂšs bien grĂące Ă  la publication par Actes Sud de cette collection de lettres Ă©crites par Offenbach, adressĂ©es au journal Le Figaro : le compositeur Ă©tait l’ami personnel du fondateur du journal Hippolyte de Villemessant (1810 – 1879, un an avant Offenbach). Les deux hommes Ă©taient voisins en Normandie, propriĂ©taire chacun d’une villa Ă  Etretat ; Ă  Paris, ils se frĂ©quentent dans les salons en vu
 Une proximitĂ© qui en rendrait jaloux plus d’un aujourd’hui et qui dans la seconde moitiĂ© du XIXĂš, permet Ă  l’auteur d’OrphĂ©e aux enfers de s’expliquer auprĂšs du public, Ă©voquer ses riches et rocambolesques soirĂ©es et fĂȘtes donnĂ©es dans son appartement de la rue Laffite oĂč figurent Bizet, DorĂ©, HalĂ©vy
 ; de provoquer le dĂ©bat, susciter le scandale
 positif, lui assurant une publicitĂ© avantageuse pour ses propres spectacles (par exemple lors de la crĂ©ation d’OrphĂ©e aux Bouffes-Parisiens en 1858). Le compositeur est une vedette, un auteur dont on parle, habituĂ© dĂ©sormais Ă  utiliser le media comme un tremplin, une tribune. D’autant que, comme le montre l’introduction et les textes ainsi regroupĂ©s, Jacques Offenbach ne manque ni de pertinence ni d’à propos ni de sens de la formule. Un gĂ©nie de la rĂ©ponse synthĂ©tique, dĂ©voilant aussi une intelligence des situations et du milieu musical et mĂ©diatique. LIRE notre critique intĂ©grale du livre M OFFENBACH NOUS ECRIT (Actes Sud)

 

 

 

 

 

 

Les événements : concerts et opéras Offenbach

 


en 2019, qu’il ne faut pas manquer …
(sélection par classiquenews)

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PARIS, Opéra-Comique, du 20 au 30 juin 2019
Madame Favart
RESERVER VOTRE PLACE
https://www.opera-comique.com/fr/saisons/saison-2019/madame-favart

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

NOTRE SELECTION CD – au fil de l’annĂ©e 2019

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OFFENBACH coloratoure cd opera concert critique cd review cd classiquenewsCD, critique. Offenbach colorature. Jodie Devos, soprano. Airs d’opĂ©ras (1 cd Alpha, 2018). BOF
 Le programme Ă©laborĂ© ne manque pas de diversitĂ© mais il pĂȘche par un manque de cohĂ©rence. Evidemment pour s’assurer un certain impact auprĂšs du consommateur landa, il fallait nĂ©cessairement afficher la Barcarolle des Contes d’Hoffmann
 Pour des surprises on repassera ; cependant Vert-Vert, Les Bergers, Les Bavards, Le Roi Carotte, et aussi Robinson CrusoĂ© et Fantasio (dont deux magnifiques sĂ©quences de la princesse Elsbeth), 
 pour ne citer que quelques Ɠuvres, mĂ©ritent le dĂ©tour et suscitent l’envie d’en Ă©couter davantage. Ce qui est mĂ©ritant quand mĂȘme. La coloratoure chez Offenbach promettait une face cachĂ©e du compositeur : Ă  torts rĂ©duit Ă  ses pantalonades burlesques et fantasques, le compositeur fĂȘtĂ© en 2019, s’est souciĂ© comme un rĂ©el auteur sĂ©rieux, des voix et du beau chant romantique français. En tĂ©moigne l’engagement de la soprano belge Jodie DevosEN LIRE +

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LIVRE événement. Jean-Philippe Biojout : OFFENBACH (Bleu Nuit éditeur)

offenbach jacques biographie bleu nuit editeur jean philippe biojout critique annonce classiquenewsLIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Jean-Philippe Biojout : OFFENBACH (Bleu Nuit Ă©diteur). Pour l’annĂ©e OFFENBACH, en 2019 pour le bicentenaire de sa naissance (1819), Bleu Nuit dĂ©gaine une biographie complĂšte et trĂšs accessible qui rappelle combien au sujet du Mozart des Boulevards (parisiens), il reste de nombreuses et dommageables imprĂ©cisions et contre vĂ©ritĂ©s. Ainsi, parmi d’autres, Jacques Offenbach n’a pas Ă©crit d’opĂ©rettes (il faut les restituer Ă  l’inventeur du genre : HervĂ© qui sera son concurrent dans les annĂ©es 1850), mais des opĂ©ras-bouffes, ou selon ses propres termes, des « pastiches d’opĂ©ras Ă  la mode »  oĂč rayonnent dĂ©lire, fantasque, surrĂ©alisme avant l’heure, humour dĂ©bridĂ©, comique loufoque, arlequinades et pantomimes en tous genres
). Il a connu aussi les honneurs de l’OpĂ©ra de Paris, non pour son grand opĂ©ra Les FĂ©es du Rhin, rĂ©cemment restituĂ©es en français par l’OpĂ©ra de Tours (crĂ©ation mondiale en sept 2018), mais grĂące au gĂ©nie de sa musique chorĂ©graphique (Les Papillons, ballet-pantomime jouĂ© in loco pendant 2 annĂ©es!).

 
 

Offenbach : génie du pastiche

 

 

offenbach-violoncelle-jacques-offenbach-anniversaire-2019-par-classiquenews-dossier-OFFENBACH-2019Voici un portrait d’Offenbach, le magnifique, gĂ©nie du divertissement (ce qui n’exclut pas la profondeur et la poĂ©sie trouble de certains personnages), dĂ©pensier jusqu’à la faillite, influençant Strauss, Lehar, Gilbert et Sullivan
 A Cologne, sa ville natale, le carillon de l’HĂŽtel de ville marque les 15h avec le galop final d’OrphĂ©e aux enfers
 Offenbach doit sa fortune Ă  sa verve galopante elle aussi, rĂ©pondant Ă  la sociĂ©tĂ© consommatrice du genre bouffe au Second Empire.
Le texte rĂ©capitule tous les jalons de sa formation et de la genĂšse de sa sensibilitĂ© et culture musicale. Dont l’Ă©volution du jeune prodige du volucelle ; arrivĂ©e Ă  Paris dans les annĂ©es 1830, oĂč rĂšgne les Ă©trangers Ă  Paris, Cherubini au Conservatoire depuis 1822, Meyerbeer Ă  l’OpĂ©ra de Paris, affirmant un souffle hors du commun dans le genre du grand opĂ©ra romantique total, avec HalĂ©vy (qui comme le jeune Jacques est juif allemand, et rĂ©gĂ©nĂšre l’opĂ©ra avec L’Eclair et La Juive (1835)
 lequel favorise la carriĂšre d’Offenbach dont il a dĂ©tectĂ© le gĂ©nie lyrique. Violoncelliste dans l’orchestre de l’OpĂ©ra-Comique, Jacob/Jacques qui n’a pas 20 ans, retrouve Flotow, autre allemand venu faire fortune Ă  Paris qui l’aide lui aussi Ă  percer dans le systĂšme des concerts Ă  bĂ©nĂ©fice. La « Sauterelle » Offenbach sĂ©duit ainsi les salons parisiens (1839 grĂące au soutien de la Comtesse de Vaux)

Le portrait ainsi rĂ©tabli souligne combien il reste difficile pour un allemand (avec un fort accent de Cologne) de percer en France, Ă  Paris oĂč le public et les journalistes sont Ă  l’affĂ»t de chaque percĂ©e prussienne, fĂ»t elle indirecte. Offenbach est l’objet d’un soupçon permanent sur son Ɠuvre et ses origines.
TrĂšs vite, Jacob devient Jacques, converti au catholicisme pour Ă©pouser Herminie (1844). AprĂšs la chute de Louis Philippe et l’avĂšnement croissant du Prince Louis NapolĂ©on, Offenbach obtient un poste enfin stable : directeur musical Ă  la ComĂ©die Française (Ă  partir d’octobre 1850). Il devient vĂ©ritablement celui que l’on connaĂźt lorsqu’il fonde son propre thĂ©Ăątre (Ă  l’étĂ© 1855) pour y faire jouer ses Ɠuvres pour un parterre nombreux, venu s’encanailler Ă  l’époque de la 2Ăš Exposition Universelle, vitrine de l’art de vivre flamboyant du Second empire.
Toutes les Ɠuvres et partitions de Jacques le conteur y sont Ă©voquĂ©es, prĂ©sentĂ©es ou analysĂ©es, des premiers actes loufoques (Une nuit blanche, Les deux aveugles, Arlequin Barbier
 le compositeur sait divertir comme il sait s’acoquiner avec les medias de l’époque pour relayer ses pastiches divertissants.
CLIC D'OR macaron 200En 9 chapitres de plus documentĂ©s, se prĂ©cise le profil bondissant de « la grande sauterelle », dĂ©jantĂ©e, allumĂ©e, ce « Jettatore », jeteur de sort, – Ă  Paris, l’oranger talentueux est forcĂ©ment suspect-, un rien inquiĂ©tant voire diabolique, auteur de 100 piĂšces lyriques dont la verve mĂ©lodique, l’audace dramatique, le goĂ»t parodique et comique, le sens du lyrisme (et de la valse) sont Ă©clairĂ©s par la prose d’un biographe sincĂšrement Ă©mu et maĂźtre de son sujet. Il est temps de reconsidĂ©rer l’étoffe et la richesse esthĂ©tique d’un compositeur dont l’oeuvre ne se limite pas Ă  ce fameux « french cancan », terme impropre car il dĂ©signe en vĂ©ritĂ© le galop final de son OrphĂ©e aux Enfers (1858). Lecture passionnante et donc nĂ©cessaire pour 2019, l’annĂ©e du bicentenaire Offenbach. CLIC de CLASSIQUENEWS de janvier 2019. Un premier bel hommage au gĂ©nie des boulevards.

 

 

 

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Sommaire

1 – Le jeune prodige du violoncelle :
une famille de Cologne, arrivée à Paris, rencontre avec Halévy, Flotow, Revoir Cologne, Concert dans les salons Herz

2 – Devenir un auteur dramatique reconnu :
L’AlcĂŽve, La Duchesse d’Albe, A la ComĂ©die Française (1849), HervĂ© le concurrent ?, PĂ©pito (1853)

3 – J’ai l’idĂ©e d’un petit thĂ©Ăątre
 : Folies-Nouvelles (1855), « Pantomimes et Arlequinades » au Petit ThĂ©Ăątre Lacaze, Les Bouffes-Parisiens : Les Deux Aveugles, Arlequin barbier
 / Faire savoir (amitiĂ© d’Hippolyte de Villemessant, fondateur du Figaro lancĂ© en 1854), quartiers d’hiver / nouvelle salle des Bouffes-Parisiens du passage Choiseul (1855) : Ba-ta-clan,

4 – Le petit Mozart des Champs-ElysĂ©es
Travailleur acharnĂ©, Tromb Al Ca Zar, Compositeurs illustres (programmer Adam et Mozart) ; Un Ă©tĂ© difficile sur les Champs ElysĂ©es, La rose de Saint Flour (1856) ; Le 66, Le Financier et le savetier ; Promouvoir l’opĂ©rette : le concours d’opĂ©rettes aux Bouffes-Parisiens (Le docteur Miracle de Lecocq) ; Les 3 baisers du diable (genre fĂ©erique, fantastique) ; Les premiĂšres tournĂ©es (Le mariage aux lanternes, les deux pĂȘcheurs), Mesdames de la Halle (opĂ©ra bouffe, 1858); La chatte mĂ©tamorphosĂ©e en femme

5 – Sous la lyre d’OrphĂ©e
CrĂ©ation d’OrphĂ©e aux Enfers (21 oct 1858), Ă  l’époque du Faust de Gounod (1859), de Dinorah de Meyerbeer. Toujours de la nouveautĂ© (la villa OrphĂ©e Ă  Etretat, 1859) ; GeneviĂšve de Brabant (nov 1859) ; Brouille avec Wagner (La Tyrolienne de l’Avenir
) ; Daphnis et ChloĂ© ; Une Ɠuvre qui a du chien, le sultan Barkouf (dĂ©c 1860) ; Ballet Ă  l’OpĂ©ra (triomphe du Papillon, ballet-pantomime, crĂ©Ă© le 1er dĂ©c 1860) ; Morny en coulisse (un alliĂ© amateur de bouffes), Mr Choufleuri restera chez lui; 1861 : annĂ©e morose ; La Chanson de Fortunio (1861) ; Le pont des soupirs (opĂ©ra bouffon, mars 1861)

6 – Libre !
Aller de l’avant : tournĂ©e Ă  Berlin, Ă  Vienne. CrĂ©ation en allemand des FĂ©es du Rhin / Rheinnixen Ă  Vienne (4 fĂ©v 1864) – crĂ©ation mondiale de la version française Ă  l’OpĂ©ra de Tours, sept 2018 / Vers d’autres scĂšnes : la Belle HĂ©lĂšne (Les VariĂ©tĂ©s, le 17 dĂ©c 1864) ; Coscoletto ; Barbe-Bleue (fĂ©v 1866) ; Un auteur trĂšs demandĂ© ; La Vie parisienne, opĂ©ra bouffe (Palais-Royal, le 31 oct 1866)

7 – Dans les mailles de la satire
« En trĂšs bon ordre nous partĂźmes  », La Grande Duchesse de Gerolstein (avril 1867); Main mise sur Paris ; Robinson CrusoĂ© (nov 1867); Le chĂąteau Ă  toto, suite de La Vie parisienne (Palais-Royal, mai 1868) ; Quand le ciel s’assombrit
 Les Brigands (oct 1868). Retour aux Bouffes : Île de Tulipan ; Un perroquet nommĂ© Vert-Vert (mars 1869) ; dĂ©cembre 1869 trĂšs rempli ; La princesse de TrĂ©bizonde (7 dĂ©c 1869)

8 – Une gaietĂ© perdue ?
De l’eau dans le gaz
 ; Boule de neige (dĂ©c 1871) ; Un monde fantastique : Le Roi Carotte, opĂ©ra bouffe fĂ©erie avec Sardou (janvier 1872) ; Le corsaire noir (Vienne, 21 sept 1872) ; Les Braconniers (janv 1873) ; De nouveau directeur
 La permission de dix heures ; Pomme d’api ; Reprises en toujours plus grand
 Retour aux Bouffes : Bagatelle, Madame l’Archiduc (oct 1874) ; Une deuxiĂšme saison difficile, Composer encore
 La boulangĂšre a des Ă©cus (oct 1875) ; Le voyage dans la lune (La GaĂźtĂ©) ; La CrĂ©ole (Bouffes Parisiens, nov 1875) ; Exportation anglophone : Whittington (dĂ©c 1874)

9 – Un dernier conte
Contretemps et dĂ©sillusions
 MaĂźtre PĂ©ronilla (mars 1878) ; Anna Judic aux VariĂ©tĂ©s
 Le docteur Ox (VariĂ©tĂ©s, janv 1877) ; DU cĂŽtĂ© des Bouffes ; Aux Folies-Dramatiques : La Foire saint-Laurent (10 fĂ©v 1877), Madame Favart (28 dĂ©c 1878) ; La Fille du tambour major (13 dĂ©c 1878). Du cĂŽtĂ© de Vienne
 Le Requiem d’Offenbach : Les contes d’Hoffmann (Ă©coute des 9 grands extraits finalisĂ©s le 18 mai 1879 ; crĂ©ation posthume Salle Favart, le 7 fĂ©v 1881.

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Jean-Philippe BIOJOUT : Jacques OFFENBACH - Bleu Nuit Ă©ditions / collection horizons – en complĂ©ment au texte biographique : tableau synoptique (les oeuvres et la vie d’Offenbach contextualisĂ©s), bibliographie sĂ©lective, discographie sĂ©lective – 176 pages – parution : janvier 2019 – ISBN 978 2 35884 075 0.

 

 

 

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Cd, critique. SILENT NIGHT (Hirondo Maris / Arianna Savall, 2018, 1 cd DHM)

cd critique cd review sur classiquenews arianna_savall_petter_udland_johansen__hirundo_maris-silent_night_-_early_christmas_music_and_carols_aCd, critique. SILENT NIGHT (Hirondo Maris / Arianna Savall, 2018, 1 cd DHM) – FondĂ© en 2009, il y a donc 10 ans, l’ensemble Hirundo Maris / hirondelle de mer, portĂ© par la harpiste et soprano Arianna Savall Ă©dite ici l’un de ses meilleurs programmes, oĂč le thĂšme du recueillement pour NoĂ«l, se fait source d’un enchantement poĂ©tique d’une indiscutable sĂ©duction. La cantatrice catalane poursuit avec beaucoup de finesse l’hĂ©ritage paternel (Jordi, qui en outre a orchestrĂ© certaines piĂšces du programme), d’autant qu’elle bĂ©nĂ©ficie de la complicitĂ© du tĂ©nor et altiste norvĂ©gien Petter Udland Johansen. Musique du nord et de MĂ©diterranĂ©en, du Moyen-Age au Baroque, le rĂ©pertoire ressuscite avec une Ă©lĂ©gance de ton qui convainc, immersion enchantĂ©e (extase collective et latine et mĂ©ridionale de l’entĂȘtant « Ay que me abraso, ay ! » de ZĂ©spedes, XVIIĂš) et dĂ©licatement ciselĂ©e de l’Avent Ă  NoĂ«l, rĂ©vĂ©lant souvent dans la magie des timbres associĂ©s (dont les harpes d’Arianna, triple baroque, Renaissance
) une richesse musicale et textuelle inouĂŻe. Carols, musique traditionnelle recrĂ©ent un monde de ferveur, oĂč l’exaltation des sens converge vers la mĂ©ditation bienheureuse. L’onirisme de NoĂ«l regroupe ainsi dans cette sĂ©lection choisie, les inusables mĂ©lodies de la pĂ©riode qui cĂ©lĂšbre la naissance de l’Enfant : O silent night (Allemagne, jouĂ© en fin de cycle et d’une excellente facture Ă  deux voix, instrumentarium Ă©tincelant Ă  l’envi), Mitt hjrete alltid vanker (NorvĂšge), Nuit brillante (Provence française), El cant dels ocells (Catalogne espagnole)


Pour servir la grĂące poĂ©tique des Ă©vocations produites par la collection de chansons, les instrumentistes savent varier en consĂ©quence l’instrumentarium : cornemuse (dĂšs le premier air : « El noi de la mare “), dialoguant avec les deux voix solistes : harpes dĂ©jĂ  citĂ©es et prĂ©sentes en permanence, cornet (en ses accents jazzy), mandoline, guitare
 et les percussions de l’excellent Pedro Estevan (transfuge du pĂšre et de son ensemble HespĂ©rion XXI). ArrangĂ© par Jordi Savall, le catalan « El cant dels ocells » redouble de trouble Ă©merveillĂ©, Ă©noncĂ© par la harpe magicienne : certainement le meilleur titre du programme avec le ZĂ©spedes que nous avons prĂ©cĂ©demment distinguĂ©, sans omettre La Salve, priĂšre Ă  Marie misĂ©ricordieuse dont Arianna Savall fait un solo lĂ  encore, trĂšs inspirĂ©, suspendu, en extase. EnvoĂ»tante rĂ©alisation oĂč la voix cristalline et fragile d’Arianna Savall, en sirĂšne enivrĂ©e et sensuelle, sa harpe Ă©loquente et articulĂ©e, ressuscitent le charme Ă©ternel des cantatrices voyageuses, figures majeures de l’histoire musicale mĂ©diĂ©vale et baroque. Enivrant.

 

 

 

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CD, critique. SILENT NIGHT. ARIANNA SAVALL & PETTER UDLAND JOHANSEN / HIRUNDO MARIS – «  Silent night, EARLY CHRISTMAS MUSIC AND CAROLS ». 1 cd DHM, Sony / Juin 2018.

 

 

 

 

 

 

DVD, critique. PUCCINI : Madama Butterfly. Jaho, DeShong, Puente, 
 Pappano / Caurier Leiser / ROH, 1 DVD Opus Arte, 2017)

caurier-et-leiser-duo-de-metteurs-en-scene-a-lopera-par-classiquenews-pour-angers-nantes-opera-saison-2017-2018-couronnement-de-poppee-octobre-2017-Patrice-Caurier-et-Moshe-LeiserDVD, critique. PUCCINI : Madama Butterfly. Jaho, DeShong, Puente, 
 Pappano / Caurier Leiser / ROH, 1 DVD Opus Arte, 2017). A Covent Garden, la Butterfly du duo de metteurs en scÚne, Patrice Caurier et Moshe Leiser, passionnément suivis à Angers Nantes opéra sous la direction de Jean-Paul Davois, offre une apparente simplicité qui du reste, sainte vertu de nos jours, demeure lisible, laissant la part belle à la sublime musique puccinienne.

 
   
 
 
 

ROH Covent Garden, 2017

Un Puccini rageur et dépressif
grĂące Ă  l’équation JAHO / PAPPANO

 
 
 

PUCCINI butterfly pappano jaho puente leiser caurier critique opera dvd classiquenews opus arteLes metteurs ajoutent en filigrane une rĂ©flexion sur la fragilitĂ© du rĂȘve de Cio Cio San qui croit au simulacre de ce mariage arangĂ© auquel sa jeunesse naĂŻve s’accroche comme Ă  une vocation. Les noces de Butterfly sont en pacotilles pour tous, sauf dans le cƓur de ce papillon trop dĂ©licat. RĂȘve Ă©perdu de la geisha (de 17 ans), exercice exotique de l’officier amĂ©ricain
 l’écart est bien soulignĂ© et la carte postale japonisante de Puccini a parfaitement creusĂ© son lit cynique et ironique jusqu’à la tragĂ©die du suicide qui clĂŽt ce drame domestique.
Les metteurs en scùne n’en rajoutent pas : ils restent à hauteur d’yeux de Cio-Cio-San, humble servante d’une parodie nuptiale à moindres frais.
Car l’intensitĂ© et la vĂ©ritĂ© se concentrent assurĂ©ment dans le jeu tout en nuances et incarnation profonde de la soprano albanaise Ermonela Jaho ; la cantatrice est actuellement une somptueuse et dĂ©chirante Traviata, et sa Butterfly britannique de 2017, frappe elle aussi par ce jeu intime, cette caractĂ©risation qui surgit de l’intĂ©rieur, exprimant tous les replis d’une psychĂ© en traumatisme, dĂ©chirĂ©e par la douleur et l’abandon. L’expressivitĂ© et le relief d’un chant pas toujours trĂšs juste saisissent cependant par leur justesse et l’intelligence de l’intonation.
Et son falot de faux mari Pinkerton ? Marcelo Puente es techniquement trop juste (aigus serrĂ©s et vibrato systĂ©matisĂ©) : le tĂ©nor sait cependant exprimer un lĂ©ger trouble car il se prend au jeu de cette mascarade des plus cyniques. Le jeu de dupe n’en est que plus amer quand la pauvre fille comprend qu’elle a Ă©tĂ© trompĂ©e, abandonnĂ©e.
CLIC D'OR macaron 200
deshong elizabeth suzuki butterfly puccini review critique classiquenews DVD OPUS ARTE covent gardenRien à dire à la Suzuki moelleuse et maternelle, d’Elizabeth
DeShong
: la mezzo partage avec Jaho, une intelligence dramatique qui Ă©blouit de bout en bout, elle Ă©claire leur duo, immense dignitĂ© et sincĂ©ritĂ© dans la solitude, le dĂ©nuement, et la misĂšre. Saluons enfin Carlo Bosi, Goro impeccable et lui aussi trĂšs juste. Enfin dans la fosse, Antonio Pappano, maĂźtre des troupes du Covent Garden, sait foudroyer, nuancer quand il faut, par saccades millimĂ©trĂ©s : on sait que le chef affectionne la direction Ă©ruptive et expressionniste ; ses Puccini sont de ce point de vue toujours trĂšs efficaces. Il fait parler et crier l’orchestre avec une rare intensitĂ©. Voici donc une production loin d’ennuyer. Bien au contraire. A voir indiscutablement.

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DVD, critique. PUCCINI : Madama Butterfly. Jaho, DeShong, Puente, 
 Pappano / Caurier Leiser / ROH Covent Garden, 1 DVD Opus Arte, 2017

 
 
   
 
 

PUCCINI : Madama Butterfly
TragĂ©die japonaise en trois actes, livret de Giuseppe et Giacosa et Luigi Illica – CrĂ©ation, Scala de MIlan, le 17 fĂ©vrier 1904
Mise en scĂšne: Moshe Leiser et Patrice Caurier

Cio-Cio-San : Ermonela Jaho
Pinkerton: Marcelo Puente
Sharpless: Scott Hendricks
Suzuki: Elizabeth DeShong
Goro: Carlo Bosi
Le Bonze : Jeremy White
Yamadori: Yuriy Yurchuk
Kate Pinkerton : Emily Edmonds
Le commissaire impérial : Gyula Nagy

Royal Opera Chorus
Orchestra of the Royal Opera House
Antonio Pappano, direction

Enregistrement réalisé au ROH, Covent Garden le 30 mars 2017

1 DVD Opus Arte OA 1268 D – 2h8mn + bonus : 11 mn

 
 
 

 

MAM’ZELLE NITOUCHE : l’opĂ©rette selon HervĂ© (1883)

herve par lui meme actes sud livres critique classiquenews operette offenbach herve ISBN 978 2 330 05650 6TOURS, OpĂ©ra. 27 – 31 dĂ©cembre 2018. Mam’zelle Nitouche. Le vaudeville d’HervĂ© marque l’essor voire l’ñge d’or de l’opĂ©rette française florissante sur les grands boulevards parisiens dans les annĂ©es 1880, annĂ©es marquĂ©es aussi par la wagnĂ©risme en Europe. Offenbach a triomphĂ© dans les annĂ©es 1860. De sa vĂ©ritable identitĂ©, Florimond Ronger, HervĂ© (1825 – 1892) cumule tous les talents (organiste, chanteurs, acteurs, directeur de troupes, metteur en scĂšne, compositeur, Ă©crivain
) : ce rival d’Offenbach prend une place croissante aujourd’hui ; il livre les titres les plus dĂ©jantĂ©s dans la veine comique burlesque.
Autodidacte, l’orphelin apprend la composition aux cĂŽtĂ© d’Auber Ă  Paris; sa premiĂšre opĂ©rette, Don Quichotte est une pochade parodique et comique, assez dĂ©jantĂ©e, crĂ©Ă© en 
 1847. Il n’a que 22 ans. Puis, dans les annĂ©es 1850, il prĂ©sente ses propres opĂ©rettes et celles d’Offenbach. Aux « DĂ©lassements-Comiques », nouvelle salle dont il est directeur musical, HervĂ© propose Le Hussard persĂ©cutĂ© qui frappe les esprits
 il devient alors un auteur rĂ©putĂ©. Suivent Les Chevaliers de la table ronde (Bouffes-Parisiens), puis Le petit Faust (1869, aux Folies-Dramatiques), applaudis surtout en Angleterre. Vite dĂ©modĂ© Ă  Paris, HervĂ© joue et chante dans OrphĂ©e aux enfers d’Offenbach en 1878 : il est Jupiter.
Mais il n’a pas dit son dernier mot. Aux VariĂ©tĂ©s, HervĂ© refait carriĂšre grĂące Ă  ses vaudevilles-opĂ©rettes Ă©crites pour sa muse Anna JUDIC : ainsi Lili (1882) et Mam’zelle Nitouche de 1883. Le sujet s’inspire de ses dĂ©buts Ă  Paris quand il Ă©tait organiste (Ă  Saint-Eustache) et compositeur la nuit
. CrĂ©Ă©e aux VariĂ©tĂ©s le 26 janvier 1883, sur un livret de Meilhac et Millaud, elle remporte un grand succĂšs (212 reprĂ©sentations).

 

 

mam-zelle-nitouche-denise-herve-operette-critique-annonce-opera-par-classiquenewsSYNOPSIS
 CĂ©lestin, organiste au couvent des Hirondelles le jour, est Floridor, auteur d’opĂ©rettes le soir. Denise de Flavigny, fiertĂ© du couvent, travaille sous sa direction ses cantiques. Mais Denise aime plutĂŽt chanter les airs de Floridor
 trouvĂ©es dans les affaires de CĂ©lestin. A Paris, la nonne devenue Mam’zelle Nitouche assure la relĂšve dans la derniĂšre piĂšce de CĂ©lestin, puis les deux se dĂ©guisent en recrues de l’armĂ©e, avant que le fiancĂ© de Denise ne tombe amoureux (aussi) de Nitouche
 le vaudeville est riche en pĂ©ripĂ©ties, dĂ©lirant Ă  souhaits, rien que divertissant grĂące Ă  la facilitĂ© qu’a HervĂ© Ă  mĂȘler tous les genres : sacrĂ©, grivois, militaire
 HervĂ© est bien, avec Offenbach, l‘inventeur de l’opĂ©rette française. VoilĂ  une partition qui « dĂ©voile les plus grands mystĂšres,   » car « nous vous parlerons d’amour, de femmes Ă  barbes, et de vocations ; cette vocation qui fait brĂ»ler les planches, valser les couvents et vibrer les garnisons
 venez dĂ©guster nos religieuses !  ». Le ton est dit. Place au dĂ©lire thĂ©Ăątral et musical.

 

 

 

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HervĂ© : Mam’zelle Nitoucheboutonreservation
Opéra de Tours

Jeudi 27 dĂ©cembre – 20h
Vendredi 28 dĂ©cembre – 20h
Dimanche 30 dĂ©cembre – 15h
Lundi 31 dĂ©cembre 2018 – 19h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/mam-zelle-nitouche

 

 

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mam-zelle-nitouche-denise-herve-operette-critique-annonce-opera-par-classiquenewsMam’zelle Nitouche de HervĂ© – Vaudeville – OpĂ©rette en 3 actes et 4 tableaux
Créé le 26 janvier 1883 au Théùtre des Variétés
Livret d’Henri Meilhac et Arthur Millaud

Denise de Flavigny / Mam’zelle Nitouche : Lara Neumann
CĂ©lestin / Floridor : Damien Bigourdan / Matthieu LĂ©croart
La Supérieure / Corinne : Miss Knife (Olivier Py)
Loriot : Olivier Py
Le Vicomte Ferdinand de Champlùtreux : Flannan Obé
Le Major, comte de ChĂąteau-Gibus : Eddie Chignara
La TouriĂšre / Sylvia : Sandrine Sutter
Le Directeur de théùtre : Antoine Philippot
Lydie : Clémentine Bourgoin
Gimblette : Ivanka Moizan
Gustave, officier : Pierre Lebon
Robert, officier : David Ghilardi
Le Régisseur de scÚne : Piero (alias Pierre-André Weitz)

Choeur de l’OpĂ©ra de Tours
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours

Direction musicale : Christophe Grapperon
Mise en scÚne, décors et costumes : Pierre-André Weitz

 

 

 

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PARIS. CONCERT 1001 NOTES Ă  l’AthĂ©nĂ©e

1001-NOTES-festival-concerts-annonce-critique-sur-classiquenewsPARIS, l’AthĂ©nĂ©e. CONCERT 1001 NOTES, le 17 dĂ©c 2018, 20h. Les artistes phares du label et du festival 1001 NOTES font l’évĂ©nement de ce lundi 17 dĂ©cembre Ă  Paris : au programme, entre autres l’excellent Concert de l’HOSTEL DIEU, fondĂ© / dirigĂ© par Franck-Emmanuel Comte, dont le geste rĂ©gĂ©nĂ©rateur sur les partitions s’accomplit en questionnement sur les formes musicales Ă  prĂ©senter en concert, sur de nouvelles sources musicologiques aussi. Ainsi en tĂ©moigne, le programme de leur dernier disque, Ă©blouissant, « STABAT MATER » qui offre une nouvelle lecture du Stabat Mater de Pergolesi, contextualisĂ© d’aprĂšs la pratiques des sociĂ©tĂ©s de musique lyonnaise au XVIIIĂš (quand le Stabat Mater de Pergolesi Ă©tait dĂ©jĂ  apprĂ©ciĂ© et repris, donc adaptĂ© au goĂ»t et aux effectifs locaux) ; c’est surtout, une dĂ©marche innovante qui aime les rencontre et les mĂ©tissages : en croisant les disciplines, Franck-Emmanuel Comte poursuit un travail particulier avec le chorĂ©graphe hip-hop Mourad Merzouki qui a Ă©crit la danse du programme « FOLIA », prĂ©sentĂ© cet Ă©tĂ© Ă  Lyon : il en rĂ©sulte un parcours passionnant hautement rythmĂ©, mais aussi chantĂ© qui cĂ©lĂšbre la transe dĂ©lirante et poĂ©tique des tarentelles napolitaines (dont la sublime et provocante « Carpinese »), mariĂ©es au plus imaginatif des Baroques vĂ©nitiens, Vivaldi. A l’AthĂ©nĂ©e, Le Concert de l’HOSTEL-DIEU prĂ©sente quelques extraits du cd FOLIA, rĂ©cemment Ă©ditĂ© chez le label 1001 NOTES


 

 

CONCERT DE L'HOSTEL DIEU : saison 2018 - 2019

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Programme 1001 Notes Ă  l’AthĂ©nĂ©e
Concert de l’HOSTEL-DIEU : FOLIA (extraits)

Lundi 17 dĂ©cembre 2018 ‱ 20hboutonreservation
AthĂ©nĂ©e, ThĂ©Ăątre Louis-Jouvet ‱ Paris

 

 

 

Concert présenté par Raphaël Mezrahi

Artemandoline ‱ ensemble (musique baroque)
Le Concert de l’Hostel Dieu ‱ Franck-Emmanuel Comte
(clavecin et direction)
Artuan de LierrĂ©e ‱ ensemble rock-classique (avec projections)
Gaspard Dehaene ‱ piano (Schubert-Liszt)

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://1001notesenlimousin.festik.net/saison-2018-2019
Tarifs : de 19€ à 23€

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PrĂ©sentation par l’AthĂ©nĂ©e : « Le concert sera prĂ©sentĂ© par l’acteur et comĂ©dien RaphaĂ«l Mezrahi, l’intrĂ©pide intervieweur de Canal + et organisateur des Nuits de la dĂ©prime aux Folies BergĂšres.
Un concert sous le signe de la création et de la découverte en quatre temps forts.
La soirĂ©e dĂ©butera avec l’ensemble baroque Artemandoline qui nous fera voyager en Espagne au XVIIe siĂšcle. Puis Le Concert de l’Hostel Dieu nous prĂ©sentera des extraits du CD Folia, musique-ballet hip hop du chorĂ©graphe Mourad Merzouki. Ensuite, Gaspard Dehaene prĂ©sentera son programme hommage Ă  son grand pĂšre Henri Queffelec. Enfin, le groupe Artuan de LierrĂ©e jouera des piĂšces de son projet Les Arcanes, vingt-et-une piĂšces inspirĂ©es du cĂ©lĂšbre tarot divinatoire de Marseille, pour un cinĂ©-concert mystique entre musique ancienne, post-rock et minimalisme.”

 

 

Extraits vidéo du programme LA FOLIA

 

 

  

 
 

 

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Déroulement de la soirée :

 

 

 

Artemandoline
Lucas Ruiz de Ribayaz (17Ăšme, Espagne) : Suite de danses – Españoletas- GalerĂ­a de amor y buelta- Achas y buelta del hacha- XĂĄcaras por primer tono
Anonyme (18Ăšme, Naples) : Follias

 

 

 

Gaspard Dehaene, piano
Franz Schubert / Franz Liszt : deux lieder
Franz Liszt : Rapsodie Espagnole

 

 

 

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(entracte)

 

 

 

Artuan de Lierrée
Les Arcanes
La grande prĂȘtresse
L’amoureux
Le chariot
Le pendu
Le diable
L’étoile / La lune
Aquarium

 

 

 

Le Concert de l’Hostel-Dieu / Franck-Emmanuel COMTE
Antonio Vivaldi : Aria « Si fulgida »
(extrait de Judith Triomphante RV 644)
Antonio Vivaldi : La Folia, sonate en ré mineur RV63
Anonyme : La Carpinese (tarentelle)
Anonyme : Cachua Serranita, (Codice Trujillo del PerĂč, 1713)

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Cd Ă©vĂ©nement, critique. MAHLER : Symphonie n°6, MusicAeterna / Teodor Currentzis — Moscou, juillet 2016 (1 cd SONY classical). CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2018

teodor_currentzis_52Cd Ă©vĂ©nement, critique. MAHLER : Symphonie n°6, MusicAeterna / Teodor Currentzis — Moscou, juillet 2016 (1 cd SONY classical). CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2018. Avec ce second opus symphonique, Teodor Currentzis dĂ©montre sa mestriĂ  orchestrale : une vision, un geste qui deviennent expĂ©rience mĂ©taphysique. C’est peu dire que le sens de la caractĂ©risation s’accomplit ici avec une finesse et un mordant exceptionnellement justes. Ce qu’apporte immĂ©diatement Teodor Currentzis, emblĂ©matique en cela des chefs qui savent autant diriger le baroque que le romantisme, l’opĂ©ra que la matiĂšre symphonique, c’est une versatilitĂ© permanente qui s’accompagne de nuances spĂ©cifique pour chaque sĂ©quence. Telle attention Ă  l’intonation, les connotations, les caractĂšres, les couleurs Ă©blouissent vĂ©ritablement dans le magma martial du Premier mouvement Allegro energico, plus encore dans le second « Scherzo », souvent redondant aprĂšs le premier parce que les orchestres et les chefs si nombreux en l’occurrence ont dĂ©jĂ  tout dit ; chez Currentzis, chaque mesure a sa propre Ă©nergie, revendique un caractĂšre particulier, le tout avec une unitĂ© et une cohĂ©rence organique qui assure le lien et la globalitĂ© dy cycle dans son entier. Les cordes danses et rugissent, les cuivres et les percussions sont Ă©lastiques, wagnĂ©riennes, d’une clameur sourde et articulĂ©e, constamment passionnantes.

Au cƓur du typhon mahlĂ©rien
Teodor Currentzis, magicien poĂšte

‹currentzis teodor chef maestro review presentation classiquenews sacre du printemps de stravinsky trilogie mozart da ponte critique compte rendu cdQuant Ă  l’harmonie, Currentzis dĂ©ploie des sommets de couleurs onctueuses, amoureuses, enivrĂ©es (les clarinettes, les hautbois, les bassons et les flĂ»tes acquiĂšrent ainsi un relief et une sonoritĂ© trĂšs dĂ©taillĂ©s, jamais Ă©coutĂ©s avec une telle justesse lĂ  encore). VoilĂ  qui creuse dans l’orchestre des champs et contrechamps, des seconds plans propres ; la texture s’enrichit dans l’expressivitĂ©, certes pas dans l’épaisseur ou la puissance. ‹Ce que nous apporte Currentzis, c’est l’alliage superlatif, du mordant de chaque timbre, caractĂ©risĂ©, millimĂ©trĂ©, et l’énergie, la puissance : ce Scherzo est jubilatoire car pas une mesure n’ennuie, mais elle clame son cri, son existence propre. Quel rĂ©sultat. Ce moelleux des arriĂšres plans prend forme avec une nostalgie d’une ineffable profondeur dans l’ANDANTE moderato dont la courbe tendre (le cor est pur enchantement, cristallisation d’un instant magique, traversĂ© par la grĂące). Currentzis se montre lĂ  encore : voluptueux et clair, dĂ©taillĂ© et architecte, jouant de la lĂ©gĂšretĂ© millimĂ©trĂ©e de chaque pupitre ainsi mis en dialogue. Quand avons-nous Ă©coutĂ© pareil rĂȘve et tendresse, ainsi sculptĂ©s dans la pĂąte orchestrale? Le chef cherche l’au-delĂ  des notes, va au delĂ  de chaque mesure, repoussant toujours et encore la ligne de respiration ; l’intensification du mouvement atteint un sommet d’éloquence intĂ©rieure, de plĂ©nitude sonore. VoilĂ  du bien bel ouvrage.

De la mĂȘme façon, le dernier mouvement Sostenuto, Allegro moderato, puis Allegro energico, redouble de vitalitĂ© caractĂ©tisĂ©e oĂč le chef semble faire ressurgir ce qui a Ă©tĂ© dĂ©jĂ  Ă©noncĂ©, en un bel effet de miroir et de boucle symĂ©trique aussi, mais avec une attention dĂ©cuplĂ©e Ă  chaque mesure. La caractĂ©risation saisit par sa justesse lĂ  encore, entre volontĂ©, rĂ©sistance et dĂ©sespoir. Le conflit qui s’enfle et atteint les cimes de l’exultation, pose trĂšs clairement les forces en prĂ©sence, avec une noblesse d’intonation, superlative. Le chef trĂšs inspirĂ© sait aussi rĂ©capituler tout ce qui fait cette confession viscĂ©rale, amoureuse et radicale de la Symphonie prĂ©cĂ©dente, n°5 (priĂšre voire imploration pour Alma son Ă©pouse).
EnivrĂ©e, et attendrie, cette derniĂšre sĂ©quence conclusive bascule dans la morsure et la dĂ©sespĂ©rance, la convulsion martiale, sarcastique et tendue. Dans le bain conflictuel, l’orchestre est idĂ©alement (et magistralement) ballotĂ©, entre frĂ©nĂ©sie et accalmie. EchevelĂ©es, nerveuses, les cordes indiquent ce tumulte, ce dĂ©sordre intĂ©rieur, cette profonde dĂ©pression primitive qui scelle le destin de Mahler. En analyste complice, porteur d’un humanisme fraternel, le chef en exprime la forme orchestrale avec une poĂ©sie de magicien : lĂ  encore, n’écoutez que la derniĂšre sĂ©quence (avec le solo de violon Ă  22’ de l’Allegro energico), ce que le chef rĂ©alise en couleurs, timbres, nuances, vision d’architecte est Ă  couper le souffle. Il fait du final, non pas un siphon vers l’abime mais une aspiration hallucinĂ©e vers une nouvelle mĂ©tamorphose. Non pas arrĂȘt mais passage et Ă©lectrisation. Eblouissant.

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CLIC D'OR macaron 200Cd Ă©vĂ©nement, critique. MAHLER : Symphonie n°6, MusicAeterna / Teodor Currentzis — Moscou, juillet 2016 (1 cd SONY classical). CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2018 – Parution : 26 octobre 2018.

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VISITER AUSSI LE SITE MAHLER / Teodor Currentzis

L’Enfance du Christ de Berlioz

BERLIOZ 150 ans 2018 berlioz-hector-bruno-messina-150-ans-celebration-berlioz-2018-par-classiquenewsFrance Musique, vend 14 dĂ©c 2018, 20h. BERLIOZ : L’Enfance du Christ. Les Ă©critures sont muettes sur l’enfance de JĂ©sus, pourtant sa naissance eut le retentissement que l’on sait : une lĂ©gende sacrĂ©e devenue vĂ©ritable mythe fondateur du catholicisme, d’autant mieux porteur au moment de NoĂ«l. La partition finale comprend 3 volets : Le songe d’HĂ©rode (I) : rongĂ© par la terreur de s amort annoncĂ©e, HĂ©rode dĂ©crĂšte la mort de tous les nouveaux nĂ©s Ă  JĂ©rusalem, BethlĂ©em Nazareth
 : « Des riviĂšres de sang vont ĂȘtre rĂ©pandues. Je serai sourd Ă  ces douleurs. La beautĂ©, la grĂące, ni l’ñge / Ne feront faiblir mon courage / Il faut un terme Ă  mes terreurs.
La Fuite en Egypte (II) : trĂšs courte et finalement peu dĂ©veloppĂ©e : Marie et Joseph partent hors de Nazareth
 ; L’ArrivĂ©e Ă  SaĂŻs (III) : presque assoiffĂ©s et affamĂ©s, Marie et Joseph qui ont perdu leur Ăąne, arrivent dans la ville de SaĂŻs. Mais ni les romains, ni les Ă©gyptiens ne souhaitent accueillir ces hĂ©breux lĂ©preux et maudits
 A l’issue de leur errance, la mĂšre et le pĂšre sont accueillis par les IsmaĂ©lites. Ismael et ses fils prennent soin de du couple et de Jesus. RĂ©vĂ©lation des vertus des Ismaelites, le Trio pour deux flĂ»tes et harpe, exĂ©cutĂ© par les plus jeunes.

 
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Lire la présentation du programme sur le site de France Musique :
https://www.francemusique.fr/emissions/le-concert-du-soir/hector-berlioz-l-enfance-du-christ-par-l-orchestre-national-de-france-67172

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Hector Berlioz (1803-1869)
L’Enfance du Christ (1854)

StĂ©phanie d’ Oustrac, mezzo-soprano (Marie)
Bernard Richter, ténor (Un centurion, le narrateur)
Edwin Crossley, Mercer baryton (Joseph, Polydorus)
Nicolas Testé, baryton-basse (Hérode, le pÚre de famille)

ChƓur de Radio France prĂ©parĂ© par Maria Förström
Orchestre National de France dirigé par Emmanuel Krivine

  
 
  
 
 
 
 

 

LIRE aussi notre dossier BERLIOZ 2019 :

http://www.classiquenews.com/berlioz-2019-dossier-pour-les-150-ans-de-la-mort/

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CD, VASTA : Reine de Bordélie (1 cd Maguelone, Almazis, Yakovos Pappas, 2018)

VASTA-almazis-cd-livre-critique-annonce-classiquenews-cd-par-classiquenewsCD, VASTA : Reine de BordĂ©lie (1 cd Maguelone, Almazis, Yakovos Pappas, 2018). Plus affĂ»tĂ© et engagĂ© que jamais, le chef et claveciniste Iakovos Pappas poursuit l’idĂ©e d’un Baroque sĂ©ditieux, libertaire, plus expĂ©rimental que convenu voire complaisant. VoilĂ  un Baroque qui dĂ©range et qui nous plapit
. dont les dĂ©lices ont ravi les spectateurs lors d’un concert bienvenu, prĂ©lude Ă  ce disque, prĂ©sentĂ© Ă  la BNF. Les manuscrits concernĂ©s y sont tous conservĂ©s – dormants, oubliĂ©s,
 jusqu’à aujourd’hui. Les cordes Ăąpres, mordantes, expressives, le clavier et les voix trĂšs en verve savent ici ressusciter l’irrĂ©vĂ©rence inventive des libres penseurs et des Ă©rotomanes du XVIIIĂš. Le texte de Piron (Vasta, Reine de BordĂ©lie) choisi dans ce programme rĂ©jouissant, souligne combien dĂšs son dĂ©but, le XVIIIĂš français manie la langue avec dĂ©lire, poĂ©sie et invention ; l’épigrammiste Ă©voque cet essor remarquable du Baroque insoumis, revenu Ă  son irrespect critique ; interprĂštes, textes et musique accrĂ©ditent l’émergence d’une pensĂ©e souveraine, fĂ©conde pour les arts, stimulante pour l’esprit. A travers un texte provocateur en façade, c’est la libertĂ© recrĂ©atrice de l’art qui est cĂ©lĂ©brĂ© et grĂące Ă  Almazis, l’inspirante libertĂ© (pour les interprĂštes) de la satire critique.

EROTIQUE INSOLENCE, BAROQUE PARODIQUE

En liaison avec l’insolence inspirĂ©e de l’épigrammiste français Alexis Piron (1689-1773) qui fournit le texte de cette tragĂ©die imaginaire, Iakovos Pappas a scrupuleusement sĂ©lectionnĂ© les musiques les plus adaptĂ©es. L’AcadĂ©micien dĂ©chu, qui perdit son fauteuil et ses palmes d’Immortel, en raison justement de ses saillies et pointes gĂ©niales (Ode Ă  Priape, texte de jeunesse) laisse surtout un texte d’une rare Ă©loquence comique, prĂ©texte de ce programme : « Vasta, reine de BordĂ©lie ».  Piron concentre l’inspiration emblĂ©matique du XVIIIĂš français : la comĂ©die, en ce qu’elle cultive et rĂ©vĂšle les vertus de la verve satirique,  de l’insolence poĂ©tique. Erotique et mĂȘme poĂ©tiquement obscĂšne, le texte cible en rĂ©alitĂ© la censure et la politique, la chape asphyxiante qui corsĂšte toute la sociĂ©tĂ© de l’Ancien RĂ©gime.

A travers l’intrigue, une mĂšre (Vasta) et sa fille (Conille) s’affrontent Ă  travers leurs amants. La « goulue », Vasta dĂ©montre sans morale, sa souveraine prĂ©Ă©minence, – un tempĂ©rament virile en vĂ©ritĂ© (formidable, sincĂšre, hallucinĂ©e Elizabeth Fernandez), sacrifiant sa fille (trop molle : larmoyante et habitĂ©e elle aussi Delphine Guevar) ; la reine dĂ©cide : elle cĂ©lĂšbre l’endurance admirable du prince « Fout Six coups » (et son accent provincial bien trempĂ© : truculent Christophe Crapez). Tous les chanteurs rehaussent par leur esprit de caractĂ©risation, et un vrai plaisir de la langue (et ses mĂ©andres sĂ©mantiques souvent hilarants), l’irrĂ©vĂ©rence du livret ; tous sont habiles Ă  transfĂ©rer d’authentiques situations tragiques et nobles, dans un texte d’une libertĂ© amorale, provocante, 
 voire dangereuse.  L’amateur des tragĂ©dies en musique retrouve le caractĂšre des vraies scĂšnes Ă©plorĂ©es, Ă  la fois langoureuses et suspendues, de vraies tensions affrontĂ©es,
 mais dans une langue crue, totalement et outrageusement dĂ©calĂ©e.
Ce principe parodique prend une dimension emblĂ©matique dans le rĂ©cit du viol de Vit-Mollet par Fout Six coups, rapportĂ© par Couille au cul (excellent Guillaume Durand, fin du II) : au rĂ©cit savoureux rĂ©pond l’engagement des instrumentistes trĂšs proches du texte.

La force du programme vient aussi de la variĂ©tĂ© des auteurs, et des contrastes que leur style font naĂźtre : abandon lacrymal – « la princesse n’est plus » / en dĂ©chargeant (Benda, plage 25) : noblesse et majestĂ© de la Reine (Marche de Campra, 26) qui salue l’arrivĂ©e de son  hĂ©ros final (Fout-six-coups, exposant les parties de son rival vaincu, Vit-Mollet)
 tout s’enchaĂźne avec un sens dĂ©lectable des saillies percutantes.

AprĂšs les actes de la « tragĂ©die », Iakovos Pappas agence enfin un grand « divertissement » (selon les codes du genre), et agence plusieurs fragments musicaux d’une Ă©vidente tension dramatique  : on y relĂšve plusieurs extraits de « ZaĂŻde » de Pancrace Royer (encore une perle oubliĂ©e, opportunĂ©ment rĂ©vĂ©lĂ©e ici : « Chasse » en prĂ©lude ; enfin « Air des turcs » et « tambourins » pour conclusion.
Le verbe n’est pas omis, grĂące Ă  la restitution de 4 sĂ©quences chantĂ©es, dĂ©clamĂ©es : Nous perdons Philis (duo de dĂ©ploration Ă  deux voix mĂąles); Monologue « Cucumane » (Caquire de De Vessaire, 1780), en voix de tĂȘte par le tĂ©nor Christophe Crapez, dont la verve insolente exprime dĂ©jĂ  le climat rĂ©volutionnaire des annĂ©es 1780

Tout l’esprit libertaire, dĂ©lirant est dĂ©jĂ  Ă©noncĂ© entre autres dans le Prologue avec « Vive les cons », extrait du DĂ©serteur de Monsigny, 1769 ; dans « On dit que le mĂ©decin » de JC Gillier, tout en gouaille et vulgaritĂ© ; il est mĂȘme exacerbĂ© et servi en un geste libĂ©rĂ©, dĂ©lurĂ©, essentiellement linguistique et thĂ©Ăątral : « C’est fait Minon, Minette  » dans l’inoubliable « L’autre jour » de Louis Lemaire dĂ©cĂ©dĂ© en 1750.
De mĂȘme, le scabreux voire scato (« le pot de chambre », puis « Les CheminĂ©es » ) nourrit la tension du divertissement final, conclusion magnifique de la tragĂ©die Ă©rotique proprement dite.
Toujours la verve des chanteurs et des instrumentistes redouble en cocasserie linguistique et triple lecture expressive
 c’est une parodie insolente et paillarde (relecture de « Plaisirs d’amour » de Martini placĂ© en fin de Prologue) ; c’est un procĂšs en rĂšgle des canons de la tragĂ©die officielle, de ses rĂšgles si strictes et asphyxiantes qui ont prĂ©valu de Lully Ă  Rameau, Ă©touffant certainement l’écriture des auteurs : il fallait bien toute la crĂ©ativitĂ© des forains satiriques (que reprennent Ă  leur compte avec combien de justesse, les interprĂštes d’Almazis) pour en mesurer Ă  la fois le ridicule et le potentiel humoristique ; tous ces dĂ©calages en dĂ©noncent allusivement l’artificialitĂ© et le manque de vĂ©ritĂ© d’un genre que Gluck rĂ©formera Ă  Paris au dĂ©but des annĂ©es 1770.
Or le geste d’Almazis retrouve cette franchise et cette sincĂ©ritĂ© qui manque tant (que JJ Rousseau apprĂ©ciait tant). Les textes osĂ©s, provocants rĂ©tablissent le sang, la pulsion certes primitive, un naturel « populaire » totalement absent du genre noble.
Au clavecin, et Ă  la direction, Iakovos Pappas sait exalter et Ă©lectriser sa troupe : chanteurs acteurs et comĂ©diens, capables de transformer leur voix, jouant des registres et des types de projection ; instrumentistes sans rĂ©serve, soulignant tout ce qu’ont d’irrĂ©vĂ©rence sĂ©ditieuse textes et musique : sous leurs doigts amusĂ©s mais conscients, se profilent dĂ©jĂ  les ferments de la rĂ©volte et de la sainte libertĂ©.

On goĂ»te la causticitĂ© mordante du texte, paillarde donc choquante au premier degrĂ© ; et pourtant furieusement critique Ă  l’endroit du politique, rĂ©duit Ă  des ĂȘtres de pulsions et de jouissance immĂ©diate ; sur le plan musical, Iakovos Pappas a ainsi rĂ©sumĂ© tous les effets de la palette lyrique expressive, propre au genre officiel au XVIIĂš et XVIIIĂš, la tragĂ©die en musique. D’ailleurs, c’est l’une des partitions les plus scandaleusement musicale, d’un dĂ©bridĂ© ici dĂ©sopilant (et qui prĂ©figure toutes les comĂ©dies musicales Ă  venir),  PlatĂ©e de Rameau (1745) qui ouvre l’action centrale. 
 
 

BONUS
 La cantate « burlesque » et d’une belle insolence, ActĂ©on de Pierre-CĂ©sar Abeille (dĂ©cĂ©dĂ© en 1733) atteste de l’essor de ce courant baroque paillard, qui sait avec quelle intelligence et raffinement se moquer des codes mythologiques et tragiques. Abeille appartient Ă  la colonie d’auteurs douĂ©s d’une extrĂȘme acuitĂ© expressive et poĂ©tique, dont Monteclair ou mĂȘme JB Rousseau (Odes tirĂ©es des Psaumes, 1716) sont d’autres penseurs douĂ©s.
La solide gouaille articulĂ©e du baryton Guillaume Durand (qui incarne Couille-au-cul dans la tragĂ©die qui prĂ©cĂšde) sert idĂ©alement le texte, avec une attention affĂ»tĂ©e Ă  l’intelligibilitĂ©, une exquise et savoureuse comprĂ©hension des enjeux des images poĂ©tiques, un rien lubrique, et bien habitĂ©e. Le vrai sujet ici, c’est ce qu’a vu le chasseur : la nuditĂ© de la dĂ©esse (prĂ©cisĂ©ment ses jolies fesses) : c’est la dĂ©esse calipige que cible Abeille dans sa fabuleuse cantate / et le regard impudique du chasseur, sa curiositĂ© irrespectueuse sont le vrai sujet de cette sĂ©quence qui ne manque pas de piquant, et lĂ  encore ni cocasserie trĂšs imaginative:  « Diane se lave le cul avec ses nymphes potagĂšres qui lui servent de chambriĂšres  » etc


CLIC D'OR macaron 200BAROQUE INSOLENT, BAROQUE INVENTIF…Nerveux et souple, le continuo d’Almazis expose chaque mot, le commente, l’enveloppe d’une ironie poĂ©tique dĂ©lectable.  En choisissant d’achever le cycle de Piron, par cette cantate, vĂ©ritable joyau en irrĂ©vĂ©rence poĂ©tique et irrespect des convenances mythologiques, Iakovos Pappas rĂ©tablit la place de la cantate comme Ă©crin expĂ©rimental, propice Ă  renouveler l’écriture lyrique et la construction dramatique, officielles. Abeille, Piron
 le chef d’Almazis a bien raison de souligner et la force du texte et la qualitĂ© de la musique. On l’on ce dit face Ă  tant de crĂ©ativitĂ© censurĂ©e, qu’il nous manque encore bien des informations pour connaĂźtre vraiment la diversitĂ© de notre patrimoine. VoilĂ  posĂ©es, les bases d’une nouvelle recherche Ă  la fois littĂ©raire, poĂ©tique, lyrique et musicale qu’il faudrait encore et encore approfondir. A suivre.

 
 
  
 
 

LIRE AUSSI notre présentation critique du CD VASTA

 
 
  
 
 

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VOIR un extrait vidĂ©o de VASTA, Reine de BordĂ©lie, 1773 – extraits du spectacle donnĂ© Ă  la BNF BibliothĂšque National de France, en avril 2018.
https://www.youtube.com/watch?v=iIzsuzZUDag
 
 
 
VOIR LE TEASER VASTA,  reine de BordĂ©lie, tragĂ©die Ă©rotico-lyrique d’Alexis Piron (1773)
Ensemble Almazis – Iakovos Pappas / Co rĂ©alisation BibliothĂšque Nationale de France
https://vimeo.com/301819639  

VASTA-reine-de-bordelie-iakovos-pappas-teaser-video-classiquenews-critique-cd

 

https://vimeo.com/301819639  

 
 
 

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yakovos pappasENTRETIEN avec Iakovos PAPPAS, Ă  propos de VASTA, Reine de BordĂ©lie, 1773
 Le 23 novembre 2018 paraĂźt le nouvel album d’Almazis : « Vasta, Reine de BordĂ©lie », tragĂ©die Ă©rotico-lyrique d’Alexis Piron. A partir de textes du XVIIIĂš, le chef et claveciniste, dĂ©fricheur impertinent, poursuit un travail souvent percutant / pertinent sur les sources baroques. En associant baroque et Ă©rotisme, Iakavos Pappas renoue avec l’instinct dĂ©fricheur des plus grands « baroqueux », 
 en dĂ©coule un drame d’un nouveau genre, oĂč lĂ  encore, textes et musique, drame et poĂ©tique sont indissolublement liĂ©s. LIRE notre entretien avec IAKOVOS PAPPAS


 
 
 

almazis-vasta-iakovos-pappas-vasta-concert-annonce-critique-classiquenews-582

 
 
 

Paris, Berlioz 2019 : Nouveaux Troyens Ă  Bastille

berlioz-hector-582-portrait-par-classiquenews-concerts-festivals-operasPARIS, Bastille. BERLIOZ : LES TROYENS. 28 janv – 12 fev 2019. Nouvelle production attendue Ă  l’OpĂ©ra Bastille, temps fort de l’annĂ©e BERLIOZ 2019 : 150Ăš anniversaire de sa mort (en 1869). L’ouvrage en 5 actes et 9 tableaux remonte Ă  1863. Il a Ă©tĂ© crĂ©Ă© en morceaux et de façon incomplĂšte du vivant de son auteur, qui le considĂ©rait comme son grand Ɠuvre, et aussi l’objet de son amertume car non rĂ©connu Ă  sa juste mesure, celui qu’admirait Liszt et Wagner, ne connut jamais la gloire espĂ©rĂ©e. D’aprĂšs Virgile, Berlioz rĂ©gĂ©nĂšre la noblesse de la tragĂ©die inspirĂ©e par la Mythologie. Ses modĂšles sont Ă©videmment Gluck, – Ă©lĂ©gance et raffinement de la dĂ©clamation, expressivitĂ© dramatique infĂ©odant toute l’architecture musicale, – surtout Berlioz s’inspire de Rameau et de ses tragĂ©dies en musique, parmi les plus achevĂ©es : Hippolyte, Cator et Pollux, Les BorĂ©ades
 Berlioz prolonge le goĂ»t des timbres, le chant de l’orchestre, la souverainetĂ© de la musique, valeurs trĂšs affirmĂ©es chez le Dijonais baroque. En deux parties imposantes et expressives, oĂč c’est le texte et son intelligibilitĂ©, oĂč s’imposent les mouvements de l’orchestre, Les Troyens s’articulent d’abord par « La Prise de Troie » oĂč Cassandre se distingue par son humanitĂ© tragique ; puis dans « Les Troyens Ă  Carthage », volet final qui doit sa puissance poĂ©tique au portrait du couple maudit car impossible, Didon et ÉnĂ©e. Berlioz renouvelle aussi la leçon de Meyerbeer, ce grand opĂ©ra Ă  la française, comprenant divertissement, ballets, de grands tableaux collectifs qui contrastent avec l’intimitĂ© de duos, trios dĂ©chirants. Comme chez Meyerbeer, l’opĂ©ra de Berlioz est tragique et moral : rien ne rĂ©siste Ă  la marche de l’Histoire ; les grandes amoureuses (Didon) y sont sacrifiĂ©es, et laissĂ©es suicidaire face au hĂ©ros (EnĂ©e) qui suit son devoir, coĂ»te que coĂ»te. L’opĂ©ra s’achĂšve sur la mort de Didon, en un vaste incendie qui signifie la fin d’un monde, quand un autre se prĂ©cise : Rome car EnĂ©e quitte Didon pour fonder la nouvelle dominatrice de l’Europe

Il est des productions qui affirment dans les deux rĂŽles moteurs de Cassandre puis Didon, la mĂȘme interprĂšte, gageure pour la chanteuse, – dĂ©fi annoncĂ© qui s’est souvent rĂ©vĂ©lĂ© 
 suicidaire.

Heureusement Ă  notre avis, l’OpĂ©ra Bastille choisit deux excellentes donc prometteuses interprĂštes : StĂ©phanie d’Oustrac en Cassandre ; Elina Garanca d’abord programmĂ©e ayant dĂ©clarĂ©e forfait le 31 dĂ©c 2018, est remplacĂ©e par Ekaterina Semenchuk, pour le rĂŽle de Didon. Chacune a son aimĂ©, ChorĂšbe, mĂąle martial habitĂ© par la grĂące et la tendresse (StĂ©phane Degout) ; Didon aime sans retour EnĂ©e (Bryan Hymel).
Cette nouvelle mise en scĂšne attendue certes, devrait dĂ©cevoir Ă  cause du metteur en scĂšne choisi Dmitri Tcherniakov dont l’imaginaire souvent torturĂ© et trĂšs confus devrait obscurcir la lisibilitĂ© du drame, cherchant souvent une grille complexe, lĂ  oĂč la psychologie et les situations sont assez claires. Son Don Giovanni dont il faisait un thriller familial assez dĂ©routant ; sa Carmen plus rĂ©cente, qui connaissait une fin rĂ©Ă©crite
 ont quand mĂȘme dĂ©concertĂ©. De sorte que l’on voit davantage les ficelles (grosses) de la mise en scĂšne, plutĂŽt que l’on Ă©coute la beautĂ© de la musique. Le contresens est envisageable. A suivre


LIRE notre dossier BERLIOZ 2019, 150 ans de la mort de Berlioz
https://www.operadeparis.fr/saison-18-19/opera/lestroyens

LIVRE, événement, critique. Alma Rosé (Editions Notes de nuit, nov 2018)

ROSE-notes-de-nuit-livre-evenement-critique-livre-musique-par-classiquenews-Alma Rose livre musique critique livre par classiquenewsLIVRE, Ă©vĂ©nement, critique. Alma RosĂ© (Editions Notes de nuit, nov 2018). Alma Rosé  dĂ©jĂ  le prĂ©nom est
 malhĂ©rien. De fait, Alma, fille d’Arnold RosĂ© et de Justine, fut par cette derniĂšre la niĂšce de Gustav Mahler. Justine Ă©tant la soeur cadette du compositeur. Alma Mahler Ă©tait sa marraine. Le livre dans sa premiĂšre traduction en français dĂ©mĂȘle les noeuds d’une destinĂ©e unique et tragique, celle de la jeune autrichienne Alma RosĂ©, nĂ©e le 3 novembre 1906, violoniste (comme son pĂšre Arnold, fondateur du fameux quatuor Ă©ponyme, et premier violon du Philharmonique de Vienne Ă  l’époque oĂč Malher Ă©tait directeur de l’OpĂ©ra), et dĂ©portĂ©e Ă  Auschwitz, dirigea l’orchestre des femmes musiciennes. Le texte Ă©ditĂ© par Notes de nuit (publiĂ© en anglais au Canada en 2000) restitue ainsi pour la premiĂšre fois, les Ă©lĂ©ments d’une destinĂ©e artistique sacrifiĂ©e, comme il en eut tellement, broyĂ©e par la machine nazie, autant de piĂšces rassemblĂ©es patiemment par l’auteur et journaliste Richard Newman, vĂ©ritable enquĂȘteur, dont le but est de rĂ©tablir la trajectoire d’une artiste sensible et talentueuse, au charisme manifeste dont le profil s’est imposĂ© des annĂ©es aprĂšs sa disparition, grĂące Ă  son frĂšre Alfred que l’auteur a cĂŽtoyĂ© et dont il a recueilli les tĂ©moignages et documents qu’il avait en sa possession.

A partir de cette filiation fraternelle, se tisse un cheminement de mĂ©moire et de restitution particuliĂšrement soignĂ© et prĂ©cis qui ressuscite la famille RosĂ©, son activitĂ© artistique, et les choix de vie de sa sƓur Alma. Alors en plein essor profitant du contexte de la Vienne dorĂ©e au dĂ©but du siĂšcle, louĂ©e entre autres par Zweig
 puis pendant la pĂ©riode de l’entre deux guerres. Femme libre et moderne, Alma fonde un orchestre de femmes itinĂ©rant dans les annĂ©es 1930. Quand Hitler prend le pouvoir, ses parents, Arnold et Justine fuient Ă  Londres ; Alfred, aux USA, mais, presque insouciante, Alma poursuit sa carriĂšre aux Pays-Bas, puis arrĂȘtĂ©e en France, elle est dĂ©portĂ©e depuis Drancy Ă  Auschwitz, pour y mourir le 5 avril 1944 (Ă  37 ans).
Le texte admirable, tĂ©moigne d’une vie vouĂ©e Ă  la musique, en particulier dans le camp d’internement oĂč Alma s’épuise dans dans l’accomplissement de la tĂąche validĂ©e par les SS : construire l’orchestre de femmes, maintenir coĂ»te que coĂ»te son niveau, prĂ©senter des concerts
 Mais la trentenaire est vite rattrapĂ©e par les conditions terrifiantes de la captivitĂ© qui entretiennent le stress et l’épuisement. Tout est ainsi dĂ©voilĂ©, Ă  la lueur mĂ©lancolique et dĂ©chirante de la transcription de l’Etude en mi majeur de Chopin, jouĂ©e par Alma, avec un texte bouleversant de sa plume, – vĂ©ritable confession Ă  la fois poĂ©tique et dĂ©pressive (texte page 402 / 404).
Les nombreux tĂ©moignages des consƓurs d’Alma Ă  Auschwitz que l’auteur a retrouvĂ©es et dont il a recueilli les paroles (les musiciennes de l’orchestre de femmes du camp d’Auschwitz-Birkenau), reconstituent ce qui s’est passĂ© en avril 1944, comment la violoniste apprĂ©ciĂ©e, est morte et comment elle fut accompagnĂ©e dans la mort (ce qui tord le cou Ă  bon nombres d’inepties concentrĂ©es dans le tĂ©lĂ©film de 1980 de Daniel Mann). Autant de renseignements vĂ©rifiĂ©s qui complĂštent aussi le tĂ©moignage dĂ©jĂ  connu de Fania FĂ©nĂ©lon, prisonniĂšre aux cĂŽtĂ©s d’Alma (texte publiĂ© en 1976).
CLIC D'OR macaron 200L’auteur prĂ©cise le contexte d’une mort dont les conditions prĂ©cises Ă©taient demeurĂ©es incertaines : enfin le diagnostique est Ă©lucidĂ©. Au demeurant, le lecteur suit pas Ă  pas et goĂ»te le combat humaniste et fraternel d’une musicienne accomplie soucieuse de rĂ©aliser cet idĂ©al musical qu’elle s’était fixĂ©, au delĂ  du contexte et des condition de dĂ©tention : non par peur des SS (dont elle avait analyser le cynisme cruel avec une clairvoyance absolue et dĂ©sespĂ©rĂ©e), non par peur d’ĂȘtre gazĂ©e au moindre faux pas, mais pour l’amour de l’art, engagĂ©e Ă  servir le beau, et trouver grĂące Ă  la musique, la meilleure façon de mourir. Poignant et Ă©difiant.

 
 
 

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LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. ALMA ROSÉ (1096-1944). DE VIENNE À AUSCHWITZ par Richard Newman & Karen Kirtley (Notes de Nuit, collection Le passĂ© immĂ©diat / parution : le 16 nov 2018, d’aprĂšs le texte paru en 2000 / traduction de l’anglais : A-S Homassel— BrochĂ© avec rabats. ISBN : 979-10-93176-15-4 – 494 p. Format : 22,5 x 15 cm. 22€ - CLIC de CLASSIQUENEWS dĂ©cembre 2018

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Plus d’infos sur le site de l’éditeur NOTES DE NUIT :
http://www.notesdenuit-editions.net/books/alma-rose-de-vienne-a-auschwitz/

CD, critique. STABAT MATER. Concert de l’HOSTEL DIEU, FE Comte (1 cd ICSM 012 – enregistrement live, Ă©glise de Chazelles sur Lyon, juillet 2015)

concert-hostel-dieu-franck-emmanuel-comte-pergolesi-pergolese-stabat-mater-critique-cd-review-classiquenewsCD, critique. STABAT MATER. Concert de l’HOSTEL DIEU, FE Comte (1 cd ICSM 012 – enregistrement live, Ă©glise de Chazelles sur Lyon, juillet 2015). Artisan des mĂ©langes musicaux et des rencontres inĂ©dites, Franck-Emmanuel Comte et son ensemble sur instruments anciens Le Concert de l’Hostel-Dieu offrent une nouvelle lecture du Stabat Mater. DĂšs le dĂ©but, on relĂšve l’incisivitĂ© nouvelle du continuo, oĂč pointent cordes, orgue, basson dans un allant ardent, Ă©ruptif et remarquablement nuancĂ© ; d’abord c’est une formidable polyphonie traditionnelle napolitaine qui rappelle l’effusion et la compassion collective du peuple face au deuil dĂ©sespĂ©rĂ© de la MĂšre, avant que les volutes finement ciselĂ©es du cycle de duos et d’arias solos du jeune gĂ©nie Pergolesi ne se dĂ©ploient. Ferveur populaire en partage, tĂ©moignages individualisĂ©s ou en petit chƓur, le Stabat Mater est surtout une expĂ©rience du peuple. VoilĂ  une conception qui restitue Ă  la force poĂ©tique du texte un nouveau rĂ©alisme.
Les interprĂštes gardent Ă  l’esprit toujours la plainte et la priĂšre dans chaque sĂ©quence : on est trĂšs Ă©loignĂ© de la tentation dĂ©monstrative et virtuose de certaines chanteuses starifiĂ©es, plus extĂ©rieures que vraiment recueillies. On apprĂ©cie cette caractĂ©risation qui s’empare de chaque Ă©pisode : effusion Ă  2 voix du premier Stabat Mater ; prise Ă  tĂ©moin et dramatisme Ă©plorĂ© plus incarnĂ© dans le saisissant Cujus animam pour soprano seule : l’expression d’une douleur tangible, perpĂ©trĂ©e par le glaive qui transperce littĂ©ralement le corps et l’ñme de Marie


 
 
 

Polyphonies populaires, Stabat de Pergolesi
Franck-Emmanuel Comte au cƓur de la dĂ©votion lacrymale


 
 
 

L’alternance airs de Pergolesi et plainte collective des polyphonies chorales creuse la force dĂ©pressive d’un cycle de textes particuliĂšrement imagĂ©s, tous cĂ©lĂ©brant la souffrance de la MĂšre confrontĂ©e au corps sacrifiĂ© du Fils. Franck Emmanuel Comte ajoute plusieurs airs dĂ©ploratifs trĂšs intelligemment sĂ©lectionnĂ©s dont cette priĂšre de Donna Isabella (visiblement dĂ©possĂ©dĂ©e de ses chĂąteaux
), dont la douleur fait Ă©cho Ă  celle de la Vierge Ă©plorĂ©e : la mise en dialogue de ces piĂšces est trĂšs profitable. Elle apporte aux cĂŽtĂ©s du corpus sacrĂ© traditionnel, la rĂ©sonance populaire du peuple en souffrance.

Quand jaillit l’allure plus allĂšgre du Quae moerebat, chantĂ© par un baryton visiblement presque insouciant, le contraste est total. TrĂšs percutant, laissant s’épanouir ensuite la plainte plus langoureuse et insidieuse du Quis est homo ? sublime duo des deux voix fĂ©minines (soprano / contralto) qui plongent dans l’affliction la plus dĂ©sespĂ©rĂ©e
 puis leur rĂ©pondent tĂ©nor et baryton pour la conclusion de cette sĂ©quence, traitĂ©e comme un ensemble d’opĂ©ra ; mĂȘme dispositif Ă  plusieurs chanteurs pour le Fac ut ardeat (ailleurs communĂ©ment chantĂ© par le duo fĂ©minin). L’option du quintette vocal (dans le O Quam Tristis entre autres) renforce l’esprit de partage : les chanteurs exprimant la compassion que chacun ressent individuellement et collectivement. En associant un verset par type de voix, le sens du texte est formidablement investi, incarnĂ©, habitĂ©.
La tarentelle qui suit (A cantina) constitue comme un Ă©cho populaire Ă  la sidĂ©ration qui a prĂ©cĂ©dĂ© : c’est Ă  travers le chant du piccolo, la libĂ©ration d’un trop plain d’émotion, ne pouvant ĂȘtre dissipĂ© que dans la transe, nĂ©e d’une danse quasi frĂ©nĂ©tique.

Les effets d’échos, la spatialisation aussi des groupes de chanteurs (dans une prise de son trĂšs rĂ©verbĂ©rĂ©e, sous la voĂ»te d’une Ă©glise qui renforce encore le rĂ©alisme de cet enregistrement de l’étĂ© 2015) composent alors un vĂ©ritable opĂ©ra de la souffrance et des chants de dĂ©ploration. Le goĂ»t des timbres, l’écoute attentive au sens des textes, la diversitĂ© des formes musicales et chorales, sacrĂ©es, populaires (formidable scansion sur basse obstinĂ©e des tarentelles, dont La Cicerenella, exĂ©cutoire d’inspiration picaresque voire graveleuse )
 relĂšvent d’une conception trĂšs scrupuleuse et qui dans la rĂ©alisation des concerts qui ont prĂ©cĂ©dĂ© ce disque, assure une indiscutable rĂ©ussite.
Avait-on Ă©coutĂ© jusque lĂ  une telle rĂ©gĂ©nĂ©ration du cycle du Stabat ? Franck-Emmanuel COMTE sait associer les corpus, trouve d’évidentes convergences des ferveurs, tisse au final un splendide voyage musical qui exprime le sublime nĂ© du populaire mĂȘlĂ© au sacrĂ© des textes canoniques.
La bascule dans une piĂ©tĂ© plus profane, voire sensuelle (aux images Ă©rotiques cf. La Carpinese, tarentelle qui chante aussi l’émancipation de la femme sensuellement maĂźtresse de son corps) s’affirme ici, offrant de superbes contrastes tout au long du programme dont le volet le plus extatique pourrait ĂȘtre le dernier duo fĂ©minin, Ă©lĂ©vation spirituelle d’une ineffable caresse (Quando corpus), oĂč c’est l’ñme du Fils et de sa mĂšre qui prendre leur envol, immatĂ©rialitĂ© du renoncement, aprĂšs les vertiges d’une douleur incommensurable.

CLIC D'OR macaron 200 
 
 
RECHERCHE JUBILATOIRE

Chef et ensemble indiquent aujourd’hui une voie passionnante de la recherche actuelle associĂ©e Ă  la pratique des instruments d’époque : cette cĂ©lĂ©bration collective, apparemment Ă©clectique, pourrait tout Ă  fait avoir Ă©tĂ© choisie par les musiciens du XVIIIĂš, dans les sociĂ©tĂ©s de musique (telle l’AcadĂ©mie du Concert Ă  Lyon), oĂč le Stabat Mater de Pergolesi fut ainsi rĂ©adaptĂ© en fonction du goĂ»t et des ressources locales. En s’appuyant sur le fonds de la BibliothĂšque Municipale de Lyon, Franck-Emmanuel Comte propose une recontextualisation bĂ©nĂ©fique et rĂ©gĂ©nĂ©ratrice d’un texte traditionnel de la ferveur sacrĂ©e : le Stabat Mater de PergolĂšse rĂ©appropriĂ© par les lyonnais, complĂ©tĂ© par plusieurs polyphonies traditionnelles, et d’irrĂ©sistibles tarentelles, gagne ainsi une dramaturgie textuelle particuliĂšrement percutante ; de ce mĂ©tissage populaire /savant, Ă  travers l’histoire des pratiques selon les Ă©poques, les interprĂštes font surgir l’ñme mĂȘme du Baroque : sa facultĂ© Ă  exprimer les passions humaines, ici dĂ©votion, compassion. La justesse de l’approche est indiscutable. Et savoureuse.

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CD, critique. STABAT MATER. Concert de l’HOSTEL DIEU, Comte (1 cd ICSM 012 – enregistrement live, Ă©glise de Chazelles sur Lyon, juillet 2015) – CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2018.

 

 

 

 

CONCERT DE L'HOSTEL DIEU : saison 2018 - 2019

 
 
 
 

 

CD, critique. WEBER : Symphonie n°1, Concertos (Orchestre Victor Hugo / JF Verdier (1 cd Klarthe records, 2015)

WEBER-concertos-symphonie-orchestre-victor-hugo-verdier--1-cd-klarthe-records-critique-cd-review-par-classiquenewsCD, critique. WEBER : Symphonie n°1, Concertos (Orchestre Victor Hugo / JF Verdier (1 cd Klarthe records, 2015). VoilĂ  un programme passionnant en ce qu’il s’intĂ©resse Ă  l’exploration instrumentale de Weber, en particulier Ă  travers ses rencontres avec des instrumentistes d’envergure Ă  Munich en 1811
 On oublie trop souvent l’essai symphonique de l’auteur du FreischĂŒtz (1821), opĂ©ra fantastique qui doit sa puissance onirique Ă  son Ă©criture orchestrale. Ici, la verve et l’imagination dont fait preuve Carl Maria dans son premier opus symphonique, Ă©tonne et saisit l’écoute. Ce nouvel opus discographique est Ă  classer au nombre des meilleures rĂ©alisations de l’Orchestre Victor Hugo et son directeur musical Jean-François Verdier qui dĂ©ploient une implication communicative dans chaque Ă©pisode, symphonique et concertant, Ă©clairant chez Weber, cette intelligence critique, exploratrice de nouvelles sonoritĂ©s instrumentales autant que climatiques.

weber portrait par classiquenews OBERON EURYANTHE opera par classiquenews Carl-Maria-von-WeberCarl Maria von Weber y gagne un nouveau visage, celui d’un apprenti sorcier, amateur de timbres associĂ©s, souvent inĂ©dits. Ainsi l’apport de cette Symphonie n°1
 L’élĂšve de l’abbĂ© Vogler Ă  Vienne s’y montre douĂ© pour les Ă©vocations frĂ©missantes, aussi dignes de Schubert que de Mendelssohn. Le futur directeur de l’OpĂ©ra allemand Ă  Dresde dĂ©montre une rĂ©elle facilitĂ© dramatique, hautement thĂ©Ăątrale mĂȘme qui innerve son Ă©criture symphonique, ce dĂšs le premier mouvement, Ă  la fois solennel et palpitant, d’une Ă©vidente grandeur, jamais dĂ©monstrative. DatĂ©e de 1807 (mais publiĂ©e en 1812, et trĂšs critiquĂ©e par son auteur, plus investi dans l’opĂ©ra), c’est Ă  dire oeuvre de jeunesse, la Symphonie n°1 rayonne d’un sentiment de conquĂȘte et de jubilation qui Ă©lectrise mĂȘme une Ă©criture brillante (en ut), dont le second mouvement indique le sens de la coloration et d’une certaine intĂ©rioritĂ© pastorale (solos instrumentaux dont le hautbois). DĂ©bridĂ©e, dĂ©cousue, la Symphonie n’a pas il est vrai l’ossature ni la cohĂ©rence architecturĂ©e de ses ouvertures d’opĂ©ras.

  
 
 

WEBER, symphoniste concertant expérimental

  
 
 

CLIC D'OR macaron 200Plus mĂ»re, l’écriture du Concerto pour clarinette n°2, affirme un tempĂ©rament virtuose qui cĂ©lĂšbre alors le talent d’un clarinettiste devenu ami, rencontrĂ© en 1811 Ă  Munich, Heinrich BĂ€rmann (mort en 1847) dont l’instrument Ă  10 clĂ©s lui permettait de faire briller une technique vĂ©loce Ă  la sonoritĂ© moelleuse, y compris dans les passages les plus redoutables (suraigus / trĂšs graves). L’opus 74 crĂ©Ă© en novembre 1811, explore grĂące au soliste au jeu vertigineux autant qu’enchanteur, toutes les facettes expressives de la clarinette, qu’il associe amoureusement et sensuellement aux timbres de l’orchestre (cor et basson en particulier). L’intĂ©rioritĂ© et la profondeur du jeu de Nicolas Baldeyrou Ă©clairent la souple Ă©lĂ©gance, Ă  la fois noble et enivrĂ©e du mouvement central (Romanza) ; la couleur et le caractĂšre parfaitement Ă©noncĂ©s Ă©cartent dĂ©finitivement l’éclat viennois et son essence virtuose vers un sentiment rayonnant et intĂ©rieur, totalement
 souverainement romantique (et qui s’apparente dans le chant de plus en plus extatique de la clarinette Ă  un vaste lamento d’opĂ©ra). Le Rondo (alla Polacca) frappe lui aussi par sa forte caractĂ©risation. L’accord entre le soliste et l’orchestre est idĂ©al.

Le Concerto pour cor magnifiquement ciselĂ© et articulĂ© par le soliste David Guerrier confirme que le label Klarthe est bien celui des grandes personnalitĂ©s solistiques, capables de marquer l’écriture concertante par leur engagement et leur vision, un geste singulier et recrĂ©atif d’une grande portĂ©e poĂ©tique ; il informe aussi que Weber connaĂźt bien le caractĂšre chantant de l’instrument pour lequel il crĂ©e des modulations et des passages harmoniques d’une souple profondeur (mouvement central : Andante con moto) ; on distinguera surtout l’éloquence typĂ©e, d’un tempĂ©rament inouĂŻ du dernier mouvement lui aussi « alla Polacca », oĂč le soliste Ă©poustoufle par sa virtuositĂ© trĂšs incarnĂ©e et personnelle.

La recherche de couleur et de sonoritĂ© magicienne se dĂ©ploie dans l’Adagio et rondo pour harmonica de verre d’une noblesse suspendue grĂące au talent du soliste ici (Thomas Bloch), d’une sensibilitĂ© Ă©vanescente et iridescente mĂȘme comme l’est ce diptyque en tout point enivrant (1811). Weber fait preuve d’une curiositĂ© quasi expĂ©rimentale, jouant avec le son flĂ»tĂ© et d’orgue, comme un carillon lointain aux teintes filigranĂ©es auxquelles rĂ©pond l’orchestre lui aussi diaphane (en particulier dans les rĂ©ponses de la premiĂšre moitiĂ© du Rondo / Allegretto final). RĂ©jouissant et original programme.

  
 
 

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CD, critique. WEBER : Symphonie n°1, Concertos (cor, clarinette)
 Orchestre Victor Hugo. Jean-François Verdier, direction (1 cd Klarthe records, enregistrement rĂ©alisĂ© en dĂ©cembre 2015)

Carl Maria von Weber :
Symphonie n°1 en do majeur, op.19
Concertino en mi mineur pour cor et orchestre, op.45 (David Guerrier, cor)
Adagio et rondo en fa pour glass harmonica et orchestre (Thomas Bloch, glass harmonica)
Concerto n°2 en mi bémol majeur pour clarinette et orchestre, op.74 (Nicolas Baldeyrou, clarinette)
Orchestre Victor Hugo
Jean-François Verdier, direction

  
 
 

PLUS D’INFOS : http://www.klarthe.com/index.php/fr/enregistrements/weber-detail

  
 
 

  
 
 

CD, critique. ROUSSEAU : Le devin du village (ChĂąteau de Versailles Spectacles, Les Nouveaux CaractĂšres, juil 2017, cd / dvd).

rousseau cd dvd critique nouveaux caracteres herin critique cd versailles spectacles sur classiquenewsCD, critique. ROUSSEAU : Le devin du village (ChĂąteau de Versailles Spectacles, Les Nouveaux CaractĂšres, juil 2017, cd / dvd). “Charmant”, “ravissant”
 Les qualificatifs pleuvent pour Ă©valuer l’opĂ©ra de JJ Rousseau lors de sa crĂ©ation devant le Roi (Louis XV et sa favorite La Pompadour qui en Ă©tait la directrice des plaisirs) Ă  Fontainebleau, le 18 oct 1752. Le souverain se met Ă  fredonner lui-mĂȘme la premiĂšre chanson de Colette, 
 dĂ©munie, trahie, solitaire, pleurant d’ĂȘtre abandonnĂ©e par son fiancé  Colin (« J’ai perdu mon serviteur, j’ai perdu tout mon bonheur »). Genevois nĂ© en 1712, Rousseau, aidĂ© du chanteur vedette Jelyotte (grand interprĂšte de Rameau dont il a crĂ©Ă© entre autres PlatĂ©e), et de FrancƓur, signe au dĂ©but de sa quarantaine, ainsi une partition lĂ©gĂšre, Ă©videmment d’esprit italien, dont le sujet empruntĂ© Ă  la rĂ©alitĂ© amoureuse des bergers contemporains, contraste nettement avec les effets grandiloquents ou plus spectaculaire du genre noble par excellence, la tragĂ©die en musique.

C’est cependant une vue de l’esprit assez dĂ©formante et donc idĂ©alisante qui prĂ©sente un jeune couple Ă  la campagne, un rien naĂŻf et tendre
 qui bouleverse alors le public et est la proie d’un faux « devin », ou mage autoproclamé  DĂ©tente heureuse, au charme sans ambition, Le devin du village touche immĂ©diatement l’audience : l’Ɠuvre a trouvĂ© son public. En 1753, Ă  Paris, augmentĂ©e d’une ouverture et d’un divertissement final, l’opĂ©ra de Rousseau prend mĂȘme des allures de nouveau manifeste esthĂ©tique, opposĂ© dĂ©sormais au genre tragique ; car Ă  Paris, sĂ©vit la Querelle des Bouffons : les Italiens (troupe de Bambini) prĂ©sentent alors Ă  l’AcadĂ©mie royale, comme un festival, tout un cycle d’oeuvres inĂ©dites, toutes comĂ©dies en musique, dont La serva Padrona, joyau raffinĂ© et badin du gĂ©nial Pergolesi. C’est surtout l’écriture aux mĂ©lodies simples et aux usages directs (forme rondeau) et aussi le choix du français comme langue chantĂ©e
 qui surprennent le public. Alors mĂȘme que Rousseau avait dĂ©clarĂ© de façon dĂ©finitive (mais avant de dĂ©couvrir Gluck au dĂ©but des annĂ©es 1770, soit 20 ans aprĂšs), que l’Italien se prĂȘtait mieux Ă  l’opĂ©ra que la langue de Corneille. Mais Rousseau n’en est pas Ă  une contradiction prĂšs : ‘le chant français n’est qu’un aboiement continuel, insupportable Ă  toute oreille non prĂ©venue’ (Lettre sur la musique française, 1753).
RĂ©alisme touchant, langue enfin rĂ©conciliĂ©e avec les dĂ©fis de sa dĂ©clamation, 
 les arguments de ce « Devin » sont Ă©vidents, indiscutables. Le triomphe que suscite rapidement la partition, la rend incontournable : claire emblĂšme opposĂ© au grand genre tragique d’un Rameau, qui fut autant admirĂ© que dĂ©testĂ© par Rousseau.

Qu’en pensez en 2018, au moment oĂč est publiĂ©e cette lecture rĂ©alisĂ©e en juillet 2017 ? On remercie enfin la direction artistique du ChĂąteau de Versailles de nous offrir dans son jus, sur instruments d’époque, et sur la scĂšne oĂč elle fut reprise et jouĂ©e par Marie-Antoinette en son Ă©crin de Trianon (le petit thĂ©Ăątre de la reine toujours d’origine), la piĂšce de Rousseau : de fait, simple, franche, d’une modestie qui touche immĂ©diatement.

La partition est d’autant plus importante dans l’histoire de la musique en France et en Europe que c’est son adaptation parodique dĂšs 1753 (par Madame Favart), intitulĂ©e « Les amours de Bastien et Bastienne » qui inspirera le premier opĂ©ra de 
 Mozart. La conception de Rousseau est donc loin de n’ĂȘtre qu’anecdotique. Aujourd’hui on goĂ»te son humilitĂ© Ă  l‘aulne de son destin spectaculaire. Voir cette partition, bluette sans ambition, mais joyau d’une esthĂ©tique qui a rĂ©volutionnĂ© l’opĂ©ra français, entre Rameau et Gluck, comble un vide important, d’autant que le dvd complĂ©mentaire, ajoute Ă  l’écoute du cd, la rĂ©vĂ©lation de ce que furent les reprises par Marie-Antoinette, jouant elle-mĂȘme Ă  la bergĂšre et chantant les airs de Colette
 A croire que effectivement, Rousseau Ă©tait moderne, 30 annĂ©es auparavant, adorĂ© par le Reine qui vint se recueillir sur son mausolĂ©e d’Ermenonville dĂšs 1780.
Le cd et le dvd de ce coffret trĂšs recommandable ajoute donc Ă  notre connaissance prĂ©cise d’un monument de la musique française propre aux annĂ©es 1750, encore adulĂ© par les souverains juste avant la RĂ©volution. Belle rĂ©alisation qui comble enfin une criante lacune.

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CD, critique. ROUSSEAU : Le devin du village (ChĂąteau de Versailles Spectacles, Les Nouveaux CaractĂšres, juil 2017, cd / dvd).

CD, critique. Evénement : MOZART : Seong Jin Cho, piano. MOZART (1 cd DG Deutsche Grammophon)

seong jin cho mozart nezet seguin cd dg critique review cd par classiquenewsCD, critique. EvĂ©nement : MOZART : Seong Jin Cho, piano. MOZART (1 cd DG Deutsche Grammophon) Evidemment l’accompagnement (et davantage du maestro quĂ©bĂ©cois Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, mozartien de premier plan, depuis son intĂ©grale lyrique en cours depuis Baden Baden chaque Ă©tĂ© avec Rolando Villazon) est un « plus » dĂ©cisif, pour un jeune pianiste. Mais le tempĂ©rament de ce dernier Ă©vite bien des erreurs que d’autres, parmi ses confrĂšres surtout asiatiques, cultivent malgrĂ© leur cĂ©lĂ©britĂ© : Jin Cho collectionne, lui, avec une attention peut-ĂȘtre encore trop prĂ©cautionneuse, Ă  l’inverse de ses confrĂšres (et consoeurs), une pudeur, et une retenue qui sait aussi s’exprimer dans le clavier. Son refus de la pure virtuositĂ©, soeur d’une ineffable et bien prĂ©sente intĂ©rioritĂ© fait miracle ici, car ce Mozart de 1785 (Concerto), d’une maturitĂ© experte et si intensĂ©ment poĂ©tique, expose Ă  nu ; rĂ©vĂšle les limites d’un jeu sans Ăąme. Rien de tel chez le jeune corĂ©en, dĂ©jĂ  remarquĂ© pour ses audaces et introspections chopiniennes et qui gagne dans ce nouveau programme d’indiscutables palmes mozartiennes. CrĂ©Ă© Ă  Vienne par Wolfgang lui-mĂȘme, le Concerto n°20 est un sommet d’élĂ©gance et de profondeur, un mariage inouĂŻ entre sĂ©duction et vĂ©ritĂ©. A 29 ans, Mozart dĂ©montre un gĂ©nie inclassable, traversĂ© comme personne par la grĂące la plus pure. En mode mineur comme le K 491 (rĂ© mineur), il ouvre la voie des piĂšce maĂźtresse de l’histoire de la musique, comme est essentielle aussi, par sa couleur et sa progression architecturĂ©e, le Symphonie unique de Franck.

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81Par son innocence Ă©perdue qui affleure dans le mouvement central, le Concerto fait de son essence tragique, un miroitement pudique constellĂ© de nuances tendres. Une telle palette d’émotions et d’accents millimĂ©trĂ©s s’entend rarement chez les interprĂštes. Or cela est palpable dans le jeu du corĂ©en, dans ses audaces (variations libres du premier mouvement) et dans son respect scrupuleux des dynamiques. Le Concerto n°20 est parmi les plus bouleversants de Wolfgang, touchant et au delĂ  par sa profondeur tragique, une sincĂ©ritĂ© qui dĂ©sarme et saisit par sa justesse. La finesse d’intonation du jeu pianistique suscite l’admiration par son Ă©quilibre, sa mesure, et aussi une simplicitĂ© du style qui s’écarte comme on a dit de l’arĂšne plus commune et pourtant largement mĂ©diatisĂ©e dĂ©fendue par ses confrĂšres et consoeur asiatiques, surtout chinois. A chacun de deviner (les pianistes de Chine ne sont pas si nombreux actuellement). Le corĂ©en sait demeurer pudique, presque secret, apportant la tendresse et l’humanitĂ©, la gravitas et cette innocence qui est insouciance, tant vĂ©nĂ©rĂ©e et sublimĂ©e par l’écriture du divin Wolfgang.

 

 

 

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  AprĂšs la complicitĂ© et l’écoute rĂ©solument chambriste qui unit soliste et chef dans le Concerto n°20, voici deux Sonates parmi les plus redoutables, ne serait-ce que par l’étendue lĂ  encore des couleurs contrastĂ©es. Dans la PremiĂšre sonate (K281), le pianiste saisit le caractĂšre fantasque du dernier mouvement ; ses Ă©lans tenant du caprice (Rondo – Allegro, plage 6).

L’ultime sonate du programme K332 a cette lĂ©gĂšretĂ© tragique et chantante et grave qui rĂ©vĂšle l’interprĂšte capable de vrais Ă©clairages intĂ©rieurs, d’une Ă©loquence tendre et toujours Ă  l’Ă©coute du cƓur.
Pourtant parfois on aimerait une ciselure plus nuancĂ©e encore de l’Ă©criture allegro. Une articulation plus proche de la parole et de l’intonation Ă©motionnelle. Mais d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, la sensibilitĂ© inspire une approche tĂ©nue proche de l’intime, cultivant l’extrĂȘme dĂ©licatesse pudique qui renvoie au Schubert le plus rĂȘveur et le plus introspectif.
Pourtant jeune et nouveau sur la planĂšte Mozart, le jeune corĂ©en surprend par son attention Ă  la clartĂ© pudique, Ă  l’intonation  rentrĂ©e, parfois secrĂšte, dĂ©barrassĂ©e de toute affectation, une bouleversante sincĂ©ritĂ© qui se rĂ©vĂšle vĂ©ritablement dans le mouvement central de la K332, d’une tendresse enivrante, idĂ©alement inscrite dans les replis d’un songe intime.
VCLIC D'OR macaron 200oilĂ  donc une remarquable lecture mozartienne. Celui qui s’est jusque la affirmĂ© non sans arguments chez Chopin, dĂ©voile ici des affinitĂ©s Ă©videntes chez Wolfgang entre candeur et vĂ©ritĂ©. Bouleversant d’intelligence et de nuance sans l’artifice de la pure dĂ©monstration technicienne. CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2018.

 

 

 

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CD, événement, critique. Seong-Jin Cho, piano. Mozart: Piano Concerto No. 20, K. 466; Piano Sonatas, K. 281 & 332. Chamber Orchestra of Europe. Yannick Nézet-Séguin, direction. 1 cd DG Deutsche Grammophon.

 

 

 

CD, critique. REBEL, TELEMANN : TERPSICHORE (Jordi Savall, juil 2017, 1 cd)

Terpsichore danses louis xv telemann rebel jordi savall cd critique review cd classiquenewsCD, critique. REBEL, TELEMANN : TERPSICHORE (Jordi Savall, juil 2017, 1 cd). Saluons d’abord, la sonoritĂ© trĂšs chaleureuse, opulente mĂȘme du chef catalan qui dessine et rappelle s’agissant de Rebel, le raffinement et la franchise directe d’une Ă©criture trĂšs poĂ©tique presque diaphane, Ă©vanescente comme un glacis des paysages recomposĂ©s de Watteau
 La caractĂ©risation des danses, au caractĂšre quasi pastorale – et l’on sait que ce vocable est essentiel dans l’esprit du temps, ce dĂ©but XVIIIĂš encore trĂšs nostalgique-, est idĂ©ale, dans l’articulation, la dĂ©termination expressive, le dĂ©tail du discours et des effets rhĂ©toriques, ne serait ce que dans un seul Ă©pisode emblĂ©matique : Gigue, rigaudon, passepied, gavotte
 rĂ©sumĂ© et synthĂšse de l’inclination de Rebel pour les univers poĂ©tiques et tendres, propre Ă  sa suite Terpsichore de 1721.

rebel_watteau_gravure_musiqueLes Plaisirs champĂȘtre de 1724 indiquent une autre sensibilitĂ© : plus Ă©lĂ©giaque et d’un abandon sensuel qui convoque l’extase des bergers. Tout un monde rĂȘvĂ© par Boucher et bientĂŽt mis en oeuvre par Marie-Antoinette dans son Ă©crin illusoire de Trianon. L’évocation fourmille d’idĂ©es et de motifs caressants surtout portĂ©s par les hautbois. L’ivresse et ce dĂ©sir d’oubli comme de rĂ©enchantement (sublime Chaconne, plage 33) dans l’esprit de Lully mais plus onctueuse encore et nerveuse aussi ; revivifiĂ©e mĂȘme, comme une surenchĂšre dans les autres Chaconnes, plage 39 et surtout 44 de la Fantaisie de 1729) se rĂ©alise grĂące au geste souple et trĂšs caractĂ©risĂ© de Savall et des instrumentistes rĂ©unis autour de lui (les musiciens du Concert des Nations / Manfredo Kraemer, violon solo et leader). L’éloquence et la comprĂ©hension qu’apporte Savall, sa curiositĂ© et sa restitution gourmande, gorgĂ©e de si dĂ©lectables couleurs, composent ici le plus bel hommage Ă  l’orchestre de Louis XV, un thĂšme qu’il avait dĂ©jĂ  traitĂ© dans un cycle tout aussi convaincant.

telemann-vignette-ovale-portrait-telemann-2017L’élĂ©gance et la virtuositĂ© nerveuse voire la frĂ©nĂ©sie graduelle de Teleman s’exprime outrageusement dans la Suite La Bizarre, en particulier dans l’urgence trĂ©pidante du Rossignol. Puis la Partie III de Tafelmusik (1733) rappelle combien Ă  l’époque du premier opĂ©ra visionnaire et scandaleux de Rameau (Hippolyte et Aricie), l’éclectique Telemann savait aussi, comme Rebel offrir une relecture personnelle et puissante du style versaillais lullyste (ouverture, plage 45). Cette sĂ©quence est la plus audacieuse de notre point de vue, fruit d’une pensĂ©e musicale qui interroge le sens mĂȘme d’un cycle musical, Ă  la pulsion dĂ©bordante, voire frĂ©nĂ©tique, construite comme un vaste crescendo : de l’ouverture noble, au badinage fugace, contrastant avec des postillons enjouĂ©s et dĂ©lurĂ©s; surtout vers la conclusion notĂ©e « furioso », comme une apothĂ©ose de la danse.
Les phrasĂ©s de cette sĂ©quence premiĂšre, entre noblesse, Ă©lĂ©gance, abandon, dĂ©tente, tension et rĂ©exposition sont tout simplement jubilatoires. Tout l’esprit de Terpsichore, de la danse souveraine, de la musique pure, de sa surenchĂšre et parfois de son exaspĂ©ration critique, se dĂ©ploie en libertĂ©. Quel gĂ©nie, contemporain du dĂ©terminant Rameau. Il faut toute l’intelligence de Savall pour nous en rĂ©vĂ©ler les subtilitĂ©s chorĂ©graphiques, sublimement musicale. Pas un Français dans l’Hexagone, ne serait capable d’une telle finesse d’intonation : lĂ  om les chefs gaulois actuels s’entĂȘtent dans la duretĂ©, la sĂ©cheresse souvent mĂ©canique du geste, le catalan nous rĂ©apprend, Ă  prĂ©sent que Harnoncourt nous a quittĂ©, toute la caresse d’un galbe interprĂ©tatif, entre abandon nostalgique, et vivacitĂ© poĂ©tique (« bergerie », plage 46). Le maestro sait faire chanter, nuances, accents, phrasĂ©s Ă  l’envi, son cher orchestre. Superlatif. CLCI de CLASSIQUENEWS de novembre 2018

 
   
 
 
 

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CLIC D'OR macaron 200Cd événement, critique. TERPSICHORE : ballets de Telemann, Rebel, Apothéose de la Danse Baroque. Le Concert des Nations. Jordi Savall (Graz, juil 2017, 1 cd Alia Vox). CLIC de CLASSIQUENEWS de novembre et décembre 2018).

 
 
 

ALIA VOX
https://www.alia-vox.com/fr/catalogue/terpsichore/

 
 
 

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Terpsichore danses louis xv telemann rebel jordi savall cd critique review cd classiquenews

 
 
 

CD, critique. BERLIOZ : Roméo et Juliette (San Francisco Symph / M Tilson-Thomas, 2017, 1 cd SFS Media)

BERLIOZ ROMEO JULIETTE SAN FRANCISCO SYMPH ORCHESTRA TILSON THOMAS cd reviex critique cd classiquenewsCD, critique. BERLIOZ : RomĂ©o et Juliette (San Francisco Symph / M Tilson-Thomas, 2017, 1 cd SFS Media). Pas facile de rĂ©ussir une partition emblĂ©matique du gĂ©nie berliozien, ni opĂ©ra, ni oratorio, presque lĂ©gende dramatique, plutĂŽt ample poĂšme symphonique et lyrique ( : ainsi en est-il de la crĂ©ation chez Hector : innover toujours des formes musicales, repousser toujours plus loin les possibilitĂ©s et performances expressives de l’orchestre. RomĂ©o et Juliette exprime ainsi la passion de Berlioz pour Shalespeare, et aussi sa facilitĂ© Ă  inventer : l’opus 17 est donc intitulĂ© « symphonie dramatique », prĂ©cisĂ©ment « symphonie avec choeur » : tout commence et tout revient au chant de l’orchestre. L’ouvrage entre la symphoniqe et l’opĂ©ra, est amorcĂ© dĂšs 1839 et rĂ©visĂ©e encore en 
 1846. En 1827, au ThĂ©Ăątre de l’OdĂ©on, Berlioz ĂągĂ© de 23 ans, dĂ©couvre la piĂšce RomĂ©o et Juliette dont le rĂŽle est incarnĂ© par l’actrice irlandaise Harriet Smithson : tous les parisiens romantiques en tombent amoureux dont Hector le premier qui fixe sur elle, l’ensemble de ses dĂ©sirs et fantasmes les plus fous. Harriet incarne aussi OphĂ©lie et DesdĂ©mone, dans Hamlet et Otello. Ce Festival Shakespeare impressionne Berlioz qui entend en traduire la force et la sincĂ©ritĂ© dans sa propre oeuvre symphonique. Les deux se marient finalement en 1833, pour se sĂ©parer en 1840 ; Harriet sombrant peu Ă  peu dans l’alcoolisme.
AprĂšs le don de 20 000 francs allouĂ© par l’altiste violoniste Paganini Ă  Berlioz (aprĂšs Ă©coute de Harold en Italie), le compositeur français, plus Ă  l’aise financiĂšrement, peut en 1839 rĂ©viser sĂ©rieusement la premiĂšre version de RomĂ©o et Juliette. Il y fusionne fantaisie, intensitĂ©, nouveautĂ© symphonique. En 3 parties et 8 mouvements, la frsque orchestrale d’un nouveau genre, Ă©voque avec passion le climat de VĂ©rone Ă  l’heure des querelles entre Montaigus et Capulets. Refroidi par l’échec de son opĂ©ra italien Benvenuto Cellini, Berlioz prĂ©fĂšre produire une nouvelle forme de spectacle musical total.
Le dĂ©fi essentiel pour le chef est d’exprimer par le seul chant de l’orchestre les passions sensuelles et tragiques du couple mythique, RomĂ©o et Juliette, aussi Ă©perdu qu’impuissant. Ainsi les duos d’amour, de dĂ©sespoir solitaire sont confiĂ©s Ă  l’orchestre. Les instruments permettent un imaginaire sans limite, sans la frontiĂšre du mot qui tend Ă  circonscrire toute poĂ©sie. C’est pourquoi il faut un maestro d’une prĂ©cision suggestive idĂ©ale, un orfĂšvre, un architecte, et surtout un
 poĂšte ; capable de nuances, de phrasĂ©s, de souffle autant que d’accents. Osons dire ici que Michael Tilson-Thomas trouve des couleurs trĂšs justes, en particulier dans l’épisode central de la partie 2 (Au jardin des Capulet : la scĂšne d’amour), ou encore la sĂ©quence II de la partie 3 (Romeo sur la tombe des Capulets)
 Il manque cependant une finesse et une diversitĂ© expressive dans l’approche et l’intonation ; manque qui tend Ă  lisser tout l’édifice et le chant orchestral, lequel finit par sonner dur, tendu, sans guĂšre de subtilitĂ© ambivalente. NĂ©anmoins pour un orchestre amĂ©ricain, peu familier de ce rĂ©pertoire, saluons l’engagement et le nerf gĂ©nĂ©ral du dĂ©but Ă  la fin, en particulier l’énergie et la dĂ©termination des cordes dĂšs l’Introduction. CĂŽtĂ© soliste, le mezzo charnu de Sasha Cooke porte l’extrĂȘme sensualitĂ© du premier air (Ă©voquant les premiers transports, premiers Ă©mois des deux amants) ; son français cependant est moins intelligible que l’excellent chƓur maison (San Francisco Symphony Chorus), ou que celui de son compatriote Nicholas Phan, tĂ©nor fin et racĂ©. Une version trĂšs honnĂȘtement dĂ©fendue, et qui vaut surtout par l’engagement du chƓur, et la bonne tenue du collectif orchestral californien.

 

 
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CD, critique. BERLIOZ : Roméo et Juliette (San Francisco Symph / M Tilson-Thomas, 2017, 1 cd SFS Media)

 

 
 

 
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VOIR la video sur le site du SAN FRANCISCO SYMPH ORCHESTRA / MT THOMAS
https://www.sfsymphony.org/Berlioz?fbclid=IwAR1dBMxkxWKXohq3v4w9VuaupjV6AoWmjMTFjldgcP7Q1ViSbUnQpblsVZk

 

 
 

 
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San Francisco Symphony‹Michael Tilson Thomas
Sasha Cooke, mezzo-soprano‹
Nicholas Phan, tenor
‹Luca Pisaroni, bass-baritone
San Francisco Symphony Chorus

Roméo et Juliet, Opus 17

Part 1

I. Introduction and Prologue

Part 2
‹II. Romeo Alone—Festivity at the Capulets’
‹III. The Capulets’ Garden—Love Scene
‹IV. Scherzo: Queen Mab

Part 3‹
I. Second Prologue—Juliet’s Funeral Cortùge‹
II. Romeo in the Tomb of the Capulets
‹III. Finale: Brawl between the Capulets and the Montagues
‹IV. Friar Laurence’s Recitative and Aria
‹V. Oath of Reconciliation

Total Playing Time: 01:44:31

CD événement, critique. CECILIA BARTOLI / VIVALDI II (Decca)

bartoli-cecilia-cd-vivaldi-II-decca-concert-anniersary-30-decca-cecilia-bartoli-critique-cd-cd-reviewCD Ă©vĂ©nement, critique. CECILIA BARTOLI / VIVALDI II (Decca). 20 ans aprĂšs son premier album, lĂ©gendaire, historique, dĂ©diĂ© Ă  la furiĂ  du Pretre Rosso, Antonio Vivaldi le VĂ©nitien (maĂźtre de choeur Ă  l’Ospedale de la PietĂ ), « La » Bartoli, mezzo romaine Ă  l’agilitĂ© expressive irrĂ©sistible, rĂ©cidive et publie en novembre 2018, un second opus VIVALDI, avec ensemble sur instruments d’époque. En 2018, ce nouveau cycle d’inĂ©dits et de perles lyriques oubliĂ©es, accomplit-il un second prodige ? Va-t-il susciter le mĂȘme engouement (et les mĂȘmes ventes, historiques en 1999 : 700 000 exemplaires alors achetĂ©s) ?

 
 
 

LIRE notre dĂ©pĂȘche annonçant les projets cd de Cecilia Bartoli dont ce nouvel album VIVALDI 2018
http://www.classiquenews.com/cd-decca-news-les-3-nouveaux-cd-de-cecilia-bartoli-rossini-camarena-vivaldi-ii/

En moins d’une heure, le nouveau cd collectionne les arias vivaldiens, avec fureur et virtuositĂ©, ou intĂ©rioritĂ© et pudeur, selon la rĂšgle souveraine des contrastes. On note moins d’airs de pure bravoura, dĂ©montrant l’énergique coloratoura dont Bartoli est devenue un emblĂšme contemporain en particulier dans le rĂ©pertoire baroque
 et jusqu’au bel canto bellinien.

 
 
 

LIRE notre article «  premiÚres impressions du cd VIVALDI / BARTOLI 2018 » (6 nov 2018)
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-premieres-impressions-bartoli-vivaldi-ii-decca/

vivaldi opera giustinoLa diva en 2018 prolonge les qualitĂ©s de 1999 : une sorte de souplesse surexpressive qui par la force des choses est devenue naturelle, tel un ruban vocal Ă  la fois martelĂ© et suave. Ainsi comme nous l’avions dĂ©jĂ  observĂ© dĂšs dĂ©but novembre (premiĂšres impressions du cd VIVALDI / BARTOLI 2018), la mezzo dĂ©ploie une belle diversitĂ© de nuances propres Ă  l’articulation et Ă  la caractĂ©risation de chaque : comme l’écrivait le 6 novembre 2018 notre rĂ©dacteur Lucas Irom : « D’emblĂ©e, en ouverture l’air agitĂ© du dĂ©but de ce programme proclame sans fioritures ni hĂ©sitation la furiĂ  assumĂ©e de la partition, – cordes fouettĂ©es comme une crĂȘme liquide et souple ; voix trĂšs incarnĂ©e et engagĂ©e, laquelle a certes perdu de son Ă©lasticitĂ© comparĂ©e Ă  1999, avec des aigus parfois courts, mais dont l’économie des moyens (intelligence expressive) et la gestion de la ligne expressive architecturent le premier air de Zanaida (Argippo : « Selento ancora il fulmine ») avec un brio franc, naturel, contrastĂ© et vivace, riche en vertiges et accents mordants dans la premiĂšre section ; alanguis et murmurĂ©s dans la centrale, exprimant jusqu’à la hargne voire la frĂ©nĂ©sie hallucinĂ©e de cet appel Ă  la vengeance. Plus loin, l’air de Caio d’Ottone in villa (1713 : un ouvrage traversĂ© par un souffle pastorale inĂ©dit) qui exprime la blessure d’un coeur trahi face Ă  la cruautĂ© de son aimĂ©e, est abordĂ© avec une infinie tendresse, aux lignes amples et fluides ; la couleur vocale d’une torpeur triste mais ardente est idĂ©alement soutenue, avec un Ă©clairage intĂ©rieur qui renseigne tout Ă  fait la douleur presque lacrymale du cƓur en souffrance. Qui a dit que Vivaldi n’était que virtuositĂ© mĂ©canique ? C’est un peintre du coeur humain parmi le splus inspirĂ©s
 autant que BACH ou Haendel. Cecilia Bartoli enflamme les esprits dans le registre cantabile, ici suivant les pas du castrat crĂ©ateur Bartolomeo Bartoli.

 
 
   
 
 

BARTOLI 2018
Une voix qui s’est durcie et resserrĂ©e, avec des aigus durs, mais


Des phrasés toujours aussi magiciens

 
 
   
 
 

Parmi les arias les plus longs sĂ©lectionnĂ©s par Cecilia Bartoli, celui avec violon solo obligĂ©, l’air de PersĂ©e : « Sovente il sole » (Andromeda liberata) demeure le clou de ce programme riche en contrastes et ferveur dramatique. La mezzo dĂ©montre sa maĂźtrise du cantabile rond et sombre, capable aussi d’une puissance Ă©motionnelle inouĂŻe, car Vivaldi, invente ici un chant traversĂ© par le souffle de la nature, Ă©voquant orage et tumulte mais aussi cĂ©lĂ©brant le mystĂšre du sublime naturel. Dans cette analogie entre le cƓur qui dĂ©sire et se passionne, et la contemplation de la nature changeante, miroitante, naĂźt un sentiment dĂ©jĂ  
 romantique. La justesse de l’écriture vivaldienne, ses accents et mĂ©lodies proche du caractĂšre Ă  la fois contemplatif et tendre du texte, ont un impact singulier. D’autant que soucieuse de l’énoncĂ© du verbe, dont elle fait une vĂ©ritable poĂ©sie chantante, la diva Ă©claire chaque section de la partition avec une sensibilitĂ© lĂ  encore introspective qui convainc totalement.
Dommage Ă  notre avis que les instrumentistes autour d’elle ne partagent pas telle vision de l’implication et des couleurs du sentiment. Seule rĂ©serve dans cette collection d’incarnations trĂšs rĂ©ussies. Car ce que Bartoli sait exprimer est moins l’éclatante et mĂ©canique technicitĂ© virtuose, que l’introspection d’un Vivaldi
 prĂ©romantique ? VoilĂ  qui ne manque pas de saveur  »

Nous n’en dirons pas davantage, sauf Ă©videmment, une maĂźtrise intacte malgrĂ© l’oeuvre des annĂ©es (20 ans ont passĂ©) dans l’émission des phrasĂ©s (toujours trĂšs convaincants) rĂ©vĂ©lant un souci dĂ©lectable du texte. La couleur et le caractĂšre de chaque situation sont idĂ©alement compris et magnifiquement incarnĂ©s. Brava signora Bartoli.

 
 
   
 
 

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CD Ă©vĂ©nement, critique. CECILIA BARTOLI / VIVALDI II (1 cd Decca – 58 mn).

 
 
 
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DĂ©tail du programme :

 
 
 

Argippo, RV 697
1 « Se lento ancora il fulmine », Zanaida

Orlando furioso, RV 728
2 « Sol da te, mio dolce amore », Ruggiero

Orlando furioso RV Anh. 84 (version 1713-1714, attribuée à Ristori)
3 « Ah fuggi rapido », Astolfo

Il Giustino, RV 717
4 « VedrĂČ con mio diletto », Anastasio

La Silvia, RV 734
5 « Quell’augellin che canta », Silvia

Ottone in villa, RV 729
6 « Leggi almeno, tiranna infedele », Caio

La VeritĂ  in cimento, RV 739
7 « Solo quella guancia bella », Rosane

Andromeda liberata, RV Anh. 117
8 « Sovvente il sole », Perseo

Tito Manlio, RV 738
9 « Combatta un gentil cor », Lucio

Catone in Utica, RV 705
10 « Se mai senti spirarti sul volto », Cesare

Cecilia Bartoli, mezzo-soprano
Ensemble Matheus / Jean-Christophe Spinosi, direction musicale

1 CD Decca 2018
58mn