CHEFS. Actualités de GUSTAVO DUDAMEL : SON ETOILE A HOLLYWOOD

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dépêches

  • Sophie_Pacini_piano concert critique par classiquenews

    Compte rendu, rĂ©cital, Dijon, OpĂ©ra, le 15 janvier 2019. Chopin, Liszt, Schumann. Sophie Pacini, piano
 Le programme, romantique, redoutable aussi, est dĂ©pourvu de surprises, sinon celle de l’interprĂšte. Sophie Pacini germano-italienne, vient d’avoir 27 ans. MalgrĂ© ses rĂ©compenses, ses enregistrements, ses rĂ©citals et concerts, elle demeure peu connue en France, et c’est bien dommage. AprĂšs la Seine musicale, avec un programme sensiblement diffĂ©rent, Dijon bĂ©nĂ©ficie de son apparition.

    Fascinante, mais déconcertante

    Imposante de stature, son jeu athlĂ©tique, musclĂ©, surprend autant par sa virtuositĂ© singuliĂšre que par son approche personnelle d’Ɠuvres qui sont dans toutes les oreilles. C’est la Fantaisie –impromptu,…

  • orleans-orchestre-symphonique-concert-conquete-ouest-marius-stieghorst-annonce-critique-concert-par-classiquenews-infos-actualites-musique-classique-concerts-operas-festivals

    ORLÉANS, 9 et 10 fĂ©v 2019 : A la conquĂȘte de l’Ouest. Grand concert symphonique Ă  OrlĂ©ans sous la direction du directeur musical de l’Orchestre Symphonique, Marius Stieghorst. Le programme affiche le cap vers le grand ouest, Ă©clectique, Ă©nergisant mais surtout cohĂ©rent. Tout d’abord, mosaĂŻque d’écritures et de sensibilitĂ©s diverses inspirĂ©es par l’horizon amĂ©ricain, de Ives Ă  Gershwin, de Schulhoff Ă  Stravinsky
 autant de mises en bouches qui exigent une forte caractĂ©risation instrumentale, pour le plat de consistance, sommet de l’inspiration amĂ©ricaine de Dvorak : la Symphonie n°9 du Nouveau Monde.

     
     
     

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    SAMEDI 9 FÉVRIER 2019 Ă …

  • grimal david dissonances opera de dijon concert critique par classiquenews

    Compte rendu, concert. Dijon, OpĂ©ra, Auditorium, le 12 janvier 2019. Prokofiev, Korngold, Stravinsky. Les Dissonances / David Grimal. Avant la Philharmonie de Paris, puis Le Havre (Le Volcan), l’OpĂ©ra de Dijon offre Ă  son public ce nouveau programme des Dissonances, avec David Grimal comme dĂ©miurge et soliste du concerto de Korngold. Celui-ci est prĂ©cĂ©dĂ© par la suite op 33 bis de l’Amour des trois oranges, de Prokofiev (1925) et sera suivi de la troisiĂšme suite de l’Oiseau de feu, de Stravinsky. Quand les Dissonances se concentraient sur des Ɠuvres de Mozart, on Ă©tait admiratif, Ă  juste titre. Le fait de…

  • laloum adam pinao concertos brahms cd sony review cd cd critique par classiquenews

    Compte rendu concert. Toulouse. La Halle-aux-Grains, le 12 janvier 2019. Mozart. Mahler  Adam Laloum. Orchestre National du Capitole de Toulouse. Wong. Nous avons eu le bonheur de suivre l’activitĂ© intense du jeune pianiste toulousain cet Ă©tĂ© au Festival de Salon-de-Provence, La Roque d’AnthĂ©ron et Les Pages Musicales de Lagrasse. Le retour Ă  Toulouse d’Adam Laloum avec l’orchestre du Capitole devait ĂȘtre une fĂȘte et la salle de la Halle-aux-Grains comble, dans une ambiance fĂ©brile, a eu une Ă©coute des plus attentives, malgrĂ© les fĂącheux tousseurs impudents. Adam Laloum comprend le gĂ©nie mozartien de maniĂšre instinctive. Il semble ĂȘtre chez lui…

  • bonnecaze vĂ©ronique cd debussy classiquenews annonce critique cd

    PARIS, lundi 14 janv 2019, 19h30. DEBUSSY par VĂ©ronique Bonnecaze. Centenaire DEBUSSY 2018 : le cd Ă©vĂ©nement par VĂ©ronique BONNECAZE. EnregistrĂ© Ă  la Ferme de Villefavard en mars 2018 sur un piano Bechstein, le nouveau cd de la pianiste française VĂ©ronique Bonnecaze clĂŽt l’annĂ©e du centenaire Debussy 2018 et crĂ©e l’évĂ©nement en dĂ©but 2019, tant le geste pianistique, le choix des piĂšces et celui du piano (un Bechstein restaurĂ© pour l’occasion) et leur enchaĂźnement suscitent l’admiration. Pianiste et compositeur, Debussy rĂ©invente le langage pianistique au dĂ©but du XXĂš, en Ă©troite connivence avec les mondes poĂ©tiques et littĂ©raires. En ambassadrice inspirĂ©e,…

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    radio

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  • FRANCE MUSIQUE, Mardi 1er janvier 2019, 11h. CONCERT DU NOUVEL AN. C’est dĂ©sormais le rituel de chaque nouveau passage au nouvel an : les valses de Johann Strauss pĂšre et fils : une dose irrĂ©sistible de raffinement et d’élĂ©gance (viennoise) pour souligner (et fĂȘter) le passage Ă  la nouvelle annĂ©e. Que nous rĂ©servera 2019 ? Augurons Ă  tout le moins, de nouvelles offres accessibles pour la transition Ă©cologique, une justice fiscale enfin rĂ©alisĂ©e, moins d’arrogance de nos politiques et de nos Ă©lus sensĂ©s nous reprĂ©senter, une façon nouvelle, collective et pacifiste de manifester
 et un pouvoir plus humain, proche, rĂ©actif.…

  • France Musique, vend 14 dĂ©c 2018, 20h. BERLIOZ : L’Enfance du Christ. Les Ă©critures sont muettes sur l’enfance de JĂ©sus, pourtant sa naissance eut le retentissement que l’on sait : une lĂ©gende sacrĂ©e devenue vĂ©ritable mythe fondateur du catholicisme, d’autant mieux porteur au moment de NoĂ«l. La partition finale comprend 3 volets : Le songe d’HĂ©rode (I) : rongĂ© par la terreur de s amort annoncĂ©e, HĂ©rode dĂ©crĂšte la mort de tous les nouveaux nĂ©s Ă  JĂ©rusalem, BethlĂ©em Nazareth
 : « Des riviĂšres de sang vont ĂȘtre rĂ©pandues. Je serai sourd Ă  ces douleurs. La beautĂ©, la grĂące, ni l’ñge…


    télé

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  • FRANCE 3, FAUTEUILS D’ORCHESTRE, Ven 25 janv 2019, 21h. Cure de jeunisme aprĂšs les fĂȘtes… En prime time sur France 3, voici donc la «  Jeune GĂ©nĂ©ration «  d’artistes interprĂštes destinĂ©s selon la chaĂźne publique Ă  marquer les scĂšnes françaises
 Souhaitons que ce nouvel Ă©pisode de « Fauteuils d’orchestre » (animĂ© par Anne Sinclair) trouve enfin sa carrure, son rythme, son naturel surtout
 car c’est pourtant le dĂ©jĂ  5Ăš Ă©pisode d’une sĂ©rie pas toujours convaincante
 le cĂŽtĂ© guindĂ© dans la prĂ©sentation fait naĂźtre une distance dont n’a pas besoin le classique Ă  une heure de grande Ă©coute cathodique
 Pour illustrer…

  • France 2. VERDI : Stiffelio, jeudi 24 janvier 2019, minuit. MĂȘme en ses annĂ©es «  de galĂšre » (de 1842 Ă  1850) comme il le dit lui-mĂȘme, le jeune Verdi maĂźtrise comme personne la coupe frĂ©nĂ©tique et dramatique, rĂ©ussissant Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer par son nerf et sa fougue virile, le genre opĂ©ratique dans l’Italie romantique, bientĂŽt libĂ©rĂ©e du joug autrichien. Tous ses opĂ©ras, avec leur action qui porte la volontĂ© et l’autodĂ©termination des peuples rĂ©voltĂ©s, trouvent un Ă©cho immĂ©diat auprĂšs du peuple italienne, cette nation qui n’est pas encore unifiĂ©e mais qui est sur le point de l’ĂȘtre. On insistera jamais…


    concerts et opéras

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  • ORLÉANS, 9 et 10 fĂ©v 2019 : A la conquĂȘte de l’Ouest. Grand concert symphonique Ă  OrlĂ©ans sous la direction du directeur musical de l’Orchestre Symphonique, Marius Stieghorst. Le programme affiche le cap vers le grand ouest, Ă©clectique, Ă©nergisant mais surtout cohĂ©rent. Tout d’abord, mosaĂŻque d’écritures et de sensibilitĂ©s diverses inspirĂ©es par l’horizon amĂ©ricain, de Ives Ă  Gershwin, de Schulhoff Ă  Stravinsky
 autant de mises en bouches qui exigent une forte caractĂ©risation instrumentale, pour le plat de consistance, sommet de l’inspiration amĂ©ricaine de Dvorak : la Symphonie n°9 du Nouveau Monde.

     
     
     

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    SAMEDI 9 FÉVRIER 2019 Ă …

  • CHD, FE COMTE : 1er – 14 fĂ©v 2019. Marco Polo : carnet de mirages, Le Concert de l’Hostel-Dieu. Frank-Emmanuel Comte et son ensemble de musiciens et chanteurs, Le Concert de l’Hostel Dieu publient un nouvel album qui est aussi un somptueux programme en concert. La tournĂ©e commence dĂ©but fĂ©vrier 2019. C’est un voyage musical sur les traces de Marco Polo, le voyageur infatigable dont le parcours est dit et racontĂ©, vĂ©cu et commentĂ© par le slameur COCTEAU MOT LOTOV (qui signe aussi l’adaptation du Livre des Merveilles, source originale du dit programme). C’est au final un cycle de mĂ©lodies,…

  • LILLE, le 1er FEV 2019 : Symphonie TITAN de MAHLER. Voici le premier concert d’un cycle Ă©vĂ©nement qui devrait marquer la saison symphonique 2019. L’intĂ©grale des Symphonies de Gustav Mahler proposĂ© par Alexandre BLOCH, directeur musical de l’Orchestre National de Lille. La premiĂšre symphonie de Mahler est composĂ©e de janvier Ă  mars 1888. Mahler a 28 ans. Comme compositeur, il a remportĂ© un premier succĂšs avec Die drei Pintos d’aprĂšs les esquisses inachevĂ©es de Weber. Il a toujours souhaitĂ© composer. Avec la Symphonie “Titan”, Mahler se met au diapason de la Nature, surpuissante, Ă©nigmatique, aussi dĂ©concertante que fascinante.
    Alors chef…

  • PARIS. Danse, Garnier : CHERKAOUI / GOECKE / LIDBER – 5 fĂ©vrier > 2 mars 2019. Arabe et homosexuel, 
 Sidi Larbi Cherkaoui, quadra dĂ©complexĂ©, est un chorĂ©graphe belge, plutĂŽt Ă  l’aise dans ses baskets qui n’a pas sa longue dans sa poche. Avec Icon (et de l’argile pour dĂ©cor et accessoire, signe d el’entrave et de la fragilitĂ©), il dĂ©nonçait les dĂ©rives d’un monde artificiel plus matĂ©rialiste que spirituel. Son Ă©criture gestuelle fait montre d’un legato sensuel, souvent onirique. Une rĂ©flexion sur le sens rĂ©enchanteur du mouvement coprorel qui s’est nourri Ă  travers ses crĂ©ations rĂ©centes depuis Sutra (avec…

  • SCEAUX, Sam 19 janv 2019. 17h30 : alto / piano, L Hennino / PK Atanassov. Duo de charme, alto / piano, le nouveau concert prĂ©sentĂ© dans le cadre de la Schubertiade de Sceaux, et dans la salle principale de l’HĂŽtel de ville, met l’accent sur une facette passionnante de la musique de chambre : le dialogue entre deux instruments aux moirures complices
 le pianiste Pierre-Kaloyann Atanassov quitte son trio (Trio Atanassov) le temps de ce programme et joue avec l’une des altistes les plus prometteuses de sa gĂ©nĂ©ration, LĂ©a Hennino, dans un programme d’Ɠuvres romantiques, associant Schubert, Schumann, Brahms. L’opus…

  • POITIERS, TAP. Quatuor VOCE, le 22 janv 2019. MOZART, SCHUBERT. C’est l’un des (nombreux) Quatuors Français qui excellent dans l’art de la complicitĂ© et du dialogue : Ă©tablir une conversation en musique n’est pas aisĂ©. Mais le trio fĂ©minin complĂ©tĂ© Ă  l’alto par Guillaume Becker, formant ainsi le QUATUOR Ă  cordes VOCE, porte bien son nom : sans paroles, les quatre instrumentistes maĂźtrisent l’éloquence et la fusion des caractĂšres pour une sonoritĂ© unitaire, cohĂ©rente et parfaitement ciselĂ©e. Les Quatre instrumentistes ont depuis toujours su marier les styles et les genres, sachant ainsi renouveler l’expĂ©rience du concert chambriste (avec la voix,…

  • TOURCOING, le 11 janvier 2019. MOZART, NEUKOMM, ATL Atelier Lyrique de Tourcoing. Programme rĂ©jouissant, cĂ©lĂ©bratif, et d’une rare Ă©lĂ©gance : L’Atelier Lyrique de Tourcoing se pare de couleurs majestueuses en janvier 2019 ; au programme, la Messe du Couronnement de Mozart, d’une lumiĂšre et d’une certitude Ă  toute Ă©preuve : composĂ©e en 1779, elle fait partie des partitions sacrĂ©es avec le Requiem (lui inachevĂ©) que Mozart nous laisse en hĂ©ritage, – emblĂšmes de son Ă©tonnante invention et conception dramatique ; l’oratorio la RĂ©surrection de Neukomm qui fut le grand dĂ©fenseur de Mozart aprĂšs sa mort (en 1791donc), et le crĂ©ateur…

  • LILLE, ONL, jeudi 17 janv 2019. JC CASADESUS / REPIN. FASCINATIONS RUSSES : Tchaikovsky / Glazounov : l’ñme russe Ă  Saint-PĂ©tersbourg. VoilĂ  le nouveau jalon de l’itinĂ©raire symphonique auquel nous convie Jean-Claude Casadesus, chef lĂ©gendaire et fondateur du National de Lille, au cours de cette saison 2018 – 2019. A mi parcours, le 17 janvier, l’idĂ©e est appĂ©tissante, en mettant en relation Tchaikovski le maudit et le classique et formellement lĂ©chĂ© Glazounov (mort Ă  Neuilly sur Seine, le 21 mars 1936). Au dĂ©but du siĂšcle, l’autodidacte magnifique, Ă©lĂšve privĂ© de Rimsky (avec lequel il orchestre l’opĂ©ra de Borodine, Prince Igor…

  • LILLE, le 10 janv 19. JUSSEN brothers, MOZART, MENDELSSOHN. En janvier 2019, l’Orch national de Lille joue la carte de la jeunesse talentueuse, invitant les deux frĂšres pianistes Arthur et Lucas Jussen, et la cheffe d’orchestre corĂ©enne Eun-Sun KIM pour un Mendelssohn des plus Ă©vocateurs

    Les FrĂšres JUSSEN
 Jouer en duo est un exercice dĂ©licat d’ajustement, d’écoute, de complicitĂ© et parfois de grĂące en partage. Au clavier rares les duos d’interprĂštes capables de relever les dĂ©fis du quatre mains concertants. Les sƓurs LabĂšque, le duo Berlinskaia / Ancelle doivent leur entente Ă  une secrĂšte et inaltĂ©rable alliance : liens de…

  • TOURS, OpĂ©ra. Les 12 et 13 janvier 2019 : L’Apprenti sorcier
 VoilĂ  pour premier concert symphonique de l’annĂ©e 2019, un programme haut en couleurs, vĂ©ritable itinĂ©raire symphonique, nĂ©cessitant de l’orchestre, une facultĂ© Ă  exprimer toute situation dramatique, comme s’il s’agissait d’un opĂ©ra, mais sans les voix. De surcroĂźt sur le thĂšme de la magie et des magiciens
 Sous la direction du maestro Benjamin Pionnier, qui est aussi le directeur de l’OpĂ©ra de Tours, les 5 compositeurs choisis abordent l’écriture orchestrale comme de puissants magiciens ; habiles en sortilĂšges et tableaux particuliĂšrement suggestifs.
    L’ouverture d’Humperdinck (HĂ€nsel et Gretel) confirmera l’admiration du…

  • TOURS, OpĂ©ra. 27 – 31 dĂ©cembre 2018. Mam’zelle Nitouche. Le vaudeville d’HervĂ© marque l’essor voire l’ñge d’or de l’opĂ©rette française florissante sur les grands boulevards parisiens dans les annĂ©es 1880, annĂ©es marquĂ©es aussi par la wagnĂ©risme en Europe. Offenbach a triomphĂ© dans les annĂ©es 1860. De sa vĂ©ritable identitĂ©, Florimond Ronger, HervĂ© (1825 – 1892) cumule tous les talents (organiste, chanteurs, acteurs, directeur de troupes, metteur en scĂšne, compositeur, Ă©crivain
) : ce rival d’Offenbach prend une place croissante aujourd’hui ; il livre les titres les plus dĂ©jantĂ©s dans la veine comique burlesque.
    Autodidacte, l’orphelin apprend la composition aux cĂŽtĂ© d’Auber…

  • TOURCOING, 3-7 fĂ©vrier 2019. MOZART : La ClĂ©mence de Titus. CrĂ©Ă© au ThĂ©Ăątre National de Prague le 6 septembre 1791, sur le livret de Caterino MazzolĂ  d’aprĂšs Pietro Metastasio, l’opĂ©ra « La ClĂ©mence de Titus » est l’ultime « opera seria » de Mozart, commandĂ© l’annĂ©e de sa mort, pour le couronnement de LĂ©opold II sacrĂ© roi de BohĂšme. L’Ɠuvre de circonstance devient par le gĂ©nie mozartien, chef d’oeuvre absolu, encore mĂ©sestimĂ©, et qui illustre l’idĂ©al du politique vertueux, une vision influencĂ©e par l’esprit des LumiĂšres, Leopold, alors qu’il Ă©tait Grand-Duc de Toscane, dĂ©cide la fin des pratiques de torture…

temps forts

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  • EN DIRECT SUR LE NET : Kirill Petrenko dirige le German National Youth Orchestra. En direct et en accĂšs libre, suivez ce concert Ă©vĂ©nement avec KIRILL PETRENKO et l’Orchestre des jeunes national allemand / German National Youth Orchestra / BundesJugendOrchester, une phalange avec laquelle le nouveau directeur musical du Philharmoniker Berliner aime travailler. Outre la complicitĂ© engageante du maestro et des instrumentistes, ce concert cĂ©lĂšbre aussi le jubilĂ©, soit les 50 ans de l’orchestre germanique. Au programme : les classiques du XXĂš, Bernstein et Stravinsky, mais aussi une Ɠuvre contemporaine signĂ©e William Kraft : Concerto n°1 pour timbales avec en…

  • EN DIRECT sur internet, le 18 sept 2018, GERVAIS : recrĂ©ation de Hypermnestre, Ă  19h30. En direct sur le site de la salle de spectacle de Budapest, le MUPA (Palace of Arts de Budapest), le chef hongrois György Vashegyi rĂ©alise une premiĂšre mondiale, la premiĂšre reprĂ©sentation de la tragĂ©die lyrique Hypermnestre de Charles-Hubert Gervais (1716), disparue depuis plus de 250 ans. Une probable redĂ©couverte majeure que l’on jugera sur piĂšces.
     
     
    EN DIRECT sur INTERNET : VISIONNER Hypermnestre en direct sur www.mupa.hu
     
     

     
    Avant Les DanaĂŻdes, opĂ©ra nĂ©oclassique, invraisemblable et pompeux de Salieri (1784), le sujet des…

  • CULTUREBOX : Nabucco Ă  Lille, le 26 mai 2018, 18h. Giuseppe Verdi, Nabucco – OpĂ©ra de Lille, 2018 (durĂ©e : 2h30). L’opĂ©ra politique de Verdi prend une rĂ©sonance actuelle dans la mie en scĂšne et la conception de Marie-Eve Signeyrole : l’ivresse du pouvoir qui rend fou, la domination de Babylone sur le peuple hĂ©breu
 suscitent des mouvements de foule, rĂ©fugiĂ©s et apatrides en errance. VoilĂ  une passerelle dĂ©signĂ©e vers notre actualitĂ© oĂč se pose la question des migrants que l’on repoussent partout sans guĂšre rĂ©soudre les causes Ă  leurs sources. Ici deux choeurs relĂšvent le dĂ©fi de la masse…

  • INTERNET, live, ce soir. HAENDEL : Messie, G. Vashegyi, ce soir Ă  19h30. En quelques annĂ©es, grĂące Ă  ses concerts Ă©blouissants dĂ©diĂ©s au Baroque français (Mondonville, Rameau, dont le rĂ©cent NaĂŻs, enregistrĂ© et publiĂ© en mai 2018 est devenue une rĂ©fĂ©rence : lire notre critique de NaĂŻs par G. Vashegyi), le chef hongrois György Vashegyi ne cesse de convaincre pilotant de grands effectifs, choeur et solistes, avec son propre orchestre sur instruments anciens, Orfeo Orchestra. Le sens de l’architecture, le souci de la clartĂ© et de l’intelligibilitĂ©, ce feu ardent qui manque souvent aux chefs français pourtant ici et lĂ …

  • EN DIRECT sur le NET : GYÖRGY VASHEGYI dirige RAMEAU : Les Indes Galantes, dĂšs 19h, depuis le MÜPA, Budapest. Le chef hongrois ne cesse de se dĂ©dier Ă  l’interprĂ©tation du Baroque français du « grand » XVIIIĂš. AprĂšs avoir ressuscitĂ© IsbĂ© de Mondonville dans les mĂȘmes lieux (Concert Hall MÜPA de Budapest, mars 2016), voici ce soir Les Indes Galantes de Rameau : opĂ©ra ballet d’une fantaisie onirique et sentimentale Ă  couper le souffle, auquel le maestro saura apporter comme dans ses rĂ©centes rĂ©alisations, acuitĂ© expressive, finesse et vitalitĂ© rare, attention Ă  l’équilibre sonore comme Ă  l’architecture dramatique des…


    cinéma

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  • DON PASQUALE au cinĂ©ma, mardi 19 juin 2018, 19h30. La saison lyrique 2017/2018 s’achĂšve Ă  Paris, avec une Ɠuvre inĂ©dite sur la scĂšne de Bastille : DON PASQUALE, comĂ©die bouffe de Donizetti. CrĂ©Ă© Ă  Paris en 1843, Ă  la charniĂšre de plusieurs Ă©poques, DON PASQUALE, Ɠuvre composite et variĂ©e, est l’apothĂ©ose du genre buffa. Un clin d’Ɠil de Donizetti au gĂ©nie qui l’a prĂ©cĂ©dĂ© : le Rossini du Barbier de SĂ©ville. La mise en scĂšne est confiĂ©e Ă  Damiano Michieletto qui inscirt la voie de la sincĂ©ritĂ© et de la profondeur dramatiques au cƓur d’une Ɠuvre en apparence lĂ©gĂšre. Au…

  • CINEMA, le 12 avril 2018. BERLIOZ : Benvenuto Cellini par Terry Gilliam. CrĂ©Ă©e en 2014 en Grande Bretagne (pour l’English National Opera), la production de Benvenuto Cellini de Berlioz – grand opĂ©ra historique Renaissance du Romantique, admirateur de Gluck, a tournĂ© dans les grands thĂ©Ăątres lyriques d’Europe – Madrid, Barcelone et Rome, 
 dans la conception du rĂ©alisateur pĂ©taradant Terry Gilliam (ex Monty Python, concepteur du film lui aussi dĂ©lirant et trĂšs juste Brazil). Pas sĂ»r que l’imagination style « grand bazar » facile au grand Ă©cran, s’accore idĂ©alement au dispositif de la scĂšne lyrique
 Ă  la rĂ©alitĂ© de sa…

  • CINEMA. Le 25 avril 2017, 19h : SNEGOUROTCHKA de Rimsky-Korsakov. En direct de l’OpĂ©ra national de Paris, les salles de cinĂ©ma partenaires diffusent en direct l’opĂ©ra de Rimski-Korsakov trĂšs rarement jouĂ©e en France: SNEGOUROTCHKA ou LA FILLE DE NEIGE. Chef-d’Ɠuvre de la littĂ©rature populaire slave, LA FILLE DE NEIGE dĂ©veloppe un imaginaire fĂ©erique nourri des rigueurs du climat. C’est la nouvelle soprano Ă©gĂ©rie du label Decca, Aida Garifullina, qui prĂȘte sa voix Ă  Snegourotchka, la direction musicale et la mise en scĂšne rĂ©unissant deux autres artistes russes : le jeune chef d’orchestre Mikhail Tatarnikov et le metteur en scĂšne Dmitri…

  • CINEMA. Sonya Yoncheva chante Norma, lundi 26 septembre 2016, 19h30. En direct du Royal Opera House de Covent Garden, les salles de cinĂ©ma diffusent la prise de rĂŽle Ă©vĂ©nement de cette rentrĂ©e lyrique europĂ©enne : Norma par la soprano vedette Sonya Yoncheva.
     
     
    A l’affiche du Royal Opera House de Covent Garden Ă  Londres, le sommet belcantiste de Bellini, Norma de 1831, permet actuellement une prise de rĂŽle proche du sublime par la soprano Sonya Yoncheva, – pour classiquenews, l’une des divas assolutas de l’heure, avec sa consoeur Anna Netrebko (dont le rĂ©cent album discographique Verismo a obtenu le…

  • CinĂ©ma. Strauss : ELEKTRA, le 30 avril 2016, 18h45. En direct du Metropolitan opera New York, samedi 30 avril 2016,1845h. RĂŽle incandescent, voix hurlante embrasĂ©e proche de la rupture et du cri primal, animĂ©e par une fureur vengeresse … que seul son frĂšre Oreste saura apaiser (en prenant sa dĂ©fense et l’aidant Ă  rĂ©aliser son projet), Elektra est l’un des rĂŽles pour soprano les plus ambitieux, du fait de l’Ă©criture du chant, du fait a surtout de la prĂ©sence scĂ©nique du personnage quasiment toujours en scĂšne (comme Suzanna dans les Noces de Figaro de Mozart ou Ă  prĂ©sent depuis la…


    expos

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  • NANCY, OpĂ©ra. EXPOSITION «  OpĂ©ra ! », 3 siĂšcles de crĂ©ation Ă  Nancy : 9 nov 2018 – 24 fev 2019. Avant les cĂ©lĂ©brations du Centenaire de l’OpĂ©ra de Nancy inaugurĂ© le 14 octobre 1919, l’exposition « OpĂ©ra ! » propose de retracer 310 ans d’histoire artistique au coeur de la citĂ© ducale nancĂ©ienne. 3 salles de spectacle se sont succĂ©dĂ©es Ă  Nancy depuis le XVIIIĂšme siĂšcle. En 1709, un opĂ©ra est inaugurĂ© Ă  proximitĂ© du palais ducal. Construit pour le duc LĂ©opold de Lorraine, il est rĂ©alisĂ© sur des plans de l’architecte italien, spĂ©cialiste des machineries et des dispositifs…

  • PARIS, Exposition VENISE Ă©blouissante. Du 26 sept 2018 au 21 janv 2019. RĂ©trospective attendue et totalement enivrante
 AprĂšs l’exposition sur le Second Empire « spectaculaire » (Orsay), voici venu le temps de Venise « éblouissante » : notre Ă©poque surmĂ©diatisĂ©e affectionne les superlatifs pour exister et crĂ©er le buzz (?!). Aux plus rĂ©servĂ©s, avouons que cette exposition parisienne prĂ©sentĂ©e au Grand Palais pourrait bien ĂȘtre l’expo phare de cette rentrĂ©e, tant l’art qui y est concentrĂ©, suscite l’admiration par son raffinement et sa joie de vivre. D’autant que la pĂ©riode analysĂ©e (le XVIIIĂš) est peu connue. En effet si l’on…

  • SAINT-GERMAIN : Exposition Debussy Ă  la plage, jusqu’au 15 dĂ©cembre 2018. Un Ă©pisode dans la vie de Debussy
 Saint-Germain en Laye (78), la ville natale de Debussy rend hommage Ă  son gĂ©nie Ă  travers un Ă©clairage inĂ©dit et plutĂŽt surprenant s’agissant d’un compositeur qui de surcroit n’a pas Ă©tĂ© trĂšs bavard sur sa vie privĂ©e (comme Ravel). Le 1er aoĂ»t 1911, Claude Debussy s’installe avec sa famille sur une plage normande. Pendant son sĂ©jour Ă  Houlgate, il n’Ă©crira pas une note de musique. Durant un mois, l’auteur reconnu, Ă  la fois raffinĂ© et rĂ©volutionnaire, qui a Ă©crit l’opĂ©ra singulier « …

  • SAINT-DENIS, Exposition « MARIA CALLAS, inconnue » du 5 au 27 avril 2018. L’universitĂ© PARIS 8 Ă  Saint-Denis accueille un cycle d’évĂ©nements dĂ©diĂ©s Ă  Maria Callas, le 5 avril prochain, suivi d’une exposition MARIA CALLAS, inconnue, ouverte au public du 6 au 27 avril 2018. On pensait tout connaĂźtre de la diva lĂ©gendaire, icĂŽne lyrique mais aussi vedette mĂ©diatique, ambassadrice de la mode, de l’élĂ©gance parisienne propre aux annĂ©es 1950 et 1960. Le cycle d’évĂ©nements et l’exposition d’avril 2018 ont Ă©tĂ© conçus par Jean-Jacques Hanine-Roussel, historien de l’opĂ©ra, biographe et doctorant du LER (Laboratoire d’Etudes Romanes, Paris 8). Jean-Jacques Hanine-Roussel…

  • PARIS. EXPOSITION, CATALOGUE : PATRICE CHÉREAU, METTRE EN SCÈNE L’OPÉRA, dĂšs le 18 novembre 2017. Metteur en scĂšne, cinĂ©aste et comĂ©dien, Patrice ChĂ©reau (1944-2013) a marquĂ© la mise en scĂšne d’opĂ©ra. SimultanĂ©ment Ă  la reprise de De la maison des morts de LeoĆĄ Janáček Ă  l’OpĂ©ra Bastille, l’OpĂ©ra national de Paris et la BibliothĂšque nationale de France prĂ©sentent dans la galerie musĂ©e de l’OpĂ©ra Garnier Ă  Paris, la premiĂšre exposition exclusivement consacrĂ©e au parcours de l’homme de thĂ©Ăątre sur les scĂšnes lyriques. Á travers les onze productions qu’il a rĂ©alisĂ©es, Patrice ChĂ©reau a apportĂ© un nouveau souffle Ă  la mise…


CHEFS. Actualités de GUSTAVO DUDAMEL : SON ETOILE A HOLLYWOOD

CHEFS. ActualitĂ©s de GUSTAVO DUDAMEL : SON ETOILE A HOLLYWOOD. Ayant obtenu la nationalitĂ© espagnole -depuis mars 2018, le chef vĂ©nĂ©zuelien Gustav Dudamel, Ă©poux de l’actrice ibĂ©rique Maria Valverde, dĂ©voilera le 22 janvier 2019, son Ă©toile sur le pavement du Walk of Stars Ă  Hollywood.
dudamel gustavo maestro hollywoodIl est nĂ© Ă  Barquisimeto, au Venezuela, en 1981; enfant du Sistema, il est devenu orphelin depuis la mort du fondateur de ce programme musical et social visionnaire, JosĂ© Antonio Abreu le 24 mars 2018. RĂ©cemment, Gustavo Dudamel a dirigĂ© non sans gĂ©nie, l’Orchestre symphonique SimĂłn Bolivar (l’orchestre des jeunes du Venezuela), Orchestre philharmonique de Los Angeles dont il est le directeur musical depuis le dĂ©part de Esa-Pekka Salonen. Il a aussi dirigĂ© Ă  35 ans, le cĂ©lĂšbre Concert du Nouvel An Ă  Vienne, Ă©tant depuis le plus jeune maestro Ă  rĂ©aliser cet exercice mĂ©diatique prestigieux (1er janvier 2017). S’étant clairement manifestĂ© contre la rĂ©pression dĂ©cidĂ© par le prĂ©sident Maduro au VĂ©nĂ©zeula, Gustavo Dudamel est de venu un artiste persona non grata : ses concerts programmĂ©s avec l’Orchestre symphonique SimĂłn Bolivar, ont tous Ă©tĂ© annulĂ©s par le rĂ©gime. L’Espagne lui a offert une seconde patrie dans ce contexte politique et culturel compliquĂ©. A Hollywood, le chef vĂ©nĂ©zuelien, Ă  prĂ©sent espagnol, a exprimĂ© son Ă©motion quand il a appris qu’une plaque Ă©toilĂ©e (la 2654Ăšme de l’avenue) lui serait dĂ©diĂ©e sur les Champs-ElysĂ©es d’Hollywood, ce 22 janvier prochain. Le chef dĂ©couvrira officiellement sa plaque en prĂ©sence du compositeur John Williams. Les deux artistes s’étaient retrouvĂ© pour l’enregistrement de la musique du film : Star Wars, Ă©pisode VII : Le RĂ©veil de la Force. A suivre

Twitt de Gustavo Dudamel, janvier 2019 :
¥Me siento humildemente honrado de ser incluido entre las tantas increíbles estrellas en el Paseo de la Fama de Hollywood! // Humbled and honored to be included among the many incredible stars on the Hollywood Walk of Fame! :  https://t.co/3Iao4wseyv

Photo : Gustavo Dudamel par © Rafael Pulido

LIVRE, critique. M. OFFENBACH nous Ă©crit (Actes Sud / Pal Bru-Zane).

offenbach figaro lettres offenbachnous ecrit actes sud critique compte rendu livreLIVRE, critique. M. OFFENBACH nous Ă©crit (Actes Sud / Pal Bru-Zane). L’annĂ©e OFFENBACH 2019 commence trĂšs bien grĂące Ă  la publication par Actes Sud de cette collection de lettres Ă©crites par Offenbach, adressĂ©es au journal Le Figaro : le compositeur Ă©tait l’ami personnel du fondateur du journal Hippolyte de Villemessant (1810 – 1879, un an avant Offenbach). Les deux hommes Ă©taient voisins en Normandie, propriĂ©taire chacun d’une villa Ă  Etretat ; Ă  Paris, ils se frĂ©quentent dans les salons en vu
 Une proximitĂ© qui en rendrait jaloux plus d’un aujourd’hui et qui dans la seconde moitiĂ© du XIXĂš, permet Ă  l’auteur d’OrphĂ©e aux enfers de s’expliquer auprĂšs du public, Ă©voquer ses riches et rocambolesques soirĂ©es et fĂȘtes donnĂ©es dans son appartement de la rue Laffite oĂč figurent Bizet, DorĂ©, HalĂ©vy
 ; de provoquer le dĂ©bat, susciter le scandale
 positif, lui assurant une publicitĂ© avantageuse pour ses propres spectacles (par exemple lors de la crĂ©ation d’OrphĂ©e aux Bouffes-Parisiens en 1858). Le compositeur est une vedette, un auteur dont on parle, habituĂ© dĂ©sormais Ă  utiliser le media comme un tremplin, une tribune. D’autant que, comme le montre l’introduction et les textes ainsi regroupĂ©s, Jacques Offenbach ne manque ni de pertinence ni d’à propos ni de sens de la formule. Un gĂ©nie de la rĂ©ponse synthĂ©tique, dĂ©voilant aussi une intelligence des situations et du milieu musical et mĂ©diatique.
Le soutien se révÚlera indéfectible, surtout aprÚs la défaite de 1870 quand Offenbach est conspué, traité comme un traßtre allemand
 Villemessant veille à lui réserver une tribune utile pour sauver son honneur et défendre comme précédemment ses oeuvres.
L’apport de cette centaine de lettres et de textes sur des sujets divers, est d’autant plus prĂ©cieux et Ă©loquent que lire Offenbach dans ses mots, selon ses propres tournures, soulĂšve le voile de la pensĂ©e du crĂ©ateur ; c’est une immersion exceptionnellement proche voire intime dans la rĂ©flexion d’un musicien qui sut maĂźtriser sa communication, tout en exprimant avec clartĂ© et souvent beaucoup d’esprit, ses convictions. L’acuitĂ© de l’analyse traite avec perspicacitĂ© l’actualitĂ© de son Ă©poque. VoilĂ  qui rĂ©tablit le musicien dans son temps, le Paris des annĂ©es 1860 et 1870, pĂ©riode politiquement Ă©clectique qui s’est infiltrĂ©e dans la texture de ses ouvrages, textes et situations
 Manquent cruellement toutes rĂ©fĂ©rences Ă  La Vie Parisienne, les Brigands, Fantasio, comme Ă  sa muse et cantatrice favorite : Hortense Schneider. Lecture indispensable pour qui souhaite mieux comprendre la personnalitĂ© humaine et artistique d’un Offenbach que l’on rĂ©duit trĂšs souvent Ă  sa verve comique.

Parmi l’abondante sĂ©lection de lettres et textes ainsi adressĂ©es et publiĂ©es dans la Figaro, soulignons la valeur de certains passages qui documentent au cƓur du travail du compositeur, son caractĂšre et sa personnalitĂ© artistique, un homme plein d’esprit, maniant la facĂ©tie et les traits d’humour avec une Ă©lĂ©gance qui nous semble aujourd’hui totalement perdue. Nombre de ses contemporains et non des moindres lui ont tĂ©moignĂ© leur soutien voire leur admiration : lire ainsi la « stĂ©nographie conforme » c’est Ă  dire le procĂšs verbal, de l’assemblĂ©e extraordinaire de la SociĂ©tĂ© des auteurs et compositeurs dramatiques en fĂ©vrier 1873, pour statuer sur le cas Offenbach, c’est Ă  dire autorisation Ă  lui donner raison pour diriger selon son souhait La GaĂźté  (texte 54, en particulier la « plaidoirie » d’Alexandre Dumas fils, pleine de bienveillance amicale et de traits d’esprit
) ; de la mĂȘme façon, l’affection confraternelle qu’Offenbach exprime Ă  l’endroit du compositeur oubliĂ©, Ă©cartĂ© alors, Rodolphe Zimmer (lettre 96) auteur d’une valse dont Offenbach se souvient des 8 premiĂšres mesures qui enchantĂšrent son enfance
 ; enfin autre tĂ©moignages Ă©loquents, le texte 87, qui tĂ©moigne des rĂ©pĂ©titions de Docteur OX (d’aprĂšs la nouvelle de Jules Vernes), en janvier 1877 aux VariĂ©tĂ©s
 posant le manteau, ne s’économisant en rien, malgrĂ© les affreuses douleurs causĂ©es par la goutte, le compositeur danse et virevolte sur la scĂšne, indiquant aux solistes, aux chƓurs, la juste expression, le bon dĂ©placement
 Laissant dans toutes les mĂ©moires artistiques, son fameux « trĂšs bien, recommençons » comme un commentaire majeur, priĂšre et ordre Ă  la fois, prononcĂ© par un monstre de travail et d’exactitude
 Enfin, pour ne citer que quelques points essentiels d’un esprit remarquable, citons la lettre 99, dans laquelle Offenbach reprĂ©cise son intention au sujet de Madame Favart (janvier 1879) : il y rĂ©capitule son travail sur l’opĂ©ra comique, souhaitant le faire Ă©voluer du vaudeville vers le drame lĂ©ger Ă  la Dalyarac, et GrĂ©try, une comĂ©die qui fusionne chansons, ensembles, dialogue; oĂč le chant est aussi dĂ©veloppĂ© que le souffle orchestral
 Ce texte trĂšs court qui vaut manifeste est l’un des plus passionnants Ă  lire, dĂ©voilant par l’auteur lui-mĂȘme, son dessein esthĂ©tique et tout le travail compositionnel qui en dĂ©coule. Offenbach, « Mozart des Champs-ElysĂ©es » (le formule est de Rossini), n’a-t-il pas en effet, redorer le blason de l’opĂ©ra-Comique français dans ce qu’il avait de plus noble, poĂ©tique, expressif ?

 

 

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200LIVRE, critique.  JEAN-CLAUDE YON : M. OFFENBACH nous Ă©crit (Actes Sud / Pal Bru-Zane) – Éditions Actes Sud Beaux-Arts / Palazzetto Bru Zane – Parution : janvier, 2019 / 11,0 x 17,6 / 480 pages – ISBN 978-2-330-11727-6 – Prix indicatif : 13€

https://www.actes-sud.fr/catalogue/musique/m-offenbach-nous-ecrit

 

LIRE aussi notre annonce du livre  JEAN-CLAUDE YON : «  M. Offenbach nous Ă©crit » / Lettres du compositeur au Figaro – JACQUES OFFENBACH 2019 (Editions Actes Sud Beaux Arts)
http://www.classiquenews.com/livres-evenement-annonce-jean-claude-yon-m-offenbach-nous-ecrit-lettres-du-compositeur-au-figaro-jacques-offenbach-2019-editions-actes-sud-beaux-arts/

SALZBOURG 2019. Nouvel Idomeneo par Sellars / Currentzis

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81SALZBOURG, 27 juil – 19 aout 2019. IDOMENEO. Le Festival estival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par Richard Strauss et Hugo Von Hofmannsthal marque les esprits en annonçant entre autres productions Ă©vĂ©nements de son affiche 2019 : Idomeneo de Mozart, opĂ©ra symphonique sur le thĂšme de la barbarie divine, mise en scĂšne par Peter Sellars et surtout dirigĂ© par le bouillonnant mais passionnant Teodor Currentzis. Ce dernier vient de publier chez Sony, une captivante Symphonie n°6 de Mahler, aprĂšs une 6Ăš de Tchaikovski non moins envoĂ»tante
 LIRE ci aprĂšs nos critiques des 2 cd Mahler et Tchaikovsky par Currentzis et son orchestre sur instruments anciens AnimaAeterna, 2 «  CLICs » de CLASSIQUENEWS.
Le 27 juillet 2019, premiĂšre soirĂ©e lyrique du Festival de Salzbourg, affiche au Felsenreitschule (ManĂšge du rocher) : Idomeneo, une nouvelle production prometteuse aprĂšs la Clemence de Titus prĂ©sentĂ©e par le mĂȘme duo en 2017. Idomeneo est aussi un opera seria, conçu par un Mozart de 25 ans. Teodor Currentzis dirige pour se faire le Freiburg Baroque Orchestra et le musicAeterna Choir of Perm Opera (un chƓur qu’il connaĂźt plutĂŽt trĂšs bien, familier de ses enregistrements et productions habituelles).

Distribution annoncĂ©e : Russell Thomas (Idomeneo), Paula Murrihy (Idamante), Ying Fang (Ilia), Nicole Chevalier (Elettra), Jonathan Lemalu (Nettuno / La voce / Voix de l’Oracle) ; chorĂ©grapie de Lemi Ponifasio.

currentzis sellars salzbourg idomeneo mozart 2019 premiere announce annonce concert opera par classiquenewsSellars souligne combien avec Idomeneo, Mozart dispose alors Ă  Munich, dans le contexte de crĂ©ation d’Idomeneo, – en 1780 pour le Carnaval, d’une Ă©quipe artistique prestigieuse (Lorenz Quaglio, rĂ©alisateur des costumes et des dĂ©cors), un orchestre renommĂ© (les instrumentistes de la Cour de Mannheim, les meilleurs d’Europe), une compagnie de danseurs et des chanteurs cĂ©lĂšbres
 Ainsi s’affirme le gĂ©nie du jeune homme, alors en conflit avec son pĂšre : un conflit qui se dessine aussi dans l’opĂ©ra qui se passe en CrĂȘte, dans la relation entre Idomeneo et Idamante, le pĂšre et le fils, le premier devant aprĂšs un vƓu dĂ©raisonnable, sacrifier Ă  Neptune, le second. Les dieux ont soif et les hĂ©ros doivent se soumettre Ă  leur pouvoir. C’est Ilia, princesse troyenne (fille de Priam) qui sauvera par sa lumineuse loyautĂ©, celui qu’elle aime et qui devait ĂȘtre immolé 
Ce qui saisit dans Idomeneo, ce sont moins les pages dramatiques inspirĂ©es de la Guerre de Troie, des Grecs fiers et inflexibles (voire dĂ©lirants et jaloux : Elettra), confrontĂ©s Ă  la douceur crĂȘtoise
 que les pages oĂč il est question de l’impĂ©tuositĂ© des Ă©lĂ©ments marins : Idomeneo est un opĂ©ra symphonique et ocĂ©anique d’un souffle saisissant, oĂč percent avec une vĂ©hĂ©mence expressive jamais Ă©coutĂ©e avant lui, l’orchestre et l’ampleur des ballets. Tout ce qu’avait en son temps, dĂ©voilĂ© le chef Nikolaus Harnoncourt dans un enregistrement lĂ©gendaire qui a marquĂ© l’histoire du cd et celle de l’interprĂ©tation mozartienne
 La production est l’évĂ©nement de cet Ă©tĂ© 2019 au Festival de Salzbourg. Photo Sellars et Currentzis Ă  Salzbourg : SF/Anne Zeuner.

 

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SALZBOURG, Festivalsalzbourg vignette festival
MOZART : Idomeneo
Peter Sellars / Teodor Currentzis
7 représentations
Du 27 juillet 2019 au 19 août 2019

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.salzburgerfestspiele.at/en/p/idomeneo

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COMPTE RENDU, concert. VIENNE. CONCERT DU NOUVEL AN, Wiener Philharmoniker / CHRISTIAN THIELEMANN (1er janvier 2019)

COMPTE RENDU, concert. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2019. CONCERT DU NOUVEL AN, Wiener Philharmoniker / CHRISTIAN THIELEMANN. A 59 ans, le wagnĂ©rien et straussien (Richard), Christian Thielemann, plus habituĂ© de Dresde et de Bayreuth que de Vienne, affecte un geste un rien prussien, 
 possĂšde-t-il rĂ©ellement le sens de l’élĂ©gance viennoise, celle des Johann Strauss fils et pĂšre, Josef et Edouard aussi ? Car les valses et Ă©pisodes symphoniques de Johann fils, vedette viennoise majeure pour cet esprit lĂ©ger, et davantage, appellent un caractĂšre spĂ©cifique entre abandon et allusion, suggestion et subtilitĂ© qui doit Ă©blouir non pas dans cette « lĂ©gĂšreté » partout annoncĂ©e (qu’est ce que cette musique dite “lĂ©gĂšre” en rĂ©alitĂ© ? Le vocable comprend une infinitĂ© d’acceptations
). Ici, dans l’écrin dĂ©signĂ© du rituel Straussien, le Musikverein, il ne doit ĂȘtre question que de finesse, subtilitĂ© mĂ©lodique, orchestration raffinĂ©e, ivresse Ă©vocatoire


 

 

 

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AprĂšs les Welser-Möst, Dudamel, Jansons, … voici Thielemann : cravatte rayĂ©e, le directeur du festival de PĂąques de Salzbourg (les directeurs du Festival estival autrichien Ă©taient prĂ©sents dans la salle), qui est aussi le directeur musical de la Staatskapelle de Dresde, retrouve le Wiener Philharmoniker pour ce programme festif. Les connaisseurs retrouvent dans la disposition typiquement viennoise de l’orchestre, les 6 contrebasses placĂ©es en fond, face au chef sous l’orgue du Musikverein de Vienne, vĂ©ritable colonne sonore assurant une structure et une carrure emblĂ©matiques. Le chef a dĂ©jĂ  dirigĂ© les Wiener Philharmoniker : on ne peut donc pas parler de baptĂȘme orchestral. Le programme d’emblĂ©e est trĂšs classique : rien que des valses et des polkas ; pas d’étrangers, ni de chanteurs invitĂ©s (comme l’a fait Karajan Ă  son Ă©poque, Ă  la fin des annĂ©es 1980). Mis Ă  l’honneur aux cĂŽtĂ©s des frĂšres Strauss (Johann II, Josef et Edouard), une autre dynastie de compositeurs et musiciens viennois, les Hellmesberger, pĂšre et fils


Thielemann : UN GESTE UN RIEN MARTIAL ? Le programme annoncĂ© rĂ©solument austro-hongrois, commence par la Schönfeld March op. 422 de Carl Michael Ziehrer: le ton est donnĂ©, martial et un rien sec et tendu dans la scansion rythmique. Ziehrer a composĂ© opĂ©rettes et ballets (comme Johann Strauss II) : l’écriture est assez quelconque, dĂ©ployant un caractĂšre ronflant, fort en panache dĂ©monstratif, Ă  la façon d’une marche militaire, ou d’une parade appuyĂ©e, rythme et accents prussiens Ă  l’envi; baguette Ă©paisse et ronde, d’une martialitĂ© trop revendiquĂ©e, Thielemann n’est guĂšre dans le style Ă©lĂ©gantissime qui a fait les meilleurs fait qui l’ont prĂ©cĂ©dĂ© dans cet exercice. Pourtant le Musikverein est plus connu pour l’élĂ©gance de sa programmation et la finesse des auteurs programmĂ©s. On craint le pire pour la suite


strauss josef portrait classiquenewsHeureusement, le chef respecte le code et l’esprit du rituel de l’an neuf Ă  Vienne avec la trĂšs belle valse qui suit, la premiĂšre du programme : « Transactions Waltz » op. 184 de Josef Strauß: Josef est le premier cadet malheureux de Johann : mort en 1870 (Ă  43 ans) : l’ingĂ©nieur qui rejoint l’entreprise familiale et orchestral en 1850 (Ă  23 ans car son ainĂ© Johann est lui-mĂȘme Ă©puisĂ©) – mort Ă©reintĂ© en tournĂ©e en Pologne
  Or le gĂ©nie de Josef musicalement est aussi Ă©levĂ© que celui de Johann : on s’en aperçoit Ă  chaque session de ce concert du nouvel an. Josef serait mĂȘme souvent plus sombre et ambivalent, riche et profond que son ainé  De fait, Transactions Wazl s’affiche immĂ©diatement plus sombre, et grave au dĂ©but, pour mieux faire surgir le thĂšme principal, dans le raffinement des timbres des bois, Ă©noncĂ© par les cordes et des flĂ»tes aĂ©riennes : la finesse s’invite enfin, enivrĂ©e dans cette sĂ©quence, qui s’avance Ă  pas feutrĂ©e en pleine magie
 saluons l’intelligence des climats, le raffinement de l’orchestration, la caresse de la mĂ©lodie principale, dĂ©licate nostalgie grĂące Ă  un Ă©quilibre trĂšs subtil entre cordes et les bois
 avec la harpe, d’une ineffable nostalgie. Soulignons la profondeur et la sensibilitĂ© Ă©tonnante de Josef Strauss fauchĂ© trop tĂŽt, son aptitude spĂ©cifique pour le dĂ©veloppement symphonique, Ă  la fois dramatique et allusif, et aussi de façon gĂ©nĂ©ral, une rĂ©flexion sur le sens mĂȘme de la valse, entre dĂ©sir et mort. Josef nous paraĂźt plus sombre encore que Johann II. Un maĂźtre Ă  mieux connaĂźtre et plus Ă©couter assurĂ©ment.

Thielemann nous rĂ©serve ensuite une surprise qui pourrait ĂȘtre rĂ©vĂ©lation : de Josef Hellmesberger (fils): Elfin Dance. ImmĂ©diatement saisissante, la finesse Ă©tincelante grĂące aux nuances aiguĂ«s, vibrĂ©es, rondes du « xylophone »d’une partition inscrite dans les nuages. Hellmesberger fut professeur de violon au Conservatoire de Vienne et aussi fondateur avec son fils du Quatuor Hellmesberger (1849). Avouons que le compositeur ne manque pas d’inspiration ni de subtilitĂ©. ÉthĂ©rĂ© et aĂ©rien est cet elfe, un pur esprit – le style et l’écriture sont trĂšs sensuels (pizz des cordes, doublĂ©es par les flĂ»tes) – comme Mendelssohn dans Le Songe d’une nuit d’étĂ© (envol et boucle aĂ©rienne de Puck)? Thielemann est dans son Ă©lĂ©ment : ambassadeur d’une musique pleine d’élĂ©gance et de finesse, rĂ©solument et littĂ©ralement « lĂ©gĂšre ».

Enfin voici le premier morceau du compositeur vedette : Johann STRAUSS II (fils): sur un rythme effrĂ©nĂ©, l’Express, polka schnell op. 311 est bien une Polka rapide – on regrette cependant la nervositĂ© un peu sĂšche ; un rien hystĂ©rique (lĂ  encore systĂ©matique et trop appuyĂ©e) de Thielemann qui dirige comme un prussien, vif, nerveux, droit. de toute Ă©vidence, et dans ce tableau prĂ©cis, il manque de souplesse comme de retenue.

Du mĂȘme Strauss fils, « Pictures of the North Sea », waltz op. 390 / Images de la mer du nord dĂ©veloppe Ă©criture et texture orchestrales. L’épisode symphonique Ă  l’essence poĂ©tique et chorĂ©graphique dĂ©bute dans le sombre 
 dĂ©roulant un premier tapis envoĂ»tĂ©, quasi tragique, puis un souffle profond grave pour que surgisse enfin l’éblouissante mĂ©lodie (wagnĂ©rien dans sa houle et ses phrases continues : d’emblĂ©e Thielemann le wagnĂ©rien est Ă  son affaire ici) : on admire le mĂ©tier du chef, capable d’heureux Ă©quilibres sonores, la finesse des flĂ»tes, le chant ciselĂ© des clarinettes parfaitement dĂ©taillĂ©es, comme enivrĂ©es, caressantes

Pourtant Ă  l’inverse, et dans le mĂȘme temps, regrettons quelques Ă©carts de conduite dans la direction : des contrastes trop marquĂ©s, et appuyĂ©s : la frĂ©nĂ©sie du geste empoigne la valse avec une duretĂ© prussienne propre au chef berlinois : il n’a pas la finesse de son aĂźnĂ© le regrettĂ© Nikolaus Harnoncourt (nĂ© en 1929 et dĂ©cĂ©dĂ© en 2016), spĂ©cialiste et passionnĂ© de valses viennoise qui dirigea le Wiener en de nombreuses occasions les Philharmoniker et le Concert du Nouvel An, Ă  2 reprises : 2001 et 2003. Ronflant, sec, Thielemann déçoit globalement, malgrĂ© les trouvailles sonores Ă©voquĂ©es prĂ©cĂ©demment. Sa baguette manque de fluiditĂ© malgrĂ© le sujet aquatique de la valse choisie.

Autre frĂšre, pas assez connu et mis dans l’ombre de Johann, leur ainĂ© : Eduard Strauß: « Post-Haste », est une polka schnell op. 259, pour laquelle Thielemann cisĂšle la coupe et l’esprit de syncope (Ă©vocation de la course de la diligence) ; ici encore, on remarque les limites du chef car Thielemann dĂ©taille certes l’instrumentation mais manque de prĂ©cision comme d’imagination: sa direction relĂšve d’un systĂšme mĂ©trique, militaire dans cette cadence au galop, trĂ©pidant, trop mĂ©canique

STRAUSS eduard edouard classiquenews valses de viennes concert nouvel an vienne 2019 220px-EduardStrauss edouard syraussFotoUn petit mot sur Edouard, le dernier fils Strauss et l’hĂ©ritier de la dynastie. Il est mort en 1916, en pleine guerre, trouve sa voie spĂ©cifique, comparĂ©e Ă  celle de ses deux frĂšres ainĂ©s, par une Ă©criture plus frĂ©nĂ©tique, qui s’est spĂ©cialisĂ© dans les polkas rapides / ainsi cette « Polka-schnell ». RongĂ© par le ressentiment contre ses frĂšres, et pourtant hĂ©ritier enviable de la dynastie familiale (et orchestrale), il dissout cependant en 1901, l’orchestre Strauss et, surtout, pendant trois journĂ©es (honteuses) d’octobre 1907, brĂ»le nombre de papiers, manuscrits et forcĂ©ment partitions de ses frĂšres Strauss : destruction catastrophique d’un hĂ©ritier insensĂ© devenu fou. Nombre de documents et de partitions de Josef et de Johann seraient ainsi partis en fumĂ©e.  L’histoire de la famille Strauss relĂšve d’un roman feuilleton, et l’on s’étonne malgrĂ© le succĂšs populaire de leurs valses et mazurkas, qu’aucune sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e ne soit encore emparĂ© de leur saga. A suivre


AprĂšs la pause de la mi journĂ©e (le concert a commencĂ© Ă  11h), reprise avec l’évocation du Johann compositeur d’opĂ©rettes : c’est Offenbach qui pourtant son rival en France, aurait exhortĂ© le Viennois Ă  composer des opĂ©rettes. Grand bien que cette proposition confraternelle et constructive. Ainsi l’ouverture du Baron Tzigane
 la plus cĂ©lĂšbre avec celle de La Chauve Souris, 
 ainsi le motif de la valse dĂ©passe la seule occurrence Ă©pisodique, pour atteindre une Ă©vocation pleine de nostalgie 
 tzigane et purement symphonique (par le motif ourlĂ© de la clarinette) ; dans cette piĂšce de caractĂšre, Ă  l’ambition dramatique manifeste, Thielemann soigne le panache sombre et grave, avec un trĂšs bel effet de texture caressant chaque motif, en particulier au hautbois, sinueux et pastoral. LĂ  encore on peut regretter le geste un peu lourd du chef plus prussien que viennois.

Pourtant, se dĂ©tache ensuite finesse et lĂ©gĂšretĂ© dans « La Ballerine » opus 227 de Josef Strauß, polka française, et ses fin de phrases, suspendues en deux accents, dĂ©tachĂ©s, retenus
 vĂ©ritable hymne Ă  la souplesse Ă©lastique. Avec La vie d’artiste opus 316, de Johann II, le ballet de l’OpĂ©ra de Vienne s’invite au concert : comme un rĂ©veil au matin, le premier couple du corps de ballet de l’OpĂ©ra (Wiener Staatsballet) s’ébranle sur la terrasse et dans les couloirs et circulations du bĂątiment : l’élĂ©gance et la facĂ©tie (gestuelles des mains) des 5 couples en blanc et noir imposent une leçon de souplesse acrobatique, – un moment de raffinement collectif magnifiĂ© Ă©videmment pas la somptueuse musique, moins allusive que descriptive, dans la cadre des dĂ©cors et intĂ©rieurs de l’OpĂ©ra viennois. L’institution fĂȘte ses 150 ans en 2019, ayant Ă©tĂ© inaugurĂ© en 1869. Prestige revendiquĂ© et histoire cĂ©lĂ©brĂ©e au moment oĂč ce sont deux français qui dirigent la Maison, Dominique Meyer, intendant gĂ©nĂ©ral et l’ex danseur Ă©toile Ă  Paris, Manuel Legris, directeur de la danse. Johann Strauss redouble de tendresse feutrĂ©e dans cette page trĂšs raffinĂ©e qui est l’objet d’une rĂ©alisation tĂ©lĂ©visuelle audacieuse (plans inclinĂ©s de la camĂ©ra dont jouent les danseurs, trĂšs complices).

Puis, d’Eduard Strauß: « Opera SoirĂ©e » / Une soirĂ©e Ă  l’opĂ©ra est une polka française op. 162 (Ă  deux temps), polka assez lente, au rythme plus appuyĂ© que la polka mazurka qui est encore plus lente et ralentie avec des temps suspendus
  : Une soirĂ©e Ă  l’opĂ©ra semble mieux convenir Ă  la carrure prussienne de Thielemann – sans Ă©carter facĂ©tie ni dĂ©licatesse avec une palette de nuances (piccolo) trĂšs finement dĂ©taillĂ©es ; voici la sĂ©quence oĂč le chef dĂ©voile une direction plus nettement enjouĂ©e, pleine de sous entendue comme d’élĂ©gance.

De Johann STRAUSS II (fils): « Eva Waltz », la valse d’Eva extrait de l’opĂ©ra Le Chevalier Pazman se distingue en un dĂ©but magnifique (somptuositĂ© profonde et noble des cors, puis en dialogue avec les contrebasses – valse attĂ©nuĂ©e comme un rĂȘve, une rĂ©itĂ©ration onirique liĂ©e au personnage d’Eva dans l’opĂ©rette de Johann II. C’est Cendrillon rĂ©inventĂ©e, sa prĂ©sentation au bal
 puis du mĂȘme opĂ©ra, Thielemann a sĂ©lectionnĂ© une nouvelle piĂšce de caractĂšre, extrait du mĂȘme opĂ©ra : « CsĂĄrdĂĄs ». Comme celle de la sublime Chauve Souris, celle qui permet Ă  la comtesse hongroise de s’alanguir jusqu’à la pĂąmoison, et aussi Ă  la soprano requise, d’éblouir par sa virtuositĂ© profonde, voici une autre facette du gĂ©nie de Johann II, pleine de facĂ©tie heureuse, d’intelligence sauve et lumineuse, de grĂące et de finesse. Le Concert tĂ©lĂ©visĂ© Ă©tant aussi une carte postale soulignant les trĂ©sors patrimoniaux autochtones, voici les danseurs du Ballet de l’OpĂ©ra de Vienne, soit dans un chĂąteau de basse Autriche, un couple de touristes, parodique, dĂ©calĂ© qui s’ennuie puis s’éveille Ă  la pure danse, en rejoignant 3 autres couples de danseurs dans la galerie haute Renaissance. LĂ  encore reconnaissons que la rĂ©alisation comme l’alliance de Strauss et de la danse sont idĂ©alement complĂ©mentaire, dans un tableau qui s’achĂšve en extĂ©rieur, sur une collection de rythmes et de folklores bien trempĂ©s, oĂč rĂšgne la noblesse du thĂšme hongrois principal (la czardas est de style aristocratique), jouĂ© selon la tradition par les paysans pour les moissons ou les noces villageoises.

Johann fils rĂšgne en maĂźtre absolu avec la Marche Ă©gyptienne op. 335 : festival de timbres et d’effets orientalisants et rutilants, parfaitement caractĂ©risĂ©s et utilisĂ©s Ă  bon escient : d’abord grosse caisse, clarinette mystĂ©rieuse, cordes voluptueuse : c’est une sĂ©quence entonnĂ©e comme une marche militaire, mais enchantĂ©e – panache onirique des trompettes et des cors, au souffle inouĂŻ, qui Ă©gale le meilleur Saint-SaĂ«ns, celui oriental de l’orgie / bacchanale dans Samson et Dalila. Thielemann est chez lui, dirigeant sans baguette avec une dĂ©contraction affichĂ©e, assumĂ©e ; lorsque les instrumentistes viennois entonnent en « la la la », le chƓur du motif Ă©gyptien (qui rappelle aussi Verdi dans ses ballets d’Aida). Tout s’achĂšve dans le lointain en second plan, superbe effet de spatialisation : festif et interactif, le tableau suscite l’enthousiasme de la salle, et la joie des musiciens, heureux d’avoir ainsi surpris l’audience internationale.

Enfin, aprĂšs “la Valse entracte” de Joseph Hellmesberger fils: d’une dĂ©licatesse soyeuse et enivrante (les pizzicati dĂ©licats des violons), celle d’un rĂȘve Ă©veillĂ©, auquel Thielemann rĂ©serve son attention la plus nuancĂ©, ce sont deux pages parmi les plus raffinĂ©es des fils Strauss, Johann II, l’incontournable : « In Praise of Women », polka mazur op. 310 / Eloge des femmes : hymne fĂ©ministe qui tombe Ă  pic aprĂšs nos hontes contemporaines (cf les mouvements #Metoo, et #balancetonporc) oĂč rĂšgnent flĂ»tes, piccolo, clarinettes et bassons : (finesse d’élocution, irrĂ©sistible Ă©lĂ©gance et souveraine retenue
 en un Ă©quilibre impeccable cordes et cuivres)
 et le rythme trĂšs lent, le plus lent, de la polka mazurka ; puis la musique des sphĂšres opus 235 du cadet tout aussi gĂ©nial, Josef : grande valse, et la plus inspirĂ©e du compositeur, oĂč flĂ»tes / harpe se dĂ©tachent, signifiant lĂ  aussi une aube qui se lĂšve
 pourtant, le bas blesse : Ă  la dĂ©licatesse suggestive de la partition, nous regrettons l’enflure qui finit par ĂȘtre ennuyeuse, et mĂȘme agaçante du chef, 
 trop pompier, ignorant volontaire de toute lĂ©gĂšretĂ©. Quel dommage.
nouvel-an-2019-concert-vienne-new-year-s-concert-2019-vienna-philharmonia-christian-thielemann-concert-cd-critique-par-classiquenews-582-the_vienna_philharmonic_and_chri_55-1Enfin c’est le rituel de fin, pour tout concert du nouvel An qui se respecte. AprĂšs proclamer les vƓux de l’Orchestre, chef et musiciens jouent d’un seul tenant et sans interruption – quand les prĂ©dĂ©cesseurs commençaient les premiĂšres mesures, puis prononçaient les vƓurs, enfin reprenaient Ă  son dĂ©but la partition : voici l’extase fluviale promise et tant attendue, emblĂšme de l’art de vivre viennois : Le Beau Danube Bleu (Johann STRAUSS fils) : avouons que Thielemann sait Ă©carter toute Ă©paisseur et boursoufflure, instillant ce climat du rĂȘve qui fait briller les cors, recherche les effets de textures moins la transparence, d’oĂč ce sentiment d’opulence, de grain sensuel (les clarinettes) – sommet de naturel et de grĂące – la partition d’abord chorale, finit ainsi sa course d’une Ă©loquence et sublime maniĂšre, comme chant lĂ©gitimement cĂ©lĂ©brĂ© de l’élĂ©gance viennoise Ă  l’international.

Oui certains nous rĂ©torquerons : pourquoi boudez ainsi son plaisir ? Le Beau Danube Bleu suffit Ă  rĂ©pondre et militer finalement en faveur de la baguette explicitement symphonique de Thielemann. Nous ne parlons pas sciemment de La marche de Radetsky de Johann Strauss le pĂšre : bonus pour amuser un public qui souhaite participer en claquant des mains, soulignant encore et encore la frĂ©nĂ©sie rythmique d’un tube plus que cĂ©lĂ©brĂ©. Daniel Barenboim avait bien raison de bouder cette sĂ©quence car la partition fut composĂ©e pour cĂ©lĂ©brer la victoire sur des manifestants et Ă©tudiants tuĂ©s outrageusement contre leur appel Ă  libertĂ©. Qu’on se le dise.

Carrure prussienne mais sensibilitĂ© instrumentale d’un gourmand gourmet, Christian Thielemann nous ravit quand mĂȘme, dans ce concert qui sans ĂȘtre mĂ©morable – ceux de Georges PrĂȘte, Nikolaus Harnoncourt, Gustavo Dudamel, Mariss Jansons (2016) l’ont Ă©tĂ© – , nous permet de marquer dans la lĂ©gĂšretĂ© moyenne, Ă  dĂ©faut d’exquise finesse, ce 1er jour de l’annĂ©e nouvelle 2019.

Retrouvez le cd et le dvd du CONCERT DU NOUVEL AN Ă  VIENNE, 1er janvier 2019, sous la direction de Christian Thielemann, Ă  paraĂźtre mi janvier chez Sony classical.

 

 

 

 

 

 

 

 

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COMPTE RENDU, concert. VIENNE, Musikverein. CONCERT DU NOUVEL AN, Wiener Philhamroniker / CHRISTIAN THIELEMANN (1er janvier 2019) : Valses, polkas, extraits d’opĂ©ras, ouverture de Johann STRAUSS II, Josef STRAUSS, Edouard STRAUSS, Josef Hellmesberger…

 

 

 

 

 

 

 

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 Nos autres comptes rendus et critiques des CONCERTS DU NOUVEL AN à VIENNE :

 

Concert, compte rendu critique. Vienne, Concert du Nouvel An 2016. En direct sur France 2. Vendredi 1er janvier 2016. Wiener Philharmoniker, Mariss Jansons, direction. Valses de Strauss johann I, II; Josef ; Eduard. Waldtaufel


mariss-jansons_c_jpg_681x349_crop_upscale_q95Concert, compte rendu critique. Vienne, Concert du Nouvel An 2016. En direct sur France 2. Vendredi 1er janvier 2016. En direct de la Philharmonie viennoise, le Konzerthaus, le concert du nouvel An rĂ©alise un rĂȘve cathodique et solidaire : succĂšs planĂ©taire depuis des dĂ©cennies pour ce rendez vous diffusĂ© en direct par toutes les chaĂźnes nationales du monde et qui le temps des fĂȘtes, rassemblent toutes les espĂ©rances du monde, en une trĂšs large diffusion pour le plus grand nombre (les places sont vendues Ă  un prix exorbitant destinĂ© aux fortunĂ©s de la planĂšte) pour un temps meilleur riche en promesses de bonheur. Cette annĂ©e c’est le chef Mariss Jansons, maestro letton (rĂ©sident Ă  Saint-PĂ©tersbourg), autant lyrique que symphonique bien trempĂ© qui dirige les divins instrumentistes viennois, ceux du plus subtil des orchestres mondiaux et qui pour l’évĂ©nement cĂ©lĂšbre l’insouciance par la finesse et l’élĂ©gance, celle des valses des Strauss, Johann pĂšre et fils bien sĂ»r, ce dernier particuliĂšrement Ă  l’honneur, et aussi Joef et Eduard ses frĂšres (tout aussi talentueux que leur ainĂ©), Eduard dont 2016 marque le centenaire.

 

gustavo-dudamel-dirigiert vignette maestro classiquenews -erstmals-wiener-neujahrskonzertCompte-rendu critique, concert. VIENNE, Musikverein, dimanche 1er janvier 2017. Wiener Philharmoniker.  Gustavo Dudamel, direction. Depuis 1958, le concert du Nouvel An au Musikverein de Vienne est retransmis en direct par les tĂ©lĂ©visions du monde entier soit 50 millions de spectateurs ; voilĂ  assurĂ©ment Ă  un moment important de cĂ©lĂ©bration collective, le moment musical et symphonique le plus mĂ©diatisĂ© au monde. En plus des talents dĂ©jĂ  avĂ©rĂ©s des instrumentistes du Philharmonique de Vienne, c’est Ă©videmment le nouvel invitĂ©, pilote de la sĂ©quence, Gustavo Dudamel, pas encore quadra, qui est sous le feu des projecteurs (et des critiques). A presque 36 ans, ce 1er janvier 2017, le jeune maestro vĂ©nĂ©zuĂ©lien a concoctĂ© un programme pour le moins original qui en plus de sa jeunesse – c’est le plus jeune chef invitĂ© Ă  conduire l’orchestre dans son histoire mĂ©diatique, crĂ©e une rupture : moins de polkas et de valses tonitruantes, voire trĂ©pidantes, mais un choix qui place l’introspection et une certaine retenue intĂ©rieure au premier plan ; pas d’esbroufe, mais un contrĂŽle optimal des nuances expressives, et aussi, regard au delĂ  de l’orchestre, comme habitĂ© par une claire idĂ©e de la sonoritĂ© ciblĂ©e, une couleur trĂšs suggestive, mesurĂ©e, intĂ©rieure qui s’inscrit dans la rĂ©flexion et la nostalgie
? VoilĂ  qui apporte une lecture personnelle et finalement passionnante de l’exercice 2017 : Gustavo Dudamel dont on met souvent en avant la fougue et le tempĂ©rament dĂ©bridĂ©, affirme ici, en complicitĂ© explicite avec les musiciens du Philharmonique de Vienne, une direction millimĂ©trĂ©e, infiniment suggestive, d’une subtilitĂ© absolue, qui colore l’entrain et l’ivresse des valses, polkas et marches des Strauss et autres, par une nouvelle sensibilitĂ© introspective. De toute Ă©vidence, le maestro vĂ©nĂ©zuĂ©lien, enfant du Sistema, nous Ă©pate et convainc de bout en bout. Relevons quelques rĂ©ussites emblĂ©matiques de sa maestriĂ  viennoise. En lire PLUS

 

 

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Zubin Mehta / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2015
L’hommage au gĂ©nie de Josef Strauss
http://www.classiquenews.com/cd-concert-du-nouvel-an-a-vienne-2015-philharmonique-de-vienne-zubin-mehta-1-cd-sony-classical/

 

Daniel Barenboim / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2014
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-vienne-konzerthaus-le-1er-janvier-2014-concert-du-nouvel-an-oeuvres-de-johann-strauss-i-et-ii-edouard-josef-et-richard-strauss-avec-les-danseurs-de-lopera-de-vienne-wiener-phil/

 

Franz Welser-Möst / Concert du Nouvel An à VIENNE 2013
http://www.classiquenews.com/neujahrskonzert-new-years-concert-concert-du-nouvel-an-vienne-2013franz-welser-mst-1-cd-sony-classical/

 

Mariss Jansons / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2012
http://www.classiquenews.com/vienne-musikverein-le-1er-janvier-2012-concert-du-nouvel-an-wiener-philharmoniker-mariss-jansons-direction/

 

Georges PrĂȘtre / Concert du nouvel AN Ă  VIENNE 2010

 

POITIERS. Le QUATUOR VOCE joue Mozart et Schubert

VOCE quatuor annonce concert critique concert classiquenews quatuor-voce-carre-credit-sophie-pawlakPOITIERS, TAP. Quatuor VOCE, le 22 janv 2019. MOZART, SCHUBERT. C’est l’un des (nombreux) Quatuors Français qui excellent dans l’art de la complicitĂ© et du dialogue : Ă©tablir une conversation en musique n’est pas aisĂ©. Mais le trio fĂ©minin complĂ©tĂ© Ă  l’alto par Guillaume Becker, formant ainsi le QUATUOR Ă  cordes VOCE, porte bien son nom : sans paroles, les quatre instrumentistes maĂźtrisent l’éloquence et la fusion des caractĂšres pour une sonoritĂ© unitaire, cohĂ©rente et parfaitement ciselĂ©e. Les Quatre instrumentistes ont depuis toujours su marier les styles et les genres, sachant ainsi renouveler l’expĂ©rience du concert chambriste (avec la voix, celle des chanteurs Kyrie Kristmanson, Matthieu Chedid
) ; ou au service des compositeurs contemporains ((Bruno Mantovani, Alexandros Markeas)

QUATUORS N°15… Au TAP, ce 22 janvier 2019, les VOCE, reprennent le flambeau lĂ  oĂč l’avait laissĂ© le Quatuor Van Kuijk et leur vision lunaire de La Jeune Fille et la Mort de Schubert [au TAP en 2018] 
 pour le 15e et dernier quatuor Ă  cordes de Schubert.
Et comme pour mieux comprendre et mesurer le parcours de Schubert, ce solitaire mĂ©lancolique, les VOCE ont choisi aussi le Quatuor n°15 de Mozart (K. 421) dont la finesse et le profondeur, la sensibilitĂ© prĂ©romantique dĂ©jĂ ,
 prĂ©parent directement aux paysages vaporeux, enivrants du grand Franz.
InspirĂ©, vivant, incarnĂ©, et aussi gourmand / gourmet qu’à leurs dĂ©buts, les VOCE poursuivent ainsi une parcours exemplaire. Illustration : © sophie pawlak

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POITERS, TAPboutonreservation
Jeudi 22 janvier 2019, 20h30
TAP Auditorium
https://www.tap-poitiers.com/spectacle/mozart-schubert/#js-accordion-1

 

 

 

W. A. Mozart : Quatuor à cordes n° 15 en ré mineur K. 421
Franz Schubert : Quatuor à cordes n° 15 en sol majeur D. 887
Quatuor VOCE
Sarah Dayan, CĂ©cile Roubin, violons
Guillaume Becker, alto
Lydia Shelley, violoncelle

 

 

 

Places numérotées
Durée : 1h30 avec entracte
Spectacle ou film accessible au public malvoyant ou aveugle.
Concert enregistré en direct par le label Alpha Classics

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VOIR notre reportage vidéo Le QUATUOR VOCE et Kyrie Kristmanson (Noirlac, Les Traversées 2013)
http://www.classiquenews.com/reportage-video-kyrie-kristmanson-et-le-quatuor-voce-noirlac-les-traversees-2013/
kyrie-Kristmanson-quatuor-voce-programme-concert-classiquenewsReportage, vidĂ©o. Kyrie Kristmanson et le Quatuor Voce (Noirlac, Les TraversĂ©es 2013)
 L ’abbaye de Noirlac est un haut lieu patrimonial dans le territoire du Berry et depuis plusieurs annĂ©es, l’écrin d’un festival estival : Les TraversĂ©es – cette annĂ©e sur 5 wek ends, du 22 juin au 20 juillet 2013. Le festival porte bien son nom en favorisant le voyage comme source de dĂ©couvertes, de continents sonores et culturels Ă  explorer, d’expĂ©rience sonores inĂ©dites souvent, dĂ©concertantes parfois, prenantes toujours. L’art des combinaisons magiciennes et des mĂ©tissages audacieux s’y rĂ©alise tout en rĂ©servant aussi, lieu d’une histoire sacrĂ©e oblige, une place privilĂ©giĂ©e aux partitions religieuses.

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Télé, programmes de Noël et du 1er janvier 2019

Que voir Ă  la tĂ©lĂ© pour les fĂȘtes ? Au temps de NoĂ«l, en particulier le 1er janvier 2019. Voici notre sĂ©lection (Arte, France TĂ©lĂ©visions, 
)

 

 

 

 

 

 

Lundi 31 décembre 2018

 

 

Ă  18h
ARTE: BERLIN : CONCERT DE LA SAINT SYLVESTRE
Daniel Barenboim dirige l’Orchestre Philharmonique de Berlin

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Barenboim-daniel-wedo-west-eastern-diwan-orchestra-582 Plus de 50 ans rapproche le chef (qui est aussi pianiste) et l’orchestre : cela s’entend et se voit dans ce programme jubilatoire : Concerto pour piano n°26 en rĂ© majeur de MOZART (K537), avant quatre piĂšces orchestrales maĂźtresses de Maurice Ravel : cĂ©lĂ©bration de la modernitĂ© française du XXĂš, sensuelle et scintillante : Rhapsodie espagnole, Alborada del Gracioso, Pavane pour une Infante dĂ©funte, BolĂ©ro. + d’infos sur le site de l’Orchestre Philharmonique de Berlin (concert programmĂ© Ă  Berlin le 31 dĂ©cembre 2018, 16h15) :
https://www.berliner-philharmoniker.de/konzerte/kalender/details/51845/

Avec le Philharmonique de Vienne, le Philharmonique de Berlin est bien le meilleur orchestre mondial ; Ă  quand un mĂȘme diagnostic pour nos orchestre français ? Dans les faits, voici l’orchestre qu’a dirigĂ© Karajan, puis Abbado, derniĂšrement Simon Rattle (un coffret d’adieu vient de sortir Ă©ditĂ© par le label de l’orchestre lui-mĂȘme : 6Ăš Symphonie de Mahler, en une nouvelle version de l’étĂ© 2018 qui vient complĂ©ter une prĂ©cĂ©dente lecture datant de 1987 : enregistrement Ă©vĂ©nement CLIC de CLASSIQUENEWS)
Daniel Barenboim a joué pour la premiÚre fois comme soliste dans le Concerto pour piano n°1 de Bartok, le 12 juin 1964, à 21 ans, avec le Philharmonique de Berlin.

 

 

 

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Arte Ă  22h20
GALA des 350 ans de l’OpĂ©ra de Paris 

opera-garnier-vestibule-escalierDanse, opĂ©ra, musique orchestrale
 proposent le meilleur pour souffler l’excellente santĂ© artistique de la maison française, – bilan « normal » si l’on songe aux subventions gĂ©nĂ©reuses que les deux maisons de Garnier et de Bastille touchent pour rĂ©aliser leur mission culturelle et publique. En 1669, Louis XIV fondait l’AcadĂ©mie royale de musique, ancĂȘtre de notre OpĂ©ra national de Paris ; en 2019, ce sont aussi les 30 ans de l’OpĂ©ra Bastille, vaisseau grandiloquent dĂ©cidĂ© par le prĂ©sident Mitterrand, inaugurĂ© en 1989, pour cĂ©lĂ©brer le bincentenaire de la RĂ©volution française. 350 ans ici, 30 ans lĂ  : 2019 est un temps essentiel de la grande boutique. La tradition hexagonale entretenue par l’OpĂ©ra parisien, assure l’art de la danse et de l’opĂ©ra au meilleur niveau possible : si le ballet continue de susciter une admiration gĂ©nĂ©rale et unanime, force est de constater que les mises en scĂšne d’opĂ©ra, depuis 20 ans, provoquent des scandales et rĂ©actions Ă©pidermiques, souvent lĂ©gitimes
 Pour ce gala des 350 ans, voici cĂŽtĂ© opĂ©ra, des extraits de Faust (Gounod), Werther et Manon (Massenet), Don Carlos (avec un « s », donc dans sa version parisienne originale, chantĂ©e en français que Verdi Ă©labora pour l’OpĂ©ra de Paris)
 cĂŽtĂ© danse, place aux chorĂ©graphies « marquantes » telles : La Dame aux camĂ©lias, Carmen, Cendrillon, Le Parc
 Spectacle (« Gala inaugural des 350 ans »), diffusĂ© en lĂ©ger diffĂ©rĂ©, prĂ©sentĂ© le 31 dĂ©cembre 2018 Ă  19h30 : Extraits de ballets et grands airs du rĂ©pertoire lyrique / Dan Ettinger, direction / avec les Etoiles, danseurs, corps de ballet de l’OpĂ©ra de Paris – Sonya Yoncheva, soprano / Ludovic TĂ©zier, baryton / les choeurs de l’OpĂ©ra national de Paris (JosĂ© Luis Basso, direction). Retransmis par Radio Classique.

PLUS d’INFOS sur le site de l’OpĂ©ra national de Paris :
https://www.operadeparis.fr/saison-18-19/opera/gala-inaugural-des-350-ans

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Mardi 1er janvier 2019

Que voir sur le petit Ă©cran (qui n’est plus si petit Ă  prĂ©sent, au regard des nouvelles dalles cathodiques
) ?

 

 

 

 

Ă  11h15
France 2 : CONCERT DU NOUVEL AN 2019 
Orchestre Philharmonique de Vienne / Christian Thielemann, direction 
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strauss-johann-II-petit-portrait-298-294-640px-Johann_Strauss_II_by_August_Eisenmenger_1888Valses de Vienne.  C’est dĂ©sormais le rituel de chaque nouveau passage au nouvel an : les valses de Johann Strauss pĂšre et fils : une dose irrĂ©sistible de raffinement et d’élĂ©gance (viennoise) pour souligner (et fĂȘter) le passage Ă  la nouvelle annĂ©e. Que nous rĂ©servera 2019 ? Augurons Ă  tout le moins, de nouvelles offres accessibles pour la transition Ă©cologique, une justice fiscale enfin rĂ©alisĂ©e, moins d’arrogance de nos politiques et de nos Ă©lus sensĂ©s nous reprĂ©senter, une façon nouvelle, collective et pacifiste de manifester
 et un pouvoir plus humain, proche, rĂ©actif. Evidemment Ă  l’époque des Strauss pĂšre et fils, dans ce tte Vienne fin de siĂšcle, les Ă©vĂ©nements historiques et les Ă©volutions sociĂ©tales avaient peu de chose en commun avec notre actualitĂ©, celle des gilets jaunes et du Jupiter Ă©lysĂ©en
 Gageons que 2019 amĂ©liore la vie de chacun. Avec toujours, l’émotion musicale en partage et en intensitĂ©.
Cette annĂ©e pour le 1er janvier 2019, le chef autrichien Christian Thielemann grand wagnĂ©rien et straussien de grande classe (autrichienne) assure le pilotage du concert philharmonique le plus mĂ©diatisĂ© de l’annĂ©e. LIRE notre prĂ©sentation de ce concert Ă©vĂ©nement

  

 

 
CONCERT DU NOUVEL AN 2019

  

 

  

 

 

Ă  18h40
Arte : Concert du Nouvel An à La Fenice de Venise 
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Chaque 1er janvier 2019, les vĂ©nitiens fĂȘtent la nouvelle annĂ©e dans une grand concert festif, plutĂŽt Ă©litiste au regard des prix pratiquĂ©s alors : le « Concerto di Capodanno » / concert du nouvel an. Au programme des extraits d’opĂ©ras (Verdi principalement dont le fameux brindisi de l’acte I de la Traviata : motif et prĂ©texte Ă  lever et boire sa coupe de champagne, sur scĂšne et dans la salle
): airs et choeurs cĂ©lĂšbres
 avec Nadine Sierra (soprano), Francesco Meli (tĂ©nor). Orch et chƓur de La Fenice / Claudio Marino Moretti, direction.

  

 

  

 

 
 à 23h30
Arte : QUATRE CHOREGRAPHES ACTUELS A L’OPERA DE PARIS
Thierrée / Shechter / Pérez / Pite 
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La Symphonie du Hanneton (couronnĂ©, plĂ©biscitĂ© en 2006) c’est lui : le chorĂ©graphe suisse touche Ă  tout JAMES THIERRÉE (nĂ© en 1974 Ă  Lausanne), « illusionniste du corps » a montrĂ© la voie au dĂ©but des annĂ©es 2000, grĂące Ă  un imaginaire hors normes, en complicitĂ© avec les membres de sa compagnie du Hanneton. En juin 2018, Frelons (nouvelle chorĂ©graphie) imaginait une horde de danseurs masquĂ©s lancĂ©s Ă  l’assaut du Palais Garnier (scĂšne et surtout espaces publics : escaliers, foyer, vestibule bas.)
 JAMES THIERRÉE est aussi un acteur reconnu et plutĂŽt sollicitĂ© : aprĂšs L’empereur de Paris de JF Richet (dans les salles le 19 dĂ©cembre), James T prĂȘte sa figure et sa posture pour Raspoutine dans Corto Maltese de Christophe Gans. Autres ballets Ă  l’affiche de cette soirĂ©e danse sur Arte :

The Art of not looking back de l’israĂ©lien Hofesh Shechter : 9 danseurs accordĂ©s, entraĂźnĂ©s dans une transe juvĂ©nile, qui est Ă  la fois psychanalyse et rituel rĂ©vĂ©lant l’enfoui


The Male dancer de l’espagnol IvĂĄn PĂ©rez : une cĂ©lĂ©bration virile (que des hommes) sur le Stabat Mater de l’estonien Arvo PĂ€rt. La figure du danseur est prĂ©sentĂ©e comme sujet de moquerie et de fantasme.

The Seasons de la canadienne Crystal Pite renouvelle l’élan organique, sensuelle, cĂ©lĂ©bratif de l’écriture vivaldienne, elle-mĂȘme revisitĂ©e, adaptĂ©e par Max Richter qui offre ici la bande musicale : The Four Seasons recomposed : 54 danseurs exaltĂ©s, ivres et inspirĂ©s, composent une chorĂ©graphie puissante et magnĂ©tique, entre brutalitĂ© primtive et beautĂ© spirituelle, portĂ©e, sublimĂ©e par l’exaltation et le gĂ©nie vivaldiens.

Programme visionnable sur Arte concert à partir du 24 décembre 2018:
https://www.arte.tv/fr/videos/083017-001-A/quatre-choregraphes-d-aujourd-hui-a-l-opera-de-paris/

SoirĂ©e filmĂ©e au Palais Garnier Ă  Paris, en juin 2018 – spectacle Ă  l’affiche du 18 mai au 8 juin 2018
https://www.operadeparis.fr/saison-17-18/ballet/thierree-pite-perez-shechter

 
 
 

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Consultez cette page rĂ©guliĂšrement actualisĂ©e et enrichie au fur de l’actualitĂ©s des programmes tĂ©lĂ©s annoncĂ©s par les chaĂźnes…

 

 

 
 

GSTAAD MENUHIN FESTIVAL 2019 : ” PARIS ” (18 juil – 6 sept 2019)

gstaad-menuhin-festival-2019-PARIS-annonce-prĂ©sentation-classiquenews-582GSTAAD MENUHIN FESTIVAL : « PARIS » , 18 juil – 6 sept 2019. A l’étĂ© 2019, le Festival Yehudi Menuhin Ă  Gstaad (Gstaad Yehudi Menuhin Festival & Academy) en Suisse (Saanenland) cĂ©lĂšbre la magie romantique et culturelle de la ville lumiĂšre, PARIS. Quel beau symbole qui souligne la prĂ©Ă©minence d’une fascination partagĂ©e sur toute la planĂšte qui se cristallise ainsi cet Ă©tĂ©, dans les villages au charme rustique et campagnard du Festival suisse. Parmi les artistes invitĂ©s Ă  Gstaad : Yuja Wang, Ute Lemper, Bertrand Chamayou, Gautier Capuçon, Hilary Hahn et Manfred Honeck


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Au lendemain d’un voyage passionnant cĂ©lĂ©brant la majestĂ© des Alpes (Festival 2018), le Gstaad Menuhin Festival met le cap sur PARIS en 2019. Capitale la plus visitĂ©e de la planĂšte, Gstaad entend Ă©voquer et fĂȘter la « citĂ© de goĂ»t et de culture, fer de lance de la musique française, Ă©voquĂ©e par les chefs-d’Ɠuvre qui ont vu le jour sur son sol Ă  travers les siĂšcles – de l’Ecole de Notre-Dame jusqu’au compositeur contemporain Tristan Murail, Ă  qui le Festival a passĂ© commande –, mais aussi par les artistes qui font aujourd’hui briller les couleurs de la France de par le monde, Ă  l’image du pianiste Bertrand Chamayou, «Artist in Residence 2019», de l’organiste de Notre-Dame Olivier Latry, invitĂ© aux claviers de l’Ă©glise de Saanen, ou de l’Orchestre philharmonique de Radio-France et de l’Orchestre National de Lyon, animateurs de deux grandes soirĂ©es sous la Tente de Gstaad. »

RĂ©citals intimistes dans les Ă©glises, grandes fresques symphoniques et lyriques sous la tente, sans compter les multiples facettes de son AcadĂ©mie, dont celle de direction d’orchestre (CONDUCTING ACADEMY), destinĂ©e aux jeunes chefs d’orchestre qui peuvent piloter la centaine d’instrumentistes du Gstaad Festival Orchestra (GFO)
 chaque Ă©tĂ©, la Suisse surprend et enchante grĂące au Festival estival le plus passionnant en Europe.

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TOUTES les infos, programmes, modalités de réservations, organisation des séjours sur place, sur le site du GSTAAD MENUHIN FESTIVAL 2019

Réservations ouvertes sur le site à partir du 20 décembre 2018.

https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/programme-and-location/edition-2019

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QUELQUES TEMPS FORTS (artistes et programmes Ă  suivre)

Parmi les temps forts de cette Ă©dition 2019: une plĂ©iade d’artistes français mais pas que
 soirĂ©es « dans les Ă©toiles » avec les pianistes Yuja Wang (Concerto pour pino n°3 de Rachmaninov avec la Staatskapelle de Dresde) et Khatia Buniatishvili, les cantatrices Nuria Rial et Cecilia Bartoli, les violonistes Vilde Frang et Hilary Hahn, les violoncellistes Sol Gabetta et Gautier Capuçon; l’opĂ©ra «Carmen» en version concertante avec l’orchestre de l’OpĂ©ra de Zurich et Marco Armiliato; le Te Deum de Charpentier avec HervĂ© Niquet et son Concert Spirituel; la rĂ©sidence du pianiste Bertrand Chamayou; des soirĂ©es symphoniques sous la Tente de Gstaad, avec l’«Empereur» de Beethoven sous les doigts du jeune pianiste corĂ©en Seong-Jin Cho ; la «PathĂ©tique» de TchaĂŻkovski dirigĂ©e par Manfred Honeck, «La Valse» de Ravel et «Petrouchka» de Stravinski avec l’Orchestre philharmonique de Rotterdam et Lahav Shani ; la Symphonie fantastique de Berlioz sous la baguette de Mikko Franck (pour fĂȘter le 150Ăšme anniversaire de la mort de Berlioz) ; des airs d’opĂ©ra de Wagner chantĂ©s par le tĂ©nor Klaus Florian Vogt et le «BolĂ©ro» de Ravel avec l’Orchestre National de Lyon et Gergely Madaras ; la QuatriĂšme de TchaĂŻkovski par la Staatskapelle de Dresde et Myung-Whun Chung; sans omettre plusieurs, hors des sentiers battus, de nouvelles expĂ©riences sonores telles les improvisations de Gabriela Montero sur le film muet «The Immigrant» de Chaplin, la rencontre de l’Ensemble Janoska et du guitariste de jazz BirĂ©li LagrĂšne sur fond d’hommage Ă  Django Reinhardt, la soirĂ©e cabaret & chansons d’Ute Lemper
 Sans oublier les concerts ouverts au public sous le label «L’Heure Bleue», point de contact privilĂ©giĂ© avec les stars de demain: www.gstaadacademy.ch

CD, Ă©vĂ©nement, critique. Mathieu : Concerto n°4 ; Rachmaninov : Rhapsodie op.43 – Jean-Philippe Sylvestre, piano (1 cd ATMA)

SYLVESTRE-JEAN-PHILIPPE-ATMA-classique-cd-annonce-critique-cd-classiquenews-mathieu-rachmaninovCD, Ă©vĂ©nement, critique. Mathieu : Concerto n°4 ; Rachmaninov : Rhapsodie op.43 – Jean-Philippe Sylvestre, piano / Orchestre MĂ©tropolitain / Alain Trudel, direction – 1 cd ATMA classiques / ACD22768 – novembre, 2018. AprĂšs la rĂ©ussite qui fut aussi rĂ©vĂ©lation du Concerto de QuĂ©bec (Concerto n°3) d’AndrĂ© Mathieu l’an dernier, le pianiste Jean-Philippe Sylvestre marque Ă  nouveau le dĂ©voilement du gĂ©nie de Mathieu, compositeur majeur au QuĂ©bec. Le couplage rĂ©alisĂ© avec la  Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini de Rachmaninov rappelle l’Ă©vidente filiation entre les deux compositeurs, Mathieu se nourrissant de la texture riche, des harmonies si sensuelles de son prĂ©dĂ©cesseur russe Ă  la fois postromantique et nĂ©o classique. Encore aujourd’hui il n’est pas de pianisme aussi Ă©voluĂ© et raffinĂ© que celui de Rachmaninov.

Mathieu / Rachmaninov : filiation flamboyante et superlative

Le programme de ce disque important  a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© dans le cadre du Festival Classica, Ă©vĂ©nement fĂ©dĂ©rateur et essentiel de la vie musicale quĂ©bĂ©coise au dĂ©but de la pĂ©riode des festivals estivaux, avec la complicitĂ© de l’Orchestre MĂ©tropolitain sous la direction attentive d’Alain Trudel.

ANDRÉ MATHIEU : Concerto n°4 - Au lendemain de la seconde guerre (1946), la France octroie plusieurs bourses Ă  de jeunes compositeurs canadiens pour remercier le pays d’AmĂ©rique du Nord de s’ĂȘtre engagĂ© militairement Ă  ses cĂŽtĂ©s pour vaincre les nazis. Ainsi laurĂ©at de cette manne, le jeune Mathieu retrouve Ă  Paris le cĂ©lĂšbre Arthur Honegger (1892-1955), pour des cours de perfectionnement en composition. Le Trio et le QuatriĂšme Concerto qu’il entreprend sous son influence, attestent des influences françaises nourrissant alors son Ă©criture. Mais le quĂ©bĂ©cois quitte rapidement l’Europe dĂšs l’automne 1947.
L’auteur plutĂŽt convaincu par son oeuvre, joue partout son opus l’inscrivant dans chaque rĂ©cital de MontrĂ©al Ă  Washington, ce jusqu’Ă  sa mort.
Mais le seul manuscrit valable concerne le dĂ©but du troisiĂšme mouvement, de surcroĂźt partition incomplĂšte de dix-neuf pages dans une version pour deux pianos. Il a fallu donc ressusciter l’opus dans son entier selon le plan original de l’auteur.
Heureusement l’enregistrement live du concert du 7 dĂ©cembre 1950 au Ritz-Carlton de MontrĂ©al oĂč AndrĂ© joue l’Ɠuvre du dĂ©but Ă  la fin rĂ©cupĂ©rĂ© en sept 2005, a permis de reconstruire le cycle intĂ©gral. A la demande du pianiste Alain Lefevre (prĂ©dĂ©cesseur zĂ©lĂ© de Sylvestre dans la dĂ©fense et la diffusion de l’oeuvre de Mathieu aujourd’hui), Gilles Bellemare dĂ©duit la partie pour piano seul, rĂ©orchestre toute la partition Ă  partir des nouveaux Ă©lĂ©ments. La version ainsi restaurĂ©e est crĂ©Ă©e le 8 mai 2008 Ă  Tucson en Arizona avec Alain LefĂšvre et George Hanson.
Dix ans aprĂšs sa crĂ©ation, c’est Ă  Saint-Constant que Jean-Philippe Sylvestre avec l’Orchestre MĂ©tropolitain et Alain Trudel reprennent l’Ɠuvre dans la version Gilles Bellemare, Ă  quelques pas de la maison du docteur Joseph-Arthur Gagnon, grand-pĂšre d’AndrĂ© Mathieu, oĂč son petit-fils passait ses vacances.

AprĂšs le succĂšs de son Concerto n°3 dit Concerto de QuĂ©bec dont le plan inspire le scĂ©nario du film La forteresse, Mathieu affirme alors un tout autre climat dĂšs le dĂ©but de son nouveau Concerto n°4: l’angoisse ou Ă  dĂ©faut, un sentiment nouveau d’inquiĂ©tude sourde, portĂ© par une verticalitĂ© affirmĂ©e. LiĂ© Ă  son destin personnel la musique bascule dans l’aspiration d’une tragĂ©die personnelle.
Ainsi, le troisiĂšme mouvement qui pointe, tendu, inexorable vers le vide et le nĂ©ant ; il atteint un sentiment d’incandescence quasi angoissĂ©, mĂȘme de terreur intĂ©rieure, Ă  peine maĂźtrisĂ©e. Il n’est que le deuxiĂšme mouvement pour affirmer un Ă©quilibre recouvrĂ©, serein, enfin apaisant. Le jeu entier, clair et puissant aussi de Jean-Philippe Sylvestre rend justice Ă  une oeuvre Ă  la fois foisonnante et trĂšs construite.

Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini opus 43 de Rachmaninov. Il est d’autant plus lĂ©gitime de rapprocher les deux Ă©critures Mathieu / Rachmaninov, sur le plan du style et de l’intensitĂ© mĂ©lodique, mais aussi parce que Mathieu Ă©crit lui-mĂȘme une Rhapsodie en 1958, cĂ©lĂ©brant Ă  nouveau le gĂ©nie de celui qui semble constamment l’inspirer.
De la révolution bolchévique de 1917 à sa mort en 1943, Rachmaninov ne crée que six partitions dont la Rhapsodie sur un thÚme de Paganini, créée le 7 novembre 1934 à Baltimore, avec Stokowski pilotant Philadelphia Orchestra.
Libre et inventive dans son Ă©coulement formel, la partition de Rachmaninov affiche une tranquille modernitĂ© surtout un geste fluide et sans contrainte qui repousse les limites de l’exercice rhapsodique trouvant un Ă©quilibre idĂ©al entre plan architectural qui prĂ©serve le dĂ©roulement dramaturgique, et la souple expression d’un flux musical quasi abstrait ou brillent les qualitĂ©s de timbre, couleurs, espace d’un clavier 
symphonique. Pour noyau et prĂ©texte de ce dĂ©lire poĂ©tique, le dernier des vingt-quatre Caprices pour violon seul de Paganini (1782-1840).
Le pianiste Jean-Philippe Sylvestre s’engage avec un zĂšle idĂ©al dans la dĂ©fense et le rayonnement des Ɠuvres de Mathieu ; tout coule de source et avec un naturel manifeste sous ses doigts, qu’il s’agisse des Ă©lans parfois angoissĂ©s du concerto n°4, ou de l’éblouissante confession nostalgique que constitue la Rhapsodie de Rachmaninov.
Le jeu sinueux trĂšs sensuel et brillant du clavier danse avec l’orchestre dans le l’énoncĂ© superposĂ© au motif de Paganini, du thĂšme du Dies irae (fa-mi fa-rĂ©-mi-do rĂ©-rĂ©) dans la 6Ăšme variation puis la 10Ăšme. L’Ă©nergie de feu se dĂ©ploie grĂące au pianiste qui sait articuler en maints endroits, son approche trĂšs directe et aussi ciselĂ©e, mĂȘlant avec finesse et lyrisme, dĂ©tail et puissance, le gĂ©nie mĂ©lodique de Rachma, Ă  son panache Ă©tourdissant ; telle approche emporte toute la rhapsodie dans un bain organiquement continu, chaque sĂ©quence/variation se succĂ©dant Ă  l’autre avec une Ă©vidente souplesse lĂ  encore.

CLIC D'OR macaron 200Le scintillement debussyste et ravĂ©lien de la 11Ăšme redouble d’Ă©clats millimĂ©trĂ©s, comme la frivolitĂ© ancien rĂ©gime de la 12Ăšme (menuet), avant le trait virtuose et percutant du piano rĂ©pondant aux saillies sarcastiques de l’orchestre dans la 13Ăšme, 
 façonne un jeu contrastĂ© et tout en souplesse ; De mĂȘme la parodie du Concerto de Tchaikovski (2Ăšme mouvement) dans la 15Ăšme y est subtilement Ă©noncĂ©e elle aussi. Autre filiation qui enrichit encore ce jeu des styles qui se rĂ©pondent de siĂšcle en siĂšcle. Mais rien n’Ă©gale la sĂ©duction dansante de la 18Ăšme (faite par Rachma pour plaire Ă  son impressario et lui donner le moyen de mieux « vendre » le style du compositeur pianiste qu’il dĂ©fendait alors
). Jean-Philippe Sylvestre sait dĂ©ployer une sĂ©duction manifeste tout en soignant les Ă©clats intĂ©rieurs. Le pianiste n’en oublie pas pour autant l’humeur fantasque, l’idĂ©e du caprice et de la libre fantaisie liĂ©s au genre rhapsodique
 ainsi cette conclusion imprĂ©visible qui s’efface, fugitivement, dans une ultime mesure jouĂ©e piano. La libertĂ© et la force Ă©vocatoire du jeu pianistique sont trĂšs convaincants.

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Track listing – Programme dĂ©taillĂ© du cd :

André MATHIEU (1929-1968)

Concerto no 4 en mi mineur

(arr. pour piano et orchestre par Gilles Bellemare) Concerto No. 4 in E Minor

(arr. for piano and orchestra by Gilles Bellemare)

1 ‱ I. Allegro

2 ‱ II. Andante

3 ‱ III. Allegro con fuoco

SergueĂŻ RACHMANINOV(1873-1943)

Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini, op. 43

Rhapsody on a Theme of Paganini, Op. 43

4‱ Introduction: Allegro vivace

5‱ Variation 1: (Precedente)

6‱ Theme: L’istesso tempo

7‱ Variation 2: L’istesso tempo

8‱ Variation 3: L’istesso tempo

9‱ Variation 4: PiĂč vivo

10‱ Variation 5: Tempo precedente

11‱ Variation 6: L’istesso tempo

12‱ Variation 7: Meno messo, a tempo moderato 13‱ Variation 8: Tempo I

14‱ Variation 9: L’istesso tempo

15‱ Variation 10: [Poco marcato]

16‱ Variation 11: Moderato

17‱ Variation 12: Tempo di minuetto

18‱ Variation 13: Allegro

19‱ Variation 14: L’istesso tempo

20‱ Variation 15: PiĂč vivo: Scherzando 21‱ Variation 16: Allegretto

22‱ Variation 17: [Allegretto]

23‱ Variation 18: Andante cantabile 24‱ Variation 19: L’istesso tempo

25‱ Variation 20: Un poco piĂč vivo

26‱ Variation 21: Un poco piĂč vivo

27‱ Variation 22: Un poco piĂč vivo (alla breve) [0:19] 28‱ Variation 23: L’istesso tempo

29‱ Variation 24: A tempo un poco meno messo [0:32]

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1 cd ATMA classiques / ACD22768 – novembre, 2018

Jean-Philippe Sylvestre, piano
Orchestre MĂ©tropolitain
Alain Trudel, direction

Mathieu : Concerto n°4 ; Rachmaninov : Rhapsodie op.43

https://www.atmaclassique.com/Fr/Albums/AlbumInfo.aspx?AlbumID=1614

TEASER vidéo : CHOSTAKOVITCH : intégrale de la musique de chambre pour piano et cordes (PARATY productions)

SHOSTA-CHOSTAKOVITCH-CD-PARATY-critique-cd-review-cd-critique-par-classiquenews-PARATY_718232_Shostakovich_Ensemble_COUV_HMCD Ă©vĂ©nement, SHOSTAKOVICH / CHOSTAKOVITCH : complete chamber music for piano and strings / DSCH – Shostakovich ensemble (2 cd PARATY – ANNONCE). Ce pourrait bien ĂȘtre le coffret Ă©vĂ©nement de 2018 : l’intĂ©grale des oeuvres pour musique de chambre pour piano et cordes de Dmitri Chostakovitch – Jamais une telle somme majeure pour l’expression musicale du XXĂš siĂšcle n’avait Ă©tĂ© rĂ©unie en un seul coffret : c’est chose faite grace Ă  l’initiative du pianiste Filipe Pinto-Ribeiro et son DSCH – Ensemble Chostakovitch / Shostakovich Ensemble. Âpre et intense, profonde voire lugubre, inquiĂšte et angoissĂ©e, mais d’une ineffable tendresse humaine, la musique de Dmitri Chostakovitch Ă  l’époque de la terreur stalinienne sait porter le masque de la distance, faussement indiffĂ©rente, pour mieux ciseler une absolue comprĂ©hension de la nature humaine, dans ses contradictions, ses horreurs et sa grandeur. A l’écoute de cette musique pudique et intime (sous la voile d’un cynisme distanciĂ©), relevant les dĂ©fis de l’écoute collective, et du jeu chambriste le plus raffinĂ©, les 4 solistes rĂ©unis autour de Filipe PINTO-RIBEIRO, – tous individualitĂ©s fortes capables aussi de se fondre dans une Ă©tonnante sonoritĂ© collective-, rĂ©alisent en 2 cd, pour le label PARATY, une intĂ©grale Ă©vĂ©nement, vĂ©ritable accomplissement qui s’avĂšre ĂȘtre la rĂ©fĂ©rence nouvelle.

CLIC D'OR macaron 200Un Chostakovitch / Shostakovich dĂ©poussiĂ©rĂ©, habitĂ©, rĂ©gĂ©nĂ©rĂ© : sincĂšre et vrai. Coffret Ă©vĂ©nement, CLIC de CLASSIQUENEWS 2018, Ă©lu meilleur cd de l’annĂ©e 2018 (RĂ©alisation studio CLASSIQUENEWS.TV).

CD, coffret événement. MAHLER / RATTLE / BERLINER PHILHARMONIKER : 6Ú Symphonie

mahler-rattle-symphony-symphonie-6-berliner-philharmoniker-annonce-review-critique-cd-par-classiquenewsCD, coffret Ă©vĂ©nement. MAHLER / RATTLE / BERLINER PHILHARMONIKER : 6Ăš Symphonie. En guise d’adieux, comme directeur musical du Philharmonique de Berlin, Simon Rattle enregistre ici la 6Ăš de Mahler, en juin 2018 (mise en regard de leur enregistrement prĂ©cĂ©dent en 1987). Evidemment la comparaison laisse se prĂ©ciser plusieurs points esthĂ©tiques d’importance. Dont surtout une prise de son moins compacte et uniforme en 2018, avec un travail remarquable sur le dĂ©tail et la ciselure de chaque mesure, rĂ©vĂ©lant l’évolution du chef, d’architecture parfois dur Ă  ses « dĂ©buts », quoique trĂšs engagĂ©, vers un souffle intĂ©rieur filigranĂ©, qui en 2018 montre une vive attention Ă  l’énergie et l’activitĂ© de l’ombre qui sous-tend l’ensemble de la cathĂ©drale orchestrale.
Pour un dernier enregistrement entre Rattle et l’Orchestre berlinois, le choix de la 6Ăš peut se rĂ©vĂ©ler curieux : pas d’ample Ă©lan vocal et choral, pas de conclusion triomphale, dans la lumiĂšre ; plutĂŽt l’emprise du doute, de l’ombre, de l’inquiĂ©tude ; lesquels concluent le Finale, vif, acĂ©rĂ©, tranchant mĂȘme comme un coup du destin plus assĂ©nĂ© et subi
 qui laisse interrogatif. Rattle s’est appropriĂ© le sens du dĂ©veloppement Ă  travers les 4 mouvements : il fait des questionnements de Mahler lui-mĂȘme sur sa vie et sur l’écriture symphonique, un terreau riche en idĂ©es, un fourmillement de sentiments mĂȘlĂ©s et contradictoire d’oĂč l’issue salvatrice ne surgit rĂ©ellement jamais. Pour Ă©clairer ce magma de forces sombres voire lugubres (coup de hache du marteau au cri sourd et froid, voire glacial), le chef Ă©tage et Ă©quilibre idĂ©alement les pupitres surdimensionnĂ©s des cuivres, des percussions
 qui creusent davantage l’ñpretĂ© et la tension constante du dĂ©veloppement. Les couleurs du destin (cors, trombones, tuba mais aussi vents dont les bassons
) sont magnifiques, leur dĂ©finition dans la totalitĂ© sonore, remarquable de prĂ©cision et de relief. De ce vortex Ă  la fois amer et majestueux, se dĂ©tache Ă©videmment le mouvement lent, – le seul vĂ©ritable avec celui de la 4Ăš prĂ©cĂ©dente-, une pause oĂč s’alanguit et s’affirme l’idĂ©e du songe, suspendu, attendri avec Ă©videmment la citation de la nature (cloches des vaches) : le prĂ© Ă  vaches Ă©tant l’élĂ©ment central de ce ressourcement auquel aspire l’ñme du poĂšte compositeur, fuyant ce chaos de fin du monde, tel qu’il se prĂ©cise et s’enfle au dĂ©but du Finale justement. Rattle plus dĂ©taillĂ© que jamais, sans aucune duretĂ©, rĂ©tablit la morsure du destin, impitoyable machine Ă  broyer et soumettre. L’engagement du chef et sa complicitĂ© avec les instrumentistes du Berliner, en ce mois de juin 2018, atteignent un sommet d’expressivitĂ© incisive, aux Ă©lans Ă©perdus, fouillĂ©s, 
assassinĂ©s, idĂ©alement bouleversants. Il fallait du courage pour conclure sur cette note lugubre et tendue, dĂ©pressive et presque maladive. Rattle y apporte toute son expĂ©rience et sa sensibilitĂ©, rĂ©alisant du maestrum mahlĂ©rien, un bain aux remous souterrains entre angoisse et impuissance mĂȘlĂ©es (de la part du hĂ©ros) qui convoquent le cosmos et laisse finalement dĂ©muni, dans le dĂ©pouillement quasi spectral de la fin. Somptueuse et courageuse fin de mandat.

 

 

 

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Le Berliner Philharmoniker n’a pas lĂ©sinĂ© sur les moyens, rĂ©alisant une luxueuse Ă©dition discographique : le coffret Ă  l’italienne, s’ouvre Ă  gauche avec un boĂźtier trĂšs sobre contenant les 2 cd, soit les 2 versions de la 6Ăš, celle de 2018, celle de 1987; le disc blu ray contenant les deux ; un double bonus video qui apporte les Ă©clairages du chef sur l’oeuvre choisie et sur sa proximitĂ© et son travail avec les Berliner Philharmoniker, le temps de son mandat, de 2002 Ă  juin 2018.
A droite, c’est un « an extensive companion book », un livre magnifiquement illustrĂ© rĂ©capitulant les temps forts de la direction de Rattle Ă  Berlin, comme un journal de bord, avec le souvenir photographique des annĂ©es de complicitĂ© et d’accomplissement musical.

 

 

 

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2 CDs + 1 Blu-ray Disc + Audio Download
Edition de luxe – 44,90 € (prix indicatif)

CLIC_macaron_2014Berliner Philharmoniker‹Sir Simon Rattle, direction
Gustav Mahler : Symphonie n°6
CD 1: Recorded in June 2018 at the Philharmonie Berlin‹CD 2: Recorded in November 1987 at the Philharmonie Berlin

Bonus videos
2 documentaires: “Echoing an Era: Simon Rattle and the Berliner Philharmoniker 2002–2018” (67 min)
Introduction by Sir Simon Rattle (10 min)

 

 

 
 

 

 

CD, coffret. BERLINER PHILHARMONIKER : Simon RATTLE / MAHLER : Symphonie n°6 (2 cd, 1 blu ray – Ă©ditions Berliner Philharmoniker recordings)

mahler-rattle-symphony-symphonie-6-berliner-philharmoniker-annonce-review-critique-cd-par-classiquenewsCD, coffret. BERLINER PHILHARMONIKER : Simon RATTLE / MAHLER : Symphonie n°6 (2 cd, 1 blu ray – Ă©ditions Berliner Philharmoniker recordings). La 6Ăš de Mahler marque un tournant dĂ©cisif dans le travail de l’orchestre et du chef britannique : voici leur premier enregistrement de novembre 1987 ; puis celui de juin 2018, – soit 30 ans aprĂšs, tel le volet de la saison des adieux, car Simon Rattle quitte le direction musicale Ă  l’étĂ© 2018 (aprĂšs 16 annĂ©es d’une direction qui laisse pourtant mitigĂ©). C’est un apport rĂ©flĂ©chi qui trouve un Ă©cho prĂ©cĂ©dent d’une admirable profondeur, plus profonde, mieux ambivalente Ă  notre avis ; avec les annĂ©es, la sonoritĂ© s’est enrichie, atteignant une rondeur hĂ©doniste que n’aurait pas dĂ©savouĂ© Claudio Abbado. Mais qui a perdu son sens des contrastes et des vertiges intĂ©rieurs
 Avec les annĂ©es, Rattle s’est comme assagi, optant en 2018 pour une lecture d’une perfection sonore trĂšs (trop) sĂ©duisante) ; mais en novembre 1987, il y avait un souffle d’une tension « wagnĂ©rienne », une ĂąpretĂ© qui s’est attĂ©nuĂ©e avec les annĂ©es
 La confrontation entre les deux lectures est passionnante et dĂ©voile l’évolution d’un travail en complicitĂ© et en approfondissement. Double vision en guise de testament artistique du chef qui tire sa rĂ©vĂ©rence, et fait ainsi ses adieux en juin 2018 par l’enregistrement, aux instrumentistes du Berliner Philharmoniker. Grande critique du coffret Symphonie n°6 de Gustav Mahler par Simon Rattle et le Philharmoniker Berliner, Ă  venir dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com.

 
 
 

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CONTENU du coffret

 
 
 

Berliner Philharmoniker
Sir Simon Rattle, direction / conductor

Gustav Mahler : Symphony No. 6 

CD 1: Recorded in June 2018 from the Philharmonie Berlin
CD 2: Recorded in November 1987 from the Philharmonie Berlin

Bonus video:
Documentary: “Echoing an Era: Simon Rattle and the Berliner Philharmoniker,

2002-2018” (67 min)
Introduction by Sir Simon Rattle (10 min)

 
 
 

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Gustav Mahler: Symphony No. 6
2 CD + 1 Blu-ray + download / hardcover linen edition
Prix indicatif : 44, 90 euros

Contenu du coffret commémoratif
CDs 1&2 :
Gustav Mahler: Symphony No. 6
CD 1: Recording from 20 June 2018
CD 2: Recording from 15 November 1987
BLU-RAY DISC :
Concert Video: Symphony No. 6 from 20 June 2018 (83 min)
High resolution audio:
Symphony No. 6 from 20 June 2018
2.0 PCM Stereo 24-bit/96 kHz
5.1 DTS-HD MA 24-bit/96 kHz
Symphony No. 6 from 15 November 1987
2.0 PCM Stereo 24-bit/96 kHz
Bonus
· Documentary: “Echoing an Era – Simon Rattle and the Berliner Philharmoniker 2002–2018” (67 mins)
· Introduction by Sir Simon Rattle
Full HD 16:9 / PCM Stereo
5.1 Surround DTS-HD
Region Code: ABC (worldwide)
Accompanying booklet
72 pages / German, English
Download Code
For high resolution audio files of
the entire album (24-bit / up to 192 kHz)
Digital Concert Hall
7- Day Ticket for the Berliner Philharmoniker’s
virtual concert hall

 
 
 

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Plus d’infos sur le site du Berliner Philharmoniker :
https://www.berliner-philharmoniker-recordings.com/mahler-6.html

 
 
 

Centenaire DEBUSSY 2018. Entretien avec RĂ©my Campos, commissaire de l’exposition « DEBUSSY A LA PLAGE

debussy-a-la-plage-exposition-saint-germain-par-classiquenewsDEBUSSY A LA PLAGE
 Entretien avec RĂ©my Campos, commissaire de l’exposition « DEBUSSY A LA PLAGE, archĂ©ologie d’un album photographique », actuellement au Domaine national de Saint-Germain en Laye (78) ; et jusqu’au 15 dĂ©cembre 2018. Qu’a Ă  faire Claude Debussy Ă  l’étĂ© 1911 sur les plages et bords de mer normand, Ă  Houlgate prĂ©cisĂ©ment, appareil photographique Ă  la main, arpentant les lieux de vie, parfois mondains, souvent familiaux, promenades et jetĂ©es, prĂšs du Casino et des cabines de bain ? RĂ©my Campos soulĂšve le voile et rĂ©vĂšle la passion ou plutĂŽt l’Ɠil photographique d’un Debussy viscĂ©ralement sauvage et solitaire, quelques annĂ©es avant la dĂ©claration de guerre


 

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : De tout le corpus photographique que vous avez visualisĂ©, quels dĂ©tails ou facettes – ainsi rĂ©vĂ©lĂ©s ou dĂ©couverts- de Debussy vous ont surpris, Ă©bloui, enchantĂ© ?

RĂ©my CAMPOS / RC : Il y a d’abord eu la dĂ©couverte de documents inĂ©dits. Pour un historien, c’est Ă©videmment un moment palpitant. Seules quatre ou cinq images du sĂ©jour des Debussy Ă  Houlgate avaient Ă©tĂ© rĂ©guliĂšrement reproduites depuis les annĂ©es 1920. Toutes les images reprĂ©sentant Emma et sa mĂšre avaient jusqu’ici dormi dans les albums de familles conservĂ©s Ă  la BibliothĂšque nationale de France. Ceux-ci contenaient aussi un trĂšs grand nombre de clichĂ©s pris dans le jardin de l’hĂŽtel particulier des Debussy (avenue du Bois – aujourd’hui avenue Foch). Dans ces images intimes, on voit beaucoup Chouchou, la fille du couple, et on dĂ©couvre aussi le quotidien d’une famille bourgeoise avec nurse anglaise, domestiques, visites familiales et rĂ©ception d’amis.
Et puis il y a eu l’aventure documentaire amorcĂ©e par la dĂ©couverte fortuite de photographies que le jeune Jacques Henri Lartigue avait prises de la famille Debussy, sans savoir toujours qui passait devant son objectif. L’enquĂȘte nous a entraĂźnĂ© loin, jusqu’à des trouvailles inattendues comme cette photographie de presse prise aux courses Ă  Longchamp oĂč l’on dĂ©couvre Emma et sa fille parmi les dames Ă©lĂ©gantes prĂ©sentes ce jour-lĂ  au bord des pistes.
De fil en aiguille, les images rassemblĂ©es ont suscitĂ© une rĂ©flexion inattendue sur le rapport des Debussy Ă  l’image photographique.

 

 

 

 

CNC : Quelle est la relation de Debussy à la société, à la plage ou à Paris, ces clichés rassemblés nous révÚlent-ils ?

debussy a la plage catalogue gallimard livre CLIC de classiquenews critique livre par classiquenewsSi on le compare Ă  Gabriel FaurĂ© ou Ă  Igor Stravinsky, pour ne prendre que deux de ses contemporains, Claude Debussy est un crĂ©ateur solitaire, surtout dans la derniĂšre partie de sa carriĂšre. L’accĂšs Ă  l’hĂŽtel particulier de l’avenue du Bois est strictement limitĂ© Ă  la famille des deux Ă©poux et Ă  un cercle trĂšs Ă©troit d’amis. Rares seront les journalistes Ă  pouvoir approcher le compositeur et les importuns sont tenus Ă  distance. Les photographies tĂ©moignent de cet isolement recherchĂ©. Ce sont toujours les mĂȘmes personnes que l’on retrouve dans les images. Aucun clichĂ© ne montre des rĂ©unions mondaines comme il en existe du temps oĂč Debussy frĂ©quentait Ernest Chausson dans les annĂ©es 1890. Les tĂ©moignages de ses proches vont dans le mĂȘme sens. Raoul Bardac, fils du premier mariage d’Emma et Ă©lĂšve en composition de Claude Debussy, tĂ©moigne du goĂ»t de la solitude du musicien.
Le sĂ©jour Ă  Houlgate en aoĂ»t 1911, voulu par sa femme, est par consĂ©quent une terrible Ă©preuve pour Claude Debussy qui se trouve plongĂ© dans la trĂ©pidante vie mondaine que les Parisiens sĂ©journant sur la cĂŽte normande, transportent avec eux le temps d’un Ă©tĂ©. La station est parmi les plus Ă©lĂ©gante de l’époque mais on y trouve tout ce que Claude Debussy dĂ©teste : les musiques faciles des casinos, les clients envahissants d’un Grand-HĂŽtel cosmopolite, l’obsession du paraĂźtre, etc.

 

 

 

CNC :Comment expliquer cette “passion” photographique, de la part de Debussy ?

L’intĂ©rĂȘt de Claude Debussy pour la photographie ne nous est connu qu’en creux. Le musicien n’a jamais Ă©crit un article oĂč il se serait enthousiasmĂ© pour cet art encore jeune, sa correspondance n’y fait allusion que de façon sporadique et il ne semble pas qu’il ait possĂ©dĂ© dans les annĂ©es 1880-1900 le coĂ»teux appareillage nĂ©cessaire aux prises de vues. Pendant sa jeunesse, le musicien a pour plus proche ami Pierre LouĂżs, Ă©crivain ayant la passion de la photographie, qui le mettra en scĂšne dans des images trĂšs soignĂ©es, comme on en produisait alors dans les milieux artistiques (Edgard Degas ou Pierre Bonnard, par exemple, ont consacrĂ© beaucoup de temps Ă  fabriquer des images photographiques qui entendaient dialoguer avec la peinture).
Durant les vingt derniĂšres annĂ©es de sa vie en revanche, Claude Debussy et sa femme Emma ont Ă©tĂ© des photographes amateurs comme il en existait alors des milliers. SĂ©duits par la facilitĂ© d’usage des appareils de type Kodak et de dĂ©veloppement des clichĂ©s que l’on peut alors confier Ă  un dĂ©taillant, la famille Debussy rĂ©alise un trĂšs grand nombre d’images, dont beaucoup sont d’ailleurs mal cadrĂ©es ou peu Ă©clairĂ©es. La photographie est alors une pratique en passe de devenir banale. Les Debussy ne se distinguent pas dans ce domaine de leurs contemporains.

 

 

 

CNC : Savons-nous sur quelles partitions Debussy travaillait-il pendant ses étés à la plage ?

DĂšs les premiĂšres annĂ©es de vie commune, le couple Debussy part tous les Ă©tĂ©s en vacances au bord de la Manche. En 1904 Ă  Pourville oĂč Claude corrige des Ă©preuves d’imprimerie, en 1905 Ă  Eastbourne oĂč il travaille Ă  la premiĂšre sĂ©rie des Images pour piano, en 1906 prĂšs de Dieppe oĂč il emporte ses Images pour orchestre en cours d’écriture et en 1907 de nouveau Ă  Pourville oĂč il songe Ă  un Tristan qui ne verra jamais le jour.
Le voyage Ă  Houlgate qui est au cƓur du livre Debussy Ă  la plage est le seul Ă  avoir lieu entre 1908 et 1914. Pendant ce sĂ©jour en aoĂ»t 1911, Claude Debussy travaille Ă  l’orchestration de la Rhapsodie pour clarinette originellement composĂ©e pour les concours du Conservatoire de Paris avec un accompagnement de piano. Ou plutĂŽt, il promet Ă  son Ă©diteur un arrangement auquel il ne se consacrera que de retour Ă  Paris en septembre. Le moment houlgatais est celui d’un grand dĂ©sarroi artistique.
En pleine guerre, la villĂ©giature Ă  Pourville de juillet Ă  octobre 1915 fait exception. Claude Debussy n’habite pas dans un de ces hĂŽtels internationaux dont il dit tant de mal dans sa correspondance mais dans la villa « Mon coin », Ă©loignĂ©e du rivage et donc des touristes. Dans cette maison prĂȘtĂ©e par des amis, la Manche n’est visible qu’au loin. Parce qu’il n’est pas astreint aux obligations mondaines d’une station balnĂ©aire, Claude Debussy parvient Ă  Ă©crire pendant les quatre mois de ce dernier sĂ©jour normand plusieurs de ses ultimes chefs-d’Ɠuvre : En blanc et noir, les deux livres d’Études pour piano, la Sonate pour flĂ»te, alto et harpes.
Lors des deux vacances maritimes suivantes – au Moulleau, prĂšs d’Arcachon, pendant l’étĂ© 1916 puis Ă  Saint-Jean-de-Luz en 1917 –, Claude Debussy sera gravement malade et n’écrira plus de musique.
MalgrĂ© la vĂ©ritable fascination de Debussy pour la mer, le musicien aura finalement peu Ă©crit prĂšs des rivages. Ultime paradoxe : on sait aujourd’hui que le musicien a commencĂ© la composition de la Mer Ă  Bichain dans l’Yonne pendant les vacances de l’étĂ© 1903


 

 

Propos recueillis en octobre 2018.

 

 

 

 

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SAINT-GERMAIN EN LAYE (78), DEBUSSY A LA PLAGE, Exposition au Domaine national de Saint-Germain-en-Laye, ville natale de Claude Debussy, du 15 septembre au 15 dĂ©cembre 2018. Commissaire : RĂ©gis Campo. PrĂ©sentation critique du catalogue Ă  venir sur classiquenews. Exposition en plein air, grilles du chĂąteau et de la Mairie de Saint-Germain : photographies en grand format 

 

 

 

 LIRE aussi notre prĂ©sentation du Livre Catalogue “Debussy Ă  la Plage” (Gallimard)

 

 debussy a la plage catalogue gallimard livre CLIC de classiquenews critique livre par classiquenews

Livre, critique. GĂ©rard Mannoni : Une vie Ă  l’opĂ©ra, souvenirs d’un critique (Ă©ditions Buchet-Chastel)

une vie a l opera buchet chastel livre critique livre par classiquenews gerard mannoniLivre, critique. GĂ©rard Mannoni : Une vie Ă  l’opĂ©ra, souvenirs d’un critique (Ă©ditions Buchet-Chastel). L’auteur rend compte de ses reportages, et sujets traitĂ©s au fur et Ă  mesure d’une carriĂšre dĂ©roulĂ©e au contact des artistes Ă  l’affiche, depuis le milieu des annĂ©es 1940, jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 2000 (terminant l’énoncĂ© d’une vie bien artistiquement bien remplie Ă  Tokyo et en Ă©voquant Ă  ses dĂ©buts alors, le phĂ©nomĂšne Jonas Kaufmann)
 ce sont les souvenirs d’un critique et envoyĂ© spĂ©cial, salariĂ© par divers medias de la presse Ă©crite spĂ©cialisĂ©e (ou pas) pour couvrir les Ă©vĂ©nements lyriques d’alors; au fil des pages (plus de 250 au total), se prĂ©cisent dans les replis de la mĂ©moire et aprĂšs l’écoute de bandes d’entretiens enregistrĂ©s, conservĂ©es in extremis dans sa maison de campagne-, la personnalitĂ© des interprĂštes, surtout chanteurs d’opĂ©ra, qui pour certains, sont devenus des amis.

 

 

GĂ©rard Mannoni raconte l’opĂ©ra du XXĂš
Petites et grandes histoires de la lyricosphĂšre

 

 

La sphĂšre opĂ©ratique se dĂ©voile dans la diversitĂ© des corps de mĂ©tiers engagĂ©s ; Ă  travers surtout la vie en coulisses, prĂ©paration et rĂ©pĂ©titions, petites histoires et anecdotes qui s’inscrivent dans une mĂ©moire saturĂ©e d’instants surtout mondains, parfois magiciens. La galerie de portraits est digne d’un roman picaresque tant les profils et les comportements sont variĂ©s ; tous rĂ©vĂ©lateurs d’une rĂ©alitĂ© : la personnalitĂ© humaine contredit parfois l’impression entretenue par la personnalitĂ© artistique. Voyez par exemple la froideur distante d’une Schwarzkopf – hautaine et se rendant inaccessible – comme une divinitĂ© allemande ; tout l’inverse d’une Montserrat CaballĂ©, autrement plus chaleureuse et simple, Ă  un mĂȘme niveau artistique : d’ailleurs, le portrait de la diva catalane pourrait ĂȘtre un hommage parfait depuis sa disparition le 6 octobre dernier (p 25).

Ainsi s’égrĂšnent les petites histoires du milieu lyrique (et aussi chorĂ©graphique, car l’auteur a suivi de nombreux ballets Ă  l’OpĂ©ra de Paris). Maurice BĂ©jart, Yvette ChauvirĂ©, Balanchine, Barychnikov, Cuevas et ses ballets ou Serge Lifar
 alimentent la chronique des danseurs et des chorĂ©graphes. Un milieu Ă  peine moins croustillant.
Mais l’auteur maĂźtrise son sujet : l’art de la narration et des Ă©vocations calibrĂ©es, demeurent parfaitement rythmĂ©. Le journaliste connaĂźt bien son mĂ©tier. Toujours il raconte une histoire et Ă  travers, dĂ©crit une situation qui en dit long sur ses acteurs
 On le suit ainsi Ă  Bayreuth, Ă  l’époque de Wieland Wagner Ă  la fin des annĂ©es 1950, quand la Colline verte savait encore produire de superbes productions en particulier sur le plan vocal (Birgit Nilsson, Elisabeth GrĂŒmmer, Astrid Varnay,
) ; Ă  Paris en 1958, pour le gala donnĂ© Ă  l’OpĂ©ra par Maria Callas la Divine, alors au sommet d’une carriĂšre surmĂ©diatisĂ©e ; passent les divas devenues lĂ©gendaires telles Tebaldi, Galina Vichnevskaia (qui habitait un superbe appartement parisien avec son Ă©poux Rostropovitch
) ; RĂ©gine Crespin, Germaine Lubin, la diva nazillarde ; et mĂȘme une certaine Suzy Lefort, belle sƓur du directeur de festival (Aix), Bernard : une dĂ©voreuse dĂ©lurĂ©e, tout Ă  fait emblĂ©matique d’un certain milieu parisien tout Ă  fait artificiel et sophistiquĂ© pour lequel l’opĂ©ra est avant tout un faire valoir
 mondain et politique. On sent alors une certaine Ă©motion nostalgique Ă  l’évocation de dĂźners d’aprĂšs-premiĂšre Ă  l’Espace Cardin Ă  Paris, oĂč Ă©taient prĂ©sents Saint Laurent, Paloma Picasso et autres cĂ©lĂ©britĂ©s du gotha Ă  connaĂźtre. TĂ©moin sincĂšre (ou affabulateur, mais alors dans une moindre mesure), l’auteur ressuscite tout un monde dĂ©sormais perdu, qui et le temps de son activitĂ©, put Ă©prouver l’illusion d’ĂȘtre Ă©ternel en accrochant les Ă©toiles. Il nous reste pour le pire et le meilleur des vĂ©ritĂ©s bien pesĂ©es, si rĂ©vĂ©latrices de la personnalitĂ© de certaines lĂ©gendes lyriques du siĂšcle passĂ© (Fedora Barbieri et Leonie Rysanek, June Anderson et Jane Rhodes, surtout Beverly Sills, la plus grande coloratoure – avec CaballĂ©, du XXĂš : une mĂšre attentive avant d’ĂȘtre une artiste dĂ©jĂ  exceptionnelle
) ; tout cela ne s’invente pas mais a Ă©tĂ© vĂ©cu simplement. La preuve que la rĂ©alitĂ© dĂ©passe souvent la fiction. A lire absolument.

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CLIC D'OR macaron 200Livre, critique. GĂ©rard Mannoni : Une vie Ă  l’opĂ©ra, souvenirs d’un critique (Ă©ditions Buchet-Chastel) – Format : 14 x 20,5 cm, 264 pages – prix indicatif :20€ – ISBN 978-2-283-03076-9 – Parution : septembre 2018

 

 

CD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. THE ASIAN TOUR : Berliner Philharmoniker / Rattle (nov 2017 – 5 SACD, 1 Blu ray)

berliner-philharmoniker-coffret-cd-the-asian-tour-review-presentation-par-classiquenewsCD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. THE ASIAN TOUR : Berliner Philharmoniker / Rattle (nov 2017 – 5 SACD, 1 Blu ray). Voici le coffret Ă©vĂ©nement par excellence, tant par le luxe de son Ă©dition que la qualitĂ© des tĂ©moignages musicaux et les complĂ©ments proposĂ©s (1 vidĂ©o blu ray / 1 documentaire The Berliner Philharmoniker en Asie, journal de la tournĂ©e, un livret richement Ă©ditorialisĂ© comprenant de nombreux articles sur l’orchestre et le chef, ainsi qu’un carnet photographique tĂ©moignant des sĂ©quences artistiques et humaines vĂ©cues pendant la tournĂ©e). La derniĂšre tournĂ©e en Asie de l’orchestre berlinois sous la direction de Simon Rattle (Ă  la fin de son mandat comme directeur musical, avant l’arrivĂ©e de Kiril Petrenko son successeur Ă  partir de septembre 2018). Au centre des programmes, les deux derniers concerts ainsi jouĂ©s en Asie, Ă  Tokyo (Japon, Suntory Hall, en novembre 2017)
 Au programme, symphonies de Brahms (n°4) et Rachmaninov (n°3), Petrouchka de Stravinsky, Don Juan de R Strauss (une partition jouĂ©e il y a 60 ans dĂ©jĂ , depuis sa premiĂšre performance avec l’Orchestre sous la direction de Karajan), en complĂ©ment, la collaboration de deux pianistes asiatiques de la nouvelle gĂ©nĂ©ration, dĂ©jĂ  reconnus Ă  juste titre, le corĂ©en Seong-Jin CHO et la chinoise Yuja WANG (dans les Concertos pour piano de BartĂłk et Ravel).

 
 
 

BAIN DE SYMPHONISME BERLINOIS

 
 
 

berliner-philharmoniker-simon-rattle-orchestre-the-asian-tour-coffret-set-cd-box-review-presentation-par-classiquenews-2-sept-2018

 
 
 
CLIC D'OR macaron 200L’éclectisme des programmes dĂ©fendus rĂ©vĂšle l’approche et les choix de rĂ©pertoire dĂ©fendus par Rattle pendant sa direction Ă  la tĂȘte de l’Orchestre : contrastĂ©e, offrant une vision sur l’écriture contemporaine (Choros Chordon du compositeur corĂ©en Unsuk CHIN), comme des parallĂšles Ă©loquents sur le plan chronologique et esthĂ©tique (ici, Petruchka et la Symphonie n°3 de Rachmaninov sont contemporaines)

Coffret paru en mai 2018. Élu “CLIC” de CLASSIQUENEWS de l’automne 2018.  Prochaine grande critique dans le mag cd livres dvd de CLASSIQUENEWS.COM

 
 
 

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CD, coffret Ă©vĂ©nement. THE ASIAN TOUR : Berliner Philharmoniker / Rattle (nov 2017 – 5 SACD, 1 Blu ray).

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Photos : Berliner Philharmoniker / Seong Jin CHO © M Rittershaus

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LIVRE Ă©vĂ©nement, critique et annonce. Brigitte François-Sappey : JOHANNES BRAHMS : Chemins vers l’absolu (Fayard)

brahms brigitte francois sappey livre evenement clic de classiquenews livre critique book review FAYARDLIVRE Ă©vĂ©nement, critique et annonce. Brigitte François-Sappey : JOHANNES BRAHMS : Chemins vers l’absolu (Fayard). C’est peu dire que l’auteure connaĂźt son sujet. Ses Schumann demeurent des rĂ©fĂ©rences ; ses nombreux articles et opuscules sur le romantisme germanique, tout autant. C’est dire si « son » Brahms, ayant Ă©tĂ© annoncĂ©, Ă©tait attendu et particuliĂšrement scrutĂ©. L’attente comme la lecture n’en sont pas déçus, loin de lĂ . Tant la finesse de l’écriture, d’une exactitude toute 
 brahmsienne justement, rĂ©gĂ©nĂšre le mythe et la figure du compositeur nĂ© Ă  Hambourg ; la biographie qui en dĂ©coule nĂ©puise pas la lecture par une accumulation de dĂ©tails liĂ© au quotidien d’une chronologie minutieusement restituĂ©e ; mais le texte convainc par sa facultĂ© de synthĂšse et sa grande Ă©rudition jamais inaccessible ni fastidieuse ; l’étude, la recherche, la rĂ©daction fluide qui en dĂ©coule, pĂšsent de tous leurs carats ; c’est un portrait tout en effet rĂ©flĂ©chi, tout en nuances des plus prĂ©cises et Ă©vocatrices. Un modĂšle en la matiĂšre. Seule rĂ©serve, le manque d’iconographie et de photos du MaĂźtre (Ă  part la couverture et quelques rares effigies Ă©maillant le texte).

Luthérien, agnostique, solitaire
BRAHMS le marcheur vers l’Absolu

Le JOHANNES BRAHMS (1833 – 1897) dont il est question ici, est bien le champion Ă©lu (1853) par Schumann avant de mourir, prophĂšte d’un « classicisme moderne » sans Ă©gal, portĂ© au sommet par Schoenberg, et qui de fait, releva idĂ©alement, point par point, le dĂ©fi de survivre Ă  Schumann, son maĂźtre spirituel, son mentor, incarnant ce luthĂ©ranisme sincĂšre mais agnostique, qui savait combien Ă©taient essentielles les oeuvres des classiques germaniques », JS BACH, Beethoven, Haydn,
 les Viennois de la premiĂšre Ă©cole.

Le texte en quatre grandes parties (I. Il n’est rien qu’il ne puisse entreprendre / II. Gradus ad Parnassum / III. Il n’est rien dont il ne puisse se rendre maĂźtre / IV. Par-delĂ  1897. Regards sur l’avenir), analyse les vertus admirables d’un « Hercule » solitaire, marcheur inspirĂ© qui a su synthĂ©tiser la leçon des anciens pour mieux en transmettre la vivante et constante impertinence Ă  son Ă©poque.
PĂ©riode par pĂ©riode, -Hambourg vite quittĂ©e, Dusseldorf et la « Rencontre avec Schumann », Vienne adorĂ©e qui le lui rendit bien, le chemin vers l’Absolu de la musique se dessine ; Brahms est un rĂȘveur dĂ©terminĂ© ; hors styles ; hors chapelle ; un prophĂšte Ă  part sur lequel le temps mĂȘme semble glisser
 Toutes les oeuvres de musique de chambre et les lieder, comme les opus symphoniques (dont les Concertos pour piano) et les cantates, sans omettre Ein Deutsches Requiem, sont analysĂ©s, rĂ©tablis dans le contexte de la vie personnelle , des affinitĂ©s artistiques, des amitiĂ©s, et des mondanitĂ©s sociales.
La question du cĂ©libat, de l’opĂ©ra, de Clara, de la barbe aussi
 sont abordĂ©es avec arguments comme interprĂ©tations, celles d’une perception personnelle, Ă  la fois originale et surprenante.

Sont enfin Ă©lucidĂ©s les Ă©pisodes peu connus ou qui suscitaient question : « L’affaire de la Philharmonie de Hambourg », « le dilemne du hĂ©risson », « Brahms et Wagner » et donc la « TĂ©tralogie symphonique », « le Bach moderne », « l’appel de la clarinette », les ultimes lieder, « chants du crĂ©puscule »  soient autant de chemins (avec un s) qui mĂšne le marcheur dĂ©terminĂ© vers l’idĂ©al et l’Absolu. Lecture incontournable.

 

 

 

 

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LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. JOHANNES BRAHMS, Chemins vers l’Basolu (Fayard, collection Chemin de la musique) – EAN :
9782213701646 – EAN numĂ©rique :  9782213703282 – Code article : 3287530 – Parution :  03/10/2018 – 408 pages

https://www.fayard.fr/johannes-brahms-9782213701646

 

 

 

LIVRE, événement. Alfred Cortot par François Anselmini et Rémi Jacobs (Fayard)

cortot alfred anselmini remi jacobs fayard annonce critique livre par classiquenews sept 2018 9782213701660-001-TLIVRE, Ă©vĂ©nement. Alfred Cortot par François Anselmini et RĂ©mi Jacobs (Fayard). Pianiste virtuose, chef d’orchestre, chambriste, prof aux mĂ©thodes et conceptions innovantes, musicographe (premier Ă  s’intĂ©resser Ă  l’enregistrement discographique), collectionneur, administrateur d’institutions, Alfred Cortot (1877-1962) marque le dĂ©but du XXĂš siĂšcle en France, devenant l’ambassadeur d’une certaine idĂ©e glorieuse de l’Hexagone, Ă  l’heure des deux guerres mondiales
 Son hĂ©ritage demeure intact aujourd’hui Ă  travers ses enregistrements, ses Ă©crits et ses «  Éditions de travail  », mais Ă©galement par le biais de l’École normale de musique, qu’il a fondĂ©e en 1919. InterprĂšte par excellence de Chopin, beethovĂ©nien militant, schumannien et lisztien, wagnĂ©rien convaincu, l’interprĂšte pianiste fut aussi le dĂ©fenseur et le propagateur  de la musique française  de son temps Ă  travers le monde (mĂȘme s’il eut une relation assorti d’un discours ambivalent Ă  l’endroit de FaurĂ©).
Les deux auteurs rĂ©tablissent la vĂ©racitĂ© d’un tempĂ©rament artistique d’ampleur qui cependant faillit pendant l’Occupation, exerçant des fonctions administratives et politiques officielles. PortĂ© au delĂ  de la raison par sa passion des germaniques, Cortot bascule dans une posture difficile Ă  dĂ©fendre en serviteur assumĂ© voire zĂ©lĂ© de l’idĂ©ologie vichyste, n’hĂ©sitant pas Ă  profiter de ses prĂ©rogatives pour tenter une rĂ©forme profonde des institutions musicales françaises.
Collabo sans rĂ©serve jusqu’en 1944, Cortot est jugĂ© sur son attitude Ă  la LibĂ©ration. Il s’éloigne alors de la France et continue sa carriĂšre de pianiste, donnant encore une centaine de concerts par an Ă  travers le monde.

Factuel et complet dans son approche thĂ©matisĂ©e de l’artiste et de l’homme, la biographie Cortot 2018 Ă©ditĂ©e par Fayard marque un cap dans la connaissance de l’intĂ©ressĂ©, osant froidement dĂ©veloppĂ© tout un chapitre sur ce qui Ă©tait connu mais tu, pudiquement, son passĂ© vychiste et son activitĂ© intense comme collabo. Voici donc Alfred Cortot contestable mais incontournable. A lire absolument.

 

 

 

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LES AUTEURS. François Anselmini est agrĂ©gĂ© d’histoire. Il a participĂ© Ă  l’ouvrage La Musique Ă  Paris sous l’Occupation dirigĂ© par Myriam ChimĂšnes et Yannick Simon (Fayard, 2013).
RĂ©mi Jacobs, diplĂŽmĂ© du CNSMDP, doctorant en musicologie, a Ă©tĂ© directeur de collections chez EMI Classics. Il est l’auteur d’une biographie d’Heitor Villa-Lobos (Bleu Nuit Ă©diteur, 2010). Ils sont tous les deux les auteurs d’une biographie du Trio Cortot-Thibaud-Casals (Actes Sud, 2014). + d’infos sur le site des Ă©ditions FAYARD

 

 

 

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CLIC_macaron_2014LIVRE, annonce. Alfred Cortot par François Anselmini et RĂ©mi Jacobs (Fayard) – EAN :  9782213701660 / EAN numĂ©rique :  9782213703312 – Code article :  3559964 – Parution :  19 sept 2018 – 468pages / Format : 152 x 234 mm – Prix imprimĂ© :  26 € – Prix numĂ©rique :  17.99 €

KREATUR de Sasha Waltz

waltz-sasha-danse-ballet-classiquenews-critique-danse-critique-ballet-la-danse-actualite-sur-classiquenewsARTE, le 30 sept 2018. 23:40, SASHA WALTZ & Guests: KREATUR. Au cƓur de la crĂ©ation, la chorĂ©graphe Sasha Waltz immerge le spectateur dans le travail du chorĂ©graphe : mouvements en affinage, regards et poses calĂ©s sur la direction des corps, sens gĂ©nĂ©ral d’une dramaturgie corporelle Ă  naĂźtre
 Tout cela se voit, Ă  l’échelle du collectif dans le ballet KREATUR crĂ©Ă© en 2017 Ă  Berlin puis Ă  Avignon en 2018.

 

 

 

 

 

Longueur des corps en quĂȘte de sens

 

 

kreatur-sasha-waltz-ballet-2017-avignon-2018-compte-rendu-annonce-sur-classiquenews-sur-arte-sept-2018

 
 

14 figures interrogent l’actualitĂ© et la modernitĂ© du corps qui se cherche, hors de la gangue costume imaginĂ© / magnifiĂ© par la crĂ©atrice de mode hollandaise Iris van Herpen. L’expressionnisme plastique du style Waltz se fait miroir de notre sociĂ©tĂ© encombrĂ©e d’images et pourtant en quĂȘte de sens. La nuditĂ© primitive est comme un livre sans texte : il faut lui donner un sujet, une direction, non sans angoisse ou inquiĂ©tude comme le cultive les ondes sonores percutantes, mĂ©talliques de la musique conçue par le collectif sound-walk : murmures perçants, grondements sourds (qui viennent pour partie des cellules de l’ex STASI, bras barbare de la RDA) disent une menace qui renvoie aussi au chaos qui fragilise notre monde. La noirceur et la tĂ©nĂšbre rodent toujours : que font, oĂč vont les sociĂ©tĂ©s modernes malgrĂ© leur histoire sanguinaire et terrifiante ? Y a t il finalement un progrĂšs depuis l’aube de l’humanitĂ© ? Certes il est matĂ©riel et technologique, mais au fond du cerveau humain, la tentation de la destruction et de la haine, le goĂ»t de la violence et de l’extrĂȘmisme n’ont jamais Ă©tĂ© aussi manifestes et actifs. KREATUR dĂ©signe ce basculement tĂ©nu oĂč de la terreur cachĂ©e Ă  l’élan vital, salvateur, l’homme du futur peut renaĂźtre de lui-mĂȘme. Surgit aussi une femme plus capo que les autres, prĂȘte Ă  soumettre, ordonner, manipuler : la tyrannie d’un seul na$it toujours quand le collectif se ploie et se brise. MĂȘme le rut sexuel, coĂŻt pourtant sublime et jouissif revĂȘt ici les traits dĂ©vitalisĂ©s, morbides d’un acte de torture, sans Ăąme. L’homme sans libertĂ© et sans dĂ©sir est un automate Ă  soumettre. Dommage malgrĂ© la beautĂ© de certains tableaux que Waltz s’enlise dans des longueurs et des effets trop appuyĂ©s. Plus court, plus fulgurant, le ballet aurait gagnĂ© un rythme autrement plus direct et sublime.

 

 

 

ARTE, le dim 30 sept 2018. 23:40, SASHA WALTZ & Guest: KREATUR. Ballet repris du 17 au 20 avril, Ă  La Villette, Paris 19Ăš ardt. Avec quelques coupures ?

 

 

 

LILLE, concert de l’OFJ Orch Français des Jeunes

tchaikovski-583-597LILLE, OFJ, le 7 sept 2018. Concert Moussa, Bartok, Tchaikovski, ce 7 sept Ă  l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle Ă  Lille. L’OFJ Orchestre Français des Jeunes, – phalange Ă©cole pour les jeunes instrumentistes dĂ©sireux de se professionnaliser fait escale Ă  Lille ce 7 septembre dans un triptyque prometteur (et formateur), comprenant Crimson de Moussa, le Concerto pour violon et orch de Bartok (n°2, avec Nicolas Dautricourt, violon), enfin (surtout) une piĂšce de choix pour grand orchestre, la Symphonie n°4 de Piotr Illiytch Tchaikovski. C’est une nouvelle Ă©tape de la rĂ©sidence de l’Orchestre dans la rĂ©gion Hauts de Seine, et une escale Ă  l’invitation de l’Orchestre National de Lille qui a sa rĂ©sidence permanente au Nouveau SiĂšcle.

SYMPHONIE DECISIVE (1877)
 En fa mineur, l’opus 36 de Tchaikovski (Symphonie n°4) est conçu entre mars et dĂ©cembre 1877 et dĂ©diĂ©e au « meilleur ami » du compositeur, sa mĂ©cĂšne gĂ©nĂ©reuse, Nadejda von Meck. CrĂ©Ă©e Ă  Moscou avec succĂšs en 1878, la N°4 s’ouvre sur l’expression d’un fatum Ă  l’irrĂ©pressible dĂ©sespoir (ample fanfare spectaculaire et terrible), obligeant toujours le hĂ©ros Ă  se confronter Ă  l’éprouvante rĂ©alitĂ©, entre tristesse et malĂ©diction. ÂgĂ© de 37 ans, Piotr compose les 3 premiers mouvements d’une force tellurique Ă  la fois grandiose et terrifiante, Ă  Venise, alors qu’il sĂ©journait au Londra Palace (alors HĂŽtel Beau rivage), en dĂ©cembre 1877. L’ñpretĂ© qui s’y dĂ©verse sans maquillage, annonce la tension extrĂȘme des deux symphonies Ă  suivre, dites du destin, les 5Ăš et 6Ăš (PathĂ©tique), la plus sombre oĂč l’auteur traverse le miroir et semble tĂ©moigner de sa propre mort.
Au moment oĂč il Ă©labore sa 4Ăš Symphonie, Tchaikovski a dĂ©jĂ  Ă©crit ses 3 premiers Quatuors, son Concerto pour piano n°1 (1875), Le lac des cygnes, 
 l’auteur vient de vivre un mariage dĂ©sastreux avec Antonina Milioukova (noces de juillet 1877), qu’il quitte finalement car il est homosexuel. Mais son horizon n’est pas si bouchĂ© car il inaugure une riche correspondance avec la Comtesse von Meck qui finance dĂ©sormais son existence, lui permettant de travailler et composer sans souci d’argent : une protection miraculeuse qui durera jusqu’en 1890, soit 13 annĂ©es. Tchaikovski semble alors recouvrer une certaine stabilitĂ© psychique, et compose EugĂšne OnĂ©guine (bientĂŽt crĂ©Ă© en 1879), hĂ©ros qui est son double, et son Concerto pour violon en rĂ© majeur, dĂ©diĂ© Ă  son compagnon et violoniste Joseph Kotek. Sombre, lugubre mĂȘme, et aussi frappĂ©e par un rĂ©alisme implacable, la Symphonie n°4 de Tchaikovski est une partition terrible et lyrique, d’une irrĂ©sistible aspiration, entre dĂ©sespoir suicidaire (Piotr a songĂ© Ă  se donner la mort en 1877, aprĂšs l’échec de ses noces) et ultime mais fragile Ă©lan de vie
 On ne saurait en gommer le sens et la portĂ©e autobiographique.
Ce qui touche chez Tchaikovski c’est la sincĂ©ritĂ© de l’intonation et cette pudeur qui s’offre Ă  travers la musique pour tĂ©moigner d’une tragĂ©die personnelle. La musique se fait Ă  la fois dramaturgie poignante pour l’auditeur et pour celui qui en porte la tension (auteur et maintenant interprĂštes), un accomplissement libĂ©ratoire voire salvateur.

 

 

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LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcleorchestre-national-de-lille-vignette-partenaires-classiquenews
vendredi 7 septembre 2018, 20h
Concert «  coup du destin »

 

 

MOUSSA
Crimson

BARTÓK
Concerto pour violon et orchestre n°2

TCHAÏKOVSKI
Symphonie n°4

ORCHESTRE FRANÇAIS DES JEUNES
DIRECTION : FABIEN GABEL
VIOLON : NICOLAS DAUTRICOURT

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RÉSERVEZ VOTRE PLACE
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/coup-du-destin/

 

 

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PrĂ©sentation sur le site de l’ONL / Orchestre National de Lille :
tchaikovski Pyotr+Ilyich+Tchaikovsky-1DĂ©bordant d’énergie et d’enthousiasme, l’Orchestre Français des Jeunes conclut son stage d’étĂ© Ă  l’invitation de l’ONL par un programme prometteur et consistant, vrai dĂ©fi pour l’orchestre. RĂ©unissant la fine fleur des instrumentistes du pays, la formation est dirigĂ©e depuis 2017 par le chef français Fabien Gabel. Le flamboyant Concerto pour violon n°2 de BartĂłk prendra des atours chambristes, sous l’archet de Nicolas Dautricourt. Quant Ă  la Symphonie n°4, premiĂšre des symphonies du “Fatum” (Destin), les jeunes musiciens de l’OFJ exalteront la richesse d’une Ɠuvre d’une force exceptionnelle, oĂč l’insouciance du jeune TchaĂŻkovski se voile d’une prĂ©monition, symbolisĂ©e par une puissante sonnerie de cuivres.

 

 

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A TURN OF FATE
Under the baton of the brilliant Fabien Gabel, the French National Youth Orchestra continues to bring together the nation’s very finest instrumentalists. Bela Bartók’s flamboyant Concerto No. 2 for Violin will ring with the intimacy of chamber music, shaped by Nicolas Dautricourt’s voluble and endearing artistry. Tchaikovsky’s Symphony No. 4 is a tragic work of rare power.

 

 

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APPROFONDIR
LIRE notre critique du cd Symphonie n°6 de Tchaikovski par Teodor Currentzis
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-tchaikovski-symphonie-n6-pathetique-musicaeterna-teodor-currentzis-1-cd-sony-classical-2015/

 

 

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CD, critique. GOUNOD : Le Tribut de Zamora 1881. Livre, 2 cd, BRU ZANE / Niquet.

tribut de zamora gounod cd critique par classiquenews concert munich compte rendu de classiquenewsCD, critique. GOUNOD : Le Tribut de Zamora 1881. Livre, 2 cd, BRU ZANE, collection « OpĂ©ra français » / French opera / H. Niquet. 2018, annĂ©e musicale riche. De Debussy Ă  Gounod, le gĂ©nie français romantique et moderne sort du bois et est plus ou moins honorablement servi par les institutions et initiatives privĂ©es. Ainsi cet enregistrement de l’opĂ©ra de Gounod, oubliĂ©, Ă©cartĂ© depuis sa crĂ©ation, Le tribut de Zamora qui renaĂźt par le disque aprĂšs avoir occupĂ© l’affiche munichoise (janvier 2018). Idem pour un Cinq Mars lui aussi mĂ©connu, oubliĂ©, ressuscitĂ© Ă  Munich
en 2015.
A Paris, on se souvient des rĂ©cents Faust (Bastille), Nonne Sanglante (OpĂ©ra-Comique)
 alors que RomĂ©o et Juliette tarde Ă  revenir Ă  Paris, – quand l’OpĂ©ra de Tours en avait offert une sublime production, voici donc ce Zamora, espagnolade et peinture d’histoire, Ă  l’efficacitĂ© dramatique indĂ©niable, et aux joyaux mĂ©lodiques et orchestraux, irrĂ©sistibles. Dans cette Espagne du XĂš, marquĂ© par la prĂ©sence arabe, le compositeur joue avec finesse de l’orientalisme colorĂ©, sensuel dont use et abuse avec un gĂ©nie de l’harmonie, son contemporain et peintre (d’Histoire), GĂ©rĂŽme.
L’air de XaĂŻma (I), la vente des esclaves et les danses ibĂ©riques qui s’en suivent au II, 
 accrĂ©ditent une partition douĂ©e de sĂ©duction, qui Ă  sa crĂ©ation en 1881, suscita un rĂ©el succĂšs.
L’ultime opĂ©ra de Gounod saisit comme RomĂ©o et Faust par sa coupe expressive que le chef ici prend Ă  la lettre, infligeant parfois des coups et des accents un peu secs et souvent raides. La direction ne manque jamais d’engagement mais elle force le trait et virilisant trop Gounod, finit par le durcir.
Parmi les chanteurs, saluons l’aplomb de Hadjar de Boris Pinkhasovich (cependant guĂšre intelligible), la « folle » Hermosa, prenante, incarnĂ©e, trĂšs prĂ©sente thĂ©Ăątralement de l’amĂ©ricaine Jennifer Holloway : la chanteuse rĂ©tablit l’importance de ce personnage grĂące auquel le couple central XaĂŻma / ManoĂ«l peut enfin s’aimer; Edgaras Montvidas fait un ManoĂ«l ardent, parfois appuyĂ© et lui aussi manquant comme souvent de vĂ©ritable finesse. Presque diabolique Ă  ses dĂ©buts, – en cousin de MĂ©phisto, l’excellent baryton grec Tassis Christoyannis exprime l’humanitĂ© grandissante du musulman Ben-SaĂŻd, une sincĂ©ritĂ© inĂ©dite quand il confesse sa passion Ă  la belle XaĂŻma (Judith van Wanroij, elle aussi totalement inintelligible).
Pour conclure, l’enregistrement sans ĂȘtre indiscutable et rĂ©ellement pertinent, a le mĂ©rite de nous rĂ©vĂ©ler un opĂ©ra Ă  rĂ©estimer. Avec une mise en scĂšne intelligente et une distribution francophone digne de Gounod, la partition pourrait enfin vivre une rĂ©surrection mĂ©ritĂ©e. A suivre.

 

 

 

 

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CD, critique. GOUNOD (1818-1893) : Le Tribut de Zamora 1881. Livre, 2 cd, BRU ZANE, collection « Opéra français » / French opera / H. Niquet.

OpĂ©ra en quatre actes, livret de Jules BrĂ©sil et Adolphe d’Ennery
CrĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra de Paris, le 1er avril 1881

XaĂŻma : Judith van Wanroij
Hermosa : Jennifer Holloway
Manoël : Edgaras Montvidas
Ben-SaĂŻd : Tassis Christoyannis
Hadjar : Boris Pinkhasovich
Iglesia / Une esclave : Juliette Mars
L’Alcade Mayor / Le Cadi : Artavazd Sargsyan
Le Roi / Un soldat arabe : JĂ©rĂŽme Boutillier

ChƓur de la Radio bavaroise
Orchestre de la Radio de Munich
Hervé Niquet, direction

Enregistré au Prinzregententheater, Munich, en janvier 2018 /

1 livre + 2 CD – 73:44 + 67:29

 

CD coffret événement, critique, annonce. ALICIA DE LARROCHA, complete Decca Recordings (41 cd Decca, sept 2018)

alicia delarrocha piano box coffret decca cd critique compte rendu cd par classiquenews 91EhHTfmvQL._SL1500_CD coffret Ă©vĂ©nement, critique, annonce. ALICIA DE LARROCHA, complete Decca Recordings (41 cd Decca, sept 2018). DĂ©cĂ©dĂ©e dans sa ville natale, au cƓur de la Catalogne ibĂ©rique, Alicia de Larrocha est morte Ă  Barcelone, le 25 septembre 2009
à 86 ans. A la vue de ses petits doigts, et de ses mains fragiles, on douterait qu’elle fut l’une des plus grandes pianistes du XXĂš, enregistrant pour Decca prĂšs de 30 annĂ©es durant, dont tĂ©moigne ce fabuleux coffret de 41 cd. ALICIA DE LARROCHA (1923-2009) demeure l’interprĂšte, funambule, sincĂšre, simple c’est Ă  dire bouleversante des espagnols romantiques, soit Granados et AlbĂ©niz. Elle enregistre pour la premiĂšre fois les Goyescas dĂšs 1963 Ă  l’ñge de 40 ans. Servante de leur hispanisme authentique, Alicia la grande, fut capable de les extirper du maniĂ©risme folklorique et de pacotille auquel tous les pianistes jusque lĂ  les associaient. Telle la sibylle imprĂ©vue incarnant la dignitĂ© et la poĂ©sie Ă  la fois tragique et nostalgique de Goya et de Velasquez, Alicia de Larrocha dĂ©voile chez l’un comme chez l’autre, un nouvelle intensitĂ© mĂ©connue, un feu fantastique et onirique d’une irrĂ©pressible sĂ©duction. Ses lectures scintillantes et sobres rĂ©vĂšlent chez Granados entre autres, son activitĂ© lyrique schumanienne, quand il s’agissait simplement de comprendre chez AlbĂ©niz le moderne, l’incroyable vitalitĂ© suggestive d’un vrai grand maĂźtre du XXĂš, l’égal ibĂ©rique d’un Ravel.
Rien de moins.
A Barcelone, oĂč elle Ă©tait reconnue dĂšs ses 8 ans telle une enfant prodige, elle suivait les leçons de Frank Marshall, un disciple de Granados. D’oĂč une maĂźtrise Ă  servir le Schumann ibĂ©rique avec cette Ă©vidence depuis demeurĂ©e lĂ©gendaire. Alicia d’une loyautĂ© artistique inĂ©branlable dirigera ensuite l’école fondĂ©e par son maĂźtre.
Albeniz, Granados : les deux compositeurs sont au cƓur de son rĂ©pertoire et continuent de marquer son approche esthĂ©tique. Ainsi dans le prĂ©sent coffret DECCA, c’est Granados, son compositeur emblĂ©matique qui suscite le plus d’enregistrements : Goyescas, cd 19 / Tonadillas & canciones cd 20 / Danzas españolas cd 25 / Allegro de concierto, Escenas romanticas, cd 33 /


alicia della rocha pianoFALLA (cd 15), MOMPOU et les autres
 Mais la Barcelonaise, admiratrice de Rubinstein qu’elle pu approcher en de nombreuses occasions, a aussi dĂ©clarĂ© sa flamme si particuliĂšre Ă  Falla (Nuits dans les jardins d’Espagne : cd 3 et 34), Ă  Mompou (cd 32). L’orfĂšvre des phrasĂ©s et du son a suscitĂ© l’admiration en retour de Nelson Freire, autre pianiste au tempĂ©rament aussi latin qu’intĂ©rieur, qui disait de son clavier qu’il Ă©tait aĂ©rien et qu’il parlait comme elle, « sans fard », avec simplicitĂ© et humanitĂ©. Le pianiste brĂ©silien fut aussi dĂ©signĂ© par l’Espagnole comme son seul Ă©gal digne de jouer comme elle, Iberia et Goyescas. Une reconnaissance et une filiation qui valent adoubement affectueux. Dans l’économie de sa gestuelle, la prĂ©cision et le sens de la couleur intĂ©rieure, Freire est bien de la mĂȘme veine que son ainĂ©e, Alicia de Larrocha.

Ses Beethoven (Concerto L’Empereur, Mehta, cd 23 / intĂ©grale des Concertos avec Chailly : cd 29 Ă  31) sont d’une simplicitĂ© jamais appuyĂ©e : Ă  l’inverse de la tendance aprĂšs elle. Alicia sut toujours cultiver une conception intimiste des Ɠuvres dont l’intonation a toujours prĂ©fĂ©rĂ© la confidence, jamais la dĂ©monstration autobiographique
 mĂȘme ses Schumann suivent telle ciselure intĂ©rieure (cd 5, 6 et 7). MĂȘme attĂ©nuation poĂ©tique dans ses Schubert Ă  redĂ©couvrir absolument (cd 28 : Sonates D 664 et D 960).

Ses Mozart qui accompagnent ses dĂ©buts et concluent sa carriĂšre (dont pour une bonne part au USA dĂšs le milieu des annĂ©es 1960), chantent (Concertos n°19, 22, cd 27 ; n°24 Ă  27, Solti, cd 21, 22 / Sonates et fantaisies cd 12 – 14)


La modeste interprĂšte Ă  l’allure fĂ©brile (du haut de son mĂštre 50), savait aussi oser et surprendre, relevant le dĂ©fi des grandes oeuvres du rĂ©pertoire, tels la Sonate en si de Liszt (cd8) ; le Concerto pour la main gauche, de Ravel (cd9), les Variations Symphoniques de Franck (F de Burgos, cd 8), les Concertos n°2 et 3 de Rachmaninov (Dutoit, cd17), ou encore le Concerto de Khachaturian (cd 8), le Concertos n°2 de Chopin(cd3), sans omettre ceux de JS Bach (Zinman, cd 24).
CLIC D'OR macaron 200Eclectique, sensible, aux Ă©clairs intĂ©rieurs irrĂ©sistibles, Alicia de Larrocha avant les Argerich ou Grimaud d’aujourd’hui, a su jalonner la scĂšne pianistique de sublimes rĂ©alisations. Coffret Ă©vĂ©nement. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2018.

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CD coffret événement, critique, annonce. ALICIA DE LARROCHA, complete Decca Recordings (41 cd Decca, sept 2018)

Couronnement de Poppée de Monteverdi depuis Salzbourg

monteverdi-gravure-ortrait-1020-France Musique, 2 sept 2018, 20h. MONTEVERDI : PoppĂ©e, Le Couronnement de PoppĂ©e. Christie dirige son ensemble Les Arts Florissants Ă  Salzbourg dans l’opĂ©ra le plus cynique et sensuel de l’opĂ©ra vĂ©nitien du XVIIĂš, crĂ©Ă© Ă  Venise en 1642. C’est un ouvrage de maturitĂ© oĂč le compositeur met en musique le poĂšme de l’immense Ă©crivain Francesco Busenello, pessimiste contemplatif qui envisage sous un texte / livret rĂ©aliste / vĂ©riste (avant l’heure), la dĂ©tĂšrioration des valeurs morales, dessinant un pouvoir politique corrompu, noir, manipulateur, infect en vĂ©ritĂ© car ici rĂšgne l’amour et le dĂ©sir souverain : le jeune empereur NĂ©ron rĂ©pudie son Ă©pouse officielle Octavie (dont l’air Addio Roma est un lamento dĂ©chirant), fait assassiner son maĂźtre Ă  penser, le philosophe SĂ©nĂšque, 
 tout cela pour Ă©pouser celle qu’il dĂ©sire plus qu’il ne l’aime, PoppĂ©e, jeune beautĂ© Ă©cervelĂ©e qui ne tardera pas d’ailleurs Ă  succomber Ă  une rage violente de son Ă©poux. L’histoire romaine est un concentrĂ© de tragĂ©die et de barbarie. Busenello et Monteverdi s’en inspirent pour exprimer un portrait hyperrĂ©aliste et aussi hyperpoĂ©tique de l’ñme humaine
 partition irrĂ©sistible.
France Musique, 2 sept 2018, 20h. MONTEVERDI : Poppée, Le Couronnement de Poppée.

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APPROFONDIR
VOIR notre reportage exclusif du Couronnement de PoppĂ©e de Monteverdi mis en scĂšne par le duo Caurier et Leiser ; pour lesquels, PoppĂ©e est le premier opĂ©ra moderne de l’histoire lyrique (et non Orfeo).
http://www.classiquenews.com/angers-nantes-opera-nouvelle-production-du-couronnement-de-poppee-9-19-oct-2017/

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LIRE notre compte rendu du Couronnement de Poppée de Monteverdi / octobre 2017
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-monteverdi-le-couronnement-de-poppee-nantes-opera-graslin-le-9-octobre-2017-capuano-caurier-et-leiser/

CD CRITIQUE. ATTRACTION. Duo Contrastes (1CD  Klarthe, 2015)

duo contrastes attraction gastinel gengembre violon marimba cd klarthe critique cd review cd classiquenews la critique cd par classiquenews 3149028066326CD CRITIQUE. ATTRACTION. Duo Contrastes (1CD  Klarthe, 2015). Leur attraction explicite violon / marimba se manifeste clairement dans la premiĂšre piĂšce qui donne le titre du programme, « Attraction » d’Emmanuel SĂ©journĂ©, un jeu entre pause contemplative et pur jaillissement d’un irrĂ©pressible groove [rythme). Saluons l’entente et la complicitĂ© du duo d’instrumentistes, Eric Lacrouts, violon  et Damien Petitjean, marimba. L’ardente ivresse presque mĂ©tallique du violon et la prĂ©cision percussive des lames de bois du marimba, au timbre Ă  la fois veloutĂ© et mordant. L’accord cordes animales / lames vĂ©gĂ©tales compose et inspire ici une colonie de compositeurs contemporains dont la plupart ont spĂ©cialement Ă©crit pour notre duo.

Attraction Ă©lectrique

Les 5 duos complices de Gastinel (2007) explorent toutes les ressources possibles de cet aliage sonore et instrumental en soi improbable et offre aux deux solistes ce qui est l’objet rĂ©el du disque: la constitution d’un rĂ©pertoire propre (au lieu de sempiternelles et parfois maladroites transcriptions). De fait le compositeur rĂ©pond dans ces 5 piĂšces courtes aux demandes des instrumentistes ; il alterne maints climats et caractĂšres en 5 sĂ©quences plutĂŽt contrastĂ©es. D’abord l’éloquente versatilitĂ© interchangeable des deux instruments: mĂ©lodisme du marimba et sons percussifs du violon, et vice versa; puis violence d’ostinatos saillants portant la rage des cordes ; suspension planante quasi improvisĂ©e puis barbarie brute organisĂ©e autour du sol primordial, note clĂ© qui oriente et conditionne tout le cycle (« Farouche »).
La virtuositĂ© en partage et en dialogue des deux instrumentistes musiciens de l’orchestre de l’OpĂ©ra national de Paris, se rĂ©alise dans ces passages abrupts ou tortueux qui Ă©reintent leur Ă©lasticitĂ© expressive sans pourtant sonner creux, artificiel ni dĂ©monstratif (style : “voyez comme on joue bien ensemble et comme nos deux instruments s’écoutent et se rĂ©pondent Ă  merveille”).
Avouons notre prĂ©fĂ©rence pour l’opus de Jean-Claude Gengembre : Suite de danses (2011), claire rĂ©fĂ©rence Ă  JS Bach, habile citation dĂ©tournĂ©e et jeux de nuances aux titres facĂ©tieux et poĂ©tiques: « imprĂ©visible Chaconne »,  « Pavane fanĂ©e »…
Enfin la plus rĂ©cente « Violimba » (2013), belle invention d’une grille rythmique permanente oĂč se disputent et s’entrechoquent les deux instrumentistes en une vivacitĂ© musclĂ©e trĂ©pidante. S’appuyant sur la motricitĂ© percussive du marimba, le compositeur GĂ©rard PĂ©rotin rĂ©alise un Ă©clatement sonore traversĂ© d’irrisations et d’éclairs dont est gĂ©nĂ©reux, jusqu’Ă  la transe joyeuse, ce duo plutĂŽt convaincant. Duo Ă©lectrique. Toutes les partitions nouvelles de ce programme sont Ă©ditĂ©es chez Klarthe.

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CD CRITIQUE. ATTRACTION. Duo Contrastes: Eric Lacrouts, violon  et Damien Petitjean, marimba. PiÚces inédites composées pour le duo Contrastes par Gastinel, Gengembre, Pérotin, Séjourné (1CD  Klarthe, enregistrement réalisé en fev  2015)

CD Ă©vĂ©nement, critique. VINCI / HANDEL : DIDONE ABBANDONATA (1737) — 2 cd DHM (nov 2016)

Haendel rĂ©Ă©crit VINCI : une Didon ciselĂ©eCD Ă©vĂ©nement, critique. VINCI / HANDEL : DIDONE ABBANDONATA (1737) — 2 cd DHM (nov 2016). Jeu de styles, apport du « Pasticcio », admiration haendĂ©lienne 
 admirateur de son prĂ©dĂ©cesseur Ă  Naples, Leonardo Vinci (comme le peintre de la Renaissance mais sans la particule), Haendel reprend et adapte Ă  Londres, l’opĂ©ra primitif de Vinci, sa Didone Abbandonata / Didon abandonnĂ©e, tragĂ©die sentimentale dont il fait une synthĂšse de l’amour tragique en 1737 (pour l’audience londonienne de Covent Garden). La production ici enregistrĂ©e Ă  Berlin en nov 2016, a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e dans le cadre de « l’Hiver Baroque de Schwetzingen » (dont le chef fondateur de Lautten Compagney, Wolfgang Katschner fut le directeur de 2012 Ă  2016). Son ensemble berlinois Lautten Compagney dont le sens de la brillance et de la fluiditĂ© dramatique fait merveille, confirme une Ă©vidente affinitĂ© avec l’opĂ©ra baroque napolitain et haendĂ©lien.

 

 

CLIC D'OR macaron 200On connaissait la Didone de Jommelli (compositeur napolitain du plein XVIIIĂš, qui admirĂ© de Balzac, allait reprendre le mĂȘme livret de Metastase) ; voici celle antĂ©rieure de Vinci (Rome, 1726), d’une subtilitĂ© inouĂŻe, servie par une sensualitĂ© et un sens des affects dont on comprend qu’ils aient tant plu Ă  Haendel lui-mĂȘme. C’est une relecture, et une rĂ©appropriation dramatique trĂšs intelligemment pilotĂ©e par Haendel Ă  Londres en 1737, alors que Paris assiste Ă  la rĂ©volution lyrique menĂ©e par Rameau (crĂ©ation scandaleuse d’Hippolyte et Aricie en 1733) : Ă  l’image de la couverture, quand Handel redĂ©couvre Vinci, William Turner au XIXĂš revisite les paysages marins du classique français, Claude Lorrain, ce qui lui inspire une sublime recrĂ©ation originale sur le thĂšme de la Didon bĂątisseuse, fondatrice de Carthage (voir la couverture du prĂ©sent coffret). Voici donc ce style dĂ©jĂ  « galant », et prĂ©classique, qui allait dĂ©finitivement Ă©touffĂ© l’opĂ©ra vĂ©nitien expirant (avec Vivaldi, impuissant bien que trĂšs actif), soit le standard napolitain destinĂ© Ă  rĂ©gner sur l’Europe pendant tout le XVIIIĂš. Haendel allait imposer sa « marque » comme impresario et grand connaisseur du seria italien, avec ce pasticcio (dans lequel il place des airs de Hasse, Vivaldi
 aux cĂŽtĂ©s de ses arrangements persos et des airs Ă©crits par Vinci) ; pour triompher, – goĂ»t de l’époque oblige, Haendel invite Ă  Londres, deux chanteurs vedettes dans les deux rĂŽles principaux : Didon et EnĂ©e, soit la soprano fĂ©tiche Anna Maria Strada del Po (Vinci avait confiĂ© le rĂŽle au castrat Giacinto Fontana dit il Farfallino), et le castrat alto Gioachino Conti (venu de Dresde). Haendel n’en est pas Ă  son premier “Vinci” : il s’est trĂšs largement inspirĂ© de la Partenope du Napolitain pour composer la sienne (1730). De fait, il y a bien chez Vinci, – maĂźtre de PergolĂšse, un sens innĂ© de la vibration Ă©motionnelle, une franchise de ton qui n’appartient qu’Ă  lui et qui a probablement marquĂ© et inspirĂ© continĂ»ment Haendel tout au long de son travail ; en particulier dans les annĂ©es 1730, oĂč le Saxon tente d’Ă©tablir un festival permanent d’opĂ©ra seria italien Ă  Londres…

 

 
 

 

 

Somptueuse résurrection

Révélée par Haendel, la Didone de Vinci
rayonne, servie par l’ensemble LAUTTEN COMPAGNEY

 
 

 

CD : VINCI / HANDEL, Didone Abbandonata (1737) par Lautten Compagney

  

 



Leonardo_Vincihandel-haendel-portrait-582-grand-portrait-handel-haendelComme connaisseur et collectionneur avisĂ© et gĂ©nial de sentiments humains, le quinqua Haendel, spĂ©cialiste de l’opĂ©ra italien, coupe et va Ă  l’essentiel, rĂ©alisant de l’opus de Vinci, crĂ©Ă© originellement Ă  Rome en 1726, soit 10 annĂ©es avant l’opĂ©ration du Saxon, un drame prenant, percutant, oĂč file la course impuissante et sublime qui mĂšne la Reine de Carthage, Didon, d’un amour embrasĂ© pour EnĂ©e (le Troyen en exil, destinĂ© Ă  fondĂ© Rome) vers un suicide entĂ©nĂ©brĂ©. Illustrations : Ă  gauche, HAENDEL / Ă  droite : Leo VINC). En cet hiver berlinois de 2016, la rĂ©alisation musicale et stylistique menĂ©e par Wolfgang Katschner est en tout point admirable : elle tĂ©moigne de l’engouement de Haendel en terre italienne ; son affection pour l’expressivitĂ© opĂ©ratique de l’Italie contemporaine (ou quasi), son adhĂ©sion Ă  l’esthĂ©tique napolitaine qui privilĂ©gie l’exaltation des passions et des affects, – exacerbĂ©s par le culte de la vocalise acrobatique, cependant « adoucie » par un raffinement nouveau dans l’essor mĂ©lodique et l’écriture pour l’orchestre. En gĂ©nie comptable du drame, Haendel raccourcit les rĂ©citatifs originaux ; il s’intĂ©resse principalement au rĂ©alisme de chaque situation psychologique ; il en ressort une galerie de portraits particuliĂšrement caractĂ©risĂ©s oĂč perce la dignitĂ© tragique et trĂšs humaine de Didon (Robin Johannsen, au timbre flĂ»tĂ©, plutĂŽt Ă©troit comme un castrat masculin, mais percutant, rĂ©fĂ©rence Ă©vidente Ă  la figure du castrat trĂšs applaudi Ă  la crĂ©ation romaine, Giacinto Fontana), le profil inflexible et hĂ©roĂŻquement intouchable de l’EnĂ©e travesti de la mezzo Olivia Vermeulen ; Vinci et son librettiste ont ajoutĂ© un couple supplĂ©mentaire qui vient « parasiter » et aussi exacerber celui principal (Didon / EnĂ©e), soit Iarba et Selene (chacun amoureux respectivement des deux premiers) : Antonio Giovannini, haute contre Ă©nergique et prĂ©cis au trĂšs bel abattage ; Julia Böhme, timbre ample et veloutĂ©, affirmant l’intensitĂ© du dĂ©sir
 servis par des chanteurs d’un haut niveau (prĂ©cision, intelligibilitĂ©, articulation, intonation
), le drame psychologique gagne une acuitĂ© frappante qui renouvelle la perception du drame antique.
Seul ombre au tableau, car en dessous de ses partenaires sur le plan vocal, le tĂ©nor japonais Namwon Huh (Araspe), certes dotĂ© d’un beau timbre, mais au style rĂ©duit et rĂ©pĂ©titif, au maniĂ©risme hors sujet, et Ă  l’articulation de l’italien bien peu orthodoxe (avec des fins de phrases d’une flottante imprĂ©cision, et des aigus trop tendus) ; de toute Ă©vidence, voilĂ  un jeune chanteur trop tĂŽt poussĂ© sur les planches et qui devrait revoir sa technique. De fait, son niveau rend instable une distribution qui Ă©tait en tous points trĂšs cohĂ©rente.

 

 

KATSCHNER WolfgangLa tenue de l’ensemble sur instruments anciens Lautten Compagney / Compagnie du luth, nouveau collectif berlinois, sait tisser la plus belle Ă©toffe pour ce Vinci rĂ©visĂ© / Ă©nergisĂ© par Haendel ; du tact, de la nervositĂ©, de la finesse pour une partition exemplaire, devenue standard du bon goĂ»t, Ă©lu par le Saxon, meilleur connaisseur de l’opĂ©ra italien Ă  son Ă©poque, et de l’opĂ©ra tout court. De sorte que Vinci ne pouvait trouver meilleur adoubement et reconnaissance dans une version et lecture Ă  laquelle le chef Wolfgang Katschner, serviteur zĂ©lĂ© et inspirĂ© de Porpora ou de Traetta – autres figures napolitaines-, apporte toute l’intelligence instrumentale et la sensibilitĂ© expressive nĂ©cessaire.

DHM Deutsche Harmonia Mundi a bien raison d’éditer cet enregistrement qui montre Ă  Berlin, un regain d’activitĂ© sur la scĂšne baroque. Le label nous offre de suivre aussi les rĂ©alisations d’un autre ensemble d’outre-Rhin, nĂ© en 2004, L’Arte del Mondo (Leverkussen) dirigĂ© par le chef colonais Werner Ehrhardt (Lire notre compte rendu critique complet de l’opĂ©ra oubliĂ©, mais perle comique : La Scuola de’Gelosi de Salieri, 1783 – pendant du Cosi fan tutte mozartien
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-salieri-la-scuola-degelosi-werner-ehrahardt-3-cd-dhm-2015/
Il reste essentiel grĂące au disque de dĂ©couvrir ce que les meilleurs interprĂštes « osent » ressusciter et dĂ©fendre hors de l’Hexagone. Un vent rafraĂźchissant oĂč en France oĂč tend Ă  rĂ©pĂ©ter toujours les mĂȘmes oeuvres dĂ©fendues par les mĂȘmes interprĂštes
 Ce Vinci version HaĂ«ndel est une excellente surprise, le cd Ă©vĂ©nement de l’étĂ© 2018, dans nos rayonnages baroques.

 
En savoir plus sur l’ensemble LAUTTEN COMPAGNEY
http://www.lauttencompagney.de/index.php?m=77&f=05_personendetail&ID_Person=7

 

 

 
 

 

 

DVD, critique. VERDI : NABUCCO (Oren, Ganidze, aoĂ»t 2017 – 1 dvd Belair classiques).

nabucco-oren-arnaud-bernard-verona-juil-2017-critique-dvd-dvd-review-par-classiquenewsDVD, critique. VERDI : NABUCCO (Oren, Ganidze, aoĂ»t 2017 – 1 dvd Belair classiques). VERONE, aoĂ»t 2017. Nabucco de Verdi gagne dans cette mise en scĂšne trĂšs visuelle un regain de puissance dramatique qui rĂ©gĂ©nĂšre sa dimension politique. D’autant que le metteur en scĂšne français, Arnaud Bernard a choisi d’écarter toute rĂ©fĂ©rence Ă  l’AntiquitĂ© mĂ©sopotamienne, pour favoriser la transplantation dans l’Italie de Verdi, celle des rĂ©voltes et des patriotes contre l’Autriche, en particulier pendant les fameux 5 Jours, oĂč la nation italienne s’est enfin unie pour chasser l’étranger et ce que constituer RĂ©publique.
De fait, le choix est lĂ©gitime car Ă  l’époque de sa crĂ©ation Ă  la Scala de Milan (dont la façade et la salle sont reprĂ©sentĂ©es sur la scĂšne des ArĂšnes vĂ©ronaises), Nabucco fut immĂ©diatement applaudi, son choeur des hĂ©breux, ultracĂ©lĂšbre, devenant l’hymne des rĂ©publicains rĂ©volutionnaires. L’audience avait compris le parallĂšle : sur scĂšne : les hĂ©breux prisonniers des babyloniens ; dans la salle, les italiens soumis Ă  l’Empire autrichien. De fait, le choeur Va Pensiero paraĂźt chantĂ© par des Italiens dans la salle scaligĂšne : bel effet de mise en abĂźme, ou de thĂ©Ăątre dans le thĂ©Ăątre, ou de temps historique dans le temps rĂ©el contemporain
 l’effet est convaincant car il exprime l’énergie et l’enjeu politique de la partition verdienne.
Pour autant, les voix peinent Ă  dĂ©fendre l’action sur le mĂȘme plan. On regrette d’une façon gĂ©nĂ©rale le manque de nuances quoique, en fin d’action et Ă  mesure qu’il s’humanise, George Ganidze fait un Nabucco d’abord caricatural, puis presque bouleversant dans sa chute inĂ©luctable. MĂȘme avis positif pour le grand prĂȘtre de JĂ©rusalem, Zaccaria (Rafal Siwek). Dans cette production hollywoodienne qui cherche surtout Ă  impressionner, par le spectaculaire et l’outrance, l’orchestre s’en tire trĂšs honnĂȘtement, trouvant un juste Ă©quilibre entre le fracas rĂ©volutionnaire et la plainte plus Ă©thĂ©rĂ©e des hommes qui souffrent et vont bientĂŽt se rĂ©volter.

VERDI : NABUCCO [DVD & BLU-RAY] – VĂ©rone, aoĂ»t 2017. 1 DVD Bel Air classiques
Dramma lirico en quatre actes (1842)
Musique : Giuseppe Verdi (1813-1901)
Livret : Temistocle Solera

Nabucco : George Gagnidze
Ismaele : Rubens Pelizzari
Zaccaria : RafaƂ Siwek
Abigaille : Susanna Branchini
Fenena : Nino Surguladze
Grand PrĂȘtre de Belo : NicolĂČ Ceriani
Abdallo : Paolo Antognetti
Anna : Elena Borin

Orchestre et ChƓurs des ArĂšnes de VĂ©rone
Direction musicale : Daniel Oren
Mise en scĂšne et costumes : Arnaud Bernard

LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Pauline Girard : LĂ©o Delibes – ItinĂ©raire d’un musicien, des Bouffes-parisiens Ă  l’Institut (Editions Vrin, 2018)

DELIBES leo delibes biographie itineraire d un musicien des bouffes parisiens a l institut PAULINE GIRARD biographie critique annonce livre par classiquenews VRIN edition CLIC de CLASSIQUENEWS ete 2018 juillet 2018 9782711628001LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Pauline Girard : LĂ©o Delibes – ItinĂ©raire d’un musicien, des Bouffes-Parisiens Ă  l’Institut (Editions Vrin, 2018). ELEGANCE ROMANTIQUE. Enfin une biographie d’envergure et trĂšs dĂ©taillĂ©e sur un gĂ©nie romantique français oubliĂ©, mĂ©connu ou si peu apprĂ©ciĂ© Ă  sa juste valeur : Ă  part le ballet Copelia ou l’opĂ©ra LakmĂ©, que connaĂźt-on rĂ©ellement de LĂ©o Delibes, pur auteur hexagonal qui de ses maĂźtres au Conservatoire sut prolonger le mĂ©tier musical entiĂšrement dĂ©diĂ© au thĂ©Ăątre ? La prĂ©sente biographie trĂšs fouillĂ©e analyse la personnalitĂ©, sa vie, sa carriĂšre, et bien sĂ»r son oeuvre, riche, diverse, dont la continuitĂ© et la progression Ă©clairent l’expertise d’un auteur qui Ă©blouit en dĂ©finitive par son talent d’orfĂšvre pour les voix et l’orchestre.
LĂ©o Delibes (1836-1891) est formĂ© dans le foyer familial, par sa mĂšre et son oncle ; puis il rejoint le Conservatoire de Paris dans les classes de Benoist (orgue), Bazin (harmonie) et Adam (composition). Le Jeune choriste de 13 ans dĂ©couvre l’opĂ©ra, son souffle, son imaginaire, tous ses possibles, en participant Ă  la crĂ©ation du ProphĂšte de Meyerbeer en 1849.
DouĂ©, reconnu trĂšs rapidement, il peut faire jouer ses premiers ouvrages ; se partageant entre le mĂ©tier d’organiste et celui d’accompagnateur au ThĂ©Ăątre-Lyrique. Sa carriĂšre de compositeur dramatique dĂ©bute Ă  20 ans, en 1856 avec plusieurs ouvrages bouffes, crĂ©Ă©s aux Folies-Nouvelles (le premier a pour nom Deux Sous de charbon), aux Bouffes-Parisiens et au thĂ©Ăątre des VariĂ©tĂ©s.
Il est chef de chƓur au ThĂ©Ăątre-Lyrique et Ă  l’OpĂ©ra, et ose d’autres genres : l’opĂ©ra-comique (Le Jardinier et son seigneur, 1863) ; surtout un premier ballet, La Source (1866 : partition impressionnante par son ruissellement mĂ©lodique et son orchestration trĂšs travaillĂ©e qui inspire Ă  Edgar Degas, un tableau demeurĂ© cĂ©lĂšbre en 1867, preuve de la cĂ©lĂ©britĂ© immĂ©diate de Delibes Ă  Paris) ; puis c’est un nouveau ballet, majeur : CoppĂ©lia ou La Fille aux yeux d’émail, crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra en 1870, – sujet fantastique et onirique qui reste l’un des plus cĂ©lĂšbres ballet romantique français. Il a 34 ans. Mais la France sombre dans la terreur de la Commune, aprĂšs la dĂ©faite du Second Empire.

 

 

Léo Delibes, génie oublié
de l’élĂ©gance romantique

 

 

DELIBES-leo-par-classiquenews-classiquenews-dossier-coppelia-kassya-opera-dossier-classiquenewsA partir de 1871, Delibes, jeune mariĂ©, se dĂ©die Ă  la composition, affirmant une nouvelle ambition et une inspiration tournĂ©e vers le raffinement (orchestration), l’élĂ©gance (mĂ©lodie), l’expressivitĂ© et la caractĂ©risation (drame): un nouveau ballet Sylvia (1876), les opĂ©ras Le Roi l’a dit (1873), Jean de Nivelle (1880) et chef d’oeuvre absolument de la veine orientaliste, alors partagĂ© par le peintre fameux et cĂ©lĂšbre GĂ©rĂŽme :  Lakmé (1883). Ce dernier suscite un immense succĂšs jamais dĂ©menti, depuis sa crĂ©ation : c’est que l’idylle sentimentale ailleurs fragile voire superficielle, renouvelle totalement le trio fondateur soprano, tĂ©nor, baryton (LakmĂ©, GĂ©rald, Nilakantha) et sur le prĂ©texte d’un orientalisme plus fantasmĂ© que rĂ©aliste, gagne une profondeur et un coloris d’une puissance inĂ©dite. Professeur de composition au Conservatoire, il est Ă©lu en 1884 Ă  l’Institut. C’est la consĂ©cration d’un parcours dont l’éclat social suscite bien des jalousies.

WagnĂ©rien convaincu (car il assiste Ă  la crĂ©ation de Parsifal Ă  Bayreuth en 1882, puis de la CrĂ©ation de La Walkyrie Ă  Bruxelles en 1887
), – comme Franck, son aĂźnĂ©, Delibes sait renouveler la leçon wagnĂ©rienne par une fraĂźcheur de l’inspiration, un souci de la transparence qui en font l’égal d’un Bizet (son contemporain, fauchĂ© trop tĂŽt). A l’heure oĂč le Festival Radio France ressuscite son ultime opĂ©ra Saskya (Ă©chec Ă  sa crĂ©ation mais sommet sur le plan de l’orchestration cependant), voici une biographie qui tĂ©moigne des recherches trĂšs avancĂ©es d’un compositeur passionnĂ© par le timbre, la couleur, la fluiditĂ© de la texture orchestrale, en cela annonciateur des Debussy et Ravel, maĂźtres futurs de cette Ă©lĂ©gance onirique qui allait s’imposer aprĂšs la mort de Delibes en 1891. Lecture indispensable.

 

 
 

 

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CLIC D'OR macaron 200LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Pauline Girard : LĂ©o Delibes – ItinĂ©raire d’un musicien, des Bouffes-parisiens Ă  l’Institut – Vrin, collection « MusicologieS » – 432 pages – 17 × 24 cm / ISBN 978-2-7116-2800-1 – Parution : juin 2018. Titre Ă©lu CLIC de CLASSIQUENEWS. Meilleur ouvrage dans la catĂ©gorie Musique Romantique Française de l’étĂ© 2018. Prix indicatif : 38 euros.

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LIRE la prĂ©sentation de l’ouvrage « Pauline Girard : LĂ©o Delibes – ItinĂ©raire d’un musicien, des Bouffes-parisiens Ă  l’Institut », sur le site des Ă©ditions VRIN : http://www.vrin.fr/book.php?code=9782711628001

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APPROFONDIR

LIRE notre critique développée du dvd Copelia (Opéra de Paris, 2011 / Patrice Bart)

VOIR notre reportage vidĂ©o exclusif de LAKME prĂ©sentĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Tours, avec Julien Dran, Vincent Letexier, Jodie (Janvier 2017)

 

 

LIVRE, Ă©vĂ©nement. Annonce. TIMOTHÉE PICARD : Olivier Py, Planches de salut (Actes Sud)

olivier py planches de salut timothee picard livre critique par classiquenews editions actes sudLIVRE, Ă©vĂ©nement. Annonce. TIMOTHÉE PICARD : Olivier Py, Planches de salut (Actes Sud). PremiĂšre monographie, ou biographie subjective, le texte dense, riche, Ă©ditĂ© par Actes Sud sait Ă©viter les piĂšges d’une hagiographie trop flatteuse, rĂ©vĂ©lant sans les attĂ©nuer toutes les qualitĂ©s et singularitĂ©s d’un metteur en scĂšne contemporain qui pense le thĂ©Ăątre aujourd’hui. Rares les hommes de thĂ©Ăątre et scĂ©nographe qui rĂ©ussissent autant au thĂ©Ăątre qu’à l’opĂ©ra. Olivier Py en fait partie ; c’est d’ailleurs tout l’intĂ©rĂȘt de ce livre en forme d’essai sur le fait thĂ©Ăątral et le sens d’une mise en image de textes et musiques d’une enivrante fascination : l’auteur dĂ©cortique chaque Ă©lĂ©ment, chaque option scĂ©nique puis en les reliant Ă  la vie et Ă  la sensibilitĂ© faite d’engagements nets et clairs, dĂ©termine et distingue une sĂ©rie de choix qui compose actuellement le « cas Py ». Patrice ChĂ©reau peut dans un premier temps illustrer lui aussi le mĂȘme double parcours : mais c’est une illusion que l’auteur analyse lĂ  encore, 
 pour mieux singulariser le geste de l’homme-thĂ©Ăątre, qu’est Olivier Py.

Est ce par ce qu’il a l’ñme profondĂ©ment tragique qu’il recherche avant tout Ă  se sauver de lui-mĂȘme et Ă  sauver les autres ? Comment ĂȘtre homosexuel et catholique ? thĂ©Ăątre et opĂ©ra, Srebrenica et Miss Knife, La Servante et Orlando ? Il est tout cela Ă  la fois. SimultanĂ©ment et sĂ©parĂ©ment.

L’apport du texte est de rĂ©vĂ©ler la complexitĂ© (apparente) de l’équation, tout en dĂ©voilant aussi pas Ă  pas, la profonde cohĂ©rence qui unit ses parties. C’est que le directeur du Festival d’Avignon est aussi un acteur (dont la part fĂ©minine est totalement assumĂ©e en « Miss Knife ») qui se joue des catalogages faciles et conformes, repousse toujours plus loin les lignes d’existence et d’identitĂ©, appelle viscĂ©ralement Ă  une libertĂ© d’intention qui respecte profondĂ©ment la richesse mouvante de chaque entitĂ© humaine. Pour « sauver des ĂȘtres, des Ăąmes, des vies », nous dit l’intĂ©ressĂ©, altruiste, fraternel, humaniste.

Olivier Py au thĂ©Ăątre et Ă  l’opĂ©ra
Ressusciter grĂące aux planches

Olivier Py acteur, directeur, scĂ©nographe est surtout un Ă©ternel enfant qui rĂȘve de vivre continument en Ă©merveillement ; il sait faire surgir toujours la part d’enfance qui prĂ©serve cette humanitĂ© Ă  cultiver en chacun de nous ; dans Tristan und Isolde de Wagner, pour nous la meilleure mise en scĂšne de l’opĂ©ra et sa meilleure contribution au genre lyrique, Py imagine au cƓur de la solitude en souffrance de Tristan, au fond de sa plaie bĂ©ante, la rĂ©surgence du jeune garçon qu’il Ă©tait, fausse couronne et Ă©pĂ©e de bois, se baignant dans les eaux maternelles d’une Ă©ternelle poĂ©sie
 Il faut avoir vĂ©cu le dĂ©roulement de cette vision pour en mesurer la profondeur et la justesse. Osons espĂ©rer que demain, l’homme thĂ©Ăątre, qui pense l’humanitĂ© dans son rapport Ă  son destin comme Ă  son identitĂ©, nous fasse encore rĂȘver comme il l’a fait dans ce Tristan dĂ©sormais inoubliable. Le thĂ©Ăątre, comme planche de salut. Un bain salvateur pour des ĂȘtres en quĂȘte de sens et d’accomplissement.
CLIC_macaron_2014L’essai totalise le geste de Py Ă  l’aulne de ses rĂ©centes rĂ©alisations ; « à la fois biographique et analytique, (il) se propose de voir comment le thĂ©Ăątre, au sens le plus extensif que peut prendre ce terme – une façon d’ĂȘtre au monde rĂ©pondant Ă  une maniĂšre d’ĂȘtre du monde lui-mĂȘme –, a pu tirer le poĂšte d’une angoisse mortifĂšre procurĂ©e par le spectre de l’insignifiance en lui donnant un destin ; et comment il peut Ă  son tour l’offrir comme viatique aux hommes et femmes d’aujourd’hui, confrontĂ©s Ă  une spectaculaire absence de sens qui semble avoir pris des traits d’apocalypse. Ce dont il retourne alors n’est pas tout Ă  fait une religion, encore moins une politique – tout en ayant Ă©minemment Ă  voir avec elles –, il s’agit plutĂŽt d’une Ă©thique de vie tout entiĂšre consacrĂ©e Ă  la scĂšne et Ă  l’art, fondĂ©e sur l’Ă©blouissement esthĂ©tique et les assurances qu’il donne, et mise en oeuvre au moyen d’une poĂ©tique faisant du thĂ©Ăątre total, somme et synthĂšse de tous les thĂ©Ăątres, un rempart contre le sentiment de dĂ©rĂ©liction – au risque assumĂ© de la dĂ©mesure », prĂ©cise l’auteur. VoilĂ  qui est magistralement et dĂ©finitivement dit. Pari et intention, rĂ©ussis.

CE QUE NOUS AVONS AIMÉ :

EN QUETE D’UNE IDENTITÉ LIBÉRÉE. A propos de Miss Knife : dĂ©passer et sublimer l’intranquillitĂ© catholique. Au cƓur des « personnages Py », il y a l’ébouriffante et trucculente Miss Knife, double ou triple multisexuĂ© d’un Py ambivalent qui cumule ainsi les rĂ©fĂ©rences du masculin qui joue au fĂ©minin, qui moque les classements et prĂ©conçus dictĂ©s par la morale bourgeoise et sociĂ©tale. « Je suis l’autre », proclame l’intĂ©ressĂ© qui refuse tout dictat de l’assignation. L’étiquettage n’a pas sa place dans la pensĂ©e de cet homme de thĂ©Ăątre pour lequel la scĂšne permet tous les possibles et toutes les postures.

PY A L’EPREUVE DE L’OPERA
 Le sublime et l’accomplissement lyrique
 pour beaucoup, Olivier Py c’est d’abord le thĂ©Ăątre. Que pourrions nous objecter Ă  cette suprĂ©matie qui le fait objectivement directeur du Festival d’Avignon ? Pour nous, le Py le plus passionnant pourtant, au regard de ses apports, demeure le metteur en scĂšne d’opĂ©ra. Ce qui d’ailleurs transparaĂźt dans le succession des pages de cet essai : « Au risque du lyrisme » (chapitre 8) ose la question de l’esthĂ©tique sur la scĂšne, inspirĂ©e par le chant et la musique. Des clĂ©s sont dĂ©voilĂ©es pour une meilleure comprĂ©hension du travail de Py Ă  l’opĂ©ra : le chant dĂ©signe la clameur de l’origine ; « si la parole est promesse, la musique convoque la prĂ©sence ». La musique rĂ©soud l’impuissante parole. En somme, l’opĂ©ra permet au questionnement et au doute, de trouver les rĂ©ponses, concrĂštement, immĂ©diatement dans la vĂ©ritĂ© de la partition dont l’homme de thĂ©Ăątre souhaite retrouver la violence et l’intensitĂ© comme du temps de sa crĂ©ation. A travers le chant des divas Leonie Rysanek ou Shirley Verrett (comme le timbre naturellement « politique » d’Ella Fitzgerald, emblĂšme sonore des percussions contre les noirs), il y a eu la rĂ©vĂ©lation de ce chant non pas psychologique mais « psychotique » oĂč l’extrĂȘme rĂ©alisme de la prĂ©sence (vocale, physique) a fait surgir une surrĂ©alitĂ©, celle parfois de l’inconscient, des images enfouies dans l’enfance
 et que sa mise en scĂšne de l’oeuvre centrale en ce sens, Tristan et Isolde (jamais reprĂ©sentĂ©e Ă  Paris : la honte nationale !) a rĂ©vĂ©lĂ© avec la poĂ©sie et le mystĂšre que l’on sait (nous avons eu la chance de la voir Ă  Nantes alors car Jean-Paul Davois l’avait remarquĂ© et programmĂ©). ConcrĂštement le travail sur la partition de 1865, manifeste de la rĂ©volution wagnĂ©rienne, a permis Ă  Py de dĂ©passer l’attraction mortifĂšre (« oeuvre sublime pour ados suicidaires ») et d’atteindre Ă  une vĂ©ritable poĂ©tique esthĂ©tique qui a dĂ©passĂ© tout ce que nous avions vu de cet ouvrage jusque lĂ .

Les rĂ©flexions sur Py et Scribe (obsession du massacre et thĂšme de l’apocalypse joyeuse) sont tout aussi passionnantes Ă  lire, relire et dĂ©crypter (comme sa vision sur la violence et le colonialisme d’Aida de Verdi), puis Ă  retrouver dans les archives de ses mises en scĂšne lyriques.

 

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LIVRE, Ă©vĂ©nement. TIMOTHÉE PICARD : Olivier Py, Planches de salut (Actes Sud). Juillet, 2018 / 14,0 x 20,5 / 416 pages – ISBN 978-2-330-10262-3 – Prix indicatif : 29 € .

TimothĂ©e Picard est professeur Ă  l’universitĂ© de Rennes, spĂ©cialiste des imaginaires de l’opĂ©ra (Verdi/Wagner, imaginaire de l’opĂ©ra et identitĂ©s nationales, Actes Sud, 2013, La Civilisation de l’opĂ©ra, Fayard, 2016), Verdi / Wagner, images croisĂ©es (PUR, 2013), des arts de la scĂšne (Patrice ChĂ©reau : transversales, Le Bord de l’eau, 2010, OpĂ©ra et mise en scĂšne, Avant-scĂšne opĂ©ra, 2015) et des esthĂ©tiques de la totalitĂ© (Dictionnaire encyclopĂ©dique Wagner, Actes Sud, 2010). Il est Ă©galement dramaturge.

CD, critique. MOZART : La Clemenza di Tito. NĂ©zet-SĂ©guin, DiDonato, Rebeka
 (2 cd DG Deutsche Grammophon).

La-Clemenza-Di-Tito neezt seguin donato rebeka villazon cd review critique cd opera par classiquenewsCD, critique. MOZART : La Clemenza di Tito. NĂ©zet-SĂ©guin, DiDonato, Rebeka
 (2 cd DG Deutsche Grammophon). La formule est Ă  prĂ©sent cĂ©lĂšbre : implanter comme Ă  Salzbourg, un cycle rĂ©current Mozart, mais ici Ă  Baden Baden, et chaque Ă©tĂ©, c’est Ă  dire les grands opĂ©ras ; aprĂšs Don Giovanni, Cosi, L’EnlĂšvement au sĂ©rail, Les Nozze, voici le dĂ©jĂ  5Ăš ouvrage, enregistrĂ© sur le vif en version de concert, depuis le Fespielhaus de Baden Baden, en juillet 2017. Autour du tĂ©nor mĂ©diatique Rolando Villazon (pilier avec le chef quĂ©bĂ©cois de ce projet discographique d’envergure), se pressent quelques beaux gosiers, dont surtout, vrais tempĂ©raments capables de brosser et approfondir un personnage sur la scĂšne, grĂące Ă  leur vocalitĂ  ardente, ciselĂ©e : le Sesto de Joyce Di Donato, mozartienne Ă©lectrique jusqu’au bout des ongles ; dans le rĂŽle de l’amant manipulĂ© ; et, rĂ©vĂ©lation de cette bande, la soprano lettone Marina Rebeka, ampleur dramatique de louve dĂ©vorĂ©e par la haine et la conscience du pouvoir, dans le rĂŽle de l’ambitieuse prĂȘte Ă  tout. Leur cible : l’empereur Titus (ce modĂšle royal, vĂ©ritable « dĂ©lice du genre humain ») qui incarnation du politique vertueux et loyal, vient de rĂ©pudier sa chĂšre BĂ©rĂ©nice, princesse de JudĂ©e (qui lui avait tout appris pourtant : voir ici l’opĂ©ra de Magnard : Titus et BĂ©rĂ©nice). Chez Mozart, Villazon incarne la figure du prince d’abord humain, ensuite politique. Ses qualitĂ©s de cƓur, sa profondeur comme son Ă©paisseur Ă©motionnelle sont excellemment exprimĂ©es par le tĂ©nor mexicano-français : la diction suit de prĂšs l’articulation du texte qui intensifie un ĂȘtre solitaire soucieux de justice ; ainsi, poussĂ© par Publius (trĂšs convaincant Adam Plachetka, baryton noble et tendre), l’empereur s’apprĂȘterait Ă  condamner le favori qui l’a trahi (Sesto / Sextus) mais la fraternitĂ© et la compassion l’emportent, offrant donc en fin d’ouvrage, cette « clĂ©mence » si admirable.

Entre temps, la Vitellia de Marina Rebeka qui veut prendre le trĂŽne, fulmine, conspire
 en vains ; avant d’abdiquer elle aussi, dĂ©faite face Ă  la vĂ©ritĂ© rayonnante et la chaleur d’une humanitĂ© retrouvĂ©e. Du reste le dernier seria de Mozart, qu’il compose dans l’urgence pour assurer la crĂ©ation pour le couronnement du Leopold II, est un hymne sublime Ă  la tendresse et Ă  l’amour, et l’on se fĂ©licite qu’avec La FlĂ»te EnchantĂ©e Ă©galement portĂ©e en 1791, -l’annĂ©e de la mort de Mozart-, le projet Mozart Ă  Baden Baden ait choisi Titus parmi les grands opĂ©ras mozartiens. Justice est donc rendue vis Ă  vis d’un ouvrage d’une modernitĂ© saisissante par l’intelligence de son plan dramatique (incendie du capitole Ă  la fin du I quand Titus est laissĂ© pour mort, victime d’un assassinat en complot), par le souci d’économie et de justesse qui inspire la partition (2 actes finalement assez courts).

A la tĂȘte de l’Orchestre de chambre d’Europe, sur instruments modernes donc, le quĂ©bĂ©cois Yannick NĂ©zet-SĂ©guin montre sa maestriĂ  hĂ©roĂŻque au service d’un opĂ©ra essentiellement humain. La vĂ©ritĂ© qui se dĂ©gage de sa direction, son attention aussi aux climats psychologiques, sa mesure et son goĂ»t des timbres (voyez les airs avec instruments obligĂ©s pour Sesto et Vitellia, respectivement avec clarinette et cor de basset) enrichissent encore une lecture trĂšs stylĂ©e oĂč percent de façon dĂ©finitive comme deux gemmes incandescents, le Sesto de Joyce Di Donato et la Vittelia de Marina Rebeka. Ces deux lĂ  sont sublimes dans la mĂ©tamorphose qui se prĂ©cise peu Ă  peu, ils se rĂ©vĂšlent avec une violence inĂ©dite alors Ă  l’opĂ©ra. Belle production. On attend la suite
 La FlĂ»te ? A suivre.

 

 

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CD, critique. MOZART : La Clemnza di Tito / La ClĂ©mence de Titus. EnregistrĂ© Ă  Baden-Baden, Festspielhaus, juillet 2017. Opera seria en deux actes sur un livret de Caterino Tomasso MazzolĂ , d’aprĂšs Pietro Metastasio. Avec : Rolando VillazĂłn, Tito Vespasiano / Marina Rebeka, Vitellia / Joyce DiDonato, Sesto / Regula MĂŒhlemann, Servilia / Tara Erraught, Annio / Adam Plachetka, Publio. RIAS Kammerchor / Chamber Orchestra of Europe. Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, direction (2 cd DG Deutsche Grammophon).

 

 

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APPROFONDIR : LIRE aussi nos critiques complĂštes des prĂ©cĂ©dents coffrets MOZART du cycle NĂ©zet-SĂ©guin et Villazon depuis Baden Baden l’étĂ© :

Don-Giovanni.cd_.01CD, critique. Mozart: Don Giovanni, NĂ©zet-SĂ©guin (2011) 3 cd Deutsche Grammophon. EntrĂ©e rĂ©ussie pour le chef canadien Yannick NĂ©zet-SĂ©guin qui emporte haut la main les suffrages pour son premier dĂ©fi chez Deutsche Grammophon: enregistrer Don Giovanni de Mozart.AprĂšs les mythiques Boehm, FurtwĂ€ngler, et tant de chefs qui en ont fait un accomplissement longuement mĂ©ditĂ©, l’opĂ©ra Don Giovanni version NĂ©zet-SĂ©guin regarderait plutĂŽt du cotĂ© de son maĂźtre, trĂšs scrupuleusement Ă©tudiĂ©, observĂ©, suivi, le dĂ©funt Carlo Maria Giulini: souffle, sincĂ©ritĂ© cosmique, vĂ©ritĂ© surtout restituant au giocoso de Mozart, sa sincĂ©ritĂ© premiĂšre, son urgence thĂ©Ăątrale, en une libertĂ© de tempi rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s, libres et souvent pertinents, qui accusent le souffle universel des situations et des tempĂ©raments mis en mouvement.ImmĂ©diatement ce qui saisit l’audition c’est la vitalitĂ© trĂšs fluide, le raffinement naturel du chant orchestral; un sens des climats et de la continuitĂ© dramatique qui impose des l’ouverture une imagination fertile
 Les chanteurs sont naturellement portĂ©s par la suretĂ© de la baguette, l’écoute fraternelle du chef, toujours en symbiose avec les voix. EN LIRE +

 

 

Cosi_Mozart-Nezet_seguin_cd_DG_villazonCD. Mozart : Cosi fan tutte (NĂ©zet-SĂ©guin, 2012) 3 cd DG   
.   le jeune chef plein d’ardeur, Yannick NĂ©zet-SĂ©guin poursuit son intĂ©grale Mozart captĂ©e Ă  Baden Baden chaque Ă©tĂ© pour Deutsche Grammophon avec un Cosi fan tutte, palpitant et engagĂ©. Voici un Cosi fan tutte (Vienne, 1790) de belle allure, surtout orchestrale, qui vaut aussi pour la performance des deux soeurs, victimes de la machination machiste ourdie par le misogyne Alfonso 
 D’abord il y a l’élĂ©gance mordante souvent trĂšs engageante de l’orchestre auquel Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, coordonnateur de cette intĂ©grale Mozart pour DG, insuffle le nerf, la palpitation de l’instant : une exaltation souvent irrĂ©sistible. le directeur musical du Philharmonique de Rotterdam n’a pas son pareil pour varier les milles intentions d’une partition qui frĂ©tille en tendresse et clins d’oeil pour ses personnages, surtout fĂ©minins. Comme Les Noces de Figaro, Mozart semble dĂ©velopper une sensibilitĂ© proche du coeur fĂ©minin : comme on le lira plus loin, ce ne sont pas Dorabella ni Fiodiligi, d’une prĂ©sence absolue ici, qui dĂ©mentiront notre analyse. En LIRE +

 

 

 

http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-mozart-lenlevement-au-serail-die-entfhurung-aus-dem-serail-schweinester-prohaska-damrau-villazon-nezet-seguin-2-cd-deutsche-grammophon/CD, compte rendu critique. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail, Die EntfhĂŒrung aus dem serail. Schweinester, Prohaska, Damrau, Villazon, NĂ©zet-SĂ©guin (2 cd Deutsche Grammophon). AprĂšs Don Giovanni et Cosi fan tutte, que vaut la brillante turquerie composĂ©e par Mozart en 1782, au coeur des LumiĂšres dĂ©fendue Ă  Baden Baden par NĂ©zet-SĂ©guin et son Ă©quipe ? Évidemment avec son lĂ©ger accent mexicain le non germanophone Rolando Villazon peine Ă  convaincre dans le rĂŽle de Belmonte;  outre l’articulation contournĂ©e de l’allemand, c’est surtout un style qui reste pas assez sobre, trop maniĂ©rĂ© Ă  notre goĂ»t, autant de petites anomalies qui malgrĂ© l’intensitĂ© du chant placent le chanteur en dehors du rĂŽle. EN LIRE +

 

 

Le nozze di figaro mozart les noces de figaro deutsche grammophon 3 cd nezet-seguin_hampson_fauchecourt critique cd review classiquenews presentation annonce depeche clic de classiquenews juin 2016CD, annonce. Mozart : Les Noces de Figaro par Yannick NĂ©zet SĂ©guin. Alors que Sony classical poursuit sa trilogie sous la conduite de l’espiĂšgle et pĂ©taradant Teodor Currentzis (1), Deutsche Grammophon achĂšve la sienne sous le pilotage du MontrĂ©alais Yannick-NĂ©zet SĂ©guin rĂ©cemment nommĂ© directeur musical au Metropolitan Opera de New York. AprĂšs Don Giovanni, puis Cosi, les Nozze di Figaro sont annoncĂ©es ce 8 juillet 2016. A l’affiche de ce live en provenance comme pour chaque ouvrage enregistrĂ© de Baden Baden (festival estival 2015), des vedettes bien connues dont surtout le tĂ©nor franco mexicain Rolando Villazonavec lequel le chef a entrepris ce cycle mozartien qui devrait compter au total 7 opĂ©ras de la maturitĂ©. Villazon on l’a vu, se refait une santĂ© vocale au cours de ce voyage mozartien, rĂ©apprenant non sans convaincre le dĂ©licat et subtil legato mozartien, la douceur et l’expressivitĂ© des inflexions, l’art des nuances et des phrasĂ©s souverains
 une autre Ă©coute aussi avec l’orchestre (les instrumentistes Ă  Baden Baden sont placĂ©s derriĂšre les chanteurs
) – EN LIRE +

 

 

CD,critique, coffret événement. RACHMANINOV : Symphonies, Danses Symphoniques. Valery Gergiev (3 cd, 1 bluray LSO live)

RACHMANINOV LSO Gergiev cycle critique review cd by classiquenews CLIC de classiquenews Cover_LSO0816_3000px_1024x1024CD, critique. RACHMANINOV : Symphonies, Danses Symphoniques
 (3 cd, 1 blu ray LSO LIVE – Valery Gergiev). A l’écoute, la premiĂšre Symphonie du jeune chef-compositeur de 24 ans, frais moulu du Conservatoire de Moscou (oĂč il fut Ă©lĂšve de Arensky et Taneiev) sonne certes parfois Ă©paisse, grave, lugubre, mais rien ne peut justifier l’échec Ă  sa crĂ©ation en 1897, jetant Rachma au fond d’un gouffre dĂ©pressif dont il ne se remettra qu’en 1901, soit aprĂšs 3 annĂ©es de retraite et d’interrogation totalement stĂ©rile. A la tĂȘte du prodigieux LSO, Valery Gergiev varie le caractĂšre des sĂ©quences, prenant un tempo volontiers mesurĂ© voire ralenti parfois, comme pour mieux creuser le souffle languissant fantastique, surtout dans l’Allegro animato (II) oĂč passe le motif du Dies Irae mĂ©diĂ©val (que l’on retrouvera encore dans la 3Ăš symphonie), mĂȘlĂ© au motif tzigane du violon solo. MĂȘme le Larghetto est sombre (malgrĂ© l’ivresse presque insouciante de la mĂ©lodie rĂ©servĂ©e Ă  la clarinette). Dans le dernier mouvement Allegro con fuoco, Gergiev souligne la vitalitĂ© tendue, Ăąpre de la chevauchĂ©e parfois massive par ses traits cuivrĂ©s; marquĂ© par la fatalitĂ©, l’impuissance d’un magma bouillonnant, la 1Ăšre Symphonie affirme une belle puissance de feu qui dĂ©montre la connaissance du dernier Tchaikovski, le plus dĂ©sespĂ©rĂ© comme le plus lucide.

Decca : l'intĂ©grale Rachma !Dans la seconde en mi mineur opus 27, Ă©galement propre Ă  la pĂ©riode russe de SergueĂŻ, l’auteur affirme une toute autre plĂ©nitude, en liaison avec son Concerto pour piano n°3, majestueux, lyrique, gĂ©nĂ©reux. Rachmaninov l’écrit Ă  Dresde en 1907 et la dirige lui-mĂȘme Ă  St-Petersbourg en janvier 1908. La diversitĂ© des thĂšmes rĂ©unis en grandes phrases lyriques s’apparente parfois Ă  Sibelius ; plus dense, plus resserrĂ©e, la 2Ăš semble mieux canaliser les tensions et les conflits qui s’exposent avec fureur et confrontations impĂ©tueuses dans l’esprit du compositeur. Plus mĂ»r, Rachmaninov Ă©labore surtout un Adagio (III) d’une profondeur pudique irrĂ©sistible avec sa cantilĂšne, emblĂ©matique de toute l’écriture d’un postromantique. Gergiev parvient Ă  insuffler une Ă©nergie souterraine qui porte tout l’édifice en particulier dans le dernier mouvement (Allegro vivace) dans lequel il sait attiser la brillance finale d’un espoir lumineux.
Enfin la 3Ăš symphonie est la pĂ©nultiĂšme oeuvre du compositeur et s’inscrit dans son exil amĂ©ricain de Philadelphie oĂč elle est crĂ©Ă©e le 6 nov 1936 sous la baguette de Leopold Stokowski. L’instrumentarium trĂšs divers (cĂ©lesta, deux harpes, xylophone, percussion augmentĂ©e
) affirme la volontĂ© de couleurs et de texture de timbres, moins d’architecture et d’effet de masse : ce que comprend trĂšs bien Gergiev qui avance, dĂ©taille aussi le formidable miroitement instrumental qui est constant d’un mouvement Ă  l’autre. Proche des avancĂ©es et de l’esprit de synthĂšse d’un chercheur contemporain, de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, Sibelius en Finlande, Rachmaninov opte aussi pour un canevas Ă©purĂ©, un dĂ©veloppement rĂ©duit Ă  l’essentiel
 Gergiev y expose et travaille la matiĂšre des seulement trois mouvements (autour de 40 mn en gĂ©nĂ©rale) avec une acuitĂ© du trait plus dense encore, rĂ©pondant Ă  cette Ă©conomie de l’énergie du dernier Rachma. La versatilitĂ© de l’orchestre redouble de vivacitĂ©, entre rĂ©fĂ©rences aux motifs du terroir russe, et tendresse lumineuse. L’Adagio est le plus « amĂ©ricain », au sentimentalisme Ă©perdu, sincĂšre et direct, dont la langueur contraste avec le scherzo hachĂ© Ă  la Prokofiev. Puis Gergiev Ă©claire dans le dernier Ă©pisode (Allegro) tout ce que Rachma doit Ă  Borodine, son allant, sa transe populaire et noble, son nerf chorĂ©graphique. surgit le Dies Irae mĂ©diĂ©val puis l’écriture se fait plus lĂ©gĂšre, dynamique, brillante dans laquelle le chef sait faire scintiller l’orchestration particuliĂšrement fertile.

gergiev-valery-gergiev-maestro-portrait-par-classiquenews-livre-actes-sud-biographie-entretien-critique-livre-par-classiquenewsLes Danses Symphoniques de 1940, ultime ouvrage orchestral, comporte le testament musical, esthĂ©tique et spirituel de l’auteur. Gergiev a bien raison de les inscrire dans ce cycle orchestral des plus complets : ne manquerait en dĂ©finitif que L’üle des morts opus 29 de 1909, et le tour aurait Ă©tĂ© exhaustif s’agissant du Rachmaninov purement orchestral. Comme la 3Ăš Symphonie, le dernier volet symphonique est crĂ©Ă© Ă  Philadelphie (en janvier 1941), au cƓur de la tourmente europĂ©enne : le plan initial comportait un autre titre, plus rĂ©vĂ©lateur de l’inspiration poĂ©tique de l’auteur, dans l’esprit d’une synthĂšse de la vie terrestre : « danses fantastiques », conçues comme miroir de la destinĂ©e humaine, Ă  la fois espĂ©rance et tragĂ©die : « « jour, crĂ©puscule, minuit ». Rachmaninov recycle en rĂ©alitĂ© la matiĂšre de son ballet antĂ©rieur Les Scythes de 1915. Ce qui touche ici c’est la fusion modernitĂ© / romantisme, sublimĂ© par un esprit synthĂ©tique qui resserre le dĂ©veloppement formel selon l’intention du souffle poĂ©tique. L’architecture y est des mieux Ă©quilibrĂ©es et conçues de toute la littĂ©rature russe du XXĂš : le premier « non allegro » cultive l’ambivalence du caractĂšre, Ă  la fois jaillissant et de plus en plus cynique / mordant. Gergiev en exprime le galop infernal quand surgit au saxo solo, une cantilĂšne amoureuse et nostalgique (jaillissement de l’ñme russe). Le 2Ăš mouvement notĂ© Andante con moto, tempo di valse, souligne un dĂ©part de valse mais dĂ©calĂ©, comme retardĂ© (faux dĂ©part), finalement dĂ©mantelĂ© scrupuleusement par un orchestre indomptable, destructeur, animĂ© par cette flamme du chaos (dyonisaque) que Gergiev saisit et sait sculpter avec beaucoup de finesse nerveuse. D’autant que le geste dĂ©taille aussi les nombreuses rĂ©fĂ©rences aux plasticiens français de l’orchestre, Debussy et surtout Ravel. C’est le mouvement le plus convaincant du triptyque. Puis dans l’ultime sĂ©quence, « lento assai – allegro vivace », Gergiev prĂ©pare l’exposition du Dies Irae, moto du destin, prĂ©sent dans toute la musique symphonique de l’auteur : il en sculpte lĂ  encore la vive opposition avec le 2Ăš thĂšme liturgique (air orthodoxe : « BĂ©nis-sois-tu Seigneur ») derniĂšre supplique et priĂšre oĂč s’entrechoque avec fureur et impĂ©tuositĂ©, la furiĂ  imaginative d’un Rachmaninov (percussions Ă©ruptives et finement dessinĂ©es) qui n’a jamais perdu sa fertile narrativitĂ© de la jeunesse, celle des ses opĂ©ras Ă  redĂ©couvrir de toute urgence. Ici Gergiev nous montre clairement que Rachmaninov n’est pas lyrique, mais percutant, incisif, parfois amer mais Ăąpre et rĂ©voltĂ© ; il est fonciĂšrement fantastique : la prĂ©sence des tĂ©nĂšbres est exaltĂ©e par l’ivresse et le vertige des rayonnements cĂ©lestes. TrĂšs bonne intĂ©grale symphonique Rachmaninov. Les complĂ©ments : signĂ©s Balakirev, le fondateur du Groupe des 5, militant pour une Ă©cole nationale russe, montre le chemin parcouru entre le fondateur jusqu’à Rachma, vrai dernier romantique russe au XXĂš, Ă  l’époque de Prokofiev. Tamara, sommet de 1883, d’aprĂšs Lermontov, inscrit la sensualitĂ© terrifiante de l’hĂ©roĂŻne dans l’imaginaire des compositeurs aprĂšs lui : le venin de la malĂ©diction, l’amour et la mort, le destin, fatum irrĂ©ductible, indomptable sont nĂ©s chez Balakirev, cultivĂ©s, prospĂšres chez Rachma. Belle filiation que met en avant Gergiev et qui souligne aussi dans la comparaison, le tempĂ©rament puissant et original de Rachmaninov.

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CLIC_macaron_2014CD,critique, coffret Ă©vĂ©nement. RACHMANINOV : IntĂ©grale des Symphonies, Danses Symphoniques. Mily Balakirev : Tamara. LSO. Valery Gergiev (3 cd, 1 bluray LSO live 2008 – 2015)

CD, critique. RAMEAU : NAÏS (1749). György Vashegyi / Orfeo orchestra. DolliĂ©, Martin
 2 cd Glossa, MUPA, Budapest, mars 2017).

vashegyi_gyorgy1222 classiquenewsCD, critique. RAMEAU : NAÏS (1749). György Vashegyi / Orfeo orchestra. DolliĂ©, Martin
 2 cd Glossa, MUPA, Budapest, mars 2017). Dans ce nouvel album de musique baroque française plein XVIIIĂš, – NaĂŻs appartient Ă  la colonie d’oeuvres ramĂ©liennes propres aux annĂ©es 1740 (1749 prĂ©cisĂ©ment s’agissant de la partition crĂ©Ă©e Ă  Paris), oĂč le Dijonais au sommet de ses possibilitĂ©s et de son imagination, favorisĂ© par la Cour de Louis XV dont il est compositeur officiel, sait renouveler un genre naturellement enclin Ă  s’asphyxier, l’opĂ©ra de cour, versaillais. Dans le geste majestueux, souple, dramatique de Gyögy Vashegy, se dĂ©voile le pur tempĂ©rament atmosphĂ©rique, spatial d’un Rameau tout Ă  fait inclassable Ă  son Ă©poque : il porte le genre lyrique Ă  son meilleur, Ă©galant ce que fit Lully au siĂšcle prĂ©cĂ©dent pour Louis XIV. Outre nos rĂ©serves concernant les chanteurs (les deux protagonistes de cette fable amoureuse : NaĂŻs et Neptune, lire ci aprĂšs), il s’agit d’une rĂ©ussite totale pour le chef hongrois, Ă  classer dans la suite de son prĂ©cĂ©dent cd dĂ©diĂ© aux Grands Motets.

D’emblĂ©e, ce qui frappe c’est le sens des couleurs et des respirations, une capacitĂ© Ă  rĂ©tablir ce Rameau architecte et peintre, d’une modernitĂ© inouĂŻe : grand faiseur de magie sonore, passionnĂ© par le Baroque Français XVIIIĂš, le chef György Vashegy se montre digne d’un Gardiner dont il fut l’assistant, apprenant cette langue prĂ©cise, somptueusement majestueuse et pourtant expressive et humaine, comme ce goĂ»t des timbres. La cohĂ©rence et l’assise de sa direction affirment une indiscutable maĂźtrise.

 

 

 

Naïs par le hongrois György Vashegyi
Direction magistrale, élégante, musclée, intense et dramatique

 

 

 

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Comme c’est le cas de nombreuses productions rĂ©centes, c’est la direction artistique imposant des choix de chanteurs pas toujours pertinents qui malheureusement attĂ©nue la remarquable acuitĂ© de l’orchestre Orfeo et du choeur d’une impeccable force de prĂ©cision. Ainsi Flore (Danielle Skorka) déçoit : pas trĂšs juste, elle rate ce fabuleux contraste oĂč nous fait passer Rameau : aprĂšs la dĂ©flagration des Ă©lĂ©ments primordiaux (PrĂ©lude : l’accord des Dieux) – terre, onde, ciel : soit Pluton, Neptune (tĂ©nor), Jupiter, se prĂ©cise ensuite et se rĂ©vĂšle dans une candeur retrouvĂ©e, ce paradisiaque Ă©lĂ©giaque, dont le chef rĂ©tablit avec une Ă©lĂ©gance galbĂ©e, le raffinement de l’écriture. L’ñpretĂ© aigre du timbre de la soprano manque de corps dans son articulation. Dommage car l’évocation du printemps souverain y Ă©blouit par ses couleurs : plus que jamais ici, Rameau semble connectĂ© avec la magie sonore des sphĂšres, la puissante ivresse des saisons, le mystĂšre flottant des dĂ©lices naturels (belle jubilation pastorale de la gavotte, plage 18) qui du reste dĂ©voile la vivacitĂ© du trait dĂ©fendu par l’excellent Orfeo Orchestra. Vashegy y ajoute une acuitĂ© mordante et un parfum de fĂ©brilitĂ© martiale (non encore totalement assagi par la prĂ©sence de Flore) ; une vision, un geste qui convainquent totalement. Mieux que Rousset souvent raide et mĂ©ticuleux, mieux que Niquet dĂ©monstratif et empoulĂ©, le Hongrois serait-il le ramĂ©lien actuel le plus convaincant ?
Ce nouvel accomplissement le laisse penser
 On s’étonne qu’en France, aucun directeur de salle n’ait encore inviter chef, orchestre et choeur pour faire dĂ©couvrir cette sonoritĂ© et cette pulsion exceptionnellement abouties.
Quel manque de curiositĂ©. Et une absence navrante pour le public français privĂ© d’une belle opportunitĂ© pour apprendre Ă  aimer et redĂ©couvrir les joyeux de son patrimoine baroque.

 György Vashegyi : le Baroque Français au sommetEn bĂątisseur des mieux inspirĂ©s, György Vashegyi sait articuler, varier, contraster et caractĂ©riser chaque Ă©pisode et ses enjeux Ă©motionnels, d’autant que pour sait le diriger, Rameau Ă©blouit par sa volubilitĂ©. La direction sait construire sans attĂ©nuer ni la continuitĂ© ni la singularitĂ© de chaque Ă©pisode. Avec aussi une belle ondulation, Ă  la fois hĂ©doniste et toujours d’un dramatisme clair (somptueuse chaconne pour les lutteurs qui suit articulant le dramatisme du I, plage 38, par exemple oĂč rĂšgnent le fabuleux galbe des bassons et des hautbois : plus de 6mn de libertĂ© et d’imagination, orchestralement fabuleuses). Le Rameau poĂšte, ciselant la soierie de son orchestre, se dĂ©voile totalement ici. Il n’y a guĂšre avant lui que Bruggen dans une suite magistrale, Ă  possĂ©der le nerf et l’ondulation, la fragmentation et la cohĂ©sion de Rameau.

Comme dans ses prĂ©cĂ©dents cd baroques – Motets du Dijonais, IsbĂ© de Mondonville (lire notre critique de la crĂ©ation au MUPA de Badupest / mars 2016, puis du cd qui a Ă©tĂ© Ă©ditĂ© dans le prolongement de cette fabuleuse recrĂ©ation), le maestro Ă©tabli Ă  Budapest maĂźtrise les Ă©tagements et la structure, c’est Ă  dire le sens architectural et spatial de la musique ramĂ©lienne, tout en accordant un relief d’une prĂ©cision souvent royale Ă  la caractĂ©risation instrumentale de chaque situation. VoilĂ  pour la maestriĂ  du chef.

 

 

Tristes chanteurs

 

Dans une parure instrumentale aussi raffinĂ©e et aboutie, certains solistes ternissent le tableau : en une langueur Ă  peine appuyĂ©e au dĂ©but de l’acte I, le tĂ©nor Reinoud von Mechelen, malgrĂ© la beautĂ© du timbre, la sĂ©duction de son Ă©mission, nous afflige d’une Ă©lĂ©gance un peu creuse qui pourtant doit exprimer le mystĂšre de l’amour : de volage, il est en esclavage, totalement saisi. Quoi de plus fascinant qu’une dĂ©itĂ© Ă©prouvĂ©e, bouleversĂ©e par le sentiment pur d’un amour mortel ? Alors surgit NaĂŻs comme une flĂšche enivrĂ©e, babillant, nymphe comĂšte (son apparition est une crĂ©ation trĂšs rĂ©ussie dans le thĂ©Ăątre de Rameau) Ă  laquelle le soprano minaudant et inarticulĂ©e de Chantal Santon n’apporte qu’une pĂąle et inaboutie incarnation. Comme pour Flore, lĂ  encore quel dommage. VoilĂ  deux chanteuses mal choisies.
Elle aussi, dans son air isolĂ© (« Tendres oiseaux » ), en dialogue avec les flĂ»tes ornementĂ©es, suaves, piquantes, exprime ce mĂȘme alanguissement Ă  la fois impuissant et dĂ©muni face Ă  un amour qui la dĂ©sarçonne (il ne prodigue que des peines et des plaisirs absents). Difficile de croire Ă  ce qu’en fait la chanteuse qui expĂ©die toutes les nuances.
Plus convaincants car d’une sobriĂ©tĂ© qui les honore : les deux chanteurs graves : Thomas DoliĂ© (TĂ©lĂ©nus, Pluton dans le Prologue), d’une noirceur qui souffre : simple, articulĂ©, proche du texte (son Adamas, dans IsbĂ© dirigĂ© / rĂ©vĂ©lĂ© par le mĂȘme chef avait marquĂ© la production de mars 2016). MĂȘme apprĂ©ciation pour le PalĂ©mon, froid, distant, et lui aussi trĂšs articulĂ©, parfaitement linguistique, de l’excellent Philippe-Nicolas Martin dont nous suivons pas Ă  pas les prises de rĂŽles. Il fut un hĂ©raut bien chantant, dans Lohengrin de Wagner donnĂ© Ă  Nantes, d’une mĂȘme prĂ©cision juste et sans artifice (septembre 2016).

La scĂšne 8 permet Ă  Rameau d’atteindre une profondeur tragique, un chambrisme thĂ©Ăątral proche de Lully que beaucoup de commentateurs refusent de reconnaĂźtre chez le Dijonais : c’est un huit clos entre les deux Ăąmes amoureuses languissantes, envoĂ»tĂ©es l’une par l’autre NaĂŻs et Neptune (ici le tĂ©nor s’amĂ©liore dans le sens d’une intention plus sobre et moins maniĂ©rĂ©e : il gagne en profondeur et en sincĂ©ritĂ© / air « Au dieu des mers, voulez vous plaire ? »).

En d’autres termes, le plateau vocal rĂ©unit reste bancal : les personnages clĂ©s de l’intrigue sentimentale, d’abord tragique puis heureuse et libre (scĂšne 5 de l’acte III quand Neptune et NaĂŻs se rĂ©vĂšlent l’un Ă  l’autre) sont trop lisses, polis, « jolis », affichant clairement un Rameau incapable de nuances et de profondeur psychologique (quel contresens) : les deux solistes sont trop maniĂ©rĂ©s. Leur style contredit et la musique de Rameau, et l’excellente vision du chef, carrĂ©e, raffinĂ©e, nerveuse.

De fait, l’opĂ©ra catĂ©gorisĂ© « Pastorale hĂ©roĂŻque », saisit par la force tellurique de l’orchestre qui convoque les dieux majeurs de l’Olympe, Neptune, Pluton, Jupiter. L’intelligence de György Vashegyi redouble de sĂ©duction dans ce drame Ă  la fois spectaculaire et intimiste dont Rameau a le secret et le gĂ©nie.
Dommage que la direction artistique quand au choix des deux chanteurs (sans omettre Flore inaboutie) attĂ©nue notre enthousiasme (un vrai coaching vocal, spĂ©cialisĂ© dans l’articulation du français baroque s’impose). AprĂšs tant de gĂ©nĂ©rations d’interprĂštes, aprĂšs la RĂ©volution baroqueuse, dĂ©fendre encore ce style vocal dans le rĂ©pertoire baroque oĂč tout doit ĂȘtre intelligible, oĂč la virtuositĂ© vocale ne doit pas sacrifier la vraisemblance ni la justesse expressive, est un contresens malheureux. Mais sur le sujet de la dĂ©clamation française propre Ă  Rameau, il est vrai que le dĂ©fi est de taille. Et peu de chanteurs sont capables de le maĂźtriser. Heureusement deux chanteurs sauvent la mise ici : Thomas DolliĂ©, – dĂ©sormais aguerri Ă  la caractĂ©risation la plus nuancĂ©e, et son confrĂšre, Philippe-Nicolas Martin.

Nais par mcgegan rameau par classiquenewsPour les amateurs, ciselant la partition de NaĂŻs, un mĂȘme engagement orchestral aussi saisissant, a Ă©tĂ© atteint / enregistrĂ© par McGegan (Ă©ditĂ© chez ERATO, en 1980, Ă  connaĂźtre absolument). Avec György Vashegyi, nous tenons lĂ  les versions les plus convaincantes d’un ouvrage inclassable, irrĂ©sistible, oĂč derriĂšre la trame sentimentale et « pastorale », c’est la voix de l’orchestre que privilĂ©gie surtout le poĂšte et le peintre, Rameau. D’abord les instruments, rien que les instruments. L’acuitĂ© picturale et le dramatisme fluide que sait instiller et cultiver le chef suscite notre intĂ©rĂȘt et justifie malgrĂ© nos rĂ©serves sur le plan vocal, le CLIC de CLASSIQUENEWS.

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD, critique. RAMEAU : NAÏS (1749). György Vashegy / Orfeo orchestra. DolliĂ©, Martin
 2 cd Glossa, MUPA, Budapest, mars 2017).

 

 

 

LIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. Sylvia Kahan : Winnaretta Singer-Polignac – Princesse, mĂ©cĂšne et musicienne (Ă©ditions les presses du rĂ©el, avril 2018)

singer-polignac_sylvia kahan livre critique annonce les presses du reel compte rendu livre par classiquenews opera concert musique classique livreLIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. Sylvia Kahan : Winnaretta Singer-Polignac – Princesse, mĂ©cĂšne et musicienne (Ă©ditions les presses du rĂ©el, avril 2018). HĂ©ritiĂšre de l’inventeur de la fameuse machine Singer, Winnaretta (1865-1943) incarne un destin exceptionnel qui cristallise l’intelligence de l’argent quand il est pilotĂ© / infĂ©odĂ© Ă  un goĂ»t rĂ©el, sincĂšre pour les arts. AmĂ©ricaine de naissance (nĂ©e Ă  New York), la « fille Ă  dollars » rejoint avec sa mĂšre Isabella, veuve fortunĂ©e, le Paris de la Belle-Epoque, celle qu’a immortalisĂ© Proust. Les personnes richissimes croisent leurs contemporains bien nĂ©s et Ă  particules pour s’unir dans des mariages de raison qui permet Ă  chacun de complĂ©ter ce qu’il apporte : le titre ou la fortune. Dans les salons trĂšs prisĂ©s – voire inaccessibles de l’élite parisienne (le modĂšle en est celui de la princesse Greffulhe, modĂšle de la Guermantes chez Proust), chaque “acteur” : aristocrate, « parvenu », artiste ou banquier ambitionne gloire et faveurs grĂące Ă  un rĂ©seau bien gĂ©rĂ©.
Rien de tel chez Winnaretta qui dĂšs son jeune Ăąge (18 ans), s’émancipe du foyer maternel, gĂšre sa propre fortune, s’éloigne de l’influence pernicieuse Ă©chafaudĂ©e par son beau pĂšre (Victor, second Ă©poux de sa mĂšre, aristocrate de pacotille mais vĂ©ritable dĂ©pensier, et qui a peut ĂȘtre abusĂ© de sa belle-fille…). Le texte de Sylvia Kahane, chercheuse new yorkaise dĂ©voile les clĂ©s de la personnalitĂ© d’une jeune femme fortunĂ©e, surtout artiste authentique (peintre, admiratrice de Manet et de Sargent qui fait son portrait), protectrice et ami de Gabriel FaurĂ©, et qui devient aprĂšs son second mariage en 1892 avec Edmond de Polignac (trĂšs amoureux de sa jeune Ă©pouse dont il a le coup de foudre lors d’une soirĂ©e financĂ©e par la Greffulhe)), l’une des mĂ©cĂšnes les plus avisĂ©es et influentes de son temps : commandant aux artistes visionnaires et alors jugĂ©s « trop modernes » : Chabrier (dont elle finance et organise la crĂ©ation de l’opĂ©ra Gwandoline dont ne voulait pas l’OpĂ©ra de Paris), CarriĂšs (pour une porte de Parsifal qui ne vit jamais le jour), FaurĂ©, d’Indy, Stravinsky, Nadia Boulanger, Satie (Socrate), le Retable de MaĂźtre Pierre de Falla, Poulenc (Concerto pour deux pianos), jusqu’Ă  l’indomptable et dĂ©cevant Verlaine, etc

Sensible Ă  la crĂ©ation de son temps, Winnetta Singer devenue Princesse Polignac affirme une intuition artistique et un idĂ©al esthĂ©tique de premier plan, favorisant en musique : Wagner, JS Bach (dont elle apprĂ©cie les Cantates), et tous les compositeurs français de son temps, apportant un soutien financier et constant aux activitĂ©s de la SociĂ©tĂ© Nationale de Musique fondĂ©e par Saint-SaĂ«ns pour aider les compositeurs français Ă  crĂ©er leurs oeuvres en public. Winnaretta se dĂ©voile au fil des pages dans son intimitĂ©, sa sensibilitĂ©, un instinct de collectionneuse hors pair (elle achĂšte de nombreuses toiles de grands maĂźtres dont Ă©videmment Manet mais aussi Sargent et Monet
), une mĂ©lomane avisĂ©e qui partagea avec son Ă©poux Polignac, une Ăąme d’artiste authentique.
faure gabriel portrait gabriel faure CLASSIQUENEWSA travers le portrait de la femme et de la mĂ©cĂšne, se dessine l’ambiance du Paris des annĂ©es 1890 Ă  1940. Le destin de Winnaretta compose une odyssĂ©e humaine exceptionnelle, pilotĂ©e par une exigence artistique atypique oĂč les moyens mis en Ɠuvre, certes considĂ©rable alors, sont infĂ©odĂ©s au seul souci de la crĂ©ation. Cette intelligence Ă  l’Ɠuvre est le vrai sujet de la biographie historique, d’un apport considĂ©rable pour qui souhaite mieux connaĂźtre et comprendre comment la France wagnĂ©rienne et Debussyste, jusqu’à la seconde guerre mondiale, est passĂ©e du post romantisme au modernisme le plus audacieux, soit de Massenet, Ravel, Saint-SaĂ«ns Ă  Stravinsky et Poulenc. Le texte originel est paru Ă  New York en 2006. Les Ă©ditions la presse du rĂ©el rĂ©alisent sa premiĂšre traduction française. Publication Ă©vĂ©nement. Grand article critique Ă  venir sur CLASSIQUENEWS / mag cd dvd livres. Le livre reçoit naturellement le CLIC de CLASSIQUENEWS du mois de mai 2018.

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CLIC D'OR macaron 200singer-polignac_sylvia kahan livre critique annonce les presses du reel compte rendu livre par classiquenews opera concert musique classique livreLIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. Sylvia Kahan : Winnaretta Singer-Polignac – Princesse, mĂ©cĂšne et musicienne (Ă©ditions les presses du rĂ©el, avril 2018) — Traduit de l’anglais (amĂ©ricain) par Charles MoutonDennis Collins. Titre original : Music’s Modern Muse – A Life of Winnaretta Singer, Princesse de Polignac (2006, Ă©d. revue, University of Rochester Press). 17 x 20 cm (brochĂ©) – 808 pages (87 ill. n&b) – 42 € (prix indicatif) – ISBN : 978-2-84066-268-6 – EAN : 9782840662686. Illustration : Gabriel FaurĂ©, protĂ©gĂ©, ami, voire amoureux secret de la belle et exotique millionnaire Singer.

CD, réédition événement. WAGNER : le PARSIFAL sublime et ciselé de Solti (DECCA, 1972)

solti wagner parsifal cd critique cd review par classiquenews cd 71IKlp3X8+L._SY355_CD, rĂ©Ă©dition Ă©vĂ©nement. WAGNER : le PARSIFAL sublime et ciselĂ© de Solti (DECCA, 1972). 46 ans aprĂšs son enregistrement, voici un Parsifal Ă  la fois subtile et profond, dont le chant articulĂ© et jamais appuyĂ© des chanteurs, la couleur transparente, parfois suspendue de l’orchestre (somptueuse philharmonie de Berlin), la lecture affĂ»tĂ©e dĂ©fendue par le geste du maestro (alors Ă  son meilleur car il ne sacrifie jamais l’éloquence sur l’autel de la pure dĂ©monstration)
 rĂ©alisent en dĂ©finitive une version de rĂ©fĂ©rence, lĂ©gendaire mĂȘme, avec celle de Karajan. Evidemment le choix des tempĂ©raments lyriques, retenus par le chef hongrois marque profondĂ©ment la vĂ©ritĂ© et la sincĂ©ritĂ© du message musical : brillent par leur humanitĂ© d’acteurs nĂ©s, au chant ciselĂ© : le Titurel de Hans Hotter (diseur absolu), le Gurnemanz de Gottlob Frick, le Parsifal de RenĂ© Kollo (dont le timbre a alors cette douceur adolescente trĂšs juste) ; l’incroyable Kundry de Christa Ludwig : sirĂšne monstrueuse puis bĂȘte perdue, pĂȘcheresse en quĂȘte du pardon
 L’équilibre expressif, une retenue magicienne dans la direction font surgir ce miracle (cd3 / Acte III) inespĂ©rĂ© d’un monde enfin sauvĂ© par le pur et le chaste, celui qui sait compatir et souffrir avec chaque Ăąme en souffrance; par son humanisme sincĂšre.

Au moment oĂč l’OpĂ©ra Bastille annonce une nouvelle production de Parsifal Ă  Paris, dans une mise en scĂšne qui ne promet pas d’ĂȘtre un Ă©vĂ©nement (signĂ©e Richard Jones, Ă  voir : Paris, OpĂ©ra Bastille, du 27 avril au 23 mai 2018), voici DECCA qui nous rĂ©gale en rĂ©Ă©ditant en version remastĂ©risĂ©e, la lecture du grand magicien du son spatialisĂ©, de l’acuitĂ© des timbres, de la sĂ©duction « hongroise » en un geste d’une prĂ©cision toujours trĂšs musicale : Georg Solti. A Vienne en mars 1972, dans la Sofiensaal, le maestro complĂšte ainsi son cycle wagnĂ©rien au disque, initiĂ© de 1958 Ă  1964 (RING), avec le Philharmonique de Vienne dĂ©jĂ , dans un Ring demeurĂ© historique et visionnaire car ce fut la premiĂšre intĂ©grale enregistrĂ©e en stĂ©rĂ©o (faisant alors les dĂ©lices des mĂ©lomanes et le succĂšs de la firme). Chez Solti, la somptuositĂ© sonore est toujours au service de l’intention des situations et du sens profond des scĂšnes. Souple et intĂ©rieur, le geste sait dĂ©voiler sans l’épuiser l’activitĂ© souterraine (psychĂ©) qui pilote chaque ĂȘtre (ample monologue sur la dĂ©solation du monde et de la sociĂ©tĂ© des chevaliers, par Gurnemanz au dĂ©but du III).

Prenons l’exemple du CD3 : D’une grĂące absolue et parfois portĂ©e par un abandon languissant (chant des filles fleurs prĂȘtes Ă  envoĂ»ter le jeune vierge Parsifal) : la seule voix si charnelle et comme blessĂ©e de Lucia Popp parmi les crĂ©atures de sĂ©duction colore toute la sĂ©quence d’un parfum d’une humanitĂ© inouĂŻe, distillant un charme tenace ; on comprend que l’élu doive s’armer de rĂ©sistance dĂ©cuplĂ©e
 avant sa confrontation avec la femme fatale, Kundry, derniĂšre illusion ourdie par le mage Klingsor). LĂ  encore le choix des voix s’avĂšre profitable : l’acuitĂ© expressive de Solti ciselant un duo expressif d’une grande justesse : Christa Ludwig est au sommet de sa maturitĂ© vocale / voix mĂ©morielle, voix faussement maternelle destinĂ©e Ă  troubler le jeune homme, un temps perdu par cette confrontation imprĂ©vue.
Solti dĂ©cuple un jeu lascif, faisant miroiter les timbres (bois et cordes) d’une subtile et pernicieuse voluptĂ© : RenĂ© Kollo en son timbre d’une douceur angĂ©lique exprime alors l’innocence Ă  l’épreuve du dĂ©sir naissant : c’est pourtant Ă  l’épreuve de ce feu mordant (le baiser de Kundry) que l’élu devient Parsifal, sa conscience aiguisĂ©e, sublimĂ©e par l’expĂ©rience de la compassion, puisqu’alors ayant rĂ©sistĂ© Ă  l’assaut de la Femme sirĂšne (Ewig ewig von mir ! / morte, morte pour moi), le garçon comprend le sens de la blessure d’Amfortas, le roi-prĂȘtre qui a Ă©tĂ© faible (Kundry l’a sĂ©duit antĂ©rieurement)
 Parsifal ressent la souffrance de celui dont la douleur le bouleverse.
Puis c’est Kundry la souveraine pĂȘcheresse, crĂ©ature manipulĂ©e de Klingsor qui se repent, succombe face au joyau moral qu’incarne l’élu Parsifal
 Un trĂšs grand moment de ce Parsifal historique, auquel Solti apporte une cristallisation sonore et musicale dans un chatoiement de couleurs et d’accents permis aussi par les excellents instrumentistes viennois. L’orchestre wagnĂ©rien, organe psychologique et Ă©motionnel peut dĂ©sormais en vagues et vertiges assumĂ©s, incarner les tourments de la culpabilitĂ©, et aussi, grand thĂšme wagnĂ©rien, l’espĂ©rance d’une humanitĂ© meilleure.
La scĂšne raconte ce grand bouleversement des Ăąmes affrontĂ©es, finalement apaisĂ©es. Ce cri de Kundry (Ludwig dĂ©truite, avant l’immense Waltraud Meieer, son hĂ©ritiĂšre directe) incarne la mĂ©tamorphose suprĂȘme qui est Ă  l’oeuvre : la musique porte et permet un Ă©veil de la conscience, Ă©claire l’écoute par son appel Ă  la transcendance morale et spirituelle. Solti l’a bien compris qui nuance tout l’orchestre au diapason de cette conception humaniste de l’art musical. MUST ABSOLU et Ă©videmment CLIC de CLASSIQUENEWS du printemps 2018. A rĂ©Ă©couter d’urgence si vous comptez aller assister au spectacle / Festival sacrĂ©, affichĂ© Ă  Bastille en avril et mai 2018.

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CLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. WAGNER : PARSIFAL. SOLTI, Vienne 1972, réédition version remastérisé 24-Bit 96 Khz. 4 cd + BlurayDisc 483 2510 DECCA. CLIC de classiquenews, printemps 2018

CD, critique. BEETHOVEN : Sonates pour piano n°3° opus 109, n°28 opus 101. ISHAY SHAER, piano (1 cd ORCHID classic)

shaer ishay piano beethoven piano sonatas sonates Beethoven cd orchud classics revw cd critique cd par classiquenewsCD, critique. BEETHOVEN : Sonates pour piano n°3° opus 109, n°28 opus 101. ISHAY SHAER, piano (1 cd ORCHID classic, juillet 2015). D’emblĂ©e, on sent une forte conscience musicale, propre Ă  exprimer l’inquiĂ©tude du discours, sa fragilitĂ©, son instabilitĂ© qui sourde, comme sa profonde subtilitĂ© mouvante. L’interprĂšte construit tout un monde flottant Ă  la belle structure et au toucher murmurĂ©, canalisĂ©, souvent peu appuyĂ©. Aucun doute, le pianiste israĂ©lien Ishay Shaer a beaucoup de choses Ă  nous dire sur la question de Beethoven. Sa comprĂ©hension du compositeur, sa retenue trĂšs riche en intentions retient immĂ©diatement l’attention et nourrit l’Ă©coute. Nous notons : la trĂšs belle fluiditĂ© liquide, flexible et schumanienne du premier Vivace de la Sonate d’ouverture n°30, auquel rĂ©pond l’agilitĂ© elle aussi trĂšs finement calibrĂ©e du court Prestissimo qui suit. Le souffle ample, intĂ©rieur et d’une infinie rĂȘverie nostalgique se dĂ©ploie avec un sens grave de la construction, dans le plus important des 3 mouvements de cette Sonate, (plus de 12 mn) : notĂ© Andante molto cantabile ed expressivo, l’épisode, l’un des plus suspendus du dernier Beethoven, l’un des plus Ă©nigmatiques aussi dans le registre introspectif et amoureux, Ă  la fois vivant et caressant. NĂ© en 1983, Ishay Shaer en exprime l’état d’ivresse et de conscience alternĂ©es, entre ravissement et renoncement. Encore parfois vert, l’allant prime ici sur la ciselure inquiĂšte, tĂ©nue, mais en dĂ©pit de sa jeunesse, le pianiste remarquĂ© et distinguĂ© par Daniel Barenboim en 2011, sait construire la fine architecture si versatile d’un Beethoven qui ne cesse d’expĂ©rimenter, de questionner, de nourrir et de redĂ©finir le cadre du dĂ©veloppement formel (oĂč Beethoven semble nous poser la question et se poser la question Ă  lui-mĂȘme, … : qu’est ce qu’un mouvement final de Sonate, oĂč va-t-il, quel est son sens ?
), en particulier dans la section derniĂšre oĂč la question enfle jusqu’à son point de non retour, laissant l’auditeur dans un Ă©tat d’attente sidĂ©rĂ©e.

 
 
 

 
 
 

Le jeune pianiste Ishay Shaer enregistre un récital Beethoven de bout en bout captivant

Elégance et ùpreté du geste beethovénien

 
 
 

SHAER ISHAY piano beethoven portrait sur classiquenews cd orchid classic media_2012_ishay_shaerL’enchaĂźnement se produit avec les 6 Bagatelles de l’opus 126, pleine de retenue introspective (premier Andante), ou Ă©chevelĂ©e, pulsionnelle (Allegro et Presto), parfaitement agencĂ©s dans l’esprit d’une sĂ©rie de pochades au caractĂšre chacune trĂšs affinĂ©, affĂ»tĂ©, sculptĂ© avec un sens immĂ©diat et franc de la sincĂ©ritĂ©. LĂ  encore c’est la grande Ă©lĂ©gance du geste, et la retenue veloutĂ©e du toucher (le grazioso trĂšs articulĂ© du n°3), la recherche d’une sonoritĂ© ronde, Ă©quilibrĂ©e qui fouille, interroge matiĂšre et direction du geste sonore
, qui captivent. Le pianiste n’a rien Ă  dĂ©montrer, mais il invite, suggĂšre, Ă©claire. MĂȘme impression d’une intelligence en Ă©veil, Ă  l’affĂ»t dans les 11 Bagatelles qui suivent (Opus 119).
La pensĂ©e expĂ©rimentale, Ă©ruptive de Beethoven s’exprime tout Ă  fait dans les 3 Ă©pisodes de la derniĂšre Sonate n°28 (Opus 101) de ce rĂ©cital trĂšs abouti. Les deux premiers exposent clairement les diverses tendances d’une Ăąme radicale, absolutiste, puis la 3Ăš et derniĂšre, la plus dĂ©veloppĂ©e, est Ă©noncĂ©e et structurĂ©e Ă  la façon d’une synthĂšse rĂ©trospective qui cible aussi l’avenir. L’acuitĂ© du geste, la ciselure souvent crĂ©pitante du toucher indiquent clairement chez Ishay Shaer, un beethovĂ©nien capable de clartĂ©, de nuances secrĂštes et intimes, de caresses dĂ©jĂ  mozartiennes, moins d’astuces et de facĂ©ties formelles Ă  la Haydn. Le caractĂšre ombrageux de Beethoven se libĂšre amplement, de façon trĂšs graduelle dans l’Adagio finale, de plus de 10 mn, aux Ă©clats sertis dans toutes les nuances Ă©bĂšne. Le tact Ă  la fois tĂ©nĂ©briste et feutrĂ©  du pianiste convainc absolument dans cet instant suspendu oĂč le temps s’arrĂȘte, tout infĂ©odĂ© Ă  l’émergence de la sensation et du sentiment : ceux du songe, de l’oubli, du renoncement, de l’absolu poĂ©sie. Ishay Shaer n’oublie pas la gravitĂ© secrĂšte qui nimbe toute la clartĂ© de ce passage schubertien dans sa quĂȘte de la rĂ©itĂ©ration enivrĂ©e, capable d’éclairs, voire d’assauts d’une ardeur juvĂ©nile quasi primitive (remarquable lumiĂšre et Ă©nergie de la fugue finale). Ce que nous dit le jeune pianiste est souvent captivant. Ishay Ishaer appartient Ă  la gĂ©nĂ©ration nouvelle de pianistes au tempĂ©rament mĂ»r, trĂšs inspirĂ© par le rĂ©pertorie dĂ©fendu. Dans la continuitĂ© de cette inspiration chez Beethoven, on aimerait Ă  prĂ©sent l’entendre chez Liszt, Schumann et 
 Haydn. A suivre Ă©videmment.

 
 
 

 
 
 

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CD, critique. BEETHOVEN : Sonates n°28, 30, Bagatelles
 ISHAY SHAER, piano (1 cd Orchid classics, UK, juil 2015). - Illustrations : portrait chemise blanche © J Coen

 
 
 

 
 
 

VIDEO Beethoven par Ishay Shaer :
https://www.youtube.com/watch?time_continue=54& v=3jBx0oaoR4w

 
 
 

DVD critique. POULENC / BARTOK:Barbara Hannigan, EP Salonen (déc 2015-1 dvd Arthur Musik)

DVD barbara hannigan voix humaine critique par classiquenews le-chateau-de-barbe-bleue-la-voix-humaineDVD critique. POULENC/BARTOK : Barbara Hannigan, EP Salonen (dĂ©c 2015-1 dvd Arthur Musik). De deux univers diffĂ©rents, Warlikowski fait un mĂȘme chant passionnĂ©, habitĂ©, radical, le miroir de deux amoureuses sous domination. On peut aisĂ©ment reconnaĂźtre ici la meilleure mise en scĂšne du metteur en scĂšne si inconstant, dont on a pu regrettĂ© ses rĂ©alisations du Roi Roger, de Parsifal et plus rĂ©cemment de Don Carlos… Ă  Paris. Mais son hypersensibilitĂ© maladive, son goĂ»t des ĂȘtres dĂ©calĂ©s en pĂ©ril, et des situations extrĂȘmes, colle parfaitement au dĂ©roulement des deux ouvrages rĂ©unis. Bartok Ă  l’opĂ©ra nous offre une expĂ©rience unique et gĂ©niale car la somptuositĂ© et le raffinement voluptueux de sa parure orchestrale contredit exactement l’horreur du drame qui se joue entre le maĂźtre chĂątelain et sa proie nouvellement acceptĂ©e dans la demeure : Judith. Ostensiblement, les joyaux mordorĂ©s des instruments ajoutent Ă  la machine de sĂ©duction et d’hypnose graduelle qui ensorcelle la jeune femme, laquelle malgrĂ© ses doutes lĂ©gitimes, finit emmurĂ©e vivante.

ART DE L’ENCHAINEMENT… À la fin du chĂąteau, quand Barbe Bleue pĂ©trifie tout Ă  fait Judith et la fait rentrer dans sa boĂźte objet, lui refusant comme pour toutes les autres Ă©pouses, un statut, la libertĂ©, tout Ă©mancipation et toute dignitĂ©, … surgit tel un ƒdipe femme aux yeux ensanglantĂ©s, “Elle”, l’hĂ©roĂŻne unique chez Poulenc, rĂ©tablissant ce lien entre les deux femmes de Bartok Ă  Poulenc donc, et qui sont des objets de domination et de soumission.

Warlikowski se montre trĂšs inspirĂ© et juste en soulignant la parentĂ© de climats (tension et ivresse voluptueuse
 Certainement plus incisive chez Poulenc), la similitude du sujet entre les deux opĂ©ras d’un acte chacun. JUDITH et ELLE SONT SƒURS PAR LEUR ATTACHEMENT À L’HOMME QUI LES ASSUJETTIES TOTALEMENT.

De sorte que l’on croit tout Ă  fait que Poulenc prolonge ce qui a Ă©tĂ© exposĂ© chez Bartok. La femme dĂ©sirĂ©e courtisĂ©e valorisĂ©e par le dĂ©sir de l’homme qui la guide dans la premiĂšre partie bartockienne, est chez Poulenc son esclave hystĂ©rique, bĂȘte insatisfaite, amoureuse dĂ©truite, ange dĂ©chu, clown extĂ©nué  Tout en elle dĂ©signe et transpire la solitude infamante qui la brĂ»le : c’est une pleureuse alcoolique qui s’embrase et se consume jusqu’Ă  perdre tout raison.

La solution de continuitĂ© entre les deux actes pourtant de mains diffĂ©rentes, gagne une puissance rĂ©aliste indiscutable dans la conception de l’homme de thĂ©Ăątre qui en a restituĂ© avec grande intelligence, le lien dramatique.

En dĂ©pit de la duretĂ© de son sujet, de la violence de son action, de l’horreur domestique dont il s’agit, le dĂ©roulement du spectacle est passionnant, et grande gagnante de cette scĂšne sauvage mais actuelle (on pense Ă  l’affaire Weinstein), la soprano Barbara Hannigan incarne le nouveau modĂšle des chanteuses d’aujourd’hui, complĂštes et exemplaires, formidable actrice et chanteuse naturelle au verbe français coulant, Ă©vident, claire, d’une bouleversante humanitĂ©. Quelle prĂ©sence et quelle plastique. À la fois blessĂ©e fragile hallucinante dont chaque mouvement et intonation bouleverse comme la transe et rage impuissante d’une poupĂ©e desarticulĂ©e hallucinante. Quelle dĂ©clamation toute en finesse et en nuances. L’idĂ©e de gĂ©nie de Warlikowski est le choix du dĂ©nouement et cette relation physique qui prend corps entre Elle et son amant sur la scĂšne. On ne dira rien de cette nouvelle danse Ă  deux mais elle renforce encore la justesse de la conception comme la performance Ă©poustouflante de la diva Hannigan.

CLIC_macaron_2014MĂȘme absent le baryton basse abyssal de John Relyea, d’une virilitĂ© animale et troublante chez Bartok, ne cesse de hanter chaque phrase d’une Hannigan dont il semble que chaque phrase priĂšre et invocation lui est adressĂ© d’un temps Ă  l’autre, d’un compositeur Ă  l’autre. Tout en Ă©tant un grand moment d’opĂ©ra, court, fulgurant, incandescent, Warlikowski signe donc un superbe moment de thĂ©Ăątre. Magistrale rĂ©alisation et conception d’ensemble.

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DVD, critique. POULENC/BARTOK : Barbara Hannigan, EP Salonen (dĂ©c 2015-1 dvd Arthur Musik) - FilmĂ© en direct du Palais Garnier en dĂ©cembre 2015. Avec John Relyea, Barbara Hannigan, Ekaterina Gubanova, Claude Bardouil. Orch de l’OpĂ©ra de Paris. Esa-Pekka Salonen, direction.

CD, coffret événement, annonce. CLAUDIO ARRAU: COMPLETE PHILIPS RECORDINGS (80 cd Decca / DG)


ARRAU claudio complete philips recordings 1928 1952 1991 presentation review cd critique cd par classiquenews decca4832984CD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. CLAUDIO ARRAU: COMPLETE PHILIPS RECORDINGS (80 cd DECCA – 1928 – 1991).
C’était le temps de Polygram et du label phare du piano, Philips (qiui comprenait alors Arrau, Brendel, Bolet
 sans omettre la jeune Uchida). En mars 2018, Universal sort l’intĂ©grale CLAUDIO ARRAU (1903-1991), totalisant depuis 1928, surtout le dĂ©but des annĂ©es 1950 jusqu’à sa mort, 4 dĂ©cades de recherche musicale et pianistique de celui qui fut avec Abbado, le grand Claudio, immense interprĂšte capable d’interroger la forme, le sens du son, questionner le texte musical comme s’il s’agissait d’un texte littĂ©raire. Gageons qu’avec le temps ce sont surtout ses Chopin, Mozart, Liszt, Brahms et Schumann (moins Beethoven malgrĂ© ce que l’on peut lire ici et lĂ ) qui distinguent ici une conception souveraine, ne sacrifiant rien sur l’autel de la trop futile certes sĂ©duisante dĂ©monstration virtuose
 Celui qui admirait surtout Kempff et le jeune Barenboim (artiste DG exclusif depuis ce mĂȘme mois de mars 2018), a accompagnĂ© Ă  mesure qu’il explorait le son romantique, les avancĂ©es et trouvailles de l’industrie discographique et du disc compact. Jusqu’à ses 88 ans, le pianiste chilien a su ciseler une expĂ©rience sonore et musicale, arstique et quasi spirituelle de la grĂące pianistique avec un tact et une Ă©lĂ©gance, une probitĂ© entiĂšre, majeure, radicale qui le mĂšne, conscient de chaque explorations, maĂźtre de tous ses effets, jusqu’au terme du voyage terrestre, enregistrant encore l’annĂ©e de sa disparition en
 1991.

Aujourd’hui, Decca prĂ©sente la somme de sa production pour Philips et American Decca en une Ă©dition limitĂ©e de 80 cd, comprenant Ă©galement l’enregistrement live du 4e concerto pour piano de Beethoven avec Leonard Bernstein pour Deutsche Grammophon. La discographie d’Arrau est dominĂ©e par le rĂ©pertoire classique et romantique : Mozart, Brahms, Schumann, Liszt, Chopin et surtout Beethoven, compositeur auquel le nom d’Arrau reste malgrĂ© notre apprĂ©ciation (forcĂ©ment subjective) Ă©troitement associĂ©. On y retrouve des collaborations avec Sir Collin Davis, Bernard Haitink, Leonard Bernstein, Henryk Szeryng, JĂĄnos Starker, Arthur Grumiaux.

CONTENU DU COFFRET. Les 80 cd sont classĂ©s par compositeurs. La rĂ©Ă©Ă©dition prĂ©sente deux interviews inĂ©dites avec Claudio Arrau, une introduction aux concertos de Beethoven rĂ©alisĂ©e Ă  l’occasion de la premiĂšre parution en 1964 avec l’orchestre du Concertgebouw et Bernard Haitink, et ses rĂ©flexions sur les sonates de Beethoven. Le livret trilingue (anglais, allemand, français) de 180 pages comprend un nouvel essai par le producteur Jeremy Hayes (clĂ© pour comprendre l’univers expĂ©rimental et Ă©lĂ©gant du maĂźtre pianiste), de nombreuses photos rares des archives Philips et Decca et des reproductions des pochettes originales. Coffret Ă©vĂ©nement : prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS. CLIC de CLASSIQUENEWS du printemps 2018 – Sortie : 9 mars 2018

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CD, coffret événement. CHRISTA LUDWIG : the complete recitals on Warner classics ( 11 cd)

ludwig christa coffret box set 11 cd warner complete recordings on warner review cd cd critique cd par classiquenews wahfp5rrtih7a_300CD, coffret Ă©vĂ©nement. CHRISTA LUDWIG : the complete recitals on Warner classics ( 11 cd). Elle aura connu le sommet de sa carriĂšre lyrique dans le rĂŽle de la TeinturiĂšre de La Femme sans ombre de R. Strauss (sous la direction de Karl Bohm, pour l’inauguration du Met en 1966), et certainement pas dans le rĂŽle de Brangaine (Tristan) : ennuyeux Ă  mourir ; puis aura failli casser et perdre sa voix en chantant Eboli, pilotĂ©e par Karajan en aoĂ»t 1975 Ă  Salzbourg
 Ă©nĂ©rĂ©e en Autriche et en Allemagne comme la diva germanique par excellence, Christa Ludwig qui fut donc Cherubino (Le Nozze), le Componist (Ariane Auf Naxos), en particulier Kundry (Parsifal, Ă  Bayreuth), prit sa retraite en 1994. Il n’y eut qu’une seule mezzo, aussi engagĂ©e, au moelleux Ăąpre et mordant, articulant comme peu, vraie diablesse dramatique, et tragĂ©dienne nuancĂ©e : AgnĂšs Baltsa. Et bien sĂ»r Maria Callas, mais Ludwig comme Baltsa ne sont pas des sopranos et ne purent jamais chantĂ©, ni Leonora, Violetta chez Verdi, ni Isolde chez Wagner

Amoureuse de littĂ©rature et de textes poĂ©tiques, c’est surtout dans l’univers millimĂ©trĂ© du lied que la mezzo devenue lĂ©gendaire a donnĂ© l’ampleur de son gĂ©nie vocal, soie sensuelle et voluptueuse, flexible et intelligemment incarnĂ©e, capable de dire chaque mot, et de faire parler la musique. C’est une diseuse hors pair, vĂ©ritable poĂ©tesse et prophĂ©tesse du verbe, dĂ©voilant toute les intentions poĂ©tiques du texte, de la phrase, dans un dialogue riche et allusif, Ă©clairant comme jamais toute situation dramatique dans ses enjeux et ses promesses les plus inouĂŻs-, avec le piano et les autres voix. Amoureuse de Goethe, la « diva Ludwig » vĂ©nĂšre Hugo Wolf qui le met divinement en musique. L’interprĂšte a toujours dĂ©fendu d’abord le texte puis la musique. En cela elle s’accorde avec l’esthĂ©tisme de Monteverdi (qu’elle n’a pourtant jamais chantĂ©). NĂ©e en 1928, WARNER cĂ©lĂšbre non sans raison le gĂ©nie interprĂ©tatif d’une mezzo particuliĂšrement identifiable, et qui n’a pas sa langue dans sa poche (pour qui a parlĂ© avec elle : son tempĂ©rament et sa franchise, prĂ©cise, dĂ©taillĂ©e, argumentĂ©e contraste avec le parler insipide, fade et passe partout qui a court aujourd’hui, mondialisation et standardidation obligent ; ĂȘtre bien avec tout le monde partout
).‹Dans le coffret WARNER, on y retrouve ainsi le genre que Ludwig a servi avec un tact, une subtilitĂ© belcantiste : accordant, contrĂŽlant, adaptant chaque nuance vocal selon le sens du texte. Voici les lieder de Schubert (hĂ©las son cher Winterreise / Voyage d’hiver, en cycle intĂ©gral n’est pas prĂ©sent) ; voici surtout Brahms, et Wolf et Strauss. On reste envoĂ»tĂ©s sous le charme de ses mĂ©lodies de saint-SaĂ«ns (Une flĂ»te invisible) et les Chansons madĂ©casses de Ravel. La France et le français sont comme une seconde patrie car elle a Ă©pousĂ© un français (« Paul-Emile »). Outre une quasi intĂ©grale des lieder de Brahms, le coffret rĂ©unit ses meilleurs accomplissements dans le genre du lied avec orchestre : Wagner (Wesendonck-lieder), Mahler (Lieder eines fahrender gesellen, Kindertotenlieder, et bien sĂ»r, le lĂ©gendaire Chant de la terre (Das Lied von des Erde).
CLIC_macaron_2014Parmi les inĂ©dits mĂ©morables qui ajoutent encore Ă  la valeur de cet hĂ©ritage inestimable : Lieder de Berg, Max Reger, Wagner (Wesendonck-lieder), sans omettre eux de Wolf, un air de Gluck, plusieurs Brahms dont le rĂ©cital enregistrĂ© (et donc jamais publiĂ© jusqu’à ce jour) avec son premier mari, Walter Berry


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Christa Ludwig (mezzo-soprano) : « The Complete Recitals on Warner Classics » (Coffret 11 CD Warner)

SOUVENIRS, SOUVENIRS
. il y a 10 ans dĂ©jĂ  en 2008, pour ses 80 ans, Christa Ludwig faisait l’objet sur CLASSIQUENEWS d’une page dĂ©diĂ©e, synthĂ©tisant un cycle de rĂ©Ă©ditions cd et dvd LIRE les 80 ans de Christa Ludwig.

CD, compte rendu, critique. « Mémoire et Cinéma » : Isabelle Durin, violon et Michaël Ertzscheid, piano (1 cd PARATY)

DURIN memoire et cinema cd presentation par classiquenews critique annonce presentation video Paraty-HarmoniaMundiCD, compte rendu, critique. « MĂ©moire et CinĂ©ma » : Isabelle Durin, violon et MichaĂ«l Ertzscheid, piano (1 cd PARATY). VoilĂ  un programme qui touche d’abord par la finesse de sa musicalitĂ©, la recherche d’un son flexible et chaleureux, douĂ© d’une finesse d’intonation, idĂ©alement en adĂ©quation avec son sujet : l’ñme juive,… telle qu’elle transparaĂźt et semble se rĂ©inventer Ă  chaque sĂ©quence, Ă  travers 12 films ici revisitĂ©s. “MĂ©moire et cinĂ©ma” : le titre tient ses promesses. La valeur de la rĂ©alisation tient surtout Ă  la complicitĂ© Ă©vidente entre les deux interprĂštes, violon et piano, d’une facĂ©tieuse entente, pleine d’équilibre et d’imagination dans La vie est belle entre autres, duo jubilatoire par son sens des rebonds et des rĂ©pliques
 Evidemment aux cĂŽtĂ©s des deux indĂ©modables Yiddish Mame et Yidl mitn Fidl, ouvertement inscrits dans la mĂ©moire, Le violon sur le toit (1971), est ici mosaĂŻque et condensĂ© de tous les visages de la tradition Ashkenaze ; la sĂ©quence semble incarner l’essence mĂȘme du projet de la violoniste Isabelle Durin. L’agilitĂ© inspirĂ©e du violon dĂ©passe l’évocation militante : elle atteint une poĂ©sie critique qui outre sa sĂ©duction mĂ©lodique immĂ©diate, se pose la question du sens, de ce qui est dit voire suggĂ©rer entre les notes, sous l’articulation souvent brillante mais jamais creuse.

 

 

 

Entre élégance et conscience,
Isabelle DURIN, le violon cinématographique

 

 

3174__2__-_Copie-1495643876Parmi quelques jalons convaincants d’un parcours aussi personnel qu’intensĂ©ment dĂ©fendu et finement habitĂ©, distinguons entre autres, la tendresse sacrifiĂ©e, – tragĂ©die en filigrane – de La Liste de Schindler de John Williams (plage 1), en ouverture : d’emblĂ©e c’est la lumiĂšre de la sonoritĂ© du violon, jamais appuyĂ© mais allusif et aĂ©rien dans son dernier Ă©noncĂ©, qui saisit l’écoute. On a dĂ©jĂ  dit toutes les qualitĂ©s vivantes et palpitantes de La Vie est belle (3) : oĂč le chant du violon exprime cette volontĂ© d’insouciance et une espĂ©rance indĂ©fectible pour le genre humain Ă  travers une invitation Ă  la danse / c’est un appel Ă  la lĂ©gĂšretĂ©, avec des ornementations, libres, quasi improvisĂ©es, qui semblent divaguer mais garder le cap salutaire, entre dĂ©termination et dĂ©lire. Saluons surtout la belle complicitĂ© entre le piano (MichaĂ«l Ertzscheid) qui varie continuellement ; auquel rĂ©pond l’énoncĂ© juste, l’intonation crĂ©dible et tendrement humaine, l’élocution ardente et millimĂ©trĂ©e du violon qui sait par sa souple volubilitĂ©, cultiver imagination et libertĂ© avec une dose de tact trĂšs suggestif, lĂ  encore jamais appuyĂ© dans aucun de ses traits. La musicalitĂ© rayonne, d’autant plus Ă©tourdissante qu’elle contraste avec le sujet de l’épisode cinĂ©matographique, plutĂŽt grave voire terrifiant
 Dans la fameuse priĂšre de Yentl (Papa, can you hear me? – plage 8), fixĂ©e dans la lĂ©gende par la chanteuse Barbara Streisand, la vocalitĂ© du violon trouve lĂ  aussi l’intonation parfaite, entre intĂ©rioritĂ© et dĂ©clamation : la ligne s’embrase, devient brĂ»lure, grĂące Ă  la dĂ©licatesse du violon. ‹Tout en contraste et enchaĂźnements maĂźtrisĂ©s, le programme sait aussi s’alanguir dans une indicible tristesse (La passante du Sans-Souci de Georges Delerue, 10) ; auquel succĂšde du mĂȘme compositeur le Concerto de l’Adieu, de la Rafle, de plus de 9 mn : un gouffre sombre et Ăąpre s’ouvre alors, mais tout en finesse. Enfin citons le dernier jalon : Les InsurgĂ©s / dĂ©fiance dans une Suite dĂ©veloppĂ©e (d’aprĂšs James Newton Howard) qui touche tout autant par sa gravitĂ© tenace et mordante, mais pour lequel le violon rayonne toujours par son tact et sa finesse dans la ligne de chant qui articule constamment ; Isabelle Durin Ă  mesure qu’elle nous fait traverser les paysages et les tableaux cinĂ©matographiques, malgrĂ© l’horreur de la barbarie, allĂšge a contrario du sentiment de tragĂ©die ; on s’incline devant l’honnĂȘtetĂ© de l’intention et la probitĂ© du geste musical. Les deux complices s’entendent d’autant plus qu’ils ont façonnĂ© la rĂ©Ă©criture des airs originaux, rĂ©ussissant souvent de trĂšs belles transcriptions. Sans texte et sans sujet explicite, airs et mĂ©lodies dont il est question, affirme alors une abstraction purement poĂ©tique, oĂč rayonnent l’élĂ©gance et l’éloquence d’un violon inspirĂ© par sa quĂȘte, son devoir de mĂ©moire, sa lumineuse conscience. Magistral.
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CLIC_macaron_2014CD, compte rendu, critique. « Mémoire et Cinéma » : Isabelle Durin, violon et Michaël Ertzscheid, piano (1 cd PARATY). Enregistrement réalisé en mars 2017. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars et avril 2018.

 TEASER VIDEO “MĂ©moire et cinĂ©ma” : le violon cinĂ©matographique d’Isabelle DURIN :

video teaser isabelle durin

Track List

 

 

1- La Liste de Schindler/ Schindler’s List : Thùme (John Williams)

2- Oyfn Pripetshik/La Liste de Schindler  (Mark Warshawsky)

3- La Vie est Belle/La vita Ăš bella (Nicola Piovani/I.Durin, M. Ertzscheid)

4- Yiddish Mame ( Arr.Dov Seltzer/M. Ertzscheid/I.Durin)

5- Yidl mitn Fidl (Abe Ellstein/I.Durin/M.Ertzscheid)

6- Un Violon sur le Toit/ Fiddler on the Roof (Jerry Bock/Arr. John Williams)

7- Un Violon sur le Toit : Ah ! Si j’étais riche/ Fiddler on the Roof : If I were a rich man ! (Jerry Bock/arr. A. Banaszkiewicz, I.Durin, M. Ertzscheid)

8- Yentl : Papa, can you hear me ? (Michel Legrand/ Arr. J. Williams)

9- Yentl : A piece of Sky (Michel Legrand/Arr. I.Durin, M. Ertzscheid)

10- La passante du Sans-Souci (Georges Delerue/ Arr. I. Durin/ M. Ertzscheid)

11- Le Concerto de l’Adieu / La Rafle  (Georges Delerue)

12-  La vie devant soi (Philippe Sarde/arr.I.Durin et M. Ertzscheid )

13- Le journal d’Anne Frank/Anne Frank’s Diary (Alfred Newman/arr. I.Durin, M. Ertzscheid)

14- Suite : Exodus (Ernest Gold/ Arr. I.Durin, M. Ertzsdcheid)

15- Suite : Les Insurgés/Defiance (James Newton Howard/ Arr. I.Durin, M.Ertzscheid)

 

 

 

 

POITIERS. Concert Robert Schumann au TAP

SCHUMANN robert-schumann-540x540POITIERS, TAP: concert SCHUMANN, le 28 fĂ©vrier 2018, 20h30. Vertus des instruments d’Ă©poque dans la comprĂ©hension de SCHUMANN… Superbe concert Robert Schumann, Ă  la fois symphonique et concertant. Le Concerto pour piano de Robert Schumann cristallise tout l’amour (immense) du compositeur pour son Ă©pouse Clara, divine pianiste, cĂ©lĂšbre Ă  son Ă©poque. Tandis que sa 3Ăšme Symphonie marque le sommet de son inspiration orchestrale, portĂ© par un inĂ©luctable espĂ©rance et jubilation, positive et lumineuse. L’intĂ©rĂȘt du concert Ă  Poitiers vient des instruments d’époque, ceux fins, caractĂ©risĂ©s, subtils de l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es, avec accent spĂ©cifique, la couleur et le format sonore particulier du pianoforte dans le Concerto dĂ©diĂ© Ă  Clara


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POITIERS, TAP – ThĂ©Ăątre Auditorium Poitiers
Robert Schumann
Concerto pour piano en la mineur opus 54
Symphonie n°3 dite « Rhénane » opus 97

Orchestre des Champs-Elysées
Philippe Herreweghe, direction
Martin Helmchen, pianoforte

Mercredi 28 février 2018, 20h30boutonreservation
INFOS & RESERVATIONS :
http://www.tap-poitiers.com/schumann-2191
Durée : 1h20 avec entracte

 

 

 

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Présentation des oeuvres au programme :

CONCERT POUR PIANO. Schumann conçoit le chant orchestral et le piano moins comme une confrontation d’instruments / groupes affrontĂ©s, qu’une fusion de plus en plus souple et voluptueuse. Robert l’a conçu pour la technicitĂ© et la personnalitĂ© de la seule femme qui l’a inspirĂ©, son Ă©pouse, pianiste virtuose et recherchĂ©e Ă  son Ă©poque, Clara (portrait ci-dessous). Brahms devait Ă©prouver le mĂȘme sentiment d’admiration amoureuse pour elle, surtout aprĂšs la mort de Robert en 1856.

clara-schumann-piano-robert-schumann-concerto-pour-pianoLe Concerto est composĂ© aprĂšs l’achĂšvement de la Symphonie n°1 (dĂ©but 1841). Robert le dĂ©die Ă  Clara qui crĂ©Ă©e la partition Ă  Leipzig au Gewandhaus le 1er janvier 1846. Le compositeur recycle sa Fantaisie en la mineur prĂ©alable pour le premier mouvement. MĂȘme s’il se dit trĂšs profondĂ©ment marquĂ© alors par le contrepoint de JS Bach (normal car Leipzig est la ville du gĂ©nie baroque), Schumann compose une partition d’une fluiditĂ© naturelle irrĂ©sistible, portĂ© par cet Ă©lan amoureux d’une irrĂ©pressible allure et continuitĂ© dansante. InspirĂ© par une forme libre, ondulante, et constamment changeante, Schumann avoue sa totale satisfaction aprĂšs avoir « raccorder » les deux parties nouvelles Ă  la premiĂšre section pourtant composĂ©e auparavant ; il en dĂ©coule un sentiment d’unitĂ© et de cohĂ©sion qui fait de l’opus 54, un modĂšle parmi les grands concertos romantiques (avec celui de Tchaikovski, de Brahms qui s’en inspire directement).

Schumann_robert_5703Ăšme Symphonie de ROBERT SCHUMANN. Symphonie n°3 RhĂ©nane de Robert Schumann. L’Orchestre de chambre de Paris poursuit son cycle Schumann avec la RhĂ©nane, l’une de plus lyrique et exaltante du corpus des 4 Symphonies composĂ©es par le Romantique. CrĂ©Ă©e en fĂ©vrier 1851, la partition s’écoule comme un fleuve impĂ©tueux, riches en images et en couleurs qui affirme encore et toujours, un esprit rageur et combattif. Celui d’un Schumann dĂ©miurge Ă  l’échelle de la nature. Les indications en allemand soulignent la germanitĂ© du plan d’ensemble dont la vitalitĂ© revisite Mendelssohn, et l’ambition structurelle, le maĂźtre Ă  tous : Beethoven. Paysages d’Allemagne honorĂ©s et brossĂ©s avec panache et lyrisme depuis les rives du Rhin, la RhĂ©nane doit s’affirmer par son souffle suggestif. En particulier, le Scherzo : la houle gĂ©nĂ©reuse des violoncelles, aux crĂȘtes soulignĂ©es par les flĂ»tes, y Ă©voquerait (selon Schumann lui-mĂȘme) une « matinĂ©e sur le Rhin », comme l’indique le superbe contrechant des cors dialoguant avec les hautbois aux couleurs Ă©lĂ©gantes dont l’activitĂ© gagne les cordes. Le Nicht schnell baigne dans une tranquillitĂ© pastorale qui met en lumiĂšre le trĂšs beau dialogue dans l’exposition des pupitres entre eux, surtout cordes et vents. Le point d’orgue de la RhĂ©nane demeure le 3Ăšme Ă©pisode « Feierlich » (maestoso): Schumann inscrit comme un emblĂšme la grave‹noblesse et la solennitĂ© majestueuse de l’ensemble. L’ampleur BeethovĂ©nienne de l’écriture impose une conscience Ă©largie comme foudroyĂ©e 
 et ce n’est pas les fanfares souhaitant renouer avec l’aisance triomphale par un ample portique qui effacent les langueurs Ă©teintes comme dĂ©composĂ©es. Le caractĂšre du mouvement est celui d’un anĂ©antissement, aboutissement d’un repli dĂ©pressif extĂ©nué  avant que ne retentissent, comme l’indice d’un salut recouvrĂ©, les accents haletants, dansants, irrĂ©pressibles du Lebahft final.

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OBERON de Carl Maria Weber : l’opĂ©ra oubliĂ©

weber portrait par classiquenews OBERON EURYANTHE opera par classiquenews Carl-Maria-von-WeberARTE, dimanche 4 mars 2018, 1h20. WEBER : OBERON. La raretĂ© de l’opĂ©ra de Weber, mĂȘme Ă  une heure indue sur Arte, mĂ©rite notre focus et l’annonce que nous dĂ©dions Ă  cette diffusion lyrique. NĂ© le 18 novembre 1786 Ă  Eutin (Allemagne), dĂ©cĂ©dĂ© le 05 juin 1826 Ă  Londres, Weber incarne l’essor de l’opĂ©ra romantique germanique aprĂšs Mozart et Beethoven. Un gĂ©nie du drame sombre et fantastique dont tĂ©moignent ses opĂ©ras plus connus qu’ObĂ©ron, surtout Der FreischĂŒtz (ouvrage hallucinĂ©, diabolique, fantastique qui convoque le surnaturel sur les planches lyriques), et aussi la sublime Euryanthe dont Jessye Norman a laissĂ© une interprĂ©tation lĂ©gendaire
 MĂȘme Hugo fut durablement et profondĂ©ment marquĂ© par les choeurs des chasseurs de cet ouvrage trop peu produit par les thĂ©Ăątres aujourd’hui.
Voici donc OBERON
 las, Arte a choisi une production rĂ©cente (Munichoise en juillet 2017), bien peu rĂ©ussie, et de surcroĂźt diffusĂ©e Ă  une heure impossible
dur dur
 la chaĂźne culturelle franco-allemande a bien modifiĂ© sa dĂ©fense du classique et de l’opĂ©ra Ă  l’antenne
. ObĂ©ron est le roi des fĂ©es chez Shakespeare (Le songe d’une nuit d’étĂ©, vers 1590). C’est aussi l’équivalent chez Wagner, d’Alberich, roi des nains / elfes, rĂ©duits Ă  l’esclavage. Selon la lĂ©gende, ObĂ©ron aide Huon de Bordeaux dans ses divers faits d’armes et exploits. Car le nain est d’une beautĂ© magicienne qui dans la forĂȘt qu’il habite, peut secourir les visiteurs Ă©garĂ©s. Shakespeare en fait le hĂ©ros du Songe : Ă©poux de la reine Titania, ObĂ©ron , lui-mĂȘme en proie aux disputes conjugales, permet aux couples des jeunes athĂ©niens, au dĂ©but Ă©garĂ©s, affrontĂ©s, « perdus », de se retrouver finalement. A la faveur de la nuit et de la forĂȘt magique, dont Shakespeare fait une sorte d’échiquier, de labyrinthe illusoire et machine Ă  mĂ©tamorphoses, ObĂ©ron incarne les possibles de la nuit, et aussi le gardien de l’amour miraculeux. ConcrĂštement, ObĂ©ron agit peu, aisant Ă  son suivant Puck le soin d’agir en son nom.

CRITIQUE DU SPECTACLE : TRISTE OPEBRON A MUNICH. Oberon de Weber Ă  l’OpĂ©ra de BaviĂšre, Munich (juillet 2017). En juillet 2017, notre rĂ©dacteur Lucas Irom avait assistĂ© Ă  cette production bien peu convaincante


Dans le cadre de son festival lyrique estival, l’OpĂ©ra de Munich propose en 2017, une nouvelle production d’ObĂ©ron. Weber aborde la figure du hĂ©ros Huon de Bordeaux, personnage du roman mĂ©diĂ©val de Wieland (lui-mĂȘme inspirĂ© par Les Prouesses et faitz du noble Huon de Bordeaux, lĂ©gende remontant au XIIIe siĂšcle), et que Mendelssohn (puis Britten), ont aussi portraiturĂ© dans le Songe d’une nuit d’étĂ©, – rival affrontĂ© de la Reine Titania
 L’opĂ©ra de 1826, crĂ©Ă© Ă  Londres, la derniĂšre annĂ©e de vie de Weber, souffre ici d’une mise en scĂšne poussive, prĂ©visible, aux tableaux lisses, sans enjeux critiques sur le plan dramatique, oĂč des marionnettes strictement dĂ©coratives donc superfĂ©tatoires, encombrent la lisibilitĂ© de l’action. Huon et son valet Scherasmin sont les cobayes des expĂ©riences menĂ©es par Titania dans un laboratoire poussiĂ©reux

Osons Ă©crire qu’ici, la production ne comprend rien Ă  la lyre poĂ©tique et onirique d’ObĂ©ron, dernier opĂ©ra de Weber, qui meurt quelques jours aprĂšs la crĂ©ation londoniennes : autant FreischĂŒtz est horrifique et surnaturel, autant Euryanthe est d’une fĂ©minitĂ© Ă©vanescente, sorte de spectre qui s’égare, ObĂ©ron sĂ©duit par sa subtilitĂ© poĂ©tique, sa facĂ©tie expressive.

CĂŽtĂ© plateau vocal, le pire flirte avec un visuel tristounet : Annette Dasch (Rezia) et Brenden Gunnell (Huon) sont dĂ©cevants ; avec une aciditĂ© rĂȘche et tendues pour la soprano hors sujet. MĂȘme le tĂ©nor pourtant trĂšs attendu, Julian PrĂ©gardien dans le rĂŽle titre, exĂ©cute une partie routiniĂšre, sans aucun relief ni accent investi. Rachael Wilson (Fatime) tire son Ă©pingle du jeu
 comme la nymphe d’Anna El-Khashem. Le vrai rĂ©gal vient de la fosse oĂč le chef Ivor Bolton, toujours dĂ©taillĂ© et nuancĂ©, comme bondissant, dĂ©livre un regard captivant sur la partition, qui confirme l’inspiration du dernier Weber.

Distribution :
Munich, Prinzregententheater (juillet 2017). Carl Maria von Weber (1786-1826) : Oberon, opĂ©ra en trois actes d’aprĂšs le roman mĂ©diĂ©val de Christoph Martin Wieland. Avec : Julian PrĂ©gardien (ObĂ©ron) ; Alyona Abramowa (Titania / Puck) ; Annette Dasch (Rezia) ; Brenden Gunnell (Huon de Bordeaux) ; Rachael Wilson (Fatime) ; Johannes Kammler (Scherasmin) ; Anna El-Kashem (Nymphe). ChƓur de l’OpĂ©ra national de BaviĂšre / Orchestre national de BaviĂšre, Ivor Bolton, direction / Nikolaus Habjan, mise en scĂšne.

CD, compte rendu critique. FRANCO FAGIOLI, contre ténor : Handel Arias (1 cd Deutsche Grammophon)

Fagioli franco arias handel cd review critique cd par classiquenews 028947975410cvr2_1515688178_1515688178CD, compte rendu critique. FRANCO FAGIOLI, contre tĂ©nor : Handel Arias (1 cd Deutsche Grammophon). Parmi les contre tĂ©nors actuels, ceux qui savent caractĂ©riser un personnage, au lieu de dĂ©ployer toujours la mĂȘme technique, l’argentin Franco Fagioli rĂ©alise une belle prouesse, sur le sillon de son aĂźnĂ© Max Emanuel Cencic, qui lui accuse les signes inquiĂ©tants de son Ăąge vocal : medium certes Ă©largi mais aigus inexistants, et couleurs gĂ©nĂ©rales de plus en plus ternes. A contrario de Jaroussky qui chante tout de la mĂȘme façon, l’alternative Fagioli s’affirme avec cran et panache mĂȘme, capable mieux que ses confrĂšres, d’incarner sur la scĂšne un caractĂšre : si la voix Ă©tait petite sur les planches de Garnier, son Eliogabalo de Cavalli Ă  Paris (Palais Garnier, septembre 2016) avait une prĂ©sence monstrueuse voire dĂ©moniaque irrĂ©sistible (avec ses bains d’or liquide!), douĂ©e d’une plasticitĂ© vocale trĂšs palpitante.
Ici, le chanteur fait montre de ses possibilitĂ©s chez Haendel oĂč la virtuositĂ© ne doit pas ĂȘtre un but mais le moyen de caractĂ©riser et nuancer chaque personnage, saisi dans une situation particuliĂšre.

 
 

Maßtrise haendélienne

 
 

fagioli201711012_1515683425_1515683467_1515683467.jpgEn verve, pulpeux, gras, le grain de sa voix, qui Ă©voque le mezzo de Cecilia Bartoli sait fusionner agilitĂ© et coloratoure, mais aussi Ă©paisseur psycholoqique, comme en tĂ©moignent les deux airs d’Ariodante (un talent d’acteur qui reste Ă©tranger Ă  Jaroussky par exemple
 lequel montre ses limites dans les opĂ©ras mis en scĂšne). MĂȘme ses aigus sont perçants, habitĂ©s par la rĂ©elle envie d’en dĂ©coudre car ce garçon a du chien et du mordant y compris dans la tessiture haute de son instrument (Venti, turbini de Rinaldo).
GravĂ© en mars 2017, l’album alterne airs extatiques et guerriers, conquĂ©rants ou amoureux (le fameux aveu / confession de Serse : Ombra mai fu d’une grande dĂ©licatesse de ton), d’une vĂ©locitĂ© enviable (Oreste), avec un sens du risque et de l’expressivitĂ© souvent convaincant.
Plus introspectif et d’une gravitĂ© soudaine presque hallucinĂ©e, son Cara sposa de Rinaldo Ă©claire la lyre hallucinĂ©e, vaincue d’une Ăąme amoureuse, perdue, en panique, terriblement dĂ©pressive. Bel accomplissement et confirmation d’une rĂ©elle sensibilitĂ© dramatique. A suivre

 
 

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CD, compte rendu critique. FRANCO FAGIOLI, contre tĂ©nor : Handel Arias (1 cd Deutsche Grammophon). Il Pomo d’Oro / Zefira Valova, direction. Mars 2017.

 
 
 
 

CD, compte rendu critique. STRAVINSKY : Le chant funĂšbre, Le Sacre (Chailly, 1 cd Decca 2017)

stravinsky chailly premiere creation inedit critique review cd par classiquenews annonce riccardo chailly lucerne festival orchestra sacre et chant funebre Chant-funebre-Le-Sacre-du-PrintempsCD, compte rendu critique. STRAVINSKY : Le chant funĂšbre, Le Sacre (Chailly, 1 cd Decca 2017). Avouons notre plein enthousiasme pour l’élĂ©ment moteur de cet album : Le Chant FunĂšbre … sombre et grave, et mĂȘme lugubre, dĂšs son dĂ©but, la partition cultive le mystĂšre Ă  la façon d’une marche envoĂ»tĂ©e. Puis surgit une mĂ©lopĂ©e sinueuse Ă  peine Ă©claircie par la flĂ»te et les violons, comme un dernier rĂąle. La rythmique un rien sĂšche, abrupte n’a pas encore la souple voluptĂ© Ă  la fois incisive et mordante du Stravinsky mĂ»r. C’est une Ă©tape qui doit encore beaucoup Ă  l’esprit de malĂ©diction, Ă©pais et sirupeux de L’Oiseau de feu, mais la magie aĂ©rienne en moins. Et pourtant en un ruban sensuel et comme empoisonnĂ©, le jeune Stravinsky a le gĂ©nie de la couleur et des atmosphĂšres souterraines (montĂ©es harmoniques en orgue), 
 ce pourrait ĂȘtre un poĂšme dramatique, hallucinĂ© entre Rachmaninov, le Tchaikovski le plus Ă©chevelĂ©, Liszt et Scriabine, entre torpeur, ivresse, fĂ©erie mortifĂšre. L’application qu’y dĂ©veloppe Chailly est passionnante : le geste rend justice Ă  une partition (opus 5) il est vrai, clĂ©.

MĂȘme exubĂ©rance lugubre et d’une orchestration si riche qu’elle en sonne comme saturĂ©e, dans Feux d’artifice opus 4 (2).
Tandis que le Scherzo semble prolonger l’infini imaginatif d’un Dukas de plus en plus enivrĂ© (L’Apprenti sorcier), dĂ©roulant une palette de sonoritĂ©s et de timbres flamboyants et fantastiques, littĂ©ralement. SĂ©quentiels, virevoltants, les volets intenses dĂ©clament, rugissent, ils annoncent cette implosion de la structure et du dĂ©veloppement bientĂŽt rĂ©alisĂ© en son point d’accomplissement dans le Sacre de 1913. C’est peu dire que Stravinsky semble exploiter chaque famille d’instruments dans toute sa gamme expressive, avec un goĂ»t dĂ©jĂ  prononcĂ© pour la polyrythmie. Ivresse et plĂ©nitude qui frĂŽlent souvent l’éclatement formel. Quel gĂ©nie Ă  l’oeuvre on entend ici.

Le triptyque opus 2 Le Faune et La bergĂšre, est l’autre dĂ©couverte majeure de ce disque : rĂ©vĂ©lant en français, l’atmosphĂšre narrative envoĂ»tante lĂ  encore d’un Stravinksy trĂšs maĂźtrisĂ© dans l’art des atmosphĂšres et de l’action plus impressionniste voire symboliste que fantastique. La parure orchestrale est le vrai sujet des 3 poĂšmes (La BergĂšre, Le Faune, Le Torrent), d’autant que le mezzo de Koch a du mal Ă  articuler : trop sombre, Ă©pais, engorgĂ©. Dommage vocal.

stravinksy lunettesEnfin, les deux parties du Sacre montrent toute la fiĂšvre et l’envoĂ»tement, la sauvagerie millimĂ©trĂ©e, la transe Ă  la fois guerriĂšre et paĂŻenne qui forcent en 1913, toute action classique. Tout implose, tout flambe et se cambre en une sĂ©rie de convulsions animales et souverainement fĂ©lines. Du grand art, qui montre l’intervalle finalement trĂšs court au terme duquel, Stravinsky apprenant de ses maĂźtres, avec la vitalitĂ© fulgurante de l’éclair, permet comme Picasso en peinture, l’immersion brutale de l’art du XXĂš dans la pleine et fracassante modernitĂ©. Disque d’une rare cohĂ©sion, rĂ©vĂ©lateur sur l’évolution de Stravinsky au dĂ©but du XXĂš. Programme plus qu’intĂ©ressant : rĂ©vĂ©lateur Ă  l’endroit du gĂ©nie de Stravinsky, de la jeunesse qui tĂątone au coup de maĂźtre du Sacre.

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Approfondir
LIRE aussi notre annonce du cd Le Chant funĂšbre de Stravinsky par Riccardo CHailly (Lucerne, 2017) : premiĂšre discographique (1 cd DECCA).
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-stravinksy-chant-funebre-premiere-discographique-par-riccardo-chailly-1-cd-decca/