DVD, critique. VERDI : NABUCCO (Oren, Ganidze, aoĂ»t 2017 – 1 dvd Belair classiques).

nabucco-oren-arnaud-bernard-verona-juil-2017-critique-dvd-dvd-review-par-classiquenewsDVD, critique. VERDI : NABUCCO (Oren, Ganidze, aoĂ»t 2017 – 1 dvd Belair classiques). VERONE, aoĂ»t 2017. Nabucco de Verdi gagne dans cette mise en scĂšne trĂšs visuelle un regain de puissance dramatique qui rĂ©gĂ©nĂšre sa dimension politique. D’autant que le metteur en scĂšne français, Arnaud Bernard a choisi d’écarter toute rĂ©fĂ©rence Ă  l’AntiquitĂ© mĂ©sopotamienne, pour favoriser la transplantation dans l’Italie de Verdi, celle des rĂ©voltes et des patriotes contre l’Autriche, en particulier pendant les fameux 5 Jours, oĂč la nation italienne s’est enfin unie pour chasser l’étranger et ce que constituer RĂ©publique.
De fait, le choix est lĂ©gitime car Ă  l’époque de sa crĂ©ation Ă  la Scala de Milan (dont la façade et la salle sont reprĂ©sentĂ©es sur la scĂšne des ArĂšnes vĂ©ronaises), Nabucco fut immĂ©diatement applaudi, son choeur des hĂ©breux, ultracĂ©lĂšbre, devenant l’hymne des rĂ©publicains rĂ©volutionnaires. L’audience avait compris le parallĂšle : sur scĂšne : les hĂ©breux prisonniers des babyloniens ; dans la salle, les italiens soumis Ă  l’Empire autrichien. De fait, le choeur Va Pensiero paraĂźt chantĂ© par des Italiens dans la salle scaligĂšne : bel effet de mise en abĂźme, ou de thĂ©Ăątre dans le thĂ©Ăątre, ou de temps historique dans le temps rĂ©el contemporain
 l’effet est convaincant car il exprime l’énergie et l’enjeu politique de la partition verdienne.
Pour autant, les voix peinent Ă  dĂ©fendre l’action sur le mĂȘme plan. On regrette d’une façon gĂ©nĂ©rale le manque de nuances quoique, en fin d’action et Ă  mesure qu’il s’humanise, George Ganidze fait un Nabucco d’abord caricatural, puis presque bouleversant dans sa chute inĂ©luctable. MĂȘme avis positif pour le grand prĂȘtre de JĂ©rusalem, Zaccaria (Rafal Siwek). Dans cette production hollywoodienne qui cherche surtout Ă  impressionner, par le spectaculaire et l’outrance, l’orchestre s’en tire trĂšs honnĂȘtement, trouvant un juste Ă©quilibre entre le fracas rĂ©volutionnaire et la plainte plus Ă©thĂ©rĂ©e des hommes qui souffrent et vont bientĂŽt se rĂ©volter.

VERDI : NABUCCO [DVD & BLU-RAY] – VĂ©rone, aoĂ»t 2017. 1 DVD Bel Air classiques
Dramma lirico en quatre actes (1842)
Musique : Giuseppe Verdi (1813-1901)
Livret : Temistocle Solera

Nabucco : George Gagnidze
Ismaele : Rubens Pelizzari
Zaccaria : RafaƂ Siwek
Abigaille : Susanna Branchini
Fenena : Nino Surguladze
Grand PrĂȘtre de Belo : NicolĂČ Ceriani
Abdallo : Paolo Antognetti
Anna : Elena Borin

Orchestre et ChƓurs des ArĂšnes de VĂ©rone
Direction musicale : Daniel Oren
Mise en scĂšne et costumes : Arnaud Bernard

LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Pauline Girard : LĂ©o Delibes – ItinĂ©raire d’un musicien, des Bouffes-parisiens Ă  l’Institut (Editions Vrin, 2018)

DELIBES leo delibes biographie itineraire d un musicien des bouffes parisiens a l institut PAULINE GIRARD biographie critique annonce livre par classiquenews VRIN edition CLIC de CLASSIQUENEWS ete 2018 juillet 2018 9782711628001LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Pauline Girard : LĂ©o Delibes – ItinĂ©raire d’un musicien, des Bouffes-Parisiens Ă  l’Institut (Editions Vrin, 2018). ELEGANCE ROMANTIQUE. Enfin une biographie d’envergure et trĂšs dĂ©taillĂ©e sur un gĂ©nie romantique français oubliĂ©, mĂ©connu ou si peu apprĂ©ciĂ© Ă  sa juste valeur : Ă  part le ballet Copelia ou l’opĂ©ra LakmĂ©, que connaĂźt-on rĂ©ellement de LĂ©o Delibes, pur auteur hexagonal qui de ses maĂźtres au Conservatoire sut prolonger le mĂ©tier musical entiĂšrement dĂ©diĂ© au thĂ©Ăątre ? La prĂ©sente biographie trĂšs fouillĂ©e analyse la personnalitĂ©, sa vie, sa carriĂšre, et bien sĂ»r son oeuvre, riche, diverse, dont la continuitĂ© et la progression Ă©clairent l’expertise d’un auteur qui Ă©blouit en dĂ©finitive par son talent d’orfĂšvre pour les voix et l’orchestre.
LĂ©o Delibes (1836-1891) est formĂ© dans le foyer familial, par sa mĂšre et son oncle ; puis il rejoint le Conservatoire de Paris dans les classes de Benoist (orgue), Bazin (harmonie) et Adam (composition). Le Jeune choriste de 13 ans dĂ©couvre l’opĂ©ra, son souffle, son imaginaire, tous ses possibles, en participant Ă  la crĂ©ation du ProphĂšte de Meyerbeer en 1849.
DouĂ©, reconnu trĂšs rapidement, il peut faire jouer ses premiers ouvrages ; se partageant entre le mĂ©tier d’organiste et celui d’accompagnateur au ThĂ©Ăątre-Lyrique. Sa carriĂšre de compositeur dramatique dĂ©bute Ă  20 ans, en 1856 avec plusieurs ouvrages bouffes, crĂ©Ă©s aux Folies-Nouvelles (le premier a pour nom Deux Sous de charbon), aux Bouffes-Parisiens et au thĂ©Ăątre des VariĂ©tĂ©s.
Il est chef de chƓur au ThĂ©Ăątre-Lyrique et Ă  l’OpĂ©ra, et ose d’autres genres : l’opĂ©ra-comique (Le Jardinier et son seigneur, 1863) ; surtout un premier ballet, La Source (1866 : partition impressionnante par son ruissellement mĂ©lodique et son orchestration trĂšs travaillĂ©e qui inspire Ă  Edgar Degas, un tableau demeurĂ© cĂ©lĂšbre en 1867, preuve de la cĂ©lĂ©britĂ© immĂ©diate de Delibes Ă  Paris) ; puis c’est un nouveau ballet, majeur : CoppĂ©lia ou La Fille aux yeux d’émail, crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra en 1870, – sujet fantastique et onirique qui reste l’un des plus cĂ©lĂšbres ballet romantique français. Il a 34 ans. Mais la France sombre dans la terreur de la Commune, aprĂšs la dĂ©faite du Second Empire.

 

 

Léo Delibes, génie oublié
de l’élĂ©gance romantique

 

 

DELIBES-leo-par-classiquenews-classiquenews-dossier-coppelia-kassya-opera-dossier-classiquenewsA partir de 1871, Delibes, jeune mariĂ©, se dĂ©die Ă  la composition, affirmant une nouvelle ambition et une inspiration tournĂ©e vers le raffinement (orchestration), l’élĂ©gance (mĂ©lodie), l’expressivitĂ© et la caractĂ©risation (drame): un nouveau ballet Sylvia (1876), les opĂ©ras Le Roi l’a dit (1873), Jean de Nivelle (1880) et chef d’oeuvre absolument de la veine orientaliste, alors partagĂ© par le peintre fameux et cĂ©lĂšbre GĂ©rĂŽme :  Lakmé (1883). Ce dernier suscite un immense succĂšs jamais dĂ©menti, depuis sa crĂ©ation : c’est que l’idylle sentimentale ailleurs fragile voire superficielle, renouvelle totalement le trio fondateur soprano, tĂ©nor, baryton (LakmĂ©, GĂ©rald, Nilakantha) et sur le prĂ©texte d’un orientalisme plus fantasmĂ© que rĂ©aliste, gagne une profondeur et un coloris d’une puissance inĂ©dite. Professeur de composition au Conservatoire, il est Ă©lu en 1884 Ă  l’Institut. C’est la consĂ©cration d’un parcours dont l’éclat social suscite bien des jalousies.

WagnĂ©rien convaincu (car il assiste Ă  la crĂ©ation de Parsifal Ă  Bayreuth en 1882, puis de la CrĂ©ation de La Walkyrie Ă  Bruxelles en 1887
), – comme Franck, son aĂźnĂ©, Delibes sait renouveler la leçon wagnĂ©rienne par une fraĂźcheur de l’inspiration, un souci de la transparence qui en font l’égal d’un Bizet (son contemporain, fauchĂ© trop tĂŽt). A l’heure oĂč le Festival Radio France ressuscite son ultime opĂ©ra Saskya (Ă©chec Ă  sa crĂ©ation mais sommet sur le plan de l’orchestration cependant), voici une biographie qui tĂ©moigne des recherches trĂšs avancĂ©es d’un compositeur passionnĂ© par le timbre, la couleur, la fluiditĂ© de la texture orchestrale, en cela annonciateur des Debussy et Ravel, maĂźtres futurs de cette Ă©lĂ©gance onirique qui allait s’imposer aprĂšs la mort de Delibes en 1891. Lecture indispensable.

 

 
 

 

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CLIC D'OR macaron 200LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Pauline Girard : LĂ©o Delibes – ItinĂ©raire d’un musicien, des Bouffes-parisiens Ă  l’Institut – Vrin, collection « MusicologieS » – 432 pages – 17 × 24 cm / ISBN 978-2-7116-2800-1 – Parution : juin 2018. Titre Ă©lu CLIC de CLASSIQUENEWS. Meilleur ouvrage dans la catĂ©gorie Musique Romantique Française de l’étĂ© 2018. Prix indicatif : 38 euros.

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LIRE la prĂ©sentation de l’ouvrage « Pauline Girard : LĂ©o Delibes – ItinĂ©raire d’un musicien, des Bouffes-parisiens Ă  l’Institut », sur le site des Ă©ditions VRIN : http://www.vrin.fr/book.php?code=9782711628001

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APPROFONDIR

LIRE notre critique développée du dvd Copelia (Opéra de Paris, 2011 / Patrice Bart)

VOIR notre reportage vidĂ©o exclusif de LAKME prĂ©sentĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Tours, avec Julien Dran, Vincent Letexier, Jodie (Janvier 2017)

 

 

LIVRE, Ă©vĂ©nement. Annonce. TIMOTHÉE PICARD : Olivier Py, Planches de salut (Actes Sud)

olivier py planches de salut timothee picard livre critique par classiquenews editions actes sudLIVRE, Ă©vĂ©nement. Annonce. TIMOTHÉE PICARD : Olivier Py, Planches de salut (Actes Sud). PremiĂšre monographie, ou biographie subjective, le texte dense, riche, Ă©ditĂ© par Actes Sud sait Ă©viter les piĂšges d’une hagiographie trop flatteuse, rĂ©vĂ©lant sans les attĂ©nuer toutes les qualitĂ©s et singularitĂ©s d’un metteur en scĂšne contemporain qui pense le thĂ©Ăątre aujourd’hui. Rares les hommes de thĂ©Ăątre et scĂ©nographe qui rĂ©ussissent autant au thĂ©Ăątre qu’à l’opĂ©ra. Olivier Py en fait partie ; c’est d’ailleurs tout l’intĂ©rĂȘt de ce livre en forme d’essai sur le fait thĂ©Ăątral et le sens d’une mise en image de textes et musiques d’une enivrante fascination : l’auteur dĂ©cortique chaque Ă©lĂ©ment, chaque option scĂ©nique puis en les reliant Ă  la vie et Ă  la sensibilitĂ© faite d’engagements nets et clairs, dĂ©termine et distingue une sĂ©rie de choix qui compose actuellement le « cas Py ». Patrice ChĂ©reau peut dans un premier temps illustrer lui aussi le mĂȘme double parcours : mais c’est une illusion que l’auteur analyse lĂ  encore, 
 pour mieux singulariser le geste de l’homme-thĂ©Ăątre, qu’est Olivier Py.

Est ce par ce qu’il a l’ñme profondĂ©ment tragique qu’il recherche avant tout Ă  se sauver de lui-mĂȘme et Ă  sauver les autres ? Comment ĂȘtre homosexuel et catholique ? thĂ©Ăątre et opĂ©ra, Srebrenica et Miss Knife, La Servante et Orlando ? Il est tout cela Ă  la fois. SimultanĂ©ment et sĂ©parĂ©ment.

L’apport du texte est de rĂ©vĂ©ler la complexitĂ© (apparente) de l’équation, tout en dĂ©voilant aussi pas Ă  pas, la profonde cohĂ©rence qui unit ses parties. C’est que le directeur du Festival d’Avignon est aussi un acteur (dont la part fĂ©minine est totalement assumĂ©e en « Miss Knife ») qui se joue des catalogages faciles et conformes, repousse toujours plus loin les lignes d’existence et d’identitĂ©, appelle viscĂ©ralement Ă  une libertĂ© d’intention qui respecte profondĂ©ment la richesse mouvante de chaque entitĂ© humaine. Pour « sauver des ĂȘtres, des Ăąmes, des vies », nous dit l’intĂ©ressĂ©, altruiste, fraternel, humaniste.

 
   
 

Olivier Py au thĂ©Ăątre et Ă  l’opĂ©ra
Ressusciter grĂące aux planches

 
 

Olivier Py acteur, directeur, scĂ©nographe est surtout un Ă©ternel enfant qui rĂȘve de vivre continument en Ă©merveillement ; il sait faire surgir toujours la part d’enfance qui prĂ©serve cette humanitĂ© Ă  cultiver en chacun de nous ; dans Tristan und Isolde de Wagner, pour nous la meilleure mise en scĂšne de l’opĂ©ra et sa meilleure contribution au genre lyrique, Py imagine au cƓur de la solitude en souffrance de Tristan, au fond de sa plaie bĂ©ante, la rĂ©surgence du jeune garçon qu’il Ă©tait, fausse couronne et Ă©pĂ©e de bois, se baignant dans les eaux maternelles d’une Ă©ternelle poĂ©sie
 Il faut avoir vĂ©cu le dĂ©roulement de cette vision pour en mesurer la profondeur et la justesse. Osons espĂ©rer que demain, l’homme thĂ©Ăątre, qui pense l’humanitĂ© dans son rapport Ă  son destin comme Ă  son identitĂ©, nous fasse encore rĂȘver comme il l’a fait dans ce Tristan dĂ©sormais inoubliable. Le thĂ©Ăątre, comme planche de salut. Un bain salvateur pour des ĂȘtres en quĂȘte de sens et d’accomplissement.
CLIC_macaron_2014L’essai totalise le geste de Py Ă  l’aulne de ses rĂ©centes rĂ©alisations ; « à la fois biographique et analytique, (il) se propose de voir comment le thĂ©Ăątre, au sens le plus extensif que peut prendre ce terme – une façon d’ĂȘtre au monde rĂ©pondant Ă  une maniĂšre d’ĂȘtre du monde lui-mĂȘme –, a pu tirer le poĂšte d’une angoisse mortifĂšre procurĂ©e par le spectre de l’insignifiance en lui donnant un destin ; et comment il peut Ă  son tour l’offrir comme viatique aux hommes et femmes d’aujourd’hui, confrontĂ©s Ă  une spectaculaire absence de sens qui semble avoir pris des traits d’apocalypse. Ce dont il retourne alors n’est pas tout Ă  fait une religion, encore moins une politique – tout en ayant Ă©minemment Ă  voir avec elles –, il s’agit plutĂŽt d’une Ă©thique de vie tout entiĂšre consacrĂ©e Ă  la scĂšne et Ă  l’art, fondĂ©e sur l’Ă©blouissement esthĂ©tique et les assurances qu’il donne, et mise en oeuvre au moyen d’une poĂ©tique faisant du thĂ©Ăątre total, somme et synthĂšse de tous les thĂ©Ăątres, un rempart contre le sentiment de dĂ©rĂ©liction – au risque assumĂ© de la dĂ©mesure », prĂ©cise l’auteur. VoilĂ  qui est magistralement et dĂ©finitivement dit. Pari et intention, rĂ©ussis.

 
   
   
 

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LIVRE, Ă©vĂ©nement. TIMOTHÉE PICARD : Olivier Py, Planches de salut (Actes Sud). Juillet, 2018 / 14,0 x 20,5 / 416 pages – ISBN 978-2-330-10262-3 – Prix indicatif : 29 € .

 
   
   
 

TimothĂ©e Picard est professeur Ă  l’universitĂ© de Rennes, spĂ©cialiste des imaginaires de l’opĂ©ra (Verdi/Wagner, imaginaire de l’opĂ©ra et identitĂ©s nationales, Actes Sud, 2013, La Civilisation de l’opĂ©ra, Fayard, 2016), Verdi / Wagner, images croisĂ©es (PUR, 2013), des arts de la scĂšne (Patrice ChĂ©reau : transversales, Le Bord de l’eau, 2010, OpĂ©ra et mise en scĂšne, Avant-scĂšne opĂ©ra, 2015) et des esthĂ©tiques de la totalitĂ© (Dictionnaire encyclopĂ©dique Wagner, Actes Sud, 2010). Il est Ă©galement dramaturge.

 
 
 
 
 
 

CD, critique. MOZART : La Clemenza di Tito. NĂ©zet-SĂ©guin, DiDonato, Rebeka
 (2 cd DG Deutsche Grammophon).

La-Clemenza-Di-Tito neezt seguin donato rebeka villazon cd review critique cd opera par classiquenewsCD, critique. MOZART : La Clemenza di Tito. NĂ©zet-SĂ©guin, DiDonato, Rebeka
 (2 cd DG Deutsche Grammophon). La formule est Ă  prĂ©sent cĂ©lĂšbre : implanter comme Ă  Salzbourg, un cycle rĂ©current Mozart, mais ici Ă  Baden Baden, et chaque Ă©tĂ©, c’est Ă  dire les grands opĂ©ras ; aprĂšs Don Giovanni, Cosi, L’EnlĂšvement au sĂ©rail, Les Nozze, voici le dĂ©jĂ  5Ăš ouvrage, enregistrĂ© sur le vif en version de concert, depuis le Fespielhaus de Baden Baden, en juillet 2017. Autour du tĂ©nor mĂ©diatique Rolando Villazon (pilier avec le chef quĂ©bĂ©cois de ce projet discographique d’envergure), se pressent quelques beaux gosiers, dont surtout, vrais tempĂ©raments capables de brosser et approfondir un personnage sur la scĂšne, grĂące Ă  leur vocalitĂ  ardente, ciselĂ©e : le Sesto de Joyce Di Donato, mozartienne Ă©lectrique jusqu’au bout des ongles ; dans le rĂŽle de l’amant manipulĂ© ; et, rĂ©vĂ©lation de cette bande, la soprano lettone Marina Rebeka, ampleur dramatique de louve dĂ©vorĂ©e par la haine et la conscience du pouvoir, dans le rĂŽle de l’ambitieuse prĂȘte Ă  tout. Leur cible : l’empereur Titus (ce modĂšle royal, vĂ©ritable « dĂ©lice du genre humain ») qui incarnation du politique vertueux et loyal, vient de rĂ©pudier sa chĂšre BĂ©rĂ©nice, princesse de JudĂ©e (qui lui avait tout appris pourtant : voir ici l’opĂ©ra de Magnard : Titus et BĂ©rĂ©nice). Chez Mozart, Villazon incarne la figure du prince d’abord humain, ensuite politique. Ses qualitĂ©s de cƓur, sa profondeur comme son Ă©paisseur Ă©motionnelle sont excellemment exprimĂ©es par le tĂ©nor mexicano-français : la diction suit de prĂšs l’articulation du texte qui intensifie un ĂȘtre solitaire soucieux de justice ; ainsi, poussĂ© par Publius (trĂšs convaincant Adam Plachetka, baryton noble et tendre), l’empereur s’apprĂȘterait Ă  condamner le favori qui l’a trahi (Sesto / Sextus) mais la fraternitĂ© et la compassion l’emportent, offrant donc en fin d’ouvrage, cette « clĂ©mence » si admirable.

Entre temps, la Vitellia de Marina Rebeka qui veut prendre le trĂŽne, fulmine, conspire
 en vains ; avant d’abdiquer elle aussi, dĂ©faite face Ă  la vĂ©ritĂ© rayonnante et la chaleur d’une humanitĂ© retrouvĂ©e. Du reste le dernier seria de Mozart, qu’il compose dans l’urgence pour assurer la crĂ©ation pour le couronnement du Leopold II, est un hymne sublime Ă  la tendresse et Ă  l’amour, et l’on se fĂ©licite qu’avec La FlĂ»te EnchantĂ©e Ă©galement portĂ©e en 1791, -l’annĂ©e de la mort de Mozart-, le projet Mozart Ă  Baden Baden ait choisi Titus parmi les grands opĂ©ras mozartiens. Justice est donc rendue vis Ă  vis d’un ouvrage d’une modernitĂ© saisissante par l’intelligence de son plan dramatique (incendie du capitole Ă  la fin du I quand Titus est laissĂ© pour mort, victime d’un assassinat en complot), par le souci d’économie et de justesse qui inspire la partition (2 actes finalement assez courts).

A la tĂȘte de l’Orchestre de chambre d’Europe, sur instruments modernes donc, le quĂ©bĂ©cois Yannick NĂ©zet-SĂ©guin montre sa maestriĂ  hĂ©roĂŻque au service d’un opĂ©ra essentiellement humain. La vĂ©ritĂ© qui se dĂ©gage de sa direction, son attention aussi aux climats psychologiques, sa mesure et son goĂ»t des timbres (voyez les airs avec instruments obligĂ©s pour Sesto et Vitellia, respectivement avec clarinette et cor de basset) enrichissent encore une lecture trĂšs stylĂ©e oĂč percent de façon dĂ©finitive comme deux gemmes incandescents, le Sesto de Joyce Di Donato et la Vittelia de Marina Rebeka. Ces deux lĂ  sont sublimes dans la mĂ©tamorphose qui se prĂ©cise peu Ă  peu, ils se rĂ©vĂšlent avec une violence inĂ©dite alors Ă  l’opĂ©ra. Belle production. On attend la suite
 La FlĂ»te ? A suivre.

 

 

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CD, critique. MOZART : La Clemnza di Tito / La ClĂ©mence de Titus. EnregistrĂ© Ă  Baden-Baden, Festspielhaus, juillet 2017. Opera seria en deux actes sur un livret de Caterino Tomasso MazzolĂ , d’aprĂšs Pietro Metastasio. Avec : Rolando VillazĂłn, Tito Vespasiano / Marina Rebeka, Vitellia / Joyce DiDonato, Sesto / Regula MĂŒhlemann, Servilia / Tara Erraught, Annio / Adam Plachetka, Publio. RIAS Kammerchor / Chamber Orchestra of Europe. Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, direction (2 cd DG Deutsche Grammophon).

 

 

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APPROFONDIR : LIRE aussi nos critiques complĂštes des prĂ©cĂ©dents coffrets MOZART du cycle NĂ©zet-SĂ©guin et Villazon depuis Baden Baden l’étĂ© :

Don-Giovanni.cd_.01CD, critique. Mozart: Don Giovanni, NĂ©zet-SĂ©guin (2011) 3 cd Deutsche Grammophon. EntrĂ©e rĂ©ussie pour le chef canadien Yannick NĂ©zet-SĂ©guin qui emporte haut la main les suffrages pour son premier dĂ©fi chez Deutsche Grammophon: enregistrer Don Giovanni de Mozart.AprĂšs les mythiques Boehm, FurtwĂ€ngler, et tant de chefs qui en ont fait un accomplissement longuement mĂ©ditĂ©, l’opĂ©ra Don Giovanni version NĂ©zet-SĂ©guin regarderait plutĂŽt du cotĂ© de son maĂźtre, trĂšs scrupuleusement Ă©tudiĂ©, observĂ©, suivi, le dĂ©funt Carlo Maria Giulini: souffle, sincĂ©ritĂ© cosmique, vĂ©ritĂ© surtout restituant au giocoso de Mozart, sa sincĂ©ritĂ© premiĂšre, son urgence thĂ©Ăątrale, en une libertĂ© de tempi rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s, libres et souvent pertinents, qui accusent le souffle universel des situations et des tempĂ©raments mis en mouvement.ImmĂ©diatement ce qui saisit l’audition c’est la vitalitĂ© trĂšs fluide, le raffinement naturel du chant orchestral; un sens des climats et de la continuitĂ© dramatique qui impose des l’ouverture une imagination fertile
 Les chanteurs sont naturellement portĂ©s par la suretĂ© de la baguette, l’écoute fraternelle du chef, toujours en symbiose avec les voix. EN LIRE +

 

 

Cosi_Mozart-Nezet_seguin_cd_DG_villazonCD. Mozart : Cosi fan tutte (NĂ©zet-SĂ©guin, 2012) 3 cd DG   
.   le jeune chef plein d’ardeur, Yannick NĂ©zet-SĂ©guin poursuit son intĂ©grale Mozart captĂ©e Ă  Baden Baden chaque Ă©tĂ© pour Deutsche Grammophon avec un Cosi fan tutte, palpitant et engagĂ©. Voici un Cosi fan tutte (Vienne, 1790) de belle allure, surtout orchestrale, qui vaut aussi pour la performance des deux soeurs, victimes de la machination machiste ourdie par le misogyne Alfonso 
 D’abord il y a l’élĂ©gance mordante souvent trĂšs engageante de l’orchestre auquel Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, coordonnateur de cette intĂ©grale Mozart pour DG, insuffle le nerf, la palpitation de l’instant : une exaltation souvent irrĂ©sistible. le directeur musical du Philharmonique de Rotterdam n’a pas son pareil pour varier les milles intentions d’une partition qui frĂ©tille en tendresse et clins d’oeil pour ses personnages, surtout fĂ©minins. Comme Les Noces de Figaro, Mozart semble dĂ©velopper une sensibilitĂ© proche du coeur fĂ©minin : comme on le lira plus loin, ce ne sont pas Dorabella ni Fiodiligi, d’une prĂ©sence absolue ici, qui dĂ©mentiront notre analyse. En LIRE +

 

 

 

http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-mozart-lenlevement-au-serail-die-entfhurung-aus-dem-serail-schweinester-prohaska-damrau-villazon-nezet-seguin-2-cd-deutsche-grammophon/CD, compte rendu critique. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail, Die EntfhĂŒrung aus dem serail. Schweinester, Prohaska, Damrau, Villazon, NĂ©zet-SĂ©guin (2 cd Deutsche Grammophon). AprĂšs Don Giovanni et Cosi fan tutte, que vaut la brillante turquerie composĂ©e par Mozart en 1782, au coeur des LumiĂšres dĂ©fendue Ă  Baden Baden par NĂ©zet-SĂ©guin et son Ă©quipe ? Évidemment avec son lĂ©ger accent mexicain le non germanophone Rolando Villazon peine Ă  convaincre dans le rĂŽle de Belmonte;  outre l’articulation contournĂ©e de l’allemand, c’est surtout un style qui reste pas assez sobre, trop maniĂ©rĂ© Ă  notre goĂ»t, autant de petites anomalies qui malgrĂ© l’intensitĂ© du chant placent le chanteur en dehors du rĂŽle. EN LIRE +

 

 

Le nozze di figaro mozart les noces de figaro deutsche grammophon 3 cd nezet-seguin_hampson_fauchecourt critique cd review classiquenews presentation annonce depeche clic de classiquenews juin 2016CD, annonce. Mozart : Les Noces de Figaro par Yannick NĂ©zet SĂ©guin. Alors que Sony classical poursuit sa trilogie sous la conduite de l’espiĂšgle et pĂ©taradant Teodor Currentzis (1), Deutsche Grammophon achĂšve la sienne sous le pilotage du MontrĂ©alais Yannick-NĂ©zet SĂ©guin rĂ©cemment nommĂ© directeur musical au Metropolitan Opera de New York. AprĂšs Don Giovanni, puis Cosi, les Nozze di Figaro sont annoncĂ©es ce 8 juillet 2016. A l’affiche de ce live en provenance comme pour chaque ouvrage enregistrĂ© de Baden Baden (festival estival 2015), des vedettes bien connues dont surtout le tĂ©nor franco mexicain Rolando Villazonavec lequel le chef a entrepris ce cycle mozartien qui devrait compter au total 7 opĂ©ras de la maturitĂ©. Villazon on l’a vu, se refait une santĂ© vocale au cours de ce voyage mozartien, rĂ©apprenant non sans convaincre le dĂ©licat et subtil legato mozartien, la douceur et l’expressivitĂ© des inflexions, l’art des nuances et des phrasĂ©s souverains
 une autre Ă©coute aussi avec l’orchestre (les instrumentistes Ă  Baden Baden sont placĂ©s derriĂšre les chanteurs
) – EN LIRE +

 

 

CD,critique, coffret événement. RACHMANINOV : Symphonies, Danses Symphoniques. Valery Gergiev (3 cd, 1 bluray LSO live)

RACHMANINOV LSO Gergiev cycle critique review cd by classiquenews CLIC de classiquenews Cover_LSO0816_3000px_1024x1024CD, critique. RACHMANINOV : Symphonies, Danses Symphoniques
 (3 cd, 1 blu ray LSO LIVE – Valery Gergiev). A l’écoute, la premiĂšre Symphonie du jeune chef-compositeur de 24 ans, frais moulu du Conservatoire de Moscou (oĂč il fut Ă©lĂšve de Arensky et Taneiev) sonne certes parfois Ă©paisse, grave, lugubre, mais rien ne peut justifier l’échec Ă  sa crĂ©ation en 1897, jetant Rachma au fond d’un gouffre dĂ©pressif dont il ne se remettra qu’en 1901, soit aprĂšs 3 annĂ©es de retraite et d’interrogation totalement stĂ©rile. A la tĂȘte du prodigieux LSO, Valery Gergiev varie le caractĂšre des sĂ©quences, prenant un tempo volontiers mesurĂ© voire ralenti parfois, comme pour mieux creuser le souffle languissant fantastique, surtout dans l’Allegro animato (II) oĂč passe le motif du Dies Irae mĂ©diĂ©val (que l’on retrouvera encore dans la 3Ăš symphonie), mĂȘlĂ© au motif tzigane du violon solo. MĂȘme le Larghetto est sombre (malgrĂ© l’ivresse presque insouciante de la mĂ©lodie rĂ©servĂ©e Ă  la clarinette). Dans le dernier mouvement Allegro con fuoco, Gergiev souligne la vitalitĂ© tendue, Ăąpre de la chevauchĂ©e parfois massive par ses traits cuivrĂ©s; marquĂ© par la fatalitĂ©, l’impuissance d’un magma bouillonnant, la 1Ăšre Symphonie affirme une belle puissance de feu qui dĂ©montre la connaissance du dernier Tchaikovski, le plus dĂ©sespĂ©rĂ© comme le plus lucide.

Decca : l'intĂ©grale Rachma !Dans la seconde en mi mineur opus 27, Ă©galement propre Ă  la pĂ©riode russe de SergueĂŻ, l’auteur affirme une toute autre plĂ©nitude, en liaison avec son Concerto pour piano n°3, majestueux, lyrique, gĂ©nĂ©reux. Rachmaninov l’écrit Ă  Dresde en 1907 et la dirige lui-mĂȘme Ă  St-Petersbourg en janvier 1908. La diversitĂ© des thĂšmes rĂ©unis en grandes phrases lyriques s’apparente parfois Ă  Sibelius ; plus dense, plus resserrĂ©e, la 2Ăš semble mieux canaliser les tensions et les conflits qui s’exposent avec fureur et confrontations impĂ©tueuses dans l’esprit du compositeur. Plus mĂ»r, Rachmaninov Ă©labore surtout un Adagio (III) d’une profondeur pudique irrĂ©sistible avec sa cantilĂšne, emblĂ©matique de toute l’écriture d’un postromantique. Gergiev parvient Ă  insuffler une Ă©nergie souterraine qui porte tout l’édifice en particulier dans le dernier mouvement (Allegro vivace) dans lequel il sait attiser la brillance finale d’un espoir lumineux.
Enfin la 3Ăš symphonie est la pĂ©nultiĂšme oeuvre du compositeur et s’inscrit dans son exil amĂ©ricain de Philadelphie oĂč elle est crĂ©Ă©e le 6 nov 1936 sous la baguette de Leopold Stokowski. L’instrumentarium trĂšs divers (cĂ©lesta, deux harpes, xylophone, percussion augmentĂ©e
) affirme la volontĂ© de couleurs et de texture de timbres, moins d’architecture et d’effet de masse : ce que comprend trĂšs bien Gergiev qui avance, dĂ©taille aussi le formidable miroitement instrumental qui est constant d’un mouvement Ă  l’autre. Proche des avancĂ©es et de l’esprit de synthĂšse d’un chercheur contemporain, de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, Sibelius en Finlande, Rachmaninov opte aussi pour un canevas Ă©purĂ©, un dĂ©veloppement rĂ©duit Ă  l’essentiel
 Gergiev y expose et travaille la matiĂšre des seulement trois mouvements (autour de 40 mn en gĂ©nĂ©rale) avec une acuitĂ© du trait plus dense encore, rĂ©pondant Ă  cette Ă©conomie de l’énergie du dernier Rachma. La versatilitĂ© de l’orchestre redouble de vivacitĂ©, entre rĂ©fĂ©rences aux motifs du terroir russe, et tendresse lumineuse. L’Adagio est le plus « amĂ©ricain », au sentimentalisme Ă©perdu, sincĂšre et direct, dont la langueur contraste avec le scherzo hachĂ© Ă  la Prokofiev. Puis Gergiev Ă©claire dans le dernier Ă©pisode (Allegro) tout ce que Rachma doit Ă  Borodine, son allant, sa transe populaire et noble, son nerf chorĂ©graphique. surgit le Dies Irae mĂ©diĂ©val puis l’écriture se fait plus lĂ©gĂšre, dynamique, brillante dans laquelle le chef sait faire scintiller l’orchestration particuliĂšrement fertile.

gergiev-valery-gergiev-maestro-portrait-par-classiquenews-livre-actes-sud-biographie-entretien-critique-livre-par-classiquenewsLes Danses Symphoniques de 1940, ultime ouvrage orchestral, comporte le testament musical, esthĂ©tique et spirituel de l’auteur. Gergiev a bien raison de les inscrire dans ce cycle orchestral des plus complets : ne manquerait en dĂ©finitif que L’üle des morts opus 29 de 1909, et le tour aurait Ă©tĂ© exhaustif s’agissant du Rachmaninov purement orchestral. Comme la 3Ăš Symphonie, le dernier volet symphonique est crĂ©Ă© Ă  Philadelphie (en janvier 1941), au cƓur de la tourmente europĂ©enne : le plan initial comportait un autre titre, plus rĂ©vĂ©lateur de l’inspiration poĂ©tique de l’auteur, dans l’esprit d’une synthĂšse de la vie terrestre : « danses fantastiques », conçues comme miroir de la destinĂ©e humaine, Ă  la fois espĂ©rance et tragĂ©die : « « jour, crĂ©puscule, minuit ». Rachmaninov recycle en rĂ©alitĂ© la matiĂšre de son ballet antĂ©rieur Les Scythes de 1915. Ce qui touche ici c’est la fusion modernitĂ© / romantisme, sublimĂ© par un esprit synthĂ©tique qui resserre le dĂ©veloppement formel selon l’intention du souffle poĂ©tique. L’architecture y est des mieux Ă©quilibrĂ©es et conçues de toute la littĂ©rature russe du XXĂš : le premier « non allegro » cultive l’ambivalence du caractĂšre, Ă  la fois jaillissant et de plus en plus cynique / mordant. Gergiev en exprime le galop infernal quand surgit au saxo solo, une cantilĂšne amoureuse et nostalgique (jaillissement de l’ñme russe). Le 2Ăš mouvement notĂ© Andante con moto, tempo di valse, souligne un dĂ©part de valse mais dĂ©calĂ©, comme retardĂ© (faux dĂ©part), finalement dĂ©mantelĂ© scrupuleusement par un orchestre indomptable, destructeur, animĂ© par cette flamme du chaos (dyonisaque) que Gergiev saisit et sait sculpter avec beaucoup de finesse nerveuse. D’autant que le geste dĂ©taille aussi les nombreuses rĂ©fĂ©rences aux plasticiens français de l’orchestre, Debussy et surtout Ravel. C’est le mouvement le plus convaincant du triptyque. Puis dans l’ultime sĂ©quence, « lento assai – allegro vivace », Gergiev prĂ©pare l’exposition du Dies Irae, moto du destin, prĂ©sent dans toute la musique symphonique de l’auteur : il en sculpte lĂ  encore la vive opposition avec le 2Ăš thĂšme liturgique (air orthodoxe : « BĂ©nis-sois-tu Seigneur ») derniĂšre supplique et priĂšre oĂč s’entrechoque avec fureur et impĂ©tuositĂ©, la furiĂ  imaginative d’un Rachmaninov (percussions Ă©ruptives et finement dessinĂ©es) qui n’a jamais perdu sa fertile narrativitĂ© de la jeunesse, celle des ses opĂ©ras Ă  redĂ©couvrir de toute urgence. Ici Gergiev nous montre clairement que Rachmaninov n’est pas lyrique, mais percutant, incisif, parfois amer mais Ăąpre et rĂ©voltĂ© ; il est fonciĂšrement fantastique : la prĂ©sence des tĂ©nĂšbres est exaltĂ©e par l’ivresse et le vertige des rayonnements cĂ©lestes. TrĂšs bonne intĂ©grale symphonique Rachmaninov. Les complĂ©ments : signĂ©s Balakirev, le fondateur du Groupe des 5, militant pour une Ă©cole nationale russe, montre le chemin parcouru entre le fondateur jusqu’à Rachma, vrai dernier romantique russe au XXĂš, Ă  l’époque de Prokofiev. Tamara, sommet de 1883, d’aprĂšs Lermontov, inscrit la sensualitĂ© terrifiante de l’hĂ©roĂŻne dans l’imaginaire des compositeurs aprĂšs lui : le venin de la malĂ©diction, l’amour et la mort, le destin, fatum irrĂ©ductible, indomptable sont nĂ©s chez Balakirev, cultivĂ©s, prospĂšres chez Rachma. Belle filiation que met en avant Gergiev et qui souligne aussi dans la comparaison, le tempĂ©rament puissant et original de Rachmaninov.

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CLIC_macaron_2014CD,critique, coffret Ă©vĂ©nement. RACHMANINOV : IntĂ©grale des Symphonies, Danses Symphoniques. Mily Balakirev : Tamara. LSO. Valery Gergiev (3 cd, 1 bluray LSO live 2008 – 2015)

CD, critique. RAMEAU : NAÏS (1749). György Vashegyi / Orfeo orchestra. DolliĂ©, Martin
 2 cd Glossa, MUPA, Budapest, mars 2017).

vashegyi_gyorgy1222 classiquenewsCD, critique. RAMEAU : NAÏS (1749). György Vashegyi / Orfeo orchestra. DolliĂ©, Martin
 2 cd Glossa, MUPA, Budapest, mars 2017). Dans ce nouvel album de musique baroque française plein XVIIIĂš, – NaĂŻs appartient Ă  la colonie d’oeuvres ramĂ©liennes propres aux annĂ©es 1740 (1749 prĂ©cisĂ©ment s’agissant de la partition crĂ©Ă©e Ă  Paris), oĂč le Dijonais au sommet de ses possibilitĂ©s et de son imagination, favorisĂ© par la Cour de Louis XV dont il est compositeur officiel, sait renouveler un genre naturellement enclin Ă  s’asphyxier, l’opĂ©ra de cour, versaillais. Dans le geste majestueux, souple, dramatique de Gyögy Vashegy, se dĂ©voile le pur tempĂ©rament atmosphĂ©rique, spatial d’un Rameau tout Ă  fait inclassable Ă  son Ă©poque : il porte le genre lyrique Ă  son meilleur, Ă©galant ce que fit Lully au siĂšcle prĂ©cĂ©dent pour Louis XIV. Outre nos rĂ©serves concernant les chanteurs (les deux protagonistes de cette fable amoureuse : NaĂŻs et Neptune, lire ci aprĂšs), il s’agit d’une rĂ©ussite totale pour le chef hongrois, Ă  classer dans la suite de son prĂ©cĂ©dent cd dĂ©diĂ© aux Grands Motets.

D’emblĂ©e, ce qui frappe c’est le sens des couleurs et des respirations, une capacitĂ© Ă  rĂ©tablir ce Rameau architecte et peintre, d’une modernitĂ© inouĂŻe : grand faiseur de magie sonore, passionnĂ© par le Baroque Français XVIIIĂš, le chef György Vashegy se montre digne d’un Gardiner dont il fut l’assistant, apprenant cette langue prĂ©cise, somptueusement majestueuse et pourtant expressive et humaine, comme ce goĂ»t des timbres. La cohĂ©rence et l’assise de sa direction affirment une indiscutable maĂźtrise.

 

 

 

Naïs par le hongrois György Vashegyi
Direction magistrale, élégante, musclée, intense et dramatique

 

 

 

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Comme c’est le cas de nombreuses productions rĂ©centes, c’est la direction artistique imposant des choix de chanteurs pas toujours pertinents qui malheureusement attĂ©nue la remarquable acuitĂ© de l’orchestre Orfeo et du choeur d’une impeccable force de prĂ©cision. Ainsi Flore (Danielle Skorka) déçoit : pas trĂšs juste, elle rate ce fabuleux contraste oĂč nous fait passer Rameau : aprĂšs la dĂ©flagration des Ă©lĂ©ments primordiaux (PrĂ©lude : l’accord des Dieux) – terre, onde, ciel : soit Pluton, Neptune (tĂ©nor), Jupiter, se prĂ©cise ensuite et se rĂ©vĂšle dans une candeur retrouvĂ©e, ce paradisiaque Ă©lĂ©giaque, dont le chef rĂ©tablit avec une Ă©lĂ©gance galbĂ©e, le raffinement de l’écriture. L’ñpretĂ© aigre du timbre de la soprano manque de corps dans son articulation. Dommage car l’évocation du printemps souverain y Ă©blouit par ses couleurs : plus que jamais ici, Rameau semble connectĂ© avec la magie sonore des sphĂšres, la puissante ivresse des saisons, le mystĂšre flottant des dĂ©lices naturels (belle jubilation pastorale de la gavotte, plage 18) qui du reste dĂ©voile la vivacitĂ© du trait dĂ©fendu par l’excellent Orfeo Orchestra. Vashegy y ajoute une acuitĂ© mordante et un parfum de fĂ©brilitĂ© martiale (non encore totalement assagi par la prĂ©sence de Flore) ; une vision, un geste qui convainquent totalement. Mieux que Rousset souvent raide et mĂ©ticuleux, mieux que Niquet dĂ©monstratif et empoulĂ©, le Hongrois serait-il le ramĂ©lien actuel le plus convaincant ?
Ce nouvel accomplissement le laisse penser
 On s’étonne qu’en France, aucun directeur de salle n’ait encore inviter chef, orchestre et choeur pour faire dĂ©couvrir cette sonoritĂ© et cette pulsion exceptionnellement abouties.
Quel manque de curiositĂ©. Et une absence navrante pour le public français privĂ© d’une belle opportunitĂ© pour apprendre Ă  aimer et redĂ©couvrir les joyeux de son patrimoine baroque.

 György Vashegyi : le Baroque Français au sommetEn bĂątisseur des mieux inspirĂ©s, György Vashegyi sait articuler, varier, contraster et caractĂ©riser chaque Ă©pisode et ses enjeux Ă©motionnels, d’autant que pour sait le diriger, Rameau Ă©blouit par sa volubilitĂ©. La direction sait construire sans attĂ©nuer ni la continuitĂ© ni la singularitĂ© de chaque Ă©pisode. Avec aussi une belle ondulation, Ă  la fois hĂ©doniste et toujours d’un dramatisme clair (somptueuse chaconne pour les lutteurs qui suit articulant le dramatisme du I, plage 38, par exemple oĂč rĂšgnent le fabuleux galbe des bassons et des hautbois : plus de 6mn de libertĂ© et d’imagination, orchestralement fabuleuses). Le Rameau poĂšte, ciselant la soierie de son orchestre, se dĂ©voile totalement ici. Il n’y a guĂšre avant lui que Bruggen dans une suite magistrale, Ă  possĂ©der le nerf et l’ondulation, la fragmentation et la cohĂ©sion de Rameau.

Comme dans ses prĂ©cĂ©dents cd baroques – Motets du Dijonais, IsbĂ© de Mondonville (lire notre critique de la crĂ©ation au MUPA de Badupest / mars 2016, puis du cd qui a Ă©tĂ© Ă©ditĂ© dans le prolongement de cette fabuleuse recrĂ©ation), le maestro Ă©tabli Ă  Budapest maĂźtrise les Ă©tagements et la structure, c’est Ă  dire le sens architectural et spatial de la musique ramĂ©lienne, tout en accordant un relief d’une prĂ©cision souvent royale Ă  la caractĂ©risation instrumentale de chaque situation. VoilĂ  pour la maestriĂ  du chef.

 

 

Tristes chanteurs

 

Dans une parure instrumentale aussi raffinĂ©e et aboutie, certains solistes ternissent le tableau : en une langueur Ă  peine appuyĂ©e au dĂ©but de l’acte I, le tĂ©nor Reinoud von Mechelen, malgrĂ© la beautĂ© du timbre, la sĂ©duction de son Ă©mission, nous afflige d’une Ă©lĂ©gance un peu creuse qui pourtant doit exprimer le mystĂšre de l’amour : de volage, il est en esclavage, totalement saisi. Quoi de plus fascinant qu’une dĂ©itĂ© Ă©prouvĂ©e, bouleversĂ©e par le sentiment pur d’un amour mortel ? Alors surgit NaĂŻs comme une flĂšche enivrĂ©e, babillant, nymphe comĂšte (son apparition est une crĂ©ation trĂšs rĂ©ussie dans le thĂ©Ăątre de Rameau) Ă  laquelle le soprano minaudant et inarticulĂ©e de Chantal Santon n’apporte qu’une pĂąle et inaboutie incarnation. Comme pour Flore, lĂ  encore quel dommage. VoilĂ  deux chanteuses mal choisies.
Elle aussi, dans son air isolĂ© (« Tendres oiseaux » ), en dialogue avec les flĂ»tes ornementĂ©es, suaves, piquantes, exprime ce mĂȘme alanguissement Ă  la fois impuissant et dĂ©muni face Ă  un amour qui la dĂ©sarçonne (il ne prodigue que des peines et des plaisirs absents). Difficile de croire Ă  ce qu’en fait la chanteuse qui expĂ©die toutes les nuances.
Plus convaincants car d’une sobriĂ©tĂ© qui les honore : les deux chanteurs graves : Thomas DoliĂ© (TĂ©lĂ©nus, Pluton dans le Prologue), d’une noirceur qui souffre : simple, articulĂ©, proche du texte (son Adamas, dans IsbĂ© dirigĂ© / rĂ©vĂ©lĂ© par le mĂȘme chef avait marquĂ© la production de mars 2016). MĂȘme apprĂ©ciation pour le PalĂ©mon, froid, distant, et lui aussi trĂšs articulĂ©, parfaitement linguistique, de l’excellent Philippe-Nicolas Martin dont nous suivons pas Ă  pas les prises de rĂŽles. Il fut un hĂ©raut bien chantant, dans Lohengrin de Wagner donnĂ© Ă  Nantes, d’une mĂȘme prĂ©cision juste et sans artifice (septembre 2016).

La scĂšne 8 permet Ă  Rameau d’atteindre une profondeur tragique, un chambrisme thĂ©Ăątral proche de Lully que beaucoup de commentateurs refusent de reconnaĂźtre chez le Dijonais : c’est un huit clos entre les deux Ăąmes amoureuses languissantes, envoĂ»tĂ©es l’une par l’autre NaĂŻs et Neptune (ici le tĂ©nor s’amĂ©liore dans le sens d’une intention plus sobre et moins maniĂ©rĂ©e : il gagne en profondeur et en sincĂ©ritĂ© / air « Au dieu des mers, voulez vous plaire ? »).

En d’autres termes, le plateau vocal rĂ©unit reste bancal : les personnages clĂ©s de l’intrigue sentimentale, d’abord tragique puis heureuse et libre (scĂšne 5 de l’acte III quand Neptune et NaĂŻs se rĂ©vĂšlent l’un Ă  l’autre) sont trop lisses, polis, « jolis », affichant clairement un Rameau incapable de nuances et de profondeur psychologique (quel contresens) : les deux solistes sont trop maniĂ©rĂ©s. Leur style contredit et la musique de Rameau, et l’excellente vision du chef, carrĂ©e, raffinĂ©e, nerveuse.

De fait, l’opĂ©ra catĂ©gorisĂ© « Pastorale hĂ©roĂŻque », saisit par la force tellurique de l’orchestre qui convoque les dieux majeurs de l’Olympe, Neptune, Pluton, Jupiter. L’intelligence de György Vashegyi redouble de sĂ©duction dans ce drame Ă  la fois spectaculaire et intimiste dont Rameau a le secret et le gĂ©nie.
Dommage que la direction artistique quand au choix des deux chanteurs (sans omettre Flore inaboutie) attĂ©nue notre enthousiasme (un vrai coaching vocal, spĂ©cialisĂ© dans l’articulation du français baroque s’impose). AprĂšs tant de gĂ©nĂ©rations d’interprĂštes, aprĂšs la RĂ©volution baroqueuse, dĂ©fendre encore ce style vocal dans le rĂ©pertoire baroque oĂč tout doit ĂȘtre intelligible, oĂč la virtuositĂ© vocale ne doit pas sacrifier la vraisemblance ni la justesse expressive, est un contresens malheureux. Mais sur le sujet de la dĂ©clamation française propre Ă  Rameau, il est vrai que le dĂ©fi est de taille. Et peu de chanteurs sont capables de le maĂźtriser. Heureusement deux chanteurs sauvent la mise ici : Thomas DolliĂ©, – dĂ©sormais aguerri Ă  la caractĂ©risation la plus nuancĂ©e, et son confrĂšre, Philippe-Nicolas Martin.

Nais par mcgegan rameau par classiquenewsPour les amateurs, ciselant la partition de NaĂŻs, un mĂȘme engagement orchestral aussi saisissant, a Ă©tĂ© atteint / enregistrĂ© par McGegan (Ă©ditĂ© chez ERATO, en 1980, Ă  connaĂźtre absolument). Avec György Vashegyi, nous tenons lĂ  les versions les plus convaincantes d’un ouvrage inclassable, irrĂ©sistible, oĂč derriĂšre la trame sentimentale et « pastorale », c’est la voix de l’orchestre que privilĂ©gie surtout le poĂšte et le peintre, Rameau. D’abord les instruments, rien que les instruments. L’acuitĂ© picturale et le dramatisme fluide que sait instiller et cultiver le chef suscite notre intĂ©rĂȘt et justifie malgrĂ© nos rĂ©serves sur le plan vocal, le CLIC de CLASSIQUENEWS.

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD, critique. RAMEAU : NAÏS (1749). György Vashegy / Orfeo orchestra. DolliĂ©, Martin
 2 cd Glossa, MUPA, Budapest, mars 2017).

 

 

 

LIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. Sylvia Kahan : Winnaretta Singer-Polignac – Princesse, mĂ©cĂšne et musicienne (Ă©ditions les presses du rĂ©el, avril 2018)

singer-polignac_sylvia kahan livre critique annonce les presses du reel compte rendu livre par classiquenews opera concert musique classique livreLIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. Sylvia Kahan : Winnaretta Singer-Polignac – Princesse, mĂ©cĂšne et musicienne (Ă©ditions les presses du rĂ©el, avril 2018). HĂ©ritiĂšre de l’inventeur de la fameuse machine Singer, Winnaretta (1865-1943) incarne un destin exceptionnel qui cristallise l’intelligence de l’argent quand il est pilotĂ© / infĂ©odĂ© Ă  un goĂ»t rĂ©el, sincĂšre pour les arts. AmĂ©ricaine de naissance (nĂ©e Ă  New York), la « fille Ă  dollars » rejoint avec sa mĂšre Isabella, veuve fortunĂ©e, le Paris de la Belle-Epoque, celle qu’a immortalisĂ© Proust. Les personnes richissimes croisent leurs contemporains bien nĂ©s et Ă  particules pour s’unir dans des mariages de raison qui permet Ă  chacun de complĂ©ter ce qu’il apporte : le titre ou la fortune. Dans les salons trĂšs prisĂ©s – voire inaccessibles de l’élite parisienne (le modĂšle en est celui de la princesse Greffulhe, modĂšle de la Guermantes chez Proust), chaque “acteur” : aristocrate, « parvenu », artiste ou banquier ambitionne gloire et faveurs grĂące Ă  un rĂ©seau bien gĂ©rĂ©.
Rien de tel chez Winnaretta qui dĂšs son jeune Ăąge (18 ans), s’émancipe du foyer maternel, gĂšre sa propre fortune, s’éloigne de l’influence pernicieuse Ă©chafaudĂ©e par son beau pĂšre (Victor, second Ă©poux de sa mĂšre, aristocrate de pacotille mais vĂ©ritable dĂ©pensier, et qui a peut ĂȘtre abusĂ© de sa belle-fille…). Le texte de Sylvia Kahane, chercheuse new yorkaise dĂ©voile les clĂ©s de la personnalitĂ© d’une jeune femme fortunĂ©e, surtout artiste authentique (peintre, admiratrice de Manet et de Sargent qui fait son portrait), protectrice et ami de Gabriel FaurĂ©, et qui devient aprĂšs son second mariage en 1892 avec Edmond de Polignac (trĂšs amoureux de sa jeune Ă©pouse dont il a le coup de foudre lors d’une soirĂ©e financĂ©e par la Greffulhe)), l’une des mĂ©cĂšnes les plus avisĂ©es et influentes de son temps : commandant aux artistes visionnaires et alors jugĂ©s « trop modernes » : Chabrier (dont elle finance et organise la crĂ©ation de l’opĂ©ra Gwandoline dont ne voulait pas l’OpĂ©ra de Paris), CarriĂšs (pour une porte de Parsifal qui ne vit jamais le jour), FaurĂ©, d’Indy, Stravinsky, Nadia Boulanger, Satie (Socrate), le Retable de MaĂźtre Pierre de Falla, Poulenc (Concerto pour deux pianos), jusqu’Ă  l’indomptable et dĂ©cevant Verlaine, etc

Sensible Ă  la crĂ©ation de son temps, Winnetta Singer devenue Princesse Polignac affirme une intuition artistique et un idĂ©al esthĂ©tique de premier plan, favorisant en musique : Wagner, JS Bach (dont elle apprĂ©cie les Cantates), et tous les compositeurs français de son temps, apportant un soutien financier et constant aux activitĂ©s de la SociĂ©tĂ© Nationale de Musique fondĂ©e par Saint-SaĂ«ns pour aider les compositeurs français Ă  crĂ©er leurs oeuvres en public. Winnaretta se dĂ©voile au fil des pages dans son intimitĂ©, sa sensibilitĂ©, un instinct de collectionneuse hors pair (elle achĂšte de nombreuses toiles de grands maĂźtres dont Ă©videmment Manet mais aussi Sargent et Monet
), une mĂ©lomane avisĂ©e qui partagea avec son Ă©poux Polignac, une Ăąme d’artiste authentique.
faure gabriel portrait gabriel faure CLASSIQUENEWSA travers le portrait de la femme et de la mĂ©cĂšne, se dessine l’ambiance du Paris des annĂ©es 1890 Ă  1940. Le destin de Winnaretta compose une odyssĂ©e humaine exceptionnelle, pilotĂ©e par une exigence artistique atypique oĂč les moyens mis en Ɠuvre, certes considĂ©rable alors, sont infĂ©odĂ©s au seul souci de la crĂ©ation. Cette intelligence Ă  l’Ɠuvre est le vrai sujet de la biographie historique, d’un apport considĂ©rable pour qui souhaite mieux connaĂźtre et comprendre comment la France wagnĂ©rienne et Debussyste, jusqu’à la seconde guerre mondiale, est passĂ©e du post romantisme au modernisme le plus audacieux, soit de Massenet, Ravel, Saint-SaĂ«ns Ă  Stravinsky et Poulenc. Le texte originel est paru Ă  New York en 2006. Les Ă©ditions la presse du rĂ©el rĂ©alisent sa premiĂšre traduction française. Publication Ă©vĂ©nement. Grand article critique Ă  venir sur CLASSIQUENEWS / mag cd dvd livres. Le livre reçoit naturellement le CLIC de CLASSIQUENEWS du mois de mai 2018.

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CLIC D'OR macaron 200singer-polignac_sylvia kahan livre critique annonce les presses du reel compte rendu livre par classiquenews opera concert musique classique livreLIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. Sylvia Kahan : Winnaretta Singer-Polignac – Princesse, mĂ©cĂšne et musicienne (Ă©ditions les presses du rĂ©el, avril 2018) — Traduit de l’anglais (amĂ©ricain) par Charles MoutonDennis Collins. Titre original : Music’s Modern Muse – A Life of Winnaretta Singer, Princesse de Polignac (2006, Ă©d. revue, University of Rochester Press). 17 x 20 cm (brochĂ©) – 808 pages (87 ill. n&b) – 42 € (prix indicatif) – ISBN : 978-2-84066-268-6 – EAN : 9782840662686. Illustration : Gabriel FaurĂ©, protĂ©gĂ©, ami, voire amoureux secret de la belle et exotique millionnaire Singer.

CD, réédition événement. WAGNER : le PARSIFAL sublime et ciselé de Solti (DECCA, 1972)

solti wagner parsifal cd critique cd review par classiquenews cd 71IKlp3X8+L._SY355_CD, rĂ©Ă©dition Ă©vĂ©nement. WAGNER : le PARSIFAL sublime et ciselĂ© de Solti (DECCA, 1972). 46 ans aprĂšs son enregistrement, voici un Parsifal Ă  la fois subtile et profond, dont le chant articulĂ© et jamais appuyĂ© des chanteurs, la couleur transparente, parfois suspendue de l’orchestre (somptueuse philharmonie de Berlin), la lecture affĂ»tĂ©e dĂ©fendue par le geste du maestro (alors Ă  son meilleur car il ne sacrifie jamais l’éloquence sur l’autel de la pure dĂ©monstration)
 rĂ©alisent en dĂ©finitive une version de rĂ©fĂ©rence, lĂ©gendaire mĂȘme, avec celle de Karajan. Evidemment le choix des tempĂ©raments lyriques, retenus par le chef hongrois marque profondĂ©ment la vĂ©ritĂ© et la sincĂ©ritĂ© du message musical : brillent par leur humanitĂ© d’acteurs nĂ©s, au chant ciselĂ© : le Titurel de Hans Hotter (diseur absolu), le Gurnemanz de Gottlob Frick, le Parsifal de RenĂ© Kollo (dont le timbre a alors cette douceur adolescente trĂšs juste) ; l’incroyable Kundry de Christa Ludwig : sirĂšne monstrueuse puis bĂȘte perdue, pĂȘcheresse en quĂȘte du pardon
 L’équilibre expressif, une retenue magicienne dans la direction font surgir ce miracle (cd3 / Acte III) inespĂ©rĂ© d’un monde enfin sauvĂ© par le pur et le chaste, celui qui sait compatir et souffrir avec chaque Ăąme en souffrance; par son humanisme sincĂšre.

Au moment oĂč l’OpĂ©ra Bastille annonce une nouvelle production de Parsifal Ă  Paris, dans une mise en scĂšne qui ne promet pas d’ĂȘtre un Ă©vĂ©nement (signĂ©e Richard Jones, Ă  voir : Paris, OpĂ©ra Bastille, du 27 avril au 23 mai 2018), voici DECCA qui nous rĂ©gale en rĂ©Ă©ditant en version remastĂ©risĂ©e, la lecture du grand magicien du son spatialisĂ©, de l’acuitĂ© des timbres, de la sĂ©duction « hongroise » en un geste d’une prĂ©cision toujours trĂšs musicale : Georg Solti. A Vienne en mars 1972, dans la Sofiensaal, le maestro complĂšte ainsi son cycle wagnĂ©rien au disque, initiĂ© de 1958 Ă  1964 (RING), avec le Philharmonique de Vienne dĂ©jĂ , dans un Ring demeurĂ© historique et visionnaire car ce fut la premiĂšre intĂ©grale enregistrĂ©e en stĂ©rĂ©o (faisant alors les dĂ©lices des mĂ©lomanes et le succĂšs de la firme). Chez Solti, la somptuositĂ© sonore est toujours au service de l’intention des situations et du sens profond des scĂšnes. Souple et intĂ©rieur, le geste sait dĂ©voiler sans l’épuiser l’activitĂ© souterraine (psychĂ©) qui pilote chaque ĂȘtre (ample monologue sur la dĂ©solation du monde et de la sociĂ©tĂ© des chevaliers, par Gurnemanz au dĂ©but du III).

Prenons l’exemple du CD3 : D’une grĂące absolue et parfois portĂ©e par un abandon languissant (chant des filles fleurs prĂȘtes Ă  envoĂ»ter le jeune vierge Parsifal) : la seule voix si charnelle et comme blessĂ©e de Lucia Popp parmi les crĂ©atures de sĂ©duction colore toute la sĂ©quence d’un parfum d’une humanitĂ© inouĂŻe, distillant un charme tenace ; on comprend que l’élu doive s’armer de rĂ©sistance dĂ©cuplĂ©e
 avant sa confrontation avec la femme fatale, Kundry, derniĂšre illusion ourdie par le mage Klingsor). LĂ  encore le choix des voix s’avĂšre profitable : l’acuitĂ© expressive de Solti ciselant un duo expressif d’une grande justesse : Christa Ludwig est au sommet de sa maturitĂ© vocale / voix mĂ©morielle, voix faussement maternelle destinĂ©e Ă  troubler le jeune homme, un temps perdu par cette confrontation imprĂ©vue.
Solti dĂ©cuple un jeu lascif, faisant miroiter les timbres (bois et cordes) d’une subtile et pernicieuse voluptĂ© : RenĂ© Kollo en son timbre d’une douceur angĂ©lique exprime alors l’innocence Ă  l’épreuve du dĂ©sir naissant : c’est pourtant Ă  l’épreuve de ce feu mordant (le baiser de Kundry) que l’élu devient Parsifal, sa conscience aiguisĂ©e, sublimĂ©e par l’expĂ©rience de la compassion, puisqu’alors ayant rĂ©sistĂ© Ă  l’assaut de la Femme sirĂšne (Ewig ewig von mir ! / morte, morte pour moi), le garçon comprend le sens de la blessure d’Amfortas, le roi-prĂȘtre qui a Ă©tĂ© faible (Kundry l’a sĂ©duit antĂ©rieurement)
 Parsifal ressent la souffrance de celui dont la douleur le bouleverse.
Puis c’est Kundry la souveraine pĂȘcheresse, crĂ©ature manipulĂ©e de Klingsor qui se repent, succombe face au joyau moral qu’incarne l’élu Parsifal
 Un trĂšs grand moment de ce Parsifal historique, auquel Solti apporte une cristallisation sonore et musicale dans un chatoiement de couleurs et d’accents permis aussi par les excellents instrumentistes viennois. L’orchestre wagnĂ©rien, organe psychologique et Ă©motionnel peut dĂ©sormais en vagues et vertiges assumĂ©s, incarner les tourments de la culpabilitĂ©, et aussi, grand thĂšme wagnĂ©rien, l’espĂ©rance d’une humanitĂ© meilleure.
La scĂšne raconte ce grand bouleversement des Ăąmes affrontĂ©es, finalement apaisĂ©es. Ce cri de Kundry (Ludwig dĂ©truite, avant l’immense Waltraud Meieer, son hĂ©ritiĂšre directe) incarne la mĂ©tamorphose suprĂȘme qui est Ă  l’oeuvre : la musique porte et permet un Ă©veil de la conscience, Ă©claire l’écoute par son appel Ă  la transcendance morale et spirituelle. Solti l’a bien compris qui nuance tout l’orchestre au diapason de cette conception humaniste de l’art musical. MUST ABSOLU et Ă©videmment CLIC de CLASSIQUENEWS du printemps 2018. A rĂ©Ă©couter d’urgence si vous comptez aller assister au spectacle / Festival sacrĂ©, affichĂ© Ă  Bastille en avril et mai 2018.

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CLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. WAGNER : PARSIFAL. SOLTI, Vienne 1972, réédition version remastérisé 24-Bit 96 Khz. 4 cd + BlurayDisc 483 2510 DECCA. CLIC de classiquenews, printemps 2018

CD, critique. BEETHOVEN : Sonates pour piano n°3° opus 109, n°28 opus 101. ISHAY SHAER, piano (1 cd ORCHID classic)

shaer ishay piano beethoven piano sonatas sonates Beethoven cd orchud classics revw cd critique cd par classiquenewsCD, critique. BEETHOVEN : Sonates pour piano n°3° opus 109, n°28 opus 101. ISHAY SHAER, piano (1 cd ORCHID classic, juillet 2015). D’emblĂ©e, on sent une forte conscience musicale, propre Ă  exprimer l’inquiĂ©tude du discours, sa fragilitĂ©, son instabilitĂ© qui sourde, comme sa profonde subtilitĂ© mouvante. L’interprĂšte construit tout un monde flottant Ă  la belle structure et au toucher murmurĂ©, canalisĂ©, souvent peu appuyĂ©. Aucun doute, le pianiste israĂ©lien Ishay Shaer a beaucoup de choses Ă  nous dire sur la question de Beethoven. Sa comprĂ©hension du compositeur, sa retenue trĂšs riche en intentions retient immĂ©diatement l’attention et nourrit l’Ă©coute. Nous notons : la trĂšs belle fluiditĂ© liquide, flexible et schumanienne du premier Vivace de la Sonate d’ouverture n°30, auquel rĂ©pond l’agilitĂ© elle aussi trĂšs finement calibrĂ©e du court Prestissimo qui suit. Le souffle ample, intĂ©rieur et d’une infinie rĂȘverie nostalgique se dĂ©ploie avec un sens grave de la construction, dans le plus important des 3 mouvements de cette Sonate, (plus de 12 mn) : notĂ© Andante molto cantabile ed expressivo, l’épisode, l’un des plus suspendus du dernier Beethoven, l’un des plus Ă©nigmatiques aussi dans le registre introspectif et amoureux, Ă  la fois vivant et caressant. NĂ© en 1983, Ishay Shaer en exprime l’état d’ivresse et de conscience alternĂ©es, entre ravissement et renoncement. Encore parfois vert, l’allant prime ici sur la ciselure inquiĂšte, tĂ©nue, mais en dĂ©pit de sa jeunesse, le pianiste remarquĂ© et distinguĂ© par Daniel Barenboim en 2011, sait construire la fine architecture si versatile d’un Beethoven qui ne cesse d’expĂ©rimenter, de questionner, de nourrir et de redĂ©finir le cadre du dĂ©veloppement formel (oĂč Beethoven semble nous poser la question et se poser la question Ă  lui-mĂȘme, … : qu’est ce qu’un mouvement final de Sonate, oĂč va-t-il, quel est son sens ?
), en particulier dans la section derniĂšre oĂč la question enfle jusqu’à son point de non retour, laissant l’auditeur dans un Ă©tat d’attente sidĂ©rĂ©e.

 
 
 

 
 
 

Le jeune pianiste Ishay Shaer enregistre un récital Beethoven de bout en bout captivant

Elégance et ùpreté du geste beethovénien

 
 
 

SHAER ISHAY piano beethoven portrait sur classiquenews cd orchid classic media_2012_ishay_shaerL’enchaĂźnement se produit avec les 6 Bagatelles de l’opus 126, pleine de retenue introspective (premier Andante), ou Ă©chevelĂ©e, pulsionnelle (Allegro et Presto), parfaitement agencĂ©s dans l’esprit d’une sĂ©rie de pochades au caractĂšre chacune trĂšs affinĂ©, affĂ»tĂ©, sculptĂ© avec un sens immĂ©diat et franc de la sincĂ©ritĂ©. LĂ  encore c’est la grande Ă©lĂ©gance du geste, et la retenue veloutĂ©e du toucher (le grazioso trĂšs articulĂ© du n°3), la recherche d’une sonoritĂ© ronde, Ă©quilibrĂ©e qui fouille, interroge matiĂšre et direction du geste sonore
, qui captivent. Le pianiste n’a rien Ă  dĂ©montrer, mais il invite, suggĂšre, Ă©claire. MĂȘme impression d’une intelligence en Ă©veil, Ă  l’affĂ»t dans les 11 Bagatelles qui suivent (Opus 119).
La pensĂ©e expĂ©rimentale, Ă©ruptive de Beethoven s’exprime tout Ă  fait dans les 3 Ă©pisodes de la derniĂšre Sonate n°28 (Opus 101) de ce rĂ©cital trĂšs abouti. Les deux premiers exposent clairement les diverses tendances d’une Ăąme radicale, absolutiste, puis la 3Ăš et derniĂšre, la plus dĂ©veloppĂ©e, est Ă©noncĂ©e et structurĂ©e Ă  la façon d’une synthĂšse rĂ©trospective qui cible aussi l’avenir. L’acuitĂ© du geste, la ciselure souvent crĂ©pitante du toucher indiquent clairement chez Ishay Shaer, un beethovĂ©nien capable de clartĂ©, de nuances secrĂštes et intimes, de caresses dĂ©jĂ  mozartiennes, moins d’astuces et de facĂ©ties formelles Ă  la Haydn. Le caractĂšre ombrageux de Beethoven se libĂšre amplement, de façon trĂšs graduelle dans l’Adagio finale, de plus de 10 mn, aux Ă©clats sertis dans toutes les nuances Ă©bĂšne. Le tact Ă  la fois tĂ©nĂ©briste et feutrĂ©  du pianiste convainc absolument dans cet instant suspendu oĂč le temps s’arrĂȘte, tout infĂ©odĂ© Ă  l’émergence de la sensation et du sentiment : ceux du songe, de l’oubli, du renoncement, de l’absolu poĂ©sie. Ishay Shaer n’oublie pas la gravitĂ© secrĂšte qui nimbe toute la clartĂ© de ce passage schubertien dans sa quĂȘte de la rĂ©itĂ©ration enivrĂ©e, capable d’éclairs, voire d’assauts d’une ardeur juvĂ©nile quasi primitive (remarquable lumiĂšre et Ă©nergie de la fugue finale). Ce que nous dit le jeune pianiste est souvent captivant. Ishay Ishaer appartient Ă  la gĂ©nĂ©ration nouvelle de pianistes au tempĂ©rament mĂ»r, trĂšs inspirĂ© par le rĂ©pertorie dĂ©fendu. Dans la continuitĂ© de cette inspiration chez Beethoven, on aimerait Ă  prĂ©sent l’entendre chez Liszt, Schumann et 
 Haydn. A suivre Ă©videmment.

 
 
 

 
 
 

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CD, critique. BEETHOVEN : Sonates n°28, 30, Bagatelles
 ISHAY SHAER, piano (1 cd Orchid classics, UK, juil 2015). - Illustrations : portrait chemise blanche © J Coen

 
 
 

 
 
 

VIDEO Beethoven par Ishay Shaer :
https://www.youtube.com/watch?time_continue=54& v=3jBx0oaoR4w

 
 
 

DVD critique. POULENC / BARTOK:Barbara Hannigan, EP Salonen (déc 2015-1 dvd Arthur Musik)

DVD barbara hannigan voix humaine critique par classiquenews le-chateau-de-barbe-bleue-la-voix-humaineDVD critique. POULENC/BARTOK : Barbara Hannigan, EP Salonen (dĂ©c 2015-1 dvd Arthur Musik). De deux univers diffĂ©rents, Warlikowski fait un mĂȘme chant passionnĂ©, habitĂ©, radical, le miroir de deux amoureuses sous domination. On peut aisĂ©ment reconnaĂźtre ici la meilleure mise en scĂšne du metteur en scĂšne si inconstant, dont on a pu regrettĂ© ses rĂ©alisations du Roi Roger, de Parsifal et plus rĂ©cemment de Don Carlos… Ă  Paris. Mais son hypersensibilitĂ© maladive, son goĂ»t des ĂȘtres dĂ©calĂ©s en pĂ©ril, et des situations extrĂȘmes, colle parfaitement au dĂ©roulement des deux ouvrages rĂ©unis. Bartok Ă  l’opĂ©ra nous offre une expĂ©rience unique et gĂ©niale car la somptuositĂ© et le raffinement voluptueux de sa parure orchestrale contredit exactement l’horreur du drame qui se joue entre le maĂźtre chĂątelain et sa proie nouvellement acceptĂ©e dans la demeure : Judith. Ostensiblement, les joyaux mordorĂ©s des instruments ajoutent Ă  la machine de sĂ©duction et d’hypnose graduelle qui ensorcelle la jeune femme, laquelle malgrĂ© ses doutes lĂ©gitimes, finit emmurĂ©e vivante.

ART DE L’ENCHAINEMENT… À la fin du chĂąteau, quand Barbe Bleue pĂ©trifie tout Ă  fait Judith et la fait rentrer dans sa boĂźte objet, lui refusant comme pour toutes les autres Ă©pouses, un statut, la libertĂ©, tout Ă©mancipation et toute dignitĂ©, … surgit tel un ƒdipe femme aux yeux ensanglantĂ©s, “Elle”, l’hĂ©roĂŻne unique chez Poulenc, rĂ©tablissant ce lien entre les deux femmes de Bartok Ă  Poulenc donc, et qui sont des objets de domination et de soumission.

Warlikowski se montre trĂšs inspirĂ© et juste en soulignant la parentĂ© de climats (tension et ivresse voluptueuse
 Certainement plus incisive chez Poulenc), la similitude du sujet entre les deux opĂ©ras d’un acte chacun. JUDITH et ELLE SONT SƒURS PAR LEUR ATTACHEMENT À L’HOMME QUI LES ASSUJETTIES TOTALEMENT.

De sorte que l’on croit tout Ă  fait que Poulenc prolonge ce qui a Ă©tĂ© exposĂ© chez Bartok. La femme dĂ©sirĂ©e courtisĂ©e valorisĂ©e par le dĂ©sir de l’homme qui la guide dans la premiĂšre partie bartockienne, est chez Poulenc son esclave hystĂ©rique, bĂȘte insatisfaite, amoureuse dĂ©truite, ange dĂ©chu, clown extĂ©nué  Tout en elle dĂ©signe et transpire la solitude infamante qui la brĂ»le : c’est une pleureuse alcoolique qui s’embrase et se consume jusqu’Ă  perdre tout raison.

La solution de continuitĂ© entre les deux actes pourtant de mains diffĂ©rentes, gagne une puissance rĂ©aliste indiscutable dans la conception de l’homme de thĂ©Ăątre qui en a restituĂ© avec grande intelligence, le lien dramatique.

En dĂ©pit de la duretĂ© de son sujet, de la violence de son action, de l’horreur domestique dont il s’agit, le dĂ©roulement du spectacle est passionnant, et grande gagnante de cette scĂšne sauvage mais actuelle (on pense Ă  l’affaire Weinstein), la soprano Barbara Hannigan incarne le nouveau modĂšle des chanteuses d’aujourd’hui, complĂštes et exemplaires, formidable actrice et chanteuse naturelle au verbe français coulant, Ă©vident, claire, d’une bouleversante humanitĂ©. Quelle prĂ©sence et quelle plastique. À la fois blessĂ©e fragile hallucinante dont chaque mouvement et intonation bouleverse comme la transe et rage impuissante d’une poupĂ©e desarticulĂ©e hallucinante. Quelle dĂ©clamation toute en finesse et en nuances. L’idĂ©e de gĂ©nie de Warlikowski est le choix du dĂ©nouement et cette relation physique qui prend corps entre Elle et son amant sur la scĂšne. On ne dira rien de cette nouvelle danse Ă  deux mais elle renforce encore la justesse de la conception comme la performance Ă©poustouflante de la diva Hannigan.

CLIC_macaron_2014MĂȘme absent le baryton basse abyssal de John Relyea, d’une virilitĂ© animale et troublante chez Bartok, ne cesse de hanter chaque phrase d’une Hannigan dont il semble que chaque phrase priĂšre et invocation lui est adressĂ© d’un temps Ă  l’autre, d’un compositeur Ă  l’autre. Tout en Ă©tant un grand moment d’opĂ©ra, court, fulgurant, incandescent, Warlikowski signe donc un superbe moment de thĂ©Ăątre. Magistrale rĂ©alisation et conception d’ensemble.

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DVD, critique. POULENC/BARTOK : Barbara Hannigan, EP Salonen (dĂ©c 2015-1 dvd Arthur Musik) - FilmĂ© en direct du Palais Garnier en dĂ©cembre 2015. Avec John Relyea, Barbara Hannigan, Ekaterina Gubanova, Claude Bardouil. Orch de l’OpĂ©ra de Paris. Esa-Pekka Salonen, direction.

CD, coffret événement, annonce. CLAUDIO ARRAU: COMPLETE PHILIPS RECORDINGS (80 cd Decca / DG)


ARRAU claudio complete philips recordings 1928 1952 1991 presentation review cd critique cd par classiquenews decca4832984CD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. CLAUDIO ARRAU: COMPLETE PHILIPS RECORDINGS (80 cd DECCA – 1928 – 1991).
C’était le temps de Polygram et du label phare du piano, Philips (qiui comprenait alors Arrau, Brendel, Bolet
 sans omettre la jeune Uchida). En mars 2018, Universal sort l’intĂ©grale CLAUDIO ARRAU (1903-1991), totalisant depuis 1928, surtout le dĂ©but des annĂ©es 1950 jusqu’à sa mort, 4 dĂ©cades de recherche musicale et pianistique de celui qui fut avec Abbado, le grand Claudio, immense interprĂšte capable d’interroger la forme, le sens du son, questionner le texte musical comme s’il s’agissait d’un texte littĂ©raire. Gageons qu’avec le temps ce sont surtout ses Chopin, Mozart, Liszt, Brahms et Schumann (moins Beethoven malgrĂ© ce que l’on peut lire ici et lĂ ) qui distinguent ici une conception souveraine, ne sacrifiant rien sur l’autel de la trop futile certes sĂ©duisante dĂ©monstration virtuose
 Celui qui admirait surtout Kempff et le jeune Barenboim (artiste DG exclusif depuis ce mĂȘme mois de mars 2018), a accompagnĂ© Ă  mesure qu’il explorait le son romantique, les avancĂ©es et trouvailles de l’industrie discographique et du disc compact. Jusqu’à ses 88 ans, le pianiste chilien a su ciseler une expĂ©rience sonore et musicale, arstique et quasi spirituelle de la grĂące pianistique avec un tact et une Ă©lĂ©gance, une probitĂ© entiĂšre, majeure, radicale qui le mĂšne, conscient de chaque explorations, maĂźtre de tous ses effets, jusqu’au terme du voyage terrestre, enregistrant encore l’annĂ©e de sa disparition en
 1991.

Aujourd’hui, Decca prĂ©sente la somme de sa production pour Philips et American Decca en une Ă©dition limitĂ©e de 80 cd, comprenant Ă©galement l’enregistrement live du 4e concerto pour piano de Beethoven avec Leonard Bernstein pour Deutsche Grammophon. La discographie d’Arrau est dominĂ©e par le rĂ©pertoire classique et romantique : Mozart, Brahms, Schumann, Liszt, Chopin et surtout Beethoven, compositeur auquel le nom d’Arrau reste malgrĂ© notre apprĂ©ciation (forcĂ©ment subjective) Ă©troitement associĂ©. On y retrouve des collaborations avec Sir Collin Davis, Bernard Haitink, Leonard Bernstein, Henryk Szeryng, JĂĄnos Starker, Arthur Grumiaux.

CONTENU DU COFFRET. Les 80 cd sont classĂ©s par compositeurs. La rĂ©Ă©Ă©dition prĂ©sente deux interviews inĂ©dites avec Claudio Arrau, une introduction aux concertos de Beethoven rĂ©alisĂ©e Ă  l’occasion de la premiĂšre parution en 1964 avec l’orchestre du Concertgebouw et Bernard Haitink, et ses rĂ©flexions sur les sonates de Beethoven. Le livret trilingue (anglais, allemand, français) de 180 pages comprend un nouvel essai par le producteur Jeremy Hayes (clĂ© pour comprendre l’univers expĂ©rimental et Ă©lĂ©gant du maĂźtre pianiste), de nombreuses photos rares des archives Philips et Decca et des reproductions des pochettes originales. Coffret Ă©vĂ©nement : prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS. CLIC de CLASSIQUENEWS du printemps 2018 – Sortie : 9 mars 2018

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En savoir / lire plus sur le site du CLUB DEUTSCHEGRAMMOPHON.COM

CD, coffret événement. CHRISTA LUDWIG : the complete recitals on Warner classics ( 11 cd)

ludwig christa coffret box set 11 cd warner complete recordings on warner review cd cd critique cd par classiquenews wahfp5rrtih7a_300CD, coffret Ă©vĂ©nement. CHRISTA LUDWIG : the complete recitals on Warner classics ( 11 cd). Elle aura connu le sommet de sa carriĂšre lyrique dans le rĂŽle de la TeinturiĂšre de La Femme sans ombre de R. Strauss (sous la direction de Karl Bohm, pour l’inauguration du Met en 1966), et certainement pas dans le rĂŽle de Brangaine (Tristan) : ennuyeux Ă  mourir ; puis aura failli casser et perdre sa voix en chantant Eboli, pilotĂ©e par Karajan en aoĂ»t 1975 Ă  Salzbourg
 Ă©nĂ©rĂ©e en Autriche et en Allemagne comme la diva germanique par excellence, Christa Ludwig qui fut donc Cherubino (Le Nozze), le Componist (Ariane Auf Naxos), en particulier Kundry (Parsifal, Ă  Bayreuth), prit sa retraite en 1994. Il n’y eut qu’une seule mezzo, aussi engagĂ©e, au moelleux Ăąpre et mordant, articulant comme peu, vraie diablesse dramatique, et tragĂ©dienne nuancĂ©e : AgnĂšs Baltsa. Et bien sĂ»r Maria Callas, mais Ludwig comme Baltsa ne sont pas des sopranos et ne purent jamais chantĂ©, ni Leonora, Violetta chez Verdi, ni Isolde chez Wagner

Amoureuse de littĂ©rature et de textes poĂ©tiques, c’est surtout dans l’univers millimĂ©trĂ© du lied que la mezzo devenue lĂ©gendaire a donnĂ© l’ampleur de son gĂ©nie vocal, soie sensuelle et voluptueuse, flexible et intelligemment incarnĂ©e, capable de dire chaque mot, et de faire parler la musique. C’est une diseuse hors pair, vĂ©ritable poĂ©tesse et prophĂ©tesse du verbe, dĂ©voilant toute les intentions poĂ©tiques du texte, de la phrase, dans un dialogue riche et allusif, Ă©clairant comme jamais toute situation dramatique dans ses enjeux et ses promesses les plus inouĂŻs-, avec le piano et les autres voix. Amoureuse de Goethe, la « diva Ludwig » vĂ©nĂšre Hugo Wolf qui le met divinement en musique. L’interprĂšte a toujours dĂ©fendu d’abord le texte puis la musique. En cela elle s’accorde avec l’esthĂ©tisme de Monteverdi (qu’elle n’a pourtant jamais chantĂ©). NĂ©e en 1928, WARNER cĂ©lĂšbre non sans raison le gĂ©nie interprĂ©tatif d’une mezzo particuliĂšrement identifiable, et qui n’a pas sa langue dans sa poche (pour qui a parlĂ© avec elle : son tempĂ©rament et sa franchise, prĂ©cise, dĂ©taillĂ©e, argumentĂ©e contraste avec le parler insipide, fade et passe partout qui a court aujourd’hui, mondialisation et standardidation obligent ; ĂȘtre bien avec tout le monde partout
).‹Dans le coffret WARNER, on y retrouve ainsi le genre que Ludwig a servi avec un tact, une subtilitĂ© belcantiste : accordant, contrĂŽlant, adaptant chaque nuance vocal selon le sens du texte. Voici les lieder de Schubert (hĂ©las son cher Winterreise / Voyage d’hiver, en cycle intĂ©gral n’est pas prĂ©sent) ; voici surtout Brahms, et Wolf et Strauss. On reste envoĂ»tĂ©s sous le charme de ses mĂ©lodies de saint-SaĂ«ns (Une flĂ»te invisible) et les Chansons madĂ©casses de Ravel. La France et le français sont comme une seconde patrie car elle a Ă©pousĂ© un français (« Paul-Emile »). Outre une quasi intĂ©grale des lieder de Brahms, le coffret rĂ©unit ses meilleurs accomplissements dans le genre du lied avec orchestre : Wagner (Wesendonck-lieder), Mahler (Lieder eines fahrender gesellen, Kindertotenlieder, et bien sĂ»r, le lĂ©gendaire Chant de la terre (Das Lied von des Erde).
CLIC_macaron_2014Parmi les inĂ©dits mĂ©morables qui ajoutent encore Ă  la valeur de cet hĂ©ritage inestimable : Lieder de Berg, Max Reger, Wagner (Wesendonck-lieder), sans omettre eux de Wolf, un air de Gluck, plusieurs Brahms dont le rĂ©cital enregistrĂ© (et donc jamais publiĂ© jusqu’à ce jour) avec son premier mari, Walter Berry


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Christa Ludwig (mezzo-soprano) : « The Complete Recitals on Warner Classics » (Coffret 11 CD Warner)

SOUVENIRS, SOUVENIRS
. il y a 10 ans dĂ©jĂ  en 2008, pour ses 80 ans, Christa Ludwig faisait l’objet sur CLASSIQUENEWS d’une page dĂ©diĂ©e, synthĂ©tisant un cycle de rĂ©Ă©ditions cd et dvd LIRE les 80 ans de Christa Ludwig.

CD, compte rendu, critique. « Mémoire et Cinéma » : Isabelle Durin, violon et Michaël Ertzscheid, piano (1 cd PARATY)

DURIN memoire et cinema cd presentation par classiquenews critique annonce presentation video Paraty-HarmoniaMundiCD, compte rendu, critique. « MĂ©moire et CinĂ©ma » : Isabelle Durin, violon et MichaĂ«l Ertzscheid, piano (1 cd PARATY). VoilĂ  un programme qui touche d’abord par la finesse de sa musicalitĂ©, la recherche d’un son flexible et chaleureux, douĂ© d’une finesse d’intonation, idĂ©alement en adĂ©quation avec son sujet : l’ñme juive,… telle qu’elle transparaĂźt et semble se rĂ©inventer Ă  chaque sĂ©quence, Ă  travers 12 films ici revisitĂ©s. “MĂ©moire et cinĂ©ma” : le titre tient ses promesses. La valeur de la rĂ©alisation tient surtout Ă  la complicitĂ© Ă©vidente entre les deux interprĂštes, violon et piano, d’une facĂ©tieuse entente, pleine d’équilibre et d’imagination dans La vie est belle entre autres, duo jubilatoire par son sens des rebonds et des rĂ©pliques
 Evidemment aux cĂŽtĂ©s des deux indĂ©modables Yiddish Mame et Yidl mitn Fidl, ouvertement inscrits dans la mĂ©moire, Le violon sur le toit (1971), est ici mosaĂŻque et condensĂ© de tous les visages de la tradition Ashkenaze ; la sĂ©quence semble incarner l’essence mĂȘme du projet de la violoniste Isabelle Durin. L’agilitĂ© inspirĂ©e du violon dĂ©passe l’évocation militante : elle atteint une poĂ©sie critique qui outre sa sĂ©duction mĂ©lodique immĂ©diate, se pose la question du sens, de ce qui est dit voire suggĂ©rer entre les notes, sous l’articulation souvent brillante mais jamais creuse.

 

 

 

Entre élégance et conscience,
Isabelle DURIN, le violon cinématographique

 

 

3174__2__-_Copie-1495643876Parmi quelques jalons convaincants d’un parcours aussi personnel qu’intensĂ©ment dĂ©fendu et finement habitĂ©, distinguons entre autres, la tendresse sacrifiĂ©e, – tragĂ©die en filigrane – de La Liste de Schindler de John Williams (plage 1), en ouverture : d’emblĂ©e c’est la lumiĂšre de la sonoritĂ© du violon, jamais appuyĂ© mais allusif et aĂ©rien dans son dernier Ă©noncĂ©, qui saisit l’écoute. On a dĂ©jĂ  dit toutes les qualitĂ©s vivantes et palpitantes de La Vie est belle (3) : oĂč le chant du violon exprime cette volontĂ© d’insouciance et une espĂ©rance indĂ©fectible pour le genre humain Ă  travers une invitation Ă  la danse / c’est un appel Ă  la lĂ©gĂšretĂ©, avec des ornementations, libres, quasi improvisĂ©es, qui semblent divaguer mais garder le cap salutaire, entre dĂ©termination et dĂ©lire. Saluons surtout la belle complicitĂ© entre le piano (MichaĂ«l Ertzscheid) qui varie continuellement ; auquel rĂ©pond l’énoncĂ© juste, l’intonation crĂ©dible et tendrement humaine, l’élocution ardente et millimĂ©trĂ©e du violon qui sait par sa souple volubilitĂ©, cultiver imagination et libertĂ© avec une dose de tact trĂšs suggestif, lĂ  encore jamais appuyĂ© dans aucun de ses traits. La musicalitĂ© rayonne, d’autant plus Ă©tourdissante qu’elle contraste avec le sujet de l’épisode cinĂ©matographique, plutĂŽt grave voire terrifiant
 Dans la fameuse priĂšre de Yentl (Papa, can you hear me? – plage 8), fixĂ©e dans la lĂ©gende par la chanteuse Barbara Streisand, la vocalitĂ© du violon trouve lĂ  aussi l’intonation parfaite, entre intĂ©rioritĂ© et dĂ©clamation : la ligne s’embrase, devient brĂ»lure, grĂące Ă  la dĂ©licatesse du violon. ‹Tout en contraste et enchaĂźnements maĂźtrisĂ©s, le programme sait aussi s’alanguir dans une indicible tristesse (La passante du Sans-Souci de Georges Delerue, 10) ; auquel succĂšde du mĂȘme compositeur le Concerto de l’Adieu, de la Rafle, de plus de 9 mn : un gouffre sombre et Ăąpre s’ouvre alors, mais tout en finesse. Enfin citons le dernier jalon : Les InsurgĂ©s / dĂ©fiance dans une Suite dĂ©veloppĂ©e (d’aprĂšs James Newton Howard) qui touche tout autant par sa gravitĂ© tenace et mordante, mais pour lequel le violon rayonne toujours par son tact et sa finesse dans la ligne de chant qui articule constamment ; Isabelle Durin Ă  mesure qu’elle nous fait traverser les paysages et les tableaux cinĂ©matographiques, malgrĂ© l’horreur de la barbarie, allĂšge a contrario du sentiment de tragĂ©die ; on s’incline devant l’honnĂȘtetĂ© de l’intention et la probitĂ© du geste musical. Les deux complices s’entendent d’autant plus qu’ils ont façonnĂ© la rĂ©Ă©criture des airs originaux, rĂ©ussissant souvent de trĂšs belles transcriptions. Sans texte et sans sujet explicite, airs et mĂ©lodies dont il est question, affirme alors une abstraction purement poĂ©tique, oĂč rayonnent l’élĂ©gance et l’éloquence d’un violon inspirĂ© par sa quĂȘte, son devoir de mĂ©moire, sa lumineuse conscience. Magistral.
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CLIC_macaron_2014CD, compte rendu, critique. « Mémoire et Cinéma » : Isabelle Durin, violon et Michaël Ertzscheid, piano (1 cd PARATY). Enregistrement réalisé en mars 2017. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars et avril 2018.

 TEASER VIDEO “MĂ©moire et cinĂ©ma” : le violon cinĂ©matographique d’Isabelle DURIN :

video teaser isabelle durin

Track List

 

 

1- La Liste de Schindler/ Schindler’s List : Thùme (John Williams)

2- Oyfn Pripetshik/La Liste de Schindler  (Mark Warshawsky)

3- La Vie est Belle/La vita Ăš bella (Nicola Piovani/I.Durin, M. Ertzscheid)

4- Yiddish Mame ( Arr.Dov Seltzer/M. Ertzscheid/I.Durin)

5- Yidl mitn Fidl (Abe Ellstein/I.Durin/M.Ertzscheid)

6- Un Violon sur le Toit/ Fiddler on the Roof (Jerry Bock/Arr. John Williams)

7- Un Violon sur le Toit : Ah ! Si j’étais riche/ Fiddler on the Roof : If I were a rich man ! (Jerry Bock/arr. A. Banaszkiewicz, I.Durin, M. Ertzscheid)

8- Yentl : Papa, can you hear me ? (Michel Legrand/ Arr. J. Williams)

9- Yentl : A piece of Sky (Michel Legrand/Arr. I.Durin, M. Ertzscheid)

10- La passante du Sans-Souci (Georges Delerue/ Arr. I. Durin/ M. Ertzscheid)

11- Le Concerto de l’Adieu / La Rafle  (Georges Delerue)

12-  La vie devant soi (Philippe Sarde/arr.I.Durin et M. Ertzscheid )

13- Le journal d’Anne Frank/Anne Frank’s Diary (Alfred Newman/arr. I.Durin, M. Ertzscheid)

14- Suite : Exodus (Ernest Gold/ Arr. I.Durin, M. Ertzsdcheid)

15- Suite : Les Insurgés/Defiance (James Newton Howard/ Arr. I.Durin, M.Ertzscheid)

 

 

 

 

POITIERS. Concert Robert Schumann au TAP

SCHUMANN robert-schumann-540x540POITIERS, TAP: concert SCHUMANN, le 28 fĂ©vrier 2018, 20h30. Vertus des instruments d’Ă©poque dans la comprĂ©hension de SCHUMANN… Superbe concert Robert Schumann, Ă  la fois symphonique et concertant. Le Concerto pour piano de Robert Schumann cristallise tout l’amour (immense) du compositeur pour son Ă©pouse Clara, divine pianiste, cĂ©lĂšbre Ă  son Ă©poque. Tandis que sa 3Ăšme Symphonie marque le sommet de son inspiration orchestrale, portĂ© par un inĂ©luctable espĂ©rance et jubilation, positive et lumineuse. L’intĂ©rĂȘt du concert Ă  Poitiers vient des instruments d’époque, ceux fins, caractĂ©risĂ©s, subtils de l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es, avec accent spĂ©cifique, la couleur et le format sonore particulier du pianoforte dans le Concerto dĂ©diĂ© Ă  Clara


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POITIERS, TAP – ThĂ©Ăątre Auditorium Poitiers
Robert Schumann
Concerto pour piano en la mineur opus 54
Symphonie n°3 dite « Rhénane » opus 97

Orchestre des Champs-Elysées
Philippe Herreweghe, direction
Martin Helmchen, pianoforte

Mercredi 28 février 2018, 20h30boutonreservation
INFOS & RESERVATIONS :
http://www.tap-poitiers.com/schumann-2191
Durée : 1h20 avec entracte

 

 

 

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Présentation des oeuvres au programme :

CONCERT POUR PIANO. Schumann conçoit le chant orchestral et le piano moins comme une confrontation d’instruments / groupes affrontĂ©s, qu’une fusion de plus en plus souple et voluptueuse. Robert l’a conçu pour la technicitĂ© et la personnalitĂ© de la seule femme qui l’a inspirĂ©, son Ă©pouse, pianiste virtuose et recherchĂ©e Ă  son Ă©poque, Clara (portrait ci-dessous). Brahms devait Ă©prouver le mĂȘme sentiment d’admiration amoureuse pour elle, surtout aprĂšs la mort de Robert en 1856.

clara-schumann-piano-robert-schumann-concerto-pour-pianoLe Concerto est composĂ© aprĂšs l’achĂšvement de la Symphonie n°1 (dĂ©but 1841). Robert le dĂ©die Ă  Clara qui crĂ©Ă©e la partition Ă  Leipzig au Gewandhaus le 1er janvier 1846. Le compositeur recycle sa Fantaisie en la mineur prĂ©alable pour le premier mouvement. MĂȘme s’il se dit trĂšs profondĂ©ment marquĂ© alors par le contrepoint de JS Bach (normal car Leipzig est la ville du gĂ©nie baroque), Schumann compose une partition d’une fluiditĂ© naturelle irrĂ©sistible, portĂ© par cet Ă©lan amoureux d’une irrĂ©pressible allure et continuitĂ© dansante. InspirĂ© par une forme libre, ondulante, et constamment changeante, Schumann avoue sa totale satisfaction aprĂšs avoir « raccorder » les deux parties nouvelles Ă  la premiĂšre section pourtant composĂ©e auparavant ; il en dĂ©coule un sentiment d’unitĂ© et de cohĂ©sion qui fait de l’opus 54, un modĂšle parmi les grands concertos romantiques (avec celui de Tchaikovski, de Brahms qui s’en inspire directement).

Schumann_robert_5703Ăšme Symphonie de ROBERT SCHUMANN. Symphonie n°3 RhĂ©nane de Robert Schumann. L’Orchestre de chambre de Paris poursuit son cycle Schumann avec la RhĂ©nane, l’une de plus lyrique et exaltante du corpus des 4 Symphonies composĂ©es par le Romantique. CrĂ©Ă©e en fĂ©vrier 1851, la partition s’écoule comme un fleuve impĂ©tueux, riches en images et en couleurs qui affirme encore et toujours, un esprit rageur et combattif. Celui d’un Schumann dĂ©miurge Ă  l’échelle de la nature. Les indications en allemand soulignent la germanitĂ© du plan d’ensemble dont la vitalitĂ© revisite Mendelssohn, et l’ambition structurelle, le maĂźtre Ă  tous : Beethoven. Paysages d’Allemagne honorĂ©s et brossĂ©s avec panache et lyrisme depuis les rives du Rhin, la RhĂ©nane doit s’affirmer par son souffle suggestif. En particulier, le Scherzo : la houle gĂ©nĂ©reuse des violoncelles, aux crĂȘtes soulignĂ©es par les flĂ»tes, y Ă©voquerait (selon Schumann lui-mĂȘme) une « matinĂ©e sur le Rhin », comme l’indique le superbe contrechant des cors dialoguant avec les hautbois aux couleurs Ă©lĂ©gantes dont l’activitĂ© gagne les cordes. Le Nicht schnell baigne dans une tranquillitĂ© pastorale qui met en lumiĂšre le trĂšs beau dialogue dans l’exposition des pupitres entre eux, surtout cordes et vents. Le point d’orgue de la RhĂ©nane demeure le 3Ăšme Ă©pisode « Feierlich » (maestoso): Schumann inscrit comme un emblĂšme la grave‹noblesse et la solennitĂ© majestueuse de l’ensemble. L’ampleur BeethovĂ©nienne de l’écriture impose une conscience Ă©largie comme foudroyĂ©e 
 et ce n’est pas les fanfares souhaitant renouer avec l’aisance triomphale par un ample portique qui effacent les langueurs Ă©teintes comme dĂ©composĂ©es. Le caractĂšre du mouvement est celui d’un anĂ©antissement, aboutissement d’un repli dĂ©pressif extĂ©nué  avant que ne retentissent, comme l’indice d’un salut recouvrĂ©, les accents haletants, dansants, irrĂ©pressibles du Lebahft final.

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OBERON de Carl Maria Weber : l’opĂ©ra oubliĂ©

weber portrait par classiquenews OBERON EURYANTHE opera par classiquenews Carl-Maria-von-WeberARTE, dimanche 4 mars 2018, 1h20. WEBER : OBERON. La raretĂ© de l’opĂ©ra de Weber, mĂȘme Ă  une heure indue sur Arte, mĂ©rite notre focus et l’annonce que nous dĂ©dions Ă  cette diffusion lyrique. NĂ© le 18 novembre 1786 Ă  Eutin (Allemagne), dĂ©cĂ©dĂ© le 05 juin 1826 Ă  Londres, Weber incarne l’essor de l’opĂ©ra romantique germanique aprĂšs Mozart et Beethoven. Un gĂ©nie du drame sombre et fantastique dont tĂ©moignent ses opĂ©ras plus connus qu’ObĂ©ron, surtout Der FreischĂŒtz (ouvrage hallucinĂ©, diabolique, fantastique qui convoque le surnaturel sur les planches lyriques), et aussi la sublime Euryanthe dont Jessye Norman a laissĂ© une interprĂ©tation lĂ©gendaire
 MĂȘme Hugo fut durablement et profondĂ©ment marquĂ© par les choeurs des chasseurs de cet ouvrage trop peu produit par les thĂ©Ăątres aujourd’hui.
Voici donc OBERON
 las, Arte a choisi une production rĂ©cente (Munichoise en juillet 2017), bien peu rĂ©ussie, et de surcroĂźt diffusĂ©e Ă  une heure impossible
dur dur
 la chaĂźne culturelle franco-allemande a bien modifiĂ© sa dĂ©fense du classique et de l’opĂ©ra Ă  l’antenne
. ObĂ©ron est le roi des fĂ©es chez Shakespeare (Le songe d’une nuit d’étĂ©, vers 1590). C’est aussi l’équivalent chez Wagner, d’Alberich, roi des nains / elfes, rĂ©duits Ă  l’esclavage. Selon la lĂ©gende, ObĂ©ron aide Huon de Bordeaux dans ses divers faits d’armes et exploits. Car le nain est d’une beautĂ© magicienne qui dans la forĂȘt qu’il habite, peut secourir les visiteurs Ă©garĂ©s. Shakespeare en fait le hĂ©ros du Songe : Ă©poux de la reine Titania, ObĂ©ron , lui-mĂȘme en proie aux disputes conjugales, permet aux couples des jeunes athĂ©niens, au dĂ©but Ă©garĂ©s, affrontĂ©s, « perdus », de se retrouver finalement. A la faveur de la nuit et de la forĂȘt magique, dont Shakespeare fait une sorte d’échiquier, de labyrinthe illusoire et machine Ă  mĂ©tamorphoses, ObĂ©ron incarne les possibles de la nuit, et aussi le gardien de l’amour miraculeux. ConcrĂštement, ObĂ©ron agit peu, aisant Ă  son suivant Puck le soin d’agir en son nom.

CRITIQUE DU SPECTACLE : TRISTE OPEBRON A MUNICH. Oberon de Weber Ă  l’OpĂ©ra de BaviĂšre, Munich (juillet 2017). En juillet 2017, notre rĂ©dacteur Lucas Irom avait assistĂ© Ă  cette production bien peu convaincante


Dans le cadre de son festival lyrique estival, l’OpĂ©ra de Munich propose en 2017, une nouvelle production d’ObĂ©ron. Weber aborde la figure du hĂ©ros Huon de Bordeaux, personnage du roman mĂ©diĂ©val de Wieland (lui-mĂȘme inspirĂ© par Les Prouesses et faitz du noble Huon de Bordeaux, lĂ©gende remontant au XIIIe siĂšcle), et que Mendelssohn (puis Britten), ont aussi portraiturĂ© dans le Songe d’une nuit d’étĂ©, – rival affrontĂ© de la Reine Titania
 L’opĂ©ra de 1826, crĂ©Ă© Ă  Londres, la derniĂšre annĂ©e de vie de Weber, souffre ici d’une mise en scĂšne poussive, prĂ©visible, aux tableaux lisses, sans enjeux critiques sur le plan dramatique, oĂč des marionnettes strictement dĂ©coratives donc superfĂ©tatoires, encombrent la lisibilitĂ© de l’action. Huon et son valet Scherasmin sont les cobayes des expĂ©riences menĂ©es par Titania dans un laboratoire poussiĂ©reux

Osons Ă©crire qu’ici, la production ne comprend rien Ă  la lyre poĂ©tique et onirique d’ObĂ©ron, dernier opĂ©ra de Weber, qui meurt quelques jours aprĂšs la crĂ©ation londoniennes : autant FreischĂŒtz est horrifique et surnaturel, autant Euryanthe est d’une fĂ©minitĂ© Ă©vanescente, sorte de spectre qui s’égare, ObĂ©ron sĂ©duit par sa subtilitĂ© poĂ©tique, sa facĂ©tie expressive.

CĂŽtĂ© plateau vocal, le pire flirte avec un visuel tristounet : Annette Dasch (Rezia) et Brenden Gunnell (Huon) sont dĂ©cevants ; avec une aciditĂ© rĂȘche et tendues pour la soprano hors sujet. MĂȘme le tĂ©nor pourtant trĂšs attendu, Julian PrĂ©gardien dans le rĂŽle titre, exĂ©cute une partie routiniĂšre, sans aucun relief ni accent investi. Rachael Wilson (Fatime) tire son Ă©pingle du jeu
 comme la nymphe d’Anna El-Khashem. Le vrai rĂ©gal vient de la fosse oĂč le chef Ivor Bolton, toujours dĂ©taillĂ© et nuancĂ©, comme bondissant, dĂ©livre un regard captivant sur la partition, qui confirme l’inspiration du dernier Weber.

Distribution :
Munich, Prinzregententheater (juillet 2017). Carl Maria von Weber (1786-1826) : Oberon, opĂ©ra en trois actes d’aprĂšs le roman mĂ©diĂ©val de Christoph Martin Wieland. Avec : Julian PrĂ©gardien (ObĂ©ron) ; Alyona Abramowa (Titania / Puck) ; Annette Dasch (Rezia) ; Brenden Gunnell (Huon de Bordeaux) ; Rachael Wilson (Fatime) ; Johannes Kammler (Scherasmin) ; Anna El-Kashem (Nymphe). ChƓur de l’OpĂ©ra national de BaviĂšre / Orchestre national de BaviĂšre, Ivor Bolton, direction / Nikolaus Habjan, mise en scĂšne.

CD, compte rendu critique. FRANCO FAGIOLI, contre ténor : Handel Arias (1 cd Deutsche Grammophon)

Fagioli franco arias handel cd review critique cd par classiquenews 028947975410cvr2_1515688178_1515688178CD, compte rendu critique. FRANCO FAGIOLI, contre tĂ©nor : Handel Arias (1 cd Deutsche Grammophon). Parmi les contre tĂ©nors actuels, ceux qui savent caractĂ©riser un personnage, au lieu de dĂ©ployer toujours la mĂȘme technique, l’argentin Franco Fagioli rĂ©alise une belle prouesse, sur le sillon de son aĂźnĂ© Max Emanuel Cencic, qui lui accuse les signes inquiĂ©tants de son Ăąge vocal : medium certes Ă©largi mais aigus inexistants, et couleurs gĂ©nĂ©rales de plus en plus ternes. A contrario de Jaroussky qui chante tout de la mĂȘme façon, l’alternative Fagioli s’affirme avec cran et panache mĂȘme, capable mieux que ses confrĂšres, d’incarner sur la scĂšne un caractĂšre : si la voix Ă©tait petite sur les planches de Garnier, son Eliogabalo de Cavalli Ă  Paris (Palais Garnier, septembre 2016) avait une prĂ©sence monstrueuse voire dĂ©moniaque irrĂ©sistible (avec ses bains d’or liquide!), douĂ©e d’une plasticitĂ© vocale trĂšs palpitante.
Ici, le chanteur fait montre de ses possibilitĂ©s chez Haendel oĂč la virtuositĂ© ne doit pas ĂȘtre un but mais le moyen de caractĂ©riser et nuancer chaque personnage, saisi dans une situation particuliĂšre.

 
 

Maßtrise haendélienne

 
 

fagioli201711012_1515683425_1515683467_1515683467.jpgEn verve, pulpeux, gras, le grain de sa voix, qui Ă©voque le mezzo de Cecilia Bartoli sait fusionner agilitĂ© et coloratoure, mais aussi Ă©paisseur psycholoqique, comme en tĂ©moignent les deux airs d’Ariodante (un talent d’acteur qui reste Ă©tranger Ă  Jaroussky par exemple
 lequel montre ses limites dans les opĂ©ras mis en scĂšne). MĂȘme ses aigus sont perçants, habitĂ©s par la rĂ©elle envie d’en dĂ©coudre car ce garçon a du chien et du mordant y compris dans la tessiture haute de son instrument (Venti, turbini de Rinaldo).
GravĂ© en mars 2017, l’album alterne airs extatiques et guerriers, conquĂ©rants ou amoureux (le fameux aveu / confession de Serse : Ombra mai fu d’une grande dĂ©licatesse de ton), d’une vĂ©locitĂ© enviable (Oreste), avec un sens du risque et de l’expressivitĂ© souvent convaincant.
Plus introspectif et d’une gravitĂ© soudaine presque hallucinĂ©e, son Cara sposa de Rinaldo Ă©claire la lyre hallucinĂ©e, vaincue d’une Ăąme amoureuse, perdue, en panique, terriblement dĂ©pressive. Bel accomplissement et confirmation d’une rĂ©elle sensibilitĂ© dramatique. A suivre

 
 

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CD, compte rendu critique. FRANCO FAGIOLI, contre tĂ©nor : Handel Arias (1 cd Deutsche Grammophon). Il Pomo d’Oro / Zefira Valova, direction. Mars 2017.

 
 
 
 

CD, compte rendu critique. STRAVINSKY : Le chant funĂšbre, Le Sacre (Chailly, 1 cd Decca 2017)

stravinsky chailly premiere creation inedit critique review cd par classiquenews annonce riccardo chailly lucerne festival orchestra sacre et chant funebre Chant-funebre-Le-Sacre-du-PrintempsCD, compte rendu critique. STRAVINSKY : Le chant funĂšbre, Le Sacre (Chailly, 1 cd Decca 2017). Avouons notre plein enthousiasme pour l’élĂ©ment moteur de cet album : Le Chant FunĂšbre … sombre et grave, et mĂȘme lugubre, dĂšs son dĂ©but, la partition cultive le mystĂšre Ă  la façon d’une marche envoĂ»tĂ©e. Puis surgit une mĂ©lopĂ©e sinueuse Ă  peine Ă©claircie par la flĂ»te et les violons, comme un dernier rĂąle. La rythmique un rien sĂšche, abrupte n’a pas encore la souple voluptĂ© Ă  la fois incisive et mordante du Stravinsky mĂ»r. C’est une Ă©tape qui doit encore beaucoup Ă  l’esprit de malĂ©diction, Ă©pais et sirupeux de L’Oiseau de feu, mais la magie aĂ©rienne en moins. Et pourtant en un ruban sensuel et comme empoisonnĂ©, le jeune Stravinsky a le gĂ©nie de la couleur et des atmosphĂšres souterraines (montĂ©es harmoniques en orgue), 
 ce pourrait ĂȘtre un poĂšme dramatique, hallucinĂ© entre Rachmaninov, le Tchaikovski le plus Ă©chevelĂ©, Liszt et Scriabine, entre torpeur, ivresse, fĂ©erie mortifĂšre. L’application qu’y dĂ©veloppe Chailly est passionnante : le geste rend justice Ă  une partition (opus 5) il est vrai, clĂ©.

MĂȘme exubĂ©rance lugubre et d’une orchestration si riche qu’elle en sonne comme saturĂ©e, dans Feux d’artifice opus 4 (2).
Tandis que le Scherzo semble prolonger l’infini imaginatif d’un Dukas de plus en plus enivrĂ© (L’Apprenti sorcier), dĂ©roulant une palette de sonoritĂ©s et de timbres flamboyants et fantastiques, littĂ©ralement. SĂ©quentiels, virevoltants, les volets intenses dĂ©clament, rugissent, ils annoncent cette implosion de la structure et du dĂ©veloppement bientĂŽt rĂ©alisĂ© en son point d’accomplissement dans le Sacre de 1913. C’est peu dire que Stravinsky semble exploiter chaque famille d’instruments dans toute sa gamme expressive, avec un goĂ»t dĂ©jĂ  prononcĂ© pour la polyrythmie. Ivresse et plĂ©nitude qui frĂŽlent souvent l’éclatement formel. Quel gĂ©nie Ă  l’oeuvre on entend ici.

Le triptyque opus 2 Le Faune et La bergĂšre, est l’autre dĂ©couverte majeure de ce disque : rĂ©vĂ©lant en français, l’atmosphĂšre narrative envoĂ»tante lĂ  encore d’un Stravinksy trĂšs maĂźtrisĂ© dans l’art des atmosphĂšres et de l’action plus impressionniste voire symboliste que fantastique. La parure orchestrale est le vrai sujet des 3 poĂšmes (La BergĂšre, Le Faune, Le Torrent), d’autant que le mezzo de Koch a du mal Ă  articuler : trop sombre, Ă©pais, engorgĂ©. Dommage vocal.

stravinksy lunettesEnfin, les deux parties du Sacre montrent toute la fiĂšvre et l’envoĂ»tement, la sauvagerie millimĂ©trĂ©e, la transe Ă  la fois guerriĂšre et paĂŻenne qui forcent en 1913, toute action classique. Tout implose, tout flambe et se cambre en une sĂ©rie de convulsions animales et souverainement fĂ©lines. Du grand art, qui montre l’intervalle finalement trĂšs court au terme duquel, Stravinsky apprenant de ses maĂźtres, avec la vitalitĂ© fulgurante de l’éclair, permet comme Picasso en peinture, l’immersion brutale de l’art du XXĂš dans la pleine et fracassante modernitĂ©. Disque d’une rare cohĂ©sion, rĂ©vĂ©lateur sur l’évolution de Stravinsky au dĂ©but du XXĂš. Programme plus qu’intĂ©ressant : rĂ©vĂ©lateur Ă  l’endroit du gĂ©nie de Stravinsky, de la jeunesse qui tĂątone au coup de maĂźtre du Sacre.

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Approfondir
LIRE aussi notre annonce du cd Le Chant funĂšbre de Stravinsky par Riccardo CHailly (Lucerne, 2017) : premiĂšre discographique (1 cd DECCA).
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-stravinksy-chant-funebre-premiere-discographique-par-riccardo-chailly-1-cd-decca/

POITIERS. SCHUMANN sur instruments d’Ă©poque

schumann_robertPOITIERS, TAP. Concert Schumann, Mercredi 28 fĂ©vrier 2018. SCHUMANN sur instruments d’époque. Peu Ă  peu la rĂ©volution que nous attendons de tous nos voeux se rĂ©alise, pour le grand bien des auditeurs, pour une juste connaissance des Ă©quilibres originels de la musique symphonique et concertante. Ainsi ce programme Robert Schumann des plus prometteurs et rĂ©jouissants mĂȘme, offre enfin la juste sonoritĂ© (d’époque) de son Concerto pour piano, et de sa Symphonie sublime, n°3, dite « RhĂ©nane ». VoilĂ  donc un pianoforte pour le Concerto, et l’ivresse ciselĂ©e des bois, vents, cuivres
 pour l’exaltation profonde et conquĂ©rante de la RhĂ©nane.

SCHUMANN sur instruments d’époque

herreweghe philippeA Poitiers, Philippe Herreweghe nous promet un festin de timbres rares, en un festival d’accents comme de couleurs, minutieusement calibrĂ©. Clara Wieck, virtuose Ă  10 ans Ă  peine, bientĂŽt l’épouse de Robert Schumann et sa gĂ©niale interprĂšte, demeure l’inspiratrice et la crĂ©atrice du seul Concerto de Schumann. Philippe Herreweghe invite Martin Helmchen (avec qui il a enregistrĂ© les concertos de Mendelssohn) pour exprimer / exalter les riches parfums poĂ©tiques de cette Ɠuvre d’une grande diversitĂ© thĂ©matique. Le jeune pianiste sait mesurer avec finesse et beaucoup d’intĂ©rioritĂ© la matiĂšre musicale, vĂ©cue comme l’exaltation d’une priĂšre enivrĂ©e, et aussi comme la puissante architecture d’une pensĂ©e trĂšs Ă©quilibrĂ©e. InspirĂ© par Mendelssohn et surtout Beethoven, Schumann compose sa symphonie dite « RhĂ©nane » en pensant allusivement Ă  la Symphonie Pastorale (mĂȘme structure en cinq mouvements, entre autres). En clair, le TAP de Poitiers nous offre une soirĂ©e orchestrale exceptionnelle, et aussi une « lumineuse Ă©vocation musicale d’un voyage sur le Rhin avec Clara ».

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POITIERS, TAP – Concert Robert Schumannboutonreservation
Mercredi 28 février 2018, 20h30
Durée : 1h20 avec entracte

> Robert Schumann897-martin-helmchen-event_gallery-1
Concerto pour piano en la mineur op. 54
Symphonie n° 3 en mi bémol majeur op. 97 dite « Rhénane »

Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es
Philippe Herreweghe, direction
Martin Helmchen, pianoforte

RESERVER VOTRE PLACE
http://www.tap-poitiers.com/schumann-2191

CONCERTO POUR PIANO DE ROBERT SCHUMANN
schumann robert clara essai Philippe andreLe Concerto pour piano de Schumann est le cheval de bataille des grands maĂźtres du clavier. Il n’était que justice que cette Ɠuvre retrouve la couleur de son Ă©poque : le romantisme des annĂ©es 1840, et cet Ă©quilibre sensible, fragile du pianoforte associĂ© au collectif orchestral. C’est un chant Ă©perdu Ă  l’ĂȘtre aimĂ©e, chĂ©rie, la consolatrice et la muse, l’interprĂšte aussi adulĂ©e par toute l’Europe, Clara Schumann qui est l’épouse du compositeur
 une femme exceptionnelle que le compositeur aura beaucoup de mal Ă  Ă©pouser aprĂšs le refus radical du pĂšre de la chĂšre bien-aimĂ©e. En trois mouvements (Allegro affetuoso, Intermezzo, Finale), le Concerto crĂ©Ă© le 1er janvier 1846 au Gewandhaus de Leipzig, favorise la tendresse intime et le murmure en partage dans l’esprit de la musique de chambre (en particulier dans l’intermezzo, alliage subtile entre cordes et vents). L’oeuvre opus 54 est un vĂ©ritable aveu amoureux, le manifeste d’une union d’autant plus cĂ©lĂ©brĂ©e qu’elle fut longtemps dĂ©clarĂ©e impossible
 Alors qu’il vient d’achever sa Symphonie n°1, Robert compose d’abord une Fantaisie pour sa chĂšre Clara, premier morceau qui deviendra le premier mouvement du Concert final. Bien qu’il se dit alors au faĂźte de la connaissance du contrepoint de Bach (gĂ©nie qui l’a prĂ©cĂ©dĂ© dans la ville allemande), Schumann Ă©blouit ici Ă  travers les 3 mouvements, grĂące Ă  une fluiditĂ© naturelle qui semble constamment jaillir de son inspiration enchantĂ©e.

 

 

SYMPHONIE N°3 « Rhénane »

Schumann_robert_570C’est l’une des plus lyriques et exaltantes du corpus des 4 Symphonies composĂ©es par le Romantique. CrĂ©Ă©e en fĂ©vrier 1851, la partition s’écoule comme un fleuve impĂ©tueux, riche en images et en couleurs qui affirme encore et toujours, un esprit rageur et combattif. Celui d’un Schumann dĂ©miurge Ă  l’échelle de la nature. Les indications en allemand soulignent la germanitĂ© du plan d’ensemble dont la vitalitĂ© revisite Mendelssohn, et l’ambition structurelle, le maĂźtre Ă  tous : Beethoven. Paysages d’Allemagne honorĂ©s et brossĂ©s avec panache et lyrisme depuis les rives du Rhin, la RhĂ©nane doit s’affirmer par son souffle suggestif. En particulier, le Scherzo : la houle gĂ©nĂ©reuse des violoncelles, aux crĂȘtes soulignĂ©es par les flĂ»tes, y Ă©voquerait (selon Schumann lui-mĂȘme) une « matinĂ©e sur le Rhin », comme l’indique le superbe contrechant des cors dialoguant avec les hautbois aux couleurs Ă©lĂ©gantes dont l’activitĂ© gagne les cordes. Le « Nicht schnell » baigne dans une tranquillitĂ© pastorale qui met en lumiĂšre le trĂšs beau dialogue dans l’exposition des pupitres entre eux, surtout cordes et vents. Le point d’orgue de la RhĂ©nane demeure le 3Ăšme Ă©pisode « Feierlich » (maestoso): Schumann inscrit comme un emblĂšme la grave noblesse et la solennitĂ© majestueuse de l’ensemble. L’ampleur BeethovĂ©nienne de l’écriture impose une conscience Ă©largie comme foudroyĂ©e 
 et ce n’est pas les fanfares souhaitant renouer avec l’aisance triomphale par un ample portique qui effacent les langueurs Ă©teintes comme dĂ©composĂ©es. Le caractĂšre du mouvement est celui d’un anĂ©antissement, aboutissement d’un repli dĂ©pressif extĂ©nué  avant que ne retentissent, comme l’indice d’un salut recouvrĂ©, les accents haletants, dansants, irrĂ©pressibles du Lebahft final. Epreuves et espĂ©rance
 tout Schumann est lĂ  dans ce jeu des directions ambivalentes mais complĂ©mentaires.

 

 

CD, Debussy : Daniel Barenboim (1 cd Deutsche Grammophon, 1998 / 2017)

Barenboim daniel piano debussy cd review critique cd par classiquenews 028947987420cvr5_1515688326_1515688326CD, Debussy : Daniel Barenboim (1 cd Deutsche Grammophon, 1998 / 2017). L’album regroupe deux sĂ©ries d’enregistrements. L’une rĂ©cente, les premiĂšres plages (1-6 : Estampes, Suite Bergamasque, La plus que lente, enfin Ă©lĂ©gie, rĂ©alisĂ©s Ă  Berlin en octobre 2017), et un cycle ancien datant de l’étĂ© 1998 en Espagne : les 12 PrĂ©ludes (si poĂ©tiques) du Livre 1. Entre force et violence, les jeux de carillons de Pagodes (1) qui travaillent la matiĂšre suspendue sur l’effet de rĂ©sonances et d’ondes-, Barenboim rĂ©tablit ensuite la magie de SoirĂ©e dans Grenade (2), comme le surgissement d’un songe ibĂ©rique : balancĂ©, suspendu, enivrĂ©, mais prĂ©sent par un pianisme trĂšs carrĂ©, structurĂ©, voire massif (qui contredit souvent la pellicule immatĂ©rielle du rĂȘve). La vision est plus terrienne et concrĂšte qu’abstraite et subjective. Plus atmosphĂ©rique encore et parsemĂ© d’éclairs et de frĂ©missements en rondes enjouĂ©es, le dernier volet d’Estampes, « Jardins sous la pluie » (3 notĂ© « net et vif ») est le plus rĂ©ussi : impĂ©tueux, fouettĂ©, mais lĂ©ger toujours, vif argent.
Puis le Clair de lune (1905) saisit par sa force feutrĂ©e : tel le jaillissement de l’intime, en sa rĂ©itĂ©ration qui cristallise. Le jeu se fait Ă©pure et Ă©vanescence : un appel Ă  la pure rĂȘverie. L’intensitĂ© du toucher qui renforce l’épaisseur voluptueuse du songe ainsi incarnĂ©, fait miracle. Barenboim est Ă  son meilleur dans ce scintillement pudique auquel il sait aussi prĂ©server l’écoulement liquide, comme impalpable. Un songe qui a surgi puis se dĂ©robe Ă  toute fixation. C’est bien selon Bergson, le dĂ©roulement inaltĂ©rable d’un temps psychologique qui va sa logique sans interruption jusqu’à sa rĂ©solution inĂ©luctable. Instant magique.

La sensualitĂ© rentrĂ©e de La plus que lente (1910) est un Ă©cho Ă  la Valse mĂȘme de Ravel : une variation pleine de distance et de finesse au rythme trinaire si marquant Ă  la fin du XIXĂš. Barenboim en souligne la volontĂ© parodique mais dans une dĂ©licatesse de ton (comme brouillĂ©, aux effluves lisztĂ©ennes), un naturel (morbidezza), une nonchalance comme calibrĂ©, maintenu dans un abandon lui aussi rĂȘveur. L’art de la nuance sĂ©duit ici encore dans le jeu du chef pianiste.

Le caractĂšre de l’enchantement au sens d’une hypnose verrouillĂ©e par une grille trĂšs complexe d’accords harmonique sertis et ciselĂ©s se prĂ©cise dĂšs le 1er volet des PrĂ©ludes du Livre I (1909-1910) : « Danseuses de Delphes » cultive le mystĂšre de l’évocation / invocation antique, entre gravitĂ© et Ă©nigme. On connaĂźt bien ce cycle gravĂ© il y a 20 ans Ă  prĂ©sent, oĂč le Barenboim le plus poĂ©tique sait nuancer et caractĂ©riser toute la palette Ă©vocatrice et suggestive d’un Debussy aussi poĂšte que les auteurs symbolistes mĂȘmes, MallarmĂ© en tĂȘte (avec lequel il travailla et qui lui exprima son Ă©gale admiration). Des 12 sĂ©quences, vĂ©ritables tableaux miniatures, riches en scintillements et miroitements des plus allusifs et enivrĂ©s, ne citons q’un seul passage (car l’art des enchaĂźnements est ici aussi moteur que chaque sĂ©quence Ă©coutĂ©e pour elle-mĂȘme) : le passage de l’impĂ©tuositĂ© tumultueuse de « Ce qu’a vu le vent d’Ouest » (7) – libĂ©ration sauvage et rythmiquement paienne proche d’un Stravinsky contemporain, avec la jaillissement intime et pudique de « La Fille aux cheveux de lin », murmure et velours de l’implicite, saisit par un gĂ©nie des contrastes. De la poĂ©sie pure. Et certainement le plus beau disque Debussy du chef pianiste Barenboim. La musique de Debussy y dialogue d’Ă©gale Ă  Ă©gale avec… la peinture de Monet (NymphĂ©as) et celle de tous les impressionnistes en leur jeux miroitants des paysages mariant eux aussi, transparence et couleur. Un joyau Ă  inscrire dans notre liste des incontournables de l’annĂ©e du Centenaire Debussy 2018.

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CLIC_macaron_2014CD, compte-rendu critique. DANIEL BARENBOIM : DEBUSSY. Estampes, Préludes (Livre I)
 1998 / 2017 (1 cd Deutsche Grammophon). Parution : le 19 janvier 2018. CLIC de CLASSIQUENEWS de janvier 2018.

LIRE aussi notre dossier anniversaires 2018 / CENTENAIRE DEBUSSY 2018

LUDMILA BERLINSKAYA : Reminiscenza (cd, concert)

5954cf66283d0CD, Ă©vĂ©nement, annonce. LUDMILA BERLINSKAYA : Reminiscenza (1 cd Melodyia). Avant notre grande critique Ă  venir, voici la prĂ©sentation prĂ©alable. La pianiste russe Ludmila Berlinskaya compose dans son nouvel album « Reminiscenza » (d’aprĂšs la piĂšce Ă©ponyme de Medtner ici prĂ©sente, plage 4) une maniĂšre de voyage intime oĂč chaque piĂšce dans son enchaĂźnement concertĂ©, pĂšse de tout son poids mĂ©moriel, Ă©lĂ©ment d’un puzzle aux rĂ©sonances secrĂštes et pour l’auditeur extĂ©rieur, d’une richesse en couleurs et sentiments d’une insondable diversitĂ©. Une mosaĂŻque kalĂ©idoscope aux rĂ©miniscences personnelles qui crĂ©ent dans leur Ă©coulement continu, toute une rĂ©flexion et un tĂ©moignage sur la musique et le jeu pianistique. Le jeu de la pianiste cultive cette nuance pour nous chĂšre : « pianissimo », faille expressive propice Ă  prĂ©server le souvenir et entretenir le terreau de l’Ă©loquente et vivace mĂ©moire.

berlinskaya-ludmila-cd-reminiscenza-medtner-ravel-beethoven-cd-melodyia-la-critique-presentation-review-cd-par-classiquenewsDe Kreisleriana, l’interprĂšte enchantĂ©e, enivrĂ©e mais juste et nuancĂ©e exprime l’énigme fluctuante schumannienne : ce flot qui semble se dĂ©construire et s’édifier Ă  la fois : dĂ©sir, essoufflement, Ă©lan vital et aspiration transfigurĂ©e. A la fois transe, extase, recherche, course et pulsion recrĂ©ative. De Medtner dĂ©jĂ  citĂ© (d’un cacaractĂšre finalement proche de Schumann), la pianiste suit les fils de souvenirs qui s’égrĂšnent en un Ă©cheveau d’abord suspendu, rĂ©pĂ©titif, puis libre dans une dĂ©construction dĂ©lirante, Ă©lastique, Ă©perdue mais dont l’élĂ©gante prophĂ©tesse sait conserver le fil du sens (jouĂ© en mĂ©moire de Sviatoslav Richter entre autres qui lui fit dĂ©couvrir les passages, plis et replis de cette oeuvre en miroir). La carrure de son Ravel Ă©blouit par le surgissement filigranĂ© des Ă©pisodes intĂ©rieurs ainsi Ă©noncĂ©s (Valses nobles et sentimentales de 1911).

Enfin, le dĂ©but du programme s’est ouvert sur la Sonate opus 109 d’un Beethoven, volubile et versatile comme le tourbillon des souvenirs : d’une secrĂȘte et paisible rĂȘverie Ă  la fougue primitive du gĂ©nie recrĂ©ateur. Puissance et poĂ©sie. Telles sont les deux figures de ce programme enivrant, d’une sincĂ©ritĂ© dĂ©sarmante, d’une rare cohĂ©rence artistique.
Le formidable jeu, nuancĂ©, libre, parsemĂ© d’éclairs et nourri dans le tissu des songes les plus fraternels invoque ici un voyage des plus personnels et des mieux ciselĂ©s. CD CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2018.

CLIC D'OR macaron 200CD, Ă©vĂ©nement, annonce. LUDMILA BERLINSKAYA : Reminiscenza (1 cd Melodyia). Parution le 12 janvier 2018 — grande critique Ă  venir dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS.

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AGENDA : Ludmila Berlisnkaya en concert Ă  Paris

PARIS, salle Gaveau, jeudi 2 février 2018, 20h30
RESERVER VOTRE PLACE
http://www.sallegaveau.com/spectacles/ludmila-berlinskaia-piano

A Paris, salle Gaveau, Ludmila Berlinskaya joue les oeuvres de son jardin secret « Reminiscenza », programme de son nouvel album discographique (édité en janvier 2018 chez Melodyia)

Ludwig van Beethoven : Sonate op. 109 n° 30
Robert Schumann : Kreisleriana
Nikolaï Medtner : Sonate Reminiscenza
Maurice Ravel : Valses nobles et sentimentales
Alexandre Scriabine : Vers la Flamme

Concert STAR WARS Ă  POITIERS

m_660_370_conservatoire--rayonnement-rgional-de-poitiers--ville-de-poitiersPOITIERS, TAP, les 30 et 31 janvier 2018. Star Wars, 
 La saga cinĂ©matographique mise en musique par John Williams : Star Wars est devenu culte, les amateurs de symphonique intergalactique Ă©tant aujourd’hui lĂ©gions. Pour 2 dates, fin janvier 2018, l’Orchestre d’Harmonie du Conservatoire du Grand Poitiers tire bĂ©nĂ©fice de son expĂ©rience collective et instrumentale pour aborder l’écriture orchestrale de Williams, Ă  travers la saga Star Wars laquelle surfe sur tous les genres, du western 
 intergalactique des premiers chapitres aux ballades mĂ©lancoliques et plus sombres sorties en salles au 21e siĂšcle.
Pour sublimer le souffle dramatique des volets du cycle cinĂ©matographique, John Williams a Ă©laborĂ© de puissants leitmotivs, dignes de Wagner et sa tĂ©tralogie. Le concert de l’Orchestre d’Harmonie du Conservatoire Ă  Rayonnement RĂ©gional du Grand Poitiers aborde aussi d’autres aspects du gĂ©nie du compositeur, en particulier Catch Me If You Can (ArrĂȘte-moi si tu peux) oĂč le marimba, le saxo et les claquements de doigts rappellent la fiĂšvre latino chorĂ©graphique de la comĂ©die amĂ©ricaine plutĂŽt chaloupĂ©e et jazzy de West Side Story (Leonard Bernstein,1957).

POITIERS, TAPm_660_370_john-williams-star-wars--istockphoto-com--willrow-hood
Mardi 30 janvier 2018, 19h30
Mercredi 31 janvier 2018, 19h30

Auditorium, Placement libre
A partir de 8 ans, durée : 1h

RESERVER VOTRE PLACE :
http://www.tap-poitiers.com/john-williams-star-wars-2259

LIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. ESSAI SUR LE THÉÂTRE WAGNÉRIEN : Mises en scĂšne et rĂ©ception de Parsifal (Éditions L’Harmattan)

REPENSER WAGNER... Marek Janowski Ă  l'Ă©preuve du RingLIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. ESSAI SUR LE THÉÂTRE WAGNÉRIEN : Mises en scĂšne et rĂ©ception de Parsifal (Éditions L’Harmattan). AprĂšs une passionnante approche en forme d’essai sur la figure du juif errant dans l’oeuvre – opĂ©ras et Ă©crits, de Richard Wagner (Qu’est ce qui est allemand ? Donner la mort…), Philippe Godefroid voit plus large et Ă©tend sa rĂ©flexion sur le thĂ©Ăątre lyrique wagnĂ©rien dans sa globalitĂ©, dans ses enjeux sĂ©mantiques, philosophiques, politiques et Ă©videmment artistiques
 A trop vouloir analyser, dĂ©mĂȘler les thĂ©matiques musicales et extra musicales que pose le thĂ©Ăątre de Wagner, l’auteur s’étonne lui-mĂȘme de la grosseur de son essai, un vĂ©ritable pavĂ© qui en rebutera plus d’un, mais qui paraĂźtra tel un dĂ©fi pour la pensĂ©e critique, pour tout amateur d’opĂ©ra, de thĂ©Ăątre lyrique, de mises en scĂšnes et Ă©videmment de partitions wagnĂ©riennes. Que signifie l’opĂ©ra selon Wagner ? Est-il porteur de cette toxicitĂ© idĂ©ologique plus ou moins manifeste dans l’oeuvre artistique ? Et si Ă  prĂ©sent l’antisĂ©mitisme prĂ© nazie de Wagner ne fait plus aucun doute, devons-nous ĂȘtre nĂ©cessairement anti juif pour apprĂ©cier son oeuvre ? Or estimer sa musique et ses opĂ©ras ne signifie pas adhĂ©rer Ă  la pensĂ©e antisĂ©mite que le penseur n’a cessĂ© de dĂ©velopper et d’affirmer de son vivant. L’Ɠuvre, l’homme
 comment apprĂ©cier les opĂ©ras malgrĂ© les Ă©crits du thĂ©oricien ? Comment aimer Ă  ce point la magie de la musique et l’efficacitĂ© du drame wagnĂ©rien malgrĂ© les dĂ©rapages honteux du doctrinaire et du penseur radical ?

De quel opéra wagnérien, parlons-nous ?

godefroid-philippe-essai-sur-le-theatre-wagnerien-livre-critique-par-classiquenews-presentation-sur-classiquenews-reception-de-parsifalL’auteur assume totalement la lĂ©gitimitĂ© de son approche, dont l’analyse interroge l’oeuvre Ă  travers les positions souvent scandaleuses du penseur : « La question la plus intĂ©ressante demeure toutefois : comment se fait-il que des gĂ©nĂ©rations se sont elles-mĂȘmes aveuglĂ©es Ă  ce point, ont voulu envers et contre tout maintenir la fiction d’un Wagner Ă  la limite du philosĂ©mitisme, puis a minima auteur de musique « pure » ? La question dĂ©passe le wagnĂ©risme et concerne le pouvoir des images, c’est-Ă -dire le rapport que notre culture europĂ©enne entretient avec ses propres montages dogmatiques, avec l’instance dont elle estime ĂȘtre la fille et Ă  laquelle elle prĂ©tend rĂ©fĂ©rer son histoire. Et cela intĂ©resse l’ensemble des procĂ©dĂ©s de thĂ©Ăątralisation, de rĂ©cit, soit en dĂ©finitive notre relation au rĂ©el. C’est le vrai sujet de mon Essai. » Ainsi le lecteur oublierait sa capacitĂ© Ă  mesurer la pertinence du texte s’il ignorait que Philippe Godefroid est lui-mĂȘme metteur en scĂšne ; en homme de thĂ©Ăątre, son regard façonne manifestement l’intĂ©rĂȘt du texte : et finalement, inscrit la question fondamentale : comment en toute conscience mettre en scĂšne Wagner aujourd’hui ? On le voit Ă  chaque nouvelle production, les mĂȘmes rĂ©actions, les mĂȘmes polĂ©miques (on l’a encore vu lors de la – magnifique- nouvelle production du Ring Ă  Bastille, mise en scĂšne par Gunther KrĂ€mer). Que l’on soit pour ou contre, Ă  torts ou Ă  raisons, Wagner interroge lui-mĂȘme la scĂšne lyrique, et la reprĂ©sentation thĂ©Ăątrale avec l’acuitĂ© d’un compositeur de gĂ©nie : c’est Ă  dire qu’il nous tend le miroir bon an mal an, ciblant toutes les sources d’une catastrophe humaine, de l’Apocalypse annoncĂ© : « Le combat est ailleurs. Il concerne ce dont rend compte la crispation autour du Regietheater idĂ©al, celui qui traitera bientĂŽt par force du retour des nĂ©onazis et autres populistes nationalistes racistes sur des bancs lĂ©gitimĂ©s par les urnes, ou d’affaires comme celle de la Judensau de Wittenberg, ou qui par force toujours finira par interroger les attributs modernes du statut de victimes, ou qui obligera les Églises europĂ©ennes Ă  reconsidĂ©rer leur thĂ©ologie bien plus vite et plus radicalement que selon les procĂ©dĂ©s habituels, ce qui ne sera pas forcĂ©ment un bien absolu, tandis que l’unique systĂšme Ă©conomique dont l’homme ait vraiment rĂ©ussi Ă  se doter, le capitalisme, entame sa derniĂšre mutation, dĂ©bridĂ©e, fouettĂ©e par la virtualisation du monde et par le remplacement du vivant par un vivant de synthĂšse monnayable. À moins que nous ne soyons dĂ©jĂ  condamnĂ©s sans vouloir le savoir par les effets probables du dĂ©rĂšglement climatique, auxquels rĂ©pondent avec un synchronisme troublant et pas forcĂ©ment coĂŻncidentiel les dĂ©rĂšglements des relations communautaires et internationales. »

PensĂ©e libre, regard acĂ©rĂ© sur les mises en scĂšnes de Parsifal – certaines dĂ©routantes, irrespectueuses, gadgets ou anecdotiques, Philippe Godefroid signe un essai passionnant qui outrepasse son sujet wagnĂ©rien, pour interroger le sens, la finalitĂ© et les moyens de la mise en scĂšne d’opĂ©ra. L’opĂ©ra est un genre qui a prouvĂ© sa pĂ©rennitĂ© grĂące aux questionnements fondamentaux qu’il suscite toujours, mais Ă  trop vouloir nous imposer une dictature de l’image (prĂ©cisĂ©ment de la vidĂ©o), Ă  trop chercher l’original et le dĂ©calĂ© en guise de renouvellement critique de la scĂšne, les directeurs risquent de tuer le veau d’or et sclĂ©roser encore davantage l’asphyxie qui a lieu aujourd’hui dans les salles fermĂ©es.
« S’il existe un prĂ©sent nĂ©cessaire du thĂ©Ăątre wagnĂ©rien — et du thĂ©Ăątre tout court — le voici. Or le thĂ©Ăątre se nourrit de dramaturgie, certes, mais s’écrit d’abord sur des scĂšnes et sans doute doit-on rĂ©inventer celles-ci hors des maisons closes que sont devenus les opĂ©ras traditionnels coincĂ©s entre l’orgiaque musical et le sadomasochisme scĂ©nique. La contestation radicale du Gesamtkunstwerk comme apogĂ©e artistique ressemblera peut-ĂȘtre Ă  la pulvĂ©risation du veau d’or, le jour oĂč l’on cessera de croire que le thĂ©Ăątre wagnĂ©rien dont nous avons besoin est moins celui qui crucifie Wagner que celui qui nous montre comment Wagner crucifie l’homme auquel nous devrions aspirer. Mais ce combat, probablement, n’est plus que d’arriĂšre-garde. À l’avant, existent d’autres urgences », dĂ©clare Philippe Godefroid. PolĂ©mique voire provocateur (en parlant d’”humanisme d’extrĂȘme droite” chez Wagner…), l’auteur tĂ©moigne du wagnĂ©risme en France, toujours aussi vivace et mordant depuis… son commencement avec Baudelaire.

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LIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. Philippe GODEFROID : ESSAI SUR LE THÉÂTRE WAGNÉRIEN : Mises en scĂšne et rĂ©ception de Parsifal (Éditions L’Harmattan).

Nous empruntons les extraits de citations de Philippe Godefroid ici reproduites, Ă  son blog oĂč l’auteur a rĂ©digĂ© ainsi une prĂ©sentation trĂšs juste et subtile de son essai Ă©ditĂ© par L’Harmattan : LIRE le blog de Philippe Godefroid.
https://sites.google.com/site/leblogsitedephilippegodefroid/

Approfondir

 

DĂ©jĂ  paru :

Livres. Philippe Godefroid. Wagner et le juif errant : une hontologie (L’Harmattan) / critique de mars 2014

http://www.classiquenews.com/livres-philippe-godefroid-wagner-et-le-juif-errant-une-hontologie-lharmattan/

 

COFFRET LUCIANO PAVAROTTI, présentation, analyse : the complete opéras recordings (DG, DECCA) : PART 1 / 4

Pavarotti-complete-opera-recordings-coffret-edition-limitee-Decca-DG-2017COFFRET LUCIANO PAVAROTTI, analyse, prĂ©sentation : the complete operas (DG, DECCA). VOL. 1 / 4. Classiquenews suit les Ă©ditions discographiques majeures. Ce coffret de l’intĂ©grale des opĂ©ras enregistrĂ©s par le tĂ©nor lĂ©gendaire Luciano Pavarotti, Ă©ditĂ© pour les 10 ans de sa disparition (septembre 2007) constitue une somme dont la valeur artistique et esthĂ©tique demeure essentielle. La RĂ©daction de CLASSIQUENEWS prĂ©sente et analyse ce en quoi chacun des 4 lots de cd constituant cette intĂ©grale en 101 cd a rĂ©alisĂ© des enregistrements exemplaires, proposant toujours des perles lyriques dont il faut Ă©couter et rĂ©couter le sens et le raffinement formel
 A noter, si le coffret au phĂ©nomĂ©nal apport s’intitule “the complete opĂ©ra recordings”, il contient aussi les enregistrements des partitions sacrĂ©es tels le Requiem de Verdi, ou dĂ©jĂ  dans ce premier lot, le Stabat Mater de Rossini…

pavarotti_03 luciano tenorPAVAROTTI : the complee opera for DG and DECCA. Volume 1 / 4. On ne saurait trop souligner la valeur du coffret Ă©ditĂ© par Decca Deutsche Gramophone totalisant les grands rĂŽles qui ont marquĂ© la carriĂšre du tĂ©nor Luciano Pavarotti
 Ses dĂ©buts comme bel cantiste aux cĂŽtĂ©s de Joan Sutherland sous la baguette de l Ă©poux de cette derniĂšre Richard Bonynge : dĂ©jĂ  y rayonne un timbre exception taille comme un diamant pour l’expressivitĂ© subtile, l’art des phrasĂ©s faciles naturels d’une chaleur dans l’aigu et le suraigu sans Ă©quivalent alors.
Le bellinien et le donizettien (qu’il restera toute sa vie) allait devenir par cette maestria linguistique et poĂ©tique un verdien ardent un Puccini en Ă©loquent et profond comme en tĂ©moigne dĂ©jĂ  le contenu du premier volet d’enregistrements ici prĂ©sentĂ©s analysĂ©s.

DEBUTS BELLINIENS DU JEUNE TRENTENAIRE
 Les 2 premiers enregistrements londoniens sous la baguette de Richard Bonynge et aux cÎtés de la stratosphérique Sutherland
 attestent de la subtilité premiÚre du chant de Luciano Pavarotti, alors jeune trentenaire (il est né le 12 octobre 1935 à ModÚne). Dans Beatrice di Tenda (1966), son Orombello captive par sa tendresse solaire et le sentiment de compassion directe, sincÚre pour la diva sacrifiée.

Dans La Fille du RĂ©giment (1967), mĂȘme dĂ©licatesse incisive, et intensitĂ© franche pour son Tonio, de surcroĂźt chantĂ© en français : incandescence du timbre, ardeur et agilitĂ© des aigus enfilĂ©s en un legato souverain et continu d’une musicalitĂ© impĂ©riale jamais forcĂ©e ni prise en dĂ©faut, ni nĂ©gociĂ©e et contournĂ©e
 Sa prestation pour le finale du I, « Ah mes amis », est portĂ©e par une ivresse jubilatoire car le timbre brille
 palpite, frĂ©tille. La santĂ© vocale et la juvĂ©nilitĂ© triomphe, mais sans artifices.

En 1968, il se prĂȘte Ă  la rĂ©habilitation de L’Amico Fritz de Mascagni, comĂ©die sentimentale, dans le sillon tracĂ© par l’inusable BohĂšme de Puccini, pour lequel, Pavarotti retrouvera bientĂŽt sa fidĂšle partenaire (avec Joan Sutherland) : Mirella Freni. Ici Ă  Londres aussi, Pavarotti prĂȘte sa voix ardente au rĂŽle-titre, Fritz Kobus. DerriĂšre la figure du personnage, le timbre colorĂ©, nuancĂ©, clair exprime les sentiments de l’individu.

Pour sa part, le Requiem de Verdi, version Solti en octobre 1967 est captĂ© dans la Sofiensaal de Vienne ; – comme le visuel de couverture de cette version Ă  la fois incisive et organiquement exaltĂ©e, le chef d’origine hongrois allie avec une force nuancĂ©e, la pointe sĂšche, linĂ©aire, cursive du dessin de Michel Ange (le Jugement dernier de la Sixtine) et aussi sa formidable musculature nerveuse et plastique : lui rĂ©pond le sens du legato et de la couleur du tĂ©nor dans son fameux solo : «  Ingemisco » (cd 5, plage 8 : 3mn36) oĂč le timbre souffle les braises


 

 

 

PAVAROTTI luciano the complete opera recordings decca set box review critique cd by par classiquenews

 

 

DER ROSENKAVALIER, version Solti, 1968
 L’hĂ©donisme dĂ©taillĂ©, la finesse du trait et la nostalgie viennoise qui regarde vers l’opulence mozartienne de Johann Strauss, le faiseur de valse, mais revivifiĂ©e par le gĂ©nie chromatique de Richard Strauss, Ă©blouissent grĂące Ă  la baguette somptueusement flexible et suavement dramatique de Solti, maĂźtre de cĂ©rĂ©monie Ă  Vienne pour ce Rosenkavalier de rĂ©fĂ©rence (Sofiensaal, novembre 1968)
 AprĂšs le rĂ©veil de la MarĂ©chale et de son amant, soit la divine RĂ©gine Crespin et son Oktavian (Yvonne Minton, le mezzo qu’adulait Solti et qu’il associa Ă  ses lieder de Mahler), voici, en guest star invitĂ©, le jeune et luxueux « singer » de Luciano Pavarotti, qui tient remarquablement son office de jeune stentor italianissime, Ă  la flamme ardente, rĂ©chauffant le dĂ©cor rococo de la MarĂ©chale Ă  son lever, un tableau chamarrĂ©, pĂ©tulant, digne de Versailles. LĂ  encore le legato, le phrasĂ© de ce chanteur alla veneziana brĂ»le d’une ardeur
 irrĂ©sistible. Pavarotti met le feu


pavarotti jeune tenor luciano-pavarotti-2-1385995078-view-0En 1970, Luciano Pavarotti retrouve Ă  Londres, ses partenaires belcantistes habituels, soit le duo Joan Sutherland et le chef Richard Bonynge, dans la comĂ©die L’ELISIR D’AMORE de Donizetti : l’abattage, la finesse percutante du timbre, le legato qui semble infini assurent Ă  son Nemorino, un tempĂ©rament dramatique Ă  l’ardeur permanente. Alors, quand surgit, aprĂšs la scĂšne collective Ă  perdre l’esprit (d’une ivresse rossinienne), son air solitaire du II « Una Furtiva lagrima », en sa profonde gravitĂ© (initiĂ© par le chant du basson), soudain surgit dans ce chant direct, une priĂšre dĂ©chirante dont la justesse d’intonation atteint le tragique le plus sincĂšre : un diamant bouleversant au sein d’une farce Ă©quivoque oĂč semblait vaincre les faux semblants et l’apparente insouciance. Sobre, presque dĂ©pouillĂ© de tout artifice, et d’une franchise instrumentale qui fait surgir, l’effroi glaçant de la sincĂ©ritĂ©, le timbre saisit par sa vĂ©ritĂ© Ă©motionnelle. Un must absolu. On ne trouvera pareille authenticitĂ© qu’avec son incarnation de Paillasse
 autre figure comique et tragique, dont la double nature produit la sĂ©duction.

Le premier RICCARDO du BALLO. En 1970 toujours, le premier Riccardo du Bal MasquĂ© (un Ballo in maschera de Verdi) de Pavarotti sĂ©duit par son ardeur, sa coupe fiĂ©vreuse, celui du jeune souverain Ă©pris malgrĂ© lui, et en dĂ©pit de ses valeurs de loyautĂ©, de la femme de son meilleur ami (Renato : impeccable et noble Sherill Milnes). Pavarotti offre cette lumiĂšre ardente de son timbre solaire au personnage qui a choisi malgrĂ© lui, malgrĂ© la dignitĂ© de sa fonction royale, de suivre les Ă©lans de son coeur. Une prise de rĂŽle Ă©poustouflante qui assurera par la suite, la rĂ©ussite de ses reprises sur scĂšne et les rĂ©alisations plus rĂ©centes au disque (dont celle Ă  Londres dirigĂ© par Solti, 12 ans plus tard, en 1982). On y voit clairement la mystique instrumentale de Verdi qui d’abord par le violoncelle (comme dans Don Carlo pour Felipe II) exprime les tourments du destin le plus Ă©prouvant, puis rĂ©alise l’apothĂ©ose du hĂ©ros sur le volant souple de la clarinette. Riccardo pourra ainsi dire adieu Ă  son aimĂ©e, affronter la mort qu’on lui avait prĂ©dit, accepter la vengeance de son ami Renato, dans un renoncement ultime et le sacrifice de sa propre vie dans le respect de son amitiĂ© Ă  Renato. Le roi accepte de payer le tribut de cet amour interdit qu’il a fait sien malgrĂ© lui. Avant Pavarotti, aucun tĂ©nor n’avait Ă  ce point fouillĂ© la psychĂ© du personnage, dĂ©vorĂ© entre son dĂ©sir, son devoir, ses valeurs.

Et enfin MACDUFF supplante MACBETH.. Du roman noir, des tĂ©nĂšbres de l’horreur tirĂ©s du drame originel de Shakespeare, Verdi fait surgir d’abord l’espoir du chƓur des opprimĂ©s (dĂ©but du IV), puis la lumiĂšre, tel un poignard vengeur et vainqueur, du chant dĂ©chirant d’humanitĂ© du tĂ©nor, ici Macduff qui chante la vertu de la rĂ©sistance et de la lutte (contre le couple Macbeth qui a tuĂ© sa femme et ses enfants). Il n’en fallait pas moins pour exalter parmi l’assistance, les patriotes italiens, et faire de Verdi, le compositeur de l’unitĂ© italienne contre l’Autriche. Avant Domingo dans le mĂȘme rĂŽle, Pavarotti Ă  l’étĂ© 1970, Ă  Londres fait valoir son diamant vocal iridescent et roboratif, en une priĂšre ardente, humaniste contre toutes les tyrannies («  O figli, figli miei. »)
 Un seul air suffit Ă  comprendre l’enjeu de son personnage (le cri d’un pĂšre et d’un mari endeuillĂ© et dĂ©truit), et l’horreur d’un opĂ©ra qui voudrait victimiser le couple des bourreaux. Rien ne peut effacer les crimes commis au nom du pouvoir. La prĂ©sence de Dietrich Fischer Dieskau et de la Souliotis dans les rĂŽles du couple Macbeth, accrĂ©dite encore la valeur de l’enregistrement pilotĂ© par le chef efficace mais peu dĂ©taillĂ© : Lamberto Gardelli.

Autre registre sous la baguette racĂ©e, Ă©ruptive et incisive, formidablement prĂ©cise et spirituelle d’Ivan Kertesz, Ă  Londres toujours en 1970 et 1971, dans un Stabat Mater de Rossini, inscrit dans une vision d’apocalypse oĂč le chant des solistes perce comme des lueurs d’espoir, incarnĂ©s, fortement individualisĂ©s, implorant la rĂ©mission et le grand pardon
 Dans le premier air, « Cujus animam », Pavarotti colore son intensitĂ© au diapason d’une humanitĂ© maudite en quĂȘte de salut justement
 Ă  Ă©couter d’urgence.

pavarotti 360_l_pavarotti_09054 PERSONNAGES CLÉS : Le duc, Edgardo, Rodolfo, Calaf
 De linsouciance cynique Ă  l’amour Ă©perdu le plus suave. Les 4 derniers ouvrages de ce premier lot (sur les 4 au total de l’intĂ©grale des opĂ©ras enregistrĂ©s par Luciano Pavarotti), soulignent les affinitĂ©s en terme de caractĂšre du tĂ©nor, avec 3 personnages clĂ©s de sa carriĂšre, – aprĂšs les Riccardo et Nemorino : le Duc de Mantoue (et sa romance solaire aux aigus sublimement tenus : « La donna Ăš mobile », dĂ©claration cynique au III, qui justifie son insouciance criminelle (Rigoletto de Verdi, direction : Richard Bonynge Londres 1971). Pavarotti cristalise la fragilitĂ© presque touchante de ce prince qui ne cultive que la satisfaction de son dĂ©sir et demeure totalement sourd au tragique du couple Rigoletto / Gilda. Qu’il a de classe, de tempĂ©rament, fĂ©lin, ardent au charme irrĂ©sistible, grĂące Ă  un chant tout en clartĂ© et legato, franchise de l’émission et aigus d’une richesse harmonique jamais entendue avant lui. La prĂ©sence de Joan Sutherland dans le rĂŽle de Gilda, de Sherill Milnes dans celui de Rigoletto ajoute au crĂ©dit de cette version typique du dĂ©but des annĂ©es 1970.

C’est ensuite, un retour au belcanto romantique le plus pur : celui de Lucia di Lammermoor de Donizetti, avec les mĂȘmes : Sutherland (Lucia) et Richard Bonynge, Ă  Londres en juin 1971 Ă©galement (quelle santĂ© vocale pour le tĂ©nor qui enchaĂźne les rĂŽles importants) : ici, son Edgardo Rawenswood brille d’une humanitĂ©, faite loyautĂ© et compassion, d’une gravitas – sobre, recueillie, pudique, qui assure Ă  la fin de l’ouvrage la couleur funĂšbre, inĂ©luctable de la partition ; car ici, le fiancĂ© qui s’est Ă©loignĂ©, comprend que Lucia son aimĂ©e est morte
 (« Tombe degli avi miei
 » ). Solitude endeuillĂ©e, impuissante fureur
 l’amant dĂ©possĂ©dĂ© tel OrphĂ©e ne peut que chanter sa (sublime) priĂšre face au destin indiffĂ©rent. La ligne, les phrasĂ©s, le soutien, le style, l’articulation (sans aucun effet artificiel), le sens de l’intensitĂ© expressive
 outre la qualitĂ© du timbre et l’ampleur de la technique, sa sĂ»retĂ© comme sa « facilitĂ© », son naturel,
 font de Luciano Pavarotti un belcantiste affĂ»tĂ©. QualitĂ© qui assure Ă  ses Verdi et Puccini, leur finesse de phrasĂ©.

Divin RODOLFO dans LA BOHEME, version Karajan (oct 1972).
Cette premiĂšre moisson riche en accomplissements, s’achĂšve avec ses deux Puccini, propres au dĂ©but des 1970’ies. D’abord son Calaf, anthologique sous la direction de Zubin Mehta, TURANDOT, Ă  Londres, Ă©tĂ© 1972 (avec Sutherland dans le rĂŽle titre, et la Caballe en LiĂč..) ; enfin, en octobre 1972, LA BOHEME oĂč son Rodolfo brille d’une poĂ©sie qui rĂ©gĂ©nĂšre l’approche d’un Carlo Bergonzi : poĂšte et chanteur, nouvel OrphĂ©e parisien sous les combles romantiques de la misĂšre artistique, cette BohĂšme qui ne cesse de pleurer et de s’émouvoir mais avec quel tact et quel style : Luciano Pavarotti trouve une partenaire idĂ©ale en Mirella Freni dans le rĂŽle de Mimi (version Karajan, – Ă  Berlin avec les Philharmoniker, qui parviennent Ă  exprimer tout ce qu’a d’onirique et de rugissant l’orchestration de Puccini). Un must absolu.

 

 

 

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A suivre
 COFFRET PAVAROTTI / The complete operas recordings / for DG et DECCA. Volume 2 / 4.

Pavarotti-complete-opera-recordings-coffret-edition-limitee-Decca-DG-2017LIRE aussi notre prĂ©sentation du coffret PAVAROTTI / The complete operas recordings for DG et DECCA (101 cd), paru en octobre 2017, pour les 10 ans de la mort de Luciano Pavarotti. IdĂ©al cadeau de NoĂ«l 2017, le coffret reprĂ©sente Ă  ce jour une somme inestimable pour tout amateur de lyrique, en particulier d’opĂ©ras italiens romantiques, de Rossini, Bellini, Donizetti, aux plus tardifs, Verdi, Puccini sans omettre les vĂ©ristes : Mascagni, Giordano, Leoncavallo, Cilea…etc… Must absolu et coffret au trĂšs riche contenu, de surcroĂźt comme nous le prĂ©cisions dans notre prĂ©sentation gĂ©nĂ©rique, idĂ©alement Ă©ditorialisĂ©, avec photos, illustrations (des enregistrements) et prĂ©sentation des ouvrages et intĂ©grales ainsi rĂ©Ă©ditĂ©es et pour certains titres prĂ©sentĂ©s en BLU RAY PURE AUDIO.

 

 

 

CD, opéra événement, annonce. DEBUSSY : PELLEAS ET MELISANDE. Rattle, LSO (Londres, 2016)

DEBUSSY-PELLEAS-melisande-simon-rattle-LSO-kozena-gerhaer-finley-critique-review-cd-par-by-classiquenewsCD, opĂ©ra Ă©vĂ©nement, annonce. DEBUSSY : PELLEAS ET MELISANDE. Rattle, LSO (Londres, 2016). LE PELLEAS ATMOSPHERIQUE, ENIGMATIQUE DE RATTLE. OpĂ©ra impressionniste, opĂ©ra atmosphĂ©rique, opĂ©ra climatique : la transparence et la fluiditĂ© tour Ă  tour aĂ©rienne, empoisonnĂ©e, Ă©nigmatique que Simon Rattle sait distiller Ă  la tĂȘte du LSO, faisant miroiter toutes les qualitĂ©s suggestives de l’orchestre londonien, affirment ici une rĂ©elle maĂźtrise et orchestrale et dramatique. Les cordes ont une tension parsifalienne (surtout dans les prĂ©ludes des derniers actes), les flĂ»tes Ă  la fois lĂ©gĂšres, lumineuses et profondĂ©ment mystĂ©rieuses expriment avec une grande Ă©lĂ©gance, la comprĂ©hension du chef et des instrumentistes vis Ă  vis du sommet lyrique français postromantique. Le timbre Ă©pais, au grain tendre de la mezzo Magdalena Kozena (Madame Rattle Ă  la ville) ajoute Ă  cette conception inscrite, magnifiquement repliĂ©e dans le mystĂšre et l’imprĂ©cision temporelle. La lecture mĂ©rite absolument cet enregistrement captĂ© sur le vif au Barbican de Londres en janvier 2016. D’autant qu’un diseur alchimiste narrateur dans le lied, Christian Gerhaher se prĂȘte Ă  la prosodie spĂ©cifique du français de Debussy
 VoilĂ  qui confirme l’affinitĂ© bienheureuse des Britanniques Ă  l’endroit du romantisme français. Il y avait Colin Davis chez Berlioz; y aurait-il Ă  prĂ©sent, maĂźtrisant les effectifs du LSO, Rattle chez Debussy ? Must absolu et prochaine grande critique le 6 octobre 2017, dans le mag cd, dvd livres de classiquenews.

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD, opĂ©ra Ă©vĂ©nement, annonce. DEBUSSY : PELLEAS ET MELISANDE. Rattle, LSO (Londres, janvier 2016 – 3 SACD + 1 disc Pure Audio Blu-ray / LSO live). London Symphony Orchestra, London Symphony Chorus. Avec : Magdalena KoĆŸenĂĄ (MĂ©lisande), Christian Gerhaher (PellĂ©as), Gerald Finley (Golaud), Bernarda Fink, Franz-Josef Selig, Joshua Bloom, Elias MadlĂ«r. Sir Simon Rattle, direction.

 

 

LIRE AUSSI
Autre cd LSO critiqué par classiquenews : Schuman : Das Paradies und die Peri / La Paradis et la Péri / Rattle

http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-schumann-das-paradies-und-die-peri-rattle-lso-live-2015/

 

 

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KEIN LICHT de Philippe Manoury, création française

Kein Licht 2 de Philippe ManouryStrasbourg, Paris. KEIN LICHT de PHILIPPE MANOURY, les 22 sept, 18 oct 2017. OpĂ©ra prĂ©apocalyptique, PĂ©nombre annonciatrice … A 65 ans, Philippe Manoury dont nous avions beaucoup apprĂ©ciĂ© son opĂ©ra « K » (2001), poĂ©tique, efficace, tout en grisaille colorĂ©e, en nuances orchestrales d’un rare raffinement (avc un sentiment d’étuve sonore), prĂ©sente en 2017, son nouvel opĂ©ra, engagĂ©, mordant, 
inspirĂ© par la catastrophe nuclĂ©aire de Fukushima (2011). CrĂ©Ă© en avant-premiĂšre Ă  la Ruhrtriennale le 25 aoĂ»t dernier, KEIN LICHT occupe l’affiche de l’OpĂ©ra national du Rhin ce 22 septembre 2017 (Ă  Strasbbourg, Manoury avait prĂ©cĂ©demment crĂ©Ă© son ouvrage lyrique antĂ©rieur La nuit de Gutenberg, 2011), puis occupera la scĂšne de l’OpĂ©ra-Comique le 18 octobre suivant.

 
 
 

OpĂ©ra prĂ©apocalyptique, PĂ©nombre annonciatrice …

 
 

En rĂ©alitĂ© c’est l’OpĂ©ra-Comique qui passe commande au compositeur d’un ouvrage lyrique inspirĂ© de l’écrivaine autrichienne Elfriede Jelinek qui a Ă©crit un texte sur la catastrophe nuclĂ©aire de Fukushima (mars 2011). L’opĂ©ra reprend Ă  son compte la dĂ©nonciation d’un monde infĂ©odĂ© Ă  la technologique Ă©nergĂ©tique, oubliant ce qui peut provoquer sa propre fin. L’humanitĂ© est fragile mais les citoyens et surtout les politiques s’emmurent dans un dĂ©ni collectif : impossible d’envisager l’impensable : l’apocalypse. Sans vraiment prendre parti, pour ou contre le nuclĂ©aire (l’Allemagne elle a tranchĂ©), Manoury exploite le prĂ©texte dramatique de l’idĂ©e de catastrophe. Le compositeur rĂ©alise aussi ce qui lui tient Ă  coeur : rĂ©inventer la forme lyrique par un nouveau dispositif, libre, ouvert (en particulier aux formes thĂ©Ăątrales contemporaines), et qui peut en cours de reprĂ©sentation, toujours Ă©voluer : en somme une forme inachevĂ©e et mouvante, a work in progress
 12 instrumentistes rĂ©alisent la musique Ă©lectronique en temps rĂ©el, aux cĂŽtĂ©s de chanteurs et d’acteurs car la voix parlĂ©e comme le chant codifiĂ© sont prĂ©sents, imbriquĂ©s, affrontĂ©s, confrontĂ©s
 L’informatique permet au compositeur d’inventer des sĂ©quences au moment de la crĂ©ation et pour chaque reprĂ©sentation, alternant, complĂ©tant un schĂ©ma structurel qui lui est composĂ© de tableaux qui eux ont Ă©tĂ© prĂ©alablement Ă©crits et finalisĂ©s. Le dĂ©raison et la folie gouvernent le monde. Ici pas de personnages au sens d’incarnations fortes et de caractĂšres identifiables et expressifs, mais comme Ă  son habitude, des climats, des sensations qui aiguillonnent notre conscience, paniquent notre discernement
 Philippe Manoury nous alerte – mĂȘme s’il ne se dit pas engagĂ© : sa musique vivante, connectĂ©e, appelle Ă  la prise de conscience, tout en dĂ©veloppant une suite de lamentos poignant oĂč il s’agit de recouvrer notre humanitĂ© ; celle vĂ©ritable qui retrouve la voie d’une alliance harmonique avec la nature. DĂ©fi perdu d’avance. Et si Kein Licht (aucune lumiĂšre) Ă©tait le chant ultime avant la catastrophe ?

 

 

 

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KEIN LICHT de PHILIPPE MANOURY
Thinkspiel, création française
Strasbourg, les 22, 23, 24 et 25 septembre 2017
RĂ©servez

Paris, Opéra-Comique
Mercredi 18 octobre 2017, 20h
RĂ©servez

 
 
 

PIANO, annonce cd événements. Deutsche Grammophon annonce 2 prochains recueils discographiques : Schubert par Krystian Zimerman / Chopin par Daniil Trifonov.

PIANO, annonce cd Ă©vĂ©nements. Deutsche Grammophon annonce 2 prochains recueils discographiques : Schubert par Krystian Zimerman / Chopin par Daniil Trifonov. LES PLUS GRANDS PIANISTES SIGNENT ET ENREGISTRENT CHEZ DEUTSCHE GRAMMOPHON. L’actualitĂ© de la rentrĂ©e de septembre et octobre 2017 ne contredit pas notre constatation.
Schubert-Piano-Sonatas-D959-D960-DigipackAprĂšs un Ă©blouissant double coffret Beethoven, Ă©ditĂ© en aoĂ»t, oĂč Evgeny Kissin fait un retour remarquĂ© et prodigieusmeent rĂ©ussi chez Deutsche Grammophon (cycle de prises live de 2006 Ă  2016, soit une dĂ©cennie de reflexion et d’analyse beethovĂ©nienne), la marque jaune annonce pour cette rentrĂ©e 2017, deux autres opus monographiques, dĂ©fendus par deux autres piliers de son Ă©curie pianistique. KRYSTIAN ZIMERMAN, ambassadeur enchantĂ©, enivrĂ© de la Sehnsucht schubertienne (rĂ©cital des Sonates pour piano D 959 et D 960) – Ă  paraĂźtre le 8 septembre 2017. C’est le grand retour de Zimerman au studio, osant deux sommets de l’inspiration pianistique de Schubert, oĂč la traversĂ©es des mondes parallĂšles, invisibles, s’accompagne d’une quĂȘte vers la rive espĂ©rĂ©e, idĂ©ale, inaccessible.
Trifonov daniil play CHOPIN evocations, cd review, critique cd par classiquenews 1501857837_4795182Puis c’est le plus jeune talent prometteur de DG (avec le corĂ©en Seong-Jin Cho, Ă©gal passionnĂ© par l’écriture du Polonais, et autre trĂšs passionnant pianiste du label jaune), Daniil Trifonov qui rĂ©active les qualitĂ©s et vertus de l’école russe de piano, dans un programme dĂ©diĂ© Ă  son cher Chopin. Au menu – copieux de ce double album, Ă  paraĂźtre le 6 octobre 2017 : les 2 Concertos pour piano de FrĂ©dĂ©ric Chopin, opus 21 et opus 11 (Mikhail Pletnev et le Mahler Chamber Orchestra), Variations sur Mozart, air de Don Giovanni « Laci darem la mano », sans omettre une sĂ©lection d’hommages de divers compositeur Ă  l’éloquence mystĂ©rieuse et nostalgique de FrĂ©dĂ©ric : oeuvres de Schumann Grieg, Barber, Tchaikovsky (un poco di Chopin), enfin Mompou (Variations sur un thĂšme de Chopin). Titre de ce gĂ©nĂ©reux et prometteur recueil Chopin par Daniil Trifonov : « CHOPIN EVOCATIONS » ( 2cd Deutsche Grammophon 4797518). Prochaines critiques dĂ©veloppĂ©es sur classiquenews, dans le mag cd dvd livres
 chaque jour de la parution annoncĂ©e. Aucun doute, le plus grands pianistes sont chez DG — exception du meilleur pianiste actuel britannique, l’excellent et irrĂ©sistible Benjamin Grosvenor, fidĂšle signataire chez Decca

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LIRE aussi : Evgeny KISSIN joue et enregistre Beethoven pour Deutsche Grammophon / Daniil Trifonove joue Liszt / Premier disque Chopin du coréen Seong-Jin Cho, dernier lauréat du Concours Chopin de Varsovie


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DVD, compte rendu. DONIZETTI : La Favorite. Elina Garanca, K M Chichon (2 dvd Deutsche Grammophon)

donizetti la favorite elina garanca chichon munich dvd deutsche grammophon by classiquenewsDVD, compte rendu. DONIZETTI : La Favorite. Elina Garanca, K M Chichon (2 dvd Deutsche Grammophon). MUNICH, novembre 2016. « La Garanca » chante La Favorite de Donizetti
 dans une production globalement satisfaisante. L’OpĂ©ra bavarois Ă  Munich, sous la direction de Nikolaus Bachler confirme une nette prĂ©fĂ©rence pour les italiens romantiques Ă  Paris, bientĂŽt Semiramide de Rossini et pour l’heure fin 2016, cette Favorite de Donizetti, Ă©pisode rĂ©aliste, expressif de la veine belcantiste, romantique et française. La mise en scĂšne d’AmĂ©lie Niermeyer se sort d’une intrigue Ă  raisons Ă©pinglĂ©e, artificielle voire maladroite : on y perçoit trĂšs clairement l’agressivitĂ© permanente de Balthazar (trop raide Mika Kares) pour Leonor(a) de Guzman, hĂ©roĂŻne centrale de la piĂšce lyrique, ĂȘtre tiraillĂ©, Ă©prouvĂ©, qui souffre dans un monde qui ne la comprend pas et la rejette toujours. En français (souvent inintelligible), ElÄ«na Garanča Ă©tonne par son phrasĂ© naturel et sa profondeur de vraie grande actrice, de surcroĂźt affublĂ©e de couleurs vocales de grande sĂ©duction. D’ailleurs cette profondeur et cette Ă©paisseur dramatique trouvent dans la direction de Chichon un soutien idĂ©al, lequel aime visiblement Ă  colorer la soie tragique de la partition, aux maintes beautĂ©s mĂ©lodiques. Le roi Alphonse XI trouve en Mariusz Kwiecien, une belle autoritĂ© virile. Mais il ne peut rivaliser avec l’intĂ©rioritĂ© elle aussi bĂ©nĂ©fique que trouve Matthew Polenzani dans le personnage moins carton pĂąte qu’il n’y paraĂźt de Fernand. L’ĂȘtre solitaire, incompris, Ă  la fois nostalgique et frustrĂ© de Leonor surgit indiscutablement ici, avec une Ă©vidence de premier plan. La vraie vedette de la soirĂ©e munichoise reste le mezzo sauve et grave de l’immense ElÄ«na Garanča. Convaincante incarnation.

 

 

 

 

 

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Compte rendu, dvd. DONIZETTI : La Favorite. Elina Garanca, K M Chichon (2 dvd Deutsche Grammophon). Gaetano Donizetti (1797-1848) : La Favorite, opĂ©ra en quatre actes / livret d’Alphonse Royer, Gustave VaĂ«z et EugĂšne Scribe. Mise en scĂšne : AmĂ©lie Niermeyer. ElÄ«na Garanča (LĂ©onor de Guzman) ; Matthew Polenzani (Fernand) ; Mariusz Kwiecien (Alphonse XI) ; Mika Kares (Balthazar) ; Josha Owen Mills (Don Gaspard) ; Elsa Benoit (InĂšs). ChƓur et orchestre national de BaviĂšre ; direction : Karel Mark Chichon.

 
 

Les Cimes Ă  Val d’IsĂšre : Festival et AcadĂ©mie

cimes-festival-2017-val-d-isere-les-cimes-festival-et-academie-presentation-annonce-sur-classiquenewsVAL D’ISERE, Festival LES CIMES jusqu’au 6 aoĂ»t 2017. DĂšs le 24 juillet 2017, Les Cimes Ă  Val d’IsĂšre, Ă  la fois Festival et AcadĂ©mie, offre master classes et concerts, permettant aux jeunes instrumentistes acadĂ©miciens de se perfectionner la journĂ©e, aux festivaliers de suivre leurs avancĂ©es Ă  l’occasion de concerts donnĂ©s le soir ou en aprĂšs midi, Ă  l’église ou Ă  l’Auditorium du Palais des CongrĂšs de Val d’IsĂšre
 FidĂšle Ă  sa mission de transmission et de pĂ©dagogie, le festival Les CĂźmes ose stimuler toujours plus loin les capacitĂ©s de ses jeunes Ă©lĂšves instrumentistes. Les cours et master classes sont complĂ©tĂ©s par des concerts publiques. La prĂ©sence d’un orchestre permet surtout aux plus douĂ©s de se confronter Ă  l’expĂ©rience orchestrale et concertante, 
 jalon dĂ©cisif dans la carriĂšre d’un jeune soliste.
Dans la station, tous les jours, le festivalier peut suivre Ă  l’église et Ă  l’auditorium du Palais des CongrĂšs de Val d’IsĂšre, les progrĂšs des jeuness musiciens
 au piano, au violon, Ă  la contrebasse, au chant. Plusieurs temps forts cette annĂ©e soulignent les bĂ©nĂ©fices de cet apprentissage sans Ă©quivalent pendant l’étĂ© : Ă  ne pas manquer par exemple : les concerts de musique de chambre (Sonates violon et piano : « Le Printemps » et « Kreutzer » de Beethoven, Ă  l’église de Val d’IsĂšre, les 27 juillet puis 1er aoĂ»t 2017 – carte blanche au violoniste Ami Flammer-, Ă  21h – sommet de l’écriture intĂ©rieure, allusive, chambriste
) ; mais aussi les rĂ©citals de guitare de JĂ©rĂ©my Jouve le 24 juillet, et de RĂ©mi Jousselme, le 31 juillet.

Les derniers rendez-vous du Festival, – prĂ©cisĂ©ment du 3 au 5 aoĂ»t, sont tout autant passionnants et prometteurs (tous en accĂšs libre pour les estivants sĂ©journant Ă  Val d’IsĂšre) : ainsi dĂšs le jeudi 3 aoĂ»t, place de l’Office de Tourisme, Ă  17h, Concert symphonique (Saint-SaĂ«ns, Mendelssohn), le 4 aoĂ»t (performance orchestrale au lac de l’Ouillette, Ă  14h (concert symphonique en plein air Ă  2600 m d’altitude dans un environnement d’une beautĂ© Ă  couper le souffle), enfin les soirs des 4 et 5 aoĂ»t, immersion symphonique et concertante (21h) au palais des CongrĂšs grĂące Ă  la participation de l’orchestre prĂ©sent cet Ă©tĂ© Ă  Val d’IsĂšre : l‘Orchestre Symphonique de Douai-RĂ©gion Hauts de France, dirigĂ© par le chef Jean-Jacques Kantorow (dĂ©jĂ  prĂ©sent avec le violoniste Ami Flammer Ă  l’étĂ© 2016). En programmant perles de la musique de chambre romantique et grandes oeuvres du rĂ©pertoire symphonique, le festival Les CĂźmes cultive ce goĂ»t de la qualitĂ© et du partage qui font chaque Ă©tĂ©, l’intĂ©rĂȘt d’un cycle de concerts et de performances Ă  ne manquer sous aucun prĂ©texte. La nature, la montagne, la musique composent ainsi Ă  Val d’IsĂšre, un cocktail dĂ©tonnant, particuliĂšrement attractif. Un must Ă  vivre l’étĂ© sur les cĂźmes alpines. Ecoutez, respirez, vous ĂȘtes aux sommets.

Programme Les Cimes 2017
Val d’Isùre
Eglise, Auditorium

LUNDI 24 JUILLET 2017
Église de Val d’Isùre, 21h
Récital « les grands maßtres de la guitare »
Jérémy Jouve, guitare
Entrée libre
Master Classes en journée

DĂ©jĂ  prĂ©sent aux Cimes, le guitariste JĂ©rĂ©my Jouve joue Joaquin Rodrigo, grand maĂźtre de la musique espagnole du 20Ăšme siĂšcle, l’italien Mario Castelnuovo-tedesco dans un hommage virtuose Ă  Paganini, enfin Mathias Duplessy
 soit un programme idĂ©al pour l’acoustique de l’église de Val d’IsĂšre.

Mathias Duplessy (1972)
Nocturne n°1
Cavalcade

Joaquin Rodrigo (1901-1999)
Junto al Generalife
Sonata Giocosa

Mario Castelnuovo-Tedesco (1895-1968)
Capriccio diabolico «Omaggio a Paganini» op 85

Mathias Duplessy (1972)
Oulan Bator

MARDI 25 JUILLET 2017
Église de Val d’Isùre, 21h
Concert « Carte Blanche aux artistes »
Autour du Violon et Piano

Joanna MATKOWSKA, violon
Paisit BON-DANSAC, piano
Entrée libre
Master Classes en journée

L’AcadĂ©mie est un lieu de rencontre oĂč se cĂŽtoient artistes de renom et nouvelle gĂ©nĂ©ration d’instrumentistes parmi les plus talentueux
 Le concert rĂ©unit la professeure et violoniste Joanna Matkowska, artiste et le jeune pianiste Paisit Bon-Dansac, dĂ©jĂ  remarquĂ© l’annĂ©e derniĂšre aux Cimes pour son interprĂ©tation du 1er Concerto de Beethoven. Le Festival sait accorder les sensibilitĂ©s : les deux artistes ont Carte Blanche pour faire dĂ©couvrir au public leurs univers musicaux Ă  deux voix


MERCREDI 26 JUILLET 2017
Église de Val d’Isùre
CONCERT
Master Classes en journée
Entrée libre

JEUDI 27 JUILLET 2017
Église de Val d’Isùre, 21h

Concert Sonates piano et violon
Philip Bride, violon
Erik Berchot, piano
Entrée libre / Masterclasses en journée

L.V. BEETHOVEN (1770-1827)
Sonate Nr.5 Opus 24 en fa majeur dite «Le Printemps»
1.Allegro
2.Adagio molto espressivo
3.Scherzo «Allegro molto»
4.Allegro ma non troppo

F. CHOPIN (1810-1849)
Andante Spianato et Grande Polonaise Opus 22
en mi b majeur

J. BRAHMS (1833-1897)
Sonate Nr.3 Opus 108 en ré mineur
1.Allegro
2.Adagio
3.Un poco presto e con sentimento
4.Presto agitato

Chaque annĂ©e, le Festival des Cimes accueille Philip Bride et Erik Berchot dans l’interprĂ©tation de partitions majeures de la musique de chambre : au programme cette annĂ©e pour la dĂ©lectation des festivaliers et aussi pour stimuler les jeunes instrumentistes acadĂ©miciens :

Beethoven_Hornemann-500-carreL.V. BEETHOVEN (1770-1827) : Sonate Nr.5, opus 24 en fa majeur dite «Le Printemps».  La Sonate dite « Le Printemps » est la plus populaire des sonates pour violon et piano du compositeur avec la Sonate Ă  Kreutzer mais Ă©galement l’une de ses oeuvres les plus poĂ©tiques. Le mouvement initial est un dĂ©licieux Allegro dont le premier thĂšme, Ă  la fois tranquille et doux, est chanté tour a  tour par le violon et par le piano, avant de s’opposer Ă  un second thĂšme rythmiquement plus vigoureux.
L’Adagio molto espressivo expose une idĂ©e trĂšs lyrique dont l’esprit Ă©voque Mozart et qui s’enrichit Ă  chacune de ses reprises, puis un bref scherzo plein d’impatience s’engage sur l’unisson des deux instruments et encadre un trio conçu comme une parenthĂšse. C’est chez Mozart, encore, que Beethoven a puisĂ© le thĂšme du rondo Allegro ma non troppo : il s’est en effet inspirĂ© d’un motif prĂ©sent Ă  la fin de l’air de Vitellia : « Non piu  di fiori vaghe catene », air capital et de mĂ©tamorphose, Ă  l’acte II de La ClĂ©mence de Titus, hommage d’un jeune musicien a  son illustre aĂźnĂ©. Il le traite avec la mĂȘme grĂące et la mĂȘme spontanĂ©itĂ© que le motif principal du mouvement initial, justifiant ainsi, le sous-titre apocryphe de sonate du « Printemps », attribuĂ© à la partition, aprĂšs la mort de Beethoven.

chopin_arte_200-ans_soiree_speciale_television_arte-Frederic_ChopinF. CHOPIN (1810-1849) : Andante Spianato et Grande Polonaise, opus 22 en mi b majeur
Chopin a vingt ans. DĂ©jĂ  fort apprĂ©ciĂ© comme virtuose, il Ă©crit sa Grande Polonaise brillante qu’il fera prĂ©cĂ©der, cinq ans plus tard, d’un Andante Spianato. Sous les traits enrubannĂ©s se rĂ©vĂšle l’admirateur de l’opĂ©ra italien. L’Andante rĂȘveur contraste avec la Polonaise pĂ©tulante.» Souvent Chopin a jouĂ© cette Ɠuvre irrĂ©sistible en ouverture pour s’assurer l’enthousiasme fascinĂ© de son auditoire. Loin des accents trĂ©pidants et virtuoses des autres phĂ©nomĂšnes au clavier, Chopin innove dans l’Andante spianato qui exige une dextĂ©ritĂ© digitale articulĂ©e et flexible (le fameux « toucher chantant »), dĂ©voilant la profondeur sous l’apparente simplicitĂ© du chant pianistique.

J.BRAHMS (1833-1897) : Sonate Nr.3, opus 108 en ré mineur
Brahms johannes-brahms-1327943834-view-0ComposĂ© pendant le dernier Ă©tĂ© passĂ© au lac de Thoune, en 1888, la Sonate n°3, se dĂ©marque des deux prĂ©cĂ©dentes par un ton nouveau, plus introspectif, moins passionnĂ© et dĂ©monstratif, moins directement inspirĂ© par la Nature mais plus concernĂ©e par la vie intĂ©rieure. Ainsi le ton de la rĂȘverie et du songe intime traverse et porte tout le mouvement lent (2Ăš mouvement). Le dernier mouvement (3Ăš) est plus imprĂ©visible et fantasque, Ă  la fois animĂ© et parodique.

VENDREDI 28 et SAMEDI 29 JUILLET 2017
Eglise de Val d’Isùre à 21h
Concerts des Académiciens
Entrée libre
À partir de 14h jusqu’à 18h30
À l’issue des classes de perfectionnement, les AcadĂ©miciens se produisent en journĂ©e et en soirĂ©e, Ă  l’église et Ă  l’auditorium du Centre des congrĂšs. C’est donc l’aboutissement d’une pleine semaine de travail et d’approfondissement menĂ©s lors des nombreuses masterclasses. Mise Ă  disposition des programmes les 28 et 29 juillet au matin Ă  l’Office de Tourisme, au Centre des CongrĂšs et sur le site internet de l’AcadĂ©mie :
www.academiemusicale-valdisere.com

LUNDI 31 JUILLET 2017
Église de Val d’Isùre à 21h
RĂ©cital les grands maĂźtres de la guitare
RĂ©mi Jousselme, guitare
Entrée Libre

DeuxiĂšme opus de la sĂ©rie de rĂ©citals de guitare dont le Festival est friand. AprĂšs JĂ©rĂ©my Jouve en ouverture des Cimes, le 24 juillet, voici RĂ©mi Jousselme, dans un programme de guitare classique et contemporaine. Du jeu de JĂ©rĂ©my Jouve, les critiques ont louĂ© entre autres l’intense raffinement et la rĂ©elle poĂ©sie.

Luys de Narvaez (1490-1547)
– Fantasia del quarto toño
– Variations Conde Claros
– Fantasia sobre Adieu mes amours
de Josquin
Fantasia del tercero toño

Josquin des Pres/Narvaez
Mille regretz

Jean Richafort/Narvaez
Je veulx laysser melancholie

Domenico Scarlatti (1685-1757)
Sonatas K208 & 322

Joaquin Turina (1882-1949)
RĂ faga

Toru Takemitsu (1930-1996)
– Wainscot Pond
– 3 Songs, arrangements Toru
Takemitsu :
– Over the rainbow / Harold Arlen
– Amours Perdues /Joseph Kosma
Summertime /Georges Gershwin

Francisco Tarrega (1852-1909)
Recuerdos de la Alhambra 4

MARDI 1er AOÛT 2017
Église de Val d’Isùre, 21h
Carte Blanche Ă  Ami Flammer
Sonates violon / piano
Ami Flammer, violon
Paisit Bon-Dansac, piano
Entrée libre
Autour de la Sonate Ă  Kreutzer

10 Ă©ditions, c’est 10 ans de rencontres… parmi elles, des artistes clĂ©s qui ont marquĂ© l’esprit et l’hisotire des Cimes, tant par leur tempĂ©rament artistique que leur charisme humain : un modĂšle pour bon nombre de jeunes artistes qui souhaitent progresser toujours et encore : ainsi Ami Flammer, violoniste, Ă©crivain et chef d’orchestre a su insuffler Ă  l’édition 2016 des Cimes, une ambiance de travail, de plaisir et de discipline comme rarement. Le 1er aoĂ»t 2017, le musicien joue la Sonate Ă  Kreutzer de Beethoven, autre temps fort du festival.
Master Classes en journée.

L.V.BEETHOVEN (1770-1827) : Sonate pour violon et piano nÂș 9 en La Majeur, op.47 dite «à Kreutzer»

1. Adagio sostenuto – Presto
2. Andante con Variazioni
- Variation I
- Variation II
- Variation III
- Variation IV
3. Presto
Suite du programme à découvrir sur place

beethoven 220 220px-BeethovenLa Kreutzer qui a inspirĂ© TolstoĂŻ (nouvelle Ă©ponyme Ă©ditĂ©e en 1891), demeure la plus cĂ©lĂšbre des sonates pour piano et violon de Beethoven, la plus longue, la plus dĂ©licate, et Ă  juste titre la plus populaire. C’est d’abord un Ă©pisode cadentiel, Adagio sostenuto, dominĂ© par de grands accords du violon auxquels rĂ©pond le piano, avant le lancement du thĂšme Ă©nergique Presto. ProfondĂ©ment dynamique, ce mouvement est marquĂ© par un emportement presque rageur et passionnĂ© que viennent accentuer les accords arrachĂ©s en pizzicati, les martĂšlements du piano, les points d’orgue. Suit le deuxiĂšme mouvement : Andante con variazioni, sur un long thĂšme poĂ©tique et serein, d’abord ornementĂ© par le piano puis par le violon dans les deux premiĂšres variations. AprĂšs le climat dramatique de la variation suivante, la derniĂšre
variation prĂ©sente ce thĂšme sous un nouvel Ă©clairage. Beethoven avait d’abord destinĂ© le Presto final Ă  la Sonate op. 30 no 1 avant de le reprendre pour celle-ci : un grand accord de la au piano inaugure ce mouvement nerveux et impĂ©tueux, aux rythmes bien marquĂ©s, oĂč les deux instruments mĂšnent une lutte incessante. Quatre mesures Adagio prĂ©cĂšdent une coda lumineuse et conquĂ©rante.

MERCREDI 2 AOÛT 2017
Église de Val d’Isùre, 21h
Concert et masterclasses
Entrée libre
Plusieurs artistes commenteront les oeuvres musicales travaillées par les académiciens et apporteront leurs conseils musicaux sur scÚne.

JEUDI 3 AOÛT 2017
Place de l’Office de Tourisme, 17h
Concert symphonique : Saint-Saëns, Mendelssohn
Concert avec l’Orchestre Symphonique de Douai-RĂ©gion Hauts de France

David Moreau, violon
Lisa Strauss, violoncelle
Jean-Jacques Kantorow, direction

Les CĂźmes cultivent l’ouverture et le partage : ainsi chaque Ă©tĂ©, un grand concert publique en plein air offre un bain symphonique Ă  tous les visiteurs dans la station. Devant l’Office de Tourisme, le concert propose deux oeuvres clĂ©s du rĂ©pertorie romantique, permettant Ă  deux jeunes solistes, confrontĂ©s au genre concertant, de dĂ©montrer leur musicalitĂ© et leur sensibilitĂ©. Le chef requis pour cette performance, Jean-Jacques Kantorow Ă©tait dĂ©jĂ  prĂ©sent en 2016, habile pilote d’un autre orchestre alors, le Symphonique de l’OpĂ©ra de Toulon. DurĂ©e : 50 mn – EntrĂ©e libre
Report au Centre de CongrÚs à 21h00 en cas de mauvaise météo

Saint-Saëns (1835-1921)
Concerto No.1 en la mineur, Op. 33 pour violoncelle
1.Allegro non troppo
2.Allegretto
3.Tempo primo

Felix Mendelssohn (1809-1847)
Concerto en mi mineur, Op. 64 pour violon
1.Allegro molto appassionato
2.Andante
3.Allegro molto vivace 

VENDREDI 4 AOÛT 2017
Lac de l’Ouillette, 14h
Concert symphonique en plein air
Orchestre Symphonique de Douai – RĂ©gion Hauts de France
Jean-Jacques Kantorow, direction
Paul Serri, violon
DurĂ©e : 50 mn – accĂšs libre

Le Festival Les CĂźmes propose l’un des temps forts de sa programmation estivale, laquelle donne tous son sens Ă  l’évĂ©nement qui cultive le goĂ»t des sommets, en altitude comme en niveau musical. AprĂšs le dĂ©jeuner, place Ă  la musique, lors d’une performance concert en plein air, Ă  2600
mĂštres d’altitude. L’accĂšs se fait en tĂ©lĂ©siĂšge ou en voiture – annulĂ© en cas de mauvaises conditions mĂ©tĂ©orologiques. Au programme :

L.W. Beethoven (1770-1827)
Concerto pour violon en ré majeur op. 61
1er Mvt : Allegro ma non troppo
2Ăšme Mvt : Larghetto
3Ăšme Mvt : Rondo allegro

VENDREDI 4 AOÛT 2017
Auditorium du Centre des congrĂšs, 21h
Concert / Soirée «  Concerto »

Orchestre Symphonique de Douai – RĂ©gion Hauts de France
Jean-Jacques Kantorow, direction
John Gade, piano
David Moreau, violon
Entrée libre.
En journée, masterclasses

W. A. Mozart (1756-1791) :
Concerto No. 20 en ré mineur K466 pour piano
1er Mvt : Allegro
2Ăšme Mvt : Romanze
3Ăšme Mvt : Rondeau: Allegro assai
John Gade, piano

Felix Mendelssohn (1809-1847)
Concerto en mi mineur, Op. 64 pour violon
1er Mvt : Allegro molto appassionato
2Ăšme Mvt : Andante
3Ăšme Mvt : Allegro molto vivace
David Moreau, violon

SAMEDI 5 AOÛT 2017
Auditorium du Centre des congrĂšs, 21h
Concert – « SoirĂ©e prestige »
Orchestre Symphonique de Douai – RĂ©gion Hauts de France
Jean-Jacques Kantorow, direction
Delphine Haidan, mezzo-soprano
Romane Oren, piano
Paul Serri, violon

EntrĂ©e libre – En journĂ©e, master classes

Pour chaque fin de session, Les Cimes proposent chaque Ă©tĂ©, une conclusion en apothĂ©ose, oĂč brille la grĂące juvĂ©nile de ses jeunes acadĂ©miciens invitĂ©s Ă  jouer avec l’orchestre prĂ©sent. Pour cette soirĂ©e exceptionnelle, l’Orchestre Symphonique de Douai et les solistes – chanteuse aguerrie et jeunes instrumentistes virtuoses, sous la baguette de Jean-Jacques Kantorow, jouent un programme ambitieux et subtil, de surcroĂźt en accĂšs libre, associant la facĂ©tie concertante de Haydn, le feu beethovĂ©nien et la grĂące mozartienne : grand bain symphonique, air d’opĂ©ra et mĂ©lodie romantique française y rivalisent de profondeur et d’élĂ©gance, de gravitĂ© et de sensibilitĂ©. Chanteuse, instrumentistes, orchestre
 tous les ingrĂ©dients sont Ă  nouveau rĂ©unis pour captiver le public de l’Auditorium.

Joseph Haydn (1732-1809)
Concerto en ré majeur, Hob. XVIII
No. 11 :
3ùme Mvt : Rondo all’ungarese,
allegro assai
Romane Oren, piano

L.W. Beethoven (1770-1827)
Concerto pour violon
en ré majeur op. 61
1er Mvt : Allegro ma non troppo
2Ăšme Mvt : Larghetto
3Ăšme Mvt : Rondo allegro
Paul Serri, violon

W. A. Mozart (1756-1791) :
Airs de concert :
Vado, ma dove?, K.583

Hector Berlioz (1803-1869) :
Les nuits d’étĂ©, Op. 7,
Le spectre de la rose
Delphine Haidan, mezzo-soprano

Orchestre Symphonique de Douai – RĂ©gion Hauts de France
Jean-Jacques Kantorow, direction

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Toutes les infos, les modalitĂ©s de rĂ©servation sur le site des Cimes Ă  Val d’IsĂšre, Festival & AcadĂ©mie 2017

VIDEO : DECOUVRIR L’EDITION 2016 du Festival LES CIMES Ă  Val d’IsĂšre

festival-les-cimes-2016-reportage-video-exclusif-par-classiquenews

VOSGES du sud : Dernier Week end JS BACH au Festival Musique & MĂ©moire

alia MensVOSGES DU SUD. JS BACH Ă  Musique & MĂ©moire, 27-30 juillet 2017. Le dernier week end du festival MUSIQUE & MEMOIRE dans les Vosges du Sud promet d’ĂȘtre particuliĂšrement passionnant, dĂ©fendu par un rĂ©cent ensemble dĂ©diĂ© Ă  l’éloquence irrĂ©sistible de JS BACH : Alia Mens. Le collectif pilotĂ© par le claveciniste Olivier Spilmont rĂ©alise pour Musique & MĂ©moire, une rĂ©sidence de 3 annĂ©es (principe familier Ă  prĂ©sent du Festival en Haute-SaĂŽne). A partir du jeudi 27 juillet et jusqu’au dimanche 30 juillet, soit Ă  travers 4 concerts nouveaux, l’ensemble sur instruments d’époque approfondit ainsi Ă  l’invitation du festival dirigĂ© par Fabrice Creux, sa propre lecture de Jean-SĂ©bastien Bach, dans le registre profane (Concertos Brandebourgeois n°1, 2 et 3, 
) et sacrĂ© (Cantates). Olivier Spilmont a rĂ©cemment publier chez Paraty, un excellent disque intitulĂ© «  la citĂ© cĂ©leste » regroupant 3 cantates de JS BACH parmi les plus bouleversante jamais enregistrĂ©es (en cela aussi intĂ©ressantes que celles enregistrĂ©es par l’ensemble belge Vox Luminis, autre collectif rĂ©guliĂšrement invitĂ© par Musique & MĂ©moire). A Saint-BarthĂ©lĂ©my, HĂ©ricourt, puis Luxeuil les Bains (au pied du sublime buffet d’orgue XVIIĂš de la Basilique Saint-Pierre), Alia Mens joue Sonates, Partita, Concertos pour clavecin, pour violon, mais aussi plusieurs cantates assemblĂ©es en programmes d’une indiscutable cohĂ©rence.
spilmont olivier alia mens copyright PA POINSIGNONMusique & MĂ©moire crĂ©Ă©e l’évĂ©nement Ă  l’étĂ© 2017, en permettant Ă  un jeune ensemble en rĂ©sidence, d’approfondir encore et encore, sa comprĂ©hension exceptionnelle de Jean-SĂ©bastien Bach. L’offre musicale est l’une des plus essentielles Ă  suivre s’agissant de l’interprĂ©tation la plus fine de la musique du Directeur de la musique Ă  Leipzig.

Le cycle dĂ©fendu dans les Vosges du sud par Alia Mens s’intitule « BACH, LE VOYAGE DU RUISSEAU  », soit 4 programmes en crĂ©ation prĂ©sentĂ©s dans le cadre du festival Musique & MĂ©moire, dans les Vosges du Sud.

 

 

 

Les 27, 28, 29 et 30 juillet 2017
Programme complet
des 4 concerts JS BACH
Ă  Musique et MĂ©moire :

 

 

 

Jeudi 27 juillet, 21 h
Eglise de Saint-Barthélemy
Pour la rĂ©crĂ©ation de l’esprit…
Sonate en si mineur pour violon et clavecin obligé BWV 1014
Partita n° 1 en si mineur pour violon seul BWV 1002
Sonate en fa mineur pour violon et clavecin oblige BWV 1018

Alia Mens
Stéphanie Paulet, violon
Olivier Spilmont, clavecin

 

 

 

Vendredi 28 juillet, 21 h
Eglise luthĂ©rienne d’HĂ©ricourt
Musica Poetica
Concerto pour clavecin en do mineur BWV 1060
Concerto pour violon en mi majeur BWV 1042
Cantate profane Weichet nur, betrĂŒbte Schatten BWV 202, 1718 (soprano solo)

Alia Mens
Jenny Högström, soprano
Laura Duthuillé, hautbois
Stéphanie Paulet, violon
Stéphan Dudermel, violon
Fiona Emilie Poupard, violon
Simon Heyerick, alto
JĂ©rĂŽme Vidaller, violoncelle
Christian Staude, contrebasse
Eulalie Poinsignon, clavecin
Olivier Spilmont, clavecin et direction

 

 

 

Samedi 29 juillet, 21 h
Basilique Saint-Pierre de Luxeuil-les-Bains
Soli Deo Gloria
Un office pour l’anniversaire de la RĂ©forme
Kyrie et Gloria – Missa brevis BWV 233
Cantate Mit Fried und Freud BWV 125, 1725 (pour la fĂȘte de la Purification)
Cantate Ein’ feste Burg ist unser Gott BWV 80, 1724 (pour la fĂȘte de la RĂ©forme)
Cum Sancto Spiritu – Missa brevis BWV 233

Alia Mens
Jenny Högström, soprano
Marie Frédérique Girod, soprano
CĂ©cile Achille, soprano
Pascal Bertin, alto
Damien Ferrante, alto
AnaĂźs Bertrand, alto
Dàvid Szigetvàri, ténor
Stéphen Collardelle, ténor
Pierre Perny, ténor
Victor Sicard, basse
Geoffroy BuffiĂšre, basse
René Ramos Premier, basse
Stéphanie Paulet, premier violo,
Fiona Emilie Poupard, violon
Varoujan Doneyan, violon
Stephan Dudermel, second violon
Benjamin Lescoat, violon
Simon Heyerick, alto
Myriam Mahnane, alto
JĂ©rĂŽme Vidaller, violoncelle
Ronan Kernoa, violoncelle
Christian Staude, contrebasse
Niels Coppalle, basson
Anna Besson, traverso
Laura Duthuillé, hautbois
Vincent Blanchard, hautbois
Nathalie Petibon, hautbois
Jeroen Billiet, cor
Yannick Maillet, cor
Eulalie Poinsignon, orgue positif
Olivier Spilmont, direction

 

 

 

Dimanche 30 juillet, 21 h
Basilique Saint-Pierre de Luxeuil-les-Bains
Collegium musicum II
Concerto Brandebourgeois n°1 en fa majeur BWV 1046
Concerto pour 2 violons en ré mineur BWV 1043
Concerto Brandebourgeois n°3 en sol majeur BWV 1048

Alia Mens
Stéphanie Paulet, premier violon et violon piccolo
Stéphan Dudermel, violon
Fiona Emilie Poupard, violon
Varoujan Doneyan, violon
Benjamin Lescoat , violon
Simon Heyerick, alto
Myriam Mahnane, alto
JĂ©rĂŽme Vidaller, violoncelle
Ronan Kernoa, violoncelle
Nils de Dinechin, violoncelle
Christian Staude, contrebasse
Niels Coppalle, basson
Vincent Blanchard, hautbois
Laura Duthuillé, hautbois
Nathalie Petibon, hautbois
Jeroen Billiet, cor
Yannick Maillet, cor
Eulalie Poinsignon, orgue positif et clavecin
Olivier Spilmont, clavecin et direction

 

 

 

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LIRE aussi notre prĂ©sentation complĂšte du Festival MUSIQUE & MEMOIRE 2017 : les 3 week ends d’un voyage musical et artistique parmi les plus captivants de l’étĂ© 2017

LIRE la critique complĂšte du cd La CitĂ© CĂ©leste / Cantates de Weimar de Jean-SĂ©bastien BACH par Alia Mens, Olivier Spilmont (enregistrement de septembre 2016), CLIC de CLASSIQUENEWS du printemps 2017 (mai 2017) / et aussi notre entretien exclusif d’Olivier Spilmont Ă  propos des cantates de JS Bach

 

 

 

 

Festival MUSIQUE ET MEMOIRE dans les Vosges du SudVISITER le site du festival MUSIQUE & MEMOIRE, Ă©dition 2017 :

http://www.musetmemoire.com/article.php?id=334

 

 

 

VAL D’ISERE, Festival LES CIMES jusqu’au 6 aoĂ»t 2017

cimes-festival-2017-val-d-isere-les-cimes-festival-et-academie-presentation-annonce-sur-classiquenewsVAL D’ISERE, Festival LES CIMES jusqu’au 6 aoĂ»t 2017. DĂšs le 24 juillet 2017, Les Cimes Ă  Val d’IsĂšre, Ă  la fois Festival et AcadĂ©mie, offre master classes et concerts, permettant aux jeunes instrumentistes acadĂ©miciens de se perfectionner la journĂ©e, aux festivaliers de suivre leurs avancĂ©es Ă  l’occasion de concerts donnĂ©s le soir ou en aprĂšs midi, Ă  l’église ou Ă  l’Auditorium du Palais des CongrĂšs de Val d’IsĂšre
 FidĂšle Ă  sa mission de transmission et de pĂ©dagogie, le festival Les CĂźmes ose stimuler toujours plus loin les capacitĂ©s de ses jeunes Ă©lĂšves instrumentistes. Les cours et master classes sont complĂ©tĂ©s par des concerts publiques. La prĂ©sence d’un orchestre permet surtout aux plus douĂ©s de se confronter Ă  l’expĂ©rience orchestrale et concertante, 
 jalon dĂ©cisif dans la carriĂšre d’un jeune soliste.
Dans la station, tous les jours, le festivalier peut suivre Ă  l’église et Ă  l’auditorium du Palais des CongrĂšs de Val d’IsĂšre, les progrĂšs des jeuness musiciens
 au piano, au violon, Ă  la contrebasse, au chant. Plusieurs temps forts cette annĂ©e soulignent les bĂ©nĂ©fices de cet apprentissage sans Ă©quivalent pendant l’étĂ© : Ă  ne pas manquer par exemple : les concerts de musique de chambre (Sonates violon et piano : « Le Printemps » et « Kreutzer » de Beethoven, Ă  l’église de Val d’IsĂšre, les 27 juillet puis 1er aoĂ»t 2017 – carte blanche au violoniste Ami Flammer-, Ă  21h – sommet de l’écriture intĂ©rieure, allusive, chambriste
) ; mais aussi les rĂ©citals de guitare de JĂ©rĂ©my Jouve le 24 juillet, et de RĂ©mi Jousselme, le 31 juillet.

Les derniers rendez-vous du Festival, – prĂ©cisĂ©ment du 3 au 5 aoĂ»t, sont tout autant passionnants et prometteurs (tous en accĂšs libre pour les estivants sĂ©journant Ă  Val d’IsĂšre) : ainsi dĂšs le jeudi 3 aoĂ»t, place de l’Office de Tourisme, Ă  17h, Concert symphonique (Saint-SaĂ«ns, Mendelssohn), le 4 aoĂ»t (performance orchestrale au lac de l’Ouillette, Ă  14h (concert symphonique en plein air Ă  2600 m d’altitude dans un environnement d’une beautĂ© Ă  couper le souffle), enfin les soirs des 4 et 5 aoĂ»t, immersion symphonique et concertante (21h) au palais des CongrĂšs grĂące Ă  la participation de l’orchestre prĂ©sent cet Ă©tĂ© Ă  Val d’IsĂšre : l‘Orchestre Symphonique de Douai-RĂ©gion Hauts de France, dirigĂ© par le chef Jean-Jacques Kantorow (dĂ©jĂ  prĂ©sent avec le violoniste Ami Flammer Ă  l’étĂ© 2016). En programmant perles de la musique de chambre romantique et grandes oeuvres du rĂ©pertoire symphonique, le festival Les CĂźmes cultive ce goĂ»t de la qualitĂ© et du partage qui font chaque Ă©tĂ©, l’intĂ©rĂȘt d’un cycle de concerts et de performances Ă  ne manquer sous aucun prĂ©texte. La nature, la montagne, la musique composent ainsi Ă  Val d’IsĂšre, un cocktail dĂ©tonnant, particuliĂšrement attractif. Un must Ă  vivre l’étĂ© sur les cĂźmes alpines. Ecoutez, respirez, vous ĂȘtes aux sommets.

Programme Les Cimes 2017
Val d’Isùre
Eglise, Auditorium

LUNDI 24 JUILLET 2017
Église de Val d’Isùre, 21h
Récital « les grands maßtres de la guitare »
Jérémy Jouve, guitare
Entrée libre
Master Classes en journée

DĂ©jĂ  prĂ©sent aux Cimes, le guitariste JĂ©rĂ©my Jouve joue Joaquin Rodrigo, grand maĂźtre de la musique espagnole du 20Ăšme siĂšcle, l’italien Mario Castelnuovo-tedesco dans un hommage virtuose Ă  Paganini, enfin Mathias Duplessy
 soit un programme idĂ©al pour l’acoustique de l’église de Val d’IsĂšre.

Mathias Duplessy (1972)
Nocturne n°1
Cavalcade

Joaquin Rodrigo (1901-1999)
Junto al Generalife
Sonata Giocosa

Mario Castelnuovo-Tedesco (1895-1968)
Capriccio diabolico «Omaggio a Paganini» op 85

Mathias Duplessy (1972)
Oulan Bator

MARDI 25 JUILLET 2017
Église de Val d’Isùre, 21h
Concert « Carte Blanche aux artistes »
Autour du Violon et Piano

Joanna MATKOWSKA, violon
Paisit BON-DANSAC, piano
Entrée libre
Master Classes en journée

L’AcadĂ©mie est un lieu de rencontre oĂč se cĂŽtoient artistes de renom et nouvelle gĂ©nĂ©ration d’instrumentistes parmi les plus talentueux
 Le concert rĂ©unit la professeure et violoniste Joanna Matkowska, artiste et le jeune pianiste Paisit Bon-Dansac, dĂ©jĂ  remarquĂ© l’annĂ©e derniĂšre aux Cimes pour son interprĂ©tation du 1er Concerto de Beethoven. Le Festival sait accorder les sensibilitĂ©s : les deux artistes ont Carte Blanche pour faire dĂ©couvrir au public leurs univers musicaux Ă  deux voix


MERCREDI 26 JUILLET 2017
Église de Val d’Isùre
CONCERT
Master Classes en journée
Entrée libre

JEUDI 27 JUILLET 2017
Église de Val d’Isùre, 21h

Concert Sonates piano et violon
Philip Bride, violon
Erik Berchot, piano
Entrée libre / Masterclasses en journée

L.V. BEETHOVEN (1770-1827)
Sonate Nr.5 Opus 24 en fa majeur dite «Le Printemps»
1.Allegro
2.Adagio molto espressivo
3.Scherzo «Allegro molto»
4.Allegro ma non troppo

F. CHOPIN (1810-1849)
Andante Spianato et Grande Polonaise Opus 22
en mi b majeur

J. BRAHMS (1833-1897)
Sonate Nr.3 Opus 108 en ré mineur
1.Allegro
2.Adagio
3.Un poco presto e con sentimento
4.Presto agitato

Chaque annĂ©e, le Festival des Cimes accueille Philip Bride et Erik Berchot dans l’interprĂ©tation de partitions majeures de la musique de chambre : au programme cette annĂ©e pour la dĂ©lectation des festivaliers et aussi pour stimuler les jeunes instrumentistes acadĂ©miciens :

Beethoven_Hornemann-500-carreL.V. BEETHOVEN (1770-1827) : Sonate Nr.5, opus 24 en fa majeur dite «Le Printemps».  La Sonate dite « Le Printemps » est la plus populaire des sonates pour violon et piano du compositeur avec la Sonate Ă  Kreutzer mais Ă©galement l’une de ses oeuvres les plus poĂ©tiques. Le mouvement initial est un dĂ©licieux Allegro dont le premier thĂšme, Ă  la fois tranquille et doux, est chanté tour a  tour par le violon et par le piano, avant de s’opposer Ă  un second thĂšme rythmiquement plus vigoureux.
L’Adagio molto espressivo expose une idĂ©e trĂšs lyrique dont l’esprit Ă©voque Mozart et qui s’enrichit Ă  chacune de ses reprises, puis un bref scherzo plein d’impatience s’engage sur l’unisson des deux instruments et encadre un trio conçu comme une parenthĂšse. C’est chez Mozart, encore, que Beethoven a puisĂ© le thĂšme du rondo Allegro ma non troppo : il s’est en effet inspirĂ© d’un motif prĂ©sent Ă  la fin de l’air de Vitellia : « Non piu  di fiori vaghe catene », air capital et de mĂ©tamorphose, Ă  l’acte II de La ClĂ©mence de Titus, hommage d’un jeune musicien a  son illustre aĂźnĂ©. Il le traite avec la mĂȘme grĂące et la mĂȘme spontanĂ©itĂ© que le motif principal du mouvement initial, justifiant ainsi, le sous-titre apocryphe de sonate du « Printemps », attribuĂ© à la partition, aprĂšs la mort de Beethoven.

chopin_arte_200-ans_soiree_speciale_television_arte-Frederic_ChopinF. CHOPIN (1810-1849) : Andante Spianato et Grande Polonaise, opus 22 en mi b majeur
Chopin a vingt ans. DĂ©jĂ  fort apprĂ©ciĂ© comme virtuose, il Ă©crit sa Grande Polonaise brillante qu’il fera prĂ©cĂ©der, cinq ans plus tard, d’un Andante Spianato. Sous les traits enrubannĂ©s se rĂ©vĂšle l’admirateur de l’opĂ©ra italien. L’Andante rĂȘveur contraste avec la Polonaise pĂ©tulante.» Souvent Chopin a jouĂ© cette Ɠuvre irrĂ©sistible en ouverture pour s’assurer l’enthousiasme fascinĂ© de son auditoire. Loin des accents trĂ©pidants et virtuoses des autres phĂ©nomĂšnes au clavier, Chopin innove dans l’Andante spianato qui exige une dextĂ©ritĂ© digitale articulĂ©e et flexible (le fameux « toucher chantant »), dĂ©voilant la profondeur sous l’apparente simplicitĂ© du chant pianistique.

J.BRAHMS (1833-1897) : Sonate Nr.3, opus 108 en ré mineur
Brahms johannes-brahms-1327943834-view-0ComposĂ© pendant le dernier Ă©tĂ© passĂ© au lac de Thoune, en 1888, la Sonate n°3, se dĂ©marque des deux prĂ©cĂ©dentes par un ton nouveau, plus introspectif, moins passionnĂ© et dĂ©monstratif, moins directement inspirĂ© par la Nature mais plus concernĂ©e par la vie intĂ©rieure. Ainsi le ton de la rĂȘverie et du songe intime traverse et porte tout le mouvement lent (2Ăš mouvement). Le dernier mouvement (3Ăš) est plus imprĂ©visible et fantasque, Ă  la fois animĂ© et parodique.

VENDREDI 28 et SAMEDI 29 JUILLET 2017
Eglise de Val d’Isùre à 21h
Concerts des Académiciens
Entrée libre
À partir de 14h jusqu’à 18h30
À l’issue des classes de perfectionnement, les AcadĂ©miciens se produisent en journĂ©e et en soirĂ©e, Ă  l’église et Ă  l’auditorium du Centre des congrĂšs. C’est donc l’aboutissement d’une pleine semaine de travail et d’approfondissement menĂ©s lors des nombreuses masterclasses. Mise Ă  disposition des programmes les 28 et 29 juillet au matin Ă  l’Office de Tourisme, au Centre des CongrĂšs et sur le site internet de l’AcadĂ©mie :
www.academiemusicale-valdisere.com

LUNDI 31 JUILLET 2017
Église de Val d’Isùre à 21h
RĂ©cital les grands maĂźtres de la guitare
RĂ©mi Jousselme, guitare
Entrée Libre

DeuxiĂšme opus de la sĂ©rie de rĂ©citals de guitare dont le Festival est friand. AprĂšs JĂ©rĂ©my Jouve en ouverture des Cimes, le 24 juillet, voici RĂ©mi Jousselme, dans un programme de guitare classique et contemporaine. Du jeu de JĂ©rĂ©my Jouve, les critiques ont louĂ© entre autres l’intense raffinement et la rĂ©elle poĂ©sie.

Luys de Narvaez (1490-1547)
– Fantasia del quarto toño
– Variations Conde Claros
– Fantasia sobre Adieu mes amours
de Josquin
Fantasia del tercero toño

Josquin des Pres/Narvaez
Mille regretz

Jean Richafort/Narvaez
Je veulx laysser melancholie

Domenico Scarlatti (1685-1757)
Sonatas K208 & 322

Joaquin Turina (1882-1949)
RĂ faga

Toru Takemitsu (1930-1996)
– Wainscot Pond
– 3 Songs, arrangements Toru
Takemitsu :
– Over the rainbow / Harold Arlen
– Amours Perdues /Joseph Kosma
Summertime /Georges Gershwin

Francisco Tarrega (1852-1909)
Recuerdos de la Alhambra 4

MARDI 1er AOÛT 2017
Église de Val d’Isùre, 21h
Carte Blanche Ă  Ami Flammer
Sonates violon / piano
Ami Flammer, violon
Paisit Bon-Dansac, piano
Entrée libre
Autour de la Sonate Ă  Kreutzer

10 Ă©ditions, c’est 10 ans de rencontres… parmi elles, des artistes clĂ©s qui ont marquĂ© l’esprit et l’hisotire des Cimes, tant par leur tempĂ©rament artistique que leur charisme humain : un modĂšle pour bon nombre de jeunes artistes qui souhaitent progresser toujours et encore : ainsi Ami Flammer, violoniste, Ă©crivain et chef d’orchestre a su insuffler Ă  l’édition 2016 des Cimes, une ambiance de travail, de plaisir et de discipline comme rarement. Le 1er aoĂ»t 2017, le musicien joue la Sonate Ă  Kreutzer de Beethoven, autre temps fort du festival.
Master Classes en journée.

L.V.BEETHOVEN (1770-1827) : Sonate pour violon et piano nÂș 9 en La Majeur, op.47 dite «à Kreutzer»

1. Adagio sostenuto – Presto
2. Andante con Variazioni
- Variation I
- Variation II
- Variation III
- Variation IV
3. Presto
Suite du programme à découvrir sur place

beethoven 220 220px-BeethovenLa Kreutzer qui a inspirĂ© TolstoĂŻ (nouvelle Ă©ponyme Ă©ditĂ©e en 1891), demeure la plus cĂ©lĂšbre des sonates pour piano et violon de Beethoven, la plus longue, la plus dĂ©licate, et Ă  juste titre la plus populaire. C’est d’abord un Ă©pisode cadentiel, Adagio sostenuto, dominĂ© par de grands accords du violon auxquels rĂ©pond le piano, avant le lancement du thĂšme Ă©nergique Presto. ProfondĂ©ment dynamique, ce mouvement est marquĂ© par un emportement presque rageur et passionnĂ© que viennent accentuer les accords arrachĂ©s en pizzicati, les martĂšlements du piano, les points d’orgue. Suit le deuxiĂšme mouvement : Andante con variazioni, sur un long thĂšme poĂ©tique et serein, d’abord ornementĂ© par le piano puis par le violon dans les deux premiĂšres variations. AprĂšs le climat dramatique de la variation suivante, la derniĂšre
variation prĂ©sente ce thĂšme sous un nouvel Ă©clairage. Beethoven avait d’abord destinĂ© le Presto final Ă  la Sonate op. 30 no 1 avant de le reprendre pour celle-ci : un grand accord de la au piano inaugure ce mouvement nerveux et impĂ©tueux, aux rythmes bien marquĂ©s, oĂč les deux instruments mĂšnent une lutte incessante. Quatre mesures Adagio prĂ©cĂšdent une coda lumineuse et conquĂ©rante.

MERCREDI 2 AOÛT 2017
Église de Val d’Isùre, 21h
Concert et masterclasses
Entrée libre
Plusieurs artistes commenteront les oeuvres musicales travaillées par les académiciens et apporteront leurs conseils musicaux sur scÚne.

JEUDI 3 AOÛT 2017
Place de l’Office de Tourisme, 17h
Concert symphonique : Saint-Saëns, Mendelssohn
Concert avec l’Orchestre Symphonique de Douai-RĂ©gion Hauts de France

David Moreau, violon
Lisa Strauss, violoncelle
Jean-Jacques Kantorow, direction

Les CĂźmes cultivent l’ouverture et le partage : ainsi chaque Ă©tĂ©, un grand concert publique en plein air offre un bain symphonique Ă  tous les visiteurs dans la station. Devant l’Office de Tourisme, le concert propose deux oeuvres clĂ©s du rĂ©pertorie romantique, permettant Ă  deux jeunes solistes, confrontĂ©s au genre concertant, de dĂ©montrer leur musicalitĂ© et leur sensibilitĂ©. Le chef requis pour cette performance, Jean-Jacques Kantorow Ă©tait dĂ©jĂ  prĂ©sent en 2016, habile pilote d’un autre orchestre alors, le Symphonique de l’OpĂ©ra de Toulon. DurĂ©e : 50 mn – EntrĂ©e libre
Report au Centre de CongrÚs à 21h00 en cas de mauvaise météo

Saint-Saëns (1835-1921)
Concerto No.1 en la mineur, Op. 33 pour violoncelle
1.Allegro non troppo
2.Allegretto
3.Tempo primo

Felix Mendelssohn (1809-1847)
Concerto en mi mineur, Op. 64 pour violon
1.Allegro molto appassionato
2.Andante
3.Allegro molto vivace 

VENDREDI 4 AOÛT 2017
Lac de l’Ouillette, 14h
Concert symphonique en plein air
Orchestre Symphonique de Douai – RĂ©gion Hauts de France
Jean-Jacques Kantorow, direction
Paul Serri, violon
DurĂ©e : 50 mn – accĂšs libre

Le Festival Les CĂźmes propose l’un des temps forts de sa programmation estivale, laquelle donne tous son sens Ă  l’évĂ©nement qui cultive le goĂ»t des sommets, en altitude comme en niveau musical. AprĂšs le dĂ©jeuner, place Ă  la musique, lors d’une performance concert en plein air, Ă  2600
mĂštres d’altitude. L’accĂšs se fait en tĂ©lĂ©siĂšge ou en voiture – annulĂ© en cas de mauvaises conditions mĂ©tĂ©orologiques. Au programme :

L.W. Beethoven (1770-1827)
Concerto pour violon en ré majeur op. 61
1er Mvt : Allegro ma non troppo
2Ăšme Mvt : Larghetto
3Ăšme Mvt : Rondo allegro

VENDREDI 4 AOÛT 2017
Auditorium du Centre des congrĂšs, 21h
Concert / Soirée «  Concerto »

Orchestre Symphonique de Douai – RĂ©gion Hauts de France
Jean-Jacques Kantorow, direction
John Gade, piano
David Moreau, violon
Entrée libre.
En journée, masterclasses

W. A. Mozart (1756-1791) :
Concerto No. 20 en ré mineur K466 pour piano
1er Mvt : Allegro
2Ăšme Mvt : Romanze
3Ăšme Mvt : Rondeau: Allegro assai
John Gade, piano

Felix Mendelssohn (1809-1847)
Concerto en mi mineur, Op. 64 pour violon
1er Mvt : Allegro molto appassionato
2Ăšme Mvt : Andante
3Ăšme Mvt : Allegro molto vivace
David Moreau, violon

SAMEDI 5 AOÛT 2017
Auditorium du Centre des congrĂšs, 21h
Concert – « SoirĂ©e prestige »
Orchestre Symphonique de Douai – RĂ©gion Hauts de France
Jean-Jacques Kantorow, direction
Delphine Haidan, mezzo-soprano
Romane Oren, piano
Paul Serri, violon

EntrĂ©e libre – En journĂ©e, master classes

Pour chaque fin de session, Les Cimes proposent chaque Ă©tĂ©, une conclusion en apothĂ©ose, oĂč brille la grĂące juvĂ©nile de ses jeunes acadĂ©miciens invitĂ©s Ă  jouer avec l’orchestre prĂ©sent. Pour cette soirĂ©e exceptionnelle, l’Orchestre Symphonique de Douai et les solistes – chanteuse aguerrie et jeunes instrumentistes virtuoses, sous la baguette de Jean-Jacques Kantorow, jouent un programme ambitieux et subtil, de surcroĂźt en accĂšs libre, associant la facĂ©tie concertante de Haydn, le feu beethovĂ©nien et la grĂące mozartienne : grand bain symphonique, air d’opĂ©ra et mĂ©lodie romantique française y rivalisent de profondeur et d’élĂ©gance, de gravitĂ© et de sensibilitĂ©. Chanteuse, instrumentistes, orchestre
 tous les ingrĂ©dients sont Ă  nouveau rĂ©unis pour captiver le public de l’Auditorium.

Joseph Haydn (1732-1809)
Concerto en ré majeur, Hob. XVIII
No. 11 :
3ùme Mvt : Rondo all’ungarese,
allegro assai
Romane Oren, piano

L.W. Beethoven (1770-1827)
Concerto pour violon
en ré majeur op. 61
1er Mvt : Allegro ma non troppo
2Ăšme Mvt : Larghetto
3Ăšme Mvt : Rondo allegro
Paul Serri, violon

W. A. Mozart (1756-1791) :
Airs de concert :
Vado, ma dove?, K.583

Hector Berlioz (1803-1869) :
Les nuits d’étĂ©, Op. 7,
Le spectre de la rose
Delphine Haidan, mezzo-soprano

Orchestre Symphonique de Douai – RĂ©gion Hauts de France
Jean-Jacques Kantorow, direction

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Toutes les infos, les modalitĂ©s de rĂ©servation sur le site des Cimes Ă  Val d’IsĂšre, Festival & AcadĂ©mie 2017

VIDEO : DECOUVRIR L’EDITION 2016 du Festival LES CIMES Ă  Val d’IsĂšre

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ENTRETIEN avec Jean-Pierre Wiart (Les Musicales de Cambrai 2017)

cambrai-festival-pave-publicitaire-12-juillet-2017ENTRETIEN avec Jean-Pierre Wiart (Les Musicales de Cambrai 2017). Le Festival de Cambrai est l’un des rares Ă©vĂ©nements de musique classique qui a trouvĂ© une place idĂ©ale dans la ville oĂč il se dĂ©roule. A Cambrai, les festivaliers peuvent retrouver les concerts de musique de chambre au ThĂ©Ăątre et dans diffĂ©rents lieux, Ă  prĂ©sent emblĂ©matiques. En jouant la carte de l’éclectisme et de la diversitĂ©, il s’agit aussi de sĂ©duire le plus vaste public possible, dont tous ceux qui dans leur vie quotidienne n’ont que trĂšs peu d’occasions d’écouter du classique. Le temps du Festival est donc un rare et exceptionnel moment de partage et de rencontres, vĂ©cu par de trĂšs nombreux CambrĂ©siens. Entretien avec Jean-Pierre Wiart, directeur artistique, dont le souci de l’humain et les conditions d’un vrai partage, s’accordent avec l’expĂ©rience musicale pour tous.

 

 

 

Comment se déroule le festival ?

wiart-jean-pierre-musicales-de-cambrai-entretien-par-CLASSIQUENEWS,-les-musicales-de-Cambrai-2017Le festival se tient principalement au ThĂ©Ăątre de Cambrai mais aussi Ă  l’église Saint-GĂ©ry et au musĂ©e de Cambrai ainsi que celui de Caudry, le MusĂ©e Matisse. Outre la diffusion de la Musique, nous souhaitons mettre en valeur le patrimoine et permettre l’accessibilitĂ© des lieux culturels autres que ceux dĂ©diĂ©s ” habituellement ” Ă  la musique.
Une attention toute particuliĂšre est menĂ©e envers les publics ayant peu ou pas accĂšs Ă  la culture ; nous avons donc organisĂ© durant l’annĂ©e des rencontres solidaires pour mettre en lien direct, les musiciens avec ce type de public dit ” empĂȘchĂ©”. Ce public peut venir gratuitement Ă  un concert du Festival pour prolonger ces Ă©motions souvent nouvelles car mĂ©connues.

 

 

 

Quels sont les critÚres artistiques qui assurent à la programmation sa cohérence et sa singularité ?

Rendre la programmation la plus Ă©clectique est d’abord la condition essentielle car il faut rĂ©pondre aux diffĂ©rents goĂ»ts du public, sans oublier bien sĂ»r, les envies des artistes ! Des artistes heureux font un public conquis et dĂ©sireux d’en voir plus. Les bords de scĂšne sont Ă©galement un moment trĂšs apprĂ©ciĂ© : il y a un Ă©change direct entre musiciens et spectateurs. Cette initiative montre que les rencontres humaines garantissent un succĂšs musical.
En mĂȘme temps, j’ai essayĂ© de varier au maximum les ensembles, 
 que l’amoureux du piano dĂ©couvre un quintette Ă  vent et vice et versa . Il faut aussi oser, il faut parfois avoir le courage de proposer des Ɠuvres mĂ©connues ou des instruments souvent oubliĂ©s : je pense au bandonĂ©on qui va mĂȘler sa tessiture Ă  la guitare, une rencontre trĂšs attendue du public !

 

 

 

Quels sont les 3/4 temps forts de l’édition 2017 ?

Il est difficile de choisir des temps forts car Ă©videmment, tous sont pour moi importants. Cependant, la venue de merveilleux artistes tels que Karine Deshayes, Dephine Haidan, Francois Chaplin, Pierre Genisson, le quatuor Modigliani, ou encore la rencontre de deux personnalitĂ©s remarquables que sont le guitariste Emmanuel Rosfelder et le bandĂ©oniste Victor Villena sont un signe que le festival ” les Musicales ” de Cambrai est gage de qualitĂ©. Leur prĂ©sence nous inscrit dĂ©jĂ  parmi les rendez-vous estivaux Ă  ne pas manquer.
Cependant, il serait peu convenable de ne pas nommer les autres artistes, tous trĂšs talentueux et aux carriĂšres internationales simplement incroyables, c’est la somme de tous qui crĂ©e la richesse humaine et musicale. Et tous sont unanimes, les lieux oĂč rĂ©sonnent les concerts sont exceptionnels et il est vrai que la ville de Cambrai sait accueillir ces artistes de qualitĂ© : dans la dĂ©couverte d’une ville au patrimoine trĂšs important, Ă  la gastronomie locale, tous, sans exception, sont charmĂ©s par notre territoire.

 

 

 

Quelle est l’expĂ©rience que vit le festivalier Ă  chaque Ă©dition ?

Notre objectif est que le festivalier vive un moment ” hors du temps”. Que l’espace d’une soirĂ©e il oublie le quotidien . La Musique est un voyage, et les artistes prĂ©sents au festival nous embarquent dans leur univers, leur jeu musical
 Alors oui, bien Ă©videmment, les Rencontres musicales sont importantes mais comme je l’ai souvent dit la rencontre humaine est fondamentale 
 Si les artistes acceptent et se donnent au-delĂ  de la musique au rendez-vous peu conventionnel des « bords de scĂšne », c’est qu’ils ont compris la dĂ©marche du directeur artistique que je suis.
Musicien moi-mĂȘme je sais combien il est difficile de mettre des mots sur une Ă©motion musicale et les Ă©changes qui dĂ©coulent sont parfois surprenants, les questions Ă©tant souvent trĂšs prĂ©cises voire personnelles ! Mais ce qui est manifeste, c’est que le public reste Ă  l’issue de chaque concert, dĂ©sireux d’en apprendre plus 
 Une chose est certaine, la bienveillance est de part et d’autre, et dans le monde actuel, cela fait tout simplement du bien. N’est-ce pas lĂ  l’essentiel du partage ?

 

Propos recueillis en juillet 2017.

 

 

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Les Musicales de Cambrai, au ThĂ©Ăątre de Cambrai – Festival majeur du 4 au 12 juillet 2017. Toutes les infos et les modalitĂ©s de rĂ©servation sur le site des MUSICALES DE CAMBRAI 2017. 

 

 

cambrai-festival-musicales-de-cambrai-juillet-2017-presentation-par-classiquenewsEn juillet 2017, les dĂ©lices de Cambrai ont une saveur irrĂ©sistiblement 
 musicale. Au cƓur du dĂ©partement du Nord, Le Festival Les Musicales entend offrir au plus large public cambrĂ©sien, la passion de la musique classique en croisant l’expĂ©rience du concert avec quelques donnĂ©es clĂ©s : beautĂ© des sites qui accueillent les Ă©vĂ©nements, dĂ©voilement de jeunes talents, diversitĂ© de l’offre musicale quant aux formes, aux rĂ©pertoires, aux alliances et combinaisons de timbres. A partir du 4 et jusqu’au 12 juillet 2017, Cambrai propose un Ă©tĂ© musical, soit 9 soirĂ©es dans divers lieux de la ville : thĂ©Ăątre, Ă©glise Saint-GĂ©ry, musĂ©es (musĂ©e des beaux-arts, musĂ©e dĂ©partemental Matisse)
 A Cambrai plus qu’ailleurs, l’amour de la musique classique cultive le goĂ»t du partage, autour d’une langue universelle, celle du cƓur.

 

 

 

 

 

Coffret événement, annonce. SEIJI OZAWA : The complete RCA recordings (6 cd RCA Red Seal / Sony classical)

OZAWA-seiji-rca-complete-recordings-6-cd-review-cd-critique-par-classiquenews-homepage582Coffret Ă©vĂ©nement, annonce. SEIJI OZAWA : The complete RCA recordings (6cd RCA Red Seal / Sony classical). Directeur musical du Symphonique de Chicago (Chicago Symphony Orchestra), Seija Ozawa dĂ©livre au cours des annĂ©es 1960, l’essence de son art de maestro Ă©lectrique, intĂ©rieur, hallucinĂ©. Voici 6 cd qui de 1965 Ă  1969 ressuscite la maĂźtrise convaincante du chef trentenaire, en particulier dans le cadre du festival de Ravinia qui lui permet d’enregistrer pour RCA, nombre d’opus majeurs de Beethoven (Symphonie n°5), Stravinsky (Le Sacre du printemps, Chicago, 1968), Moussorgski (sublimes et presque terrifiants Tableaux d’une exposition de 1867) Ă  Schoenberg (Concerto pour piano, Fantaisie pour violon 
 – Peter Serkin, piano), Tchaikovsky (Symphonie n°5) et Bartok (Concertos pour piano n°1 &3 – Peter Serkin, piano, 1965-1966)
 sans omettre Schubert (Symphonie n°8) ou Britten (The Young Personn’s Guide to the orchestra).
L’hĂ©ritage artistique est inestimable, trĂšs rĂ©vĂ©lateur de l’engagement d’un jeune chef japonais, au talent fiĂšvreux autant que dramatiquement abouti, d’autant plus rĂ©vĂ©lĂ© que Sony rĂ©Ă©dite les 6 enregistrements en juin 2017 en version remastĂ©risĂ©e. Coffret Ă©vĂ©nement. Prochaine critique dĂ©veloppĂ©e Ă  venir dans le mag cd dvd livres de classiquenew.com. A suivre.

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Coffret Ă©vĂ©nement, annonce. SEIJI OZAWA : The complete RCA recordings (6cd RCA Red Seal / Sony classical) — CLIC de CLASSIQUENEWS de l’étĂ© 2017.

 

 

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Compte rendu opĂ©ra. PARIS, Bouffes du nord, le 8 juin 2017. LEMOYNE : PhĂšdre, 1786. Wanroij, Dollié  Chauvin / Paquien

top-left-2Compte rendu opĂ©ra. PARIS, Bouffes du nord, le 8 juin 2017. LEMOYNE : PhĂšdre, 1786. Wanroij, Dollié  Chauvin / Paquien. CrĂ©Ă©e en avril, cette PhĂšdre mĂ©connue tient l’affiche Ă  Paris, jusqu’au 11 juin 2017. La mise en scĂšne reprend un parti scĂ©nique qui scĂ©nographie les instrumentistes du Concert de la Loge avec les chanteurs acteurs; chacun est donc engagĂ© Ă  dĂ©fendre la veine tragique de cette PhĂšdre, crĂ©Ă©e Ă  Fontainebleau en 1786, composĂ© par Jean-Baptiste Lemoyne (1751-1796). Comme les Piccini et Sacchini, napolitains et contemporains Ă  Paris, Lemoyne se met au parfum du goĂ»t dominant, frĂ©nĂ©tique, c’est Ă  dire post gluckiste, classique et sĂ©vĂšre, tendu et expressionniste, et dĂ©jĂ  romantique dans l’éclat foudroyĂ© des sentiments et affects incarnĂ©s par des solistes qui paraissent comme possĂ©dĂ©s par leur solitude impuissante et dĂ©munie.

 

 

phdre lemoyne judith van Wanroij cerdit gregory forestier top-left

 

 

ScÚne tragique et dévorante

 

 

CHAMBRISME TRAGIQUE TERRIFIANT. L’intensitĂ© de la soprano Judith van Wanroij fulmine, comme terrassĂ©e par l’horreur de ses sentiments pour son
gendre, Hippolyte. Dommage que l’articulation et l’intelligibilitĂ© manquent souvent. EmpĂȘchant de fusionner ici le chant lyrique au thĂ©Ăątre viscĂ©ral et frappant de Racine. Egalement foudroyĂ© dans cette arĂšne intimiste – la version est ici celle d’une rĂ©duction pour quelques chanteurs et 9 instrumentistes, l’Hippolyte d’Enguerrand de Hys semble hagard, hallucinĂ© lui aussi, tout entier dĂ©vorĂ© de l’intĂ©rieur par la passion qui l’accable : cet inceste qui s’affiche, menace toute pudeur, entaille la raison, Ă©gare l’esprit. Mais son chant est mieux articulĂ© que sa consƓur et partenaire nĂ©erlandaise. Familier aussi des rĂ©surrections lyriques de la fin XVIIIĂš, le baryton Thomas DoliĂ© Ă©blouit tout autant en ThĂ©sĂ©e, virile, fĂ©lin, inquiĂ©tant : il demeure seul,sur la scĂšne brĂ»lĂ©e, aprĂšs la mort de ses 3 partenaires.
Sanglant, percussif, le thĂ©Ăątre de Lemoyne cultive toutes les nuances de la terreur horrifiĂ©e, de la passion qui rugit et consume : toute candeur et toute innocence sont proscrites ; d’ailleurs, on pourrait s’étonner de l’absence du rĂŽle pourtant crucial de la prĂȘtresse de Diane, la jeune et fraĂźche Aricie, fiancĂ©e d’Hippolyte. Visiblement, l’effusion tendre (prĂ©texte ailleurs Ă  de pastorales Ă©vocations insouciantes) n’intĂ©resse pas Lemoyne.

 

 

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La rĂ©vĂ©lation justifie cette rĂ©surrection de premier plan, portĂ©e par la vivacitĂ© nerveuse du chef Julien Chauvin, dĂ©cidĂ©ment plus percutant et pertinent que son ancien associĂ©, JĂ©rĂ©mie Rhorer, dont les rĂ©cents Mozart n’ont pas cette syncope tragique aussi fulgurante. On avait goĂ»tĂ© la force esthĂ©tique de sa ChimĂšne de Sacchini – d’un style contemporain Ă  celui de Lemoyne. Ici, l’engagement des instrumentistes n’a pas faibli et le poignard tragique qui s’abat sur les deux Ăąmes maudites, Hyppolyte flanquĂ©e de sa belle-mĂšre outragĂ©e, outrageante, gagne un surcroĂźt d’efficacitĂ© mĂ©morable. Vite le cd qui est dĂ©jĂ  annoncĂ©. Cette PhĂšdre de Lemoyne vaut bien la tragĂ©die de Rameau sur le mĂȘme sujet. A la ciselure vif argent de l’orchestre rĂ©pond une distribution en tout point (quasi) idĂ©ale. Ne boudons pas notre plaisir. Incroyable maniĂšre d’un vĂ©ritable inconnu. Cette rĂ©crĂ©ation a des allures de redĂ©couverte majeure.

 

 

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Compte rendu opéra. PARIS, Bouffes du nord, le 8 juin 2017. LEMOYNE : PhÚdre.

PHEDRE de Jean-Baptiste Lemoyne (1751-1796)
Mise en scĂšne: Marc Paquien
PhĂšdre: Judith van Wanroij
ƒnone: Diana Axentii
Hippolyte: Enguerrand de Hys
Thésée: Thomas Dolié

Le Concert de la Loge
Direction musicale et violon : Julien Chauvin

Illustrations : G. Forestier 2017

LIRE aussi notre dossier de présentation de PHEDRE de Lemoyne dans le contexte  artistique propre aux années 1780 à la Cour de Louis XVI et Marie-Antoinette

 

Cd, compte rendu critique. Beydts : SADMP (Samuel Jean, 1 cd Klarthe, avril 2015).

BEYDTS GUITRY la SADMP samuel jean critique reviw cd par classiquenews CLIC de classiquenews kla040couv_lowCd, compte rendu critique. Beydts : SADMP (Samuel Jean, 1 cd Klarthe, avril 2015). Comme chef invitĂ© principal, Samuel Jean pilote depuis 5 ans l’Orchestre RĂ©gional Avignon Provence sans compter ses efforts pour Ă©largir le rĂ©pertoire et enrichir encore l’approche expressive des oeuvres choisies. Pour preuve d’un engagement artistique et interprĂ©tatif mĂ©ritoire, ce disque qui vient prolonger une sĂ©rie de reprĂ©sentations donnĂ©es en Avignon, au printemps 2015. A la fois accessible, drĂŽle, irrĂ©sisitible mĂȘme et rare, l’opĂ©rette sur un livret de Guitry : La S.A.D.M.P, La SociĂ©tĂ© Anonyme des Messieurs Prudents confirme la rĂ©ussite du compositeur Louis Beydts (1895-1953).

Ici les Quatre messieurs « prudents » sont prĂȘts de leur sous et rĂ©duisent les dĂ©penses, en particulier le poste des plaisirs charnels : habitant dans le mĂȘme immeuble, ils partagent la mĂȘme cocotte coquette vĂ©nale (Elle : Ă  la crĂ©ation, en novembre et dĂ©cembre 1931, Yvonne Printemps) ; les copropriĂ©taires calculent les charges et les services concernĂ©s selon leurs milliĂšmes respectifs : deux jours pour chacun, exception du conte qui se limitera au seul dimanche –normal puisqu’il est vieux, et le moins tenace

A la finesse Ă©moustillante de Guitry, rĂ©pond la partition courte, incisive, mordante, lĂ©gĂšre, raffinĂ©e de Louis Beydts, soit moins d’une heure de pure facĂ©tie sublimant la cabriole. Ici Samuel Jean retient une sĂ©lection soit l’ouverture et 10 airs/sĂ©quences, chacun marquant par l’entrain et la finesse de sa mĂ©lodie.
La vivacitĂ© teintĂ©e d’humour et de dĂ©licieuse mĂ©lodie caractĂ©risent l’écriture de Beydts qui cultive l’irrĂ©vĂ©rence comme une courtoisie. Tout l’art de joyeusement dĂ©vergonder l’auditoire, mine de rien, et avec Ă©lĂ©gance
 il est Ă©vident que l’esprit scintillant de Guitry diffuse dans la musique complice de Beydts, et inspire tous les solistes de cette production. En dĂ©coule cette opĂ©ra bouffe dont la libertĂ© de sa verve, indique la pertinence d’un ton jamais creux ni artificiel. Qui maniant l’art lyrique avec gĂ©nie, offre du dĂ©licat et de l’exquis dans l’ énoncĂ© des airs et des ensembles.
L’élĂšve de Messager reprend et prolonge l’ivresse enchantĂ©e que savait dĂ©velopper son aĂźnĂ© ; en cela Beydts connaĂźtra aprĂšs La SADMP, une belle carriĂšre comme compositeur ai cinĂ©ma et pour le thĂ©Ăątre – en fait la ComĂ©die Française, crĂ©ant entre autres, la musique de scĂšne du Barbier de SĂ©ville de Beaumarchais, ou Il ne faut jurer de rien de Musset, au dĂ©buts des annĂ©es 1940.

La prĂ©sente production sĂ©lectionne le meilleur, plutĂŽt trĂšs bien chantant, comptant sur une distribution idĂ©ale, regroupant les meilleurs talents lyriques de la jeune gĂ©nĂ©ration : Isabelle Druet (Elle), Mathias Vidal (Le Gros Commerçant), JĂ©rome Billy (Henri), Thomas DoliĂ© (Le Conte AgĂ©nor de Machinski) et Dominique CĂŽtĂ© (Le Grand Industriel). Chacun cisĂšle son caractĂšre tout en se jouant du verbe poĂ©tique dramatique allusif. Y Ă©blouit l’esprit Ă  la fois cynique et tendre d’un Guitry, grand connaisseur et analyste de l’ñme humaine.
Samuel Jean porte, nuance, caresse lui aussi une joute et une arĂšne verbale facĂ©tieuse et enjouĂ©e. VoilĂ  qui assoit derechef la facilitĂ© et l’intelligence d’une baguette tissĂ©e pour l’éloquence et la suggestion. Ici, le lĂ©ger voisine avec la magie poĂ©tique. MĂȘme en version sĂ©lective, la production discographique enchante, captive, convainc. CLIC de CLASSIQUENEWS de l’étĂ© 2017.

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CLIC_macaron_2014Cd, compte rendu critique. Beydts : SADMP (Samuel Jean, 1 cd Klarthe, avril 2015). Avec Isabelle Druet (Elle), Mathias Vidal (Le Gros Commerçant), JĂ©rome Billy (Henri), Thomas DoliĂ© (Le Conte AgĂ©nor de Machinski), Dominique CĂŽtĂ© (Le Grand Industriel). Orchestre rĂ©gional Avignon-Provence. Samuel Jean, direction — 1 cd Klarthe KLA 040.

 

Tracklisting :

1. Ouverture
2. Mon coeur bat !
3. Ne touchez pas Ă  ce bouton !
4. Je n’connais rien d’plus agaçant
5. Nous Ă©tions lĂ  bien avant vous…
6. Ciel ! Taisez-vous ! J’entends sa voix !
7. Les cartes Ă  jouer sont de belles images
8. N’ai-je pas l’air d’une cartomancienne
9. J’ai une idĂ©e que je trouve trĂšs bonne !
10. Savez-vous ce qu’on appelle une SociĂ©tĂ© Anonyme
11. à Responsabilité Limitée ?
12. Hue !

ALLIER, Musique en BOURBONNAIS : 16 juillet – 15 aoĂ»t 2017

Bourbonnais-festival-juillet-aout-2017-51eme-festival-par-classiquenewsFestival Musique en BOURBONNAIS : 16 juillet – 15 aoĂ»t 2017 (ALLIER). VoilĂ  51 ans, le festival Musique en Bourbonnais offrait son premier cycle musical dans les Ă©glises les plus remarquables du Bourbonnais dans le dĂ©partement de l’ALLIER. Les 5 concerts proposĂ©s cette annĂ©e, poursuivent une exploration concertĂ©e entre grands interprĂštes de musique de chambre et sites Ă  haute valeur patrimoniale : souvent des Ă©glises mĂ©diĂ©vales dont celle de ChĂątelay Ă  HĂ©risson) et ses fresques des XIIIĂš et XIVĂš sur la vie de l’ermite Saint Principin, est la plus emblĂ©matique. C’est d’ailleurs autour de la restauration de l’église de ChĂątelay, bĂątiment remarquable perchĂ© dans un site prĂ©servĂ©, que le premier festival s’est constituĂ©. Aujourd’hui, le festival rayonne pendant l’étĂ© sur le territoire offrant aux habitants, l’occasion d’entendre les musiciens les plus chevronnĂ©s de leur gĂ©nĂ©ration, confirmĂ©s ou jeunes tempĂ©raments prometteurs. Chaque concert est programmĂ© le dimanche le plus souvent, en fin d’aprĂšs midi Ă  16h ou 17h, jalon enchanteur qui rythme une journĂ©e de dĂ©couverte ou d’exploration dans le bocage Bourbonnais.

 

 

En 2017, « le programme se veut audacieux et diversifiĂ©, mĂ©langĂ© de voix et d’instruments comme nos paysages mĂ©langent plats et vallons ». C’est donc un vĂ©ritable parcours musical qui permet aux visiteurs et aux habitants du Bourbonnais de goĂ»ter l’alliance unique de la musique et de l’architecture accordĂ©es Ă  une nature idyllique. L’équation demeure enchanteresse : elle s’offre ainsi aux curieux et mĂ©lomanes, mobiles et nĂ©ophytes en un bocage français parmi les moins connus.

 

 

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TEMPS FORTS. ConfĂ©rence, voix et musique de chambre. Premier concert le 16 juillet (17h) en l’église de ChĂąteloy (HĂ©risson) : chambrisme ardent, intĂ©rieur (Trio Zadig) ; puis confĂ©rence Ă  Maillet le 23 juillet (Ă©glise, 16h / thĂšme : quand la musique des tavernes inspire la musique « savante ») et Ă  17h, Alter Duo (duo piano et contrebasse dans un nouveau voyage de Bach Ă  Mozart
).
En aoĂ»t, 3 programmes rythment la saison la plus chaude au cƓur du bocage bourbonnais : le 6 aoĂ»t (Ă©glise de ChĂąteloy, 17h), le pianiste Pascal Amoyel – Ă©minent Chopinien entre autres (son dernier cd CHOPIN a Ă©tĂ© distinguĂ© par le CLIC de CLASSIQUENEWS), dialogue avec sa complice Emmanuelle Bertrand (violoncelle) ; le 13 (17h), l’église de Louroux-Hodement accueille les jeunes instrumentistes du QUATUOR AROD (crĂ©Ă© en 2013) ; enfin pour le 15 aoĂ»t, l’église de Charleroy invite l’ensemble baroque de l’Hostel Dieu (sur instruments anciens), et la soprano Heather Newhouse qui rĂ©inventent et remodĂšlent l’arĂȘte vive et enivrĂ©e des musiques anciennes. Plus que jamais, Ă  l’étĂ© 2017 et pour sa 51Ăš Ă©dition, le Festival Musique en Bourbonnais cultive et rĂ©compense votre Ăąme voyageuse dans l’Allier. Festival incontournable.

 

 

 

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boutonreservationRĂ©servations et informations sur le site du FESTIVAL MUSIQUE EN BOURBONNAIS : 5 concerts dans l’ALLIER, les 16, 23 juillet puis 6,13 et 15 aoĂ»t 2017. Le Festival rayonne depuis HĂ©risonn et son Ă©glise de ChĂąteloy (25 km de Montluçon / 80 km au sud de Bourges – dĂ©part de Paris depuis la gare d’Austerlitz).
PossibilitĂ© d’organiser son sĂ©jour dans l’Allier avec l’Office de Tourisme de Montluçon

https://www.festival-musique-bourbonnais.com

 

 

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Le Festival MUSIQUE EN BOURBONNAIS sur le site de l’Office de tourisme VallĂ©e de Montluçon

 
 

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Monteverdi, inventeur de l’opĂ©ra

Monteverdi 2017 claudio monteverdi dossier biographie 2017 510_claudio-monteverdi-peint-par-bernardo-strozzi-vers-1640.jpg.pagespeed.ce.FhMczcVnmyARTE, docu «  Monteverdi l’inventeur de l’opĂ©ra », Dimanche 18 juin 2017, 23h30. La chaĂźne Arte poursuit sa programmation musique classique mais en diffusant concerts, docus ou magazines Ă  des horaires de plus en plus « impossibles », aux extrĂ©mitĂ©s de la grille (soit dĂšs 5h le matin, soit au milieu de la nuit…). Evidemment les 450 ans ans de la naissance du grand Claudio
 Monteverdi, inventeur de l’opĂ©ra tout court (avec l’Incoronazione di Poppea, plutĂŽt que l’Orfeo) ne pouvaient pas passer Ă  la trappe et Arte diffuse un documentaire dont nous n’avons pas encore visionnĂ© le contenu Ă  l’heure oĂč nous rĂ©digeons cette annonce.

CLAUDIO MONTEVERDI, INVENTEUR DE L’OPÉRA

Horreur, malheur
 Inculture nĂ©faste ou paresse culturelle, le documentaire inĂ©dit rĂ©alisĂ© par Philippe BĂ©ziat, diffusĂ© par Arte n’évite pas le piĂšge relayĂ© depuis des annĂ©es par une fausse historiographie musicale : le premier opĂ©ra de l’histoire n’est pas le premier ouvrage dramatique et musical de Monteverdi, Orfeo, crĂ©Ă© Ă  Mantoue en 1607, mais plutĂŽt, – tous les connaisseurs montĂ©verdiens le confirment aujourd’hui : Le couronnement de PoppĂ©e, L’incoronazione di Poppea de 1643, Ɠuvre cynique et poĂ©tique, sommet de la collaboration de Monteverdi avec l’écrivain noir, pessimiste : Busenello. Car l’Orfeo Ă©crit Ă  l’aube du XVIIĂš, n’est encore qu’un assemblage d’épisodes madrigalesques et opĂ©ratiques,  relevant davantage de l’esthĂ©tique de la Renaissance que du plein baroque : la conception globale est encore disparate et n’a pas cette cohĂ©sion littĂ©raire que dĂ©ploie Poppea, presque 40 ans plus tard.

 

 

 

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Dans le docu Arte, retour sur un Ă©vĂ©nement « comparable Ă  la naissance du cinĂ©ma : la premiĂšre reprĂ©sentation d’un opĂ©ra, l’Orfeo de Monteverdi, le 24 fĂ©vrier 1607, en Italie », en l’occurence dans le cercle rĂ©servĂ©, Ă©litiste de la cour du Duc de Mantoue, Vincet de Gonzague, le patron ingrat et mauvais payeur de Monteverdi.
Selon l’énoncĂ© diffusĂ© par Arte et prĂ©sentant le film : « Entre 1550 et 1650, l’Occident opĂšre une mue considĂ©rable et incroyablement rapide. La propagation des livres, de la RĂ©forme luthĂ©rienne, des thĂ©ories coperniciennes, la croissance des Ă©changes avec le Nouveau Monde, sont lourdes de consĂ©quences : alors que les paradigmes changent, l’on assiste Ă  l’éclosion des fondements de l’ñge moderne. Au tempo de cette Europe du XVIe siĂšcle, Monteverdi inscrit sa musique dans une culture qui dĂ©couvre GalilĂ©e, Montaigne ou Rubens. Avec eux, il revendiquera une nouvelle place pour la crĂ©ation humaine. À travers le parcours initiatique de cet artisan gĂ©nial dans trois villes italiennes, on dĂ©couvre les racines historiques de l’opĂ©ra. Si le monde de Monteverdi paraĂźt lointain, l’émotion, quatre cents ans plus tard, reste intacte. »
Tout cela est prometteur sur le papier. Il aurait Ă©tĂ© plus judicieux de rappeler simplement que Monteverdi suit la rĂ©volution esthĂ©tique opĂ©rĂ©e par Caravage en peinture, mais 25 ans auparavant : les artistes dĂ©couvrent alors le rĂ©alisme individuel et le sens du sentiment tragique. Quand Caravage peint des portraits et des types humaines incarnĂ©s (modĂšles rĂ©els pris dans les rues de Rome, dans les annĂ©es 1590), Monteverdi, tout au long de ses Livres de madrigaux, rĂ©volutionne lui aussi la langue musicale, privilĂ©gie une ligne dĂ©volue Ă  l’expression des passions de l’ñme, fait surgir un nouveau chant inĂ©dit, sensuel, oĂč la voix soliste dĂ©sormais (monodique) s’extrait du tapis instrumental (basse continue) et chante Ă  la premiĂšre personne, les affects de l’ñme humaine : dĂ©chirante priĂšre (Orfeo aux enfers, souhaitant retrouver et dĂ©livrer son aimĂ©e Eurydice) ; languissant amour d’une barbare royautĂ©, souverain cruel et d’une lascivitĂ© choquante (NĂ©ron et PoppĂ©e dans Le Couronnement de PoppĂ©e). Dans les faits, Monteverdi a bien inventĂ© l’opĂ©ra baroque ; et sa coopĂ©ration magicienne avec Busenello annonce un autre duo mythique Ă  l’opĂ©ra : Mozart et Da Ponte, au siĂšcle suivant.

 

 

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arte_logo_2013ARTE, « Monteverdi, inventeur de l’opĂ©ra », docu 2017. Dimanche 18 juin 2017, 23h30. InĂ©dit. DurĂ©e : 1h05

 

 

CD, compte rendu critique. BRUCKNER : Symphonie n°3, WAGNER : Ouverture de TannhÀuser / Andris Nelsons / Gewandhausorchester Leipzig ( 1 cd Deutsche Grammophon, Leipzig juin 2016).

NELSONS andris cd critique cd review classiquenews CLIC de classiquenews Bruckner-Symphony-number-3-Wagner-Tannhauser-OvertureCD, compte rendu critique. BRUCKNER : Symphonie n°3, WAGNER : Ouverture de TannhĂ€user / Andris Nelsons / Gewandhausorchester Leipzig ( 1 cd Deutsche Grammophon, Leipzig juin 2016). L’expĂ©rience Ă  laquelle nous convie le chef letton Andris, – pas encore quadragĂ©naire (nĂ© Ă  Riga en Lettonie en 1978), est une immersion intelligente et rĂ©flĂ©chie, de Bruckner Ă  Wagner, d’autant plus pertinente et convaincante que l’ambition des effectifs requis ici n’écarte jamais le souci de prĂ©cision claire, de sonoritĂ© transparente et riche. C’est mĂȘme un modĂšle de finesse et d’élĂ©gance Ă  mettre Ă  prĂ©sent au crĂ©dit d’un jeune chef superbement douĂ© (on le connaĂźt davantage dans une fosse d’opĂ©ra que comme maestro symphonique), dont le parcours discographique chez DG Deutsche Grammophon devra ĂȘtre suivi Ă  prĂ©sent, avec l’attention qu’il mĂ©rite
 Le chef dĂ©bute ainsi sa coopĂ©ration Ă  Leipzig comme directeur musical du Gewandhausorchester Leipzig,- fonction dĂ©diĂ©e qu’il partage avec un poste Ă©quivalent Ă  Boston (directeur musical du Boston Symphony Orchestra). Engagement et pourtant humilitĂ©, Andris Nelsons perpĂ©tue aujourd’hui cette abnĂ©gation pour la musique comme son mentor et maĂźtre (depuis 2002) : l’immense Mariss Jansons.

La Symphonie n°3 de Bruckner est une expĂ©rience d’abord spirituelle dont beaucoup de chef ratent la rĂ©alisation soit par incomprĂ©hension et lourdeur dĂ©clamatoire, soit par rĂ©duction des nuances instrumentales. Or il y a beaucoup de finesse et de sensibilitĂ© dans l’alternance et la dialogue continu entre les pupitres : cordes, harmonie, cuivres. LettrĂ© mais jamais pĂ©dant ni abstrait, Andris Nelsons aborde les multiples et permanentes rĂ©fĂ©rences de Bruckner aux opĂ©ras de Wagner, avec simplicitĂ© et franchise ; ainsi Tristan, bient prĂ©sent et magnifiquement rĂ©assimilĂ©, dans le tissu orchestral du second mouvement ; ainsi TannhĂ€user dans le Finale, qui fait ainsi une transition / filiation parfaite avec l’ouverture wagnĂ©rienne qui suit.
En orfĂšvre des Ă©quilibres orchestraux, veillant Ă  la lisibilitĂ© comme Ă  la cohĂ©sion du format et de la balance sonore, le chef rĂ©vĂšle en dĂ©finitive tout ce qui fait de la 3Ăš Symphonie de Bruckner, une « oeuvre fondamentale » dans laquelle aprĂšs les deux premiĂšres, Bruckner trouve son Ă©criture tout en demeurant dans le giron paternel, inspirant, de son modĂšle Wagner. La 3Ăš fut un four retentissant lors de sa crĂ©ation viennoise : confirmation d’une incomprĂ©hension totale au sujet du Bruckner symphoniste. Andres Nelsons s’en montre un ambassadeur argumentĂ© et affĂ»tĂ©, wagnĂ©rien dĂ©jĂ  accompli (cf son Lohengrin Ă  Bayreuth en 2011 avec l’excellent tĂ©nor Klaus Florian Vogt)

DĂšs le dĂ©but du premier mouvement (notĂ© « Mehr langsam, Misterioso »), Nelsons exprime l’humanitĂ© du parcours, celui d’un croyant sincĂšre, qui doutant de lui-mĂȘme comme artiste comme de sa foi ne transigeait cependant pas sur les Ă©lans et l’ardeur qui portent toute la structure symphonique. Les multiples pĂ©ripĂ©ties confiĂ©es aux pupitres des cordes, harmonie et aux cuivres, tour Ă  tour, trouvent sous sa baguette, une Ă©vidence rhĂ©torique, Ă  la fois Ă©quilibrĂ©e et trĂšs dĂ©taillĂ©e. La somptuositĂ© des timbres Ă©blouit de part en part et confirme l’excellence artistique de l’orchestre de Lepizig. Sur le plan expressif et poĂ©tique, le chef parvient surtout Ă  concilier les faux ennemis, de l’intimitĂ© et du colossal. Ainsi Ă  12mn17, au moment de la rĂ©itĂ©ration grandiose du portique monumental qui semble Ă©craser toutes les aspirations avant filigranĂ©es, l’orchestre rĂ©sout tout conflits d’échelle, en dĂ©ployant un somptueux mode intime d’une pudeur juste surprenante.
D’ailleurs la symphonie du moins dans ce premier mouvement alterne constamment entre l’expression d’une aspiration personnelle profondĂ©ment et viscĂ©ralement inscrite dans la chair la plus enfouie de l’auteur, – invitation Ă  un oubli suspendu extatique , et la prĂ©sence terrifiante du colossal. C’est en relation avec l’ĂȘtre qui hĂ©site et doute – propre de tout croyant qui se respecte, l’intime conviction et l’espĂ©rance enfouie confrontĂ©e Ă  un destin voire une fatalitĂ© qui dĂ©passe et submerge. L’Ă©pisode s’achĂšve (et s’accomplit) en une sĂ©rie de fanfares puissantes et dĂ©clamatoires Ă  l’Ă©noncĂ© irrĂ©solu.

Le mouvement second – Adagio (coeur Ă©motionnel du cycle), est murmurĂ© dans la pudeur la plus intacte oĂč percent les hautbois et les violons, gonflĂ©s, suractifs mais d’une rare finesse d’intonation; tissant une irrĂ©sistible sensualitĂ© vibrante, portĂ©e par les somptueux cors d’une noblesse infinie. Le chef joue lĂ  encore la transparence et la clartĂ© faisant surgir le songe et le rĂȘve, ainsi l’accent du hautbois lointain d’une lueur (solitaire, poĂ©tique) toute tristanesque. Bruckner ainsi suggĂšre par Ă©tapes et jalons progressifs, dĂ©ploie des trĂ©sors de sensibilitĂ© dans une pĂąte flamboyante dont Andris Nelsons parvient Ă  capter la souple matiĂšre scintillante. Ses brumes wagnĂ©riennes Ă©blouissant d’une intensitĂ© revivifiĂ©e, s’affirment dans le mystĂšre. Dans le secret viscĂ©ral, moteur, central, qui n’appartient qu’Ă  son auteur. Le souffle des cors structure tout l’Ă©pisode plus introspectif qu’au dĂ©but, jusqu’Ă  la derniĂšre mesure Ă©noncĂ©e, tĂ©nue basculant alors dans l’ombre.

WagnĂ©rien accompli, Andris Nelsons s’affirme ici en BrucknĂ©rien subtil et profond

Le 3Ăš Ă©pisode qui est le Scherzo, vif, contrastĂ© permet enfin Ă  la fanfare et aux cuivres pĂ©taradants de revendiquer le premier plan, dans un sentiment de large insouciance. Les instruments comme libĂ©rĂ©s dialoguent avec les cordes : dont l’ivresse et la souple frĂ©nĂ©sie apportent libĂ©ration et proclamation.

Le dernier Ă©pisode rĂ©Ă©quilibre l’écriture dans le sens d’une valse Ă©lĂ©gante, magnifiquement insouciante elle aussi aux cordes, bientĂŽt rattrapĂ©e par le pupitre des cuivres aux dĂ©flagrations spectaculaires Ă  chaque assaut; avant que les trombones n’éclairent diffĂ©remment le final dans le sens d’un mystĂšre qui s’épaissit puis enfin, une libĂ©ration collective, victorieuse et lumineuse Ă  12mn. Dans les quatre mouvements, dĂ©voilant la 3Ăš dans une version trĂšs Ă©quilibrĂ©e de 1888/89 (Leopold Nowak, moins longue que l’originale qui comporte quelques maladresses), la direction du maestro se fait subtile et intĂ©rieure, d’une humanitĂ© inquiĂšte et sincĂšre, miroir de la ferveur contradictoire de Bruckner lui-mĂȘme : entre certitude et angoisse profonde, nostalgie enivrĂ©e et vertiges abyssaux.

‹TANNHAÜSER
 Wagner, Ă  la source. Evidemment jouer l’ouverture programmatique, plutĂŽt resserrĂ©e et dense de Wagner pour TannhaĂŒser avec ce magnifique choeur des pĂšlerins, – et cette montĂ©e en triomphe que Nelsons traite en parsifalien avisĂ©, – expression d’une rĂ©vĂ©lation enfin comprise et assumĂ©e aussi, met en balance l’écriture du maĂźtre adorĂ© (Wagner), construite, enivrĂ©e, d’une architecture progressive irrĂ©sistible, et celle de son « disciple » adorateur (Bruckner), qui en regard paraĂźtrait presque phraseur et « pĂ©roreur », trop diluĂ© comme « bavard ». Mais c’est oubliĂ© l’élĂ©gance et la clartĂ© et ce goĂ»t des timbres que dĂ©fend le chef trĂšs inspirĂ©. Habile, et mesurĂ©, opulent et Ă©loquent, Nelsons offre une somptueuse vibration des cordes, mise en dialogue avec la fanfare des cuivres d’une noblesse aĂ©rienne. Une telle acuitĂ© instrumentale dĂ©taillĂ©e rappelle l’éloquence et l’activitĂ© des poĂšmes symphoniques straussiens. La pĂąte onctueuse, la transparence de la sonoritĂ©, l’homogĂ©nĂ©itĂ© Ă©tant la valeur la plus dĂ©fendue ici, portent leur fruit dans un ouverture wagnĂ©rienne, – la source de Bruckner de facto, qui Ă©claire tout l’édifice programmatique par son Ă©lĂ©gance et cet hĂ©donisme fiĂ©vreusement dramatique. Son geste impĂ©rial, analytique et sensuel, – celui d’un esthĂšte, assoit la hauteur de vue d’une vision brucknĂ©rienne et wagnĂ©rienne de premier intĂ©rĂȘt. A suivre avec acuitĂ©. CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2017.

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CLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. BRUCKNER : Symphonie n°3, WAGNER : Ouverture de TannhÀuser / Andris Nelsons / Gewandhausorchester Leipzig (1 cd Deutsche Grammophon, enregistrement live réalisé à Leipzig en juin 2016). CLIC de CLASSIQUENEWS

CD, compte rendu critique. Debussy: L’Enfant prodigue – Ravel: L’Enfant et les SortilĂšges. Mikko Franck (2 cd Warner classics, 2016)

debussy ravel jodie devos erato mikko franck review critique cd classiquenewsCD, compte rendu critique. Debussy: L’Enfant prodigue – Ravel: L’Enfant et les SortilĂšges. Mikko Franck (2 cd Warner classics, 2016). ACADEMISME ET MODERNITE FRANCAIS… Commençons par le CD2, dĂ©diĂ© Ă  Debussy. en son jeune gĂ©nie acadĂ©mique
 La cantate de jeunesse L’Enfant Prodigue (crĂ©Ă©e triomphalement en 1884, rĂ©vĂ©lĂ©e en 1933, Ă  titre posthume) et rĂ©alisĂ©e pour le prix de Rome, institution cultivant l’acadĂ©misme en raison d’un goĂ»t officiel dĂ©passĂ© mais que le tout jeune compositeur (comme tant d’autres jeunes auteurs ambitieux) souhaitait dĂ©crocher en raison du prestige qu’il octroyait pour la jeune carriĂšre parisienne, dĂ©montre dans des effectifs somptueux (le finale est un vĂ©ritable oratorio symphonique d’un souffle hollywoodien) toute la maĂźtrise instrumentale d’un Debussy si soucieux de la mĂ©lodie suave et des couleurs (orientalistes parfois puisque l’action se passe en IsraĂ«l et conte le retour d’AzaĂ«l auprĂšs des siens). Compter Alagna dans le rĂŽle du fils prodigue reste un bon argument car le tĂ©nor français a ce style hĂ©roĂŻque et timbrĂ©, solaire et clair, tendre et viril, qui souligne la parentĂ© du personnage debussyste avec les Werther ou Desgrieux de Massenet. D’autant que mĂȘme s’il manque parfois de simplicitĂ© dans le chant le tenorissimo garde une vigilence totale et continue pour l’intelligibilitĂ© : on ne perd pas un mot de son texte. En Lia, Karina Gauvin dĂ©roule la pĂąte sensuelle et voluptueuse de son chant intĂ©rieur et d’une souplesse dĂ©lectable exposant une individualitĂ© passionnĂ©e trĂšs caractĂ©risĂ©e mais
 la gestion et la projection des aigus pourtant flamboyants, dĂ©naturent malheureusement prĂ©cision et clartĂ© des voyelles
 le français de la quĂ©bĂ©coise est loin d’ĂȘtre aussi parfaitement lisible que celui de son partenaire. Mais leur duo d’une ineffable suspension, amoureuse et tendre, berce par son essor calibrĂ©. LĂ  encore, le geste prĂ©cis et ferme du chef concourt grandement Ă  la rĂ©ussite de cette lecture, qui repernd la version rĂ©alisĂ©e par AndrĂ© Caplet en 1907, avec l’accord et la validation de Claude de France. Par sa puissance suggestive, la cantate est un petit opĂ©ra coloriste, petit drame de situation et aussi, saisissant dans sa passionnante Ă©nergie souterraine. DĂ©jĂ  le Debussy de PellĂ©as affirme ici un tempĂ©rament psychologique qui s’exprime surtout dans l’acuitĂ© des couleurs et le raffinement des harmonies de l’orchestre.

La version orchestrĂ©e de la symphonie qui suit (version Colin Matthews d’aprĂšs la partition pour pianos) sonne comme du Brahms mais en plus ronflant. On Ă©met des doutes sur la rĂ©surrection d’une telle partition sinon pour un Ă©cho documentaire et anecdotique.

ravel classiquenews portrait Maurice_Ravel_1925L’intĂ©rĂȘt est davantage relevĂ© avec le CD1 oĂč perce l’acuitĂ© dramatique d’un autre gĂ©nie français de la couleur et de la ciselure orchestrale : Maurice Ravel. L’Enfant dont il est question est une Ăąme cruelle voire sadique qui cependant aprĂšs des sortilĂšges bien Ă©laborĂ©s, s’humanise au contact des animaux qu’il a martyrisĂ©s
 l’enfant confrontĂ© Ă  leur souffrance comprend la perversitĂ© dont il est capable et regrette ce qu’il a fait
 auparavant c’est tout un monde domestique fantastique et poĂ©tique qui s’exprime sous ses yeux : tasse et thĂ©iĂšre swingant, et bestiaire personnifiĂ© qui par la voix des instruments de l’orchestre (claire rĂ©fĂ©rence Ă  la caractĂ©risation instrumentale dĂ©jĂ  parfaite grĂące au Dukas de l’Apprenti sorcier). C’est un festival de timbres millimĂ©trĂ©s, ciselĂ©s, calibrĂ©s qui manifestent la vie invisible et la conscience des objets et des animaux ordinairement mĂ©sestimĂ©s, molestĂ©s. Tout un univers Ă  portĂ©e de vue et de mains, – constellation domestique et familiĂšre que le petit despote impossible apprend Ă  mieux connaĂźtre, aux enchantements imprĂ©vus (16), quand s’invite la pure fĂ©erie du jardin enchanté  Mikko Franck s’affirme en peintre orfĂ©vrĂ©, se dĂ©lectant Ă  approfondir tel climat ; Ă  sculpter le profil de tel petit ĂȘtre en rebelion. Le choix des solistes est luxueux, et parmi eux, on distingue l’Enfant de ChloĂ© Briot – dĂ©jĂ  remarquĂ© dans un rĂŽle taillĂ© pour son mezzo clair et bien articulĂ© dans la crĂ©ation de Little Nemo, production Ă©vĂ©nement prĂ©sentĂ©e par Angers Nantes OpĂ©ra en janvier puis mars 2017 (VOIR notre reportage vidĂ©o LITTLE NEMO avec ChloĂ© Briot). La jeune mezzo française sera bientĂŽt Ă  l’affiche d’une prochaine crĂ©ation, celle estivale de Pinocchio de Philippe Boesmans pour Aix 2017. Le chat de Jean-François Lapointe, l’Arbre de Nicolas Courjal sont des piliers magnĂ©tiques pour un formidable plateau ; et parmi les sopranos vedette, prĂ©fĂ©rons l’éloquence de Jodie Devos plutĂŽt que le diamant parfois aigre/artificiel de Sabine Devielhe. Le miel cuivrĂ©, onctueux de Nathalie Stutzmann (Maman et la Tasse chinoise) apporte sa couleur gĂ©nĂ©reuse pleine et charnelle. L’Orchestre Philharmonique et les choeurs maison (MaĂźtrise et Choeur de Radio France) Ă©tincellent de finesse, de grĂące parfois, de vĂ©ritĂ© sans affectation : l’analyse ici s’accompagne d’une sensualitĂ© habilement mesurĂ©e que la prise de son sait optimiser pour le grand plaisir de l’auditeur : pas sĂ»r que le spectateur de ce live d’avril 2016 ait pu sur place goĂ»ter un tel festival de timbres, vocaux et instrumentaux, avec ce dĂ©tail et cet Ă©quilibre : voilĂ  la preuve que l’enregistrement peut complĂ©ter intelligemment l’expĂ©rience du concert sans la remplacer totalement : CQFD. Un ton juste et franc qui sait aussi magnifiquement exprimer cette langueur jazz, et sa valse lyrique, Ă©chevelĂ©e, Ă©perdue, entre onirisme et parodie pincĂ©e, propre au style d’un Ravel visiblement inspirĂ© par l’intrigue infantile, innocente de « l’ingĂ©nue » Colette. La mĂ©tamorphose de l’Enfant en fin de Fantaisie (les animaux compatissant et surpris : « il a pansĂ© la plaie  », dĂ©couvrant le miracle dont est capable l’Enfant), est superbement dĂ©taillĂ©e par le chef et son orchestre. La lecture est un rĂ©gal de tous les instants : l’intelligence, le goĂ»t, l’opulence aussi s’invitent dans ce festin de nuances mordantes. La rĂ©ussite est totale.

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debussy ravel jodie devos erato mikko franck review critique cd classiquenewsCLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. Debussy: L’Enfant prodigue – Ravel: L’Enfant et les SortilĂšges. Karina Gauvin · Roberto Alagna · HĂ©lĂšne Collerette · Jean-François Lapointe · ChloĂ© Briot · Nathalie Stutzmann · Sabine Devieilhe · Julie Pasturaud · François Piolino · Nicolas Courjal · Mikko Franck · Sofi Jeannin · ChƓur et Orchestre de Radio France · MaĂźtrise de Radio France (2 cd Warner classics, enregistrement live d’avril 2016 rĂ©alisĂ© Ă  Paris).

Bruno Procopio dirige l’Orchestre d’Auvergne

PROCOPIO-bruno-vignette-582-portrait-concerts-maestro-chef-classiquenews-582-594PUY EN VELAY. Bruno Procopio, Orchestre d’Auvergne, le 31 mars 2017. AprĂšs les orchestres prestigieux du BrĂ©sil (Orchestre Symphonique du BrĂ©sil) et du Venezuela (Orchestre des Jeunes Simon Bolivar), le jeune maestro franco brĂ©silien Bruno Procopio poursuit son travail dans l’interprĂ©tation des Baroques Français et europĂ©ens, mais cette annĂ©e 2017, avec les phalanges françaises. En mars, il s’agissait de diriger l’Orchestre national des Pays de La Loire (7 concerts Ă©vĂ©nements, du 3 au 12 mars 2017) dans un fabuleux programme sous le signe du baroque (Rameau) et du classicisme dĂ©jĂ  romantique (Mozart et surtout Gossec).

 

 

ELEGANCE DE MOZART, FINESSE DE RAMEAU ET DE CPE BACH
sur instruments modernes

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Autres lieux, autres musiciens, nouveaux dĂ©fis. AprĂšs un premier concert le 25 mars dernier, Bruno Procopio pilote les instrumentistes virtuoses de l’Orchestre d’Auvergne, ce vendredi 31 mars 2017 dans un programme Rameau, Dauvergne, CPE BACH (ThĂ©Ăątre du Puy en Velay, 20h). Sur instruments modernes, les musiciens adaptent un nouveau jeu d’archet, rĂ©alisent les ornements, trouvent des solutions pour exprimer le souffle palpitant des oeuvres choisies : Ă©lĂ©gance suprĂȘme de Rameau (Suite de Castor et Pollux, arrangement de Gossec), esthĂ©tisme contrastĂ©, dĂ©jĂ  prĂ©romantique des trĂšs difficiles Symphonies pour cordes de Carl Philipp Emanuel Bach ; virtuositĂ© raffinĂ©e de Dauvergne, enfin grĂące viennoise de Mozart. Le dĂ©fi est multiple : il invite les musiciens de l’orchestre, plus habituĂ©s au rĂ©pertoire XIXĂš, Ă  renouveler et enrichir leur pratique grĂące au choix des oeuvres de ce programme, entre baroque, prĂ©classicisme, classicisme, prĂ©romantisme. AU carrefour de styles multiples, l’expĂ©rience orchestrale s’avĂšre passionnante Ă  suivre. Le feu expressif, la carrure rythmique, l’implication souple du chef, – qualitĂ©s dĂ©sormais bien identifiĂ©es du maestro Bruno Procopio, sauront les mener Ă  bon port. Concert Ă©vĂ©nement, au Puy en Velay, ce vendredi 31 mars 2017 Ă  20h30.

 

 

 

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boutonreservationOrchestre d’Auvergne
Bruno Procopio, direction
LE PUY EN VELAY, Théùtre,
Vendredi 31 mars 2017, 20h
RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.orchestre-auvergne.fr/fr/nos-concerts/hors-saison-musicale/le-puy-en-velay

 

 

 

LIRE notre annonce des 7 concerts de Bruno Procopio avec l’Orchestre national des Pays de La la Loire : Rameau, Mozart, Gossec

 

 

 

RAFFAELLA MILANESI, soprano incandescente

milanesi-raffaella-soprano-portrait-entretien-presentation-classiquenewsSOPRANO INCANDESCENTE
 Raffaella Milanesi est une soprano plus que talentueuse : c’est l’une des rares chanteuses Ă  savoir incarner un personnage, entre intĂ©rioritĂ© hallucinĂ©e et sobriĂ©tĂ© dramatique quand beaucoup de ses consƓurs parfois minaudent confondant rĂ©cital de soliste et
 jeu d’actrice Ă  l’Ă©coute de ses partenaires chanteurs, impliquĂ©e dans l’explicitation d’une situation dramatique. DouĂ©e d’un imaginaire introspectif rare,- en cela proche d’une Lorraine Hunt, Raffaella Milanesi incarne, habite, exprime ; sachant parfaitement Ă©clairer le profil psychologique de l’hĂ©roĂŻne qu’elle chante tout en comprenant aussi de l’intĂ©rieur la situation dramatique qui est en jeu. En un mot, la cantatrice redonne son lustre au chant lyrique incarnĂ© : elle sait prĂ©server le thĂ©Ăątre Ă  l’opĂ©ra.

 

 

ALCINA-RAFFAELLA-MILANESI-582-ALCINA-CLASSIQUENEWS-copyrightOn l’a vu Ă©blouissante et si bouleversante dans son approche du rĂŽle de la sorciĂšre amoureuse dĂ©munie,impuissante, dĂ©truite,… sublime Alcina de Handel Ă  Shanghai lors du festival international baroque qui a eu lieu en dĂ©cembre 2015 (Shanghai Symphony Orchestra Hall). A la fois louve fantomatique (ah mio cor) et souveraine fiĂšre et dĂ©terminĂ©e, la cantatrice explorait en nuances et couleurs ciselĂ©es, le portrait d’une Ăąme en fusion et incandescence. Saisissante de vĂ©ritĂ© et de prĂ©sence. Du trĂšs grand art. VOIR le reportage vidĂ©o OPERA FUOCO, David Stern et Raffaella Milanesi Ă  Shanghai (dĂ©cembre 2015 – rĂ©alisation : Philippe Alexandre Pham)

 

 

OPERA. Raffaella Milanesi : soprano incandescenteRÔLES 2017
 En France Raffaella Milanesi participe Ă  compter du 26 avril prochain Ă  la nouvelle production de La Calisto prĂ©sentĂ©e par l’opĂ©ra national du Rhin. Il y sera Junon personnage vocifĂ©rant sa jalouse impuissance lĂ  encore. Quand son Ă©poux trop volage Jupiter renchĂ©rit en facĂ©ties et stratagĂšmes inventifs pour sĂ©duire la belle nymphe Calisto qui s’est pourtant consacrĂ©e Ă  Diane : or le maĂźtre de l’Olympe connaĂźt bien le cƓur des ĂȘtres surtout le dĂ©sir des simples mortelles. Sachant les amours saphiques, dans le secret du bain de Diane, Jupiter sĂ©ducteur n’hĂ©site pas Ă  se dĂ©guiser en Diane justement pour tout obtenir de la belle proie
 il rĂ©ussira et la nymphe engrossĂ©e sera mĂȘme chassĂ©e du divin arĂ©opage (voir les peintures des XVIĂš au XVIIIĂš : du Titien Ă  Boucher). Raffaella Milanesi sera ensuite Esther dans l’oratorio Ă©ponyme de Haendel lors du prochain festival HĂ€ndel de Halle en Allemagne (le 3 juin 2017).

 

 

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AGENDA de Raffaella Milanesi, soprano

CAVALLI : La Calisto (Junon, Fortune)
Opéra National du Rhin, du 26 avril au 14 mai 2017
Strasbourg et Mulhouse
Les Talens Lyriques

 

HĂ€ndel / Haendel : Esther
Raffaella Milanesi chante le rĂŽle titre
Halle Handel Festpeile, le 3 juin 2017
Halle ( Allemagne)
La Risonanza, Fabio Bonizzoni

 

 

VISITER aussi le site officiel de Raffaella Milanesi

 

 

 

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CD

gluck-clemenza-tito-ehrhardt-werner-arte-del-mundo-dhmSESTO chez Gluck
 Raffaella Milanesi, cƓur embrasĂ© au chant clair et nuancĂ© incarne Sesto dans l’opĂ©ra oubliĂ© de Gluck (surclassĂ© par le drame Ă©ponyme de Mozart en 1791), La Clemenza di Tito, perle seria ressuscitĂ©e par Werner Erhardt dĂšs 2003 Ă  Leverkusen. LIRE notre compte rendu critique de La Clemenza di Tito de Gluck, CLIC de CLASSIQUENEWS de juin 2014

 

 

 

 

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VIDEO : ALCINA embrasĂ©e, Ă©ruptive, hallucinĂ©e…

 

 

ALCINA-RAFFAELLA-MILANESI-582-ALCINA-CLASSIQUENEWS-copyright

 

 

DIVAS ACTUELLES : Raffaella MILANESI, soprano. L’ARDENTE FLAMME. Lors du festival international de musique baroque de Shanghai en dĂ©cembre 2015, la compagnie lyrique crĂ©Ă©e dirigĂ©e par David Stern interprĂ©tait ALCINA de Haendel. Avec dans le rĂŽle titre, l’immense soprano Raffaella Milanesi, Alcina dĂ©vastĂ©e, juste, sincĂšre… SĂ©quence sublime oĂč la cantatrice au sommet de ses moyens chante l’air majeur “Ah mio cor” qui dĂ©voile sous le masque de la magicienne souveraine, une amoureuse dĂ©truite, impuissante © studio CLASSIQUENEWS.TV — rĂ©alisation : Philippe-Alexandre PHAM / Shanghai dĂ©cembre 2015