MEILLEURS SPECTACLES, opĂ©ra et danse 2018 – 2019

Kantorow alexandre piano classiquenews festival WURTH critique classiquenewsDISTINCTIONS. Prix du Syndicat de la critique, PalmarĂšs 2019. Le 21 juin dernier, Salle Favart / OpĂ©ra Comique de Paris, le Syndicat Professionnel de la critique de thĂ©Ăątre, musique et danse (SPCTMD, crĂ©Ă© en 1877) a dĂ©clarĂ© son palmarĂšs des meilleurs spectacles vus pendant l’annĂ©e Ă©coulĂ©e (2018 – 2019), dans les catĂ©gories thĂ©Ăątre, musique et danse. Son palmarĂšs 2019 distingue les « meilleures » productions dont Ă©videmment la danse et l’opĂ©ra qui retiennent particuliĂšrement notre attention. Certains spectacles ont-ils Ă©tĂ© au moment de leurs reprĂ©sentations remarquĂ©s par la RĂ©daction de Classiquenews, dĂ©crochant le fameux CLIC de Classiquenews ? Lire ci aprĂšs la sĂ©lection des productions primĂ©es par le Syndicat, et s’il y a lieu, le compte rendu et l’avis de Classiquenews sur le spectacle et les artistes concernĂ©s. Illustration : le jeune pianiste Alexandre Kantorow, rĂ©vĂ©lation de l’annĂ©e 2018 / 2019 (DR).

 

 

 

 

MUSIQUE / OPÉRA
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GRAND PRIX (meilleur spectacle lyrique de l’annĂ©e) :
Beatrix Cenci d’Alberto Ginastera,
création française / Opéra National du Rhin.
Prix remis en hommage Ă  Eva Kleinitz, directrice de l’institution alsacienne, dĂ©cĂ©dĂ©e le 30 mai 2019, trĂšs engagĂ©e par la rĂ©alisation de cette production.

VIDEO, teaser :
https://www.operanationaldurhin.eu/fr/spectacles/saison-2018-2019/opera/beatrix-cenci

LIRE notre critique complĂšte CLASSIQUENEWS:
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-opera-strasbourg-opera-le-17-mars-2019-ginastera-beatrix-cenci-m-letonja-m-pensotti/

 

 

PRIX CLAUDE ROSTAND (meilleur spectacle lyrique créé en province) :
Ariane et Barbe-Bleue de Paul Dukas,
nouvelle production / Théùtre du Capitole de Toulouse

VIDEO, teaser :
https://www.youtube.com/watch?v=4h8kjEfXYts

LIRE notre critique complĂšte CLASSIQUENEWS:
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-toulouse-capitole-le-7-avril-2019-dukas-ariane-et-barbe-bleue-koch-le-texier-rophe/

 

 

 

MEILLEURE COPRODUCTION LYRIQUE EUROPÉENNE
AVEC UN THÉÂTRE FRANÇAIS:
Les Boréades de Jean-Philippe Rameau
Barrie Kosky / E HaĂŻm
OpĂ©ra de Dijon en coproduction avec l’OpĂ©ra Comique de Berlin

Approfondir
http://operaback.opera-dijon.fr/spectacles/les-boreades/

LIRE notre critique complĂšte CLASSIQUENEWS:
https://www.classiquenews.com/compte-rendu-critiqueopera-dijon-le-20-mars-2019-rameau-les-boreades-vidal-haim-kosky/

 

 

 

MEILLEURE CRÉATION MUSICALE :
Trois Contes de GĂ©rard Pesson,
crĂ©ation mondiale Ă  l’OpĂ©ra de Lille
en coproduction avec les opéras de Rouen, Rennes et Angers / Nantes Opéra

Approfondir
https://www.opera-lille.fr/fr/saison-18-19/bdd/sid/99807_trois-contes

LIRE notre critique complĂšte CLASSIQUENEWS:
http://www.classiquenews.com/tag/gerard-pesson/

 

 

MEILLEUR CRÉATEUR D’ÉLÉMENTS SCÉNIQUES :
MaƂgorzata Szczęƛniak, pour les dĂ©cors de Lady Macbeth de Mzensk
de Dmitri Chostakovitch / Opéra National de Paris / Bastille

VIDEO, teaser :

DĂ©tail de la distribution et de l’équipe artistique sur le site de l’OpĂ©ra bastille / national de Paris :
https://www.operadeparis.fr/saison-18-19/opera/lady-macbeth-de-mzensk

LIRE notre critique CLASSIQUENEWS du spectacle « scandaleux » :
https://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-paris-bastille-le-7-avril-2019-chostakovitch-lady-macbeth-de-mzensk-metzmacher-warlikowski/

 

 

 

PERSONNALITÉ MUSICALE DE L’ANNÉE :
Michael Spyres, ténor

LIRE nos critiques et comptes rendus des spectacles de Michael Spyres :
https://www.classiquenews.com/?s=Michael+spyres&submit=rechercher

 

 

RÉVÉLATION MUSICALE DE L’ANNÉE :
Alexandre Kantorow, pianiste

LIRE notre critique du concert Tchaikovsky, Sibelius par Alexandre Kantorow, piano (Toulouse, février 2019) :
https://www.classiquenews.com/compte-rendu-concert-toulouse-le-15-fev-2019-tchaikovsky-sibelius-alexandre-kantorow-john-storgards/

 

 

 

MEILLEURE INITIATIVE POUR LE RAYONNEMENT MUSICAL :
Opéra Junior de Montpellier
JĂ©rĂŽme Pillement (direction)
au sein de l’OpĂ©ra Orchestre National de Montpellier Occitanie

 

 

 

 

 

 

MEILLEURS LIVRES SUR LA MUSIQUE : 

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CLIC_macaron_2014Essai : Maurice Ravel intégrale de la correspondance (1895/1937)
écrits, lettres, entretiens réunis par Manuel Cornejo (éditions Le Passeur)

LIRE notre article et présentation critique CLASSIQUENEWS :
https://www.classiquenews.com/livre-evenement-annonce-manuel-cornejo-maurice-ravel-lintegrale-editions-le-passeur/

 

 

 

Monographie : Alfred Cortot
par François Anselmini et Rémi Jacobs (éditions Fayard)

LIRE notre annonce et présentation critique CLASSIQUENEWS :
https://www.classiquenews.com/livre-evenement-alfred-cortot-par-francois-anselmini-et-remi-jacobs-fayard/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DANSE
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GRAND PRIX :
Venezuela, chorégraphie de Ohad Naharin (Chaillot-Théùtre National de la Danse)

VIDEO, teaser :
https://www.theatre-chaillot.fr/fr/saison-2018-2019/venezuela

 

 

 

MEILLEUR INTERPRÈTE :
Alu_francois-premier danseurFrançois Alu, Premier danseur du Ballet de l’OpĂ©ra national de Paris – Amateur de la dĂ©structure, inspirĂ© par le hip-hop et Eminem, le danseur berrichon au physique de rugby et au franc parler (Ă©lu aussi danseur le plus sexy 2018 par le magazine TĂ©tu), sait enrichir hors danse classique, sa propre offrande pyrotechnique sur la scĂšne chorĂ©graphique souvent compassĂ©e de l’OpĂ©ra national de Paris
 Un Ă©lectron libre et irrĂ©sistiblement inspirĂ© qui renouvelle l’art chorĂ©graphique made in Paris…

VIDEO / François Alu, danseur rockstar de l’OpĂ©ra de Paris
https://www.youtube.com/watch?v=Yj6FqrnSdZE

https://www.youtube.com/watch?v=5jcecy0IO4U

 

 

PERSONNALITÉ CHORÉGRAPHIQUE DE L’ANNÉE :
William Forsythe

VIDEO, teaser : Rameau / A quiet evening of Dance
Festival d’Automne 2019
https://www.youtube.com/watch?v=R2HzM9t1y1I

 

MEILLEURS FILMS SUR LA DANSE :
Maguy Marin, L’urgence d’agir, de David Mambouch, Ocean Films Distributions
http://www.ocean-films.com/film/maguy-marin-lurgence-dagir/

MEILLEURE COMPAGNIE :
São Paulo Companhia de Dança (BRESIL)
http://www.spcd.com.br

 

 

MEILLEURS LIVRES SUR LA DANSE :
Danser Pina de Rosita Boisseau et Laurent Philippe, Ed. Textuel 2018
https://www.editionstextuel.com/livre/danser-pina

 

 

 

 

THEATRE
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GRAND PRIX (meilleur spectacle thĂ©Ăątral de l’annĂ©e) : Les Idoles de Christophe HonorĂ©
(ThĂ©Ăątre Vidy-Lausanne, OdĂ©on-ThĂ©Ăątre de l’Europe)

PRIX GEORGES-LERMINIER (meilleur spectacle thĂ©Ăątral crĂ©Ă© en province) : Insoutenables longues Ă©treintes d’Iran Viripaev, mise en scĂšne de Galin Stoev (ThĂ©Ăątre de la CitĂ© de Toulouse)

MEILLEURE CRÉATION D’UNE PIÈCE EN LANGUE FRANÇAISE : Au-delĂ  des tĂ©nĂšbres de Simon Abkarian (ThĂ©Ăątre du Soleil)

MEILLEUR SPECTACLE ÉTRANGER : La Reprise (Histoire(s) du thĂ©Ăątre (1)), de Milo Rau (Festival d’Avignon, ThĂ©Ăątre Nanterre-Amandiers)

PRIX LAURENT-TERZIEFF (meilleur spectacle présenté dans un théùtre privé) : Girls and boys, de Dennis Kelly, mise en scÚne de Mélanie Leray (Théùtre du Petit-Saint-Martin)
La Ménagerie de verre, de Tennessee Williams, mise en scÚne de Charlotte Rondelez (Théùtre de Poche-Montparnasse)

MEILLEURE COMÉDIENNE : MarlĂšne Saldana, dans Les Idoles, de Christophe HonorĂ© (ThĂ©Ăątre Vidy-Lausanne, OdĂ©on-ThĂ©Ăątre de l’Europe)

MEILLEUR COMÉDIEN : Nicolas Bouchaud, dans DĂ©mons, de FĂ©dor DostoĂŻevski, mise en scĂšne de Sylvain Crezevault et dans Un Ennemi du peuple, d’Henrik Ibsen, mise en scĂšne de Jean-François Sivadier (OdĂ©on-ThĂ©Ăątre de l’Europe)

PRIX JEAN-JACQUES-LERRANT (rĂ©vĂ©lation thĂ©Ăątrale de l’annĂ©e) : Suzanne Aubert, dans L’École des femmes, de MoliĂšre, mise en scĂšne de StĂ©phane Braunschweig (OdĂ©on- ThĂ©Ăątre de L’Europe)

MEILLEURE CRÉATION D’ÉLÉMENTS SCÉNIQUES : Christian Tirole/Jean-François Sivadier (scĂ©nographie) pour Un Ennemi du peuple, d’Henrik Ibsen, mise en scĂšne de Jean-François Sivadier (OdĂ©on-ThĂ©Ăątre de l’Europe)

MEILLEUR COMPOSITEUR DE MUSIQUE DE SCÈNE : Éric Sleichim pour Electre/Oreste, d’Euripide, mis en scĂšne d’Ivo van Hove (ComĂ©die-Française)

MEILLEUR LIVRE SUR LE THÉÂTRE : Avec JoĂ«l Pommerat (tome II), l’écriture de Ça ira fin de Louis, de Marion Boudier, Éditions Actes-Sud Papiers 2018

 

 

 

 

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Pour infos
PalmarÚs 2019 pour le théùtre :
Plus d’infos sur le site du Prix de la critique

http://associationcritiquetmd.com/prix-de-la-critique-2018-2019/

LA ROCHE POSAY. Les Vacances de Monsieur HAYDN : 19 – 22 sept 2019

vent_les-vacances-de-monsieur-haydn_297_909488Les Vacances de Monsieur HAYDN : 19 – 22 sept 2019. Chaque automne Ă  la Roche Posay, la musique de chambre est Ă  l’honneur. C’est un Ă©vĂ©nement qui met l’accent sur l’accessibilitĂ© de la musique, destinĂ©e Ă  sĂ©duire le plus grand nombre d’auditeurs, de tous Ăąges, quelque soit sa culture musicale (pour certains concerts, c’est le spectateur qui fixe le prix selon ses possibilitĂ©s : concerts « COMVOULVOUL »).
Des mots mĂȘmes de JĂ©rĂŽme Pernoo, directeur artistique, la dĂ©jĂ  15Ăš Ă©dition des Vacances de Mr Haydn Ă  La Roche Posay outre le plaisir d’un moment musical « inĂ©dit, informel, convivial, inventif », sait aussi ĂȘtre trĂšs Ă©quilibrĂ©e dĂ©fendant sur un plan d’égalitĂ© partitions du rĂ©pertoire (Haydn Ă©videmment, Beethoven, Mozart, Schubert, Brahms) et Ă©critures contemporaines.

La musique de chambre se démocratise

OUVERTURE, CRÉATION et THRILLER à la Roche Posay

 

 

vignette-festival-2019-vacances-monsieur-haydn-jerome-pernoo-festival-2019-classiquenews-BANNER----copieLa programmation de cette annĂ©e est celle d’un « savant dosage de grands classiques et de dĂ©couvertes » qui suit aussi « un fil rouge Ă©nigmatique ». Le festival offre ainsi Ă  chaque festivalier l’occasion de rĂ©soudre sur chaque lieu de concert, une Ă©nigme policiĂšre.
DĂšs le concert d’ouverture, quand sera jouĂ© le Quatuor opus 77 n°1 de Haydn (partition d’ailleurs jouĂ©e pour le festival 2005), un meurtre sera commis. Le soir, la programmation verra plus grand, signe d’un dĂ©veloppement nouveau puisque l’orchestre du Festival, qui comprend plusieurs instrumentistes du Festival OFF, jouera le Triple Concerto de Beethoven et le double Concerto de Ducros. Au sein d’une colonie de compositeurs « trĂšs suspects » : Lucas Debargue, JĂ©rĂŽme Ducros, Jean-Baptiste Doulcet, StĂ©phane Delplace ou Tomer Kviatek, qui « aurait plus d’intĂ©rĂȘt Ă  supprimer un collĂšgue ? ». A vous de le dĂ©couvrir

En un week end de 4 jours, atypiques, surprenants, les Vacances de Mr Haydn tout en renouvelant l’expĂ©rience du concert savent stimuler l’attention des spectateurs, et toucher un public de plus en plus large
 JĂ©rĂŽme Pernoo offre aussi Ă  de jeunes musiciens de vivre les dĂ©fis des concerts publics, une opportunitĂ© qui favorise la professionalisation des jeunes musiciens

Le Festival investit toute le cƓur de ville, en particulier 3 lieux dĂ©sormais emblĂ©matiques : le gymnase, le cinĂ©ma et l’église.
SoirĂ©e de lancement, le 19 septembre 2019. Au total : 8 concerts (Festival IN), 60 concerts gratuits de 20 mn (Festival OFF), 13 musiciens professionnels renommĂ©s (dont bien sĂ»r JĂ©rĂŽme Pernoo au violoncelle, le pianiste NathanaĂ«l Gouin, la violoniste Eva Zavaro, ou les instrumentistes du Quatuor Mona
), 60 jeunes instrumentistes « professionnels, Ă©tudiants ou amateurs de haut niveau ». Sans omettre les 5 compositeurs contemporains prĂ©cĂ©demment citĂ©s dont Lucas Debargue et JĂ©rĂŽme Ducros qui interviennent aussi comme pianistes. A La Roche Posay, l’esprit de Haydn se dĂ©ploie naturellement : le Festival crĂ©Ă© par JĂ©rĂŽme Pernoo perpĂ©tue la libertĂ© inventive et le sens de l’écoute et du partage
 la musique de chambre y a trouvĂ© son foyer et sa rĂ©sidence.

L’orchestre de Mr HAYDN avec Appassionato

PremiĂšre en 2019 : la Haydn AcadĂ©mie, encadrĂ©e par l’orchestre Appasionato, sous la direction de Mathieu Herzog, donne naissance Ă  un orchestre symphonique composĂ© de 60 jeunes musiciens venus du monde entier. Cet orchestre du festival interprĂšte ainsi le vendredi 20 septembre au soir, un concert unique. Au programme : l’Ouverture de L’Incontro improviso de  Joseph Haydn, le Triple Concerto en do majeur, Opus 56 de Ludwig Van Beethoven  et le Double Concerto pour piano, violoncelle et orchestre de JĂ©rĂŽme Ducros. Plus que prĂ©cĂ©demment la musique chambriste et ici orchestrale est un plaisir qui se partage


 

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Les Vacances de Mr HAYDN 2019
15Ăšme Ă©dition : 19, 20, 21, 22 sept 2019
TEMPS FORTS des 4 jours

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JEUDI 19 SEPTEMBRE 2019

19h Place du village / kiosque
Soirée du OFF
Sur la place du “village de Monsieur HAYDN”.
Présentation des différents groupes du OFF

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VENDREDI 20 SEPTEMBRE 2019

19h Cinéma
Concert d’ouverture

Joseph Haydn (1732-1809)
Quatuor à cordes op. 77 n°1
Quatuor Mona

Tomer Kviatek (2001)
Trio avec piano
Ryo Kojima, Jean-Baptiste MaiziÚres, Nathanaël Gouin

 

 

21h Gymnase‹ : Concert avec orchestre

Joseph Haydn (1732-1809)
Ouverture de L’Incontro improviso

Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Triple concerto en do majeur op. 56
Eva Zavaro, Caroline Sypniewski, Lucas Debargue, Orchestre de la Monsieur Haydn Academy, encadrĂ© par l’Ensemble Appasionnato, direction JĂ©rĂŽme Pernoo

JĂ©rĂŽme Ducros (1974)
Double Concerto pour piano, violoncelle et orchestre
JĂ©rĂŽme Pernoo, JĂ©rĂŽme Ducros, Orchestre de la Monsieur Haydn Academy, encadrĂ© par l’Ensemble Appasionnato, direction Mathieu Herzog

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SAMEDI 21 SEPTEMBRE 2019

21h Gymnase

Johannes Haydn (1732-1809)
Fantaisie en fa mineur pour piano
Nathanaël Gouin

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Trio “Les Quilles” pour clarinette, alto et piano
François Tissot, Arianna Smith, Nathanaël Gouin

Lucas Debargue (1990)
Quatuor symphonique pour violon, alto, violoncelle et piano
Eva Zavaro, Arianna Smith, JĂ©rĂŽme Pernoo, Lucas Debargue

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DIMANCHE 22 SEPTEMBRE

14h30 Cinéma
(ComVoulVoul)

Stéphane Delplace (1953)
Sonate pour violoncelle et piano
JĂ©rĂŽme Pernoo, JĂ©rĂŽme Ducros

Johannes Brahms (1833-1897)
Trio pour violon, cor et piano
Eva Zavaro, Nathanaël Gouin

 

 

18h30 Gymnase

Domenico Scarlatti (1685-1757)
Sonate pour piano K 208 & K 24
Lucas Debargue

JĂ©rĂŽme Ducros (1974)
Trio avec piano
Ryo Kojima, JĂ©rĂŽme Pernoo, JĂ©rĂŽme Ducros

Franz Schubert (1787-1828)
Octuor D803 pour clarinette, basson, cor, deux violons, alto, violoncelle et contrebasse
François Tissot, Lomic Lamouroux, Quatuor Mona, Jean-Edouard Carlier

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INFORMATIONS & RESERVATIONS
RESERVEZ ici :
https://www.lesvacancesdemonsieurhaydn.com/programme

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Livre, événement. Isabelle Duquesnoy : La redoutable veuve Mozart par Duquesnoy (La MartiniÚre)

duquesnoy-isabelle-redoutable-veuve-mozart-la-martiniere-livre-critique-annonce-livre-musique-classique-news-critique-livre-classiquenews-livres-de-l-ete-2019-selection-livres-critique-classiquenewsLivre, Ă©vĂ©nement. Isabelle Duquesnoy : La redoutable veuve Mozart par Duquesnoy (La MartiniĂšre). Redoutable ? Rien de tel. Concernant la « veuve Mozart », le terme nous paraĂźt impropre. Constanze, qui survĂ©cut prĂšs de 50 ans aprĂšs la mort de son gĂ©nial Ă©poux (Wolfgang en 1791) est plutĂŽt tenace, inflexible
 engagĂ©e Ă  rĂ©tablir dans sa ville natale, Salzbourg, la postĂ©ritĂ© et l’honneur de Mozart. Lui l’humiliĂ©, lui le musicien dĂ©nigrĂ©, rĂ©duit en esclavage, eut le culot de dire « non » et de claquer la porte de son employeur, l’infect Coloredo (prince-archevĂšque de la ville). De son vivant, les relations entre Wolfgang et Salzbourg ont plutĂŽt Ă©tĂ© maudites.

 

 

 

Portrait de Constanze von Nissen, veuve Mozart
Forcer le conservatisme de Salzbourg et de Vienne,
réhabiliter le génie de son mari, Wolfgang


 

 

 

MOZART-redoutable-veuve-nissen-critique-isabelle-duquesnoy-classiquenews-clic-de-classiquenews-critique-livre-Constanze_Mozart-630x390L’auteure de ce texte complet et documentĂ© rĂ©tablit d’abord le profil d’une Ă©pouse illuminĂ©e par le gĂ©nie de son Ă©poux, fauchĂ© trop tĂŽt, qui n’a rien Ă  voir avec la silhouette Ă©purĂ©e, coquette superficielle telle qu’elle s’affiche dans le film pourtant inspirĂ© de Milos Forman (Amadeus). La tĂȘte sur les Ă©paules, dĂ©terminĂ©e et inflexible, c’est en rĂ©alitĂ© Constanze qui rĂ©alisa monument et statut (place Mozart), surtout centre d’étude et de recherche dĂ©diĂ© Ă  l’Ɠuvre de Wolfgang, l’actuel Mozarteum, sans omettre un festival de musique consacrĂ© au gĂ©nie de son premier mari
 N’ayant au final rien inventer au sujet de Mozart, la ville qui aujourd’hui lui doit tout (son prestige international), eut pour sa part l’idiotie de l’indiffĂ©rence et une bonne dose de stupiditĂ© Ă  l’égard de son enfant unique, bĂ©ni des dieux. C’était compter sans sa veuve, infatigable militante pour la rĂ©habilitation de Wolfgang dans sa ville. Aucune Ă©pouse n’eut plus de combativitĂ© pour inflĂ©chir et forcer l’esprit Ă©troit et conservateur des notables salzbourgeois ; comme ceux Viennois plus enclins Ă  financer Beethoven, le « casseur de pianos ». Que serait Salzbourg aujourd’hui sans la prĂ©sence et l’esprit rĂ©habilitĂ© de Mozart ? La municipalitĂ© devrait plutĂŽt aujourd’hui Ă©difier une statue Ă  Constanze pour sa redoutable opiniĂątretĂ© en effet Ă  honorer son gĂ©nie natif.

Le livre d’Isabelle Duquesnoy Ă©difie un formidable hommage Ă  l’ambition et la volontĂ© de cette femme, Ă©pouse exemplaire, premiĂšre mozartienne militante, douĂ©e d’une force de conviction apparemment irrĂ©sistible. VoilĂ  ce que raconte ce livre majeur, certes dans un style plus concret et direct que rĂ©ellement littĂ©raire, mais qui a le mĂ©rite de ressusciter la force morale d’une veuve aussi combattive que convaincue. Pour mieux transmettre le tĂ©moignage et les mĂ©moires de la veuve exemplaire, l’auteure utilise le truchement de la confession, celle d’une mĂšre qui soucieuse de vĂ©ritĂ© s’adresse Ă  son fils Carl (le paresseux) quand son autre fils, Franz Xavier dit Wowi (l’instable mĂ©lancolique), peine Ă  se faire un nom et une rĂ©putation de compositeur malgrĂ© l’entĂȘtement de sa mĂšre : pas facile de reproduire le miracle paternel.
CLIC D'OR macaron 200Le texte est truffĂ© d’anecdotes (Constanze avait un contentieux aigu avec sa belle sƓur Nannerl, sƓur ainĂ©e de Wolfgang, qui le lui rendait bien)
et de sĂ©quences souvent drĂŽles comme l’établissement passager de Constanze Mozart Ă  Copenhague, ville de son nouveau mari, Georg von Nissen, conseiller Ă  la cour, qui l’encourage dans ses dĂ©marches de rĂ©habilitation car il est lui aussi farouche admirateur de l’Ɠuvre mozartien. De concert, les deux rĂ©digeront la premiĂšre biographie « vĂ©ridique », et fiable de Wolfgang Amadeus Mozart car elle s’appuie sur le tĂ©moignage direct de son Ă©pouse
 Ce qui nous paraĂźt Ă©vident et naturel aujourdh’ui : la gloire indiscutable de Mozart et sa cĂ©lĂ©bration permamente Ă  Salzbourg, fut en rĂ©alitĂ© obtenu Ă  force de tĂ©mĂ©ritĂ© et d’obstination surhumaines, qu’incarne avec le recul sa veuve, non pas la « redoutable » mais l’exemplaire Constanze. TrĂšs profitable lecture.

 

 

 

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Livre Ă©vĂ©nement, critique : La redoutable veuve Mozart par Isabelle Duquesnoy – ISBN : 2732491659 – Editions de la MartiniĂšre (parution annoncĂ©e le 5 sept 2019) – CLIC de classiquenews de l’automne 2019.

 

 

 

PrĂ©sentation de l’éditeur La MartiniĂšre :
« 1791, Wolfgang Mozart meurt. AccablĂ©e de tristesse mais surtout de dettes, Constance Mozart ne se laisse pas abattre et dĂ©cide de travailler Ă  la postĂ©ritĂ© de l’Ɠuvre de l’artiste. Elle se rĂ©vĂšle alors une femme de poigne et, dans cette quĂȘte de reconnaissance et d’argent, rien ne semble l’arrĂȘter.
Pour rembourser les crĂ©anciers, elle commence par vendre, Ă  la hĂąte, les compositions de Mozart. Elle rĂ©quisitionne un de ses anciens Ă©lĂšves pour terminer le Requiem inachevĂ©. Elle rebaptise son plus jeune fils Wolfgang Mozart II et le force Ă  monter sur scĂšne. L’enfant n’est pas douĂ© en musique, mais qu’importe ! Il se ridiculise, vit mal l’entĂȘtement de sa mĂšre

Enfin, pour s’assurer une situation, elle se remarie avec un diplomate danois qui ne partage jamais son lit et risque la peine de mort pour ses mƓurs sexuelles

Elle vĂ©cut ainsi cinquante-et-un ans aprĂšs la mort du compositeur, pendant lesquels elle inventa le systĂšme de propriĂ©tĂ© intellectuelle, crĂ©a un festival dĂ©diĂ© Ă  Mozart, Ă©rigea des monuments et remit la musique de son dĂ©funt mari au goĂ»t du jour. Un portrait de femme romanesque, d’une grande modernitĂ©.

Wolfgang Amadeus Mozart Ă©tait un gĂ©nie. Mort ruinĂ©, enterrĂ© sans grande pompe, il aurait pourtant pu sombrer dans l’oubli… Si Constanze Mozart ne l’avait pas adorĂ© au point de sacrifier leurs propres enfants Ă  la gloire de son dĂ©funt mari. Si elle ne lui avait pas survĂ©cu pendant cinquante-et-un ans, bataillant jour et nuit pour la postĂ©ritĂ© de son Ɠuvre. Si elle n’avait pas grattĂ© la terre Ă  mains nues pour retrouver son squelette, ni rebaptisĂ© son jeune fils « Wolfgang Mozart II » pour le produire dans toutes les cours d’Europe
 Le deuil de Constanze rĂ©vĂ©la une femme d’affaires intransigeante, un caractĂšre hors norme : une veuve redoutable. Voici le destin extraordinaire et romanesque d’une femme d’une grande modernitĂ©. AprĂšs la publication du trĂšs remarquĂ© L’Embaumeur, laurĂ©at de deux prix, Isabelle Duquesnoy revient avec un nouveau roman Ă©rudit et jubilatoire. FascinĂ©e par la figure de Constanze Mozart, elle y a travaillĂ© vingt ans. »  Editions de la MartiniĂšre.

 

 

 
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GSTAAD MENUHIN FESTIVAL & ACADEMY 2019 : LIVESTREAM Ă  15h aujourd’hui : masterclass d’ANDRAS SCHIFF

GSTAAD MENUHIN FESTIVAL & ACADEMY 2019 : LIVESTREAM Ă  15h aujourd’hui : masterclass d’ANDRAS SCHIFF. LIVESTREAM ! Le GSTAAD MENUHIN FESTIVAL dĂ©veloppe ses contenus digitaux et dĂ©voile des sessions inĂ©dites en exclusivitĂ© sur la toile
 Visionnez aujourd’hui en direct la masterclass de Sir Andras Schiff depuis la plateforme Gstaad Digital Festival Ă  partir de 15h. Cette masterclass fait partie des nombreux ateliers pĂ©dagogiques que propose le GSTAAD MENUHIN FESTIVAL (7 acadĂ©mies au total dont une exceptionnel acadĂ©mie de direction d’orchestre, – session unique en Europe chaque Ă©tĂ©).

 

 

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CONNECTEZ-VOUS pour la Master class d’Andras Schiff au GSTAAD MENUHIN FESTIVAL 2019 :
https://www.gstaaddigitalfestival.ch/fr/video/masterclass-live/

 

 

 

 

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CONCERTS FILMES et DIFFUSÉS en 2019 :
Concerts filmés en 2019 et rentransmis sur le site du GSTAAD MENUHIN Festival :
Programme indicatif à confirmer sur le site du Festival d’ici là

 

21.7 : Masterclass d’Andras Schiff  puis concert crĂ©ation Parfum et musique (Sol Gabetta)

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2.8 : Clair de lune (Fazil Say)
3.8 : La Truite (Sol Gabetta & Bertrand Chamayou)
3.8 : Nocturne aux chandelles (Jean Rondeau)
10.8 : Cabaret & Chansons (Ute Lemper)

 

 

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L’édition 2019 met Paris en plein coeur du Saanenland avec plus de 75 concerts et des artistes d’exception !


UN PEU D’HISTOIRE

Yehudi Menuhin, “violon du siĂšcle”, avait eu le coup de foudre pour le Saanenland et fonde le festival en 1957. Le public rĂ©pond chaque annĂ©e plus nombreux, sĂ©duit par l’extrĂȘme variĂ©tĂ© des affiches proposĂ©es mais Ă©galement par le charme des lieux de concerts – en particulier les Ă©glises pittoresques, au charme rustique montagnard, propices Ă  un partage musical en toute intimitĂ© – et par un cadre naturel Ă  couper le souffle, entre le vert chaleureux des pĂąturages, le bleu profond des lacs de montagne et le gris majestueux des cimes alpines
 un panaroma qui aura inspirĂ© nombre de compositeurs de Brahms, Mahler Ă  Richard Strauss.

GSTAAD-MENUHIN-FESTIVAL-2019-festival-&-academy-annonce-teaser-programme-annonce-critique-par-CLASSIQUENEWS-MUSIQUE-CLASSIQUE-OPERA-CONCERTS-ETE-2019AprĂšs un voyage passionnant dans les Alpes (Ă©dition de l’annĂ©e derniĂšre), le Gstaad Menuhin Festival met le cap sur la ville LumiĂšre, la citĂ© qui est une fĂȘte permanente. Et pas n’importe quelle ville : Paris, la “Ville LumiĂšre”, capitale la plus visitĂ©e de la planĂšte. Une citĂ© de goĂ»t et de culture, fer de lance de la musique française, Ă©voquĂ©e par les chefs-d’oeuvre qui ont vu le jour sur son sol Ă  travers les siĂšcles – de l’Ecole de Notre-Dame jusqu’Ă  Tristan Murail, Ă  qui le festival a passĂ© commande -, mais aussi par les artistes qui font aujourd’hui briller les couleurs de la France de par le monde, Ă  l’image du pianiste Bertrand Chamayou, “Artiste en rĂ©sidence 2019″, de l’organiste de Notre-Dame Olivier Latry, de Patricia Petibon ou de l’Orchestre Philharmonique de Radio-France avec Mikko Franck et de l’Orchestre National de Lyon, animateurs de deux grandes soirĂ©es sous la tente de Gstaad.

 

 

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LIRE aussi notre présentation « PARIS, 63Ú GSTAAD MENUHIN FESTIVAL »

VOIR notre TEASER VIDEO « PARIS, 63Ú GSTAAD MENUHIN FESTIVAL »

GSTAAD MENUHIN FESTIVAL & ACADEMY 2019
18 juillet – 6 septembre 2019
“PARIS”

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gstaad-menuhin-festival-2019-PARIS-annonce-prĂ©sentation-classiquenews-582Entretien avec Christoph Muller, intendant et directeur artistique du GSTAAD MENUHIN FESTIVAL, premier festival de musique classique chaque Ă©tĂ© en Suisse. Le festival est devenu depuis la direction de Christoph Muller, une “grosse machine”, un Ă©vĂ©nement incontournable dans le paysage musical alpin, qui pourtant a su garder sa dimension humaine comme maintenir trĂšs haute son exigence artistique.  PARIS est Ă  l’honneur cet Ă©tĂ© Ă  GSTAAD en 2019. Avec plus de 60 concerts, des programmes prometteurs dont plusieurs inĂ©dits et des crĂ©ations, la prĂ©sence d’artistes parmi les plus passionnants de la scĂšne musicale actuelle, GSTAAD, chaque Ă©tĂ©, rĂ©alise une affiche incontournable, du 18 juillet au 6 sept 2019. Voici les points forts d’une Ă©dition dĂ©sormais trĂšs attendue et Ă  trĂšs fort potentiel, au regard de la diversitĂ© et de l’équilibre de ses choix artistiques. Christoph Muller nous prĂ©sente la nouvelle Ă©dition 2019 du GSTAAD MENUHIN festival & academy


 

 

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LIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. LASSAUZET Benjamin : L’Humour de Claude Debussy (Editions L’Harmattan, parution juillet 2019)

debussy claude humour de claude debussy benjamin lassauzet classiquenews critique livre classiquenews opera concert festival critique annnonce actualite classiquenewsLIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. LASSAUZET Benjamin : L’Humour de Claude Debussy (Editions L’Harmattan, parution juillet 2019). Le titre ne manque d’interroger tant l’écriture de Debussy ne semble pas soluble dans l’humour, la facĂ©tie, le dĂ©lire comique revendiquĂ©s comme tels
 De la Mer Ă  PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs-midi d’un faune
 c’est plutĂŽt la sensibilitĂ© atmosphĂ©rique et la sensualitĂ© mystĂ©rieuse qui marquent l’Ɠuvre entier de Claude
 et pourtant : «  Qu’on le positionne sur le terrain, impressionniste, du flou, de l’indĂ©terminĂ© et de la couleur, ou sur celui, symboliste, des correspondances, du mystĂšre et de l’imaginaire, Debussy se voit toujours irrĂ©mĂ©diablement sĂ©parĂ© de sa muse comique. Pourtant, sa production musicale humoristique est trĂšs loin d’ĂȘtre insignifiante puisqu’elle reprĂ©sente plusieurs dizaines d’Ɠuvres ayant jalonnĂ© toute les Ă©tapes de sa vie crĂ©atrice.   » ainsi l’éditeur remet-il les pendules Ă  l’heure s’agissant d’un portrait complet de Debussy.
Mais le texte de Benjamin Lassauzet Ă©largit son sujet et son spectre d’analyse car ici outre son humour, c’est aussi l’homme, l’épistolier, le critique, le dramaturge et l’interprĂšte qui se dĂ©voilent page aprĂšs page. Y-a-t-il une vis comica chez Debussy : oui, trois fois oui ! semble nous dire l’auteur. Comme Mozart ou Haydn, Debussy fut aussi capable d’autodĂ©rision et d’un imaginaire comique
 Grande critique Ă  venir dans le mag cd dvd livres de classiquenews

LIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. LASSAUZET Benjamin : L’Humour de Claude Debussy (Editions L’Harmattan, parution juillet 2019) – 17 x 24 cm, 452 pages – 8 illustrations

Le TrouvĂšre de Verdi avec Anna Netrebko Ă  VĂ©rone sur FRANCE 5

LIEGE. JĂ©rusalem de Giuseppe Verdi FRANCE 5, sam 20 juillet 2019, VERDI : LE TROUVERE, 22h20. Un couple d’amants Ă©prouvĂ©s, martyrisĂ©s ; un comte (di Luna), jaloux, haineux, sans scrupules
 Verdi n’épargne rien ni personne pour que brĂ»le le drame. Le choix du livret Cammarano d’aprĂšs le roman de GuttiĂ©rrez (El Trovador, 1836) s’avĂšre trĂšs efficace 
 au diapason de la musique : prenante, passionnĂ©e, oĂč dominent les grands airs solistes et le chƓur quasiment permanent. L’opĂ©ra est crĂ©Ă© Ă  Rome (Teatro Apollo, janvier 1953), puis reprĂ©sentĂ© Ă  Paris (ThĂ©Ăątre Italien, dĂ©cembre 1854). Dans ce fantastique Ă©pique, pas de place pour la langueur car les hĂ©ros ont Ă  peine le temps d’exprimer leur passion avant de mourir


Le point culminant de ce lyrique spectaculaire et saisissant Ă©tant portĂ© par le personnage de la sorciĂšre, Azucena – rĂŽle inouĂŻ pour contralto dramatique (elle annonce Amneris dans Aida) : voix des tĂ©nĂšbres qui fait surgir le grand frisson lugubre de la mort et de la vengeance implacable
 sans le savoir ici, les deux rivaux affrontĂ©s jusqu’à la mort, sont 
 deux frĂšres auxquels on a cachĂ© leur rĂ©elle filiation.

Les ArĂšnes de VĂ©rone sont l’équivalent des ChorĂ©gies d’Orange en France : un lieu dĂ©volu au genre lyrique qui couronne les stars lyriques.
Aucun doute que la soprano austro russe Anna Netrebko triomphe encore dans le rĂŽle angĂ©lique ardent qu’elle a chantĂ© Ă  Salzbourg, Berlin entre autres. Sa Leonora brĂ»le d’amour, se consume littĂ©ralement sur les planches.
A l’affiche de l’édition VĂ©rone 2019, et pour 5 dates, dans la mise en scĂšne de Franco Zeffirelli.
On reste moins convaincu par le Manrico (le TrouvÚre) du ténor Yusiv Eyvazov au chant beaucoup moins intense et fin de « La Netrebko » (son épouse à la ville).

 

 verone-trovatore-trouvere-netrebko-arte-france-musique-opera-critique-par-classiquenews-diffusion-juillet-2019

 

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PLUS d’infos sur la production vĂ©ronaise sur le site du Festival d’opĂ©ra de VĂ©rone
https://www.arena.it/arena/en/shows/trovatore-2019.html

Distribution
Autres chanteurs : Luca Salsi (Luna), Dolora Zajick (Asucena) 
 Arena di Verona Orchestra, Chorus, Corps de Ballet and Technical team / Pier Giorgio Morandi, direction. Mise en scùne : Franco Zeffirelli.
Durée : circa 2h40 / entracte aprÚs les acte I et II


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APPROFONDIR

LIRE aussi nos articles et dossiers ANNA NETREBKO chante Leonora dans Le TrouvÚre / Il Trovatore de Verdi : http://www.classiquenews.com/tag/leonora/

Paris, OpĂ©ra Bastille. Anna Netrebko chante LeonoraARTE. Vendredi 15 aoĂ»t 2014, 20h50. Verdi : Le TrouvĂšre. Anna Netrebko.  Salzbourg, aoĂ»t 2014 : voici assurĂ©ment l’un des Ă©vĂ©nements lyriques du festival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par le trio lĂ©gendaire Strauss / Hoffmannsthal / Reinhardt. C’est qu’aux cĂŽtĂ©s des Mozart, Beethoven, Strauss, les grands Verdi n’y sont pas si frĂ©quents. CrĂ©Ă© Ă  Rome en 1853, d’aprĂšs El Trovador de GutiĂ©rrez, 1836), Le TrouvĂšre de Verdi saisit par sa fiĂšvre dramatique, une cohĂ©rence et une caractĂ©risation musicale indiscutable malgrĂ© la complexité  romanesque de l’intrigue. L’action se dĂ©roule en Espagne, dans la Saragosse du XVĂšme, oĂč le conte de Luna est Ă©conduit par la dame d’honneur de la princesse de Navarre, Leonora dont il est Ă©perdument amoureux : la jeune femme lui prĂ©fĂšre le troubadour Manrico.  Dans le camps gitan, Azucena, la mĂšre de Manrico, est obsĂ©dĂ©e par l’image de sa mĂšre jetĂ©e dans les flammes d’un bĂ»cher, et de son jeune frĂšre, Ă©galement consommĂ© par le feu. Manrico dĂ©cide de fuir avec Leonora. Mais il revient dĂ©fier Luna car sa mĂšre est condamnĂ©e Ă  pĂ©rir sur le bĂ»cher elle aussi.  EmprisonnĂ© par Luna avec sa mĂšre, Manrico maudit Leonora qui semble s’ĂȘtre finalement donnĂ©e au Conte : elle a feint et s’est versĂ©e le poison pour faire libĂ©rer son aimĂ©. En vain, Luna comprenant qu’il n’aura jamais celle qu’il aime (Ă  prĂ©sent morte), ordonne l’exĂ©cution par les flammes de Manrico. Au comble de l’horreur, Azucena lui avoue qu’il vient de tuer son propre frĂšre : leur mĂšre avait Ă©changer les enfants sur le bĂ»cher. De sorte que l’opĂ©ra s’achĂšve sur la vengeance d’Azucena (elle a enfin vengĂ© la mort de sa mĂšre par Luna) et le sacrifice des deux amants (Leonora et Manrico). La mezzo apparemment dĂ©munie a manipulĂ©e le baryton jaloux, vengeur
 aveuglĂ© par sa haine jalouse pour son cadet qui s’avĂšre ĂȘtre son propre frĂšre… EN LIRE PLUS
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KARAJAN 2019 : Les 30 ans de la mort (1989 – 2019) Symphonies de BRUCKNER et TCHAIKOVSKY / Berliner Philharmoniker (DG)

BRUCKNER symphonies 1 - 9 Berliner Philharmoniker coffret set box 9 cd DG Deutsche Grammophon review cd critique par classiquenews KARAJAN 2019 71-ssYNLWdL._SL1200_ETE 2019. Deux coffrets opportuns viennent rappeler l’hĂ©ritage d’un grand chef du XXĂš, Herbert Van Karajan (nĂ© en 1908, mort en 1989) dont les 30 ans de la disparition seront ainsi cĂ©lĂ©brĂ©s par DG Deutsche Grammophon ce 16 juillet 2019. Autant dire que le label de Hambourg, le plus prestigieux au monde, fort d’un catalogue inĂ©galĂ©, rend hommage Ă  l’un des piliers de sa gloire et de sa pertinence artistique, toujours bien vivaces aujourd’hui. Avec ses chers Philharmoniker de Berlin, le chef septuagĂ©naire Ă  la stature d’empereur, enregistre l’intĂ©grale des symphonies de Bruckner (1 Ă  9, Ă  Berlin de janvier 1975 Ă  janvier 1981), et de Tchaikovsky (6 Symphonies, entre octobre 1975 et fĂ©vrier 1979)
 le geste est carrĂ©, parfois dĂ©clamatoire mais jamais court, parfois emphatique mais habitĂ© ; jouant sur une spatialisation nouvelle du son, plus concentrĂ© que rayonnant, pourtant souvent dĂ©taillĂ© (Tchaikovski), Karajan affirme une esthĂ©tique de l’enregistrement particuliĂšrement fouillĂ©e, Ă  laquelle il a participĂ© au premier rang.

CLIC_macaron_2014Le souffle impĂ©rial de ses Bruckner auxquels il garantit aussi une introspection majestueuse en liaison avec la foi sincĂšre du compositeur de Linz ; la tendresse et cette prĂ©sence obsessionnelle du Fatum chez Piotr Illiytch fondent la valeur des 2 coffrets, remarquablement remixĂ©s pour l’occasion (cd et Blu-ray audio HD 96khz / 24 bit. Soit dans un format master des plus optimisĂ©. 2 coffrets incontournables.

 

 

 

CD, coffret événement. KARAJAN : 9 symphonies de Bruckner (Berliner Phil. Herbert von Karajan, 9 cd DG Deutsche Grammophon)

CD, coffret événement. KARAJAN : 6 Symphonies de Tchaikovski (Berliner Phil. Herbert von Karajan, 4 cd DG Deutsche Grammophon)

 

 

 

BRUCKNER symphonies 1 - 9 Berliner Philharmoniker coffret set box 9 cd DG Deutsche Grammophon review cd critique par classiquenews KARAJAN 2019 71-ssYNLWdL._SL1200_

 

 

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LIRE aussi nos articles et dossiers HERBERT VON KARAJAN, dont le bilan des coffrets édités pour les 25 ans de la mort de Karajan en 2014 :

Karajan20025 ans aprĂšs sa mort (1989), le chef autrichien Herbert von Karajanlaisse un hĂ©ritage musical et esthĂ©tique qui s’incarne par le disque : titan douĂ© d’une hypersensibilitĂ© fructueuse chez Beethoven, Schumann, Tchaikovski, Richard Strauss, Brahms entre autres 
, Karajan s’est forgĂ© aussi une notoriĂ©tĂ© lĂ©gitime grĂące Ă  son souci de la qualitĂ© des enregistrements qu’il a pilotĂ©s et rĂ©alisĂ©s pour Deutsche Grammophon. Outre la virtuositĂ© habitĂ©e, un sens innĂ© pour la ciselure comme le souffle Ă©pique de la fresque, Karajan a marquĂ© l’histoire de l’enregistrement par son exigence absolue. Une acuitĂ© inĂ©dite pour d’infimes nuances rĂ©vĂ©lant l’opulence arachnĂ©enne des timbres
 tout cela s’entend dans le geste musical comme dans la prise de son
 dans son intĂ©grale de 1961-1962 des Symphonies de Beethoven, magistralement captĂ©es dans le respect de la vie et de la palpitation
 Pour ses 25 ans, le prestigieux label jaune rĂ©Ă©dite une sĂ©rie de coffrets absolument incontournables. Voici notre sĂ©lection d’incontournables. LIRE notre sommaire articles et dossiers HERBERT VAN KARAJAN

 

CD, critique. LYMBURGIA : Le Miroir de Musique, Baptiste Romain (1 cd Ricercar)

LYMBURGIA ricercar le miroir de musique baptiste romain cd critique classiquenews la critique cd par classiquenews CLIC de classiquenews gaude-felix-paduaCD, critique. LYMBURGIA : Le Miroir de Musique, Baptiste Romain (1 cd Ricercar). Un compositeur du nord, entre pays liĂ©geois et Italie septentrionale se prĂ©cise ici, grĂące Ă  ce programme enchanteur, aussi original que dĂ©cisif. Johannes de Lymburgia, ou Giovanni di Francia cantore est actif dans la premiĂšre moitiĂ© du XVe siĂšcle Ă  LiĂšge, surtout en Italie du Nord (Vicenza) : d’oĂč la variation italianisĂ©e de son patronyme Limbourg. Principal initiateur de sa rĂ©surrection par le disque (et le concert), Baptiste Romain prenant appui sur le manuscrit Q15 de Bologne rĂ©vĂšle la puissance d’une Ă©criture personnelle et poĂ©tique qui mĂ©ritait absolument d’ĂȘtre enfin dĂ©voilĂ©e. Son ensemble « Le Miroir de Musique » convainc indiscutablement par la sĂ»retĂ© du trait, l’équilibre et la transparence sonores, la justesse des intentions, le souci de fusion et de caractĂ©risation aussi dans chaque piĂšce.
En stile ancien, traditionnel (grĂ©gorien) ou moderne (complexitĂ© rayonnante du contrepoint), Limbourg / Lymburgia : mĂȘme dans la priĂšre ou la cĂ©lĂ©bration (mariale) les plus intenses, les chanteurs du Miroir n’oublient pas la couleur quasi souriante de leur geste ; de sorte que l’on a l’impression saisissante de piĂšces miraculeusement investies, porteuses d’une foi sincĂšre, partagĂ©e, collective (Recordare frater pie), voire humaine et tendrement incarnĂ©e (Magnificat). Les solistes sont de ce point de vue remarquable, entre dĂ©votion humble et priĂšre individuelle. L’esthĂ©tique du XVĂš musical tend Ă  l’abstraction collective propre Ă  la construction polyphonique. Mais dĂ©jĂ  perce ici une couleur individuelle, un sentiment fervent qui assoit idĂ©alement chaque acte de dĂ©votion, dans l’ñme et le corps. Superbe Ă©quilibre et inoubliable restitution en faveur de Lymburgia / Limbourg.

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CD, critique. LYMBURGIA : Le Miroir de Musique, Baptiste Romain (1 cd Ricercar)

Programme :

Tota pulcra es
Gaude Felix Padua
Recordare Virgo Mater
Descendi in ortum meum
Magne Dies Leticie
Recordare Freter Pie
Virginis Paroles
Gaude Felix Padua
Kyrie qui de stirpe Regia
Kyrie
Sanctus Admirabilis Splendor
Agnus Dei
Christe Redemptor Omnium
Magnificat Octavi Toni
Salve Virgo Regia

Le Miroir de Musique
Baptiste Romain, direction

1 CD Ricercar 1h05 – RIC402

DVD événement, critique. RIHM : Jakob Lenz. Georg Nigl (1 dvd Alpha, Bruxelles 2015)

RIHM jakob lenz opĂ©ra bruxelles critique opĂ©ra comte rendu opĂ©ra classiquenews Bruxelles dvd critique opĂ©ra classiquenewsDVD Ă©vĂ©nement, critique. RIHM : Jakob Lenz. Georg Nigl (1 dvd Alpha, Bruxelles 2015). Ce pourrait ĂȘtre l’évĂ©nement du 1er festival d’Aix conçu par Pierre Audi en ce mois de juillet 2019: ce Jakob LENZ de Wolfgang Rihm est un pur chef d’oeuvre contemporain, ici filmĂ© dĂšs 2015 Ă  Bruxelles. Produit Ă  Stuttgart en 2014, l’opĂ©ra a Ă©tĂ© repris Ă  Berlin en 2017 et fait escale donc cet Ă©tĂ© Ă  Aix. La crĂ©ation Ă  Hambourg en 1979 dĂ©voilait la maĂźtrise du jeune Wolfgang Rihm, pas encore trentenaire alors, qui a le sens de la passion, de l’efficacitĂ©, de l’intimisme aussi : l’opĂ©ra dure juste un peu plus d’1 heure. 3 hommes et un petit chƓur (6 chanteurs) expriment la lente mais progressive dĂ©chĂ©ance du hĂ©ros, sa plongĂ©e irrĂ©versible dans la folie.
CLIC D'OR macaron 200Le librettiste Michael Fröhling adapte le texte originel de BĂŒchner : en 13 tableaux, chacun en pleine nature et dans des lieux diffĂ©rents, jalonne la descente aux enfers d’un homme condamnĂ©. La production referme l’horizon cependant, en un huis clos, Ă©touffant, d’oĂč jaillit des nĂ©ons incisifs, avec sur le sol un filet d’eau qui attire toujours plus prĂšs Jakob. Comme dans les toiles du Caravage, on ne sait au juste si l’on est Ă  l’intĂ©rieur ou Ă  l’extĂ©rieur, probablement sur le site d’une cellule de soins psychiatriques : s’affairent autour du corps suppliciĂ© en souffrance de Jakob Lenz, Oberlin, le pasteur devenu responsable du centre, et aussi Kaufmann, converti en mĂ©decin plutĂŽt cynique voire sadique. Le chef murmure, cisĂšle les vagues orchestrales en ondes complices et mordantes, dĂ©voilant peu Ă  peu la folie humaine, le dĂ©rĂšglement de la raison. Chaque protagoniste tient son rĂŽle, dĂ©fend sa partie dans un jeu entre ombre et lumiĂšre, mais c’est le gouffre saisissant de la fatalitĂ© qui s’abat sur Jakob dont le baryton Georg Nigl fait un hĂ©ros inoubliable tant chant et jeu dramatique sont sublimĂ©s Ă  Ă©galitĂ©. ThĂ©Ăątre total. L’intensitĂ© du sujet est servi par des maĂźtres interprĂštes. Il Ă©tait juste de fixer la trace de cette trĂšs convaincante rĂ©ussite scĂ©nique et musicale.

Mise en scĂšne : Andrea Breth
DĂ©cors : Martin Zehetgruber
Costumes : Eva Dessecker
LumiĂšres : Alexander Koppelmann
Dramaturgie : Sergio Morabito

Jakob Lenz : Georg Nigl
Oberlin : Henry Waddington
Kaufmann : John Graham-Hall

Les 6 voix du ChƓur :
Irma Mihelič, Olga HeikkilĂ€, Maria Fiselier, Stine Marie Fischer, Dominic Große, Eric Ander

Orchestre symphonique de La Monnaie
Franck Ollu, direction
Enregistré à Bruxelles en mars 2015

1 DVD Alpha 717 – 1h13’28

L’Ă©tĂ© 2019 du Concert de l’HOSTEL DIEU : Musicales, en Auxois, Saint-Dont, Cencic, Folia, Duel…

logo-chd-or-e1493796881107ETE 2019. Le CONCERT DE L’HOSTEL DIEU – Franck-Emmanuel COMTE : concerts, tournĂ©es, festivals, cd
 Reprise en tournĂ©e du spectacle baroque chorĂ©graphique FOLIA !, Festivals Les Musicales en Auxois et le Festival BACH de Saint-Donat ; nouveau programme Orlando conçu pour Max-Emanuel Cencic
 Tels sont les temps forts entre autres, de l’ensemble sur instruments anciens crĂ©Ă© par Franck-Emmanuel COMTE : le CONCERT DE L’HOSTEL DIEU. Un cycle d’évĂ©nements majeurs, Ă  suivre cet Ă©tĂ© 2019.

 

 

 

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FOLIA EN TOURNÉE

folia-concert-de-l-hostel-dieu-franck-emmanuel-comte-concert-festival-opera-annonce-critique-par-classiquenews-juillet-2019Fusionner musique baroque et danse contemporaine en tableaux oniriques
 c’est le pari rĂ©ussi de cette production particuliĂšrement convaincante que CLASSIQUENEWS avait distinguĂ© par un CLIC (meilleur spectacle 2018). Le cd qui est paru dans la foulĂ©e a confirmĂ© la force poĂ©tique et expressive de la « bande-son » d’un spectacle total, grĂące Ă  l’engagement des instrumentistes sur instruments historiques du Concert de l’Hostel Dieu, et aussi de la soprano Heather Newhouse.  Le projet fou de Mourad Merzouki et Franck-Emmanuel part en tournĂ©e pendant six mois
 CrĂ©Ă© lors du Festival des Nuits de FourviĂšre, c’est la rencontre surprenante et inattendue entre le rĂ©pertoire des folias baroques du Concert de l’Hostel Dieu et le hip hop de Merzouki. Stuttgart, Limoges, PĂ©rigueux, Caluire et Paris : au total, 57 reprĂ©sentations pour plus de 60 000 spectateurs attendus ! A ne pas manquer entre autres, le 20 juillet 2019 au ZĂ©nith de Limoges

LIRE ici critique du cd FOLIA et annonce du spectacle en tournée : http://www.classiquenews.com/cd-critique-folia-le-concert-de-lhostel-dieu-franck-emmanuel-comte-direction-1-cd-1001-notes-2018/

LIRE aussi notre critique du spectacle FOLIA présenté aux Nuits de FourviÚre et retransmis sur ARTE

 

 

 

 

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FRANCK-EMMANUEL ET SES FESTIVALS

comte-franck-emmanuel-concert-hostel-dieu-portrait-classiquenews-baguette-marco-polo-classiquenews-582Franck-Emmanuel COMTE, directeur de l’ensemble Le Concert de l’Hostel Dieu reste trĂšs attachĂ© Ă  deux festivals qu’il accompagne fidĂšlement depuis de nombreuses annĂ©es en proposant une programmation originale. Sur sa terre natale de Bourgogne, il est le crĂ©ateur et le directeur artistique des Musicales en Auxois depuis 25 ans. Les collines verdoyantes de l’Auxois accueillent ainsi un festival dense et atypique. Plus au sud, dans la DrĂŽme, c’est J.-S. Bach qui est mis Ă  l’honneur dans l’écrin patrimonial du Palais Delphinal et de la CollĂ©giale de Saint-Donat. « Bach et l’esprit fĂ©minin » est le thĂšme de la 57e Ă©dition 2019.

 

 

MUSICALES EN AUXOIS : les 25 ans

En 2019, le Festival Musicales en Auxois fĂȘte ses 25 ans !! Le terme de la Folie sera Ă  l’honneur pour ce festival anniversaire. Non pas au sens psychiatrique du terme, mais au sens de la fĂȘte, de l’énergie, de la joie.
 de la transe collective et de l’exultation libĂ©ratrice, telles qu’elles s’expriment aussi dans le spectacle baroque et chorĂ©graphique crĂ©Ă© par  Mourad Merzouki et Franck-Emmanuel en 2018 et qui est aussi Ă  l’honneur d’une tournĂ©e en 2019. Une folie crĂ©atrice, synonyme d’inventivitĂ© et d’originalitĂ© parcourt ainsi les diffĂ©rents rendez-vous musicaux proposĂ©s par le Festival.

Sans oublier la convivialitĂ©, laquelle fait partie intĂ©grante de l’ADN du festival, et ce depuis sa crĂ©ation en 1994. Les concerts seront ainsi accompagnĂ©s de moments de dĂ©couvertes et d’échanges entre artistes et publics, permettant Ă  chacun de prolonger l’expĂ©rience artistique et humaine des concerts. Au regard du thĂšme du festival, comment Ă©viter ce thĂšme si connu aux siĂšcles baroques ? D’origine portugaise, elle enflamme bientĂŽt toute l’Europe : de l’Espagne Ă  la France, en passant par l’Italie. La Follia permet de nourrir un fil rouge, tout au long de la programmation. Nous la retrouverons au cƓur de la soirĂ©e d’ouverture avec le programme « Dolce Follia » prĂ©sentĂ© par le CHD, jusqu’au concert de clĂŽture « balkanique » proposĂ©e par le quintette Bumbac !

Entre musiques anciennes et traditionnelles, classiques revisitĂ©es et musiques du monde, les Musicales en Auxois restent fidĂšles Ă  leur esprit : faire dĂ©couvrir de nouvelles musiques ou de nouvelles façons d’interprĂ©ter les musiques anciennes, le tout valorisĂ© par l’exceptionnel patrimoine architectural de l’Auxois. Vivement l’étĂ© !

MUSICALES EN AUXOIS 2019 – 25 juil – 8 aoĂ»t 2019

 

 

https://musicalesenauxois.wixsite.com/musicalesenauxois

 

Festival BACh de Saint DONAT classiquenewsLe C.M.I J.-S. Bach / Centre Musical International JS BACH anime de nouveau, depuis 2018, le Festival Bach de Saint-Donat. Le thĂšme de l’édition 2019 « Bach et l’esprit fĂ©minin » est illustrĂ© par plusieurs musiciens talentueux, familiers de Bach et de la musique baroque (Benjamin Alard, Le Concert de l’Hostel Dieu,
) et par une programmation originale et diversifiĂ©e. Solistes invitĂ©s : Magalie LĂ©ger, Giuseppina Bridelli, Myriam Arbouz, Paulin BĂŒndgen, BenoĂźt Haller
 et des ensembles musicaux se produisant Ă  Saint-Donat pour la premiĂšre fois : l’Orchestre Baroque de Montauban, La Chapelle RhĂ©nane, Consort de flĂ»tes Brouillamini, Unidos da Batida.

FESTIVAL BACH DE SAINT-DONAT 2019 – 2 – 11 aoĂ»t 2019

http://cmi-bach.fr/

 

 

 

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MAX EMANUEL CENCIC et le CHD

cencic-emanuel-porpora-arias-decca-cd-presentation-and-review-cd-critique-par-classiquenewsLe Concert de l’Hostel Dieu annonce aussi sa premiĂšre collaboration avec Max Emanuel Cencic dans un programme conçu « sur mesure » pour le contre-tĂ©nor croate : « Orlando », un portrait en trois dimensions mis en musique par Handel, Vivaldi, Porpora, soit les plus grands maĂźtres de l’opera seria italien, Ă  la fois virtuose et expressionniste. Le titre rappelle le livre Ă  la fois futuriste et fantastique de Virginia Woolf dont le hĂ©ros change de sexe Ă  travers les Ăąges
 couleur trouble qui renvoie surtout au timbre si particulier du contre-tĂ©nor qui joue souvent Ă  revĂȘtir travestissements et figures de l’ambivalence
  Concerts au festival de Froville et au trĂšs select Wigmore Hall Ă  Londres.

> Pour en savoir plus cliquez ICI

http://www.concert-hosteldieu.com/diffusion/baroque-et-18eme/orlando-recital-cencic/

7 juillet 2019

Festival de Froville (54)

11 juillet 2019

Wigmore Hall (UK)

 

 

PROGRAMME & PRÉSENTATION

Extraits d’opĂ©ra d’Antonio Vivaldi (Orlando furioso), Georg Friedrich HĂ€ndel (Orlando furioso, Rinaldo) et Nicola Porpora (Angelica e Medoro). Orlando furioso est considĂ©rĂ© comme le rĂ©sumĂ© et le joyau de toute la littĂ©rature Ă©pique. L’action de ce roman de chevalerie met en scĂšne le hĂ©ros Roland qui accomplit mille exploits. ImaginĂ© par le poĂšte de la Renaissance Ludovico Ariosto, dit l’Arioste, Orlando furioso a Ă©tĂ© Ă©crit dans le dialecte de Ferrare puis adaptĂ© en toscan. L’action a pour toile de fond la guerre que mĂšne Charlemagne contre les Sarrasins.

Deux siĂšcles plus tard, le poĂšme Ă©pique devient le point commun et une source d’inspiration majeure des trois « gĂ©ants » du style baroque : Handel, Vivaldi et Porpora. Chacun compose un opĂ©ra sur le sujet. AgencĂ© sur mesure pour les caractĂ©ristiques vocales et le charisme de Max Emanuel Cencic, le nouveau programme du Concert de l’Hostel Dieu a pour fil conducteur le personnage d’Orlando, ses actions romanesques, sa rencontre avec la guerriĂšre Bradamante et la magicienne Alcina, ses Ă©lans amoureux, mais aussi sa folie
 Un rĂ©cital brillant et expressif Ă  la hauteur du souffle Ă©pique du poĂšme de l’Arioste et du talent du contre-tĂ©nor. Ici la passion amoureuse vainc le hĂ©ros guerrier : sur l’échiquier sentimental ce dernier perd la raison


 

 

 

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DERNIR CD : « DUEL »

duel-concert-de-l-hostel-dieu-franck-emmanuel-comte-giuseppina-bridelli-opera-cd-evenement-critique-cd-cd-review-opera-musique-classique-news-classiquenewsL’enregistrement paru chez Arcana/Outhere et qui gagne son relief musical de la confrontation entre les Ă©critures lyriques de Porpora et de handel Ă  Londres dans les annĂ©es 1730, bĂ©nĂ©ficie de la complicitĂ© entre le somptueux et ardent mezzo de la jeune Giuseppina Bridelli et de Franck-Emmanuel Comte, et ses instrumentistes du Concert de L’Hostel Dieu. Le cd DUEL paru en avril 2019 a reçu le CLIC de CLASSIQUENEWS. Le programme Duel poursuit sa tournĂ©e aprĂšs un concert au HĂ€ndel-Festpiel de Halle il est aussi Ă  Saint-Donat le 11 aoĂ»t pour la clĂŽture du Festival Bach.

https://www.youtube.com/watch?v=5RWzXj5y6Nw

Duel: Porpora and Handel in London by Giuseppina Bridelli, Le Concert de l’Hostel Dieu & F-E Comte

 

 

LIRE notre critique du cd DUEL : Porpora versus Handel par Giuseppina Bridelli et Franck-Emanuel COMTE : Le Concert de l’HOSTEL DIEU

 

 

 

 
 

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TOUTES LES INFOS, LES DATES DES CONCERTS sur le site du CONCERT DE L’HOSTEL-DIEU

 

 

CONCERT DE L'HOSTEL DIEU : saison 2018 - 2019

 

   

 

ENTRETIEN avec Pascal VIGNERON, organiste et directeur artistique du Festival JS BACH de TOUL

TOUL-festival-Bach-annonce-concerts-festival-presentation-BACH-A-TOUL-2019-classiquenewsENTRETIEN avec Pascal VIGNERON, organiste et directeur artistique du Festival JS BACH de TOUL. 10Ăšme Ă©dition en 2019. Autour du grand orgue Curt Schwenkedel 1963 s’est dĂ©veloppĂ©e une large et riche programmation de concerts qui compose aujourd’hui, entre Ă©clectisme et qualitĂ©, l’un des festivals europĂ©ens les plus originaux dĂ©diĂ©s Ă  l’Ɠuvre de Jean-SĂ©bastien Bach. Tour d’horizon du Festival JS BACH de TOUL


 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : VoilĂ  10 ans d’existence pour le Festival BACH de TOUL. Qu’est ce qui rend ce festival BACH lĂ©gitime Ă  TOUL ? Les mĂ©lomanes prĂ©sents, l’orgue, le patrimoine toulois
 ?

vigneron-pascal-organiste-festival-BACH-TOULPASCAL VIGNERON : La lĂ©gitimitĂ© du festival s’est imposĂ©e petit Ă  petit, grĂące notamment Ă  la prĂ©sence du Grand Orgue Curt Schwenkedel construit en 1963. C’est un instrument nĂ©o-baroque, dĂ©diĂ© Ă  la musique ancienne, avec une ouverture contemporaine sur le troisiĂšme clavier. C’est le plus grand opus de Curt Schwenkedel, et lorsqu’il fut construit, c’Ă©tait un vĂ©ritable pari sur l’avenir. Nous l’avons entiĂšrement remis Ă  jour, grĂące au concerts de Maitre Yves Koenig, qui a compris d’emblĂ©e l’intĂ©rĂȘt d’un instrument de cette taille pour l’interprĂ©tation de l’oeuvre d’orgue de Johann Sebastian Bach. Michel Giroud, qui fut apprenti de Curt Schwenkedel apporta un concours inestimable par ses conseils. En 2009, l’inauguration de la cathĂ©drale restaurĂ©e, fut le point de dĂ©part de cette aventure. En compagnie de Marie-Christine Barrault, j’ai eu le plaisir de graver un cd sur les paraphrases de l’Apocalypse. Ensuite vint, l’enregistrement de ma premiĂšre version des Variations Goldberg. Au fil du temps, les mĂ©lomanes furent de plus en plus nombreux, et l’accessibilitĂ© des programmes a Ă©tĂ© un des chemins de travail pour la rĂ©ussite du festival. Le patrimoine Toulois est extrĂȘmement riche, et il Ă©tait Ă©vident que pour faire venir un public exigeant, il fallait Ă  la fois ouvrir la programmation afin que tous les publics puissent y trouver attrait.

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Comment avez vous conçu le fonctionnement du Festival (lieux, type de concerts, profil des artistes, offre aux publics, 
) ?

PASCAL VIGNERON : ImmĂ©diatement, le fonctionnement a Ă©tĂ© programmĂ© en deux pĂ©riodes : juin, juillet puis septembre. En effet, le bassin du Toulois ne correspond pas Ă  un lieu de villĂ©giature estival comme on peut le trouver dans le sud ou l’ouest de notre pays. Les lieux de concerts Ă  Toul sont principalement la cathĂ©drale, la collĂ©giale, le musĂ©e d’art et d’histoire, la chapelle de l’hĂŽpital, et pour le piano : CitĂ©a. Les artistes sĂ©lectionnĂ©s sont soit de grands noms de l’orgue, du piano, ou d’instruments divers, mais aussi des Ă©lĂšves sortant des grandes Ă©coles europĂ©ennes tel le Conservatoire national SupĂ©rieur de Musique de Paris, la Musikhochsucle de Stuttgart, L’Ă©cole Normale de Musique de Paris et dorĂ©navant le conservatoire SupĂ©rieur National de Lyon et d’autres grandes Ă©coles qui petit Ă  petit s’associeront au projet. Ainsi l’offre musicale pour le public est riche et complĂšte : grands Ă©lĂšves des classes d’orgue, de piano, ensembles et choeurs internationaux, grands noms de la musique comme Rhoda Scott ou cette annĂ©e Richard Galliano 
 Eclectisme et qualitĂ© sont les maĂźtres mots de notre festival.

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Sur le plan artistique, qu’est ce qui assure au festival 2019, sa cohĂ©rence ?

PASCAL VIGNERON : La cohĂ©rence d’un projet, quel qu’il soit, est dĂ©terminĂ©e par sa logique. AprĂšs toutes ces annĂ©es, un retour aux sources Ă©tait impĂ©ratif. C’est pour cela que nous pourrons entendre cette saison, l’intĂ©grale du clavier bien tempĂ©rĂ© en deux concerts avec Dimitri Vassilakis, piano solo de l’Ensemble Intercontemporain et Pieter Jan Belder, claveciniste mondialement reconnu pour son interprĂ©tation de l’Ɠuvre de Bach. Nous avions donnĂ© le Clavier bien tempĂ©rĂ© il y a 10 ans , dans les deux premiĂšres saisons. Avec les deux mĂȘme artistes,  nous entendrons Ă©galement les Variations Goldberg, que nous avions Ă©galement donnĂ©es au dĂ©but de nos programmations. Ensuite, pour qu’il y ait cohĂ©rence dans la continuitĂ© du festival, nous avons eu le 15 et 16 juin deux motets, et deux cantates avec choeur et orchestre, de grands solos des Passions de Bach. Je dois dire que le Choeur Musica Vera dirigĂ© pas Nicolas Jean-Baptiste a Ă©tĂ© tout Ă  fait remarquable. Les solistes lyriques (Matthieu Heim, Christophe Einhorn, Johanne Cassar, Christophe Gautier) ont Ă©tĂ© extrĂȘmement brillants. Tous ces choix donnent une personnalitĂ© au Festival, et d’annĂ©e en annĂ©e, j’essaye de tenir cette cohĂ©rence. Eclectisme et ouverture sont les guides de cette cohĂ©rence.

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Vous ĂȘtes organiste. Quelle vision dĂ©fendez vous de JS BACH ? Comment avez vous choisi les oeuvres ainsi prĂ©sentĂ©es, selon quels critĂšres ? Si l’on parle des oeuvres que vous jouez, il y a entre autres les Goldberg. Pouvez vous nous livrer quelques clĂ©s de comprĂ©hension pour mieux les savourer ?

PASCAL VIGNERON : Tout d’abord, j’ai menĂ© une carriĂšre de soliste en tant que trompettiste. AprĂšs les annĂ©es Maurice AndrĂ©, nous sommes passĂ©s dans un autre monde oĂč la recherche musicologique est devenue plus importante que la musique dite ” instinctive “. Mais que serait la musique si l’instinct n’existait plus ? De grands chanteurs comme Mario Del Monaco Ă©taient avant tout des musiciens d’Instinct. Etaient-ils de mauvais musiciens ? Non, bien au contraire ! Mais si la musicologie a fait faire d’incontestables progrĂšs, elle ne peut survivre qu’en Ă©tant elle-mĂȘme Ă  l’Ă©coute de la musique de son temps et de ses Ă©volutions. Je favorise une vision globale et Ă©quilibrĂ©e de l’interprĂ©tation de l’Ɠuvre de Johann Sebastian Bach. Le dogmatisme et l’intolĂ©rance ne peuvent ĂȘtre mes choix. Je suis tout autant admiratif des enregistrements de Karl Richter que ceux d’Herrewegue ou d’Harnoncourt. En musique, comme le disait Pierre Boulez, il n’y a pas de progrĂšs, il n’y a que des diffĂ©rences. C’est pourquoi, si je ne prĂ©conise pas l’interprĂ©tation sur instruments d’Ă©poque (il faudrait dĂ©jĂ  savoir de quelle Ă©poque) ou anciens (et savoir jusqu’oĂč l’historicitĂ© est objective et musicale), je suis favorable Ă  ce que la musique soit d’abord de la musique avant d’ĂȘtre une auto-satisfaction intellectuelle et puritaine. Keit Jarrett, Jacques Loussier, Glenn Gould, sont les tĂ©moins historiques de l’Ă©volution humaine dans la musique, et non le contraire. Dans la vision des Goldberg, que je viens de graver, tous ces points sont mis en balance, pour trouver Ă©quilibre, beautĂ©, rigueur, et Ă  la fin,
 logique. Bach nous parle Ă  travers un systĂšme complexe de gĂ©omĂ©trie et de musique. Il est Ă©vident que sa pensĂ©e ne peut ĂȘtre dĂ©cryptĂ©e que lorsque que l’on examine tous ces faits. La beautĂ© des timbres, la rigueur de la pulsation sont les fondements d’un Ă©quilibre musical approfondi.

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Pour le futur, que rĂȘveriez-vous de rĂ©aliser au sein du Festival BACH de TOUL ?

PASCAL VIGNERON : Ayant dĂ©jĂ  dirigĂ© la Messe en si Ă  plusieurs reprises, de nombreuses cantates, aprĂšs avoir invitĂ© les grands noms de l’orgue, du piano, avoir mis en place une politique de concerts scolaires Ă  destination des jeunes enfants, et enfin ayant conduit la restauration du Grand-Orgue de la CathĂ©drale Saint-Etienne de Toul, il est Ă©vident que le Festival BACH de Toul est au milieu du guĂ©. Les passions, les oratorios, les cantates, et d’autres grands projets en compagnie des compositeurs qui ont tant citĂ© comme exemple Bach, font partie de mes dĂ©sirs. Une ouverture vers des mondes moins connus Ă  destination du grand public, est Ă©galement une de mes prioritĂ©s. Une intĂ©grale Messiaen, que le Grand Orgue de la CathĂ©drale sert si bien, pourrait voir le jour. GrĂące Ă  une municipalitĂ© et un premier magistrat absolument persuadĂ© du bien fondĂ© d’une telle entreprise, nous avons gravi en dix ans des Ă©chelons dĂ©jĂ  Ă©normes. Il nous reste donc Ă  persuader dans le Grand-Est (y compris dans les pays voisins oĂč je pense Ă©laborer des partenariats ) des Ă©lus, des personnalitĂ©s, des artistes, et Ă©videmment le public dĂ©jĂ  trĂšs nombreux afin de rendre ce moment de partage encore plus vaste et plus intense.
Pour partager l’immense Ɠuvre de Johann Sebastian Bach, afin que tous puissent l’entendre, quelque soit sa condition, son parcours, sa source, ses racines, je ne pourrai terminer qu’avec la citation de Ciceron qui s’applique si bien au message philosophique du Cantor :  « La philosophie n’est rien d’autre que l’amour de la sagesse ».

Propos recueillis en juin 2019

 

 

 

LIRE aussi notre prĂ©sentation, temps forts de la 10Ăš Ă©dition du FESTIVAL BACH DE TOUL 2019, jusqu’au 12 octobre 2019

 

 

TOUL-festival-Bach-annonce-concerts-festival-presentation-BACH-A-TOUL-2019-classiquenews

 

 

CD, critique. OFFENBACH : La PĂ©richole. Extremo, Barbeyrac, Mauillon (2 cd Bru Zane, Bordeaux – oct 2018).

perichole offenbach cd bru zane bordeaux minkowski extremo critique opera classiquenewsCD, critique. OFFENBACH : La PĂ©richole. Extremo, Barbeyrac, Mauillon (2 cd Bru Zane, Bordeaux – oct 2018). La production prĂ©sentĂ©e Ă  Bordeaux en oct 2018 avait suscitĂ© Ă©moi et fureur : l’orchestre maison associĂ© ordinairement aux productions lyriques de l’OpĂ©ra de Bordeaux ayant Ă©tĂ© remerciĂ© alors au profit de l’ensemble fondĂ© par le chef et directeur en place : Les Musiciens du Louvre
 triste action aux tristes effets, affrontant des musiciens les uns contre les autres en raison d’une mauvaise dĂ©cision. Comment les spectateurs bordelais allaient-ils accueillir un collectif qui n’était pas leur cher ONBA – Orch National Bordeaux Aquitaine ?

PlutĂŽt bien malgrĂ© une lecture tonitruante et en verve, plus sonore que raffinĂ©e, faisant en 2018, sonner un Offenbach rien que
 divertissant. Et ce n’était pas la mise en scĂšne, vulgaire et premier degrĂ© qui allĂ©geait ce parti de projection musicale parfois caricaturale. Mais ne prenons en compte ici que le registre audio puisqu’il s’agit d’une captation sur le vif.
BientĂŽt Carmen Ă  Lille (juillet 2019 sous la direction d’Alexandre Bloch), la mezzo Aude ExtrĂ©mo qui nous avions apprĂ©ciĂ©e dans L’Heure Espagnole de Ravel Ă  l’OpĂ©ra de Tours, joue dans le rĂŽle-titre, de son timbre rond et grave, dotĂ© d’une articulation qui rend son chant d’une parfaite intelligibilitĂ©, quelle que soit la situation et le caractĂšre. Disons que la cantatrice montre davantage de nuances et d’allusives connotations que l’orchestre plutĂŽt mĂ©canique
 lequel reste Ă©nergique certes mais efficace, sans plus. Extremo captive par son timbre grave, toujours finement caractĂ©risĂ©, surtout comprĂ©hensible : sa « chienne crĂ©ole » a effectivement de quoi troubler et sĂ©duire. Une prise de rĂŽle rĂ©ussie qui place la chanteuse dans le sillon de Hortense Schneider, crĂ©atrice du rĂŽle (et certainement davantage dans le cƓur d’Offenbach).

Les hommes sont aussi convaincants : Alexandre Duhamel fait un Vice-roi (Ribeira) Ă©patant, moins grossier superficiel comme souvent, que rĂ©flĂ©chi et interrogatif : intelligible lui aussi, qualitĂ© de plus en plus rare chez les voix françaises. Mais la version retenue Ă©courte beaucoup sa prestation qui en appelle davantage : de toute Ă©vidence, l’inteprĂšte aurait aimer dĂ©velopper son personnage auquel il donne, fait rare, de la
profondeur. De mĂȘme on savoure le charme raffinĂ© et le jeu juste du tĂ©nor Stanislas de Barbeyrac qui en Piquillo fringuant, maĂźtrise l’humour d’un Offenbach, capable d’élĂ©gance et de sincĂ©ritĂ© (tendresse naturelle malgrĂ© ses aigus parfois peu assurĂ©s). Piliers de la distribution qui Ă©tincelle par le choix heureux des rĂŽles secondaires (si essentiels en rĂ©alitĂ©) : les chanteurs français Ă  la gouaille nationale des mieux finies, Marc Mauillon et Eric Huchet (Hinoyosa et Panatellas), comme les deux notaires Enguerrand de Hys et François PardailhĂ©. Le Choeur maison reste convaincant lui aussi jusqu’à la fin de l’action.

Sur le plan scientifique, le choix de la version retenue ici pose problĂšme. La PĂ©richole version 1874 (la plus rĂ©cente, versus celle de 1868) est donc privilĂ©giĂ©e mais avec des amĂ©nagements pour le moins contestables : ici sont retirĂ©s (pourquoi au juste ?) de nombreux airs du dernier tableau (2Ăš trio de la prison, chƓur des patrouilles, air des trois couronnes
). Ouf, quoique
, on gagne au change, quelques musiques d’entracte (trĂšs peu conservĂ©es ailleurs : c’est dĂ©jĂ  ça). Centre de musique Romantique Française, le Palazzo Bru Zane aurait gagnĂ© Ă  proposer une version idĂ©ale, mĂȘlant Ă©lĂ©ments de 1868 et de 1874 : Ă  chaque auditeur, la libertĂ© de choisir ses morceaux prĂ©fĂ©rĂ©s, tout en disposant de toute la musique d’Offenbach. Bizarre, bizarre
 En bref malgrĂ© l’excellence des chanteurs, on reste sur une note de frustration. Dans ce mi servi, mi recomposĂ©, Offenbach ne sort pas totalement valorisĂ©. Dommage. D’autant plus que ce volume sort au moment de l’annĂ©e OFFENBACH 2019.

 

 

 

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CD, critique. OFFENBACH : La PĂ©richole. Extremo, Barbeyrac, Mauillon – OpĂ©ra de Bordeaux / M Minkowski (2 cd Bru Zane, Bordeaux – oct 2018)

La Périchole : Aude Extrémo
Piquillo : Stanislas de Barbeyrac
Don AndrĂšs de Ribeira : Alexandre Duhamel
Le comte de Panatellas : Eric Huchet
Don Pedro de Hinoyosa : Marc Mauillon
Premiùre cousine / Premiùre dame d’honneur : Olivia Doray
Deuxiùme cousine / Deuxiùme dame d’honneur : Julie Pasturaud
TroisiĂšme cousine / TroisiĂšme dame d’honneur : MĂ©lodie Ruvio
Quatriùme dame d’honneur : Adriana Bignagni Lesca
Premier notaire / Le marquis de Tarapote : Enguerrand de Hys
DeuxiÚme notaire : François Pardailhé

Choeur de l’OpĂ©ra National de Bordeaux
Les Musiciens du Louvre / M Minkowski, direction.

EnregistrĂ© Ă  l’OpĂ©ra National de Bordeaux, en octobre 2018

2 CD Palazzetto Bru Zane BZ 1036 – 51mn + 51mn
Collection OpĂ©ra Français – volume 21

 

 

 

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LIVRE événement, annonce. Hector Berlioz. 1869-2019. 150 ans de passions (Editions Aedam Musicae)

BERLIOZ 150 ans de passions livre evenement critique livre review livre par classiquenews compte rendu livre 215LIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. HECTOR BERLIOZ 1869-2019 (150 ans de passions), Emmanuel Reibel, Alban Ramaut (Aedam Musicae, mai 2019). Berlioz, bouillonnant auteur de la Symphonie fantastique et de La Damnation de Faust, sommets si originaux du romantisme français, n’a cessĂ© de susciter les passions. Mort en 1869, peu de temps avant la chute du Second Empire, sans avoir rĂ©ussi Ă  imposer son art, laisse un sentiment d’insatisfaction profonde. Pourtant le Romantique sublime s’est toujours prĂ©sentĂ© comme un classique, fidĂšle aux principe de Gluck.

PrĂ©facĂ© par Gardiner, – digne successeur du Britannique Colin Davis, dans l’exhumation berliozienne, le texte analyse comment Berlioz l’incompris est devenu bon grĂ© mal grĂ© un incontournable du patrimoine musical français. Et ce dĂšs la IIIĂš RĂ©publique.
Les éditions Aedam Musicae apportent leur offrande aux célébrations BERLIOZ 2019, à travers ce livre anniversaire qui interroge la réception de Berlioz, son héritage parmi les compositeurs du XXÚ 


Voici donc une exploration libre et argumenté sur les diverses façons dont on a  interprété, entendu, enregistré, commenté, aimé ou détesté Berlioz, au cours du siÚcle et demi qui nous sépare de sa mort. Livre événement.

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LIVRE événement, annonce. HECTOR BERLIOZ 1869-2019 (150 ans de passions) / Coll. Musiques-XIX-XXe siÚcles par Emmanuel Reibel, Alban Ramaut / 356 pages
Format : 17.5 x 24 cm (Ă©p. 2.6 cm) (690 gr) – DĂ©pot lĂ©gal : Avril 2019 – Cotage : AEM-215 – ISBN : 978-2-919046-68-3 – CLIC de CLASSIQUENEWS 2019

Cd, critique. Si j’ai aimé  Sandrine Piau, soprano : Massenet, Vierne, Guilmant, Saint-SaĂ«ns (1 cd Alpha classics)

PIAU-classiquenews-cd-critique-piau-si-j-ai-aime-concert-loge-critique-concert-critique-cd-par-classiquenews-mai-2019-critique-opera-classiquenewsCd, critique. Si j’ai aimé  Sandrine Piau, soprano (1 cd Alpha classics / mars 2018). Ce programme rĂ©jouissant exhume plusieurs mĂ©lodies françaises avec orchestre dont celles intactes et graves de Camille Saint-SaĂ«ns, dĂ©cidĂ©ment touchĂ© par la grĂące quand il s’agit d’exprimer le sentiment amoureux, porteur lui-mĂȘme de souvenirs et de langueur, entre nostalgie et dĂ©sir. ‹On ne peut en dire de mĂȘme des mĂ©lodies de ThĂ©odore Dubois, trĂšs datĂ©es et rien qu’acadĂ©miques, c’est Ă  dire dĂ©coratives et sucrĂ©es. Pourtant l’une d’entre elles, a donnĂ© son titre au recueil, lĂ  oĂč une piĂšce de Saint-SaĂ«ns eut Ă©tĂ© mieux rĂ©habilitĂ©e
 (Si j’ai parlé  si j’ai aimé  sonne un rien miĂšvre : trop frĂȘle offrande pour une rĂ©Ă©valuation de la mĂ©lodie française orchestrĂ©e, fin de siĂšcle). Quelques impressions prĂ©alables, signes d’une apprĂ©ciation en demi teintes quant Ă  la sĂ©lection des piĂšces retenues ici : « Aux Ă©toiles » de Duparc, instrumental capable de douceur tendre et de gravitĂ© ; Dubois rien que bavard (« Chanson de Marjolie ») ; mais la sensibilitĂ© d’Alexandre Guilmant (« Ce que dit le silence ») et L’empressement et dĂ©sir de « l’EnlĂšvement » de Saint-SaĂ«ns, trĂšs au dessus de ses confrĂšres
.

 

Perles oubliées de la mélodie française

 

 

Que n’a-t-on choisi, profitant d’une telle interprĂšte soliste, deux mĂ©lodies parmi les plus bouleversantes du rĂ©pertoire s’agissant de la mĂ©lodie française : L’EnamourĂ©e / Ma colombe de Reynaldo Hahn (superbement rĂ©exhumĂ©e par Anna Netrebko et dont le thĂšme colle pile poil au thĂšme de ce cd ; et La mort d’OphĂ©lie de Berlioz ? Invraisemblable oubli qui se fait avec le recul, faute impardonnable en vĂ©ritĂ© (cf notre playlist en fin d ‘article de l’EnamourĂ©e de HAHN).
Rare coloratoure encore suractive, mais voix mĂ»re, Sandrine Piau affiche crĂąnement l’expĂ©rience et les annĂ©es, Ă©tincelant par son style suprĂȘme, une distinction du timbre, et un sens de la couleur comme de la ligne qui suscitent l’admiration. Pourtant, la seule ombre Ă  notre avis reste l’articulation et l’intelligibilitĂ© : on perd souvent 70% du texte. Dommage qui paraĂźt vĂ©tille avec le recul tant la justesse et l’intelligence du chant, ailleurs, se rĂ©vĂšle superlatif. C’est que la soprano maĂźtrise sa voix comme un instrument : usant de toutes les nuances de l’émission comme de l’intonation, avec une subtilitĂ© qui avait dĂ©jĂ  fait la valeur de ses incarnations baroques, ou romantiques françaises.
Pourtant les poĂšmes ici de Hugo, Verlaine, Gautier, Banville, rĂ©gnier, BarthĂ©lĂ©my ou Courmont mĂ©ritent le meilleur soin : on jugera sur piĂšces ainsi, les deux extraits des Nuits d’étĂ© de Berlioz, en comparaison avec ce que rĂ©alise sa consƓur VĂ©ronique Gens
 dans Villanelle ou Au cimetiĂšre, d’emblĂ©e le caractĂšre est lĂ , caractĂ©risĂ©, superbement incarné  aussi profond voire bouleversant que le texte est inintelligible pour partie.
On se dit quand mĂȘme que le programme eut Ă©tĂ© idĂ©al si la chanteuse soignait davantage la dĂ©clamation et l’articulation dans les aigus. Nonobstant cette mince rĂ©serve, le programme est superbe.
Le genre de la mĂ©lodie renaĂźt ainsi grĂące Ă  un travail de recherche rĂ©cent sur l’activitĂ© de la SociĂ©tĂ© nationale de musique Ă  la fin du XIXĂš qui favorise les compositeurs hexagonaux Ă©videmment ; d’autant que les teintes et Ă©quilibres affinĂ©s de l’orchestre sur instruments d’époque, ainsi requis, ajoute Ă  la qualitĂ© allusive de l’approche. La mĂ©lodie gagne ses lettres de noblesse et de subtilitĂ© ainsi dĂ©fendue ; parmi plusieurs pĂ©pites, dĂ©sormais Ă  Ă©couter et rĂ©estimer, citons surtout les Ɠuvres de Camille Saint-SaĂ«ns : Extase, Papillons, Aimons-nous, L’enlĂšvement
 Curieux choix d’avoir intercalĂ© un extrait de la Symphonie gothique de Godard, qui tombe un peu comme un chevaux dans la soupe. Mais on s’incline avec bienveillance et gratitude devant Le poĂšte et le fantĂŽme de Massenet comme les subtils Papillons blancs de Louis Vierne (lui aussi bien oubliĂ©). TrĂšs beau programme.

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200Cd, critique. Si j’ai aimé  Sandrine Piau, soprano (1 cd Alpha classics) – enregistrĂ© en mars 2018 Ă  Metz. MĂ©lodies avec orchestre de Saint-SaĂ«ns, Massenet, Dubois, Vierne
 Le Concert de la loge / J. Chauvin, direction.

Approfondir

Le prĂ©sent recueil souffre d’une absence de taille : la mĂ©lodie de Reynaldo HAHN, L’EnamourĂ©e / perle / joyau sur le thĂšme de l’amour / en total connexion avec la thĂ©matique de ce recueil frustrant donc :

VIDEO CLIP audio L’EnamourĂ©e de Reynaldo HAHN par Anna Netrebko :

https://www.youtube.com/watch?v=kUZPljVpWak

 

VIDEO CLIP L’EnamourĂ©e de HAHN par Anna Caterina Antonacci
https://www.youtube.com/watch?v=NAyeGq4qUM0

 

VIDEO CLIP L’EnamourĂ©e de Reynaldo HAHN par l’excellent baryton Bruno Laplante :

https://www.youtube.com/watch?v=vSXhPH_HGtQ 

 

VIDEO CLIP (2014) L’enamourĂ©e de Reynaldo HAHN par Solene Le Van

https://www.youtube.com/watch?v=JiiF6pvYXw4

 

VIDEO : 6 mélodies de Reynaldo HAHN par Solen Le Van, Young Musicians Foundation, Los Angeles 2014

CD Ă©vĂ©nement. The FELLINI Album – Musiques de NINO ROTA : The film music by Noni Rota (Chailly, Filarmonica della Scala, juin 2017 – 1 cd DECCA)

fellini nino rota riccardo chailly filarmonica della scala cd decca critique cd review cd classiquenews mai 2019 1540-1CD Ă©vĂ©nement. The FELLINI Album – Musiques de NINO ROTA : The film music by Noni Rota (Chailly, Filarmonica della Scala, juin 2017 – 1 cd DECCA). Curieux choix typographique en couverture qui met l’accent sur FELLINI plutĂŽt que ROTA. Pourtant c’est bien la rĂ©estimation de l’écriture symphonique de Rota Ă  laquelle nous invite le prĂ©sent cycle. Superbe programme qui rĂ©tablit la valeur de l’hĂ©ritage symphonique de Nino Rota, dont le style ne se rĂ©duit pas Ă  un accompagnement poli des images de Fellini. C’est peu dire que la musique participe de l’impact des films de ce derniers, produisant un nimbe poĂ©tique auquel il est difficile de rĂ©sister. La verve, le dĂ©lire imaginatif (il en faut pour Ă©galer la crĂ©ation visuelle de Fellini) impose des climats et une Ă©criture qui savent sĂ©duire, captiver, surprendre, enchanter souvent.

Le ton de Nino Rota exprime exactement cette nostalgie romaine et italienne, ce thĂ©Ăątre Ă  la fois tendre, poĂ©tique et essentiellement Ă©lĂ©gant qui ne manque ni de pointe ironique ni de profondeur plus Ă©nigmatique. En jouant sur la ressource des timbres des cuivres (saxos) et des bois (clarinettes, hautbois), – mĂȘme dans la trĂšs belle suite de La Dolce Vita (Plage 16 : rĂȘverie suspendue), ou dans l’épisode final de Casanova (plage 24 : surgissement d’un mystĂšre suspendu, presque inquiĂ©tude qui appelle une catastrophe
), c’est l’irruption d’un songe encore chaud et capiteux qui contraste avec le dĂ©lire enivrĂ© et souvent parodique qui prĂ©cĂšde. L’esprit du cirque, cette grimace drĂŽlatique et amĂšre qui singe le monde et la vanitĂ© de la sociĂ©tĂ© des hommes (I clowns) est propre Ă  l’inspiration d’un Rota trĂšs proche du cinĂ©ma de Fellini : l’élĂ©gance voisine le mordant sarcastique qu’adoucit la tentation rĂ©currente de l’oubli tendre. Ces deux, dans leur rĂ©alisme parfois incisif, n’oublient pas comme Ravel, leur part d’enfance, leur quĂȘte d’une innocence recouvrĂ©e.

CLIC D'OR macaron 200Riccardo Chailly, maĂźtre inspirateur des instrumentistes de la Filarmonica della Scala, semble faire sien ce dialecte Ă©motionnel d’une rare intensitĂ©. Curieusement sur le thĂšme de Casanova, – film ĂŽ combien Ăąpre et obessessionnel, lĂ  on l’attendait de la sensualitĂ© nĂ©omozartienne, Rota cultive les spasmes et la syncope un rien acides, dans un style nĂ©o stravinskyen (qui cite souvent le Sacre, en timbres comme en pulsion rythmique). Pour porter encore plus haut, l’ivresse de mĂ©lodies Ă  jamais inoubliable, le programme de la Scala s’achĂšve avec une reprise du thĂšme principal – Ă©lĂ©gantissime-, d’Amarcord, dans l’arrangement pour orchestre de William Ross : un rĂ©gal. Magistral Rota servi par un chef et l’orchestre scaligĂšne en grande forme. Parution : le 7 juin 2019 pour les 40 ans de la mort de Nino Rota (1979).

CD, critique. FERNANDO SOR : Études, Grand solo, Le Calme, Andante largo
 Philippe MOURATOGLOU, guitare solo (1 cd Vision Fugitive)

fernando-SOR-philippe-Mouratoglou-guitare-cd-critique-classiquenews-musique-classique-guitare-classique-critique-cd-classiquenews-cd-vision-fugitive-Visuel-FERNANDO-SOR-HD---copieCD, critique. FERNANDO SOR : Études, Grand solo, Le Calme, Andante largo
 Philippe MOURATOGLOU, guitare solo (1 cd Vision Fugitive). InterprĂšte sensible, Philippe Mouratoglou Ă©claire tout ce que nous attendions chez Sor : sa profondeur onirique, sa briĂšvetĂ© dramatique
 en un mot : son gĂ©nie. D’une Ă©loquence intime, oĂč chaque nuance compte, chaque couleur brille, chaque accent rythme le sens de la respiration, le jeu de Philippe Mouratoglou captive ; son intĂ©rioritĂ©, son chant volubile de fait, dĂšs les  Variations sur « O cara Armonia », affirmĂ©es / articulĂ©es, telle une splendide ouverture mozartienne, approchent l’articulation et l’intonation des grands pianistes, capables de phrasĂ©s comme de teintes miroitantes, Ă  la fois murmurĂ©es, mĂ©lancoliques, en un geste lumineux et volontaire.

L’attention portĂ©e Ă  chaque Étude rĂ©tablit la place d’un SOR, proche de Chopin, comme lui inspirĂ© par le bel canto, capable de formats courts, enlevĂ©s et resserrĂ©s comme de subtiles pochades. L’agilitĂ© du guitariste, technicien de haut vol, – de surcroĂźt en une prise de son trĂšs rapprochĂ©e qui expose et met Ă  nu, affirme un superbe sens des nuances, Ă©vite toute enflure virtuose
 pour une intĂ©rioritĂ© chantante qui parle au cƓur (dĂ©but de la n°21). On goĂ»te tout autant la rondeur souple de la sonoritĂ© de la n°9, oĂč l’ardeur le dispute Ă  la confession. MĂ©lodique et presque Ă©nivrĂ©e, la n°7 sĂ©duit par sa motricitĂ© hispanisante, en panache et caractĂšre comme chorĂ©graphiĂ©s. Quasiment au milieu du programme, « le Calme » affirme un climat de sĂ©rĂ©nitĂ© onirique, en une intonation fluide et toujours passionnĂ©ment chantante (claire influence du bel canto).
Presque plus dramatique et mĂȘme d’une couleur sombre voire tragique, le Grand solo opus 14 (comme les Variations et Le Calme, de plus de 10 mn) rappelle que Fernado Sor sait gĂ©rer le dĂ©veloppement narratif, qu’il Ă©crivit aussi des opĂ©ras et que pour lui, la guitare en est un transmetteur majeur : Philippe Mouratoglou cisĂšle les nuances sans rompre la ligne vocale de la guitare, Ă©clairant ce qui relĂšve de l’introspection, ou ce qui appelle une dĂ©clamation plus franche.
MOURATOGLOU-philippe-guitare-fernando-sor-cd-evenemnt-critique-annonce-cd-classiquenews-musique-classique-newsLa n°16 dĂ©voile tout un travail sur la rĂ©sonance, et la vibration harmonqiue qui fait de Sor ce grand contemplatif raffinĂ©. Fugace, fouettĂ© mais pas tendu, et souple comme les pas d’un premier danseur, chaque accord dĂ©tachĂ© de l’Étude n°20, l’une des plus courtes (moins d’une minute) hante l’esprit par sa carrure parfaite, sa gradation idĂ©alement gĂ©rĂ©e, son mouvement brossĂ© comme une esquisse, nerveuse et rapide.
La couleur de l’instrument moderne ajoute Ă  la forte sĂ©duction de l’interprĂ©tation : rondeur, profondeur, et pourtant grande prĂ©cision polyphonique. Le style et l’élĂ©gance intĂ©rieure s’affirment Ă  mesure de l’écoute. L’andante largo opus 5, d’une ampleur impressionnante, achĂšve ce cycle dans le songe lĂ  encore, en une rĂȘverie finement Ă©noncĂ©e. Ce que nous dit la guitare de Philippe Mouratoglou : les rĂȘves et les espoirs d’une riche vie intĂ©rieure, celle de l’immense Fernand Sor, dĂ©sormais pleinement rĂ©habilitĂ©. RĂ©cital magistral. CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2019.

 

 

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CLIC_macaron_2014CD Ă©vĂ©nement, critique. FERNANDO SOR : Études opus 6, opus 21 (sĂ©lection) – Variations sur O cara Armonia de Mozart – Le Calme opus 50 – Andante largo opus 5. Philippe Mouratoglou, guitare solo  - 1 cd Vision Fugitive – enregistrement rĂ©alisĂ© en 2017 et 2018 – Parution : le 26 avril 2019 - CLIC DE CLASSIQUENEWS d’avril 2019

 

 

 FERNANDO SOR sublimé par le guitariste PHILIPPE MOURATOGLOU

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LIRE aussi notre annonce du cd Fernando SOR de Philippe Mouratoglou :
https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-fernando-sor-par-philippe-mouratoglou-guitare-solo-1-cd-vision-fugitive/

LIRE aussi notre entretien avec Philippe MOURATOGLOU à propos de Fernando SOR : http://www.classiquenews.com/entretien-avec-philippe-mouratoglou-jouer-fernando-sor/ 

TEASER vidéo (30 secondes)

 

 

 

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EN CONCERT

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Jeudi 16 mai 2019 Ă  L’AthĂ©nĂ©e ThĂ©Ăątre Louis-Jouvet (PARIS)
FERNANDO SORPhilippe Mouratoglou : guitare classique

BILLETTERIE
https://bit.ly/2HEnCZe
01 53 05 19 19
Tarifs : PLEIN 20€ / RÉDUIT 12€

INFOS PRATIQUES
16 MAI 20h
Athénée Théùtre Louis-Jouvet
Sq. de l’OpĂ©ra Louis-Jouvet
7 rue Boudreau – 75009 Paris
MĂ©tro : Bonne Nouvelle ou ChĂąteau d’eau
www.athenee-theatre.com

Evénement Facebook 

 

 

APPROFONDIR

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Teaser
Sur Youtube : Philippe Mouratoglou – FERNANDO SOR [Teaser]

Vidéo longue (clip)
Sur Youtube : Philippe Mouratoglou (Guitare Solo) – FERNANDO SOR
Extrait audio : Egalement un morceau de l’album (Etude opus 6 n°9)  dĂ©jĂ  disponible sur Soundcloud : juste ici

CLIP vidéo (3mn31) :

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En direct de Lyon, 2Ăš Concerto pour piano de BRAHMS

BRAHMS HD pour GSTAAD reportage2018FRANCE MUSIQUE. Vend. 17 mai 2019, 20h. PĂ©pin, Brahms, Sltakin, en direct de Lyon. ComposĂ© vingt ans aprĂšs le Premier Concerto et créé par Brahms lui-mĂȘme 51859), Ă  Budapest, le Second Concerto (1878) poursuit la rĂ©ussite du Premier, dans la chatoyance et l’introspection, c’est l’un des plus magistraux de l’histoire de la musique ; en quatre mouvements, son dĂ©veloppement beethovĂ©nien lui assure la carrure et le souffle d’une symphonie. Premier mouvement majestueux ; un scherzo contrastĂ©, rythmĂ© ; mouvement lent poĂ©tique et mĂ©lancolique avec intro pour violoncelle solo (le chant de l’ñme), enfin, finale lumineux, majestueux lĂ  encore, aux accents hongrois (avec aussi une touche d’humour). Pour en rĂ©ussir les vertiges et les Ă©lans, le soliste russe NikolaĂŻ Luganski, parfois dur et tendu, rarement Ă©nigmatique et tendre (comme peut l’ĂȘtre a contrario un Nelson Freire ou le français rĂ©cent, Adam Laloum, trĂšs convaincant interprĂšte des deux Concertos pour piano)


En complĂ©ment du massif brahmsien, l’élĂ©gance viennoise du classique Haydn, pĂšre de la symphonie (Symphonie « roulement de timbales » ; et crĂ©ation mondiale pour une Ɠuvre signĂ©e Camille PĂ©pin qui a choisi comme point de dĂ©part de sa nouvelle piĂšce le roulement de timbales de la Symphonie n° 103 de Haydn, justement. RĂ©ponse, Ă©chos, filiation et rĂ©vĂ©rence, ou rĂ©invention impertinente ?

Concert donnĂ© en direct Ă  l’Auditorium de Lyon

Camille PĂ©pin
Laniakea (CM)
Commande de l’Auditorium-Orchestre national de Lyon

Joseph Haydn
Symphonie en Mi bémol Majeur HOB I : 103, Roulement de timbales

Johannes Brahms
Concerto n°2 en Si bémol Majeur Op.83

NikolaĂŻ Lugansky, piano
Orchestre National de Lyon
Leonard Slatkin, direction

L’Enchanteresse de Tchaikovski, ou la Carmen russe

FRANCE MUSIQUE, Dim 14 avril 2019, 20h. TCHAIKOVSKI : L’Enchanteresse. Les dĂ©couvertes d’Ɠuvres rares de compositeurs pourtant archiconnus sont elles aussi exceptionnelles et cette Enchanteresse de l’auteur de Casse Noisette, EugĂšne OnĂ©guine (1879), La Dame de pique (1890), demeure une rĂ©vĂ©lation majeure de ces derniĂšres semaines. ReprĂ©sentĂ© en mars 2019 Ă  l’OpĂ©ra de Lyon, l’opĂ©ra de Piotr Illiytch en 4 actes, est inspirĂ© de la piĂšce Ă©ponyme de Ippolit Chpajinski

tchaikovski Pyotr+Ilyich+Tchaikovsky-1L’exceptionnel ouvrage L’Enchanteresse (1887) reste Ă©trangement mĂ©connu ; c’est le 9Ăš opĂ©ra de TchaĂŻkovski, composĂ© juste avant sa CinquiĂšme Symphonie. n’est plus jouĂ© aujourd’hui. A torts. Anvers l’avait rĂ©cemment mis Ă  l’honneur (2011). C’est le tour de Lyon qui souligne combien la durĂ©e de la partition (3h) est proportionnelle Ă  sa qualitĂ© : le plus long opĂ©ra de Tchaikovsky exige des chanteurs de qualitĂ© (trop nombreux ?) et des effets scĂ©niques Ă  l’envi (danses et chasse au IV) : d’oĂč la difficultĂ© pour le monter. Car en sorcier de l’orchestration et d’un raffinement de timbres inouĂŻ, Tchaikovski ne cesse d’envoĂ»ter. C’est Ă  cette source fantastique et dramatique passionnante que s’abreuve le jeune Rachmaninov, auteur lui aussi d’opĂ©ras (de jeunesse : tels Francesca da RImini, Le Chevalier Ladre
), actuellement totalement oubliĂ©s.
Le sujet cible l’amour et sa force irrĂ©sistible agissant comme un aimant. Tchaikovski souhaitait concevoir dans le sillon de Bizet, une Carmen russe, dĂ©nommĂ©e Nastassia, ou « Kouma ». TenanciĂšre, elle revĂȘt bien des aspects qui enchantent et fascinent tous les hommes prĂȘts Ă  la suivre, dont le Prince Nikita Kourliatev qui en paiera le prix fort lui aussi


Dans cette production lyonnaise, les spectateurs avaient pu constater le parti du metteur en scĂšne russe Andriy Zholdak soucieux de mettre en avant le personnage ailleurs secondaire du clerc Mamyrov qui dirige les Ă©pisodes de l’action, de France en Russie
 L’espace est rĂ©guliĂšrement divisĂ© en 3 parties comme un retable sacrĂ©, permettant l’interaction de situations simultanĂ©es, mais parfois confuses. L’hypocrisie sociale est de mise, permettant sous les masques, la rĂ©alisation des turpitudes et des fantasmes (sexuels : les guerriĂšres nippones provenant directement d’un manga Ă©rotique
) les plus scabreux.
Pour autant, Zholdak montre rapidement quelques limites avec une propension Ă  en faire trop, signifiant et sur-signifiant la moindre intention musicale, y compris dans certaines scĂšnes oĂč le livret tient la route (tel l’affrontement dĂ©jĂ  citĂ© entre les Ă©poux au II). Il n’évite pas, aussi, certaines redondances fatigantes Ă  la longue et pas toujours trĂšs lisibles – notamment la prĂ©sence des guerriĂšres japonaises sexy façon manga, trop souvent sollicitĂ©e. Plus grave, avec des lieux peu pertinents par rapport Ă  l’action, il semble peu inspirĂ© lors des deux derniers actes, donnant une furieuse impression de tourner en rond par rapport Ă  la premiĂšre partie de soirĂ©e.

La Carmen russe

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enchanteresse tchaĂŻkovski opera de lyon critique classiquenewsLa distribution elle est sans dĂ©faut, y compris les « seconds rĂŽles » / comprimari : la Nastassia d’Elena Guseva (Nastassia) dĂ©ploie chaleur de timbre, expressivitĂ© mordante, sens dramatique insolent. En princesse Romanovna, Ksenia Vyaznikova s’impose elle aussi par sa prĂ©sence et son acuitĂ© musicale. Les hommes sont un peu moins convaincants hĂ©las
 mais sans dĂ©mĂ©riter cependant. Question de justesse et d’autoritĂ© scĂ©nique. C’est le cas du chant tendu mais racĂ© d’Evez Abdulla (le prince Kourliatev) ; de Migran Agadzhanyan qui dĂ©fend le rĂŽle de Youri (fils du prince) honnĂȘtement sans plus. En fosse, Daniele Rustioni pilote l’Orchestre de l’OpĂ©ra de Lyon avec Ă©nergie, Ă  dĂ©faut de rĂ©elles nuances. La fiĂšvre « fantastique » de l’opĂ©ra de Tchaikovski y gagne un magnĂ©tisme Ă©vident. Enfin on salue avec insistance le nez et l’audace de l’OpĂ©ra de Lyon d’élargir le rĂ©pertoire lyrique par la conquĂȘte de piĂšces mĂ©connues qui se rĂ©vĂšlent captivantes aprĂšs leur (re)crĂ©ation en France : en 2018 furent produites les crĂ©ations du Cercle de Craie (Zemlinsky) et de Germania d’Alexander Raskatov
 / Illustration : L’enchanteresse Ă  Lyon en mars 2019 / (© Bertrand Stofleth)

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TCHAIKOVSKI : L’Enchanteresse, opĂ©ra.
Piotr Ilyitch TchaĂŻkovski : TcharadieĂŻka

Evez Abdulla, baryton : Gouverneur de Nijni Novgorod
Ksenia Vyaznikova, mezzo-soprano : Princesse Eupraxie Romanovna, sa femme
Migran Agadzhanyan, ténor : Youri, leur fils
Piotr Micinski,basse : Mamyrov, vieux clerc
Mayram Sokolova, mezzo-soprano : Nenila, sa soeur, suivante de la princesse
Oleg Budaratsky, basse : Ivan Jouran, maßtre de chasse du prince
Elena Guseva, soprano : Nastassia (surnommée Kouma), aubergiste
Simon Mechlinski, baryton : Foka, son oncle
Clémence Poussin, mezzo-soprano : Polia, amie de Kouma
Daniel Kluge, ténor : Balakine, marchand de Nijni-Novgorod
Roman Hoza, baryton : Potap, fils de marchand
Christophe Poncet de Solages, ténor : Loukach, fils de marchand
Evgeny Solodovnikov : basse, Kitchiga, lutteur
Vasily Efimov, tĂ©nor : PaĂŻssi, errant sous l’apparence d’un moine
Sergey Kaydalov, baryton : Koudma, sorcier
Tigran Guiragosyan, ténor, invité
Choeur de l’OpĂ©ra de Lyon dirigĂ© par Christoph Heil
Orchestre de l’OpĂ©ra de Lyon
Direction : Daniele Rustioni
Andriy Zholdak (mise en scÚne, décors, lumiÚres)

COMPTE-RENDU, opéra. MARSEILLE, Opéra, le 19 février 2019. GOUNOD : Faust. BORRAS, COURJAL. L FOSTER / N DUFFAUT.

COMPTE-RENDU, opĂ©ra. MARSEILLE, OpĂ©ra, le 19 fĂ©vrier 2019. GOUNOD : Faust. BORRAS, COURJAL. L FOSTER / N DUFFAUT. À reprise d’une production, reprise d’une introduction sur une Ɠuvre qui ne bouge pas, mĂȘme remuĂ©e des remous qui accueillirent Ă  Avignon cette mise en scĂšne de Nadine Duffaut, certes, dĂ©rangeante, hĂ©sitant entre symbolisme et rĂ©alisme, mais jamais indiffĂ©rente. À Marseille, au rĂŽle de Wagner prĂšs, c’est la distribution qui est renouvelĂ©e.

 
 
 

L’OEUVRE : Diables d’hommes

 

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Sur l’homme vendant son Ăąme au diable contre l’amour d’une jeune femme, l’Espagne connaissait dĂ©jĂ  quelques piĂšces de thĂ©Ăątre,El esclavo del demonio (1612), ‘L’esclave du dĂ©mon’, de Mira de Amescua et, entre autres plus tardives, El mĂĄgico prodigioso, ‘La magicien prodigieux’ (1637) [1] de Pedro CalderĂłn de la Barca, inspirĂ©e de la lĂ©gende des saints Cyprien et Justine, martyrs d’Antioche, IIIe siĂšcle : pour l’amour de la jeune chrĂ©tienne, le jeune savant paĂŻen, qui s’interrogeait sur le pouvoir absolu d’un Dieu unique contre la pluralitĂ© dissolue du panthĂ©on des dieux antiques, signe un pacte avec le Diable. C’est aux Ă©crivains allemands du Sturm und Drang, dont Herder, Schiller et Goethe, fĂ©rus de culture espagnole antidote au classicisme français, que l’on doit le renouveau de l’intĂ©rĂȘt pour la poĂ©sie du SiĂšcle d’Or espagnol (GƓthe en adaptera des poĂšmes) et son thĂ©Ăątre, dont s’abreuvera aussi Hugo.

Il est probable que GƓthe y ait puisĂ©, pour sa fameuse tragĂ©die, l’enjeu de la femme dans le pacte avec le diable, Ă©tant absente dans le livre source, Historia von Dr. Johann Fausten dem weitbeschreyten Zauberer und SchwarzkĂŒnstler
,couramment appelĂ© Faustbuch, ‘le Livre de Faust’, paru Ă  Francfort en 1587.Ce recueil populaire s’inspirait des lĂ©gendes tĂ©nĂ©breuses entourant le rĂ©el Docteur Johann Georg Faust (1480-1540), alchimiste allemand, astrologue, astrologue, nĂ©croman, c’est-Ă -dire magicien. Un MusĂ©e lui est consacrĂ© Ă  Knittlingen, sa ville natale.

La science rationnelle moderne, n’était pas encore sortie de la gangue des sciences occultes dans lesquelles, astrologue et astronome confondus, dans les secrets encore incomprĂ©hensibles, on voit souvent, par crainte et superstition, la main, la griffe du diable. Ainsi, la mort du savant Docteur Faust en 1540, dans une explosion due sans doute Ă  ses recherches chimiques ou alchimiques, passera pour le rĂ©sultat de ses expĂ©riences diaboliques, du pacte qu’il aurait passĂ© avec le Diable, signĂ© de son sang, pour retrouver la jeunesse sinon l’amour. [2]

Ce livre, qui sera aussi traduit avec succĂšs en français en 1598, sera adaptĂ©, d’aprĂšs la traduction anglaise, par Christopher Marlowe dans sa piĂšce La Tragique Histoire du Docteur Faust (1604) et, donc, deux siĂšcle aprĂšs, pa Johann Wolfgang von GƓthe dans son premier Faust(1808), qui fixera dans l’imagerie romantique, la touchante figure de Marguerite au rouet : sĂ©duite, enceinte, abandonnĂ©e, matricide, infanticide enfin : condamnĂ©e Ă  mort, et refusant d’ĂȘtre sauvĂ©e avec la complicitĂ© de MĂ©phistophĂ©lĂšs, pour le salut de son Ăąme.Son contemporain, Gotthold Ephaim,avait aussi commencĂ©, sans l’achever, une piĂšce sur Faust en 1759.

Berlioz avait reprĂ©sentĂ© Ă  Paris, sans guĂšre de succĂšs, en 1846, La Damnation de Faust [3] d’aprĂšs la cĂ©lĂšbre piĂšce de Goethe traduite en 1828 par GĂ©rard de Nerval: « Pour la ‘Chanson du rat’,il n’y avait pas un chat dans la salle », constatera cruellement Rossini. RuinĂ©, Berlioz s’exile. Gounod sera plus heureux. HantĂ© par le thĂšme, gratifiĂ© du bon livret que lui Ă©crivit Jules Barbier, la contribution de Michel CarrĂ©, auteur d’un drame intitulĂ© Faust et Marguerite, se limitant Ă  l’air du Roi de ThulĂ© et Ă  la ronde du veau d’or, deux beaux textes, il est vrai. AprĂšs des remaniements, l’opĂ©ra triompha en 1859, et rivalise en popularitĂ© dans le monde avec la Carmen de Bizet.

 
 
 
 
 
 

REALISATION

 
 
 

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Vaste demeure dĂ©vastĂ©e de l’hiver d’une vie Ă  vau-l’eau : vanitĂ© des vƓux, des rĂȘves du savoir, des souvenirs Ă©vanouis Ă  l’heure des bilans, des faillites, quand les regrets remplacent les projets. VautrĂ©, avachi sur un immense prie-Dieu, un lit, dont la traverse est une croix, qui se multiplie en ombres, le vieux Docteur Faust se lamente avant d’ĂȘtre relayĂ© par le jeune, vivifiĂ© par le pacte de sang ou transfusion sanguine, salvateur Ă©lixir de jouvence, dont le garrot Ă©lastique devient, comme un crachat, lance-pierre offensif d’un chenapan MĂ©phisto contre une effigie christique.

Efficace scĂ©nographie unique d’Emmanuelle Favre dans des clair-obscur, au sens prĂ©cis du terme, mĂ©lange de lumiĂšre et d’ombre Ă  la Rembrandt, virant parfois aux contrastes rasants caravagesques (lumiĂšres de Philippe Grosperrin), qui arracheront Ă  la pĂ©nombre les tĂȘtes d’une foule de spectres goyesques, cauchemar plein de choses inconnues, funĂšbre carnaval Ă©mergeant, surgissant des trappes, sinon des enfers, des arriĂšre-fonds, des bas-fonds de l’ñme sans doute, comme un retour du refoulĂ©. Surplombant la scĂšne, thĂ©Ăątre dans le thĂ©Ăątre, une autre scĂšne ou tableau : un Christ de profil au regard douloureux sur ce monde, tĂ©moin apparemment aussi impuissant que le vieux Faust omniprĂ©sent rĂȘvant ou revoyant sa vie au moment de sa mort, apparaissant ponctuellement dans le cadre, ainsi que divers personnages, dont le thĂ©Ăątral MĂ©phistophĂ©lĂšs. RĂȘve ou mirage, Marguerite est projetĂ©e en immense portrait.

Plafond effondrĂ©, tout est terreux, ruineux, grisĂątre, brunĂątre, ainsi que les costumes (GĂ©rard Audier) ; le seul Ă©clat sera celui de Marguerite, toute fraĂźche en robe vichy bleu Ă  la Brigitte Bardot des annĂ©es 60, apparemment seule vivante dans ce monde fantomatique, escortĂ©e de Dame Marthe, plus rieuse que pieuse, impĂ©rieuse, en austĂšre tailleur noir. Une marionnette gĂ©ante descendant des cintres de la manipulation diabolique symbolise la jeune fille. Le Faust jeune, aura l’éclat d’une chemise blanche sur ses jeans et MĂ©phisto, en blouson de cuir, arbore des souliers rouges et non des pieds de bouc comme signe de son origine, comme le coffre et non coffret des bijoux, dont on s’étonne que Gretchen, Margot, ne l’ait pas vu du premier coup d’Ɠil tant il accapare abusivement l’espace et la vue. Pas de rouet mais un nĂ©cessaire de couture de jeune fille de ce temps, pliĂ©e aux travaux de mĂ©nage et d’aiguille. Jolie trouvaille, le bracelet dont se pare la jeune fille est vraiment « une main qui sur [son] bras se pose », surgie magiquement de la marionnette diabolique. C’est la poupĂ©e mĂ©canique, menaçante, de l’univers fantastique des Contes romantiques d’Hoffmann par la manipulation du Diable.

Sur les murs lĂ©preux, des projections de vagues fleurs —pas forcĂ©ment heureuses dĂ©jĂ  Ă  Avignon, et encore moins dans le vaste plateau marseillais qui les dilue—figurent un invraisemblable jardin et l’invisible bouquet d’un jeune Siebel masculin Ă©clopĂ©, expliquant sans doute sa rĂ©forme, il ne part pas Ă  l’armĂ©e ; plus dramatiquement parlantes, celles d’actualitĂ©s cinĂ©matographiques de nĂ©buleux soldats coloniaux du retour des troupes qui (dĂ©)chanteront une gloire discutable des aĂŻeux dont la mise en scĂšne de Nadine Duffaut, loin de donner dans le clichĂ© de la guerre jolie, montre la vĂ©ritĂ©, les blessĂ©s, les estropiĂ©s, les gueules cassĂ©es, les morts : sous le regard du Christ semblant regarder de biais et non de front le monde, sous l’écrasante croix, on se pose inĂ©vitablement la question de ce « Dieu bon » que priera Marguerite Ă  la fin qui permet cet enfer sur terre, autorise finalement ce DĂ©mon tout puissant, encore que terrassĂ© parfois comme un vampire par l’ombre ou la lumiĂšre de la croix qui le crucifie. Sous le dĂ©tail, dĂ©coratif en apparence, on retrouve l’humanitĂ© inquiĂšte, militante et non militaire, de Nadine Duffaut.

En somme, refusant le faste facile, nĂ©faste souvent au drame, la mise en scĂšne propose une lecture nouvelle de cette tragĂ©die, parlant plus Ă  l’esprit que sĂ©duisant les yeux.

 
 
 

INTERPRETATION

 
 
 

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D’emblĂ©e, on est captĂ© par le rythme, sans concession aux « numĂ©ros » que le public attend pour applaudir, qu’impose Lawrence Foster Ă  la partition. On a la sensation de redĂ©couvrir cette Ɠuvre usĂ©e de trop d’usage et d’habitudes paresseuses : une rigueur diabolique qui gomme les Ă©mollients clichĂ©s romantiques et, malgrĂ© les parenthĂšses obligĂ©es d’amour et de rĂȘve du jardin, depuis le dĂ©but, tout semble courir, concourir, dans la fiĂšvre, Ă  la course finale Ă  l’abĂźme au galop haletant mĂ©phistophĂ©lique. Une conception globale perceptible malgrĂ© la longueur de l’Ɠuvre. Et tout cela sans rien sacrifier au dĂ©tail. Dans la « SĂ©rĂ©nade » de MĂ©phistophĂ©lĂšs, on croit entendre les rires, les railleries des instruments qui nous font soupçonner que Gounod n’ignorait pas le persiflage instrumental du « Catalogue » de Leporello dans le Don Giovanni de Mozart dont son amie Pauline Viardot avait sans doute pu lui passer la partition qu’elle avait achetĂ©e. En tous les cas, on sent, dans cette interprĂ©tation magistrale toute la finesse mozartienne loin des pesanteurs orchestrales Ă  la mode romanticoĂŻde. La scĂšne de l’église est angoissante avec cet orgue lointain et menaçant (FrĂ©dĂ©ric Isoletta) dont les vagues ondes semblent avancer pour engloutir Marguerite.

Les chƓurs (Emmanuel Trenque), peut-ĂȘtre dĂ©shumanisĂ©s par les masques, trouvent alors leur pleine humanitĂ© par la musique et ils sont saisissants : les reproches Ă  leur hĂ©ros Valentin incapable de pardonner en mourant Ă  sa sƓur sont bouleversants d’une vĂ©ritĂ© morale, humaine et religieuse, qui dĂ©passe leur apparence spectrale.

À certains moments de liesse populaire ou sensuelle, entre ciel et terre, trois acrobates semblent dĂ©fier la pesanteur d’ici-bas.

Le baryton Philippe Ermelier qui figurait dans la production d’Avignon, confirme avec bonheur ce que j’en disais : c’est un solide Wagner de taverne digne compagnon sinon d’embauche guerriĂšre, de bamboche, de dĂ©bauche de biĂšre ou vin qui hĂ©sitera moins entre les deux boissons qu’il ne les alternera. OriginalitĂ© de cette mise en scĂšne, le pĂ©nible aujourd’hui rĂŽle travesti de SiĂ©bel, dĂ©volu Ă  un mezzo lĂ©ger, est rendu Ă  sa vĂ©ritĂ© thĂ©Ăątrale de jeune homme amoureux : KĂ©vin Amiel bien qu’affublĂ© d’une prothĂšse d’éclopĂ© —sans doute blessure de quelque aventure militaire qui montre que la guerre est bien contre toute Ă©thique et esthĂ©tique, contre la morale, la bontĂ©, la beautĂ©. Il est jeune, touchant, voix ronde de tĂ©nor de toutes les tendresses et dĂ©licatesses du cƓur et il incarne, dans une vĂ©ritĂ© immĂ©diate et sensible, l’amour dĂ©sintĂ©ressĂ©, la comprĂ©hension, la compassion humaine et chrĂ©tienne envers la Marguerite rejetĂ©e par la communautĂ©.

ÉlĂ©ment de comĂ©die, d’opĂ©ra-bouffe, Dame Marthe, savoureuse, voluptueuse, veuve vite joyeuse, sous l’uniforme trop Ă©troit de la duĂšgne austĂšre, vite maquerelle, faisant couple, sinon accouplĂ©e au fuyant MĂ©phisto qui ne succombe pas Ă  la tentation, tentĂ© sans doute par d’autres types d’amours comme semble le suggĂ©rer le pluri-sexe Walpurgis, est campĂ©e avec une vivacitĂ© aiguĂ« par la piquante mezzo Jeanne-Marie LĂ©vy.

Le baryton Étienne Dupuis, a tout l’hĂ©roĂŻsme de Valentin, voix aussi large et gĂ©nĂ©reuse qu’il le sera peu pour sa sƓur, par ailleurs trĂšs expressif, effrayant et sans compassion en maudissant Marguerite comme le fera MĂ©phisto.

Celui-ci, c’est Nicolas Courjal (photo ci dessus): il mĂšne le bal, et danse, se dandine mĂȘme au son de ce transistor dont il tente, par la magie rĂ©volutionnaire de l’appareil, de tenter le vieux Faust dont les Ă©lucubrations de toute une vie n’auront pas suffi Ă  crĂ©er ou imaginer cette merveille, ce miracle technologique. Il est un sacrĂ© diable facĂ©tieux, espiĂšgle, qui Ă©pingle les ridicules de certains, diablement sĂ»r de lui, sauf des faiblesses Ă  la Croix, jouant des mains et des doigts comme on aspergerait les dĂ©vots d’une eau bĂ©nite, maudite plutĂŽt, infernale. La tessiture est tendue, surtout dans le « Veau d’or » mais il s’en tire avec aisance, retrouvant des creux de graves infernaux Ă  sa mesure. En moine blanc, dans la remarquable scĂšne de l’église contre Marguerite, plus de plaisanterie : c’est le DĂ©mon dans une atroce volontĂ© de destruction de la frĂȘle jeune femme.

Celle-ci est incarnĂ©e par Nicole Car : elle a une saine vitalitĂ©, un sourire rayonnant, un regard solaire, qu’on imagine mal en gĂ©nĂ©ral pour la fragile hĂ©roĂŻne romantique des froideurs nordiques mĂȘmes rĂ©chauffĂ©es par un Diable mutin. Ses exclamations de joie « Ah, je ris
 », elle ne les donne pas en fines notes piquĂ©es de la glotte, toujours dangereuses pour l’organe, mais d’une voix large moins de jeune fille que de femme prĂȘte, sinon Ă  croquer les diamants, Ă  dĂ©vorer la vie qu’elle dĂ©couvre avec enthousiasme. Cette soliditĂ© prend un sens tragique dans la scĂšne grandiose de l’église oĂč elle affronte le dĂ©mon dans l’ombre, opposant la force de sa foi Ă  la puissance infernale et sa priĂšre qui clĂŽt l’épisode est dĂ©jĂ  la victoire qui annonce celle de son hymne final : « Anges pures, anges radieux
 »

Marguerite accouche

Autre signe de l’humanisme rĂ©aliste de Nadine Duffaut, on voit Marguerite enceinte, ce qui est dissimulĂ© toujours, Ă  peine dit par de plus pudiques que pieuses allusions : mais c’est la rĂ©alitĂ© de son drame. Des spectateurs se sont offusquĂ©s de la voir accoucher, aidĂ©e par la compassionnelle Marthe, aprĂšs la malĂ©diction du frĂšre. Mais cet enfant qu’elle noiera, qui lui vaudra sa condamnation Ă  mort, occultĂ©e ici celle de sa mĂšre, semble ĂȘtre parti avec l’eau du bain de la pudibonderie qui, pour oraison funĂšbre, ne lui concĂšde qu’une rapide phrase de Faust, alors que c’est le cƓur de la banale et triviale tragĂ©die de la fille sĂ©duite et abandonnĂ©e.

Deux Faust

L’un des problĂšmes du thĂ©Ăątre, c’est sans doute la prĂ©sentation d’un personnage Ă  deux Ăąges de sa vie, doublĂ© ici par la difficultĂ© que la mĂ©tamorphose se fait Ă  vue. Loin de grimer et de dĂ©grimer ostensiblement le vieil hĂ©ros prĂȘt Ă  se faire une injection mortelle de drogue et piquĂ© sans doute Ă  l’élixir de vie par MĂ©phisto de ce mĂȘme sang de la signature du pacte infernal, Nadine Duffaut a optĂ© pour deux Faust, le vieux,c’est Jean-Pierre Furlan, dont la voix toujours juvĂ©nile anticipe sur sa nouvelle jeunesse infernale. Il est Ă©mouvant dans ses regrets et adieu Ă  la vie, Faust encore sans faute, qui restera sur scĂšne en tĂ©moin accablĂ© de son pacte fautif sous le regard d’un Christ douloureux, sous l’ombre portĂ©e de la croix, poids de son pĂ©chĂ©, Ă©ternel stigmate de sa damnation, ou rĂ©demption par ce regard qui semble le hanter dans ce thĂ©Ăątre des ombres du monde. C’est sĂ»rement l’une des rĂ©ussites de cette audacieuse mise en scĂšne : ce regard rĂ©trospectif Ă  la fin de la vie, Ă  l’heure cruellement lucide des bilans. Et soudain, sans solution de continuitĂ©, c’est le jeune Faust qui surgit, insolent et insultant de jeunesse moins physique que vocale, encore qu’un peu empĂȘtrĂ© dans sa corpulence mal fagotĂ©e dans un blouson de teenager d’un joyeux luron avide de rattraper le temps perdu, Ă  corps perdu. Dans ce sens, on comprend, en contrepoint physique maillĂ©e, Ă©maillĂ©e de ces acrobates du plus bel effet graphique, perchĂ©s sur la croix du prie-Dieu devenu lit de dĂ©bauche multi-libertine pour un heureux Faust repu plus qu’en repos.

La voix de Jean-François Borras est ronde, onctueuse, souple, d’une Ă©gale qualitĂ© dans tous ses registres, suavement triomphante dans l’aigu dĂšs l’effet mĂ©phistophĂ©lique non mĂ©phitique mais bĂ©nĂ©fique de MĂ©phisto. Et voilĂ  notre vieillard savant, oublieux des grands mystĂšres du monde qui faisaient sa sublime ambition, qui chante, tout guilleret, un couplet digne d’un Ă©picurien et contemporain bourgeois d’Offenbach, BrĂ©silien ou Baron, qui borne, ou au contraire chante une insatiable ambition trĂšs Second Empire, « s’en fourrer jusque-lĂ  », avide de plaisirs terrestres et non plus spirituels ou intellectuels :

À moi, les plaisirs,

Les jeunes maĂźtresses,

À moi leurs caresses [
]

Et la folle orgie

Du cƓur et des sens.

Un Faust bourgeois plus physique que métaphysique.

 
 
 

[1] J’ai adaptĂ© cette piĂšce sous le titre de Faust vainqueur ou le procĂšs de Dieu Ă  la demande du metteur en scĂšne AdĂĄn Sandoval.

[2] Sur les divers Faust, je renvoie Ă  mon livre Figurations de l’infini. L’ñge baroque europĂ©en, Prix de la prose et de l’essai 2000, le Seuil, 1999, « De Dieu le PĂšre au PĂšre-Dieu », « La fin des thaumaturges », p.389-399.

[3] Berlioz ne devait pas ignorer la piĂšce de CalderĂłn, si admirĂ© par Wagner qui dit, dans une lettre Ă  Liszt, qu’il le lit pour maintenir l’inspiration de son Tristan. En tous les cas, l’invocation Ă  la nature de son Faust est trĂšs proche de la tirade lyrique de Cyprien dĂ©couvrant sa puissance diabolique dans Le Magicien prodigieux. Cf mon livre, Figurations de l’infini, op. cit. , p. 398.

 
 
 
 
 
 

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Faust de Gounod Ă  l’OpĂ©ra de Marseille
Coproduction Opéra Grand Avignon / Opéra de Marseille / Opéra de Massy / Opéra Théùtre Metz Métropole / Opéra de Nice / Opéra de Reims
A l’affiche les 10, 13, 16, 19, 21 fĂ©vrier 2019

Direction musicale: Lawrence FOSTER
Mise en scĂšne: Nadine DUFFAUT
DĂ©cors: Emmanuelle FAVRE
Costumes: GĂ©rard AUDIER
LumiĂšres: Philippe GROSPERRIN

Marguerite: Nicole CAR
Marthe: Jeanne-Marie LEVY

Faust: Jean-François BORRAS
Vieux Faust: Jean-Pierre FURLAN
MéphistophélÚs: Nicolas COURJAL
Valentin: Étienne DUPUIS
Wagner: Philippe ERMELIER
Siebel: KĂ©vin AMIEL

Orchestre et ChƓur de l’OpĂ©ra de Marseille

Photos : Christian Dresse
Les deux Faust ;
MĂ©phisto ;
Combat e Marguerite contre le DĂ©mon.

 
 
 
 
 
 

CD, critique. CONTI : Missa Sancti Pauli, 1715 (Purcell Choir, Vashegyi – 1 cd Glossa, Budapest janvier 2017)

conti-cd-missa-sancti-pauli-gyorgyi-vashegyi-purcell-choir-orfeo-orchestra-cd-critique-cd-review-critique-cd-par-clasiquenews-CLIC-de-classiquenewsCD, critique. CONTI : Missa Sancti Pauli, 1715 (Purcell Choir, Vashegyi – 1 cd Glossa, Budapest janvier 2017). La Messe MISSA SANCTI PAULI en sol mineur de 1715, – contemporaine de la mort de Louis XIV, Ă©tonne par son sens de la grandeur, son dramatisme continu. A 34 ans, le florentin Conti, thĂ©orbiste avĂ©rĂ©, dĂ©montre une science Ă©vidente, un art de la diversitĂ© dĂ©jĂ  prĂ©classique, dont la verve comme l’esprit de construction et d’équilibre Ă©difient une architecture sacrĂ©e qui annonce les grandes Ɠuvres de la fin du XVIIIĂš, Ă  Vienne, celle de Haydn et de Mozart (superbe construction du coeur fuguĂ© « Et vitam venturi », oĂč brillent la volontĂ© de clartĂ© du chef et la soliditĂ© du chƓur). Son goĂ»t reste Ă©minemment italien, adepte des arabesques et vocalises quitte Ă  rompre la ligne du texte, et pourtant sans jamais dĂ©vier du grand plan architectural global. A Vienne dĂšs 1701, Conti devient aussi membre de la Filarmonia de Bologne (1708). NommĂ© compositeur de la cour impĂ©riale des Habsbourg, Conti affirme un talent thĂ©Ăątral indiscutable. Son seconde Ă©pouse fortunĂ©e, Maria Landini, Ă©tait la diva la plus adulĂ©e de la Cour viennoise.
DĂ©cĂ©dĂ© en 1732, il fut Ă©lĂšve de Fux Ă  Vienne, rejoint trĂšs vite la cour de Dresde, Cour extrĂȘmement mĂ©lomane (autant que les Habsbourg viennois)
 Le raffinement et la culture de Conti, la complexitĂ© et l’ambition de son Ă©criture (25 opĂ©ras, 10 oratorios au moins) ont inspirĂ© directement JS Bach et aussi Haendel (dont le pasticcio Ormisda reprend partie de l’opĂ©ra de Conti : Clotilda rĂ©prĂ©sentĂ© Ă  Londres en 1707).
VoilĂ  une autoritĂ© musicale qui est jouĂ©e partout en Europe de Hambourg Ă  Brunswick, Brno et Breslau sans omettre Dresde). La MISSA SANCTI PAULI a Ă©tĂ© copiĂ©e Ă  Vienne, au convent de l’Abbaye de Lambach (Autriche), Ă©videmment Ă  Dresde oĂč le manuscrit paraĂźt dans la collection personnelle de Zelenka (qui sĂ©journe Ă  Vienne de 1717 Ă  1719) auquel la Messe a Ă©tĂ© un temps attribuĂ©e. Zelenka rapporte le manuscrit Ă  Dresde et enrichit encore la texture instrumentale (ajout de hautbois dans les tutti, enrichissement du continuo), et modifie le rythme du  Miserere (Gloria).

Le chef Györgyi VASHEGY s’entend Ă  merveille dans la direction de la masse chorale, jamais Ă©paisse, toujours trĂšs active et articulĂ©e ; on a pu depuis quelques annĂ©es Ă©valuer sa maĂźtrise dans le baroque français, en particulier Rameau
 (voir notre discographie rĂ©cente du chef Györgi Vasegyi en fin d’article). Ici, chez Conti, l’effectif est plutĂŽt important ; il s’avĂšre idĂ©al pour porter la charge trĂšs dramatique de cette Ɠuvre qui sonne solennelle et mĂȘme colossale. Mais au mĂ©rite de Conti revient un style ample et dramatique qui n’ennuie jamais car elle reste servante des affetti humaines.

Ainsi dans l’élucidation du GLORIA, entre autres, le Miserere nobis (9) plus dissonant, et grave exprime parfaitement la terreur Ă  peine masquĂ©e face Ă  la mort, oĂč le quatuor vocal et le choeur entament une prise de conscience saisissante, – sĂ©quence trĂšs prenante de l’ensemble. MĂȘme sentiment d’effroi sidĂ©rĂ© dans le sublime Crucifixus, Ă©conome, court, intense (plage 18). Que contrepointe l’exaltation de la RĂ©surrection (19) qui suit immĂ©diatement. Plus dĂ©veloppĂ© musicalement, et presque syncopĂ©. Languissant comme une priĂšre aussi inquiĂšte que fragile, l’implorant « Et in Spiritum » affirme une mĂȘme maturitĂ© oĂč soprano et alto masculin tissent leurs nƓuds (les voix sont parfois instables)
Conti paraĂźt tel un vĂ©ritable dramaturge dans la coupe et les accents harmoniques de cette large section, rĂ©ellement impressionnante : accents justes et expressivement saisissants mĂȘme qui montrent combien cette MISSA est la premiĂšre illustration des « messes du Credo », partition dont l’expressivitĂ© de fait, se concentre dans l’articulation du texte de cette partie, il est vrai la plus spectaculaire, Ă©voquant la Passion du Christ. On y remarque immĂ©diatement la caractĂ©risation permanente du texte ; la forte, puissante et riche dĂ©clamation exigeant de chacun des solistes du quatuor vocal. Nous sommes alors Ă  l’opĂ©ra.

La Missa atteste de la grande culture musicale de Francesco Conti en 1715 : stile antico (fuguĂ©), audaces concertantes, figuralismes articulant le texte, dramatisme et harmonies « rares » selon la force du verbe
 autant d’élĂ©ments qui annoncent le classicisme de la fin XVIIIĂš. C’est dire ainsi la prĂ©cocitĂ© de Conti (mort en 1732, avant l’avĂšnement du Rameau d’Hippolyte et Aricie en 1733).

FidĂšle aux recherches de Anna Scholz, le chef toujours trĂšs pertinent dans son approche musicologique, intercale le Motet « Fastos caeli audite », prĂ©sent dans le manuscrit de Conti, ainsi qu’il achĂšve toute l’arche sacrĂ©e par un motet pour voix seule : Pie jesu.
Le Motet « Fastos  », trĂšs articulĂ© et linguistiquement acrobatique exige beaucoup du soliste (ici un alto masculin parfois court) pourtant les cordes captivent par leur agilitĂ© et leur noblesse.
CLIC D'OR macaron 200Ce sentiment de majestĂ© grave se dĂ©ploie surtout dans le dernier Ă©pisode complĂ©tant la Missa proprement dite : l’aria « Pie Jesu » qui touche essentiellement par son souffle grandiose, aux harmonies surprenantes exprimant la prĂ©sence du mystĂšre. C’est trĂšs pertinent de terminer par cette priĂšre intimiste et grave qui convoque l’étrange, imprĂ©visible harmoniquement, dont la ligne vocale recommande souplesse et intensitĂ© et un souffle spectaculaire. VoilĂ  qui dans les arĂȘtes rondes et graves des cordes, le legato implorant du tĂ©nor (lui aussi pas toujours juste ni idĂ©alement galbĂ©) rĂ©tablit cette part d’humanitĂ© et de profonde impuissance humaine dans un programme oĂč l’imaginaire majestueux de « l’orchestre » (si l’on peut employer ce terme : mais l’ambition instrumentale de Conti est indiscutable) indique clairement la vision impressionnante de Conti, prĂ©curseur au dĂ©but du XVIIIĂš, de bien des fresques sacrĂ©es grandioses plutĂŽt mieux documentĂ©es dans le dernier trimestre du XVIIIĂš (compris le Requiem de Mozart). Entre dĂ©votion fervente et arche instrumentale spectaculaire, ondoyante et sensuelle, Conti affirme un gĂ©nie Ă  part au XVIIIĂš. VoilĂ  qui dĂ©voile sa singularitĂ© visionnaire au tout dĂ©but du XVIIIĂš.

 
 
 

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CD, critique. CONTI : Missa Sancti Pauli, 1715 (1 cd Glossa, Budapest janvier 2017) – CLIC de CLASSIQUENEWS « dĂ©couverte », fĂ©vrier 2019.

 
 
 

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Autres CD récents du chef György Vashegyi, et de ses troupes hongroises (Purcell Choir et Orfeo Orchestra) :

vashegyi_gyorgy1222 classiquenewsCD, critique. RAMEAU : NAÏS (1749). György Vashegyi / Orfeo orchestra. DolliĂ©, Martin
 2 cd Glossa, MUPA, Budapest, mars 2017). Dans ce nouvel album de musique baroque française plein XVIIIĂš, – NaĂŻs appartient Ă  la colonie d’oeuvres ramĂ©liennes propres aux annĂ©es 1740 (1749 prĂ©cisĂ©ment s’agissant de la partition crĂ©Ă©e Ă  Paris), oĂč le Dijonais au sommet de ses possibilitĂ©s et de son imagination, favorisĂ© par la Cour de Louis XV dont il est compositeur officiel, sait renouveler un genre naturellement enclin Ă  s’asphyxier, l’opĂ©ra de cour, versaillais. Dans le geste majestueux, souple, dramatique de Gyögy Vashegy, se dĂ©voile le pur tempĂ©rament atmosphĂ©rique, spatial d’un Rameau tout Ă  fait inclassable Ă  son Ă©poque…

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mondonville grands motets pircell choir orfeo orchestra Gyorgy vashegyi glossa cd critique review cd CLCI de classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, compte rendu critique. Mondonville : Grands Motets. György Vasgheyi (2 cd Glossa, 2015). Le geste des baroqueux essaime jusqu’en Hongrie : György Vashegyi est en passe de devenir par son implication et la sĂ»retĂ© de sa direction, le William Christie Hongrois
 C’est un dĂ©fricheur au tempĂ©rament gĂ©nĂ©reux, surtout Ă  la vision globale et synthĂ©tique propre aux grands architectes sonores. C’est aussi une affaire de sensibilitĂ© et de goĂ»t : car le chef hongrois goĂ»te et comprend comme nul autre aujourd’hui, Ă  l’égal de nos grands Baroqueux d’hier, la subtile alchimie de la musique française.

 

  
 
 

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rameau-cd-fetes-de-polymnie-1745-orfeo-orchestra-gyorgy-Vashegyi-2-cd-glossa-clic-de-classiquenewsCD. Rameau : Les FĂȘtes de Polymnie, 1745. Orfeo Orchestra, György Vashegyi (2 cd Glossa). Voici le premier cd dĂ©coulant de l’annĂ©e Rameau 2014. Le prĂ©sent titre est d’autant plus mĂ©ritoire qu’il dĂ©voile la qualitĂ© d’une partition finalement trĂšs peu connue et qui mĂ©rite ce coup de projecteur car elle incarne le sommet de l’inspiration du Dijonais, ces annĂ©es 1740 qui marquent assurĂ©ment la plĂ©nitude de son gĂ©nie 
 1745 est une annĂ©e faste pour Rameau.  Aux cĂŽtĂ©s de PlatĂ©e, ces FĂȘtes de Polymnie soulignent une inventivitĂ© sans limites. Le compositeur mĂȘle tous les genres,  renouvelle profondĂ©ment le modĂšle officiel et circonstanciel dĂ©jĂ  conçu et dĂ©veloppĂ© par Lully. En guise d’une Ɠuvre qui fait l’apologie de Louis XV comme l’a fait Lully s’agissant de Louis XIV au siĂšcle prĂ©cĂ©dent, Rameau livre un triptyque d’une flamboyante diversitĂ© de formes et de genres poĂ©tiques.  Les titres de chaque EntrĂ©e indiquent ainsi les dĂ©veloppements musicaux libres et originaux : histoire,  fable,  fĂ©erie.  Un prodige de renouvellement des modes dramatiques d’autant plus qu’il n’est pas uniquement question de mythologie : Ă  ce titre l’argument et le climat de la troisiĂšme dĂ©passe tout ce qui a Ă©tĂ© entendu jusque lĂ  tant le dernier volet dĂ©veloppe singuliĂšrement le thĂšme fĂ©erique qui le porte


  
 
 

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COMPTE RENDU, opéra. PARIS, Bastille, le 25 janv 2019. BERLIOZ : LES TROYENS. Jordan / Tcherniakov.

troyens berlioz opera bastille janvier 2019 critique opera classiquenews actus infos musique classique operaCOMPTE RENDU, opĂ©ra. PARIS, Bastille, le 25 janv 2019. BERLIOZ : LES TROYENS. Jordan / Tcherniakov. DĂ©naturĂ©s ou rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s ? Telle est la question face Ă  ce spectacle qui dĂ©montre moins l’opĂ©ra de Berlioz que la vision d’un homme de thĂ©Ăątre. Mal scĂšne ou rĂ©Ă©criture positive ? L’AntiquitĂ© se fait intrigue domestique et thĂ©rapie collective dont les enjeux dĂ©voilent en rĂ©alitĂ© les traumas dont chacun souffre malgrĂ© lui. La grille de lecture rĂ©Ă©crit l’opĂ©ra. Pas sur que Berlioz sorte gagnant de cette affaire


Osons dire et Ă©crire ici que le travail de Dimitri Tcherniakov qui nous avait certes convaincu dans sa premiĂšre mise en scĂšne pour l’OpĂ©ra de Paris, EugĂšne OnĂ©guine, – une rĂ©alisation princeps qui restera cas unique-, finit par agacer dans ces Troyens brouillĂ©s ; la fresque Ă  la fois grandiose et poĂ©tique du grand Hector est passĂ©e Ă  la moulinette conceptuelle et rĂ©duite Ă  la grille thĂ©Ăątreuse de Tcherniakov qui veut bon an mal an faire rentrer l’ogre nĂ©oantique dans un petit carton familial. Qu’a Ă  faire le souffle de l’épopĂ©e virgilienne dans cette conception Ă©culĂ©e qui Ă©carte toute ivresse poĂ©tique, forçant plutĂŽt le jeu des ĂȘtres dĂ©calĂ©s, impuissants, opprimĂ©s ou tout simplement fous.

Dossier spĂ©cial BERLIOZ 2019 Illustration dans les articlesLes Troyens sont la grande oeuvre de Berlioz : un Ring Ă  la française, aux Ă©quilibres classiques : l’ampleur de l’orchestre, le souffle des tableaux que n’aurait pas reniĂ© Meyerbeer, ni le Rossini de Guillaume Tell, n’empĂȘchent pas l’intĂ©rioritĂ© ni le fantastique des Ă©pisodes hĂ©roĂŻques. AchevĂ© en 1858 Ă  54 ans, l’opĂ©ra de Berlioz ne sera jamais crĂ©Ă© intĂ©gralement de son vivant ; en 1863, une version tronquĂ©e qui ne sĂ©lectionne que les morceaux de la seconde partie (EnĂ©e Ă  Carthage) est portĂ©e Ă  la scĂšne ; puis en 1890, Ă  Karlsruhe, enfin une intĂ©grale est jouĂ©e mais en allemand. Comme pour Les FĂ©es du Rhin d’Offenbach, les allemands se montrent plus curieux de nouveautĂ©s ; lĂ  aussi, l’opĂ©ra d’Offenbach pourtant Ă©crit en français, est crĂ©Ă© intĂ©gralement en Allemagne donc en allemand.
A Paris, l’OpĂ©ra national affiche aprĂšs une premiĂšre intĂ©grale en 1921, une nouvelle production complĂšte qui inaugure alors le vaisseau Bastille, en 1989.

LA PRISE DE TROIE
 La force de la premiĂšre partie vient du portrait Ă©crit par Berlioz, de la prophĂ©tesse dĂ©sespĂ©rĂ©e Cassandre qui a compris la catastrophe annoncĂ©e, la dĂ©nonce aux troyens et Ă  leurs roi Priam, mais en pure perte : personne ne l’écoute. Son duo avec ChorĂšbe – qui aimerait tant l’épouser, est le volet le plus dĂ©chirant de cette premiĂšre sĂ©quence.

LES TROYENS -  LA PRISE DE TROIE -

Mais anecdotique et laide, la mise en scĂšne collectionne les idĂ©es gadgets et dĂ©jĂ  vues : Cassandre est interviewĂ©e par une Ă©quipe de tĂ©lĂ©vision (que c’est original) ; dans leur salon cossu qui contraste avec le dĂ©cor simultanĂ© et trivial oĂč se presse le peuple en panique, la cour de Priam a des allures d’opĂ©rette, – les futurs vaincus n’ont aucune grandeur antique. Cette obligation d’actualisation et de rĂ©alisme sonne faux. Sans pouvoir justifier sa prĂ©sence dans cette partie troyenne, une cĂ©lĂ©bration d’Hector mort se prĂ©cise mais de façon brouillonne et incohĂ©rente. Et le cheval des grecs est remplacĂ© par EnĂ©e lui-mĂȘme, traitre Ă  sa patrie. De toute Ă©vidence, les tableaux collectifs n’ont jamais inspirĂ© Tcherniakov dont le tempĂ©rament reste plutĂŽt introspectif, plus soucieux de l’itinĂ©raire des individus que du mouvement des foules. Ainsi la marche troyenne consterne par un
 statisme dĂ©solant.

DIDON Ă  CARTHAGE
 Las, le sentiment d’incongruitĂ© et d’actualisation coĂ»te que coĂ»te persiste et 
 s’enlise dans la seconde partie (Les Troyens Ă  Carthage, avec l’idylle entre EnĂ©e et Didon) : Tcherniakov nous sert des rĂ©fĂ©rences aux vagues migratoires d’aujourd’hui
 soit. Et donc le rapport ? Nous le cherchons encore.
Toujours Ă  hauteur humaine, Tcherniakov fait de l’action berliozienne une petite histoire de famille, un Ă©pisode domestique ordinaire qui dans ce contexte, devient mĂȘme ridicule : comment accepter que Didon se dĂ©chaine comme une hystĂ©rique contre celui qu’elle aime et qui ne veut pas rester : EnĂ©e ? VoilĂ  qui est dit et confirmĂ© : pour Tcherniakov, tout dignitĂ©, toute grandeur antique sont effacĂ©s. Pour la petite histoire. Celle qui Ă©maille sa vision d’une communautĂ© de petits-bourgeois dont on lit pour certains la pensĂ©e Ă  travers des projections vidĂ©o
 ce dispositif (dans la premiĂšre partie) serait un tantinet crĂ©dible si l’on en avait pas mesurĂ© les limites comme l’affligeante banalitĂ© dans ses productions antĂ©rieures. Tcherniakov ne sait pas se renouveler : il s’obstine mĂȘme et se rĂ©pĂšte. Au risque de dĂ©naturer la partition qu’il est censĂ© servir.

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L’apothĂ©ose de cette lecture rĂ©ductrice et dĂ©cevante, se rĂ©vĂšle dans toute sa fausse pertinence dans la seconde partie : EnĂ©e qui a vendu sa citĂ© aux grecs, fuit et se retrouve dans un hĂŽpital pour victimes de guerre dont la directrice est Didon, laquelle a troquĂ© sa couronne carthaginoise pour une nouvelle compĂ©tence en soins palliatifs. Au sommet de cette actualisation, la chasse royale qui prĂ©pare au duo amoureux, devient jeu de rĂŽle aux vertus thĂ©rapeutiques entre les patients hospitalisĂ©s dont EnĂ©e bien sĂ»r (habitĂ© par ces voix qui l’exhortent Ă  rejoindre l’Italie pour fonder un nouvel empire). On avait dĂ©jĂ  vu tout cela, dans sa Carmen au festival d’Aix 2017, oĂč Tcherniakov allait jusqu’à rĂ©Ă©crire la fin de l’histoire (mais bien sĂ»r, puisque Bizet avait laissĂ© un opĂ©ra « inabouti »).

Des Troyens bien triviaux

Les petits bourgeois traumatisés
en thérapie de groupe

Au spectacle affligeant de troyens et de carthaginois rĂ©duits Ă  des intrigues de bas Ă©tage, rĂ©pond heureusement une tenue vocale et orchestrale d’une toute autre valeur, justifiant qu’on s’intĂ©resse Ă  ces nouveaux Troyens. Mais les yeux fermĂ©s.
Rayonnante, profonde, et presque Ă©nigmatique, car elle semble habitĂ©e par ce don de voyance divine, la Cassandre de StĂ©phanie d’Oustrac intĂ©resse dans la premiĂšre partie : sa prĂ©sence cynique Ă  force d’ĂȘtre distancĂ©e, – presque froide et absente, surprend dans un ocĂ©an de mouvements confus et maladroits. Sa dĂ©clamation est courte parfois Ă  l’inverse de celle de son partenaire ChorĂšbe (impeccable et si noble StĂ©phane Degout). En rĂ©alitĂ©, Tcherniakov qui aime dĂ©celĂ© les travers et traumas dissimulĂ©s, a fouillĂ© le passĂ© tortueux de la voyante : en rĂ©alitĂ©, elle reste Ă©garĂ©e parce que son pĂšre (Priam) l’a violĂ©e
 vous suivez toujours ?

Tout cela altĂšre la force du premier couple imaginĂ© par Berlioz (Cassandre / ChorĂšbe). Leur duo trouve un bel Ă©cho dans celui de la seconde partie : rĂ©unissant, opposant, puis sĂ©parant EnĂ©e et Didon : respectivement Brandon Jovanovitch (sobre et percutant, souple et articulĂ© lui aussimalgrĂ© quelques aigus parfois tirĂ©s) et Ekaterina Semenchuk (sensuelle et impliquĂ©e, d’abord surdimensionnĂ©e Ă  notre avis au dĂ©but, puis mieux canalisĂ©e, trouvant le ton tragique juste dans son suicide final). Pourtant cela n’était pas gagnĂ© car Didon suicidaire se tue en avalant des cachets, sans aucune dignitĂ© ni grandeur.
Distinguons Ă©galement le beau mezzo grave et sombre, trĂšs onctueux et musical d’Aude Extremo en Anna, la sƓur funĂšbre de Didon ; mais son français manque de clartĂ©, ce qui est loin d’ĂȘtre le cas de MichĂšle Losier : son Ascagne est de bout en bout Ă©loquent, articulĂ©, juste. Saluons aussi le Narbal racĂ© de Christian Van Horn ; l’élĂ©gance du tĂ©nor Cyrille Dubois dans l’air de Iopas : «Ô blonde CĂ©rĂšs ». Par contre, au diapason d’une mise en scĂšne sans magie, oublions l’HĂ©cube frustrante et hors sujet, hiĂ©ratique figurante de VĂ©ronique Gens.

MalgrĂ© de nombreuses coupures (le duo des sentinelles si cher Ă  Berlioz, est absent !), Philippe Jordan qui rĂ©ussit certains passages symphoniquement wagnĂ©riens, parvient nĂ©anmoins Ă  sauver les meubles disparates d’une production confuse qui manque d’unitĂ© comme de direction. Difficile de rĂ©tablir l’équilibre entre la beautĂ© de la musique et l’effet de multitude comme l’action dĂ©construite que l’on voit sur scĂšne
 VoilĂ  une nouvelle production qui ne rĂ©tablit par Tcherniakov parmi les grands metteurs en scĂšne d’opĂ©ras. Entre confusion, dispositif bidon, lecture confuse, obsession d’un regard pseudo psychanalytique
 le spectateur et l’auditeur sont en droit d’applaudir autre chose
 Ă  commencer par une partition qui devient invisible sous le cumul d’oirpeaux qui la recouvre. Surtout sur la scĂšne de l’OpĂ©ra de Paris. Que l’on pense aux nouveaux spectateurs de l’opĂ©ra : reviendront-ils pour d’autres spectacles aprĂšs avoir Ă©prouver la confusion comme la laideur de celui-ci ? A l’affiche de l’OpĂ©ra Bastille, le 31 janvier. Les 3, 6, 9 et 12 fĂ©vrier 2019.‹Pour vous faire une idĂ©e, et dans le confort de votre salon, Arte diffuse le 31 janvier la production de ces Troyens dĂ©concertants Ă  Bastille, en diffĂ©rĂ© Ă  22h30. Illustrations : © V. Pontet / OnP 2019

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COMPTE-RENDU, opéra. PARIS, Bastille, le 25 janv 2019. BERLIOZ : Les Troyens. Jordan / Tcherniakov

Distribution
Les Troyens – OpĂ©ra en 5 actes d’Hector Berlioz
OpĂ©ra en cinq actes, livret du compositeur d’aprĂšs l’EnĂ©ide
Créé à Paris, Théùtre-Lyrique, le 4 novembre 1863 (Les Troyens à Carthage)
et à Karlsruhe le 6 décembre 1890 (La Prise de Troie, en langue allemande)

Cassandre : StĂ©phanie d’Oustrac
Ascagne : MichĂšle Losier
HĂ©cube : VĂ©ronique Gens
ÉnĂ©e : Brandon Jovanovich
ChorÚbe : Stéphane Degout
Panthée : Christian Helmer
Le Fantîme d’Hector : Thomas Dear
Priam : Paata Burchuladze
Un Capitaine Grec : Jean-Luc Ballestra
Hellenus : Jean-François Marras
PolyxĂšne : Sophie Claisse
Didon : Ekaterina Semenchuk
Anna : Aude Extrémo
Iopas : Cyrille Dubois
Hylas : Bror Magnus TĂždenes
Narbal : Christian Van Horn
Deux Capitaines troyens : Jean-Luc Ballestra, Tomislav Lavoie
Mercure : Bernard Arrieta

ChƓurs et Orchestre de l’OpĂ©ra national de Paris
Direction : Philippe Jordan
Mise en scÚne et décors : Dmitri Tcherniakov

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CD, critique. Sibelius : Symphonie n°1, En saga (Gothenburg Symphony, Santtu-Matias ROUVALI, 1 cd Alpha 2018)

SIBELIUS ROUVALI symphoni 1 en saga critique cd review cd classiquenews CLIC de classiquenews actus cd musique classique opera concerts festivals annonce 5c41f9e9847d2CD, critique. Sibelius : Symphonie n°1, En saga (Gothenburg Symphony, Santtu-Matias ROUVALI, 1 cd Alpha 2018). VoilĂ  un vrai travail d’orfĂšvre tissant une tapisserie de timbres, Ă  la fois lyrique et rageuse. Si certains continuent d’estimer l’Ɠuvre comme la cĂ©lĂ©bration par Sibelius de sa Finlande chĂ©rie, alors menacĂ©e par l’Empire russe (crĂ©ation en avril 1899), inspirĂ© et plus universel, le chef finlandais Santtu-Matias ROUVALI sait traduire une dimension qui sait dĂ©passer l’occurrence politique : il insinue dans l’écriture cette Ă©nergie premiĂšre, gorgĂ©e d’éclairs naturels et de sursauts organiques. D’emblĂ©e, grĂące au chef, nous sommes dans la matrice bouillonnante des Ă©lĂ©ments. Sur le motif.

Ainsi au dĂ©but de la Symphonie n°1, la clarinette, au tragique pastorale, d’une intense dignitĂ©, chante les souffrances et l’éternitĂ© inatteignable de la Nature. Le chef creuse tout ce qui rend Ă  cette partition princeps, sa profondeur et son introspection.
Cordes exaltĂ©es, bois parfois Ăąpre (bassons),tutti tendus, vitalitĂ© ardente et portĂ©s par une Ă©nergie Ă©perdue
 Rouvali prend Ă  bras le corps l’activitĂ© primitive des Ă©lĂ©ments qui semblent traverser les pupitres en Ă©lans faussement incontrĂŽlĂ©s.

Sibelius : le premier Ă©cologiste
Santtu-Matias ROUVALI, chantre de la priÚre sibélienne

L’écriture est une priĂšre exacerbĂ©e face Ă  la Nature dans toute sa sauvagerie ; Sibelius exprime son admiration parfois inquiĂšte, surtout animĂ© par un dĂ©sir supĂ©rieur, une exaltation qui se hisse au diapason de la tempĂȘte victorieuse. Sibelius observe et comprend de l’intĂ©rieur l’immensitĂ© de la Nature (cor et harpes, flĂ»te) : son mystĂšre, son essence miraculeuse. Une connivence s’inscrit et s’enfle au fur et Ă  mesure de l’avancĂ©e du premier mouvement qui passe d’Andante non troppo
 Ă  Allegro energico.
Ici rĂšgne la gravitĂ© du dernier Tchaikovski (derniĂšre mesure au contrebasses), avant l’émergence des cimes et des hauteurs plus mĂ©lancoliques du second mouvement.

Ainsi l’Andante (ma non troppo lento) est articulĂ© avec une rondeur mordante, une belle sincĂ©ritĂ© qui vient elle aussi des replis du cƓur, telle une chanson ancienne qui fait vibrer le sentiment d’une nature enchantĂ©e
 en une cantilĂšne instrumentalement dĂ©taillĂ©e qui montre tout ce que l’éloquence enivrĂ©e de Sibelius doit aux
 russes. Ce qui est prenant c’est le sentiment d’une tragĂ©die en cours, celle d’une nature sacrifiĂ©e et pourtant d’une ineffable beautĂ©. Cette vision, et tragique et Ă©pique, prend corps dans les fabuleux arpĂšges des cordes, bouillonnants, Ă©perdus.

Le Scherzo est abordĂ© pour ce qu’il est : une scansion et une frĂ©nĂ©sie superbement mĂ©canique, dont la verdeur ici captive. Enfin
le dernier mouvement plus agité, radical, dramatiquement trÚs marqué par Tchaikovski là encore, exprime une inquiétude presque angoissée (lugubre des bassons, romances éperdues des cordes graves
)
Il y met une touche d’humanitĂ©, un panthĂ©isme blessĂ© : Sibelius souffre avec la Nature en son sein, et non Ă  l’extĂ©rieur, comme en une distanciation assĂ©chante. Au contraire, nous sommes au cƓur des Ă©lĂ©ments. Dans le vortex oĂč se jouent les transformations irrĂ©versibles ; comment ne pas inscrire cette vibration et cette conscience affĂ»tĂ©e dans le chaos climatique qui est le nĂŽtre, causĂ© par la folie humaine ?

Sous la baguette intense mais nuancĂ©e et trĂšs dĂ©taillĂ©e de Rouvali, Sibelius semble rĂ©ussir lĂ  oĂč Tchaikovski nous avait laissĂ©s ; les lumiĂšres permises par le finnois font espĂ©rer une clartĂ© filigranĂ©e et trĂšs vacillante chez le Russe (PathĂ©tique, n°6) ; l’andante final de Sibelius autorise une issue difficile mais prĂ©sente. Mais dans la difficultĂ© et la souffrance. La fin est une rĂ©mission presque arrachĂ©e ; pas une victoire. Une vraie question laissĂ©e en suspens.

En saga : orchestration et couleurs se rapprochent plutĂŽt de Moussorgski mais mĂątinĂ© d’impressionnisme ravĂ©lien. LĂ  encore Sibelius exprime une activitĂ© invisible secrĂšte, au souffle prenant. La narration qu’en offre Rouvali saisit par sa prĂ©cision, et un vrai travail d’orfĂšvre sur le plan de la texture instrumentale, tout en soignant l’éclat et la vitalitĂ© des sĂ©quences plus rythmiques.
Moins lyrique que Bersntein peut-ĂȘtre, Rouvali n’oublie pas aux cĂŽtĂ©s de sa prĂ©cision, un souffle et une tension qui enflamment chaque tutti, rĂ©vĂ©lant aussi dans cette activitĂ© flamboyante, des accents wagnĂ©riens. Le chef exprime le mystĂšre sauvage et la force de la nature, la beautĂ© grandiose et fragile, c’est Ă  dire inexprimable de l’animal (un lynx sur un arbre dans le paysage de neige peint sur le mĂȘme titre par son beau-frĂšre Eero JĂ€rnefelt ?).
CLIC D'OR macaron 200En 1893, Sibelius est encore trĂšs narratif, mais dans cette trĂšs fine et scintillante Ă©criture, Ă  partir de 13’, il sait transmettre le cycle Ă©ternel, la transe primitive du miracle naturel. A l’homme de savoir en mesurer l’énergie rĂ©demptrice, matricielle. De toute Ă©vidence, dans ce crescendo final, d’une intensitĂ© irrĂ©pressible, Rouvali l’a bien compris. Le chef fait entendre cette vibration premiĂšre. Jusque dans le chant conclusif de la clarinette, extinction Ă©nigmatique. Superbe lecture et belle comprĂ©hension de l’univers symphonique de Sibelius. On souhaite une suite et on rĂȘve d’une intĂ©grale des Symphonies de Sibelius par ce chef et cet orchestre
 aux qualitĂ©s Ă©videntes. Leur sincĂ©ritĂ© nous touche. VoilĂ  qui prĂ©figure le meilleur ? A suivre


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Cd, critique. Sibelius : Symphonie n°1, En saga (Gothenburg Symphony, Santtu-Matias ROUVALI, 1 cd Alpha 2018 - Orchestre Symphonique de Gothenburg / Enregistrement réalisé à Gothenburg, en mai 2018.

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KIRILL PETRENKO, chef Ă©lectrique

petrenko-kirill-wagner-bayreuthFRANCE MUSIQUE. KIRILL PETRENKO, les 10 et 11 fĂ©v 2019. Otello, Strauss. Le chef russe Kirill Petrenko vient de prendre la direction musicale du Berliner Philharmoniker : une prise de fonction qui devrait compter dans l’histoire de la phalange berlinoise tant le tempĂ©rament « électrique » du chef devrait rĂ©aliser de nouveaux accomplissements convaincants. Il est nĂ© Ă  Omsk le 11 fĂ©v 1972 (SibĂ©rie). A presque 50 ans, la maestro est devenue l’une des baguettes les plus passionnantes, en particulier Ă  Bayreuth oĂč il a assurĂ© rĂ©cemment dans un Ring magistral, l’attrait vacillant d’un festival qui se cherche encore une identitĂ© solide. Sa nomination suscite l’interrogation en France oĂč il est peu connu finalement. Le chef lyrique qui entend la musique dramatique comme peu, est aussi un symphoniste inspirĂ© et son travail avec le Berliner devrait confirmer cette orientation.

KIRILL PETRENKO sous tension
un chef Ă©lectrique

Petrenko Kirill maestro chef orchestreL’adolescent Petrenko (18 ans) a suivi sa famille exilĂ©e en Autriche : Ă  Vienne, il approfondit ses Ă©tudes de piano. Ce musicien affĂ»tĂ©, sut plaire aux instrumentistes du Berliner qui en 2015, au moment de dĂ©signer un successeur Ă  Rattle, furent sĂ©duit par l’allure modeste, en rien dĂ©monstratif et autocratique de Christian Thielemann, l’autre candidat officiel. En juin 2015, la dĂ©cision tomba comme un Ă©clair, soulignant le choix de la probitĂ©, du travail, de l’humilitĂ© aussi, plutĂŽt que l’autocĂ©lĂ©bration parfois pompeuse du talent (fut-il rĂ©el et Ă©gal). Reste que Petrenko a depuis 2015 particuliĂšrement sĂ©duit et captivĂ© par son sens de l’intĂ©rioritĂ© et du dĂ©tail : un laborieux discret – qui rappelle d’ailleurs Ă  maints titres Carlos Kleiber, le lĂ©gendaire chef germano-argentin-, que les prochaines sessions en concerts, diffusĂ©es et enregistrĂ©es sous label du Philharmoniker devraient encore Ă©clairer et expliciter.
RĂ©pĂ©titions assidues, d’une rare intensitĂ©, Ă©coute, exigence, tĂ©nacitĂ© et absence de compromis
 sont les qualitĂ©s entre autres d’un chef Ă  suivre dĂ©sormais. Il a commencĂ© Ă  diriger les Berliner en 2006 ; sa saison officielle d’ouverture, officialisant sa prise de fonction, se rĂ©alisera Ă  l’étĂ© 2019. D’ici lĂ  chaque concert tĂ©moigne d’une rĂ©elle complicitĂ© entre le chef et les instrumentistes.

Pour se familiariser avec une direction Ă  la fois puissante et ciselĂ©e, – vraie gageure, que l’hĂ©doniste Karajan a longtemps incarnĂ©, avant Claudio Abbado, France Musique diffuse les 10 et 11 fĂ©vrier en premiĂšre partie de soirĂ©e, deux programmes phares, reprĂ©sentatifs de la sensibilitĂ© du maestro : soirĂ©e opĂ©ra d’abord avec Verdi (l’Otello de Jonas Kaufmann) puis Strauss et Beethoven (7Ăš) dans un volet purement orchestral. Sens de la tension, soucieux du relief et de l’acuitĂ© des accents, Petrenko est aussi un architecte qui soigne l’écoulement et le sens de la lecture (ce qui a fait de ses Wagner, d’authentiques rĂ©alisations dramatiques, d’une rare efficacitĂ©). La fermetĂ© et la poigne supportent la vitalitĂ© de l’orchestre qui paraĂźt souvent comme Ă©lectrisĂ© et chauffĂ© Ă  blanc.

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Dim 10 février 2019, 19h50.
VERDI : Jonas Kaufmann chante OTELLO. Munich, nov 2018.
ReprĂ©sentation donnĂ©e le 23 novembre 2018 Ă  19h au ThĂ©Ăątre National de Munich – OpĂ©ra en quatre actes sur un livret d’Arrigo Boito d’aprĂšs “Othello ou le Maure de Venise” de William Shakespeare
Jonas Kaufmann, ténor, Otello
Gerald Finley, baryton, Iago
Evan LeRoy Johnson, ténor, Cassio
Gaelano Salas, ténor, Roderigo
Balint Szabo, basse, Lodovico
Milan Siljanov, baryton-basse, Montano
Markus Suihkonen, basse, un héraut
Anja Harteros, soprano, Desdemona
Rachael Wilson, mezzo-soprano, Emilia
Choeur de l’OpĂ©ra d’Etat de BaviĂšre
Orchestre de l’OpĂ©ra d’État de BaviĂšre
Kirill Petrenko, direction

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Lundi 11 février 2019, 20h
R STRAUSS, BEETHOVEN : 7Ăšme Symphonie
Concert donné le 24 août 2018 à la Philharmonie de Berlin

Richard Strauss
Don Juan, poĂšme symphonique op. 20 TrV 156
Tod und VerklÀrung (Mort et transfiguration), poÚme symphonique op. 24

Ludwig Van Beethoven
Symphonie n°7 en la Majeur op. 92
Poco sostenuto-Vivace
Allegretto
Presto – Assai meno presto (Trio)
Allegro con brio
Orchestre Philharmonique de Berlin
Kirill Petrenko, direction

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CD, critique. Offenbach colorature. Jodie Devos, soprano. Airs d’opĂ©ras (1 cd Alpha, 2018).

OFFENBACH coloratoure cd opera concert critique cd review cd classiquenewsCD, critique. Offenbach colorature. Jodie Devos, soprano. Airs d’opĂ©ras (1 cd Alpha, 2018). BOF… Le programme Ă©laborĂ© ne manque pas de diversitĂ© mais il pĂȘche par un manque de cohĂ©rence. Quel est au juste le fil thĂ©matique qui justifie la succession “hasardeuse” des piĂšces ainsi collectĂ©es ? Evidemment pour s’assurer un certain impact auprĂšs du consommateur landa, il fallait nĂ©cessairement afficher la Barcarolle des Contes d’Hoffmann
 Pour des surprises on repassera ; cependant Vert-Vert, Les Bergers, Les Bavards, Le Roi Carotte, et aussi Robinson CrusoĂ© et Fantasio (dont deux magnifiques sĂ©quences de la princesse Elsbeth), 
 pour ne citer que quelques Ɠuvres, mĂ©ritent le dĂ©tour et suscitent l’envie d’en Ă©couter davantage. Ce qui est mĂ©ritant quand mĂȘme. La coloratoure chez Offenbach promettait une face cachĂ©e du compositeur : Ă  torts rĂ©duit Ă  ses pantalonades burlesques et fantasques, le compositeur fĂȘtĂ© en 2019, s’est souciĂ© comme un rĂ©el auteur sĂ©rieux, des voix et du beau chant romantique français. En tĂ©moigne l’engagement de la soprano belge Jodie Devos – prĂ©cĂ©demment distinguĂ©e par CLASSIQUENEWS pour sa superbe et irradiante incarnation dans LakmĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Tours (janvier 2017). Somptueuse production oĂč la jeune diva se montrait particuliĂšrement convaincante, donc troublante.
Dans cet album finalement Ă©parpillĂ©, la fĂ©erie dont il est question, servie par une voix souple et bien timbrĂ©e, agile et articulĂ©e (oui, oui : et c’est plutĂŽt un bon point) s’écoute ainsi avec plaisir, Ă  dĂ©faut d’une Ă©coute captivĂ©e. Pourtant quelques perles rares (l’air « Je suis nerveuse » du Voyage dans la lune), ou des poncifs hier bien dĂ©fendus (la Valse-Tyrolienne d’Un mari Ă  la porte prĂ©cĂ©demment portĂ©e par la soprano fĂ©tiche de Karajan Sumi Jo)… peinent Ă  maintenir l’Ă©coute.
Reine de la nuit chez Mozart, Jodie Devos Ă©blouit par la tenue ronde de ses aigus en cascades, toujours nets et prĂ©cis, sans sĂ©cheresse ni tension. Mais oĂč est la farce, la verve, cet esprit dĂ©jantĂ© mais toujours subtile et Ă©lĂ©gant propre au Mozart des Champs ElysĂ©es ? De coloratoure il est question certes, mais … trop sage.
Il y manque un zeste de dĂ©lire ou de fantaisie dĂ©lurĂ©e, jamais bien Ă©loignĂ©es chez Offenbach l’espiĂšgle, l’amuseur des boulevards, bien sĂ»r dans les emplois plus comiques oĂč le 3Ăš degrĂ© (quasi surrĂ©aliste, portĂ© par le sens du pastiche et de la parodie facĂ©tieuse) sont de mise.
PortĂ© par de trĂšs sĂ©rieuses institutions partenaires, pourtant spĂ©cialistes du rĂ©pertoire XIXĂš, de l’opĂ©ra romantique français en particulier, on s’étonne de l’imprĂ©cision voire des erreurs commises dans certaines liaisons linguistiques
 un coach rĂ©ellement exigeant aurait-il manquĂ© lors des rĂ©pĂ©titions et des sĂ©ances de prĂ©paration ? De grĂące messieurs les producteurs, respectez davantage notre français : langue dĂ©licate, langue espiĂšgle dont Offenbach avait de son vivant la maĂźtrise exemplaire (cf sa correspondance et son sens de la formule publicitaire)… En tout cas cela ajoute au comique des situations (la petite fruitiĂšre dans Mesdames de la Halle). Dommage d’autant que le chef, malgrĂ© un orchestre sirupeux et Ă©pais (oĂč sont les instruments d’époque, lĂ©gers, subtilement timbrĂ©s, sautillants, nuancĂ©s
?) dĂ©fend avec cƓur et nerf, la vitalitĂ© dĂ©licieuse, c’est Ă  dire, trĂšs raffinĂ©e d’un orchestre scolaire, qui heureusement dans l’ensemble, ne se limite Ă  l’accompagnement. Pour le premier cd dĂ©diĂ© au bicentenaire OFFENBACH 2019, ce recueil a un goĂ»t d’inachevĂ© et d’imprĂ©cis.

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Offenbach, rĂ©cital lyrique. JODIE DEVOS : Offenbach coloratoure – MĂŒnchner Rundfunkorchester – L. Campellone, direction (1 cd Alpha) / Enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  MĂŒnich en juillet 2018 – 1 CD Alpha 437 – 1h

Programme / tracklisting :

« Je suis du pays vermeil » (Boule de Neige),
« Les plus beaux vers sont toujours fades
 J’ai parcouru toute la France »
(Vert-Vert),
« La mort m’apparaĂźt souriante » (OrphĂ©e aux enfers),
« J’entends, ma belle » (Un mari Ă  la porte),
« Cachons l’ennui de mon Ăąme
 Ah ! Dans son cƓur qui donc peut lire ? » (Fantasio),
« Ce sont d’étranges personnages » (Les Bavards),
« Quel bruit et quel tapage
 Je suis la petite fruitiĂšre » (Mesdames de la Halle),
« Le voilà
 Petites fleurs que j’ai vues naĂźtre » (Le Roi Carotte),
Ouverture (Les Bergers),
«  VoilĂ  toute la ville en fĂȘte » (Fantasio),
« Les oiseaux dans la charmille » (Les Contes d’Hoffmann),
« Conduisez-moi vers celui que j’adore » (Robinson CrusoĂ©),
« Souvenance de l’enfance », « Allons ! Couché » (Boule de Neige),
« Belle nuit, ĂŽ nuit d’amour » (Les Contes d’Hoffmann),
« Je suis nerveuse » (Le Voyage dans la lune)

 

 

LIRE aussi notre grand dossier OFFENBACH 2019, pour le bicentenaire de Jacques Offenbach né le 20 juin 1819

DVD, critique. PUCCINI : Madama Butterfly (Chailly – Hermanis, dĂ©c 2016 – 1 dvd DECCA).

puccini butterfly hermanis chailly scala dec 2016 critique review dvd critique dvd opera par classiquenews 0044007439821DVD, critique. PUCCINI : Madama Butterfly (Chailly – Hermanis, dĂ©c 2016 – 1 dvd DECCA). DĂ©cembre 2016 sur la scĂšne scaligĂšne (de la Scala Ă  Milan), le nouveau directeur musical poursuit son intĂ©grale Puccini, avec Butterfly, aprĂšs La Fanciulla del West
 Choisir la version originale critique de 1904 (crĂ©ation de l’Ɠuvre) est un argument prometteur. Evidemment Chailly fait du Chalilly : direction engagĂ©e, ardente, hautement dramatique, mais peu dĂ©monstrative et boursouflĂ©e : une qualitĂ© chez le compositeur. Les dĂ©tails, la couleur scintillent d’une façon cinĂ©matographique, mĂȘme si du coup, livret oriignal oblige, certaines scĂšnes ont perdu la force et l’efficacitĂ© expressive de ce qui a Ă©tĂ© affinĂ© par la suite. Le profil de la geisha y semble moins subtil, parfois caricatural, Ă  la maniĂšre d’une carte postale ou d’une schĂ©matisation creuse, un rien artificielle. La musique est juste mais perd en souffle. En partie Ă  cause de rĂ©citatifs trop dĂ©veloppĂ©s qui ralentissent l’action, et affadissent la caractĂ©risation des protagonistes. Le couple Butterfly / Pinkerton (Siri / Hymel) reste engagĂ©, mais vocalement limitĂ©, et Ă©motionnellement trop lisse et rĂ©pĂ©titif. Ce qui nuit Ă  la vraisemblance de l’histoire
 un rien minaudante et anecdotique dans sa version originelle ainsi dĂ©voilĂ©e. Alvarez se distingue en Sharpless ; mĂȘme adhĂ©sion au Goro, impeccable de Carlo Bosi ; et l’on regrette d’autant plus, le format rĂ©duit d’Annalisa Stroppa qui manque sa partie en Suzuki : double, confidente, mĂšre trop faible et presque timorĂ©e aux cĂŽtĂ©s de sa protĂ©gĂ©e Cio-Cio-San.

Il est vrai que visuellement et dramatiquement, la mise en scĂšne d’Hermanis manque elle aussi de cohĂ©rence comme de clartĂ©. Les thĂšmes que dĂ©noncent Puccini : l’esclavage sexuel institutionalisĂ©, la manipulation d’une fillette trop naĂŻve, l’hypocrisie de la prĂ©sence occidentale en Orient
 tout cela est totalement Ă©cartĂ© en une succession de tableaux sans profondeur mais bavards et dĂ©corativement (trop) aguicheurs. Production insatisfaisante, surtout pour la Scala.

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DVD, critique. PUCCINI : Madama Butterfly (Chailly – Hermanis, dĂ©c 2016) – 1 dvd DECCA.

Cio-Cio San : Maria José Siri
Suzuki : Annalisa Stroppa
Kate Pinkerton: Nicole Brandolino
Pinkerton : Bryan Hymel
Sharpless : Carlos Alvarez
Goro : Carlo Bosi
Il Bonzo : Abramo Rosalen
Il Principe Yamadori : Costantino Finucci
Il Commissario Imperiale : Gabriele Sagona

Orchestre et ChƓurs du Teatro alla Scala
Riccardo Chailly, direction

Milan, Teatro alla Scala, tournage réalisé en décembre 2016
Mise en scĂšne : Alvis Hermanis
Scénographie : Alvis Hermanis et Leila Fteita
Dramaturgie : Olivier Lexa

DVD, coffret MOZART, critique : The DA PONTE operas : OPUS ARTE (3 dvd Opus Arte).

da ponte mozart trilogy cosi nozze giovanni opus arte dvd review critique dvd par classiquenews 0809478012757DVD, coffret MOZART : The DA PONTE operas : OPUS ARTE (3 dvd Opus Arte). En un somptueux coffret intelligemment Ă©ditĂ©, OPUS ARTE ressemble le meilleur du chant mozartien rĂ©cemment remarquĂ© Ă  Covent Garden. L’homogĂ©nĂ©itĂ© des plateaux, le sens du thĂ©Ăątre, la direction souvent trĂšs affĂ»tĂ© concourent Ă  faire de cette trilogie filmĂ©e l’un des meilleurs coffret OPUS ARTE.

COSI FAN TUTTE (2016)
MalgrĂ© ses intentions pavĂ©es de sincĂšres motivations, le metteur en scĂšne Jan Philipp Gloger ne rĂ©ussit pas vraiment Ă  explorer et dĂ©monter la fine machinerie des cƓurs amoureux : cette Ă©cole des amants qui a inspirĂ© Mozart et Da Ponte. Le scĂ©nographe se parodie lui-mĂȘme en Alfonso, affĂ»blĂ© de son assistante, Despina : ainsi l’action se dĂ©roule dans divers lieux du thĂ©Ăątre (loge, rideau, parterre, bar
). C’est Ă  dire que l’on visite les lieux d’un thĂ©Ăątre oĂč la science de la reprĂ©sentation indique l’illusion de l’action qui se trame ici. Cependant l’effet tourne Ă  la foire aux idĂ©es, et dans cette grille de lecture qui aurait fonctionner avec plus d’économie et de synthĂšse, Gogler se noie Ă  force d’entassements gadgets et d’élucubrations qui s’écartent de la fine intelligence, dĂ©sespĂ©rĂ©e, du duo Mozart / Da Ponte. Sexe Ă  tous les Ă©tages, jusqu’au trop plein. Rayonne dans ce bain des dĂ©sirs lubriques : la gourgandine dĂ©lurĂ©e Despina.
Plus cohĂ©rent et d’une belle couleur juvĂ©nile dans son ensemble, le cast rehausse l’intĂ©rĂȘt de la nouvelle production de 2016 : Fiordiligi (Corinne Winter) tendue comme un roc (Come scoglio) ; Dorabella plus onctueuse (Angela Browers) mais moins percutante ; servante dĂ©jantĂ©e et initiatrice irrĂ©sistible, la Despina de Sabina PuĂ©rtolas ; Alfonso souverain et dramatiquement trĂšs juste de Johannes Martin KrĂ€nzle. Enfin les deux fiancĂ©s parieurs, pris Ă  leur propre piĂšge sont tout autant bien caractĂ©risĂ©s :
le baryton sĂ©ducteur Alessio Arduini fait un Gugliemo bien prĂ©sent parfois trop lisse et linĂ©iare ; rien Ă  voir et Ă  Ă©couter avec le Ferrando magistral de Daniel Behle, tout en nuances et finesse. C’est peut-ĂȘtre lui qui maĂźtrise le mieux et avec le plus de naturel le bel canto mozartien : son « Un’ aura amorosa » est bouleversant de suggestion pudique, de touchante sincĂ©ritĂ©. Rien Ă  dire Ă  la baguette ciselĂ©e de Semyon Bychkov, ex assistant de Karajan, et douĂ© de toutes les finesses lui aussi mozartiennes. Le legato de l’orchestre s’entend ici du dĂ©but Ă  la fin, amoureusement Ă©noncĂ©, puissant mais tendre.

DON GIOVANNI (2014)
DiffusĂ©e en direct au cinĂ©ma en fĂ©vrier 2014, ce nouveau Don Giovanni au Royal Opera House de Londres impose la vision labyrinthique de Kasper Holten pour lequel le plus grand sĂ©ducteur des LumiĂšres, Ă©volue symboliquement dans une maison unique dont piĂšces, escaliers, terrasse, balcons
 reprĂ©sentent autant de situations et de lieux qui lui permettent de piĂ©ger ses victimes, consentantes ou non. Le dispositif permet au thĂ©Ăątre de reprendre ses droits dans un ouvrage oĂč la musique risque toujours de dominer, et avec raison, car le gĂ©nie de Mozart s’y dĂ©ploie dans chaque situation.
Le duo Leporello / Giovanni est renforcĂ© et comme sublimĂ© par leur complicitĂ© Ă©gal Ă  Ă©gal grĂące Ă  l’excellent acteur qu’est Alex Esposito (Leporello) qui joue le double de son maĂźtre, plutĂŽt que son serviteur. Le jeu de miroir de l‘un Ă  l’autre, leur duplicitĂ© interchangeable, l’un apprenant de l’autre, quand l’autre est stimulĂ© et regaillardi par la tĂ©nacitĂ© de l’un
 Le duo fonctionne Ă  merveille et renforce la haute tenue de cette version londonienne. Humain tiraillĂ© (la prĂ©sence dĂ©multipliĂ©e du Commandeur assassinĂ© ensanglantĂ©), coupable et meurtrier Ă  la façon de Caravage, le Don Giovanni de Mariusz Kwiecien saisit par sa fĂ©rocitĂ© cynique, son intensitĂ© bestiale et animale, sa sauvagerie Ă  la fois blessĂ©e et lĂąche
 dont les nuances Ă©pousent lĂ  encore toutes les intentions d’un texte musical et dramatique, d’une sidĂ©rante vĂ©ritĂ©.
Digne et touchante par sa sincĂ©ritĂ© elle aussi, Donna Anna de Malin Byström ; tendue, presque criarde et peu Ă  l’aise, l’Elvira de la française VĂ©ronique Gens déçoit : manque de naturel et de fluiditĂ©, la diva ne maĂźtrise pas le legato mozartien, et cherche souvent le portrait admirable de cette amoureuse attendrie, Ă©ternelle compatissante Ă  l’égard d’un Don Giovanni qui l’a pourtant trahie et abandonnĂ©e. Autre tempĂ©rament Ă  en vouloir dĂ©coudre, la Zerlina autodĂ©terminĂ©e d’Elizabeth Watts : elle aussi veut sa part de plaisir et de jouissance. Aussi nuancĂ© et caractĂ©risĂ© demeure le Masetto du Sud-africain Dawid Kimberg, lui aussi bon acteur. Plus limitĂ© et en dessous du niveau de ses remarquables partenaires, l’Ottavio dĂ©passĂ© de Antonio Poli. Continuo allĂ©gĂ© expressif, ou orchestre rugissant, furieux ou murmurĂ©, la direction de Nicola Luisotti (au pianoforte) se distingue elle-aussi par sa finesse et son Ă©loquence.

LE NOZZE DI FIGARO
Autre rĂ©ussite pour ces Noces / Nozze Ă  la fois homogĂšnes et naturelles rĂ©unissant un plateau de chanteurs qui sont aussi de bons acteurs. Chant et thĂ©Ăątre se rĂ©alisent au diapason d’un orchestre lui aussi idĂ©alement articulĂ©, animĂ© par la progression dramatique. C’est donc un succĂšs global, un beau travail d’équipe canalisĂ© et façonnĂ© par Davd McVicar dont l’esthĂ©tisme et la clartĂ© de conception font merveille. Les deux Comte / Comtesse, Figaro / Susana sont trĂšs bien incarnĂ©s, ajoutant Ă  l’équilibre expressif et la caractĂ©risation de chacun. Les rĂ©citatifs sont vifs, nerveux, jamais Ă©pais : une leçon de piquante Ă©loquence. BientĂŽt Don Giovanni de poids et de charme, le Figaro alors de Erwin Schrott fait mouche par sa virilitĂ© souple et bien chantante, une force canalisĂ©e, parfaitement adaptĂ©e pour rĂ©sister et vaincre l’autoritĂ© du Comte. Belle ivresse et sĂ©duction sensuelle chez la Susanna de la suĂ©doise Miah Persson. Exemplaire depuis ses dĂ©buts baroques, Ă  la fois profonde, sincĂšre et Ă©conome, la bouleversante Comtesse de Dorotha Röschmann Ă©blouit par sa grĂące intĂ©rieure, sa noblesse d’ñme qui Ă©claire cette tendresse de Mozart pour les femmes. Subtil sans grossiĂšretĂ©, le Comte de Gerald Finley apporte au personnage ailleurs, rustre et caricatural, une finesse d’intention qui Ă©paissit considĂ©rablement le personnage. Le piĂšge et la bascule qui se retournent contre lui en fin d’action, gagnent une nouvelle profondeur. Saluons la tendresse juvĂ©nile trĂšs juste du ChĂ©rubino de Rinat Shahan, la Barbarina toute en sensualitĂ© piquante d’Ana James. MĂȘme maĂźtrise vocale et dramatique pour le trĂšs drĂŽle Basilio de Philippe Langridge : une classe mĂ©morable.
En fosse, pas moins que le directeur musical du Royal Opera House, Antonio Pappano, qui joue aussi du clavecin avec vivacité et entrain. La direction détaillée et nerveuse ajoute à cette remarquable approche de la Folle Journée mozartienne, frappée du sceau de la trépidante pulsation humaine, inconstante et douloureuse. Superbe production.

CLIC_macaron_2014LE NOZZE DI FIGARO : McVicar / Pappano
DON GIOVANNI : Holten / Luisotti
COSI FAN TUTTE : Gloger / Bychkov
Royal Opera Chorus and Orchestra – 3 dvd OPUS ARTE

Plus d’infos sur le site d’OPUS ARTE

FAUTEUIL D’ORCHESTRE n°5 : la Jeune GĂ©nĂ©ration

saint-clair-anne-fauteuil-dorchestre-france-television-juil-2018-annonce-critique-presentation-par-classiquenewsFRANCE 3, FAUTEUILS D’ORCHESTRE, Ven 25 janv 2019, 21h. Cure de jeunisme aprĂšs les fĂȘtes… En prime time sur France 3, voici donc la «  Jeune GĂ©nĂ©ration «  d’artistes interprĂštes destinĂ©s selon la chaĂźne publique Ă  marquer les scĂšnes françaises
 Souhaitons que ce nouvel Ă©pisode de « Fauteuils d’orchestre » (animĂ© par Anne Sinclair) trouve enfin sa carrure, son rythme, son naturel surtout
 car c’est pourtant le dĂ©jĂ  5Ăš Ă©pisode d’une sĂ©rie pas toujours convaincante
 le cĂŽtĂ© guindĂ© dans la prĂ©sentation fait naĂźtre une distance dont n’a pas besoin le classique Ă  une heure de grande Ă©coute cathodique
 Pour illustrer le thĂšme de ce soir, Ă  savoir la nouvelle gĂ©nĂ©ration de musiciens, voici donc un plateau qui accorde jeunesse et talents. Pour autant ne faut-il rĂ©ellement que de la technique et de la virtuositĂ© pour toucher et convaincre ? Il y a toujours ce supplĂ©ment d’ñme et de profondeur, de conscience et de sincĂ©ritĂ© qui manquent Ă  l’appel. Seuls les plus grands artistes ont cette vĂ©ritĂ© qui est simplicitĂ©. Et ce n’est pas donnĂ© Ă  tout le monde.
Le tĂ©nor mexicain Rolando Villazon s’invite aux cĂŽtĂ©s de la prĂ©sentatrice pour animer une Ă©mission inĂ©dite dĂ©diĂ©e aux jeunes interprĂštes. Le musicien AndrĂ© Manoukian, l’acteur et humoriste Elie Semoun, les acteurs Michel Blanc et Charles Berling ou encore la journaliste Laurence Ferrrari, 
 tous viennent partager leur Ă©motion et faire dĂ©couvrir une gĂ©nĂ©ration de jeunes artistes.
 Sauront-ils nous Ă©mouvoir et nous toucher ? PrĂ©sents, 3 violoncellistes français. L’abondance de talent sur cet instrument est rare. Le phĂ©nomĂšne mĂ©ritait donc d’ĂȘtre soulignĂ© : Victor Julien-LaferriĂšre, Bruno Philippe, AurĂ©lien Pascal, 
 et vous ? Quel sera votre prĂ©fĂ©rĂ© ?

Chanteurs, violonistes, pianistes, et donc violoncellistes, ils consacrent leur vie à la musique classique, avec passion, générosité, simplicité.

Au programme : Mozart, Bach, Schumann, Gounod, Saint-Saëns, Verdi, Bernstein


InvitĂ©s de ce «  FAUTEUIL D’ORCHESTRE n°5 » :

- André Manoukian, piano
- Nemanja Radulovic, violon
- AĂŻda Garifulina, soprano
- Kévin Amiel, ténor
- Chloé Briot, soprano
- Simon Ghraichy, piano
- La MaĂźtrise Populaire de l’OpĂ©ra-Comique de Paris
- Victor Julien-LaferriĂšre, violoncelle
- Bruno Philippe, violoncelle
- Aurélien Pascal, violoncelle
- Catherine Trottmann, mezzo soprano
- Alexandre Pascal, violon
- Thomas Leleu, tuba
- Maroussia Gentet, piano
- Mia Mandineau, chanteuse et blogueuse

Avec l’Orchestre de Chambre de Paris dirigĂ© par Pierre Bleuse et ChloĂ© Van SoeterstĂšde

FRANCE 3, FAUTEUILS D’ORCHESTRE: LA JEUNE GÉNÉRATION, Vendredi 25 Janvier 2019 Ă  21h00 – PrĂ©sentĂ©e par Anne Sinclair

CD, critique. SCHOECK : «VOM FISCHER UN SYNER FRU» / Le pĂȘcheur et sa femme (1 cd Claves, Winterthur 2017).

schoeck othmar pecheur femme cd critique cd review vom fischer un syner frau 1930 cd review classiquenews iw39n8uy2fcxa_600CD, critique. OTHMAR SCHOECK (1886–1957) : «VOM FISCHER UN SYNER FRU» / Le pĂȘcheur et sa femme (1 cd Claves). Comme Stravinksy ou Paul Hindemith, le suisse Othmar Schoeck dĂšs 1916, bĂ©nĂ©ficie du soutien du mĂ©cĂšne richissime Werner Reinhart (1884 –1951), trĂšs impliquĂ© depuis Winterthur dans l’essor de la musique contemporaine. Ainsi le compositeur, figure majeure de la musique suisse au XXĂš est-il accueilli dans la maison sur le lac Morat pour achever sa nouvelle cantate dramatique qu’il fait Ă©couter en premiĂšre audition Ă  ses chers protecteurs, en juin 1930, Reinhart et son Ă©pouse. L’Ɠuvre est crĂ©Ă©e Ă  Dresde en octobre 1930 sous la direction de Fritz Busch.

 

 

 

Otmar SchƓck :  postwagnerisme suisse

 

 

 

InspirĂ© de Grimm, dans une version du PĂȘcheur rĂ©Ă©crite par Otto Runge, l’ouvrage lyrique de Schoeck affirme l’emprise wagnĂ©rienne que son Ă©criture cultive. Un style flamboyant comme le sont les voeux / souhaits / dĂ©sirs, de plus en plus ambitieux du pĂȘcheur et surtout de sa femme
 vanitĂ© humaine, orgueil confinant Ă  la folie, puis morale oĂč les deux ĂȘtres misĂ©rables rĂ©apprennent la valeur de l’essentiel, l’amour et l’humilitĂ©, dans le renoncement le plus extrĂȘme. Tout le drame est construit sur une arche de tension qui s’accentue, de variations qui se complexifient
 Ă  mesure que la femme demande et exige toujours plus, jusqu’au dĂ©nuement / dĂ©nouement final.  Schoek sait suggĂ©rer le monde flottant de l’ocĂ©an primordial, d’une calme grandeur, avant la rĂ©alisation de l’action (PrĂ©lude marin) ; chaque Ă©pisode orchestral suit la gradation du dĂ©sir de la femme, de son ambition dĂ©mesurĂ©e (au 4, majestĂ© de leur nature royale ; au 6, quand elle devient papesse !
 avant de devenir dĂ©esse).
Schoeck othmar chef maestro concert opera cantate pecheur et sa femme classiquenews cd critique review cd 8S’il assume pleinement l’hĂ©ritage de Wagner, Othmar SchƓck (1886–1957) se rĂ©fĂšre ostensiblement Ă  son maĂźtre, Max Reger (1873-1916) avec lequel il Ă©tudia scrupuleusement en 1907 / 1908 Ă  Leipzig. L’apprentissage d’une sĂ©vĂ©ritĂ©, d’une rigueur surtout dont SchƓck dĂ©duit la construction impeccable de sa « cantate dramatique ». Cet enregistrement de juin 2017 enregistrĂ© Ă  Winterthur en Suisse allemande (et rĂ©alisĂ© par les ressources locales de Winterthur), dĂ©fend avec beaucoup de prĂ©cision et de sobriĂ©tĂ© la partition de SchƓck, son essence chambriste qui en fait une cantate et non pas un acte d’opĂ©ra. Il en rĂ©sulte de la part de tous les interprĂštes (dont le plateau vocal, plutĂŽt convaincant dans la caractĂ©risation du pĂȘcheur et de sa femme), une concentration qui Ă©claire de l’intĂ©rieur la partition, l’une des plus passionnantes composĂ©es en Suisse, portant et la discipline d’une forme dramatique, trĂšs proche du texte, et la tension d’une Ă©poque appelĂ©e Ă  imploser. Au dĂ©but des annĂ©es 1930, SchƓck dĂ©montre sa maestriĂ  – Ă  la fois Ă©purĂ©e et expressive, dans le genre lyrique. Captivant.

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CD, critique. OTHMAR SCHOECK (1886–1957) : Vom Fischer un syner Fru, Dramatische Kantate, Op. 43 (1928-30) / Le PĂȘcheur et sa femme, cantate dramatique, Leipzig 1930. 1 cd CLAVES, Winterthur, 2017.

Othmar Schoeck (1886-1957)‹”Vom Fischer un syner Fru”‹Dramatische Kantate, op. 43 (1928/30)

Musikkollegium Winterthur
‹Direction : Mario Venzago‹ ‹

Die Frau : Rachel Harnisch (Soprano)
‹Der Mann : Jörg DĂŒrmĂŒller (TĂ©nor)‹
Der Butt : Jordan Shanahan (Basse)‹‹‹ ‹

Text von Philipp Otto Runge nach dem MĂ€rchen der BrĂŒder Grimm

 

 

 

CD, critique. CAMPRA : L’EUROPE GALANTE, 1697 (Nouveaux CaractĂšres, HĂ©rin, nov 2017 – 2 cd CVS ChĂąteau Versailles Spectacles)

campra europe galante cd herin les nouveaux caracteres cd critique review cd la critique cd par classiquenewsCD, critique. CAMPRA : L’EUROPE GALANTE, 1697 (Nouveaux CaractĂšres, HĂ©rin, nov 2017 – 2 cd CVS ChĂąteau Versailles Spectacles). Campra dut-il dĂ©camper ? Le 24 oc 1697, le compositeur employĂ© de l’ArchevĂšque de Paris, n’avait pas souhaitĂ© voir mentionnĂ© son nom sur les affiches et le livret car son patron n’aurait pas vu d’un bon Ɠil la conception d’un ouvrage Ă  la sensualitĂ© et aux rĂ©fĂ©rences Ă©rotiques scandaleuses
 Dans les faits, Campra revendiquera officiellement la paternitĂ© de l’Europe Galante, puis du Carnaval de Venise de 1699, aprĂšs s’ĂȘtre libĂ©rĂ© de ses engagements d’avec l’ArchevĂȘchĂ© de Paris en octobre 1700. Le Ballet selon la terminologie du XVIIĂš (et non pas « opĂ©ra-ballet » comme il est dit aujourd’hui par les musicologues), sĂ©duit immĂ©diatement par la sensualitĂ© sĂ©duisante de son Ă©criture, la fine caractĂ©risation des actes selon le lieu concernĂ© et le style « ethnographique » Ă©voquĂ©.

 
   
 
 
 

Campra amoureux et sensuel
Ă  l’époque oĂč le Turquie faisait l’Europe Galante


 
 
 

Campra marque l’histoire de la musique dramatique Ă  l’époque de la France Baroque car il renouvelle sensiblement le genre chorĂ©graphique, offrant une nouvelle dĂ©finition d’un spectacle chantĂ©, dansĂ©, jouĂ©, Ă  partir du genre hybride du divertissement, sĂ©quence constituante de l’opĂ©ra lĂ©guĂ© par Lully, et qui sollicite tous les acteurs sur la scĂšne : chanteurs, choeur, danseurs et Ă©videmment orchestre.  L’imagination trĂšs attractive et poĂ©tique de Campra se distingue nettement de celle de ses contemporains
 en dĂ©pit de son intrigue morcelĂ©e, L’Europe Galante traverse diverses contrĂ©es europĂ©ennes et prĂ©sente les divers visages de l’amour, en France, en Espagne, en Italie, et en 
 Turquie (!).
A notre Ă©poque oĂč l’intĂ©gration dans la communautĂ© europĂ©enne de nos amis turcs pose toujours problĂšme, voilĂ  qui ne suscitait aucune rĂ©serve de la part de Campra et de son librettiste et par extension de leurs contemporains en ce dĂ©but du XVIIIĂš.
La rĂ©ussite de Campra et de son librettiste La Motte est d’offrir et de ciseler ainsi 4 tableaux dont la finesse d’inspiration et la couleur Ă©galent le gĂ©nie d’un Watteau ; la force rĂ©aliste de l’opĂ©ra nouveau revenant au sujet proprement dit : plusieurs intrigues amoureuses dans le style contemporain (soit du Marivaux ou du Beaumarchais avant l’heure, mais sans aucun sentiment ironique ni parodique et cynique : le temps est Ă  l’abandon et Ă  la sensualitĂ©). Ainsi la sensibilitĂ© amoureuse et le tempĂ©rament sĂ©ducteur de chaque nation est Ă©pinglĂ©e, dans sa singularitĂ© contrastante : le Français, dans un intermĂšde pastoral et berger,  est « volage, indiscret et coquet » ; l’Espagnol, en une sĂ©rĂ©nade divertissante, « fidĂšle et romanesque », l’italien, inventeur du masque et du bal vĂ©nitien,  est « jaloux, fin et violent » (un vrai mĂ©diterranĂ©en en somme) ; enfin le Turc, en ses Ă©crins colorĂ©s et sensuels, Ă  la fois « souverain » et « emporté ».

La rĂ©alisation prĂ©sentĂ©e par le ChĂąteau de Versailles, est diversement convaincante. Distinguons quelques sĂ©quences emblĂ©matiques. Dans l’Italie : l’Olimpia de Caroline Mutel est trop courte et instable (vibrato envahissant et mĂ©canique, voire systĂ©matique, aigus pincĂ©s) : quel contraste avec le français parfait et naturel de l’Octavio si dĂ©lectable de Anders J Dahlin (au verbe ciselĂ©, languissant, tendre, d’une ivresse nostalgique).

La Turquie, s’ouvre en chaconne sombre et presque mĂ©lancolique sur le lamento qui montre l’impuissance de Zaide (somptueux mezzo intelligible d’Isabelle Druet). C’est l’un des Ă©pisodes les mieux incarnĂ©s : verbe clair et naturel, orchestre souple et onctueux mĂȘme. Du grand art.  Soulignons la cohĂ©rence expressive de l’air pour les Bostangis (plage 21, cd2) : truculence et dĂ©lire orientalisant, plein de panache et de verve parodique : somptueuse rĂ©alisation. Saluons l’édition de cette nouvelle collection discographique sous le pilotage du ChĂąteau de Versailles : Notice de prĂ©sentation documentĂ©e, publication du livret intĂ©gral
 VoilĂ  qui change des publications hasardeuses, Ă©ditorialement faibles. A suivre (car l’institution versaillaise annonce de nombreuses enregistrements Ă  venir, toute en liaison avec la riche histoire du ChĂąteau de Versailles).

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CD, critique. CAMPRA : L’EUROPE GALANTE. D’hĂ©rin (2 cd, ChĂąteau de Versailles spectacles, 2017)

 
 
 
 
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Autre cd Chùteau de Versailles Spectacles, critiqué sur CLASSIQUENEWS :

rousseau cd dvd critique nouveaux caracteres herin critique cd versailles spectacles sur classiquenewsCD, critique. ROUSSEAU : Le devin du village (ChĂąteau de Versailles Spectacles, Les Nouveaux CaractĂšres, juil 2017, cd / dvd). “Charmant”, “ravissant”
 Les qualificatifs pleuvent pour Ă©valuer l’opĂ©ra de JJ Rousseau lors de sa crĂ©ation devant le Roi (Louis XV et sa favorite La Pompadour qui en Ă©tait la directrice des plaisirs) Ă  Fontainebleau, le 18 oct 1752. Le souverain se met Ă  fredonner lui-mĂȘme la premiĂšre chanson de Colette, 
 dĂ©munie, trahie, solitaire, pleurant d’ĂȘtre abandonnĂ©e par son fiancé  Colin (« J’ai perdu mon serviteur, j’ai perdu tout mon bonheur »). Genevois nĂ© en 1712, Rousseau, aidĂ© du chanteur vedette Jelyotte (grand interprĂšte de Rameau dont il a crĂ©Ă© entre autres PlatĂ©e), et de FrancƓur, signe au dĂ©but de sa quarantaine, ainsi une partition lĂ©gĂšre, Ă©videmment d’esprit italien, dont le sujet empruntĂ© Ă  la rĂ©alitĂ© amoureuse des bergers contemporains, contraste nettement avec les effets grandiloquents ou plus spectaculaire du genre noble par excellence, la tragĂ©die en musique.   EN LIRE PLUS
 
 

 
 
   
 
 

QUÉBEC, Saint-Lambert : 3ù RÉCITAL-CONCOURS INTERNATIONAL DE MÉLODIES FRANÇAISES 2019 (14 et 16 juin 2019)

fc-2019-bandeau-rm-fr-9900000000079e3cQUÉBEC, Saint-Lambert : 3Ăš RÉCITAL-CONCOURS INTERNATIONAL DE MÉLODIES FRANÇAISES 2019. APPEL A CANDIDATURES. Chanteurs de tous les pays, passionnĂ©s de mĂ©lodies françaises, jeunes tempĂ©raments, professionnels dĂ©jĂ  reconnus, prĂ©sentez votre candidature pour la 3Ăš Ă©dition du RÉCITAL-CONCOURS INTERNATIONAL DE MÉLODIES FRANÇAISES Ă  Saint-Lambert au QuĂ©bec (Canada). Volet du formidable festival de printemps, CLASSICA, portĂ© par son directeur, le baryton Marc Boucher (9Ăš Ă©dition en 2019 – du 24 mai au 16 juin 2019), le RĂ©cital-Concours de Saint-Lambert dĂ©fend le rĂ©pertoire français et la langue française, en distinguant chaque printemps, le/la/ meilleur(e) interprĂšte, habile diseur(euse), capable d’articuler et d’enchanter chez Berlioz, FaurĂ©, Debussy, Massenet
 Au final, aprĂšs sĂ©lection, 10 finalistes se prĂ©senteront Ă  Saint-Lambert, les 14 juin (demi-finale) puis 5 candidats le 16 juin 2019, pour la finale Ă  16h. Tous les candidats sont invitĂ©s Ă  interprĂ©tĂ© un cycle de mĂ©lodies françaises. Cette annĂ©e, nuance d’importance : les Ă©preuves se dĂ©roulent avec un PIANO ERARD de concert 1854 (accordĂ© au diapason 435 Hz), note d’élĂ©gance et musicalement d’importance. L’intimisme et la sonoritĂ© propre aux salons, Ă©crins habituels des mĂ©lodies françaises au XIXĂš, sont ainsi respectĂ©s. Une touche Ă  la fois historique et Ă©lĂ©gante qui accrĂ©dite davantage la valeur artistique du Concours en langue française au QuĂ©bec.

 
 
   
 
 

APPEL A CANDIDATURES
sans restriction d’ñge
Dotation des prix : 40 000 dollars canadiens
Grand Prix : 10 000 dollars canadiens

3Ăš RECITAL CONCOURS INTERNATIONAL
DE MELODIE FRANCAISE

 

Vendredi 14 juin 2019
DEMI FINALE

Dimanche 16 juin 2019
FINALE

 

INSCRIPTIONS EN LIGNE
jusqu’au dimanche 31 MARS 2019

Le public sera appelĂ© Ă  voter, ce vote comptant pour 50 % de la note finale accordĂ©e Ă  chaque participant.  
 
   
 
 

 

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PRIX
Des bourses totalisant 40 000 $ CA seront attribuĂ©es. Le jury dĂ©cernera treize prix dont un grand prix d’une valeur de 10 000 $ et douze autres prix rĂ©partis comme suit : 7 500 $, 5 500 $, deux prix de 3 000 $, cinq prix de 1 000 $, un prix spĂ©cial de 3 000 $ au meilleur(e) pianiste, un prix de 2 000 $ pour la meilleure mĂ©lodie canadienne ainsi qu’un prix de 1 000 $ pour l’artiste Ă©mergent.

 
 
 

Les critĂšres d’admissibilitĂ© sont disponibles sur le site Internet du Festival Classica Ă 
http://www.festivalclassica.com/recital-concours.html.

  
 
   
 
 

Expo, livre. NANCY : « OPERA ! », exposition et catalogue par Pierre-Hippolyte Pénet

expo-opera-nancy trois siecles de creation classiquenews expo catalogue classiquenews annonce critique -708x350Expo, livre. NANCY : « OPERA ! », exposition et catalogue par Pierre-Hippolyte PĂ©net. Passionnant catalogue que celui qui accompagne l’exposition Ă©vĂ©nement prĂ©sentĂ©e par l’OpĂ©ra national de Lorraine Ă  Nancy pour son tricentenaire en 2019 : « OPERA ! ». L’intĂ©rĂȘt de cette publication haute en couleurs et riche en illustrations et documents photographiques est de restituer les grandes heures du spectacle Ă  Nancy Ă  travers les princes et politiques qui ont prĂ©sidĂ© Ă  l’essor des arts du spectacle in situ ; chaque commanditaire en son Ă©poque manifeste de pĂ©riode en pĂ©riode, un goĂ»t et une conception du spectacle spĂ©cifique : le duc LĂ©opold au dĂ©but du XVIIIĂš (1708-1709) avec le concours des Bibiena (la fameuse « salle des machines » inaugurĂ©e par Le temple d’AstrĂ©e de Desmarest) ; la ComĂ©die du roi Stanislas au plein XVIIIĂš (1755) sur la nouvelle Place royale (inaugurĂ©e par le divertissement Le Triomphe de l’HumanitĂ©, musique de Seurat ; le thĂ©Ăątre de Nancy au XIXĂš ; enfin le nouveau thĂ©Ăątre (au XXĂš, soit 1919, inaugurĂ© avec Sigurd de Reyer), et enfin l’OpĂ©ra national (depuis 2006) jusqu’à nos jours

Jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1980, tous les genres et toutes les disciplines sont ainsi diffusĂ©s, sans rĂ©partition claire : comĂ©die, tragĂ©die, drame, mĂ©lodrame, vaudeville, opĂ©ra, opĂ©rette, opĂ©ra comique, fĂ©erie, ballet
 VoilĂ  qui place la citĂ© ducale nancĂ©enne au nombre des foyers artistiques parmi les plus anciens et riches de France, ce depuis 300 ans.

JALONS
 Parmi les temps forts de cette histoire tricentenaire, quelques jalons importants de la crĂ©ation et de l’essor du spectacle vivant dans la citĂ© ducale nancĂ©enne :
A l’époque napolĂ©onienne, avec la nouvelle gestion des salles dĂ©crĂ©tĂ©es par l’Empereur, Nancy se retrouve dans l’ombre de 
 Metz.
En 1884, la nomination du comĂ©dien Albert CarrĂ© (futur administrateur de l’OpĂ©ra-Comique) comme directeur du ThĂ©Ăątre de Nancy.
L’incendie dĂ©vastateur de 1906, juste avant la reprĂ©sentation de Manon de Massenet

L’implantation alors de la troupe Ă  la Salle Poirel
 jusqu’en 1919, le temps que le nouveau thĂ©Ăątre soit Ă©difiĂ© et ses derniers amĂ©nagements acceptĂ©s ; le texte prĂ©sente de façon trĂšs claire comme l’architecte dĂ©signĂ© Joseph Hornecker dut rĂ©viser le volume final des plafonds et de la toiture couronnant le bĂątiment (« verrue kolossale ») qui a menacĂ© de dĂ©figurer l’équilibre des bĂątiments sur la place royale


 
 
 

NANCY, capitale lyrique

 
 
  
 
 

opera national de lorraine opera expo livre catalogue pierre hippolyte pernet annonce critique classiquenews fevrier 2019 Nancy_Place_Stanislas_BW_2015-07-18_13-49-20_1REALISATIONS RECENTES
 On remarque quelques performances remarquables, comme celle de la trĂšs jeune nancĂ©enne Christiane Stutzmann, en 1962 dans la crĂ©ation mondiale de l’opĂ©ra Cyrnos d’AndrĂ© Ameller ; et une Ă©volution sensible de la programmation en particulier sous la direction d’Antoine Bourseiller, Ă  partir de 1982, avec l’abandon progressif des opĂ©rettes et opĂ©ras comiques au profit des productions lyriques, souvent crĂ©ations(crĂ©ation française de Boulevard solitude d’HW Henze ; PersĂ©phone d’AndrĂ© Bon, 1987 ; La noche triste de Jean ProdomidĂšs, 1989
, sans omettre tout un cycle de crĂ©ations françaises d’ouvrages clĂ©s : Lady Macbeth de Chostakovitch, 1989 ; Fiançailles au couvent de Prokofiev, 1992 ; surtout Billy Bud de Britten en 1993), ou nouvelles productions (pastiche d’opĂ©ras baroques conçu par Bourseiller lui-mĂȘme : Didon Abbandonnata en 1987, avec deux chanteuses totalement inconnues alors, Cecilia Bartoli et Natalie Stutzmann
).

 
 
  
 
 

CLIC D'OR macaron 200Totalement restaurĂ©e en 1994, devenue « OpĂ©ra national » (en 2006 sous la direction de Laurent Spielmann), la salle du nouveau ThĂ©Ăątre de Nancy peut fiĂšrement revendiquer ainsi une histoire artistique et culturelle particuliĂšrement riche. Plus rĂ©cemment, ont comptĂ© la premiĂšre mise en scĂšne d’opĂ©ra d’Olivier Py (Der Freischutz de Weber, 1999), la crĂ©ation mondiale de Divorce Ă  l’italienne de Giorgio Battistelli (2008), d’éblouissantes nouvelles productions comme La Ville Morte de Korngold (2010), Artaserse de Leonardo Vinci (2012, rĂ©unissant une brochette de contre tĂ©nors contemporains : Jarousski, surtout Cencic et Fagioli)
 Aucun doute, Nancy fait partie des scĂšnes lyriques d’Europe parmi les plus audacieuses et exigeantes. En 2019, pour le centenaire du Nouveau ThĂ©Ăątre Hornecker, un nouveau directeur Matthieu Dussouillez prendra la direction. Une nouvelle Ăšre, de nouveaux accomplissements devraient se prĂ©ciser. L’exposition et le catalogue prĂ©sentĂ© Ă  Nancy jusqu’au 24 fĂ©vrier 2019, permettent aujourd’hui de contextualiser cette prise de fonction attendue.

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Opera-Trois-siecles-de-creation catalogue exposition critique annonce classiquenewsNANCY : « OPERA ! », exposition et catalogue par Pierre-Hippolyte Pénet, commissaire et auteur (éditions Snoeck
, 160 pages – ISBN 978 94 6161 512 1 – prix indicatif : 25 € ) - « OPERA ! Trois siĂšcles de crĂ©ation Ă  Nancy », exposition prĂ©sentĂ©e Galerie Poirel, Nancy, jusqu’au 24 fĂ©vrier 2019.

 
 
 

+ d’infos :
https://www.opera-national-lorraine.fr/programme/3-siecles-de-creation-a-nancy
http://www.nancy-tourisme.info/2018/11/02/opera-trois-siecles-de-creation-a-nancy/
 
 
 

LIRE aussi notre annonce de l’exposition « OPERA ! Trois siĂšcles de crĂ©ation Ă  Nancy » :
http://www.classiquenews.com/nancy-opera-exposition-opera-3-siecles-de-creation-a-nancy-9-nov-2018-24-fev-2019/ 
 
 
 
 
 

POITIERS, TAP. Deshayes, Vitaud
jouent Debussy, Fauré, Duparc

deshayes-karine-recital-debussy-faure-vitaud-annonce-classiquenewsPOITIERS, TAP, le 11 dĂ©c 2018. Deshayes, Vitaud
 Le TAP / ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers fĂȘte le centenaire Claude Debussy (1862-1918). D’abord par le chant du piano seul avec la Suite bergamasque (amorcĂ©e dĂšs 1890, publiĂ©e en 1905) : Debussy y joue des formes du passĂ© (PrĂ©lude, Menuet, Passepied) et produit un son et des harmonies nouveaux. Le 4Ăšme Ă©pisode, un Clair de lune, vite cĂ©lĂšbre, allie douceur et invention mĂ©lodique.
MĂȘme ivresse sonore et forme planante, inĂ©dite dans  L’AprĂšs-midi d’un faune, d’aprĂšs  le poĂšme de MallarmĂ© oĂč le dĂ©sir et la pulsion Ă©rotique du faune conduisent le dĂ©veloppement, la trajectoire, la forme des harmonies. La sensualitĂ© dĂ©borde dans cette partition crĂ©e le 22 dĂ©cembre 1894, immĂ©diatement saluĂ©e par le si difficile et le trĂšs exigeant Ravel. La transcription pour clavier seul qu’en dĂ©duit le pianiste Jonas Vitaud sait prĂ©server l’Ă©noncĂ© allusif de ce rĂȘve Ă©veillĂ©,  tout en creusant sa part de mystĂšre voire son essence Ă©nigmatique.

PIANO & MELODIES ROMANTIQUES et POST ROMANTIQUES
Le chemins de la modernité

Le programme Ă  Poitiers laisse une part majeure au verbe poĂ©tique en particulier aux poĂšmes mis en musique par Debussy, Duparc (1848-1933), FaurĂ© (1845-1924), tous trois maĂźtres de la mĂ©lodie française… depuis le gĂ©nie d’un Berlioz au dĂ©but du siĂšcle. La trilogie ainsi exposĂ©e Ă  Poitiers met en lumiĂšre ce passage essentiel du romantisme au postromantisme et Ă  la modernitĂ© telle qu’elle s’affirme dans le cas de Debussy.

Cycle majeur de Gabriel FaurĂ© : La Bonne chanson (1894). À l’origine pour tĂ©nor et piano, le recueil des 9 poĂšmes mĂ©lodies s’inspire de Verlaine. Le concert en propose quatre parmi les plus emblĂ©matiques de la facilitĂ© de FaurĂ© dans ce genre qui unit le verbe et le son en une suite de peintures sonores picturales : Puisque l’Aube grandit, La Lune blanche,  N’est-ce pas ? L’Hiver a cessĂ©.

Les 3 chansons de Bilitis d’aprĂšs Pierre LouĂżs sont mises en musique par Debussy en 1897. Il s’agit d’évoquer, mieux d’exprimer le souffle filigranĂ© et sensuel de l’AntiquitĂ© grecque, comme c’Ă©tait l’enjeu et donc la rĂ©ussite du Faune de 1894.

Henri Duparc comme cet autre intransigeant et perfectionniste Paul Dukas, ne laisse Ă  la postĂ©ritĂ© que ces partitions les plus parfaites. En tĂ©moignent les mĂ©lodies jouĂ©es ce soir : La Vie antĂ©rieure, d’aprĂšs Baudelaire (1884) d’un pouvoir incantatoire et mystĂ©rieux irrĂ©sistible ; et  L’Invitation au voyage (1870),  d’aprĂšs Baudelaire aussi, qui envisage des climats musicaux d’une profondeur inĂ©dite.

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deshayes-karine-recital-debussy-faure-vitaud-annonce-classiquenewsDEBUSSY, FAURE, DUPARC
MARDI 11 décembre 2018, 20h30
TAP Poitiers
Durée : 1h30 avec entracte

Karine Deshayes, mezzo-soprano
Jonas Vitaud, piano

> Claude Debussy: Ballade, Suite Bergamasque, PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs-midi d’un faune (transcription Jonas Vitaud), Chansons de Bilitis
> Gabriel Fauré : 4 mélodies extraites de La Bonne Chanson op. 61

> Henri Duparc : MĂ©lodies

RÉSERVEZ VOTRE PLACE

https://www.tap-poitiers.com/spectacle/debussy-faure-duparc/

CD, coffret, annonce. BERLINER PHILHARMONIKER / BEETHOVEN : 5 Concertos pour piano. Rattle / Mitsuko Uchida (2010 – Berliner Philharmoniker recordings)

RATTLE-Simon-berliner-philharmoniker-portrait-adieux-critique-annonce-par-classiquenewsCD, coffret, annonce. BERLINER PHILHARMONIKER / BEETHOVEN : 5 Concertos pour piano. Rattle / Mitsuko Uchida (2010 – Berliner Philharmoniker recordings). Le Philharmonique de Berlin (Berliner Philharmoniker) poursuit ses Ă©ditions majeures, d’autant bienvenues pour les fĂȘtes de fin d’annĂ©e 2018. AprĂšs les trĂšs bons coffrets dĂ©diĂ©s Ă  la tournĂ©e asiatique (ASIAN TOUR, avec deux pianistes asiatiques de la nouvelle gĂ©nĂ©ration – deux poulains de l’écurie DG Deutsche Grammophon, la chinoise : technique et mĂ©canique Yuja Wang, le corĂ©en plus profond et nuancĂ©, Seong-Jin Cho) ; aprĂšs l’excellente et lumineuse confrontation de la 6Ăš de Mahler – celle de 1987, et celle de l’étĂ© 2018, l’adieu de Rattle au Philharmonique
, voici une somme attendue car trĂšs apprĂ©ciĂ©e lors de sa rĂ©alisation en
 fĂ©vrier 2010 dĂ©jĂ . A la barre, Rattle, en complicitĂ© avec la pianiste Mitsuko Uchida dans l’intĂ©grale des 5 Concertos pour piano de Ludwig van Beethoven.

 
 

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Ici 3 cd, 1 audio Blu ray (24 bit / 48 khz high resolution, et 1 blu ray disc comprenant les vidĂ©os des concerts mais aussi un bonus video (12 mn) oĂč Mitsuko Uchida explique sa vision des Concertos de Beethoven et son tĂ©moignage sur l’expĂ©rience musicale qu’elle a vĂ©cu aux cĂŽtĂ©s des instrumentistes du Berliner Philharmoniker et de Simon Rattle

Uchida a dĂ©butĂ© son travail avec le Philharmonique de Berlin dĂšs 1984, fut en rĂ©sidence au sein de l’orchestre pendant la saison 2008 / 2009. Le cycle des 5 Concertos pour piano de Beethoven reste le volet le plus important de sa coopĂ©ration avec l’orchestre. La qualitĂ© qui se distingue immĂ©diatement de cette intĂ©grale concertante est la vitalitĂ©, et aussi la puissance du geste interprĂ©tatif, auquel Mitsuko Uchida qui sait aussi ĂȘtre une Ă©tonnante diseuse au piano chez Schubert, donc affirmer tout en douceur, une Ă©loquence intĂ©rieure trĂšs sĂ©duisante. L’enregistrement live sur le vif de ces 5 concerts ajoute aussi Ă  leur relief et leur Ă©tonnante activitĂ©. Parution le 30 novembre 2018.

 
 

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Plus d’infos sur le site des Berliner Philharmoniker / page boutique / shopping :
https://www.berliner-philharmoniker-recordings.com/audio.html  
 

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Approfondir  
 
CD, coffret. BERLINER PHILHARMONIKER : Simon RATTLE / MAHLER : Symphonie n°6 (2 cd, versions de 1987 puis 2018 /1 blu ray – Ă©ditions Berliner Philharmoniker recordings)
http://www.classiquenews.com/cd-coffret-berliner-philharmoniker-simon-rattle-mahler-symphonie-n6-2-cd-1-blu-ray-editions-berliner-philharmoniker-recordings/

 
 
 
 

CD, critique. BRAHMS : Concertos n°1 et 2, V Maltempo. Mitteleuropa Orch / Marco Guidarini (2 cd Piano classics, Brilliants classics)

brahms concertos pour piano 1 et 2 marco guidarini vincenzo maltempo piano classics brilliants review cd critique cd par classiquenews novembre 2018CD, critique. BRAHMS : Concertos n°1 et 2, V Maltempo. Mitteleuropa Orch / Marco Guidarini (2 cd Piano classics, Brilliants classics). La carrure, plutĂŽt solide, du piano de Vincenzo Maltempo contraste avec la tenue vibratile extrĂȘmement sensible de l’orchestre dirigĂ© par Marco Guidarini (Mitteleuropa Orchestra, phalange italienne que le chef pilote depuis deux saisons comme directeur musical, sept 2017). Le pianiste n’hĂ©site pas Ă  ralentir, creuser les respirations, Ă©tendre, Ă©largir les champs imaginatifs du Concerto n°1 (1859) dĂšs le premier mouvement d’ouverture, « Maestoso », Ă  la fois majestueux et tendre, lyrique et passionnĂ© : surtout introspectif et humaniste, fraternel et presque caressant. Chef et soliste expriment le massif tectonique, les couleurs d’un orchestre wagnĂ©rien qui façonnent l’un des paysages sonores parmi les plus impressionnants comme les plus intimes aussi – paradoxe ou oxymore nettement brahmsienne (le pudique et le secret dans le grandiose) spĂ©cifique Ă  Johannes Brahms.
Le galbe et cette intĂ©rioritĂ© ample et comme ralentie font les dĂ©lices de cette lecture qui ne manque ni de panache dĂ©monstratif ni d’écoute introspective, faisant sonner le piano symphonique chers aux Romantiques (de la premiĂšre gĂ©nĂ©ration, les Chopin et Liszt), comme l’instrument royal capable de ciselure intime.
Le 2Ăš mouvement fait surgir une couleur intense
 dans le repli et le recueillement (Adagio), avec un Ă©tirement de la pĂąte sonore qui suscite de nouveaux horizons intĂ©rieurs. L’équilibre entre le piano et l’atmosphĂšre orchestrale est idĂ©al. L’ingĂ©nieur du son et les interprĂštes ont privilĂ©giĂ© la rondeur et la chaleur grave du clavier, aux rĂ©sonances profondes, d’une sĂ©duction Ă©vidente.

BRAHMS HD pour GSTAAD reportage2018Le Concert n°2 (1881) moins fiĂ©vreux et Ă©pique, impose un complicitĂ© fusionnelle suprĂȘme, entre soliste et orchestre, dans le premier mouvement, comme envoĂ»tĂ© (Allegro non troppo) oĂč la direction du chef inscrit une ampleur renouvelĂ©e, d’une tension exemplaire, exprimant jusqu’au voile de l’expĂ©rience car il s’agit bien d’une partition de l’extrĂȘme maturitĂ© du classique romantique. ComposĂ© 20 ans aprĂšs le Premier Concerto, l’opus opus 83 tend Ă  basculer la forme concertante vers le riche terreau poĂ©tique du poĂšme symphonique. Serti et comme constellĂ© d’inclusions intimes et d’une rare pudeur, le Concerto n°2 bascule Ă©videmment dans l’intonation chambriste, ce que comprend le chef qui lui donne mĂȘme une rĂ©sonance Ă  la fois claire et dĂ©taillĂ©e, mozartienne, comme une stabilitĂ© architecturĂ©e Ă  la Beethoven. Toute la passion brahmsienne s’exprime librement dans le second mouvement (allegro appassionato), d’une instabilitĂ© expressive d’une grande finesse et lĂ  encore oĂč rayonnent l’équilibre entre le clavier sombre, grave, profond, et l’éloquence plus picturale de la direction orchestrale. Le 3Ăš Ă©pisode, – Andante, et son ouverture comme un concerto pour violoncelle, tisse une nouvelle coloration dans l’introspection tendre et fraternelle : le hautbois atteint une lueur crĂ©pusculaire qui dit Ă  la fois la fin et le commencement. Les respirations que cultivent le chef, par ailleurs, grand chef lyrique, saisissent par leur justesse. Tout ici suspend son vol et dĂ©ploie un sentiment de pure extase, hors temps. C’est l’émergence d’un nouveau temps, temps du sentiment, temps Ă©motionnel, qui ne connaĂźt aucune intelligence de l’efficacitĂ© mais creuse la richesse des harmonies et la clartĂ© du plan mĂ©lodique.
Le « gracioso » du dernier mouvement est remarquable de simplicitĂ© et de dĂ©tails articulĂ©s avec une prĂ©cision aĂ©rienne. L’équilibre et la balance sont trĂšs bien ajustĂ©s, accordant ciselure du piano et enveloppe climatique diffusĂ©e par l’orchestre : l’articulation du piano servie par une prise de son trĂšs proche du clavier et de la table d’harmonie, mais parfaitement ajustĂ©e Ă  l’orchestre, dessine cette fusion claire, d’une fraĂźcheur inĂ©dite qui contraste avec les autres lectures, souvent, Ă©paisses, et denses, parfois trop pompeuses.
Ici rien de tel, plutĂŽt le relief millimĂ©trĂ© de chaque instrument, en complicitĂ© et en dialogue avec le piano. Voici assurĂ©ment dans ces Ă©quilibres et mesures, le meilleur Ă©pisode du Concerto. D’autant que les interprĂštes savent rehausser encore l’humour de Brahms qui se saisit de motifs folkloriques hongrois, en un rondeau Ă  l’ivresse magicienne. Recyclant l’esprit de vieilles valses avec un recul Ă  la fois tendre et nostalgique. L’acuitĂ© dynamique, le scintillement entre clavier et orchestre suscitent notre admiration. Remarquable lecture : de loin, le travail agogique et trĂšs fouillĂ©, surtout dans les 2 derniers mouvements du Concerto n°2, force l’admiration. CLIC DE CLASSIQUENEWS.COM de dĂ©cembre 2018. Bravo maestro.

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CLIC D'OR macaron 200CD, critique. Johannes Brahms : Concertos pour piano n°1, n°2 – Vincenzo Maltempo piano – Mitteleuropa Orchestra – Marco Guidarini direction. 2 CD Piano classics – PCL10145 – EAN code – 5029365101455 – Mai 2018. CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2018.

https://www.piano-classics.com/articles/b/brahms-piano-concerto-nos-1-2/

La Flûte enchantée de Mozart version Castellucci

mozart wolfgang _doris_stockminiarte_logo_2013ARTE, Dim 2 dĂ©c 2018, 01h20. MOZART : La FlĂ»te EnchantĂ©e. Romeo Castullucci. Il Ă©tait une Ă©poque (heureuse) oĂč la chaine culturelle portait bien son nom et programmait des opĂ©ras en prime time. A prĂ©sent il faut attendre le milieu de la nuit pour visionner les productions lyriques. Comme cette FlĂ»te de Mozart, enregistrĂ©e Ă  Bruxelles (La Monnaie) et qui a fait les honneurs de l’actualitĂ© entre autres grĂące Ă  la mise en scĂšne de Romeo Castellucci, bien connu Ă  prĂ©sent pour ses crĂ©ations visuelles d’une portĂ©e onirique parfois spectaculaire (cf son Parsifal de 2001, LIRE notre critique complĂšte du dvd PARSIFAL par Castellucci), grĂące aussi Ă  la plus mozartienne de nos coloratoures françaises, Sabine Devielhe (qui aura quand mĂȘme ratĂ© sa prise de rĂŽle de Zerbinetta dans Ariane Ă  Naxos de R Strauss cet Ă©tĂ© Ă  Aix en Provence, juillet 2018), qui chante Ă  Bruxelles, le tempĂ©rament hystĂ©rique (calculateur) de la Reine de la nuit.
PrĂ©sentĂ©e en octobre 2018, la production surprend et fascine Ă  la fois car elle prend ses distances avec le singspiel le plus populaire du dernier Mozart. Comme souvent, Ă  prĂ©sent, les metteurs en scĂšne s’approprient les livrets, repensent mĂȘme la temporalitĂ© pourtant justifiĂ©e par la dramaturgie originelle et rĂ©inventent le temps et l’imaginaire visuel des ouvrages
 Ici, on ne comprend pas pourquoi l’italien a supprimĂ© les dialogues, lesquels permettent quand mĂȘme d’identifier le rĂŽle et le but des protagonistes. Ainsi pour le spectateur non connaisseur, impossible de mesurer en quoi le prince Tamino est manipulĂ© par la Reine de la nuit qui lui demande de sauver de « l’infĂąme Sarastro » (la basse hongroise GĂĄbor Bretz), sa fille, Pamina. Le jeu des manipulation est rendu complexe alors que l’histoire inventĂ©e par Shikaneder et Mozart est Ă  la source d’une grande lisibilitĂ©. ClartĂ© qui n’empĂȘche pas des zones d’ombre, car le temple de sagesse et de fraternitĂ© que pilote le grand maĂźtre Sarastro n’a t il pas Ă©tabli un ordre fondĂ© sur l’esclavage, entre autres entretenu par l’infect Monostatos et sa clique de sbires, tous affectĂ©s Ă  torturer la pauvre Tamina ? Du moins les apparences le laissent croire
 Mais au cours d’une initiation progressive, le couple d’élus, Pamina et Tamino, en confiance et en amour, rĂ©ussit Ă  vaincre chaque Ă©preuve, et atteindre Ă  cette conscience fraternelle qui est l’idĂ©al prĂ©sentĂ© par les prĂȘtres du Temple. D’ailleurs, dans cette sĂ©rie d’épreuves, le prince valeureux prend soin de rĂ©clamer Ă  ses cĂŽtĂ©s la participation de celle qu’il aime : l’égalitĂ© des sexes est l’autre composante, revendiquĂ©e par Mozart et son librettiste. Admirable inspiration. Direction musicale : Antonello Manacorda

arte_logo_2013ARTE, Dim 2 déc 2018, 01h20. MOZART : La Flûte Enchantée. Romeo Castullucci.

MILAN, Scala : ATTILA de VERDI

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitARTE, le 7 dĂ©c 2018, 22h20. VERDI : ATTILA. En direct (ou presque) de La Scala de Milan, l’opĂ©ra de verdi crĂ©Ă© Ă  la Fenice de Venise le 17 mars 1846, ouvre ainsi sur le petit Ă©cran mais en direct, la nouvelle saison du thĂ©Ăątre scaligĂšne. On sait combien le librettiste de dĂ©part Solera, qui pourtant dut partir avant de livrer la fin de l’intrigue, se brouilla avec Verdi : celui ci commanda Ă  Piave, un nouveau final, non pas un chƓur comme le voulut Solera, mais un ensemble (et quel ensemble! : un modĂšle du genre). Du nerf, du sang, du crime
 le premier Verdi semble s’essayer Ă  toutes les ficelles du drame sanglant et terrible. Au VĂš siĂšcle, la ville d’AquilĂ©e prĂšs de Rome, (au nord de l’Adriatique) fait face aux invasions des Huns et Ă  la superbe conquĂ©rante d’Attila (basse). Ce dernier, cruel et barbare en diable, refuse toute entente pacifique avec le romain Ezio (baryton) ; c’est pourtant ce dernier qui a l’étoffe du hĂ©ros, patriote face Ă  l’ennemi Ă©tranger (« Tu auras l‘univers, mais tu me laisses l’Italie » / une dĂ©claration qui soulĂšve l’enthousiasme des spectateurs de Verdi, Ă  quelques mois de la RĂ©volution italienne
)

Au I : Attila marche sur Rome, mais frĂ©mit devant l’Ermite dont il a rĂȘvĂ© la figure
 cependant que parmi les vaincus, Foresto (tĂ©nor) rejoint la fiĂšre Odabella (soprano) qui entend se venger des Huns, arrogants, victorieux

Au II : Attila dĂ©fie Ezio qui proteste vainement ; tandis que, coup de thĂ©Ăątre, Odabella dĂ©joue la tentative d’empoisonnement d’Atiila par Foresto : elle Ă©pouse mĂȘme le vainqueur Attila

Au III : Odabella qui n’en est pas Ă  une contradiction prĂšs, se repend, rejoint Foresto et tue son Ă©poux Attila, tandis que les troupes romaines menĂ©es par Ezio, le sauveur, attaquent les Huns


Sans vraiment de profondeur encore, ni d’ambivalence ciselĂ©e, (cf la maniĂšre avec laquelle, les Ă©pisodes et les situations se succĂšdent au III), les personnages d’Attila ne manquent pas cependant de noblesse ni de grandeur voire de noirceur trouble (comme Attila, dĂ©vorĂ© par les songes et les rĂȘves au I, prĂ©figuration des tourments de Macbeth). Le protagoniste ici est une femme, soprano aux possibilitĂ©s Ă©tendues digne d’Abigaille (Nabucco) : ample medium, belcanto mordant, Ă  la fois raffinĂ© et sauvage
 comme la partition de ce Verdi de la jeunesse.

A Milan, sur les planches de La Scala, Riccardo Chailly dirige les forces locales, et la basse Ildar Abdrazakov incarne Attila, sur les traces du légendaire Nicolai Ghiaurov dans le rÎle-titre
 (Davide Livermore, mise en scÚne)

distribution :
Attila : Ildar Abdrazakov
Odabella : Saioa HernĂĄndez
Ezio : George Petean
Foresto: Fabio Sartori
Uldino : Francesco Pittari
Leone : Gianluca Buratto

Plus d’infos sur le site de la Scala de Milan / Teatro alla Scala :
http://www.teatroallascala.org/en/index.html

CD, critique. MOZART IN LONDON (1764-1765). The Mozartists / Ian Page (2 cd Signum records, 2015)

MOZART in london ian page cd review critique cd par classiquenewsCD, critique. MOZART IN LONDON (1764-1765). The Mozartists / Ian Page (2 cd Signum records, 2015). A 9 ans, le jeune Wolfgang entend sĂ©duire toute l’Europe grĂące Ă  un « tour » gĂ©nĂ©ral qui passe Ă©videmment par Londres, d’avril 1764 Ă  juillet 1765, soit son sĂ©jour le plus long dans une capitale europĂ©enne. PilotĂ© par son pĂšre Leopold, le jeune prodige enchante les tĂȘtes couronnĂ©es et les patriciens britanniques, tous Ă©mus par ses dons au clavecin principalement. Mais l’impact de ce sĂ©jour Ă  Londres se rĂ©vĂšle surtout profitable pour la jeune imagination du futur compositeur car Ă  Londres il rencontre ainsi nombre de crĂ©ateurs dĂ©jĂ  adulĂ©s et Ă©tablis dont surtout Johann Christian Bach ou l’excellent symphoniste Karl Friedrich ABEL (proche de Johann Chrisitan) qui signe ici en fin de cd2, un bel exercice tripartite, dans le style fiĂ©vreux, frĂ©nĂ©tique, napolitain (Symphonie opus 7 n°6). Le pĂšre d’Abel fut altiste jouant avec JS Bach Ă  Köthen. C’est dire le niveau. Cette Symphonie qui marqua Wolfgang, lui fut longtemps attribuĂ©e. VoilĂ  un Ă©clairage qui rend lĂ©gitime le programme conçu par le directeur musical des bien nommĂ©s « MOZARTISTS », Ian Page, actuel champion de la cause mozartienne, outre Manche. Les chanteurs rĂ©unis autour du chef britannique auquel on doit d’difiantes restitution des opĂ©ras de jeunesse de Wolfgang (dĂ©jĂ  critiquĂ©s et certains distinguĂ©s sur CLASSIQUENEWS : Zaide, Il Sogno di Scipione, Bastien und Bastienne ; un rĂ©cital titre Perfidi de Sophie Bevan, artiste associĂ©e de la troupe lyrique
 sans omettre Die Schuldigkeit des Ersten Gebots, Mitridate, Re di Ponto (tous enregistrements chez Signum records).

DĂ©sormais il y a bien un geste et une sonoritĂ© mozartienne en Grande Bretagne car dans ce nouveau recueil, la troupe pilotĂ©e par Ian Page apporte d’indiscutable bĂ©nĂ©fices. Le double album Ă©voque ainsi Ă  travers arias d’opĂ©ras, opus instrumental tout un creuset musical propre Ă  la Londres des annĂ©es 1760, dans lequel Wolfgang a su façonner par rĂ©action sa propre personnalitĂ© artistique (en tĂ©moignent ses 3 essais symphoniques KV 16, 19 et 19a) : autant de partitions qui montrent la permĂ©abilitĂ© du jeune crĂ©ateur, curieux de tout et aspirant toute Ă©volution stylistique efficace. Ian Page s’inscrit dans le sillon des Marriner, Pinnock
 capable d’une fluiditĂ© expressive engageante, d’une vitalitĂ© rythmique de belle facture ; Ă  ce jeu des mises en contexte, les symphonies de Mozart et d’Abel se distinguent trĂšs nettement par la cohĂ©rence du geste collectif et la sonoritĂ© euphorique de l’orchestre. Voici Ă  nouveau un opus enthousiasmant Ă  mettre au crĂ©dit de la phalange londonienne. A suivre.

 

 

 

 

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CD, critique. MOZART IN LONDON (1764-1765). The Mozartists / Ian Page, direction (2 cd Signum records). Enregistré à Londres en février 2015.

CD, critique. SPIRITO. MARINA REBEKA, soprano.  ANNA BOLENA ( 1 cd Prima classic, juillet 2018)

REBEKA marina soprano bel canto cd critique review cd par classiquenewsCD, critique. SPIRITO. MARINA REBEKA, soprano (1 cd Prima classic, juillet 2018)… Extase tragique et mort inĂ©luctable
 : toutes les hĂ©roĂŻnes incarnĂ©es par Marina Rebeka sont des Ăąmes sacrificielles
. vouĂ©es Ă  l’amour, Ă  la mort. Le programme est ambitieux, enchaĂźnant quelques unes des hĂ©roĂŻnes les plus exigeantes vocalement : Norma Ă©videmment la source bellinienne (lignes claires, harmonies onctueuses de la voix ciselĂ©e, enivrante et implorante, et pourtant Ăąpre et mordante) ; ImogĂšne dans Il Pirata, – d’une totale sĂ©duction par sa dignitĂ© et son intensitĂ©, sa sincĂ©ritĂ© et sa violence rentrĂ©e ; surtout les souveraines de Donizetti : Maria Stuarda (belle coloration tragique), Anna Bolena (que la diva chante Ă  Bordeaux en novembre 2018, au moment oĂč sort le prĂ©sent album). Aucun doute, le cd souligne l’émergence d’une voix solide, au caractĂšre riche qui le naisse pas indiffĂ©rent. Les aigus sont aussi clairs et tranchants, comme Ă  vif, que le medium et la couleur du timbre, large et singuliĂšre.

3Ăš album de la diva Marina Rebeka : “Spirito”


BEL CANTO INCARNÉ

D’emblĂ©e, outre, la facilitĂ© Ă  incarner un personnage et lui offrir une somptueuse Ă©toffe Ă©motionnelle, sans appui ni excĂšs (belle vertus dans la mesure), s’affirme la tension hĂ©roĂŻque du recitativo ; la maĂźtrise des intervalles ; le relief et la puissance saine des aigus mĂ©talliques, francs. Ils expriment le tempĂ©rament tragique, exacerbĂ© du personnage d’Anna Bolena par exemple, dans chaque situation. Avec le choeur et un orchestre d’une rare intelligence climatique, la cantatrice incarne idĂ©alement cette Ăąme sacrificielle, blessĂ©e de l’ex Ă©pouse d’Henri VIII, destinĂ©e Ă  mourir : elle meurt certes mais elle reste digne (sa fille Elisabeth rĂšgnera ensuite).
TrĂšs belle nature, puissante et expressive, racĂ©e, de la soprano capable d’un medium riche, ample, charnel, de type callasien, « Al Dolce guidami » est d’essence bellinienne, suspendue, aĂ©rienne, d’une langueur Ă©perdue qui est Ă©noncĂ©e avec beaucoup d’élĂ©gance comme de caractĂšre. Sans duretĂ© ni dĂ©monstration. Mais pudeur, Ă©lĂ©gance, tension.
DĂ©termination, d’une hĂ©roĂŻne tragique qui se rebiffe et affronte crĂąnement son destin, avec un spinto plus large qui doit couvrir le choeur et l’orchestre : « Coppia iniqua » impose clairement son medium ample et presque caverneux (« cessate »). La fin de la reine dĂ©capitĂ©e surgit en sa derniĂšre vocalitĂ  Ă©corchĂ©e, hallucinĂ©e, blessĂ©e, impuissante mais dĂ©terminĂ©e (avec des sauts et intervales en effet, dont le dernier aigu, signe du sacrifice ultime, est bien nĂ©gociĂ©).

En français La Vestale de Spontini, impose une ligne souple et large elle aussi mais toujours claire. PriĂšre funĂšbre (« Ô des infortunĂ©s ») ; puis « Toi que j’implore », sur le mĂȘme registre imploratif fait valoir son medium de plus en plus Ă©largi aux couleurs trĂšs riches ;
La diction n’est pas parfaite (les consommes et diphtongues sont lissĂ©es et les consommes souvent sont absentes), mais la ligne vocale est claire et trĂšs intense. Et l’abattage, les couleurs et les accents se ressaisissent dans les deux derniers airs (« Sur cet autel / Impitoyables dieux » ) oĂč la chanteuse en actrice consommĂ©e, sait construire l’épaisseur de son personnage qui a l’étoffe des protagonistes de Berlioz et de Beethoven. VoilĂ  qui laisse envisager une passionnante Didon dans Les Troyens du Français par exemple. De toute Ă©vidence ce miel expressif, ardent, solide, architecturĂ© impose plus qu’un chant
 un tempĂ©rament dramatique Ă©vident et des moyens trĂšs convaincants.

CLIC D'OR macaron 200Saluons au diapason de ce bel canto, racĂ© et Ă©lĂ©gant, ardent et trĂšs incarnĂ©, mais sans effets dĂ©bordants, la tenue de l’orchestre, Ă  la fois vif, dĂ©taillĂ©, remarquablement articulĂ©, qui sait soigner la caractĂ©risation de chaque sĂ©quence dramatique. Offrant ainsi un tapis Ă©quilibrĂ© et confortable au chant souverain de la diva si expressive.

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CD, critique. MARINA REBEKA : « SPIRITO » : airs d’opĂ©ras de Bellini, Donizetti, Spontini. Orchestra and Chorus of Teatro Massimo di Palermo, Jader Bignamini, direction (1 cd Prima classics) – parution annoncĂ©e : le 9 novembre 2018. CD Ă©lu « CLIC » de CLASSIQUENEWS, novembre 2018.

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VOIR la VIDEO Marina Rebeka Spirito
https://musique.orange.fr/videos/all/marina-rebeka-spirito-the-making-of-the-album-VID0000002GNso.html

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En LIRE plus sur le site de la soprano MARINA REBEKA :
https://marinarebeka.com/2018/10/05/marina-rebeka-releases-new-solo-album-spirito/

 

LIRE aussi notre prĂ©sentation d’ANNA BOLENA Ă  l’affiche de l’OpĂ©ra de Bordeaux en novembre 2018 : Ă  venir

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CD, critique. HANDEL / HAENDEL : Serse (1738) / Fagioli, Genaux (Emelyanychev, 2017) – 3cd Deutsche Grammophon

Handel fagioli serse haendel cd review critique cd par classiquenews opera baroque par classiquenews genaux aspromonte Serse-CoffretCD, critique. HANDEL / HAENDEL : Serse (1738) / Fagioli, Genaux (Emelyanychev, 2017 – 3 cd DG Deutsche Grammophon, 2017). VoilĂ  une production prĂ©sentĂ©e en concert (Versailles, novembre 2017) et conçue pour la vocalitĂ  de Franco Fagioli dans le rĂŽle-titre (il rempile sur les traces du crĂ©ateur du rĂŽle (Ă  Londres en 1738, Caffarelli, le castrat fĂ©tiche de Haendel) ; le contre-tĂ©nor argentin est portĂ©, dĂšs son air « « Ombra mai fu » », voire stimulĂ© par un orchestre Ă©lectrique et Ă©nergique, portĂ© par un chef prĂȘt Ă  en dĂ©coudre et qui de son clavecin, se lĂšve pour mieux magnĂ©tiser les instrumentistes de l’ensemble sur instruments anciens, Il Pomo d’Oro : Maxim Emelyanychev. La fiĂšvre instillĂ©e, canalisĂ©e par le chef Ă©tait en soi, pendant les concerts, un spectacle total. Physiquement, en effets de mains et de pieds, accents de la tĂȘte et regards hallucinĂ©s, le maestro ne s’économise en rien.
L’enregistrement prolonge la vitalitĂ© du concert et rend compte d’un esprit de troupe, sachant pour chaque chanteur caractĂ©riser idĂ©alement chaque personnage.
En Serse / Xerxes 1er, Franco Fagioli dĂ©montre une maĂźtrise parfaite des mĂ©lismes et acrobaties vocales Ă©crites par Haendel. Fagioli vocalise sans peine, dans les aigus comme dans les graves, sur l’étendue de sa tessiture, indiquant combien les ornements sont porteurs de sens, signifient idĂ©alement la volontĂ© du Roi Perse, dans le grave engorgĂ©, en un chant qui dans un seul souffle sait distiller piani et forte sans cĂ©sure (cf l’ambitus ahurissant de l’air « « Crude furie » », de l’extrĂȘme aigu aux graves souterrains). Le caprice, le dĂ©sir, le plaisir du prince (amoureux volatile) s’exprime et prend forme avec un naturel 
 dĂ©sarmant.
Autour du Divo, comme on disait des castrats idolĂątrĂ©s au XVIIIĂš, Fagioli, ses partenaires dĂ©fendent avec beaucoup de classe et d’intensitĂ©, le relief Ă©motionnel de leur personnage : Inga Kalna incarne une Romilda, solide, parfois instable, mais toujours trĂšs volontaire et expressive (en rien cette fĂ©minitĂ© fragile et fĂ©brile, ailleurs portĂ©e par des sopranos pointues). Il est vrai que la soprano chante Ă  prĂ©sent Rodelinda avec une vĂ©ritĂ© irrĂ©sistible.
En Arsamene, la mezzo coloratoure canadienne (originaire de Fairbanks), Vivica Genaux (enfin voilĂ  dans le rĂŽle du frĂšre de Serse une voix fĂ©minine de poids, plutĂŽt qu’un contre-tĂ©nor trop lisse et pas assez typĂ©) qui confirme son immense facilitĂ© vocale et dramatique, un tempĂ©rament exceptionnellement ciselĂ© et percutant qui fait d’elle la mezzo baroque de l’heure (avec Ann Hallenberg). Amastre gagne une Ă©paisseur rĂ©elle grĂące Ă  la tessiture Ă©largie, soutenue aux extrĂ©mitĂ©s, de l’alto Delphine Galou, voix sĂ»re, droite, profonde.
Jeune diva Ă  suivre dĂ©sormais, Francesca Aspromonte offre une remarquable couleur, entre brio et tendresse au personnage d’Atalanta, moins piquante intrigante que vrai tempĂ©rament amoureux, elle aussi prĂȘte Ă  en dĂ©coudre.
CLIC_macaron_2014Acteur en diable, se jouant des travestissements (en jardinier, en marchande de fleurs, voix de tĂȘte drĂŽlissime Ă  l’envi), le baryton Biagio Pizzuti Ă©claire la figure d’Elviro, d’une vĂ©ritĂ© humaine, comique certes, mais trĂšs proche du spectateur / auditeur.
Un pilier efficace dans la trame dramatique qui contraste parfaitement avec la noblesse plus digne de ses partenaires.
Autant le profil de l’empereur Serse est lumineux, autant celui de Ariodate (Andrea Mastroni) est lugubre et sombre, qui ferait rĂ©sonner jusqu’aux cintres. Et l’auditeur.

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CD, critique. HANDEL / HAENDEL : Serse (1738). Dramma per musica en 3 actes, livret d’aprĂšs NicolĂČ Minato et Silvio Stampiglia / CrĂ©Ă© Ă  Londres en avril 1738

Serse : Franco Fagioli
Arsamene, son frĂšre : Vivica Genaux
Romilda : Inga Kalna
Atalanta : Francesca Aspromonte
Ariodate : Andrea Mastroni
Amastre : Delphine Galou
Elviro : Biagio Pizzuti

Il Pomo d’Oro / Maxim Emelyanychev, direction.

 

 

 

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LIRE nos autres critiques des cd et concerts par Franco Fagioli

CD, compte rendu critique. Gluck: Orfeo ed Euridice, 1762 (Franco Fagioli, Laurence Equilbey, 3 cd Archiv, avril 2015)
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-gluck-orfeo-ed-euridice-1762-franco-fagioli-laurence-equilbey-3-cd-archiv-avril-2015/

CD événement, annonce. FRANCO FAGIOLI : ROSSINI (1 cd Deutsche Grammophon, à venir le 30 septembre 2016).
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-franco-fagioli-rossini-1-cd-deutsche-grammophon-a-venir-le-30-septembre-2016/

Compte rendu, opéra. Paris, Palais Garnier, le 16 septembre 2016. Cavalli : Eliogabalo (1667), recréation. Franco Fagioli
 Leonardo Garcia Alarcon, direction musicale. Thomas Jolly, mise en scÚne
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-paris-palais-garnier-le-16-septembre-2016-cavalli-eliogabalo-recreation-franco-fagioli-leonardo-garcia-alarcon-direction-musicale-thomas-jolly-mise-en-scene/

Compte-rendu critique, opéra. Nancy. Opéra National de Lorraine, le 7 mai 2017. Gioachino Rossini : Semiramide. Salome Jicia, Franco Fagioli, Nahuel Di Pierro, Matthews Grills. Domingo Hindoyan, direction musicale. Nicola Raab, mise en scÚne
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-opera-nancy-opera-le-7-mai-2017-rossini-semiramide-jicia-fagioli-hindoyan-raab/

CD, compte rendu critique. FRANCO FAGIOLI, contre tĂ©nor : Handel Arias (1 cd Deutsche Grammophon). Parmi les contre tĂ©nors actuels, ceux qui savent caractĂ©riser un personnage, au lieu de dĂ©ployer toujours la mĂȘme technique, l’argentin Franco Fagioli rĂ©alise une belle prouesse, sur le sillon de son aĂźnĂ© Max Emanuel Cencic, qui lui accuse les signes inquiĂ©tants de son Ăąge vocal : medium certes Ă©largi mais

http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-franco-fagioli-contre-tenor-handel-arias-1-cd-deutsche-grammophon/

CD, critique. MOZART : Il Sogno di Scipione (Classical Opera, Ian Page, 2 cd Signum classics / oct 2016).

mozart il sogno di scipione oratorio ian page classical opera 2 cd signum classics critique cd cd review par classiquenewsCD, critique. MOZART : Il Sogno di Scipione (Classical Opera, Ian Page, 2 cd Signum classics / oct 2016). Ian Page aime nous dĂ©voiler l’étonnante inspiration du jeune Wolfgang, ainsi aprĂšs Mitridate (1770 Ă  14 ans), encore trĂšs redevable aux Napolitains, voici Il Sogno di Scipione, crĂ©Ă© Ă  Salzbourg en avril 1772 (16 ans), dont la noblesse de l’orchestration indique une maturation sensible de son Ă©criture.
L’habiletĂ© de Mozart relĂšve le dĂ©fi d’une action thĂ©Ăątrale, allĂ©gorique Ă©videmment, oĂč le hĂ©ros Scipione, dans un songe Ă  dĂ©chiffrer (et qui est le sujet de l’action) peut voir le paradis et entendre la musique des SphĂšres ; il rencontre le vertueux Publius, modĂšle de la vertu politique qui s’est souciĂ© des autres
 Scipione doit cependant regagner la terre car il y a un destin Ă  accomplir, mais auparavant doit choisir entre Fortune (richesses et corruption) et Costanza (effort et tĂ©nacitĂ© et loyautĂ©).
Scipione prĂ©fĂšre Costanza, suscitant la colĂšre de Fortuna ; mais le hĂ©ros ayant Ă  ses cĂŽtĂ©s la constance, fait face et vainc les menaces de Fortune. Dans un air final, – directement adressĂ© Ă  l’ArchevĂȘque, Licenza loue les vertus et le choix de Scipion.

Impeccable et si Ă©lĂ©gant comme flexible Publio du tĂ©nor Krystian Adam, qui rĂ©ussit entre autres son air le plus long « Se vuoi que te raccolgano », d’un hĂ©roĂźme ardent et tendre (cd) ; mĂȘme assiduitĂ© dans les mĂ©lismes aigus de la Costanza de Klara Ek (qui totalise elle aussi l’air le plus long « Ciglio che al sol si gira », aux aigus redoutables mais bien gĂ©rĂ©s malgrĂ© sa petite voix. L’Emilio du tĂ©nor Robert Murray souligne lui aussi tout ce qu’a de tendre et de lumineux (avec une voix plus tendue et une souplesse pas aussi naturelle que son confrĂšre Adam) l’inspiration du jeune Mozart dans le genre seria ; tant il est vrai que le jeune compositeur sculpte avec tendresse chacun des protagonistes de son drame. Meme ardeur pour le Scipione de Stuart Jackson, agile et dĂ©terminĂ© dans son second aria plutĂŽt conquĂ©rant et hĂ©roĂŻque (avec cor obligĂ© vaillant et brillant): « Di che sei l’arbitra del mondo interno »  (un rĂŽle dont le caractĂšre annonce Idomeneo Ă©videmment.

CLIC D'OR macaron 200La versatilitĂ© ronde et nerveusement accentuĂ©e de l’orchestre fait merveille, entre sagacitĂ©, brio et motricitĂ© enjouĂ©e (cordes d’une lĂ©gĂšretĂ© admirable), en particulier dans les airs en bonus, alternatifs (4 derniers airs du cd2), apportant une lumiĂšre particuliĂšre Ă  la comprĂ©hension des versions antĂ©rieures de certains airs (originale de « Ah perchĂš cercar degg’io » (Licenza) : fulgurance en 3mn31, plutĂŽt que long dĂ©veloppement en plus de 8 mn : magnifiquement dĂ©fendue par la soprano virtuose et prĂ©cise Chiara Skerath). L’ironie de l’histoire est que le jeune compositeur dĂ©ploie toute sa verve pour cĂ©lĂ©brer l’archevĂȘque de Salzbourg, au dĂ©part Schhrattenbach, lequel mort, est remplacĂ© par Coloredo
 qui se montrera Ă  peu prĂšs aussi infect avec le jeune Wolfgang, que l’air et son Ă©criture sont touchĂ©s par la grĂące (dans les deux versions d’ailleurs).

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CD, critique. MOZART : Il Sogno di Scipione (Classical Opera, Ian Page, 2 cd Signum classics / oct 2016)