Rigoletto Ă  l’OpĂ©ra de TOURS

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitTOURS, OpĂ©ra. VERDI : RIGOLETTO. 6,8,10 octobre 2017. Sous la direction de Alpesh Chauhan et dans la mise en scĂšne de François de Carpentries, l’opĂ©ra mantouan de Verdi, d’aprĂšs Le Roi s’amuse de Victor Hugo prend possession du Grand ThĂ©Ăątre de Tours, en 3 dates incontournables. Rigoletto marque l’apogĂ©e de la premiĂšre maniĂšre de Verdi, celle propre au dĂ©but des annĂ©es 1850, quand Giuseppe atteint presque ses 40 ans : c’est ce que l’on a appelĂ© les chefs d’oeuvres de la Trilogie : Rigoletto donc en 1851, puis Le TrouvĂšre et La Traviata crĂ©Ă©s en 1853. DĂšs avant La Traviata, Simon Boccanegra, Aida, et dans le sillon tracĂ© dĂšs avant par Stiffelio, Verdi dans Rigoletto fouille comme jamais, la relation pĂšre-fille : Rigoletto / Gilda. Le pĂšre qui manie l’ironie et humilie les courtisans pour plaire Ă  l’infect Duc de Mantoue son patron, cache en rĂ©alitĂ© un secret qui produit aussi sa fragilitĂ© : il abrite dans sa demeure une fille inconnue de tous
 jusqu’au moment oĂč la pauvre naĂŻve s’éprend fatalement du Duc (air du I : « Caro nome »  dans lequel Gilda Ă©prouvĂ©e enamourĂ©e rĂȘve dĂ©jĂ  de son Gualtier inconnu et dĂ©jĂ  follement aimĂ©). Le dĂ©sir aura raison de ce trop tendre coeur
 qui n’hĂ©site pas Ă  se sacrifier au delĂ  de toute prĂ©vision, dans l’acte III, l’un des plus noirs et fantastiques composĂ©s par Verdi : une tempĂȘte shakespearienne y Ă©tend son empire tragique. Rigoletto qui pensait avoir organisĂ© le meurtre de son patron trop obscĂšne et volage, suscite l’assassinat de sa propre fille. Ainsi s’accomplit la malĂ©diction Ă©noncĂ©e au dĂ©but de l’opĂ©ra, quand le comte Monterone maudit le nain « diabolique », arrogant, accusateur, fidĂšle abject d’un Duc mĂ©prisant. Tel est pris qui croyait prendre. Verdi signe un opĂ©ra fulgurant par sa coupe dramatique, Ă  la fois sentimental et tragique.

 

 

 

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Opéra de TOURS
VERDI : Rigoletto
3 représentations au Grand Théùtre de Tours
http://www.operadetours.fr/rigoletto

Vendredi 6 octobre 2017 – 20h
Dimanche 8 octobre 2017 – 15h
Mardi 10 octobre 2017 – 20h

 

 

ConfĂ©rence / Samedi 30 septembre – 14h30
Grand ThĂ©Ăątre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

 

 

RIGOLETTO / Melodramma en trois actes
Livret de Francesco Maria Piave d’aprĂšs Le Roi s’amuse de Victor Hugo
Créé le 11 mars 1851 au Teatro La Fenice à Venise

 

Direction musicale : Bruno Ferrandis
Mise en scÚne & lumiÚres : François de Carpentries
DĂ©cors & costumes : Karine van Hercke

 

Rigoletto : Davit Babayants
Gilda : Ulyana Aleksyuk
Le Duc de Mantoue : Fabrizio Paesano
Sparafucile : Luciano Montanaro
Maddalena : Ahlima Mhamdi
Giovanna : Eleonore Pancrazi
Le Comte Monterone : Julien VĂ©ronĂšse
Matteo Borsa : Mickaël Chapeau*
Marullo : Yvan Sautejeau*
Le Page : Julie Girerd*
Le Comte Ceprano : Jean-Christophe Picouleau*
La Comtesse Ceprano : Sylvie Martinot*

 

Choeur de l’OpĂ©ra de Tours*
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours
Coproduction Opéra de Tours, Opéra de Limoges, Opéra de Reims

 

 

DVD, compte rendu critique. LULU de BERG. Tcherniakov, Petrenko (Munich, mai 2015 – 1 dvd BelAir classiques).

LULU BERG tcherniakov kirill petrenko dvd review dvd critique par classiquenews bac129-cover-lulumunichrecto-e1500468824785DVD, compte rendu critique. LULU de BERG. Tcherniakov, Petrenko (Munich, mai 2015 – 1 dvd BelAir classiques). Dmitri Tcherniakov et Kirill Petrenko : l’affiche est prometteuse. D’auant qu’en 2015, le talent du metteur en scĂšne russe en encore rĂ©elle et intact, pas encore embrouillĂ© dans de pseudo options thĂ©Ăątrales dĂ©capantes mais dĂ©figurantes. Voir ses rĂ©cents Don Giovanni puis Carmen Ă  Aix : deux ratages complet sur le plan du temps musical et de la cohĂ©rence visuelle. Quand Berg en 1935 s’intĂ©resse au mythe de Lulu (aprĂšs le film de Papst de 1929 oĂč se fixe la figure inoubliable de Louise Brooks) selon le texte de Wedekind de 1913, il en dĂ©coule un opĂ©ra inachevĂ© (les 3 actes seront restituĂ©s en continuitĂ© par Boulez en 1979) ; incomplet mais totalement fascinant, par son Ă©trangetĂ© mĂȘme, et un univers onirique, cauchemardesque, surrĂ©aliste et pourtant d’une exceptionnelle justesse dans le portrait qu’il brosse des individus et de l’ñme humaine en gĂ©nĂ©ral.

BERG version Tcherniakov :
une Lulu plus théùtrale et labyrinthique que vocale et lyrique

Berg s’ouvre aux multiples perspectives que prĂ©sente le texte originel : obsession sexuelles, manipulation, sĂ©duction sadique donc emprise masochiste, faux semblants, 
 le tous dans un cadre circassien, oĂč la rĂ©fĂ©rence au cirque et la femme, crĂ©ature centrale de l’action, prĂ©sentĂ©e comme une bĂȘte sidĂ©rante, fascinante, dĂ©testable, renvoie au thĂ©Ăątre du monde en gĂ©nĂ©ral, la scĂšne comme synthĂšse de la sociĂ©tĂ©, et les relations qui s’y dĂ©roulent, miroirs de notre propre turpitude ordinaire. Au demeurant, Lulu, femme animal, vĂ©nale et bourreau avant d’ĂȘtre immolĂ©e Ă  son tour, est un clown fantastique et dĂ©risoire, la semblable des figures peintes par Toulouse-Lautrec, mi allĂ©gories humaines, mi prostituĂ©es, attachĂ©es au service d’un puissant.
Tcherniakov prend l’histoire Ă  la lettre, comme celle d’une descente aux enfers. Au centre de sa vision Ă©touffante mais rĂ©vĂ©latrice, – thĂ©Ăątre clinique dĂ©taillĂ© au scalpel, un palais des miroirs, – comme dans un parc forain, oĂč l’illusion et les reflets dĂ©multipliĂ©s perdent chacun des individus qui s’y trouvent. Qui s’y rencontrent et s’aimantent en une sexualitĂ© qui ne peut ĂȘtre que sauvage, destructrice. Ici rĂšgne l’intĂ©rĂȘt, la manipulation, la domination
 donc l’inhumanitĂ©. Tcherniakov depuis l’admirable (et premiĂšre mise en scĂšne lyrique, du moins l’une de ses premiĂšres que nous ayons vues
 et apprĂ©ciĂ©es), EugĂšne OnĂ©guine, souligne ce qui isole, dĂ©socialise, dĂ©structure chaque individu. OnĂ©guine comme Tatiana, dans leur solitude impuissante, Ă©taient des dĂ©calĂ©s, non intĂ©grĂ©s, des erreurs sociales, vouĂ©es au malheur. Ainsi pour Tcherniakov, Lulu Ă©tant un fantasme, une ombre en reprĂ©sentation, n’ayant une consistance que dans la projection fantasmatique qu’elle suscite chez chacune de ses victimes voyeuses (hommes ou femmes), surgit comme une idĂ©e incarnĂ©e et non pas une hĂ©roĂŻne Ă  proprement parler. Tous se frottent Ă  leur idĂŽle, en pure perte, vainement, cherchant Ă  vaincre un mal qui les concernent intimement, et qui les rongent de l’intĂ©rieur. Dans ce thĂ©Ăątre oĂč la raison est cruellement absente, perce la vacuitĂ© tragique et violente d’existences dĂ©nuĂ©s de conscience : chacun n’analysant rien de l’autre ou de sa vie propre, demeure la prie de ses pulsions les plus primaires : puissance, sexe, domination. Ainsi face Ă  Lulu sĂ©ductrice, prĂ©datrice, manipulatrice meurent ceux qui ne l’ont pas bien comprise : le peintre, le docteur Schön
 le fils de ce dernier Alwa, complĂštement sacrifiĂ© Ă  ce rituel collectif de prĂ©dation. En rĂ©alitĂ© ce que la musique nous donne Ă  Ă©couter et Ă  voir, c’est le thĂ©Ăątre de l’inhumanitĂ© dĂ©voilĂ©e. Berg dĂ©signe en l’homme sa part diabolique, perverse, maudite oĂč dĂ©file un bestiaire d’ĂȘtres ignobles. Dans ce dĂ©filĂ© abject, se dĂ©tache le profil de la Geschwitz, – une dĂ©calĂ©e elle aussi, totalement hypnotisĂ©e par Lulu
 mais Ă  l’inverse de beaucoup de production, plutĂŽt jeune (trĂšs juste Daniela Sindram; pour elle, la derniĂšre Ă©treinte avec Lulu). Dans ce palais de verre,- miroirs des obscĂ©nitĂ©s et des voyeurs, Tcherniakov rĂ©tablit la place du thĂ©Ăątre Ă  l’opĂ©ra, soulignant tout ce qu’a de glaçant et de terrifiant, chaque situation dans le rapport entre les ĂȘtres. Tout converge en dĂ©finitive vers le cynisme saisissant du IIIĂš acte, oĂč la figure de Lulu, totalement dĂ©shumanisĂ©e, comme dĂ©vitalisĂ©e de toute substance humaine, erre et se place comme absente Ă  elle-mĂȘme, poupĂ©e pantin, qui se prostitue et meurt sous les coups de lame de Jack l’Eventreur : la scĂšne s’inscrit entre rĂ©alitĂ©, fantasme, cauchemar. Une descente aux enfers. Mais ici comme Ă  son habitude, Tcherniakov rĂ©Ă©crit la fin et c’est Lulu elle mĂȘme qui se plante le couteau, dĂ©cidant elle mĂȘme de l’heure et des conditions de sa mort.
Au thĂ©Ăątre glaçant de Tcherniakov, Kirill Petrenko dessine, cisĂšle une partition en teintes millimĂ©trĂ©es, vrai travail de chambrisme intĂ©rieur dont le volume idĂ©alement nuancĂ© et mesurĂ© rĂ©tablit le chant introspectif de Lulu. La direction captive d’un bout Ă  l’autre par son sens du dĂ©tail, des atmosphĂšres, vrai labyrinthe et mosaique de sons mĂȘlĂ©s, formant un tissu scintillant qui garde cependant son mystĂšre.
Sur scĂšne, le cast joue le jeu du thĂ©Ăątre. Tous les seconds rĂŽles s’incarnent avec justesse : Christian Rieger (Medizinalrat, Bankier, Professor) Heike Grötzinger, Christof Stephinger, Rachael Wilson (Gymnasiast, Groom), mais aussi l’ex tĂ©nor mozartien en vue, Rainer Trost (le peintre, le nĂšgre) comme l’Alwa de Matthias Klink, figure convaincante elle aussi, mĂȘme si l’artiste est plus acteur que chanteur. Avec Bo Skhovus, les limites comme les qualitĂ©s de cette production, se prĂ©cisent nettement : l’acteur est prĂ©sent, indiscutablement, mais le chanteur heurte les oreilles, la faute Ă  une voix usĂ©e, parfois totalement absente. La question est donc : chez Berg, qu’est ce qui prime, chant ou thĂ©Ăątre ? 
 Les deux, nous sommes bien d’accord. Son Schön bouillonne d’humanitĂ© et de sentiments explicites (quand ses prĂ©dĂ©cesseurs prĂ©fĂ©raient la pose glaciale et distante). Plus crĂ©ature et bĂȘte sexuĂ©e que jeune femme attachante, la Lulu de Marlis Petersen affirme une Ă©vidente comprĂ©hension du personnage, avec d’autant plus de conviction que la soprano rĂ©tablit Ă  Ă©gale importance, le chant et le jeu thĂ©Ăątral. Elle a de toute Ă©vidence rĂ©pondu au travail de Tcherniakov qui manifestement prĂ©fĂšre le jeu dramatique aux possibilitĂ©s de la coloratoure. Donc la scĂšne plutĂŽt que l’ivresse sonore : pas surprenant de la part d’un metteur en scĂšne et homme de thĂ©Ăątre. Pourtant la voix prĂ©sente de nettes distorsions surtout dans la derniĂšre partie – oĂč la chanteuse doit autant parler, jouer que chanter. La soliste n’a pas la finesse du chef et c’est bien dommage. Pas sĂ»r dans ce cas que Petersen Ă©gale l’intelligence crĂ©dible et le trouble persistant de ses consoeurs plus lointaines (Stratas ou Schaefer
), ou de la plus rĂ©cente Petibon, vraie incarnation entre chant et thĂ©Ăątre.

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LULU BERG tcherniakov kirill petrenko dvd review dvd critique par classiquenews bac129-cover-lulumunichrecto-e1500468824785DVD, compte rendu critique. BERG (1885-1935) : LULU. Munich, Bayerische Staatsoper, mai 2015 (2 DVD BelAir classiques). OpĂ©ra en trois actes, livret du compositeur d’aprĂšs Frank Wedekind. Dmitri Tcherniakov, mis en scĂšne. Marlis Petersen (Lulu) ; Daniela Sindram (GrĂ€fin Geschwitz) ; Rachael Wilson (Ein Gymnasiast, Ein Groom
) ; Christian Rieger (Professor) ; Rainer Trost (Der Maler, Ein Neger) ; Bo Skovhus (Dr. Schön, Jack the Ripper) ; Matthias Klink (Alwa) ; Martin Winkler (ein TierbĂ€ndiger, 
) ; Pavlo Hunka (Schigolch) ; Wolfgang Ablinger-Sperrhacke (Der Prinz, Der Kammerdiener, Der Marquis)
 Bayerische Staatsorchester / Orchestre de l’OpĂ©ra d’État de BaviĂšre. Kirill Petrenko, direction.

Michael Spyres chante Faust de Berlioz Ă  Nantes et Angers

berlioz-damnation-de-faust-angers-nantes-opera-presentation-classiquenews-15-et-23-septembre-2017ANGERS NANTES OPERA : BERLIOZ,La Damnation de Faust de Berlioz, 15, 23 septembre 2017. AprĂšs Lohengrin de Wagner, sommet du romantisme germanique, Ă©galement prĂ©sentĂ© en version de concert (LOHENGRIN avec Daniel Kirch, Catherine Hunold, septembre 2016, LIRE notre compte rendu complet), ANGERS NANTES OPERA propose le chef d’oeuvre lyrique et symphonique le plus audacieux et expĂ©rimental de Berlioz, « notre Wagner français »  Orchestration virtuose, Ă©criture chorale et vocale d’une rare puissance dramatique, La Damnation de Faust est selon l’esprit aventureux et novateur de Berlioz, une « lĂ©gende dramatique ». La caractĂ©risation des personnages d’aprĂšs Goethe (le docteur Faust et son mentor initiateur, Mephistophele, Marguerite qui malgrĂ© ses turpitudes criminelles sera cependant sauvĂ©e et accueillie au ciel – l’opĂ©ra s’achĂšve d’ailleurs sur son apothĂ©ose-, les atmosphĂšres, l’enchaĂźnement des sĂ©quences entre fantastique et rĂ©alisme
 composent l’un des opĂ©ras les plus forts du XIXĂš, vĂ©ritable manifeste du romantisme français (crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra-Comique de Paris, le 6 dĂ©cembre 1846). Gageons que comme ce fut le cas de Lohengrin, la saison passĂ©e, cette Damnation de Faust, portĂ©e par le gĂ©nie de Berlioz et servie par une distribution prometteuse (avec dans les deux cas l’excellente Catherine Hunold, dans Lohengrin, Ortrud hallucinĂ©e et mordante ; chez Berlioz, Marguerite
), sera l’un des temps forts de la prochaine saison 2017 – 2018 d’Angers Nantes OpĂ©ra


 

 

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La Damnation de Faust de Hector
LĂ©gende dramatique en 4 parties
Présentée par ANGERS NANTES OPERA
ANGERS, Centre de congrĂšs, vendredi 15 septembre 2017, 20h30
NANTES, La Cité, samedi 23 septembre 2017, 20h30

Avec Michael Spyres (Faust), Laurent Alvaro (MĂ©phistophĂ©lĂšs), Catherine Hunold (Marguerite)
 Choeur d’Angers Nantes OpĂ©ra (Xavier RIbes, direction) / Choeur de l’OpĂ©ra de Dijon (Anass Ismat, direction) / Orchestre national des Pays de la Loire. Pascal RophĂ©, direction.

RESERVEZ VOTRE PLACE dÚs à présent

 
 

sur le site d’ANGERS NANTES OPERA
http://billetterie.angers-nantes-opera.com/reservations-spectacle-opera-css5-angersnantesopera-pg1-rg11737.htm

berlioz-damnation-de-faust-angers-nantes-opera-presentation-classiquenews-15-et-23-septembre-2017

 

 

LIRE aussi notre compte rendu critique de la Damnation de Faust de Berlioz avec Michael Spyres, sous la direction de Sir John Eliot Gardiner, au Festival Berlioz de la CÎte Saint-André, fin août 2017

 

 

LIRE AUSSI notre prĂ©sentation gĂ©nĂ©rale (pertinence, temps forts de la nouvelle saison lyrique) de la saison 2017 – 2018 d’ANGERS NANTES OPERA, l’ultime saison conçue par Jean-Paul Davois

 

 

 

CD, compte rendu, critique. Tchaikovski : MANFRED (Bychkov, 1 cd Decca).

tchaikovski manfred cd critique byychkof reviex cd classiqueenwsCD, compte rendu, critique. Tchaikovski : MANFRED (Bychkov, 1 cd Decca). CrĂ©Ă© Ă  Moscou en 1886, la partition est inspirĂ©e d’un prĂ©texte transmis par Balakirev. Les quatre parties devaient aussi inspirer Ă  Berlioz l’architecture de sa Symphonie fantastique et celle d’Harold en Italie. Chaque sĂ©quence/mouvement est habitĂ©(e) par une mĂȘme « idĂ©e fixe », et Tchaikovski retient aussi l’idĂ©e de Balakirev de joindre l’orgue dans le finale (pour l’apothĂ©ose du hĂ©ros).
Dans la premiĂšre partie, Manfred erre dans les Alpes, poursuivi par le remords d’avoir fait pĂ©rir son aimĂ©e, AstartĂ©. CulpabilitĂ©, frustration, impuissance : le lento lugubre dĂšs la premiĂšre morsure amĂšre des somptueux bassons (et cors), exprime la solitude et la mĂ©lancolie dĂ©pressive, grave et sombre qui tiraille le hĂ©ros (caractĂ©risĂ© par son propre thĂšme Ă  la clarinette basse). Bychkov Ă©tire la matiĂšre sonore, souligne tout ce qu’a de profondĂ©ment noire et tĂ©nĂ©breux, la lave orchestrale. Une immersion dans les trĂ©fonds d’une psychĂ© atteinte, dĂ©faite et dĂ©truite. Jamais Tchaikovski n’avait Ă©tĂ© aussi loin dans l’exploration d’un esprit dĂ©finitivement dĂ©pressif et condamnnĂ©. Piotr Illiytch fait siennes toutes les dĂ©faites et tourments du hĂ©ros de Lord Byron (Manfred, 1817) qui lui-mĂȘme s’inspirait du Faust de Goethe. Il faut Ă©couter le chant sombre et lyrique des violoncelles pour mesurer la dĂ©sespĂ©rance Ă  l’Ɠuvre dans le coeur du pauvre Manfred. La solitude du hĂ©ros incompris et maudit inspire Ă  Tchaikovski l’une de ses partitions certes les plus noires mais aussi les plus saisissantes par sa justesse. Bychkov trouve les accents et les couleurs idoines, Ă©clairant de l’intĂ©rieur, dans l’ombre, cette lente et inĂ©luctable dĂ©rĂ©liction. Le compositeur parvient Ă  exprimer ce qui le tenaille viscĂ©ralement : l’abandon de la grĂące, aux sources de sa propre malĂ©diction intime (chant de la clarinette en fin d’épisode, faisant surgir une lueur improbable mais rĂ©elle et tenue, qui s’inscrit dans les arpĂšges d’une harpe salvatrice
). La tempĂȘte orchestrale qui s’abat enfin sur le hĂ©ros montre l’ampleur de sa quĂȘte irrĂ©solue et totalement impuissante. Un vide exprimĂ© par une dĂ©flagration aussi bouillonnante et radicale que les accents fulgurants de ses symphonies spirituelles n°5 et 6. Fascinante submersion intime. Le tissu symphonique de Tchaikovski est l’un des plus autobiographiques qui soient : un thĂ©Ăątre Ă©loquent de la pensĂ©e en action, dans ses doutes (gouffres amĂšres) et ses rĂ©flexions contradictoires.

BYCHKOV TROUVE LES ACCENTS JUSTES D’UN TCHAIKOVSKI SAISI PAR LE SENTIMENT DE DERELICTION


Au II, la texture sonore convoque le surnaturel et le fantastique quand la fĂ©e paraĂźt Ă  Manfred dans un arc en ciel. Ici le ciel semble s’ouvrir, permettant un temps de reconstruction apaisĂ© : transparence et suprĂȘme ton d’une narration enchantĂ©e, ivre de sa propre candeur recouvrĂ©e, la direction de Bychkov sĂ©duit, captive, touche par sa sensibilitĂ© sans affectation. Ce Vivace spirito est constamment Ă©lectrisĂ© dans la lĂ©gĂšretĂ© Ă©vanescente. Elle porte toutes les audaces du hĂ©ros qui croyait les avoir perdus.

La Pastorale qui suit (III) Ă©noncĂ© par le hautbois impose une pause poĂ©tique (andante con moto), onirique d’un abandon qui souligne lĂ  encore l’aspiration impossible de Manfred Ă  l’oubli, l’insouciance, la puretĂ©, l’innocence. Son Ăąme peut-elle ĂȘtre sauvĂ©e ? Cette nouvelle incursion Ă  la fois sereine et mĂ©ditative ne peut ĂȘtre dissociĂ©e du souvenir de celle qu’il a perdue et tuĂ©e malgrĂ© lui
 Bychkov dĂ©roule le fil de cette rĂ©itĂ©ration Ă  la fois tendre et douloureuse.

tchaikovski Pyotr+Ilyich+Tchaikovsky-1IV. Dans la partie la plus dramatique qui dĂ©noue le fil maudit, Tchaikovski se souvient de Berlioz (Songe d’une nuit de Sabbat) : la Bacchanale s’impose alors (fugato terrifiant et obsessionnel), puis le thĂšme de Manfred introduit celui de l’ombre d’AstartĂ© qui pardonne au hĂ©ros, lequel peut enfin mourir (choral de l’orgue) : en rĂ©servant Ă  Manfred, une fin libĂ©rĂ©e, apaisĂ©e, spirituelle, Tchaokovski fait sa rĂ©vĂ©rence Ă  Liszt. Chef et orchestre cultivent alors une allure plus efficace, coupe mordante et affĂ»tĂ©e, en particulier dans les lignes rĂ©pĂ©tĂ©es des cordes et cuivres, insistantes et grimaçantes. L’équilibre des pupitres, le format sonore, la balance rend justice ici Ă  l’ampleur du format symphonique (LisztĂ©en).
A torts considĂ©rĂ©e comme inclassable dans le reste du catalogue, voire faible car trop redevable Ă  Berlioz (dont il est vrai Tchaikovski fait sa principale source), la partition de Manfred s’impose par son sens suggestif, une remarquable orchestration qui recherche non pas Ă  narrer ni dĂ©crire, mais exprimer l’essence du rĂȘve, du destin, d’abord le sceau inextricable d’une fatalitĂ© presque insupportable, puis le sentiment inespĂ©rĂ© de dĂ©livrance finale. Semyon Bychkov se hisse Ă  la hauteur de tous les enjeux. Ce projet Tchaikovski qui s’amorce ainsi chez DECCA, s’avĂšre de plus en plus passionnant. RĂ©vĂ©lant, la gravitĂ© et la haute spiritualitĂ©, l’exigence morale aussi qui soustend tout l’oeuvre symphonique de Piotr Illyitch. A suivre.

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CLIC_macaron_2014CD, compte rendu, critique. Tchaikovski : MANFRED symphony / The Tchaikovsky project — Czech Philharmonic, Semyon Bychkov, 1 cd Decca classics 4832320). Parution le 25 aoĂ»t 2017. CLIC de CLASSIQUENEWS.

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Livre-cd, compte rendu critique. Félicien David : C. Colomb, musique sacrée, symphonique, mélodies et musique de chambre (3 cd Palazzetto Bru Zane)

David-Christophe-Colomb-Musique-de-chambre-symphonique-et-sacree Pal bru zane cd portraits volume 4 1810 1976 review critique presentation compte rendu par classiquenewsLivre-cd, compte rendu critique. FĂ©licien David (3 cd Palazzetto Bru Zane). Le livre / 3 cd Ă©ditĂ© par le PBZ (Palazzetto Bru Zane) Ă  Venise indique Ă  l’endroit de FĂ©licien David (1810-1876), une oeuvre qui ne manque pas d’attraits, un clair tempĂ©rament dramatique, et aussi un mĂ©lodiste comme un chambriste de grande classe (cf en particulier le contenu du cd3). On restera plus rĂ©servĂ© sur le choix de la partition lyrique (Christophe Colomb de 1847, cd1) qui devait servir d’indicateur marquant pour la rĂ©Ă©valuation du style de David, premier romantique orientaliste (avec Saint-SaĂ«ns), et comme ce dernier, grand globe-troteur.
Dans le trĂšs instructif texte tĂ©moignage rĂ©digĂ© justement par Saint-SaĂ«ns, visiblement peu aprĂšs la mort de David (in memoriam FĂ©licien David), l’auditeur lecteur comprend dans quelle catĂ©gorie l’auteur de Samson plaçait celui du DĂ©sert : « un « naĂŻf » comme Haydn, mais qui n’avait qu’une intuition juste quand le maĂźtre viennois avait du gĂ©nie. VoilĂ  qui est magnifiquement rĂ©sumĂ©.

CD1. Ainsi on demeure peu convaincu par l’emphase dĂ©clamatoire des quatre parties qui forment l’ode-symphonie avec rĂ©citant, « Christophe Colomb ou la DĂ©couverte du Nouveau Monde ” (partition de 1847 qui forme comme la revanche de David au concert Ă  Paris), dont le thĂšme exotique est bien en rapport avec l’existence oxygĂ©nĂ©e, pleine d’embrums marins et d’horizons illimitĂ©s du voyageur forcenĂ© que fut le Saint-Simonien, FĂ©licien David.
BoursouflĂ©e, pompeuse, la voix usĂ©e et vibrĂ©e Ă  l’excĂšs du baryton basse Josef Wagner (aux aigus dĂ©timbrĂ©s et tendus) ne sert pas le profil du hĂ©ros, quitte Ă  le caricaturer et le schĂ©matiser dangereusement ; intintelligble, la soprano Chantal Santon semble chanter sans conviction et le tĂ©nor Julien Behr; lui aussi en manque de nuances, dĂ©mĂ©ritent. Le timbre outrĂ© lui aussi, ampoulĂ©, grandiloquent, un rien rauque et maniĂ©rĂ© du narrateur finit par agacer.
Sinueuse dans ses Ă©vocations atmosphĂ©riques, la partie III intitulĂ©e « La RĂ©volte » prĂ©sentĂ©e comme la plus inspirĂ©e, affirme en effet une belle inspiration, dessinant de somptueuses Ă©vocations dramatiques. Le silence de la mer hostile qui finit par Ă©reinter la patience de l’équipage. S’il n’était encore et toujours, la voix pseudo hallucinĂ©e du narrateur : son impossible intervention montre combien la forme mĂȘme d’un rĂ©cit dĂ©clamĂ© demeure inutile, d’autant que la musique, elle, ne manque pas d’éloquence et se suffirait Ă  elle seule. L’orchestre exprime la langueur et l’extĂ©nuation des Matelots, usĂ©s par le pĂ©riple, fatiguĂ©s d’attendre sans l’atteindre la rive libĂ©ratrice qui est leur destination
 Les 4 sections de cette partie somme toute assez courte (moins de 15 mn au total), sont un peu maigres pour dĂ©fendre une oeuvre par ailleurs … faible. Plus intĂ©ressant par contre, l’évocation de la vie des indigĂšnes, quand Colomb dĂ©couvre l’AmĂ©rique, la terre nouvelle, aux clartĂ©s de l’aurore
 dans la partie IV : “danse de sauvages”, puis Ă©lĂ©gie de la « MĂšre indienne » (air « Sur l’arbre ») Ă©voque cet orientalisme propre au plus oriental des compositeurs français romantiques des annĂ©es 1840 : les timbres dĂ©licats et caractĂ©risĂ©s de l’orchestre sur instruments anciens rendent justice Ă  cette recherche d’expressivitĂ© franche et « neuve » que recherche le compositeur.

Las dans le cd 2, mĂȘme constat d’une frĂ©nĂ©sie pas toujours trĂšs Ă©lĂ©gante de l’ouverture La Perle du BrĂ©sil (direction ampoulĂ©e, descriptive du chef d’orchestre ? : HervĂ© Niquet). Le Jugement dernier, partition qui suit, devait ĂȘtre le point culminant de son grand oeuvre lyrique et nĂ©oberliozien, Herculanum (1859) : la surenchĂšre des cuivres (trompettes, trombones), exprimant la dĂ©chĂ©ance gĂ©missante des damnĂ©s, quand les Ă©lus s’élĂšvent et gagnent le ciel paradisiaque, la langueur livide voire lugubre des cordes brossent une fresque digne du Michel Ange vaticanesque, celui trĂšs inspirĂ© et spectaculaire du Jugement dernier ; sens de la caractĂ©risation, abandon et renoncement, extase et ardeur des masses chorales (en cela le Flemish Radio Choir se montre particuliĂšrement articulĂ© : sinistre, expressif, mordant, glaçant)
 David se montre Ă  la hauteur de son sujet et ce Jugement dernier est l’une des meilleures rĂ©vĂ©lations de ce triple opus.
DAVID felicien critique presentation par classiquenews Felicien_David_2La surprise vient plutĂŽt de la Symphonie n°3, en mi bĂ©mol majeur, d’un caractĂšre lui aussi pompeux mais bien articulĂ©, qui Ă©voque MĂ©hul ou Onslow, les plus beethovĂ©niens de nos romantiques français (voir ici notre reportage Symphonies de MĂ©hul et Gossec par le chef transatlantique Bruno Procopio, dĂ©fricheur de la premiĂšre heure), et Ă  l’époque de Reber, devance les opus de Gounod, Bizet, surtout, le schumanien / mendelssohnien, ThĂ©odor Gouvy. Eclectique, David se souvient surtout de Beethoven et de Mendelssohn (jeu formel du premier mouvement notĂ© Moderato), laissant par cette diversitĂ© confondante parfois confuse du dĂ©veloppement, les spectateurs de l’époque, plutĂŽt dubitatifs. L’Andante qui suit, plus rĂȘveur voire Ă©vanescent et d’un caractĂšre onirique, se berce du timbre orientalisant du hautbois : appel aux confins des terres dont le compositeur a seul l’expĂ©rience et le souvenir encore vivace. Le Scherzo saisit par sa cabrure nerveuse et racĂ©e, d’une coupe frĂ©nĂ©tique et ardente, celle d’un Schumann survoltĂ©, moins raffinĂ© cependant. Le Finale, piaille d’un enthousiasme vert, rustique, ivre (solo de clarinette). La versatilitĂ© dont fait preuve le compositeur, trĂšs vivace dans son Ă©clectisme parisien, – au point de citer ici, une scĂšne de ballet digne de l’OpĂ©ra, offre une palette que la direction terre Ă  terre, utilitaire de HervĂ© Niquet, inscrit dans un expressionnisme souvent sirupeux qui manque hĂ©las de finesse. PĂ©taradant, grosse caisse, tout est emportĂ© dans en une frĂ©nĂ©sie linĂ©aire. C’est bien mal comprendre l’intelligence Ă  facettes, de FĂ©licien David, ses multiples rĂ©fĂ©rences et sa grande culture. Oublions vite les Six motets, – emblĂšmes du kitsch (laideur de la prise de son en sus).
Par contre, subtilitĂ© des interprĂštes oblige, les 7 mĂ©lodies ici rĂ©vĂ©lĂ©es (en ouverture du CD3) savent susciter et cultiver l’attention : le tĂ©nor tendre, superbement timbrĂ© de Cyrille Dubois (pilier de l’école française de chant, intelligible, et si peu maniĂ©rĂ© grĂące Ă  un vibrato idĂ©alement contrĂŽlĂ©) sait ciseler en vrai diseur, les images poĂ©tiques des mĂ©lodies d’un David souvent Ă©perdu, sincĂšre, faussement enjouĂ© (y compris dans l’esprit de revanche patriotique contre l’Allemagne : « nous l’avons eu votre Rhin allemand  ») : toujours mĂ©lancolique (appel du Ramier, songe d’Eoline, priĂšre orientalisante de Tristesse de l’Odalisque, de l’Egyptienne
). Le Jour des morts captive autant par ses climats lugubres et Ă©nigmatiques (presque 10 mn : c’est la plus longue des mĂ©lodies, dĂ©roulĂ©e comme un hymne tendre et douloureux). Le cycle dĂ©voile enfin la figure fascinante de FĂ©licien David, enchanteur et poĂšte, qui peine Ă  se rĂ©vĂ©ler dans les cd1 et 2.

Le Trio n°1 sous les doigts inspirĂ©s des 3 musiciens requis pour cette rĂ©vĂ©lation affirme une santĂ© revigorante, elle aussi trĂšs mendelssohnienne; haletante, printaniĂšre (premier Allegro). Voici la partition la plus directement sincĂšre de David (tendresse sans effets du Molto adagio, enfin caractĂšre Ă  la belle fiertĂ© cravachĂ©e, Ă  l’éloquence facĂ©tieuse aussi, nerveuse voire sanguine et d’une intonation idĂ©alement nuancĂ©e dans le Final-allegretto) : belle fusion des 3 tempĂ©raments chambristes pour une partition qui mĂ©ritait elle, absolument d’ĂȘtre redĂ©couverte.
Tout autant suggestif et d’une voluptĂ© nouvelle dans la rĂ©itĂ©ration de souvenirs orientalistes, le cycle « Musique pour piano », qui comprend surtout prĂšs le Soir, les 3 « brises d’Orient » (dont le Vieux Caire et sa frĂ©nĂ©sie endiablĂ©e) et « Doux Souvenir » : l’art de la miniature onirique va parfaitement Ă  David qui sait peindre et exprimer avec une facilitĂ© manifeste. Certes, le jeu comme le toucher de Jonas Vitaud sonnent souvent durs et pas assez nuancĂ©s quand il faudrait infiniement de tact et de caresses allusives pour laisser la soie tendre de l’écriture, rĂ©vĂ©ler alors des trĂ©sors de grĂące lumineuse (pourtant prĂ©sente dans les partitions). Les livres disques de cette nature sont la promesse de dĂ©couvertes majeures pour notre connaissance du romantisme français. Voici assurĂ©ment un opus qui s’avĂšre – mĂȘme dans ses limites, des plus Ă©clairants sur l’éclectisme orientalisant de FĂ©licien David, vrai tempĂ©rament original et parfois puissant, aux cĂŽtĂ©s d’une intuition naĂŻve et attachante que n’a pas manquĂ© de relevĂ© (Ă©pinglĂ©, regrettĂ©) Saint-SaĂ«ns.

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Livre-cd, compte rendu critique. FĂ©licien David (3 cd Palazzetto Bru Zane). FĂ©licien DAVID (1810 – 1876) : Christophe Colomb, musique de chambre, symphonique et sacrĂ©e. Les SiĂšcles, FX Roth. Brussels Phil., HervĂ© Niquet — enregistrements de 2014 et 2016).

CD, compte rendu critique. KISSIN : Beethoven – Lives 2006 -2016 (2 cd Deutsche Grammophon).


kissin evgeny beethoven 3 cd Deutsche grammophon review critique cd par classiquenewsCD, compte rendu critique. KISSIN : Beethoven – Lives 2006 -2016 (2 cd Deutsche Grammophon).
Rien ne remplace la tension et les conditions « sans filets » du live : le concert et le rĂ©cital offrent ici un Ă©crin stimulant pour l’inventivitĂ© sensible du pianiste Kissin qui publie pour Deutsche Grammophon, 2 cd exclusivement dĂ©diĂ©s au gĂ©nie libertaire, rĂ©volutionnaire, inclassable, – promĂ©thĂ©en-, du grand Ludwig. Le cd 1 fait valoir la saisissante ductilitĂ© du toucher de Kissin, sa qualitĂ© Ă  varier, caractĂ©riser, investir chaque sĂ©quence, malgrĂ© une vertigineuse diversitĂ© de rythmes comme d’atmosphĂšres. La n°3 opus 2.3 (SĂ©oul, 2006), diffuse une expressivitĂ© facĂ©tieuse, enjouĂ©e entre Mozart et le premier Beethoven (effervescence et Ă©lectisation de son finale : Allegro assai).

Plus encore fougueux dans une ivresse et radicalitĂ© aux contrastes parfois violents et rĂągeurs, les 32 Variations de 1807 (Montpellier, 2007), accroche constamment l’écoute et l’attention par leur frĂ©nĂ©sie ivre et vertigineuse, oĂč le toucher ose toutes les Ă©motions, vrai creuset de sentiments et humeurs les plus variĂ©s : Kissin met sa formidable implication et Ă©loquence digitale au service des 32 sĂ©quences qui montrent l’étendue de l’imagination beethovĂ©nienne. SidĂ©rant. EnregistrĂ©e plus rĂ©cemment Ă  Carnegie Hall en 2012, La Clair de lune (1801), en prise plus lointaine et presque diluĂ©e et fantomatique enchante par la souplesse caressante, infiniment nostalgique de ses tempi, dĂšs le premier Ă©pisode (Adagio sostenuto) et sa rĂȘverie Ă  la fois hallucinĂ©e et blessĂ©e. L’Allegretto et le Trio qui composent le second mouvement captivent par leur juvĂ©nilitĂ© et leur insouciance, nettoyĂ©es de toutes tension. Puis le Presto agitato, abordĂ© stricto sensu, impose un rythme endiablĂ© Ă  l’irrĂ©pressible prĂ©cipitation, – une urgence inextinguible, -vraie course dĂ©lirante dont la motricitĂ© laisse dĂ©concertĂ© par la charge violente qui s’est libĂ©rĂ©e soudainement sous les doigts fabuleux du pianiste habitĂ©. La pensĂ©e de l’interprĂšte dessine des cheminements absolument fascinants, assumĂ©s, et mĂȘme terrifiant par le extrĂȘme intensitĂ©. Magistral.

 

Le cd2 est emblĂ©matique de la fureur articulĂ©e toujours Ă©minament mĂ©ditative et intĂ©rieure dont est capable le Kissin d’aujourd’hui, jamais Ă©pais ni large, malgrĂ© sa filiation avec l’école russe de piano ; mais d’une vibrante sensibilitĂ©, sachant fusionner articulation et puissance. TrĂšs rĂ©cente (Concertgebouw Amsterdam, 2016), l’Appassionata (1805), crĂ©pite, se tend, bondit, – vĂ©ritable fĂ©lin, plus guĂ©pard muscles saillants que lutin enchanteur, Kissin moderne affirme
une Ă©nergie radicale qui rĂ©invente totalement la puissance architectonique de la Sonate BeethovĂ©nienne. Il en traverse et en exprime toutes les perspectives et audaces avec une fureur Ă  peine masquĂ©e, mais ĂŽ combien maĂźtrisĂ©e, toujours colorĂ©e, galbĂ©e avec un esprit crĂ©pusculaire, hautement romantique : vif argent, Ă  la volontĂ© et Ă  l’ambition exacerbĂ©es. D’une radicalitĂ© Ă  la fois expĂ©rimentale et rĂ©volutionnaire. Beethoven se dresse alors en guide, visionnaire, agent, acteur d’un nouveau monde. Ligne et cri Ă  la fois, Kissin fait surgir hors de la partition toute la force d’un gĂ©nie qui fait exploser le cadre. Magistrale hauteur de vue (Allegro assai initial). BĂątisseur et non destructeur, l’autoritĂ© poĂ©tique qui pilote et conduit l’Andante con moto frappe par sa largeur de vue lĂ  encore.

 

 

10 annĂ©es d’analyse BeethovĂ©nienne livrent aujourd’hui ce
BEETHOVEN INCANDESCENT
sous les doigts prophétiques, vif-argent du prométhéen Evgeny Kissin

 

 

 

kissin-betthoven-deutsche-grammophon-2-cd-review-critique-par-classiquenews-kissin201707008a_1503389101_1503390254_1503390254.jpgLe pianiste moscovite, naturalisĂ© anglais et israĂ©lien (2013), nĂ© en 1971, force l’admiration par l’autoritĂ© d’un jeu qui sait construire, voit grand, frĂ©mit de nuances soujacentes littĂ©ralement captivantes. Et comme une lave nerveuse, fĂ©line encore, le flux impĂ©tueux du dernier mouvement Allegro ma non troppo se gorge d’une vitalitĂ© primitive qui rĂ©active la force d’un commencement du monde ; Kissin trouve par une digitalitĂ© fluide, Ă©ruptive, incandescente, le jaillissement premier d’une aube oĂč se love la promesse d’une Ăšre nouvelle. CrĂ©pitements, espoirs, scintillements et cris : la palette du pianiste ose tous les contrastes rĂ©tablissant dans ce finale en forme de course et de tumulte, l’énergie premiĂšre, prĂ©alable Ă  une reconstruction salvatrice. Le pianiste quadragĂ©naire semble y vaincre toutes les forces contraires, redessinant les frontiĂšres d’un nouvel espace. VolontĂ©, imagination, autoritĂ©, extrĂȘme prĂ©cision : l’interprĂšte a tout. Dans ce combat de titans, Ă©mane une Ă©nergie souvent irrĂ©sistible. 10 ans auparavant, Les Adieux (1810), au Musikverein de Vienne (2006), ont dĂ©jĂ  ce goĂ»t pour le risque, les vertiges abrupts, le crĂ©pitement sinueux mais d’une claire intention motrice qui affirme un tempĂ©rament douĂ© d’une extrĂȘme clairvoyance. Le Beethoven de Kissin est exaltĂ©, autoritaire, d’une infaillible expressivitĂ©, jamais bavard ni narratif ; vrai et sincĂšre. Les Adieux en leur premier mouvement, installe une hypersensibilitĂ© presque inquiĂšte et frĂ©missante qui s’avĂšre parfaitement cohĂ©rente au titre. Puis le mouvement suivant « L’Absence » rĂ©sonne d’une douleur secrĂšte et sourde, Ă©noncĂ©e comme une tendre rĂ©itĂ©ration d’un sĂ©jour bienheureux et perdu : Kissin se fond dans le labyrinthe intime d’un Beethoven qui souffre, saigne mais demeure pourtant d’une pudeur inaltĂ©rable. Nuances, phrasĂ©s enchantent s’il n’était Ă©videmment, – live oblige-, les toux et nuisances multiples du public. Le jeu du pianiste impose un tout autre monde, une conscience qui dĂ©jĂ  s’inscrit dans une mĂ©taphysique de la rĂ©demption (l’amertume y est recyclĂ©e en force absolue). Le Retour confirme la totale victoire, l’exaltation irrĂ©pressible d’un coeur comblĂ©, Ă©perdu, d’une joie Ă©chevelĂ©e. Kissin, gĂ©nial, fait de cette trilogie, un opĂ©ra du cƓur, un drame aux rebondissements, Ă©clairs, scintillements d’une volubilitĂ© lĂ  aussi stupĂ©fiante de fluiditĂ© comme d’éloquence. La dynamique requise « Vivacissimamente », unique dans la catalogue poĂ©tique de Ludwig exige un talent 
 promĂ©thĂ©en, qui jongle climats et caractĂšres avec une insolente et bouleversante continuitĂ©. Tout le talent du Kissin enchanteur et profond est lĂ , dans ce Retour d’une ineffable joie spirituelle.

 
 
 

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CLIC D'OR macaron 200CD, compte rendu critique. EVGENY KISSIN : BEETHOVEN. Sonates n°3, n°14 « Clair de lune », n°23 « Appassionata », n°26 « Les Adieux », n°32. 32 Varations en ut mineur. Evgeny Kissin, piano (Lives, 2006-2016). 2 cd Deutsche Grammophon – CLIC de CLASSIQUENEWS.COM de septembre 2017.

 

 

CD, coffret. Compte rendu critique. RICHARD WAGNER : Der Ring des Nibelungen – 14 cd RCA / SONY Classical / 1981-1983)

wagner janowski der ring des nibelungen 14 cd coffret box review cd critique cd par classiquenews synthese et pertinence artistique classiquenewsCD, coffret. Compte rendu critique. RICHARD WAGNER : Der Ring des Nibelungen – 14 cd RCA / SONY Classical / 1981-1983). Et dire que certaines oreilles plus pincĂ©es que fines ont jetĂ© aux orties cette intĂ©grale WagnĂ©rienne (enregistrĂ©e de 1981 Ă  1983), au motif que le chef allait faire bien mieux trois dĂ©cennies aprĂšs avec un autre orchestre (de la Radio berlinoise). Pourtant la distribution dĂšs le dĂ©but des annĂ©es 1980, s’avĂšre passionnante bien supĂ©rieure Ă  ce qui se faisait alors Ă  Bayreuth et ailleurs. Quant la plupart des directeurs prĂ©fĂšrent les portes voix hurleurs pour « passer » la fosse (non enterrĂ©e comme Ă  Bayreuth selon le voeu de Wagner), Marek Janowski prĂ©fĂšre choisir ses chanteurs dans le sens d’un thĂ©Ăątre psychologique et intimiste, avec une balance chambriste, rĂ©Ă©clairant Ă©videmment les situations dramatiques. Dans le sillon d’un Karajan, le chef allemand d’origine polonaise s’accorde au dĂ©fi d’un Wagner humain, aussi psychologique que dramatique. Or l’on sait combien la manipulation et la perversitĂ© cynique sont Ă  l’Ɠuvre dans le Ring. C’est souligner en dĂ©finitive le bien fondĂ© de sa dĂ©marche.

 

 

Le RING de Janowski, un théùtre psychologique

 

D’autant que l’orchestre de la Staatskapelle de Dresde est d’une subtilitĂ© instrumentale riche autant en intentions dramatiques voire psychologiques, qui s’accorde idĂ©alement Ă  la maĂźtrise globale du chef l’un des grands WagnĂ©riens Ă  rĂ©habiliter d’urgence, d’autant plus incontournable que l’Ă©tĂ© 2017 le revoit Ă  Bayreuth dans un Ring musicalement impeccable, soignĂ©, raffinĂ© et dramatique (d’ailleurs France musique diffuse les 3 derniĂšres JournĂ©es de cette TĂ©tralogie 2017 Ă  suivre
 Lire notre prĂ©sentation de la TĂ©tralogie / Der Ring des Nibelungen Bayreuth 2017 par Marek Janowski).

Pourquoi réévaluer le RING de Janowski ?

 

norman jessye divaLes arguments les plus irrĂ©sistibles en sont Jessye Norman, Sieglinde de rĂȘve enivrĂ©e, amoureuse, lumineuse et d’une radicalitĂ© Ă©poustouflante, dans l’intention et l’articulation d’autant que face Ă  elle, les rĂ©pliques du Siegmund de Siegfried Jerusalem est plus que convaincant : lui aussi incarnĂ©, habitĂ© pour une trop brĂšve sĂ©quence de plĂ©nitude amoureuse, le seul Ă©pisode vĂ©ritablement heureux de toute la TĂ©tralogie. La lyre sentimentale enfin dĂ©barrassĂ©e de toute entrave se dĂ©ploie ici, mieux que dans Tristan und Isolde qui eux ne peuvent vivre leur union, sauf sous couvert de la nuit dissimulatrice. Les WĂ€lsungen, frĂšre et sƓur incestueux, s’accordent un court temps d’extase Ă©perdue (Acte I de La Walkyrie) ; malgrĂ© la noire jalousie de Hunding, l’époux brutal, diabolique de Sieglinde
 De cette union bĂ©nie allait naĂźtre le hĂ©ros Ă  venir : Siegfried.
MĂȘme engouement pour le Loge astucieux, fin, trouble, vĂ©ritable magicien de l’instant et enchanteur allusif, du tĂ©nor Peter Schreier (qui connaĂźt d’autant mieux le rĂŽle qu’il l’a aussi incarnĂ© pour Karajan au cd comme au dvd, c’est dire). Son Mime dans Siegfried saisit tout autant par la vĂ©ritĂ© et la finesse de sa caractĂ©risation. Schreier fut un acteur Ă  l’articulation fine et phrasĂ©e soit une maĂźtrise linguistique et dramatique exceptionnelle qui impose un modĂšle d’incarnation chez Wagner.
Tout aussi luxueux et d’une vĂ©ritĂ© dramatique parfaitement associĂ©e au chant calibrĂ© de la parure orchestrale, les noirs et malĂ©fiques, Kurt Moll (Hunding) et l’inoubliable basse Matti Salminen (Hagen), qui fait aussi un excellent et caverneux gĂ©ant Fafner (dans l’Or du Rhin / Reingold).

La Fricka d’Yvonne Minton est subtile et prĂ©cise d’une caractĂ©risation trĂšs juste : en elle s’affirment de plus en plus l’obligation de la loi, celle Ă©dictĂ©e par Wotan qui est le premier Ă  en souffrir contradictoirement. Norma Sharp fait l’oiseau de la forĂȘt le plus suggestif qui soit, merveille de beau chant complice et enchanteur. Sa sensualitĂ© active renforce l’onirisme de la geste de Siegfried qui se dĂ©ploie alors
. Rayonnante bravoure avant la faiblesse tragique qui s’avĂšrera auto destructrice pour le hĂ©ros courageux mais trop naĂŻf dans l’opĂ©ra suivant (le crĂ©puscule des dieux).
On voit bien que ce Ring fut trop vite Ă©cartĂ© : une Ă©coute attentive montre le souci de l’articulation dramatique, le sens de l’approfondissement psychique des caractĂšres, lesquels Ă©voluent considĂ©rablement d’une JournĂ©e Ă  l’autre ; Ă  tel point que, avant l’écriture cinĂ©matographique, l’orchestre semble varier les points de vue, d’actes en actes, privilĂ©giant l’analyse d’une situation selon le regard qu’en a, tel ou tel protagoniste. De cet Ă©cheveau de conceptions psychologiques, Janowski fait un drame collectif passionnant Ă  suivre. A rĂ©Ă©couter d’urgence. Ce Ring de Janowski est le premier cycle intĂ©gral conçu pour le disque et le studio, aprĂšs l’intĂ©grale lĂ©gendaire – premiĂšre stĂ©rĂ©o du Ring, par Sir Georg Solti pour Decca Ă  partir de 1958.

 

 

wagner_gotterdammerung_4cd_sony_opera_houseRĂ©vĂ©lation du Wagner symphoniste… Et pour mieux estimer encore l’apport du chef Janowski au Wagner symphoniste, lire notre prĂ©sentation du seul CrĂ©puscule des dieux, au moment de rĂ©Ă©dition en coffret seul (4 cd) par Sony (2013) :   » A notre avis, le symphoniste wagnĂ©rien n’a pas encore Ă©tĂ© suffisamment cĂ©lĂ©brĂ© dans une telle direction au souffle indiscutable. De ce point de vue le sommet du Ring, Le CrĂ©puscule des Dieux offre une vision orchestrale d’un fini irrĂ©sistible avec des Ă©clairs chambristes rĂ©ellement passionnants, une balance instrumentale certainement trĂšs proche du dispositif Bayreuth souhaitĂ© par Wagner. » / collection Sony opera house (4 cd The Sony Opera House).

 

 

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CLIC_macaron_2014CD, coffret. Compte rendu critique. RICHARD WAGNER : Der Ring des Nibelungen – 14 cd RCA red seal / SONY Classical 2013.

Theo Adam, Matti Salminen, Kurt Moll, Siegmund Nimsgern (basses)
Siegfried Jerusalem, René Kollo, Peter Schreier, Christian Vogel (ténors)
Jeannine Altmeyer, Jessye Norman, Norma Sharp, Lucia Popp, Cheryl Studer (sopranos), Yvonne Minton, Ortrun Wenkel (mezzo-sopranos)


MĂ€nner des Staatsopernchores Leipzig
Staatsopernchor Dresden
Staatskapelle Dresden
Marek Janowski, direction (enregistrement réalisé de 1981 à 1983)

 

 

CD, compte rendu critique. NOVUS QUARTET : Quatuor n°1, Souvenirs de Florence de Tchaikovski (1 cd Aparté)

NOVUS QUARTET Tchaikovski-String-Quartet-numero-1CD, compte rendu critique. NOVUS QUARTET : Quatuor n°1, Souvenirs de Florence de Tchaikovski (1 cd Aparté). Reçu en écoute cet été, le programme enregistré en 2016, et qui sortira fin août, confirme la maturité de ce jeune quatuor à cordes provenant de Corée et fondé en 2007 : NSQ pour NOVUS strings Quartet. Ses solistes peaufinent encore leur aptitude (réelle) auprÚs de leurs ainés du Quatuor Belcea, depuis janvier 2016, lequel agit comme un mentor et un guide esthétique, artistique, technique.
De tout cela et davantage encore, il en faut dans les Quatuors de Tchaikovski qui donnent ses lettres de noblesse Ă  un genre boudĂ© traditionnellement par les Russes parce que connotĂ© « trop occidental » ; donc Ă©cartĂ© par le groupe des Cinq, mais Borodine et Tchaikovski s’y illustrent avec une maestriĂ  imprĂ©vue, exemplaire outrepassant leurs modĂšles germaniques, grĂące Ă  une inspiration (dans le cas de Piotr Illiytch), nettement chorĂ©graphique et populaire (couplĂ©e avec une sĂ»retĂ© des intentions et une vision de l’architecture, saisissantes).
Des 3 Quatuors composĂ©s par le jeune Tchaikovski, le Premier en rĂ© majeur opus 11 est celui du professeur au Conservatoire de Moscou, fondĂ© par son ami Nicolas Rubunstein, qui souhaite surtout faire valoir ses aptitudes de compositeur. Pour le concert de mars 1871, Tchaikovski fait donc crĂ©er son Quatuor qui frappe par la densitĂ© grave de son architecture et la finesse de ses trouvailles mĂ©lodiques. Schubertien dĂšs le mouvement premier, Piotr se montre d’une subtilitĂ© d’intonation qui Ă©maille la riche texture et le parcours innervĂ© d’éclairs fugaces, mais exprimĂ©s et portĂ©s avec une flexibilitĂ© exemplaire dans l’écriture. Le second mouvement (Andante cantabile), avec sourdines, frappe par l’intĂ©rioritĂ© tendre de sa mĂ©lodie, nostalgique et suave, – qui tira les larmes Ă  TolstoĂŻ quand il Ă©couta l’Ɠuvre en 1876. La finesse de Tchaikovski est de fusionner authentiques motifs populaires (chanson ukrainienne) d’une rusticitĂ© primitive intacte, et grande sĂ©duction du style, au fini extrĂȘmement soignĂ© (contrepoint fluide et murmurĂ©).
Les Quatre instrumentistes corĂ©ens savent exprimer la joie premiĂšre, rustre de la danse paysanne dans le Scherzo, avant l’ampleur et l’imagination orchestrale du Finale, vraie mouvement de symphonie qui s’achĂšve vivace avec un Ă©clat juvĂ©nile, triomphal mais pas solennel.

 

 

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Ils sont rejoints par deux instrumentistes plus connues pour assurer les alto 2 et  violoncelle 2 dans Souvenir de Florence, partition de pleine maturitĂ© qui est contemporaine du sĂ©jour heureux Ă  Florence aprĂšs les succĂšs de la Belle au Bois Dormant et tandis que, en 1890, Tchaikovski compose La Dame de Pique (rĂ©fĂ©rence Ă  Hermann dans la coda du mouvement 1). Les 6 voix solistes du Sextuor contrastent avec la noirceur lugubre de l’opĂ©ra. DĂ©diĂ©s Ă  sa protectrice, Madame Meck, Piotr excelle Ă  tisser un contrepoint jamais bavard, qui touche par sa sincĂ©ritĂ©. Pourtant, l’hommage dĂ©bouchera sur une rupture : la Meck dĂ©sirant couper court Ă  leur relation pourtant ancienne. Et dĂ©terminante pour le compositeur. L’oeuvre est crĂ©Ă©e Ă  Saint-PĂ©tersbourg en 1892 dans sa version dĂ©finitive. Les interprĂštes soignent la couleur frĂ©nĂ©tique et chorĂ©graphique du trĂšs beau premier mouvement Allegro con spirito qui sonne aussi intense et lyrique que celui de Richard Strauss pour l’Ouverture de son opĂ©ra Capriccio (1942). Dans le second mouvement, Adagio cantabile e con moto (rĂ© majeur), le geste collectif est d’une suave langueur, d’un abandon Ă©perdu (duo violon / violoncelle), jusqu’au gĂ©nial final aprĂšs le vif et dĂ©lirant Moderato central, quand les six archets Ă©noncent chacun une phrase en bref crescendo jusqu’à la dominante de rĂ©solution, un la
 libĂ©ratoire. Tension, dĂ©tente, ivresse : tout est mesurĂ©, calibrĂ© avec une intĂ©rioritĂ© qui bouleverse par sa justesse. Et une brillance lĂ©gĂšre qui Ă©carte tout pathos (si insupportable chez Tchaikovski). Les souvenirs et rĂ©itĂ©rations dont il est question, n’ont rien de florentins ; au contraire c’est la rĂ©ponse de Piotr Ă  l’essor d’une domination artistique occidentale prĂ©tendue. Rien de telle avec lui; sa plume reste viscĂ©ralement enracinĂ©e dans le terroir des topiques russes.

 

 

CLIC_macaron_2014La grande versatilitĂ© sensible des jeunes corĂ©ens emportent lĂ  encore le tissu sonore idĂ©al que beaucoup, ailleurs, rendent trop acadĂ©mique et sĂ©rieux. Souvent aride voire sec. Ici, c’est l’éloquence du surgissement, la vivacitĂ© collective 
 rĂ©solues dans une articulation contrapuntique idĂ©alement perceptible
 qui font mouche. Ces mousquetaires asiatiques signent par leur engagement et leur justesse agogique, leur meilleur album. Leur discographie n’est pas grande certes, mais ce disque nouveau vaut jalon qui annonce de grandes promesses. Il Ă©tait donc temps que les jeunes surdouĂ©s corĂ©ens, si nombreux dans compĂ©titions et concours, parviennent enfin Ă  affirmer une sonoritĂ© et un geste, une vision et une intensitĂ© convaincante, originale et juste dans la formation du Quatuor Ă  cordes. Les quatre instrumentistes du Quatuor Novus ont tout cela. A suivre dĂ©sormais pas Ă  pas.

 

 

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CD, compte rendu critique. NOVUS QUARTET : Quatuor n°1, Souvenirs de Florence de Tchaikovski (1 cd ApartĂ©) — parution le 25 aoĂ»t 2017. Avec O. Gaillard et L. Berthaud, respectivement, violoncelle 2 et alto 2 dans Souvenirs. CLIC de CLASSIQUENEWS.

 

 

CD, compte rendu critique. DVORAK : STABAT MATER (Belohlavek, Prague mars 2016, 1 cd Decca)

dvorak stabat mater jiri belohlavek decca cd spyres kulman park cd review critique cd classiquenews CLIC de classiquenews decca cd review Titelive_0028948315109_D_0028948315109CD, compte rendu critique. DVORAK : STABAT MATER (Belohlavek, Prague mars 2016, 1 cd Decca). Etrangement la Philharmonie TchĂšque / Czech Philharmonic sonne dĂ©mesurĂ©e dans une prise de son Ă  la rĂ©verbĂ©ration couvrante qui tant Ă  diluer et Ă  noyer le dĂ©tail des timbres, comme le relief des parties : orchestre, solistes, choeur (Prague Philharmonic Choir). Heureusement, la direction tendre de Jiri Belohlavek Ă©vite d’écraser et d’épaissir, malgrĂ© l’importance des effectifs et le traitement sonore plutĂŽt rond et indistinct. Le maestro  praguois devait s’Ă©teindre quelques semaines aprĂšs l’enregistrement du Stabat Mater, le 31 mai 2017 Ă  71 ans. C’est presque un contresens pour une partition qui plonge dans l’affliction la plus dĂ©chirante, celle d’un pĂšre (Dvorak) encore saisi par la perte de ses enfants Josefa en septembre 1875, puis ses ainĂ©es : Ruzenka et Ottokar. Fini en 1877, crĂ©Ă© Ă  Prague en 1880, le Stabat Mater imposa un tempĂ©rament puissant, Ă  la fois naif et grandiose, qui alors, confirmait l’enthousiasme de Brahms (trĂšs admiratif la Symphonie n°3 de Dvorak). L’étonannte franchise et sincĂ©ritĂ© de la paritition valut partout oĂč elle fut crĂ©Ă©e, un triomphe Ă  son auteur (dont Ă  Londres oĂč il dirigea lui-mĂȘme la fresque bouleversante en 1884).
C’est pourquoi l’oeuvre alterne constamment entre le dĂ©sir de paix et d’acceptation, et la profonde dĂ©chirure de la douleur et du sentiment immense, irrĂ©pressible d’impuissance comme d’injustice. TrĂšs libre quant Ă  la liturgie, – comme Brahms et l’élaboration de son Requiem Allemand, Dvorak façonne son Stabat Mater comme un hymne personnel Ă  la Vierge douloureuse, rĂ©confortante, admirable.

L’Ampleur et l’épaisseur brahmsienne s’invitent ainsi dans la tenue de l’orchestre du cd2 – parfois trop solennelle, Ă©crasante mĂȘme, particuliĂšrement dans l’intro pour l’air de tĂ©nor (avec choeur) : « Fac me vere tecum flere », d’une attĂ©nuation plus tendre grĂące au timbre hĂ©roĂŻque et trĂšs rond du tĂ©nor amĂ©ricain Michael Spyres ; air de compassion, aux cĂŽtĂ©s de la mĂšre endeuillĂ©e, face au Fils crucifiĂ©, rempli de recueillement et aussi de volontĂ© parfois colĂ©reuse


AprĂšs la sĂ©quence purement chorale (tendresse souple du choeur Ă©voquant Marie / plage 2, cd2), le duo soprano et tĂ©nor (VIII. Fac ut portem Christi mortem / Fais que supporte la mort du Christ) affirme la trĂšs forte caractĂ©risation des parties solistes ; le duo exprime le dĂ©sir des solistes de supporter l’affliction nĂ©e du deuil et de la perte. Les deux voix s’engouffrent dans la peine divine et la souffrance du Fils. Soprano et tĂ©nor trouvent l’intonation juste, entre dĂ©ploration et pudique exhortation, mais elles sont souvent noyĂ©es dans le magma orchestral.

Plus Ă©nergique et presque conquĂ©rant, l’air de l’alto (Inflammatus), prenant Ă  tĂ©moin aussi la Vierge courageuse et compatissante affirme le beau tempĂ©rament de Elisabeth Kulman, trĂšs respectueuse de l’intĂ©rioritĂ© mesurĂ©e de cet andante maestoso : la voix Ă©carte toute solennitĂ©, et intensifie la priĂšre individuelle d’une fervente « rĂ©chauffĂ©e par la grĂące » de Marie, attĂ©nuation finale d’une douleur enfin mieux vĂ©cue.

Le chef trouve des accents plus pointillistes Ă  l’orchestre et idĂ©alement accordĂ©s au quatuor vocal, Ă  la fois attendri et sincĂšre dans des accents plus francs et directs ; toujours, le geste semble mesurer l’ampleur du dolorisme que la mort implacable et injuste suscite (vague du collectif renforcĂ© par le choeur grandiose), alternĂ© par une priĂšre fervente trĂšs incarnĂ©e, soudainement lumineuse Ă  l’énoncĂ© du Paradis promis Ă  l’ñme Ă©plorĂ©e.
Jiri Belohlavek force le trait dans la solennitĂ©, confĂ©rant Ă  la fresque de Dvorak, une Ă©paisseur majestueuse beethovĂ©nienne (Missa Solemnis) et une trĂšs forte charge introspective (Brahmsienne). Le finale est une arche plus impressionnante et spectaculaire (de surcroĂźt dans un espace trĂšs rĂ©verbĂ©rĂ©) que retenue ; et le chef joue sur le grandiose des effectifs en nombre. MalgrĂ© la spatialisation large et la prise de son diluĂ©e, le chef trouve l’intonation juste dans les derniĂšres mesures aux cordes qui dessinent l’espoir d’une aube nouvelle, rĂ©solvant la charge de tant de ferveur antĂ©rieure. Dans la salle Dvoral au Rudolfinum de Prague, le cĂ©rĂ©moniel l’emporte sur la vĂ©ritable intimitĂ© de la ferveur. La fresque parfois dĂ©mesurĂ©e, dĂ©borde du sentiment individuel pourtant contenu dans une partition Ă  la trĂšs forte coloration autobiographique. Autour du chef, les Ă©quipes rĂ©unies : chƓur, orchestre, solistes cĂ©lĂšbrent surtout un monument national, et aussi assurĂ©ment l’engagement d’un chef alors ĂągĂ©, reconnu pour sa dĂ©fense du rĂ©pertoire national.

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CD, compte rendu critique. DVORAK : STABAT MATER (Belohlavek, Prague mars 2016, 1 cd Decca)

CD coffret, annonce. ESA-PEKKA SALONEN CONDUCTS STRAVINSKY (7 cd Sony classical : 1988 – 1992).

sony classical salonen esa-pekka salonen conducts stravinsky 7cd sony classical announce review critique cd par classiquenewsCD coffret, annonce. ESA-PEKKA SALONEN CONDUCTS STRAVINSKY (7 cd Sony classical : 1988 – 1992). La baguette de EP Salonen presque trentenaire au dĂ©but des annĂ©es 1990 affirme une finesse d’articulation, une clartĂ© architecturale, un relief dĂ©taillĂ© instrumental qui fait mouche Ă©videmment au service du rythmique et percutant Stravinsky. Ce coffret regroupant les enregistrements rĂ©alisĂ©s par le jeune chef finlandais nĂ© en 1958 (Helsinki) ne dĂ©ment pas les qualitĂ©s de cette maĂźtrise qui sait soigner la lisibilitĂ© de l’arĂȘte dramatique et le grand hĂ©donisme harmonique, le subtil buffet des nuances de timbres dont Stravinsky a le secret. Le cycle ainsi rĂ©alisĂ© prĂ©cĂšde sa nommination comme directeur musical du Philharmonique de Los Angeles (1992). Avec la phalange amĂ©ricaine, on distinguera cependant ici, dans le copieux programme du cd5, le Concerto en ut pour violon, gravĂ© en nov 1992 justement)
 Les orchestres sont variĂ©s, surtout le Philharmonia Orchestra (3 premiers cd : 1,2 et 3; respectivement pour Petrushka et Orpheus / 1991 et 1992, pour L’oiseau de feu et Jeu de cartes / Londres, 1988, pour Le Sacre du printemps et la Symphonie en 3 mouvements / 1989), le London Sinfonietta (cd4 : Pulcinella version de 1965 / Renard / Octet-Octuor, version 1952 ; cd5 :Capriccio pour piano, Symphonie pour vents, Concerto pour piano / version 1950, et le mouvement pour piano et orchestra – tous enregistrĂ©s en 1988 ; cd6, Cantate, avril 1990), et aussi le Stockholm Chamber orchestra (cd6 : Apollon MusagĂšte, ballet en deux actes, version 1947, gravĂ© en septembre 1990), comme l’Orchestre symphonique de la Radio SuĂ©doise pour l’excellente et trĂšs subtile version de l’oratorio Oedipus Rex (avec Vinson Cole en Oedipe et le narrateur de Patrice ChĂ©reau, Stockholm, mai 1991 – cd7). On apprĂ©cie en particulier, joyaux orchestraux scintillants et portĂ©s par une juvĂ©nile frĂ©nĂ©sie colorĂ©e d’élĂ©gance et d’un exceptionnel sens de l’équilibre : le vaillant Petruchka, les couleurs flamboyantes de son Oiseau de feu ; surtout l’ivresse ryhtmique du Sacre
 dans la Cantate comme dans ce fabuleux Oedipus Rex, d’une sobriĂ©tĂ© flamboyante et nette, percussive, dessinĂ©e comme un relief antique, jaillit et Ă©blouit une sensibilitĂ© ardente, vif argent, de jeune lĂ©opard agile et de guĂ©pard bondissant d’une fĂ©line Ă©lĂ©gance. Cycle magistral, pilier de la discographie. Critique complĂšte Ă  venir dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

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CD coffret, annonce. ESA-PEKKA SALONEN CONDUCTS STRAVINSKY (7 cd Sony classical : 1988 – 1992). CLIC de classiquenews de juin 2017

TOULOUSE : nouvelle production du ProphĂšte de Meyerbeer

meyerbeer_dapres_p_0TOULOUSE, Capitole. MEYERBEER : Le ProphĂšte. 23 juin / 2 juillet 2017. Nouvelle production. Au sommet de son Ă©criture et de sa gloire, Meyerbeer conçoit Le ProphĂšte crĂ©Ă© en 1849. 7 ans auparavant, le compositeur juif est devenu directeur musical gĂ©nĂ©ral de la ville de Berlin (Ă  la succession de Spontini), sur dĂ©cision de FrĂ©dĂ©ric-Guillaume IV, couronnĂ© depuis 1840 et grand mĂ©lomane. C’est aussi un amateur d’opĂ©ra qui a trĂšs vite dĂ©celĂ© chez Giacomo Meyerbeer un sens innĂ©, voire magistral du spectacle total, bientĂŽt perfectionnĂ© par Wagner Ă  la fin du siĂšcle. C’est que Meyerbeer pense en terme autant visuel que musical et dramatique. En rĂ©alitĂ©, Le ProphĂšte Ă©tait prĂȘt bien avant la RĂ©volution de 1848, c’est Ă  dire dĂšs 1841. GĂ©nie crĂ©ateur reconnu et estimĂ©, Meyerbeer qui est aussi connu Ă  Berlin qu’à Paris, fait donc crĂ©Ă© au ThĂ©Ăątre de la nation, Ă  Paris, l’ouvrage qui attend, en particulier pour la rĂ©ouverture de la saison lyrique qui suit les troubles politiques et rĂ©volutionnaires. DĂ©jĂ  Robert le Diable avait sauvĂ© les caisses du thĂ©Ăątre lyrique français. Le ProphĂšte s’avĂšre ĂȘtre un nouveau moyen pour l’Administration officielle de retrouver une situation financiĂšre saine d’avant 1848. DĂšs sa crĂ©ation en avril 1849, Le ProphĂšte saisit par sa puissance poĂ©tique, sa force dramatique, l’élĂ©gance de son Ă©criture. Conçu dĂšs aprĂšs la rĂ©alisation des Huguenots (1840-1841), Le ProphĂšte a nĂ©cessitĂ© 23 rĂ©pĂ©titions : une cadence exceptionnelle Ă  la mesure du perfectionnisme fameux de Meyerbeer. CrĂ©Ă©e Ă  Paris, l’ouvrage majeur est crĂ©Ă© en italien Ă  Londres quelques mois aprĂšs, puis en allemand Ă  Hambourg : les contemporains avaient remarquĂ© la cohĂ©rence de la production dĂ©fendue par le compositeur, arbitre des choix musicaux, scĂ©nographiques et dramaturgiques. Une unitĂ© qui est aujourd’hui trahie par l’apport d’un metteur en scĂšne extĂ©rieure. A la crĂ©ation, servant l’excellent scĂ©nario de Scribe, Pauline Viardot, tant aimĂ© de Berlioz, incarne la mĂšre de Jean, FidĂšs.

SYNOPSIS. En Hollande.Au I, la paysanne Berthe qui doit Ă©pouser Jean, visite le Comte afin d’obtenir du suzerain, son autorisation pour la noce : Ă©troit, autoritaire, le comte fait arrĂȘter Berthe et la mĂšre de Jean, bien dĂ©cidĂ© Ă  exercer son autoritĂ© en pratiquant le droit de cuissage.

II, dans une auberge, Jean attend vainement Berthe. Ayant rĂ©ussi Ă  Ă©chapper au Comte, Berthe paraĂźt en dĂ©nonçant la barbarie du Comte lequel compte libĂ©rer la mĂšre de Jean contre Berthe : Jean y songe sĂ©rieusement ; que ne ferait-il pas pour sauver sa mĂšre, quitte Ă  abandonner sa fiancĂ©e Berthe ! Mais les anabaptistes profitent d’un rĂȘve oĂč il se voyait roi, pour convaincre de dĂ©livrer la ville de MĂŒnster de son tyran, qui est le pĂšre du Comte. Brave et libertaire, Jean accepte : il s’emparera de la ville, de son tyran qu’il Ă©changera contre sa mĂšre (tout en gardant auprĂšs de lui Berthe).

III, aprĂšs un sublime tableau de patineurs dans la forĂȘt de Westphalie, Jean dĂ©cide de faire le siĂšge de MĂŒnster. Plus inspirĂ© par son propre destin, et sa gloire rĂȘvĂ©e dans le songe qui le dĂ©vore, Jean qui s’est nommĂ© « ProphĂšte » de la cause des rĂ©voltĂ©s, pilote l’armĂ©e des anabaptistes contre la tyrannie.

IV. Jean conquiert MĂŒnster. Perdue, Berthe pense qu’il a Ă©tĂ© assassinĂ© par les anabaptistes. Elle compte tuer leur chef, Le ProphĂšte. Dans la cathĂ©drale de MĂŒnster, Jean est sacrĂ© Roi-ProphĂšte. Sa propre mĂšre, FidĂšs, l’a reconnu mais elle angoisse Ă  l’idĂ©e que Berthe peut surgir pour tuer Jean.

V. Tableau de l’apocalypse. FidĂšle Ă  son goĂ»t pour la catastrophe finale aux effets spectaculaires, Meyerbeer imagine ensuite une conclusion digne d’Hollywood (ou aussi, en conformitĂ© avec le goĂ»t des scĂ©naristes les plus rĂ©cents, dans le style de Game of thrones). Alors que les 3 protagonistes (FidĂšs, Jean, Berthe) se retrouvent dans le caveau oĂč est prisonniĂšre FidĂšs, et se retrouvent enfin, rĂȘvant lĂ©gitimement d’un juste bonheur, les troupes impĂ©riales aidĂ©es par les anabaptistes qui ont trahi Jean, reprennent la ville. Berthe se suicide. Alors que ses troupes font festin dans la grande salle du Palais de MĂŒnster, Jean et sa mĂšre pĂ©rissent dans un vaste incendie, semĂ© d’explosions.

 

 

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toulouse capitole juin 2017 reservations le prophete de meyerbeer presentation par classiquenewsLe ProphĂšte de Meyerbeer et Scribe Ă  TOULOUSE
Théùtre du Capitole : 5 représentations
OpĂ©ra en cinq actes sur un livret d’EugĂšne Scribe
créé le 16 avril 1849 au Théùtre de la Nation (Opéra de Paris, salle Le Pelletier)
Théùtre du Capitole| Durée : 3h40
vendredi 23 juin 2017 Ă  19h30
dimanche 25 juin 2017 Ă  15h00
mardi 27 juin 2017 Ă  19h30
vendredi 30 juin 2017 Ă  19h30
dimanche 2 juillet 2017 Ă  15h00

 

 

RESERVEZ VOS PLACES
http://www.theatreducapitole.fr/1/saison-2016-2017/opera-612/le-prophete.html

 

 

distribution

John Osborn, Jean de Leyde
Kate Aldrich, FidĂšs
Sofia Fomina, Berthe
Mikeldi Atxalandabaso, Jonas
Thomas Dear, Mathisen
Dimitry Ivashchenko, Zacharie
Leonardo EstĂ©vez, Le Comte d’Oberthal

Orchestre national du Capitole
Choeur et MaĂźtrise du Capitole
Claus Peter Flor, direction musicale
Stefano Vizioli, mise en scĂšne

 

 

 

 

Académie européenne de musique ancienne de Vannes 2017

VEMI-festival-vannes-2017-classiquenewsVANNES, 4 > 12 juillet 2017. 7Ăšme AcadĂ©mie europĂ©enne de musique ancienne. La Bretagne a toujours su explorer de nouveaux territoires, patrie des corsaires et marins explorateurs d’envergure, le territoire sait aussi cultiver le dĂ©frichement et l’innovation musicale. AInsi l’AcadĂ©mie estivale que propose le VEMI (Vannes Early Music Institute) porte-t-il logiquement le titre gĂ©nĂ©rique de « Festival des Musiciens Voyageurs »  L’Institut a su se distinguer depuis sa crĂ©ation parce que son projet artistique tout en impliquant comme nul par ailleurs la population et les visiteurs Ă  Vannes, sait aussi, simultanĂ©ment cultiver la transmission et l’approfondissement du travail musical. A la fois, festival (pour les spectateurs) et AcadĂ©mie (pour les jeunes instrumentistes sur instruments anciens et les jeunes chanteurs), chaque nouveau cycle estival organisĂ© par le Vannes Early Music Institute est un Ă©vĂ©nement en soi : promesse de dĂ©couvertes musicales et artistiques envoĂ»tantes ; cĂ©lĂ©bration aussi de l’expĂ©rience musicale ouverte Ă  tous, fraternelle autant que spirituelle et collective.

UNE ACADEMIE POUR JEUNES MUSICIENS QUI EST AUSSI UN FESTIVAL
 Depuis sa crĂ©ation par le violoncelliste Bruno Cocset en 2011, le Vannes Early Music Institute ne cesse de diffuser dans la citĂ© et sur le territoire, une offre particuliĂšrement riche en matiĂšre de musique ancienne : dĂ©frichement de rĂ©pertoires, pratiques instrumentales
 La passion pour l’esthĂ©tique baroque principalement inspire l’une des programmations les plus complĂštes et les mieux Ă©quilibrĂ©es entre renouvellement des rĂ©pertoires investis et perfectionnement de l’approche technique et interprĂ©tative : concerts, ateliers pĂ©dagogiques, confĂ©rences rendent compte une fois dans l’annĂ©e, ainsi chaque mois de juillet, d’une activitĂ© qui est en rĂ©alitĂ© annuelle et permanente.
L’offre des concerts et des masterclasses a lieu dans l’HĂŽtel de LIMUR de Vannes, Ă©crin patrimonial du 17Ăšme siĂšcle, restaurĂ© par la Ville. Le niveau musical gĂ©nĂ©ral des performances est assurĂ© par le profil mĂȘme des jeunes musiciens participants : issus d’écoles supĂ©rieures musicales europĂ©ennes conventionnĂ©es avec le VEMI (Paris, Lyon, GenĂšve, Barcelone, Poznan, Amsterdam, Cluj-Napoca, Reykjavik). Le festivalier spectateur peut donc bĂ©nĂ©ficier de tempĂ©raments artistiques dĂ©jĂ  trĂšs affĂ»tĂ©s et techniciens qui recherchent Ă  Vannes Ă  polir et Ă  enrichir encore leur connaissance des instruments et leur comprĂ©hension profondes des Ɠuvres et rĂ©pertoires proposĂ©s. Soucieux d’aider Ă  la naissance sonore de nouveaux ensembles, le VEMI a accompagnĂ© les premiers pas prometteurs de l’ensemble L’Escadron volant de la Reine, entre autres, qui y aura vĂ©cu sa rĂ©sidence formatrice et natale pendant 2 saisons.

VANNES, FOYER D’ENCHANTEMENTS ET DE RECHERCHE BAROQUE
 Tout au long de l’annĂ©e, des concerts sont proposĂ©s au public vannetais via la rĂ©sidence de l’ensemble Les basses RĂ©unies au CRDV (Conservatoire Ă  Rayonnement DĂ©partemental de Vannes), ou dans le cadre de la saison du TAB (ThĂ©Ăątre Anne de Bretagne). Depuis sept ans de nombreux concerts et spectacles nourrissent l’offre musicale les « Automnes » ou « Hivers Ă  Limur », pendant les « Semaines de la Voix » et parfois en partenariat avec d’autres acteurs de la vie musicale du Pays de Vannes : « AcadĂ©mie de Musique et d’Arts SacrĂ©s de Ste Anne d’Auray », « MaĂźtrise de Vannes ». En 2016, la « Fondation Royaumont » a rejoint le cercle des partenaires du VEMI, laissant prĂ©sager de futures collaborations.

Jalons dĂ©cisifs aussi, rĂ©vĂ©lant des passerelles et coopĂ©rations fructueuses Ă  l’échelle locale, des confĂ©rences sur le bois de lutherie, le Sarangi, les viĂšles de l’Iran, la Lyraviole, le Baryton Ă  cordes
, des expositions (Un consort de violons au 17Ăšme siĂšcle
). Profitant de la prĂ©sence ponctuelle des artistes pendant la saison, de nombreuses masterclasses ont Ă©tĂ© organisĂ©es pour les jeunes musiciens du CRDV. La transmission des savoirs et de la technicitĂ© est un axe majeur du VEMI ; et le festival estival en illustrent les avancĂ©es les plus aboutis, pour le public.

En outre en liaison avec la passion de Bruno Cocset pour l’organologie, l’évolution et la singularitĂ© sonore des instruments anciens, en particulier tous les protovioloncelles de l’ñge baroque, un Atelier de lutherie Ă  Ă©tĂ© crĂ©Ă© Ă  Limur ; c’est lĂ  qu’est nĂ©e en 2012 une viole de gambe anglaise (Lyraviole) rĂ©alisĂ©e sur site par deux luthiers d’aprĂšs des plans du 17Ăšme siĂšcle. Cette construction a donnĂ© lieu Ă  de nombreuses mĂ©diations vers des publics scolaires et adultes. L’instrument a Ă©tĂ© jouĂ© lors de concerts et enregistrĂ© (disques du label Alpha par Les Basses RĂ©unies : ainsi en 2014, un CD consacrĂ© au « Captain Tobias Hume », cĂ©lĂšbre musicien atypique anglais du 17Ăšme siĂšcle, et, en 2016, un CD « Give me you hand – Geminiani & the Celtic earth »). Soit 2 cd couronnĂ©s par le label d’excellence, le CLIC de CLASSIQUENEWS.

EDITION 2017 : UN NOUVEL ACCOMPLISSEMENT ARTISTIQUE ET HUMAIN. Cette annĂ©e, l’AcadĂ©mie de juillet 2017, affiche des personnalitĂ©s artistiques passionnantes, chacune riche de sa propre technicitĂ© et des monde intĂ©rieur qu’il sait exprimer et transmettre ; c’est Ă  nouveau un voyage prometteur, dont les thĂ©matiques et les rĂ©gions annoncĂ©es font rĂȘver
 accompagnant les jeunes acadĂ©miciens dans leurs concerts en public, du 4 au 12 juillet prochain :

- la soprano espagnole Raquel Anduaza et l’ensemble Private Musicke dans un programme aux couleurs de l’Italie et de l’Espagne
- l’Allemagne avec la voix de Marc Mauillon, le violon de Johannes Leertouwer et les clavecins de Bertrand Cuiller & Hadrien Jourdan,
- les secrets de la naissance du violoncelle avec le musicologue Marc Vanscheeuwijck et les musiciens des Basses RĂ©unies,
- les Bardes musiciens de l’Himalaya avec Franck Bernùde,
- le souffle de l’orgue de Guern en meslanges avec celui des flĂ»tes de Marc HantaĂŻ et Pierre Hamon,
- Concert dans le parc de BranfĂ©rĂ© en une approche sensible et musicale
 (Concert « Une fenĂȘtre sur Limur »)

 

 

 

 

PROGRAMME 2017 7e Académie Européenne de Musique Ancienne de Vannes
 
Festival des Musiciens voyageurs

8 concerts – 2 confĂ©rences

Concerts & conférences
Informations – rĂ©servations Ă  partir du 15 Juin
contact@vemi.fr – 06 13 43 05 14 – www.vemi.fr 

 

 

MARDI 4 JUILLET / 21h / VANNES, EGLISE SAINT-PATERN

CONCERT D’OUVERTURE : « Arias et sinfonias : BACH – BUXTEHUDE – TELEMAN – HAENDEL »
Marc Mauillon : voix, Johannes Leertouwer : violon, Bertrand Cuiller : clavecin, Maude Gratton : orgue, Guido Balestracci : violes, Bruno Cocset : violoncelle
Concert payant : 12€ – Tarif rĂ©duit : 6€ pour les adhĂ©rents VEMI, demandeurs d’emploi et Ă©tudiants – Gratuit jusqu’à 12 ans
I

 

 

JEUDI 6 JUILLET / 15h / VANNES, HOTEL DE LIMUR
CONFERENCE : « Bardes de l’Himalaya: Ă©popĂ©es et musiques de transe »
Franck BernĂšde, ethnomusicologue
Gratuit dans la limite des places disponibles

 

 

JEUDI 6 JUILLET / 21h / VANNES, AUDITORIUM DES CARMES
CONCERT Ă  DEUX CLAVECINS : « Haendel et l’Allemagne, chefs d’oeuvres et transcriptions »
Bertrand Cuiller & Hadrien Jourdan
Concert payant : 12€ – Tarif rĂ©duit : 6€ pour les adhĂ©rents VEMI, demandeurs d’emploi et Ă©tudiants – Gratuit jusqu’à 12 ans

 

 

VENDREDI 7 JUILLET / 21h / VANNES, AUDITORIUM DES CARMES
CONFERENCE CONCERT : « La Nascita del Violoncello »
Marc Vanscheeuwijck : musicologue et violoncelliste, Bruno Cocset & Bertrand Cuiller
Concert payant : 12€ – Tarif rĂ©duit : 6€ pour les adhĂ©rents VEMI, demandeurs d’emploi et Ă©tudiants – Gratuit jusqu’à 12 ans

 

 

SAMEDI 8 JUILLET / 21h / VANNES, AUDITORIUM DES CARMES
CONCERT : « Alfabeto Songs » : italian early 17th century songs
Raquel Andueza, soprano & « Private Musicke »
Concert payant : 12€ – Tarif rĂ©duit : 6€ pour les adhĂ©rents VEMI, demandeurs d’emploi et Ă©tudiants – Gratuit jusqu’à 12 ans

 

 

DIMANCHE 9 JUILLET / 15h / PONTIVY, BASILIQUE NOTRE DAME DE JOIE
CONCERT : « CELLO STORIES »
Guido Balestracci, Bertrand Cuiller, Richard Myron, Bruno Cocset
EntrĂ©e gratuite dans la limite des places disponibles – Participation libre

 

 

DIMANCHE 9 JUILLET / 20h / GUERN, SANCTUAIRE DE QUELVEN
CONCERT : «Souffle, souffles : de la flĂ»te Ă  l’orgue !»
Maude Gratton : orgue, Pierre Hamon : flûtes, Marc Hantaï : flûte traversiÚre
EntrĂ©e gratuite dans la limite des places disponibles – Participation libre

 

 

LUNDI 10 JUILLET / 18h / PARC DE BRANFERE
CONCERT : « Une fenĂȘtre sur Limur
 Ă  BranfĂ©rĂ© ! »
Etudiants de l’AcadĂ©mie
EntrĂ©e gratuite dans la limite des places disponibles et sous rĂ©serve de s’ĂȘtre acquittĂ© du droit d’entrĂ©e du parc de BranfĂ©rĂ© – Participation libre

 

 

MARDI 11 JUILLET / 20h & 21h / VANNES, HOTEL DE LIMUR
CONCERTS BALLADES : « Une Nuit à LIMUR »
Etudiants de l’AcadĂ©mie
Gratuit dans la limite des places disponibles

 

 

MARDI 12 JUILLET / 21h / VANNES, CATHEDRALE SAINT-PIERRE
CONCERT DE CLOTURE : « J.S. BACH : Concertos – Suite pour orchestre »
Etudiants de l’AcadĂ©mie
Patrick Beaugiraud : hautbois, Maude Gratton : clavecin
Sophie Gent : violon et direction
EntrĂ©e gratuite dans la limite des places disponibles – Participation libre

 

 

 

 

Master classes

7e AcadĂ©mie EuropĂ©enne de Musique Ancienne de Vannes  – 9 maĂźtres pĂ©dagogues
Bruno Cocset: baroque cello & artistic director (du 5 au 12 juillet)
Sophie Gent: baroque violin (9 au 12 juillet)
Johannes Leertouwer: baroque violin (5 au 8 juillet)
Guido Balestracci: viola da gamba (du 5 au 12 juillet)
Bertrand Cuiller: harpsichord (du 5 au 12 juillet)
Richard Myron: baroque double-bass & violone (du 9 au 12 juillet)
Maude Gratton: organ & clavichord (7 au 11 juillet)
Pierre Hamon: flute recorder (8 au 12 juillet)
Marc HantaĂŻ: flute traverso (5 au 9 juillet)

 

 

boutonreservationInformation – Billetterie
7e Académie Européenne de Musique Ancienne de Vannes
Ouverture de la billetterie : jeudi 15 juin 2017

 

RĂ©servation et billetterie
Sur le site Internet : www.vemi.frĂ  partir du 15 juin 2017
A la Librairie Cheminant : 19 Rue Joseph le Brix, 56000 Vannes – Ă  partir du 15 juin
A l’Office du Tourisme Golfe du Morbihan Vannes Tourisme – Ă  partir du 15 juin
A l’HĂŽtel de Limur : 31 rue Thiers, 56000 Vannes – Ă  partir du 29 juin
Sur le lieu des concerts : dans la limite des places disponibles

 

 

 

Accueil spectateurs
 Les places ne sont pas numĂ©rotĂ©es
 Les photographies et captations vidĂ©o sont interdites pendant les spectacles
 Pour un accueil personnalisĂ©, notamment les spectateurs en situation de handicap, merci de le signaler dĂšs la rĂ©servation des billets

Dame Felicity Lott chante les Romantiques français

Felicity-Lott-362x404RĂ©cital FELICiTY LOTT, le 1er juin 2017. PARIS, Salle Gaveau. MUSIQUE DE CHAMBRE et VOIX DIVINE. Les temps changent et avec eux, l’offre de concert. Le jeune producteur Artie’s fait Ă©voluer l’expĂ©rience musicale pour les publics en proposant un concept de proximitĂ© voire de complicitĂ© avec l’audience, tout en dĂ©fendant ce qui tient au cƓur du fondateur, le violoncelliste Gauthier Herrmann : la musique de chambre. Complice de la soprano lĂ©gendaire Felicity Lott, diva so brittish, alliant grĂące, diction, dĂ©lire parfois dĂ©jantĂ©, la jeune troupe d’instrumentistes programme ici chant français et chambrisme romantique, 100% raffinĂ©, tel qu’il se diffuse dans le Quatuor avec piano n°1 op15 de Gabriel FaurĂ©.
L’itinĂ©raire est double : voix et instruments choisis. Le programme des 27 mai puis 1er juin (Salle Gaveau) promet bien des dĂ©lices : au goĂ»t de la cantatrice pour la ciselure du verbe enchanteur, allusif rĂ©pond le chant collectif du quatuor Ă  cordes avec piano oĂč rayonne tout autant l’harmonie collective et la sonoritĂ© intĂ©rieure, vibrante qui en dĂ©coule.

 

lott-felicity-soprano-de-grace-concert-presentation-par-classiquenews-felicity_lott_il_nous_faut_de_lamour_1FELICITY, DIVA TOTALE
 SeptuagĂ©naire en 2017 (nĂ©e en 1947), la soprano britannique a subjuguĂ© les plus grands chefs (Carlos Kleiber) dans des rĂŽles qui lui semblaient destinĂ©s : La MarĂ©chale dans Le chevalier Ă  la rose de Richard Strauss, la Comtesse dans Cappricio du mĂȘme auteur, ou dans Les Noze di Figaro de Mozart
 – rĂŽles, avant elle, sublimĂ©s par l’impĂ©riale Elizabeth Schwarzkopf. MĂȘme diamant vocal, mĂȘme intonation juste et prĂ©cise, mĂȘme style travaillĂ©, ciselé  « sophistiqué » ont dit les moins convaincus-, plutĂŽt exceptionnellement diseur, faudrait-il trancher : « La Lott » incarne une perfection du chant que l’on pensait perdu, alliant grĂące expressive, suretĂ© et prĂ©cision technique, Ă©lĂ©gance innĂ©e, sens inĂ©galĂ© du verbe. Chez elle, le naturel fusionne avec le raffinement. Une Ă©quation rĂȘvĂ©e pour chanter la mĂ©lodie française romantique, oĂč priment tant le texte, la prosodie, l’intonation. Dans ce programme complet de Berlioz Ă  Hahn, la diva offre l’un de ses plus beaux hommages Ă  la distinction et la grĂące française : charme de la mĂ©lodie, connotations exquises du texte
 Mais tant de grĂące et de sĂ©duction ne doivent pas Ă©carter aussi un goĂ»t (et un talent Ă©gal) pour le comique (ses incursions chez Offenbach – La grande Duchesse de Gerolstein, demeurent inoubliables par l’invention dĂ©lirante et la richesse de l’autodĂ©rision). Un grande chanteuse doublĂ©e d’une authentique actrice se dĂ©voile ainsi les 27 mai puis 1er juin 2017.

 

sargent-faure-gabriel-portrait-1280px-John_Singer_Sargent_-_Gabriel_Faure-livres-homepage-magazine-livres-classiquenews-582Le Quatuor pour piano et cordes opus 15 de FaurĂ© est amorcĂ© dĂšs 1876, mais l’auteur l’achĂšve deux annĂ©es aprĂšs car il reprend totalement le finale qui ne lui convenait pas. C’est le temps de la dĂ©couverte et de l’expĂ©rience de Wagner (TĂ©tralogie suivie Ă  Cologne et Munich en compagnie de Messager). L’opus 15 est finalement crĂ©Ă© Ă  Paris en 1880 (SociĂ©tĂ© nationale, Salle Pleyel, avec l’auteur au piano). Contemporain du Quintette de Franck, le Quatuor de FaurĂ© est un sommet de la musique de chambre romantique française : souplesse (vĂ©nĂ©neuse) de sa mĂ©lodie, style serrĂ©, ferme mais d’une Ă©lĂ©gance qui semble native (colorisme Ă©tincelant et permanent du piano). Comme un artisan de la permanence et de la continuitĂ©, FaurĂ© tisse une soie sonore des plus chatoyantes, Ă©nivrĂ©es et raffinĂ©es, que les derniĂšres mesures du Finale, emportent dans une apothĂ©ose lumineuse. Quatre mouvements : Allegro molto moderato / Scherzo : allegro vivo / Adagio / Finale : allegro molto. Environ : 30 mn selon les interprĂ©tations.

 

 

 

RĂ©cital Felicity Lott
Chambrisme romantique français

Jeudi 1er Juin 2017 Ă  20h30
PARIS, Salle Gaveau
45, rue La Boétie
75008 PARIS

Dimanche 17 septembre 2017 Ă  20h
Abbaye de Cluny (21)

RÉSERVEZ VOS PLACES ICI

 

 

 

Programme

Hector Berlioz – La Captive
Ernest Chausson – Le temps des lilas
Reynaldo Hahn – La derniĂšre valse
Gabriel FaurĂ© – Quatuor avec piano n°1 op15
Gabriel FaurĂ© – AprĂšs un rĂȘve
Maurice Ravel – ShĂ©hĂ©razade
Jules Massenet – ÉlĂ©gie
Francis Poulenc – Les chemins de l’amour
Reynaldo Hahn – La Barcheta

 

 

 

Dame Felicity Lott, soprano (LIRE notre entretien avec Dame Felicity Lott, mai 2017)
Mathilde Borsarello Herrmann, violon
CĂ©cile Grassi, alto
Gauthier Herrmann, violoncelle
Jean-Michel Dayez, piano

Avec la participation de :
Fleur Gruneissen, flûte (27/05, 17/09)
Mathilde Caldérini, flûte (01/06)

 

 

 

LIVRES événement, annonce. FRITZ BUSCH (Notes de nuit éditeur)

LIVRES Ă©vĂ©nement, annonce. FRITZ BUSCH (Notes de nuit Ă©diteur). Le chef allemand lĂ©gendaire Fritz Busch (nĂ© en Westphalie en 1890), frĂšre ainĂ© du violoniste non moins mĂ©morable Adolf, affirme une rĂ©elle abnĂ©gation pour la musique d’abord comme pianiste chevronnĂ©, puis comme chef de choeur (Gotha) et chef d’orchestre Ă  Aix la Chapelle (1912-1918) puis Ă  Stuttgart (1918-1922). A Dresde, il peut enfin dĂ©ployer sa propre conception du spectacle lyrique oĂč comptent autant que la musique, le dispositif scĂ©nique et thĂ©Ăątral : ses Wagner Ă  Bayreuth (MaĂźtres Chanteurs, 1924), ses Mozart (L’enlĂšvement au sĂ©rail, 1930) attestent d’une sensibilitĂ© hors pair que son Don Giovanni devenu lĂ©gendaire de 1936 a fini par imposer tout Ă  fait, comme en tĂ©moigne sa coopĂ©ration fondatrice pour la crĂ©ation du premier festival de Glyndebourne en 1934, aux cĂŽtĂ©s de Christie qui bientĂŽt allait le trahir et le congĂ©dier.

 

 

 

BUSCH-fritz-un-juste-parmi-les-diables-presentation-2-livres-edites-par-notes-de-nuit-par-classiquenews-annonce-livre-evenement-CLIC-de-classiquenews

 

 

 

Saluons les 2 ouvrages Ă©ditĂ©s au printemps 2017 par Notes de nuit. Certes fidĂšle Ă  la ligne Ă©ditoriale de la collection, il s’agit de rendre hommage aux musiciens victimes du nazisme, mais le lecteur trouve dans le profil entier, humble, passionnĂ© de Fritz Busch, un nouveau « juste », humaniste, fraternel, pour lequel la musique est l’expression d’un engagement et d’une Ă©thique. C’est le portrait d’un ĂȘtre exceptionnel qui se profile ici, a contrario des caractĂ©riels impossibles quoique eux aussi gĂ©niaux dans leur mĂ©tier, Toscanini ou Otto Klemperer auxquels l’éditeur a prĂ©cĂ©demment dĂ©diĂ© pour chacun une monographie importante.

SimultanĂ©mement au premier ouvrage (« Une vie de musicien »), le second livre, intitulĂ© « Fritz Busch, L’exil : 1933-1951 », prĂ©sente le parcours du chef germanique exilĂ©, devenu par la force des Ă©vĂ©nements et fuyant la barbarie, un itinĂ©rant et un artiste nomade, dĂšs 1933, essentiellement en AmĂ©rique latine (Chili et Argentine) et dans une moindre mesure aux USA. Voici donc, prĂ©sentĂ©, contextualisĂ© (par un « PrĂ©lude » 1930/1932), la vie de Fritz Busch, maestro qu’inspire le grand rĂ©pertoire germanique, apĂŽtre de Beethoven, Mozart, et aussi Verdi, dĂ©fenseur de Reger et partenaire rĂ©gulier de son frĂšre le violoniste Adolf Busch, parti comme lui Ă  l’Ouest pour Ă©viter les nazis. Les artistes avec lesquels il a travaillĂ©, les directeurs, les chefs qu’il a croisĂ©s composent une fresque passionnante annĂ©e par annĂ©e, jusqu’à sa mort Ă  Londres en 1951 (Ă  60 ans).

 

 

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CLIC_macaron_2014LIVRES Ă©vĂ©nement, annonce. Fritz BUSCH : « Une vie de musiciens ». Fritz BUSCH : L’Exil : 1933-1951 – PrĂ©sentation par Fabien Gastellier (Editions Notes de nuit, mai 2017). Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

 

 

 

Felicity Lott chante les Romantiques français

Felicity-Lott-362x404RĂ©cital FELICiTY LOTT, les 27 mai, 1er juin 2017. MUSIQUE DE CHAMBRE et VOIX DIVINE. Les temps changent et avec eux, l’offre de concert. Le jeune producteur Artie’s fait Ă©voluer l’expĂ©rience musicale pour les publics en proposant un concept de proximitĂ© voire de complicitĂ© avec l’audience, tout en dĂ©fendant ce qui tient au cƓur du fondateur, le violoncelliste Gauthier Herrmann : la musique de chambre. Complice de la soprano lĂ©gendaire Felicity Lott, diva so brittish, alliant grĂące, diction, dĂ©lire parfois dĂ©jantĂ©, la jeune troupe d’instrumentistes programme ici chant français et chambrisme romantique, 100% raffinĂ©, tel qu’il se diffuse dans le Quatuor avec piano n°1 op15 de Gabriel FaurĂ©.
L’itinĂ©raire est double : voix et instruments choisis. Le programme des 27 mai puis 1er juin (Salle Gaveau) promet bien des dĂ©lices : au goĂ»t de la cantatrice pour la ciselure du verbe enchanteur, allusif rĂ©pond le chant collectif du quatuor Ă  cordes avec piano oĂč rayonne tout autant l’harmonie collective et la sonoritĂ© intĂ©rieure, vibrante qui en dĂ©coule.

 

lott-felicity-soprano-de-grace-concert-presentation-par-classiquenews-felicity_lott_il_nous_faut_de_lamour_1FELICITY, DIVA TOTALE
 SeptuagĂ©naire en 2017 (nĂ©e en 1947), la soprano britannique a subjuguĂ© les plus grands chefs (Carlos Kleiber) dans des rĂŽles qui lui semblaient destinĂ©s : La MarĂ©chale dans Le chevalier Ă  la rose de Richard Strauss, la Comtesse dans Cappricio du mĂȘme auteur, ou dans Les Noze di Figaro de Mozart
 – rĂŽles, avant elle, sublimĂ©s par l’impĂ©riale Elizabeth Schwarzkopf. MĂȘme diamant vocal, mĂȘme intonation juste et prĂ©cise, mĂȘme style travaillĂ©, ciselé  « sophistiqué » ont dit les moins convaincus-, plutĂŽt exceptionnellement diseur, faudrait-il trancher : « La Lott » incarne une perfection du chant que l’on pensait perdu, alliant grĂące expressive, suretĂ© et prĂ©cision technique, Ă©lĂ©gance innĂ©e, sens inĂ©galĂ© du verbe. Chez elle, le naturel fusionne avec le raffinement. Une Ă©quation rĂȘvĂ©e pour chanter la mĂ©lodie française romantique, oĂč priment tant le texte, la prosodie, l’intonation. Dans ce programme complet de Berlioz Ă  Hahn, la diva offre l’un de ses plus beaux hommages Ă  la distinction et la grĂące française : charme de la mĂ©lodie, connotations exquises du texte
 Mais tant de grĂące et de sĂ©duction ne doivent pas Ă©carter aussi un goĂ»t (et un talent Ă©gal) pour le comique (ses incursions chez Offenbach – La grande Duchesse de Gerolstein, demeurent inoubliables par l’invention dĂ©lirante et la richesse de l’autodĂ©rision). Un grande chanteuse doublĂ©e d’une authentique actrice se dĂ©voile ainsi les 27 mai puis 1er juin 2017.

 

sargent-faure-gabriel-portrait-1280px-John_Singer_Sargent_-_Gabriel_Faure-livres-homepage-magazine-livres-classiquenews-582Le Quatuor pour piano et cordes opus 15 de FaurĂ© est amorcĂ© dĂšs 1876, mais l’auteur l’achĂšve deux annĂ©es aprĂšs car il reprend totalement le finale qui ne lui convenait pas. C’est le temps de la dĂ©couverte et de l’expĂ©rience de Wagner (TĂ©tralogie suivie Ă  Cologne et Munich en compagnie de Messager). L’opus 15 est finalement crĂ©Ă© Ă  Paris en 1880 (SociĂ©tĂ© nationale, Salle Pleyel, avec l’auteur au piano). Contemporain du Quintette de Franck, le Quatuor de FaurĂ© est un sommet de la musique de chambre romantique française : souplesse (vĂ©nĂ©neuse) de sa mĂ©lodie, style serrĂ©, ferme mais d’une Ă©lĂ©gance qui semble native (colorisme Ă©tincelant et permanent du piano). Comme un artisan de la permanence et de la continuitĂ©, FaurĂ© tisse une soie sonore des plus chatoyantes, Ă©nivrĂ©es et raffinĂ©es, que les derniĂšres mesures du Finale, emportent dans une apothĂ©ose lumineuse. Quatre mouvements : Allegro molto moderato / Scherzo : allegro vivo / Adagio / Finale : allegro molto. Environ : 30 mn selon les interprĂ©tations.

 

 

 

RĂ©cital Felicity Lott
Chambrisme romantique français

Samedi 27 mai 2017 Ă  20h
ChĂąteau de Bussy-Rabutin
12, Rue du ChĂąteau
21150 Bussy-le-Grand

Jeudi 1er Juin 2017 Ă  20h30
PARIS, Salle Gaveau
45, rue La Boétie
75008 PARIS

Dimanche 17 septembre 2017 Ă  20h
Abbaye de Cluny (21)

RÉSERVEZ VOS PLACES ICI

 

 

 

Programme

Hector Berlioz – La Captive
Ernest Chausson – Le temps des lilas
Reynaldo Hahn – La derniĂšre valse
Gabriel FaurĂ© – Quatuor avec piano n°1 op15
Gabriel FaurĂ© – AprĂšs un rĂȘve
Maurice Ravel – ShĂ©hĂ©razade
Jules Massenet – ÉlĂ©gie
Francis Poulenc – Les chemins de l’amour
Reynaldo Hahn – La Barcheta

 

 

 

Dame Felicity Lott, soprano (LIRE notre entretien avec Dame Felicity Lott, mai 2017)
Mathilde Borsarello Herrmann, violon
CĂ©cile Grassi, alto
Gauthier Herrmann, violoncelle
Jean-Michel Dayez, piano

Avec la participation de :
Fleur Gruneissen, flûte (27/05, 17/09)
Mathilde Caldérini, flûte (01/06)

 

 

 

Le National de Lille joue Gorki, Sibelius, et Poulenc avec Jean Rondeau

Rondeau jeanLILLE. National de Lille, Jean Rondeau les 18,19 mai 2017. Jean Rondeau, rĂ©cente vedette parmi les jeunes claveciniste français interprĂšte Poulenc (Concerto champĂȘtre, dans l’esprit de Watteau) au Nouveau SiĂšcle de Lille, formidable Ă©crin pour le concert et l’opĂ©ra (comme rĂ©cemment une nouvelle production des PĂȘcheurs de perles l’a dĂ©montrĂ© / sous la direction d’Alexandre Bloch le 10 mai dernier). AprĂšs sa Victoire de la musique classique – RĂ©vĂ©lation Instrumentale – reçue justement Ă  Lille en 2015, Jean Rondeau revient deux ans plus tard au Nouveau SiĂšcle, ce soir et demain, 18 et 19 mai, avec l’Orchestre national de Lille sous la direction du chef polonais Michal Nesterowicz.

GORECKI, POULENC, SIBELIUS. Au programme d’abord d’Henryk MikoƂaj GĂłrecki (1933-2010), Trois piĂšces dans le style ancien. Nous sommes en 1963. Henryk GĂłrecki est un jeune compositeur, Ă  la recherche de son style. A l’instar de son compatriote Krzystof Penderecki, GĂłrecki est sĂ©duit par les expĂ©rimentations d’Europe de l’Ouest. La dĂ©couverte du folklore polonais transparaĂźt ici dans l’utilisation d’une vieille chanson de mariage du 16Ăšme siĂšcle utilisĂ©e dans la troisiĂšme piĂšce. Ecrites pour orchestre Ă  cordes, les Trois piĂšces dans le style ancien posent les bases d’un minimalisme dont Arvo PĂ€rt se fera le hĂ©raut dans la dĂ©cennie Ă  venir.

Puis surtout, clou du concert, de Francis Poulenc (1899-1963) : le nĂ©o classique / nĂ©o baroque Concert champĂȘtre. La rencontre en 1923 avec Wanda Landowska permet au jeune Francis Poulenc de redĂ©couvrir la musique ancienne, et c’est Ă  l’instigation de la musicienne,- pionniĂšre dans la redecouverte du Clavecin, qu’il dĂ©cide d’Ă©crire une oeuvre pour clavecin et orchestre. Le mot “Concert champĂȘtre” recouvre deux significations possibles. D’une part, il s’agit d’un hommage concret Ă  Landowska puisque Poulenc, citadin impertinent, venait lui rendre visite dans sa propriĂ©tĂ© de Saint-Leu-La-ForĂȘt Ă  35 kilomĂštres de Paris . D’autre part, Poulenc escomptait tracer, en musique, un “parc Ă  la francaise”, Ă  la maniĂšre d’un tableau galant de Watteau. Poulenc renoue avec l’esprit d’un pastiche de HĂ€ndel ou Scarlatti, mais avec une sensibilitĂ© toute moderne. On y relĂšve des harmonies inattendues, des clins d’oeil ironiques, parfois de grandes mĂ©lodies populaires, qui, plus que dans un bois champĂȘtre, donnent l’impression qu’on se trouve sur un grand boulevard parisien ! “J’ai vraiment mis dans mon Concert champĂȘtre tout mon sang, le meilleur : si on ne l’aime pas, on ne peut pas m’aimer ! ” disait le compositeur . sur les traces du peintre. TrĂšs Watteau, Poulenc ressuscite l’art de la nostalgie en teintes raffinĂ©es particuliĂšrement chaudes et vaporeuses qui son style plus pointilliste que vraiment brumeux et atmosphĂ©rique renouvelle d’une maniĂšre trĂšs personnelle.

Sibelius 2015Enfin l’orchestre national de Lille “ose” de Jean Sibelius (1865-1957), lrrepressible sensualitĂ© panthĂ©iste de la Symphonie n°1 en mi mineur op.39. C’est le dernier portrait de l’artiste en jeune homme : en 1899, Sibelius a 34 ans. Il est dĂ©jĂ  cĂ©lĂšbre dans son pays, la Finlande, encore sous le joug de la Russie. L’enjeu de cette premiĂšre symphonie est double : Ă©crire une oeuvre sans programme littĂ©raire ni descriptif et s’affronter Ă  une forme qui pourrait lui apporter la cĂ©lĂ©britĂ© Ă  l’Ă©tranger. Le critique anglais Enrest Newman Ă©crira ainsi en 1905 : “Je n’ai jamais entendu une oeuvre qui m’ait transportĂ© aussi loin de l’Europe de l’Ouest. Chaque page de [cette Symphonie n°1] respire une autre maniĂšre de penser, une autre maniĂšre de vivre, voire mĂȘme un autre paysage que le nĂŽtre”. De fait avec Richard Strauss et Gustav. MAHLER, sibelius est bien le plus grand symphoniste de la premiĂšre moitiĂ© du XX Ăšme, celui dont l’Ă©criture interroge le plan et la finalitĂ© du matĂ©riau formel.

LILLE
Auditorium du Nouveau SiĂšcle
Jeudi 18 et Vendredi 19 mai 2017 Ă  20h
Tarifs de 5 à 10€

Billetterie et renseignements : 03 20 12 82 40
www.onlille.com

AU PROGRAMME :
GÓRECKI : Trois Piùces dans le style ancien
POULENC: Concert champĂȘtre, pour clavecin
SIBELIUS: Symphonie n°1
Direction: Michal Nesterowicz
Clavecin: Jean Rondeau

PROGRAMME EN TOURNÉE :

LYON
Auditorium Maurice Ravel
Samedi 20 MAI 18h
Dans le cadre des formations invitĂ©es par l’Orchestre National de Lyon
Informations et rĂ©servations au 04 78 95 95 95 – www.auditorium-lyon.com

RUSALKA Ă  l’OpĂ©ra de TOURS

dvorak_antonin3OPERA DE TOURS. DVORAK : RUSALKA. 17,19,21 mai 2017. Le fait est Ă©tabli : l’OpĂ©ra de Tours prĂ©sente un saison lyrique flamboyante par la qualitĂ© des productions rĂ©alisĂ©es in loco : aprĂšs les trĂšs convaincantes LakmĂ© (avec Jodie Devos), Tosca (Maria Katzarava), voici un autre portrait de femme attachante et profonde, loyale, jusqu’au sacrifice ultime : Rusalka. Tours accueille une production dĂ©jĂ  vue, mise en scĂšne de Dieter Kaegi, coproduite avec le Staatstheater de Nuremberg et l’OpĂ©ra de Monte-Carlo.

Sommet de l’opĂ©ra tchĂšque, et Ă  ce titre manifeste le plus Ă©clatant d’une conscience nationale et culturelle tchĂšque, la fable fĂ©erique composĂ©e par Dvorak, Russalka est bien connue grĂące entre autres Ă  l’un de ses tableaux d’une irrĂ©sistible magie : l’invocation Ă  la lune (acte I, oĂč l’hĂ©roĂŻne, – une nymphe animale avoue son dessein mortel Ă  l’astre ami). L’avant dernier opĂ©ra de Dvorak, composĂ© en 1900, crĂ©Ă© en 1901, est quasi contemporain de Jenufa (1903), d’un Janacek, davantage inscrit dans une modernitĂ© qui ne cache plus son visage.

L’amour se rĂ©alise dans les eaux de mort
MĂȘme romantique, Russalka attend 2002 pour entrer au rĂ©pertoire de l’OpĂ©ra de Paris ! En comparaison, Russalka qui baigne dans le folklore traditionnel (alors qu’au dĂ©part Dvorak adapte une lĂ©gende venue de l’Europe occidentale, empruntĂ©e Ă  La petite sirĂšne, Ă  l’Ondine de La Motte-FouquĂ© et la Cloche engloutie de Hauptmann-, rĂ©inventant aussi d’une certaine façon le fonds des lĂ©gendes nationales), serait-il le dernier opĂ©ra romantique signĂ© Dvorak ? WagnĂ©rien, le compositeur sait aussi s’inspirer de la vibration dĂ©licate impressionniste qui confĂšre Ă  son orchestration un parfum et des allures toutes debussystes. La liquiditĂ© de la partition se rapproche de la fine texture ocĂ©ane de PellĂ©as. De son ambiguitĂ© aussi : Ă  la fois miroitante et fascinante jusqu’à l’hypnose, mais aussi absorbante et mystĂ©rieuse, celle qui engloutit pour anĂ©antir.
Dvorak le cartĂ©sien solide s’engage et s’immerge dans le surnaturel fantastique et glissant de Russalka, lĂ©gende des eaux inquiĂ©tantes. Avec l’échec de Russalka, Ăąme amoureuse qui n’empĂȘche pas la catastrophe malgrĂ© sa sincĂ©ritĂ© dĂ©sarmante, s’écroule aussi tout un monde. L’onde est une Ă©preuve, un miroir qui force l’ñme Ă  contempler sa propre vĂ©ritĂ© : pas toujours digne d’ĂȘtre comprise. Les eaux de Russalka portent en elle la mort d’un cycle Ă  l’agonie. Cette couleur mortifĂšre est l’une des rares explorations de Dvorak dans le monde lĂ©tal des eaux fatales.
Le librettiste parnassien Jaroslav Kvapil fournit Ă  Dvorak la matiĂšre littĂ©raire du mythe. Aux cĂŽtĂ©s de l’ondine trahie, se prĂ©cise surtout l’esprit du lac, ĂȘtre habitant des eaux, qui aime collectionner les Ăąmes des noyĂ©s qu’il prĂ©cipite dans l’abime liquide : Ă  la fin de l’action, les deux amants s’enfonceront dans l’encre de son royaume souverain. Une maniĂšre de renouveler l’imagerie du mythe des amants unis dans la mort : Tristan et Yseult, que Wagner avait idĂ©alement inscrit dans la royaume de la nuit.
LE GENIE DES EAUX, esprit de la musique de Dvorak. Dvorak a prĂ©cĂ©demment traitĂ© musicalement la figure de cet ĂȘtre Ă  la fois malĂ©fique et fraternel (poĂšme symphonique intitulĂ© : Vodnik, c’est Ă  dire l’ondin). Dans Russalka, l’ondin ĂągĂ© est une sorte de pĂšre affectueux et rĂ©confortant pour la pauvre nymphe des eaux. Face Ă  celle qui veut ĂȘtre mortelle pour aimer, ĂȘtre aimĂ©e (et surtout ĂȘtre trahie), le vieux philosophe ne peut rien empĂȘcher.
VoilĂ  donc notre ondine prĂȘte Ă  prendre corps et Ăąme mortels, mais pour rĂ©ussir pleinement sa mutation, elle doit se faire aimer d’un mortel, d’un amour total. Or avant de gagner cet amour, la crĂ©ature transitoire ne peut parler qu’aprĂšs l’énoncĂ© du serment dĂ©finitif : celui par lequel l’homme sĂ©duit dĂ©clare sa flamme totale. Mais quand les amants se retrouvent, le prince bien qu’attirĂ© trouve Ă©trange ce corps froid et liquide qui ne parle pas. Il prend peur face Ă  cette cĂ©lĂ©bration du lac dont les eaux noires et profondes le menacent d’engloutissement. Il ne prononce pas l’aveu libĂ©ratoire. Et enchaĂźne la pauvre nymphe Ă  son destin maudit.
Ainsi l’acte III brosse le portrait d’une Russalka abandonnĂ©e perdue, au plus sombre des sentiments : une immersion dans les eaux de la mort qui Ă©gale lĂ  encore le Wagner de Tristan (magie vaporeuse et irrĂ©elle de l’acte II avec le duo fameux de Tristan et Isolde). Et quand le prince se dĂ©tourne d’elle pour une belle Ă©trangĂšre, Russalka semble perdue entre le monde terrestre et aquatique. C’est alors que le prince se baigne Ă  nouveau dans les eaux de leur rencontre et l’embrasse malgrĂ© sa peur primordiale : les deux ĂȘtres qui s’étaient condamnĂ©s sans le savoir, se retrouvent enfin : ils s’abĂźment dans les profondeurs d’un espace inconnu. Et leur amour fusionnel s’inscrit dans l’éternitĂ© de la mort.

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RUSALKA de Dvorak Ă  l’OpĂ©ra de Tours
3 dates incontournables

Mercredi 17 mai 2017 – 20h
Vendredi 19 mai 2017 – 20h
Dimanche 21 mai 2017 – 15h

RÉSERVEZ VOS PLACES
http://www.operadetours.fr/rusalka

Opéra en trois actes
Livret de Jaroslav Kvapil d’aprĂšs des ballades tchĂšques de Karel JaromĂ­r Erben
Création le 31 mars 1901 à Prague

Reprise de la coproduction du Staatstheater de Nuremberg et de l’OpĂ©ra
de Monte-Carlo

PremiĂšre reprĂ©sentation Ă  l’OpĂ©ra de Tours

Direction musicale : Kaspar Zehnder
Mise en scĂšne : Dieter Kaegi
DĂ©cors et costumes : Francis O’Connor
LumiĂšres : Patrick MĂ©Ă©ĂŒs

Rusalka : Serenad Burcu Uyar
Le Prince : Johannes Chum
Ondin : Mischa Schelomianski
La Princesse Ă©trangĂšre: Isabelle Cals
JeĆŸibaba: Svetlana Lifar
Le Marmiton: Pauline Sabatier
Le Garde Forestier : Olivier Grand
1Ăšre Nymphe : Jeanne Crousaud
2Ăšme Nymphe : Yumiko Tanimura
3Ăšme Nymphe : Aurore Ugolin

Choeurs de l’OpĂ©ra de Tours
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours

LIVRE Ă©vĂ©nement, compte-rendu critique. StĂ©phane LeteurĂ© : Camille Saint-SaĂ«ns, le compositeur globe-trotter (1857 – 1921), Actes Sud.

saint-saens_camille_age_ioioioLIVRE Ă©vĂ©nement, compte-rendu critique. StĂ©phane LeteurĂ© : Camille Saint-SaĂ«ns, le compositeur globe-trotter (1857 – 1921), Actes Sud. MUSIQUE et POLITIQUE. Voici l’étendue des dĂ©placements et un premier portrait du Saint-SaĂ«ns voyageur, en Europe (Allemagne, Angleterre, Italie), dans cet Orient « africain » qu’avant lui Delacroix ou FĂ©licien David ont parcouru (AlgĂ©rie et Egypte), mais aussi en USA. L’auteur entend nous dĂ©voiler Ă  travers l’expĂ©rience du compositeur romantique français, une premiĂšre analyse inĂ©dite celle dĂ©veloppĂ©e sous le prisme d’une « gĂ©opolitique musicale ». A l’heure de la mondialisation artistique, et aux projets esthĂ©tiques qui s’expatriant en atteignant une internationalisation standardisĂ©e, le cas Saint-SaĂ«ns confrontĂ© aux convulsions politiques de son Ă©poque, met a contrario en avant l’obligation pour l’artiste crĂ©ateur de prendre parti, selon le mouvement des nationalismes affrontĂ©s (en particulier entre France et Allemagne), selon les postures de la diplomatie dont, dans ses propres dĂ©placements, il ne peut Ă©carter les implications. IntĂ©ressant d’interroger ainsi la conscience politique d’un compositeur au hasard de ses dĂ©placements
 Surtout Ă  notre Ă©poque oĂč bien peu (trop peu) de musiciens, artistes ou compositeurs, prennent parti pour tel ou tel combat : ce n’est pourtant pas les causes qui manquent dans notre monde dĂ©rĂ©glĂ©, perverti, corrompu. Bref. Ici, le monde de Saint-SaĂ«ns ne connaĂźt pas l’horreur de nos temps prĂ©sents.

 

Actes sud, camille saint saens globe trotter politique et musique CLIC de classiquenews, review critique presentation livres de CLASSIQUENEWS 9782330077464La mission « volontaire » et assumĂ©e de Saint-SaĂ«ns favorise le rayonnement de la culture française Ă  travers la diffusion de sa musique, c’est bien ainsi que l’auteur entend privilĂ©gier cette prĂ©fĂ©rence nationale, cette volontĂ© de suprĂ©matie dans le goĂ»t international, surtout Ă  partir de 1905, quand il rejoint les membres du Conseil supĂ©rieur des Beaux-Arts. D’autant que les deux AmĂ©riques, vers cet Ouest « futuriste et rĂ©solument moderniste » sont par exemples estimĂ©es tels de nouveaux eldorados, – opportunes issues aux compositeurs français qui peinent Ă  se faire entendre et jouer dans leur propre pays. D’ailleurs l’axe France-USA se cristallise encore aprĂšs la premiĂšre guerre avec la crĂ©ation du Conservatoire amĂ©ricain de Fontainebleau.
Dans ce concert des nations oĂč Saint-SaĂ«ns veut jouer sa propre partition, l’auteur montre par exemple s’agissant des relations avec l’Allemagne, comment le Français renforce peu Ă  peu un combat direct contre le wagnĂ©risme, s’insurgeant contre la divinisation du maĂźtre de Bayreuth dont il a Ă©tĂ© l’un des premiers festivaliers. AprĂšs la mort de Wagner, en 1882, et avec l’essor du wagnĂ©risme, Saint-SaĂ«ns s’affirme en dĂ©fenseur de l’art français, oeuvrant pour la crĂ©ation d’un rĂ©seau francophile international oĂč des chefs sensibilisĂ©s / alliĂ©s sont nommĂ©s Ă  des postes clĂ©s pour favoriser la musique romantique hexagonale, la soutenir, l’encourager, la faire jouer. Comment alors ne pas justement considĂ©rĂ© ce goĂ»t pour l’orient comme la rĂ©ponse du Français, au wagnĂ©risme envahissant de son Ă©poque ?

 

 

saint_saens_globe-trotter-voyageur-sur-classiquenewsAinsi, « confirmĂ©es par ses voyages, les clairvoyances mondialistes de Saint-SaĂ«ns mettent en lumiĂšre les diffĂ©rentes formes de compĂ©tition engagĂ©es entre les puissances europĂ©ennes Ă  la Belle Epoque, c’est Ă  dire Ă  l’avĂšnement de la politique mondiale ». On ne saurait mieux dire. Saint-SaĂ«ns dont la vie tĂ©moigne des deux premiers conflits avec l’Allemagne wilhelmienne (1870 puis 1914-1918) incarne aussi une sorte de modĂšle civilisationnel, non dĂ©nuĂ© d’un certain relent colonialiste, conscient ou non, en particulier vis Ă  vis des pays mĂ©diterranĂ©ens abondamment visitĂ©s et traversĂ©s : l’AlgĂ©rie et l’Egypte. IndĂ©pendant malgrĂ© les pressions du contexte politique, Saint-SaĂ«ns dĂ©fend nĂ©anmoins une direction originale et personnelle qui prĂ©tend dĂ©fendre sa seule esthĂ©tique. Pourtant avec les annĂ©es, et la pression du contexte, le conservatisme francofrançais du compositeur le rattrapent progressivement et c’est un Français de plus en plus fermĂ© Ă  la musique d’Outre-Rhin, comme Ă  la modernitĂ© (de Ravel, Debussy, Stravinsky…) qui s’affirme jusqu’Ă  sa mort.   L’apport du texte se rĂ©vĂšle fondamentale pour qui veut mieux comprendre les mouvements et les Ă©changes intercontinentaux, entre 1860 et 1920 ; surtout pour qui souhaite comprendre le fonctionnement et l’objectif des incessants voyages du Saint-SaĂ«ns globe-trotter. Passionnante nouvelle recherche. En guise de «  gĂ©opolitique musicale », l’approche renouvelle, rafraĂźchit mĂȘme, l’approche musicologique traditionnelle.

 

 

 

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CLIC_macaron_2014LIVRE Ă©vĂ©nement, compte-rendu critique. StĂ©phane LeteurĂ© : Camille Saint-SaĂ«ns, le compositeur globe-trotter (1857 – 1921), Actes Sud / CoĂ©dition : Palazzetto Bru Zane. Parution : mai 2017 – 240 pages – ISBN : 978 2 330 07746 4. CLIC de CLASSIQUENEWS

 

 

Sommaire

 

Le sens politique des voyages de Saint-Saëns : vers une géopolitique de la musique
L’orientalisme : le sens politique d’une esthĂ©tique en vogue
L’AlgĂ©rie de M. Saint-SaĂ«ns : clichĂ©s et nuances du colonialisme
Le double rapport Ă  l’Allemagne : de l’attraction Ă  la rĂ©pulsion

 

 

 

ACTES SUD : Camille Saint-Saëns, compositeur globe-trotter

 

 

 

LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Guide de l’opĂ©ra russe par AndrĂ© Lischke (Fayard)

lischke andre fayard guide de l'opera russe de andre lishke review critique annonce classiquenewsLIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Guide de l’opĂ©ra russe par AndrĂ© Lischke (Fayard). Il Ă©tait nĂ©cessaire de retracer l’histoire de l’opĂ©ra russe, jalonnant le parcours qui s’écrit encore, Ă  travers des pĂ©riodes clairement dĂ©finies. L’auteur s’attache Ă  cette tĂąche pharaonique analysant les Ă©vĂ©nements et partitions marquantes d’une Ă©popĂ©e qui impressionne par l’étendue des donnĂ©es concernĂ©es comme la diversitĂ© des styles et des maniĂšres Ă  mesurer, relativiser, contextualiser. Il n’empĂȘche le texte est avant tout un GUIDE qui comme son titre le prĂ©cise, entend surtout ĂȘtre synthĂ©tique, clair, utile, et d’un usage facilitĂ© par son organisation mĂȘme. Sa consultation pratique ayant Ă©tĂ© dĂšs le dĂ©part intĂ©grĂ© Ă  la conception, elle s’impose naturellement, et le lecteur, spĂ©cialiste ou non, pourra y collecter trĂšs facilement les Ă©lĂ©ments de comprĂ©hension et les explications voulus

L’idĂ©e de suivre et respecter la chronologie (au lieu d’une approche alphabĂ©tique ou thĂ©matique) est trĂšs pertinente : d’un seul regard et dans la consultation naturelle des pages, le lecteur embrasse l’évolution des Ă©critures en comprenant qui prĂ©cĂšde qui, quelle oeuvre annonce la prochaine
 quelle est celle qui est l’aboutissement ou la rĂ©ponse des prĂ©cĂ©dentes
 Ainsi 9 chapitres articulent la comprĂ©hension de l’opĂ©ra, avec comme lignes de force : naissance de l’opĂ©ra sous influence Ă©trangĂšre (principalement italienne et française), Ă©mergence d’un opĂ©ra national ; encore sous influence occidentale (de MikhaĂŻl Sokoloski Ă  AlexeĂŻ Verstovski), puis les « premiers accomplissements avec Glinka, Dargomyjski, SĂ©rov
 ; l’ñge d’or (Tchaikovsky, Napravnik, Moussorsgki, Borodine, Rimski-Korsakov, sans omettre Serge TaneĂŻev, « un cas Ă  part ») ; puis l’épanouissement des sensibilitĂ©s « diverses » telles Arenski, Gretchaninov, Rachmaninov, Rebikov, Matiouchine, Stravinsky, Prokofiev
). La plus vaste partie examine l’opĂ©ra soviĂ©tique et «  la prĂ©gnance de l’idĂ©ologie » : les annĂ©es 1920, le stalinisme, le cas Prokofiev, enfin l’aprĂšs Staline.

Puis l’état actuel de la composition russe affirme Ă  l’époque de notre mondialisation, un Ă©clectisme pluriel qui peut paraĂźtre polymorphe, Ă©parpillĂ©, confus
 mais oĂč se prĂ©cisent encore les postures d’hier : avant-garde et audace visionnaire ou passĂ© rĂ©visitĂ©, c’est Ă  dire ouverture ou repli. Ainsi sont traitĂ©s les ouvrages de AndreĂŻ Petrov, SergueĂŻ Slonimski, Rodion Chtchedrine, NikolaĂŻ Karetnikov, Edison Denisov, Alfred Schnittke, et aprĂšs 2000, Leonid Desiatnikov, Alexandre Raskatov.

Pour chaque compositeur abordĂ©, l’auteur veille Ă  prĂ©senter son oeuvre, son Ă©criture, son esthĂ©tisme, ce qu’il apporte au genre, en quoi il l’a marquĂ© ; puis la prĂ©sentation des oeuvres, chronologique, respecte les critĂšres les plus exigeants de l’analyse scientifique : genĂšse, personnages, types vocaux, synopsis, commentaire (tableau par tableau)
 on ne saurait trouver ailleurs, approche plus complĂšte.

CLIC_macaron_2014On se fĂ©licite ainsi de retrouver dans leur contexte les oeuvres clĂ©s de Stephan Davydov, Catterino Cavos, AlexeĂŻ Verstovski (dont les ouvrages sont « charniĂšres », affirmant un opĂ©ra national nouveau) ; les deux drames dĂ©sormais piliers de MikhaĂŻl Glinka (Ă  savoir : La vie pour le Tsar et Rouslan et Ludmila), comme les 3 oeuvres clĂ©s / jalons de Alexandre Dargomyjski (Esmeralda, La Roussalka, Le Convive de pierre) ; les drames encore plus mĂ©connus et pourtant dĂ©cisifs de Anton Rubinstein (dont Le DĂ©mon), ou de CĂ©sar Cui (soit 10 opĂ©ras, du Prisonnier du Caucase Ă  Mateo Falcone et La Fille du capitaine) ; un seul coup d’oeil montre la fĂ©conditĂ© lyrique de Rimsky-K
 au pas moins de 15 partitions) ; rĂ©vĂ©latrice aussi la voie spĂ©cifique du jeune Rachmaninov au gĂ©nie dramatique irrĂ©sistible (ses 4 opĂ©ras sont ainsi remarquablement prĂ©sentĂ©s et analysĂ©s : Aleko, Le Chevalier avare, Francesca da Rimini, Monna Vanna)
 D’autres exemples pourraient ici ĂȘtre citĂ©s tant les bĂ©nĂ©fices du prĂ©sent ouvrage s’avĂšrent indiscutables. CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2017.

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Livre Ă©vĂ©nement, critique. GUIDE DE L’OPÉRA RUSE par AndrĂ© Lischke. Editions FAYARD, collection « les Indispensables de la musique ». ISBN : 978-2213704524 / brochĂ© : 778 pages – Parution : avril 2017. CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2017

CD, critique. SAINT-SAËNS : PROSERPINE (1887). VĂ©ronique Gens, FrĂ©dĂ©ric Antoun, Andrew Foster-Williams
 Ulf Schirmer (2 cd Pal. Bru Zane, 2016)

Saint saens proserpine critique compte rendu sur classiquenews opera veronique gens frederic antoun edicionessingulareses1027CD, critique. SAINT-SAËNS : PROSERPINE (1887). VĂ©ronique Gens, FrĂ©dĂ©ric Antoun, Andrew Foster-Williams
 Ulf Schirmer, direction (2 cd ediciones singulares / Pal. Bru Zane, 2016). En couverture du livre cd, le corset de la courtisane Proserpine, et son prĂ©nom en lettres d’or, inspirant un drame tragique qui crĂ©Ă© en 1887, sans trop de succĂšs malgrĂ© l’estime que lui portait Saint-SaĂ«ns (qui le tenait pour son meilleur opĂ©ra, ou l’un de ses meilleurs), offre un rĂŽle fĂ©minin d’une ampleur aussi accomplie que celle des hĂ©roĂŻnes de Massenet. D’ailleurs, le style parfois ampoulĂ© et souvent pompier du compositeur, se rapproche de l’auteur de Manon (1884) ou de ThaĂŻs (autre pĂȘcheresse repentie magnifique, crĂ©Ă© en 1894)
 voire la rare Esclarmonde (OpĂ©ra-Comique Ă©galement, crĂ©Ă© en 1889). RĂȘvant son hĂ©roĂŻne comme Bizet avait conçu Carmen, Saint-SaĂ«ns souhaitait une voix large, puissante, dramatique, … Ă  la Falcon. Mais la rĂ©alitĂ© fut plus sournoise et l’auteur dut faire avec les interprĂštes Ă  sa disposition ; il sopranisa le rĂŽle. D’emblĂ©e l’intonation et le style de VĂ©ronique Gens (au français impeccable qui affirme toujours la diseuse / cf ses rĂ©cents albums de mĂ©lodies françaises romantiques, dont l’excellent “NĂ©Ăšre”), son style altier voire aristocratique (elle n’a pas chantĂ© toutes les hĂ©roĂŻnes mythologiques de Gluck, ou presque, pour rien), la finesse de l’incarnation permettent de facto d’exprimer l’épaisseur du personnage : une courtisane vĂ©nĂ©rĂ©e comme VĂ©nus, qui tombant amoureuse d’un jeune homme, Sabatino (excellent FrĂ©dĂ©ric Antoun, lui aussi d’une articulation et d’un style parfait comme naturel), intrigue et manipule en vraie harpie passionnĂ©e, ou tragĂ©dienne Ă©prise, pour empĂȘcher son prochain mariage avec l’angĂ©lique Angiola
 mais face au retrait de celui qu’elle aime, – certainement effrayĂ© par ce monstre amoureux, la femme mĂ»re Ă©conduite, se suicide dans une scĂšne finale accumulant le kitsh le plus dramatique.
Saluons malgrĂ© les Ă©carts pompiers de la partition de 1887, l’agilitĂ© expressive de l’orchestre, et surtout la tenue idĂ©ale des deux protagonistes, Proserpine et sa « proie », Sabatino.
Les deux chanteurs (francophones) restent continument crĂ©dibles, aussi engagĂ©s que fins, sans omettre l’intelligibilitĂ©, qualitĂ© de plus en plus rare sur la scĂšne mais pourtant primordiale dans l’opĂ©ra romantique français. A leurs cĂŽtĂ©s, en complice noir, rĂ©alisant les agissements et la sale besogne dĂ©cidĂ©e par la courtisane, le vif et trĂšs habitĂ© baryton Andrew Foster-Williams incarne le truculent et le mĂ©phistophĂ©lien dans le personnage vil et brut du brigand Squarocca : son air Ă  boire, – dans la grande tradition des airs de taverne de l’opĂ©ra fantastique et faustĂ©en (Les Contes d’Hoffmann, Faust, 
) : « chanson des ivrognes / Vin qui rougit ma trogne  » (Acte III) affirme la dĂ©mesure expressionniste d’un vrai grand rĂŽle de caractĂšre, une veine rĂ©aliste et pittoresque dans laquelle on attendrait certainement pas l’élĂ©gant et post classique Saint-SaĂ«ns.
Sans atteindre la cohĂ©rence dramatique ni le raffinement instrumental de Carmen – de la dĂ©cennie antĂ©rieure (1875), aussi efficace et toute entiĂšre dĂ©diĂ©e au portrait de femme de son hĂ©roĂŻne principale, – comme Massenet lorsqu’il traite du genre fĂ©minin, cette Proserpine d’un Saint-SĂ«ns quinquagĂ©naire, se devait d’ĂȘtre ainsi dĂ©voilĂ©e et fixĂ©e par le disque, devant sa crĂ©dibilitĂ© Ă  la stature de la soprano française VĂ©ronique Gens qui, dans le rĂŽle-titre, se sort de tous les dĂ©fis du rĂŽle. En ces temps de disette pour la culture, au moment oĂč l’industrie du disque plonge et ne peut plus se permettre d’enregistrer des opĂ©ras – sinon en live, profitant de reprĂ©sentations scĂ©niques, – avec ou sans dĂ©cors-, saluons ce nouveau jalon de la collection dĂ©sormais de rĂ©fĂ©rence, intitulĂ©e “OpĂ©ra français”. Heureuse exhumation.

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CD, critique. SAINT-SAËNS : PROSERPINE (1887). VĂ©ronique Gens, FrĂ©dĂ©ric Antoun, Andrew Foster-Williams
 Flemish Radio Choir, MĂŒnchner Rundfunkorchester. Ulf Schirmer, direction ( 2 cd ediciones singulares / Palazzetto Bru Zane, collection « OpĂ©ra français — French opera, enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Munich en octobre 2016). Note de classiquenews : ***, 3/5.

CHATEAUBRIAND ET LA MUSIQUE

CHATEAUBRIAND, un solitaire Ă©pris de musiqueCHATEAUBRIAND. NĂ© en 1768 (Saint-Malo en Bretagne), dĂ©cĂ©dĂ© Ă  Paris le 4 juillet 1848, Chateaubriand est le gĂ©nie du romantisme français (et non pas son « prĂ©curseur » comme on peut le lire ici et lĂ  injustement : le mouvement des idĂ©es et de la sensibilitĂ© hĂ©ritier des LumiĂšres Ă  la fin du XVIIIĂš, est dĂ©jĂ  incarnĂ© par les Souffrances du Jeunes Werther de Goethe (1774), lequel pour le coup est bien le prĂ©curseur d’un esthĂ©tisme Ă©motionnel et fantastique dont Chateaubriand est bien le gĂ©nie le plus accompli (RenĂ©, ou les effets des passions, 1802). D’obĂ©dience politique plutĂŽt monarchiste (il sera Ministre des Affaires Ă©trangĂšres sous la Restauration) – Ă  la diffĂ©rence d’un Hugo plutĂŽt rĂ©publicain et contre tout prĂ©sidentialisme : de fait ennemi contestataire de NapolĂ©on III qui l’exile Ă  Guernesey), Chateaubriand affirme son intelligence fascinante sur le plan littĂ©raire. Il invente et lĂšgue des mythes dont se saisiront les compositeurs. A l’égal d’un Byron par exemple.

Voyageur du Nouveau Monde et de MĂ©diterranĂ©e. Dans ses Ă©crits circule une libre pensĂ©e qui voyage et qui affirme son ouverture de voyageur du monde : l’exotisme est une expĂ©rience vĂ©cue sur site et non plus un fantasme poĂ©tique. L’AmĂ©rique du nord oĂč il voyage (en 1791 Ă  l’époque de la RĂ©volution française : Philadelphie, New York, Boston, Lexington
jusqu’aux chutes du Niagara) lui inspire des types humains d’une nouvelle origine et d’une dimension passionnelle inĂ©dite : Atala, – ou la recherche du bon sauvage dont JJ Rousseau a transmis la quĂȘte (1801, Ă  33 ans, c’est son premier grand succĂšs qui est aussi un rĂ©quisitoire Ă  peine masquĂ© pour les vertus du christianisme), Les Natchez (1826), comme les peuples de MĂ©diterranĂ©e (comme le peintre Delacroix qui rejoint l’AlgĂ©rie), car Chateaubriand quadragĂ©naire parcourt les pays mĂ©diterranĂ©e dont il tĂ©moigne dans ItinĂ©raire de Paris Ă  JĂ©rusalem en 1811.

Un temps favorisĂ© par Bonaparte devenu NapolĂ©on, Chateaubriand se dĂ©tourne de l’Empire et rentre clairement dans l’opposition aux bonapartistes. En 106, il rĂ©alise un grand tour d’Orient en quĂȘte d’inspiration pour son grand roman sur le christianisme (GrĂšce, Asie Mineure, Palestine, l’Egypte sont parcourus pendant l’annĂ©e 1806).

L’écrivain – mis Ă  l’écart par NapolĂ©on, s’installe alors dans une retraite confortable dans la VallĂ©e aux loups (Chatenay-Malabry) : il y restera 11 annĂ©es, obligĂ© finalement de vendre sa propriĂ©tĂ© miraculeuse, ermitage amĂ©nagĂ© par lui mĂȘme, contenant mĂȘme des espĂšces d’arbres amĂ©ricains qu’il a rapportĂ© de ses voyages.

A la VallĂ©e aux loups, Chateaubriand Ă©crit nombre de ses ouvrages majeurs : Les Martyrs (1809), ItinĂ©raire de Paris Ă  JĂ©rusalem (1811, annĂ©e de son Ă©lection comme immortel, c’est Ă  dire de son entrĂ©e Ă  l’AcadĂ©mie française, en succession au fauteuil du poĂšte rĂ©volutionnaire Marie-Joseph ChĂ©nier). EmpĂȘchĂ© de prononcer son discours de rĂ©ception par NapolĂ©on, Chateaubriand ne pourra siĂ©ger sous la Coupole qu’à la Restauration. Avec l’aide de Talleyrand qui l’a toujours dĂ©fendu et favorisĂ©, Chateaubriand devient ambassadeur en SuĂšde, puis aprĂšs les Cent jours, il est nommĂ© ministre d’état et Pair de France (1815). En ultraroyaliste, Chateaubriand est couvert d’honneurs et de privilĂšges
 jusqu’en 1824, oĂč il remerciĂ© par le gouvernement de VillĂšle. Chateaubriand devient alors libĂ©ral et rentre dans l’opposition, Ă©crivant dans Le Journal des DĂ©bats, sa dĂ©fense de la libertĂ© de la presse, et du peuple grec.

 

 

 

Oeuvres majeures :

Atala ou les Amours de deux sauvages dans le désert (1801)

René, ou les Effets des passions (1802)

Le GĂ©nie du christianisme (1802)

Les Martyrs (1809)

Les Aventures du dernier Abencerage (1826) – ThĂ©odore Dubois s’inspire du roman de Chateabriand pour son opĂ©ra Aben Hamet


Les Natchez (1827)

MĂ©moires d’Outre-Tombe (1848)

 

 

GIRODET Atala_au_tombeau,1808,Girodet_de_Roussy_-Trioson,_Louvre.

 

Illustration : Atala au tombeau, par Girodet (1808)

 

 

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A VENIR : les opĂ©ras et les oeuvres symphoniques inspirĂ©s par l’oeuvre de Chateaubriand

CD, compte rendu critique. Arcadi Volodos plays Brahms (1 CD SONY classical, 2015-16-17)

VOLODOS Arcadi Volodos joue plays BRAHMS 1 cd SOny classical compte rendu critique cd par classiquenewsCD, compte rendu critique. BRAHMS : PiĂšces, Intermezzi (Opus 76, 117, 118 – 1892-1893). Arcadi Volodos, piano (1 CD SONY classical, 2015-16-17). DĂšs les PiĂšces opus 76, l’intĂ©rioritĂ© et un rubato d’une grande fluiditĂ©, toujours orientĂ© vers l’introspection moins inquiĂšte qu’interrogative, captivent. Brahms aime les questionnements suspendus, sans rĂ©ponse : en cela la premiĂšre des PiĂšces opus 76, composĂ©es Ă  l’étĂ© 1892,  (Capriccio 1) est d’une liquiditĂ© sobre mais clairvoyante : entre pleine conscience et insouciance recherchĂ©e. Bavard, cette fois insouciant est le Capriccio 2 suivant ; en visions plus enchantĂ©es, versant vers l’enivrement de plus en plus Ă©thĂ©rĂ©, l’Intermezzo, notĂ© « grazioso » sĂ©duit tout autant. Signant l’un de ses programmes les mieux investis, le pianiste d’origine russe, Arcadi Volodos convainc par cet indicible Ă©coulement entre gravitĂ© et retenue, toujours au service d’une pudeur qui recherche le secret et la sĂ©rĂ©nitĂ© intĂ©rieure malgrĂ© ses propres contradictions et ses tentations intermittentes
 DouĂ© d’une envoĂ»tante facilitĂ© digitale, le pianiste sculpte en teintes jamais percussives ni puissamment charpentĂ©es – comme c’est le cas de ses confrĂšres russes, l’insaisissable et grande versatilitĂ© brahmsienne, cependant inscrite dans l’intelligibilitĂ© et l’articulation, une Ă©loquence sertie d’éclairs et d’attĂ©nuations intimes.

Arcadi Volodos Ă©coute l’intĂ©rioritĂ© brahmsienne
Il ouvre chaque porte d’une Ă©nigme profonde et tenue secrĂšte

Plus intĂ©rieurs encore, les 3 Intermezzi opus 117 (crĂ©Ă©s en 1893, Ă  l’époque de ses 60 ans) expriment au plus juste cette tragĂ©die intime et silencieuse, propre Ă  Brahms : ils sont tous notĂ©s « Andante », d’une Ă©lĂ©gance de ton, d’une retenue toute personnelle, vĂ©ritable architecture du murmure et des piani souverains : c’est Ă  dire, suspendus, mĂ©lancoliques ma non troppo, souples et caressants. La tendresse s’affirme aussi nettement dans ce basculement introspectif d’une absolue pudeur, laissant par intermittence, l’essor d’un chant plus serein. Le sommet de cette littĂ©rature qui revisite la sehnsucht schubertienne, demeure le joyau du triptyque : l’Intermezzo opus 117 n°2 en si bĂ©mol mineur, – tonalitĂ© de l’hypersensibilitĂ©, auquel le jeu trĂšs sobre, clair, retenu du pianiste, apporte cet abandon – lĂącher prise, souverain lui aussi, oĂč jaillit portĂ© par la recherche d’insouciance, un pur sentiment d’innocence.
Le grave, le sombre mĂȘme, le tendre et la pudeur se marient ici en une Ă©quation magistrale. Volodos lui applique avec ĂŽ combien de tact et de mesure, sa propre grille de recul et de distanciation : une opĂ©ration de dĂ©cantation vers le sublime et l’indicible, de la lumiĂšre vers l’invisible, comme si Ă  mesure que s’écoule le divin baume sonore, s’épaissit le mystĂšre qui nous Ă©treint. Le dernier Intermezzo semble nous dire la lassitude d’un Brahms au bout du bout et sa fameuse petite phrase : «  Je suis las, La vie hĂ©las, me pĂšse ! ». De fait, le dernier volet de cette trilogie pour piano, l’équivalent pianistique des 3 derniĂšres Symphonies de Mozart, – (elles aussi du destin), semble s’enraciner inĂ©luctablement dans l’amertume et la grisaille Ă  peine voilĂ©e, mais avec combien de retenue.

Plus acĂ©rĂ©es et vif argent, les PiĂšces opus 118 (6 KlavierstĂŒcke) crĂ©Ă©es en 1894, surenchĂ©rissent dans une palette expressive plus contrastĂ©es et plus passionnĂ©es dont la premiĂšre (notĂ©e Allegro appassionato) affirme une puissance Ă©motionnelle jamais tarie ; le murmure enchantĂ© de l’Andante qui suit saisit par son intensitĂ© souterraine permanente : le flux le plus rĂ©ussi – et qui rappelle l’infini introspectif de la Sonate pour piano; son irrĂ©pressible langueur passionnelle, inscrite dans les plis et replis d’une psychĂ© qui se rĂ©tracte et demeure inĂ©luctablement 
 secrĂšte : saluons la formidable digitalitĂ© allusive et d’une Ă©loquence qui soigne transitions et silences. Beau contraste avec la Ballade qui suit, son caractĂšre de marche victorieuse, un rien bravache qui n’écarte pas une activitĂ© psychique viscĂ©ralement inquiĂšte.

Les deux derniers Andante (Romance et Intermezzo), surtout l’ultime, flirte avec l’ombre et le silence, – en un chant murmurant, essentiel lĂ  encore, Ă  peine Ă©noncĂ© comme une esquisse dont la derniĂšre Ă©criture d’un Brahms de plus en plus essentiel, souligne la concentration synthĂ©tique, le dessin d’une Ă©pure. Liquides et magiciens, d’une fluiditĂ© aĂ©rienne, le jeu et le toucher du pianiste tirent une rĂ©vĂ©rence des plus filigranĂ©es, et comme Ă©nigmatique dans ses rĂ©sonances derniĂšres
 graves, contrastant avec le jaillissement d’une priĂšre plus ardente mais fugace et vite enfouie
 dans l’ombre Ă©paisse. De sorte que surgit dans l’espace du clavier seul, par l’activitĂ© des deux mains magiciennes, ce monde entre la vie et la mort, – cette « profondeur inexprimable » (selon les propres mots de Volodos), unique, impalpable et immatĂ©riel, propre Ă  l’imaginaire brahmsien, qui file entre les notes, idĂ©alement incarnĂ©es. Le rĂ©cital qui regroupe sur 3 annĂ©es, 2015, 2016 et 2017, les 3 cycles pianistiques, est l’un des mieux senti d’Arcadi Volodos. Compilation trĂšs convaincant.

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CD, compte rendu critique. VOLODOS PLAYS BRAHMS. Johannes BRAHMS (1833-1897) : PiĂšces, Intermezzi (Opus 76, 117, 118 – 1892-1893). Arcadi Volodos, piano (1 CD SONY classical, 2015-16-17).

volodos plays brahms cd review critique sur classiquenews cd review - critique cd 0886445351033_600

CD, compte rendu critique. HENRI DUTILLEUX : Orchestre national de Lille. Darell Ang (1 cd Naxos, 2015)

dutilleux-symphonie le double timbres espace mouvement mystere de l'instant darelle ang critique cd cd review dutilleuxCD, compte rendu critique. HENRI DUTILLEUX : Orchestre national de Lille. Darell Ang (1 cd Naxos, 2015). Dans sa Symphonie « Le Double » (n°2), Dutilleux se joue de la forme baroque du Concerto grosso, non pas pour opposer en contrastes et rythmes confrontĂ©s, les deux parties constitutives du genre (« concertino » de solistes, et reste de l’orchestre en « ripieno » pour les tutti), mais plutĂŽt en variant leur jeu, parfois opposĂ©s et alternĂ©s, mais aussi assemblĂ©s, croisĂ©s, fusionnĂ©s : il y a donc relecture trĂšs personnelle de la tradition baroque (citĂ©e ici par la prĂ©sence Ă©nigmatique, dansante, arachnĂ©nenne du clavecin, comme posĂ© sur la voile orchestrale). Dutilleux joue de l’exposĂ© et sa rĂ©ponse, comme deux pans d’un miroir dont les facettes explicitĂ©es (en jeu de polyphonie et de polytonalitĂ©), – scintillantes-, renvoient sĂ©parĂ©ment Ă  une seule et mĂȘme entitĂ© : le double se rĂ©fĂšre et renvoie Ă  l’ĂȘtre et Ă  la source unique, premiĂšre dont il dĂ©coule; soit les deux faces d’un mĂȘme personnage. L’Animato ma misterioso (mouvement I) allie pulsion trĂ©pidante et caractĂšre d’ivresse murmurĂ©e ; le second mouvement – Andantino sostenuto -, exprime une gravitĂ© plus sourde, une profondeur viscĂ©ralement mystĂ©rieuse, dont la vĂ©ritĂ© se dĂ©robe Ă  mesure qu’elle rĂ©siste aux tentatives (habiles, Ă©lĂ©gantes) pour la dĂ©masquer ; la forme y revĂȘt une robe de plus en plus sensuelle et magique (trompette scintillante, incisive), qui se prĂ©cise en marche funambulique, jusqu’à son ultime souffle (aux cordes). FidĂšle Ă  la sensibilitĂ© introspective de Dutilleux, le cachĂ© demeure cachĂ©.
DĂ©taillĂ©e, imaginative, – bien que parfois trop explicite dans le mouvement lent, la palette des nuances de l’Orchestre Lillois surprend / saisit par sa verve intĂ©riorisĂ©e ; s’affirme une attention constante Ă  l’indicible, au tĂ©nu lovĂ© entre chaque repli d’une partition qui semble ouvrir mille portes Ă  mesure de son dĂ©roulement.

L’Orchestre national de Lille rĂ©ussit une superbe album Dutilleux

Dutilleux : aux confins du mystĂšre

dutilleux henri Cormier-photo-3Plus construit, d’une claire autodĂ©termination, l’Allegro fuocoso est portĂ© par un feu trĂ©pidant et dansant, dont les micros sĂ©quences, en timbres, en rythmes, façonnent une constellation qui doit Ă©blouir par sa cohĂ©sion apparemment Ă©clatĂ©e. A l’ivresse du pulsionnel, surgissent de superbes vagues suspendues laissant s’épanouir des aubes nouvelles, au climat extatique et conclusifs, lĂ  encore languissants envisageant des horizons purement mystĂ©rieux (atmosphĂšre sacrificielle hallucinĂ©e dans le sillon du Sacre de Stravinsky). Disposant de solistes virtuoses, le jeune chef laurĂ©at du 50Ăš Concours de Besançon, Darell Ang, analyse, fragmente, caractĂ©rise, l’une des sections les plus envoĂ»tantes et impressionnantes jamais Ă©crites alors (crĂ©Ă© Ă  Boston en 1959 par Charles Munch).

Tout aussi suspendu, mystĂ©rieux, telle la porte ouverte sur un ciel infini, – et lui aussi placĂ© dans l’ombre de Charles Munch (dĂ©dicataire avec Rostropovitch qui en passe commande en 1978), le clim

CD, compte rendu critique. HENRI DUTILLEUX : Orchestre national de Lille. Darell Ang (1 cd Naxos, 2015)

at de « Timbres, Espace, Mouvement » fait la part belle Ă  l’intensitĂ© suspendue du timbre, comme l’expressivitĂ© ardente, dansante, envoĂ»tante de la couleur, telle que le dĂ©fend Van Gogh dans son tableau, nocturne suggestif « La Nuit Ă©toilĂ©e ». Dutilleux invoque lĂ  encore l’ivresse sensorielle suscitĂ©e entre peinture et musique, dans une forme orchestrale davantage invocatoire, atmosphĂ©rique. Ici le langage symphonique se fait chant hallucinĂ© en rĂ©sonances avec les vibrations cosmiques ; l’orchestre devenant acteur et sujet d’une nouvelle dimension Ă  la fois spatiale et temporelle inĂ©dite. Le geste du chef et des instrumentistes semble vouloir percer le mystĂšre sacrĂ© d’un instant dont le dĂ©roulĂ© fait corps avec l’espace qu’il occupe : la direction affirme une conception plus prĂ©cise ici, dĂ©voilant l’ombre Ă©paisse du mystĂšre qui semble s’amplifier, s’élargir, comme l’expansion de l’espace lui-mĂȘme.

C’est justement “ MystĂšre de l’Instant ” qui referme la boucle de ce programme parfaitement conçu : soit 10 sections, conçues en 1989, dĂ©sormais indĂ©pendantes, renfermant leur propre vision du mystĂšre, comme autant d’Haikus, Ă©nigmatiques. A chaque instant ainsi sacralisĂ© par leur enveloppe orchestrale singuliĂšre et spĂ©cifique, sa propre autonomie, son identitĂ©, son propre drame oĂč scintille comme toujours le jeu de timbres prĂ©cisĂ©ment caractĂ©risĂ© (le cymbalum de François Rivalland, par exemple surgissant dans le 3Ăš Instant : « Prismes »). qu’il s’agisse des clusters miroitants d’Echos, les registres extrĂȘmes contrastĂ©s d’Espaces lointains (4) ; des glissandos subtilement superposĂ©s de Rumeurs (7),
 Dutilleux offre une Ă©tonnante diversitĂ© de possibilitĂ©s Ă  partir des 24 cordes associĂ©es au cymbalum et aux percus. Jeu de rĂ©sonance, d’échos, de traces, de rĂ©ponses, de dilution du son, de la perte de prĂ©cision caractĂ©risĂ©e, au profit d’un voile harmoniquement riche et indistinct (rĂ©vĂ©lation ultime du mystĂšre matriciel et final ?), l’esthĂ©tique d’Henri Dutilleux ne cesse d’interroger la forme et le sens de l’écriture orchestrale, et aussi la question mĂȘme du dĂ©roulement / dĂ©veloppement musical. Chef et orchestre atteignent une cohĂ©sion Ă  la fois critique et sensuellement aboutie qui confirme la grande rĂ©ussite de cet album monographique dĂ©diĂ© Ă  Henri Dutilleux. TrĂšs convaincant.

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CLIC D'OR macaron 200CD, compte rendu critique. HENRI DUTILLEUX : Symphonie n°2 « Le Double », « Timbres, espace, mouvement », MystĂšre de l’Instant. Orchestre national de Lille. Darell Ang (1 cd Naxos 8.573596, enregistrĂ© Ă  l’Auditorium Le Nouveau SiĂšcle Ă  Lille dĂ©but septembre 2015). CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2017.

Briançonnais. FESTIVAL MESSIAEN au pays de la Meije 2017 (les 20 ans)

MESSIAEN festival messiaen au pays de la meije par classiquenews presentation temps forts pourquoi y aller absolument Affiche-finale22122016FESTIVAL MESSIAEN au pays de la Meije : 22-30 juillet 2017 (Hautes-Alpes). Le 20Ăš festival Messiaen au Pays de la Meije offre un somptueux « voyage Ă  travers le son », Olivier Messiaen qui avait Ă©lu rĂ©sidence sur le territoire, ayant depuis toujours cultiver un regard critique sur le son. GrĂące au directeur artistique, GaĂ«tan Puaud, fier gardien des lieux et de l’évĂ©nement depuis les dĂ©buts du Festival dans le Briançonnais, les spectateurs au Pays de la Meije, de La Grave Ă  Briançon, ont toujours pu mesurer l’esprit dĂ©fricheur et le perfectionnisme sonore du compositeur : c’est aussi l’occasion, chaque Ă©tĂ© de considĂ©rer l’autre composante majeure de son Ă©criture : sa spiritualitĂ©. Non pas l’expression d’une bondieuserie rĂ©ductrice, mais l’affirmation d’un idĂ©al transcendant qui porte toujours plus haut chacune de ses partitions. En juillet 2017, les auditeurs pourront Ă©couter “Des Canyons aux Ă©toiles”, le “Quatuor pour la fin du Temps”, “Harawi”, les “Visions de l’Amen”, “Saint François d’Assise” (version Loriod pour chant et piano), les “Cinq Rechants »  Soit un cocktail de joyaux incontournables d’autant plus opportuns en 2017 qu’il s’agit aussi de commĂ©morer les 25 ans de la disparition d’Olivier Messiaen, en 1992.

Cette Ă©dition anniversaire ne dĂ©roge pas Ă  la rĂšgle et affirme trĂšs fort l’esprit d’innovation qui l’anime (8 crĂ©ations en 2017), dans le respect du travail musical dĂ©fendu par Messiaen. Songez que par exemple, la partitions de « Des Canyon aux Ă©toiles » fait appel Ă  une machine Ă  vent : le chant des Ă©lĂ©ments naturels ayant de puis toujours inspirĂ© le compositeur. Or rien de comparable au paysage naturel qui s’offre au festivalier : La Grave, situĂ©e Ă  1500 m d’altitude, prĂ©sente un paysage environnant d’une beautĂ© sauvage et puissante Ă  couper le souffle, avec au versant nord, des massifs montagneux enneigĂ©s d’oĂč paraissent comme suspendus des glaciers majestueux


« MURAIL, l’explorateur des sons » .Cette annĂ©e, Tristan Murail est Ă  l’honneur ; lui aussi prolonge le travail de Messiaen sur le son. Au sein de l’Ircam, il a pu s’engager toujours plus loin, au sein de l’école spectrale, ciselant davantage la qualitĂ© du timbre. Depuis 20 ans, le festival dĂ©fend avec grande cohĂ©rence l’esprit de crĂ©ation et d’audace, l’originalitĂ© crĂ©ative que le Messiaen pĂ©dagogue a su transmettre Ă  chacun de ses Ă©lĂšves. Au coeur des activitĂ©s vers les publics, s’affirment l’enseignement et la pĂ©dagogie car GaĂ«tan Puaud entend Ă©largir et renouveler toujours les publics du Festival : quoi de plus efficace et concret que d’organiser des rencontres et des confĂ©rences avec les scolaires du Briançonnais sur tout le territoire pour partager et transmettre la passion des mondes sonores de Messiaen et de ses disciples ? C’est chose faite depuis dĂ©jĂ  6 annĂ©es, chaque mois de juin avant le dĂ©roulement du Festival. En 2017, il s’agit depuis le Conservatoire de Briançon, de sensibiliser les jeunes auditeurs Ă  la musique de Tristan Murail. La programmation 2017 souligne la modernitĂ© de son enseignement comme la profonde diversitĂ© de son invention comme compositeur. Sur place le festivalier fait l’expĂ©rience de concerts accueillis dans plusieurs lieux, principalement les Ă©glises du territoire (quoique que La Grave demeure le centre de gravitĂ© du cycle musical), tout en dĂ©couvrant les sites naturels qui marquent profondĂ©ment le dĂ©roulement de l’évĂ©nement. D’ailleurs, GaĂ«tan Puaud tient particuliĂšrement Ă  l’équilibre concerts, confĂ©rences, randonnĂ©es (comme celle organisĂ©e le 24 juillet Ă  8h45). Rien de mieux pour la satisfaction des sens qu’un programme complet associant explications, exercice physique et dĂ©lectation musicale. VoilĂ  qui fait depuis 20 ans, la valeur et l’attrait d’un festival estival parmi les plus intĂ©ressants de l’Hexagone.

 

 

MESSIAEN festival pays de la meije presentation temps forts du festival par classiquenews Ă©dition 2017 Olivier Messiaen et Tristan Murail - classiquenews ColinSamuels-2016-07-28-0019-18h-La-Grave-HR-

 

 

TOUTES LES INFOS sur le Festival Messiaen au Pays de la Meije 2017

(20Ăšme Ă©dition en juillet 2017), du 22 au 33 juillet 2017

http://www.festival-messiaen.com/programme-presentation-fr.html

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Festival Messiaen au Pays de la Meije
Du 22 au 30 juillet 2017
Nos 5 temps forts

 

 

 

1- Samedi 22 juillet 2017
Eglise de La Grave, 21h
Murail : L’Esprit des dunes
HervĂ© : A l’air libre (crĂ©ation mondiale)
HervĂ© a Ă©tĂ© l’lĂšvre de Grisey, lui-lĂȘme Ă©lĂšve de Messiaen. La transmission est donc concrĂšte.
Ensemble orchestral contemporain
Daniel Kawka, direction
+ D’INFOS : http://www.festival-messiaen.com/detail-concert-messiaen-fr/117-.html

 

 

 

2- Dimanche 23 juillet 2017
Collégiale de Briançon, 21h
Messiaen : Des canyons aux Ă©toiles
Orchestre POITOU-CHARENTES
Jean-Frédéric Neuburger, piano
Jean-François Heisser, direction
+ D’INFOS : http://www.festival-messiaen.com/detail-concert-messiaen-fr/118-.html

 

 

 

3- Mercredi 26 juillet 2017
Salle du DĂŽme, Le MonĂȘtier les bains, 21h
Boulez : Sur incises (pour 3 pianos, 3 harpes, 3 percussions)
Murail : Travel Notes
Bartok : Sonates pour deux pianos et percussions
Ensemble du CNSMDP Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Bruno Mantonvani, direction

+ D’INFOS : http://www.festival-messiaen.com/detail-concert-messiaen-fr/123-.html

 

 

 

4- Jeudi 27 juillet 2017
Eglise de La Grave
Folle Nuit magique de l’électronique, dĂšs 18h
Oeuvres de Jolivet, Murail (oeuvres pour ondes Martenot : Mach 2,5, Tigres de Verre, La conquĂȘte de l’Antarctique, Territoire de l’Oubli), Citron, TisnĂ©, Figols-Cuevas (Tox, crĂ©ation mondiale, commande du Festival). AprĂšs la « pause collation » : Bedrossian (crĂ©ation mondiale pour deux violons), Murail (Winter Fragments), Grisey, HaapamĂ€ki, Boulez (Dialogue de l’Ombre double). Ondes Martenot : Nathalie Forget.
+ D’INFOS : http://www.festival-messiaen.com/detail-concert-messiaen-fr/133-.html

 

 

 

5- samedi 29 juillet 2017
Eglise de La Grave, 21h
Messiaen : Quatuor pour la fin du temps
Fagerlund, Debussy, Murail (Cloches d’adieu, et un sourire
)
Paavali Jumppanen (piano), Corey Cerovsek (violon), Christoffer Sundqvist (clarinette), Jan-Erik Gustafsson (violoncelle)
+ D’INFOS: http://www.festival-messiaen.com/detail-concert-messiaen-fr/130-.html

 

 

 

 

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MESSIAEN festival messiaen au pays de la meije par classiquenews presentation temps forts pourquoi y aller absolument Affiche-finale22122016BONUS : dimanche 30 juillet 2017, 21h (Eglise de La Grave). Le festivalier curieux d’en vivre plus, ne manquera pas non plus la version pour piano et chant d’Yvonne Loriod-Messiaen, de l’opĂ©ra Une lecture de Saint-François d’Assise (extraits)
Avec Didier Henry (Saint François), Marc Mauillon (Le LĂ©preux), Laura Holm (L’Ange), Kaelig BochĂ©, Jean-Christophe LaniĂšce, Anne Le Bozec et Flore Merlin (pianos), et Nathalie Forget (ondes Martenot).
http://www.festival-messiaen.com/detail-concert-messiaen-fr/132-.html

 

 

 

BERLIOZ, La Damnation de Faust Ă  ANGERS et Ă  NANTES

berlioz-damnation-de-faust-angers-nantes-opera-presentation-classiquenews-15-et-23-septembre-2017ANGERS NANTES OPERA : La Damnation de Faust de Berlioz, les 15 et 23 septembre 2017. AprĂšs Lohengrin de Wagner, sommet du romantisme germanique, Ă©galement prĂ©sentĂ© en version de concert (LOHENGRIN avec Daniel Kirch, Catherine Hunold, septembre 2016, LIRE notre compte rendu complet), ANGERS NANTES OPERA propose le chef d’oeuvre lyrique et symphonique le plus audacieux et expĂ©rimental de Berlioz, « notre Wagner français »  Orchestration virtuose, Ă©criture chorale et vocale d’une rare puissance dramatique, La Damnation de Faust est selon l’esprit aventureux et novateur de Berlioz, une « lĂ©gende dramatique ». La caractĂ©risation des personnages d’aprĂšs Goethe (le docteur Faust et son mentor initiateur, Mephistophele, Marguerite qui malgrĂ© ses turpitudes criminelles sera cependant sauvĂ©e et accueillie au ciel – l’opĂ©ra s’achĂšve d’ailleurs sur son apothĂ©ose-, les atmosphĂšres, l’enchaĂźnement des sĂ©quences entre fantastique et rĂ©alisme
 composent l’un des opĂ©ras les plus forts du XIXĂš, vĂ©ritable manifeste du romantisme français (crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra-Comique de Paris, le 6 dĂ©cembre 1846). Gageons que comme ce fut le cas de Lohengrin, la saison passĂ©e, cette Damnation de Faust, portĂ©e par le gĂ©nie de Berlioz et servie par une distribution prometteuse (avec dans les deux cas l’excellente Catherine Hunold, dans Lohengrin, Ortrud hallucinĂ©e et mordante ; chez Berlioz, Marguerite
), sera l’un des temps forts de la prochaine saison 2017 – 2018 d’Angers Nantes OpĂ©ra


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La Damnation de Faust de Hector
LĂ©gende dramatique en 4 parties
Présentée par ANGERS NANTES OPERA
ANGERS, Centre de congrĂšs, vendredi 15 septembre 2017, 20h30
NANTES, La Cité, samedi 23 septembre 2017, 20h30

Avec Michael Spyres (Faust), Laurent Alvaro (MĂ©phistophĂ©lĂšs), Catherine Hunold (Marguerite)
 Choeur d’Angers Nantes OpĂ©ra (Xavier RIbes, direction) / Choeur de l’OpĂ©ra de Dijon (Anass Ismat, direction) / Orchestre national des Pays de la Loire. Pascal RophĂ©, direction.

RESERVEZ VOTRE PLACE dÚs à présent
sur le site d’ANGERS NANTES OPERA
http://billetterie.angers-nantes-opera.com/reservations-spectacle-opera-css5-angersnantesopera-pg1-rg11737.htm

berlioz-damnation-de-faust-angers-nantes-opera-presentation-classiquenews-15-et-23-septembre-2017

LIRE aussi notre compte rendu critique de la Damnation de Faust de Berlioz avec Michael Spyres, sous la direction de Sir John Eliot Gardiner, au Festival Berlioz de la CÎte Saint-André, fin août 2017

Les Troyens de Berlioz Ă  STRASBOURG

troyens strasbourg orchestre philharmonique de strasbourg classiquenews-2017-04-15-frSTRASBOURG, les 15 et 17 avril 2017. BERLIOZ : Les Troyens. Version de concert. John Nelson dirige l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg (OPS) dans l’oeuvre fleuve de Berlioz, fresque monumentale et d’une rare subtilitĂ© psychologique dans laquelle le Romantique français Ă©gale par l’ambition artistique (plus de 15 solistes, 3 chƓurs
 soit 250 artistes sur scĂšne et prĂšs de 100 en coulisses) et l’idĂ©al esthĂ©tique Ă©laborĂ©, le grand Ɠuvre de Wagner. Ainsi dans une somptueuse parure orchestrale (instruments ajoutĂ©s dont 6 harpes et la banda de cuivres en coulisses
) s’offrent aux auditeurs et spectateurs : inspirĂ©s de l’Eneide d’HomĂšre, la chute de Troie, l’amour tragique de Didon, reine de Carthage, pour le prince grec EnĂ©e.

Samedi 15 avril 2017 – 19h
Lundi 17 avril 2017 – 15h
Strasbourg, PMC Salle Érasme

Avec :
Joyce DiDonato (Didon), Michael Spyres (Enée), Marie-Nicole Lemieux, Stéphane Degout, Marianne Crebassa, Hannah Hipp, Nicolas Courjal, Philippe Sly, Cyrille Dubois, Bertrand Grunenwald, Stanislas De Barbeyrac, Jean Teitgen, Richard Rittelmann, JérÎme Varnier, Frédéric Caton, Agnieszka Slawinska,
Badischer Staatsopernchor,
ChƓur de l’OpĂ©ra National du Rhin,
Choeur de l’OPS

berlioz Hector Berlioz_0DEMESURE & FINESSE, ANTIQUITE & MYTHOLOGIE… Le plateau s’impose par sa dĂ©mesure (5 actes, 9 tableaux qui souhaitent ressusciter la grandeur hĂ©roĂŻque et l’intensitĂ© Ă©motionnelle des hĂ©ros de la mythologie grecque). Pourtant la finesse de l’écriture berliozienne dans l’expression des passions humaines exigent des chanteurs fins et nuancĂ©s, pas de simples hauts parleurs. Parmi les solistes participant Ă  cet Ă©vĂ©nement, saluons la prĂ©sence de la soprano amĂ©ricaine Joyce DiDonato, bel cantiste de renom ; le tĂ©nor Michael Spyres qui allie puissance et subtilitĂ©, mais aussi StĂ©phane Degout, Marie-Nicole Lemieux, sans oublier  Marianne Crebassa, rĂ©cente laurĂ©ate des Victoires de la Musique le 2 fĂ©vrier dernier. Le chef John Nelson dont on sait l’intelligence et l’énergie comme la prĂ©cision Ă  Ă©quilibrer des plateaux trĂšs impressionnants comprenant, solistes, choeurs et orchestre a souhaitĂ© enregistrer la partition monumentale de Berlioz, son testament artistique, avec un orchestre français et une distribution particuliĂšrement choisie.
Les 2 concerts de Strasbourg donneront lieu à un enregistrement discographique annoncé chez Warner. La référence actuelle demeure celle dirigée par Colin Davis en 1969 avec entre autres, les excellents Jon Vickers et Joséphine Veasey (Decca).

TOUTES LES INFOS et les modalitĂ©s de rĂ©servations sur le site de l’OPS Orchestre Philharmonique de Strasbourg

http://www.philharmonique-strasbourg.com/affiche_concerts.php?mois=201704&d=2

CD, compte rendu critique. BRAHMS : Symphonie n°4 (2015), Alt-Rhapsodie (2011),Orchestre des Champs-Elysées. Philippe Herreweghe (1 cd PHI, 2015)

brahms orchestre champs elysees philippe herreweghe symphonie 4 rhapsodie pour alto anna hallenberg critique review cd classiquenews CLIC de classiquenews avril 2017CD, compte rendu critique. CLIC DE CLASSIQUENEWS d’avril 2017. JOHANNES BRAHMS : Symphonie n°4 (2015), Alt-Rhapsodie (2011) – Schcksalslied. Ann Hallenberg, COllegium Vocale Gent, Orchestre des Champs-ElysĂ©es. Philippe Herreweghe, direction. 25 ans que l’Orchestre des champs-Élysees dĂ©fend les vertus sonores, esthĂ©tiques, pĂ©dagogiques des instruments anciens: les apports en sont multiples dans la prĂ©cision et la caractĂ©risation des timbres plutĂŽt que le volume ; dans l’acuitĂ© renforcĂ©e du geste expressif aussi car bien sĂ»r il ne suffit pas de jouer sur des cordes en boyau pour sublimer une partition. Il faut Ă©videmment soigner (aussi, surtout) sa technique (jeu d’archet, etc
), ou aiguiser son style. Mais ici si l’auditeur et l’instrumentiste gagnent une intensitĂ© poĂ©tique dĂ©cuplĂ©e, l’exigence de prĂ©cision et d’articulation compensent la nettetĂ© souvent incisive du trait et de chaque accent. Autant de bĂ©nĂ©fices qui replacent le jeu et l’interprĂ©tation au cƓur de la dĂ©marche
 De ce point de vu, 25 ans aprĂšs sa crĂ©ation, l’OCE portĂ© par la direction affĂ»tĂ©e, prĂ©cise de son chef fondateur, Philippe Herreweghe, affirme une santĂ© rĂ©gĂ©nĂ©ratrice absolument captivante, dĂ©poussiĂ©rant des Ɠuvres que l’on pensait connaĂźtre.

 

 

 

BRAHMS sublimé

 

 

herreweghe philippe-herrewegheComme dans ses Bruckner tout autant allĂ©gĂ©s, palpitants, – chez d’autres chefs, Ă©pais, monumentaux et surtout tissĂ©s comme des blocs sonores compacts-, Philippe Herreweghe soigne chez Brahms, la clartĂ© des plans, favorise le dessin polyphonique, surtout dĂ©taille chaque assemblage de timbres. La construction formelle Ă  travers les 4 mouvements en gagne relief et tension. Le chef ajoute un sentiment d’urgence, une formidable motricitĂ© (jaillissements d’une irrĂ©pressible Ă©nergie du palpitant Scherzo), un dramatisme continu qui rĂ©vĂšle le gĂ©nie du Brahms symphoniste et orchestrateur. Johannes Brahms comme c’est le cas pour Schumann, est venu tard Ă  l’Ă©criture symphonique. L’ombre de Beethoven, sa maĂźtrise contrapuntique, son gĂ©nie de la construction l’impressionnaient au plus haut point et le romantique devait faire au moins aussi bien que Ludwig. DĂ©fi relevĂ© d’autant mieux rĂ©vĂ©lĂ© / mesurĂ©, dans cette lecture superlative qui nous offre un Brahms lĂ©ger, hyperactif, d’une fiĂšvre expressive percutante et prenante (dĂ©but de l’Allegro energico qui ouvre le mouvement final).

Les différentes sections affrontent et alternent des épisodes antagonistes et finalement complémentaires dont le chef polit la somptueuse langue instrumentale ainsi dans le mouvement 2 (andate moderato) : Philippe Herreweghe met en avant la fabuleuse harmonie premiÚre à laquelle succÚde ensuite les cuivres de plus en plus majestueux


brahms 280Tout cela prĂ©pare au dernier mouvement dont la motricitĂ© coupĂ©e au scalpel cisaille, assĂšne, tempĂȘte, rugit avec ce sens du destin implacable, comme le chant d’une fatalitĂ© souveraine propre au mĂ©lancolique voire dĂ©pressif Brahms
 L’acuitĂ© Ă©ruptive traversĂ©e d’Ă©clairs introspectifs, saisit de bout en bout. On savait Herreweghe, brillant analyste ; on dĂ©couvre l’orfĂšvre capable de se passionner et de scintiller par sa rage mesurĂ©e. De ce point de vue, la fin du dernier mouvement subjugue littĂ©ralement par l’énoncĂ© ultime qui termine Ăąpre, sans rĂ©elle rĂ©solution. Ainsi s’affirme non sans justesse, l’interrogation du Brahms viscĂ©ralement insatisfait. L’activitĂ©, l’acuitĂ© analytique qui dĂ©taillle sans se diluer, la motricitĂ© dramatique et la fiĂšvre qui surgit lĂ  oĂč on ne l’attendait pas, font les dĂ©lices et la valeur de cette intĂ©grale Brahms en cours. A suivre absolument.

Ann Hallenberg est FarinelliSaluons d’autres qualitĂ©s plus que convaincantes dans le complĂ©ment : la sublime Rhapsodie pour alto
 WagnĂ©risme (sublime couleurs de l’introduction) et somptuositĂ©s schumanniennes s’invitent dans la cantate pour alto et orchestre d’une suave et tendre mĂ©lancolie dont on ne cesse de louer les teintes et couleurs façonnĂ©s en vagues mordorĂ©es. La voix (excellente Ann Hallenberg) caresse, envoĂ»te, fascine, pilote une destinĂ©e comme une Isolde enchantĂ©e d’une absolue et ultime sĂ©rĂ©nitĂ© quand elle s’accompagne du chƓur. Voix de sirĂšne, prophĂštesse et sybille Ă©clairĂ©e, Ann Hallenberg est bien l’une des meilleures mezzos altos actuelles dans ce qui est aussi un nouvel accomplissement d’une justesse poĂ©tique irrĂ©sistible, (aprĂšs un rĂ©cital anthologique de pure virtuositĂ© avec les Talens lyriques dĂ©diĂ© Ă  Farinelli, rĂ©cent clic de Classiquenews dont la critique la designait plus grande mezzo actuelle alors, c’est Ă  dire actuellement au sommet de ses possibilitĂ©s). Le Brahms de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es, vit une nouvelle existence : par la vertu indiscutable des instruments d’époque, le massif symphonique Brahmsien est bien l’apport le plus important, voire essentiel de cette dĂ©cennie. C’est plus qu’un Brahms dĂ©poussiĂ©rĂ© : plutĂŽt rĂ©gĂ©nĂ©rĂ© et magnifiĂ©. A suivre dĂ©sormais.

 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD, compte rendu critique. CLIC DE CLASSIQUENEWS d’avril 2017. JOHANNES BRAHMS : Symphonie n°4 (2015), Alt-Rhapsodie (2011) – Schcksalslied. Ann Hallenberg, Collegium Vocale Gent, Orchestre des Champs-ElysĂ©es. Philippe Herreweghe, direction. 1 cd PHI, LPH025.

 

 

 

LIVRES, annonce. Nouvelle biographie de Giacomo Meyerbeer (Bleu Nuit Ă©diteur)

meyerbeer-annonce-livre-par-classiquenews-giacomo-meyerbeer-bleu-nuit-editeur-clic-de-classiquenewsLIVRES, annonce. Nouvelle biographie de Giacomo Meyerbeer (Bleu Nuit Ă©diteur) - NĂ© Ă  Berlin au sein d’une riche famille Juive (comme l’autre gĂ©nie romantique tique qui l’a prĂ©cĂ©dĂ© : Mendelsohnn), Giacomo Meyerbeer (1791-1864) affirme en France un puissant gĂ©nie lyrique qui livre ses Ă©blouissants accomplissements avant le Second Empire principalement dans le genre du grand OpĂ©ra français oĂč la couleur de l’orchestre, la richesse et l’impact visuel des dĂ©cors, l’Ă©clat du ballet et de ses danseuses principalement, la force des portraits individuels comme le mouvement crĂ©dible des fresques collectives comptent Ă  Ă©galitĂ©. L’OpĂ©ra selon Meyerbeer est autant musical que visuel et s’il Ă©tait nĂ© au XXeme siĂšcle, le compositeur aurait Ă©tĂ© au cinĂ©ma l’Ă©quivalent d’un Orson Wells… c’est dire.

 

Condisciple apprenti de Weber dans la classe de leur professeur l’abbĂ© Vogler, le Meyerbeer trentenaire se forge une premiĂšre rĂ©putation en Italie sur le scĂšne de La Fenice de Venise (triomphale partition de Il Crociato in Egitto de 1824), puis dans les annĂ©es 1830 pĂ©riode dorĂ©e du romantisme français, le quadra s’impose par une sĂ©rie de chefs d’Ɠuvre d’une modernitĂ© dramatique absolu, nouvel aboutissement de l’art total dans le sillon parallĂšle de Wagner : Robert le diable (1831), Les Huguenots (1836), surtout Ɠuvre clĂ© de la maturitĂ© Le ProphĂšte (1849). Avec le librettiste familier Scribe, Meyerbeer fixe un nouveau modĂšle lyrique au moment oĂč Verdi façonne son propre thĂ©Ăątre et avant que Wagner ne rĂ©alise son idĂ©al thĂ©Ăątral et musical Ă  Bayreuth, une Ă©thique artistique et un idĂ©al esthĂ©tique encore magnifiquement illustrĂ©s dans ultime ouvrage L’Africaine (1865) qui pose les jalons de ce que devrait ĂȘtre depuis le Guillaume Tell de Rossini de 1829, un certain art de la dĂ©clamation française depuis la tragĂ©die lyrique transmise au xviie et xviiieme par Lully et Rameau. Il Ă©tait temps de dĂ©dier une biographie complĂšte, CLIC D'OR macaron 200argumentĂ©e, illustrĂ©e comme celle publiĂ©e par Bleu Nuit Ă©diteur, au gĂ©nie de l’OpĂ©ra français, un pilier dont la comprĂ©hension est prĂ©alable et nĂ©cessaire dans le champs florissant des rĂ©surections actuelles dĂ©diĂ©s au romantisme français. CLIC DE CLASSIQUENEWS DE MARS ET AVRIL 2017. Grande critique et compte rendu dĂ©veloppĂ© Ă  venir dans le mag cd dvd livres de Classiquenews.com – Parution de notre critique le jour de parution du livre, soit le 14 avril 2017.

 

 

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LIVRES, annonce. GIACOMO MEYERBEER par Violaine ANGER. Bleu Nuit Ă©diteur, collection “horizons”. Parution : le 14 avril 2017. CLIC de CLASSIQUENEWS 2017

 

 

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BADEN BADEN : Kristine Opolais chante Tosca sur ARTE

arte_logo_2013ARTE. PUCCINI : TOSCA. Kristine Opolais. Lundi 17 avril 2017, 20h50. Sir Simon Rattle et les instrumentistes du Berliner Philharmoniker se passionnent pour « Tosca » l’ouvrage psychologique, rĂ©aliste de Gioacomo Puccini. CrĂ©Ă©e Ă  Rome en 1900, se dĂ©roulant dans la velle Ă©ternelle Ă  l’époque d’un Bonaparte libĂ©rateur des peuples contre les tyrannie monarchiques (1800), l’oeuvre est jouĂ©e sur toutes les scĂšnes du monde : elle cumule le plus grand nombre de productions lyriques, nouvelles et reprises, chaque saison, avec Carmen de Bizet et Don Giovanni de Mozart.

opolais kristine opolais soprano tosca puccini presentation annonce sur classiquenews MG_5159_Tatyana-Vlasova-400x400Tosca, en effet, ce « n’est pas seulement un roman policier, c’est aussi du grand art. Et parce que chacun de ses airs fait parler la poudre, il est trĂšs important de rendre enfin justice aux innombrables subtilitĂ©s de cette partition ». En dramaturge gĂ©nial, Puccini renouvelle le drame lyrique avec un sens cinĂ©matographique de l’action : dĂ©taillant l’arriĂšre fond politique, sociĂ©tal, historique et politique ; ciselant chaque facette psychologique de son hĂ©roĂŻne, la cantatrice Floria Tosca, ardente et passionnĂ©e mais aussi croyante et pieuse, pourtant bientĂŽt criminelle, bien malgrĂ© elle
 La soprano lettone Kristine Opolais nĂ©e en 1979, – Ă©pouse Ă  la ville du chef Andris Nelsons, relĂšve le dĂ©fi d’un rĂŽle Ă©crasant. Son soprano lyrique dramatique, – dĂ©jĂ  remarquĂ© dans Russalka qu’elle a chantĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Paris en avril 2015, puis quand elle remplaçait au pied levĂ© Anna Netrebko pour Manon Lescaut du mĂȘme Puccini (Munich, novembre 2014), affirme de rĂ©elles affinitĂ©s dans l’univers Opolais Nelsonsincandescent raffinĂ© du compositeur vĂ©riste postromantique. La diva a souvent avouĂ© sa passion pour la scĂšne puccinienne, une conception musicale et dramatique qu’elle a dans le sang et pour laquelle elle entend s’engager pour chaque prise de rĂŽle Ă  100%. Butterfly, Manon, Tosca
 et demain Mimi, Kristine Opolais semble dĂ©sormais tout connaĂźtre des femmes pucciniennes : elle s’attache Ă  en exprimer l’intense sensibilitĂ© qui en fait Ă  la fois des cƓurs angĂ©liques comme des lionnes conquĂ©rantes. SacrifiĂ©es, elles savent tout dĂ©sirer, tout donner, tout vivre et partager. Diffusion Ă©vĂ©nement sur Arte en lĂ©ger diffĂ©rĂ© depuis Baden Baden : diffusion Ă  20h50 de l’opĂ©ra reprĂ©sentĂ© dĂšs 18h sur place.

PUCCINI : TOSCA sur ARTE, Lundi 17 avril 2017, 20h50. Festival de Pñques de Baden Baden 2017. Avec Kristine Opolais (Tosca), Marcelo Alvarez (Mario Cavaradosi), Evgeny Nikitin (Scarpia), Peter Rose (un sacristain à l’acte I)
  Berliner Philharmoniker. Simon Rattle,direction. Philippe Himmelmann, mise en scùne.

En italien aec surtitrage en allemand et anglais - Fin de la représentation : 21 h environ - Spectacle également donné les 7 et 10 avril 2017 à Baden Baden

LIVRES, annonce. GABRIEL FAURÉ par Jacques Bonnaure (Editions Actes Sud / collection Classica, avril 2017)

faure actes sud jacques bonnaure review critique livres clic de classiquenewsLIVRES, annonce. GABRIEL FAURÉ par Jacques Bonnaure (Editions Actes Sud / collection Classica, avril 2017). Actes Sud enrichit sa collection de biographies rĂ©fĂ©rentielles, avec ce nouvel essai biographique qui souligne l’élĂ©gance chambriste d’un ciseleur de notes : Gabriel FaurĂ© (1845-1924). Dans un Ă©poque riche esthĂ©tiquement mais troublĂ© politiquement, Ă  l’heure des nationalismes dangereusement exacerbĂ©s (opposant le plus souvent la France de Debussy contre l’Allemagne de Wagner), FaurĂ© cultive une distanciation artistique et poĂ©tique plus inspirĂ©e par l’intime que la dĂ©monstration symphonique. Ainsi le compositeur qui cependant participe de maniĂšre trĂšs active Ă  la vie musicale du Paris du dĂ©but du siĂšcle, – comme directeur du Conservatoire (de 1905 Ă 1920), cisĂšle Ă  sa façon, le genre de la musique de chambre, pour cordes, pour piano, surtout l’art de la mĂ©lodie dont il cultive en enchanteur, les finesses envoĂ»tantes. L’auteur dĂ©veloppe un portrait en demi teintes, d’une intelligence documentĂ©e, dĂ©voilant ce qui fait de FaurĂ©, un acteur dans son siĂšcle, engagĂ©, voire militant, mais Ă©pris de style et de goĂ»t. En conclusion, un » compositeur de l’inouï ». Rien de moins. Critique dĂ©veloppĂ©e Ă  paraĂźtre dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS, le jour de la parution du livre, soit le 5 avril 2017.

Année Etienne Méhul 2017. Bilan, événements à venir

MEHUL-compositeur-romantisme-francais-Etienne_nicolas_mehulBILAN, commĂ©moration. AnnĂ©e Etienne MĂ©hul 2017. 2017 marque le bicentenaire de la mort du compositeur romantique Etienne Nicolas MĂ©hul (1763-1817). Bilan en cours d’annĂ©e sur un exercice commĂ©moratif assez paresseux, pauvre en vrais Ă©vĂ©nements dignes d’intĂ©rĂȘt. Pour dĂ©couvrir et mesurer la valeur et l’esthĂ©tisme incarnĂ©s par MĂ©hul, il faut surtout se reporter Ă  plusieurs Ă©vĂ©nements dĂ©cisifs survenus en 2016. Car l’annĂ©e 2017 demeure avare de vrais manifestations et rĂ©alisations d’ampleur. Autant cĂŽtĂ© disques que concerts. Le cd et la scĂšne sont Ă©tonnamment sourds pour cĂ©lĂ©brer notre Beethoven français. Mais heureusement, initialement annoncĂ© au printemps, un livre dĂ©diĂ© Ă  MĂ©hul co Ă©ditĂ© par Actes Sud devrait paraĂźtre… en septembre 2017.  A suivre.

Les réalisations décisives remontent à 2015 et 2016

 

Au disque, Kapella et Eric Juteau

 

2015 et 2016. En 2015, tremblement de terre dans l’industrie du disque : Eric Juteau et Kapella 19 rĂ©vĂšlent par le disque, la fiĂ©vreuse ampleur du symphoniste MĂ©hul dont l’écriture orchestrale contemporaine Ă  celle de Beethoven, Ă©gale le souffle et l’énergie du grand Ludwig. Symphonies 3, 4 et 5, CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2015.

 

Mehul Kapella 19 symphonies eric juteau cd kapella 19Symphonies 3, 4 et 5 (Kapella 19, Juteau – CLIC de CLASSIQUENEWSI de fĂ©vrier 2015). CD. Compte rendu critique. MĂ©hul : Symphonies n°3,4,5 (Kapella 19, Eric Juteau). MĂ©hul symphoniste ? On le croyait surtout dramaturge (et le mieux inspirĂ© Ă  l’époque rĂ©volutionnaire et napolĂ©onienne en France). Un jeune orchestre sur instruments d’époque, nĂ© Outre-Rhin en 2009, Kapella 19, Ă  l’initiative de son chef inspiré Eric Juteau, crĂ©e l’évĂ©nement en embrasant le feu beethovĂ©nien et la finesse mozartienne (plage 6) des Symphonies 3, 4 et 5 (” inachevĂ©e” ) de celui qui aima, avant Berlioz, Gluck : MĂ©hul. L’exact contemporain des Viennois Haydn et Beethoven gagne ici un Ă©clairage imprĂ©vu, fort, particuliĂšrement convaincant.

Au concert Bruno Procopio souligne le gĂ©nie d’un MĂ©hul BeethovĂ©nien

 

procopio-bruno-concert-orchestre-lamoureux-jobim-milhaud-neukommEn 2016, c’est hors de France (Ă  croire que MĂ©hul n’intĂ©resse personne en France), Ă  Rio de Janeiro, le jeune chef Bruno Procopio ressuscite l’énergie fabuleuse et irrĂ©sistible de la Symphonie n°1 de MĂ©hul, contemporaine de la 5Ăšme de Ludwig et comme elle, traversĂ©e par une dĂ©termination guerriĂšre d’une irrĂ©sistible nervositĂ©. Pilotant l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil, Bruno Procopio dirige avec prĂ©cision, mesure, expressivitĂ©, rendant hommage Ă  l’invention d’un MĂ©hul, recrĂ©ateur du romantisme orchestral Ă  la Française. Entre Paris et Rio, entre BrĂ©sil et France, ses deux terres de coeur, le jeune maestro Bruno Procopio tisse une passerelle particuliĂšrement fĂ©conde. En dĂ©cembre 2016, il dirigeait la Symphonie n°1 de MĂ©hul, contemporaine en 1808 de la 5Ăš de Beethoven, rĂ©vĂ©lant la parentĂ© qui unit les deux compositeurs romantiques, et dans le cas de MĂ©hul, soulignant son gĂ©nie symphoniste. Or qui se souvient aujourd’hui du MĂ©hul, ardent dĂ©fenseur du romantisme français symphonique ? VOIR notre grand portrait ” BRUNO PROCOPIO, chef transatlantique, entre Paris et Rio de Janeiro”, dĂ©fense de la culture et des Ă©changes France BrĂ©sil

VOIR notre captation vidĂ©o Symphonie n°1 de 1808 de MĂ©hul, par Bruno Procopio, Ă  la direction de l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil Ă  Rio de Janeiro

 

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L’évĂ©nement Ă  venir, demeure la biographie et essai dĂ©diĂ©e Ă  MĂ©hul annoncĂ© chez Actes Sud, initialement en mars 2017, finalement en septembre suivant. A suivre.

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LIRE notre dossier Etienne Méhul 2017 : biographie de notre Beethoven français

Mehul_by_WinterBiographie. Etienne Nicolas MĂ©hul (1763-1817). C’est le plus important compositeur d’opĂ©ras Ă  l’époque de la RĂ©volution et sous l’Empire. C’est aussi un tempĂ©rament symphonique d’une vitalitĂ© inouĂŻe, proche d’un Beethoven, frĂ©nĂ©tique, orchestralement raffinĂ©, d’une sanguinitĂ© inĂ©dite, au point d’avoir Ă©tĂ© appelĂ© non sans raisons, et c’est bien cette appellation qui en dĂ©finitive rĂ©sume le mieux, sa valeur : le « Beethoven français ».

http://www.classiquenews.com/mehul-notre-beethoven-francais/

LIVRES, compte rendu critique. Olivier RouviĂšre : L’APPARITION, Essai sur les effets et enjeux du thĂ©Ăątre et de l’art lyrique

routiĂšre olivier l apparition dans l opĂ©ra livre review critique livres classiquenews 9782343110677fLIVRES, compte rendu critique. Olivier RouviĂšre : L’APPARITION, Essai sur les effets et enjeux du thĂ©Ăątre et de l’art lyrique. L’auteur est bien connu des lecteurs lyricophiles, curieux de dĂ©crypter la sphĂšre opĂ©ratique pour mieux en mesurer les enjeux et les possibles poĂ©tiques. On se souvient d’un trĂšs intĂ©ressant essai sur le librettiste du XVIIIĂš, Pietro Trapassi, musicien du verbe soit MĂ©tastase (Ă©ditions Hermann, collection musique, 2008) : l’auteur y identifiat alors tous les Ă©lĂ©ments composant l’esthĂ©tique mĂ©tastasienne et la conception politique dans l’opĂ©ra mĂ©tastasien : une rĂ©fĂ©rence (et une bible car il y recensait aussi en appendice, tous les livrets Ă©crits par l’auguste poĂšte officiel Ă  Vienne).

Le texte de L’Apparition, apparemment confus par la multiplicitĂ© des pistes tracĂ©es, empruntĂ©es, Ă©largies tout d’abord, couvre un large spectre et sait se recentrer ensuite sur son objet premier : la parole et le chant dans l’intrigue lyrique. Parole / chant 
 on pense inĂ©vitablement Ă  l’équation primordiale de l’opĂ©ra Ă  sa naissance, formulĂ©e en Italie : « recitar cantando » qui pose la question fondamentale existe-t-il une parole naturelle et signifiante Ă  l’opĂ©ra ? Comment est-elle abordĂ©e et incarnĂ©e ? Que signifie-t-elle alors ? Dans les faits, la voix comme phĂ©nomĂšne sonore dĂ©veloppe son propre sujet sur la scĂšne lyrique.

La parole, le chant
De l’incarnation à l’invocation

Trois parties argumentent la problĂ©matique. D’abord, « l’incarnation thĂ©Ăątrale » oĂč sont Ă©lucidĂ©es des notions clĂ©s tels « le verbe magique », Artaud, « la catharsis / Aristote et Freud », « le paradoxe de Diderot », « le sacré » Ă  travers Girard, Fo, Caillois


Dans la seconde partie, l’auteur dĂ©veloppe ce qu’il nomme « L’Invocation lyrique » : dans la parole chantĂ©e s’inscrit et se rĂ©sout le drame
 (« apparition du double », « le principe de dissociation de l’opĂ©ra baroque », « le chant appelle le sort », « le sacrifice gluckiste », «  le dĂ©tour prophĂ©tique » dans IphigĂ©nie
). Enfin la derniĂšre partie (troisiĂšme) demeure la plus passionnante car elle dĂ©veloppe l’enjeu symbolique et la signification possible des grands mythes concernĂ©s Ă  l’opĂ©ra ; sont analysĂ©s avec beaucoup d’acuitĂ© critique : Macbeth (ou « le pĂšre impossible »), les mythes grecs antiques lĂ©guĂ©s par la mythologie (OrphĂ©e, DaphnĂ©, Apollon, Dionysos), et en particulier, Turandot de Gozzi Ă  Puccini, ou les traces de Faust et Don Juan dans The Rake’s progress de Stravinsky (qui lui mĂȘme s’inspire des gravures d’aprĂšs la sĂ©rie de tableaux du peintre William Hoggarth). Lecture nĂ©cessaire, souvent Ă©clairante.

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LIVRES, compte rendu critique. Olivier RouviĂšre : L’APPARITION, Essai sur les effets et enjeux du thĂ©Ăątre et de l’art lyrique — ISBN : 978-2-343-11067-7 ‱ fĂ©vrier 2017 ‱ 310 pages / EAN PDF : 9782140030062. Editions L’Harmattan, collection « Univers musical ».

Bruno Procopio dirige l’Orchestre national des Pays de la Loire

PROCOPIO-bruno-vignette-582-portrait-concerts-maestro-chef-classiquenews-582-594ANGERS / NANTES, Rameau, Mozart, Gossec
, le 3-12 mars 2017. Bruno Procopio en une tournĂ©e de 7 dates pilote un programme rĂ©jouissant, rĂ©capitulant trois esthĂ©tiques en un seul cycle : baroque avec Rameau ; classique avec Mozart ; romantique avec l’un des compositeurs de NapolĂ©on, figure de la fiĂšvre nerveuse impĂ©riale : Gossec. Entre virtuositĂ© et sentiment, l’Orchestre national des pays de la Loire met Ă  l’honneur l’esprit français Ă  l’Ă©poque bĂ©nie oĂč l’Ă©lĂ©gance fusionne avec l’esprit, le coeur, l’esprit. Voici donc PARIS Ă  l’époque des LumiĂšres


 

Un Rameau mĂ©connu : Les FĂȘtes de PolymnieRameau sur instruments modernes : Bruno Procopio en connaĂźt toutes les Ă©preuves techniques et les dĂ©fis stylistiques : il a depuis plusieurs annĂ©es diriger les Suites de Castor et Pollux et d’Acanthe et CĂ©phise, outre Atlantique avec entre autres, le mythique Orchestre Simon Bolivar Ă  Caracas, ou l’orchestre Symphonique du BrĂ©sil (le mĂȘme orchestre avec lequel il a aussi interprĂ©tĂ© la Symphonie de Gossec, Ă  Rio rĂ©cemment en 2015). C’est peu dire que le jeune maestro franco-brĂ©silien se passionne pour l’articulation de l’élĂ©gance et de la vivacitĂ© virile, telle qu’elles s’expriment avec ĂŽ combien de finesse chez Rameau (sans omettre le raffinement des couleurs d’Acanthe) et Gossec. N’oublions pas la grĂące – dĂ©jĂ  romantique, par sa justesse des sentiments, d’un Mozart, si bouleversant dans Les Petites riens (une partition qu’il ne faut pas prendre aux pieds de la lettre : ici le rien signifie sincĂ©ritĂ©, vĂ©ritĂ©, profondeur des intentions), inspirĂ© comme rarement dans son irrĂ©sistible Concerto pour harpe et flĂ»te : sommet de la conversation concertante avec orchestre, oĂč la virtuositĂ© exprime avant tout une fusion harmonique et expressive entre les deux solistes

Relevant le dĂ©fi de l’énergie et de la finesse ramĂ©lienne, de la grĂące mozartienne, du tempĂ©rament conquĂ©rant tel qu’il se dĂ©ploie dans la fameuse Symphonie pour 17 parties de Gossec (1808), Bruno Procopio approfondit encore sa parfaite connaissance du style de chaque partition, rĂ©ussissant cette alliance rare de l’intelligibilitĂ© et de la puissance rythmique. Mise en place impeccable, direction douĂ©e pour les climats aussi, qu’ils soient volontaires voire guerriers et Ă©clatants (Gossec), ou d’une rare finesse Ă©motionnelle chez Mozart, le jeune maestro joue des styles et des esthĂ©tiques comme un vrai explorateur : dĂ©couvrant, ciselant avec les instrumentistes qu’il dirige, de vrais accents coloristes oĂč la clartĂ© de l’intention, la lisibilitĂ© de l’architecture frappent l’esprit de l’auditeur.

mozart-vignette-carre-depeche-mozart-2016Mozart et Paris : Wolfgang ne s’est jamais vraiment plu dans la capitale française, incompris et peu soutenu en dĂ©finitive, le jeune compositeur souffrira mĂȘme au delĂ  de ce qu’il pouvait imaginer, perdant sa mĂšre en 1778
 Le sublime Concerto pour harpe et flĂ»te est composĂ© pour la fille du Duc de Guisnes, excellente harpiste, le Duc Ă©tant lui-mĂȘme trĂšs bon flĂ»tiste. L’inspiration de Mozart permet d’atteindre des sommets entre Ă©lĂ©gance et virtuositĂ©, sĂ©duction et suavitĂ© dans le jeu concertant, dialoguĂ©, des deux instruments solistes. La tendresse pastorale du mouvement central est particuliĂšrement attractif, rĂ©vĂ©lant le gĂ©nie d’un Mozart d’une intelligence mondaine, capable de rĂ©pondre au goĂ»t des amateurs parisiens, Ă  la fois mĂ©lomanes et praticiens.

GOSSEC_Gossec-portraitAssocier Rameau et Mozart, c’est diffuser les vertus de la subtilitĂ© et le raffinement d’un festival de timbres. Puis enchaĂźner en seconde partie, le mĂȘme Rameau (plus nerveux et guerrier, celui de Castor) avec la 17 parties de Gossec, c’est de la mĂȘme façon, tisser ce mĂȘme fil stylistique qui unit en Ă©nergie et finesse deux compositeurs qui ont servi cet esprit des LumiĂšres, Ă  deux moments majeurs de son histoire, en ces teintes encore baroques (Rameau mort en 1764), conquĂ©rant Ă  l’époque impĂ©riale (Gossec en 1808).

Avec la complicitĂ© des musiciens de l’Orchestre national des Pays de La Loire, avec le concours des solistes Juliette Hurel (flĂ»te) et Isabelle Moretti (harpe) dans le Concerto de Mozart, le programme qui circule en rĂ©gion, en 7 dates, du 3 au 12 mars 2017, promet d’Ă©loquentes et Ă©lectriques LumiĂšres, servies par d’irrĂ©sistibles musiciens. TournĂ©e Ă©vĂ©nement.

 

 

 

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TOURNÉE de l’Orchestre national des Pays de la Loire
Paris au siĂšcle des LumiĂšres
7 dates pour un programme riche en finesse, force, élégance
Baroque, classicisme, romantisme
De Rameau Ă  Mozart, de Mozart Ă  Gossec

Le 3 mars 2017, au MANS, Palais des CongrĂšs, 20h30
Le 4 mars 2017, LAVAL, Théùtre, 20h30
Le 5 mars 2017, ANGERS, Centre de congrĂšs, 17h
Les 7 et 8 mars 2017, NANTES, La Cité, 20h30
Le 9 mars 2017, ANGERS, Centre de congrĂšs, 20h30
Le 12 mars 2017, St-NAZAIRE, Théùtre, 17h

 

 

 

INFOS & RESERVATIONS
http://www.onpl.fr/concert/paris-au-siecle-des-lumieres/

 

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APPROFONDIR

VOIR notre reportage vidĂ©o : BRUNO PROCOPIO joue la Symphonie en 17 parties de Gossec (1809), avec l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil - avril 2015 (Rio de Janeiro)

 

procopio-bruno-concert-gossec-neukomm-concert-rio-brseil-brazil-concert-582-OSB-orchestre-symphonique-du-BresilPartition majeure de la symphonie romantique française Ă  l’époque de NapolĂ©on : entre classicisme et premier romantisme, la virtuositĂ© Ă©nergique de Gossec s’impose Ă  nous, commune Ɠuvre fondatrice du symphoniste français Ă  l’époque des Viennois Haydn, Mozart et Beethoven. Bruno Procopio s’engage pour diffuser la connaissance et l’interprĂ©tation des compositeurs français en AmĂ©rique Latine : aprĂšs avoir dirigĂ© le Simon Bolivar Orchestra du Venezuela, le jeune chef Ă  la double culture, brĂ©silienne et française, retrouvait l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil Ă  Rio de Janeiro dans un programme dĂ©diĂ© au premier romantisme français : vitalitĂ© et Ă©nergie, puissance mais sensibilitĂ© aux dĂ©tails instrumentaux
 la direction du chef de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, Ă  la fois analytique et dramatique, trouve un Ă©quilibre idĂ©al au service des grands classiques et romantiques français. Extraits vidĂ©o exclusifs © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015

 

EXTRAIT de la présentation et du compte rendu du concert GOSSEC à Rio de Janeiro par Bruno Procopio :  

Pour la Symphonie de Gossec (1734 – 1829), Bruno Procopio a respectĂ© l’usage instrumental historique : c’est Ă  dire le nombre impressionnant de contrebasses : car l’orchestre en France Ă  l’époque de Gossec totalise prĂšs de 12% des effectifs de cordes : le principe est rĂ©alisĂ© Ă  Rio et la sonoritĂ© qui en dĂ©coule apporte ses bĂ©nĂ©fices expressifs : puisque la musique ne module pas beaucoup, l’éloquence Ă©largie des basses nourrie une matiĂšre Ă©tonnamment riche malgrĂ© des lignes plutĂŽt simples. Des quatre mouvements (Maestoso – Allegro molto ; Larghetto ; Menuet – trio ; Finale : Allegro molto), le chef rĂ©alise la continuitĂ© tout en apportant les fruits d’un travail spĂ©cifique sur le relief instrumental.

 

 

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A 17 parties soit 17 pupitres, l’orchestre de Gossec demeure rĂ©solument classique avec clarinettes et trompettes par deux. Ordinairement datĂ©e de 1809, la Symphonie pourrait remontĂ©e Ă  une Ă©poque prĂ©cĂ©dente : le dernier mouvement commence par un systĂšme fuguĂ© dĂ©fendu par les premiers violons selon la tradition du Concert Spirituel telle qu’elle s’était affirmĂ©e dans le paysage de la fin XVIIIĂš Ă  Paris.  De fait, outre ces points d’écriture, tout l’esprit de la Symphonie de Gossec rĂ©sonne de l’Esprit des LumiĂšres plutĂŽt que du plein romantisme. L’auteur de ThĂ©sĂ©e, opĂ©ra majeur, trĂšs emblĂ©matique de l’esthĂ©tique nĂ©oclassique de la fin du XVIIIĂš europĂ©en, reste rĂ©solument classique et respectueux des inflexions de son Ă©poque.

 

 

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Grand portrait vidéo

BRUNO PROCOPIO, maestro transatlantique

 

 

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procopio-bruno-maestro-transatlantico-582-390-HOMEPAGEPORTRAIT VIDEO : Bruno Procopio, maestro transatlantique. Transatlantique
 telle est l’activitĂ© atypique et exemplaire d’un chef dĂ©fricheur entre deux cultures, deux continents, deux esthĂ©tiques : nĂ© au BrĂ©sil, français de cƓur et rĂ©sident non loin de Paris, le jeune maestro Bruno Procopio cultive les richesses multiples de sa double culture. Entre France et BrĂ©sil, il sait faire dialoguer les accents de chaque nation, des deux cĂŽtĂ©s de l’Atlantique. Jouer les compositeurs français, Baroques et Romantiques Ă  Rio de Janeiro ; jouer Ă  Paris, Villa-Lobos et Jobim
 au TCE, ThĂ©Ăątre des Champs ElysĂ©es. MaĂźtre des croisements fĂ©conds, porteur d’une singularitĂ© artistique visionnaire, Bruno Procopio dirige les orchestres sur instruments modernes au service de Rameau, Gossec, MĂ©hul
 Tout en prĂ©sentant les spĂ©cificitĂ©s du jeu et du style orchestral au service des compositeurs toujours trop mĂ©connus, tel MĂ©hul (et sa formidable Symphonie n°1, si BeethovĂ©nienne), le jeune maestro en claveciniste affĂ»tĂ©, sait aussi ressusciter en duo avec le pianoforte, l’Ă©criture expĂ©rimentale d’un autre oubliĂ©, Rigel, douĂ© d’une Ă©nergie dramatique particuliĂšre… Portrait d’un maestro transatlantique – grand reportage vidĂ©o / RĂ©alisation : Philippe Alexandre Pham © studio CLASSIQUENEWS 2017

 

 

EXPOSITION Valentin de Boulogne Ă  PARIS : RĂ©inventer Caravage

boulogne-valentin-exposition-reinventer-caravage-582-carre-GF-classiquenewsPARIS, musĂ©e du Louvre. EXPOSITION Valentin de Boulogne, Jusqu’au 22 mai 2017. REINVENTER CARAVAGE
Dans le hall NapolĂ©on, le musĂ©e du Louvre Ă  Paris, prĂ©sente une exceptionnelle rĂ©trospective d’un Baroque français, caravagesque, auteur d’une peinture aux rĂ©sonnances poĂ©tiques rares
 Valentin de Boulogne douĂ© comme son confrĂšre poĂšte et peintre (plus tardif dans le siĂšcle), le hollandais Vermeer, qui est le sujet d’une exposition simultanĂ©e et parallĂšle au Louvre. AprĂšs la mort de Caravage en 1610, Valentin de Boulogne (1591-1632), l’un de ses meilleurs continuateurs, s’impose comme principal acteur du renouvellement de la peinture Ă  Rome au dĂ©but du Seicento (XVIIĂšme). GrĂące Ă  lui, les reprĂ©sentations picturales frappent par leur rĂ©alisme et leur poĂ©sie, assortis d’une sensibilitĂ© chromatique qui confirme une Ă©loquente maĂźtrise de la couleur.

En reformulant la « maniera caravaggiesca » selon son goĂ»t propre, Valentin de Boulogne affirme au sein du rĂ©alisme baroque, une nouvelle acuitĂ© particuliĂšrement convaincante, dĂ©fendant en maĂźtre de la “pittura dal naturale” : acuitĂ© psychologique des figures, puissance introspective, mĂ©lancolie envahissante, raffinement chromatique propre aux grands VĂ©nitiens, implication constante du spectateur, et aussi raffinement extrĂȘme de la palette chromatique

En plus de la science du clair obscur dĂ©veloppĂ©e par Caravage, un trait spĂ©cifique du courant esthĂ©tique qui favorise l’Ă©mergence des portraits plutĂŽt que les paysages, Boulogne creuse la vie intĂ©rieure de chacun de ses protagonistes. Au point de faire penser pour chacun des Ă©pisodes et scĂšnes, Ă  de vĂ©ritables portraits, seuls ou collectifs, dont la sincĂ©ritĂ© touche immĂ©diatement.

 

 

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De sa peinture, Jacques Tuillier, grand seicentiste, disait qu’une « irrĂ©parable tristesse habite les ĂȘtres, et les enfants mĂȘme semblent lever de grands yeux bruns sur un rĂȘve refusĂ© ». mais alors de quelle nostalgie, mĂ©lancolie rĂȘveuse voire dĂ©pressive s’agit-il ?
Chaque Ɠuvre du peintre est une invitation Ă  considĂ©rer la fragilitĂ© de la condition humaine. Chacune de ses compositions entend cĂ©lĂ©brer l’Ă©ternitĂ© suspendue d’un instant Ă©phĂ©mĂšre, comme s’il s’agissait d’en fixer la grandeur fugace. Au centre de son oeuvre reconnaissable entre tous s’inscrit le modĂšle du Concert qui aprĂšs celui de Caravage a su s’immerger dans cet instant de complicitĂ© partagĂ©e que la pratique musicale en groupe permet d’Ă©prouver, de vivre. Grand format fleuron des collections du Louvre (qui possĂšde aujourd’hui la collection la plus importante) le Concert de Valentin de Boulogne est l’une des reprĂ©sentations de musiciens au XVII Ăšme parmi les mieux rĂ©ussies de la pĂ©riode
  un chef d’Ɠuvre mĂȘme que Classiquenews au moment de la rĂ©trospective du Louvre ne pouvait pas ne pas mettre en avant. Exposition Ă©vĂ©nement jusqu’au 22 mai 2017

Indication du commissariat de l’exposition : « Analysant une cinquantaine de tableaux qui reprĂ©sentent la quasi-totalitĂ© de l’Ɠuvre peint de l’artiste, Valentin de Boulogne, « RĂ©inventer Caravage » explore Ă  la fois les reprĂ©sentations de la vie quotidienne mettant en scĂšne la chiromancie, le jeu, le concert, la rixe, la fraude, le vol ou l’ivresse – oĂč Valentin mĂȘle imperceptiblement le rĂ©pertoire des tavernes et le langage savant de l’allĂ©gorie -, et le contexte tumultueux dans lequel elles ont Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©es. Dans le concert de l’art europĂ©en qu’offre la Rome du xviie siĂšcle, oĂč se cĂŽtoient les chefs-d’Ɠuvre de l’AntiquitĂ© et de la Renaissance et les crĂ©ations de l’avant-garde artistique, cette Ă©tude redonne Ă  Valentin sa vraie place, celle d’un peintre poĂšte et gĂ©nĂ©reux. »

 

 

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MusĂ©e du Louvre : exposition Valentin de Boulogne / RĂ©inventer Caravage… Jusqu’au 22 mai 2017. Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 9 h Ă  18 h. Nocturnes les mercredi et vendredi jusqu’à 21h45. Renseignements : 01 40 20 53 17.

 

BRUNO PROCOPIO dirige l’ONPL, Orch national des Pays de la Loire

PROCOPIO-bruno-vignette-582-portrait-concerts-maestro-chef-classiquenews-582-594ANGERS / NANTES, Rameau, Mozart, Gossec
, le 3-12 mars 2017. Bruno Procopio en une tournĂ©e de 7 dates pilote un programme rĂ©jouissant, rĂ©capitulant trois esthĂ©tiques en un seul cycle : baroque avec Rameau ; classique avec Mozart ; romantique avec l’un des compositeurs de NapolĂ©on, figure de la fiĂšvre nerveuse impĂ©riale : Gossec. Entre virtuositĂ© et sentiment, l’Orchestre national des pays de la Loire met Ă  l’honneur l’esprit français Ă  l’Ă©poque bĂ©nie oĂč l’Ă©lĂ©gance fusionne avec l’esprit, le coeur, l’esprit. Voici donc PARIS Ă  l’époque des LumiĂšres


 

Un Rameau mĂ©connu : Les FĂȘtes de PolymnieRameau sur instruments modernes : Bruno Procopio en connaĂźt toutes les Ă©preuves techniques et les dĂ©fis stylistiques : il a depuis plusieurs annĂ©es diriger les Suites de Castor et Pollux et d’Acanthe et CĂ©phise, outre Atlantique avec entre autres, le mythique Orchestre Simon Bolivar Ă  Caracas, ou l’orchestre Symphonique du BrĂ©sil (le mĂȘme orchestre avec lequel il a aussi interprĂ©tĂ© la Symphonie de Gossec, Ă  Rio rĂ©cemment en 2015). C’est peu dire que le jeune maestro franco-brĂ©silien se passionne pour l’articulation de l’élĂ©gance et de la vivacitĂ© virile, telle qu’elles s’expriment avec ĂŽ combien de finesse chez Rameau (sans omettre le raffinement des couleurs d’Acanthe) et Gossec. N’oublions pas la grĂące – dĂ©jĂ  romantique, par sa justesse des sentiments, d’un Mozart, si bouleversant dans Les Petites riens (une partition qu’il ne faut pas prendre aux pieds de la lettre : ici le rien signifie sincĂ©ritĂ©, vĂ©ritĂ©, profondeur des intentions), inspirĂ© comme rarement dans son irrĂ©sistible Concerto pour harpe et flĂ»te : sommet de la conversation concertante avec orchestre, oĂč la virtuositĂ© exprime avant tout une fusion harmonique et expressive entre les deux solistes

Relevant le dĂ©fi de l’énergie et de la finesse ramĂ©lienne, de la grĂące mozartienne, du tempĂ©rament conquĂ©rant tel qu’il se dĂ©ploie dans la fameuse Symphonie pour 17 parties de Gossec (1808), Bruno Procopio approfondit encore sa parfaite connaissance du style de chaque partition, rĂ©ussissant cette alliance rare de l’intelligibilitĂ© et de la puissance rythmique. Mise en place impeccable, direction douĂ©e pour les climats aussi, qu’ils soient volontaires voire guerriers et Ă©clatants (Gossec), ou d’une rare finesse Ă©motionnelle chez Mozart, le jeune maestro joue des styles et des esthĂ©tiques comme un vrai explorateur : dĂ©couvrant, ciselant avec les instrumentistes qu’il dirige, de vrais accents coloristes oĂč la clartĂ© de l’intention, la lisibilitĂ© de l’architecture frappent l’esprit de l’auditeur.

mozart-vignette-carre-depeche-mozart-2016Mozart et Paris : Wolfgang ne s’est jamais vraiment plu dans la capitale française, incompris et peu soutenu en dĂ©finitive, le jeune compositeur souffrira mĂȘme au delĂ  de ce qu’il pouvait imaginer, perdant sa mĂšre en 1778
 Le sublime Concerto pour harpe et flĂ»te est composĂ© pour la fille du Duc de Guisnes, excellente harpiste, le Duc Ă©tant lui-mĂȘme trĂšs bon flĂ»tiste. L’inspiration de Mozart permet d’atteindre des sommets entre Ă©lĂ©gance et virtuositĂ©, sĂ©duction et suavitĂ© dans le jeu concertant, dialoguĂ©, des deux instruments solistes. La tendresse pastorale du mouvement central est particuliĂšrement attractif, rĂ©vĂ©lant le gĂ©nie d’un Mozart d’une intelligence mondaine, capable de rĂ©pondre au goĂ»t des amateurs parisiens, Ă  la fois mĂ©lomanes et praticiens.

GOSSEC_Gossec-portraitAssocier Rameau et Mozart, c’est diffuser les vertus de la subtilitĂ© et le raffinement d’un festival de timbres. Puis enchaĂźner en seconde partie, le mĂȘme Rameau (plus nerveux et guerrier, celui de Castor) avec la 17 parties de Gossec, c’est de la mĂȘme façon, tisser ce mĂȘme fil stylistique qui unit en Ă©nergie et finesse deux compositeurs qui ont servi cet esprit des LumiĂšres, Ă  deux moments majeurs de son histoire, en ces teintes encore baroques (Rameau mort en 1764), conquĂ©rant Ă  l’époque impĂ©riale (Gossec en 1808).

Avec la complicitĂ© des musiciens de l’Orchestre national des Pays de La Loire, avec le concours des solistes Juliette Hurel (flĂ»te) et Isabelle Moretti (harpe) dans le Concerto de Mozart, le programme qui circule en rĂ©gion, en 7 dates, du 3 au 12 mars 2017, promet d’Ă©loquentes et Ă©lectriques LumiĂšres, servies par d’irrĂ©sistibles musiciens. TournĂ©e Ă©vĂ©nement.

 

 

 

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TOURNÉE de l’Orchestre national des Pays de la Loire
Paris au siĂšcle des LumiĂšres
7 dates pour un programme riche en finesse, force, élégance
Baroque, classicisme, romantisme
De Rameau Ă  Mozart, de Mozart Ă  Gossec

Le 3 mars 2017, au MANS, Palais des CongrĂšs, 20h30
Le 4 mars 2017, LAVAL, Théùtre, 20h30
Le 5 mars 2017, ANGERS, Centre de congrĂšs, 17h
Les 7 et 8 mars 2017, NANTES, La Cité, 20h30
Le 9 mars 2017, ANGERS, Centre de congrĂšs, 20h30
Le 12 mars 2017, St-NAZAIRE, Théùtre, 17h

 

 

 

INFOS & RESERVATIONS
http://www.onpl.fr/concert/paris-au-siecle-des-lumieres/

 

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APPROFONDIR

VOIR notre reportage vidĂ©o : BRUNO PROCOPIO joue la Symphonie en 17 parties de Gossec (1809), avec l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil - avril 2015 (Rio de Janeiro)

 

procopio-bruno-concert-gossec-neukomm-concert-rio-brseil-brazil-concert-582-OSB-orchestre-symphonique-du-BresilPartition majeure de la symphonie romantique française Ă  l’époque de NapolĂ©on : entre classicisme et premier romantisme, la virtuositĂ© Ă©nergique de Gossec s’impose Ă  nous, commune Ɠuvre fondatrice du symphoniste français Ă  l’époque des Viennois Haydn, Mozart et Beethoven. Bruno Procopio s’engage pour diffuser la connaissance et l’interprĂ©tation des compositeurs français en AmĂ©rique Latine : aprĂšs avoir dirigĂ© le Simon Bolivar Orchestra du Venezuela, le jeune chef Ă  la double culture, brĂ©silienne et française, retrouvait l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil Ă  Rio de Janeiro dans un programme dĂ©diĂ© au premier romantisme français : vitalitĂ© et Ă©nergie, puissance mais sensibilitĂ© aux dĂ©tails instrumentaux
 la direction du chef de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, Ă  la fois analytique et dramatique, trouve un Ă©quilibre idĂ©al au service des grands classiques et romantiques français. Extraits vidĂ©o exclusifs © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015

 

EXTRAIT de la présentation et du compte rendu du concert GOSSEC à Rio de Janeiro par Bruno Procopio :  

Pour la Symphonie de Gossec (1734 – 1829), Bruno Procopio a respectĂ© l’usage instrumental historique : c’est Ă  dire le nombre impressionnant de contrebasses : car l’orchestre en France Ă  l’époque de Gossec totalise prĂšs de 12% des effectifs de cordes : le principe est rĂ©alisĂ© Ă  Rio et la sonoritĂ© qui en dĂ©coule apporte ses bĂ©nĂ©fices expressifs : puisque la musique ne module pas beaucoup, l’éloquence Ă©largie des basses nourrie une matiĂšre Ă©tonnamment riche malgrĂ© des lignes plutĂŽt simples. Des quatre mouvements (Maestoso – Allegro molto ; Larghetto ; Menuet – trio ; Finale : Allegro molto), le chef rĂ©alise la continuitĂ© tout en apportant les fruits d’un travail spĂ©cifique sur le relief instrumental.

 

 

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A 17 parties soit 17 pupitres, l’orchestre de Gossec demeure rĂ©solument classique avec clarinettes et trompettes par deux. Ordinairement datĂ©e de 1809, la Symphonie pourrait remontĂ©e Ă  une Ă©poque prĂ©cĂ©dente : le dernier mouvement commence par un systĂšme fuguĂ© dĂ©fendu par les premiers violons selon la tradition du Concert Spirituel telle qu’elle s’était affirmĂ©e dans le paysage de la fin XVIIIĂš Ă  Paris.  De fait, outre ces points d’écriture, tout l’esprit de la Symphonie de Gossec rĂ©sonne de l’Esprit des LumiĂšres plutĂŽt que du plein romantisme. L’auteur de ThĂ©sĂ©e, opĂ©ra majeur, trĂšs emblĂ©matique de l’esthĂ©tique nĂ©oclassique de la fin du XVIIIĂš europĂ©en, reste rĂ©solument classique et respectueux des inflexions de son Ă©poque.

 

 

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Grand portrait vidéo

BRUNO PROCOPIO, maestro transatlantique

 

 

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procopio-bruno-maestro-transatlantico-582-390-HOMEPAGEPORTRAIT VIDEO : Bruno Procopio, maestro transatlantique. Transatlantique
 telle est l’activitĂ© atypique et exemplaire d’un chef dĂ©fricheur entre deux cultures, deux continents, deux esthĂ©tiques : nĂ© au BrĂ©sil, français de cƓur et rĂ©sident non loin de Paris, le jeune maestro Bruno Procopio cultive les richesses multiples de sa double culture. Entre France et BrĂ©sil, il sait faire dialoguer les accents de chaque nation, des deux cĂŽtĂ©s de l’Atlantique. Jouer les compositeurs français, Baroques et Romantiques Ă  Rio de Janeiro ; jouer Ă  Paris, Villa-Lobos et Jobim
 au TCE, ThĂ©Ăątre des Champs ElysĂ©es. MaĂźtre des croisements fĂ©conds, porteur d’une singularitĂ© artistique visionnaire, Bruno Procopio dirige les orchestres sur instruments modernes au service de Rameau, Gossec, MĂ©hul
 Tout en prĂ©sentant les spĂ©cificitĂ©s du jeu et du style orchestral au service des compositeurs toujours trop mĂ©connus, tel MĂ©hul (et sa formidable Symphonie n°1, si BeethovĂ©nienne), le jeune maestro en claveciniste affĂ»tĂ©, sait aussi ressusciter en duo avec le pianoforte, l’Ă©criture expĂ©rimentale d’un autre oubliĂ©, Rigel, douĂ© d’une Ă©nergie dramatique particuliĂšre… Portrait d’un maestro transatlantique – grand reportage vidĂ©o / RĂ©alisation : Philippe Alexandre Pham © studio CLASSIQUENEWS 2017

 

 

POITIERS, cocktail au TAP: les 25 ans de l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es

JOA-jene-orchestre-abbaye-saintes-philipe-herreweghe-concert-repetition-rehearsalPOITIERS. COCKTAIL AU TAP, jeudi 9 mars 2017
 Les 25 ans de l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es / Philippe Herreweghe
 A partir de 12h30, puis dĂšs 18h. Toute la journĂ©e. La premiĂšre Ă©dition de « Cocktail » en 2015 fut une totale rĂ©ussite : festival en une journĂ©e, l’offre concoctĂ©e par le TAP offre plusieurs concerts de formes diffĂ©rentes dans divers lieux du TAP, avec en invitĂ© principal, l’orchestre en rĂ©sidence, l’Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es qui fĂȘte en 2016 ses . 25 ans d’activitĂ©. FondĂ© par le charismatique, Philippe Herreweghe, l’ensemble investit tous les espaces publiques du TAP ce 9 mars, de 12h30 (PrĂ©lude : concert sandwich, Quintette Ă  cordes de Johannes Brahms, accĂšs gratuit)
 Puis Ă  18h (prĂ©sentation- rencontre thĂ©matisĂ©e ouverte Ă  tous : « Pourquoi les chefs d’orchestre mĂšnent-ils tout le monde Ă  la baguette? » avec les instrumentistes de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es : David Wahl et Marie-Ange Petit) – le programme furieusement romantique et gĂ©nĂ©reux est bĂąti autour des symphonies de Beethoven : n°5 (tellurique, fracassante, rĂ©volutionnaire, Ă  19h15 – durĂ©e : 35 mn) puis la n°7 (dansante, dionysiaque, palpitante, Ă  21h45 – durĂ©e : 45 mn).

 

Cocktail : journĂ©e spĂ©ciale pour “Les 25 ans de l’Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es”

 

 

Philippe Herreweghe portraitAuparavant et entre temps, 3 offre complĂ©mentaires s’offrent au public : Choeur et orchestre des jeunes Ă  20h15 (soit 70 choristes et 20 musiciens des lycĂ©es et conservatoires de la rĂ©gion) rĂ©unis autour de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es pour une performance sacrĂ©e et romantique : Requiem de Cherubini, italien devenu directeur du Conservatoire Ă  Paris, douĂ© dans le sillon tracĂ© par Gluck, d’une fiĂšvre prĂ©romantique irrĂ©sistible, d’avant plus ciselĂ©e dans les grands effectifs incluant le chƓur (Requiem Ă  la mĂ©moire de Louis XVI, 1816) ; Ă  21h, double proposition pour un choix difficile : au plateau B : Concert quizz anniversaire (les questions sur l’orchestre des Champs-ElysĂ©es ouvrent la promesse de cadeaux Ă  gagner) ou sur le quai de livraison : accents et nuances turques Ă  la maniĂšre du XVIIIĂš, c’est Ă  dire dans le style de la musique des Janissaires avec la percussionniste Marie-Ange Petit, timbaliĂšre (mais pas seulement) de l’Orchestre dirigĂ© par Philippe Herreweghe. En concentrant sur une journĂ©e et une grande soirĂ©e, de nombreuses offres musicales, dans des formats et programmes diffĂ©rents, le TAP entend aussi redĂ©finir avec sa proposition « COCKTAIL », une nouvelle expĂ©rience de la musique Ă  l’adresse de tous les publics
COCKTAIL au TAP de Poitiers, jeudi 9 mars 2017. ExpĂ©rience hors normes, pour tous. RESERVEZ

 

coktail beethoven orchestre champs elysees tap poitiers auditorium classiquenews presentation annoncepoitiers-tap-journee-festival-cocktail-2016-582Le CLASSIQUE AUTREMENT…. Ă  POITIERS. Au total, une journĂ©e “cocktail”, riches en saveurs et Ă©pices mĂ©tissĂ©es, laboratoire et pĂ©piniĂšres de dĂ©couvertes musicales et d’expĂ©riences instrumentales exemplaires qui renouvellent la notion de concerts et de festivals… Pourquoi les chefs d’orchestre mĂšnent-ils tout le monde Ă  la baguette ?, projet de sensibilisation et de transmission (avec le Choeur et l’orchestre de jeunes, spĂ©cialement rĂ©unis pour l’occasion), concert Quizz anniversaire, PerĂŒsyon (quezzaqo ??), Symphonies n°5 et 7 sur instruments anciens de Ludwig van Beethoven, concert sandwich… sont les jalons d’une aprĂšs midi et soirĂ©e qui marqueront les esprits. EN LIRE +

 

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LIRE aussi notre prĂ©sentation gĂ©nĂ©rale de la saison 2016 – 2017 du TAP ThĂ©Ăątre Auditorium Poitiers

Jean-Claude Casadesus joue les derniers Mozart et R. Strauss

LILLE, les 2 et 3 mars 2017. Jean-Claude Casadesus joue les Don Juan de Mozart et R. Strauss. Fin du cycle dĂ©diĂ© Ă  l’Amour et la danse par Jean-Claude Casadesus et l’Orchestre national de Lille, dont classiquenews a suivi les deux premiers volets : les 1er dĂ©cembre (RomĂ©o et Juliette) puis 20 janvier (PoĂšme de l’Extase) derniers. Le chef y mettait en orbite en une nouvelle galaxie musicale, entre autres, l’extraordinaire fresque extraite des Suites de RomĂ©o et Juliette de Prokofiev, puis l’ivresse mystique et sensuelle du PoĂšme de l’Extase de Scriabine.  Les 2 et 3 mars 2017, voici le dĂ©sir, l’éros de Don Juan, son irrĂ©pressible sentiment de voluptĂ© conquĂ©rante ; pour en exprimer l’urgence et l’impĂ©rieuse activitĂ©, le maestro joue de l’opĂ©ra Don Giovanni de Mozart, l’ouverture, puis du mĂȘme compositeur, la lumineuse voire Ă©blouissante Symphonie n°40. Habile en filiations et correspondances, Jean-Claude Casadesus choisit de Richard Strauss, les Quatre derniers Lieder, puis le poĂšme symphonique, sommet de son jeune gĂ©nie dramatique, Don Juan opus 20, opĂ©ra pour instruments. Ainsi le dernier Mozart symphoniste (Symphonie 40 dite « Jupiter ») voisine l’ultime Richard Strauss qui dans ses derniers lieder dit son adieu Ă  la vie en une ivresse poĂ©tique et crĂ©pusculaire oĂč le raffinement de l’orchestration dit aussi un dernier espoir.  Eros frĂ©nĂ©tique chez Mozart, idĂ©al de perfection chez Strauss, l’amour revĂȘt des visages troubles dans ce programme Ă  nouveau trĂšs prometteur.

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MOZART: Don Giovanni, ouverture
MOZART: Symphonie n° 40 en sol mineur
R. STRAUSS: Quatre derniers Lieder (*)
R. STRAUSS: Don Juan, opus 20

 

Orchestre national de Lille
Direction: Jean-Claude Casadesus
Avec Annette Dasch, soprano (*)

LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle
Jeudi 2 mars 2017, 20h
Vendredi 3 mars 2017, 20h

Puis en région : à Loon-Plage, Salle Coluche
Samedi 4 mars 2017, 20h
INFOS et RESERVATIONS sur le site de l’Orchestre national de Lille
http://www.onlille.com/event/201619-don-juan-mozart-strauss-lille/

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APPROFONDIR

LIRE nos comptes rendu critique des concerts du cycle

L’AMOUR et la DANSE par Jean Claude Casadesus et l’Orchestre national de Lille : RomĂ©o et Juliette, le 1er dĂ©cembre 2017, Le PoĂšme de l’Extase le 20 janvier 2017. Immersion dans le grand bain orchestral sous la direction inspirĂ©e, dramatique d’un chef charismatique.

SCRIABINE

http://www.classiquenews.com/compte-rendu-concert-lille-nouveau-siecle-le-20-janvier-2017-beethoven-r-strauss-scriabine-orchestre-national-de-lille-jean-claude-casadesus-direction/

PROKOFIEV

http://www.classiquenews.com/compte-rendu-concert-lille-nouveau-siecle-le-1er-decembre-2016-probst-berlioz-prokofiev-orch-national-de-lille-jean-claude-casadesus-direction/

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LIRE aussi notre compte rendu critique de son enregistrement de la Symphonie n°2 Résurrection de Gustav Mahler / CLIC de CLASSIQUENEWS de décembre 2016

CD
Jean-Claude Casadesus a rĂ©cemment publiĂ© une excellente (et bouleversante lecture de la Symphonie n°2 RĂ©surrection de Gustav Mahler, avec la mezzo soprano Hermine Haselböck
 2 cd CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2016 (titre sĂ©lectionnĂ© dans notre dossier spĂ©cial cd de NOËL 2016) : Extrait de notre critique :

mahler casasesus jean claude orchestre national lille cd review cd critique classiquenews cd EVCD027-Cover-ONL-1024x1024D’une caresse maternelle, l’Urlicht trop fugace s’accomplit grĂące au timbre chaud et enveloppant de la mezzo Hermine Haselböck. L’accord en tendresse et dĂ©sir de conciliation se rĂ©alise aussi dans la tenue des instruments d’une douceur engageante. Vrai dĂ©fi conclusif pour l’orchestre, le dernier mouvement, le plus long (Finale / Im tempo des scherzos / Wild herausfahrend), plus de 35 mn ici, rĂ©alise ce volet de rĂ©solution et d’apaisement qui rassure et rassĂ©rĂšne idĂ©alement : Jean-Claude Casadesus maĂźtrise cet exercice de haute voltige oĂč la sublime fanfare, d’un souffle cosmique et cĂ©leste, rĂ©pond Ă  l’activitĂ© des cordes et Ă  l’harmonie des bois. Comme le dit le maestro lui-mĂȘme, il s’agit bien d’une page parmi les plus belles Ă©crites amoureusement par Malher : appel souverain, olympien du cor, rĂ©ponse de la trompette, caresse enivrante lĂ  encore des cordes en Ă©tat de
 lĂ©vitation. L’orchestre ouvre des paysages aux proportions inĂ©dites, aux couleurs visionnaires, absolues, abstraites. La direction rĂ©capitule et rĂ©sout les tensions avec une hauteur de vue magistrale. EN LIRE +

 

Illustrations : © U. Ponte / ONL Lille 2016

LILLE. Jean-Claude Casadesus joue Mozart et R. Strauss

LILLE, les 2 et 3 mars 2017. Jean-Claude Casadesus joue les Don Juan de Mozart et R. Strauss. Fin du cycle dĂ©diĂ© Ă  l’Amour et la danse par Jean-Claude Casadesus et l’Orchestre national de Lille, dont classiquenews a suivi les deux premiers volets : les 1er dĂ©cembre (RomĂ©o et Juliette) puis 20 janvier (PoĂšme de l’Extase) derniers. Le chef y mettait en orbite en une nouvelle galaxie musicale, entre autres, l’extraordinaire fresque extraite des Suites de RomĂ©o et Juliette de Prokofiev, puis l’ivresse mystique et sensuelle du PoĂšme de l’Extase de Scriabine.  Les 2 et 3 mars 2017, voici le dĂ©sir, l’éros de Don Juan, son irrĂ©pressible sentiment de voluptĂ© conquĂ©rante ; pour en exprimer l’urgence et l’impĂ©rieuse activitĂ©, le maestro joue de l’opĂ©ra Don Giovanni de Mozart, l’ouverture, puis du mĂȘme compositeur, la lumineuse voire Ă©blouissante Symphonie n°40. Habile en filiations et correspondances, Jean-Claude Casadesus choisit de Richard Strauss, les Quatre derniers Lieder, puis le poĂšme symphonique, sommet de son jeune gĂ©nie dramatique, Don Juan opus 20, opĂ©ra pour instruments. Ainsi le dernier Mozart symphoniste (Symphonie 40 dite « Jupiter ») voisine l’ultime Richard Strauss qui dans ses derniers lieder dit son adieu Ă  la vie en une ivresse poĂ©tique et crĂ©pusculaire oĂč le raffinement de l’orchestration dit aussi un dernier espoir.  Eros frĂ©nĂ©tique chez Mozart, idĂ©al de perfection chez Strauss, l’amour revĂȘt des visages troubles dans ce programme Ă  nouveau trĂšs prometteur.

 
 

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MOZART: Don Giovanni, ouverture
MOZART: Symphonie n° 40 en sol mineur
R. STRAUSS: Quatre derniers Lieder (*)
R. STRAUSS: Don Juan, opus 20

 

Orchestre national de Lille
Direction: Jean-Claude Casadesus
Avec Annette Dasch, soprano (*)

LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle
Jeudi 2 mars 2017, 20h
Vendredi 3 mars 2017, 20h

Puis en région : à Loon-Plage, Salle Coluche
Samedi 4 mars 2017, 20h
INFOS et RESERVATIONS sur le site de l’Orchestre national de Lille
http://www.onlille.com/event/201619-don-juan-mozart-strauss-lille/

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APPROFONDIR

LIRE nos comptes rendu critique des concerts du cycle

L’AMOUR et la DANSE par Jean Claude Casadesus et l’Orchestre national de Lille : RomĂ©o et Juliette, le 1er dĂ©cembre 2017, Le PoĂšme de l’Extase le 20 janvier 2017. Immersion dans le grand bain orchestral sous la direction inspirĂ©e, dramatique d’un chef charismatique.

SCRIABINE

http://www.classiquenews.com/compte-rendu-concert-lille-nouveau-siecle-le-20-janvier-2017-beethoven-r-strauss-scriabine-orchestre-national-de-lille-jean-claude-casadesus-direction/

PROKOFIEV

http://www.classiquenews.com/compte-rendu-concert-lille-nouveau-siecle-le-1er-decembre-2016-probst-berlioz-prokofiev-orch-national-de-lille-jean-claude-casadesus-direction/

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LIRE aussi notre compte rendu critique de son enregistrement de la Symphonie n°2 Résurrection de Gustav Mahler / CLIC de CLASSIQUENEWS de décembre 2016

CD
Jean-Claude Casadesus a rĂ©cemment publiĂ© une excellente (et bouleversante lecture de la Symphonie n°2 RĂ©surrection de Gustav Mahler, avec la mezzo soprano Hermine Haselböck
 2 cd CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2016 (titre sĂ©lectionnĂ© dans notre dossier spĂ©cial cd de NOËL 2016) : Extrait de notre critique :

mahler casasesus jean claude orchestre national lille cd review cd critique classiquenews cd EVCD027-Cover-ONL-1024x1024D’une caresse maternelle, l’Urlicht trop fugace s’accomplit grĂące au timbre chaud et enveloppant de la mezzo Hermine Haselböck. L’accord en tendresse et dĂ©sir de conciliation se rĂ©alise aussi dans la tenue des instruments d’une douceur engageante. Vrai dĂ©fi conclusif pour l’orchestre, le dernier mouvement, le plus long (Finale / Im tempo des scherzos / Wild herausfahrend), plus de 35 mn ici, rĂ©alise ce volet de rĂ©solution et d’apaisement qui rassure et rassĂ©rĂšne idĂ©alement : Jean-Claude Casadesus maĂźtrise cet exercice de haute voltige oĂč la sublime fanfare, d’un souffle cosmique et cĂ©leste, rĂ©pond Ă  l’activitĂ© des cordes et Ă  l’harmonie des bois. Comme le dit le maestro lui-mĂȘme, il s’agit bien d’une page parmi les plus belles Ă©crites amoureusement par Malher : appel souverain, olympien du cor, rĂ©ponse de la trompette, caresse enivrante lĂ  encore des cordes en Ă©tat de
 lĂ©vitation. L’orchestre ouvre des paysages aux proportions inĂ©dites, aux couleurs visionnaires, absolues, abstraites. La direction rĂ©capitule et rĂ©sout les tensions avec une hauteur de vue magistrale. EN LIRE +

 

Illustrations : © U. Ponte / ONL Lille 2016

BRUNO PROCOPIO dirige l’ONPL, Orch national des Pays de la Loire

PROCOPIO-bruno-vignette-582-portrait-concerts-maestro-chef-classiquenews-582-594ANGERS / NANTES, Rameau, Mozart, Gossec
, le 3-12 mars 2017. Bruno Procopio en une tournĂ©e de 7 dates pilote un programme rĂ©jouissant, rĂ©capitulant trois esthĂ©tiques en un seul cycle : baroque avec Rameau ; classique avec Mozart ; romantique avec l’un des compositeurs de NapolĂ©on, figure de la fiĂšvre nerveuse impĂ©riale : Gossec. Entre virtuositĂ© et sentiment, l’Orchestre national des pays de la Loire met Ă  l’honneur l’esprit français Ă  l’Ă©poque bĂ©nie oĂč l’Ă©lĂ©gance fusionne avec l’esprit, le coeur, l’esprit. Voici donc PARIS Ă  l’époque des LumiĂšres


 

Un Rameau mĂ©connu : Les FĂȘtes de PolymnieRameau sur instruments modernes : Bruno Procopio en connaĂźt toutes les Ă©preuves techniques et les dĂ©fis stylistiques : il a depuis plusieurs annĂ©es diriger les Suites de Castor et Pollux et d’Acanthe et CĂ©phise, outre Atlantique avec entre autres, le mythique Orchestre Simon Bolivar Ă  Caracas, ou l’orchestre Symphonique du BrĂ©sil (le mĂȘme orchestre avec lequel il a aussi interprĂ©tĂ© la Symphonie de Gossec, Ă  Rio rĂ©cemment en 2015). C’est peu dire que le jeune maestro franco-brĂ©silien se passionne pour l’articulation de l’élĂ©gance et de la vivacitĂ© virile, telle qu’elles s’expriment avec ĂŽ combien de finesse chez Rameau (sans omettre le raffinement des couleurs d’Acanthe) et Gossec. N’oublions pas la grĂące – dĂ©jĂ  romantique, par sa justesse des sentiments, d’un Mozart, si bouleversant dans Les Petites riens (une partition qu’il ne faut pas prendre aux pieds de la lettre : ici le rien signifie sincĂ©ritĂ©, vĂ©ritĂ©, profondeur des intentions), inspirĂ© comme rarement dans son irrĂ©sistible Concerto pour harpe et flĂ»te : sommet de la conversation concertante avec orchestre, oĂč la virtuositĂ© exprime avant tout une fusion harmonique et expressive entre les deux solistes

Relevant le dĂ©fi de l’énergie et de la finesse ramĂ©lienne, de la grĂące mozartienne, du tempĂ©rament conquĂ©rant tel qu’il se dĂ©ploie dans la fameuse Symphonie pour 17 parties de Gossec (1808), Bruno Procopio approfondit encore sa parfaite connaissance du style de chaque partition, rĂ©ussissant cette alliance rare de l’intelligibilitĂ© et de la puissance rythmique. Mise en place impeccable, direction douĂ©e pour les climats aussi, qu’ils soient volontaires voire guerriers et Ă©clatants (Gossec), ou d’une rare finesse Ă©motionnelle chez Mozart, le jeune maestro joue des styles et des esthĂ©tiques comme un vrai explorateur : dĂ©couvrant, ciselant avec les instrumentistes qu’il dirige, de vrais accents coloristes oĂč la clartĂ© de l’intention, la lisibilitĂ© de l’architecture frappent l’esprit de l’auditeur.

mozart-vignette-carre-depeche-mozart-2016Mozart et Paris : Wolfgang ne s’est jamais vraiment plu dans la capitale française, incompris et peu soutenu en dĂ©finitive, le jeune compositeur souffrira mĂȘme au delĂ  de ce qu’il pouvait imaginer, perdant sa mĂšre en 1778
 Le sublime Concerto pour harpe et flĂ»te est composĂ© pour la fille du Duc de Guisnes, excellente harpiste, le Duc Ă©tant lui-mĂȘme trĂšs bon flĂ»tiste. L’inspiration de Mozart permet d’atteindre des sommets entre Ă©lĂ©gance et virtuositĂ©, sĂ©duction et suavitĂ© dans le jeu concertant, dialoguĂ©, des deux instruments solistes. La tendresse pastorale du mouvement central est particuliĂšrement attractif, rĂ©vĂ©lant le gĂ©nie d’un Mozart d’une intelligence mondaine, capable de rĂ©pondre au goĂ»t des amateurs parisiens, Ă  la fois mĂ©lomanes et praticiens.

GOSSEC_Gossec-portraitAssocier Rameau et Mozart, c’est diffuser les vertus de la subtilitĂ© et le raffinement d’un festival de timbres. Puis enchaĂźner en seconde partie, le mĂȘme Rameau (plus nerveux et guerrier, celui de Castor) avec la 17 parties de Gossec, c’est de la mĂȘme façon, tisser ce mĂȘme fil stylistique qui unit en Ă©nergie et finesse deux compositeurs qui ont servi cet esprit des LumiĂšres, Ă  deux moments majeurs de son histoire, en ces teintes encore baroques (Rameau mort en 1764), conquĂ©rant Ă  l’époque impĂ©riale (Gossec en 1808).

Avec la complicitĂ© des musiciens de l’Orchestre national des Pays de La Loire, avec le concours des solistes Juliette Hurel (flĂ»te) et Isabelle Moretti (harpe) dans le Concerto de Mozart, le programme qui circule en rĂ©gion, en 7 dates, du 3 au 12 mars 2017, promet d’Ă©loquentes et Ă©lectriques LumiĂšres, servies par d’irrĂ©sistibles musiciens. TournĂ©e Ă©vĂ©nement.

 

 

 

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TOURNÉE de l’Orchestre national des Pays de la Loire
Paris au siĂšcle des LumiĂšres
7 dates pour un programme riche en finesse, force, élégance
Baroque, classicisme, romantisme
De Rameau Ă  Mozart, de Mozart Ă  Gossec

Le 3 mars 2017, au MANS, Palais des CongrĂšs, 20h30
Le 4 mars 2017, LAVAL, Théùtre, 20h30
Le 5 mars 2017, ANGERS, Centre de congrĂšs, 17h
Les 7 et 8 mars 2017, NANTES, La Cité, 20h30
Le 9 mars 2017, ANGERS, Centre de congrĂšs, 20h30
Le 12 mars 2017, St-NAZAIRE, Théùtre, 17h

 

 

 

INFOS & RESERVATIONS
http://www.onpl.fr/concert/paris-au-siecle-des-lumieres/

 

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APPROFONDIR

VOIR notre reportage vidĂ©o : BRUNO PROCOPIO joue la Symphonie en 17 parties de Gossec (1809), avec l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil - avril 2015 (Rio de Janeiro)

 

procopio-bruno-concert-gossec-neukomm-concert-rio-brseil-brazil-concert-582-OSB-orchestre-symphonique-du-BresilPartition majeure de la symphonie romantique française Ă  l’époque de NapolĂ©on : entre classicisme et premier romantisme, la virtuositĂ© Ă©nergique de Gossec s’impose Ă  nous, commune Ɠuvre fondatrice du symphoniste français Ă  l’époque des Viennois Haydn, Mozart et Beethoven. Bruno Procopio s’engage pour diffuser la connaissance et l’interprĂ©tation des compositeurs français en AmĂ©rique Latine : aprĂšs avoir dirigĂ© le Simon Bolivar Orchestra du Venezuela, le jeune chef Ă  la double culture, brĂ©silienne et française, retrouvait l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil Ă  Rio de Janeiro dans un programme dĂ©diĂ© au premier romantisme français : vitalitĂ© et Ă©nergie, puissance mais sensibilitĂ© aux dĂ©tails instrumentaux
 la direction du chef de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, Ă  la fois analytique et dramatique, trouve un Ă©quilibre idĂ©al au service des grands classiques et romantiques français. Extraits vidĂ©o exclusifs © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015

 

EXTRAIT de la présentation et du compte rendu du concert GOSSEC à Rio de Janeiro par Bruno Procopio :  

Pour la Symphonie de Gossec (1734 – 1829), Bruno Procopio a respectĂ© l’usage instrumental historique : c’est Ă  dire le nombre impressionnant de contrebasses : car l’orchestre en France Ă  l’époque de Gossec totalise prĂšs de 12% des effectifs de cordes : le principe est rĂ©alisĂ© Ă  Rio et la sonoritĂ© qui en dĂ©coule apporte ses bĂ©nĂ©fices expressifs : puisque la musique ne module pas beaucoup, l’éloquence Ă©largie des basses nourrie une matiĂšre Ă©tonnamment riche malgrĂ© des lignes plutĂŽt simples. Des quatre mouvements (Maestoso – Allegro molto ; Larghetto ; Menuet – trio ; Finale : Allegro molto), le chef rĂ©alise la continuitĂ© tout en apportant les fruits d’un travail spĂ©cifique sur le relief instrumental.

 

 

procopio-bruno-concert-gossec-neukomm-rio-de-janeiro-582-frontal

 

 

A 17 parties soit 17 pupitres, l’orchestre de Gossec demeure rĂ©solument classique avec clarinettes et trompettes par deux. Ordinairement datĂ©e de 1809, la Symphonie pourrait remontĂ©e Ă  une Ă©poque prĂ©cĂ©dente : le dernier mouvement commence par un systĂšme fuguĂ© dĂ©fendu par les premiers violons selon la tradition du Concert Spirituel telle qu’elle s’était affirmĂ©e dans le paysage de la fin XVIIIĂš Ă  Paris.  De fait, outre ces points d’écriture, tout l’esprit de la Symphonie de Gossec rĂ©sonne de l’Esprit des LumiĂšres plutĂŽt que du plein romantisme. L’auteur de ThĂ©sĂ©e, opĂ©ra majeur, trĂšs emblĂ©matique de l’esthĂ©tique nĂ©oclassique de la fin du XVIIIĂš europĂ©en, reste rĂ©solument classique et respectueux des inflexions de son Ă©poque.

 

 

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Grand portrait vidéo

BRUNO PROCOPIO, maestro transatlantique

 

 

procopio-bruno-concert-orchestre-lamoureux-jobim-milhaud-neukomm

 

procopio-bruno-maestro-transatlantico-582-390-HOMEPAGEPORTRAIT VIDEO : Bruno Procopio, maestro transatlantique. Transatlantique
 telle est l’activitĂ© atypique et exemplaire d’un chef dĂ©fricheur entre deux cultures, deux continents, deux esthĂ©tiques : nĂ© au BrĂ©sil, français de cƓur et rĂ©sident non loin de Paris, le jeune maestro Bruno Procopio cultive les richesses multiples de sa double culture. Entre France et BrĂ©sil, il sait faire dialoguer les accents de chaque nation, des deux cĂŽtĂ©s de l’Atlantique. Jouer les compositeurs français, Baroques et Romantiques Ă  Rio de Janeiro ; jouer Ă  Paris, Villa-Lobos et Jobim
 au TCE, ThĂ©Ăątre des Champs ElysĂ©es. MaĂźtre des croisements fĂ©conds, porteur d’une singularitĂ© artistique visionnaire, Bruno Procopio dirige les orchestres sur instruments modernes au service de Rameau, Gossec, MĂ©hul
 Tout en prĂ©sentant les spĂ©cificitĂ©s du jeu et du style orchestral au service des compositeurs toujours trop mĂ©connus, tel MĂ©hul (et sa formidable Symphonie n°1, si BeethovĂ©nienne), le jeune maestro en claveciniste affĂ»tĂ©, sait aussi ressusciter en duo avec le pianoforte, l’Ă©criture expĂ©rimentale d’un autre oubliĂ©, Rigel, douĂ© d’une Ă©nergie dramatique particuliĂšre… Portrait d’un maestro transatlantique – grand reportage vidĂ©o / RĂ©alisation : Philippe Alexandre Pham © studio CLASSIQUENEWS 2017

 

 

BRUNO PROCOPIO dirige l’ONPL, Orchestre national des Pays de la Loire

PROCOPIO-bruno-vignette-582-portrait-concerts-maestro-chef-classiquenews-582-594ANGERS / NANTES, Rameau, Mozart, Gossec
, le 3-12 mars 2017. Bruno Procopio en une tournĂ©e de 7 dates pilote un programme rĂ©jouissant, rĂ©capitulant trois esthĂ©tiques en un seul cycle : baroque avec Rameau ; classique avec Mozart ; romantique avec l’un des compositeurs de NapolĂ©on, figure de la fiĂšvre nerveuse impĂ©riale : Gossec. Entre virtuositĂ© et sentiment, l’Orchestre national des pays de la Loire met Ă  l’honneur l’esprit français Ă  l’Ă©poque bĂ©nie oĂč l’Ă©lĂ©gance fusionne avec l’esprit, le coeur, l’esprit. Voici donc PARIS Ă  l’époque des LumiĂšres


Un Rameau mĂ©connu : Les FĂȘtes de PolymnieRameau sur instruments modernes : Bruno Procopio en connaĂźt toutes les Ă©preuves techniques et les dĂ©fis stylistiques : il a depuis plusieurs annĂ©es diriger les Suites de Castor et Pollux et d’Acanthe et CĂ©phise, outre Atlantique avec entre autres, le mythique Orchestre Simon Bolivar Ă  Caracas, ou l’orchestre Symphonique du BrĂ©sil (le mĂȘme orchestre avec lequel il a aussi interprĂ©tĂ© la Symphonie de Gossec, Ă  Rio rĂ©cemment en 2015). C’est peu dire que le jeune maestro franco-brĂ©silien se passionne pour l’articulation de l’élĂ©gance et de la vivacitĂ© virile, telle qu’elles s’expriment avec ĂŽ combien de finesse chez Rameau (sans omettre le raffinement des couleurs d’Acanthe) et Gossec. N’oublions pas la grĂące – dĂ©jĂ  romantique, par sa justesse des sentiments, d’un Mozart, si bouleversant dans Les Petites riens (une partition qu’il ne faut pas prendre aux pieds de la lettre : ici le rien signifie sincĂ©ritĂ©, vĂ©ritĂ©, profondeur des intentions), inspirĂ© comme rarement dans son irrĂ©sistible Concerto pour harpe et flĂ»te : sommet de la conversation concertante avec orchestre, oĂč la virtuositĂ© exprime avant tout une fusion harmonique et expressive entre les deux solistes

Relevant le dĂ©fi de l’énergie et de la finesse ramĂ©lienne, de la grĂące mozartienne, du tempĂ©rament conquĂ©rant tel qu’il se dĂ©ploie dans la fameuse Symphonie pour 17 parties de Gossec (1808), Bruno Procopio approfondit encore sa parfaite connaissance du style de chaque partition, rĂ©ussissant cette alliance rare de l’intelligibilitĂ© et de la puissance rythmique. Mise en place impeccable, direction douĂ©e pour les climats aussi, qu’ils soient volontaires voire guerriers et Ă©clatants (Gossec), ou d’une rare finesse Ă©motionnelle chez Mozart, le jeune maestro joue des styles et des esthĂ©tiques comme un vrai explorateur : dĂ©couvrant, ciselant avec les instrumentistes qu’il dirige, de vrais accents coloristes oĂč la clartĂ© de l’intention, la lisibilitĂ© de l’architecture frappent l’esprit de l’auditeur.

mozart-vignette-carre-depeche-mozart-2016Mozart et Paris : Wolfgang ne s’est jamais vraiment plu dans la capitale française, incompris et peu soutenu en dĂ©finitive, le jeune compositeur souffrira mĂȘme au delĂ  de ce qu’il pouvait imaginer, perdant sa mĂšre en 1778
 Le sublime Concerto pour harpe et flĂ»te est composĂ© pour la fille du Duc de Guisnes, excellente harpiste, le Duc Ă©tant lui-mĂȘme trĂšs bon flĂ»tiste. L’inspiration de Mozart permet d’atteindre des sommets entre Ă©lĂ©gance et virtuositĂ©, sĂ©duction et suavitĂ© dans le jeu concertant, dialoguĂ©, des deux instruments solistes. La tendresse pastorale du mouvement central est particuliĂšrement attractif, rĂ©vĂ©lant le gĂ©nie d’un Mozart d’une intelligence mondaine, capable de rĂ©pondre au goĂ»t des amateurs parisiens, Ă  la fois mĂ©lomanes et praticiens.

GOSSEC_Gossec-portraitAssocier Rameau et Mozart, c’est diffuser les vertus de la subtilitĂ© et le raffinement d’un festival de timbres. Puis enchaĂźner en seconde partie, le mĂȘme Rameau (plus nerveux et guerrier, celui de Castor) avec la 17 parties de Gossec, c’est de la mĂȘme façon, tisser ce mĂȘme fil stylistique qui unit en Ă©nergie et finesse deux compositeurs qui ont servi cet esprit des LumiĂšres, Ă  deux moments majeurs de son histoire, en ces teintes encore baroques (Rameau mort en 1764), conquĂ©rant Ă  l’époque impĂ©riale (Gossec en 1808).

Avec la complicitĂ© des musiciens de l’Orchestre national des Pays de La Loire, avec le concours des solistes Juliette Hurel (flĂ»te) et Isabelle Moretti (harpe) dans le Concerto de Mozart, le programme qui circule en rĂ©gion, en 7 dates, du 3 au 12 mars 2017, promet d’Ă©loquentes et Ă©lectriques LumiĂšres, servies par d’irrĂ©sistibles musiciens. TournĂ©e Ă©vĂ©nement.

 

 

 

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TOURNÉE de l’Orchestre national des Pays de la Loire
Paris au siĂšcle des LumiĂšres
7 dates pour un programme riche en finesse, force, élégance
Baroque, classicisme, romantisme
De Rameau Ă  Mozart, de Mozart Ă  Gossec

Le 3 mars 2017, au MANS, Palais des CongrĂšs, 20h30
Le 4 mars 2017, LAVAL, Théùtre, 20h30
Le 5 mars 2017, ANGERS, Centre de congrĂšs, 17h
Les 7 et 8 mars 2017, NANTES, La Cité, 20h30
Le 9 mars 2017, ANGERS, Centre de congrĂšs, 20h30
Le 12 mars 2017, St-NAZAIRE, Théùtre, 17h

 

 

 

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VOIR notre reportage vidĂ©o : BRUNO PROCOPIO joue la Symphonie en 17 parties de Gossec (1809), avec l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil - avril 2015 (Rio de Janeiro)

 

procopio-bruno-concert-gossec-neukomm-concert-rio-brseil-brazil-concert-582-OSB-orchestre-symphonique-du-BresilPartition majeure de la symphonie romantique française Ă  l’époque de NapolĂ©on : entre classicisme et premier romantisme, la virtuositĂ© Ă©nergique de Gossec s’impose Ă  nous, commune Ɠuvre fondatrice du symphoniste français Ă  l’époque des Viennois Haydn, Mozart et Beethoven. Bruno Procopio s’engage pour diffuser la connaissance et l’interprĂ©tation des compositeurs français en AmĂ©rique Latine : aprĂšs avoir dirigĂ© le Simon Bolivar Orchestra du Venezuela, le jeune chef Ă  la double culture, brĂ©silienne et française, retrouvait l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil Ă  Rio de Janeiro dans un programme dĂ©diĂ© au premier romantisme français : vitalitĂ© et Ă©nergie, puissance mais sensibilitĂ© aux dĂ©tails instrumentaux
 la direction du chef de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, Ă  la fois analytique et dramatique, trouve un Ă©quilibre idĂ©al au service des grands classiques et romantiques français. Extraits vidĂ©o exclusifs © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015

EXTRAIT de la présentation et du compte rendu du concert GOSSEC à Rio de Janeiro par Bruno Procopio :  

Pour la Symphonie de Gossec (1734 – 1829), Bruno Procopio a respectĂ© l’usage instrumental historique : c’est Ă  dire le nombre impressionnant de contrebasses : car l’orchestre en France Ă  l’époque de Gossec totalise prĂšs de 12% des effectifs de cordes : le principe est rĂ©alisĂ© Ă  Rio et la sonoritĂ© qui en dĂ©coule apporte ses bĂ©nĂ©fices expressifs : puisque la musique ne module pas beaucoup, l’éloquence Ă©largie des basses nourrie une matiĂšre Ă©tonnamment riche malgrĂ© des lignes plutĂŽt simples. Des quatre mouvements (Maestoso – Allegro molto ; Larghetto ; Menuet – trio ; Finale : Allegro molto), le chef rĂ©alise la continuitĂ© tout en apportant les fruits d’un travail spĂ©cifique sur le relief instrumental.

 

 

procopio-bruno-concert-gossec-neukomm-rio-de-janeiro-582-frontal

 

 

A 17 parties soit 17 pupitres, l’orchestre de Gossec demeure rĂ©solument classique avec clarinettes et trompettes par deux. Ordinairement datĂ©e de 1809, la Symphonie pourrait remontĂ©e Ă  une Ă©poque prĂ©cĂ©dente : le dernier mouvement commence par un systĂšme fuguĂ© dĂ©fendu par les premiers violons selon la tradition du Concert Spirituel telle qu’elle s’était affirmĂ©e dans le paysage de la fin XVIIIĂš Ă  Paris.  De fait, outre ces points d’écriture, tout l’esprit de la Symphonie de Gossec rĂ©sonne de l’Esprit des LumiĂšres plutĂŽt que du plein romantisme. L’auteur de ThĂ©sĂ©e, opĂ©ra majeur, trĂšs emblĂ©matique de l’esthĂ©tique nĂ©oclassique de la fin du XVIIIĂš europĂ©en, reste rĂ©solument classique et respectueux des inflexions de son Ă©poque.