CD critique. VERBIER FESTIVAL 25 ans of Excellence / 25 ans d’excellence (4 cd Deutsche Grammophon : 2004 – 2015)

CD Verbier-Festival-25-Years-Of-Excellence-Coffret-Edition-limitee deutsche grammophon cd review critique cd par classiquenews-Inclus-livreCD critique. VERBIER FESTIVAL 25 ans of Excellence / 25 ans d’excellence (4 cd Deutsche Grammophon : 2004 – 2015). En Suisse il y a 2 festivals estivals d’envergure : Verbier cĂŽtĂ© Suisse francophone, 25 ans d’existence. Et de l’autre cĂŽtĂ©, au delĂ  de Lausanne vers le Saanenland, le festival en Suisse allemanique, GSTAAD, terre d’élection de Yehudi Menuhin qui y a eut un choc esthĂ©tique et de cƓur pour l’église de Saanen, Ă©crin dĂ©signĂ© pour des instants musicaux de partage oĂč le mot souverain demeure : « chambrisme ». Si GSTAAD est le plus ancien, 62Ăš Ă©dition en 2018, Verbier plus jeune de moitiĂ©, affiche chaque Ă©tĂ© une tonicitĂ© arrogante voire insolente, au regard des artistes invitĂ©s : toute l’écurie Deutsche Grammophon en particulier, dont les interprĂštes, grands solistes surtout : pianistes, violoniste, violoncelliste offrent un bain de musique et ainsi des engagements assurĂ©s pendant l’étĂ©.

L’excellence by Verbier

verbier-le-grand-final-du-30632-3Il n’y a pas ici un best of des 25 Ă©ditions respectives, mais un pot pourri de quelques sĂ©quences sensĂ©es nous convertir Ă  l’excellence et Ă  la magie «Verbier » during the summer. CĂŽtĂ© musique de chambre (CD3), car c’est quand mĂȘme dans ce registre que Verbier a marquĂ© des points, invitant de grands solistes pas forcĂ©ment habituĂ©s Ă  jouer en dialogue et conversation avec d’autres : reconnaissons que les deux pianistes requis sauvent la mise de ce qui n’aurait Ă©tĂ© qu’une arĂšne Ă  Ă©gos et tempĂ©raments en dĂ©monstration stricte : le Trio de Brahms se fait caressant et presque intĂ©rieur grĂące au piano du jeune Daniil Trifonov en juillet 2015, si humble (comparĂ© au violoncelle de Truls Mork) – mĂȘme verdict pour le Quintette pour piano de Dvorak : autour des deux violons assez tendus (confrontation oblige ?) de Vadim Repin et de Laurent Korcia, le clavier enfantin de Kissin fait merveille, surtout dans Dumka / andante (juillet 2004).
Au registre des lectures concertantes et symphoniques, entendez Concertos pour piano et orchestre, lĂ  encore l’impression varie Ă©videmment selon les tempĂ©raments solistes et leur Ăąge respectif (c’est Ă  dire leur bouteille et leur expĂ©rience): Ă  ce jeu lĂ , que vaut le jeu pĂ©taradant de la jeune chinoise Yuja Wang, aux cĂŽtĂ©s (hĂ©las pour elle) de l’ineffable et fĂ©line comme vĂ©tĂ©rante Marta Argerich ? En juillet toutes les deux, le Mendelssohn de Wang comme trop stressĂ© et impressionnĂ© par l’orchestre trop ample de Masur, sonne
 prĂ©cipitĂ© et hystĂ©rique. Une mĂ©canique bien huilĂ©e mais souvent artificielle – en revanche, la reine Argerich dans le Beethoven (n°2) donne une leçon de phrasĂ© et d’élĂ©gance rentrĂ©e, de ciselure d’une rare intelligence sensuelle, Ă  la fois vive (mozartienne), et crĂ©pitante (mais jamais en dĂ©route comme sa cadette). L’orchestre du Fetsival qui se convulse avec maniĂ©risme parfois sous la baguette Ă©trange et imprĂ©visible de TakĂ cs-Nagy, s emet au diapason de ce clavier suave et fĂ©lin.
D’une irrĂ©sistible verve, entre facĂ©tie et virtuositĂ© jazzy au swing dĂ©boutonnĂ© idĂ©al (allegro / Snowflakes), le piano tout en humour et lĂ©gĂšretĂ© de Mikhail Pletnev ressuscite l’entrain hollywoodien d’une partition pleine de dĂ©lire comique et d’exquise tendresse (Lyrical waltz / moderato). La prise est plus rĂ©cente (juillet 2013), rĂ©ussie grĂące Ă  un maĂźtre des Ă©quilibres instrumentaux et des rythmes dansants, Kent Nagano. Cet enregistrement mĂ©ritait Ă©videmment de paraĂźtre dans la sĂ©lection d’excellence de Verbier pour tĂ©moigner de ses 25 ans de ligne artistique.
Outre l’élĂ©gance du geste concertant et solistique, donc on l’ a vu mis Ă  l’épreuve de l’exercice terrible (rĂ©vĂ©lateur) de l’expĂ©rience chambriste, Verbier chaque Ă©tĂ© c’est aussi (surtout?) le grand bain symphonique : 2013 et 2015 sont-ils Ă  ce titre de grands crus, sous la houlette du vorace Gergiev ? En 2015, avec l’orchestre du festival, et dans les tableaux spirituels et mystiques, fantastiques et plutĂŽt contrastĂ©s de la derniĂšre symphonie de Tchaikovski (6Ăš dite « pathĂ©tique »), le chef ossĂšte cisĂšle la matiĂšre sonore, la sculpte en direct avec une sensualitĂ© parfois Ăąpre et toujours d’une tension supĂ©rieure en liaison avec l’urgence de visions en panique (excellent premier mouvement / fiĂšvre du second allegro bouillonnant de sĂšve printaniĂšre) ; on ne peut guĂšre en dire autant hĂ©las en 2013, avec le mĂȘme orchestre dans le dernier acte de La Walkyrie (IIIĂš acte) oĂč le geste semble Ă©pais, sonne large mais moins dĂ©taillĂ© (la sublime musique du feu finale ne s’embrase point) et l’expression du renoncement (du pĂšre Wotan Ă  sa fille chĂ©rie mais sacrifiĂ©e Brunnhilde) ne se dĂ©voile pas dans le magma orchestral ; prometteurs pourtant Bryn Terfel et IrĂšne Theorin, assĂšnent des voix fatiguĂ©e pour le premier et trop vibrĂ©e pour la seconde ; seule la Sieglinde d’Eva-Maria Westbroek polit le relief d’une voix mieux prĂ©servĂ©e. Et pour finir, la surprise de ce repas copieux mais Ă©quilibrĂ© par les genres servis : Folksongs de Berio, d’une tendresse gĂ©nĂ©reuse sous la direction de Dudamel (2005), avec la soliste Malena Ernman, voix expressive, pas toujours trĂšs propre (prots de voix et roucoulades Ă  l’envi), mais l’attention du chef et son souci instrumental se rĂ©vĂšlent intĂ©ressants. Compilation Ă©clectique, et diverse, en formes musicales comme en engagement artistique.

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CD, critique. VERBIER FESTIVAL : 25 Years of Excellence (4 cd DG Deutsche Grammophon 0289 483 5143 5) – parution : 6 juillet 2018. ©©©

CD 1: Tchaikovsky: Symphony No.6 in B Minor, Op. 74, TH.30 “PathĂ©tique” / Berio: Folk Songs;

CD 2: Mendelssohn: Piano Concerto No.1 In G Minor, Op.25, MWV O7 / Beethoven: Piano Concerto No. 2 in B-Flat Major, Op. 19 / Tsfasman: Suite for Piano and Orchestra;

CD 3: Brahms: Piano Trio No.1 in B Major, Op.8 / DvorĂĄk: Piano Quintet in A Major, Op.81, B. 155;

CD 4: Wagner: Die WalkĂŒre, WWV 86B / Act 3.

La notation de CLASSIQUENEWS :

© bof
©© bien
©©© trÚs bien
©©©© excellent

CLIC D'OR macaron 200

le choc, coup de cƓur de la RĂ©daction de CLASSIQUENEWS

COMPTE-RENDU, opéra. BERLIN, Staatsoper, le 21 juin 2018. VERDI : Macbeth. Domingo / Netrebko. Kupfer / Barenboim

Anna Netrebko Verdi album leonoraCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. BERLIN, Staatsoper, le 21 juin 2018. VERDI : Macbeth. Domingo / Netrebko. Kupfer / Barenboim. Berlin poursuit des rĂ©ussites Ă©videntes : au duo dĂ©jĂ  saluĂ© Barenboim / Kupfer, rĂ©pond la maestriĂ  incarnĂ©e, autant chanteurs qu’acteurs, Anna Netrebko et Placido Domingo que l’on avait dĂ©jĂ  saluĂ©s dans un prĂ©cĂ©dent Verdi : Il Trovatore. Mais Ă  l’éblouissant cristal ivre et Ă©perdue de la jeune amoureuse Leonora (pincĂ©e pour son TrouvĂšre Manrico), s’épanouit ici, le diamant noir, fĂ©lin et crĂ©pusculaire d’une tigresse malĂ©fique et si humaine, Lady Macbeth.

Les contemporains de la premiĂšre sous la direction du Maestro Verdi lui-mĂȘme, (Scala 1847), s’étaient montrĂ©s choquĂ©s par l’ñpretĂ© surexpressive des airs de la monstresse, comme l’absence concertĂ©e de tout duo d’amour. Mais c’est que Verdi connaĂźt et aime son Shakespeare jusqu’au bout des ongles : pas une seconde ni une mesure qui ne soit taillĂ©e Ă  vif dans l’écoulement d’un tragique sans dilution. La coupe, l’architecture de ce Macbeth foudroie littĂ©ralement le spectateur, et jamais aprĂšs lui, Verdi n’aura Ă  ce point mieux exprimer la laideur cynique d’un couple d’ambitieux politique, devenus dictateurs. Mais aussi fracassante est la chute que l’ascension est fulgurante. Monter pour mieux redescendre

D’emblĂ©e, ce qui fait la valeur de cette nouvelle production berlinoise, c’est le splendide couple vocal douĂ© de tout le tempĂ©rament nĂ©cessaire pour brosser le portrait du duo criminel hallucinĂ©, assoiffĂ© de pouvoir et qui se dĂ©lecte vĂ©ritablement du sang qu’il verse : Macbeth feint une fausse retenue (que sa femme tient pour lĂąchetĂ© : elle le dit Ă  plusieurs reprises au point que l’on doute s’il elle l’aime vraiment) ; Lady Macbeth, elle est Ă  chaque nouveau dĂ©fi, gorgĂ© d’arrogante haine.

ANNA NETREBKO / PLACIDO DOMINGO : le duo Ă©lectrique

Anna Netrebko, tirĂ©e Ă  quatre Ă©pingles (sauf dans la scĂšne de folie somnambulique au III, oĂč elle paraĂźt cheveux dĂ©faits, pieds nus, une bougie Ă  la main selon les didascalies et le fameux tableaux de Fussli), montre combien le rĂŽle, son aractĂšre, sa tessiture aussi, lui vont comme un gant. Elle n’a pas seulement les aigus sidĂ©rants (toujours aussi fruitĂ©s et couverts) et la largeur d’un mĂ©dium de louve furieuse, Anna Netrebko Ă©largissant sa voix dans la rondeur et le lugubre fantastique campe une Lady Macbeth tout simplement phĂ©nomĂ©nale. La tigresse joue des crimes de son Ă©poux seigneur de Caudore devenu roi d’Ecosse, comme elle jouit des cadavres et du sang versĂ© : celui de Duncan au I, puis au II du gĂ©nĂ©ral (pourtant fidĂšle Ă  Macbeth) : Banquo


Tout en citant un ordre totalitaire (sud-amĂ©ricain) dans les costumes des soldats, Harry Kupfer en un subtil paysage industriel en blanc et noir, insiste sur cette dĂ©voreuse qui assassine et la fait paraĂźtre dĂšs le dĂ©but telle l’incarnation du Diable personnifiĂ© : bĂ©bĂ© mort dans un bras, Ă©pĂ©e dans l’autre, errant dans un paysage de dĂ©solation oĂč gisent les cadavres de ses victimes.

Directeur acĂ©rĂ©, vif, trĂšs efficace, Daniel Barenboim creuse le souffle Ă©pique et fantastique de ce conte sheakespearien oĂč les Ă©poux ambitieux prĂȘts Ă  tout, sombrent peu Ă  peu dans la plus noire des dĂ©mences. La mise en scĂšne est efficace et parfaitement froide jouant sur un plateau qui s’Ă©lĂšve et entraĂźne alors un changement de tableau de fond. Changements Ă  vues qui n’interrompt jamais cette course Ă  l’abime.

AprĂšs le meurtre de Banquo (acte II), la chute s’accĂ©lĂšre et en plein banquet Macbeth aprĂšs la fabuleux brindisi entonnĂ© par La Netrebko en sublime robe verte debout sur un grand fauteuil blanc, le roi assassin chancelle et dĂ©faille, en proie Ă  ses premiĂšres visions coupables. Chef lui barrant les yeux, Placido Domingo en dictateur dĂ©jĂ  accablĂ©, exprime toutes les nuances de la folie galopante. Poids de la culpabilitĂ© et aussi cynisme pathĂ©tique, le tĂ©nor devenu baryton fait valoir comme sa partenaire un sens du thĂ©Ăątre d’une impeccable vĂ©ritĂ©. NETREBKO / DOMINGO forment le plus beau couple verdien de l’heure, d’une intensitĂ© Ă©lectrique lui en pantin dĂ©truit et elle en dĂ©mone fauve qui lui reproche sa lĂąchetĂ© crasse. Le tableau du banquet oĂč le collectif des courtisans rassemblĂ©s isole mieux (par contraste) le couple royal qui montre ses failles, est une rĂ©ussite absolue par sa justesse.

On se souvient du duo Kupfer et Barenboim dans un Ring de Wagner Ă  Bayreuth puis Ă  Berlin sur la mĂȘme scĂšne. TĂ©nĂšbres et dĂ©monisme rongent de l’intĂ©rieur le paysage et la psychĂ© du couple Macbeth. Leur naĂŻvetĂ© terrifiante et criminelle brĂ»le la scĂšne. Et le talent des deux protagonistes Netrebko et Domingo frappe directement le spectateur.

Autre moment captivants, scĂ©nographiquement trĂšs valables : le choeur des sorciĂšres et leur chaudron magique qui ouvrent le III (oĂč se dĂ©voile l’addiction Ă  l’alcool du roi assassin) : la performance du choeur de la Staatsoper de Berlin est impeccable ; Ă©videmment la scĂšne de funambulisme foudroyĂ© d’une Lady Macbeth, dĂ©sormais dĂ©construite, hantĂ©e par ses visions cauchemardesques, rongĂ©e, mourante dĂ©passĂ©e enfin par ses actes impardonnables… et aussi le trĂšs beau chƓur «  patria opressa » qui exprime la souffrance populaire, Ă©cho Ă  celle des bourreaux : nouvelle intensitĂ© si rĂ©aliste d’un Verdi proche du cƓur humain…

Enfin, terminons avec l’enchainement final qui nous a paru trĂšs juste lĂ  encore thĂ©Ăątralement; soulignant le talent dramatique de Placido domingo. D’un souffle qui paraĂźt infini, Domingo mĂȘme s’il manque parfois de prĂ©cision comme de justesse, prĂ©serve toujours la direction comme le caractĂšre de son intonation, Ă  tel point que dans les deux derniers tableaux, trĂšs courts oĂč il conclut l’opĂ©ra, son profil affirme, mĂȘme bientĂŽt poignardĂ© par le jeune Macduff (dont Macbeth avait fait supprimĂ© femme et enfants), une trempe de despote cynique ahurissant et parfaitement abject : Ă  l’annonce de la mort de son Ă©pouse, il expĂ©die cet Ă©vĂ©nement sans autre marque de compassion (que vaut la vie ? Alors elle ou une autre 
), puis mourant dans son petit fauteuil de petit tyran criminel, il exhale un dernier rĂąle non sans ĂȘtre fier d’ĂȘtre maudit, conscient probablement qu’en lui, a soufflĂ© le grand satan, car s’il est dupe des voyances infernales (finalement manipulĂ© par les prophĂ©ties des sorciĂšres), en lui s’est cristallisĂ© la marque du dĂ©mon ; il a permis que se rĂ©pandent les tĂ©nĂšbres sur les hommes
 : grandeur pathĂ©tique des criminels. Un fieffĂ© escroc, bourreau sans morale. La performance est lĂ  aussi remarquable de vĂ©ritĂ©, et de suprĂȘme cynisme. Magnifique production.

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COMPTE-RENDU, opéra. BERLIN, Staatsoper, le 21 juin 2018. VERDI : Macbeth.

avec
MACBETH : PlĂĄcido Domingo
BANQUO : Kwangchul Youn
LADY MACBETH : Anna Netrebko
Une femme de chambre : Evelin Novak
MACDUFF : Fabio Sartori
MALCOLM : Florian Hoffmann
STAATSOPERNCHOR
STAATSKAPELLE BERLIN
Daniel Barenboim, direction
Harry Kupfer, mise en scĂšne
MACBETH de Giuseppe Verdi
Melodramma in vier Akten / en 4 actes (1847/ 1865)
PrĂ©sentĂ© Ă  Berlin, Staatsoper Unter den linden : les 17, 21, 24, 29 juin puis 2 juillet 2018 – 23, 26, 30 mai 2019.
https://www.staatsoper-berlin.de/de/veranstaltungen/macbeth.97/

LIRE AUSSI notre présentation de Macbeth de Verdi par le couple Netrebko / Domingo
http://www.classiquenews.com/anna-netrebko-chante-lady-macbeth-a-berlin/

LIRE AUSSI notre critique de l’album VERDI par Anna Netrebko, dĂ©jĂ  en 2013, la diva assoluta dĂ©clarait sa flamme aux hĂ©roĂŻnes de Verdi, pour le studio avant de les chanter sur la scĂšne. Une Ă©loquente dĂ©claration d’intention…

CENTENAIRE BERNSTEIN 2018. CD Ă©vĂ©nement : A QUIET PLACE par l’OSM Orchestre Symphonique de MontrĂ©al et Kent Nagano (DECCA)

BERNSTEIN A QUIET PLACE  orch montreal kent nagano DECCA 2 cd review cd la critique cd opera par classiquenewsCENTENAIRE BERNSTEIN 2018 / CD Ă©vĂ©nement : A QUIET PLACE de Bernstein par l’OSM Orchestre Symphonique de MontrĂ©al et Kent Nagano. Notre espĂ©rance exaucĂ©e : pour l’annĂ©e du centenaire Bersntein 2018, l’Orchestre Symphonique de MontrĂ©al et Kent Nagano soulignent le gĂ©nie lyrique du dernier Bernstein en publiant chez Decca, l’enregistrement Ă©vĂ©nement de l’annĂ©e, A QUIET PLACE (version ultime de 1984, fusionnĂ©e avec Trouble in Tahiti). Extrait de notre critique : … » KENT NAGANO Ă©blouit littĂ©ralement dans cette version “de chambre” inĂ©dite, premiĂšre au disque, oĂč scintillent l’intelligence du chant dialoguĂ©, l’équilibre d’un orchestre complice et suractif mais jamais couvrant, et un plateau superlatif de solistes (dont les chanteurs diseurs somptueusement articulĂ©s : Gordon Bintner et Lucas Meachen dans les rĂŽles clĂ©s du fils et du pĂšre, Junior et Sam)  » par Alban DEAGS.

 

 

LIRE ici notre critique dĂ©veloppĂ©e du coffret DACCA, A QUIET PLACE par l’OSM Orchestre Symphonique de MontrĂ©al et Kent Nagano (live de mai 2017)

LIRE aussi notre dossier spĂ©cial ” A Quiet place” sur la partition et sa genĂšse complexe qui engage les derniĂšres ressources du chef compositeur, lequel aborde dans cette Ɠuvre virtuose des thĂšmes profonds : l’homosexualitĂ©, l’acceptation des autres, la tolĂ©rance fraternelle. Pacifiste, humaniste, le compositeur amĂ©ricain rĂ©invente aussi une Ă©criture qui privilĂ©gie sur le mode lĂ©ger, raffinĂ©, un chant continu… BERNSTEIN Ă  l’Ă©preuve de l’opĂ©ra

 

 

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CLIC_macaron_2014CD Ă©vĂ©nement : A QUIET PLACE de Bernstein par l’OSM Orchestre Symphonique de MontrĂ©al et Kent Nagano (2 cd Decca – mai 2017). CD Ă©lu CD « CLIC » de CLASSIQUENEWS, CD Ă©vĂ©nement de l’annĂ©e BERNSTEIN 2018

 

 

Boris Godounov par Vladimir Jurowski

moussorgskiFrance Musique. Dim 1er juillet 2018, 20h. MOUSSORGSKI : BORIS GODOUNOV. Depuis l’OpĂ©ra Bastille, (enregistrĂ© le 7 juin 2018), la production dirigĂ©e par l’excellent Vladimir Jurowski investit le plateau de la scĂšne parisienne avec une distribution assez passe partout, plutĂŽt lisse mĂȘme, en dĂ©pĂźt des personnages que le compositeur, gĂ©nie de l’opĂ©ra romantique russe avant Tchaikovski, a su dĂ©velopper. On ne dira quasient rien de la mise en scĂšne plate, ennuyeuse, sans idĂ©e du thĂ©Ăątreux Ivo van Hove payĂ© trĂšs cher sur la scĂšne de bastille pour rĂ©duire la trame de Boris, Ă  l’assassinat de Dimtri (en images dĂ©multipliĂ©e donc indigestes par la vidĂ©o, utilisĂ©e Ă  l’excĂšs). Il faudra bien souligner un jour l’effet dĂ©sastreux de ces lectures misĂ©rabilistes, sans poĂ©sie aucune qui cultive la laideur en sacrifiant la suggestion, dans nombre de mises en scĂšne modernes. Et dire que l’Etat et le contribuables payent pour ses assommantes destructions de l’art lyrique.

La version retenue est la moins complĂšte (premiĂšre version de 1869), Ă©cartant le fameux acte polonais, avec les personnages qui prĂ©cisent l’entourage et l’ascension du faux Dmitri, prĂ©tendant au trĂŽne (2Ăš version de 1872) ; dans le dĂ©coupage prĂ©sentĂ© par Paris, le dĂ©roulement de l’action s’intĂ©resse sur l’ascension de Boris au trĂŽne impĂ©rial, puis sa lente dĂ©chĂ©ance, rongĂ© par les crimes qu’il a commis pour arriver Ă  ses fins. En parallĂšle, comme Ă  distance de de mouvement politique qui enchaĂźne les faux prophĂštes et les vrais usurpateurs, le moine Pimen commente l’action avec un dĂ©tachement qui n’est pas dupe des manipulateurs en tous genres (dommage la basse Ain Anger reste comme ses confrĂšres, dans le terne, le gris, sans trouble aucun) ; Ă  travers le personnage du fou et de la foule toujours ballotĂ©e et soumise se prĂ©cise le portrait d’une nation martyr, orpheline d’un vĂ©ritable hĂ©ros qui saura lui apporter libertĂ©, paix, abondance
 L’orchestre de Moussorgski est l’un des plus puissants (dans la conception moins par le nombre), intensĂ©ment dramatique et superbement mĂ©lodique ; et la construction, scĂšne par scĂšne, mĂȘme si l’on reste indĂ©cis sur l’ordre et la composition originelle des sĂ©quences, force l’admiration par sa prodigieuse modernitĂ©. La scĂšne de l’auberge vaut toutes les comĂ©dies rossiniennes, truculente et contrastĂ©e : un modĂšle du genre grĂące aux profils expressifs alors confrontĂ©s / affrontĂ©s. Face Ă  la partition de Moussorgski qui regorge de vivacitĂ©, d’humour comme de cynisme acide et de lyrisme tendre, les chanteurs peinent Ă  exprimer les brĂ»lures et les vertiges du drame.
jurowski vladimir chef maestro par classiquenewsHeureusement il y a le chef Vladimir Jurowski qui s’il n’a pas obtenu l’écrin de Garnier qui lui aurait mieux convenu, distille une maniĂšre de chambrisme affĂ»tĂ© depuis la fosse qui fait mouche. Autre facteur de rĂ©ussite de cette production musicalement trop timorĂ©e : l’excellente prestation des choeurs de l’OpĂ©ra de Paris : vrai personnage qui rĂ©Ă©quilibre et finit par surclasser l’asthĂ©nie Ă©tonnante des solistes. En conclusion, s’il est toujours passionnant d’écouter la musique thĂ©Ăątrale de Moussorgski, cette production 2018 Ă  Bastille, est Ă  oublier visuellement. Tant mieux, France Musique ne nous dĂ©livre que le son.

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logo_france_musique_DETOUREParis, OpĂ©ra Bastille / Moussorgski : Boris Godounov, version de 1869. Abdrazakov,Malevskaya,…Orch. et Ch de l’Op. nat. de Paris,MaĂźtrise des Hauts-de-Seine,ChƓur d’enfants de l’OpĂ©ra nat. de Paris,Jurowski – OpĂ©ra donnĂ© le 7 juin 2018 Ă  20h Ă  l’OpĂ©ra Bastille, Paris.

Modeste Moussorgski
Boris Godounov

Ildar Abdrazakov, basse, Boris Godounov
Evdokia Malevskaya, Fiodor
Ruzan Mantashyan, soprano, Xenia
Alexandra Durseneva, mezzo-soprano, La nourrice
Maxim Paster, ténor, Le prince Chouiski
Boris Pinkhasovich, baryton, Andrei Chtchelkalov
Ain Anger, basse, Pimen
Dmitry Golovnin, ténor, Grigori Otrepiev
Evgeny Nikitin, baryton-basse, Vaarlam
Elena Manistina, mezzo-soprano, L’aubergiste
Vasily Efimov, tĂ©nor, L’innocent
Mikhail Timoshenko, baryton-basse, Mitioukha
Maxim Mikhailov, basse, Un officier de police
Francisco Simonet, ténor, Un boyard, voix dans la foule
Peter Bronder, ténor, Misail

Choeur de l’OpĂ©ra National de Paris
MaĂźtrise des Hauts de Seine
Choeur d’enfants de l’OpĂ©ra national de Paris
Orchestre de l’OpĂ©ra National de Paris
José Luis Basso, Chef de choeurs
Vladimir Jurowski, direction.

CD, critique. Giacomo Gorzanis : La Barca del mio amore. La Lyra, Pino de Vittorio (1 cd Arcana).

GORZANIS cd reviex la critique cd par classiquenews La-Barca-Del-Mio-Amore-Napolitane-Balli-E-FantasieCD, critique. Giacomo Gorzanis : La Barca del mio amore. La Lyra, Pino de Vittorio (1 cd Arcana). On se fĂ©licite de voir revivre le label Arcana, sous d’aussi brillantes flammes, crĂ©pitantes, exaltĂ©es, investies comme le rĂ©alise le geste vocal d’un maĂźtre du dire italien, le tĂ©nor Pino de Vittorio. Contrairement Ă  la tartine picturale un rien trop grasse et Ă©paisse qui traite en couverture l’amour de Neptune et d’une naĂŻade bien nourrie (dans un style XVIĂš, mais si provincial ; en fait une toile de Paris Bordone), la lecture de l’interprĂšte brille ici par sa constante nervositĂ© expressive, son mordant picaresque qui rĂ©pond en Italie Ă  la drĂŽlerie fantasque mais si humaine d’un Dominique Visse. De Vittorio dĂ©fend comme peu l’idĂ©e d’un tempĂ©rament Ă  part, se rĂ©vĂ©lant d’autant mieux dans des rĂ©pertoires inĂ©dits et qui semblent taillĂ©s pour son gemme vocal, si atypique.
EnregistrĂ©e n novembre 2017 en SlovĂ©nie, ce programme trĂšs caractĂ©risĂ© vaut surtout par l’incarnation Ă  la fois surexpressive d’un diseur qui maĂźtrise l’articulation de l’italien ancien et baroque. Toujours proche du texte, le chanteur acteur se dĂ©lecte Ă  sublimer la projection du verbe en verve et aussi en dĂ©lire parodique. Au service d’une thĂ©Ăątralisation mesurĂ©e du poĂšme, De Vittorio exalte la saveur souvent hallucinĂ©e des images poĂ©tiques d’un GIACOMO GORZANIS, luthiste et compositeur, auteur Ă  Veise de livres de villanelles (poru le luth) et recueils de « napolitane », alla veneziana (chantĂ©s ou jouĂ©s sur le luth). A l’époque de Titien (gĂ©nie chromatique du XVIĂš, incontournable crĂ©ateur et magicien dans cette Venise qu’a connu Gorzanis entre 1560 et 1571), le compositeur ainsi rĂ©vĂ©lĂ© cultive une plasticitĂ© expressive riche en registres – sensuel, tragique, comique, amoureux et langoureux, fantasque et satirique donc, qui mĂ©ritait une autre image de couverture car le raffinement de sa palette musicale renouvelle aussi l’art du luth qu’il maĂźtrisait parfaitement. Probablement aveugle, Gorzanis naĂźt vers 1530, Ă  Bari dans les Pouilles, Ă  l’époque oĂč Bona Sforza est duchesse de Bari et
 Reine de Pologne. Les engagements de Gorzanis le mĂšne jusqu’en Carniole (actuelle SlovĂ©nie), oĂč se rapprochant des patriciens de Ljublijana, il frĂ©quente la Cour Ă  Graz de l’Archiduc d’Autriche Charles II (auquel est dĂ©dicacĂ© sn Livre II de napolitane de 1571.
Outre la complexitĂ© et l’équilibre des danses transmises selon un format depuis adoptĂ© aprĂšs lui (Passamezzo, pavane, saltarello), ce qui fait la saveur de ce programme c’est Ă©videmment la vocalitĂ  Ă©pineuse et parfois exacerbĂ©e, le timbre buffa, trĂšs individualisĂ© du tĂ©nor qui cultive un vrai sens du thĂ©Ăątre et de la comĂ©die, comique ou tragique, oĂč le texte et son dĂ©lire poĂ©tique expressif sont toujours particuliĂšrement soignĂ©s et mis en avant. Aveugle, Gorzanis a certainement pu comptĂ© sur son fils et son Ă©pouse pour Ă©crire sa musique d’une Ă©vidente ambition poĂ©tique. Terrain propice Ă  une caractĂ©risation subtile de chaque piĂšce vocale, les poĂ©sies retenues et mises en musique par Gorzanis tĂ©moignent du goĂ»t europĂ©ens dans les cours princiĂšres de la fin du XVIĂš : s’y Ă©panche le cƓur de l’amoureux trahi, blessĂ©, solitaire impuissant, marionnette tragico-comique d’une belle fiĂšre, inaccessible et toujours mystĂ©rieuse : toujours, il est sous l’emprise de la belle sirĂšne et sa bouche dĂ©sirable (Basciami con ssa bocca). Picaresque aussi, et prĂ©caravagesque, les petites scĂšnes de drame buffa, convoque une vieille marieuse prĂȘte Ă  tout pour sĂ©duire, capturer et tromper
 De sorte que sous des sĂ©ductions formelles faussement avenantes, se cache une connaissance aiguĂ« de l’ñme humaine, manipulatrice, prĂ©datrice (portait charge de la « maquerelle » dans L’altro giorno mi disse »)
 on imagine aisĂ©ment la portĂ©e Ă©picĂ©e, volontiers provocante et choquante de tels textes chez la bonne sociĂ©tĂ© piquĂ©e d’ainsi s’encanailler ! La rĂ©vĂ©lation mĂ©rite ce disque Ă  l’apport rĂ©el, inĂ©dit. On aimerait en connaĂźtre davantage sur le compositeur europĂ©en Gorzanis, actif dans la 2Ăš moitiĂ© du XVIĂš. A suivre.

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CD, critique. Giacomo Gorzanis : La Barca del mio amore. La Lyra, Pino de Vittorio (1 cd Arcana)

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VOIR en vidéo Pino de Vittorio chanter Sta vecchia canaruta de Gorzanis (2012) :

VOIR AUSSI :

https://www.youtube.com/watch?v=x0GKt9-Ojpw (L’altro giorno mi disse)

CD, opéra romantique, recréation : critique. Halévy. La Reine de Chypre (2 cd Palazzetto B-Zane)

halevy-la-reine-de-chypre-niquet-cyrille-dubois-veronique-gens-cd-reviex-critique-cd-par-classiquenewsCD, opĂ©ra romantique, recrĂ©ation : critique. HalĂ©vy. La Reine de Chypre (2 cd Palazzetto B-Zane). Une Reine naufragĂ©e au concert relĂšve la tĂȘte hors de l’eau au disque
 grĂące ici au tĂ©nor français Cyrille Dubois dont le GĂ©rard de Courcy ici, revĂȘt des habits miraculĂ©s, osant / affirmant une fraĂźcheur juvĂ©nile du timbre qui captive et nous rend le personnage crĂ©dible ; son Ă©clat de plus en plus affirmĂ©, comme son sens de l’articulation, convainquent immĂ©diatement par une sincĂ©ritĂ© immĂ©diate et dĂ©signent le tempĂ©rament rare. Sa performance sauve la production d’une dĂ©route malheureuse vĂ©cue au concert en juin dernier (TCE juin 2017). Certes on retrouve la direction tendue, nerveuse, pas toujours trĂšs nuancĂ©e du chef HervĂ© Niquet qui confond souvent opĂ©ra et thĂ©ĂątralitĂ© outrĂ©e. L’opĂ©ra romantique français ne se rĂ©duit pas Ă  une caractĂ©risation exacerbĂ©e au risque de la caricature. Bref.
D’autant que HalĂ©vy, aprĂšs Meyerbeer, fait Ă©voluer le grand opĂ©ra français vers une personnalisation, une individualisation complĂ©tant le sens de la grandeur. MĂȘme si la partition ainsi recrĂ©Ă©e n’atteint pas la rĂ©ussite de La Juive de 1835 (au tragique bouleversant, incarnĂ© par le duo Rachel et son faux pĂšre ElĂ©azar / LIRE notre dossier La Juive de HalĂ©vy )

Il ne faudrait pas remiser La Reine de Chypre (crĂ©Ă©e en 1841) parmi les opĂ©ras historiques pompeux. Bien que la direction soit parfois rĂ©duite Ă  en boursoufler les angles et la modĂ©nature. Qu’importe, se distinguent cependant malgrĂ© l’aisance de HalĂ©vy dans le tissu harmonique et l’orchestration, dans l’écriture de ses ensembles qui force souvent l’admiration par leur souffle.

gens_presse_5_cfranckjuery-alphaclassics_webAux cĂŽtĂ©s de l’ardent Dubois (qui fut aussi un grand Nadir dans Les PĂȘcheurs de perles de Bizet rĂ©cemment enregistrĂ© par l’Orchestre National de Lille et Alexandre Bloch (dont c’est le premier cd lyrique avec l’orchestre français), saluons Ă©videmment la grande diseuse, altiĂšre et aristocratique mais si humaine, VĂ©ronique Gens. Elle donne contrairement Ă  ses partenaires, sauf le jeune Dubois, la vĂ©ritĂ© de son personnage, avec un style et une Ă©lĂ©gance articulĂ©e, 
 tout simplement exemplaire. Il suffirait que ses cadets ou partenaires retiennent pour eux-mĂȘmes quelques Ă©lĂ©ments de son mĂ©tier pour parfaire et Ă©clairer d’un tout autre ton, leur propre approche. « VĂ©ronique Gens, arbitre du goĂ»t, ambassadrice stylĂ©e et racĂ©e. Sa Caterina Cornaro, patricienne gĂȘnoise frĂ©mit d’une grĂące amoureuse de premiĂšre intensitĂ©, palpitante et juste. Rare les chanteuses continĂ»ment intelligibles. Proie du devoir politique, mais amoureuse loyale, « La Gens », en reine de Chypre, trouve un rĂŽle taillĂ© pour son gemme vocal, elle maĂźtrise et le chant et le style. Une sirĂšne du chant actuel. » VoilĂ  comment s’exprimait dans l’annonce de ce coffret notre confrĂšre chez Classiquenews Alban Deags

On ne peut que souscrire à cette évaluation qui rend accessible et immédiatement proche la réalisation et la conception du drame, qui se passe de Venise (au XVÚ) à Chypre.
Dubois, Gens, le duo est irrĂ©prochable. Et plus encore contrastant avec l’excellent diseur quĂ©bĂ©cois Etienne Dupuis, qui fait un Jacques de Lusignan ardent et humain, rĂ©alisant un trĂšs bon duo avec Cyrille Dubois justement, vrai tube extrait de l’opĂ©ra (« Triste exilé »). De quoi donc nous satisfaire. MĂȘme si l’oeuvre, fresque italienne de Venise Ă  Chypre, ne peut guĂšre rivaliser avec les opĂ©ras dĂ©jĂ  nerveux, puissants, magnifiquement architecturĂ©s et mĂ©lodiquement unifiĂ©s d’un Verdi dont Boccanegra ou les Due Foscari partagent avec HalĂ©vy, ce mĂȘme goĂ»t pour l’histoire italienne de la Renaissance, celle des citĂ©s-Ă©tats, oĂč politique et amour crĂ©ent des conflits propices Ă  rebondissements. Sans Ă©blouir, l’opĂ©ra recrĂ©Ă© offre quelques belles sĂ©quences. Pour autant fallait-il enregistrre sa totalitĂ© ? Une Ă©dition critique, minutieusement Ă©ditorialiste, rĂ©unissant les « meilleurs extraits » eĂ»t Ă©tĂ© certainement plus digeste.

 
 
 

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CD, opéra romantique, recréation : critique. Halévy. La Reine de Chypre (2 cd Palazzetto B-Zane).

Opéra en cinq actes, livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges
CrĂ©Ă© Ă  l’AcadĂ©mie royale de musique le 22 dĂ©cembre 1841
Label
Palazzetto Bru Zane

Catarina Cornaro : VĂ©ronique Gens
GĂ©rard de Coucy : Cyrille Dubois
Jacques de Lusignan : Etienne Dupuis
Andrea Cornaro : Christophoros Stamboglis
Mocenigo : Eric Huchet
Strozzi : Artavazd Sargsyan
Un hĂ©raut d’armes : Tomislav Lavoie

ChƓur de la Radio flamande
Orchestre de chambre de Paris
H. Niquet, direction

Enregistrement réalisé au Théùtre des Champs-Elysées en juin 2017
2 CD Palazzetto Bru Zane Ediciones Singulares 1032 – 1h15 + 1h19

 
 
 

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PrĂ©cĂ©dents enregistrements d’opĂ©ras romantique français / Collection “opĂ©ra français” du Pal BRU-Zane :

 
 
 

uthal_couverture uthal mehul opera cd palazzetto bru zane critique compte rendu cd reviw presentation cd classiquenews

CD, Ă©vĂ©nement. MEHUL : UTHAL, 1806. Bou, Beuron, 1 cd Palazzetto Bru Zane, mai 2015) BEURON, Yann., MĂ©hul, Ediciones singulares / Palazzetto Bru Zane – inĂ©dits, premiĂšres, musique romantique, opĂ©ra. CD, Ă©vĂ©nement. MEHUL : UTHAL, 1806. Bou, Beuron, 1 cd Palazzetto Bru Zane, mai 2015). En 1806, MĂ©hul dĂ©ploie une verve sanguine, tendue, virile Ă  laquelle il est difficile de rĂ©sister. Son Uthal s’inspire du pseudo poĂšte celtique Ossian ; en rĂ©alitĂ© mystification littĂ©raire propre au romantisme Ă©pris d’antiquitĂ© gaĂ©lique : Ossian est un faux HomĂšre, exaltant la noblesse des guerriers Ă©cossais et celtiques. Echo de cette Ă©popĂ©e du Barde du IIIĂš siĂšcle, l’opĂ©ra en un acte renouvelle la palette sonore, l’éclat expressif de l’opĂ©ra romantique français. Le nerf et le muscle dont est emblĂ©matique MĂ©hul Ă  l’époque oĂč à


 
 

 
 

  • herold le pre aux clercs cd review cd critique classiquenews CLIC decouverte novembre 2016 cd livre palazetto bru zane ediciones singulares cd 2 cd classiquenews 51TgZ-p3VlL._SS500

    CD, compte rendu critique. HEROLD: Le PrĂ© aux clercs (McCreesh, 2015 – 2 cd Ediciones Singulares / Palazzetto Bru Zane) - McCreesh, Paul., HEROLD, Louis-Ferdinand., Ediciones Singulares / Palazzetto Bru Zane / crĂ©ations, jeunes talents, musique romantique, opĂ©ra – CD, compte rendu critique. HEROLD: Le PrĂ© aux clercs (McCreesh, 2015 – 2 cd Ediciones Singulares / Palazzetto Bru Zane). MalgrĂ© les faiblesses criantes de l’interprĂ©tation (lire ci aprĂšs, en particulier du cĂŽtĂ© des femmes), l’enregistrement Ă©ditĂ© dĂ©but novembre 2016, dĂ©voile le gĂ©nie d’un Romantique français de premier ordre : rossinien, et dĂ©jĂ  prĂ©curseur d’Offenbach et de Massenet, HĂ©rold Ă©blouit par sa grĂące dramatique, son intelligence et son style, sa finesse et son Ă©loquence. C’est une recrĂ©ation majeure d’oĂč notre CLIC dĂ©couverte. Dans le texte, il est lĂ©gitime d’enregistrer aujourd’hui, l’un des ouvrages du genre opĂ©ra-comique parmi le plus cĂ©lĂšbres,


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  • LALO edouard

    CD, compte rendu critique. Lalo / Coquard : La Jacquerie. Patrick Davin, direction (2 cd Palazzetto Bru Zane) - Castronovo, Charles., Coquard, Arthur., Palazzetto Bru Zane – Musique romantique, opĂ©ra / CD, compte rendu critique. Lalo / Coquard : La Jacquerie. Patrick Davin, direction (2 cd Palazzetto Bru Zane). EnregistrĂ© sur le vif lors d’un concert Ă  Montpellier en juillet 2015, cette rĂ©surrection attendue confirme l’excellent tempĂ©rament dramatique de Lalo dont on apprend depuis quelques temps, les autres aspects du gĂšne musical, outre sa virtuositĂ© concertante, les mĂ©lodies (LIRE notre compte rendu des mĂ©lodies par Tassis Christoyannis), et donc ses opĂ©ras : Le Roi d’Ys (1888) plus connu, ou Fiesque (1868) enregistrĂ© en premiĂšre mondiale par Roberto Alagna en 2011 chez Deutsche Grammophon : excellente gravure dĂ©jĂ  visionnaire), et cette Jacquerie,


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  • DUKAS paul prix de rome cd livre Palazzetto review critique cd CLASSIQUENEWSPrix-1

    CD. Compte rendu critique. Paul Dukas. Cantates, chƓurs, musique symphonique. Brussels Philharmonic (Collection Prix de Rome, volume V), 2 cd Palazetto Bru-Zane - Hunold, Catherine., Dukas, Paul., Palazzetto Bru Zane – ChƓur, inĂ©dits, premiĂšres, musique orchestrale, musique romantique, opĂ©ra / CD. Compte-rendu critique. Paul Dukas. Cantates, chƓurs, musique symphonique. Brussels Philharmonic (Collection Prix de Rome, volume V), 2 cd Palazetto Bru-Zane. Programme enregistrĂ© en 2014 et 2015. AprĂšs de prĂ©cĂ©dents ouvrages monographiques dĂ©diĂ©s Ă  Debussy (2009), Saint-SaĂ«ns (2010), Gustave Charpentier (2011) et Max d’Ollone (2013) – ces deux derniers Ă©tant les plus convaincants selon nous, voici le 5Ăšme volume de la collection de livres disques : “Prix de Rome“, celui-ci dĂ©diĂ© Ă  un compositeur candidat mais jamais rĂ©compensĂ© par l’institution acadĂ©mique : Paul Dukas (1865-1935). Car il y a bien dans l’histoire musicale un “cas Dukas”, comme il y aura


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  • Herculanum felicien david annonce presentation critique review classiquenews aout 2015 critique

    CD, compte rendu critique. FĂ©licien David : Herculanum, 1859. Deshayes, Courjal, Niquet (2 cd Palazzetto Bru Zane, 2014) - Courjal, Nicolas., David, FĂ©licien., Palazzetto Bru Zane / Musique romantique, opĂ©ra – CD, compte rendu critique. FĂ©licien David : Herculanum, 1859. Deshayes, Courjal, Niquet (2 cd Palazzetto Bru Zane, 2014). L’opĂ©ra de FĂ©licien David, Herculanum, fusionne spectaculaire antique, souffle Ă©pique hĂ©ritĂ© des grands oratorios chrĂ©tiens, et aussi souvenir des opĂ©ras du premier romantisme français, signĂ©s Meyerbeer, Auber, HalĂ©vy. Sans avoir l’audace visionnaire et fantastique de Berlioz (Damnation de Faust), lequel tĂ©moin de la crĂ©ation a regrettĂ© malgrĂ© d’évidentes qualitĂ©s expressives, musicales, dramatiques, l’orchestration plutĂŽt terne de la partition (non sans raison d’ailleurs), Herculanum mĂ©ritait absolument cette recrĂ©ation par le disque. Tout en servant son sujet chrĂ©tien, l’ouvrage est aussi sur la scĂšne


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  • salieri danaides rousset christoyannis van wanroij critique compte rendu classiquenews CLIC de juin 2015

    CD, compte rendu critique. Salieri : Les DanaĂŻdes (Christoyannis, van Wanroij, Rousset, 2013) - Christoyannis, Tassis., Salieri, Antonio., Palazzetto Bru Zane – musique classique, musique romantique, opĂ©ra / CD, compte rendu critique. Salieri : Les DanaĂŻdes (Christoyannis, van Wanroij, Rousset, 2013). Cela cravache sec et tendu dĂšs l’ouverture oĂč le chef C. Rousset plus incisif que jamais emporte tout abandon galant, tout italianisme sensuel, au profit d’un expressionnisme tendu et Ă©lectrique, soulignant combien ce Salieri de 1784 doit au style franc et frĂ©nĂ©tique de Gluck, rĂ©pond aussi au goĂ»t pour la grandeur tendue, la froideur terrifiante et spectaculaire des passions 
 raciniennes. L’époque est Ă  l’éclectisme europĂ©en, le goĂ»t savant des LumiĂšres qui aprĂšs le dĂ©part du Chevalier Gluck (1779), grand rĂ©formateur de l’opĂ©ra français dans les annĂ©es


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  • mehul adrien orfeo orchestra gyorgy vashegyi

    CD. Compte rendu critique. MĂ©hul : Adrien (György Vashegyi, 2012. 2 cd Palazzetto Bru Zane) - Vashegyi, György., MĂ©hul, Etienne-Nicolas., Palazzetto Bru Zane – Musique romantique, opĂ©ra / CD. Compte rendu critique. MĂ©hul : Adrien (György Vashegyi, 2012. 2 cd Palazzetto Bru Zane). Le gĂ©nie de MĂ©hul enfin rĂ©habilitĂ© ! D’abord proposĂ© en tĂ©lĂ©chargement sur la toile, l’enregistrement d’Adrien nous revient sous une forme classique, en 2 cd et avec notice (courte) et livret (intĂ©gral). De quoi jugez sur piĂšce et repĂ©rer un nouveau jalon lyrique d’importance, entre classicisme et romantisme. A l’époque du Directoire, Adrien est bien un sommet lyrique dans le style gluckiste et frĂ©nĂ©tique : irrĂ©sistible. D’oĂč, en dĂ©pit de quelques rĂ©serves (parmi les solistes), notre CLIC d’avril 2015. Les perles mĂ©connues sont rares :


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  • Massenet : Le Mage

    CD. Massenet : Le Mage (Campellone, 2012) - Campellone, Laurent, Massenet, Jules, Palazzetto Bru Zane – Musique romantique, opĂ©ra – CD. Massenet : Le Mage (Campellone, 2012)   
   Paris, 1891. A 39 ans, l’éclectisme de Monsieur Massenet, furieusement dramatique, dĂ©jĂ  saluĂ© pour Werther et Esclarmonde, s’affirme ici dans le genre grand opĂ©ra français sur un sujet oriental. En choisissant aprĂšs Rameau,  la figure du prĂȘtre d’Ahoura-Mazda, Zaroastre/Zarastra, Massenet certes s’orientalise (mais pas exagĂ©rĂ©ment, tout au plus comme il l’a fait pour Le roi de Lahore ou HĂ©rodiade, comme il le fera ensuite dans ThaĂŻs) ; ses Ă©vocations exotiques sont de pures recompositions, fantasmatiques Ă  la façon de l’orientalisme d’un GĂ©rĂŽme, peintre contemporain qui fut aussi l’ami de Massenet.


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  • Massenet_Therese_280

    CD. Massenet: ThĂ©rĂšse (Gubisch, Dupouy, Castronovo, Altinoglu, 2012) - Alain Altinoglu, Massenet, Palazzetto Bru Zane – Musique romantique, opĂ©ra / CD. Massenet : ThĂ©rĂšse (Altinoglu, live 2012) La coupe dramatique de l’opĂ©ra ThĂ©rĂšse (crĂ©Ă© Ă  Monte Carlo en 1907), dĂšs l’énoncĂ© haletant de l’ouverture (annonce du couperet fatal qui Ă  terme emportera et ThĂ©rĂšse et son Ă©poux) manifeste le gĂ©nie de Massenet. Un Massenet, auteur officiel incontournable du milieu français, qui sexagĂ©naire, trouve de nouveaux ressorts pour rĂ©gĂ©nĂ©rer son inspiration. Ce nouvel enregistrement courageux nous en offre la preuve. C’est mĂȘme un moderne dont les mĂ©dias de l’époque ont relayĂ© la correspondance- rien qu’au tĂ©lĂ©phone (!) – avec le librettiste en vue de l’élaboration de l’ouvrage. Massenet au tĂ©lĂ©phone, voilà


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