OPERA. ROBERTO ALAGNA, un ténor en or, sur tous les fronts


OPERA. ROBERTO ALAGNA, un tĂ©nor en or, sur tous les fronts
 Il a rĂ©cemment publiĂ© un rĂ©cital discographique intitulĂ© « MalĂ©na », rĂ©fĂ©rence au prĂ©nom de sa fille nouvellement nĂ©e, source d’un bonheur qui lui avait permis de parler au moment de l’évĂ©nement, d’une … « re-naissance ». La joie de devenir une seconde fois pĂšre rĂ©alisant un jalon dans sa vie personnelle. Roberto Alagna, partisan d’un ouvrage familial, y chante entre autres 7 crĂ©ations conçues en italien, sicilien, napolitain par ses frĂšres Frederico et David.

Alagna Roberto-Alagna-350En mars 2017, le tĂ©nor français occupe le devant de l’affiche parisienne en chantant Ă  nouveau Don JosĂ© dans Carmen (1875) de Bizet Ă  l’OpĂ©ra Bastille, Ă  partir du 10 mars et jusqu’au 31 mars 2017. Ensuite, le chanteur s’envolera pour New York, oĂč au Metropolitan Opera, il incarnera un rĂŽle qu’il adule entre tous, Cyrano de Bergerac, du 2 au 13 mai 2017. Puis Roberto Alagna sera Nemorino dans L’Elisir d’Amore Ă  Berlin (Deutsche Oper Berlin, les 23 et 27 mai), et Ă  Londres (Royal Opera House, du 13 au 22 juin 2017)
. avant de chanter, sur la mĂȘme scĂšne londonienne, le rĂŽle du Prince Calaf dans Turandot de Puccini les 8, 11, 14 juillet 2017
. pour enchaĂźner sa derniĂšre date dans Carmen Ă  Paris (le 16 juillet) et aborder les chansons de son album MalĂšna Ă  Carcassonne (ThĂ©Ăątre Jean-Deschamps, le 19 juillet), pour enfin, chanter le jeune et vaillant gĂ©nĂ©ral Ă©gyptien RadamĂšs dans une version de concert d’AIDA de Verdi, le 1er septembre 2017, au Yehudi Menuhin Festival & Academy Ă  Gstaad.
alagna roberto quatre saisons avec alagna review critique compte rendu livre classiquenews CLIC de classiquenews fevrier 2017Le printemps et l’étĂ© 2017 seront donc bien chargĂ©s pour le plus grand tĂ©nor français actuel, vĂ©ritable bĂȘte de scĂšne, auquel un rĂ©cent livre est dĂ©diĂ©, sous la forme d’un essai particulier qui suit son travail sur chacun de ses rĂŽles favoris (de Werther Ă  Othello, de Cyrano justement Ă  Don Carlo et au Cid
 : « Quatre saisons avec Roberto Alagna » par Jacqueline Dauxois (Editions du Rocher). Pour Roberto Alagna (nĂ© Ă  Saint-Denis en 1963), chanteur des cabarets parisiens Ă  ses dĂ©buts, qui fut rĂ©vĂ©lĂ© par le Concours Pavarotti en 1983-1986, Cyrano est bel et bien le rĂŽle qui les rĂ©sume tous : Ă  la fois, Quichotte, D’Artagnan, Nemorino, RadamĂšs, Otello
 C’est un anti hĂ©ros qui ignore sa valeur et sa beautĂ©, et qui par goĂ»t du dĂ©fi et du dĂ©passement, parce qu’il est courageux, ambitionne d’ĂȘtre le meilleur d’entre tous. Et mĂȘme au bord du gouffre, avant de mourir, il conserve ce panache naturel qui le distingue toujours et l’élĂšve jusqu’Ă  la cime des vertus humaines. Parce qu’il se donne entiĂšrement, totalement, Ăąme, corps et chant bien sĂ»r pour chaque rĂŽle, l’interprĂšte semble habiter son personnage comme s’il le crĂ©ait Ă  chaque reprĂ©sentation
 AssurĂ©ment un artiste Ă  suivre, d’autant qu’il est actuellement au sommet de sa carriĂšre, douĂ© et portĂ© par un expĂ©rience scĂ©nique unique au monde. Roberto Alagna vient aussi en fĂ©vrier 2017 de changer d’Ă©diteur discographique : artiste Sony classical Ă  prĂ©sent (la mĂȘme maison que l’autre grand tĂ©nor actuel, son cadet munichois, Jonas Kaufmann), il devrait publier de prochains disques prometteurs…

 

 

 

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Ses 4 prochains grands rÎles : José, Cyrano, Nemorino, Calaf
AGENDA de ROBERTO ALAGNA, de mars Ă  septembre 2017

 

 

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DON JOSÉ dans Carmen de Bizet
PARIS, Opéra Bastille, les 10, 13, 16, 19, 22, 25, 28, 31 mars 2017
puis 16 juillet 2017

 

CYRANO DE BERGERAC
NEW YORK, Metropolitan Opera
Les 2,6,10,13 mai 2017

 

NEMORINO dans L’Elisir d’amore de Donizetti

BERLIN, Deutsche Oper Berlin
Les 23 et 27 mai 2017

LONDRES, Royal Opera House
Les 13, 16, 19, 22 juin 2017

 

CALAF dans Turandot de Puccini
LONDRES, ROH (idem)
Les 8, 11, 14 juillet 2017

 

RADAMES dans AIDA de Verdi
GSTAAD Yehudi Menuhin Festival & Academy
Le 1er septembre 2017

 

 

 

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Toutes les infos sur le site officiel de Roberto Alagna


logo-vignette-music-&-opera-logo-2017RÉSERVEZ vos prochaines places
aux concerts et opĂ©ras Ă  venir avec ROBERTO ALAGNA, avec notre partenaire MUSIC & OPERA / ” Vos billets dans le monde entier ” / OpĂ©ra – concert – ballet – festival…

Titus, prince des vertus politiques

Titus empereur : il incarnait "les dĂ©lices du genre humain"DOSSIER. Titus de Mozart : le prince des vertus Ă  l’époque des LumiĂšres. AprĂšs Son premier seria (Ă©blouissant par sa justesse Ă©motionnelle dĂ©jĂ ) : Mitridate (1770, Ă©laborĂ© Ă  14 ans !), puis Lucio Silla (1772), Idomeneo (1781), la ClĂ©mence de Titus est crĂ©Ă© en 1791 l’annĂ©e de la mort de Mozart, rĂ©pondant Ă  une commande pour le couronnement de Leopold II au trĂŽne de BohĂšme. La langue mozartienne assouplit la sĂ©cheresse systĂ©matique de l’alternance recitatifs puis airs ; tout s’articule et ondule selon le traitement psychologique et le dĂ©voilement de la psychĂ©, en particulier sur le profil de Vitellia, la seule qui se transforme, passant de la haine pĂ©trifiĂ©e, Ă  la compassion tendre et fraternelle. Face à cette femmes monstrueuse qui s’humanise, Mozart suit cependant la tradition politico poĂ©tique dans le personnage du roi : Titus, que sa charge rend sombre, solitaire, comme isolĂ© dans une posture qui le place d’emblĂ©e au dessus de ses sujets, fussent-ils proches voire plus (Sextus).

Titus, a contrario de l’opĂ©ra vĂ©nitien du XVIIĂš, oĂč rĂšgnent les souverains pervers – « effeminatos », figures emblĂ©matiques du pouvoir corrompu : Nerone du Couronnement de PoppĂ©e de Monteverdi, Eliogaballo de Cavalli-, incarne un siĂšcle plus tard toutes les vertus politiques. C’est la version MĂ©tatasienne qui valorise le pouvoir politique, prĂȘtant au prince, des vertus mĂ©sestimĂ©es.

TITUS, lumiĂšre des vertus

TITUS FLAVIEN demeure le modĂšle du prince vertueux ; qualitĂ© rare chez les politiques de l’AntiquitĂ© romaine, plus connue pour ses intrigues et corruptions. Or l’Empereur qui succĂšde Ă  Trajan, ayant Ă©tĂ© transformĂ© par l’amour de BĂ©rĂ©nice en JudĂ©e, incarne dans les arts, le modĂšle du prince honnĂȘte, loyal, responsable et juste. L’opĂ©ra n’échappe pas Ă  cette tradition et Mozart, composant un nouvel ouvrage (son dernier seria) pour le couronnement de l’Empereur Leopold II, met en musique la lĂ©gende de Titus, mais il en fait un drame amoureux et intimiste, proche de sa propre esthĂ©tique musicale, soucieuse d’introspection et de vĂ©ritĂ© psychologique


L’Empereur flavien qui rĂšgna si peu (79-81 aprĂšs JC), rĂ©ussit la conquĂȘte de JudĂ©e, profite Ă©videmment de sa relation avec BĂ©rĂ©nice, princesse juive qui lui apprend la sagesse et renforce sa lumineuse humanitĂ©. Dans l’opĂ©ra de Mozart, qui met en avant sa clĂ©mence, – un de ses nombreux traits hautement moraux, Titus est Ă  Rome, mais seul : il a du sous pression des sĂ©nateurs racistes et xĂ©nophobes, renoncer Ă  Ă©pouser BĂ©rĂ©nice car elle Ă©tait Ă©trangĂšre.
Autour de ce modĂšle de vertu, s’agrĂšgent intrigues et trahisons. Face Ă  la manipulation de Vittelia, la seule de tout l’opĂ©ra qui se mĂ©tamorphose rĂ©ellement, au II (dans son fameux air avec cor de basset : « non piu di fiori », Rondo n°23), Titus reste constant dans sa figuration sur la scĂšne : prince Ă  la carrure inflexible qui observe, analyse, rĂ©flĂ©chit ; et comme distanciĂ© de l’action, prend du recul, avant de prendre une dĂ©cision.

Dans l’acte I, Mozart lui rĂ©serve deux airs comme pour mieux assoir son autoritĂ© et pour affirmer l’ampleur de sa stature impĂ©riale : d’abord, installĂ© par une marche et un chƓur, qui prĂ©cĂšdent la scĂšne Ă  plusieurs voix (Annio, Sesto), « Del piĂč sublime soglio » /
; puis l’air tout autant dĂ©veloppĂ© : « Ah, se fosse intorno al trono ».

Au II, l’empereur paraĂźt d’une tendresse amoureuse pour son peuple (choeur : « Ah grazia si rendano  »), accord sublime au souffle d’une lumineuse grandeur et noblesse ; puis en proie au doute le plus humain, tiraillĂ©, sujet d’une haine jalouse (rĂ©citatif accompagnĂ© : « Che orror! Che tradimento! »), Titus envisage de faire exĂ©cuter celui qui l’a apparemment trahi, son ami (amant?), Sesto. Puis c’est le grand air hĂ©roĂŻque qui veut exprimer l’intransigeance du pouvoir (par lequel Titus justifie d’avoir signĂ© l’acte de mort de Sesto, mĂȘme s’il regrette dans le mĂȘme temps, qu’un prince digne de ce nom doit d’abord gagner l’amour de son peuple et non pas rĂšgner par la terreur
 aria : « Se all’impero, amici Dei ».
Jusqu’à la scĂšne ultime (XVII), Titus bras armĂ© de la Loi, soucieux d’éradiquer les comploteurs qui en voulaient Ă  sa vie, allait exĂ©cuter son ami
 jusqu’au moment, dĂ©cisif oĂč Vittelia terrassĂ©e par le dĂ©voilement de la vĂ©ritĂ©, se dĂ©nonce elle-mĂȘme, auteur de l’indigne attentat, manipulatrice du pauvre coeur de Sesto, totalement Ă©pris d’elle.

Mozart a donc donnĂ© du souverain, l’image de l’infaillibilitĂ© politique, sachant sacrifier ses attaches affectives au nom de la raison d’état. il Ă©tait prĂȘt Ă  faire exĂ©cuter son ami Sextus.

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Un récent enregistrement de La Clémence de Titus est paru, dirigé par Jérémie Rhorer :

 

LIRE aussi  :

mozart die entfuhrung aus dem serail cercle de l harmonie jeremie rhorer cd outhere presentation review critique CLASSIQUENEWS mai juin 2016CD, compte rendu critique. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail (JĂ©rĂ©mie Rhorer, Jane Archibald, septembre 2015 – 2 cd Alpha). Sous le masque lĂ©ger, exotique d’une turquerie crĂ©Ă©e Ă  Vienne en 1782, se prĂ©cise en vĂ©ritĂ© non pas la confrontation de l’occident versus l’orient, occidentaux prisonniers, esclaves en terres musulmanes, mais bien un projet plus ample et philosophique : la lutte des fraternitĂ©s contre le despotisme et la barbarie cruelle (la leçon de clĂ©mence et de pardon dont est capable Pacha Selim en fin d’opĂ©ra reste de nos jour d’une impossible posture : quels politiques de tout bord est-il capable de nos jours et dans le contexte gĂ©opolitique qui est le nĂŽtre, d’un tel humanisme pratique ?). Cette fraternitĂ©, ce chant du sublime fraternel s’exprime bien dans la musique de Mozart, avant celle de Beethoven. LIRE la critique complĂšte de l’EnlĂšvement au SĂ©rail de Mozart par JĂ©rĂ©my Rohrer

 

 

 

CD, critique. NEUKOMM : Requiem pour Louis XVI (Malgoire, 1 cd Alpha – 2016)

neukomm louis XVI cd jean claude magloire cd critique classiquenews 583c2677a3dbdCD, critique. NEUKOMM : Requiem pour Louis XVI (Malgoire, 1 cd Alpha – 2016). PersonnalitĂ© europĂ©enne et mĂȘme transatlantique (comme actuellement le chef Bruno Procopio grand dĂ©fenseur de Neukomm comme JC Malgoire), Sigismund (van) Neukomm (1778-1858) inspire au fondateur de l’Atelier Lyrique de Tourcoing, la poursuite d’une exploration profitable. AprĂšs avoir ressusciter la version du Requiem de Mozart, avec l’apport de Neukomm pour la derniĂšre section, voici du compositeur autrichien (comme Mozart), ce fameux Requiem, qu’il composa pour le CongrĂšs de Vienne en janvier 1815, quand il s’agissait de dĂ©faire l’empire napolĂ©onien, et restaurer l’ordre ancien, monarchique et Bourbon
 A cause planĂ©taire, auteur Ă  l’échelle mondiale : de fait Neukomm oeuvra Ă  Vienne, Saint-PĂ©tersbourg, sans omettre Rio de Janeiro oĂč il composa pour la cour royale du Portugal en exil au Nouveau Monde, – son style europĂ©en, nĂ©o classique, entre Mozart et Salieri, fut avant Gluck, un standard apprĂ©ciĂ© de toutes les Cours. Son cĂŽtĂ© conforme et politiquement correct, inspira Ă  Talleyrand, arbitre politique des annĂ©es post NapolĂ©onienne, le meilleur sentiment : Neukomm fut compositeur mais aussi ambassadeur, finalement naturalisĂ© français grĂące Ă  la protection de son mentor Talleyrand qui lui commanda nombre de partitions lors de ses missions diplomatiques.

Requiem pour Louis XVI
Solennité et raffinement lacrymaux

Ecartant toute virtuositĂ© malsĂ©ante, – conformitĂ© au recueillement sombre imposĂ© par le sujet, Neukomm emploie donc en 1815, un chƓur double, sans solistes, et a cappella : dirigeant pour la crĂ©ation l’un des chƓurs, Salieri dirigeant le second. S’appuyant sur le manuscrit de Neukomm conservĂ© Ă  la BNF, Jean-Claude Malgoire retient de son cĂŽtĂ© pour cette exhumation d’un grand raffinement, la version pour un choeur et quatre solistes (remplaçant ainsi le second chƓur de la version de la crĂ©ation Ă  Vienne).
Avec sa marche funĂšbre, – glas sonore d’une indiscutable majestĂ© tragique, puis son Miserere – Ă  la foois fervent, tendu, dĂ©ploratif mais d’une charge pudique idĂ©alement maĂźtrisĂ©e, le Requiem de Neukomm dĂ©passe la masse impressionnante d’un Cherubini, pour revenir Ă  une priĂšre subtilement incarnĂ©, – plus humaine que solennelle.
Tout le travail de JC Malgoire qui regroupe autour de lui de fidĂšles partenaires, souligne cette Ă©pure chorale, solennelle, en ses nuances grises, vrai travail de grisaille, dans la subtilitĂ© et l’intimitĂ© de l’intention : les plus critiques regretteront une emphase linĂ©aire sans accents ni « effets » lugubres ; les autres plus connaisseurs et aprĂšs une Ă©coute attentive, apprĂ©cieront la finesse de l’articulation d’une ample priĂšre lacrymale, qui n’écarte pas des sommations terribles (Rex tremendae) ni une angoisse syncopĂ©e, plus « dramatique » (solistes du Liber scriptus). Le Choeur de chambre de Namur atteint l’excellence dans la clartĂ© et la transparence d’un texte jamais rĂ©pĂ©tĂ©, et qui dĂ©ploie une grandeur sombre irrĂ©sistible, en particulier dans le dernier Ă©pisode, de loin le plus dĂ©chirant. La rĂ©ussite de Neukomm, compositeur pour les Grands, sait ĂȘtre majestueux sans la pompe lĂ©nifiante de beaucoup de partitions de circonstance. Saluons le chef d’affirmer ainsi une passionnante intuition dĂ©fricheuse, comme l’affinitĂ© de ses troupes – Grande Ecurie et Chambre du Roy, convoquĂ©s pour cette royale cĂ©lĂ©bration pleine de panache et de vie.
neukomm-portraitNeukomm, contemporain du dernier Mozart, ne pouvait connaĂźtre de meilleures conditions pour renaĂźtre ; d’autant que rĂ©cemment, le jeune chef franco-brĂ©silien, Bruno Procopio a ressuscitĂ© la Missa Solemnis, Messe Solennelle, avec une acuitĂ© expressive plus que conviancante au TCE Ă  Paris, dĂ©but dĂ©cembre 2016, lors d’un concert croisant Paris et Rio, Ă  la tĂȘte de l’orchestre Lamoureux, l’un des meilleurs concerts de la saison symphonique Ă  notre avis. VOIR notre reportage vidĂ©o : BrĂ©sil sacrĂ©, BrĂ©sil Profane / Bruno Procopio dirige l’Orchestre Lamoureux, dĂ©cembre 2016 (Paris, TCE) : Milhaud, Villa-Lobos, Jobim, Messe solennelle de Neukomm.

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CD, critique. NEUKOMM : Requiem pour Louis XVI (Malgoire, 1 cd Alpha – 2016)

Jean Rondeau joue Bach et ses fils

Jean Rondeau et Nevermind Ă  SaintesPOITIERS, TAP – BACH & fils par Jean Rondeau, le 21 mars 2017, 20h30. Toujours la coiffe hirsute et le jean dĂ©contractĂ©, le claveciniste Jean Rondeau s’entoure d’une phalange de musiciens complices dans une Ă©vocation de la dynastie Bach, – programme familial et collectif, musicalement trĂšs unitaire et stylistiquement cohĂ©rent, dĂ©jĂ  sujet d’une parution discographique. Le claveciniste rĂ©alise le relief expressif de plusieurs Concertos pour clavecin et cordes, avec la connivence de certains instrumentistes dĂ©jĂ  familiers, dont le violoniste Louis Creac’h, – dĂ©jĂ  repĂ©rĂ© par classiquenews comme ex apprenti acadĂ©micien du JOA Jeune Orchestre de l’Abbaye, ou participant aussi Ă  certains projets d’Amarillis (Stabat Mater de Pergolesi avec Sandra Yoncheva).
Ainsi paraissent les fils Bach (Wilhelm Friedemann, Carl Philipp Emanuel et Johann Christian) aux cĂŽtĂ©s du pĂšre Jean-SĂ©bastien. Le claveciniste barbu (christique ?) du Baroque actuel cultive une posture dĂ©calĂ©e qui s’entend Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer (dynamiser ?) l’interprĂ©tation contemporaine du Baroque, ici germanique. Depuis son clavecin axial, dĂ©fricheur, relecteur, porteur d’une vision dĂ©sormais dĂ©poussiĂ©rante des oeuvres choisies.
RONDEAU jean portrait concert classiquenews poitiers 390643_concert-de-jean-rondeau-clavecin-et-piano-festival-europeen-jeunes-talents_111341Classiquenews avait suivi la rĂ©sidence de Jean Rondeau, – entourĂ© d’un autre collectif (Nevermind) Ă  Saintes (Abbaye aux dames, la citĂ© musicale / VOIR notre reportage vidĂ©o Jean Rondeau et Nevermind Ă  Saintes / fĂ©vrier 2016), dans Telemann et Bach (entre autres). Ici, le style direct, franc, expressif, « rock », revisite le genre du Concerto instrumental, entendu comme un drame sans paroles, vĂ©ritable conversation Ă  plusieurs protagonistes ; il sied Ă  la vivacitĂ© des Bach fils, en particulier Wilhelm F. et CPE – illustres reprĂ©sentants du style galant Empfindsamkeit, nĂ©o classique – collectionneurs inspirĂ©s en contrastes et acuitĂ© rythmique ; mĂȘme aspĂ©ritĂ© mordante, vivaces dans les Bach pĂšre, comme juvĂ©nilisĂ©s avec une ardeur verte et trĂšs prĂ©sente : Concertos pour clavecin BWV 1052 et 1056. Du creuset paternel, antre magicien d’une invention jamais Ă©puisĂ©e, les fils, en apprentis sorciers inspirĂ©s, dignes hĂ©ritiers du modĂšle-mentor, osent toutes les audaces
 Ils poursuivent le geste libre, inventif, neuf, moderne du modĂšle paternel. Dont se saisit comme un flambeau Ă©lectrisant, les jeunes interprĂštes de ce concert; Et si la dynastie Bach Ă©tait surtout une gĂ©nĂ©alogie de tempĂ©raments expĂ©rimentateurs ?

Le concert prĂ©sentĂ© Ă  Poitiers fait suite au premier volet Bach, dĂ©diĂ© prĂ©cĂ©demment aux ancĂȘtres de Bach (dĂ©cidĂ©ment la dynastie Bach est une colonie impressionnante de talents dont la gĂ©nĂ©alogie explique le plus grand d’entre tous, Jean-SĂ©bastien).

 

 

 

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boutonreservationLes Concertos de Bach pĂšre et fils
TAP, POITIERS, mardi 21 mars 2017, 20h30

Johann Sebastian Bach
Concerto pour clavecin n°1 en ré mineur BWV 1052,
Concerto pour clavecin n°5 en fa mineur BWV 1056

Wilhelm Friedemann Bach
Concerto pour clavecin en fa mineur

Carl Philipp Emanuel Bach
Concerto pour clavecin en ré mineur

Jean Rondeau, clavecin
Sophie Gent, Louis Creac’h violons
Antoine Touche, violoncelle
EvolĂšne Kiener, basson
Thomas de Pierrefeu, contrebasse

 

 

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INFOS et RESERVATIONS
sur le site du TAP Théùtre Auditorium de POitiers, page dédiée au Concert Jean RONDEAU + ensemble instrumental : Concertos de Bach et ses fils

http://www.tap-poitiers.com/jean-rondeau-1799

 

 

 

 

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CD Ă  Ă©couter :

vertigo jean rondeau cd erato critique review classiquenews fevrier 2016CD, compte rendu critique. Vertigo. Rameau, Royer. Jean Rondeau, clavecin (1 cd Erato, mai 2015). Clavecin opĂ©ratique…. En fĂ©vrier 2016, ERATO publiait l’un des meilleurs disques rĂ©cents pour clavecin. Peut-ĂȘtre le premier indiscutable du jeune musicien français, ici particuliĂšrement serviteur de la musique qui l’inspire. Le texte du livret notice accompagnant ce produit conçu comme une pĂ©rĂ©grination intĂ©rieure et surtout personnelle donne la clĂ© du drame qui s’y joue. Quelque part en zones d’illusions, c’est Ă  dire baroques, vers 1746
 Jean Rondeau le claveciniste nous dit s’égarer dans un fond de dĂ©cors d’opĂ©ra dont son clavecin (historique du ChĂąteau d’Assas) ressuscite le charme jamais terni de la danse, “acte des mĂ©tamorphoses” (comme le prĂ©cise Paul ValĂ©ry, citĂ© dans la dite notice). Entre cauchemar (surgissement spectaculaire de Royer dans Vertigo justement) et rĂȘve (l’alanguissement si sensuel de Rameau ou le dernier renoncement du dernier morceau : L’Aimable de Royer), l’instrumentiste cisĂšle une sĂ©rie d’évocations, au relief dramatique multiple, contrastĂ©, parfois violent, parfois murmurĂ© qui s’efface. Rondeau ressuscite dans les textures rĂ©tablies et les accents sublimes des musiques dansantes ici sĂ©lectionnĂ©es, le profil des deux gĂ©nies nĂ©s pour l’opĂ©ra : Rameau (mort en 1764) et son “challenger” Pancrace Royer (1705-1755), Ă  la carriĂšre fulgurante, et qui au moment du Dardanus de Rameau, livre son ZaĂŻde en 1739. Deux monstres absolus de la scĂšne dont il concentre et synthĂšse l’esprit du drame dans l’ambitus de leur clavier ; car ils sont aussi excellents clavecinistes. Ainsi la boucle est refermĂ©e et le prĂ©texte lĂ©gitimĂ©. Comment se comporte le clavier Ă©prouvĂ© lorsqu’il doit exprimer le souffle et l’ampleur, la profondeur et le pathĂ©tique Ă  l’opĂ©ra ? Comme il y aura grĂące Ă  Liszt (tapageur), le piano orchestre, il y eut bien (mais oui), le clavecin opĂ©ra (contrastĂ© et toujours allusif). Les matelots et Tambourins de Royer valent bien Les Sauvages de Rameau, nĂ©s avant l’OpĂ©ra ballet que l’on connaĂźt, dĂšs les Nouvelles Suites de PiĂšces de Clavecin de 1728. DĂ©jĂ  Rameau lyrique perçait sous le Rameau claveciniste. Une fusion des sensibilitĂ©s que le programme exprime avec justesse. EN LIRE +

Jean Rondeau joue Bach et fils

Jean Rondeau et Nevermind Ă  SaintesPOITIERS, TAP – BACH & fils par Jean Rondeau, le 21 mars 2017, 20h30. Toujours la coiffe hirsute et le jean dĂ©contractĂ©, le claveciniste Jean Rondeau s’entoure d’une phalange de musiciens complices dans une Ă©vocation de la dynastie Bach, – programme familial et collectif, musicalement trĂšs unitaire et stylistiquement cohĂ©rent, dĂ©jĂ  sujet d’une parution discographique. Le claveciniste rĂ©alise le relief expressif de plusieurs Concertos pour clavecin et cordes, avec la connivence de certains instrumentistes dĂ©jĂ  familiers, dont le violoniste Louis Creac’h, – dĂ©jĂ  repĂ©rĂ© par classiquenews comme ex apprenti acadĂ©micien du JOA Jeune Orchestre de l’Abbaye, ou participant aussi Ă  certains projets d’Amarillis (Stabat Mater de Pergolesi avec Sandra Yoncheva).
Ainsi paraissent les fils Bach (Wilhelm Friedemann, Carl Philipp Emanuel et Johann Christian) aux cĂŽtĂ©s du pĂšre Jean-SĂ©bastien. Le claveciniste barbu (christique ?) du Baroque actuel cultive une posture dĂ©calĂ©e qui s’entend Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer (dynamiser ?) l’interprĂ©tation contemporaine du Baroque, ici germanique. Depuis son clavecin axial, dĂ©fricheur, relecteur, porteur d’une vision dĂ©sormais dĂ©poussiĂ©rante des oeuvres choisies.
RONDEAU jean portrait concert classiquenews poitiers 390643_concert-de-jean-rondeau-clavecin-et-piano-festival-europeen-jeunes-talents_111341Classiquenews avait suivi la rĂ©sidence de Jean Rondeau, – entourĂ© d’un autre collectif (Nevermind) Ă  Saintes (Abbaye aux dames, la citĂ© musicale / VOIR notre reportage vidĂ©o Jean Rondeau et Nevermind Ă  Saintes / fĂ©vrier 2016), dans Telemann et Bach (entre autres). Ici, le style direct, franc, expressif, « rock », revisite le genre du Concerto instrumental, entendu comme un drame sans paroles, vĂ©ritable conversation Ă  plusieurs protagonistes ; il sied Ă  la vivacitĂ© des Bach fils, en particulier Wilhelm F. et CPE – illustres reprĂ©sentants du style galant Empfindsamkeit, nĂ©o classique – collectionneurs inspirĂ©s en contrastes et acuitĂ© rythmique ; mĂȘme aspĂ©ritĂ© mordante, vivaces dans les Bach pĂšre, comme juvĂ©nilisĂ©s avec une ardeur verte et trĂšs prĂ©sente : Concertos pour clavecin BWV 1052 et 1056. Du creuset paternel, antre magicien d’une invention jamais Ă©puisĂ©e, les fils, en apprentis sorciers inspirĂ©s, dignes hĂ©ritiers du modĂšle-mentor, osent toutes les audaces
 Ils poursuivent le geste libre, inventif, neuf, moderne du modĂšle paternel. Dont se saisit comme un flambeau Ă©lectrisant, les jeunes interprĂštes de ce concert; Et si la dynastie Bach Ă©tait surtout une gĂ©nĂ©alogie de tempĂ©raments expĂ©rimentateurs ?

Le concert prĂ©sentĂ© Ă  Poitiers fait suite au premier volet Bach, dĂ©diĂ© prĂ©cĂ©demment aux ancĂȘtres de Bach (dĂ©cidĂ©ment la dynastie Bach est une colonie impressionnante de talents dont la gĂ©nĂ©alogie explique le plus grand d’entre tous, Jean-SĂ©bastien).

 

 

 

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boutonreservationLes Concertos de Bach pĂšre et fils
TAP, POITIERS, mardi 21 mars 2017, 20h30

Johann Sebastian Bach
Concerto pour clavecin n°1 en ré mineur BWV 1052,
Concerto pour clavecin n°5 en fa mineur BWV 1056

Wilhelm Friedemann Bach
Concerto pour clavecin en fa mineur

Carl Philipp Emanuel Bach
Concerto pour clavecin en ré mineur

Jean Rondeau, clavecin
Sophie Gent, Louis Creac’h violons
Antoine Touche, violoncelle
EvolĂšne Kiener, basson
Thomas de Pierrefeu, contrebasse

 

 

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INFOS et RESERVATIONS
sur le site du TAP Théùtre Auditorium de POitiers, page dédiée au Concert Jean RONDEAU + ensemble instrumental : Concertos de Bach et ses fils

http://www.tap-poitiers.com/jean-rondeau-1799

 

 

 

 

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CD Ă  Ă©couter :

vertigo jean rondeau cd erato critique review classiquenews fevrier 2016CD, compte rendu critique. Vertigo. Rameau, Royer. Jean Rondeau, clavecin (1 cd Erato, mai 2015). Clavecin opĂ©ratique…. En fĂ©vrier 2016, ERATO publiait l’un des meilleurs disques rĂ©cents pour clavecin. Peut-ĂȘtre le premier indiscutable du jeune musicien français, ici particuliĂšrement serviteur de la musique qui l’inspire. Le texte du livret notice accompagnant ce produit conçu comme une pĂ©rĂ©grination intĂ©rieure et surtout personnelle donne la clĂ© du drame qui s’y joue. Quelque part en zones d’illusions, c’est Ă  dire baroques, vers 1746
 Jean Rondeau le claveciniste nous dit s’égarer dans un fond de dĂ©cors d’opĂ©ra dont son clavecin (historique du ChĂąteau d’Assas) ressuscite le charme jamais terni de la danse, “acte des mĂ©tamorphoses” (comme le prĂ©cise Paul ValĂ©ry, citĂ© dans la dite notice). Entre cauchemar (surgissement spectaculaire de Royer dans Vertigo justement) et rĂȘve (l’alanguissement si sensuel de Rameau ou le dernier renoncement du dernier morceau : L’Aimable de Royer), l’instrumentiste cisĂšle une sĂ©rie d’évocations, au relief dramatique multiple, contrastĂ©, parfois violent, parfois murmurĂ© qui s’efface. Rondeau ressuscite dans les textures rĂ©tablies et les accents sublimes des musiques dansantes ici sĂ©lectionnĂ©es, le profil des deux gĂ©nies nĂ©s pour l’opĂ©ra : Rameau (mort en 1764) et son “challenger” Pancrace Royer (1705-1755), Ă  la carriĂšre fulgurante, et qui au moment du Dardanus de Rameau, livre son ZaĂŻde en 1739. Deux monstres absolus de la scĂšne dont il concentre et synthĂšse l’esprit du drame dans l’ambitus de leur clavier ; car ils sont aussi excellents clavecinistes. Ainsi la boucle est refermĂ©e et le prĂ©texte lĂ©gitimĂ©. Comment se comporte le clavier Ă©prouvĂ© lorsqu’il doit exprimer le souffle et l’ampleur, la profondeur et le pathĂ©tique Ă  l’opĂ©ra ? Comme il y aura grĂące Ă  Liszt (tapageur), le piano orchestre, il y eut bien (mais oui), le clavecin opĂ©ra (contrastĂ© et toujours allusif). Les matelots et Tambourins de Royer valent bien Les Sauvages de Rameau, nĂ©s avant l’OpĂ©ra ballet que l’on connaĂźt, dĂšs les Nouvelles Suites de PiĂšces de Clavecin de 1728. DĂ©jĂ  Rameau lyrique perçait sous le Rameau claveciniste. Une fusion des sensibilitĂ©s que le programme exprime avec justesse. EN LIRE +

CD, livre 2 cd. EIN FESTE BURG IST UNSER GOTT / Luther et la musique de la RĂ©forme / Luther and the music of the Reformation. Vox Luminis, Lionel Meunier (direction) – Livre 2 cd Ricercar

luther ein feste burg vox luminis livre cd ricercar outhere cd review critique cd classiquenews 51H7v7vID2L._SY355_CD, annonce, livre cd Ă©vĂ©nement. EIN FESTE BURG IST UNSER GOTT / Luther et la musique de la RĂ©forme / Luther and the music of the Reformation. Vox Luminis, Lionel Meunier (direction) – Livre 2 cd Ricercar. L’annĂ©e TĂ©lĂ©mann va battre son plein en 2017, avec son lot de rĂ©dĂ©couvertes et enregistrements discographiques comme rĂ©Ă©ditions dĂ©jĂ  trĂšs attendues. Croisant cet important anniversaire (250Ăš anniversaire de la mort de Telemann (1681 – 1767), un autre tempĂ©rament lumineux se dresse aussi Ă  l’horizon 2017, celui lĂ  spirituel et hautement religieux : Martin Luther Ă  travers en 2017 donc, le 500Ăš anniversaire de la RĂ©forme protestante.
En 1517, le moine rĂ©formateur, traducteur du Nouveau testament, Ă©crit ses 95 thĂšses (Disputatio pro declaratione virtutis indulgentianrum), amorce et noyau de ses cycles d’écrits polĂ©miques et critiques, fondateurs de la foi protestante. En 1517, il s’agissait surtout pour Luther de dĂ©noncer le principe et la pratique des indulgences, promulguĂ©es par Jules II (1506) puis LĂ©on X (1515) pour financer les travaux pharaoniques de la nouvelle basilique Saint-Pierre Ă  Rome. A la DiĂšte de Worms rĂ©unie en 1521 par Charles Quint, une partie de la noblesse politique germanique adopte les idĂ©es antiromaine de Luther. A la DiĂšte d’Augsbourg en 1555, est clairement instituĂ©e une partition de l’Allemagne : si la BaviĂšre et la RhĂ©nanie demeurent papistes et catholiques, tout le reste de l’Allemagne du nord devient luthĂ©rien. Mais la mosaique se complique selon la loi un roi, une religion. Ainsi Dresde offre un visage complexe : la Cour est catholique mais les Ă©glises de la ville sont protestantes.
Le double cd rĂ©alisĂ© par le meilleur ensemble vocal sacrĂ© actuel, soit Vox Luminis que classiquenews a pu prĂ©cĂ©demment suivre et apprĂ©cier au Festival Musique et MĂ©moire (toujours prĂ©sent Ă  l’étĂ© 2017), mais aussi au Festival de Saintes (VOIR le grand reportage sur la 3Ăš gĂ©nĂ©ration d’interprĂštes Ă  Saintes dont Vox Luminis et son fondateur, le bayrton Lionel Meunier), rĂ©capitule l’essor des idĂ©es de Luther et leur rĂ©percussion dans l’écriture musicale dans les Ă©tĂ©s germaniques, des XV et XVIĂš siĂšcles aux XVIIĂš et XVIIIĂš. Le cd 1 prĂ©sente une approche thĂ©matique « Une annĂ©e lithurgique », dĂ©roulant les grands Ă©vĂ©nements cĂ©lĂ©brĂ©s en musique pour tĂ©moigner de la ferveur collective qui s’exprime alors : soit, une collection de motets reprĂ©sentatifs des Ă©pisodes importants de l’annĂ©e protestante ; Avent, NOËL, Nouvel An, Passion, RĂ©surrection, Ascension, PentecĂŽte, TrinitĂ©, soit une collection de piĂšces somptueusement articulĂ©es, sublimĂ©es signĂ©es : Heinrich Scheidemann, Michael Altenburg, Andreas Hammerschmidt, Paul Siefert, Michael Praetorius, Samuel Scheidt, Johann Hermann Schein, Delphin Strungk, Caspar Othmayr, Thomas Seile, Melchior Franck

luther martin portrait par cranach luther 2017 classiquenewsLe cd 2 distingue des partitions mĂ©connues d’une rĂ©elle splendeur par leur sincĂ©ritĂ© et cette fusion ferveur / sensualitĂ©, toujours grĂące Ă  la diction exemplaire des chanteurs de Vox Luminis, soucieuse du texte. Ainsi sous le titre synthĂ©tique « Les fondements de la lithurgie luthĂ©rienne », sont rĂ©unis Deutsche Magnificat de Heinrich SchĂŒtz, Deutsche Messe de Christoph Bernhard ; au registre des « Sacrements » : les oeuvres clĂ©s de Hieronymus Praetorius, Heinrich SchĂŒtz, Johann Steffens ; « les Passions luthĂ©riennes » sont magnifiquement illustrĂ©es, incarnĂ©es par la Johannes Passion de Joachim a Burck ; «  le dogme », par les partitions de Johann Hermann Schein, Johann Walter, Balthasar Resinarius. Mention spĂ©ciale pour l’excellent et bouleversant Deutsche Requiem de Thomas Selle, 
 lequel prĂ©sente les mĂȘmes textes que ceux que Johannes Brahms utilisera pour rendre hommage Ă  son maĂźtre “spirituel”, Robert Schumann, selon le mĂȘme principe de rĂ©collement…
CLIC D'OR macaron 200Excellente interprĂ©tation, enivrant rĂ©pertoire qui sait varier les accents fervents malgrĂ© une apparente et fausse austĂ©ritĂ© ; d’autant que ce double cd livre est aussi une Ă©dition remarquablement rĂ©alisĂ©e (nombreuse et riche iconographie picturale et gravĂ©e, illustrant un texte – notice passionnant). CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier mars 2017.

LIRE notre dossier Telemann 2017 (250Ăš anniversaire de la mort)

martin luther par Albert Spangenberg portrait classiquenews LUTHER 2017

TOURS, concert des 2 Richard : Strauss & Wagner

strauss richardTOURS, concert R. Strauss, Wagner, les 4, 5 mars 2017. Immersion lyrique et symphonique sous la direction de Benjamin Pionnier, nouveau directeur de l’OpĂ©ra de Tours, dans l’un de ses plus ambitieux programmes de cette saison 2016-2017. Les lieder du grand Richard Strauss, dernier Bavarois romantique aprĂšs Wagner, concentrent son sens de la ligne vocale et Ă  l’orchestre, son gĂ©nie des couleurs d’une orchestration gĂ©niale, tant dramatique que poĂ©tique, dont les atmosphĂšres suivent et expriment les puissantes allusions des textes choisis. Au total (en premiĂšre partie), 8 lieder avec orchestre, parmi les plus amoureux et langoureux, dont la majoritĂ© ont Ă©tĂ© composĂ©s par le mari Ă©pris, dĂ©diĂ©s Ă  son Ă©pouse la cantatrice Pauline de Ahna (Ă©pousĂ©e en 1894 ; Richard avait 30 ans), tempĂ©rament Ă©ruptif dont le compositeur cite les sursauts passionnĂ©s, parfois hystĂ©riques dans nombre de ses oeuvres (Sinfonia Domestica, Intermezzo
).

Se distinguent entre autres les deux lieder opus 27 : inspirĂ©s par le Jugendstil littĂ©raire, vĂ©ritable miniatures lyriques, Morgen ou CĂ€cilie
 Il faut infiniment de subtilitĂ© et d’écoute entre orchestre et soliste pour rĂ©aliser la sensualitĂ© raffinĂ©e d’une articulation proche de Mozart. C’est Ă  dire des voix de diseurs/euses pour lesquel(le)s le verbe doit rester intelligible dans la fusion du chant et de la texture symphonique.

wagnerEn seconde partie de programme, la verve et la puissance dramatique de Richard Wagner qui rĂ©vĂšle dans l’activitĂ© des instruments, mieux qu’aucun autre Ă  son Ă©poque, le trouble et les violentes contradictions de la psychĂ© humaine : confrontations, duo ou vaste monologue, la musique met Ă  nu le destin Ă  la fois dĂ©risoire et sublime des hĂ©ros sacrifiĂ©s. Benjamin Pionnier trouve un remarquable Ă©quilibre entre le pur symphonisme, Ă©loquent et brillant des ouvertures de TannhĂ€user et des MaĂźtres Chanteurs, et les scĂšnes particuliĂšrement expressives voire introspective choisies Ă  Tours, extraits aussi des autres opĂ©ras : PrĂ©lude et Liebestod de Tristan und Isolde, Mort de Siegfried et Marche funĂšbre. La mort (de Tristan et de Siegfried), le sacrifice de BrĂŒnnhilde disent cette conception exacerbĂ©e des passions humaines, entre tragĂ©die et grandeur morale.
Si Wagner reprĂ©sente par le chant de l’orchestre et la ligne ultime des voix, souffrances et solitudes des ĂȘtres, c’est qu’il croit encore en l’humanitĂ©, comme Ă  l’enjeu politique, esthĂ©tique de l’opĂ©ra pour dĂ©livrer son message comme artiste-dĂ©miurge-prophĂšte. Il est fort Ă  parier que Benjamin Pionnier et la phalange maison, invitĂ©e Ă  jouer en fosse pour les opĂ©ras, sur la scĂšne comme ce soir Ă  l’occasion des rvs de la saison symphonique de l’OpĂ©ra, l’Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Val de Loire / Tours, 
 poursuivent ainsi un travail amorcĂ©, approfondi, ciselĂ© tout au long de la saison lyrique et symphonique Ă  Tours (on l’a remarquĂ© encore derniĂšrement fin janvier dernier, dans la superbe production de LakmĂ© de LĂ©o Delibes: VOIR notre reportage vidĂ©o exclusif LakmĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Tours par Jodie Devos et Benjamin Pionnier).

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TOURS, Opéra. Concert R. Strauss et R. Wagnerboutonreservation
Samedi 4 mars 2017, 20h
Dimanche 5 mars 2017, 17h

Solistes :
Nikolai Schukoff, ténor
Isabelle Cals, soprano
Orch. Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours
Benjamin Pionnier, direction

CD, compte rendu. SONYA YONCHEVA : HAENDEL / HANDEL, Baroque Heroines (1 cd SONY classical, juin 2016)

yoncheva sonya baroque heroines heroines baroque cd sony classical de marchi cd review critique cd classiquenewsCD, compte rendu. SONYA YONCHEVA : Baroque Heroines (1 cd SONY classical, juin 2016). VOICI ASSUREMENT l’un des rĂ©citals lyriques de la soprano si sensuelle, Sonya Yoncheva, par ses plus convaincants : contre certains avis qui rĂ©cemment s’inquiĂ©taient de l’évolution de sa voix et des craintes sur une suractivitĂ© dommageable, celle qui en diva impĂ©riale, et qui chante actuellement sur les scĂšnes prestigieuses amĂ©ricaines et europĂ©ennes, essentiellement Verdi et Puccini, s’autorise ici pour SONY, un intermĂšde baroque. C’est une rĂ©ussite absolue qui en perspective de sa prochaine continuation heureuse de ses Mozart (Vitellia de La ClĂ©mence de Titus, cet Ă©tĂ© Ă  Baden Baden est un moment fortement attendu), confirme la plĂ©nitude de moyens plutĂŽt maĂźtrisĂ©s. La tournĂ©e annoncĂ©e de ce programme (pas de dates annoncĂ©es en France hĂ©las Ă  ce jour) devrait elle aussi ĂȘtre un cycle Ă  suivre. Pour l’heure, en maniĂšre de prĂ©lude, voici le disque qui lui est de toute beautĂ©s, vĂ©ritable collections d’incarnations saisissantes.

 

 

 

Alcina, Theodora, Agrippina, Didon

En italien et anglais, la diva Yoncheva affirme une grùce voluptueuse souvent irrésistible


 

SONYA YONCHEVA EN DIVA BAROQUE . Le dĂ©but du programme de ces 11 airs, met en avant l’intensitĂ© de l’incarnation au service des hĂ©roĂŻnes de Haendel, en particulier, sommet pour toutes cantatrices, tragiques et lyriques, Alcina (deux airs parmi les plus pathĂ©tiques et dĂ©chirants de l’opĂ©ra baroque du XVIIIĂš : Ah mio cor
 et Tornami a vagheggiar
 / plages 2 puis 4) : l’enchanteresse amoureuse, dĂ©munie, impuissante, mie Ă  nue face Ă  l’empire de l’amour qui la dĂ©passe trouve en Sonya Yoncheva, une interprĂšte ardente, mĂȘme si parfois, le texte est diluĂ© en une Ă©mission qui soigne essentiellement le poli et la tenue de la ligne (souveraine). Mais l’esprit et la chair du timbre – Ă  la couleur « callassienne » dans des aigus comme irradiĂ©s et puissants, s’imposent Ă  l’auditeur, jusqu’à la sidĂ©ration.

YONCHEVA-SONYA-soprano-diva-2017-portrait-agenda-clic-by-classiquenews-the_arts_sonya_yoncheva_0001_840x620Agrippina (Pensieri, voi mi tormentate!, plage 6) impose l’abattage d’une tragĂ©dienne blessĂ©e en ses derniers rĂąles fauves : la mĂšre de NĂ©ron affirme un tempĂ©rament de louve, furieuse autant que dĂ©truite. La cantatrice s’y montre plus proche du texte, honneur bafouĂ© d’une impĂ©ratrice mĂšre, totalement dĂ©vastĂ©e et tourmentĂ©e. Du grand art. D’autant qu’en sa partie centrale, le recitativo secco laisse entrevoir l’articulation dramatique d’une ancienne chanteuse d’abord passionnĂ©e d’affects baroques (articulation plus proche du texte). L’écho de cet air fulgurant, hallucinĂ© comme proche de la folie, cĂšde ensuite le pas au second de l’acte II : plus lĂ©ger et presque insouciant, exprimant une pause dans l’esprit d’une hĂ©roĂŻne fascinante par ses Ă©carts Ă©motionnels : Ogni vento.. fait surgir soudain, l’ñme amoureuse, plus contemplative, enivrĂ©e par sa propre sensualité  (plage 8).
Plus insouciante, juvĂ©nile et d’une fraĂźcheur agile, la ClĂ©opĂątre amoureuse de Non disperar, chi sa? minaude avec un tact percutant, oĂč c’est encore la ligne voluptueuse qui s’étoffe, palpite, se languit dĂ©licieusement, en un timbre rond et cuivrĂ© d’une absolue sĂ©duction (plage 7).

Avec le duo Theodora et Didymus, s’affirme une couleur renforcĂ©e dans la langue de Purcell : To thee, thou rĂ©alise cette sublimation de l’hĂ©roĂŻne embrasĂ©e par l’amour divin, prĂȘte au nom de Dieu Ă  mourir en martyr (plage 9) : avec le concours de celui qu’elle a convaincu dans la mort, son fiancĂ© Dydimus, chantĂ© par le mezzo ample et grave, recueilli et dramatique de Karine Deshayes : la fusion des deux timbres si typĂ©s, est idĂ©ale (respirations synchronisĂ©es superlatives).
handel haendel portrait vignette dossier handel haendel 2016 496px-George_Frideric_Handel_by_Balthasar_DennerPour clore ce rĂ©cital rĂ©jouissant, deux sommets de la lyre tragique amoureuse de Haendel : deux visages de l’amour profane aprĂšs la transcendance sacrĂ©e permise dans Theodora. Son Almirena (Rinaldo) exprime la cristallisation de tous les sentiments d’extase et de ravissement possible ; oserions nous une seule rĂ©serve ? un manque parfois de sobriĂ©tĂ© dans l’élocution, idem pour les violons surornementĂ©s de l’orchestre par ailleurs excellent pilotĂ© par De Marchi. A ce stade, c’est que nous aimerions l’excellence, aux cĂŽtĂ©s de cette ligne aĂ©rienne, ciselĂ©e (parfaite reprise du Lascia ch’io pianga, Ă  la fois blessĂ©e et tellement digne, solarisĂ©e, grĂące Ă  ce timbre iridescent, et comme nous l’avons indiquĂ© prĂ©cĂ©demment « callassienne” ) ; la franchise dans l’émission des aigus, perce le coeur. L’adieu Ă  l’amour et Ă  la vie de Didon en son heure final (Dido and Aeneas de Purcell), fait enfin entendre cette intelligence du recitatif : une chair linguistique, voluptueuse qui mord dans les mots, oĂč l’extase d’amour se fait mort de dĂ©livrance. Quel style ! La finesse et la subtilitĂ©, la sobriĂ©tĂ© (enfin absolue) dans l’émission font surgir au delĂ  de la blessure profonde, gouffre amer et grave, la force morale de la suicidaire. RĂ©cital superlatif, Sonya Yoncheva est bien l’une des plus captivantes sopranos actuelles. A suivre. CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2017.

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CLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. HANDEL / HAENDEL : SONYA YONCHEVA, soprano. Academia Montis Regalis. Alessandro De Marchi, direction. EnregistrĂ© en juin 2016 (Mondovi, Italie) – 1 cd SONY classical. CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2017.

LILLE. L’Amour et la danse par Jean-Claude Casadesus, volet II

casadeus ugo ponte ONL DSC_0532LILLE. Jean-Claude Casadesus. L’Amour et la danse, II. 19-25 janvier 2017. Le volet 1 de ce cycle Ă©vĂ©nement, s’achevait avec la derniĂšre note, lumineuse, soutenu au piccolo, celle de l’espĂ©rance aprĂšs la dĂ©flagration d’une impitoyable machine Ă  broyer, prĂ©cipitant la mort de RomĂ©o et de Juliette (version Prokofiev : lire notre compte rendu du concert L’Amour et la danse I, le 1er dĂ©cembre 2016). Dans ce volet 2, Jean-Claude Casadesus retrouve ses chers instrumentistes de l’Orchestre national de Lille, abordant d’autres rivages oĂč la danse lĂ  encore, inspire d’étonnants mondes symphoniques. C’était le cas du ballet RomĂ©o et Juliette de Prokofiev, c’est assurĂ©ment la nature partagĂ©e du PoĂšme de l’Extase – crĂ©Ă© Ă  New York en mars 1907, d’un Scriabine (1872 – 1915) aux confins des constellations visibles et connues : l’écriture orchestrale Ă©tant pour lui, le moyen et la langue d’une exploration sonore jamais tentĂ©e avant lui. Sensuel et mystique, le moscovite Scriabine rĂ©alise alors, l’un de ses poĂšmes pour orchestre les plus inspirĂ©s et les plus personnels, emblĂ©matique de toute sa recherche spirituelle
 D’abord imaginĂ© comme sa possible 4Ăš Symphonie, le PoĂšme de l’extase qui prĂ©cĂšde PromĂ©thĂ©e (1909), appartient aux derniers drames symphoniques de Scriabine qui ensuite jusqu’à sa mort en 1915, ce composera plus que pour l’instrument dont il est virtuose, le piano.

 

 

 

casadesus_603x380 Ugo ponte ONL

 

 

scriabine alexandre portrait SkriabinLe PoĂšme de l’extase (inititalement intitulĂ© « PoĂšme orgiaque »), reprend le concept messianique de la musique visionnaire et prophĂ©tique telle que l’a dĂ©fendu avant lui Wagner : la musique permet Ă  l’humanitĂ© d’accĂ©der Ă  un niveau de connaissance et de conscience, supĂ©rieur ; le compositeur Ă©tant le guide de cette quĂȘte spirituelle partagĂ©e. Le guide comme le catalyseur, celui qui en provoque l’accomplissement comme la rĂ©vĂ©lation. Dans le programme rĂ©digĂ© par ses soins, Scriabine prĂ©cise son intention :

«  Je vous appelle à la vie, forces mystérieuses,
NoyĂ©es dans les profondeurs obscures de l’esprit crĂ©ateur,
Timides Ă©bauches de la vie,
A vous, j’apporte l’audace. »

 

EN LIRE + : lire notre prĂ©sentation complĂšte du concert PoĂšme de l’Extase Ă  Lille, par Jean-Claude Casadeus et l’Orchestre national de Lille, 19-25 janvier 2017

 

 

 

BEETHOVEN

Triple concerto pour violon, violoncelle et piano
Piano : François-FrĂ©dĂ©ric Guy‹Violon : Tedi Papavrami‹Violoncelle : Xavier Phillips

R. STRAUSS
Salomé : Danse de Salomé

SCRIABINE
Poùme de l’Extase

Orchestre national de Lille
Jean-Claude Casadesus, direction

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POÈME DE L’EXTASE
CYCLE L’AMOUR ET LA DANSE, ÉPISODE 2

Jeudi 19 janvier 2017, 20hboutonreservation
Vendredi 20 janvier 2017, 20h
LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle
RÉSERVEZ VOTRE PLACE

Programme repris ensuite :
Ă  Grande-Synthe, le 21 janvier 2017, 20h
Ă  La Rochelle, les 24 et 25 janvier 2017, 20h

AUTOUR DU CONCERT
LEÇON DE MUSIQUE
Avec HÚctor Parra, compositeur en résidence
“Des sons et des couleurs en musique”
Jeu 19 & Ven 20 Janv. 19h
(EntrĂ©e libre, muni d’un billet)

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CONCERT FLASH 12H30
Avec François-Frédéric Guy, Tedi Papavrami et Xavier Phillips
“L’art du trio”
Beethoven ‱ Schumann
Ven 20 Janv. 12h30
(De 5 à 10 €)

Toutes les infos, les ressources sur le programme, sur le site de l’Orchestre national de Lille

http://www.onlille.com/event/201615-poeme-extase-beethoven-strauss-lille/

 

Concert Beethoven Ă  Saintes

Saintes cite musicale, abaye aux dames annonce concert classiquenews abbatiale-facade-724x521SAINTES. Concert Beethoven, mercredi 8 fĂ©vrier 2017. L’Orchestre des Champs-ElysĂ©es joue deux oeuvres emblĂ©matiques de la « rĂ©volution » BeethovĂ©nienne,celle qui voit s’affirmer le gĂ©nie romantique au dĂ©but des annĂ©es 1810, quand l’Europe subit les assauts de l’ogre NapolĂ©on : la dansante et trĂ©pidante symphonie n°8 et le Concerto n°5 pour piano et orchestre, « L’Empereur ». Ayant en rĂ©sidence le prodigieux Jeune Orchestre de l’Abbaye (JOA : voir notre reportage vidĂ©o spĂ©cial 20 ans du JOA), phalange Ă©cole sur instruments d’époque, la citĂ© musicale Ă  l’Abbaye aux Dames de Saintes renforce annĂ©e aprĂšs annĂ©e, sa trĂšs forte tradition symphonique, de surcroĂźt sur instruments anciens. A la justesse expressive et stylistique, les musiciens apportent aussi le format originel d’un orchestre proche de celui qu’aurait pu connaĂźtre et diriger le compositeur Ă  Vienne : rien ne remplace l’acuitĂ© mordante et la saveur trĂšs caractĂ©risĂ©e des clarinettes, hautbois d’époque, ni les attaques et le son nerveux des cordes sur boyaux
 Ce 8 fĂ©vrier 2017, l’Abbaye accueille l’Orchestre des Champs ElysĂ©es, familier des voĂ»tes mĂ©diĂ©vales de Saintes. En complicitĂ© avec le pianofortiste Eric Lesage, les instrumentistes abordent deux continents du monde BeethovĂ©nien, dans deux formes captivantes : la symphonie et le concerto.

Beethoven_Hornemann-500-carreESPRITS DE CONQUETE
 Printemps 1809. A l’époque oĂč NapolĂ©on prend les armes quand l’Autriche, alliĂ©e de l’Angleterre, envahit la BaviĂšre, Beethoven compose son Concerto n°5 : il ne s’agit pas d’un hommage Ă  Bonaparte, « l’usurpateur », ni mĂȘme Ă  Franz Ier, que Beethoven n’estime pas davantage. Mais, le ton Ă  Vienne Ă©tant au patriotisme (car il faut venger Austerlitz), Ludwig emprunte en rĂ©sonance avec le contexte guerrier, un souffle Ă©pique et transcendant, en particulier dans la partie de piano, d’une allure folle, majestueuse, rhapsodique, dĂšs le dĂ©but. L’ambition voire l’orgueil du compositeur se manifeste clairement dans une exploitation inĂ©dite des combinaisons harmoniques possibles dans un format piano/orchestre. Pour marquer l’ampleur du propos, l’Allegro premier se dĂ©ploie sur 600 mesures. Rien de moins. L’Empereur marque pourtant un temps de dĂ©solation pour Vienne dont toute l’aristocratie doit quitter le coeur urbain car NapolĂ©on marche sur la citĂ© impĂ©rial
 On sait que Beethoven ne pouvant fuir Ă  temps, se rĂ©fugie dans la cave de son frĂšre Caspar Carl, coussins sur sa pauvre tĂȘte et contre ses oreilles pour ne pas subir les dĂ©flagrations sonores dans le conduit auditif (terribles acouphĂšnes). L’oeuvre si moderne, vĂ©ritable pont tendu vers l’avenir, est crĂ©e Ă  Vienne en fĂ©vrier 1812. La premiĂšre Ă©dition porte la dĂ©dicace Ă  son patron vĂ©nĂ©rĂ©, l’Archiduc Rudolph.

beethoven 1803 apres Symphonie 1 creation symphonies romantiques classiquenews review compte rendu cd critique 800px-Beethoven_3UNE SYMPHONIE BIEN INSOLENTE
 Le seul dĂ©faut de la 8Ăšme Symphonie est de se situer entre les chefs d’oeuvres que sont la 7Ăš et la 9Ăš. Or crĂ©Ă©e en fĂ©vrier 1814, « ma petite symphonie » comme l’appelle affectueusement Beethoven, ouvre bien des perspectives et outrepasse encore et encore bien des conventions formelles. Son titre pourrait ĂȘtre l’insoumise ou l’insolente, avec Ă  la clĂ©, rĂ©vĂ©rence Ă  papa Haydn, mort rĂ©cemment (pendant le siĂšge de Vienne par les troupes napolĂ©oniennes, le 31 mai 1809), une facĂ©tie franche qui cultive l’audace (en particulier dans le dernier mouvement (rĂšgles de modulation instables dans le dernier mouvement ; allegretto scherzando en place du mouvement habituel modĂ©rĂ© oĂč Beethoven utilise, -et en joue, le tic-tac du mĂ©tronome que Maelzel vient de mettre au point
 sans omettre le chant des cordes graves qui expriment a contrario la mĂ©canique allant vers le chaos
). Beethoven serait ainsi le premier Ă  utiliser sciemment les indications mĂ©tronomiques de Maelzel, soucieux de toujours maintenir la tension dans ses oeuvres dont les indications parfois Ă©tonnantes quant Ă  leur vĂ©locitĂ© / cĂ©lĂ©ritĂ©, sont autographes. La pulsion, l’électricitĂ©, la lĂ©gĂšretĂ©. rien de tel pour stimuler le jeu des instrumentistes, comme l’attention des publics
 Concert Beethoven Ă©vĂ©nement.

 

 

 

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SAINTES, Abbaye aux Damesboutonreservation
Mercredi 8 février 2017, 20h30
Concert Ludwig van Beethoven

Concerto pour piano n°5, L’Empereur
opus 73 en mi bémol majeur

Symphonie n°8
en fa majeur opus 93

Orchestre des Champs-Elysées
Eric Le Sage, pianoforte

 

 

 

Toutes les infos, rĂ©servez votre place sur le site de l’Abbaye aux Dames, la citĂ© musicale, Saintes
http://www.abbayeauxdames.org/agenda/evenements/orchestre-champs-elysees/

 

 

 

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Ă©vasion
Saintes, abbaye aux dames

Votre séjour à Saintes

 

Séjour à Saintes, Abbaye aux Dames, la cité musicale

saintes_porte_abbayeTout au long de l’annĂ©e, sĂ©journez Ă  Saintes Ă  l’occasion d’un concert dans l’Abbaye. Les chambres sont amĂ©nagĂ©es dans les anciennes cellules des moniales. Petit dĂ©jeuner sur place possible. Pour toute location d’une chambre dans l’Abbaye, rĂ©duction de 5% Ă  la boutique de l’Abbaye (l’Abboutique : cd, livres, produits rĂ©gionaux
), rĂ©duction sur la visite du site, tarif adhĂ©rent pour l’achat d’une place de concert. TĂ©lĂ©phone rĂ©servation chambres : 05 46 97 48 33 (classement Ă©tablissement hĂŽtelier : catĂ©gorie 1 Ă©toile). Standard gĂ©nĂ©ral de l’Abbaye aux Dames Ă  Saintes : 05 46 97 48 48. Offre spĂ©ciale Saint-Valentin 2014 : le concert et la chambre Ă  Saintes, les 14 ou 15 fĂ©vrier 2014 : 100 euros (pour 2 personnes) : rĂ©servations au 05 46 97 48 48.

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Abbaye aux Dames, ‹la citĂ© musicale, Saintes
11, place de l’Abbaye‹CS 30125‹17104 SAINTES CEDEX
- Accùs par la rue Geoffroy Martel‹(Parking gratuit)
- CoordonĂ©es GPS :‹Lat : 45.743681‹Long : -0.624375

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L’extase par Jean-Claude Casadesus

casadeus ugo ponte ONL DSC_0532LILLE. Jean-Claude Casadesus. L’Amour et la danse, II. 19-25 janvier 2017. Le volet 1 de ce cycle Ă©vĂ©nement, s’achevait avec la derniĂšre note, lumineuse, soutenu au piccolo, celle de l’espĂ©rance aprĂšs la dĂ©flagration d’une impitoyable machine Ă  broyer, prĂ©cipitant la mort de RomĂ©o et de Juliette (version Prokofiev : lire notre compte rendu du concert L’Amour et la danse I, le 1er dĂ©cembre 2016). Dans ce volet 2, Jean-Claude Casadesus retrouve ses chers instrumentistes de l’Orchestre national de Lille, abordant d’autres rivages oĂč la danse lĂ  encore, inspire d’étonnants mondes symphoniques. C’était le cas du ballet RomĂ©o et Juliette de Prokofiev, c’est assurĂ©ment la nature partagĂ©e du PoĂšme de l’Extase – crĂ©Ă© Ă  New York en mars 1907, d’un Scriabine (1872 – 1915) aux confins des constellations visibles et connues : l’écriture orchestrale Ă©tant pour lui, le moyen et la langue d’une exploration sonore jamais tentĂ©e avant lui. Sensuel et mystique, le moscovite Scriabine rĂ©alise alors, l’un de ses poĂšmes pour orchestre les plus inspirĂ©s et les plus personnels, emblĂ©matique de toute sa recherche spirituelle
 D’abord imaginĂ© comme sa possible 4Ăš Symphonie, le PoĂšme de l’extase qui prĂ©cĂšde PromĂ©thĂ©e (1909), appartient aux derniers drames symphoniques de Scriabine qui ensuite jusqu’à sa mort en 1915, ce composera plus que pour l’instrument dont il est virtuose, le piano.

 

 

 

casadesus_603x380 Ugo ponte ONL

 

 

scriabine alexandre portrait SkriabinLe PoĂšme de l’extase (inititalement intitulĂ© « PoĂšme orgiaque »), reprend le concept messianique de la musique visionnaire et prophĂ©tique telle que l’a dĂ©fendu avant lui Wagner : la musique permet Ă  l’humanitĂ© d’accĂ©der Ă  un niveau de connaissance et de conscience, supĂ©rieur ; le compositeur Ă©tant le guide de cette quĂȘte spirituelle partagĂ©e. Le guide comme le catalyseur, celui qui en provoque l’accomplissement comme la rĂ©vĂ©lation. Dans le programme rĂ©digĂ© par ses soins, Scriabine prĂ©cise son intention :

«  Je vous appelle à la vie, forces mystérieuses,
NoyĂ©es dans les profondeurs obscures de l’esprit crĂ©ateur,
Timides Ă©bauches de la vie,
A vous, j’apporte l’audace. »

 

EN LIRE + : lire notre prĂ©sentation complĂšte du concert PoĂšme de l’Extase Ă  Lille, par Jean-Claude Casadeus et l’Orchestre national de Lille, 19-25 janvier 2017

 

 

 

BEETHOVEN

Triple concerto pour violon, violoncelle et piano
Piano : François-FrĂ©dĂ©ric Guy‹Violon : Tedi Papavrami‹Violoncelle : Xavier Phillips

R. STRAUSS
Salomé : Danse de Salomé

SCRIABINE
Poùme de l’Extase

Orchestre national de Lille
Jean-Claude Casadesus, direction

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POÈME DE L’EXTASE
CYCLE L’AMOUR ET LA DANSE, ÉPISODE 2

Jeudi 19 janvier 2017, 20hboutonreservation
Vendredi 20 janvier 2017, 20h
LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle
RÉSERVEZ VOTRE PLACE

Programme repris ensuite :
Ă  Grande-Synthe, le 21 janvier 2017, 20h
Ă  La Rochelle, les 24 et 25 janvier 2017, 20h

AUTOUR DU CONCERT
LEÇON DE MUSIQUE
Avec HÚctor Parra, compositeur en résidence
“Des sons et des couleurs en musique”
Jeu 19 & Ven 20 Janv. 19h
(EntrĂ©e libre, muni d’un billet)

—

CONCERT FLASH 12H30
Avec François-Frédéric Guy, Tedi Papavrami et Xavier Phillips
“L’art du trio”
Beethoven ‱ Schumann
Ven 20 Janv. 12h30
(De 5 à 10 €)

Toutes les infos, les ressources sur le programme, sur le site de l’Orchestre national de Lille

http://www.onlille.com/event/201615-poeme-extase-beethoven-strauss-lille/

 

ChimÚne de Sacchini, recréée

Antonio_SacchiniSt-Quentin (78): les 13, 14 janvier 2017. Sacchini: ChimĂšre par l’ARCAL. Bien que nĂ© Florentin, le jeune Antonio Sacchini est remarquĂ© par le napolitain Durante qui souhaite en faire le plus grand compositeur de son siĂšcle. Rien de moins. DĂ©fi relevĂ© et en France principalement. PassĂ© par Venise, professeur de chant pour Nancy Storace, la soprano vedette si tendrement aimĂ© de Mozart
, puis en Allemagne, surtout Ă  Londres oĂč il se rapproche de Tratetta (autre napolitain), Sacchini ne tarde pas Ă  s’imposer par son Ă©loquence europĂ©enne, une Ă©criture brillante, raffinĂ©e qui s’autorise comme chez Mozart, une profondeur prĂ©romantique, prĂ©sente aussi dans son opĂ©ra Renaud- premier opĂ©ra parisien de Sacchini (Ă©galement crĂ©Ă© en 1783), qu’a rĂ©vĂ©lĂ© le jeune chef Bruno Procopio Ă  Rio de Janeiro en 2015, avec la sensibilitĂ© et l’ardeur expressive dont a rendu compte alors classiquenews.com : VOIR notre reportage vidĂ©o RENAUD de Sacchini par Bruno Procopio (juin 2015).

 

SACCHINI A PARIS
 EndettĂ© Ă  Londres, Sacchini Ă  51 ans, en 1781, l’invitation de la Cour de France afin d’y affirmer la supĂ©rioritĂ© des Napolitains contre Gluck : de fait Sacchini bĂ©nĂ©ficie des intrigues des dĂ©fenseurs de son confrĂšre Piccinni, autre Napolitain invitĂ© par Marie-Antoinette, qui avait auparavant dĂ©velopper les arguments de l’opĂ©ra italien en France. Renaud comme ChimĂšne crĂ©Ă©s tous deux en 1783 devant la Cour, illustrent cet Ă©clectisme virtuose, brillant, nĂ©o classique et donc prĂ©romantique qui germe et croĂźt en France dans les derniĂšres annĂ©es de la monarchie.
Audacieux voire expĂ©rimental, Sacchini « ose » proposer une nouvelle mouture du Dardanus de Rameau : Ă©chec retentissant. Puis c’est ƒdipe Ă  Colone en 1786, porteur de la mĂȘme ampleur Ă©motionnelle aux cĂŽtĂ©s de son style international post gluckiste : nouvelle Ă©chec. Mais dĂšs sa reprise en 1787, l’ouvrage ultime de Sacchini d’aprĂšs le mythe antique saisit l’audience et est jouĂ© sans faiblir jusqu’en 1844, soit 583 fois : un record absolu qui enthousiasme encore Berlioz, lui-mĂȘme ardent Gluck. Triomphe posthume car Sacchini Ă©tait mort brutalement en 1786 (Ă  56 ans).

 

 

La tragĂ©die lyrique telle que l’a souhaitĂ©e Marie-Antoinette

 

 

Gluck Ă  Paris (1774-1779)UN ITALIEN RENOUVELLE LA TRAGEDIE LYRIQUE
 L’ARCAL choisit de ressusciter ChimĂšne de 1783, chantĂ© en Français. Ouvrage majeur comme Renaud, rĂ©vĂ©lant le mĂ©tier d’un compositeur Ă  la fois raffinĂ© et brillant, invitĂ© Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer les vieilles formes thĂ©Ăątrales françaises. Sacchini traite d’une forme conventionnelle Ă  bout de souffle, la tragĂ©die lyrique, hĂ©ritĂ©e de Lully au XVIIĂš (un Florentin comme lui). Le genre es tle plus ambitieux en France car il exige de fusionner les disciplines du thĂ©Ăątre en un seul spectacle : chant, danse, machinerie,
 Sacchini apporte la virtuositĂ© italienne au format lyrique français, rĂ©pondant ainsi au goĂ»t de la jeune Marie-Antoinette, devenue reine de France en 1774, 9 annĂ©es auparavant : entretemps, le germanique Gluck a rĂ©alisĂ© une rĂ©forme totale de l’opĂ©ra français, imposant la nĂ©cessitĂ© dramatique et la seule cohĂ©rence comme esthĂ©tique, contre les dĂ©rives de la pure virtuositĂ©. L’imagination de Sacchini rĂ©Ă©calire le mythe des amours maudites entre Rodrigue « Le Cid » et son aimĂ©e ChimĂšne : l’opĂ©ra s’inspire de la piĂšce de Pierre Corneille, crĂ©Ă©e un siĂšcle avant Sacchini, en janvier 1637.

marie antoinette versailles France royaute marie-antoinetteL’OPERA en France aprĂšs Gluck, favorisĂ© par Marie-Antoinette… La production portĂ©e par l’Arcal apporte ainsi un Ă©clairage particulier sur les transformations du spectacle en France Ă  la fin du XVIIIĂš : Ă©poque charniĂšre dite des LumiĂšres et « nĂ©oclassique », ou encore prĂ©romantique, propre aux annĂ©es 1780, oĂč Ă  l’époque des futures convulsions historiques, rĂ©volutionnaires (fin de la monarchie et des Bourbons au XVIIIĂš), le genre lyrique s’enrichit considĂ©rablement Ă  la Cour de France de la venue des « étrangers », depuis Gluck. Une prĂ©sence Ă©trangĂšre, cultivĂ©e par la reine Marie-Antoinette, l’autrichienne Ă  Versailles. La production 2017 de l’Arcal profite de l’engagement des interprĂštes : le chef et violoniste Julien Chauvin (crĂ©ateur malheureux de son orchestre sur instruments anciens : Le Concert de la loge, qu’il avait intitulĂ©e avant le recours juridique du ComitĂ© Olympique, La Loge Olympique). Ayant perdu son identitĂ© Olympique sous des pressions juridiques aberrantes – on ne voit bien comment un orchestre intitulĂ© « Olympique » pourrait faire de l’ombre Ă  l’Olympisme sportif
, l’orchestre reprend donc du service pour l’Arcal, compagnie lyrique nationale, aprĂšs avoir dĂ©fendu les dĂ©lices d’Armida de Joseph Haydn. C’est aussi la metteure en scĂšne Sandrine Anglade dont la spĂ©cialisation reconnue du thĂ©Ăątre de Pierre Corneille devrait apporter une vision spĂ©cifique sur le mythe de ChimĂšne et du Cid
 en particulier dans l’opĂ©ra de Sacchini qui opĂšre une rĂ©duction / simplification de la piĂšce originelle, passant de 5 actes (Corneille) Ă  3 actes (livret de Guillard). La compagnie nationale ARCAL confirme son engagement dans l’exploration du thĂ©Ăątre lyrique en France, Ă  l’Ă©poque des LumiĂšres, entre baroque, nĂ©oclassicisme et prĂ©romantisme, c’est Ă  dire dans la pĂ©riode riche en mutations propre aux annĂ©es 1780.

 

 

 

SYNOPSIS

 

 


Acte I. Devoir et amour Ă  SĂ©ville : le dilemme Ă©treint le coeur des deux amoureux : Rodrigue et ChimĂšne. Le premier a tuĂ© le pĂšre de la seconde, son aimĂ©e. Ainsi l’amour raille les enjeux politiques : et quand Rodrigue devant ChimĂšne lui demande de le frapper pour qu’elle se venge la mort du pĂšre, la jeune femme s’écroule. Et le chasse.
Acte II. Contre les Maures musulmans, Rodrigue mĂšne les troupes du roi. Il triomphe. Mais blessĂ©e, inconsolable, ChimĂšne dĂ©signe son nouveau dĂ©fenseur, celui qui tuera puisqu’elle en est incapable, Rodrigue, Don Sanche (qui aime aussi ChimĂšne).
Acte III. Le pardon. Rodrigue ne peut vivre sans l’amour de ChimĂšne. Il lui promet de se soumettre et de mourir de sa main. Le duel Rodrigue, Sanche a lieu : en voyant Ă  son issue, Sanche revenir vivant, ChimĂšne croit Ă  la mort de son aimĂ©. Rien de tel : Rodrigue a Ă©pargnĂ© le vaincu. ChimĂšne qui a avouĂ© ses vrais sentiments pour Rodrigue, peut s’unir Ă  lui car elle avait promis d’épouser le vainqueur du combat.

La force du drame tient au tiraillement cornĂ©lien : amour contre devoir. Rodrigue a tuĂ© le pĂšre de ChimĂšne (Don GomĂšs) pour rĂ©pondre au voeu de son propre pĂšre (Don DiĂšgue). Mais ChimĂšne par devoir pour son pĂšre en symĂ©trie, souhaite la mort de Rodrigue qui l’a tuĂ©. La fille et le fils pourront-ils se dĂ©faire de la loi des familles et du code de la vengeance ? La situation pose aussi l’opposition entre libertĂ© personnelle et soumission Ă  la loi familiale et Ă  ce qu’impose la filiation.

Ce qui fait aussi la valeur de la piĂšce, c’est la beautĂ© des vers de Corneille :

Va, je ne te hais point.
Nous partßmes cinq cents ; mais par un prompt renfort  / Nous nous vßmes trois mille en arrivant au port.
Et le combat cessa faute de combattants.
L’amour n’est qu’un plaisir, l’honneur est un devoir.
Le trop de confiance attire le danger.
Aux Ăąmes bien nĂ©es, La valeur n’attend point le nombre des annĂ©es.
Tu t’es, en m’offensant, montrĂ© digne de moi ; Je me dois, par ta mort, montrer digne de toi.

L’opĂ©ra de Sacchini en propose une transformation, selon le goĂ»t des contemporains de Marie-Antoinette, dictĂ©e par les rĂšgles de la prosodie spĂ©cifique au chant lyrique. Il en dĂ©coule un ouvrage d’une virtuositĂ© lyrique habile, servant le drame resserrĂ© du librettiste.

 

 

 

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sacchini-antonio-582Antonio Sacchini : ChimÚne ou le Cid, créé à Fontainebleau en 1783
Livret de Guillard d’aprĂšs Corneille — recrĂ©ation prĂ©sentĂ©e par l’ARCAL, compagnie national de thĂ©Ăątre lyrique et musical (direction : Catherine Kollen)

Le Concert de la Loge. Julien Chauvin, directio
Mise en scĂšne : Sandrine Anglade
DurĂ©e : environ 2h – spectacle sans fosse
Opéra chanté en Français

 

 

5 représentations

 

 

Saint-Quentin en Yvelines (78).
Théùtre nationale : les 13 et 14 janvier 2017 :

réservez votre place

Puis,
Massy, Opéra. Le 14 mars 2017
Herblay, Théùtre R. Barat. Les 25 et 27 mars 2017

 

 

Jean-Claude Casadesus joue Scriabine

casadeus ugo ponte ONL DSC_0532LILLE. Jean-Claude Casadesus. L’Amour et la danse, II. 19-25 janvier 2017. Le volet 1 de ce cycle Ă©vĂ©nement, s’achevait avec la derniĂšre note, lumineuse, soutenu au piccolo, celle de l’espĂ©rance aprĂšs la dĂ©flagration d’une impitoyable machine Ă  broyer, prĂ©cipitant la mort de RomĂ©o et de Juliette (version Prokofiev : lire notre compte rendu du concert L’Amour et la danse I, le 1er dĂ©cembre 2016). Dans ce volet 2, Jean-Claude Casadesus retrouve ses chers instrumentistes de l’Orchestre national de Lille, abordant d’autres rivages oĂč la danse lĂ  encore, inspire d’étonnants mondes symphoniques. C’était le cas du ballet RomĂ©o et Juliette de Prokofiev, c’est assurĂ©ment la nature partagĂ©e du PoĂšme de l’Extase – crĂ©Ă© Ă  New York en mars 1907, d’un Scriabine (1872 – 1915) aux confins des constellations visibles et connues : l’écriture orchestrale Ă©tant pour lui, le moyen et la langue d’une exploration sonore jamais tentĂ©e avant lui. Sensuel et mystique, le moscovite Scriabine rĂ©alise alors, l’un de ses poĂšmes pour orchestre les plus inspirĂ©s et les plus personnels, emblĂ©matique de toute sa recherche spirituelle
 D’abord imaginĂ© comme sa possible 4Ăš Symphonie, le PoĂšme de l’extase qui prĂ©cĂšde PromĂ©thĂ©e (1909), appartient aux derniers drames symphoniques de Scriabine qui ensuite jusqu’à sa mort en 1915, ce composera plus que pour l’instrument dont il est virtuose, le piano.

 

 

 

casadesus_603x380 Ugo ponte ONL

 

 

scriabine alexandre portrait SkriabinLe PoĂšme de l’extase (inititalement intitulĂ© « PoĂšme orgiaque »), reprend le concept messianique de la musique visionnaire et prophĂ©tique telle que l’a dĂ©fendu avant lui Wagner : la musique permet Ă  l’humanitĂ© d’accĂ©der Ă  un niveau de connaissance et de conscience, supĂ©rieur ; le compositeur Ă©tant le guide de cette quĂȘte spirituelle partagĂ©e. Le guide comme le catalyseur, celui qui en provoque l’accomplissement comme la rĂ©vĂ©lation. Dans le programme rĂ©digĂ© par ses soins, Scriabine prĂ©cise son intention :

«  Je vous appelle à la vie, forces mystérieuses,
NoyĂ©es dans les profondeurs obscures de l’esprit crĂ©ateur,
Timides Ă©bauches de la vie,
A vous, j’apporte l’audace. »

 

EN LIRE + : lire notre prĂ©sentation complĂšte du concert PoĂšme de l’Extase Ă  Lille, par Jean-Claude Casadeus et l’Orchestre national de Lille, 19-25 janvier 2017

 

 

 

BEETHOVEN

Triple concerto pour violon, violoncelle et piano
Piano : François-FrĂ©dĂ©ric Guy‹Violon : Tedi Papavrami‹Violoncelle : Xavier Phillips

R. STRAUSS
Salomé : Danse de Salomé

SCRIABINE
Poùme de l’Extase

Orchestre national de Lille
Jean-Claude Casadesus, direction

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POÈME DE L’EXTASE
CYCLE L’AMOUR ET LA DANSE, ÉPISODE 2

Jeudi 19 janvier 2017, 20hboutonreservation
Vendredi 20 janvier 2017, 20h
LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle
RÉSERVEZ VOTRE PLACE

Programme repris ensuite :
Ă  Grande-Synthe, le 21 janvier 2017, 20h
Ă  La Rochelle, les 24 et 25 janvier 2017, 20h

AUTOUR DU CONCERT
LEÇON DE MUSIQUE
Avec HÚctor Parra, compositeur en résidence
“Des sons et des couleurs en musique”
Jeu 19 & Ven 20 Janv. 19h
(EntrĂ©e libre, muni d’un billet)

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CONCERT FLASH 12H30
Avec François-Frédéric Guy, Tedi Papavrami et Xavier Phillips
“L’art du trio”
Beethoven ‱ Schumann
Ven 20 Janv. 12h30
(De 5 à 10 €)

Toutes les infos, les ressources sur le programme, sur le site de l’Orchestre national de Lille

http://www.onlille.com/event/201615-poeme-extase-beethoven-strauss-lille/

 

CD. compte rendu, critique. PAUL KLETZKI : Symphonie n°2 (Rösner, 1 cd Musiques-suisses, 2016)

kletzki paul par thomas rosner symphonie n 2 review compte rendu cd classiquenewsCD. compte rendu, critique. PAUL KLETZKI : Symphonie n°2 (Rösner, 1 cd Musiques-suisses, 2016). Thomas Rösner est un chef bien connu des Français qui ont pu apprĂ©cier son tempĂ©rament sur le mĂ©tier orchestral, fĂ©dĂ©rateur dans la grande forme, dĂ©taillĂ©, artisan de la couleur et des accents tĂ©nus malgrĂ© une ampleur philharmonique (La Ville Morte de Korngold, partition flamboyante entre Wagner, Lehar et Richard Strauss dont il avait su exprimer Ă  Nantes l’intĂ©rioritĂ© toute debussyste, riche en Ă©clats psychanalytiques pour Angers Nantes OpĂ©ra — mars 2015). Le jeune maestro mĂšne une carriĂšre que CLASSIQUENEWS accompagne depuis lors : sachant nourrir l’allant organique malgrĂ© souvent une Ă©criture trĂšs fournie comme c’est le cas ici, Thomas Rösner sait dĂ©tailler sans perdre la tension dramatique globale. C’est donc un architecte d’une infinie prĂ©cision (dĂšs le premier mouvement de la Symphonie n°2 de 1928, Ă  la fois nĂ©oclassique et expĂ©rimentale du compositeur et chef Paul Kletzki). La sonoritĂ© pleine et hĂ©doniste, ne s’épargne aucune coloration plus intĂ©rieure mĂȘme introspective, atteignant souvent une grandeur lyrique tout en mesure et nuance. L’éloquence sensuelle de l’orchestre polonais NSOPO, Orchestre Symphonique de la Radio Polonaise rend compte d’une Ă©criture souvent passionnante en rien « bavarde » ni dĂ©monstrative, mais qui sait a contrario, exprimer en une versatilitĂ© filigranĂ©e, une riche interrogation oĂč jaillit par bribes finement dessinĂ©es violon solo, clarinette, hautbois, flĂ»te
 d’allusifs Ă©pisodes qui brillent les facettes d’une intimitĂ© scintillante, 
 autant de qualitĂ©s d’une lecture essentiellement intĂ©rieure qui assure la rĂ©ussite du dernier Ă©pisode du trĂšs long premier mouvement I (Allegro con fuoco de plus de 18mn).

On apprĂ©cie de la mĂȘme maniĂšre le jeu d’équilibre tĂ©nu trĂšs finement brossĂ© dans le second mouvement (Andante sostenuto), qui s’autorise une Ă©chappĂ©e plus rugueuse et Ăąpre
 puis Ă  4’29 : l’ombre s’épaissit, dessinant un paysage aux rĂ©sonances plus brumeuses et rĂȘveuse oĂč s’affirme comme dans le I, une sonoritĂ© ample, dĂ©taillĂ©e, claire, admirablement tenue dans les derniers accords Ă©nigmatiques.

Dans le IIIĂš mouvement, la coupe prĂ©cise, droite, objective, extrĂȘmement claire et d’une parfaite mis en place sur un ton dĂ©terminĂ©, affirme un allant gĂ©nĂ©ral d’une motricitĂ© irrĂ©pressible, inexorable, soit un scherzo dont on loue la prĂ©cision quasi percussive, et d’une efficacitĂ© martiale. C’est du trĂšs grand mĂ©tier orchestral. Sa profondeur rend compte de la sensibilitĂ© spĂ©cifique de Paul Kletski dont l’activitĂ© de compositeur s’interrompre au dĂ©but des annĂ©es 1940, en raison de l’horreur de la barbarie nazie : nombre des membres de la famille du musicien ont Ă©tĂ© exterminĂ©s dans les camps de la mort.

KLECKI, PAUL 1965            © ERLING MANDELMANNLe troisiĂšme mouvement (Pesante) est le plus captivant Ă  notre avis, et dans le choix de la voix soliste, une claire volontĂ© de rĂ©inventer aprĂšs Mahler, le dĂ©veloppement symphonique : hypnotique, vĂ©nĂ©neux, d’une mĂ©lancolie impressionniste, c’est une sĂ©quence d’une rare cohĂ©rence sonore, suspendue Ă  la maniĂšre de Mahler (Chant de la Terre) et aussi de Korngold : du fait de l’intervention du baryton et du texte ainsi associĂ©s au dĂ©veloppement orchestral, Paul Kletzki compositeur rĂ©gĂ©nĂšre mĂȘme le tissu lyrico symphonique d’un Strauss (celui de La Femme sans ombre). Le rĂ©sultat est d’une totale originalitĂ© et mĂ©rite bien cet Ă©clairage qui vaut comme une rĂ©habilitation majeure. La fin est d’un classicisme souverain, subtilement canalisĂ© Ă  l’écoute du texte. L’intĂ©rĂȘt du programme, dĂ©jĂ  rĂ©el dans le choix de ce Kletski oubliĂ©, s’affirme davantage avec le morceau qui suit, et qui lui aussi, est d’un compositeur que la guerre a menĂ© pour se rĂ©fugier et fuir la barbarie galopante, en Suisse. La contemporanĂ©itĂ© des deux partitions (1928), et leur destin liĂ© Ă  deux figures des annĂ©es 1920, cimentent l’unitĂ© du programme.

CzesƂaw_MarekSublime rĂ©vĂ©lation, la Fantasia du Polonais Czeslaw Marek (1891-1985) est un rĂ©gal, d’autant magnifiĂ© par l’opulence intĂ©rieure et Ă©lĂ©gante que sait lui apporter le chef Thomas Rösner dans cette rĂ©alisation d’un impressionnisme quasi oriental et slave particulier. L’enregistrement permet de suivre pas Ă  pas chacun des volets de son dĂ©veloppement orchestral d’une flamboyance de timbres, souvent sidĂ©rante. Le sens de l’écoulement et du flux ininterrompu, Ă  la façon d’un ample mouvement symphonique d’un seul tenant, se rĂ©vĂšle ici, envoĂ»tant, irrĂ©pressible, grĂące Ă  l’intelligence et la finesse du maestro.

CLIC_macaron_2014Soit presque 28 mn, de souffle ample et surtout d’une calme et mĂ©lancolique voluptĂ© sonore dont l’équilibre et le souci de clartĂ© du chef sait piloter avec une finesse de ton, en tout point exemplaire. Comme il serait tentant ici de forcer l’expressivitĂ© de cette Ă©criture qui semble revisiter elle aussi, Richard Strauss, et Korngold et Szymanowski. A contrario Thomas Rösner convainc tout au long par une fabuleuse clartĂ© transparente, « objective » et d’une prĂ©cision parfaite qui rĂ©tablit et l’envoĂ»tante opalescence du tissu sonore et son flux quasi organique, s’achevant dans un murmure rĂ©pĂ©tĂ©, (en cela se refermant dans les accords du dĂ©but). La puissance liquide, le ton mystĂ©rieux, l’éblouissement continu qui naissent de l’écriture orchestrale, le raffinement inouĂŻ de l’orchestration associĂ© Ă  une inventivitĂ© mĂ©lodique (Roussel n’est pas loin) rĂ©vĂšle la qualitĂ© suprĂȘme de cette partition de 1928, comme elle confirme l’absolue sensibilitĂ©, elle aussi hautement musicale d’un excellent chef. Jeu expressif et nuancĂ© du chef, magistrale sonoritĂ© de l’orchestre, prise de son dĂ©taillĂ©e, surtout rĂ©vĂ©lation de deux partitions d’un grand plaisir symphonique : le disque reprend du galon grĂące Ă  cet album
 captivant. CLIC de CLASSIQUENEWS de janvier 2017.

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CD, compte rendu, critique. Paul Kletzki (1900-1973) : Symphonie n°2; Czeslaw Marek (1891-1985) : Sinfonia – deux parittions de 1928. Nationales Symphonieorchester des Polnischen Rundfunks, Kattowitz; Marius Godlewski, baryton; Thomas Rösner, direction. 1 cd Musiques Suisses MGB CD 6289 /7613295408142 / d’infos sur le site du label Musiques-Suisses.ch :
https://www.musiques-suisses.ch/fr/Paul-Kletzki-Czeslaw-Marek/Sinfonie-Nr–2-Sinfonia/id/759

Oratorio de Noël

BACH-JS-jean-sebastian-582-390-BACH-JS-4johann-sebastian-bachORATORIO DE NOËL… L’Opus BWV 248 de Jean-SĂ©bastien Bach est l’un des sommets liturgiques conçus par le compositeur baroque, directeur de la musique sacrĂ© Ă  Leipzig, pour le temps de NoĂ«l. L’ensemble, ambitieux et mĂȘme vaste, d’une durĂ©e totale de 2h30 environ, comprend six parties, parfaitement liĂ©es entre elles par un sujet unique, se dĂ©roulant avec cohĂ©rence de l’une Ă  l’autre. Bach a conçu le cycle pour les 6 jours de fĂȘte du temps de NoĂ«l 1734/1735. L’ensemble fut crĂ©Ă© dans les Ă©glises Thomaskirche et Nicolaikirche de Leipzig, sur un livret aujourd’hui attribuable Ă  Picander, mais sans vĂ©ritable preuves. Le fil conducteur est donnĂ© par le tĂ©nor qui raconte, narre, fidĂšle mĂ©diateur et rĂ©citant de l’histoire de la NativitĂ©, depuis le recensement de BĂ©thlĂ©em, jusqu’à l’adoration des mages. Chaque partie Ă©tait chantĂ©e, un jour aprĂšs l’autre, et non successivement en un tout continu, du 25 dĂ©cembre 1734, jour de NoĂ«l, jusqu’au 6 janvier 1735, pour l’Epiphanie. En dramaturge respectueux des Saintes Ă©critures (Passion de Saint-Mathieu et Passion de Saint-Luc), Bach qui a manifestement collaborĂ© au livret, et au choix des textes, structure musicalement son cycle liturgique en citant par intermittence les mĂȘmes familles d’instruments, d’un tableau Ă  l’autre : ainsi, le corps des trompettes en rĂ©, dans les parties I, III, VI.  Les parties I, II, III narrent la prochaine dĂ©livrance de Marie, la naissance de JĂ©sus (I) ; l’Annonciation aux bergers (II) ; l’invitation vers BethlĂ©em (II) ; la TroisiĂšme partie comporte l’air pour alto, le seul air original de l’Oratorio qui ne soit pas un rĂ©emploi d’une mĂ©lodie prise dans une cantate prĂ©cĂ©dente : un air oĂč Marie prend la parole et dĂ©clare “Renferme mon coeur ce doux miracle
” ; la circoncision (IV) : les mages d’Orient Ă  JĂ©rusalem et l’inquiĂ©tude d’HĂ©rode Ă  la nouvelle de la naissance de l’Enfant (V) ; la marche et l’adoration des mages (VI). Le cycle se termine par un choral de triomphe, entonnĂ© par la trompette dont la partie de soliste fut composĂ©e par Bach pour le virtuose Gottfried Reiche, l’un des musiciens de l’orchestre que le compositeur dirigeait Ă  Leipzig.

 

 

 

 

Oratorio de Noël : il est né le divin Enfant !

 

Piero della Francesca : la NativitĂ© et le chƓur des anges musiciens (DR)

 

 

 

Joyeux NoĂ«l et bonnes fĂȘtes

 

Hans Memling : l’Ange pacificateur (DR)

 

 

 

Ton Koopman joue l'Oratorio de Noël de JS Bach

 

Caravage : Le repos pendant la fuite en Egypte (DR)

 

 

 

CD, compte rendu critique. Orchestre d’Auvergne. Tchaikovsky, Sibelius (1 cd Aparte, 2016)

orchestre d auvergne cd review cd critique classiquenews Serenade-Opus-48-Voces-Intimae-Opus-56CD, compte rendu critique. Orchestre d’Auvergne. Tchaikovsky, Sibelius (1 cd Aparte, 2016). A Clermont-Ferrand oĂč a lieu le fameux Concours international de chant lyrique, rĂšgne aussi comme en tĂ©moigne ce disque Ă©loquent s’il en est, une pure et actuelle tradition symphonique. L’Orchestre d’Auvergne (phalange d’une vingtaine d’instrumentistes permanents, crĂ©Ă©e en 1981) signe ici un programme fondamental, – soit la base du rĂ©pertoire pour tout orchestre de cordes qui se respecte, rĂ©ussissant la dĂ©fense de deux Ɠuvres copieuses du rĂ©pertoire romantique et postromantique, mais en effectif choisi : uniquement les cordes pour la SĂ©rĂ©nade de Tchaikovsky, puis l’Opus 56 de Sibelius, deux volets d’un vrai dĂ©fi pour les instrumentistes soucieux de sonoritĂ© fluide et cohĂ©rente, comme d’écoute collective.

 

 

 

Deux sommets pour cordes seules
NuancĂ©, impliquĂ© : l’Orchestre d’Auvergne relĂšve le dĂ©fi

 

 

SERENADE de Tchaikovsky. A la fine caractĂ©risation de chaque sĂ©quence, – y compris les tableaux si disparates composant le premier mouvement « Pezzo en forma di Sonatina », les musiciens auvergnats savent allĂ©ger, colorer, nuancer, rĂ©vĂ©lant des dispositions d’unisson, prĂ©cises, cohĂ©rentes, aux phrasĂ©s articulĂ©s. A une certaine gravitĂ©, et profondeur (liĂ© au tempĂ©rament introspectif et intime de Piotr Illyitch), succĂšde deux sĂ©quences plus objectivement nerveuses et rythmiques : dont on comprend qu’elles aient Ă©tĂ© si apprĂ©ciĂ©es des chorĂ©graphes. DĂ©licatesse et chant des violoncelles comme des altos et violons, lesquels emportent avec la mĂȘme Ă©lĂ©gance la superbe Walzer. L’ElĂ©gie qui suit, Ă  la fois dĂ©licate et d’une fluiditĂ© inscrite dans la pudeur, se distingue tout autant : confession de l’intime, admirablement ciselĂ© grĂące Ă  un chef d’une sensibilitĂ© intĂ©rieure manifeste (Roberto ForĂ©s Veses, chef attitrĂ© de l’Orchestre d’Auvergne voilĂ  4 annĂ©es Ă  prĂ©sent, nommĂ© Ă  ce poste en 2012). L’impression d’une plĂ©nitude murmurĂ©e s’affirme encore dans le dernier “Finale / Tema Russo”, mais avec une Ă©loquence dont le flux organique rĂ©tablit l’allant d’une irrĂ©pressible ardeur. La tension palpable assure Ă  l’écoulement du dernier mouvement sa vive articulation (jeu de la rĂ©sonance, nettetĂ© des attaques, relief graphique des ornements
) oĂč se dĂ©ploie une opulence ronde et Ă©lastique. Jamais Ă©pais ni forcĂ©, le chant des cordes rĂ©alise ici un parcours Ă  la fois dĂ©terminĂ© et finement dessinĂ©. Du bel ouvrage.
Si la musique de Tchaikovsky tend Ă  une abstraction subjective, qui s’inscrit dans la psychĂ© mystĂ©rieuse et superbement pudique de son auteur, l’écriture de Sibelius veille Ă  l’efficacitĂ© resserrĂ©e du dĂ©veloppement formel et aussi Ă  l’expression la plus directe, de la splendide nature. Le vivace (2Ăš sĂ©quence) en serait la plage la plus palpitante, haletante mĂȘme, dont la vibration demeure emblĂ©matique de toute l’inspiration naturaliste du compositeur finnois. Et l’Adagio (3Ăš sĂ©quence) qui suit et la plus longue du cycle de 5 mouvements, soit plus de 9mn, dĂ©signerait quant Ă  elle, la trace d’un secret enfoui que le chant presque Ă©nigmatique et parfois Ăąpre de l’orchestre tend Ă  percer, sans jamais l’élucider vraiment. D’une belle envolĂ©e qui doit ĂȘtre aĂ©rienne, d’un pupitre Ă  l’autre, l’Allegretto convainc enfin par sa ductilitĂ© et sa lĂ©gĂšretĂ© (unissons lĂ  encore parfaits), y compris, surtout, dans ce bouillonnement trĂ©pidant qui conclut le mouvement.
La tenue des cordes, la direction affĂ»tĂ©e, prĂ©cise, Ă©tonnamment jamais creuse du chef assurent la rĂ©ussite de ce programme plus qu’exigeant pour un orchestre de cordes seules : rĂ©vĂ©lateur de ses rĂ©elles performances. Pari relevĂ© pour l’Orchestre d’Auvergne au mieux de sa forme. A suivre.

 

 

 

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CD, compte rendu critique. Orchestre d’Auvergne / Roberto ForĂ©s Veses, direction.  Tchaikovsky (SĂ©rĂ©nade opus 48), Sibelius (Voces Intimae opus 56) / 1 cd Aparte, 2016.

 

 

PoĂšme de l’extase par Jean-Claude Casadesus

casadeus ugo ponte ONL DSC_0532LILLE. Jean-Claude Casadesus. L’Amour et la danse, II. 19-25 janvier 2017. Le volet 1 de ce cycle Ă©vĂ©nement, s’achevait avec la derniĂšre note, lumineuse, soutenu au piccolo, celle de l’espĂ©rance aprĂšs la dĂ©flagration d’une impitoyable machine Ă  broyer, prĂ©cipitant la mort de RomĂ©o et de Juliette (version Prokofiev : lire notre compte rendu du concert L’Amour et la danse I, le 1er dĂ©cembre 2016). Dans ce volet 2, Jean-Claude Casadesus retrouve ses chers instrumentistes de l’Orchestre national de Lille, abordant d’autres rivages oĂč la danse lĂ  encore, inspire d’étonnants mondes symphoniques. C’était le cas du ballet RomĂ©o et Juliette de Prokofiev, c’est assurĂ©ment la nature partagĂ©e du PoĂšme de l’Extase – crĂ©Ă© Ă  New York en mars 1907, d’un Scriabine (1872 – 1915) aux confins des constellations visibles et connues : l’écriture orchestrale Ă©tant pour lui, le moyen et la langue d’une exploration sonore jamais tentĂ©e avant lui. Sensuel et mystique, le moscovite Scriabine rĂ©alise alors, l’un de ses poĂšmes pour orchestre les plus inspirĂ©s et les plus personnels, emblĂ©matique de toute sa recherche spirituelle
 D’abord imaginĂ© comme sa possible 4Ăš Symphonie, le PoĂšme de l’extase qui prĂ©cĂšde PromĂ©thĂ©e (1909), appartient aux derniers drames symphoniques de Scriabine qui ensuite jusqu’à sa mort en 1915, ce composera plus que pour l’instrument dont il est virtuose, le piano.

Jean-Claude Casadesus interpùte Le Poùme de l’extase


Vers l’illumination orchestrale


Le PoĂšme de l’extase (inititalement intitulĂ© « PoĂšme orgiaque »), reprend le concept messianique de la musique visionnaire et prophĂ©tique telle que l’a dĂ©fendu avant lui Wagner : la musique permet Ă  l’humanitĂ© d’accĂ©der Ă  un niveau de connaissance et de conscience, supĂ©rieur ; le compositeur Ă©tant le guide de cette quĂȘte spirituelle partagĂ©e. Le guide comme le catalyseur, celui qui en provoque l’accomplissement comme la rĂ©vĂ©lation. Dans le programme rĂ©digĂ© par ses soins, Scriabine prĂ©cise son intention :

«  Je vous appelle à la vie, forces mystérieuses,
NoyĂ©es dans les profondeurs obscures de l’esprit crĂ©ateur,
Timides Ă©bauches de la vie,
A vous, j’apporte l’audace. »

skryabin scriabine alexandre scriabine piano orchestre extase, divinSCRIABINE : la musique de la transcendance… Ainsi le compositeur connectĂ© avec le Divin, suscite le moyen d’accĂ©der Ă  une conscience supĂ©rieure. Le drame musical qui en dĂ©coule d’abord Ă©laborĂ© sous la forme d’une symphonie en 4 mouvements, devient un seul continuum orchestral, avec prologue et Ă©pilogue. Le dĂ©roulement permet d’exposer plusieurs mĂ©lodies trĂšs reconnaissables, correspondant chacune Ă  un thĂšme / sentiment : langueur (flĂ»tes et violon solo dans le premier Andante languido), rĂȘve (clarinette), volontĂ©, envol (trompette, instrument soliste prĂ©sent en continu),
 L’écriture fascine en ce qu’elle fusionne rĂ©miniscences wagnĂ©riennes (tristanesques, harmoniquement audacieuses) et clartĂ© et transparence impressionnistes (Scriabine a connu et assimilĂ© la musique de Debussy).
La construction sousjacente expose le conflit, entre langueur suspendue, venimeuse, et affirmation, laquelle s’impose Ă  la fin, lumineuse, transcendante (accord final d’ut majeur), de sorte que par « extase », Scriabine entend non pas seule pĂ©roraison sur le plaisir orgiaque, mais dĂ©passement et mĂ©tamorphose grĂące au sens spirituel de l’art (ici de la musique). La fabuleuse tension Ă©nergique qui porte le dĂ©veloppement entier de l’unique mouvement, saisit d’emblĂ©e le spectateur : car tout l’orchestre (avec orgue final) est continument sollicitĂ© pour exprimer la transcendance ascensionnelle, voulue par Scriabine. De la texture riche, dense Ă  son dĂ©but, naĂźt l’accomplissement de la rĂ©vĂ©lation ultime


strauss richardAuparavant, avec Scriabine qui en est l’aboutissement attendu, Jean-Claude Casadesus dĂ©but le programme avec la complicitĂ© de 3 solistes : François-FrĂ©dĂ©ric Guy (piano), Tedi Papavrami (violon), Xavier Phillips (violoncelle),  - invitĂ©s Ă  un trĂšs sĂ©duisant jeu d’écoute collective et concertante (Triple Concerto de Beethoven). Ensuite, antichambre des effluves sensuelles mystiques de Scriabine, place – titre du cycle oblige, Ă  l’entĂȘtante expressionniste danse des 7 voiles, point culminant de la partition de Richard Strauss dans son opĂ©ra de jeunesse, SalomĂ©. Strauss est avec Sibelius et Mahler, le plus grand symphoniste du dĂ©but du XXĂš, et cette sĂ©quence flamboyante l’atteste sans dĂ©tours.

BEETHOVEN
Triple concerto pour violon, violoncelle et piano
Piano : François-FrĂ©dĂ©ric Guy‹Violon : Tedi Papavrami‹Violoncelle : Xavier Phillips

R. STRAUSS
Salomé : Danse de Salomé

SCRIABINE
Poùme de l’Extase

Orchestre national de Lille
Jean-Claude Casadesus, direction

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POÈME DE L’EXTASE
CYCLE L’AMOUR ET LA DANSE, ÉPISODE 2

Jeudi 19 janvier 2017, 20hboutonreservation
Vendredi 20 janvier 2017, 20h
LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle
RÉSERVEZ VOTRE PLACE

Programme repris ensuite :
Ă  Grande-Synthe, le 21 janvier 2017, 20h
Ă  La Rochelle, les 24 et 25 janvier 2017, 20h

AUTOUR DU CONCERT
LEÇON DE MUSIQUE
Avec HÚctor Parra, compositeur en résidence
“Des sons et des couleurs en musique”
Jeu 19 & Ven 20 Janv. 19h
(EntrĂ©e libre, muni d’un billet)

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CONCERT FLASH 12H30
Avec François-Frédéric Guy, Tedi Papavrami et Xavier Phillips
“L’art du trio”
Beethoven ‱ Schumann
Ven 20 Janv. 12h30
(De 5 à 10 €)

Toutes les infos, les ressources sur le programme, sur le site de l’Orchestre national de Lille

http://www.onlille.com/event/201615-poeme-extase-beethoven-strauss-lille/

 

MOZART est une POP STAR : record de vente pour le coffret Mozart 225

MOZART the new complete edition 200 cd 225 mozart anniversary review presentation cd cd critique classiquenews CLIC de classiquenews de novembre 20164830000ActualitĂ©s MOZART, dĂ©cembre 2016. Record de ventes absolu pour le coffret MOZART 225, Ă©ditĂ© par Deutsche Grammophon. VoilĂ  une nouvelle qui dĂ©montre la popularitĂ© du classique et de Mozart en particulier. Comme classiquenews le soulignait dĂšs le 5 dĂ©cembre 2016 dans une dĂ©pĂȘche dĂ©diĂ©e (soit le 225Ăš anniversaire de la mort du divin Wolfgang): le coffret magistral coĂ©ditĂ© par Deutsche Grammophon (Universal et la Fondation Mozarteum de Salzbourg) s’est vendu en l’espace de quelques 5 semaines aprĂšs sa publication, fin novembre dernier
 Ă  1,25 millions d’exemplaires. Un record qui dĂ©passe toutes les performances cumulĂ©es 2016, tous les genres confondus, y compris la variĂ©tĂ© et la pop internationale. Serait-ce que la vĂ©ritĂ© du message mozartien pour ses 225 ans, n’a rien perdu de son acuitĂ© moderne ? La musique de Mozart, d’une sincĂ©ritĂ© dĂ©sarmante nous touche toujours autant et le coffret Ă©vĂ©nement qui propose en 200 cd, la « nouvelle intĂ©grale » de ses oeuvres (” W. A. MOZART, The New complete Edition 2016, 225 “), classĂ©es en 4 volets (musique de chambre, musique sacrĂ©e, musique orchestrale et symphonique, thĂ©Ăątre et opĂ©ras) est rĂ©alisĂ©e de façon magistrale, alliant l’exhaustivitĂ© Ă  l’esthĂ©tique : soit outre les 200 cd trĂšs bien classĂ©s, une mise en forme Ă©ditoriale, conçue sous la forme de 2 beaux-livres grand format remarquablement illustrĂ©s et mis en page : la vie du compositeur d’une part, et dans le livre II, la prĂ©sentation commentĂ©e de ses oeuvres, chacune ayant son propre texte d’explication. Une Ă©dition exemplaire dont la qualitĂ© a Ă©tĂ© reconnue immĂ©diatement par les mĂ©lomanes : d’aucun souligne le bon coup marketing d’Universal ; classiquenews plus nuancĂ© prĂ©fĂšre parler d’une Ă©dition soignĂ©e et objectivement pertinente dont la qualitĂ© et la valeur ont Ă©tĂ© justement rĂ©compensĂ©es. Le coffret The New Complete Edition Mozart 2016, 225, est depuis dĂ©but dĂ©cembre (environ 459 euros), l’un des titres Ă©vĂ©nements sĂ©lectionnĂ© parmi les coffrets cadeaux Ă  offrir pour NoĂ«l 2016. LIRE notre prĂ©sentation du coffret Mozart 225 : The New Complete Edition 2016

 

 

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RecrĂ©ation de ChimĂšne de Sacchini par l’Arcal

Antonio_SacchiniSt-Quentin (78): les 13, 14 janvier 2017. Sacchini: ChimĂšre par l’ARCAL. Bien que nĂ© Florentin, le jeune Antonio Sacchini est remarquĂ© par le napolitain Durante qui souhaite en faire le plus grand compositeur de son siĂšcle. Rien de moins. DĂ©fi relevĂ© et en France principalement. PassĂ© par Venise, professeur de chant pour Nancy Storace, la soprano vedette si tendrement aimĂ© de Mozart
, puis en Allemagne, surtout Ă  Londres oĂč il se rapproche de Tratetta (autre napolitain), Sacchini ne tarde pas Ă  s’imposer par son Ă©loquence europĂ©enne, une Ă©criture brillante, raffinĂ©e qui s’autorise comme chez Mozart, une profondeur prĂ©romantique, prĂ©sente aussi dans son opĂ©ra Renaud- premier opĂ©ra parisien de Sacchini (Ă©galement crĂ©Ă© en 1783), qu’a rĂ©vĂ©lĂ© le jeune chef Bruno Procopio Ă  Rio de Janeiro en 2015, avec la sensibilitĂ© et l’ardeur expressive dont a rendu compte alors classiquenews.com : VOIR notre reportage vidĂ©o RENAUD de Sacchini par Bruno Procopio (juin 2015).

 

SACCHINI A PARIS
 EndettĂ© Ă  Londres, Sacchini Ă  51 ans, en 1781, l’invitation de la Cour de France afin d’y affirmer la supĂ©rioritĂ© des Napolitains contre Gluck : de fait Sacchini bĂ©nĂ©ficie des intrigues des dĂ©fenseurs de son confrĂšre Piccinni, autre Napolitain invitĂ© par Marie-Antoinette, qui avait auparavant dĂ©velopper les arguments de l’opĂ©ra italien en France. Renaud comme ChimĂšne crĂ©Ă©s tous deux en 1783 devant la Cour, illustrent cet Ă©clectisme virtuose, brillant, nĂ©o classique et donc prĂ©romantique qui germe et croĂźt en France dans les derniĂšres annĂ©es de la monarchie.
Audacieux voire expĂ©rimental, Sacchini « ose » proposer une nouvelle mouture du Dardanus de Rameau : Ă©chec retentissant. Puis c’est ƒdipe Ă  Colone en 1786, porteur de la mĂȘme ampleur Ă©motionnelle aux cĂŽtĂ©s de son style international post gluckiste : nouvelle Ă©chec. Mais dĂšs sa reprise en 1787, l’ouvrage ultime de Sacchini d’aprĂšs le mythe antique saisit l’audience et est jouĂ© sans faiblir jusqu’en 1844, soit 583 fois : un record absolu qui enthousiasme encore Berlioz, lui-mĂȘme ardent Gluck. Triomphe posthume car Sacchini Ă©tait mort brutalement en 1786 (Ă  56 ans).

 

 

La tragĂ©die lyrique telle que l’a souhaitĂ©e Marie-Antoinette

 

 

Gluck Ă  Paris (1774-1779)UN ITALIEN RENOUVELLE LA TRAGEDIE LYRIQUE
 L’ARCAL choisit de ressusciter ChimĂšne de 1783, chantĂ© en Français. Ouvrage majeur comme Renaud, rĂ©vĂ©lant le mĂ©tier d’un compositeur Ă  la fois raffinĂ© et brillant, invitĂ© Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer les vieilles formes thĂ©Ăątrales françaises. Sacchini traite d’une forme conventionnelle Ă  bout de souffle, la tragĂ©die lyrique, hĂ©ritĂ©e de Lully au XVIIĂš (un Florentin comme lui). Le genre es tle plus ambitieux en France car il exige de fusionner les disciplines du thĂ©Ăątre en un seul spectacle : chant, danse, machinerie,
 Sacchini apporte la virtuositĂ© italienne au format lyrique français, rĂ©pondant ainsi au goĂ»t de la jeune Marie-Antoinette, devenue reine de France en 1774, 9 annĂ©es auparavant : entretemps, le germanique Gluck a rĂ©alisĂ© une rĂ©forme totale de l’opĂ©ra français, imposant la nĂ©cessitĂ© dramatique et la seule cohĂ©rence comme esthĂ©tique, contre les dĂ©rives de la pure virtuositĂ©. L’imagination de Sacchini rĂ©Ă©calire le mythe des amours maudites entre Rodrigue « Le Cid » et son aimĂ©e ChimĂšne : l’opĂ©ra s’inspire de la piĂšce de Pierre Corneille, crĂ©Ă©e un siĂšcle avant Sacchini, en janvier 1637.

marie antoinette versailles France royaute marie-antoinetteL’OPERA en France aprĂšs Gluck, favorisĂ© par Marie-Antoinette… La production portĂ©e par l’Arcal apporte ainsi un Ă©clairage particulier sur les transformations du spectacle en France Ă  la fin du XVIIIĂš : Ă©poque charniĂšre dite des LumiĂšres et « nĂ©oclassique », ou encore prĂ©romantique, propre aux annĂ©es 1780, oĂč Ă  l’époque des futures convulsions historiques, rĂ©volutionnaires (fin de la monarchie et des Bourbons au XVIIIĂš), le genre lyrique s’enrichit considĂ©rablement Ă  la Cour de France de la venue des « étrangers », depuis Gluck. Une prĂ©sence Ă©trangĂšre, cultivĂ©e par la reine Marie-Antoinette, l’autrichienne Ă  Versailles. La production 2017 de l’Arcal profite de l’engagement des interprĂštes : le chef et violoniste Julien Chauvin (crĂ©ateur malheureux de son orchestre sur instruments anciens : Le Concert de la loge, qu’il avait intitulĂ©e avant le recours juridique du ComitĂ© Olympique, La Loge Olympique). Ayant perdu son identitĂ© Olympique sous des pressions juridiques aberrantes – on ne voit bien comment un orchestre intitulĂ© « Olympique » pourrait faire de l’ombre Ă  l’Olympisme sportif
, l’orchestre reprend donc du service pour l’Arcal, compagnie lyrique nationale, aprĂšs avoir dĂ©fendu les dĂ©lices d’Armida de Joseph Haydn. C’est aussi la metteure en scĂšne Sandrine Anglade dont la spĂ©cialisation reconnue du thĂ©Ăątre de Pierre Corneille devrait apporter une vision spĂ©cifique sur le mythe de ChimĂšne et du Cid
 en particulier dans l’opĂ©ra de Sacchini qui opĂšre une rĂ©duction / simplification de la piĂšce originelle, passant de 5 actes (Corneille) Ă  3 actes (livret de Guillard). La compagnie nationale ARCAL confirme son engagement dans l’exploration du thĂ©Ăątre lyrique en France, Ă  l’Ă©poque des LumiĂšres, entre baroque, nĂ©oclassicisme et prĂ©romantisme, c’est Ă  dire dans la pĂ©riode riche en mutations propre aux annĂ©es 1780.

 

 

 

SYNOPSIS

 

 


Acte I. Devoir et amour Ă  SĂ©ville : le dilemme Ă©treint le coeur des deux amoureux : Rodrigue et ChimĂšne. Le premier a tuĂ© le pĂšre de la seconde, son aimĂ©e. Ainsi l’amour raille les enjeux politiques : et quand Rodrigue devant ChimĂšne lui demande de le frapper pour qu’elle se venge la mort du pĂšre, la jeune femme s’écroule. Et le chasse.
Acte II. Contre les Maures musulmans, Rodrigue mĂšne les troupes du roi. Il triomphe. Mais blessĂ©e, inconsolable, ChimĂšne dĂ©signe son nouveau dĂ©fenseur, celui qui tuera puisqu’elle en est incapable, Rodrigue, Don Sanche (qui aime aussi ChimĂšne).
Acte III. Le pardon. Rodrigue ne peut vivre sans l’amour de ChimĂšne. Il lui promet de se soumettre et de mourir de sa main. Le duel Rodrigue, Sanche a lieu : en voyant Ă  son issue, Sanche revenir vivant, ChimĂšne croit Ă  la mort de son aimĂ©. Rien de tel : Rodrigue a Ă©pargnĂ© le vaincu. ChimĂšne qui a avouĂ© ses vrais sentiments pour Rodrigue, peut s’unir Ă  lui car elle avait promis d’épouser le vainqueur du combat.

La force du drame tient au tiraillement cornĂ©lien : amour contre devoir. Rodrigue a tuĂ© le pĂšre de ChimĂšne (Don GomĂšs) pour rĂ©pondre au voeu de son propre pĂšre (Don DiĂšgue). Mais ChimĂšne par devoir pour son pĂšre en symĂ©trie, souhaite la mort de Rodrigue qui l’a tuĂ©. La fille et le fils pourront-ils se dĂ©faire de la loi des familles et du code de la vengeance ? La situation pose aussi l’opposition entre libertĂ© personnelle et soumission Ă  la loi familiale et Ă  ce qu’impose la filiation.

Ce qui fait aussi la valeur de la piĂšce, c’est la beautĂ© des vers de Corneille :

Va, je ne te hais point.
Nous partßmes cinq cents ; mais par un prompt renfort  / Nous nous vßmes trois mille en arrivant au port.
Et le combat cessa faute de combattants.
L’amour n’est qu’un plaisir, l’honneur est un devoir.
Le trop de confiance attire le danger.
Aux Ăąmes bien nĂ©es, La valeur n’attend point le nombre des annĂ©es.
Tu t’es, en m’offensant, montrĂ© digne de moi ; Je me dois, par ta mort, montrer digne de toi.

L’opĂ©ra de Sacchini en propose une transformation, selon le goĂ»t des contemporains de Marie-Antoinette, dictĂ©e par les rĂšgles de la prosodie spĂ©cifique au chant lyrique. Il en dĂ©coule un ouvrage d’une virtuositĂ© lyrique habile, servant le drame resserrĂ© du librettiste.

 

 

 

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sacchini-antonio-582Antonio Sacchini : ChimÚne ou le Cid, créé à Fontainebleau en 1783
Livret de Guillard d’aprĂšs Corneille — recrĂ©ation prĂ©sentĂ©e par l’ARCAL, compagnie national de thĂ©Ăątre lyrique et musical (direction : Catherine Kollen)

Le Concert de la Loge. Julien Chauvin, directio
Mise en scĂšne : Sandrine Anglade
DurĂ©e : environ 2h – spectacle sans fosse
Opéra chanté en Français

 

 

5 représentations

 

 

Saint-Quentin en Yvelines (78).
Théùtre nationale : les 13 et 14 janvier 2017 :

réservez votre place

Puis,
Massy, Opéra. Le 14 mars 2017
Herblay, Théùtre R. Barat. Les 25 et 27 mars 2017

 

 

CD événement, annonce. NEUKOMM : Requiem par Jean-Claude Malgoire (1 cd Alpha)

neukomm jean claude magloire cd alpha annonce clic de classiquenews janvier 2017CD Ă©vĂ©nement, annonce. NEUKOMM : Requiem par Jean-Claude Malgoire (1 cd Alpha). C’est l’un des coups de coeur de classiquenews de janvier 2017 et le prochain CLIC de classiquenews de ce dĂ©but d’annĂ©e 2017 : Jean-Claude Malgoire revient Ă  un compositeur salzbourgeois qu’il connaĂźt bien, Sigismund Neukomm, dont il a prĂ©cĂ©demment rĂ©vĂ©lĂ© la version complĂ©tĂ©e du Requiem de Mozart. Dans ce nouvel opus, Ă  paraĂźtre chez Alpha Ă  la mi janvier 2017, le chef fondateur de La Grande Ecurie & la Chambre du Roy redouble de dĂ©licatesse recueillie, soulignant dans ce Requiem pour Louis XVI (guillotinĂ© le 21 janvier 1793), l’élĂ©gance d’un Neukomm ardent ambassadeur de piĂ©tĂ© et d’intimisme. La partition, seconde des 50 Messes Ă©crites par le compositeur Salzbourgeois comme Mozart, a Ă©tĂ© commandĂ©e par Talleyrand, le patron de Neukomm, puis crĂ©Ă©e Ă  Vienne, en la CathĂ©drale Saint-Etienne, le 21 janvier 1815.
CLIC D'OR macaron 200REQUIEM des bienheureux … Certes dĂšs le dĂ©part la formidable fanfare, lugubre et sombre, structure la progression de ce monument spectaculaire ; mais ce qui frappe surtout et ce qui a marquĂ© les spectateurs auditeurs des concerts qui ont prĂ©cĂ©dĂ© le disque, c’est la pudeur et le recueillement filigranĂ© des voix solistes et des choeurs, exprimant surtout l’apothĂ©ose du dĂ©funt et son accueil rassĂ©rĂ©nĂ© dans les bĂ©atitudes cĂ©lestes. La rĂ©alisation est splendide, d’une articulation collective inouĂŻe. CLIC de CLASSIQUENEWS de janvier 2017 et critique dĂ©veloppĂ©e du cd Requiem de Neukomm par Jean-Claude Malgoire le jour de parution du cd soit le 15 janvier 2017. A suivre sur CLASSIQUENEWS.COM

CD, coffret The Karajan Official Remastered Edition, 103 cd WARNER classics.

karajan3D (3) karajan official remastered edition warner classics review cd cd critique presentation sepcial file classiquenews christmas file 2016 dossier de noel cdCD, coffret The Karajan Official Remastered Edition, 103 cd WARNER classics.
« Karajan Official Remastered Edition » Ă©ditĂ© cet hiver par Warner classics, totalise 101 cd remastĂ©risĂ©s, regroupĂ©s en 13 coffrets. Tout l’art du chef autrichien enregistrĂ© par/ pour EMI, de 1946 Ă  1984 est ainsi concentrĂ©, rĂ©vĂ©lĂ© par la nouvelle prise de son. Les origines sont ainsi totalement rĂ©vĂ©lĂ©es : alors que malgrĂ© sa dĂ©nazification, Herbert von Karajan (1908-1989) peut diriger sans ĂȘtre soupçonnĂ© de mensonge – bien qu’il eut de facto, une relation ambiguĂ« avec les nazis (Karajan possĂ©da sa carte du parti), le chef pourtant trĂšs talentueux et dĂ©jĂ  remarquĂ©, est interdit en Allemagne et dans le reste de l’Europe, de direction, sur toutes les scĂšnes connues. Son passĂ© pĂšse d’un doute trop encombrant. Et aprĂšs la guerre, tout un chacun souhaite rompre tout lien avec le passĂ© honteux.
karajan-box-warner-classics-maestro-chef-1948---1989-coffret-cd-review-cd-cd-critiqueCLIC_macaron_2014Pour Karajan, le salut passera donc par le studio, en Angleterre, grĂące Ă  sa rencontre avec l’ingĂ©nieur et producteur Walter Legge. En tĂ©moigne Ă  partir de 1946, cette frĂ©nĂ©sie d’enregistrements : Karajan enregistre tout, avec dĂ©jĂ  ce soin particulier sur la sonoritĂ© souhaitĂ©e, servant le rĂ©pertoire qu’il se forge peu Ă  peu, avec une boulimie aussi scrupuleuse qu’exigeante. Karajan est un perfectionniste dans l’ñme, trop soucieux d’idĂ©al, trop esthĂšte et magicien de la beautĂ©, pour ne se contenter que de jouer les oeuvres. A travers cette quĂȘte du son absolu, se prĂ©cise au fond la recherche spirituelle tant espĂ©rĂ©e : la musique est une vocation, c’est surtout une mystique Ă  laquelle le musicien voue une passion dĂ©vorante. C’est pourquoi dĂšs les premiers enregistrements des annĂ©es 1940, le geste du jeune chef presque quadra, cible bel et bien ce qu’il y a de spirituel dans l’art. Les archives Warner classics nous font Ă©couter tout cela, et de façon magistrale. Le maestro travaille la matiĂšre sonore comme le sculpteur cisĂšle la gangue matricielle pour en extraire l’or et le diamant. Voici donc grĂące Ă  cette intĂ©grale audio remastĂ©risĂ©e, le son Karajan des origines, celui des annĂ©es 1940, – de l’immĂ©diat aprĂšs-guerre, donc dĂšs 1946, jusqu’à 1960 ; puis Ă  nouveau de 1969 Ă  1984, soit 5 ans avant sa mort. Les orchestres concernĂ©s sont au dĂ©but du cycle, le Vienna Philharmonic (le Wiener Philharmoniker : rien de moins), le Philharmonia (orchestre fondĂ© alors Ă  Londres par Legge), the Berlin Philharmonic (dont Karajan allait ĂȘtre nommĂ© directeur Ă  vie Ă  partir de 1955), les Ă©quipes de La Scala, Ă  Milan, sans omettre l’Orchestre de Paris. CD, coffret The Karajan Official Remastered Edition, 103 cd WARNER classics 0190295955199. Pour approfondir, lire notre compte rendu critique du livre KARAJAN, une autobiographie imaginaire (l’auteur Sylvain Fort imagine ce qu’aurait pu Ă©crire le chef autrichien pour couper court Ă  toutes les rumeurs le discrĂ©ditant
 chez Actes Sud, octobre 2016).

CD, compte rendu critique. Dixit Dominus : Vivaldi, Handel, Mozart (Jordi Savall, 1 cd Alia Vox, juin 2015)

dixit dominus handel mozart vivaldi jordi savall alia vox cd review cd critique classiquenews presentationCD, compte rendu critique. Dixit Dominus : Vivaldi, Handel, Mozart (Jordi Savall, 1 cd Alia Vox, juin 2015). EnregistrĂ© Ă  l’Auditori de Barcelona dĂ©but juin 2015, ce programme copieux et cohĂ©rent affiche la grande aisance et ce fini instrumental autant autant que vocal qui caractĂ©risent les effectifs rĂ©unis autour du catalan Jordi Savall. Comme son pair en rĂ©alisations baroques, visionnaires et dĂ©cisives, William Christie dont le geste margnifiquement ouvragĂ© lui aussi s’est engagĂ© en 2016 pour la dĂ©fense du message spirituel de JS Bach (fabuleuse relercture de la Messe en si, dont une Ă©tape est passĂ©e par Barcelona aussi), Savall publie l’expĂ©rience sacrĂ©e rĂ©alisĂ©e en 2015, reliant en une filiation secrĂšte les 2 Baroques majeurs : Haendel / Handel et Vivladi, auquels il associe le singulier – entre classique et prĂ©romantique, Mozart, tous ambassadeurs de l’épopĂ©e guerriĂšre et spirituelle du texte Dixit Dominus. Ne manque ici que la proposition de JS Bach qu’il aurait Ă©tĂ© pourtant passionnante d’ajouter Ă  ce Triptyque musical, d’une rare pertinence artistique.

Le Psaume 110 (ou 109 dans la nomenclature juive, reprise par La Vulgate de Saint-JĂ©rĂŽme) est l’un des piliers de la dĂ©votion catholique, – alliant foi conquĂ©rant et victorieuse, – les enfants et anges armĂ©s du Divin s’exprimant dans la jubilation collective, entre nervositĂ© et jubilation suspendue voire extatique. Entre doxologie proclamative (certainement portĂ©e,inspirĂ©e, pilotĂ©e par le Roi David soucieux d’affirmer sa foi) et aussi tĂ©moignage d’une foi sincĂšre et intime vĂ©cue par chaque croyant (Ă©clat des parties solistiques, en dialogue ou contrepointant la masse chorale). La sĂ©quence est particuliĂšrement tout au long de l’annĂ©e liturgique car elle est donnĂ©e en gĂ©nĂ©ral au dĂ©but de l’Office dominical des VĂȘpres.

Chez Vivaldi (Dixit datĂ© de 1717, soit au moment oĂč le VĂ©nitien affirme son statut de compositeur incontournable Ă  la PietĂ  de Venise, car il devient alors Maestro de’ concerti, aprĂšs la mort de Gasparini), la coupe rythmique, nerveuse, bondissante mais toujours suave s’impose (on est Ă  l’opposĂ© des stridences Ăąpres voire incisives de bien des baroqueux italiens et français) ; mais le profil plus intĂ©riorisĂ© des parties de solistes, – comme le duetto des deux sopranos (Tecum Principium), ou celui plus inquiet, et comme traversĂ© par un sentiment d’incertitude ou de souffrance (De torrente in via bibet, pour contretĂ©nor), sait donc cultiver aussi l’impact incarnĂ© et intime des priĂšres. Cette lecture proche des souffrances humaines trouve un Ă©quilibre somptueusement exprimĂ© ici, par le sentiment de tendresse et les climats de fragilitĂ© inhĂ©rent Ă  la condition de chaque croyant. Sentiment d’errance instable que rĂ©sout et finalement efface totalement le trio riche en certitude Gloria Patri (3 voix d’hommes, d’une sobriĂ©tĂ© rassurante).

  

Dixit superlatif
Triptyque sacré somptueusement inspiré

Dans la perspective du Vivaldi, le choeur du Dixit mozartien (k 193, datĂ© de 1774) semble prolonger cette fraternisation Ă  l’Ɠuvre, en un acte de rapprochement collectif, presque entonnĂ© sur le ton de la confidence sereine et sĂ»re, qu’inspire une ferveur inexpugnable, infaillible, inextinguible. La certitude viscĂ©rale en serait le caractĂšre le plus emblĂ©matique : Mozart nous promet un ocĂ©an d’apaisement, de joie victorieuse et finale. MalgrĂ© son caractĂšre et son esprit fraternel, d’une tendresse inĂ©dite alors, la partition marque en 1774, les dĂ©buts du service des Mozart, pĂšre et fils, Ă  la Cour de l’indigne prince-archevĂȘque Colloredo, lequel finira par congĂ©dier les deux musiciens en
 1777.

Le dernier choeur Et in saecula seculorum, – d’un format et d’un esprit trĂšs handĂ©lien, prĂ©pare idĂ©alement au dernier volet de ce triptyque thĂ©matiquement trĂšs juste. Savall place alors un Magnificat, d’une effusion maternelle inscrite dans la lumiĂšre, comme si au sommet de l’acte fervent collectif, l’hommage Ă  la MĂšre, en Ă©tait le point le plus intense et le plus profond. En rĂ©alitĂ©, dans les faits liturgiques, le Magnificat est l’un des derniers Ă©pisodes de l’office dominical des VĂȘpres : sa situation ici est donc tout Ă  fait justifiĂ©e. Belle exĂ©gĂšse musicale.

De fait le HWV 232, affirme le tempĂ©rament dramatique et nerveux d’un Haendel,
 trĂšs vivaldien. Comme quoi la boucle est bouclĂ©e et ici, souligne une formidable parentĂ© et filiation marquĂ©e par la cohĂ©rence. Mais l’articulation projetĂ©e, quasi guerriĂšre du premier choeur, Dixit Dominus, est d’une remarquable acuitĂ© linguistique. « Energisez votre consomnes comme vos voyelles », auraient dii l’excellent Christie. Savall, frĂšre interprĂšte, partage la mĂȘme exigence comme la mĂȘme exactitude : l’activitĂ© du chƓur est superbe de prĂ©cision, d’abattage, de couleurs et de rondeur « picturale ». Nous sommes Ă  l’inverse de tant de lectures que leurs confrĂšres ou soit disant disciples / hĂ©ritiers perpĂ©tuent aujourd’hui dans la sĂ©cheresse ou la prĂ©cision/sitĂ© automatique (cf. les Gardiner, Rousset ou Niquet, tous en perte de vivacitĂ© comme d’urgence). Savall a le talent de le vie, du mouvement grĂące Ă  des chanteurs nuancĂ©s, et comme fragilisĂ©s, donc humains, et des instrumentistes prĂȘts Ă  les secourir dans une odyssĂ©e musicale qui nous parle essentiellement de fragilitĂ© humaine. La tenue pour ce Haendel de la jeunesse (le Dixit est composĂ© en 1707 par un trĂšs jeune compositeur de 22 ans, – d’une maturitĂ© dĂ©jĂ  exceptionnelle, venu Ă  Rome se perfectionner) est ostensiblement lumineuse et Ă©clatante. PortĂ©e par une alliance maĂźtrisĂ©e entre urgence et vitalitĂ©. Le tonus altier que lui rĂ©serve Savall et ses troupes, apporte au caractĂšre collectif outrageusement vainqueur de l’intonation chorale, la vigueur et la force des textes.

 

 

La rĂ©ussite du geste savallien est de savoir pour chacun des compositeurs, caractĂ©riser et colorer idĂ©alement les options expressives, selon les enjeux du texte et l’esprit de l’écriture musique. Ce programme baroque pur, associant 3 « Illustres » de l’histoire musicale entre Baroque et classicisme, rĂ©tablit la justesse du geste savallien qui, – aux cĂŽtĂ©s des innombrables programmes fraternels et de rĂ©conciliation entres peuples et cultures – un combat rendu essentiel depuis les 3 annĂ©es que nous venons de vivre-, s’avĂšre des plus convaincants. L’articulation des textes, la souplesse et l’accentuation du flux musical, la richesse sonore et l’intelligence dans la conception artistique globale, suscitent l’admiration. Excellent triptyque sacrĂ©.

 

 

 

CLIC_macaron_2014Cd, compte-rendu critique. DIXIT DOMINUS : Vivaldi, Mozart, Handel. Solistes et instrumentistes de La Capella Reial de Catlunya – Le Concert des Nations (Manfredo Kraemer, concertino). Jordi Savall, direction. 1 cd ALIA VOX AVSA9918.

 

 

King Arthur de Purcell

purcell Henry-Purcell-400-250France Musique. Dimanche 27 novembre 2016, 16h. Purcell : King Arthur. AUX ORIGINES DE L’OPERA ANGLAIS : Purcell et la reprĂ©sentation du roi-guerrier Arthur. Le semi opĂ©ra en 5 actes d’aprĂšs le livret de John Dryden est crĂ©Ă© Ă  Londres au Dorset Garden Theatre, au printemps 1691. Arthur vainc les Saxons et fonde le royaume d’Angleterre. En abordant le drame fondateur de l’état anglais, Purcell ajoute aussi une trame amoureuse qui enrichit la lecture uniquement Ă©pique et historique ; il s’agit aussi pour Arthur de retrouver Emmeline, la fille aveugle du Duc de Cornouailles, laquelle a Ă©tĂ© enlevĂ©e par l’ennemi saxon, Oswald, aidĂ© par le magicien Osmond. La force de l’opĂ©ra tragi-comique de Purcell est d’ajouter ce fantastique magique, surnaturel et poĂ©tique doublant les trames amoureuses et guerriĂšre, car pour l’aider dans sa reconquĂȘte d’Emmeline, Arthur est aidĂ© par le magicien Merlin. L’acte I est dominĂ© par les Saxons qui sacrifie Ă  Woden pour vaincre la guerre. L’acte II voit les Bretons finalement vaincre les forces malĂ©fiques suscitĂ©es par Grimbald, car le mage formĂ© par Merlin, Philidel, les mĂšne vers la lumiĂšre et les dĂ©livre dĂ©finitivement des malĂ©fices ourdis par les Saxons (charmante Pastorale finale).
L’acte III est celui d’Emmeline qui prisonniĂšre d’Oswald, retrouve la vue et sait rĂ©sister aux visions infernales et terrifiantes produites par le guerrier saxon qui veut la possĂ©der : les contrĂ©es glaciales sont ainsi Ă©voquĂ©es dans le fameux air du froid, Ă©noncĂ© par le dieu Hiver, clair rĂ©fĂ©rence au choeur des trembleurs dans Isis de Lully (1677).
AprĂšs l’épreuve imposĂ©e Ă  Emmeline, c’est au tour d’Arthur d’ĂȘtre malmenĂ© au IV : Osmond tente vainement de le sĂ©duire par des apparitions trompeuses (passacaille finale) : le jeune roi rĂ©siste.
Au V, aprĂšs une tempĂȘte qu’adoucit Eole, Arthur vainc Oswald : les Bretons Ă©crase les Saxons. VĂ©nus protĂšge les amours des hĂ©ros : Emmeline et Arthur (superbe air de la dĂ©esse profane et suave : « Fairest isle ») ; de sorte que l’üle enchantĂ©e, protĂ©gĂ©e peut enfin s’ouvrir au bonheur (Saint-Georges protĂšge alors l’Ordre de la JarretiĂšre qui fonde l’honneur comme la vertu premiĂšre de l’Angleterre).
ComparĂ© Ă  ses drames prĂ©cĂ©dents, – inscrits dans le genre du masque (alliant parlĂ© et chantĂ©), King Arthur s’affirme par sa nouvelle cohĂ©sion dramatique. Les forces surnaturelles sont attĂ©nuĂ©s par les demi mages Philidel et Grimbald – comme Ariel et Caliban dans La TempĂȘte de Shakespeare. L’opĂ©ra de Purcell dans sa version originelle de 1684 pour Charles II, roi lumineux, impose une solennitĂ© poĂ©tique qui s’efface dans la version tardive de 1691, quand l’avĂšnement de Guaillaume II, prince moins charismatique que son prĂ©dĂ©cesseur, inspire une toute autre conception de la reprĂ©sentation du pouvoir, moins poĂ©tique et fastueuse, plus cynique et trouble; les recherches et l’enregistrements de William Christie avec ses troupes inspirĂ©es ensorcelantes des Arts Florissants ont permis de rĂ©aliser une version de rĂ©fĂ©rence, diverse, majestueuse et ambivalente qui sert la nature Ă©quivoque et trĂšs riche du drame purcellien.

logo_france_musique_DETOUREFrance Musique. Dimanche 27 novembre 2016, 16h. Purcell : King Arthur (La Tribune des critiques de disques : quelle est meilleure version enregistrĂ©e ?). AUX ORIGINES DE L’OPERA ANGLAIS : Purcell et la reprĂ©sentation du roi-guerrier Arthur.

TOURS, Opéra. Concert Elgar, Rachmaninov par Benjamin Pionnier

Benjamin Pionnier, nouveau directeur de l'OpĂ©ra de ToursTOURS, concert. Les 5 et 6 novembre 2016. Concert Symphonique dirigĂ© par Benjamin Pionnier. Premier concert symphonique du nouveau directeur musical de l’OpĂ©ra de Tours, pilote des effectifs maison : les musiciens de l’Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours. La tradition symphonique est bien implantĂ©e Ă  Tours et Benjamin Pionnier entend enrichir encore l’expĂ©rience des instrumentistes pour le plus grand bonheur des tourangeaux. Ce premier programme, Ă©clectique mais d’une rare cohĂ©rence thĂ©matique (entre filiations et variations), premier volet de la nouvelle saison 2016 – 2017 de l’OpĂ©ra de Tours, inscrit entre autres au programme, 2 Ɠuvres parmi les plus redoutables du rĂ©pertoire orchestral et concertant : les Variations Enigma d’Elgar (1899), et en fin de soirĂ©e : la Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini du compositeur et pianiste virtuose, Sergei Rachmaninov (1934).

 

 

 

boutonreservationTOURS, Grand Théùtre / Opéra
Samedi 5 novembre 2016 – 20h
Dimanche 6 novembre 2016 – 17h

Johannes BRAHMS
Variations sur un thĂšme de Haydn – Op.56

Edward ELGAR
Variations Enigma – Op.36

Eric TANGUY
Adagio pour cordes (2009)

SergueĂŻ RACHMANINOV
Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini – Op.43 pour piano et orchestre

Lise de la Salle, piano
Direction musicale : Benjamin Pionnier
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours

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ConfĂ©rences d’explication au concert
Samedi 5 novembre – 19h
Dimanche 6 novembre – 16h
Grand ThĂ©Ăątre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

 

ELGAR symphony symphonie 2 review account of CLASSIQUENEWS Edward_Elgar_head2_copy2ENIGMA. Variations sur un thĂšme original ENIGMA, opus 36. CrĂ©Ă©e Ă  Londres en 1899, la partition affirme immĂ©diatement la rĂ©putation d’Elgar ĂągĂ© de 42 ans. Heureux quadra qui peut enfin jouir d’une reconnaissance mĂ©ritĂ©e. L’énigme dont il est question, selon l’esprit interrogatif de l’auteur, concerne l’lĂ©boration mĂȘme de la sĂ©quence mĂ©lodique qui inspire les 14 variations qui suivent son exposition : soit 6 mesures en sol mineur pour cordes seules, suivies de quatre en sol majeur. La grille ainsi produite est destinĂ©e Ă  servir de contrepoint Ă  un motif musical trĂšs connu
 on a pensĂ© Ă  l’hymne God save the King. Seconde Ă©nigme : le cycle des identitĂ©s de chaque personnalitĂ©s portraiturĂ©es ainsi car comme le dit Elgar lui-mĂȘme, chacune des Variations est le portrait d’un ami et d’un proche, indiquĂ© par des initiales ou un pseudonyme. A l’auditeur de rĂ©soudre chaque Ă©nigme. L’intĂ©rĂȘt du cycle est cette alliance rĂ©ussie entre l’évocation intime et confidentielle de chaque personnalitĂ©, accordĂ©e au style souvent solennel et majestueux d’Elgar, l’un des plus grands symphonistes britanniques du dĂ©but du XXĂš siĂšcle.

RACHMANINOV-operas-elako-le-chevalier-ladre-classiquenews-dvd-rachmaninov-troika-rachmaninov-at-the-piano-1900s-1378460638-article-0RHAPSODIE. Filiations et variations sont en vedette dans le programme dĂ©fendu par Benjamin Pionnier Ă  Tours. La Rhapsodie sur une Ăšme de Paganini opus 43 crĂ©Ă©e Ă  Baltimore en 1934 : composĂ©e en Suisse la mĂȘme annĂ©e, avant sa tournĂ©e triomphale aux States, la partition est sa derniĂšre Ɠuvre concertante avec piano et peut-ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme son 5Ăšme Concerto pour piano. 24 variations se succĂšdent ainsi Ă  partir du motif lĂ©guĂ© par le 24Ăš Caprice pour violon du gĂ©nial Paganini. AprĂšs un premier cycle (le 10 premiĂšres variations), plutĂŽt nerveux et passionnel, l’atmosphĂšre s’assombrit, et la 11Ăš, d’une Ă©vanescence miroitante et impressionniste, indique l’émergence d’un Andante de Concerto. La 15Ăš en serait le Scherzando, jusqu’au 18Ăš volet qui en marque le plein Ă©panouissement aux lueurs crĂ©pusculaires, spĂ©cifiquement rachmaninoviennes. Puis, comme un Finale, les 19 et 20Ăš variations, dĂ©veloppent une nouvelle sĂ©quences plus enjouĂ©es, lĂ©gĂšres mais fiĂ©vreuses. La rĂ©ussite de la partition tient Ă  la transformation / mĂ©tamorphose que Rachmaninov est capable d’imposer au matĂ©riau transmis par Paganini : de la virtuositĂ© parfois exclamative et exubĂ©rante, Rachmaninov pour lequel l’éloignement de la patrie Ă©tait une source d’inspiration nostalgique, produit un cycle d’une force introspective inouĂŻe, Ă  la fois pudique, suggestive, aux agents et Ă©clats lunaires et fantomatiques. C’est un vrai dĂ©fi et un immense plaisir pour l’interprĂšte solistes d’en exprimer la profondeur et l’ambivalence, entre exposition, dĂ©claration et enfouissement, Ă©vanouissement vers l’ineffable.

CD, compte rendu critique. MOZART : L’idĂ©al maçonnique (Adagio, Nocturnes, Divertimenti / 1 cd KLARTHE)

mozart l ideal maconnique adagio maconnique cd klarthe clarinettes cd review cd critique classiquenews CLIC de classiquenews novembre 2016 kla029couv_low-1CD, compte rendu critique. MOZART : L’idĂ©al maçonnique (Adagio, Nocturnes, Divertimenti / 1 cd KLARTHE). Superbe programme et magistralement interprĂ©tĂ© par un collectif de « anches » suaves, mordantes, inspirĂ©es par le sujet du Mozart maçonnique. Contrairement Ă  de solides prĂ©jugĂ©s, Mozart jusqu’Ă  la fin de sa vie fut estimĂ©, entourĂ©, apprĂ©ciĂ©, parfaitement intĂ©grĂ© aux milieux viennois les plus actifs (et le plus influents) dont les loges maçonniques, mĂȘme si sous le rĂšgne de l’Empereur Joseph II (Ă©dit de 1785), un remaniement important se fit jour Ă  Vienne dans l’organisation et le nombre officiel maximum de loges (3) dans la Capitale impĂ©riale.

Chez Klarthe, clarinettes et cors de basset associĂ©s
 rĂ©alisent un miracle sonore : l’idĂ©al maçonnique de Mozart

FRATERNITÉ INSTRUMENTALE

Les instrumentistes font valoir une palette de couleurs et de riches nuances Ă  partir de leurs clarinettes seules, emblĂšmes, miroirs et sons d’une fraternitĂ© affichĂ©e (accordĂ©es idĂ©alement avec le cor de basset) que le contexte de composition inscrit dans le projet et l’idĂ©al utopique, lui aussi fraternel des francs-maçons Ă  Vienne. Le seul Adagio KV 411 en ouverture du programme (pour 3 clarinettes et 2 cors de basset) rayonne par sa chaleur sombre, sa lumiĂšre grave, une tendresse dont la plĂ©nitude dit la souveraine sĂ©rĂ©nitĂ©, une sagesse faite musique.

Le disque Ă©voque la carriĂšre du Mozart franc maçon, Ă  Vienne dĂšs 1784, reçu MaĂźtre Maçon dans la Loge de La Vraie Concorde (avril 1785). Les oeuvres tĂ©moignent de l’esthĂ©tisme propre aux colonnes maçonniques, – usitĂ©es lors des rituels ou des rĂ©unions entre FrĂšres -, alliances oĂč rĂšgnent les timbres veloutĂ©s, sensuels et graves des clarinettes et cors de basset : Mozart Ă©tait proche des clarinettistes, tous franc-maçons Ă  Vienne : Anton David, Vincent Springer, Anton Stadler et son frĂšre cadet, Johann. Anton Stadler, membre de la loge de La CharitĂ© (laquelle organisa en 1784, l’intĂ©gration de Mozart comme FrĂšre), Ă©tait grand spĂ©cialiste du nouvel instrument, grave, et dont le corps coudĂ© faisait penser Ă  l’équerre (symbole hautement maçonnique) : le cor de basset. Anton est aussi le dĂ©dicataire du Concerto K 622. Pour l’heure, Mozart s’intĂ©resse activement au nouvel instrument et ses possibilitĂ©s inĂ©dites. Le cor de basset est mis en avant dans son dernier seria : La Clemenza di Tito / la ClĂ©mence de Titus, 1791-, accordĂ© avec la voix de Vitellia, au moment de sa mĂ©tamorphose, – air « Non piu di fiori  », accomplissement des tĂ©nĂšbres haineuses Ă  la lumiĂšre du pardon et de la compassion, nouvelle conscience qui permet d’envisager la rĂ©surrection de la jeune femme… Tout un symbole.

Au chant des instruments, les interprĂštes ajoutent le contours de voix; affĂ»tĂ©es, taillĂ©es pour la mĂȘme dilection suggestive – en trio : 2 sopranos / 1 baryton, dans une sĂ©rie vocale mĂ©connue. Ici, les 6 Nocturnes Ă©crits vraisemblablement en 1787, tĂ©moignent d’une autre fraternitĂ© musicale, tout aussi soudĂ©e par l’intĂ©rĂȘt simultanĂ© des clarinettes associĂ©es au cor de basset, soit le salon musical du botaniste Nikolaus Jacquin dont les filles et le fils Gottfried Ă©taient trĂšs proches de Mozart alors. Sur des thĂšmes amoureux les paroles italiennes, d’aprĂšs MĂ©tastase, mettent en scĂšne la passion des amants dans une sĂ©rie d’atmosphĂšres qui Ă©voquent le nocturne enchantĂ© de son opĂ©ra de maturitĂ©, Cosi fan tutti (quintette du premier acte : « Soave sia il vente ») : la lĂ©gĂšretĂ© affichĂ©e se teinte aussi d’une pleine conscience, d’une gravitĂ© bouleversante, celle des amants qui ont le sentiment de la fragilitĂ© insaisissable des sentiments et des liens tissĂ©s par l’affection


mozart-vignette-carre-depeche-mozart-2016DIVERTIMENTOS SUBLIMÉS. Le rĂ©cital maçonnique aborde ensuite les 3 Divertimentos 1, 2, 3 KV 439b : chefs d’Ɠuvres absolus d’élĂ©gance et lĂ  aussi de sincĂ©ritĂ© intĂ©rieure, de gravitĂ© allusive. Chacun des Divertimenti indique une vĂ©ritĂ© dans l’écriture que les instrumentistes savent exprimer avec un style idĂ©al, entre volubilitĂ© agile et raffinement expressif. Le seul Adagio du 1 (plage 10) indique la fine complicitĂ©, et davantage : une entente profonde et solide qui douĂ©e d’une Ă©coute idĂ©ale, fait entendre ce rayonnement fraternel cimentant la concordance des  individualitĂ©s en action, – chacune, piĂšce motrice d’un fabuleux jeu concertant. La rĂ©alisation est superlative par sa subtilitĂ© intĂ©rieure. Si dans le rituel maçonnique avĂ©rĂ©, les « colonnes d’harmonies » ne rĂ©unissent que des vents et des bois, – incarnant Ă  juste titre le souffle donc l’air, et le bois donc la terre, l’alliance instrumentale produit une esthĂ©tique qui sĂ©duit irrĂ©sistiblement l’écoute, surtout quand les instrumentistes sont aussi complices et nuancĂ©s qu’ici. On y distingue les frĂšres Chabod, Alexandre et Julien ; le chef (crĂ©ateur de l’Orchestre Victor Hugo) et aussi clarinettiste, Jean-François Verdier, auxquels se joignent le clarinettiste Florent Heau et Nicolas Baldeyrou (cor de basset).

CLIC_macaron_2014ELEGANCE ET PROFONDEUR
 Les 5 instrumentistes offrent une leçon d’élĂ©gance et de profondeur, rĂ©alisant une vĂ©ritable conversation instrumentale d’une exquise finesse de ton et de style. La volubilitĂ© du Menuetto du 2 (plage 16) dĂ©ploie les mĂȘmes qualitĂ©s d’agilitĂ© mais sur le registre plus allĂšgre, facĂ©tieux, d’une suractivitĂ© flexible aux accents et nuances filigranĂ©s. Mondains certes, aimables sĂ»rement, mais surtout profonds et souvent terriblement sincĂšres, ces Divertimenti outrepassent la conformitĂ© d’un modĂšle aristocratique (noblesse française des menuets / Menuettos placĂ©s dans chaque, Ă  2 reprises
), ils atteignent dans l’éclat somptueux et voluptueux des instruments, une grĂące premiĂšre insoupçonnable. Ils sont certainement liĂ©s au dĂ©sir de Mozart de plaire, comme de toucher et mĂȘme bouleverser. L’esprit de Mozart est dans la vĂ©ritĂ© : c’est ce qui nous touche encore aujourd’hui, ce que rĂ©vĂšle les interprĂštes de ce disque. L’idĂ©al fraternel dĂ©fendu par les francs-maçons du XVIIIĂš, et vĂ©cu par Mozart en ses annĂ©es 1780 viennoises, ressuscitent de la plus belle maniĂšre dans cet album passionnant. On y repĂšre les virtuoses français actuels de la clarinette, quand de tradition, le hautbois avaient jusque lĂ  leur prĂ©fĂ©rence.

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CD, compte rendu critique. L’IdĂ©al maçonnique. Mozart — enregistrement rĂ©alisĂ© en juin 2015. 1 cd KLARTHE 029, parution le 4 novembre 2016.

Distribution :

3 divertimenti:
Alexandre Chabod , Julien Chabod , Jean-François Verdier (3 cors de basset)
Adagio maçonnique:
Jean-François Verdier et Florent Héau (clarinette)
Julien Chabod, Alexandre Chabod, Nicolas Baldeyrou (Cor de basset)
6 Nocturnes:
Jean-François Verdier, Julien Chabod, Alexandre Chabod (clarinettes et cors de basset)
Marie-Bénédicte Souquet : Soprano
Karine Deshayes : Mezzo-soprano
Vincent Pavesi : Basse

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VOIR le teaser vidéo

+ d’infos sur le site de KLARTHE

TOURS. Premier concert symphonique de Benjamin Pionnier dans son théùtre

Benjamin Pionnier, nouveau directeur de l'OpĂ©ra de ToursTours. Les 5 et 6 novembre 2016 : Elgar, Tanguy, Rachmaninov. Nouveau directeur de l’OpĂ©ra de Tours, Benjamin Pionnier dirige l’Orchestre « maison », dans un programme apparemment Ă©clectique, mais en rĂ©alitĂ© riche en filiations tĂ©nues, en Ă©chos et correspondances d’une piĂšce Ă  l’autre. A la diversitĂ© affichĂ©e, le programme sait aussi proposer Ă  l’écoute des oeuvres aussi rares que somptueuses, tels les Variations Enigma de Elgar, – dont rĂ©cemment Daniel Barenboim a enregistrĂ© les superbes Symphonies 1 et 2 chez Decca avec la Staatskapelle de Berlin. Lectures enthousiasmantes qui expriment au plus juste la caractĂšre intĂ©rieure, le raffinement instrumental et la grande finesse mĂ©lodique d’Elgar. Les Variations Enigma opus 36 sont crĂ©Ă©es Ă  Londres Ă  la fin du siĂšcle industriel, soit 1899. Le triomphe immĂ©diat de la partition affirme le gĂ©nie de l’auteur, alors quadragĂ©naire (42 ans). Il y a bien 2 Ă©nigmes musicales dont la clĂ© et le secret se trouvent prĂ©servĂ©s dans la musique elle-mĂȘme: la premiĂšre (6 mesures en sol mineur pour cordes seules) serait ĂȘtre le contrepoint d’un hymne cĂ©lĂšbre (God save the King?) ; la seconde englobe les 14 variations qui suivent et qui, selon Elgar, dresse le portrait intime de ses proches. Chacun devait alors se reconnaĂźtre
 La facĂ©tie, l’humour et l’allusion n’écarte pas un sentiment de grandiose et de solennel qui inscrit naturellement Elgar tel le compositeur de l’Empire Britannique, chantre de la grandeur du rĂšgne de la Reine Victoria

Autre temps forts de ce programme riche et diversifiĂ©, la Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini opus 43, qui permet Ă  l’Orchestre de s’associer le feu trĂ©pidant de la jeune pianiste Lise de la Salle : Ă©crit en Suisse, crĂ©Ă© Ă  Baltimore en 1934, la Rhapsodie tĂ©moigne du dernier Rachma pianiste compositeur, car la partition est bien son ultime et 5Ăšme Concerto pour piano 
 L’intensitĂ© du morceau, sa forme libre, proche de l’improvisation inspira Ă  Fokine un ballet qui fut rĂ©alisĂ© avec l’accord de l’auteur en 1939. La Rhapsodie cumule 24 variations sur le thĂšme du 24Ăš Caprice de Paganini : un dĂ©fi pour le compositeur et une transe progressive pour l’interprĂšte. C’est aussi l’affirmation d’un principe crĂ©ateur qui joue de la Variation comme d’un cadre Ă  la fois inspirant et pourtant conforme au canevas de dĂ©part. En somme Rachmaninov suit la mĂȘme rĂšgle que Brahms dans ses Variations sur un thĂšme de Haydn. De sorte que cohĂ©rent et divers pourtant, le programme porte bien son titre : « Variations ». Premier concert de la saison symphonique 2016 – 2017 de l’OpĂ©ra de Tours.

OpĂ©ra de Tours, saison symphonique 2016 – 2017
Concert inaugural : « Variations »
Samedi 5 novembre 2016 – 20h
Dimanche 6 novembre 2016 – 17h

Conférences : présentation des oeuvres au programme :
Samedi 5 novembre – 19h
Dimanche 6 novembre – 16h
Grand ThĂ©Ăątre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

Johannes BRAHMS
Variations sur un thĂšme de Haydn – Op.56

Edward ELGAR
Variations Enigma – Op.36

Eric TANGUY
Adagio pour cordes (2009)

SergueĂŻ RACHMANINOV
Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini – Op.43 pour piano et orchestre
Lise de la Salle, piano

Direction musicale : Benjamin Pionnier
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours

RESERVEZ VOTRE PLACE

Grand Théùtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours
02.47.60.20.00

Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h00 Ă  12h00 / 13h00 Ă  17h45

02.47.60.20.20
theatre-billetterie@ville-tours.fr

VIDEO, reportage : Les Motets oubliés de Clérambault : une découverte majeure

clerambault-motets-pour-3-hommes-fabien-armengaud-cd-paraty-review-announce-compte-rendu-critique-presentation-CLASSIQUENEWS-PARATY516141_couv---copieVIDEO, reportage. CLERAMBAULT RÉINVENTÉ 
 Et si Louis-Nicolas ClĂ©rambault Ă©tait Ă  l’Ă©gal d’un Rameau (plus tardif), le gĂ©nie (oubliĂ©) du Baroque français des LumiĂšres ? On s’Ă©tonne que personne avant lui n’ait eu l’intuition d’un talent Ă©loquent, surtout l’audace et le courage de rĂ©aliser un nouveau disque totalement dĂ©diĂ©. L’organiste Fabien Armengaud se passionne pour l’éloquence des Baroques français. L’organiste et claveciniste a rĂ©uni plusieurs solistes chevronnĂ©s pour ressusciter la thĂ©ĂątralitĂ© intĂ©rieure, intense, trĂšs resserrĂ©e de Louis-Nicolas ClĂ©rambault.  Avec son nouvel Ensemble SĂ©bastien de Brossard, le chef Ă©claire un pan mĂ©connu et pourtant jubilatoire de la musique sacrĂ©e au dĂ©but du XVIII Ăšme siĂšcle, celle de Louis-Nicolas ClĂ©rambault dont ici les partitions pour 3 voix d’hommes sont dĂ©voilĂ©es Ă  leur juste format. On ne s’étonne pas de la part de l’auteur de la cantate La muse de l’opĂ©ra que le cycle choisi, Ă©blouisse par un sens exceptionnel du texte, par l’intelligence et le raffinement de son traitement dramatique. Le Passage de La mer Rouge ou la tempĂȘte du Motet Ă©voquant la bataille de LĂ©pante (1571), victoire Ă©crasante de la sainte ligue catholique contre les turcs musulmans, en tĂ©moignent ainsi particuliĂšrement, exposant et articulant comme rarement le texte en plusieurs tableaux d’une trĂšs rare intensitĂ© expressive. En somme, monsieur ClĂ©rambault, Ă  l’église, fait de l’opĂ©ra. REPORTAGE VIDEO © studio CLASSIQUENEWS / RĂ©alisation : Philippe-Alexandre PHAM 2016

logo-final-F.A.-et-ensemble2HDLIRE aussi notre prĂ©sentation annonce complĂšte du cd Ă©vĂ©nement “Louis-Nicolas ClĂ©rambault : Motets Ă  trois voix d’hommes et symphonies par l’Ensemble SĂ©bastien de Brossard, Fabien Armenagud (direction)… 1 cd Paraty productions

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PARIS, ce soir, premiĂšre d’ELIOGABALO de Cavalli au Palais Garnier

Cavalli_francescoPARIS, Palais Garnier : Eliogabalo de Cavalli : 14 septembre-15 octobre 2016. RecrĂ©ation baroque attendue sous les ors de Garnier Ă  Paris… GrĂące au musicologue Jean-François Lattarico (collaborateur sur classiquenews, et auteur rĂ©cent de deux nouveaux ouvrages sur l’opĂ©ra vĂ©nitien du Seicento et sur le librettiste Giovan Francesco Busenello), les opĂ©ras de Cavalli connaissent un sursaut de rĂ©habilitation. Essor justifiĂ© car le plus digne hĂ©ritier de Monteverdi aura Ă©bloui l’Europe entiĂšre au XVIIĂš, par son sens de la facĂ©tie, un cocktail dĂ©capant sur les planches alliant sensualitĂ©, cynisme et poĂ©sie, mĂȘlĂ©s. Avec Eliogabalo, recrĂ©ation et nouvelle production, voici assurĂ©ment l’évĂ©nement en dĂ©but de saison, du 14 septembre au 15 octobre 2016, soit 13 reprĂ©sentations incontournables au Palais Garnier. Avec le Nerone de son maĂźtre Monteverdi dans Le couronnement de PoppĂ©e, Eliogabalo illustre cette figure mĂ©prisable et si humaine de l’ñme faible, « effeminata », celle d’un politique pervers, corrompu, perverti qui ne maĂźtrise pas ses passions mais en est l’esclave clairvoyant et passif
 Superbe production Ă  n’en pas douter et belle affirmation du Baroque au Palais Garnier. Leonardo Garcia Alarcon, direction musicale. Thomas Jolly, mise en scĂšne. Avec entre autres : Franco Fagioli dans le rĂŽle-titre ; Valer Sabadus (Giuliano Gordie)
 soit les contre tĂ©nors les plus fascinants de l’heure. Un must absolu.

 

 

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Elagabalo_(203_o_204-222_d.C)_-_Musei_capitolini_-_Foto_Giovanni_Dall'Orto_-_15-08-2000HISTOIRE ROMAINE. L’histoire romaine laisse la trace d’un empereur apparentĂ© aux Antonins et Ă  Caracalla (auquel il ressemblait Ă©trangement), Varius Avitus Bassianus dit HĂ©liogabale ou Elagabal, devenu souverain impĂ©rial Ă  14 ans en 218. L’adolescent, politique prĂ©coce, ne devait rĂ©gner que … 4 annĂ©es (jusqu’en 222). Le descendant des Bassianides, illustre clan d’EmĂšse, en raison d’une historiographie Ă  charge, reprĂ©sente la figure emblĂ©matique du jeune prince pervers et dissolu, opposĂ© Ă  son successeur (et cousin), le vertueux Alexandre SĂ©vĂšre. En rĂ©alitĂ©, l’empereur n’Ă©tait q’un pantin aux ordres de sa mĂšre, l’ambitieuse et arrogante Julia Soaemias / Semiamira (comme ce que fut Agrippine pour NĂ©ron). PrĂȘtre d’Elagabale, dieu oriental apparentĂ© Ă  Jupiter, HĂ©liogabale tenta d’imposer le culte d’Elagabale comme seule religion officielle de Rome. Le jeune empereur plutĂŽt portĂ© vers les hommes mĂ»rs, Ă©pousa ensuite les colosses grecs HiĂ©roclĂšs et Zotikos, scandalisant un peu plus les romains. Les soldats qui l’avaient portĂ© jusqu’au trĂŽne, l’en dĂ©mit aussi facilement prĂ©fĂ©rant honorer Alexandre SĂ©vĂšre dont la rĂ©putation vertueuse sembla  plus conforme au destin de Rome. Une autre version prĂ©cise que c’est la foule romaine dĂ©chainĂ©e et choquĂ©e par ses turpitudes en sĂ©rie qui envahit le palais impĂ©rial et massacra le corps du jeune homme, ensuite trainĂ© comme une dĂ©pouille maudite dans les rue de la ville antique.

busenello_giovan_francesco_monteverdi_poppea_statiraCAVALLI, 1667. Utilisant Ă  des fins moralisatrices, le profil historique du jeune empereur, Cavalli brosse de fait le portrait musical d’un souverain “langoureux, effĂ©minĂ©, libidineux, lascif”… le parfait disciple d’un NĂ©ron, tel que Monteverdi l’a peint dans son opĂ©ra, avant Cavalli (Le Couronnement de PoppĂ©e, 1642). En 1667, Cavalli offre ainsi une action cynique et barbare, oĂč vertus et raisons s’opposent Ă  la volontĂ© de jouissance du prince. Mais s’il habille les hommes en femmes, et nomme les femmes au SĂ©nat (elles qui en avaient jusqu’Ă  l’interdiction d’accĂšs), s’il ridiculise les gĂ©nĂ©raux et rĂ©gale le commun en fĂȘtes orgiaques et somptuaires, Eliogabalo n’en est pas moins homme et sa nature si mĂ©prisable, en conserve nĂ©anmoins une part touchante d’humanitĂ©. Sa fantaisie perverse qui ne semble connaĂźtre aucune limite, ne compenserait-elle pas un gouffre de solitude angoissĂ©e ? En l’Ă©tat des connaissances, on ignore quel est l’auteur du livret du dernier opĂ©ra de Cavalli, mais des soupçons forts se prĂ©cisent vers le gĂ©nial Ă©rudit libertin et poĂšte, Giovan Francesco Busenello, dont la philosophie pessimiste et sensuelle pourrait avoir soit produit soit influencĂ© nombre de tableaux de cet Eliogabalo, parfaitement reprĂ©sentatif de l’opĂ©ra vĂ©nitien tardif.

Eliogabalo de Cavalli au Palais Garnier Ă  Paris
Du 14 septembre au 15 octobre 2016
Avec
Franco Fagioli, Eliogabalo
Paul Groves, Alessandro Cesare
Valer Sabadus, Giuliano Gordio
Marianna Flores, Atilia Macrina
Emiliano Gonzalez-Toro, Lenia

La Cappella Mediterranea
Choeur de Chambre de Namur (préparé par Thibault Lenaerts)
Leonardo Garcia Alarcon, direction
Thomas Jolly, mise en scĂšne

LIRE notre dossier spécial Eliogabalo recréé au Palais Garnier à Paris 

LA ROCHELLE : Maude Gratton et Il Convito

IL-CONVITO-MAUD-GRATTON-582-390LA ROCHELLE : Maude Gratton et Il Convito : les 30 sept, 1er et 2 octobre 2016. Week end “Claviers en fĂȘte !”. Du clavier centralisateur, orgue ou clavecin, Maude Gratton diffuse une Ă©nergie communicative, impliquant chaque instrumentiste autour d’elle, assurant au jeu collectif, cohĂ©sion et complicitĂ© constante. Toute la dĂ©marche de son ensemble Il Convito dĂ©coule de ce dispositif centripĂšte et singulier qui renforce Ă  chaque concert, le sentiment de dĂ©passement et de cohĂ©rence. ParticuliĂšrement apprĂ©ciĂ©e chez JS Bach, Wilhelm Friedemann ou Mozart, Maude Gratton poursuit l’aventure de son ensemble sur instruments anciens. Ses Bach, pĂšre et fils, ont une souplesse intĂ©rieure trĂšs personnelle ; ses Mozart, derniĂšrement, lors du dernier festival Musiques en GĂątine, ont une Ă©lĂ©gance marquĂ©e par une profonde et allusive expressivitĂ©. Mais les champs Ă  conquĂ©rir sont vastes, et montrent l’étendue d’une curiositĂ© sans limites, sous rĂ©serve de justesse et de profondeur, de la Renaissance jusqu’aux confins romantiques, mais sur instruments d’époque. A La Rochelle, sur 3 jours, la musicienne (nĂ©e Ă  Niort en 1983) inaugure sa propre saison musicale pilotant l’instinct d’exploration et d’approfondissement de l’ensemble qu’il a crĂ©Ă© en 2005 : Il Convito, un nom destinĂ© Ă  un grand futur et qui se dĂ©voile dans ses terres le dernier week end de septembre, soit les vendredi, samedi et dimanche 30 septembre, 1er et 2 octobre 2016.

A La Rochelle, 3 claviers sont en fĂȘte !

RĂšgle de 3
 les claviers sont Ă  la fĂȘte : trois claviers (un grand orgue – celui de l’église Saint-Sauveur enfin restaurĂ©, opĂ©rationnel-, un clavecin, un pianoforte), trois lieux emblĂ©matiques de La Rochelle (Ă©glise Saint-Sauveur et son orgue enfin restaurĂ©; Le Temple, Le MusĂ©um d’Histoire Naturelle…), des solistes invitĂ©s de renommĂ©e internationale, un avant-concert apportant quelques clefs d’Ă©coute, une rĂ©ception ouverte au public, un concert spĂ©cial jeune public
 Claviers en fĂȘte est ouvert Ă  tous !

L’ensemble Il Convito et Maude Gratton s’invitent Ă  La Rochelle

 graton-maud-il-convito-orchestre-maud-gratton-582-390

 

 

Au programme (Tous les concerts et événements ont lieu à la Rochelle, 17000) :

VENDREDI 30 SEPTEMBRE 2016
20h30 – CONCERT
Église Saint-Sauveur, rue St-Sauveur
ENTRÉE ET PARTICIPATION LIBRE

Un souffle de la Renaissance à aujourd’hui !
Oeuvres de Monteverdi, Dowland, Bach, Brahms, Franck, Britten, Messiaen, Crumb…
Camille Poul, soprano
Maude Gratton, grand orgue

Le grand orgue de l’Église Saint-Sauveur est un nouvel Ă©lĂ©ment du patrimoine au sein d’une Ă©glise joyau de l’architecture classique de la Rochelle. Ce premier concert d’inauguration de l’ensemble Il Convito rend hommage Ă  la longue entreprise de reconstruction d’un grand orgue de 3 claviers et de 40 jeux, et aux acteurs ayant permis l’aboutissement de ce projet. Ce nouvel instrument Ă©tant trĂšs polyvalent, permettant de faire dĂ©couvrir l’orgue sous de multiples facettes au public, le programme du concert dessine un vĂ©ritable voyage musical, menĂ© d’un souffle de la Renaissance Ă  la musique d’aujourd’hui.

 

 

 

VENDREDI 30 SEPTEMBRE
22h00 – RÉCEPTION
Chapelle des Dames Blanches, Quai Maubec
ENTREE LIBRE
PrĂ©sentation de l’ensemble
RĂ©ception ouverte au public

 

 

 

SAMEDI 1ER OCTOBRE – 19h15 – CONFÉRENCE
Chapelle des Dames Blanches, Quai Maubec
ENTRÉE LIBRE
Avant-concert Amadeus
Quelques clefs d’écoute


Anne Bernadet Delage, historienne d’Art confĂ©renciĂšre au MusĂ©e du Louvre et au ChĂąteau de Fontainebleau, apporte en avant-concert quelques clefs d’écoute et de dĂ©couverte autour du contexte historique et artistique.

 

 

SAMEDI 1ER OCTOBRE
20h30 – CONCERT
Temple, 2 rue St-Michel
ENTRÉE ET PARTICIPATION LIBRE

Une soirée avec Mozart
Concerto « Jeune Homme » pour pianoforte et orchestre, Quatuor à cordes
Maude Gratton, pianoforte
Edding Quartet – Baptiste Lopez (violon), Caroline Bayet (violon), Pablo de Pedro (alto), Ageet Zweistra (violoncelle) & Patrick Beaugiraud, Vincent Robin, hautbois

Dans l’ambiance plus intime du Temple de la Rochelle et de sa trĂšs belle acoustique, un instrument assez rare au concert est au coeur de cette soirĂ©e : un pianoforte de Christopher Clarke, construit comme la copie d’un piano du temps de Mozart, Ă  la fin du XVIIIĂš siĂšcle. Une soirĂ©e avec Mozart est le premier projet d’orchestre d’Il Convito, crĂ©Ă© en rĂ©sidence de crĂ©ation en mai 2016 au festival Musiques en GĂątine (Deux-SĂšvres). Il Convito choisit de mettre Ă  l’honneur Wolfgang Amadeus Mozart, compositeur surdouĂ©, Ă  la personnalitĂ© enthousiaste et impertinente. La magie de son oeuvre est universelle : Mozart embrasse toutes les musiques et parle Ă  toutes les gĂ©nĂ©rations. AprĂšs le Concerto n°17 pour piano et orchestre crĂ©Ă© en mai 2016 avec l’orchestre, Il Convito s’attaque au
célÚbre 9Úme Concerto dit « Jeune Homme ».

 

 

 

 

DIMANCHE 2 OCTOBRE 2016
15h – CONCERT JEUNE PUBLIC
MusĂ©um d’Histoire Naturelle, 28 rue Albert 1er
ENTRÉE : 3€ (rĂ©servation auprĂšs du MusĂ©um)

La Nature
Oeuvres de Biber, Marin Marais, Rameau
Concert spécial jeune public, visite du muséum gratuite pour tous
Sophie Gent, violon
Claire Gratton, viole de gambe
Maude Gratton, clavecin

Le 3Ăšme et dernier clavier mis Ă  l’honneur sera le clavecin, instrument baroque par excellence. Il Convito fait dĂ©couvrir le clavecin et la musique baroque au jeune public par le biais d’un programme ludique ; au XVIIĂš et au XVIIIĂš siĂšcle, la musique descriptive occupe une large place auprĂšs de grands compositeurs comme Biber, Marin Marais ou Jean-Philippe Rameau, qui s’essayent Ă  traduire en musique des images d’animaux, d’oiseaux, de saisons, de nature


 

 

 

LA ROCHELLE / Claviers en fĂȘte ! Il Convito et Maude Gratton, clavier et direction

RESERVEZ VOTRE PLACE / INFORMATIONS
contact@ilconvito.com
www.maudegratton.fr
06 71 81 19 81

UNIQUEMENT pour le concert du dimanche 2 octobre 2016 au MusĂ©um d’Histoire Naturelle de La Rochelle :
www.museum-larochelle.fr
05 46 41 18 25

 

 

 

CD. Rovetta : Messe vénitienne pour la naissance de Louis XIV (Galilei Consort, Chénier, 2015, 1 cd Alpha)

louis XIV galant armureCD. Rovetta : Messe vĂ©nitienne pour la naissance de Louis XIV (Galilei Consort, ChĂ©nier, 2015, 1 cd Alpha). Passionnante restitution d’une Messe Ă  la Basilique (palladienne) de San Giorgio Maggiore (sur l’autre rive face au Palazzo dei Dogi), cĂ©lĂ©brant un Ă©vĂ©nement dynastique en l’occurrence non pas liĂ© Ă  l’histoire de Venise mais Ă  la Couronne française, car en ce mois de novembre 1638 naissait le Grand Dauphin (« il gran delfino »), Louis DieudonnĂ©, futur Louis XIV, rĂ©alisation inespĂ©rĂ©e (aprĂšs 23 ans de mariage quand mĂȘme) des noces d’Anne d’Autriche et de Louis XIII (qui il est vrai prĂ©fĂ©rait au lit de sa femme, la compagnie des hommes, du luth, dans son chĂąteau de Versailles, alors rĂ©servĂ© Ă  ses proches masculins
).
Roi dĂ©jĂ  fatiguĂ© et malade, bien que « jeune » pĂšre, Louis XIII entend cĂ©lĂ©brer cet Ă©vĂ©nement dans sa vie personnelle et rĂ©solution inespĂ©rĂ©e autant que salutaire pour la monarchie française : la naissance doit faire Ă©cho dans toutes les Cours d’Europe car c’est le moyen de communiquer la grandeur politique de la France comme le prestige de la Couronne de France en sa splendeur et sa continuitĂ© ainsi assurĂ©e.

Le collectif de musiciens, instrumentistes et chanteurs rĂ©uni autour de Benjamin ChĂ©nier, restitue donc cette Messe opus IV de Rovetta de 1639, ils en sculptent surtout l’apparat et le mouvement polychoral propre Ă  la Venise du premier baroque, celui perfectionnĂ© par Monteverdi, maĂźtre de chapelle de San Marco Ă  la mort duquel en 1643, succĂšde son trĂšs estimable adjoint, Giovanni Rovetta (en rĂ©alitĂ© vice montre de chapelle Ă  San Marco depuis 1627) dont le prĂ©sent disque entend communiquer le feu d’une Ă©criture foisonnante et fervente : majestĂ© et recueillement, activitĂ© chorale, couleurs instrumentales, et piĂ©tĂ© solennelle. Ainsi a Ă©tĂ© livrĂ©e et crĂ©Ă©e in coco la « Missa per la nascita del gran delfino », cĂ©rĂ©monie comme il en exista de nombreuses alors Ă  Venise en liaison avec le calendrier politique.
Louis XIV_enfantPour complĂ©ter les parties manquantes, le chef ajoute des piĂšces d’autres compositeurs comme le fameux motets d’essence purement cĂ©lĂ©brative et bien dans le thĂšme Ă©clatant du Roi-Soleil, signĂ© Bassano (conclusion du programme : « Omnes gentes plaudite manibus » ) ; comme des sections d’autres compositeurs, en rĂ©fĂ©rence directe au culte marial, Louis XIII ayant dĂ©diĂ© son rĂšgne Ă  la Vierge, l’annĂ©e prĂ©cĂ©dant la naissance de son fils (cf Le vƓu de Louis XIII)
 A l’origine de la commande de cette cĂ©lĂ©bration fastueuse qui permet alors Ă  la SĂ©rĂ©nissime RĂ©publique d’honorer la France, c’est l’ambassadeur Ă  Venise, Hamelot de la Houssaye qui commande Ă  Rovetta, la matiĂšre d’une messe de cĂ©lĂ©bration, point d’orgue de 4 jours de fĂȘtes. Ainsi se cristallise les liens privilĂ©giĂ©s entre les deux nations les plus raffinĂ©es alors : France et Venise ; Ă©changes fructueux oĂč progressivement les VĂ©nitiens Ă©duquent le goĂ»t du Roi (Louis XIV) – et concrĂštement dans l’acquisition progressive d’un style français : c’est encore un VĂ©nitien Cavalli qui sera invitĂ© Ă  Paris pour cĂ©lĂ©brer l’autre Ă©vĂ©nement dynastique liĂ© Ă  la vie du Roi-Soleil, son mariage
 en 1660 (composition d’un nouvel opĂ©ra : Ercole Amante, reprĂ©sentĂ© devant la Cour, dans le cadre des festivitĂ©s organisĂ©s par Mazarin). avant Ercole Amante, Cavalli avait reprĂ©sentĂ© Ă  Paris, son ancien ouvrage Xerse, novembre 1660- acclimatĂ© au goĂ»t français (rĂŽle titre pour baryton, en conformitĂ© avec l’image royale)
 C’est dire l’influence de Venise et de l’opĂ©ra vĂ©nitien dans la conception de la tragĂ©die en musique française, inventĂ©e par Lully en 1673.

La richesse des effets spatialisĂ©s, le jeu savant et naturel des voix mĂȘlĂ©es aux instruments font s’élever le recueillement jusqu’à l’extase, en une suavitĂ© collective qui passe aussi par une trĂšs convaincante articulation du texte. Retenez donc le nom de ce nouvel ensemble « spĂ©cialisé » dans l’interprĂ©tation du baroque italien : Galilei Consort
 A suivre.

CD, compte rendu critique. Giovanni Rosetta (1596-1668) : Messe pour la naissance de Louis XIV. Gabrielli, Rosetta, Rigatti, Monteverdi, Bassano
 Galilei Consort. Benjamin ChĂ©nier, direction (1 cd Alpha 965, collection “ChĂąteau de Versailles”) — enregistrement rĂ©alisĂ© en dĂ©cembre 2015 Ă  Versailles.

Détail du programme de la Messe inédite de Rosetta, Venise, 1638 :
Galilei Consort, direction : Benjamin Chénier

Intrada

Giovanni Rovetta (1596-1668)
Kyrie (Venise, 1639)
Gloria (Venise, 1639)

Giovanni Antonio Rigatti (1613-1648)
Canzona Ad Graduale (Venise, 1640)

Giovanni Rovetta
Pulcra (Venise, 1625)
Credo (Venise, 1639)
Salve Regina (Venise, 1626)

Giovanni Antonio Rigatti
Sanctus (Venise, 1640)

Anonyme
Sonata per l’Evatio

Giovanni Antonio Rigatti
Agnus dei (Venise, 1640)

Claudio Monteverdi (1567-1643)
Christe adoramus te (instrumental, Venise,1620)
Adoramus te Christe (Venise, 1620)

Giovanni Rovetta
In Caelis Hodie (Venise)
Bassano, Venezia 1599
Omnes gentes plaudite manibus

TOURS, rĂ©cital lyrique : Annick Massis chante Bellini, Gounod, Verdi…

massis-annick-soprano-coloratoure-recital-opera-classiquenewsTOURS, OpĂ©ra. RĂ©cital Annick Massis, vendredi 16 septembre 2016, 20h. Coloratoure exceptionnelle, la soprano Annick Massis est l’une des rares cantatrices française Ă  maĂźtriser autant le bel canto italien (Rossini impeccables et de grand style ; Bellini murmurĂ©, prĂ©cis, enivrĂ©) que les grands rĂŽles du romantisme française (Gounod, Massenet). Avec VĂ©ronique Gens, nous tenons les chanteuses soucieuses d’articulation comme de justesse expressive. A Tours, avec la complicitĂ© de l’orchestre maison, la diva française ouvre la nouvelle saison de façon magistrale par ce rĂ©cital lyrique incontournable : elle rend hommage aux maĂźtres de l’opĂ©ra romantique français et italien, en un chant raffinĂ©, aux phrasĂ©s spĂ©cifiques d’une grande diseuse, Ă  la ligne vocale au souffle maĂźtrisé 
De Norma (Bellini), Annick Massis exprime l’ineffable air de la prĂȘtresse gauloise (comme VellĂ©da) amoureuse d’un romain mais trahie par lui
 air Ă  la lune qui recueille ses espoirs perdus mais reste portĂ© par sa force morale intacte (casta diva) ; puis, la soprano est Juliette (Gounod) : ardente et passionnĂ©e, d’une juvĂ©nilitĂ© conquĂ©rante malgrĂ© la tragĂ©die qui l’emporte. De Verdi, voici Violetta ValĂ©ry, dĂ©faite, dĂ©chirante au II (Addio del passato), oĂč la courtisane qui a trouvĂ© le pur amour, doit renoncer Ă  tout bonheur
 Enfin, Annick Massis choisit l’air le plus pyrotechnique qui soit de l’opĂ©ra français fin de siĂšcle (air du Cours la Reine de Manon de Massenet, air de triomphe marquĂ© par l’insouciance de la jeunesse) enfin la diva française ressuscite la dignitĂ© tragique de Maria Stuarda (Donizetti). RĂ©cital ambitieux mais passionnant par l’une de nos plus grandes chanteuses actuelles.

Oeuvres de Donizetti, Bellini, Rossini, Massenet, Gounod, Debussy. L’orchestre de l’OpĂ©ra (Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours) est dirigĂ© par le nouveau directeur du ThĂ©Ăątre de Tours, Benjamin Pionnier.

tours-opera-orchestre-grand-theatre-benjamin-pionnier-saison-2016-2017-clic-de-clasiquenewsOpéra de Tours
RĂ©cital de la soprano Annick Massis
Vendredi 16 septembre 2016, 20h
RESERVEZ

Programme

‱ Vincenzo Bellini :
- Norma :
- Ouverture
- Casta Diva
- Capuleti e Montecchi. Eccomi… o quante volte
- Adelson e Salvini – Sinfonia

‱ Charles Gounod : RomĂ©o et Juliette
- Entr’acte de l’acte II
- Air du poison : Dieu quel frisson
- Le Sommeil de Juliette
- Valse de Juliette : Je veux vivre.

‱ Giuseppe Verdi :
- I Vespri Siciliani – Sinfonia
- La Traviata : Addio del passato

Giacomo Puccini : Manon Lescaut : Intermezzo

Jules Massenet : Manon : Le Cours la Reine

Gioachino Rossini : Ouverture de Semiramide

‱ Gaetano Donizetti :  Maria Stuarda : Oh, nube, che lieve

CD, CLIC “audacieux” de CLASSIQUENEWS. Arthur Lavandier : La Symphonie Fantastique d’aprĂšs Berlioz (2013) – 1 cd Le Balcon

lavandier berlioz cd symphoniqe fantastique cd review cd critique classiquenews LE BALCON maxime pascal Cover_V2bWEBCD, CLIC “audacieux” de CLASSIQUENEWS. Arthur Lavandier : La Symphonie Fantastique d’aprĂšs Berlioz (2013) – 1 cd Le Balcon. La Fantastique par le Balcon, collectif hors normes et toute libertĂ©, dont classiquenews cĂ©lĂšbre ici l’audace, car aprĂšs tout il n’est pas facile de s’attaquer Ă  un pilier du patrimoine musical français, surtout de rĂ©ussir sa rĂ©Ă©criture, sans trahir son esprit. C’est donc un CLIC “audacieux” ainsi dĂ©cerner en septembre 2016 — Genre : Romantique experimental … DĂ©jĂ  transcripteur pour PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs midi d’un faune de Debussy,  des Mirages de FaurĂ©, de ShĂ©hĂ©razade de Rimsky
, l’arrangeur compositeur Arthur Lavandier (nĂ© en 1987) aborde l’intĂ©gralitĂ© de la Fantastique de Berlioz;  dramatiquement sobre, et d’une texture raffinĂ©e, sa version ici enregistrĂ©e par Le  Balcon en effectif chambriste, sait sculpter la matiĂšre incandescente de la partition rĂ©volutionnaire de 1830, tout en activant les champs de rĂ©flexion et de travail de l’ensemble dirigĂ© par Maxime Pascal : l’instrumentation, la spatialisation, l’actualisation des oeuvres et des dispositifs de la performance
 Comme souvent, le geste musical appliquĂ© Ă  l’orchestre tout entier, dĂ©cloisonne les pratiques et “ose” investir l’ensemble entier de la salle du concert. Il faut avoir assistĂ© Ă  une performance du Balcon pour mesurer sa capacitĂ© mobile et spatiale.

 

 

Berlioz réorchestré

 

En vertu du fort dramatisme du texte qui structure la Symphonie originelle, ici chaque mouvement ou Ă©pisode poĂ©tique a son propre instrumentarium et dans une spatialisation particuliĂšre car le programme enregistrĂ© Ă©galement donnĂ© en concert entend respecter la nature rĂ©formatrice du propos berliozien : c’est Ă  dire rĂ©inventer la forme du concert et en soulignant la puissante thĂ©ĂątralitĂ© du jeu lui-mĂȘme ; renouveler aussi un dispositif et des emplacements diffĂ©rents pour chaque sĂ©quence selon ses atmosphĂšres.

La relecture qui en dĂ©coule loin des restitutions organologiquement fouillĂ©es, historiquement informĂ©es, propose une relecture / rĂ©Ă©criture complĂšte du manuscrit qui gagne Ă©trangement en vivacitĂ© nouvelle, soulignant la profonde modernitĂ© de l’oeuvre avec des brillances (timbres essentiellement) imprĂ©vues surprenantes mais non moins enivrantes : dĂ©but du premier motif Ă©mergeant par le violon solo;  l’inespĂ©rĂ© jaillit et fait tous les dĂ©lices de la scĂšne du bal oĂč un orchestre jazzy swinguĂ© s’invite dans la valse romantique ainsi actualisĂ©e; avec la complicitĂ© des instrumentistes du Balcon, Lavandier joue constamment du dĂ©calage poĂ©tique et dĂ©lirant inscrit dans les gĂšnes de la partition : symphonie de visions irrĂ©elles, digressions multiples, glissements constant du rĂ©el vers l’Ă©trange… N’oublions pas que la Fantastique est l’expression des songes et des rĂȘves du poĂšte sous l’effet de drogues : Berlioz amoureux transi de la belle actrice irlandaise Harriet Smithson lui Ă©crit sans rĂ©ponse pendant 3 ans ; pour faire son deuil, le compositeur Ă©crit un cycle symphonique en cinq actes, oĂč le dĂ©sespĂ©rĂ©, absorbe de l’opium, divague, rĂȘve qu’il la tue 

Et il faut le second volet d’un diptyque orchestral, c’est Ă  dire l’accomplissement du cycle final intitulĂ© “Lelio ou le retour Ă  la vie” (trĂšs rarement donnĂ© dans la continuitĂ© de la Fantastique), pour que le flux musical, dans le plan de Berlioz, rĂ©investisse le rĂ©el. Ainsi la ScĂšne aux champs est d’une irrĂ©alitĂ© diaphane au caractĂšre trĂšs juste. Tandis que la marche au supplice en sa fanfare mordante – avec batterie (un peu trop systĂ©matique selon nous) assĂšne une ivresse martelĂ©e, finalement trop swinguĂ©e. Certes on a bien compris l’intervention du collectif Tonton a faim, invitĂ© partenaire du Balcon, comme Ă©lĂ©ment imposĂ© par la commande (ainsi intervenant dans les 2 derniĂšres sections : l’Ă©criture permet Ă  des musiciens amateurs de jouer avec les instrumentistes classiques du Balcon).
En conclusion, tout l’imaginaire sonore d’Arthur Lavandier s’invite dans un grand festin dĂ©lirant et orgiaque pour le Songe d’une nuit de sabbat Ă  la fragmentation / implosion sardonique.
Impertinente, iconoclaste, intĂ©grant les paramĂštres du concert moderne et les nĂ©cessitĂ©s imposĂ©es par le festival commanditaire  (La CĂŽte Saint-AndrĂ©, 2013), respectant donc Ă  la lettre, les interventions des musiciens amateurs (prĂ©requis de la dite commande), cette Fantastique revisitĂ©e, souligne en dĂ©finitive la saveur toujours surprenante d’une oeuvre manifeste. AprĂšs l’Ă©coute du Balcon l’oreille qui s’est ainsi laissĂ©e surprendre puis sĂ©duire, recherche dans sa continuitĂ© Ă  rĂ©Ă©couter un orchestre classique traditionnel  (version Markevitch fiĂ©vreuse Ă©lectrisĂ©e par exemple) : l’approche du Balcon en sort gagnante car elle est porteuse d’une irrĂ©vĂ©rence propice aux imaginaires sonores, recrĂ©atrice de l’écoute ; c’est un geste musical qui reprend en compte l’idĂ©e du mouvement et de la thĂ©ĂątralitĂ© des instruments ; une conception qui rĂ©invente la forme du concert (comme Berlioz Ă  son Ă©poque), et tout Ă  fait emblĂ©matique d’un collectif atypique dont l’espĂšce n’aurait pas Ă©tĂ© reniĂ©e par Berlioz lui mĂȘme : expĂ©rimentale, comme lui. Surprenant, dĂ©routant, rafraĂźchissant, convaincant. Vive l’audace !

 

 

CLIC_macaron_2014CD, CLIC “audacieux” de CLASSIQUENEWS. Arthur Lavandier : La Symphonie Fantastique d’aprĂšs Berlioz (2013), arrangement pour ensemble de chambre sonorisĂ© — pour mieux comprendre le concept spatialisĂ© du projet, l’éditeur dans le coffret du cd, inclut aussi un lien pour tĂ©lĂ©charger la version binaurale, 3D sonore Ă  Ă©couter au casque (saisissante). 1 cd Le Balcon. Les plus convaincus par le geste du Balcon, interprĂšte des univers d’Arthur Lavandier retrouveront compositeur et collectif instrumental Ă  l’OpĂ©ra de Lille, oĂč les 6, 8, 9 novembre 2016, ils prĂ©senteront un nouveau spectacle intitulĂ© « Le Premier meurtre », en crĂ©ation

 

 

 

 

Lucia di Lammermoor Ă  Tours

TOURS, OpĂ©ra. Donizetti : Lucia di Lammermoor, les 7, 9 et 11 octobre 2016. En adaptant pour Donizetti en 1835, le roman de Walter Scott, Salvatore Cammarano souligne l’impuissance tragique d’une fille pourtant bien nĂ©e
 elle est noble en son chĂąteau, mais orpheline et sans le sou.

 

 

 

TOURS : Lucia de Lammermoor, les 7, 9, 11 octobre 2016

Le supplice de Lady Jane Grey par le peintre Hippolyte Paul Delaroche, 1834.

 

 

donizetti-687Lucia pourrait ĂȘtre une histoire parallĂšle au RomĂ©o et Juliette de Shakespeare, l’une de ses possibles « variations » : il y est question comme dans le drama mĂ©diĂ©val d’une rivalitĂ© entre deux clans, les Ashton et les Ravenswood. Et dans ce conflit qui dĂ©truit les familles, de l’amour qui unit pourtant deux de ses membres : Lucia Ashton aime passionnĂ©ment Eduardo Ravenswood. Mais le frĂšre de Lucia, Lord Enrico Ashton fait savoir dĂšs la premiĂšre scĂšne qu’il dĂ©cide du sort de sa soeur et la promet Ă  un riche mariage, – avec Arturo Bucklaw, pour redorer le blason familial (et empocher les fruits de la dote). Les quiproquos malheureux (rendus possible par une Ă©tonnante passivitĂ© aveugle d’eduardo), prĂ©cipite le sort de Lucia pourtant constante et loyale dans ses sentiments : si elle Ă©pouse forcĂ©e, Arturo, elle le tue le soir des noces, puis devenue folle, se tue, entrainant le suicide d’eduardo. TragĂ©die inĂ©luctable des amants sur terre : les cƓurs purs ne sont pas de ce monde. Le dernier et troisiĂšme acte de Lucia est le plus spectaculaire : la scĂšne de folie, Ă©crin Ă  vocalises, permet Ă  la seule figure vraiment dĂ©veloppĂ©e du drame lyrique, Lucia sacrifiĂ©e, de dĂ©velopper sa langueur mortifĂšre. Donizetti cisĂšle la langue du bel canto le plus suave et dĂ©licat, sur le livret de Cammarano particuliĂšrement efficace et simple, dans lequel le trio infernal de l’opĂ©ra italien romantique : baryton noir voire sadique (Enrico le frĂšre), tĂ©nor ardent angĂ©lique (Edgardo l’amant Ă©cartĂ©), soprano Ă©clatant sacrificiel (Lucia) se fixe dĂ©finitivement.

 

 

 

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Lucia di Lammermoor de Donizetti Ă  l’OpĂ©ra de Tours

Opéra séria en trois actes
Livret de Salvatore Cammarano
Création le 26 septembre 1835 à Naples

Direction musicale : Benjamin Pionnier
Mise en scÚne : Frédéric Bélier-Garcia
DĂ©cors : Jacques Gabel
Costumes : Katia Duflot
LumiĂšres : Roberto Venturi

Lucia : Désirée Rancatore
Edgardo : Jean-François Borras
Enrico : Jean-Luc Ballestra
Raimondo : Wojtek Smilek
Arturo : Mark van Arsdale
Alisa : Valentine Lemercier
Normanno : Enguerrand de Hys

Choeurs de l’OpĂ©ra de Tours
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours
Coproduction Opéra de Marseille & Opéra de Lausanne

 

 

CD, compte rendu critique. 7 Peccati Capitali. Capella Mediterranea, Leonardo Garcia Alarcon (1 cd Alpha)

alarcon cd capella mediterranea cd 7 peccati review critique complete CLIC de CLASSIQUENEWSCONTRASTES DES PASSIONS PROJETEES & DECLAMEES
 DĂšs le premier air (duo Poppea et son nourrice Arnalta extrait de l’Incoronazione di Poppea) tout est dit et tout est magistralement annoncĂ© dans un contraste des passions fiĂ©vreusement articulĂ© (d’un dramatisme ardent, linguistiquement rĂ©jouissant): arrogance de l’amoureuse certaine d’ĂȘtre protĂ©gĂ©e par le destin  (Amour et Fortune) Ă  laquelle s’oppose les craintes de sa nourrice inquiĂšte quant Ă  la sagesse de sa jeune maĂźtresse… soupçons vains dans l’opĂ©ra de Monteverdi car toute l’action y cĂ©lĂšbre la rĂ©ussite arrogante de la jeune aimĂ©e de Neron jusqu’Ă  la pourpre impĂ©riale : amor vincit omnia et le dĂ©sir de jouissance Ă©crase tout (mĂȘme surenchĂšre lascive dans l’autre duo fragment du mĂȘme opĂ©ra : l’Incoronazione fusionnant avec une mĂȘme ivresse sensorielle entre Nerone / Lucano  (illustrant l’avarice).

Mariana Flores, nouvelle sirĂšne cavallienneSoulignons de part en part cette savoureuse opposition parfois mĂȘme trucculente par une rageuse plasticitĂ© du verbe ici dramatique et trĂšs projetĂ©e  : l’excellent Emiliano Gonzalvez Toro se montre Ă  la hauteur du redoutable rĂ©cit accompagnĂ© oĂč chant vocal et instrumental Ă  part Ă©gal doivent ĂȘtre ciselĂ©s en une priĂšre ardente et mordante qu’expose idĂ©alement l’air d’Orfeo  (Ă©vocation de la CharitĂ© plage 12) : le tĂ©nor au mĂ©dium barytonant projette avec intensitĂ© et vrai souffle la langue musicale ; rĂ©alisant ce geste vocal en un chant inspirĂ© par l’humaine priĂšre;  sa tendresse mesurĂ©e, nuancĂ©e, tempĂšre l’excĂšs d’intonation que ses partenaires parfois outrepassent vers une fureur privilĂ©giĂ©e au dĂ©triment de phrasĂ©s totalement subtils. VoilĂ  notre seule rĂ©serve d’un collectif dans les airs lyriques idĂ©alement articulĂ©s et caractĂ©risĂ©s : leur approche manque dans les madrigaux choisis, cette attĂ©nuation intĂ©rieure, si bĂ©nĂ©fique qui a fait toute la grĂące de la plus rĂ©cente intĂ©grale des Livres de madrigaux de Monteverdi dĂ©fendu par le plus allusif Paul Agnew, complice et maĂźtre d’ouvrage pour cette intĂ©grale des Arts Florissants.
Ici, les somptueux solistes rĂ©unis pour l’Ă©blouissement du Livre III  (plage 13 : “Vattene pur, crudel” ) certes ne manquent pas d’individualitĂ© mais il leur manque cette Ă©coute spĂ©cifique oĂč toutes les voix s’accordent et s’enivrent littĂ©ralement au service de l’Ă©toffe linguistique. Ainsi, en une thĂ©ĂątralitĂ© trop superficielle, tout y est souvent forcĂ©, sans cette interrogation profondeur et mystĂ©rieuse qui est la clĂ© des grands Monteverdiens. alarcon leonardo garcia maestro concert review annonce concert classiquenewsL’expressivitĂ© ardente ne fait pas tout. Tout cela n’ĂŽte rien de l’engagement premier de tous : mais les qualitĂ©s exposĂ©es sont par ailleurs si nombreuses que l’on souhaitait le meilleur et mĂȘme l’excellence : Leonardo Garcia Alarcon difffuse une furiĂ  Ă©ruptive, indiscutable, pourtant souvent trop soulignĂ©e dont l’intensitĂ© confine Ă  la prĂ©cipitation (derniĂšre partie d’Altri Canti d’Amor : plus projetĂ©e et dĂ©clamĂ©e que rĂ©ellement inspirĂ©e et nuancĂ©e); pour nous ce canto teatrale ou secunda prattica – qui ne doit jamais sacrifier le verbe, travail d’un Monteverdi idĂ©alement inspirĂ©, Ă©gale en finesse requise et technicitĂ© – prĂ©cisĂ©ment: agilitĂ© et prĂ©cision des vocalisations-, ce bel canto bellinien, rĂ©fĂ©rence absolue du chanteur…

VocalitĂ  du verbe dramatique
1001 accents de Cappella Mediterranea

Dans les  faits, tout le programme est globalement jubilatoire par son Ă©nergie, son relief expressif, finement structurĂ© par le jeu des contrastes passionnels, moralement enviables ou condamnables : le titre l’annonce : 7 peccati capitale / 7 pĂ©chĂ©s capitaux, soit un thĂ©Ăątre des vertus et des vices intelligemment orchestrĂ©s.

Ici au dĂ©but du voyage, toute Ă  son espĂ©rance et Ă  sa certitude de favorite confirmĂ©e, PoppĂ©e jubile d’un sentiment vertueux et adorable qui fait oublier le propos  outrageusement cynique, presque Ă©coeurant de tout l’ouvrage de 1642, la dernier opĂ©ra de Monteverdi Ă  Venise.
Pour rompre cet Ă©lan du dĂ©sir obscĂšne, Leonardo Garcia Alarcon place Ă  sa suite l’Ă©clat intime de la prodigalitĂ© telle qu’elle surgit incandescente et d’une sobre articulation du “Si dolce Ăš’l tormento”, extrait du Quarto scherzo delle ariose vaghezze  (Venise 1624). La constance et la fidĂ©litĂ© qui Ă©manent du chant tout en simplicitĂ© et prĂ©cise articulation de Marianna Flores, soulignent l’intensitĂ© et pourtant la pudeur d’une priĂšre oĂč le chant amoureux ne cesse d’affirmer une fidĂ©litĂ© inexorable et sublime Ă  force de sacrifice et de contrĂŽle.

Ainsi tout le programme est-il idĂ©alement contrastant,  composant une carte des passions contraires, oĂč chaque extrait monteverdien revĂȘt un sens spĂ©cifique offrant une claire et Ă©loquente dĂ©monstration des vices les plus emblĂ©matique de l’espĂšce humaine soit les 7 pĂ©chĂ©s capitaux : prĂ©cisĂ©ment, paresse  (deux soldats tirĂ©s du sommeil au dĂ©but de l’Incoronazione) ; envie  (acte I d’Ulisse); puis orgueil, avarice, gourmandise, luxure et colĂšre  (ces deux derniers sont tirĂ©s des Livres IV et III de madrigaux). Chaque sĂ©quence parfaitement sĂ©lectionnĂ©es illustre avec une exceptionnelle plasticitĂ© linguistique et instrumentale, l’Ă©nergie passionnelle en jeu. Les solistes sont tous engagĂ©s et souvent Ă©lectrisĂ©s par un chef prĂ©occupĂ© par le relief de chaque rĂ©citatif  (saisissant duo fĂ©minin de la ChastetĂ© oĂč dans l’extrait du VIII Ăšme Livre de madrigaux, les deux cantatrices comme en urgence projettent le texte moralisateur d’un amoureux transi qui canalise tout dĂ©sir au prix d’une indicible souffrance : langueur et hallucination diffusent leur pouvoir exemplaire.
L’auditeur aura donc compris le jeu d’une rhĂ©torique en rĂ©sonance : Ă  chaque pĂ©chĂ© capital  (illustrĂ© par une sĂ©quence extraite d’un opĂ©ra, Poppea et Ulisse principalement ou d’un madrigal),  rĂ©pond une qualitĂ© morale contraire; ainsi au fil des alternances embrasĂ©es s’imposent espĂ©rance et prodigalitĂ© en ouverture puis chastetĂ©, humilitĂ©, tempĂ©rance, charitĂ© et enfin courage qui clĂŽt le programme.

Parmi les accents d’un cycle hautement thĂ©Ăątral qui rend hommage au gĂ©nie lyrique de Monteverdi : soulignons la parfaite perversitĂ© du Nerone agile, expressivement juste du jeune haute contre amĂ©ricain Christopher Lowrey;  la gouaille sensuelle des deux tĂ©nors superbe diseurs impliquĂ©s : Mathias Vidal et Emiliano Gonzalez-Toro  (duo lascif de L’avarice, – dĂ©jĂ  citĂ©, extrait de L’Incoronazione /  Nerone et Lucano, vĂ©ritable extase Ă  deux voix viriles).

leonardo garcia alarcon capella mediterranea cavalli review critique cd Cavalli classiquenewsPLASTIQUE ARDEUR DU CHANT MONTEVERDIEN
 Dans ce programme thĂ©Ăątral, Leonardo Garcia Alarcon redouble de plasticitĂ© expressive,  affirmant en particulier une surenchĂšre dĂ©lectable dans le style langoureux lascif;  les qualitĂ©s du chef baroque jouant du relief des contrastes Ă©motionnels parfaitement structurĂ©s, soigne aux cĂŽtĂ©s d’un continuo toujours raffinĂ©, l’articulation palpitante du verbe;  lui rĂ©pondent en cela tous les chanteurs, tous parmi les meilleurs solistes actuels que la notion d’expression linguistique concerne particuliĂšrement ; les habituels partenaires de Cappella Mediterreanea, tels la soprano Mariana Flores  (Ă  la ville Ă©pouse du maestro), ou Emiliano Gonzalez-Toro;  tout autant ardent et habitĂ©s par une fiĂšvre rare : Mathias Vidal sans omettre les deux  jeunes tempĂ©raments  de plus en plus convaincants au fil du voyage : Francesca Aspromonte et Christopher Lowrey.

CLIC_macaron_2014En accordant la vitalitĂ© de chaque soliste au flux et reflux d’un tissu instrumental des plus opulents, Leonardo Garcia Alarcon confirme sa flamboyante capacitĂ© Ă  caractĂ©riser chaque figure en situation, portĂ© par un instrumentarium idĂ©alement souple et investi. AprĂšs son rĂ©cent double album dĂ©diĂ© aux Heroines du Baroque VĂ©nitien – majoritairement consacrĂ© aux opĂ©ras de Cavalli, le meilleur Ă©lĂšve de Monteverdi, le chef poursuit ainsi son exploration de l’opĂ©ra vĂ©nitien avec une gourmandise Ă©loquente ; Ă  suivre encore
 en ce mois de septembre 2016 oĂč chef et instruments Ă©lectrisĂ©s souhaitons-le, se retrouvent dans la fosse de l’OpĂ©ra Garnier Ă  Paris pour la rĂ©crĂ©ation d’un opĂ©ra jamais jouĂ© du vivant de Francesco Cavalli : Eliogaballo. … autre gĂ©nie de l’opĂ©ra vĂ©nitien et ici tout autant engagĂ© dans la rhĂ©torique des passions humaines. De sorte qu’aujourd’hui, il n’est pas d’autres meilleurs interprĂštes des passions vĂ©nitiennes que les musiciens de Capella Mediterranea.

CD, compte rendu critique. 7 Peccati Capitali. Capella Mediterranea, Leonardo Garcia Alarcon (1 cd Alpha). CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016.

APPROFONDIR : LIRE notre compte rendu critique complet du double cd HĂ©roĂŻnes du Baroque VĂ©nitien, opĂ©ras de Cavalli (extraits) par Cappella Mediterranea, Leonardo Garcia Alarcon (2 cd Ricercar, CLIC de CLASSIQUENEWS d’octobre 2015)

 

RĂ©cital exceptionnel Annick Massis Ă  Tours

massis-annick-soprano-coloratoure-recital-opera-classiquenewsTOURS, OpĂ©ra. RĂ©cital Annick Massis, vendredi 16 septembre 2016, 20h. Coloratoure exceptionnelle, la soprano Annick Massis est l’une des rares cantatrices française Ă  maĂźtriser autant le bel canto italien (Rossini impeccables et de grand style ; Bellini murmurĂ©, prĂ©cis, enivrĂ©) que les grands rĂŽles du romantisme française (Gounod, Massenet). Avec VĂ©ronique Gens, nous tenons les chanteuses soucieuses d’articulation comme de justesse expressive. A Tours, avec la complicitĂ© de l’orchestre maison, la diva française ouvre la nouvelle saison de façon magistrale par ce rĂ©cital lyrique incontournable : elle rend hommage aux maĂźtres de l’opĂ©ra romantique français et italien, en un chant raffinĂ©, aux phrasĂ©s spĂ©cifiques d’une grande diseuse, Ă  la ligne vocale au souffle maĂźtrisé 
De Norma (Bellini), Annick Massis exprime l’ineffable air de la prĂȘtresse gauloise (comme VellĂ©da) amoureuse d’un romain mais trahie par lui
 air Ă  la lune qui recueille ses espoirs perdus mais reste portĂ© par sa force morale intacte (casta diva) ; puis, la soprano est Juliette (Gounod) : ardente et passionnĂ©e, d’une juvĂ©nilitĂ© conquĂ©rante malgrĂ© la tragĂ©die qui l’emporte. De Verdi, voici Violetta ValĂ©ry, dĂ©faite, dĂ©chirante au II (Addio del passato), oĂč la courtisane qui a trouvĂ© le pur amour, doit renoncer Ă  tout bonheur
 Enfin, Annick Massis choisit l’air le plus pyrotechnique qui soit de l’opĂ©ra français fin de siĂšcle (air du Cours la Reine de Manon de Massenet, air de triomphe marquĂ© par l’insouciance de la jeunesse) enfin la diva française ressuscite la dignitĂ© tragique de Maria Stuarda (Donizetti). RĂ©cital ambitieux mais passionnant par l’une de nos plus grandes chanteuses actuelles.

Oeuvres de Donizetti, Bellini, Rossini, Massenet, Gounod, Debussy. L’orchestre de l’OpĂ©ra (Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours) est dirigĂ© par le nouveau directeur du ThĂ©Ăątre de Tours, Benjamin Pionnier.

tours-opera-orchestre-grand-theatre-benjamin-pionnier-saison-2016-2017-clic-de-clasiquenewsOpéra de Tours
RĂ©cital de la soprano Annick Massis
Vendredi 16 septembre 2016, 20h
RESERVEZ

Programme

‱ Vincenzo Bellini :
- Norma :
- Ouverture
- Casta Diva
- Capuleti e Montecchi. Eccomi… o quante volte
- Adelson e Salvini – Sinfonia

‱ Charles Gounod : RomĂ©o et Juliette
- Entr’acte de l’acte II
- Air du poison : Dieu quel frisson
- Le Sommeil de Juliette
- Valse de Juliette : Je veux vivre.

‱ Giuseppe Verdi :
- I Vespri Siciliani – Sinfonia
- La Traviata : Addio del passato

Giacomo Puccini : Manon Lescaut : Intermezzo

Jules Massenet : Manon : Le Cours la Reine

Gioachino Rossini : Ouverture de Semiramide

‱ Gaetano Donizetti :  Maria Stuarda : Oh, nube, che lieve

Eliogabalo de Cavalli, recréé à Paris

Cavalli_francescoPARIS, Palais Garnier : Eliogabalo de Cavalli : 14 septembre-15 octobre 2016. RecrĂ©ation baroque attendue sous les ors de Garnier Ă  Paris… GrĂące au musicologue Jean-François Lattarico (collaborateur sur classiquenews, et auteur rĂ©cent de deux nouveaux ouvrages sur l’opĂ©ra vĂ©nitien du Seicento et sur le librettiste Giovan Francesco Busenello), les opĂ©ras de Cavalli connaissent un sursaut de rĂ©habilitation. Essor justifiĂ© car le plus digne hĂ©ritier de Monteverdi aura Ă©bloui l’Europe entiĂšre au XVIIĂš, par son sens de la facĂ©tie, un cocktail dĂ©capant sur les planches alliant sensualitĂ©, cynisme et poĂ©sie, mĂȘlĂ©s. Avec Eliogabalo, recrĂ©ation et nouvelle production, voici assurĂ©ment l’évĂ©nement en dĂ©but de saison, du 14 septembre au 15 octobre 2016, soit 13 reprĂ©sentations incontournables au Palais Garnier. Avec le Nerone de son maĂźtre Monteverdi dans Le couronnement de PoppĂ©e, Eliogabalo illustre cette figure mĂ©prisable et si humaine de l’ñme faible, « effeminata », celle d’un politique pervers, corrompu, perverti qui ne maĂźtrise pas ses passions mais en est l’esclave clairvoyant et passif
 Superbe production Ă  n’en pas douter et belle affirmation du Baroque au Palais Garnier. Leonardo Garcia Alarcon, direction musicale. Thomas Jolly, mise en scĂšne. Avec entre autres : Franco Fagioli dans le rĂŽle-titre ; Valer Sabadus (Giuliano Gordie)
 soit les contre tĂ©nors les plus fascinants de l’heure. Un must absolu.

 

 

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Elagabalo_(203_o_204-222_d.C)_-_Musei_capitolini_-_Foto_Giovanni_Dall'Orto_-_15-08-2000HISTOIRE ROMAINE. L’histoire romaine laisse la trace d’un empereur apparentĂ© aux Antonins et Ă  Caracalla (auquel il ressemblait Ă©trangement), Varius Avitus Bassianus dit HĂ©liogabale ou Elagabal, devenu souverain impĂ©rial Ă  14 ans en 218. L’adolescent, politique prĂ©coce, ne devait rĂ©gner que … 4 annĂ©es (jusqu’en 222). Le descendant des Bassianides, illustre clan d’EmĂšse, en raison d’une historiographie Ă  charge, reprĂ©sente la figure emblĂ©matique du jeune prince pervers et dissolu, opposĂ© Ă  son successeur (et cousin), le vertueux Alexandre SĂ©vĂšre. En rĂ©alitĂ©, l’empereur n’Ă©tait q’un pantin aux ordres de sa mĂšre, l’ambitieuse et arrogante Julia Soaemias / Semiamira (comme ce que fut Agrippine pour NĂ©ron). PrĂȘtre d’Elagabale, dieu oriental apparentĂ© Ă  Jupiter, HĂ©liogabale tenta d’imposer le culte d’Elagabale comme seule religion officielle de Rome. Le jeune empereur plutĂŽt portĂ© vers les hommes mĂ»rs, Ă©pousa ensuite les colosses grecs HiĂ©roclĂšs et Zotikos, scandalisant un peu plus les romains. Les soldats qui l’avaient portĂ© jusqu’au trĂŽne, l’en dĂ©mit aussi facilement prĂ©fĂ©rant honorer Alexandre SĂ©vĂšre dont la rĂ©putation vertueuse sembla  plus conforme au destin de Rome. Une autre version prĂ©cise que c’est la foule romaine dĂ©chainĂ©e et choquĂ©e par ses turpitudes en sĂ©rie qui envahit le palais impĂ©rial et massacra le corps du jeune homme, ensuite trainĂ© comme une dĂ©pouille maudite dans les rue de la ville antique.

busenello_giovan_francesco_monteverdi_poppea_statiraCAVALLI, 1667. Utilisant Ă  des fins moralisatrices, le profil historique du jeune empereur, Cavalli brosse de fait le portrait musical d’un souverain “langoureux, effĂ©minĂ©, libidineux, lascif”… le parfait disciple d’un NĂ©ron, tel que Monteverdi l’a peint dans son opĂ©ra, avant Cavalli (Le Couronnement de PoppĂ©e, 1642). En 1667, Cavalli offre ainsi une action cynique et barbare, oĂč vertus et raisons s’opposent Ă  la volontĂ© de jouissance du prince. Mais s’il habille les hommes en femmes, et nomme les femmes au SĂ©nat (elles qui en avaient jusqu’Ă  l’interdiction d’accĂšs), s’il ridiculise les gĂ©nĂ©raux et rĂ©gale le commun en fĂȘtes orgiaques et somptuaires, Eliogabalo n’en est pas moins homme et sa nature si mĂ©prisable, en conserve nĂ©anmoins une part touchante d’humanitĂ©. Sa fantaisie perverse qui ne semble connaĂźtre aucune limite, ne compenserait-elle pas un gouffre de solitude angoissĂ©e ? En l’Ă©tat des connaissances, on ignore quel est l’auteur du livret du dernier opĂ©ra de Cavalli, mais des soupçons forts se prĂ©cisent vers le gĂ©nial Ă©rudit libertin et poĂšte, Giovan Francesco Busenello, dont la philosophie pessimiste et sensuelle pourrait avoir soit produit soit influencĂ© nombre de tableaux de cet Eliogabalo, parfaitement reprĂ©sentatif de l’opĂ©ra vĂ©nitien tardif.

eliogabalo-franco-fagioli-opera-garnier-paris-classiquenews-annonce-promotion-dossier-eliogabaloEliogabalo de Cavalli au Palais Garnier Ă  Paris
Du 14 septembre au 15 octobre 2016
Avec
Franco Fagioli, Eliogabalo
Paul Groves, Alessandro Cesare
Valer Sabadus, Giuliano Gordio
Marianna Flores, Atilia Macrina
Emiliano Gonzalez-Toro, Lenia

La Cappella Mediterranea
Choeur de Chambre de Namur (préparé par Thibault Lenaerts)
Leonardo Garcia Alarcon, direction
Thomas Jolly, mise en scĂšne

 

 

eliogabalo-franco-fagioli-classiquenews-opera-garnier-parisUN OPERA JAMAIS JOUÉ DU VIVANT DE CAVALLI
 Eliogabalo n’est pas en vĂ©ritĂ© le dernier opus lyrique de Cavalli : le compositeur allait encore en composer deux autres aprĂšs (Coriolano, Massenzio), mais Eliogabalo est bien l’ultime ouvrage dont nous soit parvenue la partition.  LIRE notre dossier complet dĂ©diĂ© Ă  Eliogabalo de Cavalli au Palais Garnier Ă  Paris

 

SIMULTANEMENT, Ă  l’OPERA BASTILLE : La Tosca de Pierre Audi, nouveau directeur du festival d’Aix (en 2018), est l’autre nouvelle production Ă  suivre : du 17 septembre au 18 octobre 2016 Ă  Bastille. Avec la Tosca de Anja Harteros ou Liudmyla Monastyrska (voir les dates prĂ©cises de leur prĂ©sence), Marcelo Alvarez (Mario), Bryn Terkel (Scarpia)
 10 reprĂ©sentations.

Illustrations : portraits de Cavalli, Busenello — 2 sessions de rĂ©pĂ©titions d’Eliogabalo avec Franco Fagioli sous la direction du comĂ©dien Thomas Jolly / © OpĂ©ra national de Paris

William Christie joue la Messe en si de Bach

Messe en si de Bach par William ChristieLONDRES. William Christie dirige la Messe en si de Bach, le 1er septembre 2016, 19h30. C’était l’évĂ©nement du dernier festival de musique sacrĂ©e de Cuenca (Semaine Sainte 2016) : William Christie dirigeait une nouvelle version de la Messe en si de Bach oĂč brillait l’exceptionnel Ă©clat des chanteurs des Arts Florissants, Ă©clairant l’activitĂ© architecturĂ©e des diffĂ©rentes sections d’une Messe monumentale dont la cohĂ©rence en dĂ©pit d’une genĂšse compliquĂ©e, ne finit pas de nous fasciner. Le chef fondateur des Arts Florissants reprend donc le massif sacrĂ© baroque lĂ©guĂ© par Jean-SĂ©bastien, aprĂšs l’avoir jouĂ© Ă  Barcelone puis Ă  Leipzig (dans l’église mĂȘme que Bach a connu, en juin 2016). De la Messe aux vertiges ascensionnels, Ă  la profondeur du dĂ©nuement aussi (cf le dernier air pour soliste, Agnus Dei pour alto solo)
 Bach exprime la destinĂ©e humaine, ses espĂ©rances, ses dĂ©sirs d’absolu et de dĂ©passement spirituel, voire mystique. Aux trompettes exclamatives, se joignent aussi le violon solo (Laudamus te), le cor (magnifique et noble Qui sedes), les 2 hautbois d’amour enchanteurs (Et in spiritum sanctum), soit un instrumentarium raffinĂ© et variĂ© qui pourrait bien Ă©voquer la relation directe de Bach avec la Cour de Dresde et ses formidables instrumentistes

La vision de William Christie souffle un air vivifiant d’éloquente juvĂ©nilitĂ©, reposant pour beaucoup sur la plasticitĂ© quasi opĂ©ratique des instruments, sur l’engagement inouĂŻ des choeurs des Arts Florissants (formidable succession habitĂ©e, profonde, intĂ©rieure des Et incarnatus est, puis Crucifixus et Et resurrexit
). Souple, intĂ©rieure, d’une noblesse onctueuse Ă  la fois recueillie et exclamative, la direction de William Christie profite Ă  ce grand retour Ă  Bach, attendu, et depuis cette tournĂ©e europĂ©enne 2016, totalement rĂ©ussi. Un enregistrement discographique est annoncĂ© (publication en 2017).

 

 

 

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LONDRES, BBC PROM, jeudi 1er septembre 2016, 19h30
Messe en si mineur de Jean-SĂ©bastien Bach

Katherine Watson, soprano
Tim Mead, contre-ténor
Reinoud Van Mechelen, ténor
André Morsch, baryton

Les Arts Florissants
William Christie, direction

JouĂ© sans entracte, d’un seul tenant

INFOS, RESERVATIONS

 

 

 

Approfondir
LIRE notre dossier spécial La Messe en si de Jean-Sébastien Bach
LIRE notre compte rendu complet de La Messe en si de Jean-SĂ©bastien Bach, par William Christie (Cuenca, avril 2016)

 

 

 

Docu et concert Mozart sur Arte

arte_logo_2013ARTE, Dimanche 4 septembre 2016, 17h30. SpĂ©ciale Mozart. Deux programmes s’intĂ©ressent Ă  l’Ɠuvre de Wolfgang : le profil du compositeur stars adulĂ©, vĂ©nĂ©rĂ©, estimĂ© dĂšs son vivant
 malgrĂ© ce que l’on a avancĂ© souvent Ă  torts. Puis, nouveau concert par la nouvelle gĂ©nĂ©ration française dont la soprano coloratoure Sabine Deviehle, nouvelle ambassadrice de l’élĂ©gance tendre mozartienne (envĂ©ritĂ© elle n’est pas si seule comme en tĂ©moigne aussi la naĂźtrise de la jeune soprano coloratoure elle aussi, Julia Knecht dans un rĂ©cent programme PUR MOZART dirigĂ© par la chef Debora Waldman
). 2 RVs donc ce 4 septembre Ă  17h30 puis 18h20.

 

 

 

Dimanche 4 septembre, 17h30
Mozart Superstar
D’Elvis Presley Ă  Madonna, de John Lennon Ă  Michael Jackson, tous auraient rĂȘvĂ©mozart_portrait-300 d’afficher un tel palmarĂšs : 626 Ɠuvres, plus de 200 heures de musique, 12 000 biographies, 100 millions d’exemplaires de l’intĂ©grale de son Ɠuvre vendus Ă  travers le monde ! Plus de deux siĂšcles aprĂšs sa mort, Mozart reste en tĂȘte de tous les classements.‹Ce documentaire musical peu conventionnel dresse le portrait intime de l’artiste en relevant ses traits les plus saillants – que l’on retrouve aussi chez de nombreuses lĂ©gendes de la pop… Une quinzaine d’intervenants (de la chanteuse lyrique Patricia Petibon Ă  l’Ă©crivain Philippe Sollers) Ă©tayent ce rĂ©cit mĂȘlĂ© Ă  des extraits de fictions comme Amadeus, des publicitĂ©s, des concerts, une comĂ©die musicale et des clips. L’habillage du film, Ă  base de nĂ©on, inscrit rĂ©solument Mozart dans une lecture contemporaine.‹Avec notamment : Patricia Petibon, chanteuse lyrique, Philippe Sollers, auteur duMystĂ©rieux Mozart (Gallimard), la pianiste Vanessa Wagner, le violoniste Benjamin Schmid, Johannes Honsig-Erlenburg, prĂ©sident de l’UniversitĂ© Mozarteum de Salzbourg, et GeneviĂšve Geffray, ancienne bibliothĂ©caire de celle-ci, Isabelle Duquesnoy, biographe de Constance Mozart, Annie Paradis, auteure de Mozart : l’opĂ©ra rĂ©enchanté (Fayard), Yann Olivier, prĂ©sident d’Universal Classic et Jazz, Bertrand Dicale et Helmut Brasse, journalistes musicaux, Dove Attia, producteur et auteur de Mozart, l’opĂ©ra-rock.
Documentaire de Mathias Goudeau (France, 2012, 52mn, rediffusion)

 

 

 

L’AcadĂ©mie des sƓurs Weber
Ă  18h30

Devielhe-sabine-mozart-weber-soeurs-cd-review-critique-compte-renduEn quĂȘte de nouvelles opportunitĂ©s professionnelles, Mozart a vingt-et-un ans lorsqu’il frappe Ă  la porte des Weber vers la fin de l’annĂ©e 1777. Fridolin Weber, chef de cette humble famille de Mannheim, est copiste, souffleur de thĂ©Ăątre et chanteur (basse). Il place la musique au cƓur de l’éducation de ses quatre filles Josepha, Aloysia, Constanze et Sophie. Un coup de foudre total et immĂ©diat : Mozart s’éprend de la jeune Aloysia, Ă  peine ĂągĂ©e de dix-sept ans et dotĂ©e d’une voix aux capacitĂ©s exceptionnelles. Mais c’est Constance qu’il Ă©pousera (comme en tĂ©moigne l’opĂ©ra amoureux L’EnlĂšvement au sĂ©rail oĂč Constanze est un personnage du drame), et son destin restera intimement liĂ© Ă  cette famille.
A Vienne, le jeune compositeur organise des « AcadĂ©mies » – concerts Ă©clectiques sur invitations qui pouvaient durer plusieurs heures sont prĂ©sentĂ©s des extraits d’opĂ©ra, de symphonies ou des airs pour sopranos Ă©crits pour l’occasion. Sabine Devieilhe et RaphaĂ«l Pichon, soprano et chef, Ă©poux Ă  la ville, font revivre l’esprit de ces concerts pas comme les autres – dans ce rĂ©cital oĂč se cĂŽtoient des pages virtuoses pour la voix de Sabine Devieilhe, digne hĂ©ritiĂšre d’Aloysia, et des partitions pour orchestre du divin Mozart.

Sabine Devieilhe – W.A. Mozart, une acadĂ©mie pour les sƓurs Weber — RĂ©alisation : Colin Laurent. Avec Sabine Devieilhe et l’Ensemble Pygmalion dirigĂ© par RaphaĂ«l Pichon. EnregistrĂ© au ThĂ©Ăątre ImpĂ©rial de CompiĂšgne en dĂ©cembre 2015 (44mn – 2016). Le thĂšme de ce programme a fait l’objet d’un enregistrement discographique chez ERATO, Ă©lu CLIC de classiquenews.

 

 

 

Programme
Haffner Allegro enchainé
Aria Vorrei spiegarvi K.418 +
Aria Schon lacht der holde FrĂŒhling K.58
Trio Die Schlittenfahrt Kv 605 n°3 + Deutsche Tanze kv 571 n°6, enchainés
Die Zauberflöte Kv 620 – Reine de la Nuit +
Haffner Presto
Aria Nehmt meinen Dank
Dans un bois solitaire et sombre (bis piano forte/chant)

 

 

 

LONDRES, la nouvelle Norma de Sonya Yoncheva

Diva d'aujourd'hui : Sonya Yoncheva chante IrisLONDRES, ROH. Norma de Bellini : 12-26 septembre 2016. Sonya Yoncheva chante Norma. Elle a triomphĂ© dans La Traviata de Verdi Ă  l’OpĂ©ra Bastille (applaudie vĂ©cue en juin dernier, affirmant par son onctueuse fĂ©minitĂ©, l’une des Violettas les plus raffinĂ©es et convaincantes qui soient, avec sa consƓur albanaise Ermolena Jaho, grande victorieuse des ChorĂ©gies d’Orange 2016), Sonya Yoncheva poursuit sa carriĂšre de haut vol : aprĂšs plus rĂ©cemment une Iris de Mascagni, toute autant voluptueusement aboutie Ă  Montpellier, voici Ă  Londres, sa Norma de Bellini (1831), un rĂŽle qui en plus de la beautĂ© de son timbre de miel, devrait aussi confirmer son belcanto, avec phrasĂ©s et vocalises Ă  l’envi
 Le Royal Opera House prĂ©sente ainsi sa nouvelle production de Norma, prĂȘtresse Ă  la lune et fille du druide Oroveso, mariĂ©e secrĂštement au Consul romain Pollione mais honteusement trahie par lui, alors qu’elle a eu deux fils du romain. Mais l’homme est faible et lui prĂ©fĂšre Ă  prĂ©sent une jeunette plus adorable (Adalgisa, elle aussi prĂȘtresse gauloise).
La tendresse du rĂŽle, son caractĂšre noble et Ă©nigmatique, sa moralitĂ© aussi font du personnage de Norma, sublime vertueuse, l’un des plus complexes et admirables du rĂ©pertoire romantique italien. Bellini et son librettiste Romani excellent aussi Ă  peindre l’amitiĂ© entre les deux femmes, toutes deux liĂ©es Ă  Pollione, mais inspirĂ©es par un idĂ©al de loyautĂ© des plus respectables. Adalgisa jure d’inflĂ©chir le coeur de Pollione pour qu’il revienne auprĂšs de Norma et ses deux garçons (duo magique Norma / Adalgisa : « Si, fino all’ore », acte II). Ainsi c’est dans la mort et les flammes, que Norma et Pollione se retrouvent unis pour l’éternitĂ©. Sur les traces de la crĂ©atrice de Norma, Giuditta Pasta, Sonya Yoncheva s’apprĂȘte Ă  endosser l’un des rĂŽles qui pourraient bien davantage affirmer sa grande suprĂ©matie vocale comme sa grĂące dramatique. Avec Anna Netrebko son aĂźnĂ©e, une diva d’une irrĂ©sistible vĂ©ritĂ©, doublĂ©e d’une hyperfĂ©minitĂ© particuliĂšrement troublante. Aux cĂŽtĂ©s de Sonya Yoncheva, le tĂ©nor superstar maltais Joseph Calleja, au timbre dĂ©licat et au style raffinĂ©, devrait lui aussi convaincre dans le rĂŽle du romain d’abord traĂźtre honteux, puis touchĂ© par la noblesse de Norma, loyal Ă  son premier amour et prĂȘt Ă  mourir avec elle
 Nouvelle production londonienne incontournable.

 

 

 

 

norma bellini yoncheva soprano londres presentation annonce classiquenewsNorma de Bellini Ă  Londres, Royal Opera House
Les 12, 16, 20, 23, 26 septembre 2016
Alex Ollé, mise en scÚne
Antonio Pappano, direction
Avec Yoncheva, Ganassi, Calera, Sherratt


 

 

 

INFOS, PRESENTATION, RESERVATIONS
sur le site du Royal Opera House Covent Garden Londres

 

 

 

FONTAINEBLEAU : Festival Fresques Musicales 2016

fontainebleau fresques musicales aout 2016 presentation review compte rendu classiquenews selection evenement classiquenewsFONTAINEBLEAU, ChĂąteau. Festival Fresques musicales, les 27 et 28 aoĂ»t 2016 : le goĂ»t de Louis XV. Le concept qui fusionne Ă©troitement beautĂ© patrimoniale et concerts de musique classique rĂ©alise un bel accomplissement, bien qu’encore jeune (crĂ©Ă© en 2015) dans les lieux le plus spectaculaires du chĂąteau de Fontainebleau (Seine et Marne). En particulier accueillie dans la Chapelle et la Salle de Bal, Ă©difiĂ©es sous Henri II, dans le pur style Renaissance, la programmation sur 2 journĂ©es entend ressusciter ce goĂ»t musical spĂ©cifique des souverains français pour la musique dans leur chĂąteau
 rĂ©sidence de chasse certes, rĂ©fĂ©rence explicite au raffinement italien, mais aussi cĂ©lĂ©bration en musique des Ă©vĂ©nements dynastiques.

 
 

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Festival estival 2016 à Fontainebleau

Le goût de Louis XV

 

En 2016, le festival Fresques musicales (rĂ©fĂ©rence au dĂ©cor de la Salle de Bal, par Le Primatice et Niccolo dell ‘Abbate, – stucs de Scibec de Carpi, vĂ©ritable Sixtine Ă  la française) Ă©voque cet Ă©tĂ©, le goĂ»t de Louis XV, l’esprit et l’esthĂ©tique du XVIIIĂšme siĂšcle, ceux des LumiĂšres car Fontainebleau fut aussi sa rĂ©sidence prĂ©fĂ©rĂ©e. Le temps du dernier week end du mois d’aoĂ»t, samedi 27 et dimanche 28 aoĂ»t prochains, les Fresques musicales proposent 7 programmes inĂ©dits, respectueux de la thĂ©matique 2016, dont (nos 5 coups de coeur) :

 

 

 

Nos 5 coups de coeur

 

1- Une Ă©vocation des Reines et Favorites du Roi (oeuvres de Blamont, Destouches, Francoeur et Rebel, Rousseau
 Les Ombres — Salle de Bal, le 27 aoĂ»t, 15h15, durĂ©e: 1h)

2- La mort du Dauphin/Stabat Mater (crĂ©ation) par le Concert de La Loge et Julien Chauvin (violon et direction), Ɠuvres de Haendel et Boccherini — Chapelle de TrinitĂ©, le 27 aoĂ»t, 16h45 (durĂ©e : 1h)

3- LumiĂšre, rĂ©cital du pianiste Francesco Tristano, musique classique et Ă©lectronique / Carte blanche — Salle de Bal, le 27 aoĂ»t Ă  20h30 (durĂ©e : 1h15mn)

4- Une JournĂ©e avec Louis XV Ă  Fontainebleau : rĂ©cital de la claveciniste CĂ©line Frisch (Couperin, Rameau, Royer, Daquin
) — Chapelle de la TrinitĂ©, le 28 aoĂ»t Ă  16h45

5- Amour et Ferveur au temps des LumiĂšres : Campra, Teleman, Forqueray, Rameau et Gluck par le Ricercar Consort, Philippe Pierlot — Chapelle de la TrinitĂ©, dimanche 28 aoĂ»t 2016, 18h15

 

 

 

Tous les concerts durent 1h et ont lieu dans les sites emblématiques de la musique à Fontainebleau : Salle de Bal, Chapelle de La Trinité. Visites conférences, animations vous attendent aussi au moment de votre séjour à Fontainebleau

Programmation complÚte, réservations, renseignements pratiques sur le site du chùteau de Fontainbelau
http://www.chateaudefontainebleau.fr/LES-FRESQUES-MUSICALES-DE,1266

 

 

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TARIFS :
RĂ©servation en ligne en cliquant : http://chateaudefontainebleau.tickeasy.com/fr-FR/accueil
Plein tarif : 25€ Tarif rĂ©duit (de 12 Ă  25 ans) : 15 € ; 7€ pour les moins de 12 ans.
Pass journĂ©e 3 concerts : 60 € (Disponible uniquement en caisse)
Les billets des concerts donnent accĂšs au chĂąteau

Festival Fresques Musicales, les 27 et 28 août 2016
ChĂąteau de Fontainebleau
Place Charles-de-Gaulle
77300 Fontainebleau
Tel : 01 60 71 50 70