LIVRE critique, compte-rendu. JOHANN STRAUSS, le pùre, le fils et l’esprit de la Valse par Alain Duault (collection Classica, Actes Sud)

Johann-Strauss actes sud livres annonce critique compte rendu livres par classiquenewsLIVRE critique, compte-rendu. JOHANN STRAUSS, le pĂšre, le fils et l’esprit de la Valse par Alain Duault (collection Classica, Actes Sud). Le pĂšre nĂ© en 1804, le dernier fils mort en 1899
 la famille STRAUSS couvre ainsi tout un siĂšcle, que l’on dit romantique et qui fut aussi marquĂ© par l’essor formidable de l’écriture orchestrale, adaptĂ©e au cadre stimulant de la Valse. Voilà un petit essai qui Ă  dĂ©faut de s’intĂ©resser Ă  la chronologie, s’intĂ©resse surtout Ă  une Ă©vocation gĂ©nĂ©rique de la Vienne fin de siĂšcle, ce parfum impĂ©rial et fanĂ©, mais terriblement raffinĂ©, comme singuliĂšrement sensuel – malgrĂ© un puritanisme de façade, comme en Angleterre (autre Empire), oĂč le corsetĂ© des robes et des costumes masculins se devaient de craquer, dans la danse sublimĂ©e par les Strauss, pĂšre et fils : la sulfureuse valse Ă  trois temps.
Le texte en retrace l’histoire, l’évolution sous la plume des gĂ©nies dynastiques, d’oĂč Ă©mergent les pĂ©pites du fils : Le Beau Danube bleu (1867), La valse de l’Empereur : vĂ©ritable manifeste esthĂ©tique de la Vienne impĂ©riale de François-Joseph et de son Ă©pouse « Sissi ».
Si les trois temps assurent le rebond et l’élan (du dĂ©sir ainsi amorcĂ©, cultivĂ©, porté ), le quatriĂšme qui en est dĂ©duit, se fait toujours attendre
 car il ne vient pas. Cette irrĂ©solution cristallise la pulsion premiĂšre, viscĂ©rale d’une danse – transe, Ă  l’érotisme Ă©vident et qui en son temps, fut taxĂ© d’abord, de perversitĂ©, d’immoralitĂ©, d’indĂ©cence.

L’auteur plonge dans les pĂ©ripĂ©ties d’une dynastie riche en Ă©pisodes et rebondissements digne du livret de La Chauve Souris (Ă©crite par Johann fils) : pĂšre violoniste fantasque, aventurier, gĂ©nial et tout autant portĂ© sur la gaudriole, au point de tromper manifestement son Ă©pouse Anna (la mĂšre de Johann fils) avec une plĂ©bĂ©ienne, Emilie Ă  laquelle il donne le mĂȘme nombre d’enfants (3), comme Anna a accouchĂ© de Johann, Josef et Eduard, les fils lĂ©gitimes, tous compositeurs. AprĂšs avoir enfantĂ© d’un chef d’oeuvre qui Ă©voque aussi l’esprit de toute une Ă©poque, la fameuse Marche de Radetsky (pour la fĂȘte de la rĂ©conciliation, le 22 sept 1849, pour le retour d’Italie du fameux marĂ©chal), Johann pĂšre meurt dans les bras de son Emilie, de façon misĂ©rable et honteuse, le 25 septembre 1849 Ă  
 45 ans. La partition conclut ajourd’hui la cĂ©lĂšbre retransmission en mondiovision pour la 1er janvier, rituel tĂ©lĂ©gĂ©nique devenu messe classique. DĂ©jĂ  avec Johann pĂšre, la valse symphonique, musique pure et invitation chorĂ©graphique connaĂźt un Ăąge d’or.
Nouvelle Chauve Souris Ă  l'OpĂ©ra de ToursLe cas de Johann fils est tout autant promis Ă  des accomplissements miraculeux sur le plan musical : dĂšs ses 19 ans, il est sacrĂ© nouvel empereur de la Valse grĂące Ă  un premier concert tremplin, rĂ©alisĂ© au Casino Dommayer, le 15 octobre 1844 oĂč il prĂ©sente ses compositions, dirigeant lui-mĂȘme avec une fougue et un entrain irrĂ©sistible. La rivalitĂ© entre les deux est consommĂ©e car Anna la mĂšre, se venge du pĂšre, – son Ă©poux infidĂšle, Ă  travers la carriĂšre du fils lui aussi bouillonnant violoniste, qu’elle soutient, encourage, stimule. Cette mise en rivalitĂ© entraĂźnera la chute de Johann I.
L’auteur conduit sa narration comme une valse aux Ă©lans progressifs, vĂ©nĂ©neux, diaboliques, enivrants. Johann II se dĂ©die bientĂŽt Ă  la composition pour le plus grand bien du genre, approfondissant cette valse symphonique, vĂ©ritable opĂ©ra pour orchestre. Il convainc son frĂšre Josef, pourtant ingĂ©nieur passionnĂ©, de laisser sa vocation premiĂšre
 et de reprendre la direction de l’orchestre Strauss : ce qui signifie tournĂ©e, concerts, et aussi composition (pas moins de 283 partitions ainsi laissĂ©es par Josef, dont le talent rĂ©el est Ă  redĂ©couvrir). Surmenage, tabac en nombre, et vie trĂ©pidante sans guĂšre de sommeil
 et Josef s’éteint de façon tragique, lors d’un concert Ă  Varsovie, comme son pĂšre, Ă  43 ans.
ParaĂźt le dernier frĂšre, Eduard, trĂšs jaloux du gĂ©nie cĂ©lĂ©brĂ© de son frĂšre ainĂ© Johann, lequel n’y voyant rien venir, le convainc de reprendre la direction de l’orchestre et des tournĂ©es, comme Josef
 afin de pouvoir composer : c’est que Johann fils II, sacrĂ© empereur de la Valse Ă  Vienne, s’est mariĂ© avec « Jetty » (la cantatrice Henrietta Trefftz, fin aoĂ»t 1862) : tout en composant une sĂ©rie de chef d’oeuvres dans leur hĂŽtel particulier somptueux de Hietzing au bord du parc de Schönbrunn, – Le beau Danube Bleu, se consacre dĂ©sormais Ă  l’opĂ©rette, avec les succĂšs que l’on sait. Henrietta qui fut cantatrice (inspirant Berlioz et Mendelssohn), l’a probablement inspirĂ©. C’est dĂ©sormais un compositeur de la nuit, qui Ă©crit ses chefs d’oeuvres, entre 22h et 6h du matin, les faisant valider par son Ă©pouse, trĂšs jalouse de leur confort intime
 Ainsi naissent plusieurs sommets lyriques dans le genre lĂ©ger et qui recyclent en les sublimant les valses dĂ©sormais cĂ©lĂšbres, Ă  l’invitation de Maximilian Steiner, le directeur du Theater An der Wien (parmi les plus aboutis au cĂŽtĂ©s de La Chauve souris, se distinguent Le Baron Tzigane, et Le chevalier Pasman
ce dernier ouvrage est encore moins connu). VoilĂ  qui Ă©lectrise encore un gĂ©nie musical qui fut proche de Bruckner et de Brahms (plusieurs photos d’époque attestent de leur belle amitiĂ© et comprĂ©hension rĂ©ciproque); et qui fut admirĂ© de Wagner, Ravel


Bien d’autres Ă©pisodes retentissants et romanesques Ă©maillent le rĂ©cit de ce texte captivant, court et contrastĂ© (comme un trĂšs bon opĂ©ra) : la mort tragique de Jetty, les remariages plus ou moins heureux de Johann II, la terrible vengeance d’Eduard aprĂšs la mort de son frĂšre Johann II. La dynastie Strauss, pĂšre et fils, fut aussi une fratrie dont il faudrait dĂ©mĂȘler les passions et conflits personnels Ă  Vienne, Ă  l’époque oĂč bientĂŽt Freud formulera le fonctionnement, causes, consĂ©quences et symptĂŽmes de la psychĂ© et des pathologies conscientes ou non
 De ce point e vue, le rĂ©cit est doublement passionnant. Car sous l’esprit de la Valse, c’est ce flot impĂ©tueux de l’ñme humaine qui sublime ses propres doutes et ses insondables Ă©lans
 Lecture incontournable. En prime, une excellente chronologie sur le contexte politique et historique (qui complĂšte le rĂ©cit premier).

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CLIC_macaron_2014LIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. JOHANN STRAUSS, le pĂšre, le fils et l’esprit de la Valse par Alain Duault (collection Classica, Actes Sud, octobre 2017). SBN 978-2-330-08631-2 / prix indicatif : 16, 80€. LIRE AUSSI notre annonce du livre JOHANN STRAUSS pĂšre et fils

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Agenda, actualité :
LE BARON TZIGANE de J. Strauss II / Nouvelle production Ă  l’OpĂ©ra des Nations de GenĂšve / du 15 dĂ©c. 2017 au 6 janvier 2018 / OPÉRETTE EN 3 ACTES DE JOHANN STRAUSS – Livret de Ignaz Schnitzer d’aprĂšs la nouvelle SĂĄ de MĂłr JĂłkai.‹CrĂ©Ă© Ă  Vienne le 24 octobre 1885 au Theater an der Wien. CrĂ©Ă© en version française Ă  Paris le 20 octobre 1895 aux Folies dramatiques.

CONCERT DU NOUVEL AN Ă  VIENNE, le 1er janvier 2018 : diffusion en direct sur France 2 Ă  partir de 11h : cette annĂ©e, pour fĂȘter l’an neuf, 2018, le chef milanais Riccardo Muti dirige les Wiener Philharmoniker… 

CD événement, critique. ANIME AMANTI. Roberta Mameli, soprano. Luca Pianca, luth (1 cd Alpha)

Roberta mameli anime amanti cd alpha critique review cd par classiquenews clic de classiquenews de novembre 2017 3760014192913_600CD Ă©vĂ©nement, critique. ANIME AMANTI. Roberta Mameli, soprano. Luca Pianca, luth (1 cd Alpha). Voici assurĂ©ment un rĂ©cital titre d’une cohĂ©rence stylistique aussi intense que cohĂ©rente, choisissant son sujet parmi les premiers compositeurs monodiques du dĂ©but du XVIIĂš (en particulier florentins), et jusqu’à l’ñge d’or de l’opĂ©ra vĂ©nitien avec Monteverdi (Le Couronnement de PoppĂ©e, 1642, dont l’air tragique et sublime d’Ottavia termine le cycle d’environ 1h08mn). En plus de nous rĂ©vĂ©ler la beautĂ© de textes amoureux parmi les plus intenses de la littĂ©rature musicale, le rĂ©cital de janvier 2016, confirme l’exceptionnelle plasticitĂ© dramatique du soprano de Roberta Mameli. Dont le chant souple, ductile, incarnĂ©, sensuel et juste enivre jusqu’au vertige. Voici une authentique diseuse, respectueuse du poĂšme, servante des sentiments et des affects ainsi collectĂ©s et contenus dans chaque Ă©pisode.

S’affirme au cours du programme, parfaitement agencĂ©, la dĂ©clamation mordante, ivre, hallucinĂ©e et toujours languissante, d’une sensualitĂ© qui annonce dĂ©jĂ  Monteverdi (Amarilli, mia Bella du Florentin Giulio Caccini, le plus poĂšte d’entre tous alors, que la diva sait Ă©lectriser avec une subtilitĂ© Ă©tonnante ; avec d’autant plus d’intense ardeur, de vocalitĂ  dramatique que la voix se suffit du seul accompagnement au luth (trĂšs fin Luca Pianca).
C’est une odyssĂ©e monodique a voce sola, vĂ©cue, investie comme une introspection au rythme croissant. Le monologue d’une Ăąme en perdition ou accomplissement qui repousse toujours les limites du thĂ©Ăątre musical.
Le tact avec lequel la soprano déclame ensuite le Merula plus ùpre, entonné comme une priÚre (Folle Ú ben che si crede) confirme les affinités de la diseuse de ce premier baroque italien avec les textes choisis. De textes, il en est essentiellement question, tant la poÚme prime sur la musique : son articulation, sa vivante déclamation.
Le chant exprime la certitude Ă©prouvĂ©e de l’amant, la plainte de l’amoureuse languissante ou trahie. Nous voici bien aux origines du drame lyrique italien, de l’opĂ©ra tout court.

Dans cette monodie parsemĂ©e d’éclairs, de ravissements, de vertiges qui en une hypnose amoureuse confinant Ă  l’obsession, voisine aussi avec la folie consciente, l’ivresse et la transe Ă©motionnelle. C’est tout d’un coup cette modernitĂ© sincĂšre, cette vĂ©ritĂ© qui saisit jusqu’à l’effroi qui surgissent dans ce chant Ă  la fois incandescent et superbement murmurĂ©, canalisĂ©, ciselĂ©, filigranĂ©. Pareil maĂźtrise rejoint celle du baryton Marc Mauillon qui lui aussi avait choisi de cĂ©lĂ©brer la lyre italienne du XVIIĂš mais sur un thĂšme unique et fĂ©dĂ©rateur, celui d’OrphĂ©e / orfeo. LIRE ici notre critique du cd Li Due Orfei par Marc Mauillon 5 1 cd Arcana, CLIC de Classiquenews d’avril 2016).

CLIC_macaron_2014Ce que rĂ©ussit la soprano Roberta Mameli atteint le mĂȘme objectif : une incarnation juste soucieuse du texte. Le dernier air, celui de l’impĂ©ratrice Ottavia, l’Addio Roma, l’adieu Ă  Rome, car elle est ici rĂ©pudiĂ©e par son Ă©poux NĂ©ron (qui lui prĂ©fĂšre alors Poppea), et mesure l’étendue de son infortune, conclut un cycle de sĂ©quences allusives, s’éreintant entre folie, ivresse, hallucination. C’est dĂ©jĂ  la folie des Lucia et des Amina
 une prĂ©figuration de ce que sera l’ñge d’or du bel canto au XIXĂš sous la plume des Bellini et Donizetti. Sens du phrasĂ©, Ă©coute intĂ©rieure des mots, legato prĂ©servĂ©, finesse de l’intonation
 Roberta Mameli nous offre une leçon de chant Ă  la fois virtuose et remarquablement habitĂ©. L’intelligence des nuances, ce sens du repli et de l’anĂ©antissement sont les marques d’une grande 
 trĂšs grande interprĂšte. Celle qui sait dans le chant seul, exprimer toutes les nuances des sentiments les plus tĂ©nus. Et s’il existait un premier Belcanto, celui extatique des Italiens du XVIIĂš ? Roberta Mameli en est l’une des ambassadrices. Magistral rĂ©cital.

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CD Ă©vĂ©nement, critique. ANIME AMANTI. Roberta Mameli, soprano. Luca Pianca, luth (1 cd Alpha – enregistrĂ© en janvier 2016 – CLIC de CLASSIQUENEWS de novembre 2017.

LILLE. Junichi Hirokami dirige l’Orchestre National de Lille

junichihirokamiLILLE, ONL. Le 16 novembre 2017. Brahms, Lalo. Sous le titre lumineux, « lumiĂšres du nord, 
 et du sud », le concert de ce 16 novembre promet un nouveau grand moment symphonique et concertant, oĂč brillent deux tempĂ©raments romantiques majeurs, le Français Lalo et le germanique schumannien, Johannes Brahms. Pour l’occasion, l’Orchestre National de Lille invite deux interprĂštes le chef japonais, actuel directeur du Kyoto Symphony Orchestra, Junichi Hirokami ; et pour le concerto de Lalo, le violoncelliste Johannes Moser. L’apparent Ă©clectisme du programme, comprenant Ă©critures romantiques française et allemande et partition contemporaine (Corrado) est assurĂ©e cependant par la proximitĂ© chronologique entre Brahms et Lalo : la Symphonie n°2 du premier date de 1877 ; le Concerto pour violoncelle de Lalo est crĂ©Ă© en 1876. L’unitĂ© esthĂ©tique est aussi rĂ©solue grĂące Ă  l’engagement des interprĂštes invitĂ©s.

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LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle
jeudi 16 novembre 2017, 20h
LumiĂšre du Nord,
LumiĂšre du Sud

RESERVEZ VOTRE PLACEboutonreservation
http://www.onlille.com/saison_17-18/concert/lumiere-du-nord-lumiere-du-sud/

A 18h45, prĂ©sentation du concert et confĂ©rence « PrĂ©lude Brahms » par les Ă©lĂšves de l’École SupĂ©rieure Musique et Danse de Lille (entrĂ©e libre pour les spectateurs munis d’un billet de concert)

Orchestre National de Lille
Direction : Junichi Hirokami
Violoncelle : Johannes Moser

Programme

Corrado : Solo il tempo II / « Le temps effacera les blessures » 
La courte piĂšce orchestrale, du jeune compositeur italien Pasquale Corrado (nĂ© en 1979) se remĂ©more l’effroi et la terreur incarnĂ©s par les attentats de Capaci (Sicile, mai 1992) et de Via d’Amelio (Palerme, juillet 1992) pilotĂ©s par la mafia. Corrado qui n’était qu’adolescent alors (13 ans) entend fixer le choc traumatique que ces deux Ă©vĂ©nements apocalyptiques ont suscitĂ© chez tous les jeunes italiens, atteignant mĂȘme la conscience de toute la nation italienne. Entre ombre et lumiĂšre, l’Ɠuvre rend hommage aux justes tuĂ©s par ces actes lĂąches : le juge Giovanni Falcone (tuĂ© dans l’attentat de Capaci) et le juge Paolo Borsellino (tuĂ© dans l’attentat de Via d’Amelio). C’est une priĂšre aussi Ă  l’adresse de la Sicile, conçu comme un dramma antique, une tragĂ©die grecque (avec la rĂ©fĂ©rence au « PromĂ©thĂ©e enchaĂźnĂ© d’Eschyle, archĂ©type de la libertĂ© de penser ; rĂ©fĂ©rence Ă  ƒdipe, effrayĂ© par sa propre destinĂ©e de pĂ©chĂ© et de violence, Ă  Hercule, repoussant les limites humaines et Ă  l’impitoyable MĂ©dĂ©e, prenant en main son propre destin »). Dans son poĂšme symphonique, le compositeur interroge le destin et la fatalitĂ©, le deuil et l’activitĂ© des hommes submergĂ©s par l’horreur ; il veut croire Ă  l’Ɠuvre du temps qui soulage les souffrances, rassure et apaise
 Que pouvons nous faire de plus ? Solo il tempo / Seul le temps (rĂ©conforte?). A l’aulne de cette question, la partition cible l’horreur insurmontable qu’il faut pourtant apprendre Ă  affronter. BrĂ»lante actualitĂ© au moment oĂč la France encore blessĂ©e, cĂ©lĂšbre le courage des hĂ©ros et pleure les victimes des attentats du 13 novembre 2015 – (CrĂ©ation Ă  Rome en 2007 – durĂ©e : 17 mn).

Lalo : Concerto pour violoncelle
MĂ©lodiste nĂ© et orchestrateur trĂšs raffinĂ©, Edouard Lalo compose en 1876, son Concerto pour violoncelle, entre sa Symphonie espagnole et la Rhapsodie norvĂ©gienne
 : comme dans ses ballets remarquablement dramatique, d’une Ă©lĂ©gance toute française, la partition saisit par la formidable versatilitĂ© et flexibilitĂ© d’un orchestre fĂ©lin ; y brille l’éloquence Ă©clectique de Lalo, pleine de panache et de facĂ©tie contrastĂ©e (surtout sur le plan rythmique). Pour autant l’oeuvre cultive de trĂšs beaux contrastes (langueur sidĂ©rante et rĂȘveuse du second mouvement, – Intermezzo notĂ© andantino). La carrure diablement rythmique, les changements incessants d’épisodes expressifs, en particuliers des deux derniers mouvements indiquent la subtilitĂ© dont est capable Lalo. On se souvient d’un concert Ă  Venise oĂč c’était le canadien Jean-Guihen Queyras qui savait transfigurer une partition taillĂ©e pour les plus grands interprĂštes : ce soir, mĂȘme virtuositĂ© intĂ©rieure, formidablement inspirĂ©e. il faut une entente souple et dĂ©taillĂ©e entre l’orchestre et le soliste pour rendre toutes les facettes d’un Concerto que beaucoup rĂ©duise Ă  un simple exercice de virtuositĂ© dĂ©monstrative.

Brahms : Symphonie n°2
Brahms johannes-brahms-1327943834-view-0A l’Ă©tĂ© 1877 alors qu’il sĂ©journe dans les Alpes, au bord du magnifique lac du Wörthersee (Sud-Est de l’Autriche), Johannes Brahms se laisse inspirer, comme Gustav Mahler, par le spectacle de l’immense et impĂ©nĂ©trable Nature. DĂ©fenseur de la musique pure, sans trame narrative prĂ©cise (et rĂ©ductrice), Brahms dĂ©veloppe la notion de Dauerhafte Musik, ou “musique durable”, musique intemporelle, “non pĂ©rissable”, dĂ©connectĂ©e de tout Ă©lĂ©ment narratif. Ainsi naĂźt en quelques mois la 2Ăš Symphonie. Mais l’absence d’histoire et de prĂ©texte historiĂ©, ne veut pas dire que la forme n’exprime rien ; bien au contraire. Le monde sonore de Brahms s’inspire de Beethoven et de son mentor Robert Schumann, dont l’épouse, Clara, fut la grande amie (et plus) du jeune Johannes. La passion intime que sait distiller le compositeur est emblĂ©matique de son Ă©criture oĂč perce une Ă©vidente pensĂ©e musicale, ponctuĂ©e d’élĂ©ments autobiographique. Les pulsions de mort et de vie, le dĂ©sir inassouvi et l’espoir Ă  tout craint, la profonde dĂ©pression comme l’éblouissement fugace s’y succĂšdent, sans guĂšre de rĂ©solution majeure et stable. Contradictoire mais riche, Brahms Ă©crit : « « voici une petite symphonie gaie, tout Ă  fait innocente” ;  ailleurs Ă  son Ă©diteur, je n’ai « encore rien Ă©crit d’aussi triste ».

Le souffle portĂ© par les cors majestueux qui traversent toute la partition, le tumulte victorieux du premier mouvement, puis la sombre mĂ©lancolie du second (Adagio non troppo) ; la tendre espĂ©rance du 3Ăš (Allegretto grazioso quasi andantino / mouvement dansant Ă  trois temps inspirĂ© d’un LĂ€ndler ou pas Ă  trois temps), l’élan du dernier Allagro (con spirito) ne cessent aujourd’hui de nous fasciner Ă  la maniĂšre des symphonies de Beethoven dont Brahms fut toujours un ardent disciple.

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CD, compte rendu critique. MARIN MARAIS : Folies d’Espagne. Jay Bernfeld, Fuoco E Cenere (1 cd Paraty, juin 2016)

Marin Marais sublimĂ©CD, compte rendu critique. MARIN MARAIS : Folies d’Espagne. Jay Bernfeld, Fuoco E Cenere (1 cd Paraty, juin 2016). MARAIS Ă©lucidĂ©. On ne saurait exprimer prĂ©cisĂ©ment la satisfaction que procure l’écoute de ce programme enchanteur dĂ©diĂ© au compositeur et gambiste Marin Marais (1656-1728). Il rĂ©soud de loin et Ă  trĂšs haut niveau, le mouvement et l’esprit, l’expressivitĂ© et l’intĂ©rioritĂ©. Plus de 350 ans ont passĂ© mais le flambeau est ravivĂ© intact dans le jeu intense, intĂ©rieur, Ă©lĂ©gant, naturel de Jay Bernfeld, fondateur de son propre ensemble, Fuoco e Cenere. Le feu, la cendre (si l’on reprend le titre du collectif), une Ă©quation qui prend corps et affirme une plĂ©nitude souveraine. Jouer les Livres III et V, respectivement de 1711 puis 1725,
 remonter Ă  la source d’une Ă©loquence conquĂ©rante et nostalgique Ă  la fois, permet ce bain d’ivresse et de vertiges, de regrets et de soupirs qui composent toute la langue d’un Marais Ă©quilibriste et funambule entre Sainte-Colombe et Lully. Son gĂ©nie n’en est que mieux dĂ©voilĂ©, mesurĂ©, exprimĂ©.
L’album obtient donc le CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2017 ; il demeure notre meilleure surprise parmi les cd baroques rĂ©cemment reçus pour cette rentrĂ©e 2017. Nul doute qu’il ne devienne le fleuron des pĂ©pites baroques du label PARATY, au mĂȘme tire que le HANDEL/RAMEAU de l’ensemble ZaĂŻs (2014) ; le JS Bach d’Alia Mens / Olivier Spilmont (2016) / La CitĂ© CĂ©leste


 

CLIC D'OR macaron 200Les deux Suites retenues prĂ©sentent un plan partagĂ© de 9 et 10 sĂ©quences, oĂč le menuet et la gigue sont interchangables, mais la fin rĂ©serve des surprises : celle en RĂ© majeur du Livre III (1711) s’impose indiscutablement par son Charivary final, tonitruant et fougueux; celle en sol mineur (notre prĂ©fĂ©rĂ©e, extraite du Livre V de 1725) saisit par la succession des 3 derniers airs, qu’il faut absolument Ă©coutĂ© dans leur continuitĂ© : Rondeau, Tombeau (la piĂšce maĂźtresse comme nous l’expliquons plus loin), enfin la sublime Chaconne, Ă  l’allant irrĂ©sistible.

De la Suite en Ré majeur, distinguons surtout le subtil (7) Rondeau : exquise élocution ; chant de la viole, tout en retenue filigranée ; intensité dansante, engagée mais toujours en retrait, à son exacte place.

 

 

Folies et Suites de Marin Marais
Le geste inspiré de JAY BERNFELD

 

Puis la Plainte (8) affirme sa suave priĂšre qui semble jouer avec l’ombre et la pĂ©nombre, 
 avant que, Ă©coulement d’une irrĂ©pressible conviction, ne s’impose tout autant la Chaconne (9) dont la viole de Jay Bernfeld, artisan enchanteur, restitue chaque accent, rehaut, fine intonation, rebond d’une pensĂ©e certes alanguie mais parfois Ăąpre et mordante. Notons le trĂšs bel Ă©quilibre dialoguĂ© entre les 4 solistes en complicitĂ©. Enfin, le Charivary (10), insolite pĂ©pite en guise de conclusion, foyer d’énergie pleine de bonne humeur et de santĂ© tonitruante, vitalitĂ© et nerf mais aussi noblesse fluide qui caresse tout en assurant une belle intensitĂ© narrative.

Dans la Suite en Sol mineur du Livre V (1725), relevons de la Gigue La Pagode (16): meilleur exemple de l’allant chorĂ©graphique dĂ©fendue par les interprĂštes, qui articulent ici la rhĂ©torique baroque avec une Ă©loquence subtile.
Puis la souple mĂ©lancolie Ă  l’énoncĂ© funĂšbre du Tombeau (18), est tout recueillement et pudeur insondable apprise auprĂšs de son MaĂźtre Sainte-Colombe en sa retraite perdue. d’une retenue suspendue (et dĂ©veloppĂ©e, plus de 5mn : le bavard et volubile Marais souhait-il ainsi dĂ©montrer sa verve dans l’élĂ©gie mourante et le renoncement Ă  tout ? Le rĂ©sultat est sous les doigts du gambiste, d’une suprĂȘme poĂ©sie, maĂźtrise des soupirs et des silences, pour cette mĂ©ditation ultime de la mort dĂ©diĂ©e Ă  Marais « la Cadet »).
Enfin la Chaconne finale (19) rattache Ă  la vie, Ă  l’espoir d’une rĂ©surrection : le passage entre ce qui prĂ©cĂšde et ce qui s’accomplit ici, demeure la transition la plus passionnante de l’album. Le balancement pudique et mesurĂ© et pourtant saisissant de rebond organique, est d’un balancement d’une ivresse irrĂ©sistible. Le geste est bien celui d’un interprĂšte trĂšs Ă  la pointe de la syntaxe Marais. Un compagnonage et une connaissance familiĂšre que Jay Bernfeld est l’un des rares gambistes Ă  pouvoir incarner aujourd’hui.

 

 

marais-marin-alcione-opera-parisFOLIES EN PERSPECTIVE
 Les Fameux des Couplets Folies d’Espagne (1 Ă  32), plus anciens encore (1701), affirment une empreinte dans le repli, reflux des eaux, un pas de plus hors du temps banal, dans une recomposition pleine d’élĂ©gance Ă  mesure que la rĂ©itĂ©ration du motif obsĂ©dant, obstinĂ© est chantĂ© par la viole. Peu Ă  peu, le regret s’inscrit, avec un sentiment intact de fragilitĂ© et d’épure tendre. Le soliste dĂ©cante, allĂšge
 la nostalgie s’épaissit jusqu’au mystĂšre. C’est comme dans la construction de l’album, une remontĂ©e chronologique, vers l’essentiel. L’éloquence du jeu, la somptuositĂ© des accents, l’intelligence du discours poĂ©tique devenue danse puis transe, de regret (couplets 21 Ă  28 , plage 24), en affirmation d’une volontĂ© souveraine tissĂ©e dans l’élĂ©gance.
L’architecture du propos, la sensibilitĂ© de l’artiste, en complicitĂ© introspective et expressive avec ses partenaires font toute la valeur de ce disque devenu capital pour notre connaissance et mieux, notre comprĂ©hension de Marin Marais : le geste du gambiste, la pensĂ©e du compositeur.

 

 

 

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CD, compte rendu, critique. MARIN MARAIS : Folies d’Espagne (1 cd PARATY / Jay Bernfeld / Fuoco E Cenere. Avec Paraty — enregistrĂ© en juin 2016) — Parution le 29 septembre 2017. CLIP VIDEO 1 : Allemande, Tombeau, Charivary (extraits)

 

Fuoco E Cenere / Jay Bernfeld

http://www.fuocoecenere.org/

 

Jay Bernfeld, viola da gamba and direction / viole de gambe et direction
Ronald Martin Alonso, viola da gamba / viole de gambe
André Henrich, théorbe / theorbo
Bertrand Cuiller, clavecin / harpsichord

 

 

Enregistrement / Recording : Juin / June 2016, Église de Lassay-sur-Croisne.

 

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Jay Bernfeld et sa viole magique (© Uit Bé Studio)

 

 

LIRE notre dĂ©pĂȘche annonce JAY BERNFELD joue Suites et Folies de Marin Marais 
 parue le 14 septembre 2017

GRAND ENTRETIEN avec JAY BERNFELD
 à propos de Marin Marais

Marin Marais sublimĂ©GRAND ENTRETIEN avec JAY BERNFELD
 Fin septembre 2017, le gambiste Jay Bernfeld joue son cher Marin Marais, sujet d’une amitiĂ© musicale ou d’un « compagnonage artistique » et mĂȘme humain qui s’est nourri continĂ»ment, de l’interprĂšte au compositeur, depuis 40 ans. Le disque qui en dĂ©coule, intitulĂ© « FOLIES D’ESPAGNE » sort ce 29 septembre 2017. RĂ©vĂ©lĂ© par le film Tous les matins du monde, Marin Marais avait trop Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© comme un opportuniste mondain. La valeur du geste de Jay Bernfeld, Ă  travers le programme qu’il a choisi, interroge diffĂ©remment la musique du compositeur français : l’interprĂšte en rĂ©vĂšle le goĂ»t de l’éloquence intĂ©rieure. L’instrumentiste a choisi plusieurs perles issues des Livres III et V, mais aussi s’est laissĂ© sĂ©duire par la virtuositĂ© millimĂ©trĂ©e et jamais artificielle des Folies d’Espagne. TĂ©moignage d’un enregistrement qui est un retour aux sources et l’accomplissement d’un dialogue intĂ©rieur perpĂ©tuel : Jay Bernfeld exprime la pudeur et la riche vie intĂ©rieure de Marin Marais. LIRE NOTRE GRAND ENTRETIEN pour CLASSIQUENEWS.

 

CD, compte rendu critique. JONAS KAUFMANN : L’OPÉRA (1 cd SONY classical)

KAUFMANN Jonas l opera critique par classiquenews review by classiquenewsl_JK_GrandOpera_Front _Jewelcase_3000x3000_RGB_V2-142071044CD, compte rendu critique. JONAS KAUFMANN : L’OPÉRA (1 cd SONY classical). Comme un ravissement, une opĂ©ration qui sublime l’ñme prĂȘte Ă  succomber, voici d’abord RomĂ©o, celui Ă©perdu du jeune cƓur Ă©pris tel que Gounod l’a conçu, et d’un rĂąle fauve Ă  travers le timbre presque barytonant du sublime Jonas Kaufmann, solarisĂ©, sublimĂ© au sens littĂ©ral, par l’amour qui le porte dans le fameux air au lever de l’astre (« Ah LĂšve toi, Soleil! »). Tension Ă©nivrĂ©e, articulation, intonation juste et riche, et toujours parfaitement intelligible : pas de doute l’immense tĂ©nor, le plus cĂ©lĂšbre est un francophile convaincant. L’OpĂ©ra de Paris et les dĂ©fenseurs du romantisme français n’auraient pas rĂȘver mieux : l’astre Kaufmann s’affirme ici en ambassadeur de choc au service de la lyre française et romantique (avec pour fond de la couverture du cd, la salle or et rouge de l’OpĂ©ra de Paris). EnchaĂźner RomĂ©o avec Werther, de Gounod Ă  Massenet, fait penser – avec combien de justesse, que l’opĂ©ra français rayonne d’une sensualitĂ© grave et tragique : « Pourquoi me rĂ©veiller,ĂŽ souffle du printemps » fait surgir encore ce mĂȘme rĂąle de fĂ©lin blessĂ© qui embrasĂ©, se consume littĂ©ralement dans l’incandescence d’une scĂšne radicale, au souffle passionnel et d’une violence inouĂŻe : ourlĂ©e dans une lave rugissante qui gronde, l’animal blessĂ©, le poĂšte dĂ©finitif qu’incarne ici Werther, reste bouleversant – comme Rolando Villazon, qui affirma lui aussi, il n’y a pas si longtemps, un remarquable engagement
 (DG, 2011, Pappano) / LIRE notre critique du Werther de Rolando Villazon.
Dans la continuitĂ© du rĂ©cital de Jonas Kaufmann, il faut bien l’air de Wilhem dans Mignon de Thomas : « Elle ne croyait pas, dans sa candeur naĂŻve » pour dĂ©serrer cet Ă©tau expressif qui inscrit le dĂ©but de ce rĂ©cital phĂ©nomĂ©nal, dans la brĂ»lure passionnelle, dans le rayonnement coloriste et doloriste (son premier Otello Ă  Covent Garden en juillet dernier, Ă©tait justement emprunt, dĂ©finitivement de souffrance : un hĂ©ros plus victime que sadique, dĂ©vorĂ© par un feu intĂ©rieur que le tĂ©nor sait mesurer, tisser avec une finesse fascinante. Peut-ĂȘtre moins intelligible dans ce Mignon, languissant, presque prĂ©cautionneux, le tĂ©nor munichois affirme nĂ©anmoins une intensitĂ© vocale dont la justesse expressive touche incontestablement.
De Bizet, on ne se laisse plus surprendre par son JosĂ© dont il possĂšde l’embrasement amoureux et maudit ; la bonne surprise demeure le choix des PĂȘcheurs de perles du Bizet de jeunesse et dĂ©jĂ  de (trĂšs) grand talent, oĂč Nadir bĂ©nĂ©ficie du trĂšs altier Zurga de Ludovic TĂ©zier : 
 lĂ  encore, c’est bien la naissance d’un sentiment d’amour, pur, de ravissement qu’exhale le timbre Ă©perdu, et dans un français impeccable, du tĂ©nor diseur.
Plus lĂ©ger et tendre, son Mylio du Roy d’Is de Lalo ; puis Hoffmann, des Contes du mĂȘme nom (Offenbach), – clair et d’une candeur admirable, enfin le plus rare « Pays merveilleux » de Vasco dans L’Africaine de Meyerbeer, 
 chaque prise de rĂŽle pour le studio ici confirme l’élocution franche, une Ă©loquence subtile, des aigus perlĂ©s et aussi des couleurs d’une voluptĂ© rayonnante. Kaufmann aime les situations d’emprise amoureuse, le sentiment de conquĂȘte exacerbĂ©e oĂč l’élan d’un sentiment naissant emporte l’esprit et l’ñme. Il s’en fait l’interprĂšte aevc beaucoup de charme et de conviction.

José, Nadir, Werther, Faust, Enée

JONAS KAUFMANN, en ambassadeur inspirĂ© de l’OpĂ©ra romantique français

De Manon de Massenet, Kaufmann connaĂźt bien le relief sincĂšre, entier du personnage de Desgrieux : d’abord sa confession intime, tendre, vĂ©ritable manifeste d’une effusion intacte, pure (dĂ©clamation parfaite de son air « En fermant les yeux je vois lĂ -bas »), puis ce sont les retrouvailles du jeune homme trahi, devenu abbĂ© Ă  Saint-Sulpice, qui cependant succombe aux avances de la sirĂšne (il est vrai que le soprano de Sonya Yoncheva marque un sommet de lascivitĂ© vocale, partenaire inspirante
 qui rend Ă  Manon, coupable, sa sĂ©duction irrĂ©sistible : le grand duo de reconquĂȘte amoureuse) : « n’est ce plus ma main que cette pain presse? » permet au tĂ©nor d’affirmer une noblesse et une distinction de ton, trĂšs dramatiquement convaincantes.

Plus profonds et recueillis, Ă©conomes dans la gestion de l’impact expressif et de la charge Ă©motionnelle, les quatre derniers airs sont les plus passionnants ; ceux qui dans l’articulation du texte, permet au chanteur de colorer, phraser, dire, sussurer le texte, de construire, d’incarner un personnage. Il faut donc ciseler le français, comme au thĂ©Ăątre,- accents, couleurs, silences aussi pour installer une profondeur, une Ă©paisseur, malgrĂ© le format d’un air unique. Pourtant ici, l’acteur Jonas Kaufmann renoue avec ses prĂ©cĂ©dents rĂ©citals monographiques (dont The Verdi Album et son formidable Otello, chantĂ© ainsi d’abord au studio avant de l’incarner sur la scĂšne Ă  Londres en juillet dernier, Ă©tĂ© 2017) : la pudeur virile du Cid (« Ô souverain, ĂŽ juge, ĂŽ pĂšre  »), entre priĂšre et force morale ; le mĂȘme sentiment sincĂšre d’ÉlĂ©azar, dans La Juive d’HalĂ©vy, pĂšre, agent d’une vengeance inique, qui pourtant supplie sa propre fille de lui pardonner (alors qu’il la sacrifie au nom de sa foi)
 intense et fragile Ă  la fois, la couleur du timbre sait exprimer ce trouble ambivalent qui finit par Ă©touffer le hĂ©ros de Meyerbeer, jamais en reste pour souligner la force du destin et la misĂšre humaine ; le français de Kaufmann sait ĂȘtre clair, prĂ©cis, sobre, Ă©conome, d’une sĂ»retĂ© d’intonation Ă©tonnante.
Au plus romantique de fermer ce magnifique rĂ©cital lyrique français, Berlioz s’affirme ainsi dans deux airs d’une ineffable activitĂ© poĂ©tique (et qui montre combien Kaufmann, comme sa consoeur Anna Netrebko, est prĂȘt Ă  relever de grands dĂ©fis
) : d’abord la quĂȘte en candeur et innocence du Faust pourtant usĂ© (Damnation de Faust) ; « Merci, doux crĂ©puscule » oĂč par la respiration du tĂ©nor, Faust peut communier avec le mystĂšre de la Nature, et renouer avec un dĂ©sir qu’il avait oublié  L’intelligence du diseur n’a jamais Ă©tĂ© plus maĂźtrisĂ©e ici, dans cette sĂ©quence Ă  la fois, priĂšre Ă©nivrĂ©e, confession intime, goĂ»t du renoncement
 Plus tendu, d’une autoritĂ© noble et virile, voici enfin EnĂ©e – qui permet au tĂ©nor munichois de ressusciter, cette couleur fĂ©line qui nous rappelle son grand prĂ©dĂ©cesseur dans le rĂŽle, l’astre Jon Vickers. L’importance du texte, l’articulation et les couleurs du tĂ©nor allemand prĂ©cisent le profil du hĂ©ros, amoureux Ă©perdu mais guerrier fidĂšle Ă  son destin. Jonas Kaufmann de la seule couleur de son chant fait surgir tout ce qu’a d’humain l’étoffe du Troyen, et donc l’inhumanitĂ© de son choix, dictĂ© par les dieux : quitter son aimĂ©e Didon

VoilĂ  donc une derniĂšre scĂšne d’un diseur acteur de premiĂšre qualitĂ©. IrrĂ©sistible. Dommage que l’orchestre derriĂšre lui en fait des tonnes, jouant trop fort, ignorant la moindre nuance, en un dĂ©sĂ©quilibre sonore qui Ă  notre avis dessert terriblement le chanteur. Les limites des instrumentistes et du chef se dĂ©voilent avec consternation dans la caractĂ©risation des Troyens de Berlioz justement. Un massacre en rĂšgle de l’une des partitions pourtant les plus raffinĂ©es qui soient. Mauvaise prise de son, ou direction tapageuse du chef requis
? Les deux malheureusement. Dommage que pour se rĂ©cital de trĂšs haut vol vocal, Sony n’ait pas fait appel Ă  un orchestre sur instrument d’Ă©poque : la science des nuances et l’art du diseur Kaufmann eussent mĂ©ritĂ© d’emblĂ©e une telle parure instrumentale. D’autant que l’opĂ©ra romantique français ne se borne pas Ă  des effets spectaculaires schĂ©matisĂ©s, comme nous le souligne que trop l’orchestre et le chef conviĂ©s ici.
MalgrĂ© cette rĂ©serve, la tenue du tĂ©nor ne perd rien de sa formidable constance dramatique : aprĂšs ses prĂ©cĂ©dents rĂ©citals Sony, dĂ©diĂ©s Ă  Verdi, et Ă  Puccini, Jonas Kaufmann plus brillant et passionnel que jamais, convainc totalement. Avec une toute autre direction, et un orchestre plus ciselĂ© comme suggestif, ce nouveau programme eĂ»t Ă©tĂ© un bonheur absolu. Le sentiment d’un gĂąchis persiste cependant… Ă  l’instar de la production d’Otello Ă  Londres, oĂč le plus grand tĂ©nor actuel ne bĂ©nĂ©ficiait pas d’un Ă©crin orchestral digne de sa subtilitĂ© d’acteur-diseur.

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CD, compte rendu critique. JONAS KAUFMANN : L’OPÉRA. Bayerisches Staatsorchester. Bertrand de Billy , direction. Airs d’opĂ©ras de Lalo, Bizet, Thomas, Offenbach, Massenet, Meyerbeer, Berlioz
 Enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Munich en avril et mai 2017. 1 cd SONY classical – Parution annoncĂ©e le 15 septembre 2017.

FRANCE MUSIQUE, le 7 septembre 2017 : Journée Emmanuelle Krivine : 7h, 20h : concert R. Strauss, Franck


krivine emmanuel maestro sur france musique presnetation par classiquenews septembre 2017 738_emmanuel_krivineFRANCE MUSIQUE, le 7 septembre 2017 : JournĂ©e Emmanuelle Krivine : 7h, 20h : concert R. Strauss, Franck
 ADOUBEMENT. Grenoblois nĂ© il y a 70 ans (en mai 1947), le chef Emmanuel Krivine a toujours su communiquer sa diffĂ©rence pour exister dans la sphĂšre trĂšs concurrentielle des chefs d’orchestre. France Musique souligne l’importance de sa prise de fonction comme directeur musical du National de France en ce mois de septembre 2017
 Curieux paradoxe pour celui qui n’a cessĂ© de dĂ©fendre sa place, revendiquer une libertĂ© hors milieu, se dĂ©finissant mĂȘme comme un “saltimbanque”, qu’il s’agisse de ses emplois Ă  l’Orchestre National de Lyon, Ă  La Chambre Philharmonique – l’orchestre qu’il a fondĂ© selon un fonctionnement Ă©galitaire et participatif-, non sans un certain esprit de dĂ©fi voire de revanche, dans un milieu routinier
 A la tĂȘte d’une phalange rĂ©putĂ©e difficile du seul fait de son fonctionnement rĂ©unissant des fonctionnaires et permanents, le chef nouvellement dĂ©signĂ© aura-t-il les affinitĂ©s nĂ©cessaires pour sĂ©duire des musiciens professionnels plutĂŽt consensuels et conservateurs ? Comment Ă©viter l’ennui de l’habitude, la paresse du confort ? Comment instiller dans une institution aussi fĂ©dĂ©rĂ©e, syndiquĂ©e, officielle que l’Orchestre national de France, ce goĂ»t du risque et de dĂ©frichement ? Pour cette premiĂšre saison, … :  ” programmer le dĂ©sir “
 Rien que cela. JournĂ©e spĂ©ciale Emmanuelle Krivine, un chef de 70 ans qui a conservĂ© une Ăąme de jeune homme, volontiers provocateur et atypique. Bousculer l’écoute, refonder l’art du jeu collectif, pour une sonoritĂ© vivante, plus novatrice que jamais


Jeudi 7 septembre de 7h Ă  23h
JOURNEE EMMANUEL KRIVINE sur FRANCE MUSIQUE
De 7h dans la matinale Ă  23h, rendez-vous sur France Musique en compagnie d’un « ĂȘtre singulier et gourmand, Ă  la rĂ©partie toujours prĂȘte Ă  fuser  » OĂč il sera question de sa discographie (En Pistes), de sa discothĂšque privĂ©e (Allegretto), de son parcours (Les grands entretiens), et autres anecdotes (Carrefour de LodĂ©on).

A 20h, en direct de l’Auditorium de la Maison de la Radio à Paris.

Programme :
Anton Webern
Passacaille pour orchestre op 1

Richard Strauss
Quatre derniers Lieder
Ann Petersen, soprano

CĂ©sar Franck
Symphonie en ré mineur (LIRE notre dossier spécial Symphonie en ré de César Franck, 1889)

Orchestre National de France
Emmanuel Krivine, direction

GSTAAD MENUHIN festival & academy: PalmarĂšs du Prix Neeme JĂ€rvi 2017 (Neeme JĂ€rvi prize 2017)

GSTAAD festival prospekte-2017-2-465GSTAAD MENUHIN festival & academy: PalmarĂšs du Prix Neeme JĂ€rvi 2017. Chaque Ă©tĂ© Ă  Gstaad, la grande tente accueille les sessions intenses de l’acadĂ©mie de direction d’orchestre (Conducting Academy) – poursuivant le voeu du fondateur Yehudy Menuhin, soucieux de cultiver toujours la transmission des valeurs fondamentales de la musique aux nouvelles gĂ©nĂ©rations de musiciens interprĂštes ; cette annĂ©e, l’acadĂ©mie (l’une des 5 acadĂ©mies se rĂ©lisant l’Ă©tĂ© Ă  Gstaad) est pilotĂ©e par un nouvel arrivant, le chef nĂ©erlandais Jaap Van Zweden (directeur musical du New York Philharmonic Ă  compter de 2018). Ce dernier a Ă©tĂ© choisi par le directeur du Festival Menuhin, Christoph MĂŒller, comme successeur de Neeme JĂ€rvi. Pendant 3 semaines 12 jeunes chefs prĂ©alablement sĂ©lectionnĂ©s ont suivi les sessions de formation pilotĂ©es par le maestro Zweeden, tempĂ©rament pointilleux autant qu’intransigeant dont l’autoritĂ© s’est pleinement manifestĂ©e sur le travail des jeunes maestros candidats au prix Neeme JĂ€rvi.

Au terme du concert du 18 août 2017, 7 jeunes chefs finalistes attendaient le résultat des délibération du jury. Le programme comprenait en particulier le Concerto pour violoncelle de Lalo (rareté romantique française alliant éclectisme, virtuosité, contrastes dans un esprit et une élégance purement parisienne), et surtout les quatre mouvements de la 5e de Tchaikovski,dirigés successivement par 5 finalistes.

 

 

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Le prix Neeme JĂ€rvi distingue les meilleurs sensibilitĂ©s artistiques, celles qui rĂ©unissant clartĂ© gestuelle, charisme communicatif et cohĂ©rence des intentions, affirment dĂ©jĂ  une maĂźtrise manifeste de la direction d’orchestre. En mettant Ă  disposition des jeunes chefs candidats, l’orchestre du festival soit une phalange de presque 100 instrumentistes, le festival Menuhin Ă  Gstaad est l’un des seuls en Europe Ă  offrir une telle expĂ©rience formatrice destinĂ©e aux chefs d’orchestre en dĂ©but de carriĂšre. Outre la qualitĂ© et l’intensitĂ© des sessions de travail, il s’agit aussi pour les laurĂ©ats d’une visibilitĂ© accrue et d’engagements concrets : titulaire du Prix Neeme JĂ€rvi, chacun aura ensuite l’occasion de diriger les orchestres partenaires, soit les orchestres de BĂąle et de Bern.

 

 

 

Les lauréats du Neeme JÀrvi Prize 2017 sont:

Katharina Wincor (Autriche)

Petr Popelka (RĂ©publique tchĂšque)

Le Jury de l’AcadĂ©mie de direction d’orchestre (Conducting Academy) Ă  GSTAAD ayant rendu sa dĂ©cision est composĂ© de : Jaap van Zweden, Artistic Director de la Conducting Academy / Christoph MĂŒller, intendant du Gstaad Menuhin Festival & Academy, et Johannes Schlaefli, Head of Teaching de la Conducting Academy

 

 

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Plus d’infos sur le site du Gstaad Menuhin festival & academy 2017, encore de nombreux concerts dans le Saanenland jusqu’au 2 septembre 2017.

https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr

 

 

VIDEO / DECOUVRIR le Festival estival de Gstaad : GSTAAD YEHUDI MENUHIN festival & Academy grùce à notre reportage vidéo, dédié au fonctionnement général du festival suisse dans le Saanenland (réalisation classiquenews, juillet 2016) :

 

 

VOIR NOTRE GRAND REPORTAGE VIDEO
GSTAAD MENUHIN Festival & Academy 2016

gstaad-festival-2016-reportage-video-yehudi-menuhin-festival-et-academy-classiquenews

 

 

 

 

RÉSERVATIONS et INFORMATIONS 
sur le site du Festival Yehudi Menuhin à GSTAAD, 13 juillet – 2 septembre 2017

 

gstaad-festival-ete-2017-homepage-classiquenews-festival-de-gstaad-2017

 

 

 

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Photo des 2 lauréats du Neeme JÀrvi Prize 2017 à GSTAAD : © Eve Kohler 2017

FESTIVAL MUSIQUE EN BOURBONNAIS (Allier), les 13 et 15 août 2017

chateloy-basFESTIVAL MUSIQUE EN BOURBONNAIS (Allier), les 13 et 15 aoĂ»t 2017. Pour sa 51Ăš Ă©dition, le festival de musique de chambre, Musique en Bourbonnais accueille pour ses 2 derniers concerts, les dimanche 13 et mardi 15 aoĂ»t 2017, respectivement : le Quatuor AROD qui a remportĂ© le 1er prix au dernier Concours ARD de Munich 2016 (Ă©glise de Louroux-Hodement, 17h), et la soprano Heather Newhouse accompagnĂ© par l’ Hostel Dieu (Ă©glise de ChĂąteloy, 17h). C’est Ă  ChĂąteloy, en son Ă©glise romane perchĂ©e au cƓur du bocage bourbonnais, qu’est nĂ© le festival. L’offre musicale est l’une des plus envoĂ»tantes, nichĂ©e en milieu rural, accueillie dans des Ă©glises, vĂ©ritables joyaux patrimoniaux. 2 concerts Ă©vĂ©nements de l’étĂ© 2017

 

 

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+ d’infos sur le site du Festival Musique en Bourbonnais, Lire notre prĂ©sentation du festival MUSIQUE EN BOURBONNAIS 2017

 

 

 

chatelay-festival-musique-en-bourbonnais-582-390-homepage

 

 

Adeline de Preissac : la harpe scarlatienne

preissac-adeline-de-harpe-scarlatti-cd-concert-juillet-2017-par-classiquenewsCD & concert le 29 juillet 2017 : ADELINE DE PREISSAC joue Scarlatti Ă  la Harpe. Vivi felice ! / « Vivez heureux ! » : Domenico Scarlatti ne cache pas son enthousiasme communicatif, dans cette maxime inscrite Ă  la fin de ses Sonates (originellement composĂ©es pour le clavecin)
 Dans son jeu, la harpiste Adeline de Preissac ose une transcription inĂ©dite dont l’audace pourtant est Ă  la mesure de l’exclamation scarlatienne. Le feu, la verve, l’exaltation sont dĂ©terminants pour une relecture revivifante. Scarlatti Ă  la harpe : il fallait l’imaginer. Le rĂ©sultat surprend et convainc. Un nuancier expressif se prĂ©cise et renforce la subtilitĂ© suractive des piĂšces, comme l’acuitĂ© souvent Ă©nergique de leur nature expĂ©rimentale : expressivitĂ©, prĂ©cision, phrasĂ©s, surtout jeu nouveau, inĂ©dit sur les rĂ©sonances. La sonoritĂ© du spectre s’en trouve dĂ©cuplĂ©e, plus riche, Ă  la fois fluide et caractĂ©risĂ©e. ComposĂ©es en grande majoritĂ©, pour la Reine d’Espagne, Maria Barbara de Bragance, les Sonates de Domenico Scarlatti vise essentiellement le plaisir, la dĂ©lectation et le divertissement de la Reine.

scarlatti Domenico_ScarlattiLa Souveraine avait le souci du timbre et des performances techniques des claviers : elle s’était fait construire un clavecin personnel Ă  
 5 registres. Maria Barbara possĂ©dait Ă©galement des pianofortes, mais ils n’avaient pas cette couleur orchestrale que possĂ©daient les clavecins. Scarlatti n’a sans doute pas Ă©tĂ© tentĂ© par cet instrument. La harpe, avec ses cordes pincĂ©es possĂšde, quant Ă  elle, les qualitĂ©s requises pour qu’une instrumentiste passionnĂ©e se lance aujourd’hui dans l’interprĂ©tation de chaque Sonate, capable d’en rĂ©vĂ©ler la matiĂšre poĂ©tique comme l’urgence et la grande versatilitĂ© rythmique. Chez Domenico Scarlatti, la musique est d’abord un geste de libertĂ©, de fantaisie, d’approfondissement voire de dĂ©passement pour l’interprĂšte, invitĂ©e Ă  en transmettre la flamboyante inventivitĂ©.

preissac-adeline-de-harpe-scarlatti-cd-concert-juillet-2017-par-classiquenewsAujourd’hui, la harpiste Adeline de Preissac publie une sĂ©lection de Sonates transposĂ©es et enregistrĂ©e dans l’écrin idĂ©al d’un prieurĂ© du XIIĂš, dans un disque inĂ©dit, qui paraĂźt en juillet 2017. Le programme de ce nouveau recueil est donnĂ© en concert le 29 juillet prochain Ă  TOURS. Parution et concert incontournables. LIRE notre critique du VIVI FELICE, 11 Sonates de Domenico Scarlatti par Adeline de Preissac (1 cd La Simplesse – juin 2016)

 

 

 

AGENDA / concerts 2017 :

 

preissac-adeline-de-harpe-scarlatti-cd-concert-juillet-2017-par-classiquenews29 juillet 2017 : CloĂźtre de la Psalette (Tours) – 14h30
« Vivi Felice » / Sonates de Domenico Scarlatti par Adeline de Preissac, harpe – Rens. : 02 47 47 05 19 - Concert pour la sortie du CD Scarlatti (rĂ©fĂ©rence : vivifel12) — LIRE aussi notre entretien avec Adeline de Preissac

 

 

 

scarlatti-domenico-portrait-sonates-par-Adeline-de-preissac-critique-annonce-presentation-par-CLASSIQUENEWS

 

 

 

 

 

Les concerts d’Adeline de Preissac au mis d’aoĂ»t 2017 :

 

 

3 août : Prieuré Saint-Cosme (Tours)
17h30 : Atelier enfants
20h30 : Concert – « Un Ă©tĂ© au jardin »
Scarlatti, Mozart, Gounod, Bizet
Rens. et résa. : 02 47 37 32 70

5 aoĂ»t : CloĂźtre de la Psalette (Tours) – 14h30
Concert jeune talent et septuor
« La couleur des sentiments »
Mozart, Debussy, Ravel

5 août : Festival La Musique au temps des Rois
ChĂąteau d’Amboise – 18h30
« Brusquet, le fou du Roy François II »
Philippe Pilavoine, mime – Laurent Sofiatti, comĂ©dien – Nicolas Gaignard, cor – Adeline de Preissac, harpe.
Rens. : www.chateau-amboise.com – tarif : inclus dans billetterie chñteau.

6 aoĂ»t : Festival 37° Ă  l’Ombre
CloĂźtre de la Psalette – 14h30
Ravel, Glincka, Massenet
Valentine Tourdias, violon – Olivier Becker, violoncelle – Adeline de Preissac – harpe
T : 02 47 47 05 19 – Tarifs : 12€ / 8€ (gratuit -15 ans)

6 août : Festival La Musique au temps des Rois
ChĂąteau d’Amboise – 18h30
« La harpe de Madame Adelaïde »
V. Tourdias, C. Michelet, violons – G. Becker, alto – O-M. Becker, violoncelle – V. Cottet Dumoulin, clarinette – A-S. NevĂšs, flute – A. de Preissac, harpe.

12, 13 août : Festival la Musique au temps des Rois
ChĂąteau d’Amboise – 18h30
« L’art Ă©questre selon Louis XIII »
Lucie Bellement, ÉcuyĂšre – Isabelle Chaffaud, danseuse – Adeline de Preissac, harpiste

17 août : Prieuré Saint-Cosme
17h30 : ateliers enfants
20H30 : concert – « Le combat d’une fine lame »
Scarlatti, Albeniz, de Falla

18 aoĂ»t : Festivarts (36) – 20h
ChĂąteau de Villegongis
Spectacle Ă©questre et musical
Compagnie Belvega – Laurent Sofiatti, comĂ©dien – Adeline de Preissac, harpe
Rens. : 02 54 00 04 42 – Tarif : 8€ / gratuit -15 ans

20 août : Festival la musique au temps des Rois
ChĂąteau d’Amboise – 18h30
« François Ier, une fine lame »
ValĂ©rie de Mortillet, escrime dansĂ©e – Laurent Sofiatti, comĂ©dien – Adeline de Preissac, harpe.

 

Adeline de Preissac joue les Sonates de D. Scarlatti

preissac-adeline-de-harpe-scarlatti-cd-concert-juillet-2017-par-classiquenewsCD, le 29 juillet 2017 : ADELINE DE PREISSAC joue Scarlatti Ă  la Harpe. Vivi felice ! / « Vivez heureux ! » : Domenico Scarlatti ne cache pas son enthousiasme communicatif, dans cette maxime inscrite Ă  la fin de ses Sonates (originellement composĂ©es pour le clavecin)
 Dans son jeu, la harpiste Adeline de Preissac ose une transcription inĂ©dite dont l’audace pourtant est Ă  la mesure de l’exclamation scarlatienne. Le feu, la verve, l’exaltation sont dĂ©terminants pour une relecture revivifante. Scarlatti Ă  la harpe : il fallait l’imaginer. Le rĂ©sultat surprend et convainc. Un nuancier expressif se prĂ©cise et renforce la subtilitĂ© suractive des piĂšces, comme l’acuitĂ© souvent Ă©nergique de leur nature expĂ©rimentale : expressivitĂ©, prĂ©cision, phrasĂ©s, surtout jeu nouveau, inĂ©dit sur les rĂ©sonances. La sonoritĂ© du spectre s’en trouve dĂ©cuplĂ©e, plus riche, Ă  la fois fluide et caractĂ©risĂ©e. ComposĂ©es en grande majoritĂ©, pour la Reine d’Espagne, Maria Barbara de Bragance, les Sonates de Domenico Scarlatti vise essentiellement le plaisir, la dĂ©lectation et le divertissement de la Reine.

scarlatti Domenico_ScarlattiLa Souveraine avait le souci du timbre et des performances techniques des claviers : elle s’était fait construire un clavecin personnel Ă  
 5 registres. Maria Barbara possĂ©dait Ă©galement des pianofortes, mais ils n’avaient pas cette couleur orchestrale que possĂ©daient les clavecins. Scarlatti n’a sans doute pas Ă©tĂ© tentĂ© par cet instrument. La harpe, avec ses cordes pincĂ©es possĂšde, quant Ă  elle, les qualitĂ©s requises pour qu’une instrumentiste passionnĂ©e se lance aujourd’hui dans l’interprĂ©tation de chaque Sonate, capable d’en rĂ©vĂ©ler la matiĂšre poĂ©tique comme l’urgence et la grande versatilitĂ© rythmique. Chez Domenico Scarlatti, la musique est d’abord un geste de libertĂ©, de fantaisie, d’approfondissement voire de dĂ©passement pour l’interprĂšte, invitĂ©e Ă  en transmettre la flamboyante inventivitĂ©.

Aujourd’hui, la harpiste Adeline de Preissac publie une sĂ©lection de Sonates transposĂ©es et enregistrĂ©e dans l’écrin idĂ©al d’un prieurĂ© du XIIĂš, dans un disque inĂ©dit, qui paraĂźt en juillet 2017. Le programme de ce nouveau recueil est donnĂ© en concert le 29 juillet prochain Ă  TOURS. Parution et concert incontournables.

 

 

 

AGENDA / concerts 2017 :

 

preissac-adeline-de-harpe-scarlatti-cd-concert-juillet-2017-par-classiquenews29 juillet 2017 : CloĂźtre de la Psalette (Tours) – 14h30
« Vivi Felice » / Sonates de Domenico Scarlatti par Adeline de Preissac, harpe – Rens. : 02 47 47 05 19 - Concert pour la sortie du CD Scarlatti (rĂ©fĂ©rence : vivifel12) — LIRE aussi notre entretien avec Adeline de Preissac

 

 

 

scarlatti-domenico-portrait-sonates-par-Adeline-de-preissac-critique-annonce-presentation-par-CLASSIQUENEWS

 

 

 

 

 

Les concerts d’Adeline de Preissac au mis d’aoĂ»t 2017 :

 

 

3 août : Prieuré Saint-Cosme (Tours)
17h30 : Atelier enfants
20h30 : Concert – « Un Ă©tĂ© au jardin »
Scarlatti, Mozart, Gounod, Bizet
Rens. et résa. : 02 47 37 32 70

5 aoĂ»t : CloĂźtre de la Psalette (Tours) – 14h30
Concert jeune talent et septuor
« La couleur des sentiments »
Mozart, Debussy, Ravel

5 août : Festival La Musique au temps des Rois
ChĂąteau d’Amboise – 18h30
« Brusquet, le fou du Roy François II »
Philippe Pilavoine, mime – Laurent Sofiatti, comĂ©dien – Nicolas Gaignard, cor – Adeline de Preissac, harpe.
Rens. : www.chateau-amboise.com – tarif : inclus dans billetterie chñteau.

6 aoĂ»t : Festival 37° Ă  l’Ombre
CloĂźtre de la Psalette – 14h30
Ravel, Glincka, Massenet
Valentine Tourdias, violon – Olivier Becker, violoncelle – Adeline de Preissac – harpe
T : 02 47 47 05 19 – Tarifs : 12€ / 8€ (gratuit -15 ans)

6 août : Festival La Musique au temps des Rois
ChĂąteau d’Amboise – 18h30
« La harpe de Madame Adelaïde »
V. Tourdias, C. Michelet, violons – G. Becker, alto – O-M. Becker, violoncelle – V. Cottet Dumoulin, clarinette – A-S. NevĂšs, flute – A. de Preissac, harpe.

12, 13 août : Festival la Musique au temps des Rois
ChĂąteau d’Amboise – 18h30
« L’art Ă©questre selon Louis XIII »
Lucie Bellement, ÉcuyĂšre – Isabelle Chaffaud, danseuse – Adeline de Preissac, harpiste

17 août : Prieuré Saint-Cosme
17h30 : ateliers enfants
20H30 : concert – « Le combat d’une fine lame »
Scarlatti, Albeniz, de Falla

18 aoĂ»t : Festivarts (36) – 20h
ChĂąteau de Villegongis
Spectacle Ă©questre et musical
Compagnie Belvega – Laurent Sofiatti, comĂ©dien – Adeline de Preissac, harpe
Rens. : 02 54 00 04 42 – Tarif : 8€ / gratuit -15 ans

20 août : Festival la musique au temps des Rois
ChĂąteau d’Amboise – 18h30
« François Ier, une fine lame »
ValĂ©rie de Mortillet, escrime dansĂ©e – Laurent Sofiatti, comĂ©dien – Adeline de Preissac, harpe.

 

Livre Ă©vĂ©nement. GIACOMO PUCCINI, mode d’emploi (Avant ScĂšne OpĂ©ra).

Puccini avant scene opera puccini mode d emploi annonce critique review livre avant scene opera presentation  classiquenews 2423-1Livre Ă©vĂ©nement. GIACOMO PUCCINI, mode d’emploi (Avant ScĂšne OpĂ©ra). Peu Ă  peu, numĂ©ro aprĂšs numĂ©ro, les « Modes d’emploi » Ă©ditĂ©s par Avant-ScĂšne OpĂ©ra, sous la direction de Chantal Cazaux s’affirment telles des rĂ©fĂ©rences pour les amateurs et connaisseurs d’opĂ©ra. Ce dernier numĂ©ro n’affaiblit pas le niveau d’ensemble d’une collection devenue 
 rĂ©fĂ©rence. Pour preuve aprĂšs un Verdi trĂšs remarquĂ©, apprĂ©ciĂ©, voici «  Giacomo Puccini, mode d’emploi », Ă  travers 5 chapitres qui tournent autour du sujet pour mieux le dĂ©voiler en son coeur. Le « vĂ©risme » de Puccini, les petites femmes, hĂ©roĂŻnes du maĂźtres, surtout le panorama de tous les opĂ©ras soit 10 ouvrages ou cycle d’ouvrages (Il Trittico de 1918), de 1884 (Le Villi) Ă  l’inachevĂ©e Turandot de 1926, 
 sont autant de clĂ©s d’accĂšs d’un monde sonore et lyrique, dramatique et thĂ©Ăątrale, symphonique aussi voire cinĂ©matographique surtout, qui aura durablement marquĂ© l’histoire de l’opĂ©ra au dĂ©but du XXĂš. Quelle maison d’opĂ©ra aujourd’hui dans le monde, peut-elle faire l’impasse sur La BohĂšme (1896), Tosca (1900), Butterfly (1904), Turandot (1926)? Sans omettre le Triptyque composĂ© des trois drames en un acte : Il Tabarro qui se passe Ă  Paris sur les berges de la Seine, suivi de Suor Angelica et Gianni Schicchi : vĂ©ritable quintessence de l’art total sur tous les registres : tragique noir, tragique larmoyant, comique grinçant.

CLIC D'OR macaron 200Le dossier est ainsi riche et complet, avantageusement enrichi par les « 40 grandes voix pucciniennes », les « 20 chefs pucciniens » (d’Erich Leinsdorf au plus rĂ©cent Andris Nelsons, sans omettre la gĂ©nĂ©ration bĂ©nie des Carlos Kleiber, Lorin Maazel et Zubin Mehta, tous nĂ©s dans au dĂ©but des annĂ©es 1930) et aussi 10 mises en scĂšne d’opĂ©ras pucciniens qui auront comptĂ© (des metteurs en scĂšne de Zeffirelli, Carsen, Robert Wilson, David Pountney et Christof Loy
 En outre l’éditeur ajoute une discographie et une vidĂ©ographie idĂ©ales, ainsi que comme prĂ©alables essentiels, 3 points de repĂšre pour mieux comprendre le compositeur et son Ɠuvre : « Puccini dans l’histoire de la musique », « Puccini, une vie (1858-1924) », « Un homme en son temps »  L’approche est claire et complĂšte. Ce guide Puccini est bien un indispensable.

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Livre Ă©vĂ©nement. GIACOMO PUCCINI, mode d’emploi (Avant ScĂšne OpĂ©ra). CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2017

CD coffret Ă©vĂ©nement. KARAJAN : Sacred & choral recordings on Deutsche Grammophon / Oeuvres sacrĂ©es et chorales enregistrĂ©es chez Deutsche Grammophon (1961 – 1985). 29 cd Deutsche Grammophon.

sacred and choral recordings by KARAJAN par classiquenews clic de classiquenews 81gTv4QU7+L._SL1500_CD coffret Ă©vĂ©nement. KARAJAN : Sacred & choral recordings on Deutsche Grammophon / Oeuvres sacrĂ©es et chorales enregistrĂ©es chez Deutsche Grammophon (1961 – 1985). 29 cd Deutsche Grammophon. CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2017. En livrĂ©e lilas fuchsia, le Karajan le plus spirituel voire mystique dilate le temps et fusionne l’espace, dĂ©livrant plusieurs joyaux sacrĂ©s qui s’apparentent ici Ă  son testament artistique en plusieurs volets (et plusieurs versions). Le gĂ©nie de la baguette du XX7 et certainement le maestro le plus mĂ©diatisĂ© et populaire du XXĂš siĂšcle poursuit sa rĂ©surrection par le disque, grĂące aux archives Deutsche Grammophon (le chef aux 300 enregistrements sur 50 annĂ©es d’activitĂ© en studio), toujours idĂ©alement Ă©ditĂ©es ; ici, l’approche thĂ©matique vient combler une sĂ©rie de coffrets prĂ©cĂ©dents dĂ©diĂ©s aux opĂ©ras et aux apports symphoniques illustres. La recherche d’une sonoritĂ© et d’une esthĂ©tique dĂ©passant chez Karajan le seul fait musical pour atteindre aussi une perfection technologique propre Ă  l’enregistrement (comme Gould au fond), et qui vaut Ă  ce nouveau cycle de rĂ©alisations
 leur pesant d’or sonore. Songez voici en 29 cd, – reproduits avec pochette et visuel d’origine, plusieurs versions qui ont marquĂ© et la carriĂšre du chef et la culture musicale de millions de mĂ©lomanes, toujours curieux Ă  l’idĂ©e de (re)dĂ©couvrir une partition pourtant cĂ©lĂšbre et dĂ©jĂ  Ă©coutĂ©e : Ă©videmment le Requiem de Mozart (versions de 1961 puis 1975, avec le Berliner, puis de 1986 avec les Wiener Philharmoniker), mais aussi Ein Deutsche Requiem de Brahms de 1964 (Berliner) puis de 1983 (Wiener) ; de mĂȘme les 3 versions de La CrĂ©ation de Haydn (Die Shöpfung), en 1965 (Wiener, LIve du Festival de Salzbourg), 1966 (Berliner), 1982 (Salzbourg). Sans omettre la Missa Solemnis de Beethoven : 1966, 1985 (Berliner). Figurent aussi parmi ses Ă©blouissantes lectures, des Bach sur instruments modernes mais avec une finesse et une justesse spirituelle irrĂ©sistible : Passion selon St-Mathieu (1971-1972, Berliner); Messe en si (1973-1974, Berliner), ce que la caractĂ©risation instrumentale perd en finesse et subtilitĂ©, la puissance poĂ©tique millimĂ©trĂ©e gagne en profondeur. Idem pour les 2 versions du Requiem de Verdi : 1972 (Berliner), 1984 (Wiener). L’acte spirituel total version Karajan rejoint l’histoire politique et religieuse aussi comme en tĂ©moigne l’évĂ©nement qui a marquĂ© sa carriĂšre comme compositeur non pratiquant mais sincĂšrement et profondĂ©ment croyant : La Messe pontificale pour Jean-Paull II Ă  Saint-Pierre de Rome, Ă  l’occasion de la fĂȘte des Saints Paul et Pierre, le 29 juin 1985.

 

 

 

Haydn, Mozart, Beethoven, Verdi…
Testaments spirituels by HV Karajan

 

 

Le coffret «  Sacred & choral recordings » by Karajan chez DG Deutsche Grammophon regroupe donc l’essentiel d’une vie de chef bĂątisseur et architecte, que la grande forme et les effectifs colossaux n’ont jamais alourdi ni dĂ©tourner de sa vision claire, solaire d’un son impĂ©rial.
KARAJAN sacred & choral recordings DG pochette compte rendu critique par classiquenews CLIC de classiquenews dg4797060Les connaisseurs retrouvent toute une gĂ©nĂ©ration de stars lyriques qui ont marquĂ© aussi l’histoire de l’enregistrement en studio (Wilma Lipp, Anton dermota, Walter Berry, Eberhard Waechter, Kim Borg, Werner Krenn
 ; Ă©galement du cd, compact disc alors Ă  son apogĂ©e : Barbara Hendricks, Gundula Janowitz, Edith Mathis, Christa Ludwig, Dietrich Fischer-Dieskau, Hermann Prey, Janet Perry, Gösta Winbergh, Peter Schreier, Fritz Wunderlich, AgnĂšs Baltsa, Anna Tomowa-Sintow, JosĂ© Van Dam, Trudeliese Schmidt, Mirella Freni, Francisco Araiza, Nicolai Ghiaurov, comme Vinson Cole, et surtout l’impossible et fugace Kathleen Battle (pour la Messe pour Jean-Paul II)
 Le livret accompagnant le coffret, en anglais, allemand, japonais comprend une prĂ©sentation documentĂ©e et la biographie du maestro lĂ©gendaire. Un must absolu.

 

 

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CLIC_macaron_2014CD coffret Ă©vĂ©nement. KARAJAN : «  Sacred & choral recordings on Deutsche Grammophon » / Oeuvres sacrĂ©es et chorales enregistrĂ©es chez Deutsche Grammophon (1961 – 1985). 29 cd Deutsche Grammophon. CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2017

 

 

 

Tracklisting du coffret KARAJAN : Sacred & choral recordings on Deutsche Grammophon  / 29 cd DG

 

BACH, JS : Mass in B minor, BWV232
Gundula Janowitz (soprano), Christa Ludwig (mezzo-soprano), Peter Schreier (tenor), Karl Ridderbusch (bass)
Berliner Philharmoniker
Magnificat in D major, BWV243
Anna Tomowa-Sintow (soprano), AgnÚs Baltsa (mezzo-soprano), Peter Schreier (tenor)
Berliner Philharmoniker
St Matthew Passion, BWV244
Gundula Janowitz (soprano), Christa Ludwig (mezzo-soprano), Peter Schreier (tenor), Dietrich Fischer-Dieskau (baritone)
Berliner Philharmoniker

Beethoven : Missa Solemnis in D major, Op. 123
(two performances)
Gundula Janowitz (soprano), Christa Ludwig (mezzo-soprano), Fritz Wunderlich (tenor), Walter Berry (bass-baritone)
Berliner Philharmoniker

Brahms : Ein Deutsches Requiem, Op. 45
Gundula Janowitz (soprano), Eberhard Waechter (baritone)
Berliner Philharmoniker

BRUCKNER : Te Deum in C major, WAB 45
Anna Tomowa-Sintow (soprano), AgnÚs Baltsa (mezzo-soprano), Peter Schreier (tenor), José Van Dam (bass)
Berliner Philharmoniker

HAYDN : The Creation
(three performances)
Gundula Janowitz (soprano), Christa Ludwig (mezzo-soprano), Fritz Wunderlich (tenor), Dietrich Fischer-Dieskau (baritone), Walter Berry(bass-baritone)
Wiener Philharmoniker

MENDELSSOHN : Symphony No. 2 in B flat major, Op. 52 ‘Lobgesang’
Edith Mathis (soprano), Liselotte Rebmann (soprano), Werner Hollweg (tenor)
Berliner Philharmoniker

MOZART : Requiem in D minor, K626
(three performances)
Wilma Lipp (soprano), Hilde Rössel-Majdan (contralto), Anton Dermota(tenor), Walter Berry (bass-baritone)
Berliner Philharmoniker

Mass in C minor, K427 ‘Great’
Barbara Hendricks (soprano), Janet Perry (mezzo-soprano), Peter Schreier(tenor), Benjamin Luxon (bass)
Berliner Philharmoniker

Mass in C major, K317 ‘Coronation Mass’
Anna Tomowa-Sintow (soprano), AgnÚs Baltsa (mezzo-soprano), Werner Krenn (tenor), José Van Dam (bass)
Berliner Philharmoniker

Ave verum corpus, K618
Wiener Singverein
Berliner Philharmoniker

STRAVINSKY : Symphony of Psalms
Chor der deutschen Oper Berlin
Berliner Philharmoniker

VERDI : Requiem
(two performances)
Mirella Freni (soprano), Christa Ludwig (mezzo-soprano), Carlo Cossutta(tenor), Nicolai Ghiaurov (bass)
Berliner Philharmoniker

 

 

 

Rinaldo Alessandrini joue Monteverdi Ă  Caserte

monteverdi claudio portraitARTE, lundi 22 mai 2017, 5h. Claudio Monteverdi Ă  Caserte. Dans le cadre somptueux du thĂ©Ăątre du palais de Caserte prĂšs de Naples, le madrigaliste et chef d’orchestre italien Rinaldo Alessandrini et son ensemble, le Concerto italiano, reprennent un rĂ©pertoire qu’ils connaissent bien pour l’avoir totalement dĂ©poussiĂ©rĂ© (en particulier depuis le geste sophistiquĂ© et parfois maniĂ©riĂ© des anglais) : l’art du madrigal montĂ©verdien, Ă  travers les 8 Livres de madrigaux de Claudio Monteverdi dont 2017 marque le 450 Ăšme anniversaire de la naissance. Alessandrini osait alors (au dĂ©but des annĂ©es 2000) rĂ©actualiser le geste vocal, Ă  la fois Ă©purĂ©, dramatique, d’une intense sensualitĂ© proche de la respiration et du souffle premier
 L’interprĂ©tation montĂ©verdienne allait en ĂȘtre profondĂ©ment bouleverser. Chef et musiciens – instrumentistes et chanteurs, revisitent dans ce programme de Caserte, les grandes pages de Monteverdi, des accents guerriers du Combat de TancrĂšde et Clorinde (grand madrigal dramatique proche de l’opĂ©ra alors naissant), 
 aux plaintes amoureuses du Lamento della ninfa. Guerre d’amour et mort amoureuse. Qu’il soit «  concitato «  / agitĂ© donc martial et guerrier, ou convulsif et sensuel, le style de Monteverdi au dĂ©but du XVIIĂš rĂ©volutionne la musique monteverdi-alessandrini-festa-san-marco-vespri-solenni-cd-naiveeuropĂ©enne, donnant ses lettres de noblesse Ă  l’écriture baroque : continuo, nouvelle conception monodique oĂč perce et s’affirme le chant dĂ©sormais individualisĂ©. Mais plus qu’ailleurs, prime ici le texte et son articulation intĂ©rieure. Concert organisĂ© Ă  l’occasion de l’anniversaire de ce compositeur nĂ© en 1567, qui, en 1607, avec L’Orfeo, inventait l’opĂ©ra (alors «  Favola in musica «  / Fable en musique) et dont Rinaldo Alessandrini et ses musiciens semblent ressusciter la sĂ©duction unique.

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ARTE, lundi 22 mai 2017, 5h. Claudio Monteverdi Ă  Caserte. Nuit d’amour et de guerre. Concerto Italiano. Rinaldo Alessandrini. DurĂ©e : 43 mn.

 

CD

monteverdi-alessandrini-festa-san-marco-vespri-solenni-cd-naiveLIRE notre compte rendu critique du cd VESPRI SOLENNI Ă  SAN MARCO par Rinaldo Alessandrini : Monteverdi Ă  Venise. L’activitĂ© du maĂźtre de chapelle de San Marco est intense : en tĂ©moigne ses livres de musique publiĂ©s alors au sein de la SĂ©rĂ©nissime : la Selva morale e spirituale (1640), comme son recueil posthume Missa e Psalmi de 1650. Chacun des deux cycles de partitions tĂ©moigne des avancĂ©es techniques et stylistiques accomplies par les effectifs dirigĂ©s par leur directeur, qui alors Ă  Venise, en gĂ©nie de l’opĂ©ra, livre ses plus grands chefs d’Ɠuvre lyriques

Festival Musique et MĂ©moire 2017

musiquetmemoire-festival-2017-presentation-classiquenews-2017VOSGES DU SUD (70). 24Ăšme Festival Musique et MĂ©moire, du 15 au 30 juillet 2017. Dans les Vosges du Sud, un festival passionnant vous attend, du 15 au 30 juillet 2017 soit la deuxiĂšme quinzaine de juillet : une offre unique en Europe pour s’immerger au cƓur des Vosges saĂŽnoises, bercĂ©s, Ă©tonnĂ©s, surpris, par une programmation riche et singuliĂšre, en nouvelles expĂ©riences baroques. Musique et MĂ©moire est une scĂšne rĂ©solument baroque Ă  nulle autre pareille qui ne cesse d’explorer les esthĂ©tiques des XVIIĂš et XVIIIĂš, entre France, Italie, pays germaniques. GrĂące Ă  l’intuition sĂ»re de Fabrice Creux, directeur du Festival (et aussi son crĂ©ateur), Musique et MĂ©moire sait cultiver le risque voire l’audace en commandant aux artistes en rĂ©sidence de nouveaux programmes. C’est Ă  chaque Ă©dition, une traversĂ©e unique et fĂ©conde, qui n’est pas liĂ©e Ă  un site unique comme beaucoup d’autres festivals en France, mais une offre qui rayonne sur le territoire saĂŽnois, entre Ă©tangs et Ă©glises patrimoniales, une occasion de vivre et revivre l’enchantement et la vitalitĂ© des Ă©critures baroques selon un rythme dĂ©sormais bien identifiĂ© : 3 week ends ouvragĂ©s avec intelligence et gradation, 3 ensembles en rĂ©sidence portĂ©s par l’exigence de l’expĂ©rimentation et de l’accomplissement. Du dialogue, du partage. Cet Ă©tĂ©, inaugurant le nouveau cycle de concerts et de rencontres, les festivaliers retrouvent pour les 5 premiers jours (les 15, 16 puis 19, 20 et 21 juillet), le trio emblĂ©matique Les Timbres, capables de stimuler et produire la complicitĂ© recrĂ©atrice en s’associant de nombreux complices (et aussi de nouveaux timbres comme le baryton vocal de Marc Mauillon
); Puis les 22 et 23
juillet, Musique et MĂ©moire accompagne le fabuleux ensemble de Lionel Meunier, Vox Luminis dans Haendel, et les cordes de La RĂȘveuse qui fĂȘte non sans raison le gĂ©nie de Telemann, mis Ă  l’honneur en 2017 ; c’est la poursuite Ă©galement du geste d’Alia Mens dans la constellation Bach (cantates et piĂšces instrumentales dont les Brandebourgeois
 Voici caractĂšre et temps forts de l’édition 2017, prĂ©sentĂ©e en 3 Ă©tapes successives, complĂ©mentaires, du 15 au 31 juillet 2017.

 

 

 

ACTE I
Premier week end : les 15, 16, 19, 20 et 21 juillet 2017
Les TIMBRES, Marc Mauillon…

 

 

ENSEMBLE MAGICIEN : Les Timbres, trio enchanteur

 

 

Les 3 artistes irrĂ©sistibles de l’’ensemble virtuose Les Timbres poursuivent leur rĂ©sidence de trois annĂ©es (renouvelĂ©e en 2016, de façon exceptionnelle une seconde fois, – phĂ©nomĂšne rare pour ĂȘtre soulignĂ©) pour plusieurs programmes prometteurs sous le titre « Par monts et par vaux  ». Ainsi l’idĂ©e d’ne traversĂ©e et d’une itinĂ©rance en territoire ouvre le festival 2017, non sans cohĂ©rence puisque Les Timbres mĂšnent depuis leurs dĂ©but en Haute-SaĂŽne, des actions de sensibilisation dans les classes, auprĂšs des scolaires afin de transmettre le goĂ»t de la curiositĂ© et de la musique. Une dĂ©marche encouragĂ©e par Fabrice Creux, engagĂ©e, localement active, donc particuliĂšrement exemplaire.
La prĂ©cision du geste, la finesse et la justesse d’une sensibilitĂ© dĂ©sormais repĂ©rĂ©e, est suivie par les festivaliers depuis le dĂ©but de leur premiĂšre rĂ©sidence ; en 2017, Les Timbres s’intĂ©ressent au XVIIĂš anglais et germaniques, comme au premier XVIIIĂš français
 Autant de propositions qui confirme encore et toujours que la musique europĂ©enne baroque est surtout une formidable Ă©cole des mĂ©tissages. L’Europe culturelle n’a connu aucune frontiĂšre, c’est lĂ  le secret de sa formidable Ă©mulation des idĂ©es et des rĂ©alisations. Au programme : Les femmes (le 15 juillet 2017, Faucogney, 21h : Cantates et piĂšces de Campra et Van Blankenburg, avec Marc Mauillon, baryton – A 17h, rĂ©pĂ©tition publique); Sur les traces du Bach Ă  la rencontre de Buxtehude (Suonate en « stylus fantasticus » de Buxtehude
le 16 juillet, Servance, 17h) ; Musique Ă  dĂ©guster (Musique ElisabĂ©thaine : Gibbons, Hume, Fitzwilliam
 Fougerolles, le 19 juillet Ă  19h30) ; Pien d’amoroso affetto (Evocation de l’art vocal Ă  Florence en 1600, airs de Peri et Caccini par Marc et AngĂ©lique Mauillon, le 20 juillet, Melisey Ă  21h), enfin Dialogues avec l’ñme (musiques germanique du premier Baroque : Scheidt, Buxtehude, Weckmann, Hammerschmidt : Les Timbres, Jean-Charles Ablitzer, orgue, Belfort, Temple St-Jean, le 21 juillet Ă  21h).

 

 

 

 

ACTE II
Samedi 22 et dimanche 23 juillet 2017
VOX LUMINIS et LA RÊVEUSE

Acteurs d’une rĂ©sidence qui fut pour chaque ensemble, dĂ©couverte et approfondissement, Vox Luminis et La RĂȘveuse reviennent Ă  Musique et MĂ©moire, non sans le sentiment de poursuivre une aventure musicale et artistique que les festivaliers attendent avec impatience. Lionel Meunier sait accorder l’ensemble de ses musiciens en un seul geste, un seul souffle ; La RĂȘveuse a ce goĂ»t du timbre et de la complicitĂ© instrumentale qui assure toujours une rĂ©alisation toute en finesse et intĂ©rioritĂ©.

POITIERS, TAP : Vox Luminis rĂ©enchante Bach et SchĂŒtzSamedi 22 juillet 2017, LURE (Ă©glise Saint-Martin), 21h. Vox Luminis revient au Festival Musique et MĂ©moire pour un programme trĂšs attendu, qui regroupe deux ouvrages de HÄNDEL / Haendel : Dixit Dominus et l’Ode for Sainte-Cecile. Le premier opus est composĂ© par un jeune homme de 22 ans alors en apprentissage Ă  Rome ; le second est crĂ©Ă© Ă  Londres en 1739 (A 17h, rĂ©pĂ©tition publique).

reveuse-purcell-cd-review-critique-cd-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-octobre-novembre-2015Dimanche 23 juillet 2017, FAUCOGNEY (Chapelle Saint-Martin, 11h). TELEMANN, l’esprit europĂ©en par La RĂȘveuse. Trios et Quatuors avec viole. Pour le 250Ăš anniversaire de sa mort, le Festival cĂ©lĂšbre le gĂ©nie musical du contemporain de JS Bach, Telemann, au style aussi Ă©lĂ©gant qu’inventif, vĂ©ritable miroir et synthĂšse des influences europĂ©ennes mĂȘlĂ©es : française, italienne, « galantes » selon la mode en Allemagne, soit une premiĂšre approche trĂšs rĂ©ussie des GoĂ»ts rĂ©unis.
Puis Ă  17h (CORRAVILLERS, Ă©glise Saint-Jean Baptiste, 17h), La RĂȘveuse propose une soirĂ©e musicale BUXTEHUDE (Abdendmusik : cantates et Sonates, avec la soprano Hasnaa Bennani).

 

 

 

 

ACTE III
2Ăšme et dernier week end : RĂ©sidence d’Alia Mens.
Les 27, 28, 29 et 30 juillet 2017

BACH-JS-jean-sebastian-582-390-BACH-JS-4johann-sebastian-bachSous le titre « Bach, le voyage du ruisseau », l’ensemble en rĂ©sidence Alia Mens se dĂ©die Ă  nouveau (comme l’annĂ©e derniĂšre, amorce de leur prĂ©sence Ă  Musique et MĂ©moire) au gĂ©nie de Jean-SĂ©bastien Bach, massif vertigineux, dĂ©fi cyclopĂ©en pour tout interprĂšte baroque exigeant, profond, soucieux autant de la forme que du sens. Le cycle commence dĂšs jeudi 27 juillet 2017 (Ă©glise de Saint-BarthĂ©lĂ©my, 21h) : « Pour la rĂ©crĂ©ation de l’esprit » : 3 Sonates pour violon et clavecin pour divertir le prince de Köthen entre 1718 et 1722, par StĂ©phanie Paulet, violon / Olivier Spilmont, clavecin). Le lendemain vendredi 28 juillet Ă  HĂ©ricourt (Eglise luthĂ©rienne, 21h) : « Musica Poetica » : Concertos pour clavecin, pour violon et cantate BWV 202 , avec son Ă©vocation du printemps, pour Ă©voquer les aprĂšs midis musicaux (chaque vendredi) du Collegium Musicum au CafĂ© Zimmermmann que Bach dirige Ă  la suite de Telemann Ă  partir de 1729.
Pour le week end, Alia Mens nous rĂ©gale de la mĂȘme façon dans deux programmes qui devraient Ă  nouveau marquer sa rĂ©sidence Ă  Musique et MĂ©moire : d’abord, samedi 29 juillet Ă  Luxeuil les Bains (Basilique Saint-Pierre, 21h) : « Soli Deo Gloria (ainsi que Bach signait ses partitions et manuscrits), Un office pour l’anniversaire de la RĂ©forme » : c’est Ă  dire Missa Brevis BWV 233 (extraits), cantates BWV 125 et 80 (de 1725 et 1724). Dernier chapitre JS BACH, dimanche 30 juillet, LUXEUIL LES BAINS (Basilique Saint-Pierre, 21h, au pied du superbe buffet d’orgue XVIIĂš): « Collegium Musicum II », pour un cycle purement instrumental comprenant les Concertos Brandebourgeois I, III (BWV 1046 et 1048), le Concerto pour 2 violons (BWV 1043), emblĂšmes d’une virtuositĂ© Ă©poustouflante, celle d’un Bach inspirĂ©, imaginatif, disposant d’instrumentistes particuliĂšrement habiles
 Cela sera certainement le cas lors de ce concert ultime de l’édition 2017 du Festival Musique et MĂ©moire. Haute technicitĂ© virtuose, acuitĂ© du sens. Le voyage promet de nouvelles rĂ©vĂ©lations.

 

 

 

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musiquetmemoire-festival-2017-presentation-classiquenews-2017Toutes les informations pratiques, le détail des programmes et les modalités de réservation / organiser votre séjour en Haute-SaÎne et dans les Vosges saÎnoises, sur le site du Festival Musique & Mémoire 2017, festival incontournable des VOSGES DU SUD (70).
http://www.musetmemoire.com/index.php

 

 

VOSGES DU SUD (70). 24Ăšme Festival Musique et MĂ©moire, du 15 au 30 juillet 2017.

musiquetmemoire-festival-2017-presentation-classiquenews-2017VOSGES DU SUD (70). 24Ăšme Festival Musique et MĂ©moire, du 15 au 30 juillet 2017. Dans les Vosges du Sud, un festival passionnant vous attend, du 15 au 30 juillet 2017 soit la deuxiĂšme quinzaine de juillet : une offre unique en Europe pour s’immerger au cƓur des Vosges saĂŽnoises, bercĂ©s, Ă©tonnĂ©s, surpris, par une programmation riche et singuliĂšre, en nouvelles expĂ©riences baroques. Musique et MĂ©moire est une scĂšne rĂ©solument baroque Ă  nulle autre pareille qui ne cesse d’explorer les esthĂ©tiques des XVIIĂš et XVIIIĂš, entre France, Italie, pays germaniques. GrĂące Ă  l’intuition sĂ»re de Fabrice Creux, directeur du Festival (et aussi son crĂ©ateur), Musique et MĂ©moire sait cultiver le risque voire l’audace en commandant aux artistes en rĂ©sidence de nouveaux programmes. C’est Ă  chaque Ă©dition, une traversĂ©e unique et fĂ©conde, qui n’est pas liĂ©e Ă  un site unique comme beaucoup d’autres festivals en France, mais une offre qui rayonne sur le territoire saĂŽnois, entre Ă©tangs et Ă©glises patrimoniales, une occasion de vivre et revivre l’enchantement et la vitalitĂ© des Ă©critures baroques selon un rythme dĂ©sormais bien identifiĂ© : 3 week ends ouvragĂ©s avec intelligence et gradation, 3 ensembles en rĂ©sidence portĂ©s par l’exigence de l’expĂ©rimentation et de l’accomplissement. Du dialogue, du partage. Cet Ă©tĂ©, inaugurant le nouveau cycle de concerts et de rencontres, les festivaliers retrouvent pour les 5 premiers jours (les 15, 16 puis 19, 20 et 21 juillet), le trio emblĂ©matique Les Timbres, capables de stimuler et produire la complicitĂ© recrĂ©atrice en s’associant de nombreux complices (et aussi de nouveaux timbres comme le baryton vocal de Marc Mauillon
); Puis les 22 et 23
juillet, Musique et MĂ©moire accompagne le fabuleux ensemble de Lionel Meunier, Vox Luminis dans Haendel, et les cordes de La RĂȘveuse qui fĂȘte non sans raison le gĂ©nie de Telemann, mis Ă  l’honneur en 2017 ; c’est la poursuite Ă©galement du geste d’Alia Mens dans la constellation Bach (cantates et piĂšces instrumentales dont les Brandebourgeois
 Voici caractĂšre et temps forts de l’édition 2017, prĂ©sentĂ©e en 3 Ă©tapes successives, complĂ©mentaires, du 15 au 31 juillet 2017.

 

 

 

ACTE I
Premier week end : les 15, 16, 19, 20 et 21 juillet 2017
Les TIMBRES, Marc Mauillon…

 

 

ENSEMBLE MAGICIEN : Les Timbres, trio enchanteur

 

 

Les 3 artistes irrĂ©sistibles de l’’ensemble virtuose Les Timbres poursuivent leur rĂ©sidence de trois annĂ©es (renouvelĂ©e en 2016, de façon exceptionnelle une seconde fois, – phĂ©nomĂšne rare pour ĂȘtre soulignĂ©) pour plusieurs programmes prometteurs sous le titre « Par monts et par vaux  ». Ainsi l’idĂ©e d’ne traversĂ©e et d’une itinĂ©rance en territoire ouvre le festival 2017, non sans cohĂ©rence puisque Les Timbres mĂšnent depuis leurs dĂ©but en Haute-SaĂŽne, des actions de sensibilisation dans les classes, auprĂšs des scolaires afin de transmettre le goĂ»t de la curiositĂ© et de la musique. Une dĂ©marche encouragĂ©e par Fabrice Creux, engagĂ©e, localement active, donc particuliĂšrement exemplaire.
La prĂ©cision du geste, la finesse et la justesse d’une sensibilitĂ© dĂ©sormais repĂ©rĂ©e, est suivie par les festivaliers depuis le dĂ©but de leur premiĂšre rĂ©sidence ; en 2017, Les Timbres s’intĂ©ressent au XVIIĂš anglais et germaniques, comme au premier XVIIIĂš français
 Autant de propositions qui confirme encore et toujours que la musique europĂ©enne baroque est surtout une formidable Ă©cole des mĂ©tissages. L’Europe culturelle n’a connu aucune frontiĂšre, c’est lĂ  le secret de sa formidable Ă©mulation des idĂ©es et des rĂ©alisations. Au programme : Les femmes (le 15 juillet 2017, Faucogney, 21h : Cantates et piĂšces de Campra et Van Blankenburg, avec Marc Mauillon, baryton – A 17h, rĂ©pĂ©tition publique); Sur les traces du Bach Ă  la rencontre de Buxtehude (Suonate en « stylus fantasticus » de Buxtehude
le 16 juillet, Servance, 17h) ; Musique Ă  dĂ©guster (Musique ElisabĂ©thaine : Gibbons, Hume, Fitzwilliam
 Fougerolles, le 19 juillet Ă  19h30) ; Pien d’amoroso affetto (Evocation de l’art vocal Ă  Florence en 1600, airs de Peri et Caccini par Marc et AngĂ©lique Mauillon, le 20 juillet, Melisey Ă  21h), enfin Dialogues avec l’ñme (musiques germanique du premier Baroque : Scheidt, Buxtehude, Weckmann, Hammerschmidt : Les Timbres, Jean-Charles Ablitzer, orgue, Belfort, Temple St-Jean, le 21 juillet Ă  21h).

 

 

 

 

ACTE II
Samedi 22 et dimanche 23 juillet 2017
VOX LUMINIS et LA RÊVEUSE

 

Acteurs d’une rĂ©sidence qui fut pour chaque ensemble, dĂ©couverte et approfondissement, Vox Luminis et La RĂȘveuse reviennent Ă  Musique et MĂ©moire, non sans le sentiment de poursuivre une aventure musicale et artistique que les festivaliers attendent avec impatience. Lionel Meunier sait accorder l’ensemble de ses musiciens en un seul geste, un seul souffle ; La RĂȘveuse a ce goĂ»t du timbre et de la complicitĂ© instrumentale qui assure toujours une rĂ©alisation toute en finesse et intĂ©rioritĂ©.

POITIERS, TAP : Vox Luminis rĂ©enchante Bach et SchĂŒtzSamedi 22 juillet 2017, LURE (Ă©glise Saint-Martin), 21h. Vox Luminis revient au Festival Musique et MĂ©moire pour un programme trĂšs attendu, qui regroupe deux ouvrages de HÄNDEL / Haendel : Dixit Dominus et l’Ode for Sainte-Cecile. Le premier opus est composĂ© par un jeune homme de 22 ans alors en apprentissage Ă  Rome ; le second est crĂ©Ă© Ă  Londres en 1739 (A 17h, rĂ©pĂ©tition publique).

reveuse-purcell-cd-review-critique-cd-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-octobre-novembre-2015Dimanche 23 juillet 2017, FAUCOGNEY (Chapelle Saint-Martin, 11h). TELEMANN, l’esprit europĂ©en par La RĂȘveuse. Trios et Quatuors avec viole. Pour le 250Ăš anniversaire de sa mort, le Festival cĂ©lĂšbre le gĂ©nie musical du contemporain de JS Bach, Telemann, au style aussi Ă©lĂ©gant qu’inventif, vĂ©ritable miroir et synthĂšse des influences europĂ©ennes mĂȘlĂ©es : française, italienne, « galantes » selon la mode en Allemagne, soit une premiĂšre approche trĂšs rĂ©ussie des GoĂ»ts rĂ©unis.
Puis Ă  17h (CORRAVILLERS, Ă©glise Saint-Jean Baptiste, 17h), La RĂȘveuse propose une soirĂ©e musicale BUXTEHUDE (Abdendmusik : cantates et Sonates, avec la soprano Hasnaa Bennani).

 

 

 

 

ACTE III
3Ăšme et dernier week end : RĂ©sidence d’Alia Mens.
Les 27, 28, 29 et 30 juillet 2017

 

BACH-JS-jean-sebastian-582-390-BACH-JS-4johann-sebastian-bachSous le titre « Bach, le voyage du ruisseau », l’ensemble en rĂ©sidence Alia Mens se dĂ©die Ă  nouveau (comme l’annĂ©e derniĂšre, amorce de leur prĂ©sence Ă  Musique et MĂ©moire) au gĂ©nie de Jean-SĂ©bastien Bach, massif vertigineux, dĂ©fi cyclopĂ©en pour tout interprĂšte baroque exigeant, profond, soucieux autant de la forme que du sens. Le cycle commence dĂšs jeudi 27 juillet 2017 (Ă©glise de Saint-BarthĂ©lĂ©my, 21h) : « Pour la rĂ©crĂ©ation de l’esprit » : 3 Sonates pour violon et clavecin pour divertir le prince de Köthen entre 1718 et 1722, par StĂ©phanie Paulet, violon / Olivier Spilmont, clavecin). Le lendemain vendredi 28 juillet Ă  HĂ©ricourt (Eglise luthĂ©rienne, 21h) : « Musica Poetica » : Concertos pour clavecin, pour violon et cantate BWV 202 , avec son Ă©vocation du printemps, pour Ă©voquer les aprĂšs midis musicaux (chaque vendredi) du Collegium Musicum au CafĂ© Zimmermmann que Bach dirige Ă  la suite de Telemann Ă  partir de 1729.
Pour le week end, Alia Mens nous rĂ©gale de la mĂȘme façon dans deux programmes qui devraient Ă  nouveau marquer sa rĂ©sidence Ă  Musique et MĂ©moire : d’abord, samedi 29 juillet Ă  Luxeuil les Bains (Basilique Saint-Pierre, 21h) : « Soli Deo Gloria (ainsi que Bach signait ses partitions et manuscrits), Un office pour l’anniversaire de la RĂ©forme » : c’est Ă  dire Missa Brevis BWV 233 (extraits), cantates BWV 125 et 80 (de 1725 et 1724). Dernier chapitre JS BACH, dimanche 30 juillet, LUXEUIL LES BAINS (Basilique Saint-Pierre, 21h, au pied du superbe buffet d’orgue XVIIĂš): « Collegium Musicum II », pour un cycle purement instrumental comprenant les Concertos Brandebourgeois I, III (BWV 1046 et 1048), le Concerto pour 2 violons (BWV 1043), emblĂšmes d’une virtuositĂ© Ă©poustouflante, celle d’un Bach inspirĂ©, imaginatif, disposant d’instrumentistes particuliĂšrement habiles
 Cela sera certainement le cas lors de ce concert ultime de l’édition 2017 du Festival Musique et MĂ©moire. Haute technicitĂ© virtuose, acuitĂ© du sens. Le voyage promet de nouvelles rĂ©vĂ©lations.

BACH-JS-critique-cd-review-cd-par-classiquenews-cantates-par-alia-mens-PARATY_916157_CiteCeleste_COUV_HMCD. Un rĂ©cent album discographique est paru chez PARATY, ” La CitĂ© cĂ©leste “, dans lequel Alia Mens pour son premier disque Ă©blouit par sa profondeur instrumentale et le relief des voix requises (Cantates de Weimar, BWV 12, 18 166). LIRE notre critique complĂšte du cd ALIA MENS joue JS BACH / LIRE notre entretien spĂ©cial avec Olivier Spilmont, directeur artistique d’Alia Mens : “JS BACH rĂ©inventĂ©”

 

 

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musiquetmemoire-festival-2017-presentation-classiquenews-2017Toutes les informations pratiques, le détail des programmes et les modalités de réservation / organiser votre séjour en Haute-SaÎne et dans les Vosges saÎnoises, sur le site du Festival Musique & Mémoire 2017, festival incontournable des VOSGES DU SUD (70).
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CD, compte rendu critique. SON of ENGLAND. PURCELL, CLARKE. Le PoĂšme Harmonique. Vincent Dumestre, direction (1 cd Alpha)

purcell clarke les cris de paris vincent dumestre alpha SON OF ENGLAND alpha critique cd classiquenews compte rendu cd review on classiquenews 58d27bf19a48fCD, compte rendu critique. SON of ENGLAND. PURCELL, CLARKE. Le PoĂšme Harmonique. Vincent Dumestre, direction (1 cd Alpha). Le retour de la monarchie Ă  Londres, aprĂšs l’épisode rĂ©publicain d’Oliver Cromwell (dĂ©cĂ©dĂ© en 1658), resplendissant avec l’avĂšnement de Charles II couronnĂ© le 23 avril 1661, correspond aussi Ă  l’essor du gĂ©nie musical et lyrique, Henry Purcell, nĂ© en 1659 et qui offre aux souverains anglais, plusieurs oeuvres d’une absolue poĂ©sie. Aussi le 21 novembre 1695, pour sa mort, nombre d’hommages lui sont dĂ©diĂ©s (aux frais de la Couronne) 
 dont ce masque -ode, inspirĂ© de l’esprit pastoral de l’Orfeo monteverdien, « Come, come along » (Viens, viens) de Jeremiah Clarke (lui aussi dĂ©cĂ©dĂ© prĂ©cocement en 1707), vĂ©ritable drame lyrique oĂč les bergers se lamentent, frappĂ©s par l’annonce de la mort du plus valeureux d’entre eux : StrĂ©phon-Purcell. Le style flamboyant, la pompe et aussi l’activitĂ© palpitante des instruments Ă  la fĂȘte (hautbois, bassons, continuo trĂšs souple et articulĂ©) citent Ă©videmment la royautĂ© reconnaissante, y compris le style parfois ampoulĂ© des solistes, plus chantres-vedette de la Chapelle royale que bergers Ă©garĂ©s. C’est un thĂ©Ăątre des bĂ©atitudes Ă©merveillĂ©s et enchantĂ©es qui pleure celui qui fut capable d’en chanter les dĂ©lices et de transmettre ses miracles terrestres, d’oĂč la dĂ©ploration volontiers mordante et amĂšre de la marche funĂšbre, (avec son glas fracassant d’ouverture), de la section 8 : « Mr Purcell’s farewell », dont la priĂšre, ample et aussi majestueuse, aux accents lullystes, entonnĂ©e par tous les choristes forment une apothĂ©ose collective, vers laquelle a convergĂ© tous les Ă©pisodes antĂ©rieurs. La vivacitĂ© avec laquelle les interprĂštes jouent le jeu de ce drame dĂ©ploratif est trĂšs convaincante.

 

 

 

Affligés par Purcell et Mary, mais enivrés par Cécile,
Le PoĂšme Harmonique et Vincent Dumestre excellent entre
Deuils et DĂ©lices

 

PURCELL Henry portrait pour classiquenews Purcell_by_John_ClostermanUn pas est franchi avec les deux ultimes oeuvres de Henry Purcell offertes en couplage. Et d’une mĂȘme veine tragique commĂ©morative, du moins pour la premiĂšre : « Funeral sentences for the Death of Queen Mary II » : l’évĂ©nement survient au dĂ©but de l’annĂ©e qui verra la mort du compositeur. L’immense cortĂšge funĂšbre se dĂ©ploie le 5 mars 1595, sur le glas retentissant de la marche d’exposition ; sursaut et dramatisme d’une image qui semble reconstituer les derniers spasmes du transi ; lui succĂšdent les 4 piĂšces vocales (solistes et choeur), chefs d’oeuvre de mĂ©ditation dĂ©solĂ©e, entre dĂ©sespoir et dignitĂ© lacrymale, les Sentences, ponctuĂ©es par la pĂ©nultiĂšme Canzona (fanfare, au ton Ă  la fois puissant et glaçant), font alterner la ligne dĂ©coupĂ©e, distincte du quatuor de solistes, d’une Ă©criture saisissante par son noble ton de dĂ©ploration ; dommage cependant que certains chanteurs, pas toujours aussi nuancĂ©s que les instruments et le choeur, soulignent trop le ton de regrets et de pleurs, – plus larmoyants que rĂ©ellement Ă©mus (avec des problĂšmes de justesse, et un vibrato hors sujet, style « grand opĂ©ra »). La mesure, l’épure, la distance font trop souvent dĂ©faut, ce malgrĂ© un effet rĂ©el de vertige et d’évanouissement sous le coup du deuil (vagues chromatiques ascendantes) : Mary Ă©tait plus aimĂ©e du peuple que son mari, le triste William III (IV). Quel dommage. En cela, le collectif, Les Cris de Paris s’en sortent mieux, plus carrĂ©s, droits, Ă©purĂ©s, sans effets expressifs d’aucune sorte : ils restent dans le ton ascĂ©tique, d’une idĂ©ale dignitĂ© requise. Purcell se rĂ©vĂšle comme Charpentier sur le thĂšme de la mort et du glas endeuillĂ©, d’une puissance poĂ©tique irrĂ©sistible, d’une dĂ©chirante humanitĂ©, et d’une ivresse extatique sous le joug de la bĂ©atitude promise
 (VI : « Thou knowest Lord », dernier « Amen », riche en espĂ©rance tendre et lumineuse).

D’une toute autre ambiance, – profane et d’une insouciante revendiquĂ©e, proclamĂ©e, la cĂ©lĂ©bration pour la fĂȘte de CĂ©cile, patronne des musiciens, ce 22 novembre 1683 qui voit la crĂ©ation de la « Musical Society » SociĂ©tĂ© des compositeurs britanniques ; et c’est bien des dĂ©lices, harmonies, jouissances languissantes dont il s’agit dans ce cycle portĂ© par une ivresse et la claire dĂ©termination du dĂ©sir de vivre – le contraste avec ce qui prĂ©cĂšde est immense et impressionnant. VoilĂ  donc un programme Ă  l’architecture poĂ©tique aussi contrastĂ©e, intelligent qu’efficace. Tous ces trĂ©sors exprimĂ©s / permis par la gĂ©nĂ©reuse musique sont autant de miracles qu’ont pu connaĂźtre les dĂ©funts fĂȘtĂ©s auparavant. Surgit la dĂ©licate priĂšre Ă  jouir de chaque instant (contre l’expression des vanitĂ©s qui prĂ©cĂšde) de l’ode axial et d’une rĂ©pĂ©tition hypnotique : « Here the deities approve The God of Music, end of Love  » / Ici les divinitĂ©s approuvent, le dieu de la musique et l’amour  », ici Ă©noncĂ© par le contre tĂ©nor Nicolas Tamagna, auquel succĂšde la caresse des flĂ»tes enivrĂ©es. Le clou et l’arĂȘte vive de ce joyau musical d’une irrĂ©sistible profondeur.
Ici, les Britanniques Ă©galent la gravitĂ© noble et poĂ©tique de Lully. Et ce Purcell, d’une grĂące absolue, prĂ©figure bien des oeuvres de Haendel Ă  venir : carrure millimĂ©trĂ©e des choeurs ; intelligence des sections contrastĂ©es ; gĂ©nie de l’architectures des tableaux enchaĂźnĂ©s. Le geste de Vincent Dumestre accorde son effectif au diapason d’une sensibilitĂ© rĂ©jouissante qui sait colorer et nuancer chaque reprise, qu’elle soit instrumentale, chorale, vocale. La direction est souple, naturelle, d’une subtilitĂ© constante, sachant aussi nous ravir par une gĂ©nĂ©rositĂ© en timbres et en couleurs. La justesse poĂ©tique est totale. C’est une vraie rĂ©ussite, sur le registre du sens comme de son expression formelle, pour le fondateur et directeur musical du PoĂšme Harmonique. Programme Ă©blouissant. CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2017.

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CLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. SON of ENGLAND. PURCELL, CLARKE. Le PoĂšme Harmonique. Vincent Dumestre, direction (1 cd Alpha). Jeremiah CLARKE : Ode on the Death of Henry Purcell (1695) – Henry PURCELL : Funeral Sentences for the Death of Queen Mary II (1695) / Welcome to all Pleasures Z 339 (1682). Les Cris de Paris. 1 cd Alpha 285. CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2017.

LIVRES, compte-rendu critique. Giacomo Meyerbeer par Violaine ANGER (Bleu Nuit Ă©diteur)

meyerbeer-annonce-livre-par-classiquenews-giacomo-meyerbeer-bleu-nuit-editeur-clic-de-classiquenewsLIVRES, compte-rendu critique. Giacomo Meyerbeer par Violaine ANGER (Bleu Nuit Ă©diteur) - NĂ© Ă  Berlin au sein d’une riche famille Juive (comme l’autre gĂ©nie romantique qui l’a prĂ©cĂ©dĂ© : Mendelsohn), Giacomo Meyerbeer (1791-1864) affirme en France un puissant gĂ©nie lyrique qui livre ses Ă©blouissants accomplissements avant le Second Empire principalement dans le genre du grand OpĂ©ra français oĂč la couleur de l’orchestre, la richesse et l’impact visuel des dĂ©cors, l’éclat du ballet et de ses danseuses principalement, la force des portraits individuels comme le mouvement crĂ©dible des fresques collectives comptent Ă  Ă©galitĂ©. L’opĂ©ra selon Meyerbeer est autant musical que visuel et s’il Ă©tait nĂ© au XXeme siĂšcle, le compositeur aurait Ă©tĂ© au cinĂ©ma l’équivalent d’un Orson Wells
 c’est dire.

CLIC_macaron_2014Condisciple apprenti de Weber dans la classe de leur professeur l’abbĂ© Vogler, le Meyerbeer trentenaire se forge une premiĂšre rĂ©putation en Italie sur le scĂšne de La Fenice de Venise (triomphale partition et dĂ©jĂ  aboutissement d’une sĂ©rie de premiers opĂ©ras italiens trĂšs convaincants : Il Crociato in Egitto de 1824) ; puis dans les annĂ©es 1830 pĂ©riode dorĂ©e du romantisme français, le quadra suit Rossini (son contemporain ; seuls 6 mois les sĂ©parent) Ă  Paris, et rivalisant avec son « modĂšle », Meyerbeer s’impose par une sĂ©rie de chefs-d’Ɠuvres d’une modernitĂ© dramatique absolue, nouvel aboutissement de l’art total dans le sillon parallĂšle de Wagner : Robert le diable (concluant en 1831, une maniĂšre de trilogie composĂ©e avec La Muette de Portici d’Auber de 1828 et Guillaume Tell de Rossini de 1829, – soit une trilogie confirmant Paris, telle la capitale mondiale de l’innovation lyrique) ; puis Les Huguenots (1836), surtout Ɠuvre clĂ© de la maturitĂ© Le ProphĂšte (1849).

 

meyerbeer classiquenews 220px-Meyerbeer_d'aprĂšs_P._Petit_b_1865Avec son librettiste familier Scribe (auquel tout un chapitre est dĂ©diĂ© : il Ă©tait temps de rĂ©Ă©valuer le poĂšte dramaturge le plus passionnant du temps ; aussi prolixe Ă  l’opĂ©ra que Hugo, son contemporain, aussi argentĂ© grĂące Ă  sa plume), Meyerbeer fixe un nouveau modĂšle lyrique au moment oĂč Verdi façonne son propre thĂ©Ăątre et avant que Wagner ne rĂ©alise son idĂ©al thĂ©Ăątral et musical Ă  Bayreuth, une Ă©thique artistique et un idĂ©al esthĂ©tique encore magnifiquement illustrĂ©s dans son ultime ouvrage L’Africaine (1865), lequel pose les jalons de ce que devrait ĂȘtre depuis le Guillaume Tell de Rossini de 1829, un certain art de la dĂ©clamation française depuis la tragĂ©die lyrique transmise au xviie et xviiieme par Lully et Rameau. Enfin on ne saurait complĂ©ter le tableau des oeuvres majeures de Meyerbeer sans citer Le Pardon de PloĂ«rmel dit aussi Dinora (1859) dont l’invention mĂ©lodique, les effets dramatiques, l’intelligence des possibilitĂ©s scĂ©niques renouvellent alors le genre de l’opĂ©ra comique.

 

EditĂ© par Bleu Nuit, le texte de l’auteure a le mĂ©rite de la subjectivitĂ© et osant certaines assertions polĂ©miques, suscite un dĂ©bat qui doit inĂ©vitablement arriver : ainsi dans la « conclusion », relevons ce paragraphe au contenu assez Ă©tonnant pour ne pas dire dĂ©concertant : « un certain discours affirme que Wagner est la seule voie historique de l’opĂ©ra, et Debussy le seul opĂ©ra français valable au XXĂš. Dans ce cas, on comprend trop souvent L’Orfeo de Monteverdi comme premier opĂ©ra et Meyerbeer comme une voie de garage ». Jusque lĂ  rien de surprenant. La suite est plus « problĂ©matique » : « Toute la production russe, anglaise
 passe Ă  la trappe. verdi survit comme in contre poids Ă  Wagner (ah bon !!!???) : on ne peut pas ĂȘtre seul, et d’ailleurs dans ses derniĂšres Ɠuvres, il se rapproche de l’esthĂ©tique de Bayreuth » (donc Falstaff et Otello de Verdi sont « wagnĂ©riens » ???). Plus « intĂ©ressant » : « De Verdi et Wagner sont issus Strauss et Puccini, dont le mauvais goĂ»t reste un problĂšme » : voilĂ  qui mĂ©rite explication


 

 

GĂ©nie de l’opĂ©ra romantique français

 

 

scribe-eugene-portraitNonobstant cette question, et la citation de ce paragraphe qui suscite des interrogations (il aurait fallu nous expliquer le « mauvais goĂ»t » de Strauss et Puccini), saluons la vision large qui restitue Meyerbeer dans son siĂšcle, la rĂ©volution lyrique qu’il apporte, de complicitĂ© avec son fidĂšle librettiste, EugĂšne Scribe, lui aussi, prĂ©cisĂ©ment rĂ©habilitĂ©, et loin de l’image d’un auteur dĂ©coratif et creux (c’est lui l’inventeur des ateliers d’Ă©criture, prĂ©figuration des bureaux de rĂ©alisateurs et scĂ©naristes pour l’industrie actuelle du cinĂ©ma et des sĂ©ries en plein essor…) – Scribe gagne une stature rĂ©Ă©valuĂ©e dans un texte qui recherche Ă  souligner le gĂ©nie de l’Ă©crivain, vĂ©ritable architecte du drame moderne, capable de concilier spectaculaire et sens (n’en dĂ©plaise Ă  Wagner), temps musical et temps dramatique, situations et cohĂ©rence de l’action… ; bien au contraire, les deux hommes, poĂšte et compositeur, Scribe et Meyerbeer prolongent les avancĂ©es d’Auber dans le genre du grand opĂ©ra ; ils prennent le temps de concevoir des drames qui prĂ©cisent la conception du fatum, l’illustration d’une impuissance certaine qui musĂšle l’homme, le hĂ©ros Ă  un destin contraire qui le dĂ©passe ; comme chez Verdi, Meyerbeer façonne un modĂšle lyrique dans le genre grand opĂ©ra qui propose une vision finalement pessimiste de l’humanitĂ©, ce avec d’autant plus d’acuitĂ© et de pertinence qu’il intĂšgre les derniĂšres possibilitĂ©s techniques mises Ă  disposition pour la scĂšne lyrique et aussi usant d’un nouveau rĂ©alisme, qui de fait, n’a rien Ă  voir avec cette rĂ©putation abusive d’un opĂ©ra dĂ©coratif et pompeux. Dans le thĂ©Ăątre de Meyerbeer, aucun hĂ©ros ne trouve le bonheur sur cette terre ; il est mĂȘme Ă©crasĂ© par le mouvement collectif. Ainsi meurent Ă  la fin des Huguenots, les protestants massacrĂ©s, Raoul et Valentine ; ainsi meurent dans un incendie salvateur, le fils et sa mĂšre dans Le ProphĂšte
 et dans la derniĂšre scĂšne de L’Africaine, l’hĂ©roĂŻne SĂ©lika pourtant amoureuse de Vasco, se sacrifie pour lui, afin qu’il puisse fuir avec celle qu’il aime depuis toujours, InĂšs
 Dans chaque drame, la grandeur d’un personnage fait la valeur dĂ©chirante de l’action, mais aussi la violence terrifiante de la vision : que vaut l’hĂ©roĂŻsme d’un seul coeur, face au grand souffle cynique de l’histoire ? On croirait de fait assister Ă  un opĂ©ra verdien. Mais verdi comme Moussorgski ne connaissaient-ils pas chaque drame de Meyerbeer ? Il n’y a peut-ĂȘtre que Dinora de 1859 qui sur un registre apparemment plus lĂ©ger compense ce fatalisme rĂ©pĂ©titif. Mais l’auteur jamais creux y glisse et rĂ©alise avec ses librettistes CarrĂ© et Barbier, un troublant jeu sur l’illusion et les tromperies de l’image
 A chaque drame, une rĂ©flexion trĂšs pertinente sur le genre concernĂ©.

L’intĂ©rĂȘt de l’auteure se concentre sur le sens et les enjeux esthĂ©tiques des 6 premiers opĂ©ras italiens (soit les origines du compositeur (de Romilda de 1817
 Ă  Il Crociato in Egitto de 1824), puis l’auteure analyse chaque drame nouveau de la maturitĂ©, soulignant combien Meyerbeer a su avec gĂ©nie rĂ©aliser les vertus d’un ouvrage rĂ©ussi : souffle de l’histoire dans les scĂšnes collectives, puissance sacrificielle des sentiments individuels. Sont remarquablement restituĂ©s dans leur intelligence spĂ©cifique : Robert le diable (« un opĂ©ra qui fait date ») ; l’opus central : « Les Huguenots, ou l’affirmation d’un genre » (en l’occurence le genre historique non fantastique) ; Le ProphĂšte (1849, pilier de l’époque de la gloire internationale) ; …

Il Ă©tait temps de dĂ©dier une biographie complĂšte, argumentĂ©e, illustrĂ©e comme celle publiĂ©e par Bleu Nuit Ă©diteur, au gĂ©nie de l’OpĂ©ra français, un pilier dont la comprĂ©hension est prĂ©alable et nĂ©cessaire dans le champs florissant des rĂ©surrections actuelles, dĂ©diĂ©es au romantisme français. Fort heureusement, parfois polĂ©mique, mais juste quant Ă  la rĂ©vĂ©lation du gĂ©nie de Meyerbeer, le texte Ă©ditĂ© par Bleu Nuit rĂ©tablit la mesure d’un immense crĂ©ateur pour l’opĂ©ra : le maillon essentiel entre Rossini et Verdi, crĂ©ateur de l’opĂ©ra romantique le plus captivant. A quand une renaissance et une vĂ©ritable rĂ©habilitation de Giacomo Meyerbeer, outrageusement et honteusement oubliĂ© ? Cet essai biographique tend Ă  souligner l’urgence d’un regain d’intĂ©rĂȘt pour l’auteur de Dinora et de L’Africaine, nos deux ouvrages prĂ©fĂ©rĂ©s du grand Giacomo. CLIC DE CLASSIQUENEWS DE MARS ET AVRIL 2017.

 

 

 

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LIVRES, compte rendu critique. GIACOMO MEYERBEER par Violaine ANGER. Bleu Nuit Ă©diteur, collection “horizons”. Parution : le 14 avril 2017. CLIC de CLASSIQUENEWS 2017

 

 

 

Meyerbeer_d'aprĂšs_P._Petit_b_1865

 

 

 

CD, compte rendu critique. MONTEVERDI : Balletti & Sonate (Clematis, — 1 cd Ricercar 2016)

monteverdi balletti e sonate zachary wilder cd ricercar cd review cd critique classiquenews 58d27e4864261CD, compte rendu critique. MONTEVERDI : Balletti & Sonate (Clematis, — 1 cd Ricercar 2016). Qui Ă©tait le jeune Claudio Monteverdi, violiste talentueux venant de sa CrĂ©mone natale (nĂ© en 1570), quand il rejoint la Cour ducale de Mantoue ? Alors que rĂšgnent d’autres instrumentistes compositeurs dont le violoniste Salomone Rossi (de trois ans son cadet, nĂ© en 1570), le CrĂ©monais ĂągĂ© de 23 ans lors de son recutement Ă  la cour ducale (1590) joue de viola « alla bastarda » ou « vioula » ; ainsi paraĂźt-il dans un tableau de cette pĂ©riode (cf. illustration ci dessous d’un musicien de CrĂ©mone avec une viole de gambe). DĂ©jĂ  auteur des deux premiers Livres de Madrigaux (I et II, respectivement de 1587 et donc 1590 quand il arrive Ă  Mantoue), Monteverdi s’impose alors immĂ©diatement par une opulence et un souffle inĂ©dit qui restitue tout son relief, Ă©loquence et sensualitĂ© Ă  la langue mise en musique ; ainsi s’affirme dans la continuitĂ© des oeuvres prĂ©alables de Rossi, l’invocation linguistique de Tempro la cetra (VIIĂš Livre de madrigaux, 1619, Ă©ditĂ© alors que le compositeur mĂ»r est maĂźtre de chapelle Ă  San Marco de Venise), d’une puissance hallucinĂ©e inouĂŻe alors. LĂ  se dĂ©ploie la lyre amoureuse en l’honneur de Mars ; lĂ  les mots enivrĂ©s frappent comme des armes, et les cordes finales, Ă©galement incisives et d’une souplesse qui captivent, s’imposent dĂ©sormais comme le chant d’OrphĂ©e Ă  Pluton (et Proserpine). Et l’on se rend compte Ă  tel point l’écriture de Monteverdi Ă©tait moderne, mais aussi tout entiĂšre comme Mozart, dĂ©diĂ©e Ă  l’amour. Dans ce premier jalon montĂ©verdien, toute l’invention et le souci de la langue ciblent l’acuitĂ© et la puissance de l’amour contre la barbare Ă©nergie de la guerre. A Mantoue, douĂ© pour le drame et les brĂ»lures poĂ©tiques, Monteverdi ne tarde pas Ă  succĂ©der au flamand Giaches de Wert, mort en 1596, comme compositeur de la chapelle ducale de Vincent de Gonzague. La Cour mantouane est alors l’une des plus florissantes (mĂȘme si le patron paie mal ses serviteurs : Monteverdi qui ne cesse de s’en plaindre, finira par partir
 Ă  Venise, exportant dans la CitĂ© sĂ©rĂ©nissime, sa conception embrasĂ©e, sensuelle du drame lyrique). En comparant l’écriture de Monteverdi avec ses confrĂšres Ă  Mantoue, dont le juif Salomone Rossi, l’éloquence suave voire Ă©rotique du CrĂ©monais s’affirme comme nulle autre. Un constat qui rejoint celui manifeste Ă  l’écoute de ses Madrigaux, dĂšs le Premier Livre.

La lyre montéverdienne révélée
Chant de l’ñme, corps en extase

Langueur, extase
 certes dĂ©veloppĂ©e et Ă©tirĂ©e par Rossi, mais avec un nerf et un sens innĂ© des respirations de la langue, plus justes chez Monteverdi : Il ballo delle Ingrate (crĂ©Ă© en 1608, Ă©ditĂ© dans les Madrigaux guerriers et amoureux, 1638), stridences Ă  l’appui (accents expressifs) animent des statues inertes pour que s’affirme l’élan de la vie, cette pulsion premiĂšre, vitale qui est le sujet central de toute l’écriture montĂ©verdienne. Une claire conscience du pouvoir d’un consort de cordes seules que l’épisode Marinien qui suit « Sonate sopra Fuggi, fuggi dolente core » de 1655, semble prolonger avec une finesse poĂ©tique, allusive, subtile, Ă©vanescente. Monteverdi a transmis sa poĂ©tique amoureuse.

monteverdi claudio jeune maestro de mantoue classiquenews Portrait_of_a_Musician_by_a_Cremonese_artist_-_Ashmolean_MuseumMĂȘme dans son archaĂŻsme qui ouvre le XVIIĂš et reste trĂšs ancrĂ© dans la Renaissance, la sobre Ă©loquence d’Orfeo, dont les extraits concluent le programme, montre combien en 1607, point d’accomplissement alors, Monteverdi, inventeur de l’opĂ©ra, synthĂ©tise toutes les tendances mantouanes, en tisse et en dĂ©duit une somme recolorĂ©e par sa propre sensibilitĂ© : jamais les intentions du poĂšme n’ont trouvĂ© dans les inflexions de la musique, une plus juste et exacte expression : qu’il s’agisse des claires sĂ©quences madrigalesques et pastorales (Ritornelli et arie del bosco), propres au milieu sylvestre des amours de bergers enivrĂ©s, ou – Ă©bauche d’un changement de conscience et de climats Ă©motionnels singuliers alors, dans l’articulation des airs plus sombres et amples, oĂč Ă  partir de la Sinfonia chromatica, les instruments se font miroir de la lyre tragique d’un poĂšte chanteur fonciĂšrement conquĂ©rant par la seule incantation de sa parole. Le passage du verbe individuel s’est pleinement rĂ©alisĂ© grĂące au seul Monteverdi, vĂ©ritable rĂ©volutionnaire baroque. DĂšs lors, Claudio apporte une nouvelle conception du chant instrumental : une profondeur inĂ©dite qui se met Ă  l’écoute des passions de l’ñme. VoilĂ  ce qu’éclaire ce programme remarquablement conçu, aux apports multiples, d’autant plus opportuns en cette annĂ©e de cĂ©lĂ©brations Monteverdi 2017. Saluons le travail rythmique et sonore de Clematis, auquel rĂ©pond l’engagement du timbre calibrĂ© du jeune tĂ©nor Zacahry Wilder, ex laurĂ©at du jardin des Voix de William Christie. Son souci de la langue rend hommage Ă  la haute qualitĂ© de la musique montĂ©verdienne, Ă  saon essence rĂ©formatrice comme sa modernitĂ© linguistique. Voici donc le premier recueil discographique rĂ©ellement convaincant parmi les nouveautĂ©s 2017n en liaison avec l’anniversaire Monteverdi de cette annĂ©e. CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2017.

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CLIC D'OR macaron 200CD, compte rendu critique. MONTEVERDI : Balletti & Sonate (Tempro la cetra / Il Ballo delle Ingrate, Orfeo (extraits). Clematis. Zacahry Wilder, tĂ©nor. Enregistrement rĂ©alisĂ© en octobre 2016 – 1 cd Ricercar RIC 377 — CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2017

STRASBOURG, MULHOUSE : Nouvelle Calisto de Cavalli

Cavalli_francescoOPERA DU RHIN. CAVALLI : La Calisto. Du 26 avril au 14 mai 2017. Venise invente dĂšs 1637, l’opĂ©ra public : un spectacle total qui aime Ă  mĂȘler les genres tragiques, hĂ©roĂŻques, pathĂ©tiques, comique surtout, souvent dans un effectif instrumental rĂ©duit qui permet au texte d’ĂȘtre articulĂ©, projetĂ©, habitĂ©. VĂ©ritable thĂ©Ăątre en musique (dramma in musica), le genre inventĂ© Ă  Florence trente annĂ©es auparavant, a gagnĂ© en puissance dramatique, en diversitĂ© formelle, en justesse et profondeur psychologique. Dans les annĂ©es 1640, Monteverdi saisit par sa sensualitĂ© et son expressivitĂ©. Dans sa suite, Cavalli ajoute l’ivresse et la frĂ©nĂ©sie de situations riches et dĂ©lirantes qui cultivent les quiproquos et les travestissements, mĂȘlant aussi impertinence et tragĂ©die. Jamais l’opĂ©ra baroque ne fut plus riche et flamboyant : La Calisto (1651, Sant Appollinare) appartient Ă  un cycle d’opĂ©ras particuliĂšrement rĂ©ussis oĂč la sĂ©duction formelle sert l’acuitĂ© d’un discours d’une justesse et d’une vĂ©ritĂ© profondes. La production superlative rĂ©alisĂ©e par Herbert Wernicke (1993), Ă  l’époque dirigĂ©e par RenĂ© Jacobs, (prĂ©sentĂ©e en France, – aprĂšs Bruxelles, Ă  Lyon, jamais proposĂ©e Ă  Paris) avait dĂ©montrer le gĂ©nie de Cavalli en maĂźtre du thĂ©Ăątre des passions humaines.

 

 

 

Venise, 1651

 

 

L’OpĂ©ra national du Rhin a donc bien raison d’afficher un drame fort et fĂ©Ă©rique qui est aussi un spectacle d’une rare sensualitĂ©. A travers la sĂ©duction qu’opĂšre Jupiter auprĂšs de la nymphe Calisto, Cavali et son librettiste propose un catalogue des Ă©tats amoureux et du dĂ©sir : amour charnel (JupitĂ©rien), amour chaste (celui de Diane), amour heureux, amour malheureux, amour joyeux, amour languissant, amour loyal, amour perfide, conjugal (Junon), et mĂȘme l’amour homosexuel, car Jupiter se dĂ©guise en femme divine, Diane, pour abuser de Calisto.

 

 

 Nouvelle Calisto à l'Opéra du Rhin

 

 

InspirĂ©e des MĂ©tamorphoses d’Ovide, l’histoire de la nymphe Calisto, transformĂ©e en ourse par Junon jalouse et haineuse, puis Ă©levĂ©e au rang de constellation par Jupiter coupable
 croise le chemin de personnages moins prestigieux mais tout aussi Ă©mouvants : le berger Endymion (aux airs et lamenti parmiles plus dĂ©veloppĂ©s de l’opĂ©ra), du dieu Pan, de Mercure, de la vieille nymphe LymphĂ©e qui veut enfin connaĂźtre un homme, du petit Satyre lubrique
 La comĂ©die vĂ©nitienne telle qu’elle paraĂźt sur la scĂšne lyrique au XVIIĂš anonce dĂ©jĂ  par sa richesse et ses contrastes aussi dĂ©chirants que mordants, la ComĂ©die de Balzac. Cavalli n’a pas la lame incisive, au scalpel du Français – fin analyste des rouages pervers de notre sociĂ©tĂ©, mais Venise a le goĂ»t de la satire et de la parodie, de la tragĂ©die et du comique bouffon dont il fait une fresque irrĂ©sistible, en particulier dans Calisto.

 

 

 

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Nouvelle production
Francesco Cavalli : La Calisto
Dramma per musica en trois actes avec prologue
Livret de Giovanni Faustini
Créé au Théùtre San Apollinare de Venise, le 28 novembre 1651

Direction musicale : Christophe Rousset
Mise en scÚne : Mariame Clément

 

 

La Calisto: Elena Tsallagova
EternitĂ  Diana: Vivica Genaux
Giove: Giovanni Battista Parodi
Mercurio: Nikolay Borchev
Endimione: Filippo Mineccia
Destino, Giunone: Raffaella Milanesi
Linfea: Guy de Mey
Satirino: Vasily Khoroshev
Natura, Pane: Lawrence Olsworth-Peter
Silvano: Jaroslaw Kitala
2 Furies: Tatiana Zolotikova, Yasmina Favre

Les T. Lyriques

Durée totale du spectacle : 3h00 environ
Entracte aprùs l’Acte II

 

 

 

STRASBOURG, Opéra
me 26 avril, 20h
ve 28 avril, 20h
di 30 avril, 15h
ma 2 mai, 20h
je 4 mai, 20h

MULHOUSE, La Sinne
ve 12 mai, 20 h
di 14 mai, 15 h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operanationaldurhin.eu/opera-2016-2017–la-calisto-opera-national-du-rhin.html

 

 

Nouvelle Calisto Ă  Strasbourg et Mulhouse

Cavalli_francescoOPERA DU RHIN. CAVALLI : La Calisto. Du 26 avril au 14 mai 2017. Venise invente dĂšs 1637, l’opĂ©ra public : un spectacle total qui aime Ă  mĂȘler les genres tragiques, hĂ©roĂŻques, pathĂ©tiques, comique surtout, souvent dans un effectif instrumental rĂ©duit qui permet au texte d’ĂȘtre articulĂ©, projetĂ©, habitĂ©. VĂ©ritable thĂ©Ăątre en musique (dramma in musica), le genre inventĂ© Ă  Florence trente annĂ©es auparavant, a gagnĂ© en puissance dramatique, en diversitĂ© formelle, en justesse et profondeur psychologique. Dans les annĂ©es 1640, Monteverdi saisit par sa sensualitĂ© et son expressivitĂ©. Dans sa suite, Cavalli ajoute l’ivresse et la frĂ©nĂ©sie de situations riches et dĂ©lirantes qui cultivent les quiproquos et les travestissements, mĂȘlant aussi impertinence et tragĂ©die. Jamais l’opĂ©ra baroque ne fut plus riche et flamboyant : La Calisto (1651, Sant Appollinare) appartient Ă  un cycle d’opĂ©ras particuliĂšrement rĂ©ussis oĂč la sĂ©duction formelle sert l’acuitĂ© d’un discours d’une justesse et d’une vĂ©ritĂ© profondes. La production superlative rĂ©alisĂ©e par Herbert Wernicke (1993), Ă  l’époque dirigĂ©e par RenĂ© Jacobs, (prĂ©sentĂ©e en France, – aprĂšs Bruxelles, Ă  Lyon, jamais proposĂ©e Ă  Paris) avait dĂ©montrer le gĂ©nie de Cavalli en maĂźtre du thĂ©Ăątre des passions humaines.

 

 

 

Venise, 1651

 

 

L’OpĂ©ra national du Rhin a donc bien raison d’afficher un drame fort et fĂ©Ă©rique qui est aussi un spectacle d’une rare sensualitĂ©. A travers la sĂ©duction qu’opĂšre Jupiter auprĂšs de la nymphe Calisto, Cavali et son librettiste propose un catalogue des Ă©tats amoureux et du dĂ©sir : amour charnel (JupitĂ©rien), amour chaste (celui de Diane), amour heureux, amour malheureux, amour joyeux, amour languissant, amour loyal, amour perfide, conjugal (Junon), et mĂȘme l’amour homosexuel, car Jupiter se dĂ©guise en femme divine, Diane, pour abuser de Calisto.

 

 

 Nouvelle Calisto à l'Opéra du Rhin

 

 

InspirĂ©e des MĂ©tamorphoses d’Ovide, l’histoire de la nymphe Calisto, transformĂ©e en ourse par Junon jalouse et haineuse, puis Ă©levĂ©e au rang de constellation par Jupiter coupable
 croise le chemin de personnages moins prestigieux mais tout aussi Ă©mouvants : le berger Endymion (aux airs et lamenti parmiles plus dĂ©veloppĂ©s de l’opĂ©ra), du dieu Pan, de Mercure, de la vieille nymphe LymphĂ©e qui veut enfin connaĂźtre un homme, du petit Satyre lubrique
 La comĂ©die vĂ©nitienne telle qu’elle paraĂźt sur la scĂšne lyrique au XVIIĂš anonce dĂ©jĂ  par sa richesse et ses contrastes aussi dĂ©chirants que mordants, la ComĂ©die de Balzac. Cavalli n’a pas la lame incisive, au scalpel du Français – fin analyste des rouages pervers de notre sociĂ©tĂ©, mais Venise a le goĂ»t de la satire et de la parodie, de la tragĂ©die et du comique bouffon dont il fait une fresque irrĂ©sistible, en particulier dans Calisto.

 

 

 

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Nouvelle production
Francesco Cavalli : La Calisto
Dramma per musica en trois actes avec prologue
Livret de Giovanni Faustini
Créé au Théùtre San Apollinare de Venise, le 28 novembre 1651

Direction musicale : Christophe Rousset
Mise en scÚne : Mariame Clément

 

 

La Calisto: Elena Tsallagova
EternitĂ  Diana: Vivica Genaux
Giove: Giovanni Battista Parodi
Mercurio: Nikolay Borchev
Endimione: Filippo Mineccia
Destino, Giunone: Raffaella Milanesi
Linfea: Guy de Mey
Satirino: Vasily Khoroshev
Natura, Pane: Lawrence Olsworth-Peter
Silvano: Jaroslaw Kitala
2 Furies: Tatiana Zolotikova, Yasmina Favre

Les T. Lyriques

Durée totale du spectacle : 3h00 environ
Entracte aprùs l’Acte II

 

 

 

STRASBOURG, Opéra
me 26 avril, 20h
ve 28 avril, 20h
di 30 avril, 15h
ma 2 mai, 20h
je 4 mai, 20h

MULHOUSE, La Sinne
ve 12 mai, 20 h
di 14 mai, 15 h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operanationaldurhin.eu/opera-2016-2017–la-calisto-opera-national-du-rhin.html

 

 

VIVALDI Ă  TOURCOING et PARIS : JC Malgoire dirige l’Orlando Furioso

malgoire_jean_claudeTOURCOING, ALT. Vivaldi : Orlando Furioso, 31 mars – 19 avril 2017. Dans le nord puis Ă  Paris, Jean-Claude Magloire ressuscite la fiĂšvre fantastique du thĂ©Ăątre inspirĂ© de L’Arioste. Au chapitre Vivaldi, l’histoire musicale et critique s’intĂ©resse dĂ©sormais Ă  son oeuvre lyrique. L’auteur des Quatre Saisons savait aussi colorer et exprimer Ă  l’opĂ©ra, et son orchestre comme sa conception thĂ©Ăątrale affirme un tempĂ©rament unique Ă  son Ă©poque, une maniĂšre de rĂ©sistance, face au dĂ©but du XVIIIĂš Ă  l’essor de l’école napolitaine. Or Venise ayant crĂ©Ă© au XVIIĂš, l’opĂ©ra public et payant (1637), malgrĂ© l’excellence de son dĂ©ploiement avec Monteverdi, Caldara, Legrenzi, Cavalli, Cesti et au XVIIIĂš, Vivaldi, n’a pas su se maintenir. L’Orlando Furioso crĂ©Ă© en 1727, serait ainsi l’un des derniers ouvrages manifestement vĂ©nitien, le plus abouti, le plus emblĂ©matique.

L-ARIOSTE-portrait-larioste-titienOPERA CHEVALERESQUE ET MAGIQUE. CrĂ©Ă© Ă  l’automne 1727 au ThĂ©Ăątre Sant’Angelo Ă  Venise, Orlando furioso cultive un bel canto expressif oĂč rĂšgne l’esthĂ©tique des voix aigus : Orlando / Roland Ă©prouvĂ© sur l’üle de la magicienne Alcina, est chantĂ© par une femme, tandis que Bradamante, la fiancĂ©e de Roland, dĂ©guisĂ© en homme, est donc chantĂ© par un
 homme. Sur le chemin de L’Arioste et de son labyrinthe amoureux, Vivaldi compose une sĂ©rie d’épisodes de plus en plus possĂ©dĂ©s, Ă©ruptifs, hallucinĂ©s : l’amour est une folie, et le dĂ©sir, une houle acide, amĂšre qui foudroie tous ceux qui le portent malgrĂ© eux. Avant Shakespeare, L’Arioste (magnifique portrait par Titien) dĂ©peint les tourments et les vertiges de l’ñme humaine. Ici, les fureurs de Roland sont l’emblĂšme de ce thĂ©Ăątre en dĂ©raison et en dĂ©lire. Certes il est bien question de chevaliers et de paladins en armure, mais leur vĂ©ritable adversaire n’est pas l’ennemi sur le champs de bataille, c’est plutĂŽt l’amour vengeur et cruel dont la barbarie Ă©puise les forces de l’esprit.
larioste titienAinsi cet Ă©chiquier sentimental oĂč dans le territoire de la magicienne Alcina, errent les chevaliers Orlando et Medoro : le premier aime la princesse Angelica qui aime de son cĂŽtĂ© le dit Medoro. DĂ©couvrant la passion secrĂȘte unissant Medoro et Angelica, Orlando succombe Ă  la jalouse haine, en proie au dĂ©lire le plus violent. En parallĂšle, la magicienne Alcina envoĂ»te Ruggiero, qui oublie auprĂšs d’elle sa bien aimĂ©e, Bradamante. Jusqu’au dĂ©nouement, l’opĂ©ra de Vivaldi brosse le portrait de personnages solitaires, dĂ©munis, en souffrance (Orlando, Ruggiero, Bradamante), ou agressĂ©s, Ă©prouvĂ©s par un sort contraire (Angelica et Medoro). MĂȘme celle qui semble tirer les ficelles, n’éblouit guĂšre par son bonheur : Alcina est une souveraine esseulĂ©e qui obtient tout par manigances et magie. La sincĂ©ritĂ© n’habite pas ses lieux. Orlando / Roland est un mĂ©lancolique dĂ©pressif, chevalier fou, chevalier errant
 Il y a quelques annĂ©es dans une distribution oĂč a brillĂ© le mezzo voire l’alto ample et noir de Marie-Nicole Lemieux, le chef Christophe Spinozi et son ensemble Matheus se sont imposĂ© sur de nombreuses scĂšnes du monde avec l’opĂ©ra vivaldien. vivaldi antonio quatre saisons orlando furioso 1725Aujourd’hui, c’est un pĂšre fondateur du mouvement baroqueux qui reprend le flambeau, avec une Ă©nergie intacte, communicative. Dans le thĂ©Ăątre fantastique, merveilleux, inspirĂ© par la poĂ©sie de L’Arioste, adviennent des figures en perdition, toujours en quĂȘte d’une improbable rĂ©mission. OpĂ©ra psychologique que vraiment dramatique et spectaculaire. Production Ă©vĂ©nement. (Illustration : portrait de L’Arioste par Titien / Tiziano)

 

 

ORLANDO FURIOSO d’Antonio Vivaldiboutonreservation
Malgoire / Schiaretti
ven 31 mars 2017 Ă  19h30
dim 2 avril 2017 Ă  15h30
mar 4 avril 2017 Ă  19h30
Tourcoing, Théùtre municipal R. Devos

Puis, Ă  PARIS, TCE
Théùtre des Champs-Elysées
Mercredi 19 avril 2017, 19h30
version de concert

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/16_17/spect1617/orlando.html

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Orlando furioso
Antonio Vivaldi (1678-1741)Livret de Grazio Braccioli d’aprùs L’Arioste
Direction musicale: Jean Claude Malgoire
Mise en scĂšne: Christian Schiaretti

Orlando: Amaya Dominguez
Angelica: Samantha Louis-Jean
Alcina: Clémence Tilquin
Bradamante: Yann Rolland
Medoro: Victor Jimenez Diaz
Ruggiero: Jean Michel Fumas
Astolfo: Nicolas Rivenq

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Écurie et la Chambre du Roy

VOSGES DU SUD (70). 24Ăšme Festival Musique et MĂ©moire, du 15 au 30 juillet 2017.

musiquetmemoire-festival-2017-presentation-classiquenews-2017VOSGES DU SUD (70). 24Ăšme Festival Musique et MĂ©moire, du 15 au 30 juillet 2017. Dans les Vosges du Sud, un festival passionnant vous attend, du 15 au 30 juillet 2017 soit la deuxiĂšme quinzaine de juillet : une offre unique en Europe pour s’immerger au cƓur des Vosges saĂŽnoises, bercĂ©s, Ă©tonnĂ©s, surpris, par une programmation riche et singuliĂšre, en nouvelles expĂ©riences baroques. Musique et MĂ©moire est une scĂšne rĂ©solument baroque Ă  nulle autre pareille qui ne cesse d’explorer les esthĂ©tiques des XVIIĂš et XVIIIĂš, entre France, Italie, pays germaniques. GrĂące Ă  l’intuition sĂ»re de Fabrice Creux, directeur du Festival (et aussi son crĂ©ateur), Musique et MĂ©moire sait cultiver le risque voire l’audace en commandant aux artistes en rĂ©sidence de nouveaux programmes. C’est Ă  chaque Ă©dition, une traversĂ©e unique et fĂ©conde, qui n’est pas liĂ©e Ă  un site unique comme beaucoup d’autres festivals en France, mais une offre qui rayonne sur le territoire saĂŽnois, entre Ă©tangs et Ă©glises patrimoniales, une occasion de vivre et revivre l’enchantement et la vitalitĂ© des Ă©critures baroques selon un rythme dĂ©sormais bien identifiĂ© : 3 week ends ouvragĂ©s avec intelligence et gradation, 3 ensembles en rĂ©sidence portĂ©s par l’exigence de l’expĂ©rimentation et de l’accomplissement. Du dialogue, du partage. Cet Ă©tĂ©, inaugurant le nouveau cycle de concerts et de rencontres, les festivaliers retrouvent pour les 5 premiers jours (les 15, 16 puis 19, 20 et 21 juillet), le trio emblĂ©matique Les Timbres, capables de stimuler et produire la complicitĂ© recrĂ©atrice en s’associant de nombreux complices (et aussi de nouveaux timbres comme le baryton vocal de Marc Mauillon
); Puis les 22 et 23
juillet, Musique et MĂ©moire accompagne le fabuleux ensemble de Lionel Meunier, Vox Luminis dans Haendel, et les cordes de La RĂȘveuse qui fĂȘte non sans raison le gĂ©nie de Telemann, mis Ă  l’honneur en 2017 ; c’est la poursuite Ă©galement du geste d’Alia Mens dans la constellation Bach (cantates et piĂšces instrumentales dont les Brandebourgeois
 Voici caractĂšre et temps forts de l’édition 2017, prĂ©sentĂ©e en 3 Ă©tapes successives, complĂ©mentaires, du 15 au 31 juillet 2017.

 

 

 

ACTE I
Premier week end : les 15, 16, 19, 20 et 21 juillet 2017
Les TIMBRES, Marc Mauillon…

 

 

ENSEMBLE MAGICIEN : Les Timbres, trio enchanteur

 

 

Les 3 artistes irrĂ©sistibles de l’’ensemble virtuose Les Timbres poursuivent leur rĂ©sidence de trois annĂ©es (renouvelĂ©e en 2016, de façon exceptionnelle une seconde fois, – phĂ©nomĂšne rare pour ĂȘtre soulignĂ©) pour plusieurs programmes prometteurs sous le titre « Par monts et par vaux  ». Ainsi l’idĂ©e d’ne traversĂ©e et d’une itinĂ©rance en territoire ouvre le festival 2017, non sans cohĂ©rence puisque Les Timbres mĂšnent depuis leurs dĂ©but en Haute-SaĂŽne, des actions de sensibilisation dans les classes, auprĂšs des scolaires afin de transmettre le goĂ»t de la curiositĂ© et de la musique. Une dĂ©marche encouragĂ©e par Fabrice Creux, engagĂ©e, localement active, donc particuliĂšrement exemplaire.
La prĂ©cision du geste, la finesse et la justesse d’une sensibilitĂ© dĂ©sormais repĂ©rĂ©e, est suivie par les festivaliers depuis le dĂ©but de leur premiĂšre rĂ©sidence ; en 2017, Les Timbres s’intĂ©ressent au XVIIĂš anglais et germaniques, comme au premier XVIIIĂš français
 Autant de propositions qui confirme encore et toujours que la musique europĂ©enne baroque est surtout une formidable Ă©cole des mĂ©tissages. L’Europe culturelle n’a connu aucune frontiĂšre, c’est lĂ  le secret de sa formidable Ă©mulation des idĂ©es et des rĂ©alisations. Au programme : Les femmes (le 15 juillet 2017, Faucogney, 21h : Cantates et piĂšces de Campra et Van Blankenburg, avec Marc Mauillon, baryton – A 17h, rĂ©pĂ©tition publique); Sur les traces du Bach Ă  la rencontre de Buxtehude (Suonate en « stylus fantasticus » de Buxtehude
le 16 juillet, Servance, 17h) ; Musique Ă  dĂ©guster (Musique ElisabĂ©thaine : Gibbons, Hume, Fitzwilliam
 Fougerolles, le 19 juillet Ă  19h30) ; Pien d’amoroso affetto (Evocation de l’art vocal Ă  Florence en 1600, airs de Peri et Caccini par Marc et AngĂ©lique Mauillon, le 20 juillet, Melisey Ă  21h), enfin Dialogues avec l’ñme (musiques germanique du premier Baroque : Scheidt, Buxtehude, Weckmann, Hammerschmidt : Les Timbres, Jean-Charles Ablitzer, orgue, Belfort, Temple St-Jean, le 21 juillet Ă  21h).

 

 

 

 

ACTE II
Samedi 22 et dimanche 23 juillet 2017
VOX LUMINIS et LA RÊVEUSE

Acteurs d’une rĂ©sidence qui fut pour chaque ensemble, dĂ©couverte et approfondissement, Vox Luminis et La RĂȘveuse reviennent Ă  Musique et MĂ©moire, non sans le sentiment de poursuivre une aventure musicale et artistique que les festivaliers attendent avec impatience. Lionel Meunier sait accorder l’ensemble de ses musiciens en un seul geste, un seul souffle ; La RĂȘveuse a ce goĂ»t du timbre et de la complicitĂ© instrumentale qui assure toujours une rĂ©alisation toute en finesse et intĂ©rioritĂ©.

POITIERS, TAP : Vox Luminis rĂ©enchante Bach et SchĂŒtzSamedi 22 juillet 2017, LURE (Ă©glise Saint-Martin), 21h. Vox Luminis revient au Festival Musique et MĂ©moire pour un programme trĂšs attendu, qui regroupe deux ouvrages de HÄNDEL / Haendel : Dixit Dominus et l’Ode for Sainte-Cecile. Le premier opus est composĂ© par un jeune homme de 22 ans alors en apprentissage Ă  Rome ; le second est crĂ©Ă© Ă  Londres en 1739 (A 17h, rĂ©pĂ©tition publique).

reveuse-purcell-cd-review-critique-cd-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-octobre-novembre-2015Dimanche 23 juillet 2017, FAUCOGNEY (Chapelle Saint-Martin, 11h). TELEMANN, l’esprit europĂ©en par La RĂȘveuse. Trios et Quatuors avec viole. Pour le 250Ăš anniversaire de sa mort, le Festival cĂ©lĂšbre le gĂ©nie musical du contemporain de JS Bach, Telemann, au style aussi Ă©lĂ©gant qu’inventif, vĂ©ritable miroir et synthĂšse des influences europĂ©ennes mĂȘlĂ©es : française, italienne, « galantes » selon la mode en Allemagne, soit une premiĂšre approche trĂšs rĂ©ussie des GoĂ»ts rĂ©unis.
Puis Ă  17h (CORRAVILLERS, Ă©glise Saint-Jean Baptiste, 17h), La RĂȘveuse propose une soirĂ©e musicale BUXTEHUDE (Abdendmusik : cantates et Sonates, avec la soprano Hasnaa Bennani).

 

 

 

 

ACTE III
2Ăšme et dernier week end : RĂ©sidence d’Alia Mens.
Les 27, 28, 29 et 30 juillet 2017

BACH-JS-jean-sebastian-582-390-BACH-JS-4johann-sebastian-bachSous le titre « Bach, le voyage du ruisseau », l’ensemble en rĂ©sidence Alia Mens se dĂ©die Ă  nouveau (comme l’annĂ©e derniĂšre, amorce de leur prĂ©sence Ă  Musique et MĂ©moire) au gĂ©nie de Jean-SĂ©bastien Bach, massif vertigineux, dĂ©fi cyclopĂ©en pour tout interprĂšte baroque exigeant, profond, soucieux autant de la forme que du sens. Le cycle commence dĂšs jeudi 27 juillet 2017 (Ă©glise de Saint-BarthĂ©lĂ©my, 21h) : « Pour la rĂ©crĂ©ation de l’esprit » : 3 Sonates pour violon et clavecin pour divertir le prince de Köthen entre 1718 et 1722, par StĂ©phanie Paulet, violon / Olivier Spilmont, clavecin). Le lendemain vendredi 28 juillet Ă  HĂ©ricourt (Eglise luthĂ©rienne, 21h) : « Musica Poetica » : Concertos pour clavecin, pour violon et cantate BWV 202 , avec son Ă©vocation du printemps, pour Ă©voquer les aprĂšs midis musicaux (chaque vendredi) du Collegium Musicum au CafĂ© Zimmermmann que Bach dirige Ă  la suite de Telemann Ă  partir de 1729.
Pour le week end, Alia Mens nous rĂ©gale de la mĂȘme façon dans deux programmes qui devraient Ă  nouveau marquer sa rĂ©sidence Ă  Musique et MĂ©moire : d’abord, samedi 29 juillet Ă  Luxeuil les Bains (Basilique Saint-Pierre, 21h) : « Soli Deo Gloria (ainsi que Bach signait ses partitions et manuscrits), Un office pour l’anniversaire de la RĂ©forme » : c’est Ă  dire Missa Brevis BWV 233 (extraits), cantates BWV 125 et 80 (de 1725 et 1724). Dernier chapitre JS BACH, dimanche 30 juillet, LUXEUIL LES BAINS (Basilique Saint-Pierre, 21h, au pied du superbe buffet d’orgue XVIIĂš): « Collegium Musicum II », pour un cycle purement instrumental comprenant les Concertos Brandebourgeois I, III (BWV 1046 et 1048), le Concerto pour 2 violons (BWV 1043), emblĂšmes d’une virtuositĂ© Ă©poustouflante, celle d’un Bach inspirĂ©, imaginatif, disposant d’instrumentistes particuliĂšrement habiles
 Cela sera certainement le cas lors de ce concert ultime de l’édition 2017 du Festival Musique et MĂ©moire. Haute technicitĂ© virtuose, acuitĂ© du sens. Le voyage promet de nouvelles rĂ©vĂ©lations.

 

 

 

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musiquetmemoire-festival-2017-presentation-classiquenews-2017Toutes les informations pratiques, le détail des programmes et les modalités de réservation / organiser votre séjour en Haute-SaÎne et dans les Vosges saÎnoises, sur le site du Festival Musique & Mémoire 2017, festival incontournable des VOSGES DU SUD (70).
http://www.musetmemoire.com/index.php

 

 

CD, compte-rendu critique. Give me your hand
Geminiani & The celtic Earth – Bruno Cocset, Les basses RĂ©unies — 1 cd Alpha, 2016)

cocset bruno give me your hand cd alpha critque cd cd review classiquenews clic de mars 2017CD, compte-rendu critique. Give me your hand
Geminiani & The celtic Earth – Bruno Cocset, Les Basses RĂ©unies — 1 cd Alpha, 2016. La culture et les artistes en dĂ©montrant les vertus des Ă©changes, confirment toujours la voie rayonnante des mĂ©tissages. A l’heure du Brexit et du repli identitaire, – comme si l’Angleterre devait surtout cultiver son insularitĂ© repliĂ©e sur elle-mĂȘme, Bruno Cocset et comparses indiquent a contrario, un tout autre chemin, celui de l’ouverture, des Ă©changes libres, des mĂ©tissages fĂ©conds. Voyez ces « migrants baroques » qui au XVIIIĂš ont fait le choix de traverser l’Atlantique et de rejoindre l’Angleterre : Lorenzo Bocchi Ă  Edimbourg dĂšs 1720 ; Geminiani à Dublin dĂšs 1733 (l’annĂ©e du triomphe scandaleux de Rameau sur la scĂšne lyrique parisienne
). Le geste virtuose et l’humeur sensible, le gambiste Bruno Cocset, alchimiste orfĂšvre des sonoritĂ©s intenses et tendres alterne dans ce formidable recueil (enregistrĂ© dans « son fief musical » Ă  Vannes, en fĂ©vrier 2016), l’élĂ©gance vagabonde et nostalgique des natifs anglais : le barde harpiste aveugle O’Carolan (1670-1738) ou Ó CathĂĄin (1570-1650) – dont la piĂšce Ă©cossaise de 1703 donne le titre du programme-, et la virtuositĂ© d’un Geminiani, Italien dĂ©fricheur et virtuose, toujours curieux d’exploration et de traversĂ©e mĂ©tissĂ©e ; un pur adepte des rencontres (si capitales pour l’essor des Ă©critures artistiques) : sa Sonata opus 1 n°3 fourmille de couleurs et nuances celtiques, – collection d’idiomes insulaires rĂ©organisĂ©s en un substrat musical d’une grande richesse sonore : les ambiances, les caractĂšres nourrissent une superbe inspiration que le geste amoureusement mĂ©lancolique des interprĂštes (Les Basses RĂ©unies) s’entendent Ă  magnifier entre vague Ă  l’ñme, langueur, ivresse des sens, grĂące Ă  une Ă©coute collective de premiĂšre qualitĂ©. Les 8 courts Ă©pisodes de la Sonate ainsi rĂ©vĂ©lĂ©e expriment toutes les humeurs des concerts picturaux de la pĂ©riode, – Ă©cho plus tardifs des Concerts peints par Valentin de Boulogne au dĂ©but du siĂšcle prĂ©cĂ©dent, oĂč la caractĂ©risation individuelle Ă©carte la superficialitĂ©. Bruno Cocset nous montre ici combien le riche terreau de la caractĂ©risation instrumentale apporte de profondeur et de vĂ©ritĂ© au langage musical.

 

 

 

FraternitĂ©s musicales & vagues Ă  l’Ăąme irlandais…

 

 

bruno_cocsetLa fantaisie fantasque et doucement rĂȘveuse des partitions de James Oswald (1710-1769), Ă©cossais admirĂ© par Geminiani son aĂźnĂ©, exprime toute la nostalgie et le songe enracinĂ©s dans le paysage Ă©cossais : la sĂ©rie des 5 songs (de « The Northern lass” Ă  « The banks of Sligoe ») tisse un voyage en terres sauvages, plein de sentiments et d’hommages nĂ©s de l’homme serein, Ă©panoui, reconnaissant envers la nature. Les interprĂštes montrent combien entre les deux cultures, italienne et britannique, se jouent des imbrications et des rĂ©sonances fraternelles, qui dĂ©coulent d’une estime rĂ©ciproque (The banks of severn d’Oswald enchaĂźnĂ© avec l’Andante de Geminiani). Puis c’est l’humeur Ă©trangĂšre mais si finement troussĂ©e de l’observateur et tĂ©moin Lorenzo Bocchi qui propose sa version italianisante d’une noce d’Irlande, virtuositĂ© et arabesque mĂ©ridionale, en forme de variations enchaĂźnĂ©es, reformatĂ©es pour le violon, au diapason d’une danse typiquement « irish ». Cet apprentissage des motifs insulaires trouve un point d’accomplissement Ă©patant dans « O Bessy bell », song de Geminiani, oĂč l’Italien trĂšs inspirĂ© par ce monde sonore fascinant, nous prend la main pour une danse d’une fraĂźcheur attendrie pleine de candeur et de pudeur. Au sommet du voyage, entre Ecosse et Irlande, – terres d’assimilation et forte en tempĂ©raments, surgit le chant Ă  la fois rustique et poĂ©tique de l’étonnant Turlough O’Carolan : superbe danse enivrĂ©e du mĂ©lancolique « When she came she bobed » ; puis les portraits « John O’Connor » et “Colonel John Irwin »  (avec lyre gothique). L’enrichissement qu’un Geminiani trouve et insuffle Ă  son propre art, reste le sujet principal d’un somptueux recueil, Ă©loquent par son geste, et mĂȘme exemplaire dans le choix des oeuvres mises en dialogue. Des Italiens aux irlandais et aux Ecossais passent et dansent tous les tons de l’échange et de la curiositĂ©, du partage et de la fraternitĂ©. Lumineuse conception du travail collectif qui s’exprime aussi avec Ă©clat grĂące Ă  la souple imagination dĂ©fendue par les instrumentistes. Au jeu des caractĂšres et des ambiances, les musiciens nous offrent aussi un festival de timbres et de sonoritĂ©s, comme le dernier Andante (de Geminiani), « affetuoso », c’est Ă  dire enchantĂ©. RĂ©jouissant et profond. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2017. L’amateur se reportera aussi au superbe livre disque CELLO STORIES / Histoires de violoncelle, Les Basses RĂ©unies / Bruno Cocset – 5 cd Alpha, CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016. Bruno Cocset a rĂ©volutionnĂ© par la pratique et la recherche, l’histoire du violoncelle depuis ses origines baroques : ce nouvel opus confirme une formidable intuition et un goĂ»t de plus en plus sĂ»r. A suivre.

 

 

 

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CLIC_macaron_2014CD, compte-rendu critique. Give me your hand
Geminiani & le territoire celtique / The celtic Earth – Bruno Cocset, Les basses RĂ©unies — 1 cd Alpha – Enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Vannes en fĂ©vrier 2016 (excellente prise, dĂ©taillĂ©e, rĂ©verbĂ©ration mesurĂ©e qui soigne le relief de chaque timbre, en superbe Ă©quilibre).

 

 

 

A LIRE aussi : coffret CELLO STORIES / Histoires de violoncelle, Les Basses RĂ©unies / Bruno Cocset — 5cd, Ă©ditĂ© chez Alpha, septembre 2016. CLIC de CLASSIQUENEWS.

http://www.classiquenews.com/cd-livre-cd-evenement-annonce-cello-stories-histoires-de-violoncelle-livre-cd-207-pages-5cd-alpha/

 

LIRE aussi notre entretien avec BRUNO COCSET (Vannes, été 2016)

CD Ă©vĂ©nement, annonce. Jonas Kaufmann chante les 6 lieder du Chant de la Terre (Der lied von der Erde) — 1 cd Sony classical (Vienne juin 2016)

mahler jonas kaufmann cd der lied von der erde cd classiquenews critique cd cd reveiw kaufmann mahler classiquenews annonceCD Ă©vĂ©nement, annonce. GUSTAV MAHLER : Jonas Kaufmann chante les 6 lieder du Chant de la Terre (Der lied von der Erde) — 1 cd Sony classical (Vienne juin 2016). Incroyable gageure pourtant prĂ©parĂ©e depuis des dĂ©cennies car il avait Ă  coeur de rĂ©aliser ce marathon lyrique et symphonique depuis son adolescence : Jonas Kaufmann chante l’intĂ©gralitĂ© des lieder du Chant de la Terre, bouleversante fresque lyrique et orchestrale de Gustav Mahler, composĂ©e en une pĂ©riode trĂšs Ă©prouvante pour la compositeur juif du dĂ©but du XXĂš – le plus grand symphoniste germanique alors avec Richard Strauss. En tĂ©moignent les poĂšmes dĂ©chirants sur l’existence et la condition humaine que Mahler met en musique avec une frĂ©nĂ©sie extatique, Ă  la fois symboliste et expressionniste ; partition majeure d’un auteur qui a perdu sa fille, apprend qu’il est virĂ© de ses fonctions comme directeur de l’OpĂ©ra de Vienne (alors qu’il y menait une rĂ©forme inouĂŻe, tant en terme de rĂ©pertoire que de conditions nouvelles pour assister aux concerts symphoniques et aux opĂ©ras
), c’est aussi l’époque oĂč Mahler, condamnĂ©, apprend qu’il est atteint d’un mal incurable aux poumons.

 

 

 

Diseur, chantre halluciné, solitaire enivré
Jonas Kaufmann chante l’espĂ©rance dans la mort

 

kaufmann_jonas tenor derlieder von der erde cd classiquenewsEndurant, audacieux, Jonas Kaufmann chante les parties de tĂ©nor Ă©videmment mais aussi de mezzo/alto : lyrique et dĂ©monstrative, voire conquĂ©rantes pour les premiĂšres, plus introspectives voire amĂšres et douloureuses pour les secondes. Sans affectation ni maniĂ©risme, sachant surtout projeter et articuler le texte, – flux expressif qui cisĂšle la victoire du Destin et de la souffrance, et aussi la force qui permet de s’en libĂ©rer, les 5 poĂšmes associent Ă  parts Ă©gales voix et orchestre, comme une discussion, un dialogue permanent, deux Ă©nergies graves et nostalgiques qui diffusent le dĂ©sespoir le plus intense jamais exprimĂ©. Chacun (Chanson Ă  boire de la douleur de la terre, d’une ivresse conquĂ©rante / Le solitaire en automne, mĂ©lancolique et amĂšre, pudique et tendre / De la jeunesse / De la beautĂ© / L’homme ivre au printemps), conduit inĂ©luctablement au grand souffle final de L’Adieu / Der Abschied, 6Ăš lied, colorĂ© grave et lugubre par sa marche funĂšbre, oĂč en une mĂ©tamorphose souhaitable pour tous, le chemin jalonnĂ© d’épreuves et de combats, s’achĂšve / s’allĂšge dans l’ultime renoncement au monde, un adieu serein, apaisĂ©, d’oĂč peut jaillir comme aime Ă  l’envisager le tĂ©nor, une lueur d’espoir. La mort dans l’espĂ©rance. D’une intensitĂ© fauve, trĂšs proche du verbe incarnĂ©, cherchant et trouvant puis ciselant chaque nuance de la douleur sublimĂ©e, le tĂ©nor munichois distille son irrĂ©sistible Ă©clat cuivrĂ© et incandescent avec cette intensitĂ© mĂąle, entre rĂąle et chant hallucinĂ©. C’est un diseur douĂ© d’une puissance d’intonation rĂ©elle, qui cependant ne sacrifie jamais la nuance du mot, capable comme Ă  son habitude d’exprimer et l’activitĂ© souterraine du texte, et les milles couleurs des intentions qui y sont MAHLER_GUSTAV_UNE_veranstaltungen_gustav_mahler_musikwochen_024_gustav_mahler_musikwochen_bigcontenues. Der Abschied / L’Adieu, fait valoir ainsi le chant Ă  la fois dĂ©lirant, prĂ©cis, hallucinĂ© mais mesurĂ© du maĂźtre chanteur, comme le travail instrumental de grande prĂ©cision et belle expressivitĂ© du chef Jonathan Nott (acuitĂ© mordante des bois, en fusion totale avec la voix du tĂ©nor), vibrant et sensible copilote de cette aventure magistrale oĂč pĂšse aussi l’expĂ©rience saisissante des instrumentistes du Philharmonique de Vienne. Car ici le chambrisme rarement rĂ©ussi du caquetage miroitant des hanches (clarinettes…) doit murmurer, respirer avec la voix dĂ©munie, mise Ă  nu, comme embaumĂ©e dans son ascension finale, par le doux rĂȘve du cĂ©lesta et de la mandoline (apothĂ©ose ultime), quand le tĂ©nor rĂ©pĂšte Ă  plusieurs reprise “Ewig, ewig…“/ Ă©ternellement, Ă©ternellement… Magistrale entente des interprĂštes dans un disque saisissant qui nous rappelle avant son probable immense Otello verdien Ă  venir bientĂŽt Ă  Londres (juin et juillet 2017 : voir les rĂŽles Ă  venir), que Jonas Kaufmann est bel et bien le plus grand tĂ©nor actuel. Grande critique Ă  venir sur classiquenews, le jour de parution du disque Mahler par Jonas Kaufmann, le 7 avril 2017.

 

 

 

 

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CLIC_macaron_2014CD Ă©vĂ©nement, annonce. GUSTAV MAHLER : Jonas Kaufmann, tĂ©nor, chante les 6 lieder du Chant de la Terre (Der lied von der Erde) / Wiener Philharmoniker, Jonathan Nott, direction— 1 cd Sony classical (Vienne juin 2016) – Parution : le 7 avril 2017. CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2017

 

 

 

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CD, compte rendu critique. Orpheus’ Noble Strings / Les cordes royales d’OrphĂ©e / Thomas Hobbs, tĂ©nor (1 cd Paraty, 2016)

orpheus-noble-strings-clic-de-classiquenews-cd-review-critique-cd-classiquenews-junuary-2017-PARATY216229_couvCD, compte rendu critique. Orpheus’ Noble Strings / Les cordes royales d’OrphĂ©e / Thomas Hobbs, tĂ©nor (1 cd Paraty, 2016). Diseur baroque suave et suggestif, le tĂ©nor britannique Thomas Hobbs sait rĂ©Ă©clairer de sa voix tendre, claire, idĂ©alement articulĂ©e dans la langue de Shakespeare, les mĂ©lodies nostalgiques du recueil qui souligne aussi sa complicitĂ© avec le luth et les cordes de Romina Lischka. Sur le thĂšme et mythe d’OrphĂ©e/ORPHEUS, figure matricielle pour le chant barque et l’opĂ©ra tout court, le tĂ©nor anglais, chantre et conteur compose un parcours en langueur et nostalgie, cultivant l’accord tĂ©nu entre texte et musique, poĂ©sie et mĂ©lancolie instrumentale. De noble et bergĂšre naissance, le poĂšte Ă©voque l’énergique et cruel HermĂšs, apprend l’amour, le deuil, l’humaine fragilitĂ© aux cotĂ©s de la fugace et fatale Eurydice
 Le chantre raconte et Ă©voque encore le destin du poĂšte Thrace, qui tĂ©moignant de la douleur et colĂšre d’Apollon aprĂšs que son frĂšre HermĂšs ait dĂ©cimĂ© son bĂ©tail, lui pardonne quand celui-ci lui offre pour pardon, une magnifique carapace de tortue, sa nouvelle lyre stimulant ses ardeurs vocales : en prenant modĂšle sur Apollon, son pĂšre et modĂšle, OrphĂ©e se dĂ©couvre ainsi une vocation, il sera lui aussi chantre, chanteur, exprimant vertiges et dĂ©sirs, langueurs et renoncements de l’humaine condition. VoilĂ  ce que raconte ce recueil captivant, jalonnĂ© de chansons anglaises du premier baroque signĂ© Francis Pilkington, John Danyel, John Dowland, sans omettre le vague Ă  l’ñme de sieur Tobias Hume (What greater grief
)
tous prodigieux compositeurs poĂštes du XVIIĂš. L’acuitĂ© expressive du tĂ©nor, son sens du verbe dramatique, sans aucune affectation, sa complicitĂ© avec ses deux partenaires femmes (poĂ©sie du chant instrumental dans l’étonnante langueur flottante, mĂ©ditative et suspendue de « Mr Dowland’s Midnight » de John Dowland soi-mĂȘme), cĂ©lĂšbrent ce que l’on ignore trop de ce cĂŽtĂ© de l’Atlantique, – admirateurs des

 

 

Thomas Hobbs

 

 

contemporains français, GuĂ©dron ou Lambert-, : la foisonnante littĂ©rature des mĂ©lancoliques elizabĂ©thains, premiers romantiques avant l’heure. Voici donc un rĂ©cital captivant, dĂ©fendu par un interprĂšte de grande classe, sincĂšre et d’une Ă©lĂ©gance probe. Si le titre et le sujet annonce un dĂ©veloppement dramatique, quasi thĂ©Ăątral, on reste saisi par la science de l’économie, la maĂźtrise de l’épure allusive qu’affirment peu Ă  peu des maĂźtres interprĂštes (Ă©vanescence progressive et quasi mystĂ©rieuse des deux derniers Ă©pisodes, d’une sombre voluptĂ©, priĂšre au nĂ©ant de la mort, et au vide souverain et profond, joie Ă©prouvĂ©e aux abords de l’éternelle paix : « Go nightly cares », puis « Down, down, proud mind », signĂ©s Dowland, et surtout William Corkine). Et voilĂ  rĂ©activĂ©es, entre violence et suggestion, les stances les plus bouleversantes de la lyre baroque anglaise… Diseur convaincant pour rĂ©pertoire rare et subtil. A suivre.

 

 

 

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CLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. Orpheus’ Noble Strings / Les cordes royales d’OrphĂ©e / Thomas Hobbs, tĂ©nor (1 cd Paraty, 2016) — Thomas Hubbs, tĂ©nor. Romin Lischka, violes de gambe. Sofie Vanden Eynde, luth. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2017.

 

 

Jean-Claude Magloire joue Orlando Furioso de Vivaldi

malgoire_jean_claudeTOURCOING, ALT. Vivaldi : Orlando Furioso, 31 mars – 19 avril 2017. Dans le nord puis Ă  Paris, Jean-Claude Magloire ressuscite la fiĂšvre fantastique du thĂ©Ăątre inspirĂ© de L’Arioste. Au chapitre Vivaldi, l’histoire musicale et critique s’intĂ©resse dĂ©sormais Ă  son oeuvre lyrique. L’auteur des Quatre Saisons savait aussi colorer et exprimer Ă  l’opĂ©ra, et son orchestre comme sa conception thĂ©Ăątrale affirme un tempĂ©rament unique Ă  son Ă©poque, une maniĂšre de rĂ©sistance, face au dĂ©but du XVIIIĂš Ă  l’essor de l’école napolitaine. Or Venise ayant crĂ©Ă© au XVIIĂš, l’opĂ©ra public et payant (1637), malgrĂ© l’excellence de son dĂ©ploiement avec Monteverdi, Caldara, Legrenzi, Cavalli, Cesti et au XVIIIĂš, Vivaldi, n’a pas su se maintenir. L’Orlando Furioso crĂ©Ă© en 1727, serait ainsi l’un des derniers ouvrages manifestement vĂ©nitien, le plus abouti, le plus emblĂ©matique.

L-ARIOSTE-portrait-larioste-titienOPERA CHEVALERESQUE ET MAGIQUE. CrĂ©Ă© Ă  l’automne 1727 au ThĂ©Ăątre Sant’Angelo Ă  Venise, Orlando furioso cultive un bel canto expressif oĂč rĂšgne l’esthĂ©tique des voix aigus : Orlando / Roland Ă©prouvĂ© sur l’üle de la magicienne Alcina, est chantĂ© par une femme, tandis que Bradamante, la fiancĂ©e de Roland, dĂ©guisĂ© en homme, est donc chantĂ© par un
 homme. Sur le chemin de L’Arioste et de son labyrinthe amoureux, Vivaldi compose une sĂ©rie d’épisodes de plus en plus possĂ©dĂ©s, Ă©ruptifs, hallucinĂ©s : l’amour est une folie, et le dĂ©sir, une houle acide, amĂšre qui foudroie tous ceux qui le portent malgrĂ© eux. Avant Shakespeare, L’Arioste (magnifique portrait par Titien) dĂ©peint les tourments et les vertiges de l’ñme humaine. Ici, les fureurs de Roland sont l’emblĂšme de ce thĂ©Ăątre en dĂ©raison et en dĂ©lire. Certes il est bien question de chevaliers et de paladins en armure, mais leur vĂ©ritable adversaire n’est pas l’ennemi sur le champs de bataille, c’est plutĂŽt l’amour vengeur et cruel dont la barbarie Ă©puise les forces de l’esprit.
larioste titienAinsi cet Ă©chiquier sentimental oĂč dans le territoire de la magicienne Alcina, errent les chevaliers Orlando et Medoro : le premier aime la princesse Angelica qui aime de son cĂŽtĂ© le dit Medoro. DĂ©couvrant la passion secrĂȘte unissant Medoro et Angelica, Orlando succombe Ă  la jalouse haine, en proie au dĂ©lire le plus violent. En parallĂšle, la magicienne Alcina envoĂ»te Ruggiero, qui oublie auprĂšs d’elle sa bien aimĂ©e, Bradamante. Jusqu’au dĂ©nouement, l’opĂ©ra de Vivaldi brosse le portrait de personnages solitaires, dĂ©munis, en souffrance (Orlando, Ruggiero, Bradamante), ou agressĂ©s, Ă©prouvĂ©s par un sort contraire (Angelica et Medoro). MĂȘme celle qui semble tirer les ficelles, n’éblouit guĂšre par son bonheur : Alcina est une souveraine esseulĂ©e qui obtient tout par manigances et magie. La sincĂ©ritĂ© n’habite pas ses lieux. Orlando / Roland est un mĂ©lancolique dĂ©pressif, chevalier fou, chevalier errant
 Il y a quelques annĂ©es dans une distribution oĂč a brillĂ© le mezzo voire l’alto ample et noir de Marie-Nicole Lemieux, le chef Christophe Spinozi et son ensemble Matheus se sont imposĂ© sur de nombreuses scĂšnes du monde avec l’opĂ©ra vivaldien. vivaldi antonio quatre saisons orlando furioso 1725Aujourd’hui, c’est un pĂšre fondateur du mouvement baroqueux qui reprend le flambeau, avec une Ă©nergie intacte, communicative. Dans le thĂ©Ăątre fantastique, merveilleux, inspirĂ© par la poĂ©sie de L’Arioste, adviennent des figures en perdition, toujours en quĂȘte d’une improbable rĂ©mission. OpĂ©ra psychologique que vraiment dramatique et spectaculaire. Production Ă©vĂ©nement. (Illustration : portrait de L’Arioste par Titien / Tiziano)

 

 

ORLANDO FURIOSO d’Antonio Vivaldiboutonreservation
Malgoire / Schiaretti
ven 31 mars 2017 Ă  19h30
dim 2 avril 2017 Ă  15h30
mar 4 avril 2017 Ă  19h30
Tourcoing, Théùtre municipal R. Devos

Puis, Ă  PARIS, TCE
Théùtre des Champs-Elysées
Mercredi 19 avril 2017, 19h30
version de concert

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/16_17/spect1617/orlando.html

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Orlando furioso
Antonio Vivaldi (1678-1741)Livret de Grazio Braccioli d’aprùs L’Arioste
Direction musicale: Jean Claude Malgoire
Mise en scĂšne: Christian Schiaretti

Orlando: Amaya Dominguez
Angelica: Samantha Louis-Jean
Alcina: Clémence Tilquin
Bradamante: Yann Rolland
Medoro: Victor Jimenez Diaz
Ruggiero: Jean Michel Fumas
Astolfo: Nicolas Rivenq

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Écurie et la Chambre du Roy

OPERA. ROBERTO ALAGNA, un ténor en or, sur tous les fronts


OPERA. ROBERTO ALAGNA, un tĂ©nor en or, sur tous les fronts
 Il a rĂ©cemment publiĂ© un rĂ©cital discographique intitulĂ© « MalĂ©na », rĂ©fĂ©rence au prĂ©nom de sa fille nouvellement nĂ©e, source d’un bonheur qui lui avait permis de parler au moment de l’évĂ©nement, d’une … « re-naissance ». La joie de devenir une seconde fois pĂšre rĂ©alisant un jalon dans sa vie personnelle. Roberto Alagna, partisan d’un ouvrage familial, y chante entre autres 7 crĂ©ations conçues en italien, sicilien, napolitain par ses frĂšres Frederico et David.

Alagna Roberto-Alagna-350En mars 2017, le tĂ©nor français occupe le devant de l’affiche parisienne en chantant Ă  nouveau Don JosĂ© dans Carmen (1875) de Bizet Ă  l’OpĂ©ra Bastille, Ă  partir du 10 mars et jusqu’au 31 mars 2017. Ensuite, le chanteur s’envolera pour New York, oĂč au Metropolitan Opera, il incarnera un rĂŽle qu’il adule entre tous, Cyrano de Bergerac, du 2 au 13 mai 2017. Puis Roberto Alagna sera Nemorino dans L’Elisir d’Amore Ă  Berlin (Deutsche Oper Berlin, les 23 et 27 mai), et Ă  Londres (Royal Opera House, du 13 au 22 juin 2017)
. avant de chanter, sur la mĂȘme scĂšne londonienne, le rĂŽle du Prince Calaf dans Turandot de Puccini les 8, 11, 14 juillet 2017
. pour enchaĂźner sa derniĂšre date dans Carmen Ă  Paris (le 16 juillet) et aborder les chansons de son album MalĂšna Ă  Carcassonne (ThĂ©Ăątre Jean-Deschamps, le 19 juillet), pour enfin, chanter le jeune et vaillant gĂ©nĂ©ral Ă©gyptien RadamĂšs dans une version de concert d’AIDA de Verdi, le 1er septembre 2017, au Yehudi Menuhin Festival & Academy Ă  Gstaad.
alagna roberto quatre saisons avec alagna review critique compte rendu livre classiquenews CLIC de classiquenews fevrier 2017Le printemps et l’étĂ© 2017 seront donc bien chargĂ©s pour le plus grand tĂ©nor français actuel, vĂ©ritable bĂȘte de scĂšne, auquel un rĂ©cent livre est dĂ©diĂ©, sous la forme d’un essai particulier qui suit son travail sur chacun de ses rĂŽles favoris (de Werther Ă  Othello, de Cyrano justement Ă  Don Carlo et au Cid
 : « Quatre saisons avec Roberto Alagna » par Jacqueline Dauxois (Editions du Rocher). Pour Roberto Alagna (nĂ© Ă  Saint-Denis en 1963), chanteur des cabarets parisiens Ă  ses dĂ©buts, qui fut rĂ©vĂ©lĂ© par le Concours Pavarotti en 1983-1986, Cyrano est bel et bien le rĂŽle qui les rĂ©sume tous : Ă  la fois, Quichotte, D’Artagnan, Nemorino, RadamĂšs, Otello
 C’est un anti hĂ©ros qui ignore sa valeur et sa beautĂ©, et qui par goĂ»t du dĂ©fi et du dĂ©passement, parce qu’il est courageux, ambitionne d’ĂȘtre le meilleur d’entre tous. Et mĂȘme au bord du gouffre, avant de mourir, il conserve ce panache naturel qui le distingue toujours et l’élĂšve jusqu’Ă  la cime des vertus humaines. Parce qu’il se donne entiĂšrement, totalement, Ăąme, corps et chant bien sĂ»r pour chaque rĂŽle, l’interprĂšte semble habiter son personnage comme s’il le crĂ©ait Ă  chaque reprĂ©sentation
 AssurĂ©ment un artiste Ă  suivre, d’autant qu’il est actuellement au sommet de sa carriĂšre, douĂ© et portĂ© par un expĂ©rience scĂ©nique unique au monde. Roberto Alagna vient aussi en fĂ©vrier 2017 de changer d’Ă©diteur discographique : artiste Sony classical Ă  prĂ©sent (la mĂȘme maison que l’autre grand tĂ©nor actuel, son cadet munichois, Jonas Kaufmann), il devrait publier de prochains disques prometteurs…

 

 

 

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Ses 4 prochains grands rÎles : José, Cyrano, Nemorino, Calaf
AGENDA de ROBERTO ALAGNA, de mars Ă  septembre 2017

 

 

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DON JOSÉ dans Carmen de Bizet
PARIS, Opéra Bastille, les 10, 13, 16, 19, 22, 25, 28, 31 mars 2017
puis 16 juillet 2017

 

CYRANO DE BERGERAC
NEW YORK, Metropolitan Opera
Les 2,6,10,13 mai 2017

 

NEMORINO dans L’Elisir d’amore de Donizetti

BERLIN, Deutsche Oper Berlin
Les 23 et 27 mai 2017

LONDRES, Royal Opera House
Les 13, 16, 19, 22 juin 2017

 

CALAF dans Turandot de Puccini
LONDRES, ROH (idem)
Les 8, 11, 14 juillet 2017

 

RADAMES dans AIDA de Verdi
GSTAAD Yehudi Menuhin Festival & Academy
Le 1er septembre 2017

 

 

 

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Toutes les infos sur le site officiel de Roberto Alagna


logo-vignette-music-&-opera-logo-2017RÉSERVEZ vos prochaines places
aux concerts et opĂ©ras Ă  venir avec ROBERTO ALAGNA, avec notre partenaire MUSIC & OPERA / ” Vos billets dans le monde entier ” / OpĂ©ra – concert – ballet – festival…

Titus, prince des vertus politiques

Titus empereur : il incarnait "les dĂ©lices du genre humain"DOSSIER. Titus de Mozart : le prince des vertus Ă  l’époque des LumiĂšres. AprĂšs Son premier seria (Ă©blouissant par sa justesse Ă©motionnelle dĂ©jĂ ) : Mitridate (1770, Ă©laborĂ© Ă  14 ans !), puis Lucio Silla (1772), Idomeneo (1781), la ClĂ©mence de Titus est crĂ©Ă© en 1791 l’annĂ©e de la mort de Mozart, rĂ©pondant Ă  une commande pour le couronnement de Leopold II au trĂŽne de BohĂšme. La langue mozartienne assouplit la sĂ©cheresse systĂ©matique de l’alternance recitatifs puis airs ; tout s’articule et ondule selon le traitement psychologique et le dĂ©voilement de la psychĂ©, en particulier sur le profil de Vitellia, la seule qui se transforme, passant de la haine pĂ©trifiĂ©e, Ă  la compassion tendre et fraternelle. Face à cette femmes monstrueuse qui s’humanise, Mozart suit cependant la tradition politico poĂ©tique dans le personnage du roi : Titus, que sa charge rend sombre, solitaire, comme isolĂ© dans une posture qui le place d’emblĂ©e au dessus de ses sujets, fussent-ils proches voire plus (Sextus).

Titus, a contrario de l’opĂ©ra vĂ©nitien du XVIIĂš, oĂč rĂšgnent les souverains pervers – « effeminatos », figures emblĂ©matiques du pouvoir corrompu : Nerone du Couronnement de PoppĂ©e de Monteverdi, Eliogaballo de Cavalli-, incarne un siĂšcle plus tard toutes les vertus politiques. C’est la version MĂ©tatasienne qui valorise le pouvoir politique, prĂȘtant au prince, des vertus mĂ©sestimĂ©es.

TITUS, lumiĂšre des vertus

TITUS FLAVIEN demeure le modĂšle du prince vertueux ; qualitĂ© rare chez les politiques de l’AntiquitĂ© romaine, plus connue pour ses intrigues et corruptions. Or l’Empereur qui succĂšde Ă  Trajan, ayant Ă©tĂ© transformĂ© par l’amour de BĂ©rĂ©nice en JudĂ©e, incarne dans les arts, le modĂšle du prince honnĂȘte, loyal, responsable et juste. L’opĂ©ra n’échappe pas Ă  cette tradition et Mozart, composant un nouvel ouvrage (son dernier seria) pour le couronnement de l’Empereur Leopold II, met en musique la lĂ©gende de Titus, mais il en fait un drame amoureux et intimiste, proche de sa propre esthĂ©tique musicale, soucieuse d’introspection et de vĂ©ritĂ© psychologique


L’Empereur flavien qui rĂšgna si peu (79-81 aprĂšs JC), rĂ©ussit la conquĂȘte de JudĂ©e, profite Ă©videmment de sa relation avec BĂ©rĂ©nice, princesse juive qui lui apprend la sagesse et renforce sa lumineuse humanitĂ©. Dans l’opĂ©ra de Mozart, qui met en avant sa clĂ©mence, – un de ses nombreux traits hautement moraux, Titus est Ă  Rome, mais seul : il a du sous pression des sĂ©nateurs racistes et xĂ©nophobes, renoncer Ă  Ă©pouser BĂ©rĂ©nice car elle Ă©tait Ă©trangĂšre.
Autour de ce modĂšle de vertu, s’agrĂšgent intrigues et trahisons. Face Ă  la manipulation de Vittelia, la seule de tout l’opĂ©ra qui se mĂ©tamorphose rĂ©ellement, au II (dans son fameux air avec cor de basset : « non piu di fiori », Rondo n°23), Titus reste constant dans sa figuration sur la scĂšne : prince Ă  la carrure inflexible qui observe, analyse, rĂ©flĂ©chit ; et comme distanciĂ© de l’action, prend du recul, avant de prendre une dĂ©cision.

Dans l’acte I, Mozart lui rĂ©serve deux airs comme pour mieux assoir son autoritĂ© et pour affirmer l’ampleur de sa stature impĂ©riale : d’abord, installĂ© par une marche et un chƓur, qui prĂ©cĂšdent la scĂšne Ă  plusieurs voix (Annio, Sesto), « Del piĂč sublime soglio » /
; puis l’air tout autant dĂ©veloppĂ© : « Ah, se fosse intorno al trono ».

Au II, l’empereur paraĂźt d’une tendresse amoureuse pour son peuple (choeur : « Ah grazia si rendano  »), accord sublime au souffle d’une lumineuse grandeur et noblesse ; puis en proie au doute le plus humain, tiraillĂ©, sujet d’une haine jalouse (rĂ©citatif accompagnĂ© : « Che orror! Che tradimento! »), Titus envisage de faire exĂ©cuter celui qui l’a apparemment trahi, son ami (amant?), Sesto. Puis c’est le grand air hĂ©roĂŻque qui veut exprimer l’intransigeance du pouvoir (par lequel Titus justifie d’avoir signĂ© l’acte de mort de Sesto, mĂȘme s’il regrette dans le mĂȘme temps, qu’un prince digne de ce nom doit d’abord gagner l’amour de son peuple et non pas rĂšgner par la terreur
 aria : « Se all’impero, amici Dei ».
Jusqu’à la scĂšne ultime (XVII), Titus bras armĂ© de la Loi, soucieux d’éradiquer les comploteurs qui en voulaient Ă  sa vie, allait exĂ©cuter son ami
 jusqu’au moment, dĂ©cisif oĂč Vittelia terrassĂ©e par le dĂ©voilement de la vĂ©ritĂ©, se dĂ©nonce elle-mĂȘme, auteur de l’indigne attentat, manipulatrice du pauvre coeur de Sesto, totalement Ă©pris d’elle.

Mozart a donc donnĂ© du souverain, l’image de l’infaillibilitĂ© politique, sachant sacrifier ses attaches affectives au nom de la raison d’état. il Ă©tait prĂȘt Ă  faire exĂ©cuter son ami Sextus.

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Un récent enregistrement de La Clémence de Titus est paru, dirigé par Jérémie Rhorer :

 

LIRE aussi  :

mozart die entfuhrung aus dem serail cercle de l harmonie jeremie rhorer cd outhere presentation review critique CLASSIQUENEWS mai juin 2016CD, compte rendu critique. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail (JĂ©rĂ©mie Rhorer, Jane Archibald, septembre 2015 – 2 cd Alpha). Sous le masque lĂ©ger, exotique d’une turquerie crĂ©Ă©e Ă  Vienne en 1782, se prĂ©cise en vĂ©ritĂ© non pas la confrontation de l’occident versus l’orient, occidentaux prisonniers, esclaves en terres musulmanes, mais bien un projet plus ample et philosophique : la lutte des fraternitĂ©s contre le despotisme et la barbarie cruelle (la leçon de clĂ©mence et de pardon dont est capable Pacha Selim en fin d’opĂ©ra reste de nos jour d’une impossible posture : quels politiques de tout bord est-il capable de nos jours et dans le contexte gĂ©opolitique qui est le nĂŽtre, d’un tel humanisme pratique ?). Cette fraternitĂ©, ce chant du sublime fraternel s’exprime bien dans la musique de Mozart, avant celle de Beethoven. LIRE la critique complĂšte de l’EnlĂšvement au SĂ©rail de Mozart par JĂ©rĂ©my Rohrer

 

 

 

CD, critique. NEUKOMM : Requiem pour Louis XVI (Malgoire, 1 cd Alpha – 2016)

neukomm louis XVI cd jean claude magloire cd critique classiquenews 583c2677a3dbdCD, critique. NEUKOMM : Requiem pour Louis XVI (Malgoire, 1 cd Alpha – 2016). PersonnalitĂ© europĂ©enne et mĂȘme transatlantique (comme actuellement le chef Bruno Procopio grand dĂ©fenseur de Neukomm comme JC Malgoire), Sigismund (van) Neukomm (1778-1858) inspire au fondateur de l’Atelier Lyrique de Tourcoing, la poursuite d’une exploration profitable. AprĂšs avoir ressusciter la version du Requiem de Mozart, avec l’apport de Neukomm pour la derniĂšre section, voici du compositeur autrichien (comme Mozart), ce fameux Requiem, qu’il composa pour le CongrĂšs de Vienne en janvier 1815, quand il s’agissait de dĂ©faire l’empire napolĂ©onien, et restaurer l’ordre ancien, monarchique et Bourbon
 A cause planĂ©taire, auteur Ă  l’échelle mondiale : de fait Neukomm oeuvra Ă  Vienne, Saint-PĂ©tersbourg, sans omettre Rio de Janeiro oĂč il composa pour la cour royale du Portugal en exil au Nouveau Monde, – son style europĂ©en, nĂ©o classique, entre Mozart et Salieri, fut avant Gluck, un standard apprĂ©ciĂ© de toutes les Cours. Son cĂŽtĂ© conforme et politiquement correct, inspira Ă  Talleyrand, arbitre politique des annĂ©es post NapolĂ©onienne, le meilleur sentiment : Neukomm fut compositeur mais aussi ambassadeur, finalement naturalisĂ© français grĂące Ă  la protection de son mentor Talleyrand qui lui commanda nombre de partitions lors de ses missions diplomatiques.

Requiem pour Louis XVI
Solennité et raffinement lacrymaux

Ecartant toute virtuositĂ© malsĂ©ante, – conformitĂ© au recueillement sombre imposĂ© par le sujet, Neukomm emploie donc en 1815, un chƓur double, sans solistes, et a cappella : dirigeant pour la crĂ©ation l’un des chƓurs, Salieri dirigeant le second. S’appuyant sur le manuscrit de Neukomm conservĂ© Ă  la BNF, Jean-Claude Malgoire retient de son cĂŽtĂ© pour cette exhumation d’un grand raffinement, la version pour un choeur et quatre solistes (remplaçant ainsi le second chƓur de la version de la crĂ©ation Ă  Vienne).
Avec sa marche funĂšbre, – glas sonore d’une indiscutable majestĂ© tragique, puis son Miserere – Ă  la foois fervent, tendu, dĂ©ploratif mais d’une charge pudique idĂ©alement maĂźtrisĂ©e, le Requiem de Neukomm dĂ©passe la masse impressionnante d’un Cherubini, pour revenir Ă  une priĂšre subtilement incarnĂ©, – plus humaine que solennelle.
Tout le travail de JC Malgoire qui regroupe autour de lui de fidĂšles partenaires, souligne cette Ă©pure chorale, solennelle, en ses nuances grises, vrai travail de grisaille, dans la subtilitĂ© et l’intimitĂ© de l’intention : les plus critiques regretteront une emphase linĂ©aire sans accents ni « effets » lugubres ; les autres plus connaisseurs et aprĂšs une Ă©coute attentive, apprĂ©cieront la finesse de l’articulation d’une ample priĂšre lacrymale, qui n’écarte pas des sommations terribles (Rex tremendae) ni une angoisse syncopĂ©e, plus « dramatique » (solistes du Liber scriptus). Le Choeur de chambre de Namur atteint l’excellence dans la clartĂ© et la transparence d’un texte jamais rĂ©pĂ©tĂ©, et qui dĂ©ploie une grandeur sombre irrĂ©sistible, en particulier dans le dernier Ă©pisode, de loin le plus dĂ©chirant. La rĂ©ussite de Neukomm, compositeur pour les Grands, sait ĂȘtre majestueux sans la pompe lĂ©nifiante de beaucoup de partitions de circonstance. Saluons le chef d’affirmer ainsi une passionnante intuition dĂ©fricheuse, comme l’affinitĂ© de ses troupes – Grande Ecurie et Chambre du Roy, convoquĂ©s pour cette royale cĂ©lĂ©bration pleine de panache et de vie.
neukomm-portraitNeukomm, contemporain du dernier Mozart, ne pouvait connaĂźtre de meilleures conditions pour renaĂźtre ; d’autant que rĂ©cemment, le jeune chef franco-brĂ©silien, Bruno Procopio a ressuscitĂ© la Missa Solemnis, Messe Solennelle, avec une acuitĂ© expressive plus que conviancante au TCE Ă  Paris, dĂ©but dĂ©cembre 2016, lors d’un concert croisant Paris et Rio, Ă  la tĂȘte de l’orchestre Lamoureux, l’un des meilleurs concerts de la saison symphonique Ă  notre avis. VOIR notre reportage vidĂ©o : BrĂ©sil sacrĂ©, BrĂ©sil Profane / Bruno Procopio dirige l’Orchestre Lamoureux, dĂ©cembre 2016 (Paris, TCE) : Milhaud, Villa-Lobos, Jobim, Messe solennelle de Neukomm.

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CD, critique. NEUKOMM : Requiem pour Louis XVI (Malgoire, 1 cd Alpha – 2016)

Jean Rondeau joue Bach et ses fils

Jean Rondeau et Nevermind Ă  SaintesPOITIERS, TAP – BACH & fils par Jean Rondeau, le 21 mars 2017, 20h30. Toujours la coiffe hirsute et le jean dĂ©contractĂ©, le claveciniste Jean Rondeau s’entoure d’une phalange de musiciens complices dans une Ă©vocation de la dynastie Bach, – programme familial et collectif, musicalement trĂšs unitaire et stylistiquement cohĂ©rent, dĂ©jĂ  sujet d’une parution discographique. Le claveciniste rĂ©alise le relief expressif de plusieurs Concertos pour clavecin et cordes, avec la connivence de certains instrumentistes dĂ©jĂ  familiers, dont le violoniste Louis Creac’h, – dĂ©jĂ  repĂ©rĂ© par classiquenews comme ex apprenti acadĂ©micien du JOA Jeune Orchestre de l’Abbaye, ou participant aussi Ă  certains projets d’Amarillis (Stabat Mater de Pergolesi avec Sandra Yoncheva).
Ainsi paraissent les fils Bach (Wilhelm Friedemann, Carl Philipp Emanuel et Johann Christian) aux cĂŽtĂ©s du pĂšre Jean-SĂ©bastien. Le claveciniste barbu (christique ?) du Baroque actuel cultive une posture dĂ©calĂ©e qui s’entend Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer (dynamiser ?) l’interprĂ©tation contemporaine du Baroque, ici germanique. Depuis son clavecin axial, dĂ©fricheur, relecteur, porteur d’une vision dĂ©sormais dĂ©poussiĂ©rante des oeuvres choisies.
RONDEAU jean portrait concert classiquenews poitiers 390643_concert-de-jean-rondeau-clavecin-et-piano-festival-europeen-jeunes-talents_111341Classiquenews avait suivi la rĂ©sidence de Jean Rondeau, – entourĂ© d’un autre collectif (Nevermind) Ă  Saintes (Abbaye aux dames, la citĂ© musicale / VOIR notre reportage vidĂ©o Jean Rondeau et Nevermind Ă  Saintes / fĂ©vrier 2016), dans Telemann et Bach (entre autres). Ici, le style direct, franc, expressif, « rock », revisite le genre du Concerto instrumental, entendu comme un drame sans paroles, vĂ©ritable conversation Ă  plusieurs protagonistes ; il sied Ă  la vivacitĂ© des Bach fils, en particulier Wilhelm F. et CPE – illustres reprĂ©sentants du style galant Empfindsamkeit, nĂ©o classique – collectionneurs inspirĂ©s en contrastes et acuitĂ© rythmique ; mĂȘme aspĂ©ritĂ© mordante, vivaces dans les Bach pĂšre, comme juvĂ©nilisĂ©s avec une ardeur verte et trĂšs prĂ©sente : Concertos pour clavecin BWV 1052 et 1056. Du creuset paternel, antre magicien d’une invention jamais Ă©puisĂ©e, les fils, en apprentis sorciers inspirĂ©s, dignes hĂ©ritiers du modĂšle-mentor, osent toutes les audaces
 Ils poursuivent le geste libre, inventif, neuf, moderne du modĂšle paternel. Dont se saisit comme un flambeau Ă©lectrisant, les jeunes interprĂštes de ce concert; Et si la dynastie Bach Ă©tait surtout une gĂ©nĂ©alogie de tempĂ©raments expĂ©rimentateurs ?

Le concert prĂ©sentĂ© Ă  Poitiers fait suite au premier volet Bach, dĂ©diĂ© prĂ©cĂ©demment aux ancĂȘtres de Bach (dĂ©cidĂ©ment la dynastie Bach est une colonie impressionnante de talents dont la gĂ©nĂ©alogie explique le plus grand d’entre tous, Jean-SĂ©bastien).

 

 

 

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boutonreservationLes Concertos de Bach pĂšre et fils
TAP, POITIERS, mardi 21 mars 2017, 20h30

Johann Sebastian Bach
Concerto pour clavecin n°1 en ré mineur BWV 1052,
Concerto pour clavecin n°5 en fa mineur BWV 1056

Wilhelm Friedemann Bach
Concerto pour clavecin en fa mineur

Carl Philipp Emanuel Bach
Concerto pour clavecin en ré mineur

Jean Rondeau, clavecin
Sophie Gent, Louis Creac’h violons
Antoine Touche, violoncelle
EvolĂšne Kiener, basson
Thomas de Pierrefeu, contrebasse

 

 

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INFOS et RESERVATIONS
sur le site du TAP Théùtre Auditorium de POitiers, page dédiée au Concert Jean RONDEAU + ensemble instrumental : Concertos de Bach et ses fils

http://www.tap-poitiers.com/jean-rondeau-1799

 

 

 

 

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CD Ă  Ă©couter :

vertigo jean rondeau cd erato critique review classiquenews fevrier 2016CD, compte rendu critique. Vertigo. Rameau, Royer. Jean Rondeau, clavecin (1 cd Erato, mai 2015). Clavecin opĂ©ratique…. En fĂ©vrier 2016, ERATO publiait l’un des meilleurs disques rĂ©cents pour clavecin. Peut-ĂȘtre le premier indiscutable du jeune musicien français, ici particuliĂšrement serviteur de la musique qui l’inspire. Le texte du livret notice accompagnant ce produit conçu comme une pĂ©rĂ©grination intĂ©rieure et surtout personnelle donne la clĂ© du drame qui s’y joue. Quelque part en zones d’illusions, c’est Ă  dire baroques, vers 1746
 Jean Rondeau le claveciniste nous dit s’égarer dans un fond de dĂ©cors d’opĂ©ra dont son clavecin (historique du ChĂąteau d’Assas) ressuscite le charme jamais terni de la danse, “acte des mĂ©tamorphoses” (comme le prĂ©cise Paul ValĂ©ry, citĂ© dans la dite notice). Entre cauchemar (surgissement spectaculaire de Royer dans Vertigo justement) et rĂȘve (l’alanguissement si sensuel de Rameau ou le dernier renoncement du dernier morceau : L’Aimable de Royer), l’instrumentiste cisĂšle une sĂ©rie d’évocations, au relief dramatique multiple, contrastĂ©, parfois violent, parfois murmurĂ© qui s’efface. Rondeau ressuscite dans les textures rĂ©tablies et les accents sublimes des musiques dansantes ici sĂ©lectionnĂ©es, le profil des deux gĂ©nies nĂ©s pour l’opĂ©ra : Rameau (mort en 1764) et son “challenger” Pancrace Royer (1705-1755), Ă  la carriĂšre fulgurante, et qui au moment du Dardanus de Rameau, livre son ZaĂŻde en 1739. Deux monstres absolus de la scĂšne dont il concentre et synthĂšse l’esprit du drame dans l’ambitus de leur clavier ; car ils sont aussi excellents clavecinistes. Ainsi la boucle est refermĂ©e et le prĂ©texte lĂ©gitimĂ©. Comment se comporte le clavier Ă©prouvĂ© lorsqu’il doit exprimer le souffle et l’ampleur, la profondeur et le pathĂ©tique Ă  l’opĂ©ra ? Comme il y aura grĂące Ă  Liszt (tapageur), le piano orchestre, il y eut bien (mais oui), le clavecin opĂ©ra (contrastĂ© et toujours allusif). Les matelots et Tambourins de Royer valent bien Les Sauvages de Rameau, nĂ©s avant l’OpĂ©ra ballet que l’on connaĂźt, dĂšs les Nouvelles Suites de PiĂšces de Clavecin de 1728. DĂ©jĂ  Rameau lyrique perçait sous le Rameau claveciniste. Une fusion des sensibilitĂ©s que le programme exprime avec justesse. EN LIRE +

Jean Rondeau joue Bach et fils

Jean Rondeau et Nevermind Ă  SaintesPOITIERS, TAP – BACH & fils par Jean Rondeau, le 21 mars 2017, 20h30. Toujours la coiffe hirsute et le jean dĂ©contractĂ©, le claveciniste Jean Rondeau s’entoure d’une phalange de musiciens complices dans une Ă©vocation de la dynastie Bach, – programme familial et collectif, musicalement trĂšs unitaire et stylistiquement cohĂ©rent, dĂ©jĂ  sujet d’une parution discographique. Le claveciniste rĂ©alise le relief expressif de plusieurs Concertos pour clavecin et cordes, avec la connivence de certains instrumentistes dĂ©jĂ  familiers, dont le violoniste Louis Creac’h, – dĂ©jĂ  repĂ©rĂ© par classiquenews comme ex apprenti acadĂ©micien du JOA Jeune Orchestre de l’Abbaye, ou participant aussi Ă  certains projets d’Amarillis (Stabat Mater de Pergolesi avec Sandra Yoncheva).
Ainsi paraissent les fils Bach (Wilhelm Friedemann, Carl Philipp Emanuel et Johann Christian) aux cĂŽtĂ©s du pĂšre Jean-SĂ©bastien. Le claveciniste barbu (christique ?) du Baroque actuel cultive une posture dĂ©calĂ©e qui s’entend Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer (dynamiser ?) l’interprĂ©tation contemporaine du Baroque, ici germanique. Depuis son clavecin axial, dĂ©fricheur, relecteur, porteur d’une vision dĂ©sormais dĂ©poussiĂ©rante des oeuvres choisies.
RONDEAU jean portrait concert classiquenews poitiers 390643_concert-de-jean-rondeau-clavecin-et-piano-festival-europeen-jeunes-talents_111341Classiquenews avait suivi la rĂ©sidence de Jean Rondeau, – entourĂ© d’un autre collectif (Nevermind) Ă  Saintes (Abbaye aux dames, la citĂ© musicale / VOIR notre reportage vidĂ©o Jean Rondeau et Nevermind Ă  Saintes / fĂ©vrier 2016), dans Telemann et Bach (entre autres). Ici, le style direct, franc, expressif, « rock », revisite le genre du Concerto instrumental, entendu comme un drame sans paroles, vĂ©ritable conversation Ă  plusieurs protagonistes ; il sied Ă  la vivacitĂ© des Bach fils, en particulier Wilhelm F. et CPE – illustres reprĂ©sentants du style galant Empfindsamkeit, nĂ©o classique – collectionneurs inspirĂ©s en contrastes et acuitĂ© rythmique ; mĂȘme aspĂ©ritĂ© mordante, vivaces dans les Bach pĂšre, comme juvĂ©nilisĂ©s avec une ardeur verte et trĂšs prĂ©sente : Concertos pour clavecin BWV 1052 et 1056. Du creuset paternel, antre magicien d’une invention jamais Ă©puisĂ©e, les fils, en apprentis sorciers inspirĂ©s, dignes hĂ©ritiers du modĂšle-mentor, osent toutes les audaces
 Ils poursuivent le geste libre, inventif, neuf, moderne du modĂšle paternel. Dont se saisit comme un flambeau Ă©lectrisant, les jeunes interprĂštes de ce concert; Et si la dynastie Bach Ă©tait surtout une gĂ©nĂ©alogie de tempĂ©raments expĂ©rimentateurs ?

Le concert prĂ©sentĂ© Ă  Poitiers fait suite au premier volet Bach, dĂ©diĂ© prĂ©cĂ©demment aux ancĂȘtres de Bach (dĂ©cidĂ©ment la dynastie Bach est une colonie impressionnante de talents dont la gĂ©nĂ©alogie explique le plus grand d’entre tous, Jean-SĂ©bastien).

 

 

 

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boutonreservationLes Concertos de Bach pĂšre et fils
TAP, POITIERS, mardi 21 mars 2017, 20h30

Johann Sebastian Bach
Concerto pour clavecin n°1 en ré mineur BWV 1052,
Concerto pour clavecin n°5 en fa mineur BWV 1056

Wilhelm Friedemann Bach
Concerto pour clavecin en fa mineur

Carl Philipp Emanuel Bach
Concerto pour clavecin en ré mineur

Jean Rondeau, clavecin
Sophie Gent, Louis Creac’h violons
Antoine Touche, violoncelle
EvolĂšne Kiener, basson
Thomas de Pierrefeu, contrebasse

 

 

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INFOS et RESERVATIONS
sur le site du TAP Théùtre Auditorium de POitiers, page dédiée au Concert Jean RONDEAU + ensemble instrumental : Concertos de Bach et ses fils

http://www.tap-poitiers.com/jean-rondeau-1799

 

 

 

 

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CD Ă  Ă©couter :

vertigo jean rondeau cd erato critique review classiquenews fevrier 2016CD, compte rendu critique. Vertigo. Rameau, Royer. Jean Rondeau, clavecin (1 cd Erato, mai 2015). Clavecin opĂ©ratique…. En fĂ©vrier 2016, ERATO publiait l’un des meilleurs disques rĂ©cents pour clavecin. Peut-ĂȘtre le premier indiscutable du jeune musicien français, ici particuliĂšrement serviteur de la musique qui l’inspire. Le texte du livret notice accompagnant ce produit conçu comme une pĂ©rĂ©grination intĂ©rieure et surtout personnelle donne la clĂ© du drame qui s’y joue. Quelque part en zones d’illusions, c’est Ă  dire baroques, vers 1746
 Jean Rondeau le claveciniste nous dit s’égarer dans un fond de dĂ©cors d’opĂ©ra dont son clavecin (historique du ChĂąteau d’Assas) ressuscite le charme jamais terni de la danse, “acte des mĂ©tamorphoses” (comme le prĂ©cise Paul ValĂ©ry, citĂ© dans la dite notice). Entre cauchemar (surgissement spectaculaire de Royer dans Vertigo justement) et rĂȘve (l’alanguissement si sensuel de Rameau ou le dernier renoncement du dernier morceau : L’Aimable de Royer), l’instrumentiste cisĂšle une sĂ©rie d’évocations, au relief dramatique multiple, contrastĂ©, parfois violent, parfois murmurĂ© qui s’efface. Rondeau ressuscite dans les textures rĂ©tablies et les accents sublimes des musiques dansantes ici sĂ©lectionnĂ©es, le profil des deux gĂ©nies nĂ©s pour l’opĂ©ra : Rameau (mort en 1764) et son “challenger” Pancrace Royer (1705-1755), Ă  la carriĂšre fulgurante, et qui au moment du Dardanus de Rameau, livre son ZaĂŻde en 1739. Deux monstres absolus de la scĂšne dont il concentre et synthĂšse l’esprit du drame dans l’ambitus de leur clavier ; car ils sont aussi excellents clavecinistes. Ainsi la boucle est refermĂ©e et le prĂ©texte lĂ©gitimĂ©. Comment se comporte le clavier Ă©prouvĂ© lorsqu’il doit exprimer le souffle et l’ampleur, la profondeur et le pathĂ©tique Ă  l’opĂ©ra ? Comme il y aura grĂące Ă  Liszt (tapageur), le piano orchestre, il y eut bien (mais oui), le clavecin opĂ©ra (contrastĂ© et toujours allusif). Les matelots et Tambourins de Royer valent bien Les Sauvages de Rameau, nĂ©s avant l’OpĂ©ra ballet que l’on connaĂźt, dĂšs les Nouvelles Suites de PiĂšces de Clavecin de 1728. DĂ©jĂ  Rameau lyrique perçait sous le Rameau claveciniste. Une fusion des sensibilitĂ©s que le programme exprime avec justesse. EN LIRE +

CD, livre 2 cd. EIN FESTE BURG IST UNSER GOTT / Luther et la musique de la RĂ©forme / Luther and the music of the Reformation. Vox Luminis, Lionel Meunier (direction) – Livre 2 cd Ricercar

luther ein feste burg vox luminis livre cd ricercar outhere cd review critique cd classiquenews 51H7v7vID2L._SY355_CD, annonce, livre cd Ă©vĂ©nement. EIN FESTE BURG IST UNSER GOTT / Luther et la musique de la RĂ©forme / Luther and the music of the Reformation. Vox Luminis, Lionel Meunier (direction) – Livre 2 cd Ricercar. L’annĂ©e TĂ©lĂ©mann va battre son plein en 2017, avec son lot de rĂ©dĂ©couvertes et enregistrements discographiques comme rĂ©Ă©ditions dĂ©jĂ  trĂšs attendues. Croisant cet important anniversaire (250Ăš anniversaire de la mort de Telemann (1681 – 1767), un autre tempĂ©rament lumineux se dresse aussi Ă  l’horizon 2017, celui lĂ  spirituel et hautement religieux : Martin Luther Ă  travers en 2017 donc, le 500Ăš anniversaire de la RĂ©forme protestante.
En 1517, le moine rĂ©formateur, traducteur du Nouveau testament, Ă©crit ses 95 thĂšses (Disputatio pro declaratione virtutis indulgentianrum), amorce et noyau de ses cycles d’écrits polĂ©miques et critiques, fondateurs de la foi protestante. En 1517, il s’agissait surtout pour Luther de dĂ©noncer le principe et la pratique des indulgences, promulguĂ©es par Jules II (1506) puis LĂ©on X (1515) pour financer les travaux pharaoniques de la nouvelle basilique Saint-Pierre Ă  Rome. A la DiĂšte de Worms rĂ©unie en 1521 par Charles Quint, une partie de la noblesse politique germanique adopte les idĂ©es antiromaine de Luther. A la DiĂšte d’Augsbourg en 1555, est clairement instituĂ©e une partition de l’Allemagne : si la BaviĂšre et la RhĂ©nanie demeurent papistes et catholiques, tout le reste de l’Allemagne du nord devient luthĂ©rien. Mais la mosaique se complique selon la loi un roi, une religion. Ainsi Dresde offre un visage complexe : la Cour est catholique mais les Ă©glises de la ville sont protestantes.
Le double cd rĂ©alisĂ© par le meilleur ensemble vocal sacrĂ© actuel, soit Vox Luminis que classiquenews a pu prĂ©cĂ©demment suivre et apprĂ©cier au Festival Musique et MĂ©moire (toujours prĂ©sent Ă  l’étĂ© 2017), mais aussi au Festival de Saintes (VOIR le grand reportage sur la 3Ăš gĂ©nĂ©ration d’interprĂštes Ă  Saintes dont Vox Luminis et son fondateur, le bayrton Lionel Meunier), rĂ©capitule l’essor des idĂ©es de Luther et leur rĂ©percussion dans l’écriture musicale dans les Ă©tĂ©s germaniques, des XV et XVIĂš siĂšcles aux XVIIĂš et XVIIIĂš. Le cd 1 prĂ©sente une approche thĂ©matique « Une annĂ©e lithurgique », dĂ©roulant les grands Ă©vĂ©nements cĂ©lĂ©brĂ©s en musique pour tĂ©moigner de la ferveur collective qui s’exprime alors : soit, une collection de motets reprĂ©sentatifs des Ă©pisodes importants de l’annĂ©e protestante ; Avent, NOËL, Nouvel An, Passion, RĂ©surrection, Ascension, PentecĂŽte, TrinitĂ©, soit une collection de piĂšces somptueusement articulĂ©es, sublimĂ©es signĂ©es : Heinrich Scheidemann, Michael Altenburg, Andreas Hammerschmidt, Paul Siefert, Michael Praetorius, Samuel Scheidt, Johann Hermann Schein, Delphin Strungk, Caspar Othmayr, Thomas Seile, Melchior Franck

luther martin portrait par cranach luther 2017 classiquenewsLe cd 2 distingue des partitions mĂ©connues d’une rĂ©elle splendeur par leur sincĂ©ritĂ© et cette fusion ferveur / sensualitĂ©, toujours grĂące Ă  la diction exemplaire des chanteurs de Vox Luminis, soucieuse du texte. Ainsi sous le titre synthĂ©tique « Les fondements de la lithurgie luthĂ©rienne », sont rĂ©unis Deutsche Magnificat de Heinrich SchĂŒtz, Deutsche Messe de Christoph Bernhard ; au registre des « Sacrements » : les oeuvres clĂ©s de Hieronymus Praetorius, Heinrich SchĂŒtz, Johann Steffens ; « les Passions luthĂ©riennes » sont magnifiquement illustrĂ©es, incarnĂ©es par la Johannes Passion de Joachim a Burck ; «  le dogme », par les partitions de Johann Hermann Schein, Johann Walter, Balthasar Resinarius. Mention spĂ©ciale pour l’excellent et bouleversant Deutsche Requiem de Thomas Selle, 
 lequel prĂ©sente les mĂȘmes textes que ceux que Johannes Brahms utilisera pour rendre hommage Ă  son maĂźtre “spirituel”, Robert Schumann, selon le mĂȘme principe de rĂ©collement…
CLIC D'OR macaron 200Excellente interprĂ©tation, enivrant rĂ©pertoire qui sait varier les accents fervents malgrĂ© une apparente et fausse austĂ©ritĂ© ; d’autant que ce double cd livre est aussi une Ă©dition remarquablement rĂ©alisĂ©e (nombreuse et riche iconographie picturale et gravĂ©e, illustrant un texte – notice passionnant). CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier mars 2017.

LIRE notre dossier Telemann 2017 (250Ăš anniversaire de la mort)

martin luther par Albert Spangenberg portrait classiquenews LUTHER 2017

TOURS, concert des 2 Richard : Strauss & Wagner

strauss richardTOURS, concert R. Strauss, Wagner, les 4, 5 mars 2017. Immersion lyrique et symphonique sous la direction de Benjamin Pionnier, nouveau directeur de l’OpĂ©ra de Tours, dans l’un de ses plus ambitieux programmes de cette saison 2016-2017. Les lieder du grand Richard Strauss, dernier Bavarois romantique aprĂšs Wagner, concentrent son sens de la ligne vocale et Ă  l’orchestre, son gĂ©nie des couleurs d’une orchestration gĂ©niale, tant dramatique que poĂ©tique, dont les atmosphĂšres suivent et expriment les puissantes allusions des textes choisis. Au total (en premiĂšre partie), 8 lieder avec orchestre, parmi les plus amoureux et langoureux, dont la majoritĂ© ont Ă©tĂ© composĂ©s par le mari Ă©pris, dĂ©diĂ©s Ă  son Ă©pouse la cantatrice Pauline de Ahna (Ă©pousĂ©e en 1894 ; Richard avait 30 ans), tempĂ©rament Ă©ruptif dont le compositeur cite les sursauts passionnĂ©s, parfois hystĂ©riques dans nombre de ses oeuvres (Sinfonia Domestica, Intermezzo
).

Se distinguent entre autres les deux lieder opus 27 : inspirĂ©s par le Jugendstil littĂ©raire, vĂ©ritable miniatures lyriques, Morgen ou CĂ€cilie
 Il faut infiniment de subtilitĂ© et d’écoute entre orchestre et soliste pour rĂ©aliser la sensualitĂ© raffinĂ©e d’une articulation proche de Mozart. C’est Ă  dire des voix de diseurs/euses pour lesquel(le)s le verbe doit rester intelligible dans la fusion du chant et de la texture symphonique.

wagnerEn seconde partie de programme, la verve et la puissance dramatique de Richard Wagner qui rĂ©vĂšle dans l’activitĂ© des instruments, mieux qu’aucun autre Ă  son Ă©poque, le trouble et les violentes contradictions de la psychĂ© humaine : confrontations, duo ou vaste monologue, la musique met Ă  nu le destin Ă  la fois dĂ©risoire et sublime des hĂ©ros sacrifiĂ©s. Benjamin Pionnier trouve un remarquable Ă©quilibre entre le pur symphonisme, Ă©loquent et brillant des ouvertures de TannhĂ€user et des MaĂźtres Chanteurs, et les scĂšnes particuliĂšrement expressives voire introspective choisies Ă  Tours, extraits aussi des autres opĂ©ras : PrĂ©lude et Liebestod de Tristan und Isolde, Mort de Siegfried et Marche funĂšbre. La mort (de Tristan et de Siegfried), le sacrifice de BrĂŒnnhilde disent cette conception exacerbĂ©e des passions humaines, entre tragĂ©die et grandeur morale.
Si Wagner reprĂ©sente par le chant de l’orchestre et la ligne ultime des voix, souffrances et solitudes des ĂȘtres, c’est qu’il croit encore en l’humanitĂ©, comme Ă  l’enjeu politique, esthĂ©tique de l’opĂ©ra pour dĂ©livrer son message comme artiste-dĂ©miurge-prophĂšte. Il est fort Ă  parier que Benjamin Pionnier et la phalange maison, invitĂ©e Ă  jouer en fosse pour les opĂ©ras, sur la scĂšne comme ce soir Ă  l’occasion des rvs de la saison symphonique de l’OpĂ©ra, l’Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Val de Loire / Tours, 
 poursuivent ainsi un travail amorcĂ©, approfondi, ciselĂ© tout au long de la saison lyrique et symphonique Ă  Tours (on l’a remarquĂ© encore derniĂšrement fin janvier dernier, dans la superbe production de LakmĂ© de LĂ©o Delibes: VOIR notre reportage vidĂ©o exclusif LakmĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Tours par Jodie Devos et Benjamin Pionnier).

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TOURS, Opéra. Concert R. Strauss et R. Wagnerboutonreservation
Samedi 4 mars 2017, 20h
Dimanche 5 mars 2017, 17h

Solistes :
Nikolai Schukoff, ténor
Isabelle Cals, soprano
Orch. Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours
Benjamin Pionnier, direction

CD, compte rendu. SONYA YONCHEVA : HAENDEL / HANDEL, Baroque Heroines (1 cd SONY classical, juin 2016)

yoncheva sonya baroque heroines heroines baroque cd sony classical de marchi cd review critique cd classiquenewsCD, compte rendu. SONYA YONCHEVA : Baroque Heroines (1 cd SONY classical, juin 2016). VOICI ASSUREMENT l’un des rĂ©citals lyriques de la soprano si sensuelle, Sonya Yoncheva, par ses plus convaincants : contre certains avis qui rĂ©cemment s’inquiĂ©taient de l’évolution de sa voix et des craintes sur une suractivitĂ© dommageable, celle qui en diva impĂ©riale, et qui chante actuellement sur les scĂšnes prestigieuses amĂ©ricaines et europĂ©ennes, essentiellement Verdi et Puccini, s’autorise ici pour SONY, un intermĂšde baroque. C’est une rĂ©ussite absolue qui en perspective de sa prochaine continuation heureuse de ses Mozart (Vitellia de La ClĂ©mence de Titus, cet Ă©tĂ© Ă  Baden Baden est un moment fortement attendu), confirme la plĂ©nitude de moyens plutĂŽt maĂźtrisĂ©s. La tournĂ©e annoncĂ©e de ce programme (pas de dates annoncĂ©es en France hĂ©las Ă  ce jour) devrait elle aussi ĂȘtre un cycle Ă  suivre. Pour l’heure, en maniĂšre de prĂ©lude, voici le disque qui lui est de toute beautĂ©s, vĂ©ritable collections d’incarnations saisissantes.

 

 

 

Alcina, Theodora, Agrippina, Didon

En italien et anglais, la diva Yoncheva affirme une grùce voluptueuse souvent irrésistible


 

SONYA YONCHEVA EN DIVA BAROQUE . Le dĂ©but du programme de ces 11 airs, met en avant l’intensitĂ© de l’incarnation au service des hĂ©roĂŻnes de Haendel, en particulier, sommet pour toutes cantatrices, tragiques et lyriques, Alcina (deux airs parmi les plus pathĂ©tiques et dĂ©chirants de l’opĂ©ra baroque du XVIIIĂš : Ah mio cor
 et Tornami a vagheggiar
 / plages 2 puis 4) : l’enchanteresse amoureuse, dĂ©munie, impuissante, mie Ă  nue face Ă  l’empire de l’amour qui la dĂ©passe trouve en Sonya Yoncheva, une interprĂšte ardente, mĂȘme si parfois, le texte est diluĂ© en une Ă©mission qui soigne essentiellement le poli et la tenue de la ligne (souveraine). Mais l’esprit et la chair du timbre – Ă  la couleur « callassienne » dans des aigus comme irradiĂ©s et puissants, s’imposent Ă  l’auditeur, jusqu’à la sidĂ©ration.

YONCHEVA-SONYA-soprano-diva-2017-portrait-agenda-clic-by-classiquenews-the_arts_sonya_yoncheva_0001_840x620Agrippina (Pensieri, voi mi tormentate!, plage 6) impose l’abattage d’une tragĂ©dienne blessĂ©e en ses derniers rĂąles fauves : la mĂšre de NĂ©ron affirme un tempĂ©rament de louve, furieuse autant que dĂ©truite. La cantatrice s’y montre plus proche du texte, honneur bafouĂ© d’une impĂ©ratrice mĂšre, totalement dĂ©vastĂ©e et tourmentĂ©e. Du grand art. D’autant qu’en sa partie centrale, le recitativo secco laisse entrevoir l’articulation dramatique d’une ancienne chanteuse d’abord passionnĂ©e d’affects baroques (articulation plus proche du texte). L’écho de cet air fulgurant, hallucinĂ© comme proche de la folie, cĂšde ensuite le pas au second de l’acte II : plus lĂ©ger et presque insouciant, exprimant une pause dans l’esprit d’une hĂ©roĂŻne fascinante par ses Ă©carts Ă©motionnels : Ogni vento.. fait surgir soudain, l’ñme amoureuse, plus contemplative, enivrĂ©e par sa propre sensualité  (plage 8).
Plus insouciante, juvĂ©nile et d’une fraĂźcheur agile, la ClĂ©opĂątre amoureuse de Non disperar, chi sa? minaude avec un tact percutant, oĂč c’est encore la ligne voluptueuse qui s’étoffe, palpite, se languit dĂ©licieusement, en un timbre rond et cuivrĂ© d’une absolue sĂ©duction (plage 7).

Avec le duo Theodora et Didymus, s’affirme une couleur renforcĂ©e dans la langue de Purcell : To thee, thou rĂ©alise cette sublimation de l’hĂ©roĂŻne embrasĂ©e par l’amour divin, prĂȘte au nom de Dieu Ă  mourir en martyr (plage 9) : avec le concours de celui qu’elle a convaincu dans la mort, son fiancĂ© Dydimus, chantĂ© par le mezzo ample et grave, recueilli et dramatique de Karine Deshayes : la fusion des deux timbres si typĂ©s, est idĂ©ale (respirations synchronisĂ©es superlatives).
handel haendel portrait vignette dossier handel haendel 2016 496px-George_Frideric_Handel_by_Balthasar_DennerPour clore ce rĂ©cital rĂ©jouissant, deux sommets de la lyre tragique amoureuse de Haendel : deux visages de l’amour profane aprĂšs la transcendance sacrĂ©e permise dans Theodora. Son Almirena (Rinaldo) exprime la cristallisation de tous les sentiments d’extase et de ravissement possible ; oserions nous une seule rĂ©serve ? un manque parfois de sobriĂ©tĂ© dans l’élocution, idem pour les violons surornementĂ©s de l’orchestre par ailleurs excellent pilotĂ© par De Marchi. A ce stade, c’est que nous aimerions l’excellence, aux cĂŽtĂ©s de cette ligne aĂ©rienne, ciselĂ©e (parfaite reprise du Lascia ch’io pianga, Ă  la fois blessĂ©e et tellement digne, solarisĂ©e, grĂące Ă  ce timbre iridescent, et comme nous l’avons indiquĂ© prĂ©cĂ©demment « callassienne” ) ; la franchise dans l’émission des aigus, perce le coeur. L’adieu Ă  l’amour et Ă  la vie de Didon en son heure final (Dido and Aeneas de Purcell), fait enfin entendre cette intelligence du recitatif : une chair linguistique, voluptueuse qui mord dans les mots, oĂč l’extase d’amour se fait mort de dĂ©livrance. Quel style ! La finesse et la subtilitĂ©, la sobriĂ©tĂ© (enfin absolue) dans l’émission font surgir au delĂ  de la blessure profonde, gouffre amer et grave, la force morale de la suicidaire. RĂ©cital superlatif, Sonya Yoncheva est bien l’une des plus captivantes sopranos actuelles. A suivre. CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2017.

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CLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. HANDEL / HAENDEL : SONYA YONCHEVA, soprano. Academia Montis Regalis. Alessandro De Marchi, direction. EnregistrĂ© en juin 2016 (Mondovi, Italie) – 1 cd SONY classical. CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2017.

LILLE. L’Amour et la danse par Jean-Claude Casadesus, volet II

casadeus ugo ponte ONL DSC_0532LILLE. Jean-Claude Casadesus. L’Amour et la danse, II. 19-25 janvier 2017. Le volet 1 de ce cycle Ă©vĂ©nement, s’achevait avec la derniĂšre note, lumineuse, soutenu au piccolo, celle de l’espĂ©rance aprĂšs la dĂ©flagration d’une impitoyable machine Ă  broyer, prĂ©cipitant la mort de RomĂ©o et de Juliette (version Prokofiev : lire notre compte rendu du concert L’Amour et la danse I, le 1er dĂ©cembre 2016). Dans ce volet 2, Jean-Claude Casadesus retrouve ses chers instrumentistes de l’Orchestre national de Lille, abordant d’autres rivages oĂč la danse lĂ  encore, inspire d’étonnants mondes symphoniques. C’était le cas du ballet RomĂ©o et Juliette de Prokofiev, c’est assurĂ©ment la nature partagĂ©e du PoĂšme de l’Extase – crĂ©Ă© Ă  New York en mars 1907, d’un Scriabine (1872 – 1915) aux confins des constellations visibles et connues : l’écriture orchestrale Ă©tant pour lui, le moyen et la langue d’une exploration sonore jamais tentĂ©e avant lui. Sensuel et mystique, le moscovite Scriabine rĂ©alise alors, l’un de ses poĂšmes pour orchestre les plus inspirĂ©s et les plus personnels, emblĂ©matique de toute sa recherche spirituelle
 D’abord imaginĂ© comme sa possible 4Ăš Symphonie, le PoĂšme de l’extase qui prĂ©cĂšde PromĂ©thĂ©e (1909), appartient aux derniers drames symphoniques de Scriabine qui ensuite jusqu’à sa mort en 1915, ce composera plus que pour l’instrument dont il est virtuose, le piano.

 

 

 

casadesus_603x380 Ugo ponte ONL

 

 

scriabine alexandre portrait SkriabinLe PoĂšme de l’extase (inititalement intitulĂ© « PoĂšme orgiaque »), reprend le concept messianique de la musique visionnaire et prophĂ©tique telle que l’a dĂ©fendu avant lui Wagner : la musique permet Ă  l’humanitĂ© d’accĂ©der Ă  un niveau de connaissance et de conscience, supĂ©rieur ; le compositeur Ă©tant le guide de cette quĂȘte spirituelle partagĂ©e. Le guide comme le catalyseur, celui qui en provoque l’accomplissement comme la rĂ©vĂ©lation. Dans le programme rĂ©digĂ© par ses soins, Scriabine prĂ©cise son intention :

«  Je vous appelle à la vie, forces mystérieuses,
NoyĂ©es dans les profondeurs obscures de l’esprit crĂ©ateur,
Timides Ă©bauches de la vie,
A vous, j’apporte l’audace. »

 

EN LIRE + : lire notre prĂ©sentation complĂšte du concert PoĂšme de l’Extase Ă  Lille, par Jean-Claude Casadeus et l’Orchestre national de Lille, 19-25 janvier 2017

 

 

 

BEETHOVEN

Triple concerto pour violon, violoncelle et piano
Piano : François-FrĂ©dĂ©ric Guy‹Violon : Tedi Papavrami‹Violoncelle : Xavier Phillips

R. STRAUSS
Salomé : Danse de Salomé

SCRIABINE
Poùme de l’Extase

Orchestre national de Lille
Jean-Claude Casadesus, direction

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POÈME DE L’EXTASE
CYCLE L’AMOUR ET LA DANSE, ÉPISODE 2

Jeudi 19 janvier 2017, 20hboutonreservation
Vendredi 20 janvier 2017, 20h
LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle
RÉSERVEZ VOTRE PLACE

Programme repris ensuite :
Ă  Grande-Synthe, le 21 janvier 2017, 20h
Ă  La Rochelle, les 24 et 25 janvier 2017, 20h

AUTOUR DU CONCERT
LEÇON DE MUSIQUE
Avec HÚctor Parra, compositeur en résidence
“Des sons et des couleurs en musique”
Jeu 19 & Ven 20 Janv. 19h
(EntrĂ©e libre, muni d’un billet)

—

CONCERT FLASH 12H30
Avec François-Frédéric Guy, Tedi Papavrami et Xavier Phillips
“L’art du trio”
Beethoven ‱ Schumann
Ven 20 Janv. 12h30
(De 5 à 10 €)

Toutes les infos, les ressources sur le programme, sur le site de l’Orchestre national de Lille

http://www.onlille.com/event/201615-poeme-extase-beethoven-strauss-lille/

 

Concert Beethoven Ă  Saintes

Saintes cite musicale, abaye aux dames annonce concert classiquenews abbatiale-facade-724x521SAINTES. Concert Beethoven, mercredi 8 fĂ©vrier 2017. L’Orchestre des Champs-ElysĂ©es joue deux oeuvres emblĂ©matiques de la « rĂ©volution » BeethovĂ©nienne,celle qui voit s’affirmer le gĂ©nie romantique au dĂ©but des annĂ©es 1810, quand l’Europe subit les assauts de l’ogre NapolĂ©on : la dansante et trĂ©pidante symphonie n°8 et le Concerto n°5 pour piano et orchestre, « L’Empereur ». Ayant en rĂ©sidence le prodigieux Jeune Orchestre de l’Abbaye (JOA : voir notre reportage vidĂ©o spĂ©cial 20 ans du JOA), phalange Ă©cole sur instruments d’époque, la citĂ© musicale Ă  l’Abbaye aux Dames de Saintes renforce annĂ©e aprĂšs annĂ©e, sa trĂšs forte tradition symphonique, de surcroĂźt sur instruments anciens. A la justesse expressive et stylistique, les musiciens apportent aussi le format originel d’un orchestre proche de celui qu’aurait pu connaĂźtre et diriger le compositeur Ă  Vienne : rien ne remplace l’acuitĂ© mordante et la saveur trĂšs caractĂ©risĂ©e des clarinettes, hautbois d’époque, ni les attaques et le son nerveux des cordes sur boyaux
 Ce 8 fĂ©vrier 2017, l’Abbaye accueille l’Orchestre des Champs ElysĂ©es, familier des voĂ»tes mĂ©diĂ©vales de Saintes. En complicitĂ© avec le pianofortiste Eric Lesage, les instrumentistes abordent deux continents du monde BeethovĂ©nien, dans deux formes captivantes : la symphonie et le concerto.

Beethoven_Hornemann-500-carreESPRITS DE CONQUETE
 Printemps 1809. A l’époque oĂč NapolĂ©on prend les armes quand l’Autriche, alliĂ©e de l’Angleterre, envahit la BaviĂšre, Beethoven compose son Concerto n°5 : il ne s’agit pas d’un hommage Ă  Bonaparte, « l’usurpateur », ni mĂȘme Ă  Franz Ier, que Beethoven n’estime pas davantage. Mais, le ton Ă  Vienne Ă©tant au patriotisme (car il faut venger Austerlitz), Ludwig emprunte en rĂ©sonance avec le contexte guerrier, un souffle Ă©pique et transcendant, en particulier dans la partie de piano, d’une allure folle, majestueuse, rhapsodique, dĂšs le dĂ©but. L’ambition voire l’orgueil du compositeur se manifeste clairement dans une exploitation inĂ©dite des combinaisons harmoniques possibles dans un format piano/orchestre. Pour marquer l’ampleur du propos, l’Allegro premier se dĂ©ploie sur 600 mesures. Rien de moins. L’Empereur marque pourtant un temps de dĂ©solation pour Vienne dont toute l’aristocratie doit quitter le coeur urbain car NapolĂ©on marche sur la citĂ© impĂ©rial
 On sait que Beethoven ne pouvant fuir Ă  temps, se rĂ©fugie dans la cave de son frĂšre Caspar Carl, coussins sur sa pauvre tĂȘte et contre ses oreilles pour ne pas subir les dĂ©flagrations sonores dans le conduit auditif (terribles acouphĂšnes). L’oeuvre si moderne, vĂ©ritable pont tendu vers l’avenir, est crĂ©e Ă  Vienne en fĂ©vrier 1812. La premiĂšre Ă©dition porte la dĂ©dicace Ă  son patron vĂ©nĂ©rĂ©, l’Archiduc Rudolph.

beethoven 1803 apres Symphonie 1 creation symphonies romantiques classiquenews review compte rendu cd critique 800px-Beethoven_3UNE SYMPHONIE BIEN INSOLENTE
 Le seul dĂ©faut de la 8Ăšme Symphonie est de se situer entre les chefs d’oeuvres que sont la 7Ăš et la 9Ăš. Or crĂ©Ă©e en fĂ©vrier 1814, « ma petite symphonie » comme l’appelle affectueusement Beethoven, ouvre bien des perspectives et outrepasse encore et encore bien des conventions formelles. Son titre pourrait ĂȘtre l’insoumise ou l’insolente, avec Ă  la clĂ©, rĂ©vĂ©rence Ă  papa Haydn, mort rĂ©cemment (pendant le siĂšge de Vienne par les troupes napolĂ©oniennes, le 31 mai 1809), une facĂ©tie franche qui cultive l’audace (en particulier dans le dernier mouvement (rĂšgles de modulation instables dans le dernier mouvement ; allegretto scherzando en place du mouvement habituel modĂ©rĂ© oĂč Beethoven utilise, -et en joue, le tic-tac du mĂ©tronome que Maelzel vient de mettre au point
 sans omettre le chant des cordes graves qui expriment a contrario la mĂ©canique allant vers le chaos
). Beethoven serait ainsi le premier Ă  utiliser sciemment les indications mĂ©tronomiques de Maelzel, soucieux de toujours maintenir la tension dans ses oeuvres dont les indications parfois Ă©tonnantes quant Ă  leur vĂ©locitĂ© / cĂ©lĂ©ritĂ©, sont autographes. La pulsion, l’électricitĂ©, la lĂ©gĂšretĂ©. rien de tel pour stimuler le jeu des instrumentistes, comme l’attention des publics
 Concert Beethoven Ă©vĂ©nement.

 

 

 

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SAINTES, Abbaye aux Damesboutonreservation
Mercredi 8 février 2017, 20h30
Concert Ludwig van Beethoven

Concerto pour piano n°5, L’Empereur
opus 73 en mi bémol majeur

Symphonie n°8
en fa majeur opus 93

Orchestre des Champs-Elysées
Eric Le Sage, pianoforte

 

 

 

Toutes les infos, rĂ©servez votre place sur le site de l’Abbaye aux Dames, la citĂ© musicale, Saintes
http://www.abbayeauxdames.org/agenda/evenements/orchestre-champs-elysees/

 

 

 

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Saintes, abbaye aux dames

Votre séjour à Saintes

 

Séjour à Saintes, Abbaye aux Dames, la cité musicale

saintes_porte_abbayeTout au long de l’annĂ©e, sĂ©journez Ă  Saintes Ă  l’occasion d’un concert dans l’Abbaye. Les chambres sont amĂ©nagĂ©es dans les anciennes cellules des moniales. Petit dĂ©jeuner sur place possible. Pour toute location d’une chambre dans l’Abbaye, rĂ©duction de 5% Ă  la boutique de l’Abbaye (l’Abboutique : cd, livres, produits rĂ©gionaux
), rĂ©duction sur la visite du site, tarif adhĂ©rent pour l’achat d’une place de concert. TĂ©lĂ©phone rĂ©servation chambres : 05 46 97 48 33 (classement Ă©tablissement hĂŽtelier : catĂ©gorie 1 Ă©toile). Standard gĂ©nĂ©ral de l’Abbaye aux Dames Ă  Saintes : 05 46 97 48 48. Offre spĂ©ciale Saint-Valentin 2014 : le concert et la chambre Ă  Saintes, les 14 ou 15 fĂ©vrier 2014 : 100 euros (pour 2 personnes) : rĂ©servations au 05 46 97 48 48.

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11, place de l’Abbaye‹CS 30125‹17104 SAINTES CEDEX
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L’extase par Jean-Claude Casadesus

casadeus ugo ponte ONL DSC_0532LILLE. Jean-Claude Casadesus. L’Amour et la danse, II. 19-25 janvier 2017. Le volet 1 de ce cycle Ă©vĂ©nement, s’achevait avec la derniĂšre note, lumineuse, soutenu au piccolo, celle de l’espĂ©rance aprĂšs la dĂ©flagration d’une impitoyable machine Ă  broyer, prĂ©cipitant la mort de RomĂ©o et de Juliette (version Prokofiev : lire notre compte rendu du concert L’Amour et la danse I, le 1er dĂ©cembre 2016). Dans ce volet 2, Jean-Claude Casadesus retrouve ses chers instrumentistes de l’Orchestre national de Lille, abordant d’autres rivages oĂč la danse lĂ  encore, inspire d’étonnants mondes symphoniques. C’était le cas du ballet RomĂ©o et Juliette de Prokofiev, c’est assurĂ©ment la nature partagĂ©e du PoĂšme de l’Extase – crĂ©Ă© Ă  New York en mars 1907, d’un Scriabine (1872 – 1915) aux confins des constellations visibles et connues : l’écriture orchestrale Ă©tant pour lui, le moyen et la langue d’une exploration sonore jamais tentĂ©e avant lui. Sensuel et mystique, le moscovite Scriabine rĂ©alise alors, l’un de ses poĂšmes pour orchestre les plus inspirĂ©s et les plus personnels, emblĂ©matique de toute sa recherche spirituelle
 D’abord imaginĂ© comme sa possible 4Ăš Symphonie, le PoĂšme de l’extase qui prĂ©cĂšde PromĂ©thĂ©e (1909), appartient aux derniers drames symphoniques de Scriabine qui ensuite jusqu’à sa mort en 1915, ce composera plus que pour l’instrument dont il est virtuose, le piano.

 

 

 

casadesus_603x380 Ugo ponte ONL

 

 

scriabine alexandre portrait SkriabinLe PoĂšme de l’extase (inititalement intitulĂ© « PoĂšme orgiaque »), reprend le concept messianique de la musique visionnaire et prophĂ©tique telle que l’a dĂ©fendu avant lui Wagner : la musique permet Ă  l’humanitĂ© d’accĂ©der Ă  un niveau de connaissance et de conscience, supĂ©rieur ; le compositeur Ă©tant le guide de cette quĂȘte spirituelle partagĂ©e. Le guide comme le catalyseur, celui qui en provoque l’accomplissement comme la rĂ©vĂ©lation. Dans le programme rĂ©digĂ© par ses soins, Scriabine prĂ©cise son intention :

«  Je vous appelle à la vie, forces mystérieuses,
NoyĂ©es dans les profondeurs obscures de l’esprit crĂ©ateur,
Timides Ă©bauches de la vie,
A vous, j’apporte l’audace. »

 

EN LIRE + : lire notre prĂ©sentation complĂšte du concert PoĂšme de l’Extase Ă  Lille, par Jean-Claude Casadeus et l’Orchestre national de Lille, 19-25 janvier 2017

 

 

 

BEETHOVEN

Triple concerto pour violon, violoncelle et piano
Piano : François-FrĂ©dĂ©ric Guy‹Violon : Tedi Papavrami‹Violoncelle : Xavier Phillips

R. STRAUSS
Salomé : Danse de Salomé

SCRIABINE
Poùme de l’Extase

Orchestre national de Lille
Jean-Claude Casadesus, direction

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POÈME DE L’EXTASE
CYCLE L’AMOUR ET LA DANSE, ÉPISODE 2

Jeudi 19 janvier 2017, 20hboutonreservation
Vendredi 20 janvier 2017, 20h
LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle
RÉSERVEZ VOTRE PLACE

Programme repris ensuite :
Ă  Grande-Synthe, le 21 janvier 2017, 20h
Ă  La Rochelle, les 24 et 25 janvier 2017, 20h

AUTOUR DU CONCERT
LEÇON DE MUSIQUE
Avec HÚctor Parra, compositeur en résidence
“Des sons et des couleurs en musique”
Jeu 19 & Ven 20 Janv. 19h
(EntrĂ©e libre, muni d’un billet)

—

CONCERT FLASH 12H30
Avec François-Frédéric Guy, Tedi Papavrami et Xavier Phillips
“L’art du trio”
Beethoven ‱ Schumann
Ven 20 Janv. 12h30
(De 5 à 10 €)

Toutes les infos, les ressources sur le programme, sur le site de l’Orchestre national de Lille

http://www.onlille.com/event/201615-poeme-extase-beethoven-strauss-lille/

 

ChimÚne de Sacchini, recréée

Antonio_SacchiniSt-Quentin (78): les 13, 14 janvier 2017. Sacchini: ChimĂšre par l’ARCAL. Bien que nĂ© Florentin, le jeune Antonio Sacchini est remarquĂ© par le napolitain Durante qui souhaite en faire le plus grand compositeur de son siĂšcle. Rien de moins. DĂ©fi relevĂ© et en France principalement. PassĂ© par Venise, professeur de chant pour Nancy Storace, la soprano vedette si tendrement aimĂ© de Mozart
, puis en Allemagne, surtout Ă  Londres oĂč il se rapproche de Tratetta (autre napolitain), Sacchini ne tarde pas Ă  s’imposer par son Ă©loquence europĂ©enne, une Ă©criture brillante, raffinĂ©e qui s’autorise comme chez Mozart, une profondeur prĂ©romantique, prĂ©sente aussi dans son opĂ©ra Renaud- premier opĂ©ra parisien de Sacchini (Ă©galement crĂ©Ă© en 1783), qu’a rĂ©vĂ©lĂ© le jeune chef Bruno Procopio Ă  Rio de Janeiro en 2015, avec la sensibilitĂ© et l’ardeur expressive dont a rendu compte alors classiquenews.com : VOIR notre reportage vidĂ©o RENAUD de Sacchini par Bruno Procopio (juin 2015).

 

SACCHINI A PARIS
 EndettĂ© Ă  Londres, Sacchini Ă  51 ans, en 1781, l’invitation de la Cour de France afin d’y affirmer la supĂ©rioritĂ© des Napolitains contre Gluck : de fait Sacchini bĂ©nĂ©ficie des intrigues des dĂ©fenseurs de son confrĂšre Piccinni, autre Napolitain invitĂ© par Marie-Antoinette, qui avait auparavant dĂ©velopper les arguments de l’opĂ©ra italien en France. Renaud comme ChimĂšne crĂ©Ă©s tous deux en 1783 devant la Cour, illustrent cet Ă©clectisme virtuose, brillant, nĂ©o classique et donc prĂ©romantique qui germe et croĂźt en France dans les derniĂšres annĂ©es de la monarchie.
Audacieux voire expĂ©rimental, Sacchini « ose » proposer une nouvelle mouture du Dardanus de Rameau : Ă©chec retentissant. Puis c’est ƒdipe Ă  Colone en 1786, porteur de la mĂȘme ampleur Ă©motionnelle aux cĂŽtĂ©s de son style international post gluckiste : nouvelle Ă©chec. Mais dĂšs sa reprise en 1787, l’ouvrage ultime de Sacchini d’aprĂšs le mythe antique saisit l’audience et est jouĂ© sans faiblir jusqu’en 1844, soit 583 fois : un record absolu qui enthousiasme encore Berlioz, lui-mĂȘme ardent Gluck. Triomphe posthume car Sacchini Ă©tait mort brutalement en 1786 (Ă  56 ans).

 

 

La tragĂ©die lyrique telle que l’a souhaitĂ©e Marie-Antoinette

 

 

Gluck Ă  Paris (1774-1779)UN ITALIEN RENOUVELLE LA TRAGEDIE LYRIQUE
 L’ARCAL choisit de ressusciter ChimĂšne de 1783, chantĂ© en Français. Ouvrage majeur comme Renaud, rĂ©vĂ©lant le mĂ©tier d’un compositeur Ă  la fois raffinĂ© et brillant, invitĂ© Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer les vieilles formes thĂ©Ăątrales françaises. Sacchini traite d’une forme conventionnelle Ă  bout de souffle, la tragĂ©die lyrique, hĂ©ritĂ©e de Lully au XVIIĂš (un Florentin comme lui). Le genre es tle plus ambitieux en France car il exige de fusionner les disciplines du thĂ©Ăątre en un seul spectacle : chant, danse, machinerie,
 Sacchini apporte la virtuositĂ© italienne au format lyrique français, rĂ©pondant ainsi au goĂ»t de la jeune Marie-Antoinette, devenue reine de France en 1774, 9 annĂ©es auparavant : entretemps, le germanique Gluck a rĂ©alisĂ© une rĂ©forme totale de l’opĂ©ra français, imposant la nĂ©cessitĂ© dramatique et la seule cohĂ©rence comme esthĂ©tique, contre les dĂ©rives de la pure virtuositĂ©. L’imagination de Sacchini rĂ©Ă©calire le mythe des amours maudites entre Rodrigue « Le Cid » et son aimĂ©e ChimĂšne : l’opĂ©ra s’inspire de la piĂšce de Pierre Corneille, crĂ©Ă©e un siĂšcle avant Sacchini, en janvier 1637.

marie antoinette versailles France royaute marie-antoinetteL’OPERA en France aprĂšs Gluck, favorisĂ© par Marie-Antoinette… La production portĂ©e par l’Arcal apporte ainsi un Ă©clairage particulier sur les transformations du spectacle en France Ă  la fin du XVIIIĂš : Ă©poque charniĂšre dite des LumiĂšres et « nĂ©oclassique », ou encore prĂ©romantique, propre aux annĂ©es 1780, oĂč Ă  l’époque des futures convulsions historiques, rĂ©volutionnaires (fin de la monarchie et des Bourbons au XVIIIĂš), le genre lyrique s’enrichit considĂ©rablement Ă  la Cour de France de la venue des « étrangers », depuis Gluck. Une prĂ©sence Ă©trangĂšre, cultivĂ©e par la reine Marie-Antoinette, l’autrichienne Ă  Versailles. La production 2017 de l’Arcal profite de l’engagement des interprĂštes : le chef et violoniste Julien Chauvin (crĂ©ateur malheureux de son orchestre sur instruments anciens : Le Concert de la loge, qu’il avait intitulĂ©e avant le recours juridique du ComitĂ© Olympique, La Loge Olympique). Ayant perdu son identitĂ© Olympique sous des pressions juridiques aberrantes – on ne voit bien comment un orchestre intitulĂ© « Olympique » pourrait faire de l’ombre Ă  l’Olympisme sportif
, l’orchestre reprend donc du service pour l’Arcal, compagnie lyrique nationale, aprĂšs avoir dĂ©fendu les dĂ©lices d’Armida de Joseph Haydn. C’est aussi la metteure en scĂšne Sandrine Anglade dont la spĂ©cialisation reconnue du thĂ©Ăątre de Pierre Corneille devrait apporter une vision spĂ©cifique sur le mythe de ChimĂšne et du Cid
 en particulier dans l’opĂ©ra de Sacchini qui opĂšre une rĂ©duction / simplification de la piĂšce originelle, passant de 5 actes (Corneille) Ă  3 actes (livret de Guillard). La compagnie nationale ARCAL confirme son engagement dans l’exploration du thĂ©Ăątre lyrique en France, Ă  l’Ă©poque des LumiĂšres, entre baroque, nĂ©oclassicisme et prĂ©romantisme, c’est Ă  dire dans la pĂ©riode riche en mutations propre aux annĂ©es 1780.

 

 

 

SYNOPSIS

 

 


Acte I. Devoir et amour Ă  SĂ©ville : le dilemme Ă©treint le coeur des deux amoureux : Rodrigue et ChimĂšne. Le premier a tuĂ© le pĂšre de la seconde, son aimĂ©e. Ainsi l’amour raille les enjeux politiques : et quand Rodrigue devant ChimĂšne lui demande de le frapper pour qu’elle se venge la mort du pĂšre, la jeune femme s’écroule. Et le chasse.
Acte II. Contre les Maures musulmans, Rodrigue mĂšne les troupes du roi. Il triomphe. Mais blessĂ©e, inconsolable, ChimĂšne dĂ©signe son nouveau dĂ©fenseur, celui qui tuera puisqu’elle en est incapable, Rodrigue, Don Sanche (qui aime aussi ChimĂšne).
Acte III. Le pardon. Rodrigue ne peut vivre sans l’amour de ChimĂšne. Il lui promet de se soumettre et de mourir de sa main. Le duel Rodrigue, Sanche a lieu : en voyant Ă  son issue, Sanche revenir vivant, ChimĂšne croit Ă  la mort de son aimĂ©. Rien de tel : Rodrigue a Ă©pargnĂ© le vaincu. ChimĂšne qui a avouĂ© ses vrais sentiments pour Rodrigue, peut s’unir Ă  lui car elle avait promis d’épouser le vainqueur du combat.

La force du drame tient au tiraillement cornĂ©lien : amour contre devoir. Rodrigue a tuĂ© le pĂšre de ChimĂšne (Don GomĂšs) pour rĂ©pondre au voeu de son propre pĂšre (Don DiĂšgue). Mais ChimĂšne par devoir pour son pĂšre en symĂ©trie, souhaite la mort de Rodrigue qui l’a tuĂ©. La fille et le fils pourront-ils se dĂ©faire de la loi des familles et du code de la vengeance ? La situation pose aussi l’opposition entre libertĂ© personnelle et soumission Ă  la loi familiale et Ă  ce qu’impose la filiation.

Ce qui fait aussi la valeur de la piĂšce, c’est la beautĂ© des vers de Corneille :

Va, je ne te hais point.
Nous partßmes cinq cents ; mais par un prompt renfort  / Nous nous vßmes trois mille en arrivant au port.
Et le combat cessa faute de combattants.
L’amour n’est qu’un plaisir, l’honneur est un devoir.
Le trop de confiance attire le danger.
Aux Ăąmes bien nĂ©es, La valeur n’attend point le nombre des annĂ©es.
Tu t’es, en m’offensant, montrĂ© digne de moi ; Je me dois, par ta mort, montrer digne de toi.

L’opĂ©ra de Sacchini en propose une transformation, selon le goĂ»t des contemporains de Marie-Antoinette, dictĂ©e par les rĂšgles de la prosodie spĂ©cifique au chant lyrique. Il en dĂ©coule un ouvrage d’une virtuositĂ© lyrique habile, servant le drame resserrĂ© du librettiste.

 

 

 

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sacchini-antonio-582Antonio Sacchini : ChimÚne ou le Cid, créé à Fontainebleau en 1783
Livret de Guillard d’aprĂšs Corneille — recrĂ©ation prĂ©sentĂ©e par l’ARCAL, compagnie national de thĂ©Ăątre lyrique et musical (direction : Catherine Kollen)

Le Concert de la Loge. Julien Chauvin, directio
Mise en scĂšne : Sandrine Anglade
DurĂ©e : environ 2h – spectacle sans fosse
Opéra chanté en Français

 

 

5 représentations

 

 

Saint-Quentin en Yvelines (78).
Théùtre nationale : les 13 et 14 janvier 2017 :

réservez votre place

Puis,
Massy, Opéra. Le 14 mars 2017
Herblay, Théùtre R. Barat. Les 25 et 27 mars 2017

 

 

Jean-Claude Casadesus joue Scriabine

casadeus ugo ponte ONL DSC_0532LILLE. Jean-Claude Casadesus. L’Amour et la danse, II. 19-25 janvier 2017. Le volet 1 de ce cycle Ă©vĂ©nement, s’achevait avec la derniĂšre note, lumineuse, soutenu au piccolo, celle de l’espĂ©rance aprĂšs la dĂ©flagration d’une impitoyable machine Ă  broyer, prĂ©cipitant la mort de RomĂ©o et de Juliette (version Prokofiev : lire notre compte rendu du concert L’Amour et la danse I, le 1er dĂ©cembre 2016). Dans ce volet 2, Jean-Claude Casadesus retrouve ses chers instrumentistes de l’Orchestre national de Lille, abordant d’autres rivages oĂč la danse lĂ  encore, inspire d’étonnants mondes symphoniques. C’était le cas du ballet RomĂ©o et Juliette de Prokofiev, c’est assurĂ©ment la nature partagĂ©e du PoĂšme de l’Extase – crĂ©Ă© Ă  New York en mars 1907, d’un Scriabine (1872 – 1915) aux confins des constellations visibles et connues : l’écriture orchestrale Ă©tant pour lui, le moyen et la langue d’une exploration sonore jamais tentĂ©e avant lui. Sensuel et mystique, le moscovite Scriabine rĂ©alise alors, l’un de ses poĂšmes pour orchestre les plus inspirĂ©s et les plus personnels, emblĂ©matique de toute sa recherche spirituelle
 D’abord imaginĂ© comme sa possible 4Ăš Symphonie, le PoĂšme de l’extase qui prĂ©cĂšde PromĂ©thĂ©e (1909), appartient aux derniers drames symphoniques de Scriabine qui ensuite jusqu’à sa mort en 1915, ce composera plus que pour l’instrument dont il est virtuose, le piano.

 

 

 

casadesus_603x380 Ugo ponte ONL

 

 

scriabine alexandre portrait SkriabinLe PoĂšme de l’extase (inititalement intitulĂ© « PoĂšme orgiaque »), reprend le concept messianique de la musique visionnaire et prophĂ©tique telle que l’a dĂ©fendu avant lui Wagner : la musique permet Ă  l’humanitĂ© d’accĂ©der Ă  un niveau de connaissance et de conscience, supĂ©rieur ; le compositeur Ă©tant le guide de cette quĂȘte spirituelle partagĂ©e. Le guide comme le catalyseur, celui qui en provoque l’accomplissement comme la rĂ©vĂ©lation. Dans le programme rĂ©digĂ© par ses soins, Scriabine prĂ©cise son intention :

«  Je vous appelle à la vie, forces mystérieuses,
NoyĂ©es dans les profondeurs obscures de l’esprit crĂ©ateur,
Timides Ă©bauches de la vie,
A vous, j’apporte l’audace. »

 

EN LIRE + : lire notre prĂ©sentation complĂšte du concert PoĂšme de l’Extase Ă  Lille, par Jean-Claude Casadeus et l’Orchestre national de Lille, 19-25 janvier 2017

 

 

 

BEETHOVEN

Triple concerto pour violon, violoncelle et piano
Piano : François-FrĂ©dĂ©ric Guy‹Violon : Tedi Papavrami‹Violoncelle : Xavier Phillips

R. STRAUSS
Salomé : Danse de Salomé

SCRIABINE
Poùme de l’Extase

Orchestre national de Lille
Jean-Claude Casadesus, direction

______________________

POÈME DE L’EXTASE
CYCLE L’AMOUR ET LA DANSE, ÉPISODE 2

Jeudi 19 janvier 2017, 20hboutonreservation
Vendredi 20 janvier 2017, 20h
LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle
RÉSERVEZ VOTRE PLACE

Programme repris ensuite :
Ă  Grande-Synthe, le 21 janvier 2017, 20h
Ă  La Rochelle, les 24 et 25 janvier 2017, 20h

AUTOUR DU CONCERT
LEÇON DE MUSIQUE
Avec HÚctor Parra, compositeur en résidence
“Des sons et des couleurs en musique”
Jeu 19 & Ven 20 Janv. 19h
(EntrĂ©e libre, muni d’un billet)

—

CONCERT FLASH 12H30
Avec François-Frédéric Guy, Tedi Papavrami et Xavier Phillips
“L’art du trio”
Beethoven ‱ Schumann
Ven 20 Janv. 12h30
(De 5 à 10 €)

Toutes les infos, les ressources sur le programme, sur le site de l’Orchestre national de Lille

http://www.onlille.com/event/201615-poeme-extase-beethoven-strauss-lille/

 

CD. compte rendu, critique. PAUL KLETZKI : Symphonie n°2 (Rösner, 1 cd Musiques-suisses, 2016)

kletzki paul par thomas rosner symphonie n 2 review compte rendu cd classiquenewsCD. compte rendu, critique. PAUL KLETZKI : Symphonie n°2 (Rösner, 1 cd Musiques-suisses, 2016). Thomas Rösner est un chef bien connu des Français qui ont pu apprĂ©cier son tempĂ©rament sur le mĂ©tier orchestral, fĂ©dĂ©rateur dans la grande forme, dĂ©taillĂ©, artisan de la couleur et des accents tĂ©nus malgrĂ© une ampleur philharmonique (La Ville Morte de Korngold, partition flamboyante entre Wagner, Lehar et Richard Strauss dont il avait su exprimer Ă  Nantes l’intĂ©rioritĂ© toute debussyste, riche en Ă©clats psychanalytiques pour Angers Nantes OpĂ©ra — mars 2015). Le jeune maestro mĂšne une carriĂšre que CLASSIQUENEWS accompagne depuis lors : sachant nourrir l’allant organique malgrĂ© souvent une Ă©criture trĂšs fournie comme c’est le cas ici, Thomas Rösner sait dĂ©tailler sans perdre la tension dramatique globale. C’est donc un architecte d’une infinie prĂ©cision (dĂšs le premier mouvement de la Symphonie n°2 de 1928, Ă  la fois nĂ©oclassique et expĂ©rimentale du compositeur et chef Paul Kletzki). La sonoritĂ© pleine et hĂ©doniste, ne s’épargne aucune coloration plus intĂ©rieure mĂȘme introspective, atteignant souvent une grandeur lyrique tout en mesure et nuance. L’éloquence sensuelle de l’orchestre polonais NSOPO, Orchestre Symphonique de la Radio Polonaise rend compte d’une Ă©criture souvent passionnante en rien « bavarde » ni dĂ©monstrative, mais qui sait a contrario, exprimer en une versatilitĂ© filigranĂ©e, une riche interrogation oĂč jaillit par bribes finement dessinĂ©es violon solo, clarinette, hautbois, flĂ»te
 d’allusifs Ă©pisodes qui brillent les facettes d’une intimitĂ© scintillante, 
 autant de qualitĂ©s d’une lecture essentiellement intĂ©rieure qui assure la rĂ©ussite du dernier Ă©pisode du trĂšs long premier mouvement I (Allegro con fuoco de plus de 18mn).

On apprĂ©cie de la mĂȘme maniĂšre le jeu d’équilibre tĂ©nu trĂšs finement brossĂ© dans le second mouvement (Andante sostenuto), qui s’autorise une Ă©chappĂ©e plus rugueuse et Ăąpre
 puis Ă  4’29 : l’ombre s’épaissit, dessinant un paysage aux rĂ©sonances plus brumeuses et rĂȘveuse oĂč s’affirme comme dans le I, une sonoritĂ© ample, dĂ©taillĂ©e, claire, admirablement tenue dans les derniers accords Ă©nigmatiques.

Dans le IIIĂš mouvement, la coupe prĂ©cise, droite, objective, extrĂȘmement claire et d’une parfaite mis en place sur un ton dĂ©terminĂ©, affirme un allant gĂ©nĂ©ral d’une motricitĂ© irrĂ©pressible, inexorable, soit un scherzo dont on loue la prĂ©cision quasi percussive, et d’une efficacitĂ© martiale. C’est du trĂšs grand mĂ©tier orchestral. Sa profondeur rend compte de la sensibilitĂ© spĂ©cifique de Paul Kletski dont l’activitĂ© de compositeur s’interrompre au dĂ©but des annĂ©es 1940, en raison de l’horreur de la barbarie nazie : nombre des membres de la famille du musicien ont Ă©tĂ© exterminĂ©s dans les camps de la mort.

KLECKI, PAUL 1965            © ERLING MANDELMANNLe troisiĂšme mouvement (Pesante) est le plus captivant Ă  notre avis, et dans le choix de la voix soliste, une claire volontĂ© de rĂ©inventer aprĂšs Mahler, le dĂ©veloppement symphonique : hypnotique, vĂ©nĂ©neux, d’une mĂ©lancolie impressionniste, c’est une sĂ©quence d’une rare cohĂ©rence sonore, suspendue Ă  la maniĂšre de Mahler (Chant de la Terre) et aussi de Korngold : du fait de l’intervention du baryton et du texte ainsi associĂ©s au dĂ©veloppement orchestral, Paul Kletzki compositeur rĂ©gĂ©nĂšre mĂȘme le tissu lyrico symphonique d’un Strauss (celui de La Femme sans ombre). Le rĂ©sultat est d’une totale originalitĂ© et mĂ©rite bien cet Ă©clairage qui vaut comme une rĂ©habilitation majeure. La fin est d’un classicisme souverain, subtilement canalisĂ© Ă  l’écoute du texte. L’intĂ©rĂȘt du programme, dĂ©jĂ  rĂ©el dans le choix de ce Kletski oubliĂ©, s’affirme davantage avec le morceau qui suit, et qui lui aussi, est d’un compositeur que la guerre a menĂ© pour se rĂ©fugier et fuir la barbarie galopante, en Suisse. La contemporanĂ©itĂ© des deux partitions (1928), et leur destin liĂ© Ă  deux figures des annĂ©es 1920, cimentent l’unitĂ© du programme.

CzesƂaw_MarekSublime rĂ©vĂ©lation, la Fantasia du Polonais Czeslaw Marek (1891-1985) est un rĂ©gal, d’autant magnifiĂ© par l’opulence intĂ©rieure et Ă©lĂ©gante que sait lui apporter le chef Thomas Rösner dans cette rĂ©alisation d’un impressionnisme quasi oriental et slave particulier. L’enregistrement permet de suivre pas Ă  pas chacun des volets de son dĂ©veloppement orchestral d’une flamboyance de timbres, souvent sidĂ©rante. Le sens de l’écoulement et du flux ininterrompu, Ă  la façon d’un ample mouvement symphonique d’un seul tenant, se rĂ©vĂšle ici, envoĂ»tant, irrĂ©pressible, grĂące Ă  l’intelligence et la finesse du maestro.

CLIC_macaron_2014Soit presque 28 mn, de souffle ample et surtout d’une calme et mĂ©lancolique voluptĂ© sonore dont l’équilibre et le souci de clartĂ© du chef sait piloter avec une finesse de ton, en tout point exemplaire. Comme il serait tentant ici de forcer l’expressivitĂ© de cette Ă©criture qui semble revisiter elle aussi, Richard Strauss, et Korngold et Szymanowski. A contrario Thomas Rösner convainc tout au long par une fabuleuse clartĂ© transparente, « objective » et d’une prĂ©cision parfaite qui rĂ©tablit et l’envoĂ»tante opalescence du tissu sonore et son flux quasi organique, s’achevant dans un murmure rĂ©pĂ©tĂ©, (en cela se refermant dans les accords du dĂ©but). La puissance liquide, le ton mystĂ©rieux, l’éblouissement continu qui naissent de l’écriture orchestrale, le raffinement inouĂŻ de l’orchestration associĂ© Ă  une inventivitĂ© mĂ©lodique (Roussel n’est pas loin) rĂ©vĂšle la qualitĂ© suprĂȘme de cette partition de 1928, comme elle confirme l’absolue sensibilitĂ©, elle aussi hautement musicale d’un excellent chef. Jeu expressif et nuancĂ© du chef, magistrale sonoritĂ© de l’orchestre, prise de son dĂ©taillĂ©e, surtout rĂ©vĂ©lation de deux partitions d’un grand plaisir symphonique : le disque reprend du galon grĂące Ă  cet album
 captivant. CLIC de CLASSIQUENEWS de janvier 2017.

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CD, compte rendu, critique. Paul Kletzki (1900-1973) : Symphonie n°2; Czeslaw Marek (1891-1985) : Sinfonia – deux parittions de 1928. Nationales Symphonieorchester des Polnischen Rundfunks, Kattowitz; Marius Godlewski, baryton; Thomas Rösner, direction. 1 cd Musiques Suisses MGB CD 6289 /7613295408142 / d’infos sur le site du label Musiques-Suisses.ch :
https://www.musiques-suisses.ch/fr/Paul-Kletzki-Czeslaw-Marek/Sinfonie-Nr–2-Sinfonia/id/759