CD événement, critique. ZAHIR (1 cd Klarthe records)

QUATUOR ZAHIR : 4 saxos magiciens !CD Ă©vĂ©nement, critique. ZAHIR (1 cd Klarthe records). ZAHIR signifie en arabe, ce qui est “visible”, ce qui occupe en permanence la vision et l’esprit… Ce quatuor de saxos (nĂ© en 2015) Ă©cartent tous ses concurrents par son audace, la libertĂ© du geste, une virtuositĂ© naturelle et souple, sa ligne artistique, ses lumineux engagements. Velours mordant et caractĂ©risĂ© : le son du Quatuor ZAHIR enchante littĂ©ralement et berce dans l’excellente transcription du Quatuor de Borodine (rĂ©alisĂ©e par le sxo soprano Guillaume Berceau) ; un Borodine revivifiĂ©, transcript, sublimĂ© dont le charme d’esprit populaire dĂšs son premier Allegro caressant sĂ©duit immĂ©diatement par l’équilibre des quatre instruments (quatuor vocal plutĂŽt que quatuor Ă  cordes : c’est Ă  dire saxophones soprano, alto, tĂ©nor, baryton). Le souci de la caractĂ©risation, le sens du dialogue entre les parties, la trĂšs fine conception du format sonore, d’une subtilitĂ© rĂ©jouissante, la fluiditĂ© de l’écriture qui fait passer d’un instrument Ă  l’autre, de surcroĂźt dans une prise de son « tournante », ni trop proche ni trop Ă©loignĂ©e, mais ronde et presque dansante, souligne l’extrĂȘme ductilitĂ© lumineuse des Zahir (pulsion dansĂ©e, organiquement trĂšs soignĂ©e du Scherzo). La tendresse simple du Notturno seduit tout autant, jusqu’au trĂšs beau mystĂšre grave du dĂ©but du Finale avant la sĂ©quence plus vive, trĂšs animĂ©e, idĂ©alement caractĂ©risĂ©e elle aussi dans l’enchaĂźnement des sĂ©quences successives. Jaillit une expressivitĂ© assumĂ©e, jamais tendue ni outrĂ©e grĂące Ă  la recherche constante et exaucuĂ©e d’un sublime Ă©quilibre sonore.
L’audace de ce premier cd fait miroir avec une curiositĂ© tout azimut, qui fait de ZAHIR, outre un idĂ©al esthĂ©tique, un laboratoire musicale. D’oĂč une implication totale dans la dĂ©fense des partitions contemporaines.

 
 

 
 

Sublimes saxos : ZAHIR

 
 

klarthe records ZAHIR quatuor de saxos critique CLIC de classiquenewsAinsi The dark side de Jean-Denis Michat est trĂšs proche du jazz et de l’impro : s’y affirme ce jeu constant d’acuitĂ© expressive et de pulsion collective d’oĂč Ă©merge une Ă©tonnante sensibilitĂ© du collectif lĂ  encore Ă  soigner la sonoritĂ© d’ensemble – respirations, sons suraigus comme des cris dĂ©chirĂ©s mais toujours Ă©tonnamment couverts, ronds qui Ă©voquent pour nous le duduk oriental (ligne improvisĂ©e du soprano), comme une transe qui explore des limites extrĂȘmes des tessitures tout en accordant rĂ©guliĂšrement le groupe, sa puissance, son intensitĂ©, sa rĂ©sonance, ses expirations, son imaginaire, et lĂ  encore au service d’une couleur Ă  quatre voix d’une complicitĂ© artistique Ă©tonnante
 C’est peu dire ici que les Ă©lĂšves du compositeur (Michat a enseignĂ© Ă  3 instrumentistes sur les 4 de Zahir) ont compris ses nuances infimes, tĂ©nues ; tout ce qui relĂšve des silences, d’entre les lignes et d’entre les notes, faisant surgir en Ă©clairs oniriques, de superbes vagues allusives, Ă  la fois nostalgiques, caressantes, crĂ©pusculaires : divagations d’une libertĂ© totale oĂč l’entente et la connivence de tous permettent le surgissement d’une fulgurance de l’instant qui s’achĂšve dans l’ombre le plus Ă©nigmatique. De ce point de vue l’imaginaire des ZAHIR semble infinie. Une verve dĂ©voilĂ©e, d’une constante richesse sonore se prĂ©cise et captive. La sĂ©quence est superbe.

 
 

Commande des ZAHIR, Voices of Black earth d’Alexandros Markeas se dĂ©veloppe plutĂŽt sur des sons ciselĂ©s, non classiques, Ă  peine audibles, feutrĂ©s, capables de rĂ©sonances tĂ©nues, aux accents vifs d’une « gutturalité » joyeuse, enivrĂ©e. Le chant comme voilĂ©, rauque, des quatre saxos Ă©voquent les spectres joyeux, facĂ©tieux, esprits de la nature qui nous entourent et qui inspirent ici Markeas dans une piĂšce inspirĂ©e directement de l’univers poĂ©tique d’Archibald Lampman, poĂšte canadien du XIXĂšme et dont le sujet explore la vocalitĂ© des instruments; cris, syncopes, frĂ©missements, chuchotements, hululements
 inscrivent un climat parfois entĂȘtant, dĂ©concertant (comme des sirĂšnes expirantes
). La prise de son excelle dans cette collection vivifiante de sons incarnĂ©s d’une dĂ©concertante Ă©mission, jamais prĂ©visible, dont les phĂ©nomĂšnes de spatialisation saisissent aussi l’auditeur, crĂ©ant des vortex, des espaces sonores, Ă  la fois inquiĂ©tants et fascinants par leur sincĂ©ritĂ© expressive.

 
 

Plus sourde et sombre, la Rhapsodie du pĂšre de Joakim, Alexis Ciesla, berce par sa douceur inquiĂšte : oĂč l’alto de Sandro Compagnon rĂ©ussit une trĂšs belle ligne improvisĂ©e, en musicalitĂ© et libertĂ©. L’élĂ©gance du jeu, et lĂ  encore l’opulence feutrĂ©e de la couleur collective enchantent par ses nuances contrĂŽlĂ©es, et pourtant manifestent aussi une libertĂ© de geste rĂ©ellement engageante. Au delĂ  des citations et influences klezmer de la culture yiddish, et au-delĂ  de l’énoncĂ© « musique vagabonde », le parcours Ă©motionnel du Quatuor de saxos captive par l’intĂ©rioritĂ© qu’il fait surgir dans chaque mesure : comme si le chant des instruments dĂ©coulait d’une expĂ©rience et d’une mĂ©moire prĂ©servĂ©es, Ă  la fois douloureuse mais assumĂ©e et apaisĂ©e. Un telle maturitĂ©, dans la finesse de son articulation, indique un quatuor de trĂšs grands musiciens. Leur association n’est pas seulement musicale : elle touche au cƓur par leur justesse et leur sincĂ©ritĂ©. La couleur et la sonoritĂ© ronde et envoĂ»tante subjuguent. Superbe complicitĂ© sonore du dĂ©but Ă  la fin. A suivre. Disque Ă©lu CLIC de CLASSIQUENEWS de la rentrĂ©e 2018.

 
 

‹QUATUOR DE SAXOPHONES ZAHIR

Guillaume BERCEAU > saxophone soprano
Sandro COMPAGNON > saxophone alto
Florent LOUMAN > saxophone ténor
Joakim CIESLA > saxophone baryton

 
 

 
 

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CLIC D'OR macaron 200CD Ă©vĂ©nement, critique. ZAHIR (1 cd Klarthe records). BORODINE (Quautor Ă  cordes n°2 en rĂ© majeur – Jean-Denis Michat : The Dark side – Alexandros Markeas : Voices of Black Earth – Alexis Ciesla : Rhapsodie. Enregistrement rĂ©alisĂ© en nov 2017 (Villefavard). 1 cd Klarthe records K063. CLIC de CLASSIQUENEWS de la rentrĂ©e 2018.

 
 
 

 

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A LIRE aussi notre entretien exclusif avec les saxophonistes du QUATUOR ZAHIR

 

 

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ZAHIR-1er-cd-klarthe-video-clip-par-classiquenws-octobre-2018-teaser-4-saxos-zahir-par-classiquenewsVOIR aussi le teaser du premier cd du Quatuor ZAHIR / Zahir signifie ” ce qui est visible” et occupe toutes vos pensĂ©es… extraits musicaux et approche esthĂ©tique du Quatuor Zahir… (teaser rĂ©alisĂ© par le studio CLASSIQUENEWS.TV / Philippe-Alexandre Pham 2018)

https://www.youtube.com/watch?v=IhiZ8OQNikA

VOIR aussi  le Quatuor ZAHIR interpréter dans son intégralité The Dark side de Jean-Denis Michat : avec le compositeur (impro)

 
 

COMPTE RENDU, Festival. Lisbonne, août 2018. Festival et Académie Verão Clåssico 2018

COMPTE RENDU, Festival. Lisbonne, aoĂ»t 2018. Festival et AcadĂ©mie VerĂŁo ClĂĄssico 2018. La grande fĂȘte de la Musique de Lisbonne. Du 29 juillet au 7 aout 2018, Centre Culturel de BelĂ©m. Talent, enthousiasme, rigueur, dĂ©passement de soit, partage, 
 telles sont les devises d’un haut lieu culturel du Portugal devenu depuis quelques annĂ©es grĂące Ă  l’initiative du pianiste Filipe Pinto Ribeiro, le cƓur de la vie musicale chambriste. Plus qu’un cycle de concerts, l’évĂ©nement estival assure aussi l’expĂ©rience essentielle de la transmission car ici, les musiciens professionnels invitĂ©s, – concertistes de renom, enseignent leur mĂ©tier, partagent leur expĂ©rience aux Ă©lĂšves venus du monde entier pianistes, violoncellistes, altistes, contrebassistes, clarinettistes, cornistes, ou hautboistes.
 Le Festival et AcadĂ©mie VerĂŁo ClĂĄssico se dĂ©ploie au sein du prestigieux Centre Culturel de BelĂ©m, au cƓur de Lisbonne.

 

 

Festival Académie VERAO CLASSICO à Lisbonne,
Voyage au centre du chambrisme le plus intense

 

 

Tout au long de cette semaine intense en apprentissage comme en concerts, dirigée par le pianiste Filipe Pinto-Ribeiro, plusieurs master-classes de piano, cordes, vents et musique sont données par les professeurs les plus prestigieux du monde de la musique.

 

 

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Chambrisme éloquent, ciselé à Lisbonne, par Pascal Moragues (clarinette), Gary Hoffmann (violoncelle), et Filipe PINTO-RIBEIRO (VERAO CLASSICO 2018 / DR)

  

 

Les cours sont assurĂ©s par de grandes personnalitĂ©s du monde musical ; des pointures certes, surtout des solistes qui possĂšdent l’art du dialogue collectif car ils aiment aussi jouer en complicitĂ©, dans le cadre de la musique de chambre ; c’est aussi cela que le sjeuens apprentis viennent maĂźtriser : le jeu technique Ă©videment, mais aussi l’apprentissage de l’écoute ; tous ont participĂ© Ă  cette 4Ăšme Ă©dition du Festival ; chacun parmi les professeurs ont Ă  coeur de transmettre et encourager les vocations, Ă  commencer par son mentor Filipe Pinto-Ribeiro, directeur artistique et pĂ©dagogique.

Nous avons pu Ă©couter en grande premiĂšre au Festival le corniste Radek BaborĂĄk ainsi que le violoncelliste Adrian Brendel, les pianistes Imogen Cooper et Aleksander MadĆŸar, le contrebassiste Janne Saksala, contre-basse solo de l’Orchestre Philharmonique de Berlin, et la flĂ»tiste Adriana Ferreira, rĂ©cemment nommĂ©es premiĂšre flĂ»te solo de l’Orchestre de l’AcadĂ©mie de Santa Cecilia Ă  Rome. Ceux qui ont l’habitude des concerts et masterclasses du Festival Ă  Lisbonne, ont retrouver la prĂ©sence charismatique de vrais tempĂ©raments tels le violoniste Corey Cerovsek et Jack Liebeck, l’altiste Isabel Charisius, le clarinettiste Pascal MoraguĂšs, entre autres.

Pour cette 4Ăšme Ă©dition du Festival et de l’Academia VerĂŁo ClĂĄssico, 170 jeunes musiciens ont Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©s, 107 portugais et 63 venant d’autres 27 pays. VoilĂ  qui atteste de l’ampleur internationale d’un Ă©vĂ©nement devenu incontournable dans l’agenda musical europĂ©en et estival : pour goĂ»ter et comprendre la musique de chambre, rien n’égale l’expĂ©rience vĂ©cue au Centre culturel BĂ©lem Ă  Liobsnne, le temps de l’AcadĂ©mie et du festival Verao Classico
 Les prochaines dates sont dĂ©jĂ  annoncĂ©es, Ă  Lisbonne du 28 juillet au 6 aout 2019.

 

 

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VERAO-CLASSICO-gary-hofmann-masterclass-lisbonne-critique-par-classiquenews-2017VOIR notre reportage vidéo exclusif réalisé lors du Festival Académie VERAO CLASSICO, en août 2017. Présentation, fonctionnement, enjeux des masterclasses et des concerts (des professeurs et des élÚves) par Filipe Pinto-Ribeiro, avec Gary Hoffmann, Pascal Moragues, 
 VOIR le film

 
 

 
 

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SHOSTA-CHOSTAKOVITCH-CD-PARATY-critique-cd-review-cd-critique-par-classiquenews-PARATY_718232_Shostakovich_Ensemble_COUV_HMACTUALITES. Filipe Pinto-Ribeiro, Corey Cerovsek, Isabel Charisius, Adrian Brendel entre autres, publient Ă  l’automne 2018, l’intĂ©grale de la musique de chambre pour cordes et piano de CHOSTAKOVITCH / SHOSTAKOVISH, coffret Ă©vĂ©nement Ă©ditĂ© par PARATY. Corpus Ă©blouissant dans une interprĂ©tation ciselĂ©e, nerveuse, collectivement trĂšs affĂ»tĂ©e
 Prochaine grande critique Ă  venir sur CLASSIQUENEWS, dans la mg cd dvd livres
 LIRE notre dĂ©pĂȘche annonce du coffret SHOSTAKOVICH / VOIR notre teaser vidĂ©o IntĂ©grale de la musique de chambre pour cordes et piano (Paraty)

 

 

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Compte-rendu, concert. Salon de Provence, l’EmpĂ©ri, le 5 aoĂ»t 2018. Monteverdi. Piazolla /AlarcĂłn.  

Compte-rendu, concert. 26Ăšme Festival de Musique de Chambre de Salon de Provence. Salon de Provence, ChĂąteau de l’EmpĂ©ri, le 5 aoĂ»t 2018. Monteverdi. Piazolla. Beytelmann. Flores. Meyer. BohĂłrquez. Sabatier. GarcĂ­a AlarcĂłn. Soir particulier au Festival de Salon un peu iconoclaste pour les puristes mais qui a permis de prendre la mesure de la dimension utopique de la musique. Car si la soirĂ©e portait comme titre : « Une utopie Argentine » les mots trĂšs sincĂšres de Leonardo GarcĂ­a AlarcĂłn pour prĂ©senter le concert dĂ©passent la seule Argentine.

La musique, une Utopie partagée ?

emperi5aout2Le voyage au delĂ  des mers dans un sens pour apprendre la maniĂšre et les codes des musiques anciennes pour le chef argentin et dans l’autre sens la recherche du vrai tango pour le français William Sabatier amoureux du bandonĂ©on Ă©voque bien d’autres voyages musicaux. La rencontre de la musique dite sĂ©rieuse de Monteverdi venant rencontrer le tango argentin d’origine populaire retravaillĂ© par Piazolla est intrigante. William Sabatier et Leonardo GarcĂ­a AlarcĂłn portent donc ce concert ; ils entraĂźnent avec eux compagnons et amis. Le rĂ©sultat d’abord surprenant est un rĂ©gal. Point de clavecin ni de luth mais piano Ă  queue et guitare Ă©lectrique, point de cornet Ă  bouquin mais une clarinette et point de flĂ»te Ă  bec mais la flĂ»te Boehm. Que les Sixtus Beckmesser en crĂšvent : le rĂ©sultat avec de tels musiciens est trĂšs admirable ! Au piano Leonardo GarcĂ­a AlarcĂłn est d’une souplesse et d’une dĂ©licatesse de toucher incroyable et nous savons, pour notre part depuis les Pink Floyd, combien une guitare Ă©lectrique peut avoir de mystĂšre et de puissance expressive lyrique. Paul Meyer Ă  la clarinette sait crĂ©er des sons impalpables ou grandioses, et la flĂ»te d’Emmanuel Pahud est la musique mĂȘme. Alors point de cordes de boyaux non plus mais des cordes virevoltantes et subtiles.

Et il y a la voix et la prĂ©sence incroyable de la soprano Mariana Flores. En « vamp » du tango elle impose d’abord un peu abruptement une prĂ©sence aguichante dĂ©passant son naturel, puis petit Ă  petit trouve la place exacte entre Ă©lĂ©gance et presque vulgaritĂ©. La sensualitĂ© extravertie est magnifique dans les tangos et la passion dĂ©bordante dans Monteverdi lui fait oser dĂ©structurer le rythme pour l’adapter Ă  son phrasĂ© haletant, Ă  ses susurrements. C’est une Ninfa bien plus vivante et au caractĂšre plus trempĂ© qu’à son habitude et le duo final et si sensuel entre NĂ©ron et PoppĂ©e entre la soprano et Paul Meyer est un moment de pure grĂące Ă  la sensualitĂ© musicale inouĂŻe des deux interprĂštes. Au bandonĂ©on, l’énergie et la virtuositĂ© de William Sabatier, sa prĂ©sence amicale, font dĂ©lice. Ses moments d’improvisations sont un pur bonheur et que dire du mĂ©lange de timbre avec les cordes, la flĂ»te ou la clarinette dont les musiciens ont Ă©tĂ© capables ! De fins musiciens se sont amusĂ©s avec beaucoup d’esprit Ă  crĂ©er pour le public une rencontre utopique entre Monteverdi et Piazolla. Chapeau bas et grand merci !

La deuxiĂšme partie du concert est plus « argentine », plus moderne mais tout aussi pleine de belles surprises. Le Tango Ă  quatre mains avec le couple infernal Lucille Chung & Alessio Bax est un moment fulgurant et spectaculaire dans lequel la fusion des mains est vertigineuse. Le spectacle est autant visuel que sonore. Rien ne semble leur faire peur. Le tango est aussi sur le clavier. L’effet est enthousiasmant pour le public qui exulte. Puis le compositeur et interprĂšte argentin Gustavo Beytelmann monte au clavier et avec le gĂ©nĂ©reux son de Claudio BohĂłrquez au violoncelle ; les deux nous offrent une trĂšs Ă©mouvante piĂšce de sa composition, Balada y tango, avec l’alternance de sensualitĂ© mĂ©lancolique et de panache exaltant. Les deux autres piĂšces de Piazolla nous permettent de dĂ©guster le jeu au violon d’Oscar BohĂłrquez. Serein ou mĂ©lancolique, brillant ou tendre son jeu est multiple avec toujours une dĂ©licate musicalitĂ©. Puis les deux BohĂłrquez et l’incroyable pianiste argentin nous envoĂ»tent avec une interprĂ©tation anthologique et unique, semblant leur venir Ă  l’instant, de Las cuarto estaciones portenas, suite envoĂ»tante de musiques plus belles les unes que les autres. Une Argentine, aussi utopique que rĂ©elle, est venue Ă  Salon. Personne n’en a doutĂ© en sortant de la cours du ChĂąteau de l’EmpĂ©ri ce soir. Quels beaux voyages ! Vive l’Utopie ! Illustration ci dessus.

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Compte-rendu, concert. 26Ăšme Festival de Musique de Chambre de Salon de Provence. Salon de Provence, ChĂąteau de l’EmpĂ©ri, le 5 aoĂ»t 2018. Claudio Monteverdi (1567-1643) ; PremiĂšre partie Ɠuvres de Monteverdi et Piazolla en tissage serré ;  Astor Piazolla (1921-1992) : Tango Ă  4 mains ; Grand Tango ; Las cuarto estaciones portenas ; Gustavo Beytelmann (nĂ© en 1945) : Balada y tango ; Avec : Mariana Flores, soprano ; Oscar BohĂłrquez, violon ; Emmanuel Pahud, flĂ»te ; Paul Meyer, clarinette ; Claudio BohĂłrquez, violoncelle ; Fernando Millet, guitare Ă©lectrique ; Romain Lecuyer, contrebasse ; William Sabatier, bandonĂ©on ; Leonardo GarcĂ­a AlarcĂłn, Gustavo Beytelmann, Lucille Chung & Alessio Bax, piano.

COMPTE RENDU, Opéra. SALZBOURG, le 4 août 2018. MOZART : La Flûte Enchantée / Die Zauberflöte. Carydis / Steier

zauberflote-flute-enchantee-trois-garcons-3-sons-critique-opera-review-opera-by-classiquenews-salzburg-2018COMPTE RENDU, OpĂ©ra. SALZBOURG, le 4 aoĂ»t 2018. MOZART : La FlĂ»te EnchantĂ©e / Die Zauberflöte. Carydis / Steier. Au delĂ  des apparences, percer le mensonge des illusions et accĂ©der en toute conscience au royaume Ă©blouissant de la vertu
 L’idĂ©al que dĂ©fend l’opĂ©ra de Mozart se lit ici avec une clartĂ© exemplaire et un souci onirique trĂšs stimulant. L’ultime opĂ©ra de Wolfgang, composĂ© 2 ans aprĂšs la RĂ©volution française, recueille les idĂ©es des LumiĂšres et affirme in fine le triomphe des valeurs morales contre l’obscurantisme gĂ©nĂ©ral. Une vision rĂ©confortante Ă  notre Ă©poque oĂč la montĂ©e des extrĂȘmismes, le jeu Ă©lectoraliste dangereux des politiques qui soufflent sur les braises des communautarismes radicaux pour instaurer l’ordre du chaos (cynisme effarant), ne cessent de ronger la soliditĂ© du socle rĂ©publicain et dĂ©mocratique.

MĂȘme s’il est d’abord un magnifique conte fĂ©erique, l’ouvrage crĂ©Ă© Ă  Vienne en 1791, est aussi un rituel philosophique, voire maçonnique, surtout un manifeste politique. Ici s’oppose la manipulation mensongĂšre (La Reine de la nuit) face Ă  la sincĂ©ritĂ© vertueuse et respectueuse (Sarastro) ; la haine contre le temple (de sagesse). FermetĂ©, discrĂ©tion, loyauté  Ainsi le prince Tamino apprend les bĂ©nĂ©fices d’une vie juste et responsable, entraĂźnant sur ce chemin formateur et initiatique, l’oiseleur Papageno, qui de rustre naif et roublard, devient homme, loyal et aimant.
La vision de Lydia Steier est remarquable car elle concilie de superbes tableaux enchanteurs, inscrivant l’action dans le domaine du cirque ; tout en soulignant la force morale du parcours que suit le protagoniste Tamino, d’abord instrumentalisĂ© par le Reine de la nuit, puis initiĂ© par le sage Sarastro. Sur sa route, il dĂ©couvre l’amour en la personne de Pamina, ĂȘtre dĂ©truit, martyrisĂ© par une mĂšre trop tyrannique et cruelle. L’opĂ©ra dĂ©bute dans un intĂ©rieur viennois bourgeois vers 1913 : une famille rĂ©unissant les parents et leurs trois enfants (les 3 garçons du conte Ă  travers les yeux desquels se dĂ©roule en dĂ©finitive toute l’action scĂ©nique), et aussi le grand pĂšre (le futur rĂ©citant incarnĂ© par l’excellent acteur Klaus Maria Brandauer) se retrouve attablĂ©e, servie par 3 servantes en tablier (les futures 3 dames de la lĂ©gende). Sous les apparences tranquilles de famille versaillaise bien comme il faut, le chaos ne tarde pas Ă  surgir : aprĂšs que le pĂšre quitte brutalement le clan, la mĂšre devient hystĂ©rique et folle Ă  peine calmĂ©e par les servantes ; les 3 garçons regagnent leur chambrĂ©e
 et le conte peut alors ĂȘtre racontĂ© Ă  travers les rĂ©cits du grand pĂšre qui introduit chacun des tableaux des deux actes. Sous l’enchantement des scĂšnes qui se succĂšdent, oĂč percent au fur et Ă  mesure de l’action, le vrai visage des protagonistes, se prĂ©cise peu Ă  peu la puissance de cette leçon de sagesse : les enfants qui sont les spectateurs et les acteurs privilĂ©giĂ©s de l’histoire, sont invitĂ©s Ă  mĂ©diter ce qui leur est dĂ©voilĂ© : la vĂ©ritĂ© doit ĂȘtre recherchĂ©e derriĂšre le voile des apparences. Ainsi la Reine de la nuit est-elle vraiment sincĂšre ? Et Sarastro doit-il ĂȘtre haĂŻ comme Tamino est enclin Ă  le penser ? RĂ©flĂ©chis par toi-mĂȘme. Telle est le sens de toute l’action qui des TĂ©nĂšbres bascule peu Ă  peu dans la pleine lumiĂšre (choeur final).

 

 

Réalisée par la metteure en scÚne Lydia Steier
Une sublime Flûte enchantée, à la fois onirique et grave

 

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Auparavant, la musique de Mozart distille sa force onirique, son intelligence magicienne d’autant que l’Orchestre Philharmonique de Vienne atteint des sommets d’élĂ©gance affĂ»tĂ©e et vive qui Ă©lectrise vĂ©ritablement le dramatisme du livret de Shikaneder. Constantinos Carydis dĂ©ploie une vitalitĂ© mordante et sĂ©ductrice, Ă©cartant toute miĂšvrerie ou lourdeur ; recherchant lui aussi l’acuitĂ© du manifeste humaniste sous l’apparence douceĂątre du faux opĂ©ra pour enfants. On reste Ă©bloui par la subtilitĂ© des tableaux visuels, la prĂ©sence de la poĂ©sie qui apparente le conte Ă  un songe, selon l’imaginaire des 3 garçons.

 

 

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Reste que la distribution Ă  quelques exceptions prĂšs est Ă  la hauteur de cette rĂ©ussite scĂ©nographique. Oublions d’emblĂ©e la soprano requise pour remplacer au pied levĂ© la diva programmĂ©e Ă  l’origine : imprĂ©cisions des trilles, notes fausses, malgrĂ© une Ă©mission franche, la Reine de la nuit ne distille aucun trouble. Dommage.
PhrasĂ©s naturels, projection mesurĂ©e, justesse de la caractĂ©risation, et chant intense autant que raffinĂ©, le tĂ©nor Mauro Peter et la soprano Christiane Karg font du couple d’initiĂ©s Tamino / Pamina l’un des plus attachants et subtils de l’heure. Assisterions nous ainsi Ă  un renouveau du chant mozartien ? Ces deux chanteurs lĂ  nous le laisse espĂ©rer. La noblesse des sentiments pour Tamino, l’ñme dĂ©truite, dĂ©sespĂ©rĂ©e de Pamina (son air tragique au II est bouleversant de sincĂ©ritĂ© et de puissance Ă©motionnelle) laissent une forte impression.
Attendu, Matthias Goerne, plus habituĂ© aux nuances schubertiennes, celle du wanderer en rĂ©cital chant / piano, incarne un Sarastro Ă©conome en gestuelle mais saisissant d’humanitĂ© souple et presque caressante : le timbre est somptueux, mais il manque parfois de la rĂ©sonance caverneuse dans les graves que les grandes basses lĂ©gendaires (Matti Salminen) ont su imprimer au personnage

Il y a de la gravitĂ© aussi dans cette production comme au moment des Ă©preuves dĂ©cisives traversĂ©es par le couple Tamino / Pamina, quand sont projetĂ©es des images des combattants de la premiĂšre guerre, la plus destructrice et la plus criminelle, dĂ©figurant et infligeant d’horribles blessures aux soldats ainsi traumatisĂ©s. L’appel humaniste Ă  la paix fraternelle y gagne une vĂ©ritĂ© dĂ©sarmante.

VoilĂ  donc le spectacle Ă©vĂ©nement de cette Ă©dition du Festival de Salzbourg 2018 (avec la SalomĂ© de Castellucci, nouvelle production elle aussi jusqu’au 27 aoĂ»t)
https://www.salzburgerfestspiele.at/oper/salome-2018

: une vision Ă  la fois trĂšs poĂ©tique, rafraĂźchissante mĂȘme de l’opĂ©ra le plus jouĂ© de Mozart avec Don Giovanni et dĂ©fendu par un chef et de jeunes chanteurs qui sont convaincants par leur juste engagement. Au moins Salzbourg modĂšle des festivals d’opĂ©ras l’étĂ©, a su Ă©carter le fiasco pathĂ©tique de l’édition 2018 du festival français d’Aix en Provence, coulĂ© par une triste mise en scĂšne d’Ariadne auf Naxos de Strauss

Saluons par ailleurs la chaĂźne Arte de diffuser le spectacle Die Zauberflöte Ă  une heure de grande Ă©coute ce 4 aoĂ»t justement. On reste toujours agacĂ© par la prĂ©sentatrice dont le style « grande dame » continue d’étiqueter l’opĂ©ra comme un loisir pour « riches » et vieux fortunĂ©s. Le temps est Ă  un nouveau style et il faudrait ainsi dĂ©mocratiser totalement et dĂ©finitivement la musique classique comme l’opĂ©ra en Ă©vitant de tels clichĂ©s, fatalement nĂ©fastes pour l’image du genre. Oui le lyrique est facile d’accĂšs, et pour toutun chacun quelle que puisse ĂȘtre sa position sociale
 D’autant que l’opĂ©ra de Mozart est par essence et selon le voeu du compositeur, un opĂ©ra surtout « populaire » au sens le plus noble et le plus atemporel du terme
 pour tous et pour chacun. Non pas pour l’élite.

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COMPTE RENDU, OpĂ©ra. SALZBOURG, Palais des Festivals. Le 4 aoĂ»t 2018. MOZART : La FlĂ»te EnchantĂ©e / Die Zauberflöte. Carydis / Steier. A l’ffiche jusqu’au 30 aoĂ»t 2018.
VOIR le site du Festival de Salzbourg 2018
https://www.salzburgerfestspiele.at/oper/zauberfloete-2018

 

 

Constantinos Carydis, Musikalische Leitung / Direction musicale
Lydia Steier, Regie / Mise en scĂšne

Matthias Goerne, Sarastro
Mauro Peter, Tamino
Albina Shagimuratova, Die Königin der Nacht (remplacée le 4 août)
Christiane Karg, Pamina
Ilse Eerens, Erste Dame
Paula Murrihy, Zweite Dame
GeneviĂšve King, Dritte Dame
Adam Plachetka, Papageno
Maria Nazarova, Papagena
Michael Porter, Monostatos
Tareq Nazmi, Sprecher
Simon Bode, Zweiter Priester / Erster geharnischter Mann
Birgit Linauer, Alte Papagena
Klaus Maria Brandauer, Großvater / Grand pùre
Wiener SÀngerknaben, Drei Knaben / 3 garçons

Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor
Ernst Raffelsberger, Choreinstudierung
Wiener Philharmoniker

 

 

VIDEO
Lydia Steier parle de sa vision de la Flûte Enchantée / Die zauberflöte
(en anglais / sous titré en allemand)

https://www.salzburgerfestspiele.at/videos/playlistid/PLvbbwyDYw0UWd7h3Um3K5jzC9NMaBCdeb

GIUSTINO de VIVALDI (1724)

vivaldi classiquenews concert dossier special contents classiquenewsFrance Musique, le 27 juillet 2018,21h. VIVALDI: Giustino. En direct. POURSUITE DU CYCLE LYRIQUE VIVALDI Ă  Beaune. Une tempĂȘte en mer, plusieurs batailles, un couronnement spectaculaire
, Giustino de Vivaldi affirme la maturitĂ© accomplie du compositeur vĂ©nitien, inspirĂ© par l’histoire de Byzance. La partition crĂ©Ă©e Ă  Rome en 1724, n’en met pas moins en scĂšne des situations psychologiques d’une rare intensitĂ©, permettant Ă  Vivaldi d’exprimer vertiges, Ă©garements, dĂ©sir des passions humaines. D’acte en acte, doute, suspicion, jalousie font leur oeuvre dans un cycle d’arias particuliĂšrement ciselĂ©s dont l’écriture exige autant de virtuositĂ© que de souffle dramatique, et de justesse Ă©motionnelle. Stravinsky claironnant que Vivaldi se rĂ©pĂ©tait, Ă©crivant toujours le mĂȘme Concerto (avait-il rĂ©ellement bien mesurĂ© le gĂ©nie des Quatre Saisons ?) aura durablement empĂȘchĂ© la juste estimation de l’oeuvre du Pretre Rosso. C’est aussi vrai de son catalogue opĂ©ratique dont malgrĂ© une Ă©bauche de rĂ©surrection (par le disque), le grand public a semblĂ© apprĂ©cier la valeur
 Aujourd’hui qui affiche les opĂ©ras du VĂ©nitien, tout en jugeant objectivement de leur apport et de leur intĂ©rĂȘt ? La mode a produit ses effets. Bien rares, les nouvelles productions d’un opĂ©ra de Vivaldi. Heureusement France Musique met l’accent sur Giustino grĂące Ă  cette soirĂ©e en direct de Beaune, rĂ©surrection attendue sous la baguette fine et musclĂ©e d’Ottavio Dantone.
Le plateau de solistes devrait incarner et caractĂ©riser chacun des personnages et leurs parties. C’est vrai des airs “VedrĂČ con mio diletto“ (acte 1) et “Sento in seno“ (acte 2) chantĂ©s par Anastasio ; “Ho nel petto“ avec psaltĂ©rion solo chantĂ© par Giustino (acte 2), ou encore “Or che cinto ho il crin d’alloro“ chantĂ© par Amanzio, “Sventurata navicella“ et “Senti l’aura“ par Leocasta, sans oublier l’invraisemblable “Per noi soave e bella“, constellĂ© de mĂ©lismes et vocalises en diable, par Arianna
 l’agilitĂ© et le sens du drame sont au coeur d’une partition musicalement prenante, aussi intense et exigeante qu’un drame haendĂ©lien. Le grand dĂ©fi de l’opĂ©ra vivaldien est de s’affirmer malgrĂ© la concurrence de plus en plus sĂ©vĂšre de l’opĂ©ra napolitain. Il met son sens du drame au service d’une conception Ă  la fois efficace et poĂ©tique de l’action.

 

 

 

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vivaldi opera giustinoANTONIO VIVALDI 1678- 1741
(1678 – 1741)
Giustino

DRAMMA PER MUSICA EN 3 ACTES, CRÉÉ DURANT LE CARNAVAL DE 1724 AU TEATRO CAPRANICA DE ROME.
LIVRET DE PARIATI D’APRÈS NICOLÒ BEREGAN

ACCADEMIA  BIZANTINA
Direction musicale : OTTAVIO  DANTONE

Anastasio : Silke GÀng, mezzo-soprano
Arianna : Emöke Barath, soprano
Leocasta : Ana Maria Labin, soprano
Amantio : Ariana Vendittelli, soprano
Giustino : Delphine Galou, mezzo-soprano
Vitaliano : Emiliano Gonzalez Toro, ténor
Andronico, Polidarte : Alessandro Giangrande, ténor

Diffusion en direct

 

 

 

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ORCHESTRE NATIONLA DE LILLE : MASS de BERNSTEIN

bernstein-un-air-de-gravitĂ©-fraternelle-portrait-leonard-bernstein-par-classiquenews-opera-concerts-festivals-musique-classiqueLILLE, ONL. les 29 et 30 juin. BERNSTEIN: MASS. Sommet dĂ©jantĂ© mais manifeste pacifiste et humaniste en pleine guerre froide (1971), MASS est une oeuvre plĂ©thorique que son Ă©clectisme rend inclassable. C’est pourtant une partition propre au gĂ©nie protĂ©iforme de Bernstein que l’Orchestre National de Lille et Alexandre Bloch abordent, en un programme majeur qui est le temps fort des cĂ©lĂ©brations Bernstein en France, pour le centenaire Bernstein 2018.

vendredi 29 juin 20hboutonreservation
samedi 30 juin 18h30
Lille – Auditorium du Nouveau Siùcle

 

BILLETTERIE EN LIGNE

MASS BERNSTEIN
Direction : Alexandre Bloch
Récitant  : Brett Polegato
Orchestre National de Lille

Street People Ensemble Color
Grand ChƓur Ensemble vocal Adventi, Choeur de l’Avesnois, ChƓur du Conservatoire de Cambrai, InChorus, Ă©tudiants du Conservatoire de Lille et choristes amateurs
ChƓur d’enfants ChƓur Maütrisien du Conservatoire de Wasquehal
Chef de chƓur Pascal Adoumbou

Plus de 200 interprĂštes sur scĂšne

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Présentation
bloch-alexandre-maestro-orchestre-national-de-lille-582-presentation-classiquenews-saison-2017-2018C’est une partition Ă©clectique, expĂ©rimentale, dĂ©jantĂ©e, fonciĂšrement populaire d’un Bernstein plus inclassable que jamais. MASS est une partition unique, dĂ©lirante, provocatrice voire dĂ©jantĂ©e dont la forme pluridisciplinaire associant choeur, solistes, danseurs, orchestre classique et guitare Ă©lectrique, renseigne Ă©videmment sur le gĂ©nie gĂ©nĂ©reux, gourmand et gourmet d’un Bernstein qui fusionne populaire et savant. Les textes sont empruntĂ©s Ă  l’ordinaire de la messe en latin, et par Bernstein et l’auteur pour Broadway Stephen Schwartz. La commande en revient Ă  Jacqueline Kennedy, le 8 septembre 1971 pour l’inauguration Ă  Washington du John F. Kennedy Center for the Performing Arts.

Folie, grandeur, hystérie des hommes

bernstein-vignette-centenaire-bernstein-classiquenews-bernstein-complete-works-on-deutsche-grammophon-critique-presentation-annonce-review-par-classiquenews-opera-concerts-festival-musique-classiqueConspuĂ©e, dĂ©nigrĂ©e par les critiques amĂ©ricains, l’oeuvre attend toujours une juste Ă©valuation quand le public l’a toujours apprĂ©ciĂ©, sensible Ă  son accessibilitĂ© polymorphe, son entrain, ses ruptures et ses rythmes contrastĂ©s. Le noble, le populaire : Bernstein gomme les rites, repousse les frontiĂšres, rĂ©invente l’idĂ©e mĂȘme d’une messe, moins cĂ©lĂ©bration costumĂ©e et amidonnĂ©e que transe collective. Une priĂšre pour le vivre ensemble, pour toutes les Ă©poques, dans tous les styles vocaux aussi (le choeur et les solistes y tiennent une place essentielle : porteurs d’ivresse, d’hystĂ©rie, mais surtout de priĂšre intime et fraternelle d’une immense sĂ©duction ; le solo « simple song » est ici un standard Ă©ternel qui place la voix sans le soutien et l’habillage de l’orchestre, une voix Ă  nu, sobre, essentielle, direct, vraie, comme le dernier air dĂ©pouillĂ© de la Messe en si de Bach : un hymne fraternel et la clĂ© d’une partition qui cĂ©lĂšbre l’humain pour son sentiment d’amour et de compassion.

L’architecture de l’oeuvre, ample fresque sociale et collective rĂ©sonne des heurts et dysfonctionnements des sociĂ©tĂ©s humaines : les dissonances, les tensions et les cris, les confrontations sur scĂšne entre les divers groupes en prĂ©sence illustrent ce chaos qui menace en permanence l’ordre du monde


Ainsi Bernstein organise sa Messe atypique autour d’un Celebrant, d’un choeur adulte et d’un choeur d’enfants, de chanteurs populaires (Street singers), vĂ©ritables acteurs qui interpellent, animent, rythment le dĂ©roulement de ce rituel collectif, quand il est mise en scĂšne (ce que souhaitait aussi Bernstein).
Yannick Nézet Séguin a la verve et la tension nécessaires pour réussir une lecture unitaire malgré la menace de dispersion. Tout converge aprÚs des épisodes chaotiques vers cette fin de réconciliation fraternelle (ultime «  Sing God a Secret Song ») en dépit des oppositions et conflits exposés précédemment.
Vivant, palpitant, naviguant entre oratorio sĂ©rieux, transe populaire collective, panache et dĂ©lire du Music Hall et de la variĂ©tĂ©, le chef laisse toute sa place au fond critique de l’oeuvre. Mass interroge le sens de la messe, la place de Dieu, la destinĂ©e et le sens de l’humanitĂ©.
La vision suit l’inĂ©luctable fin qu’a conçue le compositeur, celle d’une paix salvatrice : «The Mass is ended; go in peace » . La Messe est finie, allez en paix.
Chanteurs engagĂ©s, orchestre versatile, expressif, le chef saisit la singularitĂ© d’une piĂšce orchestrale et dramatique, spectaculaire, et pourtant intime. VoilĂ  un bien bel hommage Ă  Leonard Bernstein qui aurait eu cent ans : le 25 aoĂ»t 2018. CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2018.

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APPROFONDIR

LIRE notre dossier sur MASS de Bernstein :
http://www.classiquenews.com/paris-la-philharmonie-affiche-mass-loratorio-dejante-de-bernstein/

LIRE aussi notre bilan discographique de l’annĂ©e Bernstein 2018, dont MASS par Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, rĂ©cemment paru (mars 2018)

FAUST de GOUNOD, une quĂȘte du salut

ary-scheffer-faust-at-the-sabbathBICENTENAIRE GOUNOD 2018. FOCUS sur FAUST
 Faust de Gounod est e second succĂšs du compositeur, et en 1959, une maniĂšre de retour en grĂące auprĂšs du public qui depuis Le MĂ©decin malgrĂ© lui d’aprĂšs MoliĂšre l’avait quelque peu boudĂ©. Fait marquant pour ce Prix de Rome 1839, il s’agissait de reconquĂ©rir la place lyrique, lui qui se destinant aux ordres, avait finalement suivi le conseil de Pauline Viardot, cantatrice magnĂ©tique et tutĂ©laire pour laquelle il avait dĂ©butĂ© une fulgurante carriĂšre avec Sapho, sublime, immortelle par sa lyre chantante (l’équivalent fĂ©minin d’OrphĂ©e, remarquable ouvrage au gĂ©nie mĂ©lodique crĂ©Ă© en 1851). Avant que n’arrive RomĂ©o et Juliette de 1867, ensorcelante ivresse amoureuse par ses 3 duos extatiques (vraie alternative Ă  Wagner), Faust est l’opĂ©ra le plus jouĂ© en France et dans le monde. L’ouvrage est en 5 actes et est conçu de 1839 Ă  1859 : 20 annĂ©es d’une crĂ©ation difficile car Gounod sait l’ampleur de la tĂąche qui doit ĂȘtre digne de la source poĂ©tique allemande : Goethe. Schumann vient de terminer sa version en 1853, mi oratorio mi opĂ©ra. Mais la version premiĂšre comporte des dialogues parlĂ©s qu’il remodĂšle en rĂ©citatif ajoutant le ballet du dĂ©but du VĂš acte (la fameuse Nuit de Walpurgis) pour la reprise de 1869 Ă  l’OpĂ©ra de Paris. HĂ©ritier de Meyerbeer et de HalĂ©vy dans le genre du grand opĂ©ra Ă  effets (spectaculaires et 
 fantastique, sujet oblige), Faust est le plus grand succĂšs français (2358 reprĂ©sentations cumulĂ©es Ă  Paris en 1975).
A travers le mythe de Faust, se prĂ©cise le dĂ©fi de toute une vie : la vanitĂ© du savoir face Ă  l’inexorable dĂ©chĂ©ance physique : que sert de comprendre le monde, s’il n’offre que frustrations et souffrance ? Le docteur Faust ĂągĂ© dĂ©sespĂšre du monde et de la vie, mais rencontre MĂ©phistophĂ©lĂšs qui en Ă©change de son Ăąme, lui promet dĂ©lices et merveilles. Or l’illusion et la dĂ©pression ronge le cƓur de Faust qui se lasse des plaisirs suscitĂ©s par le Malin : il reprend cependant espoir par l’amour que lui apporte la pure et croyante Marguerite. Pourtant favorisĂ© et protĂ©gĂ© par MĂ©phistophĂ©lĂšs, Faust provoque la mort de la mĂšre et du frĂšre (Valentin) de la jeune femme. Celle ci noie l’enfant nĂ© de leur union maudite


 

 

 

Faust Ă  l’épreuve des plaisirs
Opéra du salut, entre amour et repentir

 

 

A la diffĂ©rence de Goethe qui dans le 2Ăš volet de son Faust, s’intĂ©resse au salut de l’ñme du docteur que sa quĂȘte indicible du bonheur a conduit au bord du gouffre infernal, Gounod exploite la veine dramatique du sujet, et se concentre surtout sur le thĂšme amoureux qui unit et dĂ©truit aussi le couple illĂ©gitime. La culpabilitĂ© et le tragique s’emparent de l’action jusqu’à son terme fatal. Le plus beau tableau reste le IIIĂš, celui de la rencontre avec Marguerite (aprĂšs son air cĂ©lĂšbre, air des bijoux parodiĂ© par HergĂ© dans Tintin, dans le personnage caricatural de la Castafiore : Ah je ris de me voir si belle en ce miroir
). Le IVĂš acte scelle le destin de Marguerite qui devenu mĂšre est accablĂ©e par la culpabilitĂ© tandis que son frĂšre Valentin, souhaitant venger l’honneur de sa sƓur, meurt en duel contre Faust. Le dĂ©but du dernier acte synthĂ©tise toutes les ivresses orgiaques auxquelles pourrait prĂ©tendre Faust (la Nuit de Walpurgis : sorte de rĂ©ponse française au ballet orgiaque lui aussi qui ouvre l’opĂ©ra TannhaĂŒser de Wagner) : d’ailleurs tout en lascive sĂ©duction, le ballet de Walpurgis emprunte Ă  la valse alors dominante Ă  Vienne, le rythme entĂȘtant des 3 temps, en particulier dans la danse des Nubiennes
 mais Faust sĂ©duit d’abord par le Malin, mesure l’étendue de la vanitĂ© des plaisirs. Croyant, Gounod imagine Ă  la fin du VĂš, une Marguerite repentante (aprĂšs avoir tuĂ© son enfant) et face Ă  ce terrible crime, un Faust lui aussi pĂ©tri de remords. SĂ©duisant et raffinĂ©e, l’écriture de Gounod dĂšs 1859 remodĂšle le format et la forme du grand opĂ©ra français, en assouplissant les angles tragico spectaculaires, issus de Meyerbeer, par une tendresse nouvelle, une langueur qui porte Ă  l’amour.

Illustration : Faust au Sabbath, 1842 / Ary Scheffer

 
 
 
 
 

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FAUST, actualités
the gounod edition set box 15 cd WARNER, critique cd, cd review presentation annonce CLASSIQUENEWSL’éditeur WARNER pour le bicentenaire GOUNOD 2018 rĂ©Ă©dite la version complĂšte en 5 actes enregistrĂ©e par Michel Plasson et l’orchestre du Capitole avec une somptueuse distribution : Freni, Domingo
 LIRE notre prĂ©sentation de ce coffret majeur : THE GOUNOD EDITION, qui remporte le CLIC de CLASSIQUENEWS de juin 2018

 

 
 

CURIOSITÉ… Paris affiche en juin 2018 une production de la version « originale » en 4 actes de 1859, l’originelle, avec dialogues parlĂ©s, et sans le joyau symphonique ajoutĂ© en 1869, le fameux ballet qui ouvre le 5Ăš acte, la nuit de Walpurgis
 En revenant au premier Ă©tat, ce Faust 1 prĂ©sente plusieurs airs tronquĂ©s, des tableaux dĂ©placĂ©s, offrant un enchaĂźnement Ă©pars et dĂ©construit, dĂ©pouillĂ© de l’éclat fantastique qu’apporte le 5Ăš acte. A suivre. PARIS, TCE, 14 juin, 19h30

 
 
 

CD, critique. PEDRO RUIMONTE EN BRUSELAS (2 cd Lauda Musica / La Grande Chapelle / Albert Recasens 2017)

ruimonte-pedro-bruselas-la-grande-chapelle-albert-Recasens-cd-programme-cd-review-la-critique-cd-par-classiquenewsCD, critique. PEDRO RUIMONTE EN BRUSELAS (2 cd Lauda Musica / La Grande Chapelle / Albert Recasens 2017). Voici un double cd qui souligne combien l’avĂšnement de nouveaux souverains (Habsbourg espagnols) Ă  la tĂȘte des provinces nĂ©erlandaises : l’infante Isabelle Claire EugĂšnie et son futur Ă©poux, l’archiduc Albert VII d’Autriche en 1599, – Ă  l’initiative de Felipe II d’Espagne (pĂšre de l’Infante), modifia la vie de cour, en particulier, favorisa enfin l’essor d’une intense activitĂ© musicale (inĂ©dite in loco). Le couple venu pacifier les Ă©tats nĂ©erlandais en guerre ouverte contre leurs suzerains ibĂ©riques, sut affirmer un prestige politique auquel le maestro de musica, Pedro Ruimonte associa une somptueuse parure musicale, – spĂ©cifiquement espagnole, comme en tĂ©moigne le faste artistique dĂ©veloppĂ© pour l’entrĂ©e solennelle du couple Ă  Bruxelles. La politique de l’Infante porta ses fruits et en signant la trĂȘve de Douze ans (1609-1621), la paix put se renforcer pendant plus d’une dĂ©cade, permettant Ă  l’art de reprendre des couleurs. Les Flandres purent en particulier dĂ©velopper une nouvelle industrie du luxe. Mais la reconquĂȘte s’appuie surtout sur l’exaltation de la foi de souverains Ă©trangers, ultra-catholiques.
En place au sein de la chapelle archiducale jusqu’en 1614, Ruimonte (aux cĂŽtĂ©s de Peter Philips, John Bull avec le maĂźtre de chapelle GĂ©ry de Ghersem) livre l’ordinaire liturgique et la parure des Ă©vĂ©nements spectaculaires destinĂ©s Ă  assoir l’éclat du dĂ©corum de la contre-rĂ©forme. Bruxelles peut donc se targuer de connaĂźtre sous les Habsbourg, un Ăąge d’or auquel en accord avec la musique, la peinture permit aussi un regain de splendeur, grĂące Ă  Rubens, maĂźtre souverain de la sĂ©quence (avec Otto Venius, Frans Francken, Brueghel l’Ancien, sans omettre le portraitiste Pourbus, qui passera ensuite en France
). La pĂ©riode dorĂ©e prit fin avec le dĂ©cĂšs d’Isabelle en 1633. Le premier tiers du XVIIĂš marque donc Ă  Bruxelles, un dĂ©veloppement exceptionnel des arts. Albert Recasens, directeur artistique de La Grande Chapelle, nous livre ici un Ă©clairage inĂ©dit sur une pĂ©riode pourtant passionnante de l’histoire bruxelloise, Ă  l’époque du premier baroque europĂ©en.

ESSOR DU VILLANCICO Ă  BRUXELLES

Isabella_Clara_Eugenia_of_Spain_-_Frans_Pourbus_II cd review critique cd par classiquenews CLIC de classiquenews de mai 2018Bruxelles Ă  l’heure d’Isabelle entretient un style Ă©clectique et international comme en tĂ©moigne la Fantaisie du Bruxellois Pieter Cornet qui outre sa virtuositĂ© toute italienne, affirme une parfaite assimilation de l’art des virginalistes anglais, dont celui de John Bull, prĂ©sent Ă  Bruxelles justement autour de 1613 (cd 1, plage 5). Le programme conçu par Albert Recasens poursuit une approche extrĂȘmement pertinente et documentĂ©e sur la pĂ©riode : l’intĂ©rĂȘt de ce nouveau disque est d’éclairer le style de Pedro Ruimonte en l’inscrivant dans le contexte artistique de son temps : y figurent ainsi les piĂšces contemporaines de Philips (oeuvres sacrĂ©es), du dĂ©jĂ  citĂ© Cornet (piĂšces pour clavecin) ; mais aussi Romero, Dering (anglais devenu catholique, auteur pour la consort music), jusqu’à Frescobaldi (Canzon, plage 6)
 dans le cd 2 : l’Italien publie son Livre I de madrigaux Ă  Anvers avant de rejoindre Rome oĂč il sera maestro de capella (Capella Giulia).

Dans ce creuset europĂ©en, Ruimonte accompagne l’évolution du choix gĂ©nĂ©ral de textes français pour l’italien (essor du madrigal), mais affirme de son cĂŽtĂ©, l’espagnol comme langue poĂ©tique mise en musique : ainsi son Parnasso espanol (1614, dĂ©diĂ© au Duc de Lerma) dont sont extraits les Villancicos abordĂ©s ici ; cependant il ne sera pas suivi par ses confrĂšres. Ainsi et c’est le sujet principal de ce programme, Ruimonte dĂ©fend le madrigal espagnol (et aussi le villancico) pour 4, 5 et 6 voix ; La Grande Chapelle dĂ©veloppe un soin particulier pour chaque piĂšce, afin de favoriser l’articulation donc l’intelligibilitĂ© de chaque texte dont on peut raisonnablement penser qu’ils firent la dĂ©lectation particuliĂšre des nobles d’Espagne, sans omettre les Souverains Habsbourg eux-mĂȘme en terres flamandes et Bruxelloises.
Ainsi dans chacun des 5 Villancicos retenus (en premiĂšre mondiale, tous dĂ©diĂ©s soit Ă  la Vierge soit Ă  la Passion), La Grande Chapelle insuffle la souplesse nĂ©cessaire pour bien distinguer dans la tenue des effectifs requis, l’enchaĂźnement de ses 3 composantes (estrebillo pour 1, 2 ou 3 voix) ; responsion, dĂ©veloppement de la premiĂšre strophe du 1, par le groupe vocal complet ; enfin, copla finale (mĂȘme effectif que le 1).
Distinguons aussi un travail exemplaire portĂ© par les deux groupes de chanteurs, dans le rare motet (en latin) : Sancta Maria (8 voix), oĂč l’expressivitĂ© chorale proche du texte enflamme cette priĂšre descendante (pleine d’humilitĂ© recueillie) et pourtant aussi trĂšs incarnĂ©e, palpitante.

Le geste respecte l’énoncĂ© surtout syllabique (moins madrigalesque) d’oeuvres qui frappent par leur caractĂšre suspendu, intĂ©rieur, comme distancié  emblĂšmes parfois Ă©nigmatiques d’un pouvoir qui s’est rĂȘvĂ©, universel et omnipotent aux Pays-Bas Espagnols. Ce qu’il fut concrĂštement jusqu’en 1633. La qualitĂ© des textes et des maniĂšres ainsi rĂ©vĂ©lĂ©s mĂ©ritait bien ce double tĂ©moignage absolument nĂ©cessaire. FidĂšle Ă  sa rĂ©putation, Albert Recasens sait nuancer et habiter chaque sĂ©quence avec un feu mesurĂ© et trĂšs homogĂšne. On ne peut guĂšre attendre dans un tel rĂ©pertoire, Ă  la fois solennel et recueilli, meilleure comprĂ©hension des piĂšces choisies.

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CLIC_macaron_2014CD, critique. PEDRO RUIMONTE EN BRUSELAS, musica en la corte de los archiduques Alberto e Isabel Clara Eugenia (2 cd Lauda Musica LAU 017 / La Grande Chapelle / Albert Recasens, direction – enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Anvers en janvier 2017). Saluons la notice extrĂȘmement bien documentĂ©e, illustrĂ©e avec discernement, qui souligne le travail scientifique d’envergure dont le coffret de 2 cd est le prolongement Ă©loquent. Rare aujourd’hui, crise du cd oblige et frilositĂ© des directeurs de salles et de festivals, les programmes d’une telle ampleur, ambition, valeur. Bravo Ă  Albert Recasens et ses Ă©quipes. Pour un tĂ©moignage vidĂ©o et plus d’informations : visiter le site du label LAUDA MUSICA

http://www.laudamusica.com/index.php

et

http://www.atlas-news.com/agencia-internet/cultura/Ruimonte_en_Bruselas-pedro_Ruimonte-Siglo_de_Oro-Albert_Recasens-La_Grande_Chapelle-Fundacion_BBVA_3_1116518346.html

VAL D’EUROPE : Serris (77), rĂ©cital flĂ»te et guitare

musicales-du-val-d-europe-concert-mars-flute-et-guitare-ameriques-concert-presentation-par-classiquenews-concert-mars-2018-emotionheader5806474027Val d’Europe. SERRIS : le 17 mars. Concert AMERIQUES : flĂ»te, guitare. Au pluriel, les AmĂ©riques dont il est question sont Ă©picĂ©es, chaloupĂ©es, souvent enivrĂ©es et parfois nostalgiques. Toujours passionnĂ©ment dansantes. Raquelle MAGALHAES et Etienne CANDELA composent un duo flĂ»te / guitare Ă©patant ; surtout, comme dans ce concert oĂč ils abordent le rĂ©pertoire d’AmĂ©rique latine. Musiques de Cuba, d’Argentine et du BrĂ©sil, entre autres
 les deux interprĂštes font vivre une expĂ©rience unique au grĂ© des rythmes et des mĂ©lodies de Villa-Lobos, Piazzolla, Brouwer, Pujol et Sergio Assad. Leur approche vivante et leur forte complicitĂ© dĂ©voilent combien les compositeurs dits classiques se sont inspirĂ©s des mĂ©lodies et airs du folklore et de la tradition populaire. Musique savante, musique de la rue, dansent et fusionnent avec un sens du rythme souvent irrĂ©sistible.

Raquelle MAGALHAES affirme une flûte libre qui joue des répertoires, des styles, capable de jouer les partitions du réeprtoire comme improviser avec une dextérité engageante
 Etienne CANDELA est un guitariste qui soigne sa sonorité, passionné aussi par le luth baroque, instrument particuliÚrement délicat et fragile. Leur complicité devrait offrir un concert onirique.

Samedi 17 mars 2018, Ă  18h30 : avant concert, rencontre avec les artistes sur le thĂšme du programme jouĂ© – Ă  21h, concert. Ferme des Communes, 8 Boulevard Robert Thiboust, 77700 Serris

RESERVEZ VOTRE PLACE

 

 

 

 

 

INFOS & RESERVATIONS
Sur le site Musicales du Val d’Europe, saison 2017 – 2018
https://www.excellart.org/les-musicales/

 

 

 

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DECOUVRIR les 4 concerts du printemps 2018, prĂ©sentĂ©s par Les Musicales du Val d’Europe, jusqu’au 10 juin 2018

 

 

 

 

 

 

 

ENTRETIEN AVEC 


 

 

excellart-musicales-val-europe-concert-nouvelle-saison-2017-2018-presentation-ruxandra-concerts-programmes-par-classiquenews-saison-concerts-2017-2018GRAND ENTRETIEN avec Ruxandra Sirli, directrice artistique des Musicales du Val d’Europe. Pour la seconde saison musicale 2017 – 2018, Les Musicales du Val d’Europe poursuivent l’enracinement d’une offre de concerts Ă©quilibrĂ©e, ouverte, exigeante surtout accessible Ă  l’Est de Paris, autour de Marne-la-VallĂ©e. ImmĂ©diatement, la saison musicale incarne une programmation trĂšs cohĂ©rente, qui a le souci de l’ouverture et de la proximitĂ© avec les publics. C’est tout le dĂ©fi (rĂ©ussi et plutĂŽt prometteur) de dĂ©velopper dans des lieux et un territoire sans tradition musicale, un cycle de dĂ©couvertes et de rencontres autour des instruments et des artistes invitĂ©s. Car l’objectif dĂ©passe le seul divertissement proche et intime : il s’agit aussi de cultiver le plaisir d’écouter la musique, voire de la pratiquer
 ENTRETIEN avec sa directrice artistique, la violoniste roumaine Ruxandra Sirli.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Comment s’inscrit votre saison musicale dans l’offre culturelle du Val d’Europe ? De quelle façon concrĂšte, les concerts que vous proposez, complĂštent-ils cette offre Ă  l’Ă©chelle du territoire ?


ruxandra-sirli-festival-saison-musicales-du-val-d-europe-presentation-annonce-par-classiquenews-concerts-programmes-festivals-musique-classique-chessy-marne-la-valleeRUXANDRA SIRLI :
Val d’Europe est un territoire en pleine expansion Ă  40 km Ă  l’Est de Paris, oĂč la musique classique n’avait pas encore de saison dĂ©diĂ©e. ExcellArt est une association formĂ©e autour de projets d’artistes professionnels, installĂ©e dans l’agglomĂ©ration valeuropĂ©enne depuis 2016. Il nous a semblĂ© Ă©vident de partager le rĂ©pertoire classique, que nous aimons et dĂ©fendons, avec nos voisins, concitoyens et amis, et de fil en aiguille un public grandissant ! Pour complĂ©ter l’offre culturelle locale, nous avons choisi, d’une part, de montrer la diversitĂ© du rĂ©pertoire classique : les programmes s’Ă©tendent du XVIe siĂšcle Ă  nos jours, c’est un riche pan d’histoire sonore Ă  faire dĂ©couvrir et le talent des artistes invitĂ©s – tous professionnels reconnus – est un puissant vecteur de transmission. D’autre part, nous avons souhaitĂ© instaurer un dialogue : avec le public de diffĂ©rentes gĂ©nĂ©rations par les prĂ©sentations avant-concert, et avec les diffĂ©rentes structures du territoire (Ă©coles de musique, mĂ©diathĂšques, salles de musiques actuelles) par le biais de partenariats et rencontres.
Nous croyons fermement que la musique classique n’est pas seulement destinĂ©e Ă  des initiĂ©s, dans une ambiance compassĂ©e. Nos avant-concerts permettent prĂ©cisĂ©ment d’initier petits et grands et les concerts se dĂ©roulent dans une atmosphĂšre de “salon de musique”, d’autant que nos lieux de reprĂ©sentation sont restreints et permettent de crĂ©er un lien privilĂ©giĂ© avec le public.

 

 

 

CNC : Qu’apportez vous de nouveau par rapport aux autres formules / institutions existantes ?

RS : Les Musicales du Val d’Europe proposent chaque mois de septembre Ă  juin, un concert classique professionnel au cƓur d’une agglomĂ©ration de plus de 35.000 habitants. C’est nouveau et diffĂ©rent pour un territoire qui Ă©tait rural il y a 30 ans seulement. Notre agglomĂ©ration Ă©tant devenue pĂ©riurbaine, elle ne peut pas bĂ©nĂ©ficier du rĂ©seau de concerts et spectacles qui irrigue les parties rurales du dĂ©partement. Les salles ou thĂ©Ăątres proposant des concerts classiques similaires sont assez Ă©loignĂ©s (Nota : Meaux, 15 km; Noisiel, 19 km; Coulommiers, 25 km; Paris, 40 km) et de ce fait moins accessibles pour les familles, a fortiori avec des enfants.
Nos villes bĂ©nĂ©ficiaient dĂ©jĂ  d’une belle programmation de musiques actuelles et de thĂ©Ăątre, et nous sommes dĂ©sormais partenaires de plusieurs communes pour complĂ©ter l’offre culturelle par la musique classique. Ainsi, les Musicales du Val d’Europe s’installent chaque mois dans un lieu diffĂ©rent de l’agglomĂ©ration, qu’il s’agisse de salles municipales, de salles de spectacles ou d’Ă©glises. Nous sommes trĂšs fiers de compter des auditeurs de tous Ăąges, en particulier des familles avec enfants, et de faire naĂźtre le plaisir de la musique comme le dĂ©sir de la pratiquer.

 

 

 

CNC : Quel est l’attrait de chacun des 4 concerts Ă  venir, de mars Ă  juin 2018 ?  De quelle façon incarnent-ils la cohĂ©sion et l’unitĂ© de votre ligne artistique ?

RS : La programmation des Musicales du Val d’Europe est thĂ©matique et conçue pour raconter : une Ă©poque, un compositeur, un lieu… Elle met Ă  l’honneur diffĂ©rents rĂ©pertoires et formations instrumentales, en mĂȘlant Ɠuvres cĂ©lĂšbres et rares dans un format de concert sans entracte.
Le 17 mars nous partons vers le continent sud-amĂ©ricain avec “AmĂ©riques” et le duo flĂ»te et guitare MagalhĂŁes-Candela ; le 7 avril, l’accordĂ©oniste Anne Niepold et le Quatuor Alfama proposeront “Lalala…”, un programme original et poĂ©tique autour des plus belles mĂ©lodies d’hier et d’aujourd’hui ; le 19 mai, six siĂšcles de rĂ©pertoire pour harpe rĂ©sonneront sous les doigts de la concertiste Suzanna Klintcharova. Enfin, la saison se terminera le 10 juin par un goĂ»ter-concert avec le Quatuor Talea, qui interprĂšte plusieurs chefs-d’oeuvre de la musique de chambre, de Dvoƙák et Borodine notamment, dans “Impressions slaves”. Beaucoup de diversitĂ©, donc! Surtout des moments d’Ă©motion, de surprise et de convivialité 

 

 

 

CNC : Comment choisissez vous les programmes musicaux et les artistes ? Selon quels critĂšres ?

RS : Le premier critĂšre est l’excellence! Tous les artistes invitĂ©s sont des professionnels reconnus. Ensuite, le parti-pris est de proposer des concerts dans chaque ville de notre agglomĂ©ration, lorsque cela est possible, et donc de changer de lieu chaque mois. Nos lieux de concert sont souvent intimistes, ce qui impose le second critĂšre : opter pour des formations instrumentales rĂ©duites. Le troisiĂšme critĂšre est l’Ă©clectisme voulu dans la programmation : l’univers sonore de chaque concert est diffĂ©rent, la thĂ©matique Ă©galement, avec la volontĂ© de faire dĂ©couvrir Ă  chaque fois des Ɠuvres ou des instruments qui sortent de l’ordinaire. Cette prĂ©sentation privilĂ©giĂ©e des instruments – dont certains sont insolites, comme l’orgue de cristal – permet de crĂ©er un lien particulier entre artistes et auditeurs ; cette proximitĂ© permet aussi de susciter la curiositĂ© – et parfois des vocations!

Propos recueillis en février 2018.

 

 

 

 

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Liens :
VAL D’EUROPE :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Val_d%27Europe

MUSICALES VAL D’EUROPE – teaser vidĂ©o saison 17-18
 https://www.youtube.com/watch?v=6DjDyNgKyTI 

 

 

 

 

 

Compte rendu, critique, concert. Vienne, Musikverein, le 1er janvier 2018. CONCERT DU NOUVEL AN 2018. Wiener Philharmoniker / Riccardo Muti

1er janvier 2018 : Riccardo MUTI dirige le concert du NOUVEL AN Ă  VIENNECompte rendu, critique, concert. Vienne, Musikverein, le 1er janvier 2018. CONCERT DU NOUVEL AN 2018. Wiener Philharmoniker / Riccardo Muti, direction. Pour le concert du Nouvel An Ă  Vienne ce 1er janvier 2018, revoici les instrumentistes du Philharmonique de Vienne sous la direction du chef familier pour eux, Riccardo Muti. Nous les avions quittĂ©s ici mĂȘme le 1er janvier 2017 sous la direction de Gustavo Dudamel : jeune et trĂšs prĂ©cis maestro : le plus jeune alors depuis des dĂ©cennies Ă  diriger les prestigieux instrumentistes autrichiens. Les ors et les fleurs en surabondance, selon le goĂ»t spĂ©cifique des Viennois pour l’ultra kitsch (Sissi n’est pas loin, sans omettre les fastes sirupeux de Schönbrun), soulignent l’importance musical, surtout mĂ©diatique de l’évĂ©nement.
Souvent un rien raide mais d’une tension supĂ©rieure, maestro Muti sait aussi quand il est bien « luné », exprimer une rĂ©elle prĂ©cision nerveuse, Ă  la fois musclĂ©e et 
 mĂȘme Ă©lĂ©gante. Qu’en est-il au cours des 16 sections choisies par le chef (en dehors des sempiternelles morceaux de rigueur tels le Beau Danube Bleu du Fils Strauss, et aussi pour la claque du public, en un expĂ©rience interactive finale, La Marche de Radetski de Johann pĂšre) ?
Muti dirige ainsi pour la 5Ăš fois l’Orchestre viennois (sa derniĂšre performance remonte Ă  2004). Aux Strauss de rigueur, Muti, – chef lĂ©gendaire de la Scala (qu’il a quittĂ© avec fracas), ajoute aussi deux Ă©critures flamboyantes (et premiĂšres Ă  ĂȘtre jouĂ©es dans ce cadre), dans le genre de symphonisme lĂ©ger : SuppĂ© et le plus rare (premiĂšre mĂȘme au Musikverein donc) le slave Alphons Czibulka, dont la « StĂ©phanie-Gavotte » est ici rĂ©vĂ©lĂ©e (dans la seconde partie).

 

 

 

PremiĂšre partie

 

Johann Strauss, Marche du Baron Tzigane. DĂšs le dĂ©but du concert, les trompettes d’ouverture affirment un panache martial : nous sommes dans le goĂ»t de la parade militaire accordĂ©e Ă  l’exaltation de la danse (valse Ă  l’allure tzigane). DĂ©jĂ  cette tension, un peu raide s’invite dans la direction du maestro italien. On regrette un manque d’abandon dans les cordes, aux pourtant somptueuses vagues mĂ©lodiques ; comme les tutti « bombardĂ©s ». La dĂ©monstration est le fort d’un Muti qui ne s’intĂ©resse moins Ă  la poĂ©sie et Ă  l’intĂ©rioritĂ© des partitions straussiennes, qu’à leur fonction dĂ©monstratives et rutilantes.

Josef Strauss, Fresques de Vienne, valse, op. 249*
Plus mĂ©ditatives et contemplatives dans ses Ă©vocations urbaines (de Vienne : solo pour violoncelle, ardent, enflammĂ© mais mesurĂ©), Fresques de Vienne rappelle le tempĂ©rament plus poĂ©tique du frĂšre cadet souvent mĂ©sestimĂ© (Ă  torts) : Josef, qui en reprenant la direction de l’orchestre des Strauss – vĂ©ritable entreprise plus que rentable (pour permettre Ă  son aĂźnĂ©, Johann II, de composer), s’attela Ă  une tĂąche harassante qui le condamna trĂšs vite ; bien que passionnĂ© par l’ingĂ©nierie, il de dĂ©die Ă  la musique, vocation forcĂ©e et familiale
 et meurt de surmenage, – Ă  seulement 43 ans, extĂ©nuĂ©, usĂ© par le rythme des tournĂ©es et rĂ©pĂ©titions
 De fait, Josef avait un talent aussi passionnant que celui de son frĂšre, sans certainement possĂ©der son gĂ©nie de la mĂ©lodie ; mais la puissance de son orchestration trĂšs ciselĂ©e frappe immĂ©diatement dans ses Fresque viennoises, ainsi dĂ©voilĂ©es, sous la baguette plus agile, contrastĂ©e, mais parfois brutale de Muti. L’élĂ©gance de Josef s’affirme nĂ©anmoins nettement dans la conclusion tout en retenue et attĂ©nuation, sans fracas superfĂ©tatoire.

Johann Strauss, Parade nuptiale, polka française, op. 417*
Le fouettĂ© (Ă©clatant grĂące aux flĂ»tes et piccolo) se marie avec un esprit d’espiĂšglerie conquĂ©rante : toute la magie allusive du magicien Johann II s’exprime ici
 dans les deux Polkas enchaĂźnĂ©es (la française est de tradition plus lente que celle « normale » ou rapide). Avouons que cela tourne Ă  la mĂ©canique bien rĂ©glĂ©e mais systĂ©matique et rĂ©pĂ©titive (comme le jeu des grues tĂ©lĂ©visuelles dont les effets finissent par lasser : zoom avant, zoom arriĂšre dans des vues gĂ©nĂ©rales du Musikverein qui font danser les lustres 
 on vous sait gavĂ©s, mais 
vous reprendrez bien de la tarte Ă  la crĂšme ?). Muti n’a pas la finesse ni l’articulation dĂ©taillĂ©e d’un Abbado, rĂ©cemment
 PrĂȘtre ou derniĂšrement en 2017 (pour le Concert du Nouvel An 2017), le vĂ©nĂ©zuelien Gustavo Dudamel qui a surpris par son Ă©lĂ©gance. Ainsi, dans le Sang lĂ©ger, polka rapide, op. 319, cela tourne en rond avec un final dĂ©monstratif pour plaire Ă  l’assemblĂ©e.

Johann Strauss pĂšre, Valses de Marie, op. 212*
Voici l’un des fleurons imprĂ©vus de ce programme que l’on jugeait dĂ©jĂ  efficace et rien que routinier. Le fondateur de la dynastie, qui mourut Ă  moins de 50 ans, et fut un pĂšre plutĂŽt inconsistant, – au point de susciter la haine de son fils Johann, dĂ©ploie un vrai talent opĂ©ratique dans cette valse dont il fait un dĂ©veloppement symphonique d’une Ă©lĂ©gance et d’une grĂące infinie, dont son fils saura s’inspirer. TrĂšs proche de la Valse du Printemps (jouĂ© par Karajan et chantĂ© par Kathleen Battle dans les annĂ©es 1980), la Valse de Marie affirme un charme souverain, grĂące Ă  une orchestration raffinĂ©e (harpe) et une sĂ©duction mĂ©lodique (aux cordes seules) qui envoĂ»tent littĂ©ralement (doublĂ© par le piccolo). C’est le morceau de bravoure de cette premiĂšre partie
 Teintes miroitantes, accents distillĂ©s et scintillants, retenue, abandon, vertiges et rebonds de grande classe
 l’écriture du pĂšre resplendit ici par sa richesse, son Ă©lĂ©gance suprĂȘme – fĂ©minine-, que la seule audition de la Marche de Radetsky tendait Ă  mĂ©connaĂźtre. Muti trĂšs inspirĂ© dans cette rĂ©vĂ©lation, a eu du nez. Le choix est parfait. Et la surprise vainc toute rĂ©serve. Chapeau maestro.

Johann Strauss pĂšre, Guillaume Tell, Galop, op. 29b*
Nerveux, racĂ©, martial
 Muti est Ă  son avantage dans ce galop serrĂ©, tendu, ardent, de fiĂšre allure. Sa direction incisive excelle dans cet exercice de haute Ă©cole (inspirĂ© de la mĂ©lodie de Rossini sur le mĂȘme thĂšme) oĂč tous les musiciens, soldats bien agencĂ©s au millimĂštre prĂšs) redoublent d’intensitĂ© mordante, ultracontrastĂ©e, avec un crescendo progressif, toujours expansif qui est destinĂ© Ă  dĂ©clencher les applaudissements du public. Tout cela est indiscutablement efficace.

 

 

 

DeuxiĂšme partie

 

 

Franz von SuppĂ©, Ouverture de l’opĂ©rette Boccaccio*
Dramatisme proche de l’opĂ©ra Ă©videmment, d’une Ă©nergie dramatique, mais souvent sans la classe ni l’élĂ©gance des Strauss. Le cĂŽtĂ© grosse caisse dont se satisfait Muti Ă©tonne mais il n’exploite pas assez la vĂ©locitĂ© diaphane des cordes viennoises rĂ©putĂ©es cependant pour leur finesse d’intonation. L’écriture de SuppĂ© reste, comparĂ©e aux Strauss pĂšre et fils, plutĂŽt hollywoodienne et mĂȘme 
wagnĂ©rienne. Eclectisme qui cite aussi Le Beau Danube de Joahnn fils (au dĂ©but). Mais le final pĂ©taradant, menĂ© comme une cavalerie victorieuse, toujours martiale, emporte l’enthousiasme d’un public toujours curieux de performances et de surenchĂšre.

Johann Strauss : Fleurs de Myrte, valse, op. 395* : musique de mariage de l’Archiduc Rodolphe, celui qui pĂ©rira Ă  Mayerling. Murmures et Ă©clats mordorĂ©s (cors, clarinettes
) d’une forĂȘt mystĂ©rieuse et majestueuse, forment un tapis somptueux pour la mĂ©lodie principale, valse emblĂ©matique, Ă  la fois furieusement sensuelle
ivresse, enivrement, Ă©lĂ©gance Ă©perdue : la marque de Vienne classique et romantique, depuis Haydn.

Alphons Czibulka, Stéphanie-Gavotte, op. 312*
Voici l’autre dĂ©couverte annoncĂ©e dans le programme. La partition dĂ©veloppĂ©e, vraie poĂšme symphonique cultive les climats suspendus, oĂč brille le dialogue des cordes et des bois, avec un caractĂšre d’éveil 
 printanier. Saluons les qualitĂ©s intĂ©rieures de la direction qui porte le flux dans un sentiment amoureux.

Johann Strauss, Balles magiques, polka rapide, op. 32
TrĂ©pidation, frĂ©nĂ©sie (celle ci électrique, menĂ©e tambour battant par le piccolo, farceur, saillant, pointu) emporte tout sur son passage, avec un dĂ©sir d’ivresse, authentiquement straussien. Le nerf qu’instille Muti se rĂ©vĂšle lĂ  encore trĂšs efficace. InspirĂ©, le chef fait saluer debout tout l’orchestre. Comme il aime les fracas et poncifs sonores


 

 

 

Johann Strauss, Contes / LĂ©gendes de la forĂȘt viennoise, valse, op. 325

 

 

concert nouvel an vienne 1er janvier 2018 la critique du concert sur classiquenews

 

 

Avec Valses de Marie, voici le fils le plus Ă©lĂ©gant et nostalgique, vĂ©ritable poĂšte Ă  l’écoute de la nature
 Valse de concert de 1868, avec son lever de rideau (et cithare) qui exprime les enchantements de la forĂȘt viennoise : tout le gĂ©nie de Johann fils se dĂ©ploie dans ce morceau de bravoure oĂč les cors nobles, les cordes impĂ©riales distillent ce miel majestueux et d’un raffinement extrĂȘme, emblĂšme d’une insouciance aimable et rĂȘveuse d’une richesse Ă©blouissante en terme de nuances et de climats inspirĂ©s par la Sainte et Miraculeuse Nature : quel hommage aux arbres et Ă  l’esprit des frondaisons que l’homme du XXIĂš s’ingĂ©nie Ă  polluer et Ă  dĂ©truire cyniquement. Johann Strauss ne s’est jamais tant surpassĂ© que dans cette sublimation de son art grĂące Ă  l’inspiration puisĂ©e dans la contemplation de notre mĂšre planĂšte. La dĂ©licatesse de la joueuse de cithare tire les larmes par la fragilitĂ© mĂȘme de ses cordes pincĂ©es, dont le thĂšme est repris par l’orchestre Ă  l’écoute, amplificateur mais ciselĂ©, somptueusement amoureux. La magie Johann fils opĂšre. Et nous voici confrontĂ©s, frappĂ©s, saisis par la grĂące de son gĂ©nie, comme les Viennois de l’époque, 
 quand ils ont dĂ©couvert l’enchantement de son Ă©criture lors de son premier concert public au Casino Dommayer le 15 octobre 1844. A 19 ans, le fils dĂ©trĂŽnait le pĂšre en devenant le nouveau roi de la valse. La poĂ©sie et ce sentiment d’ivresse absolue sont bien lĂ , prĂ©sents, 
 ingrĂ©dients indiscutables qui font la rĂ©ussite de chaque Concert du Nouvel An. C’est comme le surgissement (harpe Ă  l’envi) d’un rĂȘve pur et miraculeux, souvenir chĂ©ri qui se cristallise dans le flot musical. Le Muti grande classe est lui aussi bien prĂ©sent 
 dans la direction nerveuse, « virile », droite, parfois anguleuse de ce sommet d’élĂ©gance straussienne.

Johann Strauss, Marche de fĂȘte, op. 452
AprĂšs le rĂȘve, la rĂ©alitĂ© 
 celle de Strauss Ă  son Ă©poque, marquĂ©e par les guerres et l’antagonisme maladif, franco-germanique. Le compositeur sait aussi rugir et affirmer un beau panache collectif, ainsi qu’en tĂ©moigne l’éclat rutilant d’une parade militaire, bien dans l’esprit chauvin de la fin du XIXĂš.

Johann Strauss, Ville et campagne, polka mazurka, op. 322
Claire Ă©vocation de son amour pour le cadre intime de la nature, la polka sĂ©duit davantage. De facture trĂšs classique avec une Ă©tonnante saillie des clarinettes, aux couleurs suspendues, mystĂ©rieuses, elle traduit sans artifice cet amour du motif naturel et des atmosphĂšres manifestement oniriques qui s’y dĂ©ploient.

Johann Strauss, Un bal masqué, quadrille, op. 272
D’aprĂšs les airs Ă  la mode, dont les opĂ©ras
 de Verdi, Johann Strauss sublime la fiĂšvre dramatique de Verdi, en l’adaptant Ă  son propre sens de la trĂ©pidation et de la frĂ©nĂ©sie. Le cadre fragmentaire du quadrille, composĂ© de plusieurs piĂ©cettes et sĂ©quences qui doivent ĂȘtre enjouĂ©es et rapides, exacerbe l’élan recherchĂ©, l’esprit de pochade de cet pot-pourri d’aprĂšs l’opĂ©ra applaudi de Giuseppe Verdi. Le chef Muti s’engage visiblement avec joie et mĂȘme une prĂ©cision enivrĂ©e dans ce jeu de citations et de transcriptions de Verdi Ă  Strauss. Le roi de l’opĂ©ra, le roi de la valse fusionnent avec Ă©clat.

AprĂšs Les Roses du midi, valse, op. 388 (du mĂȘme Johann II), – RĂȘve sensuel libĂ©rĂ© d’une grande douceur nostalgique
 Voici la Polka rapide, Ă©clairs et tonnerre : autre standard de la dynastie Strauss et vrai tube dont la frĂ©nĂ©sie et la malice rappellent l’ivresse chorĂ©graphique d’un autre roi des boulevards, Offenbach. Muti s’ingĂ©nie Ă  allumer le feu et faire retentir le rugissement des Ă©lĂ©ments dans un galop littĂ©ralement infernal.

 

 

MUTI riccardo Muti_120128_041_crop_Todd_Rosenberg-e1365787405319Puis le chef amorce les premiĂšres mesures du Beau Danube Bleu, piĂšce maĂźtresse prĂ©ludant aux adieux Ă  la fin du Concert du Nouvel An viennois : respectant le rituel, le maestro interrompt l’orchestre, puis se retourne face Ă  l’assemblĂ©e amusĂ©e : il souhaite une bonne nouvelle annĂ©e (tout en dirigeant baguette en main, le choeur des instrumentistes qui s’adressent collectivement au public). La lecture du Danube est efficace, nerveuse, – un rien prĂ©cipitĂ©e, sans l’alanguissement suspendu que certains de ses confrĂšres rĂ©ussissent beaucoup mieux. La virilitĂ© du maestro Muti a encore frappĂ©.
Mais la vĂ©ritable interaction avec le public – si select et VIP, (dont le prĂ©sident de la RĂ©publique d’Autriche) prĂ©sent sous les ors du Musikverein de Vienne, se rĂ©alise ensuite dans La Marche de Radetski, de Johann pĂšre, qui permet au public de frapper dans ses mains, simultanĂ©ment aux reprises de l’orchestre. C’est encore l’esprit moins festif que martial qui achĂšve ainsi le rituel tĂ©lĂ©gĂ©nique le plus diffusĂ© au monde. Parade orchestrale pour un temps (furtif) de paix. A mĂ©diter.

 

 

 

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CD nouvel an vienna Philharmonic Riccardo muti presentation critique annonce review sur classiquenews Couv Concert du Nouvel An 2018Comme chaque année, cd, et dvd du Concert du Nouvel An 2018 sous la direction de Riccardo Muti sont annoncés chez Sony. Prochaine présentation et critique dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS.

 

 

 

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Programme

 

 

 

PremiĂšre partie
Johann Strauss, Marche du Baron Tzigane
Josef Strauss, Fresques de Vienne, valse, op. 249*
Johann Strauss, Parade nuptiale, polka française, op. 417*
Johann Strauss, Sang léger, polka rapide, op. 319
Johann Strauss pĂšre, Valses de Marie, op. 212*
Johann Strauss pĂšre, Guillaume Tell, Galop, op. 29b*

 

DeuxiĂšme partie
Franz von SuppĂ©, Ouverture de l’opĂ©rette Boccaccio*
Johann Strauss Fleurs de Myrte, valse, op. 395*
Alphons Czibulka, Stéphanie-Gavotte, op. 312*
Johann Strauss, Balles magiques, polka rapide, op. 32
Johann Strauss, Contes de la forĂȘt viennoise, valse, op. 325
Johann Strauss, Marche de fĂȘte, op. 452.
Johann Strauss, Ville et campagne, polka mazurka, op. 322
Johann Strauss, Un bal masqué, quadrille, op. 272
Johann Strauss, Les Roses du midi, valse, op. 388
Josef Strauss, Lettres Ă  un Ă©diteur, polka rapide, op. 240
* PremiĂšre audition Ă  un Concert du Nouvel An

 

 

 

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Les astérix (*) indique les oeuvres créées pour la premiÚre fois dans le cadre du Concert du Nouvel An à Vienne.

 

 

 

LIRE aussi  :

Compte-rendu critique, concert. VIENNE, Musikverein, dimanche 1er janvier 2017. Wiener Philharmoniker.  Gustavo Dudamel, direction

 

 

ANNA NETREBKO chante Andrea Chénier à Milan

netrebko-anna-naturel-portrait-diva-classiquenews-review-cd-critique-cdARTE, Anna Netrebko. ANDREA CHENIER, jeudi 7 dĂ©cembre 2017. La chĂąne dĂ©place ses prgrammes lyriques en fin de soirĂ©e : ici Ă  partir de 22h55, depuis La Scala de Milan, voici l’opĂ©ra vĂ©riste d’Umberto Giordano : Andrea ChĂ©nier (crĂ©Ă© in loco en 1896). PrĂ©nom italien, mais nom français inspirĂ© de la vie du poĂšte rĂ©volutionnaire AndrĂ© ChĂ©nier (1762-1794). C’est un peu la suite de Tosca de Puccini : ici, nouvel Ă©pisode d’un libertaire dont la lyre poĂ©tique exprime l’idĂ©al humaniste et sociĂ©tal. Pour son premier opĂ©ra de sa nouvelle saison 2017 – 2018, La Scala programme l’ouvrage en hommage au chef Vittorio de Sabata, longtemps son chef principal et grand dĂ©fenseur de l’ouvrage. Les plus grands interprĂštes se sont engagĂ©s pour cette action lyrique Ă  la fois intense et trĂšs efficace, la fusion du drame verdien et de l’orchestre puccinien. C’est qu’aprĂšs une sĂ©rie d’échecs, Giordano n’avait plus le choix que d’écrire pour son Ă©diteur Sonzogno, un chef d’oeuvre.

giordano umberto andrea chenier opera portrait par classiquenewsDepuis Maria Callas (qui a rĂ©ussi une interprĂ©tation phĂ©nomĂ©nale de l’air du III : « La mamma morta » / air repris ensuite dans le film Philadelphia de 1993 non sans acuitĂ© et justesse) Ă  Renata Scotto, Mirella Freni, ou Renata Tebaldi, toutes les sopranos se sont frottĂ©es au dramatisme ardent du personnage de Maddalena (Madeleine de Coigny, inspirĂ©e par le personnage rĂ©el d’AimĂ©e de Coigny qui inspire au vrai ChĂ©nier, les vers de « La Jeune Captive ») qui aime le poĂšte Andrea ChĂ©nier, alors Ă  l’époque de la Terreur Ă  Paris. De fait, Ă  la fois dĂ©fenseur et victime de la RĂ©volution, le poĂšte idĂ©aliste meurt guillotinĂ© Ă  31 ans. La partition nĂ©cessite un trio vocal exceptionnel, Ă  la fois acteur et chanteur : la soprano qui aime le tĂ©nor, mais est aimĂ©e aussi par le baryton (ici GĂ©rard). Tout l’opĂ©ra se met aux cĂŽtĂ©s de l’ancien domestique de la comtesse de Coigny et qui donc aime passionnĂ©ment sa fille, l’Aristocrate Madeleine. Jaloux quand il dĂ©couvre que la jeune femme aime le poĂšte ChĂ©nier, GĂ©rard d’abord haineux, tente d’aider son rival qui a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© et condamnĂ© Ă  mort. Par amour, Madeleine se laisse emprisonner avec lui et monte dans la charrette qui les mĂšnera Ă  la guillotine. L’opĂ©ra se dĂ©roule de 1789 (I), Ă  1794 Ă  Paris sous chenier-poete-classiquenews-chenier-andre-umberto-giordanola Terreur (Ă  partir du II). JugĂ© trop critique par les Français, parce que Giordano souligne la violence et la haine qui anime les Incroyables dans l’opĂ©ra (ceux qui observent et jugent ChĂ©nier et ses amours coupables avec une aristocrate), l’opĂ©ra ne connaĂźt pas le succĂšs en France : or outre le drame amoureux trĂšs finement dessinĂ©, le compositeur sait portraiturer aussi la fresque sociale oĂč se presse toute une sĂ©rie de personnages qui animent le tableau rĂ©volutionnaire. L’air le plus cĂ©lĂšbre reste celui de Maddalena (« La Mamma morta » quand au III, alors que son amant est arrĂȘtĂ© et condamnĂ©, Madeleine implore GĂ©rard de sauver Andrea, Ă©voquant dans quelle misĂšre elle se trouve depuis la mort de sa mĂšre la comtesse
). Giordano a aussi Ă©crit dans le personnage du poĂšte, l’un des rĂŽles pour tĂ©nor les plus dĂ©chirants (au IV, scĂšne du poĂšte dans sa prison de Saint-Lazare, oĂč il exprime son adieu Ă  la vie). GĂ©rard a Ă©chouĂ© Ă  sauver celle qu’il aime et son amant, malgrĂ© une ultime requĂȘte adressĂ©e Ă  Robespierre. RĂ©cemment Jonas Kaufmann a marquĂ© l’interprĂ©tation du rĂŽle de ChĂ©nier.

arte_logo_2013En dĂ©cembre 2017, c’est la soprano de plus en plus dramatique ANNA NETREBKO, au timbre charnel et voluptueux qui incarne l’amoureuse Madeleine, aux cĂŽtĂ©s du tĂ©nor Yusif Eyvazov, son Ă©poux Ă  la ville. Pas sĂ»r que le style ardent, palpitant, expressif et dĂ©chirant de la soprano trouve en son mari, un talent Ă  son niveau (on l’a vu rĂ©cemment dans Manon Lescaut de Puccini : les deux ne partagent pas la mĂȘme inspiration). Qu’importe, aprĂšs ses Verdi retentissants (Leonora, Lady Macbeth, Aida
), aprĂšs un remaquable album oĂč elle a mĂȘme « osé » chantĂ© Turandot de Puccini (le rĂŽle impossible pour soprano), la Netrebko devrait Ă  nouveau saisir et Ă©mouvoir dans le rĂŽle Ă©crit par Giordano en 1896. ARTE, Jeudi 7 dĂ©cembre 2017, 22h55

Le 230 Úme anniversaire de la création de Don Giovanni depuis Prague

PRAGUE theatre don giovanni mozart placido domingo par classiquenews The-Estates-Theatre-smallARTE concert, DON GIOVANNI, 230Ăš anniversaire, le 29 octobre 2017. Alors que la saison 2017/2018 vient de s’ouvrir, ARTE souffle les 130 ans de la premiĂšre de Don Giovanni de Mozart, l’opĂ©ra des opĂ©ras oĂč souffle la force d’Eros, incarnĂ©e par le sĂ©ducteur avant tous, Don Giovanni dont le mythe s’inscrit durablement dans l’imaginaire collectif et demeure comme Orfeo, ou PoppĂ©e (chez Monteverdi), le jalon important de l’histoire du genre lyrique. C’est que d’abord, l’ouvrage est le fruit d’une collaboration idĂ©ale entre le compositeur Mozart et le poĂšte et librettiste, Da Ponte. Ici, le verbe porte la musique, et vice versa. Sur le plan poĂ©tique, Mozart rĂ©invente un siĂšcle d’opĂ©ra « seria », soucieux de dĂ©placer la vie elle-mĂȘme sur la scĂšne lyrique. Ainsi Don Giovanni est un dramma giocoso, comĂ©die dramatique, qui n’écarte ni le comique dĂ©lirant (Leporello, le valet du sĂ©ducteur qui est son double, son complice, son confesseur critique aussi), ni le tragique fantastique (la derniĂšre scĂšne oĂč les flammes de l’enfer dĂ©vorent le prince dĂ©cadent, aprĂšs que la statue du commandeur qu’il a assassinĂ© se soit animĂ©e et l’ait empoignĂ© en le piĂ©geant, exigeant son repentir 
). Le sentimental dĂ©ploratif (Elvira), la plainte permamente et la dignitĂ© blessĂ©e (Anna), l’amoureux transi et impuissant (Ottavio), le couple plĂ©bĂ©ien (Zerlina et Masetto)
 chacun figure les Ă©lĂ©ments d’une sociĂ©tĂ© dont l’unitĂ© se dĂ©lite car tous croise la route du SĂ©ducteur et ne s’en remette pas. Eros destructeur et sĂ©ditieux ? DĂ©jĂ  dans son dernier opĂ©ra, Le Couronnement de PoppĂ©e / L’incoronazione di Poppea de 1642, Monteverdi avait exprimĂ© d’une façon sensuelle inĂ©dite alors, la puissance cataclysmique de l’amour. Et du dĂ©sir qu’il fait naĂźtre. Ou dans le cas des victimes de Don Giovanni, du dĂ©sespoir qu’il provoque
 Mozart, Monteverdi sont bien les maĂźtres de l’opĂ©ra et otus deux ont lĂ©guĂ© un regard poĂ©tique et fascinant, terrifiant et irrĂ©sistible sur la force du sentiment.
MOZART wolfgang vienne 1780 1790 classiquenews 1138381-portrait-wolfgang-amadeus-mozartPour les 230 ans de la crĂ©ation de Don Giovanni, au thĂ©Ăątre des Etats Ă  Prague, Arte diffuse la reprĂ©sentation anniversaire que dirige le baryton Placido Domingo, maestro pour l’occasion, et qui porte les jeunes voix couronnĂ©es par son prix lyrique Operalia. Prague avant Vienne qui bouda le chef d’oeuvre, accueillit en triomphe la premiĂšre de Don Giovanni (1787).

DIMANCHE 29 OCTOBRE 2017, 19h
EN LIVE SUR ARTE CONCERT
Don Giovanni de Mozart‹au ThĂ©Ăątre des Etats de Prague

Josef Svoboda, mise en scĂšne

Simone Alberghini , Don Giovanni
Adrian Sampetrean , Leporello
Irina Lungu , Donna Anna
Dmitry Korchak , Don Ottavio
Kateƙina KnÄ›ĆŸĂ­kovĂĄ, Donna Elvira

Ensuite l’opĂ©ra DON GIOVANNI DE MOZART est Ă  l’affiche de l’OpĂ©ra de Prague, Ă  partir du 7 novembre 2017
http://www.narodni-divadlo.cz/en/show/12175?t=2017-10-29-19-00

SANXAY 2017 : La Flûte enchantée au Théùtre Gallo Romain. ENTRETIEN avec Christophe Blugeon, directeur artistique

sanxau-la-flute-enchantee-opera-en-plien-air-aout-2017affiche-SANXAY-la-flute-enchantee-2017-par-classiquenews-SLS-212x300SANXAY 2017 : La FlĂ»te enchantĂ©e au ThĂ©Ăątre Gallo Romain. ENTRETIEN avec Christophe Blugeon, directeur artistique… Entre Poitiers et Saintes, SANXAY (86) pourrait bien ĂȘtre cette scĂšne lyrique trop mĂ©connue de l’étĂ©, aussi spectaculaire qu’Orange, aussi exigeante artistiquement qu’Aix. C’est depuis plus de 15 ans, une scĂšne en plein air qui exploite avec intelligence la configuration du lieu qui est aussi un site patrimonial, thĂ©Ăątre gallo romain, unique dans l’Hexagone. Tour d’horizon d’un thĂ©Ăątre lyrique qui tout en disposant d’une acoustique favorable, est aussi lieu de crĂ©ation, soucieux de renouveler chaque Ă©tĂ©, une nouvelle production en impliquant hors des grands centres urbains toute une communautĂ© d’artistes (formant l’orchestre, le choeur
 aux cĂŽtĂ©s des solistes) et de techniciens (lumiĂšres et scĂ©nographie y sont particuliĂšrement soignĂ©es) prĂȘts Ă  tout pour produire le grand frisson lyrique. Cette annĂ©e, en aoĂ»t 2017, Mozart avec La FlĂ»te enchantĂ©e, spectacle Ă  la fois onirique, tragique et philosophique, fait un grand retour sur la scĂšne de Sanxay. Entretien / explication avec Christophe Blugeon, directeur artistique et fondateur des SoirĂ©es Lyriques de Sanxay.

Comment se dĂ©roule le festival  (lieux investis, intĂ©rĂȘt patrimonial et musique, accessibilitĂ©) ?

Depuis sa premiĂšre Ă©dition en aoĂ»t 2000, les SoirĂ©es Lyriques de Sanxay (86) proposent chaque Ă©tĂ© un titre du rĂ©pertoire lyrique ainsi que des rĂ©citals dans le cadre prestigieux et magique du thĂ©Ăątre antique de Sanxay. Ce thĂ©Ăątre, situĂ© entre Poitiers (86) et Saintes (17),  a plus de 2000 ans et fait partie d’un complexe archĂ©ologique considĂ©rĂ© comme l’un des mieux conservĂ©s et des plus intĂ©ressants du monde gallo-romain. Il est Ă©vident que la rĂ©ussite du festival repose sur l’adĂ©quation entre ce lieu magique (Ă  l’acoustique exceptionnelle) et le type de spectacle qu’est l’opĂ©ra. L’idĂ©e crĂ©atrice Ă©tait de proposer au public picto-charentais un type de spectacle qui n’Ă©tait pas programmĂ© jusqu’alors dans la rĂ©gion. Je rappelle que l’ex rĂ©gion Poitou-Charentes Ă©tait la seule de la France mĂ©tropolitaine dĂ©pourvue de salle pouvant accueillir un opĂ©ra.

Quels sont les critÚres artistiques qui assurent à la programmation sa cohérence et sa singularité ?

Chaque annĂ©e, les casting proposĂ©s rassemblent des pointures internationales du monde lyrique. Pour ne citer que quelques noms: Anna Pirozzi, Maria-Jose Siri, Lianna Haroutounian, DĂ©sirĂ©e Rancatore, Kate Aldrich, Stefan Pop, Rudy Park, Fabio Capitanucci, Carlos Almaguer ont dĂ©jĂ  participĂ© Ă  l’une ou plusieurs de nos productions. De mĂȘme la mise en scĂšne, la scĂ©nographie et la crĂ©ation lumiĂšres sont confiĂ©s Ă  des artistes dont la renommĂ©e n’est plus Ă  faire. L’orchestre constituĂ© pour le festival rĂ©unit (suivant le titre) entre 60 et 85 musiciens professionnels issus de structures ou thĂ©Ăątres nationaux (OpĂ©ra de Paris, OpĂ©ra de Limoges, Capitole de Toulouse, Orchestre Poitou-Charentes). Depuis 10 annĂ©es, les choeurs professionnels, issus de diffĂ©rents opĂ©ras français, sont placĂ©s sous la direction de Stefano Visconti, chef de choeur permanent de l’OpĂ©ra de Monte-Carlo et depuis cette annĂ©e des ChorĂ©gies d’Orange.

Quels sont les profils artistiques engagĂ©s pour la rĂ©ussite de l’édition 2017 ?

Bien qu’extrĂȘmement populaire, La FlĂ»te enchantĂ©e n’en est pas moins un ouvrage extrĂȘmement dĂ©licat et difficile Ă  monter! Un tel titre me paraissait impossible sans un casting de solistes de premier ordre. Mon premier choix s’est portĂ© sur Paolo Fanale pour interprĂ©ter le rĂŽle de Tamino. Ce jeune tĂ©nor sicilien, qui, depuis plusieurs annĂ©es, est l’invitĂ© des plus grandes scĂšnes internationales, possĂšde Ă  mon sens, toutes les qualitĂ©s vocales et musicales pour les rĂŽles mozartiens. Il me faut citer Ă©galement la jeune soprano grecque Christina Poulitsi qui depuis quelques annĂ©es promĂšne sa Reine de la nuit sur toutes les scĂšnes lyriques du monde…Elle reprendra d’ailleurs le rĂŽle au Covent Garden de Londres juste aprĂšs Sanxay ! Enfin, un mot sur le metteur en scĂšne Stefano Vizioli qui fait ses dĂ©buts dans notre festival et qui a pensĂ© spĂ©cialement cette nouvelle production en utilisant le plus possible la magie du lieu et en tenant compte des difficultĂ©s du plein air.

Quelle est l’expĂ©rience que vit le festivalier Ă  chaque Ă©dition ?

D’aprĂšs les enquĂȘtes faites auprĂšs de notre public (prĂšs de 2500 spectateurs par soir avec trois ou quatre reprĂ©sentations), plus de 70% des spectateurs ont dĂ©couvert l’opĂ©ra grĂące Ă  notre festival  et une majoritĂ© d’entre eux reviennent chaque annĂ©e. Le public de Sanxay n’est donc pas Ă  proprement parler un “public  lyrique”mais plutĂŽt un public nĂ©ophyte curieux de dĂ©couvrir un spectacle d’opĂ©ra dans un cadre enchanteur. Il s’agit Ă  80% d’un public rĂ©gional mĂȘme si certains connaisseurs (de plus en plus nombreux) n’hĂ©sitent pas Ă  traverser la France pour venir entendre un soliste en particulier. Toutes les reprĂ©sentations dĂ©butent Ă  21h30 mais la plupart des spectateurs arrivent dĂšs 19h et il n’est pas rare d’en voir avec un panier Ă  la main et une bonne bouteille! A ce propos, certains spectateurs britanniques nous font remarquer les nombreuses similitudes entre Sanxay et Glyndebourne.

Quels seraient les 3 arguments importants de cette  nouvelle production de La FlĂ»te qui en fait l’intĂ©rĂȘt cette annĂ©e ?

Outre la qualitĂ© du casting des solistes (y compris les seconds rĂŽles), Stefano Vizioli a souhaitĂ© souligner dans cette nouvelle production les liens qui existent dans La FlĂ»te enchantĂ©e entre Orient et Occident. La prestigieuse troupe de danseurs cambodgiens Amrita Performing Arts enrichira le spectacle avec des danses, des costumes, des masques traditionnels
 Beaucoup de poĂ©sie en perspective. Un autre argument fort est que le titre de la FlĂ»te enchantĂ©e est assez idĂ©al pour conquĂ©rir un public novice et participe ainsi fortement Ă  notre objectif de sensibilisation Ă  l’Art lyrique en milieu rural.

Propos recueillis en juillet 2017

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LIRE notre prĂ©sentation gĂ©nĂ©rale de la nouvelle production de La FlĂ»te enchantĂ©e, nouveau spectacle lyrique Ă  l’affiche des soirĂ©es lyriques de Sanxay, les 10, 12 et 14 aoĂ»t 2017

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SANXAY, soirées lyriques, les 10,12 et 14 août. MOZART : La Flûte Enchantéeboutonreservation
Nouvelle production
Jeudi 10 août 2017
Samedi 12 août 2017
Lundi 14 août 2017, à 21h30

 

Information, réservations

Tarifs
- Chaise orchestre centrale : 73€ en placement libre, 66€ en tarif rĂ©duit et 37€ en tarif jeune (moins de 25 ans). Rajouter 12€ pour une place numĂ©rotĂ©e.‹- Chaise orchestre latĂ©rale : 58€ en placement libre, 53€ en tarif rĂ©duit et 29€ en tarif jeune (moins de 25 ans). Rajouter 12€ pour une place numĂ©rotĂ©e.
Les gradins : 54€ en placement libre, 49€ en tarif rĂ©duit et 27€ en tarif jeune (moins de 25 ans). Rajouter 12€ pour une place numĂ©rotĂ©e.‹- « Promenoir » gazon (gradins naturels sur herbe en haut du thĂ©Ăątre) : tarif unique Ă  19 €.

Points de vente
- Site internet operasanxay.fr,
- RĂ©seau Fnac et Ticketmaster,
- Bureau des réservations : 05 49 44 95 38
- billetterie@operasanxay.fr

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Distribution complÚte de La Flûte enchantée / Sanjay 2017 :

 

Metteur en scĂšne : Stefano Vizioli
Scénographe : Keiko Shiraishi
Création lumiÚres : Nevio Cavina
Création costumes : Sébastien Maria-Clergerie

Tamino : Paolo Fanale
Pamina : Tatiana Lisnic
Papageno : Giorgio Caoduro
La Reine de la Nuit : Christina Poulitsi
Sarastro : Ievgen Orlov
1Ăšre Dame : Andreea Soare
2Ăšme Dame : Aline Martin
3Ăšme Dame : Svetlana Lifar
Monostatos : Rodolphe Briand
L’Orateur : Balint Szabo
Papagena : MĂ©lanie Boisvert
Premier prĂȘtre : Balint Szabo
DeuxiĂšme prĂȘtre : Yu Shao
Premier homme en armure : Yu Shao
DeuxiĂšme homme en armure : Balint Szabo
3 Garçons : Solistes Knabenchores der Chorakademie Dortmund

Danseurs : AMRITA Performing arts

Orchestre et choeur des Soirées Lyriques de Sanxay
Direction musicale : Eric Hull
Chef de choeur : Stefano Visconti

Danseurs : AMRITA Performing arts

Orchestre et choeur des Soirées Lyriques de Sanxay

Direction musicale : Eric Hull

Chef de choeur : Stefano Visconti

sanxay-soirees-lyriques-de-sanxay-opera-nature-plein-air-presentation-edition-2017-par-classiquenews

 

 

Nos 6 festivals de l’étĂ© 2017 : la sĂ©lection de classiquenews

Cd, dvd et livres d'Ă©tĂ© 2016 : et vous que choisirez vous ?NOS 6 FESTIVALS DE L’ÉTÉ 2017 : la sĂ©lection de classiquenews. Avec le soleil qui s’installe, la route des festivals se prĂ©cise et les jalons d’un parcours enchantĂ© se concrĂ©tisent telles les balises d’une sublime et nouvelle exploration. Voici nos 6 coups de coeur de cet Ă©tĂ©, en France et en Suisse, cycles de concerts divers et singuliers, pertinents ou inĂ©dits, qu’il s’agisse d’interprĂštes que l’on suit depuis plusieurs annĂ©es au sein de classiquenews, comme lieux dĂ©paysant et destinations enchanteresses. Suivez le guide : pour chacun des festivals et cycles de concerts ainsi identifiĂ©s et distinguĂ©s, classiquenews prĂ©cise aussi la nature des lieux investis et la valeur des paysages environnants. Parce que la route des Festivals est aussi une formidable promesse touristique.

 

 

 

 

ACADEMIE DE MUSIQUE ANCIENNE DE VANNES
Du 4 au 12 juillet 2017

 

VEMI-festival-vannes-2017-classiquenews7Ăš Ă©dition Ă  VANNES du 4 au 12 juillet 2017. La Bretagne a toujours su explorer de nouveaux territoires, patrie des corsaires et des marins explorateurs d’envergure, le territoire sait aussi cultiver le dĂ©frichement et l’innovation musicale. Ainsi l’AcadĂ©mie estivale que propose le VEMI (Vannes Early Music Institute) Ă  Vannes, porte-t-il logiquement le titre gĂ©nĂ©rique de « Festival des Musiciens Voyageurs »  L’Institut a su se distinguer depuis sa crĂ©ation parce que son projet artistique tout en impliquant comme nul par ailleurs la population et les visiteurs Ă  Vannes, sait aussi, simultanĂ©ment cultiver la transmission et l’approfondissement du travail musical. A la fois, festival (pour les spectateurs) et AcadĂ©mie (pour les jeunes instrumentistes sur instruments anciens et les jeunes chanteurs), chaque nouveau cycle estival organisĂ© par le Vannes Early Music Institute est un Ă©vĂ©nement en soi : la promesse de dĂ©couvertes musicales et artistiques envoĂ»tantes. Depuis sa crĂ©ation par le violoncelliste Bruno Cocset en 2011, le Vannes Early Music Institute ne cesse de diffuser dans la citĂ© et sur le territoire, une offre particuliĂšrement riche en matiĂšre de musique ancienne : dĂ©frichement de rĂ©pertoires, pratiques instrumentales
 fruit de son expĂ©rience au long cours, prolongement d’une activitĂ© incessante tout au long de l’annĂ©e, la semaine oĂč a lieu l’AcadĂ©mie, offre plusieurs concerts et confĂ©rences dans le somptueux Ă©crin patrimonial qui les abrite Ă  Vannes, l’HĂŽtel baroque de LIMUR, un lieu qui a conservĂ© tout le charme de son architecture XVIIù
 mais aussi dans plusieurs lieux emblĂ©matique de la richesse patrimoniale de la citĂ© bretonne (Auditorium des Carmes, Basilique ND de Joie, Parc de Branfere, CathĂ©drale Saint-Pierre, 
) / entrĂ©e gratuite dans la limite des places disponibles (rĂ©servations prĂ©alables conseillĂ©es / libre participation pour les concerts. EN LIRE + :

http://www.classiquenews.com/academie-de-musique-ancienne-de-vannes-2017/

 

 

 

 

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YEHUDI MENUHIN Festival & Academy
Du 13 juillet au 2 septembre 2017

 

gstaad-eglise-festival-yehudi-menuhin-presentation-classiquenewsAu regard de la programmation festive, Ă©clectique, plĂ©thorique du prochain festival de GSTAAD, la rĂ©daction de CLASSIQUENEWS met en avant certains programmes et cycles musicaux, dĂ©voilant par Ă©pisodes, la richesse d’un festival prometteur, particuliĂšrement complet
 Aux cĂŽtĂ©s de son souci de pĂ©dagogie et de transmission, – qualitĂ© qui est l’ñme du festival suisse depuis le travail pionnier de son fondateur le violoniste Yehudi Menuhin, l’évĂ©nement musical qui a lieu pendant tout l’étĂ© 2017 (70 concerts du 13 juillet au 2 septembre 2017), sait aussi cultiver l’inĂ©dit, la crĂ©ation comme des exploration de rĂ©pertoires mĂ©connus. Suivez le programme ; voici 3 volets « coups de cour de CLASSIQUENEWS » :

EN LIRE + :
http://www.classiquenews.com/festival-de-gstaad-2017-13-juillet-2-septembre-2017-temps-forts-i/

VOIR notre reportage vidéo découverte / GSTAAD Yehudi Menuhin Festival & Academy 2016 :
http://www.classiquenews.com/reportage-gstaad-menuhin-festival-academy-presentation/

 

 

 

 

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FESTIVAL DE SAINTES
Du 14 au 22 juillet 2017

saintes festival 2017 festival estival de Saintes presentation selction temps forts par CLASSIQUENEWS mars 2017 Visuel-festival-2017-BDSAINTES, 46Ăšme Festival estival : 14-22 juillet 2017. Fleuron des festivals estivaux en France, ici en Poitou-Charentes, le 46Ăš festival de Saintes Ă©tend sa voile du 14 au 22 juillet 2017, investissant tous les lieux dĂ©sormais emblĂ©matiques de l’Abbaye aux dames. RebaptisĂ©e CitĂ© musicale, l’ensemble patrimonial accueille plusieurs gĂ©nĂ©rations d’interprĂštes en une palette Ă©largie de rĂ©pertoires ; aujourd’hui le lieu est fort d’une saison musicale annuelle, qui avant et aprĂšs le festival estival prĂ©pare et poursuit l’aventure musicale. Cette activitĂ© permanente in loco a enracinĂ© la musique comme une respiration naturelle (d’autant que le bĂątiment abrite aussi le Conservatoire de musique de la ville : des passerelles n’ont pas manquĂ© de se dĂ©velopper entre prĂ©sences des artistes pro, du public et des jeunes Ă©lĂšves
). Le Festival estival profite Ă©videmment de cette culture Ă©vidente, manifeste qui appartient dĂ©sormais totalement Ă  la vie des Saintais.
Au cours de lla saison annuelle comme pour l’étĂ©, jeunes tempĂ©raments en devenir (actuellement Nevermind et Jean Rondeau), ensembles envoĂ»tants et pour certains partenaires familiers (Vox Luminis, Orchestre des Champs-ElysĂ©es et Philippe Herreweghe, 
) poursuivent leur travail de dĂ©frichement comme d’approfondissement. Le seul exemple de l’orchestre de jeunes instrumentistes sur instruments d’époque, le JOA, Jeune Orchestre de l’Abbaye, illustre cette activitĂ© exemplaire qui se soucie de former et perfectionner les jeunes musiciens. En plus de rĂ©aliser plusieurs sessions pendant l’annĂ©e Ă  Saintes, le JOA participe aussi Ă  la programmation du festival estival (Tchaikovski : Suite de Casse Noisette et Symphonie n°2 « Petite Russie », sous la direction de Philippe Herreweghe, le 15 juillet Ă  16h30, un Ă©vĂ©nement Ă  suivre particuliĂšrement).

EN LIRE +
http://www.classiquenews.com/festival-de-saintes-2017-presentation-et-temps-forts/

VOIR la présentation vidéo du Festival de Saintes 2017 par son directeur artistique Stephan Maciejewski
http://www.classiquenews.com/festival-de-saintes-2017-presentation-des-temps-forts/

 

 

 

 

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FESTIVAL MUSIQUE & MEMOIRE
Du 15 au 30 juillet 2017

musiquetmemoire-festival-2017-presentation-classiquenews-2017Dans les Vosges du Sud, un festival passionnant vous attend, du 15 au 30 juillet 2017 soit la deuxiĂšme quinzaine de juillet : une offre unique en Europe pour s’immerger au cƓur des Vosges saĂŽnoises (en particulier dans la territoire des Vosges du Sud), bercĂ©s, Ă©tonnĂ©s, surpris, par une programmation riche et singuliĂšre, en nouvelles expĂ©riences baroques. Musique et MĂ©moire est une scĂšne rĂ©solument baroque Ă  nulle autre pareille qui ne cesse d’explorer les esthĂ©tiques des XVIIĂš et XVIIIĂš, entre France, Italie, pays germaniques. GrĂące Ă  l’intuition sĂ»re de Fabrice Creux, directeur du Festival (et aussi son crĂ©ateur), Musique et MĂ©moire sait cultiver le risque voire l’audace en commandant aux artistes en rĂ©sidence de nouveaux programmes. C’est Ă  chaque Ă©dition, une traversĂ©e unique et fĂ©conde, qui n’est pas liĂ©e Ă  un site unique comme beaucoup d’autres festivals en France, mais une offre qui rayonne sur le territoire saĂŽnois, entre Ă©tangs et Ă©glises patrimoniales, une occasion de vivre et revivre l’enchantement et la vitalitĂ© des Ă©critures baroques selon un rythme dĂ©sormais bien identifiĂ© : 3 week ends ouvragĂ©s avec intelligence et gradation, 3 ensembles en rĂ©sidence portĂ©s par l’exigence de l’expĂ©rimentation et de l’accomplissement. Du dialogue, du partage. Cet Ă©tĂ©, inaugurant le nouveau cycle de concerts et de rencontres, les festivaliers retrouvent pour les 5 premiers jours (les 15, 16 puis 19, 20 et 21 juillet), le trio emblĂ©matique Les Timbres, capables de stimuler et produire la complicitĂ© recrĂ©atrice en s’associant de nombreux complices (et aussi de nouveaux timbres comme le baryton vocal de Marc Mauillon
); Puis les 22 et 23 juillet, Musique et MĂ©moire accompagne le fabuleux ensemble de Lionel Meunier, Vox Luminis dans Haendel, et les cordes de La RĂȘveuse qui fĂȘte non sans raison le gĂ©nie de Telemann, mis Ă  l’honneur en 2017 ; c’est la poursuite Ă©galement du geste d’Alia Mens dans la constellation Bach (cantates et piĂšces instrumentales dont les Brandebourgeois
 Festival itinĂ©rant sur le territoire vosgeois, Musique & MĂ©moire a su aussi s’enraciner dans communes et sites uniques ; lĂ  encore, c’est la promesse d’écouter les meilleurs interprĂštes sĂ©lectionnĂ©s par Fabrice Creux, de suivre leurs avancĂ©es, jalons d’une longue et passionnante maturation locale, dans plusieurs Ă©glises et lieux surprenants
 EN LIRE +

http://www.classiquenews.com/vosges-du-sud-70-24eme-festival-musique-et-memoire-du-15-au-30-juillet-2017/

VOIR la vidéo 2016 du Festival Musique & Mémoire : les 400 ans de Johann Jacob Froberger

 

 

 

 

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MUSIQUE EN BOURBONNAIS
Du 16 juillet au 15 août 2017

 

Bourbonnais-festival-juillet-aout-2017-51eme-festival-par-classiquenewsDans l’ALLIER, voilĂ  51 ans, que le festival Musique en Bourbonnais offrait son premier cycle musical dans les Ă©glises les plus remarquables du Bourbonnais dans le dĂ©partement de l’ALLIER. Les 5 concerts proposĂ©s cette annĂ©e, poursuivent une exploration concertĂ©e entre grands interprĂštes de musique de chambre et sites Ă  haute valeur patrimoniale : souvent des Ă©glises mĂ©diĂ©vales dont celle de ChĂątelay Ă  HĂ©risson) et ses fresques des XIIIĂš et XIVĂš sur la vie de l’ermite Saint Principin, est la plus emblĂ©matique. C’est d’ailleurs autour de la restauration de l’église de ChĂątelay, bĂątiment remarquable perchĂ© dans un site prĂ©servĂ©, que le premier festival s’est constituĂ©. Aujourd’hui, le festival rayonne pendant l’étĂ© sur le territoire offrant aux habitants, l’occasion d’entendre les musiciens les plus chevronnĂ©s de leur gĂ©nĂ©ration, confirmĂ©s ou jeunes tempĂ©raments prometteurs. Chaque concert est programmĂ© le dimanche le plus souvent, en fin d’aprĂšs midi Ă  16h ou 17h, jalon enchanteur qui rythme une journĂ©e de dĂ©couverte ou d’exploration dans le bocage Bourbonnais.

EN LIRE + :
http://www.classiquenews.com/allier-musique-en-bourbonnais-16-juillet-15-aout-2017/

 

 

 

 

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FESTIVAL MESSIAEN AU PAYS DE LA MEIJE
Du 22 au 30 juillet 2017

 

MESSIAEN festival messiaen au pays de la meije par classiquenews presentation temps forts pourquoi y aller absolument Affiche-finale22122016Dans les Hautes-Alpes (Briançonnais), le 20Ăš festival Messiaen au Pays de la Meije offre un somptueux « voyage Ă  travers le son », Olivier Messiaen qui avait Ă©lu rĂ©sidence sur le territoire, ayant depuis toujours cultiver un regard critique sur le son. GrĂące au directeur artistique, GaĂ«tan Puaud, fier gardien des lieux et de l’évĂ©nement depuis les dĂ©buts du Festival dans le Briançonnais, les spectateurs au Pays de la Meije, de La Grave Ă  Briançon, ont toujours pu mesurer l’esprit dĂ©fricheur et le perfectionnisme sonore du compositeur : c’est aussi l’occasion, chaque Ă©tĂ© de considĂ©rer l’autre composante majeure de son Ă©criture : sa spiritualitĂ©. Non pas l’expression d’une bondieuserie rĂ©ductrice, mais l’affirmation d’un idĂ©al transcendant qui porte toujours plus haut chacune de ses partitions. En juillet 2017, les auditeurs pourront Ă©couter “Des Canyons aux Ă©toiles”, le “Quatuor pour la fin du Temps”, “Harawi”, les “Visions de l’Amen”, “Saint François d’Assise” (version Loriod pour chant et piano), les “Cinq Rechants »  Soit un cocktail de joyaux incontournables d’autant plus opportuns en 2017 qu’il s’agit aussi de commĂ©morer les 25 ans de la disparition d’Olivier Messiaen, en 1992. Temps forts, randonnĂ©es, concerts Ă©vĂ©nements de la 20Ăš Ă©dition du Festival Messiaen au Pays de la Meije :

EN LIRE +
http://www.classiquenews.com/brianconnais-festival-messiaen-au-pays-de-la-meije-2017-les-20-ans/

 

 

 

 

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PARIS. Recréation de la PhÚdre de LEMOYNE, 1786 aux BOUFFES du NORD

marie antoinette versailles France royaute marie-antoinettePARIS. Lemoyne : PhĂšdre, 1786. Les 9, 10 et 11 juin 2017, aux Bouffes du Nord. FORTUNE DE LA TRAGEDIE LYRIQUE française
 AprĂšs Andromaque, CĂ©phale et Procris et La Caravane du Caire de GrĂ©try (1784), Amadis de Gaule de J.C. Bach (1779), Les BayadĂšres (1810) et SĂ©miramis de Catel, Les DanaĂŻdes de Salieri, Renaud de Sacchini et Atys de Piccinni (1780), ou encore ThĂ©sĂ©e de Gossec (1778 / 1782), le Palazzetto Bru Zane ou Centre de musique romantique française Ă©tabli Ă  Venise, explore davantage encore les sources du romantisme avec cette PhĂšdre, tragĂ©die lyrique de Lemoyne crĂ©Ă©e Ă  Fontainebleau en octobre 1786. Il s’agit d’une recrĂ©ation qui interroge le courant nĂ©oclassique, propre aux annĂ©es 1780 en France, quand simultanĂ©ment, est aussi recrĂ©Ă© la ChimĂšne du napolitain Sacchini (1783). NEOCLASSICISME MUSICAL et OPERA ROYAL… La pĂ©riode investie sujet d’une vĂ©ritable enquĂȘte scientifique est celle oĂč le dernier goĂ»t de la cour de France avant la chute de l’ordre monarchique Ă  la fin de la dĂ©cennie soit en 1789, cultive une scĂšne lyrique qui brille par son Ă©clectisme, un raffinement orchestral et vocal inĂ©dits, des rĂ©alisations scĂ©niques qui recherchent le spectaculaire et le frĂ©nĂ©tique fantastique, grĂące Ă  des moyens en consĂ©quence. Aucun doute Marie-Antoinette et Louis XVI favorisent comme jamais l’OpĂ©ra Ă  Versailles et dans les chĂąteaux royaux, comme s’il s’agissait de toujours perpĂ©tuer le renouvellement des formes et des genres aprĂšs la rĂ©volution opĂ©rĂ©e par Gluck au dĂ©but des annĂ©es 1770 (Gluck Ă  Paris : 1774-1779). Et en tentant de ne pas trahir l’apport du Chevalier Ă  Paris.

RecrĂ©ations lyriques lyriques : ChimĂšne et PhĂšdreDes 70′s aux 80′s… Dix annĂ©es ont passĂ© et les jeunes souverains affirment ce goĂ»t nĂ©o classique qui succĂ©dant au Baroque de l’Ă©poque des LumiĂšres prĂ©pare dĂ©jĂ  l’essor du romantisme : sĂ©quence exceptionnellement fĂ©conde que l’on rĂ©sume par l’expression
  La musique et le thĂ©Ăątre lyrique passe des passions de l’Ăąme baroque Ă  l’Ă©mergence du sentiment romantique
  A bon entendeur. (Illustration ci dessus : portrait de Marie-Antoinette par Madame VigĂ©e Lebrun _ ci contre : Comtesse Sacy par David, 1790). En cultivant cette Ă©loquence nouvelle de la sentimentalitĂ©, les amateurs aiment surtout se dĂ©lecter des passions les plus exacerbĂ©es qui voient les Alcina et Clorinde baroques, remplacĂ©es par les femmes dĂ©voreuses, pourtant amoureuses et impuissantes, d’un nouveau profil, tragique et fantastique, MĂ©dĂ©e (Cherubini) et Armide (ThĂ©sĂ©e de Gossec, Renaud de Sacchini), que la posture nĂ©o grecque conduit vers l’Ă©pure frĂ©nĂ©tique et spectaculaire des MĂ©hul et Spontini Ă  venir. L’Ă©poque est Ă  la relecture des classiques du XVIIĂš : quand Lully, Racine ou Corneille fournissent les sources de nouveaux modĂšles esthĂ©tiques et sonores…

 

 

La tragédie lyrique française à son crépuscule
PhĂšdre 1786

 

Ainsi l’exploration conduite Ă©claire ce bouillonnement artistique exceptionnel propre aux annĂ©es 1780 dont classiquenews a rendu compte pas Ă  pas distinguant par comptes rendus et documentaires vidĂ©os dĂ©veloppĂ©s, les apports et la rĂ©elle pertinence (consulter les liens ci avant).

 

 

LA PHEDRE DE JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
 Qu’en sera-t-il au juste pour cette PhĂšdre d’un Lemoyne mĂ©connu, mĂ©sestimĂ© peut-ĂȘtre, carrĂ©ment oubliĂ© certainement ? Pour chaque rĂ©crĂ©ation prometteuse annoncĂ©e, l’idĂ©e de re-dĂ©couvrir un chef d’Ɠuvre s’impose Ă  nous malgrĂ© les rĂ©serves prĂ©citĂ©es. En PhĂšdre, surgit l’interdit du dĂ©sir incestueux. Sur les traces des tragĂ©diens grecs anciens, Euripide et SĂ©nĂšque, puis Racine
 la musique de Lemoyne affirme une autre PhĂšdre, visage spĂ©cifique de la fille de Minos et de PasiphaĂ«, soit un monstre sentimental, Ăąme dĂ©sirante, tiraillĂ©e, impuissante dominĂ©e par sa passion trop coupable. Avant Lemoyne, Rameau avait su Ă©blouir en proposant sa propre vision (baroque) du mythe de la cougar dĂ©voreuse avant l’heure
  soit une figure souveraine digne et blessĂ©e d’une dignitĂ© impĂ©riale qui dans une langue dĂ©clamĂ©e inouĂŻe entend, dĂšs 1733, soit en plein esthĂ©tique rocaille, Ă©galer voire dĂ©passer le thĂ©Ăątre de Racine. Et de Corneille. Pas moins. De fait, Rameau impose une langue nouvelle, directe et sensuelle, expressive et violente d’une modernitĂ© absolue


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Portrait de Madame Verninac par Jacques Louis David (vers 1799)

 

 

InspirĂ©s par la musique de Lemoyne, “sa force et sa modernitĂ©â€, les producteurs de cette PhĂšdre 2017 placent l’orchestre sur la scĂšne comme une actuelle rĂ©crĂ©ation d’un autre drame de la mĂȘme pĂ©riode ChimĂšne de Sacchini (d’aprĂšs Corneille), oĂč dĂ©jĂ  les musiciens du Concert de La Loge Ă©taient placĂ©s de mĂȘme, le chef au centre du dispositif scĂ©nique et les instruments tout Ă  fait visibles pendant l’action (une indication de l’importance sonore de l’orchestre ? Certainement). L’époque et bien Ă  la relecture des mythes lĂ©guĂ©s par le thĂ©Ăątre classique du siĂšcle prĂ©cĂ©dent : les compositeurs invitĂ©s, protĂ©gĂ©s par Marie-Antoinette rĂ©adaptent Racine comme Lully, dans une syntaxe plus nerveuse, voire frĂ©nĂ©tique.

Sur la scĂšne le temple de VĂ©nus, oĂč se situe l’action de la tragĂ©die,  devient alors un « temple de la musique », les instrumentistes paraissent ainsi tels les prĂȘtres du culte, aux cĂŽtĂ©s des choristes, qui entourent et accompagnent les protagonistes.
Efficace, bref, parfois violent, Lemoyne soigne l’urgence des contrastes : une esthĂ©tique bien baroque, mais totalement rĂ©habillĂ©e. Il se concentre sur le quatuor tragique d’oĂč est exclue Aricie, la fiancĂ© du jeune Hippolyte qu’aime sans issue l’ignoble PhĂšdre. En Ă©cartant Aricie qui s’est vouĂ©e Ă  Diane, exit toute coloration pastorale (si Ă©blouissante chez Rameau). L’heure est Ă  la coupe sanglante nĂ©oclassique : sacrifice, possession, hurlement. Chaque Ă©pisode de Lemoyne est une issue vers la mort.
PhĂšdre, OEnone, Hippolyte et ThĂ©sĂ©e, « dans leurs costumes dorĂ©s, cramoisis, arrivent dĂ©jĂ  consumĂ©s, prĂȘts Ă  devenir poussiĂšre, Ă  s’évaporer dans les tombes qui jalonnent la scĂšne
 Cette opposition entre le gris du sol et l’or des tombes et des costumes permet de crĂ©er un espace imaginaire, entre la vie et la mort, sous les lumiĂšres savantes de Dominique BruguiĂšre », comme le prĂ©cise le metteur en scĂšne.

 

 

 

PhĂšdre de Jean-Baptiste Lemoyne, 1786
Recréation

boutonreservation PARIS, Bouffes du nord, les 9, 10 et 11 juin 2017
REIMS, Opéra, mardi 10 octobre 2017

 

 

 

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Tragédie lyrique en 3 actes
Livret de François-Benoßt Hoffmann
Création le 26 octobre 1786 au Chùteau de Fontainebleau
Nouvelle version / transcription / arrangement pour 4 chanteurs et 10 instruments

LE CONCERT DE LA LOGE
PhĂšdre: Judith Van Wanroij
OEnone: Diana Axentii
Hippolyte: Enguerrand de Hys
Thésée: Thomas Dolié

Direction musicale et violon: Julien Chauvin
Mise en scĂšne : Marc Paquien

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Jacques Louis DAVID : Portrait d’une femme, 1798. Comme Lemoyne ou Sacchini dans la France des annĂ©es 1780, David, l’inventeur en peinture du nĂ©oclassicisme (Le Serment des Horaces, salon de 1784), se met au goĂ»t du jour et adopte dans ses portraits aristocratiques, la mode nĂ©o grecque ou nĂ©o Ă©trusque (voir aussi le portrait de Madame RĂ©camier), explicitement nĂ©o classique… qui fait paraĂźtre les dames en PhĂšdres, certes assagies…

 

 

 

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LA CHIMENE de SACCHINI, 1783

RecrĂ©ations lyriques lyriques : ChimĂšne et PhĂšdreParallĂšlement Ă  PHEDRE de Lemoyne, se prĂ©cise le profil de la ChimĂšne de Sacchini, rĂ©cemment et actuellement recrĂ©e (mars 2017). InspirĂ© de Corneille (Le Cid), Sacchini remet au goĂ»t du jour en 1783 pour la Cour de France, le mythe chevaleresque oĂč l’amoureuse bafouĂ©e qui porte la loi du pĂšre, est tiraillĂ©e car elle aime celui qui l’a tuĂ© : Rodrigue. Amour ou devoir, le pĂšre ou l’amant… VOIR LE PROCES DE CHIMENE, nouvelle recrĂ©ation lyrique de l’Ă©poque des LumiĂšres, au temps du nĂ©oclassicisme

 

 

 

Recréations lyriques lyriques : ChimÚne et PhÚdre

 

JACQUE-LOUIS DAVID : portrait de la comtesse de Sacy, 1790. Mise sobre, presque Ă©pure nĂ©ogrecque, l’aristocrate fait pĂąle figure en robe simple et d’un raffinement “rustique”. Ni bijoux, ni parures sophistiquĂ©e, perruque au naturel… tout souligne ici ce goĂ»t de la simplicitĂ© propre Ă  l’esthĂ©tique nĂ©o classique.

Compte-rendu, concert. Toulouse. Halle-aux-Grains. Le 7 avril 2017. Mozart. Bruckner. Laloum, piano. Orchestre du Capitole de Toulouse. Swensen, direction.

Compte-rendu, concert. Toulouse. Halle-aux-Grains. Le 7 avril 2017. Mozart. Bruckner. Laloum, piano. Orchestre du Capitole de Toulouse. Swensen, direction. Quel beau concert dont on sort l’ñme heureuse, apaisĂ©e ; capable d’affronter la vie dans sa complexitĂ©. Les deux artistes invitĂ©s par l’Orchestre du Capitole sont des fidĂšles. Le chef charismatique Joseph Swensen aprĂšs une quasi intĂ©grale Mahler sur plusieurs annĂ©es, semble prĂ©parer une intĂ©grale Bruckner. Le pianiste toulousain Adam Laloum est chĂ©ri du public en raison d’une personnalitĂ© artistique attachante et d’une musicalitĂ© des plus dĂ©licates.

En un siÚcle, quelle évolution en Autriche !

PIANO ENCHANTEUR : Adam Laloum Ă  ToursDĂšs les premiĂšres mesures du sublime Concerto Jeunehomme, nous avons su que l’alchimie des grands moments Ă©tait prĂ©sente. Le Concerto unique dans ce temps de la musique galante de Mozart est dĂ©jĂ  une Ɠuvre de la maturitĂ©. ComposĂ© pour une virtuose de grand talent, Melle Jeunehomme, venue Ă  Salzbourg, Mozart bouscule les codes. Il fait intervenir le piano pour de courtes phrases dĂšs le dĂ©but. Cet Ă©lĂ©ment enjouĂ©, facĂ©tieux et gourmand, a Ă©tĂ© saisi Ă  la perfection par nos artistes ce soir. Laloum avec un toucher Ă©lĂ©gant et dynamique rĂ©pond et stimule l’orchestre dans ces deux courtes incises. Il Ă©coute ensuite avec dĂ©lectation l‘introduction de l’orchestre que Swensen maintient entre dĂ©licatesse et humour. Ensuite tout passe comme un rĂȘve entre des musiciens au sommet. L’enthousiasme du jeu de Laloum Ă©voque un Mozart heureux de ses fabuleux moyens de musiciens, mis au service de la virtuositĂ© de la pianiste française qui l’a particuliĂšrement inspirĂ©. Le deuxiĂšme mouvement en do mineur est un des passages les plus vocalement sublimes au piano. Le jeu au lĂ©gato de chanteur d’Adam Laloum est une merveille. Swensen et lui, avec les admirables musiciens du Capitole, chantent Ă  perdre l’ñme. Le Sturm und Drang est dĂ©jĂ  au niveau d’une perfection formelle incroyable chez un compositeur de 21 ans avec une Ă©motion Ă©perdue. Le balancement des cordes, le chant des bois, les volutes du piano, tout est enchantement. Le toucher admirable d’élĂ©gance et de dĂ©licatesse d’Adam Laloum fait merveille. Le final tout de finesse et de joie, balaye la mĂ©lancolie de l’andantino, mais les modulations en gardent un quelque chose de tout Ă  fait magique. Et la partie centrale, en pizzicato de l’orchestre et traits du piano, ouvre Ă  nouveau une profondeur tout Ă  fait inhabituelle dans un finale. Adam Laloum nuance Ă  l’infini ces traits avec beaucoup d’expressivitĂ©. Les derniers instants du Concerto nous entrainent dans un vertige virtuose des plus agrĂ©ables. Le public exulte et obtient un bis admirable d‘Adam Laloum qui ose un Brahms (premier Intermezzo de l’opus 117), dĂ©pouillĂ©, sans emphase, Ă  l’intĂ©rioritĂ© dĂ©licatement retenue, qui apporte les larmes au bord des yeux.

 

 

 

SWENSEN-joseph-portrait-classiquenews-Joseph-Swensen-2014-CREDIT-Ugo-Ponte-1

 

 

 

La deuxiĂšme partie du concert Ă©toffe considĂ©rablement l’orchestre, nous passons de 1777 Ă  1881 mais nous restons en Autriche. Le couplage Mozart-Bruckner semble une habitude et une nouvelle fois, a fonctionnĂ© Ă  merveille. Joseph Swensen empoigne la vaste Symphonie n°6 pour nous offrir un voyage d’une incroyable variĂ©tĂ© de couleurs et de nuances qui fait mentir ceux qui voient en Bruckner beaucoup de bruit et de rĂ©pĂ©titions. Avec un chef de cette trempe la symphonie d’une heure avance vers un final enthousiasmant sans lourdeur. Et pourtant il nous a semblĂ© que les tempi Ă©taient particuliĂšrement larges. Peut ĂȘtre est-ce sa capacitĂ© Ă  faire respirer l’orchestre et Ă  habiter les silences, qui donne cette impression d’avancĂ©e sans freins

Cette partition est extrĂȘmement exigeante pour l’orchestre mais tout particuliĂšrement pour les cors trĂšs souvent Ă  dĂ©couvert : ils ont assumĂ© crĂąnement ces difficultĂ©s redoutables avec parfois des faiblesses Ă©mouvantes. Nous garderons en mĂ©moire de ce fabuleux voyage, des violons trĂšs vaillants capables de grande dĂ©licatesse, des contrebasses admirables de prĂ©sence incarnĂ©e. La couleur chaude des altos et des violoncelles est Ă©galement pleine de chaire. Les bois sont tous trĂšs colorĂ©s et apportent beaucoup de fraicheur et d’air dans cette masse sonore imposante. La puissance des gros cuivres est un peu massive mais Swensen s’en sert admirablement pour amplifier les contrastes. L’engagement total de Joseph Swensen ne faibli jamais, il assure une construction d’ensemble passionnante, tout en caractĂ©risant chaque mouvement. D’entrĂ©e, le Maestoso nous fait pĂ©nĂ©trer dans un monde grandiose, l’Adagio plane avec ampleur et gĂ©nĂ©rositĂ©, le Scherzo caracole avec un appui terrien bien solide, le final est une construction vers un absolu de beautĂ© et de puissance. Jusqu’aux deniers instants, Joseph Swensen garde l’immense orchestre sous sa battue. Le crescendo final est Ă©lectrisant de maĂźtrise, avec un effet indescriptible sur le public qui tonne en applaudissements frĂ©nĂ©tiques ! Bruckner est aimĂ© Ă  Toulouse ! Il faut dire qu’avec un chef de cette puissance expressive, il faudrait ĂȘtre de marbre ou sourd. L’orchestre a la maturitĂ© pour s’imposer dans ce vaste rĂ©pertoire et le public dans sa majoritĂ©, semble prĂȘt Ă  l’apprĂ©cier.

 

 

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Compte-rendu critique, concert. Toulouse. Halle-aux-Grains. Le 7 avril 2017. Wolfgang Amadeus Mozart (1756 1791): Concerto pour piano et orchestre n°9, “Jeunehomme”, K.271 en mi bĂ©mol majeur. Anton  Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°6 en la majeur. Adam Laloum, piano. Orchestre National du Capitole de Toulouse. Joseph Swensen, direction. Illusrations : Adam Laloum et Joseph Swensen (DR)

 

 

CD, compte-rendu critique. ALESSANDRO SCARLATTI: PASSIO SECUNDUM JOHANNEM. (AlarcĂłn,1 cd Ricercar, 2016)

sacaralatti-alessandro-passio-secundum-johannem-cd-ricercar-1-cd-alarcon-ricercar-cd-review-critique-cd-classiquenewsCD, compte-rendu critique. ALESSANDRO SCARLATTI: PASSIO SECUNDUM JOHANNEM. (AlarcĂłn,1 cd Ricercar, 2016). La « Passio selon Saint-Jean » d’Alessandro Scarlati Ă©claire enfin l’écriture sacrĂ©e italienne de la fin du XVIIĂš, Ă  Naples et Ă  Rome, dans le sillon palermitain tracĂ© par le modĂšle entre tous, Vincenzo Amato, oncle paternelle de notre Alessandro et auteur de deux Passions particuliĂšrement convaincantes, propres aux annĂ©es 1660. Aujourd’hui les derniĂšres recherches tentent Ă  dater le manuscrit de Scarlatti de 1685, alors ĂągĂ© de 25 ans ; le jeune auteur y reste stylistiquement influencĂ© par la Passion selon Saint-Jean contemporaine de Veneziano, successeur de Scarlatti Ă  la fonction de directeur de la Capella Real de Naples en 1704. Les Lamentazioni pour la Semaine Sainte de Scarlatti et les Lezioni de Veneziano offrent une parentĂ© d’écriture, encore plus manifeste entre les deux compositeurs, preuve Ă©loquente de leur interaction contemporaine.

La Passio de Scarlatti malgrĂ© une prĂ©occupation Ă©vidente de caractĂ©risation des personnages Ă©vangĂ©liques, n’atteint pas la force voire l’exubĂ©rance du drame de Veneziano. Le Scarlatti qui nous intĂ©resse ici, est celui flamboyant et victorieux Ă  Naples, dĂ©crochant devant l’illustre et pourtant incontournable Provenzale, le fonction suprĂȘme de maĂźtre de Chapelle le 17 fĂ©vrier 1784 Ă  Naples. ProtĂ©gĂ© par le vice-roi lui-mĂȘme, Alessandro Scarlatti s’imposait ainsi, Ă  l’opĂ©ra comme dans le registre sacrĂ©. S’il excelle dans le traitement dramatique Ă  l’opĂ©ra, il sait aussi se contenir, avec intelligence, comme l’indique de façon naturelle sa Passion selon Saint-Jean.

SCARLATTI-alessandro-portrait-classiquenews-scarlatti_alessandroContrairement Ă  la tentation de ses « rivaux » contemporains, Scarlatti demeure trĂšs sobre, soucieux d’une tension continue, surtout incarnĂ©e et portĂ©e par l’ample contralto du Testo (EvangĂ©liste), par lequel se rĂ©alise l’action, conçue en une succession de courts Ă©pisodes, chacun idĂ©alement caractĂ©risĂ©. Dans ce traitement Ă  la fois violent et tempĂ©rĂ© du drame de la Passion, la figure du Christ / Christus est incarnĂ©e par une basse noble, imperturbable, d’une inflexible « douceur » (gravitas) quelles que soient les Ă©preuves et les attaques (en particulier de la foule souvent hystĂ©risĂ©e : Ă©criture homorythmique agressive). L’acmĂ© en serait Ă©videmment l’ultime phrase de Christus dans l’épisode de la Flagellation : mĂ©lisme descendant (« Consumtum est »). La force et la violence de la scĂšne sont d’autant plus impressionnantes et expressives qu’elles sont servies par un Scarlatti d’une Ă©tonnante sobriĂ©tĂ© lĂ  encore.
Face Ă  lui, l’orchestre façonne comme le chant d’une vaste lyre uniquement constituĂ©e de cordes (Millenium orchestra dont le premier violon est l’excellent Manfredo Kraemer), dont la vibration continue inscrit le drame dans l’épopĂ©e mesurĂ©e certes mais hautement tragique et Ă©motionnellement forte. Le consort de cordes sait respirer, s’alanguir, souligner l’accomplissement du dĂ©sespoir le plus dĂ©chirant (quand le Christ expire sur la Croix, sa tĂȘte s’inclinant avec l’expiration du dernier souffle). Les cordes marquent un silence riche en Ă©motion
 rĂ©pondant d’ailleurs aux annotations de Scarlatii lui-mĂȘme.
Comme pour souligner l’intensitĂ© primitive du drame sacrĂ©, tout en accusant sa grande intensitĂ© poĂ©tique comme l’enseignement mystique que l’auditeur est invitĂ© Ă  rechercher par lui-mĂȘme, Alarcon ajoute ici plusieurs Responsori (mĂ©ditations), extraits du recueil scarlattien de 1705 (conservĂ© Ă  Bologne; et qui regroupe plusieurs pages de Scarlatti de pĂ©riodes diffĂ©rentes). Belle Ă©loquence collective (excellents choristes du Choeur de chambre de Namur), relief canalisĂ© des solistes choisis, continuo ardent, vif, et pourtant d’un trĂšs bon Ă©quilibre sonore, Ă  la fois expressif et dĂ©taillé  voilĂ  autant d’arguments pour une lecture Ă  la fois mĂ©ditative et haletante de la Passion. La cohĂ©rence, l’unitĂ©, la justesse poĂ©tique des troupes rĂ©unies autour de leur chef, savent ressusciter avec passion, le drame sacrĂ© d’Alessandro Scarlatti, Ă  la fin du XVIIĂš. VoilĂ  qui nuance l’idĂ©e d’une Ă©cole napolitaine, Ă©trangĂšre Ă  toute introspection recueillie, unique Ă©cole de la virtuositĂ© sĂ©ductrice.

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CD, compte rendu critique. ALESSANDRO SCARLATTI (1660-1725) : PASSIO SECUNDUM JOHANNEM. Giuseppina Bridelli (Testo), Salvo Vitale (Christus), 
, Millenium Orchestra, Choeur de Chambre de Namur. ,Leonardo GarcĂ­a AlarcĂłn, direction. 1 cd Ricercar — enregistrement rĂ©alisĂ© en mars 2016 (Sint-Truiden, Belgique). https://www.outhere-music.com/fr/albums/passio-secundum-johannem-ric-378

LILLE. L’ONL affiche Max Richter

richter-max-compositeur-classiquenews-Richter-Mike-TerryLILLE, Nouveau SiĂšcle. Max Richter, les 22,23,25 mars 2017. Quatre saisons, de Vivaldi Ă  Richter. L’Orchestre national de Lille joue les Quatre Saisons d’aprĂšs Vivaldi, puis From Sleep par l’auteur de la musique du film « Valse avec Bachir » (2008) ou de Shutter Island (2010, de Martin Scorsese). RĂ©interprĂ©tation rĂ©crĂ©ative, les Quatre Saisons revivent une nouvelle vie en Ă©tant enrichi d’un nouvel ADN celui « 2.0 » du XXIĂšme siĂšcle tel que l’a conçu le compositeur contemporain Max Richter. Le pianiste et compositeur post-minimaliste Richter recompose Les Quatre Saisons de Vivaldi. Il puise son inspiration Ă  partir de ses annĂ©es de formation auprĂšs de Luciano Berio, reste marquĂ© par l’Ɠuvre saisissante et expĂ©rimentale de Iannis Xenakis. Max Richter est bien connu du milieu musical depuis les annĂ©es 1990, il fut (et reste depuis) l’un des dĂ©fenseurs zĂ©lĂ©s d’Arvo PĂ€rt, compositeur estonien, mystique, partisan de l’épure et de la rĂ©pĂ©tition rĂ©sonante. Mais en plus de PĂ€rt, Richter s’est distinguĂ© tout autant en se rĂ©clamant aussi de Phil Glass, Steve Reich et Brian Eno.

 

 

L’Orchestre national de Lille invite Max Richter
Vivaldi, version 2.0

 

Antonio_Vivaldi grand portrait classiquenews_1ImmergĂ© dans la marmite baroque des Quatre Saisons vivaldiennes, sublime poĂšme instrumental pour violon solo et orchestre de cordes, Richter remixe, rĂ©Ă©crit, se joue des sons, de leur Ă©cho, de la rĂ©sonance Ă©galement. Richter en rĂ©organise l’agencement, restructure selon la source vivaldienne dans laquelle il injecte ses propres motifs, soit une parure personnelle riche en nuances vaporeuses, en brumes sonores parfois Ă©nigmatiques, qui offre un Ă©crin critique, interrogatif aux sonoritĂ©s originelles de la matrice vivaldienne. Pour le label Deutsche Grammophon et le violoniste Daniel Hope, Max Richter reconstruit l’arche vivaldienne pour en dĂ©duire ses propres Saisons. Il en a dĂ©coulĂ© un enregistrement paru en 2012 (chez DG / Konzerthaus Kammerorchester de Berlin – AndrĂ© de Ridder, direction). En s’intĂ©ressant Ă  Vivladi, en le questionnant selon une syntaxe propre, Max Richter ne fait pas que relire le chef d’oeuvre de la musique instrumentale baroque au dĂ©but du XVIIIĂš : il en rĂ©vĂšle l’inatteignable perfection. Un must actuel qui permet de rĂ©Ă©couter Vivaldi d’un regard rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©, nerf, plus incisif.

 

RICHTER par l’ONL
 Pour l’arrivĂ©e du Printemps, l’ONL – Orchestre national de Lille propose une programmation autour de l’artiste Max Richter, rĂ©inventeur des Quatre saisons de Vivaldi
 il en rĂ©sulte ainsi 3 jours de concerts et 2 nocturnes pour plonger dans l’univers musical de l’un des auteurs « les plus prolifiques de sa gĂ©nĂ©ration et qui dĂ©fie les Ă©tiquettes » .

L’ONL & Max Richter au Nouveau Siùcle
Du 22 au 25 mars 2017 – Lille
Concert flash 12h30, concerts symphoniques, after Ă©lectro, dĂ©ambulation nocturne en collaboration avec le Palais des Beaux-Arts de Lille. L’ONL Ă  Lille offre un cycle Richter en plusieurs sessions et multiples formes


 
 

Max Richter Ă  l'affiche de l'Orchestre national de Lille

 

 
 

Mercredi 22 mars 2017boutonreservation
Auditorium du Nouveau SiĂšcle
Concert flash à 12h30 – The Blue Notebooks

The Blue Notebooks est le deuxiĂšme album solo (2004) de Max Richter, un projet singulier et aventureux, magnifiquement produit et se voulant rĂ©solument cinĂ©matographique : le titre « On the Nature of Daylight » marque le caractĂšre sonore du film « Shutter Island » de Martin Scorsese, mais aussi « Premier contact » de Denis Villeneuve (2016), tandis que « Shadow Journal » et « Organum » figurent dans la bande son de « Valse avec Bachir » (2008). Les compositions nĂ©o-classiques de l’album sont entrecoupĂ©es de textes extraits des Cahiers in-octavo de Franz Kafka, de L’hymne Ă  la perle et Terre inĂ©puisable de CzesƂaw MiƂosz, lus pour l’enregistrement discographique par l’actrice britannique Tilda Swinton. Le programme navigue entre les cordes dĂ©chirant l’ñme de « On the Nature of Daylight » et
des compositions pour piano au caractĂšre plus lyrique. Richter utilise Ă©galement des instruments Ă©lectroniques et occasionnellement des enregistrements captĂ©s Ă  l’extĂ©rieur du studio.
AVEC : Violons Natalia BONNER et Louisa FULLER / Alto Nick BARR / Violoncelles Ian BURDGE et Chris WORSEY / Piano Andrew SKEET / RĂ©citante Sarah SUTCLIFFE / Son Chris EKERS

 

 

 

Jeudi 23 et Samedi 25 mars 2017 Ă  20hboutonreservation
Auditorium du Nouveau SiĂšcle
Concerts symphoniques
Les Quatre Saisons VIVALDI / Max Richter

En premiĂšre partie, les musiciens interprĂštent le disque de Max Richter, Infra (2010), inspirĂ© par le poĂšme The Waste Land (« La Terre vaine ») de T. S. Eliot, rĂ©unit un piano, des sons Ă©lectroniques et un quatuor Ă  cordes. Il prolonge une partition composĂ©e pour un spectacle conçu en commun avec le danseur Wayne McGregor et l’artiste visuel Julian Opie sur une commande du Royal Ballet de Covent Garden.
Sa « recomposition » des Quatre Saisons de Vivaldi a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e Ă  l’invitation du label Deutsche Grammophon, en 2012. Cet album plĂ©biscitĂ© a Ă©tĂ© rĂ©Ă©ditĂ© avec de nouveaux remixes et des ajouts « ambient » – que Max Richter appelle « ombres » – et un DVD de concert. Max Richter a choisi ses moments prĂ©fĂ©rĂ©s de la partition et les a remodelĂ©s pour en faire de « nouveaux objets », superposant des fragments familiers ou les juxtaposant en boucle pour revigorer une oeuvre usĂ©e par l’emploi abusif dans les ascenseurs, les publicitĂ©s tĂ©lĂ©visĂ©es, comme indicatif ou gĂ©nĂ©rique d’attente. « Je n’ai gardĂ© que vingt-cinq pour cent des notes, mais il y a de l’ADN Vivaldi dans chaque mesure,
explique Max Richter. J’ai conservĂ© les gestes et les formes, les textures et les nuances. Certains bouts sont de Vivaldi, d’autres sont mes fantasmes, mes pensĂ©es Ă  haute voix sur les Quatre Saisons.» Pour Richter, rien de plus naturel que de rĂ©visiter l’oeuvre mythique d’un PrĂȘtre cĂ©lĂšbre, sachant faire jouer ses Ɠuvres par un orchestre de musiciennes, au risque de faire s’évanouir les Ăąmes fĂ©minines pendant ses concerts Ă  la PietĂ  de Venise.

 

AU PROGRAMME :
RICHTER : Infra
Jonathon HEYWARD direction

RICHTER Recomposed – VIVALDI Les Quatre Saisons
Mari SAMUELSEN, violon solo et direction
Chris EKERS, son
Orchestre National de Lille

 

 

 

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Concert flash 12h30 – Auditorium du Nouveau SiĂšcle – Lille /// Mercredi 22 mars 12h30 – Tarifs : 5/10€

· Concerts symphoniques – Auditorium du Nouveau SiĂšcle – Lille /// — Jeudi 23 mars 20h et samedi 25 mars 18h30. Quelques places de derniĂšres minutes disponibles au tarif unique de 10€ / 15 minutes avant les concerts symphoniques

·  After – espace Valladolid du Nouveau SiĂšcle – Lille ///
entrées gratuites à retirer dÚs 21h dans le hall du Nouveau SiÚcle

Renseignements et réservations :
Billetterie ONL dans le hall du Nouveau SiĂšcle
03 20 12 82 40
www.onlille.com

 

·  Nocturne au MusĂ©e – Palais des Beaux-Arts de Lille –
Place de la RĂ©publique /// Tarifs de 4 Ă  7€
- SLEEP – Sleep a Ă©tĂ© pensĂ© comme un paysage sonore doux et enveloppant, destinĂ© Ă  faire venir le sommeil. L’oeuvre sera diffusĂ©e sous forme d’extraits (la piĂšce intĂ©grale dure huit heures), en simultanĂ© dans plusieurs espaces du musĂ©e, oĂč vous pourrez l’apprĂ©cier,
confortablement installĂ© et entourĂ© des oeuvres d’art. Il n’y a plus qu’à vous laisser bercer

Billetterie du Palais des Beaux-Arts de Lille : 03 20 06 78 00 et www.pba-lille.fr

 

 

 

Paul Agnew dirige l’ORFEO de Monteverdi

Les Arts Florissants Les Arts Florissants Integrale des madrigaux Septieme livrePARIS,Philharmonie. Monteverdi: Orfeo par Paul Agnew. Le 20 mars 2017. Prolongeant son cycle Ă©blouissant dĂ©diĂ© aux madrigaux de Monteverdi, rĂ©alisĂ© sur 5 saisons, Paul Agnew et Les Arts Florissants accomplissent le grand Ɠuvre de Monteverdi, son premier opĂ©ra : Orfeo, crĂ©Ă© au palais ducal de Mantoue en 1607, dans une langue que le compositeur a pu façonner, ciseler grĂące Ă  l’écriture contemporaine de ses madrigaux
 Voici la critique du spectacle crĂ©Ă© Ă  Caen le 28 fĂ©vrier dernier 
 une production en tous points convaincant et d’une grande justesse poĂ©tique. Car en orfĂšvre du verbe incarnĂ©, Paul Agnew sait prĂ©server dans la rĂ©alisation du drame en musique, le relief et l’intelligibilitĂ© du texte, noyau moteur de l’opĂ©ra naissant. FAÇON STONEHENGE intimiste, cet Orfeo dĂ©pouillĂ© avec son arĂšne dĂ©limitĂ© par un aligner Ă©lectronique de pierres, ou la lumiĂšre seule indique la traversĂ©e du temps de l’ombre nocturne Ă  la lumiĂšre diurne, du monde des vivants Ă  celui des morts, Paul Agnew et ses chanteurs abordent le premier OpĂ©ra moderne de l’histoire (crĂ©Ă© Ă  Mantoue en 1607), avec Ă©conomie et intensitĂ©. L’attention au mot le souci d’intelligibilitĂ© gestuelle le jeu dramatique prĂ©servĂ© rappellent Ă©videmment l’odyssĂ©e antĂ©rieure rĂ©alisĂ©e par le chef adjoint des arts florissants : cycle intĂ©grale des madrigaux de plus en plus dramatiques dont la science et l’expĂ©rience poĂ©tique ont Ă©tĂ© laboratoire pour l’OpĂ©ra en germe.
Paul Agnew choisit dans sa version d’orfeo la fin heureuse et plus convenable ou le poĂšte Ă©ternellement veuf n’est pas dĂ©chiquetĂ© par les mĂ©nades mais bel et bien sanctifiĂ© en rejoignant son pĂšre spirituel le lumineux et musicien comme lui, Apollon
 Ă  la lyre magnifique.
Chanteurs du verbe lyrique naissant (en style parlar cantando) autant qu’acteurs, les solistes se distinguent par leur caractĂ©risation fine et convaincante, un parti prĂ©servant la fluiditĂ© sans jamais sacrifier le fondamental de ce thĂ©Ăątre des origines: l’articulation du texte.

 

 

 

L’Orfeo montĂ©verdien, un accomplissement pour Paul Agnew

 

 

Orfeo 2017©PhilippeDelval 0182[3]Cyril Auvity et Hannah Morrison, OrphĂ©e et Eurydice, comme Antonio Abete et Miriam Allan en Pluton et Proserpine sĂ©duisent voire captive. Palmes speciales a la sombre et pourtant rayonnante messaggieria messagĂšre :la jeune et hallucinĂ©e et si juste jeune mezzo française si prometteuse. LÉA DESANDRE celle qui apprend aux bergers et au poĂšte thrace la mort de son aimĂ©e : immersion fascinante de la mort dans un monde d’insouciance (madrigalesque). La jeune cantatrice sillonne sa voix propre sur les traces de son professeur l’immense qui fut Ă  son Ă©poque et pour savall entre autres une captivante Messaggieria.

 

orfeo monteverdi paul agnew arts florissants opera caen philharmonie striggio

 

 

L’orchestre ciselĂ©, orfĂ©vrĂ©, chambriste compose le meilleur Ă©crin et soutien instrumental Ă  ce plateau humaine et sensible. Aucun doute cet Orfeo Ă©quilibrĂ©, idĂ©alement incarnĂ© reste proche du verbe :l’expĂ©rience madrigalesque qui a prĂ©cĂ©dĂ© confĂšre Ă  ce spectacle ce qu’il devait ĂȘtre dans cette compĂ©tition t’invite du geste dĂ©fendu depuis 4 ans par Paul Agnew au concert et pour partie au disque aussi, un prolongement naturel qui vaut accomplissement. VOIR NOS REPORTAGES VIDÉOS : Paul Agnew chante et pilote l’intĂ©grale des livres de madrigaux de Monteverdi. Et l’on comprend ainsi grĂące Ă  la cohĂ©rence de son geste sur la durĂ©e comment l’expĂ©rience madrigalesque prĂ©pare et mĂšne directement Ă  l’opĂ©ra italien baroque. Lumineuse et juste approche. Superbe production des Arts Florissants d’autant plus opportune en cette annĂ©e 2017 ou l’on fĂȘte le mythe d’OrphĂ©e et aussi surtout les 450 ans de Claudio Monteverdi. (Compte rendu critique de l’Orfeo de Monteverdi, Caen, le 28 fĂ©vrier 2017).

 

 

orphee-corot-monteverdi-orfeo-classiquenews-582

 

 

 

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PARIS, Philharmonie : lundi 20 mars 2017, 20h30. Orfeo de Monteverdi par Les Arts Florisants / Paul Agnew, direction. A 18h30, les enjeux d’Orfeo : salle de confĂ©rence… prĂ©sentation, explications avant la reprĂ©sentation…

 

Claudio Monteverdi
L’Orfeo, favola in musica

SV 318, créé à Mantoue, Palais Ducal, le 24 février 1607
(Orphée, fable en musique / Favola in musica)
Livret du poĂšte Alessandro Striggio.

Cyril Auvity, haute-contre, Orphée
Hannah Morrison, soprano, La Musique, Eurydice
Miriam Allan, soprano, Proserpine
LĂ©a Desandre, mezzo-soprano, MessagĂšre
Antonio Abete, basse, Pluton, Un esprit, Un berger
Cyril Costanzo, basse, Charon, Un esprit
Carlo Vistoli, contre-ténor, Un esprit, Un berger
Sean Clayton, ténor, Un berger
Zachary Wilder, ténor, Un esprit, Un berger
Les Arts Florissants
Paul Agnew, direction

 

 

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LIRE aussi notre prĂ©sentation de l’opĂ©ra ORFEO de Monteverdi :

http://www.classiquenews.com/paul-agnew-aborde-orfeo-de-monteverdi/

 

 

VOIR aussi nos reportages VIDEO Paul Agnew et les Arts FLorissants chantent les madrigaux de Claudio Monteverdi / CREMONA, Livres I, II, III de madrigaux

http://www.classiquenews.com/video-cremona-livres-i-ii-iii-de-madrigaux-de-monteverdi-par-les-arts-forissants-et-paul-agnew/

 

 

LIRE aussi notre dossier spĂ©cial le mythe d’OrphĂ©e, sa fortune musicale

 

 

 

Bach & fils par Jean Rondeau Ă  POITIERS

Jean Rondeau et Nevermind Ă  SaintesPOITIERS, TAP – BACH & fils par Jean Rondeau, le 21 mars 2017, 20h30. Toujours la coiffe hirsute et le jean dĂ©contractĂ©, le claveciniste Jean Rondeau s’entoure d’une phalange de musiciens complices dans une Ă©vocation de la dynastie Bach, – programme familial et collectif, musicalement trĂšs unitaire et stylistiquement cohĂ©rent, dĂ©jĂ  sujet d’une parution discographique. Le claveciniste rĂ©alise le relief expressif de plusieurs Concertos pour clavecin et cordes, avec la connivence de certains instrumentistes dĂ©jĂ  familiers, dont le violoniste Louis Creac’h, – dĂ©jĂ  repĂ©rĂ© par classiquenews comme ex apprenti acadĂ©micien du JOA Jeune Orchestre de l’Abbaye, ou participant aussi Ă  certains projets d’Amarillis (Stabat Mater de Pergolesi avec Sandra Yoncheva).
Ainsi paraissent les fils Bach (Wilhelm Friedemann, Carl Philipp Emanuel et Johann Christian) aux cĂŽtĂ©s du pĂšre Jean-SĂ©bastien. Le claveciniste barbu (christique ?) du Baroque actuel cultive une posture dĂ©calĂ©e qui s’entend Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer (dynamiser ?) l’interprĂ©tation contemporaine du Baroque, ici germanique. Depuis son clavecin axial, dĂ©fricheur, relecteur, porteur d’une vision dĂ©sormais dĂ©poussiĂ©rante des oeuvres choisies.
RONDEAU jean portrait concert classiquenews poitiers 390643_concert-de-jean-rondeau-clavecin-et-piano-festival-europeen-jeunes-talents_111341Classiquenews avait suivi la rĂ©sidence de Jean Rondeau, – entourĂ© d’un autre collectif (Nevermind) Ă  Saintes (Abbaye aux dames, la citĂ© musicale / VOIR notre reportage vidĂ©o Jean Rondeau et Nevermind Ă  Saintes / fĂ©vrier 2016), dans Telemann et Bach (entre autres). Ici, le style direct, franc, expressif, « rock », revisite le genre du Concerto instrumental, entendu comme un drame sans paroles, vĂ©ritable conversation Ă  plusieurs protagonistes ; il sied Ă  la vivacitĂ© des Bach fils, en particulier Wilhelm F. et CPE – illustres reprĂ©sentants du style galant Empfindsamkeit, nĂ©o classique – collectionneurs inspirĂ©s en contrastes et acuitĂ© rythmique ; mĂȘme aspĂ©ritĂ© mordante, vivaces dans les Bach pĂšre, comme juvĂ©nilisĂ©s avec une ardeur verte et trĂšs prĂ©sente : Concertos pour clavecin BWV 1052 et 1056. Du creuset paternel, antre magicien d’une invention jamais Ă©puisĂ©e, les fils, en apprentis sorciers inspirĂ©s, dignes hĂ©ritiers du modĂšle-mentor, osent toutes les audaces
 Ils poursuivent le geste libre, inventif, neuf, moderne du modĂšle paternel. Dont se saisit comme un flambeau Ă©lectrisant, les jeunes interprĂštes de ce concert; Et si la dynastie Bach Ă©tait surtout une gĂ©nĂ©alogie de tempĂ©raments expĂ©rimentateurs ?

Le concert prĂ©sentĂ© Ă  Poitiers fait suite au premier volet Bach, dĂ©diĂ© prĂ©cĂ©demment aux ancĂȘtres de Bach (dĂ©cidĂ©ment la dynastie Bach est une colonie impressionnante de talents dont la gĂ©nĂ©alogie explique le plus grand d’entre tous, Jean-SĂ©bastien).

 

 

 

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boutonreservationLes Concertos de Bach pĂšre et fils
TAP, POITIERS, mardi 21 mars 2017, 20h30

Johann Sebastian Bach
Concerto pour clavecin n°1 en ré mineur BWV 1052,
Concerto pour clavecin n°5 en fa mineur BWV 1056

Wilhelm Friedemann Bach
Concerto pour clavecin en fa mineur

Carl Philipp Emanuel Bach
Concerto pour clavecin en ré mineur

Jean Rondeau, clavecin
Sophie Gent, Louis Creac’h violons
Antoine Touche, violoncelle
EvolĂšne Kiener, basson
Thomas de Pierrefeu, contrebasse

 

 

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INFOS et RESERVATIONS
sur le site du TAP Théùtre Auditorium de Poitiers, page dédiée au Concert Jean RONDEAU + ensemble instrumental : Concertos de Bach et ses fils

http://www.tap-poitiers.com/jean-rondeau-1799

 

 

 

 

 

 

 

 

UN PERE ET SES 3 FILS… Comme un gĂ©nĂ©alogiste, le claveciniste vedette Jean Rondeau reĂ©active les liens et filiations fĂ©condes qui aimantent la succession du pĂšre et des ses fils : Jean-SĂ©bastien a su transmettre Ă  sa descendance cet amour de l’excellence, ce goĂ»t de l’expĂ©rimentation.

Carl Philipp Emanuel BachAu firmament de cette constellation heureuse et fructueuse, se situe le second fils de son premier mariage avec Maria Barbara, Carl Philipp Emmanuel (1714-1788) qui eut pour parrain l’illustre Telemann de Hambourg. Le pĂšre voulait qu’il fasse son droit, or Carl Philipp prĂ©fĂ©ra comme son mentor, Ă©blouir par la musique. Ce qu’il fit. HĂ©las son gĂ©nie ne fut guĂšre reconnu : Ă  la Cour de FrĂ©dĂ©ric de Prusse, bien que zĂ©lé  et inspirĂ©, CPE vĂ©gĂšte comme simple claveiniste, prĂ©fĂ©rĂ© au bien conforme Quantz. Sa Symphonie en Do majeur pour cordes et continuo (composĂ©e Ă  Hambourg en 1773),  cultive cette langue nerveuse, souple, intensĂ©ment dramatique qui porte l’empreinte du courant prĂ©romantique « Sturm und Drang » (TempĂȘte et passion). A cette source, s’abreuvent directement les grands symphonistes de la gĂ©nĂ©ration suivante : Haydn et Mozart qui le tenaient en trĂšs grande estime.

 

 

Benjamin des 11 fils qu’il eut avec sa seconde femme, Anna Magdalena : Johann Christian (1735-1782), est formĂ© par Carl Philip Ă  la mort de leur pĂšre en 1750. JC gagne l’Italie avant de servir la Cour britannique de George III. Claveciniste Ăšs mĂ©rite, autant que son frĂšre ainĂ©, CPE, Johann Christian compose son Concerto n°6 en fa mineur, vers 1750 alors qu’il suit les leçons de son frĂšre Ă  Berlin. TrĂšs influencĂ© par ce dernier, JC Ă©crit alors dans le style Sturm und Drang, avec ce goĂ»t immodĂ©rĂ© mais maĂźtrisĂ© pour les syncopes, ruptures harmoniques qui produisent le dramatisme fiĂšvreux de la partition.

Singulier et opiniĂątre autant que ses frĂšres cadets, le premier fils de Jean-SĂ©bastian, Wilhelm Friedemann (1710-1784) sait improviser comme son pĂšre. Et comme lui, WF montre dans l’Allegro e forte en rĂ© mineur, fugue complexe et animĂ©e, un gĂ©nie contrapuntique exceptionnel.

 

bach-jean-sebastien-pastel-582-portrait-2015-messe-en-si-classiquenews-william-christie-582-Pastell_Terry_kleinPour conclure la gĂ©nĂ©alogie musicale dont il se fait le passeur, Jean Rondeau rend hommage au fondateur de la dynastie au XVIIIĂš : Jean-SĂ©bastien (1685-1750). ComposĂ© Ă  Leipzig en 1738, le Concerto en rĂ© mineur impose un gĂ©nie premier, libre, inventif, narrateur nĂ©, soucieux de renouvellement et d’expressivitĂ© permanente. La verve dont est capable alors JS Bach, Ă©gale le foisonnement tout aussi audacieux et expĂ©rimental, de l’autre cĂŽtĂ© du Rhin, celui du Français Rameau dont l’invention rayonnante trouve un Ă©cho fraternel dans l’oeuvre « divine » de Bach le pĂšre.

 

 

 

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CD Ă  Ă©couter :

vertigo jean rondeau cd erato critique review classiquenews fevrier 2016CD, compte rendu critique. Vertigo. Rameau, Royer. Jean Rondeau, clavecin (1 cd Erato, mai 2015). Clavecin opĂ©ratique…. En fĂ©vrier 2016, ERATO publiait l’un des meilleurs disques rĂ©cents pour clavecin. Peut-ĂȘtre le premier indiscutable du jeune musicien français, ici particuliĂšrement serviteur de la musique qui l’inspire. Le texte du livret notice accompagnant ce produit conçu comme une pĂ©rĂ©grination intĂ©rieure et surtout personnelle donne la clĂ© du drame qui s’y joue. Quelque part en zones d’illusions, c’est Ă  dire baroques, vers 1746
 Jean Rondeau le claveciniste nous dit s’égarer dans un fond de dĂ©cors d’opĂ©ra dont son clavecin (historique du ChĂąteau d’Assas) ressuscite le charme jamais terni de la danse, “acte des mĂ©tamorphoses” (comme le prĂ©cise Paul ValĂ©ry, citĂ© dans la dite notice). Entre cauchemar (surgissement spectaculaire de Royer dans Vertigo justement) et rĂȘve (l’alanguissement si sensuel de Rameau ou le dernier renoncement du dernier morceau : L’Aimable de Royer), l’instrumentiste cisĂšle une sĂ©rie d’évocations, au relief dramatique multiple, contrastĂ©, parfois violent, parfois murmurĂ© qui s’efface. Rondeau ressuscite dans les textures rĂ©tablies et les accents sublimes des musiques dansantes ici sĂ©lectionnĂ©es, le profil des deux gĂ©nies nĂ©s pour l’opĂ©ra : Rameau (mort en 1764) et son “challenger” Pancrace Royer (1705-1755), Ă  la carriĂšre fulgurante, et qui au moment du Dardanus de Rameau, livre son ZaĂŻde en 1739. Deux monstres absolus de la scĂšne dont il concentre et synthĂšse l’esprit du drame dans l’ambitus de leur clavier ; car ils sont aussi excellents clavecinistes. Ainsi la boucle est refermĂ©e et le prĂ©texte lĂ©gitimĂ©. Comment se comporte le clavier Ă©prouvĂ© lorsqu’il doit exprimer le souffle et l’ampleur, la profondeur et le pathĂ©tique Ă  l’opĂ©ra ? Comme il y aura grĂące Ă  Liszt (tapageur), le piano orchestre, il y eut bien (mais oui), le clavecin opĂ©ra (contrastĂ© et toujours allusif). Les matelots et Tambourins de Royer valent bien Les Sauvages de Rameau, nĂ©s avant l’OpĂ©ra ballet que l’on connaĂźt, dĂšs les Nouvelles Suites de PiĂšces de Clavecin de 1728. DĂ©jĂ  Rameau lyrique perçait sous le Rameau claveciniste. Une fusion des sensibilitĂ©s que le programme exprime avec justesse. EN LIRE +

LITTLE NEMO, opĂ©ra pour tous d’aprĂšs Winsor McCay

angers-nantes-opera-saison-2016-2017-evenement-festival-operas-lyrique-critique-annonce-presentation-CLASSIQUENEWSANGERS. LITTLE NEMO, l’opĂ©ra choc, les 22 et 24 mars 2017.   Le propre d’Angers Nantes OpĂ©ra chaque nouvelle saison est de nous surprendre avec une nouvelle crĂ©ation ou un ouvrage connu (ou pas) du XXĂšme siĂšcle : dĂ©but 2017, ne manquez pas ainsi, le nouveau spectacle “pour enfants”, intitulĂ© “Little Nemo“, qui en rĂ©alitĂ© s’adresse Ă  tous les publics, aux jeunes et Ă  leurs parents
 L’opĂ©ra inĂ©dit revisite le mythe crĂ©Ă© entre 1905 et 1914 et sous forme d’un feuilleton dans la presse New Yorkaise, il y a donc presque un siĂšcle
 mais ici le jeune hĂ©ros a grandi et 40 ans plus tard s’interroge sur ce qu’il est devenu (un trader dĂ©sabusĂ© qui a tuĂ© son humanitĂ©), ayant perdu Ă  tort ou Ă  raison, son Ăąme d’enfant. L’opĂ©ra en crĂ©ation mondiale est mis en musique par David Chaillou sur le canevas dramatique et poĂ©tique conçu par Olivier Balazuc et Arnaud Delalande. PremiĂšre Ă  Nantes, le 14 janvier 2017 (puis 18 et 21 suivants), puis en mars (22 et 24) Ă  Angers.

 

Little Nemo devenu grand retrouvera-t-il son Ăąme d’enfant ?

 

 

LITTLE NEMO, la nouvelle création choc d'Angers Nantes Opéra

 

 

 

Création événement 2017 : LITTLE NEMO de David Chaillou
Livret d’Olivier Balazuc et Arnaud Delalande, d’aprĂšs Little Nemo in Slumberland (1905) de WInsor McCay

PremiÚre-création au Théùtre Graslin à Nantes, le 14 janvier 2017
boutonreservationPuis les 18 et 21 janvier 2017 (mĂȘme lieu)
Reprise les 22 puis 24 mars 2017 à Angers (Grand Théùtre)
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APPROFONDIR

VOIR AUSSI notre reportage exclusif consacré à la derniÚre création lyrique présentée par Angers Nantes Opéra en avril 2016 : MARIA REPUBLICA de François Paris (Reportage vidéo de 2 volets)

LIRE AUSSI notre prĂ©sentation gĂ©nĂ©rale de la nouvelle saison lyrique 2016 – 2017 d’Angers Nantes OpĂ©ra

VOIR AUSSI notregrand entretien prĂ©sentation de la saison 2016 – 2017 d’Angers Nantes OpĂ©ra par son directeur gĂ©nĂ©ral JEAN-PAUL DAVOIS

NEMO-little-creation-mondiale-nantes-operaVOIR aussi notre reportage vidĂ©o exclusif ANGERS NANTES OPERA rend accessible l’opĂ©ra aux lycĂ©ens de la RĂ©gion. TRANSMISSION, DEMOCRATISATION, EDUCATION… Pour la crĂ©ation de LITTLE NEMO, Angers Nantes OpĂ©ra a signĂ© une convention exemplaire avec le Rectorat et la DRAC PAYS DE LA LOIRE permettant ainsi aux Ă©quipes de l’Action culturelle d’Angers Nantes OpĂ©ra de dĂ©velopper un cycle inĂ©dit par son ampleur, d’actions de sensibilisation des thĂšmes et des formes de cette nouvelle crĂ©ation lyrique, auprĂšs de 167 classes en Loiore-Atlantique et en Maine et Loire : soit 5208 Ă©lĂšves (Ă©coles, cycles 3 ; collĂšges, 6Ăšmes, LycĂ©es). La prĂ©cĂ©dente mĂ©diation orchestrĂ©e par l’Action Culturelle d’Angers Nantes OpĂ©ra Ă  l’occasion de l’opĂ©ra Le Ville Morte de Korngold (mars 2015) rend compte d’un travail ambitieux et visionnaire qui rend de plus en plus accessible les productions d’opĂ©ra auprĂšs des jeunes publics…

 

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Little_Nemo_purple_blanket_modifiedNANTES. Little Nemo, opĂ©ra, dĂšs le 14 janvier 2017. De Slumberland Ă  Little Nemo
 Les spectateurs d’aujourd’hui ne le reconnaĂźtront pas : quarante ans ont passĂ© depuis que l’enfant Nemo s’endormait vite pour retrouver le pays des songes, Slumberland, le royaume de MorphĂ©e oĂč l’attendait la princesse
 Aujourd’hui, Nemo revient ainsi dans la maison de son enfance au moment oĂč meurt sa mĂšre : le temps de la rĂ©alitĂ© le submerge et le quarantenaire, dans l’opĂ©ra de David Chaillou, en crĂ©ation ce 14 janvier 2017 Ă  Nantes, pleure la mĂšre et plus secrĂštement le petit garçon, plein de rĂȘves, qu’il Ă©tait.
Ne perd-t-on pas de nous mĂȘme dans la nĂ©gation de notre enfance ? Cultiver l’enfant que nous Ă©tions, n’est-ce pas au fond cultiver son humanitĂ© ? A l’origine, le dessinateur WINSOR McCAY dessine entre 1905 et 1914, une sĂ©rie de bandes dessinĂ©es, publiĂ©es sous forme de feuilletons dans le New York Herald et le New York American. Ainsi est nĂ© « Little Nemo in Slumberland » : aventures oniriques d’un garçon qui ne voulait pas grandir, vĂ©ritable aventurier des rĂȘves
 C’est la concrĂ©tisation du propre rĂȘve de ce jeune dessinateur qui dĂšs ses 16 ans bĂątit tout un monde personnel, ressuscitant la mĂ©gapole de Chicago sous ses crayons, Ă  partir de la dĂ©couverte des grattes ciels de l’Exposition Universelle de 1893
 Sous motif d’une immersion Ă  rebours, dans la matiĂšre des rĂȘves, ses dessins convoquent le futur. A New York en 1897, il rĂ©alise ses ambitions : ĂȘtre publiĂ© chaque jour et rendre compte des mondes fantastiques et futuristes qui l’inspirent.

Onirisme salvateur et fĂ©condant Ă  l’OpĂ©ra

Little Nemo : retrouver ses rĂȘves pour bĂątir un autre monde

NOUVELLE FORME LYRIQUE pour NEMO 2017
 En janvier 2017, rĂ©inventant le fil narratif de Nemo, et proposant aussi une nouvelle forme lyrique dĂ©sormais adressĂ©e Ă  tous les spectateurs, dĂšs 7 ans, les co scĂ©naristes Olivier Balazuc et Arnaud Delalande (qui est aussi dessinateur) Ă©laborent un siĂšcle aprĂšs sa premiĂšre forme, le fĂ©Ă©rie de Nemo, mais un Nemo 2017 devenu grand, mĂ»r, adulte pragmatique voire cynique qui a volontiers troquĂ© ses rĂȘves d’enfant contre de profitables profits capitalistes.

LE VOYAGE INTERIEUR
 Les crĂ©ateurs avec le compositeur David Chaillou tissent et dĂ©veloppent tout un monde sonore Ă  partir d’infimes rĂ©sonances, bruits tĂ©nus capables de susciter dans l’esprit du Nemo adulte, un retour Ă  son enfance perdue. RĂ©gression diront certains ? Jaillissement salvateur qui vient rĂ©humaniser un ĂȘtre coupĂ© de son ĂȘtre profond. Pour rĂ©ussir sa vie prĂ©sente, il faut se rĂ©concilier avec son passĂ© et toutes les images nourries depuis son enfance. Le voyage intĂ©rieur que suit Nemo adulte, est en dĂ©finitive l’ultime expĂ©rience qui lui permet de se connaĂźtre lui-mĂȘme. A chacun de retourner en enfance, de recoller les morceaux d’une vie fragmentaire.

ANGERS NANTES OPERA crĂ©e LITTLE NEMO, Olivier Balazuc a dĂ©jĂ  prĂ©sentĂ© pour Angers Nantes OpĂ©ra, son prĂ©cĂ©dent spectacle L’Enfant et la nuit (janvier 2012) : frayeurs nocturnes surgissant de l’inconscient oĂč l’oĂč l’on moque le monstre convoquĂ© comme pour mieux s’en Ă©chapper 
 Avec Arnaud Delalande, conçoit un nouveau livret pour David Chaillou Ă  partir de la Bande DessinĂ©e de McCay. La nouvelle odyssĂ©e qui replonge dans le passĂ© convoque cette fois un Nemo adulte « au cƓur dur pour l’y guĂ©rir ». L’opĂ©ra qui en dĂ©coule souhaite rĂ©enchanter le monde comme il participe Ă  rĂ©humaniser Nemo adulte. Les auteurs posent la question : « En quoi pouvons-nous croire ensemble ? Qu’avons-nous fait de notre facultĂ© d’émerveillement ? Loin d’ĂȘtre une fuite ou un refuge, le monde des rĂȘves ne serait-il pas le seul moyen de penser le monde ? De dĂ©sirer notre rĂ©alitĂ© ? ». Honorer ses rĂȘves pour bĂątir un autre monde.

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Little Nemo, nouvelle production, crĂ©ation, prĂ©sentĂ© au ThĂ©Ăątre Graslin de Nantes, par Angers Nantes OpĂ©ra, dĂšs le 14 janvier 2017. En LIRE +… LIRE notre prĂ©sentation de l’opĂ©ra Little Nemo prĂ©sentĂ© par Angers Nantes OpĂ©ra

 

little nemo 582 homepageVOIR le teaser vidĂ©o de Little Nemo, nouvel opĂ©ra d’aprĂšs McCay  —  Le propre d’Angers Nantes OpĂ©ra chaque nouvelle saison est de nous surprendre avec une nouvelle crĂ©ation ou un ouvrage connu (ou pas) du XXĂšme siĂšcle : dĂ©but 2017, ne manquez pas ainsi, le nouveau spectacle “pour enfants”, – en rĂ©alitĂ© pour tous les spectateurs Ă  partir de 7 ans,  intitulĂ©Â â€œLittle Nemo“, somptueuse dramaturgie onirique destinĂ©e aux jeunes et Ă  leurs parents
 Un siĂšcle aprĂšs avoir sa crĂ©ation originelle dans la presse new-yorkaise sous forme de feuilletons et de planches sĂ©parĂ©es, Little Nemo ressuscite au dĂ©but du XXIĂš, mais sous forme d’un drame continu que la diversitĂ© des pĂ©ripĂ©ties n’éclate pas, bien au contraire, car il y est question de retrouver dans sa part d’enfance, cette humanitĂ© en gestation qui ne demande qu’à s’accomplir
 l’action sur scĂšne dĂ©ploie tout un parcours initiatique pour Nemo adulte qui avait oubliĂ© le chemin amorcĂ© pendant son enfance. L’opĂ©ra inĂ©dit revisite ainsi le mythe crĂ©Ă© entre 1905 et 1914  mais sous la forme d’une suite originale : ici le jeune hĂ©ros a grandi et 40 ans plus tard s’interroge sur ce qu’il est devenu (un trader dĂ©sabusĂ© qui a tuĂ© son humanitĂ©), ayant perdu Ă  tort ou Ă  raison, son Ăąme d’enfant. L’opĂ©ra en crĂ©ation mondiale est mis en musique par David Chaillou sur le canevas dramatique et poĂ©tique conçu par Olivier Balazuc et Arnaud Delalande. PremiĂšre Ă  Nantes, le 14 janvier 2017 (puis 18 et 21 suivants), puis en mars (22 et 24) Ă  Angers. TEASER VIDEO © studio CLASSIQUENEWS.COM 2017 — RĂ©alisation : Philippe-Alexandre PHAM

 

 

VIDEOS. 2 reportages exclusifs réalisés par le studio CLASSIQUENEWS :

 

 

VIDEO 1 : De la BD de McCay Ă  l’opĂ©ra de David Chaillou — Reportage vidĂ©o. LITTLE NEMO, crĂ©ation mondiale (I) : ” de la BD Ă  l’opĂ©ra “. Le 14 janvier 2017, Angers Nantes OpĂ©ra a crĂ©Ă© son nouvel opĂ©ra, Little Nemo, “fĂ©erie onirique”, inspirĂ©e des bandes dessinĂ©es de Winsor McCay. Un siĂšcle aprĂšs le lancement du feuilleton dans la presse new-yorkaise, le jeune hĂ©ros qui rĂȘve Ă  Slumberland, est devenu un adulte dĂ©shumanisĂ©. Les co auteurs du livret Olivier Balazuc et Arnaud Delalande, le compositeur David Chaillou, imaginent une suite oĂč Nemo doit retrouver sa part d’enfance pour accomplir ce qu’il est rĂ©ellement. Entretien avec Jean-Paul Davois, directeur gĂ©nĂ©ral d’Angers Nantes OpĂ©ra, avec les membres de l’équipe de production : les co auteurs du livret Olivier Balazuc et Arnaud Delalande, le compositeur David Chaillou. REPORTAGE exclusif LITTLE NEMO, volet I : ” de la BD Ă  l’opĂ©ra” /  © studio CLASSIQUENEWS 2017 — rĂ©alisation : Philippe-Alexandre PHAM

 

VIDEO 2 : La rĂ©alisation de l’opĂ©ra en 2017. Les personnages, les dĂ©cors, l’Ă©criture musicale…  — VIDEO, reportage (2/2) : Little Nemo / la rĂ©alisation de l’opĂ©ra, l’action culturelle autour de Nemo
, Immersion dans la rĂ©alisation du nouvel opĂ©ra produit en fĂ©vrier 2017 par Angers Nantes OpĂ©ra. VOLET 2 : l’OpĂ©ra inspirĂ© par McCay, l’écriture musicale, les personnages, les dĂ©cors, 
 L’action culturelle autour de Little Nemo, Ă  l’adresse des scolaires et du jeune publics © studio CLASSIQUENEWS 2017 — rĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham 

CD, coffret. Karl Böhm : Great recordings, 1953 – 1972 (17 cd Deutsche Grammophon)

bohm-karl-maestro-portrait-390-582-classiquenews-Karl-BoehmCD, coffret. Karl Böhm : Great recordings, 1953 – 1972 (17 cd Deutsche Grammophon). Grand chef lyrique, Karl Böhm malgrĂ© son allĂ©geance aux nazis rĂ©lise une carriĂšre impressionnante aprĂšs guĂšre, dont tĂ©moigne ce second coffret DG Deutsche Grammophon et qui rĂ©unit les enregistrements symphoniques et concertants, de 1953 Ă  1972 (soit 22 ans avant sa mort). Grand dĂ©fenseur avec Karajan du patrimoine germanique, orchestral et donc lyrique (ultime TĂ©tralogie de Wieland Wagner Ă  bayreuth de 1965 Ă  1967), Böhm incarne cette sobriĂ©tĂ© efficace, une rĂ©elle sensibilitĂ© au drame, un jeu d’équilibriste qui a toujours su se mettre au service de la musique. Si ses accointances national-socialistes peuvent heurter, ses dispositions comme serviteur des oeuvres suscitent l’admiration. En tĂ©moignent le contenu de ce nouveau coffret qui complĂšte avantageusement le premier (KARL BÖHM : Late recordings. Vienne, Londres, Dresde, 1969 – 1980, 23 cd DG Deutsche Grammophon / Ă©ditĂ© en juin 2016).

 

bohm karl great recordings cd review cd critique classiquenewsDans un son compact, ses Beethoven avec le Berliner Philharmoniker (1953, 1958, 1961 : Symphonies 3, 5 et 7) ne manquent pas d’énergie conquĂ©rante. Et la Missa Solemnis rĂ©alisĂ© Ă  Berlin en 1955, fait entendre un orfĂšvre qui recherche la poĂ©sie malgrĂ© la puissance de l’architecture (et une prise lointaine, globale, donc plus solennelle et pompeuse que celle Ă  Vienne des Quatre Saisons). D’ailleurs, dans les Quatre Saisons de Haydn (rĂ©alisĂ©es Ă  Vienne en 1967), le chef autrichien nĂ© Ă  Graz, se montre fin et chambriste dans une partition dont beaucoup souligne l’ampleur un rien dĂ©corative (articulation du discours d’une indĂ©niable finesse, dĂ©taillĂ©e et vive, avec le Wiener Philharmoniker, et une distribution convaincante dont Gundula Janowitz, Peter Schreier)

Son Mahler de 1963 avec les Berliner et l’immense Dietrich Fischer-Dieskau (Kindertotenlieder, RĂŒckert-lieder) marque un sommet de la pĂ©riode.
CLIC D'OR macaron 200Mais le volet le plus intĂ©ressant, aux cĂŽtĂ©s de ses Mozart (Ein kleine Nachtmusik, Berliner 1956 : tentative rĂ©ussie, saisie sur le vif, d’élĂ©gance viennoise apprise par les Berlinois), demeure son approche du Richard Strauss symphoniste (le plus grand Ă  la fin du XIXĂš / dĂ©but XXĂš, avec Mahler justement) : le coffret relĂšve et dĂ©voile sa finesse de conception, une attention au dĂ©tail comme au souffle global. Ainsi s’affirment Ă  nous aujourd’hui, la poĂ©sie dramatique, comme enivrĂ©e et d’une activitĂ© irrĂ©pressible : Till Eulenspiegel (avec la Staatskapelle Dresden, 1957), Don Juan (Berliner, 1963), Eine Alpensinfonie (Belriner, 1963), l’exceptionnelle Une vie de hĂ©ros (Ein Heldenleben opus 40 (S. Dresden, 1957, dans une acoustique aĂ©rĂ©e, rĂ©verbĂ©rĂ©e d’une Ă©tonnante prĂ©sence spatiale). Dans le cd 16, Karl Böhm se rĂ©conte lui-mĂȘme (en allemand : ErzĂ€hltes leben), et complĂ©ment tout aussi enrichissant, le cd 17 offre une rĂ©pĂ©tition intĂ©grale de la 9Ăš « La Grande » de Schubert, suivi de sa performance (Berliner Phil., 1963). Une immersion dans le chaudron matriciel oĂč un maĂźtre alchimiste affine, peaufine, cisĂšle encore et toujours la matiĂšre musicale. Passionnant.

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LIRE aussi notre critique complĂšte du coffret KARL BÖHM : Late recordings (1969 – 1980), CLIC de CLASSIQUENEWS de juin 2016 / « Böhm : le poĂšte et l’architecte ».

 

CD, compte rendu critique. La Storia d’Orfeo : Monteverdi, Rossi, Sartorio. Jaroussky, Barath (1 cd ERATO)

orfeo storia di orfeo philippe jaroussky emoke barath cd review critique cd classiquenewsCD, compte rendu critique. La Storia d’Orfeo : Monteverdi, Rossi, Sartorio. Jaroussky, Barath (1 cd ERATO). LA LIGNE PLUS QUE LE VERBE : chacun jugera selon ce qu’il pense de cet adage qui vaut ici loi. Les admirateurs, inconditionnels de sa voix chantournĂ©e, gracile et parfois acide, trop nasalisĂ©e (en particulier suraffectĂ©e dans la fameuse priĂšre d’Orfeo) applaudiront ici leur champion Jaroussky ; les autres plus exigeants, et historiquement informĂ©s, regretteront chez Philippe Jaroussky cette ligne suave et lisse, toujours caractĂ©risĂ©e de la mĂȘme façon, quelque soit l’enjeu dramatique : ses minauderies ou ses miaulements n’écartent guĂšre le hors sujet. Il ne suffit pas de concevoir un programme inĂ©dit, qui se veut compilation voire pasticcio poĂ©tiquement cohĂ©rent, il ne suffit pas de la mĂȘme façon, « oser » chanter le rĂŽle des rĂŽles, celui d’Orfeo, poĂšte chanteur Ă  l’irrĂ©sistible sĂ©duction, et dans sa propre voix de contre-tĂ©nor
 pour rĂ©ussir un programme nouveau.
De surcroĂźt, sur le plan du style, faire chanter ces choristes en trop grand nombre, ĂŽte toute lisibilitĂ© madrigalesque Ă  l’Orfeo de Monteverdi : quelle manque de finesse dans ce coeur outrĂ©, pĂąteux, pataud
 autant de contresens accumulĂ©s qui valent ici de sĂ©rieuses rĂ©serves.
AccouplĂ© au soprano de la chanteuse hongroise Emöke Barath, – l’une des voix les plus sĂ©duisantes de l’heure avec celle de Francesca Aspromonte – deux Ă©toiles du chant baroque actuel (que CLASSIQUENEWS a dĂ©jĂ  distinguĂ©es l’une et l’autre), la voix de Philippe Jaroussky expose d’évidentes limites : aigus tuyautĂ©s et de plus en plus serrĂ©s, en rien timbrĂ©s ; un medium continuement prĂ©servĂ©, concentrant une zone expressive et vocale de fait trĂšs rĂ©duite : il s’en dĂ©gage un sentiment d’unitĂ© expressive qui devient sur la durĂ©e lĂ©nifiante voire ennuyeuse ; tout est abordĂ© de la mĂȘme façon, chez les 3 compositeurs du XVIIĂš italien (Seicento) retenus : Monteverdi, Sacrati, Rossi. Plus habitĂ©e, diseuse en quelque sorte, sans vraiment demeurer DANS le texte, Emöke sait nuancer et colorer Ă  loisirs, offrant Ă  ce que Monteverdi lui refusait : une chair ardente pour son Eurydice plus dĂ©veloppĂ©e, chez Rossi (“Mio ben, teco il tormento”), rĂ©Ă©quilibrant la palette psychologique. Son bel canto, recitar cantando, se languit, palpite indiscutablement, mĂȘme si nous eussions aimĂ© davantage de texte. Que sont devenus les prĂ©ceptes des premiers baroqueux, pour lesquels le relief textuel, l’intensitĂ© linguistique primaient avant tout ? Les deux chanteurs, – esthĂ©tique essentiellement vocale, soignent leurs lignes, sacrifiant le plus souvent la chair des syllabes, l’appui des consonnes, voilant, lissant, attĂ©nuant l’énergie poĂ©tique des voyelles. Pas sĂ»r qu’un italophone comprenne chacune de leur sĂ©quence solo ou en duo (des plus enivrĂ©s, spasmes et convulsions Ă  l’envi : (trop fugace « Che dolcezza Ăš la certezza » du mĂȘme Rossi).

 

 

Chant contourné, style affecté et maniéré, Philippe Jaroussky échoue à exprimer la lyre sobre, puissante, linguistique des italiens du XVIIÚ

N’est pas Orfeo qui veut


 

Ainsi Sartorio, Rossi, Monteverdi sont-ils enchaĂźnĂ©s sans plus de nuances ni finesse, toujours projetĂ©s de la mĂȘme façon. L’épaisseur du choeur finit pas attĂ©nuer l’enthousiasme.
monteverdi claudio portraitAu coeur du programme, il y a la fameuse priĂšre incantatoire d’OrphĂ©e aux enfers, – Ăąme en souffrance dĂ©sireuse de reconquĂ©rir et ressusciter sa bien aimĂ©e Eurydice
 « Possente spirto », sommet de l’Ă©criture montĂ©verdienne (et pourtant au dĂ©but de sa carriĂšre Ă  l’opĂ©ra), chant qui doit convaincre par son rĂ©alisme expressif ; or Jaroussky de sa voix aigre et surornementĂ©e, aux convulsions systĂ©matiques en fait un surenchĂšre d’effets et d’affects maniĂ©rĂ©s ; artifice d’une voix androgyne qui adapte l’écriture selon ses possibilitĂ©s. Question d’esthĂ©tique Ă  laquelle nous restons Ă©trangers : voix abstraites et livide, sans aucune sensualitĂ© ni mordant textuel (limites techniques et expressives, comme absence de sobriĂ©tĂ© Ă©galement prĂ©sentes dans l’air Ă©quivalent chez Sartorio : « Chiuso, ahimĂš, di Cocito. Rendetemi Euridice  » . Le dernier grand air extrait de Rossi, « Lasciate Averno » souligne de sĂ©rieux manques dans les aigus (tendus, tirĂ©s, nasalisĂ©s, presque laids). Le dernier mot « morire » reste raide, d’une aciditĂ© sophistiquĂ©e, qui n’a rien Ă  voir avec cette volontĂ© de clartĂ© et d’intelligibilitĂ© voulue dĂšs Peri et Caccini au dĂ©but de l’opĂ©ra italien, au commencement de l’odyssĂ©e lyrique


 

VoilĂ  qui dĂ©montre et confirme combien les emplois de barytons ou tĂ©nors barytonants pour l’Orfeo monteverdien, restent dĂ©finitivement plus convaincants. L’option a le mĂ©rite de l’audace. Elle s’avĂšre trĂšs discutable. Pourtant intĂ©ressante.
En puisant dans les trois ouvrages lyriques sur le thĂšme orphique : Orfeo de Monteverdi (1607), Orfeo de Luigi Rossi (Paris, 1647), Orfeo de Antonio Sartorio (Venise, 1672), le programme rend compte de la permanence du mythe dans l’histoire lyrique, vĂ©ritable pilier pour l’imaginaire des compositeurs, rĂ©vĂ©lateur des maniĂšres les plus puissantes et les plus bouleversantes, au registre des passions humaines mises en musique. Pas certain que pour en dĂ©fendre les mille subtilitĂ©s, Philippe Jaroussky s’en rĂ©vĂšle le meilleur ambassadeur. A qui pensons-nous ? Ecoutez Marc Mauillon justement, – maĂźtre orfĂšvre de ce recitar cantando d’une absolu prĂ©cision linguistique, en sobriĂ©tĂ© et nuances
 (LIRE notre critique complĂšte du cd Li due Orfi par Marc Mauillon dont la maĂźtrise naturelle en fait un vrai diseur baroque a contrario des chantournements affectĂ©s et artificieux de Philippe Jaroussky). AprĂšs ses incursions douteuses dans la mĂ©lodie française romantiques, le contre-tĂ©nor semble se fourvoyer Ă  reprendre aujourd’hui ce qu’il rĂ©ussissait mieux hier : le bel canto du Seicento. Entretemps, la voix s’est rĂ©duite et la technique appauvrit. Dommage. Nonobstant nos critiques, l’album met en lumiĂšre en cette annĂ©e Monteverdi (450Ăš anniversaire en 2017) la foisonnante littĂ©rature musicale et opĂ©ratique sur le sujet d’OrphĂ©e, comme l’étonnante modernitĂ© du chant montĂ©verdien situĂ©e au dĂ©but du siĂšcle (1607) : Ă©loquence d’une Ă©criture efficace, resserrĂ©e, proche du texte, quand Rossi puis Sartorio semblent en comparaison plus convenues, ornementĂ©es, aimables
 Curieux ralentis et tempi retenus Ă©galement : Diego Fasolis et I Barocchisti nous avaient habituĂ©s Ă  plus de nerfs comme de chair articulĂ©e.

 

 

 

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CD, compte rendu critique. La Storia d’Orfeo : Monteverdi, Rossi, Sartorio. Jaroussky, Barath (1 cd ERATO). Et pour mieux connaĂźtre tous les enjeux que suppose et produit le mythe d’OrphĂ©e, consulter le dvd Les grand mythes Ă©ditĂ© par Arte Editions : un must absolu.
http://www.classiquenews.com/dvd-compte-rendu-critique-coffret-les-grands-mythes-4-dvd-arte-editions/

 

 

 

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APPROFONDIR

LIRE notre dossier spécial MONTEVERDI 2017 : les 450 ans
http://www.classiquenews.com/dossier-claudio-monteverdi-2017-les-450-ans/

 

LIRE aussi notre critique dĂ©veloppĂ©e du cd les 2 OrphĂ©es / Li Due Orfei par Marc Mauillon / CD CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2016

http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-cd-li-due-orfei-les-deux-orphee-giulio-caccini-et-jacopo-peri-marc-mauillon-baryton-angelique-mauillon-harpe-double-1-cd-arcana-2015/

Rolando Villazon , grand invité de France Musique

logo_france_musique_DETOUREFrance Musique. JournĂ©e Rolando Villazon, dimanche 26 mars 2017, 9h puis 20h. SECONDE CARRIERE
 AprĂšs un dĂ©but de carriĂšre intense et Ă©reintant, dĂ©diĂ© principalement au grand rĂ©pertoire lyrique verdien (Manrico du TrouvĂšre, Rodolfo de La Traviata, le Duc de Rigoletto, 
) et puccinien (Rodolfo de la BohĂšme), sans omettre Nemorino de l’Elixir d’amor de Donizetti (un rĂŽle toujours dĂ©fendu avec ardeur et sincĂ©ritĂ©), le tĂ©nor franco mexicain Ă  l’ascension fulgurante, Rolando Villazon, aura appris rĂ©cemment les vertus du chant classique (mozartien) et baroque (Monteverdi et Cavalli). VoilĂ  plus de 10 ans, il dĂ©couvrait avec Emmanuel Haim (2006), au fil de disque et de programme savamment construit, la langue sensuelle et expressive du premier bel canto, celui ciselĂ© par l’inventeur de l’opĂ©ra Monteverdi. A lui, les Orfeo et Ulisse, mais aussi Testo du Combattimento : l’art de dire et de nuancer allait ĂȘtre un remĂšde reconstructeur pour une voix fatiguĂ©e. En acclimatant sa puissance naturelle au service de la mesure et d’un chant plus nuancĂ© et proche de la parole, le chanteur allait trouver les fondements d’une nouvelle carriĂšre. Exit le vibrato continu, le jeu parfois surexposĂ© voire surexpressif. Une nouvelle intĂ©rioritĂ©, ample et profonde, chaude et articulĂ©e a surgi, quand beaucoup parmi ses confrĂšres (et consoeurs), s’étant brĂ»lĂ© la voix, ne peuvent plus prĂ©tendre Ă  une seconde chance. Chaque Ă©tĂ© depuis 4 ans, le tĂ©nor s’implique aux cĂŽtĂ©s du chef NĂ©zet-SĂ©guin, dans une intĂ©grale rĂ©unissant les plus grands opĂ©ras de Mozart, en version de concert Ă  Baden, enregistrĂ©s live pour Deustche Grammophon : si Cosi Ă©tait un peu faible, les Noces puis l’EnlĂšvement (Belmonte) ont nettement affirmĂ© la valeur d’un chant reconstruit, plus stable, sĂ»r, rond sur toute la tessiture


La journĂ©e que lui dĂ©die France Musique ce 26 mars 2017, souligne les apports d’un revirement intelligent et bĂ©nĂ©fique pour une voix qui s’était perdue Ă  force d’engagements. Le corps a ses raisons que l’esprit tend Ă  ignorer : combien de chanteurs, surtout au dĂ©but de leur carriĂšre, acceptent les rĂŽles et les enchaĂźnent afin d’affirmer leur place sur un marchĂ© de plus en plus concurrentiel. Pourtant les belles voix capables de nuances dramatiques restent rares. Et l’art, si prĂ©cieux, avance et murit Ă  son propre rythme. Lenteur de l’excellence ; prĂ©cipitation de notre Ă©poque.

Villazon rolandoROLANDO, NOUVEL ULYSSE ? Point fort de cette journĂ©e Rolando Villazon sur France Musique : le soir du 26 mars 2017 Ă  20h : Ulisse, prĂ©cisĂ©ment, Il ritorno d’Ulisse in patria de Monteverdi, dramma in musica crĂ©Ă© Ă  Venise au Teatro San Giovanni e Paolo en 1640 ou 1641, soit avant le dernier chef d’oeuvre, L’Incoronazione di Poppea. L’ouvrage est contemporain de La Didone de Cavalli, Ă©lĂšve de Monteverdi. Ainsi le dĂ©but des annĂ©es 1640 marque l’ñge d’or de l’opĂ©ra vĂ©nitien. Le librettiste Giacomo Badoaro s’intĂ©resse particuliĂšrement Ă  la figure du hĂ©ros grec parti faire la guerre de Troie, puis Ă©reintĂ© par un voyage de retour pĂ©rilleux (confrontĂ© au chant des sirĂšnes, en proie au doute et Ă  l’angoisse permanente sur sa destinĂ©e et sa lĂ©gitime prĂ©tention au bonheur
). AprĂšs Monteverdi, dans le Retour, Badoaro poursuit son portrait ulyssien, pour Sacrati dans un nouvel opĂ©ra Ulisse errante, prĂ©cisant le profil d’un voyageur opiniĂątre, dĂ©terminĂ©, prĂȘt Ă  prendre des risques pour connaĂźtre le danger ; Ulysse ne connaĂźt pas la peur
 une prĂ©figuration du hĂ©ros wagnĂ©rien (Siegfried), un frĂšre spirituel pour Oreste, dont le courage et la rĂ©sistance aux Ă©preuves forcent l’admiration. Contre Ulysse se dresse la parti de Neptune, mais Minerve veille au salut et Ă  l’intĂ©gritĂ© du hĂ©ros souhaitant retrouver Ă  Ithaque, son Ă©pouse PĂ©nĂ©lope et leur fils, TĂ©lĂ©maque, que harcĂšlent les prĂ©tendants, soucieux de tourner la page et Ă©pousant celle qui depuis le dĂ©part du hĂ©ros Ă  la guerre, est restĂ©e la Reine d’Ithaque. Tout le gĂ©nie de Monteverdi dans son opĂ©ra est de concilier la profondeur expressive du personnage central d’Ulysse, mais aussi de satisfaire Ă  la nouvelle mode de l’opĂ©ra payant, loisir majeur de la CitĂ© RĂ©publique, oĂč tout un chacun depuis l’inauguration du premier opĂ©ra publique, le San Cassiano en 1637, soit 3 annĂ©es seulement avant l’Ulysse de Monteverdi, achĂšte son billet pour ĂȘtre diverti et Ă©bloui (actions spectaculaires, dĂ©lire comique, voir ici le goinfre Iro
, machineries et transformations Ă  l’appui
). Il en rĂ©sulte un nouveau drame lyrique, Ă  plusieurs personnages (jusqu’à une vingtaine), peu de choeurs, des situations thĂ©Ăątrales qui mettent en avant le texte, sur un continuo resserrĂ© Ă  quelques instruments
 En diffusant la prise de rĂŽle de Rolando Villazon, Ulysse prometteur, France Musique souligne l’évolution notable dans la carriĂšre du tĂ©nor au charme international. A noter dans la distribution, le tĂ©nor Mathias Vidal, excellent diseur et acteur, dans le rĂŽle de TĂ©lĂ©maque, le fils d’Ulysse.

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logo_france_musique_DETOUREFrance Musique, journĂ©e Rolando VillazĂłn, dimanche 26 mars Ă  9h et Ă  20h. Le tĂ©nor franco-mexicain est Ă  l’honneur des ondes radiophoniques, pour 2 rvs sur France Musique.

> À 9h : PLATEAU, talk show. Musique Ă©moi / Elsa Boublil : Les MĂ©tamorphoses de Rolando VillazĂłn. Rolando Villazon partage deux heures d’antenne hautes en couleur, s’interrogeant pour cette nouvelle rencontre sur le thĂšme de la mĂ©tamorphose : comment transcender sa propre identitĂ©, son image et sa maniĂšre d’envisager l’art ?  Pour rĂ©pondre Ă  cette question, Rolando VillazĂłn s’est entourĂ© de nombreux artistes reconnus pour avoir mĂȘlĂ© rĂ©pertoires et genres

Avec :
Emmanuelle HaĂŻm et quelques instrumentistes du Concert d’AstrĂ©e; Emiliano Gonzalez Toro (tĂ©nor); Julie Fuchs (soprano); Sonia Wieder-Atherton (violoncelle); Simon Ghraichy (piano); Pablo Marquez (guitare); 


>> À 20h : OPERA. En clĂŽture de cette journĂ©e, place Ă  l’opĂ©ra avec la diffusion du Retour d’Ulysse dans sa patrie de Claudio Monteverdi, enregistrĂ© le 28 FĂ©vrier 2017 Ă  PARIS, au TCE.
Le Concert de 20h : Le Retour d’Ulysse dans sa patrie de Claudio Monteverdi OpĂ©ra enregistrĂ©

Rolando VillazĂłn : Soliste, Ulysse, TĂ©nor
Magdalena Kozena : Soliste, Pénélope, Mezzo-soprano
Katherine Watson : InterprĂšte, Junon, Soprano
Kresimir Spicer : InterprÚte, Eumée, Ténor
Anne Catherine Gillet : Interprùte, L’Amour / Minerve, Soprano
Isabelle Druet : InterprĂšte, La Fortune / MĂ©lantho, Mezzo-soprano
Maarten Engeltjes : InterprÚte, La Fragilité humaine / Pisandre, Contre-ténor
Callum Thorpe : InterprĂšte, Le Temps / AntinoĂŒs, Baryton-basse (voix)
Lothar Odinius : InterprĂšte, Jupiter / Amphinome, TĂ©nor
Jean Teitgen : InterprĂšte, Neptune, Baryton (voix)
Mathias Vidal : InterprÚte, Télémaque, Ténor
Emiliano Gonzales Toro : InterprĂšte, Eurymaque, TĂ©nor
Jörg Schneider : InterprÚte, Irus, Ténor
Elodie Mechain : InterprÚte, Euryclée, Alto (voix)
Le Concert d’AstrĂ©e : Choeur
Emmanuelle HaĂŻm : Chef d’orchestre

Jean-Claude Casadesus dirige le Requiem de Verdi

casadesus_603x380 Ugo ponte ONLLILLE, ONL. Requiem de Verdi, Jean-Claude Casadesus. Le 12 juillet 2017. L’Orchestre national de Lille, ONL voit VERDI EN GRAND FORMAT. Le Stade Pierre Mauroy Ă  Lille propose un Requiem grand format, Ă  l’échelle du stade Pierre Mauroy (inaugurĂ© en aoĂ»t 2012, sa capacitĂ© est de 30 000 spectateurs). Rien de mieux que les puissantes vagues chorales, mais aussi la fervente et ultime priĂšre de la soprano (Libera me) pour exalter l’ñme des spectateurs auditeurs, lors de cette grande messe sacrĂ©e, Ă  la fois lyrique (car c’est un vĂ©ritable opĂ©ra), chorale et symphonique. Chacun pourra y acheter selon ses possibilitĂ©s (place Ă  partir de 10 euros), confrontĂ© Ă  un massif musical de grande ampleur (300 musiciens et choristes), mais aussi capable, grĂące au chef fondateur de l’Orchestre National de Lille (il y a 40 ans, en 1976), Jean-Claude Casadesus, d’intensitĂ© millimĂ©trĂ©e, entre recueillement et priĂšre intime. Le gĂ©nie du compositeur Giuseppe Verdi tient Ă  sa facilitĂ© (Ă  l’opĂ©ra essentiellement) Ă  concilier la puissance collective, et aussi la profondeur des airs solistes. Ainsi son Requiem est certes magistralement intĂ©rieur et concentrĂ©, mais il frappe l’esprit par l’énergie humaine qui s’en dĂ©gage, chant de volontĂ© voire de rĂ©sistance contre la fatalitĂ©. Toujours dans un Requiem (messe pour les dĂ©funts et pour leur repos Ă©ternel), s’élĂšve la priĂšre individuelle d’un soliste. Chez Berlioz, c’est le tĂ©nor. Chez Verdi, c’est en une derniĂšre Ă©tape vers l’éternitĂ©, la voix de la soprano.

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LILLE, Stade Pierre Mauroy, Requiem de Verdiverdi-requiem-casadesus-lille-stade-pierre-mauroy-juillet-2017-annonce-classiquenews
Mercredi 22 juillet 2017, 21h
3ùme concert de l’Orchestre National de Lille et Jean-Claude Casadesus au Stade Pierre Mauroy

Inga Kalna, soprano
Elena Gabouri, mezzo-soprano
Stephen Costello, ténor
Alexander Tsymbalyuk, basse

Choeur RĂ©gional Hauts-de-France – Eric Deltour, chef de choeur
Choeur Nicolas de Grigny – Jean-Marie Puissant, chef de choeur

Orchestre national de Lille
Jean-Claude Casadesus, direction

 

 

 

RESERVEZ VOTRE PLACE
De 10 Ă  60 euros
http://www.stade-pierre-mauroy.com/programmation/concert/requiem-de-verdi

Annonce vidéo du Requiem de Verdi : http://bit.ly/2maTZB9

 

 

 

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verdi_582_face_portrait_boldiniLYRIQUE et ORCHESTRAL, UN REQUIEM PROFANE. Esprit indĂ©pendant, Giuseppe Verdi osa braver la conformitĂ© bourgeoise et l’hypocrisie catholique pratiquante de son temps en se prĂ©sentant Ă  la Messe aux bras de sa seconde compagne (qu’il Ă©pousa tardivement), la cantatrice Giuseppina Streponi. Ils n’étaient pourtant pas mariĂ©s, vivant maritalement dans le « pĂ©ché ». A l’origine de la partition, une proposition de Verdi Ă  son Ă©diteur (Ricordi) : regrouper plusieurs compositeurs pour Ă©crire les sĂ©quences d’une Messe de Requiem afin d’honorer la mĂ©moire de Rossini Ă  l’échĂ©ance 1869 : Ă  Verdi reviendrait le dĂ©fi de composer le dernier Ă©pisode, le Libera me, conclusion Ă  la fois solennelle et intime. Le compositeur commença Ă  Ă©crire son Libera me, sans que le projet global ne voit le jour. Puis l’idĂ©e d’un Requiem le taraude Ă  nouveau quand meurt le poĂšte Alessandro Manzoni, – auteur du fameux roman I Promessi Sposi (Les fiancĂ©s), le 22 mai 1873. FrappĂ© par cette perte inestimable, le compositeur qui l’avait rencontrĂ© dĂšs 1868, reprend l’écriture d’une Messe, cette fois dans sa totalitĂ©. GĂ©nĂ©reux, frappĂ© par la douleur, Verdi proposa Ă  la Mairie de Milan d’organiser lui-mĂȘme et de financer mĂȘme les rĂ©pĂ©titions
 le but Ă©tant de donner le concert de cĂ©lĂ©bration pour le premier anniversaire de la mort de Manzoni. Entre sa villa italienne de Sant’Agata et l’étĂ© 1873 sur les bords de Seine, Verdi achĂšve son grand Ɠuvre. L’oeuvre est crĂ©Ă©e Ă  Milan (Ă©glise St-Marc), le 22 mai 1874.
La force et la puissance, l’énergie et parfois la violence avec lesquelles Verdi traite la priĂšre du choeur, renforçant l’impact expressif du texte (Tuba mirum, Rex tremendae, surtout la houle spectaculaire du Dies Irae). Poiur Verdi, l’humanitĂ© terrassĂ©e par la mort, se dresse et fait bloc, rĂ©siste et dĂ©fie le sort comme la fatalitĂ©.
L’homme qui a lui-mĂȘme souffert de la perte tragique de sa famille (son Ă©pouse puis ses deux enfants) exprime ici, tout comme Dvorak, Ă©galement frappĂ© par le dĂ©cĂšs brutal et rĂ©pĂ©tĂ© des membres de sa famille (douleur sublimĂ© dans son remarquable Stabat Mater), une confession intime et personnelle qui fait du Requiem, un acte de dĂ©votion et de compassion personnel. En rien liturgique ni conforme. Le gĂ©nie de l’opĂ©ra, auteur de Macbeth, du TrouvĂšre, de la Traviata, rĂ©ussit ici une fresque Ă  la fois michelangelesque, mais aussi incarnĂ©e et humaine. L’introspection des accents intimistes et individuels portent une priĂšre bouleversante de l’individu et de la foule, unis en un mĂȘme Ă©lan.

 

 

 

mahler casasesus jean claude orchestre national lille cd review cd critique classiquenews cd EVCD027-Cover-ONL-1024x1024FidĂšle Ă  son attention pour l’équilibre et la clartĂ©, mĂȘme dans des effectifs particuliĂšrement importants, comme ici, Jean-Claude Casadesus soigne toujours l’intention et la justesse de l’énoncĂ© : l’esprit avant la forme. Comme il l’avait remarquablement rĂ©ussi pour la Symphonie n°2 « RĂ©surrection » de Mahler, dans un disque rĂ©cemment publiĂ© et couronnĂ©e par le CLIC de CLASSIQUENEWS (enregistrement de 2015 / parution : dĂ©cembre 2016), le chef fondateur de l’Orchestre national de Lille, veillera Ă  la profondeur malgrĂ© l’ampleur et le colossal, la sincĂ©ritĂ© et l’intensitĂ© de la priĂšre malgrĂ© le sens du spectaculaire.

 

 

 

CONCOURS. 25Ăš Concours international de chant de Clermont-Ferrand, PalmarĂšs 2017

clermont ferrand concours de chant 25 eme edition mars 2016CLERMONT-FERRAND. PalmarĂšs du 25Ăšme Concours international de chant 2017. A l’OpĂ©ra de Clermont-Ferrand, du 28 fĂ©vrier au 4 mars 2017 s’est dĂ©roulĂ© la nouvelle Ă©dition du Concours international de chant de Clermont-Ferrand, initiative biennale organisĂ©e par le Centre lyrique Clermont-Auvergne. Le 25e Concours 2017 a auditionnĂ© 84 candidats venus du monde entier (CorĂ©e du Sud, USA, Canada, Belgique, France, Allemagne,VĂ©nĂ©zuela…), n’a retenu que 24 candidats pour participer Ă  la demi-finale du jeudi 2 mars.

Cette derniÚre en a laissé 14 pour la Finale du samedi 4 mars, soit 3 mezzos, 7 sopranos, 2 ténors, 1 basse et 1 baryton qui restaient en lice pour la finale.

Lors du dernier cycle d’auditions (avec piano), jury et public La finale a permis d’entendre les  candidats sĂ©lectionnĂ©s dans des airs de L’enlĂšvement au SĂ©rail pour distribuer les rĂŽles de Pedrillo, Osmin, Blonde et Konstanze, ainsi que dans des airs de Schubert et Brahms pour le RĂ©cital An die Musik, dans Mahler, Schreker et Zemlinsky pour le Concert Vienne fin de siĂšcle. PrĂ©sente lors des demi finale puis finale, l’Ă©quipe de CLASSIQUENEWS prĂ©pare un prochain reportage exclusif dĂ©diĂ© au 25Ăš CONCOURS international de chant de Clermont-Ferrand.

PALMARES 2017

Sont récompensés et choisis pour les productions à venir (précisions entre parenthÚses) :

SONG jiwon baryton lieder clermont ferrand 2Jiwon SONG, baryton sud corĂ©en de 34 ans. Son interprĂ©tation d’un air de Brahms lui permet d’ĂȘtre choisi pour le rĂ©cital An di musik, le 3 mars 2018 Ă  Clermont-Ferrand, avec le pianiste Jeff Cohen. Son interprĂ©tation d’un second air de Schreker  lui permet tout autant de chanter dans le Concert Vienne fin de siĂšcle (avec orchestre) le 3 mars 2018 Ă  Clermont-Ferrand, en fĂ©vrier-mars 2018 au Forum Voix Ă©touffĂ©es de Strasbourg, puis au Festival de la Chaise-Dieu en aoĂ»t 2018. Jiwon SONG est dĂ©jĂ  distinguĂ© pour son interprĂ©tation du rĂŽle de Don Giovanni de Mozart (CorĂ©e du Sud) ; il a participĂ© Ă  la saison 2013-2014 du CNIPAL…

DAIN katharine soprano konstanze 2017 classiquenews portrait french award at CLermont FerrandKatharine DAIN, soprano amĂ©ricaine de 34 ans, son interprĂ©tation du fameux air Martern aller Arten lui permet d’ĂȘtre retenue pour le rĂŽle de Konstanze de la prochaine production de L’enlĂšvement au sĂ©rail, soit 13 reprĂ©sentations donnĂ©es de Clermont-Ferrand Ă  Rouen, mais aussi Avignon, Massy et Reims, de dĂ©cembre 2017 Ă  janvier 2019. Une technique solide, un timbre ample, veloutĂ©, charnel, un style direct et franc sans maniĂ©risme aucun… font les qualitĂ©s essentielles d’une jeune soprano amĂ©ricaine qui s’est prĂ©sentĂ©e Ă  Clermont-Ferrand pour le rĂŽle de Konstanze. Chapeau bas Ă  la jeune cantatrice amĂ©ricaine qui concourait ainsi pour la premiĂšre fois en France… Sa prĂ©sence comme son chant gĂ©nĂ©reux et intense ont immĂ©diatement frappĂ© classiquenews lors de la demi finale.

Lambert mariannelambert-bioMarianne LAMBERT, soprano canadienne de 35 ans postulait pour le rĂ©cital An di musik. Sa prestation dans un air de Brahms lui permet d’ĂȘtre retenue pour le rĂ©cital An di musik, le 3 mars 2018 Ă  Clermont-Ferrand, avec le pianiste Jeff Cohen. Timbre chaud, corsĂ© et pourtant trĂšs clair, voix veloutĂ© elle aussi et visiblement taillĂ©e pour l’articulation de l’allemand dans le lied… ont permis Ă  la soprano canadienne de passer les Ă©preuves, demi-finale et enfin finale. Talent Ă  suivre absolument.

CĂ©sar ARRIETA, tĂ©nor vĂ©nĂ©zuĂ©lien de 27 ans postulait pour les rĂŽles de Belmonte et de Pedrillo. Son interprĂ©tation d’un air de Pedrillo, Ă  convaincu le jury qui l’engage pour ce rĂŽle dans l’EnlĂšvement au sĂ©rail de Mozart, soit 13 reprĂ©sentations donnĂ©es de Clermont-Ferrand Ă  Rouen, et Avignon, Massy, Reims, de dĂ©cembre 2017 Ă  janvier 2019.

KOHL Bastian-Kohl-Opernger-7Bastian-Thomas KOHL, basse allemande de 30 ans, postulait pour le rĂŽle d’Osmin. AprĂšs avoir chantĂ© le rĂŽle dans son duo avec Blonde et Ă  deux reprises avec deux sopranos diffĂ©rentes, le chanteur est engagĂ© dans la prochaine production de L’EnlĂšvement au sĂ©rail de Mozart, soit 13 reprĂ©sentations donnĂ©es de dĂ©cembre 2017 Ă  janvier 2019. ImmĂ©diatement lors de sa premiĂšre prestation dans le personnage de basse bouffe, la jeune basse Bastian Kohl a captĂ© l’attention par sa fraĂźcheur expressive, le plaisir Ă©vident de jouer comme de chanter, et une intensitĂ© du timbre qui l’ont immĂ©diatement imposĂ© lors de ce Concours. Tout juste trentenaire, le jeune chanteur maĂźtrise la clartĂ© du chant, le jeu scĂ©nique : sa performance prĂ©figure une carriĂšre aussi prometteuse et accomplie que celle d’un Matti Salminen… C’est dire. Coup de coeur de CLASSIQUENEWS.COM

 

QUATRE AUTRES PRIX ETAIENT ATTRIBUÉS :

1- Le Prix du public “Bernard Plantey”, en l’honneur du fondateur du Centre lyrique,  rĂ©compensant un(e) finaliste dĂ©signĂ©(e) par le vote du public prĂ©sent Ă  la finale (1 000 €) , est attribuĂ© Ă  Bastian Thomas KOHL.

2- Le Prix du Jeune Public “Ville de Clermont-Ferrand”  (1 000 €), rĂ©compensant ainsi un finaliste dĂ©signĂ© par le vote d’un jury composĂ© de jeunes clermontois, est attribuĂ© Ă  Jiwon SONG.

3- Le Prix du Centre Français de Promotion Lyrique (1 000 €), rĂ©compensant un(e) jeune artiste français(e) est attribuĂ© Ă  DĂ©borah SALAZAR (qui postulait pour le rĂŽle de Blonde).

4- Le Prix spĂ©cial “Centre lyrique Clermont-Auvergne” (1 000 €), rĂ©compensant un(e) artiste remarquĂ© lors de la Finale est attribuĂ© Ă  Julia SITKOVETSKY pour son interprĂ©tation d’un air de Konstanze.

À NOTER :

Les rĂŽles de Belmonte et Blonde n’ont pas Ă©tĂ© attribuĂ©s, le jury n’ayant pas trouver parmi les candidats prĂ©sents, celui, ou celle  qui pouvait les interprĂ©ter idĂ©alement.

 

 

JURY 2017

Raymond Duffaut (Président du jury),

Président du Centre Français de Promotion lyrique.

 Eva MĂ€rtson, professeur de chant au conservatoire de Hanovre, conseillĂšre artistique de l’OpĂ©ra de Tallin, ancienne PrĂ©sidente de l’Association internationale des cercles Richard Wagner.

 Amaury du Closel, Directeur musical d’OpĂ©ra Nomade et du Forum Voix ÉtouffĂ©es.

Roberto ForĂ©s Veses, Directeur musical de l’Orchestre d’Auvergne.

Jeff Cohen, pianiste.

Richard Martet, rĂ©dacteur en chef d’OpĂ©ra Magazine

Pierre Guiral, Directeur de l’OpĂ©ra du Grand Avignon

 Xavier Adenot, Directeur de production de l’OpĂ©ra de Massy

FrĂ©dĂ©ric Roels, Directeur de l’OpĂ©ra de Rouen Normandie

Julien Caron, Directeur du Festival de La Chaise-Dieu

 Pierre Thirion-Vallet, Directeur général et artistique du Centre lyrique Clermont-Auvergne

 

 

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+ D’INFOS sur le site du CONCOURS international de chant de Clermont-Ferrand

 

 

 

QARAQORUM, le nouvel opéra de FB Mùche

grand mongol opera de fb mache tourcoing classiquenewsTOURCOING. MÂCHE: QARAQORUM, crĂ©ation. 2-5 mars 2017. Jean-Claude Malgoire programme la crĂ©ation mondiale du nouvel opĂ©ra de François-Bernard MĂąche (nĂ© en 1935) : Qaraqorum, « Voyage dans l’Empire Mongol ». Au XIIIĂš, dans la capitale de l’Empire Mongol, Qaraqorum, les religions cohabitent en paix : un rĂȘve devenu rĂ©alitĂ© dont notre civilisation en perte de valeurs, devrait bien s’inspirer. La commande d’état que prĂ©sente l’Atelier Lyrique de Tourcoing Ă  partir du 2 mars, rappelle la force critique de l’opĂ©ra contemporain, et nous rappelle mĂȘme Ă  l’ordre : il est urgent de rĂ©apprendre Ă  vivre ensemble, dans le respect des autres ; la diffĂ©rence est une richesse, et l’esprit de la haine, une fatalitĂ© barbare inventĂ©e par les manipulateurs.

RUBROUCK chez le grand Mongol
 Originaire d’un village prĂšs de Dunkerque, Guillaume de Rubrouck est mandatĂ© par Louis IX (Saint-Louis) en 1253 pour faire le grand voyage oriental, – soit 20 ans avant Marco Polo, au delĂ  des Indes, vers la Chine
 En deux ans, Rubrouck parcourt quelques 16 000 kms, de Constantinople jusqu’au cƓur de l’Asie Centrale, atteignant enfin la Cour du successeur et petit-fils de Gengis Khan, le souverain Mangu Khan. LĂ , alors que l’Europe ne cesse de s’effondrer dans les luttes politico-religieuses, Ă  la Cour du grand Mongol, bouddhistes, chamanes, musulmans, chrĂ©tiens vivent en paix.
A partir de la description que Guillaume de Rubrouck rĂ©dige aprĂšs son formidable pĂ©riple qui inaugure toutes les grandes expĂ©ditions Occident-Orient Ă  venir, le compositeur François-Bernard MĂąche a conçu son nouvel opĂ©ra. Le voyage parcouru est aussi une traversĂ©e spirituelle au terme de laquelle, la personnalitĂ© du voyageur, ses croyances ont Ă©tĂ© fortement Ă©branlĂ©. L’expĂ©rience de l’altĂ©ritĂ©, et de la diffĂ©rence, porte vers une autre conscience oĂč rĂšgnent tolĂ©rance, curiositĂ©, discernement


 

 

 

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TOURCOING, Théùtre municipal Raymond Devos
François-Bernard Mùche
QARAQORUM, opéra en création mondiale
Les 2, 3 mars 2017, 14h30 (scolaires)
Les 3 (20h) et 5 mars (15h30)

‹‹InterprĂštes : Paul Alexandre Dubois, Christophe Crapez, Xavier Legasa, … ‹‹Quatuor Debussy

‹Mise en scùne: Alain Patiùs

 

 

 

INFOS & RESERVATIONS
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/16_17/spect1617/mongol.html

 

 

CD, compte rendu critique. PHILIP GLASS : Pianos works, oeuvres pour piano. Vikingur Ólafson, piano (1 cd Deutsche Grammophon)

vikingur-olafsson-glass cd review classiquenewsCD, compte rendu critique. PHILIP GLASS : Pianos works, oeuvres pour piano. Vikingur Ólafson, piano (1 cd Deutsche Grammophon). Le feu dans le GLASS
 Quasiment 1h20 de bonheur musical, en un temps recomposĂ©, dans ce flux qui se joue des rythmes et des ruptures harmoniques propre Ă  crĂ©er cette temporalitĂ© hypnotique dont Glass sait nous rĂ©galer depuis prĂšs de 50 ans
 L’islandais Vikingur Olafsson a sĂ©lectionnĂ© un cycle d’Études, extraites des deux Recueils Ă©ditĂ©s et validĂ©s par le compositeur au minimaliste richement suggestif. Pour les 80 ans de Philip Glass, le pianiste Olafsson, diplĂŽmĂ© de la Juilliard School de New York, vĂ©ritable icĂŽne de la modernitĂ© en Islande, crĂ©ateur de bon nombre de nouvelles Ɠuvres, fondateur de son propre label aussi, nous rĂ©gale dans cette succession de climats aux teintes subliminales, dans un toucher prĂ©cis et clair, miraculeusement sobre, qui nuance dĂ©cisive, fait toute la part Ă  l’attĂ©nuation et la poĂ©sie sonore. C’est que le trentenaire (32 ans en 2017) a travaillĂ© avec Glass. Une sorte d’adoubement officiel a Ă©tĂ© proclamĂ©, soulignant la justesse artistique qui sans cela, s’impose d’elle mĂȘme, Ă  travers ces 13 sections, dont le dĂ©but et la fin sont repris de « Opening » extraits de Glassworks (1981) et retravaillĂ© dans ce reprise final par Christian Badzura.

 

 

Le pianiste Vikingur Ólafsson fait jaillir des Ă©tudes de Philip Galss, une activitĂ© miroitante poĂ©tique 


JEUX MULTIPLES SOUS LE GLASS
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Il en dĂ©coule un jeu d’une rare subtilitĂ© intĂ©rieure qui fait jaillir sous l’apparente et sĂ©vĂšre rĂ©pĂ©tition circulaire et elliptique, une activitĂ© souterraine continue, perpĂ©tuelle, aux reflets miroitants, qui expriment des mĂ©tamorphoses sonores infinies, Ă  la fois nostalgiques, sombres, dĂ©licatement tragiques. Toute la musique de Glass est une rĂ©flexion sur l’écoulement du temps en une rythmique qui remodĂšle la scansion naturelle. La notion de rĂ©pĂ©titon prĂŽne un arrĂȘt sur image, une suspension d’un temps idĂ©al, qui fait l’économie d’une contrainte d’un dĂ©veloppement irrĂ©versible et inexorable. Toujours l’énoncĂ© se reproduit, se rĂ©itĂšre, comme s’il souhaitait reprendre celui qui l’a prĂ©cĂ©dĂ© mais autrement. Tout dĂ©coule ce qui prĂ©cĂšde, en renouvelant Ă  chaque section, une vision neuve : le jeu d’Olafsson permet d’inscrire cet esthĂ©tique Ă  la fois crĂ©ative et nostalgique dans un flux organique homogĂšne et cohĂ©rent. Du grand art.
La variations, l’écho, sa rĂ©sonance (plus riche en rĂ©alitĂ© que le lseul phĂ©nomĂšne de dĂ©doublement qui s’affiche dans le visuel de couverture de l’album : portrait du pianiste et son reflet, mĂȘlĂ©s
) Ă©tant premiers dans cette dĂ©marche du miroitement, Olafsson a commandĂ© Ă  l’arrangeur Christian Badzura la rĂ©Ă©criture / transcription de Opening et de l’Etude 2 pour Quintette (ici avec les fabuleux complices du Siggi Tsring Quartet), de sorte que 1001 nuances de gris, jamais identtiques s’offrent Ă  nous dans ce fabuleux kaleidoscopes de scintillements suspendus, – grisaille captivante par sa richesse chromatique mĂȘme. L’album DG est le meilleur enregistrement paru en 2017 cĂ©lĂ©brant les 80 ans de Philip Glass. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2017.

 

 

 

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CD, compte rendu critique. PHILIP GLASS : Pianos works, oeuvres pour piano. Vikingur Ólafson, piano (1 cd Deutsche Grammophon) – enregistrement rĂ©alisĂ© en octobre 2016 Ă  Reykjavik, Islande. CLIC de CLASSIQUENEWS

 

 

 

CD, annonce. SALIERI : La Scuola de’Gelosi / Werner Ehrahardt (3 cd DHM – 2015).

0886445868555_300CD, annonce. SALIERI : La Scuola de’Gelosi / Werner Ehrahardt (3 cd DHM – 2015). CLASSIQUENEWS inaugure un nouveau fonctionnement dans ses mises en avant cd, dvd, livres : au moment de la rĂ©ception des nouveautĂ©s, parmi les (trĂšs) nombreux envois Ă  la RĂ©daction, un premier regard qui vaut sĂ©lection voire CLIC, notre label d’excellence. Puis la grande critique quand le nouveau titre qu’il s’agisse de la valeur de l’oeuvre ou de l’implication superlative des interprĂštes, l’exige. Sous Ă©tiquette DHM, cette « école des jaloux » / Scuola de’Gelosi de Salieri (qui annonce l’école des amants, ou Cosi fan tutte de Mozart plus tardif) mĂ©rite assurĂ©ment le meilleur accueil comme il confirme le talent dĂ©sormais bien installĂ© d’un chef et de son ensemble parmi les nouveaux dĂ©fenseurs des rĂ©pertoires baroques, classiques, prĂ©romantiques
 Voici sans conteste un nouveau joyau lyrique rĂ©vĂ©lĂ© grĂące au chef Werner Ehrhardt et son ensemble L’Arte del Mondo; les musiciens poursuivent ainsi un partenariat discographqiue avec DHM / Sony classical, plutĂŽt bĂ©nĂ©fique. CLASSIQUENEWS avait distinguĂ© d’un CLIC prĂ©cĂ©dent, la Clemenza di Tito (non de Mozart mais de Gluck, enregistrĂ© deux ans auparavant en 2013). On retrouve ici, la mĂȘme pĂ©tillance, la poursuite d’un esprit flexible et enjouĂ© qui s’avĂšre des mieux expressifs sur la scĂšne comique ; Ă  l’acuitĂ© expressive de l’orchestre rĂ©pond la fine caractĂ©risation des solistes, soucieux d’articulation, ambassadeurs d’un rĂ©alisme thĂ©Ăątral qui rĂ©jouit.

SALIERI, génie de la veine buffa

Werner Ehrhardt rĂ©vĂšle Gluck avant GluckLes productions au disque Ă©tant de plus en plus rares, – crise du marchĂ© oblige, on se rĂ©jouit de cette exhumation en crĂ©ation mondiale, dĂ©frichement rĂ©jouissant, dĂ©fendu par une vivacitĂ© collective, dĂ©fendue par l’habile maestro, amateur de buffa napolitain, oĂč l’hĂ©ritage des Pergolesi et Jommelli sont revivifiĂ©s par un Salieri, qui Ă  Venise en 1779, se montre tout aussi inspirĂ© par la veine lĂ©gĂšre, dĂ©lirante. MĂȘme si comparĂ© Ă  Mozart, l’écriture paraĂźt plus convenue, formatĂ©e, prĂ©visible; Salieri n’atteignant pas Ă  la vĂ©ritĂ© Ă©motionnelle ni Ă  la profondeur parfois grave de son gĂ©nial contemporain (et rival Ă  Vienne). Mais le geste de l’excellent chef entend Ă  travers cette sĂ©rie lyrique nouvelle, Ă©clairer les prĂ©dĂ©cesseurs et contemporains du Mozart viennois, celui le plus bouleversant, portraitiste de l’ñme humaine, partenaire de Da Ponte (Les Noces de Figaro, Don Giovanni, Cosi fan tutte).
CLIC_macaron_2014Ainsi cette heureuse comĂ©die a la truculence et la vivacitĂ© Ă©motionnelle des Noces (trio du I – terzetto Contessa, Tenente, Conte), (mais certes pas le cynisme et l’ironie comme la profondeur de Cosi), quoiqu’elle diffuse un rĂ©el plaisir communicatif dans la caractĂ©risation des rĂ©citatifs qui rĂ©tablissent la prĂ©sence d’un marivaudage thĂ©Ăątral. GrĂące Ă  une distribution solide aux tempĂ©raments bien trempĂ©s, techniquement affirmĂ©s dont surtout les Ă©patants : Lumaca (Florian Götz), Ernestina (vivante et habitĂ©e Roberta Mameli-), Blasio (Federico Sacchi), Contessa qui de scĂšne en scĂšne affirment une intensitĂ© Ă©nergisante de la situation comique et piquante, qui de fait, se rĂ©vĂšle trĂšs proche de l’esprit mozartien, 
 des Noces ; Le Nozze, surtout qui semblent ainsi prĂ©cĂ©dĂ©es voire prĂ©figurĂ©es dans cette Ă©lĂ©gance cocasse de chaque instant. Grande critique de l’opĂ©ra buffa (1779) de Salieri recrĂ©Ă©e par Werner Eharhardt / L’Arte del monde Ă  venir dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS.

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PrĂ©cĂ©dent cd de Werner Eharhardt / L’Arte del monde : La Clemenza di Tito (3 cd DHM – 2013), CLIC de CLASSIQUENEWS :

gluck-clemenza-tito-ehrhardt-werner-arte-del-mundo-dhmCD. Gluck : La Clemenza di Tito (Ehrhardt, 2013). L’ouvrage de Gluck surprend par sa coupe ardente, l’ambition de ses rĂ©citatifs (du vrai thĂ©Ăątre lyrique : toute la premiĂšre scĂšne d’ouverture est du pur thĂ©Ăątre) et ici, une trĂšs fine caractĂ©risation des protagonistes (grĂące Ă  des airs qui savent dĂ©velopper l’énergie psychologique de chaque profil individuel) : Vitellia, Sesto, Titus, Servillia, c’est Ă  dire le  quatuor embrasĂ© des amours Ă©prouvĂ©es, en souffrance dont la couleur spĂ©cifique fait passer du classicisme au prĂ©romantisme
 tous dĂ©jĂ  sous sa plume et avant Mozart, impose des tempĂ©raments instrumentalement et vocalement passionnants Ă  suivre du dĂ©but Ă  la fin.

Paul Agnew aborde Orfeo de Monteverdi

logo_france_musique_DETOUREFRANCE MUSIQUE. MONTEVERDI : Orfeo, dimanche 12 mars 2017, 20h. Paul Agnew et Les Arts Flo jouent Orfeo de Monteverdi, l’opĂ©ra des origines : la source du drame musical et thĂ©Ăątral, oĂč chant, paroles, musique et action thĂ©Ăątrale fusionnent en un tout cohĂ©rent, pour la premiĂšre fois de l’histoire (Mantoue, 1607). Certes, le cadre est encore aristocratique, et l’opĂ©ra pas encore publique (il faut attendre 1637 Ă  Venise). Les madrigaux sont encore prĂ©sents, en particulier dans le chant des bergers trĂšs prĂ©sents, surtout au premier acte, pastoral, celui oĂč la tragĂ©die surgit quand Messagiera annonce la mort d’Eurydice.
Mais dĂ©jĂ , la langue de Monteverdi, l’une des plus sensuelles qui soient, caractĂ©rise des individualitĂ©s et non des types. Le chant Ă©crit par Monteverdi exprime au plus prĂšs dĂ©sirs, priĂšres, intentions et sentiments du poĂšte endeuillĂ©, soucieux de retrouver son aimĂ©e aux Enfers. Par son chant souverain, il s’en ouvre les portes, triomphant par la seule grĂące maitrisĂ©e de sa voix, et l’inflexible Caron, et l’impĂ©rial Pluton. Comme Don Giovanni de Mozart est l’opĂ©ra des opĂ©ras ; Orfeo de Monteverdi est la genĂšse, et le foyer matriciel oĂč toute l’odyssĂ©e lyrique a commencĂ©.

Madrigaux_4_5_6_arts_florissants_paul_agnewTĂ©nor et chef, directeur adjoint des Arts Florissants aux cĂŽtĂ©s de William Christie, Paul Agnew promet une lecture sensible, Ă  la fois flexible et linguistiquement ciselĂ©e car il a prĂ©cĂ©demment interprĂ©tĂ© et enregistrĂ© les meilleurs madrigaux de Monteverdi Ă  travers l’épopĂ©e primordiale des Livres I Ă  VIII. Son expĂ©rience du genre madrigalesque, son travail d’orfĂšvre sur le verbe devrait accomplir un prolongement naturel et captivant dans l’Orfeo qui en dĂ©coule et qui puise dans la matiĂšre des mafrigaux, ses formes expressives. Autour de Paul Agnew, la crĂȘme des chanteurs baroques actuels : Cyril Auvity (Orfeo / OrphĂ©e) que Classiquenews avait rĂ©cemment filmĂ© dans les Motets sacrĂ©s de ClĂ©rambault, rĂ©vĂ©lĂ©s par Fabien Armengaud (VOIR notre reportage vidĂ©o Les Motets sacrĂ©s de ClĂ©rambault par l’Ensemble SĂ©bastien de Brossard) ; la distribution comprend aussi l’excellente et incadescente mezzo LĂ©a Desandre dans le rĂŽle de la MessagĂšre justement, personnage axial du I, qui fut en son temps incarnĂ© magistralement par Sara Mingardo (pour Jordi Savall), laquelle a Ă©tĂ© la professeur de chant de la jeune LĂ©a
 continuitĂ©, excellence, vĂ©ritĂ©.

Monteverdi 2017 claudio monteverdi dossier biographie 2017 510_claudio-monteverdi-peint-par-bernardo-strozzi-vers-1640.jpg.pagespeed.ce.FhMczcVnmyOpĂ©ra douloureux, malgrĂ© son sujet central – le pouvoir de la musique et du chant : quand le poĂšte de Thrace inflĂ©chit Pluton et les enfers pour y pĂ©nĂ©trer afin d’en soustraire Eurydice-, Orfeo est bien sur le plan musical et dans l’histoire de l’opĂ©ra, ce laboratoire rĂ©volutionnaire oĂč Monteverdi, fort de son expĂ©rience comme madrigaliste Ă  CrĂ©mone puis Mantoue, rĂ©invente le langage du drame en musique et s’appuyant sur la suprĂ©matie du texte, articulĂ©, sublimĂ© par la musique, s’inspire des premiers ouvrages florentins, rĂ©alisĂ©s au dĂ©but du siĂšcle (autour de 1600) dans le style du recitar catando : un parlĂ© chantĂ© proche de la parole qui laisse le chant trĂšs intelligible. La sensualitĂ© nouvelle de la dĂ©clamation, le jeu des allitĂ©rations entre autre font de l’opĂ©ra chantĂ© un art poĂ©tique par excellence et Monteverdi le dĂ©montre aisĂ©ment dans son Orfeo de 1607. Monteverdi assure aussi le passage du madrigal polyphonique (encore trĂšs prĂ©sent dans les choeurs) au chant monodique accompagnĂ© pour la voix soliste.

Le madrigal polyphonique y est subtilement utilisĂ© pour les chƓurs de bergers et arcadiens ; le chant monodique permet a voce cola d’approfondir la psychologie des caractĂšres protagonistes. Le rĂ©citatif d’OrphĂ©e devant Caron, le passage en barque du fleuve infernal, sa priĂšre devant Pluton (ample lamento dramatique)
 suscitent autant d’airs oĂč la seule incantation souvent hallucinĂ©e (par la douleur et la volontĂ© de sauver Eurydice de la mort) du chanteur affirme dĂ©sormais la voix de l’opĂ©ra : une voix agile et intelligible qui exprime au plus juste la richesse et l’intensitĂ© des passions humaines. Selon les productions et les lectures des chefs et des metteurs en scĂšne, Orfeo est diversement abordĂ© comme pensĂ© sur la scĂšne.  Outre son Ă©clectisme formel entre Renaissance et Baroque, l’oeuvre est d’une diversitĂ© complexe : l’un des aspects saillants, en est le cynisme de l’action, cette Ă©preuve de la douleur, au cours de laquelle le chantre, OrphĂ©e, fait l’expĂ©rience de la perte, du renoncement, du dĂ©chirement car comme Apollon le lui rappelle en fin d’action: “Rien ici bas ne nous rĂ©jouit ni ne dure“.

l’opĂ©ra des origines

orfeo orphee lyre opera luigi rossi 1647 opera presentation announce CLASSIQUENEWSLa vision est terrifiante, et mĂȘme d’une glaçante ironie. D’autres prĂ©fĂšrent souligner sa tendresse caressante et sa langueur extatique car c’est l’amour d’OrphĂ©e pour Eurydice qui mĂšne l’action : mĂȘme si le PoĂšte de Thrace ne maĂźtrisant pas ses passions (il se retourne pour voir sa bien aimĂ©e malgrĂ© l’injonction de Pluton / HadĂšs), s’enfonce peu Ă  peu dans la solitude et l’échec : en se retournant pour voir la belle, OrphĂ©e se libĂšre des lois mais dĂ©truit tout espoir. Selon les versions (toutes deux originales car validĂ©es par Monteverdi) : l’homme blessĂ© et dĂ©chirĂ© par la perte dĂ©finitive rejoint Apollon son pĂšre au ciel en une apothĂ©ose finale spectaculaire ; ou alors il est dĂ©chirĂ© au sens strict du terme par les bacchantes, assassinĂ© car tout bonheur est vain sur la terre (une vision partagĂ© ensuite par Wagner Ă  l’extrĂ©mitĂ© de l’histoire lyrique : Monteverdi / Wagner seraient ils tous deux de grands cyniques dĂ©faitistes ?). Le poĂšte et l’homme tout court seraient-ils des ĂȘtres maudits ? L’amour tue ; le sentiment fait souffrir mais une vie sans amour est-ce imaginable ? Il nous reste au delĂ  du sujet bouleversant, la beautĂ© d’une musique et l’intelligence d’un drame parfaitement construit dont la pensĂ©e saisit par sa poĂ©sie et sa vĂ©ritĂ© profonde. Orfeo est l’opĂ©ra des origines : une conception de la reprĂ©sentation musicale qui ne laisse pas de nous captiver, 400 ans aprĂšs sa crĂ©ation en 1607 dans le cercle privĂ© et intime du Duc de Mantoue en son palais. Entre temps, le genre est devenu un rituel populaire auquel les publics de plus en plus variĂ©s et nombreux se laissent conduire avec toujours la mĂȘme espĂ©rance d’ĂȘtre enfin rĂ©enchantĂ©s


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France Musique. Monteverdi : Orfeo. Dimanche 12 mars 2017, 20h.
Concert enregistré le 28 février 2017 à 20h00 à la Grande salle du Théùtre à Caen.

Claudio Monteverdi
L’Orfeo, favola in musica SV 318, crĂ©Ă© Ă  Mantoue, Palais Ducal, le 24 fĂ©vrier 1607
(Orphée, fable en musique / Favola in musica)
Livret du poĂšte Alessandro Striggio.

Cyril Auvity, haute-contre, Orphée
Hannah Morrison, soprano, La Musique, Eurydice
Miriam Allan, soprano, Proserpine
LĂ©a Desandre, mezzo-soprano, MessagĂšre
Antonio Abete, basse, Pluton, Un esprit, Un berger
Cyril Costanzo, basse, Charon, Un esprit
Carlo Vistoli, contre-ténor, Un esprit, Un berger
Sean Clayton, ténor, Un berger
Zachary Wilder, ténor, Un esprit, Un berger
Les Arts Florissants
Direction : Paul Agnew

Orfeo 2017©PhilippeDelval 0182[3]

PARIS, Festival Présences 2017. Focus du 16 février 2017 : Ce soir, 20h, programme symphonique et lyrique Adamek, Saariaho : Polednice, True Fire et Orion


presences-2017-kaija-saariaho-portraitPARIS, Festival PrĂ©sences 2017. Focus du 16 fĂ©vrier 2017 : ce soir Adamek, Saariaho : Polednice, True Fire et Orion
 C’est assurĂ©ment une nouvelle grande soirĂ©e symphonique (lyrique et chorale) qui s’annonce ce soir Ă  l’Auditorium de la Maison de la radio dans le cadre du Festival PrĂ©sences 2017. Outre qu’il s’agit d’un plateau somptueux accordant les phalanges maison (National de France et Choeur de Radio France, sous la direction de Olari Elts), les heureux parisiens pourront dĂ©couvrir la nouvelle version en crĂ©ation mondiale de la fresque flamboyante Polednice pour choeur et orchestre du jeune compositeur Ondrej Adamek (dĂ©but de programme). La trame de la partition puise dans la lĂ©gende romantique tchĂšque, et convoque un dĂ©mon paraissant Ă  minuit, semant horreur, fascination, fantastique
 « Polednice ». Mort des enfants perdus, rĂȘve, rĂ©alitĂ©, ombre et lumiĂšre
 sont autant de thĂšmes chers Ă  Adamek qui traite l’écriture orchestrale avec le gĂ©nie d’un Ravel ou d’un Adamek OndrejRachmaninov. La sorciĂšre Polednice avait dĂ©jĂ  retenu l’inspiration de Dvorak, sa fabuleuse apparition semant l’effroi et la mort (un infanticide par la mĂšre terrorisĂ©e). Elle prend l’entrĂ©e de son mari pour le surgissement du dĂ©mon dans sa cuisine (!)
 Adamek mĂȘle texture orchestral et bruits de cuisine, rĂ©organise le souffle du drame noir et terrifiant en combat entre le rĂȘve fantastique (premiĂšre partie) et rĂ©alitĂ© tout autant glaçante (seconde partie). Voici assurĂ©ment l’une des partitions les plus narratives et impĂ©tueuse du jeune compositeur tchĂšque.

Puis deux oeuvres majeures de la Finlandaise Ă  l’honneur cette annĂ©e, Kaija Saariaho soulignent la puissance de son Ă©criture Ă  la fois poĂ©tique dans l’expression de l’intimitĂ© et de la fragilitĂ© humaine, et puissante dans l’approfondissement des thĂšmes et atmosphĂšres dĂ©veloppĂ©es. Ainsi, True Fire pour baryton et orchestre, en crĂ©ation française, surtout en fin de programme, sa fabuleuse Ă©popĂ©e orchestrale : Orion, en trois parties qui est dĂ©jĂ  devenu un classique du XXIĂš siĂšcle.
KAIJA SAARIAHO, reine du Festival PrĂ©sences 2017Orion crĂ©Ă© en janvier 2003 fusionne souffle statique d’une Ă©ternitĂ© magicienne observĂ©e, exprimĂ©e (le destin surhumain du gĂ©ant Orion, fils de PosĂ©idon et capable de marcher sur les eaux), mais aussi prĂ©cipitation dramatique de l’action tragique (quand le bel Orion, chasseur irrĂ©sistible est terrassĂ© par ArtĂ©mis/Diane). La partition est l’une des plus impressionnantes jamais Ă©crites par Kaija Saariaho pour grand orchestre. Un must absolu. SoirĂ©e incontournable Ă  la Maison de Radio France, ce soir 20h.

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VOIR aussi notre présentation vidéo du concert du 16 février 2017 par Kaija Saarihao, Sofi Jannin et Eric Denut (Polidnice, True Fire, Orion)

 

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LIRE notre présentation générale du Festival Présences 2017 / Kaija Saariaho, un portrait ; notre présentation du Concert inaugural du Festival Présences 2017 : « Je dévoile ma voix »

 

 

TOUTES LES INFOS et les modalités de réservation sur le site du Festival Présences 2017 de Radio France

 

DVD, compte rendu critique. THEODORA de Handel / Haendel. Watson, Christie (2015, ERATO)

haendel handel theodora erato christie jaroussky watson spicer doustrac les arts florissants dvd erato dvdDVD, compte rendu critique. THEODORA de Handel / Haendel. Watson, Christie (2015, ERATO). Sans atteindre la version (lĂ©gendaire) de Peter Sellars Ă  Glyndebourne (rĂ©alisĂ©e en 1996, donc voilĂ  plus de 20 ans dĂ©jĂ ), cette « premiĂšre » ThĂ©odora en version scĂ©nique montre les limites de l’exercice. Pourquoi vouloir dĂ©montrer davantage que la musique, qui se suffit largement Ă  elle-mĂȘme (c’est mĂȘme l’une des plus sublimes et recueillie qui soit nĂ©e sous les mains de Haendel), pourquoi s’obstiner Ă  dĂ©montrer par le visuel et les mouvements de scĂšne ce qui Ă©tait, – et reste essentiellement, un oratorio, c’est Ă  dire un drame sacrĂ© et spirituel, sans dĂ©cors ?
Sur la scĂšne parisienne, les dĂ©cors se bornent Ă  quelques parois coulissantes (pour mieux marquer l’espace Ă©touffant d’un drame qui mĂšne Ă  la mort), ne font pas oublier les hors sujet total de l’orgie au II (dĂ©lire accessoire du metteur en scĂšne Stephen Langridge). Tout ce dĂ©corum visuel finit par encombrer une action qui par son essence Ă©purĂ©e (musicalement) et trĂšs efficace, recherche a contrario, l’allĂšgement, l’abstraction, la poĂ©sie pure. CĂŽtĂ© conception des chanteurs / acteurs, l’interprĂ©tation survole une partition qui doit toucher par sa profondeur et son sens de la gravitĂ© oĂč le silence et la lenteur disent cette transfiguration spirituelle et mystique de l’hĂ©roĂŻne, laquelle emmĂšne sur son chemin sacrificiel ses proches. Mauvais Valens, trop superficiel voire caricatural (Callum Thorpe) ; mĂȘme limites dommageables pour le contre tĂ©nor Philippe Jaroussky, qui brille par son absence de graves et ses piĂštres talents d’acteur : son Didymus, premier compagnon de Theodora, en compassion et transcendance, se rĂ©vĂšle bien lisse, tout au moins amoureux transi douloureux, mais sans aucune ambivalence ni souffrance morale. Tout un pan du personnage est Ă©cartĂ©. En revanche le Septimus de Kresimir Spicer cisĂšle un hĂ©ros tragique, vĂ©ritablement traversĂ© par le tiraillement intĂ©rieur, entre devoir et tentation de la ferveur : sa souffrance et sa prĂ©sence humaine, comme son Ă©paisseur Ă©motionnelle sauvent le plateau. Voix limitĂ©e, et actrice trop rĂ©servĂ©e, la soprano britannique Katherine Watson dans le rĂŽle-titre, doit forcer sa nature pour exprimer le souffle spirituel de plus en plus prenant, impĂ©rieux qui la submerge : vocalement tout est lĂ  ; mais Ă©motionnellement, grĂące aux plans serrĂ©s sur son visage, la tiĂ©deur finit par susciter une « certaine » intĂ©rioritĂ©. Il ne s’agit pas d’avoir une « belle voix », surtout dans l’un des oratorios les plus introspectifs de Haendel. L’IrĂšne de StĂ©phanie D’Oustrac tire elle aussi, comme Spicer, son Ă©pingle du jeu : suave et habitĂ©e, la cantatrice montre qu’elle est aussi une formidable interprĂšte. D’autant que dans la fosse, se dĂ©ploie la direction trĂšs prĂ©cise et hautement dramatique de William Christie, insurpassable chez Haendel, entre Ă©lĂ©gance, noblesse, flexibilitĂ©, acuitĂ© et articulation dans l’expression du souffle spirituel de l’aristocrate et fervent Haendel Ă  Londres.

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DVD, compte rendu critique. Theodora de Haendel / Handel. Kresimir Spicer, StĂ©phanie D’Oustrac, Katherine Watson, Philippe Jaroussky
 Les Arts Florissants. William Christie, direction. Stephen Langdrige, mise en scĂšne (2 dvd ERATO, enregistrĂ© Ă  Paris, au TCE, en octobre 2015).

Reportage vidĂ©o : LITTLE NEMO, crĂ©ation mondiale (volet 2/2). L’opĂ©ra, les personnages…

VIDEO, reportage (2/2) : Little Nemo / la rĂ©alisation de l’opĂ©ra, l’action culturelle autour de Nemo…, Immersion dans la rĂ©alisation du nouvel opĂ©ra produit en fĂ©vrier 2017 par Angers Nantes OpĂ©ra. VOLET 2 : l’OpĂ©ra inspirĂ© par McCay, l’Ă©criture musicale, les personnages, les dĂ©cors, … L’action culturelle autour de Little Nemo, Ă  l’adresse des scolaires et du jeune publics © studio CLASSIQUENEWS 2017 — rĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham

 

 

PROCHAINES DATES

A l’affiche du thĂ©Ăątre d’Angers, mercredi 22 et vendredi 24 mars 2017. Toutes les infos sur le site d’ANGERS NANTES OPERA

 

 

 

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LITTLE NEMO, volet 1

nemo-little-maison-momo-lampe-nemo-enfant-adulte-582VOIR aussi le volet 1 du grand reportage LITTLE NEMO 2017 par CLASSIQUENEWS : volet 1 De la BD Ă  l’opĂ©ra… / Reportage vidĂ©o. LITTLE NEMO, crĂ©ation mondiale (I) : ” de la BD Ă  l’opĂ©ra “. Le 14 janvier 2017, Angers Nantes OpĂ©ra a crĂ©Ă© son nouvel opĂ©ra, Little Nemo, “fĂ©erie onirique”, inspirĂ©e des bandes dessinĂ©es de Winsor McCay. Un siĂšcle aprĂšs le lancement du feuilleton dans la presse new-yorkaise, le jeune hĂ©ros qui rĂȘve Ă  Slumberland, est devenu un adulte dĂ©shumanisĂ©. Les co auteurs du livret Olivier Balazuc et Arnaud Delalande, le compositeur David Chaillou, imaginent une suite oĂč Nemo doit retrouver sa part d’enfance pour accomplir ce qu’il est rĂ©ellement. Entretien avec Jean-Paul Davois, directeur gĂ©nĂ©ral d’Angers Nantes OpĂ©ra, avec les membres de l’équipe de production : les co auteurs du livret Olivier Balazuc et Arnaud Delalande, le compositeur David Chaillou. REPORTAGE exclusif LITTLE NEMO, volet I : ” de la BD Ă  l’opĂ©ra” /  © studio CLASSIQUENEWS 2017 — rĂ©alisation : Philippe-Alexandre PHAM

 

 

VOIR le teaser vidĂ©o, la bande annonce de l’opĂ©ra LITTLE NEMO de David Chaillou et Olivier Balazuc, crĂ©ation mondiale 2017, proposĂ©e par ANGERS NANTES OPERA, un vĂ©ritable opĂ©ra pour tout public, enfants et parents…

 
 
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OPERA MAGAZINE N°125 – fĂ©vrier 2017 : Rolando Villazon : plus Ă  l’aise en Ulisse ou en Orfeo »

opera magazine rolando villazon fevrier 2017 numero 125 sommaire par clasiquenews couv-om-125OPERA MAGAZINE N°125 – fĂ©vrier 2017 : Rolando Villazon : plus Ă  l’aise en Ulisse ou en Orfeo »  SOMMAIRE du magazine mensuel dĂ©diĂ© Ă  l’actualitĂ© de l’art lyrique international
 GRAND ENTRETIEN et en couverture: À partir du 28 fĂ©vrier, le tĂ©nor franco-mexicain Rolando Villazon, qui chaque Ă©tĂ© Ă  Baden Baden pursuit l’enregistrement des grands opĂ©ras de Mozart (en 2017, La ClĂ©mence de titus avec la Vitellia trĂšs attendue de Sonya Yoncheva) est le hĂ©ros d’une nouvelle production d’Il ritorno d’Ulisse in patria de Monteverdi, d’abord au ThĂ©Ăątre des Champs-ÉlysĂ©es, pour cinq reprĂ©sentations, puis Ă  l’OpĂ©ra de Dijon, les 31 mars et 2 avril. Une Ă©tape de plus dans la conquĂȘte du rĂ©pertoire des XVIIe et XVIIIe siĂšcles pour un artiste dĂ©sormais entrĂ© dans une nouvelle pĂ©riode de sa carriĂšre, aprĂšs une premiĂšre phase entiĂšrement dĂ©diĂ©e aux grands emplois de Verdi, Puccini, Massenet et Gounod.

RENCONTRES
Bernard Foccroule
 Le directeur du plus international des festivals d’opĂ©ra français, qui quittera ses fonctions Ă  la fin de l’édition 2018, pour laisser la place Ă  Pierre Audi, annonce, pour juillet, Don Giovanni, Carmen, The Rake’s Progress, Erismena de Cavalli et la crĂ©ation de Pinocchio de Boermans, avec dans le rĂŽle-titre la jeune mezzo ChloĂ© Briot, dĂ©jĂ  remarquĂ©e dans le rĂŽle principal de Nemo enfant dans Little Nemo de David Chaillou, d’aprĂšs Windsor McCay, donnĂ© en premiĂšre mondiale le 14 janvier 2017 Ă  Nantes (ThĂ©Ăątre Graslin, repris en mars Ă  Angers). VOIR notre reportage vidĂ©o LITTLE NEMO avec ChloĂ© Briot

et aussi :
Nadine Sierra : AprĂšs la nouvelle production d’Eliogabalo, en dĂ©but de saison, au Palais Garnier, la jeune soprano amĂ©ricaine participe Ă  la reprise de Die Zauberflöte (en Pamina) Ă  la Bastille, jusqu’au 7 fĂ©vrier, puis Ă  celle de Rigoletto (en Gilda), du 27 mai au 27 juin.
Elena Mendoza : Le 20 fĂ©vrier, la compositrice espagnole propose La ciudad de las mentiras (La CitĂ© des mensonges) sur la scĂšne du Teatro Real de Madrid. Une commande du regrettĂ© Gerard Mortier, sous-titrĂ©e « thĂ©Ăątre musical en quinze scĂšnes », sur des textes de l’écrivain uruguayen Juan Carlos Onetti.

COULISSES : L’OpĂ©ra de Mascate (Oman)
InaugurĂ© le 12 octobre 2011, le somptueux OpĂ©ra Royal de Mascate, capitale du sultanat d’Oman, ne cesse d’augmenter le rythme de ses activitĂ©s et affiche un taux de remplissage approchant les 100 %. AprĂšs avoir accueilli des compagnies telles que le Staatsoper de Vienne, l’OpĂ©ra de Monte-Carlo ou l’OpĂ©ra de Lyon, il s’apprĂȘte Ă  recevoir, les 9 et 12 fĂ©vrier, l’OpĂ©ra de Florence, avec L’Italiana in Algeri, et prĂ©pare pour 2019 sa premiĂšre production entiĂšrement conçue in loco, qui suivra de prĂšs l’ouverture d’une nouvelle salle, plus petite, dĂ©diĂ©e entre autres au rĂ©pertoire de chambre. Umberto Fanni, son directeur gĂ©nĂ©ral, dresse le bilan des six annĂ©es Ă©coulĂ©es et lĂšve le voile sur les projets.

REOUVERTURE : L’OpĂ©ra-Comique rĂ©ouvre avec Fantasio puis Alcyone
 Le 12 fĂ©vrier, l’OpĂ©ra-Comique propose la premiĂšre nouvelle production de sa saison de rĂ©ouverture : Fantasio d’Offenbach, avec Marianne Crebassa dans le rĂŽle-titre. Le spectacle se joue au ChĂątelet, juste avant sa propre fermeture, la rĂ©intĂ©gration de la Salle Favart, entiĂšrement rĂ©novĂ©e, n’intervenant que le 26 avril, avec Alcione de Marin Marais. Olivier Mantei, directeur de l’institution, fait le point sur la situation Ă  la veille du premier lever de rideau et dĂ©voile ses projets.

HOMMAGE
 LĂ©ontyne Price souffle ses 90 printemps. Placido Domingo, lui-mĂȘme, l’écrit dans son autobiographie : la soprano amĂ©ricaine, qui soufflera ses 90 bougies, le 10 fĂ©vrier, possĂ©dait la plus belle voix de « soprano Verdi » du XXe siĂšcle. Si elle n’a pas Ă©tĂ© la premiĂšre cantatrice de couleur Ă  fouler les planches d’un thĂ©Ăątre, elle reste trĂšs certainement la premiĂšre Ă  avoir accĂ©dĂ© au statut de « prima donna » des deux cĂŽtĂ©s de l’Atlantique. Une reconnaissance amplement mĂ©ritĂ©e pour celle qui a eu la chance de lĂ©guer au disque ses incarnations les plus marquantes, et qui demeure un modĂšle pour toutes les aspirantes rĂȘvant d’Aida ou de Leonora d’Il trovatore et La forza del destino.

Et aussi 


JEUNES TALENTS : Philippe Sly, baryton-basse
 Jusqu’au 19 fĂ©vrier, le baryton-basse natif d’Ottawa participe, pour ses dĂ©buts Ă  l’OpĂ©ra National de Paris, Ă  la nouvelle production de Cosi fan tutte, dirigĂ©e par Philippe Jordan. L’attend ensuite, en juillet, le rĂŽle-titre de Don Giovanni au Festival d’Aix-en-Provence.

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Dans le guide, critiques de cd, dvd, livres d’opĂ©ra. Les comptes rendus de spectacles et productions, l’agenda des productions Ă  ne pas manquer
 OPERA MAGAZINE n°125 – fĂ©vrier 2017 – 7,90 euros. Parution : le 1er fĂ©vrier 2017. 100 pages.

 

PrĂ©sences 2017 : Rhapsodie monstre d’Alexandros Markeas, crĂ©ation mondiale

presences-2017-kaija-saariaho-portraitPARIS, Maison de la radio, aujourd’hui  11h. RHAPSODIE MONSTRE d’Alexandros MarkĂ©as, crĂ©ation mondiale. Le Festival PrĂ©sences 2017 prĂ©sente Ă  la Maison de la Radio samedi 11 fĂ©vrier 2017, 11h (Studio 104), Rhapsodie monstre, le nouveau spectacle “tout public”, conçu par Alexandros MarkĂ©as pour un narrateur, deux chanteurs et la MaĂźtrise de Radio France (Jean Deroyer, direction). Le texte (Pierre Senges) s’inspire de la poĂ©sie dĂ©lirante, burlesque et facĂ©tieuse d’Aristophane… Il met en scĂšne le thĂ©Ăątre mordant et comique d’Aristophane, son rire moqueur souvent d’une grande justesse satirique. Alexandre Markeas y fait succĂ©der un cycle de scĂšnes absurdes, aristophane AVT_Aristophane_2445dĂ©lirantes, poĂ©tiques, engagĂ©es aussi car il s’agit de rendre hommage Ă  l’esprit de Charlie et de dĂ©noncer les dĂ©rives pourtant honteuses de notre sociĂ©tĂ© moderne, en particulier celles que vivent les grecs actuellement… Sur le plan formel, la facĂ©tie et le jeu des contrastes rythment un spectacle “tout public”, pour petits et grands, oĂč le choeur de la MaĂźtrise de Radio France occupe une place centrale, choeur sĂ©rieux, composĂ© de chanteurs acteurs… verve, drĂŽlerie et jubilation thĂ©Ăątrale s’invitent au festival PrĂ©sences 2017.

Aristophane, le rire moqueur revisité

markeas rhapsodie monstre alexandros_markeasVOIR le reportage vidĂ©o RHAPSODIE MONSTRE d’Alexandros MarkĂ©as. Le spectacle mis en espace pour le festival PrĂ©sences 2017, est aussi le sujet d’une bande enregistrĂ©e pour sa diffusion radiophonique sur France Culture et France Musique, et aussi pour une version destinĂ©e Ă  ĂȘtre prĂ©sentĂ©e au prochain Prix Italia en septembre 2017. Production Ă©vĂ©nement, reportage vidĂ©o © studio CLASSIQUENEWS 2017 – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham, 2017

 

 

 

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LIRE notre présentation générale du Festival Présences 2017 / Kaija Saariaho, un portrait ; notre présentation du Concert inaugural du Festival Présences 2017 : « Je dévoile ma voix »

 

 

TOUTES LES INFOS et les modalités de réservation sur le site du Festival Présences 2017 de Radio France

 

 

VIDEO, reportage. Présences 2017 : Rhapsodie monstre, Alexandros Markéas (création mondiale)

presences-2017-kaija-saariaho-portraitVIDEO, reportage 2. RHAPSODIE MONSTRE d’Alexandros MarkĂ©as, crĂ©ation mondiale. Le Festival PrĂ©sences 2017 prĂ©sente Ă  la Maison de la Radio samedi 11 fĂ©vrier 2017, 11h (Studio 104), Rhapsodie monstre, le nouveau spectacle “tout public”, conçu par Alexandros MarkĂ©as pour un narrateur, deux chanteurs et la MaĂźtrise de Radio France (Jean Deroyer, direction). Le texte (Pierre Senges) s’inspire de la poĂ©sie dĂ©lirante, burlesque et facĂ©tieuse d’Aristophane… Il met en scĂšne le thĂ©Ăątre mordant et comique d’Aristophane, son rire moqueur souvent d’une grande justesse satirique.

Aristophane, le rire moqueur revisité

Le spectacle mis en espace pour le festival PrĂ©sences, est aussi le sujet d’une bande enregistrĂ©e pour sa diffusion radiophonique sur France Culture et France Musique, et aussi pour une version destinĂ©e Ă  ĂȘtre prĂ©sentĂ©e au prochain Prix Italia en septembre 2017. Production Ă©vĂ©nement, reportage vidĂ©o © studio CLASSIQUENEWS 2017 – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham, 2017

 

 

 

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Compte rendu, opĂ©ra. Londres. Royal Opera House, le 6 fĂ©vrier 2017. Verdi : Il Trovatore. Gregory Kunde…Richard Farnes / David Bösch

giuseppe-verdi_jpg_240x240_crop_upscale_q95Compte rendu, opĂ©ra. Londres. Royal Opera House, le 6 fĂ©vrier 2017. Giuseppe Verdi : Il Trovatore. Gregory Kunde, Lianna Haroutounian, Vitaly Bilyy, Anita Rachvelishvili, Alexander Tsymbalyuk. Richard Farnes, direction musicale. David Bösch, mise en scĂšne. CrĂ©Ă©e en juin de l’annĂ©e derniĂšre, la production de David Bösch imaginĂ©e pour le TrouvĂšre connaĂźt dĂ©jĂ  les honneurs d’une reprise. On retrouve ainsi avec plaisir cette mise en scĂšne sombre et dĂ©calĂ©e, ses bohĂ©miens venus du monde du cirque, son impressionnant bĂ»cher qui monte des dessous et son grand cƓur qui s’enflamme sur les derniers accords. MalgrĂ© une direction d’acteurs sommaire, reconnaissons que cet univers visuel, Ă©minemment personnel, fonctionne bien, et que le manichĂ©isme contenu dans le livret n’est ni Ă©ludĂ© ni contournĂ©, mais au contraire pleinement assumĂ©, comme un livre d’images qui n’est pas sans rappeler l’esthĂ©tique de Tim Burton.

La vampa d’Anita Rachvelishvili

Le soin apportĂ© Ă  cette reprise se reflĂšte ainsi dans la qualitĂ© du plateau rĂ©uni pour l’occasion. Par rapport Ă  sa prestation incandescente de l’an dernier, reconnaissons que Gregory Kunde apparaĂźt un rien moins flamboyant. L’instrument, d’une soliditĂ© toujours Ă  toute Ă©preuve, semble ce soir accuser une lĂ©gĂšre fatigue, le vibrato se faisant un peu plus prĂ©sent qu’Ă  l’ordinaire. Et pourtant, toutes les notes sont lĂ , pas un aigu ne manque Ă  appel, jusqu’aux uts trĂšs attendus et bien prĂ©sents.
Au contraire, le chanteur va jusqu’Ă  oser des nuances nouvelles, achevant son “Ah si ben mio” sur une messa di voce inattendue, stupĂ©fiante. On retiendra Ă©galement son dernier acte, durant lequel il dĂ©voile pour sa mĂšre des accents de tendresse poignants. Seules les variations dans les gruppetti durant la reprise de la Pira se rĂ©vĂšlent moins originales, davantage rythmiques que mĂ©lodiques. En outre – mais peut-ĂȘtre est-ce l’effet de surprise qui s’est Ă©moussĂ© ou nos attentes qui Ă©taient trop grandes –, si le jeu de scĂšne du tĂ©nor amĂ©ricain demeure pleinement fier et investi, nous manque une urgence qui avait rendu inoubliable sa performance passĂ©e en ces mĂȘmes lieux.
Comprenons-nous bien: ce Manrico ne peut se comparer qu’Ă  lui-mĂȘme, pour nous l’un des derniers gĂ©ants de l’art lyrique.
Peut-ĂȘtre est-il Ă©galement moins inspirĂ© par sa promise? Car la Leonora de Lianna Haroutounian, qu’on retrouve en pleine carriĂšre internationale aprĂšs l’avoir suivie Ă  Massy et Tours, semble avoir perdu un peu de sa personnalitĂ© d’alors en se hissant jusqu’au niveau des grandes scĂšnes. Tout est scrupuleusement chantĂ©, des aigus aux graves en passant par les vocalises – bien que les pianissimi demeurent rares et certains trilles ne soient qu’esquissĂ©s –, mais cette propretĂ© parfaitement calculĂ©e, si elle offre un rĂ©sultat sonore devant lequel on ne peut que s’incliner, manque de passion, de feu, de risque. La professionnelle est Ă  saluer, nous manquent l’artiste et la diva.
En revanche, notre Manrico paraĂźt galvanisĂ© par celle qui incarne sa mĂšre alors qu’elle pourrait ĂȘtre sa fille, la splendide Anita Rachvelishvili, Ă  l’occasion de sa premiĂšre Azucena. Qu’on nous permette une comparaison avec la Norma de Sonya Yoncheva sur la mĂȘme scĂšne, car cette prise de rĂŽle importante dans la carriĂšre de la mezzo gĂ©orgienne suscite le mĂȘme enthousiasme autant qu’elle soulĂšve les mĂȘmes interrogations. DĂšs les premiĂšres notes, on est saisis par l’intelligence musicale de la chanteuse. Les pianissimi ouvrant « Stride la vampa » sont prĂ©cisĂ©ment ceux qui manquent Ă  Leonora, de ceux qui font retenir le souffle et tendre l’oreille pour mieux les goĂ»ter. Mais, trĂšs vite, la tessiture grave de l’air paraĂźt entraĂźner la voix de la chanteuse vers le bas, et les montĂ©es sonnent ainsi un peu lourdes, comme involontairement grossies, et le vibrato s’amplifie. En outre, malgrĂ© un volume sonore impressionnant, les notes graves qui parsĂšment la partition semblent parfois trĂšs appuyĂ©es, ce qui nous incite Ă  recommander la prudence pour l’avenir.
Toutefois, dĂšs sa grande scĂšne du II, la voix s’élĂšve, hallucinĂ©e, emplissant tout le thĂ©Ăątre comme un ouragan, et l’extrĂȘme aigu sonne superbement, parfaitement placĂ©. On admire sans rĂ©serve le gĂ©nie de la musicienne, osant toutes les nuances, mordant dans le texte Ă  pleines dents, littĂ©ralement hypnotique dans ses imprĂ©cations. Mieux encore,  l’interprĂšte justifie pleinement les aspects nĂ©vrotiques de la bohĂ©mienne, traĂźnant avec elle un landau dĂ©foncĂ©, Ă©mergeant d’une roulotte dĂ©corĂ©e de nourrissons en plastique et tenant dans ses bras, enveloppĂ© dans des langes, un bĂ©bĂ© tout aussi factice.
AprĂšs un troisiĂšme acte superbe d’intensitĂ©, c’est dans l’ultime tableau qu’Anita Rachvelishvili achĂšve de nous terrasser, avec des phrases mezza voce littĂ©ralement murmurĂ©es, presque une confession Ă  l’intention de chaque spectateur, dans une intensitĂ© proprement bouleversante. Et c’est une spectaculaire ovation qui accueille la mezzo au rideau final, comme une consĂ©cration.
Solide Luna, le baryton ukrainien Vitaly Bilyy fait admirer son aigu Ă©clatant ainsi que son autoritĂ© et son mordant qui conviennent idĂ©alement Ă  la presque totalitĂ© du rĂŽle. Seul son air manque de la morbidezza nĂ©cessaire, l’émission vocale demeurant uniformĂ©ment vaillante et le legato un rien brutal.
Excellent Ferrando, gĂ©nĂ©reux et sonore, d’Alexander Tsymbalyuk, artiste Ă©galement originaire d’Ukraine et dotĂ© de moyens non nĂ©gligeables.
La charmante InÚs de la jeune Francesca Chiejina et le percutant Ruiz de Samuel Sakker complÚtement idéalement cette affiche de trÚs haut niveau.
FidĂšle Ă  son habitude, le chƓur maison impressionne par sa cohĂ©sion et sa rigueur musicale.
A la tĂȘte d’un orchestre des trĂšs bons jours, le chef britannique Richard Farnes offre une lecture de la partition dĂ©pouillĂ©e de toute vulgaritĂ©, pĂ©chant presque par excĂšs de prudence lĂ  oĂč aurait aimĂ© parfois davantage d’éclat et de sang. Une trĂšs belle soirĂ©e qui salue la naissance d’une Azucena avec laquelle il faudra dĂ©sormais compter et Ă  qui l’on souhaite prudence et succĂšs.

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Londres. Royal Opera House, 6 fĂ©vrier 2017. Giuseppe Verdi : Il Trovatore. Livret de Salvatore Cammarano et Leone Emanuele Bardare. Avec Manrico : Gregory Kunde ; Leonora : Lianna Haroutounian ; Il Conte di Luna : Vitaly Bilyy ; Ferrando : Alexander Tsymbalyuk ; Ines : Francesca Chiejina ; Ruiz : Samuel Sakker. ChƓur du Royal Opera House ; Chef de chƓur : Sergey Levitin. Orchestre du Royal Opera House. Direction musicale : Richard Farnes. Mise en scĂšne : David Bösch ; DĂ©cors : Patrick Bannwart ; Costumes : Meentje Nielsen ; LumiĂšres : Olaf Winter ; VidĂ©os : Patrick Bannwart.

Kaija Saariaho : Main surplombe

saariaho-kaija-portrait-festival-presences-2017PARIS, Radio France. Dimanche 12 fĂ©vrier 2017, 18h. Concert “Main surplombe”… avec Neue Vocalsolisten, L’instant DonnĂ©… Le Festival PrĂ©sences 2017 Ă  Radio France souligne la fertile crĂ©ativitĂ© de la compositrice finlandaise Kaija Saariaho qui rĂ©side Ă  Paris. Le Festival parisien lui dĂ©die un portrait incontournable du 10 au 19 fĂ©vrier 2017. LIRE notre prĂ©sentation du Festival PrĂ©sences 2017.

 

 

 

Ramon Lazkano
Main surplombe (CF) *

Frédéric Pattar
Symphony for Human Transport (CRF-CM)

Ricardo Nillni
Fulcrum (CM)

Ramon Lazkano
Ceux Ă  qui *

Neue Vocalsolisten
L’Instant donnĂ©
Manuel Nasri, direction

 

presences-2017-kaija-saariaho-portraitLa voix et les mots. Premier des trois rendez-vous consacrĂ©s Ă  la personnalitĂ© aussi discrĂšte que fĂ©conde de Ramon Lazkano. La voix et les mots Ă  travers la poĂ©sie d’Edmond JabĂšs cĂ©lĂ©brĂ©e par le compositeur basque dans un diptyque qui traite notamment de la notion d’exil, et auquel rĂ©pond la poĂ©tique musicale de FrĂ©dĂ©ric Pattar inspirĂ©e de Lisa Samuels. Projection, ciselage, incrustation du verbe: autant de gestes qui renvoient au travail d’artistes plasticiens se jouant de la matiĂšre avec, en miroir, un dialogue instrumental signĂ© Ricardo Nillni.

 

 

RÉSERVEZ VOTRE PLACE

 

 

 

Il Matrimonio Segreto de CIMAROSA

cimarosa domenicoNANCY. Cimarosa : Le mariage secret, 31 janvier > 9 fĂ©vrier 2017. Nancy affiche l’un des sommets de l’opĂ©ra buffa napolitain, modĂšle adulĂ© et repris dans toute l’Europe des LumiĂšres, Ă  une Ă©poque oĂč orphelin de Mozart dĂ©cĂ©dĂ© l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, toutes les cours s’enflamment pour l’ivresse lyrique et giocosa du prĂ©curseur de Rossini en matiĂšre de finesse psychologique et de situations comiques parfois dĂ©lirantes : Cimarosa. C’est un joyau lyrique prĂ©rossinien
 Quand Cherubini sur les traces de Gluck et son style frĂ©nĂ©tique, rĂ©invente l’opĂ©ra tragique romantique et nĂ©oclassique, MĂ©dĂ©e en 1797, un autre italien surdouĂ© fait briller la lyre comique et d’une subtilitĂ© palpitante mĂȘme, qui tout en approchant l’esprit de Mozart, annonce Rossini : Cimarosa. Le napolitain est le compositeur le plus estimĂ© en Europe : rival de Paisiello Ă  Rome et Naples, il devient le musicien officiel de la Grande Catherine Ă  Saint-Petersbourg (Cleopatra en 1789), puis peu stimulĂ© par l’impĂ©ratrice qui prĂ©fĂšre Ă©crire en français Ă  Voltaire, rejoint une autre cour impĂ©riale, celle de l’empereur Leopold II, Ă  Vienne, qui reçoit son chef d’oeuvre absolu dans la veine lĂ©gĂšre et dĂ©lirante : Le mariage secret de 1792. Leopold II se souverain auquel Mozart le plus grand compositeur du temps avait prĂ©cĂ©demment lĂ©guĂ© son Titus, La ClĂ©mence de Titus, dernier seria oĂč le divin Wolfgang, exprimait la lyre amoureuse autour d’un empereur solitaire et trahi, qui pourtant livrĂ© par ses plus proches, conçoit la clĂ©mence et la compassion fraternelle : tout un symbole pour cette figure emblĂ©matique du prince vertueux


En 1792, l’annĂ©e de la crĂ©ation de son Mariage secret / Il matrimonio segreto, Cimarosa a 43 ans ; il est au sommet de son inspiration, d’une Ă©lĂ©gance et d’un raffinement inĂ©galables alors. D’autant plus que Mozart s’est Ă©teint l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente. Mais Ă  la mort de Leopold en 1793, il rejoint Naples au sein de la cour royale, composant encore des ouvrages d’une modernitĂ© Ă  redĂ©couvrir dont les fameux Horaces et Curiaces (Gli Orazi ed i Curiazi) en 1796. A Naples, le rĂ©publicain dans l’ñme se dĂ©voile Ă  l’annonce des troupes napolĂ©oniennes, il est emprisonnĂ© par la reine Marie-Caroline et meurt sur le chemin de la Russie (qu’il souhaitait retrouver finalement) ; Ă  Venise en 1801 : sa derniĂšre Ɠuvre Artemisia, autre joyau Ă  ressusciter, est crĂ©Ă©e dans la citĂ  lagunaire, 6 jours aprĂšs sa mort (janvier 1801). Sa vivacitĂ© et son intelligence des situations, l’élĂ©gance de l’écriture vocale, la mesure en tout et la dĂ©licatesse poĂ©tique Ă©blouissent surtout dans ses comĂ©dies : Ă  ce titre il Matrimonio segreto de 1792 est emblĂ©matique d’un gĂ©nie prĂ©rossinien (comme c’est le cas du portugais parti aux AmĂ©riques au BrĂ©sil, Marcos Portugal dont le chef Bruno Procopio a ressuscitĂ©, dĂ©jĂ  depuis 2012, la verve piquante irrĂ©sistible dans son opĂ©ra comique, L’oro no compta amore, de 1804.

Cimarosa prérossinien

Les personnages de l’opĂ©ra sont pris dans un labyrinthe sentimental, vĂ©ritable marivaudage Ă©tourdissant, oĂč les vrais amants, sincĂšres l’un Ă  l’autre et tenus par ce mariage “secret”, Ă©tant convoitĂ©s par d’autres, pourraient bien ĂȘtre sĂ©parĂ©s
 De quiproquos en fausses dĂ©clarations, de manipulations, en vraies intrigues, les couples dĂ©clarĂ©s se croisent, sans considĂ©ration d’ñge ni de statut.  Mais chacune des Ă©preuves rĂ©vĂšlent les vraies natures
 elles permettent au compositeur de caractĂ©riser avec finesse chaque profil Ă©prouvĂ© ou dĂ©sirant.
En deux actes, la comĂ©die met en scĂšne le projet du vieux Geronimo, commerçant enrichi qui souhaite faire de bons mariages pour ses deux filles : mais Carolina est dĂ©jĂ  mariĂ©e en secret Ă  son commis Paolino. Ce dernier propose Ă  son ami le comte Robinson, noble ruinĂ©, d’épouser la sƓur aĂźnĂ©e : Elisetta
 mais Robinson s’éprend de Carolina, tandis que la sƓur du vieux Geronimo, Fidalma, cougar avant l’heure, dĂ©clare sa flamme au jeune Paolino
 AprĂšs de nombreuses pĂ©ripĂ©ties riches en rebondissements, quand Elisetta menace de trahir sa sƓur cadette et de tout rĂ©vĂ©ler au pĂšre (le mariage secret), Geronimo pardonne finalement aux jeunes mariĂ©s clandestins et Robinson Ă©pousera Elisetta
 Le succĂšs Ă  la crĂ©ation fut tel que Leopold II bissa l’intĂ©gralitĂ© de l’ouvrage. Paris se passionne ensuite pour l’ouvrage dĂšs sa crĂ©ation (tardive) au ThĂ©Ăątre Italien en juin 1801 : Cimarosa Ă©tait mort au dĂ©but de l’annĂ©e, mais il avait conquis sur les boulevards une lĂ©gitime immortalitĂ© : l’opĂ©ra sera jouĂ© plus de 400 fois.

Cimarosa : Il matrimonio segreto
Le mariage secret, 1792

Nouvelle production crĂ©Ă©e Ă  l’OpĂ©ra de ZĂŒrich en 2014
du 31 janvier au 9 février 2017

Direction musicale : Sasha Goetzel
Mise en scÚne : Cordula DÀuper
Orchestre symphonique et lyrique de Nancy

Carolina : Lilian Farahani
Signor Geronimo : Bruno de Simone
Elisetta : Maria Savastano
Fidalma : Cornelia Oncioiu
Paolino : Anicio Zorzi Giustiniani
Comte Robinson : Riccardo Novaro

5 reprĂ©sentations Ă  l’OpĂ©ra de Nancy :
Mardi 31 janvier 2017 Ă  20h
Jeudi 2 février 2017 à 20h
Dimanche 5 février 2017 à 15h
Mardi 7 février 2017 à 20h
Jeudi 9 février 2017 à 20h

+ d’infos sur le site de l’OpĂ©ra national de Lorraine, Ă  Nancy
http://www.opera-national-lorraine.fr/spectacles/ii-matrimonio-segreto-domenico-cimarosa

LITTLE NEMO de Windsor McCay (1905-1927)

LITTLE NEMO, la nouvelle crĂ©ation lyrique d'ANGERS NANTES OPERANANTES, OpĂ©ra. Little Nemo :nouvelle production lyrique Ă©vĂ©nement dĂšs le 14 janvier 2017. Nemo est un enfant suractif qui a trouvĂ© dans ses propres rĂȘves, tout un monde inĂ©dit, un nouvel univers enchanteur, d’un onirisme jamais vu jusque lĂ , mĂȘlant le futur et le fantastique comme un opĂ©ra surrĂ©aliste. Tout vient de l’imagination dĂ©bordante et visionnaire du dessinateur Winsor McCay (1869-1934), le pĂšre de Nemo. Ses crayons rĂ©inventent le paysage urbain, imaginent des hĂ©ros attachants, crĂ©ent des situations oĂč c’est surtout l’état d’enfance et l’immersion dans les songes qui offrent des clĂ©s d’un monde enchantĂ©. En pyjama, le jeune rĂȘveur est comme le Petit prince de Saint-ExupĂ©ry, un guide pour dĂ©crypter une autre rĂ©alitĂ©. Les rĂȘves envahissent la rĂ©alitĂ©, le sol se dĂ©robe, les visions se multiplient, et l’ordre connu s’inverse
 Cette virtuositĂ© inonde la sĂ©duction graphique et chromatique des planches dessinĂ©es entre 1905 et 1927 par Winsor McCay pour deux quotidiens new yorkais (dont le New York Herald de J. Pulitzer). Son surrĂ©alisme se dĂ©ploie dans le monde des songes, inventant une science fiction Ă  la fois psychĂ©dĂ©lique et psychanalytique.

 

 

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Winsor_McCay_1906L’auteur offre un langage extrĂȘmement abouti grĂące Ă  ses crayons, crĂ©ant aux cĂŽtĂ©s de Disney, un monde narratif enchanteur qui ne s’adresse en rĂ©alitĂ© pas qu’aux adultes, bien au contraire : il appelle Ă  cultiver par le pouvoir de l’imagination, notre Ă©tat d’enfance, symbole d’une humanitĂ© enfin pacifiĂ©e et crĂ©atrice. Les mondes enchantĂ©es de Windsor McCay, rĂ©vĂ©lateurs dĂ©jĂ  de la consommation amĂ©ricaine du divertissement et de la grande consommation des grandes mĂ©gapoles (Chicago et les architectures futuristes de l’exposition universelle de 1893 sont trĂšs perceptibles dans son oeuvre), se sont rĂ©vĂ©lĂ©s dĂ©cisifs pour le cinĂ©ma, la BD aprĂšs lui ; Robert Crumb, Fellini lui doivent beaucoup. C’est une formidable Ă©popĂ©e des songes, une comĂ©die par le papier illustrĂ© qui se compose ainsi de prĂšs de 550 Ă©pisodes, Ă©ditĂ©s en feuilletons dans l’édition dominicale
 au terme desquels pour chaque sĂ©quence, Nemo tombe du lit et se rĂ©veille brutalement.

 

 

 
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Au Théùtre Graslin de Nantes, NEMO 2016

 
 

LITTLE NEMO, la nouvelle crĂ©ation choc d'Angers Nantes OpĂ©raEn janvier 2016, plus d’un siĂšcle aprĂšs les premiers feuilletons de cette saga visionnaire, Angers Nantes OpĂ©ra propose un regard particulier sur les mondes de Nemo (Slumberland), mais un Nemo qui devenu adulte, a perdu son Ăąme d’enfant. En rĂ©alitĂ©, il s’agit pour la premiĂšre scĂšne lyrique de France dirigĂ©e par Jean-Paul Davois (par ses audaces artistiques et son souci de rĂ©concilier thĂ©Ăątre et chant dans une perspective engagĂ©e) de rĂ©inventer l’opĂ©ra pour tous (dĂšs 7 ans), de renouer avec cette humanitĂ© idĂ©ale qui aurait cultiver sa part d’enfance sans jamais la renier. Production Ă©vĂ©nement Ă  Nantes, ThĂ©Ăątre Graslin, dĂšs le 14 janvier 2017.

 

 

LIRE notre prĂ©sentation complĂšte de l’opĂ©ra en crĂ©ation LITTLE NEMO de David Chaillou d’aprĂšs Winsor McCay, dĂšs le 14 janvier 2016 Ă  Nantes, ThĂ©Ăątre Graslin